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	<title>Marie Prince - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Mar 2026 21:24:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Varsity : passion sous pression</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/varsity-passion-sous-pression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[The Varsity]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête sur la santé mentale des étudiants-athlètes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/varsity-passion-sous-pression/" data-wpel-link="internal">Varsity : passion sous pression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>*Tous les noms ont été modifiés pour des raisons d’anonymat.</p>



<p class="has-drop-cap">Pour beaucoup d’étudiants, intégrer l’équipe <em>Varsity</em> de leur discipline sportive au sein de McGill est un rêve. Le sport est pour eux une passion, et <em>Varsity </em>peut être un tremplin : les enjeux sont donc grands. L’Université soutient que la priorité doit toujours être la réussite académique de ces étudiants-athlètes, pourtant la réalité est plus complexe, et cette affirmation peut se traduire en un manque de soutien des besoins spécifiques à ces étudiants. Que se passe-t-il quand les désillusions et les déceptions impactent la confiance en soi de ces étudiants-athlètes? Le soutien de l’Université est déterminant pour leur santé mentale, eux qui jonglent entre de nombreux impératifs, et qui subissent de nombreuses pressions extérieures, en plus de celle qu’ils se mettent.</p>



<p>Les équipes sportives universitaires (<em>Varsity </em>en anglais) font partie intégrante de la culture universitaire en Amérique du Nord et contribuent activement au rayonnement et au prestige des institutions qui les accueillent. Pour les étudiants-athlètes, <em>Varsity </em>est une opportunité de pratiquer leur sport, de manière intensive, à un plus haut niveau. Néanmoins la charge mentale des étudiants-athlètes est significative, puisqu’ils combinent un entraînement sportif exigeant à un programme académique complet.</p>



<p>Il faut également considérer que les <a href="https://thegauntlet.ca/2022/10/27/canadian-vs-american-college-sports-programs/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">budgets alloués aux équipes universitaires canadiennes sont relativement bas comparés aux États-Unis</a>. Le nombre de bourses disponibles est extrêmement limité et elles sont seulement assignées en fonction des performances sportives des étudiants-athlètes, qui doivent obtenir des lettres de recommandation pour pouvoir postuler. En plus de devoir maintenir leur niveau athlétique et académique, les étudiants reçoivent difficilement une compensation financière pour le temps consacré à la pratique sportive. Or, l’ampleur du temps consacré à leur sport les empêche d’exercer un emploi à temps partiel. Une préoccupation économique s’ajoute ainsi à la charge mentale de ces étudiants. <a href="https://s3.us-east-2.amazonaws.com/sidearm.nextgen.sites/mcgill.sidearmsports.com/documents/2023/2/28/McGill_University_Varsity_guide_09.07.2019_FRENCH.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le guide du sport interuniversitaire</a> de McGill précise : « La participation au sport interuniversitaire est un privilège et non un droit. » Pourtant, l’Université ne propose pas réellement les accompagnements nécessaires pour permettre aux étudiants-athlètes de jouir pleinement de ce « privilège ». Plusieurs étudiants-athlètes rencontrés par <em>Le Délit </em>nous ont témoigné des difficultés qu’ils ont pu rencontrer, et de la solitude à laquelle ils ont souvent dû faire face.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je séchais [mon cours] la plupart du temps, mais il y a eu quelques fois où j’étais obligé d’aller en cours et on m’a fait comprendre que c’était tant pis pour moi et que ça impacterait mon rôle dans l’équipe »</p>
<cite>Jody*, ancien membre de l’équipe de basketball de McGill</cite></blockquote>



<p><strong>Un emploi du temps qui donne le tournis</strong></p>



<p>Dans <a href="https://s3.us-east-2.amazonaws.com/sidearm.nextgen.sites/mcgill.sidearmsports.com/documents/2018/11/21/McGill_Varsity_Guide_2015may26_OD3_V3_Corrections.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le guide de <em>Varsity Sports</em></a><em> </em>de l’Université McGill, aucune limitation du nombre d’heures de pratique sportive n’est précisé, et le document indique seulement que « <em>les étudiants-athlètes de l’équipe universitaire sont tenus de participer pleinement à tous</em> <em>les entraînements et à toutes les compétitions exigées par l’entraîneur principal, à condition qu’il n’y ait pas de restrictions médicales ou académiques. </em>(<em>tdlr</em>) » L’Université ne propose pas d’aménagement des cours pour les étudiants-athlètes, contrairement aux universités américaines. Les étudiants-athlètes doivent donc se débrouiller seuls pour concilier pratique sportive et études, et les entraîneurs peuvent parfois s’avérer plus ou moins compréhensifs.</p>



<p>Jesse*, membre de l’équipe féminine de hockey de McGill, nous explique que les professeurs ont souvent été très accommodants, mais elle avoue néanmoins devoir rater plusieurs cours par semaine pour sa pratique du hockey, et doit ainsi être très organisée. Bien que la plupart des étudiants-athlètes interrogés réussissent à jongler les cours et le sport à haut niveau, plusieurs nous ont confié s’être sentis tiraillés entre les impératifs scolaires et athlétiques, et insuffisamment soutenus. Jody*, un ancien étudiant-athlète membre de l’équipe de basketball pendant deux ans, nous explique que lors de sa première année, il avait un cours qui avait lieu en même temps que certaines heures d’entraînement. « Je séchais donc la plupart du temps, mais il y a eu quelques fois où j’étais obligé d’aller en cours et on m’a fait comprendre que c’était tant pis pour moi et que ça impacterait mon rôle dans l’équipe ». Cleo*, étudiante-athlète ayant récemment quitté l’équipe de basketball féminine pour plusieurs raisons, raconte à propos des cours : « Pendant ma première année, une assistante <em>coach </em>avait nos emplois du temps [ceux des nouveaux dans l’équipe, <em>ndlr</em>] avec nos examens et nos devoirs aussi, et toutes les semaines nous devions aller la voir pour lui dire où on en était dans notre travail. Ça m’a vraiment beaucoup aidée. La deuxième année, elle est partie et on était complètement livrées à nous-mêmes. La moyenne académique des membres de l’équipe n’était vraiment pas bonne. Une de mes amies a échoué dans une classe et a donc perdu sa bourse. » Malgré le postulat de l’Université, la réussite sportive reste primordiale pour les entraîneurs ainsi que pour les sportifs, et la vie des étudiants-athlètes s’organise autour des entraînements qui ont lieu presque tous les jours, durant toute l’année. La charge mentale de ces étudiants peut s’avérer compliquée à gérer lorsqu’ils ne sont pas suffisamment soutenus par leurs entraîneurs et par l’Université. Charlie*, membre de l’équipe de basketball de McGill, regrette que l’Université n’offre pas suffisamment de ressources pour les étudiants-athlètes. Il ajoute : « <em>Nous sommes encouragés à parler de la santé mentale en général, à dire quand ça va, mais je ne pense pas que nous soyons suffisamment encouragés à tendre la main en cas de problème. </em>» De plus, le calendrier des entraînements ne se limite pas au calendrier scolaire, et s’étend en réalité toute l’année. Les étudiants-athlètes doivent ainsi continuer d’être présents pendant la période de Noël et pendant l’été. Bien que les étudiants locaux interrogés n’aient pas relevé de problème à ce sujet, qu’en est-il des étudiants internationaux? Cleo, étudiante internationale, nous raconte que durant sa deuxième année dans l’équipe, après avoir passé l’été loin de sa famille, elle a voulu rater quatre jours d’entraînement pendant l’hiver. Les membres de l’équipe n’avaient qu’une semaine de vacances accordés, ce qui n’était pas suffisant pour que Cleo rentre chez elle. « Elle [l’entraineuse] a fait une intervention surprise devant l’équipe pour leur demander comment elle se sentait par rapport au fait qu’une membre de l’équipe rate des entraînements, et quelle devrait être sa punition. Comme j’en avais déjà parlé, tout le monde savait que c’était moi ». Cleo était la seule étudiante internationale à ce moment-là, et cet événement a contribué à son sentiment d’isolement.</p>



<p><strong>Le rôle des entraîneurs</strong></p>



<p>L’ensemble des entrevues a révélé qu’un important esprit d’équipe et une forte entraide règne au sein des différentes équipes <em>Varsity</em>. Paul*, membre de l’équipe de soccer de McGill, explique que l’ambiance dans l’équipe est très agréable, ce qui change de l’atmosphère compétitive qui régnait dans son club en France : « L’esprit de groupe prime sur le reste. Notre ancien capitaine poussait toujours les joueurs à s’améliorer, mais ne critiquait jamais juste pour critiquer. » Jules*, ancien joueur de l’équipe de basketball de McGill, nous raconte qu’un jour, leur entraîneur a fait des réflexions et a eu un comportement qui s’apparentaient, pour lui, à de la moquerie, et un autre joueur a pris sa défense. Il ne s’agit pas d’une action facile, car comme toutes les entrevues l’ont révélé, l’avis des entraîneurs est très important pour les étudiants-athlètes parce que ce sont eux qui déterminent le rôle des athlètes dans l’équipe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Nous sommes encouragés à parler de la santé mentale en général, à dire quand ça va, mais je ne pense pas que nous soyons suffisamment encouragés à tendre la main en cas de problème » </p>
<cite>Charlie*, membre de l’équipe de basketball de McGill</cite></blockquote>



<p>Paul a reconnu avoir toujours entretenu une bonne relation avec ses entraîneurs de soccer, ce qui a sûrement contribué à sa réussite. Charlie, de son côté, raconte avoir passé beaucoup de temps à parler à ses entraîneurs pour tenter de comprendre et d’améliorer sa position dans l’équipe de basketball. « J<em>e me suis senti soutenu par l’entraîneur principal. Je me mettais beaucoup de pression lorsque je lui parlais parce que, bien sûr, ces choses ont de l’importance. Comment vous interagissez avec lui contribue à ce qu’il pense de vous, et ce qu’il pense de vous</em> <em>se traduit par ce qu’il vous fait faire pendant les matchs </em>». Il raconte avoir passé beaucoup de temps à bâtir une relation avec ses entraîneurs, et que cela l’a aidé à se sentir plus à l’aise au sein de l’équipe et à s’améliorer. Jody, au contraire, a beaucoup souffert du manque de communication naturelle avec les entraîneurs. « En cinq mois, j’ai perdu un peu plus de dix kilos et personne ne l’a remarqué. En plus, il [l’entraîneur <em>ndlr</em>] ne restait jamais à la fin des entraînements, il partait tout de suite après et il n’engageait jamais la discussion avec les joueurs. On nous disait que si quelque chose n’allait pas, on pouvait aller voir les entraîneurs, mais quand j’ai tenté de leur en parler, on a nié l’angoisse que je pouvais ressentir ». Jules avoue également avoir eu l’impression que la priorité de l’entraîneur n’était pas suffisamment le bien-être des joueurs.</p>



<p>Les entrevues ont ainsi révélé que les interactions avec les entraîneurs peuvent être une source d’angoisse et de frustration, car elle s’avèrent déterminantes de leur rôle au sein de <em>Varsity</em>, et il n’est pas toujours évident d’engager une communication avec eux. Les étudiants-athlètes ne reçoivent pas toujours l’aide nécessaire pour faire face à la pression qu’ils subissent.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-1200x1200.jpg" alt class="wp-image-55197" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-1200x1200.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-650x650.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-150x150.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-768x768.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-1536x1536.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-600x600.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2-120x120.jpg 120w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/03/Mental_Health_2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/r-chedid/?media=1" data-wpel-link="internal">Rose Chedid</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>La loi du plus fort</strong></p>



<p>La principale conséquence négative sur la santé mentale des étudiants-athlètes est liée à la pression constante de performer, afin de rester et d’évoluer dans l’équipe. Cette pression est exacerbée lorsque les étudiants-athlètes savent qu’ils ne sont pas encore indispensables à l’équipe, mais elle est globalement vécue par tous. Jesse nous explique que le hockey est mentalement épuisant. Pendant sa deuxième année dans l’équipe, étant donné que le programme académique qu’elle suit est très intensif, et qu’elle a joué pour de nombreux matchs, elle avoue avoir subi beaucoup de stress. À ceci s’ajoute l’obligation de maintenir un certain GPA pour s’assurer de garder sa bourse.</p>



<p>Aurore*, ancienne coureuse pour l’équipe d’athlétisme de McGill, confie que la pression constante de performer était le principal point négatif qui différencie l’expérience sportive à McGill de celle vécue en France. « Quand tu es dans une équipe universitaire, tu dois maintenir ta place dans l’équipe si tu ne veux pas être viré. Il y avait cette pression de toujours faire plus, de tout donner, de dépasser les limites de ton corps jusqu’à la blessure. C’est ce qui m’est arrivé. Après ça j’ai vécu un enfer. Le semestre qui a suivi, je ne pouvais plus rien faire, ma vie était réduite à aller voir le kiné et à rester chez moi, déprimée. Parce qu’en fait, le sport était tout pour moi. J’ai gardé contact avec certaines de mes anciennes camarades. Il y en a plein que je connais qui se sont blessées par la suite ». Elle ajoute : « Une fois, on avait une compétition un weekend. Normalement, avant les compétitions, les séances d’entraînement sont un peu plus légères pour ne pas trop se fatiguer. Au lieu de ça, l’entraîneur nous a donné une séance énorme avec beaucoup de kilomètres, quelque chose que je n’avais jamais fait. Ça me semblait clairement dangereux au vu de la compétition qui nous attendait ».</p>



<p>Jody nous raconte une expérience arrivée au début de sa deuxième année au sein de l’équipe : « Après un mois d’entraînement intensif et déterminant pendant le mois d’août, je me suis arraché un bout de ligament, donc je ne pouvais plus jouer au basket. Quand j’ai dû arrêter de jouer j’ai senti que le <em>coach</em> était énervé contre moi, et donc, je suis allé lui parler. Il m’a expliqué qu’il ne croyait pas au fait que j’étais réellement blessé, qu’il supposait plutôt que je n’étais pas assez motivé et que je ne voulais pas jouer. Pour lui prouver que j’avais encore envie de jouer et que je n’étais pas juste là pour m’amuser à être assis sur le côté pendant que les autres jouaient, il fallait que pendant tous les entraînements, je sois là et que je fasse des exercices de rééducation. Pendant tout l’entraînement, pendant deux heures, je ne devais pas m’asseoir, parce que si je m’asseyais, il aurait pensé que j’étais fainéant. » Les étudiants-athlètes subissent ainsi une pression indéniable de performer, parfois au détriment de leur santé mentale et physique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Il y avait cette pression de toujours faire plus, de tout donner, de dépasser les limites de ton corps jusqu’à la blessure. C’est ce qui m’est arrivé. Après ça, j’ai vécu un enfer » </p>
<cite>Aurore*, ancienne coureuse pour l’équipe d’athlétisme de McGill</cite></blockquote>



<p><strong>Un système d’aide à la santé mentale défectueux</strong></p>



<p>Dans le cadre de <em>Varsity </em>spécifiquement, Jesse explique que lorsqu’elle était très stressée lors de sa deuxième année, elle a pu s’adresser à la <em>coach</em> mentale qui travaille avec les joueuses. Ces dernières peuvent s’adresser à elle de manière anonyme pour obtenir de l’aide. Elle a beaucoup aidé Jesse à s’organiser, et à trouver des astuces pour gérer son stress.</p>



<p>Cleo, quant à elle, a également tenté de s’adresser à la coach mental de l’équipe après l’épisode douloureux durant lequel son entraîneuse avait demandé à ses coéquipières d’exprimer publiquement leur ressenti face à sa décision de rater des jours d’entraînement pendant les vacances de Noël. « J’ai essayé de contacter la <em>coach</em> mental. Toutes les équipes en ont une. Je lui ai alors demandé ce qu’elle en pensait et je lui ai expliqué pourquoi cette situation m’avait autant fait souffrir pour le reste de la saison. Je n’ai pas trouvé qu’elle m’ait aidée à me sentir mieux, j’ai même presque eu l’impression qu’elle me disait que c’était moi le problème. »</p>



<p>Jody a décidé de quitter <em>Varsity</em>, car la pédagogie de l’entraîneur et le fonctionnement de l’institution avait des conséquences trop importantes sur sa santé mentale. Il raconte alors « Quand ça n’allait vraiment pas et que j’ai arrêté au milieu de l’année, d’abord provisoirement, on m’a dit qu’on allait mettre à ma disposition toutes les ressources nécessaires pour que j’aille mieux. En fait, ils m’ont simplement référé au <em>Wellness Hub </em>de McGill. C’est assez simple d’avoir un rendez-vous avec le <em>Access Advisor </em>qui va juste évaluer le problème et te rediriger. Après par contre, si tu veux avoir des rendez-vous avec des professionnels de la santé mentale à McGill, tout est <em>surbooké </em>». Le Pôle bien-être étudiant de McGill [<em>Wellness Hub</em>], principale entité s’occupant des problèmes de santé mentale et autres problèmes médicaux des étudiants, est souvent décrit comme manquant cruellement d’organisation, de flexibilité et de disponibilités. La note de 1,8 étoiles sur 5 avec 129 commentaires sur <a href="https://www.google.com/maps/place/McGill+Student+Wellness+Hub/@45.503611,-73.5813983,17z/data=!3m1!4b1!4m6!3m5!1s0x4cc91a389f978929:0xb21ffb41946bd93e!8m2!3d45.5036073!4d-73.5788234!16s%2Fg%2F11gxjwy1gf?entry=ttu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Google Maps</a> est révélatrice : le Pôle bien-être ne parvient pas à satisfaire le grand nombre de demandes des étudiants. Le principal problème ne semble pas être la qualité du service, avec des infirmiers et médecins compétents dans la plupart des cas, mais bien le manque de disponibilités. Certains élèves sont même allés jusqu’à <a href="https://www.reddit.com/r/mcgill/comments/13iobvr/why_is_there_so_much_hate_towards_the_student/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire la queue devant le bâtiment à 6h</a> du matin afin de pouvoir être pris en charge. La capacité du pôle à recevoir des rendez-vous est variable et imprévisible. Certains étudiants rapportent avoir appelé à l’heure d’ouverture, soit 8h30 le matin, et ont attendu plusieurs dizaines de minutes avant d’apprendre qu’aucun créneau n’était disponible. Les étudiants qui rencontrent des problèmes de santé mentale impactant profondément leur parcours académique et athlétique ignorent souvent à qui s’adresser, et se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ce problème est clairement exacerbé pour les étudiants internationaux, pour qui trouver des psychologues dans un pays qu’ils ne connaissent pas est bien plus compliqué.</p>



