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	<title>Archives des Musique - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 24 Mar 2026 19:38:39 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Quand le deuil est chanté par des dessins animés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/quand-le-deuil-est-chante-par-des-dessins-animes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Martel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Gorillaz]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel album]]></category>
		<category><![CDATA[The Mountain]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le neuvième album studio de Gorillaz est paru à la fin février.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Gorillaz est un groupe de musique britannique virtuel créé par Damon Albarn et Jamie Hewlett en 1998. Tandis qu’Albarn s’occupe de la partie musicale, Hewlett est l’artiste derrière toute la partie visuelle. Le duo fondateur reste plutôt dans l’ombre, puisque les membres de Gorillaz sont présentés comme quatre personnages de dessin animé : 2‑D (chant), Noodle (guitare, clavier), Murdoch Niccals (guitare, basse) et Russel Hobbs (batterie). Un riche univers autour de la formation fictive s’est construit au fil des années à travers de nombreux vidéoclips, des courts-métrages et même des entrevues écrites à l’avance. </p>



<p><em>The Mountain</em> est le neuvième album studio de la formation, sorti 25 ans après leur premier projet. Il a été conçu durant une période de deuil pour le duo créatif, dont les membres ont tous deux perdu leur père en l’espace de deux semaines. Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique. La cinquième chanson, « <em>The Orange County </em>», s’attaque à la tristesse du deuil à l’aide d’une mélodie construite autour d’un sifflement jovial : « <em>Tu sais le plus difficile / C’est de dire au revoir à quelqu’un que tu aimes (tdlr) </em>»<em> </em>(<em>You know the hardest thing / Is to say goodbye to someone you love). </em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Même si la mort est le filon conducteur de l’album, le ton est loin d’être mélancolique»</p>
</blockquote>



<p>Albarn et Hewlett, durant la création de l’album et leur processus de deuil, ont effectué plusieurs voyages en Inde qui ont influencé les thématiques majeures abordées dans<em> The Mountain</em>. Cela se ressent notamment dans le côté spirituel de l’album. La mort est abordée à travers le spectre de la réincarnation, ce qui aide en partie à atténuer son côté tragique. Le choix des collaborations en témoigne parfaitement, car elles sont parfois prises d’anciens enregistrements d’artistes décédé·e·s, comme c’est le cas avec le rappeur Proof sur « <em>The Manifesto</em> », qui renaît temporairement le temps de quelques couplets. La structure même du projet rappelle la réincarnation, puisque la mélodie d’ouverture est la même que celle qui conclut l’album. Il est donc idéal d’écouter l’album dans son ordre chronologique, d’un bout à l’autre, pour en faire l’expérience optimale. Le projet se termine avec « <em>The Sad God</em>», qui met en scène un dieu découragé et déçu par l’humanité : « <em>Je vous ai donné des atomes, vous avez construit une bombe / Maintenant il n’y a plus rien et je suis parti </em>» (<em>I gave you atoms, you built a bomb / Now there is nothing and I have gone</em>). </p>



<p>Fidèle à ses habitudes, Gorillaz multiplie les collaborateur·ice·s et les genres musicaux dans lesquels il puise. <em>The Mountain</em> est influencé par le rap, le trip hop, la musique classique indienne, le rock alternatif et plus encore. Il est le résultat de plusieurs collaborations entre différents pays, ce qui crée une œuvre multiculturelle au son riche et singulier. Cette diversité se manifeste entre autres par les langues dans lesquelles chantent les artistes invité·e·s : l’anglais, l’arabe, l’hindi, l’espagnol et le yoruba. </p>



<p>Pour accompagner la sortie de l’album, Gorillaz a publié un court-métrage de huit minutes intitulé «<em> The Mountain, The Moon Cave and The Sad God</em> », titre qui fait allusion à trois chansons différentes. Véritable lettre d’amour à l’âge d’or de l’animation, le film s’inspire grandement du <em>Livre de la jungle</em>. Le projet dirigé par Hewlett et réalisé par des dizaines d’artistes s’est échelonné sur plusieurs mois, puisque le groupe tenait à ce qu’il soit entièrement dessiné et peint à la main. L’attention aux plus fins détails témoigne de la passion encore bien vivante d’Albarn et Hewlett. Grâce à cette passion, Gorillaz arrive à réaliser un album monumental qui se hisse parmi les meilleurs de la formation. </p>



<p>The Mountain <em>est disponible sur toutes les plateformes de diffusion en continu et en format physique. Gorillaz sera au Centre Bell le 3 octobre 2026, où l’on pourra voir de grands écrans diffuser des vidéos du groupe virtuel, tandis qu’Albarn et une dizaine de musiciens se produiront sur scène. Les billets sont déjà en vente sur evenko.ca.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1094" height="1094" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM.png" alt class="wp-image-60652" style="width:225px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM.png 1094w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot-2026-03-24-at-11.02.05-AM-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1094px) 100vw, 1094px"><figcaption><span class="media-credit">Photo tirée de la page Instagram de Jamie Hewlett</span></figcaption></figure>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un cri du cœur du Boss</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/un-cri-du-coeur-du-boss/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bruce Springsteen]]></category>
		<category><![CDATA[engagement]]></category>
		<category><![CDATA[ICE]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59949</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur la chanson Streets of Minneapolis de Bruce Springsteen.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le chanteur et guitariste américain Bruce Springsteen secoue l’industrie de la musique et s’attire les foudres de l’administration Trump avec sa chanson « <em>Streets of Minneapolis</em> » sortie le 28 janvier dernier. En seulement quatre jours, l’artiste a écrit, enregistré et diffusé sa chanson : un travail extrêmement rapide dont les paroles vont droit au cœur de l’auditeur. Deux jours après sa sortie, « <em>Streets of Minneapolis</em> » est jouée par Springsteen lors d’un concert de charité en solidarité avec le Minnesota, initiative de <a href="https://www.everettpost.com/music/rock/bruce-springsteen-performs-streets-of-minneapolis-at-tom-morellos-minneapolis-concert-protesting-ice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Tom Morello</a>, guitariste du groupe Rage Against the Machine. Ce geste s’inscrit dans le courant de son dernier microalbum, <em>Land of Hope and Dreams</em>, qui qualifie l’administration Trump de « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2224234/bruce-springsteen-minneapolis-chansons-protestation-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">corrompue, incompétente et traîtresse</a> ».</p>



<p><br><strong>Une œuvre politique</strong></p>



<p>Cette chanson militante n’est pas une première pour l’auteur-compositeur-interprète, qui a l’habitude de s’attaquer à des <a href="https://www.victrola.com/blogs/articles/bruce-springsteens-impact" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sujets politiques</a> et tabous dans son art. Que ce soit avec « <em>Born in the U.S.A.</em> », qui dénonce les difficultés auxquelles font face les vétérans, « <em>Streets of Philadelphia</em> » sur la crise du sida, ou encore son album <em>Born to Run</em>, qui fait état de la dépression du chanteur, ce dernier ne mâche jamais ses mots par peur de mettre le feu aux poudres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&nbsp;C’est une promesse de continuer à se battre contre la brutalité et les violations des droits humains jusqu’à ce que chacun et chacune soit libre »</p>
</blockquote>



<p><br><strong>Minneapolis : le théâtre d’horreurs</strong></p>



<p>Depuis le début de l’année, la ville de Minneapolis est le théâtre de nombreux mouvements de contestation, les citoyens protestant contre les actions abusives de la police de l’immigration (ICE). C’est cette lutte pour la liberté que Springsteen raconte dans sa nouvelle chanson. Il rend également <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2224234/bruce-springsteen-minneapolis-chansons-protestation-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hommage aux victimes innocentes</a> : Renee Good, Alex Pretti et les immigrants injustement ciblés, ainsi qu’aux habitants de Minneapolis. Le chanteur reprend ce que le peuple scande depuis des semaines, « <em>ICE out now</em> » (« <em>ICE dehors </em>», tdlr), et l’intègre à la mélodie, le pouvoir des voix réunies en arrière-plan donnant des frissons. La mélodie, forte en acoustique et sans fioritures dans le style emblématique de Springsteen, laisse place à la force des paroles. Ces dernières prônent la solidarité et l’unité devant le chaos qui secoue la ville du Mid-west. C’est une promesse de continuer à se battre contre la brutalité et les violations des droits humains jusqu’à ce que chacun et chacune soit libre.</p>



<p><br><strong>Dénoncer l’injustice</strong></p>



<p>« <em>King Trump’s private army from the DHS / Guns belted to their coats / Came to Minneapolis to enforce the law / Or so their story goes</em> » (<em>L’armée privée du DHS</em> (département de la Sécurité intérieure, ndlr) <em>du roi Trump / Avec des fusils à la ceinture de leurs manteaux / Sont venus à Minneapolis pour faire respecter la loi / Ou du moins c’est ce qu’ils disent</em>) chante Springsteen. Le musicien refuse d’accepter une version officielle des faits, déformée par le gouvernement et les paroles percutantes demandent la liberté de la ville ainsi que le départ immédiat de l’ICE. Le chanteur dénonce la situation dangereuse pour les personnes de couleur et le non-respect des droits des Américains. La chanson se termine sur la promesse de ne pas oublier les vies qui ont été prises injustement. Tout comme dans la chanson de Springsteen, le slogan « <em>ICE out</em> », chanté en chœur, continuera de retentir dans les rues de Minneapolis.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sensibilité à vendre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/sensibilite-a-vendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catvy Tran]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[sensibilisation politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59813</guid>

					<description><![CDATA[<p>En pleine léthargie générale, la musique comme élan à une sensibilisation politique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dès les premières secondes de <em>Sold Out</em>, les artistes Gracie Abrams, Bon Iver et Aaron Dessner nous plongent dans l’atmosphère anxiogène d’une fusillade dans une école secondaire. Cette chanson, parue il y a quelques semaines dans un effort de levée de fonds pour l’organisme <em>Everytown for Gun Safety</em>, nous prend de court par sa représentation crue des fléaux qui hantent le climat politique actuel. Des dirigeants indolents aux forces d’extrême droite, en passant par les patrons intéressés, Abrams et Dessner dépeignent un monde dirigé par des « vendus » et n’épargnent personne.</p>



<p>Cette désillusion rejoint le courant postmoderniste dans son rejet de la légitimité des discours étatiques dominants. En effet, l’art postmoderne est caractérisé par une remise en question d’un principe au cœur de la définition de l’État moderne formulée par Weber : le monopole de l’État sur l’emploi de la force. D’un côté, les images incessantes de la violence perpétrée par une bureaucratie flegmatique encouragent une apathie populaire ; de l’autre, l’art s’ancre dans un désir de chambouler cette apathie. Il devient donc une force revigorante pour se sensibiliser de nouveau et prendre conscience de la distance prise avec les événements alarmants qui semblent nous dépasser.</p>



<p>Bien plus qu’une simple représentation de la réalité, les œuvres d’art démantèlent donc le processus quotidien d’« habitualisation » examiné par le théoricien Viktor Shklovsky. Ce dernier voit l’art comme un excellent moyen de renverser l’automatisation de la perception qui nous rend insensibles. En effet, l’art permettrait de « <a href="https://fr.scribd.com/document/913759123/03-a-Shklovsky-L-art-en-tant-que-technique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retrouver la sensation de la vie ; [nous] faire ressentir des choses</a> ». Ainsi, la culture, ou, dans ce cas-ci, les chansons à caractère politique, font partie intégrante de la vie politique et permettent aux auditeurs d’être sensibilisés à des enjeux sociétaux, qu’ils soient internationaux ou domestiques.</p>



<p><strong>Politique interne</strong></p>



<p>À l’échelle interne, on peut, par exemple, penser à la chanson <em>True Believer </em>de l’artiste Hayley Williams. Dans ce morceau paru l’année dernière, Williams ne mâche pas ses mots et met en lumière les nombreuses incohérences des discours chrétiens et nationalistes dans le sud des États-Unis. Après avoir critiqué leurs fusils « <em>grands comme leurs enfants </em>» (<em>tdlr</em>), elle dénonce leur tendance à dépeindre Jésus avec un « <em>visage blanc </em>» pour ne pas avoir à « <em>prier quelqu’un qu’ils considèrent inférieur </em>». Grâce à cette chanson, l’artiste américaine parvient à mobiliser l’auditeur, à le sensibiliser à des enjeux concrets et même à lui fixer un but précis. En guise de touche finale, Hayley Williams nous fait une promesse : « <em>The South will not rise again / Til it’s paid for every sin </em>» (« Le Sud ne se relèvera pas tant qu’il n’aura pas payé pour tous ses péchés »).</p>



<p>L’autrice-compositrice-interprète Janelle Monáe livre quant à elle une critique acérée des États-Unis et de son système violent, sexiste et raciste avec <em>Americans</em>. Les couplets de cette chanson, aux paroles exhaustives, abordent entre autres les injustices du système carcéral, les inégalités salariales, l’appétit pour la guerre et la violence policière qui caractérisent les États-Unis. L’allégeance aveugle de la locutrice, qui scande en boucle « <em>I’m American </em>» (« Je suis américaine ») durant le refrain, crée un contraste saisissant avec l’énumération affligeante qui la précède et permet à l’auditeur d’entendre les contradictions ancrées dans l’État américain et de s’en désolidariser.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« D’un côté, les images incessantes de la violence perpétrée par une bureaucratie flegmatique encouragent une apathie populaire »</p>
</blockquote>



