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	<title>Archives des Vie nocturne - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2023 14:59:09 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Vie Nocturne cède sa place</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/02/08/vie-nocturne-cede-sa-place/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[fin]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un nouveau tournant pour cette section.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Belle nuit</strong></p>



<p class="has-drop-cap">La nuit, angoissante et magnifique, lieu parallèle ou monde à l’envers où les pas de travers semblent apaisés par la pénombre, et où les rêves et le travail acharné vivent à leur paroxysme. Sous les lumières des lampadaires, on oublie à peu près que le soleil recouvre une toute autre ville. La Vie Nocturne n’existe que pour certain·e·s, elle garde des secrets qui s’effacent au renoncement de la pénombre. Alors, du lit à la piste en passant par les saunas gais, cette section nous a fait voyager dans des espaces mal connus et invisibles et nous a fait réfléchir sur les mystères de l’obscurité. La boîte de nuit est devenue un espace de réflexion philosophique, Laura a fait danser sa plume, pompier·e·s et artistes graphistes ont parlé de leurs expériences d’acteur·rice·s de la nuit : Vie Nocturne éclaira nos déambulations tardives à travers des sentiers qui restent habituellement silencieux. Il n’est pas encore l’heure d’aller se coucher, mais Alex a retrouvé ses draps préférés, ceux aux traits colorés et aux formes provocatrices de ces dessins qui ont longtemps tenu&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>éveillé. Nos paupières sont lourdes, et bien qu’il y ait encore beaucoup à dire, la journée de demain ne nous laissera pas de répit. Alors suivons Alex, et laissons à la nuit ses secrets inavoués.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je retrouve ma meilleure amie de toujours, l’écriture, celle qui fait danser les mots et éclaire les cellules du cerveau<strong>&nbsp;</strong>»</p>
</blockquote>



<p><strong>Insomnie</strong></p>



<p>Avec moi, il n’y a rien à faire. Je suis une éternelle réveillée, l’insomniaque impossible qui ne dort jamais. Une lève-tôt et une couche-tard, une hyperactive qui ne sait pas assez s’arrêter pour accepter, parfois, de s’abandonner dans les bras de Morphée. Ne me posez pas trop de questions, je ne saurai y répondre. Mon corps vit presque trop contre mon gré. On m’a passé le flambeau, je suis la nouvelle éditrice de cette section. J’ai mille idées, mille envies, et hâte de lire les textes de nouveaux·lles contributeur·rice·s qui auraient envie de me faire découvrir leurs mots, de m’apprendre, et d’apprendre à tous·tes ceux·lles qui nous lisent. Je servirai&nbsp;<em>Le Délit</em> à mon nouveau poste, sans délit de fuite, je passe des illustrations à la section tournante, comme Alex. Je retrouve ma meilleure amie de toujours, l’écriture, celle qui fait danser les mots et éclaire les cellules du cerveau. Je profite de cette nouvelle position, j’en ferai bon usage, c’est promis.</p>



<p><strong>Et maintenant?</strong></p>



<p>J’ai beaucoup à vous dire, dès la semaine prochaine, alors tâchez de vous reposer. Tandis que les examens de mi-semestre arrivent à grands pas, il est encore temps de se préparer pour un nouveau départ, un nouveau thème pour la section tournante, un nouveau voyage à travers mon cerveau et celui des contributeurs·rices. Pour l’instant, le secret reste gardé, mais vous découvrirez dès la semaine prochaine la nouvelle section du&nbsp;<em>Délit</em>. Au menu, il y aura des débats, de l’entrepreneuriat, un peu de santé et pas mal de philosophie. Dès la semaine prochaine, le repas sera servi. En attendant, on dit merci à Vie Nocturne, dont la flamme et la patte ne seront pas oubliées, car les nouvelles illustrations du&nbsp;<em>Délit&nbsp;</em>en porteront le reflet. Les routes se croisent et se complètent, pour le meilleur.&nbsp;</p>
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		<title>L’(eau)r gratuit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/02/08/leaur-gratuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie Prince]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[bars]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[gratuit]]></category>
		<category><![CDATA[restaurants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’importance de l’eau gratuite dans les restaurants et bars</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Abondance</strong></p>



<p class="has-drop-cap">À Montréal, lorsque vous vous installez à table au restaurant ou dans un bar, on vous apporte automatiquement un verre d’eau fraîche. Cette eau, particulièrement précieuse en été, est gratuite. Bien que cela puisse nous sembler complètement naturel, cette coutume n’est en rien universelle. Tandis que la province du Québec considère l’eau comme un bien commun, de nombreux pays font payer l’eau servie, et il n’existe pas d’obligation d’offrir aux client·e·s la possibilité de se désaltérer. En Belgique par exemple, commander une bouteille d’eau minérale <a href="https://www.rtl.be/actu/ce-nest-pas-normal-de-payer-8eu-pour-une-bouteille-deau-leau-du-robinet-gratuite/2019-09-15/article/246087" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">peut coûter jusqu’à 8€ environ</a> (11,57 CAD). En revanche, ces différences de coutumes impliquent une subtilité non négligeable. Il serait inadmissible de faire payer à des client·e·s de l’eau tiède du robinet à peine rafraîchie par des glaçons. Alors qu’au Québec, on part du principe que les client·e·s préfèrent l’eau du robinet, les incitant ainsi souvent à ne pas prendre l’eau embouteillée, d’autres pays n’offrent pas d’eau gratuite et la seule eau servie est donc minérale. Or, l’eau minérale n’a pas les mêmes émissions de carbone que l’eau du robinet, elle nécessite un traitement, un emballage et un transport, et génère des déchets pour l’environnement. Pourquoi les Canadien·ne·s et les Québécois·e·s doivent-ils·elles alors profiter avec sagesse de ce cadeau? La crise écologique que nous vivons implique des pénuries de ressources, et tandis que l’eau est l’un des biens les plus précieux des êtres humains, nous allons parler dans cet article de consommation d’eau, gratuite et payante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« L’eau est abondante, elle est ainsi peu chère, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas précieuse »</p>
</blockquote>



<p><strong>Le cheval bon marché est cher</strong></p>



<p>«Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon marché est cher».<br>Il me semble que cette phrase ironique résume bien la fixation du prix de l’eau au Québec. En effet, <a href="https://moisdeleau.org/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la province compte 3% des ressources d’eau douce mondiales, des dizaines de milliers de rivières et plus de trois millions de plans d’eau</a>. L’eau est abondante, elle est ainsi peu chère, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas précieuse. La coutume d’apporter automatiquement un verre d’eau aux clients est à l’image de cette abondance d’eau douce, dont tout le monde devrait pouvoir bénéficier sans en abuser. </p>



<p>Les différences entre eau embouteillée et eau du robinet n’existent parfois même pas. Conformément au <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/rc/P-29,%20r.%202%20/#:~:text=Prohibition%3A%20Nul%20ne%20peut%20embouteiller,Q%2D2%2C%20r." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Règlement sur les eaux embouteillées du Québec</a>, il est autorisé de vendre des bouteilles avec de l’eau directement extraite des ressources du Québec, et les marques qui le font ne paient que de <a href="https://www.hrimag.com/Eau-embouteillee-ou-eau-du-robinet" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">faibles redevances à la municipalité</a>. Au contraire, les différences de coûts énergétiques sont significatives : en 2005, selon les données de RecycQuébec, seules <a href="https://www.environnement.gouv.qc.ca/developpement/outils/fiche_4.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">57% des bouteilles en plastique ont été recyclées</a>. La consommation d’eau du robinet gratuite au Québec dans les restaurants et bars est ainsi une pratique précieuse, à l’image de l’abondance de la ressource dans la province. </p>



<p>La gratuité de l’eau facilite également sa distribution lors des événements impliquant de la distribution d’alcool comme ceux organisés par l’Université McGill. L’eau permet de limiter l’effet «déshydratant » de l’alcool, et cela peut également remplir l’estomac et inciter à boire moins d’alcool. La consommation d’eau est également primordiale pour la santé pendant les canicules, bien connues de Montréal. 56 canicules ont été enregistrées à Montréal depuis 1970, dont <a href="https://www.meteomedia.com/fr/nouvelles/climat/impacts/depuis-20-ans-les-canicules-sont-plus-frequentes-au-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">26 depuis 2000</a>. Pour ses bienfaits écologiques, et parce que se désaltérer ne relève pas du désir arbitraire, la gratuité de l’eau potable dans les bars et restaurants semble difficile à remettre en question.&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Monter sur scène</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/01/18/monter-sur-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laura Tobon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[ballerine]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle sur les espaces créatifs cachés.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">«C’est la dernière fois que je fais un spectacle de ballet!» Voici ce que je me disais en enlevant mes pointes après une répétition désastreuse. Mon instructeur m’avait choisie pour le rôle principal de&nbsp;<em>Giselle</em>. Pourtant, je ne cessais d’entendre ses critiques : l’arabesque n’était pas assez haute, ma jambe, pas assez droite, et mon regard, jamais dans le bon sens. Si j’étais aussi talentueuse qu’il le disait, alors pourquoi est-ce que je n’arrivais jamais à être à la hauteur de ses attentes? J’observais mon amie Zoé, qui était restée plus longtemps dans le vestiaire puisqu’elle avait un plus petit rôle. D’une certaine manière, je l’enviais. Elle n’avait pas à endurer toute cette pression d’être parfaite, puisqu’elle avait moins de responsabilités que moi. Je la voyais discuter avec d’autres danseuses, quand tout à coup, elle a quitté le groupe pour venir me parler. En voyant ma figure déconfite, son sourire a été remplacé par une expres- sion remplie d’inquiétude. «Est-ce que ça va? Tu veux en parler?», m’a‑t-elle demandé discrètement.<br>— Bof… Si seulement l’instructeur n’était pas si dur avec moi… Je veux dire… Je ne sais pas comment je pourrais être la Giselle idéale.<br>— Écoute, Olivia. S’il ne pensait pas que tu étais aussi talentueuse, il ne t’aurait jamais donné le rôle principal. Je crois qu’il veut juste te voir t’améliorer.»<br>Au même moment, j’ai entendu une notification provenant de son téléphone cellulaire.<br>Zoé l’a allumé, mais son regard restait fixé sur le message qu’elle avait reçu sur Instagram. Habituellement, elle ne passait pas autant de temps à lire des messages lorsque nous parlions. Cela devait être important. « En passant, mon frère Vincent organise chaque nuit une soirée où les artistes peuvent se réunir, que ce soit pour pratiquer, ou tout simplement parler. Je crois que ce serait une belle opportunité pour toi, tu pourras répéter plus longtemps. Voudrais-tu venir avec moi ce soir? a‑t-elle proposé. </p>



<p>— Es-tu sûre que c’est une bonne idée? ai-je demandé, incertaine.<br>— Mais oui! C’est vendredi! Il n’y a pas de répétition demain! Au pire, tu dormiras dans mon appartement! Ma coloc’ est partie en voyage cette semaine.» J’hésitais. D’un côté, Zoé avait raison. Je pouvais toujours m’améliorer. Mais d’un autre côté, je n’étais pas du tout habituée à sortir la nuit. Après tout, j’avais encore un couvre-feu à respecter, et je ne sortais jamais après 22h. Et puis, j’ai pensé à ce que Zoé m’avait dit. Et j’ai eu envie d’y aller. J’ai finalement accepté la proposition de mon amie. Par contre, je ne pouvais pas mentir à mes parents : je les aime trop. Je leur ai simplement écrit que je passerais la nuit chez Zoé. Au moins, ils lui faisaient confiance, ce n’était pas comme si j’allais dormir chez un étranger.</p>



<p>Il était 20h quand je suis sortie de chez moi. J’ai vu la voiture de Zoé et j’y suis montée. Pendant tout le trajet, je n’ai pas pu détacher mes yeux du croissant de lune, qui scintillait faiblement à travers la vitre du siège passager. Nous nous sommes finalement arrêtées devant une ruelle vide, et Zoé s’y est stationnée. Cette ruelle était si vide qu’aucune lumière, naturelle ou artificielle, ne pouvait l’éclaircir. Malgré tout, Zoé, qui était si sûre d’elle, ne cessait de dire que c’était le bon chemin. Le trajet n’était pas long, mais m’a semblé durer une éternité. Mon gros manteau d’hiver ne pouvait pas me protéger du froid rigoureux. Le vent glacial de janvier n’a pas amélioré la situation, et je le sentais me couper le visage comme des lames de rasoir. </p>



