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	<title>Dior Sow - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>« Pour les enfants et les sensibles…»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/26/une-histoire-pour-les-enfants-et-les-sensibles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2017 21:25:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit s’est entretenu avec la réalisatrice de La maison du hérisson, Eva Cvijanović. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Once upon a many time</em>, <em>Le Baiser </em>et<em> Seasick, </em>l’animatrice et cinéaste Eva Cvijanović s’est lancée dans l’adaptation d’un célèbre conte yougoslave pour son dernier film, <em>La maison du hérisson,</em> présenté dans le cadre de la seizième édition des Sommets du cinéma d’animation. Lancé au festival de Berlin, le court-métrage, co-produit par l’ONF et Bonobostudio, a déjà remporté plus de quinze prix internationaux. <em>La maison du hérisson</em>&nbsp;explore avec une grande tendresse le concept du chez-soi. <em>Le Délit</em> est parti à la rencontre de la réalisatrice.</p>
<p><strong>Le Délit (LD): </strong><em>Comment vous êtes-vous dirigée vers l’animation? </em></p>
<p><strong>Eva Cvijanović (EC): </strong>Quand j’étais au Cegep, j’ai commencé à jouer un peu, juste en faisant des mini-animations avec <em>Paint, </em>puis ça m’a plu, alors j’ai fait mon dernier projet de Cegep, c’était un film d’animation que j’ai fait. Avec ça, je suis rentrée à Concordia en animation, et ensuite c’est ça que j’ai étudié. Après avoir fini l’école j’ai fait un stage, j’ai eu quelques bourses et j’ai commencé à faire des films. Ensuite, je suis rentrée au programme <em>Hothouse</em>, et c’est comme ça que j’ai fini à l’ONF.</p>
<p><strong>LD:</strong> <em>La maison du hérisson est une adaptation d’un poème de l’auteur de l’ex-Yougoslavie Branko Ćopić. Pourquoi avez-vous décidé d’adapter ce poème-là en particulier?</em></p>
<p><strong>EC:</strong> C’est un poème que je connaissais très bien quand j’étais enfant. C’est un poème très populaire en ex-Yougoslavie, je le connaissais par cœur, mes parents le connaissaient. C’est comme notre <em>Petit Prince. </em>Je l’ai relu il y a quelques années, j’ai trouvé que ce n’était pas juste une histoire pour enfants, pas juste nostalgique. Je trouvais qu’il y avait une certaine qualité qui valait la peine d’être ressuscitée, d’être amenée à l’écran, de lui donner une nouvelle vie. Ça n’a pas été fait auparavant en Yougoslavie, alors je me suis dit pourquoi pas. J’étais très chanceuse parce que la productrice à l’ONF dans le temps, il y en avait une qui était d’origine bosniaque, alors elle connaissait aussi l’histoire et l’aimait beaucoup. Il y a eu beaucoup de chances (<em>rires</em>).</p>
<p><strong>LD:</strong> <em>Est-ce que vous avez rencontré des défis liés au fait que ce soit une adaptation? </em></p>
<p><strong>EC:</strong> Ça c’est un peu fait à travers la traduction, la traduction était vraiment en fonction du film. On a essayé de simplifier mais de garder le même rythme, parce que c’était vraiment important, parce qu’on allait avoir plusieurs versions. Ce qui était assez difficile, c’était le fait que dans une grande partie du monde personne ne connaît l’histoire, mais que dans une petite partie les gens le connaissent très intimement. Du coup je ne pouvais pas trop changer les choses, il fallait vraiment que je reste fidèle à l’histoire, mais que j’adapte un peu.</p>
<p><strong>LD: </strong><em>Quelles techniques d’animation avez-vous utilisé? Comment est-ce qu’elles vous ont servi à exprimer ce que vous aviez ressenti en lisant le poème?</em></p>
<p><strong>EC:</strong> Mon choix de technique, en premier, c’était pour me distancier du livre original, parce les gens de l’ex-Yougoslavie connaissent très bien ses illustrations. Du coup je m’étais dit que si je restais dans le 2D, ce qui est d’habitude quelque chose dans lequel je suis plus confortable, que ça serait soit pas assez beau, que ça ne pourrait pas se comparer aux images que l’on connaît si bien, et que si je les imitais, tout ce que je faisais aurait été une copie du livre en mouvement. Ce n’était pas très intéressant pour moi ni pour les autres. J’ai décidé de faire le film en stop-motion pour ça, pour entrer dans une troisième dimension, ouvrir un monde, sortir du livre. Aussi, à ce moment là j’avais découvert le feutrage, et je me disais que ça serait parfait, parce que c’est un matériel très chaud, tout de suite on le voit et il y a des émotions qui sont là. C’est une histoire à propos de la maison, de son chez-soi, je me suis dit qu’il n’y avait rien de plus <em>cosy </em>qu’une grande couverture en laine, et c’est un peu pour ça que j’ai choisi ça.</p>
<p><strong>LD:</strong> <em>Est-ce que c’est un processus particulièrement long par rapport à d’autres techniques d’animation?</em></p>
<p><strong>EC:</strong> Ce qui est long c’est la préparation, la confection, mais l’animation va beaucoup plus vite que le 2D. Les processus sont différents. En stop-motion on fait plus de préparation, et ensuite le tournage est plus court, tandis que le 2D, la préparation et le tournage sont ensembles, du début jusqu’à la fin on peut tout changer. Le stop-motion, on a besoin de plus se préparer, car une fois qu’on a tourné c’est une grosse <em>job </em>de recommencer à nouveau. Ça nous a pris un an de tournage pour un film de dix minutes, mais ce n’est pas le plus long. On a été efficace si on compare à d’autres films de stop-motion (<em>rires</em>). C’est un peu drôle pour les gens qui ne sont pas dans l’animation. Et puis on avait une petite équipe. Pour mon prochain film j’essaie de faire les choses plus vite, car quand on a moins de préparation, c’est beaucoup plus avec notre instinct, et ça c’est intéressant, parce que sinon si on prend cinq ans à faire un film de cinq minutes ça n’en finit plus (<em>rires</em>).</p>
<p><strong>LD:</strong> <em>Malgré toutes les difficultés de l’animation, pourquoi est-ce un médium si intéressant selon vous? </em></p>
<p><strong>EC:</strong> Je pense qu’il y a quelque chose de magique quand on regarde ça. Il y a vraiment un moment, si c’est bien fait, ça nous transporte vraiment dans un monde que l’on peut peut-être avoir avec le <em>live-action, </em>mais ce n’est pas vraiment la même chose. Ça pour moi c’est vraiment la clé. Et puis aussi, en tant que réalisatrice, pouvoir vraiment créer des mondes si uniques… tu as des contraintes, mais tu peux les choisir, et c’est à travers ça que tu travailles. Ça c’est intéressant.</p>
<p><strong>LD: </strong><em>Le film parle du concept de chez-soi, qu’est ce que ce terme signifie pour vous et comment avez-vous adapté votre compréhension du concept visuellement? </em></p>
<p><strong>EC: </strong>C’est une histoire qui marine dans ma tête depuis trente ans, alors je me suis dit «c’est ça que je veux faire et je ne vais pas me questionner», ce qui est bien, parce que tout le monde avait leur opinion sur l’interprétation de l’histoire. On me demande toujours «comment tu te vois, à quoi tu appartiens», parce que je ne suis pas juste ex-yougoslave et Canadienne. Mon identité d’ex-yougoslave d’origine est très compliquée, mais c’est assez mixte parce que ma mère est croate, mon père est bosniaque-serbe, je suis née en Bosnie mais j’ai voyagé partout, alors dès mon enfance je ne me suis jamais vraiment identifiée avec un seul endroit en tant que mon chez-moi. J’ai beaucoup de différents chez-moi, je n’ai jamais vu ça comme un seul endroit. J’en suis venue à l’idée que son chez-soi c’est plus une action. C’est nous qui le faisons. Pour moi le hérisson c’est vraiment son acte d’amour qui est son chez-soi, ce n’est pas nécessairement l’arbre ou ce qui est dedans. C’est un peu ça que j’ai essayé de transmettre.</p>
<p><strong>LD: </strong><em>A l’origine, le conte a été écrit après la seconde guerre mondiale. Dans le contexte historique de l’écriture, la Yougoslavie avait un besoin d’affirmation identitaire. Aujourd’hui, quelle portée voudriez-vous que l’adaptation animée ait? Quel message aimeriez-vous qu’il transmette à une époque où il y a beaucoup de tensions autour des questions des frontières et des identités nationales?</em></p>
<p><strong>EC: </strong>C’est une très bonne question! C’est quelque chose d’assez complexe, parce qu’au moment où l’histoire a été écrite, c’était vraiment similaire mais aussi très différent. C’était un moment où la Yougoslavie devait s’identifier en regardant l’état du monde avec les grands pouvoirs qui étaient là, et la petite Yougoslavie qui ne voulait pas s’identifier avec aucun d’entre eux. Ce côté politique, ce n’est pas que je veux l’ignorer, mais ce n’est pas ce que je voulais pousser. Je me vois comme une militante d’amour! C’était quelque chose dont j’étais très consciente, mais je ne veux surtout pas que l’histoire soit appropriée comme une histoire nationaliste. C’est pour ça que j’ai mis beaucoup d’emphase sur l’amour, la tendresse et toutes ces choses-là. Je pense aussi que l’intention de l’écrivain c’était d’écrire une histoire pour les enfants et les sensibles. Pour moi, c’est vraiment avant tout une histoire contre la violence et le harcèlement. C’est une histoire pour enfant. Ce sont des choses auxquelles je n’ai pas pensé et je pense pas que les enfants aujourd’hui vont penser au côté politique (<em>rires</em>). Il y a des gens qui m’ont dit que c’était un film très conservateur! Ca m’a un peu choqué, mais ça commence une discussion intéressante parce que je pense que le film a un côté très antimatérialiste. Il y a des gens qui peuvent voir ça comme de l’anti-expansion, de l’anticapitalisme, etc. … Je n’ai rien contre ça, mais ce n’est pas quelque chose que je vois comme très conservateur. Je pense qu’accepter que l’on a assez de quelque chose, que l’on n’a pas besoin de toujours avoir plus n’est pas quelque chose de mauvais.</p>
<p><strong>LD: </strong><em>C’est intéressant car la manière dont l’histoire est racontée est tellement poétique, je vois mal comment on pourrait en faire une sorte de manifeste conservateur! Ça va beaucoup plus loin que juste l’idée de frontières, on parle de l’idée du chez soi personnel, intime…</em></p>
<p><strong>EC : </strong>C’est ça que je voulais, et puis aussi de ne pas avoir peur. Le film va être interprété de mille façons différentes, mais il est ouvert à l’interprétation. Il y a aussi des sentiments très nationalistes en Ex-Yougoslavie, c’est pourquoi c’est intéressant aussi de le sortir là bas.</p>
<p><strong>LD : </strong><em>Pour finir, quels sont donc vos projets futurs ? </em></p>
<p><strong>EC: </strong>Je suis encore en train de vraiment donner naissance au <em>Hérisson </em>(<em>rires</em>) mais j’aimerais faire un projet techniquement très différent, trouver une façon de travailler plus vite, peut être digitale… J’aimerais aussi faire un film de science-fiction! J’ai eu un film bosniaque, un film croate, ça c’est mon film yougoslave donc je pense que ce serait intéressant de faire un film un peu plus sur le nouveau monde et peut être la colonisation, mais avec une approche un peu distanciée. C’est encore très jeune comme idée!</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le Délit est entre vos mains</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/le-delit-est-entre-vos-mains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2017 15:47:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[DPS]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme étudiant]]></category>
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		<category><![CDATA[référendum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’au 17 novembre, chaque étudiant de l’Université est appelé à se prononcer au sujet de l’existence de la Société de Publication du Daily (SPD). Il s’agit de voter pour l’interruption ou le maintien de l’allocation semestrielle de 6 dollars par étudiant à la SPD (et 3.35 dollars pour les étudiants des cycles supérieurs), qui finance&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/le-delit-est-entre-vos-mains/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Délit est entre vos mains</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">J</span><span class="s1">usqu’au 17 novembre, chaque étudiant de l’Université est appelé à se prononcer au sujet de l’existence de la Société de Publication du <i>Daily</i> (SPD). Il s’agit de voter pour l’interruption ou le maintien de l’allocation semestrielle de 6 dollars par étudiant à la SPD (et 3.35 dollars pour les étudiants des cycles supérieurs), qui finance le <i>Délit</i> et le <i>McGill Daily</i>. Le référendum représente l’occasion de donner sa voix pour empêcher que d’autres ne s’éteignent. Vous avez entre vos mains l’avenir de deux des trois journaux du campus. Ce référendum, dont l’issue sera cruciale pour le destin de notre journal, nous donne l’occasion de réfléchir à notre identité et à notre place à McGill. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un <i>Délit </i>dans l’ombre </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Il suffit de demander à un étudiant peu au fait de l’actualité journalistique étudiante s’il connaît le <i>Délit </i>pour se rendre compte que ce dernier est souvent considéré comme le parent pauvre du <i>McGill Daily</i>. «<i>Oh, the French Daily!</i>», répondra sûrement votre interlocuteur. Toujours dans l’ombre de notre grand frère anglophone, dépendant de lui au point de lui avoir emprunté son nom. Quant à ceux qui reconnaissent notre indépendance, nombreux limitent le <i>Délit</i> à sa noble mission de défense de la francophonie sur le campus. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Vraiment? Sommes-nous réduits à n’être qu’uniquement des défenseurs ardents de la francophonie? Notre existence sur le campus ne se justifie-t-elle que par le combat, certes louable, pour préserver la langue de Molière, Maalouf, Senghor, Glissant et Xingjian? S’il est indéniable que la langue française dans une université québécoise anglophone se doit d’être célébrée et défendue, limiter la portée d’un journal à son outil d’expression semble réducteur. La langue est importante, le message qu’elle porte l’est encore plus. Dans nos pages, le français est le moyen et non la fin: nous utilisons le français pour être journalistes, et non le journalisme pour parler français.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">L’actualité récente a confirmé l’incompréhension de certains étudiants quant à notre travail. Dans le cadre des débats autour du référendum, de nombreux partisans du camp du Non, fermement remontés contre la ligne éditoriale du <i>McGill Daily</i>, ont suggéré que notre confrère nous utilisait comme un «bouclier» afin de parer aux critiques. Le <i>Délit</i> ne serait qu’un simple pantin, publication fantoche dont le seul objet serait de protéger son confrère. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La francophonie, oui, mais aussi… </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1"><i>Le Délit</i> ne peut pourtant pas se résumer à cette image de béquille francophone du <i>Daily</i>. Nous avons des idées, des âmes, des plumes. Nous mettons toute notre énergie à favoriser le débat d’idées sur le campus, à faire découvrir le journalisme aux étudiants francophones, à leur permettre de s’exprimer dans la langue avec laquelle ils ont le plus d’aisance. Nous faisons office de lien entre la communauté québécoise et McGill, entre McGill et Montréal, où le français est essentiel pour comprendre l’actualité culturelle et politique. Nous permettons aux étudiants francophones venus d’ailleurs de mieux comprendre la ville qui les entoure et les événements qui l’animent.&nbsp;</span></p>
<p class="p6"><span class="s1"><i>Le</i> <i>Délit</i>, c’est aussi une action collective, rassemblant des centaines d’étudiants impliqués dans sa création hebdomadaire. À défaut d’avoir un programme d’art visuel à McGill, nos pages Culture mettent en lumière le travail des artistes mcgillois. À défaut d’une formation en journalisme, nos sections Actualités, Société et Innovations donnent aux reporters en herbe un premier contact avec les défis du métier. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1"><i>Le Délit</i>, c’est un journal indépendant de l’administration mcgilloise, qui fait office de contre-pouvoir de l’AÉUM, dont les faits et gestes sont décryptés avec attention par nos journalistes d’actualités. Ce sont des enquêtes sur des sujets qui nous touchent tous, de l’usage des drogues de performance à l’expérience des étudiantes travailleuses du sexe. Un espace où chaque étudiant peut exprimer librement son opinion et prendre part, à son échelle, aux débats d’idées qui forment le paysage intellectuel contemporain. Libéraux et conservateurs, marxistes et capitalistes, indépendantistes et fédéralistes, le <i>Délit</i> peut se vanter d’avoir su offrir un espace d’expression à chacun. Prônant l’échange des idées et des bons mots, avide de désaccords, ce n’est pas uniquement notre langue qui justifie notre existence, c’est aussi l’apport de notre ligne éditoriale au paysage journalistique mcgillois. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Exister pour évoluer </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">La SPD unit le <i>Délit</i> et le <i>McGill Daily</i>, le français à l’anglais. Nos divergences éditoriales font notre force et reflètent la complexité des problématiques et des sensibilités mcgilloises. C’est cette diversité qui fonde notre importance sur le campus et la nécessité d’un vote Oui. Nous reconnaissons cependant nos erreurs occasionnelles, qui font partie du parcours d’apprentissage des étudiants que nous sommes. Nous sommes ouverts aux changements que certains proposent, souvent de manière constructive, parfois sur la base d’approximations et, malheureusement, de fausses informations. Nos assemblées générales sont ouvertes aux propositions de refonte de nos procédure</span>s et de nos modes de financement. À ceux qui voudraient voter Non au référendum d’existence en signe d’opposition à certaines de nos positions, nous voudrions rappeler qu’il faut exister pour progresser, exister pour changer, que ce soit de contenu ou de ligne éditoriale. Nous voudrions également rappeler que le journalisme est essentiel à la démocratie et à la liberté d’expression. À son échelle, le journalisme étudiant joue un rôle similaire au sein du microcosme sociétal qu’est l’université.</p>
<p class="p6">C’est pour ces raisons que nous vous appelons à voter Oui. Pour que vive le journalisme étudiant, mais également pour lui permettre de remplir sa vocation, celle de représenter le corps estudiantin dans toute sa diversité et d’offrir une plateforme aux voix qui le composent.</p>
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		<item>
		<title>La tour de Babel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/10/31/la-tour-de-babel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Oct 2017 15:42:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[anglais]]></category>
