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	<title>Antoine Milette-Gagnon - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/antoine-milette-gagnon/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Sep 2023 06:44:31 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Langage et inclusivité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/langage-et-inclusivite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2020 13:07:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[langue]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexions sur les présupposés et implications philosophiques de l’écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/langage-et-inclusivite/" data-wpel-link="internal">Langage et inclusivité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans la langue française, l’écriture inclusive soulève plusieurs questions dépassant le genre de réflexions auxquelles nous sommes tous et toutes habituées. D’un point de vue théorique (mais également pratique), l’enjeu pourrait se formuler en une lutte d’influence entre le langage et ses locuteurs et locutrices. Maîtrisons-nous la langue ou est-ce plutôt cette dernière qui nous détermine? Tant du point de vue philosophique que linguistique, la question n’est pas réglée, et n’est pas à l’abri de reprises politiques et idéologiques.&nbsp;</p>



<p><strong>Langage-instrument ou langage constitutif</strong></p>



<p>Intuitivement, pourrait-on dire que le langage est un moyen d’expression et de communication? Répondre par l’affirmative se rapproche d’une position qui a été (et est encore) très répandue, notamment au sein de la tradition analytique anglo-saxonne. Pour résumer grossièrement, le langage oral ou écrit serait une forme de traduction d’un langage mental (le <em>mentalese </em>selon l’expression du philosophe Jerry Fodor), et sa fonction première serait de pouvoir exprimer des pensées (le plus souvent) à des fins de communication – cette position rejoint celle de Chomsky et de ses héritiers comme Steven Pinker. Si les particularités des langues sont déterminées par des conventions (le fameux «arbitraire du signe» de Ferdinand de Saussure), la possibilité de traduire des pensées en langage serait une capacité proprement humaine, et possiblement même le fait d’un «organe» cérébral spécialisé. Selon cette position, de manière comparable au fait que l’être humain a le contrôle moteur de ses membres, celui-ci détiendrait également un certain contrôle du langage à l’aide de la pensée, pour autant qu’on ne comprendrait le langage que comme un instrument servant un besoin de communication. Si cette vision reste populaire au sein de l’<em>academia </em>anglo-saxonne, il n’en demeure pas moins que des écueils ternissent sa validité, notamment des difficultés rencontrées dans l’identification de ce fameux «organe cérébral», c’est-à-dire l’identification des zones du cerveau suffisantes et nécessaires au langage, ou encore des difficultés théoriques entourant l’évolution naturelle du langage.&nbsp;</p>



<p>Le langage est également l’objet d’écoles voyant d’un autre œil l’équilibre entre les langues et la pensée. Le pragmatisme, par exemple, met l’accent sur l’usage du langage ainsi que ses effets performatifs. Parler, ce serait agir sur le monde. L’énactivisme, quant à lui,<em> </em>s’il défend une position voisine, s’articule plutôt sur l’idée selon laquelle le monde et l’individu se co-déterminent dans une relation réciproque; l’individu ne se représente pas un monde «objectif», mais plutôt le modifie constamment, ce qui à son tour modifie l’individu en question, qui remodifie le monde et vice-versa. Cette vision s’appliquerait possiblement au langage. Par exemple, Charles Taylor, qui n’est pas un énactiviste, mais qui prône l’idée d’un <em>langage constitutif </em>philosophiquement similaire, affirme que, si les relations de domination existent dans la nature, la différence sémantique introduite par exemple par le langage entre «chef», «roi», «dictateur», «leader» crée des distinctions n’existant pas dans la nature. Ces distinctions supposent des modes de domination différents, ce qui influencera différemment les sujets de ces dominations, et qui modifiera ensuite le rôle que joueront les sujets de ces dominations sur le monde et ainsi de suite. En bref, pour cette position, l’être humain n’aurait pas un contrôle rationnel sur le langage, mais serait plutôt, du moins en partie, déterminé par celui-ci. Le parangon de cette position se retrouve dans l’hypothèse Sapir-Whorf, à l’extrême du déterminisme linguistique. Bien que la thèse forte de Sapir-Whorf n’ait pas été mesurée en laboratoire et ait reçu un certain discrédit dans la deuxième moitié du 20<em>e</em> siècle, les approches énactivistes et pragmatistes semblent lui redonner un certain intérêt.&nbsp;</p>



<p>Même si le débat est loin d’être réglé tant dans les cercles scientifiques que philosophiques, permettons-nous de réquisitionner ces ressources théoriques afin d’éclairer les implications et présupposés de l’écriture inclusive.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ainsi, lorsque l’on parle d’écriture inclusive, il convient de se questionner sur le type de genre que nous voulons rendre «inclusif», et pourquoi nous cherchons à le faire</p></blockquote>



<p><strong>Un peu de linguistique&nbsp;</strong></p>



<p>S’il est pertinent de réfléchir en termes généraux, il l’est tout autant de se pencher sur les détails et particularités d’une langue donnée – ici, le français.</p>



<p>Il convient tout d’abord de mentionner que le français, comme certaines langues et contrairement à d’autres, possède des genres (le masculin et le féminin, là où d’autres langues possèdent également le genre neutre, comme les déterminants «<em>it</em>»<em> </em>en anglais ou «<em>das</em>»<em> </em>en allemand). Cette différentiation se décline de deux façons. D’une part, le genre dit grammatical définit le genre des objets et concepts inanimés ainsi que leur usage et accord dans la syntaxe; par exemple, <em>la </em>table ou <em>le </em>parlement. C’est le genre dont l’attribution peut sembler arbitraire à certains égards – même si des linguistes soulignent une certaine systématicité dans la détermination du genre grammatical. D’autre part, le genre lexical<em> </em>est un genre attribué aux objets animés et dont le genre est une caractéristique sémantique de l’objet. Par exemple, le mot «fille» désigne une «jeune personne de genre féminin». Dans la pratique, le genre lexical s’applique presque exclusivement aux expressions référant à des personnes.&nbsp;</p>



<p>En français, le genre grammatical est toujours aligné sur le genre lexical: par exemple, si l’on dit «la fille canadienne»<em>, </em>le déterminant «la»<em> </em>ainsi que l’adjectif «canadienne» ne sont pas intrinsèquement féminins: ils ne le sont que par besoin d’accord avec le mot «fille»<em> </em>qui possède le genre grammatical féminin (<em>parce que </em>son genre lexical est féminin). De même, il serait saugrenu de dire que dans l’expression «la diplomatie canadienne», le déterminant et l’adjectif soient intrinsèquement féminins seulement parce que «diplomatie» est grammaticalement féminin.</p>



<p>Toutefois, ce n’est étonnamment pas le cas dans toutes les langues. Par exemple, en allemand, le mot «fille» se dit «<em>Mädchen</em>» et est de genre grammatical neutre, même si son genre lexical est féminin. En français, le genre «neutre» est formellement identique au masculin. Cette situation est attribuée par certains chercheurs et chercheuses à un masculinisme planifié datant du 17<em>e</em> siècle, notamment à une citation célèbre de l’abbé Bonhours en 1667: «Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte.» Cette citation vient des <em>Remarques sur la langue française</em>, sous l’entrée «Personne». Pour la petite histoire, la discussion entourant la fameuse citation tenait sur l’usage du mot «personne» plutôt que sur le genre en français. C’est ainsi que tout de suite après, ce même abbé mentionne qu’il ne voit pas de problème à ce que le mot «personne» soit utilisé au féminin: «Je ne vois donc pas pourquoi M. de Vaugelas dit absolument qu’<em>ils </em>est plus élégant qu’<em>elles</em>.» La première citation a été mentionnée par la Commission portant sur la rédaction épicène des contenus provenant de la Ville de Montréal. Il est à se demander si la citation n’a pas été sortie de son contexte dans un but idéologique.&nbsp;</p>



<p><strong>Écriture inclusive</strong></p>



<p>Toutes ces questions philosophiques et linguistiques peuvent nous éclairer sur la question de l’écriture inclusive ainsi que sur sa pertinence. Ainsi, lorsque l’on parle d’écriture inclusive, il convient de se questionner sur le type de genre que nous voulons rendre «inclusif», et pourquoi nous cherchons à le faire. Si l’on mentionne la féminisation des titres, on a affaire à quelque chose relevant du genre lexical, et la raison se veut être une meilleure représentation de la situation signifiée par ces titres: le fait que ces postes soient occupés par des femmes. Il s’agit donc ici de modifier le langage en suivant la pensée, dans un mouvement rationnel où l’être humain contrôle la langue, comme présenté plus haut. La logique semble similaire dans le cas des doublets et doublets abrégés (par exemple, «les étudiant·e·s»): on modifie le genre lexical du mot dans l’optique de refléter le réel, dans un souci de représentation de tous et de toutes. La signification des mots est modifiée par le genre, et c’est l’être humain qui serait aux commandes de cet <em>engineering </em>sémantique.&nbsp;</p>



<p>D’autres vont encore plus loin en proposant de modifier également le genre grammatical, lui aussi tenu comme responsable d’un sexisme et d’un androcentrisme toléré. Ainsi, nombreuxses sont ceuses qui veulent inventer de nouveaulles formes «neutres» pour remplacer le masculin-neutre.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le débat [n’étant] pas clos quant à l’influence mutuelle qu’ont la pensée et le langage […], il n’est pas garanti que répandre l’écriture inclusive ait un quelconque effet sur les rapports entre les hommes et les femmes dans la société</p></blockquote>



<p>D’aucuns pourraient argumenter que l’écriture inclusive répond non seulement à un enjeu de représentation, mais également de performativité. En effet, en reprenant les thèses pragmatistes étalées plus haut, pourquoi ne pas prétendre que féminiser le langage rend la société réellement plus féministe dans un mouvement réciproque d’influence entre le langage, l’individu et son environnement? Par exemple, selon cette position, on pourrait dire que «Madame la Mairesse» supposerait que ce rôle de magistrat est ouvert tant aux femmes qu’aux hommes, tandis que dire «Madame le Maire» supposerait qu’une femme à ce poste <em>masculin</em> est un accident contingent.&nbsp;</p>



<p>Si l’argument peut se tenir en ce qui concerne les questions de genre lexical puisque c’est la sémantique du mot qui est concernée (en supposant que l’effet de rétroaction du langage sur les actions existe réellement, ce qui est encore débattu), l’argument semble moins solide pour les modifications de genre grammatical. En effet, si on dit «les étudiantes assidues», il serait surprenant d’affirmer que «assidues» réfère réellement à la «féminité» – d’autant qu’il serait faux d’affirmer que <em>le </em>travail réfère à la «masculinité». Par ailleurs, la proposition de l’utilisation de l’écriture épicène («le corps étudiant» plutôt que «les étudiants») semble aller en ce sens, c’est-à-dire que le genre grammatical des mots ne référant pas à des personnes ne semble pas poser problème. Quant à la question du fameux «le masculin l’emporte», il semble que les ressources présentées ici suggéreraient qu’une règle comme celle de l’accord de proximité («les étudiants et étudiantes assidu<em>es</em>» plutôt que «les étudiants et étudiantes assidus») permettrait de respecter la logique du genre grammatical sans affecter négativement le genre lexical des mots concernés.&nbsp;</p>



