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	<title>Rafael Miró - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Sep 2023 06:41:54 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Votez OUI !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/votez-oui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[référendum de la DPS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Témoignages de nos ancien·ne·s.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/votez-oui/" data-wpel-link="internal">Votez OUI !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La Société des publications du Daily (SPD) organise un référendum d’existence cette semaine, entre le lundi 14 novembre et le vendredi 18 novembre, qui permettra de déterminer le sort du <em>Délit </em>et du <em>McGill Daily</em>. Les médias étudiants indépendants sont une source importante de journalisme critique et de travail créatif sur n’importe quel campus – votez oui pour la liberté de presse, et sauvez <em>Le Délit</em>!</p>



<p><em><strong>Rafael Miró, Société – Enquêtes</strong></em></p>



<p><em>Le Délit </em>donne vie à la communauté francophone en écrivant sur les enjeux qui lui tiennent à cœur, sur ses revendications et sur sa production culturelle. Même si on est moins lus que les «vrais» journaux, on a joué un rôle de chien de garde dans les dernières années en mettant en lumière des violations des droits étudiants, des inconduites sexuelles et les limites de la liberté académique. Quand on parle de journaux qui sont l’âme de leur communauté, <em>Le Délit </em>est un exemple parfait.</p>



<p>En 2022, c’est absolument impossible pour un journal étudiant de fonctionner sans une forme ou une autre de financement. À cause de la concurrence des réseaux sociaux, nos revenus publicitaires ont été divisés par 10 dans les 10 dernières années, alors qu’il en coûte toujours aussi cher de payer l’impression, le local, les logiciels, les frais d’avocat, etc. Bref, si <em>Le Délit </em>n’a plus de financement, les carottes sont cuites.</p>



<p>L’enjeu dépasse les frontières locales: il y a beaucoup, beaucoup moins de journaux étudiants dans les universités et dans les cégeps depuis une trentaine d’années. Justement, <em>Le Délit </em>est l’un des derniers au Québec à publier une édition chaque semaine, et son lectorat s’étend bien au-delà des francophones de McGill.</p>



<p>La disparition des journaux étudiants, c’est dommage pour les étudiants.</p>



<p><em><strong>Philippe Bédard-Gagnon, Rédacteur en chef</strong></em></p>



<p>Travailler au <em>Délit </em>est sans aucun doute l’expérience la plus marquante et valorisante que j’ai vécue à McGill. Non seulement <em>Le Délit </em>informe-t-il et permet-il l’expression des francophones de McGill, mais il est aussi un espace extraordinaire pour développer ses talents artistiques et journalistiques. En sus, ce journal tient l’AÉUM et McGill responsables en enquêtant sur leurs activités. Une presse libre et transparente est un nécessaire contre-pouvoir pour garantir la santé de la vie démocratique et la qualité des services rendus. Dans votre propre intérêt ainsi que dans celui des cohortes futures, je vous encourage fortement à soutenir <em>Le Délit </em>lors du prochain référendum de l’AÉUM.</p>



<p><em><strong>Audrey Bourdon, Philosophie</strong></em></p>



<p><em>Le Délit </em>est un lieu unique à McGill où la communauté étudiante francophone peut se réunir dans un esprit de camaraderie, de communication et de préservation de la langue française. Y ayant occupé un poste éditorial pendant deux ans, j’ai pu constater de prime abord la fonction particulière – la mission essentielle – qui est la sienne: <em>Le Délit </em>rassemble les voix de la francophonie mcgilloise, permettant un accès à de l’information universitaire francophone tout en formant sérieusement les personnes qui s’impliquent dans sa production. Mon expérience à McGill aurait été fortement appauvrie si je n’avais pas eu l’opportunité de m’impliquer au sein du seul journal francophone de mon université.</p>



<p><em><strong>Aymeric Tardif, Société – Opinion</strong></em></p>



<p>Mon implication au <em>Délit </em>fut sans doute l’un des éléments les plus mémorables de mon parcours à McGill. Ayant commencé à contribuer au seul journal francophone sur le campus au cours de ma deuxième année à McGill, j’ai rejoint l’équipe éditoriale en tant qu’éditeur lors de ma troisième année, tâche exigeante, mais ô combien gratifiante et motivante! Être plongé dans l’actualité étudiante toutes les semaines a fortement solidifié mes liens avec la communauté mcgilloise, en plus de me permettre de développer des compétences journalistiques de base. Aussi, on ne se cachera pas qu’il a été agréable d’être au service de la population francophone d’une université principalement anglophone et d’y faire vivre le fait français au sein d’une équipe compétente et dévouée! En ce sens, je demeure convaincu du caractère essentiel du <em>Délit </em>sur le campus mcgillois et je lui souhaite de tout mon cœur longue vie!</p>



<p><em><strong>Louise Toutée, Société – Enquêtes</strong></em></p>



<p>Mon implication en tant qu’éditrice pour <em>Le Délit </em>a été l’une des expériences les plus marquantes de mes années à McGill. La petite taille de l’équipe, la liberté dont on disposait à l’intérieur de notre section et le fait de pouvoir voir chaque semaine le produit de nos efforts rendaient le travail extrêmement motivant et me poussaient à vouloir y dédier toujours plus de temps.</p>



<p>Au travers des différentes enquêtes, entrevues et reportages auxquels j’ai participé, mon implication au <em>Délit </em>m’a aussi fait découvrir plein d’aspects de la vie étudiante de McGill dont j’aurais autrement complètement ignoré l’existence. Finalement, un journal étudiant comme <em>Le Délit </em>est un endroit parfait pour permettre aux étudiant·e·s indécis·es de s’essayer au métier de journaliste: en plus des habiletés que j’ai développées au cours de l’année, j’en ressors avec une connaissance concrète du milieu journalistique québécois – ainsi qu’une forte tentation de revenir y travailler un jour…</p>



<p><em><strong>Simon Tardif-Loiselle, Président de la DPS</strong></em></p>



<p>Derrière chacune des éditions de nos journaux, ce sont des heures incalculables passées à couvrir des enjeux et des thèmes de première importance – entre le journalisme d’investigation, les couvertures artistiques et les réflexions sociétales, nos pages n’ont cessé de montrer la pertinence de notre existence.</p>



<p>En tant que lieu d’apprentissage, et en dépit de l’absence d’une école de journalisme à l’Université McGill, la DPS permet de participer à la formation de la relève journalistique de demain. C’est pourquoi, je vous appelle sans réserve à voter «Oui» lors du référendum d’existence (2022), seule garantie d’une presse étudiante libre et forte.</p>



<p><em><strong>Mélina Nantel, Rédactrice en chef</strong></em></p>



<p>Je suis arrivée à McGill en 2018. J’ai grandi au Québec dans une famille francophone: en arrivant sur le campus, je prononçais mal environ 50% des mots de la langue anglaise. Mon envie de m’impliquer à l’Université était donc radicalement limitée par ma timidité linguistique.</p>



<p>J’ai alors rencontré ce petit groupe qui m’apparaissait à l’époque presque extraterrestre puisque je les croyais si rares à McGill: des francophones et francophiles, issu·e·s des quatre coins du globe. Au cœur de leurs activités, une même mission: faire exister le fait français au sein du campus.</p>



<p>En arrivant au <em>Délit</em>, je n’avais aucune expérience ni intérêt en journalisme. J’y ai pourtant passé trois ans. Au-delà d’un journal ou d’une implication étudiante, <em>Le Délit </em>est une manière incroyable de fouiller le campus, de mieux le comprendre, de s’intéresser aux enjeux étudiants et de s’impliquer, de corps et de tête, au sein de l’Université.</p>



<p><em>Le Délit </em>m’a apporté un bagage professionnel énorme: je travaille maintenant comme journaliste indépendante, chose que je n’aurais jamais considérée avant de m’y impliquer. Le journal m’a également offert une expérience humaine et identitaire: j’y ai vu passer des centaines de contributeurs et contributrices au fil des années, dont plusieurs sont devenu·e·s des ami·e·s.</p>



<p><em>Le Délit </em>m’a offert cet espace si précieux pour grandir, apprendre et transmettre. Son existence au sein de l’Université McGill est d’une importance sans borne pour la santé étudiante, identitaire et culturelle du Québec. Les gens qui s’y impliquent sont passionnés, et ont à cœur de servir la communauté étudiante. Cette flamme est contagieuse, et elle continue de se transmettre année après année, depuis 1977. Longue vie au <em>Délit</em>!</p>
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		<item>
		<title>Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 15:55:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[fermeture]]></category>
		<category><![CDATA[FLC]]></category>
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		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[programme de français]]></category>
		<category><![CDATA[TEFAQ]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre déception, compréhension et amertume, la communauté francophone de l’Université réagit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/" data-wpel-link="internal">Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sur son site, McGill ne tarissait pas d’éloges pour décrire le programme intensif «&nbsp;Français, langue et culture&nbsp;» (FLC). « Suivez le programme qui a permis à des milliers d’étudiants en provenance de plus de 60 pays de travailler, d’étudier et de vivre en français », peut-on encore lire sur le site officiel de l’Université. Pourtant, Radio-Canada a dévoilé le 22 novembre dernier que le programme serait coupé, victime d’impératifs financiers.&nbsp;</p>



<p>Le FLC, dispensé par la l’École d’éducation permanente (ÉÉP), permettait aux nouveaux arrivants du Québec d’apprendre rapidement le français après leur entrée au pays. Il les préparait notamment à passer le Test d’évaluation de français adapté au Québec (TEFAQ), requis par le gouvernement du Québec. Le programme fonctionnait sur le principe de l’immersion linguistique, plongeant ses apprenants dans un environnement totalement francophone pendant six semaines.&nbsp;</p>



<p>Il y a près d’un mois, les 12 chargés de cours du FLC ont appris que le programme serait supprimé. Selon l’article de Radio-Canada, ils n’ont pas été consultés avant cette décision irrévocable, qu’ils ont apprise dans un courriel rédigé uniquement en anglais. Dans une entrevue avec <em>Le Délit</em>, la principale et vice-chancelière Suzanne Fortier a cependant affirmé que « ça fait deux ans que l’Université réalise une analyse de tous ses programmes » pour «&nbsp;évaluer s’ils sont nécessaires et les repenser ». Selon elle, la nouvelle n’aurait pas dû causer tant de surprise.</p>



<p>Dans un courriel envoyé au <em>Délit</em>, la relationniste Frédérique Mazerolle a expliqué que l’administration avait décidé de fermer le programme FLC « à la suite d’une baisse constante du nombre d’inscriptions au cours de la dernière décennie » : les inscription auraient chuté de 76% pendant cette période. Ce déclin, selon Suzanne Fortier, serait dû à un programme similaire offert gratuitement par le gouvernement provincial depuis quelques années, ainsi qu’à plusieurs programmes en ligne et à bas prix offerts par d’autres organisations. Les étudiants actuellement inscrits pourront terminer leur parcours, mais l’Université n’accepte plus de nouvelles inscriptions.</p>



<p>Dans une déclaration écrite, la relationniste souligne toutefois que le FLC n’était pas le seul programme en son genre. « Bien que la décision de suspendre le programme FLC reflète les besoins du marché, l’ÉÉP continue de développer et d’offrir des programmes d’apprentissage de la langue française adaptés aux besoins actuels et futurs des étudiants et des employeurs, avec une orientation plus spécifique et moins générale&nbsp;», détaille-t-elle. Selon McGill, l’ÉÉP continue d’offrir quatre cours de français, dont un adapté aux professionnels de la santé qui serait de plus en plus populaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Des membres du personnel mitigés</strong></p>



<p>Pour Arnaud Bernadet, professeur de littérature française, cette annonce n’est pas une surprise. «&nbsp;On savait que l’Université McGill était sans pilote, qu’elle évoluait sans vision d’avenir autre que l’idéologie néolibérale. Ce qu’on ignorait c’est que sous le mandat d’une rectrice francophone, Suzanne Fortier, la langue française reculerait.&nbsp;», a‑t-il affirmé. «&nbsp;La doyenne Carole Weil sait-elle quelles sont exactement les missions d’un établissement d’enseignement supérieur? Ou n’a‑t-elle d’yeux et d’oreilles que pour les saintes lois du marché?&nbsp;» Il estime que cette décision va à l’encontre de la politique linguistique de<br>McGill, censée orienter le rapport de l’Université au fait français. « Ce texte dit notamment que “l’Université McGill est fortement enracinée au Québec et appuie le rôle important du français dans la société québécoise.” On est permis d’en douter. »</p>



<p>Une chargée de cours à l’ÉÉP et membre du projet « Vivre McGill en français », est tout à fait désabusée. Sur un ton qui traduit son épuisement, elle lâche&nbsp;: « Moi, je suis dépitée&nbsp;». Le coup a en effet été dur pour les chargés de cours. « On était la moitié à perdre notre <em>job </em>en septembre… on était tous incrédules!&nbsp;»&nbsp; Par ailleurs, son témoignage confirme les difficultés financières de l’école. « Quand McGill a annoncé le retour sur campus, nos étudiants n’ont pas répondu à l’appel. En fait, on a la moitié de nos classes qui ont fermé.&nbsp;» Elle précise que le cas du FLC n’est pas unique, et évoque la fermeture d’une trentaine de cours en anglais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il y a près d’un mois, les 12 chargés de cours du FLC ont appris que le programme serait supprimé»</p></blockquote>



<p>En dépit de ses demandes répétées, <em>Le Délit </em>n’a pas été en mesure de confirmer le nombre de cours qui seront fermés à l’ÉÉP, ni le nombre exact d’inscriptions à ces cours dans les dernières années.&nbsp;</p>



<p>La directrice du Département des littératures de langue française, de traduction et de création (DLTC), Isabelle Daunais, n’a pas voulu se prononcer sur la question. « Tout ce que je sais, c’est que l’École d’éducation permanente a entrepris il y a plus d’un an une refonte majeure de toute sa structure. Par ailleurs, le programme visé ne touche d’aucune manière les programmes du DLTC », s’est-elle contentée d’écrire.&nbsp;</p>



<p><strong>Des associations étudiantes demandent des explications</strong></p>



<p>Les associations étudiantes se sont aussi montrées prudentes sur le sujet, en attendant d’avoir plus de détails sur cette fermeture. La commissaire des Affaires francophones de l’AÉUM, Ana Popa, affirme regretter la perte d’un cours de français, mais elle estime que la décision ne devrait pas avoir d’«&nbsp;impact prochain sur la francophonie dans son ensemble. » « Ce qu’il faut savoir », écrit-t-elle, «&nbsp;c’est que l’École d’éducation permanente travaille depuis quelque temps sur une refonte de ses programmes, dont nous n’avons pas encore tous les détails. Les programmes suspendus pourraient très bien être modifiés puis relancés prochainement, ce qui serait une super nouvelle. »</p>



<p>L’Association des étudiant(e)s en langue et littérature françaises inscrit(e)s aux études supérieures (ADELFIES) de l’Université McGill a pour sa part émis un communiqué dans lequel elle déplorait la décision de l’administration. «L’ADELFIES est déçue de la décision de McGill et de l’École d’éducation permanente, surtout qu’elle semble motivée par des considérations économiques sans prendre en compte l’importance de l’enseignement du français au sein de la communauté mcgilloise. Nous ajoutons que la fermeture de ce programme s’ajoute à celle des programmes de traduction [de l’ÉÉP], dont celui de l’anglais vers le français et qui s’adressait à une clientèle majoritairement francophone.&nbsp;»</p>



<p><em>Erratum: Dans une version antérieure de ce texte, nous avons relayé que l’ADLEFIES déplorait la fermeture de programmes de traduction au DLTC. En fait, ces programmes de traduction étaient dispensés par l’ÉÉP, mais pouvaient servaient de cours d’équivalence pour les étudiants au profil traduction du DLTC. </em>Le Délit<em> regrette cette erreur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/" data-wpel-link="internal">Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Meurtre en pleine rue à deux pas de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/19/une-agression-armee-a-deux-pas-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 22:09:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[agression]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[milton-park]]></category>
		<category><![CDATA[poignardage]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[spvm]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45054</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le principal suspect, un homme d’une trentaine d'années, a déjà été arrêté par la police. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/19/une-agression-armee-a-deux-pas-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Meurtre en pleine rue à deux pas de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>​L’attaque a eu lieu en fin d’après-midi sur la rue Aylmer, à un jet de pierre de l’entrée du campus.&nbsp;Un périmètre de sécurité a été établi afin de bloquer l’accès au lieu du crime, où une forte présence policière se faisait encore sentir dans la nuit suivant l’agression.</p>



<p>La victime, une femme de 24 ans, a reçu plusieurs coups de couteau au haut du corps et a été grièvement blessée. Elle a été conduite d’urgence à l’hôpital, où l’on a constaté son décès. </p>



<p>Selon les informations du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le suspect est un homme d’une trentaine d’années. Contrairement aux informations circulant sur les réseaux sociaux, il aurait rapidement été interpellé et arrêté par la police. Là encore, il n’a pas été possible de savoir s’il existait un lien entre lui et la victime ni si l’un ou l’autre faisait partie de la communauté mcgilloise. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/19/une-agression-armee-a-deux-pas-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Meurtre en pleine rue à deux pas de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Des chiens, des rats et des singes: l’expérimentation animale à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/30/des-chiens-des-rats-et-des-singes-lexperimentation-animale-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 12:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[éthique animale]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche animale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43472</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'Université interdit à son personnel de photographier ou de partager des documents sur la recherche animale. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/30/des-chiens-des-rats-et-des-singes-lexperimentation-animale-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Des chiens, des rats et des singes: l’expérimentation animale à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Comme dans la plupart des universités de recherche, McGill permet à ses chercheur·se·s de faire des expériences impliquant des animaux dans ses laboratoires. Afin de respecter la loi et de recevoir du financement gouvernemental, les chercheur·se·s qui s’y prêtent doivent respecter un strict cahier d’exigences concernant le bien-être animal.</p>



<p>Sur son <a href="https://www.mcgill.ca/research/research/compliance/animals/why-animal-research" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">site Internet</a>, l’Université justifie les expériences sur les animaux, qu’elle considère comme «une composante essentielle des progrès continus de la médecine, de la science, de l’éducation, des sciences de l’environnement et de l’agriculture, qui se traduisent par d’énormes avantages pour la santé humaine et animale». Plusieurs <a href="https://www.mcgill.ca/research/research/compliance/animals/why-animal-research" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">documents explicatifs</a> sont mis à la disposition des internautes pour faire valoir ce point de vue.</p>



<p>Si McGill ne divulgue pas explicitement sur son site la nature des expériences menées sur des animaux, il est possible d’en avoir une idée en consultant les centaines de «procédures opératoires standardisées» destinées aux chercheur·se·s et mises en ligne par l’Université. Ces procédures détaillent les gestes et les opérations les plus courantes afin d’aider les chercheur·se·s à les réaliser de la manière la plus éthique possible. En consultant ces procédures, on apprend qu’une grande variété d’animaux sont utilisés pour des expériences à McGill. Des procédures d’anesthésie différentes sont ainsi détaillées pour les chats, les rongeurs, les chiens, les lapins, les furets, les amphibiens, les reptiles, les cochons et les vaches.</p>



<p>Plusieurs des expériences menées sur les animaux sont invasives, c’est-à-dire qu’elles compromettent leur intégrité physique. Il peut entre autres s’agir de l’injection de produits chimiques pour observer leurs effets sur les animaux, notamment dans le cas de médicaments. De nombreuses procédures détaillent aussi des interventions chirurgicales, telle que l’insertion de tumeurs dans des souris ou des rats.</p>



<p>La majorité des expériences semble destinée à la recherche médicale ou pharmaceutique. Une partie des procédures détaille aussi des expériences à mener sur des animaux d’élevage alimentaire, en particulier des vaches. Aucun document ne confirme ni n’infirme si McGill utilise des animaux dans des expériences destinées à l’industrie cosmétique.</p>



<p>Les <a href="https://www.mcgill.ca/research/research/compliance/animals/animal-research-practices/sop" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">procédures opératoires standardisées</a> disponibles sur le site de McGill permettent aussi de savoir en détail comment sont nourris et élevés les animaux lorsqu’ils ne sont pas utilisés pour des expériences.</p>



<p><strong>Des primates non-humains</strong></p>



<p>McGill utilise également ce qu’elle désigne dans ses documents comme des «primates non-humains» à des fins de recherche. <em>Le Délit</em> n’a pas obtenu de chiffres concernant le nombre de primates utilisés à McGill pour l’année 2021, mais une requête d’accès à l’information réalisée en 2006 avait révélée que <a href="https://www.brockpress.com/primate-testing-on-the-rise-at-mcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">919 primates </a>avaient été utilisés cette année-là.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Si le primate refuse de se soumettre à l’expérience, la quantité d’eau qui lui est donnée peut être réduite par paliers réguliers jusqu’à ce qu’il perde 15% de son poids ou qu’il montre des signes cliniques de déshydratation»</p>
</blockquote>



<p>Les «primates non-humains» sont parfois utilisés pour étudier la neurologie et le fonctionnement du cerveau humain. Une <a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/209-_cranial_surgery_in_non-human_primates_-_june_2018_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">procédure</a> disponible sur le site de McGill décrit comment réaliser une chirurgie crânienne pour insérer des capteurs ou des implants dans leurs cerveaux. Plusieurs chirurgies crâniennes successives peuvent être effectuées sur un même individu, qui peut être euthanasié si nécessaire à la fin de l’expérience. L’injection de produits chimiques toxiques peut aussi être réalisée: une procédure encadre l’<a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/714_-_use_of_mptp_in_nhps_-_march_2016.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">injection de MPTP à des ouistitis</a>, une puissante neurotoxine provoquant des séquelles irréversibles similaires à celles de la maladie de Parkinson.</p>



<p>Une autre <a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/408-_water_control_in_non-human_primates_-_may_2019_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">procédure</a> détaille comment il est possible d’enseigner de nouvelles compétences à des primates en limitant leur consommation d’eau. Les chercheur·se·s peuvent alors inciter le primate à réaliser certaines tâches en lui donnant seulement à boire lorsqu’il accepte de les accomplir. Si le primate refuse de se soumettre à l’expérience, la quantité d’eau qui lui est donnée peut être réduite par paliers réguliers jusqu’à ce qu’il perde 15% de son poids ou qu’il montre des signes cliniques de déshydratation.</p>



<p>L’Université McGill affirme sur son site Internet que les «primates non-humains» qu’elle utilise sont traités humainement. Un grand nombre de procédures détaillent d’ailleurs comment assurer leur bien-être en les nourrissant correctement et en leur assurant un environnement sain. <a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/sop_507_-_environmental_enrichment_program_for_nhps_-_may_2015.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">L’une d’entre elles</a> décrit par exemple comment utiliser des jouets et des récompenses pour leur assurer un environnement stimulant.</p>



<p><strong>Normes légales et de la CCAC</strong></p>



<p>C’est le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) qui est chargé par le gouvernement fédéral de s’assurer que la recherche animale se fasse de manière éthique. Une équipe d’évaluation de l’organisme fédéral doit se présenter sur les lieux de l’institution de recherche et s’assurer que les protocoles et les installations en lien avec les animaux atteignent les standards requis. Le CCPA prévoit également des visites à la demande d’un·e citoyen·ne et, en cas de manquement, il peut exiger que l’institution fautive remédie à la situation dans les plus brefs délais, sous peine de se faire retirer sa certification.</p>



<p>En outre, toutes les activités de recherche comportant une composante animale doivent démontrer qu’elles ont respecté le «principe des trois R», soit le remplacement des expériences sur les animaux par d’autres méthodes, la réduction du nombre d’animaux utilisés et le raffinement des méthodes d’expérience pour minimiser la&nbsp;souffrance. Le principe de remplacement relatif prévoit que, si possible, les animaux soumis à l’expérience soient remplacés par des animaux moins sensibles à la douleur. Le principe de remplacement complet, quant à lui, exige de retirer entièrement les animaux du protocole et de se fier à des données déjà existantes ou à des simulations informatiques lorsque les gains réalisés seraient similaires au recours à l’expérimentation animale.</p>



<p>Le projet de recherche doit aussi chercher à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés et à collecter le maximum de données, même lorsqu’elles ne sont pas directement liées au sujet de l’étude, afin de limiter le recours aux animaux à l’avenir. Enfin, la souffrance et la détresse des animaux doivent être réduites par un raffinement des protocoles expérimentaux et par les conditions de vie en dehors des périodes de tests. Le CCPA affirme que ce dernier critère permettrait également d’augmenter la validité des résultats de l’expérience, car il diminuerait les<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> perturbations qu’entraînent le stress et la souffrance dans le comportement et dans la biologie des sujets animaux.</p>



<p><strong>Des pratiques sous le signe du secret</strong></p>



<p>L’Université se dit transparente en ce qui concerne l’expérimentation animale et met à la disposition du public de nombreux documents expliquant l’utilité de l’expérimentation animale et son déroulement à McGill. En revanche, ce à quoi peut accéder le public dépend du bon vouloir de l’Université. Il est strictement <a href="https://www.mcgill.ca/research/research/compliance/animals/animal-research-practices/guidelines" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">interdit</a> aux employé·e·s de McGill de partager des documents concernant l’expérimentation animale. Un processus de confidentialité rigoureux a été mis en place pour éviter la fuite de documents, intimant par exemple les employé·e·s à déchiqueter ceux qui ne sont plus nécessaire. Il est également contraire aux politiques de McGill de prendre des <a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/policy_on_images_of_animals_-_feb_2021.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">photos</a> lors des expériences sans l’autorisation de l’administration, entre autres parce que «la réputation de l’Université et de l’institut de recherche pourrait être affectée négativement si des images étaient publiées de manière incompatible avec les politiques et les directives de l’Université».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Il est également contraire aux politiques de McGill de prendre des <a href="https://www.mcgill.ca/research/files/research/policy_on_images_of_animals_-_feb_2021.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">photos</a> lors des expériences sans l’autorisation de l’administration, entre autres parce que “la réputation de l’Université et de l’institut de recherche pourrait être affectée négativement si des images étaient publiées de manière incompatible avec les politiques et les directives de l’Université”»</p>
</blockquote>



