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	<title>Gabrielle Genest - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 04 Oct 2023 14:37:00 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Dix chandelles (en cire de soja) pour le FVM!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/dix-chandelles-en-cire-de-soja-pour-le-fvm/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[véganisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival végane de Montréal fête ses dix ans d’existence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/dix-chandelles-en-cire-de-soja-pour-le-fvm/" data-wpel-link="internal">Dix chandelles (en cire de soja) pour le FVM!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le Palais des congrès était bondé, les 30 septembre et 1<em>er </em>octobre derniers, à l’occasion de la dixième édition du <a href="https://festivalveganedemontreal.com/2023/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Festival végane de Montréal</a> (FVM). Plus de 120 exposants, allant d’incontournables comme Aux vivres et BKIND à des entreprises véganes bourgeonnantes telles que <em>Ethically Warm </em>et WOOP4, en passant par des sanctuaires pour animaux de ferme et des organisations militantes, accueillaient les centaines de véganes et végécurieux·ses qui déambulaient entre les kiosques.</p>



<p><strong>L’alimentation végétale à l’honneur</strong></p>



<p>La facette la plus connue du véganisme est sans aucun doute l’alimentation à base de plantes (<em>plant-based</em>)&nbsp;; il est donc peu étonnant que plus de la moitié des kiosques étaient dédiés à des produits alimentaires. Les bouchées gratuites permettaient au public d’échantillonner des saveurs des plus variées, notamment du tofu façon shish taouk, du tempeh style barbecue, des biscuits au matcha et chocolat blanc, des champignons shiitake en mode porc effiloché, et plus encore. Signe de l’innovation de la scène alimentaire végane, il était même possible d’essayer du poisson végétal : le saumon fumé de BY2048 – à base de carottes – avait la texture et le goût parfaits pour un <em>bagel lox</em>, tandis que le tartare mahi-mahi de WOOP4 était si réaliste qu’il a presque donné la frousse à notre journaliste végane!</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Signe de l’innovation de la scène alimentaire végane, il était même possible d’essayer du poisson végétal »</p>
</blockquote>



<p>Les boissons à base de plantes étaient également mises de l’avant durant le FVM, du kombucha au lait de soja. Particulièrement populaire, le kiosque de la Crémerie des Trois- Rivières permettait au public majeur de goûter ses crèmes alcoolisées à base de lait d’avoine, à saveur de chocolat-noisette ou d’espresso. L’alcool végane était aussi au cœur de la conférence de Priya Rao, au sujet des accords entre mets et vins véganes, car – contrairement à la croyance populaire – tous les vins ne sont pas véganes : plusieurs vigneron·ne·s utilisent encore des substances animales (notamment des blancs d’œuf ) dans le collage et la filtration du vin, sans compter l’utilisation de fertilisant animal dans les vignobles ou de cire d’abeille dans les amphores. Certaines bases de données en ligne, telles que <em><a href="https://www.thesocialherbivore.co/vegan-wine-directory" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Social Herbivore</a> </em>pour les vins canadiens ou <em><a href="https://www.barnivore.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barnivore</a> </em>à l’échelle internationale, offrent toutefois un répertoire de vins véganes.</p>



<p><strong>Végane de la tête aux pieds</strong></p>



<p>Le véganisme est toutefois loin de n’être qu’un régime alimentaire : ce mode de vie s’applique à tous les aspects du quotidien, de nos vêtements à nos soins corporels. Plusieurs entreprises mettaient ainsi de l’avant des alternatives végétales et sans cruauté aux éléments de notre quotidien, comme Les Pétards avec leurs chandelles à base de cire de soja ou encore Bego et leurs élégantes sandales en cuir d’ananas. <em>Ethically Warm</em>, qui participait à son premier FVM, a particulièrement interpellé notre journaliste avec ses parkas, doudounes et vestes écologiques, biodégradables, éthiquement et localement produits et – bien sûr&nbsp;– véganes. « Notre but, souligne la fondatrice Alexandra Gavrila, était d’offrir une alternative aux Kanuk et Canada Goose, ces manteaux canadiens hauts de gamme auprès desquels, au niveau de l’éthique et du véganisme, on ne trouvait toutefois pas notre compte », ajoutant que les alternatives véganes existantes – à base de plastique – n’étaient pas pour elle la solution. </p>



<p>BKIND, présentateur officiel du FVM, a également attiré l’attention de notre journaliste : l’entreprise accueillait les festivalier·ère·s à l’entrée du festival avec un immense kiosque accompagné de figures gonflables (représentant notamment Luna, le chien de la fondatrice) ainsi que d’une station de manucures express! Les produits de beauté et les soins pour la peau de BKIND sont depuis plusieurs années une valeur sûre de la scène végane montréalaise, et l’entreprise est particulièrement reconnue pour la qualité de ses vernis à ongle non toxiques. Pour la fondatrice de BKIND Marilyne Bouchard, cette dixième édition du FVM rend évidente l’évolution du véganisme depuis une décennie : « ce n’était pas <em>cool </em>» de vendre des produits végétaliens et sans cruauté au milieu des années 2010, mais être végane en 2023 est « un outil <em>marketing </em>» inestimable pour les entreprises, et le FVM, tout comme BKIND, ont évolué conséquemment à cette popularité croissante du mouvement végane au Québec.</p>



<p><strong>Pour les animaux</strong></p>



<p>Fondamentalement, le véganisme est une position sociale et politique qui s’oppose à l’exploitation animale. Il aurait donc été difficile de célébrer une dixième édition du FVM sans mettre en valeur le travail des activistes qui luttent, chacun·e à leur manière, pour la cause animale. Du côté des exposants, l’on trouvait notamment <em>Montreal Pig Save</em>, un regroupement qui organise des vigiles devant des abattoirs montréalais afin de commémorer les derniers moments des cochons qui y seront tués, et <em><a href="https://plantbasedtreaty.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Plant Based Treaty</a></em>, une organisation mondiale qui vise à convaincre des acteurs municipaux, nationaux et internationaux à effectuer un virage végane dans le but de mettre les systèmes alimentaires au cœur du combat contre la crise climatique, étant donné les impacts dévastateurs de l’agriculture animale sur nos écosystèmes et la biodiversité. </p>



<p>Les refuges pour animaux – tant locaux qu’internationaux – étaient eux aussi à l’honneur. Le Sanctuaire pour animaux de ferme de l’Estrie (<a href="https://www.safe-refuge.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">SAFE</a>) bénéficiait d’un kiosque entouré de porte-parole et de festivalier·ère·s enthousiastes ainsi que d’une conférence touchante donnée par la fondatrice du SAFE, Catherine Gagnieux. Cette dernière a raconté en toute humilité les grandes difficultés auxquelles elle fait face dans le cadre de sa mission, du manque de financement et de bénévoles au fardeau émotionnel qui accompagne l’obligation de refuser de nouveaux résidents, faute de place. Elle endure ces défis grâce à la beauté indicible du lien qui peut unir les animaux humains aux animaux non humains, puisque même si ces derniers n’ont pas de voix, «&nbsp;ils parlent, et il faut juste apprendre à les écouter ». </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-1200x1600.jpg" alt class="wp-image-52788" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-1200x1600.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-650x867.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-150x200.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/384535726_1739349299841572_2963616597396303484_n-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Dans sa propre conférence, Sarah Heiligtag abondait dans le même sens, soulignant la force du pouvoir de connexion entre les animaux humains et non humains : « <em>Lorsque des enfants viennent au sanctuaire et regardent un cochon dans l’œil, cela change tout </em>(<em>tdlr</em>). » La philosophe suisse a fondé une école d’éthique au sein même de son sanctuaire pour animaux, et elle accompagne des propriétaires de fermes dans la transformation de leurs fermes animales en fermes véganes, une méthode d’agriculture éthiquement et écologiquement durable connue sous le terme de <em>TransFARMation</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« [D]ans la mesure où elle implique des violences et des dommages non nécessaires, […] l’exploitation animale est injuste et moralement indéfendable »</p>
<cite><em>Déclaration de Montréal</em></cite></blockquote>



<p>Sarah Heiligtag n’était pas la seule philosophe à donner une conférence : Martin Gibert, Valéry Giroux et François Jaquet ont également participé au FVM afin d’aborder la <a href="https://greea.ca/declaration-de-montreal-en-francais/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Déclaration de Montréal</a>. Ce texte, qui célèbre son premier anniversaire le 4 octobre 2023 (soit la Journée mondiale des animaux), déclare principalement que « [d] ans la mesure où elle implique des violences et des dommages non nécessaires, […] l’exploitation animale est injuste et moralement indéfendable ». Signée à ce jour par plus de 550 chercheur·se·s en philosophie morale et politique, ce document « signifie au grand public qu’un groupe conséquent d’expertes et d’experts s’accorde sur cette conclusion », selon François Jaquet, et constitue un outil de taille pour les activistes de la cause animale. </p>



<p>→ Voir aussi&nbsp;: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/09/lethique-animale-sous-la-loupe/" data-wpel-link="internal">L’éthique animale sous la loupe avec François Jaquet</a></p>
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		<title>L’espace qu’on occupe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/lespace-quon-occupe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[Grossophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionné·e·s à avoir peur d’être gros·se. L’ubiquité de la grossophobie – cet ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses – semble indélogeable au sein de notre société obsédée par (et conçue pour) la minceur. L’expérience quotidienne des personnes grosses dans l’espace&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/lespace-quon-occupe/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’espace qu’on occupe</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionné·e·s à avoir peur d’être gros·se. L’ubiquité de la grossophobie – cet ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses – semble indélogeable au sein de notre société obsédée par (et conçue pour) la minceur.</p>



<p>L’expérience quotidienne des personnes grosses dans l’espace public est profondément aliénante en raison d’un refus collectif de tenir compte de leur réalité. L’exemple par excellence de l’inadaptation sociétale aux corps gros est celui des sièges d’avion. Le voyage aérien est souvent une expérience agonisante pour les personnes grosses. Dans son livre&nbsp;<em>What We Don’t Talk About When We Talk About Fat</em>, l’activiste américaine anti-grossophobie Aubrey Gordon explique en détail l’irritation, le ressentiment, voire même la rage que peuvent exprimer les personnes minces lorsqu’elles sont confrontées à la présence d’un corps gros dans le siège d’avion voisin. Comme tant d’autres éléments de l’espace public (des cabines de toilettes publiques en passant par les bancs de classe extrêmement étroits de Strathcona 236), les places d’avion ne sont pas conçues pour les personnes grosses, qui se retrouvent souvent obligées de débourser des centaines de dollars pour un siège additionnel.</p>



<p>Ces dépenses supplémentaires sont une contrainte de plus pour la situation économique des personnes grosses, généralement plus précaire que celle des personnes minces, notamment en raison de la discrimination en matière d’emploi à laquelle elles sont confrontées. En effet, les personnes grosses – surtout les femmes – <a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2016.00647/full#B33" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont moins de chances</a> d’être engagées, sont moins bien payées, travaillent plus d’heures et sont considérées moins qualifiées que les personnes minces.</p>



<p>La discrimination qu’endurent les personnes grosses doit être considérée de manière intersectionnelle, puisqu’elle se conjugue à d’autres systèmes d’oppression. Par exemple, les personnes grosses qui dénoncent les violences sexuelles genrées qu’elles subissent sont régulièrement confrontées à de l’incrédulité ou à des commentaires selon lesquels elles auraient apprécié les avances de leur agresseur. Aussi récemment qu’en 2017, un juge de la Cour du Québec se permettait de <a href="https://conseildelamagistrature.qc.ca/fileadmin/Documents/rapports_enquete/FR/2017-CMQC-070_et_autres_Rapport_d_Enquete_Braun_184.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">commenter</a> le poids d’une victime dans une affaire d’agression sexuelle et de conjecturer que l’agression était peut-être la première fois qu’un homme s’intéressait à elle. La validation de l’identité de genre des personnes trans est également assujettie aux aléas de la grossophobie. En effet, malgré le fait que l’indice de masse corporelle (IMC) est un outil largement incomplet, arbitraire et même complètement <a href="https://www.washingtonpost.com/lifestyle/wellness/healthy-bmi-obesity-race-/2021/05/04/655390f0-ad0d-11eb-acd3-24b44a57093a_story.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">inapplicable</a> à certains groupes racisés, les personnes trans qui souhaitent obtenir une chirurgie de réassignation sexuelle doivent maintenir leur IMC sous un certain seuil – un obstacle souvent insurmontable et injustifié qui empêche ces personnes d’avoir accès à des soins de santé adéquats.</p>



<p>Malgré ces réalités, la discrimination sur la base du poids n’est pas inconstitutionnelle au Canada ni au Québec. En effet, le poids ne compte pas parmi les motifs de discrimination prohibés au sens de l’article 15 de la Charte des droits et libertés ni de l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. Au Québec, si une personne grosse souhaite contester la discrimination qu’elle subit, elle doit rattacher son traitement injuste et arbitraire à un motif de discrimination énuméré, comme son genre ou un handicap. Or, ces pistes alternatives ne peuvent <a href="https://www.usherbrooke.ca/droit/fileadmin/sites/droit/documents/RDUS/volume_49/RiouxCollin.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">englober</a> l’ensemble des cas de discrimination fondée sur le poids, car cette dernière est vécue par des personnes de tous genres et de poids variés.</p>



