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	<title>Stéphanie Dufresne - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 26 Mar 2010 05:08:49 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Regard voilé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/16/regard-voile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 17:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Écrire un éditorial à chaque semaine n’est pas toujours évident. Et pour cause: il faut avoir (ou s’inventer) une opinion sur tout! Dans notre distrayante société hypermédiatisée où tout le monde a déjà trop d’opinions sur trop de sujets, j’ai tenté de vous épargner cette semaine: vous n’aurez pas à subir une énième prise de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/03/16/regard-voile/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Regard voilé</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Écrire un éditorial à chaque semaine n’est pas toujours évident. Et pour cause: il faut avoir (ou s’inventer) une opinion sur tout! Dans notre distrayante société hypermédiatisée où tout le monde a déjà trop d’opinions sur trop de sujets, j’ai tenté de vous épargner cette semaine: vous n’aurez pas à subir une énième prise de position sur le port du niqab ou sur le virage à droite du Parti Québécois, me suisje promis. Car il faut s’avouer tout bas que l’obligation de «nourrir la bête» médiatique en <em>éditorialisant</em> à qui mieux-mieux n’a pas toujours d’heureux résultats.</p>
<p>Pour preuve, vous n’avez qu’à ouvrir les pages de notre cousin Dailyite* du 11 mars pour y constater la condescendance qui peut découler d’une opinion mal réfléchie. Le <em>Daily</em> attribue la décision du Gouvernement du Québec de sanctionner l’expulsion de Naema Atif Ahmed d’un cours de francisation à une «xénophobie» et une «Islamophobie» qui seraient propres au Québec. S’il est vrai que la xénophobie est un phénomène réel au Québec –comme à bien d’autres endroits au Canada et dans le monde occidental– et qu’il doit être dénoncé, l’éditorial du <em>Daily</em> est truffé de faussetés et de sophismes qui témoignent d’une incompréhension surprenante de la situation.</p>
<p>Il y a d’abord les faits. Le narratif du <em>Daily</em> sous-entend que le Ministère de l’Immigration est allé trouver Naïma Ahmed dans sa salle de classe pour l’en expulser. C’est plutôt la professeure qui, après quelques tentatives d’accommodement infructueuses, a souligné le problème à la direction du Cégep Saint-Laurent, qui en a elle-même référé au Ministère. Le Gouvernement du Québec n’a pas cherché à lancer une chasse aux sorcières, mais a simplement été tenu de trancher alors qu’il y avait conflit entre l’offre d’un service gouvernemental et une liberté religieuse.</p>
<p>Ensuite, on y érige l’individualisme libéral comme le seul fondement légitime du vivre-ensemble. À l’instar d’autres journaux anglophones comme le <em>Globe and Mail</em> et la <em>Gazette</em>, le <em>Daily</em> se fonde sur une conception radicalement individualiste des droits et libertés pour défendre le choix individuel des femmes qui désirent porter le niqab ou la burqa, un choix «qui n’a d’implications pour personne d’autre qu’elles-mêmes». La question est pourtant loin d’être aussi simple: si les libertés individuelles sont poussées à l’extrême, elles peuvent miner les fondements de la société, et des limites doivent donc être tracées. Le port du niqab ou de la burqa dans un cours de francisation –où il est nécessaire d’engager la conversation avec les autres étudiants– entre dans cette catégorie, et est donc un terrain légitime de débat politique.</p>
<p>Enfin, cherchant sans doute une illusoire rédemption l’extirpant du marais anti-Québécois où baignent parfois le <em>Globe</em> et la <em>Gazette</em>, le <em>Daily</em> ajoute que «le Canada français a longtemps combattu la domination du Canada anglais, (…) et la xénophobie actuelle doit être considérée à la lumière de cette oppression historique». Voilà qui rate la cible. Les Québécois seraient-ils donc incapables de réfléchir collectivement sur les questions complexes de l’intégration, des frontières entre les libertés individuelles et le vivre-ensemble et les valeurs fondamentales d’une société? Les choix collectifs des Québécois (incluant les nouveaux arrivants) ne seraient-ils qu’une réaction irréfléchie et frénétique à une inhérente peur de l’Autre? J’en doute. Ces questions sont complexes, et de telles simplifications traînent le débat vers le terrain même que le Daily cherche à dénoncer, soit celui des préjugés.</p>
<p>Bon, voilà qui est fait: malgré toutes mes bonnes intentions, vous pourrez bénéficier d’une opinion supplémentaire sur le niqab à mettre dans votre besace. Faites en bon usage.</p>
<p>*Ne nous méprenons pas ici, on aime bien le <em>Daily</em>. Mais cet éditorial était trop choquant pour rester sans réponse.**</p>
<p>**Pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, Jean Dion est mon idole (j’ai son autographe affiché sur mon mur à la maison) et je lui pique donc impunément son idée d’utiliser les astérisques.</p>
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		<title>Deux jours à l’agora</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/16/deux-jours-a-l%e2%80%99agora/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 11:24:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tel le phénix, Philopolis renaît des cendres de la mythique Nuit de la philosophie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-Philopolis.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-Philopolis.jpg" alt title="S-Philopolis" width="440" align="center"></a></p>
<p>Prenant le relais de la défunte Nuit de la philosophie, Philopolis ouvre ses portes à toute la cité afin de discuter métaphysique le temps d’une fin de semaine. Fruit d’une collaboration inédite entre des étudiantes des quatre universités montréalaises, l’événement qui «a pour but de nous remettre en contact avec la philosophie, et de réaffirmer sa place dans le paysage culturel, social et académique» se tiendra les 20 et 21 mars à McGill et à l’UQAM, en français et en anglais. Pour la grande première, ses organisateurs font de la place pour le bilinguisme, la participation et… la philosophie.</p>
<h4>Tel le phénix…</h4>
<p>Le 15 septembre dernier, la Nuit de la philosophie s’est éteinte de sa belle mort. Louis Chartrand, un diplômé de philosophie de l’UQAM, ne pouvait pourtant le concevoir. Le quasi lendemain, il partait visiter ses collègues philosophes des quatre universités de l’île. Il fallait leur vendre un projet de résurrection, et les étudiants de McGill se sont montrés enthousiastes. «L’Association étudiante de philosophie (PSA-McGill) a été impliquée dans l’organisation depuis le début», rapporte M. Chartrand. «Ça explique également le fait que l’événement se tienne en partie sur son campus». Brooke Struck, son collègue mcgillois et président de PSA-McGill, explique que l’association a contribué à faire la promotion de l’événement, convoquer des conférenciers, recruter des bénévoles, louer les locaux et financer l’événement.</p>
<p>Initialement, ils voulaient mettre sur pieds un événement proche de la Nuit de la philosophie. «On voulait également des conférences très sérieuses, d’autres qui soient plus théâtrales, par exemple. On voulait que l’événement soit accessible, ouvert sur les autres disciplines», ajoute Louis Chartrand.</p>
<p>La Nuit de la philosophie avait grossi au point où la charge organisationnelle était devenue trop lourde. «C’est pourquoi on a opté pour une formule plus simple,» explique-t-il, «notamment en tenant l’événement sur deux journées plutôt que 24 heures consécutives». Mais cela ne reste pas moins un des plus gros événements philosophiques en Amérique du Nord, à l’instar de la défunte Nuit.</p>
<h4>D’Est en Ouest de la Cité</h4>
<p>«On veut inscrire l’événement dans la dynamique montréalaise, c’est-à-dire qu’on en fait un événement bilingue, faisant appel aux ressources et idées des quatre universités de l’île» souligne le Président de PSA-McGill. Les nombreuses séances se tiennent parfois en anglais, parfois en français, et parfois en «bilingue», tous campus confondus. Cherchant à faire franchir aux uns et aux autres la frontière symbolique de la Main –l’actuelle rue Saint-Laurent qui matérialise la frontière est/ouest de l’île–, les organisateurs ont sciemment invité le conférencier principal de l’UQAM, Stevan Harnad à s’adresser en français sur le campus de McGill, alors que celui de McGill, Kai Nielson, s’exprimera en anglais dans les murs de l’UQAM. «Tous deux sont extrêmement charismatiques» s’enthousiasme Struck, souhaitant du même souffle que ce mélange linguistique soit fructueux. La chose n’est toutefois pas aussi facile à vendre à des étudiants anglophones, à qui la formule Nuit de la philosophie est inconnue. Pour McGill et Concordia, donc, «on commence à zéro». L’événement réunira néanmoins des professeurs des universités de Toronto et d’Ottawa dont les noms pourraient résonner auprès des apprentis philosophes anglophones.</p>
<h4>Sortir de la Tour</h4>
<p>Ses organisateurs cherchent essentiellement à rapprocher la philosophie du public, en l’habillant pour sa sortie spéciale hors de la tour d’ivoire. D’ailleurs, plusieurs des conférenciers, panélistes et participants ne sont pas issus du département de philosophie. «En fait, plusieurs ne sont même pas des universitaires», note Brooke Struck.</p>
<p>La philosophie n’a pas toujours bonne réputation auprès du grand public: elle est souvent perçue comme étant une discipline très abstraite, qui ne se préoccupe que d’elle-même. «C’est injuste de dépeindre la philosophie de cette façon!» s’insurge Struck «alors que s il y a une discipline qui traite de questions qui touchent à toutes les disciplines, y compris celle du quotidien, c’est bien la philosophie». Selon ce dernier, «il y a eu des mouvements philosophiques vraiment très importants qui ont profondément affecté la manière dont on regarde le monde aujourd’hui». Il cite en exemple la philosophie des Lumières qui inspire encore largement la pensée contemporaine. Les courants philosophiques ont une influence réelle et profonde sur notre façon de penser le monde, mais ils obtiennent rarement l’attention qu’ils méritent, déplorent les organisateurs. Et c’est pour y remédier qu’ils ont donné vie à Philopolis.</p>
<p>L’événement est attendu impatiemment par plusieurs, incluant les chercheurs universitaires. Philopolis est une occasion en or pour vulgariser leurs travaux, clarifier leurs concepts, bref, consolider leurs acquis. Pour les nouveaux venus, c’est aussi une occasion de faire leurs premières armes. «C’est la pointe de ce qui se fait en philosophie », raconte fièrement Louis Chartrand.</p>
<p>C’est en effet à un tour d’horizon pour le moins éclectique auquel le public aura droit. C’est ainsi que l’homme politique Justin Trudeau viendra s’entretenir de multiculturalisme, pas très loin de l’intellectuel et professeur aux HEC Omar Aktouf qui dissèquera le capitalisme financier avec la verve qu’on lui connaît. S’attelant également aux sciences, Philopolis ouvre ses portes aux apports de la neurophysiologie cognitive et de la neuroendocrinologie. Et même les séances «purement» philosophiques en offrent pour tous les goûts, avec des thèmes aussi variés que la théorie féministe, le soufisme, la révolte, la justice globale… Même Twitter et les crevettes n’échapperont pas à la réflexion aiguisée des métaphysiciens! L’art est aussi au rendez-vous, puisqu’une mise en scène théâtrale permettra aux groupies de se retrouver dans un de ces célèbres salons français du XIIIe siècle, et même d’assister à des conversations entre de véritables célébrités intellectuelles de l’époque.</p>
<p class="boiteg"><strong>Philopolis est l’événement «socialement décontracté et intellectuellement stimulant» inaugurant le printemps en rapprochant la philosophie sur la place publique.<br>
Chic, et gratuit.<br>
Programme complet sur <a href="http://philopolis.net" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">philopolis.net</a>.</strong></p>
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		<title>Saga aux cycles supérieurs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/09/saga-aux-cycles-superieurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 00:47:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil approuve une motion visant à tenir le référendum sur la FCEE en dépit des contestations.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a du nouveau dans la saga politicojudiciaire qui oppose l’Association des étudiantes et étudiants aux deuxième et troisième cycles (AÉÉDTC) de McGill et la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE).</p>
