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	<title>Archives des 2022-01-19 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2022-01-19/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 12 Aug 2023 21:51:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Je me froisse et je m’assure que tu regardes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/je-me-froisse-et-je-massure-que-tu-regardes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/je-me-froisse-et-je-massure-que-tu-regardes/" data-wpel-link="internal">Je me froisse et je m’assure que tu regardes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ici, nos ventres sont cabanes. Tu dis: c’est un jeu. Il faut savoir planter. Mon poignet est un terreau fertile, s’y tiennent en équilibre les personnages que tu inventes. Faute de mots pesants, j’écoute, je demeure coite. Je fais semblant de savoir, je joue. Comme nos plaies, les fruits sur le comptoir attendent. Nous les mangerons demain. Je dis: ce soir, je te rassasie.</p>



<p>/</p>



<p>Tu travailles, moi je suspens. Tu respires, je tends l’oreille. Comme d’habitude, tu sais d’où vient la musique. J’essaie de retrouver la souplesse, de faire confiance. Mais je n’ai jamais eu de vie intérieure. Je suis réceptacle, plutôt, un port où se déposent les voyageurs. Je suis patiente; il viendra un temps où tu seras fatigué. Tu me laisseras peut-être goûter. J’enfile un chandail mince, je découvre la chaleur sous ma peau: tu voudras peut-être t’y enfouir.</p>



<p>/</p>



<p>(Je me demande ce que le désir dit de moi)</p>



<p>/</p>



<p>Je me froisse et je m’assure que tu regardes. Je suis parfois feuille de papier; le doigt que tu poses sur ma hanche fait le même son. Nous avons attendu la forêt, le lac et le crépitement dans le foyer pour nous retrouver. Le silence te décore: je te trouve beau. Tu te laisses dévorer, tu te gaves aussi. Nos corps se tendent en marée haute. De la ville j’ai ramené des glaciers pour orner ton cou et les suaires que les passants laissent sur les trottoirs. Nous en faisons des guirlandes, nous les brûlons, comme les casse-têtes et les romans que nous n’arrivons pas à finir. Je dis: il faut cacher nos manquements.&nbsp;</p>



<p>/</p>



<p>J’admire l’enfance en toi. Je me défais à mesure que tu inventes. Dans ma voix ton nom gonfle et éclate: la buée se répand dans l’hiver, puis disparaît. Ce que je crée se détruit, mais un peu de nous restera ici à dormir sous la glace.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rebâtir l’AÉUM, rebâtir la confiance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/rebatir-laeum-rebatir-la-confiance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix A. Vincent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[anarcho-syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[conseil législatif]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[politique de démocratisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[SSMU]]></category>
		<category><![CDATA[SSMU council]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quels efforts fait l’Association pour gagner la confiance de la population étudiante?  </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/rebatir-laeum-rebatir-la-confiance/" data-wpel-link="internal">Rebâtir l’AÉUM, rebâtir la confiance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La controverse entourant l’absence du président de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) Darshan Daryanani et le refus continu de son exécutif d’en révéler le motif mettent en lumière les enjeux liés à la structure de l’AÉUM et sa culture organisationnelle. La structure actuelle de l’AÉUM est basée sur le modèle parlementaire canadien; les membres de l’exécutif qui dirigent les divers portfolios du gouvernement étudiant participent aux délibérations et votent lors du conseil législatif. </p>



<p>Ce mode de fonctionnement accorde aux membres de l’exécutif beaucoup de responsabilités et d’influence comparativement aux autres membres du conseil législatif, car il·elle·s doivent à la fois représenter les étudiant·e·s et assurer la direction de leurs portfolios. L’influence dans la prise de décision de l’AÉUM qu’ont les autres représentant·e·s au sein du conseil législatif est moindre. De plus, les décisions de ce corps doivent également être acceptées par le conseil d’administration, dont les membres ne sont pas directement élu·e·s par la population étudiante.&nbsp;</p>



<p>Le modèle parlementaire de l’AÉUM crée également une asymétrie dans l’information qui alimente les délibérations. Dans le cadre de leurs fonctions, les membres de l’exécutif et du conseil d’administration ont accès à des informations confidentielles dont ne disposent pas les autres membres du conseil législatif. C’est le cas des motifs de l’absence du président. Si certain·e·s considèrent qu’il s’agit d’une caractéristique inhérente à l’AÉUM, d’autres jugent qu’il s’agit d’une contrainte à la démocratie de l’organisation.</p>



<p><strong>Sans assises, la confiance s’écroule</strong></p>



<p>L’<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/12/le-manque-de-transparence-continu-de-laeum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">absence continue</a> du président de l’AÉUM aux réunions du conseil législatif avait mené Nathaniel Saad et Mary Zhang, repésentant·e·s de la Faculté de gestion, à déposer une motion demandant sa démission. Cette motion dénonçait que le manque de transparence de la part de l’exécutif à ce sujet mettait à risque la confiance de la population étudiante envers ses représentant·e·s. La motion avait été «reportée indéfiniment» par le conseil d’administration le 2 décembre dernier. À cette occasion, le vice-président aux Finances Éric Sader et le vice-président aux Affaires externes Sacha Delouvrier ont pris la parole pour expliquer la décision du conseil d’administration, affirmant que le président n’aurait pas manqué à son mandat.</p>



<p>Le v.-p. aux Finances Éric Sader a expliqué au <em>Délit</em> que «beaucoup de décisions ont besoin d’être faites par un petit nombre de personnes.» Ces décisions impliqueraient souvent des informations dont la confidentialité serait compromise si elles étaient partagées avec le conseil législatif pour une délibération. «La majorité des problèmes dont on discute, on ne peut pas en parler à tout le monde; ce n’est pas légal», tranche-t-il. «Il y a 35 personnes au conseil [législatif], quelqu’un va parler», explique-t-il.</p>



<p>Nathaniel Saad et Mary Zhang, de leur côté, considèrent que l’AÉUM souffre d’un manque de transparence. «<em>Ce n’est pas nécessairement dû à des personnes en particulier», </em>ont écrit les élu·e·s, «<em>mais plutôt à une combinaison de la culture et de l’environnement que l’AÉUM a perpétués au fil des ans et qui s’ajoute à de potentielles difficultés politiques, juridiques et organisationnelles, rendant difficile l’obtention de véritables réponses pour les étudiant·e·s</em>»<em>,</em> ont expliqué les deux représentant·e·s au <em>Délit</em>. «<em>Nous sommes convaincu·e·s que des changements organisationnels et une amélioration de la structure de gouvernance sont nécessaires</em>»,<strong> </strong>ont ajouté Saad et Zhang.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Nous sommes convaincu·e·s que des changements organisationnels et une amélioration de la structure de gouvernance sont nécessaires</em>»</p><cite>Nathaniel Saad et Mary Zhang, représentant·e·s de la Faculté de gestion</cite></blockquote>



<p>Les représentant·e·s critiquent également l’ampleur du pouvoir discrétionnaire du conseil d’administration, auquel sont sujettes toutes les décisions du conseil législatif: «<em>Nous ne pouvons prendre aucune décision sans l’approbation [du conseil d’administration] qui n’est pas directement élu par les étudiant·e·s</em>.»</p>



<p>Le rejet de leur motion en décembre rend les chances de réussite d’une seconde tentative plutôt minces. «<em>La motion peut être proposée à nouveau, mais elle ne passera probablement pas puisque tout le monde sait que le conseil [d’administration] ne la ratifiera tout simplement pas. “Reportée indéfiniment” signifie essentiellement qu’il faut oublier la motion</em>», ont expliqué expliquent les deux élu·e·s. À toutes fins utiles, le conseil législatif ne disposerait présentement d’aucun autre moyen pour contraindre le président à démissionner ni pour exiger le dévoilement des motifs de son absence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>“Reportée indéfiniment” signifie qu’il faut oublier la motion</em>»</p><cite>Nathaniel Saad et Mary Zhang, représentant·e·s de la Faculté de gestion</cite></blockquote>