<p><strong>Et finalement?</strong></p>



<p>Les expériences des étudiants-athlètes au sein de <em>Varsity </em>à McGill divergent grandement, et offrent un portrait nuancé de la question de la santé mentale au sein des équipes sportives. Certains évoquent des situations qui ont eu des conséquences à long-terme sur leur santé mentale, d’autres sont parvenus à naviguer le système et à recevoir de l’aide pour faire face aux pressions multiples, et d’autres encore se sont toujours sentis accompagnés. Une des variables majeures qui semble affecter, positivement ou négativement, la majorité des expériences des étudiants, est leur relation avec les entraîneurs. Leur rôle dans l’équipe est également un facteur important. De plus, nos recherches ont montré que la mise à disposition de ressources pour accompagner la santé mentale des étudiants-athlètes est largement limitée, et qu’elle est placée entre les mains d’une poignée d’individus qui apportent une aide inégale aux étudiants. Charlie a beaucoup insisté sur la stigmatisation qui existe autour de l’aide à la santé mentale parmi les athlètes, et qui les pousse à ne pas toujours s’adresser à des professionnels, mais seulement aux membres de l’administration par exemple. Il regrette que l’Université ne facilite pas suffisamment l’accès à des services d’aide à la santé mentale spécialisés. Ceux qui ne reçoivent pas un accompagnement adapté au sein du programme <em>Varsity </em>se retrouvent alors livrés à eux-mêmes, ce qui peut impacter leur performance académique, leurs relations sociales et leur confiance en soi. Une perte de confiance dans le cadre du sport, qui est une passion centrale à la vie de nombreux étudiants-athlètes, peut avoir des conséquences néfastes et dangereuses à long terme sur leur santé mentale. Si faire partie d’une équipe <em>Varsity </em>est un « privilège et non un droit », alors l’Université se doit de faire en sorte que l’expérience soit vécue ainsi, par tous les athlètes. Bénéficier d’un privilège ne devrait pas les priver de leurs droits.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le consentement : montrer l’horreur</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/28/le-consentement-montrer-lhorreur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[le consentement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le titre du roman de Vanessa Spingola, Le consentement, a donné à son récit une résonance particulière, lorsqu’il est publié en 2020. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire horrible, d’une révélation atroce, mais aussi d’une preuve que l’emprise prend un bien long chemin avant de se dévoiler à la conscience de sa détenue. Vanessa&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/28/le-consentement-montrer-lhorreur/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le consentement : montrer l’horreur</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le titre du roman de Vanessa Spingola, <em>Le consentement</em>, a donné à son récit une résonance particulière, lorsqu’il est publié en 2020. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire horrible, d’une révélation atroce, mais aussi d’une preuve que l’emprise prend un bien long chemin avant de se dévoiler à la conscience de sa détenue. Vanessa Spingola, en couchant ces mots si essentiels sur papier, nous rappelle qu’il faut bien du temps à un cerveau manipulé pour se défaire de ses chaînes, et bien plus encore quand il s’agit du cerveau d’une enfant. Avec un tel titre, le roman incarne un plaidoyer pour la protection des victimes d’abus sexuels, et nous offre une réflexion puissante sur la manipulation du consentement, qui ne peut être abordé sans la prise en compte des relations de pouvoir. Le livre porte les mots de son autrice, il est l’emblème de son émancipation et permet aux lecteur·rice·s de comprendre avec effroi, la violence, tandis que Vanessa Spingola se livre à une introspection. Elle y raconte la relation qu’elle a entretenue avec le célèbre écrivain Gabriel Matzneff, alors qu’elle n’avait que 14 ans, et qu’il en avait 50. Ses mots nous permettent d’effleurer son expérience, tandis que les images du film éponyme <em>Le consentement</em>, sorti récemment au cinéma, nous place dans la position voyeuriste d’une caméra qui saisit l’horreur sans jamais l’incarner.<br></p>



<p><strong>Fétichisation de la violence</strong></p>



<p>Dans le long-métrage réalisé par Vanessa Filho, Jean-Paul Rouve incarne le terrifiant Gabriel Matzneff, et Kim Higelin la jeune Vanessa Spingola. Le duo met en scène le monstre et sa victime dans leur intimité, et propose les images fictionnelles de la jeune fille de 14 ans, qui découvre la sexualité, avec violence, aux côtés de l’écrivain connu, pervers, qui la manipule. Or, les images de violence offrent toujours à ceux et celles qui les regardent la possibilité d’une fétichisation des actes, là est le pouvoir dangereux des images. Le livre raconte bien les souvenirs d’une adulte, capable de percevoir avec le recul, l’horreur de ces mains immondes sur son corps d’adolescente. Le film ne représente pas réellement cela, car il rapporte les événements au présent, lorsque Vanessa Spingola est encore adolescente, et sous l’emprise de l’écrivain. Ces images sont-elles alors en accord avec le propos originel du récit? Avec le livre, le lecteur se tient aux côtés de l’autrice, il accompagne ses réflexions. Le film, quant à lui, place le spectateur dans une position tierce, extérieure. Et l’existence graphique de l’horreur, ne fait que perpétuer, à mes yeux, la possibilité d’une fétichisation de la violence sexuelle. De plus, les mots laissent place à plus de subtilité et d’expression personnelle, tandis que le film présente avec brutalité<br>l’immobilisme de la mère, filmée comme une « dépravée ». La représentation des personnages et des événements oscille entre l’objectivité de la caméra et la nature subjective du récit de Vanessa Spingola, que le film est censé<br>retracer. Les mots de la jeune fille de 14 ans dans le film, sont ainsi parfois ceux de l’adulte éclairée du récit, et sonnent faux. Il est aussi presque étrange de voir Matzneff si présent à l’écran, tandis que Spingola nous en distance par le retrait de son nom, se référant à lui par « G. » ou « G.M. »</p>



<p><strong>Récit émancipateur, film vain</strong></p>



<p>Le livre incarnait avant tout l’émancipation de son autrice. Elle décide en l’écrivant de le prendre à son propre piège, en se servant de ses mots pour l’enfermer, à son tour, dans une cage. Là est la nature du roman <em>Le consentement</em>. En l’adaptant au cinéma pour seulement représenter les événements, on lui enlève ainsi cet aspect central. Matzneff est un écrivain, autrefois en partie admonesté pour sa pédophilie, Spingola est une écrivaine, maintenant adulée pour sa force et la beauté de ses mots. Il y a, dans toute cette affaire, aussi une question de mots. Les mots permettent une émancipation que le film ne parvient pas à retranscrire. Il démontre l’horreur vécue par Vanessa Spingola, la douleur avec laquelle elle a dû survivre, mais il soustrait au récit la réflexion sur le temps, le temps nécessaire pour se défaire d’une emprise et approcher un discours sur le consentement, un discours adulte. Dans le film, la jeune fille reste prisonnière de sa cage et nous oblige douloureusement à l’observer, impuissante. Le livre, quant à lui, incarne aussi un discours sur la sortie du silence.</p>



<p>Mon questionnement final serait sur l’existence même du film. Pourquoi faire vivre à l’écran l’horreur sans contrôle, tandis que les mots de Spingola s’approprient une histoire qui lui appartient, pour s’émanciper enfin? Je préfère plutôt la force libératrice que ses mots ont originellement donnée au discours sur le consentement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/28/le-consentement-montrer-lhorreur/" data-wpel-link="internal">Le consentement : montrer l’horreur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Votez « OUI » pour la presse libre!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/21/votez-oui-pourla-presse-libre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[votez oui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maintenant plus que jamais, le journalisme étudiant a besoin de votre soutien pour rester en vie. Alors que Meta bloque les médias canadiens sur Facebook et Instagram depuis août dernier et que les coûts de production montent en flèche, nos journaux doivent déployer des efforts considérables pour poursuivre leurs activités de manière indépendante et libre.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/21/votez-oui-pourla-presse-libre/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Votez « OUI » pour la presse libre!</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Maintenant plus que jamais, le journalisme étudiant a besoin de votre soutien pour rester en vie. Alors que Meta bloque les médias canadiens sur Facebook et Instagram depuis août dernier et que les coûts de production montent en flèche, nos journaux doivent déployer des efforts considérables pour poursuivre leurs activités de manière indépendante et libre. Contrairement aux grands journaux à but lucratif, les revenus des publications<br>étudiantes indépendantes telles que les nôtres sont très limités, d’autant plus que nos journaux sont disponibles partout sur le campus gratuitement. Il serait alors impossible d’assurer la publication du <em>Délit</em> et du <em>Daily</em> sans les collaborateur·rice·s passioné·e·s, le personnel administratif dévoué et le soutien financier du corps étudiant. Le journalisme étudiant à but non-lucratif et indépendant doit survivre pour une raison : le droit à l’information. Une information qui n’est pas corrompue par les intérêts de différentes institutions financières dont nous pourrions dépendre. Notre responsabilité est envers vous, les étudiant·e·s. Afin de pouvoir poursuivre notre<br>travail, nous demandons au corps étudiant de McGill de voter « OUI » au référendum de l’hiver 2024. Notre survie en dépend, car l’étau financier se resserre autour de nos cous. Irréversiblement.</p>



<p>Du 19 au 26 février, les étudiant·e·s du campus du centre-ville de McGill auront l’occasion de voter une proposition d’augmentation des frais de la Société des publications du Daily (SPD). La SPD est un organisme indépendant à but non-lucratif, géré par les étudiant·e·s, qui supervise la publication du <em>McGill Daily</em> et du <em>Délit</em>. Un vote majoritaire entraînerait une augmentation de 1,50$ par session pour les étudiant·e·s de premier cycle, de 6,00$ à 7,50$. Pour les étudiant·e·s de deuxième cycle il s’agirait d’une augmentation et de 1,00$ ou de 0,50$<br>par session, dépendamment de leur statut.</p>



<p>La SPD n’a pas connu d’augmentation de ses revenus depuis 2010, bien que l’inflation au Canada soit d’environ 39,72% depuis cette date. Pour mettre ce chiffre en perspective, couvrir des frais de 6,00$, ce qui correspond à ce que les étudiant·e·s de McGill payent depuis 2010, nécessiterait en réalité 8,39$ en 2023. N’ayant pas reçu d’augmentation des frais tenant compte de l’inflation, les équipes éditoriales ont dû redoubler d’efforts et faire des sacrifices. Ce semestre, nous avons dû supprimer, pour la première fois, plusieurs éditions en raison du manque de moyens. L’inflation ne régressant pas, et les coûts de production augmentant peu à peu, l’augmentation des cotisations est vitale pour assurer la pérennité des deux journaux.</p>



<p>Le journalisme étudiant est essentiel au maintien d’une culture démocratique sur le campus, étant donné qu’il permet un accès libre à l’information depuis plus de 50 ans et permet à tous·tes de nourrir les débats. Le Délit, seul journal rédigé entièrement en français de McGill, fait partie de l’héritage de l’Université depuis 1977. Il a reçu de nombreux prix dans le domaine du journalisme étudiant de langue française, dont le Prix du Devoir de la presse étudiante en 2016. The <em>McGill Daily</em>, quant à lui, fait partie de l’héritage de McGill depuis plus de la moitié de l’existence de l’Université, ornant ses kiosques à journaux depuis 1911. Il compte parmi ses anciens éditeurs Léonard Cohen et Irving Layton, qui ont mené des carrières littéraires florissantes. Le travail des générations passées et présentes de collaborateur·rice·s du <em>Délit</em> et du <em>Daily</em> a abouti à la constitution d’archives inestimables sur les réalisations des étudiant·e·s, et il est impératif que nous donnions aux générations futures la possibilité de poursuivre ce travail.</p>



<p>L’augmentation des cotisations proposée entrerait en vigueur au début du semestre d’automne 2024, et elle resterait en place jusqu’à l’hiver 2028. Son succès ouvrirait de nombreuses portes pour le journalisme étudiant à McGill, et serait déterminant dans la lutte contre de nombreux défis, notamment ceux posés par le projet de<br>loi C‑18. Également connu sous le nom de Loi sur les nouvelles en ligne, le projet de loi C‑18 a conduit des entreprises telles que Google et Meta à refuser d’afficher des liens vers des nouvelles canadiennes sur leurs plateformes.</p>



<p>Le journalisme étudiant perpétue l’héritage de notre talentueux corps étudiant, et il est essentiel que nous honorions leurs réalisations en assurant l’avenir de la presse étudiante de McGill. Si vous croyez en l’importance du journalisme indépendant et libre, et souhaitez voir perdurer une plateforme qui permet à tous·tes les étudiant·e·s de faire entendre leur voix, de partager leur perspective sur l’actualité et de diffuser leurs réalisations artistiques, mais aussi si vous croyez en l’importance d’un accès libre à l’information pour tous·tes les étudiant·e·s, alors soutenez-nous. Votez « OUI » au référendum de la SPD qui se tient depuis le 19 février et se terminera le 26 février. Nous travaillons chaque semaine, sur des enquêtes, des articles d’actualité et nous vous faisons découvrir la scène culturelle montréalaise, pour que nous puissions tous·tes avoir la possibilité de comprendre notre campus et la vie montréalaise, ainsi que les enjeux qui touchent le corps étudiant.</p>



<p><em>Le Délit</em> porte en son cœur une rigueur et une passion qui se transmettent depuis 1977. Sans un résultat positif au référendum, notre travail sera de plus en plus difficile à exercer, et la pérennité de ce journal à l’importance capitale pour la représentation étudiante sur la scène médiatique montréalaise, sera peu à peu remise en cause. Au nom de la liberté de la presse, votez « OUI ».</p>



<p>Pour voter, rendez-vous au lien suivant: <a href="https://ssmu.simplyvoting.com/vote.php?mode=getBallot&amp;election=224520" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://ssmu.simplyvoting.com/vote.phpmode=getBallot&amp;election=224520</a></p>
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		<title>Merci Le Délit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/14/merci-le-delit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit est considéré comme l’école de journalisme francophone de l’Université McGill, étant donné qu’il s’est donné pour mission d’offrir aux étudiant·e·s une formation en journalisme dans une université qui ne propose pas un tel programme. La formation acquise au sein du Délit est alors bien particulière, car les étudiants sont les seul·e·s professeur·es, et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/14/merci-le-delit/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Merci Le Délit</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap"><em>Le Délit </em>est considéré comme l’école de journalisme francophone de l’Université McGill, étant donné qu’il s’est donné pour mission d’offrir aux étudiant·e·s une formation en journalisme dans une université qui ne propose pas un tel programme. La formation acquise au sein du <em>Délit </em>est alors bien particulière, car les étudiants sont les seul·e·s professeur·es, et chacun·e apprend des autres, mais on apprend surtout de l’institution elle-même. À travers <em>Le Délit </em>se transmettent des connaissances, des règles et des principes, dont tous ceux·celles qui intègrent ses rangs peuvent bénéficier. Les réponses à nos questions se trouvent dans les archives de nos journaux, dans les documents rédigés par les rédacteur·rice·s en chef du passé et de l’expérience de nos pairs qui sont là depuis plus longtemps. <em>Le Délit </em>est une institution qui fait perdurer un savoir et une passion du journalisme, depuis 1977.</p>



<p>Alors, en cette journée de Saint-Valentin, notre déclaration d’amour s’adresse à ce journal, façonné par l’équipe et les contributeur·rice·s, pour vous les lecteur·rice·s. Pour que vous puissiez bénéficier d’une source d’information indépendante, libre, étudiante et francophone. <a href="https://www.delitfrancais.com/apropos/principes/" data-wpel-link="internal">Une presse libre et indépendante</a> est un élément indispensable d’un campus démocratique. Conscient de son influence, <em>Le Délit </em>permet de faire contrepoids aux systèmes en place. Il fait circuler l’information, avec ses engagements et sa déontologie toujours en tête. Le journal se nourrit aussi de la diversité immense des contributions qui habillent ses pages chaque semaine. Il offre à tous·tes les étudiant·e·s qui le souhaitent une plateforme pour partager leurs articles et leurs créations. Nos pages revendiquent le droit à l’information libre, à l’information qui décortique et refuse les raccourcis, et à l’information qui questionne les structures de pouvoir. Et surtout, le droit à une information qui comprend et transmet les enjeux étudiants, et qui s’engage pour leurs causes. <em>Le Délit </em>appartient à tous·tes.</p>



<p>Au-delà de son importance dans le contexte universitaire, <em>Le Délit </em>est une institution au sein de laquelle il est merveilleux de grandir et d’apprendre. Le conseil de rédaction réunit des rôles d’une grande diversité, de la photographie à la production en passant par l’édition et la correction, grâce auxquels il est possible d’acquérir des compétences techniques et créatives. Et cela, au sein d’une équipe de passionné·e·s, qui ont pour seul moteur, une croyance amoureuse et indéfectible en ce projet. Un projet ambitieux, qui vit depuis presque 50 ans de la volonté obstinée d’étudiant·e·s rêveur·euse·s à travers les générations. Au sein de notre conseil de rédaction de l’hiver 2024, on aime <em>Le Délit </em>particulièrement pour le travail d’équipe, l’amour du débat, l’esprit créatif, le respect pour chacun·e et le dévouement de tous·tes ses membres et de tous·tes ses contributeur·rice·s.</p>



<p>Ce journal est précieux, et nous lutterons ensemble pour sa pérennité. Merci au <em>Délit</em>.</p>
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		<title>Le Mois de l’histoire des Noir·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/11/le-mois-de-lhistoire-des-noir%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Feb 2024 21:06:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[BHM]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[élèves]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[mois]]></category>
		<category><![CDATA[noir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 1er février 2024 a marqué le lancement du Mois de l’histoire des Noir·e·s, et bien que celui-ci existe depuis 1978, il n’est célébré à McGill que depuis 2017. Cette année, Le Délit a décidé de lui dédier son édition spéciale, ainsi qu’à tous·tes les étudiant·e·s noir·e·s du campus. Le journalisme s’intègre indéniablement dans la&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/11/le-mois-de-lhistoire-des-noir%c2%b7e%c2%b7s/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Mois de l’histoire des Noir·e·s</span></a></p>
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<p>Le 1er février 2024 a marqué le lancement du Mois de l’histoire des Noir·e·s, et bien que celui-ci existe depuis 1978, il n’est célébré à McGill que depuis 2017. Cette année, Le Délit a décidé de lui dédier son édition spéciale, ainsi qu’à tous·tes les étudiant·e·s noir·e·s du campus. Le journalisme s’intègre indéniablement dans la structure raciale de la société québécoise, ayant une part d’influence sur la hiérarchisation raciale et les inégalités. Nous rapportons les histoires des autres, nous sommes engagé·e·s pour l’équité et déterminé·e·s à lutter contre les oppressions, mais nos identités ne peuvent pas, pour autant, disparaître de nos mots. Le manque de diversité dans le milieu du journalisme doit donc être questionné, car il participe à la perpétuation des inégalités sociales et structurelles de la société canadienne.<br>Selon une enquête menée par l’Association canadienne des journalistes (ACJ) en 2022 et rapportée par Radio-Canada, 78% des journalistes canadien·ne·s sont blanc·he·s. De surcroît, parmi dix salles de rédactions interrogées, huit ne comptaient aucun·e journaliste noir·e ou autochtone. De telles proportions dans le milieu du journalisme impacte nécessairement le type de nouvelles et de discours mis de l’avant, en plus de limiter la compréhension et l’interprétation de certaines dynamiques raciales dans la société canadienne.</p>



