Go Québec Go!
2 mars 2010

Retour vers le futur? Voilà que l’équipe des Lucides, Lucien en tête avec un beau «C» bleu sur son jersey, revient à la charge pour nous mettre en garde contre le spectre du déficit et de l’endettement. En fait, le titre du mauvais film qu’on nous rejoue ad nauseam depuis quelques années devrait plutôt être «Le retour du bonhomme sept-heures» tant les mises en garde catastrophistes de Team Lucide (ou devrais-je dire Team Lucien?) sont glauques, sinistres, aplatissantes de moral.

Au moins tout aussi frustrantes et déprimantes que les fascicules prétendument objectifs du comité consultatif du Ministre des finances Raymond Bachand qui brandissent à qui mieux-mieux le spectre de l’endettement pour faire passer comme inexorables des choix de sociétés qui restent essentiellement politiques et idéologiques. Beau jeu de passe, d’ailleurs, entre ces deux sorties médiatiques qui n’y vont pas «avec le dos de la main morte» afin de préparer le terrain aux hausses de tarif tous azimuts pour le budget de la mi-mars.

En tête d’affiche, on nous offre un prétendu «pacte» pour le financement concurrentiel de nos universités qui comblerait le «déficit» en éducation. Nos universités manquent d’argent pour êtres compétitives et c’est dans les poches des étudiants qu’il faudrait aller chercher les deniers manquants. Considérer l’éducation comme un «coût» est déjà assez problématique en soi…

Malgré cela, si l’échec avant de Team Lucide a eu un avantage (numérique?), c’est celui d’avoir fait fuser de toute part des suggestions sur la gestion des finances de l’État, et surtout sur les décisions politiques –et non pas comptables– que ça implique. Nombre de voix discordantes se sont élevées, tant et si bien qu’il n’est plus possible de parler de «consensus» (qui «exclut les étudiants»!) en faveur du dégel des frais de scolarité, comme l’a clamé la Ministre de l’éducation Michelle Courchesne il y a trois semaines.

Du nombre, on compte Josée Boileau du Voir qui dénonce l’hypocrisie du gouvernement qui a baissé les impôts d’une part et qui clame manquer d’argent pour boucler ses fins de mois de l’autre –stratégie connue pour être utilisée par les Républicains aux États-Unis. Il y a aussi un collectif d’économistes qui dénonce la prétendue objectivité du groupe de sympathisants lucides mandatés par le Ministre Bachand sur le site www.economieautrement.org. Mais surtout, il y a Jean-Robert Sansfaçon du Devoir qui résume dans une tirade cinglante tout l’odieux des sacrifices que Team Lucide demande aux citoyens Québécois. Une véritable musique à nos oreilles, si bien qu’elle mérite d’être reproduite en ces humbles pages:

«Au Québec, les vraies vaches sacrées, ce ne sont pas les services de santé, les conditions de travail des employés d’hôpitaux et les tarifs d’électricité comme on veut nous faire croire, mais les privilèges des amis, des mieux nantis et des dirigeants de sociétés publiques et privées auxquels aucun gouvernement ne veut s’attaquer. Qu’attend-on, par exemple, pour hausser les redevances minières, éliminer les crédits d’impôt improductifs, ajouter un quatrième palier d’imposition pour les revenus de plus de 150 000 $, taxer les options sur titre, éliminer les primes et les indemnités de départ injustifiées, sans parler des avantages de retraite multimillionnaires consentis après seulement quelques années au service de l’État?»

Et vlan. Reste à espérer une victoire en prolongation…

 
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