<p>Aux fins de cet article, <em style="user-select: auto;">Le Délit</em> a demandé une entrevue avec une personne responsable de superviser l’éthique des expériences animales à McGill. Un courriel contenant des questions précises a également été envoyé à l’administration. Ces questions portaient notamment sur le coût de ces expériences, sur les qualifications nécessaires pour y participer et sur les procédures utilisés à McGill. Nous n’avons pas pu rencontrer de responsable et l’Université n’a pas voulu répondre à nos questions.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> Un court communiqué répétant l’information déjà disponible sur son site officiel a toutefois été envoyé.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/30/des-chiens-des-rats-et-des-singes-lexperimentation-animale-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Des chiens, des rats et des singes: l’expérimentation animale à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La motion de Désinvestissement McGill adoptée au conseil législatif de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-motion-de-desinvestissement-mcgill-finalement-adoptee-au-conseil-legislatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 14:12:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée générale]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[conseil législatif]]></category>
		<category><![CDATA[Désinvestissement]]></category>
		<category><![CDATA[Divest McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42714</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après un échec lors de l’assemblée générale, l’AÉUM accepte finalement de soutenir la nouvelle campagne de Divest McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-motion-de-desinvestissement-mcgill-finalement-adoptee-au-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">La motion de Désinvestissement McGill adoptée au conseil législatif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La motion de Désinvestissement McGill, qui avait fait l’objet d’un houleux débat lors de l’assemblée générale du 16 février, a finalement été ratifiée par les membres du conseil législatif, malgré une vigoureuse opposition de ses détracteurs.&nbsp;</p>



<p>Voir aussi -&gt; <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/23/une-motion-controversee-permet-a-laeum-datteindre-le-quorum-en-assemblee-generale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"><em>Une motion controversée permet à l’AÉUM d’atteindre le quorum en assemblée générale</em> </a></p>



<p>Le débat sur la résolution a tout de même pris plus de deux heures, puisque plusieurs étudiants non-élus s’étaient inscrits pour poser des questions et donner leur opinion.&nbsp;</p>



<p>La texte adopté condamne tout investissement de l’Université dans des entreprises qui contribueraient, selon Désinvestissement McGill, à la violation des droits humains. Faire pression auprès de l’Université pour que cessent ces investissements fera donc désormais partie du mandat du vice-président aux Affaires externes.&nbsp;</p>



<p>Les opposants à la motion avaient préparé des dizaines de questions pour les conseillers en faveur du projet, les interrogeant<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>notamment sur la portée et sur l’impact de ces mesures sur la communauté juive de McGill. Dans une vidéo enregistrée à l’avance, une représentante de la communauté (dont le nom n’était pas précisé) a critiqué le fait que l’AÉUM s’associe avec le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">(BDS)<em>, </em></span>qui a été souvent été accusé par le camp pro-Israël d’antisémitisme et de propos haineux. Elle a affirmé que la «rhétorique anti-Israël» mise de l’avant par certains militants avait contribué à l’insécurité de la communauté juive sur le campus.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les mêmes personnes qui militent aujourd’hui pour cette motion sont celles qui, l’an passé, critiquaient le droit même d’Israël d’exister» </p></blockquote>



<p>Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu la majorité des conseillers de l’AÉUM, qui ont souligné les violations des droits humains commises par Israël et dénoncées par plusieurs organisations internationales. Plusieurs d’entre eux ont également affirmé que cette motion avait l’appui d’une grande partie des étudiants de McGill et que le conseil se devait de l’adopter.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai reçu plus de courriels et de commentaires en faveur de ce projet que pour n’importe quel autre depuis le début de mon mandat»<em>&nbsp; </em></p><cite>Chip Smith</cite></blockquote>



<p>Ainsi, le v.-p. devra par exemple faire pression pour que McGill retire ses investissement de 824&nbsp;761 dollars dans l’entreprise immobilière Re-Max, accusée de vendre des propriétés dans les colonies israéliennes sur le territoire palestinien. L’AÉUM devra également militer contre les compagnies d’armement qui font affaire avec les armées israélienne et américaine, en raison des violations des droits humains commises par celles-ci en Irak et en Palestine.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-motion-de-desinvestissement-mcgill-finalement-adoptee-au-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">La motion de Désinvestissement McGill adoptée au conseil législatif de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Dans la Faculté de musique, les orchestres réduits au silence par la pandémie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/22/dans-la-faculte-les-orchestres-reduits-au-silence-par-la-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Feb 2021 22:33:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42361</guid>

					<description><![CDATA[<p>En même temps que le reste du Québec, en mars dernier, la Faculté de musique de McGill a été prise de court par le confinement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/22/dans-la-faculte-les-orchestres-reduits-au-silence-par-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Dans la Faculté de musique, les orchestres réduits au silence par la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En même temps que le reste du Québec, en mars dernier, la Faculté de musique de McGill a été prise de court par le confinement. Alors que les étudiant·e·s devaient initialement quitter le pavillon Strathcona<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>pour une seule journée, cette absence s’est prolongée deux semaines, puis une session, pour finalement durer jusqu’à ce jour.</p>



<p>Il est toutefois vite apparu à l’administration que les étudiant·e·s en musique ne pourraient pas fonctionner complètement à distance, contrairement aux étudiant·e·s des autres facultés. En temps normal, il·elle·s disposent de salles de pratique sur le campus, qu’il·elle·s peuvent utiliser avec ou sans réservation. Ces cubicules sont particulièrement importants pour ceux et celles qui vivent en colocation ou dans des blocs appartements, puisqu’on attend de la plupart des étudiant·e·s inscrit<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">·e·</span>s au programme qu’il·elle·s s’exercent plusieurs heures par jour.&nbsp;</p>



<p>La décision a donc été prise, dès le mois de mars 2020, d’ouvrir les salles de pratique malgré le confinement. Afin de respecter la limite au nombre de personnes permises dans le pavillon Strathcona, un système de réservation obligatoire a été mis en place, dont la complexité a causé de nombreux maux de tête aux étudiant·e·s. Il a été difficile, à certaines périodes, de trouver des places disponibles tant le service était en demande.</p>



<p>L’enseignement de la musique se prêtant assez mal à la vidéoconférence, il est aussi apparu nécessaire de maintenir des sessions en présentiel entre les étudiant·e·s et les professeur·e·s. En revanche, le choix était donné à tous les professeur·e·s d’enseigner à distance s’il·elle·s jugeaient que c’était plus sécuritaire.&nbsp;</p>



<p>À partir du mois de septembre 2020, plusieurs professeur·e·s ont pu avoir accès à de plus grandes salles de classe afin de réduire les risques de transmission. Lors des cours, l’étudiant·e et l’enseignant·e se trouvent aux deux extrémités de la classe et sont séparé·e·s<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>par un écran de plexiglas. Le port du masque n’est en revanche pas obligatoire chez les chanteur·se·s pour permettre à l’enseignant·e<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>de repérer certaines tensions de la mâchoire, des mauvais plis dans le cou ou dans le visage.</p>



<p>Les purificateurs d’air et les horaires alternés entre les collègues du Département de musique se révèlent particulièrement utiles pour prévenir la transmission aérienne entre le passage des différents étudiant·e·s. À la fin du semestre, la mise en place de ces dispositifs devrait permettre aux étudiant·e·s de se produire en récital et de montrer le fruit de leur travail, qui s’est en grande partie fait de façon individuelle.</p>



<p><strong>Les défis de la distance</strong></p>



<p>Bien que les étudiant·e·s du Département de musique subissent généralement moins de stress de performance depuis le début du confinement, il·elle·s doivent maintenant s’autodiscipliner et s’imposer des défis qui leur sont propres. Annamaria Popescu, cantatrice et enseignante de chant à McGill, explique que la motivation dans ses classes varie d’un·e étudiant·e à l’autre. Alors que certain·ne·s restent à l’affût des places laissées vacantes par les nombreux·ses musicien·ne·s ayant quitté la profession depuis le début de la pandémie, d’autres ont été démoralisé·e·s par l’absence de concerts, des projets concrets qui les aidaient auparavant à passer au travers du semestre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’essaie, dans mon enseignement, d’aider les élèves à trouver en eux leur propre rigueur, leur propre capacité d’expression vocale»</p><cite>Annamaria Popescu</cite></blockquote>



<p>Ariane Martel, une ancienne étudiante de McGill, enseigne partiellement en ligne à des élèves du deuxième cycle au collège Regina Assumpta. Elle constate que le contexte moins académique de l’école à la maison rend difficile un apprentissage efficace. La jeune enseignante doit composer avec les décalages occasionnels entre le son et l’image, en plus de garder attentif un auditoire pouvant être distrait par les bruits de leur famille.&nbsp;</p>



<p><strong>Silence dans les ensembles</strong></p>



<p>Si plusieurs activités ont pu être adaptées pour être maintenues malgré la pandémie, il demeure très difficile de jouer de la musique en groupe, une activité essentielle à presque tout curriculum musical. Toutes les pratiques ou représentations à plusieurs ont été annulées dès le début de la pandémie, et il a fallu attendre neuf mois avant d’entendre à nouveau le son des ensembles. Cette absence s’est fait particulièrement sentir pour les élèves,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>puisque c’est à travers les ensembles qu’il·elle·s pouvaient socialiser avec leurs collègues.&nbsp;</p>



<p>Depuis janvier, il est à nouveau possible pour les étudiant·e·s de se produire en ensemble, mais en respectant de strictes mesures de distanciation sociales. Des écrans de plexiglas ont été installés dans les salles de concert, et ceux et celles qui le peuvent sont priés de garder leur masque. Évidemment, le nombre de musicien·ne·s autorisé·e·s à participer est limité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Du 12 mars jusqu’à cette session, je n’ai eu aucune expérience d’ensemble»</p><cite>Carmina Franco, étudiante en troisième année</cite></blockquote>



<p>Pour l’avenir, rien est certain. Les perspectives d’emplois dans le milieu de la musique sont évidemment limitées en raison du contexte pandémique, et il n’est pas dit que les choses reviendront rapidement à la normale. Ceux et celles qui souhaitent faire carrière en musique doivent composer avec les impondérables d’une situation sanitaire réduisant leur horizon de carrière.</p>



<p>Dans les ateliers de développement professionnel, obligatoires pour tous·tes, on enseigne cette année des stratégies pour réussir à travailler même en temps de pandémie. Les étudiant·e·s ont donc été instruit·e·s, la semaine dernière, sur l’organisation de concerts professionnels en vidéoconférence et de performances à l’extérieur. La distanciation sociale oblige également la chorale à se réorganiser. Bientôt, un ensemble d’étudiant·e·s pourrait chanter dans un même espace, sans pour autant revivre l’expérience physique du chœur.</p>



<p>Carmina devait appliquer dans des conservatoires à l’international pour perfectionner sa pratique dès l’an prochain. Finalement, elle croit qu’elle ne sera pas capable de le faire aussi tôt, et elle craint qu’un grand nombre d’étudiant·e·s choisissent comme elle de remettre à plus tard leurs études. Cela aurait pour effet, suppose-t-elle, d’augmenter la compétition pour entrer dans deux ans. Un autre étudiant, inscrit dans le programme d’enseignement de la musique, a confié au <em>Délit</em> que la pandémie avait «précipité» sa décision de ne pas poursuivre en musique et de changer de branche à la fin de son baccalauréat.</p>



<p><strong>À lire: notre dossier de reportages sur l’effet de la pandémie à McGill</strong><br><br>→ <em><a href="https://www.delitfrancais.com/?p=42364" data-wpel-link="internal">Laboratoires à distances pour la faculté des sciences</a></em><br>→ <em style="user-select: auto;"><a href="https://www.delitfrancais.com/?p=42371" data-wpel-link="internal">Au premières loges face à la pandémie, la faculté des sciences infirmières s’organise</a></em><br><em style="user-select: auto;"></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/22/dans-la-faculte-les-orchestres-reduits-au-silence-par-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Dans la Faculté de musique, les orchestres réduits au silence par la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:49:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[hausse des frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[RéférendumH2021]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42004</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les étudiants statueront sur cette mesure lors de la période référendaire hivernale</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après plusieurs mois de gestation, les membres du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) ont approuvé la forme d’une <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/02/Motion-Regarding-Referendum-Question-on-the-Increase-of-the-SSMU-Membership-Fee-2021-02-11.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">question référendaire</a> qui sera soumise au vote étudiant le 16 mars prochain. Si adoptée, cette mesure aurait pour effet de modifier le statut des membres du conseil législatif, qui passeraient de bénévoles à employé·e·s payé·e·s de l’AÉUM. Des intitulés d’emploi ont été rédigés pour les conseiller·ère·s et les sénateur·rice·s, définissant leurs responsabilités et leurs devoirs. <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong></p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="http://delitfrancais.com" data-wpel-link="internal"></a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut doubler son nombre d’employé·e·s d’ici cinq ans</a></em></p>



<p>Dorénavant, les conseiller·ère·s seraient rémunéré·e·s pour leur participation aux séances du conseil législatif, qui ont lieu toutes les deux semaines. Ces rencontres ont la réputation d’être très longues – à titre d’exemple, la séance où a été adoptée cette motion a duré près de sept heures. Par ailleurs, il·elle·s seraient aussi compensé·e·s pour les heures dédiées à la préparation et à la planification de ces séances. Les conseiller·ère·s auraient la responsabilité de déclarer de bonne foi les heures travaillées chaque semaine pour le compte de l’AÉUM. </p>



<p>Au total, les frais payés par les étudiant·e·s augmenteraient de 1,20$ par session, ce qui devrait permettre non seulement de payer tous·tes les membres du conseil, mais aussi de financer les ressources humaines nécessaires à la gestion de dizaines d’employé·e·s supplémentaires. Actuellement, en dehors des facultés de médecine, de droit et de dentisterie, chaque étudiant·e paie déjà 59,89$ pour soutenir la logistique de l’AÉUM, en plus d’un grand nombre de plus petits frais servant à financer des services ou des programmes plus spécifiques.&nbsp;</p>



<p>La conseillère Adrienne Tessier, sénatrice de la Faculté de droit, a déclaré être fortement en faveur de la motion, estimant que plusieurs étudiant·e·s n’avaient pas accès aux postes de politique étudiante par manque de temps et d’argent. «Personnellement, j’ai deux emplois en plus de mes responsabilités au conseil parce que je dois payer mes études, et je crois que c’est aussi le cas pour plusieurs étudiant·e·s à McGill.»&nbsp;Plusieurs conseiller·ère·s ont affirmé être dans la même situation. La sénatrice de la Faculté de musique, Addy Parsons, a pour sa part confié qu’elle avait trois emplois jusqu’au début de la pandémie, tout en plaidant pour une rémunération méritée du travail des conseiller·ère·s. «Plusieurs améliorations importantes pour les étudiant·e·s, notamment l’instauration d’une semaine de relâche à l’automne et l’option de prendre ses cours en <em>pass or fail</em>,<span class="has-inline-color has-actu-color"> </span><span class="has-inline-color has-actu-color"></span>[satisfaisant/insatisfaisant, ou S/U] n’auraient jamais pu avoir lieu sans les heures innombrables que des conseiller·ère·s et des sénateur·rice·s non payé·e·s ont dédiées à<strong> </strong>ces projets.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense qu’il y a plusieurs membres de l’AÉUM qui postuleraient avec joie à des rôles plus importants, si seulement c’était financièrement faisable pour eux»</p><cite>Jake Reed, représentant de la Faculté de génie</cite></blockquote>



<p><strong>Réticences</strong></p>



<p>Certain·e·s conseiller·ère·s ont en revanche montré leur hésitation à utiliser l’argent des étudiant·e·s pour payer sans distinction tous·tes les membres du conseil. «C’est extrêmement préoccupant de voir que certain·e·s de mes collègues aient à soutenir trois emplois différents pour passer à travers l’université, et je crois qu’il·elle·s mériteraient de l’aide. Mais je crois aussi que ce n’est pas le cas de beaucoup d’entre nous qui venons de familles fortunées et qui n’avons pas besoin de cet argent, et je ne sais pas si ce serait le meilleur usage de l’argent des étudiant·e·s,» a affirmé Paige Collins, représentante de la Faculté des arts.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="http://delitfrancais.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"></a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-deluxe-comment-laeum-limite-lacces-a-leducation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"><em>McGill deluxe: comment l’AÉUM limite l’accès à l’éducation</em></a></em></p>



<p>Par ailleurs, d’autres ont aussi relevé que le projet actuel ne prenait pas en compte les disparités entre les grosses et les petites facultés. En effet, il reviendrait à chaque association étudiante facultaire de rémunérer ou non le travail effectué par ses représentant·e·s en dehors du cadre de l’AÉUM, par exemple pour travailler avec les associations facultaires. Or, pour les plus petites d’entre elles, il serait impossible d’offrir une telle compensation sans augmenter significativement les cotisations de leurs membres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mesures sanitaires: McGill expulse des étudiant·e·s de leurs résidences avec moins de 24h de préavis</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/01/mesures-sanitaires-mcgill-expulse-des-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-de-leurs-residences-avec-moins-de-24h-de-preavis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
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		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[expulsions]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[Vie étudiante]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Université avait changé les règles sanitaires quelques semaines auparavant, mais plusieurs étudiant·e·s n’étaient pas au courant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/01/mesures-sanitaires-mcgill-expulse-des-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-de-leurs-residences-avec-moins-de-24h-de-preavis/" data-wpel-link="internal">Mesures sanitaires: McGill expulse des étudiant·e·s de leurs résidences avec moins de 24h de préavis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le dimanche 24 janvier dernier, un vent de panique s’est propagé parmi les occupant·e·s du <em>New Residence Hall </em>(NRH)<em>,</em> une résidence étudiante administrée par l’Université McGill. Vers 14h30, plus d’une dizaine d’entre eux·elles ont reçu un courriel de l’Université les avisant qu’ils·elles devraient quitter le campus avant 10h<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>le lendemain matin. Ces étudiant·e·s avaient tous·tes en commun d’avoir été surpris·es en train d’enfreindre les règles sanitaires en vigueur dans les résidences mcgilloises.&nbsp;L’univeristé n’a donné aucun chiffre officiel, mais plusieurs vagues d’expulsions similaires auraient eu lieu, touchant aussi d’autres résidences. </p>



<p>«<i>Je suis rentré du patinage vers 15h30 et j’ai vérifié mes courriels entrants</i><strong> </strong><em>et l’un d’eux disait que je devais quitter </em>[ma résidence]<em> avant 10h00 le lendemain</em>», témoigne un étudiant de première année.  </p>



<p>L’ordre d’expulsion précisait que les étudiant·e·s concerné·e·s n’auraient pas le droit d’accéder aux résidences de McGill pendant sept jours, à moins d’avoir une autorisation écrite du Doyen des étudiants ou de l’officier·ère disciplinaire de leur résidence. Les étudiant·e·s – dont la plupart ne sont pas des résident·e·s de Montréal – ont donc dû se trouver un nouveau gîte en catastrophe.</p>



<p>Dans l’ordre d’expulsion – qui tenait en moins d’une page – reçu par les étudiant·e·s, McGill a fourni <a href="https://www.mcgill.ca/accommodations/mohp/downtown" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une liste</a> d’hôtels affiliés à l’Université où les étudiant·e·s pourraient passer leur semaine. «<em>Les hôtels qui nous ont été proposés étaient tous trop chers; ce n’était pas du tout réaliste pour nous</em>», affirme un étudiant contacté par <em>Le Délit</em>. Pour éviter de payer le prix fort – autour de «900$ par semaine», selon l’étudiant – la plupart des étudiant·e·s auraient donc choisi de résider dans des <em>Airbnbs </em>ou des appartements d’ami·e·s.&nbsp;</p>



<p><strong>Les raisons de l’expulsion</strong>&nbsp;</p>



<p>Le 28 janvier, trois jours après l’expulsion, une rencontre virtuelle a eu lieu entre l’administration de l’Université et les étudiant·e·s, qui pouvaient y assister de manière anonyme. Le vice-principal à la vie étudiante, Fabrice Labeau, a commencé par clarifier les règles en vertu desquelles les étudiant·e·s avaient été expulsé·e·s si soudainement du campus. Selon le <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/code_of_student_conduct_and_disciplinary_procedures_f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Code de </em></a><em><a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/code_of_student_conduct_and_disciplinary_procedures_f.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’étudiant</a></em>, qui contient<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>les règles régissant la vie étudiante, un·e agent·e disciplinaire peut exclure un·e étudiant·e des établissements du campus pendant une période allant jusqu’à dix jours, et cela, avec le simple aval du Comité de la discipline étudiante. Cette méthode permet de contourner les processus administratifs qui sont d’ordinaire nécessaires pour imposer une sanction d’une telle gravité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions-1000x750.jpeg" alt class="wp-image-41386" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions-1000x750.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions-330x247.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions-768x576.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions-1536x1152.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/expulsions.jpeg 1967w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/meynardadelia/?media=1" data-wpel-link="internal">Adélia Meynard</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Plusieurs étudiant·e·s contacté·e·s par <em>Le Délit</em> disent avoir été pris·es par surprise. En effet, les violations du<strong> </strong>code de conduite des résidences suivaient jusqu’alors la règle des «trois chances»: deux infractions mineures étaient tolérées avant que ne s’appliquent des sanctions disciplinaires. Or, l’Université a modifié, le 12 janvier dernier, son <em><a href="https://www.mcgill.ca/students/housing/files/students.housing/residencehandbook.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Manuel des résidences</a></em>. À la page 26, une phrase spécifie désormais qu’un·e étudiant·e fautif·ve peut, dès la première infraction, «transitionner» directement aux mesures disciplinaires les plus graves, sans passer par des avertissements préalables ou par des rencontres disciplinaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Nous nous sommes rendus compte que le modèle des trois chances poussait les étudiant·e·s à commettre des infractions, puisqu’il leur apparaissait qu’ils·elles ne couraient aucun risque lors des deux premières infractions» </p><cite>Fabrice Labeau</cite></blockquote>



<p>Selon les étudiant·e·s rencontré·e·s par <em>Le Délit</em>, ce changement serait passé largement sous les radars. Un seul courriel aurait été envoyé aux étudiant·e·s, le 12 janvier, pour leur annoncer que le <em>Manuel des résidences</em> avait été modifié. Le courriel appelait simplement à se «familiariser» avec les nouvelles politiques disciplinaires, sans expliciter que la politique des «trois chances» avait été abrogée. Un étudiant concerné a affirmé au <em>Délit</em> que s’il avait eu connaissance de ce changement, il n’aurait pas commis d’infraction.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://scontent-lga3-1.xx.fbcdn.net/v/t1.15752-9/144143001_194837685706397_3005458119530241615_n.png?_nc_cat=107&amp;ccb=2&amp;_nc_sid=ae9488&amp;_nc_ohc=ODm2hGEdQhQAX-OSu67&amp;_nc_ht=scontent-lga3-1.xx&amp;oh=f67b8e930ed2ffe307aeb573e123db11&amp;oe=603E9F65" alt="Aucune description disponible."><figcaption><em>Courriel envoyé à tous·tes les étudiant·e·s en résidence, le 12 janvier.</em></figcaption></figure>



<p>Lors de la rencontre virtuelle avec les étudiant·e·s, le vice-principal Labeau a affirmé que les étudiant·e·s avaient de toute façon tort de se réunir, puisqu’ils·elles enfreignaient non seulement les règlements de l’Université mais aussi les directives de la Santé publique. «<em>Personne ne peut affirmer honnêtement qu’il ne savait pas qu’il n’avait pas le droit de visiter ses amis, alors que toute la province traverse une crise sanitaire.</em>»</p>



<p><strong>Une décision difficile&nbsp;</strong></p>



<p>Le vice-principal a affirmé que l’administration n’avait pas pris cette décision le cœur léger, disant comprendre les défis auxquels font face les étudiant·e·s. Au début et à la fin de la réunion, il a encouragé les étudiant·e·s à prendre soin d’eux·elles-mêmes et à utiliser toutes les ressources à leur disposition pour passer à travers cette période. «Nous n’avions pas d’autre choix que de prendre ces mesures. La situation est critique à Montréal et il y a eu beaucoup, beaucoup de violations des règlements.» Le 25 janvier, McGill a annoncé que 44 étudiant·e·s en résidence avaient contracté la COVID-19, dont 33 dans une même résidence, la <em>Royal Victoria College. </em>Par mesure de précaution, il a été demandé à tous·tes les occupant·e·s de cette résidence de passer un test de dépistage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est clair que nous avons servi d’exemple. Évincer plein d’étudiant·e·s comme ça, avec moins d’une journée de préavis, ça marque les esprits et ça va pousser les autres à faire plus attention» </p><cite>Un étudiant expulsé</cite></blockquote>



<p>Fabrice Labeau a affirmé que McGill avait fait preuve d’humanité dans son traitement des étudiant·e·s. À la suite de l’expulsion, des responsables auraient appelé chaque étudiant·e individuellement pour s’assurer de leur état et de leurs plans pour la semaine à venir. Les étudiant·e·s qui ont demandé un peu plus de temps avant de partir ont eu droit à des accommodements, selon le vice-principal.</p>