<p>L’acceptabilité sociale de la grossophobie, nourrie par la désinformation et les préjugés, explique que la discrimination sur la base du poids ne soit généralement pas prohibée au sens de la loi. Selon une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0956797618813087" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> de l’Université Harvard, les biais grossophobes explicites ont diminué plus lentement que les autres formes de biais explicites au cours des 10 dernières années, et, alors que toutes les autres formes de biais implicites ont régressé, les biais grossophobes implicites ont augmenté. Cette croissance des perceptions hostiles à l’égard des personnes grosses est largement tributaire de la croyance erronée que le poids est un élément<br>de notre corps que nous pouvons tous·tes modeler, si nous y mettons suffisamment d’efforts. L’argument abonde alors dans le sens suivant: si, contrairement à l’orientation sexuelle ou à l’origine ethnoculturelle, le poids est un choix, pourquoi les personnes grosses auraient-elles droit aux mêmes protections que les membres d’autres groupes marginalisés?</p>



<p>Or, la recherche démontre que le poids ne peut être changé de façon durable au gré de nos envies; il est réducteur de plaider que de manger moins et de bouger plus permettrait aux personnes grosses de devenir minces. En plus du rôle que jouent la génétique et les facteurs socio-économiques dans notre poids, l’échec à long terme quasi-systématique des diètes et régimes alimentaires <a href="https://nutritionj.biomedcentral.com/articles/10.1186/1475-2891-10-9?fbclid=IwAR1NPJ0igXCIxakwm8eZyGa3X72JFQ6FaYBBHTn7kQ464Elk6Ajca2t5Uxc#Sec17" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">réfute</a> la théorie selon laquelle les personnes grosses maintiennent leur surpoids simplement parce qu’elles seraient paresseuses.</p>



<p>Et même si elles choisissent leur surpoids, en quoi la décision des personnes grosses de disposer de leur corps comme elles l’entendent nous donne-t-elle le droit, en tant que société, de priver ces individus de leur droit à l’égalité? De leur droit à la dignité humaine?</p>



<p>La discrimination basée sur le poids est déjà prohibée à quelques endroits, dont en France et au Michigan. Au Québec, un changement législatif permettrait de rendre justice aux personnes victimes de traitements différentiels négatifs en raison de leur poids. Il nous revient toutefois collectivement de lutter contre le conditionnement grossophobe qui nous a été inculqué afin de cesser de conjuguer la déshumanisation et le mépris quotidiens aux structures d’oppression que nous tentons de déconstruire.</p>
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		<title>Le Délit a besoin de vous</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/le-delit-a-besoin-de-vous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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		<category><![CDATA[référendum de la DPS]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit est né en 1977. Il a porté plusieurs noms: Le McGill Daily, Le McGill Daily français, Le Délit français… Aujourd’hui, 45 ans plus tard, l’existence du Délit, unique journal francophone de l’Université McGill, est toujours aussi pertinente. «Une édition francophone ne peut avoir qu’un effet positif, car elle permettra l’expression des sentiments d’une&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/le-delit-a-besoin-de-vous/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Délit a besoin de vous</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Le Délit </em>est né en 1977. Il a porté plusieurs noms: <em>Le McGill Daily</em>, <em>Le McGill Daily français</em>, <em>Le Délit français</em>… Aujourd’hui, 45 ans plus tard, l’existence du <em>Délit</em>, unique journal francophone de l’Université McGill, est toujours aussi pertinente.</p>



<p>«Une édition francophone ne peut avoir qu’un effet positif, car elle permettra l’expression des sentiments d’une minorité culturelle en Amérique qui est majoritaire au Québec». Dans son <a href="https://archive.org/details/McGillLibrary-mcgill-daily-francais-v67-n008-september-20-1977-12240/page/4/mode/2up" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">éditorial</a> du 20 septembre 1977, <em>Le McGill Daily </em>évoquait l’importance cruciale d’offrir une plateforme d’expression à la communauté francophone de l’Université McGill, dont la proportion au sein du corps étudiant – 20% – n’a pas changé entre 1977 et 2022. Bien que ce pourcentage soit resté stable au cours du dernier demi-siècle, les voix au sein de cette communauté francophone mcgilloise se sont diversifiées. Parmi les étudiant·e·s internationaux·les accueilli·e·s par McGill, environ 20% proviennent de la francophonie mondiale: du Maroc à la France, en passant par le Cameroun et la Belgique. <em>Le Délit </em>offre également aux francophiles anglophones et allophones une occasion de s’exprimer en français, d’améliorer leur maîtrise de cette langue et de réduire le fossé social que peut occasionner la barrière linguistique; <em>Le McGill Daily </em>espérait déjà en ce 20 septembre 1977 permettre à tous·tes «de mieux comprendre les aspirations de leurs voisins» en vue d’élaborer «un Québec meilleur». Les francophones et francophiles de l’Université McGill sont donc loin de former un bloc monolithique. <em>Le Délit </em>se veut ainsi le <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/une-tribune-pour-les-francophones/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">«diffuseur public»</a> de cette communauté pluraliste et ouverte, une plateforme d’expression destinée à la francophonie mcgilloise dans toute sa diversité.</p>



<p><em>Le Délit</em>, en plus d’offrir une tribune aux francophones et francophiles, est également une source essentielle d’information – en français – sur le campus. Il veille aux enjeux qui touchent directement sa communauté, notamment en ce qui concerne les droits des étudiant·e·s francophones. Les reportages d’investigation du <em>Délit </em>ne se limitent toutefois pas aux questions linguistiques. En effet, sa réputation n’est plus à faire dans le domaine du journalisme d’enquête, alors que les thèmes de ses articles ont souvent été repris par les grands médias québécois. Ce fut entre autres le cas de ses dossiers sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/lenseignement-doeuvres-au-contenu-sensible-cree-la-controverse-au-departement-de-litterature-francophone-de-mcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">l’enseignement</a> d’œuvres jugées offensantes à McGill et sur la <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/derriere-la-facade-dexcellence/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">santé mentale</a> des étudiant·e·s de la Faculté de médecine.</p>



<p>La qualité journalistique des articles du <em>Délit </em>est certainement attribuable à la rigueur et au dévouement des membres de son conseil éditorial. Ces journalistes en devenir, également étudiant·e·s à temps plein, sont tenu·e·s aux standards professionnels du <a href="https://conseildepresse.qc.ca/wp-content/uploads/2017/12/Guide-de-deontologie-journalistique_CPQ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Guide</a> de déontologie journalistique du Conseil de presse du Québec. Ouvert à tous·tes les étudiant·e·s désirant s’impliquer, <em>Le Délit </em>est ainsi une école de journalisme accessible au sein d’une université qui n’offre aucune formation semblable. Au fil des années, des ancien·ne·s du <em>Délit </em>ont poursuivi des carrières en journalisme auprès de grands médias et diffuseurs publics comme <em>Radio-Canada</em>, <em>La Presse</em>, <em>Le Journal de Montréal</em>, <em>Le Droit </em>et <em>TF1</em>.</p>



<p>En 45 ans d’existence, <em>Le Délit </em>a vécu sa part d’obstacles. Avant même sa création, des voix s’élevaient pour dénoncer l’avènement du premier journal francophone de l’Université McGill. Dans l’édition du 19 septembre 1977 du <em>McGill Daily</em>, soit le jour précédant la parution de la première édition française de la publication, une <a href="https://archive.org/details/McGillLibrary-mcgill-daily-v67-n007-september-19-1977-12271/page/n1/mode/2up?view=theater" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre</a> intitulée <em>French, with tears </em>signée par «<em>an irate mother</em>» affirmait que l’impression d’une édition hebdomadaire en français était une «<em>sottise</em>», une «<em>action scandaleuse</em>» qui allait «<em>détruire</em>» l’Université et «<em>miner l’unité canadienne</em>». À ces frustrations empreintes de préjugés, exprimées il y a presque un demi-siècle, se sont ajoutées dans les dernières semaines des actions concrètes et ciblées témoignant d’une volonté de <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/05/le-delit-secoue-par-un-tumulte-eponyme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">rayer</a> l’unique journal francophone de l’Université McGill des présentoirs du campus. Confronté maintes fois à l’opposition et à l’hostilité au sein d’une marée anglophone, <em>Le Délit </em>a persisté, redoublant d’efforts face à chaque obstacle, pour faire valoir sa pertinence à la communauté étudiante.</p>



<p class="has-text-align-center"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/jDvHGcLNBb5NFbeI7B8AGxbZNXp9UUnZyfhG8BAYbwyL5YRHW_gWNb8GiLd6-Qi9SHby_lSxvfZ0eowv_Nds4GV1oMlq1IaM5nF025w5h_WzOFL3z7G9EFdiazDlGZNe3vFLQJ6cAhSkVv5gzAtJusH7EvOk-vYy8a_61cG1qpKOqODIzRG1G4rbQcuaRg" width="602" height="161"></p>



<p>À l’instant même où vous lisez ces lignes, l’avenir du <em>Délit </em>est entre vos mains. Du 14 au 18 novembre 2022, la Société des publications du Daily (SPD) demande un renouvellement des frais qui financent nos activités dans le cadre du référendum d’automne de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Sans cette source de revenu, <em>Le Délit </em>ne pourra pas continuer d’offrir à la communauté francophone de l’Université McGill une plateforme d’expression ainsi qu’une couverture et une formation journalistiques réputées, car les revenus publicitaires sont insuffisants pour nous garder à flot. En somme, il s’agit d’un <a href="https://www.delitfrancais.com/sauvonsledelit/" data-wpel-link="internal">référendum d’existence</a>: si les frais ne sont pas renouvelés, <em>Le Délit </em>sera contraint de cesser ses activités. Une majorité du «non» marquerait ainsi la fin de l’unique journal francophone de l’Université McGill. Après avoir persisté pendant près de 50 ans face à de multiples contestations, il serait tragique que <em>Le Délit </em>meure, dans l’indifférence généralisée, par manque de votes ou de voix favorables. Nous vous implorons de ne pas laisser cela se produire.</p>



<p>En solidarité,</p>



<p>Le conseil éditorial du <em>Délit</em></p>



<p><em>Pour voter et faire entendre votre voix sur l’avenir du Délit, du Daily et de la SPD, rendez-vous sur la plateforme <a href="https://ssmu.simplyvoting.com/index.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ssmu.simplyvoting.com</a> du 14 au 18 novembre 2022.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/le-delit-a-besoin-de-vous/" data-wpel-link="internal">Le Délit a besoin de vous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un premier syndicat de professeur·e·s à l’Université McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/un-premier-syndicat-de-professeur%c2%b7e%c2%b7s-a-luniversite-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Droit McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de Droit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[professeur]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Leckey]]></category>
		<category><![CDATA[syndicat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les professeur·e·s de droit ont gain de cause devant le Tribunal administratif du travail.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/un-premier-syndicat-de-professeur%c2%b7e%c2%b7s-a-luniversite-mcgill/" data-wpel-link="internal">Un premier syndicat de professeur·e·s à l’Université McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 7 novembre dernier, le juge Jean-François Séguin du Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu une décision historique en ce qui concerne les relations industrielles au sein du milieu universitaire québécois: l’Association mcgillienne des professeur·e·s de droit (AMPD) a reçu la sanction du tribunal pour former le premier syndicat de professeur·e·s de l’Université McGill. Après des mois d’audiences virtuelles et en personne, parfois houleuses, la décision du TAT est tombée un an jour pour jour après le dépôt de la requête en accréditation de l’AMPD.</p>



<p><strong>La pandémie comme élément déclencheur</strong></p>



<p>La rentrée de l’automne 2021 a été marquée par des tensions entre les professeur·e·s de droit et l’administration mcgilloise. À l’époque, le débat sur l’imposition de la vaccination obligatoire <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/01/vaccination-obligatoire-mcgill-na-pas-la-piqure/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">faisait rage</a>. Une <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=4168242633212401&amp;set=pcb.4168250293211635" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre</a> signée par 35 membres de la Faculté de droit avait été mise en circulation, argumentant qu’il était possible d’imposer la vaccination de manière compatible avec la Charte des droits et libertés de la personne. L’administration mcgilloise n’avait pas changé sa position: elle n’imposerait pas la vaccination obligatoire sur son campus, niant que son approche posait un risque indu aux membres vulnérables de sa communauté. En refusant les arguments mis de l’avant dans la lettre, «la réponse de l’Université était d’enseigner le droit aux professeurs de droit», affirme au <em>Délit </em>le professeur Richard Janda, membre de l’exécutif de l’AMPD. En conjonction avec l’exigence d’enseignement en présentiel sous peine de sanctions disciplinaires, cette situation aurait «dramatisé la volonté des professeurs de droit de participer à la création des politiques [qui leur sont] applicables», maintient le professeur Janda.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La réponse de l’Université était d’enseigner le droit aux professeur·e·s de droit»</p><cite>Le professeur Richard Janda</cite></blockquote>



<p>La réaction de McGill face à la pandémie aurait été symptomatique d’une «tendance lourde à la centralisation» au sein de l’Université, selon le professeur Janda. «L’Université est devenue un organisme beaucoup plus corporatif dans son organisation et sa gouvernance, et les professeurs ne sont pas consultés», indique-t-il. Les professeur·e·s se retrouveraient ainsi en situation de vulnérabilité face à l’Université, «sans moyens» dans des situations telles que le congédiement d’un·e collègue.</p>



<p>Pour le professeur Janda, il est crucial de préserver l’autonomie de la Faculté de droit, et, pour cela, il faut «que le Conseil de la Faculté redevienne un endroit décisionnel». Il évoque la nature singulière de la Faculté de droit<br>– bilingue et transsystémique – pour souligner en quoi il est important que les politiques d’enseignement universitaires reflètent la réalité spécifique du Pavillon Chancellor Day.</p>