<p>« Tout est une question de race », car les institutions canadiennes ont été bâties sur les ruines du génocide culturel et des massacres des peuples autochtones, puis l’esclavage et l’exploitation des personnes noir·e·s. Si nous voulons comprendre les fonctionnements politique, culturel, institutionnel et économique de la société canadienne dans le but de partager avec exactitude toutes les nouvelles que nous traitons, nous ne pouvons pas nous abstenir de prendre en compte ces éléments dans les dynamiques de pouvoir. Si les structures ne changent pas, alors il est de notre devoir de promouvoir l’inclusion des journalistes noir·e·s, de questionner notre fonctionnement, notre structure, et de mettre en place des démarches actives pour faire de nos journaux des espaces qui ne reproduisent pas des schémas d’oppression, et qui osent aller à contre-courant pour apporter un peu de changement à l’ordre de notre société. Lutter pour la diversité et l’inclusion des journalistes noir·e·s est absolument nécessaire, car tous les discours se nourrissent en partie des mots diffusés par les médias. Enfin, nous croyons en la création et la valorisation de nouvelles plateformes qui favorisent la diffusion des expériences et pensées des étudiant·e·s noir·e·s, afin de proposer des alternatives qui soient des sources de pouvoir et d’émancipation. </p>



<p>Pour cette édition spéciale, nous avons ainsi eu la chance de collaborer avec le Réseau des<br>étudiant·e·s Noir·e·s de McGill (Black Students Network), une association étudiante dont l’existence est vitale au sein d’une université comptant seulement 4,6% d’étudiant·e·s noir·e·s dans sa population. Cette collaboration permet notamment au Délit d’accueillir la participation d’étudiant·e·s noir·e·s qui ont partagé avec nous leur talent et leur perspective unique. Nos pages arborent notamment des contributions artistiques tout aussi magnifiques que pertinentes. Notre couverture est l’œuvre de la talentueuse Océane Nzeyimana, étudiante en<br>première année, qui réalise des collages que vous pouvez retrouver sur son compte Instagram @ohciseaux. La dernière page accueille quant à elle les photographies et le texte de Harantxa Jean, qui propose des interprétations de peintures ou de photographies connues afin de questionner les représentations de la beauté féminine et de s’en réapproprier les codes.Avec ces collaborations, notre journal bénéficie de regards qui méritent d’être mis de l’avant bien au-delà des limites du mois de février. Nous dédions alors cette édition à tous·tes les étudiant·es noir·e·s de l’Université McGill. Le Mois de l’histoire des Noir·e·s est une occasion de célébrer les accomplissements, mais aussi de  se rappeler des inégalités profondes et structurelles auxquelles les personnes noires font face dans leur quotidien. Néanmoins, ce mois est aussi loin d’être une fin en soi. La lutte contre le racisme systémique est un combat constant, qui dépasse largement les pages de notre journal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/02/11/le-mois-de-lhistoire-des-noir%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Le Mois de l’histoire des Noir·e·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Témoigner au milieu des ruines de Gaza</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/01/24/temoigner-au-milieu-des-ruines-de-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=54412</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans l’oeil du public : regard sur trois journalistes palestiniens.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/24/temoigner-au-milieu-des-ruines-de-gaza/" data-wpel-link="internal">Témoigner au milieu des ruines de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le journalisme en temps de guerre joue un rôle crucial de par sa capacité à témoigner, informer et contextualiser les événements pour le public international. En temps de guerre, les journalistes de terrain deviennent les yeux et les oreilles du monde, transmettant au mieux de leur capacité des récits complexes qui transcendent les frontières géographiques. La récente situation en Palestine aurait dû en être gage, et bien que la manipulation des médias fasse souvent partie intégrante des stratégies militaires (coupure de réseau, limitation de l’accès à Internet dans les zones attaquées…) ; les choix de publications des journaux occidentaux n’offre une perspective que très limitée du conflit. En privant le public d’un point de vue, on limite sa capacité à prendre conscience des réalités vécues par les Palestiniens.</p>



<p>Ainsi, en réponse à la couverture médiatique défaillante reçue par la cause palestinienne, plusieurs journalistes palestiniens se sont tournés vers des plateformes alternatives aux médias traditionnels afin d’exposer la réalité vécue par leur peuple. En soulignant l’importance du journalisme dans de telles circonstances, nous reconnaissons son pouvoir de façonner les perceptions, d’inspirer le dialogue, et de donner lieu à la pluralité des perspectives hors des médias traditionnels. Nous vous présentons donc trois profils de journalistes palestiniens qui ont su apporter une perspective complémentaire, mais pas moins vraie, durant les derniers mois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« En temps de guerre, les journalistes de terrain deviennent les yeux et les oreilles du monde, transmettant au mieux de leur capacité des récits complexes qui transcendent les frontières géographiques »</p>
</blockquote>



<p><strong>Bisan Owda</strong></p>



<p>Bisan Owda est une cinéaste palestinienne qui publie également du contenu sur les réseaux sociaux depuis quelques années. Elle travaillait également auprès des Nations Unies pour l’égalité des sexes. Avant le début des bombardements et des opérations terrestres israéliennes dans la bande de Gaza, le profil Instagram de Bisan était essentiellement composé de vidéos d’elle parlant de ses projets ou de ses engagements. Ses vidéos étaient divertissantes ou informatives : elle partageait sur sa vie mais aussi sur son statut de femme, sur la situation à Gaza, et plus généralement sur la cause palestinienne. Les couleurs, le montage et les lumières de ses vidéos étaient travaillées, celles-ci étaient mêmes souvent écrites. Bisan a alors progressivement gagné en popularité, mais sa notoriété a réellement explosé à partir du moment où Israël a entamé ses interventions. Elle publie alors tous les jours – parfois même plusieurs fois par jour – des vidéos sur les conditions dans lesquelles les gazaouis et elle-même évoluent. Elle parle souvent de son expérience personnelle, du manque d’eau, de nourriture, des conditions sanitaires dans lesquelles elle vit, de la mort et de la souffrance qui l’entoure, mais réalise aussi des entrevues avec d’autres palestiniens de la bande de Gaza. Le 14 octobre, elle publie notamment une vidéo d’une jeune palestinienne porteuse de trisomie, dont la maison a été détruite, dans le but de faire valoir les enjeux spécifiques que représentent des bombardements pour les personnes atteintes d’un handicap. Ses vidéos sont une source d’information précieuse qui est depuis peu compromise par la coupure d’Internet dans la bande de Gaza. Elle appelle régulièrement le monde occidental à la grève générale, rappelant qu’il s’agit pour elle du seul espoir. Elle explique aussi souvent qu’elle ne sait pas combien de temps elle survivra. Sa maison et son lieu de travail ont été détruits lorsque la ville de Gaza a été bombardée, emportant son matériel, ses chats et une partie de sa vie.</p>



<p><strong>Motaz Azaiza</strong></p>



<p>Motaz est un photojournaliste qui avait pour sa part déjà une certaine notoriété avant les événements du 7 octobre dernier, étant employé par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Il est reconnu pour ses images prises à l’aide de drones représentant les paysages dévastés de la Palestine, qu’il partage avec son auditoire comptant aujourd’hui plus de 18 millions d’abonnés sur Instagram. Il est actuellement l’un des journalistes les plus suivis du réseau social. Motaz a perdu le 11 octobre dernier plus de 15 membres de sa famille en raison d’une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés Deir el-Balah, situé dans la bande de Gaza. C’est également là où Motaz a grandi. Le 7 janvier dernier, Motaz commémorait aussi sur sa page le décès de deux de ses collègues, Hamza Wael Dahdouh et Mustafa Thraya, qui s’ajoutent à la longue liste de journalistes qui ont péri depuis le 7 octobre.</p>



<p><strong>Plestia Alaqad</strong></p>



<p>Plestia se démarque des autres journalistes puisqu’elle fait partie d’un grand mouvement émergent de journalisme citoyen. Cette forme particulière de journalisme consiste à véhiculer l’information uniquement par les plateformes numériques telles que les réseaux sociaux pour documenter, comme le font les médias plus traditionnels, les évènements de la vie quotidienne. Plestia a rapidement gagné en popularité sur Instagram lorsqu’elle a commencé à documenter sa vie à Gaza via des vidéos publiées quotidiennement sur sa page, comme une forme de journal personnel. Sa communauté Instagram compte aujourd’hui 4,7 millions d’abonnés, qui suivent son quotidien où elle souligne fréquemment ses inquiétudes quant à la perpétuation des attaques contre Gaza, et demande constamment un cessez-le-feu. Sa page sert également pour plusieurs de ressource éducative, vers laquelle tous peuvent se tourner lorsqu’ils ont des questions concernant les différentes façons de venir en aide à la Palestine. Son profil compte parmi ceux ayant eu une croissance des plus rapides, en raison de son format qui réussit à capturer la réalité palestinienne de façon authentique. Elle se trouve présentement en Australie, ayant dû fuir les attaques quotidiennes sur Gaza.</p>



<p><strong>Pensées à celles et ceux qui ne sont plus</strong></p>



<p>La guerre a causé la mort de plus de 100 journalistes palestiniens depuis son commencement, bien que ces derniers soient supposés bénéficier d’une protection particulière selon le droit international. Muhammad Abu Huwaidi, Hamza Wael Dahdouh, Mustafa Thraya, et bien d’autres encore, assassinés parfois même pendant qu’ils effectuaient leur travail, un travail essentiel et vital, celui du partage de l’information vraie. Ils sont les seuls yeux à travers lesquels nous pouvons voir ce qui se passe localement, les violences qui ébranlent douloureusement un peuple prisonnier de quelques kilomètres de terre.</p>



<p>En tant que journal, ces morts nous touchent nécessairement, car nous ne pouvons imaginer que la volonté d’informer le monde, d’utiliser les mots pour changer les choses, d’imprimer le présent pour que tous puissent le comprendre, puisse mener à la mort. En plus de tenter de survivre, ils persistent dans leur travail afin que le monde puisse savoir et se souvenir. Pour cela, nous nous souviendrons d’eux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/24/temoigner-au-milieu-des-ruines-de-gaza/" data-wpel-link="internal">Témoigner au milieu des ruines de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Aborder les fêtes différemment</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/01/10/aborder-les-fetes-differemment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2024]]></category>
		<category><![CDATA[décembre]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel an]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle année]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle rédactrice en chef]]></category>
		<category><![CDATA[pression sociale]]></category>
		<category><![CDATA[temps des fêtes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année, le même manège nous rappelle l’état de notre vie familiale, l’état de notre vie quand le temps ralentit un peu. Les fêtes de fin d’année ancrent le mois de décembre dans ces mêmes traditions que nous répétons chaque année. Pour tous·tes, le monde se calme un peu et nous nous retrouvons dans les&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/10/aborder-les-fetes-differemment/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Aborder les fêtes différemment</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Chaque année, le même manège nous rappelle l’état de notre vie familiale, l’état de notre vie quand le temps ralentit un peu. Les fêtes de fin d’année ancrent le mois de décembre dans ces mêmes traditions que nous répétons chaque année. Pour tous·tes, le monde se calme un peu et nous nous retrouvons dans les lieux de notre enfance, face aux éléments et aux personnes qui constituent ce moment que nous vivons chaque mois de décembre, matérialisant la répétition infinie des années. Le monde qui fête s’accorde sur le calme et la lenteur, nous arrêtons de travailler et retrouvons ceux et celles que nous ne voyons pas forcément pendant le reste de l’année, et qui peuvent aussi attester de notre évolution. Quelle période étrange! Elle nous oblige souvent à faire face à l’état de notre vie après tous les mois écoulés. Les traditions font du mois de décembre ce chapitre qui se répète et nous met face à notre propre évolution. Est-ce le monde qui nous entoure qui a tant changé? Ou bien, est-ce nous? Les fêtes sont souvent associées à un sentiment de mélancolie. Nous savons à quoi elles ressemblent ou à quoi elles devraient ressembler, et pourtant elles semblent intrinsèquement appartenir à une forme de passé.</p>



<p> Est-ce un hasard que les fêtes inscrivent ainsi la fin de l’année dans ce calme frénétique, comme un rite de passage parfois sacré, parfois forcé? Il s’agit pour nous d’une occasion de faire le point. Pour <em>Le Délit</em>, l’année 2023 a été marquée par le mandat de rédacteur en chef de Léonard Smith, par la section Au Féminin, par une équipe complète et soudée, par une édition spéciale sur la sexualité, qui a remué notre conseil éditorial. Notre équipe a travaillé dur pour faire vivre le journalisme étudiant, et a lutté pour porter les voix de demain avec autant de rigueur que de passion. À la fin de l’année, nous nous sommes aussi arrêté·e·s pour échanger des présents, remercier les membres qui nous ont quittés, et faire le point sur l’année écoulée. Puis chacun·e a retrouvé son univers intime pour fêter, ou non, la fin de l’année. Durant décembre, pendant un mois, nous avons tous·tes été plongé·e·s dans le fantasme de Noël, que nous le fêtions ou non, dans une effusion de bonheur lumineux et coloré. Le sentiment de joie nous est presque imposé par les décorations et musiques traditionnelles. Tout cela résonne comme une grande fête de fin, comme si après tout cela, il était possible de laisser derrière soi l’année merveilleuse ou difficile passée. Comme si, pour tous·tes, les retrouvailles avec le foyer et les proches de notre enfance devaient résonner avec bonheur. Comme si nous devions rentrer dans ce moule, que la société s’obstine à former pendant un mois, pour accéder à la joie. Le mois de décembre devrait avant tout être l’occasion de se questionner sur ce que l’on veut pour nous, ou que l’on ne veut plus. Cette séparation superficielle entre les années peut être un moyen d’éviter de laisser le temps échapper complètement à notre contrôle, un moyen de regarder en arrière, de faire le bilan, pour entamer demain plus consciemment. </p>



<p>La dernière étape des fêtes de fin d’année est bien sûr la fête du Nouvel An, comme marqueur de commencement. Un commencement noyé dans les rires, la musique forte et l’alcool, selon les conventions. Un commencement qui, peu importe combien il peut être effrayant, se doit d’être joyeux. Un commencement ancré dans le temps ; même si nous ne sommes pas tout à fait prêt·e·s, il n’est minuit le 1<em>er</em> janvier qu’une seule fois, il ne faut pas l’oublier, ni oublier de s’embrasser à ce moment-là. Fêter ce renouveau peut autant créer un soulagement qu’un néant effrayant. Ce marqueur nous donne l’impression qu’il est possible de faire table rase du passé, qu’il est possible d’oublier nos problèmes et nos tares, une impression merveilleuse… et illusoire? Si on a le droit de refuser toutes les impositions de la nouvelle année, les bonnes résolutions, les pressions sociales, les effusions de bonheur criant, il est possible d’envisager la première journée de l’année avec plus de sérénité. Le mois de janvier a souvent le goût des balbutiements. On peut chercher, en tâtonnant, de nouvelles façons de réclamer sa vie. En tant que nouvelle rédactrice en chef du <em>Délit</em>, j’entreprends moi aussi une nouvelle aventure. Janvier est un nouveau départ pour le journal et pour l’équipe. Nous avançons avec les renouveaux, mais rien ne sert de le faire avec pression. Ce marqueur temporel auquel nous sommes tous·tes confronté·e·s ne doit pas nécessairement nous obliger à nous réinventer, nous forcer à oublier le passé ou à devenir la personne que nous avons toujours rêvé d’être, et ce, en quelques mois. Il peut aussi s’agir, avec plus d’humilité, d’une opportunité de constater que notre existence n’est pas confinée à notre passé, et que nous avons le droit d’espérer et de demander plus du futur. Alors au nom de toute l’équipe, j’aimerais souhaiter à notre lectorat une très belle année 2024, en espérant qu’elle sera l’occasion pour chacun·e de poursuivre son chemin, avec les ajustements qu’il·elle juge nécessaire, tout en n’oubliant pas, que les renouveaux peuvent être réclamés à n’importe quel moment de l’année.</p>
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		<title>Elle s’appelait au féminin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/elle-sappelait-au-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophesse]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin d'un chapitre. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La mémoire. Que reste-t-il des choses qui s’évaporent? Des choses dont on cesse de prendre soin? Que l’on cesse de nourrir? Qui n’ont existé que pour un temps, mais qui marquent si intensément nos coeurs? Le thème de cette édition résonne d’une façon bien particulière pour <em>Au Féminin</em>, car il s’agit de la dernière fois que la section est publiée au sein du <em>Délit</em>, la dernière fois que, pour elle, de nouveaux articles sont écrits. La dernière fois que j’écris un article pour ma section. Ma section que j’ai créée de toutes pièces pour parler de ce qui me fait le plus vibrer, parler de philosophie, de politique, d’affaires, de sexualité… au féminin. Donner à des sujets passionnants une couleur plus personnelle et créative et des nuances plus sensibles, écrire avec toute la force de ma féminité, pour faire vivre au sein du journal, au sein de notre université, le féminisme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Dans notre journal, aura existé un espace dédié aux pensées, aux expériences et aux réflexions féminines d’une époque. Nous avons eu notre espace, celui dont Viriginia Woolf rêvait. Notre espace pour nous écrire. Un espace de liberté »</p>
</blockquote>