<p>Toutefois, comme mentionné précédemment, le débat n’est pas clos quant à l’influence mutuelle qu’ont la pensée et le langage. Ainsi, il n’est pas garanti que répandre l’écriture inclusive ait un quelconque effet sur les rapports entre les hommes et les femmes dans la société. Notons ici l’exemple éloquent du hongrois, langue qui ne possède que le genre grammatical neutre et possède des mots différents pour les genres lexicaux (par exemple, <em>szerzetes</em> pour moine et <em>apáca</em> pour religieuse). Toutefois, la société hongroise est marquée par de fortes inégalités entre les hommes et les femmes. Pour prendre un exemple plus proche de nous, il serait un peu audacieux d’affirmer que le Québec serait plus inégalitaire que ses voisins canadien et états-unien à cause de la présence d’un genre grammatical en français. Cela étant dit, l’écriture inclusive permet d’apporter une meilleure représentation de la situation signifiée, comme dans la féminisation des titres (en présupposant qu’une meilleure représentation des situations signifiées est souhaitable pour la société et ses membres).&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p>Ce texte ne se veut pas un plaidoyer militant pour ou contre l’écriture inclusive – d’autant plus que cette expression a plusieurs sens qui ont des implications différentes. Ainsi, si certains passages peuvent avoir l’air de propositions concrètes ou d’opinion politique, tel n’est pas l’objectif du texte, visant simplement à clarifier ce que l’on entend par «écriture inclusive», en plus de présenter les conclusions des réflexions philosophiques entourant le langage ainsi que la relation que l’être humain entretient avec celui-ci.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mythologie : Laurent D.-Tardif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/02/04/mythologie-laurent-d-tardif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 14:45:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Québec célèbre son cheval de Troie américain. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Les journaux s’affolent : « La folie Laurent Duvernay-Tardif s’empare du Québec.&nbsp;» « Les défis de Laurent Duvernay-Tardif et des Chiefs au Super Bowl.&nbsp;» « Laurent Duvernay-Tardif au Super Bowl : fierté chez ses parents et amis.&nbsp;»</p>
<p class="p2">Le Québec s’est trouvé une nouvelle fierté existentielle : un Québécois est allé au Super Bowl. Laurent Duvernay-Tardif est bloqueur des Chiefs de Kansas City. Les admirateurs de LDT ont donc pris pour les Chiefs, même si la plupart d’entre eux n’étaient probablement pas capables de nommer dans quel État américain se trouve Kansas City. Qu’importe, l’exploit en lui-même vaut les louanges qu’il reçoit. Comme le dit lui-même LDT : « Le Super Bowl transcende le sport ». De quel exploit, de quelle transcendance parlons-nous?</p>
<p class="p2"><span class="s2">L’exploit sous-jacent est surtout celui d’une conquête. Car oui, un Québécois dans la ligue majeure de football, c’est une conquête en soi. Notre Neil Armstrong à nous qui est allé planter le fleurdelisé en plein cœur de la bannière étoilée. David Saint-Jacques peut aller remettre sa combinaison spatiale. C’est comme si « le Québec&nbsp;» connaissait Laurent Duvernay-Tardif.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Avec son double nom de famille rappelant la curieuse mode typiquement québécoise francophone des années 1990, Laurent pourrait être le fils de n’importe qui, le cousin d’un tel, l’ancien camarade de classe de celui-ci. Le Québec n’a jamais rien créé de si beau. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Toutefois, Laurent n’est pas simplement un joueur de football ; il est également médecin, possède une fondation, une galerie d’art, etc. La combinaison peu commune de ces attributs est saisie par le Québec médiatique pour en faire un nouveau héros, le parangon de ce qu’il est possible de qualifier de <i>réussite</i>. LDT devient alors la personnification d’un rêve américain nappé de sauce poutine. Si on <i>veut</i>, c’est-à-dire si le confort bourgeois, la fréquentation d’établissements scolaires privés et d’universités prestigieuses nous sont familiers, on peut! Né pour un petit pain? Certainement pas – regardez Laurent! </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Saint Laurent </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"> « Un Québécois remporte le #SuperBowl! Quel bonheur de voir le Québec rayonner à travers le monde! (…) Laurent, tu fais la fierté de tout un peuple ce soir. » Oui, comme le premier ministre l’a déclaré, le peuple égaré a retrouvé sa lanterne, sa nouvelle Céline Dion qui lui permettra de s’affirmer devant la face du monde, notre Achille qui nous a permis de pénétrer la cité interdite. Peut-être même que Patrick Mahomes, quart-arrière des Chiefs, est maintenant capable de pointer le Québec sur une carte du monde! Vive le Québec! </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Twitter a également pris des allures de chapelle alors que les fidèles ont pu y déposer leur prière à Saint Laurent. </span><span class="s4">« Dans des salons, bars, restaurants et cinémas partout dans la province, bon nombre de Québécois ont pu voir les Chiefs et leur compatriote Laurent Duvernay-Tardif gagner le Super Bowl. » </span><span class="s1">C’est la victoire de LDT. Ce ne sont pas les Chiefs qui l’ont emporté. C’est la victoire du p’tit gars de Mont-Saint-Hilaire ; c’est la victoire de Laurent Duvernay-Tardif. Il marque l’Histoire pour le Québec. Quel fier patriote avons-nous!</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Toutefois, tout cet emballement est un masque, une distorsion de la véritable conquête ayant déjà eu lieu. </span><span class="s4">C’est bien triste. Il n’y a rien de québécois au Super Bowl. Ces mêmes Québécois si fiers de leur patrie ne trouveront rien à dire à <i>dépenser</i> de leur temps libre pour écouter des publicités américaines avec grand plaisir, chaque publicité devenant une « œuvre d’art » à apprécier. Au contraire, LDT est plutôt le symptôme du cheval de Troie nous ayant déjà conquis depuis des décennies. Devrait-on se demander pourquoi nous excitons-nous pour l’événement le plus <i>american</i> qui soit? Quel est l’apport du Québec dans le développement de cette </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">manifestation culturelle? </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En vassal jouant au seigneur, la province se donne le droit de célébrer la victoire d’une bataille historique. C’est toutefois oublier que le Québec a perdu la guerre de l’existence culturelle bien avant la naissance de notre Saint Laurent. Hystériques, nous avons accueilli le cheval. Dans cette histoire, nous portons le rôle de Troie. </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Moins de pouvoir aux exécutifs?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/01/21/moins-de-pouvoir-aux-executifs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 15:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le conseil législatif discute la réforme de la démocratie étudiante.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e jeudi 16 janvier dernier se déroulait le premier conseil législatif (CL) de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais) de l’année 2020. Il a été question de la décision du conseil d’administration de ne pas ratifier la motion concernant les voyages gratuits en Israël, de la réforme de la gouvernance à l’AÉUM ainsi que d’une participation à un rassemblement national étudiant. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La décision du CA</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le 2 décembre dernier, le CA de l’AÉUM a décidé de ne pas ratifier une motion de l’AÉUM votée le 28 novembre dernier demandant la démission des membres du CA participant à un voyage en Israël organisé par Hillel Montréal. Le président de l’AÉUM, Bryan Buraga, a expliqué que la décision du CA «&nbsp;n’a pas été prise à la légère », mais qu’elle était basée sur des risques «&nbsp;légaux et financiers » concernant le Protocole d’entente (<i>memorendum of agreement</i>) entre l’Université McGill et l’AÉUM. Selon Buraga, la motion aurait pu mettre l’AÉUM en faute par rapport au Protocole si McGill établissait que « l’association contrevenait à sa constitution&nbsp;», et l’Université aurait pu retirer les fonds de l’association. Buraga a également expliqué que le CA a voté pour ne pas renvoyer la motion au conseil législatif puisque «&nbsp;<i>cela aurait créé un débat inutile étant donné que le voyage allait déjà avoir eu lieu au moment du prochain conseil</i>&nbsp;». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le sénateur André Lametti a alors demandé aux membres du CA quelle section de la motion était en violation de la constitution de l’AÉUM, ce à quoi Buraga a répondu que l’enjeu résidait plutôt dans la perception que McGill avait de la situation plutôt qu’à savoir si la motion contrevenait effectivement à la constitution. Après un court débat, une motion pour soutenir la décision du CA a été approuvée par le conseil législatif. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réforme de gouvernance</b> </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le conseil législatif a également été le théâtre d’une discussion autour du second rapport du <i>Comprehensive Governance Review Committee</i> (CGRC) composé de recommandations pour la réforme des institutions démocratiques de l’AÉUM. Parmi les points importants du rapport se trouvait le retrait du droit de vote du conseil exécutif (le président et les v.-p.) de l’AÉUM lors des conseils législatifs. La v.-p. aux Affaires universitaires, Madeline Wilson, a proposé un amendement pour exclure la section retirant le droit de vote aux membres du conseil exécutif. Après un débat concernant le rôle des exécutifs au conseil législatif et leur capacité à exercer leurs fonctions sans un droit de vote au conseil, l’amendement a été rejeté. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Un commentaire du v.-p. aux Affaires externes, Adam Gwiazda-Amsel, qui motivait son vote contre l’amendement de la v.-p. Wilson (retirant six membres votants du conseil) par son appui à l’idée du « un vote par faculté », a déclenché une autre conversation, cette fois-ci autour de la représentation des facultés au conseil législatif. Le sénateur Lametti a proposé un amendement pour réduire le nombre maximal de conseillers par faculté de quatre à deux, en vue de trouver un équilibre entre l’idée du v.-p. Gwiazda-Amsel et de la coutume à l’AÉUM accordant une plus large représentation aux plus grandes facultés. L’amendement de Lametti a été rejeté. S’en est suivi un débat entre, d’un côté, les tenants d’une représentation proportionnelle de la population étudiante et, de l’autre, ceux désirant une représentation égale pour chacune des facultés au conseil. Un amendement proposant de réduire la représentation à un vote par faculté a également été rejeté. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le rapport a finalement été approuvé. Les recommandations du rapport seront incluses dans une question destinée aux membres de l’AÉUM lors de la période de référendum. </span></p>
<p class="p2">Une motion soutenant la mobilisation contre la loi 21 a également été approuvée par le conseil législatif à l’unanimité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mi-mandat&#160;: Madeline Wilson</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/01/21/mi-mandat-madeline-wilson/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 15:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35330</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré la v.-p. aux Affaires universitaires.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">V</span><span class="s1">ice-présidente de l’AÉUM aux Affaires universitaires, Madeline Wilson est responsable de la défense des intérêts étudiants aux différents niveaux de la gouvernance universitaire. Elle travaille également sur les initiatives en matière d’équité.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b><i>Le Délit </i>(LD)&nbsp;:</b> <i>Beaucoup d’étudiant·e·s se sont plaint·e·s au cours du dernier semestre du fonctionnement du Pôle bien-être. Quels sont les principaux problèmes que rencontre le pôle?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Madeline Wilson (MW)&nbsp;: </b>Tout d’abord, je dirais qu’il y a des barrières à l’accès du pôle. Il y a des éléments qui empêchent les étudiant·e·s de prendre des rendez-vous, comme les temps d’attente. Parfois même, les personnes qui ont des handicaps physiques ne peuvent pas accéder au pôle parce que la porte du pavillon Brown est cassée. Il y a aussi des barrières une fois que les étudiant·e·s ont commencé à accéder aux soins, comme des conseiller·ère·s ou du personnel médical qui mégenrent les étudiant·e·s ou encore des erreurs qui font que des services ne répondent pas aux besoins des étudiant·e·s. Cette année, nous allons </span><span class="s2">donc travailler avec les informations rassemblées le semestre dernier afin d’établir de nouvelles revendications. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD&nbsp;: </b><i>Concernant l’équité sur le campus, qu’est-ce qui a été fait au cours du semestre dernier et que reste-t-il à entreprendre ce semestre?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MW&nbsp;: </b>Au cours du semestre dernier, le comité sur l’équité a réalisé une campagne d’information à propos de l’équité sur le campus, dans les résidences et en classe. Pour ma part, je travaille spécifiquement sur l’équité à McGill. Une des choses les plus importantes [par rapport à l’équité] est que McGill réalise que sa vision de l’équité est simplement performative. L’administration affirme avoir de nombreuses initiatives autour de l’équité, mais les étudiant·e·s ont souvent le sentiment de ne pas être écouté·e·s à ce sujet. J’essaie d’aider McGill à comprendre qu’il·elle·s doivent être plus transparent·e·s et plus communiquer. Je travaille aussi beaucoup sur les droits des étudiant·e·s. Concernant l’équité à l’AÉUM, mon travail est de communiquer pour expliquer aux étudiant·e·s pourquoi telle ou telle mesure est équitable ou non. Je pense que ma voix est entendue et que cela changera quelque chose pour des gens qui aspirent à de nouveaux rôles dans le futur et qui croient que ce qui leur arrive est inévitable.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD&nbsp;:</b> <i>Une motion interdisant la grossièreté dans les communications de l’AÉUM a été adoptée le semestre dernier. Tu t’y étais opposée. Peux-tu nous en dire plus?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MW&nbsp;: </b>Ce qui s’est passé est qu’en octobre, j’ai publié sur la page Facebook des Affaires universitaires qui disait aux racistes <i>go fuck themselves</i>. Un employé de l’AÉUM avait en fait reçu de nombreuses remarques hautement racistes. Une capture d’écran de ma publication a été prise et mise sur le groupe Facebook de l’AÉUM. J’ai défendu ma position, mais d’autres conseiller·ère·s n’étaient pas d’accord. Une motion a été soumise au conseil législatif. La motion indique que personne utilisant un compte de l’AÉUM ne peut employer des mots grossiers, même avec des astérisques. Je m’y suis opposée. En effet, de nombreux articles ont été publiés expliquant combien les individus marginalisés ont été historiquement traités moins sérieusement et doivent se battre deux fois plus fort pour être entendus. Alors, je pense que c’est difficile pour des individus de penser que leurs institutions les prennent au sérieux quand une motion adoptée leur dit que leur expérience n’est pas assez sérieuse pour pouvoir être exprimée avec leurs propres mots. </span></p>
<p class="p2"><b>LD&nbsp;: </b><i>Pour terminer, as-tu d’autres projets ce semestre dont tu voudrais parler?</i></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MW&nbsp;: </b>D’une part, je vais travailler sur les ressources pédagogiques en libre-accès. D’autre part, beaucoup des produits d’hygiène menstruelle que nous avons sur le campus sont dans des paniers. D’ici la fin du semestre, nous essayons de replacer les paniers dans des distributeurs muraux afin que les personnes aient toujours accès à ce dont elles ont besoin partout sur le campus. </span><span class="s3">ξ</span></p>
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		<title>Un voyage controversé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/01/14/un-voyage-controverse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2020 15:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur les événements entourant les voyages gratuits en Israël.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">U</span><span class="s1">n voyage organisé par Hillel Montréal consistant en un séjour gratuit en Israël a causé beaucoup de débat à l’Université McGill le semestre dernier. Après une motion du conseil législatif de l’AÉUM (Association étudiante de l’Université McGill, SSMU en anglais) appelant à la démission d’une conseillère si elle participait au voyage, une intervention de l’administration mcgilloise et la non-ratification de la motion par le comité d’administration de l’AÉUM, <i>Le Délit</i> fait retour sur les événements ayant marqué l’actualité des dernières semaines. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Voyages gratuits</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Début octobre, les membres de l’exécutif de l’AÉUM Sam Haward (vice-président aux Finances) et Sanchi Bhalla (vice-présidente aux Affaires internes) ainsi que d’autres acteurs étudiants à McGill ont reçu une offre d’une participation gratuite à un voyage en Israël de la part de Hillel Montréal, un groupe ayant pour but de favoriser l’engagement des étudiants juifs sur les campus montréalais, dont McGill. Les deux représentant·e·s ont refusé l’offre de Hillel Montréal. Parmi les autres acteurs ayant refusé l’offre se trouvent Tomas Jirousek, commissaire aux Affaires autochtones de l’AÉUM, ainsi que deux membres exécutifs du <i>Black Student Network</i> (BSN). </span>L’affaire a été révélée par le <i>McGill Daily</i> dans un article coécrit par le <i>McGill Students’ Chapter of Independent Jewish Voices</i> ainsi que par <i>Students in Solidarity for Palestinian Human Rights at McGill</i>.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Certains membres d’autres associations étudiantes comme l’AÉFA (Association étudiante de la Faculté des Arts, AUS en anglais) et de la SUS (Association étudiante de la Faculté des Sciences, SUS en anglais) ont également reçu une offre afin de participer à ce voyage. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans l’invitation formelle offerte à Sam Haward et obtenue par le <i>McGill Daily</i>, Hillel Montréal décrit le voyage comme étant « un séminaire allant explorer l’histoire ancienne de la région et aborder des réalités politiques et religieuses nuancées sous des angles variés ». </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Conflit d’intérêts? </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">L’offre de Hillel Montréal a été critiquée parmi les différentes associations étudiantes. En effet, à l’AÉUM, l’offre a été mentionnée une première fois pendant le conseil législatif du 14 novembre 2019, soit le lendemain de la publication de l’article du <i>McGill Daily</i>. Un représentant du comité sénatorial, André Lametti, a d’abord soulevé la question à savoir si accepter l’offre de participer à ce voyage consistait en un conflit d’intérêts selon les politiques de l’AÉUM, questionnement également partagé par le vice-président aux Affaires externes Adam Gwiazda-Amsel, compte tenu de la nature politisée du débat entourant le conflit israélo-palestinien sur le campus. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le 28 novembre, au conseil législatif suivant, une motion présentée par le conseiller Jérémy Garneau appelait d’une part les participants au voyage à décliner l’offre, et d’autre part demandait la démission des membres du conseil d’administration (CA)de l’AÉUM désirant participer tout de même au voyage. La motion indique que le voyage constitue un cadeau «&nbsp;<i>d’une valeur plus que négligeable</i>&nbsp;» et que les membres du conseil d’administration devraient le refuser pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts. Toutefois, Bryan Buraga, le président de l’AÉUM, a expliqué que le CA, suite au conseil législatif du 14 novembre, avait établi que la participation au voyage n’était pas un conflit d’intérêt réel ou apparent selon les critères de la politique actuelle.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« </b></span><span class="s2"><b>[la] motion appelait […] les participant·e·s au voyage à décliner l’offre et […] demandait la démission des membres du CA de l’AÉUM désirant participer tout de même au voyage</b></span><b> </b><span class="s1"><b>»</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s4">S’en est suivi un très long débat sur la motion, qui a finalement été approuvée au conseil législatif. Seul le nom de Jordyn Wright, conseillère de la Faculté des sciences et membre du CA prévoyant participer au voyage, figurait sur la motion. Adin Chan, un autre étudiant membre du conseil législatif et du conseil d’administration prévoyant participer au voyage avait finalement décliné l’offre d’Hillel Montréal au moment du débat. Contacté par <i>Le Délit</i>, Chan a expliqué avoir d’abord annoncé à Hillel Montréal en privé qu’il déclinait l’offre le 15 novembre, avant d’annoncer à sa décision à l’AÉFA le 20 novembre, puis au CA le 21 novembre. