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	<title>redaction - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 27 Sep 2010 21:39:45 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Pop Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/28/pop-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2010 05:01:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Événement culturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les prochains jours, la ville s’animera avec la présence de plusieurs dizaines d’artistes venus de partout pour l’amour de la musique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est cette semaine que le festival Pop Montréal investit la ville pour sa neuvième édition. Dès mercredi et jusqu’à dimanche, il prendra place dans diverses salles de la métropole que les férus de musique connaissent bien. Le Rialto, le Divan Orange, Il Motore et la Sala Rossa, entre autres, accueilleront tous les jours une foule d’artistes, à partir de dix heures du matin et jusque tard dans la nuit. </p>
<p>Les têtes d’affiches seront nombreuses: Karkwa –qui recevait la semaine dernière un prix Polaris–, Radio Radio,  Chinatown, Duchess Says, We Are Wolves, The XX et Xavier Caféine, entre autres. Mais Pop Montréal, c’est aussi et surtout l’occasion de découvrir de nouveaux sons, puisqu’il s’agit de l’un des festivals qui représente le mieux la scène underground. Au programme, cette année: un nombre impressionnant d’artistes talentueux, dont la formation Random Recipe, qui fait sensation actutellement et que Le Délit a rencontré la semaine dernière. À noter également, la présence de Timber Timbre, Philémon Chante, Socalled et Gigi French, pour ne nommer que ceux-là. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les prochains jours seront bien chargés!</p>
<p>Il faut souligner que Pop Montréal ne fait pas qu’accueillir des événements musicaux. Le festival réserve aussi une part de sa programmation aux arts cinématographiques, à des rencontres et ateliers avec des professionnels du milieu culturel, et à des expositions artistiques. Cette année, les intéressés pourront assister à des conférences abordant des sujets pour le moins variés, notamment le milieu de l’édition, la mort du vinyle, le rôle de l’artiste et l’écriture de chansons.</p>
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		<title>Moran aime McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/21/moran-aime-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Sep 2010 20:11:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteur-compositeur-interprète Moran, qui faisait paraître l’an dernier son second album, Mammifères, donne actuellement une série de spectacles que nous vous conseillons de ne pas manquer. L’artiste fera vibrer sa voix sur la scène du Petit Medley chaque mercredi, jusqu’au 27 octobre. Et puisque le jeune compositeur affectionne particulièrement les lecteurs du Délit, il leur propose&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/09/21/moran-aime-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Moran aime McGill</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’auteur-compositeur-interprète Moran, qui faisait paraître l’an dernier son second album, Mammifères, donne actuellement une série de spectacles que nous vous conseillons de ne pas manquer. L’artiste fera vibrer sa voix sur la scène du Petit Medley chaque mercredi, jusqu’au 27 octobre. Et puisque le jeune compositeur affectionne particulièrement les lecteurs du Délit, il leur propose une aubaine! Sur présentation de votre carte étudiante de McGill, vous aurez droit à un rabais significatif sur le prix de l’entrée ‑10$ plutôt que le tarif régulier de 20$- et ce, jusqu’à la fin de la série de spectacles.</p>
<p>Il s’agit d’une excellente occasion de découvrir un artiste qui a fait beaucoup parler de lui depuis la parution de son premier album, Tabac, en 2006. Ses textes poétiques et ses mélodies simples et mélancoliques vous séduiront à coup sûr et vous mourrez d’envie d’aller vous procurer l’un ou l’autre de ses albums.x</p>
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		<title>Madame Bovary en couverture de Playboy</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/14/madame-bovary-en-couverture-de-playboy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2010 02:13:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son numéro du mois de septembre, le magazine Playboy publiait quelques pages d’une traduction du classique de Flaubert, «roman le plus scandaleux de tous les temps», si l’on en croit le titre en couverture.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, oui, vous avez bien lu! Dans son numéro du mois de septembre, le magazine Playboy publiait quelques pages d’une traduction du classique de Flaubert, «roman le plus scandaleux de tous les temps», si l’on en croit le titre en couverture. C’est ce que l’Agence France-Presse (AFP) et Le Monde révélaient récemment, étonnés qu’ils étaient de retrouver un article sur ce roman du 19e siècle au beau milieu des pages libidineuses de la célèbre publication américaine.</p>
<p>L’on y décrit Madame Bovary comme « l’une des pécheresses les plus célèbres de la littérature». Toutefois, celle-ci «a d’abord été tentée», précise Playboy. L’AFP ajoute que la protagoniste est perçue dans l’article comme «une petite fille bourgeoise normande» qui se métamorphose en «enthousiaste femme adultère», scandale que le magazine associe «au simple fait d’être humain».</p>
<p>Le passage publié est extrait d’une traduction de Lydia Davis pour la collection Penguin Classics. Sa sortie aux États-Unis est prévue pour le 23 septembre. Dans une entrevue accordé au Times de Londres, Mme Davis avouait toutefois que le roman de Flaubert l’emballait peu : « J’aime les héroïnes qui réfléchissent et ressentent des choses. Je ne trouve Emma Bovary ni aimable, ni digne d’affection. Mais c’était également le cas de Flaubert.», a‑t’elle avoué.</p>
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		<title>Un cinquième roman pour Michel Vézina</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/07/un-cinquieme-roman-pour-michel-vezina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 06:43:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Brève culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’éditeur du dernier roman de Nelly Arcan, fort sollicité par les médias lors de la disparition de l’écrivaine, avait initié la série trois ans plutôt en signant Élise, roman construit autour du personnage du même nom.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Michel Vézina, le directeur de la maison d’édition Coup de Tête, bien connue pour sa programmation qui se veut choquante, lançait le 24 août dernier son cinquième roman Zone 5, qui fera partie intégrante de ce que l’on a baptisé la série Élise.</p>
<p>L’éditeur du dernier roman de Nelly Arcan, fort sollicité par les médias lors de la disparition de l’écrivaine, avait initié la série trois ans plutôt en signant Élise, roman construit autour du personnage du même nom. Les aventures de l’héroïne se sont ensuite poursuivies sous la plume de Laurent Chabin avec Luna Park et de Benoît Bouthillette qui signait La phalange des avalanches en 2009.</p>
<p>Avec cette nouvelle parution, l’auteur nous promet une incursion dans le quotidien de trois pirates modernes qui opposent une féroce résistance à l’état ultra conservateur qu’est le Québec de 2030.</p>
<p>La suite à leurs aventures ne saurait se faire attendre trop longtemps: le prochain épisode de la série Élise, écrit par Laurent Chabin, est à paraître en octobre prochain.</p>
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		<item>
		<title>Denis Côté et Podz au FNC</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/07/denis-cote-et-podz-au-fnc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 06:40:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Brève culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le FNC explore année après année les limites de l’art cinématographique avec une programmation toujours plus diversifiée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’automne arrive à grands pas, et avec lui la 34e édition du Festival du nouveau cinéma. Cet événement, dont la réputation n’est plus  à faire, explore année après année les limites de l’art cinématographique avec une programmation toujours plus diversifiée.</p>
<p>Dans un communiqué que faisait récemment paraître la direction du Festival, on annonçait les films choisis pour l’ouverture et la clôture de la prochaine édition. Pour l’ouverture, le réalisateur québécois Podz présentera 10 1/2, son deuxième film. Le cinéaste, à qui l’ont doit entre autres la série télévisée Minuit, le soir et le tout récent long métrage Les Sept jours du talion, reste encore une fois fidèle à Claude Legault, qui tiendra encore une fois la vedette dans ce projet. 10 1/2 explore l’univers difficile des travailleurs sociaux et propose un regard sur une enfance violente et tourmentée.</p>
<p>Le Festival se terminera sur Curling de Denis Côté, avec Emmanuel Bilodeau comme tête d’affiche. Le film a déjà été acclamé par le public du Festival de Locarno, mais sera présenté pour la première fois au public québécois lors du FNC.</p>
<p>On attend impatiemment de connaître le reste de la programmation du Festival qui se tiendra du 13 au 24 octobre prochain.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La femme derrière l’épouse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/07/la-femme-derriere-l%e2%80%99epouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 06:21:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le documentaire Señora de était présenté dans le cadre du 34e  Festival des films du Monde. Le Délit a recontré sa productrice Carmen Rabade pour en apprendre d’avantage sur un long métrage qui met en lumière les destinées tourmentés d’un groupe de femmes espagnoles.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le documentaire poignant Señora de («femme de»), la réalisatrice Patricia Ferreira, professeure à la très réputée ECAM (Escuela de Cinematografía y del Audiovisual de la Comunidad de Madrid) et réalisatrice de nombreux films qui se sont entre autres retrouvés dans les sélections officielles du Festival du film de Berlin et du Festival de Mar del Plata, nous présente des femmes aux destins similaires. Déchirées entre leur lourd passé et l’avenir qu’elles confrontent au jour le jour, ces Espagnoles issues du système totalitaire franquiste se sont livrées à la madrilène qui est aussi la scénariste. Tout y passe: mariage, éducation, religion, sexualité, révolte, politique et soif de liberté. Ferreira commence fort en présentant Maria Garcia, une femme considérée comme pécheresse pour avoir commis le crime d’être tombée enceinte hors mariage. Garcia dénonce les sévices que lui ont autrefois fait subir les religieuses responsables d’une maison de redressement pour femmes aux mœurs légères.</p>
<p>Grâce à l’ingéniosité des plans et à l’intégration du paysage de la région de la Galice, le spectateur ressent l’urgence de s’exprimer des onze femmes interrogées sur leur enfance et leurs aspirations fougueuses de jadis. La caméra le guide à travers un périple où la mer sur fond de ciel gris rappelle la mélancolie de ces femmes, ou encore le plonge subitement au cœur d’un village bordé par une forêt glauque évoquant le désespoir.</p>
<p>A priori, la lourdeur du sujet crée un malaise. Mais, petit à petit, on s’attache aux différentes protagonistes en écoutant attentivement ce qu’elles ont à raconter pour ensuite prendre conscience de leurs regrets. Le regard que l’on pose sur ces femmes se transforme peu à peu, et la gêne d’abord ressentie par rapport aux tabous exposés se métamorphose en pitié. </p>
<p>Finalement c’est le sentiment de fierté qui l’emporte puisqu’à travers leurs histoires, ces femmes prouvent que malgré les aléas de l’existence, elles ont trouvé le moyen de soigner les blessures profondes causées par un système politico-religieux misogyne.</p>
<p>Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est le rôle joué par plusieurs femmes dans l’abrutissement de leur propre sexe. Effectivement, certaines femmes influentes, pour la plupart des universitaires, ont été les ambassadrices d’un système prônant le statut de ménagère que devaient remplir les Espagnoles de bonne famille. Ce paradoxe, exposé dans le documentaire, accentue l’aspect tragique de l’histoire de ces femmes qui semblent avoir été trahies par les leurs.   </p>
<p>Puisque madame Patricia Ferreira n’a pas pu se déplacer jusqu’à Montréal dans le cadre du Festival des Films du Monde, c’est avec la productrice du documentaire, madame Carmen Rábade que Le Délit s’est entretenu.</p>
<p>L’entrevue s’est avérée très enrichissante: Carmen Rábade nous a accueillis dans une ambiance bon enfant tout en rendant hommage au côté solennel du documentaire. Elle explique que ce long métrage était un moyen de rendre justice à toute une génération de femmes, des femmes désormais âgées et qui marchent vers la fin de leur vie. Lorsque l’on interroge Rábade sur l’omniprésence du paysage brumeux galicien dans le film, elle confirme, tout sourire, que l’intégration de l’environnement et de l’espace était nécessaire, comme si la terre était un personnage à part entière.</p>
<p>Profitant de la générosité de la productrice, une question s’est imposée: dans quel contexte a été tourné ce documentaire considérant le côté intimiste du sujet? Carmen a expliqué que l’ambiance générale durant le tournage était plutôt bonne, mais qu’il fallait approcher ces femmes ainsi que leur famille avec douceur pour pouvoir espérer recevoir leurs confidences. C’était donc un travail de proximité et de confiance.</p>
<p>L’étape suivante a été de savoir comment ces femmes ont pu être isolées à l’époque du franquisme. Carmen Rábade  explique qu’elles ont dû renoncer à leurs rêves et même à leur nom de jeune fille pour plaire à leur mari ainsi qu’à la société. Elles sont ainsi devenues de simples «femmes de». Pour la productrice, le franquisme a su dénicher la solution clé pour contrôler l’ensemble de la population espagnole en freinant toute action féminine. La glorification des traditions machistes était un moyen pour les détenteurs du pouvoir de travestir la réalité et d’interdire toute forme de rébellion. Ils étaient d’avis qu’il fallait tenir les femmes à carreau pour permettre l’établissement d’une discipline nationale. Selon la même logique, chacun devait remplir ses fonctions: l’homme devait diriger et la femme devait suivre pour qu’un certain «équilibre» soit respecté. C’était la base même de ce système totalitariste.</p>
