<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des 2020-11-17 - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2020-11-17/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2020-11-17/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>La musique classique n’existe plus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-musique-classique-nexiste-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:48:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Adorno]]></category>
		<category><![CDATA[Baricco]]></category>
		<category><![CDATA[interprétation]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[musicologie]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[musique classique]]></category>
		<category><![CDATA[Ravel]]></category>
		<category><![CDATA[répertoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39514</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alessandro Baricco et la musique cultivée dans la modernité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-musique-classique-nexiste-plus/" data-wpel-link="internal">La musique classique n’existe plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«[Il y avait] un homme qui sentait l’eau de Cologne, et qui n’arrêtait pas avec sa télécommande de remettre le <em>Boléro</em> de Ravel. (…) Au septième <em>Boléro</em> [la femme avec qui il était en train de baiser] dit: “Excuse-moi”, elle glissa du lit, se rhabilla, enfila ses chaussures noires, talons aiguilles, et s’en alla, sans rien dire.» Ainsi Alessandro Baricco nous présente-t-il un personnage très particulier dans son roman <em>City</em>. Le <em>Boléro</em> est sans doute une œuvre célébrissime et appréciée par beaucoup; ici, Baricco semble plutôt s’en moquer, ou plutôt se moquer du culte ridicule que lui voue cet homme. Ce n’est pas un hasard: l’auteur, qui est aussi musicologue, publiera quelques années plus tard un essai intitulé <em>L’âme de Hegel et les vaches du Wisconsin</em>, essai critiquant la dévotion aveugle pour les œuvres musicales du répertoire classique. Baricco s’applique à déconstruire les mythes entourant la musique et le rapport que nous entretenons avec elle à travers la question suivante: «Comment <em>l’idée </em>et la <em>pratique </em>de la musique cultivée ont-elles réagi face au choc de la modernité?»</p>



<p><strong>La musique classique, un veau d’or</strong></p>



<p>Pour l’auteur, la musique est un objet d’art particulier qui, contrairement à d’autres œuvres conservées dans les musées, «se transmet et s’interprète dans le même, unique geste». Elle n’existe qu’au moment où elle est jouée (ou, à l’ère de YouTube et de Spotify, rejouée). C’est au moment où le son est produit que les auditeur·rice·s l’interprètent, lui donnent un sens. Le geste de jouer la musique est toujours «corrompu» par tous les facteurs qui construisent cette action complexe; ainsi, jamais l’œuvre n’est-elle reproduite exactement comme elle le fut par le passé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Rien ne peut sauver la musique cultivée du triste destin qui la noie dans une pratique obscurantiste et mensongère si ce n’est l’instinct qui la fait entrer en court-circuit avec la modernité»</p><cite>Baricco</cite></blockquote>



<p>La musique classique – ou plutôt, le répertoire de la musique classique – est définie de manière très large par le musicologue, puisque les frontières de celle-ci sont indéfinies; il s’en remet à notre instinct pour en tracer les grandes lignes. De nombreux adeptes de ce répertoire musical s’arrogent, selon Baricco, une suprématie morale et culturelle, qui est caractérisée par le mépris qu’elles ont pour les autres types de musique, jugés inférieurs. Les raisons de ce mépris ne sont pas évidentes: «Quelqu’un peut-il réellement expliquer en quoi un jeune homme qui préfère Chopin aux <em>U2 </em>devrait être un motif de consolation pour la société?»</p>



<p>Les amateur·rice·s de la musique classique affirment que celle-ci serait plus complexe et qu’elle porterait des ambitions spirituelles plus élevées que les autres musiques; que la poésie y serait partout présente et que son analyse exigerait une volonté de transcendance en plus de connaissances théoriques importantes. «Des phrases qui ont ceci de commun avec tous les clichés qu’elles énoncent, bien que faussement, une vérité», selon Baricco; elles ont au moins le mérite de pointer en direction des éléments que les partisans de la musique classique considèrent comme la preuve de leur supériorité. Ces deux éléments peuvent ainsi être résumés par la <em style="user-select: auto;">différence</em> de la musique classique, caractérisée par sa complexité, et sa <em style="user-select: auto;">suprématie</em>, ou à tout le moins sa <em style="user-select: auto;">volonté de suprématie</em>. C’est par son langage articulé que la musique classique échapperait «aux contraintes de l’immanence». Ainsi, en conservant cet héritage d’une autre époque, on pourrait accéder à la partie transcendante de l’œuvre musicale, «un au-delà mal identifié mais plus ou moins conjugable avec des mots tels que “coeur”, “esprit”, “vérité”». En réponse à ces arguments, Baricco met en relief leur propre contradiction: la musique classique, au moment de son apparition, était une révolution; ses adeptes actuels sont des réactionnaires. Comment l’œuvre peut-elle avoir conservé son caractère transcendant originel lorsque la façon dont elle est perçue a été si transformée? Et si ces œuvres sont si particulières, si majestueuses, comment se fait-il qu’elles soient si fréquemment utilisées comme trame sonore de publicités de papier hygiénique, de café ou de matelas?<strong style="user-select: auto;"> </strong>Pour répondre à ces questions, l’essayiste propose de retourner aux sources de cette tradition musicale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Et si ces œuvres sont si particulières, si majestueuses, comment se fait-il qu’elles soient si fréquemment utilisées comme trame sonore de publicités de papier hygiénique, de café ou de matelas?»</p></blockquote>



<p><strong>L’émergence de la musique cultivée</strong></p>



<p>Baricco présente Beethoven comme le «proto-martyr» de la musique classique. L’arrivée de ce «génie hypertrophié» fait acquérir trois caractéristiques à la musique de l’époque: elle échappe dorénavant à une vision purement commerciale, elle véhicule (ou veut véhiculer) des idées philosophiques et spirituelles et elle se complexifie tant qu’elle échappe à la majorité de son auditoire. Baricco attribue à Beethoven le rôle que Nietzsche avait attribué à Socrate, soit celui de «sacraliser une pratique qui avant lui était spécifiquement laïque, pour ne pas dire commerciale». Ces caractéristiques permettraient aux auditeur·rice·s de <em>légitimement</em> prétendre à une suprématie du goût et de la morale dans leur approche de la musique. Nous voyons donc l’émergence de la musique <em>cultivée</em> qui n’est pas la même chose que la musique classique. La musique cultivée correspond à un type d’écoute ou de travail musical – et non à un répertoire particulier – qui répond aux trois nouvelles caractéristiques. Cette supériorité n’est toutefois pas réservée qu’aux personnes privilégiées: «Le modèle beethovénien élève [l’acte élitiste de réserver une musique considérée comme supérieure] au-dessus des limites prosaïques du patrimoine ou du sang. La <em>musique cultivée</em> est la <em>musique réservée</em> d’une humanité cherchant un en-plus au divertissement et en route sur les chemins de l’esprit.» Comment la musique classique a‑t-elle perdu sa puissance dans l’idée de la musique cultivée? Baricco explique qu’au cours des siècles, l’humanité a en fait oublié le rôle de l’interprétation.</p>



<p><strong>L’interprétation comme choc des civilisations</strong></p>



<p>Pour le philosophe allemand Theodor Adorno, «les œuvres d’art, surtout celles de la plus haute dignité, attendent leur interprétation». Baricco voit en cette phrase une confirmation de ses idées: tant que l’œuvre n’est pas interprétée, elle reste un «produit invendu». Pour bien interpréter une œuvre, il ne suffit pas d’y trouver des «sentiments». Au contraire, l’auteur dénonce avec véhémence l’utilisation outrancière de ce terme fourre-tout et propose une définition – quoique vague – du concept: «L’interprétation prend sur elle ce qui dans l’œuvre est mouvement, ce qui est tension, vie souterraine, parole non encore prononcée: elle lui demande d’entrer en réaction chimique avec l’identité du temps présent.» Cette dimension de contact avec l’époque se révèle très importante, où l’interprète sert de médium entre la civilisation qui a créé l’œuvre et celle qui la reçoit. Il ne s’agit donc pas de reproduire l’œuvre originale, puisque cela est en fait impossible. Baricco se contente de décrire l’époque actuelle sous le terme de «modernité», un concept aussi large, voire davantage, que celui de «musique classique».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’œuvre sur laquelle l’interprétation se penche pour la profaner est un seuil: le dépasser, c’est entrer dans la modernité»</p><cite>Baricco</cite></blockquote>



<p>Pour comprendre ce que signifie aujourd’hui l’interprétation d’une œuvre, il requiert de s’intéresser à l’époque dans laquelle l’on se trouve. Pour Baricco, cette modernité se définit par un «non-système», par une remise en question de certains concepts comme «cœur», «esprit», «vérité», bref, comme une opposition complète par rapport à l’époque idéaliste dans laquelle a été créée la musique classique. Ce rejet est le résultat d’un 20<em>e</em> siècle d’une violence inouïe causée par l’échec de ces idées, siècle où les idéologies radicales ont conduit à un bain de sang et où l’on a renoncé à affirmer la beauté de l’être humain. La modernité n’est pas un système, elle est un «non-système» puisque «constellation» de concepts faiblement liés entre eux. Baricco ne juge pourtant pas négativement ce monde nouveau: «L’organisation de la modernité est une organisation “faible”, mais elle n’est pas la couverture d’un chaos inavouable.» Au contraire, de par la différence entre l’époque idéaliste et la modernité, les œuvres de la première interprétées dans l’idée d’une collision avec la deuxième deviennent «électrisantes».</p>



<p>Si Baricco reconnaît la fragilité de ses affirmations, il voit son texte comme plusieurs longs aphorismes, «l’instant fragile où la réflexion s’élance, s’appuyant parfois sur le paradoxe, usant d’articulations faibles ou hasardeuses, s’autorisant la provocation, et cherchant le fracas des vérités nouvelles, provisoires». C’est dans cet instant néanmoins précieux qu’il nous propose de concevoir la musique et son interprétation: comme une manière d’appréhender notre époque et sa place dans l’histoire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-musique-classique-nexiste-plus/" data-wpel-link="internal">La musique classique n’existe plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les oiseaux de la rivière Aras (dernière partie)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/les-oiseaux-de-la-riviere-aras-derniere-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:48:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[prose]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39505</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fiction sur l’historique de violences subies par le peuple arménien.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/les-oiseaux-de-la-riviere-aras-derniere-partie/" data-wpel-link="internal">Les oiseaux de la rivière Aras (dernière partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong>Aliksan</strong></p>