<p>Quand j’ai essayé d’ouvrir la porte, j’ai failli tomber, mais Zoé m’a rattrapée rapidement. J’ai jeté un coup d’œil par terre et me suis aperçue que j’avais trébuché sur une vieille poupée en porcelaine et une paire de ciseaux, tous les deux emballés dans de vieux journaux. Mon regard s’est tourné vers cette paire d’objets étranges, et je me suis demandé ce qu’ils faisaient dans une ruelle abandonnée. J’ai pensé que comme moi, ils n’avaient pas leur place dans la ruelle. «Que fais-tu?» Zoé me demanda, comme si j’étais un extraterrestre.</p>



<p>Nous avons poussé la porte et j’ai aperçu un vieux théâtre abandonné. Tout y était poussiéreux, sauf l’estrade, qui était sans doute plus propre que plusieurs scènes professionnelles. La grandeur du théâtre ne cessait de m’étonner. Puis, mon regard s’est tourné vers la scène, où je voyais divers artistes, comme ce que Zoé m’avait décrit. J’y ai reconnu des danseurs, des peintres et des écrivains. J’entendais même un pianiste qui jouait le premier mouvement de la&nbsp;<em>Sonate au Clair de lune</em>.<br>J’ai commencé à pratiquer sur l’estrade pendant que Zoé m’observait. Notre méthode de travail ne changeait pas. Je mettais mes&nbsp;<em>AirPods</em>, écoutais ma musique et suivais la chorégraphie pendant que Zoé me filmait. Nous regardions chaque vidéo et nous faisions  des commentaires sur tout ce qui pourrait être amélioré. Elle n’a pas cessé de m’encourager, de dire qu’il y avait une amélioration entre la première et la dernière vidéo, mais je ne la croyais jamais. Pendant les premières minutes, je dansais avec beaucoup d’énergie et il n’était pas difficile de faire preuve de diligence. La fatigue a commencé à m’emporter après trois heures de répétition, et Zoé insistait pour que je prenne une pause. Alors Vincent m’a donné des feuilles et des crayons de couleur. Puis, j’ai fait quelque chose que je n’ai pas fait depuis plus de cinq ans.</p>



<p>J’ai dessiné une ballerine qui faisait une arabesque. Elle n’était pas parfaite. Les proportions n’étaient pas si réalistes ; je trouvais les jambes trop longues pour son petit torse et son visage minuscule. Je ne pouvais même pas dessiner des expressions faciales! En bref, je manquais de minutie. Or, j’aimais cette ballerine telle qu’elle était, même avec ses imperfections. Et si je regardais ses qualités, elles prenaient le dessus sur ses défauts. Les couleurs étaient vives, et je dirais même que j’étais impressionnée par le dégradé. Comment pouvais-je ne pas apprécier ce dessin? Étrangement, je me voyais en elle : nous étions toutes les deux imparfaites. Imparfaites comme ce grand théâtre abandonné qui m’aidait à répéter à mon rythme, sans la pression de mon instructeur… Ou comme le chemin bizarre et sale qui me menait vers ce trésor caché. J’avais négligé toutes ces qualités! Maintenant que j’y pense, peut-être qu’au fond, j’avais ma place sur scène.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fragment 31</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/01/11/fragment-31/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Célia Pétrissans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[fragment 31]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[playlist]]></category>
		<category><![CDATA[sappho]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nuit, Aphrodite chante aux femmes. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="824" height="1000" data-id="50350" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Untitled_Artwork-824x1000.jpg" alt class="wp-image-50350" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Untitled_Artwork-824x1000.jpg 824w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Untitled_Artwork-330x401.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Untitled_Artwork-768x932.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/01/Untitled_Artwork.jpg 1093w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/celiapetrissans/?media=1" data-wpel-link="internal">Célia Pétrissans</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
</figure>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-drop-cap">Le titre est une référence au triangle amoureux imaginé par la poétesse grecque Sappho dans son poème « Fragment 31 ». Elle y raconte son désir pour une femme, traduisant le tourbillon de feu et de glace qui traverse son corps alors qu’elle observe le sujet de sa passion. Eros, dieu du désir, divague entre les lignes ; il baigne chaque mot du poème comme chaque parole des chansons choisies. Son but ne peut jamais être atteint, car délié de sa désirabilité ; le sujet de la passion s’échappe, le plaisir et la souffrance ressentie aussi. Les chansons choisies l’entretiennent ; elles plongent les auditeurs et auditrices dans le trouble, dans la nostalgie d’une passion sans futur. La sélection est aussi très personnelle, les chanteuses sont toutes des artistes découvertes au fil de mon adolescence, écoutées en m’endormant le soir, en marchant sous la pluie ou en me préparant pour une soirée avec cette personne qui tourne en boucle dans ma tête.</p>



<p>La playlist débute avec&nbsp;<em>History&nbsp;</em>de 070 Shake, une chanson au genre indéfinissable, à la mélodie changeante et absolument envoutante. Les paroles restent, je passe en boucle ses dernières notes que je me chuchote.&nbsp;<em>Glory Box&nbsp;</em>apparaît deux fois, sa reprise interprétée par Snoh Aalegra,&nbsp;<em>Nothing burns like the cold</em>, est une sorte d’entrée en jeu, la version originale de Portishead est l’acceptation complète de son caractère sensuel. Dans&nbsp;<em>Girl</em>, je me perds, la mélodie m’aspire, avec elle tout semble possible.&nbsp;<em>Girl</em>, je la chante à voix haute, mes yeux dans les siens.</p>



<p>La suite est parsemée de références cinématographiques. Les couleurs de la première page font écho à l’affiche du film&nbsp;<em>Titane&nbsp;</em>de Julia Ducournau et le titre&nbsp;<em>Doing it to Death&nbsp;</em>est la musique du plan séquence au début du film. Alexia, l’héroïne, danse sur une voiture. Elle est maîtresse de sa sexualité, de son corps qu’elle colle à la vitre. Unloved est un groupe découvert dans la série&nbsp;<em>Killing Eve&nbsp;</em>qui montre ce jeu du chat et de la souris entre une assassine et une agente du MI6. Chacune de ces références célèbre la sexualité féminine, l’amour queer, les regards échangés entre les femmes, leurs pupilles qui se dilatent alors même qu’elles comprennent leur attirance mutuelle.</p>



<p>La dernière chanson n’est autre que&nbsp;<em>Hey Joe&nbsp;</em>du film&nbsp;<em>Nymphomaniac&nbsp;</em>de Lars Von Trier, interprétée par Charlotte Gainsbourg. Sa voix sensuelle et chuchotante nous entraîne dans des rêves hallucinogènes, on s’y perd, c’est l’apothéose.</p>



<p></p>



<p>La playlist sur Spotify : <a href="https://open.spotify.com/playlist/0hdfpZDX0iDDXrZoZfd2ei?si=92e0ff73b7a64e51" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">https://open.spotify.com/playlist/0hdfpZDX0iDDXrZoZfd2ei?si=92e0ff73b7a64e51 </a> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Allô, au feu!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/allo-au-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horaires à l'envers]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[pompier]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec un pompier de la grande région de Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La nuit, on aimerait que le feu reste dans les briquets ou sous la plaque chauffante de la cuisine. Mais une main alcoolisée qui allume sa cigarette suffit pour mettre de l’huile sur le feu et causer un incendie. Les seuls qui peuvent remédier à cette perte de contrôle sont les pompiers, quelle que soit l’heure à laquelle on les sollicite. Cette semaine, j’ai eu la chance de m’entretenir avec un homme qui vit au son des alarmes et toujours sur un pied d’alerte, car l’urgence peut appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Voici son expérience.</p>



<p><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD)</strong> :&nbsp;<em>Qu’est-ce qu’il y a exactement dans une caserne? Avez-vous un poteau en métal comme dans les films?</em></p>



<p><strong>Pompier (<strong>P</strong>)</strong> : Une caserne, c’est comme une maison adaptée avec des camions, des espaces pour les outils, des espaces de décontamination et des laveuses industrielles. Généralement, en bas, on trouve un garage pour les camions, des casiers, des toilettes et des douches. Les douches sont généralement en bas parce qu’en cas de contamination, il faut se laver avant d’aller au deuxième étage. Si la caserne a un seul étage, elle sera séparée entre une aire de travail et une aire de repos. Dans l’aire de repos, il y a une cuisine standard avec un four, un frigo et un garde-manger. Et oui, on a vraiment un poteau en métal! Je dirais même que c’est plus sécuritaire d’utiliser le poteau que l’escalier pour descendre, car si on est pressé, on a moins de chances de tomber ou de se fouler la cheville.</p>



<p><strong>LD:&nbsp;</strong><em>Combien d’appels recevez-vous généralement dans une journée?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ça dépend généralement des secteurs, de l’évolution de la population et de la construction, parce que plus il y a de gens, plus il y a de chances qu’il y ait des feux et des accidents. Il y a des journées où on n’a pas d’appel, mais c’est assez rare. On a tout le temps à peu près le même nombre d’appels par année. Donc si une journée on n’a pas eu d’appel, une autre journée on en aura plus que la moyenne, ça s’équilibre toujours. Une caserne moyenne peut recevoir six à sept appels en 24 heures. Et ça peut aller jusqu’à 30 appels. Mais il faut aussi prendre en considération les appels d’alarme. Un appel d’alarme, ça veut dire que ce n’est pas une personne qui appelle pour dire qu’il y a un feu chez elle, mais bien un système de sécurité qui se déclenche. Ça arrive qu’on vienne en soutien à d’autres secteurs pour une alarme, et qu’avant même d’arriver sur les lieux, on découvre que c’est une fausse alarme et qu’il faut faire demi-tour. Ça compte tout de même comme un appel.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À quoi ressemble une journée régulière dans la vie d’un pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on travaille des journées de 24 heures consécutives, généralement deux fois par semaine. On commence donc vers sept heures du matin et on termine à la même heure le lendemain. En réalité, on arrive toujours entre 30 à 40 minutes à l’avance pour vérifier notre matériel personnel: les masques, la salopette, le manteau. Sur le camion, on vérifie aussi la bombonne d’air parce qu’on ne veut pas entrer dans un bâtiment et découvrir qu’elle est défectueuse. Ça peut prendre environ une heure. Quelques fois par semaine, on doit aussi faire un inventaire rigoureux qui peut prendre jusqu’à deux heures. Le chauffeur, lui, doit faire un examen visuel du véhicule avant de vérifier le système de freins, la direction, les roues, etc.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle idée reçue fausse se fait-on souvent de votre travail?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Quand on pense aux pompiers, on pense souvent aux émissions à la télé. Mais la vérité est que, dans un feu, généralement, on ne voit rien. De façon générale, lorsqu’on arrive dans une maison, la fumée ne sort pas, elle s’accumule à l’intérieur. Au début, la fumée monte au plafond. Ensuite, elle s’accumule là-bas et elle descend jusqu’au plancher. Il peut donc faire vraiment noir à notre arrivée. Après, notre uniforme est anti-flammes, mais seulement pour quelques secondes, pour nous donner le temps de réagir. Il va résister à une haute chaleur, oui, mais il ne peut pas résister à un feu de longue durée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Et vous faites comment pour vous déplacer?</em></p>



