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	<title>Émilie Bombardier - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 20 Sep 2011 14:01:40 +0000</lastBuildDate>
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		<title>S’embraser sans fumée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/sembraser-sans-fumee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 14:01:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[coup de foudre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de Quat'Sous]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De retour à Montréal sur les planches du Théâtre de Quat’sous, S’embrasent relate un coup de foudre bouleversant qui n’est toutefois pas transmis au public.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la cour d’une école secondaire, sans crier gare, un coup de foudre. Jonathan, convoité par toutes (et tous, apprend-t-on), aperçoit Latifa. S’ensuit un baiser, si soudain et si intense, qu’il bouleversera tous ceux qui les entourent, des autres adolescents aux professeurs, en passant par le directeur et la vieille dame qui réside en face de l’école. On fait alors la rencontre de plusieurs jeunes qui, envieux, partagent leurs impressions et leurs expériences de l’amour et de la sexualité, et décrivent encore et encore ce premier baiser des deux amoureux, qui soudainement a tout changé.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Sembrasent.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-8583" title="S'embrasent" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Sembrasent-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté du Théâtre de Quat’Sous</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Produite par le théâtre Bluff, une compagnie québécoise consacrée au public adolescent et aux jeunes adultes, la pièce S’embrasent, écrite par Luc Tartar et mise en scène par Éric Jean, relate avec poésie la force intrigante d’un premier coup de foudre, et son impact sur les témoins, des élèves du secondaire qui rêvent maladroitement d’en faire eux aussi l’expérience.</p>
<p>Si les clichés, voire la caricature, guettent souvent les œuvres évoquant l’adolescence, il n’en est rien avec S’embrasent. L’approche du dramaturge et du metteur en scène est discrète et sensible, respectueuse de cette période trouble de la jeunesse où tout est remis en question. Luc Tartar, qui a également collaboré avec Éric Jean pour la pièce En découdre, présentée au Quat’ sous en avril dernier, signe ici un texte très imagé dans lequel on retrouve plusieurs passages d’une grande beauté. Le coup de foudre, sujet riche et presque inépuisable, y est évoqué avec lyrisme et simplicité.</p>
<p>La distribution, sans nous renverser, transmet bien l’émotion et les questionnements causés par ce baiser de cour d’école. On remarque notamment Béatrice Picard, qui incarne le personnage le plus attachant de la pièce: une vieille dame, toujours de connivence avec les élèves, qui observait la scène depuis sa fenêtre et qui se met à rêver à son tour.</p>
<p>Bref, le travail du dramaturge et des comédiens de S’embrasent est tout à fait honorable, mais la mise en scène d’Éric Jean, hautement décevante, mine le véritable potentiel de l’œuvre. Ceux qui connaissent le travail du directeur artistique du théâtre de Quat’sous verront ici un piètre «copier-coller» des précédentes mises en scène qu’il a signées depuis Chambres, œuvre qui avait marqué un important virage dans son approche. Dans un décor très simple, aux couleurs sombres, presque dénué d’accessoires, les personnages s’avancent la plupart du temps au devant de la scène pour réciter leur monologue dans le vide, toujours éclairés de la même façon, souvent dans la même position. On ne retrouve le talent d’Éric Jean que dans certaines scènes très dynamiques qui sont, hélas, beaucoup trop rares. Difficile d’accepter cette nouvelle approche que le metteur en scène prône et réitère sans cesse, alors que des pièces comme Chasseurs ou Hippocampe, qu’il présentait auparavant, nous en mettaient plein la vue, tant elles étaient inventives, magiques et bouleversantes. Opter pour la simplicité n’empêche pas de se réinventer, pourtant. Si à la toute fin on nous raconte que la passion de Latifa et de Jonathan brûle tout sur son passage au point de les faire eux-mêmes disparaître, force est d’admettre que la mise en scène ne le traduit pas. Ils s’embrasent, vraiment? À voir la pièce, on ne l’aurait pas remarqué.</p>
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		<title>L’exubérant dégel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/04/05/l%e2%80%99exuberant-degel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Apr 2011 17:51:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[justin laramée]]></category>
		<category><![CDATA[Qui Va Là]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[thriller printanier]]></category>
		<category><![CDATA[Transmissions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Justin Laramée présente Transmissions, une pièce éclatée sur le leg, lauréate du prix Gratien-Gélinas 2008.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.1px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.1px} -->C’est un drôle d’objet théâtral que Justin Laramée concocte avec <em>Transmissions</em>. Tragédie sur le deuil et le leg, drame dressant un sombre portrait de la famille moderne, comédie sur l’absurdité de l’humain, de son existence: aucune expression ne semble pouvoir mettre en mots cette pièce où des animaux morts s’animent pour dévoiler des secrets, où un bébé partage une cigarette avec son père tout en lui adressant des conseils, où la vie des personnages bascule par des événements plus qu’anodins.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/04/Transmissions-Culture.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-7914" title="Transmissions (Culture)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/04/Transmissions-Culture-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Justin Laramée</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Un «thriller printanier», c’est le nom qu’on lui donne. Et pour cause, la dernière œuvre de la compagnie Qui Va Là, lauréate d’un prix Gratien-Gélinas, évoque tout ce qui refait surface après le gel, tout ce que l’on déterre après l’oubli. Pourtant, à force de trop déterrer, l’intention première de la recherche se perd. Dans son ambition totalisante, le récit s’éparpille, éclate et agace, laissant toutefois le spectateur devant des scènes belles, mais sans véritable cohérence.</p>
<p>Après avoir vendu leur chalet à un vieux couple anglophone, la famille Beauchemin se retrouve pour une dernière fois en ces lieux que tous regrettent un peu de quitter. Ils célèbreront les six mois d’Alphonse, l’enfant de Fred (Maxime Denommée) et Camille (Émilie Gilbert), jeune couple éreinté par son quotidien. Au-delà de ce prétexte que plusieurs jugent ridicule, tous sont cependant venus chercher, intentionnellement ou à leur insu, quelque chose qu’ils avaient écarté, enfoui, ignoré.</p>
<p>Le seul fils des Beauchemin, Gabriel, en creusant un trou pour enterrer sa chienne qu’il a retrouvée morte, apprend que ses parents ont en fait abattu tous les chiens qu’il croyait avoir perdu enfant. Diane (Monia Chokri), sa sœur, découvre que sa copine mourante, Rosa, l’a envoyée au chalet pour déterrer des lettres d’amour qu’elles avaient cachées dans la forêt afin de les lui entendre lire une dernière fois, par téléphone, avant qu’elle ne profite de son absence pour s’enlever la vie. Puis voilà que Camille, voulant protéger son bébé en tirant une oie à la carabine, tue accidentellement son père, Éric (Roger Léger), seul personnage qui maintenait l’équilibre du clan, et rendait possible toute forme de leg. Le vide qu’il laisse se remplit alors de révélations abracadabrantes, de scènes aussi surréelles que dramatiques, et de la névrose de Camille, personnage qui implose littéralement jusqu’à devenir une insupportable caricature.</p>
<p><em>Transmissions</em> ne donne pas de réponse aux énigmes qu’elle pose, ce qui est lassant, considérant la quantité faramineuse de scènes nébuleuses et de réactions inexpliquées qu’elle lance au visage du spectateur. Si ce qu’elle relate ne peut donc être apprécié à part entière, la pièce charme toutefois par ses dialogues simples mais polyphoniques, par ses touches d’humour brillantes, par sa scénographie irréprochable et, surtout, par la distribution qui la porte, faisant la plupart du temps preuve d’une retenue qui se marie très bien à l’exubérance de l’œuvre.</p>
<p>Certainement intéressant et assez fascinant, ce thriller printanier, quoique trop chargé, laisse entrevoir le grand talent de Justin Laramée. Si le dramaturge et metteur en scène opte pour un certain dépouillement tout en maintenant la folie qui teinte son écriture, il ne fait nul doute que sa prochaine pièce saura se tailler une place de choix dans la saison théâtrale.</p>
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		<title>Un relent de fin du monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/un-relent-de-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 13:23:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[la peuplade]]></category>
		<category><![CDATA[marysol drouin]]></category>
		<category><![CDATA[quai 31]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman Quai 31 de Marysol Drouin propose un univers apocalyptique d’un réfugié sans lendemain.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.2px} -->Sur un navire où s’entassent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se perçoivent déjà les espoirs déçus, l’accueil glacial et les tristes perspectives qui se dessinent sur une terre d’accueil dont ils ne connaissent rien. Réfugiés d’une île sans nom qui a été submergée, rares sont les passagers qui croient qu’une vie meilleure les attend à destination. Parmi eux, Échine, un jeune homme bienveillant qui s’occupe de sa mère et des enfants qu’il rencontre, l’un des seuls qui sache écrire, et l’un des derniers survivants d’une épidémie qui les emporte tous l’un après l’autre. Nous voici dans l’univers de <em>Quai 31.</em></p>
<p><a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Quai-31-Culture.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-7611" title="Quai 31 (Culture)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Quai-31-Culture-194x300.jpg" alt width="194" height="300"></a>Le climat qu’installe ce premier roman de Marysol Drouin, publié aux éditions La Peuplade, sans être très inédit, est certes intéressant et efficacement transmis au lecteur. Le style simple, presque léger de l’auteure évite la plupart du temps toute caricature. Il retranscrit sans artifice les pensées du protagoniste, qui vit presque sans émotion la cruauté de son quotidien.</p>
<p>Établi dans un logement de la «Basse-Ville», un quartier sombre réservé aux réfugiés, avec une mère qui ne peut supporter d’avoir quitté son île, Échine est mis à l’emploi par les autorités à titre de chasseur de chats de ruelle. C’est là qu’il fera la rencontre de Pinoche, un natif du pays avec qui il se lie d’amitié. Grâce à lui, il découvre la Haute-Ville, où les habitants sont hostiles aux «sans-terre», et fait la rencontre de Chirma, une artiste étrange, avec qui il s’installe dans une résidence de personne âgées dont elle a la charge. Quoique tristes et peu reluisants, les jours s’enfilent sans histoire jusqu’à ce qu’une épidémie que l’on dit apportée par les réfugiés prenne la ville d’assaut. Celle-ci tord la colonne de ses victimes, qui trouvent une mort rapide mais douloureuse. Alors se profile une apocalypse dans un monde à la fois moderne et intemporel, orchestrée par des autorités aussi anonymes qu’elles sont cruelles. D’un surréel macabre, les derniers instants du récit sont racontés de manière très réussie, un défi de taille pour cette œuvre qui aurait facilement pu tomber dans le déjà-dit, ou plutôt le «déjà-écrit» (Kafka, Orwell, Huxley…la liste des influences est longue)</p>
<p>Si les thèmes qu’elle exploite dans <em>Quai 31</em> sont trop nombreux et que certains dialogues frôlent parfois le ton moralisateur dans sa plus simple expression, l’auteure sauve certainement l’équilibre de son roman avec un style efficace et des scènes d’une beauté tragique, dans lesquelles la perte de repères et la déshumanisation battent leur plein. Bien qu’il parvienne à transmettre un léger malaise, le roman offre une lecture agréable et vaut la peine d’être découvert, si ce n’est que pour ce relent de fin du monde qu’il répand avec brio.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La culpabilité éphémère</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/22/la-culpabilite-ephemere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 14:17:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Geneviève Rioux]]></category>