<p><strong>Les 12 travaux de l’AÉUM</strong></p>



<p>Éric Sader considère que son rôle dans l’exécutif et le législatif lui donne beaucoup de responsabilités à concilier: «On travaille souvent 50 heures par semaine même si on n’est payé que pour 35 heures. Et ça, en plus d’être aux études.» Il<span class="has-inline-color has-edito-color"><strong> </strong></span>a rappellé que les membres de l’exécutif dirigent la bureaucratie et la logistique qui rendent possibles plusieurs des services qu’offre l’AÉUM, comme les assurances, le support des clubs, les campagnes politiques, l’allocation de locaux, etc. Selon lui, la pression liée à ces conditions est propice aux erreurs, ce qui expliquerait une part des bévues des membres de l’exécutif. Toutefois, il considère que les exigences qui pèsent sur l’exécutif sont impossibles à atteindre car elles ne laissent pas de marge d’erreur.</p>



<p>«La moitié de mon travail, environ, […] ce sont des choses confidentielles dont je ne peux pas parler publiquement», a expliquée Éric Sader. Selon lui, le silence de la part des membres de l’exécutif s’expliquerait par les contraintes attachées à leurs positions. Celles-ci peuvent notamment être de nature légale ou liées à la confidentialité des informations, potentiellement en matière de vie privée ou de ressources humaines. Il dit toutefois comprendre que le manque d’informations puisse alimenter la suspicion: «Il y a une tendance à voir une partie de l’histoire et voir quelque chose comme une bévue quand, au fond, ce n’en est peut-être pas une: il y a juste une situation beaucoup plus compliquée dont [l’exécutif] ne peut pas parler.» Il a également ajouté qu’il serait présentement en dehors du pouvoir des élu·e·s de contrevenir aux conditions qui les empêchent de partager ces informations.</p>



<p>Il soutient que beaucoup de décisions faites au sein de l’AÉUM par l’exécutif concernent davantage le quotidien des opérations. «La réalité, c’est que beaucoup des décisions ne sont pas nécessairement prises par les exécutant·e·s.» Il a toutefois admis que le conseil d’administration prend plusieurs des décisions de l’AÉUM.</p>



<p>Éric Sader a également souligné que les questions de transparence seraient prises au sérieux par les élu·e·s de l’AÉUM et les membres de l’exécutif: «Est-ce que ça aiderait de faire des présentations afin d’expliquer ce qu’on fait? […] Mais je fais déjà des présentations au conseil législatif comme ça», expliqua-t-il.</p>



<p>Le v.-p. aux Finances est catégorique: il ne suffit pas de retirer une personne de son poste pour que les problèmes de l’AÉUM soient réglés, mais bien d’entreprendre des «changements systémiques».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Aucun d’entre nous n’a comme intention de laisser traîner cela indéfiniment»</p><cite>Sacha Delouvrier, v.-p. aux Affaires externes</cite></blockquote>



<p>Sacha Delouvrier, v.-p. aux Affaires externes, partage un optimisme prudent à l’égard de la controverse entourant l’absence du président Darshan Daryanani: «On est très optimistes que dans les prochaines semaines, il se passera quelque chose. […] Mais je sais qu’aucun d’entre nous n’a comme intention de laisser traîner cela indéfiniment.» Il a affirmé que ses collègues partagent l’envie de «travailler pour pouvoir résoudre cette situation une bonne fois pour toutes». Il concède toutefois ne pas avoir d’échéancier clair à offrir à ce sujet : «Ça va dépendre, ça pourrait prendre plusieurs semaines.»</p>



<p><strong>Des solutions envisagées</strong></p>



<p>Le 2 novembre dernier, l’AÉUM avait adopté par référendum une politique de <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/11/McGill-Student-Union-Democratization-Initiative-Policy-2021-11-15-to-2026-05-01.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">démocratisation</a>. Cette politique documente l’historique des erreurs commises par l’AÉUM dans les dernières années ayant affaibli la confiance de la population étudiante envers l’Association. La politique engage l’AÉUM à adopter des solutions pour contrer le désengagement de sa population étudiante.</p>



<p>La principale solution proposée est la mise en place d’une campagne politique affiliée à l’AÉUM. Cette campagne aurait pour but de travailler à rendre l’Association et ses organes plus démocratiques. La campagne fait partie du portfolio du v.-p. aux Affaires externes, Sacha Delouvrier. Il explique au <em>Délit</em> que, pour l’instant, la campagne œuvre principalement auprès des associations étudiantes départementales et facultaires afin de leur offrir une plus grande autonomie par rapport à l’AÉUM. Sacha Delouvrier cite également des projets parallèles en cours pour rendre la documentation interne de l’AÉUM plus accessible à la population étudiante et pour améliorer la mémoire institutionnelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La décentralisation de l’AÉUM par rapport aux autres associations étudiantes mcgilloises se veut un moyen de rendre moins hiérarchiques les processus de décisions et de représentation»</p></blockquote>



<p>La décentralisation de l’AÉUM par rapport aux autres associations étudiantes mcgilloises se veut un moyen de rendre moins hiérarchiques les processus de décision et de représentation. Sacha Delouvrier explique que cela permettrait de rendre la population étudiante plus proche de ses instances représentatives et favoriserait l’engagement. Une telle décentralisation permettrait d’enlever une charge de travail et de prise de décision à l’AÉUM et de la transférer aux autres associations facultaires ou départementales.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/rebatir-laeum-rebatir-la-confiance/" data-wpel-link="internal">Rebâtir l’AÉUM, rebâtir la confiance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le départ de Suzanne Fortier</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/le-depart-de-suzanne-fortier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[Big Suze]]></category>
		<category><![CDATA[H2022]]></category>
		<category><![CDATA[Hiver 2022]]></category>
		<category><![CDATA[principale]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne Fortier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46243</guid>

					<description><![CDATA[<p>La principale quittera ses fonctions à la fin du mois d’août 2022.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/le-depart-de-suzanne-fortier/" data-wpel-link="internal">Le départ de Suzanne Fortier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 7 janvier dernier, la principale et vice-chancelière de l’Université McGill Suzanne Fortier a annoncé qu’elle quittera ses fonctions le 31 août 2022, soit un an avant la fin de son deuxième mandat. «Après près d’une dizaine d’années dans ce rôle, le moment est selon moi opportun pour passer le relais à notre prochaine ou prochain leader, qui façonnera l’avenir de notre Université», a déclaré la principale Fortier lors d’un <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/la-principale-et-vice-chanceliere-de-luniversite-mcgill-suzanne-fortier-quittera-ses-fonctions-la-336061" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué de presse</a> publié le 7 janvier.&nbsp;</p>



<p>Interrogée par <em>Le Délit</em> sur le départ prématuré de la principale, la relationniste Frédérique Mazerolle a expliqué que la décision appartenait à D<em>re</em> Fortier «et [qu’elle] a été prise après mûre réflexion». Quant à l’avenir de l’Université, la principale espère que son départ sera l’occasion pour McGill de se renouveler en établissant de nouveaux objectifs et de nouvelles ambitions sous la gouverne d’un nouveau principal.&nbsp;Un comité consultatif sera formé au cours des mois à venir pour identifier et recommander des candidatures au Conseil des gouverneurs.&nbsp;</p>



<p><strong>La fin d’une époque</strong></p>



<p>D<em>re</em> Fortier, ancienne présidente du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), occupe le rôle de 17<em>e</em> principale et vice-chancelière de l’Université depuis septembre 2013. </p>