<p>Le 3 mars dernier, quelques heures avant la réunion du Conseil, l’instance décisionnelle suprême de l’AÉÉDTC, l’association a reçu une lettre de Katherine Giroux-Bougard, présidente nationale de la FCEE. Cette lettre s’opposait à une clause du Conseil qui fixerait les dates du référendum de désaffiliation de la FCEE du 29 mars au 1er avril, et ceci même s’il y a litige sur les règles référendaires. Ces dates seraient valides advenant le cas où le Comité référendaire, composé de deux membres de chaque organisation, n’arriverait pas à s’entendre avant le 10 mars. Dans sa lettre, Giroux-Bougard prévient le Conseil «que tout référendum contredisant [les lois de la Fédération] ne sera pas pris en compte comme légitime par la Fédération».</p>
<p>Toutefois, Daniel Simeone, Président de l’AÉÉDTC, affirme qu’un référendum serait néanmoins légitime parce que la Fédération est en rupture de contrat, ayant elle-même enfreint ses propres règlements. «La Fédération affirme qu’elle peut ignorer les règlements qu’elle veut, pour les imposer aux autres plus tard!», déplore Simeone. «Dans un cas de rupture de contrat, il faut aller de l’avant avec un référendum approprié et démocratique. C’est ainsi qu’on procèdera pour donner voix aux membres de l’AÉÉDTC». En dépit des avertissements de Giroux-Bougard, le Conseil a accepté la clause à la quasi-unanimité, avec seulement un vote contre et une abstention.</p>
<h4>Une saga depuis septembre</h4>
<p>Rappelons que l’AÉÉDTC tente depuis début septembre d’organiser un référendum offrant la possibilité à ses membres de reconsidérer son adhésion à la fédération canadienne, qu’elle juge «anti-démocratique», «inefficace» et «déconnectée» de la base étudiante. Les enjeux sont considérables puisque les étudiants aux cycles supérieurs verseraient plus de 68 000$ annuellement en cotisations à la FCEE, en contrepartie de quoi ils n’obtiendraient pas la représentation qu’ils méritent, dixit le président Daniel Simeone.</p>
<p>En septembre dernier, une pétition circulait afin d’exiger de la FCEE qu’elle autorise la tenue d’un référendum de désaffiliation. À la mi-octobre, les dirigeants de l’association ont déposé la liste des signatures de 10% des membres, dans la foulée d’un mouvement de protestation national. Le quorum de 10% était en conformité avec les règlements internes de la FCEE, jusqu’à ce que les règlements de désaffiliation soient modifiés lors de l’Assemblée annuelle de la FCEE le 28 novembre, haussant le quorum à 20% des membres et l’intervalle entre deux référendums de deux à cinq ans.</p>
<p>Les procédures réglementaires, légales et judiciaires se sont alors succédées de part et d’autre afin de retarder ou de forcer la tenue du référendum litigieux. L’AÉÉDTC a intenté une poursuite en bonne et due forme afin d’exiger de la FCEE qu’elle fixe la date du plébiscite. C’est en réaction aux retards de la FCEE à engager les procédures requises pour la tenue du référendum que la motion a été rédigée en prévision de la réunion du Conseil. Un conseiller l’aurait alors soumise à l’attention de la FCEE, qui a rétorqué par l’envoi de la lettre de Giroux-Bougard.</p>
<p><em>Propos recueillis par Laurin Liu.</em></p>
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		<title>Sans relâche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/09/sans-relache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nul besoin de vous taper la brique de 646 excellentes pages du Collectif Clio sur l’histoire des femmes au Québec pour réaliser l’ampleur du chemin parcouru depuis un siècle. On a tous une vague idée de ce que pouvait être la vie d’une femme il y a à peine quelques décennies, pratiquement sans aucun droit&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/03/09/sans-relache/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Sans relâche</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nul besoin de vous taper la brique de 646 excellentes pages du Collectif Clio sur l’histoire des femmes au Québec pour réaliser l’ampleur du chemin parcouru depuis un siècle. On a tous une vague idée de ce que pouvait être la vie d’une femme il y a à peine quelques décennies, pratiquement sans aucun droit politique, sans statut civique, sans autonomie financière. En m’arrêtant quelques minutes, en cette Journée internationale des femmes, pour imaginer ce qu’aurait été ma vie si j’étais née à cette époque, je ne peux qu’être envahie d’un profond sentiment de reconnaissance à l’égard de mes aînées.</p>
<p>Car tous ces changements ne sont pas arrivés par magie, loin de là. Il n’y a aucun mystère: la condition des femmes s’est améliorée là où des efforts constants, patients, souvent héroïques ont été déployés. Si «le féminisme» a perdu ses lettres de noblesse quelque part dans les années 80, il serait fort ingrat de ne pas reconnaître et célébrer ce qu’il a légué à la société d’aujourd’hui. Il a fallu une bonne dose de courage, peutêtre même de rage, à des milliers de femmes pour sortir de leurs cuisines et oeuvrer activement à enfoncer des portes closes que leurs filles et leurs petites filles franchissent tous les jours sans même les remarquer.</p>
<p>Mais le progrès est un édifice fragile et instable; il n’y a pas d’architecte pour en vérifier les plans avant que la construction ne soit achevée. Et puis ça part dans tous les sens: rien à voir avec l’«autoroute» du progrès, c’est plutôt un chemin embroussaillé que l’on trace au fur et à mesure qu’on avance (ou recule!).</p>
<p>Il suffit d’ouvrir les journaux du 8 mars 2010 pour constater que sur bien des plans, une partie du chemin reste encore à tracer. Outre les dossiers traditionnels de l’équité salariale, de la représentation politique, de la conciliation travail-famille, de la féminisation de la pauvreté, et tant d’autres où les avancées ont fait place à une stagnation tenace, les dernières années ont également été le théâtre d’attaques répétées envers des droits que l’on croyait pourtant acquis.</p>
<p>Il n’y a qu’à penser à la décision du gouvernement Harper de changer la mission du Conseil du statut de la femme sous prétexte que «l’égalité est acquise», et celle de couper le financement des groupes qui font du militantisme politique et légal. Ou encore aux assauts de plus en plus fréquents des groupes chrétiens pro-vie au Québec même, alors qu’on les croyait relégués dans quelques lointains États du Sud des États-Unis. La dernière décennie a aussi été témoin de l’apparition des groupes masculinistes, caractérisés par une haine viscérale du féminisme et qui établissent un lien de causalité simpliste et douteux entre les avancées des femmes et le malaise de l’homme québécois. Il y a également la recrudescence des fondamentalistes religieux, question épineuse s’il en est, dont le droit des femmes est la clef de voûte.</p>
<p>Bref, malgré toute la charge négative qu’on lui a mis sur les épaules dans les deux dernières décennies, «le féminisme» –quelque soit le sens qu’on lui donne– reste encore criant d’actualité en 2010.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Alors bon anniversaire, mesdames, nous méritons bien d’être célébrées. Et maintenant, retroussons nos manches –tous, qu’on s’identifie comme femme, homme, trans, queer, etc.– car le progrès ne se mettra pas en marche sans «les efforts infatigables et l’inquiétude passionnée d’individus dévoués». Au boulot!</p>
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		<title>Go Québec Go!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/02/go-quebec-go/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 13:00:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour vers le futur? Voilà que l’équipe des Lucides, Lucien en tête avec un beau «C» bleu sur son jersey, revient à la charge pour nous mettre en garde contre le spectre du déficit et de l’endettement. En fait, le titre du mauvais film qu’on nous rejoue ad nauseam depuis quelques années devrait plutôt être&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/03/02/go-quebec-go/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Go Québec Go!</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour vers le futur? Voilà que l’équipe des Lucides, Lucien en tête avec un beau «C» bleu sur son jersey, revient à la charge pour nous mettre en garde contre le spectre du déficit et de l’endettement. En fait, le titre du mauvais film qu’on nous rejoue <em>ad nauseam</em> depuis quelques années devrait plutôt être «Le retour du bonhomme sept-heures» tant les mises en garde catastrophistes de Team Lucide (ou devrais-je dire Team Lucien?) sont glauques, sinistres, aplatissantes de moral.</p>
<p>Au moins tout aussi frustrantes et déprimantes que les fascicules prétendument objectifs du comité consultatif du Ministre des finances Raymond Bachand qui brandissent à qui mieux-mieux le spectre de l’endettement pour faire passer comme inexorables des choix de sociétés qui restent essentiellement politiques et idéologiques. Beau jeu de passe, d’ailleurs, entre ces deux sorties médiatiques qui n’y vont pas «avec le dos de la main morte» afin de préparer le terrain aux hausses de tarif tous azimuts pour le budget de la mi-mars.</p>
<p>En tête d’affiche, on nous offre un prétendu «pacte» pour le financement concurrentiel de nos universités qui comblerait le «déficit» en éducation. Nos universités manquent d’argent pour êtres compétitives et c’est dans les poches des étudiants qu’il faudrait aller chercher les deniers manquants. Considérer l’éducation comme un «coût» est déjà assez problématique en soi…</p>
<p>Malgré cela, si l’échec avant de Team Lucide a eu un avantage (numérique?), c’est celui d’avoir fait fuser de toute part des suggestions sur la gestion des finances de l’État, et surtout sur les décisions politiques –et non pas comptables– que ça implique. Nombre de voix discordantes se sont élevées, tant et si bien qu’il n’est plus possible de parler de «consensus» (qui «exclut les étudiants»!) en faveur du dégel des frais de scolarité, comme l’a clamé la Ministre de l’éducation Michelle Courchesne il y a trois semaines.</p>
<p>Du nombre, on compte Josée Boileau du <em>Voir</em> qui dénonce l’hypocrisie du gouvernement qui a baissé les impôts d’une part et qui clame manquer d’argent pour boucler ses fins de mois de l’autre –stratégie connue pour être utilisée par les Républicains aux États-Unis. Il y a aussi un collectif d’économistes qui dénonce la prétendue objectivité du groupe de sympathisants lucides mandatés par le Ministre Bachand sur le site www.economieautrement.org. Mais surtout, il y a Jean-Robert Sansfaçon du <em>Devoir</em> qui résume dans une tirade cinglante tout l’odieux des sacrifices que Team Lucide demande aux citoyens Québécois. Une véritable musique à nos oreilles, si bien qu’elle mérite d’être reproduite en ces humbles pages:</p>
<p>«Au Québec, les vraies vaches sacrées, ce ne sont pas les services de santé, les conditions de travail des employés d’hôpitaux et les tarifs d’électricité comme on veut nous faire croire, mais les privilèges des amis, des mieux nantis et des dirigeants de sociétés publiques et privées auxquels aucun gouvernement ne veut s’attaquer. Qu’attend-on, par exemple, pour hausser les redevances minières, éliminer les crédits d’impôt improductifs, ajouter un quatrième palier d’imposition pour les revenus de plus de 150 000 $, taxer les options sur titre, éliminer les primes et les indemnités de départ injustifiées, sans parler des avantages de retraite multimillionnaires consentis après seulement quelques années au service de l’État?»</p>
<p>Et vlan. Reste à espérer une victoire en prolongation…</p>
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		<title>La hype machine</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/16/la-hype-machine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 13:00:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la catégorie «Tout le monde en parle jusqu’à temps qu’on passe à la hype suivante», les Jeux Olympiques de Vancouver ont achevé de tasser du coude le séisme en Haïti cette semaine. Les journalistes, blogueurs et twitteurs de tout acabit ont migré en masse vers l’ouest, et tout le monde a son mot à&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/02/16/la-hype-machine/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La hype machine</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la catégorie «Tout le monde en parle jusqu’à temps qu’on passe à la <em>hype</em> suivante», les Jeux Olympiques de Vancouver ont achevé de tasser du coude le séisme en Haïti cette semaine. Les journalistes, blogueurs et twitteurs de tout acabit ont migré en masse vers l’ouest, et tout le monde a son mot à dire sur tout ce qui se passe aux grandes olympiades d’hiver. Quand ce n’est pas le manque de neige ou de langue française, c’est l’allumage semi-raté de la flamme qui fait honte aux Canadiens. Et j’ajouterais que le nouveau faciès de Wayne Gretzky mériterait une attention médiatique particulière à lui seul!</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Outre cette pluie de billets d’humeur, les J.O. de Vancouver sont une démonstration intéressante du renouvellement du «quatrième pilier» de la démocratie qui s’est opéré dans les dernières années. En effet, un événement aussi hypermédiatisé est le théâtre idéal pour les médias alternatifs et les journalistes citoyens qui proposent une couverture des évènements en marge de celle des médias officiels. En tête de liste se trouve la <em>Vancouver Media Coop</em>, qui offre «une couverture populaire et démocratique» privilégiant les enjeux sociaux, environnementaux et politiques qui se cachent derrière l’enthousiasme olympien. Du Downtown Eastside aux terres ancestrales des peuples autochtones, en passant par l’empreinte écologique, les XXIe olympiades sont scrutées à la loupe. Cette contre-voix, qui bénéficie de la «chambre d’écho» qu’est l’Internet, joue un rôle non-négligeable: il permet de canaliser les questionnements d’un nombre croissant de citoyens qui se demandent à quoi sert encore ce grand rendez-vous «sportif».</p>