		<category><![CDATA[La Vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Bisaillon]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre-Luc Lafontaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cinéaste Marc Bisaillon signe La Vérité, deuxième volet de sa tétralogie sur la conscience coupable.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'; min-height: 47.0px} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {letter-spacing: 0.2px} span.s3 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: 0.2px} -->Un soir d’hiver, la vie d’Yves et de Gabriel bascule. Embrumés par l’effet des champignons, les deux adolescents bien ordinaires sillonnent les rues de Saint-Hyacinthe et font la fête jusqu’à ce que Gabriel ait un malaise, une perte de conscience prolongée. Désespéré, son ami le porte jusqu’à la maison la plus proche, dont les propriétaires sont absents. Surpris quelques instants plus tard par un voisin alors qu’ils s’amusent à détruire tout ce qui s’y trouve, le duo panique devant l’homme qui menace d’appeler la police. L’un d’eux fait tomber le quinquagénaire, dont la tête frappe malencontreusement une plaque de glace. Ils apprendront, après leur fuite, qu’ils ont bel et bien commis un meurtre. Rien qui puisse les incriminer n’est retrouvé sur les lieux.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Vérité-Culture.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-7399" title="La Verite" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Vérité-Culture-595x398.jpg" alt width="595" height="398"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Pierre Crépo</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Avec un scénario inspiré d’une histoire vraie, connue par les entrefilets d’un journal, Marc Bisaillon fait de <em>La Vérité</em> une œuvre à la fois simple mais efficace sur le poids de la culpabilité, sur la difficulté de s’en défaire. Alors qu’Yves quitte la ville pour oublier ses remords et abandonner ceux de son ami, Gabriel n’a d’autre choix que de rester là où tout lui rappelle l’accident et les possibles représailles, à commencer par sa mère policière et enquêteuse dont il est très proche. Ainsi, il rencontre la veuve de sa victime, assiste aux funérailles de celle-ci et est tenu au courant de la progression de l’enquête. Poursuivre sa vie sans histoires semble impossible, à tel point que sa santé physique commence à refléter son état d’esprit.</p>
<p>Dans un univers où le blâme attend le protagoniste au moindre détour, chaque scène du film est très évocatrice; si ce n’est de l’aspect affecté des dialogues, du jeu parfois faux des comédiens, qui semblent nourrir la progression du récit plus que la complexité de leur personnage, comme si chacune de leurs paroles n’était qu’une simple pièce à conviction. Le moindre plan prend d’ailleurs l’allure d’une péripétie qui nous entraine trop rapidement vers une fin qui laisse bien perplexe.</p>
<p>Malgré une distribution chevronnée (il faut souligner la performance de Pierre-Luc Lafontaine et de Geneviève Rioux), une réalisation intéressante et une direction photo irréprochable, <em>La Vérité</em> est un film qui ne prend nullement le temps de bien représenter la culpabilité. La rapidité avec laquelle elle s’installe chez Gabriel ne révèle aucune nuance, à tel point qu’il est impossible de sentir le poids qu’elle impose. Le scénario accuse un criant manque de substance. Et pourtant, tout porte à croire que l’œuvre aurait pu être riche et passionnante, n’eût-ce été de ce «léger» défaut. Tous s’évertueront à rappeler que <em>La Vérité</em> n’est qu’un volet parmi toute une tétralogie sur ce thème si riche qu’est la conscience coupable. Si ce nouveau venu dans la filmographie de Marc Bisaillon ne tient pas la route en soi, peut-être pourrons nous l’apprécier au sein d’autres œuvres qui contribueront à l’étoffer davantage.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En attendant le monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/15/en-attendant-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2011 16:25:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Bienvenue à los Pereyra]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[El Impenetrable]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[La Vie moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Los Pereyra]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bienvenue à Los Pereyra offre une incursion poétique dans un village argentin isolé de tout.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: 0.2px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: 0.2px} -->À&nbsp;Los Pereyra, un village reclus d’Argentine sans téléphone ni électricité, toute une jeune génération d’habitants semble vivre dans l’attente. Celle d’un avenir campé dans un milieu moins isolé, porté par des ambitions qui transcendent souvent les frontières de la petite bourgade, surtout lorsque viennent les «marraines», qui chamboulent toute la communauté, cinq jours par an. Voilà l’événement que le jeune réalisateur montréalais d’origine argentine, Andres Livov-Macklin, raconte dans son documentaire <em>Bienvenue à Los Pereyra</em>.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Los-Pereyra-Culture.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-7125" title="Los Pereyra (Culture)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Los-Pereyra-Culture-595x334.jpg" alt width="595" height="334"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté des films du Chapeau</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Perdu au coeur d’El Impenetrable, deuxième plus grande région forestière d’Amérique du Sud, le village rappelle un microcosme où auraient été préservés l’esprit et le mode de vie d’une époque révolue, en marge du reste du pays. On y vit presque en autarcie, en pratiquant l’agriculture et l’élevage sans l’aide de la technologie. Les enfants se rendent à l’école, située à quelques kilomètres, où deux instituteurs dispensent un enseignement primaire dans des locaux exigüs, sommant à l’occasion les parents de ne pas contraindre leur marmaille à travailler la terre pendant les jours de classe. La vie suit paisiblement son cours, dictée par le lever et le coucher du soleil. Les gens de Los Pereyra semblent satisfaits, si l’on en croit l’incursion que le documentaire nous offre dans le quotidien de quelques familles.</p>
<p>Dès le début, cependant, le spectateur est frappé par l’importance que les habitants du village accordent à celles qu’ils nomment les «marraines», soulignant leurs dons à la communauté, et préparant leur arrivée avec zèle et empressement. La surprise est grande lorsqu’on constate que celles sur qui la communauté fonde bien des espoirs sont en fait des adolescentes de Buenos Aires, étudiantes au secondaire.</p>
<p>Contemplatif et simple, <em>Bienvenue à Los Pereyras</em> témoigne de cette rencontre entre deux groupes que tout sépare sans toutefois la situer, l’expliquer. Le spectateur épie les conversations des jeunes filles, celles des villageois et des enseignants, assiste aux activités organisées par les «marraines» et à celles qui leur sont destinées. Pourtant, l’approche passive du cinéaste laisse celui-ci dans l’ombre. Difficile parfois de comprendre l’impact que les «marraines» peuvent avoir sur la communauté en observant seulement ces quelques scènes que l’on pourrait surprendre dans d’autres contextes. Quelques plans suffisent à évoquer le choc des cultures, ce contraste entre l’environnement d’origine des étudiantes et celui dans lequel elles se retrouvent, bien que cet aspect de leur rencontre ne soit pas approfondi.</p>
<p>Fable réaliste sur l’attente et l’espoir, le documentaire offre néanmoins une incursion fascinante dans un environnement coupé du monde, qui ne retrouve son lien avec celui-ci qu’en l’espace des quelques jours que dure la visite des citadines. Les plans longs, situant les personnages dans une nature luxuriante, évitant toute surcharge de mots comme d’images, font le charme du documentaire, rappelant un peu l’atmosphère de <em>La Vie moderne</em> du cinéaste français Raymond Depardon. Si son propos se perd quelque peu dans la liberté qu’il laisse au spectateur, <em>Bienvenue à los Pereyra</em> reste une œuvre à la fois enlevante et sans prétention, suggérant avec force quelle fut la réaction des villageois lorsque, quelques années après le tournage, les «marraines» ne revinrent pas.</p>
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		<title>Moitié légume, moitié danse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/08/moitie-legume-moitie-danse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Mar 2011 13:37:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Gainsbourg]]></category>
		<category><![CDATA[L'Homme à la tête de chou]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre Maisonneuve]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=6952</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta redonne vie à Serge Gainsbourg et à Alain Bashung, deux grands regrettés de la chanson française, grâce à son adaptation de L’homme à tête de chou.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatorze danseurs, sept femmes et sept hommes, font leur apparition. Ils courent vers une chaise inoccupée placée sur le devant de la scène, la saluant chacun à leur manière. Tout rappelle l’absence d’Alain Bashung, qui devait être assis sur cette chaise pendant toute la durée du spectacle. Les circonstances en auront décidé autrement: la star à qui l’on doit notamment <em>Gaby oh Gaby</em>, <em>Le vertige de l’amour </em>et <em>Play blessures</em>, enregistrés avec Gainsbourg, a été emportée par un cancer le 14 mars 2009. Il aura tout de même collaboré avec Gallotta à l’élaboration du spectacle, prêtant notamment sa voix à la narration, redonnant vie à l’album mythique de Gainsbourg sur lequel se fonde toute la chorégraphie.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gainsbourg-Culture.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6953" title="Gainsbourg (Culture)" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gainsbourg-Culture-595x398.jpg" alt width="595" height="398"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Guy Delahaye</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Se rendant un beau jour chez «Max coiffeur pour hommes», un journaliste à scandales tombe éperdument amoureux de Marilou, une «shampooineuse» qui lui brisera le cœur et le conduira au meurtre. Cette histoire d’amour tragique est celle de <em>L’Homme à tête de chou</em>, portée par les danseurs de Gallotta légèrement vêtus, rassemblés tantôt en groupe, tantôt en couple, démultipliant le drame raconté par Bashung. Ce récit embaume le sexe et la démence, une violence teintée d’amour et de désespoir.</p>
<p>Pourtant, si cet album de Gainsbourg est on ne peut plus fidèlement adapté, il n’en reste pas moins que la nostalgie l’emporte. La froide simplicité du décor, une certaine retenue des danseurs qui se laissent emporter par la musique plus qu’ils ne vivent l’histoire: tout semble rappeler que l’époque de Gainsbourg et de Bashung, celle qui laissait vraiment place à l’insolence, est révolue. La sexualité est partout, la violence teinte l’atmosphère, et pourtant rien ne choque, si ce n’est la nudité, pour les plus sensibles. La passion qui ronge le journaliste et la jalousie extrême que fait naître Marilou restent narrées plus qu’elle ne sont exprimées. Difficile, me direz-vous, de transmettre des sentiments aussi intimes et puissants, alors que plus de quatorze personnages évoluent sur scène. Et justement. Une telle disposition rend hommage à la grandeur des deux disparus et au rock qui se dégage de leurs œuvres plus qu’elle ne raconte une histoire.</p>
<p>À quelques reprises, lorsque le rythme ralentit ou que plusieurs danseurs quittent la scène, le spectateur peut constater toute l’étendue du talent de Gallotta, la beauté de sa chorégraphie qui se perd parfois dans un effet d’entraînement et bascule dans une simplicité répétitive. Le spectacle a pourtant été très bien reçu en France et saura plaire au public d’ici, car il ressuscite en l’espace d’une heure la musique, les textes et la voix de deux rebelles très appréciés. Voilà, en somme, ce qu’on attend réellement de lui.</p>