		<category><![CDATA[bilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déconstruction du bilinguisme : la sémantique de l’identité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/10/31/la-tour-de-babel/" data-wpel-link="internal">La tour de Babel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">omme beaucoup d’étudiants francophones à McGill, ce n’est pas sans une certaine fierté que j’ai fini par ajouter dès la fin de ma première année le mot «bilingue» à mon <i>curriculum vitae</i>. Du dîner entre amis au coup de fil à mes parents, entre mes <i>term papers</i> et mes contributions au <i>Délit</i>, je passe mes journées à jongler entre mon français maternel et l’anglais — la langue universelle que se doit de maîtriser un enfant modèle de la mondialisation. À grand renfort de <i>slangs</i> et autres tournures idiomatiques propres à la région, je tente de m’approprier un peu plus chaque jour ma «langue d’adoption», dans ce qui semblait être devenu une quête effrénée du bilinguisme parfait. Je dis bien ici «semblait», car il ne m’a pas fallu longtemps pour réaliser qu’entre moi et mes rêves de grandeur anglo-saxonne se dresse aujourd’hui un obstacle qu’aucunes de mes — nombreuses — recherches sur le site <i>Urban Dictionnary</i> ne parviennent à transcender: ma relation affective au français. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b><i>You are the love of my life</i></b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">En anglais, j’ai l’insulte facile, aucun terme ne m’est trop cru, et si quelqu’un me laisse une place assise dans le bus, il devient <i>the love of my life</i>, un détachement dont je fais rarement preuve lorsque je m’exprime en français, où j’ai toujours eu une tendance certaine à la mesure. Après tout, une insulte est violente, les images marquent et aimer beaucoup, c’est aimer peu. Les mots qui composent notre langue maternelle sont ceux à travers lesquels la compréhension de notre environnement s’est faite pour la première fois. Lorsque je quitte ma langue maternelle pour une autre, le lien signifié/signifiant faiblit irrémédiablement, les concepts désignés gagnent en superficialité: dans mon esprit, <i>love </i>n’est pas l’Amour, <i>bitch</i> n’est pas salope, <i>to butcher</i> n’est pas massacrer… C’est pourquoi je finis parfois par me demander si parler anglais ne revient pas pour moi à parler pour ne rien dire.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Lorsque je quitte ma langue maternelle pour une autre, le lien signifié/signifiant faiblit irrémédiablement, les concepts désignés gagnent en superficialité »</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Tu parles anglais?</b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">S’exprimer dans une langue va bien au delà des questions grammaticales et syntaxiques. Il s’agit ici de remplir la mission originelle du langage: l’établissement d’un lien avec l’autre. À mon arrivée à Montréal, il m’a fallu du temps pour éliminer la distance qu’il y avait entre moi et mon discours — m’émanciper des sketchs de mon cours d’anglais. Il m’a aussi fallu faire un réel effort de transposition, adapter mon sens de l’humour, ma manière d’interagir, mon langage corporel (et oui, l’anglophone aime être tactile!). Ayant grandi tout ma vie au Sénégal, en venant au Canada j’ai également dû éliminer de mon vocabulaire tous les mots issus du wolof, qui ne trouvent d’équivalent ni en anglais, ni en français. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Il y a toujours quelque chose d’assez déroutant dans la perte de signes linguistiques, car au delà de la perte d’un mot, c’est aussi la perte d’un concept qui survient. Heureusement, celle-ci est souvent rattrapée par les apports d’une nouvelle langue. L’étudiant francophone à McGill peut parfois se sentir dans les entre-deux d’une tour de Babel où aucun lexique ne parvient réellement à englober l’ensemble des aspects de son identité. Il serait cependant irréaliste d’en espérer autant. Au lieu de ça, on construit comme on peut son propre dialecte afin d’éviter de passer ses quatre années <i>lost in translation. </i></span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Voyages, voyages</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/10/31/voyages-voyages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Oct 2017 14:52:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Loi 62]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Moins on se connaît, mieux on se porte», écrivait Clément Rosset dans son ouvrage Loin de moi, défendant la thèse selon laquelle la recherche obsessive d’une identité bien définie nuit à la poésie de l’existence. L’idée d’une identité figée peut, sans conteste, être nocive à l’épanouissement personnel. Elle soumet le rapport à soi-même à une&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/10/31/voyages-voyages/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Voyages, voyages</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«M</span><span class="s1">oins on se connaît, mieux on se porte», écrivait Clément Rosset dans son ouvrage <i>Loin de moi</i>, défendant la thèse selon laquelle la recherche obsessive d’une identité bien définie nuit à la poésie de l’existence. L’idée d’une identité figée peut, sans conteste, être nocive à l’épanouissement personnel. Elle soumet le rapport à soi-même à une image prédéfinie, gêne tout changement, paralyse toute redéfinition de soi. Elle restreint l’identité en lui donnant l’apparence d’une complétude. Cette édition spéciale, au contraire, s’attache à déchiffrer ces différentes facettes, cette mosaïque complexe qui forme notre rapport unique au monde. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1">La période universitaire, cette arrivée dans un nouvel univers culturel et académique, est propice à la redéfinition de son identité. L’arrivée à McGill, une institution qui se distingue par l’origine diverse de ses membres, peut être synonyme d’un nouveau départ pour l’étudiant de première année en quête de renaissance. C’est une période charnière durant laquelle chacun a l’opportunité de s’émanciper du moule de l’adolescence, de laisser derrière soi le spectre des études secondaires pour mieux définir son futur. </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Quid de l’identité? </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s1">Sommes-nous agents ou produits de notre identité? À quel point la dessinons-nous? Dans quelle mesure nous définit-elle? Cette question se pose de manière particulièrement forte pour les étudiants que nous sommes: encore dans les limbes universitaires, piégés dans cette période stationnaire entre le confort du nid familial et l’entrée (toujours retardée) dans le monde «adulte». Entre les périodes de révision à McLennan et les escapades nocturnes sur Saint-Laurent, nombre d’entre nous vont faire des choix décisifs, ou du moins formateurs. Que choisir d’étudier? Faut-il rejoindre <i>Conservative McGill</i>, ou écrire pour nos confrères du <i>McGill Daily</i>? Devenir militant de <i>Divest McGill</i> ou v.-p. Événements de la <i>Management Undergraduate Society</i>? Franc-Jeu, ou le club de taillage de silex (oui, ça existe)? Ces choix s’entremêlent avec nos identités intimes, qu’elles soient raciales, genrées, sexuelles, ou de classe, qui précèdent parfois nos débuts sur la scène universitaire et auxquelles le regard des autres nous limite souvent. </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Une identité multiforme&nbsp;</span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s1">Penser le monde sous l’angle de l’identité peut en effet nous amener à succomber à la tentation de classer les individus selon des catégories prédéfinies, à les enfermer dans des cases. Les articles présentés dans cette édition spéciale montrent les limites de cette approche. Nos contributeurs explorent les influences multiples qui composent l’identité. Elle n’est jamais unique, mais se nourrit plutôt de ses multiples influences. Semblable à une matière cosmique en fusion, sa seule constante est sa transformation.&nbsp;</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">L’immensité qui réside en chacun de nous doit trouver sa place au sein de villes comme Montréal, où la catégorisation du soi et de l’autre semble parfois inévitable. À travers la métropole, de multiples identités entrent en collision chaque jour, finissant soit par fusionner, soit par adopter des trajectoires opposées. L’actualité récente n’en est que l’exemple: la loi 62 a récemment réveillé les tensions autour de l’identité religieuse au Québec, confrontant la province aux enjeux grandissants du vivre-ensemble. Comment accommoder cette complexité dans cette province francophone, dont la réputation de terre-refuge se heurte parfois à une réalité moins reluisante ? </span></p>
<p class="p2"><strong><span class="s1">Jetons les masques </span></strong></p>
<p class="p4"><span class="s1">Et nous voilà donc, pour la plupart, voguant, enchevêtrés entre plusieurs identités culturelles. Plusieurs nationalités, plusieurs cercles de connaissance, parfois à cheval entre le réel et le virtuel. Aujourd’hui 31 octobre, jour d’Halloween, nous nous déguisons, en masquant ou en dévoilant encore un autre petit bout de nous-même. Le déguisement nous procure une échappatoire, une page vierge pour nous repenser. Nous repartons vers un nouveau voyage identitaire. Bonne lecture! </span></p>
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		<title>Ligne de Fuite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/09/19/ligne-de-fuite-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2017 15:50:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[essai photo]]></category>
		<category><![CDATA[ÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chronique d'expression créative</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lettres d’hivernage</p>
<figure id="attachment_29217" aria-describedby="caption-attachment-29217" style="width: 671px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-29217 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/C-plage-671x1000.jpg" width="671" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/C-plage-671x1000.jpg 671w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/C-plage-330x491.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/C-plage-768x1144.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/C-plage.jpg 793w" sizes="(max-width: 671px) 100vw, 671px"><figcaption id="caption-attachment-29217" class="wp-caption-text">Été 2017 <span class="media-credit">Dior Sow</span></figcaption></figure>
<p class="p1" style="text-align: center;">À Popenguine la mer avance un peu plus chaque jour.Les villas qui bordent le rivage sont désormais vides. Ils étaient pourtant venus vivre les pieds dans l’eau. Ironie.</p>
<p class="p1" style="text-align: center;">De cette plage il ne restera plus que la falaise</p>
<p class="p1" style="text-align: center;">Donc on prend une photo.</p>
<p><strong>Dior Sow</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr>
<figure id="attachment_29232" aria-describedby="caption-attachment-29232" style="width: 1000px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" class="wp-image-29232 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/lignedefuite-1-1000x667.jpg" width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/lignedefuite-1-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/lignedefuite-1-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/lignedefuite-1-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/lignedefuite-1-850x567.jpg 850w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption id="caption-attachment-29232" class="wp-caption-text">Phiphi, Thaïlande, Été 2017 <span class="media-credit">Éléonore Houriez</span></figcaption></figure>
<p class="p1">Des cabanes abandonnées sur des plages désertées.</p>
<p class="p1">La nature semble reprendre ses droits sur ces ruines.</p>
<p class="p1">Ces ruines, pourtant, sont le résultat de la destruction de cette même nature.</p>
<p class="p1">C’est un ouragan qui a dévasté ces vies</p>
<p class="p1">quelque temps plus tôt,</p>
<p class="p1">montrant aux hommes qu’on récolte ce que l’on sème, que la nature se révolte à moins qu’on l’aime.</p>
<p class="p1">Face à ces déchets, je ressentis de plein fouet la désillusion devant ces îles en perdition.</p>
<p><strong>Éléonore Houriez</strong></p>
<figure id="attachment_29227" aria-describedby="caption-attachment-29227" style="width: 1000px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" class="wp-image-29227 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/dechets-1000x667.jpg" width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/dechets-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/dechets-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/dechets-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/dechets-850x567.jpg 850w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption id="caption-attachment-29227" class="wp-caption-text">La Havane, Cuba , 2017 <span class="media-credit">Éléonore Houriez</span></figcaption></figure>
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		<title>Ce qui est à moi est à toi?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/09/19/ce-qui-est-a-moi-est-a-toi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2017 13:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[appropriation culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[multiculturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[whitewashing]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une réponse à Auguste Rochambeau. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/09/19/ce-qui-est-a-moi-est-a-toi/" data-wpel-link="internal">Ce qui est à moi est à toi?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a semaine dernière, en feuilletant les pages du <i>Délit</i>, on pouvait tomber sur <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/09/14/repenser-lappropriation-culturelle/" target="_blank" rel="noopener" data-wpel-link="internal">un article</a> dont le titre et le chapô ne pouvaient qu’interpeller: «Coloniser le colonisateur: l’appropriation culturelle et une nécessité et un devoir pour tous». Si je dois faire preuve d’honnêteté, l’appropriation culturelle n’est pas un thème sur lequel j’aurais voulu m’épancher. Toujours au cœur des débats, le sujet a été vu et revu, et désormais rare sont les fois où je m’attarde à lire un article sur la question. Néanmoins «une nécessité, et un devoir pour tous», voilà un point de vue qui était définitivement inédit. À ma grande déception, en lisant l’article il m’a semblé que, malgré quelques idées intéressantes, l’argumentation de l’auteur finissait par manquer de pertinence. C’est donc au nom du débat d’idée et pour célébrer le mandat du <i>Délit </i>en tant qu’espace de dialogue que je tiens à offrir à l’article de monsieur Rochambeau une réponse. </span></p>
<p class="p4"><strong><span class="s1">Appropriation et multiculturalisme: la confusion </span></strong></p>
<p class="p5"><span class="s1">On ne pourra pas reprocher à l’auteur de l’article de ne pas avoir clarifié la définition de l’appropriation culturelle qu’il comptait utiliser tout au long de sa réflexion. Il la définit comme «l’adoption ou l’utilisation d’éléments d’une culture minoritaire par les membres d’une culture différente», et spécifie clairement que son argumentaire ne concerne ni les moqueries à caractère raciste, ni le vol de culture et de savoir. Après cette clarification, l’auteur prétend «s’attaquer au cœur du problème, la véritable appropriation culturelle». C’est à ce moment là que monsieur Rochambeau perd de sa pertinence. Peut-on réellement parler de l’appropriation culturelle sans s’attarder un peu plus sur sa définition? En effet, cette dernière doit nécessairement être approfondie si l’on souhaite réellement s’exprimer sur la question. À sa définition, il serait nécessaire de rajouter que «l’appropriation culturelle se réfère aussi à une dynamique de pouvoir dans lequel les membres d’une culture dominante prennent des éléments d’une autre culture qui a été opprimée de manière systémique par ce groupe dominant», tel que l’explique le webzine féministe <a href="https://lechodessorcieres.net/quest-quil-y-a-de-mal-a-faire-de-lappropriation-culturelle-ces-9-reponses-revelent-pourquoi-cest-blessant/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><i>L’écho des sorcières</i></a>. Nous reviendrons sur la question contextuelle plus en détails un peu plus tard. Il me faut d’abord aborder le fait que dans cet article, l’auteur, lorsqu’il prend la défense de l’appropriation culturelle, semble souvent la confondre avec les concepts de multiculturalisme et d’interculturalité.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1">« Ce qui différencie [l’appropriation] du simple échange culturel, c’est qu’elle se déroule nécessairement dans le cadre de dynamiques dominants-dominés ».</p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s1">Il me semble évident que la coexistence des cultures au sein d’une même société, tout comme les échanges culturels, sont non seulement nécessaires à la survie de notre civilisation, mais aussi inévitables. Nous ne serions surement pas où nous en sommes aujourd’hui si les savoirs ne s’étaient pas répandus d’un continent à l’autre au cours des siècles (notamment les mathématiques venus du Califat islamique, l’invention du papier par la Chine antique ou encore les innovations majeures de la médecine occidentales au dix-neuvième siècle). Aujourd’hui particulièrement, dans ce contexte de mondialisation, beaucoup avancent que, dans quelques siècles, la grande majorité de la population mondiale sera issue du métissage. En allant plus loin, on pourrait donc aisément avancer que nous sommes voués à n’avoir qu’une seule et même culture. Je ne m’oppose pas non plus à l’argument de l’auteur qui explique que la culture ne peut pas être contrôlée. En effet, je considère, moi aussi, cette dernière comme un élément fluide, en constante évolution et qui ne cesse de se redéfinir, et ce rapidement. Aujourd’hui, la culture, quelle qu’elle soit, n’est pas ce qu’elle était il y a un siècle de cela, et je doute qu’elle reste identique durant les cent prochaines années à venir. On pourrait ajouter à cela que l’évolution de la culture se fait à l’insu des acteurs qu’elle «régit». </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Mais alors pourquoi s’insurger contre l’appropriation culturelle? Je parlais un peu plus haut de cette destinée à la fois mono et multiculturelle qui attend l’humanité. Pour moi, la réelle question est: dans quels termes devrait se faire cette évolution? Une fois cette question posée, on peut aborder les véritables problèmes de l’appropriation culturelle. </span></p>
<p class="p4"><strong><span class="s1">Rendre à César ce qui est à César</span></strong></p>
<p class="p5"><span class="s1">Ce qui différencie cette dernière du simple échange culturel, c’est que l’appropriation se déroule nécessairement dans le cadre de dynamiques dominants-dominés. À l’instar de monsieur Rochambeau, je vais me prêter moi-même à l’exercice de l’utopie: imaginons donc une société dénuée de toutes formes d’inégalités et d’oppressions, où le partage des richesses à l’échelle mondiale comme nationale serait relativement équilibré et où la diversité ferait office de norme – en somme, retirons à l’histoire ses passages les plus sombres. Si un individu décidait alors de prendre un aspect de la culture de l’autre et de capitaliser dessus, ou plus simplement de se «l’approprier», les préjudices causés aux personnes dont la culture est issue n’auraient pas la même portée qu’aujourd’hui. Pour donner un exemple parmi tant d’autres, dans cet univers utopique, un Nord-Américain blanc pourrait «s’approprier» la spiritualité autochtone, de la même manière que l’on peut aujourd’hui se convertir au Christianisme et décider d’ouvrir un magasin qui vend des figurines à l’effigie de la Vierge Marie — car la culture autochtone serait-elle minoritaire aujourd’hui si la colonisation de l’Amérique ne s’était pas accompagnée d’un génocide?&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Revenons désormais à notre réalité, et attaquons-nous à de réels exemples d’appropriation culturelle et des préjudices qui les accompagnent. Dans son article, monsieur Rochambeau nous parle des reproches faits aux mannequins blanches arborant des dreadlocks, une polémique qui permet parfaitement d’illustrer les enjeux de l’appropriation et l’importance du contexte dans son évaluation. Dans cette affaire, on avait reproché au <i>designer </i>Marc Jacobs d’avoir utilisé dans son défilé cette coiffure, indéniablement attachée à la culture afro-américaine et africaine, sur un groupe de mannequins à 95% blancs.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le premier problème qui se pose est celui du <i>white washing</i>. Ce terme a été initialement utilisé pour décrire la tendance qu’ont les studios hollywoodiens à engager et grimer des acteurs et actrices blanches </span><span class="s1">plutôt que d’engager des acteurs de couleur. Le<i> white washing </i>est un aspect clé de l’appropriation culturelle: si le styliste désirait tant que cela mettre à l’honneur cette coiffure dans son défilé, a‑t-il réellement été incapable de trouver des mannequins afro-américaines portant des <i>dreadlocks</i>? J’en doute. De manière plus générale, peut-il dire qu’il a eu du mal à trouver des mannequins issues de différents horizons culturels pour participer à son défilé dans un pays aussi diversifié que les États Unis, et lors d’un événement aussi cosmopolite que la <i>Fashion Week</i> (semaine de la mode, <i>ndlr</i>)? Face aux critiques, le <i>designer</i> a ensuite refusé d’admettre que son inspiration trouvait sa source dans la culture afro-américaine, ce qui fait de cette affaire un parfait exemple de la différence entre appréciation culturelle et appropriation culturelle. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans un article de <a href="https://www.usatoday.com/story/life/entertainthis/2016/09/15/marc-jacobs-nyfw-show-receives-backlash-over-models-in-dreadlocks/90438338/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><i>USA Today</i></a>, Jaleesa M. Jones expliquait très justement que «l<i>a culture noire n’est considérée comme ‘sophistiquée’ ou ‘ à la mode’ qu’une fois qu’elle a été cooptée par des lanceurs de tendances blancs. C’est une chose de se livrer à des échanges culturels, — la mode en a toujours été un exemple en associant souvent des éléments de différentes cultures pour créer une mosaïque transcendante — mais il en est une autre de contourner les aspects qui entourent une culture et d’agir comme si le </i>whitewashing<i> était un moyen d’élever cette dernière</i>».</span></p>
<figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-29186 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2-1000x420.jpg" width="1000" height="420" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2-1000x420.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2-330x139.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2-768x323.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2-850x357.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/09/S-Dior-rep-2.jpg 2021w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Charlotte Grand</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1">À cela s’ajoute la question du double standard: trois jours après ce défilé, la onzième Cour d’Appel fédérale américaine déclarait <a href="http://www.slate.com/blogs/xx_factor/2016/09/21/a_federal_court_ruled_that_employers_can_fire_people_just_for_having_dreadlocks.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qu’il était légal de refuser l’embauche et de licencier une personne sous prétexte qu’elle arborait des <i>dreadlocks</i></a>; l’argument avancé étant qu’une coiffure est un aspect «muable» de la race.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Ainsi, aux États Unis les Noires sont souvent interdites d’avoir des <i>cornrows</i>, des <i>twists </i>ou encore des tresses «africaines» sur leur lieu de travail, car cela est associé à un «manque de professionnalisme». Sachant que ces coiffures sont liées de manière intrinsèque à la nature du cheveu noir, on peut tout à fait voir ces lois comme une forme de discrimination raciale. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">À l’inverse, lorsque ces coiffures sont arborées par des blanches, elles sont encensées. L’adjectif «avant-garde» revient souvent, et leurs origines sont souvent occultées: les <i>dreadlocks</i> de Demi Lovato sont <i>edgy</i> (audacieuses,<i> ndlr</i>), les <i>bantu knot</i> de Khloé Kardashian sont rebaptisés <i>alien knots</i> (nœuds extraterrestres, <i>ndlr</i>), et moyennant quelques dollars vous pouvez avoir accès à une vidéo de Kim Kardashian vous expliquant comment réaliser des <i>cornrows</i>, rebaptisées par la presse comme étant des <i>Boxer Braids (</i>tresses de boxer,<i> ndlr)</i>.&nbsp;</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Monsieur Rochambeau avance que «vulgariser les <i>dreadlocks</i> est un moyen d’abolir les discriminations», et que l’appropriation serait un moyen de lutter contre «l’hégémonie uniformisatrice». La réalité est toute autre, et je doute qu’encourager l’appropriation permette aux Afro-Américains de s’émanciper des clichés raciaux. Il dit que l’anti-appropriationisme veut « restreindre des éléments culturels à des groupes et ethnies». C’est faux. Il s’agit ici de ne pas aliéner l’histoire et le sens d’éléments culturels. Il parle ensuite de l’appropriation culturelle comme d’une arme contre l’exotisme, mais lorsqu’une pop star américaine apparaît dans son clip vidéo vêtu d’un habit de Geisha en chantant des paroles hyper sexualisées, ne contribue-t-elle pas au fétichisme de la femme asiatique, et ne donne elle pas une image simpliste de la figure de la Geisha?</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Je me refuse à croire que des héritages culturels millénaires doivent se plier au modèle occidental – qui entre en décadence? – pour avoir une chance de subsister, et peut être me trompe-je, mais pour moi la<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Fin de l’histoire </i>n’est pas encore arrivée » </span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><strong><span class="s1">Une question d’émancipation</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Passons désormais à l’aspect économique. Là encore, il ne s’agit pas de réserver la commercialisation d’une culture à une minorité, comme semble le croire Monsieur Rochambeau, mais plutôt de faire en sorte que les communautés à l’origine d’une culture puissent bénéficier de son exploitation. Si nous ne vivions pas dans un contexte d’inégalités, chacun pourrait exploiter une culture et en tirer des bénéfices semblables. Or, aujourd’hui, seule la partie dominante de la population capitalise sur l’exploitation culturelle. Les dynamiques de profits autour d’une culture sont très semblables aux dynamiques politico-économiques décrite par Walter Rodney, théoricien de la <i>Dependencia</i>, qui parle de notre système international comme un modèle «centre-périphérie». Appliqué à la question de l’appropriation culturelle, on pourrait avancer que l’hégémonie de la culture occidentale («culture-centre») est liée à son exploitation des «cultures ‑périphéries». Un cercle vicieux, car l’Occident produit aujourd’hui la culture «à valeur ajoutée», tandis que le reste du monde produit la «matière première culturelle». De la même manière que les ressources naturelles des pays du Sud enrichissent d’abord l’Occident, la culture des minorités profite d’abord à la culture dominante. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Alors comment remédier à cela? Je n’aurais pas la prétention d’avancer des solutions à de telles problématiques, mais à l’inverse de Monsieur Rochambeau, je ne pense pas que le réflexe de survie qu’est l’assimilation culturelle (qu’il présente comme étant inévitable) soit la solution. Je me refuse à croire que des héritages culturels millénaires doivent se plier au modèle occidental<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>pour avoir une chance de subsister, et peut-être me trompe-je, mais pour moi la<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Fin de l’histoire </i>n’est pas encore arrivée. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Malgré l’idée que Monsieur Rochambeau semble avoir de ceux qui s’opposent à l’appropriation culturelle, je ne crois pas non plus au communautarisme comme stratégie de survie. Je suis convaincu que le respect est un élément suffisant pour permettre aux sociétés de créer des environnements multiculturels justes. Pour reprendre les mots de Monsieur Rochambeau, «créez, réinterprétez, inventez», mais faites-le en connaissance de cause. Si les Iggy Azalea, Miley Cyrus, Katy Perry et autres Kardashians veulent reprendre les codes de la femme noire pour construire leur carrière, laissons-les au nom de l’inspiration. Quelles réactions devons-nous cependant avoir lorsqu’elles se murent dans le silence faces aux bavures policières, à la situation à Flint ou même encore face aux discriminations que subissent leurs égales afro-américaines (car oui, n’oublions pas que «tout le monde veut être noir jusqu’au moment où il faut être noir»)?</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">« Je suis moi-même opposée à la racialisation de l’individu, qui peut devenir un obstacle à l’expression du « soi », mais il n’empêche que je pense que la conscience de soi est le premier pas vers la connaissance de l’autre » </span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Je refuse d’être appelée une «fanatique de la pureté culturelle» si je m’insurge contre l’exploitation qu’elles font de la culture, sans jamais utiliser leurs plateformes comme un moyen d’informer et d’éduquer leur public sur les réalités socioéconomiques de leur pays. Monsieur Rochambeau dit qu’il serait ridicule d’évoluer dans une société où un enfant devrait très tôt apprendre sa «race» et les manières dont il devrait se comporter en privé comme en public. Certes, je suis moi-même opposée à la racialisation de l’individu, qui peut devenir un obstacle à l’expression du «soi», mais il n’empêche que je pense que la conscience de soi est le premier pas vers la connaissance de l’autre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Je ne pense pas que la réflexion de Monsieur Rochambeau soit dénuée de sens ou invalide. Je pense simplement que pour un écrit censé dénoncer la fainéantise culturelle et intellectuelle, les arguments passent souvent à côté des réels problèmes de l’appropriation culturelle. Son article semble souvent être plutôt une réponse aux personnes qui ont tendance à crier au loup un peu trop vite lorsque l’on parle d’appropriation. Ce serait faire preuve de légèreté, voire d’irresponsabilité que de généraliser ce genre de comportement à l’ensemble des personnes qui condamnent l’appropriation culturelle. Je ne doute pas que l’auteur soit dénué de toute malveillance, mais il importe de faire attention au pouvoir de ses écrits. Il serait dommage que ce genre d’article soit utilisé par les appropriationistes comme énième raison pour ces derniers de justifier leurs actes et de prétendre que leurs actions n’heurtent pas les populations à l’origine des cultures concernées.</span></p>
<p>Pour aller plus loin :</p>
<ul>
<li><a href="https://www.currentaffairs.org/2017/09/the-question-of-cultural-appropriation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://www.currentaffairs.org/2017/09/the-question-of-cultural-appropriation</a></li>
<li><a href="https://i-d.vice.com/fr/article/paga3v/blogueuse-franaise-et-noire-je-me-bats-contre-lappropriation-culturelle" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://i‑d.vice.com/fr/article/paga3v/blogueuse-franaise-et-noire-je-me-bats-contre-lappropriation-culturelle</a></li>
<li>http://www.npr.org/2012/02/22/147198154/cultural-cannibalism-when-artists-feed-off-each-other</li>
</ul>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Où ça? Où ça?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/21/ou-ca-ou-ca-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 19:27:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28459</guid>

					<description><![CDATA[<p>Spécial Été</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><strong>Le cirque itinérant</strong> </span></p>
<p class="p1">Àl’occasion du 375<i>e</i> anniversaire de Montréal cet été, la métropole sera rythmée par de nombreuses activités qui vous permettront de varier les plaisirs après votre énième sieste au Parc Jeanne Mance. L’un des événements majeurs de ce programme sera la tournée des arrondissements du cirque Éloize : pendant 19 fins de semaine la troupe va s’emparer de 19 quartiers de la ville et, du soir au matin, va les animer de performances intermittentes. Le cirque Éloize est une véritable institution québécoise. La troupe a été formée en 1993 et produit des spectacles qui s’inscrivent dans la lignée du nouveau cirque, de véritables performances artistiques poussées loin du sensationnalisme du cirque traditionnel. Les moments clés à ne pas rater seront les samedis soirs où, dans la lumière du coucher du soleil, la troupe donnera un spectacle divisé en sept tableaux qui s’articulent autour de lettres d’amour écrites à, de et pour Montréal. Un moment qui s’annonce, en somme, plein de magie et d’émotion.</p>
<p class="p2">- Dior Sow</p>
<hr>
<p class="p1"><strong>Festival mural de Montréal</strong></p>
<p class="p1">Tout au long de l’année, les passants s’émerveillent devant la créativité des artistes de rue montréalais. Tags et peintures murales tapissent les briques et font de la ville une galerie atypique. Du 8 au 18 juin 2017, les œuvres seront mises à l’honneur sur le boulevard Saint-Laurent, perdant pour une semaine leur rôle de simple décor.</p>
<p class="p3"><span class="s1">À l’occasion de la cinquième édition du festival, le boulevard sera transformé en véritable musée à ciel ouvert. Les sens des participants seront tous sollicités. Leurs yeux se poseront sur les murales au cours de leur déploiement et leurs papilles découvriront de nouvelles saveurs. Ce voyage visuel et gustatif sera rythmé par les notes de groupes de musique locaux et internationaux. Les curieux pourront parcourir la rue seuls ou accompagnés d’un guide qui leur présentera les œuvres. N’hésitez-plus, montréalais, ce sera l’occasion pour vous de découvrir des artistes venus des quatre coins du monde pour célébrer l’art urbain!&nbsp;</span></p>
<p class="p3">- Lara Benattar</p>
<hr>
<p class="p1"><strong>D’Atwater au Musée de Lachine</strong></p>
<p class="p1">Bientôt le début des beaux jours, bientôt la fin des finaux. Pour ceux et celles qui ne partent pas, ce sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’agglomération de Montréal. <i>Le Délit </i>vous propose un petit périple facile à prévoir sur une journée.</p>
<p class="p2"><span class="s1">L</span><span class="s2">e point de départ: le marché Atwater. Pas loin de la station Lionel-Groulx et de la résidence <i>Solin Hall </i>de McGill, allez faire un tour à ce marché public qui est l’un des plus grands de Montréal. On aime déambuler entre les parterres colorés des nombreux stands de fleuristes, et acheter des produits locaux (bonne halte pour les piques-niques) auprès des divers commerçants situés dans l’édifice art déco du marché. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Continuez ensuite le long du Canal Lachine, direction ouest, sur une piste accessible aux piétons et aux vélos. Considéré comme l’un des plus beaux circuits urbains du monde, la piste du canal Lachine s’étend sur 14,5 km, et ce depuis la naissance du <i>Délit</i> en 1977! Le circuit avait notamment été élu au troisième rang mondial des circuits urbains par le magazine <i>Time</i> en 2009. Vous aurez l’occasion de vous arrêter pour piquer-niquer en bordure du canal ou encore de profiter des services de location de vélos. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">À pied pour les plus courageux, vous atteindrez la fin du canal Lachine qui débouche sur le lac St-Louis. Au bout du chemin se trouve également le Musée de Lachine, auparavant ancien poste de traite et point stratégique commercial. Composée de bâtisses du 17<i>e</i> siècle et d’une collection archéologique qui témoigne de l’époque de la traite des fourrures, le Musée ré-ouvre le 3 mai et propose des activités particulières pour les 375<i>e</i> de Montréal. Enfin, l’histoire côtoie le contemporain grâce au Musée plein air de Lachine qui expose plus d’une cinquantaine d’œuvres contemporaines. À découvrir!&nbsp;</span></p>
<p class="p1">- Chloé Mour</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Du Délit à la bande-dessinée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/du-delit-a-la-bande-dessinee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 19:08:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Michel Hellman, auteur de BD, revient sur ses années au Délit et ses projets. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/du-delit-a-la-bande-dessinee/" data-wpel-link="internal">Du Délit à la bande-dessinée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><span class="s2"><b>e Délit (LD)</b>: <i>Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous expliquer ce que vous faites?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Michel Hellman (MH)</b>: Je suis auteur de bande dessinée, illustrateur et je fais aussi de l’art visuel , des expositions… Ça fait récemment que je fais juste ça, que je vis de ça. Quand j’ai terminé McGill en fait, j’ai fait une maîtrise à McGill, j’ai travaillé en tant que journaliste pigiste, critique d’art parce que j’avais étudié en histoire de l’art et petit à petit je me suis lancé à faire du dessin, à faire de la bande dessinée. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Et quelle a été votre expérience au </i>Délit<i>?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>MH</b>: Au <i>Délit</i>, j’ai commencé par proposer des dessins pour illustrer les articles, c’était quand je faisais mon bac à McGill. En fait ça s’appelait encore le <i>McGill Daily Français</i>, enfin c’était l’année où il y a eu un vote pour savoir si on allait le changer de <i>McGill Daily Français</i> à <i>Le Délit français</i>. Donc j’ai travaillé là bas quelques années et j’étais là dans la salle de rédaction, il y avait des articles, je faisais des dessins et on s’occupait de la mise en page. Je faisais aussi des illustrations de temps en temps pour des couvertures. Donc voilà c’était vraiment une bonne expérience, en tout cas, j’en garde un bon souvenir.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">Au <i>Délit</i>, j’ai commencé par proposer des dessins pour illustrer les articles</p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Et comment se passaient les illustrations en 2000? Parce qu’aujourd’hui notre illustratrice a une tablette graphique, Photoshop, etc</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>MH</b>: Je me rends compte que pour moi ça ne me semble pas il y a si longtemps que ça, mais c’était vraiment plus compliqué! Je faisais les dessins en direct puis on les scannait. Le scanner était lent et il y avait toujours la question du poids des images. Tout allait super lentement et pour la mise en page c’était toujours un peu problématique (<i>rires</i>). Mais à part ça j’imagine qu’il n’y a pas énormément de différences, si ce n’est pour le format. J’étais là au bureau et on voyait un peu comment tout le monde s’activait. Et à la fin on donnait la maquette à l’imprimeur et voilà! Ah oui, et je proposais une bande dessinée aussi c’est vrai ça. Il y avait une bande dessinée que je faisais à l’époque et qui était publiée toutes les deux semaines je crois ou du moins régulièrement. Donc j’avais un petit espace pour faire ma BD. D’ailleurs c’est drôle car elle s’appelait Montréal 2017 (<i>rires</i>)! </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Votre expérience au </i>Délit<i> vous a‑t-elle influencée dans votre décision de devenir BD-iste?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>MH</b>: Ah oui c’est sûr. J’aimais bien illustrer les articles, mais faire cette BD c’était vraiment une expérience nouvelle pour moi. Après lorsqu’elle était publiée dans le journal j’étais toujours fier et ça m’a vraiment motivé à me lancer de manière plus professionnelle. Donc oui, <i>Le Délit</i> a vraiment eu une grande influence!</span></p>
<p class="p3"><b>LD</b>: <i>Et que racontez-vous à travers vos BD?</i></p>
