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	<title>Emilie Blanchard - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 19 Sep 2015 21:40:22 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Turbo symphonique, suite et fin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2014 05:40:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation du spectacle des Trois Accords, dans le cadre de la série OSM POP.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">De</span>ux univers musicaux aux antipodes l’un de l’autre se rencontrent le temps de deux soirées. D’un côté, les Trois Accords et ses quatre membres qui créent des chansons harmoniquement simples et accrocheuses aux paroles rigolotes. De l’autre, l’OSM qui représente la culture classique. Rencontrés par <i>Le Délit</i> récemment, les Trois Accords ont déclaré que leur objectif était de s’intégrer totalement dans l’univers du classique, sans leurs instruments.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Suite à une jolie ouverture qui rappelle le style du compositeur américain John Williams, le chef d’orchestre et arrangeur Simon Leclerc s’est brièvement adressé au public pour expliquer le processus créatif et faire part de l’admiration et respect des Trois Accords pour l’OSM. Les Trois Accords ne sont pas sur la scène. En fait, ils sont dans la salle, afin de réaliser leur vieux rêve d’assister à l’un de leur propre concert.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce spectacle unique est divisé en deux parties. Pour la première section, seulement les musiciens de l’OSM, le baryton Patrick Mallette et la soprano Roseline Lambert interprètent quelques-unes des chansons des trois albums précédents des Trois Accords soit <i>Gros mammouth album turbo</i> (2004), <i>Grand champion international de course</i> (2006) et <i>Dans mon corps</i> (2009). On retiendra notamment l’adaptation instrumentale de «Ton avion», qui est magnifique, en particulier pour les cordes. La fête débute avec «Hawaïenne» chantée en allemand par Patrick Mallette dans une interprétation typiquement germanique, causant l’hilarité collective du public. Il est parfois même difficile de l’entendre au-travers de tous les rires. Roseline Lambert enchaine avec «Saskatchewan» en russe et on remarque dès lors sa superbe et claire voix de soprano.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un peu plus tard, Patrick Mallette, dorénavant chouchou du public, est de retour pour «Tout nu sur la plage», en français. Il engage d’ailleurs la participation des spectateurs pour le refrain final et reçoit une ovation surprise à la fin. «Turbo sympathique» est toujours un duo, cette fois-ci entre les deux chanteurs lyriques et les rires continus dans la Maison Symphonique. Finalement, Patrick Mallette termine cette section avec «Dans mon corps», en italien. Il l’interprète dans un style plus romantique et théâtral que sa germanique «Hawaïenne». En conclusion, cette première partie est excellente et les arrangements sont tous superbes. On se doit de féliciter les solistes de savoir préserver leur concentration malgré les rires incessants. L’ambiance dans la salle est un mélange entre le ballet de Casse-noisettes durant les fêtes et un spectacle de Juste pour Rire. On est loin du décorum classique habituel et c’est rafraichissant. &nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La seconde partie est uniquement consacrée au dernier album <i>J’aime ta grand-mère</i>. Les chansons sont interprétées dans l’ordre chronologique de l’histoire fictive derrière l’album, c’est-à-dire, l’histoire d’amour entre Simon et la grand-mère d’Alexandre. Les quatre musiciens sont à l’avant de la scène avec trois micros. Simon Proulx est parfois en duo avec Alexandre Parr, et Pierre-Luc Boisvert et Charles Dubreuil les accompagnent occasionnellement. Ils nous rappellent des groupes vocaux comme les défunts Baronets. Finalement, Sébastien&nbsp;Leblanc intervient pour faire des liens narratifs entre les chansons.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En général, le public est beaucoup plus attentif durant cette section du spectacle. Néanmoins, certains ont de la difficulté à contenir leur énergie pour «J’aime ta grand-mère», adaptée avec des castagnettes, et «Bamboula», qui était encore très dynamique. Les arrangements sont réussis et très accrocheurs. Les percussions sont évidemment au premier plan. Par contre, parfois, les musiciens de l’OSM jouent trop fort et il est difficile d’entendre la voix de Simon Proulx. Il y a aussi un beau solo de harpe dans «Sur le bord du lac». Grosse surprise finale: Charles Dubreuil quitte la scène et termine de façon grandiose «Retour à l’institut» avec un accord sur le Grand Orgue Pierre-Béique. Quoique les ovations soient quasi-automatiques à Montréal, celle-ci est instantanée, longue et amplement méritée.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour ce qui est de nos prédictions de la semaine dernière, seule la harpe a fait partie de ce concert. Il était difficile pour l’équipe du <i>Délit</i> de voir venir toutes les percussions. Toutefois, le carillon tubulaire est utilisé à quelques reprises, avec un son qui s’apparente à un triangle.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Somme toute, la structure du spectacle est vraiment idéale pour combler autant les mélomanes, avec une première partie plus «classique», que les fans des Trois Accords, avec une seconde partie plutôt pop-rock-classique. La justesse du tir égale la réussite. Bonne chance aux prochains invités d’OSM POP, car la barre est haute pour réinterpréter la formule.</span></p>
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		<title>Turbo symphonique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/29/turbo-symphonique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2014 04:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec les Trois Accords et Simon Leclerc en vue de leur concert pour la série OSM POP.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>e contenu du concert du 30 septembre et 1er octobre prochain à l’OSM est tenu top secret et il est impossible d’obtenir des détails à l’exception de deux éléments: “Saskatchewan”&nbsp; (<i>Gros Mammouth Album Turbo</i>, 2004) sera chantée en russe par une soprano et “Dans mon corps” <i>Dans mon corps</i>, 2009) sera interprétée en italien par un baryton. Le chef d’orchestre Simon Leclerc et les quatre membres du groupe, Alexandre Parr (guitare), Simon Proulx (guitare), Pierre-Luc Boisvert (basse) et Charles Dubreuil (batterie), ont accepté de nous rencontrer.</p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b><i>Le Délit</i>:</b> <i>Quand j’ai su que le concert OSM POP serait avec les Trois Accords, j’ai pensé que l’idée était très intéressante. Coïncidence, j’ai trouvé une entrevue que vous avez faite avec Richard Martineau pour les </i>Francs Tireurs <i>(émission 393 du 27 mars 2013, ndlr) où il&nbsp; mentionnait la possibilité de collaborer avec les Trois Accords.&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Simon Leclerc: </b><i>(surpris) Oh my god!</i> C’est bon! Parce que j’étais sûr que personne ne soulèverait ça. Effectivement, <i>(faisant référence aux Trois Accords) </i>il trouvait qu’on faisait trop de concerts populaires. Il a dit: «ce sera quoi la suite? Hawaïenne en symphonique?».&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Alexandre Parr:</b> OH!&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> Et je lui avais dit: «Pourquoi pas?»</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Vous lui aviez suggéré Hawaïenne avec du Vivaldi…</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> C’est fou la jonction que tu fais, parce que… Non, je ne peux pas en dire plus… Parce que c’est fou… C’est fou!&nbsp;</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><b>LD:</b> <i>Hypothétiquement, sans parler d’Hawaïenne au concert à venir, pourquoi Vivaldi?&nbsp;</i></p>
<p class="p4"><b>SL:</b> Le groupe s’appelle «Les Trois Accords». Ce n’est pas un groupe qui est réputé pour la complexité harmonique de ses chansons. C’est un<i> four-piece </i>band qui fait de très bonnes chansons dans un univers absurde. Le fait que le langage harmonique ne soit pas comme du Stockhausen ou quelque chose d’excessivement complexe me permet de le traiter d’une autre façon. J’ai mentionné Vivaldi lors de l’entrevue, parce que quand tu analyses du Vivaldi il n’y a pas une grande complexité harmonique non plus. Alors, il est possible de faire un lien entre les deux univers.</p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><b>LD:</b> <i>J’ai également lu que vous commencez toujours par étudier le langage musical d’un groupe pour le pousser un peu plus loin…&nbsp;</i></p>
<p class="p4"><b>SL:</b> Ce qui fait partie de ma démarche dans un premier temps est d’écouter attentivement ce que les artistes ont à proposer. Donc, j’ai tout écouté de ce qu’ils ont fait à ce jour et qui était disponible. Je dois le souligner parce qu’il y a peut-être des choses qui ont été effacées. Ensuite, j’ai réfléchi aux façons dont on peut approcher ça pour que ce soit symphoniquement intéressant, qu’on aille ailleurs et qu’on ait leur aval, c’est-à-dire qu’ils soient confortables avec la vision que j’amène. Je peux amener une vision qui ne leur correspond absolument pas et il est important pour moi qu’ils soient heureux dans cet aquarium-là.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Comment l’idée est-elle venue: les Trois Accords pour la série OSM POP?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>AP:</b> Je pense que c’est venu autant de l’OSM que de nous. Vous étiez à la recherche d’excellents groupes <i>(rires)</i> pour la série et nous cherchions depuis longtemps un spectacle spécial pour clore la tournée (<i>J’aime ta grand-mère</i>). C’était vraiment un match parfait et tout s’est très bien déroulé. On avait une vision assez claire de ce qu’on voulait faire et qui n’était pas très standard. On est habitué de voir le groupe, avec ses instruments et l’orchestre. Mais ce ne sera pas du tout ça. Ce sera l’orchestre qui interprétera les chansons des Trois Accords.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Est-ce que des membres du groupe ont une formation classique?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>AP:</b> Moi, en guitare classique alors que j’étais au cégep Vincent‑d’Indy. C’était il y a très longtemps, mais j’ai toujours aimé la musique instrumentale et pour moi c’est un honneur de venir avec les Trois Accords à l’OSM. C’est comme un rêve impossible <i>(Simon Leclerc rit)</i>. J’ai écouté ce qui a été fait et c’est incroyable. Les arrangements sont parfaits. Je n’aurais pas pu faire mieux <i>(rires)</i>.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Pour l’instant on sait seulement qu’il y aura «Saskatchewan» en russe et «Dans mon corps» en italien. Comment Saskatchewan est-elle devenue «</i>Saskachevan<i>» [écriture phonétique de Saskatchewan en russe, ndlr]?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> Après quelques rencontres, nous nous sommes entendus sur le fait qu’on voulait faire quelque chose de vraiment différent. Simon (Proulx) a mentionné qu’il existe des traductions de certaines de leurs chansons. Cela m’a intéressée et je leur ai demandé de me les trouver. Ils ont fait leurs recherches et m’ont présenté quelques trucs. Par la suite, on s’est mis d’accord sur ce que nous retenions, et ce qu’on en ferait. C’est une belle folie.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Quels étaient les objectifs des Trois Accords pour cette expérience?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Simon Proulx:</b> Je pense que l’objectif était, un peu comme pour le reste, de ne pas faire les choses comme les autres. Tout simplement. Puisque la série (OSM POP) existe déjà depuis quelques années, nous voulions essayer de l’approcher différemment et de ne pas être sur scène avec nos instruments. Nous voulions intégrer complètement le monde et les codes du classique et ce dans la mesure de nos capacités <i>(rires)</i>. Nous voulons y aller pleinement et que cela nous mène dans une zone que les gens n’ont pas tant l’habitude de voir. C’est agréable de rencontrer Simon, un gentil chef d’orchestre <i>(rires)</i>. On avait peur au départ. C’est une belle rencontre, vraiment cool.</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Quel est l’instrument classique&nbsp; que vous aimeriez apprendre?