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		<title>Le Duras Show – Qui trop embrasse mal étreint</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/24/le-duras-show-%e2%80%93-qui-trop-embrasse-mal-etreint/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Feb 2011 14:19:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exclusif Web]]></category>
		<category><![CDATA[Dumais]]></category>
		<category><![CDATA[Jolly]]></category>
		<category><![CDATA[Marguerite Duras]]></category>
		<category><![CDATA[Mobile Home]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son Duras Show, la Compagnie Mobile Home présente une œuvre à la fois riche et certainement inachevée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Amant</em>, <em>Un barrage contre le Pacifique</em>, <em>Le Ravissement de Lol V. Stein</em>, <em>Écrire</em> (et bien d’autres), autant d’œuvres qui ont marqué et qui ont inspiré maintes relectures et adaptations. Rendre hommage à l’univers de Marguerite Duras et à son personnage public est à la fois une entreprise complexe, de par la diversité de son œuvre, et une valeur sure, de par sa popularité et son caractère si distinctif. Pourtant, l’approche multidisciplinaire du <em>Duras Show</em> de la Compagnie Mobile Home déçoit sur presque toute la ligne, tant sa formule manque de cohérence et son ton se fait chancelant.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 449px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/image.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6891" title="image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/image.jpg" alt width="449" height="299" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/image.jpg 449w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/image-330x220.jpg 330w" sizes="auto, (max-width: 449px) 100vw, 449px"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté Photo Josué Bertolino</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Quelque part entre l’admiration et la dérision, les metteurs en scène Steeve Dumais et Lucas Jolly nous présentent une série de numéros très variés, portant tantôt sur des romans de Marguerite Duras, des extraits d’entrevues avec l’auteure ou des témoignages de ses lecteurs. On assiste par exemple à une scène du radio-roman adapté d’<em>Un barrage contre le Pacifique</em> présentée à la manière d’ombres chinoises, à un numéro de danse inspiré de l’alcoolisme de Marguerite Duras, à une interprétation des <em>Mots d’amour</em> d’Édith Piaf, ou encore à quelques monologues tirés des textes de l’auteure. Bien que certaines scènes traduisent fort bien l’ambiance et le ton qui émanent du style de l’écrivaine (à ce titre, la célèbre description de la mort d’une mouche que l’on trouve dans <em>Écrire</em> est adroitement reproduite), force est d’admettre que cet hommage cherche en vain à rendre compte de toute l’étendue de l’œuvre de Marguerite Duras, tout en dressant au passage un portrait assez fidèle de la complexité de son personnage public. Bref, une entreprise carrément impossible à réaliser en un peu moins de deux heures.</p>
<p>Ainsi, de cette volonté de tout évoquer découle une création qui semble totalement inachevée, à peine prête à être présentée. Le caractère humoristique du <em>Duras Show </em>est certes agréable, mais est loin d’être entièrement assumé, ce qui ne fait que contribuer à l’aspect chaotique de la nouvelle création de Mobile Home. La volonté des metteurs en scène de rendre hommage à Marguerite Duras est bien réelle, cela ne fait aucun doute. Toutefois, l’enchainement de numéros disparates qu’ils nous proposent manque cruellement de cohérence. Il faudrait transformer l’intention en véritable création, c’est là le défi que présente un hommage à un écrivain prolifique.</p>
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		<title>Déterrer l’art contemporain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/deterrer-l%e2%80%99art-contemporain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 20:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art souterrain]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré le fondateur et commissaire de l’événement qui transformera  pendant quinze jours les galeries souterraines de la ville. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/deterrer-l%e2%80%99art-contemporain/" data-wpel-link="internal">Déterrer l’art contemporain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'; min-height: 11.0px} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.2px} -->Débarqué à Montréal il y a de cela quinze ans, Frédéric Loury s’attendait, comme bien des Français, à découvrir une véritable ville souterraine, avec ses rues, ses boutiques et sa vie culturelle. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que ce que l’on nomme le «Montréal souterrain» n’est qu’un réseau tentaculaire d’une grande banalité, reliant centres commerciaux et édifices à bureaux. C’est pourtant malgré sa déception qu’il a fait du réseau souterrain de la ville un espace de diffusion de l’art contemporain qui s’étale sur près de vingt-huit kilomètres et rassemble cent huit projets avec environ cent quarante artistes de toutes les disciplines. <em>Art Souterrain</em> lancera ainsi sa 3<sup>e</sup> édition lors de la prochaine Nuit Blanche, le 26 février, avec une programmation plus riche que jamais.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous04.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6403" title="Shayne Dark - Tangle Wood" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous04-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté d</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>«Le Montréal souterrain est une ville de par sa complexité architecturale, mais il lui manque un élément essentiel, une vie culturelle qui y serait associée» remarque le fondateur d’<em>Art Souterrain</em>, qui est aussi le directeur de la galerie SAS. Cet immense réseau fournit, après tout, un espace idéal pour créer une cohésion entre des œuvres habituellement disséminés à travers la ville et avec un public plus ou moins familier à leur fréquentation. C’est d’ailleurs le but premier de l’événement orchestré par Frédéric Loury et son équipe: «Il s’agit de créer un rapprochement entre l’individu et l’art, et créer ainsi un renouvellement du public.» Un public qui reste actuellement très restreint, étant formé surtout d’étudiants, de connaisseurs ou de professionnels du milieu. «Lorsque les gens me parlent d’art contemporain, curieusement, le premier nom qui leur vient à l’esprit est celui de Corno.» Il y a en effet un véritable travail d’éducation à faire auprès du public, explique-t-il. «L’art contemporain n’est pas hermétique; il peut laisser place au jugement, comme le cinéma ou le théâtre pour lesquels on devient tous des spécialistes capables de prendre position.»</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous02.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6406" title="Cooke &amp; Sasseville - La vie en Rose II" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous02-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté d</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Au-delà de son souci d’accessibilité, <em>Art Souterrain</em> est aussi un projet fédérateur qui offre une plateforme aux artistes, et tisse des liens entre les différents espaces de diffusion qui ont rarement l’occasion de communiquer entre eux. En découlent des œuvres d’une&nbsp; grande diversité tant par leur forme que dans leur approche. Frédéric Loury mentionne notamment Patrick Bérubée qui présente <em>Hyperventilation</em>, une installation évoquant l’absurdité de l’utilisation excessive des véhicules polluants et leur impact sur notre quotidien, un flamand rose attendant la mort sur des rails de chemin de fer, signé Cooke-Sasseville, rappelant avec humour une perte de foi en l’humanité, ainsi que Milutin Gubash qui aura le privilège de «se faire détester toute la nuit» avec <em>Le Roi des Gitans. </em>Il interprétera pour l’occasion des pièces à la trompette insoutenables, inspirées de la culture populaire de l’ex-Yougoslavie, une performance soulignant le dégoût des traditions et le désenchantement. Un projet hautement interactif, <em>Instantanés</em> de Stéphanie Leduc, attend les visiteurs qui traverseront la Place Ville-Marie. Reprenant les mots d’Andy Warhol qui avait prédit que chacun, dans l’avenir, aurait droit à quinze minutes de gloire, l’artiste met en place une série de photomatons saisissant l’image des passants. Celle-ci sera ensuite déconstruite aléatoirement puis diffusée sur des écrans vidéo pendant quinze secondes, créant ainsi une mise en abyme de l’individualité par l’égocentrisme.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous03.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6409" title="Sandee Moore - In Sick and Hunger" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-ArtSous03-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté d</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Sans tomber dans le subversif, ni dans l’excessivement abstrait, les œuvres d’<em>Art Souterrain</em> doivent susciter une réaction. «Il ne faut pas tout aimer, précise Frédéric Loury, il faut [que les œuvres] créent un questionnement, génèrent une idée, donnent l’envie d’en savoir plus». Ce qui est exposé doit pouvoir s’adapter à un espace qui n’a pas été conçu dans cette optique, et doit surtout bien représenter ce que la scène locale offre à Montréal, ce qui est d’ailleurs une préoccupation principale derrière le projet. «Tout comme dans un festival de musique, les artistes montréalais doivent prendre une place prépondérante; en complément, il y a les artistes canadiens et étrangers, mais ils n’occupent pas plus de 20% du corpus».</p>
<p><em>Art Souterrain</em> n’est pas seulement un rassemblement d’œuvres et d’artistes; le public est au cœur des préoccupations de ses organisateurs, et le visiteur néophyte tout comme le connaisseur ne sont pas laissés à eux-mêmes. Une équipe de bénévoles, la plupart étudiants universitaires, a pour mandat d’être l’intermédiaire entre l’artiste et le public. Chaque médiateur attitré à un projet sera en mesure de présenter l’œuvre à la place de l’artiste, bien que la majorité d’entre eux seront présents pendant une partie de la Nuit Blanche. Une application iPhone gratuite et un audioguide téléchargeable seront également disponibles.</p>
<p>Rares sont ceux qui exploreront les souterrains dans leur intégralité en une seule fois; la visite de toute l’exposition prendrait environ quatre heures, aux dires de Frédéric Loury. Quelque soit son parcours, le visiteur pourra néanmoins se promener dans un dédale de galeries marchandes et de bureaux d’affaires désertés qui pour une nuit enfileront un masque culturel. Le décalage crée assurément une ambiance propice pour que le spectateur apprécie l’expérience, ce qui a d’ailleurs été confirmé récemment lors de l’exposition universelle de Shanghai, durant laquelle le concept derrière <em>Art Souterrain </em>était reproduit dans un grand centre commercial. Un échange de ville à ville se profile déjà pour la prochaine édition. En somme, l’idée de créer une cohésion dans l’art actuel en milieu urbain et de renouveler le public amateur auprès de la population transcendera sans aucun doute les tourniquets du métro.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>La Nuit blanche donnera le coup d’envoi de cette 3e édition d’Art Souterrain qui se déroulera du 26 février jusqu’au 13 mars. Pour consulter la programmation: <a href="http://www.artsouterrain.com" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer">www.artsouterrain.com</a></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/deterrer-l%e2%80%99art-contemporain/" data-wpel-link="internal">Déterrer l’art contemporain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’autre soir à la table d’à côté</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/l%e2%80%99autre-soir-a-la-table-d%e2%80%99a-cote/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 20:32:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Sauce Brune]]></category>