<p>Le documentaire de Patricia Ferreira met donc en lumière l’obscurantisme franquiste et son impact sur la vie de plusieurs femmes. C’est avec humilité et pudeur qu’il rend hommage à ces femmes qui ont partagé avec courage leurs secrets les plus intimes et leurs ambitions d’autrefois.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Faire sauter la bulle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/faire-sauter-la-bulle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 22:26:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Paradoxalement, il n’est parfois guère de meilleurs porte-voix des étudiants francophones que les étudiants anglophones. C’est du moins ce dont témoigne le dernier éditorial de notre publication sœur, le McGill Daily, qui va au devant de la lutte pour le français en mettant le doigt sur un problème important de l’éducation à McGill: le manque&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/faire-sauter-la-bulle/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Faire sauter la bulle</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Paradoxalement, il n’est parfois guère de meilleurs porte-voix des étudiants francophones que les étudiants anglophones. C’est du moins ce dont témoigne le dernier éditorial de notre publication sœur, le <em>McGill Daily</em>, qui va au devant de la lutte pour le français en mettant le doigt sur un problème important de l’éducation à McGill: le manque de possibilités –pour ne pas dire les obstacles abracadabrants –à la découverte de la culture québécoise dans l’enceinte de l’institution, en commençant par l’apprentissage de la langue française.</p>
<p>La rédaction appelle l’université à élargir les occasions d’immersion des étudiants étrangers et anglophones dans la culture de la province, à travers des initiatives visant à faciliter et encourager l’inscription à des cours de français –généralement saturés, —à offrir des programmes de résidence «chez l’habitant», et à élargir le curriculum de certains départements afin qu’ils offrent plus de cours portant sur l’histoire et la culture du Québec.</p>
<p>L’argumentaire du <em>Daily</em> est juste, mais quelques points doivent être soulignés. Notamment afin de mitiger la focalisation sur la langue française.</p>
<p>Si bien des Québécois voient en McGill une fenêtre sur le monde, il est certes déplorable que McGill n’offre pas une telle ouverture aux étudiants venus d’ailleurs, qu’elle accueille chaque année par milliers, et qui s’enterrent souvent dans des cercles culturellement et géographiquement restreints. Si cela est réel, il est aussi aisé de reprocher aux «anglos» leur manque de curiosité, en oubliant qu’il pas difficile de se sentir exclu dans un Québec à majorité francophone où, en dehors de Montréal et parfois même ici, l’anglophone est parfois ignoré, et souvent caricaturé. La langue ici est bel et bien chargée de politique, le point focal de la défense d’une identité. Elle est par là même intimidante. Se faire rabrouer dans la rue parce que l’on parle anglais alors que «ici, on est au Québec!», ou encore faire l’effort de parler français pour que votre interlocuteur, ayant remarqué votre accent, passe directement à l’anglais, ce sont des choses bien réelles et qui peuvent décourager.</p>
<p>McGill est certes le symbole des premiers marchands écossais venus s’établir au Québec, mais leur héritage est désormais une partie intégrante du Montréal d’aujourd’hui. Cela va sans compter les autres communautés qui sont venues s’ajouter à ce paysage culturel complexe. C’est cette complexité qui doit être reflétée à McGill. Cela nécessite certes de mettre l’accent sur l’apprentissage de la langue française, mais pas seulement. Comprendre les références culturelles et historiques d’un individu est probablement bien plus important que de pouvoir lui faire un brin de conversation dans sa langue maternelle.</p>
<p>Pour reprendre l’exemple du <em>Daily</em>, les étudiants saouls de McGill qui cavalent à travers le «ghetto» sont certes perçus comme des parasites par les Montréalais, mais ils le sont indépendamment de leur maîtrise du français. Pour preuve, les étudiants de l’Université de Montréal qui réveillent tout Côte-des-Neiges les soirs de fin de semaine ne sont pas moins détestés des riverains. Personne n’aime un étudiant ivre. Il n’est nullement ici question de diminuer l’importance cruciale du français dans la culture québécoise, mais plutôt de le désacraliser pour ouvrir la porte à une réflexion sur le rôle que McGill se doit de jouer pour ses étudiants pour rapprocher les solitudes.</p>
<p>Sur ce point, rappelons un fait bien plus grave souligné par nos confrères: McGill n’offre qu’un seul cours d’histoire du Québec cette session. C’est peut-être dans cette voie qu’il faudrait creuser plus avant. Le Québec, et a fortiori Montréal, n’est pas qu’une langue, c’est une histoire, qu’il est du devoir de McGill de mettre à la disposition de tous, en commençant par une offre enrichie de cours sur la province. En tout cas, le débat est lancé.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Retour aux sources</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/retour-aux-sources/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 22:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un dossier sur le slam</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«La poésie est morte!» est une phrase que l’on peut entendre souvent dans une soirée de performances scéniques. Mais n’est-ce qu’une phrase jetée à la légère par un animateur, ou est-ce que la poésie est réellement morte? D’abord, qu’entend-on par poésie? Puis, comment est-elle morte et comment a‑t-elle été vivante? <em>Le Délit</em> a décidé d’explorer la question de la performance, plus particulièrement chez les poètes dits «slammeurs».</p>
<p>Dans une conférence intitulée «Le poème et la performance» donnée à McGill vendredi dernier, Sébastien Dulude a stipulé qu’une performance s’insère dans un cadre bien précis où la frontière entre le performateur et les spectateurs est abolie et le contact, fondamental. Il a expliqué que la performance a souvent, dans les siècles passés, permis un mélange des catégories et la naissance de courants d’avant-garde. Elle naît d’un désir de donner un rôle actif au créateur. L’objet d’art se détache de son statut figé d’œuvre, des bornes historiques qui le réduisent parfois à une seule essence. L’objet d’art s’ouvre, dans le sens d’œuvre ouverte comme l’entend Umberto Eco, et elle laisse au lecteur la responsabilité de trouver sens. Sébastien Dulude donne comme exemple les volumes géométriques de Donald Judd qui, plus ou moins, se perdent dans leur ressemblance. Et dont l’intérêt naît du rapport entre l’objet et celui qui le regarde. Ainsi, l’objet d’art crée un instant. Cette notion d’«instant» est capitale dans la performance.</p>
<p>Dans un entretien du <em>Délit</em> avec Pascal Brissette, professeur au Département de langue et littérature françaises de McGill, ce dernier signale que la poésie précède toute forme d’imprimé. La poésie, par son oralité et sa relation avec le théâtre, remonte à l’Antiquité et au Moyen Âge. Le «slam poésie», lui, est né d’une réaction contre une communication trop médiatisée, qui venait remplacer une communication <em>actuelle</em>, c’est-à-dire entre des individus dans un même cadre spatiotemporel. L’idée du slam développée par Marc Smith est de démocratiser l’exercice poétique. «C’est un va-et-vient entre la scène et la salle», affirme M. Brissette. Les XVe et XVIe siècles, avec les débuts de l’imprimerie, ont valorisé le savoir livresque. La parole était liée au fanatisme et la raison, aux philosophes, donc à l’écrit. Pourtant, l’oralité est toujours restée présente: le XVIIe possède un corpus considérable de chansons à boire, scabreuses et politiques. Socrate ne disait-il pas que son démon lui soufflait des mots à l’oreille?</p>
<p>L’antagonisme entre l’écrit et l’oral est chose certaine, mais est-ce que la poésie peut vraiment être morte? Quel est ce décès de la poésie que tonnent certains poètes?</p>
<p><strong><br>
Mathieu Lippé</strong><br>
Mathieu Lippé, on pourrait dire, est né la plume… dans la bouche. Chansonnier, conteur et poète, Mathieu est un artiste de l’oralité. Cette année, il a gagné le titre du meilleur slammeur du Québec.</p>
<p><em><strong>Le Délit (LD)</strong></em><strong>: Sur votre site Internet, vous vous désignez comme conteur, chansonnier et slammeur, pourquoi pratiquer ces trois formes? Qu’est-ce qui les relie ou les distingue?</strong></p>
<p>Mathieu Lippé (ML): Ce qui les relie? Les mots. Leur son, la musicalité du verbe. C’est un art global: parler. Dans la société actuelle, on se spécialise. De nos jours, c’est qui fait quoi et comment. C’est une ramification de l’unité. Parler, c’est conter, chanter, faire des poèmes. Moi, je suis un généraliste. J’englobe les choses. Les poèmes découlent de la réflexion, de la pensée. Je suis un artiste qui fait le chemin vers la source.</p>
<p><strong><em>LD:</em> Justement, il semble que vous vous rapprochiez du slam d’origine, qui n’est que performé, car il est difficile de trouver des enregistrements de vos performances scéniques. Il faut presque vous attraper sur scène.</strong></p>
<p>ML: Le slam, c’est une poésie orale destinée à redonner ses lettres de noblesse à la rime. C’est à partir du conte qu’est né le slam pour moi. Dans la chronique «Narrateurs atypiques pour un siècle hystérique», je l’explique. Le slam, c’est l’imagination. Avec le temps, j’aurai envie de les diffuser.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Qu’est-ce qui diffère tant du slam écrit et du slam oral?</strong></p>
<p>ML: C’est très différent. Qui prend réellement un CD de slam et l’écoute chez lui? (Il rit.) Tout est dans la réceptivité, faire naître l’instant, l’inattendu, la surprise, la chose est spontanée. C’est presque religieux. Un moment de grâce, de communion entre le public et le slammeur. C’est un art au service de la communauté. Ce qui est beau dans l’oral, c’est que c’est inaccessible. Mais tout ça, l’art, l’esthétisme, les acrobaties verbales, c’est seulement la pointe de l’iceberg de la performance. Sur scène, on a accès au passé de chacun, à la charge vibratoire. De nos jours, on est séparé du monde virtuel, de l’imaginaire. L’imaginaire est laissé dans les machines. Ce que je fais, moi, c’est réactiver mon imagerie intérieure. On est aveugle, on est limité dans une fréquence de vie. Il n’y a pas «d’infrasenti», d’ultrason. Je me responsabilise tant bien que mal des joyaux de la vie. Je doute, je creuse, j’aspire… Je suis un porteur d’eau. C’est comme si j’amenais les gens à travers la brume vers une île. Puis, quand ils ont vu l’île, ce paradis, je leur dis que c’est possible là où ils sont.</p>
<p><strong><em>LD</em>: C’est intéressant, cette image. Quand on pense à la littérature, il y a toujours eu des courants littéraires forts, mais il semble que notre siècle soit plus éclectique. Le slam, être slammeur, c’est un peu comme être un poète des Lumières?</strong></p>
<p>ML: Oui, un peu. Il faut faire attention avec les mots, mais un slammeur, c’est un prophète. Le slam, c’est la parole vivante. Ce sont comme des formules magiques pour créer des instants. Ceux qui sont en littérature, c’est un peu l’objectif, non? Le monde astral, les rêves, créer des voyages… Le slam, c’est créer un contact.</p>
<p><strong><em>LD</em>: D’après vous, qu’est-ce qui empêcherait le contact entre l’art et les gens?</strong></p>
<p>ML: Dit comme ça, «l’Art», on le sent, c’est très noble. L’être s’est sorti de l’œuvre. On considère l’environnement extérieur à nous, alors que quand je parle, j’ai la nature qui m’interviewe. Quand tu me parles, c’est à la nature que tu parles. La nature est à l’intérieur de chacun. De nos jours, on subit moins, on s’est séparé. Il faut s’engager pour être en contact.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Vous disiez que votre premier contact avec la poésie slam s’est fait à Paris. Quelle est la différence entre le slam à Paris et celui à Montréal?</strong></p>
<p>ML: Le slam, c’est de la poésie orale. J’en ai toujours fait, mais c’est quand je suis allé à Paris que j’ai découvert qu’on appelait ça du slam. À Paris, c’était très diversifié. Il y a deux sortes de jeux dans le slam. Il y a la rencontre amicale, qui est efficace dans l’aspect. La règle est simplement de slammer pendant trois minutes. C’est une allégresse du propos, c’est plus naturel. Puis, il y a le slam compétitif. Ça, c’est pour le dépassement de tes amis, mais surtout de toi-même. Mais le slam, c’est finalement dans la forme, ça se réduit aux trois minutes. Ça peut être un monologue, un conte, ça peut être rappé. Les rimes, ce n’est pas nécessaire. C’est un retour à la poésie orale. Les propos peuvent varier du spirituel à l’émotif, de l’intellectuel au physique. Je peux réellement rentrer en contact physique avec toi, t’interpeller physiquement, te toucher.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Dans votre processus de création, est-ce que l’oral domine sur l’écrit ou le contraire?</strong></p>
<p>ML: C’est autant écrit qu’oral. C’est un exercice de la langue, c’est un travail constant. En ce moment, je travaille, je parle, j’écoute. Je pratique en ce moment. Par exemple, «l’être est sorti de l’œuvre», c’est une phrase que je réutiliserai. La parole et l’écrit sont imbriqués.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Mais il y a tout de même des jeux de mots qu’on ne peut que lire, et qui se perdent à l’oral?</strong></p>
<p>ML: Quand c’est écrit, il n’y a plus de plaisir. Tout est là, on ne cherche plus. C’est un peu comme faire l’amour la première nuit. (Il rit.) Ce n’est pas vraiment plaisant. Devant un texte, on voit le squelette, mais on n’expérimente pas avec la poésie. Ce qui est formidable c’est d’entendre, de découvrir. Qu’à chaque fois, on se dise: «Hé, j’ai trouvé ça, ça, ça!» Le but n’est pas de montrer que je suis capable de faire des exercices de style, mais que ceux-ci sont au service d’un sens, et ce sens c’est la création de l’instant, la jouissance. Le cerveau arrête d’analyser, il jouit.</p>
