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	<title>Juliette De Lamberterie - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:21 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>« La CEVES est là pour durer »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/02/18/la-ceves-est-la-pour-durer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2020 14:24:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle est la visée de la coalition étudiante pour un virage environnemental et social?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">ans plusieurs années, on<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>se rappellera probablement du 4 février 2020 comme d’un grand jour pour l’activisme étudiant au Québec. Ce mardi-là, la coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) s’est officiellement présentée lors d’une conférence de presse à l’UQAM, à la suite d’un travail d’organisation qui durait depuis l’été 2019. Trois mouvements – Pour le futur, Devoir environnemental collectif (DEC) et La planète s’invite à l’Université (LPSU) – qui rassemblaient les étudiant·e·s activistes de niveau secondaire, collégial et universitaire respectivement, sont aujourd’hui réunis pour faire bloc face au gouvernement alors que celui-ci, malgré deux grèves et des faits incontestables, continue à faire la sourde oreille.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Je me suis entretenue avec Marie-Claude, membre du comité mcgillois de la CEVES – ou de son autre nom, Climate Justice Action McGill (C‑JAM) – afin qu’elle m’en dise plus sur le travail et les motivations des membres actif·ve·s de l’organisation. Elle fait partie du mouvement depuis le début du processus, puisqu’elle travaillait déjà au sein de LPSU, créé en février 2019 afin de mobiliser les étudiant·e·s universitaires autour de la première grève pour le climat du 15 mars dernier. Les trois grands mouvements étudiants, aux côtés d’autres organismes locaux, ont collectivement organisé l’évènement : « La mobilisation a été incroyable […], donc on a décidé de continuer et de rester ensemble.&nbsp;» C’est au fil des réunions qu’ils ont décidé de former la CEVES. «&nbsp;C’est la première fois, depuis les années 1960, que les trois niveaux s’unissent pour une cause! Et c’est pour répondre à l’inaction des gouvernements. La science prouve [la crise climatique], le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, <i>ndlr</i>)… Même les scientifiques et les professeurs des universités dans lesquelles on étudie s’entendent pour dire qu’elle est réelle et qu’il faut agir au plus vite, puis les gouvernements n’écoutent pas. À la place, ils achètent des <i>pipelines</i>, ils approuvent toutes sortes de projets… C’est pour ça que la CEVES a décidé de s’unir, pour se mobiliser plus fort.&nbsp;»</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Un fonctionnement horizontal</b></span></p>
<p class="p5">Les rencontres de la CEVES se font entre représentant·e·s de tous les établissements de niveau secondaire, collégial ou universitaire. Chaque institution a ses porte-paroles : le comité de McGill, toutefois, n’en a pas, et suit une structure non-hiérarchique : « On est tous sur un même niveau. […] La personne change à chaque fois. À C‑JAM, il n’y a pas de positions officielles.&nbsp;»</p>
<p class="p2">Plus de 45 établissements d’enseignement composent la coalition, ce qui demande un effort très élevé d’organisation : « Les rencontres de coordination réunissent les représentants de tous les campus, de tous les paliers, ainsi que les représentant·e·s des comités [spéciaux]. » Il y a des comités de campus et des comités de travail – Care et Justice Sociale, Communications, Mobilisations, Projets, etc. – choisissant chacun des délégué·e·s qui rencontreront les autres. « N’importe qui peut aller dans n’importe quel comité. Tout le monde travaille ensemble, les étudiants du secondaire sont considérés aussi capables que les étudiants d’université, tout le monde peut s’impliquer à tous les niveaux. » Les rencontres se font souvent sur internet&nbsp;; en personne, elles sont plus rares. Il y a aussi des unités régionales, comme le sous-groupe montréalais : « Les campus les plus proches auront souvent des mobilisations similaires et des besoins similaires. » La création de comités régionaux assure donc un meilleur partage des informations et facilite la coordination.</p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Actions et démonstrations</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s4">Depuis sa création, la CEVES a fortement montré son soutien à la Nation Wet’suwet’en et dénoncé ouvertement les crimes de la GRC et du gouvernement fédéral envers les occupant·e·s du camp Unist’ot’en. Dans un communiqué de la coalition, l’on peut lire&nbsp;: « La Nation Wet’suwet’en est souveraine et leur statut a été clairement énoncé lors de la décision Delgamuukw v British Columbia de la Cour Suprême du Canada en 1977! Le colonialisme et l’impérialisme des gouvernements au nom des compagnies extractivistes doivent prendre fin immédiatement! Le gouvernement fédéral et provincial, l’industrie et les services de police doivent se conformer à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (telle que ratifiée par la Colombie Britannique), ainsi qu’à Anuk Nu’at’en (lois Wet’suwet’en). » </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La CEVES préconise les actions directes non-violentes. Le 14 février dernier, la coalition a participé à l’organisation de l’occupation des bureaux du ministre du Patrimoine Steven Guilbeault, aussi co-fondateur d’Équiterre et ancien membre de Greenpeace, afin de s’opposer au projet Teck d’exploitation de sables bitumineux en Alberta. Les activistes qui y étaient présent·e·s étaient muni·e·s de masques à l’effigie de Guilbeault et vêtus du même costume – une combinaison orange – que lui-même portait en 2001 lors d’une action de Greenpeace. Selon la CEVES, « M. Guilbeault a un rôle crucial à jouer pour que ce projet soit rejeté d’ici la date butoir du 28 février prochain ». Le projet, si approuvé, aura des conséquences désastreuses et irréversibles puisqu’il émettra plus de six millions de tonnes de gaz à effet de serre, selon Greenpeace. « L’objectif, c’est de mettre le plus de pression possible en personne. Déjà, si on achète des <i>pipelines</i>, on ne peut pas prétendre être carbo-neutre, on ne peut pas se proclamer leader en environnement ou en droits humains », explique Marie-Claude. « Et ces actions ont été très couvertes dans les médias, les actions directes non-violentes de cette ampleur attirent l’attention, ce qui est bien puisque malheureusement, beaucoup de gens ne sont pas au courant de ces projets-là. […] Et tout est connecté : ça ne s’arrête pas à un oléoduc, il y en aura d’autres après, et c’est pour ça qu’il faut continuer. »</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Tout est </span><span class="s1">connecté : ça ne s’arrête pas à un oléoduc, il y en aura d’autres et c’est pour ça qu’il faut </span><span class="s2">continuer&nbsp;</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Ce sont les différents sous-comités de la CEVES qui se spécialisent dans l’organisation d’actions spécifiques, mais les mobilisations comme celle du 14 février se font le plus souvent de concert avec d’autres groupes indépendants, comme il a été le cas avec Greenpeace et Extinction Rebellion pour l’occupation des bureaux. «&nbsp;C’est ce qui fait qu’on a de l’aide externe. » À titre d’exemple plus local, Marie-Claude décrit la collaboration de C‑JAM avec plusieurs groupes étudiants de McGill, comme O‑SVRSE (<i>Office for Sexual Violence Response, Support and Education</i>), ISA (<i>Indigenous Student Alliance</i>) ou UGE (<i>Union for Gender Empowerment</i>) : « Le principe de la justice climatique, c’est qu’il y a plusieurs luttes qui viennent ensemble. C’est intersectionnel, on ne peut pas les séparer. Les groupes avec lesquels on va s’allier, c’est ceux avec qui les </span><span class="s2">objectifs sont communs, ce sont pour la plupart des [groupes de] luttes sociales. On se consulte donc avec les différents groupes, on discute de leurs besoins puis on prévoit des actions. […] Aux portes ouvertes par exemple, on a fait une action directe sur le campus, qui était en collaboration avec SPHR [<i>Students in Solidarity with Palestinian Rights</i>]. On a une fosse mobilisatrice qui est assez forte, à C‑JAM, on veut donc l’utiliser pour contribuer aux actions des différents groupes et à leurs efforts. Et c’est réciproque. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’organisation de protestations comme celle des bureaux de Guilbeault est aussi particulièrement délicate. Marie-Claude explique qu’elle ne peut souvent se faire qu’en personne, puisque la communication sur Facebook ou Slack est impossible, leurs données n’étant pas cryptées. Ainsi, les membres qui n’y participent pas directement n’apprennent souvent que quelques jours auparavant qu’une action directe aura lieu. Dans les cas où les organisateur·rice·s espèrent rassembler plus de monde, la diffusion d’informations dans les médias doit se faire le plus tard possible et tout doit être prévu à la dernière minute.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 536px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-35732 aligncenter" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/02/S-CEVES-Parker-.jpg" alt width="536" height="670" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/02/S-CEVES-Parker-.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/02/S-CEVES-Parker--330x413.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/02/S-CEVES-Parker--768x960.jpg 768w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Parker Le Bras-Brown</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s5"><b>Semaine de transition</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">« On se base beaucoup sur l’<i>escalation</i> [qui peut être définie, en quelques mots, par avoir recours à des actions non-violentes à risque de plus en plus élevé], d’où l’idée de la Semaine de transition. […] On a commencé à bâtir un <i>momentum</i> en mars, puis en septembre&nbsp;: on essaye donc de faire monter la pression sur les gouvernements en augmentant la durée de la grève et de la mobilisation étudiante », explique Marie-Claude. La Semaine de la transition, c’est le plus gros projet de la CEVES jusqu’à présent&nbsp;: lorsque celle-ci a annoncé sa création le 4 février, c’était aussi pour présenter son Plan national d’urgence pour la Justice climatique (voir encadré) ainsi que pour appeler à une grève d’une semaine, du 30 mars au 3 avril 2020. La semaine sera marquée par des conférences, des séances de discussions, des occupations et des manifestations.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">«</span><span class="s2"> Le but de la Semaine de Transition, c’est de réclamer nos espaces d’éducation pour enseigner ce que l’on croit qui est important. Parce que malheureusement, les universités, les écoles secondaires et les cégeps, à travers le gouvernement, ont un contrôle total sur ce qui nous est enseigné. Ce qu’on veut, c’est parler du réel état des choses, et de mobiliser plus pour continuer à escalader si jamais nos demandes ne sont pas entendues par le gouvernement et par les administrations des écoles. […] C’est une semaine que l’on prend pour se réapproprier notre éducation, dans le contexte de la crise climatique où l’on n’apprend pas ce qu’on devrait, pour se créer des espaces où discuter de la transition environnementale et sociale. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La grève est un élément crucial de la Semaine de transition : à McGill, l’on peut s’attendre à des grèves rotatives, où chaque faculté fera grève pendant un jour différent de la semaine (voir encadré en bas de page pour les dates précises). « Si on ne la fait qu’un jour, on ne nous entend pas. […] Et avec l’urgence de notre problème, on n’a pas le choix de faire une action concrète. » L’on discute déjà de la possibilité d’une grève à durée illimitée ; l’option a déjà été soulevée l’automne dernier, lors de l’Assemblée générale de la Faculté des arts pour la grève du 27 septembre. Et bien qu’elle ait des conséquences potentielles bien plus importantes pour les étudiant·e·s, elle semble pour beaucoup être le seul recours afin d’avoir un réel impact sur les décisions prises quant à l’environnement.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Ce qu’on veut, c’est parler du réel état des choses, et de continuer à escalader si nos demandes ne sont pas entendues par le gouvernement</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">« Il faut voir la situation de l’autre côté : une grève d’une journée, ce n’est pas très menaçant pour un gouvernement. Mais si la grève se maintient, qu’il commence à y avoir des problèmes dans l’administration… Si jamais une session est annulée, qu’est-ce qui se passe pour les étudiants qui rentreront l’année d’après? C’est cette peur-là qu’il faut aller chercher pour pousser à l’action. C’est aussi pour ça que les blocages de voies ferrées, en ce moment [par les mouvements de protestation en solidarité à Wet’suwet’en, <i>ndlr</i>], marchent si bien : c’est une façon de faire monter l’urgence. » Et le problème, explique Marie-Claude, c’est que l’urgence de la crise climatique, elle, n’est pas tangible, comparée à l’intensité de ses conséquences sur notre structure.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Elle critique la réponse qui avance qu’une grève, ou un désinvestissement, n’a pas d’impact à grande échelle : « C’est un symbole qui est immense, surtout lorsqu’on considère McGill, qui est l’ancienne université du premier ministre. […] Et ça construit un momentum, aux côtés d’autres écoles et d’autres industries. On fait partie d’un immense mouvement et il faut tous pousser dans la même direction. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En cas de non-réponse des gouvernements, la grève illimitée s’impose comme solution ultime. « En tant qu’étudiants, nous avons un pouvoir puisque nous sommes la future génération de travailleurs et de travailleuses. C’est nous qui allons soutenir le système qui est en train de s’écrouler. » Pour faire bloquer le système afin de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>le faire changer réellement, la grève a énormément de pouvoir. C’est ça, la vision de la CEVES : « On croit beaucoup plus aux changements du système qu’aux changements individuels. » La CEVES est là pour durer, me dit-elle, au nom de son comité. Tant que le gouvernement n’aura pas répondu aux demandes de la coalition, les étudiant·e·s ne cesseront de lutter. </span></p>
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			</item>
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		<title>Radicale Vitalité, puissants éclats</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/02/04/radicale-vitalite-puissants-eclats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 15:16:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35542</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les danseur·euse·s de la Compagnie Marie Chouinard déroutent et étincellent.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span><span class="s1">l n’est pas nécessaire de la présenter à quelqu’un qui connaît bien la scène de la danse contemporaine : Marie Chouinard, chorégraphe et danseuse québécoise, ne cesse de créer depuis les années 1970 et collectionne les distinctions. Une semaine entière de la saison 2019–2020 de <i>Danse Danse</i> a été consacrée à ses productions, incluant <i>RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS</i>, dévoilée pour la première fois en Amérique. </span></p>
<p class="p2">Constitué de morceaux originaux ainsi que d’extraits d’anciennes pièces de la chorégraphe, <i>Radicale Vitalité</i> est composé d’une multitude de performances qui ne durent que quelques minutes&nbsp;— même si certaines semblent durer beaucoup plus longtemps tant elles sont puissantes (et c’est voulu). Marie Chouinard, dans sa conception du spectacle, a remanié et revisité d’anciennes scènes — en en modifiant les décors, les sons ou les costumes — pour nous livrer un produit final magnifiquement fragmenté.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Plein la vue</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La scène complètement vide est un immense terrain de jeu pour les danseur·euse·s en solo ou en duo. Elle se transforme complètement d’une luminosité à l’autre : chambre à coucher, espace industriel, studio photo, enfer, paradis. On passe d’un duo énergique sur fond blanc à une mise en scène complètement noire, où une caméra braquée uniquement sur le visage d’une danseuse dévoile en noir et blanc sur un écran géant une chorégraphie de ses yeux, ses joues, sa bouche, pendant de longues minutes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le travail des danseurs et danseuses est époustouflant : en plus d’effectuer des mouvements qui semblent défier les capacités normales du corps avec une aise à peine croyable, tous leurs gestes racontent l’histoire qu’iels se sont fait le devoir d’incarner. Iels ne font pas que danser : iels poussent des cris, sanglotent, éclatent de rire, se font mal, s’embrassent. Leurs agissements sont précis et convaincants : nous sommes dans leur vie.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’extravagance des émotions</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Radicale Vitalité</i> n’endort personne puisqu’elle ne fait que jongler entre les extrêmes. On témoigne d’amours qui se contrastent : un couple où l’homme est parfaitement statique alors que sa partenaire s’accroche à lui comme un koala et lui lèche tout le corps, puis un couple qui se bat du début à la fin, alternant le rire endiablé et les larmes désespérées selon qui domine la lutte, ou encore un couple surexcité où chacun·e redécouvre l’orgasme l’un·e après l’autre. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Mais justement, on n’y parle pas que d’amour ou de sentiments graves&nbsp;: Marie Chouinard nous fait des blagues tout au long du spectacle, par clins d’œil en plein milieu d’intensité ou par le biais de performances entières complètement absurdes. À la fin de chaque moitié (le spectacle est divisé en deux par une très courte pause, mais sans entracte), tous les danseur·euse·s se réunissent sur scène, muni·e·s de masques géants qui couvrent leur visage — des masques de vieillards, puis des masques de bébés —, qui ont l’air très réaliste tout en étant en totale inadéquation avec leurs corps. En vieillards, ils dansent de manière ridicule, en bébés, ils se pavanent entièrement nus. Tout est déstabilisant et ne provoque que des réactions excessives. Et qu’on s’y connaisse ou pas en danse contemporaine, <i>Radicale Vitalité</i> frustre, parce que ses performances nous font sentir qu’on en garde tous·tes un peu trop à l’intérieur. Et à force de cris, de sauts, d’étreintes et de coups, les danseurs et danseuses de la compagnie nous donnent tous·tes envie de vivre l’amour et l’absurde de manière un peu plus forte. </span></p>
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		<item>
		<title>Suppression des cours d’ECR</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/02/04/suppression-des-cours-decr/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 14:20:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35512</guid>