<p><strong>P</strong>: On se fie aux murs et au tuyau d’eau qui est connecté au camion. On tient toujours le tuyau d’une main, on ne le lâche pas. Si jamais on tombe du plancher jusqu’au sous-sol, si on a une main sur le tuyau, on sera capable de revenir à notre camion dehors. Sinon, on a aussi une caméra thermique qui nous indique les différents points de chaleur. Le pompier qui a la caméra sera donc en mesure de faire une vérification rapide: est-ce qu’on peut voir quelqu’un couché à terre? La chaleur provient d’où principalement? Mais la pire erreur qu’on puisse faire, c’est de suivre la caméra thermique sans suivre le mur et sans suivre le jet d’eau. Parce qu’en huit pas, on peut être complètement désorienté. La dernière chose importante à noter est qu’on ne rentre jamais tout seul.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quels sont les traits de personnalité nécessaires pour devenir pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Oh, il y en a beaucoup! Pour t’en citer quelques-uns, je dirais que le travail d’équipe, c’est important. Se soucier de ceux avec lesquels on vit – autant sur un appel que dans la caserne. À la caserne, on est comme une famille, et s’il y en a un qui n’en fait qu’à sa tête, ça peut causer des frictions. C’est important d’avoir une bonne communication avec les autres. Il faut aimer aider les autres, avoir une bonne tolérance physique au froid, au chaud, à la fatigue, et être capable de supporter de longues heures sans manger, par exemple. Il faut être prêt à faire des sacrifices: s’il fait ‑30°C et qu’il y a un incendie majeur, on ne va pas aller se réchauffer les mains! Il faut savoir se détacher de ses besoins personnels pour le besoin des autres parce que sinon, les autres vont travailler en double à notre place. Il faut que tout le monde persévère même quand c’est difficile. Et finalement, je dirais qu’il faut avoir une grande force psychologique.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est votre appel ou expérience la plus difficile sur le terrain?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Je n’irai pas trop dans les détails, mais je dirais que c’est quand il y a un décès. Vu que nous sommes les premiers répondants, des accidents de véhicules, des gens noyés ou des personnes qui font un malaise cardiaque chez elles, ça arrive assez souvent qu’on en soit témoin. Et même dans un incendie, ça nous arrive de voir des morts. Les gens vont généralement mourir par intoxication à cause de la fumée: en deux ou trois minutes, ils sont déjà inconscients. C’est sûr que ça choque, surtout au début. Par contre, ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Est-ce que vous avez quelqu’un qui vous soutient dans ces expériences difficiles?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Il y a des lignes téléphoniques qu’on peut contacter. Tous les employés des services d’urgence ont accès à ces numéros-là. Mais de façon générale, ce qui aide vraiment, c’est l’esprit de caserne. Ce qui va régler un problème à 90%, c’est d’être avec l’équipe après un appel. On en discute, on décompresse. Si je parle de l’événement avec quelqu’un qui ne l’a pas vécu, la personne a beau essayer de comprendre, elle ne comprendra pas complètement.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Vu que vous travaillez 24 heures consécutives: est-ce que vous trouvez qu’il y a des différences entre le jour et la nuit en poste?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La nuit, quand ça sonne, on saute hors du lit. C’est comme si tu te réveillais chez toi en plein milieu de la nuit parce que quelqu’un est en train de cogner fort à ta porte. Notre cœur, il bat comme ça chaque fois qu’il y a un appel. À long terme, ce n’est pas bon pour notre santé parce qu’on n’est pas supposé avoir des si grandes fluctuations de rythme cardiaque à répétition. Mais la nuit aussi, on n’aura pas de formation ni d’inventaire à faire. On peut se reposer si on en ressent le besoin.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Si ce style de vie peut être mauvais pour la santé à long terme, est-ce que les pompiers prennent leur retraite plus tôt généralement?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Généralement, les pompiers servent une trentaine d’années. En termes d’âge, je dirais que la limite est environ 55 ans, pas parce que la loi l’oblige, mais plutôt parce que passé un certain âge, l’effort physique que l’emploi requiert devient trop difficile. Les chauffeurs peuvent faire un peu moins d’effort physique, mais il y a un minimum qu’ils doivent être capables d’endurer.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est l’appel le plus drôle que vous avez eu?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Parfois, il arrive que quelqu’un nous appelle parce qu’il voit des flammes dans un bâtiment, mais finalement ce n’est que le reflet d’un lampadaire dans une fenêtre. Il faut comprendre que tout appel est pris au sérieux. La personne à la répartition ne peut pas se permettre de juger si c’est vrai ou pas, mais des fois ça résulte en des appels comme celui-ci. Des appels non fondés, il y en a partout.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle est une pièce d’équipement que vous avez et qui pourrait impressionner le public?</em></p>



<p><strong>P</strong>: C’est une bonne question. Je dirais les coussins de sauvetage. C’est un grand coussin qui se gonfle et qui permet à une personne de sauter d’une certaine hauteur, disons d’un balcon, en toute sécurité. Ça fonctionne aussi lorsqu’une personne menace de sauter d’un édifice. Une fois que la personne entre en contact avec ce coussin, l’air s’évacue et amortit l’impact.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Pour finir, quelle est votre plus grande fierté?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ce n’est pas relié à un feu de bâtiment, mais je dirais que c’est de réanimer quelqu’un, quand on fait un massage et qu’on donne un choc, et que la personne reprend conscience. C’est la chose la plus gratifiante parce qu’on est directement responsable d’avoir sauvé la vie de cette personne.</p>
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		<title>La marche est genrée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/la-marche-est-genree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Attention : Danger]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[féministe]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[soirée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rue: un espace où les hommes prennent trop de place.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ce soir, j’ai rendez-vous sur Sainte-Catherine, à huit heures. Je m’y rendrai pour huit heures et demie. Je ne voudrais pas être la première arrivée. Je ne connais aucun des hôtes. J’habite sur l’avenue du Mont- Royal Est. Ça me prend presque trente-cinq minutes pour m’y rendre, plus dix pour compter mon arrêt à la SAQ, et cinq autres en réserve. Je pars à 19h20. Je longe Saint-Laurent, puis Sherbrooke, puis Sainte-Catherine. Le soleil est déjà couché depuis deux heures, mais les rues sont bien éveillées. Scrupuleusement, je mate les piétons du regard et j’imagine leur soirée. Un groupe de jeunes étudiantes universitaires qui ressemblent à des Américaines d’une sororité. Elles gloussent, s’exclament, s’arrêtent pour prendre des selfies de groupe. Elles vont sûrement rejoindre une amie qui les héberge avant qu’il soit l’heure de se rendre en boîte. Sur Sherbrooke, un binoclard dans la trentaine qui racle le trottoir de ses yeux. Son menton enfoncé dans sa gorge, je me dis que malgré ses corrections, il peine à voir le monde qui l’entoure. Il rentre sûrement d’une longue journée de travail durant laquelle il a été malmené par son patron. Sur Sainte-Catherine, une bande d’hommes quinquagénaires qui fument à l’entrée d’un bar. Mon regard croise celui d’un des hommes. Il me sourit, en levant son sourcil gauche. Nos joues rougissent simultanément: les miennes sont peintes d’angoisse, et les siennes réagissent peut-être au froid. Peut-être sont-elles empreintes de fierté voire même de sadisme provoqué par l’idée d’avoir intimidé une jeune fille seule dans la rue. Suis-je une plaisanterie ou une proie? Il est 20 h10 et pour l’instant, je me sens protégée par les piétons spectateurs. Si je crie, ils sauront m’aider. Si je crie, je serai sauve.</p>



<p>Je suis la deuxième arrivée dans l’appartement. Je rencontre l’hôte et l’hôtesse, puis le premier invité, ma connaissance. Suite à de brèves présentations, je retire mon manteau et mes bottes d’hiver pendant que mon ami me sort une bière réfrigérée. Les six yeux se rivent sur mon accoutrement: un jean sale et large tenu par un lacet brun au lieu d’une ceinture et un pull à capuche vert kaki imprimé d’une enseigne de basket-ball qui m’est absolument inconnue. Pour briser le silence, l’hôtesse me demande si j’aime le basket. «Je l’ai eu à la friperie». Ma réponse est suivie d’un hochement de tête compréhensif qui semble vouloir dire «ah OK», comme si cette information expliquait la raison de mon style déplacé.</p>



<p>L’ambiance est quelque peu désagréable. Alors, je descends discrètement une bière. Puis, mon ami m’en ouvre une autre pour m’encourager à me détendre davantage, preuve de compassion et d’amitié. Je lui renvoie un sourire reconnaissant, mais la conversation démarre difficilement. Je me rends aux toilettes avec mon sac. Rapidement, je me change dans la tenue de soirée: une élégante robe bleu marine qui couvre l’entièreté de mes jambes au profit de mon dos et de ma poitrine. En pénétrant le salon, j’ai de nouveau droit à une observation minutieuse de mes habits. «Ça aussi, tu l’as acheté à la friperie,» me demande mon ami, critique de mon subterfuge. Avec cette robe et mon maquillage, je trouve le juste équilibre entre la sensualité et l’élégance. Je ne suis ni pute ni prude.</p>



<p>La porte d’entrée s’ouvre et se referme pour laisser remplir la salle de ses invités. Les femmes hétérosexuelles complimentent ma robe et me demandent où elles peuvent s’en procurer une, alors que les hommes hétérosexuels me complimentent. Ils m’offrent des qualités banales. Je leur semble intéressante, drôle, aimable, bonne compagnie. Et tout cela suite à quelques échanges de répliques vides. Parfois je reçois des compliments au détriment des autres invitées présentes. D’après ces hommes, hypnotisés par mon corps, je suis plus intelligente et plus cultivée que les autres femmes de la soirée. Cela doit se savoir rien qu’en regardant mon décolleté. De nombreuses fois, les étudiants se proposent de m’offrir un verre. Je nourris leur fantaisie. Ils se croient protagonistes d’un film hollywoodien, cherchant à m’impressionner avec du flirt plagié. Évidemment, je ne refuse pas. Cela m’épargne le trajet aller et retour, entre le balcon et la cuisine, pour aller me chercher une Belle Gueule. Pendant la soirée, j’ai évidemment le droit à des cigarettes gratuites.</p>



<p>Au fur et à mesure que l’alcool envahit l’atmosphère, les filtres sociaux des&nbsp;<em>gentlemen&nbsp;</em>de mon entourage s’effritent, laissant passer des gestes opportuns et des remarques hautaines. Des mains d’hommes s’agrippent à mes hanches, d’autres réchauffent mon dos dénudé. On me dit que je suis magnifique, splendide, hypnotisante, sexy, érotique, grossière, chaudasse.</p>



<p>Les propos et les regards s’intensifient. Après la galanterie vient la dominance. Un invité passe son propos autour de mon cou de telle sorte à ce que sa main caresse innocemment mon sein. Je me tais. Puis, il la pose franchement sur ma poitrine, et je m’excuse pour aller aux toilettes. Je ne retourne pas sur le balcon, en tout cas pas à côté de lui. Je sais que rien de plus grave ne peut arriver. Il est encore 23h40. Mes alliés sont prêts à me défendre. Je sais qu’il y a dans la salle des hommes et des femmes bienveillants. Je ne devrais pas avoir peur. Après une bière, je retourne dans le harem d’homme pour fumer de nouveau. Je note que l’ambiance est moins aisée, car lorsque je demande une cigarette, seuls trois des cinq volontaires habituels me tendent leur paquet. J’allume ma cigarette et j’interromps leur conversation. «Vous habitez loin d’ici». C’est une ruse simple, les laissant croire qu’un d’entre eux me ramènera ce soir. Leurs réponses m’importent peu. Tout ce que je sais, c’est que je suis introduite dans le groupe en tant que juge suprême qui désignera librement celui qui sera le plus méritant de mon corps. De nouveau, je suis au centre de la conversation et je m’y plais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils se croient protagonistes d’un film hollywoodien, cherchant à m’impressionner avec du flirt plagié»</p></blockquote>



<p>Il est 2h25. Un valeureux candidat est déjà rentré. Je m’apprête à jouer mon meilleur tour: l’évasion. Je prétexte un appel important et quitte le balcon. Avant de sortir de l’appartement, je dérobe une dernière bière en guise de compagnon de route, mes chaussures, mon manteau et mon sac. Dans l’ascenseur, j’ouvre précipitamment mon sac pour sortir mon déguisement. J’enfile mon vieux jean et mon pull, en plus de mon manteau d’hiver.</p>



<p>Je suis intégralement couverte. Il est tard à Montréal et pour rentrer chez moi, je me déguise en homme. Sur Sainte-Catherine, j’aperçois deux femmes abordées par un groupe de trois hommes. Je m’arrête et observe discrètement la scène. J’attends pour voir si mon aide est nécessaire. Les hommes finissent par continuer leur chemin. Je n’ai jamais eu à intervenir dans des situations similaires. Ou du moins, je ne suis jamais intervenue.</p>



<p>Peut-être que j’ai déjà ignoré un acte d’agression ou de harcèlement par mégarde ou par peur. Si c’était le cas, la honte s’est chargée d’effacer toute trace de cet anti-héroïsme.</p>



<p>Je pense à cette réplique dans la série&nbsp;<em>Fleabag</em>. La protagoniste annonce honteusement: «J<em>e pense que je ne serais pas si une grande féministe si j’avais de plus gros seins.</em>» Alors, je me dis la même chose, je pense que si j’étais moins belle ou moins sensuelle, j’aurais plus de raisons d’être une féministe.</p>



