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	<title>Philippe Bédard-Gagnon - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 16 Nov 2022 20:31:39 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Votez OUI !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/votez-oui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[référendum de la DPS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Témoignages de nos ancien·ne·s.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La Société des publications du Daily (SPD) organise un référendum d’existence cette semaine, entre le lundi 14 novembre et le vendredi 18 novembre, qui permettra de déterminer le sort du <em>Délit </em>et du <em>McGill Daily</em>. Les médias étudiants indépendants sont une source importante de journalisme critique et de travail créatif sur n’importe quel campus – votez oui pour la liberté de presse, et sauvez <em>Le Délit</em>!</p>



<p><em><strong>Rafael Miró, Société – Enquêtes</strong></em></p>



<p><em>Le Délit </em>donne vie à la communauté francophone en écrivant sur les enjeux qui lui tiennent à cœur, sur ses revendications et sur sa production culturelle. Même si on est moins lus que les «vrais» journaux, on a joué un rôle de chien de garde dans les dernières années en mettant en lumière des violations des droits étudiants, des inconduites sexuelles et les limites de la liberté académique. Quand on parle de journaux qui sont l’âme de leur communauté, <em>Le Délit </em>est un exemple parfait.</p>



<p>En 2022, c’est absolument impossible pour un journal étudiant de fonctionner sans une forme ou une autre de financement. À cause de la concurrence des réseaux sociaux, nos revenus publicitaires ont été divisés par 10 dans les 10 dernières années, alors qu’il en coûte toujours aussi cher de payer l’impression, le local, les logiciels, les frais d’avocat, etc. Bref, si <em>Le Délit </em>n’a plus de financement, les carottes sont cuites.</p>



<p>L’enjeu dépasse les frontières locales: il y a beaucoup, beaucoup moins de journaux étudiants dans les universités et dans les cégeps depuis une trentaine d’années. Justement, <em>Le Délit </em>est l’un des derniers au Québec à publier une édition chaque semaine, et son lectorat s’étend bien au-delà des francophones de McGill.</p>



<p>La disparition des journaux étudiants, c’est dommage pour les étudiants.</p>



<p><em><strong>Philippe Bédard-Gagnon, Rédacteur en chef</strong></em></p>



<p>Travailler au <em>Délit </em>est sans aucun doute l’expérience la plus marquante et valorisante que j’ai vécue à McGill. Non seulement <em>Le Délit </em>informe-t-il et permet-il l’expression des francophones de McGill, mais il est aussi un espace extraordinaire pour développer ses talents artistiques et journalistiques. En sus, ce journal tient l’AÉUM et McGill responsables en enquêtant sur leurs activités. Une presse libre et transparente est un nécessaire contre-pouvoir pour garantir la santé de la vie démocratique et la qualité des services rendus. Dans votre propre intérêt ainsi que dans celui des cohortes futures, je vous encourage fortement à soutenir <em>Le Délit </em>lors du prochain référendum de l’AÉUM.</p>



<p><em><strong>Audrey Bourdon, Philosophie</strong></em></p>



<p><em>Le Délit </em>est un lieu unique à McGill où la communauté étudiante francophone peut se réunir dans un esprit de camaraderie, de communication et de préservation de la langue française. Y ayant occupé un poste éditorial pendant deux ans, j’ai pu constater de prime abord la fonction particulière – la mission essentielle – qui est la sienne: <em>Le Délit </em>rassemble les voix de la francophonie mcgilloise, permettant un accès à de l’information universitaire francophone tout en formant sérieusement les personnes qui s’impliquent dans sa production. Mon expérience à McGill aurait été fortement appauvrie si je n’avais pas eu l’opportunité de m’impliquer au sein du seul journal francophone de mon université.</p>



<p><em><strong>Aymeric Tardif, Société – Opinion</strong></em></p>



<p>Mon implication au <em>Délit </em>fut sans doute l’un des éléments les plus mémorables de mon parcours à McGill. Ayant commencé à contribuer au seul journal francophone sur le campus au cours de ma deuxième année à McGill, j’ai rejoint l’équipe éditoriale en tant qu’éditeur lors de ma troisième année, tâche exigeante, mais ô combien gratifiante et motivante! Être plongé dans l’actualité étudiante toutes les semaines a fortement solidifié mes liens avec la communauté mcgilloise, en plus de me permettre de développer des compétences journalistiques de base. Aussi, on ne se cachera pas qu’il a été agréable d’être au service de la population francophone d’une université principalement anglophone et d’y faire vivre le fait français au sein d’une équipe compétente et dévouée! En ce sens, je demeure convaincu du caractère essentiel du <em>Délit </em>sur le campus mcgillois et je lui souhaite de tout mon cœur longue vie!</p>



<p><em><strong>Louise Toutée, Société – Enquêtes</strong></em></p>



<p>Mon implication en tant qu’éditrice pour <em>Le Délit </em>a été l’une des expériences les plus marquantes de mes années à McGill. La petite taille de l’équipe, la liberté dont on disposait à l’intérieur de notre section et le fait de pouvoir voir chaque semaine le produit de nos efforts rendaient le travail extrêmement motivant et me poussaient à vouloir y dédier toujours plus de temps.</p>



<p>Au travers des différentes enquêtes, entrevues et reportages auxquels j’ai participé, mon implication au <em>Délit </em>m’a aussi fait découvrir plein d’aspects de la vie étudiante de McGill dont j’aurais autrement complètement ignoré l’existence. Finalement, un journal étudiant comme <em>Le Délit </em>est un endroit parfait pour permettre aux étudiant·e·s indécis·es de s’essayer au métier de journaliste: en plus des habiletés que j’ai développées au cours de l’année, j’en ressors avec une connaissance concrète du milieu journalistique québécois – ainsi qu’une forte tentation de revenir y travailler un jour…</p>



<p><em><strong>Simon Tardif-Loiselle, Président de la DPS</strong></em></p>



<p>Derrière chacune des éditions de nos journaux, ce sont des heures incalculables passées à couvrir des enjeux et des thèmes de première importance – entre le journalisme d’investigation, les couvertures artistiques et les réflexions sociétales, nos pages n’ont cessé de montrer la pertinence de notre existence.</p>



<p>En tant que lieu d’apprentissage, et en dépit de l’absence d’une école de journalisme à l’Université McGill, la DPS permet de participer à la formation de la relève journalistique de demain. C’est pourquoi, je vous appelle sans réserve à voter «Oui» lors du référendum d’existence (2022), seule garantie d’une presse étudiante libre et forte.</p>



<p><em><strong>Mélina Nantel, Rédactrice en chef</strong></em></p>



<p>Je suis arrivée à McGill en 2018. J’ai grandi au Québec dans une famille francophone: en arrivant sur le campus, je prononçais mal environ 50% des mots de la langue anglaise. Mon envie de m’impliquer à l’Université était donc radicalement limitée par ma timidité linguistique.</p>



<p>J’ai alors rencontré ce petit groupe qui m’apparaissait à l’époque presque extraterrestre puisque je les croyais si rares à McGill: des francophones et francophiles, issu·e·s des quatre coins du globe. Au cœur de leurs activités, une même mission: faire exister le fait français au sein du campus.</p>



<p>En arrivant au <em>Délit</em>, je n’avais aucune expérience ni intérêt en journalisme. J’y ai pourtant passé trois ans. Au-delà d’un journal ou d’une implication étudiante, <em>Le Délit </em>est une manière incroyable de fouiller le campus, de mieux le comprendre, de s’intéresser aux enjeux étudiants et de s’impliquer, de corps et de tête, au sein de l’Université.</p>



<p><em>Le Délit </em>m’a apporté un bagage professionnel énorme: je travaille maintenant comme journaliste indépendante, chose que je n’aurais jamais considérée avant de m’y impliquer. Le journal m’a également offert une expérience humaine et identitaire: j’y ai vu passer des centaines de contributeurs et contributrices au fil des années, dont plusieurs sont devenu·e·s des ami·e·s.</p>



<p><em>Le Délit </em>m’a offert cet espace si précieux pour grandir, apprendre et transmettre. Son existence au sein de l’Université McGill est d’une importance sans borne pour la santé étudiante, identitaire et culturelle du Québec. Les gens qui s’y impliquent sont passionnés, et ont à cœur de servir la communauté étudiante. Cette flamme est contagieuse, et elle continue de se transmettre année après année, depuis 1977. Longue vie au <em>Délit</em>!</p>
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		<item>
		<title>Bilinguisme: de la réputation à la réalité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/bilinguisme-de-la-reputation-a-la-realite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[bilinguisme]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[droits des étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En s’inscrivant à l’Université McGill, nous savions que la langue anglaise y serait la langue d’instruction. Pour diverses raisons, cela ne nous a pas découragé·e·s d’y étudier. Certain·e·s maîtrisaient déjà l’anglais ou souhaitaient perfectionner leur connaissance de cette langue. D’autres ont opté pour des programmes dispensés en français. Enfin, nombre d’entre nous ont, malgré leurs&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/bilinguisme-de-la-reputation-a-la-realite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Bilinguisme: de la réputation à la réalité</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En s’inscrivant à l’Université McGill, nous savions que la langue anglaise y serait la langue d’instruction. Pour diverses raisons, cela ne nous a pas découragé·e·s d’y étudier. Certain·e·s maîtrisaient déjà l’anglais ou souhaitaient perfectionner leur connaissance de cette langue. D’autres ont opté pour des programmes dispensés en français. Enfin, nombre d’entre nous ont, malgré leurs difficultés avec l’anglais, décidé de s’inscrire à McGill en raison des accommodements offerts par l’Université qui leur permettent de rester au niveau de leurs camarades anglophones. Nous sommes redevables de tous les efforts faits en ce sens par l’administration mcgilloise. Permettons-nous ici de rappeler les droits des étudiant·e·s francophones de McGill.</p>



<p>À l’article 15 de la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/charte_des_droits_de_etudiant_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Charte des droits de l’étudiant·e</a>, il est inscrit que « chaque étudiant a le droit de soumettre en français ou en anglais tout travail écrit devant être noté (sauf dans le cas des cours dont l’un des objets est la maîtrise d’une langue) ». Ce droit s’applique indépendamment de la langue parlée par les responsables du cours et de leurs assistant·e·s. L’alinéa (f) de l’article 21, quant à lui, autorise un·e étudiant·e à se défendre en français dans les cas d’accusation d’infraction disciplinaire. Pour enchâsser le tout, l’article 2.1 interdit toute forme de traitement discriminatoire envers un·e étudiant·e en raison (entre autres) de la langue – une pratique déjà proscrite par la <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/C-12?langCont=fr#se:10" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Charte des droits et libertés de la personne</a>. Cela veut dire qu’un travail remis en français devrait, en théorie, être noté selon les mêmes critères d’évaluation qu’un travail remis en anglais sans pénalité ou désavantage indu.</p>



<p>Cependant, il se dégage des nombreuses lacunes dans les ressources de l’Université McGill une image de négligence envers les francophones du corps étudiant. Nous ne pouvons attester du véritable sentiment de l’administration mcgilloise que nous espérons attentionnée ; ainsi offrons-nous de bonne foi une liste de demandes à l’administration de McGill afin de corriger cette situation.</p>



<p><strong>1. Traduire les pages Web officielles de McGill.</strong>&nbsp;La liste de pages à traduire est longue et certaines sont essentielles, dont celles de Minerva (« Bourses et aide financière » et la majorité des pages du Menu des étudiant·e·s), du <a href="https://www.mcgill.ca/wellness-hub/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pôle Bien-être</a>, des <a href="https://www.mcgill.ca/shhs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">résidences</a> et les pages en lien avec les <a href="https://www.mcgill.ca/firstyear/fr/etudiants-de-premier-cycle" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étudiant·e·s de premier cycle</a>.</p>



<p><strong>2. Cesser d’envoyer les courriels en anglais, puis en français plus tard.</strong>&nbsp;Si une information est si cruciale qu’elle doit être communiquée immédiatement, elle l’est suffisamment pour que sa traduction soit également immédiate. Dans le cas contraire, le courriel anglais peut attendre la traduction. Cela aurait comme effet supplémentaire d’alléger les boîtes courriel des étudiant·e·s en diminuant le nombre de courriels envoyés. On remarque déjà un effort de l’Université en la matière, il ne faut toutefois pas qu’elle revienne à ses mauvaises habitudes.</p>



<p><strong>3. S’assurer que le droit de soumettre ses travaux en français soit inscrit dans tous les plans de cours de l’Université, indépendamment des facultés.&nbsp;</strong>Y ajouter les manières par lesquelles les professeur·e·s évalueront les travaux en français afin que les étudiant·e·s aient confiance qu’il·elle·s ne se feront pas attribuer une note aléatoire ou que leur travail ne sera pas piètrement traduit par Google traduction.</p>



<p>McGill se targue d’être accessible aux francophones. Il lui reste encore un peu de travail à faire pour se montrer à la hauteur de ses prétentions.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Délit et la bouffe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/le-delit-et-la-bouffe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[cuisine]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[recettes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recommandations de la rédaction : recettes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Myriam Bourry-Shalabi – <em>Éditrice Actualités</em></strong></p>



<p><em>Les feuilles de vigne farcies de Baba</em></p>



<p>Depuis mon plus jeune âge, j’ai des souvenirs de ma grand-mère et de mon père assis·es à la table de la cuisine pendant des heures, en train de méticuleusement farcir et rouler des feuilles de vigne. Tout commence avec la farce. Pour les carnivores, on mélange du riz avec du bœuf haché et des épices de son choix (persil, poudre d’oignon et d’ail). Pour les paresseux·ses, je suggère d’errer dans un marché moyen-oriental afin d’acheter du <em>kofta</em>, un mélange déjà préparé. Des lentilles vertes avec des épices <em>zaatar</em> peuvent substituer la farce traditionnelle. Ensuite, on coupe les tiges de la feuille de vigne, on farcit le centre de la feuille avec le mélange de son choix et on s’assure de bien rouler le tout « comme une couche pour bébé bien serrée », comme dirait mon père. Finalement, on ajoute de la sauce tomate par dessus et on met au four pour une heure afin de laisser cuire la feuille farcie dans la sauce. À déguster avec ses doigts!&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>3/4 de tasse de riz</li><li>250 g de bœuf haché</li><li>Persil&nbsp;</li><li>2 c. à soupe de poudre d’oignon</li><li>2 c. à soupe de poudre d’ail</li><li>1 pot de feuilles de vigne</li><li>2 tasses de sauce tomate</li></ul>
</div></div>
</div></div>



<p></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Mélanger le riz avec la viande, le persil, la poudre d’oignon et d’ail.</li><li>Couper les tiges de la feuille de vigne.</li><li>Farcir le centre de la feuille avec le mélange et rouler le tout.</li><li>Ajouter de la sauce tomate par-dessus.</li><li>Faire cuire 45 minutes à une heure à 375°F.</li></ol>



<p></p>
</div></div>
</div></div>



<p><strong>Marco Antonio Hauwert Rueda – <em>Éditeur Philosophie</em></strong></p>



<p><em>Pinchos espagnols à la Marco</em></p>



<p>En honneur à mon pays d’origine, l’Espagne, dont les odeurs et les saveurs me manquent tellement dans le climat glacial de Montréal, j’ai choisi de présenter ma version personnelle des traditionnels <em>pinchos</em> espagnols. Les <em>pinchos</em> contiennent généralement autour de trois ingrédients principaux que l’on traverse d’un pique. L’on sert habituellement plusieurs plats de <em>pinchos</em> différents lors d’un repas pour pouvoir les partager avec ses proches. Les recettes peuvent être extrêmement variées et personnalisables. L’on peut avoir un <em>pincho</em> « méditerranéen », avec un cube d’avocat, un cube de fromage feta et une tomate cerise (à aligner avec de l’huile d’olive et du sel). L’on peut avoir un <em>pincho</em> au poulet, avec du poivron rouge, de l’oignon et un peu de citron. L’on peut avoir un <em>pincho</em> plus traditionnel, avec un anchois, un morceau de fromage de chèvre et une olive, le tout sur un morceau de pain. Les possibilités sont infinies!</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>1 cuisse de poulet</li><li>1 poivron rouge</li><li>1 oignon</li><li>3 ou 4 gousses d’ail</li><li>Vos épices de poulet préférées</li><li>Une baguette</li></ul>



<p></p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Couper l’oignon, le poivron rouge et les gousses en&nbsp;tout petits morceaux.</li><li>Cuire l’oignon, le poivron rouge et les gousses d’ail&nbsp;dans une poêle avec de l’huile d’olive.</li><li>Couper la cuisse de poulet en cubes.</li><li>Ajouter les cubes de poulet à la poêle.</li><li>Ajouter les épices.</li><li>Couper la baguette en tranches, couper les tranches en deux.</li><li>Mettre un morceau de poulet recouvert de légumes sur&nbsp;chaque demi-tranche de baguette.</li><li>Traverser d’un pique!</li></ol>



<p></p>
</div></div>
</div></div>



<p><strong>Philippe Bédard-Gagnon – <em>Rédacteur en chef</em></strong></p>



<p><em>Les galettes aux bananes de Mme Saint-Pierre</em></p>



<p>Ce n’est pas le genre de recette qui rallongera votre espérance de vie, mais c’est celle qui la rendra digne d’être vécue. Ma grand-mère la tient d’une certaine Mme Saint-Pierre, la mère d’une de ses amies d’enfance. À ce jour, nous n’avons pas trouvé mieux! Il s’agit d’une recette toute simple de galettes aux bananes pour laquelle j’ai seulement remplacé l’œuf par une alternative végétale, soit un mélange de graines de lin et d’eau. Ces galettes permettent de valoriser des bananes très mûres ou congelées. Simples et abordables, elles requièrent peu de temps de préparation et de cuisson ; Mme Saint-Pierre était une enseignante qui devait nourrir ses sept enfants. Conserver les galettes dans un endroit frais et sec, les réfrigérer pour plus de longévité. Elles resteront moelleuses et bien grasses!</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ul class="wp-block-list"><li>1 tasse de bananes pilées</li><li>3/4 de tasse de graisse végétale fondue</li><li>1 1/2 tasse de farine</li><li>1 tasse de sucre</li><li>1 3/4 tasse de gruau ou de gruau rapide</li><li>1/4 c. à thé de muscade</li><li>1 c. à thé de poudre à pâte</li><li>3/4 c. à thé de cannelle moulue</li><li>1 c. à thé de sel</li><li>Œuf végétal : 1 c. à soupe de graines de lin moulues et 3 c. à soupe d’eau</li></ul>



