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	<title>Archives des Top - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:28 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>La constitution de l’AÉUM déclarée invalide</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/08/21/la-constitution-de-laeum-declaree-invalide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 00:46:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil judiciaire se porte à la défense des droits des francophones et<br />
renverse la constitution adoptée uniquement en anglais.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/21/la-constitution-de-laeum-declaree-invalide/" data-wpel-link="internal">La constitution de l’AÉUM déclarée invalide</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil judiciaire de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a invalidé mardi la nouvelle constitution adoptée à l’hiver 2020, mettant ainsi un terme au dossier <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/07/18/faut-il-suspendre-la-nouvelle-constitution-de-laeum/" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-wpel-link="internal">Miller c. AÉUM</a>. Dans une décision unanime, le Conseil a statué que les enjeux organisationnels causés par le retrait de la constitution ne justifiaient pas son maintien malgré les violations des règlements linguistiques. Cette décision signifie que l’AÉUM devra potentiellement abandonner sa constitution actuelle pour revenir à une version plus ancienne qui avait été adoptée en 2017. Son seul recours serait de demander au Conseil judiciaire de reconsidérer sa décision ; le conseil disposerait alors d’une période de 21 jours pour rendre son jugement.</p>
<p><strong>Une contradiction fondamentale</strong></p>
<p>Au début de l’année 2020, l’Association avait écrit et fait adopter par référendum une nouvelle mouture de sa constitution qui comportait, entre autres, plusieurs changements visant à rendre le fonctionnement de l’association plus représentatif de la diversité du corps étudiant. L’un des articles qui avait été amendé prévoyait que la version française de la constitution de l’AÉUM aurait primauté sur la version anglaise en cas de conflit d’interprétation. Il existait déjà deux versions de la constitution, car l’AÉUM est légalement un organisme bilingue, mais seule la version anglaise de la constitution avait réellement force de loi et était disponible sur le site web.</p>
<p>En dépit de cette volonté, seule la version anglaise des amendements a été proposée aux électeur·rice·s lors du référendum pour son adoption, en mars dernier. La constitution, qui a été débattue et écrite uniquement en anglais, devait être traduite en français avant les élections. Le processus de traduction a toutefois pris du retard et la version française n’a été disponible qu’en juillet, soit plus de trois mois après le référendum.</p>
<p>Par ailleurs, ladite version française n’a toujours pas été rendue publique sur le site en français de l’AÉUM, même si elle a légalement une valeur officielle. Le Délit a pu obtenir une copie de la version française de la constitution de 2017, qui contenait plusieurs fautes d’orthographes et des phrases incorrectes sur le plan syntaxique. Rappelons que l’AÉUM a souvent été critiquée pour ses mauvaises traductions, alors que l’organisme se présente officiellement comme bilingue.</p>
<p>Le plaignant, Daniel Benjamin Miller, soulignait le fait que la version française de la constitution, qui est en théorie la plus importante, n’avait pas été examinée par les étudiant·e·s lors du référendum tenu en mars dernier. Le président de l’AÉUM Jemark Earle, qui représentait l’association, ne contestait pas ce constat, mais plaidait pour une solution moins radicale, arguant que l’invalidation de la constitution créerait une grave confusion administrative. Finalement, le Conseil a décidé de se ranger du côté du plaignant et a ordonné à l’AÉUM de revenir à la version précédente de sa constitution.</p>
<p>Le Conseil d’administration de l’AÉUM, qui fait office d’autorité dans l’association, doit maintenant réagir au jugement du conseil judiciaire. Dans un premier temps, il pourrait demander au Conseil judiciaire de reconsidérer, pendant 21 jours, son opinion. Au cas où le Conseil judiciaire choisirait de maintenir son jugement, le Conseil d’administration aurait le pouvoir de le renverser et de ne pas en tenir compte, mais seulement avec l’accord de plus de 80% de ses membres.</p>
<p><strong>Pas de licenciement à l’AÉUM</strong></p>
<p>Si le jugement du Conseil judiciaire est maintenu, l’AÉUM aura donc à faire marche arrière concernant tous les changements qui ont été apportés par la nouvelle constitution. Cela inclut, entre autres, la modification de la composition du conseil législatif et du conseil d’administration. Lors de l’audience devant le Conseil judiciaire, Earle avait plaidé que l’invalidation de la constitution le forcerait à renvoyer les personnes qui avaient été nommées ou élues à ces postes. Dans son jugement, le Conseil a décliné cet argument, le recrutement de nouvelles personnes pour pourvoir les nouveaux postes en question n’ayant pas commencé. Dans un courriel envoyé au Délit après le jugement, Earle a confirmé qu’aucun licenciement ne devrait finalement avoir lieu.</p>
<p>Toutefois, comme certains postes existaient seulement dans l’ancienne mouture de la constitution, certaines personnes devront être rappelées et formées en urgence afin que le Conseil législatif puisse fonctionner durant la session d’automne. Pour revenir à la normale le plus rapidement possible, le président envisage d’organiser un référendum pour adopter la nouvelle constitution dès le début de la session d’automne.</p>
<p><strong>La gestion du français critiquée</strong></p>
<p>Le jugement du Conseil judiciaire ne se contente pas de trancher la question. Il critique également l’application des droits linguistiques à l’AÉUM. Citant la constitution de 2017, il mentionne que « l’un des principaux mandats de l’AÉUM est de “faciliter la communication et les interactions entre tous les étudiants de toutes les communautés mcgilloises ” ». Le document soutient que, considérant que presque 20% des étudiant ·e· s ont pour langue maternelle le français (et que d’autres le parlent couramment), cela devrait être suffisant pour vouloir préserver les droits de cette minorité linguistique.</p>
<p>Cela est d’autant plus vrai que les obligations en matière de protection des droits des francophones proviennent de l’AÉUM elle-même, ce qui indique une reconnaissance du statut fragile de ce groupe d’intérêt. Remarquant cette contradiction, les juges vont même jusqu’à dire que « si l’AÉUM considère les obligations qu’elle s’est elle-même imposées envers ses membres francophones comme étant exagérément encombrantes, la marche à suivre serait de proposer un amendement qui la libérerait de ces obligations (plutôt que de les renforcer, comme c’est la tendance actuelle). »</p>
<p>Par ailleurs, les conséquences du retour en arrière ont plutôt joué en défaveur de l’AÉUM dans le jugement. Par souci d’offrir aux francophones une « possibilité égale d’exprimer leurs préférences par le biais de leur vote », le prochain référendum ne peut pas faire peser la menace d’une restructuration sur ceux et celles qui s’opposent aux amendements. Selon le Conseil judiciaire, ce serait là une pression injustifiée envers les francophones, qui « ne peuvent pas être forcés de prendre en compte des enjeux pratiques et logistiques (…) que les anglophones (…) n’ont pas eu à prendre en compte au moment d’enregistrer leur vote. »</p>
<p>Quoique cet enjeu concerne surtout les étudiant·e·s de McGill, il ne faudrait pas, selon le jugement, oublier le contexte plus large dans lequel s’inscrit l’université. Dans sa constitution, l’AÉUM affirme son désir d’être « consciente de l’impact direct et indirect que les affaires et les organisations de l’association ont sur leurs environnements social, politique, économique et environnemental ». Les questions linguistiques étant toujours controversées à Montréal, au Québec et au Canada, le non-respect des règles pour la protection des minorités francophones à McGill relève de l’intérêt public.</p>
<p><strong>Beaucoup de travail à faire</strong></p>
<p>Contacté par Le Délit, Earle a accepté de commenter la situation. Ce dernier considère que la démarche entamée par Miller a servi les étudiant·e·s francophones de McGill. Demeurant surpris et désolé du déroulement du référendum d’hiver 2020, il a assuré qu’une gestion similaire ne serait jamais tolérée sous la gouverne de la nouvelle équipe. À ses yeux, l’inaction des instances décisionnelles de l’AÉUM de l’an dernier est « troublante », et certaines décisions auraient été prises précipitamment car les personnes concernées « voulaient barrer des éléments de leur liste de choses à faire. »</p>
<p>Quoi qu’il en soit, Earle a réaffirmé que les règlements protégeant le français à l’AÉUM étaient « nécessaires », et que son administration n’avait nullement l’intention de revenir en arrière sur cet enjeu. Il a aussi annoncé son intention personnelle de renforcer les droits des communautés francophones, notamment en lien avec l’absence de version française pour certains règlements.</p>
<p>Ce n’est pas la première fois dans l’histoire canadienne que des règles ont été annulées pour des raisons linguistiques. En 1985, <a href="https://scc-csc.lexum.com/scc-csc/scc-csc/fr/item/60/index.do" target="_blank" rel="noopener noreferrer external" data-wpel-link="external">la Cour suprême du Canada a déclaré invalides environ 4500 lois manitobaines</a>, car adoptées uniquement en anglais . Pour se préserver du vide juridique, la Cour a autorisé un délai minimal pour procéder à la traduction et l’adoption des lois pendant lequel celles-ci resteraient valides. À la fin de ce délai, toute loi qui n’aurait pas été traduite et adoptée aurait été considérée comme invalide. Dans le cas de l’AÉUM, les juges du Conseil judiciaire n’ont pas considéré que le vide juridique était problématique puisque l’association avait déjà une constitution légitime sous laquelle elle opérait depuis 2017 et dont la structure demeure majoritairement inchangée.</p>
<p><em>Dernière heure : À la suite d’une réunion qui s’est tenue le 20 août, le Conseil d’administration </em><em>de l’AÉUM a décidé de demander au Conseil judiciaire de reconsidérer son jugement, </em><em>conformément aux Régulations Internes de l’AÉUM. Le Conseil judiciaire a donc 21 jours pour </em><em>décider s’il maintient ou s’il change sa décision. Le Délit publiera un autre article cette fin de semaine pour faire le point sur la situation.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/21/la-constitution-de-laeum-declaree-invalide/" data-wpel-link="internal">La constitution de l’AÉUM déclarée invalide</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Donner un sens aux mots</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/08/07/donner-un-sens-aux-mots/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laurence Desgagné]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2020 10:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Choix de la rédaction]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse au doyen de la Faculté de droit Robert Leckey.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/07/donner-un-sens-aux-mots/" data-wpel-link="internal">Donner un sens aux mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Récemment, en ces pages, on a livré un « </span><a href="https://www.droit-inc.com/article27146-Plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-McGill" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill</span></a><span style="font-weight: 400;"> ». Si le style de son auteur était plutôt abrasif, ce texte a tout de même eu le mérite de mettre le doigt sur un certain malaise ressenti par de nombreux étudiants de la Faculté de droit de McGill quant à la place réservée à l’étude du droit civil dans leur vie académique.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certes, les étudiants en droit de notre institution peuvent compter sur une offre de cours diversifiée et un corps professoral composé d’intellectuels de renom. À ce titre, le doyen Leckey peut bien être fier lorsqu’il vante la faculté qui l’a lui-même vu devenir le juriste militant qu’il est aujourd’hui. En revanche, </span><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/04/reponse-a-la-lettre-plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" data-wpel-link="internal"><span style="font-weight: 400;">sa réponse</span></a><span style="font-weight: 400;"> au plaidoyer de Xavier Foccroulle-Ménard, également publiée dans les pages du </span><i><span style="font-weight: 400;">Délit</span></i><span style="font-weight: 400;">, a de quoi décevoir.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, plutôt que d’amorcer une véritable remise en question pour donner suite à l’expression de préoccupations légitimes, la réponse offerte par notre doyen se contente de balayer de la main les critiques en superposant, en trois paragraphes, des phrases convenues et des formules rhétoriques discutables, sans vraiment s’attarder au fond du problème exposé. Aussi peut-on y voir un rendez-vous manqué&nbsp;: il y avait là une porte ouverte pour entreprendre une réflexion sur l’adéquation entre le vocabulaire de promotion utilisé par la Faculté lorsqu’elle vante son programme et l’offre académique qui y est réellement mise de l’avant.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une faculté d’héritage civiliste?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’instar de ceux qui ont pris la parole en ces pages, je suis fière de l’héritage dont notre faculté se réclame. Son historique au carrefour de deux traditions juridiques majeures, le droit civil et la common law, est exceptionnel et unique. Or, un héritage est une richesse qu’il faut savoir cultiver. Il est décevant de voir le doyen de la Faculté vanter les contributions nombreuses de ses collègues et prédécesseurs à la pensée civiliste québécoise sans s’attarder plus longuement aux conditions de possibilité de cet héritage.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le retour à une offre de cours civilistes riche et variée est l’une de ces conditions, puisqu’il implique à la fois le recrutement de nouveaux professeurs civilistes, mais aussi l’enrichissement du socle sur lequel la Faculté a bâti sa réputation&nbsp;: celui d’un enseignement d’abord </span><i><span style="font-weight: 400;">bijuridique</span></i><span style="font-weight: 400;">, puis pluraliste, permettant à ses étudiants de développer une certaine maîtrise des grandes traditions juridiques canadiennes. Autrement, comment notre faculté pourrait-elle se positionner en acteur incontournable du développement du droit civil au Québec face à des facultés de droit qui en font le cœur de leur cursus? Comment pourrait-elle assurer son rayonnement scientifique sur le sujet si la large majorité des membres de sa communauté vouent leur vie académique à d’autres sujets d’intérêt?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La société québécoise faisant une fierté de son héritage civiliste s’évertue à l’entretenir et à le préserver. Si elle tire vraiment la même fierté de cet héritage, la communauté juridique mcgilloise devrait tâcher d’en faire de même. Or, le fait que ses étudiants aient aujourd’hui à se battre pour obtenir des cours de droit civil enrichis prouve plutôt la négligence de la Faculté à l’égard de la préservation de son héritage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une faculté bilingue?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le plaidoyer de mon collègue effleure également une autre inadéquation entre l’image projetée par la Faculté de droit de McGill et la réalité&nbsp;: alors qu’elle est officiellement bilingue, il est parfois impossible d’y recevoir une éducation civiliste enrichie en français. Le bilinguisme de façade constitue, de façon autonome, une critique importante qu’il est possible de faire à l’égard de la Faculté, critique qui devrait être prise en compte à l’occasion du recrutement de nouveaux professeurs.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, qui joint la Faculté de droit de McGill avec l’espoir de fréquenter une institution bilingue restera assez déçu. Non seulement la variété des cours offerts en français est-elle limitée, mais la quantité de places disponibles pour ces cours l’est tout autant. Il est inévitable pour les étudiants francophones inscrits au programme offert par McGill de suivre des cours en anglais pour compléter leur formation, alors que la même exigence n’est jamais formulée à l’égard des étudiants anglophones. Une grande majorité des activités tenues à la Faculté se déroule exclusivement en anglais, tout comme une majeure partie des séances plénières offertes aux étudiants. Pourtant, ceux-ci gagneraient à profiter d’un cursus réellement bilingue&nbsp;: une compréhension féconde du droit canadien et de ses fondements doit se faire dans les deux langues qui l’ont construit. C’est d’ailleurs la promesse qui leur est faite par la faculté au moment de leur inscription.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Admettre le sens des mots</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’heure actuelle, on peut se demander ce qu’il reste des racines québécoises de la Faculté de droit de McGill. En effet, il ne suffit pas de répéter </span><i><span style="font-weight: 400;">ad nauseam</span></i><span style="font-weight: 400;"> que notre faculté est fièrement enracinée à Montréal et au Québec pour qu’elle le soit. De la réduction de l’offre civiliste de la Faculté à la tentative ratée de bilinguisme institutionnel, la Faculté de droit de McGill tend à ressembler de plus en plus à ses homologues américaines et canadiennes plutôt qu’à préserver, enrichir et approfondir réellement son offre unique au monde et sa contribution à la vie académique civiliste et francophone. Xavier Foccroulle-Ménard le mentionne d’ailleurs avec justesse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En somme, le passé ne saurait être garant de l’avenir en ce qui concerne la Faculté. Il ne saurait l’être parce que les mots qui forgent et définissent son héritage se sont dans les faits peu à peu vidés de leur sens pour ne devenir que des formules promotionnelles creuses. J’avais rêvé d’une faculté héritière d’une certaine tradition civiliste, bilingue et enracinée dans ma ville natale. J’en fréquente une autre. C’est une réalité que je déplore et à laquelle, je l’espère, le doyen Leckey s’attardera prochainement. La réputation de notre faculté, qui mérite d’être défendue, doit être conservée au moyen d’actions concrètes. Avec égards, le doyen rate cette cible en se contentant de répondre par des phrases convenues au « Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Marie-Laurence Desgagné est étudiante à la Faculté de droit de McGill depuis 2018.</span></i></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/07/donner-un-sens-aux-mots/" data-wpel-link="internal">Donner un sens aux mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Réponse à la lettre « Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/08/04/reponse-a-la-lettre-plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Robert Leckey]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2020 20:41:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réaction du Prof. Robert Leckey, doyen de la faculté de droit de McGill</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/04/reponse-a-la-lettre-plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Réponse à la lettre « Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">J’ai pris connaissance du «&nbsp;</span><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/02/plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" data-wpel-link="internal"><span style="font-weight: 400;">plaidoyer</span></a><span style="font-weight: 400;"> sans retenue pour un retour aux racines civilistes » de la Faculté de droit de l’Université McGill par notre diplômé, Xavier Foccroulle-Ménard, bachelier en droit civil (BCL) / bachelier en droit (LLB) 2019. Il va de soi que je suis heureux d’échanger avec les membres de notre communauté diplômée et reste à l’écoute de leurs préoccupations.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’auteur et moi partageons une grande fierté dans l’héritage monumental de notre faculté, y compris son pluralisme juridique et ses contributions à bâtir le droit civil du Québec. Comme je ne cesse de le dire, la Faculté de droit est fièrement enracinée à Montréal et au Québec. D’ailleurs, la formation des juristes aptes à pratiquer le droit au plus haut niveau au sein de la société québécoise en constante évolution demeure parmi nos préoccupations centrales. Il en va de même de la contribution à la doctrine civiliste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Évidemment, je ne partage pas son évaluation sombre de l’état actuel de notre programme et de notre corps professoral. Celui-ci inclut des civilistes de renommée qui ont été formés au Québec, en France, en Allemagne, en Égypte et en Argentine. Ces juristes sont à la hauteur d’assurer une formation de grande qualité en droit civil. Contrairement à l’auteur, je ne puis que m’enorgueillir que la Faculté de droit accorde un espace aux traditions juridiques autochtones ainsi qu’à d’autres sujets jugés «&nbsp;exotiques&nbsp;» par M. Foccroulle-Ménard. Le pluralisme juridique de la Faculté de droit et la formation qu’elle offre à son corps étudiant s’en trouvent enrichis.