<p><strong>Défi relevé?</strong></p>



<p>Lorsque <em>Au Féminin </em>a été créé, on craignait qu’il n’y ait pas assez de sujets à aborder, que la section soit trop excluante et niche pour capter l’attention de son lectorat et ses écrivaines, que la section tourne en rond, tandis que je voulais parler du monde avec la même ferveur que le font les regards neutres et masculins. Alors, les contributrices et moi-même avons montré que le regard féminin, dans toute sa subjectivité, peut en dire autant sur le monde, et parvient même parfois à mieux en percevoir les contours. Chacune a pu démontrer, argumenter, prouver, aborder et revendiquer. Chaque semaine, le journal a fait vivre avec fierté les mots au féminin. Sans honte, le blanc de nos feuilles a fait ressortir l’écriture inclusive, les milliers de « e » et les prénoms aux sonorités si féminines. Parce qu’il y a tant à dire, j’aurais encore pu écrire durant des années, mais je suis déjà si fière de cette section, et de ce qu’elle est devenue. Nous avons parlé de révolution sexuelle, de lutte sociale, de confiance en soi, de mode, de positivité corporelle, d’intersectionnalité et de handicap. Deux violonistes nous ont même fait l’honneur de nous parler de leur parcours, de musique et de sensibilité. Pour l’édition spéciale sur la sexualité, la section a abrité un débat sur la pilule contraceptive, les expériences honnêtes d’étudiantes qui entretenaient des relations à distance, et un article qui me tenait particulièrement à coeur, sur les représentations des femmes au cinéma, en particulier au travers du sous-genre <em>Rape and Revenge</em>. Nous ne nous sommes pas arrêtées là, <em>Au Féminin </em>a pris le temps de l’été pour chercher de nouvelles inspirations chez les écrivaines, artistes et activistes qui font vivre notre société. Dès la rentrée, Layla a rédigé un article sur la Coupe du monde féminine de soccer, à côté de laquelle nous ne pouvions pas passer. Puis, il était temps de rendre hommage aux femmes ayant marqué mon été ; j’ai écrit sur Reality Winner. Ensuite, nous avons parlé d’engagement à l’université, de l’histoire littéraire des femmes, du regard masculin dans l’art, le cinéma et la société de consommation, du test de Bechdel, d’éducation sur la sexualité et l’identité de genre, et du culte de la femme-enfant en littérature. Une grande partie de la réalité humaine est intrinsèquement féminine, pour le meilleur, mais malheureusement aussi pour le pire. Avoir une section qui ne pense qu’à celles qu’on évince sans cesse de l’actualité est ainsi vital, en temps de guerre particulièrement. Lorsque les tensions au Moyen-Orient se sont ravivées, et ont fait trembler de tristesse notre conseil éditorial, j’ai écrit sur les violences contre les femmes et les filles en temps de guerre, pour ces victimes dont nous devons nous souvenir. J’ai aussi rédigé une ode à l’ennui, une réflexion sur le temps qui passe, quand les injonctions dictent de plus en plus l’existence féminine. Margaux a écrit sur les poils, avec une insolence saillante, mais si nécessaire, et finalement <em>Au féminin </em>a partagé son guide de voyage solitaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Chaque semaine, le journal faisait vivre avec fierté les mots au féminin »</p>
</blockquote>



<p>La section a vraiment vécu et retrace maintenant quelques réflexions des étudiantes de notre temps. Alors à toutes les merveilleuses contributrices qui ont fait vivre un projet que j’aime tant : merci.</p>



<p><strong>Qu’en restera-t-il?</strong></p>



<p>Maintenant, il semble qu’il est temps de tourner la page. Littéralement. Pour laisser place à de nouveaux esprits. Cela veut-il dire qu’ <em>Au Féminin </em>a fait son temps? Je crois que cela veut surtout dire qu’ <em>Au Féminin </em>est lié à qui je suis, et qu’il est maintenant temps pour d’autres de parler de ce qui les anime. Et je crois surtout que la section existera toujours, à travers les réflexions qu’elle a engendrées chez nos lecteur·rices, à travers les discussions et débats qu’elle a fait naître au sein de notre conseil éditorial et de toutes les possibilités qu’elle a offertes. Elle ne disparaît pas, elle fait maintenant partie de l’histoire du <em>Délit</em>, sa mémoire sera inscrite dans les archives, et je ferai lire les copies sur lesquelles elle était imprimée pendant des années encore. Les archives de journaux gardent en eux les pensées, les intentions et les problématiques d’un temps. Ils révèlent toute l’essence d’une époque, d’une communauté, d’un environnement. Tout? Vraiment? Comme Virginia Woolf le déplorait déjà en 1929, les femmes ont toujours manqué de cet espace physique et mental qui leur soit propre pour pouvoir créer, penser et exister en toute liberté. Alors, l’Histoire comme elle nous a été racontée ne dit souvent que très peu des expériences féminines, et on visualise les femmes du passé comme ces créatures soumises et enchaînées, qui n’ont que très peu apporté au monde. Mais ont-elles vraiment été si absentes de l’histoire ou n’avaient-elles justement pas cet espace pour se raconter? Dans notre journal, aura existé un espace dédié aux pensées, aux expériences et aux réflexions féminines d’une époque. Nous avons eu notre espace, celui dont Virginia Woolf rêvait. Notre espace pour nous écrire. Un espace de liberté.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La section a vraiment vécu et retrace maintenant quelques réflexions des étudiantes de notre temps. Alors à toutes les merveilleuses contributrices qui ont fait vivre un projet que j’aime tant : merci »</p>
</blockquote>



<p><em>Au Féminin </em>vous dit au revoir. Je suis fière d’avoir eu la possibilité de créer une section qui a pu rendre hommage à tout ce que le féminisme m’a apporté. Je suis fière d’avoir pu le partager. Et je remercie mon équipe de m’avoir fait confiance, et d’avoir fait vivre la section par toutes leurs recommandations et objections. Je n’arrêterai pas d’écrire, car les mots existent à travers le temps et me rappellent de croire en mes doutes. Il y a eu un temps où je criais les mots sur les murs, ceux des collages contre les féminicides, où je les confinais dans les tréfonds de mes journaux intimes, où je les donnais à mes professeurs sans comprendre leur sens, où je les laissais hanter mon existence. Ici les mots, ils étaient pour vous aussi. J’espère qu’ils vous ont inspiré·e·s. Et surtout qu’ils vous rappelleront toujours, d’épouser votre féminité, de la brandir comme vous le souhaitez et de la laisser vous guider.</p>
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		<title>Petit guide du voyage solitaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/22/petit-guide-du-voyage-solitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Femme(s)]]></category>
		<category><![CDATA[guide]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S’évader seule pour mieux se retrouver.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En tant que femmes, l’espace public est souvent vécu comme un lieu menaçant. Même les endroits qui nous sont les plus familiers deviennent inquiétants une fois la nuit tombée. Nous ne pouvons pas pour autant rester confinées dans notre sphère privée, dans les endroits sécuritaires, tandis que la possibilité de mobilité procure probablement le plus grand sentiment de liberté. Et cette liberté n’est que partielle lorsqu’elle n’existe qu’en compagnie d’un homme. Avons-nous vraiment toujours besoin de cette présence pour être en sécurité?</p>



<p>Alors que la solitude dans l’immensité de notre monde est bien plus dangereuse lorsqu’elle est conjuguée au féminin, partir s’aventurer à l’extérieur, armée de notre courage seulement, peut permettre de se réapproprier ce monde, qui est aussi le nôtre. Voyager seule, tout simplement. Voyager seule pour faire tomber les barrières mentales, celles qui nous font craindre l’espace public, celles qui nous empêchent de surpasser nos peurs de l’inconnu, celles qui nous font croire que nous ne nous suffisons pas. Voyager seule pour se retrouver avec ses pensées, mais aussi avec les inconnues qui croisent nos routes. Se retrouver pour développer sa créativité et apprécier ses émotions, les laisser s’étendre partout, sans la peur qu’elles ne dérangent qui que ce soit. Parce que je crois que la peur ne devrait pas nous empêcher de nous évader, voici un petit guide de voyage solitaire au féminin, avec des idées de destinations sécuritaires, des musiques à écouter et des livres à emporter…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Voyager seule pour faire tomber les barrières mentales, celles qui nous font craindre l’espace public, celles qui nous empêchent de surpasser nos peurs de l’inconnu, celles qui nous font croire que nous ne nous suffisons pas » </p>
</blockquote>



<p>La liste des destinations les plus sûres que je vais vous partager a été établie par le cabinet <em>New World Wealth </em>et partagée par le journal français <em>Elle</em>. Ils précisent ainsi que plusieurs critères telles que les violences faites aux femmes (viols, agressions et même esclavage) dans les pays ont été pris en compte. L’étude montre néanmoins également que seuls 58 des 195 pays ont des statistiques fiables sur la criminalité.</p>



<p>Pour finir, j’aimerai vous conseiller le blog de l’agence <em>Les voyageuses du Québec</em>, qui donne d’autres idées de destinations sûres, accompagnées de nombreuses informations (budget, idées pour s’héberger et se déplacer sur place…) Si vous ne vous sentez pas encore prêtes pour le voyage solitaire, <em>Les voyageuses du Québec </em>organise des voyages uniquement entre femmes dans un large panel de destinations.</p>



<p>Alors, lancez-vous! Le courage des féministes qui ont parcouru les routes pour s’émanciper vous accompagne. Et surtout, n’oubliez pas de voyager en respectant l’environnement, et pour ça, il n’y a rien de tel que la marche, le train, le vélo ou les transports en commun. C’est d’autant plus important que cela nous permet de nous rendre compte du chemin parcouru, et d’expérimenter une certaine difficulté, qui à elle seule peut nous faire prendre soin de nos voyages. Parcourir des milliers de kilomètres en quelques heures n’a rien de normal, rendons-nous compte des espaces pour apprendre à les respecter. Je vous conseillerai aussi d’écrire. Voyager seule, cela fait réfléchir, et écrire permet à la fois d’apaiser, de comprendre et de garder une trace de nos pérégrinations mentales. Allez, laissez votre corps et votre imagination divaguer!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="1489" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1200x1489.jpg" alt class="wp-image-53773" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1200x1489.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-650x807.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-150x186.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-768x953.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_-1238x1536.jpg 1238w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Guide_Voyage_.jpg 1609w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/marie-prince/?media=1" data-wpel-link="internal">Marie Prince</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Ode à l’ennui</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/01/amour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Feminin]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=53145</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur le temps qui passe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Mon temps est tellement compté. Vouloir devenir puissante, laisser une marque, créer, faire retentir les messages auxquels je crois. Chaque seconde est une opportunité d’apprendre, de s’améliorer, de donner plus. Je suis accro à l’adrénaline de la créativité et de l’apprentissage.</p>



<p>En tant qu’étudiant·e·s, nous apprenons à traiter notre temps avec productivité. Faire les choses avec un but précis. Il n’y a aucune place pour l’ennui sans culpabilité. Les études sont un investissement à long terme, mais que faisons-nous de notre temps? Est-il vraiment possible de contrôler notre futur en investissant notre temps d’une certaine manière aujourd’hui? Est-ce que tout doit vraiment toujours être utile? L’inaction est parfois difficile à accueillir, car elle est souvent perturbée par nos pensées existentielles, qui nous poussent à l’action. J’écris cet article pour étudier et questionner mon traitement des priorités et ma vision utilitaire du temps.</p>



<p><strong>On s’arrête quand?</strong></p>



<p>Emmanuel Kant disait dans <em>Réflexions sur l’éducation </em>: « L’homme est le seul animal qui doit travailler. » Le travail est inhérent à la condition humaine, car il donne un sens matériellement observable à celle-ci. Ne pourrions-nous pas trouver un sens à notre existence dans la réflexion seulement? Même si travailler permet de subvenir à nos besoins matériels, la société encourage le travail acharné d’une manière presque malsaine. Ces valeurs sont-elles uniquement liées à la culture productive capitaliste, ou sont-elles aussi liées aux angoisses de la condition humaine? Acheter pour exister, posséder pour se construire une consistance, s’activer pour fuir les réflexions existentielles ; travailler permet de donner au sens de la vie une réponse matérielle, plus facile à accepter, car concrètement appréciable. La condition humaine est difficile à accepter ; la seule fin assurée est la mort, ce qui réduit à néant tous les accomplissements. Alors l’ennui est souvent source d’angoisse, et accepter que le sens de la vie ne soit pas nécessairement utilitaire est de plus en plus difficile, à mesure que le capitalisme nous hurle que toute valeur est matérielle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« C’est dans l’ennui et le vide que naissent la créativité, l’imaginaire, les réflexions existentielles et les idées à contre-courant »</p>
</blockquote>



<p>Pour revenir à l’échelle étudiante, il est difficile pour la plupart d’entre nous de considérer que nos études, nos stages ou nos activités ont une valeur en eux-mêmes, quand tout nous suggère que leur signifiance résonnera dans notre futur. Pourtant, ce que nous avons de plus précieux, estimé en fonction de sa rareté, est notre temps, lit de notre vie, qui ne peut être remboursé. Quelle sera l’utilité de notre vie si celle-ci s’arrête prématurément? Et en même temps, est-il possible de fonder une vie sans sacrifice, sans organiser son avenir? Il existe une balance, mais comment la trouver? Et comment accepter que le temps qui nous semble perdu participe lui aussi à notre construction? L’opinion générale perçoit la réussite comme quantifiable et absolue, quand celle-ci est intrinsèquement variable et abstraite. Vivre sa vie en ne pensant qu’à cette réussite me semble vain.</p>



<p><strong>Trouver du sens</strong></p>



<p>Alors, que faire du présent? L’hyperactivité de notre société capitaliste ne laisse aucune place au vide. Cette effervescence ne nous laisse jamais le temps de questionner le fonctionnement de notre société. C’est dans l’ennui et le vide que naissent la créativité, l’imaginaire, les réflexions existentielles et les idées à contre-courant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« La liberté de l’esprit est loin d’être facile à vivre, elle nous apprend que les réponses toutes faites et les chemins tracés ne nous apporteront probablement jamais de réponses satisfaisantes »</p>
</blockquote>



<p>Ces pensées sont parfois douloureuses, car elles remettent en question un système dans lequel se conformer semble confortable. Pourtant, elles sont les seules qui permettent la réalisation sincère de notre condition humaine, et le sens que nous voulons vraiment donner à notre existence. Pour les femmes, et autres populations discriminées, ces réalisations sont aussi difficiles qu’elles sont vitales. Il est plus facile de se conformer aux règles d’un système oppressant si l’on empêche notre esprit de le questionner. L’opinion commune considère ainsi parfois que l’ignorance fait le bonheur. Lorsque nous réalisons la valeur morale de nos sociétés, il est bien douloureux, voire impossible de l’ignorer. Gloria Steinem, activiste américaine des années 70, aborde dans son livre <em>Ma vie sur la route : Mémoires d’une icône féministe </em>la façon dont ses voyages – des trajets sans destination – ont bâti son combat féministe. Un combat qui a construit sa vie. Son temps a été dédié à une cause qui a donné un sens à sa vie et qui l’a rendue plus libre. Elle, et la société américaine.</p>



<p><strong>Penser pour créer</strong></p>



<p>Prendre le temps de penser rend ainsi plus libre. Pour cela également, les artistes doivent apprendre à laisser leur esprit divaguer. La création artistique demande de penser en dehors des cases, loin de la réalité physique du monde et du productivisme capitaliste. La liberté de l’esprit est loin d’être facile à vivre, elle nous apprend que les réponses toutes faites et les chemins tracés ne nous apporteront probablement jamais de réponses satisfaisantes. Baudelaire aborde par exemple la douleur de l’hyperactivité cérébrale, qui anime les artistes dans son poème <em>L’albatros</em>. Un texte dans lequel l’auteur symbolise l’incompréhension du monde face au poète, et l’inhabilité du poète à être dans le monde des hommes. La poésie est un art qui existe pour lui-même et en lui-même, elle n’a pas de fonction utilitaire, et semble ainsi bien dérisoire aux  yeux de ceux qui n’apprécient le temps que pour le produit final qu’il permet de produire. La poésie pourtant, et l’art d’une façon générale, est l’incarnation de la liberté et de la sensibilité de la pensée humaine.</p>



<p>L’ennui peut également exister en lui-même, pour apprécier le temps qui passe, pour prendre conscience de la façon dont la vie anime nos sens. Il me semble qu’il n’est pas toujours nécessaire de donner un sens au temps. Le temps est l’essence de l’existence.</p>



<p><strong>Un peu de tendresse</strong></p>



<p>Cet article a été inspiré par mon rapport aux émotions. Je me suis réjouie de les voir disparaître quand mon agenda ne laissait pas le temps aux émois ou aux dérapages. Je me suis dit que ne rien ressentir était une chance, car cela me permettait de gagner du temps. Gagner du temps? Quel temps? Comment peut-on gagner du temps quand celui-ci ne s’écoule que dans un sens? Gagner du temps signifie en réalité améliorer sa productivité. Je me suis demandé, suis-je vraiment satisfaite de cette productivité? Et quelle que soit la réponse, pourquoi? Je me suis rendu compte que gagner du temps me faisait en réalité, le perdre. Perdre le temps qui définit et rend si singulière l’existence humaine. Le temps de la réflexion, de la créativité. Le temps qui permet aux émotions d’exister. Le temps qui me permet de m’assurer que le système que je nourris me convient, ne me réduit pas à une condition d’exploitation. Le temps qui me permet d’aimer, de détester, de ressentir. Tant d’émotions qui rendent la vie tellement plus passionnante. Je veux apprendre à prendre conscience du temps qui passe, pour ne pas le laisser s’échapper. </p>
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		<title>PEUR</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/peur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Récit fictionnel et poétique d’une épouvante.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je claquai la porte. Pour éviter que le froid qui me glace le sang ne pénètre un peu plus mon âme. La nuit était tombée. Je ne l’avais pas vu venir. Je marchais plus lentement que les secondes qui passent et qui éteignent la ville. Plus lentement que les passants qui trottent les rues, en rêvant de rattraper la trotteuse de leur bureau sombre qui leur vole la vie. Ils sont arrivés avant moi c’est sûr, mon salon en était déjà désespérant. Je fis claquer l’interrupteur, pour allumer mes murs de béton blanc. La citrouille que j’avais achetée la veille flétrissait déjà, je voulais au moins fêter Halloween avec moi. Je me regarderais dans le miroir et nous aurions de quoi avoir peur. La folle du coin. Je me regarderais trop longtemps et mes yeux deviendraient vitreux.</p>



<p>Quelques pas vers la cuisine, une odeur abominable de fin de vie vint brûler mes narines et insulter mon cerveau. Le frigo avait dû rendre l’âme, il se vidait de ses pleurs et des cellules dépérissaient au rythme de la décomposition. J’ouvris la porte de plastique, le frigo allait bien. Le lait tomba de la porte pour écraser mon orteil en signe de mépris. Le frigo était jeune, il le resterait, et je n’avais pas intérêt à le remettre en question. Ou bien il aplatirait ma boite crânienne de tout son poids, libérant les lobes de mon cerveau qui macèrent dans la noirceur de mon existence depuis trop d’années. Cette pensée me procura un frisson, et au même moment, je sentais qu’un souffle froid effleurait mon échine. Un souffle que les émotions, même les plus terribles qui matraquent l’estomac, ne savent imiter. Je me figeai.</p>



<p>Une expiration sourde chuchota au creux de mon oreille. La lumière blanche de mon frigo se jetait toujours dans mes yeux qui ne savaient plus cligner. Et j’avais froid, un pôle nord superficiel se tenait face à moi, ouvert à tout ce que je pouvais crier. Mais rien ne bougeait, si ce n’est le temps qui s’écroulait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le silence se conjuguait à l’obscurité pour enserrer mon cœur, qui parvenait à peine à battre dans l’étreinte de l’angoisse »</p>
</blockquote>