<p>Si je faisais partie des «moches, des vieilles, des camionneuses, des frigides, des mal baisées, des imbaisables, des hystériques, des tarées, de toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf» de Virginie Despentes, je riposterais sûrement plus souvent contre les remarques déplacées et sexistes des hommes qui me séduisent. Moi je profite de ma beauté et ma sensualité, et puis, pour ne pas subir le revers de la médaille, je me cache. Il est presque 3h. Je suis sur Saint-Laurent, à quelques centaines de mètres de mon appartement. Il m’est devenu difficile de repérer des femmes alliées en cas de danger. D’abord, je lève rarement mon regard pour observer. J’ai peur de croiser accidentellement le regard d’un autre homme, qu’il me sourie, et que nos joues rougissent. Mais là, si je crie, je ne suis plus sûre d’être sauvée. Et aussi, il n’y a plus de femmes. Les rues sont contrôlées par des hommes, des meutes d’hommes ivres. À présent, j’ai peur, et rien ne peut me rassurer. Alors, j’accélère la cadence, mais pas trop, afin de ne pas me faire repérer. Je deviens légèrement paranoïaque. Je me souviens d’un conseil d’une féministe, d’une des féministes moches qui subit sa condition de femme au lieu d’en jouer avec comme moi. Elle m’a dit qu’il fallait que les femmes apprennent à se battre, qu’elles aient des techniques de lutte, qu’elles fassent peur aux hommes, pour leur montrer que les femmes aussi pouvaient être violentes. Elle faisait des arts martiaux. Moi j’ai toujours refusé de me muscler les bras. J’avais peur de perdre mes formes féminines. Pour me défendre, je me souviens que j’ai une bouteille de verre dans ma poche, et puis que j’ai toujours mes jambes. Dans ma poche, je m’agrippe désespérément au manche de la bouteille. Et je marche, vite.</p>



<p>J’enfonce les clés dans la serrure. Je cours dans les escaliers. Je suis chez moi.</p>
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		<title>La nuit aucun chat n’est gris</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/la-nuit-aucun-chat-nest-gris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Soifaim]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
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		<category><![CDATA[témoignage]]></category>
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		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Texte par manque d’idées.</p>
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<p class="has-drop-cap">Le psychologue Jean Piaget écrit que «l’individu qui parle pour lui en éprouve un plaisir et une excitation, qui le distraient passablement du besoin de communiquer à l’autre sa pensée» (<em>Le Langage et la pensée chez l’enfant</em>, 1923). En se parlant seul, on emploie un «langage égocentrique», comme l’enfant qui «ne cherche pas à se placer au point de vue de l’interlocuteur». Les mots que l’on prononce pour soi, nous échappent de la pensée socialisée qui cadre nos discours depuis l’âge de raison. Parfois, alors que l’échange est la motivation du discours, il devient prétexte pour monologuer collectivement comme dans «la conversation de certains salons, où tout le monde parle de soi et où personne n’écoute».</p>



<p>Vendredi soir, je marchais à Verdun pour prendre le dernier métro et rentrer chez moi. Je n’avais presque plus de batterie sur mon téléphone, et j’étirais avidement les derniers pourcentages. Je portais l’eau de mes chaussettes à mes manches. Bientôt, ma sueur sentait la pluie, et mes chaussures disaient «ploc». Mon téléphone s’est éteint. Je me suis retrouvé sans lunettes ni Siri, à faire des demi-tours pour trouver la station de métro. J’avais largement raté le dernier train. Alors j’ai marché un peu et je suis rentré au Resto Bar Chez Pino.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Parfois, alors que l’échange est la motivation du discours, il devient prétexte pour monologuer collectivement comme dans ‘‘la conversation de certains salons, où tout le monde parle de soi et où personne n’écoute’’»</p></blockquote>



<p>L’endroit était décoré en gris par accident avec de la poussière. Il était entretenu par rafistolage et fatiguait. Il y avait des maillots de football pour le très faux plafond et des chiffons en forme de drapeaux. Sept personnes se trouvaient dans l’établissement, huit avec moi. Deux hommes d’une quarantaine d’années, visiblement alcoolisés, lançaient violemment un téléphone portable sur le carrelage, à tour de rôle, et la jeune femme qui les accompagnait leur criait d’arrêter entre chaque coup. Elle semblait pourtant amusée. Les trois autres clients et l’employée du bar s’échangeaient des regards tendus en attendant qu’ils arrêtent. Le téléphone était indestructible. Dans la tension du moment, je me suis rapproché du comptoir et j’ai demandé un gin tonic. La serveuse épuisée me l’a donné avec un sourire rassurant. J’allais prendre une gorgée, mais le verre m’a échappé. Alors que tous attendaient que l’iPhone se casse, mon verre avait volé le moment en éclats. Les deux hommes se sont rassis. Leur amie s’est enfin tue. Avant que je ne puisse présenter mes excuses, l’employée, Tania, m’a dit de laisser faire. Elle m’en a refait un autre qu’elle m’a servi dans un verre en plastique. Quand je me suis assis, petit, mais trop grand pour être invisible, j’ai remarqué dans le coin une neuvième personne. C’était une femme qui jouait aux machines à sous, séparées du reste de la salle par une cloison. Elle avait le coup de main d’une automate et le reste de l’absence. On devait sûrement l’oublier à la fermeture et la retrouver le matin devant la machine à sous voisine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Même sorti du bar, je le voyais encore parler, il parlait pour lui-même et c’est là que nous nous sommes compris»</p></blockquote>



<p>Dans cette ambiance originale, je me suis installé entre deux habitués que j’ai salués. L’un d’eux s’est décalé d’un tabouret en me reprochant d’avoir gâché son souvenir des Bee Gees. Mon visage a dû montrer mon incompréhension parce qu’il a ajouté qu’il se souvenait du groupe dont il est nostalgique au moment où mon verre se fracassait à terre. Ma bêtise l’avait complètement dérobé au souvenir. Je lui ai levé mon verre en plastique avec un sourire embarrassé et je me suis tourné pour saluer mon autre voisin. Celui-ci m’a fait répéter mon prénom suffisamment de fois pour que la joueuse tourne la tête vers moi. Lui s’appelait Antonio. Il ne parlait pas, il chuchotait presque tous ses mots. J’ai essayé de m’accrocher aux morceaux audibles. Je sais qu’il s’appelait Antonio Rodrigue, nom espagnol, portugais, de partout, disait-il. Il habitait dans le quartier parce que Verdun, c’est plus calme et accessible que le centre-ville. Il est né et a grandi en Beauce. Il avait huit frères et sœurs ou c’est son père qui avait huit frères et sœurs, je ne suis pas sûr. Son père est né aux alentours de 1920. Quant à lui, il avait dix-neuf ans en 1962. </p>



<p>Il est revenu sur son deuxième nom, Rodrigue, et l’a utilisé pour décrire la province et le peuple québécois. Il semblait dire que son nom avait voyagé jusqu’ici comme ses ancêtres dont il est fier, et que ses origines n’ont pas d’importance à ses yeux, au sein d’une communauté. Ensuite, il a pris un ton plus sérieux et ponctuait ses phrases susurrées par des expressions de surprise. Son discours allait dans tous les sens. D’après les mots que j’ai entendus, un taureau de 1 800 livres a déchiré la poitrine de son frère. Il a eu très peur, et son oncle avec un<br>fusil avait tiré sur le taureau. J’ai quitté Antonio Rodrigue alors qu’il continuait son histoire. Même sorti du bar, je le voyais encore parler, il parlait pour lui-même et c’est là que nous nous sommes compris.</p>
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		<title>Mâche-Mâche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/09/mache-mache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Soifaim]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
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		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chronique d’un ventre en vrac.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Malheuresement, j’ai la nausée mais je ne suis pas permis de dire pourquoi. Le temps presse et vous avez faim. On connaît tous·tes, sur les réseaux sociaux, ces comptes très commandités qui partagent au moins une liste des «meilleurs restaurants de Montréal» par semaine. L’objectif de cet article est de proposer des recommandations plus crédibles et inattendues. Par conséquent, découvrez quelques suggestions de déjeuners incontournables, selon moi, et une liste des endroits bien gardés où l’on peut m’apercevoir caché en train de hurler, de dessiner et, ne l’oublions pas, de déjeuner.</p>



<p>Mon déjeuner préféré à Montréal se résume en peu de mots. Il doit être accessible n’importe quand et il est souvent spécifique. Mon choix de prédilection serait le bagel nature (sans graines de sésame) ou celui au romarin de chez Saint-Viateur (263 Rue Saint-Viateur O., Montréal, QC H2V 1Y1). À chaque fois que j’y vais, en pleine nuit le plus souvent, l’odeur et la texture élastique de la pâte entre les mains des boulanger·ère·s au travail me font oublier que le paiement ne se fait qu’en argent comptant. Ils ont un guichet automatique, mais les frais valent un bagel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On ne peut parler du Miami Deli sans mentionner le décor aquatico-floral, improbable, déconcertant et flamboyant»</p></blockquote>



<p>Chez Miami Deli (3090 Rue Sherbrooke E., Montréal, QC H1W 1B5), ils ont de tout, et leur service 24h/24 avec des livreur·se·s de bonne humeur redonne le sourire. Cette enseigne est une alternative qui évite les innombrables frais additionnels des plateformes en ligne. Il faut y aller pour l’interminable menu et les desserts très copieux qui vous achèveront. On ne peut parler du Miami Deli sans mentionner son décor aquatico-floral, improbable, déconcertant et flamboyant.</p>



<p>Dans la même veine, on retrouve le plus silencieux Alto (3469 Avenue du Parc, Montréal, QC H2X 2H6), où le personnel vous fait vous sentir en famille. C’est très bon pour un prix très raisonnable, c’est ouvert même la nuit, et, là-bas aussi, le menu est très versatile.</p>



<p>Il y a aussi l’Orange Julep (7700 Boulevard Décarie, Montréal, QC H4P 2H4), dont l’installation en forme du fruit éponyme reste accessible et allumée jusqu’à 3 heures du matin. Le stationnement en soi est devenu un lieu de rassemblement pour les commerçant·e·s de Facebook Marketplace et autres insomniaques.</p>



<p>Enfin, un indispensable, et de renommée mondiale: Patati Patata (4177 Boulevard Saint-Laurent, Montréal, QC H2W 1Y7). Il est aussi appelé «friterie de luxe», et sa salle à manger ferme à 2 heures du matin. Il est presque trop bon pour les sorties de boîte de nuit. Essayez-le, mais mettez vos vêtements en quarantaine quand vous rentrez chez vous, sinon l’odeur embaumera votre logement (et vous ne voulez pas vivre dans une poutine).<br>Vous connaissez peut-être ces restaurants parce que la faim dévoile les secrets les mieux gardés. Mais vous ne connaissez pas mon favori ultime: la man’oushi du 3934 rue Saint-André. La boulangère y réside au troisième étage, et elle est très occupée. Elle essaie de maintenir le rythme de ses commandes tout en vivant sa tradition familiale. Une liste dans l’entrée de l’immeuble vous permettra de laisser votre commande et vos renseignements. Elle prend en général trois jours pour répondre, et parfois elle ne répond pas. Dans les deux cas, l’attente vaut le coup.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pour se sentir seul·e au monde et bien caché·e, à toute heure de la nuit, rendez-vous en haut de la tour Lévis sur l’île Sainte-Hélène»</p></blockquote>



<p>Si je n’y suis pas, vous me retrouverez les poches remplies de gâteaux dans les passages clandestins en route vers mes endroits isolés favoris. La station Square Victoria-OACI sur la ligne orange vaut le détour. Elle donne accès à un passage ondulé entre la sortie du métro et le Centre de commerce mondial. Ce chemin souterrain est selon moi très agréable, l’éclairage jaunissant et l’impossibilité de voir l’autre bout du tunnel lorsqu’on y entre limitant le nombre de passant·e·s qui le fréquentent. Au-delà du passage se trouve un morceau du mur de Berlin et l’allée commerçante très peu empruntée du Centre de commerce mondial. Sa fontaine et l’acoustique des lieux permettent aux chanceux·ses qui s’y retrouvent de s’affranchir de la routine. L’accès est au croisement des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre.</p>



<p>Pas loin, deux musées tout petits et inconnus sont propices à l’introspection. Découvrez l’insolite et minuscule Musée de la monnaie (129 rue Saint-Jacques). Il est rattaché à la Banque de Montréal. Le Musée de la douane à l’Agence des services frontaliers (400 Place d’Youville), passe inaperçu mais donne à ses visiteur·se·s de nuit l’impression d’être seul·e au musée, un peu comme dans le film.</p>



<p>Si vous continuez sur la place d’Youville, vers la rue de la Commune, il y a dans une ruelle en pierre entre deux imposants immeubles un tout petit café sans places assises qui sert de délicieuses crêpes… à vous de le découvrir, donner son nom serait trop facile.</p>



<p>Pour se sentir seul·e au monde et bien caché·e, à toute heure de la nuit, rendez-vous en haut de la tour Lévis sur l’île Sainte-Hélène. 170 marches à gravir pour une vue imprenable de Montréal et se percher dans les arbres. Une autre option dépaysante est la maison Nivard de Saint-Dizier à Verdun. Idéal pour faire passer les envies de vomir.</p>