<p>Dans son échange électronique avec<em> Le Délit</em>, la relationniste Frédérique Mazerolle a souligné «le leadership» de la principale Fortier pour façonner le profil international de l’Université. Lors d’une <a href="https://www.theglobeandmail.com/canada/article-mcgill-university-principal-suzanne-fortier-to-step-down-in-august/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">entrevue</a> avec <em>The Globe and Mail</em>, le président de l’Association des professeur·e·s et bibliothécaires de McGill (APBM) Andrew Kirk faisait l’éloge de la principale. Selon lui, D<em>re</em><sup><s> </s></sup>Fortier s’est montrée «une bonne diplomate»<em> </em>qui a bien représenté l’Université lors des échanges entre le gouvernement du Québec et les étudiants étrangers, alors que McGill était perçue comme une institution anglophone et donc écartée du Québec. En effet, à la suite de sa victoire rectorale en 2013, Suzanne Fortier était la première rectrice francophone de l’histoire de l’Université.</p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/03/25/les-priorites-de-mcgill-3/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Une table ronde de 2014 avec Suzanne Fortier et la presse étudiante</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense qu’on se souviendra d’elle pour avoir orienté McGill vers la bonne direction»</p><cite>Andrew Kirk, président de l’Association des professeur·e·s et bibliothécaires de McGill </cite></blockquote>



<p>Les deux mandats de Suzanne Fortier ont été marqués par plusieurs nouveautés. 2019 a vu le <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/les-redmen-de-mcgill-deviendront-les-redbirds/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">changement</a> du nom des équipes masculines sportives, auparavant appelées «<em>Redmen</em>» et maintenant connues sous le nom de «<em>Redbirds</em>».&nbsp;L’automne dernier, l’administration <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">a ouvert</a> un nouveau Bureau de la médiation et des signalements. En termes de politique environnementale, l’administration de Fortier a annoncé un <a href="https://www.mcgill.ca/principal/fr/communications/enonces/le-conseil-des-gouverneurs-approuve-un-plan-daction-visant-reduire-lempreinte-carbone-de-ses" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plan d’action</a> en avril 2020 qui vise à diminuer l’empreinte carbone globale des investissements faits par l’Université. La stratégie prévoit notamment la carboneutralité d’ici 2040. La même année, l’administration annonçait son <a href="https://www.mcgill.ca/provost/plan-de-lutte-contre-le-racisme-anti-noir-de-luniversite-mcgill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plan de lutte</a> contre le racisme anti-noir.</p>



<p>Or, ces changements ne se sont pas concrétisés sans embûche et ont parfois attiré la critique au sein même de la communauté mcgilloise. La feuille de route de Suzanne Fortier n’est pas sans détour ni faux pas.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La feuille de route de Suzanne Fortier n’est pas sans détour ni faux pas» </p></blockquote>



<p><strong>Un règne controversé&nbsp;</strong></p>



<p>Tout comme <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/la-securite-de-mcgill-s%E2%80%99attaque-aux-etudiants/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">sa prédécesseure</a>, Heather Munroe-Blum, Suzanne Fortier a vécu plusieurs controverses pendant son mandat.</p>



<p>Lors d’une entrevue avec <em>Le Délit</em>, Richard Gold, professeur de la Faculté de droit de l’Université McGill, a fait mention du mécontentement de la communauté mcgilloise vis-à-vis de l’administration et de sa gestion de la pandémie. Il soulève d’emblée le manque de transparence avec la communauté et le rejet de l’avis des experts de la santé concernant les mesures sanitaires. Il souligne également des tendances administratives autoritaires et centralisées.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ça nuit à la confiance, mais ça nuit aussi à l’aspect innovateur des profs et des étudiants. Qui va prendre un risque si [l’administration] centrale va arbitrairement dire non?»</p><cite>Richard Gold, professeur de la Faculté de droit de l’Université McGill</cite></blockquote>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/12/la-gestion-de-la-periode-dexamen-sous-le-feu-des-critiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">La gestion de la période d’examen sous le feu des critiques&nbsp;</a></p>



<p>Selon lui, la décision d’avoir des examens en présentiel tombait sous une rhétorique d’amélioration des relations entre McGill et le gouvernement du Québec, qu’il juge caractéristique de l’administration Fortier. L’Université suit le gouvernement même «si ça n’apporte rien à McGill, même si ça [a] un effet négatif sur la communauté.»&nbsp;</p>



<p>Durant la première année du mandat de Suzanne Fortier, le manque de transparence de l’Université sur ses dépenses a fait l’objet de grands débats, notamment sur ses relations financières ambiguës avec l’Armée canadienne. L’implication de McGill dans la recherche sur la construction d’armes avait notamment été contestée par le mouvement <em>Démilitarisons McGill</em>. </p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/04/01/quel-chemin-pour-mcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Quel chemin pour McGill?&nbsp;</a></p>



<p><meta charset="utf-8">En 2017, elle était aussi sous le feu des critiques lorsque le professeur Andrew Potter, alors directeur de l’Institut pour l’étude du Canada, a démissionné à la suite d’une controverse entourant un article qu’il avait publié dans le magazine <a href="https://www.macleans.ca/news/canada/how-a-snowstorm-exposed-quebecs-real-problem-social-malaise/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Maclean’s</a>. L’article portait sur le «malaise social» du Québec et décrivait les Québécois comme essentiellement asociaux.&nbsp;</p>



<p>La principale est également surnommée «<em>Big Suze</em>» par la communauté mcgilloise, partiellement en raison de son salaire élevé. En effet, le 10 décembre dernier, le Journal de Québec révélait qu’elle avait touché un salaire de <a href="https://www.journaldequebec.com/2021/12/10/remuneration-gros-lot-pour-la-rectrice-de-mcgill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">860 000$</a> au cours de la dernière année, ce qui lui avait attiré l’ire de politiciens de l’Assemblée nationale. La controverse est survenue alors que l’Université venait tout juste d’annoncer la fermeture d’un programme de français, invoquant «les besoins du marché». La pandémie ayant amené son lot d’obstacles et de risques pour les employés de l’Université, le corps professoral et la population étudiante <a href="https://www.journaldequebec.com/2021/12/10/remuneration-de-860-000-pour-la-rectrice-de-mcgill-la-ministre-mccann-choquee-mais-impuissante" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénonçaient</a>, selon eux, le caractère absurde de la rémunération.</p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Fermeture d’un programme de français: McGill invoque «les besoins du marché»</a></p>



<p>Du refus d’exiger le <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/01/vaccination-obligatoire-mcgill-na-pas-la-piqure/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">passeport vaccinal</a>, au <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1723845/manifestation-universite-mcgill-statue-fondateur-esclavage-noirs" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">maintien</a> de démonter la statue de James McGill, en passant par le <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/le-royal-vic-sous-le-feu-des-critiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">projet</a> de rénovation du Royal Victoria et les <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/11/07/balancetonprof/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">vagues</a> d’agressions sexuelles, les choix de la principale ont souvent suscité le mécontentement des associations universitaires. Par ailleurs, depuis 2013, <meta charset="utf-8">Désinvestissement McGill (<em>Divest McGill</em>) critique la stratégie environnementale de l’administration. Le groupe étudiant milite pour le retrait de tous les actifs financiers de l’Université dans le secteur des énergies fossiles et pour leur réinvestissement dans des fonds plus éthiques et responsables sur le plan environnemental. L’Université <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/26/desinvestissement-mcgill-inspire-par-harvard/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">tarde</a> à se désinvestir, une action perçue comme «un geste symbolique» par l’administration.&nbsp;</p>