					<description><![CDATA[<p>Controverse autour du programme phare de Jean-François Roberge.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 10 janvier dernier, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge annonçait la suppression prochaine du cours d’éthique et culture religieuse (ECR), instauré depuis 2008 dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Le cours avait été créé sous le gouvernement Charest et avait pour but «&nbsp;d’aider les élèves à mener une réflexion critique sur des questions éthiques et à comprendre le fait religieux&nbsp;», selon le document officiel de présentation du programme. Le cours obligatoire d’ECR remplaçait l’option qu’avaient alors les élèves de suivre un cours d’enseignement religieux catholique ou protestant, ou un cours d’enseignement moral. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réduire la religion</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Alors qu’un objectif central du programme d’ECR était d’instruire les enfants sur les grandes traditions et pratiques religieuses ainsi que leur influence sur l’environnement social, et ce, même s’il·elle·s ne les pratiquaient pas, Roberge affirme que «&nbsp;la place de la religion&nbsp;» était trop importante dans le cours, selon un article de <i>La Presse </i>paru le 10 janvier. Dans une entrevue avec le journal, celui-ci dit prévoir de ne garder «&nbsp;qu’un espace beaucoup plus petit que celui que l’on a actuellement&nbsp;» réservé à l’enseignement des religions, dans le contexte d’un nouveau cours qui remplacera l’ECR.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En février 2019, le ministre avait déjà parlé du projet de réformer le cours, notamment à cause de la place non suffisante de l’athéisme dans le programme et de la présence «&nbsp;d’images stéréotypées&nbsp;» dans les manuels scolaires assignés aux élèves. Toutefois, il affirmait dans une entrevue au <i>Devoir</i> que «&nbsp;c’est une fausse bonne idée, l’abolition pure et simple du cours d’ECR pour amener de la laïcité&nbsp;». Roberge n’utilise pas aujourd’hui les mots «&nbsp;pure et simple&nbsp;», mais déclarait en janvier 2020, encore au<i> Devoir</i>&nbsp;: «&nbsp;on peut dire qu’on abolit le cours d’ECR et qu’on le remplace par quelque chose de nouveau&nbsp;». Ce nouveau programme, qui sera instauré en automne 2022, devrait s’organiser autour des thèmes de la citoyenneté (incluant l’écocitoyenneté et la citoyenneté numérique), l’éducation juridique, et l’éducation à la sexualité, entre autres. La religion aurait, depuis plusieurs années, pris « trop de place » face à ces sujets devenant de plus en plus cruciaux. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réactions</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Les réactions au projet sont contrastées : certain·e·s accusent déjà le ministre de faire de ce nouveau cours – qui n’a pas encore de nom – un cours «&nbsp;fourre-tout&nbsp;». Dans une entrevue avec <i>Radio-Canada</i>, le ministre se défend en affirmant que le thème porteur du cours, qui lui donnera une cohérence, sera «&nbsp;le respect de soi et des autres pour une citoyenneté active&nbsp;». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Plusieurs voient «&nbsp;le vent tourner&nbsp;», après les années d’efforts pour la mise en place de l’ECR. Jean-Pierre Proulx, qui présidait le Groupe de travail sur la place de la religion à l’école en 1999, écrivait dans un article d’opinion au <i>Devoir</i>, le 16 janvier dernier, que cette réforme existait en grande partie en raison de la suspicion générale grandissante des Québécois·es envers l’islam et au fait que la religion soit devenue «&nbsp;une réalité très négative&nbsp;» dans l’opinion publique. Michel Seymour, professeur à l’Université de Montréal, y écrivait aussi&nbsp;: «&nbsp;Si on invoque encore le thème de la citoyenneté, c’est seulement pour justifier la mise de côté de la religion dans toute sa diversité. […] Avec la loi 21, on prétendait viser toutes les religions, alors que nous savons très bien qu’elle n’existait que pour contrer la présence du foulard. Avec le futur cours, on va aussi invoquer toutes sortes d’enjeux, mais on sait très bien que c’est pour viser la religion. » </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>«&#160;Il faut que McGill se démocratise&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/01/28/il-faut-que-mcgill-se-democratise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2020 14:47:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35460</guid>

					<description><![CDATA[<p>Prof. Mikkelson nous parle des raisons de sa démission et démystifie la décarburation.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/01/28/il-faut-que-mcgill-se-democratise/" data-wpel-link="internal">«&nbsp;Il faut que McGill se démocratise&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b><i>L</i></b></span><span class="s1"><b><i>e Délit</i> (LD)</b> : <i>Bonjour, professeur Mikkelson, et merci de nous accorder un peu de votre temps. Tout d’abord, comment allez-vous, et comment avez-vous vécu ces dernières semaines ?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Gregory Mikkelson (GM) </b>: Et bien, évidemment ç’a été une décision très difficile. L’on ne peut jamais trop savoir comment les autres vont réagir, mais j’ai été très chanceux puisqu’en général, mes collègues de la Faculté d’environnement et du Département de philosophie ainsi que leurs étudiants m’ont exprimé beaucoup de soutien. Ç’a été un soulagement, je dirais, mais aussi une grande satisfaction. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce à quoi je ne m’attendais pas cependant, c’était que les médias s’y intéresseraient autant. Lundi dernier, en revenant d’une réunion, je vois un message de la <i>CBC</i> sur mon téléphone. Je me dis « bon okay, j’imagine que si c’est la <i>CBC</i>, il faut que je réponde tout de suite, alors que tout est encore chaud », puisque bien qu’il y ait eu une très bonne couverture des mouvements pour le désinvestissement par les médias étudiants, il y en a eu très peu dans les grands médias. Et tout d’un coup, à partir du 13, je n’ai pas arrêté de recevoir des courriels, des coups de téléphone, des messages textes… De la <i>CBC,</i> de la <i>CTV</i>, du <i>Devoir</i>, de la <i>Gazette</i>, etc. Au départ, ma décision <i>était</i> une affaire de conscience : nous avons fait tout ce qu’il était possible et imaginable de faire, nous avons rallié toutes les facultés et le Sénat pour le désinvestissement, je veux dire, <i>jeez</i>, que peut-on faire d’autre? Si les gens qui contrôlent cet endroit se soucient si peu non seulement de notre futur, mais aussi de ce qu’on veut, nous, alors que nous l’avons rendu très clair, et bien je ne peux plus travailler ici. C’était ça, mon intention première en démissionnant. Mais avec cet intérêt des médias, j’ai réalisé que ma décision pouvait avoir de la valeur, puisqu’elle a attiré leur attention sur les positions régressives de McGill comme jamais auparavant. Il a fallu que quelqu’un démissionne à cause du refus de désinvestir pour qu’on en parle enfin!</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Comment, et en combien de temps avez-vous pris cette décision? Comment l’avez-vous communiquée?</i> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>GM</b> : Beaucoup d’entre nous ont travaillé d’arrache-pied pour s’assurer que la décision de l’administration du 5 décembre soit la bonne. Mais avec de plus en plus de signes non prometteurs, avec l’administration qui continuait à systématiquement changer de sujet et à donner les mêmes excuses, j’ai commencé à me demander : s’ils refusent de désinvestir pour la troisième fois, est-ce je peux continuer à travailler ici? Je me suis, en quelque sorte, fait une promesse à moi-même. Après, j’ai encore pris quelques jours pour me décider, puisque c’est une décision énorme, mais je l’ai finalement fait. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Démissionner a été assez simple. Je l’ai annoncé au doyen de la Faculté des arts, puis à mes collègues, ce qui a été un peu plus long. Mais au final, tout ça a été très rapide. Le seul retour que j’aie eu de l’administration, c’est qu’on a accepté ma démission. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Toute leur approche est non seulement anti-démocratique, mais aussi incompétente</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Pendant vos nombreuses années de combat pour le désinvestissement, vous avez rencontré une résistance forte de la part de l’administration, notamment l’année dernière, au Sénat, où celle-ci déclarait que la plupart des membres du Sénat (des étudiant·e·s et professeur·e·s élu·e·s) n’étaient pas qualifié·e·s pour donner leur opinion sur le sujet. Que pensez-vous de l’argument « vous ne savez pas de quoi vous parlez »&nbsp;?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>GM :</b> C’est incroyablement insultant. C’est insultant, mais aussi ridicule si l’on regarde les rapports que le Conseil des gouverneurs a lui-même produits. Leur rapport de 2016 – la seconde fois où il a refusé de désinvestir – n’aurait pas obtenu une note passable si c’était un travail d’université de premier cycle. Il était si mauvais ! Aucune preuve, des arguments clairement fallacieux, et ils ont passé 13 mois dessus, donc ils auraient eu une pénalité de retard en plus. Et même le plus récent : certaines de ses sources attentivement sélectionnées n’ont même pas été publiées ou évaluées par des pairs, ils ont simplement trouvé des gens qui disaient ce qu’ils avaient envie d’entendre, plutôt que de réellement faire face aux preuves. Ils disent qu’il y aurait des conséquences négatives à désinvestir, alors que l’Université de Californie, qui a des fonds dix fois plus importants que les nôtres, a montré exactement l’inverse! Ils ont justement dit avoir désinvesti <i>pour</i> des raisons financières puisque le secteur des énergies fossiles devient moins viable et plus risqué pour des investissements. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"> En bref, toute leur approche est non seulement antidémocratique, mais aussi, on pourrait le dire, incompétente. En y appliquant des standards académiques normaux, leur travail se révèle en manque total de rigueur. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>LD : </b><i>Quels sont les autres outils de l’administration pour faire blocage, notamment au niveau institutionnel?</i> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>GM :</b> Il y en a beaucoup. Déjà, la haute administration contrôle le Sénat puisque la principale<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>en est la présidente. La principale décide aussi des sujets abordés au Sénat, et le vice-principal exécutif et vice-principal aux études nomme les membres aux positions les plus élevées. C’était un réel combat de simplement pouvoir parler de désinvestissement au Sénat. En plus de cela, une loi officielle du Sénat, la 6.3.9, dit qu’en cas de désaccord entre le Sénat et le Conseil des gouverneurs, il faut former un comité joint afin de trouver une solution, mais ça aussi, ils ont refusé de le faire. L’administration a enfreint ses propres règles.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Sinon, le délai que prend systématiquement McGill est une autre sorte de tactique. On nous dit juste<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>« oh, désolés, ne vous inquiétez pas, nous vous dirons ce qu’il va se passer ». Et même maintenant, on nous demande encore d’attendre jusqu’en avril, puisque nous n’avons pas encore les détails des décisions du 5 décembre. Ils emploient le mot « décarburer », mais ne disent pas à quel point, et ne disent rien d’autre.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">D’ailleurs, une chose sur laquelle j’aimerais insister, puisqu’elle a déjà été sujet à beaucoup de confusion, est que cette « décarburation » se situe en fait à des kilomètres du désinvestissement. Ce que le conseil appelle « décarburation » est basé sur « l’empreinte carbone d’une compagnie ». L’idée, c’est que si l’empreinte d’une compagnie est trop élevée, McGill diminue ses investissements dans celle-ci, ou vendra toutes ses parts pour les réinvestir dans des compagnies à empreinte moins élevée. Mais ce qu’ils ne rendent pas clair du tout dans le rapport, c’est que leur définition d’empreinte carbone ne prend pas en compte toutes les émissions qui ont lieu après que la compagnie a vendu ses produits. Ainsi, dans le cas des compagnies d’énergies fossiles, McGill les laisse s’en tirer en ce qui a trait à tout le mal qu’elles causent indirectement, par l’utilisation de leurs produits. Donc pour faire analogie, McGill a désinvesti des compagnies de tabac précisément à cause du mal que l’usage de leurs produits engendrait. Mais elle a choisi de ne pas le faire pour les compagnies d’énergies fossiles. Le but principal du désinvestissement est de garder les combustibles fossiles dans la terre : si on brûle plus de 20% de ceux qu’on a déjà découverts, les choses empireront de manière inimaginable. Mais le conseil a décidé qu’il ne rendrait ces compagnies responsables que des émissions causées par l’extraction des combustibles, mais ça s’arrête là. C’est un point crucial : la principale a plusieurs fois utilisé le terme « désinvestir » et je l’ai vu dans plusieurs articles disant que « McGill avance vers le désinvestissement… » Eh bien non, justement, McGill l’a spécifiquement refusé.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Tous les événements autour du désinvestissement nous ont montré le fossé énorme qu’il peut y avoir entre ce que veut la communauté mcgilloise et les actions de l’administration. Que peut faire un groupe alors qu’il a l’impression qu’il parle à un mur ? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>GM </b>: Et bien, je pense que si on veut que McGill désinvestisse, il va falloir qu’elle se démocratise. Et ça, ça veut dire changer les règles de base qui dictent qui siège au Conseil, qui contrôle le Sénat, qui peut voter au Sénat. En ce moment, ce n’est pas seulement la haute administration qui peut voter au Sénat en plus de tous ceux qui ont été élus, mais aussi tous les doyens, qui sont aussi nommés par celle-ci. Je ne pense pas que ça devrait être le cas. Je pense que le Sénat devrait être entièrement représentatif, que l’administration devrait y avoir une voix, mais ne pas voter. Ceux qui votent au Sénat, un corps démocratique, devraient tous avoir été élus démocratiquement par des étudiants et des membres des facultés. Donc oui, je pense que si on veut d’importants changements, positifs, à McGill, il faudra qu’elle se démocratise.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">&nbsp;McGill va </span><span class="s1">désinvestir. La seule question est de savoir jusqu’à quand ils traîneront avant de le faire</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">LD : <i>Et maintenant? Qu’est-ce qui vous attend?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">GM : Je vais certainement continuer à apprendre et à agir pour les enjeux environnementaux, qui constituent le défi du 21<i>e</i> siècle. Je viens de joindre le conseil d’administration d’une super organisation de conservation dans le nord du Vermont. Ultimement, j’aimerais trouver quelque chose qui me permette de continuer à utiliser les compétences de recherche, d’écriture et d’enseignement que j’ai développé en tant que professeur, mais rien n’est encore décidé. Je suis venu à McGill pour l’opportunité de travailler en environnement, tout en continuant à développer mes intérêts philosophiques, donc j’imagine que d’une manière ou d’une autre, je poursuivrai ces intérêts pour le reste de ma vie.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD : </b><i>Pour ceux·celles qui restent et qui vont continuer à faire pression: gardez-vous espoir?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>GM </b>: Oui. Je pense que la pression monte, non seulement de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur, avec l’UBC (Université de la Colombie-Britannique, ndlr), Concordia, l’UQAM… McGill va désinvestir. La seule question est de savoir jusqu’à quand ils traineront avant d’enfin le faire. Continuez à avancer, afin qu’ils le fassent plus tôt que tard. Et je le pense vraiment, je ne serais pas surpris qu’en nous apportant plus de détails comme promis, en avril prochain, qu’ils changent finalement d’avis. Je ne serais pas si surpris. Donc n’abandonnez pas </span><span class="s3">(rires). </span></p>
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		<title>Qui décide de l’objectivité?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/01/14/qui-decide-de-lobjectivite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2020 15:48:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que veut dire être « neutre » lorsque l’on rapporte les nouvelles? Qu’implique être « objectif » dans notre travail, en tant que publication étudiante? En plus d’être membres du conseil de rédaction du Délit, nous existons tous·tes, à part, dans le contexte mcgillois. Les grands mouvements étudiants et les décisions de l’administration rythment nos&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/01/14/qui-decide-de-lobjectivite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Qui décide de l’objectivité?</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Que veut dire être « neutre » lorsque l’on rapporte les nouvelles? Qu’implique être « objectif » dans notre travail, en tant que publication étudiante? En plus d’être membres du conseil de rédaction du Délit, nous existons tous·tes, à part, dans le contexte mcgillois. Les grands mouvements étudiants et les décisions de l’administration rythment nos semaines et alimentent nos discussions. L’objectivité est supposément la vertu la plus importante d’un·e bon·ne journaliste :<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>elle est évidemment cruciale, mais jusqu’où doit-elle s’étendre? Pendant la campagne du changement de nom des équipes sportives, il y a un an, plusieurs des publications étudiantes de McGill ont choisi de ne plus citer celui-ci puisqu’il était raciste et heurtait les étudiant·e·s autochtones. Était-ce un clair parti pris? Ne pas le faire l’aurait-il évité?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Que veut-on dire lorsque l’on parle « d’objectivité journalistique »? Et peut-on y prétendre?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Même dans le domaine des sciences, pourtant jugé comme on-ne-peut-plus objectif, le savoir soi-disant neutre ou sans biais semble finalement être un produit de son contexte social (voir « Diversité et sciences », page 8). Ce que l’on considère «&nbsp;objectif » ne dépendrait-il pas de la crédibilité que l’on accorde à certains groupes d’une société? Ainsi, dans un système colonial, patriarcal et blanc, les discours considérés comme objectifs sont, en réalité, souvent gangrénés par les biais des groupes dominants. Il semblerait donc que l’unique façon de réellement tendre vers l’« objectif » non-oppressif serait d’inclure équitablement toutes les voix dans la production de l’information, et ce, en sciences comme en journalisme. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Toutefois, les tentatives de représentation de voix minoritaires se font souvent par l’élévation en symbole d’une unique voix d’un groupe marginalisé sans prise en compte de la multiplicité de vécus et d’opinions existant au sein de ces groupes. D’autre part, lorsqu’est finalement initié l’effort de faire entendre des voix minoritaires, même avec souci d’objectivité, les expériences de ces dernières tendent à être rapportées à de plus larges cadres socio-politiques d’analyses. Il faut alors faire attention à ne pas conceptualiser ces cadres de façon radicalement disjointes, sans jamais les croiser. Sans lecture transverse des mécanismes de domination qui existent dans nos sociétés, nous perpétuons la marginalisation de ceux·celles qui vivent aux intersections de multiples oppressions.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La nécessité d’adopter un prisme intersectionnel et de ne pas céder à la facilité de la tokénisation est particulièrement urgente dans les milieux de création et de partage de l’information, en sciences comme en journalisme. D’autant plus, nous devons tous·tes dans nos discussions quotidiennes nous efforcer de prendre en compte ces réalités transverses et multiples pour tenter de saisir les parcours de vie de nos pair·e·s (voir « Toi et moi, la même chose », page 6).</span></p>