<p><strong>La décision et les audiences qui l’ont précédée</strong></p>



<p>La réalité unique de la Faculté de droit a été un élément crucial de l’analyse du Tribunal administratif du travail. En effet, l’Université contestait la validité de l’AMPD comme unité de négociation proposée, plaidant que l’unité appropriée devrait plutôt inclure tous·tes les professeur·e·s à son emploi. Or, le tribunal n’a pas été convaincu par les arguments de McGill selon lesquels la Faculté de droit n’est qu’une part, comme toutes les autres facultés et départements, du tout «extrêmement centralisé» que forme l’Université. Le tribunal a d’ailleurs souligné qu’il n’était pas anodin que McGill elle-même ait reconnu que «les professeurs de la Faculté de droit forment possiblement un groupe distinct».</p>



<p><em>Le Délit </em>a été en mesure d’assister à plusieurs des audiences virtuelles du TAT, notamment lors des contre-interrogatoires du Provost Christopher Manfredi et du Doyen de la Faculté de droit Robert Leckey. Les échanges entre les avocat·e·s de l’Association et de l’Employeur, respectivement Me Sibel Ataogul et Me Corrado De Stefano, étaient parfois houleux, surtout lors des nombreuses objections. À plusieurs reprises, le juge Jean-François Séguin a été tenu d’intervenir, reconnaissant que «les choses s’enflamm[ai]ent» et prenaient une tournure «un peu chaotique», invitant les avocat·e·s à «calmer le jeu».</p>



<p><strong>Faut-il craindre la grève?</strong></p>



<p>Interrogé à savoir si les étudiant·e·s de la Faculté de droit devaient maintenant craindre une grève de leurs professeur·e·s, le professeur Janda s’est voulu rassurant. «Le Code du travail est assez bien rédigé», affirme-t-il, «son orientation est d’éviter que la négociation de la première convention collective mène à une situation de grève». En outre, selon le professeur, les principales revendications de l’AMPD concerneront davantage des enjeux de gouvernance, d’autonomie et de transparence au niveau de la Faculté de droit, plutôt que des questions purement économiques. «Ce n’est pas demain la veille que les professeurs de droit voudront être en situation de grève pour insister sur des augmentations salariales», ajoute-t-il.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ce n’est pas demain la veille que les professeurs de droit voudront être en situation de grève pour insister sur des augmentations salariales»</p><cite>Le professeur Richard Janda</cite></blockquote>



<p>Bien que le professeur Janda estime que la situation n’évoluera probablement pas dans la direction de la grève, une décision de l’Université pourrait selon lui changer la donne. En effet, si McGill choisit d’entamer un processus de révision judiciaire (le mécanisme d’appel des décisions des tribunaux administratifs), elle risquerait<br>d’« empoisonner les rapports [entre l’Association et l’Université] dès le départ», selon le professeur.</p>



<p>Pour l’instant, l’Université n’a pas publiquement renoncé à porter la décision du TAT en révision judiciaire. Elle dispose de 30 jours après la publication de la décision, soit jusqu’au 7 décembre, pour annoncer ses intentions. Interrogée par <em>Le Délit</em>, l’Université s’est limitée à dire, par le biais de sa relationniste des médias Frédérique Mazerolle, qu’elle «reconnaît la décision rendue» et qu’elle examinera la décision «de manière approfondie au cours des prochaines semaines».</p>



<p><strong>Quel impact pour les étudiant·e·s?</strong></p>



<p>Interrogé à savoir ce que la décision du tribunal changera concrètement pour les étudiant·e·s de la Faculté de droit, le professeur Janda anticipe des retombées positives: «Si nous réussissons à rendre la gouvernance de la Faculté plus robuste et si le Conseil de la Faculté devient plus important, la voix des étudiant·e·s sera renforcée par notre désir d’investir ces instances de plus de pouvoirs». En effet, des représentant·e·s étudiant·e·s siègent au Conseil de la Faculté et, aux dires du professeur Janda, ont déjà utilisé cette position pour contribuer au développement de la Faculté, notamment en promouvant l’adoption du programme transsystémique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Je pense que la présence des étudiants lors des audiences a envoyé un message à McGill, en signalant que c’est un enjeu qu’on suit attentivement et sur lequel on veut attirer de l’attention</em>»</p><cite>Casey Broughton, étudiante en droit de deuxième année</cite></blockquote>



<p>Casey Broughton, étudiante en droit de deuxième année, fait écho à cet espoir d’impact positif pour les étudiant·e·s de la Faculté: «<em>il y a une plus grande opportunité de solidarité forte entre les professeurs et les étudiants</em>». Casey a manifesté son soutien à la cause de ses professeur·e·s en rédigeant des lettres au Doyen Leckey, en changeant sa photo de profil Zoom pour afficher le message «<em>Laissez-les se syndiquer </em>(<em>Let them unionize</em>) » et en assistant aux audiences du TAT virtuellement et en personne. Elle n’était d’ailleurs pas la seule: «<em>Je pense que la présence des étudiants lors des audiences a envoyé un message à McGill, en signalant que c’est un enjeu qu’on suit attentivement et sur lequel on veut attirer de l’attention.</em>»</p>



<p><strong>Ramener McGill dans le contexte québécois</strong></p>



<p>Commentant le contexte ayant précédé les démarches de syndicalisation de l’AMPD, le professeur Janda note que l’état des relations industrielles à McGill semblait refléter une mentalité des années 1960. «On a l’impression que McGill s’imagine dans une réalité autre que la réalité québécoise», affirme-t-il. En effet, jusqu’à présent, McGill faisait maille à part des autres universités de la province en n’ayant aucun syndicat professoral. «Avec ce qui vient de se produire, la Faculté de droit rejoint la communauté québécoise», affirme le professeur Richard Janda.</p>
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		<title>Dehors novembre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/dehors-novembre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[déprime saisonnière]]></category>
		<category><![CDATA[novembre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré les records de chaleur enregistrés à Montréal à la fin de la semaine dernière, le changement d’heure dans la nuit de samedi à dimanche nous a rapidement ramené·e·s à la sombre réalité: novembre s’abat bel et bien sur nous. Le soleil se couche désormais avant 17h, le mercure tombera bientôt sous la barre des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/dehors-novembre/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Dehors novembre</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Malgré les records de chaleur enregistrés à Montréal à la fin de la semaine dernière, le changement d’heure dans la nuit de samedi à dimanche nous a rapidement ramené·e·s à la sombre réalité: novembre s’abat bel et bien sur nous. Le soleil se couche désormais avant 17h, le mercure tombera bientôt sous la barre des 0°C, et tout le monde et son voisin semblent avoir attrapé un rhume. Un paysage gris et dénudé se peint, alors que les feuilles ont déserté les arbres et que l’idyllique première bordée de neige se fera attendre encore plusieurs semaines. Toutes les conditions sont réunies pour que la morosité s’installe.</p>



<p>À ce cocktail déjà démoralisant s’ajoute, pour la population étudiante, l’une des périodes académiques les plus anxiogènes de l’année. Du 1<em>er&nbsp;</em>novembre au 21 décembre, le stress semble devenir une constante dans la vie de toutes et tous. Essais, examens et travaux de recherche s’empilent, et le bout du tunnel devient difficile à apercevoir. Certain·e·s sont également submergé·e·s par la préparation de dossiers de candidature aux études supérieures ou à des stages en milieu professionnel. L’équilibre entre les sphères personnelle, familiale, sociale, professionnelle et académique devient dès lors très précaire, et, souvent, notre santé – physique et mentale – en écope. Novembre nous met au bout du rouleau.</p>



<p>Cette expérience, pourtant partagée au sein de la communauté universitaire à grande échelle, est extrêmement isolante. Bien que nous vivions tous·tes des difficultés similaires, nous sommes persuadé·e·s de notre solitude dans cette souffrance et certain·e·s de ne pas être à la hauteur d’obstacles qui ne seraient insurmontables&nbsp;<em>que pour nous</em>. Le syndrôme de l’imposteur et le découragement viscéral sont de ces vulnérabilités intimes difficilement et rarement confiées à autrui. Elles ne trouvent souvent expression que sous la forme de blagues cyniques et autodépréciatives, que personne n’ose avouer ancrées dans une troublante sincérité.</p>



<p>Cette fermeture à autrui, qui sied si bien notre rythme de travail effréné, ne semble qu’amplifier les temps gris dans lesquels nous entrons. Ne serait-ce pas un acte de résistance, plutôt qu’une faiblesse, que de nous permettre cette vulnérabilité profondément refoulée? La chaleur humaine – celle qui prend la forme d’une empathie envers soi-même tout autant qu’envers les autres – serait ainsi un premier pas pour garder novembre dehors, plutôt que dedans.</p>
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		<title>Remettre les pendules à l’heure</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/remettre-les-pendules-a-lheure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[changement d&#039;heure]]></category>
		<category><![CDATA[hiver]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La pratique du changement d’heure arrive-t-elle à sa fin?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/remettre-les-pendules-a-lheure/" data-wpel-link="internal">Remettre les pendules à l’heure</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Aux petites heures du matin, le dimanche 6 novembre dernier, les cadrans de nos téléphones intelligents sont passés de 1h59 à 1h00. Après plus de six mois sous le régime de l’heure avancée, nous voilà ainsi de retour à l’heure normale.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>s’est penché sur les origines de cette pratique ainsi que sur ses perspectives d’avenir.</p>



<p><strong>La petite histoire</strong></p>



<p>L’idée de l’heure avancée est souvent erronément attribuée à Benjamin Franklin. Bien que le Père fondateur des États-Unis ait promu les rayons du soleil comme alternative économique aux chandelles dès 1784, Franklin défendait la thèse d’une modification de l’horaire de sommeil plutôt qu’une modification de l’heure elle-même. Il faudra attendre la Première Guerre mondiale pour la première implantation de l’heure avancée. En 1916, en vue d’économiser son énergie électrique, l’Allemagne est le premier pays à adopter «l’heure d’été», suivie de près par l’Angleterre. Ce n’est que deux ans plus tard, en 1918, que le Canada et les États-Unis emboîteront le pas à ces nations européennes. Toutefois, en Amérique du Nord, la mesure est abandonnée à la fin du conflit pour n’être réinstaurée qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette période, l’heure avancée sera en vigueur à l’année longue au Canada.</p>



<p><strong>Et aujourd’hui?</strong></p>



<p>Depuis la fin des années 1980, le changement d’heure est réglementé par les gouvernements provinciaux et fédéral en vue d’éviter des disparités régionales. Aujourd’hui, l’heure avancée commence toujours le deuxième dimanche de mars et se termine le premier dimanche de novembre. Or, le changement d’heure n’est pas une pratique à laquelle adhère l’ensemble du pays: la Saskatchewan et le Yukon ne touchent pas à leurs horloges.</p>



<p>L’idée d’abandonner l’heure avancée fraye son chemin dans les sphères politiques canadiennes, mais elle dépend largement du choix que feront les États-Unis. À titre d’exemple, la Colombie-Britannique a légiféré en vue de mettre fin au changement d’heure, à condition de voir un changement en ce sens de la part des États voisins de la Californie, de l’Oregon et de Washington.</p>



<p>En effet, les gouvernements semblent reconnaître que la pratique du changement d’heure est de moins en moins justifiable au vu des connaissances scientifiques actuelles. Alors que sa vocation première était la conservation énergétique, certaines études démontrent que l’heure avancée aurait plutôt entraîné une augmentation des dépenses d’énergie. Effectivement, malgré une réduction de la consommation énergétique dédiée à l’éclairage, la pratique entraînerait une hausse des dépenses énergétiques liées à la climatisation.</p>



<p>À cette absence de bénéfices environnementaux s’ajoutent les effets néfastes du changement d’heure sur notre rythme circadien. La manipulation artificielle de nos pendules deux fois par an interfère avec nos besoins de lumière (en novembre) et de sommeil (en mars). En effet, en limitant la clarté du matin et l’obscurité de la nuit, l’heure avancée rend le réveil difficile et repousse le moment de s’endormir, en raison de changements à notre production de mélatonine. Plusieurs associations scientifiques penchent donc en faveur de la réinstauration permanente de l’heure normale, mieux alignée avec la progression du soleil, et donc avec notre horloge biologique.</p>
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		<title>«C’est l’Halloween, on veut des bonbons!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/cest-lhalloween-on-veut-des-bonbons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Soifaim]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[bonbons]]></category>
		<category><![CDATA[Halloween]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la nuit du lundi 31 octobre dernier, des milliers d’enfants enjoués ont déambulé d’une maison à l’autre, scandant sans se lasser le célèbre «trick or treat!». Plus tard dans la soirée, ces sorcières, dinosaures et Spider-Man taille miniature ont regagné leur domicile et évalué leur butin, conduisant d’intenses négociations au sein de la fratrie&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/cest-lhalloween-on-veut-des-bonbons/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">«C’est l’Halloween, on veut des bonbons!»</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans la nuit du lundi 31 octobre dernier, des milliers d’enfants enjoués ont déambulé d’une maison à l’autre, scandant sans se lasser le célèbre «<em>trick or treat!</em>». Plus tard dans la soirée, ces sorcières, dinosaures et <em>Spider-Man</em> taille miniature ont regagné leur domicile et évalué leur butin, conduisant d’intenses négociations au sein de la fratrie – une KitKat échangée contre deux Aero – sous la supervision attentive de leurs parents, qui ont certainement dû contrôler la quantité de bonbons ingérés. Si ces scènes ont le pouvoir d’évoquer une profonde nostalgie, elles sont aussi le point culminant d’une longue histoire, remontant au-delà du Moyen Âge. <em>Le Délit</em> vous fait le récit de la tradition du <em>trick or treat</em>, à savourer en même temps qu’un bonbon dérobé à la récolte de vos jeunes frères et soeurs.</p>