<p>La vice-présidente aux Affaires universitaires de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), Claire Downie, a des sentiments mitigés par rapport au&nbsp;départ de la principale: <em>«Je souhaite à Madame Fortier mes meilleurs vœux pour ses rôles futurs, mais en même temps, j’espère qu’on pourrait reconnaître le mal causé par l’inaction pendant son mandat et pousser son successeur à faire mieux.»</em>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/le-depart-de-suzanne-fortier/" data-wpel-link="internal">Le départ de Suzanne Fortier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Casque fa camion loi mille livret latin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/casque-fa-camion-loi-mille-livret-latin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Étienne Maillé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Le Délit et des livres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[football fantaisie]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[pow pow]]></category>
		<category><![CDATA[zviane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Traduction: «C’est l’histoire de deux petites filles».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/casque-fa-camion-loi-mille-livret-latin/" data-wpel-link="internal">Casque fa camion loi mille livret latin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Nous sommes en 2017, et les élections canadiennes battent leur plein. Si la course entre le parti libertaniste et le Nouveau-parti est serrée, une province paraît décidée à voter une fois de plus pour le parti chargé de représenter ses intérêts dans un Canada qui ne semble que trop souvent vouloir les oublier… Le Québec? Non, il s’agit plutôt de l’archipel de Banane-banane, situé au nord de la Gaspésie, dont la langue donne son titre au présent article, mais aussi à la bande dessinée dont il est question. Pour des locuteur·rice·s du français, cette langue est étrangement familière et pourtant radicalement incompréhensible: «Le Canada nous déteste» devient «Si Canada poste noir», et «Mot-si grec Youtube» veut sûrement dire quelque chose comme «&nbsp;Mets-la [une vidéo] sur Youtube». <em>Football-Fantaisie</em>, le titre de l’album, n’est d’ailleurs que le nom de l’une des villes de l’archipel, qui compte également Football-Marshall et Football-Simplement. Bien malin·<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">gn</span>e qui dira le sens que Zviane donne à ces mots; les lecteur·rice·s sont forcé·e·s de tenter de traduire la langue de Banane-banane&nbsp;en se fiant au contexte, et ce n’est souvent pas si simple! C’est justement là que réside à mon sens l’un des grands plaisirs de cette œuvre: la babélisation que subit le français, dont on reconnaît les mots mais plus le sens, rend la lecture de cette «&nbsp;langue pas possible» étonnamment divertissante.</p>



<p><em>Football-Fantaisie</em> n’est toutefois pas (qu’)une fiction politique: la campagne électorale et les manifestations faisant rage à Banane-banane ne font en fait qu’une toile de fond à l’histoire de Frédérique et d’Annabelle, deux jeunes filles («mille livret latin», dans la langue locale) en cavale depuis qu’elles ont fui l’antre d’un authentique savant fou, robots tueurs compris. L’expérience, pour laquelle les enfants de douze et six ans faisaient office de cobayes, consiste <em>grosso modo</em> à leur conférer le pouvoir de réorganiser la matière. Bien entendu, un tel pouvoir se révèle rapidement dangereux, et Joan, l’ex-universitaire à l’origine du projet, sombre rapidement dans la paranoïa à l’idée que l’armée tente de lui dérober les résultats de ses recherches. Beaulieu, l’assistant du projet et lui-même le premier cobaye doté de cet incroyable pouvoir, trouve d’ailleurs la mort en tentant de libérer les deux jeunes filles, et ce, dès les premières planches. Apeurées, esseulées, perdues dans une ville où on ne parle pas leur langue, les deux fillettes tentent par tous les moyens de contacter le monde extérieur tout en échappant à leurs poursuivants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La facture graphique respire ce joyeux anarchisme du projet porté par Zviane»</p></blockquote>



<p><strong>De l’efficacité du récit</strong></p>



<p>Zviane entremêle dans <em>Football-Fantaisie</em> plusieurs trames narratives, se bornant à un élément formel simple: le noir et blanc concerne les analepses qui mènent à la mort de Beaulieu, un personnage dont la mort annoncée devient de plus en plus tragique à mesure que sa vie nous est révélée. La couleur est réservée au présent des autres histoires qui se déroulent: la campagne électorale, la fuite des deux filles, les déboires de Joan, les manigances d’une vieille dame qui entraîne des rats, l’éveil politique d’Alice, une jeune banane-bananienne en butte à l’autorité, et j’en passe. Ces nombreuses trames se mélangent, se croisent à l’occasion, donnant parfois une impression de désordre qui est loin de nuire au plaisir de ce texte. Cet apparent désordre s’explique facilement lorsqu’on sait que <em>Football-Fantaisie</em>, le livre, est en quelque sorte l’intégrale d’un feuilleton publié par Zviane dans sa «revue» autopubliée <em>La jungle</em>. Dans la présentation de cette revue, l’autrice conclut en nous rappelant que «dans <em>La jungle</em>,&nbsp;il n’y a pas de règles; c’est la jungle!» On retrouve cette énergie dans <em>Football-Fantaisie</em>, dont la facture graphique respire ce joyeux anarchisme du projet porté par Zviane. Les dessins sont nerveux, les mouvements exagérés – les jambes dans les scènes de course occupent par exemple la moitié d’une case ou même d’une planche, en dépit de toute proportion. Ce style, qui peut sembler moins travaillé qu’un ancien album de l’autrice comme <em>Les deuxièmes</em> (2013) ou <em>Apnée</em> (2010), s’explique par un défi personnel: ne pas faire de crayonné – sorte de brouillon avant le dessin final –, mais travailler à l’encre tout de suite. L’esthétique de Zviane – qui se réinvente d’ailleurs de projet en projet – donne ici une impression d’urgence, de quasi-immédiateté parfaitement en phase avec le récit qui se déroule devant nous.</p>



<p><strong>Histoire de langage(s)</strong></p>



<p>Si la langue de Banane-banane, menacée par le français parlé dans le reste de ce drôle de Canada inventé par Zviane, est un élément important de cette œuvre, elle n’est en fait qu’un élément d’un thème plus vaste, à savoir une réflexion sur la langue que semble sous-tendre le texte en entier. En plus de cette langue, on trouve des personnages qui zozotent, qui parlent du nez, qui bégaient, qui utilisent la langue des signes québécoise, l’anglais… L’autrice remercie même quelqu’un pour les conseils sur l’hindi (à noter que l’auteur de ces lignes, il faut humblement l’avouer, n’a pas su repérer l’hindi dans le texte)! Le français lui-même est trituré selon un procédé simple, mais excessivement amusant: les personnages «&nbsp;parlent&nbsp;» le français selon leur niveau de maîtrise de cette langue. Ainsi, les participes passés, les homophones, les mots compliqués sont assujettis à l’identité des personnages d’une manière qui échappe – heureusement – au bête jugement de valeur. Il aurait été trop facile d’accentuer la bêtise de certains protagonistes par leur maîtrise inégale de la grammaire française, mais c’est là un piège que Zviane évite avec une élégance certaine: en généralisant le procédé, qui n’épargne finalement que très peu de personnages, l’œuvre en vient à rendre acceptable ce petit décalage par rapport à la norme. Anabelle, qui a six ans, prononce donc les mots de manière quasi-phonétique, ce qui ne fait que la rendre plus attachante encore. L’amoureuse de Beaulieu fait aussi des fautes, mais le texte ne lui en tient pas rigueur. Au même titre que la langue mystérieuse de Banane-banane, ce français légèrement à côté de celui qu’on doit parler à l’Académie est vivant, attachant, et beaucoup plus significatif qu’une langue qui chercherait à aplanir les différences linguistiques.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’esthétique de Zviane – qui se réinvente d’ailleurs de projet en projet – donne ici une impression d’urgence, de quasi-immédiateté parfaitement en phase avec le récit qui se déroule devant nous»</p></blockquote>



