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	<title>Archives des Chroniques - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Haiqi Zhou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[centre enseignement français]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, Le Délit vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine,<em> Le Délit</em> vous présente le fruit de la deuxième édition de son projet collaboratif avec le Centre d’enseignement du français à McGill (CEF). Dans le cadre du cours « FRSL 449 – Le français des médias », les étudiant·e·s en apprentissage du français comme langue seconde ont été invité·e·s à soumettre des chroniques qui portent sur des faits marquants de l’actualité, culturelle ou politique, d’ici ou d’ailleurs. Ayant pour thème commun « Une image vaut mille mots », les chroniques développent les points de vue personnels des auteur·rice·s sur les enjeux sociaux illustrés dans des œuvres d’art ou des photos journalistiques qui ont attiré leur attention. Ces textes, préalablement révisés dans un contexte académique par la professeure Élisabeth Veilleux, ont par la suite été sélectionnés pour être publiés dans <em>Le Délit</em>. Nous vous présentons donc notre sélection des deux meilleures chroniques.</p>



<p><br><em>** Les illustrations qui figurent ci-dessous ont été créées par les illustrateur·ice·s du Délit et s’inspirent librement des images originales.</em></p>



<p><strong>Lorsque le <em>Deepfake</em> n’est plus amusant</strong></p>



<p>« Quand le pape est-il devenu si stylé? » C’était la question qui tournait dans toutes nos têtes lorsque nous avons vu circuler cette image du pape dans son manteau blanc. Nous avons vite réalisé que l’image n’était pas véritable, mais quand même, nous avons été choqués par le réalisme de cette photo générée par <em>Mid-journey</em>, un programme d’intelligence artificielle (IA) générative. Même Chrissy Teigen, célébrité américaine, a tweeté qu’elle pensait que le manteau du pape était vrai, sans avoir pris un moment pour y réfléchir. « Il n’y a aucune chance que je survive au futur de la technologie », a‑t-elle écrit. Alors, Chrissy, le sentiment est partagé.   </p>



<p>L’année 2023 est sans aucun doute l’année de l’IA. On a assisté à l’émergence de nombreuses applications et sites web d’IA tels que DALL‑E et <em>Mid-journey</em>, qui ont la capacité de créer des images selon des instructions. Cette fonction a fasciné le monde entier, et tous veulent maintenant tester cette créativité facile. Il suffit d’entrer une description simple et l’IA fera le travail pour vous.</p>



<p>Néanmoins, l’IA est également apte à estomper la frontière entre la réalité et la fiction, ce qui a été le cas pour l’image du pape. Bien que celle-ci ait été destinée à faire rire, il y a plusieurs risques et dangers liés à l’usage de l’IA générative. D’abord, il y a le risque d’une réécriture de l’histoire. Selon William Audureau, journaliste pour <em>Le Monde</em>, depuis le lancement de la cinquième version de <em>Mid-journey</em> en mars 2023, et avec la démocratisation de l’IA générative, il n’a jamais paru aussi facile de changer l’histoire à travers des illustrations factices. Audureau a illustré son propos avec une photo de Rosalind Franklin générée par l’IA. La photo montre Franklin recevant le prix Nobel, alors qu’en réalité, elle ne l’a jamais reçu. Que se passet-il quand on ne se souvient plus de l’histoire? Cette question devient plus importante lorsqu’on parle des pays autoritaires dans lesquels le gouvernement tente de falsifier l’histoire pour son propre bénéfice. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Bien que celle-ci ait été destinée à faire rire, il y a plusieurs risques et dangers liés à l’usage de l’IA générative&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>De plus, on a le problème des hypertrucages modernes (« <em>deepfakes</em> » en anglais), qui sont des images,<br>des vidéos, ou des audios comportant une modification de l’apparence ou de la voix d’êtres humains. Peut-être avez-vous déjà vu les hypertrucages de Taylor Swift sur X qui montrent la chanteuse soutenant Donald Trump? Les hypertrucages sont aussi beaucoup utilisés en pornographie. Par exemple, pendant une diffusion en continu, Brandon « Atrioc » Ewing, un <em>streamer</em> sur la plateforme Twitch, a accidentellement révélé qu’il regardait une vidéo pornographique « <em>deepfake</em> » d’une streameuse. À cause de la facilité à créer un hypertrucage, de plus en plus de personnes sont devenues victimes de cette technologie, et beaucoup d’entre elles sont des femmes.</p>



<p>À l’inverse, les gens sont également de plus en plus susceptibles de voir une image réelle (par exemple, de la guerre) sans pour autant y croire. Cette tendance deviendra plus évidente à mesure que nous nous habituons à la désinformation. Cela peut être dangereux, car nous mettrons beaucoup de temps à reconnaître les personnes qui ont besoin d’aide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il n’a jamais été aussi important d’avoir un raisonnement analytique et de vérifier la source des informations qu’on lit »</p>
</blockquote>



<p>En conclusion, l’ère de l’IA en est une qui suscite l’enthousiasme, mais représente aussi un moment où il faut être plus prudent. Il n’a jamais été aussi important d’avoir un raisonnement analytique et de vérifier la source des informations qu’on lit. En même temps, quand on voit des hypertrucages qui circulent en ligne, il faut les signaler. Je suis certaine que nous allons avoir plus de lois pour nous protéger contre la désinformation. Pendant ce temps, restez vigilants et assurez-vous d’utiliser l’IA avec prudence et bienveillance!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="900" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1200x900.jpg" alt class="wp-image-55392" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1200x900.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-650x487.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-150x112.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-1536x1151.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/trucage-2048x1535.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/c-veysset/?media=1" data-wpel-link="internal">Clément Veysset</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Coupe du monde féminine de football</strong> : <strong>comment une publicité a permis de revoir les points de vue biaisés du grand public</strong></p>



<p>Le football est un sport largement connu qui compte des millions de supporteurs à travers le monde. Par contre, ce sport adoré est sujet à beaucoup de misogynie. En juillet 2023, une vidéo publicitaire a fait sensation dans les médias lors de la Coupe du monde féminine de football. Celle-ci a été diffusée par l’entreprise française Orange FR avec le but de briser les barrières de la misogynie. Elle consistait en une compilation de vidéoclips impressionnants de l’équipe masculine de football française, les Bleus, incluant le joueur Kylian Mbappé, et terminait avec le message « Il n’y a que les Bleus pour nous procurer ces émotions ». La vidéo publicitaire disait ensuite « Et pourtant, ce n’est pas eux que vous venez de voir », et a fait la transition vers les éditeurs, qui utilisaient l’intelligence artificielle, pour montrer que ces vidéoclips étaient en réalité des moments de jeu exceptionnels de l’équipe féminine de football de France, les Bleues, incluant la joueuse Wendie Renard. En faisant cela, ils ont voulu démontrer que les filles sont aussi bonnes que les garçons.</p>



<p class="has-drop-cap"><br>Les médias sociaux sont fréquemment utilisés de nos jours, et les équipes féminines de football ont une présence importante sur les réseaux comme Instagram. Quand vous regardez les commentaires, il est fréquent de retrouver des commentaires négatifs comme « Qui va regarder cela? » ou « C’est meilleur chez les hommes ». Pour appuyer mon argument, Cristiano Ronaldo, joueur de l’équipe de football portugaise, a remporté le titre du plus grand nombre de buts marqués au niveau international, avec 110 buts. En réalité, sept femmes, dont Christine Sinclair de l’équipe canadienne avec 190 buts marqués, avaient déjà remporté ce titre, mais n’ont pas reçu de reconnaissance publique.</p>



<p>Après la création de cette vidéo publicitaire, beaucoup de choses ont changé. L’équipe d’Orange FR a créé la vidéo pour montrer son soutien à la Coupe du monde féminine de football, mais elle n’avait pas imaginé que cette vidéo allait avoir de telles répercussions. La publicité a attiré l’attention d’environ cent millions de spectateurs à travers le monde, et une pluie de réactions positives. « C’est bon! », a tweeté en français l’ancien capitaine de football anglais Gary Lineker. De plus, une station de radio australienne, le Sydney Morning Herald, a affirmé que la vidéo publicitaire avait aidé à « déconstruire les stéréotypes de genre ». Avec d’autres réactions positives de joueurs professionnels, les joueuses de football ont finalement eu un important moment de reconnaissance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« En réalité, sept femmes, dont Christine Sinclair de l’équipe canadienne avec 190 buts marqués, avaient déjà remporté ce titre, mais n’ont pas reçu de reconnaissance publique »</p>
</blockquote>



<p>Je joue au football depuis mon enfance, mais j’ai toujours été très sensible aux commentaires négatifs et au traitement de faveur reçu par les garçons. Des actes aussi simples qu’acheter des uniformes de garçons, qui ne vont pas aux filles, ou empêcher les filles de jouer au football avec les garçons mettent en relief les perceptions biaisées d’un grand nombre d’individus. La vidéo m’a vraiment touchée et je sais que je ne suis pas la seule. J’espère qu’il y aura d’autres vidéos comme celle-là, et que les femmes et les hommes seront un jour vus comme égaux dans le monde du sport.</p>



