<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Katherine Marin - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/k-marin/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/k-marin/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>À la conquête de vos droits, francophones!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/13/a-la-conquete-de-vos-droits-francophones/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/13/a-la-conquete-de-vos-droits-francophones/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 15:58:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32484</guid>

					<description><![CDATA[<p>La remise de travaux rédigés en français: les craintes sont-elles fondées?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/13/a-la-conquete-de-vos-droits-francophones/" data-wpel-link="internal">À la conquête de vos droits, francophones!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">À&nbsp;</span>McGill, pas moins de 8220 étudiant·e·s, soit près du quart, ont le français comme langue maternelle, et un peu plus de 5000 autres ont le français comme langue seconde (pour un total de 40 493 étudiant·e·s). Sans compter que plusieurs étudiant·e·s internationaux·ales n’ont pour langue maternelle ni le français ni l’anglais. Et cela, l’université semble en avoir pleinement conscience, et prétend vouloir accueillir d’excellent·e·s étudiant·e·s sans regard à leur première langue. Depuis l’année dernière, l’administration semble faire des efforts pour honorer cette intention&nbsp;: du 30 avril 2017 au 1er mai 2018, 78 traducteur·rice·s ont été approché·e·s pour une dépense totale de 356&nbsp;000 dollars. Depuis le 1<sup>er</sup> mai 2018, cependant, l’Université a bénéficié de l’aide de 60 traducteur·rice·s, pour une dépense de 175&nbsp;000 dollars. Si le nombre de traducteur·rice.s a sensiblement augmenté (en calculant le nombre d’&nbsp;«&nbsp;engagé·e·s&nbsp;» par mois), la dépense pour chacun·e semble avoir diminuée. Et,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>bien que nous ne savons pas combien, de ce nombre, font de la traduction de l’anglais vers le français, l’augmentation globale des effectifs indique tout de même une hausse de ces traducteur·rice·s «&nbsp;anglais-français&nbsp;». Cette hausse ne semble toutefois pas émouvoir le corps étudiant francophone, dont une grande partie semble toujours réticente à l’idée de remettre un travail en français.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Point de vue estudiantin</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Nous avons questionné les étudiant·e·s via diverses plateformes Web et les réponses sont mitigées&nbsp;: certain·e·s ont toujours remis leurs travaux écrits en français sans aucun problème, alors que d’autres sont réticent·e·s à l’idée de remettre en français un travail demandé par un·e professeur·e anglophone. Les raisons sont diverses&nbsp;: peur de déranger le·a professeur·e, d’être corrigé·e par un·e <i>TA</i> parlant à peu près français, ou encore de se faire corriger par quelqu’un·e parlant français, mais n’étant pas expert·e de la matière enseignée.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Certains craignent aussi que les <i>TA</i> soient enclin·e·s à des préjugés inconscients, frustré·e·s de devoir passer plus de temps et mettre plus d’efforts sur un travail parce qu’écrit en français, et les jugeant ainsi plus sévèrement. De ce fait,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>quelques étudiant·e·s ont déclaré avoir remis, par le passé, des travaux en français, mais seulement lorsqu’ils et elles sentaient que le·a professeur·e était «&nbsp;ouvert·e&nbsp;» à les recevoir. Dans le cas contraire, le manque d’enthousiasme les refroidissait dans l’exécution de ce même droit. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">De plus, le travail de traduction des termes savants appris en anglais représente un autre enjeu restreignant l’étudiant·e francophone.</span></p>
<blockquote><p><span class="s3">En somme, aux yeux de ces professeur·e·s, bien qu’aucun processus spécifique quant à la correction des travaux écrits en français n’ait été mis en place, ce droit étudiant est tout de même respecté</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">Pour d’autres, écrire en français à McGill n’a jamais été un problème, et la revendication de ce droit a été «&nbsp;brandi, tel un inquisiteur avec sa bible&nbsp;», comme l’affirmait un étudiant sur <i>Facebook</i>.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Du côté des professeur·e·s</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Suite à une correspondance électronique avec certain·e·s, et une discussion de vive voix avec d’autres, il est possible de faire ressortir les nombreux points communs de chacun de ces entretiens. La question qui regroupait (presque) tous les autres avait trait aux ressources accessibles aux professeur·e·s quant à la correction de travaux rédigés en français. Plusieurs d’entre eux·elles nous ont confirmé qu’ils·elles parlaient soit couramment français, soit suffisamment pour être en mesure de corriger. Et pour ceux et celles pour qui n’était pas le cas, il semblait clair pour tous et toutes qu’il était très aisé de trouver soit un·e collègue, soit un·e <i>TA</i> qui puisse le faire. En somme, aux yeux de ces professeur·e·s, bien qu’aucun processus spécifique quant à la correction des travaux écrits en français n’ait été mis en place, ce droit étudiant est tout de même respecté dans le cadre professoral, et chaque étudiant·e désirant remettre son travail en français est en mesure de le faire. Ainsi, la remise de travaux écrits en français restait facile et accessible selon les professeur·e·s consulté·e·s. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le nœud</b></span></p>
<p class="p6">Revenons à ce problème soulevé par un étudiant, qui semble encore irrésolu&nbsp;: que faire de ces biais (stéréotype sur les francophones, frustration due au temps et à l’effort) qui influenceraient la correction, et donc la note, d’une dissertation ou d’un examen, à la baisse? Et bien, si vous croyez avoir été corrigé·e injustement, vous pouvez toujours demander une révision de note. Évidemment, cela demande du temps supplémentaire à l’étudiant·e en question, mais il faudrait commencer par remettre nos travaux en français si nous souhaitons améliorer ce système de l’intérieur, quitte à devoir demander quelques révisions de note.</p>
<p class="p4"><span class="s6"><b>Des solutions?</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Si, vraiment, l’administration tient à ce que le corps étudiant soit parfaitement à l’aise de remettre des travaux rédigés en français, plusieurs choses concrètes pourraient être faites, ou faites à une plus grande échelle. Par exemple, le nombre de traducteur·rice·s engagé·e·s ayant augmenté, il serait sûrement possible d’offrir plusieurs documents académiques en anglais comme en français, sans compter que plusieurs traductions françaises de textes anglais existent déjà, et il suffirait donc de les rendre accessibles sur <i>myCourses</i>, par exemple. Cela viendrait alléger ce «&nbsp;surplus de travail&nbsp;», la traduction des termes savants, qui rebuterait certain·e·s étudiant·e·s francophones. Une autre solution, toute simple, serait pour les professeur·e·s, en début de session, d’encourager le corps étudiant francophone en lui expliquant ce qui a été dit dans le cadre des entretiens (ci-haut)&nbsp;: qu’ils·elles trouveront toujours quelqu’un·e de bilingue ou en mesure, linguistiquement, de corriger leurs travaux. En d’autres termes, d’y accorder une importance particulière pendant cinq minutes, au premier cours de chaque session, afin de rassurer les étudiant·e·s.</span></p>
<p class="p2"><span class="s5">Enfin, bien que certaines injustices isolées quant à la remise de travaux en français dans le contexte mcgillois aient déjà eu lieu, il semble que les questionnements des étudiant·e·s reposent surtout sur des préjugés d’une possible appréhension anglophone envers les francophones. Or, si l’on veut voir ce droit prendre une plus grande ampleur et devenir normal aux yeux des professeur·e·s et des étudiant·e·s, peut-être faut-il simplement le mettre un peu plus en exercice pour en trouver les failles, et le pallier. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/13/a-la-conquete-de-vos-droits-francophones/" data-wpel-link="internal">À la conquête de vos droits, francophones!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/11/13/a-la-conquete-de-vos-droits-francophones/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« On est à la croisée des chemins »&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/on-est-a-la-croisee-des-chemins/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/on-est-a-la-croisee-des-chemins/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Nov 2018 00:09:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[action pour solidarité]]></category>
		<category><![CDATA[aseed]]></category>
		<category><![CDATA[cause café]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[équiterre]]></category>
		<category><![CDATA[laure waridel]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32427</guid>

					<description><![CDATA[<p>Discussion avec la cofondatrice d’Équiterre, Dre Laure Waridel.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/on-est-a-la-croisee-des-chemins/" data-wpel-link="internal">« On est à la croisée des chemins »&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">re Laure Waridel fonde en 1993, avec ses confrères et consœurs, l’organisme<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement (ASEED), qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Équiterre. Mme Waridel, tout au long de son parcours, cumule les honneurs et distinctions, grâce à ses nombreux engagements pour<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>la cause environnementale. Depuis l’âge de 24 ans, la sociologue écrit sur le sujet, ainsi que sur l’équité, dans son premier essai, <i>Une cause café</i>, paru en 1997. La docteure a accepté de parler des préoccupations environnementales et sociales avec nous.</span></p>