<p></p>
</div></div>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<ol class="wp-block-list"><li>Dans un petit bol, mélanger les graines de lin moulues avec l’eau.&nbsp;</li><li>Laisser reposer pendant 5 minutes en mélangeant de temps à autre.</li><li>Dans un grand bol, combiner les ingrédients secs.</li><li>Incorporer les ingrédients mouillés et l’œuf végétal dans le grand bol à l’aide d’un mélangeur électrique.</li><li>Sur une plaque de cuisson non graissée, transférer l’entièreté du mélange en formant de petits disques espacés.&nbsp;</li><li>Mettre au four pendant au moins 20 minutes à 350°F.</li><li>Sortir du four et laisser refroidir pendant 5 minutes avant de se servir.&nbsp;</li><li>Les manger telles quelles ou avec un verre de lait végétal.</li></ol>
</div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>La difficile relève de la francophonie mcgilloise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[commission des affaires francophones]]></category>
		<category><![CDATA[communauté étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[relève]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque printemps, un sentiment d’urgence occupe l’esprit des membres du conseil éditorial du Délit. Cette inquiétude n’est pas celle des examens de fin de session que partage l’ensemble du corps étudiant, mais plutôt une peur existentielle : verrons-nous une relève se manifester dans les quatre prochaines semaines? Survivrons-nous une année de plus, ou devrons-nous&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La difficile relève de la francophonie mcgilloise</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Comme chaque printemps, un sentiment d’urgence occupe l’esprit des membres du conseil éditorial du <em>Délit</em>. Cette inquiétude n’est pas celle des examens de fin de session que partage l’ensemble du corps étudiant, mais plutôt une peur existentielle : verrons-nous une relève se manifester dans les quatre prochaines semaines? Survivrons-nous une année de plus, ou devrons-nous mettre les clés sous la porte une fois pour toutes?</p>



<p>Bien que nous ayons su faire vivre notre journal depuis sa création en 1977, la crainte de tout perdre nous tiraille particulièrement après deux années de pandémie, quatre sessions où nous avons plus ou moins disparu des présentoirs de l’Université et avons peiné à nouer des contacts forts avec la population étudiante. Ce sentiment n’est pas exclusif à notre journal&nbsp;; il est en fait partagé par de nombreuses autres organisations de l’Université.&nbsp;</p>



<p>Ces difficultés se font particulièrement sentir par les organisations francophones, historiquement éclipsées par les groupes anglophones lors des événements communs de l’Université. D’après Ana Popa, la commissaire aux affaires francophones de l’AÉUM, très peu d’organisations francophones ont participé à la dernière Soirée des activités, tenue virtuellement, ou à Frosh, qui représente pourtant le premier contact des nouveaux·lles étudiant·e·s avec la vie universitaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que nous ayons su faire vivre notre journal depuis sa création en 1977, la crainte de tout perdre nous tiraille particulièrement après deux années de pandémie»</p></blockquote>



<p>L’isolement des groupes étudiants pendant la pandémie est d’autant plus préoccupant pour les groupes francophones puisque ceux-ci ne sont pas particulièrement bien connectés entre eux. Plutôt qu’une communauté francophone unie, nous observons en effet l’existence de «&nbsp;petits villages d’irréductibles Gaulois qui n’ont pas toujours connaissance de l’existence de groupes semblables sur le campus&nbsp;», selon Ana Popa. La coordination de la francophonie est donc particulièrement difficile.</p>



<p>Alors que les étudiant·e·s arrivent enfin en sol mcgillois, <em>Le Délit</em> se doit plus que jamais d’occuper l’espace pour y faire vivre la francophonie. Nous devons informer la population étudiante de l’existence de groupes francophones et des opportunités qu’ils présentent. C’est dans ce but que <em>Le Délit</em> a collaboré cette session avec différents groupes francophones comme la Commission aux affaires francophones (CAF) et l’Association des étudiant·e·s en langue et littérature françaises inscrit·e·s aux études supérieures (ADELFIES). Pour continuer à accomplir cette mission l’année prochaine, nous devrons surmonter les difficultés liées à la relève francophone de cette année.</p>



<p>Une part de la responsabilité de la vie francophone à McGill repose aussi sur l’administration de l’Université. La commissaire aux affaires francophones a souligné au <em>Délit</em> que trop peu d’étudiant·e·s sont familier·ère·s avec leurs droits en tant que francophones, comme celui de soumettre leurs travaux écrits en français. Ces droits particuliers servent de repères pour notre communauté et rappellent son existence. C’est à l’Université McGill, et non aux étudiant·e·s, de les faire annoncer dans toutes ses salles de classe.&nbsp;</p>



<p>Toutefois, il n’y aurait pas de vie francophone mcgilloise sans les individus qui y prennent part. L’avenir de notre communauté repose ultimement dans vos mains. C’est pourquoi l’équipe du <em>Délit</em> encourage ses lecteur·rice·s à rejoindre les diverses associations francophones de l’Université, y compris notre journal, afin de faire prospérer cette communauté pour les années à venir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/la-difficile-releve-de-la-francophonie-mcgilloise/" data-wpel-link="internal">La difficile relève de la francophonie mcgilloise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Quand faut-il se boucher les oreilles?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-faut-il-se-boucher-les-oreilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Argumentation]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[débats]]></category>
		<category><![CDATA[Fermeture d&#039;esprit]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[mensonges]]></category>
		<category><![CDATA[Platiste]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
		<category><![CDATA[ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=47748</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cesser le dialogue est parfois nécessaire à la progression.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/03/16/quand-faut-il-se-boucher-les-oreilles/" data-wpel-link="internal">Quand faut-il se boucher les oreilles?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La plupart des conflits à grande échelle, quelle que soit leur nature, impliquent une guerre de l’information. Les belligérants cherchent entre autres à manipuler l’opinion et la pression publique en présentant des «preuves»<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-societe-color"></mark></strong> qui confirment leur thèse et réfutent celle de leur opposant. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un exemple de premier ordre: Vladimir Poutine insiste qu’il souhaite dénazifier l’Ukraine, tandis que l’Ukraine se défend d’être nazie et crie à l’injustice.</p>



<p>Dans ce contexte, les affirmations du camp pro-russe sont si grotesques que la vérité semble bel et bien rangée d’un seul côté. Ainsi, quand certains mentionnent le régiment ukrainien néo-nazi Azov, les membres du public considèrent que ces propos sont soit faux, soit insuffisants pour justifier le conflit, car celui-ci semble injustifiable. Pourtant, rejeter une preuve car on croit que ce qu’elle cherche à démontrer est impossible constitue un raisonnement circulaire et fallacieux. Faut-il en conclure que l’on fait preuve de fermeture d’esprit en refusant de considérer certains arguments? Strictement parlant, je suis d’avis que oui. Toutefois, dans certains contextes, la fermeture d’esprit est au pire meilleure que les alternatives, et au mieux une vertu.</p>



<p><strong>Le coût de la réflexion</strong></p>



<p>En 1997, une machine a défait pour la première fois un grand maître des échecs dans un tournoi. Cette victoire est attribuable à la vitesse impressionnante à laquelle Deep Blue, la machine en question, était capable d’analyser les différentes options de stratégies et de choisir celle qu’elle estimait la meilleure. Elle n’était toutefois pas infaillible: malgré son succès, Deep Blue était limitée par sa quantité de ressources computationnelles. Chaque comparaison a un coût informatique, et le budget de la machine n’était pas infini. Ainsi, Deep Blue ne pouvait pas évaluer parfaitement chacun de ses coups, mais elle réussissait à mieux les estimer que son adversaire. Cela en dit long sur les limites cognitives de l’être humain qui ne dispose pas d’une intelligence aussi analytique que celle de la machine.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Rejeter une preuve car on croit que ce qu’elle cherche à démontrer est impossible constitue un raisonnement circulaire et fallacieux. Toutefois, dans certains contextes, la fermeture d’esprit est au pire meilleure que les alternatives, et au mieux une vertu»</p></blockquote>



<p>Tout comme Deep Blue, notre temps et notre énergie sont précieux. On n’affirme jamais quoi que ce soit avec une certitude absolue. On pourrait passer des centaines d’heures à évaluer les arguments des partisans de la théorie de la Terre plate et on pourrait lire des centaines d’ouvrages sur les origines supposément extraterrestres de certains monuments historiques. Ce faisant, on s’assurerait que l’on n’a pas rejeté leurs prétentions sans une analyse approfondie. Malheureusement, peu – voire aucun – d’entre nous ne disposent d’autant de temps à consacrer à ces questions. Il serait pourtant absurde de suspendre notre jugement sur la forme de la Terre ou sur les prouesses des civilisations antiques sous prétexte que l’on n’a pas d’abord considéré de manière diligente tous les points de vue sur le sujet. Un excès de scepticisme nous priverait de notre compréhension du monde.</p>



<p>Ces exemples démontrent également que nous faisons déjà preuve d’une certaine résilience dans nos croyances. En effet, la majorité des personnes croient que la Terre est ronde même si elles n’ont pas nécessairement la capacité de le démontrer et même si les platistes sont généralement plus informés sur le débat. Les platistes présentent souvent des arguments et des éléments de preuve que<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"></mark></strong> les non-platistes n’ont jamais entendus. Malgré leur incapacité à répondre en raison de leur manque de connaissances, ces derniers persistent généralement dans leur opinion. Ils affirment entre autres que les scientifiques ont atteint un consensus et que l’humain est allé dans l’espace pour constater la rotondité de la Terre par lui-même. Ce sont des arguments d’autorité: «Je n’ai pas la réponse, mais d’autres personnes que je juge crédibles disent l’avoir et j’ai confiance en elles.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La majorité des personnes croient que la Terre est ronde même si elles n’ont pas nécessairement la capacité de le démontrer et même si les platistes sont généralement plus informés sur le débat»</p></blockquote>



<p>D’un point de vue logique, ce raisonnement est fallacieux. Toutefois, force est de constater qu’il est nécessaire au maintien de la société: autrement, le camp des platistes serait bien plus populaire qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce raisonnement est aussi essentiel à l’individu, car réévaluer une affirmation aussi communément admise peut conduire à une immense remise en question: des amis scientifiques pourraient être des acteurs payés par l’État, le système d’éducation endoctrine peut-être les enfants et les gouvernements pourraient être tous corrompus par les milliards de dollars consacrés aux programmes spatiaux. L’individu deviendrait alors incapable d’agir dans de nombreuses sphères de sa vie en attendant de trouver la réponse définitive à la question. Dans ces contextes, la fermeture d’esprit se montre donc supérieure à ses alternatives.</p>



<p><strong>Une vertu politique</strong></p>



<p>L’utilité de la fermeture d’esprit s’étend aussi dans le domaine des jugements de valeur et des jugements politiques. Un gouvernement qui remettrait en question ses projets de loi à chaque critique n’arriverait pas à implanter quoi que ce soit. De même, un électeur doit éventuellement conclure sa réflexion avant de voter, malgré l’immense variété des enjeux à évaluer. Sans aller jusqu’à l’incapacité d’agir, l’indécision «bénigne» est un vice car elle ralentit tous les processus. La fermeture d’esprit serait donc comparable aux vertus de décision et de résolution. Un gouvernement décisif, lorsqu’il choisit d’aller de l’avant, se laisse difficilement convaincre de faire marche arrière.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Dans [certains] contextes, la fermeture d’esprit se montre donc supérieure à ses alternatives»</p></blockquote>



<p class="has-text-align-left">Il ne s’agit toutefois pas toujours d’une bonne chose. Par exemple, le gouvernement de la CAQ a dépensé énormément d’énergie à défendre l’extravagant et infondé projet du troisième lien Québec-Lévis. Malgré les critiques en bloc des experts de la province, il a fallu attendre de nombreuses années pour que le gouvernement semble se rendre compte de l’énormité du projet et esquisse <a href="https://www.journaldequebec.com/2021/10/26/3e-lien-en-basse-ville-quebec-recule-et-revise-son-trace" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un pas en arrière</a>. La ténacité mal avisée prend donc la forme de l’entêtement. Quand doit-on faire preuve de flexibilité et quand doit-on mettre son pied à terre? Chaque situation est unique et chaque personne l’est aussi. Il est tout de même possible d’arriver à quelques lignes directrices pour employer la fermeture d’esprit.</p>



<p>Les débats répétés sur des enjeux qui nous tiennent à cœur sont un bon point de départ. Les véganes expérimentés savent que les débats sur l’éthique animale sont souvent répétés lors de grands repas. Il est alors naturel de ne pas se remettre en question pour le plaisir des détraqueurs. Dans d’autres cas, des positions sont refusées sur la base de valeurs humaines fondamentales. N’importe qui pourrait sans problème faire la sourde oreille à un apologiste de l’esclavage. Enfin, certaines sources peuvent tout simplement être ignorées. C’est le cas de Vladimir Poutine, dont les affirmations devraient être rejetées en raison de son bilan de menteur invétéré. Cela ne signifie pas qu’il ne dit rien de vrai. Toutefois, ses propos ne sont pas des éléments de preuve admissibles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les affirmations de Vladimir Poutine devraient être rejetées en raison de son bilan de menteur invétéré»</p></blockquote>



<p>La fermeture d’esprit peut donc être une vertu dans des contextes de débat public. À l’ère de la division antivax/provax empirée par un mépris de l’autre, je ne veux pas prôner l’idée de se boucher les oreilles. J’invite plutôt à constater que nous ne sommes pas toujours aussi ouverts qu’on le prétend, souvent pour de bonnes raisons. Cela ne nous empêche pas de respecter la dignité d’autrui et de se remettre en question à intervalles raisonnables.<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-actu-color"></mark></strong></p>
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		<title>Derrière la façade d’excellence</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/derriere-la-facade-dexcellence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2022 13:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[condition de stage]]></category>
		<category><![CDATA[faculté]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[médecine]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[SUICIDE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête sur la santé mentale des étudiant·e·s de la Faculté de médecine.</p>
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<p class="has-drop-cap">Le 14 janvier dernier, la Faculté de médecine de l’Université McGill annonçait dans un courriel à ses membres le décès d’une de ses étudiant·e·s de quatrième année. Trois jours plus tard, avec l’autorisation de la famille de l’étudiante, un second courriel communiquait que celle-ci s’était enlevé la vie. Cette nouvelle a plongé la communauté médicale de McGill «dans une période de deuil», a déclaré au <em>Délit</em> la Dre Mélanie Mondou, responsable des études de premier cycle en médecine. Sur Facebook, plusieurs associations étudiantes dont l’étudiante avait fait partie ont publié des lettres de condoléances.&nbsp;</p>



<p>Cet événement funeste vient s’inscrire dans une tendance qui préoccupe depuis bien des années: celle de la prévalence particulièrement élevée de suicides et de détresse psychologique chez les étudiant·e·s en médecine. La défunte, une militante active, avait notamment à cœur la question des conditions de travail des membres de la Faculté. Plusieurs de ses ami·e·s, qui se sont confié·e·s au <em>Délit</em>, souhaiteraient reprendre ses revendications et remettre en lumière les conditions difficiles avec lesquelles doivent composer les étudiant·e·s de ce programme à la réputation redoutable. <em>Le Délit </em>a enquêté.</p>



<p><strong>Les conditions de stages</strong></p>



<p>À McGill, le programme de médecine se divise en deux étapes. Au cours de la première, dite préclinique, les étudiant·e·s suivent des cours théoriques sur les différentes pathologies et sur la pratique de la médecine qui s’échelonnent sur un an et demi. Par la suite, c’est l’externat: les étudiant·e·s vont travailler deux ans en milieu hospitalier en suivant des «rotations», des périodes de deux mois passées dans une seule spécialité à la fois.&nbsp;</p>



<p>Lors de la préclinique, le rythme de l’apprentissage peut être effréné, selon Jeanne*, une étudiante en première année. En effet, les étudiant·e·s couvrent en un an et demi un cursus que ceux·lles d’autres universités québécoises peuvent prendre jusqu’à trois ans pour compléter. «La relation au temps est complètement malsaine», témoigne-t-elle. Tout son temps est organisé dans l’optique de passer ses cours. Même ses moments de repos sont pris dans l’objectif de pouvoir étudier de manière plus efficace par la suite. «C’est sincèrement un sentiment qui fait physiquement mal. Tu es tellement écœurée que tu le ressens dans ton corps.»&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les étudiant·e·s de médecine en externat sont plus de deux fois plus susceptibles d’avoir des idéations suicidaires depuis leur arrivée dans le programme que leurs collègues en phase préclinique. Cette proportion s’élève à 25% des étudiant·e·s en externat»</p><cite>Sondage de la FMEQ, 2020</cite></blockquote>



<p>Malgré l’intensité académique de ces premières années, pour plusieurs, c’est l’entrée à l’externat qui est l’étape la plus difficile. «On arrive avec notre bagage de cours théoriques, tout excité·e·s d’enfin aller sur le terrain, et on se fait ramasser par le tsunami qu’est l’externat, témoigne Geneviève Peel, étudiante en quatrième année. Moi, je n’avais jamais vu ça venir.» Un <a href="https://fmeq.ca/documents/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">récent sondage</a> de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) paru en 2020 a révélé que les étudiant·e·s de médecine en externat sont plus de deux fois plus susceptibles d’avoir des idéations suicidaires depuis leur arrivée dans le programme que leurs collègues en phase préclinique. Cette proportion s’élève à 25% des étudiant·e·s en externat.</p>



