<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des 2021-02-16 - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2021-02-16/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2021-02-16/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 18 Feb 2021 18:11:22 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:59:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[association étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[associations étudiantes]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[cégeps]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[éducation supérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41926</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les associations étudiantes du reste du Québec doivent s’adapter à la nouvelle réalité, alors que les campus sont vides depuis plusieurs mois et qu’une réouverture graduelle s’entame.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La fermeture des campus depuis le mois de mars 2020 a grandement percuté les étudiant·e·s du Québec ainsi que les associations qui les représentent politiquement et leur offrent de nombreux services. Bien que la virulence de la pandémie ait varié d’une région à l’autre, aucune institution d’enseignement supérieur n’a été épargnée: l’ensemble des associations étudiantes ont dû s’adapter aux nouvelles mesures en vigueur sur leurs campus respectifs. <em>Le Délit</em> s’est virtuellement rendu à la rencontre d’associations étudiantes à travers le Québec afin d’établir un portrait de la situation à l’aube de la réouverture progressive des universités et des cégeps.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/retour-progressif-sur-le-campus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Réouverture progressive du campus à l’Université McGill.</a></em></p>



<p><strong>Une pléthore de services affectés</strong></p>



<p>La fermeture des campus et les mesures sanitaires en vigueur ont inévitablement obligé les associations étudiantes à reconsidérer et à moduler leur offre de services aux étudiant·e·s. Sandrine Desforges, secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), a confirmé au <em>Délit</em> que la pandémie a grandement influencé les services de l’association. Par exemple, le service de garderie de la FAECUM offert aux parent<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s</span>-étudiant·e·s a fermé ses portes au printemps dernier. La demande actuelle pour le service – qui a repris à l’automne selon un horaire réduit – demeure faible, car la majorité des usager·ère·s habituel·le·s suivent leurs cours en prestation virtuelle.&nbsp;L’Association générale des étudiant·e·s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE-UQTR), qui opère une halte-garderie similaire, a affirmé que le service devrait reprendre prochainement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que les associations étudiantes d’établissements en zone orange puissent rouvrir graduellement leurs services, celles en zone rouge sont encore limitées dans ce qu’elles peuvent entreprendre»</p></blockquote>



<p>L’offre alimentaire des associations étudiantes a également écopé des mesures sanitaires. En mars 2020, le mouvement des associations générales étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC) n’a eu d’autre choix que de fermer sa cafétéria, son service de traiteur, son dépanneur l’Escale ainsi que le BarUQAC. Avec le récent passage en zone orange du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Escale a toutefois pu reprendre ses activités le 8 février dernier.</p>



<p>Bien que les associations étudiantes d’établissements en zone orange puissent rouvrir graduellement leurs services, celles en zone rouge sont encore limitées dans ce qu’elles peuvent entreprendre. Le café-bistro La Chasse-Galerie de l’AGE-UQTR demeure fermé pour l’instant. À la FAECUM, sur une vingtaine de cafés étudiants opérés par les associations départementales, seuls trois se sont prévalus de la possibilité d’ouvrir leurs portes et ce, seulement pour les commandes à emporter, les salles à manger des restaurants demeurant fermées en zone rouge. Les associations départementales souhaitant rouvrir leurs cafés peuvent compter sur l’aide de la FAECUM, notamment en ce qui a trait à la commande de matériel de protection.</p>



<p><strong>L’accès aux locaux variable</strong></p>



<p>Les modalités d’accès aux campus diffèrent d’un établissement à l’autre. À l’Université de Montréal, l’accès aux pavillons est très limité. Les locaux associatifs demeurent accessibles mais seulement pour permettre aux associations de récupérer leur matériel. Il était toutefois très important pour la FAECUM d’accueillir ses étudiant·e·s sur le campus à la session d’automne. La fédération a donc insisté pour que des activités d’accueil en présentiel puissent se dérouler tout en respectant les mesures sanitaires en vigueur.&nbsp;</p>



<p>En mars 2020, le MAGE-UQAC s’est retrouvé pris au dépourvu lorsque l’Université a complètement fermé ses portes, empêchant ainsi l’association d’accéder à des documents demeurés dans ses locaux du campus. Afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise à la session d’automne, le MAGE-UQAC a déménagé ses bureaux dans un édifice du centre-ville de Chicoutimi afin de poursuivre ses activités sans encombre.&nbsp;</p>



<p>À l’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC), on nous indique que l’administration s’est montrée très collaborative en permettant aux étudiant·e·s d’emprunter des classes transformées en espace d’études. L’AGEECC jouit également de la possibilité de garder ses locaux ouverts, notamment pour la prestation de services comme l’imprimerie. Puisque les exécutant·e·s tout comme leurs collègues étudiant·e·s poursuivent leur formation majoritairement virtuellement, les services de pédagogie, notamment,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>sont surtout accessibles en ligne. Alors qu’on pouvait s’attendre à des difficultés dans le recrutement de candidat·e·s aux élections et dans l’organisation des assemblées générales à la dernière session d’automne, le président de l’AGEECC, Émile Simard, affirme au contraire que l’intérêt était présent – l’association ayant tenu de vraies élections comptant plusieurs candidat·e·s ainsi que des assemblées atteignant toujours leur quorum.</p>



<p><strong>Maintenir le contact avec la population étudiante</strong></p>



<p>Au-delà de la prestation de services, l’absence d’étudiant·e·s sur les campus amène de nombreux défis à relever aux associations étudiantes. «Ce fut un coup d’être coupé du campus», dit Antoine Bélisle-Cyr, président de l’AGE-UQTR. La présence des étudiant·e·s à l’université leur permet de découvrir l’association. À défaut de pouvoir se faire connaître pour ses services, M. Bélisle-Cyr explique que l’AGE-UQTR a été très active sur le plan politique. L’arrivée de la prestation virtuelle a contribué à créer des cas pédagogiques inédits nécessitant une plus grande présence virtuelle de l’association dans ce domaine – l’objectif étant d’assurer une défense efficace des membres. Les défis sont nombreux au MAGE-UQAC. Le secrétaire général Alexis Diard rappelle que le MAGE-UQAC est habituellement très présent sur le campus. Les étudiant·e·s ont l’habitude de venir directement aux bureaux du centre social pour poser directement leurs questions aux exécutant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les associations travaillent à offrir une vie étudiante malgré tout, notamment à travers des activités virtuelles et des spectacles»</p></blockquote>



<p>Les associations restent toutefois en contact avec leurs membres. Les courriels permettent de conserver un certain lien avec les étudiant·e·s, explique M. Diard. Les associations travaillent à offrir une vie étudiante malgré tout, notamment à travers des activités virtuelles et des spectacles. La soirée de lancement du carnaval de la FAECUM s’étant déroulée le 18 janvier dernier a réuni 700 étudiant·e·s simultanément sur Zoom, tandis que deux des associations du MAGE-UQAC ont organisé, pour la rentrée d’hiver 2021, un spectacle virtuel animé par l’humoriste Rosalie Vaillancourt.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lettre ouverte: Il faut respecter la souveraineté des Wet’suwet’en</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/lettre-ouverte-il-faut-respecter-la-souverainete-des-wetsuweten/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kasim Tirmizey]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:58:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[autochtone]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[culture autochtone]]></category>
		<category><![CDATA[cultures autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Gendarmerie Royale du Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre ouverte]]></category>
		<category><![CDATA[Wet&#039;suwet en]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41981</guid>

					<description><![CDATA[<p> McGill doit retirer ses investissements du pipeline CGL.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/lettre-ouverte-il-faut-respecter-la-souverainete-des-wetsuweten/" data-wpel-link="internal">Lettre ouverte: Il faut respecter la souveraineté des Wet’suwet’en</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il y a un an déjà, <a href="https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/1675/wetsuweten-coastal-gaslink-gazoduc-conflit-chefs-hereditaires-autochtones-grc" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la Gendarmerie Royale du Canada</a> (GRC) a dévalisé des postes de contrôle sur les territoires traditionnels wet’suwet’en. Ces descentes visaient à faciliter la construction du pipeline Coastal GasLink (CGL) de TC Energy Corporation. Cependant, elles ont aussi eu comme conséquence de provoquer des barrages et des manifestations à travers le pays en solidarité avec la nation Wet’suwet’en. Alors qu’au début de 2020, ces manifestations ont suscité des débats nationaux au sujet de l’avenir du pipeline et sur les relations entre les peuples autochtones et colonisateurs, elles se sont estompées rapidement au début de la pandémie. Ainsi, avec une couverture médiatique réduite, voire inexistante depuis le début de la pandémie, <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/coastal-gaslink-pipeline-bc-wet-suwet-en-pandemic-1.5898219" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le tiers du pipeline CGL est maintenant construit</a>.</p>



<p>En tant qu’organismes, associations et individus basés, ou autrement liés, à Tiohtià: ke/Montréal, nous sommes solidaires de la nation Wet’suwet’en dans la défense de sa souveraineté territoriale contre l’usurpation que constitue la construction du gazoduc CGL. Comme plusieurs d’entre nous sont lié·e·s à l’Université McGill, nous visons à dénoncer ici les liens financiers qu’entretient cette université avec le pipeline CGL, situé sur le territoire non cédé de la nation Wet’suwet’en.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le soutien financier et matériel apporté au pipeline de CGL par nos institutions nous paraît scandaleux»</p></blockquote>



<p>Bien que géographiquement éloignés du territoire de la nation Wet’suwet’en, nous sommes consternés que des institutions montréalaises se rendent complices de la construction du pipeline CGL. Certaines de ces connivences ont été dénoncées à l’occasion de manifestations créatives que les résident·e·s de la grande région de Montréal ont menées en <a href="https://quebec.huffingtonpost.ca/entry/manifestation-wetsuweten-montreal_qc_5e4aff6bc5b6eb8e95b137a8" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">solidarité</a> avec la nation Wet’suwet’en en janvier et février 2020. Pourtant, le projet de pipeline se poursuit à un rythme soutenu. Le soutien financier et matériel apporté au pipeline de CGL par nos institutions nous paraît scandaleux. En effet, l’Université McGill détient un investissement de <a href="https://www.mcgill.ca/investments/files/investments/cad_equities_13.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">4 770 450$</a> dans TC Energy Corporation dans son portefeuille de dotation. Or, les risques que représente la construction de ce pipeline pour la nation Wet’suwet’en rendent vitale une cessation immédiate de tout investissement de la part d’institutions telles que McGill dans le projet de TC Energy Corporation.&nbsp;</p>



<p>Profitant du fait que les réglementations sanitaires associées à la pandémie de COVID-19 limitent tant les déplacements que les rassemblements des militant·e·s qui défendent les terres, les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique ainsi que TC Energy Corporation s’empressent de faire avancer la construction de leurs pipelines. Or, les activités liées à la construction du gazoduc CGL placent les citoyen·ne·s de la nation Wet’suwet’en en situation de grande vulnérabilité, car des travailleur·euse·s extérieur·e·s à la communauté sont appelé·e·s à entrer sur le territoire, malgré les avis de santé publique liés à<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>la COVID-19. Plus tôt au cours de la pandémie, les directives sanitaires du gouvernement de la Colombie-Britannique visant à limiter les rassemblements de 50 personnes excluaient les <a href="https://the-peak.ca/2020/07/trans-mountain-pipeline-construction-continues-during-covid-19-pandemic/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">chantiers de construction</a>, considérés comme «services essentiels». Cette disposition constitue à notre avis une hypocrisie sans nom. Les risques sanitaires se sont d’ailleurs révélés bien réels en novembre et décembre 2020, lorsqu’un certain nombre de cas de <a href="https://thetyee.ca/News/2020/12/01/Wetsuweten-Call-Province-Close-Pipeline-Work-Camps/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">COVID-19</a> ont été signalés dans les chantiers de construction de pipelines sur le territoire Wet’suwet’en. Dans une <a href="https://docs.google.com/document/d/1KGqKl6Vq12KHxfQwnugQayt2Dps_eIV-LELtYXLjmmQ/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">lettre ouverte</a> adressée à la Direction de la santé publique de la Colombie Britannique le 30 novembre 2020, 22 femmes chefs de la nation Wet’suwet’en ont fait part de leurs inquiétudes quant au danger sanitaire que représentent ces camps de construction.&nbsp;</p>



<p>En outre, le gouvernement canadien continue de militariser le territoire wet’suwet’en. Des agent·e·s <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/wet-suwet-en-territory-rcmp-armed-officers-1.5633987" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de la GRC</a> lourdement armé·e·s restent présent·e·s sur le territoire des Wet’suwet’en. Nous condamnons fermement cette criminalisation des manifestations pacifiques.</p>



<p>Le mépris du droit à l’autodétermination de la nation Wet’suwet’en et de son modèle de gouvernance composé de chefs héréditaires a démontré la vacuité du discours de prétendue «réconciliation» du gouvernement canadien. Les peuples autochtones ne demandent rien de moins que la décolonisation. Un premier pas dans cette direction consisterait à respecter la décision des chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en de refuser la construction du gazoduc CGL sur leur territoire. En se désengageant des projets pétroliers et gaziers, le gouvernement libéral se donnerait aussi un moyen de respecter ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques. Une recherche authentique de solution au changement climatique respecterait l’autodétermination de la nation Wet’suwet’en.&nbsp;</p>



<p>Nous soutenons les <a href="https://unistoten.camp/wetsuweten-hereditary-chiefs-no-access-without-consent/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">demandes des chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en</a> qui exigent l’arrêt de la construction du gazoduc Coastal GasLink, le retrait immédiat de la GRC et des forces de sécurité et de police associées du territoire wet’suwet’en. Nous joignons nos voix aux leurs pour exiger que l’autodétermination des Wet’suwet’en soit valorisée dans le respect de leurs décisions, lois et structures de gouvernance. Nous ajoutons à ces demandes un appel au désinvestissement de TC Energy Corp par les institutions, dont, prioritairement, l’Université McGill.</p>



