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	<title>Myriam Bourry-Shalabi - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2023 23:27:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>Encore un texte féministe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/encore-un-texte-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme transnational]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le futur du féminisme est-il transnational?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cet été, lorsque je suivais les actualités sur l’invalidation de l’arrêt&nbsp;<em>Roe c. Wade&nbsp;</em>aux États-Unis, je me suis souvenue de la première fois que j’ai remis en question mon féminisme. J’avais 12 ans, cet âge où son corps s’engouffre dans son sac à dos, et j’attendais, impatiemment le début de mon cours de français. Assise à côté de la porte, en face de la classe d’arts plastiques, on me demande tout d’un coup : «Es-tu une féministe?» J’ai eu une réaction viscérale à la question : «Oui», avais-je dit sur la défensive. J’avais répondu, probablement hautainement, qu’<em>évidemment&nbsp;</em>que toutes les femmes sont féministes. J’ai le souvenir d’avoir affirmé : «Tu es une femme, tu es féministe.» On me répond que toutes les femmes ne sont pas des féministes, qu’il existe des «féministes» dites TERF (<em>Trans-exclusionary radical feminist</em>), forgées par le cisféminisme radical qui exclut les femmes trans du mouvement de libération. À ces paroles, ma vision universaliste du monde s’est défaite, cette vision du monde où tout le monde se bat pour la même libération. Je me suis plongée dans l’introspection. Je savais que je croyais à la parité hommes-femmes, que je croyais aux racines systémiques du patriarcat ou encore à l’approche intersectionnelle du féminisme. Mais est-ce que tout ça me rendait féministe?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense que le futur du féminisme est un avenir qui doit se concrétiser en s’inspirant du courage et de la résilience des femmes iraniennes »</p></blockquote>



<p>De ma vision prépubère jusqu’à ma vision actuelle du féminisme, je remets toujours en question mon activisme. Toutefois, je ne cherche pas à définir la nature du féminisme, mais plutôt à considérer la question de son avenir. «<em>Depuis longtemps maintenant, on a le sentiment que le féminisme est en trouble</em>», écrivent Kiara Barrow et Rebecca Panovka, les fondatrices du journal féministe&nbsp;<em>The Drift&nbsp;</em>dans l’introduction de leur dossier spécial sur le féminisme contemporain <em>WhatToDoAboutFeminism</em> (<em>QueFaireduFéminisme</em>). Des huit essais publiés dans le cadre de ce dossier, quatre évoquent le « profond malaise » du féminisme contemporain, soulignant un manque d’espoir à l’égard du mouvement féministe actuel. Peut-on parler de la « mort » du féminisme? Avec une pandémie qui a vu un recul significatif de la parité hommes-femmes, les femmes se retrouvant disportionellement affectées par le chômage, et dans une ère post-Roe, comment peut-on envisager le futur du féminisme?</p>



<p>C’est ainsi que les partisan·e·s du paradigme féministe transnational, qui remettent en question l’eurocentrisme du féminisme&nbsp;<em>mainstream</em>, dominant, hégémonique, soulignent l’importance de la prise de conscience des défis communs – tels que l’autonomisation, l’intégrité corporelle, la fin de patriarcat – du féminisme sans frontières. Le transnationalisme féministe, c’est faire des connections entre les mouvements de libération des femme : «<em>Plusieurs féministes aux États-Unis, en Iran et ailleurs sont en train de relier le mouvement des manifestations iraniennes à la lutte pour la justice reproductive aux États-Unis</em>», mentionne un article du journal&nbsp;<em>International Viewpoint</em>. Cependant, j’argue que le féminisme occidental, qui s’approprie le transnationalisme, décrédibilise l’identité et la voix iraniennes qui se trouvent au centre de ces manifestations.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’avais répondu, probablement hautainement, qu’évidemment que toutes les femmes sont féministes »</p></blockquote>



<p><strong>L’Iran et le féminisme transnational</strong></p>



<p>Dès le 18 septembre dernier, après l’annonce de la mort de la jeune Iranienne d’origine Kurde Mahsa Amini, un mélange de deuil, de colère et de frustration s’empare des rues pour faire porter la voix des Iranien·ne·s. C’est dans le partage de la colère et de l’indignation du peuple iranien que ces manifestations de contestation, introduites par le slogan «&nbsp;<em>Zan, Zengegi, Azadi&nbsp;</em>(<em>Femme, vie, liberté)&nbsp;</em>» ont plongé – et continuent de plonger – le monde entier dans des vagues de rassemblements de solidarité ; c’est l’expression d’un mouvement féministe, anti-opressif et anti-dictatural. Pour la journaliste Robin Wright du&nbsp;<em>New York Times&nbsp;</em>: «Les manifestations en Iran pourraient bien être la première fois dans l’histoire que les femmes ont été à la fois l’étincelle et le moteur d’une tentative de contre-rébellion », soulève-t-elle. Peut-on parler d’un tournant historique? C’est certainement le cas pour le politologue et professeur en linguistique de l’Université de Stanford Daniel Edelstein qui fait écho au caractère «unique » du mouvement, ou même pour l’historienne et professeur Anne O’Donnell de l’Université de New York qui évoque sa signification historique : « ce [mouvement] représente non seulement un bouleversement qui implique les femmes, c’est un bouleversement centré sur les femmes et de la liberté des femmes – c’est ce qui rend le tout très spécial ».</p>



<p>Or, le mouvement, considéré comme un tournant historique, ne doit pas nécessairement s’inscrire dans l’histoire globale féministe. Le féminisme transnational, qui cherche à établir des connexions entre les différents types d’oppression, est approprié par le féminisme occidental. En connectant les manifestations en Iran aux défis féministes occidentaux, on réduit l’histoire des mouvements de contestation en Iran à une histoire qui se veut transnationale, mais qui devient finalement une histoire ancrée dans des valeurs occidentales ; c’est négliger l’identité iranienne du mouvement. C’est simplifier les autres défis abordés par les manifestant·e·s.</p>



<p>Je pense que le futur du féminisme est un avenir qui doit se concrétiser en s’inspirant du courage et de la résilience des femmes iraniennes. </p>



<p><strong>Par le biais du courage et la résilience</strong></p>



<p>Être une femme en Iran demande du courage. «<em>Être une femme en Iran est un acte politique</em>», ajoute Shiva Akhavan Rad, journaliste iranienne. Or, qu’est-ce qu’un acte de courage? Comment l’existence, le vécu de ces femmes iraniennes ont-ils une portée politique? L’activisme est le courage de se prononcer et d’agir ; le courage de se battre pour la dignité et l’autonomie, pour la liberté de décider comment disposer de son corps, de sa propre vie. C’est manifester au péril de sa vie, s’exposer de tout cœur face au danger et à la violence en agissant dans l’espoir de voir un soupçon de changement. Le courage c’est, dans un geste symbolique, enlever son hijab et marcher dans la rue sans couvrir ses cheveux. C’est transgresser en coupant ses cheveux. C’est s’exprimer pour ceux·lles qui ne le peuvent pas par l’emprunt et le partage des voix réprimées, contrôlées. Pour l’écrivaine italienne Elena Ferrante, l’activiste a deux visages : il y a ceux·celles qui descendent dans la rue, mais aussi ceux·lles «<em>derrière les lignes de front</em>» qui comprennent l’importance de s’éduquer, de voir, de décrire et de comprendre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> « L’activisme est le courage de se prononcer et d’agir ; le courage de se battre pour la dignité et l’autonomie, pour la liberté de décider comment disposer de son corps, de sa propre vie&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Le féminisme occidental offre une vision unie de la libération des femmes en négligeant la complexité des diversités et des identités que l’on trouve au sein du mouvement. Les manifestations en Iran résistent à cette vision homogène de la femme cisgenre blanche privilégiée. Femme tout comme homme sont ensemble, dans une lutte qui est non seulement féministe mais aussi anti-oppression et anti-violence.</p>



<p>Dans son poème&nbsp;<em>Look&nbsp;</em>sur les conséquences linguistiques, culturelles et personnelles de la guerre, la poétesse Solmaz Sharif souligne que le langage est ancré dans la violence. «<em>It matters what you call a thing&nbsp;</em>(<em>la manière dont on nomme une chose compte</em>)», peut-on lire. Dire que le mouvement iranien est un mouvement transnational, c’est effacer l’histoire, le passé et le présent des expériences vécues du peuple iranien.&nbsp;</p>
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		<title>Tomber dans les bras de Morphée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/tomber-dans-les-bras-de-morphee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nos perceptions du sommeil et du temps sont-elles les héritières du paradigme capitaliste?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dimanche soir à 17h. Je suis en train de désespérer. Cette fin de semaine, je n’ai ni touché les lectures obligatoires pour mes cours, ni commencé mes essais de recherche. J’ai passé mon samedi au lit, en train de rattraper ma fatigue cumulative de la semaine, soit tout le sommeil que j’ai manqué. Dimanche, j’ai passé la matinée à faire la vaisselle pour «procrastiner de manière productive». Le soir, après une sieste, je m’installe devant mon ordinateur et je regarde un écran figé, dépourvu de mots. Tout à coup, ça me frappe, peut-être à cause du mélange de misère et d’angoisse, de la fatigue constante et du goût amer de mon café de Redpath: c’est le <em>blues </em>du dimanche soir qui s’installe. C’est l’impression que j’ai cligné des yeux et que ma fin de semaine est partie, qu’elle s’est envolée sans dire au revoir, me laissant avec toute la charge émotionnelle des mauvaises décisions que j’ai prises ces deux derniers jours. Et si j’avais plus de temps? Et si d’un tour de magie, je pouvais figer cet instant? Je deviendrais la femme la plus productive au monde, me dis-je alors que je tombe de nouveau dans les bras de Morphée. Mais d’où vient cette obsession avec le temps et le sommeil? Pourquoi ne pas simplement ignorer l’heure qui s’affiche sur notre cadran?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’arrivée de l’horloge, en plus de permettre le développement d’une économie capitaliste, a aussi conditionné nos habitudes de sommeil»</p></blockquote>



<p>Nos perceptions du temps et du sommeil sont les héritières du 19<em>e </em>siècle, qui a introduit une obsession avec le temps et la discipline de travail. Dans sa monographie <em>Temps, disciple du travail et capitalisme industriel</em>, l’historien anglais E.P. Thompson constate que notre obsession avec le temps, avec l’heure affichée sur l’horloge,<br>est une conséquence de la révolution industrielle européenne. Selon Thompson, l’imposition de formes synchroniques de temps et de discipline de travail a permis l’avènement du capitalisme industriel et la création de l’État moderne. L’arrivée de l’horloge, en plus de permettre le développement d’une économie capitaliste, a aussi conditionné nos habitudes de sommeil. Pendant plus d’un millénaire, nombreux étaient les adeptes du sommeil biphasique, soit la pratique de séparer son somme en deux périodes réparties sur 24 heures. Un premier somme avait lieu entre 21h et 23h, et un deuxième commençait à partir de 1 heure du matin. Le temps entre deux périodes, appelé «la garde» (<em>the watch</em>), était une fenêtre de temps productive. Pour les paysans, par exemple, ce réveil nocturne permettait de se remettre au travail, en vérifiant l’état des animaux de la ferme ou en effectuant des tâches ménagères. Le rythme circadien médiéval, soit la pratique du sommeil biphasique, s’est modifié durant la révolution industrielle grâce à l’introduction de l’électricité et de l’éclairage artificiel qui permettent de rester éveillé.</p>



<p>Je ne propose pas de revenir au Moyen Âge, mais je pense que nos attitudes envers le temps et le sommeil devraient s’éloigner des normes et valeurs capitalistes qui misent sur la productivité. Pourquoi rabaisser quelqu’un qui a «trop dormi»? Pourquoi est-ce qu’on n’accepte pas «je me suis endormi» comme une raison valable d’avoir remis son devoir en retard? Peut-être qu’en blâmant mon improductivité sur le capitalisme, je ne fais que dévier mes problèmes, mais jusqu’ici ça a marché: j’ai pas rendu mon devoir parce que le paradigme capitaliste a mangé mon travail.</p>
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		<item>
		<title>Quel est ton signe astrologique?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/quel-est-ton-signe-astrologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[astro]]></category>
		<category><![CDATA[astrologie]]></category>
		<category><![CDATA[croyances]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[signes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’étoile de l’astrologie pâlit-elle?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Gardez l’œil bien ouvert parce que la passion est dans l’air pour les Gémeaux, l’ambiance est torride pour les Taureaux tandis que l’humeur est plutôt morose chez les Béliers. Les phrases que vous avez lues dans votre horoscope au début de la semaine ressurgissent soudain. «C’est vrai que j’ai pas mal de chance sur Tinder en ce moment.» « J’ai l’impression que mon couple ne va pas très bien ces temps-ci.» «C’est la fatigue qui nous ramollit, on doit reprendre les choses en main.» De l’amour à l’argent et à la vie professionnelle, sans oublier la santé, l’horoscope contient l’ensemble des prédictions que l’on tire des représentations et placements célestes à un instant donné. Mais pourquoi lisons-nous notre horoscope? Nous prétendons ne pas y croire et pourtant, nous ne pouvons pas nous empêcher de le consulter.La croyance en l’astrologie, soit l’étude des positions et des configurations des astres et leur effet sur le comportement, est en hausse depuis quelques années. Selon un <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2022-01-07/l-astrologie-une-croyance-attirante-pour-les-narcissiques.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage</a> de la firme Reasearch Co. mené en 2020, 36% des Canadien·ne·s croient «probablement » ou «assurément » en l’astrologie, tandis que 55% n’y croient pas. Chez les jeunes de 18 à 24 ans, la proportion de croyant·e·s en l’étude des astres s’élève à 49%. </p>



<p>Oui, il est vrai qu’elle échappe à tout fondement scientifique… Et pourtant, l’astrologie continue d’interpeller un grand nombre de personnes, certain·e·s plus adeptes que d’autres. Réconfort dans les temps incertains, l’astrologie représente un outil précieux d’introspection ou de connaissance de soi, qui souligne l’intérêt humain pour les caractères et les personnalités et qui, comme d’autres croyances, crée un sentiment d’appartenance.</p>



<p><strong>Je suis Cancer</strong></p>



<p>Au début du 20<em>e</em> siècle, Alan Leo, un astrologue et franc-maçon britannique considéré comme le père de l’astrologie moderne, est accusé de professer des divinations, une activité alors illégale. Acquitté faute de preuves mais résigné à abandonner son métier d’astrologue, Alan Leo décide donc de changer l’optique de sa discipline. L’astrologie passe alors d’une tentative de prédiction de l’avenir à ce qu’Alan Leo décide d’appeler «la science des tendances» (the science of tendencies). «Je déclare avec la plus grande insistance que je ne prédis pas l’avenir. Je dis les tendances à partir de l’horoscope et dans chaque horoscope que j’envoie, je fais cette déclaration», <a href="https://web.archive.org/web/20210211191214/http://www.skyscript.co.uk/horary_prediction.html#7" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">justifie</a>-t-il devant la Cour d’appel britannique en 1917 lorsqu’il est à nouveau accusé de divination. La naissance de l’horoscope sous l’effigie d’une science des tendances transforme l’astrologie en quelque chose de plus personnel, en passant d’une prédiction d’un événement dans le monde à la prédiction d’un changement dans le caractère de l’individu. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’astrologie se frayait son propre chemin à l’écart des grandes religions dont elle n’a jamais fait partie intégrante»</p></blockquote>



<p>À partir de ce moment, l’astrologie a le potentiel de participer à la construction de la personnalité de l’individu. Par la prédiction d’un changement à un niveau comportemental ou émotionnel, l’individu évolue avec cette prédiction sous un biais cognitif nommé «l’effet Barnum». Ce biais cognitif désigne la tendance d’un individu à se reconnaître dans la vague description d’une personnalité. C’est avec cet effet que les horoscopes peuvent influencer les personnalités de leur lectorat. Prenons l’exemple de Camille, un·e Cancer qui lit son horoscope : «Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas encore utilisé à votre avantage. Vous serez secoué·e par une grande perte et vous serez débordé·e par vos émotions. Les Cancers sont très sensibles à leurs émotions. » Camille pourrait se reconnaître dans la première phrase de l’horoscope, mais demeurer sceptique lors des lectures de la deuxième et de la troisième. Plus tard, iel se surprend à pleurer en regardant Titanic et se rappelle de son horoscope qui prédisait aux Cancers une sensibilité émotionnelle particulièrement élevée. En se reconnaissant dans ce trait, iel construit son identité en tant que personne «sensible», et les fondements de cette construction résident dans l’horoscope qu’iel a lu plus tôt. Par la suggestion de certains traits dans lesquels le lecteur peut choisir ou non de se reconnaître, l’horoscope et l’astrologie permettent à un individu de s’approprier des traits de personnalité et de former son identité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Au cœur de l’un la parole de Dieu, au cœur de l’autre les étoiles»</p></blockquote>



<p><strong>Ma bonne étoile</strong></p>



<p>L’astrologie et les croyances d’ordre religieux ont toujours été intimement liées. Alors que l’astrologie occidentale puise communément son origine dans les croyances mésopotamiennes, certain·e·s adeptes se réfèrent davantage à l’astrologie dite «védique» qui dérive de l’Hindouisme. Même les trois grandes religions monothéistes ont flirté avec les astres. Dans le Talmud, le Rabbi Yehuda proclame : «Abraham, notre ancêtre, était si compétent en astrologie que tous les rois d’Orient et d’Occident se présentaient tôt à sa porte en raison de sa sagesse.» (Baba Batra 16b:10) Plusieurs érudits musulmans, comme Abu Ma’Shar al-Balkhî, tenteront de concilier l’islam, l’astronomie et l’astrologie en soutenant que toutes font partie de la volonté d’Allah. Il va sans mentionner que l’arrivée du messie dans la tradition chrétienne aura été révélée à Gaspard, Melchior et Balthazar par nuls autres que les astres. Aucune religion n’a toutefois épousé la lecture des astres à part entière : l’astrologie se frayait son propre chemin à l’écart des grandes religions dont elle n’a jamais fait partie intégrante. Moins structurée et plus libre d’interprétation, l’astrologie accueille toutes et tous sur ses sentiers et offre, à ceux·lles qui s’y aventurent, certains fruits de la même variété que ceux trouvés dans les vergers de l’héritage abrahamique. C’est notamment aux questions avec lesquelles la science empirique éprouve de la difficulté que l’astrologie et les religions offrent des réponses. Face à l’incertitude et aux événements irrationnels, un cadre cosmique au sein duquel toute conséquence trouve sa cause primaire, au sein duquel les relations sont déterminées et décryptables, est proposé. Au cœur de l’un la parole de Dieu, au cœur de l’autre les étoiles. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-1000x750.jpg" alt class="wp-image-49833" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-330x247.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-1536x1151.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Untitled_Artwork-3-Clement-Veysset-2048x1535.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Clément Veyset</span></figcaption></figure>



<p>L’attrait de l’astrologie réside dans ce qui la distingue des religions monothéistes, soit une absence de rites et de règles imposés par des écritures. La «souplesse» de l’astrologie permet à tous et à toutes d’y adhérer à leur propre rythme en déléguant une grande partie de l’interprétation divinatoire à l’individu. En ce sens, l’astrologie embrasse bien la société québécoise qui a connu un schisme avec la religion depuis la Révolution tranquille. L’astrologie vient combler un certain vide spirituel laissé vacant par la rupture avec le christianisme, sans toutefois imposer les restrictions qui avaient précédemment détourné les Québécois·es. En plus de cette absence de restrictions, l’astrologie vient chercher l’individualité de chacun·e de ses adeptes, formant leur identité et laissant la place de l’interprète à l’individu. En proposant une place importante pour l’individu et une explication à l’inexplicable, l’astrologie est bien accueillie par les sociétés occidentales. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Qu’on y croie ou qu’on n’y croie pas, l’astrologie s’offre comme un phare à celles et ceux qui sont en crise»</p></blockquote>



