Session d’hiver 2021 : des changements à l’horizon

En conférence de presse, des membres de l’administration mcgilloise ont discuté d’enjeux académiques et sanitaires.

Magali Thouvenin | Le Délit

Le 7 octobre dernier, l’administration de McGill a invité les médias étudiants de l’Université à une conférence de presse qui portait sur l’évolution de la pandémie de la COVID-19 et sur la session d’hiver 2021. Les journalistes du Bull & Bear, du Délit et du Tribune ont alors pu poser leurs questions sur le sujet. Christopher Buddle (Vice-principal exécutif adjoint à l’enseignement et aux programmes d’étude) et Fabrice Labeau (Premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante) étaient présents pour représenter l’administration et ont principalement fait état des défis académiques et sanitaires auxquels est confrontée l’Université.

Des changements dès cet automne

Dans un courriel envoyé à la communauté mcgilloise le 29 septembre, le Vice-principal exécutif et Vice-principal aux études Christopher Manfredi a annoncé que la session d’hiver 2021 se déroulerait principalement à distance, mais que certains changements pourraient être effectués par rapport à la session d’automne 2020. Jusqu’à présent, l’administration n’aurait pas suffisamment d’informations pour annoncer avec certitude ce qui sera changé, a dit Pr Buddle pendant la conférence de presse. Afin d’en récolter davantage, les facultés de l’Université vont recueillir l’avis des étudiant·e·s à travers des forums au cours de la session, et Pr Buddle participait le 8 octobre à une rencontre avec les représentant·e·s étudiant·e·s des facultés et de l’Association Étudiante de l’Université McGill. Au cours des semaines qui suivront, les lignes directrices de l’Université concernant l’apprentissage en ligne pourraient d’être modifiées en fonction de ces informations. Cela amènerait des changements d’ici la fin de la session d’automne 2020.

Malgré l’incertitude, Pr Buddle a déjà quelques idées de modifications, notamment en ce qui concerne les cours enregistrés. À son avis, plusieurs étudiant·e·s considèreraient que cet outil est essentiel à cause des circonstances actuelles. Présentement, de nombreux cours ne sont pas enregistrés, et le vice-principal compte discuter de cette situation avec les facultés afin de s’assurer qu’ils le soient lorsque c’est possible. Il aurait aussi cru comprendre que certain·e·s étudiant·e·s trouveraient que la charge de travail est trop lourde, à cause du nombre élevé d’évaluations de certains cours.

Pour ce qui est de la session d’hiver 2021 et du plus long terme, la situation serait trop imprévisible pour annoncer des changements avec certitude, selon Pr Buddle. Toutefois, il a assuré que ce qui pourrait être modifié pour améliorer l’aspect académique le serait. Il a notamment mentionné que le choix des méthodes d’évaluation offert aux étudiant·e·s par certains cours pourrait être encouragé par l’administration.

Éclosion dans les résidences

Le Premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante Fabrice Labeau a annoncé le 6 octobre qu’une éclosion de cas de COVID-19 avait eu lieu dans des résidences étudiantes de McGill dans les jours précédant l’envoi du courriel. En conférence de presse, il a affirmé que l’Université suivait la situation de très près et la contrôlait grâce au protocole mis en place dans le cas d’une infection confirmée. 

Selon ce protocole, une personne ayant reçu un diagnostic positif à la COVID-19 doit avertir l’Université via le formulaire de Déclaration d’un diagnostic de COVID-19 (en anglais seulement), dans le menu « Renseignements personnels » sur Minerva. Si la personne était présente sur le campus ou dans les résidences au cours des sept derniers jours, l’Université la contactera afin de retracer ses faits et gestes et prévenir les personnes qui risquent d’avoir été infectées. McGill pourrait aussi demander à ces personnes de se faire tester pour la COVID-19 et de s’isoler quelques jours. Si un·e étudiant·e oubliait de déclarer son état à l’Université, mais le déclarait au gouvernement (en obtenant un diagnostic positif), la Santé Publique contacterait alors McGill pour qu’elle fasse un suivi auprès de la personne infectée, en préservant le plus possible sa vie privée. Selon Pr Labeau, cela signifie qu’aucun cas à McGill ne passerait sous le radar.

En résidences, l’Université tenterait de renseigner les étudiant·e·s sur la transmission de la COVID-19. Des consignes sont également en place pour tous les membres des résidences, infecté·e·s ou non. Un manquement à ces consignes exposerait les personnes réfractaires à un avertissement, puis à des mesures disciplinaires en cas de récidive. Pr. Labeau a aussi déclaré que les étudiant·e·s ne seront pas forcé·e·s de quitter les résidences pour des raisons préventives.

Une crise rassembleuse

Questionné sur l’esprit de corps de la communauté mcgilloise, Pr Labeau a affirmé que, bien que les temps soient incertains, le fait de traverser cette crise ensemble serait un élément rassembleur de la communauté. Si un retour à la normale s’effectuait l’an prochain, il a ajouté que toute une cohorte d’étudiant·e·s devrait se familiariser avec le campus malgré le fait qu’elle en serait à sa deuxième année à McGill, un défi supplémentaire pour l’intégration des nouvaux·elles étudiant·e·s. Pr Buddle a quant à lui affirmé que malgré tout, McGill traverserait la crise sans trop de mal.

« Je crois que, lorsque nous regarderons en arrière, […] nous aurons un sentiment de fierté »

Christopher Buddle

D’un point de vue financier, le paysage serait tout autre. Selon Pr Labeau, l’Université ne serait pas « au meilleur de sa forme ». En comparaison à l’état des choses avant les mesures prophylactiques, l’Université aurait aujourd’hui plus de difficulté à offrir ses services payants. Quant au financement de la recherche, il serait relativement stable puisque, malgré la perte de certains apports provenant d’entreprises, le financement du gouvernement n’aurait pas changé. Toutefois, la « productivité » de la recherche aurait diminué à cause des mesures sanitaires qui auraient ralenti certains projets de recherche. Le nombre d’admissions serait quant à lui relativement stable et n’aurait causé aucune chute drastique de revenus.