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	<title>Archives des 2020-10-06 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2020-10-06/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Nov 2020 03:23:22 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Exorciser la solitude</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/exorciser-la-solitude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 14:00:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La compagnie Marie Chouinard nous offre une panacée contre la solitude.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/exorciser-la-solitude/" data-wpel-link="internal">Exorciser la solitude</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vers la fin septembre, la Compagnie de danse contemporaine Marie Chouinard, établie à Montréal en 1990, a présenté l’événement en ligne <em style="user-select: auto;">Time for time</em>. Au-delà des excellentes chorégraphies et des danseurs et danseuses hors pair, ce qui rend cet évènement digne de mention en cette période trouble, c’est que la troupe de danse offrait aux spectateurs et spectatrices de participer à un concept inédit&nbsp;: une performance créatrice participative. Le milieu de la danse, forcé de mettre temporairement la clé sous la porte en emboitant le pas aux cinémas, aux salles de théâtre, aux cabarets d’humour, etc., s’est vu donner une opportunité pour se réinventer. Cette opportunité, La Compagnie Marie Chouinard l’a empoignée de toute sa vigueur créatrice.</p>



<p>Outre le fait qu’elle innovait déjà en donnant l’opportunité aux spectateurs et spectatrices d’accéder à la représentation de danse sur la plateforme numérique Zoom en temps réel sur trois fuseaux horaires différents, l’immense innovation se trouve dans le fait que la Compagnie ait été en mesure de créer un événement de danse interactif qui prenait forme en fonction des thèmes et des souhaits que les participants et participantes soufflaient aux danseurs et danseuses.</p>



<p><strong>Blessures psychiques</strong></p>



<p>Au plus fort de l’effet de programmation qui agissait sur nos corps et esprits confinés en nous rappelant constamment qu’il fallait fuir toute forme de collectivité, cette représentation de danse venait incarner des concepts d’inclusion vers une nouvelle forme de « collectif » : une sorte d’unicité dans nos solitudes collectives. Un moyen d’interagir pour se sortir de ce repli sur nous-mêmes ; pour reprendre un certain contrôle et pour réparer les blessures insidieuses en nous-mêmes que l’on ne soupçonnait même pas.</p>



<p>Les sentiments de solitude et d’isolation forcées peuvent possiblement, à long terme, émuler les symptômes d’une dépression. La plupart des gens utilisent des mécanismes de défense en lien avec le divertissement pour tenter de se sortir de ce marasme émotionnel. Cependant, de plus en plus de divertissements numériques ont tendance à creuser ce fossé solitaire plutôt que d’y remédier. <em style="user-select: auto;">Time for time</em> n’est pas l’un de ceux-là, car il met de l’avant le collectif.</p>



<p><strong>Diachylons physiques</strong></p>



<p>Le concept de participation du public à la prestation est primordial, car il permet une catharsis plus profonde. La confidence du spectateur et de la spectatrice qui dicte à l’artiste son souhait agit presque selon des mécanismes thérapeutiques. Le transfert de la souffrance individuelle s’exorcise par le corps de l’autre et disparait dans la beauté de l’art. Pendant trois minutes, le danseur ou la danseuse devient le spectateur ou la spectatrice, et le spectateur ou la spectatrice devient le danseur ou la danseuse.<strong style="user-select: auto;"> </strong>C’est dans cette symbiose que la magie d’un retour au collectif s’opère. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em style="user-select: auto;">Time for time</em> remet en perspective notre façon de consommer l’art vivant en mettant l’individualisme en dichotomie avec l’intersubjectivité</p></blockquote>



<p>Le fait que la danse soit improvisée par les intuitions profondes de l’artiste à partir d’un désir du public ouvre un espace de communication double, fluide et fécond. Ce n’est plus qu’un simple divertissement ou qu’une simple purge par les sens extérieurs ; le concept s’intériorise et fait en sorte que le spectateur et la spectatrice participe au processus de création et l’observe du même coup dans sa version achevée. Le spectacle nous fait expérimenter la rencontre intersubjective fusionnelle entre deux êtres qui tentent de transfigurer leur malaise existentiel en une dialectique menant au changement, au progrès et à une certaine forme de thérapie. Cela remet en perspective l’importance de l’intersubjectivité et du collectif dans l’atténuation de la solitude, ou peut-être même dans sa guérison.</p>



<p><em style="user-select: auto;">Time for time</em> remet en perspective notre façon de consommer l’art vivant en mettant l’individualisme en dichotomie avec l’intersubjectivité ; la performance  renverse les anciens schémas stipulant que l’art repose sur un triangle créatif&nbsp;: le créateur ou la créatrice, la création, le public.<strong style="user-select: auto;"> </strong>Avec ce concept innovateur, la troupe de danse fait en sorte que le public créé, le créateur ou la créatrice reçoit, et c’est seulement ensuite que le danseur ou la danseuse érige l’œuvre à partir de tout cela et qu’elle est finalement découverte par le public.</p>



<p>Avec cette réflexion, je vous invite à porter une attention particulière à la Compagnie de danse contemporaine Marie Chouinard pour leurs projets futurs, mais également aux enjeux de solitude en société, et en quoi la culture et l’art agissent dans le monde comme de réels vecteurs de changement et à titre de baume psychologique en ces temps troubles. <br><br>Si vous êtes intéressés ou intéressées, visitez-les sur leur site <a href="https://www.mariechouinard.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mariechouinard.com </a></p>
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		<item>
		<title>Tenet peut-il sauver l’industrie cinématographique?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/tenet-peut-il-sauver-lindustrie-cinematographique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aymeric Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 14:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[box-office]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[été 2020]]></category>
		<category><![CDATA[Tenet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Périple pandémique d’une superproduction au box-office.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le confinement causé par la pandémie de COVID-19 a été dévastateur pour les productions culturelles partout à travers le monde&nbsp;; le cinéma n’y fait pas exception. Il y a maintenant plus d’un mois sortait le film qui faisait miroiter à l’industrie cinématographique et aux salles de projection une rédemption économique grandement attendue.&nbsp;<em>Tenet</em>, le dernier opus de Christopher Nolan (<em>Origine</em>,&nbsp;<em>Interstellaire</em>) portait effectivement sur ses épaules un énorme poids&nbsp;: à lui seul, il était censé assurer la relance du marché du 7<em>e</em>&nbsp;art. Qu’en est-il, près d’un mois après sa sortie en salle au Canada?</p>



<p>La superproduction de Warner Bros Pictures, forte d’un colossal budget de 205 millions de dollars américains, a livré aux cinéphiles la fête visuelle et narrative dont elle avait fait la promesse. Toutefois, elle a encore un long chemin à parcourir afin de se rentabiliser&nbsp;: il faut savoir que, dans le marché nord-américain, les sociétés de production recouvrent environ 50% du prix du billet vendu en salle ; à l’international, c’est souvent moins. À cela, il faut ajouter le coût de l’énorme campagne de promotion dont le film a bénéficié, qui se situerait dans les alentours de 100 à 150 millions de dollars américains. Bien que les budgets finaux n’aient pas encore été dévoilés, l’on peut prédire qu’il faudrait à&nbsp;<em>Tenet</em>&nbsp;un minimum de 600 millions de dollars américains en revenus afin de commencer à engendrer des profits.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>« En date d’aujourd’hui, le box-office à l’échelle mondiale de [</em>Tenet<em>] s’élève à 307&nbsp;millions de dollars américains »</em></p></blockquote>



<p>En date d’aujourd’hui, le box-office à l’échelle mondiale de la superproduction de Nolan s’élève à 307&nbsp;millions de dollars américains. En temps normal, ceci constituerait un échec pour une production de cette ampleur, plus d’un mois après sa sortie. Toutefois, dans les circonstances actuelles, ce chiffre ne fait pas piètre figure. En effet, en ce qui a trait aux revenus,&nbsp;<em>Tenet</em>&nbsp;surpasse nettement toutes les autres productions hollywoodiennes sorties depuis la fin<em>&nbsp;</em>du mois d’août. Warner Bros Pictures mettra donc tout en œuvre pour rentabiliser le film et l’on peut prédire que ce dernier restera à l’affiche encore longtemps. Aux États-Unis, les salles de projection des régions de New York et de Los Angeles, les deux principaux marchés du pays, sont toujours fermées. Leur ouverture pourrait faire gonfler considérablement le box-office domestique, se situant actuellement juste au-dessus de 45 millions de dollars américains. À titre comparatif,&nbsp;<em>Origine&nbsp;</em>(2010) avait engendré près de 300 millions de dollars américains aux États-Unis et au Canada.&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>n’a donc peut-être pas eu le succès immédiat espéré par Warner Bros Pictures, mais il pourrait bien recouper ses coûts sur le long terme, et même être profitable. Ceci est primordial pour rassurer les maisons de production et pour atténuer l’incertitude qui règne sur l’industrie.&nbsp;Pour les salles de projection,<em>&nbsp;Tenet</em>&nbsp;jette sans conteste un peu de lumière dans le gouffre financier qu’a constitué la pandémie. Il est important de souligner que le succès des superproductions joue un rôle primordial dans la survie des productions à sphère restreinte qui permettent la diffusion du cinéma d’auteur hors de la logique du marché. Sans les revenus provenant de films destinés au divertissement de masse, les producteurs ne seraient pas en mesure de financer des œuvres dites d’art et d’essai et les cinémas n’auraient pas la possibilité de réserver certaines de leurs salles aux fins de leur diffusion.</p>



<p><strong>Une relance automnale chargée</strong></p>



<p>Dans la foulée de&nbsp;<em>Tenet</em>, le cinéma hollywoodien traditionnel nous réserve un automne bien chargé.&nbsp;<em>Mourir peut attendre</em>, le nouvel opus de la franchise&nbsp;<em>James Bond</em>, doit sortir en novembre, alors que le très attendu&nbsp;<em>Dune&nbsp;</em>de Denis Villeneuve (<em>Premier Contact</em>,&nbsp;<em>Blade Runner 2049</em>) ainsi que&nbsp;<em>Wonder Woman 1984&nbsp;</em>sont tous deux censés atterrir dans nos salles en décembre. De leur côté, les plateformes de diffusion en ligne n’ont rien à envier au cinéma traditionnel. Netflix vient d’ajouter à sa programmation&nbsp;<em>Je veux juste en finir</em>, le dernier long-métrage de Charlie Koffman (<em>Synecdoche, New York</em>) de même que <em>Le Diable, tout le temps</em> réalisé par Antonio Campos (<em>Christine</em>)&nbsp;: à voir assurément.</p>