<p><strong>Mars est en rétrograde</strong> </p>



<p>Stéphanie Roussel, étudiante au doctorat en sémiologie et codirectrice du chantier de recherche Savoirs occultes et alternatifs à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), <a href="https://plus.lapresse.ca/screens/242f07ea-8475-463c-b4b0-85cffdb52f0a__7C___0.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">estime</a> que l’astrologie détient «un aspect de communauté et un sentiment d’appartenance très importants, surtout sur les réseaux sociaux». En effet, les médias sociaux évoquent fréquemment la fin de Mercure en position rétrograde et le début de la planète rétrograde en Gémeaux. En astrologie, ces périodes de rétrograde indiquent que l’ordre cosmologique est perturbé par un mouvement des astres. « <em>C’est le temps opportun de stimuler votre cerveau en utilisant votre main non dominante</em> », <a href="https://twitter.com/ACosmicHealer/status/1589362669295136768?s=20&amp;t=N4G7VbHvcfa2LOvj7AeFJQ" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">partage</a> un gazouillis. C’est un moment de « recul » et d’introspection : «Est-ce que je veux vraiment ce que je poursuis, ou bien est-ce que j’aime la poursuite en elle-même? », questionne un <a href="https://twitter.com/ACosmicHealer/status/1589362669295136768?s=20&amp;t=N4G7VbHvcfa2LOvj7AeFJQ" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">article</a> du magazine <em>Elle</em>. </p>



<p>Qu’on y croie ou qu’on n’y croie pas, l’astrologie s’offre comme un phare à celles et ceux qui sont en crise. Comme l’indique l’astrologue certifiée Debbie Stapleton à <em>La Presse</em>, la majorité des personnes qui consultent un·e astrologue le font parce qu’il·elle·s sont à la croisée des chemins. Pour une génération confrontée aux angoisses liées aux changements climatiques et à la pandémie, se tourner vers l’astrologie témoigne d’un désir d’obtenir des réponses : «Ils veulent du contexte. C’est très apaisant de mieux comprendre le contexte de ta vie », affirme l’astrologue Debbie Stapleton.</p>
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		<title>Franc(hement) peu de clubs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/franchement-peu-de-clubs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[troupe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête sur la place de la francophonie dans les arts à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap ticss-ef1759ea">En septembre dernier, Franc-Jeu, la seule troupe de théâtre francophone de l’Université McGill, a mis fin à ses activités pour l’avenir prévisible. «Personne n’a vraiment pris cette décision», explique Ève-Marie Marceau, ancienne membre exécutive de Franc-Jeu. «C’était plutôt un manque d’effectifs, un manque de temps qui a fait en sorte que le club s’est dissout ». Créé en 2014, Franc-Jeu était l’unique groupe étudiant de théâtre francophone à McGill qui organisait des ateliers hebdomadaires d’improvisation et des pièces de théâtre présentées à la fin de chaque semestre. Le groupe offrait un espace non seulement pour les étudiant·e·s francophones mais aussi pour tout·e francophile intéressé·e par le théâtre et les arts de la scène. </p>



<p>La dissolution de Franc-Jeu représente la fin d’un des six clubs ou groupes étudiants francophones dans le domaine des arts à McGill. Mais comment expliquer sa disparition? Quelles en sont les conséquences et comment les troupes de théâtre anglophones envisagent-elles de rendre leurs programmes plus accessibles pour les francophones mcgillois·es? <em>Le Délit</em> vous présente une enquête sur la place et l’importance de la francophonie, de la francophilie et du bilinguisme au sein des clubs et des groupes étudiants dans les secteurs de l’art, la littérature et la performance artistique sur le campus. </p>



<p><strong>Le Zeitgeist pandémique </strong></p>



<p>«C’est la pandémie qui nous a tués», souligne Maude Laroche, ancienne présidente de Franc-Jeu, en entrevue avec <em>Le Délit</em>. Entre les mises en scène adaptées et l’obligation du port de masque, la pandémie a non seulement marqué le feu rouge pour les arts de la scène mais aussi la suspension des activités des clubs et des groupes étudiants à McGill. «J’avais l’impression qu’avec chaque nouvelle mesure sanitaire annoncée, tout ce qu’on faisait, tout notre travail, tombait à l’eau». Pendant la pandémie, la tâche de recrutement était devenue difficile ou « brûlante», comme le décrit Maude Laroche. En effet, avec l’obligation de tenir ses auditions en ligne, Franc-Jeu souffrait d’un manque significatif de participant·e·s. «C’était rendu au point où on se demandait : comment est-ce qu’on va survivre?», ajoute-t-elle. Pour Ève-Marie Marceau, membre de Franc-Jeu jusqu’en décembre dernier, la troupe vivait «dans la fragilité depuis la pandémie». Ève-Marie détaille aussi que la promotion défaillante du club, en partie causée par des soirées d’activités en ligne, a eu un énorme impact sur le recrutement. «Il y a avait aussi un manque de motivation de la part des membres, je dirais», explique-t-elle. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La pandémie nous a donné un sale coup»</p><cite>Maude Laroche, ancienne présidente de Franc-Jeu</cite></blockquote>



<p>Mia Berthier, directrice de la publicité pour le <em>Player’s Theatre</em>, une des troupes de théâtre anglophone du campus, fait écho aux difficultés évoquées par Ève-Marie et Maude : «On faisait toutes nos auditions virtuellement ; comment est-ce qu’on est censés reconnaître le talent des gens à travers un écran?», questionne-t-elle. «On avait quand même la chance d’avoir accès à une pièce de théâtre, même si c’était à capacité réduite». Le <em>Player’s Theatre</em> avait même tenté de mettre en scène des pièces de théâtre sur Zoom : «Ce n’était pas idéal, mais on a fait ce qu’on pouvait », raconte Mia. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Franc-Jeu m’avait permis de m’identifier, de trouver mes racines en tant que Québécoise à McGill»</p><cite>Maude Laroche, ancienne présidente de Franc-Jeu</cite></blockquote>



<p>«<em>C’était un bousculement pour nous aussi</em>», ajoute Fred Azeredo, secrétaire du <em>McGill Savoy Society</em>, une troupe de théâtre anglophone affiliée au duo musical Gilbert et Sullivan, qui produit une opérette chaque année. «<em>Et je pense que tout le monde a pris un énorme coup dûr</em>». </p>



<p>La dissolution de Franc-Jeu, due à la pénurie de personnes au sein de la troupe et le manque de motivation, marque aussi la fin d’une plateforme importante pour les voix francophones et francophiles de McGill. </p>



<p><strong>La fin d’un «safe space»</strong> </p>



<p>En septembre 2020, l’Université McGill avait lancé un <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/09_d20-59_student_demographic_survey.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage</a> sur la plateforme Minerva qui révélait les données suivantes sur la francophonie à McGill : parmi les 8 926 répondant·e·s, 2 607 personnes (29,2%) se qualifiaient de locuteur·trice natif·ve ou professionnel·le du français et 1 856 (20,8%) des personnes se disaient parler le français à un niveau avancé, pour un total de 50% des répondant·e·s possédant une aisance en français. Un·e étudiant·e sur cinq sont francophones, mais seulement un des 30 clubs d’art, de danse et de performance artistique affiliés à l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) et <a href="https://ssmu.ca/clubs/performing-finearts-clubs-fr/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">listés</a> sur son site Internet se dit francophone : Franc-Jeu. En dehors des organisations de l’AÉUM comme la Commission aux affaires francophones (CAF), la vie artistique francophone sur le campus prend sa force au sein d’autres clubs tels que le Collectif de poésie francophone de McGill, le Club de poésie et de botanique de la Faculté de droit, ou bien dans les pages des revues Lieu commun et Verbatim, toutes deux liées au Département des littératures de langue française, de traduction et de création de l’Université McGill (DLTC). </p>



<p>Contactée par <em>Le Délit</em>, la relationniste Frédérique Mazerolle signale que «le français occupe une place de choix au sein de la collectivité mcgilloise». D’après elle, la majorité des employé·e·s de l’Université parlent français et plus de la moitié des membres de la direction de McGill sont francophones. «L’Université propose des programmes, des cours, des séminaires, des ateliers, des conférences, des rencontres et une multitude d’événements qui se déroulent en français», ajoute Frédérique Mazerolle. La relationniste a aussi fait part des plans futurs de McGill sur le plan de la francophonie : «McGill a inauguré à Gatineau le campus Outaouais de sa Faculté de médecine et des sciences de la santé, où est maintenant offerte une formation médicale complète, entièrement en français.» </p>



<p>Pour Maude Laroche, présidente de Franc-Jeu lors de sa dissolution en septembre dernier, la scène de théâtre francophone à McGill représentait un refuge, un lien où l’on offrait une plateforme d’expression pour les mcgillois·es. «Le théâtre francophone à McGill est très important», souligne-t-elle. Selon Maude, le théâtre est un véhicule d’expression, de liberté de la langue française ou des cultures francophones. «Franc-Jeu m’avait permis de m’identifier, de trouver mes racines en tant que Québécoise à McGill», ajoute-t-elle. «Et plus généralement, les clubs d’art francophones à McGill forment une nouvelle scène pour exprimer ou même critiquer les tensions linguistiques au sein de l’Université». </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-1000x750.jpg" alt class="wp-image-49681" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-330x248.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-1536x1152.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Masque_Brise-2048x1536.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/marie-prince/?media=1" data-wpel-link="internal">Marie Prince</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>



<p>De son côté, la poésie francophone retrouve son souffle à travers le Collectif de poésie francophone de McGill, un club étudiant actif sur le campus depuis 2018. Ève-Marie Marceau, co-fondatrice du Collectif, explique l’importance des clubs francophones au sein de McGill : «Le Collectif donne une plateforme plus libre, indépendante, puisqu’elle n’est attachée ni à un département ni à l’AÉUM.» Le Collectif est une initiative étudiante qui offre des soirées de poésie organisées selon «les élans du moment», décrit Ève-Marie. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La poésie exige une certaine vulnérabilité de la part de l’artiste mais repose aussi sur un respect de la vulnérabilité d’autrui»</p><cite>Arnaud Desrochers, président du Club de poésie et de botanique de la Faculté de droit </cite></blockquote>



<p>«Le Collectif regroupe la communauté francophone de partout à McGill, peu importe les facultés, du génie au DLTC», affirmet-elle. Selon Ève-Marie, les services des clubs francophones d’art sur le campus sont essentiels: «McGill est moins artistique que d’autres écoles, mais c’est grâce à l’engagement des clubs et à l’implication étudiante que cette vie artistique existe à l’Université, en grande partie.» </p>



<p>Même si plusieurs opportunités de poésie, de littérature, et d’art performatif s’offrent en dehors la «bulle mcgilloise», les clubs et groupes étudiants rendent plus accessibles les activités et services en encourageant les étudiant·e·s à s’impliquer au sein d’un contexte parascolaire. </p>



<p><em>Lieu commun</em>, la revue de création littéraire financée au DLTC, est publiée deux fois par année, soit un numéro par semestre. «À <em>Lieu commun</em>, nos thèmes nous viennent de locutions figées, d’expressions et de lieux communs de la langue que nous réinvestissons, réinventons, et dont nous interrogeons les sens possibles pour en faire jaillir une poésie nouvelle», partage Florence Lavoie, membre du conseil éditorial de la revue depuis l’automne 2020. Pour Florence, la revue se veut un espace qui «permet à la création littéraire francophone d’exister dans un lieu autrement anglophone». La survie des clubs et groupes étudiants francophones assure d’une part l’accessibilité à tout·e étudiant·e francophone qui souhaite garder un contact culturel et linguistique et, d’autre part, permet d’en encourager d’autres qui souhaitent explorer la langue française. Selon Fred Azeredo, secrétaire du <em>McGill Savoy Society</em>, l’équipe actuelle, même si à majorité anglophone, regroupe plusieurs étudiant·e·s francophones. «Je vais essayer d’encourager n’importe qui à rejoindre notre association, mais en même temps, les pièces qu’on met en scène sont entièrement en anglais», souligne Fred. Pour Mia Berthier, membre exécutive du <em>Player’s Theatre</em>, «tout le monde devrait avoir accès à des activités et des groupes étudiants offerts dans leur langue natale». «C’est une question de sécurité pour ces étudiant·e·s qui ont grandi avec le français, par exemple», affirme-t-elle. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Comme l’ont si bien nommé ceux et celles qui nous ont précédés au sein de l’équipe éditoriale, “<em>Lieu commun</em> se veut une prise de parole, un acte de présence, une appropriation de l’espace qui nous appartient”»</p><cite>Florence Lavoie, membre du conseil éditorial de la revue <em>Lieu commun</em> </cite></blockquote>



<p><strong>Bilinguisme, barrières, et botanique </strong></p>



<p>C’est depuis 2014 que le Club de poésie et de botanique permet à la Faculté de droit de dévoiler son côté «un peu plus loufoque», explique le président du club Arnaud Desrochers au <em>Délit</em>. Le Club, malgré son nom, n’offre pas des activités de jardinage mais présente plutôt des soirées de poésie, au moins une fois par semestre, des séances annuelles de pétanque et, tout récemment, une activité de sculpture de citrouilles. Selon lui, le club assure un «<em>safe space</em>» tant pour les francophones que pour n’importe qui souhaitant s’exprimer et partager sa poésie, peu importe sa langue natale. «Le Club ne cache ni sa francophonie ni sa francophilie et, en même temps, on détient la liberté de s’exprimer en anglais. Je pense aussi qu’il répond à une forte pression d’être bilingue au sein de la Faculté de droit en offrant un lieu sans jugements», évoque Arnaud. Selon lui, à peu près 60% des membres ou des participant·e·s aux activités du Club sont francophones. Quand à la dissolution de Franc-Jeu, Arnaud souligne la perte que cela représente pour la communauté francophone mcgilloise : «Avoir un club, ça demande beaucoup d’énergie, mais je n’ai pas un seul doute que les francophones ou francophiles mcgillois·es vont pouvoir reprendre [la troupe] en main.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’Université propose des programmes, des cours, des séminaires, des ateliers, des conférences, des rencontres et une multitude d’événements qui se déroulent en français»</p><cite>La relationniste Frédérique Mazerolle</cite></blockquote>



<p>La poésie exige une certaine vulnérabilité de la part de l’artiste mais repose aussi sur un respect de la vulnérabilité d’autrui, selon Arnaud. «Ce contexte de vulnérabilité est aussi présent dans la question linguistique ; s’exprimer dans la langue de son choix c’est être vulnérable». </p>



<p>Pour Osayma Saad, étudiante à la Faculté de droit et membre de l’Association des étudiant·e·s nord-africain·e·s en droit, les clubs étudiants «préservent la francophonie à McGill et montrent que l’administration donne une place au français, même si elle devrait lui accorder plus d’importance». Osayma et Arnaud ont tous deux exprimé le souhait d’avoir plus de clubs ou même de programmes bilingues offerts à l’Université. «Quand t’es un·e étudiant·e francophone qui rentre à McGill, t’es entouré·e d’anglophones et tu ne sais pas si t’as une communauté. Clairement, tu ne vas pas choisir de t’exprimer dans ta langue maternelle», affirme Osayma, étudiante en droit.</p>



<p> «L’administration doit faire plus en amont pour défaire l’imaginaire que McGill est entièrement une école anglophone», soutient Arnaud. «On a déjà de bonnes bases avec l’article 15 [de la Charte des droits de l’étudiant] qui assure le droit de remettre les travaux en français, mais je pense que l’administration pourrait et devrait travailler à rendre ses services plus accessibles, à défaire les barrières linguistiques en créant plus d’espaces bilingues». </p>
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		<title>Frissonnez d’horreur avec Le Délit !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/frissonnez-dhorreur-avec-le-delit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Halloween]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[recommandations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rédaction vous recommande trois films pour l'Halloween. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong><em>La chambre des tortures (The Pit and the Pendulum)&nbsp;</em>de Roger Corman (1961)</strong></p>



<p class="has-text-align-center">Je trouve un charme particulier aux vieux films d’épouvante.&nbsp;<em>La chambre des tortures&nbsp;</em>(<em>The Pit and the Pendulum</em>), un film américain de 1961 adapté d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, se démarque par ses façons d’évoquer l’horreur. Cette dernière se manifeste dans son intrigue et ses aspects visuels, plutôt qu’à travers une violence gratuite. Par exemple, Francis Barnard, joué par John Kerr, se doute des intentions et des états d’âme de l’imprévisible Nicholas Medina, interprété par nul autre que Vincent Price, créant des tensions entre les deux personnages. De plus, l’architecture et les couleurs jouent un grand rôle dans ce film, dominé par la noirceur du château gothique où les personnages résident. Les teintes de brun et d’indigo du bâtiment ont peut-être été choisies pour que le public ait peur de la chambre des tortures. Si vous avez un intérêt pour les films d’horreur plus anciens, je recommande ce film.</p>



<p class="has-text-align-center">Laura Tobon, coordonnatrice Visuel</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Misery&nbsp;</em>de Rob Reiner (1990)</strong></p>



<p class="has-text-align-center">Tout le monde, à un moment de sa vie, a déjà admiré un·e auteur·rice. Cependant, il est rare que cet enthousiasme se rende au point où on le·a kidnappe, l’enferme dans une chambre, et mutile ladite célébrité en la forçant à écrire son prochain roman.</p>



<p class="has-text-align-center">C’est pourtant le scénario de&nbsp;<em>Misery</em>, un film adapté du roman éponyme du «roi de l’horreur», Stephen King, qui met en scène Kathy Bates dans le rôle d’Annie Wilkes, une ancienne infirmière qui recueille et «soigne» Paul Sheldon, un célèbre romancier, blessé après avoir perdu le contrôle de son véhicule en plein blizzard. Lorsque Annie découvre que son écrivain favori a l’intention de tuer Misery, l’héroïne récurrente de ses romans, elle devient furieuse. Face-à-face avec la violence et la rage d’Annie, dans un huis-clos, mes yeux restent collés à l’écran; je veux détourner mon regard, en vain. Aurais-je, moi aussi, ma propre Annie Wilkes qui me surveille?</p>



<p class="has-text-align-center">Myriam Bourry-Shalabi, éditrice Société&nbsp;–&nbsp;Enquête</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Ben non (Nope)&nbsp;</em>de Jordan Peele (2022)</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><em>Ben non&nbsp;</em>(<em>Nope</em>), dernier long-métrage de Jordan Peele, fait appel à la portée fantasmatique des récits d’ovnis pour explorer les enjeux sociaux liés à l’exploitation d’animaux à des fins de divertissement. La présence soupçonnée puis révélée d’extraterrestres surpuissants, toujours dans le sillage du commentaire social, provoque un renversement des dynamiques de pouvoir: chaque personnage devient la proie potentielle d’un ovni-bestial capable de métaboliser toute trace de vie sur son passage.</p>



<p class="has-text-align-center">La force du film réside dans sa capacité à produire des scènes de science-fiction horrifiantes, dont la facture cinématographique est digne des plus grandes superproductions, tout en maintenant un regard critique sur le besoin de spectacularisation et de la consommation d’images chocs. Ce jeu sur la frontière entre les genres filmiques permet à&nbsp;<em>Ben non&nbsp;</em>(<em>Nope</em>) de proposer une remise à neuf des codes de l’horreur, notamment en ménageant ses effets lors des scènes à haute tension, afin d’accroître l’incompréhension mêlée de la fascination pour l’ovni.</p>



<p class="has-text-align-center">Léonard Smith, coordonnateur de la production</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/frissonnez-dhorreur-avec-le-delit/" data-wpel-link="internal">Frissonnez d’horreur avec Le Délit !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>S’exprimer pour celles et ceux qui ne le peuvent pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/sexprimer-pour-celles-et-ceux-qui-ne-le-peuvent-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec la Coalition pour les droits humains iraniens McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La Coalition pour les droits humains iraniens McGill est une coalition formée le 7 octobre dernier qui a pour but de soutenir les étudiant·e·s, les membres des facultés et le personnel iranien·ne·s de l’Université. Le 7 octobre dernier, la Coalition avait organisé une vigile devant le bâtiment James en l’honneur de Mahsa Amini, la jeune femme arrêtée le mois dernier à Téhéran pour «port de vêtements inappropriés». Sa mort, survenue trois jours après son arrestation, a déclenché une vague de protestations à l’échelle mondiale.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>s’est entretenu avec Sonia et Sheida, étudiantes à McGill et co-fondatrices de la Coalition, afin de discuter de sa création et des manifestations actuelles en Iran.</p>



<p><em><strong>Le Délit (LD) :&nbsp;</strong>Pouvez-vous parler de la création de la Coalition? Qu’envisagez-vous pour la suite?</em></p>



