Montréal, la belle italienne
27 janvier 2009
Que ce soit pour sa langue mélodique et poétique, pour sa cuisine savoureuse ou pour le charme de ses habitants, on ne peut faire autrement que d’aimer l’Italie! Pas nécessaire, pourtant, de traverser l’Atlantique pour profiter de cette culture riche et envoûtante.

>>>À la découverte de la Petite Italie

Shopping gourmand à l’italienne

Les habitués de la Petite Italie connaissent déjà Milano, l’incontournable épicerie italienne montréalaise. Probablement la plus grande au quartier, cette épicerie spécialisée offre des produits fins importés directement d’Italie dont plus d’un se délecteront. Ses confiseries célèbres font faire des détours aux Montréalais depuis des années déjà. En flânant entre les îlots garnis de denrées toutes plus alléchantes les unes que les autres, on se laisse inévitablement tenter par de délicieux produits. Attention aux budgets serrés, vous pourriez en ressortir avec plus d’un sac à la main!

S’il est le plus populaire, Milano n’est pourtant pas le seul choix qui s’offre aux gourmands, loin de là! La Boulangerie & Pâtisserie Motta est également un passage obligé. Une entreprise familiale bien connue des habitués du quartier, l’établissement offre, en plus de ses pâtisseries, pâtes fraîches et charcuteries, et propose de délicieux plats faits maison pour emporter. Ne vous laissez donc pas berner par son nom, il n’y a pas, chez Motta, que des pains et des croissants. Durant la saison estivale, l’endroit se transforme même en mini-trattoria, et les passants peuvent y déguster le plat du jour, installés sur la terrasse.

Milano: 6862, boul. Saint-Laurent.
Boulangerie & Pâtisserie Motta: 303, avenue Mozart Est.


Dans la caverne d’Ali Baba

Ceux qui sont à la recherche de nouvelles saveurs se doivent de passer chez Anatol. Ce magasin du boulevard Saint-Laurent aux allures pourtant modestes est en fait le Nirvana des épices. Sa sélection compte plus de 600 épices différentes, et saura vous éveiller les papilles. Bâtons de cannelle, clous de girofle, poivres de toutes sortes; chez Anatol, attendez-vous à une véritable symphonie des odeurs! En plus des épices, on y trouve également plusieurs variétés de noix, de riz, de fines herbes, de café… De tout pour jouer un peu avec les saveurs et ajouter une dose d’exotisme à vos repas.

Les Épices Anatol: 6822, boul. Saint-Laurent.

Un magasin général au cœur de la ville

Établie à Montréal depuis 1956, La Quincaillerie Dante est maintenant une institution. Si elle était, à ses débuts, une véritable quincaillerie, elle s’est réorientée avec les années vers le domaine de l’alimentation, et propose à ses clients la crème de la crème des accessoires de cuisine. La plupart viennent directement d’Italie. Fidèle à ses origines, par contre, on retrouve encore dans cet établissement de la rue St-Dominique une section consacrée à la chasse et la pêche. Elena Faita, propriétaire de cette charmante entreprise familiale, est une véritable mamma italienne. Aidée de son fils Stefano, elle propose tous les samedis après-midi des démonstrations culinaires, question de transmettre un peu de sa culture à ses clients.

La Quincaillerie Dante: 6851, St-Dominique.

Design à l’italienne

Parfait exemple de l’italianité montréalaise, l’étiquette Mimi & Coco s’est donné pour mandat d’offrir à ses clients des vêtements simples mais de qualité, et à des prix accessibles. T-shirts à manches courtes ou longues, tant pour elle que pour lui, camisoles légères ou robes d’été pour les dames, le tout offert dans une variété de couleurs et de coupes, misant sur un look «à l’européenne». Le coton est à l’honneur, mais également les laines italiennes, le cachemire, et autres tissus dont la première qualité reste la même: le confort. Le créateur qui se cache derrière tout cela, un Québécois d’origine italienne, a pris soin de positionner la marque entre les deux cultures: les vêtements de Mimi & Coco sont dessinés au Québec, mais confectionnés en Italie. On a donc à la fois la qualité que l’on connaît à la mode italienne et la satisfaction d’encourager une entreprise d’ici. Que demander de plus?

Mimi & Coco: 6717, boul. Saint-Laurent (autres adresses à Montréal).

Le temps d’un café…

Tous les amateurs de café sont d’accord: le meilleur café qui soit reste le café italien. Et pour ceux qui en douteraient encore, un arrêt au Caffè Italia s’impose. La principale qualité du Caffè Italia, mis à part son café lui-même, est d’être absolument sans prétention. Son atmosphère conviviale et décontractée en a fait l’un des arrêts préférés des habitants du quartier. Misant sur la simplicité, il nous offre sandwiches et paninis délicieux, mais est surtout connu pour l’excellence de ses espressos. Ses prix plus que raisonnables finissent de nous convaincre. Ouvert tous les jours de 6h à 23h, il offre une pause bien méritée à qui veut bien s’y arrêter.

Caffè Italia: 6840, boul. Saint-Laurent.

Ce n’est pas la Strada, mais tout de même!