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SP:</b> Ce serait définitivement le triangle, parce que c’est un mal-aimé. Je pense d’ailleurs qu’il faut être ambidextre et ce serait ma prétention pour en jouer.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>AP:</b> Pour moi, ce serait le basson. «Pop pop pop» <i>(il imite un basson)</i>.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Pierre-Luc Boisvert:</b> Je dirais la contrebasse. J’aurais besoin de pratiquer la tenue d’un archet.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SP:</b> Tu pourrais jouer du jazz dans un orchestre classique. Tu serais le premier.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>PLB:</b> On fera ça la semaine prochaine. <i>(rires)&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Charles Dubreuil:</b> Peut-être chef d’orchestre? Je ne pense pas que j’irais vers un instrument si j’étais dans le monde du classique. Je ne me vois pas dans cet univers-là autrement.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> On fera ça aussi la semaine prochaine.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>En mélangeant deux univers totalement à l’opposé l’un de l’autre, c’est-à-dire le symphonique et les Trois Accords, est-ce que cela pourrait aider à populariser un peu la musique classique?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> Je pense qu’il y a zéro lien. Des études ont été faites sur ce sujet et l’un n’a pas un impact sur l’autre. Ce n’est pas parce qu’on fait une rencontre trippante comme celle-ci, qu’il y aura plus de personnes à l’OSM la semaine suivante. &nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>AP:</b> Mais, je peux dire par contre qu’il y a des gens qui ne seraient jamais venus et qui seront là.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> Ça c’est un point différent. Est-ce qu’ils vont revenir? On ne sait pas.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SP:</b> Donc tu veux dire qu’on ne va pas aider Beethoven dans sa carrière?&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>SL:</b> J’ai le malheur de t’annoncer que non. <i>(rires)&nbsp;</i></span></p>
<p class="p3">
</p><p class="p4"><span class="s1">Après cette rencontre fort sympathique, <i>Le Délit </i>souhaite faire quelques prédictions sur le concert à venir. Les Trois Accords désirant maximiser leur expérience classique, nous pensons qu’il y aura du triangle, du clavecin, le chœur de l’OSM et de la harpe. Affaire à suivre… </span><span class="s3">&nbsp;</span></p>
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		<title>La jeunesse éternelle à l’OSM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/la-jeunesse-eternelle-a-losm/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2014 14:50:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’orchestre symphonique de Montréal ouvre sa 81ème saison avec Berlioz.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>ucien Bouchard, président du conseil d’administration de l’OSM, a ouvert le concert du 10 septembre en résumant le succès de la dernière année ainsi que les points marquants de la programmation 2014–2015, qui s’annonce prometteuse. Entre autres, en première nord-américaine, Kent Nagano dirigera <i>L’Aiglon</i>, un drame musical inspiré de la vie du fils de Napoléon. De grands invités sont attendus, dont les pianistes Lang Lang et Boris Berezovsky et le chef d’orchestre Zubin Mehta pour la <i>Troisième symphonie</i> de Mahler. Finalement, le premier acte de <i>Valkyrie</i> de Wagner terminera la saison au mois de mai.</p>
<p class="p3"><span class="s1"><i>Roméo et Juliette</i> de Berlioz, jouée pour la dernière fois par l’OSM en 1985, est un excellent choix pour entreprendre une nouvelle année sous le thème de la jeunesse éternelle et pour permettre à l’Orchestre de continuer dans sa lignée de rendre la musique plus accessible au grand public. Alors, quoi de mieux qu’une adaptation de l’histoire des deux amants les plus connus de la littérature anglaise.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les amateurs de la pièce de Shakespeare risquent d’être déçus. Il ne s’agit pas d’une adaptation symphonique de l’œuvre, mais plutôt d’une adaptation musicale (avec et sans chœurs) très libre des grandes parties de la pièce. Les voix faisant surtout de la mise en contexte, il est donc essentiel que les musiciens transposent la richesse expressive, le drame, les émotions et le romantisme derrière l’histoire originale.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La première partie met l’histoire en contexte et présente la rivalité Capulet-Montaigu. On retiendra un divin duo entre la mezzo-soprano française Clémentine Margaine et le harpiste Jennifer Swartz, ainsi que l’excellente performance des violoncellistes du début à la fin.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La deuxième partie est quasi exclusivement orchestrale et représente un défi d’interprétation pour les musiciens, qui doivent mettre en musique les sentiments derrière le texte mythique de Shakespeare. Une mention spéciale doit être faite au hautbois Theodore Baskin pour son Roméo solitaire et mélancolique juste avant de rencontrer sa Juliette au bal. La scène d’amour, pièce de résistance de la symphonie, est réussie. Léger bémol: une petite erreur s’est glissée dans le programme et la troisième section de cette partie, la Reine Mab, a été oubliée. Néanmoins, elle fut exécutée merveilleusement avec beaucoup de légèreté et de délicatesse.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est dans la troisième partie que l’émotion et le drame tant recherchés sont à leur paroxysme. La dernière partie de la symphonie débute avec le cortège funèbre de Juliette et se termine avec la réconciliation des deux familles. Le baryton français Nicolas Testé, qui a déjà chanté <i>Roméo et Juliette</i> avec l’Opéra d’Amsterdam, est clairement le plus solide des vocalistes. Sa voix est puissante et se disperse merveilleusement bien dans la maison symphonique. Son interprétation du Frère Laurence est juste, moralisatrice et forte.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Tout au long du concert, Maestro Nagano était particulièrement passionné dans la direction de ses musiciens. Les transitions entre les différentes parties de l’œuvre ainsi que les changements de nuances ont été bien exécutés. C’est de bon augure pour la saison qui s’amorce.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dans l’intimité de B.B.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/04/01/dans-lintimite-de-b-b/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2014 06:17:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un documentaire autorisé sur Brigitte Bardot présenté dans le cadre du FIFA.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Réalisé par David Teboul, le documentaire <i>Bardot, la méprise</i> est autorisée par Bardot elle-même, mais cette dernière ne participe pas directement au film de quelque façon que ce soit. Toutefois, elle donne accès au réalisateur à plus de trente heures de vidéos de famille et un accès à ses résidences, La Madrague et La Garrigue, à St-Tropez. Teboul intègre également des extraits de ses films et de ses mémoires, lus par Bulle Ogier. L’objectif du cinéaste est de transmettre un portrait sensible et intime de cette sex-symbol des années 50 et 60, un des emblèmes de l’émancipation des femmes et de leur libération sexuelle.</p>
<p>Brigitte Bardot est née en 1934 à Paris, dans une famille bourgeoise très stricte et froide. Son père était un homme autoritaire, sa mère indifférente à son égard et sa sœur, Marie-Jeanne, était la favorite de ses parents. Elle se passionne dès un très jeune âge pour la danse et commence le mannequinat à 15 ans en tant que mascotte du magazine <i>Elle</i>, ce qui sera son tremplin vers le cinéma et la musique. Comme elle le dira plus tard, c’est à partir de ce moment que le destin s’est mis à marcher contre sa volonté. S’ensuit une carrière et une vie personnelle sous les feux de la rampe. Elle met fin à sa carrière en 1973, à l’âge de 38 ans, pour se consacrer uniquement à la défense des animaux.</p>
<p>Le défi semble de taille: comment créer un documentaire autorisé alors que la principale intéressée ne veut être ni vue ni entendue. En fait, <i>Bardot, la méprise</i> semble être un projet personnel du réalisateur. Il donne régulièrement ses impressions en voix-off sur Bardot et les événements de sa vie, racontés par la voix de Bulle Ogier. C’est quasiment une conversation entre Bardot et Teboul. Il lui fait part de ses impressions sur sa vie, comment il la perçoit, c’est-à-dire mélancolique. Les extraits de certains films sont aussi judicieusement sélectionnés pour faire le parallèle entre la vie de Bardot et sa carrière, en particulier ses relations amoureuses.</p>
<p>Alors que le projet final se veut émouvant et empathique, on sent en partie la frustration et déception du réalisateur de n’avoir pas réussi à collaborer directement avec Bardot. C’est très lent et le réalisateur prend un peu trop de place, en particulier dans la deuxième partie du film. Sa propre perception de la vedette et ses sentiments à son égard sont omniprésents. Il aurait été plus intéressant d’intégrer plus d’extraits des mémoires de Bardot, qui sont rafraichissants par leur honnêteté. &nbsp;Un des points forts du film est la présentation de l’enfance de Bardot. Le montage des archives du père de Bardot est réussi et les vidéos sont agréablement mises en parallèle avec des extraits de ses mémoires. On éprouve de l’empathie pour cette petite fille qui a grandi dans un milieu familial assez froid et désagréable. On comprend ce qui a pu orienter sa carrière et surtout sa relation avec les hommes. Pourtant, Teboul réussit à présenter Bardot comme une femme à la fois forte, sensible, rebelle et implacable qui aime l’amour et est passionnelle. Somme toute, <i>Bardot, la méprise</i> est intriguant, sans être captivant.</p>
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		<title>Wes Anderson 101</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/24/wes-anderson-101/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 04:08:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Cinéma du Parc présente une rétrospective du réalisateur américain.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 21 au 27 mars, le Cinéma du Parc présente trois films judicieusement sélectionnés et très différents les uns des autres pour se familiariser avec l’univers et le style singulier de Wes Anderson: <i>Bottle Rocket</i> (1996), <i>Fantastic Mr. Fox</i> (2009) et <i>Moonrise Kingdom</i> (2012).</p>
<p>Brièvement, présentons quelques caractéristiques des films de Wes Anderson. Tout d’abord, la production de ses films se fait souvent dans une ambiance très familiale. En effet, Anderson collabore régulièrement avec les mêmes artisans, tels qu’Owen Wilson, Bill Murray, Roman Coppola et Jason Schwartzman.</p>
<p>Ensuite, il y a la mise en scène, unique à Anderson. Il utilise la technique dite du <i>flat staging</i>, préconisée dans la comédie. Il s’agit de toujours placer les éléments au centre de l’objectif, afin qu’ils soient perpendiculaires ou parallèles à celui-ci, comme dans une bande dessinée de Charlie Brown. Ainsi, les personnages et décors sont centrés et très symétriques. Les personnages marchent en ligne droite et sont de face ou de profil à la caméra.</p>
<p>Finalement, la direction artistique est méticuleuse et précise. Les décors sont souvent excentriques et parfois rétro, avec des palettes de couleurs limitées. La bande sonore est régulièrement composée de chansons des années 1960 et 1970 ou confiée à des compositeurs de renom comme le français Alexandre Desplat.</p>
<p><b>Bottle Rocket&nbsp;</b></p>
<p>Sorti en 1996, <i>Bottle Rocket</i> est le premier long-métrage du réalisateur texan, qu’il a coécrit avec son colocataire à l’université. L’acteur Owen Wilson y joue aussi un des rôles principaux, avec son frère Luke. Il est inspiré d’un court métrage du même nom réalisé et interprété par les mêmes artistes, présenté en 1992 au Festival de Sundance.</p>
<p>C’est l’histoire d’Anthony (Luke Wilson), Dignan (Owen Wilson) et Bob (Robert Musgrave) qui désirent devenir cambrioleurs professionnels. À la suite d’un simple braquage, ils prennent la fuite pour rencontrer et collaborer avec un certain monsieur Henry (James Caan). Dans leur périple, Anthony tombe amoureux d’une femme de ménage latino-américaine dans un motel.</p>