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Polarisation </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">L’approbation de la motion a fait grand bruit sur le campus et au-dehors. En effet, Jordyn Wright,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de confession juive, a dénoncé dans une publication sur Facebook ce qu’elle conçoit comme étant une attaque envers son identité juive et pro-Israël : « <i>Le président de l’AÉUM m’a isolée et a encouragé d’autres à m’attaquer. Je suis la seule conseillère ciblée, malgré le fait qu’un autre conseiller non juif sera également du voyage. </i>[…] <i>Ce n’est pas la première fois que des étudiants juifs à McGill sont intimidés au sein des gouvernements étudiants.</i> » La conseillère a également dénoncé l’attitude de la SUS à son égard. « <i>Le comité exécutif de l’Association étudiante de la Faculté des Sciences m’a lancé un ultimatum : ou bien je renonce au voyage, ou bien je renonce à ma position au sein du comité exécutif. Il y a une menace implicite de destitution au cas où je ne démissionnerais pas.</i>» </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le 1er décembre, une lettre ouverte publiée au sein du <i>Bull and Bear </i>signée par des conseillers de l’AÉUM dénonçait également la motion du conseil législatif et sa tentative «&nbsp;<i>de retourner une décision du comité </i></span><span class="s3"><i>d’administration déclarant qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêt</i>s ».&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’administration de l’Université McGill a également pris part au débat. Dans un courriel envoyé à tous les étudiants le 2 décembre, Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante), indique que « le vote qui a eu lieu le 28 novembre dernier au sein du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) nous [l’administration, ndlr] inquiète au plus haut point ». Critiquant la décision de l’AÉUM sur le sujet, Labeau a également déclaré que «&nbsp;la direction de l’Université McGill continue de suivre la situation de près et fera le nécessaire pour que ses étudiants se sentent en sécurité et exempts de harcèlement et, à cette fin, elle n’hésitera pas à tenir l’AÉUM responsable du respect des principes et des valeurs de sa propre constitution ».</span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Réunion d’urgence</b></span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp left" style="width: 330px;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-35252 alignleft" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM2-330x220.png" alt width="330" height="220" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM2-330x220.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM2-768x512.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/01/A-AEUM2.png 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p6">Suivant le courriel, une réunion d’urgence du conseil d’administration de l’AÉUM a eu lieu le lundi 2 décembre. Le comité d’administration a pour tâche de ratifier les motions du conseil législatif pour leur donner valeur légale. Devant une galerie d’assistance exceptionnellement bondée, le conseil d’administration a essentiellement continué le débat du conseil législatif, à savoir si le conseil pouvait voter une motion de ce genre. Bryan Buraga a déclaré qu’il ne voyait pas comment ses commentaires ont pu être perçus comme des attaques personnelles à l’égard de la conseillère Wright. Il a par ailleurs qualifié le courriel de l’administration de « <i>menace</i> » et a dénoncé l’attitude d’ingérence de McGill dans le dossier.</p>
<p class="p2"><span class="s4">Parmi l’assistance, un membre de Hillel Montréal a lu une déclaration écrite d’avance pour « <i>dénoncer l’antisémitisme</i> » de la motion et le fait de comparer Hillel Montréal « <i>à un lobby</i> ». Cette intervention a suscité de vives réactions au sein de la réunion, notamment dans l’assistance. Parmi celle-ci se trouvaient des étudiant·e·s solidaires envers les Palestiniens qui ont critiqué l’appel à l’antisémitisme, et ont déclaré qu’il est trop facile «&nbsp;<i>d’utiliser l’antisémitisme comme un bouc émissaire</i>&nbsp;». Par ailleurs, ils ont également dénoncé l’attitude de McGill dans le dossier. Bien qu’ils soient d’accord avec le fait de dénoncer l’intimidation et l’antisémitisme réellement présents pour les étudiants juifs, ils ont décrié le fait que l’expérience vécue et les difficultés des étudiants palestiniens et arabes ne soient pas entendues de la même façon. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Après deux heures de débat, le comité d’administration a finalement décidé de ne pas ratifier la motion. Le directeur Gwiazda-Amsel a expliqué qu’il n’était pas du ressort du conseil législatif de voter sur les conflits d’intérêts et que le comité se devait de ne pas ratifier la motion.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« </b></span><span class="s2"><b>Après deux heures de débat, le conseil d’administration a finalement décidé de ne pas ratifier la motion [du Conseil législatif].</b></span><b> </b><span class="s1"><b>»</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réactions</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Après le vote du comité d’administration, l’AÉUM a publié un communiqué expliquant le raisonnement derrière la décision. D’entrée de jeu, l’AÉUM a tenu à clarifier que la motion ne visait pas Israël ou les étudiants juifs en particulier, mais que les voyages constituaient un cadeau dont la valeur dépasse 50 dollars, et qu’ils étaient donc soumis à la <i>Conflict of Interest Policy</i>. L’AÉUM explique également que « <i>le comité d’administration, dans sa décision de ne pas ratifier la motion du conseil, reconnaît que bien que les membres du conseil ne soient pas satisfaits avec la présente portée de la politique de conflit d’intérêts, le conseil n’est pas le forum approprié pour aborder des enjeux de ressources humaines&nbsp;</i>». De plus, l’Association étudiante a tenu à exprimer son soutien auprès de la conseillère Jordyn Wright et a rappelé l’importance de la sécurité pour tous sur le campus. L’AÉUM a également critiqué le courriel de Labeau : « <i>Bien que nous appréciions le soutien pour la sécurité des étudiants juifs et pro-Israël sur le campus, un tel soutien n’a pas été démontré envers les étudiants palestiniens et arabes.</i> »</span></p>
<p class="p2">De son côté, l’AÉFA, dans un courriel envoyé aux étudiants le 3 décembre, a exprimé sa « <i>profonde déception</i>&nbsp;» de voir deux de ses membres, le représentant des arts Andrew Chase, et le vice-président aux finances Stefan Sujavac, participer au voyage en Israël. L’AÉFA a tenu « <i>rappeler</i> » que les actions des membres exécutifs «&nbsp;<i>étaient dommageables pour les étudiants palestiniens sur le campus&nbsp;</i>».</p>
<p class="p2"><span class="s3">Enfin, le 19 décembre, un groupe de leaders étudiants de confession juive, dont les v.-p. Madeline Wilson et Adam Gwiazda-Amsel, a publié une lettre ouverte dans le <i>McGill Tribune.</i> Dans cette lettre, le groupe soutient que « <i>bien que l’antisémitisme soit abject, les critiques entourant le voyage et ses conséquences ne constituent pas de l’antisémitisme</i> ». Le groupe exprime également son inquiétude quant au financement du voyage par le Maccabbee Task Force, un organisme décrit par le groupe comme étant « <i>explicitement Anti-BDS </i>(Boycott, Divestement and Sanctions) », et aussi quant à la façon dont les « l<i>eaders étudiants</i> » ont été ciblés par Hillel Montréal. </span></p>
<p class="p2">Contacté par <i>Le Délit</i>, Hillel Montréal a indiqué que 20 étudiants mcgillois avaient finalement participé au voyage ayant eu lieu du 29 décembre 2019 au 8 janvier 2020.</p>
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		<title>Appel non sollicité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/appel-non-sollicite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 15:03:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>McGill appelle un étudiant après qu’il a critiqué le Pôle bien-être étudiant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 15 novembre dernier, McGill a utilisé les informations personnelles d’un étudiant pour l’appeler après que ce dernier ait publié sur Twitter une critique des délais d’attente du Pôle de bien-être. Charlie Baranski, étudiant de troisième année en linguistique et en science politique, a reçu un appel de l’administration qui voulait « <em>discuter de sa publication sur les réseaux sociaux</em> ». </span></p>
<p class="p4"><strong><span class="s1">Un très long délai&nbsp;</span></strong></p>
<p class="p6">En septembre dernier, Charlie Baranski avait prévu aller au Pôle de bien-être afin de planifier une rencontre avec un thérapeute. «&nbsp;<em>Il y a quelques années, je luttais pour ma santé mentale</em>&nbsp;», a‑t-il indiqué lors d’un entretien avec Le Délit. « <em>Je suis allé à quelques rendez-vous avec les thérapeutes de McGill. Je vais beaucoup mieux maintenant, mais je crois que c’est toujours une bonne idée d’avoir un thérapeute pour avoir un suivi. Dès le début du trimestre, le 3 septembre, l’une des choses que j’avais à faire était donc d’aller prendre rendez-vous.</em> »</p>
<p class="p2"><span class="s1">À ce moment, le Pôle lui a mentionné que le premier rendez-vous disponible était le 20 novembre. Baranski a donc pris son mal en patience, mais a tout de même publié sur les réseaux sociaux pour exprimer le caractère «&nbsp;<em>ridicule</em>&nbsp;» d’un tel délai. </span></p>
<p class="p4"><strong><span class="s1">Appel personnel</span></strong></p>
<p class="p6">Le 15 novembre, Baranski, qui a déjà attendu presque 80 jours, a reçu un appel du Pôle lui disant que son rendez-vous n’était plus disponible et qu’il devrait le remettre à un autre jour. Baranski a alors publié sur Twitter pour critiquer une replanification survenant après plusieurs mois d’attente.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Quelques heures plus tard, Baranski a reçu un appel non sollicité sur son téléphone cellulaire de la part du Pôle pour «&nbsp;<em>discuter de sa publication sur les réseaux sociaux</em>&nbsp;». Mal à l’aise, Baranski leur a demandé comment ils avaient eu accès à son numéro personnel, ce à quoi le Pôle a répondu que c’était grâce à son dossier. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">«&nbsp;<em>Le fait d’être appelé personnellement m’a rendu très inconfortable, ce que je leur ai mentionné.</em> […] <em>J’ai alors reçu le “discours de vente” du Pôle, concernant les informations génériques et les efforts mis par le Pôle pour réduire les délais.</em>&nbsp;» </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Si le fait d’être appelé de la sorte l’a rendu mal à l’aise, Baranski précise que l’appel n’était pas «&nbsp;menaçant&nbsp;». «&nbsp;<em>Le simple fait d’être appelé de la sorte m’est inconcevable.</em> […] <em>Ce que McGill semble faire est que lorsque quelqu’un les critique et les tag dans leur publication, McGill va chercher les informations personnelles dans leurs dossiers pour tenter d’établir une correspondance entre la publication et l’un de leurs étudiants pour les appeler.</em> » Baranski croit que l’Université est plus « <em>préoccupée par sa réputation</em> » que par l’accès et la qualité des soins offerts aux étudiants. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Baranski croit également que cette approche peut avoir des effets très négatifs sur les personnes déjà vulnérables qui cherchent de l’aide. « <em>Si j’avais été dans une moins bonne situation que je le suis maintenant, je </em></span><span class="s2"><em>n’aurais peut-être pas été capable de supporter l’appel. </em>[…] <em>Lorsque vous donnez vos informations personnelles, vous devriez pouvoir avoir confiance en ceux qui possèdent ces informations.</em> »</span></p>
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		<title>Le Pôle mal-être de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/le-pole-mal-etre-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 14:52:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35167</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Pôle bien-être toujours critiqué par les groupes étudiants.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">E</span><span class="s1">n janvier 2019, l’Université McGill annonçait la création du Pôle bien-être étudiant Rossy (Rossy Student Wellness Hub, en anglais, ndlr). Le Pôle, financé à huit millions de dollars de la part de McGill et à cinq millions par la Fondation Rossy, vise à regrouper les différents services aux étudiant·e·s (santé physique, santé mentale, counseling, etc.) à un même endroit, l’objectif étant d’améliorer l’accès à ces services pour la population étudiante. L’ouverture, initialement annoncée pour mai 2019, puis novembre 2019, a encore une fois été repoussée le 12 novembre dernier. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Brassage de services </b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Avant 2017, les services de soins étaient organisés sous le terme générique de Santé mentale, comprenant à la fois les services de counseling et de psychiatrie. Toutefois, la fusion des services avait été critiquée à l’époque par les étudiant·e·s, et une pétition demandant notamment l’embauche d’un plus grand nombre de professionnel·le·s de la santé avait même récolté plus de 1&nbsp;000 signatures. Ainsi, en septembre 2017, le bureau des Services aux étudiants avait expliqué dans une table ronde que l’administration avait entendu les critiques des étudiant·e·s mcgillois·e·s qui avaient de la difficulté à accéder aux différents services de counseling et de santé mentale, en plus d’éprouver de longs délais pour obtenir une première consultation. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Plusieurs changements dans l’organisation des services ont alors été effectués. Ainsi, les Services de counseling sont devenus un service autonome logé au 4e étage du bâtiment Brown. Cette unité répondait aux étudiant·e·s ayant besoin de consulter un·e travailleur·euse social·e, un·e diététiste ou encore un·e infirmier·ère. D’autre part, les services de psychiatrie avaient été séparés et regroupés comme une sous-unité au sein des Services de counseling. Comme l’expliquait Ebby Crowe, ancienne commissaire à la Santé mentale de l’AÉUM, au <em>Délit</em> en 2018, le but de ces changements était de pouvoir réintégrer tous les services au sein d’un même « pôle » où les dossiers des étudiants seraient centralisés. À l’époque, l’échéancier prévoyait l’ouverture du pôle en août 2018. Cet échéancier n’a pas été respecté. Par ailleurs, c’est également en septembre 2017 que McGill a mis fin au <em>Eating Disorder Program</em> qui aidait les étudiant·e·s aux prises avec des troubles alimentaires. </span></p>
<p class="p2">Le Pôle de bien-être est maintenant composé des Services de counseling, des services psychiatriques et des services de santé des étudiant·e·s. Le Pôle est situé au troisième étage du pavillon Brown, sur la rue McTavish. L’approche du Pôle se veut « holistique » en regroupant tous les services au même endroit. De plus, l’objectif est de permettre aux professionnel·le·s de la santé d’avoir accès aux dossiers des étudiant·e·s afin d’éviter les doublons et les informations cloisonnées au sein d’une seule branche de service.</p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Le Pôle critiqué </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s2">Plusieurs étudiant·e·s et groupes étudiants ont critiqué la façon dont l’établissement du Pôle bien-être a été géré par McGill. Dans un entretien avec <em>Le Délit</em>, Madeline Wilson, v.-p. aux Affaires universitaires de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, <em>ndlr</em>), a expliqué au <em>Délit</em> que le Pôle n’avait pas réellement changé l’accès aux soins sur le campus. </span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp left" style="width: 850px;"><img decoding="async" class="alignleft wp-image-35174 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-330x220.jpg" alt width="330" height="220" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-768x511.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566.jpg 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p>«&nbsp;<em>Avant,</em> [les étudiant·e·s] <em>devaient prendre rendez-vous avec une unité spécifique selon leurs besoins. […] Maintenant, peu importe le besoin, les étudiant·e·s doivent se rendre au Pôle, mais ça génère tout de même de la confusion puisque McGill n’a pas bien communiqué la marche à suivre pour obtenir un rendez-vous. Parfois, les étudiant·e·s doivent passer par des conseillers du Pôle, qui nous redirigent vers une autre personne, ou d’autres fois, lorsque les étudiant·e·s se font dire qu’aucun rendez-vous n’est disponible, ils ne savent plus où se diriger pour obtenir de l’aide.</em> », dit-elle.</p>
<p class="p2"><span class="s3">Wilson a organisé une manifestation au moment du lancement officiel prévu du Pôle (le 12 novembre dernier). Coorganisée avec l’AÉÉDEM (Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill), la manifestation a permis d’exprimer plusieurs demandes de la part des groupes étudiants. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’une des demandes principales est de fournir des services adéquats pour les étudiant·e·s concerné·e·s et de fournir toutes les informations nécessaires à leur usage. «&nbsp;<em>On demande des soins de longue durée en santé mentale, et non pas des soins épisodiques comme fait le Pôle en ce moment.</em> […] <em>On demande également à ce que le</em> Eating Disorder Program<em> soit remis en service.</em> […] <em>De plus, les personnes utilisant les services coupés</em> [par exemple, le Eating Disorder Program, ndlr] <em>n’ont pas été informées de leur arrêt. Nous demandons à ce que la communication soit plus ouverte</em>&nbsp;», explique Wilson.&nbsp;</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Madeline Wilson a expliqué au Délit que le Pôle n’avait pas réellement changé l’accès aux soins sur le campus. » </span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Le manque de diversité au sein des professionnel·le·s de la santé est également la cible de critiques de la part des groupes étudiants. «&nbsp;<em>Il y a très peu de personnes racisées ou des personnes venant de la communauté LGBTQ+. Par exemple, sur l’équipe PRIDE, qui est censée être une équipe composée de personne issues des communautés LGBTQ+, il n’y a pas de personne transgenre. Il n’y a également pas de counsellors spécifiquement pour les étudiant·e·s racisé·e·s. Beaucoup de questions des formulaires sont transphobes, et forcent les étudiant·e·s à mettre des titres honorifiques genrés comme Madame ou Monsieur, sans alternative</em>&nbsp;», renchérit Wilson. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">D’autres enjeux sont également mentionnés par la v.-p., comme les délais d’attente jugés déraisonnables (jusqu’à 13 semaines pour voir un psychiatre), la facilitation du processus d’obtention des billets médicaux et l’accès aux soins pour les étudiant·e·s en situation de handicap. </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s2">Peu de progrès </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s2">D’autres voix se lèvent contre la façon dont l’administration organise l’accès aux soins à McGill. Parmi ces voix se trouve celle de Rine Vieth, candidat·e de 5e année au doctorat en anthropologie à McGill et responsable de la mobilisation à l’AÉÉDEM, est également très critique sur la façon dont McGill offre ses soins. «<em>&nbsp;Je crois que l’accessibilité et la qualité des soins a été sévèrement détériorée</em> [depuis l’établissement du Pôle bien-être]. <em>Je me questionne beaucoup par rapport à l’utilisation des fonds ; les Services aux étudiants n’ont pas été très transparents par rapport à leurs budgets.</em> […] <em>Aussi, il est impossible d’obtenir un rendez-vous au Pôle, rien que le système de téléphonie va raccrocher rapidement une fois terminée, sans qu’il soit possible de retourner l’appel d’aucune façon. Les administrateurs ont également instauré une rotation des secrétaires au sein du bâtiment, ce qui fait que les secrétaires qui avaient l’expérience et les compétences spécifiques reliées au travail auprès d’étudiant·e·s ne sont maintenant plus nécessairement au Pôle.</em>&nbsp;» </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Vieth se désole aussi de la façon dont les rendez-vous d’urgence sont gérés. « <em>Lorsque j’ai appelé pour obtenir un rendez-vous avec mon médecin, je me suis fait dire que les rendez-vous d’urgence n’existent plus, alors qu’ils sont censés exister. C’est pourquoi je communique avec mon médecin par courriel maintenant.</em> » Iel croit que ces réalités démontrent que les systèmes de communications entourant le Pôle bien-être sont un « échec&nbsp;». Ses autres critiques abondent également dans le même sens que celles mentionnées par Madeline Wilson et les revendications des manifestant·e·s. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Vieth a coorganisé la manifestation devant le Pôle du 12 novembre dernier. Une autre manifestation est prévue pour le lancement reporté du Pôle.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/le-pole-mal-etre-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Le Pôle mal-être de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La CAQ suspend la réforme du PEQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/12/la-caq-suspend-la-reforme-du-peq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 16:18:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34963</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le gouvernement a fait marche arrière suite à la forte opposition au projet.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a annoncé vendredi dernier la suspension de la modification du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Le PEQ vise à permettre aux étudiants internationaux et aux personnes possédant de l’expérience de travail au Québec de recevoir en accéléré un Certificat de sélection du Québec leur permettant d’immigrer dans la province.</p>