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		<title>Le point sur l’éducation sexuelle au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/le-point-sur-leducation-sexuelle-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 14:15:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où en est-on en 2019?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">epuis la rentrée scolaire 2018, tous·tes les élèves québécois·e·s, sans exception, doivent suivre des cours «&nbsp;d’éducation à la sexualité&nbsp;», et ce, des cycles préscolaires jusqu’à la fin du secondaire. Cette mesure a été mise en place sous le gouvernement Couillard, en plein mouvement #moiaussi. Dans la mesure où l’on comprend de plus en plus l’importance du rôle de l’éducation sexuelle dans le développement personnel de l’individu, ainsi que dans ses relations avec les autres, il est normal de se demander : où est-ce qu’on en est, ici, au Québec? </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Sur papier</span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s1">Sur le site du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, l’on trouve des documents officiels listant les sujets à aborder en matière d’éducation sexuelle, pour chaque classe des cycles préscolaire, primaire et secondaire. Toutes les écoles et commissions scolaires sont maintenant officiellement contraintes de former leurs élèves en suivant ces lignes directrices. Sur papier, l’éducation à la sexualité commence dès un très jeune âge, vers 4–5 ans, où l’on commence déjà à sensibiliser l’enfant aux sujets du corps, de la grossesse et de ses étapes, de l’expression de ses sentiments. Pendant l’école primaire, les élèves seront peu à peu éduqué·e·s sur ce qui touche à la nature de leurs relations interpersonnelles, aux stéréotypes sexuels, à leur propre croissance sexuelle et à la puberté, aux agressions sexuelles. Ces mêmes thèmes seront approfondis au cours des classes de secondaire. Sous cette réforme, l’objectif est de sensibiliser tous·tes les élèves, sans exception, mais pas sous forme de « cours » en tant que tels. L’éducation doit plutôt se faire par le biais « d’activités insérées dans le parcours de l’enfant », comme l’expliquait l’ancien premier ministre, dans le cadre d’un entretien exclusif avec La Presse canadienne en 2017. Concrètement, l’intention était alors de transmettre ces connaissances sans pour autant en créer une matière séparée des autres, en les insérant de manière «&nbsp;naturelle&nbsp;» dans des cours déjà existants. Aujourd’hui, sous le gouvernement Legault, qui a lui aussi insisté sur le caractère obligatoire de ces apprentissages, cinq à quinze heures par année doivent être consacrées à cette éducation.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le programme est divisé en plusieurs «&nbsp;thèmes&nbsp;» qui s’ajoutent au fur et à mesure de la croissance de l’enfant : «&nbsp;grossesse et naissance&nbsp;», «&nbsp;vie affective et amoureuse&nbsp;», «&nbsp;identité, rôles, stéréotypes sexuels et normes sociales&nbsp;», «&nbsp;croissance sexuelle et image corporelle&nbsp;», puis, plus tard, «&nbsp;agir sexuel&nbsp;», «&nbsp;ITSS et grossesse&nbsp;», etc. Un curriculum qui, à première vue, semble construit et soucieux des nombreuses dimensions de l’éducation sexuelle pour une variété d’âges. Toutefois, les documents listant les sujets obligatoires à aborder en classe s’arrêtent au secondaire&nbsp;; impossible de trouver des standards clairs sur ce qui devra continuer à être transmis plus tard. </span></p>
<p class="p2">À la lecture de ces documents, plusieurs questions se posent&nbsp;: comment ces recommandations sont-elles réellement mises en pratique? La transmission de tous ces concepts est-elle faite de manière uniforme à travers le Québec?</p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1600px">
			<img decoding="async" class="size-full wp-image-35154" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2.jpg" alt width="1600" height="1600" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2.jpg 1600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2-768x768.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2-1000x1000.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex2-850x850.jpg 850w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Evangéline Durand-Allizé</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2">Les réponses à ces questions restent extrêmement floues. S’adressant au Devoir en août 2019, Julie Robillard, porte-parole de la Coalition pour l’éducation à la sexualité et co-coordonnatrice de la Fédération du Québec pour le planning des naissances, expliquait que « les échos parvenus de différentes écoles ces derniers mois font plutôt état d’un programme offert de façon hautement inégale, et selon le bon vouloir des professeurs ». Celle-ci co-signait notamment une lettre ouverte publiée dans Le Devoir en septembre dernier, intitulée « Pour une éducation à la sexualité positive, inclusive et anti-oppressive », dans laquelle est souligné le fait que le gouvernement « attribue moins de 5$ par élève par année à l’éducation à la sexualité. Les formations au personnel à qui incombent ces responsabilités sont limitées. La libération du personnel pour le temps d’appropriation de ces nouvelles connaissances, la planification et la coordination des activités sont insuffisantes ». Cette lettre, signée par un grand nombre d’enseignant·e·s, de chercheur·euse·s et d’organismes, est un signe clair que la mise en place de ce nouveau programme, malgré son apparence reluisante et sa longue liste d’objectifs se voulant inclusifs, comporte encore d’importantes lacunes aux yeux de beaucoup.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s2">Les échos font plutôt état d’un programme offert de façon hautement inégale, et selon le bon vouloir des professeurs</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><strong><span class="s2">Un contrôle insuffisant</span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s2">Les cinq à quinze heures imposées par le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, faites pour être placées dans des cours préexistants et pouvant être éparpillées à la guise de l’enseignant·e, sont en réalité plus ou moins exploitées de la manière qu’il·elle le veut. Ainsi, les sujets abordés par celui·celle-ci dépendent beaucoup de son aise à parler de certaines choses plutôt que d’autres. Deux chercheuses, Sara Mathieu-Chartier et Katie V. Newby, ont étudié plusieurs programmes d’éducation sexuelle établis dans d’autres pays dont un créé au Royaume-Uni, nommé « Fièvre du printemps », qui s’appuie sur la méthode néerlandaise d’éducation sexuelle visant à démarrer tôt les discussions sur l’intimité et la sexualité avec les enfants, de façon positive et ouverte. Dans leur étude, les chercheuses révèlent que les enseignant·e·s, souvent peu habitué·e·s à aborder des sujets plus « chauds » — comme la masturbation ou les relations sexuelles en elles-mêmes —, décident parfois simplement de ne pas les mentionner, même s’il·elle·s y sont formellement contraint·e·s. Devant une classe remplie d’étudiant·e·s souvent eux·elles-mêmes mal à l’aise et manquant de maturité pour facilement s’engager dans ces conversations, il a été démontré que l’aide d’une tierce personne, comme un·e travailleur·euse social·e ou un·e infirmier·ère est nécessaire pour garantir la bonne transmission de la matière et pour aider à gérer les discussions. Au Québec, cette présence n’est pas requise.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, livrait au Devoir en août 2018, juste avant la mise en place du nouveau programme, que «&nbsp;[les enseignants seuls] portent sur leurs épaules l’obligation de livrer la matière&nbsp;». En parlant de la nécessité d’avoir une tierce personne experte présente pendant les heures d’éducation sexuelle, celle-ci affirmait&nbsp;: «&nbsp;Ce sont des sujets qui ont une charge émotionnelle importante. On ne sait pas ce que vivent nos élèves, il faut pouvoir les aider s’ils vivent de la détresse.&nbsp;» Des professeur·e·s lui auraient confié ne pas toujours se sentir capables de répondre aux questions les plus difficiles des élèves. En mai 2019, Scalabrini déclare à la Presse canadienne&nbsp;: «&nbsp;Ça ne passe pas&nbsp;». Trop de responsabilité sur les enseignant·e·s, trop peu de consultation et de préparation. Même si, sur papier, il est possible de les faire remplacer par des acteur·rice·s externes pour faciliter l’apprentissage, les écoles n’ont souvent pas les moyens de le faire. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Seul·e·s face à leurs élèves, les enseignant·e·s, en plus de ne pas être doté·e·s de la formation nécessaire pour aborder les sujets les plus sensibles, semblent avoir la possibilité d’utiliser le ton qu’il·elle·s désirent dans les conversations sur le sexe. Et cela peut se traduire par une lourde insistance sur les potentielles conséquences négatives des rapports sexuels plutôt que sur leurs bienfaits, une restriction des discussions aux rapports hétérosexuels ou encore à une négligence des dialogues nuancés sur le consentement. Des tendances qui ont été fortement observées par le passé.</span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Une éducation plus inclusive</span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s1">Ces tendances, Leigh, étudiante en sciences infirmières à McGill et coordonnatrice de ShagShop, la boutique en ligne de bien-être sexuel de McGill, les a observées lorsqu’iel était chargée de participer à des ateliers d’éducation sexuelle dans des écoles québécoises. Celle-ci a été bénévole pour l’association À deux mains, un organisme montréalais ayant pour mission de «&nbsp;promouvoir le bien-être physique et mental des jeunes&nbsp;» et de procurer un environnement de soutien aux jeunes marginalisé·e·s avec une approche «&nbsp;préventive, inclusive, non-critique et holistique&nbsp;». Dans le cadre de l’un de leurs projets, le Projet Sens, où des équipes se déplacent dans des foyers, des centres communautaires, des cégeps ou des universités afin de donner des ateliers qui visent un développement sexuel sain chez les jeunes, Leigh dit s’être fait «&nbsp;une idée assez claire du genre d’éducation sexuelle —&nbsp;ou d’un manque de celle-ci&nbsp;— que les élèves reçoivent&nbsp;». C’était il y a cinq ans, donc avant la réforme du programme d’éducation sexuelle. Toutefois, son expérience donne une représentation de ce qui est généralement mis de l’avant par les professeur·e·s lors de ces conversations&nbsp;: «&nbsp;Tout était surtout concentré autour des rapports hétérosexuels, de la grossesse et du transfert de maladies sexuellement transmissibles. Il n’y avait pas de conversations, du moins de mon expérience, sur les raisons pour lesquelles le sexe est, ou peut être bénéfique, sur comment naviguer le consentement, ou naviguer les rapports queers, par exemple.&nbsp;»</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Une éducation sexuelle plus inclusive et positive, c’est ce que demandent tous·tes ceux·celles qui sont encore critiques à l’égard du système d’éducation sexuelle québécois. Dans la lettre ouverte publiée dans Le Devoir mentionnée plus haut, les cosignataires demandent une éducation « inclusive, parce qu’elle se déroule encore sans nécessairement tenir compte de la multiplicité des manières dont on peut s’identifier, dont on peut vivre son orientation romantique/sexuelle, dont on peut choisir (ou pas) d’entrer en relation affective et/ou sexuelle avec autrui. Anti-oppressive parce qu’elle devrait être l’occasion d’accompagner les jeunes dans leurs questionnements, même (et surtout) quand ceux-ci les apportent à regarder de façon critique les normes dominantes ».</span></p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1364px">
			<img decoding="async" class="size-full wp-image-35155" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3.jpg" alt width="1364" height="1645" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3.jpg 1364w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3-330x398.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3-768x926.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3-829x1000.jpg 829w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-educationsex3-850x1025.jpg 850w" sizes="(max-width: 1364px) 100vw, 1364px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Evangéline Durand-Allizé</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2">Et les faits prouvent les résultats positifs de ce genre d’efforts. Plusieurs études, dont une publiée en mai 2017 dans le Journal of Youth and Adolescence, se basant sur le modèle néerlandais, démontre très clairement les effets tangibles sur l’environnement scolaire d’une éducation sexuelle qui inclut les sujets de diversité sexuelle et les perspectives LGBTQ+ dans son curriculum. Elle mène à une diminution des agressions verbales chez les jeunes et à une augmentation des interventions de témoins. Ainsi, en plus de valider et de rassurer les élèves quant à leurs questionnements et leur identité, elle peut réellement améliorer la sécurité de ceux·celles-ci en milieux scolaires. Ce genre d’amélioration est plus que nécessaire au Québec, où 66% des personnes LGBTQ+ sont victimes d’agressions ou d’insultes homophobes, selon un rapport du gouvernement québécois, et où 95% des élèves trans disent ne pas se sentir en sécurité en classe, selon un article du Devoir.</p>
<blockquote><p><span class="s1">[L’éducation sexuelle doit être] anti-oppressive parce qu’elle doit être l’occasion d’accompagner les jeunes dans leurs questionnements, même (et surtout) quand ceux-ci les apportent à regarder de façon critique les normes dominantes</span></p></blockquote>
<p class="p2"><strong>Combler les manques</strong></p>
<p class="p4">Ainsi, ce sont des associations telles qu’À deux mains qui tentent de combler les lacunes en termes d’éducation sexuelle, que celles-ci soient dues à un curriculum incomplet ou à des problèmes structurels dans la mise en place du programme. (Pour une liste plus complète de ressources disponibles, voir p. 20)</p>
<p class="p2"><span class="s1">Mais Leigh rappelle aussi qu’il existe une multitude de façons d’éduquer et de sensibiliser les gens en vue d’une meilleure santé sexuelle. Même si l’équipe du ShagShop tente d’être proactive en termes d’éducation sexuelle, en essayant par exemple d’être présente physiquement via des ateliers ou des stands afin d’avoir de vraies conversations avec les étudiant·e·s, ce n’est pas son objectif premier. «&nbsp;Nous sommes avant tout une boutique. […] Après, d’une perspective éducative et pédagogique, il y a plusieurs façons d’apprendre&nbsp;; il y a les curriculums officiels qui déterminent ce que l’on t’enseigne vraiment en classe, mais il y a aussi de l’éducation informelle, et c’est plutôt dans cette catégorie que nous nous plaçons. Ce que je fais par exemple, quand il faut que j’écrive la description d’un certain produit en ligne, c’est de toujours utiliser un langage neutre, de ne pas assigner d’actes sexuels spécifique aux jouets que l’on vend… Et c’est, à mon sens, une sorte d’éducation informelle puisqu’on tente de montrer, à travers une description, qu’une chose peut être utilisée d’une multitude de façons&nbsp;».</span></p>
<p class="p2">Iel ajoute à la fin&nbsp;: «&nbsp;L’université est un lieu intéressant, parce qu’une grande partie de ses étudiant·e·s sont sexuellement actif·ve·s mais n’ont pas forcément accès à des formes d’éducation sexuelle dans le contexte universitaire. […] Alors que le sexe fait partie de l’expérience universitaire, culturellement.&nbsp;» Iel explique aussi le succès des initiatives comme ShagShop par le fait qu’elles soient animées par des étudiant·e·s. «&nbsp;C’est parfois plus difficile d’en apprendre sur ces sujets lorsque cela vient de gens qu’on perçoit comme réellement “adultes”, et qui sont à un stade de vie complètement différent&nbsp;». Il semble aussi logique qu’une majorité d’étudiant·e·s, rendu·e·s à l’université, ne se tournent plus vers des membres du personnel pour parler de sexe, s’il·elle·s ont l’impression de n’avoir pas suffisamment appris d’eux·elles à l’école, lorsqu’il·elle·s <span class="s1">ont commencé à s’intéresser à ces questions.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1003px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-35157 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed.jpg" alt width="1003" height="1323" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed.jpg 1003w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed-330x435.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed-768x1013.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed-758x1000.jpg 758w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/info-sexed-850x1121.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1003px) 100vw, 1003px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/11/25/le-point-sur-leducation-sexuelle-au-quebec/" data-wpel-link="internal">Le point sur l’éducation sexuelle au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Errances, ou redécouvrir l’espace</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/04/errances-ou-redecouvrir-lespace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2019 03:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34884</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’artiste montréalaise Mélanie Binette imagine un parcours immersif à travers la Place des Arts.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/11/04/errances-ou-redecouvrir-lespace/" data-wpel-link="internal">Errances, ou redécouvrir l’espace</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de découvrir une œuvre en seule présence de l’artiste qui l’a conçue. Et il est encore plus rare de se faire – littéralement – &nbsp;&nbsp;prendre la main par elle au même moment. C’est pourtant la forme que prend la performance <em>Errances</em>, imaginée par Mélanie Binette&nbsp;: un parcours audio immersif où l’artiste montréalaise guide le·a spectateur·rice par la main, seule à seul·e, à travers les multiples niveaux de la Place des Arts. Munies toutes les deux d’écouteurs qui transmettent ses paroles préenregistrées et qui nous guideront, nous marchons.</p>
<p>La Place des Arts&nbsp;a pour elle une importance significative&nbsp;: en plus d’être un des endroits les plus connus et culturellement bouillonnants de la ville de Montréal, il est aussi le lieu de décès de son père, alors qu’elle avait dix-neuf ans. Comment inscrire alors une expérience si intime – le deuil – dans son rapport à un lieu si iconique, et si public?</p>
<p><strong>Dehors</strong></p>
<p>Après l’avoir rejointe, mis notre casque et compris les instructions de l’artiste – ne pas lâcher sa main et suivre son pas –, l’on sort dehors. Sur un rythme lent, Mélanie nous emmène d’abord vers des passages plus isolés. On rase les murs extérieurs des bâtiments et l’on gravit des escaliers vides. À travers le texte magnifique qu’elle a écrit et qui résonne dans nos oreilles, l’artiste nous présente l’endroit dans lequel nous nous trouvons, la Place des Arts, le cœur culturel de la ville de Montréal. Le ton de sa voix donne rapidement le ton de la performance en son ensemble&nbsp;: une expérience méditative axée sur les réflexions de l’artiste, mais aussi introspective, puisque la lenteur et les pauses fréquentes qui définissent son monologue invitent nos propres pensées à s’immiscer dans ses silences.</p>