<p>Pour conclure, cette publicité a brisé les barrières de la misogynie, et pour preuve, la Coupe du monde féminine de football a attiré près d’un milliard de spectateurs en 2023, dépassant les niveaux atteints les années précédentes. On continue à combattre la discrimination de genre, mais malheureusement, il y a des expériences négatives tous les jours envers les footballeuses et d’autres sportives. Cependant, les vidéos publicitaires de ce genre ont, et continueront d’avoir un grand impact sur ce sport magnifique!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/27/chroniques-en-collaboration-avec-le-centre-denseignement-du-francais-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Chroniques en collaboration avec le Centre d’enseignement du français de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Des mots et des maux: chronique de l’écriture inclusive</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/12/des-mots-et-des-maux-chronique-de-lecriture-inclusive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Chesnel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2020 10:00:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<category><![CDATA[académie française]]></category>
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		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Office québécois de la langue française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis les années 1970, l’écriture inclusive se développe dans le monde francophone. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le début de l’année, les tribunes en défaveur de l’écriture inclusive se multiplient. <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/non-a-lecriture-inclusive-oui-a-dautres-solutions-1181309" target="_blank" data-wpel-link="external"><em>Les Echos</em></a>, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listent-les" target="_blank" data-wpel-link="external"><em>Marianne</em></a> et plusieurs publications défendent un usage plus puritain de la langue française. Si certain·e·s d’entre nous découvrent l’écriture inclusive avec cette édition spéciale du <em>Délit</em>, elle n’est pourtant pas une nouveauté. <a rel="noreferrer noopener external" href="http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?N=2&amp;id=5421" target="_blank" data-wpel-link="external">L’Office québécois de la langue française</a> (OQLF) désigne comme écriture inclusive toute rédaction visant à éviter l’emploi de genres grammaticaux masculin et féminin en ce qui concerne les personnes. Adopté par certaines administrations et critiqué par d’autres, l’usage de l’écriture inclusive a évolué à travers les âges.&nbsp;</p>



<p><strong>L’apparition de la règle de primauté du masculin</strong></p>



<p>On pourrait penser que la fameuse règle du masculin l’emportant sur le féminin est une base fondatrice de la langue française. La réalité est toute autre. En effet, la langue française – ou du moins son usage – est à l’origine relativement épicène. Au Moyen-Âge, celle-ci n’est encadrée par aucun code ou institution et son usage varie fortement en fonction des dialectes locaux.&nbsp;</p>



<p>La création de l’Académie française en 1634 sous Louis XIV met fin à cette liberté linguistique. Le royaume de France s’agrandissant radicalement, le cardinal de Richelieu désire uniformiser la langue française dans l’espoir que cela permette d’unifier le territoire et d’assurer la transmission des lois. On assiste alors à une réforme et à une codification du français par cette institution qui se dit «gardienne de la langue». À l’époque, l’usage dominant du masculin fait partie des réformes adoptées et engendre déjà de vifs débats. En effet, cette nouvelle règle entre en conflit direct, d’une part, avec la règle de proximité, pratique répandue à l’époque, et, d’autre part, avec les habitudes linguistiques. La règle de proximité, également appelée accord de voisinage,&nbsp;prévoit que le genre et le nombre de l’adjectif<strong> </strong>soient en accord avec le nom qualifié le plus proche. L’apparition de la règle de primauté du masculin est le parfait opposé de cette règle grammaticale aujourd’hui oubliée, mais qui était à l’époque une pratique répandue.&nbsp;</p>



<p>Bien qu’initialement, l’Académie peine à justifier ses réformes, cette nouvelle règle finit par s’imposer jusqu’à devenir un élément incontournable – <strong> </strong>et même emblématique&nbsp; –  de la grammaire française. À cela s’ajoute l’usage progressif des noms de métiers exclusivement masculins. Les noms de métiers au féminin ne commenceront à réapparaitre que dans les années 1930 avec l’apparition des féminins «aviatrice», «avocate» ou encore «bûcheronne», par exemple, dans la 8<em>e</em> édition du <em>Dictionnaire de l’Académie française</em> (1935).</p>



<p><strong>Écriture inclusive et féminisme&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>C’est vers la fin du 20<em>e</em> siècle que le débat portant sur l’écriture inclusive fait son entrée sur la scène francophone. L’essor des mouvements féministes durant les années 1970 offre un terrain propice aux autrices décidées à défier le statu quo. En France, c’est l’écrivaine féministe Benoîte Groult qui dépoussière la cause en évoquant le langage épicène et plus particulièrement la féminisation des noms en 1977 dans son essai <em>Ainsi soit-elle</em>. Sa phrase «Ce n’est pas la langue qui refuse, ce sont les têtes» reflète son combat pour la reconnaissance des femmes dans la langue française. Journaliste à la radio, elle raille les réfractaires et prend la tête de la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions quand celle-ci est créée en 1984 sous l’impulsion d’Yvette Roudy, alors ministre française des Droits de la femme. C’est d’ailleurs à la même époque que l’OQLF commence à encourager la rédaction épicène. Dès 1979, l’OQLF soutient la féminisation lexicale et ouvre la voie à sa popularisation dans le monde francophone. Avant-gardiste, le Québec est un pionnier en la matière et l’<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/societe/513113/l-ecriture-inclusive-pour-en-finir-avec-les-inegalites-de-genres" target="_blank" data-wpel-link="external">écriture épicène</a> – alternance entre le masculin et le féminin – est préférée au simple ajout d’un suffixe féminin, considéré comme réducteur.&nbsp;</p>



<p><strong>Une situation hétérogène</strong>&nbsp;</p>



<p>L’écriture inclusive est devenue l’objet de bon nombre de débats linguistiques dans le monde francophone des dernières années.&nbsp;La Belgique semble suivre l’exemple québécois et, en 1993, vote un décret recommandant aux administrations et institutions subventionnées par la Fédération Wallonie-Bruxelles de suivre les recommandations du Conseil supérieur de la langue française relatif à la féminisation des noms de métier, profession, titre et grade. L’année suivante, le gouvernement belge publie un répertoire des formes recommandées: <a href="http://www.egalite.cfwb.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&amp;u=0&amp;g=0&amp;hash=ebffe5c7069ce7ba84436b4ca31bce572a9ac317&amp;file=uploads/tx_cfwbitemsdec/Mettre_au_feminin_Feminisation.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Mettre au féminin, Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre</em></a>. Après 25 ans de féminisation des noms, cette pratique est aujourd’hui relativement répandue en Belgique. En 2017, le Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie – Bruxelles se prononce par ailleurs <a href="http://www.languefrancaise.cfwb.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&amp;u=0&amp;g=0&amp;hash=78548be81879dc79f31c2176056050fd3e9d162f&amp;file=fileadmin/sites/sgll/upload/lf_super_editor/Docs/Avis_et_recommandations/2017_avis_redaction_inclusive_adopte_le_4_10_2017_.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en faveur de l’écriture inclusive</a> dans un souci de promotion de la visibilité des femmes. Certaines municipalités décident même de l’adopter au niveau local, comme c’est le cas à <a href="https://www.dhnet.be/regions/namur/ecriture-inclusive-namur-montre-l-exemple-5dda7d1a9978e272f9253757" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Namur</a> qui, depuis le 1<em>er</em> septembre 2019, rédige tous ses documents en utilisant l’écriture inclusive.&nbsp;</p>



<p>En France, alors que <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.lyonmag.com/article/108960/lyon-les-elu-e-s-de-la-majorite-adoptent-l-ecriture-inclusive" target="_blank" data-wpel-link="external">Lyon</a> emboîte le pas des Namurois·es quand les élu·e·s de la majorité écologiste décident d’adopter l’écriture inclusive en juillet dernier,&nbsp;la dynamique est toute autre au niveau national. En effet, en 2017, le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.rtl.be/info/monde/international/l-ecriture-inclusive-bannie-des-textes-officiels--972658.aspx" target="_blank" data-wpel-link="external">gouvernement d’Édouard Philippe</a> décide de bannir l’écriture inclusive des textes officiels en prétextant le respect des règles grammaticales et syntaxiques. Celui-ci suit les recommandations de l’Académie française qui, plus tôt la même année, a affirmé que «<a rel="noreferrer noopener external" href="http://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive" target="_blank" data-wpel-link="external">devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel</a>». Pourtant, deux ans plus tôt, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, attaché au cabinet du premier ministre, publiait le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/actualites/article/lancement-du-guide-pratique-pour" target="_blank" data-wpel-link="external"><em>Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe</em></a>, dans lequel il soutient l’usage d’une langue soucieuse du principe de l’égalité entre les genres. Ce guide utilisait d’ailleurs lui-même l’écriture inclusive. Il faudra attendre 2017 pour que l’Académie ne consente à la <a rel="noreferrer noopener external" href="http://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive" target="_blank" data-wpel-link="external">féminisation des noms des métiers</a>. Malgré cela, à l’exemple de Namur et de Lyon, certaines municipalités et institutions locales franchissent le pas et adoptent l’écriture inclusive. C’est le cas notamment du <a rel="noreferrer noopener external" href="https://actu.fr/bretagne/_29/finistere-ont-adopte-lecriture-inclusive_15539089.html" target="_blank" data-wpel-link="external">Conseil départemental du Finistère</a> en France qui, depuis 2015, a adopté le point médian dans ses communications.&nbsp;</p>



<p>À <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1705455/epicene-montreal-suprematie-masculin-feminin-francais" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Montréal</a>, un tel projet est encore en gestation, la mairesse Valérie Plante souhaitant faire adopter un règlement prévoyant l’utilisation de l’écriture épicène.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Après des années de lutte, l’écriture inclusive demeure le sujet de nombreux débats linguistiques. Bien que de nombreuses institutions soient réticentes, d’autres sont au contraire prêtes à accepter cette évolution de la langue au nom de l’égalité entre les sexes. Une chose est sûre, l’écriture inclusive continue à faire couler beaucoup d’encre.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/12/des-mots-et-des-maux-chronique-de-lecriture-inclusive/" data-wpel-link="internal">Des mots et des maux: chronique de l’écriture inclusive</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La résilience des sentiers</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/la-resilience-des-sentiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:59:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37904</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/la-resilience-des-sentiers/" data-wpel-link="internal">La résilience des sentiers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ol class="wp-block-list" start="5"><li>La résilience des sentiers</li></ol>



<p>Vous savez toute l’histoire<br>La plus petite des choses<br>Et quand vos yeux s’ébahissent<br>C’est pour penser ce qui vous manque<br>Le moment où nous le voyons<br>Nous retournons à la forêt</p>



<p><em>Elle aimait toutes les petites choses</em></p>



<p>Je veux que vous reconnaissiez<br>Qu’on nous a pillé la voix<br>Qu’il y a une déchirure sur notre sentier<br>Et si je suis un traitre<br>Tant mieux</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Je t’aurais réveillée<br>De la même façon<br>Si tu avais été là</p>