<p>Je ne suis plus le troupeau ni le mène, d’ailleurs. C’est Anastas qui s’en charge depuis la mort de Karoun il y a dix ans. Cet endroit est protégé de tout ce qui se passe ailleurs. Il parait isolé complètement. Je n’ai vu aucun autre visage depuis longtemps. Celui de Zareh et d’Anastas, c’est tout. Ça ne m’inquiète pas. Ce qui m’inquiète c’est que Zareh ne se souvient plus de mon visage.<br>Mais il y a quelque chose ici. Quelque chose qui me fait sentir chez moi.<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>Peut-être la manière dont le vent caresse le gazon. Ou le torse nu d’Anastas. Je ne sais pas. Il a tellement grandi depuis la première fois que je l’ai vu. Je l’invite parfois à la rivière. Il joue de son instrument pour moi. C’est magnifique. C’est magnifique et je danse. Pour lui.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Je suis nu dans la rivière. Anastas m’observe. Je l’ai invité à jouer de la musique. Quelque chose va se produire, j’en suis certain. Je l’ai vu en rêve. Mais seulement si je danse. Seulement s’il joue. Cette fois ma danse est sérieuse. Cette fois je danse pour Anastas. Pour ses parents morts sous l’olivier.<br>Cette fois je danse pour mon frère.<br>Mes pieds forment des cercles et des traits dans le courant rapide. Des mots s’échappent de mes lèvres malgré moi. Un chant.<br><em style="user-select: auto;">Où est passé mon oiseau bleu ?<br>J’interrogerai chaque brise<br>Sous les oliviers les colonnes de fumée<br>Avec cette fièvre dans mes yeux kérosène<br>Je danserai fendant la rivière<br>Où est passé mon oiseau bleu ?</em><br>La terre tremble. Anastas cesse de jouer brusquement ; il a peur. Je lui dis de continuer. Il continue. La terre tremble. Les mots en écho sur les vagues, sur la montagne… ce sont les mots qui font trembler.<br><em style="user-select: auto;">Où vole-t-il ?<br>Où sont passés nos oiseaux bleus nos oliviers ?<br>Où volent-ils ? Où poussent-ils ?</em><br>Tout tremblement cesse. Le soleil plombe. Anastas s’approche. Les rayons du soleil ajoutent une fluidité à ses larmes.<br>— Ne pleure pas, Anastas, c’est pour les enfants.<br>Il sourit.<br>Nous sommes debout au centre de la rivière.<br>Comme deux troncs du même arbre.<br>Ses lèvres goutent l’âpreté des olives.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Je suis entré dans la chambre de Zareh. Il crie depuis longtemps. Dès que j’entre, il me reconnait. Il arrête de crier. Il me sourit calmement.<br>— Viens mon fils, j’ai un service à te demander. Difficile. Plus qu’un service. Une tâche.<br>— Tout ce que tu voudras, <em style="user-select: auto;">Hayrik</em>.<br>— Je me souviens de tout… absolument tout… pour une fois. Probablement la dernière. C’est important pour moi, tu le sais. Tu comprends. Tu es adulte maintenant. Je veux me souvenir de Karoun… de vous trois. Je ne veux pas oublier. Je veux que tout ça s’arrête… tu comprends ? Que ça s’arrête, mais que je me souvienne…<br>— Je comprends, <em style="user-select: auto;">Hayrik</em>.<br>— Prends l’oreiller.<br>Je prends l’oreiller. Il m’embrasse sur le front en souriant.<br>— Vous vous aimez tous les deux, n’est-ce pas ?<br>— Oui…<br>— C’est bien.<br>Tout mon corps tremble. Je pose l’oreiller sur son visage, doucement.<br>Je pousse. Il le faut.<br><em style="user-select: auto;">Hayrik </em>serre mon poignet par réflexe seulement.<br>La force de l’enlacement devient une caresse.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Anastas</strong></p>



<p>Zareh avait raison. Depuis le début. Quelque chose le ronge. Il ne se souvient plus de nos visages. Il perd ses souvenirs. Il est dans son lit. Dément. Depuis six mois, au moins. Il criait tout à l’heure. Aliksan est allé le voir. Tout est calme maintenant.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Nous sommes à la rivière.<br>Depuis la mort de Zareh, il y a quelque chose dans le regard sombre d’Aliksan ; une sorte de lueur. Je ne sais pas comment la décrire… comme une lueur de révolte. Calme. Il danse au centre de la rivière. Je joue une mélodie que ma mère me jouait. Tout est calme sur la rivière, mais la mélodie me rappelle notre olivier. Elle me rappelle ma mère.</p>



<p><em style="user-select: auto;">L’olivier</em>.<br></p>



<p>Puis. Des milliers de moutons. <em style="user-select: auto;">Ils descendent la montagne à queue-leu-leu</em>. Comme une vague ouateuse rapide. Ils s’avancent vers la rivière, vers Aliksan, je continue de jouer sur le bord de la rivière. <em style="user-select: auto;">Ma mère n’avait jamais autant crié</em>. Le mouton en tête de file bêle. <em style="user-select: auto;">L’olivier. Ma mère au sol. La détonation</em>. Le mouton s’approche d’Aliksan. Il le caresse doucement. Je joue. Il sort son canif. <em style="user-select: auto;">Ils sortent leurs couteaux.</em> Les notes sortent de mon oud machinalement je ne regarde plus rien. Seulement Aliksan et son corps qui se frotte à celui du mouton ses doigts fins dans la laine. <em style="user-select: auto;">Mon père sous l’olivier. Une détonation au visage.</em> Aliksan regarde la bête. Son œil noir. <em style="user-select: auto;">Son sourire en s’approchant d’elle.</em> Sa laine nuageuse. <em style="user-select: auto;">Immobile derrière ma mère. Immobile et le sang.</em><br><br><em style="user-select: auto;">Son œil noir.</em><br><br>Je cesse de jouer.<br>Aliksan cesse de danser.<br>Il ne joue plus.<br>Ses yeux effleurent presque ceux de la bête. Il lui dit :<br>— Où sont passés nos oiseaux bleus nos oliviers ? Où volent-ils ? Où poussent-ils ?<br>L’œil de la bête demeure noir. Dur. Figé.<br>Je vois Aliksan percer la gorge de l’animal avec son canif. Un jet noir projeté sur l’eau. <br><em style="user-select: auto;">Sous l’olivier.<br>Et les autres suivent à queue-leu-leu.</em><br>Et les mêmes questions sont posées. Toujours.<br>Et les milliers de cadavres de bêtes immobiles et rigides.<br>Se transforment en soldats.<br>Flottent sur la rivière sacrée.<br>Et les oiseaux bleus sur les branches.<br>Regardent les cadavres.<br>S’envolent.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Nous sommes à la rivière. Tout est calme maintenant.<br>Je m’approche d’Aliksan, au centre des eaux.<br>Je joue si souvent pour lui qu’il y a de la corne sur mes doigts. Une écorce. Le bois de mon oud fusionne à ma peau. La contamine doucement. Il se répand sur ma peau, sur mes os comme une caresse flexible et douce. Je n’ai pas peur. Le bois forme une écorce. Aliksan me prend la main. L’écorce commence à couvrir sa peau. Il me sourit.<br>L’écorce nous submerge.<br>Et nous pousserons ainsi, presque immobiles, mais pliables.<br>D’une lenteur aimée.<br>Bien après les hommes.<br>Comme deux troncs du même arbre.<br>Au cœur du tumulte des eaux.<br>Au centre de la rivière sacrée.<br>De la caresse des souvenirs.<br>Les fruits de notre arbre en feront pousser d’autres.<br>Et nos oiseaux viendront sur nos branches.<br>Pour chanter.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/les-oiseaux-de-la-riviere-aras-derniere-partie/" data-wpel-link="internal">Les oiseaux de la rivière Aras (dernière partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vent de légèreté en temps de pandémie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/vent-de-legerete-en-temps-de-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:48:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[dramaturgie]]></category>
		<category><![CDATA[michel tremblay]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39529</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le gars de Québec en adaptation virtuelle au Théâtre la Bordée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/vent-de-legerete-en-temps-de-pandemie/" data-wpel-link="internal">Vent de légèreté en temps de pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em style="user-select: auto;">Le gars de Québec</em>, satire politique reprenant <em style="user-select: auto;">Revizor</em> de Nicholas Gogol (1835) et signée par Michel Tremblay, est cette fois mise<span class="has-inline-color has-philo-color" style="user-select: auto;"> </span>en scène par Michel Nadeau dans une version «distanciation sociale et représentation virtuelle» au Théâtre La Bordée. La pièce de 105 minutes se déroule dans le Québec «bleu» du parti conservateur de Maurice Duplessis en 1952 et explore les «dangers du métier de <em style="user-select: auto;">crook</em>» dans la ville libérale fictive de Sainte-Rose-de-Lima, à Charlevoix.</p>



<p><strong style="user-select: auto;">Format </strong><strong>v</strong><strong style="user-select: auto;">irtuel</strong></p>



<p>Après avoir acheté un droit d’accès sur le site Internet du Théâtre La Bordée, une clé d’accès à usage unique est envoyée par courriel aux gens qui en ont fait la demande.<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>Le public est ensuite invité à accéder à la pièce de théâtre préenregistrée sur l’appareil électronique de son choix. La clé d’accès ne s’active qu’au moment indiqué sur le billet et demeure valide pour une période de vingt-quatre heures.</p>



<p>La captation vidéo de la pièce est assurée par Production 4 éléments. L’utilisation judicieuse de trois caméras, dont deux plans plus centrés sur les visages des comédien·ne·s, permet de diriger l’attention des spectateur·rice·s sur les expressions faciales de ceux et celles-ci. L’alternance des trois points de vue devient particulièrement intéressante lors des quiproquos et des revirements de situation soudains. Lors de ces derniers, les caméras permettent de souligner, tour à tour, les réactions faciales clés des personnages impliqués, ce qui n’est pas toujours possible lors d’une expérience théâtrale traditionnelle.</p>



<p>Cependant, la mise en relief des expressions faciales directement liées à l’action se fait au détriment du jeu mineur: ce dernier est souvent effacé des plans de la caméra. Le potentiel comique de certains personnages secondaires, tels que la paire d’excentriques notables farfelus campés par Maxime Robin et Israël Gamache, est donc malheureusement diminué.</p>