<p>En furetant sur ces sites d’information alternatifs, une réflexion de Jessica Yee, une jeune militante féministe d’origine sinomohawk, m’est revenue en tête. Jessica Yee était l’une des trois femmes autochtones –avec Rachel Alouki-Labbé et Janie Jamieson, toutes exceptionnellement courageuses et inspirantes, il faut le dire– réunies par Missing Justice pour un panel sur la violence faite aux femmes autochtones jeudi dernier au Cégep du Vieux Montréal. Lors de la période de questions, Jessica Yee a tendu un miroir aux «activistes qui supportent la cause autochtone». «Depuis quelques années, c’est devenu <em>cool</em> de s’intéresser aux peuples autochtones», a‑t-elle remarqué. Avec le ton ouvert et nuancé de quelqu’un qui saisit toute la charge positive comme négative que peut porter cet intérêt soudain, elle a invité ces «activistes » à être prudents dans la manière dont ils articulent leur soutien. «Dans les médias alternatifs, dans les groupes militants, il faut faire attention à ce que cet intérêt ne devienne pas une récupération de la réalité autochtone pour se créer un statut dans les cercles alternatifs». Que faire, donc, si l’on est sensible aux défis auxquels font face les peuples autochtones? «Chacun a la responsabilité de retourner dans sa propre communauté, et de parler de ces réalités. Sensibilisez vos proches, vos voisins; élargissez la discussion.»</p>
<p>Avec la «<em>hype</em> alternative» que provoquent les J.O., cette réflexion m’a semblé tomber à point. Dénoncer l’oppression que vivent les peuples autochtones est sans contredit une cause juste. Mais quand on parle de centaines d’années de colonialisme, de déshumanisation, d’enfermement dans des réserves, d’assimilation forcée, avec tout ce que ça implique en termes de répercussions en suicides, alcoolisme, ruptures sociales, perte de repères et tant d’autres… alors une bonne dose d’humilité est requise. L’idée ici n’est pas de pointer du doigt le mouvement anti-olympique ou quelqu’autre groupe militant qui ne «vit» pas l’oppression qu’il dénonce, bien au contraire. Mais simplement de rappeler que dénoncer les structures de pouvoir implique une responsabilité particulière de réflexivité sur nos propres actions et nos propres relations de pouvoir.</p>
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		<title>La dette, le beurre et le pot au lait</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/02/la-dette-le-beurre-et-le-pot-au-lait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 13:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui paiera la dette du Québec?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/02/02/la-dette-le-beurre-et-le-pot-au-lait/" data-wpel-link="internal">La dette, le beurre et le pot au lait</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>129 milliards de dollars… C’est le montant de la dette publique nette que les Québécois devront rembourser dans les années à venir. Il équivaut à plus de 16 000$ par tête de pipe. Et tout le monde devra ouvrir son portefeuille pour payer, nous dit le comité consultatif sur l’économie et les finances publiques mis sur pied par le ministre des Finances Raymond Bachand.</p>
<p>Aussi déplaisante que cette pensée puisse être, le problème de la dette est criant pour la société québécoise. Le déficit démographique à venir fait en sorte que nous devrons –et le mouvement s’amorce progressivement– payer une facture publique plus salée qu’aujourd’hui. Conjuguez à cela les coûts de santé reliés au vieillissement de la population avec le déclin du nombre de travailleurs qui seront là pour payer la note.</p>
<p>Voilà un scénario peu reluisant pour l’avenir fiscal de notre génération. Et soit dit en passant, nul besoin de questionner le fait que dans ces circonstances, tout le monde panique à propos du décrochage scolaire. Si les travailleurs seront de moins en moins nombreux à cotiser à l’État, il faudrait qu’ils soient au moins qualifiés!</p>
<p>Néanmoins, le comité consultatif ne fait pas que constater des faits que tout le monde connaît plus ou moins. Il pointe le doigt vers le présumé coupable: le secteur public et ses dépenses trop élevées et inefficaces. Compressons, réduisons, privatisons, haussons les tarifs… Vraiment?</p>
<p>Oui, le remboursement de la dette est un problème qui ne peut être balayé sous le tapis. Mais il n’est pas productif de se confiner à une seule «solution» pour résoudre un problème qui sous-tend des choix de société ayant d’importantes implications. Il ne s’agit pas seulement d’équilibrer des colonnes de chiffres, mais de définir le modèle de société et d’État que nous voulons pour l’avenir.</p>
<p>Il est commun d’entendre que la politique québécoise est fade et qu’elle suscite peu la mobilisation. Alors pourquoi ne pas saisir l’opportunité de mettre à contribution tous les groupes sociaux et toutes les générations pour que chacun mette l’épaule à la roue?</p>
<p>Certes, rembourser la dette n’est pas un projet politique très trépignant. À nous de lui donner un sens! En effet, voilà l’opportunité de marquer une rupture dans la politique québécoise. Pourquoi ne pas en profiter pour mettre en chantier différents projets sociaux d’envergure?</p>
<p>Par exemple, voulons-nous toujours vivre dans un Québec où nous gaspillons l’eau et l’électricité –nos ressources les plus précieuses? Pourquoi ne pas envisager des tarifs croissants lorsque l’on franchi certains paliers de consommation quotidienne? Et pourquoi ne pas en profiter pour créer Pharma-Québec? Et ces fameux 88 milliards qui se dorent la couenne dans les paradis fiscaux dont on parle tant: qu’attend- t‑on pour les récupérer? Et pourquoi ne pas légaliser la prostitution, le crystal meth et le crack? Je voulledemandesti!!?!?</p>
<p>Le problème est collectif. Il appelle donc à des solutions collectives. Imaginons, que diable!</p>
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		<title>Guerre médiatique entre McGill et la Ministre Courchesne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/guerre-mediatique-entre-mcgill-et-la-ministre-courchesne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 13:00:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La ministre réprimande McGill; l’administration se défend de contrevenir au principe d’accessibilité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/guerre-mediatique-entre-mcgill-et-la-ministre-courchesne/" data-wpel-link="internal">Guerre médiatique entre McGill et la Ministre Courchesne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’administration de McGill et le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport se répondent par médias interposés depuis que <em>Le Devoir</em> a relancé le débat sur la hausse des frais de scolarité du Master of Business Administration (MBA), jeudi dernier. Le quotidien y a publié des extraits d’une lettre datée du 15 janvier 2010 dans laquelle la Ministre Michelle Courchesne réprimande la chancelière Heather Monroe-Blum d’être allée de l’avant malgré les contreindications du ministère. McGill a rétorqué en lançant une offensive médiatique pour défendre le bien-fondé de sa démarche.</p>
<h4>Dialogue de sourds?</h4>
<p>En septembre dernier, McGill avait annoncé qu’elle prévoyait augmenter les frais du MBA de 1 673$ à 29 500$, une hausse de plus de 1 600% en un an. La ministre avait alors rappelé l’administration à l’ordre en précisant qu’elle n’avait pas accordé d’autorisation, et qu’il fallait d’abord «que McGill obtienne ladite autorisation pour aller de l’avant».</p>
<p>Les parties ne semblent pas s’être entendues sur ce qui est requis «pour aller de l’avant», puisque la ministre a persisté dans sa récente lettre obtenue par <em>Le Devoir</em> que «ce type de programme ou d’activité nécessite, en vertu de règles budgétaires s’appliquant aux universités, que l’établissement qui souhaite l’offrir obtienne l’autorisation du ministère». Le doyen précise toutefois ne pas comprendre la réaction du ministère puisque les démarches entamées par McGill «sont les mêmes que celles suivies par McGill pour les autres programmes autofinancés».</p>
<h4>McGill: le MBA reste accessible</h4>
<p>Dans sa lettre, la ministre Courchesne ajoute que le coût de 29 500$ «contrevient au principe même d’accessibilité». McGill se défend pourtant de contrevenir à ce principe en haussant drastiquement les frais. En entrevue avec <em>Le Délit</em>, le doyen de la Faculté de gestion Peter Todd affirme que «les préoccupations du ministère envers l’accessibilité sont justifiées », et qu’ainsi, McGill s’engage à «mettre de côté un montant de 4 000$ par étudiant pour l’aide financière, (…) ce qui signifie que 20% des étudiants pourraient suivre le programme gratuitement.»</p>
<p>Les critères d’allocation des bourses ne sont néanmoins pas clairement précisés, et les bourses pourraient être attribuées sur la base du mérite autant que sur celle des besoins financiers. De surcroît, le président de l’Association des étudiantes et étudiants au deuxième et troisième cycles (AÉÉDTC) de McGill, Daniel Simeone, affirme que ce montant correspond à la politique générale de l’université d’allouer 30% des augmentations de frais de scolarité à l’aide financière.</p>
<p>Le coût élevé ne semble pas avoir nui à la popularité du programme puisque McGill a reçu «plus de demandes d’admission cette année que l’an dernier, affirme Peter Todd, et nous avons plus de Québécois qui appliquent au programme cette année.» Le président de la Fédération Étudiante Universitaire du Québec (FEUQ) Jean Grégoire craint toutefois qu’une telle hausse «crée deux classes d’étudiants: le bon MBA pour les riches et le MBA ordinaire pour les gens normaux». «On a fait le choix au Québec d’avoir des frais bas afin d’assurer une accessibilité, explique- t‑il, mais là, on risque de limiter la mobilité sociale.»</p>
<h4>Le danger d’un glissement</h4>
<p>Le président de la FEUQ ajoute craindre «que cette arrogance de la part de McGill crée un effet domino». Les frais de scolarité sont régis par un cadre réglementaire qui n’a pas force de loi, ce qui signifie que les frais peuvent être modifiés par simple décret gouvernemental. «Le ministère n’a tout simplement pas de moyen de faire respecter son décret» soutient Jean Grégoire, d’où la «nécessité d’une loi cadre pour prévenir un déboulement ». En effet, la seule sanction que le ministère puisse imposer est le retrait des subventions de 10 000$ par étudiant inscrit au programme, subventions à laquelle McGill a déjà déclaré vouloir renoncer.</p>
<p>«Du point de vue de l’université, c’est le seul programme que nous considérons en ce moment» précise Peter Todd. «Le MBA a des caractéristiques particulières et une population étudiante différente qui justifie ce modèle d’autofinancement», poursuit-il.</p>
<h4>Les étudiants partagés</h4>
<p>À l’instar de la FEUQ, dont l’AÉÉDTC est membre, Daniel Simeone a manifesté ouvertement son opposition à la décision de McGill: «nous avons pris position pour le gel des frais de scolarité; nous sommes donc contre la hausse de frais du MBA». Le son de cloche est toutefois différent du côté de l’Association des étudiants du MBA (MBASA), qui se déclare favorable à la hausse: «c’est avantageux pour les étudiants car la qualité du programme va s’améliorer et le classement [dans les palmarès] aussi», a déclaré Maxime Brunet, VP aux communications de la MBASA, lorsque la hausse a été annoncée. L’Association a effectué un sondage auprès de ses membres, auquel 71.3% des étudiants ont répondu croire que la hausse était dans le meilleur intérêt du programme.</p>
<p>Il est toutefois difficile d’évaluer l’impact que cette hausse aura sur les candidats potentiels. L’un d’eux a déclaré au Délit, sous couvert de l’anonymat, avoir pensé faire son MBA à McGill avant d’en être dissuadé: «À moins que mon employeur me subventionne, c’est certain maintenant que je ne ferai pas mon MBA à McGill. Même si je prenais des prêts, je finirais par payer de gros montants quand même.»</p>