<p class="p2">La réforme, orchestrée par le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Simon Jolin-Barette, visait à restreindre l’accès au programme aux étudiants inscrits dans certains programmes universitaires et non à tous les étudiants inscrits au Québec. La réforme était également rétroactive, retirant le droit des personnes étudiant actuellement au Québec. Le projet a fait l’objet d’une vive opposition, tant de la part des partis de l’opposition que de l’opinion publique. Mercredi, à la suite de témoignages d’étudiants n’étant plus admissibles au programme advenant la réforme, le gouvernement a décidé d’ajouter une clause de droits acquis pour les étudiants déjà présents au Québec. Le gouvernement a finalement décidé de suspendre indéfiniment le nouveau règlement pour pouvoir consulter les acteurs économiques et universitaires impliqués.</p>
<p class="p2">Plusieurs associations étudiantes comme la Fédération des associations étudiantes de l’Université de Montréal (FAÉCUM), la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) et l’Union étudiante du Québec (UEQ) avaient vivement dénoncé le projet de modification. L’Université McGill a indiqué par communiqué que « ces modifications viendront <span class="s1">complexifier de façon significative l’accès au PEQ pour bon nombre d’étudiants et de membres du personnel enseignant qui souhaiteront venir au Québec, ce qui aura des conséquences défavorables pour le Québec ». L’AÉUM est restée silencieuse sur le sujet, le v.-p. aux Affaires externes Adam Gwiazda-Amsel indiquant par courriel que l’association avait prévu de décider de sa position officielle au Conseil législatif du 14 novembre.&nbsp;</span></p>
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		<title>Une réputation qui pâlit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/24/une-reputation-qui-palit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2019 12:48:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34326</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les classements universitaires démontrent une baisse graduelle de McGill depuis 2011.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e classement mondial annuel des universités a été publié par le <i>Times Higher Education</i> (THE). L’Université McGill y figure au 42<i>e</i> rang, une situation dont McGill semble se réjouir puisqu’elle y a consacré un article complet au sein du <i>McGill Reporter</i>. L’information a d’ailleurs été repartagée sur le compte Twitter de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Que signifie ce classement, et devrait-on s’en préoccuper? </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>En baisse depuis 2011</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s2">S’il est vrai que McGill a gagné deux échelons au classement THE depuis l’année dernière en grimpant de la 44<i>e</i> à la 42<i>e</i> position, l’Université a une moins bonne performance qu’en 2011. En effet, le classement THE plaçait l’Université McGill au 35<i>e</i> rang en 2011, une perte de sept échelons en neuf ans. La baisse est encore plus importante pour ce qui est du classement QS, où McGill est passée du 18<i>e</i> au 35<i>e</i> rang entre 2012 et 2020, une perte de 17 rangs. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En comparaison, l’Université de Toronto est présentement au 18<i>e</i> rang du classement THE 2020, et au 29<i>e</i> rang du classement QS 2020. L’autre université canadienne dans le top 50 des deux classements est l’Université de Colombie-Britannique. Au Québec, seule l’Université de Montréal fait également partie du top 100 du classement de THE en 2020; elle y figure au 85<i>e</i> rang. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Plusieurs classements</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s4">Le classement <i>Times Higher Education</i> est établi chaque année par le magazine portant le même nom. Fondé en 1971 au Royaume-Uni, ce magazine hebdomadaire se concentre sur les affaires liées au monde de l’éducation supérieure. C’est toutefois la publication de son classement annuel des universités qui retient l’attention. Le classement est entre autres basé sur la recherche, le nombre de citations et le ratio enseignant/étudiant, mais surtout sur la « réputation&nbsp;», comptant pour 40% de la note. Le classement QS est basé sur des critères similaires, mais avec une pondération et une méthode de calcul légèrement différente. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">À noter que des critères entourant le bien-être de la population étudiante ne sont pas nécessairement pris en compte par ce genre de calcul. C’est ainsi que le magazine canadien Maclean’s, en plus d’un classement plus « classique », établit également un classement des universités au pays en fonction de l’expérience étudiante. Des critères comme l’accès à des soins et services en santé mentale, les mesures contre les violences à caractère sexuel et la visibilité des cultures autochtones sur le campus sont évalués à l’aide de sondages distribués aux étudiant·e·s. Dans ce classement, l’Université McGill est à l’extérieur du top 15 canadien. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Pertinence des classements </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s4">Les classements sont encore consultés par les étudiants aujourd’hui, et certaines universités ne sont pas indifférentes à leur rang respectif. En effet, le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, expliquait au <i>Devoir</i> que les classements avaient une certaine importance lorsque vient le temps d’attirer les étudiants internationaux : </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">« Les étudiants internationaux regardent ça. Ça nous permet de recruter de meilleurs étudiants, de meilleurs profs, et d’avoir de meilleurs programmes. Ça fait boule de neige ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">D’autres ne sont pas aussi friands de ces classements. Par exemple, Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec Solidaire et ancienne figure de proue du Printemps érable, a avancé au <i>Délit </i>lors d’une entrevue publiée en septembre 2018 que le rôle d’une université (québécoise) devrait être de se concentrer sur la transmission de la culture et des connaissances au sein de la population québécoise. Il est apparu critique de ce qu’il a désigné comme le « marché international de l’éducation supérieure&nbsp;» et les classements basés sur des critères qu’il a qualifié d’«&nbsp;arbitraires ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’administration mcgilloise n’a pas </span><span class="s2">répondu aux questions du <i>Délit</i>. </span></p>
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		<title>Almanach d’un chemin de fer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/10/almanach-dun-chemin-de-fer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2019 15:58:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34150</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques tableaux nous inspirent pour considérer un voyage écologique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/09/10/almanach-dun-chemin-de-fer/" data-wpel-link="internal">Almanach d’un chemin de fer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Quelques tableaux nous inspirent pour un véritable voyage <i>écologique</i>.</p>
<p class="p2">Le voyageur s’avance. Il monte à bord de ce qui sera sa demeure pour les quatre prochains jours, le Canadien, le train le menant de l’Est torontois jusqu’à ce Pacifique jamais atteint auparavant. La boîte longiligne s’active, les paysages défilent et le voyageur s’engage dans un nouveau périple. Une méditation du fer, de la longueur, de la patience, une méditation du voyage <i>écologique</i>.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-34154 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-A-sand-county-almanac-1.jpg" alt width="331" height="500" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-A-sand-county-almanac-1.jpg 331w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-A-sand-county-almanac-1-330x498.jpg 330w" sizes="(max-width: 331px) 100vw, 331px"></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Les cieux opposés</b></span></p>
<p class="p5">Le matin du deuxième jour, le Canadien s’est enfoncé plus loin dans les terres et continue son lent cheminement vers l’Ouest, infatigable. Ici, en Ontario profonde, le vert des forêts ne cède son trône qu’au bleu des lacs, les deux seigneurs demeurant côte-à-côte, vivant côte-à-côte. À cette Terre fait face le Ciel, serein dans sa splendeur. Buses, huards, pélicans et cerfs viennent témoigner de leur présence au passage du train. Ce sont les citoyens sylvestres, petits seigneurs des bois. Le couchant couronne les cimes montagneuses d’une fine dorure, marque d’une contrée véritablement divine.</p>
<p class="p2">La présence humainese fait plutôt rare. Quelques maisons effacées, embarrassées de piétiner la</p>
<p class="p2">forêt. D’autres, moins gênées, sont clairement établies sur les bords de lac en chalets qu’elles sont. <span class="s2">Le voyageur, ce citadin d’adoption ayant grandi au sein d’une nature de laquelle il ne s’est jamais senti fraternel, regarde la forêt d’un œil différent, la beauté de l’intouché l’émeu. </span>La forêt non pas comme ville de repos, mais bien comme forêt, maître d’elle-même et pour elle-même. Le citadin voyageur, même s’il se sait étranger de passage au sein de ce royaume, s’endort paisiblement.</p>
<p class="p2">Dans son corridor sylvestre, le Canadien continue son chemin.</p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Les grandes plaines </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Le matin du troisième jour, c’est le premier paysage véritablement inconnu, un nouvel horizon. Et quel horizon! C’est le calme plat de la Saskatchewan. Les vents caressent les champs. Des vagues se forment dans ces mers de blé. Le Ciel et la Terre sont ici clairement distincts, en parfaite antithèse. Le plat du paysage y amène un sentiment du possible, de proximité même avec le lointain. Les animaux sont ici sous le joug de l’Homme pour la plupart. Bœufs Angus et bisons des Amériques en enclos regardent tranquillement le train filant à vive allure. Des veaux courent comme des enfants à la récréation. Des cerfs, libres des fers de l’Homme, galopent avec la vigueur de la vie sauvage. Coyotes et renards maraudent les champs. Aux mers de blé se substituent des étangs géants, véritables lacs miniatures, terrain de jeu des canards et autres oiseaux aquatiques. Un orage, le Ciel s’obscurcit jusqu’à se confondre avec la Terre. Puis l’éclaircie. Le soleil revient marquer<br>
l’ascendant du Ciel sur la Terre, un tableau de la Renaissance rétablissant l’antithèse. </span></p>
<p class="p2"><span class="s5">Ici se trouve également l’arrière-cour de la civilisation industrielle, la partie laide qui s’y accule. Les wagons-citernes et trains transportant des voitures neuves se multiplient, en mouvement ou stationnés. Les rails s’accumulent les uns à côté des autres, tissant une toile de fer. Le pétrole n’apparaît pas par magie, il est transporté en masse par les rails. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Voyant d’où il vient et regardant où il va, le Canadien continue son chemin. Ainsi soit-il, on prend toujours un train.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>L’appel des montagnes </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Le matin du quatrième jour, le paysage tant attendu des voyageurs se dévoile enfin. Les Montagnes Rocheuses percent l’horizon, véritables forteresses de roc. On sent que cette cordillère d’Amérique du Nord impose un respect des grandes choses. Le temps coule sur elles et celles-ci, en retour, s’épuisent dans le temps. Sur leurs flancs lézardés s’entrecroisent crevasses, granite et creux, tous des récits gravés dans une langue qui n’est autre que celle du temps. Non pas le temps des Hommes, mais bien celui de la Terre, ce temps où les siècles sont des secondes, ce temps qui a précédé les mortels et qui les dépassera. C’est un temps que l’on croirait, en s’efforçant bien peu, divin. Le gris clair des rochers se détache du ciel parsemé de nuages. La sagesse de la Terre veille sur le passage du Canadien. Du moins, se l’imagine-t-il.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Entre les Rocheuses serpentent lacs et rivières, dont l’eau turquoise digne des Caraïbes apaise par son évidente pureté. Enfantées par les glaciers, ces eaux laiteuses semblent protégées par les murailles rocailleuses, isolées du reste du monde. Dans la forêt, c’est le règne des conifères. Certains se dressent fiers sur les flancs montagneux, héritiers de leurs ancêtres ayant eu l’audace des hauteurs. Le traditionnel vert se décline également en rouge chez certains spécimens. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">La Terre rejoint le Ciel, mais ne l’a jamais tout à fait atteint. Le Canadien continue son chemin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Le matin du cinquième jour, le périple est achevé. 4 466 kilomètres de voies ferrées, quatre nuits, cinq matins, des dizaines de gares, cinq provinces, trois fuseaux horaires, la traversée d’un pays-continent d’Est en Ouest. Le serpent terrestre à l’époque des faucons aériens. Le voyageur s’éloigne, étrangement nostalgique de l’isolement du train. Le voyage lui a semblé à la fois long et court, la destination à la fois proche et lointaine. Il s’éloigne. Au retour, le Canadien continuera son chemin.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>L’héritage de Léopold</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Ce petit almanach des chemins de fer se veut un hommage au <i>Sand County Almanach</i> d’Aldo Leopold, pionnier conservationniste et génie de l’écologie qui appelait en 1949 à une véritable éthique de la terre (<i>land ethic</i>). Dans l’écologie léopoldienne, la terre (<i>the land</i>) doit être considérée non pas comme une simple propriété (ou, en terme moderne, un puits de ressources naturelles), mais comme l’élément incontournable d’une véritable éthique. Celle-ci, proprement <i>écologique</i>, concerne non seulement les relations qu’entretiennent les humains les uns avec les autres, mais aussi celles que ces derniers entretiennent avec les autres êtres vivants sur cette terre. L’être humain se doit d’apprendre à connaître et à vivre avec ses concitoyens – humains et non-humains &nbsp;–, formant un ensemble de parts interdépendantes. Car c’est bien lorsque l’on se reconnaît dans l’autre que l’on s’éprouve comme tiré en sa direction. Le <i>land ethic</i> appelle à cette compréhension des humains envers leurs communautés écologiques pour mieux vivre, non pas en seigneur séant au-dessus d’elles, mais bien <i>en</i> leur <i>sein</i>.</span></p>
<blockquote>
<p class="p5"><span class="s3">Ce petit almanach des chemins de fer se veut un hommage au <i>Sand County Almanach</i> d’Aldo Leopold, pionnier conservationniste et génie de l’écologie qui appelait en 1949 à une véritable éthique de la terre (<i>land ethic</i>).</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s3">Aldo Leopold se distingue autant par la sensibilité et la sincérité des images qu’il crée que par l’acuité de ces dernières. En effet, dans un passage particulièrement célèbre du<i> Sand County Almanach</i>, le philosophe de la terre – également chasseur de cerfs – décrit sa relation autrefois conflictuelle avec les loups de son comté. En effet, ceux-ci étaient généralement perçus comme des nuisances à la chasse au cerf, et furent exterminés pour cette raison. Toutefois, la population de cervidés, plutôt que d’augmenter comme le croyaient les humains du Sand County, a décliné en suivant celle des loups. Leopold en vient alors à considérer le loup comme figure gardienne de la montagne, préservant l’équilibre entre les carnivores, les herbivores, les végétaux et les sols. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Par ailleurs, la justesse du re</span><span class="s5">gard de l’auteur est corroborée par l’effet de cascade trophique de la réintroduction des loups dans le parc de Yellowstone. En effet, l’introduction de 14 spécimens a permis de contrôler non seulement la population de cerfs, mais également le déclin de la végétation causé par leur surpopulation. La vigueur retrouvée de la flore a elle-même encouragé les populations de castors et autres petits animaux, éprouvés par la compétition des cerfs. Cet exemple à la fois magnifique et banal illustre parfaitement le propos du penseur : les humains ne sont pas les propriétaires des terres, mais des citoyens parmi d’autres. L’appel de Leopold est celui venant de la terre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Celui ou celle qui lit Leopold ne peut passer à côté de son profond attachement pour sa terre. Cet attachement puise dans les connaissances de sa terre, apprendre à connaître la terre où l’on vit comme l’on apprend à connaître ses voisins, tout cela pour véritablement <i>habiter</i> la terre. Toutefois, nul n’est obligé de rester en permanence en sa terre. Les échanges, les périples, la découverte de l’inconnu, tous sont des aspects nous permettant de développer différentes sensibilités à l’habitation. Ainsi, loin de plaider pour un statisme borné, nous pouvons envisager une extension de cette « éthique de la terre » aux voyagements, une «&nbsp; éthique du voyage écologique ».</span></p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 960px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34155 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-Turner.jpg" alt width="960" height="471" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-Turner.jpg 960w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-Turner-330x162.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-Turner-768x377.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/09/P-Turner-850x417.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Rain, Steam and Speed, Turner</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2"><span class="s3"><b>Le voyage</b> <b><i>écologique</i></b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">À l’heure de la mondialisation avancée, l’air du temps préconise davantage le nomadisme que l’enracinement. La multiplication des déplacements est délétère à bien des égards. L’aspect le plus évident à pointer est de nature matérielle. À titre d’échelle, le transport comptait pour 14% des émissions de GES émis annuellement dans le secteur du transport dans le monde en 2010, selon l’Agence de Protection de l’environnement des États-Unis (soit entre 3 et 5% du total des émissions).&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Toutefois, le transport moderne est également délétère de par son apparente simplicité. La technologie rend les déplacements si simples – trop simples, même – que leurs implications s’en retrouvent voilées. Un écologiste scientifique parlerait d’une extériorisation des coûts (où le gain de temps est transformé en une quantité massive de GES, dégâts causés par de l’extraction des métaux rares, et j’en passe), un philosophe dirait peut-être que cette facilité réalise l’économie de l’attention. Un écologiste léopoldien parlerait quant à lui d’une déconnexion entre le voyageur et les terres parcourues. En effet, le voyage en avion fait l’économie des distances, si bien que l’on pourrait croire Paris voisine de Montréal. Voyager <i>au sein</i> des terres, et non pas au-dessus, n’est-ce pas là un déjà-vu?</span></p>
<blockquote>