<p><strong>Sonia N. (SN) :</strong>&nbsp;Sheida et moi, on n’a pas vraiment commencé dans le but de créer une coalition. On voulait simplement organiser un événement pour les étudiants et les professeurs iraniens sur le campus parce qu’on sentait le besoin et la nécessité d’un espace pour vivre un deuil qui puisse valider nos émotions, nos larmes. On voulait partager ce deuil avec d’autres personnes parce que nous avions parlé à beaucoup de nos amis iraniens, et on savait qu’ils faisaient face aux mêmes difficultés que nous. Donc au début, on ne s’était pas lancées dans l’idée de former une coalition, c’était juste un peu comme une formalité pour organiser la vigile. Nous avons ensuite réalisé qu’il y avait une absence de soutien pour la communauté iranienne sur le campus et que la Coalition pourrait la combler.</p>



<p><strong>Sheida D. (SD) :</strong>&nbsp;On est en train de déterminer ce qu’on est et ce qu’on devrait faire. On comprend l’énorme dévouement que la Coalition engage. C’est une grande responsabilité et je ne veux pas prendre ça légèrement. Pour l’instant, je pense qu’il faut attendre et réfléchir avant d’organiser d’autres événements.</p>



<p><strong>SN</strong> :&nbsp;Oui, il ne s’agit pas seulement d’organiser des événements juste pour les organiser. C’est de déterminer où il y a une absence de quelque chose et comment nous pouvons être là pour combler ce vide au lieu de simplement dire: «D’accord, maintenant on doit se mettre au travail le plus tôt possible et organiser des millions d’événements.» On a organisé la veillée il y a deux semaines parce qu’on en sentait la nécessité. En voyant les manifestations en Iran, il fallait qu’on intervienne pour faire en sorte que notre voix soit entendue et reconnue ici sur le campus.</p>



<p><strong>LD</strong> :&nbsp;<em>Est-ce que vous travaillez avec l’Association étudiante iranienne de McGill (</em>McGill Iranian Student Association<em>,&nbsp;</em>MISA<em>)?</em></p>



<p><strong>SD</strong> : Le président de MISA a eu son diplôme il y a quelques années. L’Association n’a donc pas de conseil ou quoi que ce soit, ce qui fait qu’elle n’est pas très fonctionnelle en ce moment. On avait contacté MISA avant de former la Coalition puisqu’on avait présumé qu’ils avaient déjà planifié un événement similaire à la vigile et donc qu’ils pourraient éventuellement nous donner des conseils. Par contre, l’Association n’est pas active, donc on s’est retrouvées dans une impasse.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Lorsque les manifestants déferlent dans les rues, ils risquent leur vie, la vie de leurs familles, et vivent avec ça tous les jours»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong> :&nbsp;<em>Quand je dis le mot rébellion, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit? Est-ce plus l’espoir ou la peur?</em></p>



<p><strong>SD</strong> : Je pense que c’est un peu des deux et je le sens quand je pense et je vois tous les Iraniens qui se révoltent en ce moment. C’est déjà une chose de se tenir devant l’administration de McGill, mais c’est complètement différent pour les personnes qui sont actuellement en Iran. Ça prend tellement de bravoure et de force pour se prononcer, pour manifester. Lorsque les manifestants déferlent dans les rues, ils risquent leur vie, la vie de leurs familles, et vivent avec ça tous les jours. Et c’est encore plus risqué pour les femmes, même si elles portent leur hijab. Donc, dans ce sens-là, il y a la peur, mais il y a aussi de l’espoir parce qu’on se révolte contre un gouvernement qui est en train de perdre sa légitimité aux yeux du peuple. C’est l’espoir que ce régime qui perdure depuis 43 ans maintenant peut changer, et qu’avec ce changement, un sentiment de libération sera créé.</p>



<p><strong>SN</strong>: J’ai été élevée par des personnes qui croyaient que la rébellion finirait par conduire à la liberté de leur pays, de l’Iran, mais, en même temps, elles avaient peur de la rébellion, du changement qu’elle pourrait éventuellement amener. Je perçois la rébellion comme une obligation plus qu’autre chose parce qu’ici, dans l’Occident, on a le privilège de pouvoir se rebeller et, dans la plupart des cas, le faire sans subir des conséquences extrêmes. Pour moi, assumer ses positions et avoir le courage de ses convictions, c’est le faire pour ma famille et pour les Iraniens, pour ceux et celles qui ne peuvent pas le faire. Par exemple, mon cousin qui est étudiant à l’université en Iran ne peut pas quitter la maison. Les universités sont visées par des attaques tous les jours. Ça va lui coûter la vie s’il va dans la rue.</p>



<p>Ce sont les personnes en Iran qui se rebellent véritablement. Et je pense que si tu parles à la plupart des Iraniens, en fait, il y a cet espoir sous-jacent qu’on sera libérés bientôt, que nos enfants verront un changement. Comme Sheida a dit, c’est un mélange d’une peur extrêmement débilitante mais aussi d’un espoir inédit.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Est-ce que vous considérez la mort de Mahsa Amini comme un tournant ou le moment qui déclenche le mouvement ?</em></p>



<p><strong>SD</strong>: Les manifestations qui se déroulent encore à ce jour sont les plus percutantes que j’aie vues depuis très longtemps, en grande partie grâce à la couverture qu’elles reçoivent sur les réseaux sociaux et les médias. Mais c’est aussi important de noter qu’il y a des manifestations depuis plusieurs années maintenant en Iran. Il y a un an, par exemple, il y avait beaucoup de grèves en raison des conditions de travail et de la crise du pétrole. Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est une accumulation des choses qui déstabilisent la société et qui mène à une dénonciation de l’illégitimité du régime. Mais on ne peut pas nier l’ampleur des vagues de manifestations actuelles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est un mélange d’une peur extrêmement débilitante mais aussi d’un espoir inédit»</p></blockquote>



<p><strong>SN</strong>: Je pense que ce qui me pose problème est que les gens utilisent sa mort comme catalyseur pour exprimer toute leur colère face à ce qui se passe dans le pays. Ce qui se passe en ce moment est un mouvement féministe transnational, mais c’est aussi bien plus que cela. Les manifestants ne protestent pas seulement contre le port obligatoire du hijab, ils protestent également contre l’économie et la corruption de leur gouvernement, le fait que tant d’histoires ont été enterrées, tant de personnes ont été tuées sans réponse. C’est injuste de résumer tout ça à une question de hijab obligatoire.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Est-ce que la violence est nécessaire à la rébellion? Existe-t-il une limite à cette violence selon vous?</em></p>



<p><strong>SN</strong>: Je pense que la violence est nécessaire à la rébellion, mais qu’elle peut parfois devenir extrême. Par exemple, il y a eu tellement d’actes de violence irréfléchis pendant la révolution en 1978. Je pense notamment à l’incendie du cinéma Rex d’Aban lors duquel plus de 400 personnes ont péri. À ma connaissance, personne n’a réclamé cet acte de violence. Aucun parti politique, aucun régime. L’acte n’avait pas d’objectif, aucune raison. Mais dire que la violence n’est pas nécessaire est aussi ignorant et vient du fait que nous vivons dans un endroit où nous pouvons nous rebeller ou protester pacifiquement.</p>



<p><strong>SD</strong>: Ce n’est pas à nous de nous prononcer là-dessus. On ne voit pas la réalité de ce que les gens en Iran voient au quotidien. La violence qu’on voit en ce moment ne vient pas d’une place de radicalisme, il y a une raison et un activisme directs derrière cette violence. Il y a un message, il y a une demande.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/sexprimer-pour-celles-et-ceux-qui-ne-le-peuvent-pas/" data-wpel-link="internal">S’exprimer pour celles et ceux qui ne le peuvent pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Tournesols à la tomate</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/tournesols-a-la-tomate/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[amsterdam]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Soupe]]></category>
		<category><![CDATA[tomate]]></category>
		<category><![CDATA[Tournesols]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gestes d’activisme radicaux: désespérés ou ridicules?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 14 octobre dernier, deux activistes de&nbsp;<em>Just Stop Oil&nbsp;</em>(Fin au Pétrole,&nbsp;<em>tdlr</em>), un groupe qui milite contre l’exploitation des combustibles fossiles, sont entrées dans une salle de la Galerie nationale (<em>National Gallery</em>) de Londres avec deux boîtes de conserve de soupe à la tomate Heinz en main.&nbsp;<em>Splat!&nbsp;</em>– c’est le son qu’a fait la tomate en s’écrasant sur la vitre qui protège&nbsp;<em>Les Tournesols</em>, célèbre toile de Vincent Van Gogh. «<em>Qu’est-ce qui vaut plus, l’art ou la vie?&nbsp;</em>(<em>tdlr</em>) », a exprimé une des manifestantes, sa main collée au mur du musée anglais. «<em>Êtes-vous plus soucieux de la protection d’un tableau ou de la protection de notre planète?</em> », a ajouté l’autre manifestante.</p>



<p>De la grève de la faim à l’immolation par le feu, ces formes de protestation qu’on peut qualifier de «radicales» ont historiquement été déployées par des mouvements activistes pour attirer l’attention vers des situations désespérées. En effet, le coup de la soupe de&nbsp;<em>Just Stop Oil&nbsp;</em>ne sort pas de l’ordinaire. Prenons par exemple la <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/desautels-le-dimanche/segments/entrevue/139689/la-desobeissance-civile-ou-comment-forcer-le-changement-marc-andre-cyr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">désobéissance civile </a>de Gandhi dans les années 1930 et 1940, ou bien <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1487466/comparution-militants-pont-jacques-cartier-extinction-rebellion#:~:text=Changements%20climatiques-,Comparution%20des%20trois%20militants%20%C3%A9cologistes%20qui%20ont%20bloqu%C3%A9%20le%20pont,Montr%C3%A9al%2C%20le%208%20octobre%202019." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le blocage</a> du pont Jacques-Cartier par Extinction Rébellion en 2019. Si le tableau, protégé par une vitre en verre, a échappé à la tomate, quel est le problème?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Splat</em>! – c’est le son qu’a fait la tomate sur la vitre qui protège les Tournesols, célèbre toile de Vincent Van Gogh»</p></blockquote>



<p>«Ce n’est pas la bonne façon de protester. Ils sont contre les émissions [de gaz à effets de serre, <em>ndlr</em>] donc ils attaquent Van Gogh? Tout ce que ça fait, c’est de soutenir les négationnistes du climat, » <a href="https://www.reddit.com/r/worldnews/comments/y46h27/comment/iscf0so/?utm_source=share&amp;utm_medium=web2x&amp;context=3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a partagé </a>un internaute. Plusieurs ont pris cet acte comme une <a href="https://www.reddit.com/r/worldnews/comments/y46h27/comment/iscx3ho/?utm_source=share&amp;utm_medium=web2x&amp;context=3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">opportunité</a> pour critiquer&nbsp;<em>Just Stop Oil</em>, qui <a href="https://www.washingtonpost.com/climate-environment/2022/10/14/tomato-soup-sunflowers-climate-protest/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reçoit</a> une partie de son financement du Climate Emergency Fund, un fond de subvention d’activistes pour la justice climatique basé à Los Angeles qui a commencé avec une subvention de 500 000$ de l’héritière de Getty Oil, Aileen Getty. Certain·e·s ont critiqué le geste comme étant plus aliénant qu’utile tandis que d’autres plaisantaient en disant que les manifestantes ciblaient&nbsp;<em>Les Tournesols&nbsp;</em>parce qu’il s’agit d’une peinture à l’huile. Dégoût et rage circulaient sur Internet; c’est un acte «ridicule», «sans cible ou objectif», <a href="https://www.reddit.com/r/worldnews/comments/y46h27/comment/isdyotf/?utm_source=share&amp;utm_medium=web2x&amp;context=3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">peut-on lire</a>. Même si, symboliquement, la tomate sur le Van Gogh ne représente pas grand-chose, les manifestantes ont réussi à exprimer une chose: un désespoir à travers le ridicule. Nous sommes avant tout dans une situation de désespoir en ce qui a trait à la crise climatique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La consommation de combustibles fossiles est l’un des plus grands enjeux de notre temps et le principal moteur du réchauffement planétaire»</p></blockquote>



<p>La consommation de combustibles fossiles est l’un des plus grands enjeux de notre temps et le principal moteur du réchauffement planétaire. Le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1873927/rapport-giec-avril-2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dernier rapport</a> du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a encore averti que les émissions actuelles planétaires placent les pays loin du 2 ̊ C d’ici 2100. Avec les sécheresses, les incendies, les tempêtes, l’élévation du niveau de la mer et l’épuisement des ressources naturelles, la dystopie devient réalité et on s’approche d’un monde tout comme dans le&nbsp;<em>Soleil vert&nbsp;</em>de Richard Fleischer. Si la soupe sur le Van Gogh ne va pas nous sauver alors que la Terre est sur le point d’exploser, elle aura au moins eu le mérite de nous faire rire alors que la planète est enflammée.</p>
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		<title>La Riposte voit rouge</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/la-riposte-voit-rouge-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[rébellion]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec la Riposte socialiste étudiante de McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La Riposte socialiste étudiante (<em>Fightback Socialism Club</em>) est un groupe étudiant présent depuis 2012 sur le campus de l’Université McGill qui vise à éduquer la communauté mcgilloise sur la théorie marxiste, ainsi que sur l’histoire des mouvements contestataires de manière plus générale. Le groupe fait partie de la branche canadienne de l’organisation internationale nommée La Tendance marxiste internationale.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>s’est entretenu avec Sebastian, un activiste associé à la Riposte depuis trois ans maintenant afin de discuter des objectifs de l’organisation sur le campus de McGill.</p>



<p><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD):</strong>&nbsp;<em>Qu’est-ce que la Riposte socialiste étudiante de McGill? Quels sont ses objectifs?</em></p>



<p><strong>Sebastian (S):</strong>&nbsp;La Riposte est une organisation qui essaie d’apporter des idées socialistes et marxistes aux mouvements étudiants, mais aussi à divers mouvements contre l’oppression sous toutes ses formes. Nous avons donc des divisions dans des universités partout au Canada. En tant que marxistes, nous essayons d’étudier l’histoire des révolutions et des mouvements rebelles en général en essayant d’en tirer des leçons. Quelles stratégies ont marché et lesquelles ont échoué? Il y a beaucoup de leçons qu’il faut apprendre mais qui ont tendance à être oubliées. La première est que la révolution est nécessaire et possible. Mais aussi, pour que ce mouvement révolutionnaire gagne ce pour quoi il manifeste, il doit se battre pour avoir le pouvoir politique. Par exemple, sur le campus, on fait beaucoup de travail pédagogique qui encourage les étudiants à ne pas trop se concentrer sur eux-mêmes mais à se tourner vers l’extérieur, et en particulier vers la classe ouvrière.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Comment apportes-tu la révolution dans ton quotidien?</em></p>



<p><strong>S</strong>:&nbsp;Un élément important à considérer est que les révolutionnaires ne créent pas les révolutions. Les révolutions se créent d’elles-mêmes en réaction aux contradictions inhérentes des systèmes sociaux dans lesquels elles voient le jour. Par exemple, les personnes opprimées de la classe ouvrière sont amenées à lutter à cause de l’oppression et de l’exploitation qu’elles vivent dans leur quotidien et ce, jusqu’au point où elles cèdent. La vraie question à se poser est donc de savoir quelles idées mèneront le prochain mouvement de révolution.&nbsp;<em>Fightback</em> se concentre beaucoup sur la réponse à cette question, et c’est la raison pour laquelle nous mettons tant d’efforts dans l’éducation. À titre d’exemple, nous avons tenu la semaine dernière un événement sur le campus de McGill à propos du mouvement en Iran. Nous avons invité un orateur qui a raconté l’historique des divers mouvements en Iran. Notre objectif est davantage de sensibiliser la population quant à la réalité de ces événements, parce que les médias publics les abordent bien évidemment selon un angle très spécifique. Donc, plus généralement, nous voulons propager les apprentissages de ces mouvements parce que, fondamentalement, nous croyons qu’ils reviendront.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Qu’est-ce que le mot rébellion évoque pour vous?</em></p>



<p><strong>S</strong>:&nbsp;Il évoque beaucoup, parce qu’en tant que marxistes nous pensons beaucoup à la révolution. La rébellion est un terme très vaste, et nous pensons davantage en termes d’une révolution. La révolution, à son origine, débute avec les masses populaires. La majorité des gens n’ont pas leur mot à dire en ce qui concerne la politique dans leur vie quotidienne, ils ne choisissent pas comment leur vie est gouvernée. La révolution, c’est lorsque ces personnes décident que c’en est assez, qu’elles se défendent et décident de sortir revendiquer dans les rues pour changer le cours de l’histoire. Un bon exemple de cela est, encore une fois, les manifestations qui se déroulent en Iran.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À quel point la violence est-elle nécessaire pour une rébellion dans le contexte d’une révolution? La violence peut-elle être une solution pour apporter le changement?</em></p>



<p><strong>S</strong>: La plupart des mouvements ont des origines paisibles. Pourtant, dans le cadre d’une révolution marxiste, je pense qu’il serait naïf de croire que la classe dominante céderait son pouvoir sans combat. Ça ne veut pas pour autant dire que nous encourageons la violence! Mais, si l’on observe tous les mouvements révolutionnaires, ils sont pacifiques jusqu’à ce que la classe dirigeante et l’État qui est sous son contrôle utilisent la violence contre les manifestants. En tant que marxistes, nous défendons fermement le droit des oppressés à se défendre, peu importe la manière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/la-riposte-voit-rouge-2/" data-wpel-link="internal">La Riposte voit rouge</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>«Femme, vie, liberté!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/05/femme-vie-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La révolte du peuple iranien se soulève jusqu’à Montréal et à McGill.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Durant l’après-midi ensoleillé du 27 septembre dernier avait lieu une chaîne humaine en solidarité avec les manifestant·e·s en Iran à la suite de la <a href="https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2022-09-23/deces-de-mahsa-amini/la-repression-des-manifestations-fait-des-dizaines-de-morts.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mort</a> de Mahsa Amini et pour rendre hommage aux victimes du régime totalitaire iranien. «Nous voulons commémorer tous ceux qui ont été tués ou assassinés par ce régime brutal», <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/montreal-iran-protest-1.6598065" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a résumé</a> Banafsheh Cheraghi, une des organisatrices du rassemblement. Formée de centaines de personnes, la chaîne humaine s’étendait le long de la rue Sherbrooke près de l’Université McGill.</p>



<p>Mahsa Amini, originaire de la région du Kurdistan, rendait visite à sa famille à Téhéran lorsqu’elle a été arrêtée le 13 septembre dernier pour «port de vêtements inappropriés» par la soi-disant police des mœurs iranienne. La police alléguait qu’elle ne portait pas son hijab correctement, ce qui constitue une infraction du <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-62209410" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">code vestimentaire strict</a> en place en Iran depuis 1979. La jeune femme de 22 ans est décédée à l’hôpital trois jours après son arrestation. <a href="https://www.bbc.com/news/world-middle-east-62954648" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Selon</a> la police, elle a souffert «d’une insuffisance cardiaque soudaine», dite d’être causée par «des problèmes physiques antérieurs».</p>



<p>Dans une <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-62994842" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">entrevue</a> accordée à la BBC Perse, le père de la victime a partagé que Mahsa Amini n’était pas en mauvaise santé. Des témoins lui avaient également confié l’avoir vue être battue en garde à vue. En effet, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1916943/iran-onu-police-moeurs-femme-tuee" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">selon</a> des militant·e·s, la jeune femme aurait souffert d’une blessure à la tête lorsqu’elle a été mise en détention. Les autorités iraniennes, qui continuent de nier ces accusations, ont toutefois promis d’ouvrir une «<a href="https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2022-09-22/arretee-par-la-police-des-moeurs/le-president-iranien-promet-une-enquete-apres-la-mort-d-une-jeune-femme.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enquête</a>».</p>



<p>En Iran, les manifestations à l’encontre du régime iranien persistent. De Téhéran à Montréal, les manifestant·e·s prennent les rues en solidarité avec Mahsa Amini pour contester la République islamique de l’Iran, le régime dictatorial et théocratique en place depuis plus de 48 ans.</p>