<p><strong><em>Lettre rédigée par</em></strong></p>



<p>Stefan Christoff, Animateur radio à CKUT 90.3fm, Université McGill</p>



<p>Kasim Tirmizey, B.Eng ‘03, Université McGill</p>



<p><strong><em>Avec la consultation de&nbsp;</em></strong></p>



<p>Marlene Hale, activiste Wet’suwet’en pour la justice climatique.</p>



<p><strong><em>A</em>ssociations signataires</strong></p>



<p>McGill Nurses for Planetary Health, signed co-chair Naomi Pastrana</p>



<p>Divest McGill</p>



<p>Collectif panasiatique de McGill</p>



<p>Students in Solidarity for Palestinian Human Rights McGill – SPHR McGill</p>



<p>McGill World Islamic and Middle East Studies Students’ Association</p>



<p>The Black Students’ Network of McGill University</p>



<p>Climate Justice Montréal</p>



<p>Courage Montréal</p>



<p>The McGill Arab Student Network</p>



<p>CKUT Radio, 90.3fm</p>



<p>Radlaw McGill</p>



<p>Le Ministère de la nouvelle normalité – Groupe théâtrale d’action climatique</p>



<p>The Indigenous Law Association / Association de Droit Autochtone (ILADA)</p>



<p>Students’ Society of McGill University Executive Committee</p>



<p>Climate Justice Action McGill</p>



<p>Atelier Céladon</p>



<p>Protesters Legal Information Clinic / McGill Corporate Accountability Project</p>



<p>Extinction Rebellion Justice Tiohtià:ke / Montreal</p>



<p>Women of Diverse Origins / Femmes de Diverses Origines</p>



<p>The Quebec Public Interest Research Group at McGill (QPIRG McGill)</p>



<p>McGill Students for a Free Tibet</p>



<p>McGill Stands With Hong Kong</p>



<p>Independent Jewish Voices Canada / Voix Juives Indépendantes</p>



<p>Black Rose Books</p>



<p>South Asian Women’s Community Centre</p>



<p>Indigenous Student Alliance at McGill University</p>



<p>Graduate Architecture Students’ Association at McGill University</p>



<p>SOS Territoire (GRIP UQAM)</p>



<p>Du Pain Et Des Enjeux</p>



<p>Architecture Students’ Association at McGill University</p>



<p><strong><em>Signataires </em></strong></p>



<p>01. Ehab Lotayef, IT Manager, ECE, McGill &amp; member of McGill Board of Governors.</p>



<p>02. Sandra Teresa Hyde, PhD, MPH Associate Professor McGill Anthropology &amp; Associate Fellow in Social Studies of Medicine &amp; East Asian Studies. Arts MAUT rep.</p>



<p>03. Mark S. Goldberg, PhD, Professor, Department of Medicine, McGill University Medical Scientist, McGill University Health Centre-Research Institute.</p>



<p>04. Peter E. Caines, PhD,&nbsp; FRSC, Distinguished James McGill Professor, ECE, McGill University</p>



<p>05. Michelle Hartman, PhD, Professor, Institute of Islamic Studies, McGill University</p>



<p>06. Brooklyn Frizzle, BSc ‘23, SSMU Vice-President (University Affairs), Senator of the McGill Senate</p>



<p>07. Ayo Ogunremi, BA ‘21, Vice-President (External Affairs) of the Students’ Society of McGill University</p>



<p>08. Jemark Earle, B.Mus ‘18, B.C.L./J.D. ‘22, President of the Students’ Society of McGill University &amp; member of McGill Board of Governors.</p>



<p>09. Derek Nystrom, Associate Professor of English, Faculty of Arts Senate member, McGill University</p>



<p>10. Mike George, M.Eng. 2012 in Electrical Engineering, McGill Electric Energy Systems Laboratory, Queer McGill Social Events Coordinator 2010-11.</p>



<p>11. Maria Zaslavsky, BA ‘18</p>



<p>12. Laura Dunn, MA, ‘16</p>



<p>13. Fred Burrill, BA ‘10</p>



<p>14. Zoë Thomas, MD FRCPC, Assistant Professor, Department of Psychiatry, McGill University</p>



<p>15. Danji Buck-Moore, BA 2012, MA Communications Dept 2021</p>



<p>16. Sarah Page, Licentiate ‘06</p>



<p>17. Adam Gwiazda-Amsel, BA ‘22, VP External &amp; Finance of the Philosophy Students’ Association, 2019–2020 Vice-President (External Affairs) of the Students’ Society of McGill University</p>



<p>18. Martin Lukacs, BA ‘12</p>



<p>19. Eric Lewis, Associate Professor of Philosophy, McGill University</p>



<p>20. Thomas Boucher, MA ‘21</p>



<p>21. Ella Belfer, BA ‘16</p>



<p>22. Carolin Huang, BA ‘14, Students’ Society of McGill University Researcher 2015</p>



<p>23. Tiffany Lam, BA ‘15</p>



<p>24. Shaun Weadick, MA ‘16</p>



<p>25. Fern Thompsett, former PhD student (2015–17)</p>



<p>26. Ben Stidworthy, BA ‘14</p>



<p>27. Asya Malinova, BSc ‘16, McGill University</p>



<p>28. Helen Hudson, MSc(A) ‘07</p>



<p>29. Lara Khattab, Former Lecturer at the Institute of Islamic Studies, McGill University, Instructor Carleton.</p>



<p>30. Nathan McDonnell, former SSMU Community Affairs Commissioner (2020).&nbsp;</p>



<p>31. Samuel Helguero, Law Faculty, Co-leader McGill Corporate Accountability Project and Protesters Legal Information Clinic. Member of Divest McGill.&nbsp;</p>



<p>32. Alain Mignault, PhD, Psychology 1999.</p>



<p>33. Adam Kinner, B.Mus 2007</p>



<p>34. Malek Abisaab, PhD, Associate Professor, McGill University</p>



<p>35. May Chiu, BA. 89, BCL and LLB 93, Attorney</p>



<p>36. Aziz Choudry, PhD, former Associate Professor, Integrated Studies in Education, McGill University</p>



<p>37. Clara-Swan Kennedy, Former McGill University student, sessional instructor, and current CKUT 90.3 FM host</p>



<p>38. Julia E Dyck, Host, ffiles radio, CKUT 90.3FM&nbsp;</p>



<p>39. Lucas Huang, former student and CKUT volunteer</p>



<p>40. Sam Bick BCL/LLB ‘18</p>



<p>41. Jack Solar, MISt McGill University, former CKUT Archivist</p>



<p>42. Maria Korpijaakko, Ph.D. McGill University, 2015</p>



<p>43. Omar Dewachi, PhD. Rutgers University, Department of Anthropology.&nbsp;</p>



<p>44. Megan Mericle, MA ‘13</p>



<p>45. Dorothy Yip, BA ‘21, McGill University</p>



<p>46. Devin B Waldman, former McGill student, B.M. ‘07</p>



<p>47. Freda Guttman, BFA, Artist/Activist</p>



<p>48. Eric Shragge, B.Sc 69, Social Work Professor 1974–2000</p>



<p>49. Alexia Avina, McGill University</p>



<p>50. Rebecca Foon, MUP, McGill University&nbsp;</p>



<p>51. Louis Ramirez, Hons BA ‘15</p>



<p>52. Élyse Dupras, BA 1989, MA 1991, PhD 2002</p>



<p>53. Sophie Toupin, PhD 2020, Communication Studies, McGill University&nbsp;</p>



<p>54. Lawrence Joseph, PhD 1990 Mathematics and Statistics, Emeritus Professor, Department of Epidemiology, Biostatistics and Occupational Health, McGill UNiversity</p>



<p>55. Sean Michaels, BA 2004, former Mordecai Richler Writer in Residence, McGill University.</p>



<p>56. Norman Kong, BEng. 2023, McGill University&nbsp;</p>



<p>57. Hilah Silver, BScN ‘16, PhD student, McGill University</p>



<p>58. Gwendolyn Schulman, MA 1992 and current CKUT host</p>



<p>59. Natalie Stake-Doucet, registered nurse, BNI 2014, MSc 2014</p>



<p>60. Cayley Sorochan, PhD 2018, Communication Studies, McGill University</p>



<p>61. Francoise Filion, registered nurse, assistant professor, Ingram School of Nursing, McGill University</p>



<p>62. Rebecca Mast, BScN ‘16, Graduate student, University of Ottawa</p>



<p>63. Mischa Corman-Francois, BScN 2016, McGill University&nbsp;</p>



<p>64. Claire Abraham, BA 2004, McGill University&nbsp;</p>



<p>65. Nadia Moss, Former P. Lantz Artist in Residence (2019)&nbsp;</p>



<p>66. Niko Block, BA 2012</p>



<p>67. Paul Di Stefano, B.Ed 2000, Professor, John Abbott College</p>



<p>68. Magdalene Klassen, BA 2018</p>



<p>69. Naomi Pastrana, Nursing student, McGill University</p>



<p>70. Rose Marie Whalley, B.Ed 1978, host, Older Women Live, CKUT Radio 90.3FM</p>



<p>71. Aneeka Anderson, BA ‘22, Former Co-Chair and current member of the Indigenous Student Alliance, McGill University</p>



<p>72. Amy Macdonald, MA 2013, McGill University</p>



<p>73. Sarah Boo, BEng ‘16, McGill University</p>



<p>74. Amber Gross, MSN, RN; BA ‘13 McGill University</p>



<p>75. Simone Lucas, BA, 2012, McGill University</p>



<p>76. Baijayanta Mukhopadhyay, MA 2006, MDCM 2007</p>



<p>77. Anna Savittieri, BA, 2015, McGill University</p>



<p>78. Bita Mary Eslami, McGill school of social work</p>



<p>79. Alexandre Magdzinski, RN, MSc 2017 ISoN McGill</p>



<p>80. Nick Schofield, host of CKUT Underground Sounds, McGill University</p>



<p>81. Aaron Lakoff, former News Coordinator, CKUT Radio</p>



<p>82. Cheryl Armistead, RN, Faculty Lecturer, McGill University</p>



<p>83. Robyn Fadden, MA, CKUT 90.3 FM McGill radio producer and host</p>



<p>84. David Parker, former System Administrator and radio producer, CKUT Radio</p>



<p>85. Isabelle Prevost-Aubin, McGill Student, Faculty of Engineering, McGill University</p>



<p>86. Aidan Gilchrist-Blackwood, BA “17 and MA “20, McGill University&nbsp;</p>



<p>87. Amy Darwish, BA 2003 and MA 2005, McGill University</p>



<p>88. Sativa Kawakami, Student, Faculty of Agricultural and Environmental Sciences, McGill</p>



<p>89. Rachel Schleifer, BA&amp;Sc. ‘22, Environment, McGill University</p>



<p>90. Ella Wischnewsky, BA ‘22, Urban Studies, McGill University</p>



<p>91. Thai Judiesch, BA ‘22, McGill University, Board Member at QPIRG</p>



<p>92. Samir Shaheen-Hussain, MD CM (2003), Assistant Professor, Department of Pediatrics, Faculty of Medicine, McGill University</p>



<p>93. Eden Glasman, MA ‘15, McGill University</p>



<p>94. Ian Ilavsky, former student (1988–91), former CKUT tech and on-air host (1988–99)</p>



<p>95. Jessie Stein, former research assistant</p>



<p>96. Ayesha Vemuri, PhD Candidate and MA 2016, Communication Studies, McGill University</p>



<p>97. Ella den Elzen, MArch ‘19, McGill University</p>



<p>98. Charlotte Euverman, Wet’suwet’en climate justice activist</p>



<p>99. Amber Berson, CKUT contributor</p>



<p>100. Lili Azari,&nbsp; MSW, McGill University</p>



<p>101. Allyson Rogers, PhD candidate, Communication Studies, McGill University</p>



<p>102. Chris J. Gismondi BA 2013, PhD 2024 McGill University</p>



<p>103. Debdeep Chatterjee, PhD Candidate, Concordia University</p>



<p>104. Joseph Sannicandro, MA ‘12, McGill University</p>



<p>105. Jooneed Khan, Journalist, Writer, Human Rights Activist</p>



<p>106. Saeesh Mangwani, BA ‘20, Geography and Environment, McGill University</p>



<p>107. Minoo Gundevia, Retired teacher</p>



<p>108. Portia Larlee, MSW ‘17, McGill University&nbsp;</p>



<p>109. Mitra Kazemi, MA Candidate in Art History, McGill University</p>



<p>110. Benji Nothwehr, BA 2018, MA 2021, Communication Studies, McGill University</p>



<p>111. Sadie Couture, PhD Student McGill University</p>



<p>112. Kristi Kouchakji, PhD candidate, Communication Studies, McGill University</p>



<p>113. John Commins, Instructor, McGill Faculty of Education</p>



<p>114. Sarah Carter, PhD candidate, McGill University</p>



<p>115. Nancy R. Tapias Torrado, Post-doctoral Fellow, UQAM</p>



<p>116. Rebecca L. Johnson, PhD candidate, McGill University</p>



<p>117. Faiz Abhuani, BA ’05, McGill University</p>



<p>118. Rushdia Mehreen, BCom 2002, McGill University&nbsp;</p>



<p>119. Mojeanne Behzadi</p>



<p>120. Nadir Khan, BA ‘15, MA ‘18, BCL/JD ‘20</p>



<p>121. Anniessa Antar, M.Ed; BA ‘12, McGill University</p>



<p>122. Bronwen Tucker, BA&amp;Sc ’14, 2012–14 SSMU Political Campaigns Coordinator</p>



<p>123. Andrea Palmer, BSW ’14, McGill University</p>



<p>124. Eva Margo-Dermer, Medical Student, McGill University</p>



<p>125. Guillaume Girard, biologiste, microbiologiste, Université de Montréal</p>



<p>126. Devlin Kuyek, contributor to CKUT</p>



<p>127. Dr. Jill Hanley, Associate Professor, BA ’95, BSW ’97</p>



<p>128. Harsha Walia, South Asian activist and writer based in Vancouver</p>



<p>129. Andrea Valentine-Lewis, MA, independent curator and writer based in Vancouver, BC</p>



<p>130. E. Kage, Artist based in Vancouver BC</p>



<p>131. Rach Klein, McGill University</p>



<p>132. Sandra Small, Wet’suwet’en Laksilyu Clan</p>



<p>133. Jen Gobby, PhD ‘19 (McGill), Instructor at McGill University</p>



<p>134. Natasha Klein-Panneton BA ’15 McGill University, Student Affairs Coordinator Arts Ferrier</p>



<p>135. Titas Banerjee, BA (Concordia) ‘16, member of India Civil Watch</p>



<p>136. Pasha M. Khan, PhD, Associate Professor, Institute of Islamic Studies, McGill University</p>