<p>J’étais paralysée. De peur. Le froid qui avait violemment tendu mon échine, se déplaça comme une caresse rêche pour émettre la plus subtile et la plus terrible des pressions autour de mon cou. Le souffle chaud qui suçait mon oreille pénétra mon conduit auditif. Et c’en fut trop. Je claquai la porte du frigo avec toute la force de mon épouvante. Fis volte face pour contrer mon cauchemar. Pour faire face au plus effrayant, terrifiant, horrible, immonde, inquiétant, redoutable, des rien. Rien. Si ce n’est mon salon qui me riait à la gueule. Mais je n’osais bouger. Je sentais que derrière mon dos aveugle, plus rien n’était sûr. Je sentais qu’un regard, sans corps peut-être, me scrutait de l’autre côté de la pièce. Un regard souriant, narguant tous les membres qui échappaient à ma surveillance. Je me tournai lentement. Une goutte s’écrasa sur mon crâne. Une goutte qui épousait mon cuir chevelu pour peu à peu dégouliner le long de mon front, caresser l’arrête de mon nez pour s’évanouir sur ma lèvre supérieure et atteindre mes premières papilles. Devant mes yeux, il n’y avait rien. Dans ma bouche, un goût de fer. Le silence se conjuguait à l’obscurité pour enserrer mon cœur, qui parvenait à peine à battre dans l’étreinte de l’angoisse. Je pouvais sentir une ombre se déposer sur mon corps, une légère chaleur mouiller ma nuque. Je la saisis en hurlant et crachai par terre. Il n’y avait rien. Rien toujours. Si ce n’est quelques bruits qui animèrent mes sens.</p>



<p>Dans la ville, la cueillette de sucreries s’achevait, et ma nuit se trouvait dans un néant, loin de toutes les temporalités humaines. Au milieu de mon salon de pierre et de bois, ma chair était prête à fondre sous la poigne de ma peur.</p>



<p></p>
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		<title>Les victimes invisibles des conflits armés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/victimes-invisibles-des-conflits-armes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opinion : les violences contre les femmes et les filles en temps de guerre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Avertissement : cet article traite</em> <em>des sujets du viol et des violences</em> sexuelles. </p>



<p class="has-drop-cap">Depuis le 7 octobre dernier, les idéologies se fracassent et le monde se polarise. Depuis le 7 octobre, les dirigeant·e·s du monde choisissent leur camp, Hamas ou gouvernement israélien, ils condamnent les violences, s’accusent ou s’allient. Et, quand seulement <a href="https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/leadership-and-political-participation/facts-and-figures#_edn1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">26 pays sur 195</a> dans le monde ont pour chefs d’État une femme, il n’est pas étonnant que les figures du conflit soient masculines. Les chefs d’État des grandes puissances occidentales telles que les États-Unis ou la France, les <a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cx0eww4z7zzo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">principaux pays du Moyen-Orient impliqués dans le conflit</a> comme l’Égypte ou l’Iran, et bien sûr les protagonistes du conflit, le gouvernement de Netanyahou et les dirigeants du Hamas, sont des hommes. Ce sont les visages de ces dirigeants que l’on voit défiler dans les médias, des visages qui animent un conflit au sein duquel les femmes ont été oubliées.</p>



<p>Tandis que les femmes jouent un <a href="https://www.international.gc.ca/world-monde/issues_development-enjeux_developpement/gender_equality-egalite_des_genres/women_peace_security-femmes_paix_securite.aspx?lang=fra" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rôle majeur</a> dans la préservation de la paix et des communautés locales, qu’elles sont <a href="https://www.un.org/french/womenwatch/followup/beijing5/session/fiche5.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les premières victimes des conflits armés</a> (en raison de leur statut au sein de la société et de leur sexe), elles sont encore <a href="https://www.humanrightspulse.com/mastercontentblog/shifting-the-power-the-role-of-women-in-conflict-resolution-and-peacekeeping" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sous représentées et majoritairement exclues</a> des résolutions de conflits, des médiations, des négociations et de la signature des traités de paix. La violence des combats est historiquement masculine, et les corps des femmes deviennent des « <a href="https://www.un.org/fr/chronicle/article/les-conflits-armes-et-le-femmes-la-resolution-1325-du-conseil-de-securite-dix-ans-dexistence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">champs de bataille</a> », selon Rachel Mayanja, conseillère spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la parité des sexes et la promotion de la femme. Ce n’est qu’en 2000 que l’Organisation des Nations unies (ONU) rédige une résolution qui reconnaît l’impact exacerbé des conflits armés sur les civils, en particulier les femmes et les filles, et réaffirme l’importance indéniable de leur rôle dans la préservation de la paix et les résolutions de conflits. L’ONU rédige alors la <a href="https://www.un.org/womenwatch/ods/S-RES-1325(2000)-F.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">résolution 1325</a>, qui vise à garantir la protection et la pleine participation des femmes aux accords de paix. Bien que des <a href="https://www.un.org/fr/chronicle/article/les-conflits-armes-et-le-femmes-la-resolution-1325-du-conseil-de-securite-dix-ans-dexistence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">progrès aient été faits</a>, encore aujourd’hui, les horreurs de guerre qui touchent les civils, au Proche-Orient et en Ukraine par exemple, maltraitent doublement les corps des femmes et des filles.</p>



<p><strong>Violences au Proche-Orient</strong></p>



<p>La violence s’abat sur les israélien·ne·s et palestinien·ne·s depuis le 7 octobre dernier. Des femmes, des hommes et des enfants sont assassiné·e·s et torturé·e·s. Les femmes et les filles sont également victimes de violences sexuelles et de viols, des actes qui en plus d’être la cause de polytraumatismes individuels, ont des conséquences terribles à long terme sur les populations. Lors de son opération « Déluge d’Al-Aqsa », lancée le 7 octobre depuis la bande de Gaza par le Hamas, de nombreux·ses isréalien·ne·s sont pris·e·s en otages, dont de nombreuses femmes et des enfants, notamment lors de l’attaque de la <em><a href="https://www.washingtonpost.com/world/2023/10/08/israel-festival-attack-gaza-militants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rave party</a></em>. Le Hamas publie ensuite des <a href="https://www.europe1.fr/international/le-hamas-utilise-les-telephones-des-otages-pour-diffuser-les-videos-de-leur-assassinat-ou-enlevement-4208349" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">images horrifiantes</a> des enlèvements et des assassinats des femmes retenues en otages, dur rappel que cette guerre en est aussi une d’images. Les violences envers les femmes ont longtemps été utilisées comme arme de guerre, pour <a href="https://madame.lefigaro.fr/societe/actu/attaque-du-hamas-si-les-violences-a-l-egard-des-femmes-nous-interpellent-davantage-c-est-qu-elles-sont-faites-a-dessein-20231009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">humilier l’adversaire</a>. En filmant ses victimes, le Hamas matérialise le pouvoir qu’il tente d’avoir sur la population israélienne, dans un contexte où les femmes incarnent une certaine vulnérabilité aux yeux de toutes les sociétés et cultures historiquement patriarcales.</p>



<p>Le 9 octobre, en réponse aux attaques du Hamas contre Israël, le gouvernement de Netanyahou annonce un « <a href="https://www.reuters.com/article/israel-palestiniens-gaza-blocus-idFRL8N3BI5G3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">siège complet</a> » de la bande de Gaza, soit un blocus sur les entrées de nourriture, de carburant et d’eau, et la fermeture de tous les points de passage. La bande de Gaza était déjà assujettie à un blocus partiel depuis 2007. Ce siège empêche ainsi l’aide humanitaire de venir en aide à la population locale, et réduit considérablement les capacités des hôpitaux. L’ONU Femmes, qui vient en aide aux femmes et filles de Gaza depuis 1997, a publié un<a href="https://www.unwomen.org/en/digital-library/publications/2023/10/un-women-rapid-assessment-and-humanitarian-response-in-the-occupied-palestinian-territory" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> rapport</a> selon lequel la crise mène à « <em>des risques et degrés plus élevés de violences envers les femmes et les filles </em>, <em>des pertes de terres et de logements</em> <em>qui impactent plus sévèrement les foyers dirigés par des femmes (notamment en raison de lois en Palestine qui imposent aux femmes</em> <em>d’être sous la protection et la tutelle des hommes </em>(<em>tdlr</em>) ». Il y aurait également des « <em>risques plus élevés d’exploitation sexuelle, de trafic de personnes et de mariages forcés </em>».</p>



<p>Les femmes âgées, particulièrement celles vivant avec un handicap, feront face au degré de violence et de négligence le plus élevé. Les structures sociales et économiques palestiniennes et israéliennes aggravent les conséquences du conflit pour les femmes, notamment les femmes déplacées. L’ONU Femmes révèle également le 20 octobre 2023 que <a href="https://www.unwomen.org/en/news-stories/feature-story/2023/10/facts-and-figures-women-and-girls-during-the-war-in-gaza" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">50 000 femmes</a> situées dans la bande de Gaza sont enceintes, dont 5 522 qui devraient mettre au monde leur enfant dans le mois qui vient.</p>



<p>Malgré les condamnations des organisations internationales, les violences envers les femmes dans les conflits armés de nos jours sont particulières et renforcent leur vulnérabilité face au conflit, même lorsqu’elles ne sont pas le produit de stratégies de guerre.</p>



<p><strong>Le viol comme arme de guerre</strong> </p>



<p>Les viols massifs en temps de guerre ne sont pas seulement les conséquences des barbaries et cruautés des soldats plongés dans la violence ; ils constituent également une stratégie de guerre délibérée pour inciter la population ennemie à se soumettre. Ces atrocités, qui brisent silencieusement les populations féminines, constituent un « <a href="https://www.unwomen.org/sites/default/files/Headquarters/Media/Publications/UNIFEM/EVAWkit_06_Factsheet_ConflictAndPostConflict_fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">secret </a>» de l’histoire qui touche toutes les cultures. Margot Wallström, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la violence sexuelle en situation de conflit entre 2010 et 2012, <a href="https://www.unwomen.org/sites/default/files/Headquarters/Media/Publications/UNIFEM/EVAWkit_06_Factsheet_ConflictAndPostConflict_fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">avait justement dénoncé</a> que « le viol n’a pas de culture, il n’y a que des cultures de l’impunité ». Pramila Patten, qui occupe la même position que Margot Wallström en 2023, affirme dans un <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/113219-002-A/les-violences-faites-aux-femmes-comme-arme-de-guerre/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">documentaire Arte</a> que les chiffres référençant les violences sexuelles et les viols ne reflètent jamais la réalité, car il s’agit d’un des crimes les plus silencieux, auquel la communauté internationale ne prête pas assez attention, et qui reste ainsi, dans la majorité des cas, impuni. Les viols systématiques des femmes et des filles furent notamment perpétrés en Bosnie, au Congo, en Syrie, en Irak, au Nigeria et en Ukraine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le viol n’a pas de culture, il n’y a que des cultures de l’impunité »</p>
<cite>Margot Wallström, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies</cite></blockquote>



<p>En 1949, le viol comme stratégie de guerre est reconnu et condamné pour la première fois dans la <a href="https://violences-sexuelles.ifjd.org/droit-international/femmes-en-temps-de-conflit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Convention de Genève</a>, sans pour autant qu’un plan d’action pour lutter contre l’horreur soit mis en place. La première condamnation concrète remonte à 1994 lorsque la Cour Pénale Internationale, qui reconnaît le viol comme crime de guerre, juge le génocide rwandais, et parle de « <a href="https://www.un.org/fr/preventgenocide/rwanda/supporting-survivors.shtml" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">viols systématiques</a> ». Des centaines de milliers de femmes avaient alors été victimes de viols et les conséquences dévastatrices de ces horreurs sont difficiles à quantifier. Néanmoins, cette arme de guerre des plus inhumaines ne s’est pas arrêtée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les mots pleins d’humanité et de raison n’ont aucun pouvoir face à la violence brutale des armes, tant que l’impunité perdure et que les violences demeurent invisibilisées »</p>
</blockquote>



<p>À partir de 2009, au Nigeria, <a href="https://www.usip.org/sites/default/files/SR308.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Boko Haram</a>, une secte djihadiste armée, capture des milliers de femmes qui deviennent des esclaves sexuelles, sont mariées de force et soumises à des violences extrêmes. Puis, après avoir libéré de nombreuses femmes, l’armée nigérienne les soumet, à partir de 2013, à des avortements forcés, considérant les enfants des viols de Boko Haram comme de <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/113219-002-A/les-violences-faites-aux-femmes-comme-arme-de-guerre/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">potentiels futurs terroristes</a>. Les femmes et filles nigériennes se sont ainsi retrouvées piégées entre des violences sexuelles systématiques, infligées par des groupes ennemis aux idéologies patriarcales pourtant sœurs.</p>



<p>Aujourd’hui, en Ukraine, <a href="https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2023-05-17/en-ukraine-le-viol-comme-arme-de-guerre.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de nombreux témoignages</a>, tout aussi glaçants les uns que les autres, commencent à dénoncer les violences sexuelles et viols que les femmes ukrainiennes subissent. Comme le révèlent certains récits, il pourrait aussi s’agir de violences systématiques.</p>



<p>Le féminisme devient une préoccupation moindre en temps de guerre, quand les populations tentent avant tout de survivre. Le combat féministe est alors souvent annihilé. La cruauté humaine, exacerbée en temps de guerre, laisse libre court à la domination physique masculine. Les mots pleins d’humanité et de raison n’ont aucun pouvoir face à la violence brutale des armes, tant que l’impunité perdure et que les violences demeurent invisibilisées. Le corps des femmes ne peut pas toujours être le déversoir de la haine, et tandis que l’on s’arrache à justifier les actes des uns et des autres ; ce sont toujours les civils, les femmes, les enfants et les classes sociales défavorisées qui en subissent les conséquences à long terme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/25/victimes-invisibles-des-conflits-armes/" data-wpel-link="internal">Les victimes invisibles des conflits armés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’obsession pour le corps féminin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/27/lobsession-pour-le-corps-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophesse]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[corps féminin]]></category>
		<category><![CDATA[obsession]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52463</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le regard masculin dans l’art, le cinéma et la société de consommation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La série <em>The Idol, </em>réalisée par Sam Levinson (<em>Euphoria</em>), est l’objet de nombreuses controverses, car elle présenterait Lily Rose Depp comme l’objet de fantasmes érotiques masculins obscènes. Cette hypersexualisation du corps féminin est en effet exacerbée dans la série, mais elle est à l’image de l’obsession généralisée de nos sociétés capitalistes pour le corps féminin.</p>



<p>Autant convoité que contrôlé, le corps féminin obsède, et ce depuis toujours. Simone de Beauvoir dans <em>Le Deuxième Sexe </em>revient sur l’histoire du rapport humain au corps féminin, pour son caractère maternel, menstruel et sexuel. Elle démontre la façon dont la domination masculine s’est instaurée sur ce corps, dans différentes cultures et par de nombreux moyens, autour de rites et de croyances qui le vénéraient et lui inculquaient des lois. Tandis qu’elle revient sur les éléments qui ont construit la domination masculine sur le corps féminin, nous examinerons plutôt certaines sphères modernes dans lesquelles cette obsession se retranscrit. Pourquoi dit-on toujours que le corps féminin est beau, parfois même qu’il est une œuvre? Comment le corps, la part la plus intime de notre être, est-il devenu débat de société, source de revenus, symboles artistiques et politiques? Sujet d’une iconophilie parfois maladive, l’art et le capitalisme ont compris que les images de ce corps valent bien souvent mille arguments ou innovations brillantes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Pourquoi dit-on toujours que le corps féminin est beau, parfois même qu’il est une œuvre? »</p>
</blockquote>



<p><strong>Pourquoi c’est beau?</strong></p>



<p>Entre 130 et 100 avant J.-C., <em>La Vénus de Milo </em>incarnait déjà la vénération pour une perfection corporelle féminine modélisée par un homme, Alexandros d’Antioche. Vénus est entre autres la déesse de la beauté, et son existence même met en évidence le lien que les hommes font entre beauté visuelle et féminité. Et à travers les époques, le sujet féminin, dénudé, érotisé ou fantasmé, est représenté massivement par les artistes peintres, dessinateurs et sculpteurs. Sandro Botticelli, considéré comme une référence en représentation de la « beauté », s’est également attelé à la peinture d’une Vénus nue, devenue célèbre, dans son œuvre <em>La Naissance de Vénus</em>, datant de 1484–85. Ces œuvres racontent une part de l’histoire de l’obsession pour un corps féminin. Les hommes, ayant longtemps dominé le monde de l’art, avaient ainsi une suprématie sur les images produites, définissant les règles du beau à l’image de leurs désirs hétérosexuels. Il n’en demeure pas moins que ces règles perdurent et inspirent nos sentiments face aux images. Les spectateur·rice·s furent habitué·e·s au spectacle de la nudité féminine fantasmée par les artistes hommes ; ils·elles apprirent à l’apprécier aussi, quelle que soit leur attirance originelle pour ce corps. Maintenant, tout le monde s’extasie de la « beauté de ce corps » et notre intimité, politiquement et socialement contrôlée, est fièrement exposée dans les musées. Les <em>Guerrilla Girls</em>, un collectif d’artistes féministes fondé à New York en 1985, s’insurgent du paradoxe de nos sociétés occidentales capitalistes qui discriminent les femmes, mais vénèrent leurs corps sexualisés. Elles ont créé l’oeuvre <em>Do women have to be naked to get into the Met Museum? </em>(<em>Les femmes doivent-elles être nues pour entrer dans le Met? </em>(<em>tdlr</em>) représentant une femme nue de dos avec une tête de gorille et l’inscription suivante : «&nbsp;Moins de 5% des artistes des sections d’art modernes du musée sont des femmes, mais 85% des nus sont féminins. » L’art, dont les règles ont longtemps été masculines, façonne notre façon d’aimer et de regarder le monde. Il est en partie à l’origine de cette obsession pour le corps féminin – non pas celui qui nous permet d’exister brillamment et courageusement – mais le corps sexualisé, déformé par les filtres des aspirations masculines hétérosexuelles.</p>