<p>Malgré les désaccords, tous s’entendent néanmoins pour dénoncer le sous-financement dont souffre le réseau universitaire québécois. Au moment de mettre sous presse, le ministère n’avait toujours pas retourné nos appels. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/guerre-mediatique-entre-mcgill-et-la-ministre-courchesne/" data-wpel-link="internal">Guerre médiatique entre McGill et la Ministre Courchesne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>MBA: la pointe de l’iceberg</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/mba-la-pointe-de-l%e2%80%99iceberg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 13:00:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’opposition du gouvernement du Québec, McGill va de l’avant avec sa décision d’augmenter les frais de son programme de MBA.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/mba-la-pointe-de-l%e2%80%99iceberg/" data-wpel-link="internal">MBA: la pointe de l’iceberg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La persistance avec laquelle l’administration de McGill tente de décupler le coût de son MBA de 1673$ à 29 500$ a galvanisé l’opposition de bon nombre d’acteurs sociaux –et pour cause! Une telle hausse semble aller à l’encontre de l’accessibilité aux études post-secondaires, une valeur collective qui reste fortement ancrée au Québec malgré une récente tendance à «l’américanisation» de notre modèle universitaire.</p>
<h4>L’accessibilité: la clé de voûte de la modernisation du Québec</h4>
<p>Si le modèle québécois est parfois décrié pour son manque de compétitivité dans le milieu académique nord-américain, ses détracteurs perdent parfois de vue les raisons historiques qui ont placé l’accessibilité au coeur du projet éducatif québécois. En 1964, la Commission Parent a pris acte du retard considérable du Québec –ne dit-on pas que le niveau d’éducation des Canadiens- Français avant les années 1960 était comparable à celui des Noirs aux États-Unis?– et a établi les bases d’un système d’éducation universel auparavant quasi-inexistant. Conscients de l’importance d’une éducation de masse pour propulser la société québécoise dans la modernité, les commissaires ont placé la démocratisation et l’accessibilité au coeur de leurs recommandations.</p>
<p>Le rattrapage à accomplir était énorme, et il était nécessaire que l’Université aille aux gens plutôt que d’attendre que l’inverse se produise. C’est pourquoi on a choisi de maintenir le coût de l’éducation au minimum afin «que chaque étudiant puisse poursuivre ses études jusqu’au niveau le plus avancé qu’il est capable d’atteindre, compte tenu de ses aptitudes et de ses succès scolaires» (Rapport Parent, volume 4, paragraphe 12).</p>
<p>Deux générations plus tard, le succès de la «révolution Parent» est manifeste: le retard qu’accusait le Québec a été pour ainsi dire rattrapé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le maintien de faibles droits de scolarité ne soit plus nécessaire pour assurer l’accessibilité. Selon une étude de l’économiste Valérie Vierstraete commandée par le Ministère de l’éducation en 2006, les étudiants québécois seraient plus sensibles à une hausse du coût de l’éducation que leurs homologues canadiens, et ceci pour deux raisons. D’abord, les étudiants québécois disposent d’un revenu personnel moins élevé, et la génération de leurs parents a moins fréquenté l’université. De plus, selon Statistique Canada, 40% des jeunes qui ne poursuivent pas d’études postsecondaires évoquent la barrière financière comme obstacle principal.</p>
<p>Cette idée –bien présente aux États- Unis et au Canada anglais– de s’endetter massivement pour «investir» dans l’éducation de ses enfants n’est pas ancrée dans la tradition familiale d’ici. À cet égard, la décision de McGill établit un précédent qui fait craindre un glissement vers un modèle inadapté à la réalité sociale québécoise.</p>
<h4>L’impasse du sous-financement</h4>
<p>L’objectif de cette petite leçon d’histoire n’est pourtant pas de décrier la décision de McGill. Les caractéristiques distinctives du MBA peuvent justifier ce modèle d’autofinancement. D’une part, ceux qui s’inscrivent au MBA ont souvent plusieurs années d’expérience sur le marché du travail et de meilleures ressources financières. Le titre du MBA a également démontré sa valeur par le «retour sur investissement» qu’il génère. D’autre part, un MBA autofinancé permettra d’éviter un transfert d’argent des autres facultés vers ce programme plus coûteux. De plus, McGill affirme qu’une partie des 29 500$ sera attribuée en bourses aux bons candidats –quoiqu’il ne soit pas précisé si elles seront allouées sur les bases du mérite ou des besoins financiers.</p>
<p>Toutefois, la manière dont la décision s’est prise, en opposition aux directives du ministère, laisse présager un glissement indésirable. La position de la principale Heather Monroe-Blum sur le sous-financement des universités est bien connue, et ce geste de défiance publique semble être un moyen pour McGill d’acculer le ministère au pied du mur: si vous ne nous financez pas suffisamment pour maintenir notre place parmi les meilleurs, nous irons chercher les sous ailleurs, même si ce doit être dans les poches des étudiants. Si rien n’est fait et que chacune des parties s’enlise dans sa position, il serait désastreux que le modèle universitaire accessible et démocratique courageusement imaginé par la Commission Parent finisse par partir à vau‑l’eau. Pour cette raison, et pour bien d’autres encore, la tenue d’États généraux sur l’avenir de l’université est nécessaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/mba-la-pointe-de-l%e2%80%99iceberg/" data-wpel-link="internal">MBA: la pointe de l’iceberg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Tu me prends pour un twit?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/tu-me-prends-pour-un-twit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 13:00:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est en direct du pays des Huileux*, du boeuf Angus AAA et du plus grand stationnement de l’univers connu (oui, oui, pas de farce!) que je vous écris ces lignes. Vous n’avez pas deviné? Un indice: *l’astérisque se traduit par Oilers… Eh oui, c’est d’une indistincte banlieue Edmontonienne plutôt Boulevard- Taschereau-esque que je pense à&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/tu-me-prends-pour-un-twit/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Tu me prends pour un twit?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en direct du pays des Huileux*, du boeuf Angus AAA et du plus grand stationnement de l’univers connu (oui, oui, pas de farce!) que je vous écris ces lignes. Vous n’avez pas deviné? Un indice: *l’astérisque se traduit par Oilers… Eh oui, c’est d’une indistincte banlieue Edmontonienne plutôt Boulevard- Taschereau-esque que je pense à vous cette semaine, chers lecteurs déliites. <em>Le Délit</em> y a été convié pour la conférence nationale de la Canadian University Press, qui rassemble à chaque année quelques centaines d’aspirants journalistes d’<em>ad mari usque ad mare</em>.</p>
<p>À voir la quantité abyssale de <em>Tweet</em> (à prononcer «twouite» et non pas «twit», comme je l’ai d’abord naïvement cru – mais quand même, quelle expression moche!) qui s’échange sans arrêt lorsque autant d’apprentis reporters sont réunis, je me questionne de plus en plus sur la pertinence du journalisme à l’ère de l’instantanéité. Honnêtement, a‑t-on vraiment besoin de tout savoir au moment même où ça se passe? Prenons un exemple flagrant: n’avez-vous pas vu poindre un certain malaise en votre fort intérieur lorsque des hordes de reporters ont débarqué à Haïti avant les secours?</p>
<p>On peut soulever bon nombre d’objections à la présence hâtive des journalistes sur le lieu d’une catastrophe humanitaire: ils utilisent des ressources qui pourraient être destinées aux victimes, ils capitalisent sur la misère pour hausser leurs cotes d’écoutes, ils sensationnalisent une situation complexe en l’objectivant en clips formatés de trois minutes, ils tourneront rapidement leur regard ailleurs alors que les Haïtiens resteront aux prises avec les conséquences directes de ce séisme pour encore des mois, voire des années… et quoi d’autre encore?</p>
<p>Certains remettent carrément en question la présence de journalistes sur les lieux; je ne crois pas qu’il faille aller jusque là. Plus on en sait sur une situation et mieux on est apte à réagir en conséquence, ne serait- ce qu’en donnant généreusement à un organisme, parce que tous ces détails et ces images catalysent notre empathie pour les victimes.</p>
<p>Au fond, la raison d’être des médias n’est-elle pas de collecter, d’analyser et de communiquer des informations qui nous permettent de mieux comprendre (et éventuellement d’agir sur) le chaos dans lequel nous évoluons? Pour y arriver, toutefois, les médias doivent résister à ce glissement de l’information vers l’infospectacle et le voyeurisme –une tendance que les nouvelles technologies n’ont fait qu’accélérer.</p>
<p>Comme en témoigne l’article de Marie- Lise Drapeau-Bisson sur le centenaire du <em>Devoir</em> (à lire en p. 4), il est possible pour un média d’information d’avoir du succès tout en maintenant de hauts standards de qualité et d’intégrité. Et ce, même si c’est parfois aux dépens du <em>sex appeal</em> qui fait vendre de la copie. La longévité du <em>Devoir</em> doit sûrement beaucoup à son indéfectible détermination à miser sur l’analyse, la recherche, la profondeur. À sa persistance à considérer ses lecteurs comme des personnes dotées d’intelligence et de jugement. Et à son engagement à mettre l’information au service des citoyens, plutôt que les médias aux services de l’information.</p>
<p>@ledevoir : quand on sera grand on veut être comme vous. #wetdreams</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/tu-me-prends-pour-un-twit/" data-wpel-link="internal">Tu me prends pour un twit?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Gomme balloune et patates chaudes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/12/gomme-balloune-et-patates-chaudes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 23:39:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2145</guid>

					<description><![CDATA[<p>La décision du gouvernement Harper de proroger le Parlement repousse encore les limites du cynisme politique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, c’est le ventre plein de dinde aux atocas et le mal de tête persistant du verre-de-champagne-de-trop que j’ai posé mon arrière-train sur les honorables bancs d’école mcgillois le 4 janvier dernier. Heureusement (ou malheureusement, c’est selon), la lecture de quelques touffus syllabus a vite eu sur moi l’effet d’une bonne douche froide, et je me suis rapidement remise à mes bonnes habitudes épinards-thé vert-réveil-à‑l’aube. Bon, j’avoue que comme toute résolution du nouvel an, celle-ci risque de glisser plus tôt que tard vers le trio chocolat-vodka-procrastination… mais en attendant l’inéluctable retour au galop du naturel, je profite de la bonne volonté et de l’énergie qu’apporte la promesse d’un renouveau pour croire que cette session sera différente des autres.</p>
<p style="text-align: center;">* * * *</p>
<p>Parlant de résolutions du nouvel an, <em>Le Délit</em> se prend pour Yann Martel et se propose de rédiger la liste des bonnes résolutions du très honorable Stephen Harper. Tout d’abord, on invite le leader du plus meilleur pays du monde à suivre les judicieux conseils promulgués par <em>The Economist</em> et à s’entraîner à marcher tout en mâchant de la gomme!</p>
<p>L’hebdomadaire britannique détaille l’odieux que lui inspire la décision du gouvernement conservateur de proroger le Parlement afin de permettre à l’exécutif de se concentrer sur la reprise économique et les Jeux olympiques de Vancouver. Décision dont tout indique qu’elle ne soit au fond guidée que par l’intérêt personnel du premier ministre, qui cherche surtout à se soustraire aux critiques de l’opposition sur les quelques dossiers «patates chaudes» que sont la torture des détenus afghans et l’échec de Copenhague.</p>
<p>Mais ce qui est d’autant plus troublant, c’est la quasi-absence de réaction du public alors que la première institution démocratique du pays est muselée et déconsidérée. Il y a bien eu un groupe d’une centaine d’intellectuels qui a pris position publiquement, quelques éditoriaux et lettres ouvertes, et les Libéraux qui ont tenté de galvaniser l’indignation de l’électorat par le biais d’une campagne publicitaire… Mais malgré cela, on reste bien loin d’un mouvement collectif, d’une prise de position politique dans la sphère publique. Car si on s’en offusque, ça reste la plupart du temps dans le confort de notre salon ou sur un énième groupe Facebook dont on oubliera rapidement l’existence. Certes, le phénomène n’est pas nouveau: le cynisme et le désintérêt pour la chose politique ne sont pas nés de la dernière pluie. Mais lorsqu’on ne prend même plus position dans l’espace public pour s’offusquer du bâillonnement de ceux que nous élisons afin de prendre position dans l’espace public en notre nom, quelle substance ont encore les mots «démocratie» et «politique»?</p>