<p><i>Bottle Rocket</i> est une comédie indépendante qui, à sa sortie, fut un échec commercial mais pourtant apprécié de la critique. Il a permis à Wes Anderson de se faire un nom et de présenter quelques éléments cinématographiques qui deviendront sa marque de fabrique, dont le <i>flat staging</i> et un sens de l’humour singulier.</p>
<p><b>Fantastic Mr. Fox&nbsp;</b></p>
<p>Le septième long-métrage de Wes Anderson est adapté d’un livre pour enfants éponyme de Roald Dahl. C’est l’histoire de Mr. Fox (George Clooney), autrefois un grand voleur de pigeons, qui décide de cambrioler ces trois voisins fermiers. Ces derniers feront tout leur possible pour avoir sa peau.</p>
<p><i>Fantastic Mr. Fox</i>, bien qu’il soit un film d’animation adapté d’un célèbre livre pour enfants, est loin d’être destiné uniquement à un jeune public. En effet, Anderson a poussé l’histoire de son long-métrage beaucoup plus loin que dans le roman, avec une plus grande touche d’ironie et plus de références intellectuelles, ce qui plaît majoritairement aux adultes.</p>
<p>La qualité de l’animation, via la technique <i>stop-motion</i>, est particulièrement impressionnante et méticuleuse. C’est une œuvre d’art de 86 minutes et un véritable plaisir pour les yeux. De plus, le casting est impressionnant et on retrouve de grands noms dans des rôles secondaires comme Meryl Streep, Michael Gambon et Willem Dafoe. Aussi, il s’agit de la première participation du compositeur Alexandre Desplat à la musique, qui signe une bande sonore très excentrique et amusante. C’est donc sans surprise que <i>Fantastic Mr. Fox</i> avait été nominé aux Oscars en 2010 dans la catégorie du Meilleur film d’animation et de la Meilleur musique originale.</p>
<p><b>Moonrise Kingdom&nbsp;</b></p>
<p>Sorti en 2012, <i>Moonrise Kingdom</i> a été à la fois un grand succès commercial et critique. C’est une histoire d’amour entre Suzy (Kara Hayward) et Sam (Jared Gilman) deux pré-adolescents très intelligents et mal-aimés qui décident de s’enfuir ensemble de leur maison et camp de scouts respectifs.</p>
<p>Nominé aux Oscars en 2012 pour le Meilleur scénario original (coécrit par Roman Coppola et Wes Anderson), <i>Moonrise Kingdom</i> résume parfaitement le genre cinématographique de Wes Anderson: humour noir, intello et absurde, présence de plusieurs de ses fidèles collaborateurs (qui sont aussi&nbsp; au casting de <i>The Grand Budapest Hotel</i>), musique d’Alexandre Desplat et mise en scène rétro, centrée et symétrique. On y retrouve également deux thèmes récurrents: les familles dysfonctionnelles et les enfants parfois plus intelligents que les adultes.</p>
<p>Trois œuvres à découvrir ou à revoir avant de se lancer dans <i>The Grand Budapest Hotel</i>.</p>
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		<title>L.A. Phil du bon coton</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/24/l-a-phil-du-bon-coton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 03:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’OSM reçoit le prestigieux Orchestre philharmonique de Los Angeles.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que l’Orchestre symphonique de Montréal est en tournée européenne du 11 au 25 mars 2014, la Maison symphonique reçoit l’Orchestre philharmonique de Los Angeles (<i>Los Angeles Philharmonic</i>, L.A. Phil), considéré comme l’un des meilleurs orchestre au monde. Au programme: la <i>Symphonie No.1</i> de John Corigliano et la <i>Symphonie No.5 en mi mineur </i>de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Deux symphonies composées à un siècle d’intervalle et aux styles différents, la première étant contemporaine et la seconde, romantique.</p>
<p>La <i>Symphonie No.1</i> de John Corigliano, récipiendaire de l’Oscar de la meilleure trame sonore en 2000 pour <i>Le Violon Rouge</i> (François Girard), a été composée en 1988–1989, alors que l’épidémie de SIDA faisait rage. Corigliano l’a écrite en hommage à des amis qui sont décédés des suites de la maladie. En effet, chacun des trois premiers mouvements est dédié à une personne chère au compositeur.</p>
<p>Le premier mouvement, «<i>Apologue: Of Rage and Remembrance</i>», est dédié à un ami pianiste. Le mouvement débute avec choc et intensité. Dudamel crée un chaos pour rappeler la tension et la peur de la maladie destructrice mais peu connue à l’époque. On y retrouve des extraits au piano du <i>Tango</i>, d’Isaac Albéniz, en trame de fond, comme un fantôme, alors que les cordes jouent pianissimo, pour créer une ambiance de nostalgie et de mélancolie. Chose intéressante: la pianiste de l’orchestre fait des allers-retours sur scène et en coulisse pour aller jouer, inaperçu, des extraits du <i>Tango</i>, ce qui fait se demander au spectateur l’origine de cet air fantomatique.</p>
<p>La pièce se poursuit avec la <i>Tarantella</i>, une forme musicale traditionnelle italienne très énergique pour littéralement repousser la folie suite à la piqure de tarentule. Dans cette partie, la tarentule, c’est le SIDA, et il faut alors se battre contre la démence de cette maladie mortelle qui peut causer autant des périodes schizophrènes et hallucinatoire que des moments de lucidité et de calme. C’est pourquoi ce mouvement passe souvent de l’intensité chaotique à la douceur.&nbsp; Dudamel maîtrise ces contrastes avec brio, créant ainsi un plus grand impact pour le spectateur.</p>
<p>Le troisième mouvement, «<i>Chaconne: Giulio’s song</i>», un hommage à un ami violoncelliste du compositeur, est certainement le plus émouvant. Il débute avec les violoncelles, altos et contrebasses, pour ensuite se poursuivre en un solo puis un duo entre les deux principaux violoncellistes, qui sont bouleversants. Une interprétation divine de la tristesse, de la perte et de la maladie qui détruit tout sur son passage, sans pitié.</p>
<p>L’épilogue est un rappel de tous les mouvements précédents. On y retrouve de nouveau le <i>Tango</i> nostalgique d’Albéniz, la tarentelle démentielle et les violoncellistes mélancoliques pour capturer une dernière fois le choc, la peur, la tristesse et le ravage causé par cette nouvelle épidémie. Les toutes dernières mesures sont mémorables. Après une ultime phrase emmenée par les percussions, un la joué par&nbsp; le violoncelle émerge de ce vacarme</p>
<p>Somme toute, la <i>Symphonie No.1</i> est une expérience musicale émotionnelle carrément émouvante qui démontre qu’avec des musiciens chevronné et un chef d’orchestre magistral, on peut transmettre des émotions plus puissantes qu’avec des paroles. Ça fait mal et c’est beau.</p>
<p>Après l’entracte, le L.A. Phil entame la <i>Symphonie No.5</i> de Tchaïkovski, qui fut composée à la suite d’une époque difficile pour le compositeur, dont le mariage désastreux avec Antonina Milyukova, qui le poussa, dit-on, à une tentative de suicide. Ainsi, le thème de cette symphonie est l’homme qui accepte de suivre son destin et sa capacité à survivre dans l’adversité et la dépression.</p>
<p>La pièce débute avec des clarinettes, violoncelles et altos, sur un thème grave. S’ensuit un phrasé plus énergique et dynamique, à la mélodie bien reconnaissable, qui fait de la <i>Cinquième Symphonie</i> l’un des morceaux phares du compositeur russe. C’est lyrique et mélodique.</p>
<p>Le finale est une victoire, qui rappelle l’«Ouverture Solennelle 1812» par son intensité et l’enthousiasme qu’elle suscite. En fait, ce fut si brillamment exécuté que l’orchestre californien a eu droit à une ovation. Devant un tel succès, Maestro Dudamel invite ses instrumentistes à enchaîner un rappel. Si le rappel n’est pas coutumier à Montréal – l’OSM n’en a fait qu’un en cinq ans – les orchestres en tournée, soucieux sûrement de leur image internationale, offrent souvent ce petit plaisir au public. Ce geste de spontanéité dans l’univers de la musique classique est souvent très apprécié; celui du 20 mars dernier n’a pas échappé à la règle</p>
<p>La réputation du L.A. Phil n’est plus à faire, Dudamel dirige merveilleusement ses musiciens et sait créer une harmonie des sons et chaque section joue juste en ce sens. Il y a une chimie et un excellent travail d’équipe entre les musiciens, le secret pour un orchestre de renom.</p>
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		<title>Laisse tomber les garçons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/18/laisse-tomber-les-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2014 15:15:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Guillaume Gallienne présente son premier long-métrage, une comédie autobiographique sur la quête identitaire.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>L</i><i>es garçons et Guillaume, à table!</i> est l’adaptation de la pièce de théâtre et «<i>one-man show</i>» du même nom que Guillaume Gallienne, sociétaire à la Comédie-Française, a présenté en 2008.</p>
<p>L’histoire est entièrement autobiographique. Guillaume vient d’une famille de la grande bourgeoisie et, ne ressemblant pas à ses deux frères purement machos et virils, il croit réellement être une fille et se met à imiter sa mère, à laquelle il est très attaché. Après tout, quel meilleur modèle féminin pour une fille que sa propre mère? Alors il se met à s’approprier ses manières et sa voix, de sorte que plusieurs personnes le confondent avec sa mère et que toute sa famille le prend pour un homosexuel.</p>
<p>Le scénario de <i>Les garçons et Guillaume…</i> est intelligent et particulièrement hilarant. Il explore, entre autres, le thème de la quête identitaire, un sujet dans lequel toute personne peut se reconnaître et qui est abordé avec énormément d’humour et d’autodérision. C’est une comédie parfois absurde et burlesque, mais particulièrement rythmée, où on rit à gorge déployée pendant 86 minutes. On retiendra en particulier la scène de l’audience avec Sissi l’impératrice, née de l’imagination du jeune Guillaume, et brusquement interrompue quand son père entre dans sa chambre lui dire bonsoir.</p>
<p>Un autre sous-thème du film, très almodovarien, est l’admiration et la haute estime de Gallienne pour les femmes. Il les étudie, les adore et rêve de devenir comme elles. Avec son film, le réalisateur leur rend hommage.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 640px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-20493" alt="les garçons et guillaume" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/C-Guillaume1-640x426.jpg" width="640" height="426" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/C-Guillaume1-640x426.jpg 640w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/C-Guillaume1-150x100.jpg 150w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté des Films Seville</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>&nbsp;</p>
<p>Si Gallienne interprétait tous les personnages dans sa pièce, il se limite seulement à deux rôles dans son long métrage: Guillaume et Maman. Rarement un homme n’aura jamais aussi bien interprété une femme. Il va sans dire que Gallienne a eu plusieurs années de pratique et d’étude pour ce même personnage, il a pu s’approprier ses manières et sa voix, de sorte qu’aujourd’hui son double-rôle est aussi précis qu’il est sans faille.</p>
<p>Lorsqu’une pièce de théâtre est adaptée au cinéma, il y a souvent un danger, que la mise en scène soit très statique, en lieu clos, et que le long-métrage ressemble à du théâtre filmé. Or dans <i>Les garçons et Guillaume…</i>, on a droit à une mise en scène très riche, colorée et créative. Le théâtre est présent, avec un aller-retour fréquent entre la narration et le «<i>one-man show</i>», pour garder cette touche originelle et expliquer des éléments au spectateur du point de vue de Guillaume, ce qui est une façon très créative de briser le quatrième mur.</p>
<p>Lors de la 39<i>e</i> cérémonie des Césars en février dernier, <i>Les garçons et Guillaume…</i> était nominé dans dix catégories et a remporté cinq prix, tous amplement mérités: Meilleur film, Meilleur premier film, Meilleur acteur (Guillaume Gallienne), Meilleure adaptation (Guillaume Gallienne) et Meilleur montage.</p>
<p>C’est tout le talent de Guillaume Gallienne qui éclate au grand jour: son monde, sa fantaisie, qui le propulse sur le devant de la scène cinématographique française. Aucun risque, cependant, qu’il devienne une star annexée par le système, car lui, le sociétaire de la Comédie-Française, reste un homme de théâtre avant tout. Son passage très concluant derrière la caméra laisse augurer de beaux projets pour les années à venir; le public en redemande, et Guillaume Gallienne n’a pas fini de nous faire rêver. En salles dans tous les bons cinémas de Montréal depuis le 14 mars 2014.</p>