		<category><![CDATA[Simoniaques Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Soupers]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre d'aujourd'hui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En résidence au Théâtre d’Aujourd’hui, la compagnie Simoniaques théâtre nous offre Soupers, une comédie grinçante qui déjoue la banalité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/l%e2%80%99autre-soir-a-la-table-d%e2%80%99a-cote/" data-wpel-link="internal">L’autre soir à la table d’à côté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.1px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.1px} -->Certains crient déjà au génie, d’autres parlent du moins de l’événement culturel de la saison. Même si tout cela tient de l’exagération pure, il n’en reste pas moins que la nouvelle création de Simoniaques théâtre (qui nous avait offert <em>Sauce Brune</em> en 2009) est un objet théâtral novateur et fort intéressant.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-Soupers1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-6396" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/C-Soupers1-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/admin/?media=1" data-wpel-link="internal">Webmestre, Le Délit</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le spectateur assiste à <em>Soupers</em> comme il se rend au restaurant. Il présente son billet à une hôtesse qui l’installe à une table en compagnie d’autres convives, puis deux personnages se présentent, demandant à leur tour d’être installés. Tous se taisent et écoutent leur conversation, et voilà que la nouvelle pièce de Simon Boudreault commence, soulignant au passage cette curiosité malsaine qui habite chacun d’entre nous, intrigué par les bribes de conversation que nous soutirons de la table d’à côté.</p>
<p>Nous assistons aux dîners et soupers de Marc-Antoine (Alexandre Daneau), un trentenaire obèse qui gagne sa vie en concevant des jeux vidéo. Taciturne et esseulé, on le trouve tantôt avec sa mère (Sophie Clément), tantôt avec sa sœur (Caroline Lavigne), qui tiennent toutes deux à souligner son trente troisième anniversaire séparément, leur relation étant ponctuée de conflits. La clientèle des restaurants, à laquelle se substitue le public, est aussi témoin des nombreuses tentatives infructueuses de Marc-Antoine pour conquérir Josée (Catherine Ruel), une nouvelle collègue de travail pour laquelle il développe une véritable obsession. Enfin, on assiste aussi aux repas que le protagoniste partage avec son chat, Guy, le seul être qui le comprenne, et auquel il confie ses angoisses, sa déception de ne pas retrouver dans son quotidien la simplicité de la vie qu’il mène dans l’univers des jeux vidéo. Soupers est une comédie grinçante sur la difficulté de tisser de véritables liens avec autrui, même avec sa propre famille, et sur ses repas, servant de prétexte pour les entretenir.</p>
<p>Malgré quelques longueurs, le texte de Simon Boudreault, porté par une distribution très adroite, est d’un humour percutant et saura être apprécié pour l’aspect presque réaliste de ses dialogues. En «adulescent» mal dans sa peau, déprimé et sensible qui se réfugie dans la nourriture, Alexandre Daneau est on ne peut plus crédible, et ce dans tous les aspects de son jeu. Difficile, aussi, de ne pas tomber sous le charme du personnage de la mère de Marc-Antoine que tous pourront sans doute associer de près ou de loin à quelqu’un dans leur entourage. Trop curieuse, manipulatrice, à la fois égocentrique et bienveillante, elle interroge son fils sur sa vie sexuelle, déplore qu’il soit gros tout en lui assurant qu’il est beau, le somme de se trouver un véritable emploi et joue constamment la carte du chantage affectif. Pour son anniversaire, elle lui offre même un voyage en sa compagnie à Amsterdam, destination dont elle a toujours rêvé, lui mentionnant au passage que sa mère pourra même l’aider à se choisir une prostituée pendant leur visite du red light. La pièce vaut d’être vue ne serait-ce que pour la performance sans faille de Sophie Clément, dans la peau de ce personnage on ne peut plus comique.</p>
<p>Bien que le rapprochement qu’elle crée avec l’univers virtuel soit quelque peu incomplet ou maladroit, Soupers est une oeuvre véritablement drôle offrant une réflexion très lucide sur ces thèmes inépuisables que sont les relations avec autrui et l’inadéquation au monde. Tous pourront dire, du moins, qu’une soirée au restaurant n’aura jamais été aussi divertissante.</p>
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		<title>Clichés du désenchantement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/08/cliches-du-desenchantement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 18:54:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Les herbes rouges]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteure Dominique Robert surprend et enchante par son premier roman Chambre d’amis, qui rend hommage à la photographie contemporaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'; min-height: 11.0px} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.1px} span.s2 {font: 9.0px Webdings} --></p>
<p>Si de <em>Chambre d’amis</em> se dégageait une couleur, ce serait le gris, celui qui teinte Montréal en hiver, celui d’une amertume dans laquelle on se complaît. Inspiré de la photographie, le premier roman de Dominique Robert superpose de courtes nouvelles qui plus tard s’enchaînent, présentant des personnages qui ont en commun la fréquentation d’un bar interlope, le Night, et dont les chemins se croisent.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 184px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/Culture-ChambredAmis.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6209" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/Culture-ChambredAmis-184x300.jpg" alt width="184" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gordon Matta-Clark / Gracieuseté des Éditions Les Herbes rouges</span>		</figcaption>
	</figure>
On retrouve notamment Fanny, une éternelle étudiante aussi rêveuse que désabusée, Minh, une prostituée qui tente de fuir une mère alcoolique, «Jaguar» son client qui subit un AVC suite à une séance de sado-masochisme, John, l’avocat de «Jaguar» et sa femme Allison, Félix et Suzanne, un couple d’Outremontais en instance de divorce, Daniel, un traducteur effrayé par la fin de sa jeunesse, Francis, l’étudiant et amant d’Isa qui est elle-même une amie de Juliette, la photographe qui réalise un portrait de tous ces personnages ou saisit en images quelques scènes qui décrivent la banalité pathétique de leur quotidien et le désenchantement qui les habite.
<p>Alors que les dernières pages dévoilent ce qui sous-tend le roman, l’œuvre prend tout son sens. Catherine, une écrivaine en panne d’inspiration, voit soudainement sa prochaine œuvre prendre forme en visitant l’exposition de Juliette, intitulée <em>Chambre d’amis</em>. Elle écrira un livre à l’image des photographies, après avoir rencontré ces inconnus qu’elle vient tout juste de découvrir. Comme le laisse présager la mise en abyme, le roman en question se fait le terne reflet de ces vies valant la peine d’être racontées, par le fait, justement, qu’elles sont sans histoire.</p>
<p>Sans avoir le cynisme ou la désinvolture d’un Houellebecq, l’écriture de Dominique Robert est cinglante de par sa forme presque télégraphique et très lucide dans son approche. Dans le monde morose qu’elle décrit, le rire tient du désespoir et la communication, de l’inutile. La perversion abonde, la peur de l’ennui tient tout le monde à la gorge, et la psychothérapie comme la parapsychologie sont les seuls échappatoires, les personnages ayant recours au feng shui, aux thérapies de groupe, au «lâcher prise» et aux dictionnaires d’interprétation des rêves pour trouver un sens à leur quotidien. L’auteure jette certainement un regard amer et humoristique sur son époque, duquel découlent des scènes tout simplement délicieuses, telle la description d’une partie de volleyball dans un tout inclus en République dominicaine, où «une explosion de cris évacuent en partie la névrose urbaine accumulée», ou encore une discussion saugrenue entre Catherine et Columbo, un éleveur de chiens en devenir, alors que tous deux sont accoudés au bar du Night.</p>
<p>Malgré un dénouement précipité, tissé de divagations qui peuvent perdre le lecteur et rendent le récit moins percutant, difficile, en somme, de ne pas tomber sous le charme de cette série de «clichés» littéraires, rassemblés selon une structure tout à fait ingénieuse et fort originale. Dominique Robert livre ici un premier roman très réussi, prouvant sans doute qu’«une image vaut mille mots», mais que le contraire est tout aussi vrai.</p>
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		<title>L’ONF interactif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/01/l%e2%80%99onf-interactif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 18:55:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[interactif]]></category>
		<category><![CDATA[Le Délit aime...]]></category>
		<category><![CDATA[ONF]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà près d’un an que l’ONF s’est engagé dans la voie des projets virtuels interactifs. Après Écologie sonore, un documentaire web sur notre relation au bruit, et Sacrée montagne, qui proposait à l’internaute de flâner sur le Mont Royal, les nouvelles créations se multiplient, abordant une myriade de sujets en alliant ambiances sonores, images et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/01/l%e2%80%99onf-interactif/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’ONF interactif</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà près d’un an que l’ONF s’est engagé dans la voie des projets virtuels interactifs. Après Écologie sonore, un documentaire web sur notre relation au bruit, et Sacrée montagne, qui proposait à l’internaute de flâner sur le Mont Royal, les nouvelles créations se multiplient, abordant une myriade de sujets en alliant ambiances sonores, images et texte. Incursion dans ce nouvel univers qui n’en est qu’à ses débuts, au Canada comme aux États-Unis.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 550px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/Culture-ONF.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5938" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/02/Culture-ONF-1024x574.jpg" alt width="550" height="308"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">www.onf.ca/interactif</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Témoignages «2.0»</strong><br>
La maladie mentale, sujet très vaste auquel l’ONF a choisi de se consacrer, est exploitée par trois œuvres laissant place au témoignage. Dans la cadre de la Semaine nationale de la prévention du suicide, on lançait tout récemment Lettre à Vincent de l’illustrateur Éric Godin et l’artiste Zilon mettent en scène une lettre qu’Éric Godin adresse à son fils, Vincent, qui s’est ôté la vie à l’âge de 16 ans. Percutant, quoique très long, son témoignage est illustré par une série d’esquisses sombres, rendant bien le malheur profond que Godin traduit en mots. En résulte une œuvre aussi simple que troublante. Otage de moi, un essai photo sur la dépression narré par l’une de ses victimes, adopte d’ailleurs la même dynamique, tout comme Ça tournait dans ma tête, présenté comme complément au documentaire de Louiselle Noël sur la maladie mentale chez les enfants et adolescents. Bien qu’elles soient intéressantes, aucune des œuvres n’aborde son sujet de manière particulièrement originale, encore moins de façon interactive; la seule action que l’internaute est appelé à poser étant&nbsp; de cliquer sur une flèche au bas de l’écran pour faire défiler une prochaine image. Un essai interactif réunit généralement plusieurs courts métrages abordant le même thème. On peut donc se demander pourquoi rien n’a été fait pour réunir tous ces projets, histoire d’accorder une cohérence et une véritable complexité à l’entreprise. Œuvre de plus grande envergure, Terre de froid semble, elle aussi, incomplète. Ce récit d’une expédition dans le grand Nord, orchestré par Dianne Whelan et Jeremy Mendes semble interminable et est somme toute peu captivant, conjuguant une narration anecdotique à des photos assez ordinaires, ultime exemple d’un essai qui appuie sa pertinence sur son recours à la technologie.</p>
<p>Lavi an pa fini du photographe Benoit Aquin est sans nul doute la plus réussie de toutes ces nouveautés. L’essai confronte deux séries de clichés qui se succèdent, ceux saisis à Port-au-Prince trois jours après le séisme qui a dévasté Haïti et ceux que le photographe a pris trois mois plus tard, montrant que la vie reprend malgré tout son cours. D’une efficace simplicité et d’une beauté triste et enlevante, l’œuvre met à profit son support virtuel en intégrant quelques brefs vidéos, et un univers sonore qui rend avec justesse l’ambiance d’un paysage vivant mais désolé.</p>