<p><strong>Mise en scène distancée et décor en «T»</strong></p>



<p>En raison des normes sanitaires actuelles, la mise en scène a été repensée afin d’incorporer la distanciation sociale dans le Québec de Duplessis. En privilégiant les déplacements tournant autour d’un axe central plutôt que de miser sur les déplacements linéaires, Michel Nadeau réussit à préserver le dynamisme d’une mise en scène traditionnelle tout en assurant le respect de la distanciation sociale. En effet, les déplacements circulaires ont l’avantage d’être plus compacts que les déplacements linéaires et permettent ainsi de préserver, de façon restreinte, les interactions actives qui impliquent plusieurs personnages. Lors des scènes plus statiques, l’utilisation efficace de la profondeur de la scène et des angles séparant chaque comédien·ne rendent la distanciation sociale beaucoup plus naturelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em style="user-select: auto;">Le gars de Québec</em> réussit sa mission, soit d’offrir une échappatoire à la situation actuelle</p></blockquote>



<p>Le choix de ne pas incorporer toute la largeur de la scène dans le décor conçu par Vanessa Cadrin contribue aussi à créer un sentiment d’intimité entre les personnages distancés. En effet, seule la partie centrale de la scène est ornée de motifs rappelant le papier d’emballage des Fêtes. Les deux extrémités de la scène sont laissées dans un noir presque absolu. Le lointain de la scène, quant à lui, fait office de trompe‑l’œil spatial puisque le décor du mur du fond dépasse la largeur<span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span>de l’espace scénique. Le contraste entre la largeur de ces derniers crée donc un décor en «T» qui offre l’illusion que les comédien·ne·s se situent près l’un·e de l’autre. En libérant ainsi les extrémités de la planche, la mise en scène leur permet d’assister à la pièce entre leurs scènes respectives. Les comédien·ne·s absent·e·s de l’action s’installent donc de chaque côté de la planche, ce qui permet à leurs collègues de ne pas jouer devant une salle complètement vide.</p>



<p><strong>Intrigue prévisible, mais personnages dynamiques</strong></p>



<p><em style="user-select: auto;">Le gars de Québec</em> réussit sa mission, soit d’offrir une échappatoire à la situation actuelle. Le ton très léger de l’intrigue, caractérisé par l’ampleur caricaturale de la corruption à Sainte-Rose-de-Lima, souligne brillamment le ridicule du quotidien, facilement oublié ces temps-ci à cause de la lourdeur actuelle dans laquelle nous plonge la pandémie. La pièce se permet tout de même quelques références judicieusement dispersées à la pandémie, ce qui apporte du comique à la pièce sans l’alourdir et permet au public de se laisser aller à une certaine catharsis en se moquant d’une situation grave. Cependant, la grande légèreté de l’histoire entraîne aussi une progression dramatique très prévisible. Puisque la pièce tourne autour d’un immense quiproquo, dès les premières minutes de celle-ci, le dénouement est facilement déduit. Les revirements de situation n’apportent donc pas de véritables éléments de surprise et l’intrigue qui en découle semble un peu longue par moments.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Malheureusement, la captation du son efface à quelques reprises les apartés et les parenthèses du personnage</p></blockquote>



<p>Néanmoins, la présence scénique des onze comédien·ne·s ajoute énormément au rythme de la pièce. Le maire de Sainte-Rose-de-Lima, interprété par Pierre-Yves Charbonneau, représente une excellente critique du dangereux amalgame entre l’ambition et la corruption et Charbonneau réussit à lui apporter une intensité constante. Malheureusement, la captation du son efface à quelques reprises les apartés et les parenthèses du personnage. Olivier Normand, de son côté, dans la peau du fonctionnaire fauché Hubert Lalonde, parvient à incarner la confusion du personnage tout en variant fréquemment ses émotions et intonations. Joëlle Bourdon, qui incarne Marie-Antoine Petit, la fille du maire, mérite également une mention spéciale; tout au long de la pièce, sa gestuelle et son ton de voix véhiculent superbement la confiance en soi grandissante et le désir d’émancipation qui caractérisent son personnage.</p>



<p><em>Le gars de Québec</em> est disponible en version virtuelle au <a href="https://bordee.ticketacces.net/fr/organisation/representations/index.cfm?EvenementID=42" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Théâtre La Bordée</a> jusqu’au 28 novembre 2020.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/vent-de-legerete-en-temps-de-pandemie/" data-wpel-link="internal">Vent de légèreté en temps de pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La poésie comme art de résistance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-poesie-comme-art-de-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:47:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[en ligne]]></category>
		<category><![CDATA[Natasha Kanapé Fontaine]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick Watson]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39627</guid>

					<description><![CDATA[<p>Natasha Kanapé Fontaine et Patrick Watson pour la justice et l’espoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-poesie-comme-art-de-resistance/" data-wpel-link="internal">La poésie comme art de résistance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Natasha Kanapé Fontaine, artiste multidisciplinaire originaire de la communauté innue de Pessamit, réitère de nouveau l’importance des arts et de la culture dans le militantisme. C’était cette fois dans le cadre d’un événement intitulé&nbsp;<em>Poésie de la résistance</em>&nbsp;en compagnie de Patrick Watson, répondant à plusieurs enjeux liés au racisme systémique que subissent les nations autochtones. Au cours du spectacle, la poétesse a notamment rappelé les violences perpétrées envers les pêcheurs mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse, le moratoire sur <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">la</span> chasse à l’orignal dans le parc de La Vérendrye que revendique la nation Anishnabe et la mort de Joyce Echaquan, issue de la communauté atikamekw de Manawan, ayant reçu de mauvais traitements de la part de deux infirmières et décédée au Centre hospitalier de Lanaudière.</p>



<p>Le spectacle, présenté par le Festival international de musique POP Montréal et Suoni per il popolo, le&nbsp;<em style="user-select: auto;">Experimental Music Festival</em>,<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>avait lieu en direct sur la chaîne YouTube de la Sala Rossa le samedi 14 novembre. Tout en douceur et en simplicité, il ne réunissait que Natasha Kanapé Fontaine et Patrick Watson, la première armée de ses poèmes et le second, de son piano et de son synthétiseur. Pandémie oblige, le public écoutait de la maison; pour contrer le malaise d’une salle vide, les deux artistes ont meublé le silence de rires en imaginant les spectateurs et spectatrices en pyjama.</p>



<p><strong>L’importance de l’art militant</strong></p>



<p>Pour Natasha Kanapé Fontaine, la poésie est un baume; elle la compare à la lame de tannage, cet outil utilisé pour enlever les impuretés des peaux afin qu’elles soient encore plus belles. Elle se questionne&nbsp;: que faire en tant que poète devant tant de violence? Ses mots sont un outil de guérison, qui bercent et éblouissent, qui traitent les blessures causées par le racisme systémique et qui appellent à sa destruction.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les poèmes sont parfois cris, parfois lamentations, parfois douces litanies&nbsp;: ils disent toutes les souffrances des peuples autochtones, mais aussi la validité de chaque voix qui s’élève contre le racisme</p></blockquote>



<p>La poétesse impressionne par l’ampleur de sa présence scénique. Si sa voix est délicate et douce dans les présentations qu’elle fait de sa poésie, tout son corps s’enracine dans la scène, elle paraît grande et solide et, même à travers l’écran, ses yeux nous percent de sa force tranquille. Durant les premières vingt minutes, elle est seule et déclame sa poésie dans le silence; elle remplit tout l’espace disponible sans laisser de vide ou de longueurs. Chaque poème est déclamé avec l’émotion qui sied l’intention derrière et sa qualité de slammeuse ressort dans la fluidité de sa parole et l’attaque de ses consonnes. Le clivage est abrupt entre la douceur de ses présentations et la colère transmise par certains poèmes; c’est bien parce que l’émotion est authentique et nécessaire. Les poèmes sont parfois cris, parfois lamentations, parfois douces litanies&nbsp;: ils disent toutes les souffrances des peuples autochtones, mais aussi la validité de chaque voix qui s’élève contre le racisme.&nbsp;</p>



<p><strong>Marier poésie et musique</strong></p>



<p>Patrick Watson se met au piano après quelques poèmes. Sa musique, comme la voix de Natasha Kanapé Fontaine, est animée d’une énergie paisible. Le musicien est calme, décontracté; il émerveille par sa virtuosité et par la symbiose créée avec son instrument. Après une chanson en solo, les sons du piano et du synthétiseur deviennent toile de fond pour la poésie et en renforcent le sens et la portée. La musique se fait alliée; Patrick Watson porte respectueusement le message et la douleur de sa compagne de scène en lui laissant l’espace nécessaire. Une belle complicité s’installe entre les artistes, unis dans le silence étrange que cause l’absence de public. Dans sa seule intervention, le musicien déplore tout ce qui est perdu en raison du racisme, toutes les voix tues. Son message est d’autant plus intensifié par l’impact que continue d’avoir l’art de Natasha Kanapé Fontaine. Seul bémol&nbsp;: le public à distance ne pouvait pas demander de rappel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>La musique se fait alliée; Patrick Watson porte respectueusement le message et la douleur de sa compagne de scène en lui laissant l’espace nécessaire</p></blockquote>



<p>Dans un magnifique chant de la résistance, ce spectacle était pour les personnes autochtones du passé, du présent et de l’avenir qui ont été, sont et seront des guerriers et des guerrières contre le racisme systémique. Ce spectacle se voulait une douce réponse à la haine, une dernière arme et un dernier refuge, au nom de tous ceux et de toutes celles qui se battent.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-poesie-comme-art-de-resistance/" data-wpel-link="internal">La poésie comme art de résistance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Encourager le cinéma d’ici en confinement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/encourager-le-cinema-dici-en-confinement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Turcotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Automne 2020]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma du parc]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma moderne]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Cinémania]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39615</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Festival Cinemania ainsi que plusieurs cinémas locaux sont disponibles en ligne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/encourager-le-cinema-dici-en-confinement/" data-wpel-link="internal">Encourager le cinéma d’ici en confinement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le cinéma québécois a une place importante dans le cœur de beaucoup mais voit sa survie mise en danger par l’incertitude quant à ses revenus pendant les prochains mois. Alors que septembre semblait promettre un retour d’intérêt pour aller voir des films en salles de cinéma, le confinement initié de nouveau le 1<em>er</em>&nbsp;octobre et qui s’éternise depuis a retiré à ce milieu sa principale source de profit&nbsp;: les ventes de billets en salles. Malgré tout, il est possible pour les cinéphiles d’accéder aux plus récentes parutions ainsi que d’offrir leur soutien aux studios et aux cinémas d’ici en passant par leurs plateformes Web.</p>