<p>C’est là, à mon sens, l’une des grandes réussites de Zviane: par des personnages hauts en couleurs, elle parvient non seulement à faire tenir une intrigue volontairement un peu bancale, mais aussi à faire de la langue, ou plutôt du langage, un matériau au service d’une œuvre intelligente, originale et excessivement réjouissante.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/casque-fa-camion-loi-mille-livret-latin/" data-wpel-link="internal">Casque fa camion loi mille livret latin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Doses de rappel: une solution aveugle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/doses-de-rappel-une-solution-aveugle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aymeric Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[3e dose]]></category>
		<category><![CDATA[4e dose]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[dose de rappel]]></category>
		<category><![CDATA[équité vaccinale]]></category>
		<category><![CDATA[omicron]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[vaccin]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
		<category><![CDATA[variant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Immoralité et contre-productivité du protectionnisme vaccinal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/doses-de-rappel-une-solution-aveugle/" data-wpel-link="internal">Doses de rappel: une solution aveugle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 11 mars prochain, deux ans se seront écoulés depuis le moment où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait au monde que le nouveau coronavirus avait pris l’ampleur d’une pandémie. Deux ans maintenant que nous attendons, sans doute plus à tort qu’à raison, le retour très anticipé «à la normale» – normale que l’on croyait apercevoir au bout du tunnel, jusqu’à ce que ce dernier soit de nouveau obstrué, cette fois-ci par le variant Omicron. Alors que la vaccination était censée régler tous nos problèmes, voilà qu’on apprend que deux doses de certains vaccins offrent une <a href="https://www.bbc.com/news/health-59639973" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">protection presque nulle</a> contre une infection à ce nouveau variant, réduisant tout de même le risque de tomber gravement malade au point de devoir avoir recours à une hospitalisation. Une dose de rappel permet cependant de retrouver une <a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/654411/pour-faire-face-a-omicron-une-troisieme-dose-est-la-meilleure-arme" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">protection</a> contre les infections à peu près égale à celle qui était conférée aux doublement vaccinés avant l’apparition d’Omicron.</p>



<p><strong>Une fausse solution?</strong></p>



<p>Or, la troisième dose n’est pas une panacée. Israël est actuellement en pleine campagne de vaccination pour une quatrième dose, et <a href="https://www.24heures.ca/2021/12/22/ces-trois-pays-vont-offrir-une-4e-dose-de-vaccin-a-leur-population" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plusieurs pays</a> comme le Chili et l’Allemagne emboîteront le pas. Stéphane Bancel, le PDG de Moderna, croit par ailleurs qu’une troisième dose devrait être suffisante pour passer à travers l’hiver, mais qu’une quatrième dose sera <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/le-patron-de-moderna-estime-quune-4e-dose-de-vaccin-pourrait-etre-necessaire-1424829" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sans doute nécessaire</a> pour maintenir l’immunité collective à l’automne 2022. Même son de cloche chez le PDG de Pfizer, Albert Bourla. Il appert que l’efficacité de la dose de rappel diminue après quelques mois, tout comme celle des deux doses initiales. Le Canada a d’ailleurs déjà commencé à administrer une quatrième dose aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1851828/quatrieme-dose-vacciantion-covid-poplations-risque" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">populations à risque</a>.</p>



<p>Si c’est ce que ça prend pour contrer la pandémie et protéger les plus vulnérables, qu’on nous vaccine autant de fois que nécessaire. Toute personne devrait raisonner ainsi en ces temps incertains. Il serait peut-être utile de rappeler à ceux qui s’opposent à la vaccination que leur liberté s’arrête là où commence celle des autres. Si cela ne leur plaît pas, ils peuvent toujours aller vivre en autarcie complète, question d’être conséquents avec leurs idéaux; on verra alors s’ils pensent toujours de la même manière. Mais ne digressons pas davantage sur ce sujet et revenons-en à la question des doses de rappel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Aucun pays ne s’en sortira à coups de doses de rappel»</p><cite>Tedros Adhanom Ghebreysus, Directeur général de l’OMS</cite></blockquote>



<p><strong>Solidarité nationale, solidarité internationale</strong></p>



<p>Depuis le début de cette pandémie, nos dirigeants nous ensevelissent de messages à saveur de solidarité <span class="has-inline-color has-actu-color">nationale</span>. On nous dit que c’est «ensemble» que nous passerons à travers cette épreuve, mais qu’en est-il de la solidarité internationale? «Aucun pays ne s’en sortira à coups de doses de rappel.» Ce sont les mots de Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Certes, les pays les plus riches pourraient sans doute tirer leur épingle du jeu à coup de doses de rappel dans les prochaines années, en autant que les vaccins demeurent efficaces contre les nouveaux variants. Mais si l’on part de la prémisse selon laquelle la vaccination doit d’abord et avant tout servir à sauver des vies, alors on ne peut se résoudre à continuer à administrer des doses de rappel indéfiniment. Rappelons que, bien que deux doses soient largement inefficaces à freiner la transmission d’Omicron, elles le sont néanmoins pour empêcher des formes graves de la maladie de se développer. Dans ses dernières conférences de presse, le premier ministre François Legault a mis l’accent sur le fait que les non-vaccinés, représentant 10% de la population québécoise, comptent toutefois pour 50% des hospitalisations. Ce petit échantillon nous permet de voir chez nous ce qui se passe dans les populations non-vaccinées du monde, qui ne le sont pas par choix égocentrique, mais en raison de l’inaccessibilité du vaccin.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En décembre dernier, 20% des vaccins administrés quotidiennement dans le monde étaient des doses de rappel, selon l’OMS»</p></blockquote>



<p>En administrant des doses de rappel, les pays riches accaparent une partie non négligeable des stocks de vaccins: en décembre dernier, <a href="https://news.un.org/fr/story/2021/12/1111232" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">20%</a> des vaccins administrés quotidiennement dans le monde étaient des doses de rappel, selon l’OMS. Pendant ce temps, d’autres pays, particulièrement en Afrique, ont <a href="https://graphics.reuters.com/world-coronavirus-tracker-and-maps/vaccination-rollout-and-access/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un taux de vaccination</a> de première dose infime. À titre d’exemples, seuls 3,2% de la population camerounaise ont reçu une première dose, alors que ce chiffre est de 0,3% pour la République démocratique du Congo. Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), une personne non-vaccinée est <a href="https://www.lapresse.ca/contexte/2021-12-05/que-nous-reserve-encore-la-covid.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">20 fois plus à risque</a> de mourir de la COVID-19 qu’une personne vaccinée.</p>



<p>D’un point de vue d’équité mondiale, il est donc possible de formuler un argument altruiste contre la quatrième dose ou même la troisième dose en avançant qu’il est plus important de doublement vacciner tout le monde avant de commencer à administrer des doses de rappels. Toutefois, ce type d’argument moral est rarement efficace. Il serait donc utile de rappeler aux pays riches – qui le savent d’ailleurs pertinemment – que les programmes de rappel ont pour conséquence probable de <a href="https://news.un.org/fr/story/2021/12/1111232" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">prolonger la pandémie</a> pour tout le monde, sans égard aux frontières. L’immunité collective n’est pas une question nationale: plus la population mondiale est vaccinée, moins le virus se propage et mute. En effet, plus le virus se transmet, plus il a de chance de muter, et c’est ainsi qu’apparaissent de nouveaux variants potentiellement résistants aux vaccins. Il n’y aura pas de fameux retour «à la normale» sans vaccination mondiale, rapide qui plus est: le temps presse lorsqu’il est question de mutations virales.</p>



<p><strong>Repenser notre approche</strong></p>



<p>Les populations des pays riches étant toutes doublement vaccinées, l’heure n’est plus au protectionnisme vaccinal. En 2022, il est non seulement immoral et irrationnel que l’accès à la vaccination soit encore dicté par des considérations d’intérêt national aussi fortes, mais cette manière de voir les choses est aussi contre-productive. En fait, il faut simplement projeter l’intérêt national un peu plus loin dans le futur pour s’apercevoir que céder une partie de nos vaccins aux pays où la couverture vaccinale est pratiquement nulle est la chose logique à faire pour se sortir de la pandémie. Par ce texte, je ne veux pas minimiser l’impact du variant Omicron sur le système de santé québécois et ses travailleurs. La dose de rappel demeure actuellement la meilleure façon de protéger l’intégrité de notre système de santé. Cependant, avant de se lancer dans l’administration d’une quatrième dose, l’Occident doit fonder une réflexion sur l’épisode Omicron et planifier minutieusement sa stratégie vaccinale – une stratégie qui devra inclure le monde entier.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/doses-de-rappel-une-solution-aveugle/" data-wpel-link="internal">Doses de rappel: une solution aveugle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La victoire d’Éric Duhaime (n’aura pas lieu)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-victoire-deric-duhaime-naura-pas-lieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Orian Dorais]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Conservateur du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique provinciale]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46271</guid>