<p>Il a aussi clarifié que, contrairement à ce que disait la rumeur, les étudiant·e·s expulsé·e·s conservaient leur droit d’accès aux autres bâtiments du campus, en particulier aux bibliothèques où ils·elles pourraient continuer à étudier.&nbsp;</p>



<p>Toutefois, le vice-principal Labeau est resté ferme sur un point: McGill n’apportera aucun soutien financier pour pallier les dépenses encourues par les étudiant·e·s en raison de leur expulsion. Il en ira de même pour les coûts alimentaires, les étudiant·e·s en résidence ayant normalement accès à un forfait repas obligatoire. Pour le vice-principal, il s’agit d’une question d’équité: toute la population du Québec doit se confiner en ce moment et les étudiant·e·s doivent assumer leurs responsabilités.</p>



<p><strong>À leur première infraction</strong></p>



<p>Selon Fabrice Labeau, nombre étudiant·e·s expulsé·e·s n’en étaient pas à leur première infraction. Or, les étudiant·e·s contacté·e·s par <em>Le Délit</em> ont tous·tes dit en être à leur première. Certain·e·s se sont fait prendre dans une chambre avec quelques ami·e·s par un garde de sécurité qui arpentait le bâtiment. Après que celui-ci ait photographié leurs cartes étudiantes, ils·elles disent n’avoir eu aucune nouvelle jusqu’à l’annonce soudaine de leur éviction, quelques jours plus tard.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">La communauté de McGill aux prises avec des problèmes de santé mentale</a></em></p>



<p>Les étudiant·e·s sont partagé·e·s sur les mesures prises par l’Université. L’un d’entre eux a affirmé au <em>Délit </em>qu’il croit que McGill agissait pour éviter la controverse. Il a remis en question le bien-fondé de cette décision pour la santé publique. Selon lui, plusieurs étudiant·e·s potentiellement à risque d’avoir attrapé la COVID-19 se seraient dispersé·e·s dans la ville, parfois dans des appartements d’ami·e·s ou dans des logements locatifs où ils·elles auraient pu mettre à risque davantage de Montréalais·e·s que s’ils·elles étaient resté·e·s dans leur chambre de résidence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Je pense que leur objectif est de faire tout ce qui est possible pour que nous ne soyons plus leur responsabilité</em>» </p><cite>Un étudiant</cite></blockquote>



<p>Bien qu’ils·elles reconnaissent leurs fautes, les étudiant·e·s expulsé·e·s disent avoir trouvé difficiles ces derniers mois dans les résidences, notamment en raison de la solitude. Les mesures sanitaires sont plus strictes qu’elles ne l’ont jamais été depuis le début de la pandémie. Dans certaines résidences, les seules visites permises sont celles d’un·e camarade unique et assigné·e; dans les autres, aucune visite n’est permise. La plupart des lieux communs sont désormais fermés, comme les salons, les gymnases et les salles d’études où les étudiant·e·s avaient l’habitude de se rassembler avant la pandémie. Dans les cuisines et les salles de lavage, on n’accepte généralement qu’une ou deux personnes, à deux mètres de distance et avec masque. «<em>Les mesures sont strictes; c’est nécessaire et attendu avec la pandémie en cours. Mais nous sommes confiné·e·s dans de petites chambres qui ne sont même pas les nôtres. Oui, nous avons envie de tricher et d’aller voir nos ami·e·s</em>», a conclu un étudiant au <em>Délit</em>.</p>



<p>«<em>J’ai pris un risque et je l’assume, même si les conséquences sont pires que ce que je pensais. J’avais vraiment besoin de voir du monde. Je ne vais pas bien, tu sais.</em>» </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/01/mesures-sanitaires-mcgill-expulse-des-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-de-leurs-residences-avec-moins-de-24h-de-preavis/" data-wpel-link="internal">Mesures sanitaires: McGill expulse des étudiant·e·s de leurs résidences avec moins de 24h de préavis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’enseignement d’œuvres jugées offensantes crée la controverse au département de littérature francophone de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/lenseignement-doeuvres-au-contenu-sensible-cree-la-controverse-au-departement-de-litterature-francophone-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2021 13:53:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[DLTC]]></category>
		<category><![CDATA[Enquête liberté expression académique mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté académique]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41192</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des étudiant·e·s demandent à ce qu’on retire des œuvres contenant le «mot en n» du programme; des professeur·e·s se plaignent de l’absence de soutien de la part de l’Université.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/lenseignement-doeuvres-au-contenu-sensible-cree-la-controverse-au-departement-de-litterature-francophone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’enseignement d’œuvres jugées offensantes crée la controverse au département de littérature francophone de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis la rentrée, un climat particulier règne au Département des littératures de langue française, de traduction et de création (DLTC) de McGill. À la suite de l’incident survenu à l’Université d’Ottawa, certain·e·s professeur·e·s craignent qu’il devienne de plus en plus difficile d’enseigner certaines œuvres ou certains pans de leur matière.</p>



<p>C’est l’avis des professeur·e·s Isabelle Arseneau et Arnaud Bernadet, qui ont signé à ce sujet <a href="https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-12-15/universites-censure-et-liberte.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une lettre</a> dans<em> La Presse</em>, le 15 décembre dernier. Selon les deux professeur·e·s, la controverse de l’Université d’Ottawa ne serait que la partie visible d’un mouvement plus large. «Il ne faut pas penser, comme on a tendance à le faire au Québec, que tout ça s’est arrêté sur le pont d’Ottawa, » a affirmé le Pr Bernadet.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«À McGill ou ailleurs, on est face à une dynamique qui est assez nouvelle, où les professeurs font face à des plaintes et à des revendications de la part d’étudiants. Il y a toute une série de cas qui ont affecté, on le sait, d’autres facultés de McGill ou dans les universités francophones. Le problème, c’est qu’on tait ces cas, qu’on met le couvercle dessus. Or, ce n’est pas un problème qui concerne seulement la communauté mcgilloise, mais la société dans son ensemble»</p>
<cite>Arnaud Bernadet, professeur au département</cite></blockquote>



<p>La Pre Arseneau dit avoir de plus en plus d’hésitation avant d’enseigner certains sujets, même si elle convient que son domaine d’étude, la littérature française médiévale, ne prête pas souvent flanc aux débats politiques de l’heure. Cette session, lorsqu’est venu le temps d’enseigner les fabliaux, ces courts récits médiévaux qui racontent parfois de façon très crue des épisodes de viols ou de violence sexuelle, certain·e·s étudiant·e·s lui ont fait part de leur malaise. Elle a tout de même tenu à enseigner ces textes, en prenant le temps d’expliquer leur importance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je m’engage à continuer d’enseigner les textes qui sont importants dans mon domaine, même s’il faut que je finisse à <em>Tout le monde en parle. </em>Mais je comprends mes collègues qui choisissent de ne pas le faire»</p>
<cite>Isabelle Arseneau</cite></blockquote>



<p>D’autres professeur·e·s qui enseignaient de la matière sensible se sont résigné·e·s, au contraire, à délaisser certaines parties de leur cours, de peur de créer un malaise dans la classe. Au moins un·e professeur·e a affirmé au <em>Délit </em>qu’il·elle avait renoncé à enseigner certains pans de sa matière. «J’ai renoncé à parler de l’ouvrage de Vallières et de celui de Laferrière, [ce qui était prévu à l’origine], de peur de devoir encore une fois gérer un malaise général. J’en suis même venu·e à me sentir «&nbsp;coupable&nbsp;» du fait que ce mot se trouve dans notre littérature, et ce, dans de multiples textes, de manière parfois inopinée.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je ressens une pression, elle n’arrive pas directement d’en haut, mais beaucoup de la salle de classe. Par contre, si je ne ressens pas de pression, je ne ressens certainement pas un soutien de la part de l’Université»</p>
<cite>Isabelle Arseneau</cite></blockquote>



<p><strong>Manque de soutien de l’administration</strong></p>



<p>Face à ces incidents, le soutien de l’administration mcgilloise serait en effet lacunaire. La lettre publiée dans <em>La Presse </em>qualifiait les déclarations de l’administration de «tièdes et convenues», précisant qu’elles n’étaient «pas à la hauteur des fonctions exercées». Pour Isabelle Arseneau, cette façon de faire serait caractéristique de McGill. «C’est assez mcgillois d’aller vers ce qu’on pense être “le juste milieu”. On a eu Ottawa, où le recteur a carrément lâché Lieutenant-Duval ; on a eu l’Université de Montréal qui a dit sans compromis, jamais ; et on a McGill qui essaie de se placer entre les deux.»</p>



<p>→ Voir aussi : <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/" data-wpel-link="internal"><em>La rectrice réagit à l’affaire de l’UOttawa</em></a></p>



<p>«Je ne ressens pas ce que mes collègues de l’UdeM ont ressenti lorsqu’ils ont reçu <a href="https://quartierlibre.ca/declaration-annuelle-du-recteur-luniversite-est-un-espace-de-liberte/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le message de leur recteur</a>, qui a dit que la liberté académique est non-négociable», a ajouté la Pre Arseneau.&nbsp; Le 21 octobre dernier, le recteur de l’Université de Montréal Daniel Jutras a effectivement fait parvenir à sa communauté<a href="https://quartierlibre.ca/declaration-annuelle-du-recteur-luniversite-est-un-espace-de-liberte/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> une déclaration analogue à celle de la principale Fortier</a>. Il a entre autres annoncé qu’une «réflexion collective» s’amorcerait dans les prochaines semaines : «Ma salle de cours, comme l’Université, est d’abord et avant tout un lieu de liberté. Je dois pouvoir y exprimer n’importe quelle proposition, n’importe quelle idée que je suis capable de défendre rationnellement. J’accepte, en retour, de les exposer à la critique de tous ceux et celles qui participent avec moi à la conversation»,<em> </em>pouvait-on lire dans sa déclaration.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Si j’étais à l’Université de Montréal, je me sentirais plus en sécurité qu’à McGill. À McGill, je sens qu’on nous dit “essaie voir, si ça échoue on gérera au cas par cas ce qui risque d’arriver”. Je ne me sens pas appuyée si la situation dégénère, je ne sais pas jusqu’où et si l’Université me défendra même si ce que je fais est juste»</p>
<cite>Isabelle Arseneau</cite></blockquote>



<p>Le Pr Bernadet, qui a cosigné avec Isabelle Arseneau la lettre de <em>La Presse,</em> en rajoute.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«On ne ressent AUCUN soutien de la part de l’Université, mettez-le en majuscule si vous voulez, absolument aucun soutien de leur part, à tous les paliers de la direction. Et je pense que quelque part, c’est la meilleure façon pour qu’il y ait une terreur qui s’exerce»</p>
<cite>Arnaud Bernadet, professeur au Département</cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="663" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1000x663.jpg" alt class="wp-image-38248" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1000x663.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-330x219.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-768x509.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1536x1018.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-2048x1357.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/m-thouvenin/?media=1" data-wpel-link="internal">Magali Thouvenin</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Nuancer l’alarmisme</strong></p>



<p>Tous·tes les professeur·e·s du département ne partagent cependant pas cette lecture de la situation. Le Pr Alain Farah, qui est directeur des études de premier cycle et qui dit avoir reçu de nombreuses lettres de collègues inquiet·ète·s, a tenu à tempérer ce qu’il qualifie d’alarmisme. Lui-même se dit opposé à ce que l’on retire des œuvres du programme à cause de leur contenu, mais il ne croit pas que c’est véritablement ce que demandent les étudiant·e·s. Il croit plutôt que la plupart chercheraient à obtenir plus d’accommodements, ce que les professeur·e·s, à son avis, devraient être en mesure d’offrir.&nbsp;</p>



<p>→ Voir aussi : <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/vif-debat-sur-la-liberte-academique-a-mcgill/" data-wpel-link="internal"><em>Vif débat sur la liberté académique à McGill</em></a></p>



<p>Par rapport à l’utilisation de certains mots en classe, il est convaincu que le fait de ne pas utiliser certains mots ne changera pas foncièrement la qualité de l’enseignement ni sa portée. Il note que leur usage n’était de toute façon pas très fréquent avant la controverse les entourant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je m’amuse de voir des collègues soudainement se découvrir un intérêt pour les œuvres de Dany Laferrière ou pour le courant de la négritude»</p>
<cite>Alain Farah, professeur au Département </cite></blockquote>



<p>Par ailleurs, il appelle ses collègues à faire preuve d’empathie, même s’il ne doute pas de leurs bonnes intentions. À son avis, plusieurs d’entre eux·elles, au moment de prendre position sur ces enjeux, oublieraient de prendre en considération les sensibilités des étudiant·e·s, ayant beaucoup moins connu la discrimination que certain·e·s élèves concerné·e·s.</p>



<p><strong>Un incident déterminant</strong></p>



<p>Au Département, on fait grand cas d’un incident survenu en octobre dernier et qui a eu de nombreux échos auprès de l’administration. Au milieu d’une séance consacrée à la littérature du 19<em>e</em> siècle, des étudiant·e·s ont confronté leur chargée de cours à propos de la présence du «mot en n» dans l’œuvre à l’étude. <em>Le Délit </em>a pu visionner les enregistrements de ce cours.</p>



<p>Le livre en question, <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/forestiers-et-voyageurs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Forestiers et Voyageurs</em></a><em>,</em> est un roman folklorique écrit par Joseph-Charles Taché en 1863. À la page 99, il contient l’expression «travailler comme des n**** », mais ne contient pas de représentations de personnes noires. Il contient aussi le mot «sauvage» à de très nombreuses reprises pour parler des personnes autochtones. La chargée de cours a déclaré ne pas avoir remarqué, lors de sa première lecture, que ce terme s’y trouvait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Moi, ça m’a beaucoup choquée. Ça ne m’a pas donné le goût de lire le livre après»</p>
<cite>Une étudiante du cours</cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-1000x750.jpg" alt class="wp-image-41202" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-330x248.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-1536x1152.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/IMG_20210125_151649-2048x1536.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/rafael-miro/?media=1" data-wpel-link="internal">Rafael Miró</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>À la suite de cette première intervention, de nombreux·ses étudiant·e·s ont ajouté leur voix pour critiquer la présence de ces deux mots discriminatoires dans l’œuvre. Certain·e·s affirmaient que l’enseignante aurait dû avertir ses étudiant·e·s des occurrences de mots ou de passages offensants, afin d’éviter qu’un·e étudiant·e y soit confronté·e sans y avoir été préparé·e. D’autres ont discuté de la possibilité d’utiliser des éditions de ces livres dans lesquelles les mots et les passages offensants auraient été supprimés. Enfin, plusieurs étudiant·e·s se sont questionné·e·s sur la pertinence d’inclure de telles œuvres dans le cours.</p>



<p>Répondant à ces préoccupations, la chargée de cours a expliqué les raisons pour lesquelles elle avait choisi de faire lire cet ouvrage. Elle a affirmé que cette œuvre, aussi offensante soit-elle, était le reflet des mentalités de son époque et qu’à ce titre, le racisme qui s’y trouve constituait, en lui-même, un objet d’étude intéressant pour mieux comprendre cette période. Comme contre-exemple, elle a affirmé qu’elle n’aurait jamais fait lire l’œuvre de Richard Millet, un auteur français contemporain que plusieurs commentateur·rice·s qualifient de sexiste et d’islamophobe. Selon elle, enseigner cet auteur et ses propos discriminatoires n’aurait pas un aussi grand intérêt académique, car ce ne serait pas représentatif  de la société française de son époque.</p>



<p>Cette comparaison n’a pas plu à certain·e·s étudiant·e·s, qui ont dit en être offensé·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Vous refusez de lire cet auteur parce que vous le trouvez extrêmement sexiste. Pour nous, le “mot en n”, c’est extrêmement traumatisant. Alors de voir que vous acceptez ce mot-là et que vous préférez utiliser l’œuvre, alors que vous refusez de lire un autre auteur parce que vous le trouvez sexiste, [ça nous dérange] »</p>
<cite>Une étudiante du cours</cite></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je suis un peu mal à l’aise qu’on traite cette réalité-là comme un ‘sujet’ [d’étude], alors qu’elle se perpétue encore aujourd’hui»</p>
<cite>Une étudiante du cours</cite></blockquote>



<p>En tentant de répondre aux étudiant·e·s, la chargée de cours a accidentellement prononcé le mot «n**** », s’excusant sur le champ de ce qu’elle a présenté comme une «erreur». Auparavant, elle n’avait jamais fait l’usage de ce mot en cours, utilisant plutôt l’expression «mot en n». À partir de ce moment, la plupart des étudiant·e·s ont fermé leur micro et leur caméra.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«J’avais pris le parti, depuis le début de l’année, de ne pas utiliser ce mot-là tel quel. Mais sur le coup, la situation était très stressante et il m’a glissé des lèvres alors que je réfléchissais encore à ce que j’allais dire»</p>
<cite>La chargée de cours</cite></blockquote>



<p>Des étudiant·e·s noir·e·s qui participaient ont aussitôt condamné l’usage du mot, mais ceux et celles qui ont pris la parole ont semblé excuser en partie son geste à cause du contexte. Dans les semaines qui ont suivi l’incident, l’enseignante s’est excusée à plusieurs reprises, en classe et par courriel, d’avoir confronté les étudiant·e·s à ce mot, autant en le prononçant qu’en oubliant de signaler sa présence dans le livre.</p>



<p>Selon des informations obtenues par <em>Le Délit, </em>au moins deux plaintes ont été déposées auprès de l’administration par des étudiant·e·s. Ces plaintes ont mené à une rencontre avec un haut responsable de l’Université afin de corriger la situation. Ce responsable aurait «fortement suggéré» à la chargée de cours plusieurs mesures pour «reprendre le contrôle» de sa classe et éviter la controverse, en particulier en suggérant aux étudiant·e·s de ne pas lire l’œuvre en question et d’offrir des méthodes alternatives d’évaluation. Il aurait aussi été suggéré de ne plus lire de textes pouvant créer l’émoi.&nbsp;«Je n’ai pas été lâchée par mon université, mais je n’ai pas non plus été assistée pour vraiment réfléchir. Le but était surtout de calmer le jeu.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Ça n’est pas une solution dans laquelle je crois profondément. Comme enseignante, c’est sûr que je trouve paradoxal de presque inciter les étudiant·e·s à ne pas lire les œuvres alors que ma méthode d’enseignement est vraiment basée sur la lecture d’œuvres qui représentent chaque courant. Mais bon, il y a la théorie et la pratique ; j’avais juste envie que ça se calme et que je me fasse oublier»</p>
<cite>La chargée de cours</cite></blockquote>



<p>La chargée de cours dit toutefois avoir appris de cette expérience. Elle précise qu’elle est en faveur d’accommoder le plus possible les étudiant·e·s afin que toute la matière leur soit accessible, par exemple en annonçant à l’avance la présence de mots offensants ; c’est d’ailleurs ce qu’elle avait décidé de faire depuis le début de l’année. Elle s’attend à ce que ces étudiant·e·s fassent preuve d’indulgence envers d’inévitables erreurs ou omissions, mais elle affirme qu’à l’avenir elle fera preuve de davantage de précautions pour épargner à ses étudiant·e·s de malencontreuses expositions. «Je ne suis pas de ceux ou celles qui plaident pour une pédagogie de l’inconfort, même si j’en comprends l’intérêt. Je crois que pour bien enseigner, il faut faire face à une classe qui n’est pas inconfortable.»&nbsp;</p>



<p>«<strong>Prendre leçon de l’histoire»</strong></p>



<p>Même s’il est très sceptique face à la volonté de retirer des textes du programme, le Pr Mbaye Diouf, qui enseigne les littératures de la francophonie au Département, estime qu’il faut prendre au sérieux les griefs exprimés par les étudiant·e·s. Il constate que nous passons à travers une période où les questionnements sur le racisme et sur l’identité noire sont exacerbés.&nbsp;«Il faut replacer ça dans le contexte historique, avec tous les débordements qu’on voit aux États-Unis, avec le clivage racial de plus en plus grand, avec la mort de George Floyd, avec toutes ces choses qui rebondissent sur le Canada.»</p>



<p>Dans ce contexte, il croit que les professeur·e·s pourraient essayer d’offrir des mesures d’accommodement aux étudiant·e·s : «On ne peut pas simplement dire que ces gens-là n’ont pas raison. On peut être dérangé par ça, par rapport à sa situation personnelle ou simplement par tout ce qu’on entend et ce qu’on voit autour de nous en ce moment. Est-ce qu’il faut des ajustements? Sans doute. Lesquels, je ne sais pas ; il faudrait qu’un comité réfléchisse sérieusement à la question.»</p>



<p>En revanche, il est inflexible quant à l’idée de retirer des œuvres du programme parce qu’elles contiennent des mots offensants ou de les présenter en retirant les mots problématiques. À son avis, il faut utiliser les ressources du passé, même si elles font polémique, «non seulement en les plaçant dans leur contexte historique mais en les restituant selon leurs propres termes». En passant à côté de certains mots ou de certaines œuvres, à son avis, on passe à côté des rapports sociaux et des discriminations qui ont existé par le passé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«On prend toujours leçon de l’histoire. L’objectif, pour moi, ce n’est pas de rejouer l’histoire, mais de recréer le présent et de préparer l’avenir. On ne peut pas faire ça en faisant table rase de tout pan de l’histoire, de récits et de textes. Il y a des milliers de romans, écrits par des Blancs ou par des Noirs, qui contiennent le mot «n***** », et autant de contes, de chansons ou de récits»</p>
<cite>Mbaye Diouf, professeur au département</cite></blockquote>



<p><strong>L’avis des associations étudiantes</strong></p>



<p>L’association étudiante du Département, l’<a href="https://www.mcgill.ca/litterature/fr/activites-etudiantes/agelf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">AGELF</a>, n’a pas souhaité se prononcer sur ces enjeux. Du côté des représentant·e·s de l’Association étudiante de l’Université McGill, les avis sont mitigés. Ayo Ogunremi, le v.-p. aux Affaires externes, a indiqué au <em>Délit</em> qu’il n’était personnellement pas en faveur de censurer des œuvres à cause de la présence de mots offensants. De son côté, le·a v.-p. aux Affaires universitaires Brooklyn Frizzle a déclaré qu’il fallait le plus possible adapter le programme aux étudiant·e·s, qualifiant de «très difficilement justifiable» toute décision académique qui aurait pour résultat de mettre un·e étudiant·e mal à l’aise.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Ce serait vraiment&nbsp; injuste pour les étudiant·e·s qu’un·e professeur·e fasse valoir sa propre vision de l’éducation et de la matière qu’il·elle enseigne au détriment de la capacité des étudiant·e·s à assister au cours. Est-ce vraiment si difficile de trouver des œuvres qui ne contiennent pas d’insultes racistes?»</p>
<cite>Brooklyn Frizzle, v.-p. aux affaires universitaires de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>Le·a v.-p. ne croit pas qu’il serait une bonne chose de créer une liste de livres qu’on ne pourrait plus enseigner, ce qui constituerait un «dangereux précédent» à son avis. Iel a en revanche suggéré à l’Université de créer un comité composé d’étudiant·e·s et de professeur·e·s qui se chargerait de recevoir des plaintes d’étudiant·e·s mal à l’aise et de déterminer si une œuvre pourrait être enseignée.&nbsp;«Tout est une question de contexte. Si le cours était enseigné par une personne noire, par exemple, ce serait déjà une situation très différente.»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/lenseignement-doeuvres-au-contenu-sensible-cree-la-controverse-au-departement-de-litterature-francophone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’enseignement d’œuvres jugées offensantes crée la controverse au département de littérature francophone de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vif débat sur la liberté académique à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/vif-debat-sur-la-liberte-academique-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2021 16:38:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Enquête liberté expression académique mcgill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40799</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des responsables de l’association étudiante prient l’administration de poser des limites à la liberté académique et d’encadrer les interventions des professeur·e·s dans les médias.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/vif-debat-sur-la-liberte-academique-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Vif débat sur la liberté académique à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Avant même sa sortie, la <a href="https://www.mcgill.ca/principal/fr/communications/enonces/liberte-academique-et-inclusion" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclaration attendue</a> de la rectrice Suzanne Fortier était presque assurée de susciter la controverse. C’est que la <a href="https://www.ledevoir.com/societe/education/588098/le-milieu-universitaire-denonce-une-attaque-contre-la-liberte-academique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">polémique </a>autour de l’usage du «mot en n» à l’Université d’Ottawa, à laquelle cette déclaration faisait réponse, est venue réveiller un débat qui faisait déjà rage dans la communauté mcgilloise. À demi-mot, la rectrice a semblé prendre position en faveur de la liberté académique, rappelant quand même l’importance des autres «valeurs cardinales» de McGill – l’inclusivité et le respect – et concédant qu’il pouvait parfois sembler «difficile de parvenir à concilier ces engagements simultanément».</p>



<p>Elle n’a pas explicitement pris position par rapport à l’utilisation de mots controversés sur le campus, se contentant de mentionner qu’il était possible de commettre des erreurs: «Il peut arriver que nous commettions, malgré nous, une maladresse qui puisse heurter les autres. De telles situations sont l’occasion de faire montre d’empathie et de confiance mutuelle et de réitérer notre engagement à nous ouvrir à l’autre, à apprendre, et à grandir.»</p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/" data-wpel-link="internal"><em>« Mot en n » : la rectrice de McGill réagit à l’affaire de l’UOttawa</em></a></p>



