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	<title>Archives des Opinion - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/category/societe/opinion/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 23 Sep 2026 04:32:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Est-ce que je dois un bébé à l’État?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[natalité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Questionnements à l’ère de la baisse démographique au Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/" data-wpel-link="internal">Est-ce que je dois un bébé à l’État?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Cet été, je suis tombée sur la <a href="https://www.instagram.com/reel/DasxiFDNhYG/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;stkn=NTc4MTIwNjQ2YQ==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vidéo</a> d’une jeune Française exprimant son choix de ne pas avoir d’enfants. Invoquant ses valeurs et présentant tout simplement ce choix comme celui d’une femme libre disposant de son propre corps, je comprenais parfaitement ses motivations. C’est lorsque j’ai eu le malheur de m’aventurer dans la section commentaires que le cauchemar a commencé. Entre les internautes qui se réjouissaient que « les gauchistes ne se reproduisent pas » et ceux qui la traitaient d’« égocentrique », j’en ai trouvé un qui a vraiment piqué ma curiosité : « tu brises le contrat social ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet ouvrage de Rousseau, <em>Du contrat social</em>, je l’ai lu, je l’ai étudié avec minutie, et jamais je n’aurais pensé que cet argument philosophique si connu puisse mettre en péril mon autonomie corporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, pour mettre la table (ou faire un court commentaire éditorial), Jean-Jacques Rousseau n’est pas le personnage le moins controversé de l’histoire et, bien évidemment, il flirtait ouvertement avec la <a href="https://academicworks.cuny.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1245&amp;context=gc_pubs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">misogynie</a>. Mais qu’est-ce que ce fameux contrat social a à voir avec mon utérus?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.toupie.org/Dictionnaire/Contrat_social.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le contrat social</a>, les citoyens d’une société, en en faisant partie, acceptent tacitement de céder une part de leur liberté naturelle à l’État afin qu’il puisse veiller sur l’organisation harmonieuse de la société et mieux protéger les citoyens. L’État, gouverné par la volonté générale du peuple, peut alors entreprendre des actions qui briment la liberté de certains afin d’assurer le bon fonctionnement de la société. Ces violations de droits, selon Rousseau, sont légitimes, puisqu’elles proviennent de la volonté du peuple – qui a un pouvoir absolu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois cette logique poussée à l’extrême, advenant une baisse importante de la natalité, « la volonté générale » pourrait justifier l’imposition de la maternité à des femmes. En effet, dans ce scénario, cette baisse de natalité pourrait entraîner des problèmes sociétaux majeurs, comme un manque criant de main-d’œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En appliquant cette rhétorique au pied de la lettre, on se retrouverait littéralement dans <em><a href="https://lespetitesanalyses.com/resumes/la-servante-ecarlate-resume/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La servante écarlate</a></em>, où le corps des femmes devient un instrument démographique appartenant exclusivement à l’État. Une réalité dégoûtante où les femmes sont réduites à leur utérus, de simples machines servant à apaiser l’inquiétude démographique de la patrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis longtemps arrêtée devant ce constat alarmant – ma liberté et mon autonomie corporelle ne tiennent-elles qu’à un fil? Peut-on réellement me retirer mon droit de choisir comme l’on supprime une vulgaire virgule mal placée?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où cette application aveugle de Rousseau fait défaut, c’est qu’un État qui a la responsabilité de protéger réellement ses citoyens ne peut imposer une grossesse à qui que ce soit. Non seulement « la volonté générale » peut se tromper, mais lui accorder le pouvoir absolu revient à ne pas reconnaître l’existence même de droits et libertés individuels et inaliénables. Le contrat social est un accord bilatéral entre un citoyen et l’État et ce dernier se doit de protéger l’intégrité corporelle des citoyens et leur propriété. Ainsi, forcer une femme à porter un enfant viendrait littéralement briser cedit contrat social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que <a href="https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1981_num_13_1_1346" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rousseau</a> lui-même présente l’asservissement des femmes comme étant naturel, cela vient alors littéralement contredire ses prémisses principales quant à l’organisation et la légitimité du pouvoir politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisqu’on dépoussière les philosophes des Lumières, et que nos chers amis indiscrets s’improvisent doctorants en la matière dans l’espace commentaires, j’aimerais aborder brièvement la pensée de John Locke sur le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie, la liberté et la propriété : ce sont les trois principes que l’État doit respecter pour fonder sa légitimité. Pour <a href="https://oll.libertyfund.org/quotes/john-locke-on-the-rights-to-life-liberty-and-property-of-ourselves-and-others-1689" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Locke</a>, cette propriété s’étend d’abord à son propre corps. C’est un cadre beaucoup plus concret et respectueux de la liberté humaine que celui de la « volonté générale ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/12/recul-de-letat-de-droit-en-france" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">France</a> comme le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/communiques/barreau-craint-erosion-etat-droit-quebec/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Québec</a> sont des États de droit, où les libertés individuelles sont reconnues et protégées autant que les lois le permettent. Mais rien n’est garanti : toutes ces dispositions sont entièrement dépendantes de la volonté politique du moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De Galaad au Québec</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pourquoi vous parler de tout ça?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que le grand non-dit lors des prochaines élections provinciales, c’est la baisse démographique au Québec : l’an passé, la population de la province a connu un recul de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2253815/demographie-diminution-population-quebec-2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">0,1 %</a>, tandis que le nombre de décès a surpassé celui des naissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que plusieurs partis politiques déclarent que la capacité d’accueil du Québec est saturée, on incite les jeunes Québécois à avoir plus d’enfants – bonjour la cohérence. C’est donc le retour des politiques natalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr que dans un monde où l’on <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-17/5000-educatrices-de-plus-en-cpe-d-ici-quatre-ans-promet-ruba-ghazal.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">manque de places</a> en CPE, où nos <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-01/systeme-d-education/il-n-y-a-pas-vraiment-d-ecole-a-trois-vitesses-dit-frechette.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">écoles à trois vitesses</a> débordent, où le <a href="https://ici.radio-canada.ca/en-bref/90-17155/natalite-elections-quebec-politique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie</a> atteint de nouveaux sommets, où l’on doit travailler à un rythme effréné et où l’on se fait avaler par les tensions géopolitiques pendant que notre planète brûle, la parentalité devient un défi complexe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, je suis en faveur de l’<a href="https://www.lesoleil.com/elections-provinciales-2026/2026/08/28/deux-semaines-de-conge-de-plus-pour-les-nouveaux-papas-promet-frechette-HXQUQVY735GALBZJWXVL5X45LE/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">allongement des congés parentaux</a> et de la <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/politique/elections-quebec/promesses-electorales/plq/article/le-plq-propose-une-bonification-du-rqap-et-le-developpement-du-reseau-des-garderies/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">création de nouvelles places en CPE</a> – pourquoi condamner les jeunes qui décident de fonder des familles à le faire dans les pires des conditions? Nos familles méritent beaucoup mieux que ça. Là où le malaise s’installe, c’est à l’annonce des mesures natalistes proposées notamment par le <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/09/03/eric-duhaime-promet-100--par-semaine-pour-garder-les-enfants-a-la-maison-et-mettrait-un-terme-a-lexpansion-du-reseau-de-cpe-et-des-garderies-subventionnees" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti Conservateur du Québec</a> (PCQ).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’Éric Duhaime, chef du PCQ, propose, c’est de geler le nombre de places en CPE et d’accorder une allocation de 100 $ imposables par semaine à chaque parent qui reste à la maison avec son enfant – à condition que son partenaire travaille à temps plein.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bloquant l’accès au réseau public de garde, le PCQ crée une contrainte économique qui incite financièrement le retour des femmes au foyer. Pour rappel, ce <a href="https://cieufm.com/une-attaques-envers-les-cpe-et-les-femmes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">modèle québécois des CPE</a> a rendu possible l’éducation de générations entières, en plus de permettre à un nombre incalculable de femmes de revenir rapidement sur le marché du travail et de s’émanciper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ceux qui ne veulent s’en tenir qu’aux <a href="https://www.iedm.org/fr/38369-les-garderies-sont-elles-rentables-pour-le-gouvernement-/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chiffres</a> : ces mères qui retournent au travail rapportent aujourd’hui à l’État – en taxes et en impôts – bien plus que ce que lui coûte ces places en garderies à moins de 10 $. Les CPE ne sont donc pas une vulgaire dépense, mais un investissement plus que rentable à tous les niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que d’offrir un choix délibéré, cette logique imposerait fatalement un mode de vie axé sur le parent unique au foyer, où l’un des deux parents est contraint de rester à la maison pour s’occuper des enfants, tandis que l’autre devient le soutien financier de la famille – et tout ça par manque de solutions de garde adaptées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PCQ n’est pas le seul parti à s’aventurer sur cette pente glissante : le <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-20/natalite-en-baisse/le-pq-promet-une-prime-pour-un-troisieme-et-quatrieme-enfant.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Parti Québécois</a> (PQ) n’a pas tardé à suivre, avec sa logique de « bébé bonus ». Son chef Paul St-Pierre Plamondon promet une prime financière directe aux familles pour l’arrivée d’un troisième et d’un quatrième enfant. Ce genre de mesure vient littéralement mettre un prix sur la capacité reproductive des femmes, comme si l’État venait récompenser les naissances à la pièce. Les corps des femmes deviennent à nouveau des leviers démographiques, un outil transactionnel, de simples machines distributrices à la commande de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il y ait effectivement des conséquences importantes découlant du vieillissement de la population, je suis d’avis que la solution ne passe pas par la valorisation politique et monétaire de la maternité. Non seulement ces primes représentent des montants dérisoires pour les familles dans le contexte économique actuel, mais les mesures telles que les « bébé bonus » ont déjà prouvé leur<a href="https://cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/uploads/2026/08/cr_2026-09_fecondite_et_fiscalite_vf.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> inefficacité</a>. C’est comme si l’État donnait un dollar symbolique aux familles qui décidaient d’avoir des enfants – réduisant le tout à un geste purement politique. Ce sont des <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/societe/article/inciter-la-natalite-bonne-ou-mauvaise-idee/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">politiques</a> que nous avons déjà vues passer au Québec et qui n’ont que <a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-20/natalite-en-baisse/le-bebe-bonus-du-pq-braque-ses-adversaires.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">légèrement</a> et temporairement augmenté le taux de natalité, sans toutefois atteindre leurs cibles. Ce ne sont pas ces petites allocations qui nous permettront de survivre à la <a href="https://www.ledevoir.com/economie/1004363/cout-vie-logement-tarifs-economie-sommet-preoccupations-electeurs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">crise du logement</a> ou à l’explosion du coût de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes Québécois ont le droit de choisir, il en est de leur liberté la plus fondamentale. Il faut leur donner tous les outils pour que chaque personne qui décide d’avoir un enfant ait toutes les ressources nécessaires. Ce n’est pas en gelant les places en garderie ni en monétisant la fertilité que l’on répondra aux aspirations de notre génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que je dois un bébé à l’État</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis posé la question de long en large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À entendre les chefs de certains partis politiques, on dirait presque qu’ils sont en train de scruter mes ovaires au microscope. Je sens cette pression de la société et des politiciens pour fournir un autre petit travailleur qui mettra l’épaule à la roue. On dirait que le seul fait de posséder un utérus nous contraint à mettre une vie au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle de la grossesse comme si on parlait d’acheter des œufs à l’épicerie, comme si ça ne coûtait rien, comme si c’était banal. Mais c’est la décision d’une vie : celle de voir son corps changer de manière <a href="https://www.lapresse.ca/societe/sante/2025-04-21/nouvelle-etude/la-grossesse-a-des-impacts-a-long-terme.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">permanente</a>, de subir de <a href="https://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/sante-bien-etre/grossesse-changements-physiques-maux-courants/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">violents bouleversements</a> hormonaux qui entraînent symptômes physiques et <a href="https://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/sante-bien-etre/grossesse-depression-prenatale/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">détresse émotionnelle</a>, et c’est mettre sa <a href="https://www.24heures.ca/2022/11/15/enceintes-elles-ont-vecu-de-la-discrimination-au-travail--tu-penses-vraiment-que-cest-le-bon-moment-pour-tomber-enceinte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">carrière en péril</a>. D’autant plus que les femmes portent encore aujourd’hui la majorité de la <a href="https://www.biron.com/fr/centre-du-savoir/parole-de-specialiste/charge-mentale-femmes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">charge mentale</a> relative au foyer et aux enfants : ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir un enfant, c’est un don de soi qui se fait par choix et non par obligation ni par pression. Surtout lorsque cette pression provient de cette même société qui fait culpabiliser les femmes et qui les traite de mauvaises mères dès qu’elles demandent de l’aide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« C’est notre choix (…) et personne ne doit faire ce choix-là à notre place »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Non, ni moi, ni personne ne doit d’enfant à l’État. Ce sont nos enfants, pas les leurs. Nous mettons au monde des êtres humains et non des futurs contributeurs fiscaux. C’est notre choix en bout de ligne, nos sacrifices, nos corps, nos vies, et personne ne doit faire ce choix à notre place. Ce ne sont pas eux qui prendront soin de nos enfants au quotidien, ce ne sont pas eux qui devront leur expliquer pourquoi les flammes ravagent nos forêts ou pourquoi la haine retentit à chaque coin de rue alors que nous peinons à mettre un souper sur la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le simple fait d’avoir un utérus ne nous oblige à rien, et ce n’est pas l’État ni les pseudo-philosophes de TikTok qui pourront en dire autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne bâtit pas une société en faisant culpabiliser les femmes ou en monnayant leur retour au foyer : on le fait en respectant leur choix. Non, je ne dois aucun bébé à l’État, et aucune politique nataliste ni aucun contrat social ne fera de mon corps une propriété publique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/est-ce-que-je-dois-un-bebe-a-letat/" data-wpel-link="internal">Est-ce que je dois un bébé à l’État?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Il faut le voir pour le croire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[banalisation]]></category>
		<category><![CDATA[déni]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60895</guid>

					<description><![CDATA[<p>La banalisation de la violence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">J’ai visionné le meurtre d’une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques jours, entre deux vidéos de <em>lif</em>estyle, l’algorithme de TikTok m’a montré la vidéo d’une femme dans les rues de New York, deux couteaux en main. <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/01/nyregion/victims-stabbing-times-square-nyc.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pamela Cisneros</a> venait de poignarder deux personnes, dont Erin Piacenti, décédée de ses blessures. Des policiers encerclaient Cisneros et ré pétaient qu’elle devait lâcher ses armes. Ils ont utilisé deux pistolets à impulsion électrique, sans succès. La femme s’est rapprochée des policiers et deux coups de feu ont été tirés, la tuant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez peut-être vu passer la vidéo. Si ce n’est pas le cas, estimez-vous chanceux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y’en a pas de problèmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux regorgent de vidéos en tous genres et, malheureusement, cela implique les vidéos violentes. Quiconque a un peu de curiosité morbide ou un algorithme terrible est facilement exposé à des vidéos d’agressions armées, de tireurs fous ou de règlements de compte. Bien sûr, pour alléger leur conscience et peut-être protéger un peu les utilisateurs, les réseaux sociaux ont bien souvent des règles de communauté (ces fameuses<em> community guidelines</em> rarement lues). Le contenu trop explicite est donc généralement retiré et les pires vidéos sont ornées d’un floutage sur les blessures ou les armes ainsi que d’un avertissement avant le visionnement. Certaines poussent même la sollicitude jusqu’à censurer les mots inappropriés, question de protéger les oreilles chastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la vidéo de la mort de Cisneros ne comportait aucun floutage et aucun avertissement. Pas une seule indication que ce que j’allais visionner pouvait être hautement perturbant. C’est donc assise sur un banc d’autobus, en retournant chez moi à la fin d’une longue journée, que j’ai innocemment vu une femme mourir sur mon téléphone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et apparemment, c’est devenu totalement normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ère de banalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant donné la grande quantité de contenu violent sur les réseaux sociaux, il est inévitable d’en voir de temps à autre. Pourtant, nous ne devrions jamais avoir à visionner ce genre de contenu. Comme nous vivons dans un monde qui est bien loin d’être idéal, nous sommes soumis au visionnement de la douleur d’individus de partout sur la planète. Mais ce visionnement a des conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En étant forcés de consommer cette violence au minimum – après tout, il faut bien constater qu’il s’agit de violence avant de passer la vidéo – nous y devenons habitués. Qu’est-ce qu’on en a à faire du sang et de la douleur de quel qu’un alors qu’il s’agit de la troisième vidéo sur le sujet que nous voyons aujourd’hui? Pas grand-chose, et c’est précisément le problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes bien malgré nous assaillis d’images de souffrance chaque jour : en allant sur les réseaux sociaux, en regardant les nouvelles, en feuilletant le journal. Cette souffrance est parfois locale, parfois internationale, mais à force d’être exposés à tant de malheur, nous saturons. Nous devenons des êtres indifférents, qui se contentent de passer à la prochaine vidéo lorsqu’une femme se fait tirer dessus devant nos yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collectivement, nous perdons le sens de l’empathie. On ne s’attriste plus du sort des autres, car à quoi bon? Nous voyons tant de souffrance qu’elle devient invisible, commence à faire partie du paysage. Avec les réseaux sociaux, l’exposition à la violence est faite de plus en plus jeune : il suffit de penser à tous les enfants qui ont un accès illimité à Internet et qui sont témoins de toutes sortes de contenu inapproprié. Cette banalisation a des conséquences : la gravité des crimes violents commis par des jeunes a augmenté de <a href="https://www.985fm.ca/audio/791368/hausse-des-crimes-violents-chez-les-jeunes-quebecois" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70% entre 2015 et 2025</a>. Il est toujours réjouissant de constater que la violence est si banale qu’elle entre dans nos mœurs. Décidément, nous sommes en voie de former un monde pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La souffrance en direct</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence a toujours été assez accessible dans les médias. Depuis la nuit des temps, les nouvelles télévisées nous montrent des paysages désolants de pays déchirés par la guerre, le tout parfois relevé du témoignage d’un habitant et conclu par le ton grave d’un journaliste. Or, depuis peu, nous avons accès, en direct, à la souffrance de milliers de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse des réseaux sociaux, c’est que tout le monde puisse partager sa réalité. Alors, lorsque des Ukrainiens, des Soudanais et des Palestiniens ont accès à ces mêmes réseaux sociaux que nous, nous sommes témoins de leur réalité dans l’intimité de leur quotidien. Il ne s’agit plus de regarder le téléjournal exposer un conflit géopolitique en termes neutres et objectifs, mais bien de visionner la terreur de véritables individus. Nous sommes témoins comme eux du quotidien, rythmé par la violence, la mort et la souffrance, à la différence près que nous pouvons décider de fermer l’application afin de ne plus être confrontés à ces horreurs. Nous pouvons éteindre le téléphone et aller prendre une marche, aller à l’école, rire avec nos amis. Nous pouvons avoir un quotidien, une vie, que des milliers de personnes n’ont plus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Maintes et maintes vidéos d’internautes palestiniens ont été publiées. Des vidéos où on voit des villes entières réduites en décombres et en poussière. Des vidéos où on re garde des parents pleurer la mort de leurs enfants. Des vidéos où on voit des médecins sans ressources exécuter des opérations à froid, où on voit des hôpitaux complètement détruits par des frappes israéliennes. Des vidéos où on voit des journalistes et des enfants se faire braquer un fusil au visage sans raison apparente, où on entend des soldats leur hurler des menaces. Des vidéos où on voit des enfants orphelins morts de faim.