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	<title>Archives des 2021-04-06 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2021-04-06/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 07 Apr 2021 14:11:14 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Les horaires boréals</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/06/les-horaires-boreals/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maya Gauvreau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 11:12:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lauréats et lauréates de la deuxième édition du concours Délier la poésie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/06/les-horaires-boreals/" data-wpel-link="internal">Les horaires boréals</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre de cette deuxième édition du concours <em>Délier la poésie</em>, les participants et participantes étaient invités à s’inspirer d’un premier poème, écrit par l’éditeur François Céré et l’éditrice Elissa Kayal.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont participé. La réponse poétique de chacune et de chacun d’entre vous a dépassé nos attentes. Merci énormément à tous et à toutes pour vos contributions! </p>



<p>C’est avec fierté <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">que l’o</span>n vous présente ce zine, contenant notre poème de départ ainsi que les dix poèmes retenus pour notre cadavre exquis.</p>


<div class="_df_book df-lite" id="df_43870" _slug="les-horaires-boreals" data-title="les-horaires-boreals" wpoptions="true" thumb="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Le-Delit-Les-horaires-boreals_p1.jpg" thumbtype></div><script class="df-shortcode-script" nowprocket type="application/javascript">window.option_df_43870 = {"outline":[],"autoEnableOutline":"false","autoEnableThumbnail":"false","overwritePDFOutline":"false","enableDownload":"false","direction":"1","pageSize":"0","source":"https:\/\/www.delitfrancais.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Le-Delit-Les-horaires-boreals_v2.pdf","wpOptions":"true"}; if(window.DFLIP && window.DFLIP.parseBooks){window.DFLIP.parseBooks();}</script>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><strong>Lauréats et lauréates</strong></p>



<p><strong>Le cri de rage</strong><br>Frank Herbier (première place)</p>



<p>Au début<br>La mère donne naissance à l’enfant<br>L’enfant tout d’innocence court<br>Court parmi les bois parmi les marées<br>Inutilement contre les vagues de sel<br>S’en fichant il passe par les champs en friche<br>À pleine joie en perte de moyens<br>Le coeur plein l’enfant a faim<br>La mère aussi<br>Une bestiole traîne<br>Ils la prennent et la mettent sous leur sein<br>La digèrent longuement<br>Deviennent un peu d’elle<br>Et elle un peu d’eux</p>



<p>Mais soudain pousse un cri le petit homme<br>L’exécrable petit homme<br>Un cri de rage un cri d’enfer<br>Un cri qui déchire naïvement les bulles d’air<br>Un cri en pointes de flèches<br>Lancées au hasard sur les planètes<br>Qu’il embroche une à une<br>Avec ces électrodes de Neptune<br>Les rapproche grâce à des câbles de fer<br>Fixés à l’enfant et à son diaphragme<br>Il connecte le tout ensemble, puis</p>



<p>Reprend son souffle…</p>



<p>Et crie plus fort<br>Si fort que l’enfant qui devait être dans la vie<br>Pousse un cri qui englobe toute la vie<br>Vie fort intérieurement explosive<br>Dynamitages insoupçonnés dans les endroits humides<br>De la gorge et du larynx<br>Où les mots ont fini par se donner</p>



<p>Plus rien n’est clair<br>Sur les lianes de fer court l’enfant<br>Par-dessus les bois par-dessus les marées<br>Oublie la houle et sa fertilité<br>Entre sa main dans la terre de si loin<br>Qu’elle ressort blanche dure moindre<br>Passe une clairière de béton<br>Fouette la cime des absurdités avec son rebord de pantalon<br>Passe les mornes forêts de bâtons<br>Vole pour ainsi dire déchante sur l’air d’une biche<br>Passe un des nombreux champs en affiches<br>Il se rend au coeur de la chose<br>Toujours enragé en criant<br>Il se rend au coeur de toutes choses<br>Désirant percer le voile rapiécé<br>Couvrant la cuisse dénaturante de sa vie<br>La surplomber du regard ne suffisant en rien<br>Il plombe sur elle comme un obus<br>Tombe sur elle en tyran<br>En tirant abrutissement sur ses vêtements<br>Pour que la chose fende<br>Pour que toutes bonnes choses fendent<br>Pendentif de soleil luette de lune<br>Cuirasse de pierre poitrail de montagne<br>Cheveux de grains herbe d’esprit<br>Sous la couche superficielle des nombres<br>Embusquée au bûcher<br>Se retrouve la petite fille<br>La petite vie<br>Que l’enfant criard aime tant à tourmenter<br>Maintenant nue petite réduite à son corps de lait et de miel<br>Elle regarde l’enfant<br>À la hauteur de sa perte d’âme<br>De ce regard que seuls lancent les bourreaux<br>Elle le regarde<br>Le juge<br>Et l’aime.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p><strong>consomption</strong><br>Geneviève Lagacé (deuxième place)</p>



<p>de la côte à ma gorge, nos horizons s’entrechoquent. tu fermes les volets,<br>le temps que passent les ouragans, mais rien n’y fait: les étincelles ne<br>s’éteignent plus, bruissent sous nos peaux de pointillés qui s’érodent; les<br>murs tremblent nos fractures et, dans les heures blanches, nous glissons,<br>coulons, nous échouons au pied des vagues</p>



<pre class="wp-block-verse">    l’écume sur la berge<br>    comme l’écho de nos tempêtes</pre>



<p>nous avalons le vent, déchaînons nos humeurs, fixons la fin de nos flots<br>lapidaires. au bout du rivage, nos secrets se créent des univers avec tout<br>ce qu’ils contiennent de failles, d’excès. ils alimentent nos brasiers,<br>courent</p>



<pre class="wp-block-verse">    longtemps<br>    sans pour autant s’essouffler<br>    sans pour autant s’éteindre</pre>



<p>nous sommes des jardinières de crépuscule suspendues au tonnerre. nous<br>sommes l’imprévisible. des flambées qui touchent ciel, des confins<br>inatteignables. devant nos fureurs, je frissonne, électrique. tu refuses<br>d’arrêter le jeu, et dans les flammes frénétiques naufragent nos ombres,<br>mes lueurs bleues</p>



<pre class="wp-block-verse">    des fissures creusent nos peaux-porcelaines<br>    nous crépitons, exaltés<br>    nos échanges illusoires deviennent cri ardent<br>    les ouragans stagnent –</pre>



<p>fuir n’est jamais une option quand c’est toi<br>qui tiens les allumettes</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p><strong>Nos vicissitudes</strong><br>Ketzali Yulmuk-Bray (troisième place)</p>



<p>Nos remords sont exhumés par les intempéries<br>Et la chasse ne sert qu’aux enfants<br>Qui préparent soupe et thé<br>En y crachant goulument nos grandes légendes<br>L’expiation s’écoule plus facilement par les trous<br><br>Ce qui est à venir ne nous regarde pas<br>Du moment que les bêtes s’attroupent<br>Ou se dispersent<br>Nous serrerons les dents, les coudes aussi<br>Rien ne s’oublie grâce à l’écorce<br>Sur laquelle sont écrites nos aptitudes<br><br>Nous apprenons tôt à fabriquer les couvertures<br>À tisser la honte sur le bas de nos crânes<br>Pour que vienne s’y abreuver l’oiseau de proie<br><br>(Je me souviens de ton grand saut, mon frère)<br><br>Nous bénissons nos terres d’origine<br>Chaque saison, l’arbre du temps fait sonner ses cloches<br>Et leur écho se répercute jusqu’aux confins de la zone<br>Ainsi se déroulent nos vies<br><br>Certains disent que nous devrions tout mettre en feu.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Que prépare le nouveau conseil exécutif de l’AÉUM?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/06/que-prepare-le-nouveau-conseil-executif-de-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 05:06:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2021-2022]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Automne 2021]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil exécutif de l&#039;AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Darshan Daryanani]]></category>
		<category><![CDATA[Élections de l’AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Sader]]></category>
		<category><![CDATA[frais de l&#039;AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Karla Heisele Cubilla]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[Sacha Delouvrier]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Paulin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43739</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit s’est entretenu avec plusieurs de ses membres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/06/que-prepare-le-nouveau-conseil-executif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Que prépare le nouveau conseil exécutif de l’AÉUM?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’équipe exécutive de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) pour l’année scolaire&nbsp;2021–2022 a été annoncée le 19&nbsp;mars dernier, après une période électorale de quatre jours où <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/les-elections-de-laeum-atteignent-le-quorum-de-15-de-justesse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">15,2% des étudiant·e·s</a> ont participé au scrutin. <em>Le Délit</em> a contacté les nouveaux et nouvelles exécutant·e·s afin d’en savoir plus sur leur parcours, leur plateforme et leurs projets. Leur mandat débutera le 1<em>er</em> juin prochain.</p>



<p><strong>Darshan Daryanani, Président</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="750" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Darshan-Daryanani-1-edited.jpeg" alt class="wp-image-43745" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Darshan-Daryanani-1-edited.jpeg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Darshan-Daryanani-1-edited-330x248.jpeg 330w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/darshan-daryanani/?media=1" data-wpel-link="internal">Darshan Daryanani</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>La gouvernance étudiante n’est pas étrangère à cet étudiant de quatrième année en double <em>honours</em> en science politique et en développement international. Dès son arrivée à l’Université, il a été élu représentant d’étage au <a href="https://www.mcgill.ca/students/housing/residence-options/downtown-undergrad/sherbrooke" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Carrefour Sherbrooke</a>, une résidence de l’Université, puis a enchainé année après année les comités et groupes étudiants. D’abord en tant que v.-p. aux Affaires externes, puis en tant que président, il participe depuis deux ans à la branche exécutive de l’Association étudiante de la Faculté des arts, mandats durant lesquels il a également siégé au conseil législatif de l’AÉUM. Cette année, en tant que sénateur pour l’AÉUM, il s’est engagé dans plusieurs des débats marquants de l’année&nbsp;2020–2021, comme ceux sur la <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/19/vif-debat-sur-la-liberte-academique-a-mcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">liberté académique</a>, sur le rallongement du <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/04_d20-23_academic_dates_2020-21.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">congé d’hiver</a> et sur l’ajout d’options <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/03_d20-29_motion_re_additional_su_option.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Satisfaisant/Insatisfaisant</a> en raison de la pandémie.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong></p>