<p>Cette nuit, je ne sais pas où je serai. J’attendrai celui ou celle qui se sera rendu·e à toutes ces adresses avant de lui demander: «Puis-je être ton dernier repas?»</p>
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		<title>«C’est l’Halloween, on veut des bonbons!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/cest-lhalloween-on-veut-des-bonbons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Soifaim]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[bonbons]]></category>
		<category><![CDATA[Halloween]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la nuit du lundi 31 octobre dernier, des milliers d’enfants enjoués ont déambulé d’une maison à l’autre, scandant sans se lasser le célèbre «trick or treat!». Plus tard dans la soirée, ces sorcières, dinosaures et Spider-Man taille miniature ont regagné leur domicile et évalué leur butin, conduisant d’intenses négociations au sein de la fratrie&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/cest-lhalloween-on-veut-des-bonbons/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">«C’est l’Halloween, on veut des bonbons!»</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Dans la nuit du lundi 31 octobre dernier, des milliers d’enfants enjoués ont déambulé d’une maison à l’autre, scandant sans se lasser le célèbre «<em>trick or treat!</em>». Plus tard dans la soirée, ces sorcières, dinosaures et <em>Spider-Man</em> taille miniature ont regagné leur domicile et évalué leur butin, conduisant d’intenses négociations au sein de la fratrie – une KitKat échangée contre deux Aero – sous la supervision attentive de leurs parents, qui ont certainement dû contrôler la quantité de bonbons ingérés. Si ces scènes ont le pouvoir d’évoquer une profonde nostalgie, elles sont aussi le point culminant d’une longue histoire, remontant au-delà du Moyen Âge. <em>Le Délit</em> vous fait le récit de la tradition du <em>trick or treat</em>, à savourer en même temps qu’un bonbon dérobé à la récolte de vos jeunes frères et soeurs.</p>



<p><strong>Des origines celtes</strong></p>



<p>Dans le calendrier celte, la date du 1er novembre marquait la division entre les périodes lumineuse (la récolte) et sombre (l’hiver) de l’année. Selon la croyance populaire, les frontières entre le monde des esprits et du réel étaient ainsi plus poreuses dans la nuit du 31 octobre, permettant aux âmes des morts de venir hanter les vivants. C’est ainsi qu’est née la tradition du déguisement d’Halloween : masques et costumes servaient à éloigner les esprits. Quant à l’emblématique tournée des bonbons, ses origines remontent à l’Europe du Moyen Âge. À l’époque, les personnes moins nanties offraient de prier pour les âmes des morts de la famille en échange de «gâteaux d’âme» – une galette semblable à un biscuit sablé! Au fil des années, cette tradition s’est laïcisée et est devenue populaire auprès des enfants, qui préparaient diverses performances en vue d’obtenir des noix, des fruits ou quelques pièces de monnaie.</p>



<p><strong>Dans l’ère moderne</strong></p>



<p>C’est avec la vague d’immigrationd’origine écossaise et irlandaise que les célébrations d’Halloween se sont implantées au Canada au 19e siècle. Au Québec, la chasse aux bonbons serait devenue populaire dans les années 1920–1930, alors qu’elle était déjà répandue à l’échelle du Canada. La pratique aurait perdu en popularité durant les années de la Seconde Guerre mondiale, notamment en raison du rationnement du sucre, mais elle aurait repris en force à partir des années 1950, menant à la fête telle que nous la connaissons toutes et tous aujourd’hui.</p>



<p><strong>Et les bonbons, dans tout ça?</strong></p>



<p>Nous sommes bien loin de l’époque des galettes, des noix et des fruits, quoique les enfants demandent encore des pièces de monnaie pour des organisations caritatives comme UNICEF. Aujourd’hui, il est estimé qu’aux États-Unis, plus de trois milliards de dollars sont dépensés chaque année en bonbons d’Halloween. Entre suçons, barres de chocolat, sacs de croustilles et bonbons de toutes sortes, les variétés semblent infinies!</p>



<p>Pour célébrer l’Halloween, Le Délit a interrogé les membres de son conseil éditorial sur leur variété de bonbons d’Halloween préférés. Voici le résultat!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="782" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1000x782.jpg" alt class="wp-image-49698" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1000x782.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-330x258.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-768x600.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween-1536x1201.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Graphique-Halloween.jpg 1952w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/?media=1" data-wpel-link="internal">Gabrielle Genest</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>
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		<title>Hantises festives</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/hantises-festives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anna Henry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Attention : Danger]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[citrouilles]]></category>
		<category><![CDATA[décorations]]></category>
		<category><![CDATA[fantômes]]></category>
		<category><![CDATA[Halloween]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nos décorations d’Halloween coup de coeur dans les environs de McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="ticss-dd9d1ca7"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49648" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/Halloween-3-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/anna-henry/?media=1" data-wpel-link="internal">Anna Henry</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49650" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-4-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/anna-henry/?media=1" data-wpel-link="internal">Anna Henry</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49652" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Halloween-2-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/anna-henry/?media=1" data-wpel-link="internal">Anna Henry</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<item>
		<title>Sortir de sa boîte</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/sortir-de-sa-boite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[boîte de nuit]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une expérience marquante en boîte de nuit.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dimanche soir, en faisant les courses pour l’Action de grâce, un de mes colocataires a soupiré d’ennui et s’est plaint qu’il aimerait aller en boîte de nuit. Il voulait y aller tout de suite. Je n’avais jamais mis les pieds sur une piste de danse montréalaise. Je m’étais déjà retrouvée, pendant l’été, à passer la nuit dans des bars dansants pour mineurs. Mais une vraie boîte de nuit, jamais. À vrai dire, le concept de s’entasser dans un espace restreint, bruyant, suffocant pour danser et boire à un prix exorbitant ne m’intéressait pas. J’avais systématiquement refusé. J’avais toujours trouvé que je pouvais très bien égayer l’espace et m’amuser, seule dans ma chambre. Un verre de mauvais rouge à la main et des chansons plus commerciales que ma boisson dans les oreilles, j’avais l’impression que je pouvais passer des heures en dépensant sept fois moins. J’avais déjà essayé de comprendre les raisons pour lesquelles les jeunes sortent en boîte de nuit. Pour moi, on y allait par manque d’imagination : c’était un acte idiot de conformisme. Finalement, j’ai cédé ; je sortirais ce soir. </p>



<p>Nous sommes arrivés au Café Campus vers 22h30. Après avoir tiré vingt dollars, l’ébriété m’a invitée à danser sur cet immense tapis de sol stratifié. J’ai dansé seule pendant presque une demi-heure, au fur et à mesure que l’endroit se remplissait d’artistes éphémères. Quand j’ai voulu reprendre mon souffle, j’ai commandé un verre au bar. J’ai fait un sourire séducteur à la serveuse lorsqu’elle m’a tendu mon verre de vodka-Redbull. Puis j’ai dansé, encore et encore. Je donnais des coups de pied et de tête lors des temps forts des chansons, je tournoyais sur les flaques de bière, je suivais en discorde les lumières fluorescentes. Le DJ a lancé <em>Hot Stuff</em> de Donna Summer. Je suis montée sur l’estrade ; un groupe de six jeunes hommes dansaient. Je feignais de ne pas les remarquer, alors qu’en réalité, tout ce spectacle leur était dédié. En quelques instants, j’ai compris l’espace et calculé tous les mouvements permis. Je n’allais pas leur montrer une jeune fille discrètement sexy, mais une femme  impressionnable : c’était de cette manière que je m’offrais. Pour me remercier du spectacle, l’un d’entre eux m’a payé une Smirnoff Ice au nom du groupe. Puis, j’ai disparu pour fumer. Je courais dans les escaliers en sautant quelques marches. En sortant, l’air frais d’octobre a agrandi mon sourire euphorique. Après, je l’ai coiffé d’une cigarette. J’apercevais la très longue queue qui s’était formée à l’entrée de la boîte. Soudain, ce plaisir inexpliqué s’est transformé en légère frustration. J’avais été piégée. J’avais pris du plaisir dans ce lieu qui pour moi n’avait su provoquer que mépris et ennui. Je me suis énervée : l’idée même de partir ne m’avait pas traversé l’esprit avant ce moment précis. Je me suis énervée davantage : impuissante, je savais que j’allais en vouloir plus. J’ai écrasé ma cigarette, décidée à annoncer mon départ à mes amis. Pourtant, la musique m’a charmée et de nouveau, j’étais déchaînée parmi tous ces spectres de sueur. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’étais parmi les êtres solitaires, à la recherche de la jouissance»</p></blockquote>



<p>Les chansons se sont suivies et mes pas étaient maladroits. Je ne savais plus vraiment ce que je faisais. Ce dont j’étais certaine, c’est que tout le monde m’aimait et m’admirait. La foule était composée de ce qui semblait être un millier d’humains ridicules et naïfs que je contrôlais avec mon charme. J’ai fini par monter à l’étage. En haut, il y avait des tables isolées, où les danseurs ivres trouvaient refuge, ainsi qu’un balcon qui surplombait la piste de presque trois mètres. Je regardais de haut cette masse de corps entassés, qui s’entrechoquaient sur les contretemps de la musique. Lorsqu’un rayon de lumière les éclairait, ils effectuaient de superbes gestes grotesques comme pour garder l’attention du projecteur. Lorsqu’un couple s’embrassait sur la bouche, il était convaincu que ses voisins le jalousaient. Et lorsqu’une chanson connue retentissait dans les enceintes, chacun se pensait chanteur acclamé et récompensé. Mes amis m’ont traînée dans la foule pour danser sur <em>Dancing Queen</em> d’ABBA. Je me suis retrouvée entourée de personnes grandies par des talons effrayants, à peine discernables. Je pensais être au centre de la piste, mais en réalité j’étais à l’extrémité, près des toilettes. Tout aurait dû être désagréable. J’aurais dû être sensible à l’odeur nauséabonde et vomitive des toilettes, à la circulation constante du monde, à la pression de mon corps frêle contre ceux d’hommes âgés. Mais je ne l’étais pas. Le sentiment de supériorité avait été remplacé par une compassion conviviale. J’étais parmi les êtres solitaires, à la recherche de la jouissance. La nuit finirait dans trois heures : trois heures de séduction, trois heures de danse, trois heures de fausse compagnie, trois heures de lutte contre le goût amer et oppressif du reste des heures du jour.</p>



<p>«<em>Bring the action!</em>», ces paroles indécemment banales de la chanson <em>Scream &amp; Shout</em>, vibraient d’un sens nouveau. Les paroles demandaient que toute l’attention soit portée sur ceux qui les chantent afin qu’ils guident la foule dans une chorégraphie conventionnelle : l’individualisme communautaire… Tous criaient « oh weeh oh weeh oh weeh oh » en choeur. La soirée durant, ils chantaient des sons absurdes, des mots approximatifs, et des interjections stupides, tout en gardant le plus fier des sourires. Après ce moment de plaisir, tous les éléments festifs commençaient à se dégrader, la musique devenait moins agréable, les corps moins beaux, les cigarettes moins reposantes. Seul l’alcool palliait cette dégringolade. Il était à présent maître de moi, maître des autres, et plus généralement, maître de la situation. Et puis, je fus soudainement prise d’une puissante fatigue produisant une sensation trompeuse de lucidité. Les gens sortaient essorés et vidés avec une orgueilleuse sensation d’accomplissement. Sur le chemin du retour à la maison, moi, je me confrontais à mes pensées et je cogitais pour donner du sens à cet épisode. Et durant ce trajet, j’ai eu l’impression d’avoir trouvé l’amour pour les autres, l’amour propre, l’amusement temporaire : tout devenait sensé. Je me suis endormie, alors avec cette épiphanie, que mon sommeil égarerait. Et donc, la semaine prochaine, je retournerai en boîte pour ressentir de nouveau ce moment de vérité illusoire.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ave Madonna</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/ave-madonna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[icône]]></category>
		<category><![CDATA[madonna]]></category>
		<category><![CDATA[poèmes]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[pop]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49489</guid>