<p><strong>Ivy </strong></p>
<p>Ivy est un amoureux de la poésie. Il en est peut-être même un peu l’ambassadeur. Une chose est certaine, Ivy a fondé la première scène de slam au Québec et il continue de l’influencer.</p>
<p><strong><em>LD:</em> Vous dites parfois qu’il y a une perte d’impact de l’art sur le monde. Pourquoi croyez-vous qu’existe cette perte d’interaction?</strong></p>
<p>Ivy: Ce que je veux, c’est que l’art ait un impact autre que le divertissement. Que l’art soit plus empirique, pas nécessairement systématique. Déjà, je distingue poésie et poème. La poésie, pour moi, est une faculté qu’on a tous de poétiser le langage. Je pense plus à la poésie qu’à l’art parce que je ne suis pas tellement qualifié pour parler d’art. La poésie, en dehors de la pratique du poème qui appartient au poète, appartient à tous. Il y a très peu d’avancées qui ont été faites depuis l’époque des Grecs. L’époque moderne n’a pas poussé dans ces expériences-là. On a beaucoup analysé, mais ça ne change rien au fait que la poésie a peu d’impact dans le monde aujourd’hui.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Pensez-vous qu’elle a peu d’impact à cause d’une idée très canonisée de la poésie, et également de sa forte relation avec l’écrit?</strong></p>
<p>Ivy: Oui, que la tradition du poème soit plus écrite depuis plusieurs siècles, c’est en quelque sorte un problème. Mais je fais vraiment une distinction entre la poésie et les poèmes, et les traditions littéraires propres à chaque pays. Il y a des spécialistes, les poètes à la limite, qui avaient jusqu’à maintenant la mainmise du discours sur la poésie. Je travaille à faire comprendre aux gens que la poésie, les poètes n’en ont pas le monopole. Ce sont peut-être des gens qui, à travers le poème, la cherchent, ou des gens bien placés pour discuter de la poésie, mais ils n’ont pas la vérité ou la parole officielle de la poésie. La poésie est une force active, c’est le pouvoir qu’on a tous de franchir les évidences pour créer du sens d’une manière tout à fait arbitraire. Les enfants vont prendre au pied de la lettre des expressions figées. Si tu leur dis qu’«il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain», généralement l’enfant va partir en criant, il va avoir peur. Et donc ils font d’une manière tout à fait naïve et spontanée une utilisation poétique du langage. J’écoutais une chanson qui disait «la vie ce n’est pas rose», et ma fille me demande: «Papa, la vie si c’est pas rose, c’est quelle couleur?» C’est une question stupide, mais c’est une question poétique, donc tu rentres dans son jeu en te disant que ce que tu viens de dire c’est la vérité, et tu réfléchis à la couleur éventuelle de la vie, et ça peut t’amener à une belle grande œuvre littéraire: les jaunes dans la vie, les bleus dans la vie…<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Sur cette anecdote de votre fille justement, il y a des jeux de mots dans votre CD Slamérica qu’on ne peut voir qu’à la lecture. Comment procédez-vous à la création?</strong></p>
<p>Ivy: C’est toujours l’écriture qui est là en premier. Mais j’ai aussi une pratique du poème oral. Je ne sais pas si je peux parler de poésie orale, il y a de la poésie dans ce que je fais, mais ça ressemble plus à des chansons. J’ai beaucoup aimé les surréalistes, dont Claude Gauvreau. Ces gens faisaient beaucoup confiance à la langue. On n’a pas souvent noté dans les études cette confiance, cette idolâtrie que les surréalistes ont pour la langue. Ils croient vraiment que s’ils se laissent aller, la langue va leur révéler des secrets. Je trouve fantastique ce pouvoir du langage .</p>
<p>C’est donc tout le processus de l’organisation du sens. C’est pour ça que je trouve la poésie si fondamentale. On est une société de l’écrit, hautement langagière. C’est la poésie qui vient remettre la vie dans la mort. &nbsp;Les mots, ce sont des sarcophages, ils sont momifiés, c’est mort. C’est là qu’est la difficulté, parce que la poésie est tellement mise à l’écart de nos jours, les poèmes ont tellement peu d’incidence sur la réalité, que ça en dit beaucoup sur le degré de capacité que le système a d’intégrer des choses qui sont vraiment humaines. Quand des concepts abstraits ont plus de force que les poèmes, je trouve cela inquiétant. Donc, par le slam, on ne démocratise pas, on dit aux gens: «Faites-vous plus confiance». Coupez votre tête et laissez parler votre main. C’est sûr que c’est naïf, mais on l’a pas encore essayé. Il faut faire la promotion de la poésie. Je pense qu’il y a un désengagement du poète. Mettre plus de poésie dans le monde, c’est ça qui compte.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> En étant plus authentique, en utilisant des sujets qui nous touchent plus, il y a donc une rythmique instinctive qui naît du langage. Mais notez-vous parfois une forme récurrente, un jeu d’assonances comme il est possible d’en retrouver dans l’improvisation? </strong></p>
<p>Ivy: Oui, beaucoup. Entre le premier jet et la finalité d’un texte, il peut se passer des années. Tant que c’est pas coulé sur disque, ou préservé quelque part, ça dure le temps d’une performance. L’éphémérité de l’oral permet de jouer sur la capacité des gens de mémoriser des choses, de se rappeler qu’il y a une minute je parlais déjà de ça et d’une autre façon. C’est un tout autre défi. L’écrit, c’est pesant comme la Bible, c’est la loi en quelque sorte.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Vous êtes un peu une icône, sinon un pionner du slam. Mais avec vos spectacles à la Place des Arts, croyez-vous que c’est un pas vers l’avant pour le slam ou est-ce que c’est complètement autre chose?</strong></p>
<p>Ivy: Il faut s’entendre sur ce qu’on appelle slam. Je crois beaucoup à ce que Mark Smith a créé: trois minutes sans accessoires, ton texte est jugé par cinq personnes du public choisies au hasard. Un spectacle avec la musique du disque, ce n’est plus vraiment slam. Même si ce sont des textes que j’ai faits pour le slam et qu’après je ramène avec de la musique. Mais à quelque part ce sont des poèmes, et puisqu’ils sont dits à voix haute, c’est un peu du slam. Un événement comme celui de la Place des Arts, c’est quelque chose d’assez chouette.</p>
<p><strong><em>LD:</em> Parlez-moi un peu des soirées slam que vous avez fondées.</strong></p>
<p>Ivy: La première était au Patro Vys le deuxième lundi de janvier 2007. J’invite des conteurs, des rappeurs… J’ouvre le discours de la poésie à un public plus large. De plus en plus, il y a des gens qui font des soirées, je me prépare déjà mentalement. (Il rit.) Ce qui me fait plaisir dans un show de slam, c’est voir des poètes venir déclamer des textes et le public qui embarque. Ce qui m’ennuie, c’est quand on oublie le but du slam, c’est-à-dire le public.<br>
<strong><br>
<em>LD:</em> Donc le slam devrait être plus engagé?</strong></p>
<p>Ivy: On peut faire n’importe quoi à «saveur slam». Ce n’est pas simplement une soirée où les gens déclament leur texte librement. En France, c’est toute une invention qui marche. Ici, la scène ouverte, ce n’est pas quelque chose qui manquait. On n’est pas une société hiérarchisée de la même façon, les poètes ont quand même joué un rôle dans les années soixante-dix. Les gens sont amants de la langue ici.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Quelle serait la différence, autre que les trois minutes et le jury, entre le slam et le rap freestyle?</strong></p>
<p>Ivy: Dans le slam on n’est pas obligé de faire du rap. Dans le slam, tu n’as pas de style. Ça peut être un poème intime, un poème déprimant, un poème avec ou sans rime… Dans le rap, il y a un <em>beat</em>, alors que le slam, c’est déclamé, parlé. Il n’y a pas de rigidité dans le style. C’est à chacun son style qui se développe. Le rap qui veut dire rythme et poésie, <em>rhythm and poetry</em>, ça utilise énormément l’aspect rythmique du langage. Avec le slam, ce n’est pas obligé. Grand Corps Malade n’utilise pratiquement pas l’aspect rythmique du langage, c’est simplement du sens… bien fait parce que ça tombe juste avec les rimes.</p>
<p><strong><em>LD:</em> Je reviens au début de notre entretien, et aux dimensions écrites et orales de vos textes. Pourquoi ou comment l’écoute, selon vous, peut-elle –ou pas– valoir l’écrit?</strong></p>
<p>Ivy: L’écoute est plus facile que l’écriture. Les textes de slammeurs qui marchent bien, tu les lis et tu dis «bof». Les jeux de mots sont trop évidents. Il manque la vie. Même sur disque, ça n’a rien à voir avec le show, un événement de communication <em>live</em>. C’est débandant un texte de slam dans un livre. C’est pour ça que j’ai truffé le livre qui accompagne mon disque de poèmes et de récits, pour ne pas qu’on soit pris avec le slam comme tel.</p>
<p><strong><em>LD: </em>Enfin, croyez-vous que cette poésie de la performance est dans un rapport de concurrence ou de complémentarité vis-à-vis de l’écrit?</strong></p>
<p>Ivy: C’est une question complexe. Le slam est un événement particulier qui met l’accent sur le public. C’est une activité presque sociale, politique. Je dis souvent ça, et les poètes me le reprochent, mais je le dis parce que je trouve que c’est une belle image. Dans une soirée de poésie, les poètes sont comme des prêtres qui prêchent à des convertis, tandis que nous les slammeurs, on est poètes, mais on est des missionnaires qui vont prêcher aux païens. On a tous les deux la même religion, la poésie, mais nous on est un organisme social et actif. On va dans les gens, on slam dans les métros, aux abribus. Et même si tu mets des poètes qui lisent leur poème aux abribus, ça n’a pas le même effet qu’un slammeur. Ce n’est pas la même façon d’apporter les mots. Pour ce qui est de laisser sa marque, je ne crois pas qu’il y a beaucoup de slammeurs qui ont des textes qui vont supporter le passage du temps. C’est un phénomène comme la musique rock, populaire, scénique, spectaculaire. Je suis content, déjà, que ça ait rejoint ça. C’est le but de Mark Smith: 50 p. cent de texte, 50 p. cent de scène. Pour moi, ce n’est même pas de la poésie contemporaine, le slam. Pilote le Hot, un des fondateurs de la Fédération de slam en France, a dit que le slam, c’est plus une façon d’écouter la poésie que d’en faire. Dans le slam, il se passera peut-être un jour, on l’espère, une chose incroyable: que la poésie sorte enfin des cercles littéraires, des institutions, pour rejoindre tout le monde dans la rue, et à partir de là, infuser les gens pour que, de plus en plus, notre société se poétise. Ça, déjà, ce serait pas mal. Moi, c’est ça mon but. Pas que le slam ait sa chaire, mais que les gens soient plus poétiques quand ils regardent leur enfant. D’accueillir l’inconnu, d’avancer dans le risque du langage, dans le risque d’eux-mêmes.</p>
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		<title>À l’ère du mp3</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/a-lere-du-mp3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:58:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les lecteurs les plus assidus se rappelleront l’exercice que je leur avais proposé à l’occasion de ma toute première chronique: je vous avais demandé de classer toutes vos chansons selon le nombre d’écoutes, pour vous montrer qu’une quantité insoupçonnée d’entre elles n’avaient même pas été écoutées une seule fois! Un des facteurs principaux expliquant ce&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/a-lere-du-mp3/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">À l’ère du mp3</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lecteurs les plus assidus se rappelleront l’exercice que je leur avais proposé à l’occasion de ma toute première chronique: je vous avais demandé de classer toutes vos chansons selon le nombre d’écoutes, pour vous montrer qu’une quantité insoupçonnée d’entre elles n’avaient même pas été écoutées une seule fois! Un des facteurs principaux expliquant ce phénomène – en plus de cette paresse et de cette lâcheté qui nous guettent dès que la possibilité de sortir ne serait-ce qu’un iota de notre confort habituel se présente – est la nouvelle façon dont nous acquérons notre musique aujourd’hui: le téléchargement massif.</p>
<p>Dans un monde idéal – du moins du point de vue de l’ADISQ et des autres représentants de l’industrie – le consommateur achète un disque compact, puis en grave les fichiers sur son ordinateur, pour ensuite pouvoir les écouter sur son lecteur portable. Or, bien que cette méthode soit évidemment toujours présente aujourd’hui, le mode d’acquisition privilégié par un nombre grandissant d’auditeurs est le téléchargement. Les avancées technologiques des dernières années ont permis le partage de fichiers toujours plus nombreux et, surtout, toujours plus volumineux. On ne se contente plus de télécharger des chansons, on télécharge des albums, voire des discographies complètes. La situation devient parfois ridicule, comme cette fois où votre humble serviteur – car, chers lecteurs, moi aussi j’ai péché – a téléchargé la discographie complète de Philip Glass (plus de quarante disques!), pour se rendre compte que ce n’était pas à son goût et finalement tout effacer. Si l’on continue de s’interroger sur le lien qui existe entre la popularité des logiciels de téléchargement et la baisse des ventes de disques, la refonte du système de distribution de musique demeure une nécessité pressante. Comment adapter ce système aux nouvelles technologies, tout en assurant la juste rémunération des artisans de la musique?</p>
<p>Une première solution, du moins aux États-Unis, a été de poursuivre en justice quelques-uns des utilisateurs de ces logiciels de partage de fichiers pour leur imposer des amendes de plusieurs milliers de dollars. En plus d’être inefficace et particulièrement peu rentable d’un point de vue financier, cette méthode a eu pour conséquence de donner une très mauvaise image à l’industrie du disque, surtout chez cette nouvelle génération de jeunes qui n’arrive pas à concevoir comment une activité aussi répandue et banale que le téléchargement de musique peut être illégale.</p>
<p>Le moyen de distribution qui a pris le plus d’essor ces dernières années a été les magasins en ligne tels iTunes, qui donnent accès à une bibliothèque de chansons aux proportions gigantesques, à un prix très abordable. Si cette solution est définitivement un pas dans la bonne direction, elle ne règle pas le problème du téléchargement illégal. Certains utilisateurs continueront à se procurer de la musique gratuitement sur Internet, et ce même s’il existe d’excellentes alternatives légales.</p>