<p>Si Darshan Daryanani ne se voit pas comme un président au mandat ordinaire, c’est en grande partie à cause de la réouverture du 3501 rue Peel et du Centre universitaire, au 3480 rue McTavish, des bâtiments fermés depuis plusieurs années pour rénovations. Le futur président prévoit rendre disponible ces bâtiments à la communauté étudiante de plusieurs manières, notamment avec l’ouverture d’une zone d’étude et de détente, de lieux de recueillement et de prière et d’un point de cueillette pour les envois postaux et les livraisons des étudiant·e·s. L’assignation des espaces serait déterminante pour l’avenir de l’AÉUM, d’après le nouvel élu, car elle liera l’expérience étudiante à McGill avec l’association pour les prochaines années.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je me vois comme une personne qui va définir l’association pour les cinq prochaines années»</p><cite>Darshan Daryanani</cite></blockquote>



<p>Selon lui, l’AÉUM est capable de faire mieux que ce qu’elle a fait par le passé. «Les étudiant·e·s financent le système, mais qu’en retirent-ils? Nous ne sommes pas là que pour un an, nous sommes là pour environ quatre ans, ce qui représente une bonne fraction de notre vie.» Avec la pandémie, les liens entre le corps étudiant et son association se sont dégradés en même temps que toutes les relations interpersonnelles, affirme-t-il. Avec le retour sur le campus, l’ouverture des bâtiments de l’association présenterait une occasion en or de renouer avec les étudiant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Une fois que nous aurons fourni ces services aux étudiant·e·s, ceux-ci verront en l’AÉUM bien plus que de la politique, bien plus que du drame et du <em>tea</em>»</p><cite>Darshan Daryanani</cite></blockquote>



<p>Plusieurs des promesses de sa campagne se retrouvaient déjà dans le plan quinquennal de l’AÉUM adopté l’an dernier, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont vides de sens, selon lui. Définir les priorités dans l’exécution du plan serait un geste important de la présidence, le mandat étant limité à un an. Le nouveau président souhaite donc réaffirmer l’importance des Affaires francophones. «Ce n’est pas seulement vrai à propos de la constitution [qui a été invalidée en raison de l’absence de version française, <em>ndlr</em>]: alors que je siégeais au conseil législatif, il y avait énormément<strong> </strong>d’erreurs de communication et de traduction, et c’est tout simplement inapproprié.» C’est pourquoi il s’engage à embaucher un·e traducteur·trice à l’interne, comme le prévoit le plan quinquennal, et à offrir au·à la commissaire aux Affaires francophones un siège au conseil législatif.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/21/la-constitution-de-laeum-declaree-invalide/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">La constitution de l’AÉUM déclarée invalide</a></em></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai honte de parler de la constitution de l’an dernier»</p><cite>Darshan Daryanani</cite></blockquote>



<p>Quant aux récentes controverses à l’AÉUM entourant les messages politiques de l’association, le problème serait pratiquement résolu, a‑t-il déclaré. Désormais, les messages qui seront publiés par le conseil exécutif ou par le conseil législatif devront être approuvés par ce dernier, ce qui devrait limiter le nombre de messages problématiques. Peu après l’annonce de l’AÉUM en soutien aux <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">prisonniers hongkongais</a>, des étudiant·e·s sont venu·e·s aux rencontres du conseil législatif pour exprimer leur désaccord et poser des questions à l’équipe exécutive. Darshan Daryanani a affirmé que la gestion de leurs interventions, souvent jugées non conformes aux règles régissant ces réunions, a envoyé un mauvais signal. «Je ne pense pas que nous leur ayons rendu justice en leur disant “Votre question est tendancieuse” ou “Vos préoccupations sont entendues, mais nous ne nous en soucierons pas”. Je pense que ce n’était ni approprié ni respectueux.»</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/pourquoi-mcgill-prefere-t-elle-que-son-association-etudiante-ne-parle-pas-de-hong-kong/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">La déclaration en soutien aux prisonniers hongkongais cause une polémique à l’AÉUM</a></em></p>



<p><strong>Éric Sader, v.-p. Finances</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Eric-Sader-edited.jpg" alt class="wp-image-43754" width="720" height="480" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Eric-Sader-edited.jpg 960w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Eric-Sader-edited-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Eric-Sader-edited-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Eric-Sader-edited-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/e-sader/?media=1" data-wpel-link="internal">Éric Sader</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Le nouveau v.-p. Finances de l’AÉUM considère que son rôle principal est de soutenir les autres exécutant·e·s. Pour cette raison, il préfère rester loin des débats idéologiques qui déchirent la communauté étudiante. Terminant sa troisième année en économie à McGill, le nouvel élu considère que plusieurs promesses passées de l’AÉUM tardent à être remplies. Plus précisément, il souhaiterait réaliser la consolidation des frais des services de l’AÉUM, qui consisterait à rassembler tous les frais des services sous la cotisation obligatoire. En conséquence, les référendums de renouvellement et d’augmentation des frais des services n’auraient qu’une seule question, celle du renouvellement des frais des services de l’association étudiante, au lieu de présenter une question pour chaque service.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Du point de vue d’un étudiant, si on dit “2$ par année iront à cette organisation que tu n’aimes pas trop, mais 50$ iront à des organisations essentielles que tu utilises”, l’étudiant ne va pas dire “Ah non, le 2$, c’est trop, je vais jeter tout le reste”»</p><cite>Éric Sader</cite></blockquote>



<p>Cela signifierait également que, advenant une défaite au référendum, le financement de tous les services rassemblés sous cette demande de renouvellement ou d’augmentation des frais se verrait coupé – un scénario que l’exécutant juge improbable. Les personnes votant aux référendums de l’AÉUM seraient en général motivées à le faire en raison de l’appui qu’elles souhaiteraient témoigner aux services. Cela fait en sorte que les demandes de frais auraient peu de chance d’échouer advenant une consolidation. Afin de laisser aux étudiant·e·s la possibilité de refuser le financement de certains services, des mesures pourraient être mises en place pour que ces derniers soient mis dans une question à part lors du référendum, a‑t-il rajouté. </p>



<p>Un <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/01/I.S.S.Fee_.P-Final-Report.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> du Bureau du commissaire aux finances de l’AÉUM déposé le 21&nbsp;janvier 2021 révélait que de nombreux comités et services aux étudiant·e·s de l’association disposeraient de sommes d’argent accumulées dépassant parfois de 200% leurs revenus par session en date de la session d’automne&nbsp;2020. Éric Sader craint que retirer ces sommes excédentaires lors de la consolidation mette à mal les finances des services et des organismes en plus de compromettre le projet ense mettant à dos les services. Il reconnaît néanmoins que la situation est problématique pour deux raisons. D’abord, cet argent est collecté et accumulé, mais n’est pas utilisé pour offrir des services aux étudiant·e·s, ce qui reviendrait à une perte nette pour la communauté mcgilloise. Ensuite, cette réserve d’argent pourrait être considérée comme un profit aux yeux de la loi; or, les organismes à but non lucratif n’ont pas le droit d’accumuler des profits, selon l’article&nbsp;149.1 (3) (b) de la <a href="https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/I-3.3/page-182.html#h-300686" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Loi de l’impôt sur le revenu du Canada</a>. Le statut d’organisme à but non lucratif pourrait alors être retiré aux organismes fautifs. Afin de lutter contre les augmentations de frais inutiles, le futur v.-p. exigera que les organismes démontrent leur besoin en présentant un budget au conseil législatif quant à l’utilisation de nouveaux fonds dont ils feraient la demande.</p>



<p><strong>Karla Heisele Cubilla, v.-p. Vie étudiante</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="669" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Karla-Heisele-Cubilla-e1617666371183-1000x669.jpg" alt class="wp-image-43757" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Karla-Heisele-Cubilla-e1617666371183-1000x669.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Karla-Heisele-Cubilla-e1617666371183-330x221.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Karla-Heisele-Cubilla-e1617666371183-768x514.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Karla-Heisele-Cubilla-e1617666371183.jpg 1361w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/k-h-cubilla/?media=1" data-wpel-link="internal">Karla Heisele Cubilla</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Seule candidate s’étant présentée au poste de v.-p. Vie étudiante, Karla Heisele Cubilla a été élue avec un peu plus de 90% des voix. Il s’agira de sa première fonction au sein de l’AÉUM; néanmoins, elle peut compter sur deux ans d’expérience en tant que v.-p. de l’Association des étudiant·e·s espagnols et latino-américains de McGill (<a href="https://slasamcgill.wixsite.com/home" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">SLASA</a>) ainsi qu’en tant que directrice du recrutement dans la sororité <a href="https://www.mcgillalphaphi.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Alpha Phi McGill</em></a>. Selon elle, ces postes de direction lui ont permis d’apprendre le fonctionnement de l’AÉUM du point de vue logistique, ainsi que de réaliser l’importance qu’ont les activités extracurriculaires dans la vie des étudiant·e·s de McGill.</p>



<p>La nouvelle élue ne cache pas que l’Université à distance a été particulièrement éprouvante pour les clubs et les services. «De nombreuses organisations étudiantes ont dû soit mettre un terme à leurs activités, soit les diminuer», reconnaît-elle, «ce qui a entrainé un désengagement de la vie étudiante». Pour renverser cette tendance, elle souhaite que les ressources liées aux clubs soient visibles et accessibles: cela impliquerait de mettre à jour les informations sur le site de l’AÉUM, de retravailler les formulaires de planification, ou encore de faciliter l’accès aux réservations de salles du Centre universitaire. Selon elle, la priorité est de «s’assurer que tous les étudiant·e·s soient en sécurité et se sentent prêt·e·s à reprendre leurs activités».</p>



<p>Une des responsabilités des v.-p. Vie étudiante est la gestion des ressources en santé mentale de l’AÉUM. Le poste est appuyé dans ce rôle par une équipe composée d’un commissaire, de coordinateurs, d’un comité et d’un caucus sur la santé mentale. Karla Heisele Cubilla souhaite unifier toute cette équipe afin d’améliorer la communication interne, mais aussi afin de pouvoir communiquer de façon plus efficace avec le Pôle Bien-Être, qui n’est pas administré par l’association étudiante, et de lui transmettre leurs préoccupations et leurs suggestions.</p>



<p>Elle travaillera aussi à superviser l’implantation de «<em>Wellness World» </em>(<em>Monde Bien-Être</em>), une plateforme en ligne qui sera «un guichet unique pour toutes les ressources en santé mentale». Développée par sa prédécesseure<strong> </strong>Maheen Akter et son équipe, cette plateforme sera lancée à la fin de la session d’hiver. Le rôle de la nouvelle v.-p. sera de s’assurer qu’elle est bien accueillie par les étudiants au cours de l’année prochaine.</p>