<p class="p3"><b>MH</b>: J’ai fait deux genres de BD. Il y a la bande dessinée traditionnelle avec des cases et des bulles. Il y a <i>Mile End</i> et <i>Nunavik</i> qui viennent de sortir récemment. C’est de la bande dessinée autobiographique. En fait, c’est de l’autofiction et je fais des chroniques du quotidien. <i>Mile End</i>, c’est mon quartier et <i>Nunavik</i> c’est aussi des chroniques mais avec les enjeux du Grand Nord, mais ça reste ancré sur des expériences personnelles de voyage que j’ai fait là-bas. Sinon je fais de la BD plus expérimentale. Ça, il y a un côté peut-être plus politique. Il y en a une que j’ai sorti il y a deux ans, qui s’appelle <i>Le petit guide du Plan Nord </i>et c’est fait avec des sacs poubelles que j’ai découpé, et avec des bouts de papier ligné. Graphiquement c’est différent, peut-être d’une certaine manière le propos se rejoint, mais il y a quand même une dimension engagée, voire presque journalistique dans les deux genres de BD.</p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Quels sont vos projets futurs?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>MH</b>: Là je travaille sur un prochain projet de BD. C’est encore le début, je suis en train de regarder des idées, choisir, construire le scénario donc je n’ai pas trop envie d’en parler encore car c’est à ses débuts. Mais ça devrait sortir bientôt. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Et comment était l’ambiance de l’équipe éditoriale à l’époque?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>MH</b>: On faisait des cabanes à sucre, c’était génial! Une bonne communauté aussi. On se retrouvait, il y avait déjà beaucoup de Français de France qui venaient à Montréal, et c’était une manière pour eux de se retrouver, de rencontrer des Québécois car c’était vraiment mélangé entre les francophones, qui pouvaient se sentir isolés dans tout l’univers de McGill.&nbsp;</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Où ça? Où ça?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/21/ou-ca-ou-ca-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 13:24:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28258</guid>

					<description><![CDATA[<p>À la découverte des endroits insolites de Montréal</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Bibliothèque Mordecai-Richler</b></span></p>
<p class="p1">Montréal compte plus d’une quarantaine de bibliothèques publiques réparties à travers la ville. Ces dernières s’avèrent bien pratiques lorsque l’on recherche un lieu tranquille pour travailler loin des cafés surpeuplés et des allées encombrées de McLennan. La bibliothèque Mordecai-Richler en fait partie.</p>
<p class="p3">Située sur l’avenue du Parc au coin de la rue Saint-Viateur elle a trouvé refuge en 1992 dans les murs de l’ancienne église de l’Ascension. Il y règne donc une ambiance studieuse sous ses boiseries et ses vitraux datant du début du 20ème siècle où des étudiants et des habitants du quartier se partagent l’espace.</p>
<p class="p3">Non loin des cafés du Mile End les plus distraits pourront aisément prendre une pause bien méritée et profiter de tout ce dont les alentours ont à offrir tandis que les plus studieux se satisferont de la zone café se trouvant au rez-de-chaussée.</p>
<p class="p3">Mais plus qu’un espace d’étude la bibliothèque Mordecai-Richler est aussi un élément clé de la vie communautaire du quartier: au premier étage sa salle polyvalente se transforme régulièrement en un point de rassemblement grâce à l’organisation de conférences et d’activités diverses. Ainsi dans les semaines à venir vous pourrez, par exemple, assister à <i>Mémoires du Mile End</i>, une série de conférence qui revient sur l’histoire mais aussi les enjeux du quartier ou encore au <i>Projet de Ruche d’art</i>, une initiative montréalaise qui vise à créer des endroits où l’art est utilisé comme un moyen d’inclusion selon l’identité des quartiers et leurs communautés.</p>
<p class="p3">- Dior Sow</p>
<hr>
<p class="p3"><strong>Café Aunja</strong></p>
<p class="p1">Si vous souhaitez changer un peu d’air et expérimenter un nouveau café et des nouvelles saveurs, vous devez vous rendre au Café Aunja. Situé sur la rue Sherbrooke, à deux pas du Musée des Beaux Arts des Montréal, cet endroit est idéal tant pour retrouver vos amis que pour aller étudier. C’est un café iranien, où l’ambiance est apaisante et jeune. Le luminaire, avec ses petites guirlandes d’ampoules, disposé sur le plafond fait de l’effet et nous plonge dans une atmosphère chaleureuse.</p>
<p class="p3">Le meilleur dans tout ça, c’est que régulièrement le café tient des expositions d’artistes. Cela ajoute à la décoration et orne très joliment l’endroit. Vous pourrez même en acheter si l’une d’entre elles vous tape dans l’œil. Des petits bijoux originaux d’artistes sont également disposés dans le café, qui tentent notre porte-monnaie. Côté boisson, leurs thés sont exceptionnels. Ils sont présentés dans des pots Mason, avec des doses généreuses de pétales des fleurs, de véritables bouts de fruits, des herbes aromatiques et autres en fonction du thé que vous choisissez. Si leur goût ne vous suffit pas, cela vous fera tout de même une très belle photo pour votre <i>Instagram</i>.</p>
<p class="p3">Café Aunja propose également une belle sélection de pâtisseries faites maison, avec des changements quotidiens en fonction du gâteau du jour. Le café propose également régulièrement des événements ou des ateliers. Récemment, ils nous invitaient à fêter avec eux le nouvel an perse, ou alors à venir peindre des œufs de Pâques. L’ambiance, le dynamisme et leurs produits vous charmeront à coup sûr.</p>
<p class="p3">- Louise Kronenberger</p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Les Puces St-Michel</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">O</span><span class="s1">n parle souvent des boutiques de vêtements vintage dont Montréal regorge, mais plus rarement de ses marchés aux puces. <i>Le Délit</i> a profité de sa semaine de relâche pour s’aventurer au bout de la ligne bleue du métro, terminus Est, et déambuler au marché aux puces St-Michel. Il s’agit d’un des plus grands de la région, avec plus de cent stands, où l’on se perd facilement dans ce qui est assurément la caverne d’Ali Baba du quartier St-Michel. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ces stands, pour la majorité tenue par des soixantenaires, offrent bricoles en tout genre. Des simples étalages de bijoux de grand-mères aux stands emplis de jeux vidéos et des <i>game boys</i> de notre enfance, il faut prendre son temps pour découvrir les singularités de chaque étalage. Il y a aussi l’embarras du choix si on désire re-décorer son condo style rétro et décalé. On va également aimer parcourir de vieilles revues — politiques mais pas que… — des années 60. Côté lecture, un kiosque est consacré aux livres, recueils et bibliothèque de la Pléiade et offre un large éventail de choix. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quand faut-il venir? Le marché est ouvert le vendredi, samedi et dimanche mais l’on vous recommande de venir la fin de semaine car certains stands sont fermés le vendredi. Si vous comptez y aller lors de votre pause procrastination, prévoyez-vous une plage conséquente et chargez-vous de patience pour trouver la perle rare parmi certains étalages un peu sans dessus dessous. Enfin, dernier conseil: n’hésitez pas à marchander!&nbsp;</span></p>
<p class="p3">- Chloé Mour</p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1"><b>La Société Textile</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">V</span><span class="s1">ous avez sûrement entendu parler du concept d’anti-café, comme celui de Place des Arts, un des premiers à s’être installé à Montréal. Le principe est simple et innovant: on paye à l’heure (en moyenne trois dollars et jamais plus de dix dollars la journée) et bénéficie ainsi d’un espace de travail plus «<i>comfy</i>»<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>que les cafés réguliers, de wifi illimitée, ainsi que de boissons chaudes et froides, et voir même de petits snacks. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Au coin de l’avenue du Parc et du boulevard St-Joseph, au cœur du quartier du Mile End, trois amies ont décidé de mettre à profit leur passion du tricot pour ouvrir un anti-café dédié à la couture et aux travaux textiles. Les habitué-e‑s du quartier ont déjà pu entrevoir les grands plans de travail au travers des larges devantures vitrées du café, nommé «La Société Textile», qui permet également d’achever des ouvrages non nécessairement textiles. L’endroit parfait donc pour les étudiant-e‑s lassés des cafés traditionnels. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Sont également à disposition trois machines à coudre pour cinq dollars de l’heure et une autre machine pour les personnes plus expérimentées pour dix dollars de l’heure. Ce café chaleureux se veut un espace de co-travail et de partage, est aussi un magasin où trouver laine, fils, tissus et autre matériel de couture que les gérantes obtiennent de divers artisans engagés. Enfin, des évènements sont organisés régulièrement: ateliers de couture 101, projets de broderie ou encore création de mitaines à partir de vieux chandails de laine (ce mercredi 22 mars)… il y en a pour tous les goûts!&nbsp;</span></p>
<p class="p3">- Chloé Mour</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le vêtement, sans genre, sans temps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/le-vetement-sans-genre-sans-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 15:59:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28124</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Pedram Karimi, un incourtounable de la mode montréalaise. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/le-vetement-sans-genre-sans-temps/" data-wpel-link="internal">Le vêtement, sans genre, sans temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><span class="s2"><b>e Délit (LD):</b> <i>Peux-tu te présenter? Comment as-tu intégré le milieu de la mode? Quel est ton parcours?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Pedram Karimi (PK):</b> Je suis né en Iran et j’ai grandi en Autriche. Je suis ensuite parti à Londres pour une formation en coiffure. Là-bas je suis tombé amoureux et je voulais absolument rester, du coup quand j’ai fini ma formation j’ai postulé pour des études de marketing en création de mode à la<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>London College of Communication</i>. Un an après j’ai réalisé que je préférais plus l’aspect design donc j’ai créé un portfolio et j’ai postulé au programme de design.C’est comme ça que je suis rentré dans le domaine. Après trois ans, je n’avais plus les moyens de rester, donc je suis parti au Canada. Je suis resté dix mois à Toronto avant de partir faire un programme intensif de deux ans au Collège Lasalle. En sortant de là-bas aucune compagnie <i>mainstream</i> ne voulait me donner du travail. Donc une de mes amies, Julie Bérubé, qui était ma mentor à Lasalle et qui est maintenant directrice de <i>Field of Ponies</i> à Londres m’a dit «Pourquoi ne te lancerais-tu pas tout seul? Tu es déjà bon dans ce que tu fais, tu t’en fous de ces personnes qui ne veulent pas t’employer». C’est comme ça que j’ai décidé de créer ma propre marque.</span></p>
<p class="p3">(Consultez le lien ci-joint en bas de page)</p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Quelles sont tes sources d’inspirations?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK:</b> Au début c’était mes amis et surtout mes sœurs. L’une d’elles a quatre ans et demi de moins que moi et on est très proches. Quand elle a déménagé ici, elle était ma muse et je m’amusais à l’habiller. Elle volait toujours mes vêtements, tandis que moi j’allais fouiller dans son placard. Cette forme d’androgynie, de neutralité, de fluidité du genre dans mon travail vient du fait que on utilisait chacun les vêtements de l’autre. </span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 685px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-28126 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/03/shoot-685x1000.jpg" width="685" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/03/shoot-685x1000.jpg 685w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/03/shoot-330x482.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/03/shoot-768x1121.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/03/shoot-850x1241.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 685px) 100vw, 685px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Stutterglitch X Pedram Karimi</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Comment définirais-tu ta marque de vêtement?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK:</b> C’est sans distinction de genre (<i>gender-free</i>, <i>ndlr</i>) et il n’y a pas d’attachement quelconque. C’est très neutre, tu peux en faire ce que tu veux.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Est-ce que ça suit certaines tendances tout de même?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK:</b> Les femmes qui me suivent, elles en suivent oui. Mais j’ai commencé il y a sept ans et depuis c’est toujours la même chose. Il y a sept ans je portais et je créais les mêmes genres de vêtements que je porte et crée aujourd’hui. Bien que je vienne d’Iran, je ne perçois pas cela comme une des influences de mon travail. Je n’ai pas grandi entouré de kaftans et de tuniques. La simplicité dans mes créations vient davantage d’Autriche car c’est un endroit où les gens sont très minimalistes, les gens ont un look très garçon manqué et simple. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Aujourd’hui tu penses faire des vêtements pour qui?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>Je fabrique des vêtements pour n’importe quelle personne qui possède un esprit moderne. J’aime voir des individus<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>adopter<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>mes vêtements minimalistes<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>et les adapter à leur propre garde robe et leurs propres styles. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Tes vêtements ne ciblent pas un genre spécifique donc. Quelle est donc ta vision sur le genre et la mode?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>La mode, beaucoup de modes sont toujours guidées par le genre. Les gens disent «Oh c’est tellement féminin! Oh, c’est tellement masculin!». Dans ma dernière campagne de mode, j’ai mis des hommes avec des tenues douces, dans un style ballet avec des pointes et des sous-vêtements presque féminins. Je pense que c’est important de créer la confusion. J’aime l’idée d’ignorer cet aspect genré et créer sans penser à ce qui est masculin ou féminin. De plus en plus aussi, depuis ma seconde collection, j’utilise de la dentelle pour les hommes et c’est intéressant. N’y a‑t-il pourtant pas plus féminin que la dentelle? </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Que penses-tu de l’industrie de la mode aujourd’hui? Est-ce toujours aussi genré ou a‑t-elle évolué? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK</b>: L’industrie devient de plus en plus horrible. Elle est détenue par ces énormes entreprises comme H&amp;M qui poussent à ce qui il y ait plus de collections, de modes. Avant il y avait les collections Printemps/Été/Automne/Hiver et de quatre on est passé à huit puis seize collections par année qui deviennent des micro-collections. C’est devenu une machine à faire de l’argent, comme un rat sur sa roue qui va à toute vitesse. Beaucoup de designers commencent toutefois à se rebeller. Ces tendances n’ont plus de direction, elles ne sont plus signifiantes. Qu’est-ce que la mode? Les gens font bon leur semble désormais car c’est devenu saturé, il n’y a plus rien d’excitant. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Il y a clairement une composante politique dans ton travail. Est-ce que d’après toi la mode se doit d’être politique? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>Je pense qu’elle a toujours été et le sera toujours. C’est une conversation entre ce qui se passe dans le monde et la réaction des artistes, des individus. Parfois la conversation aboutit à une entente. Les gens sont d’accord et vont suivre. Tandis que parfois les gens s’opposent. C’est un dialogue entre le pouvoir en place et notre pouvoir. C’est bien que nous ayons une voix pour nous exprimer. En Iran par exemple, ou d’autres pays islamiques, les corps sont recouverts et on ne voit que le visage. Ce visage est rempli de maquillage et d’expressions car c’est la seule chose que l’on voit et la personne s’approprie cette partie visible. Il y a toujours un moyen de s’exprimer malgré le fait que les gouvernements ou les sociétés cherchent à réprimer et dicter nos modes de vie. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Quel est le futur de la mode selon toi?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>Je pense que de plus en plus que les designers comme moi cherchent à savoir d’où viennent nos matières premières. Ma marque est d’inspiration végétalienne. J’utilise des matériaux recyclés à partir de bouteilles en plastique, appelé polyester. Ça ressemble à du cuir mais ça n’en n’est pas, et c’est très cher. Mais pour revenir au futur de la mode, je la vois devenir davantage pratique et rationnelle. Les entreprises qui produisent les tissus auront peut-être des équipe de designers qui créeront eux-mêmes les formes, etc. Tel que Zara qui a opté pour un modèle d’entreprise d’intégration verticale. Ils font donc les choses eux-mêmes et sont plus rapides. En dix jours seulement ils peuvent mettre sur le marché un produit. J’entrevois donc des entreprises de fabrique de tissu, comme de coton organique ou lin, qui commenceront à présenter leurs propres collections et les gens achèteront. Car de plus en plus les clients questionnent et cherchent des produits durables. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Le monde de la mode est souvent perçu comme très élitiste et déconnecté du monde. Qu’en penses-tu?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>Je pense au contraire que c’est très connecté. Toutefois, en ce moment l’inspiration vient de la rue, et les marques qui récupèrent ces styles et en font quelque chose de luxueux, elles, elles sont déconnectées. Elles vont vous vendre un t‑shirt qu’on peut trouver à l’Armée du Salut, l’acheter à deux dollars, y ajouter un petit élément, et vous le vendre à 200 dollars. D’autre part, le monde est de plus en plus occidentalisé. En Corée du Sud par exemple, il y a trente ans, sûrement que les habitants portaient des vêtements traditionnels. Aujourd’hui, leurs enfants portent des habits à la mode, occidentaux. Et beaucoup de familles de nouveaux riches sont prêts à dépenser pour ces vêtements et en ont les moyens. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Qu’en est-il de l’industrie de la mode à Montréal?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK</b>: Il n’y pas vraiment d’industrie de la mode ici. Il y a trente ans, il en existait une et elle était réputée et beaucoup de vêtements étaient produits ici, 70% du marché nord-américain. Maintenant, il n’y a plus rien de produit localement, mis à part les petits designers comme moi. La seule qui réussit à préserver son héritage est Marie St Pierre. Elle est dans le milieu depuis plus de trente ans et arrive toujours à vendre et se renouveler. Autrement, c’est dur de se faire de l’argent, il n’y a pas de scène ici.</span></p>
<p class="p3">(Consultez le lien ci-joint en bas de page)</p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Y‑a-t-il beaucoup de femmes dans le monde de la mode?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>PK: </b>Pas vraiment. C’est pour ça que j’adore Miuccia Prada. C’est une survivante, elle est là et sort des collections de jupe sur jupe sur jupe (<i>rires</i>.) Elle est féministe et est très cool. C’est la seule femme au milieu de tous les grands noms de la mode. Mais oui, c’est un monde dominé par l’homme!&nbsp;</span></p>
<hr>
<p>Pedram Karimi présentera une installation, un miroir haut de 8 pieds en collaboration avec le Centre Phi, lors de la <em>Montreal Fashion Tech&nbsp;</em>le 30 mars à 17h au musée McCord.</p>
<p class="p3">Pour plus d’informations:<br>
https://www.facebook.com/events/357320327973817/</p>