					<description><![CDATA[<p>Petite histoire de l’ultradroite québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-victoire-deric-duhaime-naura-pas-lieu/" data-wpel-link="internal">La victoire d’Éric Duhaime (n’aura pas lieu)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En ce début d’année électorale, la situation politique au Québec semble remarquablement figée. Malgré son amateurisme et son <a href="https://www.journaldequebec.com/2021/12/07/front-commun-pour-reclamer-une-enquete-publique-sur-la-gestion-de-la-pandemie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">manque alarmant</a> de transparence en ce qui a trait à la gestion de la pandémie, François Legault se maintient au sommet des intentions de vote. L’opposition se bat pour disputer un peu de la visibilité du premier ministre. Le seul parti ayant réussi un tant soit peu à entailler la popularité de la CAQ, <a href="https://lactualite.com/politique/la-caq-recule/?fbclid=IwAR2wUfraQIupS8Br_e711ecbEB31N4q1-l5eTaPYUJPGZRyUu79MbU3ZeVc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">notamment dans la région de Québec</a>, est le Parti conservateur du Québec (PCQ). Mais Éric Duhaime a‑t-il une réelle chance de faire une percée significative? L’histoire nous apprend que les extrêmes politiques séduisent assez peu dans notre province.</p>



<p>Depuis plusieurs décennies, des partis provinciaux et fédéraux très à droite ont vu le jour au Québec. Dès 1934, le «<a href="https://www.ledevoir.com/lire/286182/adrien-arcand-un-fasciste-bien-de-chez-nous" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">fürher canadien</a>» Adrien Arcand, admirateur d’Hitler et de Mussolini, fonde le Parti National Social Chrétien (PNSC), une organisation ultrareligieuse et antisémite, dont l’emblème est la croix gammée nazie. Le PNSC a alors une structure hiérarchique militarisante similaire à celle des fascistes italiens, ses militants appartenant à des groupes comme «Les légionnaires», aujourd’hui mieux connus sous le nom de «Chemises Bleues». Arcand n’arrive à récolter que très peu de soutien au Québec et n’obtient que 0,16% du vote lors de l’élection fédérale de 1940. Son parti est dissous peu après par le gouvernement fédéral de Mackenzie King, qui craint sa sympathie pour les ennemis du monde libre, et Arcand est emprisonné dans un camp de détention.</p>



<p>Dans les années 1940, un parti réformateur voit le jour. Il s’agit du<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span></strong>Bloc populaire, qui présente des candidats aux deux paliers de gouvernement et semble a priori être un parti de gauche. Sa principale raison d’être est l’opposition à la conscription. Il prône par ailleurs une plus grande intervention de l’État dans l’économie pour limiter l’influence des<em> </em>« <em>trusts </em>», ces conglomérats anticoncurrentiels. Cela dit, être en faveur d’un État fort ne signifie pas nécessairement être de gauche. A contrario, plusieurs au Bloc populaire sont inspirés par le <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/rs/2004-v45-n2-rs835/009647ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">corporatisme</a> des fascistes Franco et Salazar. Certaines des figures les plus éminentes du Bloc populaire, comme Henri Bourassa – fondateur du Devoir et brillant réformateur au début du 20<em>e</em> siècle qui se radicalise à droite en vieillissant – et André Laurendeau – chef de l’aile provinciale du parti de <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/laurendeau-andre-4025/biographie.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1943 à 1947</a> – se montrent d’ailleurs très antisémites. Laurendeau manifestera des regrets, dans les années 1960, par rapport à ses positions anti-juives. Bourassa et d’autres membres du parti soutiennent également Pétain. Bien que le Bloc populaire soit une coalition politique hétéroclite, on ne peut nier dans ses rangs un intérêt certain pour les hommes forts européens. Aux élections provinciales de 1944, le Bloc populaire remporte moins de 15% des votes et fait élire quatre députés. En 1945, lors du scrutin fédéral, sa part du vote diminue et ne fait élire que deux députés. Après le départ de son chef André Laurendeau, le parti se désagrège rapidement et ne présente personne à l’élection provinciale de 1948.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;«Tout au long de notre histoire, il y a toujours eu un bipartisme entre le PLQ, de centre, et un parti nationaliste soit de centre gauche comme le PQ, soit conservateur sans être d’ultradroite, comme la CAQ»</p></blockquote>



<p>Dans les années 1960–1970, la droite morale et religieuse québécoise se réunit autour du Parti créditiste qui prône l’impression massive d’argent dans le but de soutenir financièrement les citoyens. Les créditistes, opposés aux changements de la Révolution tranquille, préconisent aussi un retour aux valeurs familiales et religieuses traditionnelles. Comme le Bloc populaire avant eux, ils présentent des candidats au provincial et au fédéral. Le chef de la section fédérale, Réal Caouette, est religieux, hostile à l’homosexualité<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span></strong>et en faveur de la peine de mort. La figure la plus connue de l’aile provinciale reste néanmoins Camil Samson qui, dans un discours devenu célèbre, attaque «les p’tits professeurs de cégep barbus» qui veulent sortir la religion de l’éducation, en un exemple typique de la haine contre les intellectuels caractéristique des radicaux politiques. Le plus haut score des créditistes, tous paliers confondus, avoisine le quart des votes, ce qui est loin d’être une révolution. À titre de comparaison, le Parti québécois (PQ) remporte 30% des voix dès sa deuxième élection, en 1973. À peine cinq ans après sa création, le PQ se porte mieux d’un point de vue électoral que le Parti créditiste dans l’ensemble de son histoire.</p>



<p>Il y a plusieurs autres exemples de partis provinciaux ou fédéraux d’ultradroite<strong><span class="has-inline-color has-culture-color"> </span></strong>fondés au Québec. Du <a href="https://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/DepotNumerique_v2/AffichageFichier.aspx?idf=158801" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Parti nationaliste chrétien</a> à la fin des années 1960, qui souhaite faire du Québec une théocratie catholique, à l’actuel Parti Populaire du Canada de Maxime Bernier, qui n’a fait élire aucun député aux élections fédérales de 2021, la constante demeure que ces formations n’attirent que très peu de partisans. Une preuve supplémentaire de ce constat réside dans le fait que le PCQ a existé pendant 12 ans, avant qu’Éric Duhaime n’en prenne la tête, et le parti n’a obtenu jusqu’à présent que des scores négligeables.<strong><span class="has-inline-color has-societe-color"> </span></strong>À vrai dire, tout au long de notre histoire, il y a toujours eu un bipartisme entre le PLQ, de centre, et un parti nationaliste, soit de centre gauche comme le PQ, soit conservateur sans être d’ultradroite, comme la CAQ, qui demeure bien moins radicale que le parti d’Éric Duhaime. Ainsi, les Québécois préfèrent toujours la modération, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le chef du PCQ.</p>