<p><strong>Un contexte de répression</strong></p>



<p>La mort de Mahsa Amini «n’était pas choquante», a partagé Pedram, un manifestant sur place mardi dernier. En effet, cette vague de manifestations a eu lieu presque trois ans après une série d’émeutes anti-régime contestant l’augmentation du prix du carburant annoncée par les autorités iraniennes. La répression orchestrée par la République islamique fut d’une ampleur inédite, engendrant le décès de 1 500 personnes en moins de deux semaines, selon une enquête de l’agence <a href="https://www.reuters.com/article/us-iran-protests-specialreport/irans-leader-ordered-crackdown-on-unrest-do-whatever-it-takes-to-end-it-idUSKBN1YR0QR" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Reuters</a>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On veut juste être vus et entendus»</p><cite>Pedram, un manifestant</cite></blockquote>



<p>Linda, qui a quitté l’Iran pour le Canada depuis plus de huit ans maintenant, a exprimé un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ses proches qui résident en Iran: «Je me sens coupable d’être ici quand ils doivent faire face à tout ça», a‑t-elle partagé au&nbsp;<em>Délit</em>. En Iran, <a href="https://netblocks.org/reports/internet-disrupted-in-iran-amid-protests-over-death-of-mahsa-amini-X8qVEwAD" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">selon</a> l’organisation de surveillance de cybersécurité NetBlocks, des interruptions de connexion au réseau Internet sont observées depuis le 19 septembre dernier. «J’ai peur, je n’ai reçu qu’un “je vais bien” de mon oncle depuis la mort de Mahsa», a exprimé Pedram.</p>



<p>Parmi les manifestant·e·s présent·e·s mardi dernier, plusieurs brandissaient des affiches avec des photos de victimes de la répression en Iran. Tout au long de la chaîne humaine sur la rue Sherbrooke, on pouvait entendre de nombreux slogans dont les plus scandés étaient: «Dis son nom: Mahsa Amini» et «Femme, vie, liberté» et leurs variants en anglais et en farsi. Tout autour de la planète, où les contestations anti-régime ont lieu, un geste se répète: les manifestantes coupent leurs cheveux en signe de solidarité avec les femmes iraniennes.</p>



<p><strong>Un gazouillis qui fait du bruit</strong></p>



<p>Dans un gazouillis du 22 septembre dernier, un compte Twitter appartenant à Soroosh Shahriari, un chargé de cours à l’Université McGill et candidat au doctorat affilié au Département des études juives, a fait l’apologie du régime iranien. Dans ce gazouillis, qui a été supprimé depuis sa publication, Soroosh Shahriari partageait: «<em>Comme il va être bon et réconfortant de vivre l’exécution des dirigeants moudjahidines arrêtés dans les récentes émeutes</em>». Moudjahidine, un terme qui signifie littéralement «faiseur·se de djihad», se rapporte dans ce contexte aux manifestant·e·s qui contestent le régime iranien. Quelques jours après la publication du gazouillis, une <a href="https://www.change.org/p/call-on-mcgill-university-to-investigate-a-hatred-propaganda-complaint" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pétition</a> a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. La pétition exhorte l’Université McGill «d’enquêter immédiatement sur cette affaire et, si l’association du gazouillis avec cet étudiant est confirmée, de prendre les mesures appropriées conformément aux politiques de l’Université», peut-on lire sur le site web change.org. La pétition, lancée par Kayhan Momeni, un candidat au doctorat à l’Université de Toronto, est adressée aux vice-principaux·les exécutif et aux études par intérim Fabrice Labeau et Angela Campbell, à la doyenne des études supérieures et postdoctorales Joséphine Nalbantologu et à la cheffe du Département des études juives de McGill Yael Halevi-Wise. Accumulant plus de 22 000 signatures à la date de rédaction, la pétition dénonce que «le gazouillis ne peut être compris que comme une menace ou une invitation à commettre des actes de violence», peut-on lire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Soyez assurés que nous surveillons la situation de près»</p><cite>Fabrice Labeau et Angela Campbell</cite></blockquote>



<p><strong>Réponse de McGill</strong></p>



<p>Le 30 septembre dernier, dans un courriel envoyé aux membres de la communauté mcgilloise, les vices-principaux·les Angela Campbell et Fabrice Labeau ont exprimé leur solidarité avec les manifestant·e·s en partageant une liste de ressources disponibles. Le courriel a aussi abordé le gazouillis controversé: «Soyez assurés que nous surveillons la situation de près», ont-il·elle·s assuré. Toutefois, Fabrice Labeau et Angela Campbell ont aussi soulevé «l’importance de l’équité procédurale et les risques d’un jugement trop rapide, surtout à la suite d’une activité dans les médias sociaux non vérifiée». Il·elle·s ont ajouté que «nous devons également tenir compte de la protection que notre société accorde à la liberté d’expression, même lorsque les idées exprimées sont de mauvais goût ou blessantes».</p>



<p>Pour Shayan, président de l’Association d’étudiants iraniens de l’Université Concordia (Concordia University’s Iranian Students” Association), McGill «n’a pas su répondre» au commentaire allégué de Soorosh Shahriari. «Ce n’est pas une liberté d’expression de demander la mort. La liberté d’expression doit s’arrêter quelque part», explique-t-il.</p>
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		<title>Scruter le mode de scrutin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/scruter-le-mode-de-scrutin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[mode de scrutin]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49023</guid>

					<description><![CDATA[<p>Enquête sur la réforme du système électoral québécois.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le jeudi 22 septembre dernier, à l’occasion du deuxième débat des chef·f·es, avait lieu un rassemblement d’une trentaine de personnes devant la nouvelle Maison de Radio-Canada pour réclamer un système électoral représentatif au Québec. Organisée par le Mouvement Démocratie Nouvelle (<a href="https://www.chaquevoixcompte.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">MDN</a>) et la <a href="https://www.csd.qc.ca/actualite/une-large-coalition-pour-la-reforme-electorale-maintenant/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Coalition</a> pour la réforme électorale maintenant!, la manifestation visait à exiger des chef·fe·s des partis politiques une réforme du mode de scrutin en place dans un prochain mandat.</p>



<p>En date du 26 septembre dernier, selon le modèle du site de projections électorales <a href="https://qc125.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Qc125</a>, la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait récolter jusqu’à 98 sièges sur 125 le 3 octobre, soit près de 80% des sièges à l’Assemblée nationale. Or, selon les projections, la CAQ ne récoltera pas plus de 40% du vote populaire. Cet écart entre volonté électorale populaire et représentation parlementaire, appelé distorsion, est engendré par le système électoral actuel au Québec, soit le scrutin majoritaire uninominal à un tour. Selon le MDN et la Coalition pour la réforme électorale maintenant!, les résultats des élections 2022 pourraient être les plus distordus de l’histoire. Pour ces mouvements pro-réforme, le changement du mode de scrutin devrait être une priorité pour les Québécois·es.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>vous présente cette enquête afin d’inviter la réflexion sur les enjeux liés à la réforme du mode de scrutin au Québec.</p>



<p><strong>Le débat d’un siècle</strong></p>



<p>Même si la question de réforme du mode de scrutin est débattue dans les milieux politiques depuis plus de <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/15-4/introduction-historique.html?retourVersHistoire=oui" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">100 ans</a>, elle a commencé à susciter un plus grand engouement vers la fin des années 1960. «On vient juste de célébrer les 100 ans de René Lévesque, qui a déjà qualifié notre mode de scrutin comme étant “démocratiquement infect”», a déclaré Jean-Pierre Charbonneau, président du MDN lors de la manifestation jeudi dernier.</p>



<p>Au Québec, les résultats des élections provinciales de novembre 1998 avaient ranimé un intérêt pour l’enjeu du mode de scrutin. Le Parti libéral (PLQ) avait à l’époque subi une défaite malgré un pourcentage de voix plus élevé que le Parti québécois (PQ). En effet, le PLQ avait obtenu 43,5% des voix avec 38% des sièges tandis que le PQ avait obtenu 42,9% des voix avec 61% des sièges. C’est ainsi qu’en 1999 est né le Mouvement Démocratie Nouvelle, un organisme citoyen non partisan militant pour la réforme du mode de scrutin. La Coalition pour la réforme électorale maintenant!, formée notamment de groupes environnementaux, féministes, syndicalistes et communautaires, a vu le jour en 2019, à la suite de la victoire de la CAQ aux élections provinciales de 2018.</p>



<p>«Nous n’avons pas l’intention de lâcher le morceau et allons suivre le prochain gouvernement sur cette question», a affirmé Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) devant le siège de Radio-Canada jeudi dernier. La CSQ, une organisation regroupant travailleur·se·s des secteurs public et parapublic québécois, est l’une des dix organisations impliquées dans le MDN.</p>



<p>Katherine Girard et Anne-Marie Boudreault-Bouchard, des manifestantes présentes au rassemblement, se sont impliquées au MDN dès qu’elles ont «compris comment le système électoral fonctionnait au Québec», ont-elles expliqué au&nbsp;<em>Délit</em>. «Le mouvement m’a beaucoup rejointe au niveau du message véhiculé», a ajouté Anne-Marie Bouchard, ancienne vice-présidente du MDN entre 2015 et 2018.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les distorsions créent de l’injustice. Il y a des partis qui sont surreprésentés, il y en a qui sont sous-représentés, il y en a qui ne sont pas représentés»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement Démocratie Nouvelle</cite></blockquote>



<p>Jean-Pierre Charbonneau, ancien député péquiste et ancien président de l’Assemblée nationale, est l’actuel président du MDN. «Le système électoral actuel est un système qui a été conçu par les Britanniques en 1792 et qui favorise l’alternance de pouvoir entre deux partis», remarque-t-il en entrevue avec&nbsp;<em>Le Délit</em>. <a href="https://pivot.quebec/2022/09/24/les-resultats-de-la-prochaine-election-pourraient-etre-les-plus-tordus-de-lhistoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Selon</a> Raphaël Canet, le coordonnateur du MDN, le scrutin uninominal majoritaire à un tour est inadapté à la réalité d’aujourd’hui, car il favorise un système bipartisan, soit «une réalité sociale bien différente de celle d’aujourd’hui».</p>



<p>En effet, le mode de scrutin en vigueur au Québec et au Canada est un système dit «majoritaire» puisque les candidat·e·s sont élu·e·s à majorité relative. Il est donc possible qu’un·e candidat·e soit élu·e même s’il·elle n’obtient pas plus de la moitié des voix. </p>



<p>Dans chaque circonscription définie, le·a gagnant·e est la personne qui obtient le plus de votes. À l’échelle provinciale, le parti qui fait élire le plus de candidat·e·s forme le gouvernement, tandis que celui qui arrive second devient le parti d’opposition . Selon le MDN, les distorsions sont le principal problème causé par ce système de vote: le mode de scrutin actuel ne tiendrait pas compte du vote populaire des électeur·rice·s.</p>



<p>Prenons par exemple les résultats des élections de 2018: la CAQ avait gagné avec 37,42% du vote populaire, mais avait fait élire 74 des 125 élu·e·s à l’Assemblée nationale, soit 59,2% des sièges. En contrepartie, le PQ avait obtenu 17,06% des voix mais uniquement 10 sièges à l’Assemblée nationale, soit 8% du total.</p>



<p>«Les distorsions créent de l’injustice. Il y a des partis qui sont surreprésentés, il y en a qui sont sous-représentés, il y en a qui ne sont pas représentés», a déploré M. Charbonneau en entretien avec&nbsp;<em>Le Délit</em>. «Le résultat est que la gouvernance de la société ne se fait pas comme elle devrait se faire», a‑t-il ajouté. Une des conséquences de ces distorsions est le manque de représentativité à l’échelle régionale. C’est là une des critiques les plus virulentes du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Par exemple, seulement deux des 27 député·e·s élu·e·s en 2018 sur l’île de Montréal sont caquistes. Il est donc plus difficile pour les élu·e·s de l’île de Montréal, à majorité libérale, d’influencer les politiques gouvernementales en fonction des intérêts des personnes de leur circonscription.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le résultat est que la gouvernance de la société ne se fait pas comme elle devrait se faire»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement Démocratie Nouvelle</cite></blockquote>



<p>En entretien avec&nbsp;<em>Le Délit</em>, Éric Bélanger, professeur de science politique à l’Université McGill, a souligné les tensions causées par le manque de proportionnalité et de représentativité du mode de scrutin actuel: «Les maires et mairesses ont commencé à s’opposer de manière plus vocale aux positions de la CAQ dû au fait que le gouvernement à Québec ne fait pas face à une opposition très forte [au sein même de l’Assemblée nationale,&nbsp;<em>ndlr</em>]. Les débats sont devenus verticaux, c’est-à-dire entre le provincial et le municipal, au lieu d’avoir lieu dans l’Assemblée nationale.»</p>



<p>Selon un <a href="http://www.reseautablesfemmes.qc.ca.heb5c.sogetel.net/wp-content/uploads/2015/01/MODE-DE-SCRUTIN-PROPORTIONNEL-UN-ATOUT-POUR-LES-FEMMES-2014.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">document</a> publié en 2014 par le Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, le mode de scrutin uninominal actuel au Québec «tend à exclure certaines catégories de personnes». La représentation des femmes, des communautés autochtones ainsi que de la communauté LGBTQ+ dépend «du hasard et des volontés politiques changeantes», comme indiqué dans le document. «La parité de représentation pour les femmes est un principe de justice qui doit s’incarner formellement dans l’exercice de notre démocratie et donc dans son mode de scrutin», a scandé Nelly Dennene, présidente du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec lors de la manifestation jeudi soir. Même si lors des élections de 2018, on a observé une hausse de la représentation des femmes à l’Assemblée nationale, avec la délégation féminine représentant 42% de l’ensemble des personnes élues <a href="https://statistique.quebec.ca/vitrine/egalite/dimensions-egalite/pouvoir/personnes-elues-assemblee-nationale" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">selon</a> l’Institut de la statistique au Québec, le Québec n’atteint toujours pas la parité hommes-femmes à l’Assemblée nationale.</p>



<p>Une autre conséquence des distorsions électorales serait qu’elles contribuent au déclin du taux de participation aux élections, selon Pr Bélanger. «C’est certain qu’en voyant que le parti qu’on préfère est condamné à une place très minoritaire sur l’échiquier politique, ça pourrait décourager certains électeurs à se déplacer pour voter», a‑t-il expliqué. Le taux de participation aux élections de 2018 était le deuxième plus bas dans les 49 dernières années, une tendance qui, selon Raphaël Canet, pourrait résulter d’une perte progressive de la confiance en notre système démocratique. Lors d’une entrevue avec&nbsp;<em>Pivot</em>, il utilise les électeur·rice·s du Parti conservateur du Québec comme exemple: «[Le Parti conservateur du Québec a] réussi à rassembler beaucoup de gens qui souvent n’allaient même pas voter. S’ils se retrouvent avec aucun député, que vont-ils dire? Ça va alimenter leur rancœur et faire grandir leur cynisme et, au final, c’est ce qui est le plus dangereux avec le système actuel», illustre le coordonateur du MDN.</p>



<p>«Si on valorise une stabilité politique et des gouvernements majoritaires, c’est-à-dire qui ont le contrôle d’une majorité des sièges à l’Assemblée, c’est sûr que le mode de scrutin actuel est préférable», a nuancé le Pr Bélanger. Depuis 1970, seulement deux gouvernements minoritaires ont été formés. Au cours des 50 dernières années, PLQ et le PQ ont alterné au pouvoir durant toutes les élections sauf une. En effet, la simplicité relative du système de scrutin majoritaire uninominal à un tour lui aura permis de survivre à plusieurs tentatives de réformes.</p>



<p><strong>L’échec de 2018</strong></p>



<p>Le 9 mai 2018, quelques mois avant les dernières élections provinciales, la CAQ, le PQ, Québec solidaire et le Parti vert du Québec s’étaient engagés à changer le système électoral en introduisant un mode de scrutin proportionnel mixte s’ils étaient élus. Cette entente transpartisane avait été initiée en 2016 par le MDN mais, à l’approche de sa conclusion, les libéraux de Philippe Couillard s’étaient retirés. Une des grandes promesses électorales de la CAQ était en effet le relancement de la réforme entamée en 2008 par le gouvernement libéral de Jean Charest, plus tard abandonnée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si on valorise une stabilité politique et des gouvernements majoritaires, c’est-à-dire qui ont le contrôle d’une majorité des sièges à l’Assemblée, c’est sûr que le mode de scrutin actuel est préférable»</p><cite>Éric Bélanger, professeur de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p>L’entente contraignait le parti élu à déposer un projet de loi dans la première année de son mandat. Ce projet de loi aurait reflété «le plus possible le vote populaire de l’ensemble des Québécois et Québécoises», comme l’avait annoncé Jean-Sébastien Dufresne, l’ancien directeur du MDN lors de la signature en 2018. Arrivée au pouvoir il y a quatre ans, la CAQ avait effectivement déposé le projet de loi 39. Or, en décembre 2021, le gouvernement caquiste a annoncé l’abandon du projet de loi, même si celui-ci était rendu à l’avant-dernière étape avant son adoption. «On met ça de côté définitivement», avait <a href="https://lactualite.com/politique/legault-abandonne-la-reforme-du-mode-de-scrutin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">confirmé</a> une source du cabinet du premier ministre. Le contexte pandémique avait été évoqué pour justifier l’abandon. «On s’est rendu compte que ce n’est pas du tout une priorité pour la population», avait ajouté la source. Questionné sur la possibilité de ressusciter le projet de loi il y a quelques semaines, François Legault <a href="https://www.ledevoir.com/depeches/753099/abandon-de-la-reforme-du-mode-de-scrutin-legault-veut-tous-les-pouvoirs-dit-berube?utm_source=recirculation&amp;utm_medium=hyperlien&amp;utm_campaign=corps_texte" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait déclaré</a> que la réforme du mode de scrutin était un enjeu peu intéressant pour la population, à l’exception de «quelques intellectuels».</p>



<p>Le projet de loi 39, intitulé Loi établissant un nouveau mode de scrutin, aurait modifié la <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/e-3.3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Loi électorale</a> afin de mettre en place un nouveau système de scrutin avec compensation régionale. Ce nouveau système visait à réduire les distorsions, en assurant que le nombre de sièges obtenus par un parti politique corresponde à son pourcentage du vote populaire. La réforme aurait implanté un système dit «mixte», qui aurait produit une Assemblée nationale composée en partie de député·e·s élu·e·s dans les circonscriptions et en partie de député·e·s issu·e·s d’une liste de candidat·e·s présentée par chaque parti.</p>



<p>Pour le Pr Éric Bélanger, le mode de scrutin proportionnel mixte «est une proposition intéressante, car il permettrait d’aller chercher les avantages de la proportionnalité tout en gardant certaines caractéristiques du mode actuel». Pour Françoise David, co-présidente du Mouvement Démocratie Nouvelle et ancienne députée de Québec solidaire, le mode proportionnel mixte «a été choisi, car c’est vraiment ce mode de scrutin-là qui permet à la fois d’avoir des députés de circonscription, ce que les Québécois veulent, et d’avoir ce qu’on appelle des députés régionaux, sur la base de listes qui sont faites par les partis. C’est donc un peu le meilleur des deux mondes», a‑t-elle expliqué au <em>Délit</em>. En effet, cette solution hybride proposée par le MDN, inspirée des systèmes en place en Nouvelle-Zélande et en Écosse, aurait proposé aux électeur·rice·s de s’exprimer deux fois à chaque élection. Le premier bulletin aurait permis d’élire 80 député·e·s de circonscriptions de la même façon qu’actuellement, alors que le deuxième vote aurait permis d’attribuer les 45 sièges restants aux différents partis en fonction des votes exprimés par chaque région, ce qui aurait permis de réduire l’effet de distorsion.</p>



<p>Selon Jean-Pierre Charbonneau, l’abandon du projet de loi 39 par la CAQ représente «un reniement et un non-respect de la parole donnée». Il ajoute que le retrait du projet de loi donne un avantage disproportionné à la CAQ pour les élections qui viennent. «François Legault ne devait pas faire un Justin Trudeau de lui-même, il ne devait pas encourager le cynisme, et il l’a fait», déplore-t-il. En effet, en février 2017, le premier ministre canadien <a href="https://www.ledevoir.com/politique/canada/490596/justin-trudeau-renonce-a-sa-promesse-de-reformer-le-mode-de-scrutin" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait renoncé</a> à sa promesse électorale de réformer le mode de scrutin. Pour Raphaël Canet, le coordonnateur de MDN, «leur seule option pour bloquer le projet de loi était de le faire disparaître entre deux sessions parlementaires, ce qu’ils ont fait», a‑t-il affirmé dans une entrevue avec&nbsp;<em>Pivot</em>.</p>