<p><strong>Des origines celtes</strong></p>



<p>Dans le calendrier celte, la date du 1er novembre marquait la division entre les périodes lumineuse (la récolte) et sombre (l’hiver) de l’année. Selon la croyance populaire, les frontières entre le monde des esprits et du réel étaient ainsi plus poreuses dans la nuit du 31 octobre, permettant aux âmes des morts de venir hanter les vivants. C’est ainsi qu’est née la tradition du déguisement d’Halloween : masques et costumes servaient à éloigner les esprits. Quant à l’emblématique tournée des bonbons, ses origines remontent à l’Europe du Moyen Âge. À l’époque, les personnes moins nanties offraient de prier pour les âmes des morts de la famille en échange de «gâteaux d’âme» – une galette semblable à un biscuit sablé! Au fil des années, cette tradition s’est laïcisée et est devenue populaire auprès des enfants, qui préparaient diverses performances en vue d’obtenir des noix, des fruits ou quelques pièces de monnaie.</p>



<p><strong>Dans l’ère moderne</strong></p>



<p>C’est avec la vague d’immigrationd’origine écossaise et irlandaise que les célébrations d’Halloween se sont implantées au Canada au 19e siècle. Au Québec, la chasse aux bonbons serait devenue populaire dans les années 1920–1930, alors qu’elle était déjà répandue à l’échelle du Canada. La pratique aurait perdu en popularité durant les années de la Seconde Guerre mondiale, notamment en raison du rationnement du sucre, mais elle aurait repris en force à partir des années 1950, menant à la fête telle que nous la connaissons toutes et tous aujourd’hui.</p>



<p><strong>Et les bonbons, dans tout ça?</strong></p>



<p>Nous sommes bien loin de l’époque des galettes, des noix et des fruits, quoique les enfants demandent encore des pièces de monnaie pour des organisations caritatives comme UNICEF. Aujourd’hui, il est estimé qu’aux États-Unis, plus de trois milliards de dollars sont dépensés chaque année en bonbons d’Halloween. Entre suçons, barres de chocolat, sacs de croustilles et bonbons de toutes sortes, les variétés semblent infinies!</p>



<p>Pour célébrer l’Halloween, Le Délit a interrogé les membres de son conseil éditorial sur leur variété de bonbons d’Halloween préférés. Voici le résultat!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="782" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1000x782.jpg" alt class="wp-image-49698" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1000x782.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-330x258.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-768x600.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1536x1201.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween.jpg 1952w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>
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		<title>Le nouveau latin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/le-nouveau-latin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[publications scientifiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À titre d’étudiant·e·s universitaires, les publications savantes font partie intégrante de notre quotidien marqué par les remises de thèses, d’essais et d’autres travaux. Pour celles et ceux inscrit·e·s à l’Université McGill, il est attendu que la majorité des articles de revues académiques qui nous sont assignés ou que nous rédigeons soient en anglais. Ce phénomène&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/le-nouveau-latin/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le nouveau latin</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À titre d’étudiant·e·s universitaires, les publications savantes font partie intégrante de notre quotidien marqué par les remises de thèses, d’essais et d’autres travaux. Pour celles et ceux inscrit·e·s à l’Université McGill, il est attendu que la majorité des articles de revues académiques qui nous sont assignés ou que nous rédigeons soient en anglais. Ce phénomène n’est toutefois pas limité aux établissements anglophones : l’anglais s’est imposé comme lingua franca de la recherche à l’échelle du Québec et du Canada au cours des dernières décennies.</p>



<p> À l’Université McGill, il n’est pas surprenant que le <a href="https://www.acfas.ca/publications/magazine/2021/11/langues-diffusion-connaissances-quelle-place-reste-t-il-francais" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pourcentage</a> d’articles publiés en français soit passé de 6% dans les années 1980 à 2% dans les années 2010, selon une étude menée par le professeur Vincent Larivière et Amanda Riddles, chercheur·se·s en sciences de l’information. Il est plus étonnant de voir une diminution significative dans le même sens à l’Université de Montréal, une institution francophone, qui a vu son taux d’articles publiés en français passer de plus de 50% dans les années 1980 à moins de 20% dans les années 2010. </p>



<p>Cette anglicisation de la transmission des connaissances varie selon le domaine académique. Dans les sciences médicales et naturelles, la proportion d’articles canadiens publiés en anglais frôle les 100%. Selon les données de Larivière et Riddles, ces pourcentages sont toutefois plus bas dans le cas des sciences sociales, des arts et des humanités : au Québec, 70% des articles en sciences sociales et 30% des articles en arts et humanités seraient publiés en anglais. Cette différence s’explique sans doute par le caractère universel des sciences telles que la médecine, les mathématiques, etc. À l’inverse, des domaines de recherche relevant des sciences humaines sont davantage axés sur des réalités nationales ou locales, expliquant ainsi la rédaction d’articles dans la langue propre à ces nations ou localités.</p>



<p>Plusieurs facteurs, au-delà de ces distinctions entre domaines d’études, expliquent cette prédominance de l’anglais dans la diffusion des savoirs, un phénomène qui <a href="https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/DBF3CDE4CC2748D4B9468E7FE55107EC/S0008423917000075a.pdf/langue-de-publication-des-politologues-francophones-du-canada1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">suscitait</a> déjà études et inquiétudes dans les années 1980 au Québec. Les chercheur·se·s souhaitent que leurs textes soient lus et cités, et la publication en anglais favorise généralement une meilleure visibilité et des citations plus fréquentes. La publication en anglais est également fortement encouragée par les universités auxquelles appartiennent les chercheur·se·s : un nombre élevé de citations permet d’augmenter leur classement dans les palmarès internationaux. </p>



<p>Or, les politologues François Rocher et Daniel Stockemer soulignent les effets néfastes de cette hégémonie de l’anglais au sein des publications savantes. Les chercheur·se·s allophones sont désavantagé·e·s par rapport à leurs collègues anglophones. En effet, il a été démontré que les manuscrits en anglais de chercheur·se·s allophones ont moins de chances d’être acceptés par des revues scientifiques, car ces textes sont moins « raffinés » qu’ils ne l’auraient été dans la langue maternelle des chercheur·se·s. Rocher et Stockemer s’inquiètent également d’un « appauvrissement des perspectives, des méthodes et des cadres théoriques », entraîné par la domination d’une langue unique, car cette dernière pourrait propager un mode de pensée unique. Les particularités de chaque langue organisent de manière distincte différents enjeux, et ces particularités peuvent être mises en péril lorsque traduites en termes semblables – mais culturellement dépareillés – en anglais.</p>



<p>Rocher et Stockemer concluent que les chercheur·se·s allophones publieraient davantage dans leur langue maternelle si cette dernière leur méritait autant de visibilité et de prestige que l’anglais. Les établissements d’enseignement supérieur détiennent une part de responsabilité, en accordant une importance disproportionnée aux classements internationaux, au détriment de chercheur·se·s qui craignent la pénalisation dans l’évaluation de leur performance s’il·elle·s ne publient pas en anglais. Reconnaître la place disproportionnée qu’occupe l’anglais dans les publications savantes est la première étape vers une meilleure répartition des langues dans les ouvrages de référence, qui refléterait alors de façon représentative le contexte socioculturel dans lequel ils sont produits. Les indicateurs de classement, qui sont entre autres déterminés par la poursuite d’un prestige pour les institutions et d’une reconnaissance pour ses chercheur·se·s, devrait également faire l’objet d’une révision, afin d’atténuer l’effet homogénéisant de la domination de l’anglais sur les publications savantes.</p>
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		<title>L’impératif de la rébellion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/limperatif-de-la-rebellion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Justice sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[rébellion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est de notre devoir, à toutes et à tous, de nous rebeller contre les injustices et les inégalités. Il en ressort de notre responsabilité civique, car la rébellion est l’une des formes de résistance qui favorise le dynamisme démocratique. Comme l’explique Elizabeth Anderson, philosophe politique et morale, la dissidence encourage le perfectionnement des politiques&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/limperatif-de-la-rebellion/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’impératif de la rébellion</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il est de notre devoir, à toutes et à tous, de nous rebeller contre les injustices et les inégalités. Il en ressort de notre responsabilité civique, car la rébellion est l’une des formes de résistance qui favorise le dynamisme démocratique. Comme l’explique Elizabeth Anderson, philosophe politique et morale, la dissidence encourage le perfectionnement des politiques publiques en soulevant des objections. À l’inverse, le silence face aux injustices crée un consensus artificiel perçu comme infaillible, car il donne l’impression que les politiques publiques actuelles répondent à toutes les préoccupations ou ont atteint leur configuration optimale.</p>



<p>Le climat actuel est toutefois propice à la désillusion quant à la responsabilité de dissidence et de rébellion: les modes de participation civique semblent incapables de répondre au sentiment d’urgence qui habite de plus en plus les jeunes de la génération Z. Alors que notre système électoral est criblé de distorsions et que les manifestations mondiales pour la justice climatique entraînent des réponses verbalisées plutôt que concrétisées, le soulèvement collectif contre un statu quo insoutenable peut sembler futile. Le sentiment d’impuissance provoqué par l’inéluctabilité de la situation actuelle nous amène à douter qu’un mouvement populaire puisse rassembler les citoyen·ne·s désabusé·e·s. À quoi bon s’insurger si nos voix ne sont entendues ni dans les rues, ni à l’Assemblée nationale?</p>



<p>Or, la rébellion n’a pas à être concertée pour être utile. Comme l’écrit le philosophe politique José Medina, «la résistance commence&nbsp;<em>chez soi</em>». Le fait de s’interroger, de devenir&nbsp;<em>perplexe&nbsp;</em>par rapport à soi-même, est la première étape de toute rébellion, car cet exercice critique rend visibles les processus de construction sociale de notre perspective et les limites de cette dernière. L’étude des discours de groupes marginalisés – la théorie queer, la théorie féministe, la théorie critique de la race, etc. – favorise cette prise de conscience, en rendant «<em>ce qui nous est familier, inconnu, et ce qui nous est évident, bizarre</em>».</p>



<p>Les personnes privilégiées, dont la perspective est confirmée par les politiques publiques en place, peuvent être moins enclines à prendre part à tout effort de rébellion, tant parce qu’elles bénéficient des structures actuelles que parce qu’elles ne se sentent pas aptes à se prononcer sur des injustices qui ne les affectent pas personnellement. Or, de manière contre-intuitive, elles ont en fait une responsabilité&nbsp;<em>accrue&nbsp;</em>de se rebeller, car elles en souffriront moins. Lorsque la rébellion, ayant franchi l’étape de l’auto-examen, se manifeste dans l’espace public, elle est réprimée par le pouvoir en place. Cette répression prend souvent la forme de sanctions envers les dissident·e·s. Puisque les membres des communautés marginalisées subissent déjà les conséquences des structures d’oppression, il·elle·s sont aussi particulièrement vulnérables aux représailles destinées aux rebelles. Les personnes privilégiées, moins sujettes à ces conséquences néfastes, ont donc la responsabilité de soulager les épaules de leurs concitoyen·ne·s en se joignant à leur rébellion, sans toutefois les invisibiliser.</p>
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		<title>Le Délit secoué par un tumulte éponyme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/05/le-delit-secoue-par-un-tumulte-eponyme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[vol]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis plus de deux semaines,&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>est confronté à une situation inquiétante sans précédent dans ses 45 ans d’existence: les présentoirs du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>sur le campus sont systématiquement vidés dans les heures qui suivent la distribution du journal chaque mercredi. La liberté de la presse est en jeu, sans parler du gaspillage des cotisations étudiantes. Nous voulons souligner la gravité de la disparition des copies papier du&nbsp;<em>Délit</em>, et nous tenons à rassurer notre lectorat, dont plusieurs membres nous ont écrit pour nous avertir du problème: l’équipe du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>suit de près la situation.</p>



<p>Les points de distribution du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>sur le campus du centre-ville sont la cible principale. Le mercredi 28 septembre dernier, en l’espace de quelques heures, plus d’une dizaine de présentoirs avaient été dépouillés de toutes les copies du journal, distribuées le matin même. Des centaines de copies ont été retrouvées dans les poubelles du campus. Les journaux de l’édition du 21 septembre ont également été dérobés dans les heures et les jours qui ont suivi leur distribution. Nos affiches de recrutement ont elles aussi été visées, ayant été arrachées des portes de nos bureaux.</p>



<p>La disparition du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>n’est pas uniquement une insulte aux membres de son conseil éditorial, qui dédient des heures et un effort quasi surhumain à la production d’une édition papier hebdomadaire. L’impact de ces attaques contre notre publication dépasse largement le niveau individuel; la valeur fondamentale de la liberté de la presse est mise en péril. Le retrait massif et systématique de nos éditions en format papier supprime effectivement l’accès à une source d’information indépendante destinée aux étudiant·e·s. <em>Le Délit&nbsp;</em>étant l’unique journal francophone de l’Université McGill, cette tentative de censure prive la communauté francophone mcgilloise de la possibilité d’être informée dans sa langue.</p>



<p>Le pillage des copies papier du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>sur le campus nuit à chacun·e des étudiant·e·s de l’Université McGill. Chaque étudiant·e cotise un montant à la Société des publications du&nbsp;<em>Daily&nbsp;</em>à même ses frais de scolarité. Ce montant permet, entre autres, la publication hebdomadaire en format papier du&nbsp;<em>Délit</em>. En éliminant notre journal des présentoirs du campus, notre assaillant·e gaspille de manière répréhensible les cotisations perçues auprès des étudiant·e·s.</p>