<p>Le cinéma québécois offre aussi une panoplie d’œuvres documentaires et de fiction variées cet automne. Consultez l’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/08/le-cinema-quebecois-sur-sa-relance/" data-wpel-link="internal">« Le cinéma québécois sur sa relance »</a>, paru dans&nbsp;<em>Le Délit</em>&nbsp;le 8 septembre dernier pour en savoir plus.&nbsp;L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/08/le-cinema-quebecois-sur-sa-relance/" data-wpel-link="internal">« </a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/tenet-dunkerque-lavenir-et-le-passe/" data-wpel-link="internal">Tenet, Dunkerque, l’avenir et le passé </a><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/08/le-cinema-quebecois-sur-sa-relance/" data-wpel-link="internal">»</a> aborde aussi le nouveau film de Nolan, mais cette fois-ci en l’analysant en comparaison avec les long-métrages précédents du réalisateur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/tenet-peut-il-sauver-lindustrie-cinematographique/" data-wpel-link="internal">Tenet peut-il sauver l’industrie cinématographique?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Définancer pour protéger</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/definancer-pour-proteger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:59:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit s’entretient avec Elijah Olise, fondateur du Collectif pour la justice raciale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 26 septembre dernier s’est déroulée à Montréal une <a rel="noreferrer noopener external" href="http://r" target="_blank" data-wpel-link="external">manifestation pour la justice climatique et sociale.</a> Parmi les organisateur·rice·s se trouvait Elijah Olise, représentant de la<em> </em>Coalition pour le définancement de la police et fondateur du Collectif pour la justice raciale. Il a également participé à l’organisation de la manifestation du 27 septembre 2019, qui avait rassemblé des centaines de milliers de personnes. <em>Le Délit</em> a eu l’occasion de s’entretenir avec lui.</p>



<p><strong><em>Le</em> <em>Délit </em>(LD)</strong>: <em>Quel est l’objectif de la Coalition pour le définancement de la police?</em> </p>



<p><strong>Elijah Olise (EO)</strong>: En fait, il ne s’agit pas de se débarrasser de la police et de la démanteler, mais plutôt de reconstruire et de réaffecter des fonds pour ensuite prendre soin de notre communauté. Il reste beaucoup de travail à faire avant de transitionner vers une société où les services de police seront obsolètes, et ce n’est pas quelque chose qui peut se produire en un claquement de doigts. Nous comprenons cela, et nous mesurons tout le travail qu’il faudra faire pour y arriver, mais cela ne nous empêche pas de nous atteler à la tâche. Ces derniers temps, nous avons reçu énormément de questions. Nous nous concentrons donc sur l’éducation et l’engagement avec la communauté.&nbsp;</p>



<p>Les gens sont imaginatifs, et sont aussi responsables de l’état de leur communauté. Ils peuvent réinventer la société dans laquelle nous sommes, car nous n’avons pas à vivre selon des règles imposées par d’autres. Ces règles sont la source de nombreuses inégalités, et, depuis sa création, la police s’est seulement débrouillée avec — ou a aggravé — les inégalités, sans jamais s’y attaquer. Nous ne disons pas que nous n’avons pas besoin de sécurité, mais une paix maintenue par la peur n’est pas vraiment une paix.&nbsp;</p>



<p><strong>LD</strong>:<em> Quel est le rôle des étudiant·e·s et des jeunes dans ces grands enjeux comme le racisme et la protection de l’environnement?</em></p>



<p><strong>EO</strong>:<em> </em>C’est notre rôle d’agir. C’est notre devoir de nous mettre dans une position où nous pouvons prendre les décisions qui vont affecter notre avenir, celui de nos enfants et des générations suivantes. C’est d’autant plus vrai que nous vivons dans une société dont la population est vieillissante, car nos dirigeant·e·s ne sont pas souvent les détenteur·rice·s de connaissances et parfois semblent se dissimuler la vérité. Le travail des jeunes est de continuer à utiliser leur dynamisme, leur curiosité et les différents traits qui vont de pair avec la jeunesse pour continuer à avancer et à pousser progressivement vers un avenir meilleur, sans attendre que ce soit leur tour ou attendre qu’on leur donne le feu vert.</p>



<p>Quelqu’un comme François Legault ne sera pas là en 2050. Il ne sera pas là pour ressentir l’impact de ses choix et décisions sur notre environnement et sur notre économie. Nous, les jeunes, nous y serons. Je pense que la jeunesse a été étouffée, et on le voit particulièrement avec notre génération. Les jeunes doivent agir. Il·elle·s doivent mener la bataille contre les changements climatiques et le racisme systémique. Les gens présentement au pouvoir ont bénéficié de ces systèmes et ne voudront probablement pas les démanteler, préférant les perpétuer.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Quelqu’un comme François Legault ne sera pas là en 2050. […] Nous, les jeunes, nous y serons»</em></p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:<strong><em> </em></strong><em>Pourquoi est-il si important pour toi d’inclure la justice sociale dans la lutte contre les changements climatiques? En quoi ces enjeux sont-ils liés?</em></p>



<p><strong>EO</strong>: Les personnes les plus touchées par les changements climatiques sont les personnes racisées et marginalisées qui vivent dans des communautés n’ayant pas les ressources et les outils pour assurer un environnement sécuritaire. Si on compare les différents arrondissements de Montréal, il y a une énorme différence par rapport aux risques environnementaux. On peut penser aux autoroutes et aux infrastructures qui doivent être rénovées, ou aux produits chimiques nocifs auxquels les gens sont exposés. Ce ne sont pas des erreurs, ce ne sont pas des accidents, car de grands efforts sont investis dans la planification urbaine.&nbsp;</p>



<p>Au niveau canadien, de nombreuses réserves autochtones sont privées d’eau potable, ce qui n’a aucun sens au Canada puisque l’eau y est abondante. Du niveau local au niveau national et mondial, les communautés qui sont souvent les plus affectées par les changements environnementaux et climatiques sont toujours les personnes racisées et marginalisées. Ces personnes devraient être à l’avant-garde de la justice climatique, car c’est elles qui ont le plus besoin que leurs voix soient entendues. J’aime garder mon analyse dans le contexte canadien parce que, comme pays, nous nous comparons souvent avec le reste monde comme si nous étions les meilleur·e·s, mais nous ne faisons qu’une fraction du travail et nous nous félicitons pour cela.</p>



<p><strong>LD</strong>:<strong><em> </em></strong><em>Qu’est-ce que la pandémie de COVID-19 a montré par rapport aux besoins des personnes racisées?</em></p>



<p><strong>EO</strong>: Montréal est l’épicentre de l’épidémie du Québec, et l’épicentre de Montréal est Montréal-Nord. C’est une communauté principalement noire. Tout se déroule de cette façon parce que cette communauté est vulnérable. Nous devons concentrer nos efforts pour nous assurer qu’aucune communauté dans un pays développé n’ait à souffrir en silence. Nous sommes tous·tes responsables de la santé de nos collectivités et de la santé de notre environnement. Je crois que la COVID-19 a donné à plusieurs personnes du temps supplémentaire pour réfléchir et pour changer d’avis sur cette question. Cela ne fait pas d’elles de mauvaises personnes, c’est tout simplement un signe qu’elles grandissent. À mon avis, les gens comprennent l’urgence de ce que nous faisons et l’importance que nous soyons entendu·e·s, et c’est pour cela qu’il·elle·s prennent la rue, même pendant une pandémie.</p>



<p><strong>LD</strong>:<strong><em> </em></strong><em>Selon toi, quel est le rôle du gouvernement et celui des individus?</em></p>



<p><strong>EO</strong>: J’aime cette citation de John F. Kennedy: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Même si nous sommes des individus, nous sommes connecté·e·s et nous avons besoin de l’aide des un·e·s et des autres. Nous sommes tous·tes responsables, comme je l’ai mentionné, de la santé de notre communauté et de celle de notre environnement. Nous avons donné le pouvoir au gouvernement afin qu’il puisse accomplir son travail et que nous le soutenions. Mais le gouvernement ne remplit pas sa part du marché. La structure actuelle de la démocratie est déficiente et ne nous permet pas de changer ce gouvernement.</p>



<p>Le gouvernement dans son état actuel n’est pas efficace et est incapable de prendre des décisions drastiques pour protéger nos communautés les plus vulnérables. Si je pouvais claquer mes doigts comme le Thanos de Marvel, je ferais en sorte que François Legault et toutes ces personnes âgées s’assoient avec les jeunes et les détenteur·rice·s de connaissances pour leur demander quoi faire. Il ne s’agit pas seulement d’écouter; il s’agit de leur donner les moyens pour que la société qu’il·elle·s veulent construire accueille toutes les communautés comme elle accueille actuellement les communautés blanches. Nous n’avons pas tous·tes eu la possibilité de faire le monde, mais nous sommes tous·tes né·e·s dans cette société qui avantage les personnes blanches. Ce n’est pas une réalité que nous acceptons sans broncher. Les personnes concernées par les décisions doivent avoir un siège à la table des décideur·se·s. Ainsi, nous aurons un environnement et un monde plus sains, et nous redistribuerons le pouvoir aux communautés.</p>



<p><strong>LD:<em> </em></strong><em>Lors de la manifestation du 26 septembre 2020, tu as cité deux poèmes, dont un de ta plume. À ton avis, quelle est la place de l’art dans la lutte pour la justice sociale et la justice environnementale?&nbsp;</em></p>



<p>EO: C’est fondamental. L’art et la science occupent des positions uniques dans notre société. Comme des sœurs, elles ont besoin l’une de l’autre pour respirer et être. L’art est magnifique et inspirant. C’est censé rendre le mouvement séduisant. C’est censé mettre les gens en colère, mais aussi les inspirer. C’est ce que j’essayais de faire en lisant George the Poet; son poème «<em>A Climate of Change</em>» est magnifique. Je me reconnais dans son vécu et dans sa façon de lutter contre la crise actuelle. Il n’a pas d’éducation scientifique ou de pouvoir politique, mais il invite ceux qui en ont à s’impliquer dans cette lutte et les inspire à le faire.&nbsp;</p>



<p>J’ai des idées tangibles pour tout changer, comme donner plus de pouvoir aux jeunes, aux communautés et aux scientifiques. Il y a un grand fossé entre la nature et nous, et je crois que ces gens pourraient nous aider à le combler. C’est pourquoi nous devons leur donner le pouvoir de le faire, et j’ai espoir qu’un activisme qui inclut l’art et le récit puisse être un vecteur de ce pouvoir. En entendant parler de ces sujets, les gens se disent parfois qu’il·elle·s ont déjà tout entendu et qu’on ne fait que se plaindre et se mettre en colère. Ces sentiments sont valides, mais on veut en faire quelque chose de positif afin de les inclure dans nos démarches.</p>



<p><strong>LD</strong>:<strong><em> </em></strong><em>Comment les jeunes peuvent-ils s’impliquer pour la justice sociale et environnementale?</em></p>



<p><strong>EO</strong>: Au Collectif pour la justice raciale, nous recherchons des gens avec des compétences à offrir au mouvement et qui sont prêts à provoquer le changement à grande échelle. Mon but est de mettre les personnes vulnérables et marginalisées au premier plan des enjeux qui les concernent. En ce moment, nous nous concentrons sur l’éducation populaire. Nous aimerions que les gens s’informent sur les raisons de la campagne de définancement de la police et s’y impliquent. Comme le gouvernement définance la santé et l’éducation, je pense qu’il est grand temps de faire de même pour les services de police et de redistribuer vers les autres services. En novembre, le budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sera revu. Nous avons besoin de gens qui sont prêts à s’impliquer immédiatement dans la campagne de définancement.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La résilience des sentiers</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/la-resilience-des-sentiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:59:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37904</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ol class="wp-block-list" start="5"><li>La résilience des sentiers</li></ol>