<p>La première chose qui frappe les étudiant·e·s est le nombre d’heures exigées par ces stages. La <a href="https://www.mcgill.ca/ugme/fr/politiques-et-procedures/politique-sur-la-charge-de-travail" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique sur la charge de travail</a> (<em>Workload policy</em>) de McGill, le document qui encadre les conditions de travail des externes, fixe le maximum d’heures de travail permis à 16 heures par jour et 72 heures par semaine. Cela inclut les gardes, ces quarts de travail de soirée ou de fin de semaine servant à assurer une permanence du service, mais n’inclut pas les déplacements ou pauses dîner, et c’est aussi sans compter les travaux scolaires toujours exigés des étudiant·e·s en externat. Ces limites sont rarement atteintes, mais cela peut arriver à plusieurs reprises au cours d’une rotation. Élise Girouard-Chantal, une étudiante de quatrième année, affirme faire plusieurs fois par mois des journées de 12 heures de travail et se considère malgré tout chanceuse. «16 heures par jour plus les gardes, c’est malsain», tranche-t-elle. Même son de cloche chez Élisabeth*, étudiante de troisième année, qui raconte avoir dû faire des quarts de travail de 14 à 16 heures plusieurs fois par mois durant certaines rotations.</p>



<p>En plus d’être surchargé, cet horaire de travail est aussi très imprévisible et est hors du contrôle des étudiant·e·s. «Tu ne sais jamais à quelle heure tu vas finir», témoigne Lexi*, une étudiante de troisième<em> </em>année, qui mentionne que les médecins décident parfois de les retenir en donnant des cours ou les libèrent tôt dans la journée. Les médecins arrivent aussi parfois plusieurs heures après le début du quart des externes. Il est déjà arrivé à Frédérique*, une étudiante de troisième année, de se déplacer et d’arriver à l’hôpital pour apprendre que le médecin avait annulé ses cliniques sans l’avertir. «Notre temps n’est pas apprécié et respecté», affirme–t‑elle. Lexi considère de son côté que les médecins sont généralement compréhensif·ve·s et font attention à ne pas briser le moral des externes, bien que cela varie entre les rotations et entre les médecins – un avis que partage Élisabeth.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le but, c’est de détourner l’objectif d’apprentissage des externes pour faire d’eux une main-d’œuvre gratuite»</p><cite>Samuel, étudiant en quatrième année</cite></blockquote>



<p>Plusieurs affirment que ces longues périodes de travail ne sont pas utilisées de la meilleure manière du point de vue de l’apprentissage. Les étudiant·e·s se voient attribuer diverses tâches administratives pour soutenir les médecins, comme prendre des notes ou aller chercher des objets. «On se sent comme des secrétaires», témoigne Frédérique. À l’inverse, il arrive que les étudiant·e·s mènent les consultations seul·e·s alors que leurs superviseur·e·s travaillent dans leur bureau, explique-t-elle. Ceux·lles-ci sont alors payé·e·s pour la consultation en plus d’obtenir un bonus d’enseignement. Plutôt que de se soucier de leur apprentissage, certain·e·s médecins semblent ainsi considérer les externes uniquement comme des employé·e·s supplémentaires, qui devraient être capables de travailler avec peu ou pas d’explications. Plusieurs étudiant·e·s ont en effet l’impression de ne pas avoir droit à l’erreur. «Dès que tu arrives dans un milieu, c’est attendu de toi qu’après les premières 30 minutes où on t’explique où sont les choses, tu fonctionnes normalement, explique Geneviève. Je suis encore à l’école! Je ne suis pas encore médecin, je suis ici pour apprendre.» </p>



<p>Pour Samuel, cela ne fait pas de doute: les externes sont utilisé·e·s pour pallier au problème du manque de main-d’œuvre dans le système de santé. «Le but, explique-t-il, c’est de détourner l’objectif d’apprentissage des externes pour faire d’eux une main-d’œuvre gratuite». Frédérique abonde dans le même sens: dans certains stages, selon elle, les étudiant·e·s «payent pour faire des semaines de 60 heures». Malgré cela, plusieurs se sentent forcé·e·s de faire davantage que ce qui leur est demandé. Après l’obtention de leur diplôme universitaire, les étudiant·e·s doivent appliquer pour la résidence, un processus extrêmement compétitif. La majorité de leurs notes durant la deuxième moitié de leur diplôme proviennent des évaluations par leurs superviseur·e·s de stage. «On est évalué·e·s littéralement chaque minute de nos deux ans d’externat», témoigne Élise. Selon elle, cela mène non seulement à un climat compétitif toxique, mais également à une culture de la performance où les étudiant·e·s n’osent pas faire part de leur épuisement par crainte de recevoir une mauvaise évaluation. «Il y a une culture du don de soi, explique Samuel, qui est vraiment incompatible avec le fait de mentionner ses limites.» Geneviève, quant à elle, raconte que l’un de ses amis a été surpris par une évaluation très négative après un stage qui semblait s’être bien passé. Il y était inscrit que son ami «manquait fortement de motivation et d’initiative». Le superviseur a justifié son évaluation en disant que l’étudiant ne s’était pas porté volontaire pour faire des gardes les fins de semaines, hors de ses horaires de stage. Pourtant, personne ne lui avait indiqué que cela était attendu de lui. «Pour certains superviseurs, c’est ça la motivation: c’est d’indiquer que tu n’as pas de limites, et que des congés, t’en a pas besoin», conclut Geneviève.</p>



<p>Malgré ces hautes attentes, les externes ne sont pas toujours traité·e·s avec respect. «Souvent, je suis l’étudiante en médecine de service, raconte Frédérique. On n’apprend même pas mon nom.» Plusieurs employé·e·s feraient preuve d’insensibilité envers les étudiant·e·s: certain·e·s médecins leur crieraient après, les insulteraient, ou feraient des remarques sexistes sans que qui que ce soit ne se porte à la défense des étudiant·e·s, raconte-t-elle. Des résident·e·s lui ont aussi déjà dit qu’elle ne devrait pas parler en leur présence, car elle ne «connaît pas les <em>affaires</em>».</p>



<p><strong><strong>Une logistique qui manque de flexibilité</strong></strong></p>



<p>Alors que la charge de travail des étudiant·e·s en médecine est considérable, ceux·lles-ci peine à planifier leurs moments de repos. Beaucoup dénoncent les barrières logistiques lorsque vient le temps de faire des demandes de congés ou d’absences motivées. Les modalités d’absence de la Faculté de médecine, prévues dans la <a href="https://www.mcgill.ca/ugme/files/ugme/2020-01-31_absences_and_leaves_policy_fr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique des études médicales de premier cycle sur les absences et congés</a>, sont pour le moins complexes. Toutes les requêtes doivent être justifiées à l’aide de la documentation pertinente, sauf les congés pour raisons personnelles (<em>personal days</em>). Ceux-ci doivent toutefois être demandés au moins 42 jours à l’avance et ne sont pas accordés s’ils tombent le jour d’une activité obligatoire évaluée.</p>



<p>Tous·tes les étudiant·e·s interrogé·e·s par <em>Le Délit </em>dénoncent le manque de flexibilité et la sévérité de la politique d’absentéisme. Frédérique raconte avoir dû prouver qu’elle avait des rendez-vous médicaux à plusieurs reprises cette année. «On nous fait confiance comme on ferait confiance à des enfants», dit-elle. L’étudiante de troisième année a récemment vu sa demande de congé personnel pour deux jours de juin 2022 refusée, en raison d’une conférence obligatoire qui se tiendra à ce moment-là. Une autre demande de congé, qu’elle avait faite 40 jours à l’avance pour pouvoir assister au mariage de son ami dont la date avait été déplacée, a aussi été refusée. Pour Allison*, étudiante de troisième année, l’exigence de préavis de 42 jours pour les demandes de congés personnels est tout simplement incompatible avec le discours sur la santé mentale de la Faculté. «<em>Cette politique est incroyablement rigide et ne laisse aucune place aux problèmes de santé mentale.</em>» De l’autre côté, souligne Jeanne, la Faculté peut annuler une activité le jour même de son déroulement si le médecin responsable n’est pas disponible. L’étudiante reconnaît que les patient·e·s de ce·tte médecin sont prioritaires, mais elle considère que la Faculté devrait s’assurer que ses professeur·e·s soient en mesure de s’acquitter de leurs obligations envers les étudiant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Une autre demande de congé, qu’elle avait faite 40 jours à l’avance pour pouvoir assister au mariage de son ami dont la date avait été déplacée, a aussi été refusée»</p></blockquote>



<p>Pour Élise, ces politiques inflexibles inculquent aux étudiant·e·s qu’il·elle·s n’ont pas droit à l’erreur, une mentalité qui serait toujours très présente dans le monde médical. «Si tu veux un congé maladie, mais que tu soumets la demande une minute en retard, c’est automatiquement un <em>red flag</em> de professionnalisme, et tu dois rencontrer un officier disciplinaire pour expliquer ta faute». Allison raconte que la Faculté envoie souvent des courriels au ton très dur décrivant les conséquences graves liées à des absences non approuvées ou des devoirs incomplets, sans chercher à comprendre ce qui entraîne ces manquements. «<em>Mes collègues et moi avons souvent reçu des courriels indiquant que nous allions échouer un cours ou recevoir un red flag. C’est souvent dû à un malentendu, et ça demande beaucoup d’efforts inutiles de notre part pour rectifier la situation.</em>» Selon Élise, toutes ces réprimandes font que les étudiant·e·s ne se sentent pas soutenu·e·s par la Faculté, mais plutôt «guetté·e·s, pour le moment où on fait un faux pas». </p>



<p><strong>Qui soigne nos futur·e·s médecins?</strong></p>



<p>Selon le <a href="https://www.macleans.ca/education/canadas-best-medical-doctoral-universities-rankings-2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">classement Maclean’s</a> de 2022, qui compare les universités canadiennes dotées de facultés de médecine, McGill se trouve au 13<em>e</em> rang sur 15 en ce qui a trait aux services aux étudiant·e·s (à égalité avec l’Université de Montréal), alors qu’elle se classe au premier rang<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>du classement général. Depuis 2011, la Faculté de médecine et des sciences de la santé de McGill dispose pourtant d’un bureau de soutien aux étudiant·e·s connu sous le nom de Bureau SOURCES (Soutien et ressources-conseils aux études en santé). Le Bureau offre divers services comme des ateliers de bien-être et des consultations avec des professionnel·le·s de la santé mentale. Les étudiant·e·s contacté·e·s par <em>Le Délit</em> s’entendent tous·tes pour dire que les employé·e·s du Bureau SOURCES font un excellent travail. Frédérique raconte qu’elle a pu prendre un rendez-vous très rapidement dans une plage horaire réservée aux urgences une semaine où elle n’allait vraiment pas bien. La thérapeute lui a cependant indiqué qu’elle ne pouvait la voir que cinq à dix fois par année et que le prochain rendez-vous disponible était un mois et demi plus tard. Selon l’étudiante, le nombre de rendez-vous et les disponibilités sont insuffisants pour traiter un problème de santé mentale. Lexi, quant à elle, a pensé prendre un rendez-vous avec le Bureau SOURCES pour un problème personnel, mais le délai pour obtenir une consultation était de plus d’un mois. Elle a laissé tomber, doutant que le problème la préoccuperait encore au moment du rendez-vous. Elle n’a pas osé prendre un rendez-vous d’urgence, confiant ne jamais s’être sentie «comme si c’était [elle], l’urgence».&nbsp;</p>



<p>Pour plusieurs, ces longs délais s’expliquent entre autres par le manque de ressources allouées au Bureau SOURCES. En effet, une seule psychothérapeute est attitrée aux quatre cohortes d’étudiant·e·s de premier cycle en médecine évoluant sur le campus du centre-ville, qui représentent un corps étudiant de plus de 700 individus. De son côté, Jeanne raconte qu’elle a pu obtenir une consultation rapidement avec la conseillère en bien-être du Campus de l’Outaouais, Melina Kanaan, <a href="https://www.mcgill.ca/thewelloffice/contactus" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dorénavant disponible</a> pour les étudiant·e·s du campus de Montréal, une information qu’elle juge méconnue.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je peux parler aussi longtemps que je veux du rythme de vie malsain en médecine [à un·e thérapeute], mais ça n’aura pas pour effet de changer ce rythme de vie»</p><cite>Jeanne, étudiante en première année</cite></blockquote>



<p>Malgré la qualité des consultations offertes par le Bureau SOURCES, des étudiant·e·s sont d’avis qu’il s’agit d’une solution partielle. «C’est un pansement, explique Élise, une béquille pour un problème systémique qui est dans la culture du monde médical, ancré dans nos conditions de travail.» La rapidité avec laquelle les étudiant·e·s en préclinique doivent compléter leur cours doit aussi être remise en question, selon Jeanne. «Je peux parler aussi longtemps que je veux du rythme de vie malsain en médecine [à un·e thérapeute], mais ça n’aura pas pour effet de changer ce rythme de vie», explique-t-elle. Frédérique souligne par ailleurs que le Bureau SOURCES n’a pas le pouvoir d’accorder des pauses aux étudiant·e·s, sans que cela les menacent de couler leurs rotations. Le bureau manque aussi de pouvoir pour donner des accommodements. Lorsqu’Élisabeth, qui vit avec une maladie chronique, a commencé son externat, les accommodements qu’elle avait en préclinique n’ont pas pu être renouvelés, malgré un mot de son médecin.</p>



<p>En entrevue avec <em>Le Délit</em>, la Dre Mélanie Mondou a déclaré que le Bureau SOURCES a comme objectif de prendre en charge les étudiant·e·s à court et à moyen terme pour les enjeux de santé mentale. Dans les cas où un suivi à long terme est nécessaire, la Dre Mondou conseille plutôt de faire appel au système de santé hors McGill. La directrice de programme a aussi affirmé que les membres de la Faculté sont «très soucieux·euses du bien-être» des étudiant·e·s en raison des liens tissés au cours du programme.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs initiatives ont été organisées, tant par la Faculté que par l’Association des Étudiant(e)s en Médecine (<em>Medical Students Society, </em>MSS) pour soutenir la santé mentale des étudiant·e·s. Mais ces initiatives sont insuffisantes ou inadéquates, selon les personnes interrogées. Jeanne raconte qu’à chaque bloc du préclinique, un après-midi bien-être est organisé avec diverses conférences. «La dernière chose que j’ai envie de faire pour ma santé mentale, raconte-t-elle, c’est de m’asseoir devant mon écran un après-midi complet. Ce que je veux, c’est avoir du temps libre.» Lexi qualifie le curriculum bien-être du programme, qui contient des cours de nutrition et de méditation, de «bien-être imposé». «En préclinique, c’était une pause de cerveau. Maintenant, [les formations] se font sentir très forcées.» L’ancien vice-président Bien-être de MSS, Charles Lepage, a apporté quelques modifications à ces cours durant son mandat. La même année, le MSS a créé le Réseau de soutien des pairs. Cette initiative visait à offrir une oreille attentive de la part de quelques étudiant·e·s formé·e·s en écoute active et en prévention du suicide.</p>



<p>Les diverses associations étudiantes militent aussi depuis un certain temps pour l’amélioration des conditions des étudiant·e·s en médecine. En 2011, la FMEQ, qui représente les quatre facultés de médecine de la province, a publié une <a href="https://fmeq.ca/charte-du-bien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Charte de bien-être des externes</a>, visant à encadrer leurs conditions de travail. Celle-ci recommande notamment de limiter le temps de travail quotidien des externes à dix heures; la moitié des facultés ne respectent toujours pas cette demande.</p>



<p>«C’est difficile de faire un front commun efficace, raconte Samuel, à cause de la variabilité des conditions de travail.» Selon Élise et lui, deux ancien·e·s membres de la FMEQ, les campus québécois se sont en quelque sorte divisés les torts. Par exemple, les étudiant·e·s de McGill bénéficient de «journées personnelles», contrairement à Sherbrooke et Laval, mais ont «incontestablement les pires limites d’heures» pour les externats. «Ça leur permet de toujours avoir un levier contre les critiques, explique Samuel, en disant: “Oui mais vous, vous avez le droit à ça, est-ce que vous comprenez votre chance?”».</p>



<p><strong>À deux doigts du <em>burnout</em></strong></p>



<p>Les conditions de travail exigeantes ainsi que les hautes attentes académiques semblent affecter la santé mentale des étudiant·e·s. Le sondage de la FMEQ, réalisé auprès de 497 étudiant·e·s de premier cycle en médecine (dont 70% en préclinique) révélait que 20% d’entre eux·lles considéraient que leur santé mentale s’était dégradée depuis le début de leurs études en médecine. 21% d’entre eux·lles qualifiaient plutôt leur santé mentale de passable. Une majorité des étudiant·e·s (58%) a toutefois révélé avoir une bonne santé mentale.&nbsp;</p>



<p>Frédérique révèle qu’elle est médicamentée contre l’anxiété depuis son entrée en<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>préclinique, il y a trois ans. Toujours selon le sondage de la FMEQ, 17% de ses collègues québécois·es seraient également aux prises avec des troubles anxieux. «Souvent, je me demande ce que je fais là, ça ne me tente pas d’être là – surtout que c’est long, la médecine. Ça représente beaucoup d’années sans salaire à me faire traiter comme une moins que rien», raconte l’étudiante. Elle a cependant développé des mécanismes de protection: elle a renoncé à atteindre la perfection et souligne aussi l’importance du soutien de ses proches, sans lequel elle aurait probablement abandonné.&nbsp;«Je n’aime pas vivre en ce moment, confie Jeanne de son côté. Ce n’est pas normal que tout le monde soit à bout, qu’il y ait un haut taux de suicide dans le programme.»&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On peine à supporter nos amis quand ça ne va pas, parce qu’on est trop occupés nous-même à garder la tête au-dessus de l’eau»</p><cite>Élise, étudiante en quatrième année</cite></blockquote>



<p>L’annonce du décès d’une étudiante a ramené le sujet de la santé mentale dans les discussions de certain·e·s étudiant·e·s, brisant quelque peu les façades d’excellence et de contrôle. «Les dernières semaines, on a réalisé en se parlant les uns avec les autres – malheureusement à cause de ce qui s’est passé – qu’on est vraiment tous·tes à deux doigts du <em>burn out</em>», raconte Geneviève, qui était proche de l’étudiante décédée. «On peine à supporter nos ami·e·s quand ça ne va pas, raconte Élise, parce qu’on est trop occupés nous-même à garder la tête au-dessus de l’eau.»</p>