<p><strong>Des salles de cinéma virtuelles</strong></p>



<p>Dans l’objectif de continuer à diffuser des films de qualité et d’atténuer leurs pertes financières, plusieurs cinémas, tels que le <a href="https://www.cinemamoderne.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cinéma Moderne</a> et le <a href="https://cinemaduparc.com/fr/cinema-en-ligne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cinéma du Parc</a>, ont créé des plateformes en ligne où il est possible de visionner les parutions québécoises (ou internationales) les plus récentes ainsi que d’autres films parmi une sélection plus ancienne.</p>



<p>Les cinémas en ligne d’ici possèdent plusieurs dizaines de films (tels <em>Nadia Butterfly</em>, <em>Femme(s)</em> et <em>Je m’appelle Humain</em>) parmi lesquels choisir à des prix respectables, variant entre 5 et 12 dollars.</p>



<p><strong>Le Festival Cinemania sur tous les écrans</strong></p>



<p>Comme la majorité des grands festivals internationaux (Cannes, TIFF, NYFF, etc.) ont fait au cours des derniers mois, le Festival Cinemania a transposé l’expérience d’une programmation de films à un processus entièrement virtuel où chaque film est disponible sur une plage horaire précise. 102 métrages, variant entre une durée d’une dizaine de minutes ou de quelques heures, sont disponibles sur la <a href="https://enligne.festivalcinemania.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plateforme Cinemania en ligne</a> à une fourchette de prix variable.</p>



<p>Le Festival Cinemania se déroule du 4 au 22 novembre 2020 et mérite qu’on encourage le cinéma d’ici en visionnant en ligne les films qui nous intéressent le plus.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/encourager-le-cinema-dici-en-confinement/" data-wpel-link="internal">Encourager le cinéma d’ici en confinement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La communauté mcgilloise à bout de souffle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:47:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Automne 2020]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Buddle]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[faculté des arts]]></category>
		<category><![CDATA[Hiver 2021]]></category>
		<category><![CDATA[isolement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Pôle bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[sciences politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39543</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le 17 octobre 2020 paraissait dans Le Devoir un texte collectif intitulé «Quand retrouverons-nous les bancs d’université?». Signé par plus d’une centaine d’étudiant·e·s , ce texte dénonçait l’impact de la fermeture des universités québécoises sur leurs étudiant·e·s. Il dressait aussi un portrait alarmant de la santé mentale de cette communauté, une situation à laquelle les&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La communauté mcgilloise à bout de souffle</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/" data-wpel-link="internal">La communauté mcgilloise à bout de souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 17 octobre 2020 paraissait dans <em>Le Devoir</em> un <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/587993/coronavirus-quand-retrouverons-nous-les-bancs-d-universite" target="_blank" data-wpel-link="external">texte collectif</a> intitulé «Quand retrouverons-nous les bancs d’université?». Signé par plus d’une centaine d’étudiant·e·s , ce texte dénonçait l’impact de la fermeture des universités québécoises sur leurs étudiant·e·s. Il dressait aussi un portrait alarmant de la santé mentale de cette communauté, une situation à laquelle les universités ne pourraient pas remédier en raison des mesures de distanciation sociale: «Nous ne pouvons plus compter sur une communauté universitaire pour nous épauler en cas de détresse. Les services d’aide psychologique des universités, désormais en ligne, ont perdu en chaleur et en humanité.» À McGill, malgré les services offerts aux étudiant·e·s, la session d’automne 2020 demeure éprouvante pour plusieurs. <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong></p>



<p><strong>Soutenir les étudiant·e·s à distance</strong></p>



<p><em>Le Délit</em> a contacté la docteure Vera Romano, directrice du <a href="https://www.mcgill.ca/wellness-hub/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pôle bien-être</a> (<em>Student Wellness Hub)</em>. Cet organisme mcgillois est chargé d’offrir des services de base pour protéger la santé physique et mentale des étudiant·e·s. Dre Romano s’est exprimée sur les conséquences de la distanciation sociale et des mesures prophylactiques sur les activités de l’organisme.&nbsp;</p>



<p>L’Université mesure l’état de sa communauté étudiante à travers des sondages, et le taux de participation n’aurait pas été influencé par la COVID-19 pour les trois sondages effectués depuis le début de la pandémie, a affirmé Dre Romano. Les résultats officiels de ces sondages seront révélés vers la fin du mois de novembre 2020, mais la directrice a déjà pu en tirer quelques observations. Le sentiment d’isolement social et physique<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>et la capacité d’attention des étudiant·e·s seraient particulièrement touché·e·s par la virtualisation de la vie universitaire. Les préoccupations concernant le statut migratoire, la santé des proches et les finances personnelles seraient aussi en hausse.&nbsp;</p>



<p>Le personnel du Pôle bien-être aurait également remarqué trois facteurs principaux expliquant le niveau de stress élevé dans la population étudiante: l’augmentation du nombre d’évaluations, l’isolement académique – qui limiterait la qualité des interactions avec les personnes chargées du soutien académique – et une baisse de motivation générale, causée par des cours en ligne moins engageants et par le défi que représente le maintien d’une hygiène de vie favorable à l’apprentissage.</p>



<p>Depuis cet été, tous&nbsp;les services du Pôle bien-être sont offerts à distance et certains le sont de manière limitée sur le campus, en fonction des besoins individuels et dans le respect des directives gouvernementales. Toutefois, les services offerts par le personnel professionnel ne peuvent pas être donnés aux étudiant·e·s qui se situent en dehors du territoire québécois en raison de restrictions imposées par le gouvernement provincial. Les services en lignes seraient aussi problématiques, selon Dre Romano, car ils augmenteraient les délais d’attente, ce qui diminuerait le temps accordé à la prestation de services. Enfin, le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.mcgill.ca/provost/le-budget-provisoire-de-lexercice-2021" target="_blank" data-wpel-link="external">gel d’embauche</a> actuellement en vigueur à McGill annoncé le 30 avril dernier empêcherait le Pôle bien-être de recruter du personnel pour combler les postes actuellement vides ou pour en créer de nouveaux.</p>



<p>Malgré ces problèmes, le Pôle bien-être a tout de même pu offrir de nombreux services à la communauté étudiante, dont plus de 6 000 rendez-vous concernant la santé physique et mentale entre début septembre et fin d’octobre 2020. Dre Romano considère que ces chiffres indiquent une forte demande pour ces deux types de rendez-vous. L’organisme a également modifié son offre de services pour inclure des programmes de gestion du stress, comme des séances de méditation en ligne hebdomadaires et des sessions de création artistique communautaires bihebdomadaires. Des groupes de soutien ont été mis sur pied, dont un pour celles et ceux qui doivent s’isoler lors de leur arrivée à Montréal en provenance d’un autre pays. Somme toute, plus de 250 événements sur le sujet de la santé et du bien-être ont été organisés durant l’été et l’automne 2020 par le Pôle bien-être et par les facultés de McGill. Afin de remédier au fait que les services du personnel de l’organisme ne peuvent être dispensés qu’aux personnes présentes physiquement sur le territoire québécois, un service gratuit et accessible en tout temps, <a href="https://ssmu.ca/blog/2020/03/avis-de-ressources-en-sante-mentale-keep-mesafe/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Keep.meSAFE</em></a>, a été mis en place en collaboration avec les associations étudiantes de l’Université. Ce service permet aux étudiant·e·s de parler à des conseiller·ère·s en santé mentale accrédité·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;Somme toute, plus de 250 événements sur le sujet de la santé et du bien-être ont été organisés durant l’été et l’automne 2020 par le Pôle bien-être et par les facultés de McGill</p></blockquote>



<p><strong>Le corps professoral mis à l’épreuve</strong></p>



<p>Le virage vers le numérique a représenté un énorme défi pour les facultés et les départements de l’Université. Contacté par <em>Le Délit</em>, le professeur adjoint Manuel Balán, responsable de la transition numérique du Département des sciences politiques de McGill, a répondu à quelques questions.</p>



<p>Selon Pr Balán, la Faculté des arts et ses départements ont généralement réussi à s’adapter aux mesures de distanciation sociales pour la session d’hiver 2020. Certaines mesures, comme la décision de laisser tomber la matière qui aurait dû être enseignée au cours des deux semaines pendant lesquelles la transition vers l’enseignement à distance s’est effectuée, auraient énormément aidé à compléter la session. Toutefois, a‑t-il souligné, la préparation d’une pleine session en ligne aurait été un tout autre défi. Au cours de l’été, la Faculté des arts a établi des lignes directrices pour la session d’automne 2020 et a mis en place des structures de soutien pour le personnel académique. Le Département s’est assuré que les plans de cours soient conformes aux lignes directrices établies.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, ce ne sont pas que les méthodes d’enseignement qui ont changé, mais la structure des cours elle-même. Les professeur·e·s du Département ont activement participé au processus de redéfinition des cours et ont été très ouvert·e·s aux suggestions en ce qui concerne les méthodes d’évaluation et d’enseignement. Les difficultés liées à l’adaptation varient en fonction des compétences technologiques des professeur·e·s et de la matière des cours, certains cours s’adaptant plus aisément au format virtuel que d’autres. Pour certain·e·s, le travail demandé était quasi-équivalent à la création d’un nouveau cours.</p>



<p>Avec du recul, Pr Balán a affirmé que l’idée de favoriser une multitude de travaux à basse pondération et à courts intervalles est «allée un peu trop loin». Du point de vue de certain·e·s étudiant·e·s, cela a pu être «écrasant», et un meilleur équilibre pourrait être mis en place pour la prochaine session. Il serait aussi important que les étudiant·e·s prennent activement part à leurs cours afin de contrer le sentiment d’isolement. Toutefois, cela nécessiterait d’arriver à un compromis entre l’engagement actif et le temps passé sur Zoom, qui peut être très éprouvant pour plusieurs.&nbsp;</p>



<p>Au final, très peu de gens ont préféré les cours à distance, selon le professeur, et cette méthode d’enseignement épuise de plus en plus la communauté mcgilloise. Le travail supplémentaire demandé aux professeur·e·s et les interactions moins engageantes rendent leur travail pénible, même si la plupart continuent malgré tout d’aimer enseigner. Savoir que les personnes qui participent à leurs cours traversent une période difficile est démoralisant, et, malgré leurs meilleures intentions, il est difficile pour les professeur·e·s de répondre pleinement aux besoins de leurs étudiant·e·s. Cela dit, les membres du corps enseignant auraient également conscience de leur chance d’avoir des positions permanentes et des conditions de travail enviables. Somme toute, le professeur estime que le Département des sciences politiques de McGill aurait difficilement pu en faire plus pour s’adapter à la pandémie.</p>