<p>Progressivement, de nouvelles méthodes de distribution font surface. Radiohead, lors du lancement de son plus récent album <em>In Rainbows</em>, permettait à ses fans de le télécharger pour le montant de leur choix. Trent Reznor, du groupe Nine Inch Nails, en plus d’offrir gratuitement son dernier album en ligne, vient de donner en téléchargement libre l’enregistrement vidéo de trois de ses spectacles en haute définition. Tout en offrant des alternatives gratuites à leurs fans, ces groupes offrent à ceux qui veulent bien payer de nombreux extras: matériel exclusif, livrets élaborés, vidéos… En plus de s’attirer l’attention des médias, les artistes qui osent innover de cette façon gagnent également la sympathie du public. L’avenir de la distribution de la musique n’en est pas un de répression; toute tentative en ce sens sera vouée à l’échec, et les internautes trouveront toujours un moyen de contourner les restrictions qu’on tentera de leur imposer. L’industrie du disque devra se faire une raison: les nouvelles technologies de l’information vont continuer d’influer sur son fonctionnement; son déclin n’en est encore qu’à ses débuts. Heureusement pour nous, les amateurs de musique, tout cela signifie aussi un contact plus personnel avec nos artistes préférés, ainsi qu’une production toujours plus riche et variée.</p>
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		<title>Le pléonasme de la femme-objet</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/le-pleonasme-de-la-femme-objet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:55:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mot est tapissé sur toutes les lèvres des groupuscules féministes: l’image de la «femme-objet», véhiculée par la publicité ou la pornographie, est «dégradante». Jamais n’aura-t-on mieux fait honneur au vieux Immanuel Kunt: depuis sa Critique de la raison pute, l’homme – et la femme! – «fin en soi» ne sont toujours pas passés de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/le-pleonasme-de-la-femme-objet/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le pléonasme de la femme-objet</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le mot est tapissé sur toutes les lèvres des groupuscules féministes: l’image de la «femme-objet», véhiculée par la publicité ou la pornographie, est «dégradante». Jamais n’aura-t-on mieux fait honneur au vieux Immanuel Kunt: depuis sa <em>Critique de la raison pute</em>, l’homme – et la femme! – «fin en soi» ne sont toujours pas passés de mode.</p>
<p>Que l’on se repente. Si vous allez à la SAQ, et que votre seul intérêt envers le commis réside dans sa capacité à vous faire payer pour votre vin, vous êtes un pécheur, et de mauvais thon de surcroît: vous avez instrumentalisé un autre homme. Vous réalisez bien entendu le ridicule d’une telle proposition. Et dès lors, pourquoi se formaliser de l’instrumentalisation sexuelle? Faut-il ivoire la défense d’une société à mordre dans le fruit par pur plaisir, une injonction à rester pris dans l’émail du filet? Ce refus de la finalisation du vagin envers sa véritable utilité, la vidange du sperme, est un pachyderme intellectuel qui nous trompe. Il barrit tant de bière à nos yeux que nous en avons la pensée embouteillée. La consigne devrait être claire: l’ignorer.</p>
<p>Jeux d’<em>emo</em> et chiasme à part, les petites végétariennes qui s’indignent devant la crudité de l’image sexuelle devraient s’ouvrir les veines avec les tessons de cette bouteille que je vais éclater. Je vous le dit de but en blanc: il ne manquerait après cela qu’un objet (de sperme) pour que la figure (de style) soit complète.</p>
<p>* * *</p>
<p>L’idée généralement reçue veut que le bar de danseuses ou la publicité aguichante présentent une image «brute», «crue», de la femme. Cette image, démunie de raffinement et d’enrobage serait porteuse de la différence entre <em>érotisme</em> et <em>pornographie</em>. L’érotisme ferait appel à la sensualité dans son entièreté, au désir dans son expression «totale», tandis que la pornographie se contente d’exprimer un lien direct – moins noble – entre l’organe génital et l’objet de désir. – Or Roland Barthes, toujours lucide, soutient que c’est exactement l’inverse qui se produit. La danse et le strip-tease ont plutôt l’effet contraire: ils ont pour but de masquer, dans le geste continu du <em>dévoilement</em>, le malaise de la société bourgeoise face à la nudité du corps inscrite dans une fixité, qui ferait du spectateur un voyeur. Même chose pour la publicité: le prétexte commercial détourne le corps féminin de sa fonction première, en lui conférant toute la latitude requise pour être dévisagé dans la quiétude de la morale bourgeoise. Ainsi, ce n’est pas le marketing qui instrumentalise la femme: c’est le marketing qui s’épuise dans la représentation de la femme, jusqu’à donner l’illusion qu’il la présente de façon crue et obscène, alors même que l’intelligibilité de l’image relève avant tout de présupposés établis par l’ordre bourgeois. On aimerait nous faire croire que l’on devient voyeur en regardant la «plotte» étendue sur le char; on l’est certes, mais il n’y a rien de «primaire» là-dedans. On contemple plutôt les «essences» fabriquées par le matraquage publicitaire.</p>
<p>Tant de féministes se veulent «rebelles». Mais pour qu’une indignation soit fructueuse, elle doit avant tout reconfigurer les termes du problème, et non pas en faire le jeu. C’est ici le paradoxe: je m’indigne devant la naturalité primitive d’une image, alors que ce sont les modes de production de l’image auxquels je dois m’attaquer. Disons autrement: le christianisme développe un malaise généralisé envers le corps qui retentit à travers les siècles; la morale bourgeoise reprend ce malaise, en masquant toute nudité derrière un prétexte, jusqu’à ce que le prétexte s’efface dans la représentation <em>photoshoppée</em>. Que l’on s’en indigne: les sources du malaise ne se tarissent pourtant pas. C’est Nietzsche qui disait: «Les féministes sont des trois-quarts-de-chrétiens».</p>
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		<title>Augmentations mammaires en vente libre au Shatner</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/augmentations-mammaires-en-vente-libre-au-shatner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:52:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’était lundi soir. Longue soirée de production au journal. L’estomac dans les talons, j’ai pilé sur mes principes et me suis dirigée vers le Liquid Nutrition du Shatner, afin de me procurer de quoi tenir bon toute la soirée. C’était la première fois que je me rendais dans un Liquid Nutrition, et je dois dire&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/augmentations-mammaires-en-vente-libre-au-shatner/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Augmentations mammaires en vente libre au Shatner</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était lundi soir. Longue soirée de production au journal. L’estomac dans les talons, j’ai pilé sur mes principes et me suis dirigée vers le Liquid Nutrition du Shatner, afin de me procurer de quoi tenir bon toute la soirée.</p>
<p>C’était la première fois que je me rendais dans un Liquid Nutrition, et je dois dire que même si je savais à peu près à quoi m’attendre, jamais je ne m’attendais à avoir la surprise qui suit. Comme je faisais la file pour commander, je me suis mise à regarder les produits dans les étalages, ce qui m’a permis de découvrir la vocation quasi médicale de l’endroit. McGill veut votre bien, keep that in mind.</p>
<p>Mon regard est aléatoirement tombé sur une boîte sur laquelle il était écrit: «FIRM‘N GRO, Pour des seins plus gros et fermes».<br>
Quelle bêtise, que je me suis dit. Comme si ça se pouvait vraiment! Mais cette exclamation ne signalait pas la fin de mon questionnement.</p>
<p>Mon but n’est pas de ramener le débat sur ce qui est dirigé par les étudiants et ce qui ne l’est pas sur le campus, même s’il est encore et toujours d’actualité. À chaque fois que la question refait surface, on obtient la même réponse: McGill vise une centralisation de ses services afin d’assurer la salubrité des lieux et tout le tra-la-la. C’est ce qui explique la chaude lutte qu’a dû mener le Architecture Café pour sa survie l’an dernier. Et ce qui a provoqué l’ouverture d’un Subway dans la Faculté des arts. Horreur.</p>
<p>Si McGill tient tant à garder le contrôle sur ce qui se fait sur le campus, voulez-vous bien me dire pourquoi on peut se faire grossir les seins au Shatner? L’ironie semble d’autant plus frappante que l’établissement du Shatner est le cœur de la vie étudiante mcgilloise, même s’il est sans doute l’endroit le plus hideux du campus –et aussi l’endroit où la bouffe est la plus indigeste dans toute la ville.</p>
<p>Si, au départ, je me disais qu’aucune étudiante saine d’esprit n’irait acheter un tel produit, vous savez aussi bien que moi que ce n’est malheureusement pas vrai. Certaines étudiantes accordent plus d’importance à la taille de leurs bonnets qu’à leur moyenne.</p>
<p>Je me suis donc rendue une seconde fois au Liquid Nutrition, question de me procurer ledit produit pour écrire ma chronique (non, mais je vous jure que c’était pour ma chronique). J’ai demandé quelques informations à l’employé. J’étais assez gênée, merci. Apparemment, le produit est légal. Et puis ça fonctionne vraiment si l’on suit les instructions. Le prix? Pas moins de 120 dollars! Vous devinez donc qu’ à ce prix-là, j’ai laissé tomber la blague.<br>
Bien que le produit en tant que tel soulève plusieurs débats des points de vue médical et légal, sa présence sur le campus à des fins commerciales doit, d’un point de vue éthique, être questionnée, revue, abolie.</p>
<p>Et puis, en passant, j’ai commencé à ressentir la faim trois quarts d’heure après avoir fini mon jus Liquid Nutrition.</p>
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		<title>Paysage urbain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/paysage-urbain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:47:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poète, chansonnier ou auteur-compositeur-interprète? Le Délit a rencontré l’inclassable Urbain Desbois, à quelques jours seulement de la première Semaine Internationale d’Urbain Desbois.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plus de quinze ans, Urbain Desbois voit le jour. Il trouve sa source dans le désir de son créateur, Luc Bonin, de créer une entité distincte de lui-même, un personnage qui se construirait à travers les albums et prendrait véritablement vie sur scène. À la manière d’un marionnettiste, Luc Bonin tire donc les ficelles derrière ce personnage, ce super héros de la parole, duquel, précise-t-il, il est «à la fois le patron et l’employé».</p>
<p>En quoi Urbain, avec ses textes minimalistes et ses mélodies de toutes les influences, est-il un super héros? Son créateur voit en lui l’issue de son idéal artistique: «la diffusion de messages qui s’adressent à la tête». Derrière des textes simples mais intelligents, truffés de jeux de mots, se cache toujours l’idée de diffuser un message social, de provoquer une réaction. Luc Bonin soutient qu’il fait partie du rôle de l’artiste – quel qu’il&nbsp;&nbsp;&nbsp; soit – non seulement de développer l’imaginaire, mais aussi de bousculer, d’instaurer un dialogue. Dans cette mesure, le personnage d’Urbain devient un représentant, un porte-parole par lequel s’exprime une vision, peut-être idéaliste mais certainement noble, de l’art.</p>
<p>Urbain Desbois roule sa bosse quelque part entre la ville et la campagne depuis plusieurs années déjà, mais il ne s’est pourtant jamais véritablement installé sur la scène musicale québécoise. Toujours plutôt marginal, il a souffert, semble-t-il, de son incapacité à être catégorisé. Hésitant, il se qualifie aujourd’hui de «chansonnier expérimental», mais cette étiquette ne l’a pas aidé à se tailler une place dans la programmation des radios populaires. Au contraire, il n’a cessé de se heurter au même constat: il n’entre pas dans le moule. Il a pourtant reçu une nomination au dernier Gala de l’ADISQ dans la catégorie «Auteur ou compositeur de l’année», une reconnaissance que l’artiste n’attendait plus. Mais si son travail a été salué par les gens de l’industrie, la question de la «commerciabilité» d’Urbain Desbois ne cesse de ressurgir. Même si elle peut parfois être difficile, Urbain accepte bien sa situation: «Les moules me refusent, mais je refuse les moules», affirme-t-il. Il avoue ne s’être jamais senti confortable dans ce qu’on appelle l’industrie de la musique, qui s’entête à l’exclure.</p>
<p>Ce n’est pas faute d’avoir essayé, pourtant! Dans l’espoir de séduire un marché qui jusque-là le boudait, Urbain Desbois a produit en 2007 <em>La gravité me pèse</em>, son plus récent album. Réalisé par Jean-François Lemieux, ce nouvel opus était plus léché, moins désorganisé que les précédents. «On a tenté de faire un album qui pourrait peut-être plaire aux radios et obtenir une plus grande diffusion», confie le chansonnier. Le résultat est à la hauteur des espérances de ses créateurs. L’album est plus complet, plus riche, et habité de mélodies variées qui accompagnent à merveille les textes minimalistes mais toujours poétiques d’Urbain Desbois. Pourtant, l’artiste se heurte encore une fois à des portes fermées. Les radios commerciales refusent de diffuser l’album.</p>
<p>Lorsqu’on lui demande s’il demeure fier, malgré tout, de ce dernier album, il est formel: <em>La gravité me pèse</em> s’insère dans son évolution, comme le maillon d’une chaîne, et il ne le reniera jamais. «Je l’aime, cet album-là!», lance-t-il, satisfait. Mais l’effort est fait, et il est maintenant temps de passer à autre chose. Après avoir tenté avec <em>La gravité me pèse</em> de sortir de l’<em>underground</em> montréalais, il prépare aujourd’hui un nouvel album sur lequel il ne fera pas de compromis. Il fera cette fois fi du protocole et de l’obligation de plaire à un marché. Si ce nouvel album est encore au stade de la préproduction, Urbain Desbois promet qu’il sera plus proche de son «idéal» artistique: il surprendra et bousculera.</p>