<p>Alors que le jour tombe et que l’on traverse lentement les contours de la place centrale, Mélanie nous fait part des questionnements qui l’assaillent depuis la mort de son père. Elle nous parle de la présence de la mort qu’elle voit partout et de l’idée de sa propre mort. La mort qui, caractérisée par l’absence de tout, contraste avec tous les souvenirs qu’elle a de lui. Le bruit de sa mallette, son visage, qu’elle semble maintenant reconnaître chez les passants, l’odeur de tabac, synonyme du temps où il était encore en vie et respirait encore.</p>
<p>Lorsque l’on débouche sur des endroits plus ouverts, l’artiste change de perspective et nous raconte l’histoire de la Place des Arts&nbsp;: comment son architecture a été pensée, comment son projet a évolué. Dans ces moments, en tant que spectateur·rice, l’on se rend compte que l’on n’observe vraiment que très rarement les lieux «&nbsp;iconiques&nbsp;» des villes dans lesquelles l’on habite. Alors que ces lieux sont liés à une part si importante de son histoire, nous pouvons les prendre pour acquis, à force de les traverser si souvent. Mais lorsque l’on vit soudainement une expérience personnelle traumatisante au sein de ces dits lieux, comment continuer à les ignorer? Et à l’inverse, comment leur réattribuer leur aspect communautaire et historique alors que ceux-ci sont maintenant si intimement significatifs? Ce paradoxe et ce va-et-vient entre intime et public dans l’expérience d’un espace constitue le cœur du projet de l’expérience immersive imaginée par l’artiste.</p>
<p><strong>Dedans</strong></p>
<p>L’on retourne ensuite à l’intérieur. Dans les souterrains de la Place des Arts, les passant·e·s fourmillent&nbsp;: l’on se dirige vers une salle juste avant une représentation, on soupe ou prend un café, on va prendre le métro. Dans l’un de ces passages, c’est là où le père de Mélanie s’est soudainement effondré d’une crise cardiaque, alors qu’il se rendait au spectacle auquel il devait assister avec sa femme, sa fille et son ami. Tandis qu’elle fait la narration de ces instants tragiques, l’on a l’impression de revivre ces moments avec elle, accompagnés par la confusion, l’empressement et le déni complet de tout ce qui est en train de se passer.</p>
<p>Au milieu de tout ce monde qui s’agite et se presse, nous errons. Mélanie Binette, le temps d’une heure, nous oblige à nous laisser guider non pas par les mouvements de la foule qui animent la Place des Arts, mais par les histoires et les images que lui évoquent ces lieux. Et pendant ce cours laps de temps, cela semble être la chose la plus naturelle du monde. Cela s’explique sans doute par sa présence apaisante et son pas régulier qui nous fait sortir de notre propre empressement. Mais aussi par le fait qu’en la suivant, l’on accepte de se concentrer sur la perspective de l’autre, d’écouter une autre histoire, de traverser l’espace d’une manière qui n’est pas la nôtre. Dans son texte, elle rappelle que nous sommes toutes les deux en train de nous déplacer sur un territoire qui n’a jamais été cédé. Que Montréal, c’est un amas d’histoires gigantesque, de récits officiels qui en éclipsent d’autres et de millions de souvenirs intimes qui ne seront jamais vraiment partagés, mais qui font quand même partie de la ville.</p>
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		<title>« La violence est silencieuse&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/29/la-violence-est-silencieuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2019 19:18:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34860</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Carmelo Monge, qui partage son expérience en tant qu’ex-détenu.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">armelo Monge, membre et porte-parole de l’association Solidarité sans frontières et de Mexicain·e·s Uni·e·s Pour la Régularisation, qui lutte pour les droits des demandeur·euse·s d’asile mexicain·e·s de migrer et de demeurer librement au Canada, nous a accordé un moment pour parler de son rôle au sein de ces organismes, ainsi que pour nous faire part de son expérience en centre de détention de migrant·e·s au Québec, en 2016.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b><i>Le Délit (LD)</i> :</b> <i>Pourriez-vous vous présenter ainsi que les raisons qui vous ont poussé à rejoindre l’association Solidarité sans frontières?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Carmelo Monge (CM) </b>: Je suis un des porte-paroles d’un groupe qui s’appelle Mexicain·e·s Uni·e·s pour la Régularisation, membre de Solidarité sans frontières (SSF) et je participe aussi directement dans un de leurs comités, le comité anti-répression. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Je connaissais déjà certaines personnes de Solidarité sans frontières d’avant, qui commençaient les [luttes] contre la construction de la nouvelle prison. On a fait un premier rassemblement entre nous, qui connaissions déjà cette situation. [Je les ai rejoints par la suite.] J’y participe maintenant parfois comme porte-parole, ou je présente des ateliers ou des conférences. Je transmets mon message à travers mon témoignage, parce que j’ai été en détention au cours de l’année 2016, pendant une semaine. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>LD : Quelles ont été les causes de votre mise en détention? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>CM :</b> Moi, je suis arrivé ici en 2008. J’ai fait les demandes [pour résider ici] , mais au début de l’année 2013, tout a été rejeté. Mais quand même, j’avais un permis de travail pour Uber jusqu’en 2015. Donc, je pouvais continuer à travailler, mais je suis devenu sans-papier. Pendant l’année 2015, avec Solidarité sans frontières, on a fait une demande d’ordre humanitaire. Je travaillais dans un entrepôt, j’avais été obligé de quitter mon ancien travail car mon permis de travail avait expiré. Un jour, l’immigration m’a envoyé une lettre me demandant de me rendre à leurs bureaux pour le renouveler. Donc, j’y suis allé, seul, mais ce qui est arrivé, c’est qu’une représentante m’a dit que j’allais devoir être détenu car il y avait une lettre de déportation à mon nom depuis plusieurs années. J’ai dit ne pas avoir reçu cette lettre, puisque j’avais changé d’appartement entre-temps, mais il n’y avait rien à faire. Tout de suite, tous les agents de sécurité sont arrivés, m’ont menotté et m’ont envoyé directement au centre de détention. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il y avait un recours légal possible, qui s’appelle l’ERAR ( Examen des risques avant envoi, <em>ndlr</em>) ; on m’a demandé si je voulais faire une application. Je l’ai fait, et avec ce recours, j’ai pu aller devant une audience qui prendrait une décision. Solidarité sans frontières et plusieurs autres groupes et organismes ont commencé à se mobiliser pour me chercher un avocat et un représentant. Finalement, je suis paru devant l’audience avec mon représentant et mon avocat. Ça s’est bien passé, mais on a demandé 20 000$ pour ma libération conditionnelle. Ça a été difficile. Mais bon, finalement, j’ai été libéré conditionnellement, et une semaine après, l’immigration m’a envoyé une lettre me disant que ma demande humanitaire avait été acceptée. J’ai aussi obtenu une réponse positive pour ma résidence permanente par la suite.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Tout ça, quand on l’entend comme ça, on pourrait penser que ce n’est pas très compliqué. Mais psychologiquement, mentalement, on souffre. Quand on est à l’intérieur, et qu’on est menotté, c’est la dépression. On ne sait jamais ce qu’il va advenir de nous. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>LD </b>: <i>Au sein même du centre de détention, les ressources et les groupes qui pouvaient vous apporter de l’aide étaient-ils accessibles? Semblait-il possible de s’organiser avec eux?</i> </span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>CM :</b> Il y avait toujours des visites d’organismes, de la part de gens francophones, anglophones, hispanophones. Il y avait beaucoup de ressources, et surtout beaucoup de personnes autour de moi. Le problème, c’est que je voyais bien qu’à l’intérieur, il y avait beaucoup de personnes qui n’avaient pas de connaissances ou d’informations, ni d’amis qui pouvaient les aider. La situation est compliquée pour les personnes qui viennent d’arriver mais qui sont directement remises au centre de détention. Il y en a beaucoup qui sont en déportation tout de suite. Il y en a d’autres qui, au contraire, restent en détention pendant deux, trois ans, parce qu’ils n’ont pas vraiment de représentants légaux, ou de famille. Tous ces cas, personne ne les connaît, à l’extérieur. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Et parlons des enfants ; moi, depuis que j’ai été en prison, j’ai été, d’une certaine façon, capable de me libérer mentalement et émotionnellement [de ce que j’y ai vécu]. J’essaye de faire mes recherches, de voir ce qu’il se passe. En tant qu’adulte, on essaye de laisser certains de nos problèmes à l’intérieur des centres. Mais je me demande comment les enfants arrivent à se libérer de cette situation. Tout ce qu’on vit à l’intérieur du centre, les enfants, ils l’absorbent. Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de psychologues ou de sociologues qui font de réelles recherches sur les impacts que tout cela peut avoir? Parce que même si les enfants sont libérés, que se passera-t-il pour eux après? </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Mon message, c’est ça; si on dit qu’on veut vraiment une société plus inclusive, plus cohésive, il faut penser à toutes ces choses-là, aux enfants, à ce qui va les affecter quand ils vont grandir. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">LD : <i>Pour en revenir au projet de construction du centre à Laval, comment résumer simplement les raisons des protestations d’organismes comme SSF?</i> </span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>CM</b> : Je vais expliquer grosso modo, car il y a plein d’autres détails. Moi, je me pose des questions sur la société en général. En ce moment, il n’y a pas d’augmentation du salaire minimum, il est presque le même depuis près de 10 ans. Il y a aussi des problèmes quant aux logements sociaux. Il y a de réels besoins sociaux. Pourquoi est-ce que la société, au lieu de faire face à ces problèmes, de faire tout un travail social, construit ce genre de prisons? C’est juste reporter toute la situation. C’est quelque chose auquel il faut penser, au sein de la société.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Moi, je pense, personnelle</span><span class="s1">ment, que c’est une situation de violence. Et la violence est silencieuse, car c’est l’État, l’État canadien, qui est en cause. Évidemment, il y a beaucoup plus de problèmes que ça. Dans nos pays d’origine, il y a aussi de gros problèmes. Les compagnies canadiennes s’y installent, ne respectent pas l’environnement ou les conditions des communautés, déplacent la population. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">C’est complexe. Je ne sais pas si c’est quelque chose que l’on peut vraiment comprendre. Mais comment construire une société plus humaine, plus solidaire, plus collaborative, comment? Comment, si l’État continue de diriger la violence vers les immigrants?&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Moi, je suis une personne qui pense que la solution n’est possible qu’en allant chercher toute la société. Il faut créer des dialogues entre les politiciens et tous les autres. Tout le monde! Les médias, les étudiants, il faut que l’on s’engage ensemble. Il n’y a pas directement de réponse, il faut qu’on se regroupe, qu’on s’organise. C’est tout un processus. Toute commence par la confrontation : les racistes, les antiracistes… Il faut chercher comment coexister avec respect, avec collaboration. Cela prend un réel travail.</span></p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1">Collecte de fonds : $10 000 pour l’entraide</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Au début du mois, SSF a lancé un appel à l’aide sur Internet afin de récolter des fonds pour offrir un soutien financier à leurs membres « directement affecté·e·s par les conséquences&nbsp;lourdes d’un système d’immigration injuste ». Le communiqué, diffusé sur Facebook, mentionnait que « malgré le fait qu’ils et elles contribuent à notre société via, par exemple, l’engagement communautaire, le travail, et les impôts, ils ne bénéficient d’aucun accès aux services sociaux. Ils·elles n’ont pas d’assurance maladie ; ils·elles ne peuvent pas accéder aux garderies publiques»; ils·elles ne sont pas éligibles pour des subventions d’aide au loyer ni au logement social, et sont exclu·e·s de certains programmes sociaux tels que l’assurance-chômage, l’aide sociale et les allocations familiales. Sans permis de travail, l’accès à un travail décent ou stable est limité. Ceci fait en sorte que les voies légales vers la régularisation demeurent souvent inabordables&nbsp;». L’objectif de collecte est de 10 000$, de quoi subvenir aux besoins de bases de certain·e·s membres ne pouvant plus travailler, soit pour des raisons de santé ou de documentation, à ceux d’un père monoparental, sans moyens de payer une chirurgie pour son fils malade, et à d’autres membres pris dans le processus de demande d’asile. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2">Les détails de cette collecte de fonds sont disponibles sur Facebook, dans l’événement <i>Collecte de fonds : $10 000 pour l’entraide</i>.</span></p>
<hr>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/10/29/la-violence-est-silencieuse/" data-wpel-link="internal">« La violence est silencieuse&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Montréal: des problèmes structurels</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/01/montreal-des-problemes-structurels/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2019 17:40:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34504</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les francophonies postcoloniales restent marginalisées à l’échelle de la ville.  </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Dans les cercles universitaires, un nombre grandissant d’étudiant·e·s font l’observation de lacunes importantes en termes d’études postcoloniales dans les milieux francophones. Cependant, plus largement, il semble y avoir un problème de visibilité bien plus vaste des productions francophones non occidentales dans les sphères éducatives, sociales et culturelles. C’est le constat que fait une étudiante mcgilloise (qu’on appellera Léa), qui décide de tenter de changer les choses en fondant son propre projet, le Collectif interuniversitaire d’Études Francophones Postcoloniales (CÉFP).</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Un projet grandissant</b></span></p>
<p class="p5">À propos de l’unique cours de littérature francophone postcoloniale proposé par McGill, cette étudiante nous confie : « c’est gênant, on était quinze personnes, et pourtant on ne lisait que des grands noms. » En réalisant que ce cours était le seul offert sur ce sujet, celle-ci s’est posée des questions sur le département en général : « est-ce que c’est parce qu’il n’y a pas d’intérêt, mais ça je ne le pense pas, ou c’est qu’il n’y a pas de volonté de la part du département d’offrir ce genre de cours? »</p>
<p class="p2"><span class="s2">Après avoir communiqué avec plusieurs autres universités, la fondatrice du projet réalise que McGill n’est pas du tout la seule dans ce cas : L’UdeM et l’UQAM, pourtant francophones, n’offrent guère plus de place aux perspectives postcoloniales. Cela ne concerne pas que l’offre de cours, mais aussi la réception des professeur·e·s face à ces sujets : des thèses de recherches refusées, des idées de mémoires jugées trop «&nbsp;radicales » ou « idéologiques ». L’étudiante comprend peu à peu qu’elle ne peut cantonner ses initiatives au milieu universitaire : «&nbsp;on ne peut pas travailler au-dessus si on ne va pas chercher au-dessous. Souvent, chacun reste de son côté, […], le milieu académique prétend théoriser sur les réalités sociales des communautés, mais ne va pas sur le terrain, [tandis que] le milieu communautaire ne pense même pas avoir accès au monde académique. » </span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Dès les premiers niveaux</b></span></p>
<p class="p5">Ayant grandi dans le quartier de Montréal-Nord, dont la population est constituée à près de 60% de personnes issues de l’immigration, il est très clair pour la fondatrice du Collectif que la hiérarchisation des francophonies transcende évidemment la sphère universitaire. Des éléments plus structurels déterminent déjà, beaucoup plus tôt, les différences d’accès à la culture selon les quartiers dans lesquels évoluent les jeunes francophones de Montréal. Léa nous conte un incident qui a eu lieu dans son ancienne école secondaire. Tous les ans, chaque élève se voyait normalement assigné·e une liste de dix romans à lire. Après des plaintes de parents qui n’étaient pas en mesure de payer ces livres et n’étaient tenus par les commissions scolaires que d’acheter les fournitures scolaires de leurs enfants, l’école a dû se résigner à réduire de moitié cette liste, ne pouvant ni obliger les parents à se les procurer, ni fournir les dix romans à chacun·e des élèves, faute de moyens. « Comment peut-on prétendre que diviser par deux le nombre de romans n’aura pas d’impact sur ces jeunes-là? Celui·celle qui est allé·e à l’école secondaire de Montréal-Nord et celui·celle<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>qui est allé·e à Brébeuf n’auront pas les mêmes chances ».</p>