<p>Le plaidoyer de Monáe pour un pays plus juste s’inscrit dans une tradition de revendications de la population noire américaine, en ce qui a trait à son inclusion au sein de sa nation. Bien que la fondation de ce pays repose sur des idéaux démocratiques, la concrétisation de ces idéaux n’a eu lieu que grâce au combat incessant de la population noire américaine pour une démocratisation radicale des droits et libertés promus par la Déclaration d’indépendance. C’est d’ailleurs dans cette lignée que « <em>I’m American </em>» se transforme à la toute fin de <em>Americans </em>en « <em>This is not my America </em>» (« Ceci n’est pas mon Amérique »). Dans cette chanson, la remise en question de la fierté nationale se confronte également à la violence exercée par l’État américain à l’étranger. Ainsi, s’inscrivant dans un mouvement d’internationalisation prôné avant elle par W. E. B. Du Bois, Martin Luther King et Malcolm X, le regard de l’artiste se tourne vers les systèmes oppressifs reproduits par les États-Unis sur la scène mondiale. En témoignent les premières lignes de la chanson : « <em>War is old </em>[…]<em>; let’s play God </em>» (« La guerre est une vieille histoire […] ; jouons le rôle de Dieu »).</p>



<p><strong>Politique internationale</strong></p>



<p>Cette résistance à un système généralisé peut également faire penser à la chanson <em>Hypersonic Missiles </em>de Sam Fender. Parue en 2019 et faisant partie de l’album du même nom, elle dépeint un locuteur apathique et désensibilisé. Au beau milieu de bombardements à Gaza, d’un engrenage financier insatiable et de discours alarmistes promouvant un réarmement, il demeure « <em>blissfully unaware </em>» (« complaisant dans son ignorance ») et promet tout ce qu’il possède à sa patrie anglaise. Cette critique du système, saupoudrée de défaitisme, illustre la difficulté de se séparer, en tant qu’individu, d’un système opprimant et foncièrement injuste.</p>



<p>Dans une optique complémentaire, l’auteur-compositeur-interprète Hozier adopte dans <em>Eat Your Young </em>le point de vue de la classe dirigeante pour critiquer sa tendance à sacrifier les jeunes générations, et ce, à travers le globe. Cette chanson de 2023 est inspirée de l’essai satirique « <em>A Modest Proposal </em>» de Jonathan Swift, qui propose la consommation de la chair d’enfant comme échappatoire à la pauvreté pour leurs parents. Hozier reprend cette idée en incriminant une élite ostentatoire qui écorche les vies des enfants, au profit de guerres et de l’accumulation de ressources matérielles : « <em>Puttin’ food on the table, sellin’ bombs and guns / It’s </em>[…] <em>easier to eat your young </em>» (« Mettre du pain sur la table, vendre des bombes et des fusils / Il est […] plus facile de manger ses jeunes »).</p>



<p>Trois ans plus tôt, l’incomparable Taylor Swift faisait elle aussi une défense de la jeunesse. Dans <em>Only The Young</em>, elle soutenait que, alors que les jeunes sont confrontés à une course contre la mort durant les nombreuses fusillades qui rongent les États-Unis, eux seuls sont capables de courir. La course prend ici un sens double, puisqu’elle fait également référence au pouvoir de la jeune génération, qui pourra diriger le pays (« <em>run the country </em>») et ainsi contrer les politiques opprimantes de Donald Trump. Malgré les fusillades, les inégalités et un sentiment d’impuissance affligeant, Swift rappelle donc à la jeunesse qu’il lui faut persévérer et continuer à courir (« <em>Only the young / Can run </em>[…] <em>/ So run </em>»). Écrite avant la réélection de Donald Trump, cette chanson est ponctuée d’un certain optimisme qu’on ne retrouve pas, par exemple, dans la plus récente <em>Sold Out</em>. Cette dernière incarne plusieurs éléments plus sombres qui jalonnent la plupart des morceaux examinés dans cet article : élite vendue, jeunesse apathique et désillusionnée, rage et peur. Cependant, peu importe leur angle d’approche, toutes ces chansons nous rappellent, comme toute bonne œuvre d’art, l’importance de regarder la douleur en face et de ne pas oublier. Dans les mots de Gracie Abrams et Aaron Dessner, « <em>Pain is a souvenir / It’s a reminder </em>» (« La douleur est un souvenir / C’est un rappel »).</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour renouer avec la magie d’exister</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/pour-renouer-avec-la-magie-dexister/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sara Mili Larose Coco]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[aalbum]]></category>
		<category><![CDATA[chanteuse]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[ichiko aoba]]></category>
		<category><![CDATA[japonais]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59687</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’art musical d’Ichiko Aoba.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ichiko Aoba, née en 1990 à Chiba, est une musicienne japonaise ayant grandi dans la préfecture de Kyoto. Depuis ses 17 ans, elle compose, écrit et interprète ses chansons, s’accompagnant de sa guitare. En 2020, elle crée sa propre maison de disques indépendante, <em>Hermine</em>, et sort son septième album, <em>Windswept Adan</em>. Ce dernier lui vaudra une notoriété internationale.</p>



<p>L’art d’Aoba a la particularité d’allier instruments acoustiques, chants et sons de synthèse, c’est-à- dire produits ou modifiés par ordinateur. Le titre « Parfum d’étoiles », par exemple, entremêle une mélodie au piano, un chant sifflé imitant les oiseaux, des chants d’oiseaux synthétisés, des voix d’enfants et des réverbérations de cloches. Lors de ses tournées, elle est parfois accompagnée d’orchestres ou de quatuors à cordes, dont elle compose elle-même les arrangements. Aoba est une guitariste exceptionnelle, qui joue aussi de la clarinette (que l’on entend parfois dans ses chansons, comme dans « Amuletum ») et du piano.</p>



<p>L’œuvre d’Aoba se nourrit de plusieurs genres, comme le <em>folk </em>et la musique minimaliste, électronique et acoustique, mais s’inspire aussi de différentes traditions de chants polyphoniques, comme dans « Kirinakijima ». Ichiko Aoba s’est taillé, dans la scène musicale, un monde bien à elle. Son œuvre partage des caractéristiques formelles, harmoniques et mélodiques avec d’autres artistes (Ryūchi Sakamoto, Linda Perhacs, Lamp et autres), sans pour autant adhérer à un genre fixe. Dans un monde où la musique est extrêmement codifiée selon des normes technologiques et économiques, Aoba conserve une certaine autonomie vis-à-vis des marchés et des attentes esthétiques. Plutôt que de répondre à une tendance, son œuvre cultive une vision, partagée avec un public fidèle, qui veut baigner dans ses univers oniriques où s’enlacent nature, enfance, mémoires, fleurs, lumière et mer, où l’on peut renouer avec une magie qui n’est pas artificielle, mais organique – la magie immanente à l’expérience.</p>



<p>Le premier concert d’Aoba auquel j’ai eu la chance d’assister, grâce à la générosité d’une amie (envers qui je suis éternellement reconnaissante), s’avérait être la première fois qu’elle se produisait à Montréal. Le Théâtre Beanfield, dans la Petite-Bourgogne, était plein à craquer et personne n’est sorti sans avoir les joues baignées de larmes – pas même le gardien de sécurité. Plusieurs membres du public se sont empressés de lui tendre des mouchoirs. C’est le geste qu’éveille l’œuvre d’Aoba, une main tendue pour essuyer des larmes. Sans que sa musique soit pathétique, tragique ou dramatique, elle vient délicatement ouvrir les cœurs qui, à vifs, écoutent ce qu’elle a à offrir: une consolation, une berceuse.</p>



<p>D’ailleurs, en japonais, « berceuse » se traduit par « chanson qui protège les enfants ». La musique immémoriale d’Aoba protège les liens entre les êtres par la candeur, poésie et douceur de l’enfance qui sommeille dans nos mémoires. La fragilité désarmante des œuvres d’Aoba vient réveiller en nous des rêves que l’on croyait endormis.</p>



<p>Pour mon bonheur et pour le vôtre – je l’espère –, Ichiko Aoba sera de retour dans une grande robe de blanc nacré à Montréal le 28 avril, au théâtre Maisonneuve, pour sa troisième tournée mondiale – complétant son nouvel album <em>Luminescent Creatures</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/pour-renouer-avec-la-magie-dexister/" data-wpel-link="internal">Pour renouer avec la magie d’exister</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Changer le rap queb un album à la fois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/changer-le-rap-queb-un-album-a-la-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Douze sur douze]]></category>
		<category><![CDATA[Loud]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel album]]></category>
		<category><![CDATA[rap québécois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59543</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur le nouvel album de Loud.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">A près trois ans à parcourir la francophonie en concerts et festivals, le rappeur québécois Loud revient en force avec un quatrième album : <em>Douze sur douze</em>, sorti le 12 décembre dernier. « On repart la machine, on prépare un classique », dit-il dans la chanson <em>Splash</em>, issue de son nouvel album. </p>



<p><strong>Un style reconnaissable </strong></p>



<p>En 2017, la chanson <em>Toutes les femmes savent danser</em>, tirée de son album <em>Une année record</em>, joue en boucle à la radio, et la popularité de Loud explose. Les albums <em>Tout ça pour ça</em> (2019) et <em>Aucune promesse </em>(2022) suivent et ne font que réaffirmer son statut d’icône du rap québécois. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Son nouvel album Douze sur douze est étonnant : jeux de sonorité, features surprenants, paroles recherchées, tout est au rendez-vous pour créer un album mémorable »</p>
</blockquote>



<p>Son nouvel album <em>Douze sur douze </em>est étonnant : jeux de sonorité, <em>features</em> surprenants, paroles recherchées, tout est au rendez-vous pour créer un album mémorable. La liste de lecture s’ouvre avec <em>1/12</em>, une courte chanson d’introduction à l’album et une réflexion sur sa montée en popularité dans les dernières années. La dernière chanson, <em>13/12</em>, remplit la même fonction : un remerciement à ses proches pour les encouragements et le soutien. Ce type de chanson est devenu une habitude chez le rappeur, qui dédie bien souvent une chanson à ceux qui rendent son succès possible, tant ses producteurs que son auditoire.</p>



<p><strong> Collaborations étonnantes </strong></p>



<p>Quatre chansons sur les treize qui composent la parution contiennent des <em>features</em>, une pratique qui consiste à inviter un artiste à participer à la chanson ou à incorporer certains extraits d’autres chansons. Salomé Leclerc, Ariane Moffatt, Statzz et Connaisseur Ticaso sont tous réunis dans cet album. La présence de ces artistes peut paraître étonnante : à l’exception de Connaisseur Ticaso, ils ne font pas de rap. Pourtant, les styles musicaux s’allient bien dans les différentes chansons et rappellent le caractère de l’album, empreint de la vantardise caractéristique du rap, mais aussi de vulnérabilité. </p>



<p><strong>Un album vulnérable </strong></p>



<p>Dans son nouvel album, Loud ouvre son cœur, tout particulièrement dans deux chansons : <em>Entre nous</em>, avec Salomé Leclerc, et <em>Quelque chose</em>. La première chanson, faisant état d’une rupture amoureuse douloureuse, est lourde d’émotions avec ses paroles poignantes : « Mais j’suis pas prêt à <em>quit</em>, quitte à prendre le blâme / On mérite une dernière danse avant d’rendre l’âme. » Le tout est appuyé par une mélodie lente et minimaliste qui laisse la place à la solitude communiquée par les paroles. Dans la deuxième chanson, le rappeur s’ouvre sur sa relation avec l’actrice Catherine Saint-Laurent, jusqu’ici gardée plutôt secrète. Le vidéoclip compile les moments entre le rappeur et sa partenaire, des images prises sur le vif. Loud continue de faire des jeux de mots dans ses paroles, un des traits distinctifs de sa musique : « Pas d’partage ni de parenthèse / Si on est partenaire, c’est à part entière / On manquera jamais d’essence si on part ensemble / Y a rien de passager à part ton siège, <em>let’s ride</em>. » </p>



<p><em>Douze sur douze</em> ne déçoit pas les admirateurs qui attendaient une nouvelle sortie : Loud renouvelle son style et montre sa vulnérabilité en gardant les éléments distinctifs qui le rendent unique. Un album rempli de surprises, en collaboration avec des artistes aux genres divers qui viennent enrichir la sonorité. </p>



<p><em>Loud amorce sa tournée de concerts à travers le Québec pour Douze sur douze le 30 janvier 2026.</em></p>



<p></p>
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		<title>Capharnaüm organisé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/capharnaum-organise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Martel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[album]]></category>
		<category><![CDATA[floraison tardive]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59086</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un jeune duo de la Rive-Nord offre un premier album captivant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Avec une scène musicale québécoise aussi grande et talentueuse, on finit tous·tes par avoir nos coups de cœur. Un groupe de rap, notamment, joue en boucle dans mes écouteurs, surtout au cours des dernières semaines : Floraison Tardive. Initialement composé d’un trio de Tony Baitch (Antoine Bernard), Tetro (Charles-Éli Tétreault) et Mimile (Émile Riopel), la formation ne compte plus que deux membres depuis quelques mois, le troisième ayant plutôt choisi de se concentrer sur sa carrière d’artiste visuel. Le groupe québécois a lancé son premier microalbum, <em>Des pétales au bout du quai</em>, en mai 2023. Cela a permis au trio de participer à la 28<em>e </em>édition du concours pour artistes québécois francophones émergents, les Francouvertes, en mars 2024. Le groupe, maintenant formé de Tetro et de Tony Baitch, a lancé son premier album intitulé <em>Radeau Capharnaüm </em>le 17 octobre 2025.</p>