<p>Vous savez toute l’histoire<br>La plus petite des choses<br>Et quand vos yeux s’ébahissent<br>C’est pour penser ce qui vous manque<br>Le moment où nous le voyons<br>Nous retournons à la forêt</p>



<p><em>Elle aimait toutes les petites choses</em></p>



<p>Je veux que vous reconnaissiez<br>Qu’on nous a pillé la voix<br>Qu’il y a une déchirure sur notre sentier<br>Et si je suis un traitre<br>Tant mieux</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Je t’aurais réveillée<br>De la même façon<br>Si tu avais été là</p>



<p>Je te retrouverai dans le jardin</p>



<p>Ton chemin était sous les arbres et les buissons<br>Et la nuit lente les oiseaux les chevaux sauvages</p>



<p>Personne ne nous voit dans ce jardin</p>



<p>Tu n’es plus à l’horizon de mes cils<br>Tu es dans la nuit à même la nuit</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>C’est un sentier de mémoire et non d’arbres<br>Qui guide ma main du chantier vers les champs<br>Où les fleurs coulent en cirque<br>Passé les arbres<br>Près des fruits à l’intérieur du fruit<br>Je prends ma propre main<br>Et la branche qui tient ma tête<br>Me tient droit</p>



<p>Le temps viendra où tu seras seule<br>Face à l’adversaire<br>Avec tes cercles de fumés<br>Tu entreras dans ta propre maison <br>Et toutes les petites choses<br>T’appartiendront<br><br>Ton chemin était sous les arbres et les buissons<br>Je l’ai choisi pour la suite du monde<br><br>Et si je suis un traitre<br>Tant mieux</p>
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		<title>Naviguer les eaux des systèmes coloniaux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/naviguer-les-eaux-des-systemes-coloniaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mélina Nantel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:59:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’école secondaire, j’entends pour la première fois le mot «autochtone», suivi de «reconnaissance» puis de «réconciliation». On m’enseigne qu’il existe plusieurs langues autochtones, sans jamais qu’un seul de leurs mots ne soit prononcé. J’apprends à identifier sur une carte où habitent les différentes communautés – on parle toujours de Montréal, jamais de Tohtià:ke ou&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/naviguer-les-eaux-des-systemes-coloniaux/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Naviguer les eaux des systèmes coloniaux</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À l’école secondaire, j’entends pour la première fois le mot «autochtone», suivi de «reconnaissance» puis de «réconciliation». On m’enseigne qu’il existe plusieurs langues autochtones, sans jamais qu’un seul de leurs mots ne soit prononcé. J’apprends à identifier sur une carte où habitent les différentes communautés – on parle toujours de <em>Montréal</em>, jamais de <em>Tohtià:ke</em> ou de <em>Mooniyaangi</em>.</p>



<p>On ne me parle pas de pensionnats, de stérilisations forcées ou même d’accès limité à l’eau potable et à l’électricité. On me dit que la population du Canada compte plus de 4,3% d’autochtones qui <a href="https://www.canada.ca/fr/services/culture/identite-canadienne-societe/peuples-cultures-autochtones.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">«font partie de l’identité de notre pays»</a>. J’ai plutôt l’impression de solitudes qui ne s’écoutent pas, le droit de parole appartenant aux privilégiés.&nbsp;</p>



<p>Le Canada a été le fait de génocide, a provoqué l’invisibilisation des peuples autochtones et perpétue un colonialisme moderne. On peut fermer les yeux sur ce pan sombre de notre histoire collective, mais les effets pervers des violences systémiques continueront de se faire sentir. Combien faudra-t-il de femmes enlevées, violées, assassinées? Combien de Joyce laisserons-nous mourir, sous l’oeil cruel d’une société viciée?&nbsp;</p>



<p>Le décès de Joyce Echaquan a secoué le Québec. Eh non, monsieur Legault, votre <em>belle province </em>n’est pas dépourvue de ce racisme systémique. Elle en est plutôt gangrénée, et ce, au fondement même de sa civilisation. On ne peut plus parler d’un fossé entre nations, c’est désormais d’un véritable gouffre dont il est question.</p>



<p>Le Canada cache dans son placard un squelette qui pourrit depuis trop longtemps. Une loi vieille de deux cents ans qui exempte si gentiment de taxes ceux dont le sang est suffisamment «indien». Une loi qui a arraché des enfants à leur famille pour les faire devenir plus «blancs». Une loi qui justifie le pillage de terres ancestrales pour y puiser des ressources économiques. Une loi périmée qui garde sous sa tutelle des peuples dont l’on préfère ne pas s’occuper. </p>



<p>On peut s’opposer au racisme systémique, en dénoncer les déclinaisons les plus décomplexées, mais il faut frontalement questionner nos propres choix de société. </p>



<p>Il faut décoloniser nos lois, nos institutions et nos livres d’histoire. Sortir de l’hypocrisie collective afin, peut-être, de se «réconcilier».</p>
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		<title>L’opinion étudiante: Course à la chefferie du PQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/lopinion-etudiante-course-a-la-chefferie-du-pq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:58:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré dix jeunes souverainistes pour discuter de l’avenir du Parti Québécois.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 5 au 9 octobre, les membres du Parti Québécois (PQ) seront appelé·e·s à compléter la saga qu’ils ont entamée le 1<em>er</em> février dernier. Huit mois après le début de cette course à la chefferie, les péquistes devront choisir qui, de Sylvain Gaudreault, Guy Nantel, Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP)<strong> </strong>et Frédéric Bastien, deviendra le 10<em>e</em> chef de leur formation politique.</p>



<p>Lors des élections générales québécoises de 2018, le PQ a subi, exactement 50 ans après sa création, sa plus lourde défaite électorale avec 17,06 % des voix exprimées. Avec ses 10 sièges obtenus, le PQ de Jean-François Lisée a emmené le parti à son plus bas depuis l’élection du gouvernement Lévesque en 1976. Nul besoin de préciser que les défis à relever par le prochain chef seront de taille. </p>



<p>Une des grandes difficultés à laquelle fait face le PQ reste l’inclusion des jeunes, tant dans leur plateforme que dans leur équipe. Un an avant les élections de 2018, Paul St-Pierre Plamondon avait lui-même affirmé que le PQ était devenu «<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/491149/le-pq-un-parti-fige-conservateur-et-vieillissant-selon-st-pierre-plamondon" target="_blank" data-wpel-link="external">un parti figé, conservateur et vieillissant</a>». Afin de vérifier cette assertion, <em>Le Délit</em> est allé à la rencontre de dix jeunes étudiant·e·s souverainistes des quatre coins du Québec: François Gervais (cégep Lionel-Groulx), Jacques Martin (McGill), Marie-Laurence Desgagné (McGill), Gabrielle Gagnon (Université de Sherbrooke), Vincent Vallée (UQAM), Adèle Blanchard (McGill), Louis Favreau (McGill), Gabrielle Desjardins (Université du Québec en Outaouis), Mohammad-Afaaq Mansoor (McGill) et Jean-Simon Gagné-Nepton (Université du Québec à Chicoutimi).</p>



<p>Tous et toutes membres ou anciennement membres du parti, ils nous ont expliqué leur choix, leur réflexions et leur impressions sur ces quatre candidats.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les quatre candidats</strong></h3>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:42% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="957" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G..jpg" alt="Image tirée de Wikimedia" class="wp-image-37934" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G..jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G.-330x395.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Sylvain-G.-768x919.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-large-font-size">Sylvain Gaudreault</p>



<p><strong>Expérience politique</strong><br>· Député depuis 2008<br>· Ancien ministre <br>· Chef intérimaire pendant huit mois en 2016</p>



<p><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Il renoue avec l’audace que le Parti Québécois avait auparavant.» – Vincent Vallée</p>



<p><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«En élisant Sylvain Gaudreault, c’est comme si on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité» – François Gervais</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Nantel" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><img decoding="async" width="800" height="792" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy.jpg" alt="Image tirée de Wikimedia" class="wp-image-37929" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy-330x327.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Guy-768x760.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px"></a></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-text-align-right has-large-font-size">Guy Nantel</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Expérience politique</strong><br>· Se renseigne et suit la politique depuis longtemps (blagues à l’appui) <br>· A écrit l’essai politique <em>Je me souviens… de rien </em>(2017)</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Bien entouré, avec un bon cabinet, ça ferait changement des politiciens de carrière.» – Louis Favreau</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Il n’a pas voulu donner tout son temps à la chefferie […] je pense que ça démontre un manque de sérieux.» – Mohammad-Afaaq Mansoor</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="800" height="770" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP.jpg" alt="Image tirée de Wikimédia" class="wp-image-37932" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP-330x318.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/PSPP-768x739.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-large-font-size">Paul St-Pierre Plamondon</p>



<p><strong>Expérience politique</strong><br>· S’est présenté dans Prévost en 2018, mais a perdu<br>· S’implique activement dans la sphère politique depuis 2007 avec l’organisme <em>Génération d’idées</em><br>· Défait lors de la course à la chefferie du PQ en 2016</p>



<p><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«C’est à peu près le seul candidat qui a fait des propositions féministes. […]&nbsp;En tant que féministe, je trouve que ça en dit beaucoup sur sa personnalité.» – Gabrielle Gagnon</p>



<p><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Il est charismatique, mais il n’apporte pas vraiment d’idées originales: sa campagne est centrée sur sa personne.» – Un militant de Gaudreault</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator">



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="768" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien.jpg" alt="Image tirée " class="wp-image-37939" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/Bastien-600x600.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px"></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-text-align-right has-large-font-size">Frédéric Bastien</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Expérience politique</strong><br>· Il a écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire et la politique du Québec</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de voter pour lui</strong><br>«Il apporte des idées originales.» – Une militante du PQ</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Une bonne raison de ne PAS voter pour lui</strong><br>«Souvent les gens disent qu’il y a des candidats pour lesquels ils ne voteraient vraiment pas. Évidemment, Frédéric Bastien revient souvent.» – Jean-Simon Gagné Nepton</p>
</div></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Si la tendance se maintient…</strong></h3>



<p>Chez les jeunes indépendantistes que nous avons rencontré·e·s, une tendance claire se dessine: Paul St-Pierre Plamondon et Sylvain Gaudreault font chaude lutte pour avoir leur appui, tandis que Nantel et Bastien ne reçoivent presque aucun appui de leur part.&nbsp;</p>