<p>Dans une conférence de presse le 7 octobre 2020, le vice-principal exécutif adjoint à l’enseignement et aux programmes d’étude Christopher Buddle <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/13/session-dhiver-2021-des-changements-a-lhorizon/" data-wpel-link="internal">a affirmé</a> que des changements seraient apportés aux lignes directrices de l’Université à la lumière de la session d’automne 2020. Certains seront effectués avant la fin de la session, mais la plupart le seront au début de la session d’hiver 2021.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/" data-wpel-link="internal">La communauté mcgilloise à bout de souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Enrayer l’oubli</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/enrayer-loubli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:46:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[aîné]]></category>
		<category><![CDATA[vieillesse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39658</guid>

					<description><![CDATA[<p>Parmi les personnes décédées de la COVID-19 au cours de la première vague, «le tiers seraient très probablement [mortes] d’autres causes dans les semaines suivantes», démontrait une étude du HEC, publiée le 11 novembre dernier. Il n’en a pas fallu davantage pour que nombre d’internautes s’indignent contre les mesures de confinement émises par le gouvernement,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/enrayer-loubli/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Enrayer l’oubli</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/enrayer-loubli/" data-wpel-link="internal">Enrayer l’oubli</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Parmi les personnes décédées de la COVID-19 au cours de la première vague, «le tiers seraient très probablement [mortes] d’autres causes dans les semaines suivantes», démontrait une <a href="https://www.lapresse.ca/covid-19/2020-11-11/etude-de-hec-montreal/le-tiers-des-defunts-seraient-morts-dans-les-semaines-suivantes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> du HEC, publiée le 11 novembre dernier. Il n’en a pas fallu davantage pour que nombre d’internautes s’indignent contre les mesures de confinement émises par le gouvernement, fréquemment justifiées par la protection des aîné·e·s, pourtant absent·e·s de la conversation. Comment expliquer que l’un des groupes les plus concernés par ce débat virtuel soit ignoré de la sorte?</p>



<p>Si les aîné·e·s en société sont trop souvent oublié·e·s, c’est d’abord parce que cette partie de la population peine à se faire entendre. Alors qu’une majorité des voix contestataires utilisent maintenant des plateformes comme Facebook, Twitter ou Instagram, nombreuses sont les personnes âgées qui ne savent toujours pas ce que veut dire être <em style="user-select: auto;">connecté</em>. Difficile alors d’inscrire leurs enjeux dans cette agora qui se dessine au fil des commentaires internetéisés.&nbsp;</p>



<p>Bien que le tournant numérique n’exclut pas les moyens de pression conventionnels, comme les grèves, le piquetage ou les manifestations, comment pouvons-nous attendre de ces personnes qu’elles aient encore la force et l’énergie de s’organiser et de militer, comme le peut aisément la grande majorité?&nbsp;</p>



<p><strong>Jeu à somme nulle</strong></p>



<p>Inutile de pointer du doigt le personnel soignant ou encore les petits-enfants qui ne visitent que trop peu leurs grands-parents; nous avons une responsabilité collective face au traitement actuel des aîné·e·s en société. Cette responsabilité s’affirme à même les Chartes des droits et libertés canadienne et québécoise, qui reconnaissent le droit à l’égalité de tous et toutes, indépendamment de leur âge. Mais au-delà de la contrainte légale, il en relève surtout d’un devoir moral et sociétal: ce sont les valeurs qu’un peuple souhaite porter.&nbsp;</p>



<p>Nous qui plaidons à l’égalité, lorsque vient le temps de cas qui suscitent la réflexion – comme l’autonomie des aîné·e·s et leur rôle continu dans la société –, plutôt que de regarder ce problème en face, voilà des années que nous l’enfermons dans des CHSLD, étirant trop longuement ce problème de société.</p>



<p><strong>Une valeur hiérarchisée&nbsp;</strong></p>



<p>Dans une société où le capital mène, où la valeur marchande surpasse toutes les autres, à quel endroit peut alors s’inscrire cette notion fondamentale du droit égal à la vie? Si l’on se trouve constamment dans des rapports calculés avec les autres, à quel endroit s’imbrique, dans cette logique d’investissement et de productivité, celles et ceux qui n’ont plus la jeunesse et toutes ses possibilités? On relègue alors aux oubliettes ces êtres en attente d’être «expirés». À défaut de pouvoir les utiliser, on les confine dans des milieux à peine salubres et l’on provoque presque leur décrépitude.&nbsp;</p>



<p>Si l’empathie laisse dorénavant place à l’individualisme, notre société consumériste, qui préfère toujours le neuf au vieux, abrite sans gêne un capacitisme et un âgisme qui devraient pourtant faire rougir. Hiérarchiser la valeur humaine, en offrant davantage de droits à certaines personnes, est une faute à la fois légale et morale. C’en est une aussi que de se priver de la sagesse et du savoir que peuvent porter ceux et celles dont la vie est déjà bien avancée.&nbsp;</p>



<p>Les aîné·e·s ont encore une voix à porter et des intérêts à défendre. Il en va de notre responsabilité collective de démocratiser l’espace public pour qu’ils et elles puissent s’y faire entendre malgré les enjeux propres à leur âge. Il en relève également de notre responsabilité d’agrandir nos sphères de validité: toute vie humaine mérite d’être défendue et vécue dans la dignité. La surdité ou la mémoire atténuée, pas plus que le genre, l’appartenance ethnique ou l’orientation sexuelle, ne devraient servir de prétexte pour qu’un être soit maltraité. Fermer les yeux face à une situation d’injustice afin de dormir tranquille n’est pas un moyen légitime d’y réagir; et lorsque tout le monde le fait, la pratique devient justifiée.&nbsp;</p>



<p>Nous, étudiant·e·s qui nous sentons parfois <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/la-communaute-mcgilloise-a-bout-de-souffle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">oublié·e·s</a> à l’ère de cette pandémie, nos santés physique, mentale et sociale mises à mal afin de protéger les personnes vulnérables, nous choisissons d’ignorer que notre situation actuelle est celle de nos aîné·e·s depuis des décennies. La pandémie a d’ailleurs accentué cet isolement: l’âge d’or est devenu une entité abstraite, une justification pour et contre les mesures de confinement. Mais la triste réalité du sort que nous réservons aux personnes âgées n’a rien d’abstrait. Elle se voit aux murs blancs décrépis de certains CHSLD, au téléphone qui sonne trop peu, aux repas réchauffés mangés seul·e devant la télé. Ce délaissement est une affliction sociétale d’un mal intrinsèque. Soignons-la.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/enrayer-loubli/" data-wpel-link="internal">Enrayer l’oubli</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>McGill n’en est pas à son premier fight club</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-nen-est-pas-a-son-premier-fight-club/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gali Bonin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:46:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire McGill]]></category>
		<category><![CDATA[mcgill student]]></category>
		<category><![CDATA[udem]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39519</guid>

					<description><![CDATA[<p>La semaine qui vient de passer a sorti les mcgillois·es de la monotonie de leurs Zoom quotidiens avec un spectacle haut en couleurs et fort en testostérone. Si le fameux fight club de McGill qui génère tant de memes depuis une semaine semblait être une légende urbaine, il a toutefois bel et bien eu lieu.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-nen-est-pas-a-son-premier-fight-club/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">McGill n’en est pas à son premier fight club</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-nen-est-pas-a-son-premier-fight-club/" data-wpel-link="internal">McGill n’en est pas à son premier fight club</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La semaine qui vient de passer a sorti les mcgillois·es de la monotonie de leurs Zoom quotidiens avec un spectacle haut en couleurs et fort en testostérone. Si le fameux <a rel="noreferrer noopener external" href="http://www.mcgilltribune.com/news/mcgill-students-host-a-fight-night-violating-red-zone-restrictions/" target="_blank" data-wpel-link="external"><em>fight club</em> de McGill</a> qui génère tant de <em>memes</em> depuis une semaine semblait être une légende urbaine, il a toutefois <a rel="noreferrer noopener external" href="https://montreal.ctvnews.ca/mobile/so-called-fight-club-at-mcgill-university-really-happened-and-students-say-covid-life-is-to-blame-1.5187290" target="_blank" data-wpel-link="external">bel et bien eu lieu</a>. Dans une ambiance qui rappelle celle des arènes de gladiateurs, deux hommes se frappaient à grands coups de poing alors qu’une foule en rond les encourageait.</p>



<p>Si cet événement en a surpris plusieurs, ce n’est pourtant pas la première fois que McGill s’adonne à de telles violences publiques. Au tournant du 20<em>e</em> siècle, les rues de Montréal se sont transformées en véritables champs de bataille où s’affrontaient mcgillois·e·s et universitaires francophones. Face à cet événement que l’historien Jacques Lacoursière a qualifié de «guerre des drapeaux», notre <em>fight club</em> contemporain fait bien pâle figure.&nbsp;</p>



<p>Retour historique sur cette guerre qui a fait des dizaines de blessés et qui a détruit une façade entière de ce qui était alors l’Université de Laval à Montréal.</p>



<p><strong>La guerre des Drapeaux</strong></p>



<p>Le 1<em>er </em>mars 1900, on peut lire <a rel="noreferrer noopener external" href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3238062" target="_blank" data-wpel-link="external">en page couverture</a> de <em>La Presse</em>: «<strong>La guerre à Montréal</strong>: Des étudiants du McGill préfèrent se battre au Canada plutôt que d’aller défendre le drapeau britannique en Afrique.» Les journalistes font ici référence à la seconde guerre des Boers qui a eu lieu en Afrique du Sud de 1899 à 1902.</p>



<p>Il faut savoir que le Canada, alors simple dominion, était bien plus proche de l’Empire britannique qu’il ne l’est aujourd’hui. Les guerres dans lesquelles s’engageait l’Angleterre étaient aussi, dans une certaine mesure, nos guerres. Ainsi, les membres du dominion célébraient les victoires britanniques comme si elles étaient canadiennes. Il y a donc eu un immense engouement à Montréal suite à la <a rel="noreferrer noopener external" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Ladysmith" target="_blank" data-wpel-link="external">bataille de Ladysmith</a>, une importante victoire militaire britannique<strong> </strong>dans la guerre des Boers.</p>