<p class="p2"><span class="s2">Ces problèmes sont sujets à être aggravés par des décisions politiques, comme il est présentement le cas avec l’instauration de la taxe scolaire du gouvernement Legault. Tous·tes les propriétaires montréalais·es bénéficient désormais d’un moindre taux de taxes finançant les services en matière d’éducation, en résulte une coupure (estimée à près de quatre millions de dollars) au budget des commissions scolaires alloué aux écoles des milieux défavorisés de la ville. Malgré les promesses du gouvernement de compenser ces pertes, beaucoup affirment que ces efforts ne seront pas suffisants et que l’argent puisé dans le Trésor public visant à cette compensation serait de toute façon mieux utilisé s’il était dédié à de nouveaux investissements en services d’éducation.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Ainsi, les incidents tels que celui survenu dans cette école de Montréal-Nord semblent destinés à se répéter.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Celui·celle qui est allé·e à [une] école secondaire de Montréal-Nord et celui·celle qui est allé·e à Brébeuf n’auront pas les mêmes chances </span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Il devient donc clair que les communautés francophones provenant directement ou indirectement de l’immigration soient structurellement moins amenées à faire partie des cercles dominants de la francophonie montréalaise — et à voir le français comme moins attrayant — si elles y sont déjà découragées dès le plus jeune âge. À ceci s’ajoutent des problèmes de représentation&nbsp;: «&nbsp;il y a énormément d’auteurs racisés qui ont du succès mais qui ne sont pas lus, ni dans les écoles secondaires ni dans les cégeps, parce qu’encore une fois, leurs romans sont mis dans la case ‘littérature étrangère’, alors qu’ils sont québécois, et qu’ils écrivent ici! » À ce sujet, un projet en cours de développement du collectif serait de créer une banque de livres disponible aux élèves et visant à combler les pertes comme celles de l’école secondaire, dans laquelle seraient promues des œuvres d’auteur·rice·s racisé·e·s. « Si on fait ce travail à cet âge-là, alors il y aura moins besoin de décoloniser plus tard ».</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Scène culturelle montréalaise </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">En dehors du contexte scolaire, des exemples précis peuvent aussi révéler de manière évidente la hiérarchisation systématique des francophonies montréalaises. L’exemple du rap québécois le reflète particulièrement bien. «&nbsp;Un problème à Montréal, c’est que le rap/hip-hop montréalais [des communautés migrantes] est très marginalisé, il ne sera jamais ‘québécois’. La preuve : les Francofolies. Aux Francofolies, on a de tous les groupes, mais on ne mettra jamais de rap des quartiers, parce qu’il est ‘sale’. Mais si on prend le rappeur québécois [blanc] Loud, lui est très [accepté]. […] Pourquoi est-ce qu’on accepte Loud comme rappeur ‘québécois’, mais que le rap de personnes racisées reste ‘de rue’&nbsp;? […] La musique est politique, elle est postcoloniale. Une simple décision d’une grande production comme les Francofolies, qui refuse l’accès à ce genre de plateformes à des artistes racisés, c’est politique&nbsp;». En effet, le mouvement communément appelé « rap keb » est en plein essor au Québec, mais semble réservé aux Québécois·es blanc·he·s. Encore une fois, le refus d’être considérées comme faisant partie de la culture francophone <i>mainstream</i> et dominante pour les jeunes personnes issues de milieux immigrants défavorisés se répète. La rappeuse canadienne d’origine haïtienne Jenny Salgado, plus connue sous le nom de J.Kyll, disait à ce sujet<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>dans le cadre d’une entrevue&nbsp;: « Ce jeune-là, si, lui, quelque part, ne se voit pas, peu importe dans quel angle il regarde, quand il regarde la culture québécoise, il va chercher ailleurs. Donc, il va aller écouter tout le ‘<i>gangsta rap</i>’ américain, puis il va se dire : ‘voilà ce qui me ressemble’, […] puisque le Québec lui-même n’en a rien à cirer de ce qu’il est en train de devenir&nbsp;».</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Des initiatives sont toutefois en train d’être créées pour surpasser cette hiérarchisation des francophonies, particulièrement en ce qui touche aux enjeux de représentation. L’étudiante nous parle de la librairie Racine, première librairie montréalaise ayant pour but exclusif de faire la promotion d’auteur·rice·s racisé·e·s. Elle se situe dans le quartier de Montréal-Nord, et ce choix de location est significatif : créer ces espaces dans les périphéries facilite évidemment l’accès à la culture pour ceux·celles qui n’ont simplement pas le temps ni les moyens de se déplacer loin pour des évènements culturels. Ce genre d’initiatives tend vers une réelle décentralisation de la culture et du savoir : «&nbsp;Que ce soit les gens du centre-ville qui se déplacent vers nous, parce qu’il y a de la culture aussi là-bas. La culture, elle n’est pas juste entre Berri et Peel. »</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il apparaît alors clair que des initiatives de terrain, sociales et culturelles, sont nécessaires afin de combattre les obstacles structurels qui renforcent la marginalisation des francophonies postcoloniales à Montréal. </span></p>
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		<title>« Parler le français comme vous êtes&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/01/parler-le-francais-comme-vous-etes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2019 17:36:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34499</guid>

					<description><![CDATA[<p>Perspective du Dr. Diouf sur la place des francophonies postcoloniales en milieu littéraire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/10/01/parler-le-francais-comme-vous-etes/" data-wpel-link="internal">« Parler le français comme vous êtes&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">éloge de la langue française « classique » se fait très souvent par le biais de la littérature, moyen d’expression privilégié des « richesses » de ce parler français que d’autres francophonies ne posséderaient pas. Pour mettre en lumière les mécanismes de cette hiérarchisation, nous avons rencontré le Docteur Diouf, professeur dans le Département des littératures de langue française, de traduction et de création de McGill.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><strong><i>Le Délit</i></strong><b> (LD): </b><i>Pouvez-vous vous présenter brièvement, ainsi que votre place dans le département de littératures en langues française de McGill? Quel a été votre parcours?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Mbaye Diouf (MD):</b> Mon nom est Mbaye Diouf, je suis dans le département depuis 2014. Je suis le seul qui enseigne la littérature francophone, ce qui est déjà un indice pour notre nombre à McGill.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les domaines où je suis vraiment expert sont toutes les littératures francophones hors Québec, hors France. Donc, tout ce qui est littérature francophone des Caraïbes, d’Afrique noire, du Maghreb, du Moyen Orient. J’ai fait mon doctorat à Laval, puis avant de venir à McGill, j’ai enseigné à l’Université de Victoria et à l’Université de Moncton. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD :</b><i> L’objectif principal de notre enquête est de mettre en lumière une hiérarchisation des façons de s’exprimer en français. Dans le discours public, les francophonies occidentales, qui se rapprochent le plus des modèles français et québécois sont celles qui dominent. Partagez-vous les mêmes observations, et si oui, y a‑t-il certains mécanismes à l’origine de cette hiérarchisation, ou qui contribuent à l’alimenter? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">MD : Oui, je l’ai remarqué, c’est un fait. Quand on apprend [le français] à l’école, le modèle qu’on apprend, c’est le modèle standard français : la structure des phrases, la conjugaison des verbes… Or, par exemple dans les pays du Maghreb ou des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, ou même Haïti, la structure des phrases n’est pas vraiment la même structure qu’en français [hexagonal]. Or ce que tu dois apprendre en tant que francophone n’ayant pas le français [occidental] comme langue première, c’est la structure de phrase « correcte » française. Donc ça, c’est un premier niveau de hiérarchisation, ce qui fait que tu apprends comme deux fois le français: le français que tu adaptes à ta réalité locale, surtout quand tu es venu d’autres régions, quand tu es immigrant à Montréal, puis le français académique. Tu vis tout de suite un hiatus linguistique, tu es tout le temps dans l’effort de parler correctement et d’écrire correctement, mais tu gardes un autre niveau de français en toi, et tu joues avec ça si tu vas chercher tes courses, si tu vas chercher du travail, peu importe. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce qu’on fait, dans les théories postcoloniales, c’est amener les francophones à être décomplexés de cette langue, à parler le français comme vous êtes.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Tu vis tout de suite un hiatus linguistique, tu es tout le temps dans l’effort de parler correctement et d’écrire correctement, mais tu gardes un autre niveau de français en toi</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD :</b> <i>Pour vous, les littératures francophones participent-elles à dénoncer cette hiérarchisation dans la langue? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MD : </b>Oui, définitivement. C’est tout de même un mouvement récent. Si je prends par exemple la génération des écrivains francophones actuels, ceux de Martinique, de Guadeloupe, ou bien des écrivains français d’Algérie, du Sénégal, ou du Liban&nbsp;: c’est un mouvement vraiment récent. Ils se sont dit que, dans le fond, pour faire de la littérature en français, parlant de leur réalité, il faut le faire dans leur français. Donc il y a presque quelque chose de l’ordre de l’engagement littéraire chez les écrivains francophones postcoloniaux, pour s’approprier leur français et être à l’aise dans ce français-là. [Cette hiérarchisation] n’a pas complètement disparu, mais c’est grâce à ces écrivains qu’on a vraiment commencé à se sortir de ça. Les écrivains écrivent maintenant avec plein de mots, empruntent même de l’anglais, de l’arabe de la rue. Quand tu vas au Maroc, ils ont des niveaux d’arabe : un arabe vraiment quotidien, de la rue, et ils le mettent dans la littérature.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD&nbsp;:</b> <i>Est-ce qu’on retrouve dans ces littératures l’interrogation des auteurs par rapport à leur rapport à la langue française&nbsp;?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MD&nbsp;:</b> Oui, dans les œuvres par exemple ils vont faire des personnages qui déforment leur langue, leur joual, leur argot en français. Sauf que c’est un argot qui n’est pas parisien, qui n’est pas lyonnais, c’est un argot qui va être vraiment de Fort-de-France, de Port-Au-Prince, de Dakar ou de Rabat. Les écrivains ont ramené le débat à la littérature en mettant par exemple des personnages qui ont deux registres de langue différents. Peut-être qu’ils proviennent de deux classes sociales différentes, mais ils ont leur propre opinion sur ce que devrait être le fait de s’exprimer en français. Donc oui, le débat a été à la fois littéraire et idéologique à l’intérieur </span><span class="s1">des œuvres. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce qui est remarquable aussi c’est que, pour la plupart des écrivains francophones, cette situation les a presque forcés à aussi devenir des critiques littéraires. Une langue locale définit d’abord une identité locale, il a fallu qu’ils conceptualisent ça. C’est la double casquette qu’on voit et qui est particulière chez les écrivains francophones. La plupart font de la fiction, mais font de la réflexion aussi, sur ce que devrait être une littérature en français.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Il y a presque quelque chose de l’ordre de l’engagement littéraire chez les écrivains francophones postcoloniaux, pour s’approprier leur français</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Vous êtes le seul professeur de littérature francophone au Département de Littérature en langue française de McGill. Pensez-vous que c’est quelque chose qui va changer? Que de plus en plus d’étudiants s’intéressent aux littératures francophones&nbsp;? Est-ce quelque chose que vous remarquez? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MD</b> : Oui! Moi, je suis là depuis quelques années et je vois la différence entre lorsque je venais d’arriver et maintenant. Il y a de plus en plus d’étudiants qui s’inscrivent et qui s’intéressent à la littérature francophone à McGill, des étudiants qui viennent d’ailleurs et du reste du Québec, dont le projet de venir étudier à McGill a été renforcé lorsqu’ils ont vu que l’on proposait des cours de littérature francophone. Si l’offre est disponible, les étudiants viennent la chercher, mais c’est sûr qu’il faut que les universités elles-mêmes fassent beaucoup d’efforts de recrutement et qu’elles montrent qu’elles enseignent les littératures et les cultures francophones. Les étudiants sont moins coincés qu’on le pense : quand on leur donne une offre qui vient chercher leurs intérêts, ils vont s’inscrire. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD : </b><i>Quant à vous, au cours de votre parcours académique, avez-vous remarqué que votre rapport à la langue française a évolué? Comment votre intérêt pour les littératures francophones est né? Est-ce quelque chose qui vous a toujours intéressé?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>MD </b>: Le parcours remonte à loin… Moi, je viens du Sénégal, à l’origine. Au Sénégal, on enseigne vraiment de façon très classique la langue française, la littérature française. Mais quand j’ai quitté le Sénégal, bizarrement, ce sont les littératures francophones qui m’ont le plus fait aimer le français. Quand j’ai vu d’autres français, mélangés à d’autres langues, je me suis dit : « vraiment, le français est plus riche que ce que j’en avais appris. » Et puis, le français m’a conduit vers d’autres cultures aussi, vers d’autres régions que je ne connaissais pas. Les littératures francophones cassent ce rapport bipolaire-là et rendent vraiment le français langue internationale et multiculturelle.&nbsp;</span></p>
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		<title>Forçons-nous à contrer nos biais</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/03/forcons-nous-a-contrer-nos-biais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Sep 2019 14:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33998</guid>

					<description><![CDATA[<p>La section Société se présente et vous livre ses objectifs.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">Au mois de mai dernier, les quatre groupes de défense démocratique et environnementale <i>LeadNow.ca</i>, <i>Canada 350</i>, <i>North 99</i> et <i>Our Time, </i>dans le cadre des élections fédérales, ont lancé une pétition exigeant à Radio-Canada/CBC la tenue d’un débat des chef·fe·s qui porterait exclusivement sur la question de l’urgence climatique. Plus de 48 000 signatures ont été récoltées et une forte pression a été exercée sur Radio-Canada, incluant une manifestation devant ses studios en juillet 2019. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En plus de souligner que les dérèglements climatiques auxquels fait actuellement face le Canada ainsi que le reste du monde sont d’une gravité telle que ce sujet ne devrait pas être qu’un point de débat parmi tant d’autres, ces demandes font aussi réfléchir sur la responsabilité des médias quant à leur rôle au sein de nos sociétés. Ils se doivent non seulement d’informer de manière exacte, mais aussi de contribuer à amoindrir le biais de confirmation dont nous sommes tou·te·s victimes&nbsp;; nous accordons tou·te·s plus de poids aux informations qui nous confortent dans nos opinions existantes. Et ce, en ignorant ou en décrédibilisant les voix qui remettent en question ces dernières, ce qui rend la communication entre différents groupes au sein d’une même communauté d’autant plus difficile. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bien que médias et journalistes soient évidemment aussi sujets à ce biais de confirmation, il·elle·s ont le pouvoir – et le <i>devoir</i> – de replacer au centre des discussions les sujets et les personnes que l’on choisit souvent d’ignorer par peur, par incompréhension ou par refus de se remettre en question à la fois collectivement et individuellement. À petite échelle, et en saisissant pleinement la complexité et l’envergure qu’une telle tâche représente, la section Société du <i>Délit</i> essayera, tout au long de l’année, d’assumer la responsabilité de prioriser les perspectives sous-représentées dans les grands médias, et ce, spécialement dans le cadre d’un campus majoritairement canadien et très privilégié. La section sera, comme durant le semestre d’hiver 2019, divisée en deux catégories distinctes mais complémentaires : Opinion et Enquête. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Des opinions et des faits </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Le titre « Opinion » est quelque peu réducteur, car cette sous-catégorie de la section englobe en réalité plusieurs formats possibles : témoignages, entrevues, tribunes, analyses… Le mot société est vaste, et les sujets qui peuvent être couverts le sont bien plus encore. Nous espérons qu’ils refléteront la diversité des expériences qui marquent les étudiant·e·s francophones de McGill.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La particularité de la section Société est qu’elle permet d’exprimer un point de vue et même d’initier au sein de ses pages un débat, d’une semaine à une autre, entre un·e auteur·rice et un·e autre. Le but étant de s’exposer à des idées et des vécus qui ne sont pas forcément les plus répandus, toujours de manière respectueuse, inclusive et informée. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Contrer le sensationnel </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Au printemps dernier, un sondage créé par la Fondation pour le journalisme canadien révélait que près de 52% des canadien·ne·s lisaient les nouvelles via leurs réseaux sociaux, et cette tendance est encore plus visible chez les milléniaux : pour eux, c’est 70%. Sur ces plateformes, et au fur et à mesure des réactualisations de nos <i>feeds</i>, les informations sous forme d’alertes semblent aussi vite apprises qu’oubliées, sans pour autant avoir obtenu toutes les réponses. La section Société, une fois par mois, publiera une enquête ou un reportage qui prendra toutes ses pages. Ceux-ci seront le produit de plusieurs semaines de recherches et de rencontres, pour contrebalancer ce phénomène en tentant de répondre au plus de questions possibles<i>.</i></span></p>
<p class="p8"><span class="s3">Dans le contexte de McGill même, et par le biais de ses journaux étudiants, des flots d’informations nous sont communiqués chaque semaine&nbsp;: nouveau mouvement étudiant, règlement ou loi qui viennent d’être passés, initiative tout juste créée… La section enquête tentera de dépasser la dimension spontanée de la nouvelle et d’exposer les éléments souvent omis lorsque l’on parle de ces évènements. Par exemple : comment le mouvement s’est-il formé&nbsp;? Quels peuvent être les obstacles rencontrés lorsqu’on tente de créer un mouvement étudiant qui exercerait une réelle influence?</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Qu’elle soit sous forme de reportage ou d’enquête, cette deuxième composante de la section Société tentera d’examiner à la loupe des sujets donnés, mais aussi de rendre plus transparents des enjeux qui nous semblent parfois trop grands et inaccessibles. </span></p>
<p class="p6">
</p><p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/09/03/forcons-nous-a-contrer-nos-biais/" data-wpel-link="internal">Forçons-nous à contrer nos biais</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Les équipes changent de nom</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/12/les-equipes-changent-de-nom/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2019 16:31:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Changement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[redm*n]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La principale Suzanne Fortier annonce que McGill retire le nom R*dmen.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi matin, le 12 avril, tou·te·s les étudiant·e·s de McGill ont reçu un communiqué de la principale de l’Université, Suzanne Fortier, leur annonçant sa décision finale quant au changement de nom des équipes sportives masculines de McGill. Suite à une campagne pour un changement de nom qui durait depuis octobre et malgré le retardement annoncé de sa décision jusqu’à la fin de l’année scolaire, la principale a statué qu’à «&nbsp;compter d’aujourd’hui, les équipes sportives universitaires masculines de McGill ne porter[aient] plus le nom&nbsp;<em>Redmen</em>&nbsp;».</p>
<p><strong>Un long processus</strong></p>
<p>Dans son communiqué, la principale souligne avoir consulté une grande diversité de membres de la communauté mcgilloise, y compris des étudiant·e·s, des membres de personnel et du corps enseignant, « dont des membres des communautés autochtones&nbsp;».</p>
<p>La décision de la principale a plusieurs fois été remise à plus tard, causant l’impatience au sein de certaines communautés du campus. Suzanne Fortier a justifié cette attente par la longueur du processus de délibération, notamment due à l’étude du rapport final du groupe de travail sur les principes régissant la commémoration et les changements de nom.</p>