<blockquote><p><span class="s1">On est à la croisée des chemins, et si on ne prend pas les décisions dont on a besoin maintenant, il va être trop tard.</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"> Le Délit (LD)&nbsp;: <i>Vous êtes la cofondatrice de l’organisme Équiterre, fondé en 1993 sous l’acronyme ASEED. En quoi la place de l’organisme a‑t-elle changé au sein de la société depuis 25 ans?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Laure Waridel (LW)&nbsp;: Je pense que l’essence d’origine qu’il y avait dans notre nom — donc la dimension action, solidarité, environnement et développement — est restée le moteur, le cœur de l’organisation. C’est sûr que c’est un groupe qui a beaucoup changé, qui s’est professionnalisé&nbsp;: notamment, quand ça a démarré, nous étions tous des étudiants très idéalistes et engagés, et nous étions moins conscients de la complexité des enjeux. Mais nous sommes finalement devenus, au fil de nos études et du travail de terrain, plus outillés, et on a maintenant plus de ressources pour accomplir notre mission.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">LD&nbsp;: <i>Vous êtes aussi l’autrice de plusieurs livres, dont L’envers de l’assiette et quelques idées pour la remettre à l’endroit. Qu’y proposez-vous qui pourrait faire une différence écologique et équitable?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">LW&nbsp;: C’est intéressant parce que quand j’ais écrit la première version, on parlait très peu du pouvoir de nos choix de consommation et de nos choix alimentaires, alors que maintenant il y a beaucoup de dimensions qui sont dans <i>L’envers de l’assiette</i>. En fait, il y a quatre dimensions dans ce livre-là&nbsp;; je parle des trois N‑J, un peu comme on parlait des trois RV à l’époque. Alors, le premier jet que l’on pourrait poser à l’épicerie, c’est de choisir les aliments les moins emballés possible. Ça ressemble au discours autour du «&nbsp;zéro déchet&nbsp;»&nbsp;;<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>aller vers le vrac ; emporter ses sacs à l’épicerie&nbsp;; réduire à tous les niveaux&nbsp;; choisir de plus grands formats&nbsp;; réutiliser, recycler et composter. La dimension du compostage, on en parle pas tant que ça, en ce moment, et pas suffisamment compte tenu de l’impact que ça a sur les changements climatiques. D’envoyer nos déchets organiques dans les ordures ménagères, ça contribue à créer du méthane — qui est un puissant gaz à effet de serre — et on est en train de réaliser que ce serait d’une façon beaucoup plus importante que ce que l’on pensait avant en termes de contribution aux changements climatiques. Avant, on le comparait à environ 1 pour 20 par rapport au carbone, aujourd’hui on réalise que ce serait plus 1 pour 35, et certains chercheurs vont jusqu’à dire 1 pour 55. Donc il faut considérer tous nos gestes qui génèrent du méthane comme ayant un impact plus grand que ce que l’on pensait. Donc le premier «&nbsp;n&nbsp;», c’est pour «&nbsp;nu&nbsp;», deuxième «&nbsp;n&nbsp;» c’est pour «&nbsp;non loin&nbsp;», donc pour l’achat local et l’importance de réduire le kilomètre alimentaire. Non seulement pour des raisons d’émissions de gaz à effet de serre — parce qu’évidemment tout ce qui se déplace génère des gaz à effet de serre —, mais aussi pour des raisons sociales, donc pour maintenir le plus possible les emplois localement, et même réduire le gaspillage alimentaire. On sait qu’une partie de ce gaspillage est associée aux multiples étapes de transformations qu’il y a dans la chaîne alimentaire. Donc ces éléments (l’empreinte carbone et l’empreinte sociale) sont à considérer. Le troisième «&nbsp;n&nbsp;», c’est «&nbsp;naturel&nbsp;», et là c’est toute la question des produits chimiques omniprésents dans notre alimentation, et on sait qu’il y en a énormément, notamment des pesticides sur la biodiversité. On parle aussi des néonicotinoïdes sur les abeilles et sur l’ensemble des pollinisateurs, et qui affectent probablement la santé humaine. Et il y a de plus en plus d’études qui font le lien entre la présence de pesticides dans le corps humain (on est capable de mesurer par l’urine, les analyses sanguines, et autres) et une plus grande propension à développer différentes maladies. On pense à différents cancers, dont le cancer du sein puisqu’il y a beaucoup de pesticides qui sont des perturbateurs endocriniens, on pense aussi aux troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez les enfants, et de l’autisme aussi, et aussi différentes maladies chroniques. Et le problème avec les pesticides, comme avec tous les polluants, c’est qu’une fois qu’ils sont dans l’air c’est difficile de dire quel pesticide est responsable de quoi en particulier parce que c’est souvent multifactoriel, on parle d’un effet cocktail sur la santé. Et le dernier «&nbsp;j&nbsp;» pour «&nbsp;juste&nbsp;», c’est de choisir les aliments les plus équitables possible, parce qu’on sait que beaucoup de produits que l’on importe des pays du Sud ont été produits, cultivés ou récoltés dans des conditions ou les droits de la personne ou les droits du travailleur ne sont pas nécessairement respectés. On pense au cacao, qui a beaucoup été documenté, notamment en ce qui a trait au travail des enfants, et plusieurs cas d’esclavage au Ghana rapportés par l’Organisation internationale du travail (ILO). (…). Et dans le «&nbsp;juste&nbsp;» aussi, un élément important à considérer, c’est toute la question de la consommation de la viande. On sait que pour produire la même quantité de protéines animales ou indirectement végétales, il y a d’énormes pertes, et on sait que beaucoup d’animaux sont maltraités dans les élevages industriels&nbsp;: j’ai grandi à la campagne et j’ai eu l’occasion d’en être témoin de première heure. Finalement, l’idée derrière «&nbsp;l’envers de l’assiette&nbsp;» c’est de voir comment, nous, dans nos pays riches, on a la chance de manger trois fois par jour, et trois fois par jour on pose des gestes qui encouragent certaines pratiques plutôt que d’autres.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">LD:<i> Il semble faire consensus que c’est avant tout et surtout le système économique capitaliste qui provoque indirectement les effets néfastes sur l’environnement. Quel système économique et social devrait remplacer celui-ci selon vous?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">LW&nbsp;: On a vraiment besoin de transformation économique majeure, ça, c’est clair. Il y a un foisonnement d’initiatives, comme par exemple le mouvement de la décroissance, mais c’en est un qui fait peur à beaucoup de gens parce que ça semble tellement loin de ce qu’on connaît, et nous n’avons pas encore mis en place les outils qui nous permettraient un changement aussi important. Aussi, le terme en tant que tel fait peur, mais je pense qu’il faut y voir la manière de créer une économie<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>où certaines choses continueraient à croître alors que d’autres diminueraient. Ce qu’il faut diminuer c’est la pollution, les inégalités, les émissions de gaz à effet de serre, la société de consommation qui crée des problèmes de santé mentale et d’endettement entre autres. Donc il y a beaucoup de choses qu’il faut faire décroître, mais aussi d’autres qu’il faut faire croître comme la solidarité, les connaissances, le partage, le respect des uns envers les autres, les liens entre les individus. Un autre problème de notre modèle économique dominant sont les indicateurs que l’on emploie qui lui sont reliés&nbsp;: ce qu’on regarde pour parler de progrès, c’est le PIB, qui ne prend compte que de ce qui se calcule en dollars, et donc toutes les décisions sont prises en fonction d’augmenter la croissance monétaire alors que ça a été démontré que ça ne va pas de pair avec le mieux-être des gens, leur qualité de vie ou même leur bonheur. On a d’autres indicateurs qui existent, et l’OCDE a développé un indicateur alternatif qui tient compte de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’éducation, de l’environnement, de la santé et tout ça, bref nous les avons les indicateurs alternatifs. Il faut se tourner vers autre chose, mais je pense que ce qui est très difficile, c’est que nous sommes conditionnés par la publicité depuis la petite enfance à avoir une vision «&nbsp;on est ce que l’on consomme&nbsp;». Et dans ce contexte-là, dire ou se faire dire qu’il faut consommer moins, c’est perçu et ressenti par plusieurs comme «&nbsp;exister moins&nbsp;». De ce fait, je dirais qu’il y a un travail intérieur à faire pour en venir à avoir d’autres priorités que celles qui sont orchestrées autour des biens matériels (autos, maisons, vêtements) et cette course effrénée à l’avoir et au paraître. (…)</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">LD:<i> Pour finir, il semble qu’un grand nombre de milléniaux semble anxieux, voire pessimiste, face à la crise écologique, et pourtant les choix de carrière de cette génération sont cruciaux. Qu’auriez-vous à dire à ces personnes?</i></span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Ça demande du courage et de l’audace pour sortir de la ‘‘course’’ à pelleter les problèmes toujours en avant</span><span class="s2">.</span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s2">LW&nbsp;: Personnellement je connais des milléniaux qui sont très engagés, donc j’ai espoir. Mais je les comprends d’être pessimiste parce que parfois quand je regarde les études scientifiques, j’ai juste envie de pleurer en pensant à mes enfants et à me dire «&nbsp;est-ce qu’on va réussir à freiner la catastrophe?&nbsp;» Et je pense que oui, je pense que nous avons la responsabilité en tant que personnes scolarisées, tous ceux qui sont à McGill sont déjà dans une position privilégiée, ont accès à des connaissances et au système pour devenir des leaders importants dans leur domaine spécifique. Donc ce que je leur dirais, c’est qu’ils ont les moyens de changer les choses, il y a des gestes individuels, mais aussi collectifs, et il faut faire en sorte de mettre en place des politiques publiques qui nous forceront à respecter nos engagements. Ça demande du courage et de l’audace pour sortir de la «&nbsp;course&nbsp;» à pelleter les problèmes toujours en avant, et je pense qu’on est à un moment de l’histoire qui est charnière, on est à la croisée des chemins, et si on ne prend pas les décisions dont on a besoin maintenant, il va être trop tard. Ainsi, on est dans un moment de l’histoire de tous les possibles, et on a une grande part de responsabilités, mais aussi beaucoup de pouvoir faire la différence, et ça va demander beaucoup de créativité, et je pense que les milléniaux en ont. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/on-est-a-la-croisee-des-chemins/" data-wpel-link="internal">« On est à la croisée des chemins »&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/11/06/on-est-a-la-croisee-des-chemins/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le déclin s’invite au théâtre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-declin-sinvite-au-theatre/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-declin-sinvite-au-theatre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 19:10:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Farah]]></category>
		<category><![CDATA[denys arcand]]></category>
		<category><![CDATA[le déckin de l empire américain]]></category>
		<category><![CDATA[pap]]></category>
		<category><![CDATA[patrice dubois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32293</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Plus ça change, plus c’est pareil », ou la devise du déclin de l’empire américain</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-declin-sinvite-au-theatre/" data-wpel-link="internal">Le déclin s’invite au théâtre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le théâtre PÀP se présente comme un «&nbsp;théâtre à texte&nbsp;», et il honore son mandat avec <em>Le déclin de l’empire américain</em>, dont les dernières représentations paraissaient la semaine passée. Loin d’être un «&nbsp;copié-collé&nbsp;» du scénario de Denys Arcand, l’adaptation de Patrice Dubois et Alain Farah pique l’audience par sa persistante actualité. La femme-objet, l’ignorance, la culture du viol, autant de sujets de discussion entre les personnages qui s’entremêlent dans un jeu de mensonges et de vérités. Commençons par poser l’hypothèse qui guidera toute la pièce&nbsp;: selon Judith, universitaire et écrivaine de renom, le déclin de l’empire américain est un mythe, puisque cela impliquerait qu’il y ait déjà eu un âge d’or; conséquemment, il n’existe qu’un «&nbsp;déluge&nbsp;». C’est cette prémisse, tirée du livre de Judith, qui guidera la pièce.</p>