<p>Celui qui qualifie sa place dans l’industrie de la musique de «place debout», qui change tout le temps, a pourtant un public qui lui est fidèle. Question de satisfaire ce public qui ne se lasse jamais des mots d’esprit du poète, il a mis sur pied une initiative où l’on retrouve toute l’extravagance qu’on lui connaît: la Semaine Internationale d’Urbain Desbois. Le concept est simple et pourtant unique, tout comme son créateur: cinq spectacles, dans cinq endroits différents, précédés de cinq premières parties différentes. C’est sans prétention que l’artiste a choisi de créer lui-même son propre festival, question de provoquer les occasions de jouer avec ses musiciens, tout en invitant le public à participer à leur délire. Pour couronner ce festival improvisé, les fans pourront visiter le Centre d’interprétation d’Urbain Desbois, qui s’installera le 14 février à la Galerie du Viaduc. Les visiteurs pourront y admirer des artefacts, illustrations, caricatures, textes et manuscrits liés au personnage, en plus de le rencontrer en chair et en os. «C’est comme le Biodôme, mais au lieu des castors, c’est Urbain Desbois», lance l’artiste en riant. Le but de cette entreprise plutôt inusitée est de documenter Urbain Desbois et son travail. Luc Bonin, l’homme derrière le personnage, espère ainsi aider à définir son alter ego tout en créant un événement, en faisant d’Urbain un drôle de phénomène.</p>
<p>Voilà donc l’occasion de découvrir l’univers tout particulier d’Urbain Desbois, un univers où les musiques se mêlent pour donner un métissage tout à fait unique, où l’humour a toujours une place de choix, sans pourtant manquer d’intelligence. Un univers dans lequel les mots sont toujours justes et la parole célébrée. Lors de notre rencontre, l’artiste s’est finalement résigné: «Peut-être que je suis un poète, finalement…»</p>
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		<title>Improvisation comparée ayant pour thème…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/improvisation-comparee-ayant-pour-theme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ce début de saison 2009 de la LNI, Le Délit vous propose un survol de ce genre bien de chez-nous qui n’a pas fini de surprendre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’improvisation occupe une place de choix dans le cœur des Québécois depuis plusieurs années. Si on ne se lasse pas de sa formule traditionnelle, popularisée par la Ligue nationale d’improvisation (LNI), ses variantes sont nombreuses et attirent désormais un public considérable.</p>
<p><strong>Des racines théâtrales</strong><br>
C’est grâce à Yvon Leduc et Robert Gravel que l’improvisation théâtrale a vu le jour en 1977. Alliant théâtre et esprit sportif dans un mélange explosif, elle donne lieu à des scènes où les spectateurs ne savent jamais à quoi s’attendre, bien qu’ils soient maîtres du dénouement de la partie. À l’origine, seuls quatre matchs d’improvisation étaient prévus, mais le succès a été immédiat, tant chez les spectateurs que chez les acteurs. Déjà en 1980, la Ligue Nationale d’Improvisation devient une entreprise autonome et entreprend un voyage en France, où le mouvement ne tarde pas à se développer. Au milieu des années quatre-vingts, l’improvisation théâtrale s’étend à d’autres pays de la Francophonie, soit la Suisse et la Belgique, ce qui permet la création du Mondial d’impro, qui n’a malheureusement plus lieu depuis 2000.</p>
<p>Dans la sphère de l’improvisation, Robert Gravel demeure, plus de dix ans après son décès, une figure omniprésente, de même qu’une inspiration pour de nombreux improvisateurs. Cofondateur du Théâtre expérimental de Montréal, aux côtés de Jean-Pierre Ronfard et de Pol Pelletier, il fut également l’un des créateurs du Nouveau Théâtre expérimental, un groupe qui explorait toutes les formes de théâtre. À la fois comédien, auteur, metteur en scène et enseignant à l’École nationale de théâtre, Robert Gravel laisse encore aujourd’hui une empreinte indélébile, tant en improvisation que dans le monde du théâtre.</p>
<p><strong>Une médiatisation qui mène loin</strong><br>
En 1982, la finale de la sixième saison de la LNI est télédiffusée sur les ondes de Radio-Québec, propageant la fièvre de l’improvisation partout dans la Belle Province. Cet événement est considéré comme un point tournant dans l’histoire de l’improvisation au Québec, car c’est à ce moment que l’on assiste à la création de ligues partout à travers la province. Elle fait aujourd’hui partie de la vie étudiante des jeunes Québécois tant au niveau secondaire que dans les cégeps, qui comptent un réseau d’équipes bien développé. Parallèlement à cela, d’autres ligues ont été créées, comme la Ligue d’improvisation de Montréal (LIM), qui organise des joutes à tous les dimanches au Lion d’Or, à Montréal. Depuis cette première apparition sur les ondes, par ailleurs, l’improvisation n’a pas cessé de bénéficier d’une diffusion télévisuelle, rejoignant les spectateurs jusque dans leur salon.</p>
<p><strong>Le prestige de la LNI</strong><br>
La réputation de la LNI n’est plus à faire aujourd’hui; c’est une institution bien établie et sans doute la troupe d’improvisation la plus réputée sur tous les continents. À chaque saison, les comédiens et les humoristes qui forment les six équipes de la ligue doivent faire preuve à la fois d’ingéniosité, de répartie et d’humour afin de charmer un public avide de divertissement. Des visages connus de la scène artistique québécoise baissent leur masque et mettent de côté leur sérieux afin de se prêter à cet exercice, à la fois drôle et exigeant. Plusieurs artistes de renom ont d’ailleurs fait un passage dans les rangs de la LNI, comme Réal Bossé, Sylvie Moreau, Patrice L’Écuyer et Michel Rivard. Normand Brathwaite et Marcel Leboeuf ont également fait leurs preuves au sein de la ligue.</p>
<p>L’improvisation a par ailleurs servi, au fil des ans, de tremplin pour plusieurs comédiens émergents, qui y voient une occasion en or de développer leurs talents d’acteurs. Parmi les récipiendaires du trophée Pierre Curzi, qui vise à récompenser la meilleure recrue,&nbsp; on compte Yves Desgagnés (1979), Sylvie Legault (1981) et Martin Drainville (1989).<br>
<strong><br>
La saison 2009 de la LNI</strong><br>
Le 9 février prochain, au Medley, aura lieu le premier match de la saison 2009, opposant les Rouges aux Jaunes. Dans les semaines qui suivront, les six différentes équipes de la ligue s’affronteront à raison d’un match par semaine, et ce jusqu’aux 25 et 26 mai, dates auxquelles se tiendront la demi-finale et la finale. Parmi les joueurs qui occuperont la patinoire cette saison, on compte François-Étienne Paré, Laurent Paquin, Luc Senay, Réal Bossé, et Vincent Bolduc, ainsi que plusieurs autres. Il est également à noter qu’Alexis Martin et Bernard Fortin occuperont&nbsp;le poste d’entraîneur pour deux des équipes de la ligue. Les Jaunes, qui ont été les vainqueurs de la saison 2008, sauront-ils conserver leur titre&nbsp;en 2009?<br>
<strong><br>
L’improvisation sous toutes ses formes</strong><br>
Bien qu’on ait tenté de transposer l’improvisation dans plusieurs domaines, l’opération ne se solde pas toujours par un succès. À ce jour, l’improvisation théâtrale demeure la plus répandue, suivie par l’improvisation musicale, qui gagne en popularité depuis quelques années dans la métropole. La création de la Ligue d’Improvisation Musicale de Montréal en 2003 est une autre belle histoire de succès. La ligue compte quatre équipes, soit le Divan Orange, le Lion d’Or, le Petit Campus et Chez Baptiste. La prochaine joute, qui aura lieu le 12 février, opposera le Divan Orange et le Petit Campus dans une chaude lutte pour gagner l’affection du public. De là à dire si l’improvisation musicale connaîtra un jour la même popularité que l’improvisation théâtrale, seul l’avenir nous le dira. Entre temps, la scène montréalaise a beaucoup à offrir aux fans d’improvisation, et ce, peu importe la forme.</p>
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		<title>Ignatieff carbure au pétrole</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/ignatieff-carbure-au-petrole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:35:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Michael Ignatieff compte s’inviter à la Maison Blanche. Sa carte de visite? Le pétrole albertain.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«Toute question de politique énergétique en est une d’unité nationale», a lancé un Michael Ignatieff invité par les étudiants des Hautes études commerciales (HEC), dans un discours manifestement huilé pour les circonstances. Rappelons que M. Ignatieff avait surpris lors de la dernière course à la chefferie libérale, en évoquant une réouverture possible du dossier constitutionnel. Il n’hésite plus désormais à replacer ses pions vers l’ouest: «Les sables bitumineux vont entièrement transformer le positionnement stratégique du Canada au XXIe siècle. Cela signifie que l’on écoutera le premier ministre [canadien] lorsqu’il ira à la Maison Blanche.» Et rendant le message encore plus clair, il ajoute: «On n’est pas dans une compétition contre l’Alberta. Quand il s’agit de politique économique, on ne devrait pas opposer une région à l’autre.» C’est ainsi que selon le chef libéral, les problèmes économiques et environnementaux du Canada s’estompent derrière la nécessité de l’unité nationale: «À cause du fait français, il a fallu réfléchir très fort, pour savoir faire vivre ensemble une majorité et une minorité. Le défi principal n’est pas économique ou environnemental, il est politique.»</p>
<p>Après avoir essuyé d’une langue de bois quelques questions de l’audience portant sur l’«innovation» dans le milieu des affaires, M. Ignatieff a présenté sa vision de l’innovation politique. «Je ne veux pas réinventer la roue. La gouverneure générale a bien servi le Canada». Il se montre conciliant, face au ressentiment de l’Ouest canadien envers l’idée d’un gouvernement de coalition. Malgré la légitimité d’une telle alliance, dans le système parlementaire britannique, il tient à préciser: «Une chose que je ne vais pas faire, c’est insulter la vision démocratique des gens de l’Ouest». Le «Plan vert» proposé par Stéphane Dion est donc mort au feuilleton. Lorsqu’on lui demande d’un ton léger s’il compte le «réduire, le réutiliser, ou le recycler», M. Ignatieff&nbsp; se contente d’un rire éloquent.</p>
<p>En ces temps de tourmente économique, on a cherché à savoir si les libéraux comptent réformer les règles du marché financier. Il n’est pas question, pour l’instant, de revoir la loi sur les valeurs mobilières afin d’abolir les particularités provinciales. «Un gouvernement libéral aurait des problèmes plus importants à régler», tranche-t-il. Il se montre toutefois ouvert à des changements modestes: «Harmonisation, oui, centralisation, non».</p>
<p>M. Ignatieff voit par ailleurs en l’élection d’Obama un signal d’espoir, qu’il tempère toutefois en rappelant les défis que le nouveau président aura à relever. Pour lui, «la question capitale est de savoir si Obama va créer des institutions pour rendre la mondialisation plus juste, et maîtriser les changements climatiques», déclaration émise pendant qu’opinait Justin Trudeau, présent dans la salle. Il soutient, à cet égard, que le Canada «a un rôle à jouer», mais que le leadership des États-Unis est primordial. Si les sables bitumineux lui ouvrent les portes de Washington, doit-on comprendre qu’il pourra déléguer à l’administration américaine les questions «économiques et environnementales», pendant qu’il s’occupe de «politique»? Silence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/ignatieff-carbure-au-petrole/" data-wpel-link="internal">Ignatieff carbure au pétrole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Wall Street: fonds vautours et services secrets</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/wall-street-fonds-vautours-et-services-secrets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 21:32:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/archives/492</guid>

					<description><![CDATA[<p>Benoit Perron révèle les tractations troublantes des «banquiers de l’ombre».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/02/03/wall-street-fonds-vautours-et-services-secrets/" data-wpel-link="internal">Wall Street: fonds vautours et services secrets</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Benoit Perron, animateur des émissions Zone de Résistance (CISM 89,3 FM) et l’Éconoxydable (CIBL 101,5 FM), présentait mercredi soir dernier sa 65e conférence où il traitait, comme à l’habitude, de sujets souvent qualifiés de part et d’autre de «théories de conspiration».&nbsp; En l’occurrence: les tractations secrètes de ceux qu’il appelle «les banquiers de l’ombre, [les] maîtres illusionnistes de l’économie casino». «Faites vos jeux, rien ne va plus pour la classe moyenne», lisait-on sur l’annonce de l’événement collée à la porte d’une petite salle de cours de l’UQÀM, où il a révélé de surprenantes et souvent troublantes informations à un petit auditoire de quatorze personnes.</p>
<p>M. Perron a discuté pendant près de trois heures des innombrables imbrications entre les fonds de couverture spéculatifs ou hedge funds, les plus grands magnats de la bourse, les grandes corporations et les services secrets américains. Organigrammes à l’appui, il expose méthodiquement et de façon convaincante l’ubiquité dans les marchés d’un seul et même groupe d’investisseurs, de directeurs d’entreprises, d’avocats et de politiciens.</p>
<p><strong>Les liens gordiens</strong><br>
Un exemple parmi plusieurs: le groupe spéculatif Cerberus Capital Management LP, fondé en 1992 à Wall Street, deviendra actionnaire majoritaire de corporations telles que Air Canada, Remington Arms (fabricant d’armes à feu) et Canwest Global Communications. Quelques-uns des conseillers influents de Cerberus: Dan Quayle, ancien vice-président des États-Unis sous George Bush père ainsi que John Snow, ex-secrétaire au trésor de George Bush fils. Quelques-uns des avocats canadiens de Cerberus: Brian Mulroney, Yves Fortier et Michael Fortier, ancien sénateur nommé par Stephen Harper, membre (non-élu) du cabinet Harper et candidat conservateur défait dans Vaudreuil-Soulanges à l’élection fédérale de 2008. Siégeant sur le conseil d’administration de Cerberus: George Kollitides, un des directeurs de la National Rifle Association aux États-Unis. «Vous voyez les liens gordiens?», demande M. Perron avant de passer à la prochaine cible: Atticus Capital LLC, firme actionnaire de GM, Boeing, Apple, Google, Microsoft, et Teilhard Technologies, une compagnie d’informatique fondée en 1998 à Calgary. Sur le conseil d’administration de Teilhard: Brian Mulroney, encore une fois. «Comme une métastase, comme un cancer, il se répand partout», dit-il au sujet de cet ancien premier ministre, qui siège aussi au C.A. de la compagnie canadienne Barrick Gold. Cette dernière a intenté l’an dernier une poursuite de six millions de dollars contre la maison d’édition québécoise Écosociété, alors que elle-ci s’apprêtait à lancer un livre intitulé Noir Canada qui accusait certaines compagnies canadiennes, dont Barrick Gold, de violations des droits de l’homme dans leurs opérations africaines, avec l’aide et l’assentiment d’Ottawa.<br>