<p>«Les McGill», comme les appelait <em>La Presse</em> de l’époque, <span class="has-inline-color has-noir-color">célèbrent </span>en se rendant à l’hôtel de ville et aux bureaux de <em>La Presse </em>afin d’y dresser des drapeaux britanniques. Ils se rendent ensuite à l’Université Laval de Montréal, située <span class="has-inline-color has-noir-color">sur la </span>rue Saint-Denis, qui allait devenir l’Université de Montréal 20 ans plus tard. Là encore, on hisse le drapeau de l’Union royale<em> </em>(<em>Union Jack</em> en anglais), mais un étudiant téméraire de l’Université Laval «[s’empare] du drapeau, [coupe] la corde et [entre] dans l’Université», décrit <em>La Presse.</em> La réponse «des McGill»&nbsp;ne se fait pas attendre: «Tous les tricolores visibles [<span class="has-inline-color has-noir-color">sont</span>] déchirés et foulés aux pieds.» [Le fleurdelisé n’étant adopté qu’en 1948, les Canadiens français utilisaient alors le tricolore français comme drapeau, <em>nldr</em>.]</p>



<p>La guerre des drapeaux était officiellement déclarée.</p>



<p><strong>Affrontements armés</strong></p>



<p>Après le retrait des troupes mcgilloises de l’Université Laval, les étudiant·e·s francophones <span class="has-inline-color has-noir-color">préparent </span>une contre-manifestation à 16h30 le même jour. Les voilà qui <span class="has-inline-color has-noir-color">prennent </span>d’assaut la rue Saint-Jacques et qui s’attaquent aux symboles britanniques. La description qu’en donne Jacques Lacoursière, dans son <em>Histoire populaire du Québec moderne</em> (1997), semble tout droit sortie d’un film de guerre: «Au chant de <em>La Marseillaise</em>, ils s’emparent de tous les drapeaux “ennemis”. Les gens de McGill font alors leur apparition au chant du <em>God Save the Queen</em>. La bagarre éclate, ponctuée de coups de poing et de coups de canne.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Cinq coups de feu se font entendre et un étudiant de Laval est blessé au couteau au niveau du bras»</p></blockquote>



<p>La bataille de l’après-midi ne met toutefois pas fin aux hostilités et les étudiant·e·s anglophones n’abandonnent pas de sitôt. Vers 21h30, «les McGill» marchent sur l’université francophone. Là-bas, averti·e·s d’un attroupement anglophone, les étudiant·e·s de l’Université Laval les attendent avec des boyaux d’arrosage. Après deux assauts repoussés à l’aide de grands jets d’eau glaciale, les gens de McGill, incapables d’accéder à l’université, décident de s’en prendre aux vitres de l’institution. Dans l’édition du <a rel="noreferrer noopener external" href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3238063" target="_blank" data-wpel-link="external">2 mars 1900</a>, <em>La Presse </em>estimait «à 200$ les dommages causés à l’Université Laval». En comparant ce montant aux annonces de souliers neufs de luxe neuf à 3,50$ qui se trouvent dans la même édition du journal, on peut comprendre qu’il s’agit là d’une facture fort salée pour l’époque!&nbsp;</p>



<p>Alors qu’ils battent en retraite vers la rue Sainte-Catherine, «les McGill»&nbsp;sont interceptés par des francophones. Comme l’écrit le journal de l’époque: «c’est alors qu’ils eurent la soupe chaude.» Cinq coups de feu se font entendre, un étudiant de Laval est blessé au couteau au niveau du bras et les étudiants de McGill, «ayant frappé la police à coup de bâton», provoquent une réplique violente<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>du côté policier. «Finalement, la déroute [est] complète chez les McGill, qui [s’enfuient] vers l’ouest, […] promettant de revenir à la charge.»</p>



<p><strong>La guerre, la guerre, c’est pas facile quand y’a l’hiver</strong></p>



<p>Le lendemain, nouveau titre pour <em>La Presse: </em>«<strong>Tempête effroyable</strong>: un Amoncellement de Neige suffisant dans nos Rues pour recouvrir nombre de Maisons». Cette chute de neige monstre vient visiblement calmer les ardeurs des combattants, et les recteurs des deux universités ainsi que le maire font des appels à la paix qui sont écoutés. C’est un chance, car, comme le résume Jacques Lacoursière, «les étudiants de [l’Université Laval de] Québec venaient d’offrir leur «&nbsp;aide&nbsp;» à leur confrères francophones de Montréal, alors que ceux de Kingston et de Toronto se disaient prêts à prendre le chemin de Montréal pour venir prêter main-forte aux anglophones».</p>



<p>Si les débats ont changé, les divisions universitaires demeurent et la solidarité dont ont témoigné les étudiant·e·s<span class="has-inline-color has-edito-color"> </span>de Québec et de l’Ontario à leurs homologues montréalais existe encore aujourd’hui. De nos jours, alors que les universitaires s’affrontent sur les réseaux sociaux sur <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/mot-en-n-la-rectrice-de-mcgill-reagit-a-laffaire-de-luottawa/" target="_blank" data-wpel-link="internal">la question des mots tabous</a> et que le débat semble glisser dans <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/588148/reactions-politiques-quebec-universite-d-ottawa" target="_blank" data-wpel-link="external">une dichotomie anglo-franco</a>, il est assez heureux de constater que nous avons appris à ne plus nous battre jusqu’au sang pour des enjeux importants.&nbsp;</p>



<p>En fait, maintenant, avec le <em>fight club</em> de McGill, on se bat jusqu’au sang simplement pour se battre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-nen-est-pas-a-son-premier-fight-club/" data-wpel-link="internal">McGill n’en est pas à son premier fight club</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>McGill deluxe: comment l’AÉUM limite l’accès à l’éducation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-deluxe-comment-laeum-limite-lacces-a-leducation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Copti]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 13:46:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[budget]]></category>
		<category><![CDATA[frais de scolarité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39554</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour financer ses ambitions, l’AÉUM devra augmenter ses frais, ce qui pourrait défavoriser les moins aisés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-deluxe-comment-laeum-limite-lacces-a-leducation/" data-wpel-link="internal">McGill deluxe: comment l’AÉUM limite l’accès à l’éducation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 5 novembre, le président de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), Jemark Earle, présentait son plan quinquennal devant le conseil législatif de l’association étudiante. Ce plan ambitieux comporte notamment des mesures pour progressivement doubler son nombre d’employés, entreprendre la rénovation de plusieurs de ses bâtiments, augmenter les ressources pour les clubs et les services et abroger les référendums sur le renouvellement des frais des services de l’AÉUM. Pour financer ces mesures, ce plan nécessiterait une augmentation progressive des frais de l’AÉUM, qui a déjà commencé à se concrétiser <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/laeum-veut-doubler-son-nombre-demployes-dici-cinq-ans/" target="_blank" data-wpel-link="internal">avec l’augmentation de 15$ des frais de base</a>, approuvée par référendum en automne 2019. Cependant, cette manière d’améliorer les services offerts par l’AÉUM a aussi un effet pervers non débattu: limiter l’accès à l’éducation mcgilloise aux étudiants les moins aisés.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="325" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-1000x325.png" alt class="wp-image-39560" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-1000x325.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-330x107.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-768x250.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-1536x499.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Graph-evolution-des-revenues-des-frais-de-base-de-lAEUM-2048x666.png 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span> Fig.1 : Évolution des revenus des frais de base de l’AÉUM entre 2009 et 2020 (données tirées des états financiers de l’AÉUM)<br><em>*le nombre de 2020 est une estimation tenant compte l’augmentation de 15$</em></figcaption></figure></div>



<p>Cette augmentation des frais de base, d’une ampleur inédite (la dernière augmentation des frais de base <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/03/les-etudiants-disent-non-a-laugmentation-des-frais-dadhesion-de-laeum/" target="_blank" data-wpel-link="internal">remonte à 2007 et était de 1$ par étudiant</a>), s’ajoute à de nombreuses autres augmentations ayant eu lieu dans les dernières années. Certains frais déjà existants comme ceux de la <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Cuisine de minuit (<em>Midnight Kitchen)</em> et des Services de référencement (<em>Referral Services) </em>sont passés d’environ 2$ à 3,35$ par semestre entre 2011 et 2020, et au moins une dizaine de nouveaux frais se sont ajoutés à la facture des étudiants comme ceux du Réseau des étudiants arabes (<em>Arab Student Network) </em>et de la radio CKUT. C’est aujourd’hui un total de 164$ par semestre</span> qu’un étudiant<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>à temps plein paie à l’AÉUM, ce qui représente entre 5 et 10% du total de ses frais universitaires.</p>



<p><br><br>Ce chiffre peut paraître négligeable, mais l’élémentaire loi de l’offre et de la demande<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>nous rappelle que chaque dollar d’augmentation du prix de l’éducation à McGill fera diminuer le nombre d’étudiants capable de se l’offrir. Cette logique est d’autant plus vraie lorsqu’elle s’applique aux étudiants universitaires dont les sources de revenus sont limitées, comme en témoigne le refus, en 2016, d’une <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/03/les-etudiants-disent-non-a-laugmentation-des-frais-dadhesion-de-laeum/" target="_blank" data-wpel-link="internal">augmentation de 30$ des frais</a> de base de l’AÉUM malgré un plan détaillé pour leur utilisation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est aujourd’hui un total de 164$ par semestre qu’un étudiant<strong> </strong>à temps plein paie à l’AÉUM»</p></blockquote>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="444" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires-1000x444.png" alt class="wp-image-39561" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires-1000x444.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires-330x147.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires-768x341.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires-1536x682.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/11/Repartition-des-frais-universitaires.png 1750w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vincent-copti/?media=1" data-wpel-link="internal">Vincent Copti</a> | Le Délit</span> Fig.2 : Répartition des frais universitaires d’un étudiant de McGill résidant au Québec en Arts à temps plein à la session d’automne 2020</figcaption></figure></div>



<p>La rénovation du 351 rue Peel et l’ajout d’une clinique fiscale accordera un luxe de plus aux étudiants qui s’en serviront tout en excluant plus de potentiels étudiants moins aisés qui autrement auraient pu bénéficier de l’éducation mondialement reconnue de McGill. Ainsi, tandis que le gouvernement du Québec subventionne à hauteur de plus de 300 millions de dollars par année notre Université, la rendant ainsi accessible à une plus grande partie de la population, l’association étudiante agit en sens inverse en augmentant continuellement ses frais.</p>