<p>137. Kerry Sloan, Assistant Professor, Faculty of Law</p>



<p>138. Ying-Syuan Huang, Ph.D., McGill Alumnus, 2019”</p>



<p>139. Andreas Koch, Class of 2020, Bachelor of Arts</p>



<p>140. Emily DeKlyen Silbergeld, PhD Student, McGill University</p>



<p>141. Noémie Boivin, LL.M. International Law, Université du Québec à Montréal, Faculté de science politique et de droit</p>



<p>142. Raven Spiratos, MA ‘20, Art History and Communications, McGill University</p>



<p>143. Rachel Bergmann, BA&amp;Sc ’16, MA ’19, former CKUT 90.3 FM co-host</p>



<p>144. Berson Augustin</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/lettre-ouverte-il-faut-respecter-la-souverainete-des-wetsuweten/" data-wpel-link="internal">Lettre ouverte: Il faut respecter la souveraineté des Wet’suwet’en</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réinventer le ballet blanc</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/reinventer-le-ballet-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Leana Ramirez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:56:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Art Contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[ballet]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination raciale]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Jordan Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Leana Ramirez]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[racisme systémique]]></category>
		<category><![CDATA[Vanesa García]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41951</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quand la diversité s’unit à la tradition.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/reinventer-le-ballet-blanc/" data-wpel-link="internal">Réinventer le ballet blanc</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les ballets blancs, terme technique décrivant des scènes de style romantique, spirituel et mystérieux, aux jupons vaporeux et virginaux, sont apparus pour la première fois durant la première moitié du 19<em>e</em>&nbsp;siècle et sont considérés comme l’archétype du ballet classique. Ces histoires issues du surnaturel, des sentiments douloureux et des idéaux de la vertu féminine se traduisent par une esthétique immaculée sur scène. Le corps du danseur ou de la danseuse de ballet, la blancheur de leurs costumes et l’ambiance bleutée de la scène contribuent à l’atmosphère surréelle qui règne dans la salle. </p>



<p>Pourtant, ces scènes traditionnelles, devenues des classiques dans le monde de la danse, peuvent être restrictives pour plusieurs. Cette «blancheur» ardemment recherchée par les directeurs artistiques et chorégraphes se traduit pour certains en micro-agressions. Pour d’autres, cela signifie même une opportunité de moins dans le monde professionnel de la danse. En vue des traditions européennes fortement ancrées dans la danse classique, comment peut-on s’assurer que cet art restera vivant dans un monde de plus en plus globalisé et diversifié? Selon Vanesa García et Jordan Faye, deux danseurs des Grands Ballets Canadiens de Montréal, tout commence au bas de la pyramide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Plus on grandit, plus on se développe dans le monde des adultes, et plus on perd cette innocence qui nous permet d’ouvrir les yeux sur certaines problématiques sociales»</p><cite>Vanesa García</cite></blockquote>



<p>Vanesa, de son rire contagieux, me raconte ses débuts dans le milieu; elle voulait être comme les ballerines et princesses qu’elle voyait à la télévision. Dans son Espagne natale des années 1990, elle a souvent été la seule noire parmi ses autres camarades.&nbsp; Mais elle «ne réalisait pas qu’elle était différente». Elle pense que «plus on grandit, plus on se développe dans le monde des adultes, et plus on perd cette innocence qui nous permet d’ouvrir les yeux sur certaines problématiques sociales». Pourtant, son amour pour la performance et cet art «si humain», comme elle le décrit, l’a motivée à auditionner au Conservatorio Profesional de Danza de Madrid et l’a même suivie aux Grands Ballets. Au travers de ses créations chorégraphiques, elle cherche à favoriser l’aspect humain de la danse pour raconter des histoires par le mouvement. Elle pousse constamment ses limites en utilisant ses connaissances et différentes techniques pour «trouver du confort dans l’inconfort». Du flamenco, au moderne, en passant par le <em>popping </em>et le <em>locking</em>, rien ne l’arrête pour aller au-delà de la scène et rejoindre<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>le public. Pour elle, raconter des histoires est intrinsèque à l’art de la danse. Cela passe non seulement par le mouvement, mais également par la musique, tout aussi indispensable. La musique lui fait voir directement la chorégraphie et lui permet d’utiliser les mouvements comme vaisseau pour narrer ses contes et ses messages. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image1-652x1000.jpeg" alt class="wp-image-41959"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/rosenbergjeffrey/?media=1" data-wpel-link="internal">Jeffrey Rosenberg</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Jordan, quant à lui, a grandi dans une commune à quelques kilomètres de Lyon, où sa passion pour la musique s’est rapidement liée à sa passion pour la danse classique. Lui aussi est<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong> issu d’une minorité dans la France du début du 21<em>e</em>&nbsp;siècle. Quelques années plus tard, après avoir poursuivi son parcours à l’École supérieure de ballet du Québec, il participe au <em>Youth American Grand Prix</em>, une compétition de renommée internationale invitant les danseurs les plus doués venant des quatre coins du monde à présenter diverses variations et solos. Ces compétitions permettent de mettre en valeur le talent, les efforts et le travail acharné de multiples artistes de la danse, et cela sans se préoccuper de l’image d’une compagnie ou de l’histoire d’un ballet traditionnel. Jordan m’explique&nbsp;: «Il y avait à cette compétition d’autres danseurs de couleur qui me ressemblaient. C’était la première fois que je partais avec quelques élèves de ma classe aux États-Unis et que je voyais des danseurs brésiliens, asiatiques, sud-américains.» Il réalise donc rapidement qu’il «n’était pas si spécial ni différent que ça», et que tout le monde a la capacité de percer dans le milieu, et ce, sans se préoccuper des différentes origines de chacun.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On ne peut pas s’attendre à ce qu’un public diversifié s’intéresse à ce qu’il voit sur scène s’il ne s’y voit pas <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">représenté </span>correctement»</p><cite>Jordan Faye</cite></blockquote>



<p>Les deux danseurs s’entendent pour dire que «le ballet, c’est élitiste». Jordan s’estime chanceux d’avoir eu des parents réceptifs à ses rêves et qui désiraient s’impliquer dans sa passion. Vanesa raconte avoir eu la chance d’avoir l’appui de ses proches, mais aussi d’avoir grandi dans un pays où l’éducation et l’accès à la danse étaient pratiquement gratuits. Sa famille, assez modeste, «n’aurait décidément pas eu les moyens financiers de payer un parcours professionnel en danse aux États-Unis», par exemple. Jordan souligne également «qu’ici, au Québec, le plus cher n’était pas nécessairement l’école de ballet, mais bien l’enseignement privé qui venait avec le programme obligatoire de l’ESBQ». Mais <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">qu’advient-il de</span><strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>ces gros écarts culturels entre les communautés qui affecteraient l’accessibilité à la danse ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les gens au sommet de la pyramide doivent donc également s’assurer d’être diversifiés et de représenter toutes sortes de personnes de toutes sortes de milieux»</p></blockquote>



<p>«On ne peut pas s’attendre à ce qu’un public diversifié s’intéresse à ce qu’il voit sur scène s’il ne s’y voit pas <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">représenté </span>correctement», dit Jordan. Et pour arriver à un corps de ballet plus diversifié, il faut s’assurer d’éliminer <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">les </span>micro-agressions comme le blanchiment de la peau dans lesdits ballets blancs, par exemple. Selon Vanesa, «il faut aussi s’ouvrir à l’idée qu’une danseuse noire peut posséder une technique exquise et qu’elle peut danser le rôle de la Fée Dragée aussi bien qu’une danseuse blanche. Le racisme est incroyablement présent dans le monde du ballet et ces choses changent, oui, par l’intérêt des communautés à danser, mais aussi en offrant des possibilités à ces communautés de participer». Les grands directeurs artistiques et les dirigeants des compagnies de danse sont d’autant plus responsables de créer un espace plus sain pour les personnes de couleur pour ainsi y inviter la diversité. Dans le même ordre d’idées, les gens au sommet de la pyramide doivent donc également s’assurer d’être diversifiés et de représenter toutes sortes de personnes de toutes sortes de milieux.</p>



<p>Selon Vanesa, la tradition ne devrait pas se voir affectée par ces changements au sein du corps professionnel de la compagnie. «Les histoires demeurent les mêmes, ce sont seulement les danseurs qui changent au fil du temps.» Des ballets extrêmement populaires tels que <em>Casse-Noisette</em> et <em>La Bayadère</em> ont souvent causé des polémiques intenses. Accusés de stéréotyper incorrectement les différentes cultures représentées, ces ballets orientalistes découlent de l’ère colonialiste des grandes puissances européennes et de la fascination pour l’Orient, et, surtout, ne prennent pas le temps de représenter ces cultures correctement.&nbsp;Les deux danseurs s’entendent une fois de plus pour dire que le changement débute avec des créateurs, des chorégraphes et des répétiteurs aussi divers que les cultures qu’ils veulent présenter sur scène.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="473" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0-473x1000.jpeg" alt class="wp-image-41958" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0-473x1000.jpeg 473w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0-236x500.jpeg 236w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0-768x1625.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0-726x1536.jpeg 726w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image0.jpeg 821w" sizes="(max-width: 473px) 100vw, 473px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/rosenbergjeffrey/?media=1" data-wpel-link="internal">Jeffrey Rosenberg</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>En diversifiant les échelons du monde de la danse classique, le public global et diversifié du Québec s’y verra représenté et <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">sera </span>d’autant plus intéressé à en faire partie. «J’espère qu’il arrivera un jour où les gens ne seront plus surpris de voir une danseuse noire dans <em>Le Lac des cygnes</em>», déclame Vanesa avec une expression indignée au visage. En attendant, les danseurs souhaitent être vecteurs de changement. «Oui, être un danseur noir est important, et être perçu comme un modèle pour d’autres enfants est important, mais il faut aller au-delà de cela», m’explique Jordan. Inciter les plus jeunes à découvrir la danse à travers des ateliers et leur faire voir un autre visage de la danse le passionne.</p>



<p>Lesdits ballets blancs pourront donc garder les détails et les histoires ancrées dans la culture et le monde de la danse tout en étant colorés et représentatifs de la population, assurant ainsi leur capacité à s’adapter aux temps modernes tout en maintenant la magie et l’atmosphère unique qui fait la différence depuis plusieurs années.</p>



<p></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/reinventer-le-ballet-blanc/" data-wpel-link="internal">Réinventer le ballet blanc</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sortir des souliers de l’opprimé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/sortir-des-souliers-de-lopprime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:55:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[August Wilson]]></category>
		<category><![CDATA[blues]]></category>
		<category><![CDATA[Chadwick Boseman]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[François Céré]]></category>
		<category><![CDATA[Le blues de Ma Rainey]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[viola davis]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41987</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur la liberté dans Le blues de Ma Rainey.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/sortir-des-souliers-de-lopprime/" data-wpel-link="internal">Sortir des souliers de l’opprimé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em style="user-select: auto;">Le blues de Ma Rainey</em> (2020), réalisé par George C. Wolfe, est une adaptation de la pièce de théâtre éponyme d’August Wilson, dramaturge afro-américain qui a su brillamment rendre compte de l’expérience de sa communauté au théâtre. L’histoire se déploie presque entièrement entre les murs de la maison de disque Paramount. On assiste au quotidien de musiciens en pleine séance d’enregistrement. Dans les pièces d’August Wilson, tout se joue dans les dialogues existentiels; l’histoire est secondaire. Sous des apparences de prémices narratives simples, le film évoque des enjeux qui transcendent les banales querelles entre musiciens. George C. Wolfe nous présente une allégorie qui dépeint les oppressions et les défis auxquels devait faire face la culture afro-américaine aux États-Unis au tout début du 20<em style="user-select: auto;">e</em> siècle. Il met aussi en lumière une tentative existentielle chez ses personnages: la reprise en main de leur propre histoire et de l’histoire de leur peuple, par le biais du blues et de l’art. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Chaque note, chaque double-croche, chaque noire, chaque silence agissait sur la partition comme un acte de résistance historique» </p></blockquote>



<p>Le film montre bien cette portée existentielle de l’art et sa capacité à créer du sens dans le monde pour ceux qui subissent des oppressions. L’art et, plus spécifiquement, la musique, représentaient une échappatoire, une liberté artistique et professionnelle que les Afro-Américains se voyaient souvent refuser dans d’autres domaines. Le blues était non seulement devenu une façon pour les Afro-Américains de créer leur propre histoire, mais aussi d’en garder une trace, d’en faire chronique pour la rendre pérenne par l’aspect immortel de la musique. Chaque note, chaque double-croche, chaque noire, chaque silence agissait sur la partition comme un acte de résistance historique. Ce langage musical était mis en dualité avec le discours oppressif et haineux de l’époque et une douce ironie en naissait: une musique vocale et festive, célébrant la reconstruction et la réappropriation d’une culture.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="571" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/illu_poeme-1000x571.jpg" alt class="wp-image-42058" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/illu_poeme-1000x571.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/illu_poeme-330x189.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/illu_poeme-768x439.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/illu_poeme.jpg 1050w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/julieannepoulin/?media=1" data-wpel-link="internal">Julie-Anne Poulin</a> | Le Délit</span></figcaption></figure></div>



<p>Ce manque d’équité envers les Afro-Américains était et demeure toujours, aux États-Unis, érigé en système. Il était inhérent à un inconscient collectif inculqué et se déployait dans toute la sphère sociale. Au nord comme au sud. <a style="user-select: auto;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_migration_afro-am%C3%A9ricaine" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">La grande migration</a> vers les États du nord était, en ce sens, porteuse d’un faux message d’espoir. À cause des ghettos et de la xénophobie, la possibilité d’avoir une vie meilleure leur devenait souvent inaccessible. Le voyage au nord du personnage de Ma Rainey<strong style="user-select: auto;"> </strong>vers le studio d’enregistrement de Paramount pour l’enregistrement de son album incarne ce faux espoir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le personnage, interprété par Chadwick Boseman, essaie à plusieurs reprises d’ouvrir une porte qui semble bloquée dans le local de répétition des musiciens. Lorsqu’il y parvient finalement, c’est en la forçant violemment, mais il tombe sur une pièce qui ne mène nulle part, entourée de murs épais»</p></blockquote>