<strong><br>
Portes tournantes et conflits d’intérêts.</strong><br>
Providence Equity Partners LLC (PEP), un fonds d’investissement spécialisé dans les médias, fait l’acquisition de AT&amp;T Canada, Warner Music Company et Metro-Goldwyn-Mayer. «Un des actionnaires principaux de PEP: Michael K. Powell, fils de l’ancien secrétaire d’État Colin Powell et ancien président du Federal Communications Commission des États-Unis,» a précisé M. Perron. «Les portes tournantes: aucun conflit d’intérêt là-dedans,» ajoute-t-il avec plus qu’une pointe d’ironie. «Ceux qui voient des conflits d’intérêt se font des illusions.»</p>
<p>Cette histoire n’est pas sans rappeler celle de Philippe Couillard, neurochirurgien et ministre québécois de la Santé de 2003 à 2008. Deux mois après avoir démissionné de ses fonctons de ministre, en juin dernier, il devenait partenaire du fonds d’actions privé Persistence Capital Partnership (PCP), destiné à «offrir une plus-value marquée du capital à long terme, en identifiant et en poursuivant des occasions d’investissement intéressantes dans le secteur canadien des soins de santé», selon le site Internet de l’entreprise. Qui plus est, il a été nommé chercheur principal en droit de la santé à McGill, un nouveau poste qu’il occupe depuis le 1er janvier 2009. Aucun conflit d’intérêts possible selon la rectrice Heather Munroe-Blum, qui avait dit ne pas être «fanatique d’allégations» lors de la réunion du conseil de l’AÉUM le 15 janvier dernier, en spécifiant aussi que l’administration avait examiné l’affaire pour écarter la possibilité d’éventuels conflits. Néanmoins, le commissaire provincial au lobbyisme, André Côté, a annoncé le 8 janvier dernier la tenue d’une enquête sur cette affaire.</p>
<p><strong>Fonds d’investissements et services secrets</strong><br>
En 1999, George Tenet, alors directeur de la CIA, fonde le fonds d’investissement In-Q-Tel. «Je pourrais faire une conférence juste sur In-Q-Tel», dit M. Perron. En février 2003, l’agence fédérale Defense Advanced Research Project Agency (DARPA) crée l’agence fédérale Information Awareness Office (IAO) qui démarre ensuite le projet Total Information Awareness (TIA), qui procédera ensuite selon M. Perron à l’ouverture de dossiers secrets sur 300 millions d’Américains. Le congrès américain, jugeant le projet trop controversé, ordonnera la même année la fermeture du IAO et la cessation du projet TIA. «TIA était l’équivalent moderne de Cointelpro, le programme du FBI qui, de 1955 à 1975, épiait tous les mouvements de désobéissance civile aux États-Unis, notamment les Black Panthers», commente M. Perron.</p>
<p>Dès le printemps 2004, un des principaux actionnaires de In-Q-Tel, James Breyer, s’associe à un certain Mark Zuckerberg pour lancer Facebook. Perron explique: «L’opinion publique s’était énervée, alors on repart le programme sous un autre nom, comme il arrive tellement souvent dans ces milieux-là.» En 2006, le fonds spéculatif Greylock Venture Capital, dont l’associé senior est Howard Cox (analyste à la défense de 1968 à 1971 et directeur de In-Q-Tel), investit 27,5 millions de dollars dans Facebook, un réseau social Internet dont le but est de «faciliter le partage d’informations». Pour évaluer les implications de cet énoncé, nul besoin de chercher plus loin que la propre politique de confidentialité de l’entreprise: «[…] nous pouvons être amenés à partager un compte ou toute autre information que nous estimons nécessaire pour être conforme à la loi, protéger nos intérêts ou nos biens […] ou pour prévenir tout préjudice corporel imminent. Ceci peut inclure le partage d’informations avec des entreprises, des juristes ou des instances gouvernementales.» «Chers participants, pour moi, la cause est entendue, Facebook est né d’un programme secret: le Scalable Social Network Analysis du DARPA. Ce qu’ils veulent, c’est de l’information, et plus ils en ont, mieux c’est. […] En plus, vous la leur fournissez telle quelle», dit M. Perron en montrant la page officielle du DARPA dont le slogan est «scientia est potentia» et le logo, une pyramide du sommet de laquelle un oeil épie un globe terrestre.</p>
<p>Théorie ou conspiration? «Après ce soir, vous allez avoir des millions de questions», avait averti M. Perron au début de la conférence. Toutefois, ces recherches approfondies, dont l’information contenue pourrait être dure à intégrer pour les non-initiés, ressemble plus au travail acharné et méticuleux d’un crack avide de vérité que celui d’un «parano» déconnecté de la réalité.</p>
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		<title>Délire identitaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/delire-identitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 19:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a de ces mots que l’on vide de leur force vitale dès qu’il faut les prononcer, dont on épuise le sens dès qu’ils deviennent sujets à circonvolutions interprétatives. Parmi eux, on compte assurément culture. Quand on parle de culture, le concept s’évanouit: plutôt que de se vivre instinctivement, dans l’enivrement d’une danse rituelle&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/delire-identitaire/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Délire identitaire</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a de ces mots que l’on vide de leur force vitale dès qu’il faut les prononcer, dont on épuise le sens dès qu’ils deviennent sujets à circonvolutions interprétatives. Parmi eux, on compte assurément culture. Quand on parle de culture, le concept s’évanouit: plutôt que de se vivre instinctivement, dans l’enivrement d’une danse rituelle où dans l’évidence divine d’une morale tragique, elle devient enfourchée par des chevaliers professionnels, à l’armure lustrée du parler radio-canadien. Il faut la défendre: déjà, elle est fuyante.</p>
<p>Il en va de même pour l’identité. On cherche à définir ce qui avant tout s’établit. «L’existence précède l’essence»&nbsp; —tous savent ânonner la formule, sans plus la comprendre que E=MC2. On s’enferre ainsi, de facto, dans une série de non-sens, qui retentit du plus profond de l’organisme jusqu’aux cordes vocales, en une complainte de bête de somme. Le problème est faux, de sa genèse à son expression. Et que fait-on depuis le 11 septembre 2001? On s’interroge sur notre «identité», face à celle du «monde musulman», ou qui d’autre encore. Il fut quelques mois pendant lequels nul ne pouvait passer sur le plateau de Tout le monde en parle sans se faire demander ce qu’il pensait des «accommodements raisonnables». J’attends toujours avec impatience que quelqu’un m’explique en quoi consiste la «crise identitaire» que traversent les Québécois. Le mot à la mode est «perte des repères» – surtout lorsqu’on fait référence au déclin de la religiosité. Mais véritablement perdre ses repères, n’est-ce pas avant tout avoir oublié jusqu’à leur existence même? Et le consensus écrasant au sujet de certaines valeurs – par exemple celles exprimées dans la Charte des droits et libertés de la personne, ne manifeste-t-il pas, d’une manière certes renouvelée, l’omniprésence de l’instinct religieux comme lubrifiant social?</p>
<p>Disons plutôt franchement: le libéralisme économique ambiant aime bien que l’on parle d’identité, de terrorisme et d’immigrantes voilées, pendant que l’on s’occupe du reste: Patriot Act, privatisation des soins de santé, poursuites-baîllons et méga-porcheries. L’embourbement dans des termes mal définis est le meilleur ami de la racaille néolibérale. Une femme portant la burqa aurait-elle le droit de voter&nbsp;? Cette question d’intérêt capital pour l’avenir de la civilisation a défrayé les manchettes pendant une semaine, et pourtant le Directeur général des élections l’assurait: la situation ne s’est jamais présentée. Une communauté juive conservatrice ne souhaite pas voir de femmes en tenue légère à travers les fenêtres d’un gymnase donnant sur la rue? Scandale, d’Hérouxville à Québec. Et pourtant, la communauté juive offrait de payer pour teindre les fenêtres et les membres du club ont été consultés et ont accepté d’accéder à leur requête.</p>
<p>* * *<br>
Jean-François Lisée, dans un ouvrage récent, s’interrogeait sur la nature du «nous» collectif québécois. Je comprends qu’il faille pondre de la pensée Renaud-Bray de temps à autre, mais pourquoi n’aurait-il pas tenté la satire avec une réponse toute simple: l’indépendance s’en chargerait? M. Lisée, pourtant souverainiste, préfère peut-être jouer le jeu de la philosophie politique classique, validée par les docteurs patentés des Nations Unies: on définit ce qu’est un peuple ou une nation, puis on établit sagement si le droit à l’auto-détermination s’y applique. M. Lisée se trouve contraint – peut-être malgré lui – à jouer le même jeu que les premiers penseurs du contrat social, qui à cause du climat monarchique de l’époque, devaient insister sur l’unicité du corps civil. Que ce soit par crainte de détonner par rapport au sentiment général de la philosophie de l’époque, ou par manque de perspective historique, je laisse à d’autres le soin d’en décider.</p>
<p>Laissons plutôt la marmite bouillir et les épices macérer avant de figer la recette. Le vomi du soir sera l’espoir, celui du matin le chagrin. – Et pendant que le Québec a le cœur retourné, les oiseaux annoncent bientôt le lever du soleil. Quelques-uns n’ont pas oublié la caisse de Labatt désalcoolisée pour nos amis musulmans. Quel mérite à offrir ce qu’on ne veut pas&nbsp;pour soi?</p>
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		<title>Février sera noir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/fevrier-sera-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 19:23:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1926, l’historien Carter Godwin Woodson, spécialiste en histoire afro-américaine, choisit la deuxième semaine de février pour célébrer ce qu’il appellera le Negro History Week.  Woodson fait partie des premiers à s’intéresser à la situation des Noirs et à leur apport aux communautés. Cinquante ans plus tard, alors que l’Amérique fête son bicentenaire, la semaine s’étend au mois complet. Depuis, au Canada et aux États-Unis, février est le mois commémoratif en l’honneur de la lutte pour mettre fin à l’esclavage. Bien que certains croient que cette célébration ne fait qu’alimenter le racisme en cloisonnant les peuples, le Mois de l’histoire des Noirs est également une occasion de se rappeler ces nombreuses personnes qui continuent à embellir notre communauté. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>»&gt;Venant Mboua</strong></p>
<p><em>Venant Mboua travaille à CameroonVoice, une webradio qui se veut une tribune d’expression pour les Camerounais et les Africains de la diaspora. L’une des deux émissions qu’il anime, «Sans détour», propose des débats politiques hebdomadaires sur des points chauds de l’actualité africaine. Venant est également journaliste et comédien-conteur.&nbsp; &nbsp;</em></p>
<p><strong><em>Le Délit (LD)</em>: Décrivez, en un mot, vos sentiments par rapport au cheminement et à l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis?<br>
</strong>Venant Mboua (VM): «Fierté», si je dois me limiter à un mot. Sinon, je dirais qu’il s’agit d’un grand moment de l’histoire du peuple noir.<br>
<strong><br>
<em>LD</em>: Comment dépeindriez-vous la réalité de la communauté noire à Montréal?</strong><br>
VM: Je ne prétends pas connaître intégralement la communauté noire de Montréal, mais je peux pourtant dire qu’elle semble correspondre, comme partout ailleurs sur la planète, à la réalité définie par le poète Aimé Césaire: «Elle est une foule qui ne sait pas faire foule.» Elle a du mal, d’une part, à se rassembler, puis d’une autre, à défendre ses causes.</p>
<p>Lors des élections fédérales, par exemple, nous avons proposé des débats aux auditeurs pour donner la chance aux Africains de faire valoir leur point de vue et d’échanger avec&nbsp;les candidats. On n’a pourtant pas connu d’enthousiasme. Je ne vois pas la communauté noire tenter d’avoir une seule voix, forte et concourante.<br>
<strong><br>
<em>LD</em>&nbsp;: Quels ont été les points saillants de votre parcours jusqu’à ce jour ?</strong><br>
VM: J’ai passé une bonne partie de ma vie en Afrique. Je m’y suis consacré&nbsp;à la défense des droits de l’homme, d’abord au Rwanda,&nbsp; mais également à l’intérieur des principaux foyers de tension. En tant que journaliste, j’ai aussi travaillé à la dénonciation d’un certain nombre d’États qui ternissent toujours l’image de l’Afrique –et cela ne m’a pas toujours valu que des amitiés.</p>
<p>Les Québécois d’ici n’ont généralement pas, ou très peu, l’occasion de voir une guerre ou de vivre sous un régime dictatorial, et c’est ce qui me distingue, a priori, d’eux. En tant que Noir, il y a toute une histoire derrière moi: 350 années d’esclavage, un siècle de colonisation puis, plus récemment, le pillage des ressources de l’Afrique. Il serait bien difficile d’être Noir, et de ne pas avoir notre histoire en mémoire.<br>
<strong><br>
<em>LD</em>: En quoi participez-vous à l’écriture de l’histoire des Noirs&nbsp;?</strong><br>
VM: Cette histoire s’écrit tous les jours, comme celle de tous les peuples d’ailleurs. Je l’ai pourtant rédigée&nbsp;à ma manière alors que je faisais, en 1994, la couverture du génocide du Rwanda et au moment où je me faisais reporter pour la mission d’évaluation des effets de l’embargo de l’ONU sur les populations libyennes en 1995. Ici, au Québec, il s’agit de donner la parole aux gens, de rendre compte de leurs difficultés et obligations.<br>
<strong><br>