<p><strong>Démocratie de façade</strong></p>



<p>Cette direction prise par le conseil législatif, en plus de défavoriser les étudiants potentiels aux revenus les plus faibles, est déterminée sans la participation de la majorité des étudiants actuels au débat. Un peu plus de 15% des électeurs et électrices se sont prononcés lors des deux derniers référendums et un peu plus de 50 étudiants sur un quorum de 350 ont assisté à l’assemblée générale de février. Dans son plan quinquennal, le président ne présente aucune mesure pour remédier à cette profonde faiblesse de la démocratie mcgilloise. Au contraire, il propose de supprimer les référendums pour le renouvellement des frais des services, sous prétexte que leur non-reconduction imprévisible nuirait à la bonne planification des services. Ces derniers seraient remplacés par un comité de révision des services composés en majorité de membres du conseil législatif, ce qui aurait pour effet de concentrer plus encore le pouvoir décisionnel entre les mains des élus. Le dernier pouvoir accordé aux étudiants serait celui d’«<em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">opt-out</span></em>» des services. Bien que cette option soit disponible pour la plupart des frais de l’AÉUM, elle n’est que très peu publicisée et difficile d’accès. Cela est possible pour une certaine période au début de chaque session, en allant dans la section «<em>Student Fee Opt-out</em>» de Minerva.</p>



<p>L’élaboration d’un plan quinquennal pour donner une direction plus stable à l’AÉUM pourrait être une excellente occasion de faire participer la communauté étudiante et de solidifier ses institutions démocratiques. La constitution, qui a été <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/15/la-constitution-de-laeum-maintenue-jusquen-novembre/" target="_blank" data-wpel-link="internal">au cœur de l’actualité</a> dans les derniers mois, pourrait être modifiée pour augmenter le taux de participation requis aux référendums. Les services individuels pourraient eux aussi être soumis à des standards de transparence les obligeant à divulguer leur nombre de bénéficiaires et à évaluer leur impact, ainsi qu’à des standards démocratiques plus élevés pour éviter les dérives comme celles ayant eu lieu au <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.mcgilldaily.com/2020/03/how-a-ssmu-service-abolished-democracy/" target="_blank" data-wpel-link="external"><span class="has-inline-color has-edito-color">Réseau des étudiants arabes</span></a>. Enfin, l’option «<span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><em>opt-out</em>» pourrait être remplacée par une option «<em>opt-in</em>» pour s’assurer que les services soient financés en fonction de leur utilisation. Ces changements assureront que les frais déjà levés servent effectivement les priorités des étudiants avant de considérer la possibilité de les augmenter,  au risque de renforcer l’élitisme de l’éducation mcgilloise. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/17/mcgill-deluxe-comment-laeum-limite-lacces-a-leducation/" data-wpel-link="internal">McGill deluxe: comment l’AÉUM limite l’accès à l’éducation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les corps à sculpter</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/16/corps_a_sculpter/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2020/11/16/corps_a_sculpter/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Nov 2020 22:43:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grossophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Régime]]></category>
		<category><![CDATA[Régimes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39509</guid>

					<description><![CDATA[<p>Exister pour se rapetisser.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/16/corps_a_sculpter/" data-wpel-link="internal">Les corps à sculpter</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’ai trois femmes nues tatouées sur la cuisse.</p>



<p>Trois jolies dames, avec les hanches larges et le ventre arrondi, figées sur ma peau dans leur danse jubilatoire. Elles sont nues non pas pour séduire ou attirer l’œil, mais bien tout simplement parce qu’elles <em>existent</em> ainsi. Et c’est suffisant.&nbsp;</p>



<p>Ce tatouage me rappelle que ces corps sont valides, véritables et se doivent d’être célébrés. Trop nombreuses sont les femmes qui, plutôt que de prendre plaisir à exister dans leurs corps, chercheront toute leur vie à le scruter, le réduire, le passer au scalpel, pour qu’il se contorsionne à rentrer dans l’unique moule fabriqué par la société, à la manière de Nelly Arcan, morte de n’avoir pas pu se figer dans ce corps parfait qui existe pour le regard des autres, de n’avoir pas été suffisante pour elle-même.&nbsp;</p>



<p>En vieillissant, je réalise qu’être femme veut aussi dire être objet, à façonner, à ausculter, à juger. Il y aura toujours quelque chose <span class="has-inline-color has-noir-color">–</span><strong><span class="has-inline-color has-noir-color"> </span></strong>un peu de poil<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s</span>, deux ou trois kilos en trop, les seins trop <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">bas – qui</span> nous vaudra un regard réprobateur et l’inconfort qui vient avec. Il y aura toujours le trop et le pas assez, et la nudité inévitablement associée à la sexualité qui inscrit les corps féminins dans la liste de ce qui appartient au regard de l’autre.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Regards de travers, jugements: l’on en revient à diviser les corps entre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas</p></blockquote>



<p>S’il est intrinsèque, ce mal-être ne provient pas exclusivement de nous. Il est construit par les images que l’on reçoit, par les regards extérieurs et par la société qui les dirige. C’est elle qui régit l’image corporelle souhaitable, qui fait du corps féminin un objet à modeler ou à masquer. Le modèle capitaliste est friand de cette idée et fait de la douleur liée à l’image corporelle un outil pour élargir ses bassins de consommateurs et consommatrices. Le corps idéal est celui sur lequel les vêtements à la mode sont harmonieux, celui dont toute marque humaine a été poncée, de la fatigue sous les yeux à la peau autour des hanches témoignant d’une grossesse passée. Ce corps est celui dans les vitrines et derrière les écrans, le même gabarit répété mille fois. L’absence de représentation de la diversité de corps, mêlée à la <a href="https://www.marieclaire.fr/pourquoi-instagram-censure-plus-les-corps-des-femmes-grosses,1327220.asp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">censure des corps gros sur Instagram</a> et à d’autres mécanismes implantés en société, pousse les personnes à se sentir anormales, déplacées, en décalage avec ce qui est souhaitable. Pour remédier au mal-être, le guérir donc, la solution est aussi celle du système de santé: il faut perdre du poids, et après se trouvera le bonheur de se voir comme on voit les autres. Car qui est «en surpoids» est aussi malade et tous ses problèmes de santé sont liés au chiffre indiqué sur la balance et à son indice de masse corporelle. Loin de nous l’idée qu’une personne hors normes puisse être en bonne santé. Qu’une personne qui n’est pas mince ou qui vit avec un handicap puisse être heureuse et avoir une vie épanouie.</p>



<p>Au-delà de la santé, c’est la valeur même de l’être humain qui est remise en question puisque comprise comme intrinsèquement liée à son apparence. Regards de travers, jugements: l’on en revient à diviser les corps entre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Le corps de la femme, celui qu’elle devrait déployer, c’est le corps mince, ferme, les seins hauts, les fesses arrondies, avec quatre membres fonctionnels, un visage qui tend à la symétrie et j’en passe; celui qui se rapproche le plus possible des images sur les réseaux sociaux, dans les magazines, à la télévision, ces images de femmes auxquelles l’on accorde une plateforme. L’idéal à atteindre, lequel est grassement alimenté par tous ces systèmes bien ancrés dans la société et les imaginaires, du langage aux tourniquets de métro en passant par les sièges d’avions et les tailles de vêtements, nous fait croire que le bonheur passe par l’image corporelle et que l’on n’aura de valeur que si l’on réussit à lui ressembler. La grossophobie, effrontément résumée, se rapporte à cela: l’idée qu’une personne grosse, qui ne correspond pas au modèle diffusé, ne peut assurément pas être heureuse telle qu’elle est, qu’elle a du poids à perdre et une image à reproduire. Avec ce désir viscéral de se rapetisser vient alors l’obsession de la privation, et dans les esprits s’installe la culture de la diète. Il faudra rentrer dans une paire de pantalons, faire bonne figure à la plage cet été et oublier ces aliments qui nous procurent du plaisir, mais dont les calories doivent être immédiatement brûlées. La grossophobie s’en retrouve internalisée; c’est au plus profond de soi que l’on sent que notre valeur est rattachée à notre corps, que l’on devient une meilleure personne si l’on s’empêche de consommer tel ou tel aliment. Je ne me souviens pas d’un temps où je n’étais pas préoccupée par mon poids, où je ne me suis pas sentie amoindrie parce que plus ronde que les filles représentées autour de moi, où je ne me suis pas sentie coupable de manger les aliments que j’aime, où je n’ai pas entretenu une relation tordue et toxique avec la nourriture.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’idéal à atteindre, lequel est grassement alimenté par tous ces systèmes bien ancrés dans la société et les imaginaires, du langage aux tourniquets de métro en passant par les sièges d’avions et les tailles de vêtements, nous fait croire que le bonheur passe par l’image corporelle et que l’on n’aura de valeur que si l’on réussit à lui ressembler</p></blockquote>



<p>Quel bonheur, alors, d’enfin ressembler à l’image à laquelle l’on rêvait? Car ce plaisir ressenti ne sera pas nécessairement celui de se sentir bien <em>dans son corps</em>, mais dans la société, car adhérant à ses normes les plus impitoyables. Bonheur artificiel, donc, d’habiter un corps dont l’existence est jugée acceptable dans les yeux des autres. Oui, l’on se sent mieux, l’on s’aime mieux, mais là est la réflexion à avoir: d’où venait le mal-être, et d’où vient la satisfaction? Quelle part nous appartient, quelle autre part nous vient de la société?</p>



<p>Mon corps appartient à la norme acceptée: je suis une femme blanche cisgenre, je peux m’habiller de marques conventionnelles, je peux me mouvoir dans la société en utilisant les systèmes mis en place pour cette norme. En cela, je suis grandement privilégiée. Mais souvent, devant le miroir, je voudrais être différente. Je me dis que je ne m’épanouirai jamais dans ce corps. Pourtant, je ne serai pas plus heureuse si je perds du poids. J’ai subi une réduction mammaire parce que la grosseur de mes seins ne correspondait pas aux standards sociaux; l’euphorie s’est estompée après quelques semaines. Mais, malgré l’image que j’ai de moi-même, je vis des moments de bonheur et de peine, j’étudie dans un domaine que j’aime, j’ai une vie sociale remplie.&nbsp;</p>