<p><strong>Le regard masculin dans le cinéma</strong></p>



<p>Dans le cinéma aussi, les personnages féminins imaginés ne sont souvent que de simples coques qui se dénudent pour le plaisir d’une audience qui a appris à aimer cette chair. L’obsession de la caméra pour les courbes féminines est telle, qu’elle fut théorisée par la critique de cinéma, réalisatrice et féministe britannique Laura Mulvey, à l’origine de la conceptualisation du <em>male gaze </em>(regard masculin) dans le cinéma. Elle rédige en 1973 l’essai <em>Plaisir visuel et cinéma narratif</em>, qui théorise ce <em>male gaze </em>qui projetterait sur la figure féminine à l’écran ses fantasmes et empêcherait les personnages féminins d’exister au-delà des regards libidineux. Les personnages féminins sont filmés à travers le regard envoûté d’un homme hétérosexuel, et nous apprenons tous·tes, dans nos sièges de cinéma, à désirer ces corps. Jean-Luc Godard filmait Brigitte Bardot dans <em>Le Mépris </em>sur son lit de fourrure blanche, complètement nue, pas tout à fait dévoilée pour préserver le désir de l’audience. Dans <em>Mektoub My Love: Cuanto Uno </em>Abdellatif Kechiche, moins subtil, réalise un gros plan de plusieurs minutes des fesses dansantes d’un de ses personnages féminins. Et ces quelques exemples ne sont rien, car le <em>male gaze </em>est présent dans la majorité écrasante des œuvres cinématographiques. Le cinéma a la particularité de n’exister qu’à travers la caméra, qui incarne une forme de regard voyeur et assouvit notre scopophilie, soit le plaisir de posséder l’autre par le regard. Le voyeurisme, lorsque masculin, perpétue alors naturellement l’obsession pour le corps féminin. Les réalisateur·rice·s doivent ainsi particulièrement questionner leur façon de filmer. Ne pas laisser place à la sexualisation du corps féminin à l’écran demande un raisonnement actif.</p>



<p><strong>Ce corps est capital</strong></p>



<p>L’obsession pour le corps féminin perdure parce que le capitalisme, qui régit nos comportements dans les sociétés occidentales, s’est emparé de cette obsession et l’alimente, car elle est une source de revenus immense. Tandis que certain·e·s achètent les produits promus par des femmes pratiquement nues, d’autres achètent les produits qui leur permettraient d’être l’objet de cette obsession. Le monde de la mode crée des icônes qui n’existent que par leurs corps aux yeux du monde. La maison de mode Coperni a réalisé en 2023 lors de la <em>Fashion Week </em>de Paris une performance au cours de laquelle deux hommes projettent sur Bella Hadid, originellement dénudée, un liquide blanc qui forme une robe qui épouse et dévoile toutes les courbes de son corps. Cette performance, qui joue avec la fétichisation du corps de la mannequin, est à l’image de la façon dont l’industrie de la mode, comme bien d’autres industries capitalistes, profite de l’obsession générale du public pour le corps féminin. Ce corps sexualisé est partout, sur les panneaux publicitaires, à la télévision ou sur les réseaux sociaux, car il fait vendre. Nous aimons tous·tes scruter ce corps, privé de son caractère intime, devenu public, bien commun. Et pour nous, une grande question se pose alors : comment se le réapproprier? Comment refuser qu’il soit le sujet de tous les débats quand il est affiché dans la rue, exposé comme une table à vendre?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Et ces quelques exemples ne sont rien, car le <em>male gaze </em>est présent dans la majorité écrasante des œuvres cinématographiques&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>Le mouvement « <em>body-positive </em>» a aidé à diversifier les critères de beauté et permet maintenant à de nombreuses femmes de s’émanciper des représentations étouffantes de corps uniformisés. Néanmoins, il perpétue le besoin de faire rentrer nos corps dans la case du « beau », comme s’ils n’existaient que par le regard que la société portent sur eux, tandis qu’ils nous permettent avant tout de vivre, d’évoluer, de réfléchir, d’explorer, de s’améliorer et d’avancer. Le corps est le véhicule qui nous accroche à la réalité physique du monde, il n’existe pas pour être beau. Bien que les industries capitalistes tendent à nous faire acheter des produits pour rendre nos corps beaux avant tout, ils ont surtout besoin d’être forts et en bonne santé pour résister à la vie.</p>



<p>L’obsession pour le corps féminin ne devrait pas définir la façon dont nous voulons exister pour le monde. Les images irréalistes n’ont rien de la vivacité de notre chair.</p>



<p></p>
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		<title>Au malheur des dames</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/20/au-malheur-des-dames/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique créative d’une vendeuse pour une grande marque de Fast-Fashion.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le temps d’un été, j’ai été vendeuse pour une grande marque de <em>fast-fashion</em>. J’ai plongé dans un monde dont j’espérais déjà peu, mais qui m’a inspiré ce texte qui laisse transparaître avant tout ce que la vente massive de vêtements en plastique a provoqué en moi. Quand je le relis, il me donne des impressions de <em>Au Bonheur des Dames</em>, de Zola un peu trop moderne. Je voudrais que vous, lectrices et lecteurs, puissiez prendre le contrôle de mes yeux, quelques instants, et réalisiez comme je l’ai fait il y a un an, que ce monde de paillettes de pétrole, de couleurs aux teintes toxiques, et aux effluves microplastiques ne vous veut pas du bien. Il veut votre argent.</p>



<p><strong>Ce qui compte, c’est la masse</strong></p>



<p>On vend des vêtements, des vêtements qui ne trouvent leur valeur que dans la quantité. Vendre plus, tout le temps, c’est tout ce qui importe. Un vêtement seul ne vaut rien. Les bouts de tissu en plastique s’accumulent, ils coûtent quelques centimes à la production, et ruinent les clientes qui ne peuvent résister aux mille et une pièces qui se volent la vedette sur les réseaux sociaux.</p>



<p>Nous, les vendeuses, pas tout à fait exploitées, mais sans cesse maltraitées, on nous apprend à faire briller ces objets sans valeur, cacher le moche, cacher les cadavres des étiquettes « <em>Made in China </em>». On envoie un vêtement dans le carton à produits défectueux, à la moindre tache, au moindre fil qui dépasse, sans le besoin de demander l’accord de qui que ce soit. Aussitôt produit, aussitôt jeté. Le vêtement ne vaut rien. Ce qu’il faut, c’est pouvoir le vendre. Alors on laisse les clientes acheter, puis rendre des articles sans limite, l’achat doit créer chez elles une compulsion, voire une addiction.</p>



<p>Elles ne viennent ni pour le service, ni pour la qualité ou pour le nom. Elles reviennent machinalement à l’infini, programmées par la consommation.</p>



<p>Elles viennent pour l’endorphine libérée par l’abondance de produits à la pointe de la mode, pour le plaisir d’acheter des produits bradés, pour le plaisir d’acheter ce qui a l’apparence, mais en rien le caractère, du luxe.</p>



<p>Alors, pour la vendeuse, la cliente est sans importance. Ce qui compte, c’est la masse. Il faut pouvoir la gérer, en cabine, en caisse, en rayon. Apprendre à la dompter, à répondre à la demande au plus vite. L’amadouer est inutile, elle achètera le produit quel qu’il soit. Il faut aller au plus vite, chaque mouvement doit être rentable. Ne pas descendre en réserve pour un produit qui ne vaut rien, préférer remettre les produits en rayon ou être disponible en caisse, pour ce qui compte le plus : l’entrée massive de l’argent. La vie humaine vaut de l’or ici, littéralement précieuse comme des pièces de monnaie. </p>



<p>Rassurez-vous esclaves d’usines, vendeuses maltraitées et clientes manipulées, votre perte sera le gain de vos maîtres, qui vous exploitent pour acheter.</p>



<p>Elles me faisaient peur les clientes. Assoiffées de couleurs vives, de faux cuir et de fourrures. </p>



<p>Elles veulent consommer toujours plus, toujours plus vite. Elles arrivent frénétiquement pendant leur pause déjeuner, le soir avant de rentrer chez elles, avant un rendez-vous important ou un spectacle.</p>



<p>Elles n’ont pas le temps pour les courtoisies, alors vous apprenez vite à les oublier.</p>



<p>La réponse à la demande compte, mais pas la façon dont vous y répondez.<br>On vous chamboule, on vous maltraite. On oublie que parmi ces vêtements de basse qualité, vous êtes des humains à la valeur indiscutable.</p>



<p></p>



<p>Les vêtements sont jetés, déchirés, tachés, balancés, bazardés, retournés. Votre travail est sans cesse bafoué. Vous êtes dans l’éternel recommencement du mythe de Sisyphe. Remonter des tonnes de vêtements au troisième étage, les ranger, pour qu’à peine fini, tout soit à recommencer. Tout doit être remonté, rangé, plié, une nouvelle fois. Et cela se répète. Encore et encore.</p>



<p class="has-text-align-center">« Rassurez-vous esclaves d’usines, vendeuses maltraitées et clientes manipulées, votre perte sera le gain de vos maîtres »</p>



<p>Les clientes ne savent rien de ce que cachent des vêtements si jolis, si mignons, qui donnent tant de caractères à nos apparences fades.<br>Ou ne veulent-elles rien savoir ?<br>Elles sont là pour quinze minutes de leur journée, pendant lesquelles le monde ne s’arrête pourtant pas de tourner.</p>



<p>La planète se meurt encore pendant ces quinze minutes, des enfants travaillent et le pétrole étouffe encore ce qui n’a pas déjà été tué. Quinze minutes vite oubliées, par celles qui ignorent que le déni ne pourra pas toujours les protéger.</p>



<p>À la caisse, elles demandent des tonnes de sacs, des tonnes de factures, un sourire aux lèvres, comme si le papier qui en coulait le faisait singulièrement, alors qu’il tombe par kilomètre chaque journée.</p>



<p></p>



<p>Une cliente à qui j’ai expliqué pourquoi il était impossible d’essayer plus de six articles en cabine m’a répondu&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Mais moi je m’en fous, je suis égocentrique ». Une à qui j’ai proposé de descendre au rayon hommes car la file d’attente de ma caisse était trop longue, m’a rétorqué qu’elle avait la flemme et que ce n’était pas son problème. Une à qui j’ai expliqué que les cabines étaient fermées, sans quoi nous ne finirons jamais à l’heure, a crié : « Je m’en fous, je veux acheter, je dois acheter. »</p>



<p>Il n’y a rien de plus humain que de désirer terriblement d’être regardé, admiré, convoité. À l’infini. Que de rêver d’être l’objet des discussions enjouées de nos conquêtes imaginaires. Et les miroirs des magasins savent nous parler, nous dire combien cette paire de chaussures saura réparer nos cœurs brisés d’avoir été mal-aimée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il n’y a rien de plus humain que de désirer terriblement d’être regardé, admiré, convoité. À l’infini.»</p>
</blockquote>



<p>Mais puis-je vraiment me trouver belle dans cette robe qui ne reflète que la laideur de ce monde? Cette robe rouge du sang versé par le travail forcé et qui une fois démodée finira probablement dans un désert, pollué à la mort. À la mort des habitants locaux. Je ne serai pas esclave des couleurs immondes qui prétendent me donner de la valeur, esclave d’un système qui exploite et détruit.</p>



<p>Si je dois être belle, je le serai au nom de la vérité.</p>



<p><br></p>



<p><br><br></p>
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		<title>S’engager sans perdre le Nord</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/sengager-sans-perdre-le-nord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Diri(gente)]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Association étudiante de l&#039;Université de McGill]]></category>
		<category><![CDATA[clubs]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête : associations et clubs étudiants à McGill.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Des centaines de clubs</strong></p>



<p class="has-drop-cap">Quand je suis arrivée à McGill, l’immense variété de clubs et d’opportunités m’a complètement déboussolée. Je voulais explorer les possibilités, mais face à leur abondance, j’étais paralysée. Et il y a de quoi l’être, l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) gère plus de 230 clubs, couvrant des sujets aux antipodes et proposant à différentes communautés de se retrouver, et d’ affirmer leur présence sur le campus. Par où commencer… Probablement par la Soirée des Activités (<em>Activities Night</em>) qui aura lieu ce mercredi 13 et jeudi 14 septembre de 15h à 20h, qui permet de littéralement sillonner entre les clubs, qui font valoir leur identité et vous convaincront peut-être de les rejoindre.</p>



<p>Le but lorsque l’on s’engage est avant tout de trouver sa place, au sein d’une communauté qui nous représente et nous permet de développer des compétences en fonction de nos centres d’intérêts. Certains clubs à McGill sont organisés et développés d’une façon impressionnante, y appartenir donne de vraies responsabilités qui s’inscrivent dans le concret. Les conférences <em>McGill Model United Nations Assembly </em>(McMun) ou <em>Secondary Schools’ United Nations Symposium </em>(SSUNS) accueillent par exemple chaque année des milliers d’étudiantes et étudiants de toute l’Amérique du Nord. Ils·elles viennent participer à ces simulations des Nations unies réputées, et elles sont entièrement organisées et dirigées par des étudiant·e·s de l’Université McGill. Les enjeux sont grands, alors ces expériences apportent des apprentissages uniques que l’on ne trouverait jamais dans les livres.</p>



<p class="has-text-align-center">« Je voulais explorer les possibilités, mais face à l’abondance j’étais paralysée »</p>



<p>Il y a aussi les clubs qui représentent des communautés marginalisées, des minorités ethniques, géographiques ou religieuses, et qui peuvent créer un réel sentiment d‘ appartenance au sein d’une université si grouillante d’étudiant·e·s qu’elle en devient impersonnelle. Faire partie d’un club peut permettre de compléter des enseignements, mais aussi d’aider à trouver une communauté au sein de laquelle on se sent exister. Il ne faut pas hésiter à essayer, mais ne pas non plus se perdre en surchargeant son emploi du temps. </p>



<p>Comment éviter de s’écrouler sous le poids des impératifs? <em>Le Délit </em>a rencontré Lucille Applegate, une étudiante en troisième année très impliquée depuis sa première année dans de nombreux clubs qui lui ont donné de belles responsabilités, et enseigné beaucoup. Elle nous parlera aussi des difficultés qu’elle a rencontrées, et du cheminement qui l’amène à trouver le bon équilibre.</p>



<p><strong>Une étudiante (très) impliquée</strong></p>



<p>Depuis sa première année, Lucille est très impliquée au sein de nombreux clubs, et occupe des positions à responsabilités qui lui demandent du temps. Elle a commencé en devenant vice-présidente des Affaires externes du <em>First Year Council </em>de l’AÉUM, dès son arrivée à l’Université. Dès la session d’hiver de sa première année, elle a fait partie de l’équipe de délégation de simulation des Nations unies de l’université, qui se réunit tous les samedis matins et demande beaucoup de travail en dehors de ces réunions. Puis, durant cette même session, elle fut désignée pour organiser les événements qui ont lieu durant la conférence SSUNS pour des milliers d’étudiant·e·s du secondaire pendant quatre jours en novembre. Lucille choisit ses engagements en fonction de deux critères : elle veut « relever des défis et rencontrer de nouvelles personnes, qui lui ressemblent et qui l’inspirent ». Pour ces raisons, elle a également décidé d’être coordinatrice de la logistique du Frosh de la Faculté des arts cette année, qui fut « avec mon expérience à SSUNS, mon engagement préféré, car incroyablement gratifiante ».</p>



<p><strong>Le bon équilibre</strong></p>



<p>Faire partie d’autant de clubs tout en poursuivant des études à l’Université McGill peut être compliqué à gérer, logistiquement, mais aussi mentalement. Lorsque l’on s’engage dans un club, il n’est jamais possible d’être complètement conscient·e du temps que cela va prendre, d’autant plus pendant la première année, alors que tout est découverte. Lucille nous confie qu’il est déjà arrivé que « mes engagements prennent le dessus sur mes études et que cela ait un effet sur mes notes ». Il a toujours été important pour elle de ne pas laisser tomber les gens avec qui elle travaille, car contrairement au cours, dans un club, si l’on ne remplit pas sa part, le travail retombe souvent sur quelqu’un d’autre. Elle considère d’ailleurs le sens des responsabilités que cela lui a donné comme le plus grand enseignement que ses engagements lui ont apporté. Avec le temps, elle a appris que les études et la santé mentale sont les vraies priorités. Lorsque cela devient trop, « il ne faut pas hésiter à communiquer avec les autres membres du club, car nous sommes tous·tes des étudiant·e·s avant tout ». Finalement, il faut savoir prendre des pauses et prendre soin de soi.</p>



<p><br>Après s’être essayée à de nombreux clubs et engagements différents, Lucille nous a donné un conseil pour celles et ceux qui veulent s’impliquer dans un club. Elle m’a répondu : « Osez vous lancer. Le but n’est pas de tout savoir avant d’essayer, les clubs sont là pour nous apprendre, et ils sont parfois des révélations. » Lucille a appris le sens du devoir envers les autres et envers elle-même, mais aussi l’organisation. En construisant des projets avec d’autres, elle a pu vivre l’esprit de communauté, qui peut parfois être difficile à trouver au sein d’une si grande université.</p>



<p><strong>Et <em>Le Délit</em>?</strong></p>



<p>Faire partie du <em>Délit </em>est également une expérience particulière qui donne de nombreuses responsabilités et demande beaucoup de temps. En effet, le journal paraît toutes les semaines et assume le rôle d’être la première plateforme d’informations francophones sur le campus de McGill, les éditrices et éditeurs doivent ainsi toujours assumer leur part de travail. Nous avons de ce fait demandé à notre rédacteur en chef depuis la session d’hiver 2023, Léonard Smith pourquoi et comment il occupait cette position si importante pour notre fonctionnement, à côté de ses études. Il dit considérer le <em>Délit </em>comme un apprentissage à part entière et unique, que les études ou la vie professionnelle ne permettraient jamais. Il précise : « Je considère le <em>Délit </em>comme un processus au sein duquel on est amené à être en constant apprentissage. C’est une expérience unique en son genre de travailler dans une association à but non lucratif mais qui a tout de même les moyens de diffusion à sa disposition pour rejoindre le lectorat chaque semaine. »</p>



<p class="has-text-align-center">« Faire partie du <em>Délit </em>est également une expérience particulière qui donne de nombreuses responsabilités et demande beaucoup de temps »</p>



<p>Concernant la nature même de notre club, qui nous forme au métier de journaliste par le fait même de la pratique et de l’entraide, il ajoute : « Cela nous amène à nous confronter à une diversité de propositions, que ce soit de la part des membres de l’équipe ou des contributeur·rices en réévaluant et en questionnant constamment nos propres opinions. Le <em>Délit </em>est un endroit propice au partage et à l’entraide. On exerce notre esprit critique au quotidien, et il n’y a pas de formations similaires pour les journalistes en devenir à McGill. »</p>