<p><strong>Y a‑t-il de l’espoir pour la réforme?</strong></p>



<p>Le 20 septembre dernier, lors d’une conférence de presse, Dominique Anglade, la cheffe du PLQ, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1917039/mode-de-scrutin-lettre-plq-contredit-propos-dominique-anglade-ouverte-reforme-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a affirmé </a>qu’elle serait ouverte à l’idée de réformer le mode de scrutin. «Ça fait partie des choses qu’il faudrait regarder», a‑t-elle dit. Pour Françoise David, l’annonce de la cheffe libérale est «une grande nouvelle», mais elle peine à voir une motivation autre que l’opportunisme derrière cette déclaration, a‑t-elle confié au&nbsp;<em>Délit</em>. Quant au PQ et à Québec solidaire, les deux partis ont indiqué au MDN qu’ils mettront en place un nouveau mode de scrutin avant 2026 s’ils sont portés au pouvoir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai l’impression que les Québécois vont se réveiller avec une sorte de gueule de bois en se disant: Non, mais attends-là, une fois de plus, le gouvernement majoritaire gouverne avec beaucoup de député·e·s mais il n’a même pas la majorité des voix»</p><cite>Fracnçoise David, vice-présidente du MDN</cite></blockquote>



<p>Questionné·e·s par&nbsp;<em>Le Délit</em>, Jean-Pierre Charbonneau et Françoise David ont signalé que les résultats des élections «risquent de secouer les citoyens et d’éveiller les consciences». En effet, selon eux·lles, la distorsion électorale risque d’être «tellement scandaleu[se]», déplorent-il·elle·s. «Il va être choquant de voir un parti qui domine outrageusement la scène politique alors qu’il n’a même pas la moitié des votes», ajoutent-il·elle·s. En effet, en 2018, la CAQ a pu obtenir 59% des sièges à l’Assemblée nationale avec 37% du vote populaire mais avec uniquement 25% des électeur·rice·s, selon les <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-generales/2018-10-01/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">données</a> d’Élections Québec. Cette distorsion «va être plus forte cette fois-ci», prévient Raphaël Canet, en ajoutant qu’on s’attend à un taux de participation faible pour ces élections. </p>



<p>« J’ai l’impression que les Québécois vont se réveiller avec une sorte de gueule de bois en se disant: Non, mais attends-là, une fois de plus, le gouvernement majoritaire gouverne avec beaucoup de député·e·s, mais il n’a même pas la majorité des voix», a affirmé Françoise David au&nbsp;<em>Délit</em>. Elle a souligné également que cette conscientisation des citoyen·ne·s pourrait ajouter une pression aux partis politiques, et ces derniers n’auront pas d’autre choix que la réforme du mode de scrutin. «Il faut que les partis et les médias aussi s’emparent de cette question et en fassent un enjeu majeur», a ajouté Jean-Pierre Charbonneau.</p>



<p>Selon le Pr Éric Bélanger, une tendance se construit, puisque ce sont les partis d’opposition, les plus désavantagés par les distorsions, qui demandent activement une réforme. «Une fois au pouvoir et étant avantagés par ce système, ils ne sont plus si favorables à l’idée de réforme», note-t-il. Une autre approche serait de procéder par référendum populaire, mais le Pr Bélanger note que plusieurs provinces canadiennes «ont tenté le coup au cours des 20 dernières années mais sans succès». Par exemple, à l’Île-du-Prince-Édouard, 51.85% des électeur·rice·s ont voté en faveur du changement de mode de scrutin, mais vu que la réforme nécessitait l’appui de 60% des électeur·rice·s, le mode de scrutin est resté inchangé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il va être choquant de voir un parti qui domine outrageusement la scène politique alors qu’il n’a même pas la moitié des votes»</p><cite>Jean-Pierre Charbonneau, Président et Françoise David, Vice-Présidente du MDN</cite></blockquote>



<p>Le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1316440/caq-presente-projet-loi-reforme-electorale" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">référendum</a> faisait notamment partie de la démarche prévue par le gouvernement Legault en 2019 lors du dépôt du projet de loi 39. Selon le Pr Bélanger, la population serait réceptive à l’idée de réforme, mais un effort de pédagogie significatif reste à faire, car il s’agit d’un enjeu complexe. En effet, un sondage Léger Marketing pour le MDN en mai 2019 avait conclu que près de 70% Québécois·es tenaient à ce que la CAQ respecte son engagement de réformer le mode de scrutin actuel et il·elle·s estimaient qu’il serait important d’aller de l’avant. Selon le même sondage, 84% souhaitaient refléter le plus possible le vote populaire de l’ensemble des Québécois·e·s.</p>



<p>Pour Jean-Pierre Charbonneau, il est aussi important de noter qu’il ne s’agit pas ici uniquement d’une réforme du mode de scrutin mais d’un enjeu plus large. «Que ce soit l’enjeu de l’environnement, de l’inflation, de notre système d’éducation ou celui de la santé, de la langue, de l’identité, de la crise du logement, des droits des femmes, tous ces enjeux passent et s’expriment à travers l’Assemblée nationale».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/scruter-le-mode-de-scrutin/" data-wpel-link="internal">Scruter le mode de scrutin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Maria-Luisa Torres-Piaggio pour la CAQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/maria-luisa-torres-piaggio-pour-la-caq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[coalition avenir quebec]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48863</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait d'une candidate.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/maria-luisa-torres-piaggio-pour-la-caq/" data-wpel-link="internal">Maria-Luisa Torres-Piaggio pour la CAQ</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Avec plus de 20 ans de carrière en tant qu’avocate, Maria-Luisa Torres-Piaggio se présente aux élections sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour la circonscription de Westmount–St-Louis.</p>



<p><em><strong>Le Délit (LD) :</strong>&nbsp;Pouvez-vous nous présenter vos motivations et vos objectifs? Pourquoi êtes-vous intéressée à la politique et pourquoi avez-vous fait le choix de vous présenter aux élections provinciales 2022 sous la bannière de la CAQ?</em></p>



<p><strong>Maria-Luisa Torres-Piaggio (MT) :</strong>&nbsp;Je suis impliquée au sein de la Coalition avenir Québec depuis 2011, parce que je crois à la vision, aux valeurs et aux objectifs de ce parti politique. Je suis d’origine italo-péruvienne, et j’habite au Québec depuis 24 ans. J’ai une formation en droit dans une université péruvienne et je suis détentrice d’une maîtrise en droit civil et d’une autre en droit international. Au cours de mes 20 ans de carrière d’avocate, j’ai été gestionnaire auprès du ministère des Affaires étrangères du Pérou, ce qui m’a permis d’agir comme attachée diplomatique pour l’Organisation d’aviation civile internationale (OACI) à Montréal. Mon engagement politique s’inscrit dans mon désir de continuer à mettre en place des lois, des règlements et des programmes permettant à la population du Québec d’envisage un avenir meilleur. Nous sommes un parti nationaliste moderne dont l’objectif premier est d’assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture.</p>



<p><strong>LD :</strong>&nbsp;<em>Quels seraient vos dossiers et enjeux prioritaires si vous étiez élue?</em></p>



<p><strong>MT :</strong> La promotion de la culture québécoise est une priorité du gouvernement de la CAQ. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec a été augmenté de plus de 50% et celui de la Société de développement des entreprises culturelles de 143%. Des sommes records! Un deuxième enjeu serait la sécurité. Ces dernières années, le Québec a été témoin d’une hausse de la violence par armes à feu, en particulier dans la région de Montréal. La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault s’est attaquée concrètement à ce problème en fournissant à nos policiers davantage de moyens pour lutter contre le trafic d’armes et les groupes criminels. Une troisième préoccupation est l’aide aux aînés. Encore trop d’aînés sont contraints de vivre dans la précarité en raison d’un très faible revenu. Or, ces derniers peuvent difficilement augmenter leurs revenus pour faire face à la hausse du coût de la vie, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Nous nous engageons à bonifier le montant de soutien aux aînés dès la première année d’un prochain mandat. Cette aide supplémentaire permettra de protéger davantage le pouvoir d’achat de celles et ceux à plus faibles revenus. Également, le Québec dispose d’une des plus faibles capacités hospitalières parmi les juridictions comparables, avec seulement deux lits par 1 000 habitants. Le réseau de la santé doit chercher des solutions novatrices pour désengorger les hôpitaux. L’hospitalisation à domicile en fait partie, car elle permet d’éviter une admission ou de libérer un lit plus rapidement. Mais surtout, c’est une formule avantageuse pour le patient, car elle lui permet d’être soigné dans le confort de sa maison parmi ses proches.</p>



<p><strong>LD :&nbsp;</strong><em>Est-ce qu’il y a des enjeux spécifiques à l’Université McGill qui vous préoccupent?</em></p>



<p><strong>MT : </strong>Oui, il y a trois enjeux particuliers que je m’engage à considérer si je suis élue comme députée. Premièrement, le gouvernement de la CAQ veut promouvoir une approche intégrée en enseignement supérieur. Les cégeps aussi bien que les universités regorgent de potentiel qui ne demande qu’à être mieux exploité au bénéfice de l’enseignement et de la recherche. Il faut soutenir nos chercheurs, nos professeurs et nos étudiants pour leur permettre de travailler dans un milieu stimulant et dynamique, exempt d’intimidation et de censure, où leur expertise sera reconnue et valorisée. Protégeons la liberté académique! La valorisation de l’enseignement du français est le deuxième enjeu qui me préoccupe. Si le français est ce qui nous distingue, il est aussi ce qui nous unit. Le français est une source de fierté, de savoir, et de beauté dont il faut prendre soin! Il est impératif que les élèves soient mieux encadrés pour maîtriser leur langue et assurer leur succès à l’école comme sur le marché du travail. Dans un second mandat, un gouvernement de la CAQ entend mettre l’accent sur l’enseignement du français aux jeunes. Au Québec, depuis les années 1990, les études québécoises sont en déclin dans nos universités. Cette situation nous conduit peu à peu à une perte de connaissances sur le Québec, son histoire, ses institutions, ses enjeux, ses particularités et son identité culturelle unique en Amérique du Nord. Il est nécessaire d’accroître notre soutien au milieu universitaire québécois, en investissant davantage dans la recherche et particulièrement dans les études québécoises.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le réseau de la santé doit chercher des solutions novatrices pour désengorger les hôpitaux»</p></blockquote>



<p><strong>LD :</strong>&nbsp;<em>L’environnement est un des enjeux très importants pour les étudiant·e·s. Qu’est-ce que la CAQ propose pour venir au secours de l’environnement et la crise climatique?</em></p>



<p><strong>MT :</strong> La lutte contre le réchauffement de la planète passe par une utilisation accrue des énergies vertes. Voilà une occasion fantastique pour le Québec qui dispose d’abondantes ressources en hydroélectricité. Avec sa main‑d’œuvre qualifiée, son hydroélectricité et ses autres sources d’énergie renouvelable telles l’énergie éolienne, les biocarburants, la géothermie et l’hydrogène vert, le Québec est en voie de devenir un leader de l’économie verte. Il est important de le rappeler: le Québec est l’endroit en Amérique du Nord où l’on émet le moins de gaz à effet de serre par habitant. Pour réduire davantage nos émissions, il faut diminuer notre consommation d’énergies fossiles et augmenter le pourcentage d’énergie électrique dans notre économie. C’est ce que vise le Plan pour une économie verte. Le Québec s’est fixé une cible de réduction de 37,5% des émissions de GES d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, et souhaite atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Il s’agit d’objectifs ambitieux, mais réalistes. Pour les atteindre, la CAQ mise sur un plan crédible et appuyé par des statistiques, et instauré par moyens concrets. Ce dernier assurera une transition vers la carboneutralité, en accompagnant les industries dans leur transformation et les travailleurs dans leur formation. En remplaçant le pétrole par l’électricité que nous produisons, le Québec fera d’une pierre deux coups.</p>



<p><strong>LD :</strong>&nbsp;<em>Votre plateforme électorale précise qu’« il est important d’offrir aux nouveaux·velles arrivant·e·s</em> <em>de meilleures ressources», pourriez-vous parler de ces ressources?</em></p>



<p><strong>MT :</strong> Comme vous le savez, le Québec est l’un des endroits où sont accueillis le plus grand nombre d’immigrants en proportion de sa population. L’intégration de l’immigration à la réalité française du Québec reste toutefois un défi. Il faut qu’une portion plus importante des immigrants soit francophone, et que la grande majorité des étudiants internationaux fréquentent des cégeps et des universités francophones dans toutes nos régions. Dans un deuxième mandat, nous allons continuer de négocier avec Ottawa pour obtenir tous les pouvoirs nécessaires à l’accueil et à l’intégration des immigrants, afin qu’on soit en mesure de leur donner les moyens d’apprendre la langue française s’ils ne la maîtrisent pas déjà. On continuera à travailler à la régionalisation de l’immigration, car elle doit contribuer à la vitalité de l’ensemble du territoire québécois. Je veux donc travailler en étroite collaboration avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, ainsi qu’avec les organismes communautaires de la circonscription afin d’offrir aux nouveaux arrivants plus de ressources locales leur permettant de s’intégrer rapidement à notre société. En fait, si je suis élue, je veux soutenir davantage les organismes déjà existants et en développer d’autres dans la circonscription de Westmount–Saint-Louis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/maria-luisa-torres-piaggio-pour-la-caq/" data-wpel-link="internal">Maria-Luisa Torres-Piaggio pour la CAQ</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un don de 29M controversé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/un-don-de-29m-controverse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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		<category><![CDATA[sportwashing]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lancement de l’Institut Sylvan Adams interrompu et dénoncé par des voix pro-palestiniennes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/un-don-de-29m-controverse/" data-wpel-link="internal">Un don de 29M controversé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans un <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/mcgill-cree-linstitut-de-recherche-sylvan-adams-en-sciences-du-sport-consacre-la-recherche-de-pointe-341123" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> publié le 31 août dernier, l’Université McGill a annoncé le lancement d’un nouveau centre de recherche en sciences du sport grâce à un don de 29 millions de dollars de la part de l’entrepreneur et philanthrope israélo-canadien Sylvan Adams. Il s’agirait du plus grand don jamais fait à une faculté d’éducation canadienne. Des voix s’élèvent toutefois pour critiquer l’annonce de ce don par l’administration mcgilloise, ainsi que sa réponse à l’activisme pro-palestinien de certains regroupements étudiants.</p>



<p><strong>La recherche sur les sports d’élite à l’avant-plan</strong></p>



<p>L’Institut de recherche Sylvan Adams soutiendra la recherche en sciences du sport tout en ayant une approche centrée sur l’étude des athlètes d’élite. Son objectif à long terme sera de mettre à profit la recherche en sciences du sport pour améliorer les performances des athlètes de haut niveau, tout en promouvant la santé de manière générale, peut-on lire sur <a href="https://www.mcgill.ca/sassi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le site internet de l’Institut</a>. «Le don de M. Adams favorise aussi l’adoption d’une nouvelle optique pour la recherche en matière de santé – qui privilégie l’apprentissage à partir de l’étude de la santé optimale, plutôt que de la maladie», nous informe l’agente des relations avec les médias de l’Université McGill, Frédérique Mazerolle. La part du lion du don – 24,4 millions de dollars – sera consacrée à l’infrastructure et à l’équipement du nouvel institut, comprenant notamment des laboratoires d’essai «de fine pointe», des bureaux de recherche et des salles de formation et de réunion. La somme restante – 4,6 millions de dollars – financera diverses activités de recherche. Frédérique Mazerolle souligne que le don servira à la création de bourses de recherche, de bourses étudiantes, d’échanges internationaux et de conférences scientifiques. L’Institut établira également un partenariat avec l’Institut de sport Sylvan Adams (<em>Sylvan Adams Sports Institute</em>) de l’Université de Tel-Aviv, fondé en 2018.</p>



<p><strong>Un projet contesté</strong></p>



<p>L’annonce du don de Sylvan Adams a été vertement critiquée par le groupe Étudiant·e·s de McGill en solidarité pour les droits humains palestiniens (Students for Palestinian Human Rights, SPHR). Dans des publications récentes sur Facebook, Twitter et Instagram, le groupe a qualifié Sylvan Adams de «milliardaire anti-palestinen notoire qui a dépensé des dizaines de millions de dollars avec l’intention de blanchir les crimes de l’État colonial israélien». Dans un communiqué acheminé au <em>Délit</em>, SPHR a allégué que les propos de Sylvan Adams au sujet d’Israël, qu’il a notamment <a href="https://www.cyclingweekly.com/news/racing/from-gaza-to-the-giro-ditalia-the-many-faces-of-israel-start-up-nation-447747" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">décrit</a> comme un «pays pacifique», constituaient une «déclaration insultante […] emplie[e] de déni, d’incrédulité et d’agressivité». Le groupe a dénoncé ce qu’il qualifiait d’« abstraction totale» de la part de Sylvan Adams quant à la situation du peuple palestinien, citant à l’appui les condamnations émises par <a href="https://amnistie.ca/sites/default/files/2022-02/MDE1551412022FRENCH_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Amnistie Internationale</a> et l’organisation <a href="https://www.hrw.org/report/2021/04/27/threshold-crossed/israeli-authorities-and-crimes-apartheid-and-persecution" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Human Rights Watch</em></a> à l’égard du gouvernement israélien. Selon SPHR, l’entrepreneur et philantrope serait «connu pour avoir déboursé des dizaines de millions de dollars dans le but précis de <em>sportswash</em> [blanchir par le sport] les crimes de l’État colonial israélien». Le <a href="https://www.oed.com/view/Entry/98044183?rskey=TOXMtC&amp;result=2&amp;isAdvanced=false#eid" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dictionnaire Oxford</a> décrit le sportswashing comme «<em>l’utilisation du sport […] pour promouvoir une image positive comme manière de détourner l’attention d’autres activités considérées controversées, immorales ou illégales</em> [<em>tdlr</em>]». </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Sylvan Adams, un milliardaire anti-Palestine [est] connu pour avoir déboursé des dizaines de millions de dollars dans le but précis de <em>sportswash</em> [blanchir par le sport] les crimes de l’État colonial israélien »</p><cite>SPHR, dans un communiqué acheminé au <em>Délit</em></cite></blockquote>



<p>L’annonce du don a également été l’occasion pour l’activiste et auteur Yves Engler d’intervenir vis-à-vis de l’administration mcgilloise. Une vidéo qu’il a publiée sur Twitter montre son interruption du discours de Suzanne Fortier, ex-principale de l’Université McGill, lors de la conférence de presse tenue le 31 août dernier. «<em>Madame, est-ce que les étudiants de McGill ont le droit de s’opposer aux meurtres d’enfants palestiniens, de s’opposer à l’État colonial israélien?</em> » [<em>tdlr</em>], l’entend-on s’exclamer sur la vidéo. Sur son <a href="https://yvesengler.com/2022/09/01/mcgill-tel-aviv-university-partnership-announcement-interrupted/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">site</a> personnel, Yves Engler explique qu’il souhaitait demander à Suzanne Fortier d’expliquer son manque de solidarité avec la Palestine. «<em>Les accords avec les universités israéliennes légitiment le colonialisme israélien. Les investissements de McGill dans des sociétés permettant l’occupation israélienne rendent l’Université complice de la dépossession palestinienne</em>» [<em>tdlr</em>], a‑t-il souligné au <em>Délit</em>. Dans sa réponse au <em>Délit</em>, SPHR a également dénoncé la célébration de ce don par l’Université. Selon le regroupement, McGill répondrait ainsi à l’activisme pro-palestinien sur son campus en se «moqu[ant] ouvertement de la volonté de ses étudiant·e·s». SPHR a ajouté que cette initiative de l’Université ne resterait pas sans réponse.</p>



<p><em>Le Délit</em> a contacté McGill pour un commentaire en lien avec les propos de SPHR. Fréderique Mazerolle a répondu en mettant de l’avant que «l’engagement mcgillois à l’égard de l’excellence universitaire» exigerait la préservation d’un environnement ouvert au débat «dans le respect mutuel […] de multiples perspectives et idées». L’agente des relations avec les médias a souligné que les priorités de l’Université demeurent le «bien-être» de sa communauté et le maintien d’« un dialogue et [d’]un engagement pacifiques et constructifs» sur le campus, spécifiant toutefois que «le respect et l’inclusion sont les préalables incontournables de ces échanges».</p>