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Robert Leckey</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Doyen et titulaire de la Chaire Samuel Gale</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Faculté de droit, Université McGill</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/04/reponse-a-la-lettre-plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Réponse à la lettre « Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/08/02/plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Xavier Foccroulle-Ménard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Aug 2020 19:46:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La tragique déconstruction de la feu grande Faculté de droit civil de l’Université McGill tire à sa fin, une fin que nous aurions préférablement évitée. Avec le départ de Vincent Forray, qui quitte Montréal pour se joindre à l’Institut d’études politiques de Paris, il ne reste désormais plus de civilistes à proprement parler, hormis Yaëll&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/02/plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/02/plaidoyer-pour-un-retour-aux-racines-civilistes-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Plaidoyer pour un retour aux racines civilistes à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">La tragique déconstruction de la feu grande Faculté de droit civil de l’Université McGill tire à sa fin, une fin que nous aurions préférablement évitée. Avec le départ de Vincent Forray, qui quitte Montréal pour se joindre à l’Institut d’études politiques de Paris, il ne reste désormais plus de civilistes à proprement parler, hormis Yaëll Emerich et, pour être charitable, Lara Khoury. À la lumière de ces informations, il y a bien évidemment lieu de sourciller étant donné la position de bastion du droit civil québécois qu’a historiquement occupée cette faculté. C’est peu dire que nous sommes aux prises avec un état de fait alarmant, sincèrement difficile à accepter. C’est en souhaitant y remédier que je rédige ce plaidoyer sans retenue pour un retour aux racines civilistes de l’université.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À McGill n’existent manifestement plus les épaules qui portaient naguère le projet de Portalis en Amérique, c’est-à-dire la construction d’une pensée juridique scientifique et codifiée au sein du Canada français. La Faculté de droit se réclame d’ailleurs sans complexe cet héritage romano-chrétien puisqu’il a su donner terrain fertile à l’actuel programme national </span><a href="https://www.mcgill.ca/centre-crepeau/fr/projects/transsystemic?fbclid=IwAR3NYrzvDEiSk_kSbPNzhbISweFDG8IJ05IilapXHmNmr8bLpg1qvgMfZcQ" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">transsystémique</span></a><span style="font-weight: 400;">. Ce dernier intègre les deux grandes traditions juridiques donnant esprit à la Confédération canadienne&nbsp;: le droit civil et la </span><i><span style="font-weight: 400;">common law</span></i><span style="font-weight: 400;">. Avec le transsystémisme en pédagogie, nous avons la continuation d’un excellent corpus académique sur le pluralisme juridique, pour lequel il faut particulièrement remercier Roderick A. Macdonald. D’un point de vue historique, avec l’Acte du Québec ainsi que les négociations fondatrices de la Confédération, le droit civil au Québec est l’élément crucial de tout accent mis sur ce pluralisme juridique tant il lui donne sa véritable raison d’être.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pourtant, le droit civil semble de plus en plus exclu du pluralisme mcgillois pour faire place à des sujets que l’on juge davantage exotiques. La gravité de la situation ne réside pas simplement dans le fait que les civilistes quittent le navire, mais bien dans l’absence criante de nouveaux civilistes venant les remplacer. Alors que le corps professoral civiliste agonise, la Faculté compte cinq professeurs de droit international et de droits de la personne, cinq professeurs de théorie du droit, quatre professeurs de droit de la santé, trois professeurs de droit de la propriété intellectuelle, trois professeurs de droit autochtone et deux professeurs d’arbitrage international. À ces champs d’études qui fréquemment se recoupent s’ajoutent toutes les recherches connexes s’apparentant à de la sociologie en justice sociale, en équité et en politique publique. Celles-ci sont d’une part investies par les académiciens (et les étudiants) avant même de connaître le droit et d’autre part employées par ceux-ci pour critiquer le droit. Le comble de l’ironie&nbsp;: l’objet critiqué est trop souvent inconnu du critique.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par conséquent, l’anecdote seule n’explique plus rien de pertinent&nbsp;: nous avons désormais affaire à un mouvement généralisé de délaissement du droit civil. La session dernière, il n’y avait même pas de cours des obligations en droit civil avancé donnés en français. Ainsi, alors que les cours strictement de </span><i><span style="font-weight: 400;">common law</span></i><span style="font-weight: 400;">&nbsp; sont donnés par des académiciens de renommée internationale comme Lionel Smith et Stephen Smith, aucun cours de droit civil pur enseigné par un membre de la Faculté n’a été annoncé, laissant présager une année à venir désastreuse.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si la justice pénale est plus intéressante que les contrats nommés, comme en témoignent les quatre professeurs qui se penchent sur le sujet, le résultat demeure un vrai discours préliminaire contre le droit civil, en faveur de la transformation de notre </span><i><span style="font-weight: 400;">alma mater</span></i><span style="font-weight: 400;"> en faculté américaine. En d’autres mots, la Faculté de droit à McGill vit présentement par procuration de ses cousines américaines alors que rien n’est réellement à envier d’elles. Comment le transsystémisme peut-il sérieusement être enseigné dans des conditions si arides? Et comment, sans rire, peut-on prétendre à une grande formation plurielle et intégrée si le socle du cursus n’est guère conséquent vis-à-vis l’expertise des candidats à l’enseignement? Ce sont la crédibilité et la réputation de McGill qui en souffrent. </span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 341px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-36215" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/08/d2.jpg" alt width="341" height="512" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/08/d2.jpg 341w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/08/d2-330x495.jpg 330w" sizes="(max-width: 341px) 100vw, 341px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Thomas Alem-Lebel</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><span style="font-weight: 400;">La disparition de l’héritage que se réclame la Faculté de droit fait d’autant plus mal qu’il est monumental. Rappelons-nous Charles Dewey Day, un homme pour qui Georges-Étienne Cartier, soulignant son génie philosophique, ne tarissait pas d’éloges. En 1859, il a été nommé auprès des juges Augustin-Norbert Morin et René-Édouard Caron à la commission chargée de codifier les lois civiles du Bas-Canada. Formé à travers ses 17 années sur le banc comme juge, il maîtrisait la complexité du droit privé et public du Bas-Canada, et sa participation à la rédaction des chapitres du Code civil traitant des obligations et des contrats a été remarquée et remarquable. C’est en tant que Chancelier de l’Université McGill qu’il déposait le projet final du Code civil du Bas-Canada (entré en vigueur en 1866) qui servit de source première du droit québécois jusqu’au début des années&nbsp;1990.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis Day, plusieurs grands noms ont marqué la tradition civiliste à McGill. Ces derniers sont dignes de voir leur superbe travail soutenu dans l’imaginaire collectif juridique de la Faculté et méritent globalement que leur projet soit poursuivi au Québec, voire dans le monde. En ce sens, il nous vient naturellement à l’esprit Eugène Lafleur, Frederick Parker Walton, William de M.&nbsp;Marler, Arnold Wainwright, Louis Beaudouin et Pierre-Basile Mignault. Plus récemment encore, nous notons d’illustres juristes tels que Madeleine Cantin Cumyn, Jean-Guy Belley, Pierre-Gabriel Jobin, Daniel Jutras, ainsi que&nbsp;le tout dernier juge nommé à la Cour suprême du Canada, Nicholas Kasirer.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au-delà des noms, impossible de passer outre les deux legs majeurs pour lesquels le professeur Paul-André Crépeau doit être reconnu&nbsp;: le Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec et le Code civil du Québec. Crépeau a fondé ce centre en 1975 dans le but précis de développer et de promouvoir la tradition civiliste canadienne dans une perspective comparatiste, qui depuis a été rebaptisé en son honneur. Simultanément, de 1965 à 1977, Crépeau prit la relève d’André Nadeau à l’Office de révision du Code civil du Québec, et c’est sous sa présidence que le projet du Code civil révisé fût présenté au ministère de la Justice d’abord, puis à l’Assemblée nationale. Son rapport est devenu la feuille de route guidant le Gouvernement du Québec à travers les années vers l’adoption du nouveau Code civil du Québec en 1991 et à son entrée en vigueur en 1994. Voilà l’héritage minimal à préserver et, idéalement, à continuer.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Loin de moi l’idée de minimiser l’apport des membres actuels du corps professoral de la Faculté de droit de McGill. Au contraire, c’est précisément parce que je tiens à une excellence dans la diversité de l’enseignement des traditions juridiques des peuples fondateurs de la Confédération que je plaide aujourd’hui pour un retour aux sources civilistes. Nous ne pouvons nier que sans assise sur le passé, sans un respect de ceux qui nous précèdent et des institutions qu’ils nous ont léguées, sans regard de gratitude envers ceux qui nous permettent de pousser encore plus loin la réflexion intelligente et rigoureuse du droit au Québec, seule une diversité de surface peut être atteinte. Si McGill tient à préserver son éminence, tout </span><span style="font-weight: 400;">posturalisme</span><span style="font-weight: 400;"> de la sorte doit impérativement être rejeté en faveur de standards d’études visant la profondeur de la pensée juridique civiliste et d’une pédagogie dirigée par de réels experts dans le domaine.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En espérant que ce plaidoyer saura convaincre l’actuel doyen Robert Leckey, qui se présente au moment même pour un deuxième mandat de cinq ans au poste qu’il occupe, ou la personne qui lui succédera, de diriger toutes ses forces à ressourcer l’étude du droit civil à McGill. En espérant aussi très fortement que Forray revienne après son séjour à Paris, si espérer une telle chose est encore possible. </span></p>
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		<title>Le Pôle mal-être de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/le-pole-mal-etre-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 14:52:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Pôle bien-être toujours critiqué par les groupes étudiants.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">E</span><span class="s1">n janvier 2019, l’Université McGill annonçait la création du Pôle bien-être étudiant Rossy (Rossy Student Wellness Hub, en anglais, ndlr). Le Pôle, financé à huit millions de dollars de la part de McGill et à cinq millions par la Fondation Rossy, vise à regrouper les différents services aux étudiant·e·s (santé physique, santé mentale, counseling, etc.) à un même endroit, l’objectif étant d’améliorer l’accès à ces services pour la population étudiante. L’ouverture, initialement annoncée pour mai 2019, puis novembre 2019, a encore une fois été repoussée le 12 novembre dernier. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Brassage de services </b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Avant 2017, les services de soins étaient organisés sous le terme générique de Santé mentale, comprenant à la fois les services de counseling et de psychiatrie. Toutefois, la fusion des services avait été critiquée à l’époque par les étudiant·e·s, et une pétition demandant notamment l’embauche d’un plus grand nombre de professionnel·le·s de la santé avait même récolté plus de 1&nbsp;000 signatures. Ainsi, en septembre 2017, le bureau des Services aux étudiants avait expliqué dans une table ronde que l’administration avait entendu les critiques des étudiant·e·s mcgillois·e·s qui avaient de la difficulté à accéder aux différents services de counseling et de santé mentale, en plus d’éprouver de longs délais pour obtenir une première consultation. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Plusieurs changements dans l’organisation des services ont alors été effectués. Ainsi, les Services de counseling sont devenus un service autonome logé au 4e étage du bâtiment Brown. Cette unité répondait aux étudiant·e·s ayant besoin de consulter un·e travailleur·euse social·e, un·e diététiste ou encore un·e infirmier·ère. D’autre part, les services de psychiatrie avaient été séparés et regroupés comme une sous-unité au sein des Services de counseling. Comme l’expliquait Ebby Crowe, ancienne commissaire à la Santé mentale de l’AÉUM, au <em>Délit</em> en 2018, le but de ces changements était de pouvoir réintégrer tous les services au sein d’un même « pôle » où les dossiers des étudiants seraient centralisés. À l’époque, l’échéancier prévoyait l’ouverture du pôle en août 2018. Cet échéancier n’a pas été respecté. Par ailleurs, c’est également en septembre 2017 que McGill a mis fin au <em>Eating Disorder Program</em> qui aidait les étudiant·e·s aux prises avec des troubles alimentaires. </span></p>
<p class="p2">Le Pôle de bien-être est maintenant composé des Services de counseling, des services psychiatriques et des services de santé des étudiant·e·s. Le Pôle est situé au troisième étage du pavillon Brown, sur la rue McTavish. L’approche du Pôle se veut « holistique » en regroupant tous les services au même endroit. De plus, l’objectif est de permettre aux professionnel·le·s de la santé d’avoir accès aux dossiers des étudiant·e·s afin d’éviter les doublons et les informations cloisonnées au sein d’une seule branche de service.</p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Le Pôle critiqué </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s2">Plusieurs étudiant·e·s et groupes étudiants ont critiqué la façon dont l’établissement du Pôle bien-être a été géré par McGill. Dans un entretien avec <em>Le Délit</em>, Madeline Wilson, v.-p. aux Affaires universitaires de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, <em>ndlr</em>), a expliqué au <em>Délit</em> que le Pôle n’avait pas réellement changé l’accès aux soins sur le campus. </span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp left" style="width: 850px;"><img decoding="async" class="alignleft wp-image-35174 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-330x220.jpg" alt width="330" height="220" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566-768x511.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/A-Madeline-850x566.jpg 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p>«&nbsp;<em>Avant,</em> [les étudiant·e·s] <em>devaient prendre rendez-vous avec une unité spécifique selon leurs besoins. […] Maintenant, peu importe le besoin, les étudiant·e·s doivent se rendre au Pôle, mais ça génère tout de même de la confusion puisque McGill n’a pas bien communiqué la marche à suivre pour obtenir un rendez-vous. Parfois, les étudiant·e·s doivent passer par des conseillers du Pôle, qui nous redirigent vers une autre personne, ou d’autres fois, lorsque les étudiant·e·s se font dire qu’aucun rendez-vous n’est disponible, ils ne savent plus où se diriger pour obtenir de l’aide.</em> », dit-elle.</p>
<p class="p2"><span class="s3">Wilson a organisé une manifestation au moment du lancement officiel prévu du Pôle (le 12 novembre dernier). Coorganisée avec l’AÉÉDEM (Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill), la manifestation a permis d’exprimer plusieurs demandes de la part des groupes étudiants. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">L’une des demandes principales est de fournir des services adéquats pour les étudiant·e·s concerné·e·s et de fournir toutes les informations nécessaires à leur usage. «&nbsp;<em>On demande des soins de longue durée en santé mentale, et non pas des soins épisodiques comme fait le Pôle en ce moment.</em> […] <em>On demande également à ce que le</em> Eating Disorder Program<em> soit remis en service.</em> […] <em>De plus, les personnes utilisant les services coupés</em> [par exemple, le Eating Disorder Program, ndlr] <em>n’ont pas été informées de leur arrêt. Nous demandons à ce que la communication soit plus ouverte</em>&nbsp;», explique Wilson.&nbsp;</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Madeline Wilson a expliqué au Délit que le Pôle n’avait pas réellement changé l’accès aux soins sur le campus. » </span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Le manque de diversité au sein des professionnel·le·s de la santé est également la cible de critiques de la part des groupes étudiants. «&nbsp;<em>Il y a très peu de personnes racisées ou des personnes venant de la communauté LGBTQ+. Par exemple, sur l’équipe PRIDE, qui est censée être une équipe composée de personne issues des communautés LGBTQ+, il n’y a pas de personne transgenre. Il n’y a également pas de counsellors spécifiquement pour les étudiant·e·s racisé·e·s. Beaucoup de questions des formulaires sont transphobes, et forcent les étudiant·e·s à mettre des titres honorifiques genrés comme Madame ou Monsieur, sans alternative</em>&nbsp;», renchérit Wilson. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">D’autres enjeux sont également mentionnés par la v.-p., comme les délais d’attente jugés déraisonnables (jusqu’à 13 semaines pour voir un psychiatre), la facilitation du processus d’obtention des billets médicaux et l’accès aux soins pour les étudiant·e·s en situation de handicap. </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s2">Peu de progrès </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s2">D’autres voix se lèvent contre la façon dont l’administration organise l’accès aux soins à McGill. Parmi ces voix se trouve celle de Rine Vieth, candidat·e de 5e année au doctorat en anthropologie à McGill et responsable de la mobilisation à l’AÉÉDEM, est également très critique sur la façon dont McGill offre ses soins. «<em>&nbsp;Je crois que l’accessibilité et la qualité des soins a été sévèrement détériorée</em> [depuis l’établissement du Pôle bien-être]. <em>Je me questionne beaucoup par rapport à l’utilisation des fonds ; les Services aux étudiants n’ont pas été très transparents par rapport à leurs budgets.</em> […] <em>Aussi, il est impossible d’obtenir un rendez-vous au Pôle, rien que le système de téléphonie va raccrocher rapidement une fois terminée, sans qu’il soit possible de retourner l’appel d’aucune façon. Les administrateurs ont également instauré une rotation des secrétaires au sein du bâtiment, ce qui fait que les secrétaires qui avaient l’expérience et les compétences spécifiques reliées au travail auprès d’étudiant·e·s ne sont maintenant plus nécessairement au Pôle.</em>&nbsp;» </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Vieth se désole aussi de la façon dont les rendez-vous d’urgence sont gérés. « <em>Lorsque j’ai appelé pour obtenir un rendez-vous avec mon médecin, je me suis fait dire que les rendez-vous d’urgence n’existent plus, alors qu’ils sont censés exister. C’est pourquoi je communique avec mon médecin par courriel maintenant.</em> » Iel croit que ces réalités démontrent que les systèmes de communications entourant le Pôle bien-être sont un « échec&nbsp;». Ses autres critiques abondent également dans le même sens que celles mentionnées par Madeline Wilson et les revendications des manifestant·e·s. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Vieth a coorganisé la manifestation devant le Pôle du 12 novembre dernier. Une autre manifestation est prévue pour le lancement reporté du Pôle.</span></p>
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			</item>