<p>Difficile de déterminer l’orientation précise que l’ONF donne à ses projets interactifs. L’offre est à ce point diversifiée, du point de vue de la qualité comme des thèmes, qu’il est difficile de déterminer ce que nous réservent ses futures productions. Espérons néanmoins qu’elles exploiteront mieux l’hybridité que présuppose leur format, et qu’elles intègrerons une fois pour toutes cet aspect proprement interactif qui change la relation de l’œuvre à son public. Que le virage interactif de l’ONF soit à l’image de tout le potentiel de l’ère virtuelle, voilà, du moins, ce que Le Délit «aimerait».</p>
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		<title>La Belle, la Bête et l’ère numérique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/25/la-belle-la-bete-et-l%e2%80%99ere-numerique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jan 2011 19:20:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[4D Art]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Lemieux]]></category>
		<category><![CDATA[TNM]]></category>
		<category><![CDATA[Victor Pilon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=5652</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lemieux Pilon 4D art et Pierre-Yves Lemieux présentent leur version revisitée et édulcorée de La Belle et la Bête.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/25/la-belle-la-bete-et-l%e2%80%99ere-numerique/" data-wpel-link="internal">La Belle, la Bête et l’ère numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà bientôt quatre ans que le duo formé par Michel Lemieux et Victor Pilon, Lemieux Pilon 4D art, présentait <em>Norman</em>, une création hybride d’une grande intelligence qui guidait le spectateur à travers l’œuvre du cinéaste d’animation réputé Norman McLaren en compagnie du danseur et chorégraphe Peter Trosztmer. Les metteurs en scène faisaient alors montre d’un génie indéniable, prouvant au passage que la technologie peut s’éloigner de la gadgetterie, qu’elle peut émerveiller en évitant le tape-à‑l’œil.</p>
<p>Ensuite vint <em>Starmania</em>, revu par l’Opéra de Montréal en 2009, puis <em>La Belle et la Bête </em>présenté depuis mardi dernier au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), une création qui risque de se faire oublier dans le parcours d’une compagnie qui compte maintenant une trentaine de créations à son actif. Car, si les productions de Lemieux et Pilon flirtent constamment avec le merveilleux, projections 3D obligent, il faut croire que la transition dans l’univers du conte s’est faite de façon moins évidente.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 550px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Culture-BelleBete.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5653" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Culture-BelleBete-1024x679.jpg" alt width="550" height="365"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Yves Renaud</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Réalisée Pierre Yves Lemieux, l’adaptation de cette histoire vieille de plusieurs siècles est un conte contemporain pour adultes qui ne s’assume pas tout à fait. Belle (Bénédicte Décary) est une jeune artiste naïve, la fille d’un illustre marchand d’art. Rongée par le deuil depuis la mort de sa mère, elle s’habille de vieilles chemises et de pantalons couverts de peinture et réalise de bien sombres croquis dans son atelier, tout en essuyant les nombreux reproches que lui fait sa sœur (Violette Chauveau), un personnage virtuel qui s’immisce constamment dans son univers. La Bête (François Papineau), quant à elle, est un homme renfrogné au bord du désespoir. Prisonnier d’un corps affreux et d’une demeure où le temps semble être suspendu, il est farouchement protégé par une dame cruelle que l’on croit être son ancienne maîtresse et qui se fait aussi la narratrice du conte, rôle campé avec brio par Andrée Lachapelle. Rares sont ceux qui ignorent la suite de l’histoire.</p>
<p>Le problème de cette adaptation, cependant, est que tout y semble précipité. La Belle et la Bête tombent amoureux sans que cela ne suive ce qui serait d’abord une attirance mêlée de crainte. Le texte semble être truffé d’ellipses, à tel point que la pièce n’est plus qu’une succession de scènes anecdotiques. Ainsi, les personnages paraissent unidimensionnels et irraisonnés.</p>
<p>Bien qu’elles soient brillamment orchestrées, les projections 3D parviennent mal à faire oublier la faiblesse du texte. Elles illustrent toutefois très bien l’inconscient des protagonistes, leurs désirs comme leurs inquiétudes. Il est à parier, toutefois, que ceux qui ne sont pas familiers avec les œuvres de Lemieux Pilon 4D art retiendront surtout de la pièce cette composante très réussie.</p>
<p>Pour être apprécié, un conte est certes une histoire qu’il faut prendre le temps de raconter. Et dans leur volonté d’émerveiller le spectateur, de lui en mettre plein la vue, c’est ce que dramaturge et metteurs en scènes semblent avoir omis. Autrement, à quoi bon vouloir remettre au goût du jour un récit tant apprécié et trop bien connu?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/25/la-belle-la-bete-et-l%e2%80%99ere-numerique/" data-wpel-link="internal">La Belle, la Bête et l’ère numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le miroir ou l’avant-garde?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/le-miroir-ou-l%e2%80%99avant-garde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jan 2011 17:56:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Falardeau]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=5392</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré le scénariste et réalisateur Philippe Falardeau afin de discuter de son prochain film, Bashir Lazhar, et de la représentation de l’Autre dans le cinéma québécois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/le-miroir-ou-l%e2%80%99avant-garde/" data-wpel-link="internal">Le miroir ou l’avant-garde?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la foulée de la sortie de sa comédie politique The Trotsky à Los Angeles, le réalisateur Jacob Tierney avait déclenché tout une polémique dont lui-même n’envisageait pas l’étendue. Le cinéma québécois ne s’intéresse pas à l’Autre, qu’il soit immigrant ou anglophone, avait-il déclaré à La Presse. Plusieurs des œuvres financées, diffusées et récompensées seraient d’ailleurs fondées sur une «glorification de la nostalgie», comme en font foi, selon lui, des films tels que C.R.A.Z.Y, Polytechnique et 1981. Il n’en fallait pas plus pour lancer le débat sur plusieurs tribunes. Philippe Falardeau est-il l’exception qui confirme la règle? Certainement pas, vous répondra-t-il, mais quelques signes montrent que les choses vont changer peu à peu.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 550px">
			<a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau2.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5452" title="Philippe Falardeau (droite) et le comédien Fellag sur le plateau de Bashir Lazhar" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau2.jpg" alt width="550" height="377" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau2.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau2-640x439.jpg 640w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Pascal Ratthé</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><span style="color: #ffffff;">.</span><br>
«Doit-on obliger les scénaristes à parler des immigrants? Pas du tout. Mais peut-on dire que globalement nous ne nous intéressons pas aux autres? Oui, parce que c’est un fait. Je ne me sentais pas concerné [par les propos de Tierney], mais je fais partie d’une société qui ne s’intéresse pas aux autres. Incendies est un peu l’exception qui confirme la règle. Et si les gens s’approprient ce film et l’aiment, je crois que c’est parce qu’ils sont impressionnés de voir qu’au Québec on peut faire des films qui se passent ailleurs avec un lien au Québec. Il faut être fallacieux par contre pour penser que deux exceptions prouvent le contraire. Je trouve que là-dessus nous sommes en retard alors qu’un artiste devrait être en avant de son temps.»</p>
<p>Diplômé en sciences politique et en relations internationales, c’est par «La course destination-monde», un concours télévisuel diffusé par Radio-Canada, que Philippe Falardeau a fait ses premières armes au cinéma. Vingt films en vingt-six semaines depuis différentes régions du monde: la compétition qu’il a remportée en 1993 lui a appris les rudiments d’un métier qu’il pratique toujours. Après avoir participé à la production de plusieurs documentaires et présenté Pâté chinois, portant sur l’immigration chinoise au Canada, le réalisateur se tourne vers la fiction au début des années 2000, un peu par hasard. avec La moitié gauche du frigo, qui traite, entre autres, du chômage: «J’ai été voir un producteur pour lui proposer un documentaire et il était plus ou moins intéressé. Il m’a demandé si j’avais autre chose. J’ai répondu que je voulais faire un documentaire sur mon coloc, un ingénieur au chômage, mais il s’était trouvé un emploi, donc c’était tombé à l’eau. [Le film est donc devenu] une mise en abyme de ce que j’ai vécu et de mon métier de documentariste. C’est devenu par accident une première fiction, mais je ne suis jamais revenu en arrière par la suite.»</p>
<p>Après sont venus Congorama, une quête identitaire qui se déroule entre le Québec et la Belgique et C’est pas moi, je le jure, adaptation du roman éponyme de Bruno Hébert. Bashir Lazhar s’inspire d’une pièce d’Évelyne de la Chenelière racontant la relation d’un enseignant suppléant algérien avec ses élèves, alors que celui-ci vient de débarquer au Québec pour obtenir le statut de réfugié politique et qu’il remplace une institutrice qui s’est suicidée sur les lieux de l’école. Tout en renouant avec l’univers de l’enfance qu’il explore dans C’est pas moi, je le jure, le cinéaste présente son nouveau film comme une fable réaliste sur le deuil: Bashir Lazhar (incarné par le comédien et humoriste Fellag) veut aider ses élèves tout en cherchant lui même à surmonter la perte de sa propre femme.</p>
<p>Le monologue, qu’il a vu mis en scène il y a quelques années, correspondait tout a fait à ce que Philippe Falardeau envisageait pour son prochain projet: «Ce qui m’a frappé c’était que la pièce [était fondée] sur un personnage d’immigrant et que ça faisait longtemps que je voulais faire un film autour d’un tel personnage. Toutefois, la situation d’immigrant ou plutôt de réfugié [de Bashir] n’en était pas le sujet principal. C’était en toile de fond et le drame se passait davantage dans ce qu’il vivait avec les enfants. J’aimais cette idée de faire un film avec un immigrant qui ne soit pas un discours sur l’immigration. J’aimais aussi cette idée d’un personnage qui mentait, mais pour une bonne raison, puisque [le protagoniste] va mentir à l’école en disant qu’il a déjà été enseignant, alors que c’était sa femme qui était enseignante. Il ne ment pas pour un gain personnel, il le fait pour sublimer la perte de sa femme, morte en Algérie. C’est la richesse du personnage qui m’intéressait et le fait que c’était un monologue me permettait de construire un univers à partir de ce que j’imaginais, ce qui me laissait de la liberté.»</p>
<p>Le cinéaste rencontrait Evelyne de la Chenelière après avoir terminé différentes versions du scénario. Sans jamais s’immiscer dans l’adaptation de sa pièce, la dramaturge a donné quelques idées au cinéaste et a surtout fait en sorte que le protagoniste soit fidèlement reproduit à l’écran.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 550px">
			<a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5454" title="Philippe Falardeau à l'oeuvre" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-falardeau1.jpg" alt width="550" height="376"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Pascal Ratthé</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><strong>Un équilibre idéal</strong><br>