<p>Le blues que chantait Ma Rainey, porté à l’écran par Wolfe avec l’aide de la sublime performance de Viola Davis, n’est toutefois pas un blues de désespoir. Il en est un de défiance. Le ton, les paroles et la musique entraînante témoignent de ce fait. La musicalité trouve même son chemin jusqu’aux dialogues de l’œuvre. Il suffit de se concentrer sur le rythme particulier avec lequel les acteurs qui jouent les musiciens de Ma Rainey déclament leurs répliques pour s’apercevoir que celles-ci sont presque rythmées de la même façon qu’un morceau de blues ou de jazz. De cette manière, Wolfe semble lier habilement la forme et le fond: les dialogues rapides et rythmés avec le blues.</p>



<p>Ce concept de rapidité touche à quelque chose de plus profond dans l’œuvre de Wolfe: le manque de patience du personnage de Levee. Ce personnage, interprété par Chadwick Boseman, essaie à plusieurs reprises d’ouvrir une porte qui semble bloquée dans le local de répétition des musiciens. Lorsqu’il y parvient finalement, c’est en la forçant violemment, mais il tombe sur une pièce qui ne mène nulle part, entourée de murs épais. Cette impatience, ce désir de détruire violemment les portes et de briser les obstacles qui se dressent contre lui est une métaphore qui symbolise bien sa volonté de révolte contre l’absurdité du racisme. Mais, ce désir, empreint d’individualisme, le guide finalement vers l’échec. Dans cette scène, Wolfe met en lumière que même lorsque la communauté afro-américaine entreprend de réussir, elle se bute à des obstacles qui l’en empêchent.</p>



<p>Lorsque Levee perd sa seule source de liberté et se fait rejeter par son propre groupe, en plus de la structure de pouvoir que représentaient les producteurs blancs de Paramount, il est brisé, poussé à l’abandon. Levee symbolise les implications d’une perte de résilience que le personnage de Ma Rainey n’a, quant à elle, pas perdue. Il incarne aussi la perte de la foi et de l’espoir. Le film semble dire que l’individualisme n’est pas la panacée du racisme et que le changement peut seulement arriver si cette prise en main de l’histoire se fait collectivement et que la communauté reste forte.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le film transcende le simple film d’époque et vient célébrer le fait de s’unir en communauté plutôt que de se perdre dans l’individualisme; il s’agit d’une ode qui questionne le concept même de liberté»</p></blockquote>



<p>C’est aussi ce que la métaphore des souliers jaunes de Levee représente. Levee tue son compagnon musicien simplement parce que ce dernier marche sur ses souliers. Cette raison absurde qui le pousse au meurtre est justement le nœud du message que tente de véhiculer le film: le racisme systémique que subit Levee et, de manière plus générale, celui que subissent les Afro-Américains<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>de l’époque, contribue à entretenir des sentiments de rage et de haine à l’apparence inexplicable et injustifiée qui sont, par la suite, relâchés dans la communauté. Pour Levee, c’est le rejet de Paramount refusant de lui donner sa chance qui le pousse vers ses derniers retranchements et vers l’absurdité de son geste final.</p>



<p><em>Le blues de Ma Rainey</em> soulève des enjeux complexes liés au racisme et aux structures de pouvoirs oppressives qui sont d’ailleurs encore présents de nos jours, quoique plus subtils et sournois. Les performances de Chadwick Boseman et Viola Davis sont dotées d’un réalisme remarquable et d’une profondeur émotionnelle saisissante. Le film transcende le simple film d’époque et vient célébrer le fait de s’unir en communauté plutôt que de se perdre dans l’individualisme; il s’agit d’une ode qui questionne le concept même de liberté.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/sortir-des-souliers-de-lopprime/" data-wpel-link="internal">Sortir des souliers de l’opprimé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Amèn</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/amen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bianca Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:54:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[créole]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41962</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/amen/" data-wpel-link="internal">Amèn</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Papa nou ki nan syèl la,</em><br>tu priais à tes ancêtres<br>et la mort riait<br>sous ton sein.<br><em>Pa kite nou pran nan pyèj,</em><br>la croix perchée haute<br>suait sous le soleil<br>qui te réveillait le matin.<br><em>Men delivre nou ak sa ki mal,</em><br>tu brodais les visages<br>que tu croyais connaître<br>sur tes serviettes de table.</p>



<p>maintenant tu brilles rouge<br>sous une mère<br>qui lamente son fils.<br>la mienne lamente sa sœur.<br>un neveu joue au piano une nièce au violon<br>ton fils a abandonné;<br>il joue de sa voix<br>au rythme des cris et je compte mes doigts<br>au son de chaque note.<br>j’en compte neuf.</p>



<p><em>Papa nou ki nan syèl la,</em><br>Aidez notre sœur à trouver la lumière.<br>les femmes marmonnent au sol<br>les hommes chuchotent au ciel<br>et je passe inaperçue<br>entre les prières<br>qui les étouffent.<br>j’en compte neuf,<br>j’en vole une.</p>



<p>ne pleure pas,<br>je la vole pour toi.<br>j’ai appris à manier le péché<br>et à déguiser leurs jugements;<br>maintenant j’apprends les mots<br>que ma langue avait maudits.<br><em>Men delivre nou ak sa ki mal,</em><br>j’apprends à croire<br><em>Mais délivrez-nous du mal,</em><br>j’apprends à mourir.</p>



<p></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/amen/" data-wpel-link="internal">Amèn</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une poétique de la résistance et de la joie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/une-poetique-de-la-resistance-et-de-la-joie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Doyle Péan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[bianca annie marcelin]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[enrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[La femme cent couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[laura doyle péan]]></category>
		<category><![CDATA[lorrie jean-louis]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire d&#039;encrier]]></category>
		<category><![CDATA[mois de l&#039;histoire des noirs]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[prix des libraires]]></category>
		<category><![CDATA[recueil]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41950</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un entretien avec Lorrie Jean-Louis, auteure de «La femme cent couleurs».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/une-poetique-de-la-resistance-et-de-la-joie/" data-wpel-link="internal">Une poétique de la résistance et de la joie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre du <em>Mois de l’Histoire des Noir·e·s</em>, Bianca Annie Marcelin et Laura Doyle Péan, passionné<em>·</em>e<em>·</em>s de littérature, rencontrent et mettent en relation deux générations d’auteur·e·s haïtiano-québécois·es<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> pour voir comment chacune envisage son rapport à la littérature.&nbsp;Cet entretien avec Lorrie Jean-Louis est le premier article du dossier.</p>



<p>Depuis l’âge de 10 ans, Lorrie Jean-Louis écrit. Bien qu’elle n’ait jamais pensé devenir auteure,<strong> </strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span>et qu’elle peine à se définir de la sorte, son recueil de poésie<em> La femme cent couleurs</em> est présentement en lice pour le Prix des Libraires. Libraire, bibliothécaire et diplômée d’une<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>maîtrise en littérature, elle gravite dans le milieu littéraire depuis un bon moment et sa pratique devance de loin la publication de ce premier recueil de poésie. Mais Lorrie, tout comme le personnage de son recueil, la femme cent couleurs, refuse les étiquettes, qui entravent ses pas dans sa marche vers la liberté. Nous l’avons donc laissée se présenter elle-même avant de débuter l’entrevue.</p>



<p><strong>Lorrie Jean-Louis (LJL):</strong><em> </em>À ce jour, je n’ai pas de définition de moi-même. Être est un <em>work-in-progress</em>. C’est dynamique. Si on m’avait posé la question hier, peut-être que j’aurais dit « voilà, je suis une femme vaillante, dès que la neige tombe, je vais la pelleter », puis aujourd’hui je suis paresseuse et je bois du lait au chocolat sans arrêt. Je dirais que je suis quelqu’un de perspicace. J’aime la complexité.</p>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD): </strong><em>Cette conception de la construction perpétuelle de l’identité influence-t-elle votre rapport à l’édition et à la publication, qui ont toutes deux un caractère très permanent? Avez-vous eu de la difficulté à laisser partir votre texte, lui trouver une finalité, arrêter de le retravailler?</em></p>



<p><strong>LJL:</strong><em> </em>J’ai toujours écrit. Mais je n’ai envisagé la publication qu’à deux moments. Le rapport à l’écriture est tellement ancré en moi que je ne peux pas dire l’avoir changé pour que <em>La femme cent couleurs</em> soit publié. Quand j’écrivais les poèmes qui sont dans le recueil, je ne savais pas où ça allait, c’était pour moi. J’écrivais, j’écrivais, et c’est une amie qui m’a dit «donne-moi ton manuscrit». Jusqu’à ce que mon amie me le dise, il n’y avait pas d’horizon d’auteure. Quand j’ai commencé à rassembler tout ce que j’avais écrit dans l’idée de remettre un texte qui serait un manuscrit, il m’a paru évident que ça allait être [publié] chez Mémoire d’Encrier. Le texte ne pouvait pas aller chez un autre éditeur, parce que c’est dans le créneau de Mémoire d’Encrier. C’est précisément la voix de <em>La femme cent couleurs</em> que Mémoire d’Encrier, je pense, recherche. Ça me paraissait clair. Franchement, ça n’a pas eu d’effet sur mon écriture.</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Vous connaissiez déjà très bien le milieu de l’édition avant de faire publier votre premier recueil. Pensez-vous que des défis additionnels se présentent devant les jeunes auteur.e.s qui n’ont pas d’expérience, ou du moins pas la même expérience que vous avec ce milieu?</em></p>



<p><strong>LJL:</strong> Ma connaissance du milieu du livre a fait en sorte que je saisis bien ce que ça veut dire un créneau, c’est-à-dire que si tu publies chez VLB [maison d’édition québécoise généraliste], tu ne publies pas chez Agone [revue marseillaise engagée]. Qu’est-ce qui est publié chez Agone, qu’est-ce qui est publié chez VLB, je connaissais assez le milieu pour savoir ça.</p>



<p>[Ne pas venir du milieu du livre] peut poser effectivement des défis additionnels, mais ce sont des défis prévisibles, donc, à mon sens, pas de réels défis. Quand une personne fait un travail d’écriture, elle fait nécessairement un travail de lecture important. Quelqu’un qui lit beaucoup va un peu savoir dans quels eaux se mettre les pieds. Si la personne a pour projet de se faire publier, mais qu’elle n’a jamais lu les livres de l’éditeur où elle voudrait être publiée, son travail n’est pas assez avancé. Il s’agit d’une question d’honnêteté intellectuelle. On écrit, on aimerait que les gens s’intéressent à ce qu’on écrit, mais il faut lire. Il faut vraiment lire. La meilleure façon de se préparer pour une personne qui est loin de ce domaine-là, c’est de lire. Si elle lit, elle saura. Elle saura, tout simplement. Ce n’est pas comme si, quand on est auteur·e,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>on doit connaître le milieu de l’édition. Tous les auteurs et toutes les auteures<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong> ont un parcours différent.</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Vous parlez beaucoup de l’importance de lire lorsqu’on écrit. Quels livres lisiez-vous lorsque vous écriviez </em>La femme cent couleurs<em>?</em></p>



<p><strong>LJL: </strong><em>Le partage du sensible: esthétique et politique</em> de Jacques Rancière, publié aux éditions La Fabrique. Je lisais aussi Michelle Petit, une anthropologue qui travaille précisément sur la lecture, sur la passation, sur plusieurs aspects qui sont vraiment très riches au niveau de la complexité de la lecture. Ça me paraissait très important de comprendre la démarche dans laquelle je m’engageais professionnellement si je travaillais avec des lecteurs ou des lectrices en milieu de bibliothèques publiques.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong></p>



<pre class="wp-block-verse has-text-align-left">Je touche le sol je gravite autour d’un point
encore imprécis
dense

le chant de la terre
délicat
les feuilles tombent&nbsp;
quand elles n’ont plus de poids

La femme cent couleurs, Lorrie Jean-Louis</pre>



<p><strong>LD: </strong><em>Parlons un peu de votre style d’écriture. Comment le décririez-vous?&nbsp;</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: Je dirais que ce qui se dégage de mon écriture est la simplicité. Je perçois le langage comme un outil qui a beaucoup de force, mais il faut savoir l’utiliser. La difficulté dans l’acte d’écrire réside dans la manière dont on utilise et place les mots. Je pense que par respect pour les lecteurs et les lectrices, on ne doit pas gaspiller leur attention. C’est quelque chose de très important pour moi, de ne pas gaspiller l’attention de la personne qui prend la peine de me lire.&nbsp; Alors si on veut dire quelque chose, il faut bien le dire. L’écriture est un outil essentiel, mais ce n’est pas un outil simple.&nbsp;</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Il faut dire que votre écriture est très ressentie et un désir de liberté se dégage de votre poésie. Quel est votre rapport à l’écriture et à la liberté?</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: J’écris parce qu’il y a une absence. Le regard dans lequel je me place quand j’écris se déplace. Quand j’écris, je ne sais pas si ça comble effectivement quelque chose, mais ça m’équilibre. Lorsque c’est moi qui écrit, c’est moi qui décide. Ça me procure beaucoup de liberté.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je dirais que je travaille à être libre. Depuis la publication de mon recueil, j’estime que je ne peux plus cacher mon écriture comme avant. Je dois assumer mon écriture. La liberté vient avec beaucoup d’amour et c’est parce que je suis aimée que je me permets cette liberté-là. J’écris avec toute ma personne et j’ai toujours été une personne qui refuse catégoriquement qu’on me dise quelque chose que je ne pense pas. J’écris parce que j’existe. Je veux que la personne qui lise soit exactement où j’étais, qu’elle voie ce que je vois, sente ce que je sens. Avec l’écriture, je travaille continuellement avec les moyens que j’ai.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong><em> Quel est le rapport de la femme cent couleurs à la liberté?&nbsp;</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: La femme cent couleurs prend des risques que, moi, je ne prendrais pas. La femme cent couleurs ne veut pas qu’on lui mette des chaînes. Elle va les refuser. C’est une femme qui veut être libre et qui va toujours travailler à sa liberté.&nbsp;</p>