					<description><![CDATA[<p>Madonna : découpée, traduite, déformée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mot «icône» désigne une peinture divine, souvent une représentation de la mère de Dieu. Puis un glissement de langage survient quand «icône» est employé pour désigner la célébrité dont le nom renvoie à la Vierge Marie: Madonna. En effet, selon le Professeur Marcel Denasi de l’Université de Toronto, d’après son ouvrage&nbsp;<em>Language, Society, and New Media: Sociolinguistics&nbsp;</em>(2020), la première occurrence de ce mot pour désigner une vedette extraordinaire est associée à Madonna Louise Ciccone, dite Madonna. Il est donc naturel de commencer par elle lorsqu’il s’agit de rendre hommage à ceux qui transforment un carré en piste de danse. Pour célébrer 40 ans de carrière Madonna a sorti, le 19 août dernier,&nbsp;<em>Finally Enough Love: 50 Number Ones</em>: une compilation de remixes de ses plus grands titres. Cette semaine, je voulais la célébrer, et prétexter lui rendre hommage, en m’amusant avec son œuvre. C’est pourquoi je vous propose le morceau manquant de sa compilation. Il s’agit non pas d’un remix mais d’un «pot-pourri» (souvent désigné par l’anglicisme «<em>medley</em>»). J’ai recollé plusieurs paroles de multiples chansons de Madonna (dont deux en français) et j’en ai fait une traduction déformée.</p>



<p>Version anglaise: chacun des vers est une parole de chanson de Madonna</p>



<p>                   <strong style="font-style: italic;">Certainties disappear</strong></p>



<p></p>



<p><em>The right voice will be the snake</em></p>



<p><em>the pretender will be the fish that got away.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>I thought that we were related</em></p>



<p><em>everyone must stand alone</em></p>



<p><em>but I wish that you</em></p>



<p><em>were here with me.</em></p>



<p><em>This used to be my playground</em></p>



<p><em>I was looking for a way to drop you down</em></p>



<p><em>like the limbs of a tree</em></p>



<p><em>but we only got four minutes</em></p>



<p><em>outside</em></p>



<p><em>waiting is the hardest if you can’t stand the heat</em></p>



<p><em>outside</em></p>



<p><em>just watch me burn</em></p>



<p><em>and inside</em></p>



<p><em>sticks and stones will break my bones.</em></p>



<p><em>I’m a little bit rusty</em></p>



<p><em>we are all still wet.</em></p>



<p><em>When you point the finger</em></p>



<p><em>there are three fingers pointing back at you</em></p>



<p><em>I tried to be a mess.</em></p>



<p><em>Encore une fois, je suis cassée</em></p>



<p><em>time is waiting.</em></p>



<p><em>Encore une fois, je n’y crois pas</em></p>



<p><em>I’m not happy this way</em></p>



<p><em>and you hold the key.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>I think my head is caving in.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Version française basée sur celle en anglais</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-left">                   <strong>Là</strong></p>



<p>La voix juste sera celle du serpent, du poisson imposteur</p>



<p>en fuite.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Dans ma mémoire, nous étions liés.</p>



<p>En dehors, il faut rester seul.</p>



<p>J’aimerais que tu sois là</p>



<p>dans ma cour de récréation</p>



<p>là où je cherchais, avec des ciseaux</p>



<p>la façon pour faire tomber tes quatre branches</p>



<p>en quatre minutes</p>



<p>dehors</p>



<p>l’attente coule en perles avant l’insolation</p>



<p>dehors</p>



<p>surveille ma cuisson et carbonise</p>



<p>dedans</p>



<p>cailloux et bâtons cassent les os.</p>



<p>Je suis un peu rouillée</p>



<p>nous sommes toujours mouillés.</p>



<p>En montrant du doigt, tu seras pointé par trois.</p>



<p>Ailleurs, j’ai essayé de ranger</p>



<p>j’ai cassé la vaisselle sale</p>



<p>j’ai cherché la vaisselle propre mais elle était sale.</p>



<p>J’ai creusé mon aisselle sale.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Et je m’installe dans le trou.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Liste des chansons utilisées en anglais : <em>Open your heart; You Must Love Me;</em> <em>History; Rain; Bedtime Story; Sanctuary; Pretender; 4 minutes; I love New York;</em> <em>Push; Like A Prayer; American Life; Jump; Sorry; Like It or Not; Let It Will Be; Skin;</em> <em>Frozen; Paradise</em> (contient deux paroles en Français)<em> ; Live To Tell; Revenge</em>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sortir, c’est décevoir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/sortir-cest-decevoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dilara Bhuiyan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aller danser]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[fête]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[nuit]]></category>
		<category><![CDATA[soirée]]></category>
		<category><![CDATA[sortir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49341</guid>

					<description><![CDATA[<p>Récit d’une rupture culturelle: une soirée pour endormir les codes parentaux.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est un vendredi soir. Je suis au Second Cup sur le boulevard Saint-Laurent en train de contempler le reste de ma soirée. Je reçois des messages de mes parents. Ils sont inquiets: mon couvre-feu de vingt-deux heures approche. Je ne réponds pas. Où suis-je ? Que fais-je ? Avec qui suis-je ? Ce sont des questions qui les tracassent. Toutefois, ce soir, je ne compte pas rentrer chez moi. Ils ne le savent pas. J’ai des plans avec mes ami·e·s pour aller à une fête dans deux heures et je n’ai aucune intention d’aviser mes parents, car ils ne me le permettraient pas. «Tu ne peux pas boire d’alcool. Tu ne peux pas aller en boîte. Tu ne peux pas sortir trop tard. Tu ne peux pas porter une jupe trop courte. Tu ne peux pas être attirante. Tu ne peux pas avoir de relations sexuelles. Tu ne peux pas choisir ton partenaire. Tu ne peux pas transgresser les règlements, et tu ne peux surtout pas faire ce que tu veux.» </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller»</p></blockquote>



<p>J’ai grandi dans une famille d’immigrant·e·s conservateur·rice·s. Or, toute ma vie est dictée par des règlements et des normes à suivre. Ces règlements sont soutenus par la peur, la honte, la culpabilisation, les menaces d’abandon, les punitions, la manipulation émotionnelle et l’abus physique. C’est une dure réalité à laquelle plusieurs femmes dans ma situation sont confrontées à cause de valeurs culturelles strictes et arriérées. Dès qu’elles se rebellent, elles déraillent du «droit chemin» et sont perçues comme des fardeaux. Que ce soit de choisir de ne pas suivre sa religion ou de ne pas vouloir se marier, lorsque leur autonomie devient incompatible avec les normes traditionnelles, elles deviennent une honte pour leurs familles. Ainsi, dans ma communauté, l’idée d’une femme qui sort pendant la nuit est mal vue, car elle serait plus disposée à enfreindre les règles: la nuit représente l’intimité, l’immoralité, le danger. Mes parents craignent ma découverte de la nuit, ils essaient d’imposer des limites à ce que je peux faire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient retourner mes ancêtres dans leurs tombes»</p></blockquote>



<p>Lorsque j’étais plus jeune, je répugnais la sévérité et l’intolérance de mes parents, mais, avec le temps, j’ai développé une pitié pour eux depuis que j’ai réalisé que leur façon rigoureuse d’encadrer leurs enfants est une conséquence du conditionnement de leurs propres parents. Ils ont subi les mêmes restrictions et les mêmes abus. Ainsi, le traumatisme intergénérationnel devient inévitable puisque mes parents, comme plusieurs immigrant·e·s, n’ont pas eu le courage de renoncer face à leurs parents lorsqu’ils étaient jeunes, et ont dû accepter leur état de soumission. Ils étaient prisonniers de la conformité culturelle. Cela étant dit, je ne veux pas répéter ce cycle. Je veux me rebeller. Il est vingt-deux heures passées. Je me maquille dans les toilettes et je change ma tenue pour porter des vêtements qui feraient se retourner mes ancêtres dans leurs tombes. J’ai cinq appels manqués de mes parents, et je ressens une insouciance flagrante. Je devrais me sentir égoïste de ne pas les avoir confrontés et d’avoir mis mes désirs avant leurs attentes. Cependant, je me sens libre. Je rejoins mes ami·e·s et je me rends à la fête. Le dernier métro est passé avec minuit. Mes parents ont perdu espoir, car ils ont cessé de me contacter. Le reste de la soirée est comme un rêve: plus le temps passe, moins je m’en souviens. Pourtant, je me souviens de l’extase et de ma désobéissance motrice avant de m’endormir sur le canapé. À l’aube, je me réveille pour aider mon ami à ranger son appartement. Je me dirige ensuite au travail sans penser à la déception de mes parents, et, finalement, je rentre chez moi à vingt-deux heures, le lendemain.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mots d’un aérosol avec des dents</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/19/mots-dun-aerosol-avec-des-dents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À voix basse...]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[à voix basse]]></category>
		<category><![CDATA[arts]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[graffiti]]></category>
		<category><![CDATA[HipHop]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[rébellion]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49376</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Dr Bao Pham alias Croki, pionnier du graffiti montréalais.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un graffiti est une inscription sur une surface publique. Il se définit simplement mais il est philosophiquement rebelle aux catégorisations. Parfois le graffiti constitue plus une expression artistique appréciée qu’une inscription qui détériore, tandis qu’à d’autres moments il est vandale et méprisé plus qu’il est touchant. De la même manière, on a du mal à détester&nbsp;<em>Les Tournesols&nbsp;</em>à la soupe de Van Gogh: on a autant d’arguments pour souligner d’une part le caractère indispensable de l’activisme environnemental et d’autre part le caractère scandaleux d’un tel acte de vandalisme. Sans contexte, ce problème ne se règle pas et il rejoint également la question des motivations qui mènent à un tel acte. On les retrouve aussi bien en Palestine que sur son bac de recyclage, les graffiti sont des marqueurs anthropologiques d’extraction populaire. Pour comprendre les raisons possibles à l’origine de l’acte de faire des graffiti,&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>s’est entretenu avec l’artiste et dentiste Dr Bao Pham.</p>



<p><em><strong>Le Délit&nbsp;(LD)</strong> : Pourrais-tu te présenter?</em></p>



<p><strong>Bao Pham (BP)</strong> : Je m’appelle Bao. Aujourd’hui, je fais surtout des tableaux et, à côté, je suis dentiste. J’ai installé un atelier dans ma clinique pour peindre quand j’ai des annulations. Ça me permet aussi d’entendre les avis de mes patients. Il y a une grande diversité chez les patients qui me consultent, ainsi je ne me contente pas seulement de mon point de vue. Sinon, mon intérêt pour l’art a commencé avec le graffiti dans les années 90. J’ai commencé en 1995 environ, comme membre de la première génération de ce qu’on appelle non pas le graffiti, mais&nbsp;<em>Street Art&nbsp;</em>(Art urbain,&nbsp;<em>tdlr</em>).</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«J’ai installé un atelier dans ma clinique pour peindre quand j’ai des annulations. Ça me permet aussi d’entendre les avis de mes patients»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Le graffiti est-il du&nbsp;</em>Street Art&nbsp;<em>avant d’être du vandalisme?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: C’est sûr que les premiers essais, c’est un peu n’importe quoi. Au tout départ, oui, je pense que c’était plus du vandalisme si on remonte dans les années 80 à New York, où l’idée du graffiti était de poser son nom. C’est vraiment, à la base, être capable de poser son nom dans la ville. Pour mes amis et moi, c’est le même principe, au début c’était des&nbsp;<em>tags</em>, surtout dans le métro. Ça fait vraiment partie intégrante de la culture hip-hop.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>As-tu senti le basculement entre le&nbsp;</em>Street Art&nbsp;<em>redouté par les commerçants et les citoyens et le&nbsp;</em>Street Art&nbsp;<em>célébré par tous, à tel point que le festival MURAL a été créé en 2013 pour apprécier les graffeurs comme des artistes? Est-ce qu’on imaginait cette démocratisation il y a 30 ans?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: C’est drôle que tu m’en parles parce que j’avais une patiente cette semaine qui m’a demandé comment je voyais ce changement. Je dirais que j’ai vécu ce côté vraiment vandale, et qu’il existe encore aujourd’hui, mais beaucoup moins que dans le temps parce qu’avant, ça faisait partie intégrante du graffiti. Aujourd’hui, il y a encore de ces «vieux gars», ceux qui sont actifs et qui ont gardé l’esprit du&nbsp;<em>bombing&nbsp;</em>(peindre sur un mur public avec des bombes de peinture,&nbsp;<em>ndlr</em>) pour laisser une trace sur les panneaux de signalisation le long des autoroutes. Ils montent sur les poteaux et font leur&nbsp;<em>tag</em>. Donc ce côté redouté existe encore, mais il est moindre. On remarque ce côté commercial maintenant avec le festival MURAL. Ce que les gens ignorent, c’est qu’il y a un autre festival de&nbsp;<em>Street Art</em>, la convention&nbsp;<em>Under Pressure</em>, qui revient chaque année depuis 1996, mais c’est un festival qui passe inaperçu. Le mur arrière des Foufounes Électriques devient l’espace de travail de plusieurs artistes et l’ambiance ressemble à celle des&nbsp;<em>block parties&nbsp;</em>(fêtes hip-hop de quartiers à New York dans les années 1970,&nbsp;<em>ndlr</em>).</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À New York, les graffeurs étaient souvent des personnes marginalisées et engagées. Qu’en est-il de Montréal? Tes amis et toi avez des revendications?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: Je ne voyais pas notre groupe comme ça. On était tous jeunes, évidemment, mais on y allait que pour les graffiti. C’était pas nécessairement avec un but, mais oui, c’est sûr qu’il y a le côté «rébellion».</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Comment ça fonctionnait pour trouver un espace pour faire des graffiti?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: Contrairement à maintenant où on peut s’entendre avec un propriétaire facilement pour faire ce qu’on veut sur leurs murs, avant ce n’était&nbsp;pas si simple. Il y avait quand même un vieux garage avec un grand mur sur Papineau et Saint-Grégoire. Un autre endroit était en dessous de l’autoroute 20, c’était illégal parce qu’il y avait des usines autour. Il n’y avait pas grand monde à part des personnes qui promenaient leur chien. C’était sur un ancien chemin de fer donc la police venait moins.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On a dû courir sur le train pour fuir la police et on a finalement réussi à leur échapper»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>: <em>Tu dis «moins»; la police venait-elle souvent?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: Oui, dans notre temps, même si on demandait la permission des propriétaires, on avait toujours la visite de la police. Ils nous demandaient nos papiers, ils faisaient une vérification, ils nous écœuraient un peu et puis ils nous demandaient de partir.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle est l’une de tes expériences les plus intenses?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: Une fois, la nuit, nous étions sur un train pour travailler dessus et on a vu la police arriver. Moi, déjà que je suis pas grand, alors imagine toi par rapport à un train! Je faisais sûrement la taille des roues. On a dû courir sur le train pour fuir la police et on a finalement réussi à leur échapper.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Pourquoi as-tu voulu travailler sur un train?</em></p>