<p>Même si une grande portion du projet est consacrée au rap, celui-ci ne se limite pas à ce genre et puise dans différents styles musicaux afin d’avoir une identité unique. On sent l’influence du jazz autant dans les chansons de rap (c’est le cas de <em>TOUT VA TROP VITE</em>), que dans la pièce instrumentale <em>Reminispring</em>. Les différent·e·s collaborateur·ice·s, notamment Noëm et Le Gicko, aident à diversifier le son du groupe et à créer une œuvre singulière. Dans une ère de <em>singles</em>, de <em>playlists </em>et d’extraits de chansons écoutées jusqu’à l’épuisement, il est formidable d’avoir en main un projet abouti, pensé et réfléchi pour être écouté d’un bout à l’autre. En seulement 34 minutes, Floraison Tardive ouvre son univers et prouve que le groupe est en pleine maîtrise de son genre, comme il est mentionné dans <em>RENDRE L’ÂME </em>: « Nomme-moi une personne qui fait du Floraison, sauf Floraison. »</p>



<p>Le duo québécois aide à déconstruire les stéréotypes autour des paroles de rap, souvent vues comme vulgaires et vides de sens, en laissant une grande place à la poésie. Les textes de Tony Baitch sont intelligents, rythmés, aussi engagés que drôles et ont tous leur couleur distincte. L’écriture engagée risque d’être une pente glissante où l’artiste parle à travers son chapeau, mais le rappeur évite ce piège en restant complètement conscient de lui-même et de l’époque dans laquelle nous vivons tous·tes. Tony Baitch place un miroir devant la société et ses individus afin de faire ressortir l’hypocrisie et l’absurdité rencontrées au quotidien : « T’es féministe seulement quand ça t’arrange ; Elle triple ton bénef ’ sur OF pis ça t’dérange » (<em>VOIR QUE</em>).</p>



<p>Le travail de Tetro offre un support merveilleux aux paroles du chanteur encréantdes<em>beats</em>riches,texturéset entraînants. Il présente ses meilleures productions à ce jour, surpassant ce qu’il avait fait avec leur premier microalbum. Dès la chanson d’ouverture, <em>Spectre du temps</em>, l’artiste s’inscrit en tant que véritable DJ du projet. Il joue avec le scratch, utilise des effets de synthétiseur extravagants et installe une boucle qu’il interrompt pour mieux la reprendre quelques mesures plus tard. Tony Baitch et Tetro sont en contrôle total de leur domaine respectif et se complètent à merveille pour créer un projet excitant qui leur ressemble.</p>



<p><em>L’album </em>Radeau Capharnaüm <em>de Floraison Tardive est disponible</em> <em>sur toutes les plateformes de diffusion en continu</em>.</p>
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		<title>Musique québécoise pour tous·tes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/musique-quebecoise-pour-tous%c2%b7tes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[musique québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58959</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peut-on mettre la musique d’ici dans une seule catégorie?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je n’aime pas la musique québécoise » : phrase à laquelle je me suis trop souvent butée lorsque je partageais mes goûts musicaux. Cela m’a toujours un peu (beaucoup) irritée, sans savoir comment l’expliquer. J’ai du mal à accepter que la musique québécoise soit réduite à une seule et même catégorie, alors que l’on considère la musique américaine comme un regroupement d’une multiplicité de genres et d’artistes.</p>



<p>Dire « je n’aime pas la musique québécoise » est une généralisation infondée. Les mots « musique québécoise » ne constituent pas un genre, mais plutôt une riche catégorie culturelle, voire géographique. Il s’agit tout simplement de musique produite ici même, au Québec, par des individus revendiquant une appartenance au territoire québécois. Il n’y a pas de musicalité particulière associée à cette catégorie ; le genre musical est ce qui se rapproche davantage des goûts personnels. L’industrie musicale d’ici produit autant de musique pop que de rap, en passant par la musique indépendante, la chanson et le punk. Il y a un monde entre des artistes comme Violett Pi et Lynda Lemay, et pourtant, certaines personnes ont l’audace de les placer dans la même catégorie, justifiant ainsi leur dédain de ce qui se produit musicalement au Québec, alors qu’ils n’ont été exposés qu’au mince échantillon de chansons peu diversifiées qui jouent à la radio.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’industrie musicale d’ici produit autant de musique pop que de rap, en passant par la musique indépendante, la chanson et le punk »</p>
</blockquote>



<p>Si le malaise réside dans la langue, la musique québécoise est aussi polyglotte. Bien que, politiquement, on essaie parfois de se convaincre du contraire, le Québec est une société diversifiée, remplie d’individus au bagage culturel varié. Les artistes québécois se produisent en anglais ; Patrick Watson, Gabrielle Shonk, Claudia Bouvette et Soran en sont quelques exemples. Les langues autochtones ont également leur place dans ce que je considère comme « musique québécoise ». Des artistes comme Elisapie, Kanen et Laura Niquay façonnent le portrait de la musique d’ici en se produisant dans des langues autochtones ; c’est un des multiples visages du Québec qu’il ne faut certainement pas oublier. L’excuse de la langue ne tient donc pas, et la question persiste : pourquoi rejeter si catégoriquement la musique locale?</p>



<p>Je ne sais pas exactement comment y répondre, peut-être est-ce vain de tenter de le faire. Plutôt que de comprendre, j’essaierai finalement de convaincre. Il faut s’intéresser à ce qui se fait près de nous. La musique nous permet de mieux nous comprendre ; je n’oublierai jamais à quel point la chanson <em>St. Denis </em>de Ponteix et Louis-Jean Cormier m’a fait chavirer dans mes premiers mois de vie à Montréal. Mais le plus puissant, c’est le pouvoir que la musique a de nous faire comprendre l’autre. « L’autre », dans le cas de la musique québécoise, c’est notre voisine d’en haut, le travailleur du dépanneur, notre professeur. J’ai la conviction que s’intéresser à la musique d’ici, c’est aussi s’intéresser aux réalités d’ici. Peut-être ainsi pourrons-nous mieux vivre entre nous, mieux vivre ensemble.</p>



<p>P.S. – Quelques suggestions d’artistes en rafale pour commencer votre quête d’empathie musicale : Mon Doux Saigneur, Comment Debord, La Bronze et Marilyne Léonard.</p>
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		<title>Le jazz de Donal Dogbo, porteur de fraternité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/le-jazz-de-donal-dogbo-porteur-de-fraternite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Rochon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Donal Dogbo]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[jazz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un final vibrant au Festi Jazz Mont-Tremblant 2025.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La rue principale du village de Saint-Jovite grouillait de touristes déambulant tranquillement sous la chaleur accablante depuis quelque temps déjà. En guise de concert de clôture, la 18<em>e</em> édition du Festi Jazz Mont-Tremblant a accueilli un regroupement d’artistes de divers horizons sur la Grande Scène 885. Entouré de ses musiciens expérimentés, Donald Dogbo a offert une représentation remarquable de ses plus récentes compositions au cours de ce spectacle d’une heure et demie. Gagnant du prix Révélation Radio-Canada 2024, le batteur et percussionniste ivoirien décrit sa musique comme « Afro jazz, tradi-rythmique » dans laquelle il jongle entre les rythmes traditionnels africains et le jazz contemporain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Après cette première mise en bouche musicale, on entre véritablement dans l’univers personnel de l’artiste mis en valeur par le format intime de ce spectacle extérieur »</p>
</blockquote>



<p>C’est avec « Divine », un morceau introspectif, que l’artiste a choisi d’ouvrir le bal. Aux premiers instants, la foule semble toutefois peu réceptive aux sonorités expérimentales de ce titre tiré de son album « Coubli ». La seconde composition, portée par des sonorités ghanéennes et ponctuée de paroles, permet au public de découvrir pour la première fois le travail raffiné du trompettiste Rémi Cormier, figure montante du jazz et récemment nommé Révélation Radio-Canada 2023- 2024. Pendant sa représentation, Donald Dogbo confie à la foule avoir composé « Kongo » durant la pandémie. Ce morceau met en lumière la réalité d’enfants qui travaillent jour après jour sans savoir à quoi ressemblera demain, comme l’explique l’homme de jazz. Ce dernier s’adresse aux spectateurs : « Pendant que vous écoutez Kongo, pensez à toutes les personnes qui n’ont rien. Pensez à aller voir votre voisin durant l’hiver », une invitation à l’entraide universelle dont nous avons tant besoin par les temps qui courent.</p>



<p><strong>Entre introspection et universalité</strong></p>



<p>Après cette première mise en bouche musicale, on entre véritablement dans l’univers personnel de l’artiste, qui est particulièrement mis en valeur par le format intime de ce spectacle extérieur. Peu à peu, les rythmes entraînants des musiciens réchauffent la foule, qui perd sa timidité en se laissant doucement porter par le mouvement. Le temps d’un solo de plus de cinq minutes, Elli Miller-Maboungou a fait vibrer le conga, cet instrument de percussion emblématique d’Afrique centrale et de l’Ouest. Seul sous les projecteurs, il a enchaîné cadences effrénées et tempos plus posés, tenant la foule en haleine et l’entraînant dans un voyage rythmique saisissant.</p>



<p>Tout au long du spectacle, Dogbo revient sur ce thème de solidarité, rappelant que tendre la main passe aussi par l’appui aux artistes d’ici. Pour lui, encourager la scène jazz montréalaise, encore trop peu reconnue, fait partie intégrante de cet appel. Il convie chacun à aller la découvrir par soi-même. Portés par cette invitation et par la force de sa musique, les spectateurs tombent presque inévitablement sous le charme de rythmes qu’on a envie d’entendre encore et encore.</p>
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		<title>10 chansons qui vous feront pleurer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/10-chansons-qui-vous-feront-pleurer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Rochon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mont-Tremblant]]></category>
		<category><![CDATA[pierre lapointe]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57785</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le nouveau concert de Pierre Lapointe.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/10-chansons-qui-vous-feront-pleurer/" data-wpel-link="internal">10 chansons qui vous feront pleurer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">A cclamé par la critique à la suite des premières représentations de son plus récent album <em>Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé</em>, Pierre Lapointe entame au Québec la tournée de son 15<em>e</em> album. J’ai eu l’immense privilège d’assister à la deuxième représentation de son spectacle le 15 février, à Mont-Tremblant.</p>



<p>Pierre Lapointe est une véritable icône de la musique québécoise, un monument que dis-je! L’artiste flamboyant, connu pour ses mélodies inspirées de la chanson classique française mêlées aux rythmes pop, a sous son chapeau 15 prix Félix et plus d’une dizaine d’albums certifiés disques d’or. À l’âge de 24 ans, Pierre Lapointe connaît son plus grand succès en écrivant <em>La Forêt des mal-aimés</em>. Les pièces comme <em>Deux par deux rassemblés</em> ou <em>Au 27–100 rue des Partances</em> demeurent parmi les titres forts qu’il emportera avec lui de l’autre côté de l’océan pour agrandir sa renommée auprès des Français. Ce soir-là, à Mont-Tremblant, j’ai bravé la tempête jusqu’à la somptueuse église du lac Mercier, reconvertie en salle de spectacle, pour me laisser transporter par les paroles mélancoliques de Pierre Lapointe, cette icône toujours au sommet de son art, de retour en force après une pause musicale bien méritée.</p>



<p>L’auteur-compositeur-interprète nous revient avec des paroles intimes accompagnées de mélodies épurées. Détonnant des accents excentriques ou « grandioses » de ses albums précédents, celui-ci est percutant et émouvant. Pas très loin de sa trame narrative habituelle, le chanteur explore des thèmes qui lui sont chers – l’enfance, la mort et les relations amoureuses – qu’il réinvente d’une main de poète en nous amenant plus loin dans son univers.</p>



<p><strong>Que le spectacle commence…</strong></p>



<p>Pierre Lapointe entame de grands pas théâtraux vers le public, immédiatement subjugué par son charisme naturel. Avec son premier morceau <em>Le secret</em>, il nous plonge au cœur de sa vie amoureuse sans pour autant révéler l’identité de sa nouvelle muse. Les paroles de sa chanson ne font que suggérer le mystérieux prétendant : « Mon cœur veut crier le nom de celui que j’aime, mais je ne lui en donne pas le droit. » Accompagnée de seulement un piano, sa voix résonne harmonieusement au son du duo de pianistes, composé de Amélie Fortin et Marie-Christine Poirier, à qui il dédiera, à la grande surprise du public, une pièce de leur spectacle qu’elles exécuteront sans préparation! Ce moment spontané fut tout simplement incroyable!</p>



<p>Les mots « authenticité » et « intimité » résument à merveille le spectacle de près de deux heures. Pierre Lapointe renoue avec les influences classiques de la musique française qui ne l’ont jamais quitté pour présenter sur un ton nouveau les 10 chansons de son nouvel album. Chaque pièce musicale renferme un tableau dépeignant un passage charnière de la vie de Pierre, mais à travers lequel chacun d’entre nous peut s’identifier. Le public se retrouve plongé au cœur de l’enfance, l’adolescence et même l’entrée dans l’âge adulte de l’artiste. Au fil de ses chansons, le chanteur de <em>La Forêt des mal-aimés</em> explore des thèmes éminemment personnels et profondément humains : la vieillesse, les blessures d’enfance, les remises en question douloureuses et la quête imparfaite du bonheur. Assister au spectacle de Pierre Lapointe est un véritable manège d’émotions.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Chaque pièce musicale renferme un tableau dépeignant un passage charnière de la vie de Pierre, mais à travers lequel chacun d’entre nous peut s’identifier »</p>
</blockquote>



<p>Comme il l’affirme à la blague à maintes reprises, il s’agit d’un de « nos doux moments de déprime ». Une chose demeure certaine, on ne se lasse guère de sa voix singulière et enveloppante, qui accompagne une poésie classique, mais assumée. Le clou du spectacle est sans aucun doute la pièce <em>Comme les pigeons d’argile</em>. La réalité chantée d’un fils promettant à sa mère atteinte d’Alzheimer de veiller à son chevet en émeut plus d’un parmi l’assemblée. Les larmes vous couleront, c’est certain.</p>