<p>Pourtant, de nombreuses pistes de solution existent, selon les étudiant·e·s interrogé·e·s par <em>Le Délit</em>. Il·elle·s ont entre autres proposé de donner plus de ressources et de pouvoirs au Bureau SOURCES; assouplir les processus bureaucratiques autour des demandes de congés et faire davantage confiance aux étudiant·e·s. Certain·e·s aimeraient également avoir la possibilité de compléter l’étape préclinique en plus d’un an et demi si désiré. Cela est par exemple possible à l’Université Laval, où les étudiant·e·s peuvent faire leurs cours théoriques avant l’externat en deux ans, deux ans et demi ou trois ans. Un étudiant de l’Université Laval contacté par <em>Le Délit </em>raconte avoir choisi de compléter ses cours précliniques en deux ans et demi, ce qui lui a permis de prendre une session de congé pour partir voyager avant de commencer l’externat.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les conditions dans le programme de médecine ne découragent pas la majorité des étudiant·e·s de poursuivre cette vocation: selon le sondage de la FMEQ, 92% des étudiant·e·s choisiraient encore de devenir médecin s’il·elle·s pouvaient revenir en arrière»</p></blockquote>



<p>Mais plusieurs de ces changements, notamment ceux concernant les conditions de stage, impliquent un changement de culture plus profond. «Chez certain·e·s médecins, il y a une culture de “Moi j’ai mordu la poussière, j’ai travaillé 100 heures par semaine quand j’étais en résidence, c’est à ton tour”», affirme Geneviève. Les conditions difficiles de l’externat seraient donc vues par certain·e·s comme un rite de passage. Il y aussi, selon elle, une certaine complaisance de la part du personnel médical. «Le système d’éducation médical fonctionne en ce moment: il produit des médecins. Selon nous, on ne devient pas les meilleur·e·s médecins qu’on pourrait être, parce qu’on sort de l’école complètement brûlé·e·s, mais [le système] fonctionne.» Lors d’une conférence donnée par des médecins, réunissant toute sa cohorte pour parler entre autres de bien-être, Frédérique raconte que l’un des médecins a partagé sa pire expérience en tant qu’étudiant – lorsqu’un médecin lui a dit qu’il n’avait pas sa place en médecine et qu’il allait devenir un mauvais médecin – avant d’affirmer avoir un collègue ayant des discours similaires. «Je lui ai demandé pourquoi il ne dénonçait pas ces comportements. Ça a créé un froid, et ils ont mis fin à la conférence plus tôt que prévu», raconte-t-elle. Lors d’un autre événement virtuel, Jeanne raconte qu’un médecin a présenté ses condoléances par rapport au récent suicide, partageant qu’il y a en avait eu deux dans sa propre cohorte d’étude. «Combien de suicides, demande Frédérique, va-t-il falloir pour que les choses changent?»</p>



<p>Ultimement, les conditions dans le programme de médecine ne découragent pas la majorité des étudiant·e·s de poursuivre cette vocation: selon le sondage de la FMEQ, 92% des étudiant·e·s choisiraient encore de devenir médecin s’il·elle·s pouvaient revenir en arrière. «On est tous des étudiant·e·s motivé·e·s qui veulent fondamentalement, profondément devenir médecin, insiste Élise, mais on veut qu’il y ait un changement qui s’instaure dans la culture.» Geneviève ajoute qu’il·elle·s veulent surtout être de bon·ne·s médecins. «On veut que les soins donnés à nos patient·e·s soient optimaux. Mais on n’est pas à notre meilleur quand on est brûlé·e·s comme ça. Personne n’est à son meilleur quand on est à deux doigts de l’écroulement total.»</p>



<p><em>Si vous avez besoin de soutien, si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet·ète pour un·e de vos proches, appelez le 1 866-APPELLE (1 866 277‑3553) pour parler à un·e intervenant·e en prévention du suicide. D’autres ressources sont aussi disponibles pour les étudiant·e·s de l’Université McGill: </em></p>



<p><em>Bureau SOURCES: <a href="https://www.mcgill.ca/thewelloffice/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://www.mcgill.ca/thewelloffice/fr</a></em></p>



<p><em>Peer-support center: <a href="https://psc.ssmu.ca/about-us/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://psc.ssmu.ca/about-us/</a></em></p>



<p><em>Keep.me SAFE: <a href="https://ssmu.ca/blog/2020/03/mental-health-resource-available-keep-mesafe/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://ssmu.ca/blog/2020/03/mental-health-resource-available-keep-mesafe/</a></em></p>



<p>*Nom fictif</p>



<p></p>



<p><em>Une version antérieure de cet article affirmait que le type de services offert par le Bureau SOURCES était unique dans la province. Or, certaines ressources similaires sont offertes ailleurs au Québec, par exemple par la Direction des affaires étudiantes de la Faculté de médecine de l’Université Laval. Il était aussi affirmé que le maximum d’heures de travail fixé à 16 heures par jour par la Politique sur la charge de travail n’incluait pas les gardes. </em>Après vérification, les gardes sont incluses dans le calcul des heures de travail permises par la Politique.</p>
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		<item>
		<title>Une étape à la fois: Aristote contre la pensée productiviste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/aristote-contre-la-performance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[aristote]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[vertu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46771</guid>

					<description><![CDATA[<p>Et si le secret de la vie heureuse résidait dans notre quotidien?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À priori, rien n’est plus libérateur que de s’imaginer capable de relever tous les défis. S’élevant contre le jugement d’autrui et toute autre barrière à la mobilité sociale, le mythe du <em>self-made man</em> a de quoi faire rêver. Après tout, s’il suffit d’une bonne idée, de quelques sacrifices et d’une solide détermination pour accomplir tout ce que l’on souhaite, peut-être que le monde est véritablement «à nous». Malheureusement, cette idée de performance à outrance est doublée d’une compétition issue d’une pensée productiviste omniprésente et finit inévitablement par entraîner une profonde détresse. Pourtant essentiels au bien-être, le temps libre, les loisirs non productifs et le sommeil sont considérés comme inutiles. Avec des apôtres comme l’excentrique Elon Musk, qui a <a href="https://twitter.com/elonmusk/status/1067173497909141504?ref_src=twsrc%5Etfw" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclaré</a> en 2018 que «<em>personne n’a changé le monde à 40 heures par semaine</em>», l’idée que notre valeur est déterminée par le temps que nous passons au travail ou par la taille de notre effet sur l’univers ne disparaîtra pas de sitôt.</p>



<p>Évidemment, cette culture du travail ne fait pas l’unanimité. Certains défendent la valeur intrinsèque <a href="https://thebaffler.com/salvos/whats-the-point-if-we-cant-have-fun" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">du jeu</a>, d’autres le droit <a href="https://monthlyreview.org/2004/03/01/the-right-not-to-work-power-and-disability/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de ne rien faire</a>. Même dans la philosophie occidentale, l’idée de la productivité n’a pas toujours été liée à celle de la vie bonne. L’éthique, la branche de la philosophie qui se penche sur le bien et le mal, a longtemps servi de guide de la vie. Mais si le déontologisme kantien, qui exige que l’on suive des lois morales strictes, peut sembler restrictif, l’utilitarisme de Mill, qui promeut la maximisation du bonheur total de l’humanité, n’est pas si éloigné de notre pensée productiviste contemporaine. Je suggère que l’éthique de la vertu d’Aristote est une voie alternative à cette frénésie capitaliste moderne. Plutôt que de penser aux effets de nos gestes sur les autres, le philosophe grec de l’Antiquité nous invite à accorder une attention particulière aux gestes de tous les jours et à trouver le bonheur dans la qualité plutôt que dans la quantité.&nbsp;</p>



<p><strong>Une vertu heureuse</strong></p>



<p>«<em>Nous considérons que la chose qui se suffit à elle-même est celle qui rend la vie digne d’être choisie sans manquer de quoi que ce soit; et nous croyons que c’est ce que fait le bonheur</em>», déclare Aristote dans les premières pages de <em>L’éthique à Nicomaque</em>. Ainsi, le véritable objectif de la vertu ne serait pas la pureté morale, mais bien le bonheur! Une affirmation contre-intuitive, étant donné que les choix vertueux sont parfois les plus déplaisants. En effet, prendre le temps d’aller porter le chariot d’épicerie après l’avoir vidé dans le coffre d’une voiture semble, à priori, moins attirant que de le laisser là et de quitter le stationnement. Pourtant, Aristote insiste: être heureux, c’est agir en accord avec la vertu. Comment résoudre ce paradoxe? C’est que le philosophe distingue le bonheur du plaisir (et, au même titre, de l’absence de souffrance). Si le premier est la fin de toute vie humaine, le second est une «condition de l’âme» qui l’attire parfois vers les actes vertueux, parfois vers les actes vicieux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «<em>Nous considérons que la chose qui se suffit à elle-même est celle qui rend la vie digne d’être choisie sans manquer de quoi que ce soit; et nous croyons que c’est ce que fait le bonheur</em>»</p><cite>Aristote</cite></blockquote>



<p>Pour comprendre le rôle du plaisir, il faut aborder la division de l’existence humaine proposée par Aristote. La première partie de l’être humain est sa qualité proprement biologique: il respire, se nourrit et s’hydrate, rejette ses déchets, grandit, etc. Tous les êtres vivants, plantes comprises, partagent cette vie que nous pouvons donc qualifier de <em>biologique</em>. Le deuxième palier, celui de la vie <em>sensible</em>, est celui des désirs non rationnels et des émotions découlant de leur satisfaction et de leur insatisfaction. On y trouve l’attirance sexuelle, les goûts gastronomiques, la souffrance physique et la peur de mourir. C’est aussi dans la vie sensible, commune à tous les animaux, que l’on retrouve les plaisirs abordés plus haut. Finalement, les deux autres sections de l’âme sont celles qui nous distinguent des autres animaux: d’abord la raison pratique, chargée d’évaluer la juste action en fonction des connaissances que nous avons, ensuite la raison scientifique, qui s’occupe d’acquérir ces connaissances.</p>



<p>Dans <em>La République</em>, Platon, le maître philosophique d’Aristote, affirme que toutes les parties de l’âme doivent être inféodées à la raison. Selon lui, cette faculté nous permet réellement d’apprécier la forme du <em>bien</em> lui-même dans les choses plaisantes. Le secret de la vie bonne résiderait donc dans le contrôle total de la raison et dans la suppression de toutes les autres parties de l’âme. Aristote partage cette idée que la raison devrait être maîtresse de l’âme mais ne va pas aussi loin que Platon. Contrairement à son prédécesseur, l’auteur de <em>L’éthique à Nicomaque</em> ne croit pas qu’il soit possible – ni souhaitable – que l’être humain s’affranchisse de sa nature sensible non rationnelle. Sans elle, pense-t-il, nous n’aurions pas les émotions nécessaires pour consoler nos proches, lutter avec vigueur contre les injustices et rire incontrôlablement avec nos amis autour d’un bon repas. Le plaisir, partie essentielle de la vie sensible, est utile à la réalisation de la vertu car il peut nous y pousser, mais sans la supervision de la raison pratique, elle peut aussi nous pousser vers le vice. Comment alors distinguer entre les plaisirs vertueux et les plaisirs vicieux? Le philosophe propose une réponse simple: l’équilibre.</p>



<p><strong>La modération a bien meilleur goût</strong></p>



<p>«<em>La vertu est donc un équilibre, dans la mesure où elle vise ce qui est intermédiaire.</em>» Cet intermédiaire dont parle Aristote indique l’existence d’extrêmes (la déficience et l’excès) où résident les vices. Prenons comme exemple la bravoure. Bien qu’elle soit définie principalement dans un cadre militaire, on peut aussi assimiler le comportement de l’étudiant qui s’inscrit à un cours difficile, mais réalisable, à cette vertu. La condition déficiente de la bravoure serait la couardise: l’étudiant se laisse dominer par sa peur et se contente de cours faciles par crainte d’échouer. À l’inverse, la condition excessive de la bravoure serait la témérité: l’étudiant s’inscrit à un cours auquel il est insuffisamment préparé et se voue à l’échec. Puisque la bravoure est l’état d’une âme qui <em>agit </em>bravement, l’on conclut aussi que la vertu aristotélicienne n’est pleinement réalisée qu’à travers les actes.</p>



<p>À présent, nous comprenons que la vertu nous amène à faire de bons choix. Mais comment pouvons-nous <em>acquérir</em> une vertu? Selon Aristote, il suffirait simplement de commencer à agir vertueusement maintenant, car, éventuellement, on développerait une inclination à le faire. À priori, chaque être humain a le potentiel d’être vertueux, mais nous n’agissons pas toujours de la meilleure manière. Aristote définit trois types d’erreurs qui nous éloignent de la vertu. Il y a d’abord l’<em>ignorance des circonstances particulières</em>. Si l’étudiant croit, au meilleur de ses connaissances, qu’il peut réussir un cours en réalité trop difficile pour lui, ce n’est pas une faute de témérité, mais plutôt une faute intellectuelle. La deuxième erreur possible est celle de l’<em>incontinence</em>, c’est-à-dire l’incapacité de résister à ses désirs ou à sa peur de souffrir. Ce serait le cas de l’étudiant qui sait que le cours est trop difficile pour lui mais qui craint la moquerie de ses amis le jugeant couard. La troisième erreur, celle de l’<em>intempérance</em>, est de loin la plus grave d’après le philosophe grec: l’étudiant sait que le cours est trop difficile, mais il considère que la témérité n’est pas un vice. Pour devenir vertueux, il faudrait donc se mettre en quête d’une vertu, puis lutter contre ses craintes et sacrifier ses plaisirs pour agir en harmonie avec la vertu. «Courage», nous dit Aristote, car à terme, faire le choix vertueux sera en soi source de plaisir. Si notre étudiant accepte d’y aller à son rythme, il aura davantage de plaisir à étudier, et les railleries de ses collègues ne seront pour lui qu’un encouragement à changer d’amis. Curieusement, la modernité a une phrase toute faite pour exprimer cette sagesse aristotélicienne: «<em>fake it ‘till you make it</em>» (soit, «fais comme si jusqu’à ce que tu y arrives»).</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «La vertu est un parfait intermédiaire qui ne sera jamais atteint: nous serons toujours dans l’erreur, et c’est très bien, puisque s’améliorer est littéralement le travail d’une vie»</p></blockquote>



<p>Plus facile à dire qu’à faire? Aristote admet que certains facteurs externes peuvent faciliter ou nuire au développement de la vertu. Un riche peut aisément faire preuve de générosité, et une personne qui a vécu des expériences traumatisantes pourrait avoir de la difficulté à se faire confiance. Bien sûr, il est toujours <em>possible</em> de pratiquer certaines vertus dans des conditions difficiles, et même les meilleures conditions seront inutiles à l’individu qui ne se remet pas en question.</p>



<p>Mais ce qui distingue Aristote des gourous de la croissance personnelle, c’est qu’il nous invite à être indulgents envers nous-mêmes. La vertu est un parfait intermédiaire qui ne sera jamais atteint: nous serons toujours dans l’erreur, et c’est très bien, puisque s’améliorer est littéralement le travail d’une vie. De plus, l’éthique de la vertu n’exige pas de nous de radicalement bouleverser notre rythme de vie. Elle nous invite plutôt à nous contenter de petits ajustements vers le mieux jour après jour. Aristote nie de toute façon que nous puissions nous transformer du jour au lendemain, car ce n’est qu’en pratiquant la vertu qu’on l’acquiert. Enfin, inutile de changer le monde pour être un bon être humain: notre quotidien recèle d’opportunités pour accomplir de petits gestes vertueux. Il suffit de les saisir.</p>
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		<title>Cinquième vague: Le gouvernement s’en lave les mains</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/cinquieme-vague-le-gouvernement-sen-lave-les-mains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[coalition avenir quebec]]></category>
		<category><![CDATA[couvre-feu]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[François Legault]]></category>
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		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[vaccin]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46228</guid>

					<description><![CDATA[<p>Annoncée le 10 janvier dernier, la démission du directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, a fait bien des vagues au Québec. Dans sa lettre de démission, il a expliqué que des propos tenus récemment sur la «crédibilité de [ses] avis et sur [sa] rigueur scientifique» avaient érodé la confiance de la population. Effectivement,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/cinquieme-vague-le-gouvernement-sen-lave-les-mains/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Cinquième vague: Le gouvernement s’en lave les mains</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Annoncée le 10 janvier dernier, la démission du directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, a fait bien des vagues au Québec. Dans sa lettre de démission, il a expliqué que des propos tenus récemment sur la «crédibilité de [ses] avis et sur [sa] rigueur scientifique» avaient érodé la confiance de la population. Effectivement, la gestion de la cinquième vague de COVID-19 par le gouvernement québécois a laissé à désirer, et le docteur Arruda a à maintes reprises donné des avis contraires à ceux d’autres expert·e·s, notamment sur l’utilisation des masques N‑95. Toutefois, son départ a plutôt des airs de renvoi par le gouvernement Legault. Ce dernier semble vouloir faire porter le blâme de l’état épidémiologique catastrophique à une entité extérieure au gouvernement caquiste en se débarrassant d’un directeur de la Santé publique imparfait. </p>



<p>Mais le docteur Arruda n’est pas le seul à s’être fait désigner comme bouc émissaire par le gouvernement en place. Les non-vacciné·e·s, ce fameux 10% de la population québécoise qui n’ont toujours pas obtenu leur première dose, jouent aussi ce rôle.</p>