Sans être contre les œuvres commerciales et les films de genre, Philippe Falardeau réitère que l’état idéal du cinéma québécois correspondrait simplement à l’atteinte d’un certain équilibre: «Il faudrait clairement un meilleur équilibre entre le cinéma de fiction et le documentaire. Le documentaire ayant fondé notre cinématographie au Québec, […] il faut continuer de s’assurer qu’il y aura une façon de maintenir un équilibre entre le cinéma commercial et le cinéma d’auteur. Pour l’instant, je pense que cet équilibre est assez bien. Malgré la crainte qu’on a de voir le cinéma s’américaniser, il reste que Maxime Giroux, Denis Côté et Bernard Émond continuent de faire leurs films. Je pense qu’il y aura une fusion plus grande entre le cinéma commercial et le cinéma d’auteur. On l’a vu avec C.R.A.Z.Y., qui est indéniablement un film d’auteur et un film commercial accepté en tant que tel. Et ce n’est pas une mauvaise chose si on continue à financer des œuvres plus pointues.»</p>
<p>Il en est tout autant, selon lui, de la représentation de l’identité québécoise dans notre cinéma, où l’œuvre doit se faire autant le miroir d’une société peu intéressée par l’Autre que par l’avant-garde en représentant une diversité qui est à l’image de la réalité d’ici: «Lorsqu’on dort, c’est rare qu’on rêve tout de suite à l’environnement dans lequel on vit. On continue de se voir dans notre ancien environnement. Le jour où chacun de nos rêves intègre notre nouvel environnement, cela veut dire qu’un certain temps est passé. Le cinéma, on peut le voir comme quelque chose d’avant-gardiste ou comme un miroir. Avant que le miroir reflète la société, il est évident qu’il y a un décalage. Je pense que nous avons la responsabilité d’être un miroir mais d’être avant-gardiste aussi. Au delà de ça, je crois que nous avons la responsabilité de faire la meilleure œuvre possible, ce qui émane de nous. Ce qui m’intéresse davantage chez un auteur est sa vision du monde. On devrait intégrer plus intelligemment notre patrimoine. J’ai un problème lorsqu’on me dit qu’il faut faire des films sur nous; l’un n’empêche pas l’autre.»</p>
<p>Le débat déclenché par Jacob Tierney continuera sans doute à faire écho dans le milieu cinématographique et sur les tribunes.</p>
<p>Philippe Falardeau a d’ailleurs été invité par l’Université McGill à venir expliquer sa vision de l’identité québécoise et de sa transposition sur les écrans le 17 mars prochain aux côtés du journaliste Brendan Kelly, dans le cadre des ateliers «Lunch and Learn» présentés par l’Institut d’études canadiennes de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/le-miroir-ou-l%e2%80%99avant-garde/" data-wpel-link="internal">Le miroir ou l’avant-garde?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Black Swan: pour ou contre?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/11/black-swan-pour-ou-contre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jan 2011 18:47:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito culturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Black Swan, le nouveau thriller de Darren Aronofsky, mettant en vedette Nathalie Portman, a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie (même dans nos pages). Plusieurs médias nationaux et étrangers semblent même s’être sentis investis d’un certain devoir, celui d’évaluer le réalisme de l’œuvre, plus particulièrement de la représentation du monde du ballet qu’elle véhicule.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/11/black-swan-pour-ou-contre/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Black Swan: pour ou contre?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 39.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: 0.1px} --><em>Black Swan</em>, le nouveau <em>thriller</em> de Darren Aronofsky, mettant en vedette Nathalie Portman, a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie (même dans nos pages). Plusieurs médias nationaux et étrangers semblent même s’être sentis investis d’un certain devoir, celui d’évaluer le réalisme de l’œuvre, plus particulièrement de la représentation du monde du ballet qu’elle véhicule.</p>
<p>Constatant que Robert Gottlieb, le critique de danse <em>du New York Observer</em> a déclaré que le film «renouait avec tous ces clichés qui dépeignent le ballet comme une discipline sado- masochiste», ce fut au tour de la critique du quotidien britannique <em>The Guardian</em>, Judith Mackrell, de s’emparer du même sujet. La journaliste a donc invité cinq grands noms du ballet britannique à une projection de <em>Black Swan</em> afin de recueillir leurs réactions. Tamara Rojo du <em>Royal Ballet</em> déplorait le fait qu’une actrice et non une ballerine eût été choisie pour incarner le personnage principal, Nina, soulignant au passage que Nathalie Portman devait travailler sur son port de bras. Sa collègue Lauren Cuthbertson abondait dans le même sens, ajoutant toutefois qu’il était vrai que l’attitude d’un danseur abordant un nouveau rôle pouvait parfois avoir quelque chose d’obsessif. Les trois autres invités de Mackrell s’accordaient quant à eux pour dénoncer le fait que le portrait du quotidien d’une ballerine dépeint par <em>Black Swan</em> soit si sombre, si peu nuancé.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 255px">
			<a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-blackswan.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5191" title="Black Swan" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/culture-blackswan-255x300.jpg" alt width="255" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté 20th Century Fox</span>		</figcaption>
	</figure>
Rapportant que «certains danseurs de ballet canadiens étaient (eux aussi) mécontents de la représentation de leur discipline dans le thriller psychologique», un article de la Presse canadienne publié sur le site de la CBC reprenait à peu près la même formule. Les danseurs interviewés partageaient d’ailleurs les mêmes impressions que leurs collègues britanniques, se moquant du fait que le réalisateur, à qui l’on doit notamment <em>Requiem for a Dream</em> et <em>The Wrestler</em>, les faisaient en quelque sorte «tous passer pour des fous». Mêmes échos dans les pages du <em>Devoir</em>, qui, tout en soulignant qu’il était normal qu’un film hollywoodien se «déploie dans une logique manichéenne», recueillaient les réactions de danseurs qui se disaient eux aussi déçus.
<p><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p>La couverture médiatique de la réaction du milieu de la danse devant <em>Black Swan</em> est sans appel. L’œuvre d’Aronofsky renouerait avec ces clichés dont on cherche à se défaire depuis une vingtaine d’années. Pourtant, la majorité des danseurs interrogés étaient également unanimes en affirmant que leurs jugements ne pouvaient être «objectifs». Ils ne forment pas non plus un échantillon très représentatif du public à qui le film est destiné; cela va de soi. Ainsi, pourquoi les médias font-ils grand cas des réactions des spécialistes et des gens du milieu, alors que le genre sous lequel le film est classé annonce en lui-même que nous sommes bien loin d’un quelconque souci de réalisme?</p>
<p><em>Black Swan</em> n’a en effet absolument rien d’un documentaire. Il est d’ailleurs bien loin de se présenter ainsi. Si les journalistes et le milieu de la danse souhaitent évaluer le réalisme avec lequel la discipline est représentée, pourquoi ne pas se tourner vers <em>La Danse</em>, de Frédéric Wiseman, un véritable documentaire sur le quotidien des danseurs du ballet de l’Opéra de Paris, présenté sur nos écrans peu de temps avant le thriller psychologique d’Aronofsky?</p>
<p>Il est vrai que les représentations véhiculées par le cinéma hollywoodien frappent davantage l’imaginaire, qu’elles soient réalistes ou non. Toutefois, le souci qui ronge manifestement les journalistes traduit une crainte, celle que le public confonde clichés et réalité, et révèle de surcroît qu’ils sous-estiment gravement l’intelligence et le jugement de celui-ci.</p>
<p>Un article du quotidien <em>The Independent</em> révélait d’ailleurs que l’omniprésence du ballet à la télévision comme au cinéma, notamment grâce à<em> Black Swan,</em> a provoqué un engouement sans précédent pour les leçons de danse, les représentations de<em> Casse-Noisette </em>et même le style vestimentaire des ballerines. Grands dieux!</p>
<p>Serait-ce parce que le public de <em>Black Swan </em>est soudainement envahi d’une fascination malsaine ou d’un goût pour la démence?</p>
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		<title>Une carte de souhaits au cœur de l’enfer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/une-carte-de-souhaits-au-coeur-de-l%e2%80%99enfer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 20:47:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Cœur d’Auschwitz de Carl Leblanc retrace l’histoire inouïe d’une amitié tissée dans l’horreur des camps de concentration.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/une-carte-de-souhaits-au-coeur-de-l%e2%80%99enfer/" data-wpel-link="internal">Une carte de souhaits au cœur de l’enfer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, un objet en particulier attire l’attention des visiteurs: une carte de souhaits en forme de cœur, couverte d’un tissu mauve brodé d’un «F» au fil rouge.<br>
Une journée de travail entière aurait été consacrée à la confection de ces quelques pages qui se déplient pour former quatre cœurs juxtaposés sur lesquels quinze jeunes filles âgées de moins de vingt-cinq ans ont signé des vœux d’anniversaire. Le 12 décembre 1944, ce minuscule cœur de papier fut offert en guise de cadeau d’anniversaire à Fania Feiner par ses collègues de travail, alors que toutes étaient contraintes aux travaux forcés à l’usine d’armement «l’Union», située au cœur même du camp de concentration d’Auschwitz. Leurs mots calligraphiés incitent la fêtée à garder courage, à croire en une liberté prochaine, à se souvenir d’elles et à reconnaître «que leur plus grande victoire sera la survie».<br>
L’objet intrigue le visiteur. Comment ses signataires ont-elles pu voler papier, crayons, ciseaux et tube de colle dans cet endroit où la mort les guettait constamment? Comment ont-elles confectionné ce cadeau à l’insu de tous? Comment Fania a‑t-elle pu le ramener de l’enfer, le garder sous son bras durant son séjour à Auschwitz et tout au long de l’interminable marche de la mort qu’ont fait subir les SS à bon nombre de déportés à l’approche de l’armée rouge, en 1945? Ce «cœur d’Auschwitz», symbole extraordinaire d’une foi inébranlable en la vie, est le sujet du documentaire de Carl Leblanc.<br>
Ce réalisateur québécois a commencé par rencontrer Fania Feiner, aujourd’hui octogénaire. Toujours bouleversée par l’acte si généreux qui aurait pu coûter la vie à ses amies, elle déplore les avoir perdues de vue, et avoir oublié leurs visages et leurs noms. Fasciné par cette histoire et assurément investit d’un devoir de mémoire, le documentariste s’est chargé de retrouver les «filles du cœur», entreprise audacieuse qui l’a mené aux quatre coins du globe. Il s’est ainsi promené d’un centre d’archives à l’autre, cherchant à déchiffrer les signatures de chacune.<br>
Le périple de Leblanc n’a pas été des plus faciles. Entre celles qui ne souhaitaient plus raconter même une seconde de leur séjour en enfer et celles qu’il n’a jamais retrouvées, sa recherche a pu sembler à plusieurs reprises aboutir à une fin infructueuse. Une survivante qui avait supervisé l’usine d’Auschwitz lui a même affirmé que ce cœur n’était qu’un coup de publicité; elle était convaincue qu’il n’avait pas pu être fabriqué dans un camp de concentration, puis préservé. Pourtant, à l’aide de quelques femmes, Leblanc parvient finalement à retrouver quelques signataires, dont Lena, auteure du plus beau message de la carte, ainsi que Hanka qui avait eu l’idée de la confectionner. Les enfants d’une autre, décédée quelques années plutôt, verront en ce cœur le dévoilement de ce que leur mère avait toujours voulu leur cacher.<br>
Au fil de l’enquête –car c’est véritablement ce que cette recherche devient– tout porte à croire qu’un tel cadeau est le résultat d’un acte de courage immense, le témoignage d’un espoir l’emportant sur la peur.<br>
