Réhabilitation sociale: La perspective de la Maison du Père – Le Délit
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Réhabilitation sociale: La perspective de la Maison du Père
Par et · 2 avril 2019
La Maison du Père.
Image par Iyad Kaghad

Au cours des derniers mois, Le Délit a enquêté sur l’itinérance affectant les hommes ayant passé plusieurs années au sein d’un pénitencier fédéral. Pour tenter d’esquisser ce phénomène méconnu, Le Délit a rencontré des personnes de la rue, des acteurs communautaires ainsi que des représentants d’agences gouvernementales. Voici le deuxième article sur quatre.

Dans le cadre de son enquête, Le Délit  a rencontré Manon Dubois, directrice des communications de La Maison du Père, un refuge pour hommes en situation d’itinérance ou de précarité, qui nous donne un aperçu des difficultés des hommes en situation d’itinérance à se réhabiliter socialement.

Multiples facteurs

« Pour quelqu’un qui a connu l’itinérance, les marches sont énormes pour se réinsérer socialement. » Manon Dubois aborde la conjugaison de multiples facteurs pouvant mener à l’itinérance, par exemple la perte d’un emploi combiné à l’âge et à des problèmes de santé mentale. Elle nomme également parmi ces facteurs les préjugés des employeurs face aux personnes souffrant d’un « trou » de quelques années d’inactivité dans leur curriculum vitae, trou parfois causé par les années en situation d’itinérance. Ces préjugés, combinés à l’âgisme, rendent encore plus difficile la réintégration sur le marché du travail et peuvent perpétuer les situations de précarité.

Questionnée sur la judiciarisation des personnes et des difficultés supplémentaires que celles-ci pourraient rencontrer, Mme Dubois explique que la Maison ne fait pas de différenciation explicite : « Ils (les personnes, ndlr) font partie de nos programmes. […] Ils font partie de ceux qui, pour diverses raisons, ont des difficultés à se trouver un emploi. C’est pour ça que nous, lorsque l’on dit que l’on a réussi une réinsertion sociale, ça n’est pas nécessairement relié à l’emploi. »

Pour le problème de la sortie d’institutions carcérales, Manon Dubois présente un portrait hétéroclite de la situation entourant cette frange de la population: « Je sais qu’il y a beaucoup d’hommes qui sortent de prison et qui sont laissés à eux-mêmes, en leur donnant un ticket d’autobus. Pour d’autres, c’est plus organisé. [La Maison du Père] reçoit ici des bénévoles en maison de transition qui viennent acquérir des aptitudes. »

En effet, la Maison du Père accueille entre 4 et 5 hommes en maison de transition. Ils accomplissent des tâches comme la cuisine, la buanderie, les services de vestiaire, etc. Manon Dubois explique qu’il y a de plus en plus de liens avec les maisons de transition. Elle refuse toutefois de s’avancer sur les résultats à long terme de ce genre d’approche, notamment du côté des employeurs.

En plus des hommes en maisons de transition, il y a également les personnes au YMCA accomplissant des travaux communautaires ou compensatoires. Manon Dubois chiffre le nombre de personnes à « au moins une douzaine par jour ».

Pièces d’identité

Pour ce qui est de la perte des pièces d’identité, la Maison du Père offre parmi ses services l’accompagnement des personnes ayant vu leurs différentes cartes expirer. En effet, l’organisme emploie ses propres infirmières, et peut faire office d’adresse principale pour les personnes nécessitant des soins au CLSC, mais ne possédant pas de carte d’assurance-maladie.

Questionnée à savoir si les personnes en situation de précarité ont besoin préalablement de papiers d’identité pour être résidentes à la Maison du Père, Manon Dubois répond qu’« en réinsertion sociale, la première chose que l’on va faire est que les gens aient leurs papiers pour qu’ils puissent avoir des soins et des médicaments, étant donné que la majorité a des problèmes de santé ».

Par ailleurs, une pièce d’identité est demandée aux hommes venant au sein du refuge pour s’enregistrer dans la base de données de l’organisme. « Si la personne n’a pas ses pièces d’identité, dans la soirée ou le lendemain matin, on va voir avec elle pour faire en sorte de compléter les documents pour qu’elle puisse les retrouver. »

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