<p><strong>Un contexte de tensions</strong></p>



<p>Lors du référendum étudiant en mars dernier, la Politique de solidarité avec la Palestine, qui aurait engagé l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) à reconnaître «le système colonial israélien contre la Palestine», a été approuvée par le corps étudiant de McGill avec 71,1% des voix pour un taux de participation de 16,5%. Proposée par le groupe SPHR, la Politique s’inscrivait dans le cadre de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui promeut le boycott contre Israël et des entreprises qui contribuent à l’économie de cet État.</p>



<p>À la suite de l’adoption de la Politique, l’AÉUM avait reçu un avis de défaut du v.-p. exécutif adjoint (études et vie étudiante) Fabrice Labeau qui signalait que cette politique allait à l’encontre «d’une condition présente dans le protocole d’entente» et qu’elle serait «inconstitutionnelle et discriminatoire». L’administration avait menacé de mettre fin au protocole d’entente et ainsi au financement reçu par l’AÉUM. En avril, le conseil d’administration de l’AÉUM avait élu de ne pas ratifier la Politique.</p>



<p></p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/manifestation-pro-palestinienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Manifestation pro-palestinienne</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/un-don-de-29m-controverse/" data-wpel-link="internal">Un don de 29M controversé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Manifestation pro-palestinienne&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/manifestation-pro-palestinienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’adoption d’une politique par l’AÉUM est contestée par la direction.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/manifestation-pro-palestinienne/" data-wpel-link="internal">Manifestation pro-palestinienne&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 21 mars dernier, la Politique de solidarité avec la Palestine a été approuvée au référendum d’hiver 2022 par le corps étudiant mcgillois avec 71,1% des voix. <a href="https://docs.google.com/document/d/1drVfxAnCjS8mwDuzDrY85y-62PXm-IdU2XgUz17qOa0/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">La Politique</a> en question engagerait l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) à reconnaître «<em>&nbsp;le système colonial israélien contre la Palestine </em>» et à dénoncer que «&nbsp;<em>l’Université McGill investisse et collabore étroitement avec plusieurs institutions complices d’un système d’apartheid colonial</em>&nbsp;». Le plan est proposé par les Étudiant·e·s de McGill en solidarité pour les droits humains palestiniens (<em>Students for Palestinian Human Rights</em>, SPHR). À la suite de l’annonce de l’adoption de la Politique, le groupe SPHR a souligné la nature historique du vote sur Facebook : « Nous exhortons tous les étudiants à s’inspirer de cette campagne victorieuse pour s’engager davantage sur le plan politique, non seulement avec SPHR, mais aussi avec d’autres communautés anticoloniales et de justice sociale sur le campus&nbsp;», peut-on lire dans un <a href="https://www.facebook.com/sphrmcgill" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a> du 22 mars dernier.&nbsp;</p>



<p>Le même matin, un jour après les résultats du référendum, le président de l’AÉUM Darshan Daryanani a reçu un avis de défaut de Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante). Celui-ci signalait que la Politique irait à l’encontre « <em>d’une condition présente dans le protocole d’entente </em>», la convention entre l’AÉUM et l’Université. Selon le communiqué, la Politique serait «<em> inconstitutionnelle et discriminatoire&nbsp;</em>» sans donner de justificatifs précis. L’<a href="https://www.mcgill.ca/studentlifeandlearning/files/studentlifeandlearning/may_31_2024.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">article 12.2</a> du protocole d’entente indique que « <em>la partie défaillante, après la réception d’un avis de défaut, dispose de 30 jours pour remédier à ce dernier&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Deux jours plus tard, le 24 mars dernier, Fabrice Labeau a envoyé un courriel intitulé « Résultat du référendum de l’AÉUM » à l’ensemble de la communauté mcgilloise en expliquant que le plan empiéterait sur le nouveau programme d’examen et de prévention de l’antisémitisme et de l’islamophobie de l’Université McGill. Cette initiative, annoncée le 21 mars dernier, vise à « maintenir une communauté universitaire ouverte et inclusive [et représente] un travail de tous les instants qui interpelle chacun d’entre nous&nbsp;», selon le courriel envoyé par Christopher Manfredi, vice-principal exécutif et vice-principal aux études. Le communiqué de Fabrice Labeau a ensuite souligné que la Politique de solidarité avec la Palestine créerait « une culture d’ostracisme et d’irrespect » et donnerait « le sentiment à des membres de la communauté de ne pas être à leur place sur nos campus ».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Si l’administration semble autant affolée par une revendication démocratique d’action pour la condition palestinienne, je me dis que notre activisme porte ses fruits »&nbsp;</p><cite>Jeanne*, membre de SPHR</cite></blockquote>



<p>Lorsque Jeanne*, membre de SPHR, a lu le courriel du v.-p. exécutif adjoint, elle était « bien sûr outrée, mais pas tant surprise », puisque « McGill nous prouve constamment qu’elle est déconnectée des réalités étudiantes et que ses intérêts capitalistes et libéraux passent avant la démocratie étudiante », a‑t-elle expliqué.&nbsp;</p>



<p>Le 25 mars dernier, en réaction au courriel de l’administration, les membres de SPHR ont organisé un rassemblement d’une cinquantaine de personnes devant le Pavillon James, siège de l’administration.&nbsp;</p>



<p><strong>Déroulement de la manifestation&nbsp;</strong></p>



<p>Entourée d’une foule brandissant des drapeaux palestiniens, une membre de SPHR a débuté la manifestation en affirmant que l’adoption de la Politique de solidarité avec la Palestine est avant tout une victoire pour SPHR, mais aussi pour tous· les étudiant·e·s pro-palestinien·ne·s. Par la suite, deux autres membres du groupe SPHR ont exprimé leur frustration vis-à-vis de l’administration et ses « nombreuses tentatives de réduire au silence, de censurer et de réprimer les voix des étudiants palestiniens et pro-palestiniens sur le campus ».&nbsp;</p>



<p>La parole est ensuite passée à des étudiant·e·s de confession juive qui ont lu à voix haute une <a href="https://docs.google.com/document/d/1GTCzoeJgY7Q8fSuD3kvU3iv_jOJTYcGiaX6MyZrD8KY/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre ouverte</a> adressée à Fabrice Labeau, exprimant leur déception vis-à-vis de l’administration mcgilloise pour avoir insinué que la Politique ciblerait l’identité juive alors que ce n’est pas le cas. Les deux étudiant·e·s ont exprimé leur solidarité avec la Palestine.</p>



<p>Pendant la manifestation, l’ancien président de l’AÉUM, Bryan Buraga, et le président actuel, Darshan Daryanani, ont également pris la parole afin de partager leurs expériences et les difficultés de communication avec l’administration de McGill au sujet de la Palestine. Buraga a avancé que « <em>la menace qui existe présentement n’est pas la dissolution de l’AÉUM, mais porte plutôt sur l’indépendance et l’autonomie de l’Association comme organisation étudiante</em> ». Daryanani a quant à lui affirmé que l’AÉUM allait faire tout son possible pour « <em>défendre le processus démocratique</em> ».&nbsp;</p>



<p>Après les discours, la foule a commencé à scander le slogan «&nbsp;<em>le campus nous appartient</em> ».</p>



<p>La manifestation s’est close dans une ambiance de célébration avec une performance de <em>la dabkeh</em>, une danse traditionnelle de groupe dans la culture palestinienne.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/manifestation-pro-palestinienne/" data-wpel-link="internal">Manifestation pro-palestinienne&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Nourrir les étudiant·e·s en résidence atteint·e·s de la COVID-19</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/nourrir-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-residence-atteint%c2%b7e%c2%b7s-de-la-covid-19/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48214</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les résident·e·s atteint·e·s de la COVID-19 ne se confinent plus.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/nourrir-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-residence-atteint%c2%b7e%c2%b7s-de-la-covid-19/" data-wpel-link="internal">Nourrir les étudiant·e·s en résidence atteint·e·s de la COVID-19</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sur le campus de McGill, le nombre de cas signalés de COVID-19 <a href="https://www.mcgill.ca/coronavirus/fr/bilan-des-cas" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a doublé</a> en une semaine, passant de 69 personnes ayant reçu un diagnostic du 6 au 12 mars à 143 personnes la semaine suivante. Le 22 mars dernier, les étudiant·e·s en résidence universitaire ont reçu une liste de nouvelles directives autorisant les personnes positives à la COVID-19 à quitter leur chambre pour prendre un repas ou aller aux toilettes.&nbsp;</p>



<p>Dans un premier communiqué envoyé le 22 mars, le Service de logement étudiant et d’hôtellerie expliquait que lorsqu’un·e étudiant·e commence à manifester des symptômes, il·elle devrait s’isoler dans sa chambre pour une période de cinq jours en quittant sa chambre uniquement pour aller aux toilettes. Pour les étudiant·e·s dans des chambres doubles (partagées), il·elle·s étaient transféré·e·s dans des chambres d’auto-isolement à Nouvelle Résidence. Cependant, un deuxième courriel envoyé le lendemain a annoncé que « <em>le nombre d’étudiants ayant reçu un résultat de test positif a dépassé le nombre de chambres d’auto-isolement disponibles </em>». Le courriel précise néanmoins que les personnes infectées qui sont logées dans des chambres doubles peuvent être assignées une chambre d’auto-isolement si certaines sont encore disponibles. Si ce n’est pas le cas, «&nbsp;<em>[le Service logera] les colocataires des étudiants ayant reçu un résultat de test positif dans des chambres individuelles&nbsp;</em>» à la résidence <em>Royal Victoria College</em> (RVC) et la personne ayant reçu un résultat de test positif s’isolera dans sa chambre.&nbsp;</p>



<p>McGill demandait initialement aux mcgillois·es en résidence universitaire d’avoir recours à un·e ami·e pour leur amener des repas. Le nouveau communiqué autorise maintenant les étudiant·e·s ayant reçu un résultat de test positif à quitter leur chambre afin de «&nbsp;<em>récupérer des repas à remporter des salles à manger mais d’y retourner pour les manger</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong>Réactions mitigées</strong></p>



<p>Lorsque Becca, une résidente de Molson Hall, a reçu un test positif, elle a dû s’isoler à Nouvelle Résidence pour une période de cinq jours. Les étudiant·e·s qui y sont logé·e·s ont l’option d’avoir un service de livraison de nourriture: «&nbsp;<em>J’ai commandé des plats du service de livraison que la résidence offre, j’ai commandé du </em>Doordash<em> et j’ai acheté des livraisons de commandes d’épiceries – mais toutes les options étaient très coûteuses</em>&nbsp;», explique-t-elle. Selon Becca, les mesures en place sur le confinement en résidence «&nbsp;<em>sont irrespectueuses envers les personnes immunodéprimées sur le campus</em>&nbsp;», mais elle a nuancé sa pensée, affirmant que ce doit être «&nbsp;<em>difficile pour une grande université de trouver des accommodations lorsqu’il y a un grand nombre de cas&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Quant à Aidan, un résident de McConnell, il a dû rester dans sa chambre parce que «&nbsp;<em>Nouvelle Résidence était remplie</em>&nbsp;» et que son état de santé aurait rendu son déménagement difficile. Il se dit chanceux d’avoir des ami·e·s qui lui livraient ses repas lorsqu’il était en isolement. «&nbsp;<em>Puisque le taux de vaccination est assez élevé dans les résidences, je ne pense pas que les nouvelles directives mettent des personnes à risque</em>&nbsp;», affirme-t-il.&nbsp;</p>



<p>De son côté, Abby, une résidente du RVC, trouve «&nbsp;<em>irresponsable de laisser des personnes positives à la COVID-19 errer dans la cafétéria et dans les salles de bain</em>&nbsp;». Abby a expliqué au <em>Délit</em> qu’elle connaît une personne en isolement qui&nbsp;avait essayé de commander un repas du service de livraison de Nouvelle Résidence à RVC, mais qu’elle avait dû attendre deux heures avant de recevoir son plat. Par conséquent, Abby a créé un groupe de messagerie avec les étudiant·e·s de sa résidence afin que les contaminé·e·s puissent demander l’aide des autres résident·e·s.&nbsp;</p>



<p>Pour Aliya, une responsable d’étage (<em>floor fellow)</em> à RVC, «&nbsp;<em>les mesures concernées constituent un facteur de stress pour les étudiants qui sont responsables de se procurer leur propre repas, mettant des personnes à risque</em>&nbsp;». Elle a affirmé que les personnes de son groupe d’âge considèrent qu’attraper la COVID n’est «&nbsp;<em>pas grave</em>&nbsp;» mais en réalité, selon elle, «&nbsp;<em>c’est injuste envers les personnes immunodéprimées</em>&nbsp;». La responsable d’étage propose d’abord de rendre le service de livraison de nourriture plus accessible et abordable, ensuite de désigner les salles de bains spécifiques pour les personnes contaminées, et finalement de transmettre aux responsables d’étage le nombre de cas positifs dans la résidence. Aliya conclut que «&nbsp;<em>ce n’est pas la faute des étudiants s’ils attrapent la COVID, mais des mauvaises mesures en place</em>&nbsp;».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/nourrir-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-residence-atteint%c2%b7e%c2%b7s-de-la-covid-19/" data-wpel-link="internal">Nourrir les étudiant·e·s en résidence atteint·e·s de la COVID-19</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le Délit et la bouffe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/le-delit-et-la-bouffe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[cuisine]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[recettes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48287</guid>

					<description><![CDATA[<p>Recommandations de la rédaction : recettes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Myriam Bourry-Shalabi – <em>Éditrice Actualités</em></strong></p>



<p><em>Les feuilles de vigne farcies de Baba</em></p>



<p>Depuis mon plus jeune âge, j’ai des souvenirs de ma grand-mère et de mon père assis·es à la table de la cuisine pendant des heures, en train de méticuleusement farcir et rouler des feuilles de vigne. Tout commence avec la farce. Pour les carnivores, on mélange du riz avec du bœuf haché et des épices de son choix (persil, poudre d’oignon et d’ail). Pour les paresseux·ses, je suggère d’errer dans un marché moyen-oriental afin d’acheter du <em>kofta</em>, un mélange déjà préparé. Des lentilles vertes avec des épices <em>zaatar</em> peuvent substituer la farce traditionnelle. Ensuite, on coupe les tiges de la feuille de vigne, on farcit le centre de la feuille avec le mélange de son choix et on s’assure de bien rouler le tout « comme une couche pour bébé bien serrée », comme dirait mon père. Finalement, on ajoute de la sauce tomate par dessus et on met au four pour une heure afin de laisser cuire la feuille farcie dans la sauce. À déguster avec ses doigts!&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>3/4 de tasse de riz</li><li>250 g de bœuf haché</li><li>Persil&nbsp;</li><li>2 c. à soupe de poudre d’oignon</li><li>2 c. à soupe de poudre d’ail</li><li>1 pot de feuilles de vigne</li><li>2 tasses de sauce tomate</li></ul>
</div></div>
</div></div>



<p></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Mélanger le riz avec la viande, le persil, la poudre d’oignon et d’ail.</li><li>Couper les tiges de la feuille de vigne.</li><li>Farcir le centre de la feuille avec le mélange et rouler le tout.</li><li>Ajouter de la sauce tomate par-dessus.</li><li>Faire cuire 45 minutes à une heure à 375°F.</li></ol>



<p></p>
</div></div>
</div></div>



<p><strong>Marco Antonio Hauwert Rueda – <em>Éditeur Philosophie</em></strong></p>



<p><em>Pinchos espagnols à la Marco</em></p>



<p>En honneur à mon pays d’origine, l’Espagne, dont les odeurs et les saveurs me manquent tellement dans le climat glacial de Montréal, j’ai choisi de présenter ma version personnelle des traditionnels <em>pinchos</em> espagnols. Les <em>pinchos</em> contiennent généralement autour de trois ingrédients principaux que l’on traverse d’un pique. L’on sert habituellement plusieurs plats de <em>pinchos</em> différents lors d’un repas pour pouvoir les partager avec ses proches. Les recettes peuvent être extrêmement variées et personnalisables. L’on peut avoir un <em>pincho</em> « méditerranéen », avec un cube d’avocat, un cube de fromage feta et une tomate cerise (à aligner avec de l’huile d’olive et du sel). L’on peut avoir un <em>pincho</em> au poulet, avec du poivron rouge, de l’oignon et un peu de citron. L’on peut avoir un <em>pincho</em> plus traditionnel, avec un anchois, un morceau de fromage de chèvre et une olive, le tout sur un morceau de pain. Les possibilités sont infinies!</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>1 cuisse de poulet</li><li>1 poivron rouge</li><li>1 oignon</li><li>3 ou 4 gousses d’ail</li><li>Vos épices de poulet préférées</li><li>Une baguette</li></ul>



<p></p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Couper l’oignon, le poivron rouge et les gousses en&nbsp;tout petits morceaux.</li><li>Cuire l’oignon, le poivron rouge et les gousses d’ail&nbsp;dans une poêle avec de l’huile d’olive.</li><li>Couper la cuisse de poulet en cubes.</li><li>Ajouter les cubes de poulet à la poêle.</li><li>Ajouter les épices.</li><li>Couper la baguette en tranches, couper les tranches en deux.</li><li>Mettre un morceau de poulet recouvert de légumes sur&nbsp;chaque demi-tranche de baguette.</li><li>Traverser d’un pique!</li></ol>



<p></p>
</div></div>
</div></div>



<p><strong>Philippe Bédard-Gagnon – <em>Rédacteur en chef</em></strong></p>



<p><em>Les galettes aux bananes de Mme Saint-Pierre</em></p>



<p>Ce n’est pas le genre de recette qui rallongera votre espérance de vie, mais c’est celle qui la rendra digne d’être vécue. Ma grand-mère la tient d’une certaine Mme Saint-Pierre, la mère d’une de ses amies d’enfance. À ce jour, nous n’avons pas trouvé mieux! Il s’agit d’une recette toute simple de galettes aux bananes pour laquelle j’ai seulement remplacé l’œuf par une alternative végétale, soit un mélange de graines de lin et d’eau. Ces galettes permettent de valoriser des bananes très mûres ou congelées. Simples et abordables, elles requièrent peu de temps de préparation et de cuisson ; Mme Saint-Pierre était une enseignante qui devait nourrir ses sept enfants. Conserver les galettes dans un endroit frais et sec, les réfrigérer pour plus de longévité. Elles resteront moelleuses et bien grasses!</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>1 tasse de bananes pilées</li><li>3/4 de tasse de graisse végétale fondue</li><li>1 1/2 tasse de farine</li><li>1 tasse de sucre</li><li>1 3/4 tasse de gruau ou de gruau rapide</li><li>1/4 c. à thé de muscade</li><li>1 c. à thé de poudre à pâte</li><li>3/4 c. à thé de cannelle moulue</li><li>1 c. à thé de sel</li><li>Œuf végétal : 1 c. à soupe de graines de lin moulues et 3 c. à soupe d’eau</li></ul>



<p></p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Dans un petit bol, mélanger les graines de lin moulues avec l’eau.&nbsp;</li><li>Laisser reposer pendant 5 minutes en mélangeant de temps à autre.</li><li>Dans un grand bol, combiner les ingrédients secs.</li><li>Incorporer les ingrédients mouillés et l’œuf végétal dans le grand bol à l’aide d’un mélangeur électrique.</li><li>Sur une plaque de cuisson non graissée, transférer l’entièreté du mélange en formant de petits disques espacés.&nbsp;</li><li>Mettre au four pendant au moins 20 minutes à 350°F.</li><li>Sortir du four et laisser refroidir pendant 5 minutes avant de se servir.&nbsp;</li><li>Les manger telles quelles ou avec un verre de lait végétal.</li></ol>
</div></div>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/le-delit-et-la-bouffe/" data-wpel-link="internal">Le Délit et la bouffe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Retrait d’une question au référendum</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/retrait-dune-question-au-referendum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Élections AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[elections ssmu]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Sader]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[référendum H2022]]></category>
		<category><![CDATA[Students for Palestinian Human Rights McGill (SPHR McGill)]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48091</guid>