<p>Je te retrouverai dans le jardin</p>



<p>Ton chemin était sous les arbres et les buissons<br>Et la nuit lente les oiseaux les chevaux sauvages</p>



<p>Personne ne nous voit dans ce jardin</p>



<p>Tu n’es plus à l’horizon de mes cils<br>Tu es dans la nuit à même la nuit</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>C’est un sentier de mémoire et non d’arbres<br>Qui guide ma main du chantier vers les champs<br>Où les fleurs coulent en cirque<br>Passé les arbres<br>Près des fruits à l’intérieur du fruit<br>Je prends ma propre main<br>Et la branche qui tient ma tête<br>Me tient droit</p>



<p>Le temps viendra où tu seras seule<br>Face à l’adversaire<br>Avec tes cercles de fumés<br>Tu entreras dans ta propre maison <br>Et toutes les petites choses<br>T’appartiendront<br><br>Ton chemin était sous les arbres et les buissons<br>Je l’ai choisi pour la suite du monde<br><br>Et si je suis un traitre<br>Tant mieux</p>
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		<item>
		<title>La sortie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/la-sortie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2020 13:09:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37592</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ol class="wp-block-list" start="4"><li>La sortie</li></ol>



<p>Je me sens comme du papier peint qu’on arrache<br>Dans une gare où les enfants s’effritent<br>Au vent des derniers trains<br>Des dernières lunes poudrées<br>Du silence de la marée<br>Dans la marée</p>



<p>Je me demande pourquoi je ne peux pas simplement<br>Manger une banane<br>Ou boire un café<br>Sans être jugé comme élitiste mâle cis privilégié hétéronormatif</p>



<p>Je me demande comment faire<br>Pour toucher tes côtes sans m’excuser</p>



<p>Je voudrais pouvoir chevaucher une baleine<br>Sans avoir honte ni peur<br>Que ce soit la dernière</p>



<p>Dormir sous le ciel échoué des baleines<br>Les étoiles les ventres qui tombent<br>Sur la plage qui échoue<br>Les gaz des soleils des estomacs<br>Des effets de serre<br>Qui nous retombent aux visages qui<br>Nous aspergent l’égo de sang qui<br>S’asphyxient les attentes<br>D’une dernière chevauchée<br>De notre dernière sortie</p>



<p>Nous sommes condamnés<br>Aux caniveaux douillets<br>Aux oreillers infinis de Xannax</p>



<p>Je ne sais plus comment couper un arbre<br>Je ne sais plus où couper<br>Plus personne ne sait</p>



<p>Je cours j’essaie<br>J’essaie de me rappeler<br>La caresse savonneuse de ma grand-mère</p>



<p>Je ne distingue plus les cheveux des feuilles tes doigts<br>Les salles d’attentes de psychologues</p>



<p>Nous allons partir<br>Nous nous sommes endormis dans cette gare<br>Où les enfants n’arrivent plus<br>Où les vieillards ne se lavent plus<br>Nous allons avoir besoin de silence<br>D’églises<br>Et d’une doublure</p>



<p>Pour qu’ils croient que nous sommes toujours là<br>Pour que personne ne s’inquiète</p>



<p>Pour réapprendre à toucher le visage de nos parents</p>
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		<item>
		<title>Caligraphie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/caligraphie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:06:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center">3. Caligraphie</p>



<p>Il faut pleurer en marge<br>Pas sur le cahier<br>Le père parle silence<br>Il ne faut pas dépasser<br>Il faut sourire dans les cabines à photo il le faut<br>Lorsque c’est permis crier battu</p>