Documentaire réalisé en toute simplicité et avec peu de moyens, Le Cœur d’Auschwitz, dévoile l’histoire formidable d’un petit objet porteur d’une mémoire transmise aux enfants et petits-enfants des signataires, ainsi qu’aux visiteurs du musée auquel il a été confié. Si Theodor Adorno déclarait que faire de la poésie après Auschwitz était tout simplement impossible, le fait de retrouver celle qui s’est faite pendant l’horreur tient presque du miracle… </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/une-carte-de-souhaits-au-coeur-de-l%e2%80%99enfer/" data-wpel-link="internal">Une carte de souhaits au cœur de l’enfer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Résolutions prématurées</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/23/resolutions-prematurees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Nov 2010 02:50:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito culturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin de l’année approche, la fin de la session aussi, inévitablement. Il n’est plus possible d’imprimer un document à la bibliothèque sans faire la queue, plus possible de végéter entre deux cours, plus possible de se taper des marathons Mad Men sans aucun remord. Le Délit vous offre ici son dernier numéro régulier pour&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/23/resolutions-prematurees/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Résolutions prématurées</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La fin de l’année approche, la fin de la session aussi, inévitablement. Il n’est plus possible d’imprimer un document à la bibliothèque sans faire la queue, plus possible de végéter entre deux cours, plus possible de se taper des marathons <em>Mad Men</em> sans aucun remord.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Délit vous offre ici son dernier numéro régulier pour 2010, histoire de revenir en force le 11 janvier prochain. N’oubliez pas, cependant, de vous ruer vers les présentoirs (ou devant vos écrans d’ordinateurs) le 29 novembre prochain pour consulter notre numéro spécial «Foi», publication que nous préparons conjointement avec<em> The McGill Daily</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tout bon média le fait, il convient de vous rappeler (trop prématurément) que les Fêtes approchent, et qu’à leur suite viendra, outre l’abonnement au gym, le temps de formuler quelques résolutions du nouvel an. C’est là ce que l’équipe Arts &amp; Culture souhaite faire, ne reculant devant rien, ni même le risque qu’elles ne se concrétisent pas (entièrement).</p>
<p style="text-align: justify;">Un journal étudiant est le lieu idéal pour expérimenter, oser. Vous l’aurez remarqué, cela, <em>Le Délit</em> l’a toujours bien compris. Au cours des derniers mois, nos pages se sont transformées de semaine en semaine. Nous avons également eu le plaisir d’inaugurer une nouvelle plateforme web afin de s’adapter, comme tout le monde, aux nouvelles réalités d’un soi-disant virage numérique.</p>
<p style="text-align: justify;">2011 ne devrait pas faire exception. La section Arts &amp; Culture est l’interface idéale entre une communauté mcgilloise parfois trop claquemurée et tout ce que le milieu culturel montréalais a à offrir. Nous souhaitons que ces pages deviennent le reflet de vos préoccupations et, surtout, de vos intérêts et espérons que les trois nouvelles rubriques que nous avons lancées en septembre dernier pourront inspirer nos fidèles et futur collaborateurs (c’est-à-dire vous) à prendre la plume pour diversifier et enrichir la couverture culturelle de votre publication.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec les mutations qu’il subit, le milieu culturel est plus que jamais une scène de débats et de remises en questions hors pair. Du nouveau projet de loi canadien sur les droits d’auteur à la sempiternelle question du financement du milieu des arts, les enjeux qui l’influencent et le transforment sont innombrables. À vous de les aborder. Le milieu culturel québécois a les qualités de ses défauts. Le fait qu’il soit riche mais plutôt exigu fait en sorte que ses artisans sont très accessibles et généreux. À vous de les rencontrer. <em>Le Délit </em>étant, comme la plupart des journaux étudiants, un organe indépendant, il est une tribune privilégiée pour observer, questionner et commenter l’actualité du monde des médias. À vous d’informer et de prendre position!</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n’avons eu qu’à constater le nombre impressionnant de soumissions au «Cahier création» (publié le 30 mars dernier) pour réaliser que plusieurs étudiants de McGill ont de grands talents qui méritent d’être exposés, à tel point que la section Arts &amp; Culture pourrait faire une place à la création dans chacun de ses numéros. N’hésitez jamais à nous envoyer de courts textes, des photographies ou des illustrations. Il nous fera grand plaisir de les publier lorsque c’est possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Seul journal francophone de l’Université McGill (nous ne le répèterons jamais assez), <em>Le Délit</em> est une tribune qu’il faut continuer à valoriser et à nourrir. À vous, donc, de l’investir dès janvier prochain tout frais et dispos que vous serez.</p>
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		<title>Triste hommage</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/23/triste-hommage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Nov 2010 02:18:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La jeune comédienne et metteuse en scène Catherine Vidal a certainement fait sa marque en présentant Le Grand Cahier il y a près de deux ans. Elle ne répète toutefois pas l’exploit avec Amuleto, son adaptation du roman de Roberto Bolaño.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/23/triste-hommage/" data-wpel-link="internal">Triste hommage</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">«Monde, Amérique du Nord, Mexique, Mexico D.F. […]» Les premiers instants de la pièce prouvent que l’œuvre du chilien Roberto Bolaño s’enracine dans un contexte bien précis: celui des révoltes étudiantes de 1968 dans un pays qui, s’apprêtant à accueillir les premiers jeux olympiques en Amérique Latine, souhaitait à tout prix les réprimer. Amuleto rend hommage à une génération dite sacrifiée, à la jeunesse idéaliste et aux artistes visionnaires des années 1970. Trois comédiens présentent en quelques phrases cette période tumultueuse de l’histoire du Mexique en déclamant. L’épisode dégage quelque chose de factice, de didactique et donne malheureusement le ton à l’ensemble de l’adaptation de Catherine Vidal.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que l’armée mexicaine prend d’assaut l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), professeurs et étudiants sont arrêtés, et tous sont forcés de quitter le campus. Tous sauf Auxilio La Couture (Dominique Quesnel), qui se trouvait à ce moment cachée dans les toilettes d’un des bâtiments. Elle y reste confinée pendant douze jours, le temps d’entraîner le spectateur dans son quotidien et son imaginaire, ponctués par ses rencontres avec trois jeunes poètes qui la considèrent à la fois comme muse et mère spirituelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa mise en scène, Catherine Vidal opte, à juste titre, pour le dépouillement. Aucun artifice ou accessoire inutile. Seulement quelques panneaux clairs qui encadrent l’espace et des effets d’éclairage rappelant l’esthétique surannée de l’époque. Les personnages èrent dans les rues de Mexico, revendiquent une poésie libre et affrontent toute forme de répression. L’attention est uniquement portée au texte de Bolaño, écrivain qui transpose dans son verbe les convictions et espoirs qu’il a lui-même défendus de son vivant. Pourtant, Amuleto n’a rien du périple poétique qu’il promet. Tout porte à croire que la finesse de l’œuvre se perd à la traduction, ne laissant place qu’à un texte édulcoré, soutenu par une contextualisation trop lourde. Les trois jeunes poètes ne sont que des caricatures, figures immatures et idéalistes sans aucune lucidité. Les comédiens qui les incarnent, Olivier Morin, Renaud Lacelle-Bourdon et Victor Andres Trelles Turgeon, ne semblent d’ailleurs pas croire en leur personnage, hésitant toujours entre l’exagération et le détachement. Dominique Quesnel, qui interprête Auxilio La Couture, est, quant à elle, plus convaincante, bien que son personnage manque de profondeur.</p>
<p style="text-align: justify;"></p><figure class="wp-caption alignnone" style="max-width: 580px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4767" title="Amuleto" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/tristehommage01.png" alt width="580" height="382">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Yannick MacDonald</span>		</figcaption>
	</figure>

<p style="text-align: justify;">De la page aux planches, plusieurs maladresses, sans doute. Alors que le message politique et la fantaisie poétique priment, les scènes se succèdent sans vraiment être situées, encore moins comprises. La mise en scène elle-même revêt un caractère inachevé, décousu. L’adaptation du roman de Bolaño, en somme, ne saccorde ni à l’époque, ni au public auquel elle est présentée. Le Théâtre de Quat’sous, fidèle à sa louable vocation, a pris une fois de plus le parti de la nouveauté, de l’imaginatif et de l’inédit. L’entreprise comporte parfois des risques, et Amuleto en est malheureusement la preuve.</p>
<p style="text-align: justify;"></p><figure class="wp-caption alignnone" style="max-width: 580px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4769" title="Amuleto" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/tristehommage02.png" alt width="580" height="387">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Yannick MacDonald</span>		</figcaption>
	</figure>

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			</item>
		<item>
		<title>Éthique 2.0</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/ethique-2-0/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 06:39:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Édito culturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreux sont ceux qui ont fait l’éloge de la démocratisation des médias à l’ère numérique. Et avec raison. Ayant à sa portée des outils de plus en plus abordables, le lecteur et le spectateur peuvent non seulement s’informer plus facilement, mais aussi informer autrui. On ne compte plus le nombre de blogues et de tribunes&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/ethique-2-0/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Éthique 2.0</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nombreux sont ceux qui ont fait l’éloge de la démocratisation des médias à l’ère numérique. Et avec raison. Ayant à sa portée des outils de plus en plus abordables, le lecteur et le spectateur peuvent non seulement s’informer plus facilement, mais aussi informer autrui. On ne compte plus le nombre de blogues et de tribunes nouveau genre qui ont fait leur apparition dans le cyberespace, certains ont même changé le visage de l’information traditionnelle. C’est notamment le cas du site américain <em>Huffington Post</em>, un quotidien d’information virtuel fondé par Jonah Peretti, Kenneth Lerer et la très mondaine Ariana Huffington. Lancé il y a cinq ans, le site comptait d’abord sur quelques employés et surtout sur ses blogueurs invités pour générer son contenu. Ceux-ci étaient souvent dénichés par Huffington elle-même, qui peut compter sur un carnet d’adresse bien fourni.</p>
<p style="text-align: justify;">Le nouveau média est désormais rentable, influent et en pleine expansion, de quoi déconcerter les plus sceptiques du domaine. Il n’est évidemment pas donné à tous de dénicher les John Cusack, John Kerry et Deepak Chopra de ce monde pour légitimer sa nouvelle plateforme. Le succès du Huffington Post prouve néanmoins qu’il est possible pour un média d’assurer sa viabilité en exploitant l’aspect participatif.</p>
<p style="text-align: justify;">En constatant l’importance grandissante du «journalisme citoyen» (le terme ne fait pas l’unanimité), certains médias ont perçu une occasion d’établir un véritable partenariat avec le lecteur. Le quotidien <em>Le Monde</em>, par exemple, laisse place à des tribunes alternatives et spécialisées, les blogues de ses lecteurs, qui font en sorte que sa couverture de tous les domaines de l’activité humaine devienne plus complète.&nbsp; Les citoyens mettent souvent en lumière des secteurs peu couverts par les plateformes médiatiques traditionnelles. Et réciproquement, les médias traditionnels peuvent contribuer à la popularisation de ces tribunes alternatives sur leur site.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, ce nouveau partenariat aurait tout intérêt à être mieux encadré. Un récent règlement de comptes au sein du<em> San Diego Union Tribune</em>, le plus grand quotidien de la ville californienne, prouve que la frontière entre journaliste professionnel et blogueur bénévole se brouille parfois, au détriment des deux. Le <em>Los Angeles Times</em> rapportait le 10 novembre dernier que l’une des collaboratrices de leur blogue d’arts visuels, Katherine Sweetman, avait appelé au boycott du journal, dénonçant à la fois le licenciement de&nbsp; Robert L. Pincus, critique d’art et critique littéraire de longue date, ainsi que les conditions peu avantageuses dans lesquelles les blogueurs du <em>Union Tribune</em> étaient amenés à travailler.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette critique virulente des pratiques du quotidien a été publiée sur son propre site web, quelques heures avant d’être retirée par l’équipe éditoriale. Dans un billet intitulé «An Introduction/Resignation (A Small Gesture)», Sweetman expliquait:</p>