<p>La prise de position de la rectrice n’a pas du tout plu aux représentant·e·s de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Lors de la réunion du Sénat de McGill du 18&nbsp;novembre, le·a vice-président·e aux Affaires universitaires Brooklyn Frizzle a manifesté son mécontentement par une motion demandant de poser des limites claires à la liberté académique. Iel a affirmé que la défense de la liberté académique promue dans le message était incompatible avec l’article 13 de la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/charter_of_student_rights_last_approved_october_262017.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Charte des droits des étudiant·e·s</a>, qui les protège contre les «conduites vexatoires» de la part des employé·e·s de l’Université.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="663" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1000x663.jpg" alt class="wp-image-38248" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1000x663.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-330x219.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-768x509.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-1536x1018.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/cool-photo-mcgill-min-2048x1357.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/m-thouvenin/?media=1" data-wpel-link="internal">Magali Thouvenin</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Redéfinir la liberté académique</strong></p>



<p>Le 30&nbsp;novembre, le Bureau des Affaires universitaires de l’AÉUM a envoyé <a href="https://ssmu.ca/blog/2020/11/lettre-ouverte-demandant-le-remaniement-de-la-declaration-de-mcgill-sur-la-liberte-academique/?lang=fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une lettre</a> à tous·tes les étudiant·e·s, cosignée par tous·tes les exécutant·e·s et par plusieurs plus petites associations étudiantes, dont le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s et l’Association étudiante du Département d’anthropologie. Cette lettre, dans un premier temps, condamnait fermement la prise de position de la rectrice en affirmant que la volonté de défendre à tout prix la liberté académique entrait en contradiction avec la mission d’inclusivité de l’Université. Les dérapages permis par la liberté d’expression constitueraient des micro-agressions qui affecteraient la santé et le succès académique des personnes marginalisées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«La défense d’un dialogue discriminatoire au détriment de la sûreté, de la sécurité et du bien-être des personnes de couleur reflète le pouvoir de la blancheur dans la détermination de ce qui est, et n’est pas considéré comme un discours acceptable. Le maintien de la liberté d’expression au détriment des groupes marginalisés permet un discours raciste avec des impacts réels»</p>
<cite>Déclaration de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>Contacté·e par <em>Le Délit, </em>Brooklyn Frizzle reproche entre autres à l’Université de ne pas faire la distinction entre le contexte de recherche et le contexte d’enseignement. «Il y a une énorme différence. Je crois que les professeur·e·s devraient être libres de faire leurs recherches dans la direction et de la manière qu’ils·elles veulent, à condition bien sûr qu’ils·elles respectent les standards de qualité propres au milieu académique. Quand ils·elles prennent le chapeau d’enseignant·e·s, par contre, ils·elles ont la responsabilité de transmettre des connaissances aux étudiant·e·s dans un environnement inclusif et respectueux de tous·tes. Jamais ils·elles ne devraient présenter des opinions personnelles qui ne sont pas appuyées par une recherche sérieuse si cela prive les étudiant·e·s marginalisé·e·s d’un accès sécuritaire à l’éducation universitaire.»</p>



<p>À la fin de la lettre, le Bureau des Affaires universitaires de l’AÉUM exigeait que l’administration de l’Université retire son statut de professeur émérite à Carl Philipp Salzmann, un professeur d’anthropologie à la retraite. Le Pr Salzmann a suscité la controverse en publiant des textes d’opinion sur le <em>Middle East Forum</em>, un blog américain pro-israélien, qualifié «d’extrême droite» par l’AÉUM. Dans ces articles, l’universitaire à la retraite étalait des opinions jugées conservatrices, critiquant entre autres le multiculturalisme, l’immigration de masse, la culture «<em>woke</em>» et le mouvement <em>Black Lives Matter</em>. La lettre de l’AÉUM mentionnait un article en particulier où le professeur affirmait que la violence et la brutalité étaient encouragées dans la culture du Moyen-Orient.&nbsp;</p>



<p>Pour le v.-p. aux Affaires externes de l’AÉUM, Ayo Ogunremi, le Pr Salzmann a clairement outrepassé sa liberté académique en publiant ces articles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Même avant cette controverse, l’Université a toujours attendu de ses professeur·e·s qu’ils·elles publient des articles bien recherchés et bien documentés. Les billets d’humeur de M.&nbsp;Salzmann ne contiennent aucune évidence de recherche, n’ont pas été revus par des pair·e·s et sont ostensiblement discriminatoires. Ce genre de texte n’a jamais été protégé par la liberté académique»</p>
<cite>Ayo Ogunremi, vice-président aux Affaires externes de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>Pour Ogunremi, McGill récompenserait ce genre d’attitude en laissant le Pr Salzmann mettre de l’avant son titre de professeur émérite; il serait donc urgent, selon lui, de le lui retirer afin de préserver les standards académiques de l’Université.&nbsp;Il accuse les médias de marginaliser sa position en utilisant un vocabulaire négativement connoté. «Les journaux qui ont parlé de cet enjeu – par exemple <em>Le Devoir</em> – ont tenu à utiliser le mot “censure” pour décrire ce que nous faisons. D’emblée, ça nous donne le mauvais rôle dans cette histoire, mais c’est un terme complètement subjectif, qui pourrait aussi être utilisé pour qualifier plein de choses qu’on accepte comme “normales” dans cette société. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="850" height="551" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM.png" alt class="wp-image-35250" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM.png 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM-330x214.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM-768x498.png 768w" sizes="auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>La défense du Pr Salzmann</strong></p>



<p>Joint par<em> Le Délit</em>, le Pr Salzmann a dit ne pas avoir été étonné de la demande de l’association étudiante. Enseignant de 1968 à 2018, il croit que les étudiant·e·s ne font que «répéter» ce qu’on leur a enseigné. «Lorsque j’ai commencé à enseigner, c’était les marxistes qui mettaient de l’avant cette rhétorique de l’oppression. Pour eux, le monde était divisé entre les bons et les mauvais. Au fur et à mesure que les marxistes sont passés de mode, ce sont les féministes, les antiracistes et les militant·e·s LGBT. Ce que vous appelez la gauche “<em>woke”</em>, c’est une nouvelle forme de marxisme, qui divise les gens entre “bons” et “méchants”. C’est pour cela que cette idéologie recourt à la censure.»</p>



<p>Le Pr Salzmann considère tout de même que la situation s’est empirée depuis. «À l’époque, je pouvais discuter avec tout le monde. J’avais des ami·e·s féministes et marxistes, et nos différences idéologiques ne nous empêchaient pas de discuter ensemble. Aujourd’hui, discuter avec moi ou même tout simplement ne pas condamner ma présence, ça revient pour beaucoup à s’associer à moi et à trahir ses convictions.»</p>



<p>Le professeur voit sa critique comme bien intentionnée et antidiscriminatoire, au contraire de ce qui lui est reproché. Il se définit comme un libéral classique, et estime que tous les individus, peu importe leur genre, leur couleur de peau ou leur religion, devraient être traités également par la loi. «C’est une pente extrêmement glissante que d’étiqueter les gens et de définir qui devrait avoir certains droits ou certains privilèges.»</p>



<p>Personnellement, il n’est «pas du tout dérangé» à l’idée de perdre son statut de professeur émérite; c’est pour «l’intégrité des valeurs de McGill» qu’il s’inquiète. Il souligne ne pas reprocher à l’association étudiante de prendre la parole, même s’il trouve que son argumentaire ne tient pas la route. «Je comprends qu’on me reproche d’avoir exprimé des opinions personnelles. Mais les arguments qu’on me présente n’ont pas grand-chose d’académique non plus, et pourtant on demande à ce qu’ils soient acceptés comme des vérités. C’est un drôle de double standard.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«De mon point de vue, ce sont eux·elles qui sont discriminatoires. Je veux quand même discuter avec eux·elles, puisque je crois que le brassage des idées est toujours bénéfique»</p>
<cite>Carl Philipp Salzmann, professeur émérite à la retraire</cite></blockquote>



<p><strong>Des professeur·e·s montent au front dans les médias</strong></p>



<p>La lettre de l’AÉUM a poussé de nombreux·ses professeur·e·s de McGill à s’exprimer dans les médias. Neuf d’entre eux·elles ont signé<a href="https://montrealgazette.com/opinion/opinion-in-defence-of-academic-freedom-at-mcgill-university" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> une lettre ouverte</a> dans laquelle ils·elles s’inquiétaient du «climat croissant de censure, de diffamation, de peur et d’érosion de la liberté académique à l’Université McGill». Julius Grey, un avocat réputé pour sa défense des droits de la personne et historiquement proche du Nouveau Parti démocratique (NPD), le principal parti de gauche en politique canadienne, était l’un des co-auteur·e·s de cette lettre.</p>



<p><em>«Nous convenons que l’inclusion et la diversité dans l’enseignement, la recherche, la politique, l’érudition, la communication et l’application des connaissances sont les principes fondamentaux et inaliénables sans lesquels la libre réflexion, le dialogue ouvert et la recherche de la vérité ne peuvent être réalisés. Mais nous insistons sur le fait que l’inclusion doit commencer par un engagement en faveur d’une large diversité de pensées, de méthodes, d’opinions, d’intérêts théoriques et de points de vue politiques, ainsi que par une ouverture à tolérer les dissensions, les désaccords et les débats.»</em></p>



<p>Cette lettre a semblé influencer l’administration de McGill, qui, quelques jours plus tard, a affirmé dans <a href="https://www.mcgill.ca/provost/liberte-academique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une deuxième déclaration </a>qu’elle ne retirerait pas son statut de professeur émérite à Carl Philip Salzmann. Le ton de cette déclaration était beaucoup plus tranché que la première dans sa défense de la liberté académique. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je confirme le fervent attachement de l’Université McGill à l’égard de la liberté universitaire. Sur le campus, toute idée – aussi impopulaire ou peu orthodoxe soit-elle – peut être exprimée et débattue librement. Par conséquent, aucune idée, aucun argument, aucun mot, ni aucun travail n’y est “proscrit”; d’innombrables exemples, tant passés que récents, ont démontré les dangers de la critique institutionnelle»</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="571" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/courriel-1000x571.jpg" alt class="wp-image-40698" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/courriel-1000x571.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/courriel-330x189.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/courriel-768x439.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/01/courriel.jpg 1050w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/olivia-yu/?media=1" data-wpel-link="internal">Olivia Yu</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Différencier liberté académique et liberté d’expression</strong></p>



<p><a href="https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-12-15/universites-censure-et-liberte.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Une autre lettre ouverte,</a> signée par deux professeur·e·s de littérature, Isabelle Arseneau et Arnaud Bernadet, a été publiée dans les pages de <em>La Presse. </em>Cette lettre critiquait les déclarations de la rectrice, que les deux signataires qualifiaient de tièdes, et affirmait l’importance de la liberté d’enseignement comme la «condition même de la pensée». Les institutions universitaires québécoises y étaient accusées de pratiquer «à la fois la censure et son déni», et la situation des professeur·e·s était comparée à celle d’un moine copiste au Moyen-Âge « qu’on aurait prié de passer sur une idée ou un mot jugé offensant».</p>



<p>En entretien avec <em>Le Délit, </em>les deux professeur·e·s ont critiqué l’amalgame entre liberté académique et liberté d’expression, qui aurait été commis autant par l’administration que par l’association étudiante. À leur sens, le cas Salzmann ne concernerait pas la liberté académique, puisqu’il toucherait des écrits publiés en dehors du cadre de l’Université. Cette situation relèverait plutôt de la liberté d’expression, dont le Pr Bernadet rappelle qu’elle est garantie par le deuxième article de la <a href="https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/const/page-15.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Charte canadienne des droits et libertés</a>.&nbsp;</p>



<p>Sans souhaiter se prononcer sur le cas spécifique du Pr Salzmann, Isabelle Arseneau trace tout de même une ligne entre les convictions personnelles et la tâche professionnelle des professeur·e·s. «Mon rôle, comme professeure, c’est d’acquérir une expertise pendant des années sur un sujet très précis et très défini, et pas d’afficher mes convictions personnelles. Si l’un ou l’une de mes collègues a acquis une telle expertise, peu m’importent ses convictions personnelles sur la société ou sur la politique.»</p>



<p>Tout comme l’association étudiante, Arnaud Bernadet s’est montré très critique face aux déclarations de l’Université. «McGill mélange complètement les dossiers en comparant des pommes et des oranges, des questions qui ne sont pas du tout sur le même plan, liberté académique et inclusivité. Sur ce dernier point, il y a un consensus clair dans la communauté qu’il faut embaucher plus de professeur·e·s noir·e·s, plus de professeur·e·s autochtones. McGill ne fait rien de concret par rapport à ça, ou alors c’est carrément risible. En tous cas, ce n’est pas en lâchant sur les principes et les valeurs essentielles du monde universitaire et en appelant ça de l’inclusivité qu’on va régler ce problème-là». Il cite les travaux de la Pre Charmaine Nelson, qui a vivement dénoncé l’absence de professeur·e·s noir·e·s pendant des années. Au moment de son départ cet été, il n’y en avait que 10 sur un total de plus de 1 700.</p>



<p><strong>Inquiétudes de l’association étudiante</strong></p>



<p>Le·a v.-p. aux Affaires universitaires de l’AÉUM voit d’un mauvais œil les lettres publiées dans les médias. Iel estime que les professeur·e·s profitent de leur tribune pour exprimer des opinions personnelles sur des enjeux sensibles et iel craint que cela puisse rendre inconfortables des étudiant·e·s de l’Université, en particulier celles et ceux qui fréquentent leur classe. Iel ne croit pas que les professeur·e·s qui expriment des opinions personnelles devraient pouvoir le faire en se présentant comme tel·le·s, puisqu’en le faisant de cette manière ils·elles représentent l’Université. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je ne vais pas remettre en question le droit de chaque personne à s’exprimer dans les médias,» affirme-t-iel, «mais ces professeur·e·s sont, au final, des employé·e·s de McGill. Je crois qu’il est parfaitement normal pour un employeur de s’intéresser à ce que ses employé·e·s disent sur la place publique, particulièrement lorsque cela rend mal à l’aise leurs client·e·s, dans ce cas-ci les étudiant·e·s, à recevoir des services»&nbsp;</p>
<cite>Brooklyn Frizzle</cite></blockquote>



<p>Iel s’inquiète en particulier du cas du Pr Martin Drapeau, un professeur de psychologie qui a fait paraître, le 24&nbsp;décembre dernier, <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/592270/diversite-ou-discrimination-le-cas-universel-de-mcgill" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un texte d’opinion</a> dans <em>Le Devoir.</em> Dans cette lettre, le Pr Drapeau affirmait qu’une politique de discrimination positive défavorisait les francophones lors de l’admission au doctorat en psychologie. Frizzle affirme avoir reçu de nombreuses lettres de la part d’étudiant·e·s qui disaient ne pas se sentir à l’aise de recevoir un cours donné par ce professeur. Iel pense que l’Université devrait intervenir. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« C’est une chose de faire des recherches sur la discrimination positive et ses effets ou de faire des recherches sur les statistiques d’admission. C’en est une autre pour un·e employé·e de McGill de se prononcer dans <em>Le Devoir</em> contre les politiques d’inclusion de l’Université, purement sur la base d’opinions personnelles. Est-ce que je dis qu’en tant que personne, il ne devrait jamais donner son opinion sur les pratiques de l’Université? Non. Mais ça ne devrait pas être protégé par la liberté académique si ce n’est pas du travail académique. Il aurait dû y avoir des répercussions. Je ne dis pas nécessairement qu’il faille le renvoyer, mais des décisions doivent être prises pour que ça ne se reproduise pas et pour s’assurer que les étudiant·e·s restent en sécurité»</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-1000x563.jpg" alt class="wp-image-40114" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-AÉUM-2048x1152.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption class="wp-element-caption"><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span> Le bâtiment où se trouve les bureaux de l’AÉUM, sur le campus de McGill</figcaption></figure>



<p>À son avis, les neuf professeur·e·s qui ont écrit une lettre dans <em>The Gazette </em>pour réagir aux propos de l’AÉUM auraient également dû la signer en leur propre nom, sans mentionner qu’ils·elles enseignaient à McGill. «&nbsp;En tant qu’universitaires, ils·elles ont la responsabilité de séparer leurs idéologies privées de leur travail et de leur statut de membre du corps enseignant. Outre la question de l’inclusivité, lorsque les professeur·e·s présentent leurs opinions personnelles non professionnelles comme du travail universitaire, cela compromet leur objectivité. Bien que je n’aie pas été personnellement contacté·e par des étudiant·e·s pour me plaindre des professeur·e·s cité·e·s dans la lettre, il n’est pas improbable que nombre de leurs étudiant·e·s, en particulier les personnes de couleur, ne se sentiraient pas en sécurité en participant aux cours ou en exprimant leurs opinions, sachant que leur professeur·e a des convictions que beaucoup qualifieraient de racistes. »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/vif-debat-sur-la-liberte-academique-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Vif débat sur la liberté académique à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Ne crachez pas sur les complotistes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/01/11/__trashed/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 02:58:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[complotisme]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration]]></category>
		<category><![CDATA[conspirationnisme]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion sociale]]></category>
		<category><![CDATA[médias sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[méritocratie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40521</guid>

					<description><![CDATA[<p>La prolifération des théories du complot est le résultat de l’échec du modèle méritocratique. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pendant que nous nous préoccupons de ce virus qui n’en finit pas de bouleverser nos existences, une autre épidémie, peut-être beaucoup plus dangereuse, se propage dans notre société démocratique. Partout dans le monde, de plus en plus de théories conspirationnistes sont véhiculées sur les réseaux sociaux par des gens qui ne font plus confiance aux médias traditionnels; ces individus évoluent dans un univers complètement séparé du reste de la population. Assistant depuis quatre ans aux dérives qui ont cours chez nos voisins du Sud, on aime à penser que le Québec est à l’abri. Ce n’est désormais plus le cas, si ce le fut par le passé. Ceux et celles que les médias québécois ont désigné par le terme «antimasques» partagent généralement d’autres idéaux du même ordre: ces personnes sont souvent antisciences, antimédias, antiélites et, pour la plupart, adhèrent à des théories complotistes. La grande majorité des idées qui circulent dans cette mouvance sont des allégations pseudo-scientifiques et visiblement infondées pour quiconque est le moindrement informé·e. Elles sont souvent empreintes de haine, de racisme et de sexisme.</p>



<p>Il faut continuer à lutter, le plus possible, contre la désinformation et contre l’intolérance. Toutefois, le mépris n’est pas une solution, mais plutôt une cause du phénomène conspirationniste. Le discours de ces personnes est marqué par un profond sentiment antiélite, ce qui explique probablement son succès. Ceux et celles qui deviennent complotistes ont trop souvent en commun de ne pas avoir eu d’éducation supérieure et d’occuper des emplois précaires et peu gratifiants. Ces gens n’ont que peu de moyens pour se faire entendre dans nos institutions politiques et médiatiques. Le milieu complotiste est donc, paradoxalement, un refuge de tolérance où leur prise de parole, aussi brouillonne et discordante soit-elle, est acceptée et encouragée. Dans une société méritocratique où les élites leur font sentir qu’ils et elles ont échoué, on peut comprendre leur tentation de se tourner vers un milieu où ils et elles sont valorisé·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«S’attend-on à voir des complotistes accepter la critique, quand le faire signifie renier leur amour-propre en donnant raison à ceux et celles qui les qualifient d’idiot·e·s, d’incapables et de nuisances?»</p></blockquote>



<p>Pour s’attaquer au complotisme, chacun et chacune y va de sa petite farce. Les moqueries fusent de toutes parts, depuis les plus hautes sphères de l’appareil public jusqu’aux commentaires sous les publications sur les médias sociaux. L’intention est sans doute d’unir la population contre ce courant de pensée, mais le résultat obtenu n’est pas celui désiré. S’attend-on à voir des complotistes accepter la critique, quand le faire signifie renier leur amour-propre en donnant raison à ceux et celles qui les qualifient d’idiot·e·s, d’incapables et de nuisances? Tout ce mépris dirigé contre cette marge croissante de la société québécoise a en réalité l’effet inverse de celui désiré: plutôt que de faire valoir l’absence de fondements rationnels de l’univers conspirationniste, il lui donne sa légitimité en confirmant à ses adhérent·e·s que le reste du Québec les rejette.</p>



<p>Chacun et chacune a ses raisons de se moquer. Nous connaissons tous et toutes quelqu’un qui a perdu un proche durant cette pandémie exacerbée par les manquements au respect des consignes sanitaires. D’autres sont des victimes collatérales des idées discriminatoires véhiculées par les mouvements complotistes. Si on s’en tient à ces facteurs comme éléments de légitimité et que l’on accepte de se moquer lorsque c’est «justifié», on tombe dans un cycle vicieux dont l’issue est imprévisible, mais certainement catastrophique.</p>



<p>Après les événements de la semaine dernière au Capitole des États-Unis, directement liés au complotisme et qui pourraient un jour se produire au Québec, l’heure n’est plus à la mesquinerie. La véritable cause de ce phénomène n’est pas la «faillite morale» des gens qui l’incarnent. La question du conspirationnisme en soulève une plus grande, celle de l’exclusion sociale et de l’élitisme qui caractérisent notre société méritocratique. Ce n’est pas en perpétuant ces rapports de pouvoir par la condescendance que l’on va y mettre un terme.</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi McGill préfère-t-elle que son association étudiante ne parle pas de Hong Kong?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 15:19:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
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		<category><![CDATA[racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Université se dissocie fermement des propos de l'AÉUM, qui avait commenté les actions du gouvernement chinois dans l'ancienne colonie britannique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" data-wpel-link="internal">Pourquoi McGill préfère-t-elle que son association étudiante ne parle pas de Hong Kong?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 23&nbsp;août dernier, des garde-côtes chinois <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/14/partis-par-la-mer-douze-fugitifs-de-hongkong-detenus-en-chine_6052112_3210.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont arrêté et emprisonné</a> douze jeunes hommes hongkongais qui tentaient de rejoindre Taïwan par bateau à moteur. Ces militants prodémocratie, qui avaient participé aux manifestations qui secouent l’ancienne ville britannique depuis 2018, fuyaient leur ville à la recherche d’un asile politique. En juillet dernier, le parlement de Hong Kong, contrôlé par un parti proche de Pékin, a adopté <a href="https://www.nytimes.com/2020/07/31/world/asia/hong-kong-election-national-security-law.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une loi</a> permettant à la Chine de juger les dissident·e·s politiques sur son territoire national selon les procédures judiciaires chinoises qui, d’après l’organisme Amnistie internationale, ne garantissent pas un procès juste et équitable. Les familles de ces jeunes sont sans nouvelles depuis leur fuite, mais la presse sait qu’ils risquent d’être accusés de séparatisme et qu’ils seront représentés par des avocats choisis par Pékin. Cet incident a largement été rapporté par la presse internationale <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/13/hongkong-demembrement-d-une-democratie_6059614_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">qui s’inquiète</a> d’un fort recul de la démocratie à Hong Kong.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-1000x563.jpg" alt class="wp-image-40115" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/bantersnaps-vpNtiucFhck-unsplash-2048x1152.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption class="wp-element-caption"><span class="media-credit">Bantersnaps – Unsplash</span> La ville de Hong Kong, ancienne colonie britannique, a été rétrocédée à la Chine en 1997</figcaption></figure>



<p>Le 7&nbsp;novembre dernier, l’Association des étudiant·e·s de l’Université McGill (AÉUM) faisait paraître <a href="https://ssmu.ca/blog/2020/11/declaration-a-save12hkyouths/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une déclaration</a> sur le sujet, conjointement avec le Réseau des étudiant·e·s hongkongais·e·s de McGill. Le texte appelait le gouvernement canadien à prendre position par rapport à cet incident et condamnait, plus généralement, les actions supposées du gouvernement chinois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Hong Kong s’était vu promettre une certaine autonomie depuis son transfert du Royaume-Uni à la République populaire de Chine en 1997, dont un système de justice pénale séparé. Récemment, les tentatives de compromettre l’autonomie démocratique de Hong Kong par le gouvernement chinois ont déclenché de nombreuses manifestations»</p>
</blockquote>



<p>Toutefois, l’administration de l’Université a publié, dans les jours qui ont suivi, un <a href="https://www.mcgill.ca/studentlifeandlearning/article/maintaining-respectful-and-inclusive-debate-pour-un-debat-respectueux-et-inclusif" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> dans lequel elle se dissociait fermement des propos de l’AÉUM. Le texte, écrit par le vice-principal Fabrice Labeau, mentionnait la nature «polarisante» des déclarations et appelait l’AÉUM à se montrer à la hauteur de ses responsabilités envers l’ensemble de ses membres. Il laissait entendre que Fabrice Labeau avait communiqué avec des responsables de l’AÉUM pour parler de cette prise de position&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«J’ai amorcé un dialogue avec nos associations étudiantes à propos de la nature polarisante de ces déclarations et sur l’importance de prendre en considération les différents points de vue et la diversité des identités de leurs membres […]»</p>
<cite>Déclaration de Fabrice Labeau</cite></blockquote>



<p>Le communiqué du Pr Labeau affirmait aussi, de manière directe, que McGill n’endossait pas les propos de l’AÉUM&nbsp;: «Ces positions ne doivent pas être interprétées comme le reflet de celles de l’administration de l’Université, ou de la communauté de McGill dans son ensemble.» </p>



<p>En théorie, l’AÉUM est pourtant un organisme complètement indépendant de l’Université. L’association publie de manière assez fréquente des déclarations écrites par ses exécutant·e·s, qui sont élu·e·s chaque année par les étudiants et les étudiantes de McGill. Elles concernent la plupart du temps la politique universitaire, mais il n’est pas rare que l’AÉUM se prononce sur des questions de politique nationale ou internationale. Certaines déclarations passées ont traité par exemple de la <a href="https://ssmu.ca/blog/2019/06/declaration-de-laeum-concernant-les-projets-de-loi-9-et-21/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Loi sur la laïcité de l’État</a>, du gazoduc Trans Mountain ou du mouvement <em>Black Lives Matter </em>(La vie des Noir·e·s compte) aux États-Unis. À ces occasions, McGill n’a pas commenté les déclarations de l’AÉUM.</p>