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		<title>Là où on ne l’attend pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/la-ou-on-ne-lattend-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margaux Brière de la Chenelière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 14:38:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35159</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit rencontre l’autrice-compositrice-interprète Safia Nolin.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s1">ans jamais que la crainte de choquer ne l’empêche d’avancer, sans jamais faire fi de ce qu’elle est au-delà de ce que demandent les autres et sans jamais arrêter de créer, Safia Nolin a réussi à se faire une place dans l’industrie musicale québécoise et à devenir une voix importante du mouvement féministe contemporain. Dans cette entrevue accordée au <em>Délit</em>,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>elle revient sur son passage à l’ADISQ, qui avait ébranlé l’opinion publique en 2016, elle se questionne sur la place des femmes dans le milieu musical, elle parle de féminisme sans honte et nous donne envie, à notre tour, d’assumer avec affront ce que nous sommes.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Je veux être à des endroits où on ne m’attend pas et où on ne veut pas que je sois. Je veux continuer de faire des choses qui ne sont pas attendues d’une femme</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><strong><em><span class="s1">Le Délit&nbsp;</span></em></strong><span class="s1"><strong>(LD)</strong> :</span><em><span class="s1"> Aujourd’hui encore, de nombreuses militantes féministes évoquent une différence de traitement entre les artistes en fonction de leur genre, que ce soit une différence de salaire, de traitement médiatique ou d’accès à des fonctions supérieures. Comment définirais-tu la situation actuelle des femmes artistes au Québec?</span></em></p>
<p class="p2"><span class="s2"><strong>Safia Nolin (SN)</strong> : On n’est pas sorti de l’auberge. En tant que fille qui joue de la guitare, quand je vois la place qu’on a dans les festivals, par exemple, c’est là que je trouve que ce n’est vraiment pas un milieu sain pour la femme présentement. Après, c’est mon métier. Je ne sais pas pour les autres secteurs, mais je suis pas mal sûre que c’est partout comme ça. Dans tous les cas, c’est vraiment déprimant quand tu te mets à regarder les programmations et qu’il y a juste des gars, quand c’est juste des gars qui gagnent à l’ADISQ ou même qui sont nominés. Je ressens aussi une différence de traitement entre les musiciens et les chanteuses (qui sont majoritairement des femmes). C’est sûr que moi, ça fait cinq ans que je fais ça, alors je commence à connaître pas mal de monde. On est tous·tes ami·e·s et les musicien·ne·s sont tous·tes des gens que j’aime, mais je sentais surtout cette différence de traitement au début de ma carrière. Ce qui m’énerve, c’est que nous sommes souvent réduites à être uniquement chanteuses alors qu’on compose, on écrit, on fait tellement de choses. Et je pense que c’est très rare que des hommes soient réduits à ça. Ce qui me rassure, c’est le soutien qu’on s’apporte entre femmes. Je n’ai jamais parlé à une fille qui ne vivait pas le même genre de situation que moi. Alors souvent, on se raconte nos histoires et on essaie de se donner du courage. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><strong>LD</strong> : <em>Un enjeu qui revient souvent, lorsqu’on parle de féminisme, concerne la place que les hommes militants devraient prendre au sein du mouvement. Quel est, selon toi, le rôle des hommes dans la cause féministe et surtout de ceux qui œuvrent dans le milieu artistique?</em></span></p>
<p class="p2"><strong>SN</strong> : D’abord, il faut que certains d’entre eux apprennent à arrêter de prendre tout personnel. D’arrêter cette tendance que certains ont de dire : « Oui mais moi je ne suis pas comme ça. » On s’en sacre. Ce n’est pas ça qu’on veut entendre. J’ai écouté une vidéo hier qui disait que les hommes écoutaient plus les hommes qu’ils n’écoutent les femmes. Ça s’explique par le fait qu’ils écoutent les gens qui sont en position de pouvoir, ce qui est rarement notre cas à nous, les femmes. Donc, c’est important que les hommes se remettent en question et qu’ils partagent entre eux leurs avancées féministes et leurs réalisations sur la situation actuelle des femmes, parce que ça fait assurément avancer la cause. C’est donc positif que des hommes prennent la parole là-dessus, mais je trouve quand même que la ligne est mince entre être un allié et un homme qui s’approprie le combat. Je pense que ça peut rapidement tomber dans du <em>mansplaining</em> et ce n’est clairement pas ça qu’on demande aux hommes. Dans une situation de débat, je trouve ça bien qu’un gars prenne la parole pour expliquer aux autres gars les inégalités que vivent les femmes. Mais c’est inacceptable de prendre toute la place pour partager ses connaissances et d’alors enlever de la place aux femmes pour qu’elles parlent de leurs propres vécus. J’aimerais appuyer sur le point que ce serait le <em>fun</em> que les gars arrêtent d’avoir de la résistance quand on leur parle de féminisme. Ce ne sont pas des attaques personnelles. On n’a pas <em>absolument</em> besoin d’eux dans ce combat-là, mais ça serait incroyable de les avoir de notre bord pareil.</p>
<p class="p2"><strong>LD</strong> : <em>Safia, on a pu entendre tes deux albums de reprises de chansons, dont l’un est paru très récemment (le 20 septembre 2019). Tu t’inspires autant de la musique actuelle que de celle qui a marqué les générations précédentes. L’opinion générale en est toujours surprise et comblée. Les défis auxquels tu fais face sont-ils différents de ceux qu’avait à affronter une artiste comme Marie Denise Pelletier qui oeuvrait principalement dans les années 1980?</em></p>
<p class="p2"><span class="s3"><strong>SN</strong> : Oui, vraiment. Je ne pourrais pas te citer beaucoup de noms de femmes autrices-compositrices des années 1980 ou 90. Il n’y en avait pas. C’était juste des interprètes, parce qu’il n’y avait pas de place pour les femmes dans ce milieu-là. Je pense que ces femmes l’ont eu <em>fucking rough</em>. Nous aussi à un certain niveau on l’a <em>rough</em>, mais quand tu es dans un milieu où tout le monde décide pour toi, où tu n’as de regard sur rien, où tu rapportes beaucoup d’argent et où tu es lancée là-dedans sans aucune connaissance du métier, ça doit être extrêmement difficile. Je me sens chanceuse parce qu’on est dans un moment où c’est plus accessible que jamais pour une femme de faire de la musique. J’ai donc beaucoup d’empathie et de respect pour toutes les femmes des générations avant la mienne.</span></p>
<figure class="wp-caption alignnone" style="max-width: 1920px">
			<img decoding="async" class="wp-image-35164 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus.jpg" alt width="1920" height="1500" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus.jpg 1920w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus-330x258.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus-768x600.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus-1000x781.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/C-safia-nolin-illus-850x664.jpg 850w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/evangelinedurandallize/?media=1" data-wpel-link="internal">Evangéline Durand-Allizé</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2"><span class="s1"><strong>LD</strong> : <em>Tu as bouleversé à plusieurs reprises le milieu artistique québécois, que ce soit par ta façon de t’habiller, de parler ou de par tes créations (citons comme exemple le vidéoclip de ta chanson Lesbian Break-Up Song qui a été nominé au palmarès 2019 de l’ADISQ). Avais-tu pour but de bouleverser l’opinion du public?</em></span></p>
<p class="p2"><strong>SN</strong> : Mon but, ce n’est jamais de fâcher les gens. Moi, j’ai besoin de faire ça pour moi et pour les six ou mille personnes qui regarderont le résultat. Et puis finalement, le Québec n’a pas l’air prêt pour ce genre de choses donc ça bouleverse, mais ce n’est jamais voulu. Par exemple, les réactions que j’ai eu face au clip de <em>Lesbian Break-Up Song</em> m’ont extrêmement surprise. Quand j’ai créé ce clip, j’y ai mis le même amour et la même intention que quand je crée des clips qui ont mille vues après quatre ans. Alors je ne vois pas pourquoi je devais m’attendre à ce que celui-là <em>pogne</em> plus que les autres. Tout ce que je veux, c’est faire quelque chose qui me ressemble, qui est cohérent avec ce que je suis.</p>
<p class="p2"><span class="s3"><strong>LD</strong> : <em>Dans le podcast « Nous ne sommes pas seuls » présenté par Catherine Dorion, tu parles d’un moment précis, il y a environ trois ou quatre ans, où tu as accepté que tu ne rentrerais jamais dans le moule de ce qui t’était demandé en tant que femme et artiste. À quoi faut-il renoncer lorsque l’on décide de ne pas entrer dans ce moule?</em></span></p>
<p class="p2"><span class="s4"><strong>SN</strong> : J’ai dû renoncer à certaines opportunités, mais surtout à des choses très subtiles. J’étais dans une bonne position pour refuser d’entrer dans le moule, parce que je ne<em> peux pas</em> y entrer. Quand tu es une femme hétérosexuelle par exemple, il doit y avoir plus de sacrifices à faire. Quand tu entres déjà dans le moule et que tu décides d’en sortir, il faut que tu renonces à plein de choses qui sont des privilèges dans notre société. Le défi est énorme quand tu rentres dedans, que tu es relativement bien et que du jour au lendemain du décides de faire <em>fuck that shit</em> et d’en sortir parce que ça ne te rend plus heureuse. Donc je pense que c’est vraiment plus simple de sortir du moule quand tu n’as jamais essayé d’y entrer ou quand tu as essayé, mais sans succès. Alors pour moi, ce n’était presque pas un choix. Je ne rentrerai jamais dans le moule, je ne pouvais pas faire autrement que de m’en détacher complètement. À l’ADISQ il y a trois ans, j’avais déjà commencé à le comprendre, mais je m’étais quand même maquillée et coiffée pour essayer de ressembler un peu aux gens qui m’entouraient. Mais l’année d’après, j’ai envoyé chier tout le monde et je me suis mise belle selon ce que je considère beau. Je me suis dit : « Vous me voulez ou vous ne me voulez pas, mais vous ne me changerez pas. » Et c’est cette année-là qui a été décisive pour moi. Ça m’a permis de réaliser que j’ai tenté d’entrer dans un moule toute ma vie, que ç’a été épuisant, que ça m’a rendue triste et que maintenant, c’est terminé, j’arrête de me battre. Et ç’a vraiment été une libération pour moi.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">[J’ai réalisé] <span class="s1">que j’ai tenté d’entrer dans un moule toute ma vie, que ça a été épuisant, que ça m’a rendue triste et que maintenant, c’est terminé, j’arrête de me battre</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><strong>LD</strong> : <em>Revenons sur le vidéoclip de ta chanson Lesbian Break-Up Song, un clip qui a marqué l’industrie musicale et le public québécois. Quelles étaient tes motivations premières derrière la création de ce clip?</em></span></p>
<p class="p2"><strong>SN</strong> : Au début, parce que je suis une fan de documentaires, je voulais faire un clip documentaire sur l’homophobie et la transphobie, mais c’était extrêmement compliqué. Alors en <em>meeting</em> je me suis dit : « Pourquoi ne pas simplement faire un beau clip avec des corps qu’on ne voit pas souvent? » Ça me tentait de voir ça, je trouvais qu’il n’y en avait pas assez, alors j’ai décidé de le faire. La création de ce clip a vraiment beaucoup changé mon rapport à mon corps. Ça a été une révélation pour moi de voir à quel point mon corps est juste une enveloppe et rien d’autre, si je le décide.</p>
<p class="p2"><span class="s2"><strong>LD</strong> : <em>À la suite de ce clip, tu as reçu une vague de bons commentaires, malheureusement troublée par les commentaires haineux, les attaques personnelles et même les menaces reçues sur les réseaux sociaux. J’ai l’impression que l’on parle peu d’intimidation à l’âge adulte, comme si l’intimidation cessait d’exister après le secondaire. Considères-tu que tu en as été victime?</em></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><strong>SN</strong> : Oui, je me sens victime d’intimidation. Et c’est vrai qu’on ne parle jamais d’intimidation à l’âge adulte. Ça arrive pourtant, et pas juste à moi d’ailleurs. Ça arrive dans le milieu du travail, ça arrive dans la rue, et je trouve ça très difficile de voir qu’on aborde rarement le sujet. Par exemple, la situation que j’ai vécue à l’ADISQ il y a trois ans, avec du recul, je trouve ça vraiment pathétique. C’est un très bon exemple d’intimidation à l’âge adulte. Si je sors de mon corps et je m’imagine que ce n’était pas moi pour un instant, je réalise à quel point c’était pathétique de voir une bande de vieillards en <em>tabarnak</em> qui s’en prennent à une fille de 23 ans qui n’a rien fait de mal. Et ces réactions-là, elles ont surtout été une motivation pour moi. Ça m’a fait dire : « Savez-vous quoi, mangez tous de la marde! » Ça aurait pu me faire douter, être trop difficile et m’empêcher de continuer, mais ça n’a vraiment pas été le cas. C’est sûr que j’ai eu des contrecoups au niveau de mon anxiété et de mon estime de soi, mais en bout de ligne, ça a été positif pour moi. Ça m’a fait me dire : «&nbsp;Ok, vous ne voulez pas que je sois là, </span><span class="s2">ben je vais être là et je vais absolument rien changer à ce que je suis.&nbsp;» Plus le temps avance, plus je me rends compte que grâce à l’ADISQ, il y a plein de choses que je faisais que je ne fais plus. Des choses que tout le monde fait et que je faisais vraiment juste parce que c’était ce que les autres attendaient de moi. C’est-à-dire porter une brassière, m’épiler, tout ce genre d’affaires-là. Je me suis dit : « L’année prochaine à l’ADISQ, je ne porterai pas de brassière et je vais mettre ma chemise préférée, même si elle a des trous. »</span></p>
<p class="p2"><strong>LD</strong> : <em>À travers tes clips, tes chansons, tes mots, nous avons de plus en plus accès à quelque chose qui nous semble très intime. Cette intimité est agréable pour le public, mais semble parfois encourager certaines personnes à briser totalement la barrière entre ta vie privée et ta vie publique. As-tu ressenti le besoin de tracer une ligne entre ces deux vies?</em></p>
<p class="p2"><span class="s3"><strong>SN</strong> : Il y a un certain moment où j’ai réalisé que je n’en pouvais plus de ce manque d’intimité. C’était surtout par rapport à mon couple. C’est tellement complexe, parce que dans notre société c’est très apprécié et encouragé de partager ta vie privée quand tu es une personnalité publique. Les gens adorent ça et je le comprends. Moi aussi j’aime ça consommer la vie privée des gens parce que j’ai l’impression que ça relativise leur image, que ça les rend plus accessibles. Mais moi, quand j’ai rompu avec ma blonde, j’ai dû l’annoncer à 35 000 personnes. Et tout le monde a voulu vivre cette rupture avec moi, alors que c’est quelque chose de tellement intime. Ça a été vraiment souffrant et ça m’a appris à tracer une ligne entre vie privée et vie publique, à garder mes amours et mes relations pour moi. </span></p>
<p class="p2"><strong>LD</strong> : <em>Créer et vivre de ses créations en tant que femme est-il, encore aujourd’hui, un geste féministe?</em></p>
<p class="p2"><strong>SN</strong> : Oui, absolument. Le milieu artistique, c’est un endroit où les femmes n’ont jamais été voulues et je pense que c’est important de continuer à se faire une place en tant que femme, même si c’est difficile. Moi, je suis tannée d’entendre que ma musique c’est de la musique de filles, que tu n’es pas masculin si tu écoutes du Safia Nolin. Je veux me battre contre ces idées-là. Je veux être à des endroits où on ne m’attend pas et où on ne veut pas que je sois. Je veux continuer de faire des choses qui ne sont pas attendues d’une femme. C’est encore tellement difficile d’être une femme dans cette société en général, de prendre conscience des privilèges que les hommes ont, que toi tu n’as pas et de tenter de les combattre. Le monde de la musique n’est pas une exception. C’est encore un monde dirigé par des hommes. Moi, je veux continuer d’être là et de bouleverser les choses, pour que les gens ne voient pas seulement des gars de 40 ans dans ce milieu. Je continuerai à me battre pour garder ma place.</p>
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		<title>Penser la liberté avec ambiguïté</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/19/penser-la-liberte-avec-ambiguite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Arbour]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2019 17:12:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait de Simone de Beauvoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/11/19/penser-la-liberte-avec-ambiguite/" data-wpel-link="internal">Penser la liberté avec ambiguïté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a liberté est le noyau autour duquel toutes nos considérations doivent graviter, nous dit Simone de Beauvoir, pilier de la philosophie existentialiste. Dans <i>Pour une morale de l’ambiguïté</i>, publié en 1947, elle pose l’exercice de la liberté comme identique non seulement à la vie morale, mais également à la poursuite du bonheur.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Cet essai, véritable appel à vivre pleinement ou, selon l’expression de Beauvoir, à « se jeter dans l’existence », captive par le goût de la vie qui s’en dégage. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>L’existentialisme</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale s’impose l’indéniabilité des réalités plus sombres de l’existence humaine&nbsp;: inéluctabilité de la mort, subjectivité des valeurs, éphémérité des choses…</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La philosophie existentialiste, nous dit Beauvoir, n’admet pas de dieu, c’est-à-dire d’être parfait, inchangé dans le temps, qui serait la source de principes universels (<i>LA</i> justice, <i>LA</i> etc.). La morale </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">est proprement humaine&nbsp;; il en tient à l’individu d’établir les valeurs et les priorités qui le guideront tout au long de sa vie. Ainsi confiés à la subjectivité de chacun, ces choix peuvent admettre des erreurs, et donc engendrer des échecs. C’est pourquoi cette liberté, fait inéluctable, est source d’angoisse. Ce sont de ces échecs et de cette angoisse dont nous parle Beauvoir dans <i>Pour une morale</i>.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">La philosophe est pourtant très loin de pécher par excès de pessimisme. L’humain peut, nous dit-elle, réaliser positivement sa liberté et tirer satisfaction de son expérience humaine. En quoi consiste donc, ou à quoi reconnaît-on, l’exercice de cette liberté dont parle Beauvoir? Elle la définit comme l’agencement des comportements, actions et choix qui découvrent davantage de possibilités à l’humain.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Soit. Comment, donc, la <i>réaliser positivement</i>? En embrassant, dit-elle, l’ambiguïté fondamentale de toute expérience humaine.</span></p>
<p class="p5"><span class="s5"><b>L’expérience humaine </b></span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Dès les premières pages, Beauvoir définit cette ambiguïté fondamentale : « […] a vérité de la vie et la mort, de ma solitude et de ma liaison au monde, de ma liberté et de ma servitude, de l’insignifiance et de la souveraine importance de chaque homme et de tous les hommes. […] Essayons d’assumer notre fondamentale ambiguïté. C’est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu’il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d’agir. » Comment, donc, <i>assumer</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>cette ambiguïté pour ne pas la subir?</span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp left" style="width: 1024px;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft wp-image-35097 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry-330x273.jpg" alt width="330" height="273" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry-330x273.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry-768x635.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry-1000x826.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry-850x702.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/P-mulberry.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p2">L’angoisse de l’ambiguïté dont Beauvoir parle peut partiellement se résumer à une difficulté d’embrasser le temporaire et l’incontrôlable. Beauvoir met en garde contre les « éthiques consolantes&nbsp;», qui s’efforcent « de réduire l’esprit à la matière, ou de résorber la matière dans l’esprit, ou de les confondre au sein d’une substance unique. » Elles consolent parce que, selon Beauvoir, elles cherchent à évacuer le temporaire ou l’incontrôlable, parfois les deux, de l’expérience humaine.</p>
<p class="p2">Il faut, donc, résister à la tentation d’aller y chercher refuge. Il nous est permis de le constater&nbsp;: il ne s’agit pas d’une tâche aussi mince que cela puisque ces «&nbsp;éthiques consolantes », produits d’un nombre faramineux de philosophies dans lesquelles Beauvoir inclut entre autres le platonisme, le stoïcisme, le bouddhisme et le christianisme, ont dominé les débats philosophiques pendant des centaines d’années. Il le faut pourtant ; les conséquences d’un échec en cette matière sont majeures, prévient-elle. Elle nous propose, au chapitre 2 de <i>Pour une morale</i>, un tour d’horizon des types de personnes prisonnières de leur condition humaine, c’est-à-dire qui en refusent l’ambiguïté.</p>