<p>Il est certain que les personnes non-vaccinées composent une part disproportionnée des hospitalisations qui pèsent sur le système de santé. Toutefois, avec le niveau de contagiosité du variant Omicron, la vaccination seule ne suffira ni à empêcher la propagation de la COVID, ni à régler les problèmes du système de soins québécois. Si nos hôpitaux débordent, c’est aussi en raison de l’état pré-pandémique déplorable de notre réseau de la santé, conséquence des politiques d’austérité et de compressions budgétaires des dix dernières années. Avec ses discours pointant du doigt les non-vacciné·e·s, le gouvernement Legault leur attribue la part de responsabilité qui leur revient, mais il en profite par la même occasion pour leur faire porter le poids d’une machine qui grince depuis trop longtemps. Il y a aussi quelque chose de malsain à rediriger la colère populaire vers une petite partie de la population, surtout que l’on retrouve parmi les non-vacciné·e·s certaines des personnes les plus vulnérables de notre société, comme celles en situation d’itinérance ou sans-papiers.</p>



<p><strong>Gouverner par sondages</strong></p>



<p>En plus de rejeter la responsabilité de la pandémie sur des individus plutôt que sur lui-même, le gouvernement brille par ses décisions sans fondement factuel. Prenons l’exemple de la nouvelle contribution santé. Plutôt que de citer des données scientifiques et des avis d’expert·e·s pour justifier la création de cette mesure, le premier ministre a présenté des arguments sentimentaux: il a notamment évoqué la fatigue et le ressentiment contre les non-vacciné·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><meta charset="utf-8">«Avec ses discours pointant du doigt les non-vacciné·e·s, le gouvernement Legault leur attribue la part de responsabilité qui leur revient, mais il en profite par la même occasion pour leur faire porter le poids d’une machine qui grince depuis trop longtemps»  </p></blockquote>



<p>Inutile d’être savant·e pour émettre de sérieux doutes face à cette proposition. En effet, rien ne suggère que cette contribution santé va améliorer la situation. D’une part, elle sera mise en place trop tard pour avoir un impact sur la cinquième vague, et d’autre part, le gouvernement n’a pas jugé bon d’expliquer à quoi servirait ce nouveau revenu. De plus, d’un point de vue éthique, elle constitue une intrusion importante du gouvernement dans les libertés individuelles, intrusion qui n’est toujours pas justifiée par des données probantes. Tout porte à croire que cette décision vise à satisfaire l’électorat vacciné et épuisé, comme une petite vengeance contre les non-vacciné·e·s.</p>



<p>La gouvernance «par sondages» de la CAQ se fait également sentir dans son usage inconstant du couvre-feu. La première fois que le gouvernement caquiste avait décrété une telle mesure pour une durée de presque six mois, il disposait de l’appui de la majorité de la population. Cette fois-ci, le couvre-feu a été levé à peine deux semaines après sa mise en œuvre. Par pur hasard, un récent sondage indiquait que plus de <a href="https://lactualite.com/politique/la-caq-recule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la moitié</a> de la population québécoise désapprouvait cette mesure. Tous les gouvernements visent à plaire, car c’est ainsi qu’ils gagnent des élections. Toutefois, dans un contexte de crise sanitaire, ils ne peuvent pas se permettre de jouer à l’apprenti sorcier: ils devraient écouter les professionnel·le·s. Or, comme le soulignait le chef du Parti Québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, dans un <a href="https://twitter.com/PaulPlamondon/status/1480715045688549376" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">gazouillis</a><strong><span class="has-inline-color has-actu-color"></span></strong>, la cellule de crise du gouvernement comporte bien des spécialistes en communications et en politique mais un seul scientifique, soit le directeur national de la Santé publique. Alors, quelle place occupe les faits dans la réflexion du gouvernement? François Legault demande continuellement aux personnes non-vaccinées d’écouter la science – il serait peut-être temps pour lui de suivre son propre conseil.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/19/cinquieme-vague-le-gouvernement-sen-lave-les-mains/" data-wpel-link="internal">Cinquième vague: Le gouvernement s’en lave les mains</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le Québec vaut bien une messe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/12/le-quebec-vaut-bien-une-messe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[catholaïcité]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[François Legault]]></category>
		<category><![CDATA[laicite]]></category>
		<category><![CDATA[loi 21]]></category>
		<category><![CDATA[omicron]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45946</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec son variant Omicron, la COVID-19 a montré que, malgré un des plus hauts taux de vaccination au monde et presque deux ans d’expérience, le Québec n’est pas à l’abri d’une résurgence de cas. Depuis la mi-décembre, nous subissons la vague la plus importante d’infections depuis l’arrivée du virus. Les McGillois·es doivent retourner en confinement&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/12/le-quebec-vaut-bien-une-messe/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Québec vaut bien une messe</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Avec son variant Omicron, la COVID-19 a montré que, malgré <span class="has-inline-color has-philo-color"></span>un des plus hauts <a href="https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees/vaccination" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">taux de vaccination</a> <a href="https://ourworldindata.org/covid-vaccinations" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">au monde</a> et presque deux ans d’expérience, le Québec n’est pas à l’abri d’une résurgence de cas. Depuis la <a href="https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mi-décembre</a>, nous subissons la vague la plus importante d’infections depuis l’arrivée du virus. Les McGillois·es doivent retourner en confinement avec les effets que l’on connaît: hausse du taux de <a href="https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/maladies-et-affections/symptomes-anxiete-depression-pandemie-covid-19.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dépression</a> et de <a href="https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/covid/2994-prevenir-violence-suicide-covid19.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">suicide</a> chez les jeunes, baisse de la <a href="https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2022-01-04/les-degats-de-l-ecole-a-distance.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">performance scolaire</a> et perte de revenu.</p>



<p>On peut qualifier la COVID-19 de catastrophe naturelle. Elle n’est ni une crise financière ni un conflit armé, et, <a href="https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/3088/covid-19-recherche-origine-virus" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">aux dernières nouvelles</a>, elle n’est pas une création humaine. Toutefois, nous ne sommes pas entièrement démuni·e·s face à elle. Nous disposons d’outils comme la distanciation sociale, les masques et le vaccin pour limiter la transmission et les effets du virus. Même lorsque nous perdons le contrôle, nous pouvons toujours utiliser le pénible mais nécessaire confinement. Comment avons-nous laissé la situation déraper?</p>



<p>Le variant Omicron a été découvert le 24 novembre dernier, en Afrique du Sud. En seulement quelques jours, les autorités ont pris conscience des <a href="https://www.who.int/news/item/26-11-2021-classification-of-omicron-(b.1.1.529)-sars-cov-2-variant-of-concern" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">risques</a> qu’il pose: plus infectieuse, la nouvelle souche a acquis une résistance au vaccin. Omicron se propage à une vitesse fulgurante en sol sud-africain mais semble moins sévère. Il est détecté pour la première fois au Canada le 28 novembre et au Québec le lendemain. À la télévision, le trio vedette de Québec annonce jour après jour la tendance inquiétante que prennent les infections en enfilant les conférences de presse. Malgré les craintes des épidémiologistes, le gouvernement autorise les rassemblements de 10 personnes à l’occasion de Noël. Drôle de décision, de la part d’un gouvernement qui se proclame laïque.</p>



<p>Certes, Noël est aujourd’hui davantage qu’une célébration religieuse. C’est une occasion de voir nos proches et de leur témoigner notre affection. Le gouvernement a d’abord et avant tout souhaité protéger la fête en raison de son aspect culturel, et non religieux. Et si la veille du jour de l’An n’a pourtant pas bénéficié du même traitement c’est parce que la situation était alors devenue intenable. Pas question de blâmer le gouvernement pour avoir pris la situation en main à ce moment. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«François Legault a donc accepté, en toute connaissance de cause, de se retrouver dans un tel pétrin en permettant les réunions de Noël. Il a accepté que les hôpitaux se remplissent, il a accepté que les familles se transmettent le virus, et il a accepté que les établissements d’éducation postsecondaires retournent en confinement»</p></blockquote>



<p>Les courbes d’infection d’autres pays touchés par le variant indiquaient noir sur blanc que les nombres d’infections et d’hospitalisations exploseraient. François Legault a donc accepté, en toute connaissance de cause, de se retrouver dans un tel pétrin en permettant les réunions de Noël. Il a accepté que les hôpitaux se remplissent, il a accepté que les familles se transmettent le virus, et il a accepté que les établissements d’éducation postsecondaires retournent en confinement. Et maintenant, il explique que la COVID-19 le force à rétablir le couvre-feu, une mesure aussi controversée qu’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1851460/restrictions-sanitaires-couvre-feu-covid-pandemie-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">inefficace</a>. Le public est-il censé le croire?</p>



<p>La gouvernance à l’heure de la COVID-19 ne doit pas être facile. Chaque jour, les ministres doivent prendre des décisions qui, d’une manière ou d’une autre, causeront la mort de nombreuses personnes. De plus, les données sont la plupart du temps incomplètes et ne sont jamais vraiment transparentes, entraînant souvent une imprévisibilité des conséquences découlant de ces décisions parfois plus politiques que scientifiques. Difficile à dire, donc, si le maintien des rassemblements des fêtes était le bon choix, considérant le faible taux de mortalité actuel. Avec une population majoritairement vaccinée, peut-être le risque posé par le virus était-il moins important que celui posé par la solitude. Il demeure que les actions du gouvernement sont en contradiction avec le principe de laïcité qui lui est si cher. Si Omicron était arrivé à un autre moment de l’année, on peut raisonnablement croire que la réponse aurait été plus rapide et sévère. Noël a bénéficié d’une exemption religieuse. En permettant la tenue de rassemblements, le gouvernement a offert à Omicron le plus beau des cadeaux. Pour François Legault, le Québec vaut bien une messe, aussi meurtrière soit-elle.</p>



<p>On demande au personnel de la santé (dans certaines circonstances particulières) de se présenter au travail malgré un test positif à la COVID-19 en invoquant un manque de main-d’œuvre. En parallèle, les écoles primaires et secondaires, qui cherchent désespérément des enseignant·e·s, doivent se passer de celles et ceux qui portent un signe de leur religion. Que transmettent ces objets pour qu’on les juge plus dangereux que le coronavirus lui-même? Il est évident que, comme pour les rassemblements de Noël, les critères de laïcité établis par le gouvernement sont fondamentalement définis par ce qui est acceptable aux yeux des catholiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En permettant la tenue de rassemblements, le gouvernement a offert à Omicron le plus beau des cadeaux. Pour François Legault, le Québec vaut bien une messe, aussi meurtrière soit-elle»</p></blockquote>



<p>Les fonctionnaires et les élu·e·s ne croient pas nécessairement en Dieu ou en la résurrection du Christ, mais leurs priorités sont établies selon le système culturel québécois, historiquement défini par le catholicisme. Ce n’est donc pas un catholicisme individuel, mais plutôt un catholicisme qui s’inscrit dans le système par le biais de forces historiques. Un catholicisme systémique, en quelque sorte. Malheureusement, on connaît les difficultés de ce gouvernement à reconnaître les forces systémiques qui l’animent.</p>
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		<title>Retour sur la pandémie, regard vers l’avenir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/retour-sur-la-pandemie-regard-vers-lavenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 02:26:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[désinvestir]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne Fortier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45738</guid>

					<description><![CDATA[<p> La principale Suzanne Fortier en entrevue avec les médias étudiants.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 24 novembre dernier, les médias étudiants de l’Université ont été invités à une table ronde pour poser leurs questions à la principale et vice-chancelière de McGill Suzanne Fortier et au premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) Fabrice Labeau. Le McGill post-COVID-19 et le rôle environnemental de l’Université ont été abordés au cours de l’entrevue qui a duré 45 minutes.</p>



<p><strong>Leçons de pandémie</strong></p>



<p>La pandémie de COVID-19 représente un défi de taille pour McGill, selon Suzanne Fortier, qui a défendu la centralisation de la gouvernance au cours des derniers mois. Elle a notamment affirmé que la gestion d’une crise au niveau institutionnel exige de renoncer à un modèle totalement démocratique en échange d’une plus grande efficacité. Abandonnant en partie le modèle collégial de gouvernance, qui préconise le consensus et la consultation, McGill aurait plutôt opté pour des comités de crise constitués d’expert·e·s dévoué·e·s. La principale constate également que le gouvernement québécois a lui aussi particulièrement fait preuve d’autocratie pendant la pandémie. À propos du couvre-feu, elle a au passage affirmé que même la crise d’Octobre n’avait pas donné lieu à des mesures aussi radicales.</p>



<p>La principale demeure tout de même réticente à exiger une preuve de vaccination adéquate pour toutes les activités d’enseignement. Pour l’instant, a déclaré Fabrice Labeau, la situation sanitaire du Québec ne justifie pas de restreindre les droits et libertés de cette manière. L’Université voulant toutefois suivre les indications du gouvernement provincial, les autres mesures resteront en vigueur tant que les enfants de cinq à onze ans ne seront pas vaccinés.</p>



<p>Outre ses conséquences néfastes, la pandémie aurait présenté son lot d’opportunités aux yeux de la principale. Les mesures de confinement coïncident avec le 200<em>e</em> anniversaire de l’Université. À l’occasion du bicentenaire, l’administration examinait déjà la possibilité de dispenser de plus en plus de cours en ligne. Ceux-ci offriraient une grande flexibilité en ce qui concerne les horaires des étudiant·e·s, facilitant ainsi l’implication communautaire. La pandémie aura donc été une occasion de mettre ces modèles d’enseignement à l’épreuve.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Même pendant la fameuse crise d’Octobre, ce n’était pas si pire»&nbsp;</p><cite><meta charset="utf-8">Suzanne Fortier</cite></blockquote>



<p><strong>Désinvestir, réinvestir</strong></p>



<p>Interrogée par le <em>Bull &amp; Bear</em> au sujet de l’environnement, Suzanne Fortier a qualifié de «&nbsp;déterminée&nbsp;» la <a href="https://www.mcgill.ca/sustainability/files/sustainability/mcgillclimatesustainability2025_-_reduced.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Stratégie</a> climat et développement durable 2020–2025 de McGill, qui prévoit que l’institution parvienne à la cible de zéro émissions nettes d’ici 2040. Elle a également affirmé qu’un nouveau cours crédité et disponible à tous·tes sera établi au cours de la session au sujet du développement durable. Quant au désinvestissement, la principale et vice-chancelière soutient que les actifs mcgillois, qui totalisent environ deux milliards de dollars, sont graduellement réinvestis dans des fonds environnementaux. Pour l’instant, des ententes passées avec certains fonds contraindraient toutefois l’Université à préserver et à agrandir certains de ses placements dans des entreprises plus polluantes.&nbsp;</p>



<p>En somme, Suzanne Fortier ne considère pas que McGill soit délinquante en la matière. À l’heure actuelle, moins d’un pourcent des actifs universitaires seraient investis dans les 200 entreprises les plus polluantes au monde. Cette proportion devrait encore diminuer au cours des prochaines années, affirme-t-elle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/retour-sur-la-pandemie-regard-vers-lavenir/" data-wpel-link="internal">Retour sur la pandémie, regard vers l’avenir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Nouvelle ressource pour les victimes de harcèlement, de discrimination et violences sexuelles</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 21:43:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement sexuel]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Office for mediation and reporting]]></category>
		<category><![CDATA[OMR]]></category>
		<category><![CDATA[Sinead Hunt]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexuelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45479</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Bureau de la médiation et des signalements ouvre ses portes à l’Université McGill. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/" data-wpel-link="internal">Nouvelle ressource pour les victimes de harcèlement, de discrimination et violences sexuelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En mai 2021, le sénat de l’Université McGill a modifié la Politique sur le harcèlement et sur la discrimination interdite par la loien établissant un nouveau Bureau de la médiation et des signalements (<em>Office for mediation and reporting</em>, OMR). Entrée en opération cette session, la nouvelle unité accompagne les membres de la communauté universitaire dans leurs démarches de plaintes formelles et de médiation en matière de harcèlement, de discrimination et de violences sexuelles. Dans le cadre de ses activités de sensibilisation, sa directrice adjointe Sinead Hunt a invité les médias étudiants de McGill à une table ronde le 12 novembre dernier pour présenter l’OMR.</p>



<p><strong>Centralisation sans soutien direct</strong></p>



<p>Sinead Hunt est conseillère principale en équité et en inclusion à McGill depuis 2018. Elle reçoit les plaintes formelles de discrimination et de harcèlement et les attribue aux <a href="https://www.mcgill.ca/omr/about-contact/assessors" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enquêteur·rice·s bénévoles</a> à temps partiel de McGill. Ces dernier·ère·s sont chargé·e·s d’enquêter sur les cas qui leur sont présentés afin d’arriver à une décision. Les plaintes en matière de violences sexuelles sont quant à elles envoyées à des enquêteur·rice·s externes. Sinead Hunt organise également des processus de médiation dans les dossiers où cette solution convient aux deux parties. La médiation n’implique pas nécessairement que les parties devront se rencontrer : le·a médiateur·rice peut jouer le rôle d’intermédiaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’un des objectifs derrière la création de l’OMR est de centraliser les ressources et les informations en lien avec les plaintes formelles et la médiation à McGill»</p></blockquote>



<p>La formulation d’une plainte formelle peut être longue et difficile à accomplir, a affirmé la directrice adjointe. L’un des objectifs derrière la création de l’OMR est de centraliser les ressources et les informations en lien avec les plaintes formelles et la médiation à McGill. L’OMR n’offre pas de soutien direct comme des rencontres avec des psychologues ou des accommodements. Il peut toutefois référer les plaignant·e·s à d’autres organismes qui le font, comme le <a href="https://www.mcgill.ca/osvrse/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Bureau d’intervention, de prévention et d’éducation en matière de violence sexuelle</a> (<em><a href="https://www.mcgill.ca/osvrse/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Office for Sexual Violence Response, Support and Education</a></em>, OSVRSE).</p>