<p>Finalement, elle aimerait améliorer l’accès au service de garderie de l’AÉUM, qui souffre en ce moment de longues listes d’attente. Pour ce faire, elle souhaite permettre aux étudiant·e·s d’occuper des postes à la garderie sur une base volontaire, ce qui leur permettrait aussi d’obtenir de l’expérience. Durant sa campagne, il a été noté que ce programme de «bénévolat» irait à l’encontre de la politique de l’AÉUM concernant les stages et le travail non rémunéré. Elle a précisé que les étudiant·e·s en question seraient finalement rémunéré·e·s, sans toutefois donner davantage de détails.</p>



<p><strong>Sacha Delouvrier, v.-p. aux Affaires externes</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-1000x667.jpg" alt class="wp-image-43759" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sacha-Delouvrier-scaled-e1617666472932.jpg 1824w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/s-delouvrier/?media=1" data-wpel-link="internal">Sacha Delouvrier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Pour cet étudiant de troisième année en science politique et développement international, l’AÉUM est un organisme plus influent qu’il n’y paraît. Il soutient que l’AÉUM est la mieux placée pour connaître l’état et les besoins de la communauté étudiante, ce qui lui confèrerait un statut privilégié dans sa relation avec l’administration mcgilloise, ainsi que des responsabilités qui lui sont propres, comme la sensibilisation à la réalité étudiante. C’est pourquoi le programme du nouvel élu est si ambitieux: militer pour davantage de cours sur les autochtones du Québec et du Canada et s’assurer que les mesures mises en place par l’administration pour limiter la propagation de la COVID-19 seront suffisantes lors du retour en présentiel semblent sortir des compétences de l’association étudiante. Toutefois, à son avis, ces efforts peuvent amener des résultats concrets.</p>



<p>Sacha Delouvrier compte solidifier les liens entre la communauté mcgilloise et les organismes de bienfaisance opérant autour de l’Université. Ce serait faire d’une pierre deux coups, soutient-il, puisque les responsabilités des affaires externes sont à la fois de s’occuper de l’implication sociale des étudiant·e·s et du maintien de relations harmonieuses avec les communautés locales. Pour les étudiant·e·s, a‑t-il affirmé, faire du bénévolat aurait un bénéfice double: d’un côté, il serait gratifiant d’apporter son aide aux individus qui en ont besoin; de l’autre, la participation bénévole constituerait une bonne expérience à ajouter à un curriculum vitae en vue de l’admission aux cycles supérieurs.</p>



<p>Le futur v.-p. aux Affaires externes a tenu à souligner les efforts importants déployés par le v.-p. actuel, Ayo Ogunremi, autant pendant l’année que pour faciliter la transition. Le défi auquel sera confronté Sacha Delouvrier est toutefois inédit, a‑t-il affirmé, car l’ensemble de la communauté étudiante, et pas seulement les groupes marginalisés, aura besoin d’aide en raison de la pandémie. À son avis, cela poussera les membres de l’exécutif à collaborer étroitement pour que leurs dossiers couvrent l’ensemble des besoins des étudiant·e·s.</p>



<p><strong>Sarah Paulin, v.-p. aux Affaires internes</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="730" height="487" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sarah-Paulin-e1617682131896.jpg" alt class="wp-image-43852" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sarah-Paulin-e1617682131896.jpg 730w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Sarah-Paulin-e1617682131896-330x220.jpg 330w" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/s-paulin/?media=1" data-wpel-link="internal">Sarah Paulin</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Porter sa candidature à un poste de l’exécutif de l’AÉUM n’était pas dans les plans de l’étudiante en première année en littérature anglaise. Malgré cela, avec l’expérience qu’elle a accumulée au cours de l’année, entre autres en tant que Déléguée aux relations publiques du <em>Symposium des Nations Unies des écoles secondaires</em> (<em>Secondary Students United Nations Symposium</em>), elle dit avoir confiance en ses compétences. Sarah Paulin remplit un siège laissé vacant depuis le départ de Declan McCool avant l’automne 2020, alors qu’il était <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/08/un-v-p-de-laeum-accuse-dinconduite-sexuelle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">visé par des allégations</a> de violence sexuelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«À travers la communication aux étudiants de première année, on veut montrer que l’AÉUM existe et qu’elle fait de grandes choses»</p><cite>Sarah Paulin</cite></blockquote>



<p>Tout comme Darshan Daryanani, la nouvelle v.-p. aux Affaires interne se dit préoccupée par les liens limités entre l’AÉUM et la communauté qu’elle est censée représenter. Afin de remédier à ce problème, elle propose de modifier le format des courriels hebdomadaires pour en augmenter le lectorat, ce qui permettrait à l’association de mieux faire connaître son travail. Ce travail de relations publiques serait nécessaire après que l’AÉUM a échoué à faire adopter sa constitution en hiver&nbsp;2020 et que son v.-p. aux Affaires internes ait quitté son poste avant son entrée en fonction, réduisant la confiance envers l’association. Selon Sarah Paulin, l’équipe de cette année a fait un travail remarquable, mais n’a pas réussi à le communiquer efficacement. La nouvelle élue consacre une grande partie de sa plateforme aux étudiant·e·s de première année. Son objectif est de donner plus de pouvoir aux représentant·e·s de ce groupe et d’augmenter la collaboration entre les représentant·e·s des différentes facultés afin de permettre aux étudiant·e·s de tisser des liens avec d’autres en dehors de leur champ d’études.</p>



<p>Selon elle, les Affaires francophones ont souffert de ne pas avoir disposé de suffisamment de personnel. Une bonne partie du budget accordé à la francophonie mcgilloise n’aurait pas pu être dépensé, faute de temps et de projets. «En augmentant le portefeuille des Affaires francophones et en créant davantage de postes dédiés aux affaires francophones, je crois que nous pourrons créer une meilleure communauté pour les étudiant·e·s francophones», soutient-elle, puisque de nouvelles embauches offriraient les ressources nécessaires à l’utilisation du budget.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/06/que-prepare-le-nouveau-conseil-executif-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Que prépare le nouveau conseil exécutif de l’AÉUM?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>À quoi bon les études littéraires?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/a-quoi-bon-les-etudes-litteraires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gali Bonin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 03:16:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Études littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[McGill en français]]></category>
		<category><![CDATA[réflexions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éloge des vertus oubliées d'un champ négligé.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/a-quoi-bon-les-etudes-litteraires/" data-wpel-link="internal">À quoi bon les études littéraires?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans quelques semaines, je terminerai mon baccalauréat et, par le fait même, mon parcours universitaire à McGill. Je l’ai commencé en sciences cognitives, dans l’espoir de faire de la recherche en neuroscience, puis j’ai bifurqué vers la littérature française. Ce choix en laisse plusieurs perplexes, mon grand-père le premier qui croit encore que je vais devenir avocat, voire médecin. Aux yeux de nombreux·ses de mes ami·e·s, ce champ d’études, les lettres, semble archaïque et inutile: pourquoi payer plus de 4 000$ par année en frais de scolarité pour lire des livres?&nbsp;</p>



<p>Chose certaine, les stéréotypes qui collent à ce milieu n’aident en rien sa compréhension. Le limiter à «lire des livres» ou à «connaître de beaux mots», c’est en faire une lecture bien trop simpliste. À mon sens, la littérature a le même objectif que tous les champs d’études:&nbsp;expliquer le réel, comprendre cet étrange phénomène qu’est l’existence et en rendre compte. Simplement, pour ce faire, les différents domaines utilisent des langages plus ou moins différents, emploient différents outils d’analyse et se concentrent sur divers aspects du réel. La littérature n’y fait pas exception.</p>



<p>Si la sociologie cherche à comprendre le fonctionnement des sociétés, l’histoire, le déroulement des événements passés, et la linguistique, celui de nos méthodes de communication, la littérature, quant à elle, puise sa force précisément dans sa capacité à englober toutes ces sphères. Plus frontalement que bien des disciplines, la littérature tend à exprimer un rapport au réel dans un langage sur-codifié et truffé de sens latents. Ce champ d’étude nous apprend à lire entre les lignes, à voir ce qui se cache dans le dit et le non-dit, et donc, s’il y a bien une chose que m’ont appris à valoriser les études littéraires, c’est la sensibilité, compétence trop souvent négligée par notre monde contemporain de calcul et de croissance.</p>



<p><strong>Révéler la face cachée</strong></p>



<p>Chercher à comprendre au-delà du sens premier, voire à chercher le(s) sens plus profond(s) est typique de la littérature. À mon sens, les œuvres littéraires sont autant de systèmes codifiés dans lesquels chaque signe est à comprendre. Je nomme donc <em>sensibilité</em> l’outil, la faculté intellectuelle qui nous permet de les décoder. La poésie en est peut-être le meilleur exemple.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le travail d’analyse n’est jamais strictement «&nbsp;littéraire&nbsp;», tout comme la littérature n’est jamais strictement esthétique»</p></blockquote>



<p>Contrairement au stéréotype, je ne limiterais pas la définition de cette forme comme étant simplement l’art de «dire de belles choses», mais ajouterais qu’il s’agit surtout de savoir mettre en mots l’indicible. Il s’agit bien évidemment d’un travail esthétique, d’une communication qui met l’accent sur la manière dont est codifié le <em>message</em>, comme le dirait <a href="http://mpainfocom.weebly.com/uploads/1/9/9/8/19984595/jakobsonfonction_1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Roman Jakobson</a>. Mais, face à une œuvre poétique, le rôle du ou de la littéraire n’est pas de simplement constater cet état esthétique: il faut la décortiquer, l’analyser et faire ressurgir toute la nappe phréatique sémantique qu’elle garde en latence. Ainsi, le travail d’analyse n’est jamais strictement «littéraire», tout comme la littérature n’est jamais strictement esthétique. Il faut constamment emprunter à d’autres domaines, et cette interdépendance intellectuelle est une autre des merveilles distinctives de la littérature.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="717" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/04-1000x717.jpg" alt class="wp-image-43802" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/04-1000x717.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/04-330x237.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/04-768x551.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/04.jpg 1507w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/margauxbriere/?media=1" data-wpel-link="internal">Margaux Brière de la Chenelière</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>À la croisée des chemins</strong></p>



<p>Les études littéraires sont l’un des rares champs à avoir largement conservé l’héritage humaniste. Elles permettent, et même forcent, l’interdisciplinarité, empruntant constamment à d’autres disciplines pour expliquer et élaborer ses théories et ses interprétations. Hormis l’histoire, discipline essentielle à la compréhension du sujet littéraire, la littérature sollicite bien souvent la linguistique, la sociologie, le droit, l’anthropologie, la psychanalyse, etc. On cherche à savoir comment d’autres domaines expliquent et approchent le réel afin de transposer ces méthodes à notre propre objet d’étude.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La beauté des lettres, c’est cette capacité à mettre dans la balance toutes ces différentes approches et de tenter de trouver un équilibre»</p></blockquote>