<p>C’est pour ça que j’ai ces trois dames dansantes sur ma cuisse. Pour me défaire de l’idée que changer mon image est une solution miracle. Pour me rappeler que mon corps est valide et beau, que les standards de société ne sont qu’un filtre qui tord mon reflet, qu’il vaut la peine d’être célébré. Me rappeler que je suis suffisante, tel que j’existe.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/16/corps_a_sculpter/" data-wpel-link="internal">Les corps à sculpter</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2020/11/16/corps_a_sculpter/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Racisme systémique: santé et services sociaux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/15/racisme-systemique-sante-et-services-sociaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hénia Ould-Hammou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2020 21:40:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[racisme systémique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[santé et services sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39494</guid>

					<description><![CDATA[<p>Discussion virtuelle sur le racisme systémique dans le domaine de la santé et des services sociaux au Québec. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/15/racisme-systemique-sante-et-services-sociaux/" data-wpel-link="internal">Racisme systémique: santé et services sociaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 28 octobre dernier avait lieu un webinaire coordonné par l’organisation Amnistie internationale et modéré par Marisa Berry Méndez, responsable des campagnes tactiques et réactions aux crises. La directrice générale du <a style="user-select: auto;" href="https://www.rcaaq.info/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Regroupement </a>des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ) et membre de la communauté innue de Pessamit Tanya Sirois, la travailleuse sociale et professeure à l’Université McGill Alicia Boatswain-Kyte et le pédiatre urgentiste également professeur à McGill Samir Shaheen-Hussain ont présenté les enjeux du racisme dans le système de santé et services sociaux québécois ainsi que des pistes de solution pour remédier à ce fléau. Le décès de la femme atikamekw Joyce Echaquan le 28 septembre dernier dans le Centre hospitalier de Lanaudière a suscité une forte émotion au sein des communautés autochtones et de l’ensemble du Québec. Le webinaire d’Amnistie internationale avait comme objectif d’aborder la «banalisation» de ce type de situation au Québec. Le mari de Joyce Echaquan, Carol Dubé, était d’ailleurs présent au webinaire, mais il ne s’est pas exprimé sur le sujet.&nbsp;</p>



<p><strong>Le cas de Joyce Echaquan: une situation commune</strong></p>



<p>Tanya Sirois a entamé la discussion en déclarant la nature de son mandat au sein du RCAAQ. La directrice générale du regroupement a précisé que sa mission principale consistait à défendre les intérêts des autochtones en milieu urbain. Elle a soutenu que la question du racisme systémique dans le domaine de la santé ne serait pas un problème nouveau pour les <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">autochtones</span>.&nbsp;Selon elle, le racisme systémique est «banalisé, normalisé et toléré» dans la société québécoise, ce qui expliquerait les raisons du décès de la patiente atikamekw. Tanya Sirois a également noté que la <a style="user-select: auto;" href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1737380/joyce-echaquan-deces-joliette-racisme" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">tragédie</a><a style="user-select: auto;" rel="noreferrer noopener external" href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1737380/joyce-echaquan-deces-joliette-racisme" target="_blank" data-wpel-link="external"> </a>de Joyce Echaquan ne serait pas un cas isolé et caractériserait une situation vécue par plusieurs <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">autochtones</span>. Elle a poursuivi en dénonçant le «manque de réactivité» des membres du personnel soignant qui contribuerait à la banalisation du racisme systémique en milieu hospitalier. Elle a toutefois ajouté que ce ne sont pas tous les individus du système qui seraient «racistes», mais que le système lui-même permettrait des instances de racisme.&nbsp;</p>



<p><strong>Une question d’actualité liée à l’histoire du Québec</strong></p>



<p>Tanya Sirois a fait allusion à l’histoire du Québec en rapportant que «le racisme systémique n”[était] pas arrivé le mois passé» <strong><span class="has-inline-color has-philo-color"> </span></strong>et qu’il dériverait principalement de la <em>Loi sur les Indiens</em> de 1876, que le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies considère <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/societe/545715/la-loi-sur-les-indiens-du-canada-fait-preuve-de-discrimination-selon-l-onu" target="_blank" data-wpel-link="external">discriminatoire</a>. Elle a également évoqué la mise sur pied des pensionnats, le système de réserves et le «génocide<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1178557/rapport-enffada-premier-ministre-trudeau" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> culturel</a>» des peuples autochtones. Tanya Sirois a déclaré que ces aspects de la <em>Loi sur les Indiens</em> ont préparé le terrain aux <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">différentes</span> manifestations du racisme systémique. Elle a ensuite affirmé que ce passé avait joué un rôle important dans la perception du personnel médical à l’égard des personnes autochtones. Les <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">autochtones</span>, a‑t-elle dit, sont considérées comme des citoyen·ne·s de seconde zone. La directrice du RCAAQ a avancé que ce statut ainsi que le manque de considération vis-à-vis de la spécificité culturelle des peuples autochtones contribuaient directement à la perpétuation du racisme systémique dans le domaine de la santé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Services sociaux: la «surreprésentation» des enfants noirs&nbsp;</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Une fois placés, les enfants noirs seraient beaucoup plus à risque de demeurer longtemps dans le «système alternatif»</p><cite>Alicia Boatswain-Kyte</cite></blockquote>



<p>De son côté, la professeure Alicia Boatswain-Kyte a pris la parole pour traiter de la «surreprésentation des enfants noirs» dans le domaine de la protection de l’enfance. D’emblée, elle a affirmé que le racisme systémique vis-à-vis des personnes noires et le racisme systémique concernant les personnes autochtones étaient similaires. Ayant travaillé sur un projet de recherche doctoral examinant la place qu’occupent les enfants noirs dans les centres de jeunesse, la professeure a soutenu <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">que ceux-ci</span> seraient souvent signalés de manière disproportionnée et que le taux de placement de ces enfants serait cinq fois plus élevé que celui des enfants blancs. La travailleuse sociale a poursuivi en annonçant qu’une fois placés, les enfants noirs seraient beaucoup plus à risque de demeurer longtemps dans le «système alternatif».</p>



<p>Les facteurs de risque qui sous-tendent le placement exagéré des enfants noirs dans les centres jeunesse seraient liés au chômage, <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">à</span> la toxicomanie, <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">à</span> l’incarcération, aux problèmes de santé mentale et <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">à</span> la pauvreté des parents de ces enfants, selon l’intervenante. Elle a précisé que ces facteurs illustreraient les préjugés et la discrimination ancrés dans nos politiques. Ces préjugés et cette discrimination constitueraient des symptômes des désavantages subis par les familles noires. Elle a également exprimé son constat quant au manque de soutien social vis-à-vis des familles noires face aux conditions sociales citées ci-dessus et a indiqué que ces injustices prédisposeraient les enfants noirs à se retrouver dans le système de protection de l’enfance. En effet, il y a quelques mois, c’est la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse Régine Laurent qui <a href="https://www.ledevoir.com/societe/570630/une-loi-d-instrumentalisation-raciste-affirme-regine-laurent" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimait </a>son indignation vis-à-vis du haut taux de signalement des enfants <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/10/la-dpj-sous-le-feu-des-projecteurs/" data-wpel-link="internal">noirs</a> à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ): «La loi de la protection de la jeunesse [<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">est</span>] devenue une loi d’instrumentalisation raciste», a‑t-elle dit.</p>



<p><strong>Le traitement des enfants autochtones dans le système de santé</strong></p>



<p>Troisième intervenant à prendre la parole, le pédiatre urgentiste Samir Shaheen-Hussain s’est penché sur les restrictions imposées lors du transport sanitaire aérien d’enfants autochtones nécessitant une hospitalisation. Ces limitations symboliseraient des exemples de racisme systémique <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">envers </span>les Premières Nations. L’une d’elles serait l’interdiction des familles autochtones d’accompagner leurs enfants à bord de ces avions-hôpitaux en raison du manque d’espace. Le Dr Shaheen-Hussain a qualifié cette interdiction de «pratique dangereuse» étant donné que les enfants sont souvent incapables de communiquer avec le personnel soignant en raison de la barrière <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">l</span>inguistique.</p>



<p>Le pédiatre urgentiste a souligné les cas d’enfants atikamekw disparus pendant qu’ils recevaient des soins à l’hôpital. Il présume que ces enfants ont été adoptés ou sont décédés. La campagne <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1130739/evacuations-medicales-sans-parents-il-faut-demeurer-vigilant" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">#</a><a rel="noreferrer noopener external" href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1130739/evacuations-medicales-sans-parents-il-faut-demeurer-vigilant" target="_blank" data-wpel-link="external">TiensMaMain</a>, lancée en 2018, s’attaque à cet enjeu en faisant pression sur le gouvernement québécois. Le Dr Samir Shaheen-Hussain a soutenu que cette «maltraitance envers les enfants autochtones» a renforcé le racisme dans le système de santé. Il a conclu en mettant l’accent sur l’inaction de l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette qui n’a pas tenu ses promesses de mettre un terme à cette pratique.</p>



<p><strong>Regard vers l’avenir: des solutions proposées par les invité·e·s</strong></p>



<p>Interrogée sur les solutions potentielles pour combattre le racisme systémique dans le domaine de la santé et des services sociaux, Tanya Sirois a indiqué qu’il était nécessaire de permettre la prestation de services à travers des organisations autochtones telles que le RCAAQ et de créer un environnement hospitalier sécuritaire qui ferait cas des spécificités culturelles autochtones. La travailleuse sociale Alicia Boatswain-Kyte a, quant à elle, suggéré qu’il fallait inciter les étudiant·e·s québécois·es à comprendre les origines de l’oppression des personnes noires et autochtones, notamment à travers des cours universitaires conçus par le système d’éducation. Elle a aussi suggéré qu’il fallait penser à une réorganisation des services sociaux qui faciliterait la coopération des individus venant des communautés opprimées avec les intervenant·e·s.&nbsp; La modératrice a concl<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">u </span>la discussion en annonçant le prochain <a style="user-select: auto;" rel="noreferrer noopener external" href="https://amnistie.ca/evenements/le-racisme-systemique-et-la-police" target="_blank" data-wpel-link="external">webinaire</a> d’Amnistie internationale, le 25 novembre 2020, au sujet du racisme systémique en milieu policier. Selon les participant·e·s dans la discussion simultanée, ce webinaire a été l’occasion de discuter de certaines réalités souvent absentes des grands médias.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/15/racisme-systemique-sante-et-services-sociaux/" data-wpel-link="internal">Racisme systémique: santé et services sociaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