<p>Dans l’amitié, il y a une sorte de manipulation par le secret parfois. Moi, je n’ai pas peur de tout dire avec mes poèmes.&nbsp; C’est une pudeur inutile parce que la femme cent couleurs est constamment en mouvement et en déplacement. La femme cent couleurs, c’est comme un indice, et au moment où la personne le trouve, je me trouve déjà ailleurs. Ce n’est pas le secret qui est intéressant, mais ce que le secret ne dit pas de lui-même.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>Comment est-ce que la voix de la femme cent couleurs s’inscrit dans la lutte contre la colonisation?</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: Dans un univers où la structure est coloniale, il faut tout remettre en question. Les colons sont arrivés, ont pris possession du territoire, ont tué les membres des Premières Nations… Quand tout ça arrive, ce n’est pas pour la joie, c’est pour ordonner les choses, accumuler des richesses. La joie n’a jamais été considérée dans les plans coloniaux. Quand tu trouves la vie en toi, tu te dois de résister. Il y a de la joie dans le recueil parce que la femme cent couleurs veut être bien et pour ce faire, elle doit se défendre et résister. La façon qu’elle a trouvée pour résister, c’est la poésie. La joie occupe une grande place dans la résistance selon moi.&nbsp;<br>Au fond, la résistance, c’est de dire non. Cela revient à dire « <em>vous allez pas me défigurer, vous allez pas me faire ça et je dis non »</em>. À chaque fois qu’on dit non, on dit oui à autre chose. C’est à ce moment-là qu’il y a la célébration, la joie. C’est une célébration continue parce que si je refuse un discours, c’est nécessairement au profit de quelque chose de plus beau et de plus joyeux. Dans la mesure où l’horizon de la femme cent couleurs est la liberté, c’est sûr qu’elle va refuser les mouvements coloniaux et racistes d’emblée. Elle sait pertinemment que ces mouvements-là existent pour l’emprisonner. </p>



<pre class="wp-block-verse">Brûlons les marques de nos embâcles ce soir
trahissons les lignes
je tiens une aubergine
dansons l’espérance
asseyons notre folie
dépeçons les comptines
fermons le rouge
ouvrons le pourpre

La femme cent couleurs, Lorrie Jean-Louis</pre>



<p><strong>LD: </strong><em>À la lecture de certains de vos poèmes, on ressent une quête de légèreté, ou du moins un désir d’envol. Était-ce un effet recherché?</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: Quelqu’un m’a dit que lorsqu’il a lu mon recueil, il a trouvé cela très aérien. C’est quelque chose que j’ai moi-même découvert en écrivant. Je n’ai pas nécessairement un programme clair quand j’écris. Pour les poèmes de <em>La femme cent couleurs</em>, il y en a où<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong> oui, j’avais une idée de ce que je voulais vraiment travailler, mais pour plusieurs autres poèmes, non.&nbsp;</p>



<p>Pour moi, la distance qu’on est capable d’avoir avec les choses est nécessaire dans la mesure où lorsqu’il y a un problème et qu’on est collé sur ce problème, il arrive qu’il soit difficile de bien voir le problème. C’est en reculant qu’on peut mieux le voir, ou constater l’importance de le considérer à partir d’un autre point de vue. Plus tu es capable de t’éloigner, plus tu trouves les ressources pour comprendre la situation. L’éloignement est nécessaire pour comprendre et se déprendre [de ce qui nous emprisonne]. Dans ce mouvement-là, on fait l’expérience de la légèreté. Dans certaines situations, il n’y a aucun autre moyen de comprendre que de s’éloigner, que de monter afin de bien voir toutes les choses qui sont autour de soi. Ce mouvement permet aussi de ne plus être prisonnière de ce qu’on essaie de mesurer.</p>



<p>Pour atteindre cet éloignement et cette légèreté, la répétition est importante afin d’arriver à bien habiter le mouvement. C’est un exercice, et un peu comme le sport ou la danse, il faut beaucoup pratiquer. On répète et on recommence. Dans mon cas, la répétition se fait par l’esprit [avec mes poèmes].</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Pour finir, quels sont les conseils que vous donneriez à une personne qui veut améliorer sa pratique d’écriture?</em></p>



<p><strong>LJL</strong>: Il faut lire et écrire beaucoup. Quand je dis qu’il faut lire, il faut lire pour lire et lorsque je dis qu’il faut écrire, il faut écrire pour écrire.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"> Je viens de mes origines
 mes origines viennent de la mer
 la mer boit tout

 je n’arrête pas d’arriver
 moi l’étrangère
 noctambule des marées

 j’arrive

 je ne finis pas
 je commence
&nbsp;
 je suis fatiguée
 la mer me recrache toujours 

La femme cent couleurs, Lorrie Jean-Louis</pre>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/une-poetique-de-la-resistance-et-de-la-joie/" data-wpel-link="internal">Une poétique de la résistance et de la joie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cornel West et le nihilisme en Amérique noire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/cornel-west-et-le-nihilisme-en-amerique-noire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marco-Antonio Hauwert Rueda]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:53:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Cornel West]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[Le nihilisme en Amérique noire]]></category>
		<category><![CDATA[mois de l&#039;histoire de noirs]]></category>
		<category><![CDATA[nihilisme]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[race]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42011</guid>

					<description><![CDATA[<p>25 ans après sa publication, l'essai «Le nihilisme en Amérique noire» résonne encore dans les esprits.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/cornel-west-et-le-nihilisme-en-amerique-noire/" data-wpel-link="internal">Cornel West et le nihilisme en Amérique noire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Sheddin tears, reminiscin on my past fears<br>’Cause shit was hectic for me last year<br>It appears that I’ve been marked for death, my heartless breath<br>The underlyin cause of my arrest, my life is stressed»<br><br>«<em>Je versais des larmes, <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">me souvenais de me</span>s peurs passées</em><br><em>Parce que la merde était trépidante pour moi l’an dernier</em><br><em>Il semble que j’ai été marqué pour la mort, mon souffle sans coeur</em><br><em>La cause sous-jacente de mon arrestation, ma vie est stressée</em>»</p><cite>2Pac, <em>My Block</em></cite></blockquote>



<p class="has-drop-cap">L’été 2020 a été fort mouvementé aux États-Unis d’Amérique, pour en dire le moins. À la suite du meurtre de l’homme noir George Floyd par un policier blanc, le 25 mai dernier, des millions de manifestants ont pris les rues afin de protester contre le racisme et les violences policières. Partout à travers le pays, l’on entendait résonner, sur les chaussées et à travers les murs, ces cinq mêmes mots en boucle: «Les vies des Noirs comptent». Tristesse, abattement, colère, rage, les mots manquent pour décrire le sentiment des manifestants, d’autant plus que ce n’était pas la première fois qu’ils manifestaient. Mais l’intellectuel américain Cornel West, l’un des contributeurs majeurs aux <em>African-American studies</em>, préfère employer le terme «désespoir», cela car il y avait un sentiment commun, parmi ces manifestants, que ce ne serait pas la dernière fois qu’ils seraient là.</p>



<p>En 1993, West publiait son fameux <em>Race Matters</em> (<em>L<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">a race com</span></em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><em>pte</em>, tdlr)</span>, ouvrage qui a connu un succès immédiat. L’œuvre contient sept essais faisant un bilan des relations raciales aux États-Unis, en particulier celles des Noirs avec les autres communautés. L’essai «<em>Le nihilisme en Amérique noire</em>», surtout, est d’une importance cruciale si l’on veut comprendre «<em>le sentiment de dépression psychologique, d’inutilité individuelle et de désespoir social si répandu en Amérique noire</em>» encore de nos jour<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s. Au moment où l’Amériqu</span>e tente d’imaginer et de construire une nouvelle réalité raciale, la lecture de Cornel West est plus pertinente que jamais.</p>



<p><strong>Le nihilisme en Amérique noire</strong></p>



<p>La thèse centrale de<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> l’essai </span>«<em>Le nihilisme en Amérique noire</em>» est simple: un danger nihiliste se profile à l’horizon de l’Amérique noire, et cela, depuis la déportation forcée et violente d’esclaves africains il y a plus de 400 ans. Par «nihilisme», West ne se réfère pas à la définition communément employée en philosophie, soit la doctrine selon laquelle «<em>il n’y aucun fondement rationnel pour des normes ou une autorité légitimes</em>». Plutôt, le nihilisme est un sentiment, une expérience vécue où la personne noire fait face à «<em>une vie effroyablement vide de sens</em>», une vie «<em>de désespoir</em>» et, surtout, une vie qui manque cruellement d”«<em>être aimée</em>».&nbsp;</p>



<p>Faut-il le préciser, cette «personne noire» dont West parle dans ses textes n’est pas une personne spécifique censée représenter tous les individus noirs des États-Unis. Bien évidemment, il serait impossible d’imaginer un tel individu. La «personne noire» est plutôt une construction philosophique qui nous permet d’expliquer certains des grands problèmes qui affectent les communautés noires des États-Unis.</p>



<p>Le nihilisme, écrit West, est loin d’être nouveau. L’histoire du Noir américain est l’histoire d’une lutte constante contre ce nihilisme. La première grande manifestation de cette lutte fut le combat pour l’affranchissement des esclaves, au 19<em>e</em> siècle. La vie d’esclave n’est en effet qu’une vie nihiliste: une vie dénuée de toute liberté n’a pas le pouvoir de se trouver un sens, pense West. Être libéré de sa condition d’esclave, c’est donc retrouver les moyens de trouver un sens à la vie, retrouver les moyens de trouver un espoir.</p>



<p>Ainsi, West n’est pas sans rappeler<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> </span>Albert Camus, cet essayiste et romancier franco-algérien, auteur de «Le Mythe de Sisyphe». La lutte contre l’esclavage, pour la personne noire, c’est en quelque sorte une lutte contre l’Absurde camusien. Seul<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ement</span> par la révolte – e<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">t par </span>l’émancipation qui en résulte – peut-on affirmer sa dignité et devenir véritablement <em>libre</em>.</p>



<p>Mais ne nous leurrons pas: l’esclavage et son lourd héritage n’ont jamais été le principal <em>«démon»</em> de la personne noire d’Amérique. L’esclavage n’était qu’une phase qui devait éventuelleme<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">nt se t</span>erminer. Le véritable démon, celui qui a persisté dans le temps, a<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> bien t</span>oujours été le nihilisme, et l’esclavage n’était qu’un de ses porteurs.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Le principal ennemi de la survie noire en Amérique n’a été et n’est pas l’oppression ni l’exploitation, mais la menace nihiliste—c’est à dire la perte d’espoir et l’absence de sens»</em></p><cite>Cornel West</cite></blockquote>



<p><strong>Se sauver du nihilisme</strong></p>



<p>Si le nihilisme est l’une des seules constantes dans l’histoire des Noirs en Amérique, le combat contre celui-ci doit en être une autre. La question doit donc se poser: de quelle façon la personne noire d’Amérique a‑t-elle combattu ce nihilisme? Selon West, «<em>le génie de nos ancêtres noirs a été de créer de puissants tampons pour écarter la menace nihiliste, d’équiper les Noirs d’une armure culturelle pour repousser les démons du désespoir, de l’absence de sens et de l’absence d’amour</em>». Par cette «<em>armure culturelle</em>», le philosophe fait partiellement référence à la culture artistique noire, où la culture musicale, notamment, joue un rôle central. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Si les cultures sont, en partie, ce que les êtres humains créent (à partir de fragments antérieurs d’autres cultures) pour se convaincre de ne pas se suicider, alors il faut applaudir les ancêtres noirs</em>»</p><cite>Cornel West</cite></blockquote>



<p>La musique est l’un des modes de création de sens par excellence employé par les communautés noires d’Amérique pour combler le vide que représente le nihilisme. À travers la musique, la personne noire peut exprimer sa douleur, sa violence, ses remords et surtout son absence de sens, d’espoir et d’amour propre. Cette absence atroce de sens est ce qui mène tant de jeunes Noirs à adopter des attitudes destructives envers soi et envers autrui, selon West. Les remords, le dégoût de soi et l’autopunition sont en effet des thèmes récurrents dans le rap noir américain:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«When I die fuck it I wanna go to hell<br>’Cause I’m a piece of shit it ain’t hard to fuckin tell<br>[…]<br>All my life I been considered as the worst<br>Lyin to my mother, even stealin out her purse<br>[…]<br>Crime after crime, from drugs to extortion<br>I know my mother wished she got a fuckin abortion»<br><br>«<em>Quand je mourrai, fuck it, je veux aller en enfer<br>Parce que je suis une raclure et ce n’est pas difficile à reconnaître<br>[…]<br>Toute ma vie, j’ai été considéré comme le pire<br>Je mentais à ma mère, je volais même de son <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">sac à main</span><br>[…]<br>Crime après crime, de la drogue à l’extorsion<br>Je sais que ma mère souhaitait qu’elle se soit fait avorter</em>»</p><cite>The Notorious B.I.G., <em>Suicidal Thoughts</em></cite></blockquote>



<p>L’absence de sens s’accompagne aussi, dans les communautés noires, d’une violence – psychique et physique – envers les autres. West constate qu’une grande partie de «<em>cette rage, cette colère et ce désespoir sont dirigés vers des concitoyens noirs, particulièrement les femmes noires, qui sont les plus vulnérables dans la société</em>». Ignorer le rôle du nihilisme comme cause de cette violence, ce serait donc renoncer à régler le problème.</p>



<p>Mais cela ne veut bien évidemment pas dire que le nihilisme est une <em>excuse</em> pour justifier et pardonner la criminalité noire. «<em>Dire </em>[que la menace nihiliste contribue aux comportements criminels] <em>n’est pas la même chose que d’affirmer que les Noirs individuels ne sont pas responsables de leurs actes –</em> <em>les meurtriers et les violeurs devraient aller en priso</em>n.» West fait simplement le constat d’un fait: l’intériorisation d’une vie sans espoir et sans sens produit et nourrit des individus qui<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"> se </span>détruisent violemment avec les autres.</p>



<p><strong>Quand la musique ne suffit plus</strong></p>



<p>Si la création de sens par le moyen de la culture noire a plus ou moins fonctionné jusqu’aux années 1970, selon West, les communautés noires font depuis quelques décennies face à une nouvelle vague de nihilisme. «<em>Qu’est-ce qui s’est passé</em>?» Selon West, deux facteurs principaux sont au cœur de ce nouvel effondrement des communautés noires. Le premier, les forces du marché capitaliste; le second, l’absence flagrante de leadership noir.</p>