<p>Le philosophe Marcel Gauchet, dans une entrevue accordée au Devoir pour son centième anniversaire, souligne que l’exercice de la démocratie dans le monde moderne « oscill[e] autour de la liberté privée, <em>mais aussi de choix collectifs, d’une volonté d’orienter collectivement le monde par la discussion et la compréhension. C’est cet aspect qui est marginalisé par le découragement démocratique</em>» [italiques ajoutées].</p>
<p>Dans nos sociétés hyper/post-modernes caractérisées par un repli sur soi des individus, la quasi-absence de réaction face à l’effritement de notre système démocratique souligne à grands traits l’urgence de se réapproprier l’espace public afin de reconstruire le politique. La sphère publique est certes investie par une panoplie d’acteurs, mais ceux-ci y défendent de plus en plus exclusivement des intérêts morcelés, corporatisés, voire individualisés. D’où l’importance de cette réappropriation afin d’édifier un sens collectif à travers un discours public, sens auquel tous peuvent contribuer et se rattacher.</p>
<p>La résolution du <em>Délit </em>pour 2010? Continuer à vous offrir une plateforme d’expression accessible afin de vous réapproprier l’espace public. On attend impatiemment de vos nouvelles…</p>
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		<title>L’université entre engagement et liberté</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/30/l%e2%80%99universite-entre-engagement-et-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 14:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Notre éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Normand Baillargeon, philosophe de l’éducation et libre-penseur, s’il en est.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/30/l%e2%80%99universite-entre-engagement-et-liberte/" data-wpel-link="internal">L’université entre engagement et liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Philosophe, essayiste, militant libertaire, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal… la liste des substantifs utilisés pour parler de Normand Baillargeon est longue. Ce dernier a généreusement accepté de partager avec Le Délit ses réflexions sur ce qu’est l’université d’aujourd’hui et ce que pourrait être celle de demain.</em></p>
<p><strong>Le Délit:</strong> Vous avez obtenu deux doctorats, l’un en philosophie et l’autre en sciences de l’éducation, et vous oeuvrez toujours activement dans le milieu universitaire. Quelles devraient être, d’après vos réflexions et votre expérience, les valeurs cardinales qui sous-tendent l’université d’aujourd’hui ?</p>
<p><strong>Normand Baillargeon:</strong> Je suis de ceux qui pensent que l’université devrait être un lieu qui réunit des gens souhaitant consacrer leur existence à la vie de l’esprit, pour paraphraser Humboldt. Ses valeurs cardinales devraient donc être, très précisément, celles de la vie de l’esprit: ce sont des valeurs et des vertus comme l’amour de la vérité, la liberté de penser et de chercher, le respect pour les faits et les arguments, la créativité intellectuelle, l’étude, la connaissance désintéressée et d’autres encore, de cet ordre.</p>
<p>L’université ainsi conçue est cependant –et a toujours été– une institution parasitaire. Elle a néanmoins été plus ou moins tolérée par les institutions dominantes, en partie en raison des retombées de toutes sortes (notamment rentables ou autrement utiles) que peut engendrer la poursuite par l’université de ses valeurs propres.</p>
<p>Il y a donc toujours, et à des degrés divers, une tension entre l’institution universitaire et la société qui l’abrite. Je pense que nous vivons un moment historique, où cette tension est exacerbée et prend des formes inédites. Mon collègue Michel Freitag, qui vient hélas de décéder, décrivait la situation actuelle comme un passage de l’<em>université-institution</em> à l’<em>université-organisation</em>: cela me semble fort éclairant. L’éducation, la recherche, la vie académique ont ainsi été sommées de s’inscrire dans une logique de rentabilité et d’adaptation fonctionnelle des individus aux exigences de l’économie, toujours données pour indiscutables et décisives. L’université tend ainsi à être de moins en moins définie par les exigences internes de son activité spécifique et de plus en plus par des critères extérieurs à elle. Certains des vocables avec lesquels on parle désormais si souvent de l’université –clientèle, capital humain, compétences, rentabilité, investissements, subventions, etc.– témoignent de la diffusion et de l’acceptation de ces déplorables idées.</p>
<p>Cette transformation de l’institution s’est en outre accompagnée d’une véritable métamorphose de son fonctionnement interne: l’université se gère de plus en plus comme une organisation, avec des principes administratifs et une bureaucratie qui conviennent peut-être à l’entreprise qu’elle est en voie de devenir, mais qui souvent la conduisent à des pratiques qui sont aux antipodes de ce qu’exigerait l’universitéinstitution.</p>
<p>Pour ce qui est de mon expérience personnelle, dont je ne peux absolument pas dire qu’elle soit généralisable, je dois avouer avec tristesse et regrets avoir souvent vu ces valeurs de l’université dont j’ai parlé être malmenées au sein même des lieux où elles auraient pourtant dû être défendues. La pénétration des ennemis extérieurs dans l’université a ainsi été facilitée par la présence en son sein d’ennemis intérieurs.</p>
<p><strong>LD:</strong> Lorsqu’on parle de remodeler les universités, les débats reviennent inévitablement à la question du financement, et plus particulièrement du sous-financement actuel du réseau universitaire. Plusieurs solutions sont à l’ordre du jour : hausse des contributions étudiantes, dons privés, financement public… Laquelle de ces alternatives (ou quelle combinaison) vous semble idéale?</p>
<p><strong>NB:</strong> Chomsky a écrit quelque part –je le paraphrase– que la manière dont vit l’université telle que je l’ai définie au sein d’une civilisation est une mesure de son avancement. J’en conviens. Et je pense donc que nos sociétés se doivent d’offrir à ceux et celles qui le souhaitent (et qui ont le talent pour le faire) la possibilité de se consacrer à la vie de l’esprit librement et sans entraves, notamment économiques, pendant quelques années ou durant leur vie entière. Ce principe peut se réaliser selon diverses modalités, je suis ouvert à la discussion et à l’examen de diverses formules; et je ne me sens d’ailleurs pas compétent pour me prononcer plus avant. Mais ma préférence <em>a priori</em>, ou de principe si l’on préfère, va à un financement public qui garantisse à tous l’accès à l’université, sans barrière autre que le talent.</p>
<p><strong>LD:</strong> Les universitaires sont fréquemment accusés d’être enfermés dans une tour d’ivoire, d’être déconnectés du monde réel. Y croyez-vous? Devrait-on chercher à réorienter les études et les recherches universitaires afin d’accroître leur utilité, leur impact sur nos sociétés?</p>
<p><strong>NB:</strong> Devant une accusation de ce type, il faut faire très attention et se demander: qui la lance? Au nom de quoi? Et surtout: quel est ce monde «réel» dont les universitaires seraient déconnectés?</p>
<p>Parfois, je le crains, c’est simplement et platement celui des intérêts dominants au sein de notre société, et si les universitaires sont accusés de tous les maux, dont celui de frivolité, c’est pour ne pas s’y intéresser d’assez près –entendez: les servir avec suffisamment d’empressement. Or, le faire équivaudrait souvent pour les universitaires à trahir leur mission propre en ce qu’elle a d’unique.</p>
<p>Par sa nature même, le travail universitaire tel que je le conçois en est un de synthèse, de réflexion, d’analyse désintéressée, et il peut tout à fait avoir l’air (et même, disons-le: être) déconnecté, à tout le moins de certaines préoccupations immédiates. Mais c’est aussi là sa richesse et c’est aussi par là qu’il arrive, parfois, que l’université apporte ses contributions les plus importantes et les plus spécifiques, notamment à la résolution de problèmes pratiques ou immédiats. En ce sens, ma préférence de principe va à une université qui assume sa position parasitaire en mettant de l’avant ses valeurs et finalités propres, de sorte que je me méfie de tout détournement qui voudrait sans plus de qualification accroître son utilité, sa capacité à résoudre des problèmes sociaux.</p>
<p>Je pense que nous sommes déjà allés beaucoup trop loin en ce sens et qu’une réflexion collective s’impose d’urgence sur ce que nous demandons à l’université, en particulier sur la place de la formation professionnelle en son sein. C’est pour cette raison que mon collègue Jacques Pelletier et moi avons réclamé, jusqu’ici sans succès, la tenue d’états généraux de l’université.</p>
<p>J’ajouterais aussi que les universitaires, en raison des immenses privilèges qui leur sont consentis, ont à mon avis le devoir de rendre à la société quelque chose qui soit universitaire, à savoir ce travail de réflexion, de création, qui permet de penser les problèmes sociaux et autres dans la longue durée et avec un certain recul.</p>
<p><strong>LD:</strong> Parallèlement, on constate dans les dernières années une tendance vers l’instrumentalisation du savoir, où les études et la recherche devraient être utiles à «l’économie du savoir». Que pensez-vous de cette tendance?</p>
<p><strong>NB:</strong> Elle est bien réelle et le plus souvent déplorable. Cependant, la gravité et l’impact de la situation varient selon les secteurs universitaires concernés, au point de défier toute généralisation. Dans mon domaine, l’éducation, cela signifie que l’on a accordé un troublant privilège à un certain type de recherche, subventionnée, au détriment de la transmission d’un héritage intellectuel important (celui de la pédagogie, de la philosophie de l’éducation) et de son enrichissement, toutes choses que l’université (et elle seule) peut et doit accomplir. Ces recherches subventionnées, par ailleurs, ont parfois eu bien peu de valeur; mais elles étaient subventionnées! De plus, les orientations de la recherche tendaient à être définies par des «besoins» sociaux, et donc par l’État et les organismes subventionnaires. Le résultat, selon moi, est plus que douteux, sur à peu près tous les plans.</p>
<p><strong>LD:</strong> Question «Carte blanche»: si on vous confiait la mission de reconstruire le modèle universitaire contemporain à neuf, sans aucune contrainte financière ou institutionnelle, quelles en seraient les composantes principales ?</p>
<p><strong>NB:</strong> Je vais répéter ce rêve un peu fou que j’ai déjà avoué et qui ne coûte pas cher. Cette idée est reprise du philosophe et universitaire libertaire Paul Goodman (1911–1972). Envisagée dans le long terme, la crise actuelle de l’université n’est qu’un épisode de plus dans le conflit qui l’oppose à son environnement, que j’évoquais plus haut. Or, à divers moments de son histoire depuis le Moyen Âge, qu’ont fait certains universitaires et certains étudiants quand la forme prise par l’université ne leur convenait plus du tout? Ils ont fait sécession. Et c’est souvent à travers cette dissidence que l’université a trouvé de quoi se régénérer. De telles sécessions ponctuent l’histoire de l’institution. La dernière et la plus célèbre en date est celle de la création de la New School for Social Research, de New York, née de la sécession de professeurs dissidents de Stanford et Columbia.</p>
<p>«Faisons-le une fois de plus», suggérait Paul Goodman en 1962. Je reprends son idée et j’imagine au Québec une cinquantaine de professeurs et quelque trois cents étudiants et étudiantes fondant un institut universitaire voué au <em>studium generale</em>, à l’abri du contrôle extérieur administratif et bureaucratique, dans le but de fonder une véritable communauté intellectuelle.</p>
<p>Bien des questions concrètes restent sans réponse, j’en suis conscient, et il faudra leur répondre. Elles concernent notamment le financement de cette communauté, ses ressources matérielles et humaines –bibliothèque, locaux, équipement, personnel– et sa relation aux institutions officielles devant garantir aux étudiants et étudiantes qu’ils pourront obtenir des diplômes reconnus. Mais il me semble que ces problèmes ne sont pas insurmontables, d’autant plus que les universités, le ministère et la collectivité ont tous un intérêt, pour des raisons diverses, dans la poursuite et le succès d’une telle expérience. </p>
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		<title>Pour en finir avec les finals</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/24/pour-en-finir-avec-les-finals/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 15:00:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Novembre s’achève déjà (qui l’a vu arriver??) et avec lui se couronne la saison automnale du Délit. Eh oui, vous tenez entre vos petites menottes tremblantes d’étudiant au bord de l’épuisement «fin-de-sessionnel» le dernier numéro de votre délectable «Délice hebdomadaire». Nous vous offrirons bien un improbable numéro conjoint Daily-Délit lundi prochain, où nous rêverons d’une&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/24/pour-en-finir-avec-les-finals/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Pour en finir avec les finals</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Novembre s’achève déjà (qui l’a vu arriver??) et avec lui se couronne la saison automnale du Délit. Eh oui, vous tenez entre vos petites menottes tremblantes d’étudiant au bord de l’épuisement «fin-de-sessionnel» le dernier numéro de votre délectable «Délice hebdomadaire». Nous vous offrirons bien un improbable numéro conjoint Daily-Délit lundi prochain, où nous rêverons d’une université meilleure, question de sublimer nos pulsions freudiennes entre deux papers dont le sens profond nous échappe. Mais pour ce qui est du Délit dans son intégralité, c’est finito jusqu’en janvier.</p>