<p>Suzanne Fortier a abordé «&nbsp;l’immense fierté que ressentent nos étudiants-athlètes et nos diplômés face à la riche histoire et à la longue tradition de nos équipes sportives universitaires&nbsp;». En effet, le soutien, notamment financier, des anciens élèves de McGill &nbsp;«&nbsp;qui ressentent un profond attachement à l’égard du nom de l’équipe&nbsp;», a probablement joué un rôle non négligeable dans le processus de délibération concernant le changement de nom. Toutefois, la principale a enchainé en tenant compte de «&nbsp;toute la douleur causée par le nom&nbsp;<em>Redmen</em>&nbsp;», et du «&nbsp;conflit intérieur entre la fierté légitime [de certains étudiant·e·s] d’appartenir à un peuple autochtone et celle d’être des étudiants mcgillois&nbsp;». Celle-ci reconnaît aussi que l’ancien nom, malgré le fait qu’il n’ait pas été pensé en lien direct aux communautés autochtones lors de sa création, «&nbsp;est largement reconnu comme un terme offensant&nbsp;[…] comme en font foi les principaux dictionnaires de langue anglaise&nbsp;».&nbsp;«&nbsp;Nous ne pouvons faire fi du sens qui lui est attribué aujourd’hui&nbsp;», ajoute-t-elle.</p>
<p><strong>Prochaines étapes</strong></p>
<p>Suzanne Fortier a annoncé que le nom serait retiré immédiatement. Un nouveau nom sera créé à travers «&nbsp;un processus consultatif&nbsp;», au sein d’un comité spécial. Pour le moment, les équipes se feront simplement appeler <em>McGill</em>, et le nouveau nom devrait être annoncé au début de la saison de 2020–2021.</p>
<p>L’alliance des étudiants autochtones de McGill (<em>Indigenous Student Alliance</em>, en anglais, <em>ndlr</em>) a republié le communiqué sur leur page<em> Facebook</em>, avec le message&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous sommes fous de joie de la décision de renommer l’équipe sportive masculine. Nous voulons remercier tous ceux qui nous ont soutenus et qui ont travaillé sans relâche sur cette campagne </em>[…] <em>Surtout, nous sommes reconnaissants pour le travail de tous les groupes d’étudiants autochtones qui nous ont précédés et qui militent pour ce changement depuis des décennies</em>&nbsp;»</p>
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					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2019/04/12/les-equipes-changent-de-nom/feed/</wfw:commentRss>
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			</item>
		<item>
		<title>Cette année à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/09/cette-annee-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2019 13:52:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33931</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques évènements marquants de l’année 2018-2019.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><b><i>Automne 2018</i></b></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>12 septembre</b> : Le Sénat fait pression sur l’administration quant au désinvestissement des énergies fossiles, en votant pour approuver la décision de «&nbsp;<i>désinvestir de toutes les sociétés dont l’activité principale est l’extraction, la distribution et/ou la vente de carburants fossiles</i> ». Depuis plusieurs mois, <i>Divest McGill</i> renforce aussi cette pression avec les <i>Fossil Free Fridays, </i>en organisant des rassemblements devant le bâtiment des Arts.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>1er octobre</b> : La Coalition Avenir Québec est élue aux élections provinciales. Deux jours après, la Vice-présidente aux affaires externes de l’AÉUM publie sur la page Facebook des Affaires externes disant que «&nbsp;<i>Le Québec a élu un gouvernement raciste, xénophobe, d’extrême droite ayant des liens documentés avec des suprématistes blancs</i>&nbsp;», publication qui provoque la polémique. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>31 octobre </b>: La première grande manifestation pour le changement de nom des équipes sportives, R*dmen, a lieu. Tomas Jirousek, commissaire aux affaires autochtones de l’AÉUM, y est intervenu et a depuis mené le mouvement. Une question de référendum posée par l’AÉUM demande ensuite aux McGillois·es de voter sur le changement de nom afin de faire pression sur l’administration. Le 13 novembre, les résultats tombent : le OUI l’emporte avec près de 79% des voix.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>26 novembre</b> : Des centaines d’étudiant·e·s en services sociaux et en sciences humaines protestent pour la rémunération des stages, se réunissant sur la place Émile-Gamelin. Des membres de la Faculté du travail social de McGill les rejoignent. Ceux·celles-ci expriment aussi leur déception face à l’administration de McGill qui ne leur a pas accordé de jours de grève. Le mouvement continue encore à ce jour ; d’autres manifestations ont eu lieu du 18 au 22 mars 2019.</span></p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-33881" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/DSC01124-1000x667-1000x667.jpg" alt width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/DSC01124-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/DSC01124-1000x667-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/DSC01124-1000x667-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/04/DSC01124-1000x667-850x567.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/iyad-kaghad/?media=1" data-wpel-link="internal">Iyad Kaghad</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><b><i>Hiver 2019</i></b></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>30 janvier 2019 </b>: La création du cours de science politique POLI 339, qui sera donné à Jérusalem pendant la session d’été, fait la controverse. Le 30 janvier, le conseil législatif de l’association étudiante de la Faculté des arts refuse de ratifier les frais étudiants, de 1000 dollars, pour financer le cours. Peu après, les membres exécutifs de l’administration modifient le vote via une conversation tenue sur <i>Facebook Messenger</i>. Ce vote a plus tard été déclaré inconstitutionnel. Deux membres ont démissionné suite à cette affaire. L’inscription au cours est maintenant possible sur Minerva</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>15 mars</b> : Près de 150 000 étudiant·e·s parcourent les rues de Montréal pour demander des actions claires du gouvernement face à la crise climatique. Près de 1 500 étudiant·e·s mcgillois·es s’ajoutent au mouvement, se rassemblant tout d’abord devant le bâtiment des Arts, où plusieurs membres d’associations écologistes comme <i>Divest McGill</i> prennent la parole afin de communiquer leurs requêtes. La marche est organisée par le mouvement étudiant <i>La planète s’invite à l’Université. </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>27 mars </b>: La version révisée de la «&nbsp;Politique contre la violence sexuelle&nbsp;» est adoptée officiellement par le Sénat. Elle rassemble plusieurs ajouts importants face à l’ancienne politique, tels qu’une interdiction partielle des relations professeur·e‑élève, une obligation pour tou·te·s à suivre une formation et la création d’un poste d’enquêteur·rice spécial·e. Plusieurs étudiant·e·s se sont toutefois plaint·e·s d’un manque de consultation à leur égard, et d’une politique qui ne va pas assez loin. Les sénateur·rice·s<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>étudiant·e·s se sont donc abstenu·e·s au vote final.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>29 mars</b> : Les résultats des élections des membres exécutifs de </span><span class="s1">l’AÉUM tombent, ainsi que ceux des questions de référendum. Bryan Buraga devient président de l’association, et promet dans sa plateforme de tenter d’instaurer une semaine de lecture d’automne, de renforcer la politique sur les violences sexuelles et de faire pression sur le conseil d’administration de McGill pour le désinvestissement des énergies fossiles.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Fin avril</b> : La décision de changer, ou pas, le nom des équipes sportives devrait être prise par la Principale Suzanne Fortier. Pendant la période des référendums d’hiver, les étudiant·e·s ont notamment voté NON pour continuer à financer l’amélioration des installations du complexe sportif de McGill, en signe de protestation, afin de presser la décision de remplacer le nom.</span></p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-32337" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-1000x667.jpg" alt width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/11/A-Redmen-C-850x567.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/iyad-kaghad/?media=1" data-wpel-link="internal">Iyad Kaghad</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

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			</item>
		<item>
		<title>Porter le feu dans le noir complet</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/09/porter-le-feu-dans-le-noir-complet/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2019 11:47:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Le Délit et des livres]]></category>
		<category><![CDATA[cormac mccarthy]]></category>
		<category><![CDATA[kerouac]]></category>
		<category><![CDATA[la route]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[pullitzer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retrouver l’œuvre marquante de la semaine : La Route.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">omment vivre après l’apocalypse? Le roman <i>La Route</i>, de l’écrivain américain Cormac McCarthy, récompensé du prix Pulitzer, offre une possible réponse à la question. La vie sur terre est presque éteinte suite à un choc dont on ignore la cause. Tous les éléments classiques d’un monde post-apocalyptique y sont réunis : des cendres qui recouvrent tout, un brouillard froid qui bloque le soleil et surtout, des ressources qui se font si rares qu’elles rendent la survie presque impossible. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Un père et un fils</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Un petit garçon et son père, jamais nommés, marchent à travers ce qui était autrefois les États-Unis, essayant d’atteindre le sud pour échapper au froid mortel de l’hiver. Ils doivent se déplacer à pied puisqu’il est devenu impossible d’alimenter toute sorte de véhicules, et ne transportent avec eux qu’un caddie de supermarché, chargé de leur matériel de survie – des bâches, des couvertures et quelques objets ramassés.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">On est encore les gentils? Dit-il. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">– Oui, on est encore les gentils. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">– Et on le sera toujours. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">– Oui. Toujours. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">– D’accord.</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">Les deux personnages frôlent toujours la mort. La faim, la fatigue et le froid les guettent à chaque instant, mais un autre ennemi les menace : des groupes de personnes qui survivent encore, faisant fi de toutes valeurs humaines, blessent, violent et tuent sans aucun remords. Plusieurs se nourrissent aussi de leurs victimes. Dans ce monde chaotique, il y a les « méchants » et les «&nbsp;gentils », selon les termes de l’enfant. Tout au long de leur chemin, les deux personnages se répètent sans cesse appartenir au second groupe, comme une prière : « On est encore les gentils? dit-il. – Oui, on est encore les gentils. – Et on le sera toujours. – Oui. Toujours. – D’accord. » </span></p>
<p class="p2"><span class="s5">Les dialogues sont toujours de ce style : rythmés par de très courtes répliques, comme si tous deux étaient continuellement à bout de souffle. C’est d’ailleurs ce qui nous fait vraiment croire à l’histoire : les personnages n’ont plus le courage de se lancer dans de grands discours, ou de grandes rigolades. Ce temps-là est révolu. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Une noirceur tendre</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s5"><i>La Route</i> déstabilise. Au tout début, on en sait très peu, seulement que ces deux êtres marchent ensemble vers ce qui semble être une vraie destination. Ils vivent mal, mais survivent. Seulement, au fur et à mesure, l’on réalise qu’eux-mêmes ne savent vraiment pourquoi ils continuent. Une sorte de <i>Sur la route</i> de l’enfer, où les personnages traversent des kilomètres non pas pour l’aventure et la liberté comme dans le roman de Kerouac, mais pour rester en vie sans vraiment savoir si ça en vaut la peine. Le monde dégénère et ne pourra jamais revenir à ce qu’il était avant. </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">La noirceur de <i>La Route</i> est si convaincante qu’elle vous emporte entièrement. Mais elle est contrebalancée par la beauté et la simplicité des échanges entre père et fils. Comment et pourquoi rester un « gentil » dans un monde qui n’a plus de sens et où ça n’apporte rien? Pour eux, «&nbsp;porter le feu », comme l’enfant le répète constamment – ou choisir l’empathie et l’humanité&nbsp;– est la seule chose qui donne encore sens à leur route. La tendresse qu’ils se portent l’un vers l’autre prête une beauté surprenante à ce livre qui donne le vertige. Les deux personnages sont les seuls à pouvoir se relever l’un l’autre. Au cours de leur chemin, l’enfant dit ne pas connaître d’histoires qui finissent bien. Son père lui demande, dans un dialogue où leurs rôles semblent s’échanger&nbsp;: « La vraie vie est très cruelle? –&nbsp;Qu’est-ce que tu crois? –&nbsp;Eh bien, je crois qu’on est toujours là. Il nous est arrivé pas mal de mauvaises choses mais on est toujours là. –&nbsp;Ouais. –&nbsp;Tu ne trouves pas ça tellement formidable. –&nbsp;J’en sais rien. » <i>La Route</i> est sublime et brise le cœur. Et elle captive particulièrement alors que notre propre monde semble se désintégrer peu à peu. </span></p>
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		<title>Le NON l’emporte, contre R*dmen</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/le-non-lemporte-contre-rdmen/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 13:08:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[change the name]]></category>
		<category><![CDATA[changer le nom]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[construction]]></category>
		<category><![CDATA[infrastructures sportives]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[redmen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La majorité refuse de continuer à financer l’amélioration des installations sportives.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/le-non-lemporte-contre-rdmen/" data-wpel-link="internal">Le NON l’emporte, contre R*dmen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a saison des référendums s’est achevée le 29 mars dernier. Au même moment où les Mcgillois et Mcgilloises de premier cycle devaient voter pour leurs prochain·e·s représentant·e·s, ceux·celles-ci ont aussi dû se prononcer sur le renouvellement des frais entretenant le complexe sportif de l’Université, dont le montant s’élève à 10$ par trimestre. La question portait sur leur intention de continuer, ou non, à payer ces frais visant à maintenir et améliorer les installations sportives de McGill.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Après consultation</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La décision de faire passer cette question au référendum d’hiver a été prise, comme toutes les questions de ce genre, lors d’un conseil législatif de l’AÉUM, où se réunissent des représentant·e·s de toutes les facultés. C’était le 28 février ; bien que plusieurs représentant·e·s s’y soient opposé·e·s, la discussion n’a pas duré longtemps et une très grande majorité a approuvé cette question de référendum, malgré le fait qu’il ait été soulevé qu’elle avait un lien étroit avec le nom R*dmen et qu’elle pouvait être problématique. Dans les dernières semaines, une véritable campagne, de nouveau guidée par Tomas Jirousek, commissaire aux affaires autochtones de l’AÉUM, encourageait les étudiant·e·s à voter « non » afin de faire pression sur l’administration pour changer le nom des équipes sportives. Celui-ci, dans une lettre publiée dans le <i>McGill Tribune</i>, écrivait qu’en tant que membre de l’équipe d’aviron, qu’il « <i>aimerait beaucoup voir une amélioration des installations sportives, mais seulement si celle-ci bénéficie à tous les membres de la communauté</i>&nbsp;». Les personnes autochtones, explique-t-il, dû au nom des équipes, font face à un environnement hostile au sein du complexe sportif, et voter « non&nbsp;» reviendrait à défendre les mêmes valeurs que lorsque la communauté avait dû voter directement pour un changement de nom.</span></p>
<p class="p6"><strong><span class="s1">Contre toutes attentes</span></strong></p>
<p class="p5"><span class="s1">Lors du conseil législatif du 28 mars, avant les résultats du référendum, Connor Spencer, vice-présidente aux affaires externes de l’année 2017–2018, a fait une déclaration au nom de Christelle Tessono, présidente du BSN (<i>Black Students Network</i> en anglais, <i>ndlr</i>) et Tomas Jirousek. « <i>L’AÉUM a directement failli à son mandat de se montrer alliée avec les étudiant·e·s autochtones à McGill</i> », a‑t-elle déclaré. « <i>Il était décourageant de voir que le conseil législatif avait approuvé que cette question apparaisse dans le référendum d’hiver sans considération apparente de l’impact qu’elle pourrait avoir sur les étudiant·e·s autochtones. […] Une réconciliation implique des sacrifices. Elle implique une auto réflexion qui créera forcément des moments d’inconfort. Il s’agit de l’un de ces moments</i> ». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Connor Spencer a démontré qu’en faisant passer directement la question au référendum, le labeur est automatiquement retombé sur les épaules des étudiant·e·s autochtones, les obligeant à construire eux·elles-mêmes une toute nouvelle campagne. Connor Spencer a demandé au conseil de considérer sa déclaration comme une condamnation du manque de respect et de professionnalisme des représentant·e·s de l’AÉUM. Tomas Jirousek, qui assistait au conseil en diffusion en direct, a aussi fait une déclaration par l’intermédiaire de Connor Spencer&nbsp;: « <i>Il est déplorable de voir que les membres du conseil essayent de « gérer » ce problème alors que j’avais directement exprimé mes préoccupations quant à celui-ci. J’ai été ignoré et défié quant à mes expériences et j’ai senti que<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’on a parlé à ma place. Ceci est un exemple clair du rôle performatif<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>d’allié de l’AÉUM</i> ».&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« <i>Je présume que le renouvellement des frais va être approuvé, malheureusement</i> », avait commenté Christelle Tossono. Le lendemain, les résultats sont tombés&nbsp;: le « NON&nbsp;» l’a emporté à 58%. La veille, Tossono avait déclaré que voter non s’agirait « <i>d’une façon d’utiliser notre pouvoir pour faire passer un message&nbsp;; et il est fondamental de réaliser le pouvoir que nous avons en tant qu’étudiant·e·s</i> ». Elle n’y croyait presque pas, mais il semble que ce potentiel ait été réalisé. Reste maintenant à voir si l’administration répondra à cette pression. </span></p>