<p>De l’autre côté du spectre politique, cela pourrait aussi frustrer Québec Solidaire. En effet, le Parti ouvrier du Québec, le Parti socialiste du Québec, le Rassemblement pour l’indépendance nationale, le NPD québécois, l’Union des forces progressistes et Option nationale sont autant de défuntes formations politiques plutôt de gauche qui, historiquement, n’ont pas mieux performé que les partis d’ultradroite. Comme quoi le centrisme prudent et parfois excessif des Québécois peut autant déplaire aux deux côtés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-victoire-deric-duhaime-naura-pas-lieu/" data-wpel-link="internal">La victoire d’Éric Duhaime (n’aura pas lieu)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Cinquième vague: Le gouvernement s’en lave les mains</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/cinquieme-vague-le-gouvernement-sen-lave-les-mains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[coalition avenir quebec]]></category>
		<category><![CDATA[couvre-feu]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[François Legault]]></category>
		<category><![CDATA[Horacio Arruda]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[vaccin]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Annoncée le 10 janvier dernier, la démission du directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, a fait bien des vagues au Québec. Dans sa lettre de démission, il a expliqué que des propos tenus récemment sur la «crédibilité de [ses] avis et sur [sa] rigueur scientifique» avaient érodé la confiance de la population. Effectivement,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/cinquieme-vague-le-gouvernement-sen-lave-les-mains/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Cinquième vague: Le gouvernement s’en lave les mains</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Annoncée le 10 janvier dernier, la démission du directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, a fait bien des vagues au Québec. Dans sa lettre de démission, il a expliqué que des propos tenus récemment sur la «crédibilité de [ses] avis et sur [sa] rigueur scientifique» avaient érodé la confiance de la population. Effectivement, la gestion de la cinquième vague de COVID-19 par le gouvernement québécois a laissé à désirer, et le docteur Arruda a à maintes reprises donné des avis contraires à ceux d’autres expert·e·s, notamment sur l’utilisation des masques N‑95. Toutefois, son départ a plutôt des airs de renvoi par le gouvernement Legault. Ce dernier semble vouloir faire porter le blâme de l’état épidémiologique catastrophique à une entité extérieure au gouvernement caquiste en se débarrassant d’un directeur de la Santé publique imparfait. </p>



<p>Mais le docteur Arruda n’est pas le seul à s’être fait désigner comme bouc émissaire par le gouvernement en place. Les non-vacciné·e·s, ce fameux 10% de la population québécoise qui n’ont toujours pas obtenu leur première dose, jouent aussi ce rôle.</p>



<p>Il est certain que les personnes non-vaccinées composent une part disproportionnée des hospitalisations qui pèsent sur le système de santé. Toutefois, avec le niveau de contagiosité du variant Omicron, la vaccination seule ne suffira ni à empêcher la propagation de la COVID, ni à régler les problèmes du système de soins québécois. Si nos hôpitaux débordent, c’est aussi en raison de l’état pré-pandémique déplorable de notre réseau de la santé, conséquence des politiques d’austérité et de compressions budgétaires des dix dernières années. Avec ses discours pointant du doigt les non-vacciné·e·s, le gouvernement Legault leur attribue la part de responsabilité qui leur revient, mais il en profite par la même occasion pour leur faire porter le poids d’une machine qui grince depuis trop longtemps. Il y a aussi quelque chose de malsain à rediriger la colère populaire vers une petite partie de la population, surtout que l’on retrouve parmi les non-vacciné·e·s certaines des personnes les plus vulnérables de notre société, comme celles en situation d’itinérance ou sans-papiers.</p>



<p><strong>Gouverner par sondages</strong></p>



<p>En plus de rejeter la responsabilité de la pandémie sur des individus plutôt que sur lui-même, le gouvernement brille par ses décisions sans fondement factuel. Prenons l’exemple de la nouvelle contribution santé. Plutôt que de citer des données scientifiques et des avis d’expert·e·s pour justifier la création de cette mesure, le premier ministre a présenté des arguments sentimentaux: il a notamment évoqué la fatigue et le ressentiment contre les non-vacciné·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><meta charset="utf-8">«Avec ses discours pointant du doigt les non-vacciné·e·s, le gouvernement Legault leur attribue la part de responsabilité qui leur revient, mais il en profite par la même occasion pour leur faire porter le poids d’une machine qui grince depuis trop longtemps»  </p></blockquote>



<p>Inutile d’être savant·e pour émettre de sérieux doutes face à cette proposition. En effet, rien ne suggère que cette contribution santé va améliorer la situation. D’une part, elle sera mise en place trop tard pour avoir un impact sur la cinquième vague, et d’autre part, le gouvernement n’a pas jugé bon d’expliquer à quoi servirait ce nouveau revenu. De plus, d’un point de vue éthique, elle constitue une intrusion importante du gouvernement dans les libertés individuelles, intrusion qui n’est toujours pas justifiée par des données probantes. Tout porte à croire que cette décision vise à satisfaire l’électorat vacciné et épuisé, comme une petite vengeance contre les non-vacciné·e·s.</p>



<p>La gouvernance «par sondages» de la CAQ se fait également sentir dans son usage inconstant du couvre-feu. La première fois que le gouvernement caquiste avait décrété une telle mesure pour une durée de presque six mois, il disposait de l’appui de la majorité de la population. Cette fois-ci, le couvre-feu a été levé à peine deux semaines après sa mise en œuvre. Par pur hasard, un récent sondage indiquait que plus de <a href="https://lactualite.com/politique/la-caq-recule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la moitié</a> de la population québécoise désapprouvait cette mesure. Tous les gouvernements visent à plaire, car c’est ainsi qu’ils gagnent des élections. Toutefois, dans un contexte de crise sanitaire, ils ne peuvent pas se permettre de jouer à l’apprenti sorcier: ils devraient écouter les professionnel·le·s. Or, comme le soulignait le chef du Parti Québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, dans un <a href="https://twitter.com/PaulPlamondon/status/1480715045688549376" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">gazouillis</a><strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong>, la cellule de crise du gouvernement comporte bien des spécialistes en communications et en politique mais un seul scientifique, soit le directeur national de la Santé publique. Alors, quelle place occupe les faits dans la réflexion du gouvernement? François Legault demande continuellement aux personnes non-vaccinées d’écouter la science – il serait peut-être temps pour lui de suivre son propre conseil.</p>
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		<title>La causalité chez David Hume</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-causalite-chez-david-hume/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marco-Antonio Hauwert Rueda]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[David Hume]]></category>
		<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on faire confiance à la science?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-causalite-chez-david-hume/" data-wpel-link="internal">La causalité chez David Hume</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Deux ans de pandémie nous au<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ront convai</span>ncus de l’importance de la science dans notre société contemporaine. Cependant, à en juger par le nombre non négligeable de personnes se montrant sceptiques à propos des vaccins contre la COVID-19, de nombreux questionnements persistent quant à la validité des affirmations scientifiques. Au cœur de la réflexion philosophique qui entoure ces débats, l’on retrouve le fameux penseur écossais David Hume.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«La plupart de nos connaissances, appelées “inductives”<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">, émaneraient de nos ob</span>servations du monde»</p>
</blockquote>



<p><strong>La connaissance inductive</strong></p>



<p>En s’inspirant d’une tradition philosophique remontant jusqu’aux temps d’Aristote, Hume fait la distinction entre deux types exclusifs de connaissance. Tout d’abord, il y aurait les connaissances <em>a priori</em>, acquises indépendamment de notre expérience avec le monde. Une affirmation <em>a priori</em> est considérée comme vraie si son opposé est inconcevable, ou si elle découle par déduction d’une autre affirmation considérée comme vraie. Par exemple, si l’on sait qu’une personne a plus de 50 ans, alors on peut déduire que cette personne a plus de 20 ans, car 50, par définition, est supérieur à 20.</p>



<p>Cependant, les connaissances déductives ne représentent qu’une partie minimale de l’étendue du savoir humain. Selon Hume, la plupart de nos connaissances, appelées «inductives», émaneraient de nos observations du monde. «<em>Nous présumons toujours, lorsque nous observons des qualités sensibles similaires, qu’elles ont des pouvoirs secrets similaires, et nous nous attendons à ce que des effets similaires à ceux que nous avons pu observer en découlent.</em>» Les connaissances inductives nous permettent d’établir des jugements sur le futur à partir de notre expérience du monde. Si, par exemple, tous les beignes que j’ai mangés par le passé ont été délicieux, je m’attends à ce que le prochain beigne que je mange soit aussi délicieux.</p>