<em>LD</em>: Quel aura été l’effet de l’élection de Barack Obama sur votre entourage immédiat&nbsp;?</strong><br>
VM: D’abord, personne autour de moi ne croyait que son élection soit possible, mais maintenant que c’est une réalité, ils s’en réjouissent. Vous savez, il y a d’ailleurs un extrait du discours de Barack Obama qui a davantage touché les Africains: le moment où il s’adresse aux dictateurs, aux personnes qui s’accrochent au pouvoir par la fraude et trompent leur peuple. Par sa position de président des États-Unis, plusieurs espèrent en fait qu’il influence les décisions à venir, particulièrement au niveau des démocraties et du respect des droits de l’homme en Afrique.<br>
<strong><br>
<em>LD</em>: Considérez-vous que les objectifs poursuivis par Barack Obama soient parallèles à ceux de Nelson Mandela&nbsp;?</strong><br>
VM: Dans une certaine mesure, oui. Pourtant, Nelson Mandela a fait ses preuves. Il a été un acteur clef en instaurant la paix entre les peuples noirs et blancs. Par opposition, l’action d’Obama n’est pas encore tangible.</p>
<p><em>Propos recueillis par Éléna Choquette</em></p>
<p><strong>»&gt; Yolande James</strong></p>
<p>Née en 1977 à Montréal, l’Honorable Yolande James est la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles. Mme James a toujours eu les causes liées aux immigrants à cœur. Elle obtient son baccalauréat en droit civil à l’Université de Montréal en 2000, et est élue députée de l’arrondissement de Nelligan en 2004. En 2007, elle devient la première et la plus jeune Canadienne d’origine africaine à être élue au Conseil des ministres du Québec.</p>
<p>Bien que certaines décisions de la Ministre sont parfois sujettes à débat au sein des partis politiques, ses fonctions consistent entre autres à définir le nombre de ressortissants étrangers admissibles à l’intérieur d’une période donnée, à faciliter l’établissement et/ou la réunification familiale de ces immigrants, et à favoriser l’intégration linguistique, culturelle et économique de ceux-ci.</p>
<p>Cette année, la ministre Yolande James a été choisie comme porte-parole pour l’édition 2009 du Mois de l’histoire des Noirs. Le thème intitulée «La passion d’agir, le rêve de construire», fait un bel écho aux récentes élections présidentielles américaines et aux nombreuses possibilités qui s’ouvrent.</p>
<p><strong>»&gt;Boucar Diouf</strong></p>
<p>S’il clame avoir des racines africaines, il a aussi un feuillage québécois et un tronc sénégalais. Bouar Diouf est un véritable baobab recomposé.</p>
<p>Il est né au Sénégal, là où, de son propre aveu, il a découvert qu’il aimait déjà faire des blagues et provoquer le rire. Pourtant, sa vocation artistique ne rendait pas sa famille très fière. Il s’est alors consacré intégralement à l’étude des sciences naturelles. S’il s’identifie humoristiquement aux arbres, ce n’est pas le fruit du hasard. Il les connaît bien, les sciences de la nature.</p>
<p>La recherche scientifique ne lui a pourtant pas permis de créer comme il se plaît à le faire. Il a renoncé aux qualifications que lui a conférées son doctorat en océanographie et a opté pour l’art créatif.</p>
<p>Il se qualifie de Québécois d’origine ethnique, quoique la nationalité à laquelle il aspire «outrepasse les seules limites de la race, de la religion et du territoire.» Il utilise pourtant une approche agréablement originale pour aborder les rapprochements interculturels. L’hybridation des genres humoristiques, qui se retrouve à l’intérieur de son premier spectacle D’Hiver Cité, voilà ce qu’il propose comme accès nouveau aux subtiles différences culturelles. D’ailleurs, dit-il, c’est en riant des dissemblances que l’on en arrive à les apprivoiser. Fait cocasse,&nbsp; Boucar Diouf parle avec plus d’émotions de son pays en terre américaine qu’africaine. Son pays à lui, c’est le Québec.</p>
<p><strong>»&gt;Michel Mpambara </strong></p>
<p>Arrivé au Québec à l’âge de dix-sept ans, Michel Mpambara est humoriste. En 1996, il gagne le prix «Coup de Cœur» du Festival Juste pour rire de Montréal.<br>
Si vous avez déjà assisté à un spectacle de Michel Mpambara, vous savez qu’il est résolument provocant. Débutant un de ses stands-up par l’affirmation «Je suis raciste», ce Rwandais d’origine parle sur un ton comique des différences culturelles. Michel ne traite pas seulement des difficultés et des surprises présentes lors du processus d’intégration, mais part réellement à la recherche de ce qui crée les identités, puis les sociétés. Aussi, entre des rires de bon cœur lancés par la salle, l’humoriste semble découvrir son identité canadienne et africaine.</p>
<p>Dans un entretien avec Christiane Charette, Michel Mpambara révèle qu’il est «Africain contre [son] gré». Ceux qui ont passé la majorité de leur enfance au Burundi lors du génocide rwandais, utilisent l’expression «Retourner au Rwanda» même lorsqu’ils n’y sont jamais allés. À la question de Christiane Charette, qui lui demandait s’il voulait retourner au Rwanda, Michel Mpambara cite Dany Laferrière: «Le destin, ce n’est pas ce que l’on veut.» L’humoriste est un exemple d’espoir, son sourire demeurant sa marque de commerce.</p>
<p><strong>»&gt;Michaëlle Jean</strong></p>
<p>Le parcours de Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean n’est pas sans rappeler celui du désormais célèbre président noir des États-Unis. En effet, non seulement est-elle la première femme noire à occuper le poste de Gouverneure Générale du Canada, mais c’est aussi la première fois que la famille vice-royale –son mari Jean-Daniel Lafond et elle –est née hors du Canada et des royaumes du Commonwealth. Ils sont respectivement nés en Haïti et en France.</p>
<p>L’arrivée à la Maison Blanche d’Obama? Un moment historique d’amplitude planétaire, selon ce qu’elle livrait lors de la «Déclaration de la Gouverneure Générale» soulignant son assermentation. «C’est l’espoir en un monde où l’être humain retrouve sa place, soit en plein centre.» Elle considère aussi que c’est Martin Luther King qui a préparé l’arrivée d’un Noir à la Maison Blanche aujourd’hui, et c’est précisément son rêve qui nous anime aujourd’hui.</p>
<p>Si elle a travaillé à «briser les solitudes» (devise qu’elle a adoptée au début de son mandat) au cours de sa carrière en journalisme, il ne s’agissait pas seulement d’un appel au rapprochement des anglophones et des francophones, mais plutôt d’instaurer un pacte de solidarité entre tous les citoyens qui composent le Canada d’aujourd’hui. Une coopération qui s’inscrit au sein des relations entre toutes les communautés ethniques, linguistiques et culturelles canadiennes. Dans ce dessein, elle a mis sur pied un site de clavardage pancanadien qui se veut être un lieu d’échange d’idées, essentiellement destiné aux jeunes.</p>
<p>Il faut, dit-elle mettre fin à l’étroitesse du «chacun pour soi», «chacun pour son clan».</p>
<p>Elle a livré, à&nbsp;l’occasion de la célébration du Mois de l’histoire des Noirs à la Saint-James United Church à Montréal en 2006, que le Mois de l’histoire des Noirs se veut une «occasion de le rappeler et de formuler à nouveau le vœu si cher à Martin Luther King de se sortir des sables mouvants de l’injustice raciale pour se hisser enfin sur le roc solide de la fraternité.» Elle profite aussi de cette opportunité pour inviter la population canadienne, particulièrement les Montréalais, à ouvrir les livres de Dorothy Williams qui retracent la contribution des Noirs à l’histoire de cette ville.</p>
<p>Toujours selon elle, l’incompréhension qui caractérise les mésententes identitaires et culturelles n’a plus de place au sein d’un pays où le respect, l’ouverture et le partage sont valorisés.</p>
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		<title>Lutteur étoile</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/lutteur-etoile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 18:56:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je ne vous parlerai pas du premier Noir à la Maison Blanche. La grande Histoire m’intimide, alors je roule pour la petite&#160;: chien d’eau portugais ou labradoodle? Rahm Emanuel, 48 ans, nouveau chef de cabinet de Barack Obama, est un lutteur-né. Volontaire dans l’armée israélienne lors de la première guerre du Golfe en 1991, collecteur&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/lutteur-etoile/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Lutteur étoile</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne vous parlerai pas du premier Noir à la Maison Blanche. La grande Histoire m’intimide, alors je roule pour la petite&nbsp;: chien d’eau portugais ou labradoodle?</p>
<p>Rahm Emanuel, 48 ans, nouveau chef de cabinet de Barack Obama, est un <em>lutteur-né</em>. Volontaire dans l’armée israélienne lors de la première guerre du Golfe en 1991, collecteur de fonds pour Bill Clinton à la fin de la même année (récoltant la somme record de 72 millions de dollars) puis conseiller politique dans son administration de 1993 à 1998, élu en 2006 patron du caucus démocrate à la Chambre des Représentants après avoir mené les troupes à la victoire: son parcours parle de lui-même. En tant que collecteur de fonds, son discours consistait à humilier les donateurs en leur laissant penser que leur contribution était si faible que cela en était «embarrassant». Autres faits notoires: il a déjà envoyé du poisson en décomposition à un sondeur défaitiste, menacé Tony Blair en plein scandale Lewinsky, et joué du couteau en épelant les noms de ses ennemis politiques.</p>
<p>Mais – ô surprise – celui qu’on surnomme «Rahmbo» ou «Pitbull» a commencé la lutte <em>en dansant</em>. Forcé par sa mère à prendre des cours de ballet durant son adolescence à Chicago, il a démontré courage et habileté au point de se faire ouvrir grandes les portes du prestigieux Joffrey Ballet. Alors, qu’a bien pu apprendre Rahm en chaussant les pointes? Discipline et ténacité&nbsp; —ou comment devenir un bourreau de travail. Résistance à la douleur et aux humiliations&nbsp; —ou comment devenir un dur à cuire. L’amour du drame et de la performance scénique&nbsp; —ou comment devenir un excellent acteur. Enfin le sens de la conquête, dans cet univers majoritairement féminin —ou comment devenir un bourreau des cœurs.</p>
<p>Marc-Aurèle disait que «l’art de vivre ressemble plus à un match de lutte qu’à un ballet». Rahm Emanuel, lui, conjugue les deux: c’est un <em>lutteur-né en dansant</em>. Ou un boxeur birman. Je ne vous parle pas (cette fois) d’une race de chien, mais d’un art martial. Née au IIIe siècle et connue depuis les années 1960 sous le nom de bando kickboxing, la boxe birmane se pratique mains et pieds nus et se distingue par son côté brutal et primaire (proche du comportement animal). Caractéristique technique principale : «Tout le corps est une arme». Et surtout, dans la boxe birmane&nbsp; —«superlatif» des boxes—&nbsp; tout commence par la danse.</p>
<p>Un loup dansant à la Maison Blanche: vous y aviez pensé, vous?</p>
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		<item>
		<title>Montréal, la belle italienne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/montreal-la-belle-italienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 18:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que ce soit pour sa langue mélodique et poétique, pour sa cuisine savoureuse ou pour le charme de ses habitants, on ne peut faire autrement que d’aimer l’Italie! Pas nécessaire, pourtant, de traverser l’Atlantique pour profiter de cette culture riche et envoûtante. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>»&gt;À la découverte de la Petite Italie</strong></p>
<p><strong>Shopping gourmand à l’italienne</strong></p>
<p>Les habitués de la Petite Italie connaissent déjà Milano, l’incontournable épicerie italienne montréalaise. Probablement la plus grande au quartier, cette épicerie spécialisée offre des produits fins importés directement d’Italie dont plus d’un se délecteront. Ses confiseries célèbres font faire des détours aux Montréalais depuis des années déjà. En flânant entre les îlots garnis de denrées toutes plus alléchantes les unes que les autres, on se laisse inévitablement tenter par de délicieux produits. Attention aux budgets serrés, vous pourriez en ressortir avec plus d’un sac à la main!</p>
<p>S’il est le plus populaire, Milano n’est pourtant pas le seul choix qui s’offre aux gourmands, loin de là! La Boulangerie &amp; Pâtisserie Motta est également un passage obligé. Une entreprise familiale bien connue des habitués du quartier, l’établissement offre, en plus de ses pâtisseries, pâtes fraîches et charcuteries, et propose de délicieux plats faits maison pour emporter. Ne vous laissez donc pas berner par son nom, il n’y a pas, chez Motta, que des pains et des croissants. Durant la saison estivale, l’endroit se transforme même en mini-trattoria, et les passants peuvent y déguster le plat du jour, installés sur la terrasse.</p>
<p><em>Milano: 6862, boul. Saint-Laurent.<br>
Boulangerie &amp; Pâtisserie Motta: 303, avenue Mozart Est.</em><br>
<strong><br>
Dans la caverne d’Ali Baba</strong></p>
<p>Ceux qui sont à la recherche de nouvelles saveurs se doivent de passer chez Anatol. Ce magasin du boulevard Saint-Laurent aux allures pourtant modestes est en fait le Nirvana des épices. Sa sélection compte plus de 600 épices différentes, et saura vous éveiller les papilles. Bâtons de cannelle, clous de girofle, poivres de toutes sortes; chez Anatol, attendez-vous à une véritable symphonie des odeurs! En plus des épices, on y trouve également plusieurs variétés de noix, de riz, de fines herbes, de café… De tout pour jouer un peu avec les saveurs et ajouter une dose d’exotisme à vos repas.</p>
<p><em>Les Épices Anatol: 6822, boul. Saint-Laurent.</em><br>
<strong><br>
Un magasin général au cœur de la ville</strong></p>
<p>Établie à Montréal depuis 1956, La Quincaillerie Dante est maintenant une institution. Si elle était, à ses débuts, une véritable quincaillerie, elle s’est réorientée avec les années vers le domaine de l’alimentation, et propose à ses clients la crème de la crème des accessoires de cuisine. La plupart viennent directement d’Italie. Fidèle à ses origines, par contre, on retrouve encore dans cet établissement de la rue St-Dominique une section consacrée à la chasse et la pêche. Elena Faita, propriétaire de cette charmante entreprise familiale, est une véritable mamma italienne. Aidée de son fils Stefano, elle propose tous les samedis après-midi des démonstrations culinaires, question de transmettre un peu de sa culture à ses clients.</p>