<p class="p3"><strong>Field of Ponies:</strong></p>
<p>https://www.fieldofponies.com/</p>
<p><strong>Marie St Pierre:</strong></p>
<p>https://www.mariesaintpierre.com/</p>
<p><strong>Lien vers le label de Pedram Karimi</strong>:</p>
<p>http://www.pedramkarimi.com/</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/le-vetement-sans-genre-sans-temps/" data-wpel-link="internal">Le vêtement, sans genre, sans temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Briser les murs du son</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/briser-les-murs-du-son/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 15:30:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre Berlin et Istanbul, DJ Ipek mixe par delà les stéréotypes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><span class="s2"><b>e Délit (LD)</b>: <i>Pourriez-vous vous présenter brièvement? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ Ipek (DI)</b>: Mon nom est Ipek İpekçioğlu, mon nom de scène est DJ Ipek. Je suis née en Allemagne et j’ai grandi en partie en Turquie mais surtout en Allemagne. J’ai étudié l’assistance sociale et pendant mes études j’ai commencé à «DJ», c’était il y a 22 ans. Depuis je travaille en tant que DJ, créatrice, productrice et je fais aussi du <i>management</i> culturel. Et je fais aussi des <i>workhops</i> à travers le monde. Je suis aussi une activiste, en particulier au sein de la scène immigrante. Je fais partie de la seconde génération d’immigrants turcs en Allemagne ainsi que de la scène immigrante LGBTQI (Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transexuel·le, Queer et Intersexué·e, <i>ndlr</i>.) mais aussi de la scène artistique. Je travaille aussi avec le <i>Antioch College</i> en Ohio au sein de leur programme d’études du genre et études féministe depuis une quinzaine d’années. De plus, j’écris des textes et des <i>essays</i> sur les identités hybrides et les groupes de pairs. Et je suis aussi membre du <i>female pressure network</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Pouvez vous nous dire quelques mots à propos de ce dernier?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DI</b>: <i>Female pressure</i> est un réseau international et une base de données de personnes s’identifiant comme femmes qui sont des musiciennes, des artistes plastiques, des productrices, des DJs etc… qui sont partout dans le monde. On communique entre nous via courriel. On discute par exemple du sexisme au sein de la scène musicale électronique. Autre exemple, on essaye de créer une base de données qui rassemble des informations sur les politiques des festivals électro lorsqu’il s’agit de sélectionner ou pas des artistes femmes. On fait aussi des compilations pour supporter des mouvements féministes, comme par exemple les Pussy Riots. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Comment tu définis ta musique?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DI</b>: J’aime appeler ma musique <i>ecclectic berlinistan</i>: éclectique parce que ce n’est pas que de l’électro, j’aime la diversité, je passe de sons folks à des sonorités plus électroniques et je DJ des musiques du Moyen-Orient mais aussi des Balkans et de l’Asie du Sud-Est. Je mixe toutes les langues et tous les styles. J’adore danser et j’adore les danses folkloriques donc il y a ça aussi! C’est pour ça que mon public a ou apprend à avoir une compréhension diversifiée de la musique. C’est important d’introduire les gens à de nouvelles sonorités!</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Qu’est ce que vous considérez comme les plus grands défis aujourd’hui pour les femmes et les autres groupes marginalisés quand il s’agit de se lancer dans les industries créatives?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DI</b>: Et bien maintenant c’est beaucoup facile qu’avant c’est sûr! Au niveau du matériel c’est par exemple beaucoup plus facile aujourd’hui de devenir DJ. Mais en tant que femme on ne reçoit toujours pas beaucoup d’offres pour mixer. Et moi par exemple j’ai choisi de ne pas DJ seulement dans la scène LGBTQI car ça reste très limité pour moi et je ne veux pas me mettre de barrières. Je n’ai pas envie d’être un DJ «niche» et je me rends compte que dans mon style musical je suis une des seules femmes encore aujourd’hui. Donc oui, il y a plus d’accès technique, mais au niveau de la formation c’est encore compliqué d’y avoir accès. C’est pour ça que je donne des <i>workshops</i> pour les femmes, pour faciliter l’accès et aussi enlever certaines peurs et mythes que les femmes ont vis-à-vis du milieu. </span></p>
<p class="p3"><b>LD</b>: <i>Est ce que vous avez l’impression que la marginalisation est encore plus forte dans le monde de la musique électronique?</i></p>
<p class="p3"><b>DI</b>: Oui parce que en plus c’est un monde assez cloisonné en général: il y a beaucoup de sous genres et les DJs restent vraiment dans leur type de musique. Alors que par exemple la pop est plus ouverte à des influences extérieures. Donc oui, et en plus de ça la scène électro est dominée à 95% par les hommes, ils reçoivent de meilleures compensation financières et de meilleures offres et ont beaucoup plus confiance en eux.</p>
<p class="p3"><b>LD</b>: <i>Et pourquoi votre activisme est important pour vous?</i></p>
<p class="p3"><b>DI</b>: Et bien j’ai grandi en Allemagne et bien que je ne me voyais pas forcément comme une immigrante à la base. Il faut quand même dire que l’Allemagne reste un pays assez monoculturel, du coup ils m’ont «appris» que j’étais <span class="s2">une immigrante. Lorsque j’ai réalisé que je ne faisais pas vraiment partie de ce pays je suis devenu plus en plus consciente de mon identité: j’avais l’air différente, je parlais différemment, etc. Puis je me suis rendu compte de mon lesbianisme donc ça a apporté une autre dimension à mon identité. En Turquie il faut faire face à de l’homophobie, etc. Et en Allemagne à du racisme, du à un passage d’une monoculture à une culture plurielle, dynamique. Du coup il y a toujours eu une sorte d’épée de Damoclès au dessus de moi. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Pensez vous que l’art devrait être lié à l’activisme politique?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DI</b>: Ce n’est pas pour tout le monde, il y a des gens qui ne sont pas forcement liés au problèmes politiques. Il y a aussi le problème que si certains artistes venaient à devenir politiques ils perdraient de leur popularité. Donc beaucoup n’ont peut-être pas le droit d’être trop politique. L’art peut être juste de l’art mais pour moi c’est ma décision d’utiliser ma position et mon influence pour avoir un impact autour de moi. Aussi minime qu’il soit. C’est pour ça que je fais beaucoup de projets politisés. Par exemple lorsque 1200 personnes se sont fait gazés en Syrie – j’étais en Irak à l’époque j’ai fait un <i>recording</i> en mémoire. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Quelles sont vos projets futurs?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DI</b>: J’en ai pleins! Je travaille toujours sur mon album (<i>rires</i>). J’aimerais écrire un livre aussi sur mes expériences mais ça j’ai encore le temps. Je crée aussi des festivals, en ce moment je travaille sur un festival qui s’appellera <i>Displaced, Replaced</i> entre Berlin et Istanbul pour parler des mouvements migratoires qui se passent de plus en plus.&nbsp;</span></p>
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		<title>Noire et fière?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/21/noire-et-fiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Feb 2017 14:37:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une identité ambiguë. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">orsque l’on m’a demandé d’écrire sur l’identité noire, j’ai longuement hésité. Je suis née et j’ai vécu pendant 18 ans au Sénégal. Autant dire que pendant 18 ans, je ne me suis que très peu arrêtée sur la question de ma couleur de peau. C’est vrai, qu’après tout, je faisais partie de la norme. En arrivant à McGill, j’ai très vite réalisé que ce n’était plus le cas: qu’il s’agisse des exécutifs du <i>Black Student Network</i> me prenant la main durant <i>Orientation day</i> en promettant de me donner le numéro d’une tresseuse — Saint Graal en terre occidentale — ou encore de la dizaine de regards qui se tournaient vers moi pendant le <i>race workshop</i> de ma résidence, oui, décidément, je me suis retrouvée entourée de signes clignotants: «Tu es noire».<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Ce serait mentir que de dire que c’est une étiquette que j’ai refusée, non, je l’ai adopté et j’ai mis un pied dans cette communauté Mcgilloise. Ethiopie, Barbades, Kenya, Canada, États Unis… j’étais fascinée à l’idée d’échanges avec des gens si différents, mais pourtant si similaires. <i>#BlackLivesMatter</i>, panafricanisme, <i>Black History Month</i>… j’étais captivée par cette soudaine politisation de ma couleur.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Une culture noire universelle?</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Alors que parler de culture «blanche» ou «asiatique» m’avait toujours paru ridicule, j’ai toujours eu des difficultés à démentir l’existence d’une culture «noire». Mais c’est durant ma première année à l’Université que je me suis réellement interrogée sur l’existence d’une culture «noire» possiblement universelle. À McGill, je me suis retrouvée face à une communauté d’individus aux parcours de vie radicalement différents. Mais ils parlaient de leur enfance comme s’ils avaient grandi dans la même ville, ils écoutaient la même musique et se passionnaient pour les mêmes causes… et pourquoi? En quête de réponses, j’ai donc demandé autour de moi.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 667px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-27827" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/02/S-blackness1-667x1000.jpg" alt width="667" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/02/S-blackness1-667x1000.jpg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/02/S-blackness1-330x495.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/02/S-blackness1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/02/S-blackness1-850x1275.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/dior-sow/?media=1" data-wpel-link="internal">Dior Sow</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p6"><span class="s1">Pour Reem Bushara, étudiante de deuxième année en provenance des Bermudes, la réponse est sans équivoque: «<i>Oui, la culture noire existe, et cela je ne l’ai réalisé qu’en venant m’installer ici. Je me suis rendue compte que mes expériences que je considérais comme typiques de la vie bermudienne noire était en fait partagées et comprises par tous mes amis noirs à Mcgill, qu’importe la nationalité. Je pense que nous sommes tous influencés par notre éducation, et alors que nos origines sont différentes, nos modèles d’éducations eux sont très similaires</i>».<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Il s’agirait donc en réalité de certaines valeurs et attitudes universellement transmises dans les communautés noires, et ce, notamment à travers l’éducation au sein du foyer. Parmi les exemples cités figurent souvent l’attitude face aux aînées, une notion de famille qui s’éloigne de la cellule mononucléaire, ou encore des expériences de vie aussi banales que celle du salon de coiffure. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">En échangeant avec ces étudiants noirs, je me suis néanmoins rendue compte de la réelle division entre Africains et Africains-Américains. Ginika Ume-Onydo est nigérienne, mais est née aux États Unis et a passé une grande partie de sa vie à Toronto. Lorsqu’elle est arrivée à McGill, elle a ressenti une réticence de la part de la communauté africaine à la considérer comme l’une des leurs. Selon elle,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>les africains forment une microsphère au sein de la communauté noire mcgilloise qui a parfois des réticences à s’associer avec ceux qui ont été élevés en Occident. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">La culture «noire» serait donc moins homogène que l’on ne le croit. Selome Gizaw est éthiopienne et a vécu entre Washington et Addis Ababa. Pour elle, la culture africaine ne fait pas partie de ce qui est vu aujourd’hui comme la culture noire: «On ne peut parler d’une culture noire homogène qu’en Occident, ici on projette sur nous de manière implicite qu’on est noir et qu’on devrait se comporter et agir comme tel. Même si tu viens d’Afrique, en arrivant ici, tu vas finir par t’associer à la culture afro-américaine et l’assimiler mais ça n’a rien à voir». Elle ajoute aussi que «parler d’une culture noire de manière générale laisse aussi la porte ouverte à l’appropriation au sein même de la communauté. En tant qu’éthiopienne, que tu sois noir ou blanc, je ne vais pas apprécier de te voir te balader dans un habit éthiopien par effet de mode. Du coup, je ne parlerais pas d’une culture noire mais peut être bien d’une connexion noire». </span></p>
<blockquote>
<p class="p6">Pour beaucoup, McGill représente ainsi le point de départ de leur fierté noire. Un sentiment qui cohabite toutefois avec une certaine culpabilité: celle de sembler communautariste.</p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’émergence d’une conscience noire. </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1"> Il y a en effet des différences à l’intérieur de la communauté noire que j’ai moi même ressenties, mais que j’ai vu se manifester davantage sur le plan de la «conscience noire» que sur le plan culturel. En parlant avec d’autres personnes venant de pays majoritairement noirs, nous nous sommes rendus compte que venir ici nous a soudainement confronté à une conscience et une politisation de notre couleur de peau. Alors que notre identité se définissait principalement au travers de notre nationalité, la question de race est tout à coup entrée en jeu. S’engager, avoir une voix politique, combattre…Entourée par des personnes ayant vécu des situations de marginalisation, à McGill c’est la fièvre au corps que l’on s’est mis à dessiner des poings levés et à cliquer «Intéressée» sur Facebook à tout les événements «<i>Black Talk</i>», «<i>Black Panel</i>», «<i>Black 5 à 7</i>»…Jusqu’au moment où la question s’est posée: «<i>Too Black ? Too Proud?</i>». Avons-nous même cette légitimité, nous qui avons grandi dans un environnement où nous n’avons jamais ressenti la différence? Sheree Marshall vient du Kenya, elle dit sur son arrivée à McGill que «<i>lorqu’on arrive içi on scande tous «</i>Black Power<i>» moi je n’ai jamais été exposée dans ma vie à une situation d’oppression, mais à McGill j’ai rencontré des gens qui l’ont étés. Même si parfois je me suis retrouvée submergée, je ne pense pas qu’il faudrait arrêter de parler de race. Juste parce que j’ai été assez privilégiée pour grandir quelque part où je n’ai jamais eu à être confrontée à ça, cela ne veux pas dire que l’expérience d’autres personnes n’est pas valide</i>». Une expérience qui m’est moi même inconnue, mais dont j’apprends un peu plus chaque jour, comme lorsque j’ai parlé à Chidera Ihejirika, Nigériane ayant vécu principalement à Alberta. Elle a vécu Mcgill comme une libération: «<i>Je n’ai pas côtoyé de personnes noires en grandissant et en conséquence, pendant une partie de mon enfance, j’ai rejeté cette aspect de mon identité. Depuis, c’est comme si je me battais pour la reconquérir. Pour moi, c’est devenu très politique. En venant ici j’ai pu rencontrer des gens avec des expériences communes et cela m’a énormément aidée.</i>»</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Pour beaucoup, McGill représente ainsi le point de départ de leur fierté noire. Un sentiment qui cohabite toutefois avec une certaine culpabilité: celle de sembler communautariste. En écrivant cet article, je me suis ainsi rendue compte que le sentiment de gêne que je ressens lorsque je suis entourée uniquement de personnes noires est en fait partagé par l’ensemble de mes connaissances. Ensemble sur une table à Mclennan, assis sur <i>Lowerfield</i>, ou dans la ligne de Quesada, il y a toujours l’impression de dénoter, et il faut le dire: une certaine peur du regard de l’autre. Pour Selome Gizaw, ce sentiment est<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>très intense: «Je me dis toujours que j’ai l’air de ne vouloir côtoyer que des personnes noires, ce qui est totalement faux. Ça me suis vraiment partout». Aussi, pour beaucoup d’étudiants venant d’Afrique, changer de pays c’est devenir une minorité visible, et être confronté à un nouvel environnement ou l’on se retrouve contraint de redéfinir son identité.&nbsp;</span></p>
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		<item>
		<title>De sa plus belle encre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/14/de-sa-plus-belle-encre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2017 14:54:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27739</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Dave Z. James, tatoueur et producteur du festival Ink’n’Road.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><span class="s2"><b>e Délit (LD):</b> <i>Est-ce que vous pourriez vous présenter brièvement ?</i> </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Dave<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Z. James (DJ):</b> Bah c’est pas compliqué, je suis maître tatoueur, cela fait 25 ans que je pratique l’art du tatouage. J’ai pas mal bourlingué dans ma vie,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>j’ai voyagé dans une cinquantaine de pays grâce au tatouage! Je suis aussi propriétaire d’Encre Sacrée qui est un collectif d’artistes du Québec, on a deux studio pour le moment et nous en ouvrirons sûrement deux autres dans le courant de l’année. Et en même temps je produis: je suis producteur de deux shows, Le <i>Ink’n’Road</i> et maintenant cette année du <i>Montreal Ink</i>. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD:</b> <i>Comment est né le festival </i>Ink’n’Road<i>?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> Ce festival est né après des années de réflexion. En fait le concept du festival ce n’est pas un concept que nous avons inventé, c’est un concept qui est repris d’un festival américain qui a eu lieu pendant dix ans qui s’appelait le <i>Ink-N-Iron</i> aux États-Unis qui marchait très très bien et au Québec c’était le moment, dix ans plus tard, de faire quelque chose comme ça. Ça a été un super bon succès: on a eu 6 000 personnes la première année et cette année on en attend 15 000. Ce n’est pas juste une convention de tatouage c’est vraiment un festival de <i>Custom Culture</i> donc ça regroupe vraiment tout ce qui est la customisation en général c’est-à-dire autant sur les <i>bikes</i> que sur les autos que sur le corps. Là on a 200 artistes tatoueurs prévus et on aura à peu près cette année 400 exposants de tous bords et en plus de la musique. On essaie de montrer quelque chose qui a vraiment de la gueule et qui va rester au long des années. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Est ce que vous pensez qu’aujourd’hui c’est important de donner une visibilité à cette scène culturelle?</i> </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> Oui bien sûr, parce que en plus on est chanceux au Québec d’avoir des artistes de folie! Que cela soit dans le <i>lettering</i>, dans la customisation de chars, de <i>bikes</i> etc. On a des gens qui sont connus mondialement donc nous notre but c’était de les mettre en valeur!</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">On essaie de montrer quelque chose qui a vraiment de la gueule et qui va rester au long des années.</p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Votre passion du tatouage est venue comment?