<p>Le communiqué de Fabrice Labeau a été émis seulement 5&nbsp;jours après la déclaration de Hong Kong, mais il semble aussi faire aussi allusion à un incident survenu un mois plus tôt. Le 16&nbsp;octobre, l’AÉUM <a href="https://www.facebook.com/SSMUAEUM/posts/3306458242724182" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait partagé</a> une déclaration de l’Association des étudiants arméniens commentant le conflit alors en cours <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_2020_au_Haut-Karabagh" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan</a>, ce qui avait suscité le mécontentement de nombreux·ses étudiant·e·s turc·que·s et azéri·e·s. Le président de l’AÉUM, Jemark Earle, a affirmé au <em>Délit </em>qu’une rencontre avait déjà eu lieu sur la question.&nbsp;</p>



<p>Qu’est-ce qui a poussé l’administration à s’ingérer dans les affaires de l’AÉUM et à se dissocier si fermement de sa déclaration ? Pourquoi cette déclaration, qui pourtant reprend des faits largement rapportés par la presse occidentale, a‑t-elle suscité une si grande controverse à McGill ? La section Enquête du <em>Délit </em>a rencontré plusieurs intervenant·e·s aux divers points de vue pour tenter de mieux comprendre cette affaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-1000x563.jpg" alt class="wp-image-40113" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Photo-McGill-1-2048x1152.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Colère sur les réseaux sociaux</strong></p>



<p>La déclaration de l’AÉUM a immédiatement suscité une forte réaction dans les communautés étudiantes. Les médias sociaux se sont rapidement transformés en champ de bataille où s’affrontaient les défenseur·euse·s et les détracteur·rice·s du mouvement prodémocratie à Hong Kong.</p>



<p>Sur Facebook, <a href="https://www.facebook.com/SSMUAEUM/posts/3366543716715634" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la publication de l’AÉUM</a> a été inondée de centaines de commentaires dénonçant sa prise de position. Parmi les insultes et les appels au boycott, on pouvait lire, entre autres, que l’AÉUM n’avait pas la légitimité de faire une telle déclaration et qu’elle ne représentait pas correctement les étudiant·e·s chinois·es de McGill. Certains autres commentaires affirmaient que la déclaration constituait une forme de racisme antichinois et que l’association insultait la communauté chinoise à McGill. Quelques internautes ont aussi abordé directement la situation à Hong Kong, défendant l’action de Pékin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Ces 12 personnes ont ILLÉGALEMENT TRAVERSÉ les frontières et ont été arrêtées dans les eaux chinoises par les garde-côtes chinois. Les garde-côtes chinois ne devraient-ils pas appliquer les lois à ceux qui traversent la frontière sans les pièces d’identité ou les permis nécessaires ?»</p>



<p>***</p>



<p>«Vous voyez que nous sommes très tolérants avec les personnes qui soutiennent le séparatisme de HK, car on nous dit que McGill a une société étudiante inclusive et diversifiée. Et voyez comment vous nous traitez? En nous manquant de respect (voire en nous insultant) avec deux poids, deux mesures.» </p>



<p>***</p>



<p>«Hé l’AÉUM, pouvez-vous arrêter de montrer votre ignorance des questions politiques dans d’autres pays ? Vous n’avez aucune idée de ce qui est arrivé aux vrais citoyens (je veux dire ceux qui ne sont pas des émeutiers) de Hong Kong!»</p>
<cite>Commentaires sur le compte Facebook de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>Un grand nombre d’internautes ont au contraire pris le parti de l’AÉUM, rappelant qu’il fallait distinguer entre la critique d’un régime politique et la critique de ses citoyen·ne·s. Quelques utilisateur·rice·s se sont aussi mis·es à publier un très grand nombre de commentaires absurdes et apparemment aléatoires, tout en affichant leur indignation face aux propos de l’AÉUM; plusieurs internautes ont dit y voir une tactique pour étouffer la discussion.</p>



<p><strong>Demande de comptes à l’AÉUM</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-"><img loading="lazy" decoding="async" width="850" height="551" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM.png" alt class="wp-image-35250" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM.png 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM-330x214.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM-768x498.png 768w" sizes="auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/mahaut-engerant/?media=1" data-wpel-link="internal">Mahaut Engérant</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Lors du conseil législatif du 19 novembre, la période de questions, habituellement peu fréquentée par des étudiant·e·s de l’extérieur du conseil, a permis à un groupe d’étudiant·e·s opposé·e·s à la déclaration de très longuement questionner l’AÉUM. Une étudiante a affirmé que la déclaration avait suscité une vague d’insultes racistes sur les réseaux sociaux et qu’elle avait causé une «terrible détresse psychologique» chez les membres de la communauté chinoise. Il a également été reproché aux exécutant·e·s de l’AÉUM de ne pas avoir consulté le conseil législatif avant de faire leur déclaration, ce à quoi Brooklyn Frizzle, vice-président·e aux Affaires universitaires, a répondu que rien dans la constitution de l’AÉUM ne les contraignait à le faire.</p>



<p>Les étudiant·e·s chinois·es n’étaient pas les seul·e·s à venir présenter leurs doléances au conseil. Des étudiant·e·s d’origines turque et azérie se sont aussi présenté·e·s pour critiquer les prises de position de l’AÉUM sur la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Il·elle·s reprochaient entre autres à l’association étudiante d’avoir relayé une comparaison injuste entre le génocide arménien du début du vingtième siècle et le rôle de l’Azerbaïdjan dans le conflit en cours. Une pétition, signée par 98 étudiant·e·s, avait été envoyée à ce sujet aux exécutant·e·s de l’AÉUM.</p>



<p><a href="https://www.change.org/p/ssmu-board-of-directors-petition-for-ssmu-to-stop-marginalizing-chinese-students?utm_content=cl_sharecopy_25803414_en-US%3A0&amp;recruiter=1163890779&amp;utm_source=share_petition&amp;utm_medium=copylink&amp;utm_campaign=share_petition&amp;utm_term=G%3ESearch%3ESAP%3EUS%3EBrand%3EGeneral%3EExact" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Une pétition</a> adressée à l’AÉUM l’appelant à cesser de marginaliser les étudiant·e·s d’origine chinoise a quant à elle été partagée et signée par plus de 600 personnes. Les auteur·rice·s de la pétition reprochaient entre autres à l’AÉUM de négliger le traumatisme colonial associé en Chine à l’occupation britannique de Hong Kong, qui rendrait les citoyen·ne·s chinois·es plus sensibles à l’intervention étrangère dans la politique chinoise.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style- is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«D’être incompris, diabolisés, ostracisés et, en fin de compte, de subir un préjudice de la part de la communauté dont nous faisons partie est la dernière chose dont les étudiants chinois de McGill ont besoin au milieu de la pandémie de COVID-19»</p>



<p>***</p>



<p>«La communication authentique est la façon dont nous réglons civilement nos désaccords et apprenons les uns des autres, plutôt que d’accepter un endoctrinement idéologique insensible. Nous pensons qu’il est nécessaire d’avoir une conversation plus équilibrée plutôt que d’imposer des opinions aux autres»&nbsp;</p>
<cite>Pétition envoyée à l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>Face aux étudiant·e·s qui le·a questionnaient lors du conseil législatif, Frizzle a précisé qu’il n’était pas nécessaire, à ses yeux, que l’intégralité de la communauté étudiante soit d’accord avec les déclarations de l’association. D’après iel, les exécutant·e·s auraient pour mandat de prendre position en fonction de leur interprétation des politiques anti-oppressives de l’AÉUM. L’important ne serait pas que tous·tes les étudiant·e·s soient d’accord avec les positions de l’association, mais bien que celle-ci apporte son soutien aux étudiant·e·s qui en ont le plus besoin, a ajouté Frizzle. L’AÉUM serait, à ses yeux, une organisation inhéremment politique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je dois dire que personne ne s’attendait à un tel tollé. Ce que les étudiant·e·s ne savent pas, c’est que nous avons passé deux semaines à faire des recherches et à consulter des gens pour nous assurer que notre déclaration serait bien factuelle»</p>
<cite>Brooklyn Frizzle</cite></blockquote>



<p>Contacté·e·s par <em>Le Délit</em>, Brooklyn Frizzle et Jemark Earle ont affirmé que malgré les protestations des étudiant·e·s, iels croyaient toujours que la déclaration était appropriée, et qu’iels n’auraient pas de problèmes à la publier de nouveau.</p>



<p><strong>Un «biais anti-chinois et anticommuniste»</strong></p>



<p><em>Le Délit </em>a eu l’occasion de s’entretenir avec plusieurs étudiant·e·s qui ont participé à cette contestation.&nbsp;</p>



<p>L’un de ces étudiant·e·s, Robert (nom fictif), est resté en contact avec <em>Le Délit </em>pendant plus de deux semaines. Au moment du premier contact, il a affirmé être dans un hôpital chinois où il se trouvait à la suite du traumatisme infligé par la déclaration de l’AÉUM sur Hong Kong. Selon lui, l’association étudiante ne s’occuperait pas assez de ses étudiant·e·s chinois·es, qui auraient été durement éprouvé·e·s par le racisme indirectement engendré par la pandémie de COVID-19.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center animated fadeIn is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Pendant la crise de la COVID, la communauté chinoise de Montréal a été attaquée et les crimes haineux se sont intensifiés. Ni les médias occidentaux ni l’AÉUM n’ont abordé le sujet malgré les nombreux courriels que nous leur avons envoyés»</p>
<cite>Robert*</cite></blockquote>



<p>Pour Robert, le principal problème de la déclaration serait son «biais anticommuniste et anti-chinois». S’inspirant des médias occidentaux, l’AÉUM aurait représenté la situation comme un combat pour la démocratie, alors qu’il s’agirait principalement, selon Robert, d’une lutte pour maintenir le colonialisme occidental à Hong Kong. Il a pointé du doigt le fait que les médias occidentaux seraient en général beaucoup plus sévères avec la Chine, et a réfuté l’idée reçue selon laquelle il s’agirait d’un pays respectant moins les droits humains que les pays occidentaux, précisant que cette perception des faits était largement erronée. Selon lui, les manifestant·e·s de Hong Kong étaient des «terroristes», qui recevaient trop d’attention de la part des grands médias internationaux. D’autres étudiant·e·s que <em>Le Délit</em> a passé·e·s en entrevue partageaient cette perception.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center animated fadeIn is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Si l’AÉUM est capable de reconnaître l’impact du colonialisme sur les autochtones du Canada, elle pourrait aussi reconnaître l’impact du colonialisme britannique sur les Chinois de Hong Kong. La seule différence, c’est que nous avons repoussé les colonialistes»</p>
<cite>Robert*</cite></blockquote>



<p><strong>Des étudiant·e·s en colère</strong></p>



<p>Au premier entretien, Robert* a dit avoir été «très satisfait» de la réponse de l’administration, dans laquelle celle-ci se distanciait des propos de l’AÉUM et soulignait leur caractère «polarisant». Il a affirmé être à l’origine de la pétition adressée à l’AÉUM, mentionnée plus haut. Il a aussi affirmé s’être coordonné avec des amis pour faire valoir son point de vue auprès de l’administration de l’Université et auprès de l’AÉUM, ce qu’il a démenti par la suite. <em>Le Délit </em>n’a pas pu confirmer avec l’administration de McGill que de tels échanges avaient eu lieu.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center animated fadeIn is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Nous avons été en contact avec Fabrice Labeau [le vice-principal] quotidiennement. Moi et un groupe de mes amis, je ne veux pas parler pour tous·tes les étudiant·e·s chinois·e·s, nous lui avons écrit pour le sensibiliser à notre point de vue. Nous avons également écrit à l’AÉUM à de nombreuses reprises»</p>
<cite>Robert*</cite></blockquote>



<p>D’autres étudiant·e·s contacté·e·s par <em>Le Délit </em>ont également dit avoir tenté de faire valoir leur point de vue auprès de l’AÉUM et auprès de l’administration mcgilloise, que ce soit en envoyant des courriels, en participant à des réunions publiques ou en assistant aux périodes de questions. Une étudiante a affirmé avoir fréquenté les heures de bureau d’un·e exécutant·e de l’AÉUM pendant plus d’une semaine.</p>



<p>Si la majorité des étudiant·e·s rencontré·e·s par <em>Le Délit</em> partageaient le point de vue nationaliste de Robert et affichaient comme lui leur sympathie pour le gouvernement de Pékin, d’autres ont tenu à prendre leur distance avec le gouvernement et ont condamné ses actions à Hong Kong. Pour ces étudiant·e·s, l’important n’était pas le contenu de la déclaration par rapport à la situation de Hong Kong mais son impact sur les étudiant·e·s de McGill.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center animated fadeIn is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Je respecte le fait que l’AÉUM ait une opinion sur ce qui se passe à Hong Kong, et je crois même qu’elle est partagée par la plupart de la communauté. Cependant, il faut comprendre que quand une association étudiante du Canada prend position sur ce qui se passe à Hong Kong ou en Azerbaïdjan, ça ne change absolument rien à la situation là-bas. La seule chose sur laquelle ç’a un impact, c’est sur les membres de la communauté qui sont davantage mis à l’écart» </p>
<cite>Un étudiant</cite></blockquote>



<p>D’autres étudiant·e·s ont néanmoins affirmé que la déclaration de l’AÉUM présentait une perspective erronée et unilatérale de la situation à Hong Kong. Certain·e·s ont dit trouver que les sources présentées par l’AÉUM étaient toutes des sources douteuses avec un «visible biais anti-chinois». Plusieurs ont notamment souligné que l’AÉUM citait des médias hongkongais peu fiables et acquis à la cause démocrate. Une étudiante a affirmé au <em>Délit </em>qu’il aurait été préférable, pour mieux dépeindre la situation, d’utiliser des sources «officielles».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center animated fadeIn is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Lorsque l’on regarde la déclaration de l’AÉUM, la première source qui est mentionnée est un journal, le <em>Apple Daily</em>, qui parle du coronavirus comme du «virus de Wuhan». C’est carrément du racisme, et ça me laisse penser qu’il n’y a pas eu de bonne recherche de la part de l’AÉUM»</p>
<cite>Une étudiante</cite></blockquote>



<p>Cette affirmation sur la fiabilité des sources de l’AÉUM est à nuancer. L’<em>Apple Daily </em>est considéré par plusieurs médias internationaux comme l’un des derniers grands médias indépendants de Hong Kong, depuis que le<em> South China Morning Post </em><a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/201512/11/01-4930148-le-geant-chinois-de-linternet-alibaba-rachete-le-south-china-morning-post.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a été acheté</a> par l’entreprise chinoise Alibaba<em> </em>en 2015. Par ailleurs, les faits commentés par l’AÉUM n’ont pas seulement été mentionnés par des médias hongkongais, mais ont aussi été largement documentés par la presse internationale.</p>



<p><em>Le Délit </em>a aussi pu rencontrer des étudiant·e·s turc·que·s et azéri·e·s qui voulaient parler de la publication de l’AÉUM sur la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. La plupart étaient sympathiques à la cause des étudiant·e·s qui s’opposaient à la déclaration de l’AÉUM sur Hong Kong. Certain·e·s étaient par contre étonné·e·s du fait que McGill ait seulement émis une déclaration publique se distanciant des prises de position de l’AÉUM après la publication sur Hong Kong.</p>



<p><strong>Le point de vue d’un activiste hongkongais</strong></p>



<p><em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Benjamin Fung, un professeur de McGill en sécurité informatique originaire de Hong Kong. Critique du régime chinois, il milite depuis plusieurs années au Québec pour dénoncer les violations des droits humains en Chine et à Hong Kong. Le Pr Fung, qui a suivi cette affaire, est d’avis que la déclaration de l’AÉUM ne constituait ni une forme de racisme, ni une forme d’agression, en cela qu’elle s’attaquait à un gouvernement et non à la communauté chinoise de McGill. Il n’est toutefois pas surpris de voir que des étudiant·e·s chinois·es l’aient interprétée d’une telle manière. Selon lui, le système d’éducation en Chine chercherait à empêcher les jeunes citoyen·ne·s chinois·es de tolérer les critiques du régime.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style- is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«De notre point de vue, au Canada, il peut sembler évident que critiquer le gouvernement d’un pays ne revient pas à critiquer ses habitant·e·s. […] Pour quelqu’un qui a fréquenté le système d’éducation chinois, tout est confondu&nbsp;: le gouvernement, le parti et le peuple. Dans cet état d’esprit, on ne peut pas critiquer le parti communiste sans s’attaquer à la Chine et au peuple chinois»</p>
<cite>Benjamin Fung</cite></blockquote>



<p>La plupart des étudiant·e·s à qui nous avons pu parler défendaient fermement la position du pouvoir chinois à Hong Kong et disaient ne pas considérer la Chine comme un État autoritaire, comme le font la plupart des organisations internationales de défense des droits humains. Ils et elles affichaient une grande méfiance face aux médias occidentaux, leur préférant des sources officielles ou des médias proches du pouvoir central chinois. Il est important de préciser ici que tous·tes les étudiant·e·s chinois·e·s à qui nous avons parlé ne rentraient pas dans cette catégorie. Certain·e·s ont tenu à prendre leur distance avec le gouvernement et fondaient leur opinion sur la version des faits présentée par les médias internationaux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-1000x667.png" alt class="wp-image-39715" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-1000x667.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-330x220.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-768x512.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-1536x1024.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-2048x1365.png 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-1200x800.png 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/ouighours-8-930x620.png 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption class="wp-element-caption"><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-morreale/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Morreale</a> | Le Délit</span> Une manifestation à Montréal, le 15 novembre dernier.</figcaption></figure>



<p>Face à l’hypothèse selon laquelle ces étudiant·e·s seraient lié·e·s au gouvernement chinois, le Pr Fung se montre très prudent. Bien qu’il croit que ce ne serait pas impossible, il estime plus probable que la plupart de ces étudiant·e·s agissent surtout par «nationalisme».&nbsp;</p>



<p>Toutefois, dans le cadre de son activisme, il a observé ce qu’il croit avoir été des actions du gouvernement chinois pour discrètement mettre des bâtons dans les roues de ses opposant·e·s au Canada. Sans pouvoir en être sûr, il estime par exemple plausible que le consulat de la Chine à Montréal ou d’autres instances proches de Pékin aient pu organiser des contre-manifestations lorsque des manifestations en faveur de la démocratie à Hong Kong étaient organisées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style- is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«À chaque fois qu’il y a une manifestation pro-Hong Kong, il y a toujours plusieurs contre-manifestations en faveur du régime chinois. Et elles sont bien organisées»</p>
<cite>Benjamin Fung</cite></blockquote>



<p>Il y a un an, à la suite d’une manifestation où il avait fait un discours, le Pr Fung a trouvé sur son téléphone portable des fichiers «suspects». Le professeur en cybersécurité à McGill croit qu’il pourrait avoir été victime d’une tentative de piratage, dont il a tracé l’origine à Shanghai.</p>



<p>Dans les dernières années, les services de renseignement canadien <a href="https://www.theglobeandmail.com/politics/article-csis-warns-chinas-operation-fox-hunt-is-targeting-canadas-chinese/?fbclid=IwAR07hZ2ZMJP0ozMXap9s9gcLszS0KL6Qa9BQD5XXi-X5ePNyBSb0Cj3e_kQ" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont documenté</a> des efforts du gouvernement chinois pour influencer les actions de ses ressortissant·e·s au Canada et pour faire taire les critiques du régime. Dans des déclarations obtenues <a href="https://nationalpost.com/news/canada/significant-and-clear-threat-what-canadas-spy-chief-says-about-china-behind-closed-doors" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">par le <em>National Post,</em></a> David Vigneault, le directeur du service de renseignement, a par ailleurs affirmé que les universités canadiennes constituaient des cibles privilégiées pour la Chine. Il a aussi affirmé que des étudiant·e·s et des professeur·e·s étaient victimes de surveillance et de coercition.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style- is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Certains États étrangers tentent régulièrement de menacer et d’intimider des individus dans le monde entier par l’intermédiaire de diverses entités étatiques et d’intermédiaires non étatiques. Ces États, tels que la République populaire de Chine, peuvent utiliser une combinaison de leurs services de renseignement et de sécurité ainsi que des agents de confiance pour les aider à mener diverses formes d’activités de menace» </p>
<cite>Service canadien&nbsp;du&nbsp;renseignement de sécurité</cite></blockquote>



<p><strong>Silence radio de la part de l’administration</strong></p>



<p>Pour obtenir le point de vue de McGill sur cette affaire, <em>Le Délit</em> a envoyé à Fabrice Labeau un courriel contenant des questions précises. <em>Le Délit</em> demandait, entre autres, si l’Université avait reçu des commentaires ou des demandes provenant de l’extérieur de sa communauté, ou en quoi l’Université trouvait cette déclaration problématique, alors qu’elle présentait des faits avérés. Enfin, <em>Le Délit </em>a demandé pourquoi l’Université avait tenu à s’ingérer dans les affaires de l’AÉUM alors qu’il s’agit d’un organisme indépendant.</p>



<p>L’administration de McGill a choisi de ne répondre à aucune question et a plutôt renvoyé un court courriel réaffirmant la position qu’elle avait prise le 12 novembre:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style- is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«La diversité des opinions est un principe fondamental qui doit être respecté en toutes circonstances – toutefois, la polarisation qui confine à l’ostracisme, ou qui fait en sorte que nos étudiants ont le sentiment de ne pas être les bienvenus, de ne pas être entendus et de ne pas être représentés, ne sera pas tolérée»</p>



<p>***</p>



<p>« Ces positions ne doivent pas être interprétées comme le reflet de celles de l’administration de l’Université, ou de la communauté de McGill dans son ensemble»</p>
<cite>Réponse de l’administration aux questions du <em>Délit</em></cite></blockquote>



<p>En l’absence de réponses de la part de l’administration, il est impossible de déterminer ce qui a poussé McGill à se distancier publiquement et si clairement des propos de l’AÉUM. Toutefois, il est pertinent de constater qu’il s’agit d’une prise de position inhabituelle à bien des égards de la part de McGill. Par le passé, l’AÉUM a très souvent pris des positions politiques, dont plusieurs ont causé de la controverse parmi le corps étudiant, sans que McGill prenne pour autant la peine de publiquement s’en dissocier.</p>



<p>Lorsque l’AÉUM <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/05/les-affaires-externes-de-laeum-affirment-que-la-caq-est-raciste-et-xenophobe/" data-wpel-link="internal">avait traité</a> le gouvernement québécois de raciste et de xénophobe en 2018, McGill n’avait pas réagi publiquement. Lorsque l’AÉUM <a href="https://ssmu.ca/blog/2020/02/statement-regarding-wetsuweten/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avait pris le parti</a> de la nation Wet’suwet’en en déclarant que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait envahi son territoire, McGill n’avait pas réagi publiquement. Enfin, il y a moins d’un mois, lorsque l’AÉUM avait appuyé l’Arménie dans le conflit avec l’Azerbaïdjan, McGill n’avait pas réagi publiquement, bien qu’elle ait rencontré des responsables de l’AÉUM. Aucune de ces déclarations n’avait été appréciée à l’unanimité par la communauté étudiante.</p>



<p>Il semble clair que la forte contestation de la part de la communauté étudiante a joué un rôle déterminant dans cette décision de l’administration. Mais pourquoi a‑t-elle fléchi sous la pression ici et non ailleurs? Qu’est-ce qui est différent dans la prise de position sur Hong Kong? </p>



<p>Le <em>Délit</em> reste à l’affût de tout prochain développement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" data-wpel-link="internal">Pourquoi McGill préfère-t-elle que son association étudiante ne parle pas de Hong Kong?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Redmen de McGill deviendront les Redbirds : retour sur l’histoire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/les-redmen-de-mcgill-deviendront-les-redbirds/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 13:45:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[changethename]]></category>
		<category><![CDATA[changezlenom]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
		<category><![CDATA[redbirds]]></category>
		<category><![CDATA[redmen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39834</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette décision vient conclure plus de deux ans de débat à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/les-redmen-de-mcgill-deviendront-les-redbirds/" data-wpel-link="internal">Les Redmen de McGill deviendront les Redbirds : retour sur l’histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 17 novembre dernier, l’Université a dévoilé le nouveau nom de ses équipes de sport masculines. Après plus d’un an d’attente depuis l’annonce du processus de sélection d’un nouveau nom, c’est finalement celui de <em style="user-select: auto;">Redbirds</em> – un nom qui évoque en anglais le cardinal rouge<em style="user-select: auto;"> –</em> qui a été retenu. Les équipes féminines, quant à elles, conserveront le nom de <em style="user-select: auto;">Martlets</em>. Comme auparavant, aucune des deux équipes ne portera un nom francophone officiel.</p>



<p>Dans un courriel envoyé à toute la communauté mcgilloise, le <a href="https://www.mcgill.ca/studentlifeandlearning/about/deputyprovost" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">premier vice-principal exécutif adjoint</a> Fabrice Labeau, chargé du dossier, a affirmé que le comité avait choisi «un nom que toute la communauté pourra arborer – et célébrer – avec fierté». Plus de 200 noms différents auraient été envoyés à l’administration de l’Université. La dénomination de «<em>redbirds</em>» aurait reçu les faveurs du comité entre autres parce qu’elle ne s’éloignait pas trop de l’identité des anciennes équipes. Il aurait aussi été utilisé par le passé par des équipes de baseball et de ski.</p>