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des vidéos qui cessent du jour au lendemain, des utilisateurs dont on n’a plus de nouvelles, car ils sont devenus une énième statistique, un énième décès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un de plus parmi tant d’autres, mais nous restons de marbre, car l’horreur est devenue si répandue qu’elle ne nous choque plus. On ne compte plus les morts par centaines ni par dizaines de milliers, nous avons besoin de chiffres avec tellement de zéros que nous perdons le sens des proportions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous regardons le génocide palestinien se dérouler en direct. Nous pouvons même interagir avec les victimes. Pourquoi ne sommes-nous pas davantage importunés, outrés, enragés? Pourquoi tant d’indifférence devant la souffrance, toujours plus vive et toujours plus près de nous?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la Seconde Guerre mondiale, nombreux sont ceux qui ont découvert avec horreur l’Holocauste. À travers le monde, tout le monde retenait son souffle en entendant parler de ces gens qui avaient subi l’horreur des enfers sur Terre, tout le monde s’est demandé comment tant de gens avaient pu laisser ce cauchemar prendre place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le génocide palestinien sera terminé, nous ne pourrons pas nous cacher derrière de telles excuses. Nous aurons tout vu, tout entendu. Le monde entier aura été témoin de ses propres yeux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/il-faut-le-voir-pour-le-croire/" data-wpel-link="internal">Il faut le voir pour le croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inaction]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déserter les urnes le jour des élections : le luxe de l’indifférence collective.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/" data-wpel-link="internal">La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Aujourd’hui, chers lecteurs, je veux briser le silence. Celui dans lequel vous vous complaisez, ce lui qui nourrit votre indifférence choisie. Non, ce ne sera pas confortable, mais si c’était le prix à payer pour qu’en fin vous regardiez en face les conséquences de vos actes?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à toutes les personnes victimes de notre lâcheté collective, celles desquelles nous avons détourné le regard pour oublier leur souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisir de ne pas agir, c’est choisir de devenir complice. C’est faire de l’inaction notre norme et pérenniser une ignorance choisie où la complicité passive devient la charpente de notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui m’est arrivé à moi. À petite échelle, c’est mon histoire. Celle de la jeune fille encore mineure qui se faisait crier des obscénités dans la rue en rentrant de l’école, celle de la jeune femme qui vivait du harcèlement sexuel et qui se cachait dans les salles de bain, celle de la femme qui apprenait à déceler les signes de violence tout en la vivant aux yeux de tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il y avait des témoins. Il y en a toujours eu. Les signes étaient là, clairs, livides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais vous savez ce qui était encore plus clair? L’abandon, la normalisation. Toutes ces personnes qui ont laissé ces choses m’arriver, qui n’ont jamais bronché devant mes appels à l’aide, ceux qui trouvaient normal de me voir trembler et de voir la peur voiler mon regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai longtemps porté la culpabilité d’avoir subi. Aujourd’hui, c’est fini. Je pointe le doigt vers les réels coupables. Mon histoire, c’est aussi l’histoire de ma colère, une colère brute que je tente d’estomper tant bien que mal. Je ne mendierai pas votre pardon : je ne suis pas guérie et je refuse de faire semblant de l’être tant qu’une telle hypocrisie sera ancrée dans notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais mon histoire est aussi l’histoire de la survivante d’aujourd’hui, qui réapprend à habiter son corps, qui se reconstruit dans les ruines et qui refuse de se taire, pour que plus personne n’ait à subir ce que j’ai traversé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que moi-même, quand je criais à l’aide sous vos yeux, je criais dans le vide. Face au mur de votre indifférence, j’ai subi et j’ai survécu pour vous en parler aujourd’hui, pour qu’enfin mon cri ne tombe plus dans l’oreille de sourds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que quand je vois des gens dans la rue, des femmes victimes de violence, du profilage racial, des enfants qui n’ont plus rien à manger, les forêts en flammes, des étudiants qui doivent choisir entre se loger et s’éduquer, le rejet perpétuel du blâme sur les immigrants, je ne peux pas rester passive. Je ne me donnerai jamais le luxe du silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>J’ai mal à mon Québec</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de moi l’intention de vouloir devenir un nouveau véhicule du cynisme politique, mais j’aimerais que l’on regarde la vérité en face : notre société est à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, je n’éclipserai pas les quelques progrès sociaux et législatifs qui ont eu lieu au Québec dans les dernières années, mais je veux rendre à César ce qui appartient à César pour que personne n’oublie, à la veille de cette campagne électorale, les enjeux criants qui marquent notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <a href="https://www.cqpi.ca/quelquesdonnees" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 12 000 personnes</a> en situation d’itinérance au Québec aujourd’hui, à toutes ces personnes en situation d’extrême précarité que je croise chaque matin en me rendant à l’université. L’itinérance augmente en même temps que leur <a href="https://www.observatoiredesprofilages.ca/judiciarisation-de-litinerance-a-montreal/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">judiciarisation trop fréquente</a>, que le manque de ressources et que la construction d’<a href="https://a-id.org/the-growth-of-hostile-architecture-how-developments-in-urban-design-are-exacerbating-social-injustice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">architecture inhospitalière </a>qui gangrène nos villes. Toutes ces fois où l’on détourne le regard pour ne pas voir la misère que nous avons acceptée de perpétuer. Les<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2232740/itinerance-rapport-quebec-repits-urgence" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> refuges débordent</a>, le <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2276467/courbes-cout-vie-quebec-aliments-logement-transport" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coût de la vie augmente</a> et rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à la précarité étudiante, celle qui vit autour de moi à longueur de journée. On parle de presque <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2025-10-27/bilan-des-banques-alimentaires/montreal-gruge-par-la-faim.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un jeune sur deux</a> qui a connu au moins une situation d’insécurité alimentaire, alors qu’on débat encore de la nécessité de <a href="https://unionetudiante.ca/fr/frau-front-pour-la-remuneration" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rémunérer les stages</a>. On parle des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/960015/mcgill-concordia-abdiquent-hausse-frais-etudiants-hors-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">frais de scolarité</a> qui augmentent en même temps que <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/societe/950940/locataire-cinq-quebec-eu-difficulte-payer-loyer-2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les loyers</a>, des étudiants qui grèvent et s’époumonent dans la rue avec leurs pancartes devant leurs facultés. D’autres voix qui tombent dans les oreilles de sourds alors que le gouvernement contemple le <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2119411/fecq-ueq-feuq-associations-stages" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">calcul restrictif </a>de l’Aide financière aux études (AFE) sans le réformer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sans mentionner l’<a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Enquête sur les violences à caractère sexuel (VACS)</a> au postsecondaire, promise par le gouvernement en 2022, dont le financement a été retiré en douce. On refuse encore de voir l’ampleur de la violence sexiste et sexuelle chez les jeunes et encore moins l’efficacité du soutien et des services en cette matière. On refuse de me voir, moi, et toutes les autres personnes qui en ont vécues, alors que c’est ce genre de mesure qui aurait pu nous protéger. Et j’aimerais finir par parler de la <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/791578/violences-sexuelles-il-faut-aussi-une-loi-cadre-pour-le-primaire-et-le-secondaire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hausse de ce type de violence</a> au primaire et au secondaire. Des enfants. Ils vivent des situations inimaginables, qui brisent et marquent leurs âmes à vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/08/16/femme-tuee-dans-saint-michel-voici-ce-que-lon-sait" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12 femmes</a> qui ont perdu la vie cette année dans le contexte de violence conjugale et aux refuges qui débordent jusqu’à devoir<a href="https://www.tvanouvelles.ca/2026/08/16/feminicides-a-montreal-une-demande-dhebergement-sur-deux-est-refusee" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> refuser une demande d’hébergement sur deux</a>. Je veux que vous pensiez à ces femmes qui prennent leur courage à deux mains pour quitter leur foyer violent, et qui se retrouvent à se faire claquer la porte au nez par manque de ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pas une de plus.</em> C’est devenu un slogan plus qu’une affirmation parce que peu importe à quel point je l’ai crié à m’en arracher les poumons, il y en a toujours eu une de plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me rappelle du gouvernement qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2195488/mort-joyce-echaquan-bilan-racisme-systemique-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">niait le racisme systémique</a> alors que Joyce Echaquan venait de perdre la vie dans un hôpital de Joliette sous une pluie d’insultes. Je pense au <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/idees/989300/apres-poste-quartier-39-combien-preuves-faudra-il-encore" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">profilage racial</a> et au poste de quartier 39, où les citoyens que ce dernier avait le devoir de protéger et de servir sont devenus de réels trophées de chasse. J’ai également une pensée pour les <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2024/10/25/abus-et-defaillances-voici-les-scandales-qui-ont-eclabousse-la-dpj-en-2024" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">scandales de la DPJ</a>, pour tous ces jeunes vulnérables qui se retrouvent dans des centres où ils se font abuser et maltraiter par des éducateurs. Parce qu’un système qui prétend protéger la jeunesse ne doit pas tolérer la présence d’abus physiques et sexuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous parle de la planète qui brûle et de la destruction de notre environnement au nom des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/913746/northvolt-projet-avorte-evite-evaluation-environnementale" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Northvolt</a> et des <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/861391/cinq-enjeux-environnementaux-expliquer-dossier-stablex" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Stablex</a> de ce monde. Je vous parle des politiciens qui nous demandent de les «<a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2022-09-02/troisieme-lien/lachez-moi-avec-les-ges-dit-drainville.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> lâcher avec les GES</a> », de ceux qui nous parlent de <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/993494/christine-frechette-est-prete-analyser-projet-pipeline-passerait-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pipelines sur le territoire du Québec</a> ou de l’exploitation de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2281673/gaz-schiste-lotbiniere-exploration-elections" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gaz de schiste</a> alors qu’ils renoncent à <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-22/reduction-des-emissions-de-ges/quebec-reporte-l-atteinte-de-sa-cible-a-2035.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">leurs cibles en matière d’émissions</a>. J’essaie de ne pas me dire qu’il est minuit passé pour la planète, mais j’ai dû me rendre à l’évidence : ce n’est pas moi qui vais réussir à la sauver avec ma pancarte et mon bac à compost.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais vous parler du <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/communiques/barreau-craint-erosion-etat-droit-quebec/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déclin de l’état de droit</a> et de la rédaction d’un projet de constitution censé représenter les Québécois.e.s. Non seulement a t‑il été rédigé de manière non-inclusive, mais il fragiliserait également les contre-pouvoirs, le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">droit à l’avortement</a> et les droits des <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2026-03-23/projet-de-constitution-du-quebec/le-comite-des-droits-de-l-homme-leve-un-drapeau-rouge.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations et des Inuits</a>. Sans oublier l’utilisation persistante et répétée du <a href="https://www.lequotidien.com/actualites/politique/2025/06/06/un-baillon-quest-ce-que-cest-3W42S3UWFZEKJJZVICGQFFKJPE/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bâillon</a> par le gouvernement. Cette pratique permet de limiter le temps de débat et d’adopter plus rapidement les projets de loi, ce qui empêche d’analyser réellement les clauses et prive l’opposition de faire son travail démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous parle du <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221699/coupe-budgetaire-education-culture-ecole" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">définancement de l’accès à la culture</a> et de la <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/07/04/precarite-financiere-des-artistes-il-faut-trouver-des-solutions-viables-a-long-terme-face-a-la-detresse-humaine-plaide-florence-k" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">précarité de nos artistes</a>, de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2229650/infrastructures-hopitaux-vetuste-budget-caq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nos hôpitaux</a> et de <a href="https://www.journaldemontreal.com/actualite/education/outil-interactif-nos-ecoles-en-piteux-etat" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nos écoles</a> qui tombent en ruine, du manque de soutien en <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/manque-de-ressources-en-sante-mentale/mon-fils-voulait-vivre/2025-10-08/personne-ne-l-a-aide.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">santé mentale</a>, du déni de la <a href="https://www.noovo.info/nouvelles/politique/elections-quebec/article/frechette-la-crise-du-logement-est-reglee-dans-plusieurs-regions/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">crise du logement</a> et de l<a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2026-09-01/systeme-d-education/il-n-y-a-pas-vraiment-d-ecole-a-trois-vitesses-dit-frechette.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’école à trois vitesses</a>. De tout ça jusqu’à la montée de l’intolérance envers la communauté <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2133099/intolerance-lgbtq-ecoles-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2SLGBTQI+</a>, envers des <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2026-08-22/le-droit-de-croire-sans-craindre.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">groupes religieux</a> et envers les <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2080600/immigration-immigrants-logement-politique#:~:text=%C3%87a%20veut%20dire%20que%20la,.&amp;text=intol%C3%A9rance%20envers%20les%20immigrants%20avec,ses%20propos%3F" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigrants</a>. Pour ne parler que de ces enjeux-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me vois contempler les campagnes pour cesser le harcèlement de rue sur les bannières de la <a href="https://spvm.qc.ca/fr/PDQ9/Actualites/15598" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">STM</a> – « Témoins intervenez » – mais rien ne change. Ce ne sont que des belles pancartes fluo sur le bord d’un autobus. Lorsque les mots ne s’accompagnent pas de gestes concrets ou de promesses qui veulent réellement dire quelque chose, on nage dans l’immobilisme. Il faut passer à l’acte, il faut parler, il faut crier, il faut qu’ils nous voient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, le Québec est un état de démocratie, d’avancement, de promesses tenues, un état de droit, qui respecte, inclut et écoute ses citoyens. C’est le Québec que j’aime, mais ce n’est pas le Québec que je vois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pourquoi, en tant que jeunes, ne pas laisser tomber ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme – moi – je tiens mes promesses, je ne serai pas cynique. Voyez la montagne de problèmes que je vous ai résumés? C’est une fraction des enjeux qu’il y a au Québec. Oui, il reste beaucoup à faire, mais l’implication des jeunes est cruciale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seuls <a href="https://statistique.quebec.ca/vitrine/15-29-ans/theme/citoyennete/participation-elections-provinciales" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">54 %</a> des jeunes de 18 à 34 ans votent alors que ce sont presque 80 % des aînés qui le font. Bien que nous soyons un bloc important de l’électorat et que nous allons devoir subir les impacts des décisions politiques, nous ne faisons pas assez sentir notre poids politique. En renonçant à être assis à la table, nous nous retrouvons sur le menu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes pas représentés à l’<a href="https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2275357/evolution-profil-type-deputes-quebec-1923-2022" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Assemblée nationale</a>, certes. Mais nous avons, pour la première fois en quatre ans, la chance de choisir les gens en qui nous avons le plus confiance pour dé fendre nos intérêts et les projets qui nous parlent, ceux que l’on veut voir charpenter notre Québec de demain. Ne laissons pas d’autres personnes décider pour nous et façonner notre avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous êtes de ceux qui sombrent dans le cynisme et qui veulent que leur vote ait un impact concret, j’ai également quelque chose pour vous. Après chaque élection, les partis politiques, peu importe leur taille ou leur notoriété reçoivent une allocation d’<a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/comprendre/comprendre-le-financement-politique/valeurs-principes-et-caracteristiques-du-financement-politique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Élection Québec</a> proportionnelle au nombre de votes qu’ils ont obtenus. Ceci vous permet alors de financer indirectement les idées que vous voulez voir davantage dans l’espace du débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aller voter, c’est