</i> </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> J’ai découvert le tatouage quand j’étais jeune. Je devais avoir cinq ans à peu près, mes parents avaient un bar en France et juste à côté il y avait un studio de tattoo et du coup je suis tombé dedans quand j’étais tout petit. C’est quelque chose qui pour moi est plus qu’un métier, c’est une passion carrément ! </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Qu’est ce que vous pouvez nous dire à propos de la culture du tatouage à Montréal? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> Montréal c’est une des villes d’Amérique du Nord où le tatouage a explosé depuis des années. On avait déjà des <i>shops</i> de tattoo à Montréal dans les années cinquante. C’est une ville qui a toujours été très ouverte là-dessus depuis l’époque des marins et des militaires! Ça continue comme ça depuis des décennies et à mon avis ça continuera encore parce que cela fait vraiment partie de la culture des montréalais!</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Il y a de plus en plus de gens qui se tatouent: la dernière fois les chiffres en France disaient que plus de 50 % des personnes voulaient se faire tatouer et un peu moins l’étaient. Que pensez-vous de cet engouement?</i> </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> À mon avis c’est vraiment le côté artistique qui a crée cet engouement là, quand les femmes sont rentrées dans le monde du tattoo ça a aussi été un réel tournant parce qu’avant ça le tatouage était vraiment réservé aux hommes. Puis avec l’évolution du matériel et des artistes maintenant c’est rendu à un art et plus seulement de la décoration corporelle.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">Je militerais toute ma carrière pour que les tatoueurs soient reconnus en tant qu’artistes.</p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Et donc pour vous aujourd’hui le tatouage est considéré comme un art? Parce que je sais qu’il y a encore beaucoup de réticence dans les milieux culturels à accepter le fait que le tatouage puisse être un art.</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ: </b>Pour moi c’est le dixième art, c’est mon avis personnel et je militerais toute ma carrière pour ça, parce que je veux que les tatoueurs soient reconnus en tant qu’artistes. Quand tu crée quelque chose de toute pièce c’est de l’art, que tu peignes sur une toile, une voiture, un immeuble ou sur un corps ça revient au même. C’est juste la technique qui est différente. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Et dans cette optique est ce que vous pensez que le tatouage doit être le résultat d’une réflexion? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ: </b>Ça dépend de la personne qui le porte tu sais, il va y avoir des gens qui auront des coups de tête sur des choses et qui vont être capable de les garder pendant des années. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de gens aussi qui font des tatouages sur des impulsions et qui ne les supportent pas après avec le temps. Maintenant après je pense que c’est vraiment une expérience personnelle avant tout! Avec les clients on est jamais sûrs: est ce qu’ils vont tripper la dessus encore des années ou est ce que c’est juste éphémère, c’est dur à dire. Notre clientèle, on cherche beaucoup à l’orienter. On n’est pas juste là pour faire des tattoos. Si quelqu’un arrive et demande un tatouage à un endroit comme les mains ou le visage moi déjà personnellement je ne le fais pas parce que je trouve que c’est un suicide social. J’ai moi même la moitié de la face de tatouée et j’ai 25 ans de métier, j’ai attendu 25 ans pour le faire et même au jour d’aujourd’hui c’est dur à porter. </span></p>
<blockquote>
<p class="p5">Au Québec, on a des gens qui sont connus mondialement, notre but c’était de les mettre en valeur!</p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>Cela vous arrive donc de refuser certains projets?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">DJ: Oui bien sûr je refuse du monde tous les jours. Souvent c’est parce que le projet artistique nous intéresse moins donc là on oriente vers des artistes qui sont plus spécialisés, parfois c’est directement au sein de notre club ou alors ça se fait avec d’autres tatoueurs qu’on connaît. On va essayer d’orienter les gens par rapport à ce qu’ils veulent. Quelqu’un qui vient me voir et qui me demande du traditionnel polynésien je ne vais pas le lui faire parce que c’est un style de tatouage qui est hyper codifié donc à partir de là…Après tout ce qui est symboles racistes il ne faut même pas nous en parler, ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse. D’un côté on essaie quand même d’être assez cool avec les gens parce que le but c’est de faire plaisir à la personne, c’est elle qui va porter le tatouage et vivre avec au final. Mais d’un autre côté c’est aussi notre devoir de parfois dire non. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">LD: <i>Et du coup pour finir comment voyez vous l’évolution de </i>Ink’n’Road<i> ou encore du </i>Montreal Ink<i>?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>DJ:</b> C’est sûr que nous, pour être franc, c’est des festivals qu’on met en place, on fait venir beaucoup de gens de l’étranger etc. On a vraiment envie de se mettre dans le circuit des conventions internationales et qu’ils soient reconnus à travers le monde c’est clair!&nbsp;</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nouvelle vague du rap montréalais</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/nouvelle-vague-du-rap-montrealais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2017 15:49:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27597</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit est allé à la rencontre du très prometteur groupe d’hip hop, Adhoc. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><b>e Délit (LD)</b><i>: «Pouvez-vous vous présenter?» </i></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>James Campbell (JC)</b>: «Alors nous sommes Adhoc: Oren, Junaid et moi James, ce sont les deux vocalistes et moi je suis le producteur.»&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Junaid Hussain (JH)</b>: «Oren et moi sommes colocataires depuis un bon moment déjà et on faisait toujours des <i>freestyles</i> ensemble. À l’époque où Adhoc a été créé je travaillais sur un E.P (<i>Extended Play</i>) en solo occasionnellement et James produisait déjà des instrumentaux et un jour alors qu’on trainait ensemble on s’est retrouvés à faire une session de <i>jam</i>. En est sorti quatre chansons dont «<i>China White</i>» qui est notre plus grand succès à ce jour. Adhoc était né.» </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>«Vous faisiez de la musique avant d’arriver à McGill?»</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>JC</b>: «Oui, mais jamais je pensais en faire quelque chose de sérieux dans ma vie. J’avais bossé dans un camp d’été à Toronto pour apprendre aux enfants à produire de la musique, jusque-là ma seule expérience musicale professionnelle. Mais ouais, aucun d’entre nous ne pensait à une carrière artistique avant Adhoc.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>Oren Lefkowitz (OL)</b>: «J’ai commencé à rapper quand j’avais 14–15 ans et c’est devenu sérieux pour moi à partir du lycée. Je ne l’assumais pas car je trouvais ça un peu embarrassant. Je m’y suis vraiment mis à fond, mes notes ont chuté (<i>rires</i>), tout ce que je voulais faire c’est du rap. Quand je suis arrivée à McGill, à un moment j’ai pris une pause de un an et demi pour me concentrer sur l’écriture. À l’époque je vivais avec Junaid et on faisait pas mal de <i>freestyles </i>ce qui a changé mon approche du rap car avant je me concentrer beaucoup sur les paroles et moins sur le <i>flow</i> et le rythme. C’est Junaid qui m’a mis dedans.» </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>«Quelle est votre plus grande influence musicale?»</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>JH</b>: «L’artiste que j’écoute le plus, qui je pense est extraordinaire et que j’essaye d’imiter d’une certaine façon c’est Kanye West. Il y a aussi Travis Scott et Kid Cudi qui m’influencent pas mal.» </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>OL</b>: «Kanye West m’influence beaucoup aussi, c’est grâce à lui entre autres que je me suis intéressé au rap. Mais actuellement Andre 3000 de Outkast est probablement ma plus grande influence, je suis obsédé par ce gars. Et j’adore Chance the Rapper ou encore Oscar Peterson!» </span></p>
<p class="p3"><b>JC</b>: «Je pense pas que vous voulez que je réponse à cette question les gars (<i>rires</i>). Justice est ma plus grande influence musicale, c’est mon groupe préféré; l’aspect grandiose et cinématique de leur musique m’impressionnent. Mais sinon j’écoute beaucoup de pop, comme Taylor Swift, Michael Jackson ou encore Katy Perry. Et bien sûr j’écoute beaucoup de hip-hop.»</p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>«Quels sont vos projets actuels et futurs?</i></span><span class="s4"><i>»</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>JH</b>: «Au début on s’était mis la pression pour sortir un gros E.P d’ici septembre…» </span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>OL</b>: «On a d’ailleurs réalisé un E.P entier mais on ne l’a jamais sorti» </span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>JH</b>: «Ouais, on avait la pression pour faire un E.P., ça nous stressait vraiment et un jour notre ingénieur du son nous a proposé de sortir des <i>singles</i>, et on s’est dit «Wow trop bonne idée!». Du coup maintenant notre stratégie est de sortir nos chansons par vague. Tous les deux-trois mois on espère pouvoir sortir environ une chanson par semaine. Du coup chaque vague est comme une sorte de mini E.P. En ce moment on travaille sur la deuxième «vague». On a aussi tourné notre premier clip vidéo y a pas longtemps et on fait quelques concerts, à Toronto, on espère New-York bientôt et Montréal en mars.» </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD</b><i>: «Vous avec des projets sur le long terme?»</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>OL</b>: «On a un stock de chansons qu’on accumule pour un potentiel gros projet mais on a pas envie d’en faire un juste pour en faire un, dans lequel il n’y aurait que quelques bons <i>singles</i> et du remplissage.» </span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>JC</b>: «Ouais, il faudrait que ce soit une idée cohésive, qu’on ait une raison d’assembler ses chansons. Un peu comme l’idée de Justice, que le tout soit meilleur que la totalité de ses parties, mais on a pas de plans comme tels pour l’instant.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s5"><b>OL</b>: «Je ne veux pas faire perdre de temps aux personnes qui suivent notre groupe et écoutent notre musique. Je veux juste qu’on sorte des projets pour lesquels on est 100% à fond, et personnellement je veux que chaque moment de ce projet soit crucial. Et actuellement on ne peut pas mettre autant d’attention sur un projet.»</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>LD: </b><i>«Que pensez-vous de la sous-représentation des femmes dans le hip-hop?»</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>JC</b>: «C’est une grande question.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>OL</b>: «C’est définitivement un problème. Les femmes sont parmi les meilleurs rappeurs, enfin de manière évidente, comme Lauren Hill qui a une énorme influence. Je pense que Young M.A aussi est une boss: avoir une figure queer comme ça dans le hip-hop qui ne se justifie pas et que tout le monde suit, c’est super stylé! J’espère que ça va changer, j’aimerais tellement voir plus de femmes rappeuses. On a été dans certaines situations avec des potes où j’ai remarqué une dynamique particulière: les gars qui ne savent pas trop rapper se sentent plus à l’aise quand ils font du <i>freestyle</i> dans un cercle que les femmes qui ont autant, voire plus de talent qu’eux. C’est un espace dans lequel les hommes sont plus confortables à être merdiques que les femmes, qui elles ne ressentent pas nécessairement ce privilège.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s6"><b>JC</b>: «Je pense que c’est symptomatique d’un problème plus large dans le hip-hop à savoir la misogynie ambiante dans ce milieu musical. On entre dans un milieu où il est permissible de dire certaines choses à propos des femmes alors que ce n’est pas normal…»</span></p>
<p class="p3"><span class="s6"><b>OL</b>: «…ce qui est aussi symptomatique de la misogynie dans le monde!» </span></p>
<p class="p7"><b>LD: </b><i>«Y a‑t-il une portée politique dans votre rap? Pensez-vous que le rap devrait avoir cette portée de manière générale?»</i></p>
<p class="p3"><b>JH</b>: «Je pense que les deux jouent un rôle important pour chacun. Dans notre musique, on s’inspire de nos expériences et on a écrit des textes politiques, mais on ne les a pas sortis, on se sentirait inconfortables de le faire. On n’évitera jamais l’aspect politique, mais on ne va pas nécessairement se forcer à être politique dans nos textes.»</p>
<p class="p3"><b>OL</b>: «Selon moi, un art brillant est un art qui réussit à faire les deux. Il réussit à la fois à divertir mais aussi à véhiculer des idées sur la résistance par exemple. Juste pour vous parler un peu de notre chanson «<i>Paradise Loft</i>» — qui montre bien ma philosophie en tant qu’artiste — et qui pourrait avoir un impact positif. Je suis juif et Junaid est musulman, et le seul fait que nous soyons amis, dans le même groupe de musique, pour certaines personnes est déjà problématique. Dans la chanson «<i>Paradise Loft</i>» on parle de comment nos culpabilités religieuses s’entrecroisent. Je m’identifie comme queer ou bisexuel et cette chanson parle de «<i>getting high with the devil</i>» et en gros je parle de «pécho des gars sur <i>Grindr</i>». Je suis tout à fait à l’aise avec cela mais je ressens tout de même un peu de honte et de culpabilité qui viennent sûrement de mon bagage religieux.»</p>
<p class="p3"><b>JH</b>: «Moi mon couplet parle surtout de <i>getting high</i>: pas avec le diable mais de manière littérale. Et ça entre en conflit avec le fait que je sois musulman pratiquant. Malgré ma croyance, je continue à faire des choses dont j’ai conscience que je ne devrais pas faire selon la religion.»</p>
<p class="p3"><b>JC</b>: «Il y a une interlude dans la chanson: «Vous voulez que je prie cinq fois par jour mais ça ne me laisse pas le temps de faire la fête». C’est un bon résumé!»</p>
<p class="p5"><b>LD: </b><i>«Que faites-vous de l’idée selon laquelle le rap ou l’art en général doit émaner d’une situation de conflit, d’une lutte?»</i></p>
<p class="p3"><b>JC</b>: «C’est une très bonne question! Je ne pense pas que ce soit nécessaire mais le rap est une forme de récit et toutes les bonnes histoires ont besoin d’une sorte de conflit pour que ce soit intéressant. Tu pourrais faire une chanson du genre «Voici ma journée tralali tralala», mais bon…(<i>rires</i>). Je pense que ça mène à de plus grandes questions: avons-nous besoin du malheur pour trouver le bonheur, est ce que Dieu peut exister sans le diable? Les deux existent simultanément! Peut-on sentir l’un sans sentir l’autre. Au fond, la lutte reflétée dans la musique est celle de la condition humaine.</p>
<p class="p1"><span class="s1">À voir aussi:&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/nouvelle-vague-du-rap-montrealais/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/nouvelle-vague-du-rap-montrealais/</a></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/27543/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/27543/</a></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/le-rap-cetait-mieux-avant/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/le-rap-cetait-mieux-avant/</a></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/rappeurs-de-mcgill-et-alentours/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/rappeurs-de-mcgill-et-alentours/</a></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/heroines-des-temps-modernes/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/heroines-des-temps-modernes/</a></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/un-artiste-engage-et-engageant/" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/un-artiste-engage-et-engageant/</a></span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Où ça? Où ça?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/31/ou-ca-ou-ca-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 14:49:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27454</guid>

					<description><![CDATA[<p>On le sait, la vie culturelle à Montréal est foisonnante. Il est toutefois parfois difficile de savoir où se rendre après avoir visité le MAC et s’être déhanché-e au Belmont. L’équipe Culture vous propose donc chaque semaine des endroits culturels qui valent le détour et feront plaisir à votre portefeuille. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">u 3451 de la rue St-Denis, coincé entre une librairie et un restaurant, se trouve un bistro qui ne semble pas assujetti aux effets néfastes du temps. Le comptoir du Petit Bar a été ouvert au grand public il y a des décennies, par un Suisse qui voulait en faire un lieu de musique. Depuis, sa bande de potes et lui s’y retrouvent tous les soirs pour boire des verres et occuper à tour de rôle la petite scène. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour quelques dollars, vous pouvez y aller n’importe quel jour de la semaine et boire un verre ou deux, en écoutant un ami de la maison jouer de la chanson française (comprenez, francophone). Si vous y restez un peu, on vous tapera la discute à tous les coups, et alors vous rencontrerez rapidement la bande au complet avec qui vous pourrez boire, rire, et chanter.&nbsp;</span></p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1">3</span><span class="s1">72 Sainte Catherine Ouest: au milieu des magasins, un immeuble à la façade discrète abrite au troisième étage SKOL : un centre d’artiste à but non lucratif qui sert d’espace d’accueil à des expositions sortant des sentiers battus. L’espace est petit mais exploité au maximum ce qui nous permet d’avoir une expérience courte mais dense. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Coup de cœur pour «Paysages Internes» qui est présentée actuellement: cette exposition regroupe plusieurs œuvres d’un collectif d’artistes syriens qui retranscrivent avec poésie les réalités du conflit. De la photo, de la vidéo et des dessins qui servent de medium d’expression à ces opposants au régime qui n’ont même plus d’ateliers. L’entrée est gratuite ce qui en fait le détour parfait durant vos virées shopping sur Sainte Catherine.&nbsp;</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le pouvoir des clichés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/24/le-pouvoir-des-cliches/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2017 15:42:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27342</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Candice Pantin: bloggeuse et photographe. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">N</span><span class="s1">ée et élevée à Montréal, des parents trinidadiens, Candice Pantin est à l’image de la ville: jeune, dynamique et aux influences diverses. Elle est à l’origine du site web <i>I Like I Wear</i> («<i>J’aime, je porte</i>», <i>ndrl</i>), une plateforme dédiée entre autres à la diffusion d’images qui naissent de son travail de photographe, directrice artistique et styliste. Elle utilise aussi ses réseaux sociaux pour mettre en place une narration visuelle qui s’articule autour de la connaissance de soi et du climat social ambiant. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Prête à s’emparer de toutes les opportunités elle a fait de Montréal son terrain de jeu: «<i>C’est une ville très vibrante culturellement</i>, dit elle, <i>c’est un endroit exceptionnel pour trouver de l’inspiration, il y a aussi énormément d’individus ici qui expriment leur créativité!</i>» Cette jeune femme qui se décrit comme spirituelle de nature souhaite avant tout créer un contenu qui se base sur l’inclusion et et dont la valeur s’estime au travers des liens qu’il crée.