<p class="p2"><span class="s4">Parmi les plus effrayants, «&nbsp;l’homme sérieux » qui, « méconnaissant avec mauvaise foi la subjectivité de son choix, […] prétend qu’à travers lui s’affirme la valeur inconditionnée de l’objet ». Écrasé sous le poids de sa propre liberté, l’ « homme sérieux&nbsp;» érige ses valeurs en universaux afin d’échapper au risque de l’échec. Sa fuite est un vœu : il mise, de toutes ses forces, sur une forme de vérité éternelle. Sa vie, perpétuelle fuite, constitue la forme la plus achevée de l’échec humain.</span></p>
<p class="p7"><span class="s3"><b>Une nécessaire tension</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Beauvoir le répète&nbsp;: toute personne doit avoir pour seule fin ultime la liberté, la sienne et celle des autres, qui dépendent l’une de l’autre. Tout ce qui permet de l’atteindre doit être considéré comme un moyen ou une fin temporaire. </span>Les gens tendent à confondre les deux, non par pure bêtise, mais parce que cette fin ultime qu’est le libre épanouissement de l’humain n’est jamais parfaitement atteinte.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Lutter pour le triomphe d’une cause dont on ne verra jamais l’aboutissement peut être épuisant, frustrant ou angoissant. Ainsi, l’humain fait naturellement de certains moyens des fins, ayant l’impression d’accroître son emprise sur les choses. Les structures sociales dont il pourra critiquer et améliorer le fonctionnement deviendront elles-mêmes, par exemple, des fins ultimes. C’est aussi la tendance de l’ « homme sérieux&nbsp;», qui fera, par exemple, d’un parti politique, en lui-même, une fin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Cette impossibilité d’atteindre ces fins vers lesquelles il faut pourtant tendre est cause d’une tension, voire d’un inconfort, parfois difficile à supporter. Optimiste, Beauvoir refuse pourtant de voir dans cette irréductible ambiguïté, dans cette tension, une condamnation au sens tragique du terme. Elle en fait plutôt le moteur de toute action signifiante ; la distance entre la réalité et la réalité souhaitée, sans cesse à combler, pousse l’humain à conquérir toujours plus au détriment de sa propre liberté.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">C’est le double problème du temporaire et de l’incontrôlable que nous retrouvons ici. Le temporaire engendre de la souffrance parce que la distance entre ce qui <i>est</i>, en opposition à ce qui <i>a été</i> ou à ce qui <i>sera</i>, est vécue comme un manque. L’expérience est similaire pour l’incontrôlable, où ce qui <i>est</i> est comparé à ce qui <i>aurait pu être</i> ou à ce qui <i>pourrait être</i>. Or, l’humain n’existe réellement qu’en « se faisant manque d’être&nbsp;», écrit Beauvoir. Ainsi, l’on cesse de subir les limites de l’expérience humaine dès lors que nous comprenons la liberté comme synonyme de mouvement. Les « éthiques consolantes&nbsp;» cherchent à annuler cette tension vitale, mais, dit-elle, l’existentialisme comprend l’humain comme une contradiction qui n’a pas à être résolue.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bien qu’il examine de près et en détail l’angoisse, la fuite et l’échec, <i>Pour une morale de l’ambiguïté</i> ne constitue pas<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>seulement une série de portraits d’antihéros. Au terme d’une navigation hasardeuse à travers de nombreux exemples de vies échouées, présentées dans un vocabulaire mirobolant, de Beauvoir nous gratifie d’exemples plus heureux. À l’inverse de l’&nbsp;«&nbsp;homme sérieux&nbsp;», de nombreux scientifiques et artistes, dit-elle, semblent avoir intégré ces composantes essentielles de l’expérience humaine que sont le temporaire </span><span class="s1">et l’incontrôlable. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La science ou l’art « sont des conquêtes indéfinies […]. L’art révèle le transitoire comme absolu&nbsp;; et comme l’existence transitoire se perpétue à travers les siècles, il faut aussi qu’à travers les siècles l’art perpétue cette révélation qui ne sera jamais achevée ». Séries d’expérimentations au sommet des connaissances d’une époque donnée, elles découvrent sans cesse de nouvelles possibilités à l’humain, sans que leurs moments ne s’imposent comme aboutissement de l’Histoire. Or la morale, et par extension, la liberté, affirme Beauvoir, gagneraient à être perçues et vécues comme la science et l’art. </span></p>
<p class="p7"><span class="s7"><b>Oeuvres de Simone de Beauvoir</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><i>Pour une morale de l’ambiguïté</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><i>Le deuxième sexe</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>Mémoires d’une jeune fille rangée</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>Les Mandarins</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>La vieillesse</i></span></p>
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			</item>
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		<title>Nouvelle composition de l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/nouvelle-composition-de-laeum/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/nouvelle-composition-de-laeum/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 14:49:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[bryan buraga]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[SSMU]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33822</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretiens avec les membres du nouveau comité</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong><i>Le Délit</i> s’est entretenu avec le président élu de l’AÉUM, Bryan Buraga.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b><i>Le Délit </i>(LD)</b></span><b> :<i> </i></b><i>D’abord, comment te sens-tu à propos de ton élection?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Bryan Buraga (BB) </b></span><b>:</b> Je suis très excité! C’est vraiment bien de savoir que beaucoup d’étudiants m’ont soutenu et ont soutenu ma vision. J’ai évidemment vraiment hâte de me mettre au service de ces étudiants.</p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD</b></span><span class="s2"><b> : </b><i>En parlant de ces étudiants, en ce moment, beaucoup d’entre eux se soucient peu ou pas de l’AÉUM,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>étant donné qu’elle a peu ou pas d’impact tangible sur leur expérience à McGill. Est-ce qu’ils peuvent s’attendre, l’année prochaine, à ce que l’AÉUM réalise de nouveaux projets concrets et qui les touchent directement?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>BB</b></span><span class="s2"><b> :</b> Absolument. Pour le moment, je consacre beaucoup de mes efforts au projet de semaine d’étude en automne. Je crois qu’il s’agit d’un projet très tangible qui va affecter tous les étudiants et que plusieurs attendent depuis très longtemps. Je crois aussi qu’une partie de ce problème en est un de perception : nous ne communiquons pas assez avec les étudiants à propos de tous ces projets. Donc, j’aimerais qu’on soit en mesure de mieux communiquer avec le corps étudiant. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Une autre chose sur laquelle je veux travailler l’an prochain, avec le Vice-président aux Affaires universitaires, est la politique d’évaluation académique des étudiants, la politique de McGill qui définit comment les professeurs ont le droit d’évaluer leurs étudiants. L’une des choses qui me tiennent le plus à coeur, c’est de me débarrasser des examens finaux qui comptent pour 70% et des moyennes qui sont ramenées vers le bas, un phénomène qui représente vraiment un gros problème dans certaines de nos grandes facultés, comme par exemple Desautels. Parler aux étudiants de nos efforts dans ce genre de dossier devrait leur faire réaliser à quel point l’AÉUM est importante pour eux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD</b></span><span class="s2"><b> :</b></span><span class="s4"> <i>Dans le débat des candidats de mardi dernier, vous avez parlé de votre volonté de créer un comité pour améliorer la communication avec les étudiants. L’AÉUM a déjà plusieurs comités dont peu d’étudiants connaissent l’existence. Quelle forme va prendre ce comité et comment va-t-il être différent de toutes les autres instances qui ont été mises en place auparavant?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>BB </b></span><span class="s2"><b>:</b> Ce projet est différent parce que ce ne sera pas nécessairement un comité ; ce sera un nouveau bureau de l’AÉUM. Vous savez, ce sont différentes positions. Comme bureau, nous avons déjà par exemple le bureau du commissaire à l’éthique, ou encore le bureau de chaque exécutif de l’AÉUM. Chacun de ces bureaux a son propre portfolio. C’est un tout nouveau bureau que je veux créer, appelé Communication AÉUM, qui aura un ou des employés à temps plein. Mon plan pour payer ces dépenses est de faire adopter une augmentation des frais de l’AÉUM de 15 dollars dans un référendum la semaine prochaine, ce qui nous permettra d’avoir la capacité salariale pour avoir un responsable des relations publiques à temps plein pour être sûr de bien communiquer avec nos étudiants.</span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD</b></span><span class="s2"><b> : </b><i>D’accord, mais la semaine dernière, un référendum pour augmenter les frais de l’AÉUM par 30 dollars a justement échoué. Est-ce que cela va avoir un impact sur vos projets et allez-vous réessayer de faire passer une augmentation malgré ce premier refus des étudiants?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>BB</b></span><span class="s2"><b> :</b> Je pense que le problème que nous avons eu à faire adopter ces plus grands frais vient du fait que c’était une trop grande augmentation proposée trop rapidement. Ces 15 dollars vont nous donner la base dont nous avons besoin pour faire notre travail correctement parce que nous n’avons tout simplement pas assez de ressources en ce moment<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>pour pouvoir faire tout ce que les étudiants veulent que nous fassions.</span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD</b></span><span class="s2"><b> :</b> <i>On doit admettre que le projet de convaincre McGill de mettre en place une semaine d’étude à l’automne en est un qui est très ambitieux. Qu’est-ce qui a été fait jusqu’à maintenant et comment comptez-vous mener ce projet à bien? Si ça ne fonctionne pas, seriez-vous prêt à laisser tomber?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>BB</b></span><span class="s2"><b> : </b>Je me battrai jusqu’à la toute fin! Vraiment, je crois que nous sommes tellement proche de l’avoir! Honnêtement, tellement de bon travail a été fait l’an dernier, en proposant un sondage, en travaillant avec des administrateurs et des membres du personnel de McGill. Maintenant, il va y avoir un référendum spécifiquement sur l’option qui marche le mieux selon nous ; nous proposons de commencer l’école une semaine avant le jour du travail pour compenser pour une semaine complète d’étude pendant la semaine de l’Action de grâce.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b></span><b> : </b><i>Est-ce que le comité va se pencher sur le problème spécifique de la participation des francophones à leur association étudiante?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>BB </b></span><b>:</b> Oui, absolument. Je crois que nous ne nous adressons pas assez à la communauté francophone. Surtout que les francophones, je crois, représentent une portion importante des McGillois de premier cycle.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Personnellement, je vais essayer d’apprendre le français et je compte suivre deux cours de langue l’an prochain pour être en mesure de mieux communiquer avec les francophones.</p>
<p class="p1"><strong><i>Le Délit</i> a aussi posé une question aux nouv·eaux·elles membres exécutif·ve·s.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Pouvez-vous vous présenter et résumer vos principaux projets pour l’année prochaine?</b></span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Sam Haward, Finance:</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je m’appelle<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Sam, je suis en U2 en spécialisation économie et sciences politiques. Je viens de Newcastle-upon-Tyne au Royaume-Uni, mais j’ai aussi passé quelques années de mon enfance à Cincinnati, en Ohio. En ce moment, je suis le député de parlement à l’AÉUM.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mon but l’année prochaine est de rendre la vie plus facile pour les clubs et services en réformant le processus d’apprentissage du système par les exécutifs. Cela comprendrait l’ajout d’un guide disponible en tout temps à travers Google Classroom. De plus, j’aimerais promulguer des réformes des comités de finances de l’AÉUM, puisqu’en ce moment ils ne se réunissent pas lorsqu’ils le devraient et n’ont aucun mandat clair. En faisant cela, j’aimerais créer un comité de Finances qui pourrait travailler pour rendre certains processus difficiles plus efficaces et agirait comme une entité à laquelle les clubs et services pourraient soumettre des inquiétudes ou des suggestions. Enfin, j’espère travailler avec les Services aux étudiants de McGill pour prendre part à leur renégociation du <i>International Student Health Plan</i> et utiliser les liens de l’AÉUM avec <i>Studentcare</i> pour réduire le coût des assurances pour les étudiant·e·s internationaux·ales tout en conservant le même montant de couverture. </span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Sanchi Bhalla, Affaires internes</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Allo, moi c’est Sanchi, une étudiante de gestion U2, Italienne et étudiante en théâtre. Je suis très heureuse d’être votre prochaine VP aux Affaires internes. Mon but premier est de faire de McGill un endroit plus amical et de l’AÉUM un organisme où les étudiant·e·s veulent s’impliquer. Je planifie de réaliser ce premier but en faisant la promotion d’un sens de fierté de McGill, au lieu de la fierté spécifique à chaque Faculté qui existe en ce moment, et cela en encourageant les élu·e·s de l’AÉUM à tisser des liens avec les étudiant·e·s via des takeovers Instagram sur le compte officiel de l’AÉUM, une chronique bi hebdomadaire dans une publication du campus, et des ateliers sur les fondements d’une campagne politique. </span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Adam Gwiazda-Amsel, Affaires externes</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Bonjour ! Moi c’est Adam, étudiant en philosophie et économie. En tant que Vice-président aux Affaires externes, j’aimerais laisser à vous, les étudiant·e·s, l’opportunité d’utiliser les vastes ressources de l’AÉUM pour pouvoir vous mobiliser quand vous voyez des opportunités d’amélioration de la vie des étudiant·e·s à McGill. On a vu du succès cette année avec les campagnes des étudiant·e·s autochtones, entre autres, ce qui me donne confiance qu’on peut continuer ce travail important. D’autre part, j’aimerais tirer avantage de ma connaissance de la ville pour pouvoir créer des opportunités de liaison entre McGill et Montréal. Ceci comprend l’établissement de nouvelles relations entre des groupes communautaires et les étudiant·e·s afin de renforcer notre sens d’appartenance et pour introduire de nouveaux domaines de bénévolat, engagement culturel, etc. Finalement, j’ai l’intention de renouveler l’effort pour former ou joindre une union collective de différentes universités québécoises, pour pouvoir mieux représenter les intérêts des étudiant·e·s durant nos négociations avec les gouvernements fédéral et provincial. </span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Madeline Wilson, Affaires universitaires</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je m’appelle Madeline, je suis une étudiante de troisième année en sciences politiques et géographie, je viens de Phoenix, en Arizona, et je viens d’être élue VP aux Affaires universitaires de l’AÉUM pour l’année prochaine! J’ai hâte de commencer l’année du bon pied et tirer parti de l’élan des campagnes étudiantes actuelles. L’année prochaine, nous allons demander des comptes à McGill, travailler pour rendre les cours plus accessibles, et donner aux étudiant·e·s une raison d’être fier·ère·s de leur Association. </span></p>
<p class="p1"><i>Le cinquième membre exécutif, Billy Kawasaki, n’a pas répondu à nos sollicitations.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/nouvelle-composition-de-laeum/" data-wpel-link="internal">Nouvelle composition de l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Soutien à la communauté Unist’ot’en</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/01/22/soutien-a-la-communaute-unistoten/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucile Jourde Moalic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2019 13:35:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
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		<category><![CDATA[territoire]]></category>
		<category><![CDATA[unis'tot'en]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les associations mcgilloises dénoncent la violation des droits territoriaux autochtones.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/01/22/soutien-a-la-communaute-unistoten/" data-wpel-link="internal">Soutien à la communauté Unist’ot’en</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 janvier dernier, alors que le McGill Daily publiait en première page une photo de l’intrusion des Forces armées canadiennes dans un territoire Gidumt’en, les affaires autochtones de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) et l’Alliance des étudiants autochtones (Indigenous Student Alliance, ISA en anglais, ndlr) appelaient au rassemblement des McGillois·es en soutien à la communauté Unist’ot’en.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.facebook.com/wetsuwetenstrong/videos/2509084819133578/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external">vidéo</a> partagée sur une page Facebook d’activisme autochtone, Molly, représentante du clan Gidumt’en, explique brièvement les droits des Unis’tot’en sur le territoire, indiquant que puisqu’elles n’avaient pas reçu le « consentement libre et informé » du système de gouvernance autochtone, les Forces armées ont violé ces droits. En effet, malgré le refus des chefs Unis’tot’en de voir se construire des gazoducs sur leurs terres, la Cour suprême de Colombie-Britannique a donné en décembre 2018 l’autorisation à Coastal GasLink d’entamer un processus d’extraction sur le territoire Gidumt’en. Cette injonction est alors un laissez-passer pour la police, autorisée à forcer physiquement un point d’accès aux terres autochtones.</p>
<p>La communauté Unist’ot’en détient, par la loi Wet’suwet’en, le droit juridique de contrôler l’accès à leurs territoires, dont celui de Gidumt’en, situé au nord de la Colombie-Britannique. Or, <a href="https://www.facebook.com/wetsuwetenstrong/videos/472608843268486/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external">une vidéo datant du 7 janvier</a> montrent la confrontation physique entre des membres du clan Gidumt’en et la Gendarmerie royale du Canada, de part et d’autre d’un barrage en bois que les Forces armées détruisent et escaladent pour entrer en territoire autochtone. On y voit des femmes crier : « Nous sommes le peuple de cette terre, ce n’est pas votre terre », ou encore : « Si vous suiviez vos propres protocoles, vous ne seriez pas ici. Vous ne respectez pas vos propres lois. »</p>
<p>C’est pour appeler au respect des droits territoriaux autochtones et dénoncer le manque de consultation dans les prises de décisions fédérales que <a href="https://www.facebook.com/events/212752486335374/?action_history=%22[%7B%5C%22surface%5C%22%3A%5C%22messaging%5C%22%2C%5C%22mechanism%5C%22%3A%5C%22attachment%5C%22%2C%5C%22extra_data%5C%22%3A%7B%7D%7D]%22" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external">l’AÉUM et l’ISA ont appelé au rassemblement</a>.</p>
<div id="cp_widget_d3d58665-add1-406e-9ff7-9fcafab8b8f1">…</div>
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<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/01/22/soutien-a-la-communaute-unistoten/" data-wpel-link="internal">Soutien à la communauté Unist’ot’en</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>« J’ai envie de nommer ma vérité »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/01/15/jai-envie-de-nommer-ma-verite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bourdon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jan 2019 14:51:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
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		<category><![CDATA[simon boulerice]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit rencontre l’auteur québécois Simon Boulerice.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/01/15/jai-envie-de-nommer-ma-verite/" data-wpel-link="internal">« J’ai envie de nommer ma vérité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s1">imon Boulerice est un auteur pour le moins prolifique, écrivant autant du théâtre que des romans. Bien que ses œuvres s’adressent majoritairement à un public jeunesse, il sait adapter sa plume à un lectorat plus âgé et compte à son actif quelques écrits grand public.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Il est aussi collaborateur à l’émission culturelle <i>Cette année-là</i> et se déplace beaucoup dans les écoles pour des conférences. Je l’ai tout d’abord rencontré au Salon du livre de Montréal lors d’une séance de signatures. Il a accepté avec plaisir de faire une place dans son horaire chargé pour une entrevue avec <i>Le Délit</i>. C’est dans le confort de sa cuisine, entouré de ses murs de livres, qu’il répond à mes questions.</span></p>