simple, et vous avez toutes les raisons de le faire. J’espère que toutes les voix, comme la mienne, seront finalement entendues, que nous serons des visages plutôt que des statistiques. Parce que je suis plus que <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la femme sur trois</a> et que l’<a href="https://www.ledevoir.com/actualites/education/1005644/cette-ecole-deborde-elle-raison-trop-grand-nombre-nouveaux-eleves-issus-immigration" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigrante de deuxième génération</a> qui <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2278866/pspp-immigration-milliard-ghazal-ecole-quebec-seuils" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sature notre système</a>. L’heure est à l’écoute, au respect et à la transparence. Si nous nous mobilisons nous pouvons réellement changer notre pronostic. Le vote est un privilège, mais aussi une responsabilité. Le bien-être de tant de personnes en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 octobre, ne vous murez pas dans le silence, laissez-les nous entendre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-tyrannie-du-silence-vous-etes-tous-complices/" data-wpel-link="internal">La tyrannie du silence : vous êtes tous complices</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Un droit accordé, mais jamais entretenu</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[droits]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60902</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le manque de représentation électorale pour les Américains qui vivent à l’étranger</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/" data-wpel-link="internal">Un droit accordé, mais jamais entretenu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les élections de mi-mandat du Congrès américain arrivent vite. Si vous êtes un Américain qui habite à l’étranger, il est presque trop tard pour pouvoir voter à cette élection, qui aura lieu le 3 novembre 2026. En tant qu’Américain, ce sera la première fois que je peux voter. Ayant peur de manquer l’occasion, j’ai déjà entamé toutes les démarches il y a quelques mois. J’ai très vite découvert que la procédure est bien plus complexe qu’elle ne me semblait. Il existe un problème dans la relation des États-Unis avec leurs citoyens à l’étranger qui veulent voter: il n’y a personne au sein du gouvernement pour nous représenter. À cause de cela, le système électoral américain est trop compliqué et inefficace, ce qui diminue le taux de participation électorale à l’étranger, et réduit la représentation des expatriés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mauvaise structure</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, le problème se présente via le manque d’efforts de la part du gouvernement, qui conserve l’inscription électorale à l’étranger. Une procédure trop complexe – telle est la principale raison citée pour le manque de participation chez les citoyens à l’étranger. Pour voter de l’étranger, il faut d’abord s’inscrire avec le Formulaire 76, ou <em>Federal Post Card Application</em> (FPCA). Ce formulaire est à la fois une inscription et une demande de bulletin de vote qu’il faut renouveler chaque année dans de nombreux États. Or, comme le bulletin est reçu par courrier, il est possible qu’il arrive trop tard, voire jamais. Il est également possible qu’un Américain habitant à l’étranger oublie de renouveler sa demande de bulletin en présumant qu’il est toujours inscrit. Dans tous les cas, le citoyen perd sa chance de voter. De plus, ce dernier doit utiliser sa dernière adresse de résidence aux États-Unis, parce que c’est là que son vote est compté. En théorie, ces Américains ont un représentant – mais ce représentant est élu sur des enjeux locaux, par des électeurs qui vivent dans la circonscription. Éparpillés entre 435 circonscriptions, les Américains à l’étranger ne forment qu’une minorité négligeable dans une circonscription donnée, donc les représentants n’ont pas de motivation à entretenir leur engagement électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après un rapport au Congrès publié par le <em>Federal Voting Assistance Program</em> (<a href="https://www.fvap.gov/uploads/FVAP/Reports/RTC_2024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">FVAP</a>) en 2024, seulement 11% des Américains éligibles à l’étranger ont voté à l’élection de 2024, alors que le taux de participation général était d’environ 65 %. Cela veut dire que le taux de participation américain est environ six fois moins élevé à l’étranger – un chiffre minuscule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le droit de vote</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les droits de vote pour les citoyens américains habitant à l’étranger sont particulièrement inclusifs comparés aux autres pays. Par exemple, l’<a href="https://www.aec.gov.au/overseas/enrolment.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Australie</a> élimine de ses listes électorales les citoyens ayant l’intention de partir pour plus de six ans. Quant à l’<a href="https://www.citizensinformation.ie/en/government-in-ireland/elections-and-referenda/voting/right-to-vote/#b1156e" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Irlande</a>, elle ne permet simplement pas aux citoyens à l’étranger de voter, avec certaines exceptions. C’est cette comparaison-là qui met en lumière le cœur du problème : les États-Unis accordent le droit de vote à <a href="https://www.usa.gov/who-can-vote" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chaque citoyen – sauf </a>certains criminels –, mais le gouvernement ne met pas en place un système efficace pour entretenir ce droit. Il est important de noter que, contrairement à l’inscription au vote, l’obligation de déclarer ses revenus n’expire jamais chez les Américains, même s’ils habitent à l’étranger. Il existe donc une asymétrie entre la conservation de l’obligation fiscale et les droits électoraux, ce qui correspond ironiquement à la source de la revendication qui a fondé le pays : <em>« pas d’imposition sans représentation (tdlr) ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le système français et l’engagement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il existe des pays qui réussissent à représenter les citoyens habitant à l’étranger, notamment la <a href="https://www.elections.interieur.gouv.fr/comprendre-elections/comment-je-vote/francais-de-letranger-comment-votent-ils" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">France,</a> qui a un registre des Français établis hors du pays. Il suffit de s’inscrire une fois pour apparaître sur la liste électorale consulaire, sans expiration. Il existe alors <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070239/LEGISCTA000020936532/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 circonscriptions</a> hors de France pour ces citoyens, qui élisent chacune un député à l’Assemblée nationale. La différence principale entre les deux systèmes se trouve là : aux États-Unis, le citoyen doit conserver une relation avec l’État, alors qu’en France, c’est l’État qui la conserve, étant donné que le citoyen est inscrit à un registre. Parmi les Français situés dans ces circonscriptions,<a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-en-action/accompagner-les-ressortissants-francais/la-communaute-francaise-a-l-etranger-en-chiffres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 1 617 523</a> étaient inscrits sur les listes électorales le 1er janvier 2025, alors que le nombre de Français à l’étranger s’élevait à environ 2,5 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les élections législatives françaises de 2024, le taux de participation parmi les inscrits était de <a href="https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/legislatives2024/ensemble_geographique/index.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">66,71 %</a> au premier tour des élections. Toutefois, parmi ceux inscrits au registre électoral consulaire en 2024, 36 % (<a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/files/files/services/demarches-a-letranger/legislatives-anticipee-resultats_globaux_t1.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">573 950</a>) ont voté aux élections législatives, selon le <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/vie-administrative-et-elections/elections-a-l-etranger/consulter-les-resultats-des-elections-vote-des-francais-de-l-etranger/elections-legislatives-anticipees-2024-resultats-du-1er-tour" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ministère</a> de l’Europe et des Affaires étrangères. Par rapport à 65 % comme taux général et 11 % à l’étranger aux États-Unis, la France perd environ 46 % des électeurs à l’étranger, tandis que les États-Unis en perdent environ 83 %. Cette forte disparité de participation à l’étranger suggère qu’il existe une différence au niveau du système qui influence le comportement électoral des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les solutions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe déjà des propositions de loi jamais adoptées qui visent à améliorer la situation, comme <a href="https://www.govtrack.us/congress/bills/119/hr8561/text" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>The Commission on Americans Living Abroad Act</em>.</a> Cette législation a été proposée à plusieurs reprises depuis 2008 et créerait une commission chargée d’étudier comment les lois et politiques fédérales impactent les Américains à l’étranger. De plus, il existe un caucus – un groupement informel d’élus sans pouvoir législatif – qui a été fondé en 2007 afin de représenter les citoyens à l’étranger. Ce caucus soutient la proposition citée, mais il n’arrive pas encore à la faire adopter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, une solution idéale serait que les États-Unis adoptent la structure française dans sa totalité. Malheureusement, ce serait presque impossible à mettre en place, parce que pour ajouter de nouveaux représentants, il faudrait un amendement, ce qui est hautement improbable. Je pense qu’il faudrait d’abord proposer l’adoption d’une partie de la structure française – le registre des citoyens hors du pays –, permettant ainsi d’améliorer la communication et la cohésion avec les citoyens à l’étranger. Quant au gouvernement, il devrait ajouter un représentant sans droit de vote au Congrès, le même style de représentant qu’ont Porto Rico, Washington D.C., et les autres territoires américains sans statut d’État. Cette action pourrait mener à des changements dans la structure américaine et ne demanderait qu’une loi ordinaire. Même si ces types de représentants n’ont pas le droit de vote, ils pourraient au moins porter les intérêts des citoyens et élargir leur visibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, si un droit est accordé, il faut que le gouvernement prenne des mesures pour l’entretenir, et si l’obligation fiscale n’expire jamais, il doit en être de même pour l’inscription électorale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-droit-accorde-mais-jamais-entretenu/" data-wpel-link="internal">Un droit accordé, mais jamais entretenu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Attention : virage à droite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/attention-virage-a-droite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[radicalisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60906</guid>

					<description><![CDATA[<p>Atteintes aux mesures antidiscriminatoires et déradicalisation de la gauche radicale.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 10 août 2026, <em>The Atlantic</em> publie un <a href="https://www.theatlantic.com/magazine/2026/09/elite-academia-leadership-hypocrisy/687969/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> de Tyler Austin Harper qui provoque des remous dans les milieux intellectuels américains de gauche. Dans cette longue diatribe justifiant sa démission, l’ancien professeur d’études environnementales à l’université Bates, dans le Maine, dénonce « <em>l’insupportable hypocrisie du monde académique d’élite (tdlr</em>) ». Au cœur de ses lamentations, le « racisme » occasionné par les mesures d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les universités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les mesures d’EDI sont-elles vraiment racistes?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lui-même une personne racisée, Tyler Austin Harper remet en question le processus d’embauche qui lui a permis d’accéder à la prétitularisation dès la fin de son doctorat : « <em>Je n’aurais probablement pas eu l’emploi si ce n’était pour la couleur de ma peau</em>. » Cette paranoïa autour des mesures d’EDI rejoint les inquiétudes de la droite américaine, qui <a href="https://abcnews.com/Politics/trumps-missing-point-dei-meritocracy-experts/story?id=117975699" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voit</a> cette volonté de pallier aux injustices sociohistoriques comme une atteinte aux valeurs méritocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adrien Peyrache, professeur agrégé à l’Université McGill et codirecteur de l’ancien comité d’EDI de l’Institut Hôpital neurologique de Montréal (<em>Neuro EDI committee</em>), trouve Tyler Austin Harper « très sévère ». Selon lui, même s’il a pu y avoir quelques erreurs au cours de leur implémentation, les mesures d’EDI demeurent «absolument nécessaires ». Il met en lumière le « biais implicite » qui s’introduit chez les étudiant·e·s qui côtoient, comme c’est souvent le cas, un corps professoral majoritairement composé « d’hommes blancs » et qui en déduisent implicitement que « ce corps de métier […] ne [leur] est pas accessible ». Il rappelle d’ailleurs l’importance de prendre en compte les perspectives étudiantes lors de prises de décisions de ce genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, selon Harper, l’hypocrisie ne se limite pas au racisme des mesures d’EDI, mais englobe également la négligence de la direction à l’égard des enjeux économiques qui touchent les populations universitaires. Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux « vrais » problèmes, tels que l’exploitation du personnel et l’augmentation des frais de scolarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa vision s’inscrit dans la lignée marxiste qui <a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/critique-pol-economy/preface.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">distingue</a> la base économique – les modes et les relations de production – de la superstructure d’une société – ses idéologies, ses institutions, sa politique, sa culture, etc. À ses yeux, la superstructure est principalement la réflexion de la base économique. Par conséquent, les enjeux économiques constituent la force motrice des changements sociétaux et devraient donc être prioritaires par rapport aux paradigmes culturels. Ainsi, les mesures visant à réduire les inégalités structurelles au sein de l’université en changeant les curricula et en diversifiant la composition des employé·e·s sont considérées comme futiles si Bates ne s’attelle pas en premier lieu à l’exploitation économique de son corps étudiant et professoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le théoricien et sociologue Stuart Hall <a href="https://chooser.crossref.org/?doi=10.2307%2Fj.ctv1j9mjwm.7" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">met en garde</a> contre cette séparation entre la base économique et la superstructure d’une société, les considérant plutôt comme interreliées. Il conteste leur relation de cause à effet et les conçoit plutôt comme un tout complexe, au sein duquel les idéologies construisent elles-mêmes un cadre de pensée et peuvent ainsi, de manière autonome, contribuer à renverser les conditions matérielles d’une société. De cette façon, les changements de curricula, à Bates et ailleurs, ne devraient pas être considérés comme une cause distincte de la lutte pour une plus grande équité économique au sein de l’université. Ils peuvent au contraire eux-mêmes contribuer à des transformations structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tyler Austin Harper s’égare donc lorsqu’il démonise les mesures d’EDI et les définit comme des moyens de distraire des véritables enjeux économiques. Plutôt que de séparer ces deux combats, il gagnerait à percevoir ces luttes comme étant complémentaires et s’entretenant mutuellement pour mener à bien des changements sociétaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une déradicalisation de la gauche radicale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En critiquant ces mesures et en créant une distance avec la frange de la gauche qui les promeut et qui est considérée comme trop « <em>woke</em> » et performative, Harper s’inscrit dans la tendance actuelle de déradicalisation qui émerge au sein de la gauche radicale. En effet, il cherche clairement à se départir de ce qu’il voit comme les dérives du mouvement <em>woke</em> des dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette prise de distance par rapport au progressisme a également été adoptée par de nombreux politiciens historiquement de gauche qui préfèrent aujourd’hui se rapprocher d’idéaux et de préoccupations plus centristes. Par exemple, aux États-Unis, la politicienne Alexandria Ocasio Cortez ne semble plus se positionner dans la mouvance radicale à laquelle elle s’identifiait précédemment. Elle est allée jusqu’à prendre ses distances avec la période des années 2020 caractérisée par l’essor du mouvement <em>Black Lives Matter</em>, aussi surnommée « <em>Woke 1.0</em> », la qualifiant de « <em><a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">folle</a></em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pour lui, les mesures antidiscriminatoires ne sont qu’une façade qui permet à Bates de maintenir une image progressiste sans s’attaquer aux “vrais” problèmes»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve face à un progressisme jugé trop radical est probablement due à sa volonté de modérer son discours pour attirer plus d’électeurs. En effet, alors que la prochaine course à la Maison-Blanche se rapproche, cette parlementaire dont on suppose des ambitions présidentielles <a href="https://www.nytimes.com/2026/08/12/style/woke-1-aoc-dsa.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble</a> voir un décalage vers le centre comme un moyen d’élargir sa base électorale. Le calcul est simple : après avoir gagné la confiance des électeurs de gauche plus radicaux, elle s’adresse vraisemblablement désormais à ceux plus dubitatifs face à son progressisme habituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le maire new-yorkais Zohran Mamdani, après avoir mené l’an dernier une campagne qui mettait de l’avant un socialisme démocratique radical et la primauté des services sociaux et communautaires, est désormais <a href="https://www.nytimes.com/2026/06/12/nyregion/dsa-mamdani-pushback.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">prêt à faire des concessions</a> en ce qui a trait à la police. Alors qu’il avait promis de révolutionner la sécurité publique et d’amorcer une réduction du budget de certaines franges du service de police de la ville de New York, plusieurs groupes militants sont déçus par sa décision récente de plutôt augmenter son effectif de 580 officiers et sa collaboration étroite avec la commissaire de police technocrate Jessica Tisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, ce décalage vers le centre de la part de politicien·ne·s socialistes n’est pas une nouvelle affaire. La déradicalisation de la gauche canadienne avait déjà fait les manchettes lorsque le Nouveau Parti démocratique (NPD), sous Thomas Mulcair, s’était mis à peu à peu <a href="https://utppublishing.com/doi/10.3138/9781487554606.007" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">délaisser sa fibre progressiste</a> pour attirer plus d’électeurs dans le but de remporter les élections fédérales de 2015. Alors que le NPD siégeait auparavant en tant qu’opposition officielle et semblait par moments en voie de remporter les élections, ces mêmes élections relèguent ses députés au troisième rang, témoignant ainsi de l’importance de l’électorat de gauche radicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste désormais à voir si Avi Lewis, <a href="https://www.npd.ca/nouvelles/avi-lewis-est-le-chef-elu-du-npd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gagnant de la course</a> à la chefferie du NPD au printemps dernier, saura tirer des leçons des erreurs passées de son parti et combler le vide actuel sur la scène politique canadienne en ce qui a trait à une véritable offre électorale de gauche. Un enjeu auquel il devra assurément faire face est celui de demeurer à la hauteur des attentes de ses électeurs, le tout à une heure où la gauche elle-même est de plus en plus divisée, entre les plus radicaux qui se sentent délaissés au profit de calculs électoraux et les plus méfiants qui, comme Tyler Austin Harper, craignent les dérives d’un projet trop progressiste.</p>
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		<title>Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[automobiles]]></category>
		<category><![CDATA[dépendance]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60874</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dépendance à la voiture et son permis.</p>