La Petite Italie accueille une foule d’événements culturels à chaque année. Tout près du Marché Jean-Talon, au cœur du quartier italien, on retrouve d’ailleurs l’Espace dell’Arte, une salle peu connue mais à la programmation des plus intéressantes. L’Espace, en plus de sa programmation classique, propose régulièrement des soirées où l’Italie est à l’honneur. Le 7 mars prochain se tiendra un événement intitulé Rossini, opéra et autres délices italiens, dans le cadre duquel se tiendra un récital de «diverses fantaisies d’opéra», le tout accompagné de vin et de bouchées –italiennes, bien sûr. Sont également montés sur les planches plusieurs artistes d’origine italienne, de même que certains des personnages de la Commedia dell’Arte.

Espace dell’Arte: 40, rue Jean-Talon Est.

Une pizza, s’il-vous-plaît!

S’étant imposé dans les dernières années comme le restaurant trendy de la Petite Italie, Bottega se veut synonyme de chic italien et de fine cuisine. Ses entrées, des tapas à l’italienne, sont succulentes et se partagent très bien. Les pizzas qui font sa réputation ne décevront pas. Cuites dans un four ultra-moderne à une température de 600 degrés Fahrenheit, elles en ressortent toujours à point. Un endroit idéal pour les soupers entre amis, autour d’une bonne bouteille.

Pour ceux qui rechercheraient une ambiance plus décontractée, un passage à la Pizzeria Napoletana s’impose. Ce «apportez votre vin» n’a rien d’ambitieux, et offre pourtant l’une des meilleures pizzas à Montréal, préparée selon la tradition napolitaine. Sans oublier les pâtes, qui y sont savoureuses. Un repas succulent à petit prix. Notez que l’établissement n’accepte pas les cartes, alors n’oubliez pas de passer à la banque!

Bottega: 65, rue St-Zotique Est.
Pizzeria Napoletana: 189, rue Dante.


Mamma mia!

Les Tre Marie a bien mérité le titre «d’institution»: depuis plus de quarante ans, ce petit restaurant établi sur la rue Clark est géré par la même famille, qui sert sa clientèle dans la plus pure tradition italienne. La mamma, une adorable octogénaire, continue de s’affairer derrière les chaudrons et auprès des clients. Sa seule présence vaut la peine qu’on aille jeter un œil à cette modeste trattoria. La cuisine des Tre Marie ne révolutionne certes rien; elle nous offre un menu typiquement italien où l’on retrouve minestrone, viandes et pâtes préparés selon les recettes traditionnelles. On y va surtout pour l’ambiance et pour la belle simplicité de l’endroit, qui semble avoir tout compris du concept de comfort food.

Les Tre Marie: 6934, rue Clark.

>>>De la grande à la petite Italie

La communauté italienne, troisième communauté ethnique en importance au Québec, s’est fortement implantée à Montréal, jusqu’à carrément changer le visage de la métropole. Mais un tel changement ne s’est pas opéré du jour au lendemain. C’est de manière graduelle que, au fil des années, l’héritage italien a fait sa place à Montréal.

Une première vague d’immigration nous arrive à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième. Attirés par de nouvelles perspectives et issus pour la plupart de l’Italie paysanne du sud, beaucoup d’entre eux se trouvent un emploi au sein de la toute nouvelle compagnie de chemin de fer Canadian Pacific. Quelques décennies plus tard, dans les années suivant la Deuxième Guerre mondiale, une seconde vague d’immigration arrive. Les immigrants d’origine italienne forment à présent une large part de la classe prolétaire québécoise.

La population italienne, de plus en plus importante, s’implante tout particulièrement dans certaines régions de la ville, comme l’arrondissement Saint-Léonard, Montréal-Nord et, plus significativement, dans le secteur de la Petite-Patrie. Dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Denis, Saint-Laurent, Jean-Talon et Beaubien, autour du Marché Jean-Talon, la concentration d’Italo-québécois est particulièrement élevée. Dans cet espace pourtant relativement petit se développe peu à peu ce qui deviendra la Piccola Italia. Il se crée un véritable esprit de communauté, encouragé non seulement par l’émergence de commerces spécialisés, mais aussi par la présence d’églises italiennes. Un établissement appelé La Casa d’Italia est fondé dès 1936 et, bien que situé légèrement en dehors du territoire de la Petite Italie, est devenu le centre communautaire italien de Montréal.

Aujourd’hui, la présence de la communauté italienne dans la métropole est telle qu’elle lui a valu une Semaine italienne de Montréal, qui a fêté sa quinzième édition en août dernier. Ce festival se veut une célébration de toutes les facettes de la culture italienne –musique, mode, théâtre, sports–, à laquelle les immigrants demeurent très attachés. Car là se trouve une caractéristique fondamentale de la communauté italo-québécoise: un attachement fort à la tradition et le désir de la perpétuer dans son nouvel environnement. S’opère alors un métissage des deux cultures, qui se manifeste principalement à travers les nouvelles générations, qui passent du français typiquement québécois à l’italien sans même y penser.

Montréal, que l’on considère souvent comme la plus européenne des villes canadiennes, n’est certes pas Rome, mais elle est bien un peu italienne dans l’âme.

 
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