Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation – Le Délit
Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation
Par · 6 juillet 2018
Image par Luce Engérant

Selon une information diffusée par CBC, un professeur de la Faculté des Arts de l’Université McGill a décidé d’intenter un procès à Sarah Abdelshamy, étudiante mcgilloise, ainsi qu’au Professeur Pasha M. Khan, directeur des programmes de premier cycle de l’Institut d’études islamiques de McGill pour un montant de 600 000 dollars. Pr. Ibrahim se dit victime d’une «campagne de diffamation».

Professeur assistant (Assistant professor en anglais, ndlr) au sein de l’Institut d’études islamiques, Ahmed Fekry Ibrahim admet avoir eu des «relations consensuelles» avec une étudiante mcgilloise (dont le nom n’a pas été mentionné) au cours de l’année scolaire 2014-2015. Selon l’article de CBC, ce dernier affirme que Sarah Abdelshamy et le Professeur Pasha M. Khan «organisaient une ‘vendetta’ contre lui […] dans le but de le faire congédier». Mme Abdelshamy était étudiante dans un des cours du Pr. Ibrahim durant la session d’hiver 2017. Selon CBC, l’étudiante a écrit un article dans le McGill Daily pour exprimer son inconfort face à l’attitude du professeur suite à un débat sur l’islamophobie survenu en classe suite à l’attentat de Québec du 29 janvier 2017.

Toujours selon CBC, il est indiqué dans la poursuite que le Pr. Ibrahim est «désormais considéré comme un prédateur sexuel, un harceleur, un violeur […]». Il affirme entre autres que ces accusations ont considérablement entaché sa réputation et risquent de porter préjudice à sa carrière. Ahmed Fekry Ibrahim aurait en effet appris, il y a quelques mois, que sa demande de titularisation (tenure application en anglais, ndlr) avait été refusée par l’Université et qu’il devrait quitter son poste à la fin de son contrat. Le Pr. Ibrahim pense que cette décision a été «fortement influencée» par ces allégations.

Réaction de l’AÉUM

L’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) a déclaré par communiqué qu’elle «condamnait fermement cette poursuite». L’AÉUM considère «crucial» de remettre cette histoire en contexte, notamment en évoquant l’article 4.1 de la Politique contre la violence sexuelle de McGill qui établit que le consentement ne peut pas être valide «si l’activité sexuelle résulte d’un abus d’une relation de confiance, de pouvoir ou d’autorité telle que la relation entre un professeur et son étudiant(e).» L’AÉUM déclare aussi que «plusieurs étudiantes ont partagé des allégations concernant le professeur Ibrahim», évoquant un article publié dans le McGill Daily en 2015 basé sur le témoignage d’étudiantes par rapport à un professeur ayant commis des violences sexuelles. L’AÉUM avance que l’article «est largement connu comme ayant été écrit à propos de lui [le professeur Ibrahim, ndlr]».

L’AÉUM s’est également déclarée «déçue de la décision de CBC de faire recirculer la version [du Professeur] Ibrahim avec peu de contexte ou de critique, ainsi que la décision de publier une photo de l’étudiante attaquée [par la poursuite]. [L’AÉUM] considère cela comme étant irresponsable et inacceptable, particulièrement lorsque cela est combiné à une véhémente rhétorique anti-survivant.e du représentant légal d’Ibrahim.»

Jointe par Le Délit, l’administration mcgilloise a fait savoir qu’elle ne commenterait pas une affaire étant en cours devant les tribunaux.

Plus d’informations sont à venir.

 

 
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