<p>Cependant, ce type de raisonnement présente un problème évident: il est <em>circulaire</em>. En réalité, rien ne m’assure que le prochain beigne que je mangerai sera délicieux. Je tire cette conclusion uniquement du fait que les beignes que j’ai mangés par le passé étaient délicieux. Mais, à nouveau, rien ne m’assure que le futur ressemblera au passé… La circularité réside dans le fait que la conclusion de mon raisonnement est, en même temps, la prémisse principale de celui-ci. Hume nous assure tout de même qu’il fait preuve d’un tel scepticisme, non pas pour nous décourager, «<em>mais plutôt comme une incitation </em>[…]<em> à essayer quelque chose de plus complet et satisfaisant</em>». Voyons si la science nous offre des solutions plus encourageantes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Au lieu de supposer aveuglément que le futur ressemblera au passé, [la science tente] de formuler des hypothèses sur les <em>causes</em> qui ont produit certains effets par le passé, et de s’attendre à ce que ces causes se reproduisent dans le futur»</p>
</blockquote>



<p><strong>La causalité dans les sciences</strong></p>



<p>Une autre façon de tirer des conclusions sur le monde est de produire un <em>raisonnement causal</em>. Au lieu de supposer aveuglément que le futur ressemblera au passé, il s’agirait de formuler des hypothèses sur les <em>causes</em> qui ont produit certains effets par le passé, et de s’attendre à ce que ces causes se reproduisent dans le futur. Voilà le type de raisonnement employé par la science. La science pourrait, par exemple, postuler que le sucre possède certaines caractéristiques qui rendent les aliments délicieux. Par conséquent, étant donné que les beignes contiennent du sucre, on peut s’attendre à ce que tous les beignes soient délicieux. Mais nous rencontrons ici le même problème que nous avons rencontré auparavant, c’est-à-dire, que rien ne nous assure que le sucre rendra les aliments délicieux <em>dans le futur</em>! La science ne fait que contourner le problème de la circularité, elle ne le résout pas.</p>



<p>Doit-on donc tout jeter par-dessus bord et conclure que les connaissances scientifiques ne peuvent jamais être satisfaisantes? Hume ne semble certainement pas être de cet avis. En effet, même si l’on ne peut pas vraiment <em>justifier</em> la véracité d’une hypothèse causale, on peut quand même tenter de formuler une théorie <em>descriptive</em> afin de distinguer les «bonnes» hypothèses causales des «mauvaises» hypothèses causales. Comme l’écrit Sarah Clairmont, chargée de cours<span class="has-inline-color has-societe-color"><strong> </strong></span>à l’Université McGill, «<em>le problème descriptif demande quelles inférences inductives sont légitimes bien qu’elles soient des illogismes </em>[<em>non-sequiturs</em>, en anglais]<em>, et lesquelles ne sont rien de plus que des illogismes</em>». Et c’est exactement ce problème que les philosophes des sciences tentent de résoudre.</p>



<p>→ Voir aussi: <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/02/ne-sommes-nous-quun-tas-datomes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Ne sommes-nous qu’un tas d’atomes?</a></p>



<p><strong>Abandonner la science?</strong></p>



<p>En somme, le raisonnement causal est-il une méthode infaillible? Nous avons vu qu’il ne l’est pas, mais qu’il est possible de le perfectionner. De quelle façon le perfectionner demeure une question pour un autre jour. Ce qu’il faut retenir aujourd’hui, c’est que la science <em>peut</em> avoir un degré de fiabilité élevé et, surtout, qu’elle demeure le meilleur outil à notre disposition pour donner un sens au monde. Voilà la conclusion finale de Hume. Pour lui, le scepticisme philosophique n’a pas pour but de discréditer la science, mais plutôt de la renforcer en identifiant ses failles.</p>



<p><em>Remerciements à Sarah Clairmont pour avoir inspiré cet article.</em> </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/la-causalite-chez-david-hume/" data-wpel-link="internal">La causalité chez David Hume</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Vacances à la mère</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/vacances-a-la-mere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[Netflix]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46252</guid>

					<description><![CDATA[<p>Poupée volée, un premier film réussi pour Maggie Gyllenhaal. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Poupée volée</em> (<em>The Lost Daughter</em>), premier film réalisé par Maggie Gyllenhaal, est une adaptation libre du roman éponyme d’Elena Ferrante qui met en vedette Olivia Colman dans le rôle de Leda, une professeure de littérature comparée en vacances sur une île grecque fictive nommée Kyopeli. Sur l’île, la protagoniste rencontre Nina (Dakota Johnson), une jeune mère épuisée qui rappelle à Leda son propre passé, lorsque ses deux filles étaient petites. Un geste déroutant lance l’intrigue: Leda subtilise la poupée de la fille de Nina.</p>



<p><strong>Complexifier les mères</strong></p>



<p>Enrichis par les performances précises de Colman et Johnson, les nombreux non-dits et intrigues irrésolues dans le scénario rappellent la nature complexe de la mère et évoquent ainsi l’impossibilité de représenter une figure maternelle complète dans une œuvre artistique.<span class="has-inline-color has-actu-color"> </span>En offrant un portrait très nuancé de Leda et Nina<em>, </em>le film rejette les archétypes de «bonne» et de «mauvaise» mère. Leda et Nina naviguent plutôt dans les paradoxes insolubles de leurs désirs, incertitudes et responsabilités et refusent de se conformer à l’idéalisme statique et réducteur du rôle unidimensionnel attribué à la mère en tant que catégorie sociale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En offrant un portrait très nuancé de Leda et Nina<em>, </em>le film rejette les archétypes de “bonne” et de “mauvaise” mère»</p></blockquote>



<p><strong>Vacillations et temporalités&nbsp;</strong></p>



<p>Tout au long du film, la caméra vacille selon une intensité variable, ce qui agrémente l’instabilité des intentions, humeurs et comportements des différents personnages. Cette mobilité peut aussi rappeler l’extension du mouvement des vagues et des marées de la plage de Kyopeli, qui s’inscrit par ailleurs dans tous les plans du film. De plus, l’instabilité de la caméra rapproche l’auditoire de Leda: lorsque cette dernière plonge dans ses souvenirs les plus intenses ou lorsqu’elle est prise de vertiges, la vacillation de la caméra s’intensifie et évoque la puissance des maux qui ne se perçoivent pas d’un point de vue externe, mais qui demeurent bien réels pour Leda.</p>



<p><em>Poupée volée </em>est aussi agrémenté d’un montage sonore qui lie les différentes distances temporelles de l’intrigue – le film présente notamment des retours en arrière à travers les souvenirs de Leda – à l’aide de l’entremêlement des paroles d’une Leda plus jeune (Jessie Buckley) et des images présentant la Leda du temps présent. En effet, lors des allers-retours temporels, les paroles de la jeune Leda et les sons qui l’entourent sont à maintes fois superposés aux scènes filmant Leda plus âgée à Kyopeli, évoquant ainsi les effets vifs du passé sur la femme qu’elle est devenue.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La vacillation de la caméra s’intensifie et évoque la puissance des maux qui ne se perçoivent pas d’un point de vue externe, mais qui demeurent bien réels pour Leda»</p></blockquote>



<p>Somme toute, <em>Poupée volée </em>est un long métrage bien ficelé qui mérite d’être visionné pour sa qualité scénaristique et la nuance avec laquelle il représente la figure maternelle. Peu d’éléments sont résolus, mais le tout est judicieusement pensé afin de présenter avec brio la complexité et l’aspect fluctuant de toute vie.</p>



<p><em>Poupée volée</em> est présentement disponible sur Netflix.</p>



<p></p>



<p></p>
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	</channel>
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