<p>Mais le sourire cherche la poussière et l’écriture se mouille<br>Il ne faut pas dépasser le <em style="user-select: auto;">e</em> du cahier<br>La petite queue du <em style="user-select: auto;">e</em> dans les lignes tu dois être beau meilleur que lui. Le plus beau des beaux <em style="user-select: auto;">e</em> regarde comme mon <em style="user-select: auto;">e</em> est plus beau que le <em style="user-select: auto;">e</em> des plus beaux enfants et ma force regarde ma force dans mes petits doigts les doigts qui font mal à force de <em style="user-select: auto;">e</em> à force de mouiller dans les marges à force de rectifier ses faiblesses son enfance par la tienne.<br><br>Regarde ma force maintenant.<br><br>Après l’école les lettres se confondent aux craques aux cris<br>Les sourires se mouillent et le Petit Robert<br>Te donne la définition du mot famille<br><br>Les fenêtres les briques battent comme bâche au vent<br>Se gonflent et s’enflent de respirations les pas<br>Se resserrent les craques de trottoirs<br>Deviennent les plus belles craques de trottoirs<br><br>Tu veux t’y blottir miniature en hamac<br>Et tous les beaux enfants<br>Entendent le carambolage des ombres internées<br><br>Tu remportes un prix pour le meilleur sourire<br>Au concours de sourires des idiots du village<br>Ils se disent regarde comme il le cache mal regarde<br>Comme il ne sait pas être comme nous<br><br>Tu te caches dans l’élasticité du temps<br>L’élasticité des chambres des craques de trottoirs<br>Dans la durée des dessous de lit<br>Des doigts brisés<br>Du formidable silence de la poussière<br><br>Regarde comme les craques de trottoirs sont belles comme des craques de trottoirs regarde les fissures la fente tu veux être la fourmi dans la fente non tu veux chevaucher la fourmi dans la fente tu veux la couronner reine fourmi lui écrire une autobiographie de fourmi habiter avec elle simplement.<br><br>Fonder une famille.</p>
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		<item>
		<title>La poésie des cheveux qui tombent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/14/__trashed-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2020 23:56:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<ol start="2">
<li><em>La poésie des cheveux qui tombent</em></li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je n’ai pas de miroir dans ma salle de bain</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je passe beaucoup trop de temps à regarder mon reflet faire des grimaces</p>
<p>Dans un miroir-aimant de réfrigérateur</p>
<p>J’aimerais savoir mieux gérer mon temps</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je me demande si mes cheveux sont trop longs</p>
<p>Je suis obligé de me raser avec un miroir-aimant</p>
<p>De six pouces par trois</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je perds des poils</p>
<p>Je perds mes poils</p>
<p>Je pense à toi</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand je me rase mon père trouve que j’ai du talent</p>
<p>Quand je me rase je me rappelle le son de tes doigts sur ma peau</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je ne comprends pas la gravité</p>
<p>L’absurdité des cheveux tombés dans la douche</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai adopté un poisson à l’animalerie</p>
<p>Un poisson réfugié</p>
<p>Je me demande pourquoi les poissons n’ont pas de cheveux</p>
<p>Pourquoi ils meurent aussi vite</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Longtemps j’ai réfléchi à un remède pour la perte de cheveux</p>
<p>J’ai même pensé changer de branche</p>
<p>De métier</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand ma mère me demande si j’ai trouvé un travail</p>
<p>Je lui réponds que je m’ennuie de toi</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’étais allé porter mon curriculum vitae</p>
<p>Au centre de recherche sur la perte des cheveux de McGill</p>
<p>Mais tu me disais que ça changerait rien</p>
<p>Que c’était pas grave</p>
<p>Qu’il y avait de la poésie dans les cheveux qui tombent</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tantôt j’ai mis mes mains en coupe</p>
<p>Je croyais qu’avec un peu de magie</p>
<p>J’aurais pu voir tes nœuds doux tes lignes de mains</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mon seul talent est d’avoir une ligne de main parfaitement symétrique</p>
<p>Avec la ligne de mon autre main une fois mise en coupe</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mon seul talent est de faire en sorte qu’un souvenir ordinaire</p>
<p>Devienne un moment marquant par défaut</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je ne joue pas de piano je ne fais pas d’escalade</p>
<p>Je ne suis pas Français</p>
<p>J’ai de magnifiques lignes de mains symétriques</p>
<p>Et j’écris des poèmes</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mon seul talent est de me perdre dans l’herbe les fourmis</p>
<p>Les nappes de pique<span style="color: #33cccc;">-</span>nique les sandwichs aux betteraves les pois au Wasabi</p>
<p>Mon seul talent consiste à me perdre</p>
<p>Dans le vertige flou de tes clavicules</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tantôt j’ai mis mes mains en coupe</p>
<p>Je me suis demandé si j’avais envie de te revivre</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai fait l’amour à une autre femme</p>
<p>Avec tes lèvres et ton sourire croche comme musique de fond</p>
<p>Je me demande si on peut tromper une femme pendant l’acte</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le métro</p>
<p>En sifflotant la beauté de tes canines</p>
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		<item>
		<title>Trop occupé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/08/trop-occupe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2020 13:21:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=36703</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<ol>
<li><em>Trop occupé</em></li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Des fois j’ai l’impression d’être un petit nuage accroché à une corde à linge</p>
<p>J’aimerais pouvoir laver mon bain sans avoir de courbatures</p>
<p>J’aimerais pouvoir aller répondre à la porte quand ça cogne</p>
<p>Mais je suis beaucoup trop occupé</p>
<p>À mettre mes yeux dans mes poches</p>
<p>À m’enlever la mousse en dessous des ongles</p>
<p>Avec la griffe de vélociraptor d’un coupe-ongle emprunté</p>
<p>Beaucoup trop occupé à regarder tes doigts tirer</p>
<p>Sur mes organes comme on tire sur une manche de chemise</p>
<p>Trop occupé à avoir le vertige</p>
<p>En regardant des vidéos de gars qui en finissent pu de pas tomber</p>
<p>En faisant des cascades sur la corniche d’un gratte-ciel</p>
<p>Je les connais pas mais je veux pas qu’ils tombent</p>
<p>Je suis beaucoup trop occupé à avoir le vertige</p>
<p>En regardant ton dos respirer</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je pense aux choses qui ne meurent jamais</p>
<p>Je pense aux choses qui ne vivent jamais vraiment</p>
<p>Je pense aux roches endormies</p>
<p>Je pense à faire de l’escalade sur tes cils</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je suis trop occupé à ne pas avoir de cellulaire</p>
<p>À ne pas avoir la discipline pour devenir vegan</p>
<p>Ou recycler comme du monde</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je pense aux enfants qui meurent pour le coltan</p>
<p>Aux abattoirs aux fertilisants aux pesticides</p>
<p>Je pense aux manifestations pour le climat</p>
<p>Je pense à toi</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je me demande s’il me reste assez de colère</p>
<p>Je suis trop occupé à essayer de me remettre en forme</p>
<p>Je n’ai pas la discipline pour devenir boxeur professionnel</p>
<p>Ou faire le ménage dans mon appartement</p>
<p>Dans mes maladies mentales</p>
<p>Je n’ai même pas la discipline pour faire le ménage dans tes bras</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je n’ai plus le courage de marcher pour le climat</p>
<p>Je n’ai plus le courage de marcher</p>
<p>Je ne suis pas certain qu’il me reste suffisamment de colère</p>
<p>Trop occupé à regarder des canards étouffés</p>
<p>Par des alvéoles plastiques de six packs d’Heineken</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je me demande comment faire pour arrêter de mourir</p>
<p>Je me demande comment faire pour arrêter de mettre du barbelé sur les nuages</p>
<p>De poignarder les futurs horizons dans le flanc de leur aube</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai peur de faire naitre</p>
<p>Faire naitre l’espoir tué dans l’œuf</p>
<p>J’ai peur de faire naitre</p>
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		<item>
		<title>Les Franco-Ontariens et le Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/les-franco-ontariens-et-le-quebec/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/les-franco-ontariens-et-le-quebec/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Nov 2018 14:52:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32687</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/les-franco-ontariens-et-le-quebec/" data-wpel-link="internal">Les Franco-Ontariens et le Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans une toute petite phrase de son énoncé économique que le gouvernement conservateur de l’Ontario a annulé le projet d’université francophone pour la province. Pourtant, on a assisté, dans les derniers jours, à une mobilisation sans précédent chez les intellectuels québécois. Évidemment, les conséquences politiques de cette décision risquent d’être très perceptibles à long terme.</p>
<p>Pour faire des économies, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a décidé de couper dans le projet d’université francophone mis en place par sa prédécesseure libérale, Kathleen Wynne. Il brise ainsi la promesse faite en campagne que le projet allait continuer sous un gouvernement conservateur. Par ailleurs, le premier ministre avait décidé d’abolir le Commissariat aux services en français, un organisme indépendant destiné à surveiller l’application des lois sur le bilinguisme dans la province. Il est depuis partiellement revenu sur cette décision, mais a maintenu le cap sur l’annulation du projet d’université francophone.</p>
<p><strong>L’électorat ontarien</strong></p>
<p>Au niveau domestique, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, n’a probablement rien à craindre. D’abord, les prochaines élections n’auront lieu que dans quatre ans&nbsp;; il a largement le temps, s’il se tient tranquille, de faire oublier cette décision. Déjà, la nouvelle est passée presque inaperçue dans la plupart des journaux ontariens, contrairement aux journaux québécois où elle a été largement relayée. D’autre part, Doug Ford n’est que très peu redevable aux francophones pour son élection. La plupart des circonscriptions à majorité francophone, situées dans le nord de l’Ontario et près d’Ottawa, ont voté avec une solide majorité pour le Nouveau parti démocratique de l’Ontario. Une baisse des intentions de vote chez les conservateurs n’affecterait donc que très peu la majorité parlementaire de M. Ford. En fait, une seule députée conservatrice est issue d’une circonscription à forte population francophone. Amanda Simard, de la région d’Ottawa, a été la seule députée à s’opposer aux mesures de son chef.</p>
<p>La décision risque de plaire à la base conservatrice de M. Ford. Plusieurs commentateurs dénonçaient en particulier la grande quantité de dépenses liées au projet&nbsp;: l’université francophone aurait coûté près de 83,5 millions de dollars pour une cohorte initiale de seulement 200 étudiants. De plus, le campus aurait été situé à Toronto, loin, selon les détracteurs du projet, des véritables besoins des francophones de l’Ontario. Par ailleurs, plusieurs chroniqueurs conservateurs ont ces derniers jours exprimé leur frustration de voir que les Franco-Ontariens recevaient beaucoup de privilèges en raison de leur grande influence lors d’élections.</p>
<p><strong>Des répercussions pancanadiennes</strong></p>
<p>Au plan fédéral, par contre, les mesures de Doug Ford risquent d’avoir un impact sur les élections de 2019, en particulier au Québec, où l’affaire a fait beaucoup de bruit. Au début de l’année, les troupes d’Andrew Scheer avaient montré leur intention de séduire les électeurs souverainistes déçus du Bloc Québécois. Lors d’un congrès tenu à Québec en ils avaient fait miroiter plus d’autonomie pour le gouvernement provincial et avaient réussi à recruter quelques anciens indépendantistes. Même Michel Gauthier, qui a été le deuxième chef du Bloc après sa fondation, s’était joint aux rangs conservateurs.</p>