<p>L’Université a fait le choix de ne pas effacer les traces de l’ancien nom <em>Redmen</em>, par exemple sur des trophées ou dans des monuments à l’histoire de l’équipe. «On ne veut pas enlever ça, parce que ça fait partie de l’histoire de l’Université», a déclaré Labeau <a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/site/segments/reportage/210012/redmen-redbirds-mcgill-sport-equipe-masculin?isAutoPlay=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sur les ondes de Radio-Canada</a>.</p>



<p><strong>Un processus laborieux</strong></p>



<p>Cette décision vient parachever une réflexion qui dure depuis de très nombreuses années dans la communauté universitaire.</p>



<p>Le nom <em style="user-select: auto;">Redmen </em>a été utilisé pour la première fois en 1927, d’abord sous la forme de «<em style="user-select: auto;">Red</em> <em style="user-select: auto;">Men</em>». Selon <a href="https://web.archive.org/web/20170706004822/https://mcgillathletics.ca/sports/2015/2/27/0227154844.aspx?path=general" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une page du site officiel de McGill</a>, qui a depuis été retirée, ce nom aurait à l’origine fait référence aux couleurs rouges de l’Université et à l’héritage écossais de James McGill, son fondateur. Plusieurs ont cependant considéré le nom de l’équipe comme une insulte raciste faisant référence à la couleur de peau des peuples autochtones d’Amérique.&nbsp;</p>



<p>Dans les années suivantes, ce nom a été de nombreuses fois utilisé en faisant explicitement référence aux peuples autochtones. Des années 1950 jusqu’aux années 1990, les équipes de McGill étaient parfois surnommées les «<em>Indians</em>», tandis que, dans les années 1970, certaines équipes féminines portaient le nom de «<em><a href="https://numerique.banq.qc.ca/resultats#" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Super Squaws</a></em>». <strong><span class="has-inline-color has-noir-color"><span class="has-inline-color has-edito-color"></span><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></span></strong>Plusieurs éléments de l’identité visuelle des équipes faisaient référence à des stéréotypes raciaux.</p>



<p>Au début des années 1990, un groupe d’étudiant·e·s, la <em>McGill Native Awareness Coalition</em> (Coalition pour la sensibilisation aux enjeux autochtones de McGill<em>, </em>ndlr) a commencé à faire pression sur l’Université, qui accepta d’envisager un changement. En 1992, cependant, McGill a choisi de conserver le nom des équipes, arguant que le nom n’avait pas à l’origine d’intentions racistes. L’administration a néanmoins accepté de changer le logo de l’équipe, qui depuis 1982 représentait une figure stéréotypée d’un guerrier autochtone à la coiffe de plume.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="820" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker-1000x820.png" alt data-id="39790" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker.png" data-link="https://www.delitfrancais.com/mcgill-daily-students-challenge-redmen-moniker/" class="wp-image-39790" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker-1000x820.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker-330x271.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker-768x630.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/McGill-Daily-Students-challenge-Redmen-moniker.png 1332w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="972" height="808" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Logo-Redmen-Daily.png" alt data-id="39793" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Logo-Redmen-Daily.png" data-link="https://www.delitfrancais.com/logo-redmen-daily/" class="wp-image-39793" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Logo-Redmen-Daily.png 972w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Logo-Redmen-Daily-330x274.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Logo-Redmen-Daily-768x638.png 768w" sizes="auto, (max-width: 972px) 100vw, 972px"></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">Édition du 11 novembre 1991 du McGill Daily | archives.org — Daily Publications Society</figcaption></figure>



<p></p>
</div></div>



<p><strong>Développement récents</strong></p>



<p>À l’été 2017, un <a rel="noreferrer noopener external" href="http://www.mcgilltribune.com/opinion/ssmu-votes-to-change-the-name-what-now-2011/" target="_blank" data-wpel-link="external">rapport</a> commandé par l’administration de l’Université a recommandé de changer le nom de l’équipe, affirmant que les efforts de McGill pour mieux inclure les autochtones étaient «sérieusement remis en question» par l’usage de ce nom.&nbsp;</p>



<p>Cependant, ce n’est vraiment qu’à partir de l’automne 2018 que des étudiant·e·s ont commencé à faire pression sur McGill pour obtenir un nouveau nom d’équipe. En octobre, le commissaire aux affaires autochtones de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) Tomas Jirousek, lui-même autochtone et membre de l’équipe d’aviron, a lancé <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.change.org/p/mcgill-university-change-the-redmen-name?recruiter=873788622&amp;utm_source=share_petition&amp;utm_medium=copylink&amp;utm_campaign=psf_combo_share_initial.pacific_abi_gmail_send.variation.pacific_abi_select_all_contacts.select_all.pacific_email_copy_en_us_3.control.pacific_email_copy_en_gb_4.v1.pacific_email_copy_en_us_5.v1.lightning_share_by_medium_message.control.lightning_2primary_share_options_more.control&amp;utm_term=triggered&amp;fbclid=IwAR2WGi9hhS3D3UDhXt7PvU4W9ka5gpBlZUuDu5f4h4qkIaVOE1Od9d_vhv8" target="_blank" data-wpel-link="external">une pétition</a> qui fut signée par plus de 10 000 personnes. Quelques semaines plus tard, l’association étudiante a organisé <a rel="noreferrer noopener external" href="https://ssmu.simplyvoting.com/index.php?mode=results&amp;election=68272" target="_blank" data-wpel-link="external">un référendum</a> dans lequel elle demandait aux étudiant·e·s la permission de faire pression sur l’Université: le oui l’a emporté avec 79% des suffrages exprimés.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-3 is-cropped animated fadeIn wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-1000x667.jpg" alt data-id="32337" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/changez-le-nom/a-redmen-c/" class="wp-image-32337" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-850x567.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="666" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D-1000x666.jpg" alt data-id="32340" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/changez-le-nom/a-redmen-d/" class="wp-image-32340" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D-1000x666.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-D-850x566.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="666" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E-1000x666.jpg" alt data-id="32342" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/changez-le-nom/a-redmen-e/" class="wp-image-32342" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E-1000x666.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-E-850x566.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">Manifestation en faveur du changement de nom, le 31 octobre 2018 | Iyad Khagad</figcaption></figure>



<p>L’Université, bien qu’ouverte à un changement, n’a pas tout de suite pris de décision formelle, ce qui a sucité le mécontentement des membres de l’AÉUM. Le 29 mars 2019, par solidarité avec la campagne #<em>changethename (#changezlenom, ndlr)</em>, les électeur·rice·s étudiant·e·s ont rejeté à 58% le renouvellement d’un frais de dix dollars destiné à l’entretien des infrastructures de McGill. Peu après cette décision lourde de sen<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>s pour l’administration, l<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>a rectrice Suzanne Fortier a finalement annoncé le 12 avril que le nom serait changé.</p>



<p><a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/site/segments/reportage/210012/redmen-redbirds-mcgill-sport-equipe-masculin?isAutoPlay=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">En entrevue à Radio-Canada</a><strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>la semaine dernière, Tomas Jirousek a salué la décision de l’Université. Il a toutefois précisé que cela ne réglait pas tout le problème de la discrimination envers les autochtones à l’Université McGill. Selon lui, au-delà de seulement changer des noms d’équipe, l’Université devrait améliorer ses services de soutien aux étudiant·e·s autochtones et embaucher plus de professeur·e·s issu·e·s <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>des Premières Nations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/les-redmen-de-mcgill-deviendront-les-redbirds/" data-wpel-link="internal">Les Redmen de McGill deviendront les Redbirds : retour sur l’histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’AÉUM veut doubler son nombre d’employés d’ici cinq ans</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Nov 2020 13:59:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[budget]]></category>
		<category><![CDATA[frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Jemark Earle]]></category>
		<category><![CDATA[référendums]]></category>
		<category><![CDATA[tre mansdoerfer]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39341</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le président Jemark Earle a présenté son plan quinquennal à l’AÉUM.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut doubler son nombre d’employés d’ici cinq ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors du dernier conseil législatif de l’AÉUM tenu le 3 novembre dernier, le président Jemark Earle a profité d’une discussion ouverte pour dévoiler aux membres du conseil sa vision à long terme de son association. En campagne électorale, en mars dernier, il avait promis d’élaborer un plan quinquennal pour guider les orientations à long terme de l’AÉUM, pour pallier le fait que les exécutants et exécutantes changent chaque année.</p>



<p>Ce plan quinquennal est d’autant plus nécessaire, selon lui, car l’AÉUM a récemment réussi à faire augmenter son budget de manière significative. Lors d’un référendum tenu à la session d’automne 2019, les <span class="has-inline-color has-noir-color">étudiants</span><strong> </strong>de l’université ont accepté de payer 15$ de plus pour leur association étudiante, faisant passer ces frais de 44,33$ à 59,33$ par session. Seuls les étudiants et les étudiantes en médecine, en droit ou en dentisterie ne payent pas ce montant au complet, leur facture s’élevant à 15$ de moins que les autres élèves.</p>



<p>Cette augmentation des frais est une ambition de longue date de l’AÉUM. Avant l’augmentation, l’association considérait que ses frais de fonctionnement étaient trop petits par rapport à ceux des autres universités canadiennes. Sous l’impulsion de l’ancien président Tre Mansdoerfer, le Conseil législatif de l’AÉUM avait tenté, au printemps 2019, de faire adopter <a href="http://www.mcgilltribune.com/news/trib-explains-the-ssmu-base-fee-increase-032619/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une augmentation de 30$</a>. Il avait alors assorti sa proposition d’un <em>master plan</em> (plan général) pour encadrer les nouvelles dépenses de l’AÉUM. L’augmentation avait finalement été refusée par la communauté étudiante, au profit de la hausse plus modérée de 15$ mentionnée ci-haut.</p>



<p>Jemark Earle a tout de même affirmé, lors de sa présentation, qu’il comptait sur une nouvelle augmentation des frais de maintenance dans les prochaines années.</p>



<p><strong>Un personnel doublé</strong></p>



<p>Le plan quinquennal du président Earle a proposé plusieurs manières de dépenser cet argent nouvellement disponible.</p>



<p>Le président voudrait en particulier doubler le nombre d’employés d’ici 2026. Selon lui, l’AÉUM ne disposerait que de très peu d’employés permanents comparativement aux autres associations étudiantes, et cela limiterait sa capacité à efficacement donner des services. Dans les cinq prochaines années, selon le plan de Earle, l’AÉUM engagera notamment un ombudsman, des conseillers légaux, un coordinateur de la sécurité et de nombreux administrateurs.</p>



<p>Dès 2022, Earle voudrait faire passer le nombre d’employés de 21 à 24. L’une de ces premières embauches serait celle d’un traducteur à temps plein, qui serait responsable d’assurer que l’AÉUM respecte son mandat bilingue.</p>



<p><strong>Un patrimoine immobilier à entretenir</strong></p>



<p>L’augmentation des frais de base de l’AÉUM permettra aussi d’opérer des rénovations d’envergure des bâtiments de l’association. La première priorité est de transformer le 3501 rue Peel, une maison acquise en 2018, afin d’en faire un nouveau centre de prestation de services. Avec ces nouveaux espaces, le président Earle imagine par exemple la création d’une clinique fiscale, où des comptables professionnels pourraient aider les étudiants et les étudiantes avec leurs impôts. Il songe aussi à créer un dépôt où les commandes en ligne des étudiants et étudiantes pourraient être entreposées, pour leur éviter d’avoir à retourner chez eux à chaque fois. Sur un ton blagueur, il a aussi déclaré qu’il aimerait bien, à long terme, que l’association ait des chiens thérapeutiques disponibles pour les étudiants stressés.</p>



<p>D’ici la fin du plan quinquennal, les rénovations en cours dans la bâtisse de l’association étudiante depuis plus de deux ans devraient être enfin terminées. Le bar Gerts, un très populaire service de l’AÉUM que la plupart des étudiants actuels n’ont jamais connu puisqu’il est fermé depuis deux ans, pourrait donc rouvrir d’ici quelque temps. Il est d’ailleurs question de désormais l’ouvrir comme café pendant la journée.</p>



<p><strong>La fin des référendums?</strong></p>



<p>Le président a aussi déclaré, lors de sa présentation, qu’il désirerait abolir les référendums périodiques que les étudiants et les étudiantes remplissent tous les cinq ans pour choisir s’ils veulent ou non continuer à payer des frais pour un service donné. Les frais de chaque service seraient indexés à l’inflation et augmenteraient donc automatiquement chaque année. </p>



<p>Contacté par <em>Le Délit</em>, Earle a précisé que ce serait désormais le Comité de révision des services de l’AÉUM qui se chargerait de déterminer&nbsp;si chacun des services de l’AÉUM est pertinent. Ce comité, composé de membres du Conseil législatif et de deux étudiants de la communauté, aurait aussi l’autorité d’augmenter ou de diminuer les budgets de chaque service.&nbsp; </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut doubler son nombre d’employés d’ici cinq ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>«Mot en n»: la rectrice de McGill réagit à l’affaire de l’UOttawa</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2020 18:14:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[black student network]]></category>
		<category><![CDATA[Mot en n]]></category>
		<category><![CDATA[Ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne Fortier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38978</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans un courriel envoyé à toute la communauté mcgilloise, la principale et vice-chancelière Suzanne Fortier a exprimé son point de vue sur l’affaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/" data-wpel-link="internal">«Mot en n»: la rectrice de McGill réagit à l’affaire de l’UOttawa</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 23 septembre dernier, la professeure Verushka Lieutenant-Duval, qui enseigne l’histoire de l’art et les théories féministes à l’Université d’Ottawa, avait utilisé un mot jugé offensant par la communauté noire dans le cadre d’un cours portant sur la réappropriation des mots offensants par les groupes discriminés. Dans les jours qui ont suivi, des étudiant·e·s et des professeur·e·s ont critiqué son utilisation du mot via les réseaux sociaux, partagé ses coordonnées personnelles et demandé sa démission.</p>



<p>Face à la controverse, le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, a pris la décision de suspendre la Pre Lieutenant-Duval et a mis les élèves de son cours sous la responsabilité d’un autre professeur. 34 collègues de la Pre Lieutenant-Duval, en majorité des francophones, ont signé une lettre témoignant de leur appui à la professeure, devenant par ce geste de nouvelles cibles de <a href="https://www.ledevoir.com/societe/588195/mot-qui-commence-par-n-guerilla-ideologique-a-l-universite-d-ottawa" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">critiques sur les réseaux sociaux</a>. Néanmoins, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/societe/education/588193/au-petit-mot-les-grands-debats" target="_blank" data-wpel-link="external">la majorité du corps professoral de l’Université </a>a pris position en faveur de la suspension de la Pre Lieutenant-Duval.</p>



<p>La discussion est rapidement sortie des murs de l’Université d’Ottawa pour gagner les grands médias du pays. Au Québec, presque l’entièreté de la classe politique a condamné la réaction de l’Université d’Ottawa comme étant une atteinte à la liberté académique. La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a publiquement défendu le choix de mot de la Pre Lieutenant-Duval et a lancé une pétition pour appeler l’Université d’Ottawa à revenir sur sa position. L’écrivain Dany Laferrière, qui avait semé la controverse il y 30 ans dans le monde anglo-saxon avec un titre de livre comprenant le mot polémique, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/dessine-moi-un-dimanche/segments/entrevue/206724/dany-laferriere-racisme-mot-en-n" target="_blank" data-wpel-link="external">a aussi défendu sur les ondes de Radio-Canada</a> l’usage du mot dans un contexte autre qu’insultant:<em> </em>«Ce mot tout sec, nu, sans le sang et les rires qui l’irriguent n’est qu’une insulte dans la bouche d’un raciste. Je ne m’explique pas pourquoi on donne tant de pouvoir à un individu sur nous-mêmes. Il n’y a qu’à dire un mot de cinq lettres pour qu’on se retrouve en transe avec les bras et les pieds liés, comme si le mot était plus fort que l’esclavage. Les esclaves n’ont pas fait la révolution pour qu’on se retrouve à la merci [de ce mot].»</p>



<p>Évidemment, tous les avis n’étaient pas unanimes. Dans <em>Le</em> <em>Devoir</em>, la chroniqueuse Emilie Nicolas a avancé que les personnes blanches ne devraient <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/588151/comment-te-faire-confiance-avec-cette-arme-sans-me-fatiguer" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">tout simplement pas utiliser ce mot</a>. Selon elle, la blessure subie par les Noir·e·s à cause de ce mot serait trop récente pour que l’on confie à des personnes blanches le droit de le dire. Même bien intentionnées, comme dans un contexte académique, elles seraient à risque de blesser en utilisant ce mot en l’ignorance de sa nature traumatisante. Vanessa Destinée, journaliste et chroniqueuse chez Québécor, a aussi estimé que les personnes blanches devraient éviter d’utiliser ce mot: «Il faut comprendre que [ce mot], quand on a la peau noire, nous accompagne durant toute notre vie, c’est un mot que l’on entend souvent très jeune, quand il nous est balancé à la figure la première fois, on s’en rappelle aussi la première fois quand ça arrive.»</p>



<p><strong>L’administration de McGill réagit</strong></p>



<p>L’administration de McGill a attendu plusieurs semaines avant de se prononcer sur la question. Finalement, le 26 octobre dernier, dans un message intitulé <a href="https://www.mcgill.ca/principal/fr/communications/enonces/liberte-academique-et-inclusion" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Liberté académique et inclusion</em></a>, envoyé par courriel à toute la communauté, Suzanne Fortier a indirectement abordé le sujet, évoquant seulement des «situations [s’étant produites] dans des établissements universitaires canadiens». Elle a réaffirmé l’importance de deux valeurs qu’elle considère cardinales dans le milieu universitaire: «la liberté académique» ainsi que «l’équité et l’inclusion», concédant qu’il pouvait parfois sembler «difficile de parvenir à concilier ces engagements simultanément». Elle n’a pas explicitement pris le parti de l’une ou l’autre de ces valeurs, affirmant que «renoncer à un principe pour se prévaloir d’un autre ne [lui apparaissait] pas être la solution».</p>



<p>Dans son message, la Pre Fortier n’a pas rendu explicite sa position quant à l’interdiction d’utiliser des mots controversés dans un contexte académique. Elle a tout de même semblé faire un appel à l’empathie concernant le cas de la Pre Lieutenant-Duval: «Il peut arriver que nous commettions, malgré nous, une maladresse qui puisse heurter les autres. De telles situations sont l’occasion de faire montre d’empathie et de confiance mutuelle et de réitérer notre engagement à nous ouvrir à l’autre, à apprendre, et à grandir.»</p>



<p><strong>Le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s réagit</strong> </p>



<p>La déclaration de la rectrice a rencontré l’opposition de certaines personnes à McGill. Le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s (<em>Black Student Network, </em>BSN) a publié, le 30 octobre dernier, un <a href="https://www.facebook.com/BlackStudentsNetworkOfMcGill/posts/2145635708903427" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> «<em>condamnant fortement</em>» l’attitude de Suzanne Fortier. Il lui a été reproché d’avoir «utilisé» la notion de liberté académique pour mettre de côté l’inclusivité: «<em>La compréhension de la «&nbsp;liberté académique&nbsp;» par la principale Fortier permet de refuser aux étudiant·e·s noir·e·s le droit d’apprendre dans un environnement sécuritaire</em>». Le BSN a aussi affirmé que l’Université McGill avait «une responsabilité particulière pour reconnaître le traumatisme et la violence liés au «mot en n», puisque son fondateur James McGill était une personne raciste qui possédait des esclaves.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/" data-wpel-link="internal">«Mot en n»: la rectrice de McGill réagit à l’affaire de l’UOttawa</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une tribune pour les francophones</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/une-tribune-pour-les-francophones/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:26:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Déclaration de principes du Délit commence ainsi: «Le Délit, seul journal francophone de l’Université McGill, donne une voix à plus de [7 500] francophones sur le campus.» Si une affirmation aussi idéaliste est agréable à lire et fait belle figure, sa concrétisation est toutefois beaucoup plus complexe. Nous avons le privilège d’être le seul&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/une-tribune-pour-les-francophones/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Une tribune pour les francophones</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La <a href="https://www.delitfrancais.com/apropos/principes/" data-wpel-link="internal">Déclaration de principes</a> du <em>Délit</em> commence ainsi: «<em>Le Délit</em>, seul journal francophone de l’Université McGill, donne une voix à plus de [7 500] francophones sur le campus.» Si une affirmation aussi idéaliste est agréable à lire et fait belle figure, sa concrétisation est toutefois beaucoup plus complexe.</p>



<p>Nous avons le privilège d’être le seul journal francophone de l’Université, mais ce privilège vient avec une énorme responsabilité. Ce journal doit, en vertu de sa déclaration de principes, donner une voix à la francophonie mcgilloise. Les francophones de McGill forment une communauté extrêmement diversifiée et ne pensent pas comme un bloc monolithique. Ce n’est pas «une voix» que <em>Le Délit</em> doit faire entendre, mais une multitudes de voix qui ne s’entendent pas toujours entre elles.&nbsp;</p>



<p>En ce sens, nous estimons que <em>Le Délit</em> ne peut pas se permettre d’être un journal dont l’essence serait de promouvoir une seule idéologie.<em> Le Délit</em> est, en quelque sorte, le «diffuseur public» des francophones mcgillois·es financé par l’ensemble de la communauté étudiante, et doit par conséquent être un espace d’expression ouvert à toutes et tous. L’équipe éditoriale du <em>Délit</em>, qui ne pourra jamais être parfaitement représentative de la communauté étudiante dans son ensemble, ne peut pas choisir d’en servir une certaine partie et d’en ignorer une autre parce qu’elle ne partage pas ses opinions. Elle ne peut pas refuser de publier des textes pour la seule et unique raison que ceux-ci ne coïncident pas avec les idéologies de son conseil éditorial.</p>



<p>Il va sans dire que, dans le respect de sa mission, <em>Le Délit </em>doit également travailler à ce que ses pages offrent un espace respectueux et sécuritaire pour toutes et tous. Tout propos haineux ou discriminatoire, à quelque égard que ce soit, ne saurait avoir sa place dans cet espace où la bonne foi est de mise. Le but est d’élever le débat, pas de le miner; de poser des questions, pas d’imposer ses dogmes.</p>



<p>Il doit aussi reconnaître qu’il ne peut pas prétendre représenter toute la communauté étudiante simplement en acceptant tous les textes, car certaines voix ont plus de difficulté à se faire entendre, dans un journal étudiant tout comme dans la société en général. Il doit faire des efforts concrets afin d’aller chercher des textes et des points de vue provenant d’une réelle diversité de contributeurs et de contributrices.</p>



<p>Si <em>Le Délit</em> n’était qu’un journal francophone parmi plusieurs, un tel problème n’aurait pas à s’imposer: dans une institution où une multitude de voix peut s’exprimer à travers une multitude de médias, les journaux de combat sont alors possibles, voire souhaitables. Les étudiant·e·s ne se trouveraient pas limité·e·s, par leur appartenance linguistique, à un seul média. Mais tel n’est pas le cas.</p>



<p>Nous nous devons de donner parole, non pas de prendre position.<em> </em>De ce fait, <em>Le Délit</em> se doit d’offrir une plateforme la moins fermée, la moins dirigée possible, cela afin de respecter sa mission: permettre à la francophonie mcgilloise de s’exprimer.</p>



<p><em>L’équipe du</em> Délit</p>
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		<title>Agora étudiante : pour ou contre l’écriture inclusive?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/agora-etudiante-pour-ou-contre-lecriture-inclusive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2020 13:15:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[académie française]]></category>
		<category><![CDATA[agora]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écriture inclusive]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38143</guid>

					<description><![CDATA[<p>Huit étudiantes et étudiants prennent position sur l'écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/agora-etudiante-pour-ou-contre-lecriture-inclusive/" data-wpel-link="internal">Agora étudiante : pour ou contre l’écriture inclusive?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Note sur la forme</h2>



<p class="has-drop-cap">Dans le cadre de cette édition spéciale portant sur l’écriture inclusive, nous nous sommes questionnés sur la meilleure formule à employer pour aborder cet enjeu. Selon <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/apropos/principes/" target="_blank" data-wpel-link="internal">sa déclaration de principes</a>, <em>Le Délit</em> doit <em>&nbsp;</em>«donner une voix» aux <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.mcgill.ca/about/fr/info-eclair" target="_blank" data-wpel-link="external">7 589 francophones de McGill</a>. À cette prémisse s’ajoute également le devoir d’encourager «le dialogue et l’expression de points de vue différents dans un contexte de respect et de reconnaissance des droits individuels et collectifs et de non-discrimination». </p>



<p>Comme l’agora dans les cités-États grecques, ce journal devrait être un espace où chacun et chacune<em> </em>pourrait exprimer librement son point de vue, sans discrimination à l’égard des opinions défendues. C’est donc pour cette raison que nous avons opté pour une formule qui permettrait la dissidence et la pluralité des points de vue.<strong> </strong>Dans cette «agora» où&nbsp;huit personnes sont intervenues, trois textes sont en faveur de l’écriture inclusive, trois sont en désaccord avec et deux restent en retrait, dans la zone du «ni pour, ni contre».</p>