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		<title>Un grand pas, mais pas pour tou·te·s</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 12:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[sénat]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Sénat a voté pour adopter la nouvelle politique contre les violences sexuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/un-grand-pas-mais-pas-pour-tou%c2%b7te%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Un grand pas, mais pas pour tou·te·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">ensemble des sénateur·rice·s de McGill, incluant des membres de la haute administration, les doyen·ne·s de toutes les facultés, des professeur·e·s et des étudiant·e·s élu·e·s ont voté le 27 mars dernier pour adopter la nouvelle <i>Politique contre la violence sexuelle</i> de l’Université. L’ancienne politique, datant de 2016, avait été examinée, révisée et modifiée depuis l’été 2018, pour aboutir à cette nouvelle version. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Angela Campbell, Vice-principale exécutive adjointe, venue présenter la politique au Sénat pour son adoption, a souligné ses quatre changements clés&nbsp;: la création du poste d’enquêteur·rice spécial·e et indépendant·e, l’interdiction des relations intimes entre un·e membre du corps enseignant et un·e étudiant·e sous son autorité, la suppression de barrières structurelles qui empêcheraient un·e survivant·e de porter plainte, et un renforcement de l’éducation et la formation de tou·te·s les membres de la communauté universitaire sur ces questions. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Une grande avancée?</b></span></p>
<p class="p5">De nombreux<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>sénateurs, qu’ils soient professeurs, doyens ou assistants, ont fait part de leur satisfaction quant à la politique&nbsp;: plusieurs d’entre eux l’ont décrite comme « <i>un grand pas en avant</i> ». Le fait que l’interdiction des relations romantiques et sexuelles entre étudiant·e·s et professeur·e·s ne soit pas complète (elle ne s’applique qu’aux relations où un individu exerce une autorité ou une influence académique sur l’autre) serait, selon plusieurs, une bonne chose. « <i>Si la politique allait plus loin, cela lui enlèverait sa crédibilité</i>&nbsp;», a affirmé Robert Leckey, doyen de la Faculté de droit.</p>
<p class="p2">Une sénatrice a fait part de son témoignage ; lorsqu’elle était étudiante de second cycle à McGill, il y a près de 50 ans, ses cinq professeurs entretenaient des relations avec leurs élèves&nbsp;; l’un avec sa candidate de PhD, l’autre avec quatre étudiantes en même temps. Les ricanements ont alors parcouru la salle à l’écoute de ces récits. Cette effusion a été très critiquée par les sénateur·rice·s étudiant·e·s. « <i>J’aimerais beaucoup ne pas entendre rire à propos de personnes ayant été harcelées sexuellement. […] Ceci constitue exactement le genre d’environnement hostile où les étudiants ne se sentent pas à l’aise de s’exprimer</i>&nbsp;», a rétorqué Madeline Wilson. La principale Suzanne Fortier a tenu à clore l’échange en affirmant : «&nbsp;<i>Selon mon expérience, les gens peuvent glousser pour plusieurs raisons. Cela peut être parce qu’ils trouvent ça drôle, mais aussi parce qu’ils sont inconfortables. Nous devrions leur donner le bénéfice du doute</i>&nbsp;».</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réactions mitigées</b></span></p>
<p class="p5">Les membres étudiant·e·s du Sénat ont, tour à tour, exprimé leur insatisfaction. Bryan Buraga, Madeline Wilson, Andre Lametti – tout en saluant le travail de ceux·elles ayant amélioré la politique – l’ont qualifiée d’insuffisante, l’interdiction des relations intimes n’étant pas complète. «&nbsp;<i>McGill pourrait devenir un leader sur ce plan</i>&nbsp;», a clamé le sénateur Buraga. Bien que la politique soit «&nbsp;<i>une avancée significative, elle ne va pas assez loin</i>&nbsp;». À ces commentaires, Angela Campbell a repris la position qu’elle a adoptée depuis plusieurs mois sur ces questions&nbsp;:<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>bannir toutes les relations intimes de ce genre empièterait sur le droit de décisions privées des individus. «&nbsp;<i>Il n’est pas possible et faisable de faire ce que certains étudiants nous demandent</i>&nbsp;», a‑t-elle répondu. Selon elle, plusieurs juristes auraient soutenu que la politique va déjà trop loin.</p>
<p class="p2"><span class="s3">L’ensemble des étudiant·e·s membres du Sénat, en raison de leurs critiques face au contenu et aux processus de consultation étudiante, avaient décidé au préa</span><span class="s3">lable de s’abstenir lors du vote pour l’adoption de la nouvelle politique. Celle-ci a toutefois été largement adoptée, malgré, donc, une dizaine d’abstentions. Sa version complète </span><span class="s3">est entièrement disponible en ligne et ses modifications depuis février 2019 (en rouge) sont aussi accessibles dans les documents publics du Sénat. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/un-grand-pas-mais-pas-pour-tou%c2%b7te%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Un grand pas, mais pas pour tou·te·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ayons le courage  de parler de suicide</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/03/19/ayons-le-courage-de-parler-de-suicide/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 13:13:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[en parler]]></category>
		<category><![CDATA[parlez]]></category>
		<category><![CDATA[SUICIDE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Se laisser impressionner par la violence de l’acte décourage les discussions saines. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/03/19/ayons-le-courage-de-parler-de-suicide/" data-wpel-link="internal">Ayons le courage  de parler de suicide</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="p1"><i>Mise en garde&nbsp;: cet article </i><i>aborde le sujet du suicide.</i></p>
<p class="p1">En octobre dernier, sur le plateau de l’émission <i>Tout le monde en parle</i>, Hubert Lenoir, jeune auteur-compositeur-interprète, lâchait après avoir confié que sa célébrité croissante lui rendait la vie difficile dernièrement : «&nbsp;J’ai un peu le goût de me crisser en feu ces temps-ci&nbsp;». S’est ensuivi un moment de malaise si intense que le jeune homme s’est visiblement senti obligé de rajouter tout de suite qu’il «&nbsp;disait ça de même.&nbsp;» «&nbsp;On dit pas des affaires de même !&nbsp;» a répondu Dany Turcotte, un des animateurs de l’émission. Lenoir a tout de même essayé de soutenir la discussion, en répliquant de manière plus légère : «&nbsp;T’as pas le goût toi des fois, de…?» «&nbsp;Non.&nbsp;», ont répondu abruptement deux des animateurs. Bien que ces «&nbsp;non&nbsp;» puissent avoir été tout à fait honnêtes, les réactions des deux hommes étaient si tranchantes et réprobatrices que l’artiste s’est peu à peu refermé sur lui-même. L’animateur a brusquement changé de sujet et a donc coupé court à la conversation.</p>
<p class="p2">Cet échange n’est pas resté sans écho. Dany Turcotte a ensuite commenté&nbsp;: «&nbsp;Pour Hubert Lenoir, j’hésite entre l’écorché vif ou le gars maladivement en manque d’attention…&nbsp;». Sur les réseaux sociaux, tout le monde a eu son mot à dire, et tout est parti dans tous les sens. Un moment gênant, donc, mais qui a tout de même illustré à quel point le suicide met mal à l’aise, même pour deux individus dont le métier consiste à faire la discussion. Cet évènement, mais aussi d’innombrables autres, ont ainsi ressassé une question qui me préoccupait déjà beaucoup : pourquoi sommes-nous incapables de parler de suicide?</p>
<p class="p2">Dans <i>Le Devoir</i>, la professeure de philosophie Marie-France Lanoue a heureusement ajouté une pointe de bon sens à la discussion autour de l’incident. Elle écrit&nbsp;: «&nbsp;dans la société du bien paraître et de la performance à tout prix, ce n’est pas toujours évident de se montrer vulnérable et de dire des affaires de même… Pourtant il va bien falloir qu’on apprenne à le faire&nbsp;». Dans son texte, elle met en lumière un fait que l’on ne peut contester&nbsp;: le suicide est peu, et mal introduit dans les conversations. On trouve le sujet indécent, trop violent et toujours déplacé. Une personne qui aborde la perspective de se tuer montrerait une vulnérabilité si forte que l’encourager à se confier serait impensable.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Deux extrêmes</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">J’ai rencontré peu de textes qui déconstruisent nos discours se rapportant au suicide et n’étant pas directement issus d’associations de prévention. Ceux-ci expliquent souvent l’importance de parler à ceux et celles qu’on pense susceptibles de se mettre en danger, et d’être à leur écoute. Ces recommandations sont primordiales. Toutefois, elles n’abordent souvent pas nos façons plus communes et quotidiennes de parler de suicide. J’ai personnellement eu mon lot d’expériences gênantes par rapport à cela ; mon père s’est suicidé il y a trois ans. Je fais donc malgré moi particulièrement attention aux façons dont le sujet est abordé, et ce qui m’est le plus évident, c’est bien sûr à quel point les gens en parlent peu, mais aussi comment nos façons d’en parler semblent osciller entre deux extrêmes. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">D’un côté, je suis constamment autour de gens qui évoquent le suicide dans leurs blagues. «&nbsp;Si j’ai moins que B à mon devoir, je me jette par la fenêtre&nbsp;». Ces façons de parler qui me choquent parfois, auxquelles je souris de temps en temps, je les entends partout&nbsp;: dans la rue, dans un groupe d’ami·e·s, en classe dans la bouche de mes professeur·e·s. Lorsque l’on parle de mauvaises nouvelles ou de l’effondrement climatique, par exemple, il y en a souvent un·e pour dire « et ben, on a qu’à tous se suicider, alors&nbsp;». Et évidemment, le monde va mal, mais lorsque j’entends cela, je ne peux m’empêcher de penser à celles et ceux qui l’ont vraiment fait.</span></p>
<p class="p2">Dès que l’on décide de ne plus faire de blagues, les propos basculent soudain vers un autre extrême ; c’est de gens que l’on connaît dont on parle désormais, et tout devient trop lourd. Les mots sont tellement graves que c’en est presque insoutenable. Ils ne sortent bientôt plus et il n’y a plus rien à dire. Le terme me semble si pesant qu’il me reste parfois coincé dans la gorge. Lorsque, quelques semaines après la mort de mon père, mon dentiste m’avait demandé pourquoi il ne retournait pas ses appels, j’avais simplement répondu, en tremblant&nbsp;: «&nbsp;il n’est pas disponible&nbsp;». Je suis encore aujourd’hui bien incapable de raconter spontanément ce qui s’est passé. On pense aussi souvent que l’on se doit de comprendre une chose avant d’être capable d’en parler, d’y trouver un fil conducteur. Mais une mort de la sorte survient sans avertissement, elle assomme complètement, et peu importe les comptes-rendus psychiatriques ou les lettres d’adieux, c’est l’incompréhension qui prend toute la place. Reste alors une énigme que l’on doit accepter de ne jamais arriver à résoudre, et l’on sait qu’on ne pourra jamais donner sens à cette fin.</p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 689px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33604 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide-689x1000.jpg" alt width="689" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide-689x1000.jpg 689w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide-330x479.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide-768x1114.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide-850x1233.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/03/S-OserParlerdeSuicide.jpg 1181w" sizes="auto, (max-width: 689px) 100vw, 689px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s4"><b>Un silence injuste</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s6">Mais outre les émotions qui bloquent la parole, l’on refuse d’aborder le suicide puisqu’il s’agit de quelque chose dont on ne <i>doit</i> pas parler. La mort est grave et triste, le suicide sinistre. Après tout, la Bible le considère comme un meurtre, et y a donc, depuis des siècles, attribué une infamie qu’on n’arrive toujours pas à lui détacher. Le suicide n’est pas une mort comme les autres&nbsp;; il ne survient pas, mais consiste en l’ultime acte de violence porté vers soi-même. C’est, d’une certaine façon, l’acte d’égoïsme et d’abandon le plus extrême ; les autres composantes d’une vie, les proches, le monde, les valeurs s’estompent pour ne laisser place qu’à un malheur si grand que la mort s’impose comme seule solution. Un acte qui, finalement, est à la portée de tou·te·s. On refuse souvent d’en parler aux enfants&nbsp;; je me souviens d’une scène du film <i>Little Miss Sunshine</i> que j’ai d’abord vu petite, où Olive, sept ans, assise à table avec son père et son oncle ayant récemment tenté de s’enlever la vie, demande à celui-ci&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi as-tu voulu te tuer?&nbsp;». Et du père qui répond à sa place&nbsp;: «&nbsp;Non, ne répond pas Frank. […] C’est un homme très malade dans sa tête. […] Je suis désolé, je ne crois pas que ce soit une conversation appropriée pour une fille de sept ans!&nbsp;». L’on ne veut pas que les jeunes voient le suicide comme une possibilité, ou leur donner l’impression qu’une mort par suicide est acceptable, puisque cela signifierait qu’il·elle·s ont le droit de tout abandonner. J’en savais moi-même très peu sur la maladie de mon père, qui durait depuis des années. L’on m’a caché toutes ses tentatives et le mot suicide a à peine été prononcé dans les mois, et les années suivant sa mort. J’ai donc moi aussi été habituée, et conditionnée, à ce silence.</span></p>
<p class="p2"><span class="s6">Je pense qu’il réside une vraie injustice dans le silence imposé autour du suicide&nbsp;; celle qui consiste à laisser la violence de l’acte recouvrir tout le reste. Qu’une personne soit morte en se suicidant fait que tout devient soudain réduit à cette violence, et il semble alors indécent, ou interdit, de parler d’elle de quelque autre façon. La complexité d’une existence est soudain complètement mise de côté pour ne laisser de place qu’à la façon dont celle-ci s’est terminée. Le choc et la violence de l’acte recouvrent tout&nbsp;; la mort et la vie. Je n’ai aucune expertise psychologique en ce qui concerne le deuil ou les réactions «&nbsp;saines&nbsp;» à avoir face à quelqu’un qui disparaît. Je me moque assez des supposées «&nbsp;étapes du deuil&nbsp;» dans lesquelles je ne reconnais pas du tout mon expérience. Mais je perçois clairement la brutalité de ne plus jamais parler d’une personne, du moins dans la sphère privée, du fait qu’elle se soit suicidée. Un caractère joyeux, ou intelligent, ou sensible devrait être célébré, peu importe la façon dont celui-ci s’est arrêté de perdurer. Mais encore une fois, il semblerait qu’aux yeux des autres, ces qualités soient tâchées par la nature du geste final.<br>
</span></p>
<blockquote><p><span class="s6">Il réside une vraie injustice dans le silence imposé autour du suicide&nbsp;; celle qui consiste à laisser la violence de l’acte recouvrir tout le reste.</span></p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s7"><b>Un silence dangereux</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s6">Cette incapacité à parler de suicide ne fait pas de mal qu’aux mort·e·s. Elle est aussi grave pour ceux et celles qui le contemplent, ou qui survivent malgré les tentatives. Comment peut-on s’attendre à ce que quelqu’un nous confie son mal-être si celui ou celle-ci sait déjà que nous serons complètement désarmé·e·s face à leurs propos, et inaptes à soutenir la conversation? Heureusement, il semble que nous soyons tou·te·s plus conscient·e·s de l’importance de libérer le discours sur la maladie mentale et de déstigmatiser les demandes à l’aide. Mais ces initiatives n’accomplissent pas leur objectif si les espaces dans lesquels demander de l’aide sont prédéterminés et rares. L’on ne devrait pas avoir à s’exprimer dans un contexte particulier, à des personnes en particulier. La parole devrait se libérer partout. Savoir quoi répondre? Pas forcément. Mais donner son écoute et son soutien, et montrer que l’on préfère s’engager dans une conversation qui nous fait peur plutôt que de repousser l’effort de l’autre en changeant de sujet.</span></p>
<p class="p2"><span class="s8">Il est difficile de parler de choses graves, évidemment. Mais je pense aussi qu’inversement, on tente parfois de préserver un silence pour conserver les choses telles quelles, dans toute leur lourdeur, en ne voulant pas les banaliser ou les rendre plus légères. Le suicide reste une mort, que l’on n’a pas forcément envie d’aborder tout le temps. Mais sentir que l’on a la possibilité d’en parler si l’on en a l’envie ou le besoin est impératif. La difficulté semble être de trouver un équilibre dans nos discours lorsqu’on parle de suicide ; ne pas chercher à réduire la gravité du geste tout en ne se laissant pas impressionner par elle. Ne plus se faire taire par la brutalité du suicide, c’est donc pour arriver à se souvenir et à parler de ceux·celles qui se sont donné·e·s </span><span class="s9">la mort, mais aussi pour envoyer le message à ceux·celles qui le contemplent que leurs ressentis sont légitimes et que l’on saura se montrer sensible lorsqu’ils nous feront part de leur malheur.</span><i></i></p>