<p>C’est Sylvain Gaudreault, le député actuel de la circonscription Jonquière, qui a recueilli le plus d’appui parmi les jeunes que nous avons consulté·e·s. Pourtant, c’est loin d’être un nouveau venu dans l’arène politique: il siège à l’Assemblée nationale depuis 2008, a déjà été ministre sous le gouvernement Marois, en plus d’avoir été chef par intérim pendant six mois, après le départ de Pierre-Karl Péladeau en 2016. Depuis l’annonce de sa candidature, il fait campagne en tentant de séduire l’aile gauche du parti avec son programme qui se veut résolument environnementaliste. Ce qui motiverait sa conviction indépendantiste serait de créer «un pays vert à l’ONU» et de rendre le Québec carboneutre d’ici 2050.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est comme si l’on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité»</p></blockquote>



<p>Plusieurs jeunes louent l’écoute et le caractère sympathique de M. Gaudreault, qui se serait beaucoup investi dans les dernières années pour aider l’aile jeunesse du parti. Par contre, on lui reproche de ne pas avoir apporté beaucoup de nouveauté au PQ. On lui reproche entre autre d’appartenir à une vieille garde qui n’arrive plus à attirer l’électorat. Surtout, selon certain·e·s, il manquerait de charisme et aurait de la difficulté à attirer l’attention des médias. «En élisant Sylvain Gaudreault, c’est comme si l’on choisissait de faire mourir le PQ dans la dignité», analyse François Gervais, un militant qui voit d’un mauvais œil qu’un membre de l’<em>establishment</em> revienne à la tête du parti.</p>



<p>Même si le programme de Sylvain Gaudreault semble très populaire, de nombreuses personnes lui préfèrent Paul St-Pierre Plamondon, un jeune avocat qui n’a jamais été député pour le parti et qui serait, au dire de plusieurs, plus charismatique. «Sylvain Gaudreault a quand même son côté sympathique, il arrive à bien rejoindre les militants du parti, mais c’est PSPP qui, dans l’ère médiatique, paraît le mieux: il est plus jeune, il a une famille, il s’exprime bien», estime Mohammad-Afaaq Mansoor, un militant péquiste. Même ceux qui militent pour Sylvain Gaudreault le reconnaissent: Plamondon a réussi à prendre bien plus de place dans les médias et surtout sur les réseaux sociaux.</p>



<p>PSPP a beau ne pas avoir été élu député, il n’en est pas à sa première implication au parti. En 2016, il s’était présenté une première fois pour être chef du parti, mais avait fini avec une maigre quatrième place. Il est par la suite devenu conseiller spécial auprès de Jean-François Lisée et a lancé la consultation <em>Oser repenser le PQ</em>, qui avait été présentée comme un «grand rajeunissement du Parti Québécois». Au cours de la campagne, PSPP s’est défini comme social-démocrate, tout en affirmant l’importance de considérer l’indépendance comme un enjeu transcendant les conflits entre la gauche et la droite.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux candidats qui tirent de l’arrière</h3>



<p>Quant aux deux autres candidats, Frédéric Bastien et Guy Nantel, aucun·e des jeunes que nous avons rencontré·e·s ne prévoyait leur accorder leur vote, même si quelques-un·e·s ont dit apprécier les idées que ces derniers apportent.</p>



<p>Le discours de Frédéric Bastien, un historien qui a écrit plusieurs livres sur l’histoire récente du Québec, est jugé trop axé sur l’identité par plusieurs jeunes qui voudraient que le nationalisme du PQ soit davantage un nationalisme d’ouverture. Sa proposition de réduire les seuils d’immigration à 20 000 contraste avec celle des autres candidats et fait dire à certain·e·s qu’il tente de séduire un électorat péquiste plus à droite que celui que représentent les jeunes. Toutefois, ses diatribes contre le Canada et le multiculturalisme (et<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.facebook.com/FredericBastienPQ/posts/187131742776594" target="_blank" data-wpel-link="external"> contre la Faculté de droit de McGill</a>) semblent plaire à une partie de l’électorat péquiste. «Bastien s’est en quelque sorte bâti un récit d’opposition avec le Canada, mais ce récit-là n’est pas toujours ancré dans la réalité», nous explique une militante. Frédéric Bastien a bâti sa campagne en partie sur la promesse de contester la constitution canadienne, dans l’espoir avoué que les confrontations avec le fédéral qui s’en suivraient fassent monter le «Oui» dans les sondages.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il tente de séduire un électorat péquiste plus à droite que celui que représentent les jeunes»</p></blockquote>



<p>Même pour ceux et celles qui adhèrent en partie ou en totalité aux idées de M. Bastien, il subsiste un doute quant à sa capacité à réunir l’ensemble de l’électorat. Plusieurs nous ont souligné que le PQ a historiquement été perçu comme une «grande coalition» entre les souverainistes de gauche et de droite. Certain·e·s craignent que le candidat pousse encore plus de souverainistes de gauche à s’en aller vers Québec Solidaire avec son discours à caractère très identitaire.&nbsp;</p>



<p>Certain·e·s notent tout de même que Bastien a causé une relative surprise en étant capable d’aller chercher les donations et les signatures nécessaires. «Je ne sais pas si Frédéric Bastien devrait devenir chef du Parti Québécois, mais il a clairement sa place dans la course, puisqu’il représente une frange importante du parti qui n’est toujours pas considérée par l’<em>establishment</em>», croit François Gervais, un militant qui optera plutôt pour PSPP.&nbsp;</p>



<p>L’humoriste Guy Nantel, qui semblait dominer au début de la course, n’a pas donné l’impression d’être un candidat crédible. Certain·e·s ne se sont pas gêné·e·s pour le qualifier de populiste, en raison de son programme vague, mais aussi à cause de son attitude face à la course, autant à cause des débats houleux qu’à cause de son refus de laisser de côté sa carrière d’humoriste. «Ce qui est bon pour un humoriste, ça ne l’est pas nécessairement pour un politicien. Guy Nantel n’est pas, selon moi, la bonne personne pour faire de la politique», croit Mohammad-Afaaq Mansoor.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La pertinence du PQ remise en cause</strong></h3>



<p>Sur les dix jeunes souverainistes que nous avons rencontré·e·s, deux ont quitté le parti au cours des dernières années et ne voteront donc pas pour un nouveau chef.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’avenir du PQ devrait être un avenir féminin»</p></blockquote>



<p>Pour Adèle Blanchard, ancienne partisane du PQ et nouvellement membre de QS, le choix était assez clair: «L’avenir du PQ devrait être un avenir féminin.» Effectivement, les quatre candidats à la chefferie sont tous des hommes, rappelant que la politique reste encore, pour reprendre l’expression de Pauline Marois, <a href="https://www.lesoleil.com/actualite/politique/pauline-marois-denonce-lexclusion-des-femmes-du-boys-club-politique-0e8d0f272206011bde4e930fabedac31" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un <em>boys club</em></a> dans lequel les femmes n’arrivent pas à trouver leur voix. «Je trouve ça vraiment décevant et plate qu’il n’y ait aucune femme qui se présente. […] Le PQ aurait plus de chance de recommencer à se démarquer avec une voix féminine.»&nbsp;</p>



<p>Outre ce manque d’inclusion, c’est surtout le manque de clarté dans la ligne directrice du parti qui est largement critiqué. Selon Jean-Simon Gagné-Nepton, un ancien membre du parti, «le PQ a brûlé toutes [ses] cartes». Sur la question de l’indépendance, il estime que le parti s’est historiquement mis à dos à la fois les factions souverainistes de gauche et de droite, ce qui expliquerait, entre autres choses, les gains considérables qu’a réalisés QS lors des dernières élections. «Le Parti Québécois, [ses]campagnes électorales sont à gauche et ensuite il gouverne à droite. C’est parce qu’ils veulent contenter tout le monde», analyse le natif de Chicoutimi. Le PQ s’étant trop institutionnalisé, il considère que cette formation n’a plus du tout sa place dans la sphère politique contemporaine. «Pour moi, la pertinence du parti, au-delà du fait qu’il est indépendantiste, c’est fini.»</p>



<p>Plus modéré et encore indécis, Mohammad-Afaaq Mansoor, membre du PQ, comprend la situation tendue dans laquelle se trouve le parti. Il sait qu’avec l’apparition de QS dans la sphère indépendantiste, le PQ perd son statut d’unique parti souverainiste, mais considère tout de même qu’il a sa place et sa pertinence en 2020. «Le mouvement souverainiste ne peut pas survivre en étant divisé entre des péquistes et des solidaires», conclut-il. Sans forcément vouloir éliminer un parti ou un autre, Mohammad estime que les chances d’indépendance résident dans l’union: «Il faut arrêter de dire que le PQ et Québec Solidaire doivent se fusionner. Il faut dire que ce sont les souverainistes qui doivent fusionner sous un nouveau véhicule.»</p>
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		<title>Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Prince-Thauvette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:58:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37863</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les campagnes présidentielles américaines nous réservent toujours des surprises inattendues. Cette année, la pandémie de COVID-19 vient encore plus brasser les cartes&#160;: les discussions de coulisses deviennent des appels téléphoniques, la course effrénée aux quatre coins du pays est réduite à son strict minimum et plusieurs électeurs et électrices voteront depuis le confort de leur&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les campagnes présidentielles américaines nous réservent toujours des surprises inattendues. Cette année, la pandémie de COVID-19 vient encore plus brasser les cartes&nbsp;: les discussions de coulisses deviennent des appels téléphoniques, la course effrénée aux quatre coins du pays est réduite à son strict minimum et plusieurs électeurs et électrices voteront depuis le confort de leur foyer. Dans cet article, nous aborderons les effets de cette pandémie sur le processus électoral américain.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-3db6d3"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span><strong>Question</strong>&nbsp;1&nbsp;: Quelles ont été les répercussions de la pandémie sur les rassemblements politiques<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/COVID-19_Untitled_%2849855751961%29.jpg" alt><figcaption>Un homme manifeste seul et masqué devant l’hôtel de ville de San Francisco (<a href="http://Je fais tellement de théâtre que je ne sais plus quand je joue ou non" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ken Walton – Wikimedia</a>)                                                                                         </figcaption></figure>



<p>Lors d’une élection normale, les candidat·e·s, accompagné·e·s d’une armée d’employé·e·s politiques et de journalistes, parcourent les États-Unis pour parler devant des foules compactes et pour serrer la main des électeurs et des électrices. Vous comprendrez que cette année, c’est un peu différent.</p>



<p>À partir du 10&nbsp;mars, le candidat démocrate Joe Biden s’est isolé dans son domicile de Wilmington, au Delaware, pour suivre les consignes sanitaires et donner l’exemple. Jusqu’à la convention démocrate de la mi-août, il s’est adressé aux Américain·e·s et a critiqué au quotidien la gestion de la crise de la COVID-19 de Trump, depuis un studio improvisé dans son sous-sol. Malgré tout, il peinait à se faire remarquer à travers l’éclipse médiatique du coronavirus. Depuis, il semble être sorti de sa torpeur et a voyagé dans quelques États à la fin de l’été, notamment à Houston, dans la foulée des funérailles de Georges Floyd, à Kenosha, en marge des soulèvements suivants l’affaire Jacob Blake. Depuis la mi-septembre, il multiplie les voyages dans les États clés pour l’élection, comme celui qu’il a fait à Cleveland, en Ohio, dans le cadre du premier débat présidentiel.&nbsp;</p>