<p>D’ici-là, vos dévoués Déliites canaliseront leurs énergies à célébrer Noël en famille et à se <em>shaker</em> le <em>bombom</em> au premier coup de minuit de l’An de grâce 2010. Mais avant d’atteindre cet eldorado de ripailles et de festoiement, il faudra toutefois sortir vivants de la course à obstacles de ceux-dont-il-ne-fautpas- prononcer-le-nom, sous peine de subir un influx nerveux suffisant pour alimenter le Nord-Est américain en électricité, et j’ai nommé les terrifiants <em>finals</em>.</p>
<p>Il faut dire que notre chère <em>alma mater</em> ne fait rien pour rendre l’expérience plus agréable –ou minimalement moins pénible. Un observateur mal préparé resterait sûrement perplexe à la vue de la faune cernée et fébrile qui peuple le Redpath aux alentours des 4 ou 5 heures du matin, mus par un sentiment de culpabilité qui nous suit dès qu’on met les pieds hors de cette bibliothèque ouverte 24h/7. Et quoi de plus agressant pour les nerfs que d’être assis devant une petite table chambranlante, rangée F32 du Currie Gym, tandis qu’une voix grinçante en direct des profondeurs d’outre-tombe vous hurle dans les oreilles que «<em>if you feel sick, you must say it right now or you will have to stay in the room until the end of the exam</em>». Et lorsqu’on vous autorisera enfin à empoigner votre crayon, votre voisine de droite se mettra inévitablement à renifler frénétiquement –sûrement victime de la grippe dont on taira elle aussi le nom– et le mec derrière vous se mettra à shaker de la patte à 150 bpm (histoire vécue…). Pensez donc à vous apporter un kit de survie complet composé de bouchons, d’ornières, d’une sarbacane et de quelques fléchettes empoisonnées, question d’en sortir trois heures plus tard sans qu’un de vos nerfs de cou ait cédé sous la tension. Bref, cette bien-aimée McGill fait tout ce qui est en son pouvoir pour ouvrir nos esprits au merveilleux monde de la connaissance universelle.</p>
<p>Trêve d’ironie, il reste qu’une trop grande proportion d’entre nous subit une immense pression de performance et d’excellence, externe comme auto-imposée, au point où on perd souvent de vue l’objectif d’apprendre pour plutôt viser l’objectif du «A» tout court. Dans notre société hypermoderne qui valorise à outrance la performance individuelle et la réussite personnelle, tout ce qui est en bas de la barre fatidique du A ne peut qu’être considéré comme un échec. Dans de telles circonstances, ce n’est pas étonnant qu’on occulte le fait que cette pression en pousse beaucoup à franchir les portes du centre de santé mentale, affligés par l’anxiété et les crises de panique.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>«Aaaarggh», vous dites-vous judicieusement dans votre for intérieur à la lecture de ces mots. «Pourquoi diable la seule lecture de la semaine à m’offrir un repos intellectuel minimalement teinté de culpabilité de ne pas être en train d’étudier doit me rappeler, en évoquant ces maudits <em>finals</em>, que je ne suis justement pas en train d’étudier?» D’abord, parce que savoir qu’on n’est pas tout seul à angoisser, c’est déjà un peu moins angoissant. On vous attend donc de pied ferme le 12 janvier, toujours prêts à égayer votre périple mcgillois.</p>
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		<title>Les régions débarquent à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/les-regions-debarquent-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:00:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quitter un village où tout le monde se connaît pour la grande ville peut être une transition difficile pour les étudiants qui choisissent Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on vit à Malartic en Abitibi-Témiscamingue, à Chibougamau dans le Nord du Québec ou à Paspébiac en Gaspésie, et que l’on souhaite poursuivre des études universitaires spécialisées, peu d’options s’offrent à nous dans notre région d’origine. Ainsi, ils sont plusieurs milliers de jeunes à quitter chaque année leur région natale, attirés par le puissant magnétisme de l’aimant montréalais. Avec ses douze cégeps et ses quatre grandes universités, il ne fait nul doute que plusieurs étudiants de milieux ruraux trouveront chaussure à leur pied dans le réseau d’enseignement post-secondaire de l’île.</p>
<p>Si plusieurs trouvent à Montréal le programme académique qui leur sied, la transition ne se fait malheureusement pas toujours facilement entre la région et la grande ville. «Durant les premiers mois, ou premières années pour certains, l’ennui et la déprime sont le lot de bien des nouveaux migrants» explique Darvida Conseil dans une étude sur les migrations interrégionales réalisée pour le compte du Forum jeunesse de l’île de Montréal (FJIM). En effet, poursuit Mme Conseil, bon nombre d’arrivants subissent une perte de repères et d’identité à leur arrivée, alors qu’ils sont confrontés à une réalité bien différente de celle à laquelle ils étaient habitués: «le choc de la langue (présence de l’anglais), la vitesse de la ville, le multiculturalisme, la pauvreté, la vitesse du rythme de vie, etc.» Les difficultés d’adaptation sont d’autant plus amplifiées que les jeunes se retrouvent souvent isolés des parents, amis et voisins qui composaient leur réseau de support habituel.</p>
<p>À McGill, on estime que 453 jeunes des régions rurales du Québec ont été admis à un programme d’études en 2009, bien qu’il soit difficile d’obtenir un chiffre exact –la statistique exclut les étudiants aux cycles supérieurs et à la Faculté d’éducation permanente, mais inclut ceux en provenance de la Montérégie rapprochée. À chaque année, l’équipe de recrutement de McGill, pilotée par Lindsay Wilmot, parcourt les cégeps de la province afin d’attirer les étudiants. Les intervenants sont témoins des nombreuses inquiétudes –notamment liées à l’usage de l’anglais– exprimées par les candidats potentiels: «On essaie de les rassurer, mais aussi d’être honnêtes dans le message qu’on leur donne, car oui, c’est une grosse transition, et notre but, c’est de trouver des étudiants qui vont être heureux ici, qui vont bien s’adapter» explique Mme Wilmot. À cet égard, bien qu’il n’existe aucune mesure de soutien visant spécifiquement cette population, les jeunes migrants peuvent faire usage des nombreuses ressources mises à la disposition des nouveaux étudiants: «il y a le <em>First Year Office</em>, qui a une assistante exclusivement dédiée aux francophones, le <em>Buddy program</em>, le counselling…» énumère Mme Wilmot. Et si la transition est parfois ardue, beaucoup arrivent à s’intégrer et réussissent très bien par la suite, conclut-elle. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/les-regions-debarquent-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Les régions débarquent à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Montréal et le reste du Québec: les nouvelles «deux solitudes»?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/montreal-et-le-reste-du-quebec-les-nouvelles-%c2%abdeux-solitudes%c2%bb/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:00:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Région]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=1791</guid>

					<description><![CDATA[<p>Envie de vous évader? Nous aussi! Cette semaine, échappez au bitume et franchissez avec nous les ponts de l’île montréalaise. À la découverte de l’autre solitude, celle du reste du Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/17/montreal-et-le-reste-du-quebec-les-nouvelles-%c2%abdeux-solitudes%c2%bb/" data-wpel-link="internal">Montréal et le reste du Québec: les nouvelles «deux solitudes»?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À McGill, les deux solitudes canadiennes, ça nous connaît! Il y a sûrement peu d’endroits en ce pays où la ligne de partage entre la nation québécoise et le <em>rest of Canada</em> est aussi manifeste qu’à la frontière entre la bulle du ghetto McGill et le <em>rest of Montreal</em>. Heureusement, la dichotomie Montréal-Toronto, on finit par en revenir quand on se rend compte que oui, c’est possible de se faire des amis torontois franchement chouettes, et que de toute manière, les Canadiens battent toujours les Maple Leafs (l’important étant de gagner les batailles qui comptent vraiment…).</p>
<p>Toujours à l’affût de nouvelles frontières à franchir, votre dévoué Délit s’est donc penché sur une autre dichotomie, pourtant moins visible dans notre vénérable institution: celle entre Montréal et les régions. Et pour ceux qui ne sont pas d’ici, on vous met tout de suite au parfum: toutes les régions ne sont pas <em>en</em> région. La région de Montréal n’est donc pas une région en région. Nuance importante, puisque dans la réalité québécoise, le terme «région» sert à désigner les contrées rurales et semi-urbanisées, de manière analogue aux provinces françaises. Certains puristes iront même jusqu’à classifier sous le terme de «région» tout ce qui n’est pas Montréal, incluant les banlieues rapprochées et les villes comme Québec, Gatineau, Sherbrooke, etc. (Suggestion d’activité de la semaine: allez dire à un résident de la ville de Québec qu’il vit en région. Reculez de quelques pas et observez sa réaction. Divertissement garanti ou on ne s’appelle plus <em>Le Délit</em>!).</p>
<p>Qu’en est-il, donc, des deux solitudes québécoises? À entendre la panoplie de clichés qu’entretiennent les uns sur les autres, Montréal et le <em>rest of Quebec</em> semblent se distancier de plus en plus. L’une serait peuplée d’insulaires snobinards et nombrilistes créchant sur l’honni Plateau- Mont-Royal, entourés d’unilingues anglophones et de femmes en burqa, alors que l’autre serait un espèce de trou noir culturel où vivotent les villageois béotiens et xénophobes que l’on pouvait voir à la télé lors des audiences Bouchard-Taylor! Ces caricatures sont presque grotesques, mais elles n’en ont pas moins une résonance de plus en plus forte de part et d’autre. Le «514» seraitil en passe de s’isoler du reste du Québec?</p>
<p>Alors, comment jeter des ponts pour rapprocher nos deux solitudes puisque l’affrontement métropole vs. régions n’est bénéfique pour personne? De Ferme-Neuve à La Tuque, en passant par Val D’or et Saint-Jean-Port-Joli, ne reculant devant aucun obstacle, l’équipe du <em>Délit</em> a franchi les frontières de son isolement insulaire pour vous faire découvrir l’autre côté de la médaille québécoise: les régions.</p>
<h4>Fragments régionaux</h4>
<p>Le Québec hors Montréal, c’est un territoire de 1 311 628 km<sup>2</sup>, divisé en dix-sept régions administratives où vit 75% de la population québécoise (50% si on exclut les banlieues rapprochées) et 18% des immigrants récents. C’est aussi un PIB de 128$ milliards et 51% des emplois de la province. Et, il faut le dire, c’est également 4 milliards de revenus fiscaux en provenance de la métropole –véritable coeur économique de la province– qui y sont investis annuellement selon les calculs de l’économiste Claude Picher.</p>
<p>«Les régions» sont pourtant loin de constituer une entité homogène. Afin de vous permettre de découvrir leurs réalités propres, les modes de vie de leurs habitants, les enjeux qui les préoccupent, leurs problèmes et leurs réussites, <em>Le Délit</em> vous offre une série d’articles qui vous feront faire le tour de la belle province sans avoir à brûler une seule goutte d’essence pour parcourir ses loooongues autoroutes. On a bien essayé de le cacher derrière notre soi-disant neutralité journalistique, mais c’est un secret de polichinelle: on est en amour avec les régions! Laissez-vous porter, le voyage commence. </p>
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		<title>L’erreur boréale, prise 2</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/10/l%e2%80%99erreur-boreale-prise-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 05:00:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dérivation de la Rupert met en question le modèle Hydro-Québécois</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/10/l%e2%80%99erreur-boreale-prise-2/" data-wpel-link="internal">L’erreur boréale, prise 2</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Je feuilletais béatement mon journal (papier!, eh oui je suis une récalcitrante technologique à mes heures) lorsqu’entre deux bouchées de Müslix, mon attention a été attirée par ce petit titre, camouflé en page XX: «Hydro-Québec dérive la Rupert aujourd’hui». «Aujourd’hui», c’était samedi dernier. C’est donc chose faite: l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec n’est plus. Pas de retour en arrière possible, car une fois que les vannes du barrage ont été fermées sur cet impétueux cours d’eau (un débit de 900 m³/s, ça fait beaucoup d’eau!), une superficie de 346 km<sup>2</sup> sera inondée, et l’ensemble des systèmes hydrographique et écologique de la région s’en trouvera affecté irréversiblement.</p>