					<description><![CDATA[<p>Va-et-vient autour de la Politique de solidarité avec la Palestine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/retrait-dune-question-au-referendum/" data-wpel-link="internal">Retrait d’une question au référendum</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 14 mars dernier, le conseil judiciaire de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a ordonné à Élections AÉUM d’enlever une question du référendum de l’hiver 2022 portant sur l’adoption de la Politique de solidarité avec la Palestine. La question a été retirée «<em>jusqu’à ce qu’une décision juridique puisse être rendue</em>» par le conseil judiciaire, selon un <a href="https://elections.ssmu.ca/statement-regarding-winter-2022-referendum-questions-and-ballot-march-14-2022/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a> d’Élections AÉUM. Cependant, elle a été remise sur le scrutin quelques heures plus tard par Élections AÉUM. La Politique est proposée par le groupe Étudiant·e·s de McGill en solidarité pour les droits humains palestiniens (<em>Students for Palestinian Human Rights</em>, SPHR). Le groupe exige toujours des justifications de la part du conseil judiciaire quant à sa décision initiale de retirer la question du référendum.&nbsp;</p>



<p>La <a href="https://docs.google.com/document/d/1drVfxAnCjS8mwDuzDrY85y-62PXm-IdU2XgUz17qOa0/edit" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Politique</a> de solidarité avec la Palestine en question engagerait l’AÉUM à «<em>boycotter les institutions et corporations complices dans l’apartheid israélien contre la Palestine</em>». Le préambule de la Politique définit que «<em>ce système d’apartheid colonial se caractérise par un régime brutal d’appropriation des terres, de postes de contrôle, de démolitions de maisons, de destruction de l’environnement, de déportations et d’exécutions extrajudiciaires aux mains des soldats, de la police et des colons</em>». La Politique dénonce que «<em>l’Université McGill investisse et collabore étroitement avec plusieurs sociétés et institutions complices d’un système bien établi d’apartheid colonial contre les Palestiniens</em>&nbsp;». D’après le document, cela contribuerait à ce que «<em>les Palestiniens de la bande de Gaza continuent de vivre dans des conditions qui ne cessent de s’aggraver, sous un blocus destructeur, où les tentatives de protestation ou de résistance se heurtent aux balles des tireurs d’élite ou à des bombardements meurtriers</em>».&nbsp;</p>



<p>La nouvelle Politique mettrait de l’avant la mise en place d’un Comité en solidarité avec la Palestine qui serait chargé d’assurer sa mise en œuvre pour les cinq années suivant son adoption.&nbsp;</p>



<p>Selon SPHR, le retrait de la question est «<em>l’exemple le plus récent de comment les exécutifs de l’AÉUM réduisent au silence ou répriment les voix pro-palestiniennes</em>». En mai 2021,&nbsp; le groupe militant <a href="https://mcgillsphr.medium.com/a-blacklist-is-terrorizing-pro-palestine-students-at-mcgill-8708f525b533" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a avancé</a> que certains exécutif·ve·s de l’AÉUM auraient participé à la rédaction d’une liste noire d’étudiant·e·s pro-palestinien·ne·s sur le campus. Un mois plus tard, l’AÉUM <a href="https://ssmu.ca/blog/2021/06/statement-on-independent-investigation-regarding-surveillance-and-doxxing/?fbclid=IwAR0lpKrwQCeejj4abIySnTgMUJCPYXDp8zna0Rx27Xe3Mp4Cum_j7BSqd9I" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a lancé</a> une enquête sur ces allégations. Le 18 novembre dernier, pendant <a href="https://www.mcgilltribune.com/news/ssmu-board-of-directors-tackle-questions-on-ssmus-transparency-toxic-environment11222021/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une rencontre du conseil d’administration</a> de l’AÉUM, le vice-président Finance Éric Sader a affirmé que cette enquête s’inscrit dans le travail de l’Association: «<em>l’AÉUM a lancé une enquête. […] L’Association travaille activement pour assurer la sécurité de tous ses membres</em>».</p>



<p>À la suite du retrait de la question du référendum le 14 mars, les membres de SPHR ont dénoncé le geste comme étant «<em>une violation inacceptable allant à l’encontre du processus démocratique de l’AÉUM</em>». Le groupe militant a donc exhorté l’AÉUM de remettre la question sur le scrutin, tel que prévu initialement.</p>



<p>Quelques heures plus tard, Élections AÉUM a publié un <a href="https://elections.ssmu.ca/statement-regarding-winter-2022-referendum-questions-and-ballot-march-14-2022/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">communiqué</a> annonçant l’annulation du référendum déclaré comme étant «<em>défectueux et incomplet</em>». Un nouveau scrutin a donc été mis en place, où figurait la question sur l’éventuelle Politique de solidarité avec la Palestine.&nbsp;</p>



<p>Selon les membres de SPHR, cette décision d’enlever la question n’est pas conforme à la section 1.2 du Règlement des élections et des référendums. Cette dernière stipule que «<em>Élections AÉUM est le seul organe pouvant administrer les élections</em>». L’AÉUM ne devrait donc pas être en mesure d’interférer. SPHR attend des justifications plus précises de la part du conseil judiciaire: «<em>Les deux entités</em> [Élections AÉUM et le conseil judiciaire, <em>ndlr</em>] <em>se sont comportées avec honte et nous ne pouvons pas leur pardonner tant qu’ils n’auront pas démontré qu’ils reconnaissent la gravité de l’action qu’ils ont commise</em>».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/retrait-dune-question-au-referendum/" data-wpel-link="internal">Retrait d’une question au référendum</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les responsables d’étage en résidences en grève</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/les-responsables-detage-en-residences-en-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[floor fellows]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[H2022]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48043</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le syndicat des responsables d’étage a annoncé une grève en vue d’une négociation de convention collective.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/les-responsables-detage-en-residences-en-greve/" data-wpel-link="internal">Les responsables d’étage en résidences en grève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans l’après-midi ensoleillé du 17 mars dernier, sur le haut des marches du vestibule du bâtiment des arts McCall-MacBain, une crieuse de rue a annoncé le début d’une grève en sonnant sa clochette&nbsp;: «<em>Après plus de deux ans d’offres répugnantes et de tactiques de négociation vexatoires de la part de leur employeur, les responsables d’étage de l’Université McGill sont officiellement en grève!</em> », a‑t-elle déclamé.</p>



<p>Les responsables d’étage, ou <em>floor fellows</em>, sont des étudiant·e·s d’années supérieures qui vivent en résidence étudiante pour veiller au bien-être et à la santé des nouveaux·lles étudiant·e·s. Selon le Syndicat des employé·e·s occasionnel·le·s de l’Université McGill (SÉOUM), le soutien des responsables d’étage est «&nbsp;essentiel&nbsp;» pour les 3 000 étudiant·e·s de première année logé·e·s dans les neuf résidences de McGill. Les responsables d’étage promeuvent l’esprit de communauté au sein des résidences en organisant des activités de groupe et interviennent aussi en cas d’urgence. Il·elle·s doivent donc souvent être de garde, c’est-à-dire qu’il·elle·s doivent rester dans les résidences en étant sobres et disponibles pour réagir à toute éventualité. Enfin, selon leur <a href="https://www.mcgill.ca/students/housing/files/students.housing/floorfellowresponsibilities.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">liste de responsabilités</a>, il·elle·s doivent aussi compléter «toutes les tâches assignées par leur superviseur·e, le·a Responsable de vie en résidence» (<em>Resident Life Manager</em>, RLM). En échange, ces responsables sont logé·e·s et nourri·e·s gratuitement au sein des résidences et touchent un salaire de 13,50$ l’heure.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>C’est un cauchemar capitaliste et à un moment donné, il faut savoir choisir entre l’argent et notre bien-être</em>»</p><cite>Christian Tonnesen, responsable d’étage</cite></blockquote>



<p>En théorie, les responsables d’étage devraient profiter du meilleur des deux mondes. Pour certain·e·s, la réalité est tout autre. Selon Christian Tonnesen, représentant d’étage et vice-président du SÉOUM, «<em>la notion que les responsables d’étage ont une bonne planque n’est qu’un mensonge</em>».&nbsp;</p>



<p><strong>Tout est affaire d’argent&nbsp;</strong></p>



<p>En juillet 2020, la <a href="https://static1.squarespace.com/static/5f3d763912202f427092d1af/t/5fb167eb4cb7230541a4f4b0/1605462000021/AMUSE-Floor-Fellows-Collective-Agreement-2017-2020.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">convention collective</a> entre l’Université McGill et le SÉOUM s’est échue. Depuis près de deux ans maintenant, le Syndicat négocie avec l’Université pour obtenir des avantages supplémentaires. La première demande du SÉOUM est une augmentation du salaire. Les responsables d’étage sont rémunéré·e·s au salaire minimum, soit 13,50$ par heure pour 13 heures de travail prévues pour la semaine. Selon Christian Tonnesen, le temps travaillé dépasse souvent ce chiffre. De plus, explique-t-il, le salaire d’un·e responsable est réduit par plusieurs impôts&nbsp;: une déduction hebdomadaire sous le Code du travail du Québec et une imposition fiscale sur le loyer de leur chambre.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, dans <a href="https://www.facebook.com/photo?fbid=1034608247485872&amp;set=pcb.1034609330819097" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une fiche de paie</a> montrée par Christian Tonnesen du 22 janvier au 3 février dernier, son salaire brut était d’environ 450$ par mois, mais avec la différence des impôts (environ 356$) et les déductions (94,50$), le salaire net est de 0$.&nbsp;Parfois, les employé·e·s doivent de l’argent à l’Université et se retrouvent endetté·e·s en raison d’une rémunération inadéquate. «&nbsp;<em>Ce sont des déductions sans paiement</em>»,&nbsp;affirme Christian Tonnesen.</p>



<p>Pour subvenir à leurs besoins, plusieurs responsables occupent d’autres emplois en parallèle. Christian Tonnesen, par exemple, jongle avec quatre emplois&nbsp;: v.-p. du SÉOUM, responsable d’étage à la résidence étudiante de la Citadelle et assistant de recherche pour deux professeur·e·s à McGill. Cependant, son salaire d’assistant de recherche est automatiquement utilisé pour payer sa dette envers l’Université. «<em>C’est un cauchemar capitaliste et à un moment donné, il faut savoir choisir entre l’argent et notre bien-être</em>», explique Christian.&nbsp;</p>



<p>Les plans alimentaires (<em>meal plans</em>), obligatoires pour les résident·e·s, sont offerts gratuitement aux responsables d’étage comme avantage additionnel. Les plans de repas sont divisés en deux types&nbsp;: le plan obligatoire oblige les étudiant·e·s et responsables à manger à la résidence tandis que le plan flexible (<em>flex</em>) permet de manger à l’extérieur dans plus de 20 emplacements, tel Starbucks. Cependant, les responsables sont obligé·e·s de choisir le plan alimentaire obligatoire. Présentement, ce plan est de 4&nbsp;500$ pour les responsables contre 5 475$ pour les autres étudiant·e·s. Cette différence s’explique par le fait que les plans alimentaires des responsables d’étage ne sont pas ajustés à l’inflation, contrairement à ceux des étudiant·e·s. Selon Christian Tonnesen, le montant de 4 500$ «<em>ne permet même pas 12 repas par semaine et à peine deux repas par jour</em>». Le Syndicat demande donc une augmentation des frais des plans de repas pour sa convention collective.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;«&nbsp;<em>Nous espérons que nous parviendrons rapidement à un accord fructueux</em>&nbsp;»</p><cite>La relationniste Frédérique Mazerolle</cite></blockquote>



<p>La dernière demande concerne la <a href="https://pipsc.ca/fr/relations-de-travail/negociation-collective/faq-sur-la-paye-retroactive-et-la-remuneration#:~:text=Qu&#039;est%2Dce%20que%20la,expiration%20de%20l&#039;ancienne%20convention." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">paye rétroactive</a>, c’est-à-dire une somme versée à titre de rajustement du salaire lorsqu’une convention collective arrive à son terme. En novembre dernier, l’Université a augmenté l’offre salariale de 13,50$ à 13,64$. Mais la semaine dernière, McGill est revenue sur sa décision en raison de la hausse du salaire minimum qui aura lieu le 1<em>er</em> mai 2022 au Québec.&nbsp;</p>



<p><strong>Les raisons non monétaires</strong></p>



<p>En 2019, McGill a adopté une politique de tolérance zéro quant à l’utilisation de substances illicites dans les résidences. Tout responsable d’étage doit signaler toute possession de drogues ou paraphilie de drogues (comme une pipe à eau ou des aiguilles). «<em>C’est passé de “Tu peux pas fumer dans ta chambre” à la Prohibition: “C’est un bong? Je te dénonce!</em>”», explique Christian Tonnesen.</p>



<p>Le SÉOUM a demandé à l’Université de s’engager activement dans la réduction des méfaits des drogues, une méthode selon laquelle «<em>l’utilisation des substances est accueillie avec compassion et soutien plutôt que jugement et punition</em>», lit-on dans une <a href="https://www.change.org/p/mcgill-university-anti-oppression-harm-reduction-are-critical-to-wellbeing-on-mcgill-campuses" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pétition</a> du SÉOUM. La réduction des méfaits est une approche d’intervention des drogues qui vise à atténuer les effets négatifs de la consommation et non la réduction de la consommation en soi. L’atténuation des effets néfastes se fait à travers l’encadrement de la consommation des personnes en situation de dépendance. On leur offre par exemple du matériel stérilisé et à usage unique pour la consommation, on les réfère vers d’autres ressources médicales ou sociales ou on leur propose même un accompagnement psychosocial.&nbsp;</p>



<p>Après des négociations de plusieurs mois, «les deux parties [le SÉOUM et McGill, <em>ndlr</em>] sont parvenues à un accord sur tous les éléments non monétaires de la convention collective&nbsp;», a affirmé la relationniste Frédérique Mazerolle dans un courriel envoyé au <em>Délit</em>. &nbsp;</p>



<p>Au final, le Service de logement étudiant et d’hôtellerie (<em>Student Housing and Hospitality Services</em>, SHHS) a refusé d’inclure la pratique de la réduction des méfaits dans la nouvelle convention collective. Cependant, Christian Tonnesen pense que «<em>les responsables d’étage peuvent exercer la méthode de réduction des méfaits comme ils le veulent, même si ça ne figure pas dans la convention collective</em>».&nbsp;</p>



<p><strong>En grève&nbsp;</strong></p>



<p>Le 7 mars dernier, <a href="https://afpcquebec.com/universite-mcgill-les-responsables-detage-declenchent-la-greve/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">84%</a> des membres du SÉOUM ont voté en faveur d’une grève qui a débuté le 17 mars dernier au parc Jeanne-Mance.&nbsp;Une discussion est prévue entre le SÉOUM et l’Université le 24 mars prochain. «Nous [McGill, <em>ndlr</em>] espérons que nous parviendrons rapidement à un accord fructueux», a expliqué la relationniste Frédérique Mazerolle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/les-responsables-detage-en-residences-en-greve/" data-wpel-link="internal">Les responsables d’étage en résidences en grève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une Troisième Guerre mondiale?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/une-troisieme-guerre-mondiale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
		<category><![CDATA[ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47753</guid>

					<description><![CDATA[<p>Table ronde d’expert·e·s: comprendre l’invasion de l’Ukraine par la Russie. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/une-troisieme-guerre-mondiale/" data-wpel-link="internal">Une Troisième Guerre mondiale?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Des civils tués et exilés, de nombreuses villes bombardées et assiégées, des sanctions économiques dévastatrices imposées et de la désinformation omniprésente: la guerre en Ukraine perdure maintenant depuis plus de trois semaines. Le conflit déclenché le 24 février par le président russe Vladimir Poutine a jeté une ombre non seulement sur l’Europe<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-culture-color">,</mark></strong> mais aussi sur la scène internationale.&nbsp; </p>



<p>Le 9 mars dernier, une table ronde virtuelle a eu lieu afin de discuter des enjeux historiques, économiques, politiques et informationnels que la guerre en Ukraine rassemble. Le panel était composé de six expert·e·s, dont quatre professeur·e·s de l’Université McGill, une professeure de l’Université de Montréal et un professeur de l’École d’économie de Kyiv. La table ronde était parrainée par le Département de sciences politiques de l’Université McGill, le Département d’Histoire et d’Études classiques de l’Université McGill et le <a href="http://bearnetwork.ca" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Réseau BEAR</a> (<em>BEAR Network</em>). «<em>Between the EU and Russia</em>» regroupe 11 universités de six pays différents ainsi que 26 chercheur·euse·s, est un organisme qui vise à examiner les relations entre l’Union Européenne et la Russie. Le réseau cherche aussi à comprendre le rôle des minorités ethniques régionales au sein de l’Europe de l’Est. Juliet Johnson – professeure de science politique à McGill et co-directrice du Réseau BEAR – a modéré la table ronde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Poutine avait le choix d’envahir ou pas</em>»</p><cite>Maria Popova, professeure de science politique à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p><strong>Perspective de Kyiv&nbsp;</strong></p>



<p>Tymofii Brik, chercheur à l’École d’économie de Kyiv et résident de la capitale ukrainienne, a entamé la discussion en partageant son expérience personnelle de la guerre. «<em>Le personnel et les étudiants de l’École aident comme ils peuvent</em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">:</mark><em> en envoyant des fournitures médicales à ceux et celles en première ligne ou en aidant des personnes âgées qui vivent seules en achetant leur épicerie</em>», témoigne-t-il. Le Kyivien a expliqué que certain·e·s de ses collègues et de ses ancien·ne·s étudiant·e·s sont en train de combattre les troupes russes au nord de la ville. Brik a également souligné qu’il était chanceux que Kyiv – même si visée par des bombardements russes – soit une ville bien protégée. Cependant, il décrit le manque de sécurité en ville, sécurité minée par des groupes de saboteur·se·s russes infiltré·e·s dont le but est de désigner les endroits à bombarder.</p>



<p><strong>«L’empire soviétique de Poutine» et le Donbass en 2014&nbsp;</strong></p>



<p>Lorenz Lüthi, professeur d’histoire à l’Université McGill et expert de la Guerre froide, a mis de l’avant la nature historique de la crise. L’invasion de l’Ukraine déclenchée par le président russe s’inscrit dans la continuité de la Guerre froide : «<em>Poutine cherche avant tout à reconstruire l’empire soviétique</em>», a affirmé <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">le Pr </mark>Lüthi. En effet, la Russie de Vladimir Poutine renie l’histoire de l’Ukraine tout en justifiant son «<em>opération militaire spéciale</em>» par l’objectif de «<em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1867818/nazi-ukraine-propagande-russe-azov-poutine" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénazifier</a> et démilitariser l’Ukraine</em>». Le Pr Lüthi affirme que depuis la Seconde Guerre mondiale, la Russie emploie un discours soi-disant «anti-fasciste», en dressant de longues listes de personnes dites ennemies de l’État. Par la suite, le Pr Lüthi a comparé les offensives russes en Ukraine à l’annexion de la Pologne en septembre 1939 par l’Allemagne – élément déclencheur de la Seconde Guerre mondiale. Le professeur a conclu sa présentation en qualifiant la Russie de «<em>spoiler state</em>», c’est-à-dire un État qui tente de déstabiliser l’ordre libéral. La Russie, un «<em>pouvoir intermédiaire</em>» qui détient l’arme nucléaire, faisant office d’outil dissuasif, cherche à devenir une superpuissance en annexant l’Ukraine.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Poutine cherche avant tout à reconstruire l’empire soviétique</em>»</p><cite>Lorenz Lüthi, professeur d’histoire à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p>Après cela, Magdalena Dembinska, professeure en science politique à l’Université de Montréal, a pris la parole pour rappeler les objectifs du Kremlin dans la région du Donbass. Le Donbass est une région à l’est de l’Ukraine à majorité russophone qui est le théâtre de conflits entre séparatistes prorusses et le gouvernement ukrainien depuis 2014. La Pre Dembinska a affirmé que Poutine profite de cette région déstabilisée pour mettre la pression sur Kyiv : «<em>Le contrôle du Donbass représente le contrôle de l’Ukraine.</em>» C’est pourquoi le 22 février dernier, deux jours avant l’invasion russe, Vladimir Poutine <a href="https://www.ledevoir.com/monde/677418/le-kremlin-refroidit-l-espoir-d-un-sommet-poutine-biden-sur-l-ukraine" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a reconnu</a> l’indépendance de l’entièreté du Donbass.&nbsp;</p>