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<p class="has-text-align-left has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans un monde valorisant l’individualité, le confort et l’efficacité personnelle, la voiture trouve toute sa place. Alors que près de <a href="https://www.transitionsenergies.com/combien-voitures-monde/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,4 milliard d’automobiles</a> rouleraient sur le globe, il est devenu plus que nécessaire, par souci écologique et relationnel, de trouver un moyen alternatif de déplacement. Aussi, si importante soit-elle, son permis est même devenu un document d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le délaissement du social au profit de l’individualisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat d’une société surconsommatrice, la voiture, popularisée par <a href="https://www.vrm.ca/capsule-thematique-comprendre-la-dependance-a-lautomobile-facteurs-impacts-et-perspectives/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Occident</a> comme symbole de liberté, a développé chez l’être humain une dépendance exagérée, ce dernier se confinant volontairement chaque jour dans une caisse de fer sur roues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’humain, pourtant essentiellement sociable, perd progressivement ses occasions de rencontres et s’enfonce dans son isolement. D’autant plus que le gouvernement n’aide pas : en France, le permis s’obtient maintenant à <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/le-permis-de-conduire-possible-a-partir-de-17-ans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">17 ans</a>, au Canada à <a href="https://saaq.gouv.qc.ca/permis-conduire/obtenir-permis/auto-classe-5" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 ans</a> et au Dakota du Sud aux États-Unis, on peut apprendre à conduire <a href="https://www.sd.gov/cs?id=kb_article_view&amp;sysparm_article=KB0043705&amp;sys_kb_id=ac66f2f0874e0b54e0410f28cebb35c9&amp;spa=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dès ses 14 ans</a>. En baissant l’âge de l’obtention du permis, l’isolement apparaît de plus en plus tôt. Démodés sont les transports en commun où l’on retrouvait ses camarades de classe, ses amis, ou même ses voisins, faites place au moyen de locomotion égocentrique et <a href="https://ressources-naturelles.canada.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/oee/pdf/transportation/fuel-efficient-technologies/autosmart_factsheet_6_f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ultra-polluant</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Im</em>-permis de conduire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bien que la voiture émancipe des millions de personnes chaque jour, le permis de conduire est devenu aujourd’hui un outil de discrimination sociale. Les catégories déjà minoritaires et exclues de la société sont – à nouveau – visées. En février 2026, par exemple, dans l’État du Kansas aux États-Unis, <a href="https://lactualite.com/actualites/deux-hommes-transgenres-poursuivent-le-kansas-pour-invalidation-de-leur-permis/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux hommes transgenres</a> se sont plaints face à une nouvelle loi invalidant le permis de conduire, car il reflèterait l’identité de genre et non pas le sexe attribué à la naissance. Cette mesure déshumanisante n’affecte sûrement pas seulement les États-Unis. <a href="https://www.theguardian.com/world/2015/jan/09/transgender-people-russia-banned-driving-legal-amendment-dmitry-medvedev" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En Russie</a>, un amendement interdit aux personnes transgenres de conduire, et on pourrait s’attendre à voir de telles mesures prises par la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/societe/905506/reculs-droits-personnes-lgbtq-denonces?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Hongrie ou le Ghana</a> par exemple, où les lois reculent, discriminant et harcelant davantage les personnes transgenres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement, le refus d’accorder ou le non-renouvellement du permis de conduire restreint la liberté de mobilité de ces personnes-là, mais quelquefois, il représente le seul document d’identité qu’elles possèdent, les empêchant alors de voter. L’électorat est ainsi manipulé et transformé pour favoriser les candidats conservateurs et réactionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Choix capitaliste ou écologique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, plus qu’un document administratif, le permis de conduire est perçu comme un rite de passage vers l’âge adulte dans les sociétés occidentales. Il est même souvent <a href="https://www.ohrc.on.ca/fr/foire_aux_questions/un-employeur-peut-il-me-demander-un-permis-de-conduire-lorsque-je" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exigé pour postuler</a> dans de nombreux secteurs, devenant à <a href="https://www.le-code-dekra.fr/actualites/2020/12/30/le-permis-de-conduire-est-il-indispensable-pour-trouver-un-travail-/id/4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nouveau discriminant</a>. Surtout que les coûts de l’essence, des assurances, et simplement des écoles de conduite, ne cessent d’augmenter. Certaines personnes sont alors isolées involontairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se pose alors un dilemme quant aux pseudo-volontés des gouvernements : veulent-ils rendre la voiture réellement accessible à tous les marginalisés de la société (ruraux, familles à faibles revenus, transgenres) ou bien privilégier les transports en commun, pour renforcer les liens sociaux et réduire l’impact écologique, en mettant en place plus de lignes de bus, trains, vélos de ville publics?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de notre devoir de trouver des alternatives et de ne pas se laisser avoir par la facilité du déplacement individuel. Et dans un monde où un outil présenté comme figure de l’affranchissement a finalement dominé et écrasé les interactions sociales, il faudrait repenser les systèmes pour favoriser les interactions sociales et continuer à sensibiliser la population vis-à-vis du danger du réchauffement climatique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/outil-demancipation-ou-vecteur-dexclusion/" data-wpel-link="internal">Outil d’émancipation ou vecteur d’exclusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Sommes-nous ingrats?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/sommes-nous-ingrats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Aviat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 00:54:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[devoir]]></category>
		<category><![CDATA[ingratitude]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les étudiants doivent-ils quelque chose à leurs parents?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il est des étudiants qui attendent avec hâte de rentrer chez eux après une année épuisante de travail, d’activités et d’interactions sociales. Tant mieux pour eux. D’autres n’ont aucune appréhension vis-à-vis de ce retour, mais ne décomptent pas forcément les minutes jusqu’à ce moment-là. Mais il y a aussi des étudiants qui n’ont pas envie de rentrer passer quatre mois chez eux, de retourner vivre avec leurs parents, frères, sœurs, dans la routine qu’ils cherchaient tant à quitter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs personnes de mon entourage, principalement les étudiants internationaux, redoutent la fin de l’année scolaire et le retour à la maison. Après avoir passé plus de huit mois loin de leurs parents et avoir découvert un nouveau monde, de nouvelles personnes, une nouvelle culture, et s’être enfin émancipés de leur famille, il peut sembler ennuyeux de rentrer. Comme si l’on régressait sur l’échelle de l’indépendance, que l’on revenait en arrière à un état plus familier, inférieur à celui dans lequel on avait évolué. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, une fois rentrés chez nous, on redécouvre notre chambre, les dynamiques familiales, les tâches quotidiennes… et on a tendance à les faire à contrecœur. Ayant moi-même vécu dans cette situation, je me suis observée, de mauvaise humeur, rechignant à aider ou à faire une quelconque besogne dont je m’étais enfin affranchie cette année. Alors, immédiatement, je me suis sentie ingrate. Ingrate, car l’année incroyable que je venais de passer, je pensais la leur devoir, presque la leur <em>rembourser</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Rembourser</em> ses parents </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis donc demandé si nous, les <em>enfants</em>, devions quelque chose à nos parents. Pour beaucoup d’entre nous, c’est tout de même grâce à eux que nous sommes ici. La question économique de nos études, celle qui nous tracasse tant et nous fait ressentir le devoir de rembourser nos parents est un délire économique, elle n’a rien à voir avec l’objectif primordial universitaire qu’est l’apprentissage. Devons-nous être reconnaissants envers nos parents de nous avoir nourris? Car élever un enfant représente un coût financier. Alors, pourquoi les études devraient-elles être traitées différemment de l’alimentation, qui constitue la première fonction parentale? Le devoir d’éduquer son enfant est aussi fondamental que celui de le nourrir. Et c’est normal, nous ne leur devons rien de cela. Cependant, au Québec, à la suite de l’école obligatoire jusqu’à ses 16 ans, il est commun que les parents considèrent que l’enfant doive payer son éducation, grâce à un travail extrascolaire. Déjà considéré adulte, il serait de sa responsabilité de s’éduquer soi-même. Mais laisser à ses enfants la charge de s’autofinancer me semble plutôt inconscient et déraisonnable de la part des parents. L’éducation est le moyen maître de l’élévation de la conscience. Elle ne doit pas imposer une charge à l’enfant. Nous ne la devons pas à nos parents. Nous n’avons pas demandé à venir sur Terre. Le seul devoir qu’exige le rapport parent-enfant, c’est le respect et l’amour partagé. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à être artisan de sa vie, [ à ] se construire soi-même »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ressentir le devoir de rembourser ses parents signifie probablement que l’on a une gêne face à l’argent, et il faut s’en détacher, car il ne garantit en rien la réussite ou le bonheur. L’argent est un moyen, non pas une fin. La fin, soit l’objectif, c’est que nous soyons instruits et cultivés, et que nous puissions penser par nous-mêmes. Le moyen, cela peut être des études un peu coûteuses. Nous ne sommes donc pas dans la nécessité d’une reconnaissance matérielle, il n’est cependant pas étonnant que l’on puisse penser cela, car l’échange marchand est désormais au cœur des transactions sociales de la société. Je suis étudiante à McGill, et j’ai pu choisir l’institution dans laquelle j’ai décidé d’étudier, cela, je le reconnais. Mais il y a eu un contrat marchand sur lequel je n’ai pas eu de pouvoir, car ce n’est pas moi qui l’ai payé. Donc je le devrais à mes parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Appartenir à soi-même </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, ce n’est pas que l’enfant ne doive rien à ses parents, mais plutôt, qu’<em>il n’appartient qu’à lui-même</em>. Il va se construire dans son rapport au monde, mais au début, son monde, c’est sa famille, les gens qu’il fréquente tous les jours, et cela va l’influencer grandement. Alors, il croit devoir suivre un certain chemin que sa famille, qui est son premier groupe d’appartenance, aurait dessiné pour lui. Généralement, selon les mœurs et les coutumes spécifiques à chacune, il doit <em>ressembler</em> à celle-ci, l’enfant devenant le désir des parents. Mais une bonne éducation nous amène à être capables de nous distinguer et de ne pas nous conformer à ce que notre famille voulait faire de nous. Une éducation qui va servir à s’émanciper, à évoluer, à se prendre en main, à être artisan de sa vie; avec bien sûr des difficultés, des vicissitudes, des joies et des peines. Mais une éducation pour se construire soi-même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes donc pas produits par nos parents, mais nous nous construisons nous-mêmes. Nous sommes certes le fruit de leur copulation, et nous héritons de leurs traits génétiques, mais notre vie est la nôtre, pas la leur. Ils ont joué un rôle essentiel pour commencer notre vie, mais progressivement, nous sommes devenus des êtres réfléchissants et autonomes, en pleine capacité de construire nous-mêmes notre destin. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, en mai, après avoir passé une année libérée des contraintes familiales, nous, les étudiants affranchis, ne voulions plus rentrer chez nous. On s’était émancipés de notre famille : <em>On avait enfin commencé à sentir qu’on appartenait à nous-mêmes.</em> Jean Piaget, un biologiste et psychologue suisse, expliquait qu’un enfant n’est, ni un être inné, ni un être influençable, mais quelqu’un qui va se construire et progressivement dans le rapport aux autres et notamment dans la confrontation, dont celle avec ses parents. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, cette <em>croyance</em> trompeuse, dans laquelle un enfant pense devoir quoi que ce soit à ses parents, est inexacte. Nous devons nous <em>convaincre</em> que nous n’appartenons qu’à nous-mêmes. Mon grand-père disait souvent « Je ne suis pas dans la croyance, je suis dans la conviction » celle qu’on étaye par des lectures, des réflexions, et surtout par les études que l’on va suivre. Celle que nous ne devons pas à nos parents, si ce n’est en leur accordant une grande reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’épidémie de la nonchalance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lepidemie-de-la-nonchalance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[nonchalance]]></category>
		<category><![CDATA[relations humaines]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour en finir avec l’insouciance de façade et embrasser pleinement l’authenticité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’un des travers de notre génération est la tendance à adopter une attitude indifférente face à la vie. La nonchalance est devenue une forme de protection, où on minimise tout ce que l’on ressent : on cache ce qui pourrait nous atteindre et on évite de trop s’exposer. En paraissant insouciant, on garde le contrôle, puisque personne ne peut utiliser contre nous ce dont il ne mesure pas l’importance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est devenus profondément préoccupés par le regard des autres, au point d’ajuster nos réactions en permanence. Même dans des situations anodines, comme trébucher dans la rue, il faudrait rester nonchalant pour paraître cool et maître de soi, comme si de rien n’était. Mais pourquoi ne pas simplement en rire? Pourquoi a‑t-on ce réflexe de tout lisser, de tout contrôler, au lieu d’assumer pleinement des réactions humaines?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même logique s’applique aux relations : avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de rencontre, nos interactions semblent devenir de plus en plus calculées, presque stratégiques. On hésite à exprimer ce que l’on ressent vraiment, parce qu’on ne sait jamais ce que l’autre pourrait en penser. On craint de se montrer vulnérable, donc on ajuste et on réécrit. Dans nos messages, on pèse chaque mot, on mesure chaque silence. On veut éviter d’en dire trop, de paraître trop investi, comme si le simple fait de ressentir pleinement était un risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de craindre d’être « trop » – trop sensible, trop sincère – on finit par se taire. Je me suis souvent repliée sur moi-même, par peur d’être trop intense, trop envahissante. Avec le temps, j’ai appris à garder mes pensées pour moi, à mettre de la distance avec les autres. Mais si tout le monde faisait pareil, que resterait-il de l’élan partagé, de la passion exprimée sans retenue?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si une personne a changé votre vie en mieux, si elle vous rend plus heureux que vous ne l’ayez jamais été, si elle a fait preuve de patience et de bienveillance, elle mérite de le savoir, simplement, sincèrement. Et la même chose vaut pour d’autres aspects de la vie : ne soyez pas nonchalants à propos de ce qui vous passionne. Célébrez votre travail acharné, soyez fiers de vos réussites. Apprenons à dire ce que l’on ressent, à offrir des compliments et à exprimer notre amour. Ce n’est ni excessif ni honteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’embarras ne devrait jamais nous réduire au silence. On ne perd rien à partager de l’affection et de la joie, mais on ne peut que regretter de ne pas l’avoir fait. Ne nous privons pas du bonheur pour nous protéger d’une douleur potentielle, et cessons de nous contenter de vivre dans des peurs inventées de toutes pièces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Montrer ce que l’on ressent n’est pas une faiblesse. Être honnête n’est pas une marque de vulnérabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aimons sans retenue. Applaudissons ouvertement. N’ayons pas peur d’être sincères. Rejetons l’idée de rentrer dans le moule des tendances nonchalantes. Soyons fiers et reconnaissants de ce que nous avons la chance de recevoir.</p>
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		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En fin de compte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La cassette commence à être usée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse au journal <em/>The Concordian</em> et à l’économiste Moshe Lander.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-cassette-commence-a-etre-usee/" data-wpel-link="internal">La cassette commence à être usée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Cette fois-ci, c’est la bonne. Je promets de quitter l’équipe éditoriale du Délit après cet article, qui contrevient à toutes les conditions ayant permis mon retour. Dommage. Mais je ne pouvais pas, en bonne conscience, m’empêcher de répondre aux âneries véhiculées dans le <a href="https://theconcordian.com/2026/03/costs-quebec-referendum-eric-girard-parti-quebecois/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Concordian</a> par un prétendu économiste à l’endroit des conséquences économiques d’un éventuel processus référendaire. Toujours la même cassette, le même discours fatigué, démystifié mille fois par de vrais intellectuels de toutes les époques. Je me demande comment cet article s’est échoué en Actualités, alors qu’il est dépourvu du moindre fait démontrable. Mon article a beau être classé comme une opinion, il est strictement factuel ; je voulais simplement avoir la liberté d’utiliser toutes les invectives nécessaires.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Montrez-moi un économiste qui pense que c’est [l’indépendance du Québec, ndlr] une bonne idée, et je vous montrerai un économiste au chômage.<br>-MOSHE LANDER</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Omettre de joindre des données concrètes à un argumentaire illégitime rend celui-ci intemporel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son entrevue, M. Lander, un habitué de la télévision de langue anglaise (et économiste à ses heures), recopie plus ou moins habilement le <em>modus operandi</em> d’une infinité de « dépendantistes » avant lui. L’épouvantail de la peur d’un effondrement économique d’un Québec souverain qu’il dresse sera toujours le plus imposant dans l’imaginaire collectif des électeurs. Il inspire un niveau d’incertitude tellement étouffant que nous nous en remettons à de supposés experts pour nous prédire le futur de notre nation, sans penser à remettre leurs sordides mensonges en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de la décote</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Première gaffe intellectuelle (in)volontaire du <em>Concordian</em>. En trente secondes de recherches plus ou moins rigoureuses, il aurait pu comprendre les réelles causes de la décote du Québec par la Standard and Poor’s (S&amp;P) – qui n’a absolument rien à voir avec la recrudescence de l’intérêt des Québécois envers la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Girard, avant de blâmer un potentiel référendum pour ses propres méfaits, avait affirmé sans gêne en avril 2025 que cette décote n’aurait aucun impact sur la population et qu’elle était parfaitement insignifiante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La S&amp;P elle-même justifie la baisse en mentionnant la hausse fulgurante des dépenses publiques combinée à une croissance effarante de la dette sous la gouverne de la CAQ. Un journal incapable de lire les journaux, ça commence bien un article. Bien qu’il présente brièvement les récriminations du Parti québécois, le <em>Concordian</em> diffuse tout de même les propos complètement mensongers du ministre Girard, dans l’espoir peut-être que certains les méprennent pour la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de l’économie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laisser planer le doute en présentant une fausseté comme une réalité ambivalente, soit. Pas très éthique, mais rien de réellement détestable. Cependant, le <em>Concordian</em> dépasse les bornes lorsqu’il rapporte, supposément de manière totalement objective, que les référendums ont plongé le Québec dans un marasme économique dont les effets diminuent à ce jour notre qualité de vie. Encore une fois, aucune donnée, rien d’empirique. Ce serait trop demander.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me faut contrecarrer les propos de M. Lander en deux temps. En premier lieu, absolument aucune donnée macroéconomique n’indique une crise financière d’une quelconque ampleur, le Québec ayant vu sa croissance économique se maintenir et même bondir dans la décennie suivant le référendum de 1995. Depuis cette date fatidique énoncée dans l’article, le <a href="https://policyoptions.irpp.org/fr/2025/10/le-quebec-depuis-1995-recul-ou-progres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PIB réel du Québec</a> a crû de 42 % (contre 34 % pour le reste du Canada), le <a href="https://www.stats.gov.nl.ca/Statistics/Topics/labour/PDF/UnempRate.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de chômage</a> chutant de 6,1 % (contre 3,1 % pour le Canada), tout comme le <a href="https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250501/dq250501b-eng.htm?