<p><strong>La femme comme victime</strong></p>
<p>Le personnage de Marie-Hélène, journaliste, mère de famille et «&nbsp;femme libérée&nbsp;», raconte au début de la pièce ses ébats avec son nouvel amant. Elle explique que les pratiques sexuelles dégradantes de ce dernier lui procurent un plaisir sexuel méconnu d’elle jusqu’alors, et qu’elle a même peur de savoir jusqu’où elle serait prête à aller dans les aventures sadomasochistes dont elle est la victime. En faisant références à ses aventures, elle lance d’ailleurs à Judith&nbsp;: «&nbsp;le pouvoir de la victime, tu ne peux pas savoir ce que c’est, c’est effrayant&nbsp;». Cette phrase semble évidemment lourde de sens dans le contexte social actuel, où la parole de la victime et son statut son constamment remis en question.</p>
<p><strong>Le flirt vérité-mensonge</strong></p>
<p>Lors du souper, pendant lequel se rencontrent les quatre hommes et les quatre femmes, commence une danse dangereuse entre pouvoir et impuissance, vérité et mensonge. Certain·e·s marchent sur des œufs pour garder leurs secrets de tromperie, d’autres crachent cruellement la vérité à la face de celles et ceux qui s’y attendent le moins. Tout le monde semble se tirer mutuellement vers le bas, et la chute d’un empire (culturelle et sociale) violent et sexiste emporte tous les personnages.</p>
<p><strong>Lumière aveuglante</strong></p>
<p>Certaines scènes sont brillamment mises en lumière dans la pièce, leur donnant une importance que le film n’a pu leur donner. Notamment celle où Marco se livre dans un monologue dans lequel il remet en question la place des universitaires et intellectuel·le·s au sein de la société. Ainsi, tout le monde, de toute classe sociale, se trouve dans le rôle d’agresseur·e et d’agressé·e, rendant au public une brutale représentation de cette valse infernale qui dure depuis toujours, entre hommes et femmes comme entre classes sociales.</p>
<p><strong>Une actualisation qui fait du bien</strong></p>
<p>Les personnages sont d’une agréable authenticité; ils appartiennent bien à l’univers théâtral plutôt qu’au cinéma. Les références aux produits de consommation et à la culture des années 2000 colorent le texte et le rendent accessible au jeune public. Certains éléments, comme le possible sida de Claude (nom du personnage, <em>ndlr</em>) dans le film de 1986, sont laissés en suspens. Enfin, le message du film ici réactualisé nous crie que l’hypothèse de départ, posée par Judith, est bien vraie, du fait qu’il est toujours pertinent trente ans plus tard: il n’y a pas de déclin, seulement un déluge.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-declin-sinvite-au-theatre/" data-wpel-link="internal">Le déclin s’invite au théâtre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/le-declin-sinvite-au-theatre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tout ce qui ne va pas chez PETA</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/tout-ce-qui-ne-va-pas-chez-peta/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/tout-ce-qui-ne-va-pas-chez-peta/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 18:13:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[écoféminisme]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[peta]]></category>
		<category><![CDATA[publicité]]></category>
		<category><![CDATA[reinman]]></category>
		<category><![CDATA[richard twine]]></category>
		<category><![CDATA[scandale]]></category>
		<category><![CDATA[servantes écarlates]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance animale]]></category>
		<category><![CDATA[tracy reinman]]></category>
		<category><![CDATA[twine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32257</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’organisme cumule les scandales pour le meilleur et pour le pire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/tout-ce-qui-ne-va-pas-chez-peta/" data-wpel-link="internal">Tout ce qui ne va pas chez PETA</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la soirée du 25 octobre se tenait une conférence avec la vice-présidente de l’organisme <em>PETA</em>, Tracy Reiman. Suite aux campagnes promotionnelles choquantes, je m’attendais à une discussion «&nbsp;de surface&nbsp;», mais étonnamment, Mme Reiman parut très à l’aise de dire qu’en somme, la fin justifie les moyens. Toujours.</p>
<p><strong>Une analogie qui fait réagir</strong></p>
<p>Leur campagne la plus récente présentait une dizaine de femmes déguisées en «&nbsp;servantes écarlates&nbsp;» — en référence à la série télé populaire mettant en scène un monde où les femmes fertiles deviendraient des servantes au service de couples bien nantis souhaitant avoir un enfant. Dans cette mise en scène publique, chaque «&nbsp;servante&nbsp;» portait un masque de vache. Le but de cette parution : sensibiliser au traitement des vaches laitières, qui sont violées, c’est-à-dire inséminées contre leur gré, puis séparées de leur veau. L’organisme a aussi, par le passé, comparé la souffrance des vaches laitières à celle d’une mère immigrante étant séparée de son enfant, en faisant écho cette fois aux nombreux scandales quant au traitement ignoble des immigrants illégaux aux États-Unis. Sans surprise, ce genre de campagne a créé beaucoup d’indignation, mais selon la vice-présidente, c’est un mal nécessaire, et les messages haineux envers l’organisme ne sont que l’œuvre d’individus ignorants. Se pourrait-il que ce genre de campagne contribue à générer de la haine?</p>
<p><strong>La fin justifie les outrages?</strong></p>
<p>Que ce soit par inadvertance, par ignorance ou encore par entêtement maladif et dommageable, les campagnes de <em>PETA</em> sont misogynes. Oui, l’organisme est géré par une présidente et une vice-présidente, et Tracy Reiman ne semblait pas insensible aux critiques visant l’éthique des campagnes, mais somme toute les actions posées par l’organisation semblent discutables lorsque vient le temps de parler de féminisme. On pense notamment à la publicité mettant en scène une femme qui semble voir été battue ; la voix off explique que c’est son copain nouvellement végétarien qui lui a fait mal par la puissance soudaine de ses prouesses au lit. Il y a plusieurs problèmes avec cette publicité, dont le premier plutôt évident est l’utilisation de l’image de la femme battue à des fins «&nbsp;commerciales&nbsp;». Non seulement cela, mais en plus l’organisme la tourne en ridicule.</p>
<p>Lors de la conférence, une personne assise dans l’audience posa une question fort pertinente&nbsp;: ce genre de campagne choquante n’est-il pas une balle dans leur pied? Ne serait-il pas plus efficace de tenir des propos moins controversés et, de ce fait, d’atteindre un plus grand public? Ces décisions prises par l’organisme à la volée attirent peut-être un grand nombre de regards, mais aussi la haine, et repoussent un public potentiel.</p>
<p><strong><em>PETA</em> et l’écoféminisme</strong></p>
<p>Malgré la compréhension de la vice-présidente face aux questionnements quant aux implications misogynes de l’organisme, ses opinions exprimées avec une langue de bois et les actions de l’organisme portent à croire qu’ils se pensent défenseurs d’un type de féminisme&nbsp;: l’écoféminisme. Pour résumer, cette théorie fait remarquer que les rapports de pouvoir se manifestant dans la société entre les genres sont aussi présents dans nos rapports à l’environnement Ainsi, selon la philosophie de <em>PETA</em>, les animaux (non-humains) sont victimes d’une hiérarchisation, à la manière dont les femmes sont victimes de l’intersectionnalité. Le professeur Richard Twine parle du dégoût de certaines féministes face à la comparaison des femmes aux animaux (non-humains), et déplore cette réaction qui intensifie la hiérarchie dont j’ai fait mention ci-haut. Enfin, comme <em>PETA</em>, le professeur dénonce cette violente réticence à la comparaison entre les structures oppressives subie par les femmes humaines et celles subies par les animaux non-humains.</p>
<p>Je ne veux pas dire ici qu’une vache séparée de son veau ne souffre pas, et cela ne devrait pas arriver, mais de là à comparer la complexe souffrance d’une mère immigrante qui perdrait son enfant aux mains d’un gouvernement et d’une société cruellement injuste, et celle d’une vache et de son veau me semble très exagéré, et très inégal. La souffrance des animaux est effectivement totalement injustifiée et inutile, mais cela ne veut pas dire que cette souffrance soit égale à la souffrance des femmes qui dure et qui progressent avec les patrimoines culturels depuis des siècles. Si <em>PETA</em> souhaite gagner de la crédibilité, l’organisme devrait cesser de faire des comparaisons outrageuses et de faire dans le <em>clickbait</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/tout-ce-qui-ne-va-pas-chez-peta/" data-wpel-link="internal">Tout ce qui ne va pas chez PETA</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/tout-ce-qui-ne-va-pas-chez-peta/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le combat de toutes les générations</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/le-combat-de-toutes-les-generations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 14:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[génération]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32119</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout ce qui nous sépare ne fait pas le poids face aux changements climatiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/le-combat-de-toutes-les-generations/" data-wpel-link="internal">Le combat de toutes les générations</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s2">i l’on ne le sentait pas déjà, la campagne électorale au Québec fut plutôt claire sur une chose&nbsp;: il existe des différences énormes dans les valeurs qui motivent la génération des baby-boomers et celle des « milléniaux », principalement en ce qui concerne la crise écologique. Certain·e·s nient tout simplement son existence, d’autres croient que la communauté scientifique exagère ses effets, et ces croyances se trouvent principalement chez les <i>baby-boomers</i>, mais n’épargnent pas, en certaines circonstances, la génération Y.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Apogée de l’individualisme</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Si l’on se fie aux statistiques du gouvernement fédéral datant de 2011, les <i>baby-boomers</i> représentaient alors 3 personnes sur 10. Au cours de l’histoire du Québec, ce sont les enfants de l’après-guerre qui ont fortement contribué à l’essor du système capitaliste, entre autres par un besoin marqué d’autoaffirmation et d’affranchissement face à la religion catholique. Comme l’a dit le journaliste Louis Cornellier dans <i>Le Devoir</i> en 2016, c’est la société traditionnelle québécoise (au sein de laquelle les strates sociales étaient extrêmement rigide, et la religion catholique occupaient une place majeure dans la société) qui laisse place à la société de consommation. Le capitalisme, qui est aujourd’hui la source d’un problème qui semble insurmontable, fut le moyen d’atteindre la liberté et l’affirmation de soi pour cette génération.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Génération de l’individualité</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s3">Selon le <i>Times</i>, la génération Y serait la plus anxieuse et narcissique jamais observée. Avec l’avènement de la technologie, il semble effectivement y avoir quelque chose un tantinet narcissique avec le concept des réseaux sociaux, qui nous ont presque élevés, et un « sevrage » de ces derniers représenterait une grande gêne pour nous. C’est donc sans surprise que l’on entend les générations au-dessus de la nôtre l’associer abusivement à la technologie, mais un sujet nous divise plus encore : la question de l’environnement nous déchire beaucoup plus qu’elle nous rassemble (ce qu’elle devrait pourtant faire!).</span></p>