<p>Pour nos lecteur·rice·s qui se demandent qui s’acharne ainsi contre le seul journal francophone de l’Université McGill, sachez que les membres du conseil éditorial du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>se posent la même question. C’est pourquoi nous vous demandons de nous prêter main-forte. Si vous observez des comportements suspects concernant les copies papier du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, nous vous prions de nous en aviser. Votre vigilance pourrait nous permettre d’identifier qui s’attaque avec autant d’animosité au&nbsp;<em>Délit</em>.</p>



<p>Vous pouvez nous contacter par message privé sur Facebook et Instagram ou par courriel à l’adresse <a href="mailto:rec@delitfrancais.com">rec@delitfrancais.com</a>.</p>
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		<title>Pourquoi ne pas voter?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/pourquoi-ne-pas-voter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Élections Québec met les bouchées doubles cette année pour encourager les Québécoises et Québécois, surtout celles et ceux de 18 à 34 ans, à se rendre aux urnes le 3 octobre prochain. Année après année, les jeunes sont les moins nombreux·ses à exercer leur droit de vote. Aux élections provinciales de 2018, 53,41% des plus&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/pourquoi-ne-pas-voter/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Pourquoi ne pas voter?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Élections Québec met les bouchées doubles cette année pour encourager les Québécoises et Québécois, surtout celles et ceux de 18 à 34 ans, à se rendre aux urnes le 3 octobre prochain. Année après année, les jeunes sont les moins nombreux·ses à exercer leur droit de vote. Aux élections provinciales de 2018, <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/participation-electorale-etude-et-recommandations/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">53,41%</a> des plus jeunes électeur·rice·s se sont rendu·e·s aux urnes. Ce taux reste relativement stable à <a href="https://www.elections.ca/content.aspx?section=res&amp;dir=rec/eval/pes2019/vtsa2&amp;document=p1&amp;lang=f" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">53,9%</a> pour les élections fédérales de 2019, mais chute à <a href="https://www.elections.ca/content.aspx?section=res&amp;dir=rec/eval/pes2021/evt&amp;document=p5&amp;lang=f" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">46,7%</a> pour les élections fédérales de 2021 et à <a href="https://www.ledevoir.com/politique/montreal/750633/politique-municipale-montreal-prepare-le-terrain-pour-le-scrutin-municipal-de-2025" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">24,7%</a> pour les élections municipales de 2021. Les inquiétudes d’Élections Québec relatives à l’exercice du droit de vote chez les jeunes expliquent certainement en partie sa campagne active sur les réseaux sociaux (et notamment sur <a href="https://www.tiktok.com/@electionsquebec?is_from_webapp=1&amp;sender_device=pc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">TikTok</a>, où la fameuse boîte de carton électorale est soumise aux plus populaires tendances de la Génération Z) pour faire sortir le vote.</p>



<p>Malgré ces incitatifs pour se diriger aux urnes, nombreux·ses sont les jeunes qui pensent sans doute s’abstenir du processus électoral qui déterminera nos représentant·e·s à l’Assemblée nationale du Québec. «Pourquoi voter?» est une question de plus en plus commune et compréhensible, alors que règne le cynisme envers l’efficacité et la représentativité de nos élu·e·s à l’Assemblée nationale, qui peinent à amener des solutions concrètes pour freiner la crise climatique ou celle du logement. La foi ébranlée des jeunes envers les institutions démocratiques traditionnelles les pousse vers d’autres voies d’activité politique qui leur permettent de se sentir véritablement impliqué·e·s, comme la participation à des manifestations ou la signature de pétitions.</p>



<p>Bien que l’exercice du droit de vote n’est effectivement qu’une mesure parmi tant d’autres pour s’engager politiquement, cette action n’est pas pour autant complètement dépourvue de signification. Le geste relève du strict minimum en matière d’implication citoyenne, mais ses effets sont concrets pour les candidat·e·s et les partis politiques. Même si notre vote ne porte pas la personne ou le parti que l’on préfère au pouvoir, il les aidera toujours à poursuivre leurs activités; en effet, le remboursement des dépenses des candidat·e·s ainsi que l’aide financière gouvernementale apportée au parti <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/comprendre/comprendre-le-financement-politique/choses-a-savoir-sur-le-financement-politique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">varient</a> selon le nombre de votes reçus.</p>



<p>Dans la mesure où l’exercice du droit de vote peut toujours avoir un effet, même s’il est marginal, pourquoi ne pas voter? Se rendre aux urnes et s’impliquer de manière plus significative ne sont pas des actes mutuellement exclusifs. En outre, il n’a jamais été aussi facile de voter, notamment pour les jeunes. Pour les membres de la communauté mcgilloise, il sera possible de voter, quelle que soit la circonscription de résidence, au 680 rue Sherbrooke Ouest le mercredi 28 septembre entre 9h30 et 20h et le jeudi 29 septembre entre 9h30 et 14h. En vertu de la Loi électorale, les cours seront également suspendus le 3 octobre, jour officiel du scrutin, afin de permettre aux étudiant·e·s de se déplacer aux urnes. Voter n’a pas seulement un impact sur les résultats électoraux; cet acte permet d’assurer la pérennité d’une démocratie saine et le financement des activités de chacun des partis.</p>
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		<title>Mêmes discours, nouveaux formats</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/memes-discours-nouveaux-formats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[cyberharcèlement]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexistes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La cyberviolence misogyne vue par Je vous salue salope.</p>
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<p class="has-drop-cap">Il y a de ces données qui deviennent incalculables pour l’esprit humain, par lourdeur de la tâche ou l’inscrutabilité des nombres. C’est l’évidence à laquelle s’est rendue Marion Séclin, youtubeuse française, qui a cessé de compter après avoir été la cible de plus de 40 000 insultes, menaces de mort et menaces de viol.</p>



<p>Marion est l’une des quatre protagonistes du documentaire&nbsp;<em>Je vous salue salope: la misogynie au temps du numérique</em>, qui expose la peur, la honte et la souffrance vécues par les femmes victimes de cyberviolences. Réalisé par Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist, le film démontre de manière crue comment les institutions échouent à contrer ces attaques et comment, si souvent, «<em>les femmes sont contraintes de mener seules leurs combats</em>». Le documentaire tâche de répondre de front à ces attaques: les harceleurs tentant de faire taire les femmes, le documentaire leur rend la parole.</p>



<p><strong>Quatre expériences de la misogynie</strong></p>



<p><em>Je vous salue salope&nbsp;</em>suit et donne la parole à quatre femmes:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Laura Boldrini, députée et ex-présidente de la&nbsp;<em>Camera dei deputati&nbsp;</em>italienne;</li><li>Laurence Caron, étudiante maintenant diplômée au programme d’éducation préscolaire et d’enseignement primaire de l’Université de Montréal ;</li><li>Kiah Morris, ex-représentante de la Chambre des représentant·e·s de l’État du Vermont; et</li><li>Marion Séclin, comédienne et créatrice de contenu française. </li></ul>



<p>Malgré leurs parcours fort distincts et leurs degrés de notoriété publique variés, ces quatre femmes ont toutes subi une déferlante de haine et de harcèlement en ligne de virulence similaire. La place qu’elles occupent en tant que femmes est constamment remise en question et dénigrée par des hommes. Qu’elles prononcent un discours d’ouverture de séance parlementaire ou qu’elles lèvent la main pour poser une question en classe, le message demeure le même: «Ferme ta gueule, sale pute.»</p>



<p>Cependant, malgré l’effet amplificateur du recoupement de ces témoignages, le documentaire n’explique pas le phénomène du cyberharcèlement au-delà de la catégorie d’analyse du genre. En effet, dans le cas de Kiah Morris, une femme noire, à la haine misogyne dont elle est victime s’ajoute la haine raciste. La misogynoir endurée par l’ex-représentante, soit la <a href="https://www.moyabailey.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">misogynie raciste anti-noire</a> que subissent les femmes noires, n’a pas été abordée de front par le documentaire. En ce sens, le cadre interprétatif de la cyberviolence est sous-tendu uniquement par un féminisme libéral blanc, où la catégorie du genre peut être séparée des autres facteurs d’oppression, occultant de ce fait la complexité des matrices de domination et d’oppression.</p>



<p><strong>«<em>Les crimes d’une nouvelle ère moderne</em>»</strong></p>



<p>Les témoignages des protagonistes comme ceux d’expert·e·s en cyberviolence permettent de faire comprendre à l’auditoire que les cyberviolences peuvent être aussi néfastes, voire pires, que le harcèlement de rue. En effet, comme le souligne la doctorante et conférencière spécialisée en réseaux sociaux et cybercultures Nadia Seraiocco, les injures et sifflements d’un harceleur de rue, quoique pénibles à endurer, sont de nature ponctuelle. Or, le harcèlement en ligne est vécu à coups assommants et incessants de notifications sur ces appareils mobiles qui nous suivent tous·tes partout en cette ère ultra-connectée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Est-ce véritablement une victoire, un geste libérateur ou émancipateur, que de continuer à lutter alors que l’on craint pour notre sécurité physique?»</p></blockquote>



<p>Le danger concret du cyberharcèlement relève également du fait que la frontière entre les mondes virtuel et réel est loin d’être aussi étanche que l’on croit. Au-delà des enjeux de santé mentale causés par la violence des messages reçus, les menaces des harceleurs peuvent se transformer en gestes, en attaques: des entrées par effraction chez la victime au milieu de la nuit ou encore des balles de fusil reçues par la poste ne sont que deux exemples de situations vécues par Kiah Morris et Laura Boldrini. Ces sentiments de peur paralysante et de danger imminent qui accompagnent les quatre protagonistes au quotidien sont d’ailleurs communiqués à l’auditoire au moyen de la trame sonore: un mélange de bruits de notifications de plus en plus agressifs, d’instruments à cordes tantôt bas, lents et menaçants, tantôt hauts, rapides et sinistres, et de coups de feu.</p>



<p>Au-delà de ces cas particuliers percutants, il aurait été pertinent d’analyser de manière plus approfondie le phénomène du cyberharcèlement. En l’étudiant à travers un prisme exclusivement individuel, illustré par quelques exemples, le documentaire peine à communiquer les dimensions structurelle et systémique qui sous-tendent les cyberviolences. L’auditoire reste sur sa faim concernant certains mécanismes représentés, mais peu ou pas expliqués: l’anonymat, la radicalisation, le rôle et la responsabilité des plateformes, la manosphère, etc.</p>



<p><strong>Un système cruellement mal adapté</strong></p>



<p><em>Je vous salue salope&nbsp;</em>souligne de manière choquante combien les victimes de cyberharcèlement sont laissées à elles-mêmes. Presque sans exception, les ressources qui entendent leurs plaintes ou leur détresse – direction universitaire, forces policières, système de justice – leur offrent une aide inexistante ou largement insuffisante. Que cette inaction soit engendrée faute de volonté, de compréhension ou de mécanismes pour contrer ces nouvelles formes de violence, le résultat est le même: le système ne répond pas à leurs appels à l’aide. Le documentaire expose ainsi la cruelle réalité à laquelle sont confrontées les femmes victimes de cyberharcèlement: si elles continuent d’occuper leur place dans la sphère publique, elles le font à leurs propres risques et périls; si elles se retirent de cet espace, leur sécurité s’achète au prix de leur silence.</p>



<p>Et ici réside l’argument des réalisatrices: bien qu’il soit compréhensible de prendre un pas de recul face à cette déferlante, la solution véritable réside tout de même en la prise de parole et la résistance dans cet espace public où la présence des femmes dérange. Laura Boldrini, qui continue son travail de députée malgré la pluie de menaces de mort, est présentée comme héroïque et victorieuse en raison de son refus de baisser les bras. Or, est-ce véritablement une victoire, un geste libérateur ou émancipateur, que de continuer à lutter alors que l’on craint pour notre sécurité physique? Il semble mal avisé d’encourager les femmes à être actives dans cet espace public construit par et pour les hommes, qui continue à leur faire du mal. Plutôt que de simplement inciter plus de femmes à se joindre à ce système, le documentaire aurait eu avantage à inviter à une réflexion sur les mécanismes de notre société qui oppriment de manière systémique les femmes. </p>



<p>Le documentaire réussit à faire résonner la violence du cyberharcèlement dans l’auditoire. Les témoignages sont percutants et touchants. Cependant, certains angles morts des documentaristes occultent les complexités du phénomène. La cyberviolence se décuple à travers une multitude d’expériences, portant à réfléchir sur des exemples proches de nous. Est-ce si étonnant que cette année, le nombre de femmes qui ont choisi de ne pas se représenter aux élections provinciales du 3 octobre 2022 <a href="https://www.ledevoir.com/depeches/748119/exode-feminin-a-l-assemblee-nationale-22-elues-quittent-la-vie-politique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dépasse</a> de façon disproportionnée le nombre d’hommes qui ont fait un tel choix?</p>



<p><em>Je vous salue salope : la misogynie au temps du numérique&nbsp;</em>est présentement à l’affiche au <a href="https://cinemabeaubien.com/fr/film/je-vous-salue-salope-la-misogynie-au-temps-du-numerique_fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Cinéma Beaubien</a> et à la <a href="https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/je-vous-salue-salope-la-misogynie-au-temps-du-numerique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Cinémathèque québécoise</a> à Montréal.</p>
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		<title>Un premier festival afro-végane à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/un-premier-festival-afro-vegane-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[festival afro-végane]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[véganisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Récit en photos.</p>
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<p class="has-drop-cap">Le dimanche 18 septembre dernier avait lieu la première édition du Festival afro-végane de Montréal. Malgré la pluie battante, les festivalier·ère·s étaient au rendez-vous au Pavillon de la Jamaïque sur l’île Notre- Dame, où avait lieu l’événement.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><strong>Sous la pluie</strong></p>