<blockquote><p><span class="s3">Mes études en théâtre m’ont permis de libérer ma langue. </span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le Délit (LD) : </b><i>Quelle était ta relation avec l’écriture dans ta jeunesse?</i> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Simon Boulerice (SB) : </b>Je viens d’une petite ville qui s’appelle Saint-Rémi et on avait des livres à la maison, mais pas tant que ça. Nous, on avait des films. Mes parents avaient un club vidéo, donc la fiction est entrée chez moi beaucoup par le cinéma, c’étaient des VHS à l’époque. J’ai de l’attachement pour les VHS. J’aime la lourdeur et la légèreté de la cassette. Il y avait des livres aussi un peu, mais les livres m’intimidaient. J’ai toujours trouvé ça rassurant d’avoir des livres dans une maison, mais plus jeune, je ne les lisais pas. Je me disais : « Quand je vais être prêt. » Je trouvais ça trop dense, je trouvais qu’il y avait beaucoup de mots, je n’étais pas porté à les lire. Ma genèse, c’est quand ma prof m’a dit que j‘écrivais bien, mais elle ne parlait que de ma calligraphie (rires, <i>ndlr</i>). Moi, j’ai pensé que mes phrases étaient belles, donc c’est un malentendu qui m’a donné envie d’écrire et de lire, surtout. Le soir-même, en rentrant, je me suis dit : « Bin là, si je suis un écrivain, faut que je lise! » J’ai commencé à lire en quatrième année. Avant, je lisais par obligation, mais là j’ai commencé à lire par plaisir. J’ai commencé à lire des <i>Archie</i>, des romans <i>Frissons</i>, des livres des éditions de La courte échelle. De fil en aiguille, je me suis bonifié en tant qu’écrivain de quatrième année en lisant beaucoup, suffisamment pour que Marie-Andrée, ma professeure, me dise : « Simon, maintenant, tes phrases sont aussi belles que la façon dont tu les traces. » </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Je suis quand même l’exemple parfait de quelqu’un qui part de zéro et qui se battit une passion à partir de presque rien, mais qui, parce qu’il s’est senti valorisé par une professeure, finit par gonfler en confiance et s’armer pour devenir un lecteur. Ce n’est pas donné à tout le monde et je n’avais pas d’impulsion d’ouvrir de livres. Ça a été par volonté de rendre justice au talent d’écriture que je n’avais même pas pourtant (rires, <i>ndlr</i>). C’est la preuve que la lecture, ça bonifie à tous les niveaux, pas que pour écrire. Ça remplit tout, notamment la solitude. Donc ça a commencé comme ça. Depuis ma 4e année, j’accumule les livres. Je ne pourrais pas trainer dans une pièce sans livre. Je me sens comme blindé quand ils sont là. Je me rappelle à 17 ans, j’ai acheté ma première bibliothèque chez IKEA. J’ai commencé tout petit, mais ces livres-là je les ai encore. Je suis collectionneur de rien, sauf de livres. Je me débarrasse de presque tout, sauf de mes livres. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD : </b><i>Quelles ont été tes plus grandes influences littéraires et théâtrales, et pourquoi?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>SB : </b>J’ai lu beaucoup d’œuvres que j’ai aimées. J’ai grandi avec les romans de Dominique Demers, comme <i>Les grands sapins ne meurent pas</i>, ou encore <i>La lumière blanche</i> d’Anique Poitras et <i>Comme une peau de chagrin</i> de Sonia Sarfati. Il y en a un que je me suis racheté parce que je l’avais perdu, ça s’appelle <i>La vie au max</i> de Suzanne Julien. Ce n’est peut-être pas un grand livre, je ne sais pas, je ne l’ai pas relu, je ne veux pas le relire. Je ne veux pas salir le souvenir. Je sais ce que ça m’a fait de lire ce livre-là, à un moment où je devais le lire. J’ai dû lire ça quand j’avais 10 ans. Je n’étais pas un grand juge, mais c’est la première fois qu’un livre me touchait que je lisais un livre qui me remuait autant. Ça parlait de la pauvreté. C’est une histoire un peu triste, un peu dure. Maxime, qui prend soin de sa petite sœur, ne voit pas bien au tableau et a besoin de lunettes,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Il a une amie dans sa classe qui lui dit de faire une loupe avec ses doigts. Je me rappelle l’avoir essayé et ça marche! Je me rappelle m’être dit : « Ayoye j’apprends en lisant, même si c’est de la fiction! » Donc c’est peut-être le livre le plus marquant que j’ai lu plus jeune. Bon, après il y en a eu plusieurs. Je pense que j’ai une qualité, bon, j’ai bien des défauts, mais j’ai la qualité de la curiosité. Quand on me parle de quelque chose que je ne connais pas, je n’ai pas de problème à avouer mon inculture dans la vie. Quand on me parlait d’un auteur que je ne connaissais pas, comme Kundera, je prenais le métro jusqu’au Plateau, je cherchais ses livres, je les achetais et je les lisais. Donc j’ai vraiment fait mon éducation littéraire par mes amis, mes profs et aussi par moi-même, vu que j’avais l’élan pour aller la compléter. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il y a aussi Violette Leduc. J’ai aimé son impudeur. Ça a été une forme d’éducation pour moi, de me dire : « On peut aller aussi loin? On peut dire des choses laides? » Et ça a influencé ma littérature. Je n’aurais pas écrit mon premier roman (<i>Les Jérémiades </i>en 2009, <i>ndlr</i>) si je n’avais pas lu Violette Leduc. Elle m’a donné la permission, elle a légitimé mon impudeur. Moi qui aimais beaucoup Gabrielle Roy, qui est beaucoup dans la pudeur, j’ai fini par prendre le parti de Violette Leduc. Je me suis dit que je ne voulais pas être dans la rétention. J’ai envie de révéler le laid. J’ai peut-être une forme de pudeur dans mon écriture, parce que j’aime les ellipses. Je n’aime pas combler les trous. C’est le plaisir du lecteur. On ne sait pas combien de temps il y a entre les chapitres. J’ai envie de juste donner les détails importants de la vie de mes personnages, ou de ma vie, parce que des fois c’est mon double. C’est épart, parcellaire. Quand c’est vrai, ben c’est ça. J’ai envie de nommer ma vérité, ce que je connais, et que ce soit troublant, </span><span class="s3">choquant. Mais je ne cherche pas à choquer, jamais. Je ne suis pas dans cette démarche-là, juste dans l’honnêteté.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 330px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-32800" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-artscene-330x495.jpg" alt width="330" height="495" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-artscene-330x495.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-artscene-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-artscene-667x1000.jpg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-artscene.jpg 784w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Robert Etcheverry</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2"><span class="s1">Sinon, au théâtre, il y a une pièce qui a été un déclic, pour moi.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>C’est <i>Je suis une mouette (non ce n’est pas ça)</i>. C’est inspiré de <i>La Mouette</i> de Tchekhov, que je n’ai même pas lue. Il y avait une tirade sur la fille laide. C’était tellement beau. Elle parlait d’elle. Ce que j’ai aimé, encore une fois, c’est l’authenticité. Il y avait des moments où les comédien·ne·s </span>faisaient des parallèles avec leur propre vie. La comédienne révélait qu’elle avait surpris, enfant, ses parents dire d’elle qu’elle n’était pas très belle. Et plutôt que d’être blessée, elle s’est dit : « OK. Je peux être pas belle, mais je peux être ben ben <i>wise</i>. » Le rapport à la beauté versus la pertinence, l’intelligence, la ferveur, ça me parle beaucoup. Je ne me considère pas laid, mais quand j’ai entendu ça, même si je n’ai pas vécu d’événement comme ça, je me suis approprié ces mots, je les conçois bien. C’est la force du théâtre, de la littérature, de faire «&nbsp;je me l’approprie&nbsp;». Ça m’a donné envie de jouer, envie d’écrire aussi.</p>
<p class="p2"><b>LD :</b> E<i>st-ce qu’il y a un moment dans ta vie où l’écriture a vraiment pris le dessus, que tu as décidé de faire ça de ta vie?</i></p>
<p class="p2"><b>SB :</b> J’ai fait deux ans au cégep, et ensuite je suis allé à l’UQAM en études littéraires et dramaturgie. C’est après que je suis rentré en interprétation théâtrale au cégep de Sainte-Thérèse. J’avais passé des auditions, le programme est 4 ans et est très contingenté. J’ai fait ma formation au complet. Avant de retourner au cégep, j’étais très intimidé par les auteurs plus grands que nature, donc je n’étais pas convaincu que j’allais écrire. Je me sentais trop petit, trop imposteur. C’est un sentiment qui est tout à fait normal, je pense que c’est bien qu’on passe par là, même que c’est inquiétant si on ne passe pas par là (rires, <i>ndlr</i>). <span class="s4">T’sais de sentir le poids de tout ce qui a été écrit avant soi, c’est colossal. Il y a des auteurs qui seront toujours plus brillants, mais je suis tombé sur une phrase de Gilles Vigneault : «&nbsp;Tout a été dit, sauf par moi. » Je la trouve très rassurante. </span><span class="s3">Elle donne le droit à tout le monde d’écrire. Donc je me suis dit, bon, je vais parler de l’amour, avec mes mots à moi, mon bagage, mon regard à l’oblique sur le monde. C’est important ça, comment tu poses ton regard sur le monde. Ce qui fait en sorte qu’un frère et une sœur qui racontent le même événement n’ont pas le même point de vue. Le meilleur exemple que je peux te donner c’est deux films qui ont été faits la même année par deux scénaristes frère et sœur, qui ont raconté la même enfance, mais c’était complètement différent. Je trouve ça fabuleux. On n’a pas à les comparer et dire lequel est le meilleur, je ne pense pas que c’est ça la beauté de l’art. Bon, on peut certainement faire une étude comparative et c’est intéressant, mais je trouve ça chouette que les deux œuvres puissent cohabiter. Tout ça pour dire que je trouve que l’angle est important. Mon déclic s’est donc fait avec cette phrase-là. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Mes études en théâtre m’ont permis de libérer ma langue. Je sentais moins la rigidité des cours de littérature, où je me sentais intimidé. Au théâtre, je me suis dit : « Hey, de la marde! » Et je me suis comme lâché lousse. Aussi, un auteur parmi plein d’auteurs… On est entourés de plein de gens qui veulent écrire. Alors que là, un auteur parmi des comédiens, je me sentais unique dans mon envie d’écrire. J’ai toujours dit que le fait d’avoir étudié pour être comédien me sert dans tout ce que je fais. Mes années en théâtre m’ont <i>déloussé</i>, je suis à l’aise en entrevue. Écoute, quand j’étais jeune, je vomissais avant un exposé oral. J’étais tellement stressé, ça me bouleversait de prendre la parole devant les gens. Je suis passé à l’école de théâtre </span><span class="s5">du plus stressé au plus relax. Ça a été un cheminement, t’sais. Et cet espèce d’abandon que j’ai avant de prendre la parole est resté. J’ai désacralisé le théâtre. Je ne joue pas ma vie, si je me trompe, personne ne va mourir, je ne suis pas chirurgien. Je ne veux pas banaliser, là, mais je pense qu’il faut avoir de l’humilité. </span></p>
<p class="p2"><span class="s5"><b>LD : </b><i>Pourquoi la littérature jeunesse?</i></span></p>
<blockquote><p><span class="s3">Le pouvoir de se déposer dans la mémoire d’un enfant, de les marquer, c’est un privilège, c’est exceptionnel.</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s3"><b>SB :</b> À l’école de théâtre, j’écrivais surtout des pièces de théâtre et des recueils de poésie, et ça, c’était pour adulte. Mais dans tout ce que j’écris, l’adulte a beaucoup de juvénilité. J’embrassais beaucoup ma jeunesse et mon enfance. Souvent, même, les personnages sont des enfants dans mes livres pour adultes. Mon premier roman, <i>Les Jérémiades</i>, c’est un adulte qui raconte son histoire quand il était enfant, donc c’est le point de vue d’un enfant. Et ça va loin. C’est une histoire de cruauté amoureuse, de tragédie amoureuse, même. Donc ce n’est vraiment pas pour enfant, mais le narrateur a neuf ans la majorité du récit. L’enfance a toujours eu une place de choix. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Ma première pièce de théâtre, ce sont trois enfants de 12 ans sur scène, mais c’est une pièce pour adultes. <i>Simon a toujours aimé danser</i> était pour adultes aussi, mais ça a bien <i>pogné</i> chez les ados. Les enfants, c’est un public qui me faisait peur, parce que je savais qu’il y aurait des rencontres avec eux après. Et ça a été fabuleux. Ne sachant pas comment leur parler, je leur ai parlé comme je te parle à toi, comme à tout le monde, avec ma spontanéité, qui, je me rends compte, est souvent payante. Je n’ai pas toujours été de cet avis-là, mais maintenant je le pense. Et donc c’est en jouant pour eux que je les ai trouvés vifs d’esprit. Le pouvoir de se déposer dans la mémoire d’un enfant, de les marquer, c’est un privilège, c’est exceptionnel. J’en croise parfois, des jeunes de 17 ou 18 ans, qui me disent : « Le premier roman que j’ai adoré, c’est le tien. » Pour vrai, ça me fait un beau velours. De me dire que le <i>feeling</i> que j’ai eu avec Suzanne Julien, quelqu’un l’a eu avec moi, c’est vraiment un privilège. Moi, n’ayant pas d’enfant, la transmission s’effectue beaucoup par mon travail littéraire. Et de me dire que, à petite échelle, dans cer</span><span class="s5">tains cas, des gens vont grandir en ayant la référence de mes œuvres, telles que <i>Edgar Paillette</i>, <i>Des monstres en dessous</i>, <i>Les mains dans la Gravel</i>, ou <i>Un verger dans le ventre</i>, je trouve ça fabuleux.</span></p>
<blockquote><p><span class="s5"> Je vais m’atteler avec la même ferveur à un album pour petits, à un roman pour ados ou à un recueil de poésie pour adultes.</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s5">En même temps, je ne veux pas arrêter d’écrire pour les adultes parce que j’aime ça m’adresser à eux. Je pense que j’aime ça m’adresser à tout le monde (rires, <i>ndlr</i>). Je vais m’atteler avec la même ferveur à un album pour petits, à un roman pour ados ou à un recueil de poésie pour adultes. Pour moi, c’est le même travail. La job c’est d’être sincère partout et de m’amuser.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Je suis à l’aise avec tout ce que j’ai publié, je n’ai pas honte de rien.</span></p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD : </b> <i>Comment en es-tu arrivé à cette relation de mentorat avec Michel Tremblay?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b> SB :</b> Je ne pourrais pas dire que c’est du mentorat, bon, on a une relation, ça c’est clair. Mon histoire avec Michel est de plein de façons. La première fois que je l’ai vu, j’avais 16 ans je pense, c’était pour une émission de télé. C’était un spécial au Salon du livre et moi j’étais lecteur rémunéré pour La courte échelle. Je recevais les manuscrits et tapuscrits par la poste. Je lisais le roman, puis je devais remplir un questionnaire à l’écrit. Je postais ma réponse et je recevais 25 dollars. Pour moi, c’était vraiment cool. Je me sentais privilégié. Tu vois, ça c’est un mot qui revient beaucoup et ça montre que je suis vraiment reconnaissant. J’aimais ça lire et donner mon avis, je fais encore beaucoup ça aujourd’hui, c’est devenu ma <i>job</i> (rires, <i>ndlr</i>). Donc je suis allé à l’émission et on m’a annoncé sur place que finalement j’étais jumelé avec Michel Tremblay. T’sais, moi je commençais à lire du Tremblay, comme <i>Les Belles-Sœurs</i> et <i>La grosse femme d’à côté est enceinte</i>. Donc je commençais à connaître ça, cet univers, l’œuvre. J’étais ainsi à côté de lui et il avait été très gentil. Je lui avais dit que je voulais publier et il m’avait dit : « Prends ton temps. » Je le trouvais pas «&nbsp;mononcle », mais je me suis dit «&nbsp;de quoi il se mêle lui », mais mon dieu qu’il avait raison. Mais à ce moment-là, à 16 ans, je voulais juste publier. Je suis tellement content d’avoir attendu. Je ne sais pas si je voulais attendre ou si j’ai dû attendre, mais j’ai publié vers 26 ans et quand je l’ai fait, j’étais prêt. Je relis mon premier roman, et bon, il y a certainement des maladresses, mais je ne renie rien. Je suis à l’aise avec tout ce que j’ai publié, je n’ai pas honte de rien. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Après, quand j’ai publié mon premier roman aux éditions Sémaphore, mon éditrice a croisé Michel dans le corridor du Salon du livre et elle lui avait donné une copie en disant « lisez ça ». Il l’a lu et m’a écrit un message magnifique, un courriel.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et c’est à partir de là qu’on a commencé à correspondre. Ensuite, il s’est inscrit sur Facebook et notre relation a continué, mais toujours virtuellement. Un jour, il m’a demandé de lire le tapuscrit de son prochain roman. Maintenant, ça fait des années qu’il me demande ça. Je pense qu’il m’estime beaucoup, d’une part en tant qu’écrivain, je pense que c’est évident, mais en tant que lecteur aussi et ça, ça me fait plaisir. Il me dit souvent que je suis un lecteur exigeant. Il sait que je vais être honnête dans mes commentaires. T’sais, dans un tapuscrit, il n’y a pas eu de travail éditorial encore, donc il y a souvent des incohérences, tout le monde en fait. Donc je les lui relève. Je lui souligne aussi les bons coups! Je pense qu’il apprécie que je sois capable de lui dire vraiment ce que j’en pense. C’est une relation de confiance. Moi, je ne pourrais jamais faire ça, alors que lui, il a au moins dix lecteurs. Kim Thuy fait ça aussi, mais moi ce n’est pas dans ma nature. J’ai tendance à vouloir faire plaisir dans la vie et c’est la pire chose, pour moi, d’accueillir tous les commentaires et de les appliquer. J’ai l’impression que ça me tirerait vers le bas. J’écoute évidemment les conseils de mes directeur.rice.s littéraires. Bref, j’aime cette étape avec Michel. Il se trouve que je l’ai beaucoup <i>interviewé</i> dans des événements, dans des librairies. Ensuite, il m’a invité à manger!</span></p>