<p class="p2"><span class="s5">Si les <i>baby-boomers</i> ne se sentent pas aussi interpellés par la question des changements climatiques, il ne faut pas les blâmer, mais plutôt les remettre dans leur contexte sociohistorique. Il est difficile de dire à toute une génération qu’elle devrait laisser tomber ce qui l’a libérée&nbsp;; le système capitaliste est sans aucun doute problématique et devrait être remplacé par un système économique soutenable à long terme et qui appelle à l’égalité. Mais il demeure que le système économique actuel permet une grande liberté individuelle… si l’on peut se le permettre, paradoxalement. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Historiquement, c’est dans l’après-guerre que la communauté scientifique observe une augmentation de la température terrestre, mais ce n’est qu’en 1980 qu’un consensus autour de la question du climat se forme. Et déjà, à l’époque, les résultats prédisent un avenir horriblement prévisible : « <i>Si la concentration de CO2 advenait a doublé</i>[…]<i>, nos estimations prédisent des hausses des températures terrestres s’élevant à trois degrés celsius, et à ces hausses s’ajouteront des conséquences significatives aux conditions climatiques</i> » lit-on dans un rapport sur le dioxyde de carbone et sur le climat datant de 1979. Il faut dire que les <i>baby-boomers</i> ont connu l’avènement de la crise écologique et de ce fait l’annonce semblait peut-être très loin d’elles et eux. La génération Y ayant grandi avec le nez dedans, cela explique peut-être sa plus grande sensibilité face à cet enjeu.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Malgré que plusieurs choses séparent les deux générations «&nbsp;dominantes » de la vie politique, économique et culturelle, une chose devrait nous rassembler : cette épée de Damoclès qui nous tombera sur la tête dans deux ans. Nous ne sommes plus à l’avant des décennies dont les scientifiques nous parlaient, il faut agir et faire la chose la moins naturelle : laisser tomber ce que l’on croyait être bon pour nous, cesser de prôner l’individualisme (mal dont les deux générations sont coupables d’ailleurs).</span></p>
<p class="p2">Lorsque l’on sait que seulement cent entreprises sont responsables de 71% des émissions de gaz à effet de serre, il semble parfaitement contre-intuitif de continuer à soutenir le capitalisme. Il est temps de surpasser nos dangereuses envies de consommation abusive et de confort qui nous mettent tous et toutes en péril.</p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Se sentir impliqué·e</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Bien que la majorité des gaz à effets de serre (qui ne représente pas tout ce qui contrevient au climat) soit émise par de grandes compagnies et que cela est partiellement hors de notre contrôle, il n’empêche qu’en continuant de vivre sans lendemain, nous encourageons ce système cancérigène. Cessons de pointer l’autre du doigt et agissons d’un seul élan, générations réunies. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/23/le-combat-de-toutes-les-generations/" data-wpel-link="internal">Le combat de toutes les générations</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Francophonie à McGill&#160;: entre idéal et réalité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/francophonie-a-mcgill-entre-ideal-et-realite/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/francophonie-a-mcgill-entre-ideal-et-realite/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Oct 2018 14:38:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32059</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une rencontre avec le président de l’OFM pour remettre les pendules à l’heure.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/francophonie-a-mcgill-entre-ideal-et-realite/" data-wpel-link="internal">Francophonie à McGill&nbsp;: entre idéal et réalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">ors de la recherche web sur l’Organisation de la francophonie à McGill, peu de contenu ressort malgré mes efforts : une page Facebook (sur laquelle l’organisation invite les élèves à s’abonner à une infolettre, il faut le mentionner) et une page LinkedIn. Autre souci : l’organisation n’existe que depuis un an. C’est une surprise décevante puisque les personnes francophones représentent 33% (environ) de la totalité des étudiant·e·s de McGill. Pourquoi McGill n’a pas promu une telle initiative plus tôt? Évidemment, il existe d’autres ressources à la portée des francophones sur le campus, mais ces dernières ne semblent pas répondre aux besoins des étudiant·e·s concerné·e·s, si bien que les choses les plus banales relevant du simple droit étudiant semblent être balayées sous le tapis ou bâclées.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>L’organisation et sa portée</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Selon le président, Christophe Savoie-Côté, l’organisation francophone vise à rassembler tou·te·s les étudiant·e·s francophones mcgillois·e·s et de leur donner accès au plus grand nombre de ressources possibles, d’informations sur le monde francophone, et de fenêtres sur les opportunités que McGill et Montréal ont à leur offrir. Ainsi, son but n’est pas uniquement de se faire le défenseur des droits, ce qu’elle fait lorsque l’intégrité académique des étudiant·e·s en question est mise en péril. D’ailleurs, depuis l’an dernier, l’OFM lutte pour la réinstauration du poste de commissaire aux affaires francophones à l’AÉUM.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>L’Organisation ne prend qu’occasionnellement position politiquement pour deux raisons centrales : la première étant que là ne réside pas l’entièreté de son rôle originel, et deuxièmement, les effectifs monétaires, mais surtout humains, étant relativement limités, le groupe n’a d’autres choix que de choisir ses combats. On peut les blâmer autant que l’on veut, mais il demeure que d’autres comités et personnes portent déjà, supposément, cette lourde charge.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Quand droit et défi se chevauchent</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Peut-être vous êtes-vous laissé·e séduire, lors du passage d’un·e porte-parole de McGill dans le collège ou le cégep concerné, par l’idée de pouvoir remettre vos travaux en français. Si tel est le cas, votre déception fût surement aussi grande que la mienne, et quelle ne fut sûrement pas votre surprise que de réaliser que la correction d’un travail remis en français prenait le·a professeur·e au dépourvu, puisque McGill n’utilise pas les ressources à sa disposition : les professeures doivent envoyer une espèce de « cri du cœur » et espérer que l’un de leurs collègues soit en mesure de corriger votre travail. McGill non seulement regorge de traducteur·rice·s plus que compétent·e·s, mais abrite le précieux DLLF, son département de langue et littérature françaises. Ne peut-on pas interpeller des <i>TA</i>?</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Enfin, il me semble que l’Organisation de la francophonie à McGill représente un des uniques acteurs concernant plusieurs enjeux concernant les droits du corps étudiant francophone mcgillois, et je comprends les difficultés que rencontre l’organisation, encore jeune, qui semble se battre seule contre la grande machine mcgilloise. L’organisation aurait plus de pouvoir avec plus de moyens </span><span class="s2">«humains» : il relève du devoir des étudiant·e·s francophones<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de s’impliquer d’une façon ou d’une autre dans la promotion et la protection de la langue française dans le contexte mcgillois.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/francophonie-a-mcgill-entre-ideal-et-realite/" data-wpel-link="internal">Francophonie à McGill&nbsp;: entre idéal et réalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/francophonie-a-mcgill-entre-ideal-et-realite/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Brett Kavanaugh et la misère du monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/brett-kavanaugh-et-la-misere-du-monde/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/brett-kavanaugh-et-la-misere-du-monde/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Oct 2018 14:34:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[ford]]></category>
		<category><![CDATA[kavanaugh]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=32056</guid>

					<description><![CDATA[<p>«A scary time» comme l’a si bien dit le président Donald Trump.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/brett-kavanaugh-et-la-misere-du-monde/" data-wpel-link="internal">Brett Kavanaugh et la misère du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">R</span><span class="s1">ésumons l’affaire Kavanaugh pour les gens qui ne seraient pas au courant&nbsp;: le tout nouveau juge (donnant à l’affaire son propre nom) à la Cour suprême des États-Unis fut admis au sein de cette mythique institution malgré les allégations de viol de quatre femmes, dont une ayant témoigné devant la cour, Christine Blasey Ford. Le vote des sénateurs américains fut serré&nbsp;: 51 pour, 49 contre.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Oui, serré. Peut-être ce mot vous parait-il difficle à avaler, ou encore résonne-t-il comme les cloches de l’église lors de funérailles. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Serré?</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Donald Trump a été élu et gardé au pouvoir sans trop de questions <i>a posteriori</i> malgré la vingtaine d’allégations, que l’on aurait pu croire être une pluie acide, mais qui vraiment ne fut que bruine qui froisse une belle coupe de cheveux, et qui, comble du malheur, n’est que frustration de tous les jours. J’ai cru à tort, dans les derniers mois, que la </span><span class="s5">situation politique paraissant aussi contagieuse que la peste nous divisait plus que le «&nbsp;cours&nbsp;normal&nbsp;» des choses l’aurait voulu. Mais rien ne nous divise sauf nous-mêmes, en tant que société, et si on en croit les mots de Foucault, «&nbsp;le sens n’[est] probablement qu’une sorte d’effet de surface, un miroitement, une écume, et (…) ce qui nous travers[e]profondément, ce qui [est] avant nous, ce qui nous sout[ient] dans le temps et dans l’espace, c’[est] le système […]» (Foucault, 1966). Mots plutôt difficiles à digérer si l’on a le désir contestataire de mettre le poids des événements sur le dos du«système». Malheureusement, on peut marcher vers on-ne-sait-quoi en regardant nos pieds indépendamment de ce système politique corrompu, même si ce dernier le nourrit indéniablement. Ainsi, il me semble important de bien prendre toute la mesure de cette société aux allures surréalistes dans laquelle nous évoluons afin de considérer que le vote qui a fait entrer Brett Kavanaugh à la Cour suprême n’est peut-être pas aussi serré que ce que les apparences portent à croire, et ne relève pas du hasard.</span></p>