<p>L’événement devait commencer à 13h selon l’horaire diffusé sur les réseaux sociaux du festival. Or, les festivalier·ère·s ont été contraint·e·s d’attendre à l’extérieur du Pavillon de la Jamaïque pendant plus de trente minutes après l’heure d’ouverture annoncée.</p>



<p>Malgré ce départ retardé, c’est une foule enthousiaste et peu découragée par la pluie qui a fait son entrée dans le Pavillon à partir de 13h35. La musique, assurée par une succession de DJ au cours de la journée, battait son plein, et le bruit de discussions animées et de rires s’est rapidement fait entendre.</p>



<p><strong>Des marchand·e·s éclectiques</strong></p>



<p>Selon Luce-Yole Toussaint, l’une des cofondatrices du festival, l’afro-véganisme est un mélange de mets africains et caribéens dépourvus de produits animaux. Durant son entretien avec&nbsp;<em>Le Délit</em>, elle a souligné les aspects bénéfiques pour l’environnement et la santé de ce mode de vie, qui constituerait aussi un « retour aux sources » grâce à la mise en valeur d’aliments naturels.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49120" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-3-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Malgré cette définition de l’afro-véganisme centrée sur l’alimentation, les marchand·e·s présent·e·s exhibaient une grande variété de produits, et tous·tes n’étaient pas associé·e·s à la cuisine ou à la nourriture afro-véganes. Romans à suspense, vêtements&nbsp;<em>vintage&nbsp;</em>des années 2000, impressions artistiques et produits capillaires ne sont que quelques exemples de l’éclectisme des entreprises mises en vedette durant le festival.</p>



<p>Interrogée à ce sujet, Luce-Yole Toussaint explique que le festival souhaitait offrir aux marchand·e·s de descendance africaine ou caribéenne une visibilité et une opportunité pour démontrer leurs produits, en parallèle de la démonstration de mets végétaliens de ces cultures. Ainsi, bien que les repas et produits alimentaires vendus lors du festival ne pouvaient être d’origine animale, les autres marchand·e·s n’étaient pas contraint·e·s par cette exigence, selon les propos de la cofondatrice.</p>



<p><strong>Pourquoi un festival afro-végane?</strong></p>



<p>Pour Luce-Yole Toussaint, le festival avait pour but de « montrer que le véganisme n’est pas […] que pour les blancs», soulignant que l’image du véganisme dans les médias est loin de montrer toute sa diversité. En ce sens, le Festival afro-végane de Montréal peut être vu comme participant à une lutte contre les idées reçues et le véganisme blanc (<em>white veganism</em>) – ce véganisme qui ne tient pas compte de la variété des expériences humaines qui existent au-delà des perspectives blanches et privilégiées.</p>



<p>Pour Spaicy Bazile, coach de transition végane, le festival était l’occasion de faire rayonner le véganisme comme étant « synonyme de plaisir » et en harmonie avec les traditions culinaires de chacun·e. C’est en replongeant dans ses racines haïtiennes qu’elle a entamé son exploration du véganisme, et c’est ce cheminement qu’elle encourage chez ses client·e·s: « Quand on fait une transition, on commence par ce qu’on aime déjà. On retourne vers les recettes qu’on apprécie…et on revisite, tout simplement! »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49045" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/09/festival-4-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Pour Hamidou Maiga, fondateur de Hamidou Horticulture, il est important de souligner qu’en Afrique, «contrairement à ce que l’on pense, il y a énormément de plats à base de végétaux, car la viande coûte cher ». Ce producteur de légumes africains et tropicaux, basé à Montréal, a indiqué au&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>qu’un festival qui fait la promotion de l’afro-véganisme – et par le fait même « des végétaux afro », selon lui – permet de montrer la culture africaine à travers les plats et les plantes originaires du continent.</p>



<p>Pour Luce-Yole Toussaint, l’événement était un succès et une source de fierté; tant les festivalier·ère·s que les marchand·e·s ont manifesté leur intérêt pour une édition de plus grande envergure l’année prochaine. La seconde édition s’avère déjà certaine pour la cofondatrice, qui affirme qu’une rencontre est déjà en cours de planification pour prévoir le déroulement de l’édition 2023. « La population de Montréal est ouverte et prête pour une [diversité dans le véganisme]. »</p>
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		<title>Être dans le besoin n’est pas une identité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/etre-dans-le-besoin-nest-pas-une-identite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[aide]]></category>
		<category><![CDATA[minorités]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En tant qu’étudiant·e·s, nous sommes entouré·e·s de messages soulignant l’importance de demander de l’aide lorsque nous nous trouvons en état de détresse. Entre les nombreux courriels de nos «conseiller·ère·s de bien-être» (Local Wellness Advisors), les lignes d’écoute affichées dans les stations de métro et les messages inquiets de nos proches («Prends soin de toi», «Ne&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/etre-dans-le-besoin-nest-pas-une-identite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Être dans le besoin n’est pas une identité</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En tant qu’étudiant·e·s, nous sommes entouré·e·s de messages soulignant l’importance de demander de l’aide lorsque nous nous trouvons en état de détresse. Entre les nombreux courriels de nos «conseiller·ère·s de bien-être» (<em>Local Wellness Advisors</em>), les lignes d’écoute affichées dans les stations de métro et les messages inquiets de nos proches («Prends soin de toi», «Ne te pousse pas trop fort» et cie), nous sommes incité·e·s à ne pas nous isoler dans notre souffrance.</p>



<p>Il n’est jamais aisé de nous ouvrir sur nos vulnérabilités, nos faiblesses ou nos échecs. Même lorsque le message est répété à outrance, la voix insidieuse du syndrôme de l’imposteur nous chuchote que nous n’allons pas&nbsp;<em>assez&nbsp;</em>mal pour demander de l’aide, que nous monopolisons des ressources qui desserviraient mieux quelqu’un·e de véritablement anxieux·se, véritablement déprimé·e, véritablement au bord du gouffre. Même si nous ne doutons pas de la véracité de notre détresse, demander de l’aide exige une foi envers l’individu, l’organisme ou le système auquel on se confie. Or, les promesses d’aide qui nous sont faites ne s’avèrent pas toujours suffisamment accessibles. Faute de financement, des lignes d’appel <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2022-09-16/manque-de-financement/interligne-pourrait-devoir-fermer-son-service-d-ecoute-la-nuit.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">réduisent</a> leurs services. Faute de psychologues dans le réseau public, la liste d’attente pour des services en santé mentale <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/affrontement-sur-le-terrain-de-la-sante-mentale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">avoisine</a> les 20 000 noms. Les doutes qui nous rongent, concernant la validité de nos besoins ou la capacité du système à leur répondre, nous dissuadent d’aller vers celles et ceux qui nous tendent la main.</p>



<p>Ces difficultés s’avèrent exacerbées chez les membres de communautés marginalisées, dont les défis propres s’ajoutent aux doutes universels lorsqu’il est question de demander de l’aide. Lorsque les institutions qui devraient les soutenir sont inadaptées aux besoins de ces communautés, ces dernières sont contraintes de se tourner vers les médias et les gouvernements pour représenter leurs intérêts. Or, comme l’avance notamment le professeur de sciences politiques et d’études autochtones Glenn Coulthard dans&nbsp;<em>Peau rouge, masques blancs</em>, les politiques de reconnaissance gouvernementales envers les communautés dites marginalisées, telles que les peuples autochtones, reproduisent les configurations de pouvoir inégales déjà existantes. En effet, ces politiques relèguent perpétuellement les communautés déjà perçues comme étant démunies à une position de pouvoir inférieur. En raison de cela, c’est une représentation unidimensionnelle de ces communautés qui se manifeste dans l’espace public; leur identité est réduite à l’idée que ces groupes seraient nécessiteux, pingres et insatisfaits. Les effets néfastes de cette perception ont d’ailleurs été documentés par la chercheuse en éducation urbaine et études autochtones Eve Tuck. Selon Tuck, la perception de certaines communautés comme étant strictement nécessiteuses – entraînée par la mise de l’avant de leurs besoins en vue d’une aide des instances de pouvoir – efface la complexité réelle des individus membres de ces communautés et des dynamiques de pouvoir qui les affectent.</p>



<p>Si l’on veut réellement encourager l’épanouissement de tous les groupes sociaux au sein de notre société, il faut cesser de miser sur des stratégies qui reposent sur la construction de l’image de plusieurs communautés comme étant des groupes démunis. Il faut plutôt vaincre cette conception erronée en mettant de l’avant la complexité identitaire de toutes et tous dans la sphère publique, notamment en soulignant la résilience, les succès, et les bonnes nouvelles qui concernent des groupes qui ont été essentialisés, à tort, comme étant constamment dans le besoin. C’est donc ici que le rôle des médias et des autres acteur·rice·s prend de l’ampleur; il est de notre responsabilité collective de cesser de réduire des individus à leur souffrance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/etre-dans-le-besoin-nest-pas-une-identite/" data-wpel-link="internal">Être dans le besoin n’est pas une identité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[rentrée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après deux ans en semi-dormance, le campus de l’Université McGill semble enfin revivre, envahi par des étudiant·e·s pressé·e·s, des froshies excité·e·s et des camarades de classe qui peuvent enfin voir les sourires de leurs pairs. L’administration de McGill, qui s’époumone à nous répéter qu’il s’agira de la première rentrée «normale» depuis le début de la&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap ticss-b92e4f68">Après deux ans en semi-dormance, le campus de l’Université McGill semble enfin revivre, envahi par des étudiant·e·s pressé·e·s, des <em>froshies</em> excité·e·s et des camarades de classe qui peuvent enfin voir les sourires de leurs pairs. L’administration de McGill, qui s’époumone à nous répéter qu’il s’agira de la première rentrée «normale» depuis le début de la pandémie, semble pour l’instant avoir vu juste.&nbsp;</p>



<p>Pour les clubs et journaux mcgillois, ce retour sur le campus arrive à point. Une première année entièrement en ligne et une seconde sans <em>Activities Night</em> <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/21/une-soiree-des-activites-victime-de-problemes-techniques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">digne de ce nom</a> ont donné un coup dur à la visibilité et au recrutement. Cette année, les groupes qui constellent la vie étudiante pourront à nouveau étaler ce qu’ils ont à offrir tout en démontrant leur sensibilité aux réalités et aux besoins changeants de leur public cible.</p>



<p>Au <em>Délit</em>, tribune d’information et d’expression de la francophonie mcgilloise, cette rentrée se déroule sous le signe de la réinvention et de l’ouverture. En ajoutant un poste Multimédias à notre conseil éditorial, nous espérons rendre notre publication plus accessible en greffant la baladodiffusion et la vidéographie à notre contenu. Une nouvelle section, «Vie nocturne», s’ajoute également à nos pages: elle accueillera des textes épicuriens et salaces, épeurants et festifs.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Cette année, notre journal devra plus que jamais se montrer à la hauteur de sa communauté et de sa mission, car son existence sera entre vos mains»</p></blockquote>



<p>Outre des changements à l’équipe ou au contenu, <em>Le Délit</em> demeure également d’actualité en restant conscient de la diversité de sa communauté. Notre mission est de desservir et d’accueillir francophones et francophiles d’ici et d’ailleurs, ceux·lles qui maîtrisent notre langue comme ceux·lles qui l’apprivoisent. Tous·tes sont les bienvenu·e·s dans l’appréciation et la valorisation du français que prône <em>Le Délit</em>.</p>



<p>Cette année, notre journal devra plus que jamais se montrer à la hauteur de sa communauté et de sa mission, car son existence sera entre vos mains. À l’automne 2022, les frais étudiants nécessaires à la conduite de nos activités seront soumis au vote populaire dans le cadre d’un référendum de l’Association étudiante de l’Université McGill. Dans les mois à venir, <em>Le Délit</em> déploiera tous les efforts pour vous démontrer qu’après 45 ans de présence francophone sur le campus, il est toujours aussi nécessaire, voire davantage, à la santé de notre communauté, alors que le poids du français est en <a href="https://www.ledevoir.com/societe/745935/le-francais-comme-langue-parlee-principale-poursuit-son-declin-au-quebec-et-au-canada" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclin</a> au Québec et au Canada.</p>



<p><em>Le Délit</em> est publié chaque semaine sur papier et en ligne. Nos soirées de production, qui ont lieu tous les lundis dans nos bureaux du Centre universitaire, sont ouvertes à tous·tes. Si vous souhaitez rencontrer l’équipe qui vous demande votre confiance, venez nous voir : notre porte est ouverte!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/" data-wpel-link="internal">McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Michelle O’Bonsawin: «&#160;si normale, si exceptionnelle&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/michelle-obonsawin-si-normale-si-exceptionnelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Cour suprême du Canada]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de Droit]]></category>
		<category><![CDATA[femmes autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une première femme autochtone siègera à la Cour suprême du Canada.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/michelle-obonsawin-si-normale-si-exceptionnelle/" data-wpel-link="internal">Michelle O’Bonsawin: «&nbsp;si normale, si exceptionnelle&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’honorable Michelle O’Bonsawin siègera à la Cour suprême du Canada à partir du 1<em>er</em> septembre prochain, remplaçant le juge ontarien Michael Moldaver. Abénaquise d’Odanak, elle est la première Autochtone à atteindre le banc du plus haut tribunal du pays. <em>Le Délit</em> s’est rendu à Ottawa le 24 août dernier pour assister au témoignage historique de la juge O’Bonsawin devant député·e·s, sénateur·rice·s et étudiant·e·s en droit.</p>