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">taux de pauvreté</a>, ayant atteint 7,4 % en 2023 (contre 10,2 % pour le Canada). Qui plus est, le Québec n’a cessé de voir augmenter son taux d’alphabétisation et d’accès aux études supérieures, faisant de lui un point central d’innovation en Amérique du Nord pour une pléthore de secteurs technologiques de pointe (IA, aérospatial, biomédical, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté social, le Québec vient d’être nommé <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">province la plus heureuse</a> par une marge considérable sur le reste du Canada. De plus, tous les indices <a href="https://www.csls.ca/reports/csls2025-03.pdf?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(inégalités, développement humain, satisfaction de vie, etc.)</a> pertinents abondent dans le sens d’une supériorité du Québec pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants. La province-aspirante-pays peut aussi se targuer d’avoir un des systèmes sociaux (garderie, santé, assurance parentale/chômage) les plus développés dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, absolument aucune donnée empirique ne corrobore l’affirmation présentant le Québec comme une destination abandonnée par l’immigration – surtout pour ce qui est des secteurs professionnels. Bien que les référendums aient causé un exode d’une certaine minorité linguistique vers les autres provinces canadiennes, le Québec n’a jamais cessé d’être une destination de choix pour la francophonie internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai l’impression que cet article devient une banale présentation de faits économiques simples, mais comment faire autrement? Je ne vois aucune autre façon de répondre à des mensonges pourtant archi-convenus, qui font de l’infériorité du Québec un fantasme et l’attribuent directement à la volonté du peuple à se libérer d’un oppresseur pétrolier néocolonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">« Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question du coût de la démocratie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Lander présente ensuite son plus brillant argument en défaveur de l’indépendance du Québec. Supposément qu’il faudrait renoncer à l’autodétermination parce que la tenue d’un référendum engendrerait un coût supplémentaire exorbitant pour l’État; on parle de 144 millions de dollars (selon moi, une surestimation bancale) provenant de l’argent des contribuables. Vraiment? Le coût de la démocratie comme argument contre la démocratie? Peut-être que, suivant cette logique, on pourrait organiser des élections tous les dix ans? Tous les 20 ans? Et pourquoi pas jamais! On épargnerait un beau petit pactole!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Franchement, on est sur de la propagande de bas étage. Même si on s’en tient à l’estimation de 144 millions, la dépense ne représente que 0,0865 % des revenus annuels de l’État québécois… une jolie aubaine pour une liberté convoitée depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question des négociations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne faites pas l’indépendance, c’est trop compliqué pour vous!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une solution viable et libératrice pour plus d’une trentaine de nations depuis 1980, mais pas pour le Québec, bien sûr. L’article présente la province comme absolument dépourvue de tout pouvoir de négociation, attachée à sa dette et à des infrastructures fédérales coûteuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à se demander qui a payé pour Valcartier, les autoroutes, les ports, les ponts… Le Québec est le deuxième plus important contributeur aux revenus fiscaux du Canada, et a financé une infinité d’initiatives contraires à ses intérêts (lire ici l’industrie gazière/pétrolière). Nous sommes une nation riche, éduquée, productive et progressiste, mais nous serions supposément incapables de mettre nos ressources de l’avant pour négocier avec le Canada (voie maritime du Saint-Laurent, ressources naturelles, industries et technologies). Je n’y crois pas un instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité est que nous sommes – géographiquement et économiquement – absolument essentiels au Canada, et qu’il ne déploie ses honteuses fabrications que pour nous convaincre de notre petitesse et de notre incompétence. Le Québec n’aura aucun mal à pérenniser sa vitalité, enfin délesté de l’appareil fédéral qui l’enlise dans une dette monumentale. Il pourra contrôler sa politique fiscale, et démanteler une énième invention de M. Lander quant à l’augmentation des taux d’imposition sur les Québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de plus simple pour effrayer les masses que leur faire croire qu’on s’attaque à leur portefeuille, à leurs impôts, à leur stabilité. Le confort (et la menace de le perdre) sera toujours l’ennemi du changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de l’emploi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus d’être carrément impertinent, M. Lander fait preuve d’un impressionnant dédain envers les Québécois. Sa supposition selon laquelle tout économiste défendant la libération du Québec est un chômeur déguisé est vomitive. On ressent tout le dédain coutumier d’un détestable sujet de Sa Majesté, bien coiffé pour un segment à la CBC ou à CTV <em>in english only</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Connaît-il Jacques Parizeau? Un économiste doctorant à la <em>London School of Economics </em>; ministre des Finances et ancien premier ministre du Québec? Il avait un plan clair, une vision économique fondée sur les chiffres et les faits, combinée à une réelle volonté de voir le Québec s’accomplir pleinement dans tous les domaines en accédant à son indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne doit pas manquer de chômeurs chez les économistes, j’en conviens. Mais peut-être bien que certains mériteraient cette situation plus que d’autres.</p>
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		<title>En grève contre le pourboire!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Owen Roberts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[commerces]]></category>
		<category><![CDATA[finances personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[pourboire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons assez payé. Nous manifestons contre les pourboires – vous venez ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/" data-wpel-link="internal">En grève contre le pourboire!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Vous avez commandé un latté et il est temps de payer. Le barista tourne le terminal vers vous et vous êtes confronté à votre dilemme quotidien. Est-ce que vous donnez un pourboire? Si oui, combien? 5 %, 18 %? Pourquoi pas 25 %? Vous sentez la tension dans le regard du barista, qui ne vous empêche pas de penser que préparer votre latté, c’est son rôle. S’il ne le fait pas, il sera viré de toute façon! Il ne devrait pas s’attendre à ce que je paie son salaire, alors pourquoi le fait-il? Vous avez raison. Le pourboire est un système inefficace, et il n’est pas de notre responsabilité de payer les salaires des inconnus. C’est pour ça que je propose une manifestation contre les pourboires. Vous venez?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pourboire est une coutume presque exclusivement attribuable aux États-Unis et au Canada, adoptée après la prohibition à cause de faibles salaires dans le secteur du service. Le résultat est qu’aujourd’hui, nous sommes sous l’obligation morale de donner environ 18 % du prix de nos factures à nos serveurs. Les Européens qui arrivent à Montréal ne sont pas habitués à la coutume du pourboire. En général, ils n’en donnent pas au début (pensez à un McGillois britannique ou français). Mais, après avoir été harcelés et agressés par des barmans, des baristas et d’autres travailleurs de l’industrie, ils apprennent vite qu’il faut s’assimiler – ou être détesté. À cause des situations comme celles que je vous ai présentées, <a href="https://montreal.citynews.ca/2026/03/17/canada-survey-2026-tipping-culture-h-and-r-block/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">67 %</a> des Canadiens disent qu’ils veulent abolir le pourboire, selon un sondage réalisé par H&amp;R Block Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La force qui nous fait payer le pourboire n’est pas policière, ni contractuelle ni légale : nous nous imposons à nous même ce jugement. Il existe une autre force inquiétante, soit l’influence qu’a le pourboire du consommateur sur le serveur. Dans notre système actuel, les serveurs ont intérêt à être gentils avec leurs clients, même quand les clients ne le méritent pas. La pression de l’argent sur le serveur pourrait le forcer à subir des abus, parce que s’il ose tenir tête à ses tortionnaires, il gagne moins d’argent. Dans notre système, n’importe qui pourrait s’asseoir et maltraiter un serveur. Ce dernier, sans ses pourboires, est forcé de voir le pouvoir financier rester dans les mains du propriétaire de l’entreprise. La destruction du système de pourboires obligatoires ne pourra qu’améliorer la sécurité et la santé des serveurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pourrions défendre le pourboire aux États-Unis parce que le salaire minimum fédéral pour les serveurs y est risible, à <a href="https://www.dol.gov/agencies/whd/state/minimum-wage/tipped" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,13</a> dollars américains l’heure. Au Québec, le minimum pour les serveurs est à <a href="https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/conditions-travail/salaire-paye/salaire/salaire-au-pourboire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12,90</a> dollars l’heure, tandis que le salaire minimum général est de<a href="https://globalnews.ca/news/10610373/canada-tipping-culture-pressure/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16,10</a> dollars. C’està-dire qu’aux États-Unis, les serveurs ont besoin des pourboires pour survivre, alors qu’au Canada, le besoin n’est pas tant existentiel. La plupart du monde occidental, notamment l’Europe et l’Australie, n’exige pas les pourboires. Il existe manifestement un système où les entreprises paient leurs employés assez pour assurer leur bien-être sans dépendre des pourboires – alors pourquoi ne pas l’introduire ici? La vie pourrait être plus simple, plus efficace, et surtout moins chère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il est regrettable que notre monde ne soit pas parfait ni toujours égal, mais il faut sans relâche viser à l’améliorer. Si nous arrêtions de payer les pourboires, nous pourrions avoir plus de transparence avec les entreprises, moins de tension dans notre quotidien et plus d’argent dans nos portefeuilles. Joignez-vous à moi, la manifestation commence dès aujourd’hui. Bon courage à tous!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/en-greve-contre-le-pourboire/" data-wpel-link="internal">En grève contre le pourboire!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Une génération jetable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hannah Bigiolli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours d’écriture de chroniques journalistiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[consumérisme]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[individualisme]]></category>
		<category><![CDATA[nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[transaction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quel sera le prix d'une ère où chaque aspect de notre vie est jetable?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/" data-wpel-link="internal">Une génération jetable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">N’avez-vous jamais rêvé de vivre à l’époque de vos grands-parents, quand la vie était plus simple et les journées plus lentes? C’est un sentiment assez compréhensible vu l’état de notre monde moderne, essoufflant et éphémère. En raison du capitalisme et du consumérisme, un retour à cette vie d’antan semble impossible : la mode jetable, des produits et des emballages à usage unique, et des relations fondées sur ce même mode de consommation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une consommation coûteuse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mode, qui était auparavant une expression du style personnel, est maintenant contrôlée par une alliance de compagnies et d’influenceurs. Par le passé, l’achat des vêtements était un choix conscient; les tenues étaient fabriquées pour durer des dizaines d’années et étaient associées à des souvenirs et une certaine sentimentalité. Les tendances actuelles, notamment sur les réseaux sociaux, encouragent la production et l’achat de vêtements de mauvaise qualité. Aujourd’hui, les goûts culturels sont <a href="https://www.ellequebec.com/societe/reportages/quand-lintelligence-artificielle-redefinit-la-mode" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dictés par des algorithmes</a>. Il est devenu impossible de confirmer les taux de consommation et d’adoption des tendances, car ils changent trop rapidement. Les vêtements qu’on achète sont portés en moyenne sept à dix fois, puis sont jetés et remplacés par d’autres pièces à bas prix. Cela montre comment l’affirmation de soi est devenue une pratique insensée pour contribuer à la surconsommation effrénée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, chaque transaction commerciale à laquelle nous prenons part vient avec son lot d’emballages et de plastiques à usage unique. Pensez à la dernière fois que vous avez fait votre épicerie. Combien de déchets plastiques avez-vous créés? Seuls <a href="https://www.foodhero.com/fr/blogues/au-dela-des-pailles" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">20 %</a> des milliards de déchets plastiques produits dans le monde aujourd’hui sont vraiment recyclés. Cette statistique est certes choquante, mais n’est manifestement qu’une arrière-pensée lorsqu’on achète des produits emballés en plastique que nous jetterons aussitôt. C’est cette insouciance qui nous rend aveugles à la consommation et encourage une existence sans pensée critique ou une quelconque réflexion profonde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos<br>vies, notamment par l’abandon du style personnel »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand l’amour devient consommable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même les rencontres amoureuses ne sont pas des occasions où on peut prendre notre temps et considérer les implications de nos actions! Pour les jeunes adultes de notre génération, il y a ce <a href="https://www.tf1info.fr/societe/qu-est-ce-que-la-dating-fatigue-qui-pousse-les-jeunes-a-deserter-les-applications-de-rencontre-2346881.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sentiment universel</a> qu’on peut toujours trouver quelqu’un de mieux parmi les milliards d’utilisateurs sur les applications de rencontre. On peut essayer de parler avec un ou une partenaire, décider qu’il ou elle n’est pas pour nous et s’en débarrasser comme un sac en plastique de l’épicerie. Nous ne serons pas capables de trouver de partenaire pour la durée de nos vies, et ce, à cause de nos croyances inconscientes que tout est facilement remplacé. Chaque aspect de la vie moderne est entouré par la surconsommation sans manière de pouvoir y échapper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le consumérisme à court terme est impliqué dans tous les aspects de nos vies, notamment par l’abandon du style personnel, les produits et leurs emballages jetés immédiatement et les relations romantiques qui encouragent un cycle d’usage inéluctable. Évidemment, nous sommes incroyablement détachés des vies paisibles de nos grands-parents, et il se peut que nous soyons incapables d’y retourner. Si ce mode de vie perdure, sera-t-il possible de l’enrayer pour les générations à venir? Sinon, le futur nous laissera-t-il ligotés à nos écrans, vivant des vies sans sentimentalité ni connexion hors des transactions en ligne? À nous d’agir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/une-generation-jetable/" data-wpel-link="internal">Une génération jetable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La religion, ennemie éternelle de la femme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[inégalité]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Démasquer dans l’irrationnel les mécanismes d’une oppression réelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/la-religion-ennemie-eternelle-de-la-femme/" data-wpel-link="internal">La religion, ennemie éternelle de la femme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Dans l’espoir d’osciller toujours entre la pertinence et la provocation, je vous propose cette semaine une critique des détestables conséquences de l’ésotérisme (lire ici la religion) sur l’avancement de la condition féminine. Cette chronique, curieusement, n’est en fait que l’extension d’un argumentaire étayé au cours d’une discussion tendue dans le local du Délit, elle-même déclenchée par un fait divers impliquant l’Université Concordia. Il était alors question d’une salle de prière dans un de ses bâtiments, dont l’accès était interdit aux femmes. Un bâtiment public, ségrégué. J’étais consterné.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Les hommes font les dieux et les femmes les adorent – JAMES GEORGE FRAZER</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Entre autres chez les juifs, les musulmans, les chrétiens, l’homme est le maître par droit divin : la crainte de Dieu étouffera chez l’opprimée toute velléité de révolte – SIMONE DE BEAUVOIR</p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant moi-même issu d’un milieu particulièrement croyant, je comprends l’attrait de la béquille intellectuelle que représente la dévotion à une entité imaginaire. Un joyeux mélange de déni et de paresse. L’inexplicable trouve son sens dans la volonté incompréhensible d’un être invisible et omniscient. Et nos naïves réflexions existentialistes? Nos questions sur la misère, la souffrance et la mort? Rabrouées par une sorte d’alliage institutionnel entre pédophiles et mégalomanes-investis-du-Saint-Esprit. <em>Repentez-vous, mes enfants, le salut approche.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une société domestiquée et aveuglée par le mysticisme est condamnée d’office à une stagnation socio-intellectuelle qui ne bénéficie toujours qu’aux tributaires du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc pourquoi je crois que la sécularisation du Québec est l’un de nos plus formidables accomplissements du dernier siècle. Nous sommes passés, en 30 ans à peine, d’un peuple abruti par des curés bien dressés à une nation refusant de voir en son existence une simple antichambre de la mort (et son ô combien désirable vie éternelle). Trente ans, c’est long, mais un cancer, c’est tenace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui furent les grandes gagnantes socioculturelles de cette chimiothérapie sociale? Une évidence, pour les plus perspicaces : chaque fois qu’un système construit et dominé entièrement par des hommes s’effondre, ce sont les femmes qui en tirent profit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La poursuite de l’indémontrable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plus dévots verront en moi une sorte d’hérétique qui ne voit que le mal au sein de cultes faisant la promotion de valeurs merveilleuses, comme la miséricorde, la générosité ou l’entraide. Merci, tartuffes, mais votre errance n’apporte rien de pertinent à mon analyse du piège religieux. Le vitriol qu’il répand n’émane pas simplement de l’existence de la religion elle-même, mais plutôt de son interprétation, son institutionnalisation et sa marchandisation, qui en font une farce présentée comme la supposée ligne directrice de notre existence. Ce que je condamne dans le catholicisme québécois, je le condamne aussi dans les manifestations des autres religions (surtout monothéistes) au sein de notre société. Elles ne sont après tout que l’extension d’un système patriarcal millénaire dont l’objectif unique est la domination de l’homme sur la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi m’acharner sur la religion, quand tant d’autres formes d’oppressions s’entrelacent pour étouffer la pleine existence de la femme dans notre monde? Peut-être (incontestablement) à cause de son petit côté buisson ardent, son aspect complètement incontestable qui en fait l’arme dialectique par excellence contre l’atteinte de l’égalité des genres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La religion exige de son sujet une croyance aveugle, une foi inébranlable à l’épreuve de toute explication rationnelle. Autant dire qu’elle exige une remarquable malléabilité des esprits, doublée d’une admirable crédulité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Notre modernité nous confère désormais une compréhension profonde et précise de la pensée, des êtres et de leur substance, si bien qu’il est à présent impossible de présenter un argument rationnel plaçant la femme comme inférieure à l’homme. Alors quand, au nom de la religion, on exige de la femme la modestie, la serviabilité et la docilité dont le patriarcat raffole, il s’agit de la plus évidente démonstration de la lâcheté de ceux qui en font la promotion. S’ils avaient au moins le courage d’avouer qu’ils veulent que la femme leur soit subalterne, le problème serait déjà à moitié résolu. Il ne s’agirait alors que du banal jugement d’un homme, d’un groupe d’hommes, d’un monde d’hommes. Une alliance tordue des esprits certes très puissante, mais basée sur une incompréhension humaine, non pas un jugement divin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En subtilisant sa propre faiblesse d’esprit pour la transposer sur les envies d’une figure toute-puissante, l’homme a réussi à socialiser le concept d’inégalité des genres tout en l’imperméabilisant contre les attaques les plus logiques des injustices en découlant inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’obsession laïque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne veux surtout pas que vous associiez mon dédain pour la religion à de l’intolérance pour sa simple pratique. Bien que je ne croie pas souhaitable pour notre avancement collectif la pratique d’une quelconque croyance centrée sur autre chose que l’humain, libre à chacun de croire ce qu’il veut. Libre à chacun de me juger et de me condamner à la géhenne éternelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je ne crois pas avoir tort en disant que toute croyance, religieuse ou pas, qui fait de la femme un outil pour l’homme ne devrait pas polluer une société se voulant égalitaire. Peut- être trouvez-vous mon exégèse inexacte? Peut-être alors que je ne sais pas lire, que j’interprète mal la Bible, le Coran ou la Torah? Peut-être que c’est mon esprit malade de cynique qui fabule des passages (écrits par des hommes-aspirants Dieux) qui lapident des femmes, qui les confinent à la vie privée, qui les persécutent pour l’exercice simple de leur volonté? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Québec, j’ose le croire, aspire à réduire toujours plus le fossé séparant les genres, lui-même un héritage de nos systèmes socio-religieux. Je ne vous parle bien sûr pas des dérives électoralistes misogynes de la CAQ, qui voient dans les signes religieux une abomination doublée d’un outil d’endoctrinement démoniaque. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce gouvernement intolérant (et intolérable) se contente de hiérarchiser par ses décrets les religions et empêcher d’autres croyances de prendre la place de l’héritage dégoûtant du christianisme. Il prône non pas l’égalité, mais la xénophobie, le refus de l’autre et l’hypocrisie la plus totale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Permettez-moi simplement de formuler le raisonnement suivant. Peut-être le trouverez-vous simpliste. Moi, je lui trouve une franche simplicité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, comme martelé avec conviction par le féminisme, l’homme est le principal catalyseur des inégalités entre les genres par l’intermédiaire des structures du patriarcat ; </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et que l’homme, créateur des religions, a construit la société autour de ces croyances pour consolider sa supériorité factice ; </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, la religion créée, peu importe la forme qu’elle prend, vise foncièrement à soumettre les femmes à son autorité, ce qui la rend fondamentalement incompatible avec l’atteinte de l’égalité des genres au sein de la société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout système fondé par l’homme ne fait que réifier sans relâche la femme : pourquoi la religion serait-elle l’exception? Pourquoi nous permettons-nous encore d’opprimer les femmes en invoquant l’autorité d’un Dieu chimérique? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les inégalités sont difficiles à enrayer, mais elles sont impossibles à effacer si elles continuent de prendre appui sur une hallucination collective qui en fait la vérité de milliards de personnes sur Terre. Délaissons cette dépendance maladive à l’invérifiable pour enfin nous focaliser sur une réalité véritablement empirique ; celle selon laquelle nous sommes tous et toutes égaux dans notre humanité. Et, n’en déplaise aux vendeurs d’indulgences et aux amoureux de soutanes en tous genres, nous ne sommes que notre humanité. Rien d’autre.</p>