<p class="p4"><span class="s6"><b>Un chiffre</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Entre 51 et 49, effectivement, il y a un faible écart numérique. Mais, à mon sens, le mur ridiculement haut de l’ignorance s’étend plus loin que ce que l’imaginaire aurait pu nous faire entrevoir et c’est peut-être ce qui nous surprend dans cette affaire. Comment 51 personnes peuvent-elles croire qu’un individu ayant très fort possiblement agressé d’autres individus soit en mesure de prendre des décisions d’envergure nationale, surtout si l’on considère le degré majeur desdites décisions… Si on ne peut respecter un être humain à la plus petite échelle singulière, comment peut-on s’attendre à être respecté en tant que société? Enfin, ce que je tiens à exprimer, plus trivialement, tient en cela&nbsp;: si l’on élit des agresseurs, on se fera agresser collectivement. Si l’on ne peut mettre notre humanité en action et faire preuve d’empathie, comment peut-on espérer un jour se sensibiliser? </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/brett-kavanaugh-et-la-misere-du-monde/" data-wpel-link="internal">Brett Kavanaugh et la misère du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/10/16/brett-kavanaugh-et-la-misere-du-monde/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bi life&#160;: une fausse bonne idée ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/bi-life-une-fausse-bonne-idee/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/bi-life-une-fausse-bonne-idee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 13:20:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[bisexuel]]></category>
		<category><![CDATA[bisexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[orientation sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[sigmund freud]]></category>
		<category><![CDATA[téléréalité]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31814</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle téléréalité mettra en scène de jeunes bisexuel·le·s en Angleterre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/bi-life-une-fausse-bonne-idee/" data-wpel-link="internal">Bi life&nbsp;: une fausse bonne idée ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">V</span><span class="s1">ous avez peut-être déjà vu l’annonce sur les réseaux sociaux, une nouvelle émission de télé-réalité paraîtra sur les ondes de <i>E!</i> en Angleterre à partir du 25 octobre. <i>The Bi Life</i> mettra en scène de jeunes bisexuel·le·s cherchant l’amour. Dans la vidéo promotionnelle, on peut contempler les participant·e·s, tout de blanc vêtu·e·s, se jetant de la peinture aux couleurs du drapeau de la communauté. On peut les observer se tartinant mutuellement entre femmes, entre hommes, entre hommes et femmes. Bien que le concept en lui-même montre une ouverture sur la communauté bisexuelle, force est de constater que cette mise en spectacle pose plusieurs problèmes éthiques (s’ajoutant aux enjeux inhérents de la téléréalité).</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>«&nbsp;Tout le monde est bi&nbsp;»</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Selon la théorie freudienne, des individus de toutes orientations sexuelles et de tout genre seraient «&nbsp;pris&nbsp;» dans une bisexualité psychique. Dans <i>Les Trois essais sur la théorie sexuelle</i> de Freud,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>ce dernier explique que tous les humains vivent dans une bivalence psychique de la mère et du père, ou plus précisément, notre part de masculinité et de féminité qui seraient en perpétuel combat. Toujours selon Freud, cela relève du doute obsessionnel et de l’impossibilité de choisir entre le père et la mère. Il me semble que cette théorie est partagée par monsieur et madame Tout-le-monde et beaucoup plus largement sur l’orientation sexuelle, selon lesquel·le·s tout le monde pourrait être attiré sexuellement par un individu d’un autre sexe. L’incompréhension et la curiosité qui se manifestent de façon malsaine dans la sphère télévisuelle n’ont réussi qu’à se nourrir elles-mêmes par le passé, présentant la bisexualité comme une pseudo-communauté dont les membres auraient une sexualité fluide.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>«&nbsp;Ils·elles ne sont pas fiables…&nbsp;»</b></span></p>
<p class="p6">Il existe une idée prédominante selon laquelle la bisexualité serait un passage éphémère et expérimental dans la sexualité d’un individu, dans l’attente que lui ou elle «&nbsp;choisisse&nbsp;» entre l’hétérosexualité ou l’homosexualité. Ce flou qu’on laisse vivre et qu’on partage au premier qui veut bien l’entendre mène au raisonnement suivant&nbsp;: les bisexuel·le·s sont déloya·ux·les, infidèles parce qu’ «&nbsp;indécis·e·s&nbsp;». Ce mythe de l’indécision ratisse bien plus large que la sphère amoureuse et les personnes faisant leur <i>coming-out</i> à des membres de la famille ou à des collègues vont parfois voir les liens de confiance avec ces derniers et dernières s’effriter&nbsp;: qui ferait confiance à quelqu’un·e qui a «&nbsp;peur de l’engagement&nbsp;»? Comme le démontrent des émissions comme <i>Occupation Double</i>, l’indécision fait partie inhérente de l’archétype de la téléréalité et de son suspense, en plus d’être minutieusement décuplée afin de rendre l’ordinaire extraordinaire.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le mythe du « deux fois plus »</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Les personnes bisexuelles sont souvent perçues à tort comme les <i>jokers</i> de toutes les orientations sexuelles confondues. Cette idée pose non seulement problème par rapport à la compréhension des bisexuel·le·s, mais aussi par rapport à notre vision du célibat et de la «&nbsp;chasse&nbsp;» amoureuse&nbsp;; il serait temps d’arrêter de voir le bassin de célibataires comme un buffet. Le fait d’être bisexuel·le n’augmente pas les chances de trouver chaussure à son pied. La bisexualité se manifeste selon toutes sortes de «&nbsp;ratios&nbsp;», à toutes sortes d’intensités. Les concepts de l’émission me portent à croire que l’on a recherché des bisexuel·le·s «&nbsp;parfait·e·s&nbsp;», présentant un ratio 50–50 à intensité 50–50. Même si ce genre de formule exacte peut se manifester chez une personne, comment pourrait-on calculer que cette même personne puisse<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>être attirée également par tous et toutes? On semble mettre de côté toute la valeur humaine de l’attirance. Mais si on ajoute ce «&nbsp;facteur humain&nbsp;» dans le calcul organisé télévisuel, on se retrouve inexorablement avec un autre problème.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Prouver qu’on est bi?</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Prenons le scénario suivant&nbsp;: une jeune femme s’amourache d’une autre jeune femme, elle ne désire pas avoir de rapports intimes physiques avec une autre personne, qu’elle soit homme ou femme. Comment le public sait-il que cette jeune femme est bisexuelle? Elle pourrait tout aussi bien être une espionne lesbienne venue gâcher le concept hautement intellectuel de cette émission! Je ridiculise peut-être la chose, mais il subsiste que si cette problématique existe dans la vie de tous les jours et que les bisexuel·le·s vivent cette pression de devoir «&nbsp;prouver&nbsp;» aux autres leur bisexualité, pourquoi cela différerait dans le cadre d’une téléréalité? Pis encore, dans cette microsociété hypersexualisée — comme la vidéo promotionnelle semble le montrer, mais il faudra attendre les parutions pour évaluer à quel point l’hypersexualisation teintera le programme —, tout semble laisser libre cours au bon jugement de chacun·e pour questionner sans scrupules la sexualité des autres. Je ne veux pas prêter de mauvaises intentions à quiconque, mais le passé des communautés bisexuelles parle de lui-même! Non seulement est-elle victime d’une ignorance généralisée, mais elle semble être le bouc émissaire au sein de la grande famille LGBTQIA2+ (bouc émissaire au sein de cette dernière aussi, je tiens à le préciser).</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Évidemment, une représentation télévisuelle de la communauté ne ferait pas de mal en soi&nbsp;: le manque d’informations s’explique en partie par le manque de visibilité. Mais je doute qu’une téléréalité à saveur sensationnaliste aide réellement la cause. D’un point de vue local, <i>Occupation Double</i> nous a prouvé que ce genre d’émission non seulement renforce des stéréotypes déjà ancrés dans l’imaginaire collectif, mais les utilise afin d’en faire un spectacle captivant.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>«En 2013, près de la moitié des femmes de la communauté bisexuelle aux États-Unis furent victimes de viol, ce qui représente environ 5 millions de femmes»</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les conséquences <i>a posteriori</i> d’une telle émission (renforcement des stéréotypes, entre autres) pourraient se faire ressentir chez les femmes bisexuelles. En 2013, près de la moitié des femmes de la communauté bisexuelle aux États-Unis furent victimes de viol, ce qui représente environ 5 millions de femmes. Et il n’est même pas question ici de l’ensemble des violences sexuelles, dont le chiffre grimpe à 75% des femmes de la communauté. Au surplus, il a été démontré que les femmes bisexuelles vivent des conséquences négatives encore plus graves que celles vécues par des femmes hétérosexuelles ou lesbiennes. Évidemment que le viol et la violence sexuelle ont des conséquences absolument désastreuses pour toutes, et chacune transporte son petit baluchon de stéréotypes chaque jour, mais nous ne sommes pas obligées de nourrir les institutions qui s’enrichissent impunément sur ces fausses idées, et d’ainsi perpétuer une culture du viol télévisuelle et télévisualisée. Malheureusement, ce n’est certainement pas une émission où la première image que l’on décide de lancer dans la sphère publique comprend des femmes et des hommes s’étalant de la peinture sur le corps qui va défaire l’image des bisexuel·le·s accro au sexe, incapables de «&nbsp;choisir un camp&nbsp;».</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/bi-life-une-fausse-bonne-idee/" data-wpel-link="internal">Bi life&nbsp;: une fausse bonne idée ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/bi-life-une-fausse-bonne-idee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cri d’alarme ancestral</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/01/cri-dalarme-ancestral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Oct 2018 16:29:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31790</guid>