<p>Quiconque considère avoir été victime de harcèlement ou de discrimination sous la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/policy_on_harassment_and_discrimination.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique sur le harcèlement et la discrimination</a> interdite par la loi, ou de violences sexuelles sous la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/politique_contre_la_violence_sexuelle.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique contre la violence sexuelle</a> peut demander une séance de consultation avec l’OMR.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;<em>Certaines personnes hésitent à nous rencontrer parce qu’elles ont l’impression qu’une fois qu’elles auront partagé des informations, cela déclenche un processus qu’elles ne veulent peut-être pas entamer. Nous sommes donc très explicites sur le fait que la décision revient à la personne elle-même</em>&nbsp;», a affirmé Sinead Hunt. Les personnes qui bénéficient déjà des services de l’OSVRSE peuvent aussi demander à ce que leurs dossiers soient partagés à l’OMR en vue d’une séance de consultation. En raison de sa petite taille, l’organisme n’est pas actuellement en mesure de garantir aux utilisateur·rice·s une consultation avec une personne d’un genre, d’une orientation sexuelle ou d’une identité ethnique spécifique.</p>



<p>L’OMR n’est pas habilité à décréter des mesures de sécurité immédiates pour les plaignant·e·s. Toutefois, il peut en faire la demande à McGill ou aux facultés concernées et jouer un rôle d’intermédiaire entre l’administration et les plaignant·e·s. Ces mesures peuvent aller de «&nbsp;l ’ordonnance de ne pas communiquer&nbsp;» à la restriction temporaire de l’accès au campus de l’intimé·e.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Nous sommes donc très explicites sur le fait que la décision [de porter plainte] revient à la personne elle-même»</p><cite>Sinead Hunt,<br>directrice adjointe du OMR</cite></blockquote>



<p><strong>Un rôle mieux défini et quelques assouplissements</strong></p>



<p>Selon Sinead Hunt, la création de l’OMR a été motivée par l’application du premier Plan stratégique en matière d’équité, de diversité et d’inclusion de McGill, adopté en 2020. Celui-ci contient des engagements en matière de discrimination et de violences sexuelles, dont l’examen du processus de plainte et de médiation. «&nbsp;<em>J’occupais auparavant un poste à l’Université – Conseillère principale en matière d’équité et d’inclusion – mais j’ai souvent entendu dire que mon titre ne précisait pas clairement ce que je faisais ou que j’étais la personne à contacter pour soumettre une plainte formelle</em>&nbsp;», a souligné la directrice adjointe. À présent, elle espère que la dénomination de l’OMR et ses efforts de publicisation faciliteront les recherches des membres de la communauté mcgilloise.&nbsp;</p>



<p>En parallèle, d’autres changements ont été apportés aux politiques de l’Université en lien avec la mission de l’OMR. Les délais pour formuler une plainte en matière de discrimination et de harcèlement ont été étirés de 12 à 24 mois, et ce processus est désormais ouvert aux ancien·ne·s étudiant·e·s de McGill tant que ces délais sont respectés. Aucun délai maximal ne s’applique en matière de violences sexuelles. Avec l’avènement de l’OMR, l’Université a également embauché un·e enquêteur·rice à temps plein pour les affaires de harcèlement et de discrimination.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/" data-wpel-link="internal">Nouvelle ressource pour les victimes de harcèlement, de discrimination et violences sexuelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ne sommes-nous qu’un tas d’atomes?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/02/ne-sommes-nous-quun-tas-datomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 00:16:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[atomes]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[Gödel]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie des sciences]]></category>
		<category><![CDATA[prose d&#039;idée]]></category>
		<category><![CDATA[réductionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[René Descartes]]></category>
		<category><![CDATA[sciences cognitives]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le réductionnisme en science cognitive doit encore patienter.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pour René Descartes, philosophe français du 17<em>e</em> siècle, l’être humain est composé de deux parties distinctes : l’âme et le corps. Le corps, de par sa nature matérielle, se doit de suivre les lois de la physique. Comme tous les autres objets, il tombe vers le bas, peut être propulsé, et perd de sa chaleur au contact de l’air. L’âme, quant à elle, contient la nature divine de l’humain, selon le philosophe. C’est en elle que l’on retrouve le libre arbitre et les facultés mentales. Sans elle, le corps ne serait qu’un automate dénué de liberté.&nbsp;</p>



<p>Malheureusement pour le philosophe, ce dualisme a très mal vieilli. Aujourd’hui, on rencontre rarement des scientifiques et des philosophes croyant en une substance immatérielle qui anime nos corps. Le matérialisme, c’est-à-dire l’idée selon laquelle seuls les objets physiques existent <em>réellement</em>, fait désormais presque l’unanimité dans les sociétés laïques. Par conséquent, le corps humain ne serait qu’un tas d’atomes, l’idée d’une âme est abandonnée, et, avec elle, la seule garantie de libre arbitre… Si nous pouvons prédire le comportement de quelques atomes avec des théories physiques poussées, qu’est-ce qui nous sépare fondamentalement de l’automate? Les tenants du déterminisme matérialiste, qui soutiennent que l’avenir est déjà défini par l’état actuel des entités physiques et par les lois qui les régissent, n’attendent qu’une théorie complète de la physique afin de démontrer que ce que nous appelons émotions, pensées et valeurs ne sont en réalité que des phénomènes régis par des lois strictes. Cette hypothèse, bien que séduisante, est contestée dans le champ de la philosophie des sciences.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il est certain que ce moi, c’est-à-dire mon âme, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement et véritablement distincte de mon corps, et qu’elle peut être ou exister sans lui»</p><cite>René Descartes</cite></blockquote>



<p><strong>Les failles du réductionnisme</strong></p>



<p>Toute science vise à expliquer son objet d’étude. Pour ce faire, elle se dote de deux outils principaux&nbsp;: les entités et les lois. Les entités correspondent aux « choses » qui existent, et les lois sont les chaînes causales qui les relient. Prenons l’exemple de la science cognitive, qui s’intéresse à la pensée humaine et parfois animale. Cette science reconnaît une série d’entités : l’individu, les idées, le stress, etc. Elle fait également usage d’une série de principes comme la loi de l’effet, qui dicte que les organismes adoptent des comportements plaisants plutôt que déplaisants. Une fois ces entités et ces lois définies, on peut les agencer pour prédire et manipuler des événements : par exemple, on peut motiver un enfant à faire ses devoirs en rendant l’activité agréable.</p>



<p>Ces lois ne sont pas aussi déterministes que celles que l’on applique en physique puisque, contrairement à la trajectoire d’une particule dans un accélérateur, on ne peut jamais deviner le comportement d’un être humain avec certitude. Pourtant, si nous sommes composés d’atomes, pourquoi ne pouvons-nous pas simplement utiliser la physique pour prédire nos comportements avec précision? Après tout, la cognition n’est que neuroscience, la neuroscience n’est que chimie, et la chimie n’est que physique! Un tel recours à une science fondamentale comme la physique pour expliquer une science superficielle comme la psychologie est un exemple de <em>réductionnisme</em>, un processus qui doit répondre à des critères spécifiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La cognition résiste à la réduction»</p></blockquote>



<p>Premièrement, les entités de la science en cours de réduction doivent être définies dans des termes issus de la science qui réduit. Cela demanderait à la physique d’offrir une définition atomique du plaisir et de la souffrance, par exemple. Une fois ces définitions obtenues, on doit également dériver les lois du niveau superficiel à partir de lois plus fondamentales. Dans le cas qui nous occupe, cela signifie que la physique devrait utiliser ses propres lois comme la gravité, la thermodynamique et l’électromagnétisme pour arriver à la loi de l’effet. La physique ne respecte pas ces conditions par rapport à la science cognitive : nous n’avons toujours pas d’explication physique des émotions ou de la perception. On en conclut donc que la cognition résiste à la réduction. En fait, ces mêmes critères font en sorte que la science cognitive n’est réduite ni par la biologie, ni par la neuroscience, ni par la chimie.&nbsp;</p>



<p><strong>En attendant Gödel</strong></p>



<p>Et si c’était une simple question de temps? On pourrait tout simplement attendre que la neuroscience explique la cognition, que la chimie résume la neuroscience, que la chimie soit déduite de la physique et que la physique se prouve elle-même. Nous aurions alors un modèle déterministe physique du comportement humain! Pas de bol, car le mathématicien Kurt Gödel a démontré (en 1931) qu’une théorie complète comme celle-ci est impossible grâce à son célèbre théorème de l’incomplétude. Celui-ci stipule qu’aucun système théorique ne peut prouver sa propre validité, ce qui implique nécessairement l’existence d’autres théories non réduites. Si nous admettons tout de même l’idée d’une physique complétée, il faut encore faire preuve de prudence.&nbsp;</p>



<p>D’abord, déclarer que le comportement humain se réduit à des phénomènes physiques reviendrait à faire de la pure spéculation sans aucune utilité pour les scientifiques d’aujourd’hui. Un laboratoire de psychologie ne saurait que faire d’un accélérateur de particules, du moins pour les prochaines années (décennies, siècles, millénaires?). Pour l’instant, les théories psychologiques et sociales ont une puissance explicative bien plus élevée que les théories physiques en ce qui concerne le comportement humain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Affirmer que l’être humain n’est qu’un tas d’atomes est au mieux inutile et au pire erroné»</p></blockquote>



<p>Ensuite, il existe des raisons fondamentales de s’opposer à la réduction. L’une d’elles est que certaines entités ne peuvent être définies correctement qu’en faisant appel au contexte plus large. Prenons l’exemple d’une pièce de casse-tête. On pourrait s’amuser à analyser les matériaux qui la composent au niveau microscopique, mais l’intérêt de la pièce réside en réalité en dehors d’elle-même, dans le rôle qu’elle joue dans le casse-tête. Par définition, sans casse-tête, il ne peut pas y avoir de pièces de casse-tête. La même chose est vraie pour la cognition humaine&nbsp;: même si elle est ultimement le résultat de processus physiques, son sens réside dans le rôle qu’elle joue dans notre conscience et dans nos rapports sociaux. Une science qui considèrerait le langage comme de simples vibrations laisserait s’échapper le sens même du langage. Voir les entités non pas comme des ensembles de matériaux mais plutôt comme des particules de systèmes plus complexes est à l’opposé du réductionnisme. Cette approche a également un nom : l’holisme.</p>



<p>Bien sûr, on ne peut pas dire que les sciences fondamentales n’apportent rien à la psychologie. De nombreux médicaments aident à guérir certaines maladies mentales sur des bases neurochimiques, et l’imagerie cérébrale offre une perspective essentielle à la psychologie actuelle. Toutefois, affirmer que l’être humain n’est qu’un tas d’atomes est au mieux inutile et au pire erroné. Le réductionnisme ne tient pas en compte certaines caractéristiques humaines relevant de la sociabilité et de la conscience, qui n’ont de sens que lorsque nous les analysons dans leur contexte. De même, dire que nous ne sommes mus que par des forces physiques déterministes et que le libre arbitre n’est qu’une illusion n’explique pas grand-chose de nos vies et n’est propice qu’au déclenchement de crises existentielles.</p>
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		<title>Échanges étudiants : McGill revient sur sa position</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/26/echanges-etudiants-mcgill-revient-sur-sa-position/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Oct 2021 19:51:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[Échanges internationaux]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les étudiant·e·s devront composer avec des délais serrés.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La levée des mises en garde gouvernementales sur les voyages non essentiels pour les voyageur·se·s pleinement vacciné·e·s permet d’espérer le retour des échanges internationaux prévus pour la session d’hiver 2022 : un courriel envoyé par Fabrice Labeau, vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) le vendredi 22 octobre dernier annonce le retour possible de ces programmes, avec quelques réserves. McGill travaillera de concert avec les étudiant·e·s et les universités d’accueil, mais ne garantit pas que tous les échanges pourront avoir lieu.&nbsp;</p>



<p><strong>Une décision « finale »</strong></p>



<p>Le 5 octobre dernier, McGill annonçait l’annulation de tous ses échanges internationaux pour la session hivernale en raison du risque posé par la COVID-19 et qualifiait cette décision de « finale » en raison de l’importance de la planification nécessaire. La récente évolution de la situation sanitaire canadienne a cependant poussé l’Université à faire volte-face.</p>



<p>Ce va-et-vient a considérablement complexifié les démarches des candidat·e·s à ces programmes, selon des étudiant·e·s contacté·e·s par <em>Le Délit</em>. Aux dires de Juliette Regoli, une étudiante de troisième année de la Faculté de droit, la recherche de logements pour janvier 2022 serait beaucoup plus difficile actuellement qu’au début du mois d’octobre. L’étudiante, qui prévoyait se rendre à Paris en janvier prochain, est confrontée à des problèmes techniques en lien avec les changements de position de McGill. Les difficultés qu’elle rencontre la conduisent à reconsidérer ses plans. « Ç’a l’air tellement compliqué que je considère ne pas faire mon échange. » Le cas échéant, elle tenterait plutôt sa chance à l’automne 2022, mais aurait alors à revoir la planification de sa session d’hiver 2022.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est un cauchemar logistique»</p><cite>Juliette Regoli</cite></blockquote>



<p>Les décisions contradictoires de McGill n’ont toutefois pas troublé Olivia St-Jean, une étudiante de troisième année à la Faculté de gestion Desautels. Bien qu’elle aurait préféré pouvoir se rendre à Copenhague en janvier prochain, l’idée de reporter son échange d’une session ne la trouble pas outre mesure. Pour l’instant, elle espère que son université d’accueil fasse preuve de flexibilité par rapport à la situation : la date limite d’admission à son programme était le 15 octobre, soit 10 jours après l’annulation des échanges.</p>



<p>Dans un courriel envoyé par <em>McGill Abroad</em>, Fabrice Labeau dit ne pas être en mesure de garantir la reprise de programmes particuliers d’ici le 1<em>er</em> novembre. McGill n’indemnisera pas ses étudiant·e·s pour les frais engendrés par les processus d’immigration ou par l’achat de billets d’avion, mais remboursera les frais d’inscription de 150$.</p>
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		<title>Au-delà des buzzwords</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/26/au-dela-des-buzzwords/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Oct 2021 19:40:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[buzzword]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Sacha Delouvrier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de la rencontre du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) du 14 octobre dernier, le vice-président aux Affaires externes Sacha Delouvrier a tenu à justifier son opposition au projet du Nouveau Vic. L’une des diapositives de sa présentation énonçait la thèse suivante: « La réaffectation de l’hôpital s’inscrit dans un contexte&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/26/au-dela-des-buzzwords/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Au-delà des buzzwords</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de la rencontre du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) du 14 octobre dernier, le vice-président aux Affaires externes Sacha Delouvrier a tenu à justifier son opposition au projet du Nouveau Vic. L’une des diapositives de sa présentation énonçait la thèse suivante: « <em>La réaffectation de l’hôpital s’inscrit dans un contexte d’aggravation des crises écologique, immobilière et financière et des impacts systématiques du colonialisme</em>. » Il n’a cependant pas tenu à s’attarder à cette phrase pourtant lourdement chargée. On ne s’étonne donc pas que cette thèse n’ait pas résisté à quelques questions des conseillers et conseillères.</p>



<p>Cette situation pourrait relever du signalement vertueux (« <em>virtue signaling</em> »), cette pratique qui consiste à s’associer à plusieurs causes vertueuses de manière superficielle et dans le but de se donner une aura de moralité. Les affirmations de Sacha Delouvrier ne sont pourtant pas complètement vides de sens. Il est vrai que l’hôpital sert depuis 2020 à héberger des personnes en situation d’itinérance, ce qui le lie à la crise du logement (bien que McGill n’obtienne que des pavillons qui n’ont pas eu cette fonction d’hébergement). On peut également comprendre les conséquences néfastes de la privatisation, soit la vente de lieux qui appartenaient au public à des intérêts privés. Par exemple, la tour de Radio-Canada acquise par des promoteurs immobiliers en 2019 ne sera certainement pas transformée en logements majoritairement «&nbsp;abordables » et creusera sans doute davantage les inégalités de richesse à Montréal. On peut donc s’inquiéter que le terrain du Nouveau Vic puisse à long terme aboutir dans les mains d’acteurs privés.</p>



<p>Par ailleurs, je ne crois pas que l’on puisse douter des intentions de Sacha Delouvrier et de l’exécutif de l’AÉUM dans cette affaire. Je suis convaincu que l’équipe vise à remplir ses mandats et à convaincre les acteurs importants dans l’affaire de l’écouter. Ce n’est donc pas une vanité mal placée qui a conduit le v.-p. à mettre cette phrase extravagante dans sa diapositive, mais plutôt un effet de mode suscité par l’intersectionnalité.</p>



<p>L’intersectionnalité est un cadre d’analyse des discriminations. Il indique que l’expérience des personnes identifiées à plus d’un seul groupe marginalisé (ou opprimé) ne peut pas se traduire par la simple addition des discriminations. Ainsi, pour lutter efficacement contre l’oppression des femmes noires, il ne suffit pas d’être antiraciste et féministe&nbsp;; il faut plutôt intégrer les deux (et, surtout, l’expérience des personnes concernées) dans une nouvelle grille d’analyse. Cette idée est difficile à contester. Il semble évident que les oppressions et l’expérience de celles-ci ne s’accumulent pas de manière linéaire. En utilisant le cadre de l’intersectionnalité, on se rend compte que certaines situations affectent disproportionnellement les gens qui se retrouvent à ces intersections identitaires. Par exemple, le racisme d’une force policière sera plus dangereux envers des femmes autochtones qu’envers des hommes autochtones.</p>