<blockquote><p><span class="s2">Je sais que tout le monde trouve que j’écris beaucoup, mais mon temps de création s’amenuise à mesure où je suis demandé.</span></p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s2">Et là, je viens tout juste de rentrer à la même agence que lui, c’est lui qui m’a convaincu. Il a un côté papa, mais il n’est pas paternaliste du tout. Donc par rapport à ça, oui il y a une forme de mentorat, c’est-à-dire qu’il est rassurant. J’ai mon amie Kim Thuy aussi. J’étais avec elle cette semaine et elle me donnait des conseils bienveillants. Et j’espère que c’est la même chose pour Michel. En me faisant signer avec un agent, je sens qu’il veut m’aider à économiser du temps. Je perds beaucoup de temps d’écriture en gérant mes propres affaires. Je sais que tout le monde trouve que j’écris beaucoup, mais mon temps de création s’amenuise à mesure où je suis demandé. C’est le fun, mais le temps d’écriture diminue!</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD :</b> <i>D’où viennent tes idées de base pour tes romans, que je trouve personnellement toutes si originales et nécessaires à aborder?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>SB :</b> Ça vient justement des fois d’une prise de conscience qu’on ne parle pas de ça. Mais surtout, c’est parce que j’ai envie d’en parler. Tant mieux si ça fait qu’il y aura une œuvre qui parlera de ça maintenant. Je pense notamment à une de mes œuvres pour enfants <i>Les monstres en dessous</i> qui parle d’énurésie (faire pipi au lit). C’est un phénomène qui touche énormément d’enfants. C’est pas un sujet séduisant, t’sais. Comme thématique, tu te dis : « Mais non, tu peux pas parler de ça! » Moi je l’ai vécu ce problème-là, je sais c’est quoi l’humiliation que ça représente, de mouiller son lit alors que tu es supposé être propre. Qu’on ait 10 ou 75 ans, on veut garder la dignité. Donc, c’est un sujet que je voulais aborder. Tu as dit le mot nécessaire et c’est exactement ça. Je trouvais ça nécessaire d’avoir un roman qui traite de ça, d’en faire de la littérature. Ce n’est pas juste de traiter un sujet tabou, c’est bien plus complexe que ça. Je veux créer une œuvre. Je ne veux pas parler de quelque chose juste parce que ça n’a pas été abordé avant. Mais tant mieux si ça adonne comme ça, on dirait que ça ajoute à la mission.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Je me dis, tant mieux si mon livre peut faire une fiction qui servira de référence à un enfant qui pourra y trouver une forme de sérénité dans le désastre qu’est de souiller son lit tous les matins. Tu vois, j’ai parlé de ça justement à des enfants de cinquième année ce matin. Il y en a plein qui ont un malaise quand je parle de ça. Mais quand je dis que moi je l’ai fait, parce que je rêvais que j’allais aux toilettes, tout le monde fait des «&nbsp;moi aussi! ». C’est comme si tu donnais le droit aux enfants de le dire. Ça ne se dit pas dans la vie, que tu as souillé ton lit, mais quand quelqu’un comme moi, qui a l’air à l’aise, le dit, ça leur donne le droit. Et tant mieux si on en parle. Qu’on arrête de dire « ouf, ça c’est un sujet qui est glissant ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Par exemple, parler d’homoparentalité, c’est rare. On avait fait la pièce <i>Tout ce que vous n’avez pas vu à la télé</i> qui a très peu roulé, parce qu’une histoire d’amour, de parentalité, d’homoparentalité, ça rebutait les profs qui avaient peur des parents des élèves dans certains cas. Pourtant, je considère que c’est un de mes spectacles les plus aboutis, les plus bouleversants, j’étais très heureux de ça. Et j’ai fait : « Bon, je vais l’écrire en roman. » Ça a donné <i>Le dernier qui sort éteint la lumière</i>. Je pense que c’était une question à laquelle on n’était peut-être pas prêt, je ne sais pas. Mais le roman a un rayonnement très <i>le fun</i>. J’ai trouvé le filon pour raconter l’histoire d’amour, des lettres que les papas donnent à leurs enfants comme un calendrier de l’Avent pour leur anniversaire. On m’en parle beaucoup de ce roman-là, qui est très ludique, très serein, avecbeaucoup de tendresse.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 330px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-32798" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2-330x220.jpg" alt width="330" height="220" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2-850x567.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/01/C-Simon-Boulerice-2.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Alex Paillon</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1">Un autre exemple c’est l’anorexie masculine dans <i>Jeanne Moreau a le sourire à l’envers.</i> C’est un sujet que je connais de l’intérieur et j’avais envie d’aller là-dedans. Je ne voulais pas gratter le bobo, mais je voulais en parler. T’sais quand je parlais d’angle, je voulais justement déplacer ça sur un gars qui est super ouvert, qui est fin, qui a l’air de ne pas avoir de préjugé, mais qui pourtant en a, comme tout le monde. On a tous des préjugés inconscients. Il est ouvert, mais pourtant il ne voit pas la chose évidente : que son frère est anorexique. Dans sa tête, ça ne touche que les filles. Quand j’étais plus jeune, j’en avais parlé à une amie super brillante, mais elle m’avait dit : «&nbsp;Ben voyons Simon ça se peut pas, t’es un garçon. » Ça m’a marqué. T’sais quand on dit qu’un auteur écrit sur ses obsessions. Je me rappelle m’être dit : « Ben voyons qu’elle m’a dit ça, que je tente de m’ouvrir mais qu’elle diminue mon mal-être.&nbsp;» Surtout provenant d’elle. Je pensais que si quelqu’un pouvait comprendre, ce serait elle, mais non. Encore là, c’est l’angle qui m’intéresse. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans <i>Je t’aime beaucoup cependant</i>, je ne voulais pas raconter la disparition de Cédrika </span><span class="s2">Provencher, je voulais raconter les répercussions dans la vie d’une jeune fille qui avait 9 ans quand c’est arrivé, qui était sa meilleure amie. On grandit avec la peur réelle que ça puisse arriver. On ne pense pas à ça, on pense d’abord aux parents, avec raison, mais l’amie de 9 ans… Le nom de ta meilleure amie devient mythique. Au Québec, le nom de Cédrika Provencher, c’est un nom qui est chargé, et ça a dérapé dans des blagues de très mauvais goût. C’est sûr que la vraie meilleure amie, elle a entendu ça. C’est tellement violent. Pour nous, ça devient presque un mythe, alors que quand toi tu l’as connue… Donc encore là, malgré la grande médiatisation de l’événement, c’est le regard que je trouve personnel et qui me plaisait.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD : </b><i>Est-ce que tu te considères comme un écrivain militant pour la cause LGBTQ+?</i></span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Je suis de plus en plus décomplexé, fier et armé et je crie beaucoup plus à l’injustice</span></p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s2"><b>SB : </b> C’est drôle, tu m’aurais posé la question il y a quelques années, j’aurais dit non. Ça s’est fait de façon tout à fait inconsciente, presque organique, c’est-à-dire je n’ai pas forcé quoi que ce soit, j’ai juste pris parole par la fiction, en étant transparent. Je pense que c’est beaucoup par les conférences que j’ai réalisé le poids que ça avait de me pointer devant des jeunes, des ados aussi, d’arriver avec une transparence et de parler soit de mon amoureux, soit de mes questionnements, de l’intimidation que j’ai vécue. J’en parle ouvertement, je pense que c’est <i>le fun</i> d’avoir quelqu’un avec un parcours de vie réel devant toi qui te dit qu’il en a bavé lui aussi. Ce qui m’a sauvé, c’est que j’ai toujours été convaincu que les belles choses arriveraient. J’ai été un optimiste d’emblée dans la vie. Mais il y a plein de gens qui n’ont pas cette croyance, qui pourraient me ressembler, c’est-à-dire qu’ils ont des moments difficiles mais qui n’ont pas la conviction que les choses vont se régler. J’avais cette espèce de foi en l’avenir. Et les belles choses sont venues en effet. Je me considère fondamentalement épanoui dans la vie, je suis dans une grande sérénité. J’abrite toute cette enfance-là, toute croche et stigmatisée, à ma façon.</span></p>
<blockquote><p><span class="s2">J’abrite toute cette enfance-là, toute croche et stigmatisée, à ma façon.</span></p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Donc, même si je ne suis pas du tout l’archétype du militant, je dirais que oui, je le suis, dans ma fiction et dans mon rapport direct en conférence. J’ai longtemps fantasmé à l’idée d’avoir des enfants, une famille, mais mon chum n’en veut pas et à mon âge, j’ai fini par accepter que je n’en aurai pas. Ma transmission s’effectue autrement. Je suis de plus en plus décomplexé, fier et armé et je crie beaucoup plus à l’injustice qu’avant, et pas que pour la question LGBTQ+, mais pour celle des femmes beaucoup. J’utilise aussi la tribune qu’on me donne. Par exemple, pendant ma chronique à <i>Cette année-là</i>, je me permets de parler de théâtre jeunesse et de littérature jeunesse, à la télé, un samedi soir. Ça ne se fait pas ça, normalement. Donc pour moi, ça c’est aussi du militantisme, de profiter de ces tribunes-là. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD : </b><i>Pour assouvir ma curiosité, pourrais-tu nous dire si tu as </i></span><span class="s1"><i>un autre roman en route, un </i></span><span class="s1"><i>autre projet?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>SB : </b>J’en ai toujours plein, des projets. J’écris beaucoup pour l’émission jeunesse <i>Passe-Partout</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>en ce moment, alors les projets avancent tous pas vite. Quand je publie, j’ai une liberté. Je propose quand je suis prêt, je n’aime pas ça être attendu. Mais, dans le lot, il y en a un qui se concrétise. Il y a une pièce qui sera présentée cet été. Elle n’est pas finie encore, c’est une création, mais elle est avancée quand même. C’est une pièce que j’avais abandonnée parce que je ne savais plus comment la raconter. C’est inspiré d’un fait divers. C’est une maison qui est infestée de mérule pleureuse, un champignon qui s’attaque à la fondation de la maison. Cette famille-là avait dû brûler toute la maison et tout ce qu’elle contenait. C’est brûler des souvenirs, tout ce qui est en cellulose, comme les livres, les vêtements et les photographies. C’est presque tout. Je trouvais ça hyper théâtral quand j’ai vu ça dans les faits divers. Donc ma prémisse, c’est une famille qui entre par effraction dans sa propre maison barricadée, pour célébrer une dernière journée, pour commémorer sa vie dans cette maison-là. Moi, je pense que les maisons ont une âme. Cette pièce, je l’avais mise de côté parce qu’elle ne prenait pas la forme que je voulais, mais là je suis en train de la réinventer complètement. C’est une pièce de femmes, avec une grande tante, la mère et ses deux filles. C’est donc une pièce sur la fratrie, bon j’ai envie de dire la sororité (rires, <i>ndlr</i>). J’aime avoir un titre de travail, et donc j’avais entendu un vers et je m’étais dit que ma pièce s’appellerait comme ça : « Il n’y a plus d’amour. » Où l’amour ici, c’est la maison. Mais en fait il y en a de l’amour, c’est la famille.</span></p>
<p class="p7"><span class="s5"><b>Suggestions de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>lecture:</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s6">1- <i>Je suis une mouette (non ce n’est pas ça)</i> (Serge Denoncourt d’après la pièce d’Anton Tchekhov)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">2<i>-Les Belles<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Soeurs </i>(Michel Tremblay)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">3<i>-Les Jérémiades</i> (Simon Boulerice)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">4-<i>Jeanne Moreau a le sourire à l’envers </i>(Simon Boulerice)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">5- <i>Danser a capella</i> (Simon Boulerice)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">6- <i>Géolocaliser l’amour</i> (Simon Boulerice)</span></p>
<p class="p1"><span class="s6">7- <i>Moi aussi j’aime les hommes</i> (Simon Boulerice et Alain Labonté)</span></p>
<p class="p1">8- <i>L’enfant mascara</i> (Simon Boulerice)</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/01/15/jai-envie-de-nommer-ma-verite/" data-wpel-link="internal">« J’ai envie de nommer ma vérité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le clip de rap:  remettre la marge au centre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/le-clip-de-rap-remettre-la-marge-au-centre/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/le-clip-de-rap-remettre-la-marge-au-centre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[D'johé Kouadio]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Nov 2018 19:33:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Rap]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Les clips de rap sont une participation à la construction d’un nous dans lequel se retrouver et se protéger. »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/26/le-clip-de-rap-remettre-la-marge-au-centre/" data-wpel-link="internal">Le clip de rap:  remettre la marge au centre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’on habite à Montréal, Pointe-à-Pitre ou Abidjan, il est intéressant de remarquer que la prison, c’est la marge de l’espace urbain. Les établissements pénitentiaires sont la plupart du temps construits en périphérie des villes, loin des centres économiques, politiques et culturels. Loin, parce que ces bâtiments imposants de pierres et de barbelés, où le taux de suicide est plus élevé que partout ailleurs, feraient tache au milieu d’une métropole dynamique. L’agencement d’une ville est souvent révélateur du schéma de pensée qui la construit, qui l’organise, qui la dirige. Les prisons loin des villes, mais pas vraiment hors de celles-ci. Sous un contrôle total, mais hors de la vue de ceux qui ignorent jusqu’à son existence. De plus, la prison, ce n’est pas que cette clôture en bordure de la Cité. Pour se remplir, et maintenir un ordre souvent discriminant, elle se dote d’un attirail de contrôle au faciès et d’interpellations abusives qui enferment jusqu’en bas des immeubles de certains quartiers. Dommage pour l’ordre établi, le contrôle des individus implique toujours des stratégies de résistance. Et si l’on enferme et cache celles et ceux que l’État juge comme indésirables, les familles, les proches, et celles et ceux qui sortent, pas toujours indemnes de cette expérience carcérale, tentent parfois de briser le silence et de remettre au centre ce que l’on préfère laisser hors des frontières d’une conception étriquée et manichéenne de la justice.</p>
<p><strong>«&nbsp;Au chtar faudra faire évader tes rêves&nbsp;» – Testament, Rohff</strong></p>
<p>Ainsi, on peut considérer que le rap fait partie de ces nombreuses stratégies de résistance et persiste à formuler des critiques virulentes à l’encontre de ces rapports de classe, de race et de genre qui façonnent aujourd’hui le phénomène d’incarcération de masse. D’autant plus que c’est un phénomène qui régit la plupart des sociétés et concerne en grande majorité les jeunes hommes racisés et pauvres.</p>
<p>Les clips de rap, qui grâce à l’évolution des moyens technologiques se rapprochent progressivement des productions cinématographiques, participent à ce potentiel protestataire en représentant à l’écran (souvent via la plateforme YouTube) les portraits d’une jeunesse précarisée, racisée et marginalisée, notamment par la criminalisation. Contrairement aux pratiques cinématographiques classiques, le rap et ses productions vidéos sont un domaine artistique totalement investi par la jeunesse issue de minorités postcoloniales, défiant ainsi les représentations stéréotypées qu’elle subit dans les œuvres les plus médiatisées.</p>
<p>C’est un moyen pour cette marge que sont les jeunes individus descendants des personnes déportées de force lors de la traite ou des migrants postcoloniaux de remettre leurs expériences de la société occidentale au cœur des productions artistiques, et donc de se représenter eux-mêmes. Ces expériences sont souvent ponctuées par une forme de harcèlement de la part des forces de l’ordre et une stigmatisation par les représentants de la justice. Aussi, c’est ce qui peut expliquer la réticence des médias dominants (chaînes de télévision et radio les plus écoutées) à diffuser ces projets et parfois à justifier la censure de certaines images. Le clip de rap possède, de manière presque inhérente, une dimension de contestation puisqu’il met en image une partie de la société invisibilisée. Le clip du rappeur Dinos sorti en mars dernier, par exemple, Les pleurs du mal, met en scène des jeunes hommes et femmes originaires de la Courneuve, en larmes, palliant ainsi à la faible représentation d’individus racisé·e·s sensibles, ému·e·s, pouvant incarner d’autres personnages que des «&nbsp;petits délinquants&nbsp;». Le clip de rap, en s’imposant au cœur d’une culture artistique populaire tant symboliquement que physiquement, peut même parfois — et c’est le reflet de l’hostilité des autorités publiques à toute forme d’art contestataire — conduire ses réalisateurs en prison. &nbsp;L’artiste rappeur Sofiane, âgé de 31 ans, était jugé en janvier dernier par le tribunal correctionnel de Bobigny en France pour entrave à la circulation après avoir tourné les clips de «&nbsp;Toka&nbsp;» et «&nbsp;Pégase&nbsp;» sur la voie publique sans autorisation.</p>
<p><strong>Mise en image des histoires de lutte</strong></p>
<p>Le rap accorde une place particulière à l’histoire et à la mémoire des violences répressives subies par les minorités. On pourrait citer une infinité de titres en exemple, dont le sujet principal est la commémoration d’événement d’un passé colonial douloureux («&nbsp;Chez moi&nbsp;» de Casey, «&nbsp;17 octobre&nbsp;» de Médine…). Mais au-delà d’être un sujet récurrent, la dénonciation des violences punitives infuse l’ensemble de la culture du rap. Des références à la colonisation, à l’esclavage, à l’histoire de la répression policière, on en découvre toujours au détour d’une strophe dans un morceau. Et en effet, la mémoire, comme le dit Suzanne Citron, est un «&nbsp;terrain de lutte particulier&nbsp;», que la culture du rap a totalement investi et qui lui donne en partie son caractère contestataire.</p>
<p>Aussi, la vidéo, les images se révèlent être des outils importants dans cette lutte puisque les combats de la mémoire reposent souvent sur des processus d’invisibilisation, de rejet et d’oubli. C’est ce que Benjamin Stora démontre dans son ouvrage La gangrène et l’oubli (1991), sur la mémoire de la guerre d’Algérie. La réponse formulée à cette condition minoritaire des classes populaires racisées est ainsi de relier des histoires de lutte à l’actualité des révoltes dans les quartiers populaires, mettant ainsi en parallèle des images d’archives de la colonisation dans les anciens empires français et britanniques ou des mouvements pour les droits civiques en Amérique du Nord avec du contenu contemporain. Car ce qui fait la particularité de cette pratique, c’est qu’elle n’est pas que récit d’un passé révolu. Elle est aussi une mise en image d’une violence qui persiste, car elle est dissimulée. Dans le clip Milles et une vies, de Lino, il est fait référence en images aux décès de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, en octobre 2005, électrocutés dans l’enceinte d’un poste électrique dans lequel ils s’étaient réfugiés pour échapper à un contrôle de police. Mettre en scène et en mots leur histoire, c’est aussi dire l’importance de s’insurger contre les violences policières contemporaines.</p>
<p><strong>Pour un «&nbsp;nous&nbsp;» postcolonial</strong></p>
<p>Les clips de rap sont une participation à la construction d’un nous dans lequel se retrouver et se protéger, et dont le narrateur allégorique de «&nbsp;Milles et une vies&nbsp;» est l’incarnation. Il a connu la prison, la guerre, les violences policières, l’esclavage et finalement, il est la mémoire postcoloniale.</p>
<p>Dans sa Grammaire pour une dénonciation réussie, Boltanski décrit une structure ternaire des acteurs de la mémoire&nbsp;: le narrateur, affecté par son récit individuel, le monde, influencé par l’accumulation de ces récits, et les proches. Qui sont-ils, ces proches? Selon Paul Ricoeur, ce sont «&nbsp;ceux qui m’approuvent d’exister et que j’approuve d’exister&nbsp;». Construire ce nous postcolonial, c’est reconnaître ses proches afin de se renforcer pour sortir de la marge, pour devenir visible. Et c’est à ce processus que participe la constitution de la culture hip-hop et donc la réalisation de clip, la mise en image de souffrances, mais aussi de moments heureux, de combats et d’instants du quotidien.</p>
<p>Certes, apprécier le rap, ce n’est plus uniquement participer à un élan de révolte. Celui qui est devenu un des genres musicaux les plus écoutés du monde francophone a toujours été aussi synonyme de divertissement, de danse et de commerce. En 2018, ce que les commentateurs du genre aiment à nommer le «&nbsp;rap de iencli&nbsp;» pour désigner un rap embourgeoisé qui serait plutôt fait par et pour des personnes privilégiées, attirées par la culture hip-hop, connaît son apogée. Dans le même temps, il semble de plus en plus nécessaire de replacer le rap et le hip-hop dans ce qu’ils ont de politique, car la violence raciste et classiste, elle, dont la répression carcérale est le pendant, n’est définitivement pas dépassée.<br>
[police2018menu]</p>
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		<title>Cahier de Créations – Automne 2018</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/18/cahier-de-creations-automne-2018/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Evangéline Durand-Allizé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Nov 2018 20:18:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe autant de figures de l’«&#160;artiste&#160;» que d’artistes eux·elles-mêmes. Pourtant, à chaque époque lui correspond un mythe, une figure, et une panoplie de stéréotypes collant à sa peau. Le mythe contemporain est aisément décelable. Il suffit de nous rappeler toutes les fois ou nous avons rassemblé dans un même sac l’immense variété des individus&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/18/cahier-de-creations-automne-2018/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Cahier de Créations – Automne 2018</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe autant de figures de l’«&nbsp;artiste&nbsp;» que d’artistes eux·elles-mêmes. Pourtant, à chaque époque lui correspond un mythe, une figure, et une panoplie de stéréotypes collant à sa peau. Le mythe contemporain est aisément décelable. Il suffit de nous rappeler toutes les fois ou nous avons rassemblé dans un même sac l’immense variété des individus qui se retrouvent dans la création, par cette simple phrase: «&nbsp;Ah, tu sais, les artistes…»</p>
<p>Dans ce cahier, nous avons voulu donner la voix à sept jeunes artistes amatrices et amateurs, hors du système institutionnel de l’art contemporain. Nous avons posé à chacun·e les cinq même questions, les interrogeant sur leur expérience de création personnelle autant que sur leur conception plus générale de ce qui se cache sous le terme «&nbsp;artiste&nbsp;»..</p>
<p>Leurs réponses, preuves de la multiplicité de leurs intentions et de leurs rapports à l’art, sont à l’image de la variété inépuisable de la créativité.</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Rédaction et direction du cahier</strong></p>
<ul style="text-align: left;">
<li>Evangéline Durand-Allizé</li>
</ul>
<p style="text-align: left;"><strong>Mise en page</strong></p>
<ul style="text-align: left;">
<li>Grégoire Collet</li>
</ul>
<p style="text-align: left;"><strong>Couverture</strong></p>
<ul>
<li style="text-align: left;">Evangéline Durand-Allizé</li>
</ul>
<p><strong>Artistes présenté·e·s (ordre alphabétique)</strong></p>
<ul>
<li>Joachim Dos Santos</li>
<li>Justin Fluenza</li>
<li>May Hobeika</li>
<li>Louise Hourcade</li>
<li>Valentina Leoni</li>
<li>Béatrice Malleret</li>
<li>Arno Pedram</li>
</ul>