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">elle a voulu représenter l’universalité de ces sentiments et montrer comment l’amour de soi se cultive avant tout en nous-mêmes</p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Au nom de la femme </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans ses séries photographiques «<i>Conversation with my selves</i>» et «<i>Project your magic</i>» elle s’interroge ainsi sur l’idée de la conscience de soi: comment définissons-nous notre identité, comment pouvons-nous évoluer tout en restant fidèle à nous-mêmes? Ses photos sont des odes à la femme, celle qui avance avec force et sérénité. Pour Candice Pantin «<i>Nous nous ressemblons plus que nous le pensons, nôtre dénominateur commun est ancré dans l’amour et le fait d’être aimé et nous continuons d’avancer pour, je pense, sentir que nous sommes importants…</i>». </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À travers ces portraits elle a voulu représenter l’universalité de ces sentiments et montrer comment l’amour de soi se cultive avant tout en nous-mêmes, dans l’espoir d’encourager son public à consciemment faire de même.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Son travail a aussi une dimension contextuelle: il se pose comme une réponse à ses expériences mais aussi celles des femmes et des minorités. C’est ainsi que lui est venu l’idée de sa série «<i>Yes Black Girl, You Are Magic</i>»: l’été dernier — alors que les tensions politiques et sociales liées au mouvement <i>Black Lives Matter</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>attégnaient leur paroxysme — elle se retrouve au cœur d’un incident qui l’expose simultanément à la misogynie et aux préjugés raciaux de ses pairs. Elle nous confie que suite à cela elle a voulu réaliser un éditorial visuel pour montrer comment ces discriminations étaient toujours omniprésentes pour les femmes noires: «<i>Il y a un parallèle entre l’importance de l’album Lemonade de Beyonce et la raison pourquoi </i>#BlackGirlMagic<i> n’est pas seulement un hashtag désinvolte mais un rappel nécessaire du double fardeau que portent les femmes noires. Il ne faut pas oublier que malgré tout elles continuent de s’élever et de briller.</i>». </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Elle ajoute ensuite que son but n’est pas d’exclure les autres genres — ou même les femmes qui ne sont pas noires — de la conversation mais plutôt d’ouvrir le dialogue et faire comprendre que nous sommes égaux dans notre désir de reconnaissance. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Et le futur ? </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quand on lui parle de l’avenir Candice se montre assez enjouée: «<i>Pour 2017 j’espère pouvoir présenter ma première exposition de photos qui serait un commentaire social, je vais aussi réaliser beaucoup plus de portraits et travailler avec des marques qui ont un éthos et un regard sur la mode similaire et pour le reste c’est aux mains du pouvoir divin!</i>».&nbsp;</span></p>
<p class="p3">Site web : ilikeiwear.com&nbsp;<a href="http://ilikeiwear.com/style/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">&nbsp;</a></p>
<p class="p3">Instagram : ilike.iwear<a href="https://www.instagram.com/ilike.iwear/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">&nbsp;</a></p>
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		<title>Le retour de la tribu</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/28/le-retour-de-la-tribu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2016 15:38:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouvel album de A Tribe Called Quest réalise une prouesse. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après 18 ans d’absence et de spéculations, A Tribe Called Quest nous a livré le 11 novembre dernier leur album final We got it from here…Thank you 4 your service. Enregistré peu de temps avant la disparition de Phife Dawg, un des membres fondateurs du groupe, cet opus est une dernière réunion au sommet qui signe leur départ par la grande porte. Formé au milieu des années 1980 dans le Queens, A Tribe Called Quest est avant tout l’histoire d’un hip-hop aux influences jazzy qui a su repousser les limites du sampling (réutilisation d’un échantillon musical, ndlr) et faire du partage d’un message le cœur de son projet musical. Ce dernier album reste fidèle à l’ADN du groupe, sans pour autant sonner comme un voyage dans le temps, dédié aux enfants des années 1990. Au contraire, il réalise la prouesse de se placer comme une des sorties rafraîchissantes de 2016 et d’une scène hip-hop marquée par l’avènement de la trap (un rap à base de basses lentes et d’egotrips).</p>
<p><strong>Entre pouvoir des mots…</strong></p>
<p>Lorsque que l’on mentionne A Tribe Called Quest, il est difficile de ne pas avoir à l’esprit la dimension profondément politique de leurs chansons qui, à travers la rime, explorent habilement et intelligemment les réalités d’une société américaine profondément divisée. Le groupe, figure phare des années 1990, semble avoir été façonné par cette décennie tumultueuse, où les violences policières envers les Afro-Américains ont réouvert les blessures des années 1960. Alors que des manifestations éclataient à travers le pays et en particulier à Los Angeles, le hip-hop a su se nourrir de cette frustration et s’est posé comme le porte-parole d’une jeunesse en plein doute. Cette «âge d’or» du rap, celui où au micro les MC (les «maîtres de cérémonies», ndlr) criaient à pleins poumons leurs revendications, n’est que trop souvent évoqué avec nostalgie par certains amateurs du genre qui voient dans le récent sacre du «bling bling» une utilisation presque perverse de son pouvoir. Est-ce donc pour faire face à cela que A Tribe Called Quest est sorti de son exil? C’est ce à quoi le titre de l’album, «On s’en charge maintenant… Merci pour vos services», semble faire allusion; comme si le groupe revenait taquiner ses successeurs pour mieux les remettre dans le droit chemin. Une interprétation qui tient la route lorsque l’on pense aux événements qui ont marqué 2016,&nbsp;qu’il s’agisse de la résurgence des tensions raciales aux États-Unis ou de la récente élection de Donald Trump. L’album se pose en effet presque comme un commentaire de ces dernières années, une visée qui est annoncée dès la première chanson, Space Program. On réentend avec émotion dans cette chanson les voix de Q‑Tip et de Phife Dawg se répondre mutuellement et discuter de la gentrification et de l’ostracisation des communautés afro-américaines. Une critique continuée sur We the People, le premier single de l’album où la voix lancinante de Q‑Tip reprend sur le refrain le discours de la campagne de Trump et le désir de ce dernier de voir les minorités ethniques, religieuses et sexuelles quitter le pays. Si l’on compte encore des chansons comme Whateva Will Be, Kids…, The Killing Season ou encore&nbsp;Conrad Tokyo&nbsp;c’est donc une large partie des seize titres de l’album qui vient s’ajouter au répertoire engagé et afro-centriste du groupe, qui continue de frapper par la pertinence de son discours.</p>
<p><strong>…et passation de pouvoir.</strong></p>
<p>A Tribe Called Quest parle aussi dans cet album de musique, de continuité et d’héritage. On nous offre des samples magnifiquement orchestrés qui vont de Elton John et Michael Jackson à la bande son de Charlie et la chocolaterie. La disparition de Phife Dawg est aussi au cœur de certains titres, un album posthume où ses confrères lui rendent hommage, qu’il s’agisse de son partenaire Q‑Tip dans Lost Somebody ou son collaborateur de longue date Busta Rhymes dans The Donald. Dans cet opus, on célèbre le passé mais aussi le futur car, au milieu de cette discussion sur l’évolution du rap, A Tribe Called Quest ne va pas se ranger aux côtés des défenseurs de la doctrine du «le rap c’était mieux avant». Au contraire: dans le morceaux Dis Generation ils partent en croisade pour, justement, cette nouvelle génération et font un clin d’œil à ceux qui font le rap d’aujourd’hui: Talk to Joey, Earl, Kendrick, and Cole, gatekeepers of the flow disent-ils en faisant référence aux jeunes artistes chez qui ont ressent leur influence. Une reconnaissance qu’ils mettent en pratique dans We got it from here…Thank you 4 your service en collaborant sur certains morceaux avec Kendrick Lamar ou encore Kanye West. Un dernier album qui finalement tient lieu de passation de pouvoir entre les monstres sacrés du hip-hop et leurs successeurs, et qui vient les réconcilier aux yeux du public. Cette visée de l’album nous pousse à nous demander si certains phénomènes contemporains comme la trap ne serait pas finalement le nouvel exutoire d’une jeunesse qui vit par procuration une mobilité sociale rêvée, mais que le système leur refuse.<br>
Le rap comme force cathartique a donc survécu du Queens des années 1990 à celui d’aujourd’hui, face à une société qui n’a pas réussi ces dernières décennies à combler les vides qui séparent classes, races et générations. Comme nous le rappelle la voix de Phife Dawg dans Solid Wall of Sound les grandes chansons font tourner le monde et avec We got it from here…Thank you 4 your service, il a encore de quoi tourner.</p>
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		<title>À la guerre comme à la mer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/15/a-la-guerre-comme-a-la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2016 15:03:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les soeurs Coulin et Soko nous présentent leur dernier film, Voir du pays. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><i>P</i></span><i>rimé au </i>Festival de Cannes 2016 <i>dans la sélection </i>Un certain regard, <i>le film </i>Voir du Pays<i>, de Delphine et Muriel Coulin, était présenté au </i>Festival Cinémania&nbsp; <i>le 9 novembre dernier. Soko et Ariane Labed y intérprètent Marine et Aurore, deux jeunes militaires. À leur retour d’Afghanistan, l’armée les installe avec leur section dans un hôtel de luxe chypriote sensé leur permettre d’oublier la guerre avant leur retour à la société civile. À travers leur exploration de ce sas de décompression, les soeurs Coulin offrent un regard inédit sur une guerre trop souvent oubliée. </i>Le Délit <i>est parti à la rencontre des deux réalisatrices de Soko.</i></p>
<hr>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)</b><i>: Ce film est une adaptation de votre livre. Pourriez-vous nous parler du processus d’adaptation? Le moyen d’expression du cinéma vous a‑t-il permis d’explorer de nouvelles perspectives que le livre n’offrait pas?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Delphine Coulin (DC):</b> Le livre en fait, il est construit comme une pâte feuilletée qui alternerait la période où les deux filles se connaissent nouent une amitié hors-norme puis décident de s’engager dans l’armée, la période où elles sont en Afghanistan et où c’est la guerre, et la période du sas&nbsp;qui est explorée dans le film. C’est une alternance entre les trois périodes. Quand on s’est posé la question d’adapter avec Muriel on s’est dit assez vite que rajeunir les actrices n’était pas quelque chose qui nous intéressait, souvent c’est raté dans les films — donc on a éliminé la partie en Bretagne de l’adolescence — et on voulait encore moins prendre deux actrices, parce que l’on perdrait en empathie pour les personnages. On voulait se concentrer sur Soko et Ariane. Les scènes de guerre, ça a été fait un million de fois dans les films, et ô combien réussi par des maîtres du cinéma, donc on n’avait pas envie de s’y coller non plus. Et en plus, la partie la plus pertinente, avec des outils d’image, c’était la partie du sas, parce qu’il y a tout un questionnement sur le voir, l’image, est-ce qu’une image peut changer la vie, est-ce qu’une image peut guérir. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD:</b><i> Le film propose un regard particulier sur le corps. Soko, comment vous êtes-vous préparées physiquement et psychologiquement? Comment avez-vous abordé la question du corps en tant que réalisatrices?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Soko:</b><i> </i>C’est très important pour elles, le corps, justement. Elles voulaient filmer les peaux, les corps abîmés, comment rentre-t-on d’une expérience comme ça. On s’est entrainées avec les garçons avant à Paris avec une coach, qui est devenue sophrologue, mais qui était dans l’armée et qui, après sa carrière de militaire, a fait beaucoup de sas. Elle a fait une dizaine de sas, et donc elle a vu beaucoup de gens rentrer de mission complètement défaits. C’est marrant parce qu’elle nous racontait beaucoup d’anecdotes de gens à qui elle faisait faire des exercices de sophrologie, et il y en a pour qui ça marchait super bien, qui arrivaient à se détendre. Elle voyait la différence entre le moment où ils arrivaient et celui où ils repartaient du sas. Et pour d’autres ça ne marchait pas du tout. Leurs corps étaient restés en Afghanistan. Et du coup, on s’est beaucoup entraînées avec cette femme, qui nous a beaucoup parlé de ça. C’était très important pour les filles de filmer ça.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD:</b><i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Est-ce que ça a rendu le tournage éprouvant?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Soko: </b>C’était hyper éprouvant, oui. En tout cas pour moi. C’est un rôle qui est tellement à l’opposé de ce que je suis dans la vie, je suis complètement anti-violence et tout d’un coup je joue une fille très violente, très masculine, qui doit vraiment être un petit bonhomme pour arriver à survivre dans un milieu dominé par les hommes, et où il n’y a pas de place pour la vulnérabilité… Comme moi dans ma vie je suis quelqu’un de très émotionnel et, justement, très à fleur de peau, et je n’ai aucun problème à parler de mes émotions, d’un seul coup de jouer une fille qui est tout, tout, tout à l’intérieur et qui ne veut rien laisser paraître c’était très, très difficile pour moi. En fait, j’ai vécu le film un peu comme mon personnage, j’étais en déni à propos du fait que je n’allais pas bien, aussi. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point elle allait pas bien. En acceptant le film, je m’étais dit «oui», j’étais très consciente que l’on faisait un film sur le syndrome post-traumatique, mais je niais complètement qu’elle n’allait vraiment pas bien quoi. Donc les filles, leur indication principale pendant le film c’était «non mais plus <i>grumpy</i>, plus <i>grumpy</i>» (<i>rires</i>). Je ne me rendais pas compte qu’elle n’allait pas bien à ce point. Donc c’était un peu traumatisant émotionnellement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>C’est un film qui explore aussi la culture extrêmement masculine de l’armée, le dénigrement constant des femmes dans cet environnement. Comment est-ce que vous avez voulu aborder cette question difficile?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>DC: </b>En fait pour moi ce n’est pas tellement différent dans l’armée que dans le reste de la société, seulement dans l’armée ça se voit beaucoup plus et donc au cinéma c’est plus intéressant (<i>rires</i>). C’est un monde masculin par définition, où la virilité est juste la valeur première. Du coup tout le questionnement sur est-ce que l’expérience au monde est différente quand on a un corps de femme ou un corps d’homme se voit beaucoup plus dans l’armée. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Muriel Coulin (MC): </b>C’est beaucoup moins visuel. C’est moins visuel que la guerre, ou que le traumatisme de guerre dans un hôtel cinq étoiles. Il y avait tout d’un coup une confrontation visuelle où là on pouvait, en passant du militaire au civil, aborder ces thèmes-là, où justement, le sexe affleure à nouveau. En passant du militaire au civil, on avait tout d’un coup un retour aux instincts primaires.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Soko: </b>Et puis c’est ça par rapport au corps, justement les filles voulaient montrer que d’un seul coup passer de fille en uniforme, qu’on ne regarde pas, et puis elles arrivent à la plage et elles sont en maillot de bain et d’un seul coup elles redeviennent des proies.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Dans le film on retrouve des thèmes déjà présents dans votre précédent film </i>17 filles<i>: les personnages viennent de Lorient, et parlent du manque d’opportunité sociaux-économiques, qui les poussent à rentrer dans l’armée. Est-ce que ce sont des thèmes qui vous tiennent à cœur?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MC:</b><i> </i>Oui, c’est sûr. Nous, nous avons réussi à nous échapper, même si on a un lien très affectif avec Lorient. On a senti ça à deux époques différentes, parce que moi je suis plus vieille que Delphine, mais à deux époques différentes on a vraiment senti ce besoin de partir. Sans arrêt à Lorient il y a un horizon, on voit des bateaux partir, et puis c’est quand même une tradition des Bretons, de partir au loin. Nous on avait l’impression à l’adolescence que les perspectives que l’on nous proposait n’étaient pas nombreuses, et c’était de rester dans le coin, d’avoir un boulot, des enfants, bien tranquille. Nous on avait juste envie de faire exploser tout ça. Je pense que d’en parler, c’est une manière aussi de mettre quelque chose de nous dans les personnages. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD:</b><i> Le film dénonce une sorte de banalisation de la guerre… Il y a comme des décalages tout le temps, vous en parliez d’ailleurs, entre les touristes à Chypre et le groupe et militaire ou encore entre la réalité du terrain en Afghanistan et les campagnes de recrutements de l’armée que l’on voit à la télé (qui font très jeu vidéo)…</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Soko: </b>Et qui vendent du rêve!</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD:</b><i> Exactement! Et donc pour vous c’était important de sonner l’alarme sur ces phénomènes?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MC: </b>Bah oui, oui c’est important! Qu’on ait fait une guerre pendant 13 ans et qu’on n’ait pas voulu le voir, parce que à un moment donné nous sommes tous responsables quand même. C’est à dire que la guerre du Vietnam elle s’est arrêtée à un moment où ça devenait intenable parce que l’opinion publique se renverse et donc les gouvernements à un moment donné ils sont bien obligés d’écouter. Et ces guerres-là (les interventions en Irak et en Afghanistan, <i>ndlr</i>) on n’a pas voulu les voir et aujourd’hui on le paye chaque jour… La plus grande tragédie depuis la Seconde Guerre mondiale c’est la crise des migrants aujourd’hui en Europe et ce n’est pas un hasard que ces populations viennent principalement de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan où nous sommes allés faire la guerre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Aussi c’est intéressant comment, même s’il y a ce décalage entre les sociétés occidentales qui vivent dans cette sorte de petit paradis en Chypre et la réalité de la guerre en Afghanistan, ce groupe de militaire agit en somme comme une liaison entre ces deux mondes, où ils permettent à la violence de voyager de l’Afghanistan à la France…</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MC: </b>Exactement, et ce n’est pas pour rien aussi qu’il y a le plan à la fin d’échange de regards entre Ariane (une militaire dans le film, <i>ndlr</i>) et le groupe de migrants qui arrivent à Chypre. C’est qu’à un moment donné il y a comme une communauté humaine de part et d’autre. Enfin…ils sont victimes de la guerre, aussi bien les soldats que les migrants, et le point de jonction c’est ça…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Lorsqu’ils sont dans l’hôtel on a l’impression que personne n’est vraiment conscient de ce qui se passe, que leur violence se diffuse et semble presque incontrôlable…</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>DC:</b> Parce que eux ils reviennent chargés d’une violence qui va se diffuser. Nous on part du principe que la violence c’est comme l’énergie, elle se transforme mais ne parvient pas vraiment à disparaître, sauf au moment du sacrifice du bouc-émissaire. On part du principe qu’ils arrivent chargés de violence et que cette violence elle va se décharger sur les touristes et puis sur les Chypriotes et puis finalement à l’intérieur même du groupe. Et que c’est à partir du moment où il y a un acte vraiment violent qui dépasse les autres que la tout d’un coup <i>ouf</i> on prend confiance qu’on a été vraiment trop loin et qu’il faut essayer de se calmer quoi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD : </b><i>Vous êtes en tournage tard le soir, toute l’équipe est à plat: quelle chanson jouez-vous pour remotiver les troupes?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>DC : </b><i>No one’s little Girl</i> (de The Raincoats, <i>ndlr</i>) (<i>rires</i>)</span></p>