<p>Évidemment, pour les souverainistes, l’affront de Doug Ford aux francophones de l’Ontario représentera une attaque de choix contre les conservateurs. Même si M. Scheer n’est évidemment pas responsable des coupes budgétaires de l’Ontario, il risque fort de rester associé à cette affaire. Presque tous les membres francophones du gouvernement de Justin Trudeau ont publié des messages dans lesquels ils associent M. Scheer à ce qui se passe en Ontario. Par ailleurs, M. Scheer ne peut pas vraiment attaquer Doug Ford sur ce front : l’appui des conservateurs de l’Ontario risquerait de lui échapper. Tout au plus a‑t-il affirmé, sous les salves libérales, qu’il n’appuyait pas la décision de Doug Ford et qu’il appuyait les francophones de l’Ontario.</p>
<p>Les coupes budgétaires de Doug Ford ne risquent pas d’affecter beaucoup les politiques de sa province. Par contre, elles risquent fort de garantir que les conservateurs fédéraux ne perceront au Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/les-franco-ontariens-et-le-quebec/" data-wpel-link="internal">Les Franco-Ontariens et le Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’impasse du NPD au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/20/limpasse-du-npd-au-quebec/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/20/limpasse-du-npd-au-quebec/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2018 15:07:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[npd]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/20/limpasse-du-npd-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’impasse du NPD au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">ors des élections fédérales de 2011, le Québec a surpris le reste du Canada en accordant 59 sièges aux néo-démocrates, propulsant ainsi le parti vers l’opposition officielle. Cette « vague orange » représentait une percée sans précédent ; durant toute son histoire, le NPD n’avait réussi à faire élire qu’un seul député au Québec. Outre le charisme du chef de l’époque Jack Layton, deux éléments pouvaient expliquer cette poussée de fièvre au Québec. Premièrement, l’espoir de plusieurs électeurs libéraux de faire élire des députés progressistes malgré les déboires de leur parti et la grande impopularité de leur chef, Michael Ignatieff. L’impact de ces électeurs fut particulièrement déterminant à Montréal, où plusieurs lieux historiques concentrant des milieux privilégiés, y compris dans l’ouest de l’île, passèrent au NPD. Deuxièmement, il y eut le changement d’allégeance de plusieurs électeurs souverainistes et progressistes qui avaient voté pour le Bloc québécois dans les années précédentes, eux aussi emballés par la montée de ce parti progressiste. Cette masse d’électeurs fit basculer la plupart des régions du Québec, auparavant bloquistes, sous le giron du NPD. Cette entente improbable entre progressistes fédéralistes et souverainistes fut rendue possible par l’absence de position claire du NPD au sujet de la question québécoise. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">À l’approche des élections fédérales de 2019, les néo-démocrates font face à une situation totalement différente. Déjà aux élections de 2015, la plupart des circonscriptions arrachées aux libéraux étaient redevenues rouges, à cause des résultats encourageants du parti de Justin Trudeau dans les sondages. La division du vote fédéraliste entre les libéraux et les néo-démocrates a aussi permis à plusieurs candidats bloquistes de remporter des sièges même si leur parti avait baissé dans les sondages depuis 2011. Cette année, le NPD est encore plus bas dans les sondages : à 12% au Québec, il est possible qu’il n’y gagne aucun siège. Le chef, Jagmeet Singh, est en outre particulièrement impopulaire auprès des Québécois. La circonscription de Rosemont—La Petite-Patrie, tenue par le lieutenant québécois du parti Alexandre Boulerice, pourrait être la seule à rester dans le giron du parti lors des futures élections qui seront à venir. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Le NPD fragilisé</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">À court terme, deux événements importants pourraient fragiliser encore plus la position du NPD au Québec. Premièrement, l’élection partielle dans la circonscription d’Outremont, celle-là même qui avait donné au NPD son premier siège au Québec en 2008, est prévue pour 2019. Avant 2008, la circonscription n’avait voté qu’une seule fois pour un parti autre que le PLC, mais Thomas Mulcair, ancien ministre du gouvernement provincial de Jean Charest, représentait un choix décent pour les électeurs traditionnellement libéraux qui ont choisi de lui faire confiance. Tout indique, cette année, que les électeurs d’Outremont retourneront avec une majorité écrasante au Parti libéral ; même Alexandre Boulerice a reconnu que la défaite était probable. La perte d’Outremont représentera une immense défaite symbolique pour les néo-démocrates, et puisqu’il s’agit d’une élection partielle, elle devrait être largement médiatisée.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Deuxièmement, la rumeur court depuis quelques temps au sein du Bloc que des députés néo-démocrates devraient rejoindre ses rangs. Comme pour le confirmer, cette semaine, trois députés néo-démocrates ont appuyé à la Chambre des communes une motion du Bloc sur l’interculturalisme, brisant la ligne de leur parti à ce sujet. Le passage de ces députés au Bloc semble un scénario plus que plausible ; le parti souverainiste, même s’il est en pleine période de crise, reste quand même, avec ses 14% dans les sondages et son vote beaucoup plus localisé, un meilleur véhicule politique que le NPD pour les prochaines élections. Surtout, les trois députés qui ont appuyé la motion bloquiste viennent de régions ayant voté en grande proportion pour la CAQ et pour le PQ le 1<i>er</i> octobre dernier&nbsp;: peu importe leurs réelles intentions, ils doivent savoir que cela pourrait leur permettre de sauver leurs sièges et d’échapper à la mort annoncée du NPD au Québec. Le Bloc aurait également tout à y gagner, puisqu’il ne lui faudrait que deux nouveaux députés pour retrouver son statut de parti officiel, et dès lors, une partie importante du financement public qu’il recevait autrefois.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Si ces deux nouvelles se concrétisent et qu’il ne remonte pas dans les sondages, le NPD pourrait donc avoir de sérieuses difficultés à convaincre les Québécois que voter orange en vaut encore la peine. Cela marquerait la fin, au moins à court terme, de l’aventure néo-démocrate au Québec. La prochaine campagne leur sera donc déterminante.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/20/limpasse-du-npd-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’impasse du NPD au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une promesse caduque</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/07/une-promesse-caduque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Nov 2018 21:12:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/07/une-promesse-caduque/" data-wpel-link="internal">Une promesse caduque</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">F</span><span class="s1">rançois Legault a fait de la réduction des seuils d’immigration l’une de ses principales promesses de campagne. Il aurait pourtant dû savoir qu’une fois élu, la réalisation de cette promesse donnerait énormément de fil à retordre à son gouvernement. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Scheer désavoue Legault</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Jeudi dernier, le premier ministre a rencontré Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>pour discuter des objectifs du gouvernement de la CAQ en matière d’immigration. Toutefois, à l’issue de cette rencontre, le chef conservateur a annoncé du bout des lèvres qu’il ne soutiendrait pas la proposition de M. Legault de réduire le nombre d’immigrants autorisés par le gouvernement fédéral à s’établir au Québec. Tout au plus a‑t-il dit qu’il serait « ouvert » à accorder plus de pouvoirs au Québec en matière d’immigration.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Au Canada, l’immigration est en théorie une compétence fédérale, mais en vertu d’une entente de 1991, l’accord Gagnon-Tremblay-McDougall, le Québec exerce un contrôle sur l’accueil et la sélection de certains immigrants:<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>ceux dits « économiques », c’est-à-dire ceux qui s’installent ici sans autre motif que de venir travailler. Cela signifie que la plupart d’entre eux arrivent au Québec avec des diplômes et une bonne maîtrise du français. Toutefois, Ottawa garde le contrôle sur les immigrants issus de la réunification familiale et sur les réfugiés. En campagne, le chef caquiste a promis de réduire le nombre d’immigrants qui arrivent ici sans parler français. Or, s’il voulait réduire le nombre d’immigrants, ses présents </span><span class="s3">pouvoirs ne lui permettraient que de réduire le nombre d’immigrants économiques : pour tenir sa promesse correctement, il a donc absolument besoin de l’appui d’un chef de parti fédéral. </span></p>
<p class="p2">Pour le premier ministre, la déclaration du chef conservateur s’apparente à un désaveu, car même s’il se doutait qu’il n’obtiendrait rien du gouvernement libéral en place, il aurait pu espérer l’appui du parti conservateur, qui pourrait prendre le pouvoir aux prochaines élections fédérales.</p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>L’électorat québécois</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">En effet, depuis son élection comme chef, Andrew Scheer a quelquefois essayé de séduire l’électorat nationaliste québécois, orphelin après la chute du Bloc québécois, en lui faisant miroiter plus d’autonomie. Il avait par exemple proposé de laisser le Québec percevoir lui-même l’impôt fédéral, option réclamée à l’unanimité par les partis représentés à l’Assemblée nationale, mais exclue par le gouvernement Trudeau.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Il avait aussi annoncé qu’il mettrait fin à l’entente des tiers pays sûrs, qui facilite l’entrée illégale des immigrants en provenance des États-Unis et qui dissuade plusieurs d’entre eux de passer par le processus légal pour entrer au pays. Les trois partis d’opposition, dont la CAQ, avaient souligné qu’à cause de cette entente, le Québec recevait beaucoup plus d’immigrants, mais que le gouvernement fédéral ne l’aidait pas à absorber les coûts de leur intégration. Grâce à cette prise de position, les conservateurs avaient pu recruter plusieurs anciennes personnalités souverainistes, dont Michel Gauthier, un ancien chef du Bloc<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Québécois.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Il n’aurait donc pas été surprenant qu’Andrew Scheer accède aux demandes de François Legault, d’autant plus que les deux hommes s’adressent au même électorat. Les circonscriptions du Lac-Saint-Jean, de Québec et de la Beauce, les régions où les conservateurs détiennent des sièges en ce mo</span><span class="s4">ment, ont voté avec une écrasante majorité pour la CAQ. Idem pour la couronne nord de Montréal, qui contient les derniers bastions bloquistes convoités par les conservateurs. Sheer a pourtant préféré passer son tour. En fait, celui qui risque le plus de bénéficier de la prise de position de Scheer est Maxime Bernier, le chef du nouveau Parti populaire du Canada, qui a pris fermement position en faveur d’une réduction de l’immigration. Andrew Scheer a beaucoup à perdre : si le Parti populaire est « populaire » aux élections de 2019, les conservateurs vont devoir composer avec la division des votes dans leurs circonscriptions québécoises.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">D’ici là, François Legault n’a aucun moyen à sa disposition pour réaliser ses promesses sur l’immigration. Cela ne devrait pas trop lui poser de problèmes : il pourra toujours blâmer le gouvernement fédéral pour se justifier. </span></p>