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		<title>Que fait McGill pour ses étudiant·e·s?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 12:37:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Martine Gauthier aborde les problèmes d’accessibilité des services à la santé mentale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/03/19/que-fait-mcgill-pour-ses-etudiant%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Que fait McGill pour ses étudiant·e·s?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">F</span><span class="s1">ace aux critiques presque systématiques des étudiant·e·s mcgillois·e·s sur le fonctionnement et l’efficacité des services de santé mentale offerts par l’Université, <i>Le Délit</i> a souhaité s’entretenir avec Martine Gauthier, directrice exécutive des services aux étudiant·e·s. Elle supervise onze services,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>parmi lesquels on retrouve notamment les services de santé, de santé mentale et de planification de carrière. L’unité qui les englobe est donc très large. La directrice partage son point de vue sur les besoins étudiants en santé mentale et sur les initiatives qu’entreprend l’Université pour tenter d’y répondre.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Santé et maladie mentale</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Une distinction sur laquelle Martine Gauthier a souhaité insister dès le départ était celle différenciant santé mentale et maladie mentale. « <i>La différence n’est souvent pas claire. Lorsque l’on parle de maladie mentale […], l’on parle de gens qui sont cliniquement diagnostiqués, par exemple de bipolarité, de schizophrénie ou de troubles alimentaires. […] Alors que la santé mentale, tout le monde en a une. L’on peut avoir une bonne santé mentale, ou une mauvaise santé mentale ou n’importe quel niveau entre les deux, dépendant de ce qui survient dans notre vie</i>.&nbsp;» Selon ses propos, il est tout à fait possible d’être simultanément diagnostiqué d’une maladie mentale et d’avoir une bonne santé mentale. Inversement, des individus sans maladie mentale peuvent avoir une santé mentale déplorable. «&nbsp;<i>Peut-être parce qu’il·elle·s ne dorment pas, ou ne prennent pas soin d’eux·elles, ou sont constamment stressé·e·s. Il·elle·s n’ont pas de maladie mentale, mais leur santé mentale est mauvaise</i> ». Elle précise : «&nbsp;l<i>es taux de maladies mentales ne sont pas en hausse. Ce qui augmente, et ça, ce n’est pas juste à McGill mais dans le monde entier puisque c’est la population jeune entière qui est concernée, ce sont les taux d’anxiété et de dépression non cliniques.</i> »</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ainsi, explique-t-elle, si nous nous plaçons dans le contexte mcgillois, où les attentes académiques sont extrêmement rigoureuses et où près d’un tiers des étudiant·e·s proviennent de l’international, il est clair que selon la majorité, le stress académique est très élevé, et<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>le soutien très faible par rapport à la demande.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">Les taux de maladies mentales ne sont pas en hausse. Ce qui augmente, […] ce sont les taux d’anxiété et de dépression non-cliniques&nbsp;</span></p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Un effectif insuffisant</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s4">Il est bien connu que le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous psychologique représente un problème extrêmement commun chez les étudiant·e·s mcgillois·e·s. Martine Gauthier ne le nie pas ; elle affirme en effet que le temps moyen d’attente est de 4 à 6 semaines, « <i>ce qui est trop&nbsp;</i>», affirme-t-elle. Cependant, elle tient à noter : «&nbsp;<i>Cela fait deux ans que je suis là. […] À l’automne 2016, il y avait un temps d’attente de presque six mois. […] Depuis, nous avons augmenté le nombre de professionnels pour réduire ce temps d’attente</i>&nbsp;». Pouvons-nous nous attendre à de nouvelles augmentations d’effectif pour écourter davantage l’attente moyenne? « <i>Oui, c’est un projet&nbsp;</i>», soutient Martine Gauthier. Mais cela dépendra toutefois du résultat du référendum auxquels les étudiant·e·s<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>devront répondre au printemps, leur demandant d’augmenter la part de leurs frais finançant les services. Si le vote est « oui », ceux-ci bénéficieront de plusieurs millions de dollars supplémentaires pour financer de nouvelles embauches. </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Martine Gauthier tient aussi à mentionner qu’un professionnel spécialisé en traumatisme sera disponible à partir de l’automne prochain. Celui-ci travaillera notamment avec O‑SVRSE (<i>Office for Sexual Violence Response, Support and Education, </i>Bureau d’Intervention, de Prévention et d’éducation en matière de Violence Sexuelle en français, <i>ndlr</i>), pour soutenir les survivant·e·s de violences sexuelles, mais aussi, par exemple, certain·e·s étudiant·e·s provenant de l’étranger et ayant pu vivre des traumatismes autres, comme la guerre, par exemple.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Encourager les demandes</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s6">Faciliter l’accès aux services de santé mentale constitue l’un des objectifs centraux du nouveau centre de bien-être étudiant Rossy (<i>Rossy Student Wellness Hub</i> en anglais, <i>ndlr</i>), qui ouvrira au début de l’été. Afin de tenter de lutter contre le malaise lié à demander de l’aide psychologique, «&nbsp;nous avons formé une équipe interprofessionnelle composée de psychologues, psychiatres, diététiciens, infirmiers… qui seront tous regroupés dans un même centre&nbsp;». Ainsi, lorsqu’une personne voudra s’y rendre, personne ne pourra connaître le but de sa visite. Le centre « virtuel » a le même objectif&nbsp;; rendre le tout plus accessible. «&nbsp;<i>En ce moment, il y a autour de 20 sites internet qui concernent la santé des étudiant·e·s, c’est très confus et complexe. Le but est donc de tout rassembler en un seul site internet.</i>&nbsp;»</span></p>
<p class="p2"><span class="s6">Martine Gauthier parle aussi des douze nouveaux·elles conseiller·ère·s locaux·les (<i>local wellness advisors</i> en anglais, <i>ndlr</i>) disponibles à compter de l’automne prochain. L’objectif serait d’en avoir un·e par faculté, mais aussi dans les résidences, pour les étudiant·e·s internationaux et de second cycle… «&nbsp;<i>afin qu’ils·elles puissent apprendre à connaître leurs étudiant·e·s. […] Mais ce n’est qu’un point de départ</i>&nbsp;». Celle-ci compte augmenter le nombre de ces conseiller·ère·s, notamment pour les orienter vers des groupes d’étudiant·e·s plus ciblés, en engageant par exemple un·e conseiller·ère qui s’occuperait de soutenir les étudiant·e·s racisé·e·s d’une certaine faculté. </span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Troubles alimentaires</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s6">«&nbsp;<i>L’ancien programme de troubles alimentaires représente la vieille façon de fournir des services aux étudiant·e·s. Ce n’était qu’une petite niche, même si elle était extrêmement importante.</i>&nbsp;» Le programme, qui a été supprimé en 2017, accompagnait environ 70 étudiant·e·s par année, étant généralement dans une condition grave et diagnostiquée. «&nbsp;<i>Ces étudiant·e·s se doivent d’être traité·e·s par des soins intensifs.</i> » </span></p>
<p class="p2"><span class="s6">Lorsqu’interrogée sur comment remplacer le programme, celle-ci affirme que le nouveau centre amènera une nouvelle approche, axée sur la prévention et l’intervention anticipée. Martine Gauthier explique vouloir cibler les étudiant·e·s ayant déjà des habitudes alimentaires anormales, avant le trouble alimentaire. Pour cela, «&nbsp;<i>nous voulons leur fournir des ressources de manière proactive&nbsp;</i>», par exemple par le biais de thérapies de groupe ou de rendez-vous avec un·e diététicien·ne. </span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Une communication coupée</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s6">L’administration chargée de gérer les services de santé mentale ont-ils accès à des retours directs d’étudiant·e·s, et ceux·celles-ci peuvent-ils facilement communiquer leurs commentaires et leurs plaintes? « <i>Non. Mais cela ne veut pas dire que nous ne travaillons pas là-dessus.</i> » Il y a tout de même, affirme Martine Gauthier, de la représentation étudiante dans certains comités, comme le sous-comité du Sénat pour les services étudiants, où l’AÉUM a une place. Des étudiant·e·s ont aussi été impliqué·e·s au sein de plusieurs étapes de la construction du nouveau centre Rossy. Mais l’objectif reste de centraliser les retours. «&nbsp;<i>En ce moment, cela nous vient d’un peu partout, et d’ailleurs beaucoup des journaux étudiants</i>&nbsp;». Martine Gauthier affirme toutefois que l’ensemble des services ont beaucoup augmenté leurs efforts de communication avec les étudiant·e·s. Et le centre Rossy «&nbsp;virtuel » a aussi pour objectif de faciliter cet aspect. «&nbsp;<i>Nous voulons aussi mettre en place un système de </i>feedback<i> électronique</i>&nbsp;», où les étudiant·e·s pourraient instantanément, après leurs rendez-vous par exemple, donner un retour sur leur expérience.</span></p>
<p class="p2">Lorsque l’on demande à la directrice exécutive de donner un dernier mot, s’adressant aux étudiant·e·s, celle-ci marque une pause. Cherchant ses mots, elle déclare finalement : «&nbsp;<i>Nous entendons bien que l’expérience étudiante que les membres de la communauté ont n’est pas celle qu’ils auraient aimé avoir&nbsp;</i>». Martine Gauthier est visiblement consciente des problèmes dans leur ensemble, mais elle espère tout de même que le projet Rossy en règlera quelques-uns.</p>
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		<title>Les questions fusent au Sénat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/26/les-questions-fusent-au-senat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2019 13:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[sénat]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexuelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33485</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Sénat s’est penché sur les révisions proposées à la politique de violences sexuelles.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">Université McGill, depuis l’entrée en vigueur de la <i>Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur</i>, a été de contrainte de revoir sa politique de violences sexuelles. Ces révisions en cours depuis plusieurs mois déjà ont été présentées au Sénat le 20 février dernier, en grande partie afin de répondre aux questions et commentaires de l’assemblée, composée d’important·e·s acteur·rice·s de l’Université, tels que la haute administration, les doyen·ne·s de toutes les facultés et de nombreux·ses professeur·e·s et étudiant·e·s élu·e·s. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Des intentions claires</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">C’est Angela Campbell, vice-principale exécutive adjointe, qui est venue présenter la version révisée de la politique. Après avoir réitéré le besoin qu’avait ressenti l’administration de passer plus de temps que prévu pour réfléchir aux changements apportés, celle-ci a tenu à rappeler à tous·tes les étudiant·e·s présent·e·s&nbsp;: « <i>Nous nous soucions vraiment de vous, et vous écoutons. Vos opinions sont la priorité pour nous</i>. » Celle-ci a insisté sur les changements majeurs tels que la création du poste d’enquêteur·rice spécial·e et d’un processus précis d’enquête indépendante, l’instauration de modules de formation en ligne, la création d’un code de conduite qui régit les relations entre professeur·e et élève et l’assurance que la prise d’alcool ou de cannabis ne pourra être reprochée à une victime ou constituer une circonstance atténuante pour l’agresseur·e. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les zones de flou</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Les questions des sénateur·rice·s se sont enchaînées pendant près d’une heure et demie. La majorité d’entre elles concernaient les relations entre&nbsp;étudiant·e·s et membres du&nbsp;corps&nbsp;enseignant. La politique, rappelons-le, interdira les relations sexuelles ou amoureuses entre un·e étudiant·e et un·e membre du personnel universitaire exerçant sur celui·celle-ci quelconque rapport d’autorité académique. L’on a par exemple demandé s’il y aurait une distinction entre étudiant·e·s de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>premier et de second cycle ; cela ne sera pas le cas, puisque selon Campbell, les étudiant·e·s de second cycle sont tout aussi ou même plus vulnérables, étant souvent plus isolé·e·s et plus à risque financièrement. Un autre sénateur a indiqué que la politique ne parlait que des cas ou le·a professeur·e initiait la relation, et pas l’inverse. La vice-principale a fermement répondu que si l’élève est celui·celle tentant un rapprochement, le rôle d’y mettre terme revient toujours à l’individu en position d’autorité, ainsi que le blâme. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Un autre problème concernait la clause sur la prise de cannabis et d’alcool. Qu’en est-il des substances illégales? «&nbsp;<i>C’est en fait une question légale&nbsp;</i>», a répondu Campbell, et donc plus compliquée. «&nbsp;<i>Mais nous sommes disposés à ne pas nous concentrer sur cet aspect s’il y a plainte&nbsp;</i>». Les sénateurs étudiants Bryan Buraga et Jacob Shapiro se sont interrogés quant à la possibilité de les inclure dans la politique&nbsp;: «&nbsp;<i>Oui, c’est quelque chose que nous pouvons considérer</i>. »</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Réactions et promesses</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Malgré les nombreuses questions, plus précises les unes que les autres, une satisfaction généralisée était évidente au sein des sénateur·rice·s. Beaucoup ont salué le travail effectué, le qualifiant «&nbsp;<i>d’un pas de géant pour McGill</i>&nbsp;». La doyenne de la Faculté des arts, Antonia Maioni, s’étant avouée elle-même victime de harcèlement sexuel dans le contexte universitaire, a promis de communiquer le mieux possible les principes de la politique à l’échelle de la faculté. «&nbsp;<i>Je veux m’assurer qu’aucune plainte ne reste en suspens.&nbsp;</i>» Le doyen de la Faculté des sciences R. Bruce Lennox a de son côté promis que des discussions formelles au sujet de la politique seraient organisées dans chaque département, puisque celles-ci dévoileraient souvent les incompréhensions qui persistent. Le doyen de la Faculté de droit, Robert Leckey, a insisté sur le fait qu’une plainte ne sera jamais ignorée afin de protéger la réputation académique d’un·e&nbsp;professeur·e.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Il reste maintenant moins d’un mois avant que la politique soit officiellement soumise à l’approbation du Sénat, au cours duquel, insiste Angela Campbell, tous commentaires et critiques sont toujours encouragés et bienvenus. </span></p>
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		<title>Les violences sexuelles réétudiées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette De Lamberterie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2019 13:46:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[abus sexuel]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[loi]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La version modifiée de la politique comporte plusieurs changements importants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">e 8 décembre 2017, la loi 151, ou <i>Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur</i> entrait en vigueur : celle-ci stipule notamment que tous les cégeps et universités du Québec devaient ajuster leurs règlements ou en créer de nouveaux pour s’y conformer, et ce, avant le 1<i>er </i>janvier 2019. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’Université McGill, qui disposait déjà d’une politique sur les violences sexuelles, a manqué cette date limite pour procéder aux ajustements nécessaires. Toutefois, lors d’une rencontre avec la presse étudiante, Angela Campbell, vice-principale exécutive adjointe, accompagnée de Christopher Buddle, doyen des services aux étudiants, a tenu à corriger cette conclusion qu’elle juge trop simpliste : « <i>Nous avons pris une décision délibérée&nbsp;</i>». Comme l’UQAM, McGill aurait choisi d’étudier les enjeux plus longtemps avant d’adopter de nouveaux règlements, et aurait averti préalablement le ministère du retard prévu. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La politique actuelle, mise en place depuis 2016, est en révision depuis octobre 2018. Une version finale sera présentée à la prochaine séance du Sénat, le 20 février, puis soumise au vote à la séance du mois de mars. La version modifiée est déjà disponible en ligne : ces changements ont notamment été déterminés suite aux consultations étudiantes et de recommandations de comités. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Relations intimes et académiques </b></span></p>
<p class="p5">La nouvelle politique n’interdit pas toutes les relations entre un·e membre du personnel enseignant et un·e étudiant·e. En effet, la politique énonce qu’«&nbsp;<i>aucun membre du personnel enseignant ne peut exercer, ou initier une activité sexuelle ou romantique avec un·e étudiant·e se trouvant sous son autorité académique, influence, ou en collaboration&nbsp;</i>». Chris Buddle tient à préciser que la définition « d’autorité » est large dans ce contexte. Professeur·e·s, mais aussi assistant·e·s, superviseur·e·s, conseiller·ère·s et responsables de départements ont selon le règlement un rapport d’autorité sur leurs étudiant·e·s.</p>
<p class="p2">La politique mentionne aussi qu’un·e étudiant·e et un·e professeur·e n’ayant pas de liens académiques, mais issu·e·s de la même faculté, doivent « <i>déclarer immédiatement leur relation</i> ». En dehors de ces cas, les relations ne sont pas contrôlées. Selon Angela Campbell, une interdiction totale serait illégale&nbsp;: « <i>La raison pour laquelle cela est vu comme illégal ou allant à l’encontre de la Charte québécoise est que la loi québécoise garantit le droit à la vie privée et le droit au respect quant aux décisions concernant la vie privée et l’intimité. Cela veut dire qu’un employeur ou une institution comme l’université ne peut imposer de règles qui peuvent empiéter sur</i> [ces droits] ».</p>
<blockquote><p><span class="s3"><i>L’interdiction toucherait des gens qui n’auront jamais de relations académiques. Elle serait trop inclusive.</i></span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s3">Selon elle, l’interdiction totale serait aussi excessive compte tenu de la taille de la communauté mcgilloise. «&nbsp;<i>L’interdiction toucherait des gens qui n’auront jamais de relations académiques. Elle serait trop inclusive […]. Par exemple, un étudiant en musique et un professeur du campus MacDonald : il serait très improbable que ceux-ci aient une relation académique. Ils sont si loin, géographiquement mais aussi quant à leur discipline, […] que le professeur n’aura probablement jamais d’autorité sur l’étudiant.</i> »</span></p>
<p class="p2">Une question est aussi soulevée quant aux professeur·e·s ayant certaines « réputations », sans pourtant avoir été formellement accusé·e·s. Que se passe-t-il si un certain nom est continuellement associé à des rumeurs graves? «&nbsp;<i>Cela dépend de la manière dont l’information arrive jusqu’à nous. Si par exemple, deux individus différents en parlent à un professeur, ou un conseiller, […] et que le conseiller vient en parler à Chris, nous irons certainement examiner la situation. […] Lorsque nous avons des informations précises, nous avons des mesures à prendre.&nbsp;</i>» Puisqu’il n’y pas d’enquête formelle, aucune sanction ne peut être imposée, mais le doyen de département doit contacter le·a professeur·e concerné·e.</p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Soutien aux survivant·e·s</b></span></p>
<p class="p5">Une nouveauté importante de la politique consiste en la mise en place d’un nouveau processus d’enquête indépendant. L’enquêteur·rice spécial·e est la personne à contacter si un individu désire signaler un incident. Un processus précis sera ensuite à suivre (un document entier accessible en ligne est dédié aux procédures d’enquête) où plaignant·e et accusé·e n’auront jamais à interagir. Le résultat de l’enquête devra être livré dans les trois mois ayant suivi la plainte, mais la personne ayant porté plainte ne pourra toutefois pas connaître la sanction finale de l’autre parti.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Angela Campbell souligne que la nouvelle politique a pour objectif d’encourager les survivant·e·s à s’exprimer. Par exemple, l’une des clauses énonce qu’un·e survivant·e ne peut être sanctionné pour avoir enfreint un règlement touchant à la consommation d’alcool ou de cannabis.</span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Modules en ligne</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s6">Une autre réforme, imposée par la loi 151 qui stipule que « des formations obligatoires » doivent être prévues dans la politique, consiste en la création de modules de formation en ligne concernant les enjeux de violences sexuelles. Ceux-ci, partageant le format des modules sur l’intégrité académique imposés en première année et accessibles sur <i>MyCourses </i>seront obligatoires pour tous les étudiant·e·s et membres du corps enseignant et administratif à compter de l’automne prochain. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Sans avoir complété le module, les étudiant·e·s ne pourront s’inscrire à leurs cours d’hiver. Celui-ci devrait durer de 30 à 40 minutes et abordera entre autres les notions de consentement, d’intervention de témoin et de soutien aux survivant·e·s. Pour Chris Buddle, responsable du projet, «&nbsp;<i>ce n’est pas un point final, vraiment plus un point de départ. Ce n’est qu’une partie d’un besoin d’éducation et de formation bien plus important&nbsp;</i>». Selon lui, il constituera au moins une façon de s’assurer que l’entièreté de la communauté mcgilloise ait une compréhension commune des enjeux centraux, même si celle-ci reste très limitée. «&nbsp;<i>Cela nous emmène quelque part puis nous n’aurons qu’à continuer à partir de là.</i>» </span></p>
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