<p><em>La Quincaillerie Dante: 6851, St-Dominique.</em></p>
<p><strong>Design à l’italienne<br>
</strong><br>
Parfait exemple de l’italianité montréalaise, l’étiquette Mimi &amp; Coco s’est donné pour mandat d’offrir à ses clients des vêtements simples mais de qualité, et à des prix accessibles. T‑shirts à manches courtes ou longues, tant pour elle que pour lui, camisoles légères ou robes d’été pour les dames, le tout offert dans une variété de couleurs et de coupes, misant sur un look «à l’européenne». Le coton est à l’honneur, mais également les laines italiennes, le cachemire, et autres tissus dont la première qualité reste la même: le confort. Le créateur qui se cache derrière tout cela, un Québécois d’origine italienne, a pris soin de positionner la marque entre les deux cultures: les vêtements de Mimi &amp; Coco sont dessinés au Québec, mais confectionnés en Italie. On a donc à la fois la qualité que l’on connaît à la mode italienne et la satisfaction d’encourager une entreprise d’ici. Que demander de plus?<br>
<em><br>
Mimi &amp; Coco: 6717, boul. Saint-Laurent (autres adresses à Montréal).<br>
</em></p>
<p><strong>Le temps d’un café</strong></p>
<p>Tous les amateurs de café sont d’accord: le meilleur café qui soit reste le café italien. Et pour ceux qui en douteraient encore, un arrêt au Caffè Italia s’impose. La principale qualité du Caffè Italia, mis à part son café lui-même, est d’être absolument sans prétention. Son atmosphère conviviale et décontractée en a fait l’un des arrêts préférés des habitants du quartier. Misant sur la simplicité, il nous offre sandwiches et paninis délicieux, mais est surtout connu pour l’excellence de ses espressos. Ses prix plus que raisonnables finissent de nous convaincre. Ouvert tous les jours de 6h à 23h, il offre une pause bien méritée à qui veut bien s’y arrêter.</p>
<p><em>Caffè Italia: 6840, boul. Saint-Laurent.</em></p>
<p><strong>Ce n’est pas la Strada, mais tout de même!</strong></p>
<p>La Petite Italie accueille une foule d’événements culturels à chaque année. Tout près du Marché Jean-Talon, au cœur du quartier italien, on retrouve d’ailleurs l’Espace dell’Arte, une salle peu connue mais à la programmation des plus intéressantes. L’Espace, en plus de sa programmation classique, propose régulièrement des soirées où l’Italie est à l’honneur. Le 7 mars prochain se tiendra un événement intitulé Rossini, opéra et autres délices italiens, dans le cadre duquel se tiendra un récital de «diverses fantaisies d’opéra», le tout accompagné de vin et de bouchées –italiennes, bien sûr. Sont également montés sur les planches plusieurs artistes d’origine italienne, de même que certains des personnages de la Commedia dell’Arte.<br>
<em><br>
Espace dell’Arte: 40, rue Jean-Talon Est.</em></p>
<p><strong>Une pizza, s’il-vous-plaît!</strong></p>
<p>S’étant imposé dans les dernières années comme le restaurant trendy de la Petite Italie, Bottega se veut synonyme de chic italien et de fine cuisine. Ses entrées, des tapas à l’italienne, sont succulentes et se partagent très bien. Les pizzas qui font sa réputation ne décevront pas. Cuites dans un four ultra-moderne à une température de 600 degrés Fahrenheit, elles en ressortent toujours à point. Un endroit idéal pour les soupers entre amis, autour d’une bonne bouteille.</p>
<p>Pour ceux qui rechercheraient une ambiance plus décontractée, un passage à la Pizzeria Napoletana s’impose. Ce «apportez votre vin» n’a rien d’ambitieux, et offre pourtant l’une des meilleures pizzas à Montréal, préparée selon la tradition napolitaine. Sans oublier les pâtes, qui y sont savoureuses. Un repas succulent à petit prix. Notez que l’établissement n’accepte pas les cartes, alors n’oubliez pas de passer à la banque!</p>
<p><em>Bottega: 65, rue St-Zotique Est.<br>
Pizzeria Napoletana: 189, rue Dante.</em></p>
<p><strong><br>
Mamma mia!</strong></p>
<p>Les Tre Marie a bien mérité le titre «d’institution»: depuis plus de quarante ans, ce petit restaurant établi sur la rue Clark est géré par la même famille, qui sert sa clientèle dans la plus pure tradition italienne. La mamma, une adorable octogénaire, continue de s’affairer derrière les chaudrons et auprès des clients. Sa seule présence vaut la peine qu’on aille jeter un œil à cette modeste trattoria. La cuisine des Tre Marie ne révolutionne certes rien; elle nous offre un menu typiquement italien où l’on retrouve minestrone, viandes et pâtes préparés selon les recettes traditionnelles. On y va surtout pour l’ambiance et pour la belle simplicité de l’endroit, qui semble avoir tout compris du concept de comfort food.<br>
<em><br>
Les Tre Marie: 6934, rue Clark. </em></p>
<p><strong>»&gt;De la grande à la petite Italie</strong></p>
<p>La communauté italienne, troisième communauté ethnique en importance au Québec, s’est fortement implantée à Montréal, jusqu’à carrément changer le visage de la métropole. Mais un tel changement ne s’est pas opéré du jour au lendemain. C’est de manière graduelle que, au fil des années, l’héritage italien a fait sa place à Montréal.</p>
<p>Une première vague d’immigration nous arrive à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième. Attirés par de nouvelles perspectives et issus pour la plupart de l’Italie paysanne du sud, beaucoup d’entre eux se trouvent un emploi au sein de la toute nouvelle compagnie de chemin de fer Canadian Pacific. Quelques décennies plus tard, dans les années suivant la Deuxième Guerre mondiale, une seconde vague d’immigration arrive. Les immigrants d’origine italienne forment à présent une large part de la classe prolétaire québécoise.</p>
<p>La population italienne, de plus en plus importante, s’implante tout particulièrement dans certaines régions de la ville, comme l’arrondissement Saint-Léonard, Montréal-Nord et, plus significativement, dans le secteur de la Petite-Patrie. Dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Denis, Saint-Laurent, Jean-Talon et Beaubien, autour du Marché Jean-Talon, la concentration d’Italo-québécois est particulièrement élevée. Dans cet espace pourtant relativement petit se développe peu à peu ce qui deviendra la Piccola Italia. Il se crée un véritable esprit de communauté, encouragé non seulement par l’émergence de commerces spécialisés, mais aussi par la présence d’églises italiennes. Un établissement appelé La Casa d’Italia est fondé dès 1936 et, bien que situé légèrement en dehors du territoire de la Petite Italie, est devenu le centre communautaire italien de Montréal.</p>
<p>Aujourd’hui, la présence de la communauté italienne dans la métropole est telle qu’elle lui a valu une Semaine italienne de Montréal, qui a fêté sa quinzième édition en août dernier. Ce festival se veut une célébration de toutes les facettes de la culture italienne –musique, mode, théâtre, sports–, à laquelle les immigrants demeurent très attachés. Car là se trouve une caractéristique fondamentale de la communauté italo-québécoise: un attachement fort à la tradition et le désir de la perpétuer dans son nouvel environnement. S’opère alors un métissage des deux cultures, qui se manifeste principalement à travers les nouvelles générations, qui passent du français typiquement québécois à l’italien sans même y penser.</p>
<p>Montréal, que l’on considère souvent comme la plus européenne des villes canadiennes, n’est certes pas Rome, mais elle est bien un peu italienne dans l’âme.</p>
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		<title>Vers la visibilité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/27/vers-la-visibilite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 18:44:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit se penche sur la question souvent négligée du statut des Premières Nations du Canada, s’inspirant du film Le Peuple invisible de Richard Desjardins.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de cette édition spéciale sur l’identité culturelle, il n’était pas question de laisser les Premières Nations de côté. On a tendance à éviter la question vu tous les enjeux qu’elle soulève, mais l’ignorance n’est certes pas la clef du dialogue. Si la presse ne renvoie pas une image très reluisante de la situation des Premières Nations au Canada, il ne faut pas penser que tout espoir est perdu pour ces communautés. Il est encore possible pour elles de prendre leur destin en main. À travers le documentaire de Richard Desjardins, Le Peuple invisible, et le discours de M. Jimmy Papatie sur la question, voici un survol d’une situation complexe, qui mérite pourtant d’être approfondie.</p>
<p><strong>Le peuple invisible</strong><br>
Le documentaire de Richard Desjardins, paru en 2008, fait le point sur la situation des Algonquins du Québec, dont le territoire s’étendait jadis au nord du fleuve, de Deux-Montagnes aux Grands Lacs. Ils furent d’abord repoussés en Outaouais jusqu’à ce que la colonisation les confine au nord de l’Abitibi-Témiscamingue, où ils ont été forcés de se sédentariser dans des réserves de petite superficie.</p>
<p>Force est de constater que la question nationaliste québécoise n’a pas fait de place aux Premières Nations. Dans la défense de son identité, le Québec leur a fait subir le même traitement qu’il craignait pour lui-même: l’assimilation. Le douloureux épisode des pensionnats laisse une cicatrice bien visible dans la vie des Autochtones&nbsp;du Québec: perte de leur langue, de leur culture et de leur identité, accroissement de la violence dans les communautés, etc.&nbsp; Le Québec est la seule province canadienne à ne pas avoir signé de traité avec les communautés autochtones – à l’exception des Cris – et a considéré que les terres appartenant originellement aux Algonquins ne leur appartenaient plus depuis la Conquête britannique.</p>
<p>Encore aujourd’hui, la société québécoise ne prend pas les Autochtones en compte dans la redéfinition de l’identité québécoise. On croit encore que la question des Premières Nations relève du gouvernement fédéral et on refuse de reconnaître que nous avons une responsabilité face à ces peuples.&nbsp; La crise des accommodements raisonnables ou encore le fameux Plan Nord du gouvernement libéral montrent bien cette incompréhension généralisée envers les Premières Nations, que l’on cherche à mettre soit en rang, soit à l’écart.</p>
<p>Le documentaire de Richard Desjardins avait pour but de sensibiliser&nbsp;les gens, bien sûr, mais surtout de les conscientiser face à leur responsabilité, car ce qui fait partie du problème fait également partie de la solution. Finalement, si le film n’a pas eu l’impact de L’Erreur boréale, il aura au moins fait entendre la voix des Algonquins, ce peuple que l’on dit invisible.</p>
<p><strong>Le projet de Kitcisakik</strong><br>
De passage à McGill dans le cadre du cours Aspects of Contemporary Quebec, M. Jimmy Papatie, ancien chef de Kitcisakik, a eu l’occasion de parler d’un projet qui lui tient à cœur: la création du village Wanaki. La communauté de M. Papatie, qui ne s’est jamais soumise au système de réserves, habite sur un territoire appartenant légalement à Hydro-Québec et pourtant, la communauté n’a accès ni à l’électricité ni à l’eau courante. De ce fait, elle est constamment menacée par Hydro-Québec de devoir quitter les lieux. Les enfants doivent par ailleurs quitter leur famille pour étudier à Val‑d’Or, vu l’absence d’école dans le village.</p>
<p>Le projet de Wanaki est grandement inspiré du village d’Ouje-Bougoumou construit par les Cris vers 1990. La relation avec la nature est un aspect primordial du projet; le respect de l’environnement a toujours été au cœur des valeurs autochtones, bien avant qu’on entende parler de changements climatiques. Jimmy Papatie parle d’utiliser l’énergie, les ressources naturelles, pour créer de la richesse et pour «reconstruire le jardin», une composante plus que fondamentale du projet. Bien entendu, Wanaki comptera une école, ce qui permettra aux enfants de grandir auprès des leurs, en contact avec leur culture.</p>
<p>Jimmy Papatie aimerait bien mettre fin à la perception largement répandue, qui veut que les Autochtones soient des profiteurs, vivant de l’argent des contribuables. Il croit en la possibilité de relancer sa communauté, de lui redonner la fierté et la reconnaissance de la société, à laquelle, soutient-il, elle peut apporter beaucoup.</p>
<p>Quelle est la réponse du gouvernement fédéral face au projet Wanaki? Les discussions s’éternisent malgré le bon vouloir de ceux qui le défendent. C’est toutefois sur une note positive que M. Papatie a terminé la conférence; l’espoir étant revenu dans sa communauté, l’avenir qui se profile pour les jeunes de Kitcisakik semble plus heureux. Et grâce à cet espoir, tout est possible.</p>
<p><strong>Pendant ce temps à McGill…</strong><br>
Même si le secret est bien gardé, McGill compte sa Maison des peuples autochtones (First Peoples’ House) qui a pour objectif d’offrir une place bien à eux aux mcgillois de descendance autochtone ou provenant de communautés autochtones des quatre coins du monde. L’endroit se veut donc un lieu d’échange, mais sert aussi de lieu de résidence pour quelques-uns. La Maison des peuples autochtones organise d’ailleurs plusieurs événements toute l’année durant, en plus de l’annuel pow wow qui a lieu sur le campus.<br>
<strong><br>
À ne pas manquer&nbsp;:</strong><br>
Le 5 février prochain, de 18h à 22h dans la salle 26 du Leacock, aura lieu la projection de Club Native de Tracey Deer, un film portant sur la bataille à laquelle les Métis doivent se livrer pour que leur appartenance à une nation soit reconnue. Prenant racine dans la réserve mohawk de Kahnawake, le film retrace l’histoire de quatre femmes qui ne sont pas considérées comme entièrement Mohawks par les autres membres de leur communauté.</p>
<p>La Faculté de droit de McGill accueillera le 3 février prochain le philosophe canadien John Ralston Saul, qui abordera entre autres l’évolution du droit canadien, ses fondements historiques ainsi que l’influence du droit autochtone, en se basant sur son livre A Fair Country. Avis aux intéressés, la conférence est ouverte au public et aura lieu dans la salle du tribunal-école, au Chancellor Day Hall de la Faculté de droit, à 17h.<br>
<em><br>
Remerciements au Professeur Mary Anne Poutanen, à Charlotte Burns et à Lynn Fletcher pour leur aide et leur temps. </em></p>
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