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		<item>
		<title>Bon vent, Miyazaki</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/11/bon-vent-miyazaki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2014 05:02:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dernier film de Miyazaki revisite un pan de l’histoire nationale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le réalisateur japonais Hayao Miyazaki, pionnier de son art, a annoncé que <i>Le vent se lève</i> serait son dernier long métrage. Il s’inspire du roman éponyme de Tatsuro Hori et raconte l’histoire romancée de Jiro Horikoshi, un ingénieur en aéronautique passionné et surdoué qui a conçu les avions Mitsubishi A6M, largement utilisés par l’armée japonaise et les kamikazes durant la deuxième guerre mondiale.</p>
<p>Le film débute avec un rêve de Jiro, alors enfant, dans lequel il rencontre son idole: l’ingénieur en aéronautique italien Giovanni Battista Caproni. Celui-ci conseille au jeune garçon, qui rêve de devenir pilote mais doit y renoncer à cause de sa mauvaise vision, de construire des avions. Ses rencontres avec ce personnage, toujours oniriques, seront parfois des indices prémonitoires sur l’histoire à venir. Plus important encore, on y aborde un des thèmes principaux du film, à savoir: quel est le prix à payer pour voir ses plus beaux rêves se réaliser? Jiro, un homme bon et généreux, rêve de construire des beaux avions. Toutefois, il doit travailler sur un projet en sachant fort bien que l’armée utilisera son œuvre comme machine de guerre et meurtrière.</p>
<p><i>Le vent se lève</i> se base et fait référence à plusieurs reprises au vers: «Le vent se lève! …il faut tenter de vivre!» de Paul Valéry tiré de son célèbre poème «Le cimetière marin». Ainsi, le vent tient un rôle primordial tout au long du film. Dans les années 1930, le Japon est dans une période difficile: grande dépression et épidémie de tuberculose, sans oublier les tensions générées par la guerre qui approche. Alors, le vent peut apporter autant de merveilles que de catastrophes. Entre autres, il est au cœur des grands moments que vivent le protagoniste et Naoko Satomi, celle qui deviendra sa femme.</p>
<p>Un film d’animation, et plus particulièrement une œuvre de Miyazaki, se visionne différemment de tout autre genre de cinéma. En effet, le réalisateur nippon dessine chaque image à la main et la qualité y est splendide. Certains paysages et images ressemblent à s’y méprendre à des tableaux impressionnistes ou encore à des photographies.</p>
<p>Dans un même ordre d’idée, à une époque où les films sont de plus en plus tournés a l’aide d’écrans verts et ont recours à des effets spéciaux plus vrais que nature, il est intéressant de voir ce que l’animation peut faire. Un bel exemple est la façon dont Miyazaki s’y prend pour représenter le tremblement de terre dévastateur de Kantō de 1923, qui est tout simplement géniale. Le vent se lève en premier, puis c’est au tour de la terre de gronder et enfin le chaos prend toute la place, de façon impressionnante.</p>
<p>La musique, composée par Joe Hisaishi, fidèle collaborateur de Miyazaki, est très intéressante, car on y retrouve deux thèmes majeurs d’inspirations distinctes. D’un côté, il y a de la musique aux accents italiens, lors des rencontres du protagoniste avec Caprioni. L’autre thème majeur est plus mélodramatique et est présent lors des scènes entre Jiro et Naoko. Dans un thème comme dans l’autre, la musique est délicate et constitue un accompagnement à l’histoire, pour créer un tout très poétique.</p>
<p>Pour information, dans la version anglaise, le personnage de Jiro est doublé par l’acteur américain Joseph Gordon-Levitt, ce qui est un choix intéressant. Sa voix est à la fois mûre, sobre et jeune, de sorte qu’il suit bien le personnage au-delà d’une décennie, sans toutefois prendre trop de place et conserver ainsi toute l’attention sur les images.</p>
<p><i>Le vent se lève</i> est un chef d’œuvre cinématographique et artistique mélangeant merveilleusement bien les genres de film historique, romantique et de guerre. Même les plus sceptiques du cinéma d’animation seront charmés et éblouis par tant de finesse et de poésie. C’est magnifique et Miyazaki tire ainsi sa révérence en beauté.</p>
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		<item>
		<title>12 Years a Slave: «Meilleur film?»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/12-years-a-slave-meilleur-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2014 05:49:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19930</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur les jugements futurs et passés de l’Académie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La course aux Oscars de 2014 prendra fin le 2 mars prochain et l’un des favoris dans la catégorie du «Meilleur film» est <i>12 Years a Slave</i>, du réalisateur britannique Steve McQueen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’histoire est basée sur le livre autobiographique du même nom de Solomon Northup. Ce charpentier et violoniste Afro-Américain était un homme libre jusqu’en 1841, où il est kidnappé et vendu à des négriers du sud des États-Unis pour devenir esclave pendant douze ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les films de Steve McQueen ne font, de manière générale, pas dans la dentelle et abordent des thèmes difficiles. Dans <i>12 Years a Slave</i>, son troisième long-métrage, la réalisation et la mise en scène sont magnifiques. McQueen joue beaucoup avec la lumière et les ombres, pour créer un contraste entre l’enfer et le ciel. Les parallèles entre le passé et le présent sont minimes, mais finement exécutés. L’utilisation des gros plans sur ses comédiens y est excellente et le réalisateur présente de nouveau la nudité sans aucune forme de pornographie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tous les acteurs de <i>12 Years a Slave</i> sont merveilleusement dirigés et sélectionnés. Même pour des personnages bien secondaires, on retrouve d’excellents acteurs comme Paul Giamatti, Brad Pitt (également co-producteur) et Paul Dano. Deux interprètes doivent avant tout être mentionnés: Chiwetel Ejiofor (Solomon Northup) et Michael Fassbender (Edwin Epps).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’acteur anglais Chiwetel Ejiofor interprète un personnage complexe et difficile. La direction de McQueen et son jeu d’homme libre et éduqué devenant la propriété d’autrui est tout simplement superbe. Il joue avec brio l’impuissance, l’instinct de survie et la soumission d’un homme à la fois en colère et découragé de son injustice, qui doit choisir entre survivre ou se battre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Michael Fassbender, qui en est à sa troisième collaboration avec Steve McQueen (après <i>Hunger</i><i> </i>et le superbe <i>Shame</i>) est effrayant dans le rôle d’Edwin Epps, le deuxième «propriétaire» de Solomon. L’acteur irlandais interprète un homme purement sadique, diabolique, sans aucune empathie et surtout, terrorisant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>12 Years a Slave</i> est violent, mais on est loin des films de Tarantino. La violence y est physique (le maquillage et les effets sont splendides), et psychologique, autant pour les personnages que les spectateurs. Le mauvais traitement et la torture des esclaves y sont représentés avec tant de réalisme que le spectateur ressent la suffocation et le désespoir des personnages. On lui raconte une histoire en le prenant par la gorge, en lui pointant du doigt les erreurs du passé, sans détour ni excuse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La magnifique musique, composée par Hans Zimmer, rappelle ses compositions pour <i>Inception</i> (Christopher Nolan, 2010), et utilise des thèmes très sombres. La bande sonore renforce le sentiment d’oppression et de peur par une utilisation poussée des percussions et des basses, qui est interrompue par des thèmes aux cordes, plus apaisants et mélancoliques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ainsi, qu’en est-il de la possibilité de <i>12 Years a Slave</i><i> </i>de remporter la statuette du «Meilleur film» le 2 mars prochain? Tout est possible, mais ce n’est pas gagné d’avance. La cuvée des Oscars de 2014 se distingue majoritairement par des films inspirés de faits réels. En effet, six des neuf films en nomination sont basés sur des faits vécus, un thème prisé par l’Académie, soit:<i>12 Years a Slave</i>, <i>American Hustle</i>, <i>Captain Philips</i>, <i>Dallas Buyers Club</i>, <i>Philomena</i> et <i>The Wolf of Wall Street</i>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Toutefois, au cours des dernières années, l’Académie a principalement récompensé des films «patriotiques». En 2010, le prix est remporté par l’excellent <i>Hurt Locker</i>, qui parle des démineurs militaires en Irak. L’année suivante, c’est <i>The King’s Speech</i>, racontant l’histoire du Prince Georges VI qui a réussi à surmonter l’adversité et son problème de bégaiement afin de devenir roi et diriger le Royaume-Uni durant la guerre. En 2012, c’est sans grande surprise que le simpliste <i>The Artist</i> remporte l’honneur ultime. Finalement, l’année dernière, c’est le banal <i>Argo</i> qui remporte l’Oscar au lieu de l’excellent <i>Zero Dark Thirty</i>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En fait, la lutte entre <i>Argo </i>et <i>Zero Dark Thirty </i>démontre la tendance de l’Académie à privilégier les films avec une fin heureuse et/ou une belle morale. Le premier fut sévèrement critiqué pour ses erreurs factuelles, comme par exemple en donnant un rôle bien mineur au gouvernement canadien lors de la prise d’otages de Téhéran. <i>Zero Dark Thirty</i> était beaucoup plus réussi autant au niveau du scénario, des interprétations et de la réalisation. Toutefois, le film présentait un côté sombre des États-Unis, en particulier l’utilisation de la torture sur des détenus de guerre. De plus, certains hommes politiques américains, dont le sénateur John McCain, ont attaqué ouvertement le film et ses artisans pour, entre autres, avoir obtenu des documents confidentiels du gouvernement et valorisé l’utilisation de la torture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Somme toute, <i>12 Years a Slave</i> mérite selon moi de gagner le prix du «Meilleur film». Il est supérieur en réalisation, interprétation et scénario que ses concurrents. Le projet, dans son ensemble, créé un impact majeur sur le spectateur, qui en sort troublé. Il le prend par la gorge en lui exposant sans détour une histoire dure mais très réaliste. Toutefois, son thème couvrant un pan peu glorieux de l’histoire américaine ne risque pas d’enchanter les membres de l’Académie. <i>12 Years Slave</i> est un film qui est difficile à regarder et qui laisse une trace. Sa violence physique et psychologique immerge le spectateur dans le milieu de l’esclavage avec beaucoup de brutalité. C’est un film qui fait mal et bouleverse, mais qui est si beau.</p>
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		<title>Telle mère, telle fille</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/21/telle-mere-telle-fille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2014 06:31:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mauvaise fille présenté au cinéma Impérial dans le cadre du Festival Cinémania.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>M</i><i>auvaise fille</i> est adapté du roman éponyme de l’écrivaine Justine Lévy, lui-même retenu pour le prix Goncourt en 2009. Elle est la conjointe de Patrick Mille, et la fille de l’écrivain-philosophe Bernard-Henri Lévy et de sa première épouse, le mannequin Isabelle Doutreluigne, décédée en avril 2004.</p>
<p>Le roman et le film sont une chronique d’autofiction sur la relation mère-fille entre Louise (Izïa Higelin) et Alice (Carole Bouquet), alors que la première est enceinte et que la seconde est en rémission d’un cancer qui rechute. Même si cette grossesse devrait être un moment de réjouissance pour toute la famille (elle l’est pour cinq bonnes minutes), Louise le vit avec beaucoup de stress, de culpabilité et d’angoisse à cause du cancer de sa mère, qui fut une piètre figure parentale.</p>