<p>Cette pratique dénote l’ouverture sur le monde de la littérature et sa prise en considération de la complexité de l’existence. Les choses ne sont jamais des vases clos et ne s’expliquent jamais d’une seule manière. La beauté des lettres, c’est cette capacité à mettre dans la balance toutes ces différentes approches et de tenter de trouver un équilibre. La sociologie, à elle seule, ne saurait rendre proprement compte du réel. Amalgamez-la à une lecture psychanalytique, mathématique et juridique, alors le sujet semble se magnifier, prendre une forme plus proche de ce qu’elle <em>est</em>. Finalement, il faut voir la littérature comme une fenêtre faite en mosaïque, constituée de mille lectures possibles et qui, à travers ses carreaux diaphanes, laisse passer une lumière qui nous permet de percevoir le réel dans toute sa complexité.</p>



<p><strong>Un bagage à conserver</strong></p>



<p>Si j’ai développé cette sensibilité et cette vision pluridisciplinaire au contact des livres, je l’utilise désormais tous les jours. Rechercher tranquillement le sens dans la complexité, c’est une méthode qui demande beaucoup d’efforts et d’humilité: ce ne sont pas des vérités inébranlables qu’édifient les littéraires. Chaque théorie, critique et analyse est sujette aux critiques de ceux et celles qui les succèderont. En cette ère où prime la rigueur scientifique et l’exactitude des faits, on ne se satisfait plus des ballottements, des hésitations et des tâtonnements. Ce qu’il nous faut, ce sont des réponses directes, rapides, claires, nettes et, ultimement, rentables. Si le droit peut nous offrir une réponse, pourquoi chercher du côté de l’anthropologie? Et si un premier sens apparaît clairement en surface, à quoi bon en chercher un second qui se cache en profondeur?</p>



<p>Et donc, pourquoi faire des études en littérature? Simplement parce qu’un esprit n’est pas qu’une machine que l’on doit former à l’emploi. La connaissance ne doit pas être perçue comme une valeur utile qu’il faut impérativement mettre à profit économiquement. La société moderne tend au corporatisme, au découpage social selon les professions, et l’humaniste en moi rejette cette simplification vulgaire des individus. Un esprit critique bien formé aura confiance en ce qu’il fait, mais, surtout, comprendra les limites de ce qu’il peut faire. Voilà, en peu de mots, à quoi servent les études littéraires.</p>
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		<title>«Je ne peux plus mourir»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/je-ne-peux-plus-mourir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mélina Nantel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 01:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[artiste]]></category>
		<category><![CDATA[culture québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[klô pelgag]]></category>
		<category><![CDATA[notre-dame-des-sept-douleurs]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit s’entretient avec l'auteure-compositrice interprète Klô Pelgag.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Klô Pelgag colore le paysage artistique québécois depuis près de 10 ans. Artiste multidisciplinaire, l’auteure-compositrice fait résonner sa musique comme une poésie incarnée. <em>Notre-Dame-des-Sept-Douleurs</em> est le titre de son plus récent album sorti le 26 juin dernier; c’est aussi le nom d’un village. Dans la <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dChx-O9YbIc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">genèse</a> de l’album, l’artiste raconte que petite, elle passait souvent sur la route qui menait au village avec ses parents. En voyant la pancarte qui en affichait le nom, elle en était horrifiée, imaginant un endroit traumatisant, douloureux. Klô décide de s’y rendre dans les dernières années, pour se rendre compte qu’il s’agit en fait d’une île magnifique, avec à peine 35 habitants, où la nature est à son état le plus pur.&nbsp;Son troisième album <em>Notre-Dame-des-Sept-Douleurs</em> offre un langage imagé, des arrangements orchestraux ambitieux et un récit viscéral de sa propre traversée.&nbsp; </p>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD): </strong><em>Tu <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">es passée</span> à travers une période assez creuse dans les dernières années, et la genèse de ton album rapporte un peu ce chemin que tu as parcouru pour te rendre où tu es aujourd’hui : un état plus heureux et serein. </em>Notre-Dame-des-Sept-Douleurs<em>, c’est donc le parcours dans cet univers terrifiant, très sombre, comme l’épisode dépressif que tu as vécu. En replongeant dans l’album, trouves-tu cela difficile de parcourir à nouveau ces zones d’ombre?</em></p>



<p><strong>Klô Pelgag (KP):</strong> Je ne l’ai pas encore tourné pendant deux ans, cet album. Ma réponse serait peut-être différente à ce moment-là, mais pour l’instant, quand j’entends ces chansons et que je les joue, elles me rappellent la traversée et la force que je pense avoir acquise lors de ce passage. Cette force est fragile et je crois que cet album représentera pour moi ce point d’ancrage et cette démonstration qu’il est possible pour moi de me relever. J’ose espérer que je saurai m’en souvenir dans le futur. On n’est pas au bout de nos peines et c’est <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">un</span> bon signe, dans le fond, de ressentir des choses. C’est un signe de cœur et de vie.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je crois que cet album représentera pour moi ce point d’ancrage et cette démonstration qu’il est possible pour moi de me relever. J’ose espérer que je saurai m’en souvenir dans le futur. On n’est pas au bout de nos peines et c’est <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">un </span>bon signe, dans le fond, de ressentir des choses. C’est un signe de cœur et de vie»</p><cite>Klô Pelgag</cite></blockquote>



<p><strong>LD: </strong><em>Ton album était censé sortir avant la pandémie. Il a été retardé et <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">est </span>finalement paru le 26 juin dernier. As-tu eu de la difficulté à faire de la musique et à être créative en étant confinée chez toi?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Entre-temps, j’ai fait quelques projets de composition. Je n’ai pas eu de grandes difficultés au niveau de mon travail pour le disque. Généralement, après un album, ça me prend un petit bout avant de commencer à en imaginer un autre: je ne veux pas me répéter. Je pense que cette période est bénéfique pour la suite.</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Tu as fait l’annonce d’un </em><a href="https://www.klopelgag.com/#spectacles" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>spectacle virtuel</em></a><em>, les 23 et 24 avril prochain. Tu présentes le spectacle comme un « univers ponctué d’effets spéciaux et d’expériences bizarroïdes ». Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce spectacle?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> C’est un spectacle qui est à mi-chemin entre le bug de l’an 3000 et un sandwich aux œufs. C’est un peu comme un spectacle <em>live</em> dans lequel il arrive quelques péripéties. Un prétexte pour réaliser quelques fantasmes scéniques. Quelque chose qui n’aurait jamais existé sans pandémie. Ultra<strong><span class="has-inline-color has-actu-color">-</span></strong>sécurisé.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Est-ce que ça a été difficile de repenser un processus de spectacle «virtuel»?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Ç’a été difficile, étant donné la pandémie, de travailler à distance avec tout le monde et de devoir s’adapter aux va-et-vient des mesures sanitaires. En même temps, je crois que c’est parfait de faire quelque chose qui soit affecté par son époque et sa réalité. Je ne veux pas faire semblant qu’il ne se passe rien, je veux utiliser la situation de façon à ce qu’elle ponctue cette création et qu’on sente l’influence que le contexte pandémique a sur le résultat final. C’est la base de la création que de transfigurer le mauvais vers quelque chose de nouveau et de plus positif.&nbsp;J’aimerais que le spectacle soit à l’image de notre soif de vivre, ce désir d’exploser exacerbé par cet isolement forcé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’aimerais que le spectacle soit à l’image de notre soif de vivre, ce désir d’exploser exacerbé par cet isolement forcé»</p><cite>Klô Pelgag</cite></blockquote>



<p><strong>LD: </strong><em>Tu as expérimenté en studio des synthétiseurs et des logiciels d’enregistrement. Qu’est-ce que ces outils t’ont apporté dans la pratique musicale? Toi qui as normalement un style musical un peu plus « naturel », pourquoi as-tu été tentée par ce genre d’outils?&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><strong>KP: </strong>J’ai toujours écrit de façon impulsive et instinctive. Ces outils me permettent d’écrire en même temps que les éléments évoluent au rythme (autant qu’il est possible de le faire) de ce que j’entends dans ma tête. Ils m’aident à attraper ces avalanches d’idées pour ne plus qu’elles m’échappent, et à être plus autonome. Je préfère me rendre le plus loin possible toute seule avant d’amener quelqu’un d’autre dans la<em> toune</em>, comme ça, on se comprend toujours mieux.</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Tu es devenue maman assez récemment. Comment s’inscrit cette facette de ta vie dans ta pratique artistique?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> La plus grande différence, c’est que je ne peux plus mourir. Ce n’est plus vraiment une possibilité. Sinon, mon désir de créer et de faire des nouvelles choses demeure le même. J’aurai probablement un autre discours si les tournées reprennent. Je devrai faire des choix et être bien organisée, ce qui n’est pas ma plus grande force.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-01c4b0"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/Klo-SpectacleSpectrale-DICE.jpg"></div></figure></div></div>


<p><strong>LD:</strong> <em>Tu as vécu une dernière année extrêmement mouvementée : <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ta grossesse, la</span> maladie dégénérative de ton père puis son décès. Les émotions vives ont-elles tendance à bonifier ta pratique artistique? Est-ce plus inspirant pour toi de créer par grands vents ou quand la vie est plus calme?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Chaque moment est susceptible d’en inspirer d’autres. Pour moi, la musique, c’est tout ce qu’on porte en soi. C’est toute notre vie. C’est le calme après la tempête et puis la tempête par-dessus la tempête et puis la neige qui statufie tout ça et puis le soleil au dégel. Ce sont tous les moments de pause et de réflexion… puis il faut apprivoiser l’ennui pour créer. Je n’ai jamais écrit dans d’autres moments que ceux-là, personnellement.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>La symbolique de la chanson </em>La maison jaune<em> est empruntée à Vincent Van Gogh, artiste que tu admires beaucoup. Cette maison jaune où tu ne veux plus retourner, c’est aussi une référence à l’état dépressif et de surmenage dans lequel tu étais confinée. Crois-tu que revisiter cette maison jaune, de temps à autre, est inévitable?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Je vais la revisiter de près ou de loin toute ma vie, mais je vais juste tout faire pour ne pas entrer dedans complètement. Si j’entre dedans, j’espère que je trouverai<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s</span> le moyen d’ouvrir une fenêtre pour me rappeler que la vie est <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">au‑d</span>ehors.&nbsp;</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Dirais-tu que tu es une artiste disciplinée? Te forces-tu à faire des séances créatives, ou bien prends-tu l’inspiration comme elle vient?</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Je pense que je fonctionne par phases. J’accumule, j’ai besoin de vivre et de penser pour qu’ensuite, je puisse faire quelque chose qui a du sens pour moi. Je suis mon instinct mais parfois, il m’arrive de me provoquer.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pour moi, la musique, c’est tout ce qu’on porte en soi. C’est toute notre vie. C’est le calme après la tempête et puis la tempête par-dessus la tempête et puis la neige qui statufie tout ça et puis le soleil au dégel»</p><cite>Klô Pelgag</cite></blockquote>