<p><strong>La désinformation pro-Kremlin et les sanctions économiques&nbsp;</strong></p>



<p>Aaron Erlich, professeur de sciences politiques à McGill, a parlé des enjeux informationnels de la guerre en Ukraine. Pr Erlich a cité une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/19401612211045221" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> de 2019 qu’il a co-réalisée sur la désinformation en Ukraine pour conclure que «<em>les Ukrainien·ne·s ont fait preuve d’une résilience remarquable face à la désinformation</em>» et qu’il·elle·s peuvent facilement détecter la propagande pro-Kremlin sur les réseaux sociaux. En Russie, Erlich soulève que l’objectif informationnel de l’État est de réprimer toute circulation d’information avec un contrôle strict des réseaux sociaux sur le langage utilisé. Par exemple, si l’invasion est qualifiée de «guerre», un individu peut être sujet à 15 ans en prison. Pr Erlich a aussi cité une <a href="https://www.propublica.org/article/in-the-ukraine-conflict-fake-fact-checks-are-being-used-to-spread-disinformation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enquête</a> du journal Propublica qui avait enquêté sur les faux organismes de vérification des faits publiés sur les réseaux sociaux russes. Le professeur a conclu en comparant la stratégie russe d’information et de propagande à celle de la Chine. Pendant la foire aux questions, le Pr Tymofii Brik a assuré qu’il vérifiait méthodiquement si une information reçue était vraie ou fausse.&nbsp;</p>



<p>Ensuite, la professeure d’histoire moderne russe à McGill, Kristy Ironside, a discuté des enjeux économiques de la guerre. Tout d’abord, il y a eu des sanctions économiques venant des pays occidentaux contre la Russie. Selon la Pre Ironside, ces sanctions punitives ont eu des <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-03-02/guerre-en-ukraine/face-aux-sanctions-l-economie-russe-tente-de-survivre.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">effets importants</a> sur l’économie russe. La Russie – endettée depuis l’annexion de la Crimée de 2014 – est qualifiée comme étant «<em>au bord du précipice</em>» par la Pre Ironside. Par exemple, elle a souligné le chômage massif dans les secteurs financiers. Avec les prix qui augmentent de façon significative, la Pre<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark></strong>Ironside a spéculé que la Russie pourrait nationaliser certains produits tels que le sarrasin. Par ailleurs, plusieurs compagnies<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"> </mark>comme McDonald’s ont mis leurs opérations sur pause <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">en Russie</mark> – une décision qui a entraîné une augmentation du taux de chômage.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Le personnel et les étudiants de l’École aident comme ils peuvent: en envoyant des fournitures médicales à ceux et celles en première ligne ou en aidant des personnes âgées qui vivent seules en achetant leur épicerie</em>»</p><cite>Tymofii Brik, professeur à l’École d’économie de Kyiv </cite></blockquote>



<p><strong>L’Ukraine: membre de l’Union Européenne?&nbsp;</strong></p>



<p>Finalement, <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"></mark></strong>Maria Popova, professeure de science politique à McGill et titulaire de la Chaire Jeanne Monnet, a soutenu que l’Ukraine méritait d’être acceptée comme membre officiel de l’Union européenne (UE). <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">Pre</mark> Popova a souligné l’héroïsme du président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que la maturité politique de l’Ukraine en tant que pays libéral et démocratique. «<em>L’Ukraine est en avance par rapport à d’autres pays de l’Union Européenne vis-à-vis des réformes judiciaires mises en place</em>», a‑t-elle expliqué. Toutefois, le 10 mars dernier, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868228/ue-memrbe-ukraine-procedure-speciale-guerre" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont refusé</a> l’adhésion rapide de l’Ukraine.&nbsp;</p>



<p>Après la présentation de la Pre Popova, une trentaine de minutes a été consacrée aux questions. Parmi elles figurait une question sur le réalisme comme prisme d’analyse: ce courant de pensée permet<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-il</mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-culture-color"> </mark></strong>de saisir les enjeux politiques de la crise<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">?</mark> L’analyse réaliste de la crise – soutenue par le politologue John Mearsheimer – jette le blâme de la crise sur les pays occidentaux de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et «<em>leur politique expansionniste</em>». Le réalisme rejette et ignore «<em>le rôle de la Russie dans le conflit</em>». Comme l’explique Maria Popova, «<em>Poutine avait le choix d’envahir ou pas</em>».&nbsp;</p>



<p>Quant aux rumeurs d’une Troisième Guerre mondiale: selon un <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1866658/conflit-ukraine-perception-impact-canada-3e-guerre-aide-armee" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage</a> réalisé par la firme Léger, 89% des Canadien·ne·s se disent être préoccupé·e·s par le conflit. Alors que la Russie et l’Ukraine ont entamé une nouvelle session de <a href="http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868705/ukraine-russie-guerre-diplomatie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">négociations</a> le 14 mars dernier, les bombardements aériens <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1868661/jour-18-guerre-ukraine-bombardement-russe-pression-kiev" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">persistent</a>  toujours autour de Kyiv. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/une-troisieme-guerre-mondiale/" data-wpel-link="internal">Une Troisième Guerre mondiale?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’ire du peuple</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/23/lire-du-peuple/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 13:26:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[camionneurs]]></category>
		<category><![CDATA[convoi de la liberté]]></category>
		<category><![CDATA[freedom convoy]]></category>
		<category><![CDATA[manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[parlement]]></category>
		<category><![CDATA[photoreportage]]></category>
		<category><![CDATA[PPC]]></category>
		<category><![CDATA[Tamara Lich]]></category>
		<category><![CDATA[UniversitedOttawa]]></category>
		<category><![CDATA[UofO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47485</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment comprendre les manifestations anti-mesures sanitaires qui envahissent la capitale canadienne?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/23/lire-du-peuple/" data-wpel-link="internal">L’ire du peuple</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le 29 janvier dernier, la capitale canadienne – la Colline du Parlement et les bureaux du premier ministre Justin Trudeau – est occupée par des milliers de personnes qui composent le mouvement du&nbsp;«Convoi de la liberté». Le 13 février dernier, pendant la troisième fin de semaine de l’occupation, <em>Le Délit</em> s’est présenté sur le terrain de la colline parlementaire afin de comprendre les revendications qui alimentent les manifestations à Ottawa.&nbsp;</p>



<p>Le 15 janvier dernier, le gouvernement fédéral a annoncé la levée de l’exception vaccinale pour les routiers transfrontaliers. On exige désormais aux camionneur·se·s non vaciné·e·s de se placer en quarantaine pour une période de 14 jours. Selon l’<a href="https://www.cbc.ca/news/canada/london/what-truckers-at-this-london-ont-stop-think-of-their-industry-s-vaccine-mandate-1.6326094" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Alliance canadienne du camionnage</a> et les associations américaines du camionnage, environ 26 000 des 160 000 des camionneu<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">r·se·</mark>s canadiens traversent régulièrement la frontière canado-étasunienne et sont non vaciné·e·s. Les revendications se sont vite répandues: des millions de personnes, dont des camionneur·se·s, se sont ralliées et stationnées à Ottawa le 29 janvier dernier pour contester l’obligation vaccinale. Le mouvement a su mobiliser des gens de divers horizons politiques: certains sont désabusés du  système politique actuel et d’autres sont «apolitiques». Le «Convoi de la liberté» est associé à l’extrême<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-</mark>droite et à quelques groupes extrémistes suprématistes blancs. En effet, un·e des organisateur·rice·s du Convoi, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1861360/tamara-lich-argent-gofundme-convoi-camionneurs-ottawa" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Tamara Lich</a> est la secrétaire du parti séparatiste Maverick, un mouvement qui préconise l’indépendance des provinces du l’Ouest canadien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion-1000x667.jpeg" alt class="wp-image-47491" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion-1000x667.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion-330x220.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion-930x620.jpeg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_camion.jpeg 1086w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>L’ambiance est enflammée et festive. Les coups de klaxons des camions stationnés sont incessants, des bains chauds sont installés sur la rue Wellington pour le plaisir des manifestant·e·s. Les parfums d’un barbecue circulent dans l’air et la musique rythmée fait vibrer le sol. Les lieux sont décorés d’une panoplie de drapeaux, parmi lesquels se trouvent des feuilles d’érables, des fleurs de lys et des inscriptions «<em>Fuck Trudeau</em>».<em>&nbsp;</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>À l’annonce de l’obligation vaccinale, j’étais avant tout fâché contre le gouvernement de Trudeau. Mais petit à petit, ce sentiment s’est transformé en déception contre le gouvernement [fédéral, ndlr]. Se vacciner reste un choix que je respecte, mais c’est un choix et non une obligation</em>»</p><cite>JD Meaney, un manifestant </cite></blockquote>



<p>JD Meaney, un candidat aux élections 2021 pour le Parti populaire du Canada (PPC), travaille pendant la semaine à Oakville, au sud de l’Ontario, et retourne à Ottawa chaque fin de semaine pour «<em>montrer sa solidarité avec le Convoi</em>», affirme-t-il<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"></mark></strong> au <em>Délit</em>. Meaney explique que le Convoi n’est pas une «une minorité marginale», comme dénonce le premier ministre Justin Trudeau. «<em>À l’annonce du mandat, j’étais avant tout fâché contre le gouvernement de Trudeau. Mais petit à petit, ce sentiment s’est transformé en déception contre le gouvernement <em>[fédéral, ndlr]</em>. Se vacciner reste un choix que je respecte, mais c’est un choix et non une obligation</em>», a‑t-il expliqué.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews-1000x667.jpeg" alt class="wp-image-47487" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews-1000x667.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews-330x220.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews-930x620.jpeg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_foxnews.jpeg 1086w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Retour au calme?</strong></p>



<p>Le 14 février dernier, le gouvernement Trudeau a décidé d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence à l’échelle du pays afin de mettre terme aux manifestations qui bloquent le centre-ville et les postes transfrontaliers canadiens. «On n’accepte pas que les gens viennent endommager notre économie et faire mal, brimer les libertés de leurs concitoyens avec des manifestations illégales», <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">a expliqué</mark> le premier ministre lors d’une <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1862088/canada-blocages-ottawa-postes-frontieres-trudeau-loi-mesures-urgence" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">conférence de presse</a> le 14 février dernier. L’armée n’a pas été déployée, mais la loi octroie aux policie<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">r·ère·</mark>s des pouvoirs exceptionnels, dont celui d’imposer des amendes maximales de 5000$ et des peines allant jusqu’à cinq ans de prison. De plus, les compagnies de sociofinancement doivent rapporter les dons douteux, et les institutions financières peuvent geler des comptes bancaires sans préavis. </p>



<p>Avec plus de 191 personnes arrêtées en date du 20 février dernier et avec la réouverture imminente des commerces, le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1863552/manifestation-ottawa-jour-24-mouvement-essoufle" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">calme</a> s’installe progressivement au centre-ville d’Ottawa. Même si la police a repris le contrôle de la colline parlementaire, certain<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">·e·s</mark> récalcitrant·e·s&nbsp;refusent de se déplacer et d’autres protestataires se <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/national/2022-02-20/l-occupation-terminee-a-ottawa-des-groupes-se-relocalisent.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">relocalisent</a>.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo-1000x667.jpeg" alt class="wp-image-47488" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo-1000x667.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo-330x220.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo-930x620.jpeg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_popo.jpeg 1086w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>&nbsp;«Ce n’est pas fini. C’est notre pays, et c’est notre ville. Ils n’appartiennent pas à Justin Trudeau. Il veut être un dictateur. Tout ce qu’il fait est tiré du mode d’emploi d’un dictateur», s’est insurgé un <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/national/2022-02-20/l-occupation-terminee-a-ottawa-des-groupes-se-relocalisent.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">manifestant</a> le 20 février dernier.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je connais des personnes sur mon étage qui ont été agressées par des camionneurs quand elles marchaient au centre-ville»</p><cite>Marie-Frédérique Caron, étudiante de première année à l’Université d’Ottawa</cite></blockquote>



<p>Pour Helena Charron et Marie-Frédérique Caron, étudiantes de première année à l’Université d’Ottawa, les manifestations ont bouleversé leur quotidien. Toutes deux vivent dans une résidence qui se situe à cinq minutes à pied des manifestations. «La première fin de semaine, c’était l’enfer absolu avec le bruit des klaxons des camionneurs», explique Helena Charron. «Avec la Loi sur les mesures d’urgence et Rideau [le centre-ville, <em>ndlr</em>] qui est bloqué, je suis coincée dans ma chambre et je ne peux même pas faire des courses», ajoute-t-elle. Quant à Marie-Frédérique, un sentiment d’insécurité l’empêche de sortir: «Je connais des personnes sur mon étage qui ont été agressées par des camionneurs quand elles marchaient au centre-ville». Elle ajoute: «Je suis devenue obsédée [avec les manifestations, ndlr], j’arrête pas de regarder les nouvelles. C’est quelque chose qui se passe à deux doigts de nous».&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="667" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_parl-667x1000.jpeg" alt class="wp-image-47489" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_parl-667x1000.jpeg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_parl-330x495.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_parl-600x900.jpeg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/02/Reg_parl.jpeg 724w" sizes="auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>
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		<title>Quels sont les enjeux politiques du « Convoi de la liberté »?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/23/quels-sont-les-enjeux-politiques-du-convoi-de-la-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 13:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[convoi de la liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Béland]]></category>
		<category><![CDATA[Erin O&#039;Toole]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[GRC]]></category>
		<category><![CDATA[Justin Trudeau]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Parli libéral]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un entretien avec Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Afin de mieux comprendre les enjeux politiques <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">derrière les</mark> manifestations à Ottawa, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill et directeur de l’Institut d’études canadiennes à McGill.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-kadence-spacer aligncenter kt-block-spacer-_724ddd-d1"><div class="kt-block-spacer kt-block-spacer-halign-center" style="height:20px"><hr class="kt-divider" style="border-top-color:#ffffff;border-top-width:1px;width:80%;border-top-style:solid"></div></div>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD) : </strong><em>Les cammioneur·se·s sont-il·elle·s vraiment «une minorité marginale» comme l’entend Justin Trudeau?</em></p>



<p><strong>Daniel Béland (BD):</strong> Premièrement, ce ne sont pas tous des camionneurs. Il y a beaucoup de manifestants, y compris ceux qui campent à Ottawa, qui ne sont pas du tout des camionneurs. Mais il faut regarder ceci: qui est derrière ce mouvement? Qui l’organise? Qui le finance? Oui, si on regarde les organisateurs du Convoi, on voit que ce sont des gens qui sont, en général, proches de l’extrême<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-</mark>droite, ce sont des gens qui veulent changer le gouvernement et qui demandent l’abolition du Parti libéral du Canada. Mais leurs projets politiques radicaux ne sont pas nouveaux et ont commencé avant même la pandémie. C’est du populisme de droite et même d’extrême<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-</mark>droite. En même temps, il faut séparer le grain de l’ivraie et dire que certains manifestants ne sont pas nécessairement des gens d’extrême<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">-</mark>droite.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En même temps, il faut séparer le grain de l’ivraie et dire que certains manifestants ne sont pas nécessairement des gens d’extrême-droite»&nbsp;</p><cite>Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p><strong>LD:</strong> <em>Pourquoi est-ce que ça a pris trois semaines pour invoquer la Loi sur les mesures d’urgence?</em></p>



<p><strong>DB:</strong> Si on avait agi plus tôt, si la police d’Ottawa avait mieux fait son travail, on ne serait pas dans cette situation-là. C’est sûr que Trudeau aurait pu intervenir avant, il y a un manque de leadership de sa part, mais aussi de la part de la police provinciale et de la ville d’Ottawa. Pour un bout de temps, ils se sont jetés le blâme et pointés du doigts mais en fait, il y a un problème de coordination, de leadership. C’est pourquoi le gouvernement a dû invoquer la Loi sur les mesures d’urgences pour la première fois depuis 1988. Trudeau a finalement décidé que son gouvernement prendrait la responsabilité pour le retour à l’ordre, à la gestion, qu’on a laissé pourrir sur le terrain. Ce n’est pas juste le gouvernement fédéral ou la GRC <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">[la Gendarmerie Royale Canadienne, ndlr]</mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-edito-color"></mark></strong>, c’est surtout, je pense, la police d’Ottawa et, dans une moindre mesure, la police ontarienne.&nbsp;</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Est-il donc vrai que certain·e·s policier·ère·s étaient impliqué·e·s dans les manifestations?</em></p>



<p><strong>DB:</strong> Oui, on a vu quelques exemples, notamment dans les forces armées avec des policier·ère·s qui soutiennent les manifestant·e·s, qui les embrassent en public. C’est sans doute une minorité mais c’est un enjeu, notamment à Ottawa, où certains policiers ont l’air de soutenir au moins implicitement certaines des revendications des manifestants. Mais encore là, je pense que c’est un problème de leadership plus qu’autre chose. C’est aussi un enjeu important en matière de sécurité publique mais on avait déjà des cas avant de gens dans les forces armées qui étaient proches de l’extrême-droite. C’est le devoir de l’armée, du corps policier d’identifier ces personnes-là et d’imposer des mesures.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Comment le fait d’attendre trois semaines<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color"> avant d’i</mark>nvoquer la Loi sur les mesures d’urgence donne un avantage partisan à Justin Trudeau? Est-ce que le Parti conservateur perd des points politiques?</em></p>



<p><strong>DB:</strong> C’est une situation complètement politique. Les conservateurs essaient d’exploiter ça. D’ailleurs, Erin O’Toole est tombé en partie parce qu’il n’était pas assez enthousiaste envers les manifestants. Justin Trudeau veut jeter le blâme sur les conservateurs alors que ces derniers jettent le blâme sur Trudeau. Les conservateurs disent que si Trudeau avait accepté de rencontrer les manifestants, s’il avait accepté de changer les mesures de Santé publique, la situation serait réglée. Oui, on se pointe du doigt de tous les côtés dans la Chambre des communes. Trudeau a quand même pris un risque en invoquant la loi et si la situation ne revient pas à la normale rapidement à Ottawa, les gens vont se dire «non seulement vous avez pris des mesures exceptionnelles, mais vous n’êtes même pas capable d’accomplir votre mission». Il y a beaucoup de tension dans l’air.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les manifestants et les gens qui les soutiennent, c’est une minorité de la population assez significative, surtout dans l’Ouest. De l’autre côté, on a des citoyens, des habitants, des travailleurs qui ont peur de perdre leur emploi, qui sont fâchés» </p><cite>Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p><strong>LD: </strong><em>Est-ce que la loi <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">s’applique uniquement au territoire d’</mark>Ottawa?</em></p>



<p><strong>DB:</strong> Ça peut s’appliquer soit dans une province, ou bien ça peut être géographiquement spécifique. C’est vrai qu’en ce moment, les actions policières visent la situation à Ottawa, mais il y aussi la question des postes transfrontaliers. Il y a plusieurs premiers ministres qui sont contre l’application de la loi à l’échelle provinciale. Ça pourrait éventuellement accentuer les tensions intergouvernementales si jamais ces mesures devaient être de plus en plus générales. Si la loi se généralise, il y aurait de gros problèmes au Québec, de grandes tensions entre le gouvernement Legault et Ottawa.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Comment les manifestants ont-ils réussi à contrôler le centre-ville?</em></p>



<p><strong>DB:</strong> C’est d’abord et avant tout un problème de police. On aurait pu fermer l’accès au centre-ville d’Ottawa à ces camions, à ces manifestants, et on a fait l’erreur de les laisser se stationner devant le Parlement. C’est un contrôle de l’espace, les camionneurs ont réussi à se stationner parce qu’il <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">n’</mark>y avait pas de résistance policière. Là, la portée symbolique est énorme: <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">s’ils </mark>s’étaient stationnés en banlieue, ça <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">aurait été</mark> différent. La police a mal fait son travail. Je pense qu’on aurait pu prévenir ça, tout simplement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On a sous-estimé la persévérance et les moyens financiers <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-grisfonce-color">et</mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-culture-color"> </mark></strong>organisationnels du Convoi et on a laissé la situation pourrir» </p><cite>Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/02/23/quels-sont-les-enjeux-politiques-du-convoi-de-la-liberte/" data-wpel-link="internal">Quels sont les enjeux politiques du « Convoi de la liberté »?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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