					<description><![CDATA[<p>Discussion avec Mélissa Mollen Dupuis de Wapikoni Mobile.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/01/cri-dalarme-ancestral/" data-wpel-link="internal">Cri d’alarme ancestral</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">epuis 2012, elle et Widia Larivière font valoir les droits sur les territoires ancestraux des nations autochtones. En 2017, elle gagne le prix Ambassadeur de la Conscience </span>d’Amnistie internationale, et elle travaille aujourd’hui main dans la main avec Radio-Canada pour monter des capsules répondant à des questions du public sur les Premières Nations. Mélissa Mollen Dupuis se bat pour les droits des nations et des femmes autochtones depuis des années. Voici donc l’avis de la professeure sur divers sujets d’actualité.</p>
<p class="p4"><span class="s2">Le Délit (LD): <i>Toi et Widia Larivière êtes les porte-paroles du mouvement </i>Idle No More<i> depuis 2012. Qu’est-ce qu’</i>Idle No More<i> et quelle est son importance au Québec?</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Mélissa MollenDupuis&nbsp;(MMD):<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; </span></span><span class="s1">C’est un mouvement pancanadien, mais qui est maintenant présent un peu partout dans le monde. C’est un mouvement citoyen. Parfois les gens nous demandent «pourquoi vous n’avez pas organisé une assemblée générale, mais non, le but c’est que ça reste un mouvement citoyen. Puis ça donne au mouvement une liberté incroyable de mobilisation, mais surtout ça permet ce que nous on espérait: c’est d’ouvrir la parole à tout le monde. […] Mais avec les grands médias, c’était extrêmement difficile non seulement de les avoir présents, mais d’avoir un angle non biaisé, et donc <i>Idle No More</i> c’était une manière en même temps de se mobiliser à travers le Canada de façon simultanée, entre Premières Nations, Inuits et Métis tous ensemble. […] Mais par contre, ce dont le monde ne s’est pas rendu compte c’est à quel point on est diversifiés; ce n’était pas juste les Autochtones, qui est un peu le terme panier qui était utilisé avant, mais ça a aidé à développer une distinction entre les nations qui n’existait pas il y quelques années; les gens parlaient des Premières </span><span class="s3">Nations et déjà c’était fantastique, pareil quand on parlait d’«Autochtones», ça changeait un peu des «Indiens» d’il y a quelques années! […] Et puis on a commencé [à travailler avec <i>Idle No More, ndlr]</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>en traduisant les appels à l’action, traduire les nouvelles de ce qui se passait dans le Canada anglais, puis vraiment rendre ça accessible au niveau de la langue parce que, qu’on le veuille ou non, on n’a pas tous été colonisés par les mêmes colonisateurs. Ce n’est pas notre choix, la langue. […] Et donc ça a commencé par-là, <i>Idle No More</i>. Puis après ça, ça a été de travailler sur les mobilisations à travers la province dans plusieurs communautés ou même dans les grandes villes. […]Depuis 2006, je me mobilise en tant que femme pour la cause des femmes assassinées et disparues, et quand on avait réussi à avoir 100–200 personnes à la marche, c’était un succès incroyable, mais ça demandait toute l’énergie du monde. De se créer un réseau, justement, de personnes qui voulaient avoir la justice sociale pour les Premières Nations, peu importe quel était notre <i>background</i> — parce que c’est sûr qu’on était ce qu’on appelait la société civile — mais on a aussi des politiciens du milieu des Premières Nations qui se sont mobilisés avec nous. Je pense à Justin Picard, je pense à mon chef dans mon village qui a été présent pour les actions que les femmes ont entreprises. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Donc, ça été de montrer ensemble l’importance de la situation des Premières Nations, malgré le fait qu’on n’est pas toujours tous d’accord sur tous les enjeux. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">J</span><span class="s4">e veux dire, quand on arrive au niveau de l’environnement ou du développement économique, là on rentre dans d’autres sujets, et même à travers nos propres nations, on ne fera pas toujours l’unité. Mais, <i>Idle No More</i>, à la base, c’est parti de quatre femmes (de l’Ouest), qui ont créé le premier <i>teach-in </i>[séminaire public, <i>ndlr</i>] <i> </i>qui s’appelait <i>Idle No More</i>, sur les lois omnibus — pour la protection de l’eau —<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>et comme dans nos traditions les femmes sont souvent responsables de l’eau, responsables de la famille, comme les femmes aussi ont un rôle lié au fait qu’à travers nous coule une rivière millénaire de mère en fille, cette eau-là devient notre responsabilité comme les hommes ont la responsabilité de la terre et des animaux. Ce n’est pas comme un rôle oppressif du genre «va dans ta cuisine pis fais-moi un sandwich», c’est vraiment des rôles pour se partager les responsabilités qui existaient sur le territoire. Puis c’est pas des rôles liés uniquement au sexe, il y en a </span><span class="s4">une multitude. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Dans les protections de l’eau qui avaient été enlevées par le gouvernement Harper se cachait à travers le développement des <i>pipelines </i>à travers le Canada, le développement des sables bitumineux. On s’est rendu compte aussi de l’ampleur que ça avait et ça touchait, d’un océan à l’autre, toutes les communautés qui se sont mobilisées. Et même, après ça, on descend jusqu’aux États-Unis parce que, encore une fois, on revenait avec des savoirs traditionnels, comme&nbsp;</span>le fait qu’on vit sur le dos d’une grande tortue, ce qui est l’un des savoirs qu’on partage. C’est sûr que ce n’est pas une vraie tortue, mais une tortue symbolique: quand on la regarde sur la carte d’Amérique du Nord on la voit très clairement, où le Québec c’est la patte droite, l’Alaska c’est la patte gauche, la Floride c’est la patte arrière droite, le bas de la Californie et le Nouveau-Mexique celle de gauche, puis la queue c’est le Mexique, la carapace c’est l’unification du Nord — du Mexique, des États-Unis et du Canada. Cette tortue est [un symbole], parce qu’on dit que c’est un être qui nous porte sur son dos, on ne la voit pas comme un objet qui peut être divisé par des frontières, mais bien comme un être vivant sur lequel on est porté et dont on dépend. Donc quand on parlait de «nos» territoires, ça faisait souvent une difficulté par rapport à l’échange qu’on avait, parce que quand on parle de «nos territoires», c’est comme si je disais «ma mère»: ma mère ne m’appartient pas, mais moi j’appartiens à ma mère. C’est la relation plus [axée sur] l’échange, alors que quand on parle de «nos territoires» au Canada, et bien là on va avoir des lignes, des frontières qui ont été dessinées de façon très imaginaire mais qui ont la solidité du béton, alors que nos savoirs sont parfois diminués, rapetissés, mais on le sait que l’air qu’on respire présentement, c’est le même air qu’on va respirer sur la Côte-Nord. Ce sont les mêmes oiseaux qui traversent [le ciel]. Tout ça, c’est venu comme un bulldozer de savoirs, d’échanges et de choses qui ont été ignorés […]. Et même que, encore aujourd’hui, on conteste en cour, je veux dire on est en voie de réconciliation avec le gouvernement du Canada, mais on est quand même dans les cours suprêmes à essayer de défendre des droits comme empêcher des passages de <i>pipelines</i> dans les territoires des Premières Nations.</p>
<p class="p1">Donc c’est extrêmement large et c’est ce qu’<i>Idle No More</i> essaie de garder. Le monde essayait un peu de chercher les angles, d’où ça venait, mais à partir de ce premier <i>teach-in</i> est venu vraiment la base du mouvement. Nous sommes un mouvement pour la planète […], pour les savoirs traditionnels, pour les droits ancestraux, et même aussi pour la reconnaissance des droits plus reconnus de façon nord-américaine, ça veut dire des droits constitutionnels et tout ça — qui n’est pas notre constitution en tant que telle parce qu’on ne l’a pas écrite, mais on doit travailler avec les outils qui sont en place — et après ça, ce mouvement-là s’est ouvert à d’autres femmes qui ont commencé à faire des <i>teach-in</i>.</p>
<p class="p1">Nous, on a commencé à en faire ici au Québec, à Montréal, pour parler des droits autochtones, [par exemple] dire qu’il y a onze nations au Québec, quelle est la distinction entre les onze nations. Ça a vraiment commencé [dans l’intention] d’enseigner, de transmettre des connaissances. La distinction qu’il y a beaucoup eu entre le Québec et le reste du Canada, c’est qu’on a eu la crise d’Oka en 1990 et je pense que déjà là c’était un <i>wake-up call </i>[signal d’alarme,<i> ndlr </i>], mais vingt ans plus tard, on est encore là, on est encore en train de chialer, mais maintenant on le fait à un niveau national. Donc je pense que l’ouverture des médias a été plus grande et plus rapide. On a eu la couverture du <i>Devoir</i> très tôt, et nous autres on s’attendait pas à ce que…je veux dire, on s’attendait à se faire recevoir avec une brique et un fanal, parce que c’était juste après la crise étudiante. On s’est dit: «oh, s’ils tapent sur leurs propres enfants, qu’est-ce qu’ils vont faire à une <i>gang</i> de femmes autochtones?» On s’attendait vraiment à 1990 version 2, la suite.</p>