<p>De son côté, Donald Trump a été, comme tous les dirigeants et dirigeantes de la planète au cours des derniers mois, à l’avant-scène, car il devait informer sa population de l’évolution de la pandémie. Malgré les mesures sanitaires et l’interdiction des rassemblements dans plusieurs États, le clan Trump a décidé d’organiser des rallies politiques, semblables aux événements précédant la pandémie. On peut penser notamment au rassemblement du 20&nbsp;juin à Tulsa (Oklahoma) où il s’est présenté devant un auditorium aux deux tiers vide, probablement à la suite d’une ruse de milliers d’utilisateurs et d<a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/06/21/style/tiktok-trump-rally-tulsa.html" target="_blank" data-wpel-link="external">’utilisatrices de TikTok</a>, qui ont réservé des billets (gratuits) sans jamais avoir eu l’intention de s’y présenter. Après avoir pris une pause pendant l’été, les rassemblements partisans se multiplient depuis la convention républicaine de la fin août. Souvent, les mesures sanitaires y ont été quasi-absentes, et le président ne semble pas s’en soucier.&nbsp;</p>



<p>D’ailleurs le président Trump et de nombreu·ses·x membres de son entourage ont reçu un résultat positif à des tests de dépistage de la COVID-19 dans les derniers jours. L’absence du port du masque et le non-respect des mesures de distanciation sociale sont dénoncés par plusieurs experts et expertes de santé publique comme un facteur peut-être déterminant dans cette éclosion à la Maison-Blanche.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-956031"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span>Question&nbsp;2&nbsp;: Qu’est-ce que le vote par la poste<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<figure class="wp-block-image is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1000x667.jpg" alt class="wp-image-37866" width="1000" height="667" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/trinity-nguyen-0h-Kc2-wZt4-unsplash-1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://unsplash.com/photos/0h-Kc2-wZt4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Trinity Nguyen – Unsplash</a></span> Le petit fourgon blanc du United States Postal Service est omniprésent dans l’imaginaire collectif américain (<a href="https://unsplash.com/photos/0h-Kc2-wZt4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Trinity Nguyen – Unsplash</a>)</figcaption></figure>



<p class="has-normal-font-size"><strong>La réponse très (très) courte</strong></p>



<p>On vote par la poste.</p>



<p><strong>La réponse courte</strong></p>



<p>Le vote par la poste, pratique effectuée dans quelques États américains depuis plusieurs années, se voit favorisé en raison de la pandémie actuelle.</p>



<p><strong>La réponse plus longue</strong></p>



<p>La pandémie actuelle a mis sur la touche le processus de vote traditionnel, jugé trop dangereux et pouvant conséquemment mener à un haut taux d’abstention. Le vote à distance est ainsi promu, même si le vote en personne est toujours possible dans tous les États.</p>



<p>Le concept est très facile et assez explicite&nbsp;: tu pratiques ton droit de vote à partir de chez toi, grâce à un formulaire fourni à l’avance, que tu soumets ensuite à la poste ou dans une boîte spéciale prévue à cet effet. Le processus d’identification passe par différents critères selon chaque État, mais la personne votant a toujours, au minimum, besoin de donner son nom complet et ses coordonnées, en plus de signer son bulletin de vote. D’autres précautions sont parfois ajoutées. Par exemple, certains États demandent une copie d’une pièce d’identification, d’autres les derniers chiffres de l’assurance sociale.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener external" href="https://youtu.be/I6biQ_2RK3k" target="_blank" data-wpel-link="external">Cette mesure présente de nombreux avantages</a>, le principal étant de favoriser l’exercice du droit de vote et donc d’augmenter le taux de participation. L’électeur ou l’électrice peut prendre le temps de voter et n’a pas le stress que peut engendrer le vote en personne. Rappelons que dans près de la moitié des États, aucune loi n’oblige les employeurs et les employeuses à accorder du temps à leurs salarié·e·s pour aller voter le jour de l’élection.&nbsp;</p>



<p>Le vote postal permet de prendre le temps de réfléchir et de faire tes recherches dans le confort de ta maison. Tu n’as pas à faire la file et attendre sous la pluie ou à te perdre en cherchant le bureau de scrutin. Pour les ainé·e·s et personnes à mobilité réduite, cela représente un coup de pouce considérable. Bref, cette mesure est vue comme un moyen de contrer de nombreux problèmes liés à l’abstention.</p>



<p>Alors que la majorité des États se prépare à effectuer à la fois des élections en <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2020-08-16/presentiel-ce-mot-pestilentiel.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">présentiel</a> et à distance, certains vont effectuer majoritairement leurs élections à distance, alors que d’autres vont interdire le vote à distance (sauf pour des raisons exceptionnelles).</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/5fX_uCLuWPNbEw69BwuZXYOPGDhVW-3p_ZzY4iBdR0lWL4ANulrsqZnNQokNr_ceAb3GyyEgzK68G9y1_qPkYy_3G2I4zHFY3yuaqEsHoYAAUJ4gmUQMinR6xVso918LuEOxruj7" alt><figcaption>Le vote par la poste a déjà été adopté par une multitude d’états, tandis que d’autres sont toujours réticents (Infographie par Emmanuel Prince-Thauvette)                                                                                                 </figcaption></figure>



<p>Les Américain·e·s accueillent de manière mitigée le vote à distance, comme le montre ces données de juillet dernier.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/2020_absentee_and_postal_US_voting_chart_by_COVID19_CONSORTIUM_REPORT_7_VBM_JULY_2020.png" alt><figcaption>Les Américain·e·s accueillent de manière mitigée le vote à distance, comme le montre ces données de juillet dernier — (Infographie par David Lazer – Wikimedia)           </figcaption></figure>



<p>Évidemment, puisque l’on parle de politique américaine, il n’y a rien d’uniforme et donc rien de<em> </em>facile à comprendre. Afin de vous éviter toute sortie dangereuse et inutile pour vous procurer du Tylenol, sachez seulement que des méthodes de vote à distance différentes sont déployées selon l’État.</p>



<p><br>Aux États-Unis, le service postal est ancré dans le quotidien des Américain·e·s. L’histoire du <em>United States Postal Service</em> est intrinsèquement liée au développement de la nation et à la conquête de l’Ouest. <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.pewresearch.org/politics/2020/04/09/public-holds-broadly-favorable-views-of-many-federal-agencies-including-cdc-and-hhs/" target="_blank" data-wpel-link="external">Une étude du Pew Research Center</a> en avril dernier annonçait un taux d’approbation de 91&nbsp;% pour le USPS, plus que toute autre agence gouvernementale. Malgré cela, dans les dernières années, les coupes budgétaires ont été nombreuses, ce qui a bien sûr fragilisé le système de gestion du courrier et ralenti la distribution de celui-ci. Ce phénomène a fait en sorte que de nombreux États ont annoncé qu’ils allaient accepter les bulletins reçus en retard, ce qui pourra retarder conséquemment les résultats du vote.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-heading ultp-block-8270af"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style9 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span><strong>Question</strong>&nbsp;3&nbsp;: Pourquoi les élections sont-elles déjà contestées<strong> ?</strong></span></h2></div></div></div>


<p><strong>La réponse courte</strong></p>



<p>Le président a répété à de nombreuses reprises qu’il n’acceptera pas les résultats des élections, à cause d’une supposée fraude généralisée du vote postal.</p>



<p><strong>La réponse longue</strong></p>



<p>La pandémie, le contexte politique et social particulièrement tendu et l’impossibilité de prédire les résultats ne sont que trois exemples qui font que l’élection de 2020 est différente des précédentes.</p>



<p>Tout d’abord, il est certain que le contexte de la pandémie de COVID-19 transformera le processus démocratique. Tel qu’expliqué dans la question précédente, le vote postal est privilégié par plusieurs en cette ère de minimisation des contacts physiques. Cette (pas si) nouvelle façon de voter compte plusieurs détracteurs aux États-Unis, au premier chef le président Trump lui-même, qui n’a pas hésité à qualifier cette élection de frauduleuse, avant même qu’elle ne commence. Déjà en mai, il partageait ses craintes sur Twitter, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1264558926021959680?s=20" target="_blank" data-wpel-link="external">en disant que cela mènerait à « la plus grande fraude électorale de l’histoire » et que l’on « utilisait la COVID comme prétexte pour cette arnaque »</a>. Ainsi, Trump a fait du vote postal une question partisane et un enjeu électoral de premier plan. Or, cela fait abstraction du fait que le vote postal est déjà en place dans plusieurs États depuis des années déjà. De plus, les déclarations de Trump sur une fraude massive du vote sont généralement considérées comme <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/article/mail-in-voting-explained.html" target="_blank" data-wpel-link="external">infondées</a>. D’ailleurs, contrairement à la croyance populaire, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://fivethirtyeight.com/features/there-is-no-evidence-that-voting-by-mail-gives-one-party-an-advantage/" target="_blank" data-wpel-link="external">le vote par la poste ne favorise pas un parti en particulier</a>.</p>



<p>Ce que le vote postal risque aussi de transformer est le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.brennancenter.org/our-work/research-reports/how-election-night-2020-will-be-different" target="_blank" data-wpel-link="external">processus de dévoilement des résultats</a>. Normalement, à la fermeture des bureaux de vote, on ouvre les boîtes de scrutin et on commence à compter, puis à transmettre les résultats. Très souvent, on connaît l’identité du gagnant en cours de soirée, alors que des États de l’Ouest sont encore en train de voter, décalage horaire oblige. Bien entendu, tous les grands réseaux de télévision en profitent pour analyser à chaud les résultats avec un joyeux panel de journalistes, de chroniqueu·r·se·s et d’ex-politicien·ne·s.</p>



<p>Or, cette année, la pandémie vient encore une fois changer les choses. En effet, puisqu’on attend une quantité astronomique de bulletins postaux, et que les nombreuses petites administrations locales ne sont pas habituées à un si haut volume de courrier, on ne saura probablement pas qui de Biden ou de Trump remporte l’élection que plusieurs jours, voire semaines, plus tard. C’est que dans plusieurs États, on accepte que les bulletins soient postés jusqu’au 3&nbsp;novembre, la date du vote en personne, ce qui veut donc dire qu’on ne les recevra probablement que quelques jours plus tard. De plus, dans certains États, on ne peut commencer à ouvrir les enveloppes contenant les bulletins de vote que le jour même des élections, peu importe la quantité reçue.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.unsplash.com/photo-1595265616827-2cbbd0c39418?ixlib=rb-1.2.1&amp;auto=format&amp;fit=crop&amp;w=1000&amp;q=80" alt="red textile on white paper"><figcaption>Le dépouillement du vote postal risque de ralentir le dévoilement des résultats (Tiffany Tertipes – Unsplash)                                                                                                </figcaption></figure>