<p>C’est vrai, Alice n’a pas été une bonne mère. Elle négligeait sa fille, faisait la fête et consommait beaucoup d’alcool et de drogues, laissant ainsi sa fille livrée à elle-même. Le père de Lucie (Bob Geldof) est une rock star internationale qui n’était pas là pour elle, à cause de sa carrière. De ce fait, la grossesse de Louise lui rappelle tous ses mauvais souvenirs d’enfance et l’amène à se questionner: saurais-je être une bonne mère alors que ma propre mère était totalement incompétente et mon père, absent?</p>
<p>Les divers retours en arrière dans l’enfance de Louise sont intéressants, mais la transition, et parfois même la pertinence, entre ces scènes et le reste du film n’est pas toujours évidente. En ce qui concerne le scénario, coécrit par Lévy et Mille, il respecte la part d’autofiction et est très réaliste, malgré quelques écarts par rapport au livre. Il apporte aussi beaucoup d’humour sur un sujet tout sauf comique. Il aurait été intéressant que le film pousse un peu plus loin la réflexion psychologique et les conséquences d’une enfance «rock ‘n roll» sur un rôle parental ultérieur.</p>
<p>Du côté des interprétations, Bob Geldof surprendra plusieurs par la qualité de son français oral. Il&nbsp; parait naturel en père absent, qui fait tout ce qu’il peut pour sa fille et fait preuve de créativité pour améliorer cette situation familiale compliquée. Carole Bouquet est sans doute la plus attachante des mères indignes. Égocentrique et immature, celle-ci arrive à peine à se sentir coupable de ses multiples gaffes parentales, mais sa part d’humanité est omniprésente.</p>
<p>Izïa Higelin, fille du chanteur Jacques Higelin, en est à son premier rôle au cinéma. Avant de jouer dans <i>Mauvaise fille</i>, Higelin était la chanteuse du groupe Izïa, avec lequel elle a remporté quelques Victoires de la musique. Toujours dans le thème de l’autofiction, elle interprète la fille d’un chanteur; on la trouve absolument charmante, attachante, explosive et magnifiquement théâtrale. On éprouve de l’empathie pour ce personnage qui a tellement souffert de sa propre mère qu’on comprend sa crainte, sa peur et son stress à l’idée de devenir mère à son tour. Son interprétation lui a d’ailleurs valu le César du meilleur espoir féminin en 2013.</p>
<p><i>Mauvaise fille</i> est une affaire de famille dans tous les sens du terme. L’aspect autofiction et réaliste du film, en plus d’une interprétation très intéressante et explosive de Izïa Higelin, font de ce film un projet agréable à visionner.</p>
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		<title>Si jeunesse savait</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/11/12/si-jeunesse-savait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 15:56:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jeune &#038; Jolie est présentée en première québécoise au Cinéma Impérial.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le scénario original est particulièrement créatif et audacieux. C’est l’histoire d’Isabelle (Marine Vacth), une adolescente de 17 ans, qui, à la suite de sa première relation sexuelle décevante lors d’une amourette d’été avec un jeune Allemand qu’elle ne reverra jamais, décide de se prostituer sous le pseudonyme de Léa. Chaque partie du film est présentée sous forme de saison, lesquelles ont chacunes pour thème une chanson de Françoise Hardy: «L’amour d’un garçon» (l’été), «À quoi ça sert?» (l’automne), «Première rencontre» (l’hiver), «Je suis moi» (le printemps, le générique).</p>
<p>Ceux qui chercheront à comprendre les motivations d’Isabelle à se prostituer seront déçus. Le magnifique scénario, judicieusement écrit, ne donne aucun indice aux proches d’Isabelle, ni au psychologue de cette dernière, et encore moins aux spectateurs. François Ozon, le réalisateur, ne s’attarde pas à étudier le phénomène de la prostitution estudiantine, mais y fait plutôt allusion à quelques reprises. Dans un même ordre d’idée, il est important de mentionner que la prostitution n’est pas valorisée dans ce film. Certains clients d’Isabelle la traitent particulièrement mal. Il n’y a rien de joyeux, gratifiant ou même agréable à vendre son corps dans <i>Jeune &amp; Jolie</i>.</p>
<p>Isabelle ne semble avoir aucune raison de se prostituer. Elle vient d’un milieu particulièrement aisé et fréquente le prestigieux lycée parisien Henri-IV. Elle n’a pas besoin de l’argent de ses passes. Sa relation avec son père est normale et «il n’y a rien à dire de plus à ce sujet». Sa relation avec sa mère est un peu plus tendue et complexe et les raisons en restent toujours inconnues.</p>
<p>Ainsi, <i>Jeune &amp; Jolie</i>, via une mise en scène maîtrisée et sublime, cherche à entretenir le mystère sur les motivations d’Isabelle en se concentrant plutôt sur la jeunesse et ses amours, d’où la présence de Françoise Hardy. Ses chansons reprennent l’essence de l’amour adolescent: «un amour malheureux et une désillusion romantique».</p>
<p>Dans la poursuite de ce thème, il y a une référence importante au poème «Roman» d’Arthur Rimbaud: «On n’est pas sérieux quand on a 17 ans». À cet âge, on est insouciants et c’est la période des premiers amours: passionnels, parfois sans lendemain et douloureux. La présence de ce poème est ironique, considérant que la double vie d’Isabelle est tout ce qu’il y a de plus sérieuse et adulte, voire dangereuse, même si toutes ses «relations» sont passionnelles et sans lendemain.</p>
<p>Le film marque aussi les débuts de Marine Vacth dans un premier grand rôle au cinéma. L’actrice française de 22 ans est un mannequin qui a fait, entre autres, la campagne du parfum <i>Parisienne </i>d’Yves Saint-Laurent. Son interprétation est surprenante et rafraichissante. Vacth joue avec beaucoup de naturel et de fluidité. Elle entretient le mystère du personnage et garde cette impression de mélancolie chez Isabelle tout au long du film. Les scènes de sexe sont parfois crues et il est évident que son expérience de mannequinat la rend très à l’aise avec son corps, de sorte qu’elle peut tourner des scènes difficiles mais essentielles que certaines actrices refuseraient de tourner sans avoir recours à une doublure.</p>
<p>Toujours dans les interprétations, il importe de parler de la très brève apparition de Charlotte Rampling (superbe) dans un rôle qu’il est préférable de ne pas dévoiler, mais qui sera très important dans la conclusion du film.</p>
<p>Finalement, la bande originale, préparée par Philippe Rombi, mérite d’être mentionnée. En plus de Françoise Hardy, la B.O. est remplie de chansons qui reflètent la jeunesse d’aujourd’hui&nbsp;dans la musique électronique ou le rock alternatif, comme Vitalic, Crystal Castles et M83. Bien sûr, il ne faut pas oublier d’évoquer&nbsp; le superbe thème composé par Philippe Rombi, qui présente un judicieux mélange de fraîcheur et de mélancolie.</p>
<p>Le film a été présenté au Festival de Cannes en mai dernier et a reçu un bel accueil, en particulier pour Marine Vacth. Il s’agissait par ailleurs du retour de François Ozon à Cannes, qui n’était pas allé sur la croisette depuis <i>Swimming Pool </i>(2003).</p>
<p>Somme toute, <i>Jeune &amp; Jolie </i>est un superbe film sur la jeunesse et les premières amours. Il puise sa force dans un excellent scénario original et une magnifique mise en scène. La belle interprétation de Marine Vacth, qui est une véritable révélation, est complémentée par une bande originale soigneusement préparée par Philippe Rombi qui reflète parfaitement le groupe d’âge représenté.</p>
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		<title>Un après-midi bohème</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/21/un-apres-midi-boheme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2013 23:54:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la série «Les dimanches en musique», l’OSM présente un concert tchèque.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concert du dimanche 12 octobre&nbsp; a débuté avec une introduction en hommage à l’homme d’affaires Paul Desmarais, décédé le 8 octobre à l’âge de 86 ans. Paul Desmarais était un grand amateur de musique classique et s’est énormément impliqué dans les arts et dans l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM). Le concerto pour violon n°1 de Max Bruch, présenté plus tard dans le programme, était un de ses concertos préférés.</p>
<p>Le programme débute avec <i>Vltava </i>de Bedrich Smetana, aussi connue sous le nom de <i>La Moldau</i>. Tirée du cycle de six pièces symphoniques <i>Má Vlast&nbsp;</i>(«ma patrie»), Smetana a composé ces pièces en 1874 en hommage à son pays natal, la Bohème, évoquant son histoire et ses paysages. Vltava est en fait le nom de la plus grande rivière du pays, qui traverse la ville de Prague et la région de la Bohème.</p>
<p>Jakub&nbsp;Hruša, qui a auparavant enregistré une version de <i>Má Vlast </i>largement encensée par la critique, dirige bien ses musiciens. Quoique l’introduction par les flûtes soit légèrement faible alors qu’elle devrait être plus imposante, tous les autres instruments, et plus particulièrement les cordes, dont l’unisson détonne, réussissent à transporter les spectateurs dans une ambiance magique qui donne l’impression de prendre part à un voyage sur cette rivière.</p>
<p>Juste avant l’entracte, la soliste norvégienne Vilde Frang vient interpréter le superbe concerto n° 1 pour violon du compositeur allemand Max Bruch. Certainement un des concertos pour violon les plus populaires.</p>
<p>Lors de sa prestation, Vilde Fang joue sur un Stradivarius «Engleman». Le prélude (<i>allegro moderato</i>) et la finale (<i>allegro energico</i>) sont les parties les plus réussies. Elle joue avec énormément d’intensité et de passion, ce qui fait oublier aux spectateurs les quelques erreurs techniques mineures. La qualité du son du stradivarius et l’accoustique de la maison symphonique rendent l’expérience particulièrement agréable.</p>
<p>Finalement, l’OSM termine son concert avec la Symphonie n°8 en sol majeur d’Antonín Dvorák. Le compositeur tchèque, qui était par ailleurs un ami de Bedrich Smetana, a écrit cette symphonie dans sa maison de campagne en Bohème, région à laquelle il rend également hommage dans cette pièce, qui est beaucoup plus joyeuse que ses autres symphonies.</p>
<p>L’<i>allegro con brio </i>débute avec un solo très chaleureux et en unisson des violoncelles, pour ensuite déborder d’énergie grâce à l’entrée en scène des timbales. L’<i>adagio </i>se démarque par la maîtrise des intonations des cordes, qui rappelle les paysages tranquilles de la campagne, ensuite interrompus par un orage. L’<i>allegretto grazioso </i>est certainement la plus belle partition pour les cordes et donne l’irrésistible envie d’aller danser la valse. Finalement l’<i>allegro ma non troppo </i>clôt le concert dans une tempête de violoncelles et de vents, synonyme de danse et de célébration, apportant un effet des plus forts.</p>
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		<title>Noces d’or à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/09/24/noces-dor-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2013 06:35:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Place des Arts fêtait son 50ème anniversaire dans la diversité artistique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de commémorer les cinquante ans de la Place des Arts, quelques 8 000 spectateurs se sont rassemblés pour assister à différents spectacles, entre autres, d’opéra, de théâtre et de musique symphonique. Le spectacle de l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), pour l’occasion, a débuté avec une intervention spéciale du&nbsp; baryton-basse Philippe Sly et de la présentatrice de CTV News Montreal Mutsumi Takahashi, lesquels ont résumé l’histoire de la Place des Arts, un symbole national des arts de la scène.</p>
<p>En première mondiale, l’OSM a débuté son concert avec la pièce <i>Le cœur battant de la ville</i> par Nicolas Gilbert, un compositeur montréalais. La pièce a été commandée à l’auteur spécialement en vue du cinquantième anniversaire de la Place des Arts. Nicolas Gilbert considère que le Mont Royal est le poumon de Montréal, et que la Place des arts en est le cœur battant. Ainsi, les instruments à vents y sont omniprésents. La pièce est énergique, électrisante et interpelle le spectateur peu habitué à la création contemporaine. Toutefois, le seul bémol de cette pièce est que les vents sont trop forts, de sorte qu’il est impossible d’entendre les instruments à cordes, alors que leur partition semble complexe et intéressante.</p>
<p>Par la suite, l’OSM a enchaîné avec les pièces de son concert de jeudi dernier intitulé <i>James Ehnes joue Mozart</i>. Tout débute avec l’ouverture de <i>La flûte enchantée</i> de Mozart. Quoique bien court, ce morceau est léger et joyeux: idéal pour une soirée de célébration.</p>