<p>J’ai eu un faible tout particulier pour <em>Dans nos veines</em>, un morceau qui, selon Pierre, requiert presque un entraînement « sportif » afin de le livrer à la perfection. Il va sans dire que Pierre Lapointe nous démontre encore une fois le travail méticuleux qu’il fournit pour chaque prestation. De toute évidence, ce monument de la chanson québécoise réaffirme sa place en tant que génie du classicisme réinventé dans son nouveau spectacle <em>Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé</em> <a href="https://pierrelapointe.com/#spectacles" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">présenté partout au Québec</a> dès maintenant, et ce, jusqu’au 14 février 2026. Il sera de passage à Montréal le 13 et 14 juin 2025 au Théâtre du Nouveau Monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/10-chansons-qui-vous-feront-pleurer/" data-wpel-link="internal">10 chansons qui vous feront pleurer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Consommer local, aussi en musique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/03/19/consommer-local-aussi-en-musique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[MUSIQC]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57765</guid>

					<description><![CDATA[<p>Visibiliser la musique francophone grâce à MUSIQC.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L a guerre tarifaire des États-Unis a ravivé un discours déjà bien connu : l’importance de consommer local. Mais au-delà des produits manufacturés, cette nécessité s’étend aussi à la culture. Si la musique québécoise et francophone peine à exister sur les grandes plateformes de diffusion en continu, ce n’est pas faute de production, mais faute de visibilité. Marginalisée par des algorithmes qui favorisent l’anglais, reléguée à la périphérie des recommandations, elle se retrouve prisonnière d’un système qui ne la met pas en avant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Un projet qui ne se contente pas de dénoncer le problème, mais qui agit concrètement pour contrer, dans une démarche plus large de préservation linguistique et identitaire »</p>
</blockquote>



<p>C’est précisément pour répondre à cette crise culturelle que MUSIQC a vu le jour. Espace numérique québécois, la plateforme agrège et met en valeur la musique francophone et instrumentale d’ici, tout en accueillant des artistes francophones d’ailleurs. Un projet qui ne se contente pas de dénoncer le problème, mais qui agit concrètement pour résoudre, dans une démarche plus large de préservation linguistique et identitaire.</p>



<p>J’ai eu la chance de m’entretenir avec Ariane Charbonneau, directrice générale dela SPACQ-AE, association qui représente les auteur.e.s compositeurs.trices et artistes entrepreneur.e.s, qui est l’instigatrice de MUSIQC, qui m’a dressé un portrait sans complaisance de la situation actuelle de la musique francophone au Québec. Notre discussion a mis en lumière les défis existentiels auxquels fait face la musique d’ici – et les solutions audacieuses que propose MUSIQC pour y remédier.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="410" height="417" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-185510.png" alt class="wp-image-57769" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-185510.png 410w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-185510-150x153.png 150w" sizes="(max-width: 410px) 100vw, 410px"><figcaption><span class="media-credit"> </span></figcaption></figure>



<p><strong>Une crise de visibilité</strong></p>



<p>« Le premier constat, c’est que les Québécois n’écoutent pas leur propre musique, surtout la musique francophone », me lance d’emblée Ariane Charbonneau. Les chiffres qu’elle avance donnent le vertige : selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), en 2023, seulement 5 % des 10 000 chansons les plus écoutées étaient de la musique francophone québécoise. Si l’on élargit le spectre pour inclure la musique francophone, ce chiffre grimpe à peine à 8,5 % – un pourcentage dérisoire pour une population qui représente pourtant 23 % du Canada et dont la langue officielle est le français. Plus alarmant encore, les nouveautés francophones québécoises ne représentent que 2 % des écoutes totales. « Clairement, il y a un problème de proportion », souligne Charbonneau.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La raison pour laquelle les gens ne consomment pas cette musique, c’est qu’ils ne la voient pas […] Les artistes, en fait, ne sont simplement pas mis en valeur, ils ne sont pas recommandés »</p>



<p>Ariane Charbonneau</p>
</blockquote>



<p>Ce n’est pas seulement un problème de chiffres, mais bien d’une érosion identitaire dont les conséquences dépassent largement le cadre strictement musical. L’OCCQ, branche de l’Institut de la statistique du Québec, dresse un portrait sans appel d’une musique francophone en voie de marginalisation sur son propre territoire – une sorte d’exil intérieur qui frappe de plein fouet les créateurs d’ici.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="408" height="412" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200815.png" alt class="wp-image-57767" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200815.png 408w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200815-150x151.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200815-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 408px) 100vw, 408px"><figcaption><span class="media-credit"> </span></figcaption></figure>



<p>Ce premier constat s’accompagne d’un second, tout aussi préoccupant : la difficulté chronique pour les artistes québécois d’atteindre leur public. « La raison pour laquelle les gens ne consomment pas cette musique, c’est qu’ils ne la voient pas », m’explique-t-elle. « Les artistes, en fait, ne sont simplement pas mis en valeur, ils ne sont pas recommandés. […] Puis on a beaucoup de recommandations d’algorithmes qui poussent plutôt des contenus anglophones. »</p>



<p>Un troisième constat vient s’ajouter aux deux premiers : le soi-disant « déclin de la langue française » au Québec. « Il y a eu un plan pour la langue française construit avec six ministères différents pour freiner l’érosion de la langue dans toutes les sphères de la société québécoise », me rappelle Charbonneau. Or, la musique représente un vecteur particulièrement puissant pour la préservation du français dans toutes les sphères de la société québécoise. « Même dans ce plan, on reconnaît l’importance de la musique comme un véhicule clé pour préserver notre langue », souligne-t-elle avec conviction. Dès lors, comment agir concrètement pour favoriser la visibilité de cette musique qui porte en elle une part de notre identité collective?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="398" height="409" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200741.png" alt class="wp-image-57768" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200741.png 398w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-200741-150x154.png 150w" sizes="auto, (max-width: 398px) 100vw, 398px"><figcaption><span class="media-credit"> </span></figcaption></figure>



<p><strong>Le modèle MUSIQC</strong></p>



<p>C’est en réponse à ces constats alarmants qu’est née MUSIQC, une initiative qui se distingue par son approche innovante. Contrairement à une plateforme de diffusion traditionnelle comme Spotify ou Apple Music, MUSIQC se définit comme un véritable « quartier général » de la musique francophone.</p>



<p>« L’idée, c’est de prendre la musique qui est déjà disponible en ligne, de la centraliser et de la remettre en circulation à travers des listes de lecture faites par des humains », m’explique Charbonneau. Elle précise : « Pour notre secteur, l’accessibilité à la musique, ce n’est pas un enjeu. Tout le monde met de la musique sur Spotify, tout le monde met de la musique sur YouTube. C’est impensable aujourd’hui qu’un artiste ne le fasse pas. La musique est déjà disponible. L’idée, c’est de recentraliser tous les contenus qui sont déjà disponibles, puis de les regrouper dans un lieu seul lieu central. »</p>



<p>Les propositions musicales y sont entièrement gratuites et ne requièrent aucun identifiant, supprimant ainsi toutes les barrières qui freinent habituellement la découverte des artistes locaux. Le fonctionnement de la plateforme se veut simple mais redoutablement efficace : chaque jour, le site propose de nouvelles recommandations, renouvelant constamment l’offre musicale. « On est constamment dans la mise en valeur, constamment dans la recommandation. Quand tu visites le site, on te propose toujours une nouvelle liste de lecture, un nouveau programmateur. […] Tu vas toujours trouver du contenu à découvrir », affirme Charbonneau. Et il semblerait que cette approche rencontre un écho favorable bien au-delà des frontières du Québec : « MUSIQC est déjà utilisé en ce moment dans 55 pays, dont la France, le Canada, les États-Unis et le Mexique, dans le top quatre. » Une preuve tangible que la musique francophone québécoise peut rayonner internationalement lorsqu’on lui donne les moyens de se faire entendre et apprécier.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="410" height="409" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-224006-1.png" alt class="wp-image-57778" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-224006-1.png 410w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-224006-1-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/03/Capture-decran-2025-03-17-224006-1-120x120.png 120w" sizes="auto, (max-width: 410px) 100vw, 410px"><figcaption><span class="media-credit"> </span></figcaption></figure>



<p>L’adoption rapide de la plateforme dépasse même les attentes initiales de ses fondateurs : « On a eu une adoption très rapide de MUSIQC. On a même eu des écoles qui nous ont demandé de leur envoyer des posters, des trucs comme ça pour les faire circuler. » Les demandes ont été si nombreuses qu’ils ont dû mettre en place un formulaire pour les centraliser, signe indéniable que la plateforme répond à un besoin réel et pressant.</p>



<p><strong>Encourager la découvrabilité</strong></p>



<p>« Les artistes québécois francophones ne sont pas mis en avant sur les grandes plateformes », m’explique Charbonneau. Sur Spotify et Apple Music, la majorité des recommandations des algorithmes favorisent les artistes anglophones, qui génèrent plus d’écoutes. Cette marginalisation n’est pas qu’une simple conséquence des préférences individuelles des auditeurs – elle est le fruit d’un déséquilibre structurel ancré dans les modèles de recommandations numériques. Les grandes plateformes fonctionnent avec des algorithmes optimisés pour maximiser l’engagement et les écoutes répétées. Or, la musique anglophone dominant le marché mondial, cela crée un cercle vicieux où la visibilité entraîne plus d’écoutes, qui entraînent à leur tour plus de visibilité – un système qui s’auto-alimente et laisse peu de place à la diversité culturelle et linguistique. </p>
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		<title>Alexandra Stréliski à la salle Wilfrid-Pelletier</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/alexandra-streliski-a-la-salle-wilfrid-pelletier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[album]]></category>
		<category><![CDATA[musique classique]]></category>
		<category><![CDATA[piano]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56978</guid>

					<description><![CDATA[<p>La magie de Néo-Romance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je ne me considère pas particulièrement amatrice de musique classique. Je connais mes classiques – sans mauvais jeu de mots – mais je n’ai jamais été particulièrement encline à écouter ce genre de musique instrumentale. En tant qu’étudiante en littérature, les mots occupent une place importante dans mon quotidien, et un morceau de musique sans paroles me paraît de prime abord insipide. Et pourtant, malgré mes réticences à l’égard de ce genre de musique, le troisième album d’Alexandra Stréliski, intitulé <em>Néo-Romance</em>, figure parmi les titres les plus écoutés de mon année 2024.</p>



<p>Artiste complète et lumineuse, Alexandra Stréliski est une pianiste et compositrice québécoise qui transcende les frontières du classique moderne. Sa musique, intime et vibrante, résonne comme un dialogue universel, touchant les cœurs de millions d’auditeurs à travers le monde. Avec plus de 375 millions d’écoutes en continu, huit Félix, et un Prix JUNO, Stréliski s’impose comme une figure incontournable de la scène musicale contemporaine.</p>



<p>Le dimanche 19 janvier, c’est à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts qu’elle clôturait le cycle de <em>Néo-Romance</em> – un album qui lui a valu le Félix de la meilleure interprète féminine deux années de suite. La veille, j’ai eu la chance d’assister à son avant-dernière représentation.</p>



<p><strong>Le pouvoir évocateur de la musique instrumentale</strong></p>



<p>Les lumières se tamisent. Sur scène, un seul piano de concert, installé devant un paravent orné d’une peinture que je reconnais comme étant <em>Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobé</em> (1772). Suspendu au plafond, un assemblage de miroirs capte la lumière et multiplie à l’infini les reflets de la musicienne. C’est au sein de ce décor épuré qu’Alexandra Stréliski fait son entrée sur scène, sous un tonnerre d’applaudissements. Elle salue la foule, et sans plus attendre, entame un premier morceau au piano.</p>



<p>Voir jouer Stréliski, c’est une expérience infiniment différente que de simplement l’écouter ; elle n’est pas seulement musicienne, mais aussi performeuse. Sans fioritures ou artifices, elle commande la salle de ses mouvements sur les touches du piano. Le son des notes envahit son corps tout entier, et se répercute partout dans la salle. Je dodeline la tête au son de la musique. Je ne suis pas la seule ; plusieurs spectateurs se laissent bercer par la musique envoûtante de Stréliski. Depuis mon siège, les subtils mouvements de la foule forment une ondulation, qui se meut au rythme des notes du piano. Si la première chanson suffisait à captiver le public par sa douceur et ses accents de mélancolie, les prochaines compositions n’hésitent pas à changer de ton. La musicienne n’est plus seule sur scène désormais, mais bien accompagnée d’un orchestre presque exclusivement féminin – elle tenait à le préciser. Bien que les violons ajoutent indéniablement à la beauté des mélodies, il demeure que certaines chansons trouvent davantage leur éclat sans cet accompagnement instrumental. En effet, sur <em>Changing Winds</em> par exemple, la puissance des violons tend à étouffer la délicatesse du son du piano.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Si la première chanson suffisait à captiver le public par sa douceur et ses accents de mélancolie, les prochaines compositions n’hésitent pas à changer de ton »</p>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"></blockquote>
</blockquote>
</blockquote>



<p>Ainsi, accompagnée par une douzaine d’instruments à cordes et à vent qui font gonfler l’intensité du concert, la pianiste vaque d’un piano de concert à un piano droit, n’hésitant pas à interagir avec la foule entre deux morceaux. D’emblée, elle brise la glace en dénonçant l’étiquette rigide des concerts de musique classique. Avec une touche d’humour, elle affirme n’avoir qu’une seule règle : si, par malheur, nous souffrons d’une quinte de toux, elle nous implore de toussoter « <em>sur le beat</em> ».</p>