<h4>Noire ou verte, l’hydroélectricité?</h4>
<p>Ce caractère irréversible a de quoi troubler, puisque la déviation de la rivière Rupert, qui est la troisième phase du grand chantier de l’Eastmain-1‑A–Sarcelle–Rupert, n’est pas sans soulever la controverse. Cette énergie que le premier ministre Jean Charest qualifie de «propre, renouvelable et non dommageable pour l’environnement» l’est-elle vraiment? Difficile à dire, puisqu’au Québec, aucune étude d’impacts globale n’a été effectuée –signe pour le moins inquiétant de la croyance aveugle de nos décideurs en cette forme d’énergie qui alimente 97% des besoins de la province. En termes absolus, il est impossible de trancher puisque nous ne connaissons pas les impacts cumulatifs sur la totalité du cycle de vie des projets hydroélectriques, dixit Éric Duchemin, professeur à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM. Ses études, portant notamment sur la quantité de gaz à effet de serre (GES) qui s’échappent des réservoirs, concluent néanmoins que les aménagements hydroélectriques sont des émetteurs nets de GES: 10 millions de tonnes en 2004, soit 10% des émissions québécoises, pourtant comptabilisées nulle part dans le bilan de la province. Pas aussi propre que nous le laisse entendre notre «grand bâtisseur» de premier ministre…</p>
<p>En termes relatifs, toutefois, la donne est toute autre, puisqu’il est indéniable que l’électricité produite par les turbines des barrages émet beaucoup moins (jusqu’à 85%) de GES que celle émanant de la combustion du charbon, du mazout ou du gaz naturel. Sa couleur dépend donc du contexte macro-économique: si l’hydroélectricité vient remplacer une énergie qui aurait autrement été produite par la combustion d’énergies fossiles, on peut alors la qualifier d’énergie verte en raison des émissions évitées. Toutefois, il ne faut pas que cet avantage comparatif vienne occulter le fait que l’hydroélectricité est un émetteur net de GES, et ne peut donc être mise sur un pied d’égalité avec des mesures d’efficacité énergétique et avec l’éolien dans la lutte contre les changements climatiques. Et c’est sans parler des nombreuses conséquences sur les écosystèmes: pollution des eaux au mercure, fragmentation de l’habitat naturel, appauvrissement de la biodiversité, etc. La donne a donc changé depuis les années 1960 où la construction de grandes centrales était la voie toute indiquée pour propulser l’économie et la société québécoises dans la modernité. Mais le gouvernement du Québec et Hydro-Québec, qui semblent avoir érigé l’hydroélectricité en profession de foi, oblitèrent ces nouvelles données.</p>
<h4>Éco…nomique?</h4>
<p>Ce qui est d’autant plus troublant, c’est que le projet Rupert, s’inscrit dans un plan de développement beaucoup plus large dont les effets globaux –environnementaux comme économiques– n’ont jamais été évalués. Les études d’impacts produites par Hydro-Québec sont morcelées rivière par rivière, ne permettant pas d’évaluer la justesse du plan d’ensemble. Or, le gouvernement Charest accumule les annonces de nouveaux projets à un rythme effréné: Rupert, Romaine, Petit-Mécatina, ainsi qu’une multitude de petites centrales privées. La commission d’enquête sur la Romaine a établit qu’en quinze ans, le nombre de rivières harnachées sur la Côte-Nord a augmenté de 400%! Et la commission dresse un portrait plutôt sombre de la santé biologique de la région, grandement affectée par ces projets qui n’offrent à l’économie locale que des emplois temporaires, qu’il faut constamment recréer, dans une inlassable fuite en avant économique.</p>
<p>Pendant ce temps, notre principal marchécible, les Etats-Unis, refuse toujours d’inclure l’hydroélectricité dans ses programmes de développement des sources d’énergie renouvelable. Avec le «<em>Renewable Energy Production Incentive</em>» d’Obama, les autres filières d’énergie propre, comme le solaire, l’éolien et la géothermie sont subventionnés à la hauteur de 1,5 ¢/kWh. Alors que les Américains prévoient de réduire leurs importations et d’investir massivement dans l’efficacité énergétique et dans les énergies vertes, le Québec a choisi de mettre tous ses oeufs dans le même panier en se sur-spécialisant en hydroélectricité.</p>
<p>L’obsession du gouvernement Charest pour l’hydroélectricité ressemble davantage à une idéologie qu’à un véritable projet de développement pour le Québec. Certes, notre expertise en la matière est une force et reste un vecteur de développement, mais cela ne signifie pas qu’on doive toujours continuer à faire ce que l’on sait faire sans se poser de questions. La modernisation du Québec s’est bâtie avec Hydro-Québec, et cinquante ans plus tard, son avenir est intimement lié à l’adaptation de la société d’État aux nouveaux paradigmes de notre ère. </p>
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		<title>À la veille du référendum…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/11/03/a-la-veille-du-referendum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 17:18:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, dans la plus pure tradition anglo-saxonne, votre Délit de référence a décidé de se pencher sur les questions du référendum de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) et de prendre position dans l’espoir d’influencer votre vote. Après tout, la prise de position du Devoir en faveur de Louise Harel à la mairie de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/11/03/a-la-veille-du-referendum/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">À la veille du référendum…</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette semaine, dans la plus pure tradition anglo-saxonne, votre Délit de référence a décidé de se pencher sur les questions du référendum de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) et de prendre position dans l’espoir d’influencer votre vote. Après tout, la prise de position du Devoir en faveur de Louise Harel à la mairie de Montréal n’a‑t-elle pas eu un succès boeuf… (pointe d’ironisons-nous; pour ceux et celles qui en douteraient, nous vous invitons à prendre quelques minutes supplémentaires de votre précieux temps pour lire l’analyse de Vincent Allaire sur les résultats de l’élection municipale en page 3.)</p>
<p>Première prise de position, donc: allez voter! La qualité de la démocratie AÉUMienne est déjà assez limitée comme ça pour qu’on se prive d’un des rares mécanismes qui nous permet d’influer sur les décisions prises en notre nom. L’intérêt que vous avez à aller voter est d’autant plus concret que les motions sujettes à référendum ont toutes la velléité d’ajouter de nouveaux frais à votre facture semestrielle, et en contrepartie celle d’accroître ou de réduire les services auxquels vous avez accès. Autant donc vous pencher avec attention sur les questions avant de cocher votre bulletin de vote. Vous ne devriez d’ailleurs pas manquer de le faire avant le 12 novembre puisque, advenant le cas où moins de 15% des étudiants se prononceraient, les motions seront automatiquement reportées au semestre prochain. (D’ailleurs, au sujet de la démocratie à l’AÉUM, permettez-nous une auto-promo supplémentaire pour vous inciter, si ce n’est pas déjà fait, à retourner quelques pages en arrière jusqu’à l’article sur le Conseil législatif pour vous informer sur la représentativité des élus).</p>
<p>Deuxième prise de position: bien que les efforts de l’AÉUM pour «bilinguiser» une grande partie de leurs documents offi- ciels soient louables, nous n’avons pu nous empêcher de grincer des dents en lisant la version française des questions référendaires. N’avons-nous pas justement à McGill un département de langue et littérature françaises qui forme des traducteurs? Tant qu’à investir temps, énergie et argent pour informer les étudiants francophones dans leur langue maternelle, ce serait la moindre des choses de le faire correctement, histoire que l’on n’ait pas à se référer à la version originale anglaise pour être certains de bien comprendre la question et de mettre notre X dans la bonne case!</p>
<p>Enfin, avant de nous attaquer au noeud de l’affaire, sachez que pour des raisons de délais (c’est-à-dire que le vote sera pratiquement clôt quand notre prochain numéro vous tombera sous la main), Le Délit a choisit de prendre position dès cette semaine, avant le début de la campagne. Nous vous encourageons donc à suivre le déroulement de celle-ci, et tout particulièrement le débat qui se tiendra le jeudi 5 novembre à 17h dans la salle 302 du Shatner. Vous pourrez voter sur <a href="http://electionsmcgill.ca" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">electionsmcgill.ca</a> dès le mardi 10 novembre.</p>
<h4>Fond pour projets à développement durable: OUI</h4>
<p>[Note: le texte des questions est repris tel quel] Faites un grand X dans la case du «oui» de cette question, notamment puisqu’elle vise à institutionnaliser l’engagement de McGill en faveur de l’environnement. Comme l’explique un des auteurs, le montant total dépensé par l’étudiant (soit 7,50$ par semestre, si inscrit à temps plein) se situe approximativement dans la contribution moyenne des étudiants nord-américains pour les fonds verts, mais cette fois, l’Université récompense votre participation par un montant équivalent. Traduction: pour chaque dollar versé par les étudiants, l’administration verse l’équivalent au fonds. Il s’agit là d’une opportunité de collaboration sans précédent de la part l’administration de McGill qu’il ne faudrait pas manquer de saisir.</p>
<h4>Frais des ambassadeurs: Ouin…</h4>
<p>La Vice-Présidente Clubs et Services, auteure de cette question considère que «les étudiants mcgillois sont talentueux et passionnés», et c’est pourquoi c’est dans leur intérêt de se voir représenter dans un plus grand nombre de compétitions universitaires possible. La chose vaut-elle le prix d’un demi-muffin par semestre? On est d’avis que oui; on aime tous les voyages et les conférences académiques parascolaires.</p>
<h4>Frais de la CIJM: OUI</h4>
<p>Soyez prudents avec cette question si vous la lisez en français dans le texte! La traduction boiteuse donne l’impression qu’en votant en faveur de la motion on supporte la cessation des frais, alors que c’est tout le contraire: c’est un NON qui impliquerait la fermeture de la Clinique d’information juridique de McGill (CIJM). Nous appuyons à grand renfort de «OUI» la CIJM qui fournit une ressource essentielle aux étudiants ayant des questionnements légaux ou des ennuis avec les mesures disciplinaires de McGill, et qui, comme la plupart des étudiants, n’ont pas les moyens de se payer les services d’un avocat professionnel. La CIJM a d’ailleurs démontré sa volonté de mieux se faire connaître et d’accroître son accessibilité, notamment en publiant une capsule d’information juridique dans les pages de votre hebdo favori. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, vous pouvez également lire la lettre ouverte de Hugues D. Bergeron en page 2 (décidément c’est le festival des auto-promo cette semaine!) </p>
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		<title>«Non, je ne regrette rien»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/10/27/%c2%abnon-je-ne-regrette-rien%c2%bb/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 20:50:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Local]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>George W. Bush séduit la communauté d'affaire montréalaise lors d'une allocution présentée le 22 octobre dernier a l'hôtel Le Reine Elizabeth. Retour sur un discours oscillant entre principes, idéologie et vie quotidienne.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«J’ai toujours été un grand amateur de sport; je savais même qui étaient le Rocket et le Pocket Rocket!» a lancé d’emblée un George W. Bush charmeur et farceur, qui s’était clairement fixé comme objectif de séduire un auditoire qui a dû alléger sa bourse pour l’écouter en personne –les billets coûtant entre 200$ et 400$ chacun. Dans une première partie de l’événement organisé par la Chambre de Commerce de Montréal, l’ex-chef d’État a diverti son public à grand renfort d’anecdotes et de blagues espiègles sur son retour à la «vie normale», sa famille et l’amitié canado- américaine.</p>
<p>À plusieurs reprises, celui qui a été l’auteur des décisions controversées d’engager son pays dans les guerres en Afghanistan et en Irak a affirmé ne «rien regretter» et «être en paix avec lui-même» puisqu’il a toujours agi selon ses principes.</p>