<p>Ce format n’est bien sûr pas parfait: la brièveté des textes, nécessaire pour rendre possible la parution d’autant d’opinions différentes au sein d’une même édition, ne permet pas de détailler en profondeur une prise position sur l’enjeu abordé. En ce sens, il est fort possible que certaines interventions laissent le lecteur et la lectrice sur leur faim. Alors, rien ne l’empêchera de nous contacter afin de faire paraître une lettre en guise de réponse, que ce soit à un texte en particulier, à l’ensemble d’un camp ou à tous autres aspects de l’agora. Après tout, cette agora n’est pas une finalité, mais bien un simple extrait d’un discours plus grand que cette menue édition.</p>



<p><em>Gali Bonin et Rafael Miró</em></p>



<hr class="wp-block-separator">



<p></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Les textes</h2>
</div></div>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0579.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Le mythe du masculin comme genre neutre</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Raphaëlle Décloître</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>On entend parfois que la langue française n’aurait pas besoin de l’écriture inclusive (que l’on perçoit souvent, et à tort, comme une féminisation<em> </em>de la langue) dans la mesure où le masculin pourrait faire office de genre neutre – ce qu’on appelle le masculin générique. D’une part, la langue française ne possède pas de neutre à proprement parler : dans le passage du latin au français, le neutre (un troisième genre, distinct du masculin et du féminin) s’est progressivement fondu dans le masculin, auquel il ressemblait relativement. Le masculin, depuis le bas latin, est donc pleinement un masculin.&nbsp;</p><p>***</p><p>D’autre part, la valeur de neutralité du masculin n’est tenable qu’en contexte pluriel&nbsp;puisqu’au singulier, le genre suit le sexe dans la désignation d’une personne particulière. La pratique du générique pluriel peut toutefois introduire une confusion, comme le souligne l’<a href="http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26532333" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">OQLF</a>: face à une appellation de personnes au masculin, il faut faire un effort de décodage supplémentaire pour déterminer s’il s’agit d’un masculin générique (censé désigner aussi les femmes) ou d’un masculin à valeur spécifique ne désignant que les hommes.&nbsp;</p><p>***</p><p>Au-delà de la marge d’erreur, il va sans dire qu’à l’heure d’une lutte accrue en faveur de l’égalité, l’emploi du masculin pluriel à valeur neutre n’est pas souhaitable&nbsp;: le genre grammatical affecte l’interprétation du discours, de sorte qu’étendre en toutes circonstances le «cas non marqué» est une maladresse sociale. Le masculin, même générique, reste un masculin, et son emploi ne neutralise pas la langue. En outre, les causes de sa prévalence (soutenue, sans surprise, par la réactionnaire Académie française) ne trompent personne&nbsp;: le masculin serait le «genre noble» et les femmes devraient être honorées de s’y ranger, car le pouvoir qu’elles ont acquis «<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1998/07/31/la-querelle-du-neutre_3663177_1819218.html" target="_blank" data-wpel-link="external">se dit grammaticalement au masculin</a>». Les femmes seraient donc effacées ou promues par le masculin —&nbsp;c’est bien le cas de le dire: il n’y a rien de neutre<em> </em>dans cette logique.&nbsp;</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0580.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Délire idéologique, dédale grammatical</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Ana Popa</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>À l’école primaire, on m’a appris que «le masculin l’emporte sur le féminin». <br>On m’y a aussi appris qu’une blanche vaut deux noires. La musique serait-elle vecteur de racisme?</em></p><p>***</p><p>Le fait même qu’une personne puisse être contre l’écriture dite «inclusive» en choque visiblement certains. Cette prise de position ne revêt pas d’un manque de tolérance, mais d’un refus de céder à la fantaisie bien-pensante voulant que la langue française marginalise, <em>invisibilise</em> qui que ce soit et que la féminisation abusive des mots pourrait changer les mentalités en faveur des femmes.&nbsp;</p><p>***</p><p>«Le masculin l’emporte sur le féminin.» Voilà d’où semble partir cette lubie. On nous a martelé pendant de longues années qu’en français, il y a deux genres, le masculin et le féminin, et qu’au pluriel, c’est toujours le masculin qui l’emporte. Or, il existerait un troisième genre: le neutre.&nbsp;</p><p>***</p><p>Si je vous dis que dans ma chambre, «il fait froid», je ne vous parle évidemment pas d’un homme qui serait venu baisser le thermostat. Ce «il» impersonnel n’appartient pas au genre masculin, mais plutôt au genre neutre. Il en va de même pour un pluriel à la suite d’une énumération combinant des éléments féminins et masculins: ce «masculin» qui dérange tant serait en fait neutre. La neutralité nous convient-elle ou tenons-nous absolument à être spécial‑e?&nbsp;</p><p>***</p><p>L’écriture inclusive n’a rien d’inclusif. Telle qu’employée le plus communément, elle exclut les personnes qui ne s’identifient ni au genre masculin ni au genre féminin. Elle constitue également, de par sa graphie tronquée,&nbsp;une entrave à la lecture de personnes atteintes de dyslexie ou de divers troubles cognitifs et rend généralement les textes inaccessibles par l’écoute pour les personnes non&nbsp;voyantes.&nbsp;</p><p>***</p><p>On se plaît à s’autoproclamer <em>woke</em>, à dénoncer sans discernement, à se féliciter d’avoir accompli quelque exploit imaginaire. Face à l’iniquité, la langue peut être une arme précieuse.&nbsp;&nbsp;<br>Utilisons-la à meilleur escient.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG_0581-e1602549333420.jpg);background-position:59% 7%;min-height:577px;aspect-ratio:unset;"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Les anonymes dans la foule</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Elissa Kayal</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Bien que je ne sois pas activement contre l’écriture inclusive et que je comprenne sa valeur de contrepoids historique, je ne lui accorde pas autant d’importance que la grande majorité des personnes qui la revendiquent. L’inclusivité langagière est nécessaire, mais je crois qu’elle est faussement appliquée dans sa forme actuelle. Un groupe nominal collectif, selon moi, n’a pas le mandat de représenter une entité ou une individualité sociale: il se doit d’exister dans sa généralité la plus simple et évidente, de transmettre clairement le signifié qu’il porte. Un groupe nominal collectif, d’ailleurs, ne pourra jamais être entièrement inclusif.&nbsp;</p><p>***</p><p>Pour cette raison, il m’importe peu qu’il soit masculin ou féminin, tant et aussi longtemps que le sens véhiculé n’est pas encombré — ce qui peut arriver, surtout dans des textes scientifiques ou philosophiques dont la lecture est déjà assez ardue. Certaines stratégies d’écriture inclusive, moins invasives, répondent mieux à cette tâche bien pragmatique.</p><p>***</p><p>Le plus grand danger encore, c’est de penser que l’enjeu de l’inclusivité langagière se résume simplement à une histoire d’écriture inclusive grammaticale. Personnellement, le seul plaisir que me procurent «le·la spectateur·rice» ou «les étudiant·e·s» est le fait que l’on sait toujours accorder nos groupes nominaux et nos participes passés. L’écriture inclusive est inclusive seulement dans le sens qu’elle répond à un sexisme historique: au-delà de cette perspective, pratiquement, elle n’est qu’inclusivité de décor. Aujourd’hui, il ne suffit pas d’ajouter des points et des <em>e</em>, des spectatrices et des étudiantes dans une foule anonyme. Parlons de femmes, parlons d’individus, nommons-les.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0579.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">L’écriture végane</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Béatrice Gaudet</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> L’écriture inclusive, c’est comme le véganisme. Quelque publications sur Instagram rassurent les gens qu’il vaut mieux qu’on soit plusieurs véganes imparfait·e·s que seulement quelques véganes irréprochables. C’est mon cas: je suis loin de toujours utiliser l’écriture inclusive. J’ai commencé à l’utiliser dans un travail que personne ne lirait sauf le professeur. Ensuite, je l’ai utilisée dans mes textos, avec des ami·e·s qui savaient déjà c’était quoi. Maintenant, je l’utilise dans mes <em>stories</em> Instagram, dans mes travaux, et quand je parle. Certaines personnes avec qui j’en ai parlé m’ont dit qu’iels n’aimaient pas ça, que ça alourdissait les phrases, que ce n’était pas naturel. Pourtant, ces mêmes personnes ont appris l’orthographe française, qui comporte elle aussi son lot de lettres apparemment inutiles et superflues. C’est sûr que c’est dur de dire «iel·s» à voix haute; je ne me sens pas mal de lui préférer le «y» québécois. L’important c’est d’essayer, même si ce n’est pas parfait.&nbsp; </p><p>***</p><p>L’écriture inclusive, c’est comme le véganisme. Il y a des malaises, comme la première fois que tu dis à ton grand-père que tu ne mangeras pas de steak ce dimanche ou que tu remets un travail à un·e professeur·e qui dit «l’homme avec un grand H» dans ses cours. Mais tu peux toujours revenir en arrière, boire un peu de lait de vache dans ton café ou oublier de dire «celles et ceux» pendant une semaine. C’est normal de se donner du lousse parce qu’on se sent paresseux·ses. Il faut choisir ses batailles. </p><p>***</p><p>J’ai lu mon premier livre rédigé en écriture inclusive cet été. Après avoir lu l’introduction, j’étais fatiguée mentalement. Moi, une personne déjà vendue à la cause depuis longtemps, je trouvais que les terminaisons féminines et les nouveaux pronoms freinaient ma lecture. Le lendemain, j’ai commencé le premier chapitre. Au final, c’était juste l’introduction qui était plate, écriture inclusive ou pas. Au fil des pages, l’orthographe s’est effacée pour laisser place au message du texte. La seule chose qui ne s’est pas effacée, c’est la présence des femmes.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0580.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">L’écriture exclusive</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Gabriel Carrère</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>La vocation de la langue n’est pas de représenter, et encore moins d’être politique, mais de permettre de s’exprimer. C’est donc un outil, dont le premier objectif est d’être efficace, lisible et compréhensible: dans toutes les langues, les mots les plus couramment utilisés («oui», «merci») ont tendance à être courts et facilement prononçables. Ce qui compte avec un outil, c’est l’utilisation qu’on en fait: la phrase «les hommes et les femmes sont égaux», bien qu’écrite au genre neutre, n’est pas sexiste. Faire un procès en sexisme aux règles d’accord classiques est un peu facile.&nbsp;</p><p>***</p><p>Il existe donc en français un genre neutre: dans le cas d’un groupe de genres divers, par commodité, on écrit au plus court — c’est-à-dire au genre neutre, qui prend la forme du masculin. On reproche à ce genre d’être «invisibilisant» pour les femmes. En réalité, il l’est pour tout le monde! Car, bien souvent, le genre des sujets d’une phrase nous importe peu. La phrase «les Montréalais sont accueillants» n’a pas pour autre objet que de louer l’hospitalité des habitants de Montréal. Et, sans effort, le lecteur comprend que la phrase désigne toute personne s’identifiant comme Montréalaise. Surcharger la phrase de points médians n’apporterait donc rien, et rendrait la lecture indigeste. Le genre neutre est exhaustif: il englobe tout, là où l’écriture inclusive exclut et crée une dichotomie entre masculin et féminin. Quid des identités de genre plurielles?</p><p>***</p><p>C’est, enfin, une mesure qui complexifie une langue française déjà mal maîtrisée: en France, le classement PISA pointe du doigt l’inquiétant niveau de français des élèves de primaire, en baisse constante depuis 30 ans, et ce, particulièrement au sein des milieux les plus modestes. En imposant l’écriture inclusive dans la langue, les militants de cette cause ajoutent un peu plus à la discrimination culturelle subie par les milieux les moins favorisés. Et que dire de l’impact de ces néologismes sur les personnes atteintes de dyslexie, ou malvoyantes? L’écriture inclusive, alors qu’elle est défendue par la gauche (universitaire et bourgeoise, certes), exclut donc en ce sens les plus vulnérables.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG_0581-e1602549333420.jpg);background-position:52% 95%;min-height:541px;aspect-ratio:unset;"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Toutes les écritures inclusives ne se valent pas</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Rafael Miró</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il est indéniable, à mon avis, que la langue française, tel qu’elle a évolué depuis le 17<em>e</em> siècle, invisibilise les femmes et les personnes de genre non conforme. Il est également indéniable que l’écriture inclusive, comme toute modification linguistique, n’est pas sans conséquence, puisqu’elle rend l’usage et l’écriture de la langue plus compliqués et, par là même, moins accessible.</p><p>***</p><p>Un très grand nombre de stratégies d’écriture inclusive ont été développées depuis les années 1970, surtout au Québec où l’on a longtemps été à l’avant-garde de cette réflexion. Certaines sont moins invasives et rébarbatives que d’autres. Par exemple, pour parler des spectateurs d’un concert en évitant la règle du masculin qui l’emporte, on peut utiliser «les spectateurs et les spectatrices», «les spectateurs(rices)», «les spectateurs-rices» ou tout simplement dire «le public». Ces formes ont l’avantage d’être faciles à apprendre et à lire pour tout le monde, même pour celles et ceux qui ont quitté les bancs d’école depuis longtemps.&nbsp;</p><p>***</p><p>Depuis quelques années, la forme utilisant les points médians s’est implantée en France, où la plupart des gens viennent d’être initiés à l’enjeu de l’écriture inclusive; elle tend désormais à s’importer au Québec. Or, parmi toutes les formes d’écriture inclusive qui existent, celle-ci est l’une des plus difficiles à bien utiliser, et, très franchement, l’une des moins esthétiques. Puisqu’elle prend la forme d’une nouvelle règle grammaticale, elle a tendance à être utilisée de manière intégrale et sans compromis, c’est-à-dire que les adjectifs (égaux·les) les déterminants (le·a) les pronoms (ceux·celles-là) et même les participes-passé-employés-avec‑l’auxiliaire-avoir-mais-placés-devant-le-complément-direct doivent toujours être «médiantés», ce qui n’est pas sans difficulté pour les non-initiés.</p><p>***<br>Cette forme n’est pas nécessairement plus inclusive que les autres. Il est cependant certainement plus difficile d’apprendre à l’écrire et à la lire. Outre le simple désagrément, qui finit bien par s’estomper avec le temps, cette complexification inutilement élevée de la langue contribue à rendre le français et son orthographe encore plus élitistes et inaccessibles qu’ils ne le sont déjà. Rappelons-nous qu’en dehors de notre bulle universitaire,<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1122453/alphabetisation-litteratie-carte-quebec-canada-ocde" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> près de la moitié des personnes au Québec</a> éprouvent des difficultés à lire ou à écrire. Si l’on veut généraliser l’usage de l’écriture inclusive et vraiment mettre fin à l’invisibilisation de la femme dans la langue française, il faudrait penser à la garder le plus simple possible, afin de véritablement inclure tous les membres&nbsp;de notre société.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0579.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Des jugesses et des autrices</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Laurence Casavant-Nault</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jugesse, médecine, archière&nbsp;: aujourd’hui tous considérés comme vieillis, ces mots désignaient pourtant des femmes exerçant la profession de juge, médecin et archer entre les 12<em>e</em> et 15<em>e</em> siècles. L’exclusion subséquente des femmes de la scène professionnelle publique a mené à la modification du sens même de la version féminine d’un métier afin qu’elle ne désigne que la femme de celui qui exerce.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>***</p><p>Avec l’inclusion des femmes au sein de divers métiers qui leur étaient autrefois hors d’atteinte, on a assimilé dans de nombreux cas le féminin d’un emploi à son masculin générique. Lors de la dernière décennie, la France s’est divisée quant à l’expression «&nbsp;Madame le ministre&nbsp;», puisque le langage commun voulait que «&nbsp;Madame la ministre&nbsp;» fasse uniquement référence à l’épouse d’un ministre: hors de vue l’idée qu’une femme occupe une telle position! L’Académie française a finalement consenti en 2019 à tolérer l’emploi du féminin pour les noms de métiers, cinq ans seulement après avoir qualifié cette proposition de «<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/690019/bataille-autour-de-la-feminisation-des-titres-en-france" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">véritable barbarisme</a>» et de «<a href="http://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">péril mortel pour la langue française</a>». Le masculin qu’on dit aujourd’hui «neutre» a aussi servi à discriminer les femmes: en 1915, la Cour d’appel du Québec rejette la demande d’une Mme Langstaff désirant passer les examens du Barreau sous prétexte que le terme «avocat» exclut la femme de facto.&nbsp;</p><p>***</p><p>La langue française s’est souvent montrée intraitable en ce qui concerne toute modernisation: depuis quatre siècles, l’Académie française se pose en véritable cerbère de sa précieuse orthographe. Pourtant, les changements apportés par les Immortels à la langue de Molière via les éditions ponctuelles de son dictionnaire visent à mettre fin à une anomalie, à une incohérence, ou, simplement, à une hésitation. Ne serait-il donc pas cohérent que le langage exprime avec justesse la réalité moderne où la femme est tout aussi apte que l’homme à être désignée par le terme auteur? L’utilisation d’autrice vient ici mettre fin à l’hésitation (auteur ou femme-auteur?) avant même qu’elle naisse, simplifiant effectivement la langue tel que le veut le mandat de l’Académie.</p><p>***</p><p>Bien que le masculin générique demeure toujours la règle d’accord en ce qui a trait à un groupe mixte, désigner une femme par son titre contribue à raffermir sa place en tant qu’être distinct: non plus un professeur qui s’avère ne pas être un homme, mais bien une professeure évidemment femme. Le langage étant l’artisan de nos pensées, c’est avec une simple féminisation de ces termes réappropriés que l’on affirme la légitimité de la femme sur la scène publique via une langue qui a trop souvent occulté ce deuxième sexe.</p></blockquote>



<div class="wp-block-cover has-background-dim" style="background-image:url(https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/IMG-0580.jpg)"><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center has-large-font-size wp-block-heading">Dénaturer la langue</h3>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size">Marie de Santis</p>
</div></div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Depuis toute petite, j’ai développé un grand amour envers le français, principalement en dévorant des classiques. J’ai pu m’extasier devant les soliloques de Proust, le lyrisme de Hugo et la prose lancinante de Duras. En plus d’apprendre bien des choses fondamentales, j’ai pu constater la richesse de la langue française, de sa grammaire, de son vocabulaire et de ses attributs. Il s’agit d’une plateforme tellement riche, expressive et somptueuse, mais qui demeure suffisamment stricte dans ses règles pour assurer un niveau de sophistication extraordinaire qui la rend unique.&nbsp;</p><p>***</p><p> Alors que je participais au Prix littéraire des collégiens en 2019, il m’a été donné de lire un ouvrage rédigé à l’aide d’écriture inclusive, <em>Querelle de Roberval</em>. Bien que j’appréciais l’intrigue, la construction générale du roman et sa qualité stylistique, j’étais systématiquement et brutalement coupée du caractère agréable de l’expérience par les apparitions sournoises du point médian. Cela conférait à l’ouvrage un air de texte administratif, réduisait sa fluidité et lui apportait une lourdeur non nécessaire. En tant que lectrice féminine, je me suis sentie bien plus irritée qu’incluse.&nbsp;</p><p>***</p><p>Le français est une langue musicale&nbsp;: scinder des mots avec des outils de ponctuation censés servir à toute autre chose réduit son esthétisme de manière draconienne. De façon plus importante, le français est une langue fondamentalement intelligente&nbsp;: on commet une grave erreur en ignorant que les mots, bien que dotés d’une personnalité grammaticale féminine ou masculine, restent sémantiquement neutres. Sacrifier la latitude créative et tout le potentiel qu’elle génère au profit d’un politiquement correct servant à nettoyer la langue d’un supposé sexisme qui ne lui est en aucun cas inhérent me paraît être désastreux pour le milieu littéraire, et pour le bien-être de notre langue en tant que tel.</p></blockquote>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/agora-etudiante-pour-ou-contre-lecriture-inclusive/" data-wpel-link="internal">Agora étudiante : pour ou contre l’écriture inclusive?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’opinion étudiante: Course à la chefferie du PQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/lopinion-etudiante-course-a-la-chefferie-du-pq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:58:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37913</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré dix jeunes souverainistes pour discuter de l’avenir du Parti Québécois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/lopinion-etudiante-course-a-la-chefferie-du-pq/" data-wpel-link="internal">L’opinion étudiante: Course à la chefferie du PQ</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 5 au 9 octobre, les membres du Parti Québécois (PQ) seront appelé·e·s à compléter la saga qu’ils ont entamée le 1<em>er</em> février dernier. Huit mois après le début de cette course à la chefferie, les péquistes devront choisir qui, de Sylvain Gaudreault, Guy Nantel, Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP)<strong> </strong>et Frédéric Bastien, deviendra le 10<em>e</em> chef de leur formation politique.</p>



<p>Lors des élections générales québécoises de 2018, le PQ a subi, exactement 50 ans après sa création, sa plus lourde défaite électorale avec 17,06 % des voix exprimées. Avec ses 10 sièges obtenus, le PQ de Jean-François Lisée a emmené le parti à son plus bas depuis l’élection du gouvernement Lévesque en 1976. Nul besoin de préciser que les défis à relever par le prochain chef seront de taille. </p>



<p>Une des grandes difficultés à laquelle fait face le PQ reste l’inclusion des jeunes, tant dans leur plateforme que dans leur équipe. Un an avant les élections de 2018, Paul St-Pierre Plamondon avait lui-même affirmé que le PQ était devenu «<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/491149/le-pq-un-parti-fige-conservateur-et-vieillissant-selon-st-pierre-plamondon" target="_blank" data-wpel-link="external">un parti figé, conservateur et vieillissant</a>». Afin de vérifier cette assertion, <em>Le Délit</em> est allé à la rencontre de dix jeunes étudiant·e·s souverainistes des quatre coins du Québec: François Gervais (cégep Lionel-Groulx), Jacques Martin (McGill), Marie-Laurence Desgagné (McGill), Gabrielle Gagnon (Université de Sherbrooke), Vincent Vallée (UQAM), Adèle Blanchard (McGill), Louis Favreau (McGill), Gabrielle Desjardins (Université du Québec en Outaouis), Mohammad-Afaaq Mansoor (McGill) et Jean-Simon Gagné-Nepton (Université du Québec à Chicoutimi).</p>



<p>Tous et toutes membres ou anciennement membres du parti, ils nous ont expliqué leur choix, leur réflexions et leur impressions sur ces quatre candidats.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les quatre candidats</strong></h3>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:42% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="957" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G..jpg" alt="Image tirée de Wikimedia" class="wp-image-37934" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G..jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G.-330x395.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G.-768x919.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-large-font-size">Sylvain Gaudreault</p>



<p><strong>Expérience politique</strong><br>· Député depuis 2008<br>· Ancien ministre <br>· Chef intérimaire pendant huit mois en 2016</p>



<p><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Il renoue avec l’audace que le Parti Québécois avait auparavant.» – Vincent Vallée</p>



<p><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«En élisant Sylvain Gaudreault, c’est comme si on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité» – François Gervais</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Nantel" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="792" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy.jpg" alt="Image tirée de Wikimedia" class="wp-image-37929" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy-330x327.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy-768x760.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></a></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-text-align-right has-large-font-size">Guy Nantel</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Expérience politique</strong><br>· Se renseigne et suit la politique depuis longtemps (blagues à l’appui) <br>· A écrit l’essai politique <em>Je me souviens… de rien </em>(2017)</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Bien entouré, avec un bon cabinet, ça ferait changement des politiciens de carrière.» – Louis Favreau</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Il n’a pas voulu donner tout son temps à la chefferie […] je pense que ça démontre un manque de sérieux.» – Mohammad-Afaaq Mansoor</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="770" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP.jpg" alt="Image tirée de Wikimédia" class="wp-image-37932" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP-330x318.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP-768x739.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-large-font-size">Paul St-Pierre Plamondon</p>



<p><strong>Expérience politique</strong><br>· S’est présenté dans Prévost en 2018, mais a perdu<br>· S’implique activement dans la sphère politique depuis 2007 avec l’organisme <em>Génération d’idées</em><br>· Défait lors de la course à la chefferie du PQ en 2016</p>



<p><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«C’est à peu près le seul candidat qui a fait des propositions féministes. […]&nbsp;En tant que féministe, je trouve que ça en dit beaucoup sur sa personnalité.» – Gabrielle Gagnon</p>



<p><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Il est charismatique, mais il n’apporte pas vraiment d’idées originales: sa campagne est centrée sur sa personne.» – Un militant de Gaudreault</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="768" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien.jpg" alt="Image tirée " class="wp-image-37939" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien-600x600.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-text-align-right has-large-font-size">Frédéric Bastien</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Expérience politique</strong><br>· Il a écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire et la politique du Québec</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Il apporte des idées originales.» – Une militante du PQ</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Souvent les gens disent qu’il y a des candidats pour lesquels ils ne voteraient vraiment pas. Évidemment, Frédéric Bastien revient souvent.» – Jean-Simon Gagné Nepton</p>
</div></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Si la tendance se maintient…</strong></h3>



<p>Chez les jeunes indépendantistes que nous avons rencontré·e·s, une tendance claire se dessine: Paul St-Pierre Plamondon et Sylvain Gaudreault font chaude lutte pour avoir leur appui, tandis que Nantel et Bastien ne reçoivent presque aucun appui de leur part.&nbsp;</p>



<p>C’est Sylvain Gaudreault, le député actuel de la circonscription Jonquière, qui a recueilli le plus d’appui parmi les jeunes que nous avons consulté·e·s. Pourtant, c’est loin d’être un nouveau venu dans l’arène politique: il siège à l’Assemblée nationale depuis 2008, a déjà été ministre sous le gouvernement Marois, en plus d’avoir été chef par intérim pendant six mois, après le départ de Pierre-Karl Péladeau en 2016. Depuis l’annonce de sa candidature, il fait campagne en tentant de séduire l’aile gauche du parti avec son programme qui se veut résolument environnementaliste. Ce qui motiverait sa conviction indépendantiste serait de créer «un pays vert à l’ONU» et de rendre le Québec carboneutre d’ici 2050.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est comme si l’on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité»</p></blockquote>