<p>Même s’il s’agit de son deuxième concert de la journée – l’après-midi même, elle performait dans cette salle – Stréliski joue avec énergie et émotion. Parfois nostalgique, parfois comique. Tour à tour, elle émeut la salle avec <em>Élégie</em>, un « adieu à quelqu’un que l’on aime », qu’elle dédie avec compassion à « la personne à laquelle vous pensez en ce moment », dit-elle en déposant son micro et en entamant les premières notes de la touchante mélodie. Cet aveu me touche droit au cœur, et je me laisse porter par la musique, au gré de l’histoire qu’elle raconte, et de l’histoire que je m’en fais. </p>



<p>Car Stréliski reconnait le pouvoir évocateur de la musique. Elle « aime raconter des histoires » et prête volontiers son talent aux trames sonores de cinéma. Pour elle, la musique instrumentale ouvre un espace unique, offrant au public une liberté d’imagination sans bornes. Elle nous invite à s’approprier ses morceaux, à en faire « plein de petits films » dans nos têtes. Mention spéciale au morceau <em>Umbra</em>, introduit par une anecdote du passage de la pianiste au Festival d’été de Québec (FEQ). Avec humour, la pianiste raconte comment, inspirée par la performance de <em>The Offspring</em>, elle s’était mise en tête de faire du <em>body surf</em>. C’est sur la chanson <em>Umbra</em> qu’elle se lance. Mission accomplie : les spectateurs la portent à bout de bras tel « le p’tit Jésus ». Bien qu’elle ne reproduise pas l’exploit dans la Salle Wilfrid-Pelletier, Stréliski fournit une performance digne de son <em>body surfing</em> à Québec, qui justifie la puissance électrisante de la pièce.</p>



<p>La performance de la pianiste se clôt sous une véritable ovation, tant et si bien que Stréliski n’a d’autre choix que de regagner la scène, pour faire un dernier rappel avec <em>A New Romance</em>, morceau chouchou de bien des spectateurs, y compris ma voisine de siège, qui peine à contenir sa joie. Les lumières se rallument et je quitte la salle, à la fois bouleversée et euphorique. Telle est la dualité de la musique d’Alexandra Stréliski. </p>
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		<title>Magie, féérie et nostalgie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/21/magie-feerie-et-nostalgie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jade Lê]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Candlelight]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Concert Candlelight des musiques de Joe Hisaishi.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Après New York et Londres, les concerts à la bougie sont enfin offerts à Montréal. Ces concerts <em>Candlelight </em>sont une expérience musicale magique qui nous invite à écouter et à redécouvrir la musique dans des lieux inédits. À partir de classiques comme Vivaldi en passant par des artistes contemporains comme Coldplay, leurs répertoires sont très variés, attirant un public diversifié. Les représentations se déroulent à Montréal, dans différents lieux sacrés comme la cathédrale Christ Church, l’église Saint-Jean-Baptiste et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. D’innombrables bougies illuminent les scènes féériques, permettant une parenthèse musicale sublime dans une ambiance intime et douce.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« L’idée derrière ces concerts est de démocratiser la musique classique, surtout pour les étudiants, en la mariant avec la culture populaire »</p>
</blockquote>



<p>La vente des billets se déroule sur le site de <em><a href="https://feverup.com/fr/montreal/candlelight" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fever</a></em>, qui propose maintenant de nombreuses dates à Montréal. Les concerts proposés sont d’ailleurs adaptés à la métropole québécoise. En effet, nous pouvons y retrouver les chansons de Céline Dion ainsi que de Leonard Cohen, deux artistes majeurs de la province francophone. L’idée derrière ces concerts, me partage <em>Fever</em>, est de démocratiser la musique classique, surtout pour les étudiants, en la mariant avec la culture populaire. Les expériences proposées par <em>Fever </em>varient en termes de prix, mais celle à laquelle j’ai assisté coûtait 30$, soit moins cher qu’un ballet classique ou qu’un opéra.&nbsp;</p>



<p>Ce vendredi 16 février, je m’apprête de ma plus jolie robe pour assister à la représentation des musiques de Joe Hisaishi, connu principalement parce qu’il est le compositeur derrière la plupart des musiques iconiques des films de Hayao Myazaki. Cet événement se déroule dans un endroit exceptionnel : la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, soit la plus vieille chapelle à Montréal. Au programme, plus d’une dizaine de musiques provenant des films des studios Ghibli, tels que <em>Mon Voisin Totoro</em>, <em>Princesse Mononoke</em>, <em>Le Château dans le Ciel</em>, et bien évidemment <em>Le Château Ambulant</em>, mon préféré. Dès que franchis le seuil de la porte de la chapelle au bras de mon partenaire, le temps semble se suspendre. Éclairé par des centaines de chandelles, ce lieu merveilleux respire le calme et la sérénité. Les gens, pour la plupart habillés très chic, s’installent peu à peu sur les bancs en bois et se préparent pour le spectacle. Je regarde autour de moi. Les âges varient.&nbsp; Il y a des personnes plus âgées, mais aussi des jeunes couples, comme nous, et des enfants. C’est alors au tour du Quatuor à Cordes Listeso de faire son entrée. Composé de deux violons, d’un alto et d’un violoncelle, ils prennent place sur scène, sous la lumière douce et chaude des bougies. Les premières notes retentissent et je ferme les yeux. Tout au long de la soirée, je suis transportée dans un univers féérique, retombant en enfance en entendant la bande sonore de mes films d’animation préférés. De temps en temps, un des musiciens s’interrompt pour nous en dire plus sur les musiques qu’ils interprètent. Cela nous permet d’en savoir un peu plus sur la vie de Joe Hisaishi et de sa collaboration avec Myazaki. On comprend également la philosophie de ce dernier et le message qu’il cherche à faire passer à travers ses films. Chacune de ses réalisations est un questionnement moral sur l’humain et ses technologies face à une nature sacrée, que l’on se doit de préserver. Bien souvent, c’est d’ailleurs la nature qui l’emporte.&nbsp;</p>



<p>Enfin, tout le monde se lève et applaudit. Nous revenons dans l’espace temporel, tirés de notre rêve éveillé. Même si le concert fût une expérience remarquable, il n’y a pas à dire, c’est le fait d’avoir passé un moment plaisant avec une personne qui m’est chère que j’ai préféré. Je ne peux que vous inviter à en faire vous-même l’expérience.&nbsp;</p>
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		<title>Atelier Festival Gospel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/07/atelier-festival-gospel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathias Poisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[BHM]]></category>
		<category><![CDATA[Festival gospel]]></category>
		<category><![CDATA[Mois de l’Histoire des Noir·e·s]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=54559</guid>

					<description><![CDATA[<p>McGill ouvre le Mois de l’histoire des Noir·e·s avec l’Atelier Festival Gospel.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À l’occasion du Mois de l’histoire des Noir·e·s, l’école de musique Schulich de l’Université McGill a organisé ce jeudi 1<em>er</em> février un atelier de musique gospel. Entièrement gratuite, cette chorale chaleureuse et collaborative était dirigée par Karen Burke, cheffe du Toronto Mass Choir, professeure et chanteuse spécialisée dans la musique vocale afro-américaine. La chorale était composée de plusieurs dizaines d’étudiant·e·s, de quatre musiciens et de trois vocalistes. Cette dernière s’est révélée être un spectacle de deux heures, joyeux et réconfortant, rythmé de plusieurs chants gospels et d’exercices vocaux impliquant la participation du public. Aucune qualification ou expérience en chant de la part des spectateur·rice·s n’était nécessaire pour prendre part au spectacle interactif. Mme Burke est parvenue à rendre l’expérience dynamique et amusante, si bien qu’il était difficile d’y rester insensible. Plusieurs personnes du public ont d’ailleurs pu monter sur scène et performer – très talentueusement – un solo, accompagné des musiciens et des voix de la chorale en fond. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette musique apporte une touche émotionnelle en plus. En chantant, tu peux voir que tout le monde autour est aussi content que toi »</p>
<cite>Une participante à la chorale</cite></blockquote>



<p>Malgré la courte durée des répétitions, l’ensemble des participant·e·s ont su faire vibrer les murs de la salle et provoquer un bonheur contagieux « Nous jouons souvent des morceaux plus “classiques” et c’est super, mais cette musique apporte une touche émotionnelle en plus. En chantant, tu peux voir que tout le monde autour est aussi content que toi », explique l’une des voix de la chorale. Les élèves de McGill étaient enchanté·e·s d’avoir pris part à cette expérience, mais aussi d’avoir découvert l’histoire derrière cette musique. « Je trouve que c’est formidable qu’il y ait eu cette représentation de la musique gospel. Surtout à McGill, où la rigidité du programme crée un manque de représentation [musicale, <em>ndlr</em>]. Là, on a pu apprendre d’une professeure qui connaît l’histoire du gospel et c’était vraiment intéressant. Je trouve que c’est très important d’inclure cela dans le programme [pédagogique de McGill, <em>ndlr</em>] », partage une étudiante de l’école de musique Schulich ayant participé à l’atelier. </p>



<p><strong>Ouverture du Mois de l’histoire des Noir·e·s</strong> </p>



<p>Cet atelier musical marque le début du Mois de l’histoire des Noir·e·s, qui se déroule du 1er au 29 février. Pour rappel, le thème de cette année mis en place par le gouvernement est « L’excellence des personnes noires : un patrimoine à célébrer ; un avenir à construire ». Une invitation pour toute la population canadienne à s’informer sur les communautés noires et les manières dont elles contribuent à façonner le Canada. Dans le cadre de ce programme, plusieurs activités culturelles prendront place à Montréal, notamment au cinéma Moderne, au Black Theater Workshop, la Sotterenea, ou encore au Ausgang Plaza. Des spectacles d’humour, de musique, des conférences, des projections de film, ainsi que des expositions seront au rendez-vous pour faire valoir la richesse du patrimoine culturel de ces communautés.</p>
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		<title>À la mémoire de Karl Tremblay</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/29/cowboys-fringants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[québécois]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage au chanteur des Cowboys Fringants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il y a déjà presque deux semaines, le monde de la musique québécoise a perdu l’une de ses étoiles les plus brillantes, Karl Tremblay, l’inimitable chanteur des Cowboys Fringants. À seulement 47 ans, il a succombé à une longue bataille contre le cancer de la prostate. C’est le 15 novembre que le groupe en a fait l’annonce sur sa p<a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=940780000747469&amp;set=a.265683374923805&amp;locale=fr_CA" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">age Facebook officielle</a>, déclenchant une vague d’émotion parmi les internautes. Avec plus de 38 000 commentaires exprimant condoléances et souvenirs nostalgiques étroitement liés aux paroles de Karl, il devient clair que son influence transcende le domaine artistique : il s’agit d’un deuil collectif pour le Québec.</p>



<p><strong>Le reflet d’une identité</strong></p>



<p>Karl Tremblay était bien plus qu’un simple interprète engagé. Ses chansons, imprégnées d’humour et de critiques sociales, sont devenues le reflet de l’identité québécoise contemporaine. Sa voix distinctive se fait parfois nostalgique, parfois (souvent) revendicatrice, parfois complètement déjantée. Connu pour son engagement social, notamment pour la cause environnementale, Tremblay intégrait ces préoccupations</p>



<p>au cœur même de ses paroles, interpellant la fibre revendicatrice de son public, qui pouvait ainsi s’identifier à sa musique. Au-delà des préoccupations écologiques et politiques, Tremblay et les Cowboys Fringants abordent des thèmes profondément humains, qui évoquent la réalité quotidienne québécoise, par des référents communs qui ancrent encore davantage la musique du groupe dans le paysage québécois. Sans jamais déroger d’un « français québécois », le groupe puise dans le folklore local pour relier le passé au présent, transcendant les générations à travers des mélodies rassembleuses.</p>



<p><strong>Des souvenirs, bien gravés dans la mémoire</strong></p>



<p>Même pour ceux qui ne sont pas des auditeurs assidus des Cowboys Fringants, il est difficile d’échapper à leur influence. Leurs chansons résonnent inlassablement à la radio, dans les réunions familiales ou lors de soirées karaoké. Leur musique est devenue pour plusieurs synonyme de la musique québécoise, un véritable emblème de notre culture. Chaque chanson évoque des souvenirs uniques, des émotions différentes, témoignant de l’impact profond de la musique de Karl et ses cowboys sur le Québec. En hommage à ce pilier de la musique québécoise, plutôt que de <a href="https://www.journaldequebec.com/2023/11/16/bernard-drainville-chante-une-chanson-des-cowboys-fringants-en-point-de-presse" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">chanter <em>a capella </em>« Toune d’automne » en conférence de presse</a>, <em>Le Délit </em>recueille les meilleurs souvenirs des membres de l’équipe sous la trame sonore des Cowboys.</p>



<p>« La marine marchande » est devenue pour moi un écho de mon après-bal, une nuit inoubliable autour du feu, où nous entonnions cet air loufoque. Chaque note de cette mélodie me transporte instantanément vers ce moment, qui a marqué la fin de mon secondaire. (Béatrice, Coordonnatrice à la correction)</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il devient clair que son influence transcende le domaine artistique »</p>
</blockquote>



<p>Lors de mon premier séjour à un camp de vacances en tant que monitrice, « Shack à Hector » était l’hymne non officiel de nos soirées entre moniteurs. On l’a un peu réécrite à notre manière, en ajoutant après chaque phrase des « oui madame » et « oui monsieur ». Ça a été des moments rassembleurs marquants. (Juliette, Éditrice Culture)</p>



<p>Bien que récemment installée au Québec en tant qu’étudiante Française, les mélodies des Cowboys Fringants m’ont interpellée, notamment en partageant mes préoccupations écologiques. Parmi leur répertoire, les chansons emblématiques « 8 secondes » et « Plus rien » ont particulièrement capté mon attention par leur message poignant en faveur de la préservation de l’environnement. (Adèle, Éditrice Culture)</p>