<p><strong>LD:</strong> <em>Tu dis que la création demande beaucoup d’abandon. Comment s’inscrit le retravail dans cet abandon?</em></p>



<p><strong>KP: </strong>Je pense que le travail, c’est tout ce qui vient avant l’état créatif. Il sert à atteindre l’état, à se prédisposer pour y entrer. Ensuite, quand je suis dedans, dans l’instinct, je ne vois pas ça comme un <em>travail </em>et il ne faut pas que ça le soit. Le travail c’est apprendre comment fonctionne le logiciel ou un instrument pour qu’ensuite ils soient au service de la création.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>J’ai l’impression que l’aspect </em>showbiz<em> est parfois en décalage avec l’univers poétique et créatif que tu portes. Comment navigues-tu dans ce milieu-là?&nbsp;</em></p>



<p><strong>KP:</strong> Je me suis habituée à tout ça parce que j’ai envie que ma musique trouve les bonnes personnes, où qu’elles soient, peu importe le milieu. Et pour ce faire, il faut en parler un peu. Bien sûr, il y a parfois un décalage, mais je crois que si on peut insuffler ne serait-ce qu’1% de poésie au quotidien de quelqu’un pour qui ce serait la porte d’entrée vers un monde différent, je suis prête à me prêter à l’exercice.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Quel est ton rapport aux prix et récompenses? Qu’apportent ces reconnaissances à ton travail?</em></p>



<p><strong>KP: </strong>Je crois que ces reconnaissances donnent de l’importance et du prestige à mon travail dans les yeux des autres. Ils me permettent d’exister pour ceux qui y accordent de l’importance. Ça facilite le chemin entre mon œuvre et le grand public, c’est presque un «outil promotionnel». Autrement, c’est quelque chose de flatteur qui est agréable et difficile à recevoir. Je tente de ne pas trop m’y attacher, mais j’essaie aussi de plus en plus d’apprécier ces moments et d’être en mesure d’accepter. Comme un compliment.</p>



<p><em>En plus du spectacle virtuel annoncé les 23–24 avril prochain, vous pourrez également retrouver Klô Pelgag sur scène, un peu partout à travers la province. Tous les détails à </em><a href="http://www.klopelgag.com/#spectacles" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">www.klopelgag.com/#spectacles</a></p>



<p></p>
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		<title>S’enraciner dans la vérité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/senraciner-dans-la-verite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bourdon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 01:25:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[déenracinement]]></category>
		<category><![CDATA[enracinement]]></category>
		<category><![CDATA[L’enracinement]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[prélude à une déclaration des devoirs envers l&#039;être humain]]></category>
		<category><![CDATA[Simone Weil]]></category>
		<category><![CDATA[verite]]></category>
		<category><![CDATA[Weil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les enseignements intempestifs de Simone Weil dans L’enracinement. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dernier ouvrage de Simone Weil avant sa mort prématurée, rédigé en 1943 à la demande du général Charles de Gaulle à titre d’une nouvelle «déclaration des droits de l’homme» pour l’après-guerre, <em style="user-select: auto;">L’enracinement, prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain</em> détaille des propositions de changements pour la France en fonction du concept d’enracinement – et de son opposé problématique, le déracinement. Weil était alors à Londres, cherchant à joindre la résistance française de cette ville, sous le général de Gaulle et sa Commission pour l’étude des problèmes de l’après-guerre, qui cherchait à la fois à produire une nouvelle déclaration des droits de la personne et à réformer l’État. Si ces recommandations sont dirigées envers une France d’après-guerre, que pouvons-nous, aujourd’hui, retenir de son travail?</p>



<p><em>L’enracinement</em> est un texte imparfait, abrupt à certains moments, dans lequel se font sentir l’urgence et la précipitation de la tâche. Weil insiste sur le fait que ses propositions de changement se doivent, pour la plupart, d’être accomplies alors que la France est encore en guerre, avant que la paix ne s’installe; il faut que les changements soient à même l’instauration de la paix.</p>



<p>La dernière œuvre de la philosophe française, fortement marquée par la spiritualité chrétienne de son autrice convertie, louange le besoin fondamental de l’amour de la vérité. Cet amour devrait et doit toujours s’insuffler dans la politique, les sciences, l’histoire, le travail physique et la vie spirituelle. Voyons alors divers enseignements de <em>L’enracinement</em> que nous pouvons retenir et appliquer pour mieux nous enraciner dans la vérité.</p>



<p><strong>Les besoins de l’âme</strong></p>



<p>Simone Weil effectue en prélude à son œuvre une liste plutôt analytique des divers besoins de l’âme. Ceux-ci constituent le premier enseignement que tout être humain, ou toute collectivité, peut conserver en lui. Mais tout d’abord, il importe de distinguer, comme le fait Weil, les notions d’obligation et de droit. Alors que de Gaulle lui commande une «déclaration des droits de l’homme», Weil intitule sa dernière œuvre «déclaration des devoirs envers l’être humain». Pour la philosophe, <em>l’obligation prime</em>, cela car l’effectivité vient de l’accomplissement de l’obligation et non du droit. Les droits d’une personne proviennent en fait des obligations des autres, la différence entre les deux notions n’étant donc qu’une question de point de vue.</p>



<p>De plus, les obligations à l’égard des êtres humains découlent des besoins vitaux de ceux-ci.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>Weil identifie plusieurs besoins de l’âme:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>L’ordre, qui est le besoin le plus proche de la destinée éternelle de l’âme et le tissu des relations sociales;</li><li>La liberté, qui est définie par une possibilité de choix, une possibilité <em>réelle</em>. Il est certain que de vivre en communauté apporte son lot de règles restreignant la liberté, mais comme le remarque Weil, «à ces conditions, la liberté des hommes de bonne volonté, quoique limitée dans les faits, est totale dans la conscience»;</li><li>L’obéissance, qui suppose le consentement et non pas la crainte du châtiment;</li><li>La responsabilité, par exemple par la prise de décisions envers lesquelles une personne se sent engagée, pour lesquelles elle a fourni des efforts de manière continue;</li><li>L’égalité, soit un respect accordé en même quantité à tout être humain. Une inégalité stable suscite l’idolâtrie des supérieurs, tandis que l’inégalité mobile suscite le désir de s’élever;</li><li>La hiérarchie, car celle-ci permet à chacun de «s’installer moralement dans la place qu’il occupe»;</li><li>L’honneur, qui se différencie du respect en ce sens que le dernier est égal pour tous, alors que l’honneur est personnel et prend en compte un être humain dans son entourage social, prenant part par exemple à une tradition;</li><li>Le châtiment, qu’il soit disciplinaire ou pénal;</li><li>La liberté d’opinion, qui est «un besoin absolu pour l’intelligence», mais uniquement individuel. La liberté d’opinion ne peut être accordée à un groupe, car dès lors qu’un groupe a des opinions, «il tend inévitablement à les imposer à ses membres». Ainsi, la liberté d’opinion exige des mesures contre la suggestion, la propagande, la publicité, etc. Weil suggère d’ailleurs l’abolition des partis politiques pour tenter de réfréner ce problème de l’opinion des groupes;</li><li>La sécurité, puisque la peur permanente est «une demi-paralysie de l’âme»;</li><li>Le risque, sans lequel surgit «une espèce d’ennui qui paralyse»;</li><li>La propriété privée;</li><li>La propriété collective;</li><li>La vérité, qui est le besoin de l’âme le plus sacré.</li></ul>



<p>Ces besoins se trouvent aux fondements des solutions que propose Weil pour la France de l’après-guerre. Si lesdites propositions sont parfois des prescriptions spécifiques à l’époque et à la nation de Weil, les fondements sur lesquels elles reposent peuvent nous inspirer à repenser les nôtres.</p>



<p><strong>Le déracinement</strong></p>



<p>À titre de second enseignement intempestif du livre de Weil, le déracinement demande une attention particulière. Son grand danger provient du fait que cette maladie se multiplie par elle-même car, comme l’écrit la philosophe, «qui est déraciné déracine». Un être déraciné tombera soit dans une «inertie de l’âme», comme la plupart des esclaves, ou dans la propagation du déracinement, comme les révolutionnaires. Ce que Weil entend par un être enraciné, c’est un être qui «a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Qui est déraciné déracine»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p>Il y a déracinement, par exemple, dès lors qu’il y a conquête militaire. L’argent aussi propage le déracinement, tout comme l’éducation telle que proposée à l’époque de <em>L’enracinement</em> – il est d’ailleurs certain qu’avec les récents remous autour de <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/savons-nous-encore-qui-nous-sommes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">l’enseignement de l’histoire au collégial</a>, cette remarque de Weil sur l’éducation n’est pas anachronique. </p>



<p>En 1934, Simone Weil est décidée à vivre l’expérience ouvrière; elle travaillera dans une usine pendant une année. Lorsque la philosophe parle du déracinement ouvrier, elle peut donc parler d’expérience personnelle. Ce déracinement, c’est une exclusion de la collectivité d’un groupe de gens, qui sont ensuite réintégrés dans une classe à part, une classe de laquelle la culture est séparée. Weil précise que la solution à ce problème n’est en aucun cas «l’instruction des masses», qui prendrait en quelque sorte cette culture élaborée dans un milieu fermé et indifférent à la vérité, pour en retirer ce qu’il reste de pur par une opération de vulgarisation, et introduire ce qu’il reste dans ces masses qui désirent apprendre. La vraie solution est plutôt de faire sentir à tous qu’ils sont «chez eux dans le monde de la pensée». Weil parle donc d’une traduction (et non d’une vulgarisation): pour permettre aux ouvriers d’être sensibles à leur propre culture, pour éclairer leur travail de poésie par les émerveillements enfantins, il s’agit de faire preuve de «l’art de transposer les vérités». D’une part, les ouvriers doivent augmenter leur sensibilité à la beauté du monde et de leur travail (cela devrait être l’objet de toute instruction); d’autre part, la dignité du travail qui en résulte mène à la spiritualité du travail, correspondant au plus haut degré d’enracinement selon Weil. Dans le cas d’un déracinement chez les paysans, ce même procédé de «réenracinement» consisterait donc à «rendre à la vie des champs la poésie perdue».</p>