<p>Ensuite, c’est au tour du violoniste James Ehnes d’interpréter le concerto n°5 en La majeur, K. 219 de Mozart. James Ehnes joue avec une finesse et une délicatesse inouïe. L’interprétation se fait en douceur et légèreté dans cette magnifique salle qu’est la Maison symphonique .Kent Nagano conduit son orchestre et son soliste avec brio et maîtrise bien les intonations. Les effets de sa superbe gestuelle apportent beaucoup d’émotion, d’énergie et de passion à cette œuvre de l’époque classique.</p>
<p>Finalement, comme pièce de résistance de 57 minutes, l’OSM termine son spectacle avec la symphonie n°3 en Ré mineur d’Anton Bruckner, lequel l’avait dédié à Richard Wagner. On remarque d’ailleurs quelques références à Wagner dans la complexité et l’intensité mélodramatique. La pièce est grandiose et majestueuse. Chaque instrument a un solo bien marqué et on décèle pourtant une homogénéité surprenante&nbsp; entre les cordes et les vents. Les instruments de l’orchestre viennent former un tout harmonieux et puissant, digne de l’événement. La trompette est mise de l’avant au début et à la fin, avec un magnifique solo réjouissant et triomphal.</p>
<p>Somme toute, le premier concert de la programmation de l’OSM était passionnel, joyeux et festif. C’est un excellent départ pour cette 80<i><sup>e</sup></i> saison.</p>
<p>- Emilie Blanchard</p>
<p style="text-align: center;">***********************************************************</p>
<p>Le 21 septembre 1963, la Place des Arts ouvrait son premier rideau sur l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé conjointement pour les besoins de cette soirée inaugurale par deux chefs d’orchestre d’envergure: Wilfried Pelletier et Zebn Mehta. Cinq salles, 45 millions de spectateurs et surtout 50 ans plus tard, il semble que ce soit toujours le même symbole de rassemblement et de collaboration artistique qui anime la Place des Arts. C’est donc à travers cette volonté que, le 21 septembre 2013, le théâtre Maisonneuve a proposé un spectacle intitulé «Maisonneuve danse», rassemblant cinq des plus grandes compagnies de danse québécoises pour cinq extraits de pièces différentes: O vertigo avec <i>Khaos</i>, Les Ballets Jazz de Montréal avec <i>Harry</i>, La compagnie Marie Chouinard pour un extrait du <i>Sacre du printemps</i>, Le Groupe Rubberbandance pour <i>Quotient empirique</i> et enfin <i>Danz</i>, par les Grands Ballets.</p>
<p>Après un discours inaugural, le silence se fait, le noir se fond. C’est d’abord à Ginette Laurin d’occuper le plateau avec son extrait de <i>Khaos</i>, pièce qui traite de cette abondance épileptique de mouvements et de sons qu’est la vie. Les danseurs, presque toujours en groupe, ne s’arrêtent jamais: leur corps est tour à tour intime et saccagé, chaotique et sautillant. Il arrive qu’un individu ou qu’un couple se détache de cette meute tumultueuse pour occuper un espace vide avec de prodigieux portés qui trahissent la superbe compréhension du poids des corps par la chorégraphe. Et pourtant, ça n’accroche pas. <i>Khaos</i> peine, en 10 minutes, à se condenser, à s’atomiser, et surtout à hypnotiser son public: ce n’est pas une pièce qui se prête au jeu de ce spectacle-anniversaire, à cause de la complexité de son fond, et du manque de temps pour le faire revenir à la surface.</p>
<p>«J’aime des spectacles qui soient non pas des «oeuvres‑d’art», mais des fêtes, des événements, des explosions, oui, fête, le mot est juste» écrit Maurice Béjart dans ses <i>Lettres à un jeune danseur</i>. C’est dans cette catégorie que nous rangerons les deux extraits suivants: le premier est <i>Harry</i>, des Ballets jazz de Montréal, qui dépeint le personnage éponyme dans toutes sortes de situations aussi bien frivoles (une hilarante scène de séduction) que métaphysiques. Le second extrait, c’est <i>Danz</i>, des Grand Ballets, lui-même composé de cinq extraits du répertoire de la compagnie. Ces deux pièces, par leur éclectisme tant musical que gestuel et la virtuosité des interprètes (on remarquera, entre autres, le caméléon Jean-Baptiste Couture, des Grands Ballets) se distancient du paysage grisonnant de la danse contemporaine conceptuelle. Elles réussissent ce pari en alliant culture populaire et maîtrise parfaite du corps, trame narrative simpliste et grandeur de l’ensemble.</p>
<p>Le quatrième extrait est celui du Rubberbandance group, <i>Quotient empirique</i>. La dimension poétique de l’œuvre est bien présente, notamment grâce à son dépouillement et son traitement du vide: pas de décor, peu de lumières, peu de danseurs. Victor Quijada, le chorégraphe de la compagnie, vise à explorer les relations qui existent entre temps et identité grâce à l’utilisation d’un mouvement organique issu d’une juxtaposition de la danse classique et de la culture hip-hop; croisement nécessaire à la survie de la danse puisqu’il permet sa réactualisation perpétuelle. Malheureusement, ce métissage, dans le cas de <i>Quotient empirique</i>, demeure trop imparfait, trop fragmenté, plus vinaigrette que mayonnaise.</p>
<p>Vient enfin Marie Chouinard, avec son extrait du <i>Sacre du Printemps</i>. La chorégraphe fête donc deux anniversaires: les 50 ans de la Place des Arts, bien sûr, mais aussi le centenaire de la création du premier <i>Sacre</i>, celui de Nijinski. La pièce s’ouvre sur une figure mi-humaine mi-animale simplement éclairée par la douche d’un spot lumineux. Résonnent alors les premières notes du basson ancré dans la mémoire collective des spectateurs. Il est difficile de décrire ce qui se passe ensuite. Les figures des hommes-bêtes se succèdent, toujours seules, toujours éclairées par un simple projecteur. Le muscle se tend, la pupille se crispe. Les corps, eux, sont tour-à-tour grossiers par leurs pieds en-dedans, majestueux par leur musculature, dérangeants par leurs grimaces. Deux choses viennent alors à l’esprit. La première est une phrase de Nietzsche: «Je ne croirais qu’en un dieu qui saurait danser». La seconde est une sensation sublime; car si le <i>Sacre du printemps</i> est un rite païen, le long silence qui précéda les applaudissements, lui, avait un goût de sacré.</p>
<p>- Thomas Birzan</p>
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		<item>
		<title>Ils vécurent malheureux et eurent beaucoup d’enfants</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/ils-vecurent-malheureux-et-eurent-beaucoup-denfants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 14:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[éliette abécassis]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[louise bourgoin]]></category>
		<category><![CDATA[pio marmaï]]></category>
		<category><![CDATA[rémi bezançon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans Un heureux évènement, Remi Bezançon relate la grossesse, la naissance et la première année de vie du premier enfant de Barbara et Nicolas.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le film est basé sur le roman du même nom d’Éliette Abécassis, où le personnage principal, Barbara, n’est pas particulièrement épanouie et enjouée par sa grossesse et l’arrivée de son premier enfant. À sa sortie en 2005, le livre de l’auteure française a causé tout un émoi parce qu’il aborde la dépression post-partum, syndrome qui affecte une minorité de nouvelles mères. Certains des symptômes sont les pleurs, le sentiment d’incompétence, la fatigue et parfois même la haine de l’enfant.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-heureux-événement.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-12255" title="c - heureux événement" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-heureux-événement-740x373.jpg" alt width="740" height="373"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté de Films Seville</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Côté scénario, Rémi Bezançon emprunte un chemin différent du roman, mais tout aussi intéressant et qui attirera un public large. Il parle de l’impact d’un enfant sur le couple, particulièrement quand la mère s’occupe trop de l’enfant jusqu’à s’oublier elle-même et exclure le père. Parallèlement, les parents restent incapables de prendre du temps pour eux-mêmes et leur couple. Toutefois, le film ne diverge pas complètement du livre. Quelques scènes subtiles abordent de façon humoristique la dépression post-partum, de quoi satisfaire les amateurs du livre. Il se moque également des médias et des célébrités qui présentent la maternité comme quelque chose de facile et amusant.</p>
<p><strong>Un couple improbable</strong></p>
<p>À première vue, le couple formé par Barbara et Nicolas paraît improbable. Barbara, candidate au doctorat en philosophie, est une pure intellectuelle. Nicolas est un adulte-enfant trop proche de sa mère qui travaille dans un club vidéo. Toutefois, Pio Marmaï et Louise Bourgoin ont une belle chimie qui se transmet à l’écran, rendant ce couple beaucoup plus réaliste qu’il ne le serait dans la réalité.</p>
<p>Louise Bourgoin s’est fait connaître en France en tant que Miss Météo et critique littéraire excentrique et théâtrale au Grand Journal de Canal+. Un heureux évènement s’agit de son premier grand rôle dramatique. Avec ses lunettes ingrates et ses cheveux rebels, le rôle de Barbara est moins glamour que celui de Miss Météo. Elle interprète aisément toute la variété des émotions que son personnage de Barbara traverse: la joie, le doute, la colère et la tristesse.</p>
<p>Pio Marmaï, qui a travaillé avec Rémi Bezançon dans Le premier jour du reste de sa vie, joue un père qui se métamorphose avec la paternité. Il devient réellement un adulte et coupe le cordon avec sa propre mère. Également, il tente de se rapprocher de son enfant, mais qui est incapable de le faire, parce que Barbara prend toute la place, ce qui est plutôt dommage car il semble être un père aimant et attentionné.</p>
<p><strong>Le travail des enfants</strong></p>
<p>Finalement, il faut parler des éléments techniques. Tout d’abord les prothèses de Louise Bourgoin sont très réussies et bien adaptées aux différentes étapes de la grossesse et post-accouchement. De plus, les bébés qui jouent dans le film sont extrêmement jeunes, ce qui a dû compliquer le tournage.</p>
<p>D’ailleurs, le film a été tourné en Belgique et non en France, afin de pouvoir jouer avec un bébé âgé de 45 minutes. Dans l’Hexagone, il est interdit de tourner avec des enfants de moins de 3 mois.</p>
<p>Un heureux évènement brise les stéréotypes de la maternité. Les entorses au livre original rendent le film plus universel et il touchera ainsi davantage de couples. Il offre un aperçu réaliste mais théâtral de la maternité, que ce soit les moments de bonheur ou de tristesse.</p>
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		<title>Bonjour la Polisse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/06/bonjour-la-polisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 14:43:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[bpm]]></category>
		<category><![CDATA[brigade de protection des mineurs]]></category>
		<category><![CDATA[cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[dpj]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[maïwenn]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Polisse suit le quotidien personnel et professionel parfois tumultueux des policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La BPM est l’équivalent français de la DPJ au Québec. La seule différence, c’est que ce sont des policiers qui figurent en bas de la hiérarchie de la police française. Leurs besoins passent souvent en derniers, contrairement à la brigade des stupéfiants.<br>