<p class="p2"><span class="s3">La technologie rend les déplacements si simples – trop simples, même – que leurs implications s’en retrouvent voilées.</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s3">Le voyage écologique idéal est celui fait à la marche ou à vélo. L’explication est inutile ici. Il n’est pas tourisme, car il est voyage. Toutefois, nous aimerions argumenter que le voyage ferroviaire représente aujourd’hui un beau compromis entre l’idéal léopoldien et les contraintes du monde moderne. En effet, si le train pollue, il le fait ridiculement moins que son équivalent routier ou aérien. En effet, pour une distance d’environ 541 km (Toronto-Montréal), Via Rail Canada calcule une empreinte de 14,79 kg de CO2 par siège. En comparaison, en prenant les chiffres du calculateur d’émissions Zerofootprint d’Air Canada, on arrive à environ 83 kg de CO2 par siège. Les émissions de la voiture sont à un niveau intermédiaire, soit environ 33 kg de CO2 par siège. Bien que les nombres peuvent varier selon les voyages, la différence reste notable. </span></p>
<p class="p2">Mais surtout, le voyage en train est plus <i>écologique</i> puisqu’il ne fait pas l’économie des biomes parcourus. Il parcourt plaines et champs, contourne et traverse montagnes et vallées, serpente le long des lacs et des ruisseaux ; il rend sensible. Un certain sens de la distance est ainsi vécu par le voyageur, de même qu’un sens de la nature sacrifiée pour le chemin de fer : des arbres ont été abattus, des montagnes ont été percées de tunnels, des rivières ont été affublées de ponts. Le voyageur ferroviaire a un plus grand contact avec ce qu’il cause, contrairement au voyageur aérien. La traversée du Canada prend quatre jours en train – comparativement à trois jours en voiture et six petites heures en avion. La méditation des paysages encourage l’attention, la patience et l’indifférence envers les retards. Qu’est-ce que cinq heures en quatre jours?</p>
<p class="p2">Enfin, et peut-être est-ce le plus important, quel voyageur aérien aurait pu vivre l’expérience de ces tableaux? Quelle sensibilité y a‑t-il dans un monde qui réalise l’économie de toutes les conditions de possibilité du regard ?</p>
<p><em>Erratum: Une version précédente du texte affirmait que les émissions de l’aviation comptaient pour 14% du total des émissions.&nbsp;</em></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp left" style="width: 170px;"><span class="mceMediaCreditTemp mceNonEditable" data-media-credit-author-id="1" data-media-credit-text data-media-credit-align="left" data-media-credit-link data-media-credit-nofollow>Webmestre, Le Délit | Le Délit</span></div>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/09/10/almanach-dun-chemin-de-fer/" data-wpel-link="internal">Almanach d’un chemin de fer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Réhabilitation sociale:  La perspective de la Maison du Père</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 23:05:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33838</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Maison du Père.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/" data-wpel-link="internal">Réhabilitation sociale:  La perspective de la Maison du Père</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><em>Au cours des derniers mois, Le Délit a enquêté sur l’itinérance affectant les hommes ayant passé plusieurs années au sein d’un pénitencier fédéral. Pour tenter d’esquisser ce phénomène méconnu, Le Délit a rencontré des personnes de la rue, des acteurs communautaires ainsi que des représentants d’agences gouvernementales.&nbsp;</em><em>Voici le deuxième article sur quatre.<br>
</em><br>
Dans le cadre de son enquête, <i>Le Délit</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>a rencontré Manon Dubois, directrice des communications de La Maison du Père, un refuge pour hommes en situation d’itinérance ou de précarité, qui nous donne un aperçu des difficultés des hommes en situation d’itinérance à se réhabiliter socialement.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Multiples facteurs</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">« Pour quelqu’un qui a connu l’itinérance, les marches sont énormes pour se réinsérer socialement. » Manon Dubois aborde la conjugaison de multiples facteurs pouvant mener à l’itinérance, par exemple la perte d’un emploi combiné à l’âge et à des problèmes de santé mentale. Elle nomme également parmi ces facteurs les préjugés des employeurs face aux personnes souffrant d’un « trou » de quelques années d’inactivité dans leur curriculum vitae, trou parfois causé par les années en situation d’itinérance. Ces préjugés, combinés à l’âgisme, rendent encore plus difficile la réintégration sur le marché du travail et peuvent perpétuer les situations de précarité. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Questionnée sur la judiciarisation des personnes et des difficultés supplémentaires que celles-ci pourraient rencontrer, Mme Dubois explique que la Maison ne fait pas de différenciation explicite : « Ils (les personnes, ndlr) font partie de nos programmes. […] Ils font partie de ceux qui, pour diverses raisons, ont des difficultés à se trouver un emploi. C’est pour ça que nous, lorsque l’on dit que l’on a réussi une réinsertion sociale, ça n’est pas nécessairement relié à l’emploi. » </span></p>
<p class="p2">Pour le problème de la sortie d’institutions carcérales, Manon Dubois présente un portrait hétéroclite de la situation entourant cette frange de la population: « Je sais qu’il y a beaucoup d’hommes qui sortent de prison et qui sont laissés à eux-mêmes, en leur donnant un ticket d’autobus. Pour d’autres, c’est plus organisé. [La Maison du Père] reçoit ici des bénévoles en maison de transition qui viennent acquérir des aptitudes. »</p>
<p class="p2">En effet, la Maison du Père accueille entre 4 et 5 hommes en maison de transition. Ils accomplissent des tâches comme la cuisine, la buanderie, les services de vestiaire, etc. Manon Dubois explique qu’il y a de plus en plus de liens avec les maisons de transition. Elle refuse toutefois de s’avancer sur les résultats à long terme de ce genre d’approche, notamment du côté des employeurs.</p>
<p class="p2">En plus des hommes en maisons de transition, il y a également les personnes au YMCA accomplissant des travaux communautaires ou compensatoires. Manon Dubois chiffre le nombre de personnes à « au moins une douzaine par jour ».</p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Pièces d’identité</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Pour ce qui est de la perte des pièces d’identité, la Maison du Père offre parmi ses services l’accompagnement des personnes ayant vu leurs différentes cartes expirer. En effet, l’organisme emploie ses propres infirmières, et peut faire office d’adresse principale pour les personnes nécessitant des soins au CLSC, mais ne possédant pas de carte d’assurance-maladie. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Questionnée à savoir si les personnes en situation de précarité ont besoin préalablement de papiers d’identité pour être résidentes à la Maison du Père, Manon Dubois répond qu’« en réinsertion sociale, la première chose que l’on va faire est que les gens aient leurs papiers pour qu’ils puissent avoir des soins et des médicaments, étant donné que la majorité a des problèmes de santé ». </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Par ailleurs, une pièce d’identité est demandée aux hommes venant au sein du refuge pour s’enregistrer dans la base de données de l’organisme. « Si la personne n’a pas ses pièces d’identité, dans la soirée ou le lendemain matin, on va voir avec elle pour faire en sorte de </span>compléter les documents pour qu’elle puisse les retrouver. »</p>
<p>La suite ici:</p>
<ul>
<li class="p1"><span class="s1">Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre" data-wpel-link="internal">l’échec de la réhabilitation&nbsp;</a></span></li>
<li><span class="s1">Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/" data-wpel-link="internal">L’Itinéraire</a>, un organisme de réhabilitation&nbsp;</span></li>
<li>Sur le <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" data-wpel-link="internal">Plan en itinérance</a> 2018–2020 de Montréal</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/" data-wpel-link="internal">Réhabilitation sociale:  La perspective de la Maison du Père</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Réhabilitation sociale:  La perspective de l’Itinéraire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 23:05:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au cours des derniers mois, Le Délit a enquêté sur l’itinérance affectant les hommes ayant passé plusieurs années au sein d’un pénitencier fédéral. Pour tenter d’esquisser ce phénomène méconnu, Le Délit a rencontré des personnes de la rue, des acteurs communautaires ainsi que des représentants d’agences gouvernementales.&#160;Voici le troisième article sur quatre. Dans le domaine&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Réhabilitation sociale:  La perspective de l’Itinéraire</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/" data-wpel-link="internal">Réhabilitation sociale:  La perspective de l’Itinéraire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Au cours des derniers mois, Le Délit a enquêté sur l’itinérance affectant les hommes ayant passé plusieurs années au sein d’un pénitencier fédéral. Pour tenter d’esquisser ce phénomène méconnu, Le Délit a rencontré des personnes de la rue, des acteurs communautaires ainsi que des représentants d’agences gouvernementales.&nbsp;</em><em>Voici le troisième article sur quatre.</em></p>
<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">ans le domaine de la réintégration sociale, un autre organisme bien connu des Montréalais·es est le magazine de rue <i>L’Itinéraire</i>. <i>Le Délit </i>a ainsi rencontré Luc Desjardins, directeur général du magazine.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Depuis 25 ans, le journal œuvre à la réhabilitation sociale de personnes en situation de précarité en leur permettant de travailler à leur rythme, en contact avec le public ou avec l’écriture. Journal de rue, <i>L’Itinéraire</i> coordonne et soutient le travail de camelots qui sont des travailleur·se·s autonomes supervisé·e·s et suivi·e·s par une équipe d’intervenant·e·s sociaux·les. Les camelots peuvent se procurer des exemplaires du magazine au coût de 1,50$ et peuvent les revendre dans la rue au coût de 3$. Les camelots peuvent aussi conserver tout montant excédentaire, selon la volonté de la personne achetant le magazine). Les points de vente tenus par les camelots sont connus du magazine et négociés avec différent·e·s acteur·rice·s, notamment la Société de Transport de Montréal (STM) qui autorisent les camelots à vendre et bénéficient également de titres de transport gratuits pour se déplacer sur le réseau.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’organisme cherche à promouvoir l’<i>empowerment</i> des personnes en situation de précarité sociale et souffrant de problématique de santé mentale. Pour ce faire, le magazine leur offre différents outils, comme l’explique Luc Desjardins : « Les outils sont fort simples. Si la personne a besoin d’un logement, on va l’accompagner – on est en lien avec plusieurs partenaires. […] On est dans l’<i>empowerment </i>total. » Le directeur général évoque aussi l’accompagnement psycho-social effectué afin d’aider les personnes à reconstruire une estime de soi et, ainsi, regagner une dignité parfois perdue au fil des revers et refus éprouvés au cours de leur vie.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En plus de pouvoir vendre des magazines et de recréer des liens sociaux avec une clientèle qui peut se fidéliser de semaine en semaine, les participant·e·s de <i>L’Itinéraire</i> peuvent également écrire à l’intérieur des pages du magazine pour partager leur vécu ou encore défendre un point de vue. M. Desjardins explique que certains camelots ont envie de s’exprimer, mais ne savent pas exactement comment s’y prendre. Il·elle·s sont alors accompagné·e·s dans le processus au niveau de la syntaxe, de la grammaire, etc. D’autres camelots sont habitués d’écrire et n’ont besoin de presque aucune aide.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Se nourrir et se loger </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Si la publication du magazine papier toutes les deux semaines est probablement ce qui donne le plus de visibilité à <i>L’Itinéraire</i> à l’échelle de la métropole, les activités de l’organisme ne s’arrêtent pas là. En effet, un volet d’aide au logement est également offert aux participant·e·s. Par ailleurs, entre 2014–2015 et 2017–2018, la proportion de participant·e·s sans abri ou sans domicile fixe est passée de 26% à 5%. En plus du soutien au logement, un service de soutien alimentaire est assuré par le Café L’Itinéraire, un lieu réservé aux camelots offrant des repas à prix modiques ainsi que des repas gratuits pour les personnes dans le besoin.&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">En plus du Café L’Itinéraire, le groupe communautaire L’Itinéraire a également mis sur pied Le Café de la Maison Ronde, un organisme qui vise à favoriser la mixité sociale et l’autonomisation de personnes autochtones vivant une situation de précarité.</span></p>
<p>La suite ici:</p>
<ul>
<li class="p1"><span class="s1">Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre" data-wpel-link="internal">l’échec de la réhabilitation&nbsp;</a></span></li>
<li>Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/" data-wpel-link="internal">La Maison du Père</a>,&nbsp;<span class="s1">un organisme de réhabilitation</span></li>
<li>Sur le <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" data-wpel-link="internal">Plan en itinérance</a> 2018–2020 de Montréal</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/" data-wpel-link="internal">Réhabilitation sociale:  La perspective de l’Itinéraire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Itinérance: Pendant ce temps, que fait Montréal?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 23:05:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[plamn]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le plan en itinérance 2018-2020 de la ville de Montréal est ambitieux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" data-wpel-link="internal">Itinérance: Pendant ce temps, que fait Montréal?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 7 mars 2018, Montréal dévoilait le Plan d’action montréalais en itinérance 2018–2020, un plan d’action à l’échelle de la Ville comportant les quatre axes d’intervention suivants&nbsp;: 1) Aménager une ville et des quartiers à échelle humaine ; 2) Favoriser la cohésion sociale et le vivre-ensemble ; 3) Soutenir la participation citoyenne et l’engagement social; 4) S’engager dans un partenariat social et économique. En mot d’ouverture du rapport, la mairesse Plante invite tous les acteurs de ce plan à « faire preuve de solidarité et d’accueil auprès de celles et ceux qui sont les plus isolé·e·s au sein de notre collectivité ».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour son plan, la Ville de Montréal reprend la définition d’itinérance adoptée&nbsp;par le gouvernement du Québec en 2014 dans le cadre de la Politique nationale de lutte contre l’itinérance:&nbsp;«&nbsp;L’itinérance désigne un processus de désaffiliation sociale et une situation de rupture sociale qui se manifestent par la difficulté pour une personne d’avoir un domicile stable, sécuritaire, adéquat et salubre en raison de la faible disponibilité des logements ou de son incapacité à s’y maintenir et, à la fois, par la difficulté de maintenir des rapports fonctionnels, stables et sécuritaires dans la communauté.&nbsp;» </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans un entretien téléphonique avec <i>Le Délit</i>, Serge Lareault, commissaire aux personnes en situation d’itinérance de la Ville de Montréal, explique qu’en plus des organismes, des personnes en situation d’itinérance ont été directement consultées puisqu’il s’agit de l’un des mandats du commissaire. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>L’ampleur de la situation</b></span></p>
<p class="p7"><span class="s1">Malgré les importantes difficultés entourant le dénombrement des différents types d’itinérance (par exemple, l’itinérance cachée, c’est-à-dire les personnes hébergées temporairement chez d’autres ou dans un hôtel), le plan fait état, selon un recensement réalisé en 2015, de 3 016 personnes en situation d’itinérance visible à Montréal. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En 2018, ce nombre s’élevait à 5 800 dans l’ensemble du Québec, avec une hausse de 8% sur le territoire de la métropole (3&nbsp;149 personnes visibles dans la nuit du 24 avril 2018). En plus de dénombrer le nombre de personnes en situation d’itinérance visible, le rapport de 2018 visait également à «&nbsp;décrire le profil&nbsp;» de personnes en situation d’itinérance cachée, selon les résultats de 206 questionnaires. Par ailleurs, les personnes issues des Premières Nations, les Inuits ainsi que les Métis sont grandement surreprésentés dans la population itinérante de Montréal en formant au total 12% du total, mais ne formant que 0,6% de la population vivant sur l’île de Montréal. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le commissaire Lareault explique au <i>Délit</i> que l’administration municipale possède peu d’indicateurs pour suivre l’évolution de la population affectée par l’itinérance à Montréal et qu’elle s’aide du «&nbsp;ressenti&nbsp;des différents acteurs&nbsp;» et du taux d’occupation des refuges. Néanmoins, il confirme que l’on observe généralement une hausse du nombre de personnes en situation d’itinérance dans l’espace public, menant même à un «&nbsp;débordement&nbsp;» durant l’hiver 2018–2019 qui a mené la Ville à ouvrir une aile de l’ancien hôpital Royal-Victoria pour offrir un refuge temporaire supplémentaire. Il reconnait également que la méthode de dénombrement ponctuel est incomplète, mais soutient qu’elle offre tout de même des indices sur l’évolution de la situation. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Par ailleurs, le Réseau d’aide pour les personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), un regroupement de 108 organismes œuvrant auprès des personnes en situation d’itinérance ou de précarité, est très critique des méthodes de dénombrement employées par la Ville de Montréal sur son territoire. En effet, le Réseau critiquait déjà en 2015 le caractère incomplet de l’échantillonnage, dont les données sont recueillies le temps d’un soir seulement.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>«&nbsp;Un tel exercice de décompte s’inscrit dans un contexte où il est difficile d’avoir un chiffre crédible, d’abord parce qu’il n’est réalisé qu’à un moment spécifique de l’année. Tant des hommes, des femmes que des jeunes se retrouvent à la rue à différents moments de l’année, que ce soit de manière temporaire, cyclique ou chronique.&nbsp;», explique le RAPSIM sur son site Internet. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3"><b>La répartition géographique</b></span></p>
<p class="p7"><span class="s1">La répartition géographique de l’itinérance n’est pas anodine du point de vue de l’accès aux ressources. Selon le RAPSIM en 2015, 43 % de l’itinérance serait concentrée dans l’arrondissement Ville-Marie, 30 % dans les arrondissements Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Plateau-Mont-Royal et le Sud-Ouest et 23 % dans Rosemont-La-Petite-Patrie, Verdun, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Westmount.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Pour ce qui est des ressources allouées, le commissaire Lareault explique que la majorité de la centaine d’organismes sur l’île de Montréal est concentrée dans le secteur du centre-ville et des alentours. Toutefois, il indique que, comme c’est le cas pour plusieurs autres grandes villes nord-américaines, le phénomène d’itinérance visible a de plus en plus tendance à s’étendre à l’ensemble du territoire. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3"><b>Quelle forme d’accessibilité? </b></span></p>
<p class="p7">Si le Plan de la Ville de Montréal établit comme l’un des principes directeurs «&nbsp;l’accessibilité […] à ses installations, services et activités, tant sur le plan géographique, économique et physique que celui du temps et de l’information&nbsp;», comment conjuguer ce principe avec la réalité des personnes en situation d’itinérance chassées de lieux publics pour cause de mendicité ou de flânage?</p>
<p class="p2">Pour Serge Lareault, l’«&nbsp;accessibilité&nbsp;» au sens du rapport doit être comprise comme étant l’accès à des services adaptés pour toutes les branches de la population, citant notamment l’unité de débordement de Royal-Victoria où du personnel soignant était déployé en renfort. Relancé à ce sujet, le commissaire Lareault précise que l’accessibilité aux services et l’accessibilité aux espaces publics n’est «&nbsp;pas nécessairement&nbsp;» traitée de manière séparée, et que «&nbsp;la Ville fait tout ce qu’elle peut pour rendre les espaces accessibles&nbsp;». À titre d’exemple, il nomme les équipes communautaires de soutien dans l’espace public et les travailleurs de proximité. De plus, il cite les exemples de la place Émilie-Gamelin et du Square Cabot, lieux connus comme étant hautement fréquentés par les personnes en situation d’itinérance, qui ont été réaménagés afin de favoriser le «&nbsp;vivre-ensemble&nbsp;».</p>
<p class="p5"><span class="s3"><b>Se renvoyer la balle</b></span></p>