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		<title>Laïcité et crucifix : un positionnement hypocrite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/laicite-et-crucifix-un-positionnement-hypocrite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Iyad Kaghad]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Nov 2018 16:05:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[crucifix]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[laicite]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À quand une laïcité symétrique au Québec?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/laicite-et-crucifix-un-positionnement-hypocrite/" data-wpel-link="internal">Laïcité et crucifix : un positionnement hypocrite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 3 octobre 2018, à peine quarante-huit heures suivant l’élection du gouvernement caquiste, les enjeux entourant la laïcité de l’État refont surface. Geneviève Guilbault et Simon Jolin-Barrette, maintenant respectivement vice-première ministre et ministre de l’Immigration, offrent un premier point de presse. L’annonce ne se fait pas attendre&nbsp;: le nouveau gouvernement place en priorité absolue la proposition d’une nouvelle loi sur la laïcité au Québec qui aura vocation à supplanter le projet de loi 62 de l’ancien gouvernement libéral. Les deux membres de l’exécutif donnent rapidement le ton préconisé par leur formation politique. Le constat&nbsp;: le débat sur la laïcité traine depuis trop longtemps au Québec. Une législation claire doit être rapidement proposée, sans quoi la province ne pourra se doter de balises suffisantes pour circonscrire son socle identitaire. Mme Guilbault fait son premier faux pas en affirmant que certains employés de l’État pourraient perdre leur emploi si ceux-ci refusent de se conformer aux règles éventuellement établies. La CAQ a dû, par la suite, apporter quelques précisions aux propos de Mme Guilbault afin d’éviter un<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>futur scandale. Simon Jolin-Barrette n’exclut pas à ce moment l’utilisation de la clause nonobstant de la constitution canadienne. Ça commence bien! </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Bouchard-Taylor à la rescousse!</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La CAQ invoque les principales recommandations de la commission Bouchard-Taylor pour légitimer le projet de loi. La neutralité religieuse de l’État est sauvegardée si ses employés en position d’autorité coercitive (c’est-à-dire des individus ayant le droit de contraindre quelqu’un à respecter la loi, <i>ndlr</i>) n’arborent pas de signes religieux ostensibles. On pense en premier aux juges, policiers, gardiens de prison et procureurs de la couronne, par exemple. Le gouvernement caquiste rajoute cependant les enseignants à cette liste. Luc Papineau, enseignant de français à l’Assomption, écrivait dans <i>le Devoir</i> le 31 octobre dernier&nbsp;: «&nbsp;Il ne faut donc pas confondre cette notion d’autorité coercitive avec celle d’agents en position d’autorité ou d’individus représentant des modèles d’autorité.&nbsp;» L’enseignant fait-il alors figure d’autorité coercitive ou morale? Quoi qu’il en soit, Charles Taylor, principal concerné, s’est lui-même dissocié de la ligne tenue par le gouvernement.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bien que l’on puisse se questionner sur la validité d’inclure ou non<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>les enseignants dans la liste des agents de l’État au pouvoir coercitif, l’enjeu principal entourant ces questions concerne avant tout la cohérence du propos tenu.</span></p>
<blockquote><p><span class="s4">Ce crucifix trônant au-dessus des acteurs du parlementarisme séculier québécois ne serait-il pas le premier objet à enlever si l’on se veut être cohérent avec cette laïcité tant prisée? </span></p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Externalités négatives</b></span></p>
<p class="p5">À mon sens, il est tout à fait acceptable de vouloir un débat de société sur les modalités structurant la séparation de l’État de la sphère religieuse. En date d’aujourd’hui, il peut être effectivement soutenu que la question reste entière. La « Loi 62 », entrée en vigueur en octobre 2017, ne saurait donner une vision claire et limpide de la position québécoise sur le principe de laïcité, hormis peut-être l’affirmation que la vie publique doit être, en somme, un espace où le citoyen évolue à visage découvert.</p>
<p class="p2"><span class="s4">En revanche, la façon dont sont présentés les enjeux entourant la laïcité<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>par le gouvernement et les nombreux acteurs sociétaux fait en sorte que des communautés bien précises de la population québécoise sont prises pour cibles, et faites victimes de leurs conditions. Parlons-nous réellement de laïcité et de neutralité religieuse juste pour toutes et tous, ou bien parlons-nous de l’interdiction pure et simple du hidjab dans la fonction publique? Car lorsque les décideurs publics prennent la parole dans les tribunes pour défendre un principe qui, aux premiers abords, semble adéquat, il n’est que trop récurrent de sentir un acharnement renouvelé sur des gens déjà très systémiquement défavorisés. Bien que certains soutiennent que l’ensemble des signes religieux seront concernés par un éventuel projet de loi, l’imaginaire collectif en attribue la nécessité à un segment spécifique de la population québécoise.</span></p>
<blockquote><p><span class="s4">Car lorsque les décideurs publics prennent la parole dans les tribunes pour défendre un principe qui, aux premiers abords, semble adéquat, il n’est que trop récurrent de sentir un acharnement renouvelé sur des gens déjà très systémiquement défavorisés.</span></p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Laïcité à sens unique</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s4">Je ne doute pas de la sincérité du législateur. Je ne pense pas que le nouveau gouvernement désire braquer les projecteurs sur telle ou telle communauté. Or, c’est ce qui se produit quand même. De surcroît, ce sentiment est exacerbé par le refus d’enlever le crucifix du Salon bleu. Comment peut-on, sincèrement, aspirer et adhérer aux idéaux tant valorisés par le gouvernement caquiste s’il refuse de déplacer le symbole le plus significatif de la proximité de l’État et de la religion? Ce crucifix trônant au-dessus des acteurs du parlementarisme séculier québécois ne serait-il pas le premier objet à enlever si l’on se veut être cohérent avec cette laïcité tant prisée? Établis par Maurice Duplessis en 1936 pour affirmer les liens étroits entre l’État et l’Église, ce crucifix incarne à lui seul ce que la CAQ veut démanteler. Si M. Legault souhaite faire preuve de cohérence envers son propre discours sur la laïcité, aucun argument ne peut justifier le maintien du crucifix là où il est. Aucun. La laïcité au Québec serait-elle à géométrie variable?&nbsp; La justification patrimoniale ne tient aucunement la route. Auquel cas il faudrait simplement déplacer le crucifix dans un musée.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Comment se dire cohérent envers une laïcité affirmée de l’État si l’on conserve en son lieu de décision un objet incarnant le dogme religieux de l’époque duplessiste? </span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Le Salon bleu est un lieu de pouvoir. Si ce signe religieux perdure en cet endroit, c’est que nos décideurs publics font preuve d’une hypocrisie légendaire et de malhonnêteté intellectuelle (pour reprendre les mots Charles Taylor dans son entrevue donnée à <i>CBC</i> le 18 octobre dernier). Comment se dire cohérent envers une laïcité affirmée de l’État si l’on conserve en son lieu de décision un objet incarnant le dogme religieux de l’époque duplessiste? Comment exiger des employés de l’État de passer outre leurs convictions personnelles pour le bien commun tout en refusant soi-même de prendre acte des impératifs exigés par une laïcité exemplaire? Peut-on vraiment prendre tout cela au sérieux?</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">M. Legault, soyez à la hauteur des principes que vous prétendez défendre et enlevez le crucifix. </span></p>
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			</item>
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		<title>Le balancier du PLQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-balancier-du-plq/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 14:24:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-balancier-du-plq/" data-wpel-link="internal">Le balancier du PLQ</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">u cours de son histoire, le Parti libéral du Québec (PLQ) a adopté plusieurs orientations politiques radicalement différentes. En fait, le parti s’est toujours en partie défini en fonction de son principal adversaire politique. Au début du 20 <i>e</i> siècle jusqu’aux années 1940, face à des nationalistes religieux plutôt en faveur de l’interventionnisme social et proches du clergé catholique qui aidait les francophones défavorisés, le Parti libéral se fit le défenseur du laissez-faire économique et des hommes d’affaires. Par la suite, face à l’Union nationale de Maurice Duplessis, à qui l’on reprochait de laisser trop de contrôle dans les domaines de l’éducation et de la santé à l’Église catholique, le Parti libéral adopta une plateforme résolument interventionniste. Les premiers ministres Adélard Godbout (1939–1944) et surtout Jean Lesage (1960–1966) donnèrent pour la première fois à l’État le contrôle de la santé et surtout, de l’éducation. Finalement, lorsque le PLQ fut confronté aux nationalistes de gauche du Parti québécois (PQ), le parti s’est repositionné de nouveau. Dans les quarante dernières années, il s’est fait le défenseur des politiques de droite et de centre droit, laissant au PQ<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>le soin de poursuivre les réformes de la Révolution tranquille.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><img decoding="async" class="attachment-266x266 size-266x266" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique.jpg" sizes="(max-width: 266px) 100vw, 266px" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique.jpg 2580w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique-330x192.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique-768x447.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique-1000x582.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-chronique-850x495.jpg 850w" alt width="266" height="155"> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Un nouvel adversaire</b></span></p>
<p class="p4"><span class="s2">Aujourd’hui, pour la première fois depuis la victoire de l’Union nationale en 1966, le Parti libéral a été défait par un autre parti que le Parti québécois, qui de surcroît est un parti ayant essentiellement les mêmes positions économiques. La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault a fait campagne sur les mêmes thèmes que les libéraux des vingt dernières années, c’est-à-dire en proposant une meilleure gestion des finances publiques et en promettant de baisser les impôts. En outre, la CAQ n’a pas fait la promotion de l’indépendantisme, ce qui a fortement nuit à la mobilisation du vote fédéraliste à l’extérieur de la métropole. Si l’on exclut les espaces privilégiés où le vote anglophone et allophone leur est encore largement acquis, les libéraux ont subi une défaite aussi dure que celle du PQ. Et encore, même dans ces espaces, le parti a perdu beaucoup de votes, incapable de motiver ses électeurs·rices.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Au cours du siècle dernier, les seules choses qui n’ont pas changé au sein du Parti libéral ont été l’opposition au conservatisme social et la méfiance face au nationalisme. Quelles que soient leurs positions économiques, les libéraux ont toujours été prompts à défendre les libertés individuelles. Encore aujourd’hui, il s’agit du principal dénominateur commun entre les membres du PLQ. C’est aussi ce qui sépare les libéraux des péquistes et de leurs nouveaux adversaires caquistes. Ainsi, avec Québec solidaire, c’est le seul parti qui semble capable de rallier à sa cause les minorités ethniques, linguistiques et religieuses du Québec. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Du côté de l’idéologie économique, l’orientation que prendra le Parti libéral dépendra en grande partie de l’issue de la course à la chefferie. Deux des grands favoris de cette course, l’ancien ministre de l’Éducation Sébastien Proulx et l’ancienne vice-première ministre Dominique Anglade, sont d’anciens membres importants de feu l’Action démocratique du Québec (ADQ) et de la Coalition avenir Québec : si l’un d’eux réussissait à devenir chef, il est probable que le parti continuerait de présenter un programme économique similaire à celui de la CAQ aux prochaines élections. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Cependant, certaines membres du parti réputées plus progressistes, telles que l’ancienne ministre de l’Éducation supérieure Hélène David ou la fiscaliste Marwah Rizqy, sont pressenties par les médias pour tenter leur chance à la direction. Si l’une d’elles réussissait à prendre les rênes du parti, on pourrait envisager un PLQ présentant un programme un peu plus à gauche que celui de la CAQ. Un retour aux idées interventionnistes des années 1960 combiné à la défense soutenue des libertés individuelles pourrait permettre au PLQ de s’adapter et de s’attaquer avec succès à son nouvel adversaire politique, comme il a su le faire dans le passé. </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quel avenir pour la taxe carbone?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/quel-avenir-pour-la-taxe-carbone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 14:06:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/quel-avenir-pour-la-taxe-carbone/" data-wpel-link="internal">Quel avenir pour la taxe carbone?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">J</span><span class="s1">ustin Trudeau a fait de l’imposition d’une taxe sur le carbone dans les provinces la pierre angulaire de ses politiques en matière d’environnement. Or, avec la disparition de ses appuis de gauche parmi les gouvernements provinciaux, il sera désormais très difficile pour lui de réaliser cette promesse sans perdre quelques plumes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le marché du carbone</b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">En 2013, suivant les recommandations du protocole de Kyoto et s’inspirant du système établi depuis sept ans dans l’Union Européenne, le gouvernement de Pauline Marois avait mis en place une bourse du carbone à l’échelle de la province. Dans ce système, le gouvernement vendait chaque année un prix fixe de droits d’émissions de carbones, que les entreprises pouvaient ensuite s’échanger entre elles au prix qui leur convenait. L’idée était de rendre coûteuse l’émission de gaz à effet de serre (GES) par les entreprises, afin de les pousser à modifier leur manière de produire pour faire des économies. De plus, les sommes récoltées lors de la vente initiale devaient aller directement au Fonds vert, destiné à financer le développement durable au Québec. Un an plus tard, en 2014, le ministre des Relations internationales d’alors, un certain Jean-François Lisée, signait une entente avec la Californie pour joindre leurs deux marchés respectifs et créer la <i>Western Climate Initiative</i>, coordonnant le plus grand marché du carbone en Amérique du Nord. Le marché s’est encore agrandi début 2018 avec l’addition de l’Ontario, province alors dirigée par les libéraux de Kathleen Wynne.</span></p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 330px">