<p>Les forces du marché, pense West, ont instauré un système où l’objectif universel est «<em>la fourniture, l’expansion et l’intensification du plaisir</em>». Les individus, désormais des <em>consommateurs</em>, ont été réduits en objets de plaisir. Cette réduction menace particulièrement les communautés les plus vulnérables – dont les communautés noires – qui n’ont pas autre part où trouver du sens. La personne noire n’a donc pas le choix d’intégrer cette optique capitaliste du plaisir, une optique qui lui fera intérioriser un sentiment de vide de plus en plus profond: c’est la résurgence du nihilisme.</p>



<p>De plus, la suprématie blanche monopolise ce marché que la personne noire est obligée d’accepter. Ici, la «suprématie blanche» est comprise comme l’addition de toutes les images et enseignements implicites et explicites de la société américaine. Ces images laissent à penser qu’il y aurait en effet quelque chose de <em>supérieur</em> dans la manière d’être <em>blanc</em>. Suffit-il de jeter un coup d’œil aux séries et films les plus populaires à la télévision pour constater cela – rarement peut-on y voir des protagonistes non-stéréotypés issus de communautés racisées.&nbsp;</p>



<p>La conséquence inévitable de cette optique de marché et de cette suprématie blanche est l’aliénation de la personne noire. Cette dernière ne peut que ressentir de la frustration face aux sentiments contradictoires que provoque le fait qu<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">’elle est mais ne peut </span>jamais être cette figure imaginaire et archétypale de «l’Américain». Cette exclusion des Noirs de la définition de «l’Américain» n’est pas simplement une coïncidence ou une perception culturelle erronée que se fait la personne noire; cette exclusion est bien réelle.</p>



<p><strong>Problème noir ou problème américain?</strong></p>



<p>Les discussions sur le sort des Afro-Américains – en particulier ceux qui se trouvent en bas de l’échelle sociale – ont tendance à se diviser en deux camps, selon West. D’un côté, les structuralistes libéraux proposent «<em>le plein emploi, la santé, l’éducation, des programmes de garde d’enfants, ainsi que des mesures générales d’action affirmative</em>». De l’autre, les behavioristes conservateurs encouragent «<em>des programmes d’aide personnelle, l’expansion de commerces noirs et des pratiques d’emploi non préférentielles</em>». Le souci principal, cependant, est que dans les deux cas, les personnes noires sont vues par les autres comme une «<em>communauté problème</em>» (<em>problem people</em>). Les personnes noires sont toujours «<em>autres</em>», des étrangers démunis qu’il faudrait aider. Mais cette vision fait abstraction du fait que l’histoire de l’Amérique noire, c’est l’histoire de l’Amérique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Pour les libéraux, les personnes noires doivent être «&nbsp;incluses&nbsp;» et «&nbsp;intégrées&nbsp;» dans «&nbsp;notre&nbsp;» société et culture, tandis que pour les conservateurs, ils doivent «&nbsp;bien se comporter&nbsp;» et être «&nbsp;dignes d’être acceptés&nbsp;» par «&nbsp;notre&nbsp;» mode de vie. Tous deux ne voient pas que la présence et les difficultés des personnes noires ne sont ni des ajouts ni des défections de la vie américaine, mais plutôt </em>des éléments constitutifs de cette vie»</p><cite>Cornel West</cite></blockquote>



<p>En effet, les problèmes auxquels les communautés noires font face ne sont que des symptômes de problèmes plus pernicieux à l’échelle de la société. Le «problème noir» n’est que problème noir dans la mesure où la société américaine a créé ce problème noir et a existé grâce à celui-ci. Ce «problème noir», c’est donc en fait un «problème américain». La souffrance noire est synonyme de souffrance américaine. Et tant que les États-Unis d’Amérique ne prendront pas conscience de cela, il sera toujours nécessaire de réaffirmer, dans les rues et dans nos discours, que <em>les vies des Noirs comptent</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/cornel-west-et-le-nihilisme-en-amerique-noire/" data-wpel-link="internal">Cornel West et le nihilisme en Amérique noire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Célébrer les individus qui constellent les communautés noires</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/celebrer-les-individus-qui-constellent-les-communautes-noires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Tamar Morency]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:51:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[mois de l&#039;histoire des noirs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42012</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet été, les mobilisations du mouvement #BlackLivesMatter (La vies des Noir·e·s compte, ndlr) rappelaient au monde entier l’actualité de ses luttes et la persistance contemporaine des injustices qu’il dénonce. Chaque année, le mois de février vise à célébrer les personnes noires; célébrer des communautés aux capacités, identités et réalités des plus diverses; célébrer une «histoire»&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/celebrer-les-individus-qui-constellent-les-communautes-noires/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Célébrer les individus qui constellent les communautés noires</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/celebrer-les-individus-qui-constellent-les-communautes-noires/" data-wpel-link="internal">Célébrer les individus qui constellent les communautés noires</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cet été, les mobilisations du mouvement #<em>BlackLivesMatter </em>(La vies des Noir·e·s compte, <em>ndlr</em>) rappelaient au monde entier l’actualité de ses luttes et la persistance contemporaine des injustices qu’il dénonce. Chaque année, le mois de février vise à célébrer les personnes noires; célébrer des communautés aux capacités, identités et réalités des plus diverses; célébrer une «histoire» qui est tout sauf homogène, mais que l’on s’entête pourtant à écrire au singulier.</p>



<p>Le mois de l’Histoire des Noir·e·s résulte d’une initiative de <a href="https://www.britannica.com/biography/Carter-G-Woodson" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Carter G. Woodson</a>, fondateur de l’Association pour l’étude de la vie et de l’Histoire des Noir·e·s (<a href="https://www.britannica.com/story/why-is-black-history-month-celebrated-in-february" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ASNLH</a>), une organisation dont le but premier était de faire avancer la recherche académique sur la culture et l’Histoire des Noir·e·s. Les célébrations débutent au milieu du 20<em>e</em> siècle aux États-Unis et cherchent à valoriser les figures importantes issues des communautés noires. Mais s’il s’agit de célébrer la résilience, l’innovation et la détermination des personnes noires, l’individu ne peut pas représenter la collectivité.&nbsp;</p>



<p>Au cours de ce mois de février, qui est célébré? Pour qui? Par qui? Qu’en est-il des individus noirs qui ne sont pas acclamés par les médias, mais qui naviguent pourtant un monde pensé et conçu par et pour l’individu blanc? Ce mois de célébration n’appartient-il qu’à une certaine part des communautés noires? Comment l’individu noir peut-il s’y faire représenter? Car si l’on ne célèbre que les grands apports, quels standards démesurés offrent-t-ils aux membres de ces communautés?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Je ne suis pas une statistique, ni seulement une couleur de peau ou la langue de mes ancêtres»</em></p></blockquote>



<p>Un double standard s’applique en effet pour la personne noire, double dans sa portée et dans son poids. Une personne noire n’est pas responsable de ses seules actions: si celle-ci porte des locks, par exemple, elle sera bien souvent associée à la culture du rap, au mieux, ou aux gangs de rue, au pire. Dans l’imaginaire collectif, l’individu noir doit représenter <em>sa</em> collectivité, et ce, davantage lorsqu’il essaie de s’en affranchir. Émerge alors la pression sous-jacente de renvoyer une bonne image de ses semblables, parfois en vertu d’une appartenance infondée. À cela s’ajoute le double standard, notamment dans le milieu du travail où la discrimination positive doit encore bien souvent être employée. Si cette discrimination est bien sûr souhaitable et légitime, elle met la personne noire dans la position inconfortable d’être confrontée à cette dualité: méritais-je le poste pour mes compétences, ou m’utilise-t-on pour prouver une ouverture à la diversité?&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Je suis une femme noire allophone. Dans le formulaire d’emploi, j’ai envie de cocher “autre”. Je suis d’abord un individu, pas le groupe que je représente ni les stéréotypes qui l’accompagnent»</em></p></blockquote>



<p>La diversité dépasse l’espace interethnique et interculturel. Elle s’implémente à l’intérieur même de ces groupes distincts de sorte à créer une pluralité identitaire qui caractérise la richesse de l’espèce humaine dans son ensemble. Présenter au mois de février une série de personnalités publiques et montrer les éléments flamboyants des cultures africaines-américaines ne saurait englober l’entièreté de la richesse noire. Célébrer les personnes noires n’est évidemment pas le fait d’un seul mois par année. Pour permettre un dialogue collectif qui est inclusif et représentatif de la diversité de nos communautés, il faut inscrire chacun et chacune dans ce discours. Pas seulement les Rosa Parks, les Martin Luther King ou les Malcom X. Il faut faire place dans les espaces sur le campus de l’Université, faire place dans les œuvres étudiées, faire place dans les médias de cette même université, et impliquer, l’année durant, les communautés noires dans tous les secteurs de la vie communautaire.&nbsp;</p>



<p><em>Le Délit</em> fait partie de ce discours communautaire, et si nos efforts de diversité et d’inclusion sont encore trop minces face à tout le chemin qu’il reste à parcourir, notre plateforme souhaite offrir à son lectorat la possibilité de s’enrichir, à travers l’édition de cette semaine, de la diversité que porte ce Mois de l’Histoire des Noir·e·s. <em>Le Délit </em>souhaite vous présenter quelques-unes des déclinaisons nombreuses de ces contributions, des plus énormes aux plus modestes. Car peu importe l’apport de l’individu dans la collectivité, la vie des Noir·e·s compte.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«J’aimerais reconnaître chaque personne noire, séparément, en dehors de son ethnicité, sa langue natale, sa religion, sa classe sociale. Je salue la personne noire <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/face-a-face-avec-lhistoire-elles-ces-revolutionnaires-2e-partie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">soldat</a>, la personne noire <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/amen/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">poète</a>, la personne noire <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/reinventer-le-ballet-blanc/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">danseuse</a>, la personne noire <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/cornel-west-et-le-nihilisme-en-amerique-noire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">engagée</a>, et toutes les autres»</em> </p></blockquote>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/celebrer-les-individus-qui-constellent-les-communautes-noires/" data-wpel-link="internal">Célébrer les individus qui constellent les communautés noires</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pour une réponse plus humanitaire qu’autoritaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix A. Vincent]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:51:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[couvre-feu]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement provincial]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[photoreportage]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41943</guid>

					<description><![CDATA[<p>Photoreportage.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire/" data-wpel-link="internal">Pour une réponse plus humanitaire qu’autoritaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 6 février dernier, une manifestation dénonçant la réponse du gouvernement Legault à la crise sanitaire de la COVID-19 a eu lieu à Montréal. La foule s’est rassemblée à la Place Émilie-Gamelin et a marché jusqu’à la Place du Canada. L’événement était organisé par le collectif <em>Pas de solution policière à la crise sanitaire</em>, qui regroupe plusieurs organisations d’aide communautaire de la région métropolitaine, dont l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues, le Collectif pour la justice raciale et Solidarité sans frontières.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41933" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire2-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Les leaders communautaires qui ont organisé l’événement ont tenu à se distancier du mouvement antimasque en exigeant que les mesures sanitaires soient strictement respectées par toutes et tous à l’événement.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41935" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire4-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span> .</figcaption></figure>



<p>Une camionnette montée d’un haut-parleur a permis aux porte-paroles de diffuser des discours et des rappels périodiques quant au respect des mesures sanitaires.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41934" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-2048x1366.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire3-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Depuis près d’un an maintenant, l’état d’urgence sanitaire permet au cabinet du premier ministre François Legault de prendre des décisions sans les processus de délibération démocratique habituels, en plus de lui permettre de reconduire l’état d’urgence unilatéralement, ont affirmé les groupes activistes. À la manifestation, certains groupes y voyaient une entrave à la démocratie, d’autres un dérapage vers l’autoritarisme. Plusieurs d’entre eux affirment que les décisions à grands traits de Québec témoignent de son manque de considération pour les personnes les plus durement touchées par la crise sanitaire, notamment les personnes racisées, les femmes, les sans-abris et les personnes utilisatrices de drogues.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41936" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire5-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Depuis l’annonce du couvre-feu il y a plus d’un mois, le gouvernement provincial s’en remet aux forces de l’ordre pour juger au cas par cas. Dans les dernières semaines, le cabinet du premier ministre François Legault s’est vu accusé d’être un gouvernement <a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-avec-celine-galipeau/site/segments/reportage/338418/point-vue-panel-politique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">«de banlieue»</a> en raison du <a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-avec-celine-galipeau/site/segments/reportage/338418/point-vue-panel-politique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">privilège et du confort</a> qui épargneraient ses membres des difficultés économiques, sociales et mentales amenées par la pandémie. Selon des personnes présentes lors de la manifestation, ces avantages amèneraient le gouvernement à répondre à la crise sanitaire de manière insensible.&nbsp;</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41937" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire6-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Plusieurs personnes à l’événement brandissaient des affiches revendiquant un meilleur soutien aux milieux communautaires et aux services en aide aux personnes marginalisées de la part du gouvernement provincial.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41938" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-2048x1366.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire7-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Le gouvernement Legault <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1761284/confinement-restrictions-mesures-anti-covid-legault-dube-arruda" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait initialement refusé</a> que les personnes itinérantes soient exemptées du couvre-feu. Avant que la Cour <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1766205/couvre-feu-sans-abris-quebec-cour-superieure" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">n’invalide cette décision</a> le 26 janvier dernier, un itinérant autochtone avait été retrouvé <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1763930/itinerant-montreal-mort-toilettes-nuit-dehors-refuge-ferme" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mort de froid</a> <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>dans une toilette chimique après s’y être caché pour éviter d’être pris en infraction au couvre-feu. La juge Masse avait <a href="https://unik.caij.qc.ca/permalien/fr/qc/qccs/doc/2021/2021qccs182/2021qccs182" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">souligné</a> dans son jugement que sans une exemption «partielle et très ciblée», le couvre-feu aurait un «effet discriminatoire et disproportionné» sur ces personnes en mettant leur vie, leur sécurité et leur santé en danger.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41939" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire8-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Plusieurs agents de l’escouade antiémeute assistaient également à la manifestation. «Regardez à quel point [les policiers] sont nombreux à être là. Ils sont payés à rien faire, à nous surveiller. Qu’est-ce qu’ils font là? Pendant ce temps, des gens vivent dans la rue. On n’est pas violents, pourtant!» a lancé un porte-parole à la clôture de la marche.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41940" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire9-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Certains quartiers où les proportions immigrante et racisée sont plus élevées, comme Montréal-Nord, <a href="https://journalmetro.com/local/montreal-nord/2440101/coronavirus-la-vulnerabilite-de-montreal-nord-sous-la-loupe-de-la-sante-publique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont été plus durement touchés</a> par la maladie. Plusieurs des personnes qui y vivent occupent également des postes de première ligne et connaissent l’emploi précaire. Elles sont moins bien protégées de la COVID-19 dans leur milieu de travail et n’ont pas la possibilité de s’en remettre au télétravail. Un <a href="https://www.observatoiredesinegalites.com/fr/editions-barometre-inegalites/barometre-des-inegalites-juillet-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a><strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong> publié en juillet dernier par l’Observatoire québécois des inégalités a constaté que les quartiers dont une portion importante de la population gagne moins de 100 000 dollars par an étaient plus touchés par le coronavirus.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-1000x667.jpg" alt class="wp-image-41941" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire10-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Selon un <a href="https://oxfam.qc.ca/wp-content/uploads/2021/02/rapport-virus-des-inegalites.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> publié en janvier par Oxfam, les 44 milliardaires du Canada se sont collectivement enrichis de 63,5 milliards de dollars et les revenus des 100 chefs d’entreprises les mieux payés au pays dépassent le salaire annuel du personnel infirmier en 2 jours. À la manifestation, certaines personnes ont exprimé leur colère face à cette situation jugée absurde. Selon elles, les mesures prises par les gouvernements provincial et fédéral serviraient les intérêts économiques des mieux nantis aux dépens des personnes qui travaillent dans les milieux essentiels.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="666" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-666x1000.jpg" alt class="wp-image-41942" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-666x1000.jpg 666w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-330x495.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-768x1153.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-1023x1536.jpg 1023w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-1364x2048.jpg 1364w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire11-scaled.jpg 1705w" sizes="auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/?media=1" data-wpel-link="internal">Félix A. Vincent</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>La présente crise sanitaire ne serait pas réconciliable avec le laissez-faire néolibéral de la CAQ, ont souligné dans leurs discours les porte-paroles de divers organismes. L’ampleur de la crise actuelle serait multipliée par les coupes des gouvernements précédents et actuel dans le financement des filets sociaux et du système de santé, ce qui mènerait à l’établissement de salaires trop bas dans les services gouvernementaux. Les porte-paroles ont affirmé que si ce n’était du démantèlement des filets sociaux et des services publics, les circonstances ne nécessiteraient pas la mise en place d’un couvre-feu, encore moins appliqué par la police.<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/pour-une-reponse-plus-humanitaire-quautoritaire/" data-wpel-link="internal">Pour une réponse plus humanitaire qu’autoritaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Face à face avec l’Histoire: Elles, ces Révolutionnaires (2e partie)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/face-a-face-avec-lhistoire-elles-ces-revolutionnaires-2e-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Doyle Péan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:50:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes noires]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[révolution haïtienne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42024</guid>

