Promenade dans la vie de Chopin

Regard sur un concert à la lueur des bougies.

Alexandre Gontier | Le Délit

Le 7 octobre dernier, les notes des œuvres de Frédéric François Chopin ont résonné sur les murs de l’église Saint-Jean-Baptiste durant le concert du pianiste Jesse Plessis à la lueur des bougies. Le concert était organisé par Fever, une entreprise internationale dont la mission est de faire découvrir les richesses des villes tout en présentant les pièces les plus connues de la musique classique. Ce concert semblait être une ballade doucement éclairée à travers la vie de Chopin.

L’influence sur la musique

Le programme musical du concert suit l’ordre chronologique de la création des compositions. Avant de jouer ses compositions, le pianiste, Jesse Plessis, nous raconte ce qui a inspiré Chopin tout au long de sa carrière. Il débute le concert en jouant « Polonaise Op. Posth., B1 en Sol Mineur », composé par Chopin alors qu’il était âgé de sept ans. 

Le spectacle à la lueur des bougies se poursuit avec la performance « Mazurka Op. 7 No. 2 en La Mineur et No. 3 en Si bémol Majeur » et « Nocturne Op. 9 No. 2 en Mi bémol Majeur » – pièces composées par Chopin durant son adolescence. Les sons de la musique folklorique de la Pologne peuvent être entendus dans les pièces de Chopin et son amour pour sa nation se ressent dans les notes vives du piano. L’influence de son pays natal est entendue dans les pièces composées avant son départ de la Pologne.

Chopin s’est établi à Paris en 1813, dans l’espoir de se faire un nom dans le centre mondial de l’art de l’époque. L’influence de la musique française se fait entendre dans les œuvres qu’il a composées depuis qu’il s’est installé en France. Plessis présente une œuvre de Chopin, « Valses Op. 64 No. 1 en Ré bémol Majeur », aussi connue sous le nom de « Valse du petit chien » pour illustrer la répétition de quelques notes tout au long de la pièce. Elles font penser à un chien qui tourne autour de lui-même, en tentant d’attraper sa queue sans jamais y arriver. 

« Les sons de la musique folklorique de la Pologne peuvent être entendus dans les pièces de Chopin et son amour pour sa nation se ressent dans les notes vives du piano »

Les sons venant du piano dans l’église élèvent la qualité du concert. Étant soumis·es à cette beauté architecturale, les spectateur·rice·s sont assis·es dans une salle pleine, excité·e·s pour les œuvres qui suivent. Si l’interprétation des œuvres n’est pas au gout de certain·e·s, la grandeur de l‘église Saint-Jean Baptiste et l’ambiance comblent les attentes.

Une maladie sans espoir

En train vers Majorque en 1838, selon la croyance populaire, Chopin observe les gouttes de pluie alors qu’elles tombent du ciel en pensant à la grave nouvelle qu’il vient d’obtenir – son diagnostic de tuberculose. Cet événement l’a inspiré à écrire l’œuvre interprétée par Plessis – « Prélude Op. 28 No. 15 en Ré bémol Majeur  ‘La goutte d’eau’  ». Sa tristesse et sa détresse peuvent être perçues dans la répétition d’une note jouée qui nous rappelle la pluie qui ne cesse de tomber.

La maîtrise du piano et l’ingéniosité de Chopin peut être senties dans la « Nocturne Op. Posth., P1 Do dièse mineur ». Cette œuvre donne de l’espoir, mais attriste également. Chopin accepte le fait qu’il est malade et sans espoir de guérison lorsqu’il compose cette pièce. Il comprend qu’il ne reverra plus jamais son pays natal. Il compose donc une œuvre douce pour sa sœur en y incluant des mesures de mazurkas (danse traditionnelle de Pologne). L’œuvre « Ballade No. 4 Op. 52 en Fa Mineur » est un cadeau d’un frère à une sœur qui ne se verront plus jamais, un câlin d’adieu.


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