<p><strong>BP</strong>: Il y a beaucoup de trains commerciaux qui ne roulent pas la nuit et qui se retrouvent à l’arrêt dans des gares. L’idée c’est d’avoir son nom sur quelque chose qui roule et qui va voyager partout, autant pour quelqu’un qui habite à New York ou à Montréal…</p>



<p><em>Pour retrouver Bao, suivez-le sur son Instagram @bao_croki_ pham et sur son site web</em>.</p>
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		<item>
		<title>Restez sur les lignes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/28/restez-sur-les-lignes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Sep 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horaires à l'envers]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[ligne d&#039;appel de nuit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49027</guid>

					<description><![CDATA[<p>Interligne : 888-505-1010, McGill Nightline : 514-398-6246.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’organisme d’écoute Interligne, destiné aux personnes de la diversité sexuelle et des genres, devra fermer sa ligne de nuit le 15 novembre prochain en raison d’un manque de financement. Pourtant, selon un<a href="https://interligne.co/pendant-que-le-gouvernement-dort-interligne-sauve-des-vies/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> communiqué</a> de l’organisme datant du 13 septembre dernier, 35 000 personnes LGBTQ+ utilisent chaque année les services d’Interligne, et le tiers d’entre elles ont recours à la ligne de nuit. Entamons une brève aventure numérique: 35 000 ÷ 3 = 11 667 appelant·e·s de nuit; et 11 667 ÷ 365 = 32 appelant·e·s&nbsp;<em>chaque&nbsp;</em>nuit. Mais que signifient vraiment ces valeurs numériques, et quelles conclusions peut-on en tirer? Peut-on mesurer l’efficacité d’une ligne de nuit, le nombre de vies sauvées, en se basant sur le nombre d’appelant·e·s? Lorsque l’on appelle Interligne, à n’importe quelle heure, on tombe sur un message pré-enregistré demandant de rappeler plus tard parce que les lignes sont saturées. Ne s’agit-il pas déjà d’un indicateur que le service est essentiel parce que très en demande? </p>



<p>Outre ce mystère statistique et numérique entourant la valeur d’une ligne de nuit, un flou cache ce qui se&nbsp;<em>dit&nbsp;</em>à voix basse lors de ces appels téléphoniques. C’est ce que j’ai pu constater lors de mon entretien avec Chloe Chan Lam, vice-présidente aux Affaires externes de la&nbsp;<em>McGill Students’ Nightline</em>, la ligne d’appel de nuit de l’Université McGill. Il s’agit d’un service destiné à tous·tes, exclusivement en anglais. Les sujets qui y sont abordés seraient très variés (du besoin de pallier la solitude aux recommandations de pizzerias locales). Bien que des données chiffrées, Chloe Chan Lam ne pouvait pas m’en offrir, elle m’a tout de même ouvert les yeux à la clé de voûte de ma réflexion: la confidentialité. Les lignes de nuit sont un de ces sujets qui doivent rester dans le noir. Sans mystère, elles ne sauraient exister. Les appelant·e·s doivent avoir une confiance naturelle en ces lignes, en leurs secrets, pour s’ouvrir à elles. Ainsi, toute question à leur sujet est accueillie avec méfiance. Parler au «vous» inquisiteur plutôt qu’au «moi» vulnérable, c’est franchir une ligne. </p>



<p>La&nbsp;<em>McGill Nightline&nbsp;</em>est un service anglophone ouvert tous les jours de 18h à 3h durant l’année universitaire. Il s’agit d’une ligne d’entraide confidentielle, anonyme et sans jugement gérée par des Mcgillois·es offrant du soutien à la communauté universitaire et à n’importe quel appelant. </p>



<p>J’ai pu demander à Chloe si des services en santé mentale étaient offerts aux étudiant·e·s volontaires. Elle m’a révélé que le réseau de volontaires était solide et étendu. En effet, les standardistes se rencontrent lors de leurs quarts de nuit pour travailler ensemble. La communauté qu’il·elle·s forment est une source importante de soutien moral, car elle assure autant le bien-être des bénévoles que la qualité du service d’écoute. De plus, la vice-présidente aux Affaires externes de la ligne de nuit a précisé que des services avec des professionnel·le·s en santé mentale leur étaient offerts. Elle a terminé l’échange en vous invitant à appeler leur numéro : «n’hésitez pas, essayez bien, ça vaut le coup» au 514–398-6246.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sorgin afari</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/sorgin-afari/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Célia Pétrissans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[cauchemar]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48879</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un crayon sous l’oreiller : ensorcelée par mes cauchemars.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’éteins, j’allume, rien. J’éteins, j’allume, dehors le hibou hulule. J’éteins, j’allume et rien. J’éteins.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>La nuit tombe. Des formes blanches s’enlacent et se confondent, elles jouent à la métamorphose. Leurs mouvements lents, longs, sensuels, me font sombrer dans une ivresse obsédante. Je discerne une croix, une dame, une sainte, sa couronne brille d’une clarté troublante. Je suis aveugle. Des globules bleus scintillent au plafond, explosent en des petits yeux océan qui dégoulinent sur les murs, pénètrent la masse blanche autrefois reine. Elle s’approche et je sens un épais voile blanc recouvrir mes jambes, m’enserrer les cuisses, me manger les pieds. Mes membres tremblent, les images me rongent les muscles. Je convulse. Je n’ai plus de chair, plus d’os, je ne suis que la peur envahissant les restes de mon corps. Les tableaux me viennent,&nbsp;<em>Le Cri</em>, je crie, le démon sur un torse, le visage de ma nuit.</p>



<p>Esprit hostile devient esprit pervers. J’inspire, j’expire, je me cogne la tête contre le mur, mes cheveux collés à la crasse des cauchemars. Ces petites plantes carnivores moisissent dans les creux de ma chambre, j’entends leur cœur battant, leurs pulsions cannibales. Je les défonce à coups de crâne.&nbsp;<em>Goodbye</em>,&nbsp;<em>Goodbye</em>, je chuchote,&nbsp;<em>goodbye goodbye</em>, je crie en moi-même, «<em>I want you out of my head</em> / <em>I want you out of my bedroom tonight</em>», méchant son de Post Malone. Je me pince la peau, fort, les doigts me dévorent, me brûlent le corps et mes ongles mangés, épineux, s’amusent avec les trous de ma dépouille. Tout me démange, j’atteins le fantasme. Des éclairs traversent le ciel noir de mon esprit hallucinogène. Je lèche le céleste, gobe les étoiles, embrasse la lune rouge sanguine. Son sang colore mes lèvres, je la mords et me nourris d’elle. Je sens la chaleur des gouttes dans ma gorge, le parfum frais, son âme glacée. Volcan ardent, éruption, danger. Les larmes coulent et je ne peux les arrêter.</p>



<p>J’ouvre les paupières, doucement je sors de ma nuit. Coup d’œil sous le lit, les démons ont tous fui. Mes sens dès lors s’éteignent et seule la vue s’accroche au réel. J’observe mon corps, compte les hématomes. Je vois les coups sur les murs, la bave luisante au sol, mes draps tachés de cendres, tous ces souvenirs d’une femme en feu. Je soupire… J’extirpe tout désir, purge mes viscères, ne reste que la fatigue, que le sommeil.</p>



<p>À l’aube je me repose, j’attends le crépuscule, je rêve de la terreur du soir. À l’aube je songe à la promesse du noir.</p>
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		<title>Doux-amer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/21/doux-amer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Amedee]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[cauchemar]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un crayon sous l’oreiller : un deuil ne se fait ni le jour ni la nuit.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ma famille et mes amis tous réunis autour d’une table de restaurant, ils dégustent du poisson et des moules, du vin et de la bière espagnole, ma fumée de cigarettes et l’humidité de l’air. Le lieu m’est inconnu, même si le décor me dit l’inverse: des moustiques sous les étoiles, le bruit des vagues et l’odeur de la mer, le chant des cigales, le goût du sable envolé. Nous attendons, pour l’instant, je ne sais pas quoi. La scène est magnifique. La lumière jaune des lampadaires se reflète sur les paillettes de l’ombre à paupière de ma sœur. Mon ami engloutit des huîtres avec élégance, dans un silence mâché. Le visage de ma mère a rajeuni. Sa sévérité s’est effacée sous le sourire d’une enfant insouciante.</p>



<p>L’ambiance festive est soudainement écrasée par l’arrivée d’un monstre recroquevillé, affaibli par la vieillesse, la maladie, la solitude et toute l’infinité des punitions que nous inflige la vie. Sa peau flétrie et moisie ondule avec son pas difficile. Sa bouche boutonneuse dont s’échappent des respirations de bœuf est à moitié ouverte, une fenêtre restreinte sur les quelques dents jaunes qui s’attachent encore à sa mâchoire. Ses joues creuses témoignent d’une maigreur extrême, généralisée. La nuit le dissimule pour épargner le tableau abject qu’est l’entièreté de son corps. Il est laid, horriblement laid.</p>



<p>«Papa, papa!», je m’exclame en courant vers lui. D’un naturel inouï, j’arrive à concilier la sensualité de ma famille et de mes amis avec la répugnance de mon père. Il devient le théâtre tout entier. «Cela fait longtemps que je t’attends ici, je savais que tu reviendrais, j’ai tant à te raconter. Papa, je t’aime. Comment vas-tu? Que t’ont-ils dit à l’hôpital? As-tu un prochain rendez-vous bientôt? Veux-tu des moules ou du vin? Papa je t’aime. Écoute les cigales! Chaque année elles sont plus nombreuses.»</p>



<p>Il ne peut ni sourire, ni répondre, son visage est immobile. Je cherche dans ses yeux vides une réplique<br>de quelques mots, sans succès. Alors, j’attrape ce qu’il reste de ses mains osseuses, et je détourne le regard vers les étoiles. Avec nous, la symphonie estivale des insectes et les sifflets des navires.</p>



<p>Une puissante sirène de police s’élève jusqu’au quatrième étage de ma demeure parisienne et me sort brusquement de mon sommeil. Je me relève immédiatement, et pendant quelques millisecondes, mon inconscient élabore un plan pour aller retrouver mon père immédiatement, pour retourner regarder les étoiles dans le Sud de la France. Chaussures, téléphone, train, j’y serai en un rien de temps.</p>



<p>Nous sommes le 26 août 2022, à 4h06 du matin. Une larme, puis une autre, et toutes celles qui suivent, refroidissent mon enthousiasme. Je n’irai pas rejoindre mon père ce soir.</p>



<p>Quelle beauté de le revoir dans mes rêves! Quelle horrible trahison que le réveil! Je venais de l’apercevoir pour la première fois depuis six mois. Son personnage était réaliste: la maladie l’avait davantage dégradé pour le transformer en vieillard muet, en statue écœurante, en mourant absent. Et pourtant, ensemble, nous regardions les étoiles.</p>