<p>Si les résultats électoraux tardent à sortir, il n’est pas garanti que le président calmera le jeu. Trump s’est fait demander à de nombreuses reprises s’il allait accepter sans rechigner les résultats électoraux du 3&nbsp;novembre prochain, mais est resté évasif sur sa réponse. Au débat de la semaine dernière, il a encore une fois refusé de répondre à la question, en expliquant que de « mauvaises choses » se préparent. Bien sûr, nul ne sait comment Trump agira en cas de défaite, mais le rapprochement, volontaire ou non, entre le clan Trump et des groupuscules armés d’extrême droite nous laisse craindre le pire.&nbsp;</p>



<p>Pour les constitutionnalistes, ce scénario est de la pure science-fiction, tellement il semble impossible que le « leader du monde libre » conteste des élections démocratiques, mais dans les faits, personne ne sait réellement où cette histoire nous mènera. Rappelons qu’à sa dernière élection, en 2016, qu’il avait pourtant remportée aux dépens d’Hillary Clinton, il avait tout de même contesté les résultats. En effet, malgré le fait qu’il ait gagné le collège électoral, il a perdu le vote populaire par plus de 2,5&nbsp;millions de votes. À la suite de cela, il a déclaré avoir en fait gagné le vote populaire, « si l’on déduit les millions de personnes qui ont voté illégalement<a rel="noreferrer noopener external" href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/802972944532209664?s=20" target="_blank" data-wpel-link="external"> »</a>. Dans les faits, tous les experts et expertes s’entendent sur le fait qu’il n’y a pas eu d’irrégularités lors de ce scrutin. Un <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.brennancenter.org/our-work/research-reports/truth-about-voter-fraud" target="_blank" data-wpel-link="external">rapport du Brennan Center for Justice</a> démontre que la fraude électorale est si rare aux États-Unis que l’Américain·e moyen·ne est plus à risque de se faire frapper par la foudre que de commettre une fraude le jour du scrutin.</p>



<p>Un candidat déchu pourrait aussi se tourner vers des contestations judiciaires. La compétition s’annonce très serrée dans certains États clés, ce qui amènera fort probablement des demandes de recomptage électoral devant les tribunaux. Un cas d’école en la matière, le jugement Bush v. Gore peuvent nous éclairer sur ce qui est peut-être à venir. Lors des élections de 2000, de nombreuses irrégularités dans l’État de la Floride avaient amené une requête de ce type devant la Cour Suprême. Les résultats officiels ne furent connus que plus d’un mois après l’élection générale, et firent pencher la balance du côté du républicain George W. Bush plutôt que du côté du démocrate Al Gore. Bush remporta les 25&nbsp;grands électeurs associés à cet État à l’époque, ce qui l’amènera à un cumul total de 271, soit un de plus que requis pour remporter la présidence. Au final, on estime qu’environ 500&nbsp;votes séparaient les deux candidats, et que c’est donc cette poignée d’électeurs et d’électrices qui a influencé la direction que la nation a prise pour les années suivantes.</p>



<p>Nul besoin de dire que si un scénario semblable se répétait en 2020, peut-être dans plusieurs États en simultané, en plus du fait que le vote postal risque de ralentir le dépouillement des bulletins, et que la Cour suprême penche majoritairement du côté républicain avec les trois nominations de Trump, nous avons un cocktail explosif pour la démocratie américaine et son unité nationale. Ces délais pourraient enflammer les complotistes, plus bruyant·e·s que jamais dans l’espace public, et ainsi compromettre l’intégrité des élections. Tout cela n’est que spéculation, mais l’on comprend bien comment le résultat de ces élections pourrait être déterminant pour le futur de la plus puissante démocratie au monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines – Encore plus de réponses à vos questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soliloque autour du genre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/soliloque-autour-du-genre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Babin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:57:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<category><![CDATA[Homme]]></category>
		<category><![CDATA[masculinité]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37864</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dialogue interne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/soliloque-autour-du-genre/" data-wpel-link="internal">Soliloque autour du genre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du jour au lendemain, la question identitaire peut nous hanter et nous faire perdre tous nos repères. Depuis le début de la pandémie, bon nombre de gens ont été laissés seuls avec eux-mêmes et, de ce fait, ont pu être plongés dans une remise en question personnelle. Ce questionnement est un tir à la corde entre deux parties de moi-même: d’un côté, je réfléchis à bon nombre d’enjeux et tente de trouver des solutions et, d’un autre côté, mes sentiments me poussent vers d’autres idées. Pour représenter ce dialogue interne de façon plus exacte, j’ai opté pour sa retranscription.</p>



<p>Je me demande: Qu’est-ce qu’être en tant qu’homme?</p>



<p>Je réponds: Pléonasme.</p>



<p>Je pense: On peut probablement élaborer là-dessus.</p>



<p>Je réponds: Donner une réponse directe à cette question exige d’admettre l’existence d’une spécificité masculine en dehors de la norme. Cette dernière a toujours été cet homme imaginaire qui est à la fois parfaitement humain et parfaitement naturel. La philosophie de «l’être» n’a toujours été qu’une philosophie de l’expérience masculine. La question plus intéressante est la suivante: qu’est-ce que cela veut dire d’être un homme plutôt que de ne pas l’être?</p>



<p>Le masculin, c’est la norme, le neutre, ce qui échappe au concept de genre. Pour le dire autrement, être un homme, c’est être. Mais, être un homme, en tant que tel, c’est impossible: cela demande d’atteindre une masculinité pure (être «macho») en présence des autres homme et une absence de masculinité pure (être sensible) en l’absence de ces autres hommes; le tout, sans jamais se poser la question ou réaliser la différence. Car, du moment où la question est posée (par soi, par autrui), il faut immédiatement y répondre, sans quoi l’on cesse d’exister – plongés dans un cercle vicieux devant la déconstruction, voire la destruction, de l’étiquette qui structurait notre existence. Pour éviter cette réflexion, le premier ressort est de se conforter en affirmant que la décision d’être un homme ou de ne pas l’être était la nôtre. Ce qui découle de ce mécanisme de défense, c’est la masculinité toxique – le culte de la virilité, du sexisme, du masculinisme, etc. Tous ces comportements sont associés à l’adhérence au genre qu’on nous impose. Plusieurs hommes ne les remettent jamais en cause parce que leurs actions paraissent «naturelles»:<em> boys will be boys</em> («les garçons seront toujours des garçons», <em>ndlr</em>).</p>



<p>Le genre n’est pas seulement déterminé par le nom que l’on nous impose ou ce que l’on a entre les jambes à la naissance, même que la plupart des gens ne verront jamais ce qui s’y trouve; il faut néanmoins s’y conformer pour rester digne d’exister. Cette conformité sociale est multiple: apparence, intérêts, orientation sexuelle, comportements, états d’âme, prénom, pronoms, etc. Par exemple, un garçon qui aime les poupées est dès lors perçu comme une fillette.</p>



<p>L’homme véritable pisse debout, mange de la viande à chaque repas, n’a d’attraction que pour les femmes – qu’il dénigre en restant galant –, a de gros biceps, porte un complet veston-cravate, aime les voitures, les cigares et le whiskey, est avide de pouvoir et ne pleure jamais. Mais qu’ils atteignent cet «idéal» ou non, plusieurs hommes seront tout aussi toxiques. Je pense aux parents qui refusent à leur garçon de faire de la danse, du théâtre, de la gymnastique ou simplement de jouer avec des poupées. Je pense aussi aux parents qui refusent à leur fille de faire des activités traditionnellement masculines. De tels gestes perpétuent et alimentent la masculinité toxique et le patriarcat, et ce peu importe le genre de la personne qui les commet.</p>



<p>Je pense: Je ne corresponds pas à ce stéréotype, est-ce que ces hommes «véritables» existent vraiment?</p>



<p>Je réponds: S’ils existent, ils ne sont certainement pas «parmi nous», ils nous regardent de haut comme les gardiens de la vérité qu’ils croient incarner. De plus, la question de l’unité au sein d’un genre fait défaut: Judith Butler, dans <em>Trouble dans le genre</em>, écrivait que «la construction des “hommes” [ne porte pas] exclusivement sur des corps masculins» et vice-versa. On ne peut pas déduire le genre à partir du sexe, tout comme on ne peut conclure ni à une unité, ni à une uniformité dans le groupe «hommes». Le genre est construit, pour Butler, à partir de notre comportement. La performativité quotidienne l’édifie et le réifie.</p>



<p>Je me demande: Qu’est-ce alors qu’une femme?</p>



<p>Je réponds: C’est un être duquel a été arrachée l’expérience de l’homme. Comme l’écrit si bien Martine Delvaux dans son livre <em>Le boys club</em>: « [Les] “femmes” [sont] cisgenres, trans ou refusant la binarité identitaire, c’est-à-dire des femmes au sens où […] elles ne sont pas des hommes.» En d’autres termes, les femmes sont celles qui sont invitées au <em>party</em> des gens populaires, mais seulement pour faire la cuisine ou tondre le gazon sans jamais avoir la chance de participer au <em>party</em> en tant que tel. Il faudrait alors concevoir la vie comme ce <em>party</em>: rien n’existe en dehors de celui-ci et seuls les hommes y participent réellement. </p>



<p>Je me demande: Qui décide? Qui impose ce genre?</p>



<p>Je réponds: Historiquement (il faut entendre: en ce qui a trait à l’histoire écrite par les hommes puissants occidentaux), c’était toujours, et c’est encore, les Autres. Ils sont les autres hommes, ceux qui décident entre eux du sort de chacun. Pour reprendre et adapter Montaigne: le genre se maintient en crédit, non parce qu’il est juste, mais parce qu’il est genre. C’est le fondement mystique de son autorité, il n’en a pas d’autre. C’est en somme, une «coutume [qui] a force de loi». Le fondement du genre est sans fondement: décider du genre d’un fœtus, c’est décider l’indécidable. L’autorité qui déclare, la parole aléthique du médecin, a force de loi au moment de sa décision. Dans ce jeu de présence et d’absence, une décision est prise: si l’autorité perçoit un pénis, on déclare l’acte de langage «c’est un garçon!», si l’autorité n’en perçoit pas, on déclare plutôt «c’est une fille!», conditionnant ainsi la réalité vécue du sujet auquel on confère le genre.</p>



<p>Je me demande: Qu’étions-nous avant qu’un genre ne nous soit assigné? Étions-nous tous des hommes?</p>



<p>Je réponds: La question est mal formulée. Il faudrait d’abord se demander si, véritablement, <em>nous étions</em>, avant que ce genre ne nous soit assigné. Nous avions un sexe, certes, mais la question du genre n’était pas posée. Le genre est d’abord assigné, assumé et anticipé à partir de l’échographie à la mi-grossesse avec une image imparfaite de l’organe reproducteur du fœtus. Une soi-disant confirmation est faite à la naissance: le sexe est ainsi coulé dans le béton, qu’il soit exact ou non.</p>



<p>Si, par «homme» il faut entendre le neutre, le libre, le puissant ou le «par défaut», alors je crois qu’il faut répondre à la seconde question par l’affirmative.</p>