<p>L’album <em>Expédition </em>est devenu la trame sonore constante de mes escapades en voiture. Chaque trajet était enveloppé de ces mélodies, qui accompagnaient chaque virage et chaque kilomètre parcouru. (Jeanne, Éditrice Opinion)</p>



<p>Les Cowboys Fringants incarnent l’esprit d’un groupe rassembleur, qui transcende les générations lors des fêtes familiales, où leurs chansons résonnent, créant une ambiance joyeuse et complice. Les balades en voiture avec ma grand-maman étaient particulièrement marquées par la présence de leur musique, transformant chaque trajet en un moment partagé empreint de nostalgie. (Léonard, Rédacteur en chef )</p>



<p>En octobre dernier, lors d’une conversation téléphonique avec mes grands-parents, j’ai décidé de leur faire découvrir la musique des Cowboys Fringants, consciente de l’importance que ce groupe revêt au Québec. Ma grand-mère, séduite par leur sonorité, m’a exprimé son souhait d’assister à l’un de leurs concerts. Lors de cette conversation, mes parents étaient présents, et cette mention n’est pas passée inaperçue. En un élan spontané, ils ont décidé d’acheter des billets pour la tournée des Cowboys, prévue en France en 2024. La confirmation de cet achat m’a été transmise par mon père via courriel, la veille de l’annonce du décès de Karl Tremblay… Ma colocataire québécoise, grande admiratrice des Cowboys Fringants, a réagi avec émotion à la triste nouvelle. En hommage, elle a décidé de faire résonner à plein volume les chansons du groupe dans notre appartement. (Camille, Coordonnatrice à la production)</p>
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		<title>À bas le patriarcat!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/11/01/a-bas-le-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adèle Doat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Arthur Dagallier, membre du groupe MPL.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Fondé en 2012 par cinq amis grenoblois, le groupe de musique pop MPL, d’abord connu sous le nom de « Ma Pauvre Lucette », est né d’une tragédie. Le fantôme de Lucette, leur amie commune disparue, occupe une place centrale dans les deux premiers albums sortis en 2015 et 2020. Assez mélancoliques, ils évoquent la disparition et l’amour, en la mémoire de Lucette. Aussi est-elle devenue la muse qui a inspiré l’univers théâtral du groupe, créé pour ses concerts, au cours desquels est racontée une histoire par le « gourou » de la bande, Arthur Dagallier. On retrouve Cédric Bouteiller au chant, Manuel Rouzier et Julien Abitbol à la guitare et Andreas Radwan à la basse.</p>



<p>La musique, parfois parlée, parfois chantée, toujours avec une pointe de nostalgie, n’empêche pas de susciter la bonne humeur avec ses accents dansants et entraînants. Mélangeant textes poétiques, styles folk, pop, électronique, et vidéoclips loufoques, ce « boys band » ne manque pas d’originalité! En 2022, MPL sortait l’album <em>Bonhommes</em>, qui tourne la page sur Lucette pour embrasser de nouveaux thèmes, dont celui de la masculinité. <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Arthur Dagallier, qui est passé du rôle de réalisateur des vidéoclips à celui de gourou du groupe, avant de pouvoir s’atteler à la musique assistée par ordinateur (MAO) et participer aux deuxièmes voix.</p>



<p><strong><em>Le Délit </em>(LD) </strong>: <em>Quel était votre jouet préféré quand vous étiez petit garçon?</em></p>



<p><strong>Arthur Dagallier (AD) </strong>: La légende veut que j’aie passé mon temps à me déguiser.</p>



<p><strong>LD</strong> : <em>En quoi vous déguisiez-vous? </em></p>



<p><strong>AD</strong>: Il y avait un peu de tout. Je mélangeais beaucoup de choses. Je n’avais pas de personnage existant. J’avais plein de masques, de capes… Je créais mes personnages.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Ces personnages possédaient-ils des attributs de stéréotypes masculins, comme des armes, par exemple?</em></p>



<p><strong>AD</strong> : Je pense que j’avais un peu de tout. Mes parents n’étaient pas de grands admirateurs des pistolets. Dans mon souvenir, je devais avoir des sabres de pirate. Mes déguisements, c’était beaucoup des vieilles fringues que ma mère récupérait. Je mettais aussi beaucoup de grandes jupes, j’avais des capes et des perruques. C’était très varié et ça ne correspondait pas vraiment à des archétypes.</p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Votre dernier album </em>Bonhommes <em>cherche à détruire les codes sociaux de la masculinité. On peut penser que ce type de normes sociales est ancré dès l’enfance.</em></p>



<p><strong>AD</strong> : Oui, bien sûr. C’est marrant, parce que pour le clip de <em>Bonhommes </em>, on avait décidé qu’on incarnerait des archétypes. Le réalisateur nous a appelé chacun séparément pour nous demander quel fantasme d’archétype on voudrait incarner. Instantanément, j’ai choisi le chevalier, qui est le personnage que j’interprète dans le clip. Pourtant, je n’ai pas souvenir d’avoir eu des déguisements de chevalier quand j’étais petit, mais là, en l’occurrence, je me suis vraiment rué sur l’occasion, parce que je savais qu’on allait louer des costumes de bonne qualité. J’avoue que j’étais très excité à l’idée d’avoir une armure et une épée!</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette injonction à ne pas pleurer, à être fort, à ne pas montrer ses sentiments, ne pas parler de ses sentiments, les hommes aussi en subissent les conséquences »</p>
</blockquote>



<p><strong>LD</strong>: <em>Le groupe</em> The Cure <em>a écrit une chanson s’appelant « Boys don’t cry ». Pour vous, les garçons ont-ils l’interdiction de pleurer?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: Non, pas du tout. Dans la chanson, on parle justement de l’inverse. C’est simplement un des points de départ de la chanson. Il s’agit de dire que typiquement, [ne pas devoir pleurer quand on est un homme, <em>ndlr</em>] est une des injonctions à la masculinité, qu’on essaie de tordre en disant que : « non, tout le monde a le droit de pleurer, tout le monde a le droit d’être triste. » C’est un concept intéressant, parce qu’on parle beaucoup du patriarcat comme faisant des femmes des victimes, ce qui est une réalité indiscutable.  L’argument que j’aime bien utiliser quand j’en parle avec des gens, c’est que tout le monde est victime du patriarcat. Et évidemment, bien plus les femmes que les hommes, mais les hommes aussi ont à gagner à ce que ça soit renversé, comme système. Cette injonction à ne pas pleurer, à être fort, à ne pas montrer ses sentiments, ne pas parler de ses sentiments, les hommes aussi en subissent les conséquences. Le monde entier en subit les conséquences.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Vous dites, dans la chanson « Bonhommes », que vos « idoles de jeunesse ne [vous, </em>ndlr<em>] font plus rêver ». Qui étaient ces idoles?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: La phrase est volontairement vague pour que tout le monde puisse se représenter ses idoles de jeunesse. Pour notre génération, de 1986–87, dans le groupe, nos idoles masculins de quand on était jeunes et ados, c’étaient les héros de films d’action : Stallone, Schwarzenegger, Bruce Willis. On les retrouve tous dans le premier film de la série <em>Expendables</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je ne me compare plus maintenant que je suis adulte. Je ne me dis plus “j’aimerais être cette personne quand je serai grand”&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>LD</strong> : <em>Avez-vous aujourd’hui de nouvelles idoles?</em></p>



<p><strong>AD</strong> : Je ne saurais pas trop te citer quelqu’un en particulier, mais je sais qu’on s’échange quand même souvent des podcasts, des nouvelles personnes. Je ne parle pas d’idole, parce que je ne suis plus dans ce rapport-là. Je ne me compare plus maintenant que je suis adulte. Je ne me dis plus « j’aimerais être cette personne quand je serai grand ». Par contre, si je trouve une personne inspirante, je trouve important que cette personne ait le droit de parler, qu’elle ait une place, un espace d’expression, autant que les gros machos l’ont eu à l’époque.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Dans la bande, qui est le plus fort? Qui aurait le plus de chances de battre les autres au bras de fer?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: C’est une bonne question, ça! (rires) On a tous des petites spécificités sur certains aspects physiques, mais je pense que ça se jouerait entre Cédric [chanteur du groupe, <em>ndlr</em>] et moi. Mais on ne le fait jamais.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Diriez-vous que vous êtes les « bonhommes » de la troupe?</em></p>



<p><strong>AD</strong> : Ça dépend de ce que tu veux dire. Selon l’ancien sens de bonhomme, non. On a tous évolué. Cédric, c’est celui qui nous a fait nous questionner le plus vite et le plus tôt. Il est vraiment arrivé au bout de son cheminement personnel. Il a tiré tout le groupe vers l’avant sur ce sujet. Tant mieux, parce que moi, je trouve ça génial. Cédric est un ami d’enfance, mais dans ce cadre-là, c’est un collègue de travail, qui m’a ouvert les yeux. On a tous cheminé à des vitesses différentes, parce qu’on ne venait pas du même milieu, variant selon nos histoires personnelles, les modèles, les rapports qu’on a eus dans nos familles, fratries, groupes d’amis. Et justement, l’enjeu pendant l’écriture de la chanson « Bonhommes », c’était d’être sûr que ce qu’on racontait convenait à chaque membre du groupe. Il fallait que ce soit représentatif de l’état d’esprit de chacun. S’il l’avait écrit pour lui tout seul, Cédric serait allé plus loin dans la dénonciation. Mais certains craignaient d’être trop donneur de leçons. Ça ne voulait pas dire que l’on n’était pas d’accord avec la chanson, mais plutôt qu’on ne se sentait pas assez légitime pour expliquer ce qu’il faut faire.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Quelle est votre propre définition de « bonhomme »?</em></p>



<p><strong>AD</strong> : Aujourd’hui, pour nous, un bonhomme, c’est un mec qui assume ses sentiments, ses faiblesses, qui assume surtout de se remettre en question et de remettre en question sa place. Je dirais que le plus important, c’est de prendre conscience de nos privilèges de départ. Pour moi, c’est le plus dur à entendre quand tu commences<br>à travailler là-dessus, surtout en tant qu’homme blanc, valide, hétéro, cisgenre. On cumule tous les passe-droits. Pour moi, il y a vraiment deux choses à faire : c’est de reconnaître ses privilèges, et c’est d’accepter qu’il ne faut pas nier ses privilèges, il faut que tout le monde ait ces privilèges. Il faut faire en sorte que tout le monde y ait accès.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Dans la chanson « Sur une échelle », faites-vous un hommage aux grands-mères?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: Oui, Cédric l’a vraiment écrite en pensant à la dernière fois qu’il a visité sa grand-mère à l’hôpital. Il est parti de ce moment personnel, mais il a essayé d’écrire de manière un peu universelle pour que tout le monde s’y retrouve. Quand il nous a proposé ce morceau, c’était un peu une évidence au sein du groupe. L’avantage, c’est que, qu’on les ait connues ou non, tout le monde a eu deux grands-mères. D’ailleurs, on parle d’une grand-mère, mais il y a des gens qui viennent nous voir parfois, ça les projette dans le rapport qu’ils ont avec un proche autre, que ce soit un parent, un grand-parent…</p>



<p><strong>LD</strong> : <em>Comment vieillir dans une société aussi complexe, dans laquelle des guerres se déclenchent à tout instant et les questions environnementales deviennent de plus en plus pressantes? Est-ce que ce sont aussi des thèmes que vous pensez peut-être un jour aborder?</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« D’un côté, il y a les journalistes, les gens qui font les infos à la télé le soir, et de l’autre, les artistes, qui parlent de sujets de la société à leur manière »</p>
</blockquote>



<p><strong>AD</strong> : Oui, c’est ce qu’on a essayé d’aborder avec « Blanc » [évoquant l’inquiétude sur l’avenir, <em>ndlr</em>]. C’est pour le moment la chanson de MPL qui parle le plus de ce sujet-là, même si c’est plutôt indirectement. On parle rarement des sujets de manière vraiment frontale dans les chansons. C’est un peu une manière qu’on a déjà utilisée plusieurs fois de parler d’un sujet en passant par un chemin un peu détourné. Mais c’est peut-être des thèmes qui vont revenir dans des chansons futures. De toute façon, tu ne peux pas éviter ces sujets-là, ils nous questionnent trop au quotidien. Il y a encore plein de combats.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Même quand vous abordez des thèmes un peu plus sombres, votre musique est toujours plutôt gaie, dansante. Pensez-vous que la musique permet de traiter des sujets plus complexes avec de la légèreté?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: Oui, la musique permet de te laisser le temps de réfléchir et de maturer un sujet. Tu vas peut-être écouter «&nbsp;Blanc » une première fois et tu vas aimer la chanson sans comprendre de quoi ça parle. Tu vas la réécouter et au bout d’un moment, les paroles prendront du sens. Il y a des petites phrases qui restent, des petites musiques qui perdurent. D’un côté, il y a les journalistes, les gens qui font les infos à la télé le soir, et de l’autre, les artistes, qui parlent de sujets de la société à leur manière. On ne s’impose pas de parler de sujets comme ça, mais forcément, ça nous entoure. Du coup, on va forcément avoir envie d’en parler, et la musique est un moyen d’aborder ces sujets-là, parce qu’on a un auditoire. Les questions qu’on se pose alors sont les suivantes : Qu’est-ce qu’on veut que les gens entendent quand on va chanter cette chanson? Qu’est-ce qu’on veut qu’ils retiennent? </p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Est-ce que vous ciblez un public en particulier ou est-ce que vous cherchez à vous adresser au plus de gens possible?</em></p>