<p class="p7">Si le plan de lutte à l’itinérance met énormément l’accent sur une « approche globale » des services, encore faudrait-il que les différents paliers de gouvernement sachent se parler entre eux, effort qui apparaît réalisable pour autant que l’Instance stratégique de Montréal (formé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, le CIUSSS du centre-sud et la Ville de Montréal) veuille bien saisir les situations qui maintiennent les individus en situation d’itinérance.</p>
<p class="p2">En effet, par exemple, questionné sur le problème de la judiciarisation et des casiers criminels des personnes en situation d’itinérance retardant leur réintégration sociale, le commissaire Lereault explique que la Ville de Montréal possède les données reliées aux causes municipales, mais que d’autres dossiers existent aux différents paliers de gouvernement (provincial et fédéral) et que les données statistiques quant à l’ampleur du phénomène «&nbsp;ne relèvent pas du ressort&nbsp;» de la Ville de Montréal.</p>
<p class="p2">À cet égard, le cas de Charles (voir p. 7–8), ancien détenu fédéral sans cartes d’identité pendant un an, est frappant. Le nombre des cas semblables au sein est inconnu, mais qu’une telle possibilité administrative puisse maintenir ne serait-ce qu’un Montréalais dans les rues semble difficilement réconciliable avec la volonté d’exercer une approche holistique quant à l’itinérance.</p>
<p>La suite ici:</p>
<ul>
<li class="p1"><span class="s1">Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre" data-wpel-link="internal">l’échec de la réhabilitation&nbsp;</a></span></li>
<li><span class="s1">Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-litineraire/" data-wpel-link="internal">L’Itinéraire</a>, un organisme de réhabilitation</span></li>
<li>Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/" data-wpel-link="internal">La Maison du Père</a>,&nbsp;<span class="s1">un organisme de réhabilitation</span></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" data-wpel-link="internal">Itinérance: Pendant ce temps, que fait Montréal?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>D’une prison à une autre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 21:32:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’échec d’une réhabilitation sociale semée d’embûches. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre/" data-wpel-link="internal">D’une prison à une autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><em>Au cours des derniers mois, Le Délit a enquêté sur l’itinérance affectant les hommes ayant passé plusieurs années au sein d’un pénitencier fédéral. Pour tenter d’esquisser ce phénomène méconnu, Le Délit a rencontré des personnes de la rue, des acteurs communautaires ainsi que des représentants d’agences gouvernementales.&nbsp;</em><em>Voici le premier article sur 4.</em></p>
<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">harles (nom fictif) est itinérant depuis environ 2 ans. Possédant un casier judiciaire et ayant été condamné à une peine de 48 mois de prison, le grand gaillard nous explique les déboires d’une réhabilitation sociale complexifiée par les multiples étapes administratives ainsi que les préjugés auxquels les personnes possédant un casier judiciaire font face. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ayant passé une partie de sa jeunesse dans la rue, Charles est un ex-trafiquant de cannabis qui n’était affilié à aucun groupe criminel organisé. Puis, il y a environ 7 ans, des hommes faisant partie d’un groupe de motards criminel l’ont approché pour le forcer à travailler pour eux. Il accepte, se sentant obligé. Trafiquant à l’origine principalement du cannabis, les hommes du groupe organisé commencent à déposer chez lui des presses à pilules ainsi que des barils d’amphétamine. « J’étais rendu leur <i>bitch</i> », explique Charles qui se sent, dès lors, pris au piège. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Environ six mois plus tard, les forces policières tactiques débarquent au domicile de Charles, tuant l’un de ses deux chiens dans l’opération. Sa femme et lui sont arrêtés. Sa femme est relâchée, alors que de son côté, Charles purge 18 mois au centre correctionnel provincial de Bordeaux, puis est finalement condamné à 48 mois supplémentaires et est alors transféré à la prison fédérale de Cowansville. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>En pénitencier </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Charles décrit les conditions de vie en prison comme étant très dures. Il explique que « tout a été coupé » en termes de services et de ressources pour les détenus : zoothérapie, cours d’aide en gestion de violence, cartes sociales refaites lorsqu’expirées, cours de soudure, scolarisation. L’ex-détenu explique que le quotidien des détenus consiste principalement à travailler à l’intérieur de la prison et à accomplir des tâches de couture de matelas et d’uniformes pour les autres codétenus. « Ils paient environ 20 piasses par semaine, juste pour dire. » </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Du côté des Services correctionnels du Canada, on explique que beaucoup de détenus travaillent au sein d’un programme intitulé CORCAN consistant en des formations et des activités professionnelles effectuées au sein même des établissements carcéraux. Jonathan Caron, directeur du secteur des centres correctionnels communautaires (SCC) de l’île de Montréal, affirme que les détenus ont droit à un salaire journalier « lié au rendement ». </span>Il affirme également que le SCC favorise la scolarisation à l’intérieur des murs « jusqu’au niveau secondaire minimalement ».</p>
<p class="p2"><span class="s3">Monsieur Caron affirme également que les détenus ont aussi accès à plusieurs ressources à l’intérieur des établissements fédéraux. « Il y a des services de professionnels (psychologues, agents de programmes, agent de libération conditionnelle) avec qui on tente de reproduire le genre de service auquel on pourrait avoir accès à l’extérieur d’un établissement. […] Quelques mois avant la sortie, il y a une planification de la mise en liberté où le SCC essaie de créer des ponts avec les ressources à l’extérieur (hébergement, soins de santé, soins en services sociaux)&nbsp;», explique M.Caron au <i>Délit</i>. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Lorsque questionné à savoir si les détenus sont bien informés de l’existence de ces ressources, M. Caron parle de « répertoires&nbsp;» étant mis à la disposition des détenus pour les aiguiller vers leurs besoins. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les conditions de sortie</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Aux deux tiers de sa peine, Charles sort du pénitencier par le mécanisme de la libération d’office, une libération exécutoire prévue par la loi pour tous les détenus ne présentant pas de danger imminent pour la société, contrairement aux prédateurs sexuels, aux pédophiles ou tout autre délinquant pouvant atteindre gravement à l’intégrité physique d’une personne. Après avoir passé deux mois en maison de transition, Charles retourne au sein de la société civile. C’est alors qu’un véritable chemin de croix commence pour l’ex-détenu. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En effet, Charles fait face à nombre de conditions de libération compliquant ses tentatives pour réintégrer le<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>marché du travail. Tout d’abord, il ne peut pas se tenir avec des personnes possédant un casier judiciaire. Ensuite, de lourdes restrictions de mouvements le contraignent à demeurer sur l’île de Montréal tout en l’excluant d’environ 35% du territoire de l’île, avec des secteurs incluant un quadrilatère entre Papineau, Parc, Laurier et Sherbrooke, le quartier Saint-Henri et le secteur Ste-Marguerite-Saint-Jacques. «&nbsp;Si tu te fais arrêter dans le quadrilatère, tu rentres en prison pour<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>manque de transparence</i> et <i>bris de condition</i>, tu peux revenir en prison pour un autre 3 à 6 mois selon ta cause initiale. », explique l’ancien détenu. Charles affirme également que cette restriction l’a découragé à fréquenter les organismes venant en aide aux personnes en précarité étant donné que beaucoup d’organismes se trouvaient dans des zones lui étant interdites d’accès.&nbsp;</span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp alignleft" style="width: 731px;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-33832" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/encadré.jpg" alt width="731" height="81" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/encadré.jpg 731w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/encadré-330x37.jpg 330w" sizes="auto, (max-width: 731px) 100vw, 731px"></div>
<p class="p1"><span style="color: #a60303;"><span class="s1">A</span><span class="s1">u Canada, les services correctionnels sont de compétence provinciale pour les peines de moins de deux ans et de compétence fédérale pour les peines de deux ans et plus. Au sein des Services correctionnels du Canada, il existe trois principaux types d’établissements parmi lesquels varie la cote de sécurité (minimale, moyenne ou maximale). Selon le site internet du Service correctionnel du Canada, la cote d’un détenu est déterminée en fonction du risque d’évasion, de la menace à la sécurité publique en cas d’évasion ou encore du niveau de surveillance dont doivent bénéficier certains détenus (par exemple les chefs de groupe criminels).&nbsp;</span><span class="s1">La plupart des détenus ne purgent pas l’entièreté de leur peine. En effet, les détenus peuvent bénéficier de permission de sortie avec ou sans escorte. Toutefois, le plus souvent, les détenus qui ne sont pas considérés comme étant une grande menace<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>pour la société sont admissibles à une libération conditionnelle, c’est-à-dire la possibilité de purger la fin de leur peine en collectivité sous certaines conditions établies par la Commission des libérations conditionnelles.</span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1" style="color: #a60303;">Si les délinquants<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>n’ont pas bénéficié d’une libération conditionnelle avant l’équivalent des deux tiers de la peine à purger, ils expérimentent dès lors la libération d’office, qui est prévue dans la loi à moins de contre-indication spécifique dans le cas de la menace qu’un délinquant<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>peut représenter pour la société. Les personnes en libération d’office peuvent parfois passer par une maison de transition ou un centre correctionnel communautaire, qui sont des institutions surveillées et sécurisées, mais plus proche de la communauté.</span></p>
<p class="p2"><span style="color: #a60303;"><span class="s1">Pour ce qui est de l’établissement des conditions de liberté d’un délinquant, Jonathan Caron explique que SCC établit le « profil criminel » des individus dès leur entrée en établissement. Il y a une coordination entre la sécurité du public et la sécurité du délinquant. « La loi nous oblige à avoir des mesures qui sont nécessaires et essentielles pour protéger le public, mais qui ne vont pas au-delà de cela. Ça pourrait être déraisonnable de restreindre l’accès à un quartier complet s’il n’y a pas des raisons qui le justifient, par exemple la sécurité d’une victime y résidant. » En effet, M. Caron aborde le fait que le SCC affirme accorder une plus grande place aux préoccupations des victimes d’actes criminels dans le système pénal, et ces préoccupations sont également prises en compte dans l’établissement de conditions.&nbsp;</span><span class="s2">Par ailleurs, le site internet du gouvernement du Canada indique que « les délinquants en [libération d’office] doivent se conformer à des conditions de base, telles que l’obligation de se présenter à un agent de libération conditionnelle, de rester dans certaines limites territoriales ainsi que de respecter la loi et de ne pas troubler l’ordre public&nbsp;».</span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Sans papiers</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Sans argent, adresse ou même cartes d’identité, Charles s’est donc retrouvé à la rue à sa sortie de maison de transition. Étant donné qu’il ne possède pas sa carte d’assurance sociale, il est incapable de se trouver un emploi ou de louer un appartement. Pour survivre, en attendant de retrouver ses papiers d’identité, il mendie dans les lieux publics tout en obtenant de l’aide occasionnelle de commerçants de son quartier lui offrant des surplus alimentaires. D’aucuns pourraient s’imaginer qu’il peut être tentant pour une personne dans cette situation de retourner dans les activités criminelles pour assurer sa subsistance. Pourtant, Charles a refusé d’emprunter cette voie. «&nbsp;Après avoir pété la <i>game</i>, je voulais vraiment pas remonter [en pénitencier]. Je me suis dit que j’allais aller le plus <i>low </i>possible.&nbsp;» </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Charles estime qu’en tout, cela lui a pris un an pour obtenir sa carte d’assurance maladie, et que cela lui a causé beaucoup de problèmes,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’ayant retardé dans sa démarche de réintégration. En effet, comme l’indique le Portail du citoyen du gouvernement du Québec, une personne dont la carte d’assurance maladie est expirée a besoin d’au minimum deux autres pièces d’identité, dont une avec photo, par exemple un passeport, un permis de conduire ou un certificat de naissance. Or, Charles, n’ayant aucun de ces documents étant donné ses années en pénitencier, est donc incapable de fournir ce genre de documentation. Pour compliquer encore la tâche, les parents de Charles n’ont jamais été présents, et ne peuvent donc pas l’assister pour obtenir son certificat de naissance, qui requiert également une pièce d’identité (comme une carte d’assurance maladie) et une preuve de domicile. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Charles a finalement réussi à obtenir sa carte d’assurance maladie avec l’aide d’un intervenant de rue. Par contre, trouver une adresse de domicile a été en soi une tâche ardue. En effet, il n’a pas pu se faire envoyer sa carte d’assurance-maladie dans une case postale de l’organisme Le Sac à dos, où travaillait l’intervenant lui étant venu en aide. Selon Charles, les cartes d’assurance maladie ne peuvent être envoyées qu’à des adresses étant «&nbsp;des lieux de résidence, où quelqu’un vit pour vrai&nbsp;». Après vérification, le Portail du citoyen indique en effet qu’une demande pour une carte d’assurance maladie expirée depuis plus de six mois doit également inclure une preuve de domicile comptant par exemple des factures ou encore une déclaration sous serment. En désespoir de cause, Charles a donc rédigé une demande avec une connaissance, a déclaré qu’il habitait chez lui, fait un faux bail, et s’est présenté avec cette preuve pour finalement obtenir sa carte d’assurance. «&nbsp;C’est la seule façon dont j’ai pu obtenir ma carte.&nbsp;» </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Une fois les pièces d’identité en main, après un an d’attente et de démarches, Charles a tenté d’obtenir de l’assistance sociale comme revenu stable. Pour compléter sa demande, il a été questionné sur ses revenus, et ce dernier a expliqué qu’il recevait des dons de passants en mendiant. Il s’est alors fait dire par les employés que ses revenus de mendicité allaient influencer le montant de l’assistance auquel il aurait droit. Sa demande a alors été refusée, et il a dû attendre trois mois supplémentaires pour effectuer une autre demande. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Cette situation n’est pas sans rappeler le cas d’une prestataire de l’assistance sociale ayant dû rembourser 25 000$ au MESS en 2014 pour avoir omis de déclarer ses revenus de mendicité. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Charles affirme que ce délai dans l’obtention d’une carte d’assurance-maladie l’a retardé dans ses démarches. Il croit qu’il aurait pu tenter d’obtenir une prestation d’aide sociale plus tôt. Il aurait pu obtenir les autres papiers manquants qui l’auraient aidé à se trouver un logement et ainsi faciliter sa réintégration dans la société civile. Par ailleurs, pendant ces déboires administratifs, Charles a dû être hospitalisé et a maintenant des dettes de plusieurs milliers de dollars. «&nbsp;J’ai des factures de deux mille, trois mille dollars. J’ai fait une crise d’asthme l’année passée, et je suis sorti avec une facture d’[environ] 1750$.&nbsp;» Après avoir passé l’hiver dehors sans logement, il y a perdu un orteil, amputé à cause du froid. Cette amputation affecte également sa façon de marcher et la circulation sanguine dans son pied. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Démuni, Charles a entrepris ses démarches au CLSC des Faubourgs qui compte au sein de ses services une clinique spécialisée en itinérance visant justement à répondre aux besoins particuliers de cette frange de la population particulièrement vulnérable. Un·e intervenant·e de la clinique a décliné la demande d’entrevue du <i>Délit</i>, et les demandes aux services aux médias sont restées sans réponse.</span></p>
<p></p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33836 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/S-itinérance-1000x667.jpg" alt width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/S-itinérance-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/S-itinérance-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/S-itinérance-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/S-itinérance-850x567.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/iyad-kaghad/?media=1" data-wpel-link="internal">Iyad Kaghad</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s4"><b>Le rôle du SCC</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Ce scénario digne d’un roman de Kafka a de quoi surprendre. En effet, comment s’imaginer que le Service correctionnel du Canada peut laisser partir un détenu sans les documents nécessaires à sa réintégration sociale? </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Jonathan Caron explique que le SCC entreprend des démarches avec les détenus pour qu’ils puissent obtenir leurs papiers à temps à leur sortie. Toutefois, M. Caron précise que la responsabilité du renouvellement des cartes incombe aux détenus, même si le SCC s’assure d’avoir fourni la documentation nécessaire à l’émission de nouvelles cartes d’identité tout en accompagnant les personnes ayant besoin d’assistance, par exemple à cause de l’analphabétisme.</span></p>
<p class="p5">Charles serait-il alors un cas isolé? «&nbsp;Malheureusement, ça arrive que des gens sortent et que les cartes n’aient pas été émises pour diverses raisons », convient M. Caron. Il affirme l’importance de la « responsabilisation » des détenus pour favoriser leur intégration sociale, et remet l’accent sur l’accompagnement du SCC dans l’entreprise des démarches nécessaires en aiguillant les détenus vers des ressources, par exemple des centres d’économie familiale.</p>
<p class="p5"><span class="s3">Le SCC s’assure également de partenariats avec des ressources dédiées pour les personnes autochtones, notamment les Inuits qui forment une grande partie de la population incarcérée au palier fédéral et qui sont, de fait, grandement surreprésentées. </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Dans ce contexte, comment s’assurer que les délais administratifs ne soient pas trop longs, étant donné la grande vulnérabilité d’une personne sans papiers d’identité et sans accroche pour réintégrer le marché de l’emploi et un revenu stable? Jonathan Caron explique que les établissements fédéraux ont l’avantage d’avoir du temps pour travailler sur les dossiers des détenus étant donné la longueur des sentences (deux ans et plus).</span></p>
<p class="p5"><span class="s3">«&nbsp;En principe, un détenu qui arrive à sa mise en liberté et qui n’a pas ses cartes d’identité ou son certificat de naissance, c’est un échec, parce que dans nos procédures on doit veiller dès l’admission à faire le suivi. […] Si malheureusement ça arrive quand même, en communauté, par exemple, on peut s’assurer d’avoir un traitement plus rapide avec les délais accélérés, mais c’est comme monsieur et madame Tout-le-Monde finalement.&nbsp;» M. Caron précise que le SCC doit prendre en compte la capacité à payer des anciens détenus pour entamer ce genre de démarche, et fournir des montants au besoin.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-33833" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré-1000x36.jpg" alt width="1000" height="36" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré-1000x36.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré-330x12.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré-768x27.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré-850x30.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/deuxencadré.jpg 1519w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"></p>