<p>Pour répondre plus directement à la première: avant qu’un genre ne nous soit assigné, nous étions libres de ne pas choisir, de ne pas nous conformer; en somme, nous étions nous-mêmes et <em>j’</em>étais <em>moi-même</em>. Peut-être faut-il cesser d’éprouver un malaise vis-à-vis le retour à l’enfance que décrit Freud: l’on cherche simplement à recommencer sans ce genre imposé, à être un bambin qui arrive à la maison sans que celle-ci n’ait déjà été peinte en bleu ou en rose.</p>



<p>Je pense: La différence entre un homme et une femme est une distinction que l’on trace tous les jours.</p>



<p>Je réponds: D’une part, la distinction est inutile. Si cette trace ne sert qu’à savoir qui possède la faculté d’enfanter, alors il ne s’agit que de le constater, pas besoin d’établir ou de tracer une différence entre les personnes ayant cette faculté et les personnes ne l’ayant pas. Il faut abandonner cette binarité, ces deux termes, ainsi que tout le bagage qu’ils portent. Jusqu’à la 18<em>e</em> semaine de grossesse, il n’y a aucune différence entre le clitoris et le pénis. Il faut cesser de la tracer. Personne ne devrait connaître, ni chercher à connaître, mon sexe – qu’il ait été vu ou non. La présence ou l’absence de l’organe anticipé ne regarde personne.</p>



<p>Je pense: On doit se débarrasser du genre.</p>



<p>Je réponds: Pour ce faire, il faudrait se rendre justice à soi-même, par soi-même. Donc, il faudrait déconstruire le genre pour détruire les injustices qu’il apporte. La déconstruction, comme entendu par Derrida, ne se laisse pas définir par une relation d’identité, parce qu’elle conditionne la possibilité même du langage. Alors qu’on pourrait croire que, de la même façon, le genre est transcendantal, en tant qu’il serait condition de possibilité de l’expérience humaine, je soutiens qu’il est déconstructible.</p>



<p>On nous impose une identité où <em>Je</em> suis (censé être) <em>x</em> ou <em>y</em>, <em>homme</em> ou <em>femme</em>. Il s’en suit que l’on s’attend à ce que <em><em>Je</em></em> corresponde à ces étiquettes – c’est la vérité comme correspondance entre deux termes. En reconnaissant d’abord que la vérité est toujours conditionnée par l’époque de l’élocution du discours et en préférant une notion de vérité comme cohérence au sein d’un système de croyances duquel l’on n’échappe jamais – la vérité comme correspondance n’étant qu’un système de croyances – on réalise l’arbitraire du genre. Refuser ce dernier, c’est détruire la relation, donc la différence, entre l’identité personnelle et l’identité assumée, perçue ou attendue, et rétablir de ce fait la vérité comme cohérence – il est inutile de chercher la correspondance lorsqu’il n’y a qu’un terme dans l’équation: soi-même.</p>



<p>Je me demande: Qui suis-je?</p>



<p>Je ne peux pas répondre.</p>
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		<title>Photoreportage</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/photoreportage-6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Alem-Lebel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 13:56:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37855</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des milliers de manifestant·e·s ont pris la rue en solidarité avec la famille de Joyce Echaquan.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le samedi 3 octobre dernier, des milliers de manifestant·e·s ont marché dans les rues de Montréal pour protester, à la suite du décès de Joyce Echaquan. Cette femme atikamekw de 37 ans est décédée le 28 septembre à l’hôpital de Joliette après avoir diffusé sur Facebook une vidéo dans laquelle on peut entendre les propos dégradants tenus par deux membres du personnel soignant à son égard.</p>



<p>Alors que le gouvernement québécois a depuis été interpellé pour reconnaître le caractère systémique du racisme auquel font face les autochtones, Québec a annoncé la tenue d’une enquête publique du coroner et d’une enquête interne du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière. La famille de Joyce Echaquan, dont le décès laisse sept enfants sans mère, a quant à elle annoncé qu’elle entamait des procédures judiciaires, notamment contre l’hôpital de Joliette et les préposé·e·s entendu·e·s dans la vidéo.&nbsp;</p>



<p>Le rassemblement de samedi avait lieu pour faire acte de solidarité auprès de la famille. Des membres des communautés autochtones et des allié·e·s à la cause se sont réuni·e·s pour rendre hommage à Joyce Echaquan et pour « sensibiliser les gens au racisme systémique ainsi qu’aux mauvais traitements médicaux » qu’elle a subis avant sa mort. Thomas Alem-Lebel, notre contributeur, a pris quelques clichés au cours de l’événement.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh6.googleusercontent.com/QG8HAslSLMJu6UBhjcHcIkccwiBhaFV4YyDkAYlIIR7W4CfkQG4Fs9ZpqSBUk5ICiLrBstxuSbZYwK_VWu0paBlkHrSCPNe4gyynWC3RFwYEwRdcytfqKyIGjecRTMPYp8l28YpT" alt></figure>



<p><em>Une manifestante arbore sur sa veste le slogan de la marche : «Justice pour Joyce».</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/4cYqDkqd6z0q1wyu5ppJJM9BYRyiYxSFpaDFxJbm4YFS35d82adN-TP2QQJK2e4HnBF6F0O0SSQMoSCwNcrkCZwA2P5IoAazMSku5c-6L6wsQQhmQEYNx1gubcQSeoAut3AaP97a" alt></figure>



<p><em>Ellen Gabriel, activiste mohawk, clôt la manifestation en s’adressant à la foule réunie à la Place des Arts.</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh6.googleusercontent.com/E-viXBa4NAd8LBmMQ1eC2sYLZUTCtQHDIRvNO1dwP7pYaZBMK6Ks9f1QGGQaTxjAFtAgy9U9WtGWU1AkeuOMNvkXUfNJ7c18cz0AKQesm0nme7cUZBxRRB_59YzDROd4B8k_Zwj_" alt></figure>



<p><em>Une manifestante autochtone accompagne les chants en inuktitut d’Elisapie, une autrice-compositrice-interprète Inuk.</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/_fofvgZA-C0oBF2lanb2GnRNzhbiwtMnAl1n7Tb-W3Ih_bFJUWT6rYdO61I4l3saZEX6nrnVzMpI2FAYkmhYxDsqySsgYIug39bu2MF3mB_6zLQMZ3l74-ww0bD6UNYcJJavWsCn" alt></figure>



<p><em>Une manifestante brandissant une pancarte.&nbsp; On peut y lire «Nous sommes encore là – Justice pour Joyce».</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/DtBIR9bNdCPObH_j3xzvdseg2jbTMjz_bOp4-GDf4njypxmfmPhFpeliXh9VDmjQCyEZ08nQv-q7kkMETnM3A0wMbtuN8Vo9HeZLQt3gtWL4uW39ShRlQdZ6yn8b7LkIxouBTG4r" alt></figure>



<p><em>Un manifestant brandissant le drapeau des Warriors, un groupe activiste mohawk impliqué dans la </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_d%27Oka" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>crise d’Oka</em></a><em>.</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/ALHO7bppHiK0RYdLkoFWYgG6cky4-t6Al1TeBlrcStWgQn4aKoXwv21q7wRlgsnbHbV0ighGwEI0sDNGYskqOyO0Z2XXvnXAidIvjLaJb-CKlM1GMziDmDQZOpwkItBgizuEzjOi" alt></figure>



<p><em>Les manifestant·e·s portaient dans leurs mains de nombreuses robes rouges, symbole de commémoration pour les femmes autochtones disparues et assassinées.</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh4.googleusercontent.com/lt4cdkNDkpozsh8ppA68UKmdezV0V49W9uFvWKXn156Zfu4nmHn7l47DYB4n4wHWCnSWgcMiRRxxYS1_OVYuUkiJy8fVYr7E73vxwIWE0w9fq427bfk6wtOAp80be1vHfIvJew9K" alt></figure>



<p><em>Une militante prononce son discours&nbsp;les larmes aux yeux. «Je ne veux pas que mes soeurs deviennent des statistiques<em>»</em>. </em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh4.googleusercontent.com/fQWZhNvQboKV9dB4KmyrFhbCZtN07tCeX78ja3ZfSpenE-fvZL24VtgYrplXOKRk59lqozEB-kXC88r4ZUAY_aJuGD1ibNtFhxMdcDFirnej3EayN-vJPCl2DUX6wBpMTzj-pFe4" alt></figure>



<p><em>Manon Massé, co-porte-parole de Québec Solidaire, s’apprête à prendre la parole.</em><br></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/3VEf6FZFrqbUILO4izbX-c5JX17GQ7fz0Ops_ccnpvk7SrueK3q4qLRO8EaYxVWY1Eo5VTHtN6tr3d3uduHeO9lqFfHYISXPg8MJJbWG_mpp1v0WZZLOQcfns42Ot9vnL_ULFa4d" alt></figure>



<p><em>Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), s’adresse à la foule rassemblée à la place Émilie-Gamelin.</em></p>
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		<title>Antiracisme à McGill: 22 éléments d’action</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/05/antiracisme-a-mcgill-22-elements-daction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2020 16:56:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37851</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Université McGill dévoile son plan pour combattre le racisme anti-noir sur son campus. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/05/antiracisme-a-mcgill-22-elements-daction/" data-wpel-link="internal">Antiracisme à McGill: 22 éléments d’action</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 30 septembre dernier, McGill a diffusé son <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.mcgill.ca/provost/files/provost/action_plan_to_address_anti-black_racism.pdf" target="_blank" data-wpel-link="external">plan de lutte contre le racisme anti-noir</a>. Dans le <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.mcgill.ca/principal/communications/statements/reflecting-2019-2020-and-looking-forward" target="_blank" data-wpel-link="external">communiqué</a> du 30 juin dernier annonçant le projet, l’administration mcgilloise reconnaissait la nécessité de redoubler d’efforts pour favoriser l’inclusion et le respect de la communauté noire sur le campus à la lumière des «événements récents autour du monde», notamment les manifestations du mouvement «La vie des Noir·e·s compte» (<em>Black Lives Matter</em>) aux États-Unis.&nbsp;</p>



<p><strong>Partage et recommandations</strong></p>



<p>Selon la principale et vice-chancelière Suzanne Fortier, plusieurs étudiant·e·s et associations mcgilloises ont partagé leurs réflexions, leurs expériences et leurs opinions avec l’administration et auraient ainsi participé à la création du plan. Parmi ces associations se trouvent le Comité professoral noir Dr Kenneth Melville, l’Association des diplômé·e·s noir·e·s de McGill, le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s et le Sous-comité mixte sur l’équité pour les personnes racisées et de minorités ethniques.&nbsp;</p>