<p><strong>AD</strong> : On essaye surtout d’être compris par tout le monde. On cherche à être, même si ce n’est pas toujours facile, le plus inclusif et universel possible dans la manière d’écrire les chansons. Sur des questions de couple, par exemple, quand on a une chanson qui parle de deux personnes, Cédric essaye de faire l’effort pour qu’on ne sache jamais si c’est un couple hétéro ou homo, deux hommes, deux femmes. On essaye de trouver des formules dans lesquelles n’importe quelle personne amoureuse peut se projeter. C’est un exemple que je donne mais en tout cas, on trouve ça important de faire cet effort-là. </p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Ce dernier album, en quoi se différencie-t-il des deux premiers?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: Nous, on ne se rend pas compte qu’on a fait quelque chose de fonda- mentalement différent, parce que nous vivons une évolution permanente. Toutefois, les premiers albums étaient quand même très teintés de ce mythe un peu fondateur du groupe, de cette Lucette, de cette fille qui avait disparue : cette espèce de légende qu’on avait construite autour de l’univers du groupe. Mais cette fois, cet album-là, <em>Bonhomme</em>s, n’en parle pas du tout. C’est le premier album qui n’aborde absolument pas ce sujet-là , et c’était volontaire. C’est pour ça qu’on a changé d’univers visuel aussi. On est passé à la photo, on a changé de graphiste, on a changé tout ça. Et l’idée, c’était de dire qu’on marque un cap dans l’univers du groupe et de ce qu’on veut raconter.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Vous aimez bien toucher à tout, comme les vidéoclips, la mise en scène des concerts, et la musique. Pour vous, la musique est-elle plus qu’un art acoustique, en étant aussi un art visuel?</em></p>



<p><strong>AD </strong>: Oui, parce qu’on a commencé sur YouTube. Nous, au début, on n’avait pas de plateforme, on n’avait rien. On faisait des morceaux, on faisait des clips dans la foulée, on les publiait directement. Youtube, ça reste notre média de départ. Après, on a découvert qu’on pouvait mettre nos musiques sur les plateformes, mais c’était déjà trop tard. On avait déjà pris trop de plaisir à tourner des clips et du coup, on a continué.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« On marque un cap dans l’univers du groupe et de ce qu’on veut raconter »</p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong>: <em>Pour finir, quel est le rôle d’un gourou dans un groupe de musique?</em></p>



<p>AD : Le gourou, c’est vraiment un truc qu’on avait sur la dernière tournée, qu’on n’a plus maintenant. Mais le gourou, c’était vraiment un personnage qu’on avait inventé parce qu’au départ, quand je suis rentré dans le groupe, je réalisais des clips et je montais sur scène pour faire les inter-morceaux, pour raconter un peu des histoires, des anecdotes, donner la parole aux autres, pour créer un fil rouge qui faisait que le concert soit un spectacle continu et pas simplement une suite de morceaux. Je ne saurais même pas te dire exactement comment ça a commencé. Ça a été un peu progressif avec les spectacles en <em>live</em>. Ce gourou qu’on avait inventé était un personnage qui était très drôle à faire parce que c’est un code que les gens comprenaient tout de suite. Tu avais vraiment le gourou et les quatre musiciens. On avait inventé ce principe de cérémonie qui remplaçait les concerts. Et quand on a changé de cap avec le dernier album, on s’est posé la question de garder le gourou pour finalement se dire qu’il faisait vraiment trop partie de l’univers d’avant et qu’il fallait l’abandonner. Et donc maintenant, il y a d’autres personnages sur scène, mais le gourou a disparu avec le nouvel album.</p>



<p><em>MPL sera en concert à Montréal le 3 novembre au Lion d’Or, dans le cadre de l’événement Coup de cœur francophone. Vous pouvez également retrouver leurs chansons et vidéoclips sur leur compte Youtube.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="780" height="810" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-10-30-at-7.23.43-PM.png" alt class="wp-image-53167" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-10-30-at-7.23.43-PM.png 780w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-10-30-at-7.23.43-PM-650x675.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-10-30-at-7.23.43-PM-150x156.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/11/Screen-Shot-2023-10-30-at-7.23.43-PM-768x798.png 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eileendavidson/?media=1" data-wpel-link="internal">Eileen Davidson</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<title>Fermez les yeux, ouvrez les oreilles!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/fermez-les-yeux-ouvrez-les-oreilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adèle Doat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[musique classique]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre Classique de Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52686</guid>

					<description><![CDATA[<p>Voyage historique et musical avec l’Orchestre classique de Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">N<em>ouveau Départ</em>, c’est le titre donné à la 84<em>e </em>saison de l’Orchestre classique de Montréal (OCM), qui a été lancée le 21 septembre dernier à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Elle rend hommage au chef d’orchestre Jacques Lacombe, son nouveau directeur artistique. Le premier concert <em>À travers les Amériques </em>nous donne la tonalité de la saison à venir. Malgré un début quelque peu lent, les musiciens nous transportent graduellement dans un univers parallèle captivant.</p>



<p><strong>Inclusion, diversité, équité</strong></p>



<p>L’<a href="https://orchestre.ca/historique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">OCM</a> est une organisation à but non lucratif, disposant du statut d’organisme de bienfaisance, car il a pour objectif de profiter à la collectivité. Il est financé par des dons et des commanditaires. Il s’engage à célébrer la musique et les talents québécois, autochtones et canadiens : l’orchestre se veut inclusif. En 2018, il a lancé l’initiative <em>Musique pour tous</em>, qui vise à faciliter l’accessibilité de ses concerts. En collaboration avec de nombreux organismes, des billets gratuits sont offerts aux nouveaux arrivants afin de faciliter leur intégration au Québec. L’orchestre propose également des concerts dans des maisons de retraite.</p>



<p>Fondé en 1939 par Alexander et Lotte Brott, il était, à l’origine, composé de professeurs du Conservatoire de musique de l’Université McGill. Ils formaient le <em>Quatuor à cordes McGill</em>. Yaëla Hertz était pendant longtemps la violoniste solo de l’orchestre, l’une des premières femmes à occuper ce statut au Canada. Aujourd’hui, le rôle revient au talentueux et renommé Marc Djokic. </p>



<p><strong>Un crescendo puissant </strong></p>



<p>Les lumières tamisées des cierges de la Chapelle Notre- Dame-de-Bon-Secours nous enveloppent dans l’atmosphère chaleureuse du concert de musique de chambre. Ce type de musique, apparu au 16<em>e</em> siècle, était réservé à la noblesse. Elle consiste en un petit ensemble qui nous permet d’entendre distinctement le timbre de chaque instrument. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’acoustique exceptionnelle de la chapelle fait résonner les notes du dernier morceau qui nous transcende »</p>
</blockquote>



<p><em>À travers les Amériques </em>nous convie dans l’intimité musicale de Marc Djokic, qui a choisi d’interpréter ses œuvres de chambre préférées du continent. Divisé en deux par- ties par un entracte, le concert se construit sur une accumulation, les instruments faisant chacun leur entrée, morceau par morceau. Il commence avec un air pour violon soliste de l’artiste canadien contemporain Christos Hatzis. S’ajoute ensuite le piano pour une sonate du compositeur Corigliano. Puis, le quatuor à cordes rejoint la partie. Si les morceaux ne suivent pas de chronologie particulière, on comprend que l’ordre des chansons n’a pas été choisi par hasard. Chaque nouveau morceau monte en puissance, affichant la virtuosité, la concentration et la passion des artistes qui engagent même leur corps dans la musique, virevoltant à son rythme. Les notes filent des aigus aux graves, d’un tempo lent à rapide, de doux à très fort, en un instant, nous donnant l’impression de rebondir sur un cheval en plein galop. Bien que les sons soient harmonieux, aucune mélodie ne se distingue réellement. Mon émotion en tant que spectatrice n’est réellement provoquée qu’après l’entracte, lorsque les musiciens commencent à jouer des morceaux plus puissants. Dans cette deuxième partie, Marc Djokic nous fait voyager à travers les époques du tango impétueux, que l’on voit se transformer au cours du temps. L’acoustique exceptionnelle de la chapelle fait résonner les notes du dernier morceau qui nous transcende. Il s’agit d’<em>Anunciation </em>du compositeur américain Philip Glass. Cette fois, tous les instruments sont réunis, participant à la tempête de notes qui semblent nous élever jusqu’au ciel, vers un état euphorique. On ferme les yeux, et se dévoile un tout autre univers merveilleux, alors que la musique libère notre imagination.</p>



<p><em>L’OCM propose des spectacles tout au long de l’année à différents endroits dans Montréal. Sa programmation complète est à retrouver sur son <a href="https://orchestre.ca/saison-23-24/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site internet</a>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/fermez-les-yeux-ouvrez-les-oreilles/" data-wpel-link="internal">Fermez les yeux, ouvrez les oreilles!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Recommandation musicale : Inuktitut par Elisapie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/09/20/recommandation-musicale-inuktitut-par-elisapie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[inuit]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52305</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un plongeon émouvant dans la jeunesse d’Elisapie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au-delà d’être des artistes et groupes de musique qui ont marqué des générations, qu’est-ce que Metallica, Fleetwood Mac, Cindy Lauper, Queen, Pink Floyd, Led Zeppelin, Blondie, Patrick Hernandez, Leonard Cohen et The Rolling Stones ont en commun? Tous ces artistes ont accepté d’être représentés dans l’album de reprises <em>Inuktitut </em>de l’auteure-compositrice-interprète inuk Elisapie. Dans cet album cathartique, Elisapie reprend en inuktitut, sa langue maternelle, dix chansons qui ont marqué sa jeunesse au Nunavik.</p>



<p><strong>En pleurer avant d’en rire</strong></p>



<p>La chanteuse a sélectionné les morceaux en fonction des émotions fortes qu’ils réveillent en elle, et des souvenirs associés à chacun d’entre eux : « J’ai choisi des chansons qui me font pleurer », a‑t-elle dit en entrevue avec <em>Le Journal de Montréal</em>. Elisapie a demandé l’autorisation aux artistes pour reprendre et traduire leurs chansons en inuktitut. Contrairement à l’enthousiasme de certains pour le projet, d’autres ont refusé de voir leurs chansons traduites. C’est le cas du groupe de pop suédois ABBA : « C’est dommage, on avait une version complètement pétée de <em>Chiquitita</em>. Ma fille ne les écoute plus à cause de ça! » a dit Elisapie à <em>La Presse </em>dans une autre entrevue. Pour sa part, la reprise de <em>The Unforgiven </em>de Metallica a été partagée par le groupe sur ses réseaux sociaux et a même été mise en avant dans un article dans l’éminent magazine <em>Rolling Stone</em>. Selon ce dernier, on entend dans l’album d’Elisapie un mélange de « <em>banjo, percussions traditionnelles, saxophone, basse, chants de gorge et scie musicale, en addition à la guitare et au synthétiseur (tdlr) </em>». Les reprises des chansons, pour la plupart de genre rock, sont des versions plus douces et épurées des originales. Elles véhiculent avec brio l’impact émotionnel que ces chansons ont eu sur Elisapie et sa communauté inuk dans leur jeunesse, soit, entre autres, de les accompagner dans leur tristesse et de leur apprendre que c’est valable de vivre sa peine pleinement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Dans cet album cathartique, Elisapie reprend en inuktitut, sa langue maternelle, dix chansons qui ont marqué sa jeunesse au Nunavik »</p>
</blockquote>



<p><em>L’album </em>Inuktitut<em>, produit par</em> <em>le label Bonsound, est disponible sur les plateformes Spotify, Apple Music, Bandcamp et Bonstore. Cet automne, Elisapie sera en tournée dans plusieurs villes du Québec et sera notamment en concert à Montréal à l’Usine C les 7, 8 et 9 décembre prochain.</em></p>
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		<title>Nostalgie amoureuse et envoûtement grec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/08/30/nostalgie-amoureuse-et-envoutement-grec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adèle Doat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouvel album d’Aliocha Schneider: l’expression intime de sentiments personnels dans sa langue maternelle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Qu’est ce que l’amour à distance? Une relation amoureuse peut-elle survivre à l’épreuve de la séparation géographique et temporelle? « Qu’est-ce que ça veut dire d’être ensemble si on n’est pas ensemble? » se demande Aliocha Schneider dans une nouvelle chanson sortie cet été. Celle-ci, avec l’autre titre la précédant, <em>Avant elle</em>, préfigure les thèmes de son nouvel album qui paraîtra le 29 septembre, à savoir la souffrance liée à l’amour ou encore la difficulté de vivre dans le présent.</p>



<p><strong>Le français mis à l’honneur</strong></p>



<p>Ce chanteur et comédien français québécois de 29 ans est né à Paris, le 21 septembre 1993. Sa famille s’est installée au Québec alors qu’il était encore enfant. Il a rapidement adopté son pays d’accueil et la ville de Montréal. Il enregistre ses premières chansons avec l’aide du chanteur canadien Jean Leloup qu’il a rencontré dans un café et auquel il a présenté ses compositions. Ses premiers albums, <em>Eleven songs </em>(2017) et <em>Naked </em>(2020), en anglais, avaient été signés sous le seul prénom d’Aliocha. Cette fois, il affiche pleinement son identité avec son nom complet pour un album plus intime rédigé dans sa langue maternelle. Il explique avoir toujours du mal à exprimer ses émotions dans ses chansons en français, ne trouvant pas <a href="https://www.salutbonjour.ca/2023/06/29/un-3e-album-en-francais-pour-aliocha-schneider" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« ma patte à moi »</a>. Avec le confinement, il s’est décidé à relever le défi. Pour cet album, il se confie : « Les idées je les chante en anglais, puis après je traduis. » Il trouve d’abord les sonorités qui lui plaisent en anglais et essaye de les reproduire en français.</p>