<p>L’intersectionnalité pousse à lutter contre toutes les discriminations afin de n’oublier personne. N’être que féministe peut occulter les femmes queer, les femmes en sitation de handicap, les mères, les femmes âgées, etc. L’analyse intersectionnelle attire également l’attention sur l’interaction entre les enjeux sociaux et la discrimination. Les changements climatiques, par exemple, affectent davantage les personnes les plus démunies : celles qui n’ont pas d’air climatisé ou qui travaillent dans des lieux chauds ou exposés aux éléments. L’analyse des faits sociaux à l’aune de l’intersectionnalité implique toutefois une complexité importante et ne peut être maniée à la légère. Dans la remise en question actuelle de plusieurs structures de pouvoir, les concepts issus de la théorie de l’intersectionnalité se glissent pourtant facilement dans nos phrases. Ce n’est pas qu’il faille nécessairement être spécialiste pour les utiliser et pour appliquer le cadre intersectionnel dans sa réflexion et son action. Cependant, avant toute déclaration d’un organisme public tel que l’AÉUM, il convient de s’assurer que les liens tissés entre les oppressions dans les cas qui nous occupent soient concrets.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, que le Nouveau Vic aggrave la crise climatique est difficile, voire impossible, à affirmer puisque le site servira à accueillir des laboratoires et des chercheur·se·s en développement durable et intégrera de nombreux espaces verts. De même, associer le colonialisme au Nouveau Vic sans justification risque de ruiner toute la crédibilité de l’AÉUM dans le dossier. Quelles sont les demandes des groupes autochtones? Sur quelles consultations l’association se base-t-elle? L’AÉUM aurait dû répondre à ces questions avant de se lancer dans de telles déclarations, surtout lorsque l’on sait que cette thèse prédate la récente annonce des Mères Mohawks. On peut forcément trouver des liens faibles entre tous les enjeux mentionnés par la présentation de Sacha Delouvrier et le Nouveau Vic. Malheureusement, une utilisation aussi désinvolte de ces concepts les transforme en <em>buzzwords</em> – ces mots devenus à la mode qui perdent ainsi tout leur sens et tout leur poids. À force de les mélanger, on en vient à croire que toutes ces luttes sont synonymes – nuisant du même coup à leurs militant·e·s qui s’efforcent de définir leur objet de lutte. N’oublions pas que l’objectif de l’intersectionnalité n’est pas de brouiller la réflexion. Elle vise plutôt à promouvoir des pistes d’analyse et de solutions auparavant invisibles. </p>
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		<item>
		<title>Le Nouveau Vic divise encore l’AÉUM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/19/le-nouveau-vic-divise-encore-laeum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 15:56:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Bureau du développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Comité des affaires francophones]]></category>
		<category><![CDATA[Fonds de solidarité queer]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[royal victoria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rencontre du conseil législatif de l’association témoigne des tensions internes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au cours de sa réunion du 14 octobre dernier, le conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a encore débattu au sujet du Nouveau Vic. Des motions ont été adoptées, notamment pour la création d’un fonds de solidarité queer et pour une modification au mandat du Comité aux affaires francophones. Le conseil a également reçu des représentant·e·s du Bureau de développement durable de McGill.</p>



<p><strong>Zizanie à l’AÉUM</strong></p>



<p>En début de réunion, le vice-président aux Affaires externes Sacha Delouvrier a souhaité expliquer clairement les raisons de l’opposition de l’AÉUM face au projet du Nouveau Vic, qui consiste en l’acquisition d’une partie de l’ancien hôpital Royal Victoria par McGill. Le v.-p. a affirmé que le projet contribue à «<em>la crise du logement, la crise climatique et la crise financière</em>» et qu’il s’inscrit en continuité avec le colonialisme, sans toutefois donner plus de précisions. Rappelant que le bâtiment accueille des personnes en situation d’itinérance depuis le mois d’août 2020, le v.-p. a réitéré la demande de l’AÉUM que le service à la communauté demeure un aspect important du site. Il a par exemple évoqué la possibilité que certaines sections de l’ancien hôpital soient converties en logements abordables pour la communauté étudiante en collaboration avec l’Unité de travail pour l’implantation de logements étudiants (UTILE). Il a également tenu à préciser que l’AÉUM ne s’oppose pas à ce que McGill utilise le bâtiment pour y accueillir des laboratoires de recherche ou des salles de classe ; l’association souhaite toutefois que les sections utilisées par l’Université appartiennent à des organismes publics, sinon à but non lucratif afin d’éviter une privatisation.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Rohan Bhuktar a aussi affirmé que le directeur académique du Nouveau Vic, Bruce Lennox, s’est dit ouvert à l’idée de répondre aux questions de l’AÉUM devant le conseil législatif mais n’a jamais reçu d’invitation»</p></blockquote>



<p>Les propos du v.-p. aux Affaires externes ont été accueillies avec scepticisme par certain·e·s membres de l’assistance. Le président de l’Association étudiante de la Faculté des sciences, Rohan Bhutkar, a rappelé que l’Université avait informé la communauté étudiante du projet dès 2017 et qu’elle a tenu de nombreuses séances de consultation publique à ce sujet depuis. Il a aussi affirmé que le directeur académique du Nouveau Vic, Bruce Lennox, s’est dit ouvert à l’idée de répondre aux questions de l’AÉUM devant le conseil législatif mais n’a jamais reçu d’invitation. En réponse, Sacha Delouvrier a affirmé que l’administration mcgilloise s’est révélée incapable de fournir la liste des organismes consultés et les rapports de consultation, ce qui trahirait le désintérêt de McGill envers l’opinion du public.</p>



<p>Rohnan Bhutkar et le représentant de la Faculté de médecine Benson Wan ont soutenu que l’opposition de l’AÉUM au projet du Nouveau Vic nuit à la recherche en développement durable de l’Université. Les deux ont rappelé que les nouveaux locaux accueilleront des chercheur·se·s dans ce domaine. Ces chercheur·se·s sont pour l’instant situé·e·s au campus MacDonald et doivent interrompre leurs activités chaque année en raison d’un manque d’espace, a affirmé Benson Wan.</p>



<p><strong>Rapport du Bureau du développement durable</strong></p>



<p>François Miller, directeur exécutif du Bureau du développement durable de McGill, et Megan Toth, directrice à la durabilité, ont été invité·e·s à la séance du conseil législatif afin de présenter le Fonds des projets de durabilité (FPD). Créé en 2010, le fonds finance des projets de développement durable initiés par la communauté mcgilloise. Il a jusqu’à présent alloué au-delà de 10 millions de dollars à plus de 275 projets. Selon François Miller, le FPD est le plus grand fonds de son genre au Canada. Ses revenus proviennent à la fois des étudiant·e·s de l’Université qui y participent à hauteur de 0,75 dollars par crédit et de McGill elle-même qui égale la contribution étudiante.</p>



<p>Bien que les mesures contre la COVID-19 aient nui à la réalisation de certains projets financés par l’organisme, Megan Toth note que de nombreuses initiatives ne requérant pas de présence physique ont tout de même vu le jour. Dans la dernière année, 25 projets ont ainsi reçu du financement allant de 300 dollars à 400 000 dollars. « Nous sommes fier·ère·s de cet outil qui met en valeur la collaboration entre les étudiant·e·s et l’Université&nbsp;», a déclaré le directeur exécutif du Bureau du développement durable.</p>



<p><strong>Fonds de solidarité queer</strong></p>



<p>Le·a commissaire au genre et à la sexualité Grey Cooper a présenté une motion pour la création d’un fonds de solidarité queer qui soutiendra les étudiant·e·s queer qui en feront la demande dans leurs dépenses essentielles comme le loyer et l’épicerie. Ce fonds sera financé avec l’ajout d’un frais obligatoire de 1,09 dollars par session pour les membres de l’AÉUM. Selon Grey Cooper, le fait que des frais obligatoires existent déjà pour supporter financièrement d’autres minorités, mais pas les personnes queer, justifie la création d’un nouveau frais. Le conseil n’a pas encore déterminé les critères d’éligibilité – par exemple, comment déterminer qu’une personne est queer – ni comment elle assurera la confidentialité de cette information. La motion a été adoptée à l’unanimité.&nbsp;</p>



<p><strong>Comité des affaires francophones</strong></p>



<p>La v.-p. aux Affaires internes Sarah Paulin a présenté la Motion concernant des changements au Comité des affaires francophones (CAF). Cette motion modifie le mandat du comité pour y inclure la défense des droits des francophones de McGill et ajoute à la composition de l’équipe deux membres de l’extérieur de l’AÉUM. Sarah Paulin a déclaré au <em>Délit</em> que ce changement est le produit d’une collaboration étroite entre l’AÉUM et les commissaires du CAF depuis un an. Après quelques questions, la motion a été adoptée à l’unanimité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/19/le-nouveau-vic-divise-encore-laeum/" data-wpel-link="internal">Le Nouveau Vic divise encore l’AÉUM</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>McGill annule tous ses échanges internationaux pour la session d’hiver 2022</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/mcgill-annule-tous-ses-echanges-internationaux-pour-la-session-dhiver-2022/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2021 21:56:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[En bref]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[échanges]]></category>
		<category><![CDATA[Échanges internationaux]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
		<category><![CDATA[H2022]]></category>
		<category><![CDATA[Hiver 2022]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Université avertit qu’elle ne reviendra pas sur sa décision.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/mcgill-annule-tous-ses-echanges-internationaux-pour-la-session-dhiver-2022/" data-wpel-link="internal">McGill annule tous ses échanges internationaux pour la session d’hiver 2022</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les échanges internationaux prévus pour la session d’hiver 2022 n’auront pas lieu pour les étudiant·e·s de McGill, a annoncé le premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) Fabrice Labeau dans un courriel envoyé le mercredi 5 octobre dernier. L’administration se dit préoccupée par la situation sanitaire internationale et par la sécurité et le bien-être de ses étudiant·e·s. Il sera également impossible de suivre des cours de l’université d’accueil en ligne, McGill jugeant que cette option «n’offre tout simplement pas le genre d’expérience internationale et d’enrichissement culturel» souhaitée pour sa communauté étudiante.</p>



<p>Le courriel déclare que la décision ne sera pas sujette à changement indépendamment de l’évolution de la situation sanitaire, en raison de la planification importante requise pour les programmes d’échanges.&nbsp;</p>



<p><em>Plus de détails à venir.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/mcgill-annule-tous-ses-echanges-internationaux-pour-la-session-dhiver-2022/" data-wpel-link="internal">McGill annule tous ses échanges internationaux pour la session d’hiver 2022</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
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		<title>La loi 96 est discriminatoire, mais elle n’a pas à l’être</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/la-loi-96-est-discriminatoire-mais-elle-na-pas-a-letre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2021 13:18:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[loi 96]]></category>
		<category><![CDATA[Maria Peluso]]></category>
		<category><![CDATA[McGill Daily]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ), mené par le premier ministre François Legault, n’a jamais eu comme priorité les conditions des populations autochtones au Québec. M. Legault l’a prouvé il y a deux ans, lorsqu’il est devenu le seul premier ministre canadien à ne pas reconnaître la présence de racisme systémique dans sa&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/la-loi-96-est-discriminatoire-mais-elle-na-pas-a-letre/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La loi 96 est discriminatoire, mais elle n’a pas à l’être</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ), mené par le premier ministre François Legault, n’a jamais eu comme priorité les conditions des populations autochtones au Québec. M. Legault l’a prouvé il y a deux ans, lorsqu’il est devenu le seul premier ministre canadien à ne pas reconnaître la présence de racisme systémique dans sa province. Il l’a également prouvé cet automne, en refusant d’adopter le <a href="https://www.atikamekwsipi.com/public/images/wbr/uploads/telechargement/Doc_Principe-de-Joyce.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Principe de Joyce</a> visant à combattre la discrimination dans le système de santé, et il l’a encore prouvé la semaine dernière, lorsqu’il a prétexté un besoin de « productivité » afin de justifier de ne pas faire de la Journée de la vérité et de la réconciliation un jour férié. Il n’est alors pas surprenant que son projet de loi 96 (PL 96) soit jugé <a href="https://www.mcgilldaily.com/2021/09/bill-96-perpetuates-linguistic-colonialism/#close-modal" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">colonialiste et discriminatoire</a> par l’équipe du <em>McGill Daily</em> ainsi que par plusieurs autres communautés québécoises. La reconnaissance du français comme langue commune du territoire ne fait pas l’unanimité.</p>



<p>Ce serait cependant simpliste que de voir en le PL 96 une simple mesure discriminatoire du gouvernement Legault envers les communautés autochtones de la province. Contrairement à d’autres projets de la CAQ, comme la controversée Loi 21, le PL 96 fait consensus au sein des partis de l’Assemblée nationale, qui reconnaissent tous l’importance de la langue française dans l’identité des Québécois et des Québécoises. Du serment du Test aux exigences de bilinguisme injustifiées dans les restaurants du centre-ville, les francophones de la province et du Canada ont toujours eu à se justifier de ne parler qu’une « seule » langue. À Montréal, on s’est longtemps promené dans des rues commerçantes où l’on affichait presque uniquement en anglais. Comme <em>Le Délit</em>, la Loi 101 vise depuis 1977 à limiter le déclin du français. Elle a été adoptée dans le but de sauvegarder une particularité culturelle mise en péril par le Canada et la culture américaine, pas pour étouffer les minorités du territoire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Comme <em>Le Délit</em>, la Loi 101 vise depuis 1977 à limiter le déclin du français</p></blockquote>



<p>Plus de 40 ans après sa création, force est de constater que la Charte de la langue française (communément appelée Loi 101) ne suffit plus à protéger le français au Québec. En effet, la proportion de la population québécoise utilisant le français à la maison devrait passer de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1780961/declin-francais-quebec-etudes-oqlf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">82%</a> en 2011 à environ 75% en 2036, selon l’Office québécois de la langue française (OQLF). La place du français dans le monde du travail est aussi de plus en plus menacée, et les entreprises demandent souvent une connaissance de l’anglais préalable à l’embauche&nbsp;– ce qui nuit d’ailleurs à l’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1776133/langue-francaise-montreal-plan-valorisation-legault" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">inclusion</a> de certains groupes issus de l’immigration. C’est pour ces raisons que la CAQ a proposé son nouveau projet de loi.</p>



<p>Les efforts des Québécois·es pour protéger la langue française sont depuis longtemps décrits comme discriminatoires, racistes, ou même colonialistes. Ces analyses, parfois teintées de stéréotypes dépeignant le peuple québécois comme traditionaliste et replié sur lui-même, oublient que cette démarche est en elle-même une lutte contre les traces d’une ancienne colonisation, celle du Royaume Uni. On ne peut s’empêcher de voir une sorte d’hypocrisie lorsque la restriction des services en anglais, qui affecte disproportionnellement les populations autochtones, est qualifiée de colonialiste par certains anglophones&nbsp;: la raison pour laquelle ces populations parlent majoritairement anglais est qu’elles-mêmes ont été colonisées par des anglophones et envoyées dans des pensionnats anglais.</p>



<p>Cependant, les francophones ont aussi activement assimilé les populations autochtones sur le territoire du Québec, et il·elle·s représentent encore une majorité sur le territoire. Au Québec, le français est donc à la fois l’opprimé et l’oppresseur. Il serait ridicule – et de mauvais goût, moins d’une semaine après la tenue de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation –&nbsp;de comparer les torts qu’ont subis et que subissent encore les Autochtones à ceux subis par les francophones. L’horreur des attaques des régiments français dans les villages autochtones, des enlèvements, des épidémies et des pensionnats ne se compare pas à une lutte linguistique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Est-ce si difficile pour un nationaliste québécois comme François Legault de faire preuve d’empathie avec d’autres peuples qui craignent l’assimilation?</p></blockquote>



<p>Les politiques de la loi 96 auront bel et bien comme effet concret d’affecter les Autochtones davantage que le reste de la population, notamment en ce qui a trait à l’accès aux soins. Les services publics du Québec ne se sont d’ailleurs pas radicalement améliorés depuis le dépôt du rapport Viens, le 30 septembre 2019. La CAQ n’accepte toujours pas non plus de reconnaître l’existence du racisme systémique dans les services publics. Rien de surprenant, alors, qu’elle n’ait pas adéquatement consulté les représentant·e·s autochtones au cours de la conception du PL 96. Malgré tout, celui-ci ne peut pas raisonnablement être comparé au<a href="https://montrealgazette.com/news/local-news/qcgn-hearings-take-a-dark-turn" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> nazisme</a>, comme l’a fait la représentante du Conseil des femmes de Montréal Maria Peluso en commission parlementaire. La raison d’être de la loi 96 et l’esprit qui anime ses partisan·e·s en sont très loin.</p>



<p>Surtout, il faut garder en tête que les luttes pour le français et pour les conditions des autochtones ne sont pas forcément contradictoires. On peut – et il faut – les unir, par exemple, en profitant du projet de loi 96 pour donner un statut particulier aux langues autochtones, comme le demandent plusieurs nations, ou établir des exceptions pour protéger l’enseignement de ces langues au Québec. Est-ce si difficile pour un nationaliste québécois comme François Legault de faire preuve d’empathie avec d’autres peuples qui craignent l’assimilation? La logique et la cohérence commandent une telle approche. Après tout, de nombreuses revendications autochtones et francophones se rejoignent sur une sensibilité commune, qui est parfois plus difficile à saisir pour celles et ceux dont l’anglais est la langue maternelle : perdre sa langue, c’est perdre sa culture.</p>
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		<title>Que fera l’AÉUM le 30 septembre?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/que-fera-laeum-le-30-septembre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2021 16:37:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Claire Downie]]></category>
		<category><![CDATA[Darshan Daryanani]]></category>
		<category><![CDATA[Ghania Javed]]></category>
		<category><![CDATA[Journée nationale de la vérité et de la réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[Léo Holton]]></category>
		<category><![CDATA[Mary Zhang]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Sacha Delouvrier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’incertitude plane toujours après une séance du conseil législatif mouvementée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/que-fera-laeum-le-30-septembre/" data-wpel-link="internal">Que fera l’AÉUM le 30 septembre?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au cours de sa première rencontre de la session, le 23 septembre dernier, le conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) n’a pas été en mesure de planifier ses activités à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation le 30 septembre prochain. L’absence du président de l’exécutif Darshan Daryanani et l’inexpérience procédurale des conseiller·ère·s ont entravé la réunion, qui s’est étendue sur deux heures et demie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’absence du président de l’exécutif Darshan Daryanani et l’inexpérience procédurale des conseiller·ère·s ont entravé la réunion, qui s’est étendue sur deux heures et demie</p></blockquote>



<p><strong>Une lettre surprise</strong></p>



<p>La représentante de l’Association étudiante de la Faculté des arts Ghania Javed a présenté par procuration pour Darshan Daryanani une motion concernant la publication d’une lettre ouverte adressée à l’administration mcgilloise au sujet de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. On y demandait, entre autres, la levée des cours dans l’après-midi du 30 septembre et l’intensification des efforts de décolonisation au sein de l’Université, notamment par le recrutement de personnel autochtone. La motion a suscité de vives réactions et la période de débats a dû être allongée. L’absence du président de l’AÉUM, auteur de la motion, s’est particulièrement faite ressentir en raison des nombreuses questions demeurées sans réponses.</p>