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		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kristi noem]]></category>
		<category><![CDATA[MAGA]]></category>
		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pour que la honte change de camp</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Masculinisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence sexuelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60413</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le silence et l’inaction entourant les violences sexuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Pourquoi parler de féminisme aujourd’hui, en 2026? Parce que l’illusion de la parité, de l’égalité et du respect est sans doute l’un des dangers les plus insidieux de notre époque. Tant que l’on refusera de regarder en face les réalités brutales de la condition des femmes, les violences continueront d’être banalisées, normalisées, et aucun changement réel ne pourra advenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelques chiffres pour mettre la table</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Au Québec</a>, une femme sur trois sera victime d’une agression sexuelle après l’âge de 16 ans, et un homme sur huit en sera victime au cours de sa vie. Ce chiffre est déjà alarmant, mais il ne reflète qu’une infime partie de la réalité : lorsqu’on sait que seule <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une agression</a> sur vingt est rapportée à la police, on peut raisonnablement penser que cette proportion est encore plus élevée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70 %</a> des agressions sexuelles sont commises dans des résidences privées, et <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/statistiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">81 %</a> des auteurs étaient connus de leur victime. On est donc bien loin du mythe qu’on nous vend, selon lequel les agressions seraient surtout commises par des inconnus, dans des ruelles sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que tu portais?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à 12 ans que j’ai pris conscience des mécanismes pervers d’une société qui objectifie les femmes et les contraint à se plier à des standards de beauté stricts pour être jugées dignes d’amour. Lors d’un atelier du Programme d’éducation intermédiaire (PEI), nous avions recensé ces critères supposément universels : taille fine, poitrine volumineuse, hanches larges…</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à dissimuler un corps en pleine transformation. Je refusais d’être réduite à un objet. Je refusais les réalités dégradantes imposées à la féminité, et la peur constante des violences qu’elles charrient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais vous savez quoi ? Cela ne m’a pas empêchée d’être suivie dans la rue à 15 ans ni de subir du harcèlement à répétition – une vingtaine de fois. Pas plus tard que samedi dernier, en plein jour, je me suis fait interpeller et suivre dans la rue alors que j’étais accompagnée d’un homme, vêtue d’un manteau d’hiver jusqu’aux genoux et d’un capuchon sur la tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, cela n’a jamais été une question de vêtements ni de corps. Ça n’a jamais été une question d’heure ou de quartier. Les salauds n’ont plus aucune gêne à proférer des obscénités aux femmes dans l’espace public, quelles que soient les circonstances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque fois qu’une femme dénonce une violence, tous les regards se tournent vers elle : « que faisais-tu dehors à cette heure-là? », « que portais-tu? », « pourquoi étais-tu seule? ». Les agresseurs, eux, ne sont jamais interrogés. « Pourquoi t’es-tu permis d’agresser quelqu’un? », cela, on ne l’entend jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non. Ce que l’on remet systématiquement en question, c’est la véracité de la dénonciation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laissez-moi déconstruire un autre mythe : <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/comprendre/faits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">seules 5 %</a> des dénonciations s’avèrent infondées. Continuer à prétendre que les victimes cherchent à attirer l’attention ou à détruire la vie des puissants, c’est entretenir la culture du viol. C’est décourager les victimes de porter plainte, restreindre leur accès à la justice et retourner le système contre elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre culture du viol</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, la culture du viol est bien réelle. Ce n’est <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une généralisation « néoféministe »</a>, comme le soutien Mathieu Bock-Côté, mais une réalité sociale bien tangible, qui continue d’avoir des impacts aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les statistiques sont claires, ce n’est pas une exagération, mais une réalité que l’on refuse trop souvent de voir. La culture du viol, je la vois, je la vis presque au quotidien. La nier ou la ridiculiser, c’est en assurer la pérennité et l’impunité. Or, cher Mathieu, les agressions sexuelles ne sont pas en hausse en raison de vagues migratoires et de l’« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigration conquérante</a> ». Les agresseurs ont plus d’un visage et souvent, ce sont des gens de chez nous. Blâmer encore les personnes migrantes pour une culture du viol bien occidentale, c’est se déresponsabiliser pour leurs impacts. Au lieu de lancer le blâme et de prôner des discours xénophobes, pourquoi ne pas utiliser cette passion à bon escient, et mettre fin à la culture du viol? Réduire cette culture à quelques « mauvais individus » est une illusion dangereuse. Cela déresponsabilise la société dans son ensemble et absout les témoins silencieux de l’horreur. En rejetant la faute sur quelques personnes, on permet aux autres personnes de se croire non concernées, d’éviter d’intervenir et d’assurer que le silence perdure. Se <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconstruire</a>, c’est refuser cette complicité passive. C’est aussi remettre en question des normes rigides de la masculinité – l’interdiction de montrer ses émotions, l’injonction à être fort et impassible – qui nuisent à tous et étouffent la parole. Ces normes enferment aussi les hommes victimes de violences à caractère sexuel (VACS), pris entre la culture du viol et des stéréotypes patriarcaux qui rendent leur souffrance invisible et leur parole illégitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture du viol perdure parce que ces structures sont tolérées et reproduites collectivement. La combattre exige d’aller au-delà de la responsabilité individuelle, de reconnaître notre responsabilité commune et d’agir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que,<br>lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Et, mon cher Mathieu, présenter le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinisme</a> comme une réponse à l’appel à la fin des stéréotypes sexistes n’a tout simplement aucun sens. Certes, les hommes ne sont pas encouragés à demander de l’aide ou à exprimer leurs émotions – mais c’est précisément à cause des stéréotypes sexistes que l’on cherche à déconstruire. Plutôt que de s’attaquer aux structures qui perpétuent ces normes nocives, on en vient à rejeter la responsabilité sur les femmes. Cherche bien la logique, mon Mathieu, moi non plus, je ne la trouve pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Où est la volonté politique là-dedans?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/soutien-etablissements/Plan-action-VCS.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">freiner la montée</a> des VACS dans les milieux postsecondaires, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, avait promis en 2022 la tenue de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’enquête VACS</a>. Cette enquête provinciale portait sur les mesures de prévention et les ressources offertes aux victimes dans les établissements. Au coût estimé de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,2 million de dollars</a>, cette enquête devait fournir des données cruciales pour mieux orienter la lutte contre les VACS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, le gouvernement caquiste est revenu sur sa parole et a choisi d’en annuler la tenue. Pendant que plus de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2156898/etudiants-millions-bourses-perspective-abolies-stages#:~:text=Couper%20pendant%20qu&#039;on%20s&#039;enfonce%20%2C%20d%C3%A9noncent%20les%20signataires&amp;text=Une%20clause%20de%20droits%20acquis,pr%C3%A9carit%C3%A9%20et%20c&#039;est%20inacceptable.&amp;text=%C3%89tienne%20Par%C3%A9%2C%20pr%C3%A9sident%20de%20l&#039;Union%20%C3%A9tudiante%20du%20Qu%C3%A9bec%2C,en%20entrevue%20%C3%A0%20Radio%2DCanada." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">250 millions de dollars</a> ont été retranchés du financement de l’enseignement supérieur dans la dernière année, notamment avec l’abolition du programme de bourses Perspective Québec, aucune somme n’a été investie pour documenter et combattre ces violences. Face à cette inaction, l’UEQ (Union étudiante du Québec) et la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se mobilisent</a> pour exiger le retour de cette enquête, indispensable pour assurer la sécurité des étudiantes et étudiants et pour s’attaquer concrètement à la culture du viol sur les campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans données, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle des VACS ni d’évaluer l’efficacité des mesures en place. Le rétablissement de cette enquête est donc non négociable. Il est temps que le gouvernement cesse les reculs, fasse preuve d’une réelle volonté politique et s’engage concrètement. Protéger les étudiant·e·s québécois·e·s n’est pas une option : c’est une responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Être une femme en 2026…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Être une femme, c’est devoir prévoir son itinéraire, ses vêtements et son entourage pour éviter d’être blâmé si quelque chose de grave survient. C’est surveiller constamment son verre, acheter des produits pour vérifier si celui-ci a été drogué, refuser un verre par peur qu’il crée une dette implicite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que, lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer. Non, ce ne sont pas tous les hommes. Mais ce sont trop d’hommes. Et trop souvent, ce sont ceux que l’on connaît : nos proches, nos partenaires intimes. Le coût de l’erreur est trop élevé. Alors, comme on nous l’a appris avec les armes à feu, on traite chaque situation comme si elle était chargée. Parce que si l’on se fait abattre, il n’y aura pas foule pour nous défendre – seulement des voix pour nous reprocher de ne pas avoir été assez prudentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Être une femme, ne devrait signifier rien de tout cela, et il est temps que ça change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les VACS nous concernent tous. Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La fatigue politique du Canada français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60230</guid>

					<description><![CDATA[<p>Essoufflement et obsolescence programmée d’une liberté partisane.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/la-fatigue-politique-du-canada-francais/" data-wpel-link="internal">La fatigue politique du Canada français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>L’article qui suit est une humble proposition adressée au journal Le Devoir dans le cadre de son concours récompensant un texte d’opinion issu du milieu du journalisme étudiant. L’exercice proposé est simple : il demande aux aspirants-chroniqueurs de se prononcer sur la sagesse de 1976 dont le Québec devrait s’inspirer dans la construction de sa modernité. Je croyais rêver éveillé. En échange de la moitié du pactole promis advenant une victoire, Le Délit me laisse hanter ses pages de mes espoirs pour le tortueux périple du Québec vers la liberté. Le titre est emprunté (bien que retouché) à Hubert Aquin, un intellectuel saisissant et provocateur, et, tristement, suicidé notoire du peuple canadien-français. Le reste m’appartient entièrement, mais est en réalité la vérité collective de tout un peuple.</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. – RENÉ LÉVESQUE</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">La culture canadienne-française offre tous les symptômes d’une fatigue extrême: elle aspire à la fois à la force et au repos, à l’intensité existentielle et au suicide, à l’indépendance et à la dépendance. – HUBERT AQUIN</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La partisanerie est l’agonie de toute grande lutte de libération politique et sociale. De l’endoctrinement abrutissant de gauche ou de droite, maoïste ou franquiste, quelle importance! C’est le peuple qui en souffre. Si nous, Québécois et Québécoises, avons fait des progrès considérables dans les 50 dernières années en tant que société, n’en demeure pas moins que nous nous sommes embourbés dans une quête électoraliste paralysante, fatiguée et <em>fatigante</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis d’avis que la poursuite de l’indépendance du Québec est fondamentale au maintien de la nature distincte des peuples qui le composent et à la survie – optimalement, l’enrichissement – de la culture qui le définit. Prémisse de mon argumentaire dont la validité ne fait toutefois pas l’unanimité. Trop nombreux (et puissants, influents…) encore sont ceux qui s’affairent à régurgiter une rhétorique <em>dépendantiste</em> fondée sur des aménagements toujours plus déraisonnables au sein de la Confédération canadienne. La liberté, oui, mais pas à n’importe quel prix. Combien de temps devrons-nous attendre les concessions du gouvernement canadien? Combien de temps encore croirons-nous au mensonge de la Confédération et à ses promesses d’un fédéralisme renouvelé? Quel sera le prix de l’immobilisme?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel sera le prix de la naïveté? De la peur?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne, devant une liberté nouvellement acquise, ne songerait à redevenir captif, sous prétexte qu’il serait trop ardu de déterminer les conditions de son existence. Aucun peuple, aucune nation n’a regretté son indépendance. Aucun être n’a regretté sa liberté. Je nous supplie donc collectivement de cesser de la réduire à un calcul fiscal profane et invalide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la responsabilité pour notre soumission prolongée ne peut être simplement imputée à l’insipidité de la rhétorique fédéraliste. Le projet indépendantiste, tel qu’imaginé par Lévesque et ses contemporains, se voit vicié par l’institutionnalisation du parti qui se porte garant de son atteinte. Le même Parti québécois dont les fondateurs sont mythologisés par l’imaginaire collectif de notre peuple n’est maintenant qu’une banale structure du pouvoir, qu’un rouage dans l’appareil démocratique de notre nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indépendance devient un enjeu partisan et électoral, porté par un parti tantôt de gauche, tantôt de droite, et trop peu souvent orienté vers l’avant. Pathétique, cette régression horizontale systématique du Parti québécois qui fait fi de la nécessité catégorique de l’indépendance, se concentrant plutôt sur l’appâtage éhonté d’électeurs indécis. L’atteinte du pouvoir, bien que nécessaire pour le déclenchement d’un processus référendaire, ne doit pas se faire aux dépens de sa vocation constitutive, celle de donner enfin une nation souveraine au Québec. Le Parti québécois n’est pas maléfique pour autant ; il joue le jeu, il taille sa place dans un système qu’il voudrait voir complètement réformé…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il est trop tard. L’idée est toujours aussi essentielle, mais son véhicule est usé, inadapté, trop polarisé pour pouvoir espérer rallier une majorité convaincante derrière le projet de société que représente l’indépendance. Le cynisme grandissant de la population face au Parti québécois mine le soutien pour la cause indépendantiste, qui en est à présent fonctionnellement indissociable. Voir autant de gens se refuser leur indépendance parce qu’ils n’apprécient pas les sautes d’humeur de Paul St-Pierre Plamondon ou qu’ils n’aiment pas sa plateforme sur les petites et moyennes entreprises (PME), l’immigration ou le retour des Nordiques, c’est déchirant et carrément délirant. L’indépendance n’est pas l’affaire d’un individu ou de son parti. Il est inutile de chercher en un élu une sorte de héros national, un Maurice Richard ou un Lucien-Bouchard-le-miraculé des temps modernes : notre libération sera la décision collective de tout un peuple. Nous sommes l’indépendance, pas le Parti québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les avancées fulgurantes du dernier demi-siècle sont le fruit d’une prise de confiance généralisée des Québécois envers leurs propres capacités. Nous sommes à présent un peuple qui sait reconnaître sa grandeur, sans s’écraser dans le rôle de subalterne minuscule qui a longtemps fait notre opprobre. Mais nous avons encore peur, si ce n’est que d’une chose : nous sommes terrifiés à l’idée d’<em>être</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce la peur de l’inconnu, du vide, du néant prétendument engendré par la formation d’une entité politique québécoise. Ou bien est-ce la peur d’un Québec totalitaire dominé par une sorte de clique fondatrice du pays, condamnant tout autre mouvement politique à l’impotence la plus totale. Des peurs profondément irrationnelles, mais ô combien efficaces dans leur dissuasion!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà donc toute la pertinence de nous inspirer de 1976 (et de la décennie ayant précédé cette première victoire électorale du Parti québécois) pour achever la construction du Québec. Il faut repartir de zéro, non pas dans l’idée proposée, mais dans la structure qui l’accompagne. Nous devons nous délester de cette association systématique de l’indépendance au Parti québécois et faire renaître le mouvement sur une base nouvelle, ancrée dans la force de sa société civile. Il faut que ce soit le peuple qui dicte réellement sa vision pour le futur du Québec. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne pourra que rallier davantage de Québécois de tous azimuts vers un projet de pays qui leur ressemble, et non pas à la promesse de conservation d’une nation figée dans une époque folklorique de survivance. Ce nationalisme réducteur est d’ailleurs un poison, répandu non pas par le Parti québécois, mais plutôt par le seul fait de son archaïsme structurel. Il a trop changé, trop dévié, trop bifurqué pour espérer déjouer la perception figée que s’en font quatre générations de Québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, nous avons besoin de porte-parole du projet indépendantiste, mais leur rôle doit se limiter à une application <em>stricto sensu</em> : ils ne doivent être que les porte-voix du peuple, sans chercher à marquer l’imaginaire collectif par des prouesses de charisme et de charme politique. L’amour qu’a un peuple pour ses politiciens est éphémère et immanquablement voué à s’effriter. Oui, nous avons besoin des institutions démocratiques pour mener le projet à terme, mais l’essentiel du travail doit être accompli, pour être d’une quelconque légitimité, par le peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple ne cessera jamais de s’aimer, de vouloir son bien et son épanouissement, tout comme il ne cessera jamais de craindre et de remettre en question ceux qui le gouvernent. À l’instar de ces grands porte-parole du peuple que furent Lévesque, Chaput, Bourgault et Chartrand, nous devons aspirer à fonder un appareil politique dont l’unique objectif est l’atteinte de l’indépendance, par le peuple, pour le peuple. La fatigue politique des Canadiens français ne pourra se résorber que s’ils se décident à devenir enfin des Québécois, par la force de leurs actions. Ainsi, nous vivrons. Autrement, notre sommeil nous condamne à la disparition.</p>