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		<title>Nas Daily, invité spécial du Réseau de Ressources Arabes pour étudiant·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/18/nas-daily-invite-special-du-reseau-des-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-arabes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Astrid Delva]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Oct 2018 16:04:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le samedi 13 octobre, le célèbre bloggeur Nas Daily, de son vrai nom Nuser Yassin, était de passage à Montréal pour tourner une vidéo au Québec. Créateur de vidéos d’une minute par jour sur Facebook, Nas Daily voyage à travers le monde pour faire découvrir des pays inconnus du grand public et souvent peu représentés&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/18/nas-daily-invite-special-du-reseau-des-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-arabes/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Nas Daily, invité spécial du Réseau de Ressources Arabes pour étudiant·e·s</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le samedi 13 octobre, le célèbre bloggeur Nas Daily, de son vrai nom Nuser Yassin, était de passage à Montréal pour tourner une vidéo au Québec. Créateur de vidéos d’une minute par jour sur Facebook, Nas Daily voyage à travers le monde pour faire découvrir des pays inconnus du grand public et souvent peu représentés par les médias de masse.</p>
<p><strong>Un contexte politique sous tension</strong></p>
<p>L’intervention de Nas Daily a d’abord été précédée par celle du président du Réseau des Ressources Arabes pour étudiant·e·s, Karim Atassi, qui a insisté sur la nécessité de garder en tête le mandat non-politisé du Réseau mais toutefois, il a précisé que toutes les questions même politiques étaient possibles si elles étaient posées dans le respect et l’inclusivité. La veille, l’association mcgilloise **<em>McGill Students In Solidarity For Palestinian Human Rights</em>** avaient boycotté sur les réseaux sociaux la venue du bloggeur à Montréal, «&nbsp;<em>un individu qui normalise de manière active l’apartheid israélien et efface la réalité des Palestiniens</em>&nbsp;» selon leur communiqué. Le groupe souhaitait manifester devant le lieu de la rencontre mais affirmant qu’une sécurité policière était ordonnée, avait annulé la manifestation. De plus, l’association avait déclaré que leurs « <em>tentatives dans la construction d’un dialogue sain avec le Réseau de Ressources Arabes pour étudiant·e·s n’ont pas été productives</em> ».&nbsp;Le Réseau des Ressources Arabes a tenu à clarifier la situation : la police n’était pas présente sur place et malgré les «&nbsp;<em>messages de haine »&nbsp;</em>provenant de l’Association, ils souhaitaient rester fidèles au mandat non politisé du service offert à tous·tes les étudiant·e·s du campus. Nas Daily a accepté de répondre aux questions, qu’elles soient politiques ou non.</p>
<p><strong>Un parcours peu commun</strong></p>
<p>Nas Daily est l’aventure de Nuser, un Palestinien d’origine né en Israël et faisant partie des deux millions d’Arabes dans un pays majoritairement juif. Il obtient une bourse pour aller étudier à l’université Harvard à vingt ans et devient ingénieur informaticien à New York. Après avoir travaillé un an, il décide de quitter son travail et part au Canada. Il réalise alors qu’il a déjà consommé 24% de sa vie sans avoir accompli quelque chose qui lui tenait à cœur. C’est alors que l’idée de filmer une vidéo tous les jours lui vient en tête et il ses débuts sont compliqués&nbsp;: «&nbsp;<em>Pendant les 200 premiers jours, personne ne regardait mes vidéos</em>&nbsp;».</p>
<p>Au moment où il commence à perdre espoir, une vidéo qui donne des astuces pour voyager à bas prix en Thaïlande explose sur les réseaux&nbsp;: il découvre comment plaire aux utilisateurs de Facebook avec un script en anglais simple et universel pour attirer les gens qui parlent à peine l’anglais, comme sa mère, une vidéo d’une minute et des sujets originaux dont peu de gens parlent. Dès lors, Nas se rend dans des pays inconnus des médias de masse ou vus sous un angle occidental comme les Philippines, la Malaisie et le Sri Lanka, notamment pour détruire les idées reçues véhiculées. Il dit d’un ton convaincu&nbsp;: «&nbsp;<em>le monde est bien plus sécurisé que l’on pense</em>&nbsp;». Il aime particulièrement rencontrer des personnes avec une histoire hors norme et une expérience peu commune, mais il refuse de «&nbsp;<em>capitaliser sur la souffrance de quelqu’un</em>&nbsp;» pour faire des vues sur sa plateforme Facebook.</p>
<p>Nas est exigeant envers lui-même&nbsp;: il réalise une vidéo par jour, peu importe les évènements. Il avoue avoir travaillé même le jour où son père était opéré en Jordanie, ou en période de deuil. Son rythme de vie est intense car il change de pays presque toutes les semaines&nbsp;: «&nbsp;<em>Je ne suis pas aussi heureux que les gens le pensent</em>&nbsp;» faisant allusion aux sacrifices qu’il a dû faire pour réussir. Il compte d’ailleurs s’arrêter au bout des mille jours de vidéos pour se concentrer sur des nouveaux contenus. Il avoue sans mentir&nbsp;: «&nbsp;<em>Je suis aussi perdu qu’à l’université, personne n’est jamais sûr de ce qu’il va faire dans sa vie</em>&nbsp;».</p>
<p><strong>Les problématiques politiques</strong></p>
<p>Beaucoup d’étudiant·e·s s’interrogent sur son identité et ses positions quant au conflit israélo-palestinien. Nas se considère comme éloigné des croyances religieuses, bien qu’il soit né dans une famille de confession musulmane, et il regrette que le simple fait de prononcer le mot Israël attise autant de haine au Moyen-Orient. Il ne regrette pas sa vidéo sur son voyage là-bas et aimerait inciter les gens à voyager dans les pays victimes de préjugés à cause de la situation économique et politique afin de se faire leur propre opinion. C’est la raison pour laquelle il a décidé de mettre en location gratuite un appartement sur le site AirBnB en Israël, pour donner aux gens l’opportunité d’y voyager.</p>
<p>Étant de nationalité israélienne, il avoue que c’est une chance et un problème à la fois&nbsp;: il peut voyager dans de nombreux pays comme Singapour mais il est interdit d’entrée sur le territoire de vingt pays dans le monde, comme l’Iran, où il peut perdre sa nationalité s’il s’y rend, ou encore le Bangladesh et le Pakistan. Son statut d’Israélien l’a aussi discrédité auprès de certains qui pensent qu’il trahit la cause palestinienne et il aimerait que plus de gens soient «&nbsp;<em>modérés et nuancés&nbsp;</em>». Une autre polémique qui lui a attiré les foudres des extrémistes est une vidéo qu’il a faite lors de son voyage en Malaisie, où il a rencontré une jeune femme de confession musulmane qui souhaitait retirer le hijab, et montrait les stigmas qui existent autour des dogmes religieux. Enfin, lors de son voyage en Inde, il s’est marié dans une cérémonie traditionnelle indienne, ce qui a provoqué des réactions virulentes sur la question de l’appropriation culturelle. Son conseil sur les commentaires négatifs est tout simplement de les ignorer pour ne pas leur donner de légitimité.</p>
<p>La conférence s’achève sur une séquence vidéo où Nas Daily et&nbsp;les étudiant·e·s partagent le champ de la caméra. Ce jour-là, Nas dévoile finalement le sujet de sa vidéo sur le Québec, qui sera l’accès gratuit à la santé et son impact sur la vie des femmes et des enfants.</p>
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		<title>La CAQ et ses gaffes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/la-caq-et-ses-gaffes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Amanda Fakihi]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 15:10:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En multipliant les couacs, la CAQ ne fait que trébucher.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s1">ans contredit, depuis le début de la campagne électorale,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>la question de l’immigration et de la capacité d’intégration divise les partis politiques. Celui qui en a fait son principal cheval de bataille est incontestablement François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). Rappelons ses principales prises de position au sujet de l’immigration&nbsp;:&nbsp;</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Alors que notre province a ouvert ses bras à près de 52 000 nouveaux arrivants, François Legault promet d’abaisser le seuil d’immigration à 40 000. Pour ce faire, il affirme vouloir diminuer de 20% le nombre d’arrivants dans les trois catégories d’immigrants, soit l’accueil des réfugiés, le regroupement familial et l’immigration économique.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il souhaite également soumettre les nouveaux arrivants à un test de connaissances du français et des valeurs québécoises, trois ans après leur arrivée, comme condition d’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ).</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Quand le sage désigne la lune…</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Alors que Legault nous sermonne le même refrain sur l’immigration en évoquant la crainte que «&nbsp;nos petits-enfants ne parlent plus français&nbsp;», il ne fait que trébucher lorsqu’il est question d’expliquer clairement le processus d’immigration au Canada. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Primo, le 15 septembre, lors d’un point de presse, alors qu’un reporter lui a posé une question portant sur l’obtention de la citoyenneté, il a répondu avec hésitation que cela prenait «&nbsp;quelques mois&nbsp;» pour un résident permanent de devenir citoyen canadien. Or, au moins trois ans sont requis au cours des cinq années précédant le dépôt de la demande. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Secundo, il semble oublier — ou plutôt ignorer — que la catégorie de la réunification familiale et celle des réfugiés relèvent de la compétence exclusive du gouvernement fédéral. Par ailleurs, rappelons que le dossier des réfugiés est géré par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, un tribunal indépendant et de juridiction fédérale. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Tertio, qu’adviendra-t-il des immigrants qui échouent les tests de français et de valeurs québécoises? Selon Legault, ils seront en situation irrégulière sur le sol québécois. Mais le chef caquiste peinait à comprendre — jusqu’à son réveil récent — est que le Québec ne dispose pas de l’autorité pour expulser les sans-papiers&nbsp;: seule l’Agence des services frontaliers du Canada a compétence en matière de renvois des illégaux. Legault promet alors de négocier avec Ottawa en martelant que Justin Trudeau «&nbsp;n’aura pas le choix d’accepter les propositions du Québec&nbsp;» en vue des élections fédérales en 2019. Difficile d’imaginer Trudeau acquiescer aux demandes de Legault, lui qui souhaitait la bienvenue au sol canadien «&nbsp;à ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre » au lendemain de l’adoption du décret signé par Donald Trump, interdisant aux citoyens de sept pays de mettre les pieds aux États-Unis.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Doit-on pardonner à Legault de ne pas gagner «&nbsp;Génies en herbe&nbsp;»?</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Non. C’est assez consternant de voir un candidat qui aspire à occuper le poste de Premier ministre faire de la baisse de l’immigration l’une de ses mesures phares, et ne pas se soucier de maîtriser ou non le «&nbsp;b.a.-ba&nbsp;» de ce dossier. Cette incompétence témoigne malheureusement d’un manque d’intérêt vis-à-vis un sujet aussi délicat et important que l’immigration. Alors </span><span class="s2">que les Québécois et Québécoises ont soif de changement et que la CAQ mène toujours dans les sondages, ces premiers seraient-ils prêts à remettre leur avenir entre les mains d’un parti aussi incohérent que la CAQ?<span class="Apple-converted-space">&nbsp;&nbsp;</span></span></p>
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		<title>Rencontre avec Culture</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/rencontre-avec-culture/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[ArtsCulture]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Sep 2018 15:57:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bienvenue dans la section Culture! Accroche bien tes yeux et ta ceinture, car le voyage ne sera pas de tout repos. Au péril des idées reçues, nous t’embarquons dès maintenant sur la route de la découverte de l’art montréalais et québécois. Et rappelle-toi, ce qui compte, c’est le chemin, pas l’ar(t)rivée… Dans ces pages, tu&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/rencontre-avec-culture/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Rencontre avec Culture</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Bienvenue dans la section Culture! </b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Accroche bien tes yeux et ta ceinture, car le voyage ne sera pas de tout repos. Au péril des idées reçues, nous t’embarquons dès maintenant sur la route de la découverte de l’art montréalais et québécois. Et rappelle-toi, ce qui compte, c’est le chemin, pas l’ar(t)rivée…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans ces pages, tu trouveras chaque semaine une fourmillère de créations; une prose endiablée, des accords sous tension, des photos pour résolution, des idées qui se heurtent et s’écoutent, des arts en veux-tu en voilà (et on sait que tu en veux). Au rythme des collages, des peintures, des rimes pigmentées, des compositions de lignes et de sons, nous te proposerons aussi des entrevues de gens dangereusement passionnants, des suggestions et avis sur l’actualité culturelle montréalaise, des brouillons, des esquisses de pensées, des textes, comme celui-ci, tentant des envolées sans voler bien haut. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et puis surtout, il y aura toi. On l’espère. De l’art, des projets, des critiques et des opinions, des témoignages et des idées: tout est bon à nous confier. Au <i>Délit</i>, et dans cette section tout particulièrement, nous avons à coeur de promouvoir les jeunes talents, et c’est avec un plaisir réel que nous t’écouterons et te publierons. Chaque semaine, nous attendrons tes écrits, tes dessins animés ou tes natures mortes, tes vidéos, tes photos et toutes les créations qui te font vivre et nous font exister. Chaque semaine aussi, nous te proposerons des sujets, te donnerons l’occasion de rencontrer des artistes en tous genres. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans notre agenda polyphonique, nous inscrivons d’autres objectifs. Parmi eux, celui de faire vivre la francophonie, et faire entendre les voix de toutes celles et ceux qui la représentent. Car la francophonie et l’art sont autant de manières de promouvoir l’inclusivité sur notre campus, de célébrer le patrimoine culturel québécois et d’étayer l’effervescence de sa créativité. Alors, ami·e francophone, n’hésite plus : <b>voici ton micro</b>.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour contribuer, c’est très simple: il te suffit de nous contacter directement à </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">artsculture@delitfrancais.com. </span></p>
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		<title>Les partis à l’écoute de la jeunesse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/08/23/les-partis-a-lecoute-de-la-jeunesse/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Milette-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Aug 2018 16:43:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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		<category><![CDATA[coalition avenir quebec]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[polqc]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Institut du Nouveau Monde organise le Dialogue jeunesse où les chef·fe·s ont répondu à des questions soumises par des jeunes. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/08/23/les-partis-a-lecoute-de-la-jeunesse/" data-wpel-link="internal">Les partis à l’écoute de la jeunesse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi 17 août &nbsp;avait lieu le premier Dialogue jeunesse des chefs, un évènement rassemblant les quatre chef·fe·s des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale. Cette soirée, animée par le directeur du quotidien <em>Le Devoir</em>&nbsp;Brian Myles, a été organisée conjointement par l’Institut du Nouveau Monde (INM) et <em>Le Devoir</em>. Le tout a eu lieu au pavillon Hall de l’Université Concordia.</p>
<p>Environ 700 personnes étaient présentes pour assister à l’évènement, dont 400 faisant partie de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, qui avait pour thème «Deux millions à changer le monde», en référence au poids démographique des 18–35 ans, qui représentaient 28% de l’électorat québécois en 2018.</p>
<p><strong>Questions-réponses</strong></p>
<p>La soirée n’était pas axée sur des échanges directs entre les chef·fe·s, mais plutôt sous un format «questions-réponses». L’animateur Brian Myles a pigé 20 questions parmi celles qui avaient été préalablement soumises par des jeunes des quatre coins du Québec, chaque question étant adressée à un·e seul·e des quatre chef·fe·s, de façon aléatoire. Étaient présent·e·s le premier ministre Philippe Couillard du Parti Libéral du Québec (PLQ), Jean-François Lisée du Parti Québécois (PQ), François Legault de la Coalition Avenir Québec (CAQ) ainsi que Manon Massé de Québec solidaire (QS).</p>
<p>Les questions ont été précédées d’un discours d’introduction livré par Julie Caron-Malenfant, directrice générale de l’INM, ainsi que d’une allocution d’ouverture de chacun·e des chef·fe·s.</p>
<p>Les sujets abordés par les questions étaient variés, passant de l’indépendance du Québec à l’évasion fiscale, de la protection du français aux cryptomonnaies ou encore au bonheur de la population.</p>
<p><strong>Économie et santé </strong></p>
<p>Le thème ayant suscité le plus de question était sans doute celui de l’économie. François Legault a répondu à des questions concernant le fardeau financier du vieillissement de la population et l’inclusion économique des jeunes. Le chef de la CAQ a mis en avant l’importance de l’éducation en rappelant le plus faible taux de diplomation d’études secondaires du Québec en comparaison avec l’Ontario. Il a également proposé le dépistage des troubles d’apprentissage dès l’âge de trois ans.</p>
<p>Pour sa part, Jean-François Lisée a dû répondre à des questions concernant les achats étrangers d’immobilier local ainsi que la gestion des mines de cryptomonnaies. Le chef du PQ s’est dit à l’affut de situations comme celle prévalant en Colombie-Britannique ou en Ontario, où la valeur des logements a fortement augmenté durant les dernières années, et s’est dit prêt à imposer des limites, si nécessaire. Il a également mis en garde contre l’achat étranger de terres agricoles.</p>
<p>Manon Massé a répondu à des questions concernant l’évasion fiscale ainsi que le Fonds des générations. La co-porte-parole de QS a mentionné la possibilité de taxer le commerce en ligne, évalué à 700 millions de dollars par année, et a déclaré que l’indépendance permettrait au Québec de posséder tous les leviers&nbsp; en ce qui a trait aux «lois complaisantes». Pour ce qui est du Fonds des générations, Manon Massé a plutôt mis l’accent sur l’importance de gérer la&nbsp;«dette environnementale».</p>
<p>«Si dans 30 ans il n’y a plus de planète, il n’y a plus de dette!» s’est-elle exclamée.</p>
<p>De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a surtout eu l’occasion de s’exprimer sur la santé, notamment avec une question concernant le salaire des médecins et les conditions de travail des infirmières. Une autre question portait sur la santé mentale des étudiants post-secondaires. Le chef du PLQ a mis l’accent sur un financement concret et soutenu des services de premières lignes et a mentionné un projet visant à réduire le temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières tout en se gardant d’aborder le salaire des médecins. De plus, il s’est engagé à mettre en place une politique nationale en matière de santé mentale pour les étudiant·e·s de niveau post-secondaire.</p>
<p><strong>Désaccord sur la francisation&nbsp;</strong></p>
<p>Le thème de l’immigration et de l’inclusion est celui qui a provoqué le plus de réactions au sein de l’assistance. En effet, interrogé sur le déclin du français au Québec, François Legault a mis l’accent sur l’importance de la francisation des immigrant·e·s tout en évoquant la possibilité de ne pas accorder la citoyenneté aux immigrant·e·s échouant un test de français après trois ans. Une partie de la foule a immédiatement répondu sous forme de huées, si bien que l’animateur Brain Myles a dû appeler au respect après la question. La mesure a également été dénoncée par les trois autres chef·fe·s en point de presse après l’évènement.</p>
<p>Sous ce même thème, Philippe Couillard a dû s’exprimer sur la question de la reconnaissance des diplômes étrangers et l’inclusion professionnelle des immigrants. Il a eu l’occasion de critiquer indirectement l’approche du chef caquiste en préconisant plutôt l’apprentissage du français sur le lieu de travail. Il a également proposé la mise en place d’un commissaire à l’accès à la profession pour favoriser l’accès aux ordres professionnels aux nouveaux·elles arrivant·e·s.</p>
<p><strong>Les réactions au débat</strong></p>