Il est difficile de qualifier le style cinématographique de Maïwenn. Dans Le bal des actrices, son film précédent, la réalisatrice (qui joue son propre rôle) veut faire un documentaire musical sur les actrices françaises de tous les genres; celles qui sont populaires ou déchues, celles qui jouent dans des films d’auteur, etc. Il n’est pas clair si le film est réellement un documentaire, ou si c’est un film de fiction sur un documentaire. Ainsi, la grande particularité de ses films est le sentiment extrêmement fort de «film réalité», une particularité qui n’échappe pas à Polisse.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-polisse.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-11631" title="c - polisse" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/c-polisse-740x416.jpg" alt width="740" height="416"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté des films Seville</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le but de Polisse est de rendre hommage à ces gens qui consacrent leur vie à protéger celle des autres. Maïwenn a suivit la BPM pendant des mois pour écrire son scénario et démontrer l’exigence d’un tel métier, ainsi que les répercussions sur la vie personnelle des policiers. Le contenu du film est choquant à certains égards, et les spectateurs doivent se préparer à des scènes d’inceste, d’agressions sexuelles, de prostitution et de mauvais traitement. Bien sûr, étant un film de fiction, il y a un peu d’exagération dans les rencontres entre les policiers, les victimes ou les persécuteurs. Elles ne sont pas toujours aussi dramatiques, théâtrales et ne manquent pas toujours aussi cruellement de professionnalisme. Toutefois, elles sont généralement conformes à la réalité. On voit des gens très passionnés par leur travail, mais parfois exaspérés par la lourdeur des affaires. Chaque enfant sauvé est une célébration, à laquelle il faut se raccrocher dans les moments difficiles.</p>
<p>Côté interprétation, Maïwenn a réuni certains acteurs de sa formule gagnante du Bal des actrices comme Joey Starr (son conjoint à l’époque; elle a écrit le film pour lui), Marina Foïs, Karin Viard et Karole Rocher. Tous les acteurs offrent des performances solides et réalistes, grâce à la préparation qu’ils ont eu lors de scéances de travail avec les policiers de la BPM avant le tournage. L’interprétation la plus touchante et naturelle est celle de Joey Starr, dans le rôle d’un policier parfois trop investi émotionnellement dans ses affaires. Sa plus belle scène est avec un enfant qui sera placé dans un foyer sans sa mère. La meilleure chimie est celle de Karin Viard et Marina Foïs qui entretiennent une étrange relation amicale, de quasi dépendance.<br>
Le film a reçu des récompenses importantes, dont le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, ainsi que 13 nominations à la dernière Cérémonie des Césars, dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour Joey Starr. Le film a d’ailleurs remporté le prix du meilleur espoir féminin pour la superbe performance de Naidra Ayadi (ex-æquo avec Clotilde Hesme pour Angèle et Tony) et le meilleur montage.</p>
<p>Polisse est un film à la fois dur et touchant. En respectant le style ultra-réaliste de Maïwenn, il éveille les consciences et rappelle que les policiers de la BPM (ou les intervenants de la DPJ, selon le pays) exercent un travail difficile, souvent sévèrement critiqué et rarement valorisé. Le scénario est bien écrit et les interprètes sont très bien préparés, ce qui fait de Polisse une belle réussite cinématographique. Que les spectateurs soient avertis, ce n’est pas un film facile, mais qui mérite d’être vu.</p>
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		<title>La véritable méthode dangereuse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/01/17/la-veritable-methode-dangereuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:23:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[carl gustav jung]]></category>
		<category><![CDATA[keira knightley]]></category>
		<category><![CDATA[michael fassbender]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[sigmund freud]]></category>
		<category><![CDATA[viggo mortensen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A Dangerous Method raconte les relations entre les pères de la psychanalyse et une patiente russe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le scénario du film historique réalisé par David Cronenberg est tiré de la pièce The Talking Cure, elle-même inspirée du livre de John Kerr A Dangerous Method&nbsp;: The Story of Jung, Freud and Sabina Spielrein. Le livre de John Kerr se penche sur la relation entre Sigmund Freud, Carl Jung et Sabina Spielrein, une patiente russe. Tout commence quand Spielrein est traitée par Jung pour hystérie. Ce dernier, alors un grand admirateur de Freud, utilise la psychothérapie pour soigner ses patients. Ceux-ci se tournent dos au thérapeute pour pouvoir parler plus librement. Selon certains, il s’agit là de la «méthode dangereuse», inquiétante puisque nouvelle et mal connue. Toutefois, d’après le film, la dangereuse méthode pourrait référer aux relations intimes qu’entretenaient les thérapeutes avec leurs patientes.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/dangerous-method.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10391" title="dangerous method" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/dangerous-method-595x389.jpg" alt width="595" height="389"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté des films Seville</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Il est fortement recommandé d’avoir certaines connaissances sur la vie de Jung et de Freud, ainsi que sur leurs travaux. Malheureusement, pour rendre le film plus alléchant, l’accent est mis sur la relation amoureuse Jung-Spielrein, et très peu sur la grande amitié Jung-Freud. Il ne se s’agit donc plus d’un ménage à trois, mais plutôt d’un tango. Le film parlant de psychanalyse, le réalisateur fait de nombreux gros plans et toute l’attention est portée sur les acteurs.</p>
<p>L’étoile du film va à Viggo Mortensen pour son interprétation de Freud. Mortensen joue un Freud pragmatique, scientifique, intellectuel et légèrement froid. Son accent autrichien est très juste. C’est donc sans surprise que Mortensen a obtenu une nomination à la cérémonie des Golden Globes de dimanche dernier. Michael Fassbender (X‑Men: First Class) interprète Carl Gustav Jung de manière à souligner les différences entre lui et Freud. Il a un contact plus personnel avec ses patients et croit, contrairement à son mentor, qu’il est possible de traiter un patient et l’aider à se trouver une nouvelle vie et passion.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/dangerous-method-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10393" title="dangerous method (2)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/dangerous-method-2-595x364.jpg" alt width="595" height="364"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté des films Seville</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le prix citron va à Keira Knightley (Pirates of the Caribbean). Elle parle avec un accent russe approximatif; pour les histoires se déroulant dans un pays allophone, la règle devrait être la même: soit tous les acteurs adoptent un accent, soit personne n’en prend un. Son interprétation du personnage hystérique est parfois stéréotypée, voire même exagérée.</p>
<p>Finalement, la musique du film est celle du canadien Howard Shore (The Lord of the Rings), avec Lang Lang comme pianiste soliste. Les mélodies, inspirées de Richard Wagner, sont très courtes et quasi-inaudibles durant le film. Voilà un clin d’œil intéressant puisque Freud, Jung et Spielrein étaient des amateurs du compositeur allemand.</p>
<p>A Dangerous Method est un film prometteur avec une belle cinématographie, mais qui comporte des faiblesses impossibles à ignorer. À voir avec des bases en psychanalyse.</p>
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		<item>
		<title>Back to Black</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/27/back-to-black/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 04:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exclusif Web]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[noir et blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The Artist de Michel Hazanavicius: la fin du cinéma muet et le début du cinéma parlant.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La grande particularité de <em>The Artist</em> est qu’il est muet et que c’est le premier du genre en 75 ans. En effet, le dernier film muet à ce jour est <em>Modern Times </em>du grand Charlie Chaplin, sorti en 1936. À l’époque, les «<em>talkies</em>» étaient déjà bien présents depuis la fin des années 20. <em>The Artist</em> se situe dans la même période, qui coïncide avec la Grande Dépression. On suit la descente de George Valentin (Jean Dujardin), un acteur fétiche du muet, et sa protégée Peppy Miller (Bérénice Bejo), qui débute une carrière fulgurante. <em>The Artist</em> vous entraîne au cœur de leur carrière respective ainsi que dans leur histoire d’amour.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-the-artist-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10214" title="c - the artist 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-the-artist-2-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté Warner Bros.</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le scénario s’inspire de la relation entre Greta Garbo et John Gilbert. Ce dernier était une des grandes vedettes du cinéma muet. Il a toutefois eu beaucoup de difficulté à faire la transition entre les deux genres, tandis que sa compagne, Greta Garbo a vécu complètement l’opposé. L’actrice suédoise a eu une bonne carrière dans le muet puis a démarré en flèche dans les «<em>talkies</em>».</p>
<p><em>The Artist</em> a été réalisé à Hollywood. Toutefois, le casting principal, le réalisateur et le compositeur de la musique sont entièrement français. Rencontré la semaine dernière lors du tapis rouge du film à Montréal, Michel Hanazavicius désirait retrouver son équipe d’<em>OSS 117</em>, c’est-à-dire, Bérénice Bejo, sa compagne, Jean Dujardin et Ludovic Bource à la musique. Comme le dit l’expression, «<em>if it ain’t broke, don’t fix it!</em>» et c’est clairement le cas pour <em>The Artist</em>; on ne change pas une équipe qui gagne.</p>
<p>Pour réussir un film muet, il faut avant tout une histoire simple, généralement un mélodrame. Elle doit être facile à suivre, surtout si le désir du réalisateur est de divertir et de procurer du plaisir aux spectateurs. Ce qui est intéressant avec le scénario de <em>The Artist</em> c’est qu’il raconte une histoire d’amour à l’époque de l’apparition du film parlant. En d’autres termes, c’est un film muet sur l’âge d’or du cinéma. Un film d’amour à tous les degrés.</p>
<p>Puisque la population d’aujourd’hui est habituée aux films parlants, voir un film muet peut être un peu déstabilisant. Voilà pourquoi un film du genre doit être extrêmement bien fait visuellement. Rien ne doit être laissé au hasard: que ce soit l’angle de la caméra, les objets ou les figurants, tout doit être calculé à la perfection. L’esthétique de <em>The Artist</em> est impressionnante. La finition est réussie. Il n’y a aucune faille de ce côté. On retrouve même quelques petites références aux films d’Alfred Hitchcock, d’Orson Welles et bien sûr de Charlie Chaplin.</p>
<p>Un autre point important d’un film muet est le jeu des acteurs, qui est complètement différent de celui d’un film parlant. Le jeu est beaucoup expressif, chose qui ne pourrait s’illustrer dans les films parlants, parce que ce serait trop intense et exagéré. Toutefois, comme l’explique Bérénice Bejo, les acteurs font partie de l’image pour raconter l’histoire sans paroles. Ils font partie d’un tout.</p>
<p>Bérénice Bejo est très attachante, lumineuse et tout simplement adorable dans le rôle de Peppy. L’actrice s’est énormément documentée sur les actrices de films muets, un travail qui ne fait aucun doute a l’écran. Elle maîtrise le jeu de l’époque, tout comme Jean Dujardin, l’acteur principal, qui a reçu le prix d’interprétation masculine au dernier Festival de Cannes. Sa prestation est variée et complexe. Il faut le voir pour le comprendre.</p>
<p>Puisque les acteurs ne parlent pas, la trame sonore doit compenser un peu. Somme toute, la musique de Ludovic Bource est très réussie. Elle ne prend pas trop place et est inspirée des compositeurs romantiques du XIX<sup>e</sup> siècle, majoritairement de la musique symphonique. Les scènes sans musique font figure d’un choix plus audacieux et qui en surprendra plusieurs. Toute la concentration du spectateur doit alors être sur l’image afin de bien capturer l’histoire.</p>
<p><em>The Artist</em> est un film unique, joyeux et rafraîchissant. Un film qui célèbre l’âge d’or du septième art dans un genre disparu. Rien de moins pour plaire aux cinéphiles et aux amateurs de films hollywoodiens. Les actrices interprètent avec brio leur personnage dans un style disparu. À voir avec nostalgie pour certains, ou à découvrir pour d’autres.</p>
<p><em>The Artist</em> de Michel Hazanavicius<br>
Avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo<br>