<p><strong>« Une perspective unique »</strong></p>



<p>Les différentes facettes de l’identité de la juge O’Bonsawin se sont établies comme fil conducteur de l’événement. Tant la magistrate que les parlementaires qui l’interrogeaient ont évoqué le fait qu’elle est autochtone, franco-ontarienne et mère de deux garçons. La juge O’Bonsawin a admis que ces aspects d’elle-même ont parfois été source d’adversité. Alors qu’enfant, elle rêvait déjà d’être avocate, d’autres se moquaient de son nom ou encore doutaient que la profession juridique était pour «une p’tite franco-ontarienne» comme elle. Des années plus tard, un avocat qui plaidait dans sa salle de cour l’a traitée de «<em>Pocahontas du nord</em>». Malgré ces épreuves, la juge O’Bonsawin considère que «<em>tout est possible si on y travaille assez fort</em>», y compris pour les jeunes femmes, en particulier d’origine autochtone, qu’elle souhaite inspirer.&nbsp;</p>



<p>La juge O’Bonsawin se démarque également de ses futur·e·s collègues à la Cour suprême par ses expériences professionnelles. Alors que les huit autres juges ont principalement œuvré en pratique privée, dans la fonction publique ou dans le milieu universitaire avant de se joindre à la magistrature, l’honorable Michelle O’Bonsawin a majoritairement travaillé en contentieux, c’est-à-dire au sein du département juridique d’une organisation. Elle a notamment travaillé au service de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de Postes Canada et du Groupe des services de santé Royal Ottawa avant d’être nommée juge à la Cour supérieure de justice de l’Ontario en 2017. Elle détient ainsi une expertise en droit criminel, en droit du travail, en droit de la santé mentale et en droit autochtone. «<em>Mon expérience [professionnelle] m’est unique, et elle me sera bénéfique à la Cour et sera bénéfique à la Cour elle-même</em>», a affirmé la juge O’Bonsawin. En effet, <a href="https://www.scc-csc.ca/review-revue/2021/yr-ra2021-fra.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">55%</a> des appels entendus à la Cour suprême concernent le droit criminel, et les liens entre la maladie mentale et la criminalité sont <a href="https://www.scc-csc.ca/judges-juges/spe-dis/bm-2005-02-17-fra.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reconnus</a> par la Cour elle-même.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Un avocat qui plaidait dans sa salle de cour l’a traitée de “<em>Pocahontas du nord</em>”»</p></blockquote>



<p>L’atmosphère même de la salle de comité semblait influencée par la présence rafraîchissante de la magistrate de 48 ans, qualifiée de «<em>si normale, si exceptionnelle</em>» par le sénateur Peter Harder. En effet, malgré son imposant curriculum vitae et la solennité de sa nouvelle fonction, plusieurs ont été séduits par la nature terre-à-terre de la juge O’Bonsawin. Elle a fait rire et a attendri l’auditoire à plus d’une reprise, notamment en lui faisant part de la véritable ménagerie qu’elle tient chez elle : «<em>trois chiens, huit poules et un gecko nommé Lizzie</em>».&nbsp;</p>



<p><strong>Des efforts continus vers la réconciliation</strong></p>



<p>Bon nombre des questions posées par les parlementaires étaient liées aux enjeux de la réconciliation entre l’État canadien et les peuples autochtones du territoire. La juge O’Bonsawin a limité ses réponses à plusieurs moments en raison de son obligation de retenue judiciaire, qui exige de ne pas donner son avis sur les matières qui pourraient être adjugées par son tribunal dans l’avenir. Toutefois, elle a su mettre en relief son propre vécu en ce qui concerne le cheminement vers la réconciliation.</p>



<p>Pour la magistrate autochtone, ce cheminement exige dialogue et éducation, notamment au sein de la fonction judiciaire. Elle a insisté sur l’importance pour tous·tes de lire des rapports tels que celui de la Commission de vérité et réconciliation (CRT) ou encore celui de la Commission Viens pour connaître l’histoire des peuples autochtones du Canada. Surtout, la réconciliation devrait être un sujet de conversation à toutes les tables, même celle des juges de la Cour suprême, croit-elle. La juge O’Bonsawin considère&nbsp; «essentiel» que les rapports Gladue fassent partie de la formation continue des juges. Ces rapports – sujets de la thèse de doctorat de la juge O’Bonsawin – obligent les juges à considérer les expériences uniques de l’accusé·e en tant qu’Autochtone au moment de déterminer sa sentence. Selon elle, «<em>cette compréhension est requise pour que les juges rendent des décisions complètes</em>».</p>



<p><strong>Des échos jusqu’à McGill</strong></p>



<p>La nomination de la juge O’Bonsawin est un événement marquant pour l’ensemble de la population canadienne, mais elle revêt une importance particulière pour les membres de la profession juridique et les étudiant·e·s en droit. Ruo Lan Wang, étudiante à la Faculté de droit de l’Université McGill qui a assisté au témoignage de la magistrate autochtone à Ottawa, s’est dite «fière de voir une femme comme elle siéger à la Cour suprême». L’étudiante a souligné l’expertise en santé mentale de la juge O’Bonsawin qui «contribuera à déstigmatiser les troubles de maladie mentale dans la société». Notant la «ténacité, la curiosité intellectuelle et l’optimisme» de la juge, Ruo Lan Wang estime qu’elle sera «un modèle» pour plusieurs.</p>
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		<title>Le Délit et les livres d’enfance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/le-delit-et-les-livres-denfance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[littérature jeunesse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recommandations de la rédaction : livres d’enfance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le prince et l’hirondelle de Steve Adams (Gabrielle Genest, coordonnatrice de la production)</strong></p>



<p>Basé sur Le prince heureux (1888) de l’écrivain irlandais Oscar Wilde, l’album illustré Le prince et l’hirondelle aborde avec sensibilité les thèmes du privilège et des inégalités de richesse. Sur les ailes de la petite hirondelle, l’enfant lecteur rencontre le prince: une statue dorée surplombant la ville. Du haut de son piédestal, le prince voit désormais toute la misère de son peuple, lui qui n’avait connu que la richesse et la joie lors de sa vie humaine. Le prince implore la petite hirondelle de rester auprès de lui, malgré l’hiver qui arrive, afin qu’elle le dépouille de ses joyaux et les livre aux plus démunis. L’hirondelle accepte et, tragiquement, meurt de froid aux pieds du prince dont elle sera tombée amoureuse. Comme celui du prince, le cœur de l’enfant lecteur sera fendu en deux. Malgré la grande tristesse de cette histoire, la beauté des illustrations et du message qu’elle transmet a marqué mon enfance.</p>



<p><strong>Marie-Tempête de Dominique Demers (Florence Lavoie, éditrice Culture)</strong></p>



<p>Marie-Tempête, c’est mon premier contact avec la poésie; histoire de vent, de lac, de neige, de grande détresse. C’est la vie qui s’éteint et celle, neuve, qui prend forme. Au milieu, l’adolescence et ses tourments. Marie-Lune, 15 ans, perd sa mère. Son grand réconfort au milieu du désastre, c’est Antoine, son amour aux yeux de forêt. Mais Marie-Lune n’en est pas au bout de ses épreuves: elle tombe enceinte et doit faire un choix. Gardera-t-elle son bébé, son moustique à qui elle écrit des lettres tout au long du roman? Lui choisira-t-elle des parents plus aptes à lui construire le nid dont il a besoin? La tempête siffle dans le coeur de Marie-Lune qui ne sait plus comment aimer la vie. Mais, nous dit-elle, les grands sapins ne meurent pas: ils se tiennent bien droit et dansent dans la tourmente.</p>



<p><strong>Arc-en-ciel, le plus beau poisson des océans de Marcus Pfister (Félix A. Vincent, éditeur Actualités)</strong></p>



<p>C’est l’histoire d’un poisson prénommé Arc-en-ciel avec des écailles brillantes de toutes les couleurs. Lorsque les autres poissons voient Arc-en-ciel, ils sont étonnés par sa splendeur. Évidemment, Arc-en-ciel est fier de ses belles écailles. Or, sa vanité le trahit, car elle l’isole des autres poissons. Quand Arc-en-ciel refuse de partager ses écailles avec les autres petits poissons, ceux-ci décident alors d’arrêter de lui parler. Cela le pousse à donner ses écailles brillantes aux autres poissons. Finalement, il ne lui en reste plus qu’une seule, mais il est si heureux d’avoir des nouveaux amis. C’est évidemment un conte sur l’orgueil et le partage, mais surtout sur l’humilité et le don de soi. Je crois que c’est le type de conte qu’étant enfant, on ne saisit pas tout à fait. Du moins, c’est un conte pour lequel mon appréciation augmente en vieillissant. À lire!</p>
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		<title>La difficile relève de la francophonie mcgilloise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[commission des affaires francophones]]></category>
		<category><![CDATA[communauté étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[relève]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque printemps, un sentiment d’urgence occupe l’esprit des membres du conseil éditorial du Délit. Cette inquiétude n’est pas celle des examens de fin de session que partage l’ensemble du corps étudiant, mais plutôt une peur existentielle : verrons-nous une relève se manifester dans les quatre prochaines semaines? Survivrons-nous une année de plus, ou devrons-nous&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La difficile relève de la francophonie mcgilloise</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Comme chaque printemps, un sentiment d’urgence occupe l’esprit des membres du conseil éditorial du <em>Délit</em>. Cette inquiétude n’est pas celle des examens de fin de session que partage l’ensemble du corps étudiant, mais plutôt une peur existentielle : verrons-nous une relève se manifester dans les quatre prochaines semaines? Survivrons-nous une année de plus, ou devrons-nous mettre les clés sous la porte une fois pour toutes?</p>



<p>Bien que nous ayons su faire vivre notre journal depuis sa création en 1977, la crainte de tout perdre nous tiraille particulièrement après deux années de pandémie, quatre sessions où nous avons plus ou moins disparu des présentoirs de l’Université et avons peiné à nouer des contacts forts avec la population étudiante. Ce sentiment n’est pas exclusif à notre journal&nbsp;; il est en fait partagé par de nombreuses autres organisations de l’Université.&nbsp;</p>



<p>Ces difficultés se font particulièrement sentir par les organisations francophones, historiquement éclipsées par les groupes anglophones lors des événements communs de l’Université. D’après Ana Popa, la commissaire aux affaires francophones de l’AÉUM, très peu d’organisations francophones ont participé à la dernière Soirée des activités, tenue virtuellement, ou à Frosh, qui représente pourtant le premier contact des nouveaux·lles étudiant·e·s avec la vie universitaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que nous ayons su faire vivre notre journal depuis sa création en 1977, la crainte de tout perdre nous tiraille particulièrement après deux années de pandémie»</p></blockquote>



<p>L’isolement des groupes étudiants pendant la pandémie est d’autant plus préoccupant pour les groupes francophones puisque ceux-ci ne sont pas particulièrement bien connectés entre eux. Plutôt qu’une communauté francophone unie, nous observons en effet l’existence de «&nbsp;petits villages d’irréductibles Gaulois qui n’ont pas toujours connaissance de l’existence de groupes semblables sur le campus&nbsp;», selon Ana Popa. La coordination de la francophonie est donc particulièrement difficile.</p>



<p>Alors que les étudiant·e·s arrivent enfin en sol mcgillois, <em>Le Délit</em> se doit plus que jamais d’occuper l’espace pour y faire vivre la francophonie. Nous devons informer la population étudiante de l’existence de groupes francophones et des opportunités qu’ils présentent. C’est dans ce but que <em>Le Délit</em> a collaboré cette session avec différents groupes francophones comme la Commission aux affaires francophones (CAF) et l’Association des étudiant·e·s en langue et littérature françaises inscrit·e·s aux études supérieures (ADELFIES). Pour continuer à accomplir cette mission l’année prochaine, nous devrons surmonter les difficultés liées à la relève francophone de cette année.</p>



<p>Une part de la responsabilité de la vie francophone à McGill repose aussi sur l’administration de l’Université. La commissaire aux affaires francophones a souligné au <em>Délit</em> que trop peu d’étudiant·e·s sont familier·ère·s avec leurs droits en tant que francophones, comme celui de soumettre leurs travaux écrits en français. Ces droits particuliers servent de repères pour notre communauté et rappellent son existence. C’est à l’Université McGill, et non aux étudiant·e·s, de les faire annoncer dans toutes ses salles de classe.&nbsp;</p>



<p>Toutefois, il n’y aurait pas de vie francophone mcgilloise sans les individus qui y prennent part. L’avenir de notre communauté repose ultimement dans vos mains. C’est pourquoi l’équipe du <em>Délit</em> encourage ses lecteur·rice·s à rejoindre les diverses associations francophones de l’Université, y compris notre journal, afin de faire prospérer cette communauté pour les années à venir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">La difficile relève de la francophonie mcgilloise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Brève grève à la Faculté de droit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/breve-greve-a-la-faculte-de-droit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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		<category><![CDATA[piquet de grève]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mandat de grève ciblée a été levé après une semaine. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/breve-greve-a-la-faculte-de-droit/" data-wpel-link="internal">Brève grève à la Faculté de droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les étudiant·e·s de la Faculté de droit de l’Université McGill ont voté en faveur d’une grève ciblée les 29 et 30 janvier derniers. La grève se voulait un moyen de pressio<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">n pour inciter les quatre professeur·e·s de droit qui donnaient uniquement leurs cours en présentiel</span> à offrir des accommodements hybrides ou des alternatives satisfaisantes pour les étudiant·e·s. Des lignes de piquetage non contraignantes se sont formées devant les cours ciblés par la grève et ont été traversées en moyenne par deux tiers des étudiant·e·s inscrit·e·s à ces cours. Le mandat de grève a été levé par l’Association des étudiant·e·s en droit (AÉD) le 6 février, une semaine <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">après son entrée en vigueur.</span></p>