<p style="text-align: justify;">«Avec l’intention de manifester son appui (factice) aux arts visuels, le <em>Union Tribune</em> a gracieusement offert à quelques artistes, spécialistes et professionnels du milieu des arts la chance d’écrire pour lui, n’exigeant de ceux-ci qu’un billet par semaine (52 par année). Et pour quel salaire? Aucun.</p>
<p style="text-align: justify;">Les arts sont très importants pour le <em>Union Tribune</em>, mais… l’argent l’est également.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai accepté l’un de ces postes. C’était excitant. Il n’y avait aucune règle, aucune contrainte journalistique, aucun rédacteur en chef, aucun…support technique. Nous savions dès le départ que nous étions uniques.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous étions une petite armée (…) prête à relever le défi, à pallier à la piètre couverture des arts visuels à San Diego, au désastre engendré par le <em>Union Tribune </em>lorsqu’il a licencié son seul critique d’art, Robert Pincus, en juin dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">On nous a assuré que nous ne prendrions pas la place de Pincus. Il avait été remplacé par James Chute, critique de musique et directeur des cahiers spéciaux. Chute n’avait jamais écrit quoi que ce soit à propos de l’art, mais il était diplômé en musique. Il était donc tout à fait qualifié pour couvrir les arts visuels. Nous avons tout de même décidé de l’aider.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis ça nous a frappé.<br>
«Nous détestons le <em>Union Tribune</em>.»</p>
<p style="text-align: justify;">Le «nous» utilisé par la blogueuse a été contesté par quelques uns de ses collègues. Son billet soulève néanmoins d’importantes interrogations. Pourquoi des blogueurs spécialisés, sollicités par un média, ne seraient-ils pas rémunérés tandis qu’un journaliste qui ne connaît apparemment rien du domaine se voit offrir un poste rémunéré à temps plein? Pourquoi ne pas avoir engagé un blogueur, ou fait en sorte que le <em>Union-Tribune’s visual arts blog </em>devienne la référence de la publication en matière d’arts visuels? La sortie de Katheirne Sweetman souligne une importante lacune des médias de l’ère 2.0.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cas du <em>Union Tribune </em>prouve qu’une redéfinition du journalisme professionnel s’impose, que la réalité de la profession n’est pas complètement adaptée au virage numérique dans lequel elle s’est entrainée. Du moins, avant que l’aspect participatif des médias ne soit qu’un prétexte pour économiser, le débat a certainement lieu d’être.</p>
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		<title>Qui aime bien…</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/10/qui-aime-bien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Nov 2010 18:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito culturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au-delà de ce qui ressemblait à une crise d’ego ou à un sujet de prédilection pour la Clique du Plateau, les récentes déclarations du comédien Guillaume Lemay-Thivierge dans une entrevue accordée au Journal de Montréal ont suscité un bref débat, à la fois sans issue mais fort nécessaire, sur la responsabilité de la critique québécoise&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/10/qui-aime-bien/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Qui aime bien…</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Au-delà de ce qui ressemblait à une crise d’ego ou à un sujet de prédilection pour la Clique du Plateau, les récentes déclarations du comédien Guillaume Lemay-Thivierge dans une entrevue accordée au Journal de Montréal ont suscité un bref débat, à la fois sans issue mais fort nécessaire, sur la responsabilité de la critique québécoise par rapport aux productions nationales. Dans un milieu où l’exigüité a ses avantages comme ses inconvénients, quelle attitude les médias devraient-ils adopter au moment de juger les œuvres d’ici?</p>
<p style="padding-bottom: 5px;"></p><figure class="wp-caption alignnone" style="max-width: 580px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4399" title="Qui-aime-bien" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/Qui-aime-bien.png" alt width="580" height="316">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Seville Films</span>		</figcaption>
	</figure>

<p style="text-align: justify;">Indigné par la réception des deux plus récents films dans lesquels il tenait la vedette, (<em>Filière 13 </em>et <em>Le poil de la bête</em>) Guillaume Lemay-Thivierge faisait dernièrement une «sortie» contre l’acharnement des critiques à malmener plusieurs productions québécoises, prédisant au passage que ceci pourrait éventuellement «tuer» notre cinéma. «J’ai l’impression que, lorsque ça vient d’ailleurs, pour certains c’est magnifique; quand ça vient de chez nous, eh bien on ne manquera pas de descendre le produit. Ça fait petit peuple, je trouve, et nous sommes plus grands que cela. Détruire injustement, c’est petit je trouve. Je dénonce des critiques qui souhaitent se faire une réputation sur le dos de projets québécois faits avec cœur et enthousiasme par des artistes qui y ont mis des mois de travail», confiait-il à la journaliste Michelle Coudé-Lord.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’en fallait pas plus pour que Christiane Charrette invite le comédien à poursuivre sa réflexion dans le cadre de son émission, cette fois-ci devant deux des critiques visés par son «cri du cœur», Marc-André Lussier et Marc Cassivi. Ses détracteurs ont vite eu raison des arguments circulaires de Lemay-Thivierge, qui ne cessait de répéter que l’on encensait toujours le même «genre» de film au détriment de comédies et de productions commerciales qui permettent aux œuvres de répertoire d’exister. Difficile de se prononcer sur ce qui se fait ici, rétorquaient-ils, alors que la complaisance semble plutôt être de mise.</p>
<p style="text-align: justify;">Une sortie comme celle de Guillaume Lemay-Thivierge n’avait pourtant rien d’inédit et ne justifiait pas tout un battage médiatique. Elle permet toutefois de souligner qu’une dangereuse insécurité persiste toujours dans le milieu culturel, insécurité qui elle-même pourrait mener le cinéma québécois à sa perte. La seule responsabilité de la critique à l’égard du cinéma québécois, s’il en est une, est de juger ses œuvres de la même manière que toutes les autres, y compris les œuvres américaines qui lui font concurrence. Elle peut ainsi en assurer la qualité, le mesurer à tout ce qui se fait ailleurs et, par conséquent, lui forger une réputation internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Prétendre le contraire tient d’une réaction défensive, d’un appel à la survivance. Les films d’ici font évidemment l’objet d’une plus grande attention médiatique, d’où la possibilité qu’ils soient encensés ou décriés sur toute les tribunes. L’«acharnement» de la critique ne peut dans ce cas qu’être proportionnelle à l’acharnement promotionnel qui l’a précédé, suscitant en elle-même des attentes parfois trop hautes par rapport au produit. Son appel à une certaine prudence des critiques envers le cinéma québécois évoque cette attitude de «petit peuple» que le comédien dénonce lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Rivaliser avec le marché américain, par exemple, implique d’éviter d’imiter ses productions. La science fiction, les films d’actions à grand déploiement, bref, ce que Guillaume Lemay-Thivierge considère comme d’indispensables productions commerciales, ne sont pas les genres de films que l’on peut réaliser avec une fraction du budget de nos voisins du Sud.&nbsp;Le cinéma québécois se doit d’être inventif, voilà ce que la critique devrait s’acharner à rappeler aux artisans du milieu.</p>
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		<title>Concerto pour alliénés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/03/concerto-pour-allienes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Émilie Bombardier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 05:38:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une chanson d’une heure pour souligner les 10 ans de sa compagnie l’Activité:voilà la gageure réussie du dramaturge et metteur en scène Olivier Choinière.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Simple et brillante allégorie que cette nouvelle création d’Olivier Choinière. Présentée et coproduite par l’Espace Libre, elle souligne avec brio les dix ans de L’Activité, sa compagnie théâtrale qui ne fait rien comme tout le monde. Il y eut d’abord Agromorphobia, «du théâtre d’été urbain de série B» présenté en 2000 sur le toit du Théâtre d’Aujourd’hui, puis une «tragédie météorologique» intitulée Jocelyne est en dépression. S’en sont suivis une série de projets d’audioguides qui entrainaient le spectateur jusqu’au sommet du Mont-Royal, à la découverte de leur ville, dans le réseau souterrain de Montréal ou encore à la collection permanente du Musée des beaux-arts de Québec. La toute dernière pièce de l’Activité, ParadiXXX, mettait en scène un doublage de film pornographique. Qui pouvait donc s’étonner devant la prochaine œuvre de son directeur artistique? Plusieurs appréhendaient une comédie musicale. Ce qu’on leur a servi était, encore une fois, bien fantasque et peu ordinaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la pièce commence, un rythme simple se fait entendre dans la salle. Aucun comédien sur scène, un synthétiseur pour tout élément de décor. De longs instants s’écoulent. Un ver d’oreille s’installe. C’est à partir de l’anticipation que tout se construit. Un homme assis parmi le public se lève et se dirige avec hésitation vers le synthétiseur. Il pianote timidement puis trouve une mélodie qui accompagne le rythme. Il incite une spectatrice retardataire à se joindre à lui, puis un livreur de pizza qui frappait à la porte du théâtre. La scène se remplit peu à peu d»inconnus qui improvisent leur contribution à la musique. Quelques uns s’aventurent à ajouter refrains et couplets. Une véritable chanson est créée, la même qui sera interprétée en chœur, à répétition, jusqu’à la fin de la pièce. Des choristes débarquent, puis quelques danseurs. Plus d’une cinquantaine de comédiens se retrouvent à exécuter une chorégraphie qui passera du spontané au très réglé. Une jam-session s’orchestre devant un public qui en redemande. C’est une véritable collectivité, voire une microsociété, qui se construit autour d’une chanson qui n’a pour refrain qu’un très simple «Je chante. Oui, je chante. Pour que tu chantes avec moi».</p>
<p style="text-align: justify;">Indéniablement comique, Chante avec moi&nbsp; d’Olivier Choinière évoque l’aspect hautement aliénant de ce qui nous rassemble, puis nous organise en société. Comme l’explique le dramaturge et metteur en scène, la chanson interprétée aurait pu se substituer à toute idée, utopie ou courant politique. Au côté tout à fait spontané et bon enfant de sa première interprétation succède une seconde, réglée au quart de tour par des personnages nerveux et affectés. La chorégraphie se répète, des corps tombent. Tout se renverse alors que le ver d’oreille a raison de toute réflexion.</p>
<p style="text-align: justify;">La fable de Choinière, bien que caricaturale, évite un côté dangereusement moralisateur par l’humour et l’inventivité qui s’en dégage. Le charme du théâtre, son pouvoir de surprendre le public tout en le prenant à parti, s’opère à merveille pour servir un thème inépuisable et universel.</p>
<p style="text-align: justify;">À la fin de la représentation, une partie du public reprenait la chanson. Était-ce par satisfaction ou autodérision? Rien n’est moins sûr. Il est toutefois certain que Chante avec moi vaut la peine d’être vu. On pourrait même se surprendre à y retourner, ne serait-ce qu’à cause de ce vers d’oreille qui ne nous quittera pas de sitôt.</p>
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