<p>Au cours de l’été 2020, certains de ces groupes ont diffusé les recommandations qu’ils avaient pour l’administration mcgilloise par rapport à l’élaboration du plan. Le Comité professoral noir Dr Kenneth Melville a publié le 1<em>er</em> août une <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.blackfacultycaucus.mcgill.ca/statements" target="_blank" data-wpel-link="external">déclaration</a> faisant état de ses trois recommandations sous les axes de la recherche, du recrutement et de l’institutionnalisation de l’équité et de la représentation. La professeure Charmaine Nelson et ses étudiant·e·s ont publié des <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.blackcanadianstudies.com/Recommendations_and_Report.pdf" target="_blank" data-wpel-link="external">recommandations</a> sur trois axes (corps professoral, corps étudiant, toponymie et commémoration) à l’intention de McGill par rapport à ses liens historiques avec l’esclavage. Le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s, accompagné de près d’une trentaine d’autres associations étudiantes et plus de 1000 signataires individuel·le·s, a signé la lettre ouverte <em>«</em><a rel="noreferrer noopener external" href="https://docs.google.com/document/d/19ZaM7OsTYMihUaH7Zq7y_Fw64gz22ZmuY316tSjehLQ/edit" target="_blank" data-wpel-link="external"><em>Enough Is Enough: Take James McGill Down</em></a>» faisant état des griefs et des demandes de membres de la communauté noire mcgilloise.&nbsp;</p>



<p><strong>Axes et mesures</strong></p>



<p>Le plan mcgillois de lutte contre le racisme anti-noir est orienté autour de cinq grands axes, les mêmes que ceux du <a href="https://www.mcgill.ca/equity/files/equity/mcgill_strategic_edi_plan_2020-20251.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Plan stratégique en matière d’équité, de diversité et d’inclusion de l’Université</a> entériné au printemps 2020. Ces cinq axes sont :</p>



<ol class="wp-block-list"><li>Expérience étudiante</li><li>Recherche et savoirs</li><li>Sensibilisation</li><li>Faculté et personnel</li><li>Espace physique&nbsp;</li></ol>



<p>Le plan compte un total de 22 «éléments d’action» répartis entre ces cinq axes. Chaque élément d’action comprend une brève description et un échéancier. On y compte notamment les éléments d’action suivants :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Le développement d’un module d’apprentissage en ligne sur le racisme systémique, obligatoire pour tous les membres de la communauté mcgilloise, similaire à «Ça nous concerne toutes et tous» (<em>It Takes All of Us) ;</em></li><li>La mise en œuvre d’un projet de recherche historique investiguant les liens de McGill avec la traite transatlantique des esclaves;</li><li>La bonification des bourses et de l’aide financière pour mieux soutenir les groupes démographiques étudiants les plus sous-représentés;</li><li>L’augmentation du nombre de professeur·e·s titulaires et de membres du personnel administratif et de soutien issu·e·s de la communauté noire, avec des pourcentages de représentativité fixés pour 2025 et 2032, et;</li><li>L’installation intérimaire d’une plaque à côté de la statue de James McGill expliquant ses liens avec l’esclavage jusqu’à ce que soit déterminé le meilleur emplacement pour la statue.&nbsp;</li></ul>



<p>Le plan est doté d’un budget de 15 millions de dollars pour sa mise en œuvre au cours des cinq prochaines années.&nbsp;</p>
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		<title>Vision émancipatoire du droit du travail</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/05/vision-emancipatoire-du-droit-du-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2020 09:17:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37838</guid>

					<description><![CDATA[<p>La professeure Adelle Blackett a été invitée par l’organisme Montréal en Action pour parler de discrimination en matière d’emploi.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 23 septembre dernier a eu lieu le webinaire bilingue «Discrimination en matière d’emploi» organisé par <a rel="noreferrer noopener external" href="https://montrealenaction.com/fr/accueil" target="_blank" data-wpel-link="external">Montréal en Action</a>, un organisme de mobilisation citoyenne promouvant l’inclusion, la diversité et l’égalité à Montréal.&nbsp;</p>



<p>La conférencière invitée, la professeure <a href="https://www.mcgill.ca/law/fr/faculte/profs/blackett-adelle" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Adelle Blackett</a>, enseigne à la Faculté de droit de l’Université McGill et fait de la recherche dans les domaines du droit du travail et de l’emploi, de la réglementation commerciale, du droit et du développement, de la <em>critical race theory</em> (théorie critique de la race) et de l’esclavage et du droit.&nbsp;</p>



<p>À la lumière de la publication le 15 juin dernier du <a href="https://static1.squarespace.com/static/5c1d171aaa49a1cd370a7a39/t/5ef6112b3b796e4eadce6cd5/1593184583408/rapport-reds.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> et des recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur le racisme et la discrimination systémique dans les compétences de la Ville de Montréal, la professeure Blackett a été invitée par Montréal en Action afin de discuter des enjeux de discrimination en matière d’emploi et de pistes de solution.&nbsp;</p>



<p><strong>Un enjeu actuel et ancien</strong></p>



<p>La professeure Blackett a entamé sa présentation en soulignant le caractère fondamental du travail dans notre société. La conférencière a affirmé qu’en cette ère de COVID-19, l’importance critique du travail que l’on qualifie d’« essentiel» a été mise sous les projecteurs et a rendu inévitable le constat de la puissante et persistante «segmentation professionnelle» qui afflige notre société.&nbsp;</p>



<p>En effet, les employé·e·s sous-payé·e·s et sans ressource, les «anges gardiens», seraient disproportionnément des membres de la communauté noire. Cette segmentation professionnelle basée sur la couleur de peau serait ancrée, selon la conférencière, dans des facteurs structurels de discrimination systémique. En refusant de défier cette stratification sociale via des changements de nature structurelle, la société limiterait les options des personnes racisées, définissant la place qu’elles devraient occuper sur le marché de l’emploi par la couleur de leur peau.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «La racialisation demeure invisible au sens qu’elle n’est pas défiée»</p></blockquote>



<p>La professeure Blackett a rappelé à plusieurs reprises durant la conférence que les enjeux de segmentation professionnelle des personnes racisées ne sont pas nouveaux. Elle a cité en exemple l’affaire du <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.canlii.org/fr/qc/qctdp/doc/2005/2005canlii11754/2005canlii11754.html" target="_blank" data-wpel-link="external">Centre maraîcher Eugène Guinois</a>, où, en 2000 et 2001, des travailleur·se·s noir·e·s d’origine haïtienne avaient été exclu·e·s de la «cafétéria des blancs».</p>



<p><strong>Le rôle de Montréal&nbsp;</strong></p>



<p>La professeure Blackett a souligné le «rôle névralgique» que doit jouer la Ville de Montréal dans la lutte contre la discrimination en matière d’emploi: non seulement la Ville doit-elle agir à titre de guide envers la société, mais elle est également l’une des plus grandes employeuses de la région de Montréal.&nbsp;</p>



<p>Le rapport de l’OCPM sur le racisme et la discrimination systémique dans les compétences de la Ville de Montréal, cité par la conférencière, «appelle à un redressement rigoureux qui demandera une réelle volonté politique et un engagement tout aussi important des services et arrondissements.» Cet appel est accompagné de la recommandation de fixer des cibles de représentativité contraignantes et spécifiques pour chacun des groupes visés (minorités visibles, minorités ethnoculturelles, autochtones, femmes, personnes en situation de handicap) et différenciées selon les catégories d’emploi.</p>



<p>Pour mettre en évidence la «possibilité de mieux faire» lorsqu’une politique de représentativité est mise en œuvre avec des cibles et des échéanciers, la professeure Blackett cite les démarches entreprises par la Société de transport de Montréal (STM). La STM s’étant dotée d’un plan d’accès à l’égalité en emploi, en 2017, 48% des personnes embauchées par la société faisaient partie des minorités visibles, des minorités ethniques ou des autochtones. Cette proportion était de 28,4% parmi l’ensemble des effectifs de la Ville de Montréal pour la même période.&nbsp;</p>



<p><strong>Au-delà d’une vision étroite</strong></p>



<p>Pour évaluer sérieusement les progrès sociétaux en ce qui a trait à la discrimination en matière d’emploi, la professeure Blackett a souligné l’importance capitale de données désagrégées (divisées et réparties en unités plus petites pour souligner les problèmes qui appartiennent à des sous-groupes particuliers) et d’une analyse intersectionnelle. Sans ces deux éléments, la sous-représentation de groupes spécifiques, par exemple les membres de la communauté noire, risquerait d’être masquée.&nbsp;</p>



<p>Appelant à élargir notre compréhension de la discrimination en matière d’emploi, la professeure Blackett a affirmé qu’une transformation sociale – qui reconnaîtrait explicitement et qui s’engagerait sérieusement contre la discrimination systémique – est de mise si la société souhaite véritablement devenir plus inclusive. Celle-ci devrait être ouverte à l’idée d’un changement des milieux de travail allant bien au-delà des accommodements raisonnables: il s’agirait d’un élargissement de l’idée même des individus ayant leur place dans les lieux de travail. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il faut créer des conditions pour que [les personnes les plus marginalisées] puissent entrer sur le marché du travail d’une manière respectueuse de leur dignité»</p></blockquote>



<p>Appelant à aller au-delà des traditionnels cadres législatifs servant à contrer la discrimination en matière d’emploi, la professeure Blackett a salué le travail politique et militant de Montréal en Action; un travail allant, selon elle, au-delà de la performativité des innombrables recommandations émises au fil des ans. Le travail législatif, seul, faillirait à la tâche: «la mobilisation [et] l’organisation sont critiques» afin de créer un espace pour une vision émancipatoire au sein du droit du travail selon la professeure.</p>



<p><strong>Biais, quotas et inconfort</strong></p>



<p>Durant la période de questions qui a suivi sa présentation, la professeure Blackett a offert quelques pistes pour favoriser des processus de recrutement inclusifs.&nbsp;</p>



<p>Il serait nécessaire de se délester de la supposition selon laquelle les biais seraient absents du recrutement professionnel; ils seraient souvent présents de façon statistiquement démontrable et empêcheraient certaines personnes de pénétrer le marché du travail. Pour pallier l’impact de ces biais, il serait crucial de clarifier législativement les informations qui peuvent et ne peuvent pas être demandées aux candidat·e·s. La professeure a également cité certaines pratiques courantes telles les entrevues écrites ou encore la soumission de <em>curriculum vitae</em> sans nom.&nbsp;</p>



<p>En ce qui a trait aux quotas favorisant l’emploi de personnes marginalisées, la professeure Blackett répond que ce sont des mesures nécessaires pour commencer à voir un composite reflétant la société sur l’ensemble du marché du travail. «Il faut cesser de percevoir une salle “normale” en une salle remplie d’hommes blancs non-handicapés»; des quotas d’emploi avec des cibles et échéanciers fixes serviraient cette transformation sociétale que nous nous devons d’entreprendre, selon la conférencière.&nbsp;</p>



<p>Pour toute entreprise reconnaissant son manque de diversité et cherchant à y remédier, la professeure Blackett a affirmé que tout milieu de travail mal à l’aise quant à sa représentativité déficiente est sur la bonne voie. «Commencez par être inconfortables, et commencez par être suffisamment inconfortables pour que vous agissiez pour changer la situation», a conclu la professeure Blackett.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/05/vision-emancipatoire-du-droit-du-travail/" data-wpel-link="internal">Vision émancipatoire du droit du travail</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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