<p>→ Voir aussi&nbsp;: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%C2%B7e%C2%B7s-en-droit-preparent-une-greve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Les origines du vote de grève</a></p>



<p><strong>Une grève ciblée</strong></p>



<p>Deux questions référendaires ont été posées au corps étudiant de la Faculté de droit durant la fin de semaine du 29 janvier dernier. L’une portait sur l’assentiment à la grève et l’autre sur les modalités de la grève. En effet, trois options de grève étaient proposées aux étudiant·e·s&nbsp;: la grève générale, la grève partielle et la grève ciblée.&nbsp;</p>



<p>La grève générale aurait impliqué un refus des étudiant·e·s d’assister <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">aux cours</span> de façon synchrone, peu importe si les cours étaient en présentiel ou en ligne. Tous les cours, même ceux qui offraient des accommodements hybrides satisfaisants, auraient été ciblés par une grève générale. Quant à la grève partielle, elle aurait plutôt interdit aux étudiant·e·s d’assister à tout cours en personne. Les étudiant·e·s auraient toutefois pu assister aux cours de façon synchrone, à distance. Enfin, la grève ciblée impliquait un refus d’assister aux cours n’offrant pas d’enseignement hybride, affectant uniquement les étudiant·e·s inscrit·e·s à ces cours.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Au matin du lundi 31 janvier, quatre cours étaient visés par le mandat de grève, dont trois étant des cours de première année»</p></blockquote>



<p>Le taux de participation au référendum a atteint 72,7%, une augmentation significative par rapport au<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">x</span> 19% du précédent référendum de l’AÉD qui portait sur la <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/mise-a-jour-constitutionnelle-a-la-faculte-de-droit/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">mise à jour</a> de sa constitution. Parmi les participant·e·s, 56,6% ont voté en faveur d’une grève, et la grève ciblée a été l’option victorieuse. Au matin du lundi 31 janvier, quatre cours étaient visés par le mandat de grève, dont trois étant des cours de première année.&nbsp;</p>



<p>En entretien avec <em>Le Délit</em>, la vice-présidente Affaires académiques de l’AÉD Charlotte Sullivan a affirmé qu’en voyant les résultats du référendum, elle savait que sa lutte allait être plus difficile que si une grève générale ou partielle avait été votée. En effet, a‑t-elle ajouté, ces deux dernières options auraient impliqué <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">la participation de</span> l’ensemble du corps étudiant. Dans sa foire aux questions publiée dans les jours menant au vote, l’AÉD avait précisé qu’elle souhaitait que la grève soit forte et témoigne de solidarité avec les étudiant·e·s affecté·e·s par l’absence d’accommodements hybrides. L’association rappelait que la force d’une grève est celle du nombre et sa «faiblesse<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">,</span> dans les demi-mesures».&nbsp;</p>



<p><strong>Mobilisation étudiante</strong></p>



<p>Des lignes de piquetage ont été installées devant les salles de classe du pavillon Chancellor Day qui accueillaient les cours ciblés par la grève. Selon les lignes directrices sur le piquetage partagées par l’AÉD, les piqueteur·se·s étaient prié·e·s de ne pas user de violence verbale ni de force physique pour empêcher les étudiant·e·s d’accéder à leurs cours, de ne pas interrompre ou déranger les cours et de ne pas chanter ni crier dans les couloirs de la Faculté. Selon les informations recueillies par <em>Le Délit</em>, la seule consigne qui n’aurait pas été respectée est celle interdisant les chants. Toutefois, selon la v.-p. Affaires académiques Charlotte Sullivan, aucune sanction disciplinaire n’a découlé des actions des lignes de piqueteage pendant la grève.&nbsp;</p>



<p><em>Le Délit</em> a pu observer l’une des lignes de piquetage du 3 février, à l’extérieur d’un cours de première année. Environ les deux tiers des étudiant·e·s (37 sur 60, selon l’un·e des piqueteur·se·s) avaient traversé la ligne pour assister à ce cours. Selon la v.-p. Affaires académiques Charlotte Sullivan, ce ratio des deux tiers était la norme pour tous les cours ciblés par la grève. «C’est certain que c’est décevant, […] surtout qu’une grève se veut un effort de solidarité avec les personnes qui ne peuvent assister à leurs cours», a dit la v.-p. au <em>Délit</em>. Selon elle, un grand nombre des étudiant·e·s ayant traversé la ligne de piquetage – la majorité étant en première année – s’inquiétaient des répercussions que la grève aurait sur leur éducation.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="782" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-1000x782.jpg" alt class="wp-image-47228" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-1000x782.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-330x258.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-768x601.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-1536x1202.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Photo-ligne-de-piquetage-2048x1602.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span> Ligne de piquetage devant un cours de première année à la Faculté de droit, le 3 février 2022.</figcaption></figure></div>



<p>Des étudiant·e·s des années supérieures ont tenté de pallier ces inquiétudes en organisant des discussions dirigées par les pairs en ligne pour certains des cours de première année ciblés par la grève. Diana Stepner, étudiante de quatrième année, a coordonné deux de ces séances destinées aux personnes qui voulaient respecter le vote de grève, étaient malades ou ne se sentaient pas à l’aise d’assister au cours en présentiel. Une dizaine d’étudiant·e·s ont participé à la première de ces discussions qui suivaient la matière indiquée au plan de cours pour ces dates, selon Diana Stepner.&nbsp;</p>



<p><strong>Consentement et communication</strong></p>



<p>Ciblant quatre cours à son début le lundi 31 janvier, le mandat de grève a été levé le mardi pour l’un d’entre eux. <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">L</span>es trois cours restants étaient des cours de première année. L’un d’entre eux a été retiré des cours ciblés le mercredi en soirée. Le mandat de grève pour les deux cours restants a été levé avec l’annonce de la fin de la grève, le dimanche 6 février en soirée.&nbsp;</p>



<p>Le retrait des cours de la liste du mandat de grève était dû au consentement des étudiant·e·s ou à une clarification des accommodements disponibles. Le premier cours a été retiré puisque les étudiant·e·s qui avaient exprimé des doléances par rapport aux accommodements avaient pu se retirer du cours, comme il n’était pas obligatoire; toutes les autres personnes inscrites s’étaient montrées satisfaites des mesures en place. Quant aux autres cours ciblés, une meilleure communication des mesures offertes ainsi que l’assurance des instructeur·rice·s ciblé·e·s de respecter certaines demandes de l’AÉD – notamment une modification de la politique de participation afin de permettre la participation en ligne pour des absences à long terme dans l’un des cours ciblés – auraient entraîné la levée du mandat de grève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Certain·e·s [étudiant·e·s] auraient reçu des informations contradictoires sur les accommodements offerts au sein d’un même cours»</p></blockquote>



<p>En effet, selon Charlotte Sullivan, certain·e·s professeur·e·s ciblé·e·s considéraient que leur mode d’enseignement était flexible, mais les étudiant·e·s n’étaient pas certain·e·s de ce que cette flexibilité impliquait. Certain·e·s auraient reçu des informations contradictoires sur les accommodements offerts au sein d’un même cours, et d’autres avaient des inquiétudes liées à la confidentialité, craignant que les informations qu’il·elle·s devraient partager pour obtenir des accommodements compromettraient leur statut dans la classe ou de futures lettres de recommandation. L’AÉD s’est donc entretenue avec les professeur·e·s en question afin d’établir quelles étaient les mesures en place ainsi que le degré d’anonymat qu’elles offraient; ces mesures, une fois clarifiées, auraient alors été communiquées aux étudiant·e·s. Cette explication des accommodements disponibles aurait suffisamment apaisé les inquiétudes des étudiant·e·s pour qu’il·elle·s en soient satisfait·e·s. La communication entre les étudiant·e·s affecté·e·s, les professeur·e·s ciblé·e·s par la grève et l’AÉD a donc été un élément-clé de la résolution de la grève, selon la v.-p. Affaires académiques.</p>
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		<title>Vous avez 251 messages non lus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/vous-avez-251-messages-non-lus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[courriels]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«La version anglaise du présent message a été envoyée [il y a trois jours].» «Nous sommes conscients que nous vous avons transmis beaucoup d’informations ces derniers jours.» «Prenez soin de votre santé mentale.» Incessants. Excessifs. Épuisants. Voilà des mois que MRO McGill Communications bombarde nos boîtes courriel avec des messages aussi verbeux que redondants, jour&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/vous-avez-251-messages-non-lus/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Vous avez 251 messages non lus</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«<em>La version anglaise du présent message a été envoyée [il y a trois jours].</em>» </p>



<p>«<em>Nous sommes conscients que nous vous avons transmis beaucoup d’informations ces derniers jours.</em>»</p>



<p>«<em>Prenez soin de votre santé mentale.</em>»</p>



<p>Incessants. Excessifs. Épuisants. Voilà des mois que <em>MRO McGill Communications </em>bombarde nos boîtes courriel avec des messages aussi verbeux que redondants, jour après jour. Ces courriels sont un tel fléau qu’ils sont devenus un sujet chouchou de la page de mèmes <a href="https://www.instagram.com/spottedmcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">@spottedmcgill</a>, qui résume en zéro à quatorze mots ces courriels aussi longs qu’un essai de mi-session. </p>



<p>En insistant sur un rythme aussi immodéré pour l’envoi de ses courriels, l’Université McGill fait un pas en avant et deux pas en arrière dans ses efforts pour nous tenir au courant des mises à jour concernant la COVID-19. Le déluge de mots que forme l’enfilade de ces messages a eu l’effet de décourager les membres de la communauté mcgilloise de les lire, le corps étudiant se fiant davantage au bouche à oreille ou encore au travail de vulgarisation des médias étudiants pour s’informer des nouvelles qui leur sont véritablement pertinentes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’ironie d’encourager les étudiant·e·s à se soucier de leur santé mentale est à son comble lorsque <em>MRO McGill Communications</em> recommande des ressources pour la communauté mcgilloise – notamment le Pôle de bien-être étudiant – qui sont actuellement incapables de satisfaire à la demande pour des rendez-vous en santé mentale»</p></blockquote>



<p>En plus de mal servir les objectifs informatifs de l’Université, les courriels de <em>MRO McGill Communications</em> ont un impact négatif sur l’efficacité du travail des étudiant·e·s. En effet, ces missives, véritables surcharges d’information, nous interrompent sans cesse dans nos études et contribuent aux distractions qui nous entourent à l’ère des réseaux sociaux. La différence? On ne peut pas désactiver nos notifications Outlook, comme on le fait pour celles d’Instagram par exemple, sans courir le risque de manquer une information cruciale de la part de nos professeur·e·s et patron·ne·s: «<em>Le cours d’aujourd’hui sera en ligne</em>», «<em>Veuillez avoir lu ce chapitre pour demain plutôt que pour la semaine prochaine</em>», «<em>Pouvez-vous réviser ce rapport avant 16h?</em> », etc. Par souci de diligence envers leurs devoirs académiques et professionnels, les étudiant·e·s se voient contraint·e·s d’endurer des distractions qui nuisent à ces obligations.</p>



<p>On ne saurait négliger l’ironie de ces messages qui, en invitant à répétition la communauté mcgilloise à prendre soin de sa santé mentale, ont plutôt l’effet contraire. L’envoi de courriels à toute heure de la journée (20h28 le 20 janvier) et tout jour de l’année (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">le 31 décembre</mark>) gruge le peu de temps de déconnexion dont peuvent se prévaloir les étudiant·e·s. Tout simplement ignorer ces courriels, l’écran qui s’illumine ou le familier tintement qui résonne, n’a pas l’effet de préserver notre santé mentale: nos cerveaux sont <a href="https://www.newyorker.com/tech/annals-of-technology/e-mail-is-making-us-miserable" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">programmés</a> pour être stressés à l’idée d’une connexion manquée. Outre l’absence de déconnexion, le rappel constant de l’évolution de la COVID-19 au sein de l’Université dans de longs messages peut faire monter en flèche notre anxiété – ce n’est pas sans raison que l’Institut national de santé publique du Québec <a href="https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/covid/3026-strategies-communication-promotion-comportements-covid19.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">recommandait</a> des messages <em>brefs</em> dans ses stratégies de communication afin de préserver la santé mentale de la population. Enfin, l’ironie d’encourager les étudiant·e·s à se soucier de leur santé mentale est à son comble lorsque <em>MRO McGill Communications</em> recommande des ressources pour la communauté mcgilloise – notamment le Pôle de bien-être étudiant – qui sont actuellement <a href="https://www.mcgilltribune.com/news/wellness-hub-understaffed-due-to-covid-19-surge-quebec-regulations18012022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">incapables</a> de satisfaire à la demande pour des rendez-vous en santé mentale.&nbsp;</p>



<p>Il serait donc avisé que l’Université McGill revisite sa stratégie de communication afin de diminuer sa sollicitation de l’énergie productive et son érosion additionnelle de la santé mentale des étudiant·e·s. Écrire des courriels concis et clairs, en plus de normaliser la pratique d’envoyer dans le même courriel les versions française et anglaise du message – réduisant ainsi de moitié le nombre de communications – serait un bon point de départ pour le bien-être étudiant et permettrait également à la communauté francophone mcgilloise d’avoir un accès égalitaire à ces informations. Peut-être <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">que </span>Fabrice Labeau, qui nous invitait à <em>méditer</em> le 17 janvier dernier, pourrait-il <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">lui-même</span> méditer sur cette suggestion? </p>



<p></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/vous-avez-251-messages-non-lus/" data-wpel-link="internal">Vous avez 251 messages non lus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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