			<img decoding="async" class="size-medium wp-image-32117" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-carbone-330x325.jpg" alt width="330" height="325" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-carbone-330x325.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-carbone-768x756.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-carbone-1000x984.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-carbone-850x837.jpg 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/alexis-fiocco/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexis Fiocco</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2"><span class="s1"><b>Entre<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>deux chaises</b></span></p>
<p class="p4"><span class="s2">En 2015, Justin Trudeau, dont l’image d’environnementaliste commençait à se ternir à cause de son support passif au projet de pipeline Énergie Est, avait décidé de frapper un grand coup en forçant les provinces qui ne l’avaient pas déjà fait, à se doter d’un système de tarification des émissions de carbone. De plus, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il allait imposer un prix minimum pour la tonne de CO2, qui monterait progressivement jusqu’à 50$ la tonne en 2022. Si une province n’acceptait pas de se soumettre à la taxe, le fédéral la percevrait directement.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Déjà, à l’époque, trois provinces, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, avaient fermement affirmé leur désaccord, dénonçant sur la scène publique des coûts pour les familles de 1250$ en moyenne.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Deux ans plus tard, tout semble aller de mal en pis pour Justin Trudeau. À la suite de plusieurs élections provinciales, les relations de son gouvernement avec les provinces se sont beaucoup dégradées. Une fronde s’est organisée contre le projet de taxe de Justin Trudeau, d’abord porté par l’ancien premier ministre très conservateur de la Saskatchewan Brad Wall et maintenant par Doug Ford. L’Ontario s’est ainsi retiré du marché commun avec le Québec, forçant Justin Trudeau à respecter sa promesse en imposant lui-même une taxe aux Ontariens, et ce à un an d’élections fédérales. La plus grosse province canadienne, en termes démographique et économique, a aussi annoncé qu’elle rejoindrait la Saskatchewan dans une poursuite contre le gouvernement fédéral, poursuite qui risque de fortement encourager les mouvements de droite du pays. Devant la tempête, Justin Trudeau a déjà annoncé qu’il accepterait de baisser les prix minimums sur la tonne de carbone. Le chef libéral est dans une position extrêmement délicate, puisque trop reculer sur la taxe du carbone aggraverait encore plus son bilan environnemental, déjà empoisonné par son support obstiné au pipeline Trans Mountain. De quoi donner des munitions au progressistes du Nouveau parti démocratique (NPD) lors des prochaines élections à venir.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pour le moment, à l’instar des gouvernements de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, François Legault a donné son appui au projet de taxes de Justin Trudeau lors du sommet de la francophonie à Erevan. Toutefois, il faudra voir si cet appui à la taxe carbone résistera aux seuils voulus par Trudeau plus hauts que ceux en vigueur au Québec et surtout aux relations potentiellement orageuses entre les deux chefs de gouvernement.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span></span></p>
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		<title>La CAQ, un populisme allégé?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/la-caq-un-populisme-allege/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Oct 2018 14:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[polqc]]></category>
		<category><![CDATA[province]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Le Délit analyse un aspect de la politique québécoise.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 330px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-31982" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-CAQPopulisme-330x127.jpg" alt width="330" height="127" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-CAQPopulisme-330x127.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-CAQPopulisme-768x295.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-CAQPopulisme-1000x385.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/10/A-CAQPopulisme-850x327.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/admin/?media=1" data-wpel-link="internal">Webmestre, Le Délit</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1">Peu importe ce que l’on pense du programme de la Coalition avenir Québec (CAQ), ce serait un raccourci intellectuel que de classer inconditionnellement le parti de François Legault dans le même panier que les formations populistes qui fleurissent un peu partout en Occident. Si la CAQ partage plusieurs points en commun avec ces formations opportunistes, elle en diverge sur plusieurs autres de manière fondamentale.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Le programme du parti</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les populistes semblent être avant tout des politiciens qui profitent de la crédulité et du désintérêt politique des électeurs pour aller chercher des votes. Ils se présentent en champions du « peuple » en pointant, parfois avec justesse, les problèmes du système actuel et en blâmant à tort et à travers la mauvaise volonté ou l’incompétence des autorités traditionnelles. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Eux proposent des solutions magiques, simples et faciles à retenir pour l’électeur non politisé face à des problèmes très complexes que des administrateurs compétents ont souvent essayé de régler pendant des années. Par exemple, construire un mur pour résoudre le problème de l’immigration illégale. Sur ce point, il faut reprocher à la Coalition avenir Québec d’avoir tenté de séduire l’électeur non politisé avec des propositions accrocheuses mais dont la réelle portée a été critiquée par une majorité d’experts, comme le troisième lien à Québec ou la maternelle à quatre ans. Néanmoins, à la différence d’un Donald Trump ou d’un Doug Ford, François Legault a fait l’effort de bâtir un programme somme toute crédible qui a été jugé réalisable par la majorité des journalistes. Le chef de la CAQ a aussi misé sur une équipe d’administrateurs compétents plutôt que de seulement recruter des candidats susceptibles de lui donner une bonne image chez l’électeur non politisé, comme des sportifs ou des artistes engagés, ce que font souvent les formations politiques populistes.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>La communication du parti</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">On a souvent observé dans les dernières années des populistes faisant campagne en multipliant les frasques et les remarques exagérées, suscitant le débat et attirant l’attention médiatique sur eux. Peu importe qu’ils mentent ou que les solutions qu’ils proposent soient irréalistes, à force d’apparaître plus souvent que les autres dans les médias, ceux-ci finissent ainsi par apparaître comme la seule alternative crédible au gouvernement. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Par exemple, lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, Donald Trump avait réussi, à coup de grossièretés et de fausses déclarations, à obtenir une couverture médiatique démesurément plus grande que celle des autres candidats républicains et d’Hillary Clinton. François Legault, cette année, a fait campagne de manière plutôt traditionnelle, cherchant à éviter les polémiques. À part quelques bourdes de préparation, il n’a pas tenu de propos qui ont suscité le scandale sur la scène médiatique québécoise. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Enfin, François Legault n’a pas beaucoup utilisé les deux leviers favoris des politiciens populistes : la peur des minorités et la méfiance envers les élites. Bien sûr, le chef de la CAQ comptait probablement sur l’appui des Québécois moins ouverts aux minorités lorsqu’il a fait ses controversées promesses sur la réduction des seuils d’immigration et sur la laïcité. Cependant, même lorsqu’il parlait de la réduction de l’immigration, il n’a jamais cherché à diaboliser ou à présenter les minorités comme une menace, ce que plusieurs formations font pour mousser leurs appuis. Il n’a pas non plus, pendant sa campagne, tenté de diaboliser ou de prêter des intentions malhonnêtes à ses adversaires ou aux médias. François Legault n’a pas non plus tenté de se présenter comme un anti-politicien.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Néanmoins, la Coalition avenir Québec présente certainement une part de populisme. Elle a été élue sur la base d’un programme très électoraliste, comportant beaucoup de promesses alléchantes et peu d’innovations concrètes. En outre, elle a essentiellement été portée au pouvoir par le désir de changement à tout prix, le même qui pousse les électeurs à ne plus voter pour les partis traditionnels. </span></p>
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		<title>Fratricides?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/fratricides/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 15:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Élections provinciales québécoise 2018: Le Délit analyse la campagne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">u moment où cette chronique est écrite, les résultats des élections ne sont pas encore connus, mais il est certain que le conflit électoral entre le Parti québécois (PQ) et ses deux frères ennemis, la Coalition Avenir Québec (CAQ) à droite et Québec solidaire (QS) à gauche, aura des répercussions visibles sur l’avenir du PQ.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les analystes parlent souvent de la «zone payante», ce seuil autour de 25% des voix où les gains dans le vote populaire commencent à se traduire en victoires dans les circonscriptions. En ce qui concerne le Parti québécois, les sondages au fil de la campagne laissaient présager un résultat de plusieurs points de pourcentage en dessous de ce seuil, ce qui annonçait la perte de la majorité de ses sièges. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour qu’une circonscription soit obtenue par un parti avec si peu de voix, il faut que la situation soit significativement différente dans cette circonscription qu’au niveau national. L’électorat du PQ est historiquement francophone et progressiste; et est réparti sur la plupart des 125 circonscriptions, rendant le Parti québécois particulièrement sensible aux aléas des sondages. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Québec solidaire, au contraire, tire très bien son épingle du jeu même s’il obtient un plus petit pourcentage des voix : son électorat est très concentré dans quelques circonscriptions urbaines, diplômées et multiculturelles. Cela fait en sorte que même avec un électorat relativement faible au niveau provincial, il peut espérer remporter des victoires dans ses quelques circonscriptions où son vote est concentré. La CAQ, de son côté, semble n’avoir d’yeux et d’oreilles que pour l’électorat francophone des régions et des banlieues, chez qui elle obtient de très bons scores. Ces deux derniers font assez peu d’efforts pour percer ailleurs que dans leurs bastions respectifs.