<p>Faire partie de clubs est une expérience unique qui vient compléter l’enseignement universitaire d’une façon plus personnelle, qui nous ressemble. </p>
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		<title>La lanceuse d’alerte américaine Reality</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/la-lanceuse-dalerte-americaine-reality/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Elections présidentielles]]></category>
		<category><![CDATA[femme americaine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51954</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait : Reality Winner ou l’Américaine qui contra le gouvernement américain.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans ma volonté de donner une plus grande visibilité aux films réalisés par des femmes, en réponse aux barrières financières et sociales encore trop importantes auxquelles celles-ci sont soumises, je suis allée voir le premier film de Tina Satter, sorti au moi d’août : <em>Reality</em>. Le film s’inscrit d’une façon quelque peu déroutante dans la réalité, étant entièrement basé sur l’enregistrement d’une heure et vingt minutes de l’interrogatoire d’une Américaine des plus normales, nommée Reality. Le titre réfère à l’histoire de cette femme ayant réellement existé, et qui s’est vue interrogée par le Bureau fédéral d’enquête américain (FBI), le samedi 3 juin 2017, avant de voir sa maison être fouillée de fond en comble. Tout semble anodin : elle possède des animaux de compagnie, habite dans un petit pavillon, donne des cours de yoga, et les agents du FBI s’assurent sans aucune agressivité de son confort. Néanmoins, ils sont là pour l’interroger.</p>



<p><strong>Qui est Reality?</strong></p>



<p>Reality Winner ne donne pas seulement des cours de yoga, comme on le découvre au fil de l’interrogatoire. À 25 ans, elle est vétérante de l’US Air Force et est maintenant linguiste pratiquant le farsi et le pachto (langues parlées notamment en Iran et au Pakistan). Elle travaille ainsi pour <em>Pluribus International Corporation</em>, une entreprise sous-traitante pour l’Agence Nationale de Sécurité (NSA) américaine. Tandis que les intentions des agents semblent des plus honnêtes, ils finissent tout de même par lui soutirer plusieurs informations cruciales. Le travail qu’elle occupe lui donne accès à des documents classés « <em>secret défense </em>», un sujet qui semble particulièrement les intéresser. La fiction n’a parfois rien besoin d’inventer, la réalité étant si surprenante. En un peu plus d’une heure, sans une once d’hostilité, les deux agents parviennent à faire avouer à Reality ce pourquoi elle sera ensuite arrêtée. Elle a imprimé et sorti de son lieu de travail de façon illégale un rapport qu’elle a volontairement recherché, pour ensuite l’envoyer aux reporters du journal <em>The Intercept</em>, risquant ainsi sa carrière, mais s’exposant surtout à de lourdes répercussions légales, parfaitement consciente des conséquences qui pouvaient s’ensuivre.</p>



<p class="has-text-align-center">« Tout semble anodin : elle possède des animaux de compagnie, habite dans un petit pavillon, donne des cours de yoga, et les agents du FBI s’assurent sans aucune agressivité de son confort. Néanmoins, ils sont là pour l’interroger »</p>



<p class="has-text-align-left"><strong>2017 : les enquêtes sur l’élection de Trump</strong></p>



<p>En 2017, les journalistes américain·e·s délibèrent sur les plateaux télévisés au sujet d’enquêtes inachevées, lancées notamment <a href="https://www.reuters.com/article/usa-trump-russie-idFRKBN1CZ0DM-OFRTP" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">par le procureur Robert Mueller</a>. Des doutes autour des élections présidentielles de 2016 naissent dans une société américaine qui se polarise : la démocratie est remise en question. L’élection du président américain Donald Trump aurait été truquée (présumément en sa faveur) en raison d’une supposée ingérence russe. Donald Trump a d’ailleurs tenté de réutiliser cet argumentaire en son avantage, ce qui est relativement très contradictoire.</p>



<p>Dans ce contexte, Reality Winner vit une terrible frustration : elle a accès à des documents qui pourraient fournir des réponses, des réponses qu’elle estime essentielles pour ses compatriotes américains. Alors, elle fait ce que notre conscience nous pousse irrépressiblement à faire face à une réalité légale nationale injuste : elle devient hors-la-loi au nom de la justice américaine. Les documents confidentiels qu’elle envoie à <em>The Intercept </em>attestaient de l’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump en 2016. Plus précisément, ils prouvaient la tentative de pirates informatiques russes de contrefaire un fournisseur de machines de votes. Des informations essentielles, qui pouvaient remettre en question la valeur de la démocratie américaine, des informations auxquelles le public n’aurait pas eu accès sans l’action courageuse d’une individue, qui sacrifia sa liberté pour demeurer fidèle à ses idéaux. Le geste posé par Reality la condamne à cinq ans et trois mois de prison en 2018. Ce faisant, elle devient la première personne inculpée au motif de l’<em>Espionnage Act </em>de 1917. Les nombreuses pétitions et la demande de grâce au Président n’auront servi à rien, mais elle est libérée de façon anticipée pour <a href="https://www.nytimes.com/2021/06/14/us/politics/reality-winner-is-released.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bonne conduite en 2021.</a> Elle demeure néanmoins en centre de réinsertion pendant un moment.</p>



<p class="has-text-align-center">« Des informations essentielles, qui pouvaient remettre en question la nature de la démocratie américaine, des informations auxquelles le public n’aurait pas eu accès sans l’action courageuse d’une individue, qui sacrifia sa liberté pour demeurer fidèle à ses idéaux »</p>



<p><strong>Une femme contre l’état américain</strong></p>



<p>Le film de Tina Satter ne se contente pas de relayer l’histoire trop peu connue d’une femme qui s’est sacrifiée au nom de la vérité, il révéle également une réalité plus subtile. L’art permet d’exposer une vision, un parti pris, dans le cas du documentaire, ou ici du <em>docudrama</em>. La réalisatrice utilise des effets stylistiques pour révéler la perversité des méthodes utilisées par le FBI, qui prennent Reality au dépourvu et manipulent ses réponses jusqu’à ce qu’elle offre une confession. Les agents empruntent des airs dignes de confiance, pour finalement imposer leur domination et lui faire comprendre qu’elle n’a en réalité aucun pouvoir sur la situation, qu’ils savent déjà tout. Ils veulent simplement comprendre la motivation derrière ses actes. Du moins c’est ce qu’ils prétendent.</p>



<p>Les contre-plongées de la caméra, les ralentis et les gros plans explicitent également la position dans laquelle Reality se trouve vraiment. Elle est une femme, seule, plutôt petite, incertaine, face à deux hommes imposants physiquement, sûrs d’eux et armés. Elle est une individue sans pouvoir dans la société américaine, une femme manipulée par deux hommes qui la dominent en tout point. Sa vulnérabilité semble irréelle. Était-elle donc vouée à perdre en dévoilant ces documents? Rien ne pouvait apparemment la protéger.</p>



<p>Ce film et cette histoire m’ont menée à me poser de nombreuses questions. Les individu·e·s peuvent-ils·elles jamais contrer un État ou une institution sans le soutien de la population? Et si c’est le cas, n’est-il alors pas le rôle des journalistes, des artistes et des médias, que de révéler leur histoire au public? Les reporters de <em>The Intercept </em>n’auraient-ils·elles pas dû faire plus pour protéger Reality ou pour mieux relayer sa version des faits? Ont-ils·elles aussi été victimes de pression gouvernementales? Et n’est-ce pas la responsabilité de la population, notre responsabilité, que de se battre pour la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte? En ce qui me concerne, c’est pour cela que j’écris cet article, car maintenant que je connais l’histoire de Reality, il me semble qu’il est de mon devoir de la diffuser à mon échelle.</p>



<p><br></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/09/13/la-lanceuse-dalerte-americaine-reality/" data-wpel-link="internal">La lanceuse d’alerte américaine Reality</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Rape&#160;and&#160;Revenge</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/rape-and-revenge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophesse]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[male gaze]]></category>
		<category><![CDATA[rape revenge]]></category>
		<category><![CDATA[thelma et louise]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opinion : se réapproprier le cinéma.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/rape-and-revenge/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;Rape&nbsp;&lt;/em&gt;and&nbsp;&lt;em&gt;Revenge&lt;/em&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Avertissement : Cet article traite des sujets du viol et des violences sexuelles.</em></p>



<p class="has-drop-cap">Longues jambes dénudées, pistolets dans les porte-jarretelles, costumes de super-héroïnes moulants à en transpercer la peau, déhanchement sur la piste, le bouton de la chemise légèrement défait au bureau… Et puis, les gros plans, ceux qui nous font oublier que nous n’aimons pas tous·tes admirer les collines féminines, ceux qui nous font nous délecter – quelle que soit notre orientation sexuelle – de l’esthétique divine du corps féminin. La caméra nous permet de vivre des milliers de vie, à travers les yeux et les oreilles d’étranger·ère·s venu·e·s d’autres temps, d’autres univers. Seulement, il semble que la plupart du temps, dans les sièges en velours des salles de cinéma, nous devenons tous·tes des hommes hétérosexuels, et les femmes deviennent l’objet ultime, celui qui n’existe que pour le plaisir des yeux. Le cinéma n’a long- temps offert de représentation qu’à ce regard masculin, pour qui, le sang des blessures des plus grandes guerrières n’existait que pour faire pointer leurs tétons sous leur robe blanche incommodante et ridicule. Ce regard a joué un rôle important dans la construction de la culture du viol et a contribué à l’instrumentalisation des corps féminins. Nous avons tous·te·s appris à regarder ces femmes, Catwoman, Loana, la fée clochette ou Lara Croft, avec désir et envie, oubliant qu’elles étaient supposées être plus que de vulgaires corps. Pendant des années, le sous-genre cinématographique du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, souvent associé au cinéma d’horreur, allait au-delà, en érotisant l’une des plus grandes violences faites au corps : le viol. Ce sera le cas jusqu’à ce que l’histoire nous prouve que nous devons nous réapproprier nos représentations. Le regard féminin a su s’emparer de ce sous-genre pour le transformer en un fantasme jouissif de vengeance et de réparation sanglante. Pour les siècles de violences sexistes, mais surtout de sexualisation répugnante des personnages féminins au cinéma, le regard féminin aura réaligné la trajectoire de ce genre en se l’appropriant. La caméra, synonyme de pouvoir dans ce cas, permet de redessiner la femme, autrefois hypersexualisée dans l’oeil du public.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ce regard a joué un rôle important dans la construction de la culture du viol »</p>
</blockquote>



<p><strong>Viol et vengeance</strong></p>



<p>Le sous-genre cinématographique du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, souvent associé au cinéma d’exploitation, d’horreur ou encore au&nbsp;<em>thriller</em>, a longtemps reposé sur des codes profondément misogynes. Le scénario est fondé sur un ou plusieurs viols, suivi de la vengeance de la victime ou d’un·e de ses proches. Ce sous-genre parle de colère, une colère pour laquelle les femmes sont souvent stigmatisées. Il cherche à abattre les codes du genre pour offrir aux femmes des chemins d’expressions. Mais même sur ce terrain, les hommes sont parvenus à s’approprier ce genre pour le modeler à leur image, en lui donnant la forme de leurs fantasmes les plus fous. Dans&nbsp;<em>L’Ange de la vengeance&nbsp;</em>d’Abel Ferrara, sorti en 1981, l’héroïne nommée Thana devient tueuse à la chaîne après avoir subi plusieurs viols. Elle porte ses pistolets dans ses porte-jarretelles. Le cliché est si grotesque et misogyne, qu’on se demande comment Ferrara a pu filmer sérieusement cette représentation ridicule, presque caricaturée, d’une femme assoiffée de vengeance. Dans&nbsp;<em>Irréversible&nbsp;</em>de Gaspar Noé, la scène de viol est tout simplement insupportable, et la vengance, portée par Vincent Cassel, a les couleurs de la violence masculine et du duel chevaleresque vieux-jeu d’homme-à-homme. Les réalisateurs ne font pas vraiment le travail pointilleux de transcendance qui permet normalement à l’artiste de représenter avec justesse des expériences qu’il·elle n’a pas vécues. Ils abordent le viol d’un point de vue voyeur, la victime étant ainsi aliénée, doublement victime de nos regards. Lorsqu’un·e réalisateur·rice représente des violences sexuelles, il·elle a le devoir de se questionner. Tout le monde sait qu’un coup de poing fait mal; ainsi, il est impossible de rendre cette action attrayante, d’effacer la douleur qu’elle implique. Nous savons tous·tes que la violence n’a rien d’enviable. Pour ce qui est la violence sexuelle, c’est d’autant plus cruel car le sexe est censé être une source de plaisir. La douleur transperçante qui peut en découler n’est pas évidente pour tout le monde. Pour comprendre la gravité de cet acte, et en désérotisant cette violence, le cinéma peut contribuer à remanier les perceptions. Tandis que la justice reste stagnante à l’égard des viols au quotidien, le cinéma devient un outil pour crier cette rage légitime, née après des siècles passés sous la loi du silence. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Tandis que la justice stagne à l’égard des viols au quotidien, le cinéma devient un outil pour crier cette rage légitime née après des siècles passés sous la loi du silence »</p>
</blockquote>



<p><strong>Merci Thelma, merci Louise</strong></p>



<p><em>Thelma et Louise</em>, réalisé par Ridley Scott et sorti en 1991, raconte la cavale de deux femmes, Thelma et Louise, fuyant la police, mais surtout, le patriarcat. L’intrigue commence tandis que Louise tue, d’un coup de revolver,<br>un homme dans le stationnement d’une boîte de nuit, afin de sauver Thelma d’un viol. Le film est jouissif, et leur vengeance n’existe nullement pour le plaisir des hommes. Elle est sincère et libératrice : elles s’émancipent du patriarcat, pour personne d’autre qu’elles-même. Quand elles s’embrassent à la fin, on se doute que leur baiser est le symbole de leur détachement complet du regard masculin; elles existent pour elles, à deux. Quel que soit le regard de désir que les spectateurs auraient pu poser sur elles jusqu’à ce moment, elles signent pour de bon son illégitimité. En 1991, le premier film de&nbsp;<em>Rape and Revenge&nbsp;</em>libérateur a vu le jour. Puisque la justice n’apporte jamais réparation aux victimes dans la plupart des cas, Thelma et Louise se sauvent elles-mêmes, et leur cavale leur offre la puissance dont le viol et la police tentent de les priver. Après le mouvement&nbsp;<em>#MeToo&nbsp;</em>né en 2007, d’autres films de&nbsp;<em>rape and revenge&nbsp;</em>arborant un regard féminin puissant voient le jour.&nbsp;<em>Elle&nbsp;</em>de Paul Verhoeven ou encore&nbsp;<em>Revenge&nbsp;</em>de Françoise Coralie Fargeat, plus gore, plus violent, plus en colère. Les personnages féminins y sont entiers, dans tout ce que vous pouvez aimer ou détester. Elles jouent des personnages à la construction complexe, qui peuvent nous fasciner autant que nous effrayer. La caméra leur offre un champ d’expression ultime, où les rêves de vengeance les plus intimes qui hantent nos cœurs voient le jour. Elles violentent, tuent, humilient, frappent et regardent. Tandis que la réalité ne peut justifier ces actions, c’est là que le cinéma comme arme culturelle prend tout son sens.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les personnages féminins y sont entiers, dans tout ce que vous pouvez aimer ou détester »</p>
</blockquote>



<p>Les films de&nbsp;<em>Rape and revenge&nbsp;</em>sont une vengeance sanglante et radicale contre les représentations niaises et humiliantes qui ont enfermé les femmes dans des personnages soumis et superficiels. Ces films ne justifient pas la vengeance : ils expriment une colère viscérale, incomprise, et trop souvent remise en question. Ils provoquent avec insolence la justice, qui croit trop peu souvent les victimes, qui les diminue et les abandonne. La violence masculine fut toujours honorée à travers l’histoire du cinéma. Avec le genre du&nbsp;<em>Rape and Revenge</em>, un regard féminin s’affirme et prépare le terrain pour de prochains films, plus libérateurs encore. De nouvelles histoires s’écrivent, une page se tourne, et la caméra change de camp.&nbsp;</p>
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		<title>Violon, féminité et éducation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/03/22/violon-feminite-et-education/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Mar 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Diri(gente)]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait : deux violonistes s’attaquent à un morceau compliqué et nous parlent de leurs parcours. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cette semaine, Au Féminin s’est entretenu avec Marie-Claire Cousineau et Isabelle Bélanger-Southey, deux violonistes inspirantes qui joueront dimanche prochain, le 26 mars à 16 heures à l’église Saint-Pierre Apôtre, une pièce d’Eugène Ysaÿe, rarement interprétée dans le monde étant donné son niveau de difficulté élevé. Elles nous parlent de musique, mais aussi de féminité et de leur expérience en tant qu’enseignantes à l’école <em>Les Petits Violons </em>fondée par le père de Marie-Claire Cousineau. Une école qui vise à accompagner les élèves et à leur apprendre à jouer ensemble, plutôt que de les mettre en compétition.</p>



<p><strong><em>Le Délit (</em>LD<em>) </em></strong><em>: Pouvez-vous vous présenter brièvement et résumer votre parcours en quelques mots?</em></p>



<p><strong>Marie-Claire Cousineau (MCC) </strong>: Je suis la directrice de l’école <em>Les Petits Violons </em>mais aussi la fille du fondateur. Quand j’étais plus jeune, le violon était mon activité préférée de la semaine, de loin. Pour autant, je ne pensais pas que j’allais devenir violoniste dès le début. Au début, j’enseignais pour donneR un coup de main, puis je suis allée à l’université étudier le violon, et tout est venu naturellement. Quand on fait de la musique classique, plusieurs portes s’ouvrent : on peut décider de faire des concours, des auditions pour être dans un orchestre symphonique, faire de la musique de chambre. J’avais décidé de faire de l’enseignement tôt, j’ai donc poursuivi dans cette voie. À côté, je suis musicienne à l’Orchestre Métropolitain.</p>



<p><strong>Isabelle Bélanger-Southey (IBS) </strong>: Moi, j’ai commencé ici, aux <em>Petits Violons</em>, et je ne suis jamais partie. J’ai appris avec le père de Marie-Claire, Jean Cousineau, et éventuellement avec Marie-Claire. J’ai commencé à faire de l’orchestre symphonique au secondaire et je ne me suis jamais arrêtée parce que j’aime vraiment ça. Je suis allée à l’Université de Montréal étudier le violon d’interprétation, où j’ai étudié avec Yukari, la sœur de Marie-Claire, violon soliste à l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Je n’ai pas quitté le nid! J’enseigne aux <em>Petits Violons </em>depuis quelque temps et j’ai commencé récemment à jouer à l’Orchestre Métropolitain.</p>



<p><strong>LD</strong><em>: Est-ce que jouer la sonate pour deux violons en la mineur, Op. posth. d’Eugène Ysaÿe dimanche 26 mars prochain est un accomplissement pour vous; et si oui, en quoi?</em></p>