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		<title>Dire adieu au bœuf, une solution viable?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Services alimentaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Remplacement du bœuf aux services alimentaires de Polytechnique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/" data-wpel-link="internal">Dire adieu au bœuf, une solution viable?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Voir notre planète dépérir est devenu une normalité, une routine inévitable, un phénomène hors de notre portée. Il n’est plus possible de dire qu’il est « minuit moins une », puisque l’horloge climatique semble déjà avoir sonné l’heure de notre condamnation. Mais ce qu’on oublie, c’est que de simples changements dans nos habitudes de vie peuvent avoir d’immenses impacts lorsqu’ils sont accompagnés par l’appui de toute une communauté. C’est en suivant une réflexion similaire qu’en automne dernier, l’association des services alimentaires de Polytechnique (l’ASaP) a décidé de remplacer le bœuf de son menu au profit d’une diversification accrue de l’offre alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Petit ingrédient, gros impact</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de savoir que ce changement s’inscrit dans la <a href="https://www.polymtl.ca/durable/sur-le-campus/carboneutralite-energie-et-ges" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">démarche de carboneutralité</a> de l’établissement, qui vise à réduire son empreinte écologique d’ici 2050. L’ASaP est un joueur-clé de cette transition. C’est en faisant le bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que les services alimentaires ont pris conscience de l’impact écologique que le bœuf représentait pour l’institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Benoît Beauséjour-Savard, directeur général de l’ASaP, les repas contenant de la viande bovine représentaient seulement 8 % des revenus de l’entreprise, mais ils étaient responsables d’environ 50 % de ses émissions de GES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur bovin est connu pour ses émissions très élevées de méthane provenant directement de l’élevage de ces ruminants. Il émet d’ailleurs <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cinq fois plus</a> de GES que les autres protéines animales. Cette industrie est également tristement célèbre pour l’<a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">importante déforestation</a> qu’elle encourage. Cela est dû à l’aménagement de pâturages et de terres agricoles dont les produits sont entièrement dédiés à nourrir les élevages bovins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Demeurent aussi importants la pollution que représente le <a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protoxyde d’azote</a> dans cette industrie et le fait que l’élevage bovin utilise <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 fois plus d’eau</a> que l’élevage des autres protéines animales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le bœuf demeure un aliment à l’empreinte carbone élevée, de nombreux efforts sont mobilisés par nos producteurs locaux vers une industrie plus verte. Que ce soit la révision de l’alimentation des bovins ou la diminution progressive de la quantité d’eau utilisée dans le cadre de ces activités, il est important de reconnaître que <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs progrès</a> ont été réalisés au cours des 30 dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Beef Cattle Research Council</em> <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble affirmer</a> que les émissions dues à ce secteur sont infimes, mais il est évident qu’au cœur d’une crise climatique, où le monde brûle et le temps manque, chaque effort compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas parce que&nbsp;le gouvernement du Québec <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/01/22/reduction-des-gespour-contrer-les-changements-climatiques--quebec-repousse-sa-cible-de-cinq-ans#:~:text=Contrairement%20aux%20recommandations%20des%20experts,l&#039;objectif%20pr%C3%A9vu%20pour%202030.&amp;text=Le%20ministre%20Bernard%20Drainville%20sait,chemin%20en%20seulement%20cinq%20ans.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné ses cibles</a> de GES qu’il faut arrêter la lutte!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un geste à valeurs multiples</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la motivation de ce remplacement soit de nature écologique, la mesure amène également de nombreux bienfaits sur les plans de l’économie et de la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un prix moyen de <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/2025-09-12/consommation/manger-du-boeuf-mais-a-quel-prix.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14,78 dollars par kilogramme</a>, le bœuf est nettement plus dispendieux que le porc (<a href="https://www.porelia.com/wp-content/uploads/2025/08/echo-PORC-2025-08-11.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,54$/kg</a>) et le poulet (<a href="https://volaillesduquebec.qc.ca/prix-du-poulet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,09$/kg</a>). Dans un contexte de précarité alimentaire assez marquée, où près d’<a href="https://unionetudiante.ca/Media/publicDocuments/c38f0b6b-8a6d-4b20-bc07-83ec796948bd.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un étudiant sur cinq</a> fréquente des banques alimentaires, l’ASaP s’engage à maintenir des prix abordables pour toute la communauté, soit sous la barre des dix dollars par repas. Clairement, afin de s’assurer de maintenir une facture sous ce seuil, il est important de revoir l’offre alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, selon la Société canadienne du cancer, il est <a href="https://cancer.ca/fr/cancer-information/reduce-your-risk/eat-well/limit-red-and-processed-meat" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconseillé</a> de consommer de grandes quantités de viande rouge, telles que le bœuf et le porc, associés à une augmentation du risque de cancers et de <a href="https://observatoireprevention.org/2022/09/13/association-entre-la-consommation-de-viande-rouge-et-le-risque-de-maladies-cardiovasculaires-un-role-important-des-metabolites-de-la-l-carnitine/#:~:text=Une%20nouvelle%20%C3%A9tude%20prospective%20confirme,TMAO%20et%20autres%20m%C3%A9tabolites%20apparent%C3%A9s." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">maladies cardiovasculaires</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, on parle d’une consommation importante de ce type de viande, mais, si l’ASaP tient réellement à présenter un menu proposant des alternatives plus saines, il est évident qu’un remplacement ou une réduction de ces produits s’impose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mise en place</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée de son projet de carboneutralité, Polytechnique a fait appel au <a href="https://www.asap-polymtl.ca/231108_ASAP_Rapport%20CIRAIG_vi%20-1-.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">CIRAIG</a>, le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et de transition durable, afin d’évaluer l’empreinte carbone de l’ASaP et de ses autres activités. Puis, un système d’étiquetage a été mis en place sur les menus des services alimentaires, classant les repas selon leur impact environnemental afin de sensibiliser la communauté étudiante sur ses choix alimentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars dernier, des groupes de discussion d’étudiants de Polytechnique ont exploré la réduction des GES, en considérant le remplacement du bœuf, avec une condition de diversification des menus par les services alimentaires. En mai, le conseil d’administration de l’ASaP a décidé d’adopter cette mesure. Depuis, selon le directeur général de l’organisation, l’achalandage à ses points de vente a augmenté de 14,8 % en janvier 2026 relativement au même mois de l’année précédente, alors que les prix des repas ont à peine augmenté de 1 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le revers de la médaille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment, en tant que <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">première institution</a> à effectuer ce remplacement en Amérique du Nord, Polytechnique a été sujette à de nombreuses critiques. L’ASaP a notamment dû dialoguer avec plusieurs producteurs de bœuf québécois afin de justifier le remplacement de cette protéine dans leur menu. M. Beauséjour-Savard a cependant précisé que la majorité du bœuf utilisé par l’entreprise provenait de l’Ontario et non du Québec. Il a alors souligné que cette transition reflétait également l’importance d’acheter local et d’encourager nos producteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, s’est également <a href="https://www.facebook.com/ppopulaireca/videos/b%C5%93uf-banni-luniversit%C3%A9-de-montr%C3%A9al-sous-le-feu-des-critiques/1433789788376492/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimé</a> sur le sujet en soulignant l’hypocrisie de la mesure et son « aspect non-scientifique » :<em> </em>«<em> Est-ce que les étudiants sont endoctrinés? Les élites mangent du bœuf à la COP 28, mais les jeunes doivent s’en priver? </em>». Bon… clairement, la mesure est basée principalement et presque exclusivement sur des données scientifiques, donc il est difficile de savoir où il veut en venir avec l’« endoctrinement » et le rejet de la science. Concernant l’hypocrisie, je pense effectivement que l’environnement relève d’une responsabilité collective et que tous, y compris les « élites » et les grands diplomates, doivent mettre la main à la pâte. Mais, peut-on réellement parler d’hypocrisie? La décision a été prise par la communauté étudiante dans un but purement environnemental, les « élites » n’ont vraiment rien à faire là-dedans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des dérives politiques et de l’apparition du <a href="https://www.instagram.com/p/DUs8y4XkXww/?img_index=3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">#BringTheBeefBack</a> apparu sur certains comptes étudiants, plusieurs saluent le fond de la mesure, mais auraient préféré une meilleure mise en place. La diminution progressive du bœuf et non le retrait total, ainsi que la tenue d’une assemblée générale à l’automne permettraient une meilleure implémentation du remplacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’il reste de la vague</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mouvement</a> se développe au sein de la communauté universitaire pour réduire la consommation de bœuf dans des institutions comme Cambridge et Oxford, avec des efforts globaux pour diminuer le recours à l’industrie bovine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vague est bien réelle et elle prend de l’ampleur depuis les dernières années, mais déferlera-t-elle à McGill? Comme McGill est une université qui se distingue par ses considérations environnementales et qui possède un <a href="https://www.mcgill.ca/sustainability/commitments/carbon-neutrality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">objectif de carboneutralité</a> d’ici 2040, je défends fermement l’avancement de cette proposition. Ses services alimentaires offrent déjà une <a href="https://www.mcgill.ca/foodservices/fr/locations" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grande variété d’options</a> nutritives, mais, du moins, la diminution progressive de la quantité de bœuf utilisée pourrait contribuer à l’atteinte de ses cibles en matière de GES et permettre de moderniser ses pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il est essentiel de souligner l’importance d’encourager nos producteurs locaux et, qu’évidemment, une telle mesure pourrait affecter leurs revenus, ce qui impacterait alors directement leur capacité à rendre leurs infrastructures plus vertes. C’est l’une des seules réelles impasses à la mise en place d’un remplacement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un<br>raz-de-marée plus large amenant avec lui un impératif de la<br>modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi il est essentiel d’investir davantage dans notre milieu agricole à l’aide de subventions destinées à la transition écologique. Cela permettra aux éleveurs de raffiner leurs pratiques et de conserver un revenu substantiel. Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un large raz-de-marée amenant avec lui un impératif de la modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne reste qu’à attendre que les vagues atteignent les berges du campus de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/" data-wpel-link="internal">Dire adieu au bœuf, une solution viable?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les bienfaits d’être un lâche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[contribution]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[ignorance]]></category>
		<category><![CDATA[inaction]]></category>
		<category><![CDATA[moralité]]></category>
		<category><![CDATA[savoir]]></category>
		<category><![CDATA[volonté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La neutralité au service des injustices.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/" data-wpel-link="internal">Les bienfaits d’être un lâche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Le titre de cet article évoque une de mes tentatives vaines à motiver nos lecteurs dans l’espoir de faire d’eux des contributeurs du Délit. Au cours de ma pseudo-carrière au sein du journal, j’ai essayé la provocation, l’attrition et les supplications, me butant toujours à l’inaction. Compréhensible, pour une pléthore de raisons, parmi les- quelles mon côté abrasif et légèrement détestable doit figurer en tête du classement. Mais j’ose ici formuler l’idée que c’est surtout parce qu’écrire en Opinion exige d’accepter une part de risque et d’aller au-delà du simple recel d’informations exécuté mille fois par les troubadours du quatrième pouvoir. Il faut réfléchir pour soi ; une entreprise des plus vertigineuses lorsqu’on s’est habitué à répéter ce qui a été réfléchi pour nous. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La neutralité est une affliction dont l’inaction est le plus virulent symptôme. Ça en jette, non, comme première phrase? Ça fait apprenti-philosophe-frais-chié-arriviste-intellectuel-light. Ça me mérite amplement le statut de dignitaire de la glorieuse McGill University – ne manque plus que ma conversion à l’anglais. Continuons. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de moi l’idée de tous vous traiter de pestiférés intellectuels pour cause de votre refus d’écrire, je dois cependant vous confier que votre inaction me frustre. Mais, soyez sans crainte, vous n’êtes pas seuls. Nous sommes tous tributaires d’un écosystème politico-médiatique qui dévoue tout son savoir-faire à une création de sa neutralité, de son objectivité feinte. Si la neutralité m’est vomitive, c’est bien parce qu’elle cache une sorte de dissimulation systémique et systématique de la vérité. On nous vend l’importance de médias purement factuels, d’une presse libre complètement illusoire, de gouvernements bienveillants et démocratiques… il faut bien que quelqu’un soit le détenteur de la vérité! Je ne veux pas osciller entre cynisme et complotisme, étant moi-même un (minuscule) (microscopique) engrenage de ce système, mais force est d’admettre que chaque action, décision et reportage a un objectif bien plus large que celui d’informer. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne sont apolitiques que les annonceurs de numéros de loterie et les diseuses de bonne aventure météorologique. Et encore! Toute action que nous posons est politique, et toute action que nous refusons de poser l’est tout autant. Nous devrions avoir infiniment plus de reproches pour l’inaction réfléchie que pour l’action réfléchie. Et nous devrions carrément monter aux barricades contre ceux qui prétendent être passifs et impartiaux, mais modulent la réalité pour mieux se l’approprier. De toute façon, l’impartialité est un choix en soi, et donc forcément partial, puisqu’il implique notre jugement. Un peu métaphysique comme début d’article, je le concède. Je vous bombarde de concret sous peu, promis. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Innombrables sont les hypocrites qui se donnent bonne conscience en restant objectifs, neutres, impassibles devant toute la misère et la souffrance du monde. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule est si efficace. Maquillés et savamment entraînés, les colporteurs de vérité nous vendent leur objectivité de téléjournal. Quand on parle d’Israéliens, d’Américains ou du monde pseudo-développé, les morts sont des victimes, les gens sont tués, assassinés, massacrés. Quand un Gazaoui ou un Soudanais meurt, il existe deux ingénieuses façons de nous le présenter. Soit il meurt, sans plus, d’une mort étymologiquement naturelle, soit c’est un dangereux terroriste, une menace à l’aseptisation générale de notre monde. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Combien de temps a mis Radio-Canada à enfin utiliser le terme « génocide » après les constats alarmants de l’ONU (déjà 79 ans en retard)? Et La Presse? Et Le Devoir? Et nos gouvernements? Et nous-mêmes? Combien de temps avons-nous prétendu voir dans le meurtre de civils un conflit ambivalent? Combien de temps avons-nous réellement cru que des enfants étaient en réalité des soldats du Hamas? Et le dévoilement de la vérité n’a été rendu possible que par l’énormité du mensonge collectif : 67 000 morts, ça commence à faire tout un tas. Visible depuis la Lune, certainement. Mais pas sur nos écrans. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Faisons un moment abstraction de ce que nos diffuseurs du savoir absolu se plaisent à appeler un conflit. Ce n’est, après tout, qu’un exemple parmi tant d’autres. Au Rwanda, au nom des principes de non-ingérence et de neutralité, 800 000 personnes sont mortes en 100 jours. Même sort pour les peuples du Biafra, du Congo, du Timor, du Myanmar, du Cambodge… Notre penchant pour l’évitement semble motivé par notre niveau d’intérêt envers les victimes. Peut-être qu’elles ne sont tout simplement pas assez blanches pour que l’on s’intéresse à elles de manière désintéressée. Une perte de temps, selon nos régisseurs, de défendre concrètement TOUS les peuples marginalisés et en voie d’extermination. Encore quelques milliards pour l’Ukraine? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Allons plutôt instaurer la démocratie en Irak et au Venezuela, et tant mieux si le pétrole y coule à flots! Allons en Afrique du Sud mettre fin à l’apartheid, si cela nous facilite l’accès aux diamants et aux émeraudes qui y pullulent! Si seulement la Palestine produisait des semi-conducteurs et le Soudan du lithium : on ne parlerait que d’eux. Les grandes puissances se bousculeraient pour les sauver, histoire de leur faire goûter les délices de la démocratie. Adieu l’inaction! </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dommage pour eux de ne pas pouvoir saisir l’opportunité. Les nations en ruine ne peuvent être des victimes aux yeux du monde que si elles sont utiles. Une belle leçon de néo-post-libéralisme-mercantiliste-humanitaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel intérêt de diffuser ou dénoncer la souffrance si elle ne déstabilise pas notre précieux quotidien? Vaut mieux donner du temps d’antenne à la marmotte qui annonce le printemps ou aux concours pour chiens savants. Du pain tranché et des jeux vidéo. Soyons bêtes. Restons-le. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne suis bien sûr aucunement qualifié pour faire figure de moralisateur de nos institutions. Je ne détiens pas un sens absolu du bien et du mal. Mais faut-il vraiment être parfaitement noble, informé et omniscient pour oser défier les adeptes du vide?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il vraiment attendre les rapports de l’ONU ou les condamnations en cour internationale pour identifier un crime? Sommes-nous incapables de voir dans la souffrance de l’autre une injustice suffisante pour briser enfin ce sacro-saint attachement à la neutralité journalistique et étatique? Je ne fais pas ici l’apologie de l’ingérence ou d’interventions illégales, évidemment. Je ne fais que m’opposer vertement à l’oisiveté universelle qui nous empoisonne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne veux cependant pas donner l’impression que je m’oppose à l’information qui pourrait être véhiculée de manière réellement objective. J’argue simplement qu’elle n’existe pas. Il est impossible pour les médias, pour nos élites et autres tortionnaires de nous transmettre la vérité. Il ne s’agira toujours que d’une histoire. Racontée avec brio et en moult détails, mais une histoire quand même. Une histoire pleine de vérité, filmée de manière mensongère. Un montage. Un canular. Une preuve à conviction absolument irréfutable de la complicité de nos systèmes dans la pérennisation des maux de l’humanité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cessons donc de prétendre que nous sommes neutres. Ce serait déjà un bon début. Acceptons que tous nos gestes aient un sens idéologique, et que notre inaction soit encore plus condamnable que l’exercice de notre jugement. Rester passif, c’est consentir et collaborer, et l’Histoire ne donne que très peu souvent raison aux collabos. Il en vaudra toujours mieux de défendre ses convictions que de courtiser sans cesse l’appréciation de tous en abandonnant nos combats les plus fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lâcheté n’est pas génétique ni congénitale ; elle est apprise, acquise, internalisée. Elle n’est heureusement pas incurable. À force de volonté, on peut en venir à bout. Je vous supplie de trouver quelque chose qui saura vous indigner. Et, si vous vous en sentez capables, je vous exhorte de l’écrire. Mais bon, chaque chose en son temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-bienfaits-detre-un-lache/" data-wpel-link="internal">Les bienfaits d’être un lâche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La représentation n’est qu’un premier pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dalia Djazouli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[égalité]]></category>