<p><strong>La patrie comme terrain d’enracinement</strong></p>



<p>Un type de déracinement particulier est celui du déracinement par rapports aux collectivités habitant un territoire. Ce déracinement, si Weil le présente dans le cas d’une France désemparée, fait certainement écho à une situation latente au Québec: les vagues de nationalisme et les référendums, l’amende honorable aux nations autochtones qui se fait toujours attendre ou la <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/fuck-la-langue-francaise/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">situation lamentable</a> de notre langue officielle ne sont que quelques exemples du déracinement de notre nation.</p>



<p>Weil a écrit cette phrase douloureusement juste: «Quand on parle de souveraineté de la nation, aujourd’hui, cela veut dire uniquement souveraineté de l’État.» Or, «l’État est une chose froide qui ne peut pas être aimée», qui utilise ses pouvoirs <em>sur</em> le peuple plutôt que <em>pour</em> le peuple. Néanmoins, selon Weil, l’ordre public est plus sacré que la propriété privée, et donc l’obéissance du peuple envers les pouvoirs publics est une obligation sacrée. Cette obéissance provient de ce que la philosophe nomme «la compassion pour la patrie»: un sentiment de tendresse poignante, un amour parfaitement pur pour la patrie, dans une expression quotidienne et ininterrompue, qui peut donner «quelque chose d’exaltant, de touchant, de poétique, de sacré». Comment, alors, réconcilier ce sentiment – et cette obéissance obligée – avec l’État? La solution repose dans la dissociation entre les deux. L’État a comme devoirs d’assurer la sécurité du territoire national et de faire de la patrie une réalité, c’est-à-dire un terrain d’enracinement. L’État doit accepter de ne pas être l’objet de l’amour du peuple, mais plutôt une balise, un encadrement, pour le véritable objet aimé, soit la patrie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Mais pourquoi la politique, qui décide du destin des peuples et a pour objet la justice, exigerait-elle une attention moindre que l’art et la science, qui ont pour objet le beau et le vrai?»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p>Ainsi, le pouvoir, nous le rappelle encore justement Weil, n’est pas une fin: «Par nature, par essence, il constitue exclusivement un moyen.» En tant que moyen, la politique s’élève avec l’art et la science, ayant comme objet le beau, le vrai. Cesser de considérer la politique comme simple «technique de l’acquisition et de la conservation du pouvoir» et plutôt la voir comme l’art «qui décide du destin des peuples et a pour objet la justice» représente une leçon dont l’application tarde toujours.</p>



<p><strong>L’histoire comme fondement de la patrie</strong></p>



<p>L’histoire et son enseignement, c’est-à-dire le passé perpétuellement d’actualité, se trouvent aux fondements de la patrie: «Il n’y a pas de patrie sans histoire», écrit Weil. L’étude de l’histoire, jointe à l’expérience de la vie, est le meilleur – et l’unique – procédé afin de connaître le cœur humain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Une âme jeune qui s’éveille à la pensée a besoin du trésor amassé par l’espèce humaine au cours des siècles»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p>Mais il faut être prudent, car c’est une fausse grandeur qui est transmise à travers l’histoire. En effet, les vaincus de l’histoire disparaissent, ils échappent à l’attention, et «la perte du passé, collective ou individuelle, est la grande tragédie humaine», selon Weil, puisque le passé détruit ne revient jamais. «L’esprit dit historique ne perce pas le papier pour trouver de la chair et du sang; il consiste en une subordination de la pensée au document.» Il faut plutôt aimer la partie muette et disparue du passé. Ainsi, quatre obstacles sont soulevés par Weil&nbsp;dans notre regard vers le passé: notre conception fausse de la grandeur, la dégradation du sentiment de la justice, notre idolâtrie de l’argent et l’absence en nous d’inspiration religieuse.</p>



<p>Quant à l’éducation d’un peuple à l’histoire, son importance ne peut être atténuée. Les racines de la collectivité se situent dans le passé. Et la collectivité représente «l’unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts, l’unique organe de transmission par l’intermédiaire duquel les morts puissent parler aux vivants». Ce qui se situe au plus profond du cœur humain, ce qui nourrit les peuples, c’est ce qui peut être transmis par la collectivité, par le moyen de l’histoire, aux membres d’une patrie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Et nous sommes de notre époque; nous n’avons aucune raison de nous croire meilleurs qu’elle»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p><strong>La science comme contemplation religieuse</strong></p>



<p>Le travail de Weil nous amène également vers la science. À l’époque de la philosophe française, et encore aujourd’hui, un constat désolant émerge: la conception moderne de la science est responsable de monstruosités. Selon Weil, le problème est que les scientifiques ne tendent pas vers le bien, ne sont pas portés par un amour de la vérité. Les stimulants sont plutôt tout autres: la recherche est un jeu, l’emploi un prestige, le devoir professionnel agit comme mobile social. Effectivement, si les applications des recherches des scientifiques peuvent également correspondre à un stimulant, alors ce stimulant est basé sur l’importance de ces applications, et non sur leur bien: «Il n’arrive guère ou jamais, semble-t-il, [que le savant] s’arrête pour supputer les effets probables du bouleversement en bien et en mal, et renonce à ses recherches si le mal paraît plus probable.» Nous n’avons qu’à penser à la création de plusieurs armes ou à diverses industries afin de nous convaincre de ces mots.</p>



<p>De sur<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">croît,</span> les savants, dans leurs efforts quotidiens, acquièrent des connaissances; or, nous dit Weil, des connaissances ne peuvent être elles-mêmes objets de désir. «L’acquisition des connaissances fait approcher de la vérité quand il s’agit de la connaissance de ce qu’on aime, et en aucun autre cas», ajoute-t-elle. Ainsi, pour que le savant travaille, et acquiert des connaissances qui le rapprochent de la vérité, il faut qu’il <em>aime</em> l’objet de ses recherches. Pour que le scientifique ait comme mobile l’amour, et donc le bien, il faudrait déjà qu’il y ait quelque chose à aimer. Or, dans la conception actuelle de la science, en ne tenant pas compte des applications techniques, que reste-t-il vraiment qui puisse être considéré comme un bien? Weil conclut que si l’amour de la vérité est absent des mobiles de la science, alors ce souci de la vérité ne peut pas être plus présent dans la science même.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La vraie définition de la science, c’est qu’elle est l’étude de la beauté du monde»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p>Weil présente sa solution: «L’esprit de vérité peut résider dans la science à la condition que le mobile du savant soit l’amour de l’objet qui est la matière de son étude. Cet objet, c’est l’univers dans lequel nous vivons. Que peut-on aimer en lui, sinon sa beauté? La vraie définition de la science, c’est qu’elle est l’étude de la beauté du monde.»</p>



<p>À ce propos, Weil rappelle que la science des Grecs, ou même celle de Newton, ajouterions-nous, était indissociable de la vie religieuse. De toute évidence, il y a aujourd’hui une incompatibilité entre la science et la religion qui empêche la cohésion intérieure. Weil affirme d’ailleurs que «le phénomène moderne de l’irréligiosité du peuple» s’explique presque totalement par cette incompatibilité. Pourtant, «le savant a pour fin l’union de son propre esprit avec la sagesse mystérieuse éternellement inscrite dans l’univers». En effet, l’investigation scientifique ne serait rien de plus qu’une forme de contemplation religieuse. La philosophe affirme que les sciences dites humaines sont impensables «si la notion de surnaturel n’est pas rigoureusement définie et introduite dans la science, à titre de notion scientifique, pour y être maniée avec une extrême précision». Elle propose ainsi une réunification, une réconciliation entre les deux domaines aujourd’hui complètement opposés. L’inspiration est loin d’être obscure. Ne pensons qu’à l’<em>amor fati</em> que les Grecs voyaient dans l’existence et dont la confirmation se trouvait dans la science: «Ce fut le mobile de leur enthousiasme pour elle. L’opération de l’intelligence dans l’étude scientifique fait apparaître à la pensée la nécessité souveraine sur la matière comme un réseau de relations immatérielles et sans force.»</p>



<p><strong>S’enraciner grâce à l’action publique</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Seule la lumière qui tombe continuellement du ciel fournit à un arbre l’énergie qui enfonce profondément dans la terre les puissantes racines. L’arbre est en vérité enraciné dans le ciel»</p><cite>Simone Weil</cite></blockquote>



<p>La dernière leçon de la dernière œuvre de la sage Simone Weil est certainement la plus essentielle. On doit comprendre que Weil, outre quelques articles de revue, n’avait rien publié de son vivant. Sa spiritualité était une chose discrète au point où ses amis n’en eurent connaissance qu’après sa mort, à la publication posthume de ses écrits. Ce presque secret se révèle en fait être aux racines mêmes de toute sa pensée. Mais, pour les racines de toute pensée, cela n’en est-il jamais autrement?</p>



<p>Le problème qui résonne des analyses de Weil quant au déracinement en est un «d’une méthode pour insuffler une inspiration à un peuple». Parce que l’enracinement n’est pas individuel; il est collectif. À cela, Weil a une solution: c’est <em>l’action publique</em>. Notion pensée comme mode d’éducation du pays, «il faut l’installer en permanence dans l’âme, de manière qu’elle soit présente même quand l’attention se porte vers autre chose».</p>



<p>Parmi les moyens d’éducation qui sont enfermés dans l’action publique, Weil se penche sur la mise en mots, par une autorité officielle, de pensées se trouvant dans le cœur des foules: les non-dits<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> de l’âme qui,</span> soudainement exprimés, prennent sens. Il est important de faire attention à ne pas confondre ce moyen avec la suggestion, qui, rappelons-le, constituerait une contrainte. À l’opposée, la formulation d’une pensée qui travaille l’âme est fondée dans la «structure cachée de la nature humaine». Une personne vue comme un symbole pourrait être responsable d’une telle action (Weil propose alors de Gaulle), et les paroles qui doivent être prononcées ne se basent que sur deux critères: le bien et l’utilité.</p>



<p>Le pinacle de l’action publique, c’est le travail physique. Weil affirmait qu’«un mobile n’est vraiment réel dans l’âme que lorsqu’il a provoqué une action exécutée par le corps». Dans certaines actions, l’amour qui se trouve dans le cœur d’un homme peut être élevé: «Mais tout change quand, par la vertu d’une véritable attention, il vide son âme pour y laisser pénétrer les pensées de la sagesse éternelle. Il porte alors en lui les pensées mêmes auxquelles la force est soumise.» Par exemple, «le poète est une personne; pourtant dans les moments où il touche à la perfection poétique, il est traversé par une inspiration impersonnelle». Ce type de soumission à une force plus grande que soi peut également soulever le cœur des personnes réalisant un travail physique.</p>