<p class="p1"><span style="color: #a60303;">Le SCC indique accorder une grande importance à la réhabilitation sociale des délinquants plutôt que la punition de ceux-ci. Toutefois, celle-ci peut s’avérer ardue en raison de multiples discriminations auxquelles une personne judiciarisée peut faire face, par exemple la discrimination pour se trouver un logement ou un emploi. Caron explique qu’un certain travail en amont est effectué pour s’assurer que les détenus auront les ressources nécessaires à leur disposition une fois libérés.</span></p>
<p class="p2"><span style="color: #a60303;"><span class="s1">Par exemple, dès l’admission du délinquant en institution, il y a des « évaluations communautaires » pour aller rencontrer les réseaux de connaissance du délinquant. Cette démarche a pour but d’informer le SCC des personnes sur qui le délinquant pourra compter à sa sortie ou, à l’inverse, si le SCC devrait recommander d’éviter le contact avec d’autres. Quant aux histoires de délinquants laissés à eux-mêmes à leur sortie? « Il n’y a personne sans adresse sous mandat fédéral qui est laissé en se faisant dire ‘’Voici votre sac, monsieur’’ », répond Caron.</span><span class="s2"> Le directeur des centres correctionnels communautaires explique enfin que certains détenus peuvent avoir droit à des indemnités de subsistance selon leurs besoins, leur motivation à se trouver un emploi, les revenus disponibles ou encore l’accès à des locaux où le délinquant peut cuisiner. Par exemple, les personnes en maison de transition fédérales ne sont pas admissibles à l’aide sociale. 98$ par semaine sont alloués par la maison de transition pour les frais de chauffage, le logement, etc .Des billets d’autobus peuvent être fournis pour permettre aux personnes de participer à divers programmes. Certains délinquants ont également l’obligation de fournir des états financiers, et les maisons de transition peuvent également demander des pièces justificatives à certains détenus demandant des allocations financières.</span></span></p>
<p class="p2"><span class="s2" style="color: #a60303;">Questionné à savoir si les revenus de quête d’un délinquant en situation d’itinérance sont pris en compte dans l’établissement d’une indemnité de subsistance, le directeur affirme que les revenus de quête ne sont pas pris en compte ni questionnés.« Ce n’est pas un acte que l’on encouragerait pour quelqu’un qui est en surveillance, pour plein de raisons évidentes. Ça pourrait mettre le délinquant dans l’embarras s’il y a la réaction d’un citoyen qui est défavorable. » Il réaffirme que le SCC essaie de détourner les gens de la rue le plus possible.</span></p>
<p>La suite ici:</p>
<ul>
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<li>Sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/rehabilitation-sociale-la-perspective-de-la-maison-du-pere/" data-wpel-link="internal">La Maison du Père</a>,&nbsp;<span class="s1">un organisme de réhabilitation</span></li>
<li>Sur le <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/itinerance-pendant-ce-temps-que-fait-montreal/" data-wpel-link="internal">Plan en itinérance</a> 2018–2020 de Montréal</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/dune-prison-a-une-autre/" data-wpel-link="internal">D’une prison à une autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Des cellules de prison aux rues de Montréal, il n’y a qu’un pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/des-cellules-de-prison-aux-rues-de-montreal-il-ny-a-quun-pas/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 12:54:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[prison]]></category>
		<category><![CDATA[sans-abris]]></category>
		<category><![CDATA[sdf]]></category>
		<category><![CDATA[systeme carcéral]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33762</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nous avons cherché à explorer les liens entre le système carcéral fédéral et l’itinérance à Montréal. Ce travail d’enquête mené depuis plusieurs mois est parti du constat que l’on n’entend presque jamais d’information dans les médias et dans nos quotidiens à l’université sur les conditions de vie des personnes incarcérées ou ayant été incarcérées et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/des-cellules-de-prison-aux-rues-de-montreal-il-ny-a-quun-pas/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Des cellules de prison aux rues de Montréal, il n’y a qu’un pas</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/des-cellules-de-prison-aux-rues-de-montreal-il-ny-a-quun-pas/" data-wpel-link="internal">Des cellules de prison aux rues de Montréal, il n’y a qu’un pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">N</span><span class="s1">ous avons cherché à explorer les liens entre le système carcéral fédéral et l’itinérance à Montréal. Ce travail d’enquête mené depuis plusieurs mois est parti du constat que l’on n’entend presque jamais d’information dans les médias et dans nos quotidiens à l’université sur les conditions de vie des personnes incarcérées ou ayant été incarcérées et des personnes en situation d’itinérance. Puisque nous sommes un journal étudiant, nos ressources disponibles pour mener en profondeur cette recherche ont naturellement été limitées. Ainsi, nous avons pris la décision d’explorer les liens entre incarcération et itinérance selon un angle précis, conscient·e·s de l’impossibilité d’en couvrir en détail tous les aspects. Pendant ce travail, nous avons cherché à déconstruire nos propres biais, qui sont ceux nous semble-t-il d’une grande majorité de personnes, qui voient les personnes incarcérées et en situation d’itinérance d’un<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>œil simpliste, culpabilisant et déshumanisant, ignorant de la complexité de leurs réalités. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dans le cadre de l’enquête, nous avons donc concentré nos efforts de recherche sur la situation des hommes étant passés par le Service correctionnel du Canada et ayant donc vécu plusieurs années en institution carcérale. Si le <i>Délit</i> est conscient qu’il n’a qu’effleuré la problématique avec son dossier spécial, il est d’autant plus conscient que d’autres réalités ont été presque complètement occultées lors de la recherche. D’une part, la situation des femmes vivant soit en situation d’itinérance, de précarité sociale ou encore étant judiciarisées. D’autre part, la grave surreprésentation des personnes issues des communautés autochtones autant dans la rue que derrière les barreaux. Par ailleurs, la relation entre les forces policières et la population itinérante n’a également pas été abordée et mériterait un dossier complet à lui seul. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Nous avons recueilli plusieurs témoignages, qui montrent la difficulté que représente la réintégration aux structures de la société civile existantes. Cela est notamment dû à la certaine rigidité des conditions de liberté conditionnelle qui, si elles visent à protéger le grand public lorsque nécessaire, empêchent parfois d’anciens détenus d’avoir accès aux lieux venant en aide aux personnes en situation de précarité. Ces témoignages nous ont mené à mettre en doute l’idée que les anciens détenus sont vraiment libres lorsqu’ils sont placés en liberté conditionnelle, puisqu’ils sont parfois très éloignés des ressources nécessaires pour une vie digne.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’enquête nous a également suggéré que pour réintégrer la société civile, il faut malheureusement déjà en être membre. En effet, la conjugaison des règles administratives de différents paliers gouvernementaux ne communiquant pas entre eux encourage le maintien des personnes dans les conditions de précarité desquelles elles tentent de sortir. L’expiration des papiers d’identité, nécessaires pour les procédures, le besoin de preuves de domicile pour les démarches comme obtenir une carte d’assurance-maladie alors que des personnes sont justement sans-abris, les énormes dettes liées à des hospitalisations, etc. Tous ces facteurs érigent alors les murs d’un labyrinthe administratif qui déshumanise encore plus les personnes déjà privées de leur caractère humain par l’indifférence générale. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les tenants du pouvoir publics, notamment le Service correctionnel du Canada, mais également la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, ont donc le devoir de s’assurer de communiquer entre eux pour établir un véritable réseau de réintégration sociale. Nous ne pouvons accepter les excuses de la bureaucratie se relançant la balle en «&nbsp;gérant&nbsp;» des dossiers qui, ne faut-il pas l’oublier, représentent de véritable personnes.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/des-cellules-de-prison-aux-rues-de-montreal-il-ny-a-quun-pas/" data-wpel-link="internal">Des cellules de prison aux rues de Montréal, il n’y a qu’un pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/des-cellules-de-prison-aux-rues-de-montreal-il-ny-a-quun-pas/feed/</wfw:commentRss>
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			</item>
		<item>
		<title>Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:27:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
		<category><![CDATA[empreinte carbone]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chapitre 4 de l'enquête sur l'empreinte carbone de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Lorsque l’on parle de transition&nbsp;</span><span class="s1">énergétique, la question des investissements dans les énergies fossiles pèse également dans la balance de l’avenir écologique de la société. En effet, <i>Divest McGIll</i> estime que le portefeuille de l’Université est composé environ 8% d’investissements dans les énergies fossiles. Si l’on compare McGill aux autres institutions universitaires, notre université est-elle en retard? </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">D’emblée, il peut être complexe d’établir une comparaison, puisque les institutions universitaires, n’étant pas dans l’obligation d’une transparence quant à leur ensemble d’investissements, ne laissent pas toujours leurs documents de fonds d’investissement au grand jour. C’est le cas de l’Université Laval, la première institution académique à occulter complètement les énergies fossiles de son portefeuille. Le groupe <em>ULaval sans fossiles</em>&nbsp;visant à désinvestir a dû se faire ses propres estimations pour avoir une idée de la proportion d’ « argent fossile » que L’ULaval possédait. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Grâce à <i>Divest McGill</i>, c’est depuis mai 2013 que des pétitions sont signées et que des manifestations sont organisées, mais sans désinvestissements majeurs. À Concordia, bien que l’Université n’ait pas encore désinvesti, la mobilisation a fait du bruit. Un projet pilote octroie cinq millions des 100 millions du fond de dotation à un gestionnaire pour placer des investissements durables en évitant les combustibles fossiles, les armes et le tabac. Cela marque tout de même un début de démarches de désinvestissement. L’Université de Sherbrooke s’organise de manière similaire, ayant également mis en place<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>une stratégie d’investissement responsable coordonnée par un comité créé il y a environ un an dédié à ce sujet. </span></p>
<p class="p1"><span class="s3">Le cas le plus semblable à celui de McGill est probablement celui de l’Université de Montréal (UdeM). Des étudiant•e•s protestent avec pour slogan «Visage vert fond noir!» depuis 2015, soit peu après la formation de <i>Divest McGill</i> en 2013, mais n’ont toujours pas eu de petite victoire. En effet, c’est 12,8 millions de dollars que l’UdeM a d’investi dans le secteur du pétrole, du gaz et des combustibles, incluant le sous-secteur du stockage et du transport du pétrole et gaz. Ces données datent de fin 2015, aucun rapport n’ayant t<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>été publié depuis. Cela correspond à 4,3 % de l’actif total du fond de dotation, soit 298 millions de dollars. Toutefois, il serait assez précaire de comparer ces chiffres à ceux de McGill puisque ces derniers sont récents de l’année 2018 et non datés d’il y a presque 4 ans. Il est tout de même possible de constater que la fondation de l’Université de Montréal plaçait, à l’époque, plus de 35 millions<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de dollars dans les énergies fossiles, ce qui représente environ 22% du total de ses investissements de plus de 500 000 dollars, c’est dire un peu plus de 154M$ au total. </span></p>
<p class="p1"><span class="s4">Toutes ces informations omettent les placements pour les fonds de pension des employés, ce qui pourrait bien faire augmenter le bilan. Certain•e•s étudiant•e•s estiment<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>qu’étant donné que le portefeuille de McGill est l’un des plus importants<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>du Québec, il est ainsi plus difficile pour l’université de désinvestir-<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>justifiant le fait qu’aucune démarche administrative ne soit à ce jour entreprise. Pourtant, plusieurs universités reconnues au niveau international sont sur la liste des établissements d’éducation ayant désinvesti, comme Yale ou l’Université d’Oxford. Bien qu’il soit difficile de comparer parfaitement les situations des différentes universités, connaître le statut de nos semblables est assez révélateur quant au positionnement de McGill.</span></p>
<p><strong>Calculer les émissions des investissements?<br>
</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Un aspect absent de l’inventaire des GES de l’Université McGill est l’empreinte carbone de son portefeuille. En effet, à l’heure des discussions entourant les mouvements de désinvestissement des énergies fossiles, certain·e·s peuvent se demander si les institutions sont responsables d’une certaine partie des émissions de GES des entreprises qu’elles encouragent par des investissements. Faudrait-il inclure cette part d’émission dans l’inventaire de l’Université? </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’est du moins ce que croient Professeur Gregory Mikkelson, directeur de l’École d’études environnementales de l’Université McGill, ainsi que Jérôme Conraud, directeur de la Gestion des services d’utilité et de l’énergie de McGill. Ce dernier explique que d’un point de vue technique de comptabilité environnementale, «&nbsp;on aimerait pouvoir les inclure&nbsp;». Il met l’enjeu en perspective avec la situation d’autres institutions – notamment la Banque centrale européenne, qui a tenté d’avoir un projet pilote de calcul d’émissions induites, mais sans suite. Ainsi, pour avoir un portrait complet, il faudrait inclure les émissions de toutes les entreprises, et pas seulement celles directement impliquées dans les énergies fossiles. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">M. Conraud présente également les difficultés techniques entourant le calcul de l’empreinte carbone du portefeuille de McGill. La difficulté d’accès à sa composition exacte rend ce genre de calcul hasardeux. Ainsi, même si les plus grands investissements de McGill sont consultables en ligne, le gestionnaire de l’énergie évoque «&nbsp;le travail de moine&nbsp;» lié à l’analyse des émissions de GES de chaque compagnie&nbsp;: « Comment fait-on pour établir que, par exemple, un dollar chez Petro-Canada ou chez la RBC équivaut à x émission de GES? » Une idée suggérée serait d’attribuer la proportion du total des émissions de l’entreprise correspondant au pourcentage d’actions détenues par McGill. Toutefois, toutes ces compagnies ne possèdent pas nécessairement de rapport d’émissions de GES, </span><span class="s2">avance Jérôme Conraud.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33201 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png" alt width="1000" height="580" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-330x191.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-768x446.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-850x493.png 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p>L’article précédent:</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NVt0OOMdLK"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/embed/#?secret=NVt0OOMdLK" data-secret="NVt0OOMdLK" width="600" height="338" title="«&nbsp;Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>La suite ici:</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EAU5BO4eeU"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/" data-wpel-link="internal">Et après? Comment réduire les émissions?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/embed/#?secret=EAU5BO4eeU" data-secret="EAU5BO4eeU" width="600" height="338" title="«&nbsp;Et après? Comment réduire les émissions?&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Quelques questions  à Jérôme Conraud, gestionnaire de l’énergie à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:27:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33205</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chapitre 2 de l'enquête sur l'empreinte carbone de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Quelques questions  à Jérôme Conraud, gestionnaire de l’énergie à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><i>Le Délit </i></span><span class="s2">(LD) : <i>Brièvement, comment sont calculées les émissions de GES à McGill?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Jérôme Conraud (JC) : Pour le processus d’inventaire des gaz à effet de serre (GES, <i>ndlr</i>), on se partage (la tâche d’inventaire, <i>ndlr</i>) entre le département de Gestion des services d’utilité et de l’énergie (dont M. Jérôme Conraud est le directeur, <i>ndlr</i>) et le Bureau de développement durable. On va travailler conjointement pour faire ce rapport à chaque année. La grosse part des émissions de l’Université – les deux tiers à peu près – est liée à la consommation d’énergie des bâtiments, c’est pourquoi nous autres sommes impliqués dans le processus. On regarde sur une période d’un an (du 1<i>er</i> janvier au 31 décembre de chaque année) notre consommation réelle de combustibles fossiles dans tous les bâtiments. Donc on a du gaz naturel, mais également un peu de propane, un peu de mazout, et aussi un peu de diesel pour les génératrices d’urgence. Donc on a plein de factures qu’on collige, qu’on compile, et ça nous donne la consommation totale de ces différentes sources d’énergie qu’on multiplie par des facteurs d’émissions établis par [les ministères provincial et fédéral]. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">LD : </span><i>On note un changement dans la méthode de calcul entre le rapport 2015 et le rapport 2017, notamment l’inclusion de nouveaux bâtiments gérés par des tiers, faisant augmenter le total de l’année 2015 de 4 757 tCO2. Que répondriez-vous à ceux et celles pouvant penser que ce changement de calcul a été fait dans l’optique d’assurer une diminution de l’inventaire de GES entre 2015 et 2017?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1">JC : Ce n’est vraiment pas pour ça qu’on a fait ce changement, puisqu’on ne savait pas à l’avance ce qu’on allait avoir comme résultat. La raison pour laquelle on a décidé d’inclure (les bâtiments gérés par des tiers, <i>ndlr</i>), c’est vraiment pour adhérer strictement au <i>GHG Protocol Accounting and Reporting Standards</i>, le protocole qu’on a choisi pour rapporter nos émissions de GES. On l’a fait d’un point de vue scientifique, comptable, dans le but d’être le plus transparent possible, d’en prendre plus que pas assez. Ce sont plein d’émissions qu’on n’était pas obligé d’inclure dans notre envergure (sic), parce que beaucoup de ces émissions sont des émissions de Catégorie 3 (émission indirecte, <i>ndlr</i>). Même si on adhère au <i>GHG Protocol</i>, on n’est pas obligé d’inclure ces émissions-là. C’est <i>best practice</i> [de les inclure], mais si ce n’est pas fait, on remplit quand même les exigences du <i>Protocol</i>. Mais on veut toujours aller plus loin, et le but aussi, c’est de pouvoir informer les gens – on inclut également la méthodologie détaillée du rapport avec les calculs de génie – dans une recherche d’exactitude. […] </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Une autre grosse catégorie qu’on aimerait inclure, c’est notre parc immobilier, parce qu’il y a des émissions induites avec le type de constructions que l’on fait. Par exemple, si l’on fait une structure en bois plutôt qu’une structure en acier, le bois est un matériel renouvelable qui peut capturer du CO2 pendant sa croissance alors que du côté de l’acier, c’est tout le contraire, c’est un des matériaux qui a la plus lourde empreinte carbone par volume. Là aussi, les choix que l’on fait en termes de conception de bâtiments vont avoir un gros impact. Estimer les énergies grises (la quantité d’énergie utilisée dans le cycle de vie d’un matériau, <i>ndlr</i>) de notre parc immobilier, c’est quelque chose que l’on voudrait faire. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">LD :</span> <i>Est-il juste de penser que l’empreinte carbone telle que calculée présentement sous-estime ce qu’on pourrait qualifier d’empreinte réelle de McGill?</i></p>