<p>Les propos du quarante-troisième président des États-Unis se sont approfondis lors de la deuxième partie de la conférence, articulée sous la forme d’une conversation avec John Parisella, futur délégué général du Québec à New-York, passionné de politique américaine et… fervent partisan démocrate! M. Parisella a notamment questionné l’ex-président sur la décision de son administration d’attaquer l’Irak alors que les fondements justifiant cette offensive étaient précaires: «Beaucoup ont eu l’impression que vous aviez perdu de vue l’objectif premier [de lutter contre le terrorisme]», a‑t-il soutenu.</p>
<p>Visiblement sur la défensive, M. Bush a défendu ce choix en soulignant le danger que posait le régime irakien pour la stabilité mondiale : «Même si le régime de Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destructions massives à l’époque, il cherchait à en acquérir et n’aurait pas hésité à les utiliser». Selon lui, la situation mondiale serait bien plus instable et dangereuse aujourd’hui si les États-Unis n’avaient pas pris l’initiative de renverser Saddam Hussein, «au coeur d’une coalition de plus de quarante-et-un États» a‑t-il rappelé. «Sans notre intervention, nous serions aujourd’hui témoins d’une course à l’armement nucléaire entre les Chiites irakiens et les Sunnites iraniens». Idem pour la crise économique, qui, affirme-t-il, «aurait été de l’ampleur de la grande dépression des années 1930» si son administration n’avait pas agit préventivement pour tenter de l’endiguer.</p>
<p>Questionné sur l’opération militaire en Afghanistan dont le Canada «soutient une part disproportionnée», George W. Bush a louangé les Canadiens pour leurs efforts. «Si nous abandonnons l’Afghanistan trop tôt, les terroristes vont se réorganiser et menacer notre sécurité. Il faut donner aux Afghans l’espoir que leur situation va s’améliorer», a‑t-il affirmé, tout en reconnaissant que la situation est complexe et loin d’être réglée. L’ex-président a tout de même fait preuve d’une pointe d’autocritique à la fin de l’entretien, estimant qu’il aurait pu faire mieux avec la réforme de la sécurité sociale et la politique d’immigration. «Mais je suis fier de ce que j’ai accompli; je n’ai pas vendu mon âme. Merci beaucoup», a conclu le principal intéressé, visiblement agacé, mettant ainsi fin abruptement à l’événement après quarante minutes.</p>
<p>Malgré la controverse qu’a suscité George W. Bush lors de ses années à la présidence, l’homme a semblé charmer le public montréalais qui a accueilli ses propos d’applaudissements nourris. «Je ne suis pas du nombre de ses partisans, mais j’ai bien apprécié sa personnalité charmante et son humour!», a exprimé Jacob Kanter, l’un des quelques chanceux ayant obtenus un billet grâce au département de sciences politiques de McGill. «J’étais intéressé à entendre ce qu’il avait à dire pour sa défense, mais ça n’a pas changé l’opinion que j’ai de lui», a poursuivi M. Kanter. Nathalie Wilson, elle aussi étudiante au baccalauréat en sciences politiques à McGill, a renchéri: «C’était intéressant de l’entendre directement, sans l’intermédiaire des médias. Il ne semble pas être cet homme stupide que les médias présentent ». Opinion corroborée par son interlocuteur, M. Parisella, qui dit avoir rencontré «un homme de passion et de convictions». Bien qu’il ait apprécié la personnalité chaleureuse et le côté humoristique de M. Bush, M. Parisella est néanmoins resté sur sa faim en ce qui a trait aux questions de fond: «ses arguments pour défendre son bilan étaient restreints, […] il a bâti son raisonnement sur les informations qu’il avait à l’époque, mais certaines ne s’avèrent plus exactes».</p>
<p>Bref, si le «<em>show</em> de personnalité» de l’ex-leader a su charmer le public, il n’a sûrement pas convaincu ses détracteurs par son discours qui manquait de profondeur. «Il a donné un spectacle, un bon spectacle!», a conclu M. Parisella. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/10/27/%c2%abnon-je-ne-regrette-rien%c2%bb/" data-wpel-link="internal">«Non, je ne regrette rien»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Projet Montréal: le fruit est-il encore trop vert?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/10/20/projet-montreal-le-fruit-est-il-encore-trop-vert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 05:00:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, ne passe pas bien dans les médias grand public. Manque de charisme, opinions trop tranchées, propos trop complexes pour «faire le clip»… Les récriminations sont légion à son égard. L’éditorialiste de La Presse Nathalie Collard a même appelé à sa démission peu avant le début de la campagne&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/10/20/projet-montreal-le-fruit-est-il-encore-trop-vert/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Projet Montréal: le fruit est-il encore trop vert?</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, ne passe pas bien dans les médias grand public. Manque de charisme, opinions trop tranchées, propos trop complexes pour «faire le clip»… Les récriminations sont légion à son égard. L’éditorialiste de<em> La Presse</em> Nathalie Collard a même appelé à sa démission peu avant le début de la campagne électorale, sans quoi, croit-elle, Projet Montréal restera perpétuellement confiné à son statut de troisième parti. Il n’y a pourtant pas là de critiques sur le fond –bien au contraire, puisque les valeurs et les idées mises de l’avant par Projet Montréal résonnent positivement chez l’électorat: développement durable, transports collectifs, éthique et transparence… C’est plutôt le charisme du chef (ou son absence) qui est pointé du doigt. Son manque de concision cause aussi un problème: Nathalie Collard lui reproche de s’être entretenu pendant plus d’une heure avec des journalistes sur les dossiers environnementaux du moment.</p>
<p>Je peux comprendre que les journalistes soient aux prises avec des contraintes de productivité de plus en plus pressantes et qu’ils n’aient pas le temps de retourner jusqu’à l’âge de pierre pour comprendre les racines des problèmes environnementaux. Mais en contrepartie, je ne peux m’empêcher de célébrer la présence d’un parti d’idées sur la scène électorale montréalaise. Depuis plus d’une décennie, le Québec (voire le Canada) est en pleine traversée du désert à cet égard –au point où l’on peut articuler une campagne politique complète autour de deux ou trois lignes de curriculum vitae supposément mensongères. Le manque de contenu politique et de profondeur de nos politiciens, aussi bons communicateurs qu’ils soient, a tout pour détourner les citoyens de la chose politique. Qu’on soit d’accord ou non avec les idées que Bergeron et son équipe mettent de l’avant, ils ont au moins le mérite de rehausser la qualité du débat en y apportant un tant soit peu de substance. La preuve que ça marche: les autres partis pigent à qui mieux-mieux des idées –Nouveau Tramway, vélos collectifs, échangeur Turcot– dans le programme de Projet Montréal. Aussi controversé soit son chef, Montréal a grandement besoin d’un parti comme Projet Montréal pour, justement, rebâtir l’avenir de la ville autour d’un projet collectif. Et pour brasser un tant soit peu la cage municipale.</p>
<p style="text-align: center;">* * * * *</p>
<p>Parlant de développement durable, si vous tentez de faire votre part dans la lutte contre les changements climatiques en vous déplaçant à vélo, vous avez probablement subi les affres et les regards réprobateurs des gardes de sécurité –payés à grands frais par une université qui se plaint du sous-financement sur toutes les tribunes– plantés ici et là sur le campus qui vous agitent un drapeau fluo devant le guidon dès que vous mettez la roue sur le campus. McGill justifie cette nouvelle règle de sécurité par le besoin de réguler la circulation pendant les travaux près du pavillon McConnell, qui restreint l’accès à une partie de la route. Parce qu’évidemment, c’est bien connu, la bicyclette prend beaucoup plus de place qu’une automobile: impossible, donc, de faire cohabiter cyclistes et piétons sur les rues du campus. CQFD.</p>
<p>Sérieusement, à quand un campus sans voitures? Il est plus que temps que McGill adapte sa mentalité aux réalités du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>
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		<title>Féminisme à trois voix</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/10/06/feminisme-a-trois-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Dufresne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 23:06:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment doit-on réagir en 2009 lorsqu’on voit des femmes se faire souffrir ou même se tuer parce qu’elles n’ont pas le sentiment de suffire dans une société superficielle où la perfection n’est rien de moins que le mot d’ordre? Les événements des dernières semaines relancent le débat; que ce soit le suicide de Nelly Arcan,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/10/06/feminisme-a-trois-voix/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Féminisme à trois voix</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment doit-on réagir en 2009 lorsqu’on voit des femmes se faire souffrir ou même se tuer parce qu’elles n’ont pas le sentiment de suffire dans une société superficielle où la perfection n’est rien de moins que le mot d’ordre? Les événements des dernières semaines relancent le débat; que ce soit le suicide de Nelly Arcan, préoccupée à l’extrême par la perfection physique, ou encore la question de l’avortement, malheureusement encore actuelle et contestée. Si la dénonciation des standards de beauté dans le monde occidental et la crainte de l’interdiction de l’avortement n’ont rien de nouveau, on peut néanmoins se demander pourquoi le féminisme n’a pas su assurer sur ces plans. Pourtant, le féminisme n’est pas né de la dernière pluie et n’est pas même près de se liquéfier; notre époque est même considérée comme en vivant la troisième vague du moins au Québec.</p>
<p>À l’instar de nos mères et de nos grands-mères qui tiennent à ce que l’on n’oublie pas les luttes du passé, nous sommes en mesure de nous demander quelle est la place des femmes d’aujourd’hui, celles à qui on promet l’égalité entre les sexes depuis la tendre enfance, celles qui, aux dires de certains, n’ont jamais combattu pour obtenir ce qu’elles ont. Bien que sensibilisées à la cause féministe depuis l’enfance, les jeunes femmes d’aujourd’hui s’identifient-elles pour autant comme féministes?&nbsp; Malheureusement, pour certaines, l’image de la féministe n’a rien de reluisant et ne cadre surtout pas avec les réalités de la société actuelle, comme en témoigne le sempiternel «Je ne suis pas féministe mais» Mais peu importe les conceptions sociales du féminisme, c’est surtout au point de vue personnel qu’il est intéressant d’étudier la question, de voir les choix que les femmes font réellement au quotidien.</p>
<p>Étant toutes étudiantes à l’université à divers niveaux, on ne peut que constater que la question du féminisme est de plus en plus pertinente et nécessaire au fur et à mesure que l’on gravit les échelons de la scolarité et du milieu du travail. Toutes les portes ont apparemment été ouvertes pour nous dans les décennies passées, est-ce alors la raison pour laquelle les femmes se sentent le besoin d’être non seulement les égales des hommes mais de les surpasser? Alors que la femme qui se maquille et revêt robe et talons hauts peut être perçue comme une femme soit qui s’affirme, soit qui est soumise au regard de l’homme, où doit-on fixer la frontière? Pourquoi les femmes ressentent-elles toujours ce besoin de convenir à un moule? Serait-ce pour se donner une contenance ou alors pour se rassurer dans leur identité? Pourtant, il est impossible de convenir à un seul moule lorsque la femme parfaite d’aujourd’hui la femme qui a réussi doit remplir de multiples rôles, et bien le faire, pour se réaliser pleinement. Malheureusement, malgré deux vagues de féminisme avant nous, force est de constater que les femmes se sentent toujours forcées à correspondre à un idéal imposé. Est-ce qu’une femme trahit les générations passées, celles qui ont lutté, lorsque qu’elle décide de rester à la maison pour élever ses enfants? Est-elle l’égale de l’homme et des ses collègues féminines?&nbsp; La question se pose en sens inverse: une femme qui retourne au travail avant la fin de son congé de douze mois est-elle considérée comme une mère digne de ce nom?</p>
<p>La guerre des sexes est peut-être chose du passé, mais le féminisme actuel, bien qu’il ne doive plus se définir par opposition aux hommes, a toujours une utilité et plus d’une, celle de répondre aux enjeux de ce siècle afin que les femmes (et pourquoi seulement les femmes?) ne ressentent plus le besoin de se voir à travers un idéal-type de perfection. La complexité du féminisme a même tendance à semer le conflit entre les femmes plutôt qu’à les unir: qu’y a‑t-il donc pour les femmes et les féministes en ce début de millénaire? La question est ouverte.</p>
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