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		<title>Cinemania-que</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/08/cinemania-que/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2016 15:15:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chose principale Mal de pierres est le dernier film de Nicole Garcia, à voir absolument pendant le festival du cinéma francophone Cinémania, qui a lieu à Montréal jusqu’au 13 novembre. Adapté du roman de l’Italienne Milena Agus, c’est un film bouleversant qui parle très bien d’amour, d’apprentissage et du désir féminin. C’est aussi un&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2016/11/08/cinemania-que/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Cinemania-que</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="p1"><span class="s1"><b>La chose principale</b></span></h2>
<p class="p2"><span class="s1"><i>M</i></span><span class="s1"><i>al de pierres</i> est le dernier film de Nicole Garcia, à voir absolument pendant le festival du cinéma francophone Cinémania, qui a lieu à Montréal jusqu’au 13 novembre. Adapté du roman de l’Italienne Milena Agus, c’est un film bouleversant qui parle très bien d’amour, d’apprentissage et du désir féminin. C’est aussi un film esthétique avec des images superbes, et de belles prises de la Provence, des forêts suisses et de la Méditerranée. Les trois personnages principaux sont poignants et émouvants, joués à merveille par Marion Cotillard, Louis Garrel et Alex Brendemühl.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Marion Cotillard est parfaite dans ce rôle de femme complexe à la quête de la «chose principale», l’amour absolu. Elle est charnelle, fougueuse,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>fiévreuse. C’est une femme à l</span><span class="s2">a fois très libre dans sa manière de ressentir la vie et pourtant soumise aux choix des autres. Son personnage Gabrielle épouse un homme qu’elle pense ne jamais pouvoir aimer mais, pendant sa cure dans les Alpes, son désir se cristallise alors autour d’un autre malade, interprété par Louis Garrel. Il s’agit d’un lieutenant rapatrié de la guerre d’Indochine qui a du mal à oublier le conflit. Proche de la mort, il commence à renoncer à l’amour. Le mari de Gabrielle, José, est joué par l’acteur catalan Alex Brendemühl. C’est un espagnol taiseux qui a fui la guerre civile, et dont les très grandes qualités, telles que la générosité, la patience et l’intelligence, se dévoilent progressivement. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2">Marion Cotillard s</span><span class="s3">ublime le personnage de Gabrielle, et le rôle de l’officier blessé sied à l’élégance mélancolique de Louis Garrel. L’excellente surprise vient de l’acteur Alex Brendemühl. Tout en intériorité dans le film, son personnage intense dédie sa vie à essayer de conquérir Gabrielle, de la satisfaire, de croiser son regard. Gabrielle ne trouvera peut-être pas l’amour dont elle rêvait mais elle trouvera un amour. Les personnages masculins du film incarnent une déclinaison de cet amour qui lui manque et qu’elle va apprendre à apprivoiser. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3">Il semblerait que l’amour ne se trouve pas forcément là où on aimerait qu’il soit. C’est un film extrême, chargé d’émotion, avec des personnalités très fortes et un <i>twist</i> final tragique et somptueux. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3">-&nbsp;</span>Margaux Sporrer</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 708px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-26663 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-Mal-de-pierres-708x1000.jpg" alt="c-mal-de-pierres" width="708" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-Mal-de-pierres-708x1000.jpg 708w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-Mal-de-pierres-768x1085.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-Mal-de-pierres-850x1201.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-Mal-de-pierres.jpg 1240w" sizes="auto, (max-width: 708px) 100vw, 708px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Carlotta Esposito</span>		</figcaption>
	</figure>

<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Quand la mort permet la vie</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1"><i>R</i></span><span class="s1"><i>éparer les vivants </i>est l’adaptation par Katell Quillévéré du best-seller de Maylis de Kerangal. C’est l’histoire du cœur </span><span class="s2">du j</span><span class="s3">eune Simon (Gabin Verdet), mort dans un accident de la route. Un cœur qui, grâce à la science, se remettra à battre dans le corps de Claire, atteinte d’une maladie cardiaque. Un cœur amoureux et aimé: par sa petite amie Juliette (Galatéa Bellugi) et ses parents, Marianne (Emmanuelle Seigner) et Vincent (Kool Shen) chargés de prendre la lourde décision de donner ses organes. Un cœur qui offrira une seconde vie à Claire, magnifiquement interprétée par Anne Dorval, vivant désormais «comme une petite vieille», sa maladie l’ayant forcée à tourner le dos à la femme qu’elle aime (Alice Taglioni). Malgré la culpabilité de «vivre avec le cœur d’un mort», l’espoir d’être «réparée» lui redonne le goût de la vie et de l’amour. Enfin, c’est l’histoire d’un simple muscle pour les médecins, qui chamboulera cependant leur journée. Tahar Rahim est touchant de simplicité dans le rôle de Thomas Remige, véritable chef d’orchestre de la greffe.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Comme l’a déclaré Emmanuelle Seigner, «triste mais pas déprimant, c’est un film d’amour, doux, délicat». L’apaisante bande son, signée Alexandre Desplat, et l’absence de dialogues superflus suffisent à nous bouleverser. Sans personnage principal, c’est l’histoire d’un tourbillon de vies autour d’un cœur, ce qui permet de s’identifier avec chacun des protagonistes. Une certaine pudeur se reflète aussi dans la douceur des tons choisis par la réalisatrice. <i>Réparer les vivants </i>transmet un magnifique message d’espoir, traitant de la mort tout en donnant l’envie de vivre. Pour Emmanuelle Seigner, «quand on sort du film on a envie de donner ses organes, […] c’est magnifique de pouvoir redonner la vie».<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Sans tomber dans le voyeurisme, ce film fera sûrement réfléchir les jeunes sur l’importance du sujet, à un âge où la mort semble abstraite.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">- Colombe De Grandmaison</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-26664" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants-1000x910.jpg" alt="c-reparer-les-vivants" width="1000" height="910" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants-1000x910.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants-330x300.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants-768x699.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants-850x773.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-reparer-les-vivants.jpg 1260w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/madeleine-courbariaux/?media=1" data-wpel-link="internal">Madeleine Courbariaux</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>En scène</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e premier film de Stéphanie Di Giusto, <i>La danseuse</i> est une des projections phares de cette édition du Festival Cinemania. Il met à l’écran l’histoire de Loïe Fuller, une </span><span class="s2">artiste franco-américaine dont les créations avant-gardes lui ont permis d’accéder à une gloire fulgurante mais éphémère. Nous suivons son parcours des étendues de l’ouest américain au Paris de la Belle Époque, au grè des rencontres qui façonnent sa vie. <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp;</span></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Le film est porté par une distribution artistique d’exception: dans le rôle de Loïe, Soko nous touche de par sa sensibilité brute, qui lui évite de tomber dans le mielleux. Elle est accompagnée à l’écran par Gaspard Ulliel qui donne vie au personnage de l’aristocrate ruinée, par Mélanie Thierry et François Damien qui excellent en directeurs artistiques des Folies Bergères, et enfin par Lily-Rose Depp, qui par contre ne nous convainc qu’à moitié dans son interprétation – très dans l’évidence – de la manipulatrice Isadora Duncan. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; </span>La danseuse se distingue aussi par sa photographie époustouflante. Elle participe à la dichotomie entre les efforts physiques et psychologiques que la vie d’artiste et la création artistique imposent à Loïe et sa légèreté sur scène. Les séquences de danse que Soko a réalisé sans doublure nous montre la transition entre Loïe et «la danseuse»: un être éthéré, perdu dans ses voiles et qui s’éloigne de l’humain pour rejoindre le naturel, voire le surnaturel. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>En un peu moins de deux heures, c’est donc une belle expérience cinématographique que nous offre ce film. Avec ses sept nominations au Festival de Cannes, il révèle au grand jour le talent de sa réalisatrice et de son actrice principale.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">- Dior Sow</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-26666" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-danseuse-1000x416.jpg" alt="c-danseuse" width="1000" height="416" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-danseuse-1000x416.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-danseuse-768x319.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/11/C-danseuse-850x354.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">La Danseuse le Film</span>		</figcaption>
	</figure>

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		<title>«Je fais mes films pour défendre»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/18/je-fais-mes-films-pour-defendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dior Sow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2016 14:22:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Engagée et déterminée, la réalisatrice yéménite Khadija al-Salami nous parle de son cinéma. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><i>Le film </i>Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée <i>était projeté à Montréal dans le cadre du Festival du nouveau cinéma et est en salle depuis le 14 octobre. Il revient sur l’incroyable histoire de Nojoud Ali, une petite fille yéménite mariée de force à 10 ans et qui décide de demander le divorce. Cette histoire, c’est aussi celle de la réalisatrice Khadija al-Salami: mariée à onze ans, elle est parvenue à déjouer le destin qui lui était promis en devenant la première réalisatrice yéménite. Le Délit est parti à sa rencontre. </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)&nbsp;:</b> <i>Comment êtes-vous arrivée au cinéma? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Khadija al-Salami (KAS)&nbsp;:</b> Ça a commencé quand j’étais toute petite, j’étais fascinée par la télévision et le petit écran. Lorsque j’ai dû chercher un travail à onze ans pour m’assumer financièrement, cela m’a paru une évidence et j’ai trouvé un petit travail dans une télé locale. Puis après, quand j’ai eu ma bourse pour faire mes études aux États-Unis, j’ai dû m’orienter vers des études d’ingénieur mais mon intérêt était toujours là. Donc j’ai décidé de prendre des cours de communication avant de me spécialiser dans la réalisation. En fait, j’ai vite compris qu’au travers du petit écran on pouvait non seulement changer les choses mais aussi faire rêver et voyager les gens.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD&nbsp;: </b> <i>C’est vrai que de nos jours cela semble plus facile de toucher un grand nombre de personnes au travers d’un film plutôt qu’un livre par exemple.</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>KAS&nbsp;: </b> Exact! On dit toujours que les images sont plus fortes que les mots, et moi, quelqu’un de très timide qui ne parlait pas beaucoup, j’ai pu m’exprimer au travers de la caméra. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD&nbsp;: </b><i>Vous êtes une femme très engagée et cela se reflète dans vos œuvres qui s’articulent souvent autour de la cause de la femme au Yémen: pensez-vous aussi que le film est la forme la plus efficace quand il s’agit de défendre votre message?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>KAS&nbsp;: </b>Oui, je fais mes films pour défendre et changer les choses mais aussi pour sensibiliser les gens, et ce malgré les nombreuses personnes qui ont tenté de me décourager ou les mises en garde de mon entourage. Je n’ai jamais abandonné car j’écoute mon cœur et mon expérience m’a prouvé que c’était la marche à suivre: les Yéménites sont vraiment ravis et prêts à apprendre et changer, ils n’en ont juste pas les moyens car le gouvernement n’investit pas dans l’Éducation et ne poursuit pas d’intérêts communs.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;: </b> <i>Justement, comment êtes-vous perçue au Yémen et comment vos films sont-accueillis? Sont-ils vus?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>Oui, malgré la sensibilité du sujet et le fait que beaucoup de personnes ne veulent pas que je les montre. Je les projette malgré l’interdiction! J’ai fait un documentaire par exemple sur une femme prisonnière — c’était la première fois qu’on entrait une caméra dans une prison au Yémen, ce qui était audacieux… Et là tout le monde m’a averti que le film ne pourrait jamais être diffusé et effectivement le ministère de la Culture l’a censuré. Mais j’ai pris mon film, j’ai loué un projecteur et j’ai commencé à le diffuser dans les villages avant de finalement le présenter en ville… Mais je quittai le pays le soir même (rires). Donc je ne les écoute pas et je fais ce que je dois faire! Grâce à ce film j’ai réussi à faire annuler la peine de mort de cette femme et à la faire sortir de prison, comme quoi il ne faut jamais abandonner lorsque l’on croit en quelque chose. En plus j’étais la première à aborder des sujets très sensibles et tabous et là la nouvelle génération me suit et veut faire comme moi. Je leur souhaite du courage, car on a toujours peur du gouvernement ou pour sa sécurité, mais il faut se détacher de ces peurs pour y arriver. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;:</b> <i>Et pour revenir sur la génération future, en tant que première femme réalisatrice au Yémen: vous pensez que vous avez ouvert la voie pour d’autres cinéastes?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>Oui, j’ai l’impression, je reçois des lettres de jeunes qui disent qu’ils aimeraient bien être comme moi et je trouve que c’est bien si je donne envie aux jeunes yéménites de faire des choses. Ils me demandent des conseils et certains veulent travailler avec moi donc je trouve ça formidable!</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;:</b> <i>Pour vos films, avez-vous des difficultés à trouver des financements, étant donné que vous abordez des sujets sensibles?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>Oui c’était très difficile. Pour <i>Moi Nojoom, </i>au début, je n’avais même pas l’autorisation de faire le film car une réalisatrice française voulait le réaliser et avait derrière elle Gaumont Pathé, mais quand je l’ai appris cela m’a vraiment dérangée. Bien sûr elle aurait pu faire un très bon film mais il n’aurait pas été réalisé au Yémen et aurait eu un regard extérieur alors que pour moi ce film devait amener le changement, toucher les gens et surtout refléter la réalité. Donc je me suis battue pour avoir les droits et je les ai obtenus à la seule condition d’avoir un producteur français. Mais je n’arrivais pas à trouver les fonds, tout le monde me disait: «Qui va s’intéresser aux petites filles du Yémen?&nbsp;». Cela m’a pris 4 ans avant qu’une amie à moi décide de me financer. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;: </b><i>Dans ce film les acteurs sont yéménites, il devait donc y en avoir très peu qui étaient professionnels, voir aucun?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>Oui très peu, celui qui a joué le père travaillait déjà à la télé au Yémen mais du coup il surjouait beaucoup et il lui a fallu beaucoup de direction. Au final c’était plus compliqué de travailler avec les acteurs professionnels qu’avec les amateurs.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;: </b><i>Par exemple la petite fille qui joue Nojoud, c’était facile pour elle?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>C’est une fille intelligente, au début je ne pensais pas pouvoir trouver une petite fille et convaincre sa famille mais finalement ma sœur m’a demandé pourquoi je cherchais partout. Du coup les deux petites filles sont mes nièces et cela s’est très bien passé avec elles (rires).</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;: </b><i>Et quelles étaient les conditions de tournage en ville et dans les villages?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>C’était très dur car il n’y avait pas d’électricité et on a dû louer un générateur (qui a été plus tard kidnappé sur la route). Lorsqu’on a finalement eu un générateur on a pu illuminer un village où on a attiré l’attention car beaucoup croyaient à un miracle. Un jour un vieillard qui était impressionné est monté sur le toit de sa maison et a fait une chute fatale. On m’a accusée de sa mort et j’ai dû payer pour ses funérailles etc… Une autre fois quelqu’un a rapporté aux villageois que l’on filmait quelque chose de «mauvais». Ils sont tous venus et on a été obligé d’effacer le travail de trois jours de tournage. Mes comédiens et mon équipe en avaient marre de moi car je les emmenais dans des régions très difficiles. Et même arrivée à Sanaa filmer dans la rue restait compliqué à cause de la méfiance générée par les conflits politiques. À plusieurs reprises les gens se sont mis à nous jeter des pierres! Un jour ce n’est que <i>in extremis </i>que l’on a réussi à sauver la caméra. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;:</b> <i>Et pour finir<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>quels sont aujourd’hui vos projets futurs?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>Je travaille sur un documentaire entre la France et le Yémen et j’ai deux fictions en cours d’écriture. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD&nbsp;: </b><i>Et vous avez une préférence entre la fiction et le documentaire?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KAS&nbsp;: </b>C’est différent. Le documentaire est plus simple parce que je peux être seule avec ma caméra et me débrouiller. La fiction, elle, requiert un budget plus important car on a une équipe et des acteurs donc c’est très compliqué, et lorsque je tourne au Yémen je n’arrive pas à me concentrer sur l’esthétique. La situation ne m’en donne pas les moyens. J’aimerais bien un jour pouvoir réaliser un film, au Yémen, où je pourrais donner vie à ma vision artistique et esthétique.&nbsp;</span></p>
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