<p class="p1"><span class="s2">JC : Oui, en fait oui dans un sens. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les GES sont classés dans trois catégories (voir le segment « Qu’est que l’empreinte carbone&nbsp;», <i>ndlr</i>) […] Il y a ainsi des choix que les étudiants font, par exemple le choix d’habiter proche ou non du campus, d’avoir une auto ou pas, etc. On s’entend que ce choix est dicté par notre situation socio-économique, je ne dis pas qu’on est tous en mesure de prendre la bonne décision qui fera qu’on aura une empreinte carbone de zéro quand on arrivera sur le campus. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a une partie de choix individuels que l’Université qui rapporte ses émissions de GES ne contrôle pas à 100%. C’est pour ça que dans tous les grands protocoles, il y a des catégories différentes : celles où on a directement un bras de levier et celles qui sont plus difficiles à influencer. […] </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’est pourquoi une organisation qui rapporte ses GES se fixe une limite, une frontière. Nous, on est d’avis d’intégrer de plus en plus d’éléments dans le futur, mais ça ne veut pas dire que nos émissions sont surévaluées ou sous-évaluées. C’est plutôt d’inclure les émissions dont nous sommes indirectement responsables, pas pour dire qu’on a sous-évalué nos impacts, mais pour dire qu’on va un peu ouvrir nos esprits et on va regarder toutes les ramifications et toute la complexité du système économique et social et donc de la problématique des changements climatiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33201 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png" alt width="1000" height="580" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-330x191.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-768x446.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-850x493.png 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Suivez l’enquête !</strong></p>
<p>Chapitre 1 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’empreinte carbone de McGill</a></p>
<p>Chapitre 2 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Quelques questions à Jérôme Conraud, gestionnaire de l’énergie à McGill</a></p>
<p>Chapitre 3 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a></p>
<p>Chapitre 4 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/" data-wpel-link="internal">Et après? Comment réduire les émissions ?</a></p>
<p>Chapitre 5 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a></p>
<p><strong>L’article précédent ici:</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sWYLJkhMOO"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’empreinte carbone de McGill</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/embed/#?secret=sWYLJkhMOO" data-secret="sWYLJkhMOO" width="600" height="338" title="«&nbsp;L’empreinte carbone de McGill&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p><strong>La suite ici:</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zrxijz89lK"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/embed/#?secret=zrxijz89lK" data-secret="zrxijz89lK" width="600" height="338" title="«&nbsp;Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Quelques questions  à Jérôme Conraud, gestionnaire de l’énergie à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:27:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[empreinte carbone]]></category>
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		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33217</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chapitre 3 de l'enquête sur l'empreinte carbone de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Les GES émis par le transport des employé·e·s et des étudiant·e·s constituent la deuxième plus importante source d’émission de l’Université McGill en 2017, avec 8 087 tCO2 (14,4% des émissions) pour le transport aérien financé et 6 924 tCO2 pour l’ensemble des déplacements quotidiens (12,3% des émissions). Si connaître le nombre de billets d’avions remboursés par McGill est relativement aisé, calculer les émissions de CO2 issues des 35 &nbsp;000 déplacements quotidiens de la communauté mcgilloise n’est pas aussi simple. De plus, les émissions des étudiant·e·s internationaux·ales ayant dû se rendre au Canada pour étudier à McGill sont également laissées de côté. Comment dresser un portrait juste de la situation?</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Une estimation de 2011</b></span></p>
<p class="p5">L’estimation des émissions liées aux déplacements quotidiens est complexe. Si l’ensemble de ces données n’est pas disponible, McGill possède tout de même une estimation du trafic quotidien des membres de sa communauté. En effet, en 2011, le <i>Transportation Research at McGill</i> a réalisé une étude sur les habitudes de transport de la communauté mcgilloise et cette étude a été utilisée pour la rédaction des inventaires de GES de 2015 et 2017 en ajustant les données pour correspondre à la population de l’année à évaluer.</p>
<p class="p2">Plusieurs tendances sont observables quant aux habitudes de transport. D’une part, les employé·e·s émettent individuellement et collectivement plus d’émissions que les étudiant·e·s. En effet, si les employé·e·s (12 011 membres) sont trois fois moins nombreux·ses que les étudiant·e·s (31 961 membres), les premier·ère·s (4 608 tCO2 pour 8,2% du total) émettent collectivement deux fois plus d’émissions que les dernier·ère·s (2 316 tCO2 pour 4,1% du total). Selon le rapport de 2011, cette différence est explicable par les différents modes de transport privilégiés, les employé·e·s utilisant plus souvent la voiture ou la combinaison transport public/voiture que les étudiant·e·s qui utilisent en forte majorité le transport public ou actif (vélo ou marche).</p>
<p class="p2">Toutefois, il est difficile de savoir comment le portrait de la situation a pu évoluer depuis 2011. Effectivement, la dernière étude de ce genre publiée par McGill date de 2013 et cette dernière a été mise de côté par le Bureau du développement durable étant donné l’absence d’une analyse précise de l’émission de GES.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Et les vols internationaux? </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Un autre aspect des émissions dont McGill se voit responsable concerne le transport aérien financé, c’est-à-dire lorsque les étudiant·e·s ou les employé·e·s voyagent à titre de représentant·e·s de l’Université (pour aller à une conférence, par exemple). Ces émissions sont calculées selon les recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et comptabilisées dans l’inventaire de McGill.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Mais qu’en est-il des voyages en avion des étudiant·e·s internationaux·ales venant étudier à McGill? Si l’on compte les déplacements quotidiens dans l’empreinte carbone, devrait-on aussi inclure ces déplacements internationaux? «&nbsp;ll y a une discussion de ce côté-là&nbsp;», concède Jérôme Conraud. « Il y a plusieurs façons de penser. Il y a des gens qui se disent que si ces étudiants internationaux n’étaient pas venus à McGill, ils n’auraient pas fait ces déplacements en avion. D’autres vont dire que si ces étudiants n’étaient pas venus à McGill, ils seraient allés à l’Université de Toronto ou à l’Université de Colombie-Britannique ou ailleurs en Amérique du Nord. Clairement, dans les règles de <i>best practice</i>, on n’est pas obligés de les inclure, parce que ce que tu vas inclure dans ton rapport de GES, ce sont les éléments sur lesquels tu peux avoir un contrôle, sur lesquels tu peux changer les manières de faire. Si on veut attirer des étudiants internationaux, ils n’ont pas vraiment le choix de prendre l’avion&nbsp;».</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Par ailleurs, Jérôme Conraud soulève les difficultés techniques et questionne la pertinence du recueillement des données de voyagement des étudiant·e·s internationaux·ales. Par exemple, ce n’est pas parce qu’un·e étudiant·e possède un passeport chinois qu’il habitait en Chine au moment de venir étudier à McGill. De plus, les étudiant·e·s internationaux·ales ne reviennent pas nécessairement dans leur pays d’origine à la même fréquence. Tous ces paramètres rendraient nécessaire la conduite d’une nouvelle enquête pour obtenir ces données, mais M. Conraud n’est pas convaincu de leur utilité&nbsp;: «&nbsp;La question est&nbsp;: quelle est la pertinence d’intégrer ces données si on n’est pas sûr de pouvoir faire quelque chose avec?&nbsp;»</span></p>
<p>L’article précédent:</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tv2rTEcQDU"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Quelques questions  à Jérôme Conraud,  gestionnaire de l’énergie à McGill</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/embed/#?secret=tv2rTEcQDU" data-secret="tv2rTEcQDU" width="600" height="338" title="«&nbsp;Quelques questions  à Jérôme Conraud,  gestionnaire de l’énergie à McGill&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>La suite ici:</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DBSX4Mi4BV"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/embed/#?secret=DBSX4Mi4BV" data-secret="DBSX4Mi4BV" width="600" height="338" title="«&nbsp;Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale&nbsp;» — Le Délit" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’empreinte carbone de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:26:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
		<category><![CDATA[empreinte]]></category>
		<category><![CDATA[empreinte carbone]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[taxe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chapitre 1 de l'enquête sur l'empreinte carbone de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’empreinte carbone de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33193 " src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04-330x40.png" alt width="363" height="44" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04-330x40.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04-768x94.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04-1000x122.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04-850x104.png 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.30.04.png 1065w" sizes="auto, (max-width: 363px) 100vw, 363px"></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">Université McGill, en sa qualité d’institution accueillant 40&nbsp;000 étudiant·e·s, comptant plus de 2&nbsp;000 employé·e·s et gérant un budget de 1,33 milliard de dollars en 2017–2018, a une empreinte écologique non négligeable, comparable à certaines entreprises. En cette ère de bouleversements climatiques majeurs, des voix s’élèvent pour réduire radicalement l’empreinte écologique collective. Mais comment calcule-t-on l’empreinte écologique d’une institution? Quels éléments sont inclus et exclus? Prévoyant initialement brosser le portrait complet de l’empreinte écologique de l’Université McGill, <i>Le Délit</i> a orienté son enquête sur l’empreinte carbone, sujet déjà complexe. En effet, du transport aux émissions directes en passant par les émissions indirectes liées au portefeuille d’investissements, établir avec précision l’inventaire des gaz à effet de serre (GES) est un travail de moine non exempt d’orientations idéologiques inévitables. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour réaliser cette enquête, <i>Le Délit</i> a consulté les banques de données rendues disponibles en ligne par McGill et consulté des spécialistes au sein de la communauté mcgilloise. Le journal est conscient des limites de sa propre couverture de l’enjeu. Des problématiques comme la consommation d’eau, d’électricité et de ressources naturelles mériteraient tout autant d’être étudiées. Ainsi, le but de cette présente enquête est plutôt d’offrir un aperçu de la complexité entourant le «&nbsp;simple&nbsp;» calcul de l’empreinte carbone, </span><span class="s2">espérant éveiller la curiosité des mcgillois.e.s.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33197 " src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25-330x44.png" alt width="353" height="47" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25-330x44.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25-768x103.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25-1000x135.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25-850x114.png 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.32.25.png 1062w" sizes="auto, (max-width: 353px) 100vw, 353px"></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’<i>empreinte carbone</i> est la mesure de la quantité de gaz carbonique (CO2) relâché dans l’atmosphère par un organisme (un individu, un animal, une compagnie, etc.) de par ses activités (transport, consommation d’énergie, alimentation, etc.) Bien que le gaz carbonique ne soit pas le seul gaz à effet de serre (GES), le potentiel d’effet de serre de ces autres gaz est converti dans son équivalent en CO2 pour faciliter le décompte et le suivi des GES. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Depuis 2013, l’Université McGill publie annuellement l’inventaire détaillé de ses émissions de GES. La méthode de calcul, suivant le <i>GHG Protocol Corporate Accounting and Reporting Standard</i> ainsi que les normes gouvernementales québécoises et canadiennes, prend en compte les émissions directes ou indirectes des structures (bâtiments, véhicules, etc.) sous la responsabilité immédiate de l’Université. Toutefois, depuis 2017, l’Université McGill a décidé d’élargir la portée de sa responsabilité en termes d’émissions de GES, c’est-à-dire d’inclure certaines structures sur lesquelles l’Université ne possède pas de contrôle immédiat en termes d’opération, mais qui sont tout de même utilisées (par exemple, des locaux du 680 Sherbrooke ou du 2001 McGill College qui sont loués par McGill). </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Pour départager ces types d’émission et quantifier leur apport respectif à l’empreinte carbone de l’Université, le <i>Greenhouse Gas Inventory</i> de McGill définit ainsi plusieurs catégories : </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les émissions de Catégorie 1</b> réfèrent aux émissions directement libérées par les activités de McGill. Par exemple, l’utilisation de gaz naturel ou d’autres méthodes de combustion pour le chauffage des bâtiments dont l’Université est propriétaire tombe dans cette catégorie. À McGill, les émissions de Portée 1 comprennent également les émissions de la flotte de véhicules utilisée (excluant la navette entre le campus Macdonald et le campus du centre-ville), l’utilisation des réfrigérants ainsi que le bétail possédé par l’Université. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les émissions de Catégorie 2</b> réfèrent aux émissions liées à la production de l’électricité achetée par l’Université. Comme la très grande majorité de cette électricité est produite et distribuée par Hydro-Québec (qui produit de l’hydroélectricité), ces émissions comptent pour une très faible portion du total de l’Université. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les émissions de Catégorie 3 </b>réfèrent à toutes les émissions ne rentrant pas dans les deux premières catégories, mais étant liées aux activités de l’Université de façon indirecte. Cette catégorie comprend principalement les déplacements quotidiens des étudiant·e·s et des employé·e·s de McGill pour se rendre à l’université, les voyagements de la navette Macdonald, les voyages en avion directement financés par McGill ainsi que la consommation d’énergie (fossile ou autre) des bâtiments n’étant pas directement contrôlés par McGill.</span></p>
<p><strong>Suivez l’enquête !</strong></p>
<p>Chapitre 1 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’empreinte carbone de McGill</a></p>
<p>Chapitre 2 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/quelques-questions-a-jerome-conraud-gestionnaire-de-lenergie-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Quelques questions à Jérôme Conraud, gestionnaire de l’énergie à McGill</a></p>
<p>Chapitre 3 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/comment-calculer-les-emissions-liees-aux-deplacements-de-la-communaute-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">Comment calculer les émissions liées aux déplacements de la communauté McGilloise ?</a></p>
<p>Chapitre 4 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/" data-wpel-link="internal">Et après? Comment réduire les émissions ?</a></p>
<p>Chapitre 5 :&nbsp;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/lempreinte-carbone-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’empreinte carbone de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Et après? Comment réduire les émissions?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 16:26:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
		<category><![CDATA[empreinte carbone]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33228</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chapitre 5 de l'enquête sur l'empreinte carbone de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/" data-wpel-link="internal">Et après? Comment réduire les émissions?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Si McGill tente d’offrir un rapport détaillé de ses émissions, ce n’est évidemment pas une fin en soi. En effet, le rapport vise à identifier les principales sources d’émissions afin de cibler les efforts de réduction. À McGill, la principale source d’émission de GES est issue de la combustion stationnaire du gaz naturel (33 &nbsp;076 tCO2 pour 59% des émissions en 2017). </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Lorsqu’on parle de réduire l’utilisation de gaz naturel, Jérôme Conraud est clair&nbsp;: «&nbsp;Le plan, c’est de faire la transition énergétique. […] Ce n’est pas la solution que pour McGill, c’est la solution pour la société.&nbsp;»<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Toutefois, même si l’ingénieur de formation indique plusieurs manières de réaliser cette transition, il demeure prudent lorsque vient le temps de s’avancer sur des solutions, compte tenu de la complexité de l’enjeu&nbsp;: «&nbsp;Au Québec, nous sommes chanceux d’avoir une source d’hydroélectricité qui est, sans rentrer dans les termes ‘verts’ à très faible empreinte carbone. Il y a d’autres impacts. Par exemple, ça inonde des zones qui, avant, étaient utilisées différemment. Ça détruit des écosystèmes, etc. […] Si l’on ne regarde que les GES, la solution facile sur papier serait de tout convertir à l’électricité, puis c’est fini : on a complété notre transition énergétique.&nbsp;</span><span class="s2">» </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Conraud explique qu’une université comme McGill ne peut se permettre de ne dépendre que d’une seule source d’énergie venant d’un seul fournisseur à cause du patrimoine que l’institution possède. Le directeur de l’énergie rappelle la tempête de verglas de 1998 ayant frappé le Québec, indiquant que McGill a pu continuer de chauffer ses bâtiments au gaz naturel. «&nbsp;À l’université, il y a des activités de recherche. Il y a des laboratoires<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>possédant des spécimens qui n’ont pas de prix. Par exemple, on possède des carottes de calotte glacière qu’on ne peut pas perdre, sinon c’est une perte pour l’humanité. […] Il y a des livres, des œuvres d’art&nbsp;: on ne peut pas se permettre de geler les bâtiments.&nbsp;» </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">À part l’électricité, d’autres sources d’énergie sont également envisagées, comme la géothermie ou encore le gaz naturel renouvelable issu des sites d’enfouissement ou des biodigesteurs qui convertissent le compost en biométhane réutilisable. Entre 2015 et 2017, McGill a réduit de 6% sa consommation de gaz naturel, retranchant 2 073 tCO2 émis. Toutefois, McGill a encore du chemin à parcourir pour parvenir à ses objectifs, soit d’atteindre la carboneutralité (avoir un bilan net d’émission de GES nul) d’ici 2040.</span></p>
<p></p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-33201" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png" alt width="1000" height="580" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-1000x580.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-330x191.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-768x446.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/02/Capture-d’écran-2019-02-05-à-10.35.30-850x493.png 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’article précédent:</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Hcu1bBUy60"><p><a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/" data-wpel-link="internal">Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«&nbsp;Désinvestir des énergies fossiles: Portrait de la scène provinciale&nbsp;» — Le Délit" src="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/desinvestir-des-energies-fossiles-portrait-de-la-scene-provinciale/embed/#?secret=NzQcN5uskF#?secret=Hcu1bBUy60" data-secret="Hcu1bBUy60" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/et-apres-comment-reduire-les-emissions/" data-wpel-link="internal">Et après? Comment réduire les émissions?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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