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le PQ entre deux chaises</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Le PQ, lui, fait l’équilibriste pour tenter de réconcilier les deux franges classiques de son électorat, mais c’est un exercice difficile. Quand il joue la carte du progressisme, il perd des votes chez les nationalistes surtout identitaires, qui sont nombreux dans les circonscriptions des régions et des banlieues. Quand il flirte avec l’identitaire, il perd de la crédibilité chez les nationalistes surtout progressistes des circonscriptions urbaines. Jean-François Lisée a fait les frais de ce déchirement. Il a remporté sa course à la chefferie en prenant des positions qui plaisaient surtout aux nationalistes plus identitaires du Parti québécois, par exemple en critiquant le multiculturalisme ou en appelant à une plus grande protection de la langue française. Beaucoup de progressistes indignés ont quitté le navire et le PQ a baissé dans les sondages. Puis, depuis environ un an, il semble avoir complètement abandonné cette stratégie au profit de propositions pragmatiques et résolument sociales-démocrates. Pourtant, malgré ce virage complet qui en a étonné plusieurs, il n’a pas vraiment réussi à empiéter sur QS comme il l’espérait. Il était peut-être déjà trop tard: quand on leur parle du programme de gauche du Parti québécois, les progressistes se souviennent de la Charte des valeurs et des commentaires de Lisée sur la burqa, et hésitent à lui donner leur vote. De surcroît, le PQ a perdu l’appui des nationalistes plus à droite et tentés par les idées de la CAQ.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Lorsque l’option indépendantiste était encore populaire chez les francophones, le Parti québécois pouvait l’utiliser pour réussir à aller chercher ces deux groupes en même temps. Maintenant que les indépendantistes ne sont plus assez nombreux et trop divisés entre plusieurs partis pour former un gouvernement, il n’est plus possible pour le PQ de compter seulement sur la promotion de l’indépendance. </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Mais en évacuant complètement l’indépendance de la campagne, le parti a remis en question le seul enjeu qui réussissait à rassembler tous ses électeurs, à droite comme à gauche. Maintenant, la CAQ et QS ont le champ libre pour devenir populaires auprès de l’électorat sérieusement désabusé du Parti québécois.</span></p>
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		<title>Où ça, où ça?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/09/12/ou-ca-ou-ca-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ArtsCulture]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2017 19:35:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[café]]></category>
		<category><![CDATA[céramique]]></category>
		<category><![CDATA[friperie]]></category>
		<category><![CDATA[jeux de société]]></category>
		<category><![CDATA[La pause culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des lieux qui se réinventent</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Eva B</b></span><span class="s2"><b>.:</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La friperie incontournable de la rue Saint-Laurent, qui réinvente le magasinage vintage en proposant une sélection de cafés et d’encas à siroter sur les différentes terrasses avant et arrière. Un endroit pour profiter du calme, étudier ou enrichir sa playlist personnelle.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Art Gang – Caffelini :</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La nouvelle adresse plus haut sur le boulevard Saint-Laurent, au niveau du croisement des Pins, de la marque montréalaise Art Gang. Un bon moyen de revoir son style, puisque la boutique propose aussi quelques morceaux de marques contemporaines triées sur le volet, et la possibilité de participer à la création locale. Caffelini propose café à emporter, ainsi qu’accessoires élégants de barista dont des cafetières tout à fait design.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Café Yoga – Belem:</b></span></p>
<p class="p1">On sort souvent au café pour être tonifié et se ressourcer dans son or noir. Dans ce café, on le fait explicitement, en mêlant ataraxie et aponie, bien-être du corps et de l’esprit. Conseil: ne pas boire son café en position chien tête en bas, au risque de finir la tête à l’envers.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Randolph – St-Denis:</b></span></p>
<p class="p1">On sort toujours au bar pour jouer le jeu de la société. Dans ce bar, on le fait explicitement, et on s’enivre en jouant aux jeux de société. Rosemont et Quartier Latin. Plateaux de jeux et jeux de groupes.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Ceramic Café:</b></span></p>
<p class="p1">On sort souvent au café pour peindre sa vie à nos interlocuteurs. Dans ce café, on le fait explicitement, et on boit son thé en peignant sa tasse et ses assiettes. Le client du Céramic Café peut choisir parmi les 2000 pièces différentes qui lui sont proposées: tasses, bols, assiettes, tirelires, théières„ etc. Il y en a pour tous les goûts, tous les âges et tous les budgets! Les prix des pièces de céramique varient de façon générale entre 10$ et 39$.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/09/12/ou-ca-ou-ca-5/" data-wpel-link="internal">Où ça, où ça?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La distance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/la-distance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Esther Laforge]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Mar 2017 14:11:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28361</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/la-distance/" data-wpel-link="internal">La distance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span></p>
<p class="p2">La nuit à Montréal m’a toujours paru plus noire qu’en Normandie.<br>
C’est un écran opaque que l’on dépose sur les hauts buildings. Une coupole obscure qui tombe sur les étoiles — les dérobe au noir — seuls les néons artificiels de la ville s’y reflètent.</p>
<p class="p3">Ce sont des astres nouveaux, des oranges, des verts et des bleus. Ils dessinent la carte de la ville. Je la lis en vertical — le regard toujours plus haut vers le sommet lumineux des immeubles.</p>
<p class="p3"><i>I’m gonna tell you something you don’t want to hear<br>
</i><i>I’m gonna show you where its dark, but have no fear<br>
</i>«<i>Nighcall</i>», Kavinsky</p>
<p class="p3">La nuit arrive brusquement — avec elle — l’appel de la vie. Dans les chambres, les livres sont abandonnés.<br>
La jeunesse oublie toujours dans quel bazar elle s’endormira le soir. L’âme légère se désagrège avec trois shots de vodka:</p>
<p class="p3">/ 1. Vision floue/ 2. Gestes délirants/ 3. Conscience désintégrée.</p>
<p class="p3">Dans les ruelles, nous nous déplaçons toujours en bande — une bande de filles qui ne parle pas le français. Elles rient en anglais, ne portent presque plus rien dans les chaleurs étouffantes de l’été. Les peaux brillent sous les lampadaires — la mienne plus pâle. Les voix crient d’excitation — la mienne trop doucement.<br>
Je suis le groupe dans les hauteurs de la ville. Nous dansons sur des géants d’aciers dans un tourbillon d’écritures fluorescentes.<br>
Dans les ténèbres, seules les enseignes brillent encore — multicolores et électriques.</p>
<p class="p3">J’ai le noir qui pèse sur mes cils comme un couvercle. Je pousse pour l’ouvrir parfois. Chercher de mes yeux voilés le panneau flamboyant de la discothèque. Cela scintille comme un incendie dans la nuit — j’ai trouvé mon chemin.<br>
À l’intérieur, je laisse retomber le couvercle. Je ne vois pas que la boîte de nuit s’est refermée sur moi. Le noir est si profond qu’entre ses murs, je ne vois que des histoires à imaginer.</p>
<p class="p3"><i>Here is where everything happen<br>
</i>«Here», Christine &amp; the Queens</p>
<p class="p3">Je songe que je voudrais écrire.<br>
J’écris dans ma tête tout ce que je vois — les filles dénudées/ les garçons tatoués/ les mains qui s’avancent/ qui sont refusées — et l’apesanteur me gagne lorsque je m’abreuve à l’obscurité de la nuit. La noirceur a un goût de sueur et de sucre.<br>
Pourtant, le matin, les mots fuient la page. Ils sont vidés des sensations passées, presque inutiles sur le papier. Ils ne rendent pas compte de mon inconsistante — je ne suis plus tout à fait un corps mais la sensation de tous les corps mouvants de l’obscurité.<br>
Je ne sais pas écrire la sensation de ma perte. J’essaye toujours mais la nuit revient trop vite.</p>
<p class="p3">Je ne quête que l’apesanteur des fumées bleutées, le vertige du vide — du mien — si durement accompli.</p>
<p class="p3"><i>We know that we are young<br>
</i><i>And no shit we’re confused<br>
</i>«<i>We Exist</i>», Arcade Fire</p>
<p class="p3">Non, je ne veux penser à rien. Ma conscience vogue sur les ondes électroniques. Elle est blanche, rose, verte, parfois aussi opaque que la nuit.<br>
Je détraque ma pensée en rythme. Elle se décompose sur de la mauvaise musique — l’aime pourtant — et continue de s’évaporer dans des sons sans forme. Détraquée dans l’air et la fumée, pour ne plus être habitée.</p>
<p class="p3"><i>I can feel it coming in the air tonight, Oh Lord<br>
</i><i>I’ve been waiting for this moment, all my life, Oh Lord<br>
</i>«<i>In the Air Tonight</i>», Phil Collins</p>
<p class="p3">- Premier prix, Esther Laforge</p>
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		<title>Été 2015</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/ete-2015/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Samuel Ferrer]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Mar 2017 14:07:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">À l’occasion de la Francofête<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Le Délit</i> et le centre d’enseignement du français de l’Université McGill ont organisé un concours d’écriture créative. Le concours s’est divisé en deux catégories : écriture pour les étudiant-e‑s de français langue seconde de McGill et écriture pour les étudiant-e‑s francophones de McGill. Les six textes retenus seront publiés dans le cahier de création du <i>Délit</i> du 4 avril 2017. En attendant, retrouvez cette semaine les deux premières places de la catégorie étudiant-e‑s francophone.</span></p>
<hr>
<p class="p1"><span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span></p>
<p class="p2">Deux, trois, quatre bulles,<br>
Les cheveux lissés par le lac,<br>
Un château surplombant de son gothique,<br>
Le baroque, le bel, vert d’air, de Klimt.</p>
<p class="p2">Je prends ma respiration,<br>
Notre-Dame m’observe.<br>
Ses tours rivalisent sans horloges,<br>
Astronomique; le temps tourne.</p>
<p class="p2">La Pyramide des montagnes<br>
Se reflète dans son miroir aquatique.<br>
‑Je mélange deux poèmes.-<br>
Ondulations, de respiration, trouble ce pic.</p>
<p class="p2">Rien ne rime, et ça ne rime a rien.<br>
La musique embrouille mon cerveau.<br>
Il, je, nous, il n’y a personne.<br>
Je ne sais qui choisir.</p>
<p class="p2">Et pourquoi d’abord ?<br>
C’est vrai, je n’ai pas posé de question.<br>
Le soleil cède sa place à la pluie.</p>
<p class="p2">Scintillement estival des jours qui flottent.<br>
Ce papier n’a pas de sens.<br>
La marge n’y est pas au bord.<br>
Et pourquoi d’abord ?</p>
<p class="p2">Ah ! Vous trouverez bien la question.</p>
<p class="p2">30/07/15<br>
Ou plus tard..</p>
<p class="p2">-&nbsp;Deuxième prix, Samuel Ferrer</p>
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		<title>Désormais, le ciel n’est plus proche (seulement moi)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/21/desormais-le-ciel-nest-plus-proche-seulement-moi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alejandra Morales]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 16:20:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opini-art-re</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><i>Désormais, le ciel n’est plus proche (seulement moi)&nbsp;</i><span class="s1"><b><i>-</i></b></span> 2016, Huile sur Toile, 27 x 60″ et 27 x 27″</p>
<p class="p1">- Par Alejandra Morales</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Falaise souple</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/21/falaise-souple/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 13:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28267</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2">Falaise souple<br>
courbes étranglées</p>
<p class="p2">la chute fige l’étendue<br>
sans étendre sa démesure</p>
<p class="p2">Avalanche corporelle</p>
<p class="p2">il ruisselait<br>
vers ce monstrueux abris</p>
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