		<category><![CDATA[histoire des noirs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[quotas]]></category>
		<category><![CDATA[représentation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60090</guid>

					<description><![CDATA[<p>Corrigeons l’invisibilité et corrigeons les inégalités socio-économiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/" data-wpel-link="internal">La représentation n’est qu’un premier pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Super aubaine pour les résidents canadiens en ce Mois de l’histoire des Noirs! Pour la modique somme de <a href="https://disneyworld.disney.go.com/en_CA/events-tours/celebrate-soulfully/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">392,69 $</a>, il est possible de s’offrir quatre jours d’émerveillement au Walt Disney World Theme Park, consacré à la célébration de la culture et de l’héritage noir. La facture est même allégée pour les heureux détenteurs d’un abonnement Disney+. Décidément, l’accessibilité et la diversité sont deux valeurs chères à la multinationale américaine…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus sérieusement, l’industrie du divertissement est depuis longtemps un enjeu de représentation. Si mon ironie dissimule mal la critique d’un <a href="https://www.la-croix.com/culture/disney-fait-volte-face-sur-sa-politique-d-inclusion-et-de-diversite-20250217" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">opportunisme éhonté</a>, elle ne se veut pas être un rejet catégorique des efforts dirigés vers une meilleure inclusivité. Le divertissement reste un outil clé d’intégration, capable de façonner l’imaginaire collectif, pour le meilleur comme pour le pire. Le même constat s’applique, d’ailleurs, à l’entièreté de l’espace médiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les formes de représentation sont-elles pour autant bonnes à prendre? Même celles peu subtiles, qui relèvent davantage de la complaisance que d’un réel souci d’inclusivité? Suffit-il d’ajouter des personnages racisés et queers ici et là, façon de compléter son quota et de se donner bonne conscience? La réponse est non, bien sûr.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réaffirmer son droit d’exister</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.psychologytoday.com/us/blog/psychology-the-people/202112/why-representation-matters-and-why-it-s-still-not-enough" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">L’espace médiatique porte une conception du monde</a>. Celui qui le regarde <a href="https://www.ebsco.com/research-starters/communication-and-mass-media/cultivation-theory" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’internalise</a>. Il s’approprie les normes véhiculées par les médias qu’il consomme. Lorsqu’une personne racisée est exposée à des personnages auxquels elle ne peut s’identifier, et ne voit aucune minorité visible occuper un poste clé au sein du gouvernement, elle en déduira que certaines fonctions ne sont pas taillées pour elle. Un manque de représentation, ou alors une représentation déformée ou négative, instille le doute, entrave la confiance en soi et restreint le champ d’aspirations et d’agentivité. Car plus l’on augmente nos <a href="https://www.icesi.edu.co/blogs/antro_conocimiento/files/2012/02/Hacking_making-up-people.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">possibilités de descriptions</a>, plus l’on élargit nos possibilités de façon d’être et d’agir. Une personne homosexuelle, qui se soupçonnait de l’être, ou qui ne possédait pas toutes les clés de compréhension pour se réapproprier son identité, peut se découvrir à travers la représentation d’un personnage queer, donc, par la représentation d’une orientation sexuelle autre que celle dominante, reconnue par les médias traditionnels. Autrement, comment peut-on envisager d’emprunter une voie dont l’accès semble impensable, ou dont on ignore même l’existence ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est donc pas anodin que l’administration Trump, dans le cadre de sa croisade contre le « wokisme », <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/867637/chronique-chasse-mots-interdits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">proscrive ou considère comme suspecte</a> l’utilisation de termes tels que « trans-sexuels », « antiracisme », « noir», « femmes ». Ces interdictions, qui relèvent ni plus ni moins de la dystopie, traduisent une négation explicite de la diversité et, par extension, des multiples possibilités d’existence qu’elle rend visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers une société plus tolérante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La représentation positive n’ouvre pas seulement la voie aux possibles, elle gomme aussi l’invisibilité des communautés marginalisées, devenant un moyen de lutter contre leur stigmatisation. Une exposition et un contact accru à des personnes, ou des personnages issus de différentes communautés permettent de déconstruire les stéréotypes et préjugés qui leur sont associés. À terme, cette <a href="https://www.ebsco.com/research-starters/sociology/contact-hypothesis#:~:text=The Contact Hypothesis posits that,between members of different groups" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exposition</a> peut atténuer les attitudes discriminatoires et réduire la polarisation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le divertissement reste un outil clé d’intégration, capable de façonner l’imaginaire collectif »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste évidemment du travail à faire. Un sondage réalisé en 2023 mesurait les attitudes des personnes noires américaines vis-à-vis de leur couverture médiatique. Le rapport révèle que <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">57% </a>des participants estiment que les médias d’information couvrent uniquement certains segments de la réalité des communautés noires. Et <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">43% </a>considèrent que leur couverture véhicule largement des stéréotypes à leur égard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les quotas : une représentation substantielle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quotas sont perçus comme un moyen effectif pour réduire la discrimination à l’embauche et rééquilibrer les inégalités d’accès à l’emploi. Mais ces impositions peuvent aussi se révéler limitantes, conduisant à ce qu’on appelle le « <a href="https://globalnews.ca/news/2315588/do-diversity-quotas-work-symbol-vs-substance-in-canadas-cabinet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plafond de quota</a> ». Une fois remplie, les employeurs n’ont pas d’intérêt à recruter davantage de personnes issues de minorités visibles, figeant ainsi la diversité à un seuil arbitraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des quotas résident aussi l’idée que, si des personnes racisées grossissent les rangs, de la police ou de l’assemblée, elles seront plus à même de représenter les intérêts de leurs communautés et de mettre en œuvre des changements positifs en leur faveur. La réalité est toute autre. Une <a href="https://faculty.washington.edu/jdb/345/345%20Articles/Correll%20et%20al.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> menée en 2002 sur les biais au sein des forces de l’ordre révèle que les participants, qu’ils soient noirs ou blancs, sont tous plus susceptibles de tirer sur une cible noire plutôt que l’inverse. Une diversité accrue au sein de la police n’effacera pas, en un claquement de doigts, le racisme systémique qui gangrène l’institution policière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La représentation, même la plus fidèle à la réalité des communautés marginalisées, ne suffit pas à elle seule. Si l’on s’en contente, on se retrouve dans une impasse, permettant de <a href="https://journals.kent.ac.uk/index.php/klr/article/view/1091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">disqualifier</a> des réflexions plus larges, celles des obstacles structurels à l’inclusivité. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Politique de reconnaissance </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le multiculturalisme est un pilier de l’identité canadienne. Promu par la Charte canadienne des droits et libertés (1982), il <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/puzzling-persistence-of-racial-inequality-in-canada/E89DEFD1170245773E2CDDF23ACACE95" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’inscrit</a> dans une politique de reconnaissance permettant l’acceptation d’identités multiples et la facilitation de leur intégration au sein de la société canadienne. Mais sa valorisation, sans aucune forme de nuance, présente aussi le risque d’occulter la réalité des inégalités raciales, qui se traduisent à travers différentes dimensions économiques et sociales. En effet, <a href="https://www.torontomu.ca/content/dam/diversity/reports/state-of-black-economics/DI-FSC_Rapport-2025-sur-la-situation-economique-des-personnes-noires%20(1).pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">15%</a> des Canadiens noirs vivent dans des conditions de faible revenu ; la proportion de la population non racisée s’élève quant à elle à 10,3 %. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance et la redistribution constituent les deux faces d’une même pièce : celle de la <a href="https://journals.kent.ac.uk/index.php/klr/article/view/1091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">justice sociale</a>. La première, sans la deuxième, entraîne la <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/puzzling-persistence-of-racial-inequality-in-canada/E89DEFD1170245773E2CDDF23ACACE95" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">reproduction</a> des inégalités sociales et raciales. Car par sa nature, le racisme systémique se perpétue de lui-même. L’inaction politique est donc amplement suffisante pour reproduire ces inégalités. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la reconnaissance peut devenir un outil de légitimation et d’absolution des politiques, permettant le maintien du statu quo. Elle excuse le manque d’actions concrètes et systématiques visant la réduction de ces inégalités raciales. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bruce McIvor, expert en droit autochtone, la reconnaissance des droits des Premières Nations dans la Constitution canadienne permet deux choses : la première étant de légitimer la poursuite du projet colonial ; la deuxième de souligner les progrès moraux des descendants des colonisateurs. La reconnaissance demeure purement symbolique. Parmi les <a href="https://www.ctvnews.ca/canada/article/its-going-to-take-us-150-years-canada-still-working-to-implement-truth-and-reconciliation-commission-recommendations/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">94 mesures</a> préconisées en 2015 par la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, seules <a href="https://www.pewresearch.org/journalism/2023/09/26/black-americans-experiences-with-news/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14</a> d’entre elles ont été effectivement réalisées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître le droit à un peuple de vivre dans la dignité, sans que cette reconnaissance soit suivie d’actions concrètes, est vide de sens. Les politiques redistributives doivent donc emboîter le pas. La représentation est essentielle, mais elle ne fait pas tout!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/" data-wpel-link="internal">La représentation n’est qu’un premier pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La poursuite maladive de l’exotisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/la-poursuite-maladive-de-lexotisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Proulx]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[ONF]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59926</guid>

					<description><![CDATA[<p>Enjeux de découvrabilité dans la recherche de notre identité.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Mon départ ayant permis un court (mais, à mon sens, suffisant) répit à notre département juridique, il m’a été proposé par ma nouvelle patronne de reprendre du service au Délit. Elle m’a promis une faramineuse augmentation salariale, en échange de laquelle je ne lui ai promis qu’une seule chose : je mets une croix sur mon sujet de prédilection. Je ne parle plus du Québec ni de libération nationale ; plus jamais! Tout le monde a son prix… Allez, Eugénie, encore 100$ par mois et je deviens fédéraliste!</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai récemment visionné pour une énième fois Voir Miami…, magnifique court-métrage documentaire de Gilles Groulx, un maître bien dissimulé du cinéma québécois. Il y expose avec une remarquable candeur cette fascination que nous avons pour une vie qui semble si paradisiaque, loin de notre pays polaire, mais dont nous sommes vite désillusionnés. Peut-être parce que cette oisive perfection devient inévitablement fade. Ou bien parce que nous sommes un peuple éternellement insatisfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais d’autres s’y plaisent, s’y sentent repus, dignes. Comme s’ils avaient atteint l’apex de l’existence humaine, depuis lequel ils peuvent à présent toiser leurs subalternes (anciennement, leurs semblables). Supérieurs, ils ne sont plus ce qu’ils ont jadis été.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe au Québec une affliction qui doit être l’affaire de tous les petits peuples, minables sous-cultures qui auraient clairement tout à gagner de devenir des copies de l’impérialisme culturel de notre temps. Ce syndrome n’a qu’un seul symptôme : le refus catégorique d’être soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne prétends pas être davantage qu’un simple observateur perplexe de ce phénomène, néanmoins il me semble qu’il crève les yeux. Surtout dans le domaine du cinéma, secteur culturel à mon sens le plus centralisé, dominé par la sacro-sainte culture de l’hollywoodisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne mesure la réussite de nos cinéastes que par les opinions des autres sur leur travail (rendu déjà bien difficile par les bonzes de Téléfilm Canada et al.). Il faudrait les voir pirouetter sur le tapis rouge de Cannes, se gorger de caviar à la Mostra et embaucher des escortes aux Oscars pour être certains de la qualité de leurs œuvres. Le marché québécois est trop petit, trop insignifiant – ses consommateurs incapables de discerner un grand film d’une annonce pour le lait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, nos cinéastes en deviennent eux-mêmes convaincus (Xavier Dolan et son ridicule accent français, par exemple) et veulent graduer, histoire de devenir de véritables génies. Des génies américains, français, italiens, japonais… Pour devenir un « grand-maître », il faut être Godard, Kurosawa, Fellini ou Bergman. On ne peut se contenter d’être Groulx, Perrault, Falardeau ou Arcand.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un problème d’identité qui ne se limite pas au cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il pourrait être dit que le cinéma québécois n’est simplement pas aussi bon que les autres. Si c’est par la loi de la popularité et des recettes au box-office que sont jugées nos productions, cette accusation devient une certitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système tout entier n’est qu’une gargantuesque machine à profit, une optimisation des ressources des grands studios. Une chambre d’écho perfectionnée abritant critiques, publicistes et autres génies autoproclamés qui se font les gardiens du bon goût. Leurs opinions et leurs campagnes publicitaires guident nos choix, déterminent nos préférences et nous condamnent éventuellement à être incapables de décider pour nous-mêmes la réelle qualité de l’œuvre que nous pensons consommer. On nous fait comprendre ce que l’on devrait voir, et on applaudit le tout bêtement, bien domptés que nous sommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce zoo pseudo-intellectuel, une lueur d’espoir. Une faible lueur, que seul l’intérêt pour qui nous sommes réellement peut raviver. Si nous voulons sortir de cette hébétude, cette stupeur béate dans laquelle le monde nous plonge, il faut faire le choix d’arrêter d’imaginer la supériorité des autres sur nous. Il faut arrêter de chercher Miami à Blanc-Sablon, Hollywood à Québec et New York à Tadoussac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce faire, je propose une cure de désintoxication. Un régime intensif alliant Groulx et O’Bomsawin, Brault et Nguyen. Les Anciens comme les Nouveaux, non pas dans une futile opposition des styles, mais dans un effort de compréhension de l’histoire cinématographique québécoise. Le récit de nos peuples, racontés par nos peuples, sans avoir la prétention de rafler des prix vides de sens, attribués au plus offrant. Je suis persuadé que vous trouverez un génie sans pareil dans Pour la suite du monde ; et si vous en êtes incapables, je suis persuadé qu’un critique-mercenaire engagé à gros prix saura le faire pour vous.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Je suis persuadé que vous trouverez un génie sans pareil dans<br>Pour la suite du monde ; et si vous en êtes incapables, je suis<br>persuadé qu’un critique-mercenaire engagé à gros prix saura le<br>faire pour vous »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que nous – et par extension, nos cinéastes – ne souhaitions plus jamais être autre chose que ce que nous sommes, il faut impérativement encourager davantage de découvrabilité de nos contenus. L’ONF, Éléphant Films et d’autres organisations accomplissent un travail honorable de diffusion et de catalogage de nos archives québécoises, mais le résultat est imparfait, incomplet, et, opprobre ultime (dans certains cas), payant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre culture, notre histoire et notre présent: introuvable ou à vendre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Si nous voulons sortir de cette hébétude, cette stupeur béate<br>dans laquelle le monde nous plonge, il faut faire le choix d’arrêter<br>d’imaginer la supériorité des autres sur nous. Il faut arrêter de<br>chercher Miami à Blanc-Sablon, Hollywood à Québec et New<br>York à Tadoussac »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle différence avec les autres productions cinématographiques internationales? Nos films, nos documentaires, nos courts-métrages… une immense partie de nos contenus sont (ou ont été) financés par l’État. Et nous finançons l’État. Donc, ces films sont à nous. Ils sont nous. Ils portent sur notre passé, sur notre histoire et sur nos peuples. Il est vrai qu’on ferait mieux de vivre pour le présent, et encore plus pour le futur. Mais bon, tant qu’à ne plus refouler qui nous sommes, autant savoir ce que nous avons pu être. Avec un peu de chance, nous en aurons moins honte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins de la moitié des films financés par l’Office national du film du Canada (ONF) sont accessibles au grand public, pour ne compter que ceux-là. Pareil pour les archives de Radio-Canada, Téléfilm Canada et d’autres plateformes dont la responsabilité impute évidemment au gouvernement fédéral. Je vous épargne le commentaire politique, mais je crois qu’il serait essentiel de procéder à un rapatriement, sinon de nos compétences, de notre cinématographie. Il est impératif que nous cessions toujours d’aspirer à être autre chose que nous sommes, et cette transformation du rapport à notre identité ne peut passer que par une réappropriation de nos grands maîtres. Et, bien sûr, la réalisation qu’ils ne sont pas moins grands qu’ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est évident qu’une telle entreprise de valorisation, si vertueuse qu’elle soit, ne viendra pas à bout de l’ordre mondial et à la hausse exponentielle du coût du baril de popcorn. Mais nous en ressortirons assurément moins dédaigneux, moins arrivistes, moins enclins à traiter tout ce qui se fait de grandiose au Québec comme une production folklorique régionale. Peut-être serons-nous même admiratifs, dégoûtés d’avoir si longtemps cherché la gloire dans l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viendra un jour où des cinéastes du monde entier en quête d’identité aspireront à être Groulx ou Barbeau Lavalette… ce sera à leur tour d’apprendre à n’être qu’eux-mêmes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/la-poursuite-maladive-de-lexotisme/" data-wpel-link="internal">La poursuite maladive de l’exotisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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