					<description><![CDATA[<p>En l’honneur du Mois de l’Histoire des Noir·e·s, Amélia, Bianca et Laura vous présentent des femmes révolutionnaires marquantes de l’histoire d’Haïti. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/face-a-face-avec-lhistoire-elles-ces-revolutionnaires-2e-partie/" data-wpel-link="internal">Face à face avec l’Histoire: Elles, ces Révolutionnaires (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lorsque Christophe Colomb accoste sur ce qu’il appelle l’île d’Hispaniola en 1492, le pays est déjà peuplé d’une dizaine de milliers d’habitants, appartenant aux peuples Taïnos et Arawaks. Ces deux peuples sont presque aussitôt réduits en esclavage. En une vingtaine d’années, les difficiles conditions de travail ainsi que les nombreuses maladies apportées par les colonisateurs déciment la très grande totalité de la population. Pour remplacer cette main-d’œuvre, les colonisateurs amènent de force des Noir·e·s d’Afrique vers les Antilles; c’est le début de la traite esclavagiste.</p>



<p>Puis, en 1777, le traité d’Aranjuez trace officiellement la frontière entre le territoire espagnol et le territoire français de l’île; la France obtient la souveraineté d’Haïti, alors appelée Saint-Domingue. À cette époque, il y a environ 500 000 esclaves contre 70 000 personnes libres, dont 30 000 affranchi·e·s anciennement esclaves. La tension monte dans la colonie haïtienne alors que la révolution américaine se déroule sur le même continent ainsi que la révolution française dans la métropole. Dans la nuit du 14 août 1771, des esclaves se réunissent lors d’une cérémonie qui animera leur désir de révolte. Cet événement déclencheur de la révolution est communément appelé la cérémonie de Bois-Caïman. Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, ces esclaves passent à l’action; le début du soulèvement des esclaves se traduit par la prise de possession des campagnes. En 1793, l’affranchissement général des esclaves est proclamé. Napoléon Bonaparte tentera de réinstaurer l’esclavage, mais son armée est vaincue le 18 novembre 1803 lors de la bataille de Vertières. L’indépendance est proclamée et célébrée le 1<em>er</em> janvier 1804; Haïti devient la première république noire libre.</p>



<p>Parmi les révolutionnaires haïtien·ne·s, les noms de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines sont ceux qui reviennent le plus souvent. Cependant, la naissance de la nation haïtienne n’aurait pas eu lieu sans l’apport de nombreuses femmes, souvent occultées dans le récit de la révolution. Nous allons vous dresser les portraits de quelques-unes d’entre elles.&nbsp;</p>



<p><strong>Victoria Montou, dit Tante Toya (17**-1805)</strong></p>



<p>Qui aurait été le père fondateur d’Haïti sans la femme qui a joué le rôle de sa mère? Après la capture de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines devient le leader de la révolution haïtienne. À la suite de la mort de sa sœur à un très jeune âge, l’éducation de Dessalines a été prise en charge par sa tante, Victoria Montou dite <em>Gran Toya</em>. Elle contribue grandement à la construction du personnage qu’est devenu Dessalines, comme ce dernier le reconnaîtra publiquement. Elle se charge de son éducation en lui enseignant entre autres la culture africaine et les idées révolutionnaires.&nbsp;</p>



<p>Au cours de sa vie, Gran Toya était esclave sur l’habitation de Henri Duclos avec son neveu, qu’elle considérait comme son meilleur ami. Considérant cette relation trop dangereuse, Duclos la transfère à l’habitation Déluger où elle mène une révolte d’une cinquantaine d’esclaves. Vaincue, elle sera faite prisonnière. En 1805, lorsque Dessalines est nommé premier empereur de la République, elle est par le fait même nommée Duchesse impériale. Peu après l’établissement de l’empire, la santé de Toya se détériore, et elle ne pourra pas être sauvée par le médecin de famille de Dessalines.<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong></p>



<p><strong>Suzanne «Sanite» Belair</strong> <strong>(1781–1802)</strong></p>



<p>Suzanne Belair, dite Sanité, est une esclave affranchie qui a activement participé à la révolution haïtienne. Elle est considérée comme étant l’une des quatre héroïnes les plus importantes et symboliques de l’indépendance d’Haïti. Elle apparaît d’ailleurs sur les billets de 10 gourdes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="496" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image-1000x496.png" alt class="wp-image-42185" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image-1000x496.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image-330x164.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image-768x381.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/image.png 1024w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Banque de la République d’Haïti</span> Billet commémoratif à l’effigie de Suzanne Belair</figcaption></figure></div>



<p>Née à Verrette à l’Artibonite en 1782, Sanité est sergente puis lieutenante dans l’armée de Toussaint Louverture. Elle combat aux côtés de l’homme qu’elle aime et épouse en 1796<strong> </strong>Charles Bélair, neveu de Louverture et sergent dans son armée. Avec lui, elle dirige une révolte avec la population de sa ville natale. Elle dirige ses troupes contre l’armée du général français Leclerc, qui est chargé de rétablir l’ordre dans la colonie de Saint-Domingue. C’est à l’issue d’un combat avec les forces coloniales françaises qu’elle est capturée. Son époux se rend en espérant pouvoir assurer la liberté de sa femme, mais en vain. Ils sont jugés et sont tous deux condamné·e·s à mort pour avoir encouragé l’insurrection. Au départ, Charles Bélair est condamné à être fusillé et Sanité à être décapitée, peine moins sévère en raison de son sexe. Or, elle exige de recevoir le même sort que son mari, voulant mourir en tant que soldat. Les colonisateurs n’eurent d’autre choix que de se plier devant sa bravoure; elle meurt fusillée en 1802.</p>



<p><strong>Henriette Saint-Marc (17**-1802)</strong></p>



<p>Née d’une mère esclave et d’un père fonctionnaire blanc, <a href="https://face2faceafrica.com/article/this-prostitute-was-hanged-by-the-french-in-1802-for-spying-for-the-haitian-revolutionary-army" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Henriette Saint-Marc</a> est une espionne et une fidèle alliée de l’armée des révolutionnaires haïtien·ne·s. Son origine métissée lui confère un début de vie relativement modeste tout en lui permettant la liberté. À cette époque, les enfants métis·ses pouvaient jouir de plus de liberté étant donné que leurs pères étaient souvent fortunés. Il·elle·s pouvaient, notamment, posséder une propriété et avoir accès à l’éducation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Vers la fin des années 1700, Henriette vit à Port-au-Prince, là où la guerre se poursuivait entre les Français et les insurgés. Femme d’une grande beauté, elle entretient plusieurs liaisons avec des soldats français ainsi que des hauts fonctionnaires français. Son charme lui permet de gagner une certaine réputation en tant que prostituée et d’accéder à l’élite française ainsi qu’à des informations privilégiées. Entre 1800 et 1802, Henriette révèle à Toussaint Louverture toutes les informations qu’elle reçoit des Français. En plus de voler des documents, des armes et de la poudre à canon pour les insurgé·e·s de l’Arcahaie, elle séduit des Français pour les attirer dans des pièges.</p>



<p>En 1802, essuyant défaites après défaites, les Français finirent par suspecter Henriette d’aider l’armée des insurgé·e·s et d’être à l’origine de plusieurs disparitions. Elle est alors arrêtée et pendue. La contribution d’Henriette lors de la révolution haïtienne ainsi que son courage font d’elle une révolutionnaire qu’il fallait craindre.</p>



<p><strong>Marie-Claire Heureuse Bonheur (1758–1858)</strong></p>



<p><a href="https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/haitiennes/chapter/marie-claire-heureuse-bonheur-infirmiere-1758-1858/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Marie-Claire Heureuse Bonheur</a> est une révolutionnaire haïtienne et la femme de Jean-Jacques Dessalines. Lors du siège de Jacmel, elle convainc Dessalines de venir en aide aux blessé·e·s et à ceux·celles qui étaient ravagé·e·s par la famine en raison de la guerre. Elle rassemble également nombre de femmes et de filles afin de venir en aide aux insurgé·e·s en délivrant des provisions alimentaires, des médicaments et des pansements.&nbsp;</p>



<p><strong>Catherine Flon</strong> <strong>(17**-18**)</strong></p>



<p>Filleule de Jean-Jacques Dessalines, <a href="https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/haitiennes/chapter/catherine-flon-couturiere/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Catherine Flon</a> est une révolutionnaire haïtienne à l’origine de la confection du premier drapeau le 18 mai 1803 lors du Congrès de l’Arcahaie. Lors de cette journée, Dessalines arrache la partie blanche du drapeau tricolore français qu’il considérait comme le symbole de la race blanche.&nbsp;</p>



<p>Il existe deux versions de la création du drapeau. La première veut que chaque couleur du tricolore français représente l’une des trois classes qui existaient en Haïti : les Noir·e·s, les Métis·ses et les Blanc·he·s. N’utilisant que ses cheveux comme fils, Catherine Flon aurait réuni le bleu et le rouge afin de symboliser l’union des Noir·e·s et des Métis·ses.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Haiti-drapeau-1000x600.png" alt class="wp-image-42190" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Haiti-drapeau-1000x600.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Haiti-drapeau-330x198.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Haiti-drapeau-768x461.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/02/Haiti-drapeau.png 1280w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Wikimédia</span> Drapeau haïtien adopté en 1820</figcaption></figure></div>



<p>La seconde version rapporte que Dessalines avait vu sa fille en sang après avoir été maltraitée par un colon. Il aurait déchiré sa jupe bleue et pris son foulard rouge avant de prononcer : « Jamais, plus jamais, un Français ne frappera nos filles. Liberté ou la mort ». Catherine réunit alors ces deux morceaux de vêtements, ce qui donne lieu au premier drapeau.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Se youn nan fanm vanyan ki te patisipe nan revolisyon pou endepandans Ayiti. Youn nan pi gwo zèv li te reyalize, se drapo a li te koud. Drapo sa se senbòl fyète nou»</em></p><cite><a href="https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/haitiennes/chapter/catherine-flon-couturiere/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Fritz-Gérald Louis</a></cite></blockquote>



<p>Traduction: «Elle est l’une des femmes courageuses qui ont participé à la révolution pour l’indépendance d’Haïti. L’une des plus grandes actions qu’elle a accomplies a été le drapeau qu’elle a cousu. Ce drapeau est un symbole de notre fierté.»</p>



<p>L’apport des minorités d’origines haïtiennes, qu’elles soient femmes ou non-binaires, ne se limite pas à la Révolution, mais découle dans toutes les sphères de la société. La Révolution haïtienne est une plaque tournante pour l’Histoire et nous espérons qu’avec cet article, les noms des révolutionnaires à retenir ne se limiteront pas à ceux de Toussaint Louverture ou de Jean-Jacques Dessalines. La nation haïtienne ne serait pas ce qu’elle est sans la contribution de tous et toutes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/face-a-face-avec-lhistoire-elles-ces-revolutionnaires-2e-partie/" data-wpel-link="internal">Face à face avec l’Histoire: Elles, ces Révolutionnaires (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:49:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[hausse des frais de scolarité]]></category>
		<category><![CDATA[RéférendumH2021]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=42004</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les étudiants statueront sur cette mesure lors de la période référendaire hivernale</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après plusieurs mois de gestation, les membres du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) ont approuvé la forme d’une <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/02/Motion-Regarding-Referendum-Question-on-the-Increase-of-the-SSMU-Membership-Fee-2021-02-11.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">question référendaire</a> qui sera soumise au vote étudiant le 16 mars prochain. Si adoptée, cette mesure aurait pour effet de modifier le statut des membres du conseil législatif, qui passeraient de bénévoles à employé·e·s payé·e·s de l’AÉUM. Des intitulés d’emploi ont été rédigés pour les conseiller·ère·s et les sénateur·rice·s, définissant leurs responsabilités et leurs devoirs. <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong></p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="http://delitfrancais.com" data-wpel-link="internal"></a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut doubler son nombre d’employé·e·s d’ici cinq ans</a></em></p>