<p>Plusieurs jeunes louent l’écoute et le caractère sympathique de M. Gaudreault, qui se serait beaucoup investi dans les dernières années pour aider l’aile jeunesse du parti. Par contre, on lui reproche de ne pas avoir apporté beaucoup de nouveauté au PQ. On lui reproche entre autre d’appartenir à une vieille garde qui n’arrive plus à attirer l’électorat. Surtout, selon certain·e·s, il manquerait de charisme et aurait de la difficulté à attirer l’attention des médias. «En élisant Sylvain Gaudreault, c’est comme si l’on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité», analyse François Gervais, un militant qui voit d’un mauvais œil qu’un membre de l’<em>establishment</em> revienne à la tête du parti.</p>



<p>Même si le programme de Sylvain Gaudreault semble très populaire, de nombreuses personnes lui préfèrent Paul St-Pierre Plamondon, un jeune avocat qui n’a jamais été député pour le parti et qui serait, au dire de plusieurs, plus charismatique. «Sylvain Gaudreault a quand même son côté sympathique, il arrive à bien rejoindre les militants du parti, mais c’est PSPP qui, dans l’ère médiatique, paraît le mieux: il est plus jeune, il a une famille, il s’exprime bien», estime Mohammad-Afaaq Mansoor, un militant péquiste. Même ceux qui militent pour Sylvain Gaudreault le reconnaissent: Plamondon a réussi à prendre bien plus de place dans les médias et surtout sur les réseaux sociaux.</p>



<p>PSPP a beau ne pas avoir été élu député, il n’en est pas à sa première implication au parti. En 2016, il s’était présenté une première fois pour être chef du parti, mais avait fini avec une maigre quatrième place. Il est par la suite devenu conseiller spécial auprès de Jean-François Lisée et a lancé la consultation <em>Oser repenser le PQ</em>, qui avait été présentée comme un «grand rajeunissement du Parti Québécois». Au cours de la campagne, PSPP s’est défini comme social-démocrate, tout en affirmant l’importance de considérer l’indépendance comme un enjeu transcendant les conflits entre la gauche et la droite.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux candidats qui tirent de l’arrière</h3>



<p>Quant aux deux autres candidats, Frédéric Bastien et Guy Nantel, aucun·e des jeunes que nous avons rencontré·e·s ne prévoyait leur accorder leur vote, même si quelques-un·e·s ont dit apprécier les idées que ces derniers apportent.</p>



<p>Le discours de Frédéric Bastien, un historien qui a écrit plusieurs livres sur l’histoire récente du Québec, est jugé trop axé sur l’identité par plusieurs jeunes qui voudraient que le nationalisme du PQ soit davantage un nationalisme d’ouverture. Sa proposition de réduire les seuils d’immigration à 20 000 contraste avec celle des autres candidats et fait dire à certain·e·s qu’il tente de séduire un électorat péquiste plus à droite que celui que représentent les jeunes. Toutefois, ses diatribes contre le Canada et le multiculturalisme (et<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.facebook.com/FredericBastienPQ/posts/187131742776594" target="_blank" data-wpel-link="external"> contre la Faculté de droit de McGill</a>) semblent plaire à une partie de l’électorat péquiste. «Bastien s’est en quelque sorte bâti un récit d’opposition avec le Canada, mais ce récit-là n’est pas toujours ancré dans la réalité», nous explique une militante. Frédéric Bastien a bâti sa campagne en partie sur la promesse de contester la constitution canadienne, dans l’espoir avoué que les confrontations avec le fédéral qui s’en suivraient fassent monter le «Oui» dans les sondages.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il tente de séduire un électorat péquiste plus à droite que celui que représentent les jeunes»</p></blockquote>



<p>Même pour ceux et celles qui adhèrent en partie ou en totalité aux idées de M. Bastien, il subsiste un doute quant à sa capacité à réunir l’ensemble de l’électorat. Plusieurs nous ont souligné que le PQ a historiquement été perçu comme une «grande coalition» entre les souverainistes de gauche et de droite. Certain·e·s craignent que le candidat pousse encore plus de souverainistes de gauche à s’en aller vers Québec Solidaire avec son discours à caractère très identitaire.&nbsp;</p>



<p>Certain·e·s notent tout de même que Bastien a causé une relative surprise en étant capable d’aller chercher les donations et les signatures nécessaires. «Je ne sais pas si Frédéric Bastien devrait devenir chef du Parti Québécois, mais il a clairement sa place dans la course, puisqu’il représente une frange importante du parti qui n’est toujours pas considérée par l’<em>establishment</em>», croit François Gervais, un militant qui optera plutôt pour PSPP.&nbsp;</p>



<p>L’humoriste Guy Nantel, qui semblait dominer au début de la course, n’a pas donné l’impression d’être un candidat crédible. Certain·e·s ne se sont pas gêné·e·s pour le qualifier de populiste, en raison de son programme vague, mais aussi à cause de son attitude face à la course, autant à cause des débats houleux qu’à cause de son refus de laisser de côté sa carrière d’humoriste. «Ce qui est bon pour un humoriste, ça ne l’est pas nécessairement pour un politicien. Guy Nantel n’est pas, selon moi, la bonne personne pour faire de la politique», croit Mohammad-Afaaq Mansoor.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La pertinence du PQ remise en cause</strong></h3>



<p>Sur les dix jeunes souverainistes que nous avons rencontré·e·s, deux ont quitté le parti au cours des dernières années et ne voteront donc pas pour un nouveau chef.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’avenir du PQ devrait être un avenir féminin»</p></blockquote>



<p>Pour Adèle Blanchard, ancienne partisane du PQ et nouvellement membre de QS, le choix était assez clair: «L’avenir du PQ devrait être un avenir féminin.» Effectivement, les quatre candidats à la chefferie sont tous des hommes, rappelant que la politique reste encore, pour reprendre l’expression de Pauline Marois, <a href="https://www.lesoleil.com/actualite/politique/pauline-marois-denonce-lexclusion-des-femmes-du-boys-club-politique-0e8d0f272206011bde4e930fabedac31" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un <em>boys club</em></a> dans lequel les femmes n’arrivent pas à trouver leur voix. «Je trouve ça vraiment décevant et plate qu’il n’y ait aucune femme qui se présente. […] Le PQ aurait plus de chance de recommencer à se démarquer avec une voix féminine.»&nbsp;</p>



<p>Outre ce manque d’inclusion, c’est surtout le manque de clarté dans la ligne directrice du parti qui est largement critiqué. Selon Jean-Simon Gagné-Nepton, un ancien membre du parti, «le PQ a brûlé toutes [ses] cartes». Sur la question de l’indépendance, il estime que le parti s’est historiquement mis à dos à la fois les factions souverainistes de gauche et de droite, ce qui expliquerait, entre autres choses, les gains considérables qu’a réalisés QS lors des dernières élections. «Le Parti Québécois, [ses]campagnes électorales sont à gauche et ensuite il gouverne à droite. C’est parce qu’ils veulent contenter tout le monde», analyse le natif de Chicoutimi. Le PQ s’étant trop institutionnalisé, il considère que cette formation n’a plus du tout sa place dans la sphère politique contemporaine. «Pour moi, la pertinence du parti, au-delà du fait qu’il est indépendantiste, c’est fini.»</p>



<p>Plus modéré et encore indécis, Mohammad-Afaaq Mansoor, membre du PQ, comprend la situation tendue dans laquelle se trouve le parti. Il sait qu’avec l’apparition de QS dans la sphère indépendantiste, le PQ perd son statut d’unique parti souverainiste, mais considère tout de même qu’il a sa place et sa pertinence en 2020. «Le mouvement souverainiste ne peut pas survivre en étant divisé entre des péquistes et des solidaires», conclut-il. Sans forcément vouloir éliminer un parti ou un autre, Mohammad estime que les chances d’indépendance résident dans l’union: «Il faut arrêter de dire que le PQ et Québec Solidaire doivent se fusionner. Il faut dire que ce sont les souverainistes qui doivent fusionner sous un nouveau véhicule.»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/lopinion-etudiante-course-a-la-chefferie-du-pq/" data-wpel-link="internal">L’opinion étudiante: Course à la chefferie du PQ</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Manifestation pour le climat: «Nous avons été ignoré·e·s»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/manifestation-pour-le-climat-nous-avons-ete-ignore%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2020 13:07:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une marche pour le climat et la justice sociale s’est tenue ce samedi 26 septembre à Montréal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/manifestation-pour-le-climat-nous-avons-ete-ignore%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Manifestation pour le climat: «Nous avons été ignoré·e·s»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 26 septembre dernier, des milliers de manifestant·e·s ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal. Les protestataires réclamaient des actions concrètes des gouvernements provinciaux et fédéraux pour contrer les changements climatiques et pour mettre fin aux injustices qui frappent les groupes racisés et les immigrant·e·s du Québec et du Canada. L’événement a été organisé par une coalition de groupes environnementalistes et antiracistes, dont la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) et le Collectif pour la justice raciale. Cette manifestation s’est déroulée presque un an jour pour jour après celle du 27 septembre 2019, qui avait rassemblé des centaines de milliers de personnes dans la métropole et avait accueilli plusieurs célébrités écologistes dont l’étudiante suédoise Greta Thunberg.</p>



<p>La foule, majoritairement composée d’étudiant·e·s, s’est rassemblée à la place du Canada. C’est à cet endroit où, quelques mois plus tôt, certain·e·s d’entre eux·elles avaient aussi participé au déboulonnage de la statue de l’ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald. La plupart arboraient un cercle en tissu vert, symbole des revendications environnementales au Québec.</p>



<p>Les revendications des manifestant·e·s s’orientaient autour de quatre points principaux : la décarbonisation, l’abolition des services de police par leur définancement, la reconnaissance de la souveraineté des autochtones sur leurs territoires et la régularisation du statut de tous·tes les immigrant·e·s.</p>



<p><strong>Sous le spectre de la COVID-19</strong></p>



<p>Dans un contexte de résurgence des cas de COVID-19 à Montréal, des mesures ont été mises de l’avant par les organisateurs et organisatrices de l’événement pour limiter la propagation du virus. À plusieurs reprises, il a été demandé aux participant·e·s de porter le masque et de maintenir une distance interpersonnelle de deux mètres. D’après un représentant de la CEVES, ces mesures étaient inspirées des recommandations de la santé publique de New York, qui avait publié en juin dernier un <a href="https://www1.nyc.gov/assets/doh/downloads/pdf/imm/covid-19-safe-protest.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">guide pour manifester de manière sécuritaire.</a></p>



<p>Une équipe de bénévoles s’est dotée de grandes nouilles de polystyrène afin d’encourager la distanciation et certain·e·s portaient des distributeurs de désinfectant pour les personnes présentes. John, un organisateur de la CEVES, a assuré que ces mesures n’étaient pas le signe d’un manque de confiance envers les manifestant·e·s, mais plutôt une reconnaissance des responsabilités de la CEVES par rapport à la manifestation. Selon lui, ce serait faire une très mauvaise publicité du mouvement que de se retrouver avec une éclosion de cas de COVID-19 à cause de l’événement.&nbsp;</p>



<p>Un organisateur a affirmé que les manifestant·e·s et leur entourage ne courraient pas de risque en participant à la manifestation. «Nous sommes les premiers à vouloir écouter la science, mais c’est un moment décisif et le premier ministre Legault a affirmé que les manifestations anti-masques, qui étaient beaucoup plus massives que celle-ci et probablement bien moins sécuritaires, n’avaient pas causé de pic de contamination.»&nbsp;</p>



<p>Plusieurs organisateurs et organisatrices de la CEVES ont affirmé au <em>Délit </em>qu’il·elle·s étaient conscient·e·s du risque sanitaire que posait leur manifestation. Toutefois, tous·tes ont estimé que cette manifestation était justifiée par l’urgence de la situation économique et sociale, ainsi que par l’impact décisif qu’elle pouvait avoir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/0OUvmyYV_pYNqLL9Yp5mvEf6PTFRKtlkb1HiTR8Ynb3eSXUqybs-r7u2ZtVZBcOImpu-nUN2wPmS7PjfBMehuNOJdJ59T9TWjsnDnrh9DEeRpsn3apynNDjrpn9IpwvIke-OGI-i" alt><figcaption>Image par <a href="https://www.delitfrancais.com/author/m-thouvenin/?media=1" data-wpel-link="internal">Magali Thouvenin</a></figcaption></figure>



<p>Rosalie Thibault, une étudiante de McGill et membre active de la CEVES, a affirmé que les bouleversements liés à la pandémie donnaient aux Québécois et aux Québécoises une opportunité sans précédent d’entamer un virage vers un système économique plus juste et plus respectueux de l’environnement. «La société est en train de changer en ce moment, on veut s’assurer qu’elle change dans la bonne direction.»</p>



<p>«On parle de plus en plus de la théorie du choc, selon laquelle quand l’anxiété générale augmente, les gouvernements ont tendance à passer rapidement des projets de loi qui autrement seraient impopulaires. Ça peut être, par exemple, de réglementer les industries polluantes pour favoriser la relance économique», a affirmé un des organisateurs du rassemblement.&nbsp;</p>



<p><strong>Urgence climatique</strong></p>



<p>Malgré la multiplicité des enjeux soulevés au cours de la manifestation, cette dernière demeurait centrée sur la lutte contre les changements climatiques. Sur la page de l’événement, les organisateur·rice·s affirmaient que l’action climatique doit être radicale pour permettre une «survie collective», ce qui passerait notamment par l’abandon des projets liés à l’exploitation des énergies fossiles. L’une des revendications de la manifestation était d’ailleurs d’atteindre la carboneutralité d’ici 2030.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si le 27 septembre 2019 était la plus grande manifestation dans l’histoire du pays, il n’est plus possible de croire que nous n’avons pas été entendu·e·s. Nous avons été délibérément ignoré·e·s»</p><cite>Communiqué des organisateur·rice·s</cite></blockquote>



<p>Sepideh, une membre du groupe Extinction Rébellion, s’est attaquée plus particulièrement à la Banque Royale du Canada (RBC). Selon l’activiste, la banque serait la première institution financière au Canada et la cinquième au monde en ce qui a trait à l’ampleur de leurs investissements dans le domaine des énergies fossiles. Elle a également affirmé que la RBC profite de l’image d’un Québec «propre» qui serait projetée aux Québécois·es dans les médias pour agir dans l’ombre et à l’encontre de l’intérêt de ses membres. Aux yeux de Sepideh, utiliser l’argent des membres de la banque pour financer les énergies fossiles, qui seraient en grande partie responsables des changements climatiques, «ça devient criminel.»</p>



<p>Plusieurs participant·e·s à la manifestation ont exprimé leur volonté que la reprise économique qui suivra le virus soit orientée vers une économie verte. Toutes et tous s’entendaient pour dire que les gouvernements fédéraux et provinciaux devraient cesser d’autoriser et d’investir dans des projets liés aux énergies non renouvelables, citant en exemple l’oléoduc <em>Trans Mountain </em>ou le gazoduc de GNL Québec.&nbsp;</p>



<p>D’autres ont aussi demandé que le gouvernement mène à bien ses projets d’infrastructure de manière plus durable, quitte à dépenser plus d’argent : «Avant de construire chaque bâtiment, le gouvernement devrait se poser la question “comment on va faire ça de la manière la plus durable possible” et non “comment on va faire ça de la manière la moins chère possible”. Bien sûr, ça va coûter plus d’argent et il va falloir monter les taxes, et on aimerait que ce soit fait de manière équitable», a dit un manifestant.</p>



<p>Pour Alex, un manifestant portant un fleurdelisé constellé de vert, l’indépendance du Québec serait utilisée afin de s’attaquer aux changements climatiques. Selon lui, si la lutte pour l’environnement ne devrait pas toujours être associée au nationalisme, le cas du Québec serait particulier. La souveraineté, qui mettrait selon lui le pays dans les mains d’un peuple à la grande conscience écologiste, permettrait un virage vert drastique et l’établissement de meilleures relations avec les peuples autochtones. L’établissement d’une nouvelle constitution serait, par ailleurs, selon lui, l’occasion de créer un pays véritablement vert.</p>



<p><strong>L’intersectionnalité à l’ordre du jour</strong></p>



<p>D’emblée de jeu, les organisateurs et organisatrices de la manifestation avaient souligné le caractère intersectionnel de la manifestation. Les slogans qui étaient scandés touchaient surtout à la protection de l’environnement, mais aussi au féminisme, à l’antiracisme et à la lutte contre les inégalités sociales.</p>



<p>Les divers groupes socialistes et communistes présents sur place ont attiré beaucoup d’attention, puisqu’ils étaient très visibles au début de la marche : plusieurs kiosques où l’on pouvait acheter des journaux militants et des macarons avaient été installés. Selon Hélène, une membre du groupe <em>La Riposte Socialiste</em>, le socialisme serait intrinsèquement lié à l’environnementalisme et aux autres enjeux sociaux, car les couches les plus opprimées de la société capitaliste se retrouveraient particulièrement touchées par la pollution et par toutes les formes de discrimination.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh6.googleusercontent.com/pJMR_8AwfKEl1anY1O4tomyFbQjICIM_nGbZ6hVEpvf0hMEWuEVND_Bqw8dsFwCVVu9laOdgb2QzHC5gMM5V0987Vg8vwLSfw8MsWILyo7INp7Ew1KfDDyhDsXu0MRi8MosAi0wC" alt><figcaption>Image par <a href="https://www.delitfrancais.com/author/m-thouvenin/?media=1" data-wpel-link="internal">Magali Thouvenin</a></figcaption></figure>



<p>Certains slogans ont aussi été scandés à l’intention des forces policières présentes sur les lieux. En plus du désormais traditionnel «Tout le monde déteste la police», certains s’attaquaient plus spécifiquement à leur armement. Le définancement des services de police, dans le but éventuel de les abolir, était d’ailleurs l’une des quatre revendications formelles de la manifestation. Dans une publication Facebook sur la page de la manifestation, la CEVES expliquait en quoi ces enjeux seraient liés : «Alors que le changement climatique provient d’entreprises […] qui exploitent les ressources naturelles soutenues par l’État […], la police et les prisons servent à faire obéir les lois de ces mêmes États coloniaux et capitalistes […]».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si tu aimes la planète, <em>defund the police</em>»</p><cite>Chant de la foule</cite></blockquote>



<p>Une autre revendication des organisateur·rice·s de la manifestation était la régularisation du statut des personnes immigrantes au Québec. Sur le <a href="https://www.solidarityacrossborders.org/fr/a-propos/revendications/status-for-all" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site de Solidarité sans frontières</a>, l’un des groupes ayant organisé la manifestation, on peut lire: «Les immigrant·e·s sans-papiers et les travailleurs et travailleuses temporaires sont parmi les plus exploité·e·s […]. Leur existence crée une réalité […] où certaines personnes ont accès aux droits et services fondamentaux — tels que l’éducation, les soins de santé et les normes de travail — et d’autres non.»</p>



<p>L’organisme Debout pour la dignité, qui milite aussi pour la régularisation du statut des immigrant·e·s au Québec, s’est aussi impliqué dans l’événement. Son représentant, Claude Aimé, a prononcé un discours en fin de manifestation dans lequel il a affirmé que la crise de la COVID-19 rendait nécessaire la régularisation des statuts migratoires. La crise climatique apporterait d’après lui un argument de plus pour que les gouvernements occidentaux accueillent plus de migrant·e·s : étant en grande partie responsables des changements climatiques qui causeraient des mouvements de population, les pays riches auraient la responsabilité d’accueillir plus de personnes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Demander un statut pour toutes et tous, c’est rejeter les tactiques de division et la catégorisation que l’État fait des immigrant·e·s, entre “méritant·e·s“ et “indignes” ou entre “bon·ne·s” et “mauvais·es”»</p><cite>Extrait du site de Solidarité sans frontières</cite></blockquote>



<p>Certain·e·s manifestant·e·s ont déploré le peu de place qui avait été accordé au français, en particulier au début de la manifestation où presque tous les discours avaient été prononcés en anglais. Pendant la manifestation, le chanteur <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1736780/marche-changement-climat-metropole" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Émile Bilodeau a même confié à <em>La Presse</em></a><em> </em>être «un peu déçu par Montréal». Cette absence ne dérangeait pas tout le monde. Une manifestante, qui étudie à McGill, a confié qu’elle trouvait que l’usage de l’anglais plutôt que du français était «plus inclusif» à Montréal, entre autres puisque beaucoup de peuples autochtones du Canada sont anglophones. À la fin de la manifestation, le français a pris nettement plus de place dans les discours: un seul d’entre eux a été prononcé en anglais, et il a tout de suite après été répété en français.</p>



<p>Dans les discours de clôture, les organisateur·rice·s de la manifestation ont admis que celle-ci a été moins populaire que celle de septembre 2019. À leur avis, il ne serait pas pertinent de les comparer, car la pandémie aurait gravement affecté le nombre de personnes présentes. Il·elle·s préfèrent mettre l’accent sur le fait que, un an plus tard, une autre manifestation a pu avoir lieu et a pu mobiliser plusieurs milliers de personnes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/manifestation-pour-le-climat-nous-avons-ete-ignore%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Manifestation pour le climat: «Nous avons été ignoré·e·s»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Jusqu’à quand?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lors du processus qui a mené à la réécriture de la constitution de l’AÉUM, à l’automne et au printemps dernier, les membres élus de l’association avaient décidé de rendre officielle la version française de la constitution et de lui donner primauté sur la version anglaise. Ces mesures allaient au-delà des attentes de la plupart des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Jusqu’à quand?</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors du processus qui a mené à la réécriture de la constitution de l’AÉUM, à l’automne et au printemps dernier, les membres élus de l’association avaient décidé de rendre officielle la version française de la constitution et de lui donner primauté sur la version anglaise. Ces mesures allaient au-delà des attentes de la plupart des observateurs et observatrices francophones, sceptiques quant à la volonté de l’AÉUM de déployer les moyens de traduction nécessaires pour produire une traduction valide de la constitution. Évidemment, la suite a confirmé leur crainte : dans les mois qui ont suivi, personne à l’AÉUM n’a pris la responsabilité de traduire ou de faire traduire la constitution, de telle sorte qu’elle a été votée et adoptée uniquement en anglais. À ce jour, la version française demeure dissimulée aux yeux du public.</p>



<p>L’association étudiante existe pour représenter les intérêts des étudiant·e·s auprès de l’Université ; ironiquement, pourtant, c’est elle qui pose le plus de problèmes pour les étudiant·e·s francophones. L’Université et son administration font leur part, même si l’institution est officiellement anglophone :&nbsp; ils sont en mesure, par exemple, de recevoir plusieurs services de l’Université,&nbsp;de remettre leurs travaux et de consulter la plupart des documents officiels en français. Bien que la situation soit loin d’être parfaite, l’Université a démontré à plusieurs reprises un certain souci pour cette minorité linguistique.</p>



<p>Malheureusement, le portrait est tout autre à l’AÉUM, une association étudiante qui pourtant se targue, à qui veut bien l’entendre, d’être bilingue et inclusive. La quasi-totalité des règlements et des documents publics sont disponibles uniquement en anglais, et ceux traduits le sont la plupart du temps de manière terriblement aliénante pour les francophones, comme le dirait un certain Gaston Miron. Lors des conseils législatifs, le français n’est jamais entendu plus de quelques secondes ; il est coutume pour le·a président·e de bredouiller une ou deux phrases apprises à l’avance, pour ouvrir ou pour clore un débat. Cette situation est d’autant plus désolante que chaque année, les différent·e·s élu·e·s font mine de s’engager, à tour de rôle, à mettre fin à ce bilinguisme de façade.&nbsp;</p>



<p>La crise constitutionnelle de cet été n’est donc pas le fruit du hasard, mais bel et bien la marque de l’attitude générale de l’AÉUM par rapport aux droits des francophones : les promesses et les engagements sont distribués allègrement année après année et mis aux oubliettes dès que leur exécution demande la moindre dépense&nbsp;—&nbsp;et surtout le moindre effort&nbsp;—&nbsp;de la part des exécutant·e·s. Même lorsque les exécutant·e·s et le conseil législatif décident de s’engager, il·elle·s sont bloqué·e·s par l’indifférence et l’incompréhension totales de l’électorat de l’AÉUM. Plus tôt cette année, l’ambitieux plan de francisation, qui aurait doté l’AÉUM de bien meilleures ressources de traduction et qui aurait coûté aux étudiant·e·s pas plus de trois dollars par session, a été la seule mesure rejetée par les étudiant·e·s au référendum.</p>



<p>Cette année, l’engagement prononcé du nouveau président Jemark Earle envers la communauté francophone donne envie de croire en la bonne foi des exécutant·e·s de l’AÉUM. Son idée d’exiger que les motions et leurs propositions soient traduites avant même d’être soumises au débat représente une main tendue envers la communauté francophone et permettrait peut-être à ce que celle-ci se sente représentée par son association étudiante. Évidemment, tout cela dépend de la communauté étudiante de McGill : l’AÉUM n’est, après tout, que le reflet des opinions des étudiant·e·s qu’elle représente.</p>



<p>Cela ne fait plus aucun doute : si les francophones ne veillent pas, l’AÉUM ne se souciera pas de respecter leurs droits. Mais jusqu’à quand devrons-nous veiller? Jusqu’à quand devrons-nous réclamer haut et fort ce à quoi nous avons droit? Jusqu’à quand les francophones lutteront-ils en vain?</p>



<p>Nous attendons.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/" data-wpel-link="internal">Jusqu’à quand?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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