<p><strong>MCC </strong>: Oui, c’est un accomplissement parce que c’est une œuvre difficile et longue, et aucune d’entre nous ne l’a déjà jouée. Quand on prend une œuvre que l’on a jamais déchiffrée, c’est un long processus, parce qu’au-delà d’en jouer les notes, il faut décider ce que l’on veut exprimer, pour que cela nous ressemble. Pour la petite histoire de l’œuvre, elle a été composée par Eugène Ysaÿe pour une de ses élèves, qui s’avérait être la reine de Belgique et qui devait être vraiment douée parce que la sonate est très difficile. En réalité, elle l’était même un peu trop, car ils ne l’ont finalement pas jouée. Il était difficile de trouver des versions de référence, nous avons donc travaillé avec plusieurs partitions, parce qu’il y avait des erreurs dans certaines mais aussi parce que nous avons préféré des parties de différentes versions. Mais oui, c’était une grosse entreprise.</p>



<p><strong>IBS </strong>: Personnellement, c’est la première fois que je me plonge dans l’univers d’Ysaÿe pour jouer une pièce. Je trouve magnifique ce qu’il fait, mais de là à le jouer en concert… C‘était un travail de longue haleine, cela fait depuis septembre qu’on se retrouve pour travailler.</p>



<p><strong>LD </strong><em>: Pouvez-vous nous parler d’une figure de la musique que vous admirez ou qui vous a influencée? Peut-être une femme?</em></p>



<p><strong>MCC</strong> : Dans mon cas, c’est certainement ma sœur, Yukari. Ma sœur est plus âgée que moi, de quatre ans, donc elle a toujours été mon idole à tous les niveaux, parce que c’est ma grande sœur tout simplement; mais aussi parce que Yukari a réussi à faire un peu tout dans le violon, au-delà d’être violon soliste à l’Orchestre Métropolitain. J’ai eu la chance une fois de jouer à côté d’elle dans un orchestre, où elle était invitée en tant que violon solo. J’ai pu voir de près ce qu’implique le travail qu’elle fait, les choses qu’elle essaye de dire, les choses qu’elle ne dit pas mais qu’elle indique, des choses invisibles pour le public mais impressionnantes pour une violoniste.</p>



<p><strong>IBS </strong>: De mon côté, Yukari a aussi été un modèle. Elle était ma professeure récemment, mais même plus jeune, j’allais voir l’Orchestre Métropolitain et je la voyais jouer sur scène. Et puis, Marie-Claire est aussi un modèle pour moi, depuis que je suis plus jeune, en tant que professeure. Puis maintenant, j’admire le travail de direction que Marie-Claire fait ainsi que son travail à l’orchestre. Il y a tellement de choses que je reçois d’elle, musicalement mais aussi dans la vie de tous les jours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« C’était un travail de longue haleine, cela fait depuis septembre qu’on se retrouve pour travailler »</p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong><em>: Est-ce que vous pensez qu’il existe des barrières pour évoluer dans le monde de la musique en tant que femmes? Si oui, pouvez-vous nous parler de votre expérience personnelle, d’une anecdote peut-être?</em></p>



<p><strong>MCC</strong>: Il y en a, c’est sûr, mais je ne suis pas sûre qu’elles soient spécifiques au monde du violon. Personnellement j’en ai peu ressenti, mais j’ai eu un parcours un peu particulier. Quand je suis arrivée dans le monde de la musique, mon chemin était déjà plus ou moins tracé car j’étais la fille du fondateur des <em>Petits Violons. </em>L’Orchestre Métropolitain fait aussi des efforts pour mettre au programme des œuvres de compositrices. C’est un choix qu’il faut faire pour rendre justice à toutes les œuvres de femmes qui ont été perdues à travers le temps.</p>



<p><strong>IBS </strong>: Je n’ai pas non plus beaucoup ressenti cela. À Montréal, les barrières sont plus subtiles. Par contre, j’ai eu des discussions avec des amies qui me parlaient des barrières physiques de performance. Je vis avec des instrumentistes qui, à certaines périodes du mois, perdent complètement leur soutien de respiration, qui est à la base de leur instrument. Il faut compenser, parvenir à être la meilleure même lorsque certaines de nos capacités sont altérées, et cela demande plus d’efforts.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« C’est un choix qu’il faut faire pour rendre justice à toutes les œuvres de femmes qui ont été perdues à travers le temps »</p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong><em>: Pensez-vous que votre identité de femme influence la façon dont vous faites de la musique? Et d’une façon plus générale, quels sont les éléments de votre vie qui vous inspirent et ont forgé votre sensibilité musicale?</em></p>



<p><strong>MCC </strong>: Je n’ai pas envie de rentrer dans le cliché de la sensibilité féminine. D’une façon générale, il y a des moments dans nos vies où nous sommes plus ou moins émotives, et parfois nous jouons quelque chose et avons accès à des sentiments différents. Si on est ouvert à ce que cela nous inspire, cela peut modifier notre façon de jouer et être une grande richesse. Pour ce qui est de mon travail d’enseignante, avoir eu des enfants a profondément changé ma compréhension des enfants; après, j’ai eu beaucoup plus de facilité à communiquer avec mes élèves.</p>



<p><strong>IBS </strong>: Je pense que cela s’exprime plus dans l’enseignement, c’est vrai. Il me semble qu’en tant que femmes, nous sommes plus habituées à être entourées, à nous soutenir dans notre vie en général. J’ai l’impression que cela rend plus facile la création de liens avec les élèves, quel que soit leur genre. C’est une généralité, mais je pense avoir plus de facilité à construire une relation proche, de confiance, avec les élèves. On parle beaucoup ces dernières années des hommes qui se sentent isolés parce qu’on ne leur a pas appris à construire autour d’eux un réseau assez fort et sincère, parce qu’on leur apprend moins à se confier, parce qu’il faut être « fort ». Ici, tout le monde peut trouver sa place, sans prise en compte de son genre, on voit évoluer et on accompagne tout le monde individuellement.</p>



<p>Vous pouvez aller voir Marie-Claire Cousineau et Isabelle Bélanger-Southey dimanche à l’église Saint-Pierre Apôtre à 16 heures jouer la merveilleuse et intrigante pièce d’Eugène Ysaÿe. L’entrée est libre et gratuite.</p>
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		<title>Quand féminisme et handicap s’entremêlent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/03/15/quand-feminisme-et-handicap-sentremelent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[handicap]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait : le féminisme intersectionnel est un prisme d’analyse.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/03/15/quand-feminisme-et-handicap-sentremelent/" data-wpel-link="internal">Quand féminisme et handicap s’entremêlent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Martine Biron, ministre de la Condition féminine, et son parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), n’ont pas soutenu la motion proposée par la députée solidaire Ruba Ghazal en vue de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Le parti ne serait pas en accord avec la vision intersectionnelle du féminisme mentionnée dans la motion de la députée de Québec Solidaire. Martine Biron a ainsi bloqué la possibilité pour l’Assemblée Nationale de débattre d’une motion qui visait à « défendre les droits de toutes les femmes au Québec ». Je n’invente rien, le cabinet de Mme Biron a soumis au journal&nbsp;<em>Le Devoir&nbsp;</em>une déclaration affirmant « ce n’est pas notre vision du féminisme », sans apporter plus de détails. Des désaccords, dans le féminisme, il en existe beaucoup, et ceux-ci nourrissent un débat nécessaire à la progression de cette lutte sociale. Mais peut-on vraiment être en désaccord avec le féminisme intersectionnel? N’est-ce pas, plus qu’une opinion, une analyse de la façon dont les identités s’entremêlent inévitablement? La CAQ est possiblement en désaccord avec ce que l’intersectionnalité implique : aider plus intensivement les groupes les plus marginalisés et s’affranchir du féminisme blanc. Pourtant, la CAQ se doit forcément de soutenir le féminisme intersectionnel, car, comme nous allons le voir, celui-ci explique des réalités sur lesquelles le parti ne peut fermer les yeux.</p>



<p><strong>Parler d’elles</strong></p>



<p>Cet été, après un stage avec l’Association féministe Choisir la cause des femmes, je me suis intéressée au sujet du féminisme intersectionnel comme prisme d’analyse des discriminations fortes subies par les femmes vivant avec un handicap dans le monde. Je trouvais que dans ce cas particulièrement, l’importance de considérer la notion d’intersectionnalité se manifestait. L’application de cette «vision du féminisme», comme désignée par<br>le cabinet de Mme Biron, au cas des femmes vivant avec un handicap, est une preuve que la considération de l’intersectionnalité ne peut relever de l’opinion.</p>



<p>La notion d’intersectionnalité fut introduite pour la première fois par la militante et avocate Kimberlé Crenshaw, dans son article renommé&nbsp;<em>Démarginaliser l’intersection de la race et du genre : Une critique féministe noire de la doctrine de l’antidiscrimination (tdlr)</em>. Cette notion est ainsi indissociable de son contexte politique. Elle apparut en opposition à la vision répandue et écrasante d’un féminisme blanc dont certaines racines étaient celles du colonialisme. Crenshaw a forgé un féminisme plus réaliste, plus moderne, et surtout plus révolutionnaire, qui luttait pour toutes les femmes, en prenant en compte leurs identités singulières. Il y a de l’intersectionnalité dans le féminisme parce que notre identité est multiple. En quelque sorte, nous cumulons des « couches » d’identités qui compliquent ou facilitent notre rapport aux autres en société. Les stéréotypes misogynes et capacitistes ont tendance à s’entrecroiser. La fiction misogyne populaire a fantasmé les femmes vivant avec un handicap comme des victimes parfaites. Du côté du cinéma, les films&nbsp;<em>Kill Bill&nbsp;</em>de Quentin Tarantino ou&nbsp;<em>Parle avec elle&nbsp;</em>de Pedro Almodovar représentent des femmes immobilisées par un handicap à la merci d’agresseurs pour qui l’occasion semble rêvée. Dans son article «&nbsp;<em>Aborder le classisme, le capacitisme et l’hétérosexisme dans la formation des conseillers&nbsp;</em>» datant de 2008, Laura Smith explique que le capacitisme, un mot utilisé depuis moins de 30 ans, est «&nbsp;<em>une forme de discrimination ou de préjugés à l’égard d’individus présentant des déficiences physiques, mentales ou</em> <em>développementales caractérisée par la conviction que ces individus doivent être réparés ou ne peuvent pas fonctionner comme des membres à part entière de la société&nbsp;</em>». Pour les femmes vivant avec un handicap, les discriminations qui en résultent s’associent aux discriminations sexistes, amplifiant leurs effets d’une façon surprenante. Cela s’explique en partie par le fait que les femmes sont déjà biologiquement considérées comme des humains « handicapés », à qui il manquerait quelque chose. Simone de Beauvoir, dans&nbsp;<em>Le Deuxième Sexe,&nbsp;</em>explique qu’il leur manque le phallus, ce membre tout puissant qui les a privées à travers les siècles et les cultures de la force et de l’honneur nécessaires à l’acquisition de droits fondamentaux et d’une dignité. Les femmes et les personnes vivant avec un handicap se retrouvent bien souvent infantilisées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Crenshaw a forgé un féminisme plus réaliste, plus moderne, et surtout plus révolutionnaire, qui luttait pour toutes les femmes, en prenant en compte leurs identités singulières »</p>
</blockquote>



<p><strong>Hypersexualisées ou désexualisées</strong></p>



<p>Les femmes vivant avec un handicap sont plus victimes de violences sexuelles, de violences conjugales et d’abus en tout genre, de la part de leur entourage, mais aussi du personnel soignant qui les aide au quotidien. Une étude menée en 1991 à Toronto par le&nbsp;<em>Réseau des Femmes Handicapées,&nbsp;</em>a révélé que 70% des femmes vivant avec une large variété d’handicaps ont fait l’expérience d’un abus sexuel au moins une fois dans leur vie. Cette population fait face à deux enjeux, qui rendent plus difficile la sortie des cycles de violence : la dépendance à un autre humain qui a tendance à s’installer contre le gré des personnes concernées, et le manque d’information et d’éducation adaptées. Par exemple, les chercheurs du&nbsp;<em>Centre national de ressources en ligne sur la violence à l’égard des femmes&nbsp;</em>ont démontré que les femmes souffrant de déficiences intellectuelles courent un risque particulièrement élevé d’être victimes de violences sexuelles. Elles sont perçues comme des personnes qui ne dénonceraient pas leurs agresseurs ou qui ne seraient pas crues même si elles le faisaient.</p>



<p><strong>Éducation</strong></p>



<p>Les femmes doivent encore se battre dans de nombreux pays pour avoir le droit de s’asseoir dans<br>une salle de classe. De la même façon, les personnes handicapées sont majoritairement exclues des systèmes d’éducation traditionnels. Selon&nbsp;<em>Femmes vivant avec un handicap International, (Women Enabled International</em>) 90% des enfants vivant avec un handicap dans les pays en développement ne vont pas à l’école. Les femmes vivant avec un handicap ne reçoivent pas les enseignements nécessaires pour pouvoir s’émanciper, que ce soit économiquement ou socialement. </p>



<p>L’éducation sexuelle, souvent inadaptée et peu répandue, est d’autant plus rarement accessible aux femmes vivant avec un handicap. Plusieurs études suggèrent que le manque d’éducation sexuelle adapté pour les femmes vivant avec un handicap est l’une des raisons pour lesquelles elles considèrent souvent leurs abus comme « normaux », en particulier dans des contextes de violence entre partenaires intimes.</p>



<p>De nombreuses questions autour de la notion de consentement se posent. Les femmes physiquement immobilisées doivent pouvoir poser les limites de leur consentement, pour l’hygiène intime par exemple. Les femmes vivant avec un handicap mental doivent avoir la possibilité de saisir et de communiquer les subtilités du consentement, pour limiter les abus. Le consentement dans le cadre de la vie avec un handicap prend en effet un autre sens, une importance différente et renforcée. Les femmes vivant avec un handicap entrent souvent dans des relations de dépendance avec ceux qui les aident au quotidien. Il est alors plus difficile pour elles de reporter les abus. Une étude faite en Andalousie en 2018 avait recueilli des témoignages de femmes victimes de violence conjugale, qui expliquaient comment leurs conjoints utilisaient leur handicap pour les soumettre à leur volonté ou les menacer. Par exemple, une femme malvoyante décrivait comment son partenaire lui prenait ses lunettes pour qu’elle ne puisse pas quitter la maison. Finalement, la société patriarcale a souvent tendance à valider l’existence des femmes par le jugement de leur physique et de leur bienséance. Il est alors plus difficile pour les femmes de se faire valoir lorsqu’elles ne rentrent pas dans les codes misogynes de « la femme ». « La femme », cette femme imaginaire, qui n’existe dans aucune galaxie.</p>



<p><strong>La Femme</strong></p>



<p>Oui, il n’y a pas de féminisme sans intersectionnalité, parce que « la femme » n’existe pas. Vous verrez qu’aucun corps, aucun esprit ne peut s’adapter aux carcans écrasants et oppressants des définitions qui furent données à « la femme » à travers les millénaires, les cultures, les religions, les politiques ou les arts. Nous partageons une histoire, une expérience de la vie, alors il faut nous serrer les coudes. Pour cela, à long terme, seule l’écoute comptera.</p>
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		<title>Madeleine Parent : Féminisme et lutte sociale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/02/22/madeleine-parent-feminisme-et-lutte-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Militante]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Madeleine Parent]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait : Une féministe et syndicaliste québécoise.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Madeleine Parent est une figure du féminisme et du syndicalisme québécois, dont les luttes pour l’égalité questionnent encore aujourd’hui sur l’intersectionnalité des luttes. Ancienne étudiante de l’Université McGill, Madeleine Parent défend un féminisme spécifique au Québec : sa naissance est intimement liée aux mouvements de luttes sociales qui sont apparus au 20<em>ème</em> siècle. Les années 1960 voient alors apparaître une dissociation des luttes : les féministes commencent à revendiquer les droits de toutes les femmes seulement. Quel paradoxe a alors mené les mouvements féministes à se différencier des autres mouvements de lutte sociale? Madeleine Parent exprime-t-elle ce lien difficile à ignorer entre égalité des classes et égalité des genres? Lutter pour l’égalité, est-ce lutter pour tout le monde?</p>



<p><strong>Une vie</strong></p>



<p>Madeleine Parent a lutté pour l’égalité des classes et des genres, sans jamais réellement associer ces luttes. Au cours de sa vie, elle milite au sein d’organisations ouvrières, dont les Ouvriers Unis du Textile d’Amérique (OUTA), tout en participant à des grèves. Elle est arrêtée car elle est accusée d’être une communiste russe. En parallèle, elle vit son évolution féministe. Peu après l’université, elle rencontre l’organisatrice syndicale Léa Roback aux côtés de qui elle milite pour le suffrage féminin au Québec. Après 1955, pendant son exil à Ottawa, elle est membre fondatrice du Comité d’action pour le statut de la femme (NAC), au sein duquel elle représente le Québec et défend les droits des femmes autochtones et lutte pour l’égalité salariale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Les mouvements féministes et syndicalistes, à la recherche de justice sociale, ne défendent pourtant pas tout à fait les mêmes intérêts&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>Le visage des inégalités</strong></p>



<p>Fondamentalement, lutte ouvrière et lutte féministe à ce moment revendiquaient se battre pour une même valeur&nbsp;: l’égalité. Au Québec particulièrement, les mouvements féministes nés dans les années 60 tels que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ou le Front de libération des femmes (FLF) s’inscrivent dans un fort désir de l’époque de développer le tissu associatif québécois et de faire vivre la démocratie. Les mouvements féministes et syndicalistes, à la recherche de justice sociale, ne défendent pourtant pas tout à fait les mêmes intérêts. Les luttes se rejoignent et s’entremêlent, mais tandis que les conséquences des inégalités et des discriminations semblent se ressembler, il est important de considérer les différences de contextes. De nombreuses féministes au Québec considéraient que les discriminations sexistes perduraient à cause de l’ignorance des autorités politiques du caractère inégalitaire de la société. Tandis que les injustices sociales sont déterminées par la structure capitaliste de la société, avec une hiérarchie pyramidale au bas de laquelle les classes les moins aisées sont victimes du système, le patriarcat a une structure bien différente. Il ne s’agit pas d’une hiérarchie pyramidale, mais de seulement deux groupes, un dominant et un dominé, et les discriminations se retrouvent dans toutes les sphères où ces deux groupes sont présents. Ainsi, si Madeleine Parent recherchait l’égalité des différents groupes opprimés, ses revendications n’étaient pas les mêmes en fonction des groupes qu’elle défendait. L’intersectionnalité est une notion centrale qu’il faut absolument prendre en compte pour toutes les luttes, mais il est également important de reconnaître que toutes les discriminations contre lesquelles Madeleine Parent luttait étaient implantées dans des contextes bien différents. Nous n’atteignons pas tous·tes l’égalité et la liberté en empruntant le même escalier.</p>
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