<p>Ainsi, le travail, dans lequel l’être humain «est soumis au temps à la manière de la matière inerte qui franchit un instant après l’autre», fait violence à la nature humaine, et c’est par lui que s’accomplit le consentement nécessaire. En effet, Weil disait que deux actes d’obéissance étaient «choses de nécessité et non de choix»: le consentement à la mort et le consentement au travail physique («une mort quotidienne»). Puisqu’on ne peut vivre par le consentement à la mort, le travail physique doit être le centre spirituel d’une vie sociale bien ordonnée.</p>



<p>Ce qu’a pu nous transmettre Weil avant de succomber à son épuisement, c’est que l’enracinement s’effectue à travers le travail physique consenti, qui est un acte d’obéissance nécessaire à l’ordre du monde, et «l’ordre du monde, c’est la beauté du monde». Cette beauté est l’objet de l’amour des savants, la motivation de la politique; elle est le besoin le plus sacré de l’âme, puisqu’elle est la vérité. C’est à travers elle seulement que chacun et tous peuvent s’enraciner dans leur territoire, leur existence.</p>
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		<title>22 projets pour changer le monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/22-projets-pour-changer-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Copti]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 00:54:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[bicentenaire]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[impact200]]></category>
		<category><![CDATA[Justice sociale]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43699</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une centaine d’étudiant·e·s mcgillois·es s’attaquent à des problèmes environnementaux et de justice sociale dans le cadre du défi impact200.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/22-projets-pour-changer-le-monde/" data-wpel-link="internal">22 projets pour changer le monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un sac à dos qui filtre l’eau, une ville verte vue du ciel, une application facilitant les dons de nourriture. Voilà quelques projets en compétition dans le cadre du défi de développement durable que l’Université McGill organise pour son 200<em>e</em> anniversaire.&nbsp;</p>



<p></p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/200-ans-en-2021/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">200 ans en 2021</a></em></p>



<p>Impact200 s’ajoute aux multiples initiatives mises en place par le Bureau de développement durable de l’Université, comme le Fonds des projets de durabilité (SPF) ou le volet environnemental de la coupe Dobson (le concours entrepreneurial de McGill). Impact200 est un concours lancé durant l’été 2020 de façon entièrement virtuelle permettant à des étudiant·e·s de toutes les facultés et de<strong> </strong>tous les cycles universitaires de présenter des projets locaux ou internationaux centrés autour d’un à trois <a href="https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">objectifs</a> de développement durable de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Des 44 projets initialement en compétition, 22 sont à présent en demi-finale. Les dix projets finalistes seront annoncés mardi le 6 avril et recevront chacun 5 000$ pour se perfectionner au cours de l’été. La version finale de leur projet sera présentée en novembre 2021.&nbsp;</p>



<p><em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Michelle Pelletier et Ana Duran, respectivement vice-présidente à la Logistique et vice-présidente aux Affaires internes d’impact200, pour nous présenter sept des projets en lice.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43784" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>107 étudiant·e·s participent actuellement à impact200, dont 40% sont issu·e·s de la Faculté de génie et 17% de la Faculté des sciences et de la Faculté de médecine. Le reste des participant·e·s proviennent en majorité des arts et de l’environnement. La grande majorité est au baccalauréat, mais quatre participant·e·s sont actuellement au doctorat.&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43785" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/2.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Le projet gagnant recevra 15 000$, le second recevra 8 000$ et le troisième recevra 5 000$. Au départ, tous les projets devaient être affichés au cœur du campus de l’Université McGill sur la rue McTavish, mais la pandémie de COVID-19 rend cette possibilité incertaine.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43786" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/3.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Selon Michelle Pelletier, l’un des objectifs d’impact200 était de combiner des points de vue d’étudiant·e·s de différentes facultés. Par exemple, l’équipe d’Algo réunit des étudiant·e·s en génie biologique, en génie des matériaux, en biologie et en programmation.&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43787" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/4.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Tous les projets n’ont pas encore de plan pour leur financement de démarrage et d’opérations. Certains dépendront principalement de dons et subventions, tandis que d’autres, comme Kem Quatico’n, ont un modèle qui prévoit leurs propres sources de revenus.&nbsp; Pour ce dernier projet, les revenus seraient engendrés par les frais encourus par les agriculteur·rice·s souhaitant obtenir une certification. La viabilité des projets est un aspect important dans la grille d’évaluation.&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43788" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/5.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Michelle Pelletier et Ana Duran font toutes deux partie du conseil étudiant du défi impact200. Ses membres, sélectionné·e·s par entrevue, sont consulté·e·s pour adapter impact200 aux besoins des étudiant·e·s et pour proposer des idées directrices, comme l’utilisation des objectifs de développement durable de l’ONU pour structurer le concours. Impact200 est supervisé par une équipe composée de professeur·e·s et d’employé·e·s en charge des célébrations du bicentenaire.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43789" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/6.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Selon Ana Duran, impact200 est une excellente occasion d’aller au-delà des efforts individuels que l’on réalise au quotidien, et ainsi permettre aux étudiant·e·s de rêver grand et de se rendre compte qu’il·elle·s sont soutenu·e·s par leur communauté universitaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7-1000x563.jpg" alt class="wp-image-43790" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7-1000x563.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7-330x186.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7-768x432.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7-1536x864.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/7.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Andrea Pavaluca, étudiante en droit et membre de l’équipe d’UAEM McGill, a affirmé au <em>Délit </em>qu’elle a&nbsp;beaucoup appris de sa collaboration avec des étudiant·e·s scientifiques pendant le concours.</p>



<p><em>Certains des logos et images présents dans cet article ont été fournis par l’équipe d’impact200.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/22-projets-pour-changer-le-monde/" data-wpel-link="internal">22 projets pour changer le monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>200 ans en 2021</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/200-ans-en-2021/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 00:51:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[bicentenaire]]></category>
		<category><![CDATA[black student network]]></category>
		<category><![CDATA[Divest McGill]]></category>
		<category><![CDATA[durabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
		<category><![CDATA[James McGill]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne Fortier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43689</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Université McGill entame la célébration de son bicentenaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/200-ans-en-2021/" data-wpel-link="internal">200 ans en 2021</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 31 mars 1821, le roi Georges IV signa une charte royale autorisant l’Institution royale pour l’avancement des sciences à fonder l’établissement qui ouvrirait officiellement ses portes, huit ans plus tard, sous le nom de <em>McGill College</em>. L’Institution royale dépendait pour ce projet du legs de 10 000 livres et du domaine de 46 acres que lui avait laissé le commerçant écossais et montréalais James McGill.&nbsp;</p>



<p>À l’intention du bicentenaire, l’Université a créé une <a style="user-select: auto;" href="https://200.mcgill.ca/history/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ligne du temps</a>, disponible exclusivement en anglais, détaillant l’histoire de l’institution<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">  </span>et ses réalisations sous cinq grands thèmes: Histoire générale, Environnement bâti, Impact, Visages changeants et McGill dans la communauté. Le site web créé par l’Université à l’occasion de son 200<em>e</em> anniversaire ne se prononce pas sur le <a href="https://www.blackcanadianstudies.com/Recommendations_and_Report.pdf?fbclid=IwAR1lo95wSR1cexMmofETN3rW70NTW3MSx0PvgSRXfxNQ37hvzgGUUWo_Q9s" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">passé esclavagiste et colonialiste</a> de James McGill, malgré la <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/antiracisme-a-mcgill-reaction-du-bsn/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">controverse</a> qui entoure l’héritage de ce dernier depuis quelques années. </p>



<p><strong>Une célébration virtuelle</strong></p>



<p>Pour souligner ses 200 ans, l’Université McGill a convié les membres de sa communauté à son <a style="user-select: auto;" href="https://200.mcgill.ca/fr/evenements/jour-du-bicentenaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">événement signature</a> «Bicentenaire et lancement de notre troisième siècle» le 31 mars dernier. Cette célébration en ligne était animée par Laurent Duvernay-Tardif, diplômé de McGill en médecine et joueur de la Ligue nationale de football américain, et Heleena De Oliveira, étudiante de McGill en sciences politiques et en anthropologie et présidente du Réseau des étudiant·e·s noir·e·s de l’Université.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs personnalités (politicien·ne·s, membres de l’administration, diplômé·e·s, employé·e·s) se sont prononcées par vidéo pré-enregistré sur la signification que revêtait pour eux et elles le bicentenaire. La principale et vice-chancelière de McGill, Suzanne Fortier, a abordé les visées de durabilité environnementale de l’Université pour le prochain siècle. «McGill est prête à forger un avenir meilleur, et sa communauté participera au projet de la planète Terre», notamment en travaillant aux 17 <a style="user-select: auto;" href="https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">objectifs</a> de développement durable de l’Organisation des Nations Unies. Elle a également souligné le caractère simultanément mondial et local de l’Université, affirmant que «McGill pense et agit globalement tout en restant ancrée dans sa ville, sa province et son pays».&nbsp;</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/22-projets-pour-changer-le-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Un défi mcgillois axé sur le développement durable</a></em></p>



<p>L’un des vidéos avait pour thème l’inclusion autochtone à McGill. Michael Loft, membre de la nation mohawk de Kahnawà:ke et diplômé de McGill en travail social, a prévu que la présence autochtone à McGill grandirait de façon exponentielle dans les années à venir. Thomasina Philips, elle aussi mohawk de Kahnawà:ke et travailleuse en santé mentale auprès des étudiant·e·s autochtones de la communauté mcgilloise, espère quant à elle que l’on incluera non seulement les personnes autochtones, mais également leurs savoirs et<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> leurs</span> façons de vivre dans chaque aspect de l’Université d’ici 50 ans. «J’espère voir des partenariats se former [entre McGill et] des communautés qui soutiennent des initiatives telles que la revitalisation des langues autochtones et des liens de parenté de même que le travail de croissance et de guérison [des peuples autochtones]», a‑t-elle<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>affirmé.</p>



<p>L’événement était entrecoupé de performances d’artistes, notamment du pianiste Chilly Gonzales, de l’artiste inuite et mohawk Beatrice Deer et de l’ensemble Christine Jensen de l’École de musique Schulich.&nbsp;</p>



<p><strong>Regards en arrière et vers l’avant</strong></p>



<p>Invité à se prononcer sur le bicentenaire, le président nouvellement élu de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) pour l’année 2021–2022 Darshan Daryanani a affirmé au <em>Délit</em> être optimiste <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">quant à</span> l’avenir de<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> l’Université</span> McGill tout en soulignant l’importance, dès cette première année de son troisième siècle, de déterminer la direction dans laquelle ira l’Université pour les 100 prochaines années. Il a notamment mis en lumière les progrès technologiques et de recherche de McGill, prenant le nouveau magasin connecté Couche-Tard à titre d’exemple. «Chaque jour dévoile une nouvelle innovation. Le rôle de McGill est d’être au premier plan de l’innovation, du changement, du leadership.» </p>



