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Une réputation qui pâlit

Les classements universitaires démontrent une baisse graduelle de McGill depuis 2011.

Paul Lowry

Le classement mondial annuel des universités a été publié par le Times Higher Education (THE). L’Université McGill y figure au 42e rang, une situation dont McGill semble se réjouir puisqu’elle y a consacré un article complet au sein du McGill Reporter. L’information a d’ailleurs été repartagée sur le compte Twitter de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Que signifie ce classement, et devrait-on s’en préoccuper ? 

En baisse depuis 2011

S’il est vrai que McGill a gagné deux échelons au classement THE depuis l’année dernière en grimpant de la 44e à la 42e position, l’Université a une moins bonne performance qu’en 2011. En effet, le classement THE plaçait l’Université McGill au 35e rang en 2011, une perte de sept échelons en neuf ans. La baisse est encore plus importante pour ce qui est du classement QS, où McGill est passée du 18e au 35e rang entre 2012 et 2020, une perte de 17 rangs. 

En comparaison, l’Université de Toronto est présentement au 18e rang du classement THE 2020, et au 29e rang du classement QS 2020. L’autre université canadienne dans le top 50 des deux classements est l’Université de Colombie-Britannique. Au Québec, seule l’Université de Montréal fait également partie du top 100 du classement de THE en 2020 ; elle y figure au 85e rang. 

Plusieurs classements

Le classement Times Higher Education est établi chaque année par le magazine portant le même nom. Fondé en 1971 au Royaume-Uni, ce magazine hebdomadaire se concentre sur les affaires liées au monde de l’éducation supérieure. C’est toutefois la publication de son classement annuel des universités qui retient l’attention. Le classement est entre autres basé sur la recherche, le nombre de citations et le ratio enseignant/étudiant, mais surtout sur la « réputation », comptant pour 40% de la note. Le classement QS est basé sur des critères similaires, mais avec une pondération et une méthode de calcul légèrement différente. 

À noter que des critères entourant le bien-être de la population étudiante ne sont pas nécessairement pris en compte par ce genre de calcul. C’est ainsi que le magazine canadien Maclean’s, en plus d’un classement plus « classique », établit également un classement des universités au pays en fonction de l’expérience étudiante. Des critères comme l’accès à des soins et services en santé mentale, les mesures contre les violences à caractère sexuel et la visibilité des cultures autochtones sur le campus sont évalués à l’aide de sondages distribués aux étudiant·e·s. Dans ce classement, l’Université McGill est à l’extérieur du top 15 canadien. 

Pertinence des classements 

Les classements sont encore consultés par les étudiants aujourd’hui, et certaines universités ne sont pas indifférentes à leur rang respectif. En effet, le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, expliquait au Devoir que les classements avaient une certaine importance lorsque vient le temps d’attirer les étudiants internationaux : 

« Les étudiants internationaux regardent ça. Ça nous permet de recruter de meilleurs étudiants, de meilleurs profs, et d’avoir de meilleurs programmes. Ça fait boule de neige ».

D’autres ne sont pas aussi friands de ces classements. Par exemple, Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec Solidaire et ancienne figure de proue du Printemps érable, a avancé au Délit lors d’une entrevue publiée en septembre 2018 que le rôle d’une université (québécoise) devrait être de se concentrer sur la transmission de la culture et des connaissances au sein de la population québécoise. Il est apparu critique de ce qu’il a désigné comme le « marché international de l’éducation supérieure » et les classements basés sur des critères qu’il a qualifié d’« arbitraires ».

L’administration mcgilloise n’a pas répondu aux questions du Délit.


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