<p>Dorénavant, les conseiller·ère·s seraient rémunéré·e·s pour leur participation aux séances du conseil législatif, qui ont lieu toutes les deux semaines. Ces rencontres ont la réputation d’être très longues – à titre d’exemple, la séance où a été adoptée cette motion a duré près de sept heures. Par ailleurs, il·elle·s seraient aussi compensé·e·s pour les heures dédiées à la préparation et à la planification de ces séances. Les conseiller·ère·s auraient la responsabilité de déclarer de bonne foi les heures travaillées chaque semaine pour le compte de l’AÉUM. </p>



<p>Au total, les frais payés par les étudiant·e·s augmenteraient de 1,20$ par session, ce qui devrait permettre non seulement de payer tous·tes les membres du conseil, mais aussi de financer les ressources humaines nécessaires à la gestion de dizaines d’employé·e·s supplémentaires. Actuellement, en dehors des facultés de médecine, de droit et de dentisterie, chaque étudiant·e paie déjà 59,89$ pour soutenir la logistique de l’AÉUM, en plus d’un grand nombre de plus petits frais servant à financer des services ou des programmes plus spécifiques.&nbsp;</p>



<p>La conseillère Adrienne Tessier, sénatrice de la Faculté de droit, a déclaré être fortement en faveur de la motion, estimant que plusieurs étudiant·e·s n’avaient pas accès aux postes de politique étudiante par manque de temps et d’argent. «Personnellement, j’ai deux emplois en plus de mes responsabilités au conseil parce que je dois payer mes études, et je crois que c’est aussi le cas pour plusieurs étudiant·e·s à McGill.»&nbsp;Plusieurs conseiller·ère·s ont affirmé être dans la même situation. La sénatrice de la Faculté de musique, Addy Parsons, a pour sa part confié qu’elle avait trois emplois jusqu’au début de la pandémie, tout en plaidant pour une rémunération méritée du travail des conseiller·ère·s. «Plusieurs améliorations importantes pour les étudiant·e·s, notamment l’instauration d’une semaine de relâche à l’automne et l’option de prendre ses cours en <em>pass or fail</em>,<span class="has-inline-color has-actu-color"> </span><span class="has-inline-color has-actu-color"></span>[satisfaisant/insatisfaisant, ou S/U] n’auraient jamais pu avoir lieu sans les heures innombrables que des conseiller·ère·s et des sénateur·rice·s non payé·e·s ont dédiées à<strong> </strong>ces projets.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense qu’il y a plusieurs membres de l’AÉUM qui postuleraient avec joie à des rôles plus importants, si seulement c’était financièrement faisable pour eux»</p><cite>Jake Reed, représentant de la Faculté de génie</cite></blockquote>



<p><strong>Réticences</strong></p>



<p>Certain·e·s conseiller·ère·s ont en revanche montré leur hésitation à utiliser l’argent des étudiant·e·s pour payer sans distinction tous·tes les membres du conseil. «C’est extrêmement préoccupant de voir que certain·e·s de mes collègues aient à soutenir trois emplois différents pour passer à travers l’université, et je crois qu’il·elle·s mériteraient de l’aide. Mais je crois aussi que ce n’est pas le cas de beaucoup d’entre nous qui venons de familles fortunées et qui n’avons pas besoin de cet argent, et je ne sais pas si ce serait le meilleur usage de l’argent des étudiant·e·s,» a affirmé Paige Collins, représentante de la Faculté des arts.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="http://delitfrancais.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"></a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-deluxe-comment-laeum-limite-lacces-a-leducation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"><em>McGill deluxe: comment l’AÉUM limite l’accès à l’éducation</em></a></em></p>



<p>Par ailleurs, d’autres ont aussi relevé que le projet actuel ne prenait pas en compte les disparités entre les grosses et les petites facultés. En effet, il reviendrait à chaque association étudiante facultaire de rémunérer ou non le travail effectué par ses représentant·e·s en dehors du cadre de l’AÉUM, par exemple pour travailler avec les associations facultaires. Or, pour les plus petites d’entre elles, il serait impossible d’offrir une telle compensation sans augmenter significativement les cotisations de leurs membres.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/laeum-veut-payer-les-membres-du-conseil-legislatif/" data-wpel-link="internal">L’AÉUM veut augmenter la cotisation obligatoire pour payer les membres du conseil législatif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une nouvelle personne-ressource pour les étudiant·e·s noir·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/15/une-nouvelle-personne-ressource-pour-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-noir%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 01:16:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[black history month]]></category>
		<category><![CDATA[black student network]]></category>
		<category><![CDATA[diversité]]></category>
		<category><![CDATA[équité]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[représentation étudiante]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=41985</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Antoine-Samuel Mauffette Alavo, agent de liaison aux Affaires des étudiant·e·s noir·e·s.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/15/une-nouvelle-personne-ressource-pour-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-noir%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Une nouvelle personne-ressource pour les étudiant·e·s noir·e·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans le cadre de son <a href="https://www.mcgill.ca/provost/files/provost/20201029_fv_action_plan_to_address_anti-black_racism.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Plan</a> de lutte contre le racisme anti-noir, l’Université McGill a créé le poste d’agent de liaison aux Affaires des étudiant·e·s noir·e·s. <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Antoine-Samuel Mauffette Alavo, qui a inauguré ce poste le 11 janvier dernier.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/05/antiracisme-a-mcgill-22-elements-daction/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">McGill dévoile son Plan de lutte contre le racisme anti-noir</a></em></p>



<p><strong>Une voix institutionnelle et individuelle</strong></p>



<p>M. Mauffette Alavo se veut le représentant des voix noires sur le campus, faisant valoir leurs priorités, leurs besoins et leurs insatisfactions auprès de l’administration de l’Université quant au progrès du Plan. Simultanément, il a pour mandat de communiquer de façon transparente aux étudiant·e·s les efforts de l’administration dans sa lutte contre le racisme anti-noir, dans l’optique de faciliter et d’accélérer le dialogue entre les deux parties. «J’ai rencontré [les associations des étudiant·e·s noir·e·s et elles] sont fatiguées de faires des échanges d’énoncés, de lettres et de réponses [qui prennent parfois] deux mois» a‑t-il affirmé au <em>Délit</em>, soulignant que l’aspect «le plus clair» de son mandat est justement ce travail de liaison.&nbsp;</p>



<p>M. Mauffette-Alavo oeuvre également auprès des étudiant·e·s noir·e·s de manière individuelle, notamment en les aidant à naviguer le réseau universitaire s’il·elle·s ont une plainte en matière d’équité ainsi qu’à explorer des opportunités de stages, de bourses et de financement. Il a souligné que son expérience à titre d’ancien agent de liaison pour les Bureaux de stages des Facultés des arts et des sciences de McGill lui était utile à cet égard et qu’il avait déjà des plans pour multiplier les opportunités de stage<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s</span> auprès d’organismes des communautés noires montréalaises tels que <a href="https://www.hoodstock.ca/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Hoodstock</a>, <a href="https://pour3points.ca" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pour 3 points</a> et <a href="https://destabyn.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Desta</a>.&nbsp;</p>



<p><strong>Responsabilité et représentativité</strong></p>



<p>En ce qui a trait à la mise en œuvre du Plan, M. Mauffette Alavo a mis en évidence la préoccupation des associations étudiantes noires – qu’il partage – quant à son application spécifique à chaque département de l’Université, qui ferait l’objet de moins de balises claires. «Quelle est [leur] responsabilité? Où montre-t-on le progrès par département?» Bien que l’Université puisse mesurer et montrer ses progrès quant au recrutement de professeur·e·s noir·e·s, le manque de données concernant les assistant·e·s de recherche et les assistant·e·s d’enseignement, entre autres, est matière à inquiétude, selon M. Maufette Alavo.&nbsp;</p>



<p>La représentativité constituerait également un défi de taille. «Ce que j’ai souvent eu comme rétroaction des étudiant·e·s noir·e·s est qu’ils·elles ne voient pas beaucoup d’étudiant·e·s noir·e·s <em>montréalais·es</em> à McGill. C’est quelque chose que j’avais moi-même remarqué durant mon temps à McGill, comme employé et comme étudiant», a‑t-il affirmé, étant lui-même originaire de Montréal. Il compte ainsi augmenter la visibilité et la popularité de l’Université comme une option réaliste auprès des élèves d’écoles secondaires de quartiers tels que Saint-Michel, Ahuntsic, Petite-Bourgogne et Côte-des-Neiges. «Il y a beaucoup de vulgarisation à faire pour rendre McGill<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>une destination accessible pour les jeunes de Montréal. Les gens ne sont pas au courant qu’il est plus facile, au niveau cote R, de rentrer à la Faculté des arts que dans un programme de développement international à l’Université de Montréal, par exemple.»&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Mon but est aussi que les étudiant·e·s se sentent à l’aise d’être noir·e·s à Montréal»</p><cite>Antoine-Samuel Mauffette Alavo</cite></blockquote>



<p>Les enjeux linguistiques contribueraient également aux défis du recrutement. «Ce n’est pas juste que [McGill] ne va pas à Ahuntsic ou à Saint-Michel. C’est aussi que [McGill] ne va pas suffisamment dans les écoles secondaires francophones.» À ce titre, le nouvel agent de liaison se dit heureux de pouvoir offrir aux étudiant·e·s noir·e·s un service en français et une expertise locale. «Mon but est aussi que les étudiant·e·s se sentent à l’aise d’être noir·e·s à Montréal, et qu’ils·elles aient accès à la totalité des ressources communautaires et culturelles montréalaises, pas qu’académiques et pas qu’à McGill.»</p>



<p><strong>Une perspective sur le «mot en N»</strong></p>



<p>Bien qu’il n’avait pas été nommé agent de liaison aux Affaires des étudiant·e·s noir·e·s au moment d<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">e la controverse </span>mcgilloise quant au «mot en n», M. Mauffette Alavo confirme avoir discuté de cette affaire avec quelques étudiant·e·s depuis son entrée en poste.&nbsp;</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/01/26/lenseignement-doeuvres-au-contenu-sensible-cree-la-controverse-au-departement-de-litterature-francophone-de-mcgill/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Débat sur le «mot en n» à l’Université McGill</a></em></p>



<p>«Je pense que le consensus, c’est que les étudiant·e·s souhaitent voir des mesures plus claires». Il a affirmé qu’une «politique définissant la liberté académique» serait en cours d’élaboration et que des professeur·e·s et chaires de l’Université McGill seraient inclus·es dans le processus.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est avec des politiques que l’on peut <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">avoir </span>un impact»</p><cite>Antoine-Samuel Mauffette Alavo</cite></blockquote>



<p>«On veut éviter de blesser les étudiant·e·s en classe, éviter qu’il·elle·s ne vivent des événements troublants et traumatisants. Mais on doit avoir quelque chose de clair en réponse à ça: c’est avec des politiques que l’on peut <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">avoir</span> un impact. Je me concentre sur le changement institutionnel.»</p>



<p><strong>Défis pandémiques</strong></p>



<p>Le nouvel agent de liaison a affirmé que la COVID-19 avait exacerbé plusieurs difficultés pour les étudiant·e·s noir·e·s à McGill. Il a notamment fait part de sa préoccupation pour les étudiant·e·s de première année qui, même en temps normal, se seraient senti·e·s isolé·e·s et peu représenté·e·s au sein de la communauté étudiante. Avec le confinement, les événements sur le campus qui leur permettaient de tisser des liens et de développer un sens d’appartenance à une communauté ont été éliminés et les événements virtuels ne réussiraient pas à pallier cet isolement. «Les statistiques [de représentativité] n’aident pas. En virtuel, c’est encore plus difficile de voir des gens qui te ressemblent [lorsque tu es noir·e].»</p>



<p>M. Mauffette Alavo a témoigné de son souhait d’être une «personne-ressource» auprès des étudiant·e·s noir·e·s pour des enjeux tels que ceux mentionnés ci-haut. Il a cependant déploré qu’il serait beaucoup plus difficile de faire connaître virtuellement la nouvelle existence de son poste, lui qui avait l’habitude de visiter des classes et de se présenter pendant cinq minutes lorsqu’il travaillait pour les Facultés des arts et des sciences. Les efforts sur les réseaux sociaux et étudiants aideraient, tout comme sa participation à plusieurs événements du Mois de l’Histoire des Noir·e·s, mais il espère que l’automne 2021 lui offrira plus d’opportunités d’accès au campus et qu’il lui sera possible d’être présent dans l’«espace sur le campus pour les étudiant·e·s noir·e·s», un projet en cours d’élaboration.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les statistiques [de représentativité] n’aident pas. En virtuel, c’est encore plus difficile de voir des gens qui te ressemblent [lorsque tu es noir·e]»</p><cite>Antoine-Samuel Mauffette Alavo</cite></blockquote>



<p>Enfin, l’annulation des spectacles et des festivals au cours de la dernière année a empêché M. Mauffette Alavo de faire la démonstration de ses <a href="https://www.mcgill.ca/arts/article/records-interview-dj-asma-internships-coordinator-mcgill" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">talents de DJ</a>, bien connus de la scène musicale montréalaise. Interrogé par <em>Le Délit</em> sur la possibilité qu’il fasse des <em>sets </em>au <em>Open Air Pub</em> (OAP) de McGill lorsque les mesures sanitaires permettraient le retour de l’événement, le nouvel agent de liasion aux Affaires des étudiant·e·s noir·e·s s’est montré très enthousiaste. «Moi, OAP, ça m’a toujours intéressé!» Il a également souligné que ces événements seraient des opportunités de faire connaître de jeunes artistes montréalais·es et permettraient également d’amasser des fonds ou encore de tisser des liens communautaires. «J’espère continuer ça, […] la musique est une <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">grande</span> partie de ma vie.» </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/15/une-nouvelle-personne-ressource-pour-les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-noir%c2%b7e%c2%b7s/" data-wpel-link="internal">Une nouvelle personne-ressource pour les étudiant·e·s noir·e·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