<p>→ Voir aussi : <em><em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/couche-tard-connecte-ombre-a-daves-store-depanneur-historique-faculte-de-gestion/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Un Couche-Tard sans contact ouvre ses portes dans le pavillon Bronfman</a></em></em></p>



<p>Pour Darshan Daryanani, le bicentenaire serait l’occasion de se souvenir et de reconnaître «le bon et le mauvais» de l’Université. Il a ainsi affirmé que l’Université avait été bâtie grâce au labeur de personnes noires, autochtones et de couleur et que les voix de ces groupes marginalisés, tout comme celles des étudiant·e·s internationaux·les ou francophones, ne sont toujours pas écoutées par McGill. À cet effet, le futur président a mis de l’avant une motion au Sénat de l’Université qui proposerait l’installation d’une plaque sur le portail Roddick qui reconnaîtrait les erreurs passées de McGill envers des populations marginalisées par la colonisation et l’esclavage et réaffirmerait l’engagement de l’Université envers l’équité et la diversité. Il espère que cette motion sera acceptée par le Sénat mcgillois avant la fin avril.</p>



<p>Le futur président de l’AÉUM s’est en outre exprimé sur les obligations de durabilité sociale en environnementale adjacentes aux nombreuses innovations de McGill. «[Notre responsabilité sociale] inclut le désinvestissement [des énergies fossiles] et&nbsp; la reconnaissance de la réalité des changements climatiques et de notre complicité en la matière», a‑t-il affirmé.&nbsp;</p>



<p>Ses propos rejoignent ceux de Désinvestissement McGill, qui a fourni au<em style="user-select: auto;"> Délit </em>un communiqué à l’occasion du bicentenaire. En plus de sommer l’Université de démonter la statue de James McGill, l’organisation considère que «McGill a l’opportunité d’être à la hauteur de ses prétentions de leader climatique en se désinvestissant de l’industrie des énergies fossiles, ce qui inclut les compagnies Enbridge et TC Energy qui perpétuent actuellement la violence coloniale sur le territoire anishinaabe et wet’suwet’en».</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/25/desinvestissement-mcgill-appelle-a-boycotter-metro/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Désinvestissement McGill appelle à boycotter Metro</a></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/200-ans-en-2021/" data-wpel-link="internal">200 ans en 2021</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’année prochaine à Jérusalem</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/lannee-prochaine-a-jerusalem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christopher John Chanco]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 00:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Francofête]]></category>
		<category><![CDATA[Philippines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43639</guid>

					<description><![CDATA[<p>Premier prix du concours d’écriture créative de la Francofête 2021 - volet français langue seconde.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">«Un Philippin!» s’est-t-il exclamé. Sa voix vibrait avec la joie d’avoir retrouvé un vieil ami, ou plutôt une espèce rare.&nbsp;</p>



<p>– Bah… oui, je crois. Au fait, je cherchais…</p>



<p>– T’as des pièces de monnaie?!»</p>



<p>Je lui ai répondu que j’avais des shekels et même quelques dollars américains<em>.</em></p>



<p>«Ça ne m’intéresse pas. Tu vois&nbsp;mon petit trésor? J’ai des rupiahs, des euros, des yens et encore, la monnaie de la Zambie: savais-tu qu’elle s’appelait le kwacha? Quel nom bizarre! Tous les touristes qui viennent me voir, ils me donnent la monnaie de leur pays. De l’Asie, il ne me manque que celle des Philippins», a‑t-il prononcé avec fierté.</p>



<p>Dans un coin de sa boutique, Dian a retiré une tapisserie poussiéreuse sous laquelle se cachait sa collection internationale d’unités monétaires. Effectivement, il avait recueilli des pièces de monnaie représentant presque une cinquantaine de pays. Un véritable pactole, m’a‑t-il assuré.&nbsp;</p>



<p>Dian était palestinien d’une famille arabo-musulmane. Divisés entre Jérusalem et Ramallah, dans les territoires occupés, ses proches ne se sont jamais revus depuis les années 60. Et lui? Le beau jeune homme de vingt ans s’occupait de ce petit magasin dans la Vieille Ville où il vendait des souvenirs aux pèlerins.&nbsp;</p>



<p>J’examinais le bordel sacré autour de moi: des rosaires en bois d’olive, des icônes de saintes, des ménorahs d’or terni, de vieilles mezouzahs et des croix en argent rouillé accrochées sur le mur. Je ne voyais que des souvenirs chrétiens et hébraïques.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai repéré une espèce de crèche, dissimulée par un drap noir. Captivé, je contemplais cette scène de nativité qui s’est dévoilée devant moi. Dian me regardait curieusement. Paumé et privé de sommeil, je lui aurais paru, en toute apparence, comme un enfant perdu. J’avais quitté l’hôtel minable où j’étais resté la veille au soir. Tout seul, valise en main, je cherchais un meilleur hébergement quand je suis tombé sur lui ce matin-là. Il avait du mal à déplacer une table, alors je l’ai aidé. Il m’a convaincu de rester pour lui rendre service en aménageant la vitrine juste avant l’heure d’ouverture. Puis, on s’est mis à bavarder.</p>



<p>&nbsp;Je lui ai remis un billet de cent pesos, en lui expliquant qu’il ne valait rien.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>– </em>Le peso: comme le truc des Mexicains!</p>



<p><em>– </em>Oui, c’est ça! Au fait, je cherchais un endroit où dormir pendant quelques jours. Par hasard, connais-tu une auberge sympa, et pas très chère, quelque part?&nbsp;</p>



<p>– Mon ami, tu as de la chance. Le meilleur gîte de la vieille ville appartient à mon oncle! Suis-moi!</p>



<div class="wp-block-image is-style-default"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2.jpg" alt class="wp-image-43655" width="565" height="843" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2.jpg 402w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/04/quartier-arabe-2-330x493.jpg 330w" sizes="auto, (max-width: 565px) 100vw, 565px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christopher-chanco/?media=1" data-wpel-link="internal">Christopher John Chanco</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Je l’ai suivi. La lumière de l’aube nous a guidés, le soleil se levant quand on se dirigeait vers le quartier arabe. À cette heure-là, les cloches des églises sonnaient et les muezzins chantaient en parfait synchronisme. Ça me donnait envie de pleurer, malgré mon propre agnosticisme.&nbsp;</p>



<p>On est arrivés à l’auberge dont l’affiche lisait: <em>Hebron Youth Hostel and Café.</em></p>



<p>Son oncle m’a accueilli chaleureusement. Cette soirée-là, il m’a invité à jouer aux échecs. Il m’a fait part de son vécu et la conversation s’est conduite forcément vers le conflit israélo-palestinien. Il m’a confié qu’il regrettait qu’il eût pris l’ampleur d’une guerre religieuse, voire d’une croisade. Pour lui, toute cette violence se justifiait toujours au nom de l’Histoire, autrement dit, des histoires parfois imaginées et souvent contradictoires. Quelle vérité va prévaloir entre celles de deux peuples déchirés? Je me suis dit que l’Histoire devait s’arrêter là où elle se heurte à la souffrance humaine tangible.</p>



<p>Il m’a demandé ce que je faisais en Terre sainte en cet été 2015. Est-ce que j’étais un pèlerin?&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je lui ai répondu que j’assisterais à une conférence académique qui aurait lieu à Ramallah la semaine suivante. Peut-être que je n’étais que l’un des milliers de pèlerins académiques, soi-disant experts faisant une carrière sur les grandes questions géopolitiques, alors que rien n’a changé sur le terrain.</p>



<p>Je lui ai parlé des conflits interminables entre les chrétiens, la minorité musulmane et les autochtones qui sévissaient dans le sud des Philippines.</p>



<p>En effet, les histoires les plus tragiques se retrouvent souvent dans les pays les plus beaux.</p>



<p>«Qu’est-ce que vous cherchez? lui ai-je demandé.</p>



<p><em>– </em>La paix, c’est tout ce qu’on cherche.»&nbsp;</p>
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		<title>Un bain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/04/05/un-bain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Élise Guerrero]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 00:08:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Francofête]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43659</guid>

					<description><![CDATA[<p>Premier prix du concours d’écriture créative de la Francofête 2021 - volet francophone. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je pense aux Français·es qui évoluent dans leur bain francophone</p>



<p>Une grande baignoire de céramique blanche et lustrée</p>



<p>Avec d’amusants canards en plastique anglophones</p>



<p>Je regarde mon paysage nord-américain</p>



<p>Les sapins coniques incolonisés</p>



<p>Ma langue molle arrachée, remodelée, battue au fer</p>



<p>La roche violente</p>



<p>Les grandes hémorragies de ma grammaire</p>



<p>Mon vocabulaire tous les jours au front</p>



<p>En première ligne avec ses voyelles victimes</p>



<p>Les poings pleins de couteaux</p>



<p>Les dents pleines d’acide</p>



<p>Ma gorge à la guerre sans congés payés</p>



<p>Ma voix retentissant une seule nuit en 70</p>



<p>Ma voix soldate des Amériques</p>



<p>Bardée d’acier</p>



<p>Je regarde par ma fenêtre</p>



<p>Les branches acérées se sont aiguisées sur des milliers de massacres</p>



<p>Ceux des Abénaki des Anishinabeg des Attikamekw</p>



<p>Ceux des idiomes des secrets linguistiques des <em>e</em> à la fin des mots</p>



<p>Dans le ciel en flammes l’incendie des rideaux de douche</p>



<p>La céramique de la baignoire qui fond devient neige</p>



<p>Les canards en plastique enflent et deviennent carnivores</p>



<p>Balisent de jaune les autoroutes du Nord</p>



<p>Dévalisent les dictionnaires à grands coups de bec</p>



<p>Laissent sur nos étagères de pauvres plaquettes à l’encre <em>cheap</em></p>



<p>Je pense aux Français·es qui paient</p>



<p>Pour pailleter leurs organes d’exotiques calligraphies</p>



<p>Pour de la mousse de bain saveur <em>glitter</em></p>



<p>Je regarde ma ville qui se parke au coin d’un pays</p>



<p>Pour ne pas gêner la circulation</p>



<p>Je regarde les gros chars qui smokent mon quartier</p>



<p>Ma ville qui s’abat se déracine se tronçonne</p>



<p><em>Timber! Montreal city in flames.</em></p>
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