<p>La soirée a gardé un ton plutôt convivial, voire décontracté, à l’approche du déclenchement officiel des élections, les intervenant·e·s se permettant des blagues à plusieurs occasions.</p>
<p>Questionnée par <em>Le Délit</em>, Manon Massé a exprimé un avis positif sur la soirée. «Premièrement, ils [les jeunes] ont entendu les partis parler de leurs propositions et non pas [des adversaires]. Ça, c’est déjà une dimension très positive. Pour moi, la formule est vraiment à refaire puisque qu’elle nous oblige, nous les leaders de parti, à se laisser interpeller par les préoccupations de ceux et celles qui font le monde et qui vont le faire dans le futur», a‑t-elle expliqué au <em>Délit</em>.</p>
<p>De son côté, Jean-Martin Aussant, candidat du Parti Québécois et fondateur du défunt parti souverainiste Option nationale, maintenant fusionné avec Québec solidaire, s’est également exprimé en faveur de ce genre de soirée. «Chaque débat, surtout ceux-ci, où il y a tous les de parti réunis, des médias et des étudiants, est important pour faire connaître les plateformes de chaque parti, parce que je pense qu’un des maux modernes des élections, c’est que les gens votent souvent sans avoir une idée du contenu de chaque plateforme, ils votent sur des impressions, des sondages, etc. […] C’est la première édition, mais il faut que ça devienne une tradition», s’est-il exprimé au <em>Délit</em>.</p>
<p>Si l’évènement a reçu généralement des accueils positifs de la part des chef·fe·s invité·e·s, tou·te·s n’étaient pas ravi·e·s par l’organisation de la soirée. En effet, une vingtaine de manifestant·e·s du Parti Vert du Québec étaient présent·e·s pour critiquer la non-invitation de leur parti et de leur chef Alex Tyrell.</p>
<p>«Au Parti Vert du Québec, on est le parti avec le plus grand pourcentage de jeunes candidats et candidates de tous les partis au Québec. J’ai moi-même, comme chef de parti, 30 ans. Et donc, d’exclure le parti qui représente tellement bien la jeunesse d’une conversation autour des enjeux jeunesse, on trouve que c’est complètement ridicule.» a déclaré M. Tyrell au <em>Délit</em>.</p>
<p>La campagne électorale est officiellement déclenchée aujourd’hui le 23 août.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Oudin-Filipecki]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jul 2018 15:36:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
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		<category><![CDATA[Top]]></category>
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		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[agressions sexuelles]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[SSMU]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon une information diffusée par CBC, un professeur de la Faculté des Arts de l’Université McGill a décidé d’intenter un procès à Sarah Abdelshamy, étudiante mcgilloise, ainsi qu’au Professeur Pasha M. Khan, directeur des programmes de premier cycle de l’Institut d’études islamiques de McGill pour un montant de 600 000 dollars. Pr. Ibrahim se dit&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/" data-wpel-link="internal">Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Selon une <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/mcgill-university-professor-lawsuit-student-colleague-1.4733954" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">information diffusée par CBC</a>, un professeur de la Faculté des Arts de l’Université McGill a décidé d’intenter un procès à Sarah Abdelshamy, étudiante mcgilloise, ainsi qu’au Professeur Pasha M. Khan, directeur des programmes de premier cycle de l’Institut d’études islamiques de McGill pour un montant de 600 000 dollars. Pr. Ibrahim se dit victime d’une «<em>campagne de diffamation</em>».</p>
<p>Professeur assistant (<em>Assistant professor</em>&nbsp;en anglais, <em>ndlr</em>) au sein de l’Institut d’études islamiques, Ahmed Fekry Ibrahim admet avoir eu des «<em>relations consensuelles</em>» avec une étudiante mcgilloise (dont le nom n’a pas été mentionné) au cours de l’année scolaire 2014–2015. Selon l’article de CBC, ce dernier affirme que Sarah Abdelshamy et le Professeur Pasha M. Khan «<em>organisaient une ‘vendetta’ contre lui […] dans le but de le faire congédier</em>». Mme Abdelshamy était étudiante dans un des cours du Pr. Ibrahim durant la session d’hiver 2017. Selon CBC, l’étudiante a écrit un article dans le <em>McGill Daily&nbsp;</em>pour exprimer son inconfort face à l’attitude du professeur suite à un débat sur l’islamophobie survenu en classe suite à l’attentat de Québec du 29 janvier 2017.</p>
<p>Toujours selon CBC, il est indiqué dans la poursuite que le Pr. Ibrahim est «<em>désormais considéré comme un prédateur sexuel, un harceleur, un violeur […]</em>». Il affirme entre autres que ces accusations ont considérablement entaché sa réputation et risquent de porter préjudice à sa carrière. Ahmed Fekry Ibrahim aurait en effet appris, il y a quelques mois, que sa demande de titularisation (<em>tenure application</em>&nbsp;en anglais, <em>ndlr</em>) avait été refusée par l’Université et qu’il devrait quitter son poste à la fin de son contrat. Le Pr. Ibrahim pense que cette décision a été «<em>fortement influencée</em>» par ces allégations.</p>
<p><strong>Réaction de l’AÉUM</strong></p>
<p>L’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, <em>SSMU</em>&nbsp;en anglais, <em>ndlr</em>) a déclaré par communiqué qu’elle «<em>condamnait fermement cette poursuite</em>». L’AÉUM considère «<em>crucial</em>» de remettre cette histoire en contexte, notamment en évoquant l’article 4.1 de la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/policy_against_sexual_violence.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Politique contre la violence sexuelle</a>&nbsp;de McGill qui établit que le consentement ne peut pas être valide «si l’activité sexuelle résulte d’un abus d’une relation de confiance, de pouvoir ou d’autorité telle que la relation entre un professeur et son étudiant(e).» L’AÉUM déclare aussi que «<em>plusieurs étudiantes ont partagé des allégations concernant le professeur Ibrahim</em>», évoquant un <a href="https://www.mcgilldaily.com/2015/09/lets-talk-about-teacher-2/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article publié dans le <em>McGill Daily</em>&nbsp;en 2015</a> basé sur le témoignage d’étudiantes par rapport à un professeur ayant commis des violences sexuelles. L’AÉUM avance que l’article «est largement connu comme ayant été écrit à propos de lui [le professeur Ibrahim, <em>ndlr</em>]».</p>
<p>L’AÉUM s’est également déclarée «<em>déçue de la décision de CBC de faire recirculer la version [du Professeur] Ibrahim avec peu de contexte ou de critique, ainsi que la décision de publier une photo de l’étudiante attaquée [par la poursuite]. [L’AÉUM] considère cela comme étant irresponsable et inacceptable, particulièrement lorsque cela est combiné à une véhémente rhétorique anti-survivant.e du représentant légal d’Ibrahim.</em>»</p>
<p>Jointe par <em>Le Délit</em>, l’administration mcgilloise a fait savoir qu’elle ne commenterait pas une affaire étant en cours devant les tribunaux.</p>
<p><em>Plus d’informations sont à venir.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/" data-wpel-link="internal">Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Une année mouvementée bouclée au Sénat de McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/05/30/une-annee-mouvementee-sest-clos-au-senat-de-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 May 2018 23:46:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On y discute violences sexuelles, inclusion et frais de scolarité. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/05/30/une-annee-mouvementee-sest-clos-au-senat-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Une année mouvementée bouclée au Sénat de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Sénat s’est réuni mercredi dernier pour la dernière séance de l’année universitaire 2017–2018. On y tente de clore des débats, finaliser des discussions, tout en se projetant déjà vers les semestres prochains concernant les sujets semblant les plus pressants. Le traitement des violences sexuelles sur le campus, les nouvelles politiques sur les frais de scolarité et le récent rapport final du <em>Groupe de travail de la principale sur le respect et l’inclusion dans la vie de campus</em> ont été abordés.</p>
<p><strong>Nouvelles politiques, projets neufs</strong></p>
<p>Cette ultime assemblée est l’occasion pour certains de présenter de nouveaux projets pour l’année 2018–2019. Le Comité des politiques étudiantes (<em>Academic Policy Committee</em> en anglais, <em>ndlr</em>) présente plusieurs de ses résolutions, comme la création d’une majeure en statistiques dans la Faculté des sciences, et un nouveau département d’urgence dans la Faculté de médecine, provisoire pour le moment, qui deviendra définitif. Les deux projets ont été approuvés.</p>
<p>Les nouvelles politiques sur les subventions aux universités québécoises et sur les frais de scolarité sont aussi discutées&nbsp;: Madame Fortier nous les présente comme «&nbsp;de bonnes nouvelles&nbsp;». Le système s’est simplifié, la répartition des fonds en fonction des disciplines va changer. Au total, les universités québécoises devraient recevoir environ 1,3 milliard de dollars de plus au cours des six prochaines années. Les programmes de deuxième et troisième cycle (maîtrise, doctorat) et de recherche devraient aussi recevoir plus. Les frais des étudiants étrangers ont été révisés. En bref, tout cela devrait, selon la principale, représenter un «bénéfice net» pour McGill.</p>
<p>«<em>L</em><em>’inclusion est une valeur fondamentale de notre communauté.</em>», déclare celle-ci pendant l’assemblée qui donnera aussi l’opportunité au <em>Groupe de travail</em> de présenter leur rapport final. Celui-ci sera publié juste après la réunion et est bâti sur cinq piliers&nbsp;: la mission, la confiance, la gouvernance, la communication, et l’espace.</p>
<p><strong>Vers un nouveau traitement des violences sexuelles&nbsp;?</strong></p>
<p>Suite aux évènements récents, comme la lettre ouverte des étudiants et le rassemblement du 11 avril, les conversations sur les violences sexuelles sur le campus de McGill repartent en force. Dans les derniers jours ont été partagées les <em>Lignes directrices sur les relations intimes entre des membres du personnel enseignant et des étudiants&nbsp;</em>par le vice-principal exécutif et vice-principal aux études (<em>Provost</em>&nbsp;en anglais, <em>ndlr</em>), Christopher Manfredi<em>; </em>on spécifie que ce document n’a pour objectif que de clarifier les politiques actuelles, et de préciser les statuts concernés&nbsp;; aucune nouvelle obligation n’est mise en place pour le moment. On souligne aussi que plusieurs sondages ont été effectués dans les dernières semaines auprès des étudiants, afin de récolter plus de statistiques.</p>
<p>Des changements réels ne seront possibles qu’après les consultations d’un nouveau comité ad hoc, chargé de formuler des recommandations sur ces politiques, qui devrait commencer son travail prochainement. La question de sa composition a été discutée, répondant aux incertitudes sur la représentation étudiante ; quinze élèves auraient été choisi·e·s et contacté·e·s par la Secrétaire Générale pour représenter le corps étudiant&nbsp;; huit d’entre eux·elles auraient accepté la tâche. Des questions sur le processus de sélection ont été soulevées&nbsp;; celle-ci s’est fait en ligne et pose encore le problème de l’équité. Mais on y &nbsp;répond que pour ne pas attendre la rentrée prochaine, cette solution était la seule possible. Une étudiante de l’assemblée a souhaité rappeler qu’un comité diversifié, qui représente l’ensemble de la communauté, est impératif et qu’on surveillera de près que les intérêts de tou·te·s soient respectés.</p>
<p>Le comité se concentrera sur quatre enjeux&nbsp;: l’alignement des politiques de McGill avec les législations actuelles comme la loi 151, les stratégies de communication, notamment en fournissant une «boîte à outils» aux facultés afin de répondre et supporter de la meilleure manière, l’intervention (que faire ensuite&nbsp;?) et enfin le développement de formation en ligne pour les étudiant·e·s, les facultés et l’administration.</p>
<p><strong>En attente jusqu’à l’automne</strong></p>
<p>La principale Fortier a mentionné plusieurs fois que les éléments discutés sont des «<em>étapes importantes inscrites dans un processus continu</em>»&nbsp;; c’est ce que l’on peut retenir de cette réunion du Sénat. Plusieurs conversations sont reportées à l’automne prochain. Entre autres, les investissements dans les hydrocarbures, les travaux sur les violences sexuelles, et l’inclusion sur les campus sont encore sujets à beaucoup de développement et de discussion.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/05/30/une-annee-mouvementee-sest-clos-au-senat-de-mcgill/" data-wpel-link="internal">Une année mouvementée bouclée au Sénat de McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le septet émotionnel d’Amir Obè</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/le-septet-emotionnel-damir-obe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marine Idir]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Apr 2018 18:00:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[2018]]></category>
		<category><![CDATA[Amir Obeid]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[US]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, Marine laisse vibrer les notes d’un·e nouvel·le artiste.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/le-septet-emotionnel-damir-obe/" data-wpel-link="internal">Le septet émotionnel d’Amir Obè</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="page" title="Page 8">
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<p>Né à Brooklyn en 1989, Amir Obeid grandit à Détroit (Michigan) dans une famille multiculturelle où la fibre artistique est de mise. La carrière musicale du rappeur-chanteur-parolier-producteur débute en 2009. À l’époque, sous le nom de Phreshy Duzit, il publie ses productions sur la plateforme MySpace. La compile Detrooklyn parue en 2014, des collaborations avec Drake et PARTYNEXTDOOR, et deux EPs (<em>Happening in the Grey Area</em> en 2015 et <em>Won’t Find Love in the Hills</em> en 2016) plus tard, Amir Obè revient avec l’album <em>NØNĘ ØF THĘ ÇLØÇKŚ WØRK</em>.</p>
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<div class="column">
<p><strong>Aparté introspectif</strong></p>
<p>Croquis organique sur carré quadrillé, la pochette de l’album sorti chez Def Jam Recordings en mars 2017 intrigue et semble indéchiffrable. Le projet, plus dense en émotions que les précédents, est une conversation à cœur ouvert en sept titres. Obè propose des morceaux épurés où le sens de la mélodie et la signature vocale brute, appuyée par un léger écho, priment. L’ambiance est à l’introspection. Le rappeur conçoit ses morceaux comme des histoires. Dans un style indéniablement marqué par la patte artistique de Drake, Obè évoque désillusions amoureuses et promesses brisées sur une trame instrumentale qui se réinvente à chaque titre.</p>
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<div class="column">
<p><strong>L’exception Wish You Well</strong></p>
<p>Comme une parenthèse joyeusement entraînante dans un projet qu’Obè définit lui-même comme sombre et chargé en émotions, le morceau <em>Wish You Well</em> détonne. Le rappeur évoque avec ironie son rapport aux autres après avoir accédé à la célébrité et interpelle ses concurrents à qui il souhaite tout de même le plein succès. L’instrumentale, composée essentiellement d’une base base rythmique et une mélodie au <em>synthé</em>, est simple mais plus qu’efficace. Avec un clip volontairement obscur et mystérieux, Obè joue sur le décalage et laisse son audience libre d’interpréter la juxtaposition des images, des mots et du son.</p>
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<div class="column">
<p><strong>Nostalgie affichée</strong></p>
<p>L’album reste ostensiblement nostalgique. Avec les titres <em>Yellow Lights</em>, <em>Free</em>,<em> Naturally</em> ou <em>Enemies</em>, Obè ne verse pas dans l’egotrip classique et se livre en toute sincérité. L’artiste prend&nbsp;la pleine mesure de ses erreurs passées: «Je suis responsable de la douleur mon amour / Je suis responsable ce n’est plus le même amour / Je suis responsable de la jalousie / Je suis responsable de tes ennemis» (traduit de l’anglais, <em>ndlr</em>). Sa voix résonne, le<em> flow</em> est fluide, les mélodies sont justes, la sensibilité est là. On accroche dès la première écoute.</p>
<p>Imprégné d’authenticité et d’émotions, l’album <em>NØNĘ ØF THĘ ÇLØÇKŚ WØRK</em> est une petite pépite de créativité dangereusement addictive dans la vaste mine du hip hop américain actuel.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/le-septet-emotionnel-damir-obe/" data-wpel-link="internal">Le septet émotionnel d’Amir Obè</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Catharsis renversée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fanny Devaux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Apr 2018 17:52:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Libre]]></category>
		<category><![CDATA[la cartomancie du territoire]]></category>
		<category><![CDATA[philippe ducros]]></category>
		<category><![CDATA[Premières Nations]]></category>
		<category><![CDATA[sauvages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cri de douleur autochtone, La cartomancie du territoire déploie les plaies de la colonisation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La scène est immense, toute en longueur. Occupée, par intermittence, de fauteuils, et de trois acteur·ice·s. D’abord, une femme chante, un cri déchirant en langue innu-aimun. Puis Philippe Ducros, auteur, metteur en scène et acteur de la pièce prend la parole. À l’hiver 2015, il a sillonné le Québec pour rencontrer les onze peuples de Premières Nations qui bordent les autoroutes 132 et 138. Cette pièce est le récit de son voyage. Témoignage incarné tour à tour par l’occidental qui veut comprendre et par les autochtones qui veulent être entendus. En arrière-plan, un écran diffuse des images du territoire. Pylônes, forêts décimées, routes, camions et réserves se succèdent. Le territoire est au centre d’une colonisation persistante et d’une acculturation presque achevée. Cette «cartomancie», pourtant, évoque la possibilité d’une relecture du territoire par les mythes, les histoires et les traditions autochtones.</p>
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<p><strong>Dire la colonisation</strong></p>
<p>Kathia Rock et Marco Collin, acteur·ice·s d’origine autochtone s’adressent tour à tour au public. Fiers et résignés, ils portent des monologues simples et déchirants, mêlant le français, langue forcée, et l’innu, langue arrachée.</p>
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<p>En 1876, les réserves sont établies avec l’adoption de l’Indian Act (<em>Loi sur les Indiens, ndlr</em>). Par la même, les «Sauvages» sont considérés comme mineurs, et vus comme des éléments à intégrer. Sujette à de nombreuses réformes et contradictions, cette Loi sur les Indiens est aujourd’hui toujours en vigueur. La pièce déploie par les mots les générations de traumatismes et de traumatisé·e·s qui jonchent les territoires de la colonisation. Ils·Elles racontent les pensionnats pour «tuer l’Indien dans l’enfant», le déracinement au retour des pensionnats, l’alcoolisme, la vulnérabilité des femmes autochtones, les taux d’emprisonnement, le froid. Surtout, l’impossibilité de s’ancrer, aussi bien dans des terres que dans une culture, quand leur mode de vie nomade a été annihilé par la sédentarisation forcée au sein de réserves qu’ils n’ont pas choisies.</p>
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<p><strong>Véhiculer la violence</strong></p>
<p>La violence vécue au quotidien est transportée des réserves à la salle de théâtre. Les mots s’impriment dans les mémoires, marquent le·a spectateur·ice. La compassion laisse vite place à la culpabilité. La pièce martèle, encore, l’insoutenable réalité. Hôtel Môtel, la société qui produit la pièce se donne pour mission de faire voyager le·a spectateur·trice hors des contrées habituelles québécoises, avec en arrière-plan la volonté d’un questionnement identitaire. Précisément, <em>La cartomancie du territoire</em> met le·a spectateur·trice face aux complexités de l’identité québécoise et au coût de sa construction. Il·Elle ne peut qu’écouter, et être exposé·e à son tour à la difficulté d’un quotidien dans les réserves.</p>
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<div class="column">
<p><strong>Ancrer les mots</strong></p>
<p>L’exutoire artistique prend ici la forme d’une catharsis inversée. Le spectateur n’apaise pas, ne relâche pas ses passions. Au contraire, ce sont les peuples autochtones qui trouvent une voix sur scène et tentent de libérer leur parole. S’ils ne peuvent récupérer le territoire alors l’art leur permet d’influer sur la pensée. Le spectateur comprend les ambiguités de l’espace qui n’a pas toujours été conquis à mesure que les acteurs égrènent les pans de culture qui leur ont été arrachés. En face, les traditions menacées s’ancrent dans les mots et trouvent sur scène un espace où exister.</p>
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