<p>La vice-présidente aux Affaires universitaires Claire Downie a rapidement partagé ses inquiétudes quant à la motion. Elle a d’abord affirmé, avec le reste du conseil exécutif, n’avoir jamais été mise au courant de cette lettre. Les efforts de consultation auprès des communautés autochtones, que Ghania Javed n’a pas été en mesure de présenter en raison de son arrivée tardive dans le processus de la motion, ont également été insuffisants, a ajouté l’exécutante. Claire Downie a expliqué que le département des communications de l’AÉUM travaillait déjà sur «&nbsp;<em>quelque chose&nbsp;</em>» – sans toutefois spécifier la nature de ce dont il s’agit – avec le·a chercheur·se en équité des Affaires autochtones pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Prendre position sans consultation adéquate, considère la v.-p., risquerait d’éclipser les voix autochtones. Ces mêmes préoccupations ont été reprises par Sacha Delouvrier, v.-p. aux Affaires externes, qui doute que la Commissaire aux Affaires autochtones ait été consultée étant donné que celle-ci, a‑t-il affirmé, a été difficile à joindre dans les derniers mois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’absence du président de l’AÉUM, auteur de la motion, s’est particulièrement faite ressentir en raison des nombreuses questions demeurées sans réponses»</p></blockquote>



<p><strong>Pas de congé pour l’AÉUM</strong></p>



<p>Les conseiller·ère·s ont aussi débattu quant à la possibilité d’annuler la rencontre du conseil législatif du 30 septembre, le jour même de la Journée du chandail orange. Le représentant de la Faculté de gestion Nathaniel Saad a soutenu que se donner congé ne servirait à rien, et que le conseil devrait plutôt viser à travailler pour tous·tes les étudiant·e·s, y compris les Autochtones. Sa collègue de la Faculté de gestion, Mary Zhang, a affirmé quant à elle qu’il ne serait pas «&nbsp;du meilleur goût&nbsp;» de tenir une réunion régulière et qu’une réunion spéciale au sujet de la Journée serait une solution préférable. Finalement, les conseiller·ère·s se sont mis·es d’accord pour que la rencontre du 30 septembre serve à tenir une minute de silence et à discuter des manières pour l’AÉUM d’aider les Autochtones de McGill. La possibilité d’accueillir la présentation d’un·e invité·e a été soulevée, mais aucune décision n’a été prise à ce sujet.&nbsp;</p>



<p>Le représentant de la Faculté des arts et des sciences Léo Holton a déploré le grand nombre d’amendements apportés à la motion initiale, ce qui rendait son adoption difficile. Mary Zhang a quant à elle partagé ses préoccupations quant à la faisabilité du projet, qui doit être réalisé en moins d’une semaine. Le manque de préparation, a‑t-elle dit, pourrait faire de la réunion de la semaine suivante un événement performatif raté.&nbsp;</p>



<p>La motion a finalement été adoptée avec 11 voix en faveur, 3 voix contre et 7 abstentions.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Ces mêmes préoccupations ont été reprises par Sacha Delouvrier, v.-p. aux Affaires externes, qui doute que la Commissaire aux Affaires autochtones ait été consultée étant donné que celle-ci, a‑t-il affirmé, a été difficile à joindre dans les derniers mois&nbsp;»</p></blockquote>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/28/que-fera-laeum-le-30-septembre/" data-wpel-link="internal">Que fera l’AÉUM le 30 septembre?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Pourrait-on vivre sans les guêpes?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/09/21/pourrait-on-vivre-sans-les-guepes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Sep 2021 15:21:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Guepes]]></category>
		<category><![CDATA[insectes]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Leur présence sur le campus est généralement mal accueillie, mais leur disparition aurait des conséquences dramatiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/21/pourrait-on-vivre-sans-les-guepes/" data-wpel-link="internal">Pourrait-on vivre sans les guêpes?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les étudiant·e·s et les employé·e·s de l’Université McGill ne sont pas les seul·e·s à retourner au campus cet automne. Chaque année, les guêpes se font également plus nombreuses au début du mois de septembre, <a href="https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/detecteur-rumeurs/2021/09/16/guepes-plus-nombreuses-terrasses-fin-ete-vrai" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a confirmé</a> le <em>Détecteur de rumeurs</em> de l’Agence science-presse dans un article paru le 16 septembre dernier. Malgré les désagréments qu’elles causent, les guêpes jouent un rôle écologique important dans nos écosystèmes. <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec la Dre Jessica Gillung, professeure adjointe à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement à McGill et directrice du Musée d’entomologie Lyman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce qui caractérise</strong> <strong>les guêpes?</strong></p>



<p>Une quinzaine d’espèces de guêpes vivent en communauté au Québec, toutes présentes dans l’écosystème mcgillois. Leur taille varie entre sept et vingt-cinq millimètres, selon l’espèce – à l’exception de la reine du frelon européen, une espèce introduite, qui peut mesurer jusqu’à quatre centimètres. Certaines guêpes vivent seules, mais ce phénomène est plus fréquent chez les abeilles. Généralement, les guêpes se rassemblent dans des nids de papier, construits avec de la pâte de bois mélangée à de la salive. Ces nids sont construits dans le sol, en hauteur ou dans des cavités déjà présentes. Les guêpes se distinguent des abeilles par leur faible pilosité et par leur alimentation plus variée. Alors que les abeilles du Québec se nourrissent exclusivement de nectar et de pollen floraux, les guêpes peuvent aussi être carnivores ou charognardes. Puisque les abeilles dépendent complètement des fleurs pour se nourrir, elles sont généralement de meilleures pollinisatrices que les guêpes. Ces dernières demeurent néanmoins essentielles au maintien des écosystèmes, car elles participent aussi à la pollinisation. Elles chassent également d’autres insectes, contrôlant ainsi leur population, et elles sont elles-mêmes les proies de plusieurs espèces d’oiseaux, de reptiles, de mammifères et d’insectes.</p>



<p>Les guêpes ne survivent pas au gel, à l’exception des reines. Lorsque celles-ci se mettent à la recherche d’un endroit isolé du froid où attendre la fin de l’hiver, les ouvrières n’ont plus de tâches à accomplir et errent aux alentours. Leur population chute alors jusqu’au premier gel, moment où elle disparaît complètement. Ce n’est qu’avec le retour du printemps que les reines sortent de leur cachette et commencent à construire un nouveau nid.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Afin d’éviter la visite importune de ces insectes, il faut donc couvrir les sources d’odeurs ou éviter de les exposer à l’air libre à l’extérieur»</p></blockquote>



<p><strong>Pour éviter la piqûre</strong></p>



<p>Les guêpes chassent avec leur odorat. L’odeur sucrée des aliments les attire. Afin d’éviter la visite importune de ces insectes, il faut donc couvrir les sources d’odeurs ou éviter de les exposer à l’air libre à l’extérieur. Leur intérêt est toutefois de courte durée, et une guêpe fascinée par un aliment ira rapidement voir ailleurs si celui-ci est brièvement couvert d’une serviette de papier ou d’un couvercle, par exemple. En revanche, gesticuler afin de l’éloigner risque de la provoquer, puisqu’elle se sentira menacée. Les sources d’agitation à proximité des nids provoquent également une réaction défensive de la part de la colonie. La meilleure approche consiste donc à rester calme, à couvrir les aliments odorants et à attendre le départ de l’insecte. Il faut également porter attention aux animaux de compagnie qui ne peuvent pas comprendre ce qu’il faut faire et qui risquent ainsi de provoquer les guêpes. Il n’est pas nécessaire de rester immobile : une personne déjà en train de marcher n’a qu’à continuer calmement.&nbsp;</p>



<p>Les guêpes du Québec sont peu agressives comparativement à d’autres espèces autour du monde. Leur venin est toutefois plus efficace contre les êtres humains que celui des abeilles.</p>



<p>Dans la plupart des cas, la piqûre de guêpe n’est pas dangereuse, mais elle peut provoquer des enflures, des douleurs, des démangeaisons et des rougeurs. Les effets désagréables disparaissent normalement en quelques heures ou quelques jours, et l’application d’une compresse froide peut calmer l’inflammation. Toutefois, si des symptômes plus graves apparaissent après quelques minutes, il faut agir immédiatement. Ils peuvent signifier une réaction allergique potentiellement dangereuse. Si la plaie s’infecte, si les symptômes semblent se propager sur le corps ou si une fièvre se développe dans les jours suivant la piqûre, il est également conseillé de consulter un·e professionnel·le de la santé. Les personnes ayant fait une réaction allergique à une piqûre de guêpe ou d’abeille par le passé risquent de subir des symptômes plus graves si elles sont à nouveau piquées par le même insecte.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Non seulement leur disparition serait-elle problématique en soi pour la pollinisation et pour la chaîne alimentaire, mais il y a également un risque de nuire accidentellement à d’autres espèces d’insectes à cause de l’imprécision des méthodes d’extermination»</p></blockquote>



<p><strong>Des espèces à risque de disparaître</strong></p>



<p>On observe depuis quelques années un déclin de la population des guêpes et autres insectes pollinisateurs. S’attaquer aux guêpes en détruisant leurs nids aurait donc l’effet d’empirer leur situation. Non seulement leur disparition serait-elle problématique en soi pour la pollinisation et pour la chaîne alimentaire, mais il y a également un risque de nuire accidentellement à d’autres espèces d’insectes à cause de l’imprécision des méthodes d’extermination.</p>



<p>Des spécimens de nombreuses espèces d’insectes dont les habitats ont été détruits au cours du dernier siècle sont entreposés dans la collection mcgilloise du Musée d’entomologie Lyman. L’établissement, fondé en 1914, était initialement situé au Musée Redpath du campus du centre-ville avant d’être déplacé, en 1965, au campus Macdonald. Aujourd’hui, il contient près de trois millions de spécimens et constitue la deuxième plus grande collection du Canada.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/21/pourrait-on-vivre-sans-les-guepes/" data-wpel-link="internal">Pourrait-on vivre sans les guêpes?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Pour un véganisme de sollicitude</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/09/14/pour-un-veganisme-de-sollicitude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Sep 2021 16:00:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[véganisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=44502</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de l'ouvrage éthique La philosophie à l'abattoir.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/14/pour-un-veganisme-de-sollicitude/" data-wpel-link="internal">Pour un véganisme de sollicitude</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p>Peu de livres m’ont autant marqué que <em>La philosophie à l’abattoir : Réflexions sur le bacon, l’empathie et l’éthique animale</em>. L’écriture vulgarisée et exempte de paternalisme, chose rare dans les sphères militantes véganes, a su me convaincre de ne plus consommer de produits animaux. Ce petit ouvrage de 94 pages écrit par Catherine Bailey, candidate au doctorat en philosophie à l’Université de Montréal, et Jean-François Labonté, professeur de philosophie au Cégep de Sherbrooke, est un chef‑d’œuvre d’introduction au véganisme. <em>La philosophie à l’abattoir </em>vise d’abord à informer et persuader les non-véganes, et ensuite à promouvoir la perspective intersectionnelle pour les initiés.</p>



<p><strong>La métaphysique de la viande</strong></p>



<p>L’histoire racontée dans le livre débute avec le philosophe français René Descartes, à l’origine du fameux « Je pense, donc je suis », qui affirme que les animaux ne seraient que des assemblages complexes de pièces dénués de toute forme de conscience. Les comportements animaux qui semblent être liés à des affects comme la souffrance ou le plaisir ne seraient en réalité que des imitations mécaniques des émotions humaines. Après tout, comment pourraient-ils réellement <em>ressentir</em> s’ils n’ont pas une âme pareille à celle qui confère à l’humain son statut divin?&nbsp;</p>



<p>Après ce départ obligé au 17<em>e</em> siècle, le livre quitte la sphère proprement philosophique en sautant directement à la Déclaration de Cambridge sur la conscience, signée en 2012 par un groupe d’éminents scientifiques. Le texte de la déclaration stipule que de nombreuses espèces animales possèdent une circuiterie neuronale aux capacités similaires à celle des êtres humains en ce qui a trait à l’expérience consciente. L’incapacité de la philosophie à décrire l’expérience animale au cours des trois siècles qui nous séparent de Descartes a laissé un vide que la science a tenté de combler. Plutôt que de dire : les animaux sont conscients, elle déclare : les animaux sont conscients de manière similaire aux humains. À nous d’en tirer nos propres conclusions.</p>



<p>Le saut temporel du 17<em>e</em> siècle à 2012 peut sembler abrupt pour les historiens et pour les véganes assidus, mais il aide à la visée pédagogique de l’ouvrage auprès du grand public. Afin de se rapprocher encore plus du public québécois, il explore ensuite l’état de sa législation provinciale et fédérale. Lorsque l’on examine le droit des animaux domestiques – soit tous les animaux sauf les animaux sauvages – du Québec, on constate qu’il se résume à deux éléments : la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (ou loi BÊSA) et l’article 898.1 du Code civil du Québec. La loi BÊSA propose une série d’exigences que doivent suivre les propriétaires d’animaux. Elle stipule toutefois que les animaux d’élevage et de recherche sont exclus de ces protections. Le Code civil du Québec, quant à lui, accorde le statut d’« êtres doués de sensibilité » aux animaux mais ajoute que ceux-ci ne sont que des biens aux yeux de la loi. En bref, la protection des animaux québécois est pour l’instant principalement symbolique.</p>



<p>En laissant de côté les « trois âmes » d’Aristote, l’autonomie kantienne et les points de vue des différentes traditions religieuses et spirituelles, ce premier portrait des débats sur la question animale réduit son histoire à deux thèses : soit les animaux sont des machines, soit ils sont <em>comme</em> les humains. L’ambition de cet ouvrage introductif n’est pas de répertorier toutes les pensées sur la question puisqu’il doit demeurer accessible au grand public (un chapitre décrit néanmoins d’autres approches de l’histoire). Toutefois, souligner cette opposition fondamentale sert l’argumentaire des auteurs, qui voient dans cette dichotomie une raison de plus d’aborder les questions d’éthique animale à travers le prisme de l’intersectionnalité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’histoire du véganisme serait en fait indissociable des autres luttes sociales »</p></blockquote>



<p><strong>Spécisme, sexisme, racisme et cie</strong></p>



<p>Que manque-t-il à l’humain pour agir correctement envers les animaux? De l’empathie, répondraient probablement Christiane Bailey et Jean-François Labonté. S’imaginer ce que cela ferait d’être un porc, une vache ou un poulet est une tâche impossible pour un être humain, l’être-au-monde des animaux étant radicalement différent du nôtre. Pour éviter l’impasse, les auteurs nous proposent alors de plonger dans la science-fiction. Utilisant un épisode de <em>The Twilight Zone</em>, une série des années 60, dans lequel des extraterrestres arrivent sur Terre pour manger l’humanité, ils introduisent le concept-clé de spécisme.&nbsp;</p>



<p>Le spécisme est l’attitude selon laquelle l’appartenance à une espèce est un critère suffisant pour traiter un individu de manière différente. Ce concept n’est pas sans rappeler les autres ‑ismes : sexisme, racisme, capacitisme, etc. De la même manière que le mépris d’un extraterrestre spéciste envers l’humanité justifie à ses yeux l’asservissement de notre espèce, celui d’un esclavagiste blanc envers les autres couleurs de peau lui permet de dormir tranquille malgré toute la souffrance qu’il inflige. Ce n’est pas simplement que les arguments racistes et spécistes se ressemblent, défendent les auteurs. L’histoire du véganisme serait en fait indissociable des autres luttes sociales. Ils soulignent par exemple que non seulement les défenseurs des droits des animaux étaient-ils péjorativement décrits comme féminins, mais que de nombreuses pionnières des droits des femmes dénonçaient également les conditions des animaux.&nbsp;</p>



<p>Une conséquence de cette influence féministe est l’émergence de l’éthique du « <em>care</em> », ou de la « sollicitude », comme approche de l’éthique animale. Plutôt que de se préoccuper de règles universelles comme la maximisation du bonheur ou l’autonomie, la sollicitude demande une considération au cas par cas, en prenant en compte les structures de pouvoir qui rendent inopérantes toute tentative d’universalisation des actions. Sans se contenter d’accorder des droits aux animaux, les tenants de la sollicitude soutiennent un changement de paradigme : il s’agirait de voir l’animal non pas comme un bien mais comme un être dont on doit se soucier. Une conséquence de cette doctrine, par exemple, serait qu’il ne faut pas libérer tous les animaux de ferme dans la nature sans se préoccuper de leur devenir, car des pratiques historiques ont fait de certaines espèces des membres d’une communauté humaine. C’est entre autres le cas des vaches laitières, dont le pis énorme est le résultat d’une sélection artificielle et qui seraient complètement vulnérables si elles n’étaient pas protégées des prédateurs. Les auteurs expliquent ensuite la vision proposée dans <em>Zoopolis : une théorie politique des droits des animaux</em>, écrit par Will Kymlicka et Sue Donaldson en 2011, qui prévoit plusieurs niveaux de citoyenneté pour les animaux en fonction de leurs relations actuelles avec les êtres humains.</p>



<p>Finalement, <em>La philosophie à l’abattoir</em> ne présente pas l’urgence climatique comme argument premier pour la défense du véganisme. Il est vrai que la consommation actuelle de viande et de produits de l’élevage est insoutenable et conduira certainement l’humanité à sa perte si elle n’est pas réduite. Cette perspective est toutefois problématique en ce qui concerne l’éthique animale, car elle réduit l’animal à un polluant, ce qui s’opposerait aux visées de l’éthique de la sollicitude. Le problème de l’élevage, comme bien d’autres, ne sera réglé que si l’on développe un réel souci pour autrui. La beauté de tout cela? Rien n’empêche chacun d’entre nous de commencer ce projet dès aujourd’hui.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/14/pour-un-veganisme-de-sollicitude/" data-wpel-link="internal">Pour un véganisme de sollicitude</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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