<p>Pouvons-nous réellement accepter la disparition d’un être aimé? Jour après jour, je fais le deuil de mon père, j’y travaille constamment, mais le soleil couché, les esprits nocturnes s’amusent à détruire mon progrès. Néanmoins, j’espère qu’ils continueront à le faire revenir. Je leur offre toutes mes larmes en échange de quelques secondes chimériques pour me tenir en silence à ses côtés.</p>
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		<title>Prosopagnosie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/09/14/prosopagnosie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 11:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Délit au lit]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[nuit]]></category>
		<category><![CDATA[prosopagnosie]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>n. f. (neurophysiologie) incapacité de reconnaître les visages.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’ai les doigts cadavériques et les dents qui claquent. Il n’y a plus d’eau chaude. Mon regard vidé dans les carreaux de la baignoire se remplit à nouveau. Je coupe l’eau. J’ouvre le rideau. Je pose mes orteils hésitants dans la flaque par terre. J’attrape la serviette du bout des ongles. Je m’enveloppe dans le linceul et j’attends. Accroupi et couvert, mes lèvres se calment doucement. Je me relève pour les voir dans le miroir, mais le reflet se refuse. Avec la serviette, j’essuie la buée, je corrige ma moustache à la pince à épiler. J’essuie la glace une deuxième fois, je coupe mes ongles ras. J’essuie une quatrième fois, je rase mes doigts avec ma moustache. Je sors de la salle de bain avec le sourire de celui qui ne comprend pas.</p>



<p>J’enfile des rubans qui sentent l’urine et le cuir, mes longues chaussettes noir sang. J’allume les lumières rouges sacrificielles. Mes oreilles n’arrivent plus à annuler le frigidaire, c’est l’heure où il ronfle le plus fort. Il faut de la musique. Je prends l’ordinateur et le pose sur mes genoux, le métal froid maintient mes poils en érection. J’ai choisi la chanson, on n’entend plus le frigidaire. L’interphone sonne, me fait sursauter.</p>



<p>Je vais à la porte, vérifier si c’est bien lui. Je le vois à l’écran, mais j’ai besoin de l’entendre. Dans mon microphone je dis «<em>oui&nbsp;</em>?», dans le sien il dit «<em>c’est moi</em>». J’ouvre.</p>



<p>Le portail se referme après lui. Il lui faut trente secondes pour arriver devant ma porte. À la vingt-cinquième, je me place derrière le judas. Je ne le reconnais pas à la vingt-septième, mais il a l’air rassurant des étrangers. À la vingt-neuvième, je déverrouille, il entre à trente.</p>



<p>Il a une moustache épaisse, il a des yeux, ils sont bleus, verts ou marron. Je constate qu’il a tout, rien ne manque à son visage. Il s’amuse à me voir décrypter ses traits comme si je venais de rencontrer. Nous sommes encore à la porte et il enlève son sac, ses souliers. Il porte une chemise comme un moine en maillot de bain. Son collier ras du cou, il le met pour moi, pour m’aider à l’identifier. Je lui fais remarquer qu’il est mouillé. Il ouvre la bouche pour me dire qu’il n’a pas plu pourtant, mais je le dis avant lui parce que je le connais. Son haleine et sa sueur, fraîches, l’embuent comme une vitre. Dans le couloir hémorragique, il pose son vélo sur la selle. Il n’a pas de casque, mais j’ai arrêté de lui dire d’en acheter un. Il le sait. Il espère qu’il en aura besoin, mais il n’en achètera jamais. Lui, c’est Binky, comme mon père. Comme moi, il a la souffrance en bruit de fond.</p>



<p>Je me lance à gauche pour aller vers la cuisine. Là-bas, je pose mes coudes sur le granite, je fais semblant de réfléchir. Je demande, comme d’habitude, gin, Canada Dry, citron vert — «<em>on dit lime icitte</em>» — et sirop d’érable, il confirme avec la tête, il est debout, il enlève tous ses vêtements, il confirme une deuxième fois en agitant le pénis. Sur le plan de travail, il sort toutes ses poudres, cristaux et jus. Il sait corrompre et n’a pas à me le dire, son assurance le fait déjà.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Lui et moi sommes un guerrier, son cheval blessé »</p></blockquote>



<p>Sous la lumière, tout est rose et violent. Je lui tends la boisson, il saisit mon bras et le verre se brise par terre, il me regarde avec ses yeux détraqués. Des morceaux de verre rentrent dans mes pieds, il ne cligne pas des yeux. Il est ferme, comme mon père, mais ce Binky, il ne l’est que quand il le faut. Je lèche son cou, il mord mon pouls, j’arrête à temps. Il me regarde douloureusement.</p>



<p>Nos orteils hésitent dans la flaque de sang. Ils ne savent pas s’ils trempent dans ce qui leur appartient. Je n’ai pas peur de moi quand je suis avec Binky. Lui et moi sommes un guerrier, son cheval blessé. Il ne porte plus qu’un harnais, des chaussettes bleues comme la lumière et sa queue pend sur le tabouret. Il me donne ses bonbons et mange par procuration.</p>



<p>J’avais oublié de mettre de la lime dans la boisson, par terre. Il rit. Avec le zesteur je râpe le fruit puis mon doigt. Nous regardons enfin du sang et nous rions. Nous rions du sang. Nous moquons nos cicatrices et je saigne sur le sang.</p>



<p>Nous nous regardons amoureusement. Binky et moi sommes une offrande qui attend, dans le sang rose et l’urine bleue. Dans ses yeux, je vois mon enterrement et le sien. Le sien d’abord. Binky est le seul qui mourra avant moi. Nous essayons de nous détruire, mais nous ne nous cassons qu’un peu.</p>
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		<title>On va y passer la nuit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/on-va-y-passer-la-nuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[présentation]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation de la section inédite «Vie nocturne».</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il faisait encore jour dans mon appartement, j’accumulais les nuits blanches. Je m’apprêtais à m’asseoir pour commencer à écrire ce texte quand une femme est rentrée chez moi. Je crois que je la connaissais, elle s’est assise, elle a parlé avec ses vêtements et des silences. Je ne l’ai pas regardée, j’ai soupiré. Elle m’a répondu en frottant sur sa robe. J’ai expliqué que j’étais l’éditeur d’une nouvelle section du <em>Délit</em> et qu’elle allait s’appeler «Vie Nocturne». Elle comprenait tout ce que je disais comme si nous nous connaissions. Elle n’a rien dit au début, puis dans un langage de serpent, je l’ai entendue sourire. Elle s’est rapprochée pour me poser une question. J’ai écouté sa question et j’ai réfléchi. Elle n’était déjà plus là. Je n’ai pas arrêté de réfléchir. J’y ai passé la nuit. À cause d’elle, je suis en retard. Encore troublé par mes réflexions, je me suis rendu à McGill, et j’y suis en ce moment. J’écrivais dans les bureaux du <em>Délit</em>. Mon texte peinait à avancer, l’équipe s’impatientait. Un·e membre de l’équipe est venue me voir et m’a dit&nbsp;: «Alexandre, finis vite! On ne va pas y passer la nuit». Agacé par sa présence légitime, j’ai répondu : «Mais qu’est-ce que c’est la nuit?» Iel m’a regardé, puis iel a dit : «Je ne comprends pas, tu n’écris pas en Philosophie? Tu devais juste expliquer au lectorat comment contribuer pour écrire dans ta section». J’ai réalisé qu’iel avait raison et depuis l’écriture avance bien mieux. Une définition de la nuit n’existe pas, la nuit est une expérience métaphysique. Il ne me reste que quelques minutes pour vous expliquer comment écrire dans ma section «Vie Nocturne».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La nuit est un défi, elle relève de la transgression des codes de l’expérience diurne »&nbsp;</p></blockquote>



<p>L’enjeu de la section peut se résumer sans définition mais en deux questions: Comment la nuit vous impacte-t-elle? Que vous évoque la nuit?&nbsp;</p>



<p>Elle peut être le temps, le sommeil, les rêves. Elle peut renvoyer à l’intimité (aussi bien pour le secret que pour la sexualité). Et enfin, on la rattache aussi aux fêtes, aux autres, aux étrangers et aux dangers. La nuit peut être tout ça et plus encore, c’est une aventure existentielle plus ou moins rassurante. Ce qui est intéressant avec le thème de la nuit, c’est l’idée de l’inconnu, du mystère nocturne qui s’installe aux couchers du soleil et de certains, que l’on sent tous mais qui ne s’explique pas. La nuit est un défi, elle relève de la transgression des codes de l’expérience diurne. Le jour est ordonné, il est la surface visible où les cachettes se font plus rares. Le jour correspond à la rationalité de la productivité. En négatif, la nuit renvoie à la dilatation du temps, à la légèreté des rendez-vous : on n’est pas en retard la nuit. Cependant le capitalisme contemporain nous rappelle souvent que le jour ne nous échappera pas, et que la liberté nocturne est plus un fantasme qu’une vérité. Même quand il fait nuit, les ascenseurs fonctionnent et les lumières automatiques nous rappellent qui nous sommes: le hibou couche-tard, une punaise de lit ou un vampire. La nuit est ponctuée de ces moments aseptisés qui nous sortent de nos obsessions. L’opposition entre le jour et de la nuit n’est pas réductible au contraste nox/lux ni à une succession manichéenne. L’alternance est indispensable au fonctionnement du cycle nycthéméral, le jour a besoin de la nuit. La nuit complète le jour, car elle donne à l’imprévisible un rôle plus important. Quand la nuit porte conseil, elle offre l’occasion de transfigurer la vie diurne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« “Alexandre, finis vite! On ne va pas y passer la nuit”. Agacé par sa présence légitime, j’ai répondu : “Mais qu’est-ce que c’est la nuit?” »</p></blockquote>



<p>La section «Vie Nocturne» se décompose en six rubriques. Vous êtes invité·e·s à partager vos productions sur la nuit selon les rubriques suivantes:&nbsp;</p>



<p>La première&nbsp;: <strong>«Délit au lit»</strong></p>



<p>Cette rubrique regrouperait les travaux et créations (textes, entrevues, illustrations, BD…) qui se rattachent à tout ce qui se passe au lit : sexualité, sommeil, somnambulisme et punaises de lit… la seule limite est le matelas (sauf si vous dormez sur une surface plus originale).</p>



<p>La deuxième&nbsp;: <strong>«Soifaim»</strong></p>



<p>Cette partie regrouperait vos critiques gastronomiques, recommandations de restaurants, bars, dépanneurs ouverts 24h… dans la région de Montréal. En somme, tout ce qui se réduit au goût.&nbsp;</p>



<p>La troisième&nbsp;: <strong>«Attention: Danger»</strong></p>



<p>Celle-ci serait composée de vos expériences nocturnes dangereuses, effrayantes ou mystérieuses. Soyez sans crainte, tous vos témoignages sont les bienvenus, même si vous parlez de fantômes, de vampires ou de votre peur de l’obscurité. Les menaces peuvent aussi bien être concrètes qu’abstraites, et nous prendrons au sérieux toutes vos propositions.&nbsp;</p>



<p>La quatrième&nbsp;: <strong>«À voix basse…»</strong></p>



<p>Cette branche accueillera les délits, questions brûlantes, aveux et confessions que vous enverrez à <a href="mailto:vienocturne@delitfrancais.com">vienocturne@delitfrancais.com</a>. Les témoignages seront anonymisés et publiés avec des réponses de la rédaction, mêlant vos confessions  et les réponses de l’éditeur·rice de la section… Faites confiance à l’anonymat offert par cette branche, elle a vu pire… bien pire.&nbsp;</p>



<p>La cinquième&nbsp;: <strong>«Horaires à l’envers»</strong></p>



<p>Pour celle-ci, le point focal est tourné vers les métiers nocturnes. L’idée est d’éclairer le lectorat quant au travail de l’ombre qui, souvent, reste inconnu. Par exemple, une entrevue avec des concierges de nuit, des opérateur·rice·s d’usine, des surveillant·e·s de stationnement, les oiseaux de nuit de la bibliothèque…mise au point sur différents milieux de la nuit.&nbsp;</p>



<p>La sixième&nbsp;: <strong>«Aller danser»</strong></p>



<p>Enfin, pour cette rubrique, vos recommandations de boîtes de nuits, de DJ, de soirées alternatives et clandestines seront appréciées. Mylène Farmer, Madonna et Lady Gaga doivent nous lire. Vos albums préférés, reportages photo sur les artistes drag ou les <em>clubkids</em> sont très attendus.&nbsp;</p>



<p>Bonne nuit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/on-va-y-passer-la-nuit/" data-wpel-link="internal">On va y passer la nuit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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