Quand: En salle dès le 9 décembre</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une vie qui vaut son pesant d’or</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/22/une-vie-qui-vaut-son-pesant-d%e2%80%99or/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 13:53:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cedrik kahn]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[une vie meilleure]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=9932</guid>

					<description><![CDATA[<p>Endetté jusqu’au cou, un couple se questionne sur son avenir et la société dans laquelle il baigne.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Écrit et réalisé par Cédric Kahn, Une Vie meilleure aborde le thème du surendettement et de comment le système capitaliste traite les plus faibles. Yann et Nadia sont encouragés à bâtir leur propre restaurant. Ils sont jeunes, amoureux et ambitieux. Ce n’est pas grave s’ils n’ont pas l’argent pour le faire parce que la banque est là pour les aider. Toutefois, les choses seront moins roses quand des décisions financières douteuses prises par Yann auront un impact considérable sur leur endettement. Comme l’explique le réalisateur, «on veut du surclassement social et cela produit du déclassement; ce sont de vrais tragédies humaines».</p>
<p>Le film se veut étouffant et démontre d’un point de vue plus humain que factuel les impacts du surendettement. Yann fait de mauvais choix qui s’avèreront catastrophiques professionnellement, mais aussi personnellement. C’est un angle de la crise financière que Cédric Kahn voulait aborder. Il y a des tragédies humaines en lien avec la crise économique. Il ne s’agit pas seulement d’une question de chiffres. Pour employer les termes du film, si Yann et Nadia ne paient plus leurs dettes, les banques ne vont pas se gêner pour les égorger vivants. C’est un milieu sans pitié et sans compassion.</p>
<p>L’interprétation de Yann par Guillaume Canet est très réussie. Yann a eu une enfance difficile et est légèrement immature. Il ne sait pas s’occuper de Slimane quand on lui confie sa garde. Il fait du mieux qu’il peut selon ses connaissances, qui sont parfois limitées. Guillaume Canet a clairement étudié son personnage. Il le comprend et le maîtrise bien.</p>
<p>Leïla Bekhti, sacrée meilleur espoir féminin aux Césars cette année, est une actrice montante du cinéma français. Ses apparitions sont moindres que celles de Guillaume Canet, mais restent bien maîtrisées. L’interprétation vient naturellement. La chimie entre les deux acteurs est palpable. Le couple, pourtant si amoureux au début, se voit aspiré dans un véritable enfer économique, mais les sentiments restent toujours là. Ils n’ont personne d’autre pour les aider sauf eux-mêmes. Ce qui mène à la question: serait-il meilleur de vivre avec peu d’argent et ensemble, ou surendetté et séparé?</p>
<p>Une vie meilleure, dont le titre se veut ironique, est un drame lourd. Il dénonce les failles du capitalisme pour les couches populaires, ceux qui seront laissés sur le trottoir car ils ne pourront plus payer. Il explore la situation d’un point de vue humain en examinant l’impact du surendettement sur un couple qui n’est pas fortuné autant au sens propre que figuré. Un film militant, à sa façon.</p>
<p>Une vie meilleure de Cédric Kahn<br>
Où: CO Quartin Latin,<br>
350 rue Émery<br>
Quand: En salle dès le 18 novembre</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/22/une-vie-qui-vaut-son-pesant-d%e2%80%99or/" data-wpel-link="internal">Une vie qui vaut son pesant d’or</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Soldates de l’armée érotica</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/soldates-de-l%e2%80%99armee-erotica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 15:39:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cabaret]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[crazy horse]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[RIDM]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=9674</guid>

					<description><![CDATA[<p>Présenté en ouverture des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), Crazy Horse de Frederick Wiseman présente les danseuses du célèbre cabaret parisien.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/soldates-de-l%e2%80%99armee-erotica/" data-wpel-link="internal">Soldates de l’armée érotica</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Considéré comme un pionnier du documentaire, Frederick Wiseman est surtout connu pour ses documentaires qui touchent tous les sujets, que ce soit la politique ou la justice. Le RIDM a choisi Crazy Horse comme film d’ouverture afin de lancer, littéralement, une campagne de séduction au grand public parce que le style documentaire «fait peur» au citoyen moyen. Avec un film comme Crazy Horse, rien de mieux pour charmer les habitants de Montréal, ville qui maitrise l’art du strip-tease, selon les dirigeants du RIDM.<br>
</p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-crazy-horse_1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9821" title="spectacle dÃ©sirs" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-crazy-horse_1-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté: Crazyhorseparis.com</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Pour son trente-neuvième long-métrage, Wiseman s’est fait un cadeau en filmant les danseuses du Crazy pendant un an pour la création du spectacle Désir par le metteur en scène Philippe Decouflé et son directeur artistique Ali Mahdavi. On suit les discussions sans fin entre les actionnaires et les créateurs, les essais des costumes, les auditions de nouvelles danseuses et bien sûr beaucoup de répétitions.</p>
<p>Le Crazy Horse est un cabaret parisien créé en 1951 par Alain Bernandin. Ce qui caractérise le Crazy ce sont les danses érotiques, mais sophistiquées grâces à des effets du lumières qui habillent les danseuses quasiment nues. En fait, le Crazy Horse est considéré comme le cabaret érotique le plus chic au monde et il est autant populaire auprès des hommes que des femmes.</p>
<p>Toutefois, on est bien loin du Super Sex ou du 281. Les danseuses, majoritairement françaises, ont pour la plupart fait des grands conservatoires de ballet et elles savent monter en pointes. La nudité est omniprésente, avec un accent sur la poitrine et les fesses, mais le sexe reste toujours caché.</p>
<p>Il ne s’agit donc pas simplement de mettre une belle fille nue en grand écart sur scène. Le Crazy Horse célèbre la beauté et la sensualité de la femme et c’est ce qui expliquerait le succès du cabaret auprès de la gent féminine. Les chorégraphies sont judicieusement créées afin de permettre aux danseuses de mettre leur corps en valeur. De plus, il faut jouer avec les lumières et les costumes pour avantager le physique des artistes. Par exemple, avec le bon costume, la lumière a un impact majeur pour créer des fesses bien rondes et non osseuses.</p>
<p>Certains numéros, comme «Upside down», sont si bien faits qu’on oublie complètement la nudité. Ironiquement, le corps devient alors un accessoire à l’œuvre d’art, et la danse et les lumières prennent toute la place. Le documentaire présente beaucoup de numéros du nouveau spectacle, ce qui est très intéressant pour comprendre les styles multiples du cabaret.</p>
<p>Crazy Horse est un documentaire intéressant pour découvrir le cabaret érotique le plus connu du monde qui célèbre la beauté et la sensualité de la femme.</p>
<p>Crazy Horse par Frederick Wiseman<br>
Présenté en ouverture du RIDM<br>
Quand: Au Cinéma du Parc dès le 25 novembre</p>
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		<title>Une maîtresse et une meneuse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/08/une-maitresse-et-une-meneuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emilie Blanchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 13:06:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[elizabeth olsen]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[john hawkes]]></category>
		<category><![CDATA[sarah paulson]]></category>
		<category><![CDATA[sundance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Martha Marcy May Marlene est un thriller psychologique poignant qui raconte l’histoire de Martha (Elizabeth Olsen).</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette jeune femme particulièrement troublée se sauve d’une secte où elle a habité pendant deux ans et se réfugie chez sa sœur aînée, Lucy (Sarah Paulson). Martha est le véritable nom du personnage interprété par Elizabeth Olsen. Marcy May est le surnom qu’on lui donne dans la secte où elle habite pendant deux ans. Finalement, toutes les femmes de cette secte se présentent comme Marlene Lewis lorsqu’elles répondent au téléphone.</p>
<p><a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-martha-marcy.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9599" title="c - martha marcy" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-martha-marcy-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a></p>
<p>Acclamé par la critique à Cannes et à Sundance, <em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;met l’accent sur les multiples problèmes mentaux développées par le personnage de Martha suite à sa fugue de la secte, où elle était victime de nombreux abus dont des agressions sexuelles. Par exemple, un rite de passage pour toutes les femmes est un «processus de nettoyage et de purification» au cours duquel le charismatique leader, Patrick (John Hawkes), les drogue et les viole. Chaque femme tente de convaincre la nouvelle recrue que ceci est un processus normal voire même «agréable» pour la communauté.</p>
<p>Martha souffre clairement de problèmes graves tels que le choc post-traumatique, la paranoïa et l’anxiété. Elle a énormément de difficulté à se réintégrer dans la société et a perdu quelques notions sociales comme celles de porter un maillot de bain pour se baigner en public. Lucy tente en vain de l’aider, mais elle a beaucoup de mal à établir de bons contacts avec Martha. Quant à son mari Ted (Hugh Dancy), il est plutôt impatient et croit, avec raison, que cette dernière a besoin d’aide spécialisée.</p>
<p>Le scénario est complet et ne donne pas trop de détails quant à la raison qui a poussé Martha à se joindre à une secte. Le film présente le passé et la vie actuelle de Martha simultanément. Les parallèles sont judicieusement choisis et faits avec minutie. Les transitions entre la vie actuelle de Martha et son expérience dans la secte sont très discrètes et ont toujours un lien, ce qui amène à démontrer le choc culturel de Martha dans la société. <em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;est difficile et un second visionnement peut être nécessaire afin de bien le comprendre.</p>
<p>Parlant de réalisation, il faut aussi mentionner la performance d’acteurs qui sont très bien dirigés. John Hawkes, nominé aux Oscars l’année dernière pour son rôle dans <em>Winter’s Bone</em>, est terrifiant dans le rôle de Patrick. Il rappelle Charles Manson, qui avait créé sa propre «famille» hippie et la contrôlait pour en faire ce qu’il voulait. Patrick, qui ressemble à Manson, charme et met en confiance ses membres pour les manipuler facilement, et bien sûr terrifié les spectateurs</p>
<p>La grande révélation de <em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;est bien sûr Elizabeth Olsen. Dans son premier grand rôle au cinéma, la sœur cadette des célèbres jumelles offre une performance solide. Dès le début du film, elle est incroyable et démontre une grande maîtrise de son personnage. Elle est très expressive et joue avec brio une grande variété d’émotions complexes et contradictoires. On passe de la joie à la tristesse, au choc post-traumatique, à la paranoïa et même aux hallucinations. <em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;pourrait être un film muet qu’il serait tout de même possible de saisir l’histoire et les multiples émotions de Martha.</p>
<p><em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;est un film très particulier qui mérite d’être vu pour la réalisation réussie, mais surtout pour la performance impressionnante d’Elizabeth Olsen, une des grandes révélations de l’année. Un film qui nous hante et nous trouble par sa complexité et qui mériterait de remporter des prix surtout pour les acteurs. Un bijou à voir ou à revoir.</p>
<p><em>Martha Marcy May Marlene</em>&nbsp;de Sean Durkin<br>
Avec Elizabeth Olsen, Sarah Paulson, John Hawkes et Hugh Dancy<br>
En salles dès le 4 novembre</p>
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