<p>D’après la biographie du chanteur disponible sur Spotify, s’il fallait choisir une image pour décrire son nouvel album, il choisirait celle de « La Méditerranée, en Grèce, où j’ai composé et écrit la plupart des chansons de cet album ». En effet, Aliocha a été choisi par le célèbre réalisateur français Cédric Klapisch pour incarner le rôle principal de sa nouvelle série, intitulée <em>Salade grecque</em>, diffusée sur Amazon Prime depuis avril 2023. Cette dernière est un nouvel opus de l’histoire de <em>L’Auberge espagnole </em>(2002), déjà déclinée en plusieurs films. La série nous plonge dans le quotidien de Tom (Aliocha Schneider) et Mia (Megan Northam), les enfants des précédents personnages principaux. Tom rejoint sa sœur en Grèce où elle travaille dans une association humanitaire accueillant les migrés. Le parcours des jeunes personnages reflète les nouveaux enjeux qui se présentent à leur génération : crise migratoire en Europe, violences policières, guerre en Ukraine, questions de genre et de sexualité…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette fois, il affiche pleinement son identité avec son nom complet pour un album plus intime rédigé dans sa langue maternelle »</p>
</blockquote>



<p>Ce n’est pas la première fois que l’artiste montréalais se retrouve derrière un écran. Après avoir fait un peu de théâtre, il est révélé par sa participation à l’émission <em>Tactik </em>à la télévision. Plus tard, il commence une véritable carrière dans le cinéma avec ses rôles dans les films <em>Closet Monster </em>et <em>Ville-Marie </em>(2015), tous deux sélectionnés au Festival international du film de Toronto. Pourquoi devoir choisir entre le cinéma et la musique quand il excelle dans les deux domaines?</p>



<p>Six mois de tournage à Athènes, malgré son charme antique, représentent une longue épreuve pour Aliocha qui est confronté au manque de sa compagne, qui n’est autre que la talentueuse chanteuse montréalaise Charlotte Cardin. C’est cette contradiction entre douleur et fascination pour la Grèce qui, entre deux scènes de tournage, lui inspire le sujet et la musique de l’album.</p>



<p><strong>Les tourments de l’amour</strong></p>



<p><em>Avant elle </em>est le premier extrait de l’album révélé au grand public. D’un style folk/pop, la voix suave d’Aliocha chante la peur d’être éconduit lorsque l’on est amoureux. Avec des paroles simples, il utilise des tournures négatives à répétition « y a rien à espérer de moi », « j’ai pas osé » qui traduisent son découragement, car il n’arrive pas à faire le premier pas.</p>



<p>Le refrain envoûtant nous reste facilement dans la tête pour nous tourmenter tandis qu’une voix féminine se joint à la plainte d’une douceur mélancolique. </p>



<p>On retrouve cette mélancolie douce-amère dans le deuxième titre <em>Ensemble</em>, dans lequel une guitare acoustique accompagne les fredonnements du chanteur. En arrière-plan, le rythme lent et les voix polyphoniques font penser au va-et-vient des vagues et laissent imaginer la beauté chaleureuse de la Grèce et du moment présent. Néanmoins, un désir contrarié transparaît aux onomatopées « hmm » prononcées comme des soupirs. Loin de sa bien-aimée, il met en avant le côté éphémère des souvenirs et la crainte de ne pas réussir à maintenir une connexion avec elle, en l’absence d’une présence physique. Malgré l’existence des réseaux sociaux, qui nous permettent de communiquer à distance avec nos proches, les incertitudes liées à la robustesse de l’amour mis à l’épreuve du temps subsistent toujours.</p>



<p>Aliocha s’approprie ces thèmes courants pour en faire une musique romantique qui lui est propre, tout en transmettant des émotions dans lesquelles n’importe qui peut se reconnaître.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Malgré l’existence des réseaux sociaux, qui nous permettent de communiquer<br>à distance avec nos proches, les incertitudes liées à la robustesse de l’amour mis à l’épreuve du temps subsistent toujours »</p>
</blockquote>



<p><strong>Un vidéoclip digne du cinéma</strong></p>



<p>Au regard de leur nouvelle amitié, Cédric Klapisch a offert à Aliocha de réaliser le vidéoclip de la chanson <em>Avant elle</em>. Le réalisateur de cinéma parvient à mettre en image le côté romantique et sensuel de la musique. Pour cela, il utilise des gros plans de caméra qui suivent le mouvement des corps, enlacés dans une danse lors d’une soirée privée. Le jeu des regards entre Aliocha et celle qu’il désire, dans les bras d’un autre, renforce la tension amoureuse. Nous vivons la scène à travers Aliocha, qui se languit de ne pouvoir danser avec elle. Les scènes de danse s’entrecoupent avec les tentatives de l’amant transi de se présenter à la porte de sa bien-aimée pour mettre ses sentiments à nu. Klapisch utilise un point de vue original, car le prétendant est filmé par le judas de la porte, légèrement en contre-plongée, ce qui illustre bien sa vulnérabilité, inévitable lorsqu’il s’agit de déclarer notre flamme à quelqu’un. </p>



<p>Si l’artiste français québécois interroge la nature de l’amour, il ne nous apporte ni réponse ni solution définitive à ses inconvénients. Il nous reste à découvrir l’intégralité de l’album pour espérer que la mélancolie laisse place aux côtés plus positifs du sentiment amoureux.</p>



<p><em>Aliocha Schneider sera en concert à Montréal le 29 novembre au Studio TD. La série </em>Salade grecque <em>est disponible sur Prime Video</em>.</p>
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		<title>Thierry Larose frappe de nouveau avec Sprint!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/03/22/thierry-larose-frappe-de-nouveau-avec-sprint/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominika Grand'Maison]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Mar 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51409</guid>

					<description><![CDATA[<p>Toujours fidèle à l’expérimentation du rock indie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le vendredi 10 mars dernier était dévoilé <em>Sprint!</em>, le nouvel album de Thierry Larose. Cette œuvre tant attendue dans la scène musicale montréalaise compte onze chansons dont « Des nœuds dans les doigts&nbsp;», sortie durant l’été, et deux autres lancées au début de l’automne sous forme de single.</p>



<p>Son premier album, <em>Cantalou</em>, sorti en 2021, avait mis la barre très haute pour son prochain, notamment par le grand succès de la chanson « Les amants de Pompéï », qui a gagné le prix de la chanson SOCAN en 2021. Larose n’a pas déçu les attentes de son public en offrant quelque chose de tout aussi réussi. Comme l’album précédent, celui-ci a été coréalisé avec le producteur Alexandre Martel, et les arrangements de celui-ci sont accompagnés par Lou-Adriane Cassidy. L’ensemble de l’album reste fidèle au style qu’on lui connaît, alternant entre une sorte de placidité et un côté rock indie bien prononcé. De plus, Thierry Larose ne manque pas de surprendre son public avec ses paroles poétiques et son génie pour composer des lignes qui poussent à la réflexion, tout en demeurant agréables à écouter, comme dans cet extrait de « Complètement intacte » : « Leurs paroles devenues dignes/ Des plus grands proverbes/ Elle sait qu’l’amour est aveugle/ Mais qu’il sait distinguer les tons. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Thierry Larose ne manque pas de surprendre son public avec ses paroles poétiques et son génie »</p>
</blockquote>



<p>Lors d’une entrevue avec Catherine Pogonat dans le cadre de son émission à « Ici Musique », <em>L’effet Pogonat</em>, Thierry raconte que l’enregistrement de l’album s’est fait de façon plus improvisée, c’est-à-dire plus axée sur la performance en direct, laissant ainsi une grande liberté à ses collaborateurs. Entre autres, les chœurs y sont très présents, ce qui apporte une grande vitalité à l’album, empruntant au style du gospel. La chanson « Demain demain&nbsp;» avait déjà été jouée en version acoustique durant un hommage à l’émission <em>Mange ta ville</em>, qui mettait en vedette le chanteur. Cette version de l’album ajoute de la texture au rythme, et surtout au refrain.</p>



<p>La couverture de l’album est une image de limace orange sur un fond blanc, exploitant une esthétique minimaliste ironique, qui concorde bien avec le style de l’auteur-compositeur-interprète. D’ailleurs, c’est Marianne Boucher, sa copine, qui s’est chargée de la conceptualisation de ses deux albums en contribuant aussi aux paroles de la chanson « Plein prix » et aux voix de quelques-uns des morceaux du nouvel album. On peut remarquer l’influence du groupe rock montréalais Malajube, dans la chanson « Cœur de Lion ». Thierry racontait même à <em>L’effet Pogonat </em>que la chanson « Destin » de Céline Dion avait servi de modèle à l’album pour son esthétisme. Dans la chanson « Frisbee &amp; marmelade », on peut entendre des arrangements de guitare qui rappellent la balade espagnole, ce qui marque une nouveauté très intéressante.</p>



<p>Selon moi, les meilleurs endroits pour écouter cet album sont nombreux : dans une banlieue en faisant du vélo le soir, sur le banc d’un parc en lisant un livre et en regardant la neige fondre, ou bien encore à l’occasion d’une petite soirée entre amis autour d’un verre de cidre local et d’un bol de chips aux cornichons.</p>



<p><em>Thierry Larose sera en spectacle à Montréal dans le cadre du festival des Francofolies le 13 juin prochain</em>.</p>
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		<item>
		<title>Rap, horreur, métal et expériences</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/03/15/rap-horreur-metal-et-experiences/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Grace Brown]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[album]]></category>
		<category><![CDATA[Backxwash]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[métal]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Backxwash utilise la musique expérimentale à des fins sociales.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Ashanti Mutinta, autrement connue sous son nom de scène Backxwash, est une artiste qui redéfinit le genre heavy sur la scène musicale contemporaine. Son parcours hors du commun a retenu mon attention et a suscité mon admiration. Originaire de Zambie, Backxwash a commencé en tant qu’artiste en produisant des&nbsp;<em>beats&nbsp;</em>avec le logiciel FL Studio, avant d’aller en Colombie-Britannique pour étudier l’informatique. Après avoir obtenu son diplôme, elle a emménagé ici, à Montréal, où elle a fait son&nbsp;<em>coming-out&nbsp;</em>en tant que femme transgenre, puis s’est lancée dans le rap en 2018 avec ses deux premiers EPs,&nbsp;<em>F.R.E.A.K.S.&nbsp;</em>et&nbsp;<em>Black Sailor Moon</em>. Dans les années suivantes, Backxwash a sorti quatre albums, chacun avançant une association musicale inédite de rap, métal, musique industrielle, rock expérimental gothique, et parfois, pur son de cri d’horreur. Son album&nbsp;<em>God Has Nothing to Do with This Leave Him Out of It</em>, sorti en 2020, a été récompensé par le Prix de musique Polaris. Selon moi, son album le plus récent,&nbsp;<em>His Happiness Shall</em> <em>Come First Even Though We Are Suffering</em>, sorti à l’Halloween de l’année passée, est sa meilleure œuvre jusqu’à maintenant, le zénith de ses talents en tant que parolière, productrice et artiste conceptuelle.</p>



<p>Backxwash imagine dans sa musique une vision de musique heavy non limitée par les restrictions de genre, une vision qui peut englober une panoplie de références culturelles. C’est une artiste unique car elle offre un point de vue particulier et rare sur le rôle social de la musique heavy metal. La musique de Backxwash décrit la lutte quotidienne contre les traumatismes profonds que les institutions religieuses infligent trop souvent aux personnes transgenres, une lutte que l’artiste a vécu en grandissant dans un contexte strict, conservateur et chrétien auquel elle fait souvent référence dans son œuvre. Dans le cas de l’artiste, cette lutte contre les traumatismes de transphobie est liée inextricablement à la lutte quotidienne des personnes de la diaspora africaine contre le racisme. Elle combat ces traumatismes nés du racisme systémique et la transphobie des institutions religieuses dans ses œuvres en créant un personnage de scène satanique, une réponse au contexte chrétien transphobe dans lequel elle a grandi, mais aussi aux méconnaissances coloniales de la spiritualité traditionnelle de ses ancêtres parmi les peuples Tumbuka et Chewa, une spiritualité qu’elle a adoptée pendant le processus de déconstruction des dogmes qu’elle a reçus pendant sa jeunesse. L’utilisation d’une image satanique n’est pas inconnue dans l’histoire du métal, mais ici elle est fortement mobilisée dans le contexte de la survie, de la résistance, et de l’apaisement d’une artiste transgenre et noire, c’est-à-dire membre d’une population exposée de façon disproportionnée à la mort dans un monde postmoderne qui perpétue toujours la mort sociale des personnes noires ainsi que l’imposition violente d’un système patriarcal binaire de genre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Backxwash fait un rugissement infernal de défi face à une société mondiale&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>La musique de Backxwash pousse un rugissement infernal de défi face à une société mondiale qui mène bien trop souvent à la honte, à la haine de soi et à la mort pour les individus comme l’artiste. J’ai eu la chance le 9 février d’assister à un spectacle récent à la Sala Rossa, ici à Montréal, auquel Backxwash a performé aux côtés de Jodie Jodie Roger et Dreamcrusher, deux autres musicien·ne·s expérimental·e·s queer noir·e·s. Pendant ce spectacle, j’ai eu le sentiment inexplicable d’assister sous mes yeux à un épisode dans la construction de l’avenir musical. Pendant sa prestation Backxwash a montré entre autres des vidéoclips des révolutionnaires noir·e·s Malik el-Shabazz et Angela Davis, un rappel puissant de la lignée politique et artistique des siècles de rêves et résistances radicaux des personnes noires à travers la diaspora mondiale qui a nourri les conditions de possibilités pour cet avenir musical réimaginé. En tant que musicien·ne trans montréalais·e moi-même, je vois comme une énorme bénédiction le fait de pouvoir être témoin de l’ascension artistique merveilleuse de ce personnage au talent unique.</p>
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