<p class="p1">Mais on a été quand même assez surprises de l’accueil, et surtout je pense que ce qui a été vraiment une force qu’on n’avait pas estimée au Québec, c’est justement avant les étudiants qui s’étaient mobilisés et avant qu’<i>Occupy</i> ait lieu, ce sont tous les noms d’Autochtones qui eux-mêmes ont vécu une injustice énorme dans leur propre territoire, leur propre pays, par, en plus, leur propre gouvernement, ceux qui doivent s’occuper d’eux. Parce qu’on a un lit et que les enfants, on en prend soin en communauté. Et quand <i>nous</i>, on est arrivés, on a eu un support incroyable de la part des étudiants, de ceux qui s’étaient mobilisés justement, qui avaient <span class="s1">vécu toutes ces injustices-là. […] Et puis il faut comprendre qu’il y a des communautés qui en souffrent depuis plus longtemps que nous. Donc ça, je dois avouer que c’était quand même quelque chose de surprenant. On s’attendait à la crise d’Oka, parce que ça n’a pas été facile: j’avais 12 ans et je m’erappelle comment c’était raciste après, comment on était tous des <i>sauvages</i> et des <i>Mohawks</i>, des bloqueurs de ponts, et il y avait vraiment eu une haine généralisée des Premières Nations après ça. Mais ça a servi de point de départ, je pense, pour un réveil collectif, par rapport à l’identité autochtone. Il y a beaucoup de gens qui croyaient à la séparation du Québec, [qui se sont réveillés] après [le référendum] parce qu’ils n’avaient pas consulté les Premières Nations qui elles-mêmes veulent se séparer. Je pense qu’il y a eu des évènements dans les années 90 qui ont fait germer la mobilisation de jeunes femmes autochtones comme moi, Widia, Natasha Kanapé-Fontaine et plein d’autres. Mais ça a aussi planté des graines dans la tête des Québécois; on ne peut plus faire semblant que tout était beau et gentil.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><i>LD: Depuis les dernières années, il y a un désir encore plus fort qu’avant de se faire entendre chez les Premières Nations. Il y a eu l’apparition de plateformes comme </i>Wapikoni Mobile.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><i>MMD</i>&nbsp;: La <i>Wapi</i>, s’il y a une plateforme qui m’a fait embarquer [c’est celle-là.] […] Le vidéo, l’audio, la musique, forment justement la suite naturelle de nos savoirs traditionnels qui étaient dans l’oralité. […] Le vidéo, c’est ce que les Premières Nations ont repris naturellement, c’est comment on raconte, comment on vit nos histoires en étant avec une autre personne. Et cet échange-là se voit vraiment quand je vois des gens venir voir des films de la <i>Wapikoni Mobile</i>, et vivre l’expérience. […] Non seulement on est rendu au-dessus de mille films, mais pour moi c’était la suite naturelle d’<i>Idle No More</i>. […] Les sujets [abordés par<i> Idle No More</i>] ce sont des sujets qui portent à la caméra, mais ce ne serait pas possible s’il n’y avait pas eu ce support de la <i>Wapikoni</i>, des cinéastes professionnels qui vont dans les communautés, qui apprennent aux jeunes à faire des vidéos et qui trempent eux-mêmes dans la culture et qui doivent en apprendre autant qu’ils en enseignent. Alors ça, pour moi, c’est un modèle de réussite: on a, je pense, au-dessus de 163 prix nationaux et internationaux, on fait des escales partout, il nous manque juste les États-Unis, […], mais on a [été aux quatre coins du monde] et maintenant, dans chaque province du Canada. Et cette formule-là a fait ses preuves dans les communautés, beaucoup plus que les écoles forcées. […] Ça a montré aux jeunes que leurs voix peuvent être entendues, et ça montrait aussi des <i>leaders</i>. […] Et [la plate-forme] permet de mettre en valeur des gens qui ont des savoirs traditionnels et ensuite de les rendre accessibles; les films sont tous disponibles en ligne. Moi je pense qu’un peu plus puis on va tenir les paupières du monde si on veut enseigner, je pense qu’on fait nos preuves par rapport à notre bonne volonté. Après, la bonne volonté de l’autre côté c’est d’écouter […].</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><i>LD: Il y a toute cette question de l’éducation, et au Québec il semble y avoir un problème dans ce système par rapport à ce qu’on nous enseigne sur les nations autochtones.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><i>MMD</i>: On se fait souvent enseigner comme étant dans le passé, et je me suis déjà questionnée à savoir où on était avant Jacques Cartier parce qu’on était pas dans les livres, et j’ai dû faire ma propre recherche à 16 ans. Je crois beaucoup au cours d’histoire parce que j’ai été obligée de me faire le mien en grandissant pour savoir d’où je venais […] parce que c’étaient des connaissances auxquelles on avait absolument pas accès dans nos livres d’histoire. […]</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><i>LD: Par rapport à l’éducation, pensez-vous qu’il y aurait quelque chose qu’on pourrait ajouter?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><i>MMD: </i>Au Québec il y un grand manque parce qu’on sous-estime le besoin d’éducation de l’histoire. Non seulement ça, mais moi aussi j’ai marché avec les casseroles et avec les jeunes parce que je me disais que la gratuité scolaire, ça permet peut-être d’avoir des programmes plus intéressants et il faut mettre de l’argent dans l’éducation; présentement les écoles tombent en ruine. Alors quand on parle de réconciliation et de remettre les Autochtones dans les livres d’histoire, il y beaucoup d’autres choses qui sont aussi nécessaires et urgentes: il y a un sous-financement et un sous-intérêt […]. Il faut aussi permettre à des personnes qui sont bonnes pour aller dans les écoles et présenter la culture [autochtone] de le faire. Et il y a des échanges entre communautés dans les écoles pour voir pas seulement les réalités de l’autre, mais de voir la différence et le bouleversement, le choc culturel qui est vécu […]. </span><span class="s4">ξ</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/01/cri-dalarme-ancestral/" data-wpel-link="internal">Cri d’alarme ancestral</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Briser le monopole de la subjectivité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/09/25/briser-le-monopole-de-la-subjectivite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Sep 2018 12:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[/ditorial]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[subjectivité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31714</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, McGill célèbre son Indigenous Awareness Week (Semaine de sensibilisation aux cultures autochtones, en français), censée donner une voix aux personnes autochtones, et enrichir les connaissances de la population mcgilloise sur les affaires autochtones au Canada. De nombreux événements intéressants ont été organisés comme un pow wow, un concert de musique traditionnelle ou encore&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/25/briser-le-monopole-de-la-subjectivite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Briser le monopole de la subjectivité</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/25/briser-le-monopole-de-la-subjectivite/" data-wpel-link="internal">Briser le monopole de la subjectivité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">ette semaine, McGill célèbre son <i>Indigenous Awareness Week</i> (Semaine de sensibilisation aux cultures autochtones, en français), censée donner une voix aux personnes autochtones, et enrichir les connaissances de la population mcgilloise sur les affaires autochtones au Canada. De nombreux événements intéressants ont été organisés comme un <i>pow wow</i>, un concert de musique traditionnelle ou encore des conférences sur les problèmes juridiques et politiques des communautés autochtones et le racisme dans le système de santé et l’éducation. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette semaine est une étape cruciale pour pallier le manque de visibilité et de représentation des personnes issues de communautés autochtones au Québec. Les partis politiques en lice pour l’élection provinciale du 1er octobre manquent sensiblement de diversité: les Autochtones y sont très peu représenté·e·s. Québec solidaire, après avoir investi Alisha Tukkiapik, une Inuk, dans Ungava, est le seul parti à présenter un·e candidat·e autochtone. Cette situation ne surprend aucunement puisqu’un seul Autochtone a été élu au Québec depuis 1969, année où il·elle·s ont obtenu le droit de vote. &nbsp;&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">À McGill, même constat: les personnes issues de communautés autochtones sont presque invisibles. Pourtant, selon le recensement de la population de 2016 concernant les Premières Nations, les Métis et les Inuits de Statistique Canada, près de 9,5 % de la population autochtone vit au Québec, ce qui constitue aujourd’hui environ 2,2 % de la population québécoise. Aussi, les Autochtones sont notoirement plus jeunes que la majorité non autochtone et&nbsp;— notamment grâce à l’augmentation du nombre d’auto-identification — la population autochtone a augmenté de 42,5 % depuis 2006, ce qui représente plus de quatre fois le taux de croissance de la population non autochtone au cours de la même période. Après de nombreuses demandes, l’administration s’est engagée à prendre les 52 mesures recommandées par le rapport final du groupe de travail du vice-principal exécutif sur les études et l’éducation autochtones en juin 2017. Depuis, nous n’avons aucune information sur la mise en place concrète des mesures de ce «&nbsp;projet d’autochtonisation et de décolonisation&nbsp;», dont Kakwiranó:ron Cook est responsable. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’idée de représentation implique que l’objet re-présenté soit déjà présent. L’une des difficultés semble être là: il s’agit de représenter un sujet qui est réduit à l’état d’objet dans l’acte-même de la représentation. Lorsque l’on pense à la représentation des Autochtones, aussi bien sur le campus que dans les partis politiques, c’est bien cette subjectivité-là qu’on leur ôte. On traite depuis des centaines d’années les Premières Nations comme un seul bien meuble, auquel on ne devrait rien, et envers qui l’ouverture est vue comme un acte de bonté et de bienveillance. Les Nations occupent le territoire depuis des millénaires, et souffrent non seulement de notre entêtement, mais surtout de nos destructions environnementales. Il est plus que temps de laisser les Premières Nations s’exprimer tout en ayant notre attention collective et &nbsp;notre respect, et d’encourager le repli des gouvernements face à leurs droits ancestraux. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bien sûr, les partis politiques et les institutions doivent ouvrir leurs portes et prendre des mesures pour intégrer plus d’Autochtones. Il s’agit de leur permettre d’avoir un lieu d’où ils et elles peuvent représenter leur communauté: rendre présentes au sein des institutions québécoise les problématiques si particulières et complexes qui les touchent. Faciliter et encourager la participation des Autochtones aux élections, aussi bien du côté des électeur·rice·s, que des éligibles est donc essentiel pour leur rendre la subjectivité qu’on a niée au cours de l’histoire de la colonisation. Agir pour augmenter la présence d’élèves issu·e·s de communautés autochtones à McGill et dans les autres universités participe aussi de ce </span><span class="s2">mouvement, puisque cela permettrait de mieux répartir au sein de la population québécoise les outils précieux que l’éducation peut offrir aux citoyen·ne·s. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pourtant, rendre aux Autochtones leur subjectivité, c’est aussi reconnaître et accepter qu’ils et elles portent un regard critique sur les non autochtones. Flou derrière nos bonnes intentions se cache un vieux réflexe souvent inconscient: celui de se penser invisible aux yeux des personnes discriminées, d’oublier qu’elles voient et analysent ceux et celles qui les discriminent et, par-là, de nier leur subjectivité. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Lorsque l’on aimerait voir plus d’Autochtones sur les bancs de McGill et de l’Assemblée, se demande-t-on s’il·elle·s en ont envie? Reconnaissons-nous la possibilité que nos modèles ne soient pas les leurs? Il semble que se poser ces questions nuancerait l’analyse que l’on fait de la situation: agir pour que les Autochtones soient intégré·e·s doit passer par un questionnement d’abord de leur volonté d’être intégré·e·s et ensuite de nos modèles de société actuels. La manière dont l’éducation et la politique s’organisent sans les Autochtones correspond-elle à leur vision? </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il est indiqué dans l’article «&nbsp;Les Autochtones, les oubliés des partis politiques québécois&nbsp;» du <em>Devoir</em>, qu’&nbsp;«&nbsp;au-delà des questions démographiques et du « peu d’efforts [fournis par les] partis » en matière d’intégration, les Autochtones ne sont pas forcément enclins à participer à la politique provinciale pour des raisons idéologiques&nbsp;». Intégrer les partis politiques peut être perçu comme une manière d’adhérer au modèle gouvernemental et d’accepter «&nbsp;l’ingérence&nbsp;» du gouvernement provincial sur les territoires autochtones. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il semble que nous persistons à reproduire un modèle d’assimilation qui a été par le passé profondément contre-productif et qu’il est urgent de dépasser. Se rappeler que l’Autre nous voit est essentiel afin qu’il soit vu. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/25/briser-le-monopole-de-la-subjectivite/" data-wpel-link="internal">Briser le monopole de la subjectivité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les invasions barbares de l’humour</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/les-invasions-barbares-de-lhumour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Sep 2018 14:38:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31506</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les dangers d’une surreprésentation de l’humour absurde blanc au Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/les-invasions-barbares-de-lhumour/" data-wpel-link="internal">Les invasions barbares de l’humour</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">’ humour au Québec semble intouchable: celle (dans le présent cas) qui ose monter le ton quand vient le temps de parler de la culture comique québécoise devient inévitablement une rabat-joie aux yeux de plusieurs, et comme le mentionne Michael Billig dans </span><span class="s2"><i>Laughter and Ridicule: Towards Social Critique of Humour</i></span><span class="s1">, il est très facile pour la personne critiquant d’être vite tournée elle-même en ridicule. Il ne s’agit pas ici de critiquer le rire en lui-même ou de douter de ses vertus, mais bien de souligner le goût du public pour l’humour absurde par-dessus les autres formes, et de ce fait de la disparition de la satire et de son impact sur le public. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Aujourd’hui, je prends le risque de gâcher l’ambiance, parce que je pense que le jeu en vaut la chandelle. Il me tient à cœur de dénoncer l’absence remarquée de la satire et les conséquences non seulement de cette absence, mais aussi celles de la surabondance de l’humour absurde dans la sphère publique. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>L’humour absurde</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cet humour dit absurde prend plusieurs formes: selon Simon Papineau dans son livre <i>Le sens de l’humour absurde au Québec</i>, il peut être cérébral, moderne psychoaffectif ou encore moderne social. Dans le présent cas, ce sont surtout les deux premiers types qui nous intéressent. Pour ce qui est de l’humour absurde cérébral, il se situerait quelque part entre l’absurde et la poésie et proposerait un monde à part, à l’image du ou des humoristes.</span></p>
<blockquote><p>À l’ère de la désinformation, accompagnée, sinon causée, par une crainte de la vérité, il me semble dangereux de s’enfermer continuellement dans la bulle protectrice que propose l’humour absurde.</p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Du côté de l’humour absurde moderne psychoaffectif, on parle dans l’œuvre de Papineau de la pensée par le biais d’une logique absurde pour aborder des thèmes comme l’amour, la mort, la maladie, etc.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Le philosophe Henri Bergson parle «du mécanique plaqué sur du viva» pour envelopper le très large spectre du comique, du risible. L’humour absurde, il me semble, pourrait être un trop-plein de mécanique, et il est difficile à saisir parce qu’il est la mousse du <i>stand-up</i> comique, le «méta», la blague sur la blague. <i>De ce point de vue</i>, il n’est pas surprenant de constater que les débuts des Denis Drolet n’ont pas été de tout repos, et que l’humour absurde était alors une contrée inconnue du paysage humoristique québécois. Depuis, André Sauvé et des humoristes de la relève tels que Rosalie Vaillancourt ou Julien Lacroix ont largement et brillamment exploré<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"> cet univers.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Vous aurez maintenant compris que je ne cherche pas à faire le procès de telle ou telle forme d’humour, au contraire, j’espère le retour d’un équilibre entre l’humour absurde — qui<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>semble vendeur par les temps qui courent, médiatisable et médiatisé par des grosses entreprises comme Québecor — et<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’humour satirique comme celui d’Yvon Deschamps. La satire porte à réflexion de par sa nature critique; elle cherche à faire grincer des dents, à porter un jugement, sur les mœurs ou sur les<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>individus, bref c’est un humour qui sous-entend une critique sociale. Yvon Deschamps, dans ses monologues, a parfois été incompris, accusé à tort d’homophobie ou de racisme, alors qu’il ne semblait en fait qu’interpréter une caricature de ces grands problèmes sociologiques: il incarnait ces tabous sans les nommer. Il faut dire que le monologuiste faisait rayonner l’esprit de la Révolution tranquille à travers son humour cinglant.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Les milléniaux hédonistes</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s2">À l’ère de la désinformation, accompagnée, sinon causée, par une crainte de la vérité, il me semble dangereux de s’enfermer continuellement dans la bulle protectrice que propose l’humour absurde. Considérant l’importance de l’humour au Québec, c’est-à-dire son rôle crucial dans la construction de l’identité québécoise et dans l’affirmation de notre langue, il me semble d’une grande importance de donner une plus grande tribune à des humoristes comme Fred Dubé ou encore Louis T, entre autres. L’humour traverse les époques, et son importance comme son envergure grandissent: lorsque l’on pense qu’on est passé du Club Soda au Festival Juste pour rire, ou encore que les cascades d’Olivier Guimond sont matière à sketch dans les <i>Bye Bye </i>année après année, on ne peut douter de toute l’emprise qu’a l’humour et son marché sur le Québec. De ce fait, l’humour et les humoristes m’apparaîssent comme la grande sœur ou le grand frère du public québécois, je m’explique : le public étant bombardé de nouvelles déprimantes, que ce soit à la télévision ou par les journaux et les réseaux sociaux, le <i>stand-up</i> comique à tendance engagée propose une critique, une vision neuve pour le ou la spectateur·rice qui peut rapidement se sentir désarmé·e face à l’actualité grise et peu prometteuse. Le public se retrouverait donc, pour en faire une analogie, dans la position du<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>benjamin au sein d’une immense famille dysfonctionnelle, et les humoristes, les cadet·te·s, sont ceux et celles qui ont le pouvoir de prendre position politiquement tout en ayant la confiance et l’attention du public, à la manière de frères et sœurs, mais l’un·e ayant l’autorité (artistique) de dénoncer cette oppression.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Aussi, le manque de représentation des diverses communautés dans le paysage humoristique québécois nourrit d’autant plus ce dogme hédoniste: en excluant des artistes appartenant à des minorités visibles, il n’y a simplement pas de discussion dans le monde de l’humour. Ce manque de dialogue se ressent chez la jeunesse québécoise : certain·e·s ne pensent plus au grand problème de racisme systémique qui plane sur le Québec. Comme je l’ai mentionné plus tôt, loin de moi l’idée de bannir toute forme d’humour, il me semble simplement que des humoristes travaillant des textes dans l’intention d’ajouter une nouvelle pierre à l’édifice social politique du Québec devraient, dans le contexte socio-culturel actuel, avoir plus de visibilité, au nom d’une démocratie plus saine. Pourtant, la surabondance d’humoristes blanc·he·s pose aussi problème et explique en partie ce goût du public pour l’absurde: dans <i>Histoire politique du comique au Québec</i>, on parle d’une «indifférence par excès», et cette<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>indifférence participerait à cette apesanteur, à cette perte de contact avec la réalité. Malgré cela, il semble qu’une plus grande concurrence à l’humour absurde et aux humoristes caucasien·ne·s infuserait la dose de nouveauté nécessaire pour enclencher cette pensée critique dont la population québécoise a si désespérément besoin.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2"> Pour revenir sur ce dernier, André Sauvé, même s’il fait de l’humour absurde, porte à mon avis une opinion mieux discernable sur l’individualisme, et sur une manière de vivre (par exemple) que plusieurs de ses confrères et consœurs, mais ne fait plus autant d’effet qu’avant. Évidemment le paysage humoristique change avec la relève, et je ne souhaite pas faire l’apologie du passé, mais le manque de diversité se voit dans les choix faits par Québecor et cie, et c’est bien dommage.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Pluralité rime avec diversité</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s2">En plus de privilégier des artistes de l’absurde, une autre ressemblance me semble frappante: mais où est donc la diversité culturelle en humour au Québec (sans parler de toutes les autres formes de performance artistique)? Que ce soit pour la relève ou la vague qui l’a précédée, ni dans l’une ni dans l’autre y a‑t-il eu un changement notable de ce côté. Pourtant, les plus grandes boîtes gagneraient à supporter des spectacles comme <i>Extremiss</i> qui mettent en scène des groupes d’humoristes qui ont traité, hier soir, des sujets <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span>«délicats», pour reprendre les mots du synopsis de ce spectacle en particulier. Mettre à l’avant des artistes de toutes les communautés et de tout genre, c’est aussi une façon d’exprimer une opinion</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/les-invasions-barbares-de-lhumour/" data-wpel-link="internal">Les invasions barbares de l’humour</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>«&#160;Allez‑y, parlez,  personne ne vous écoute&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/allez-y-parlez-personne-ne-vous-ecoute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Sep 2018 13:36:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[marginalisation]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31487</guid>

					<description><![CDATA[<p>Plusieurs mois ont passé depuis les affaires SLĀV et Kanata. Que reste-t-il des poussières retombées? Souvent, le débat sur l’appropriation culturelle est vidé de son sens: on le pense constitué de positions auxquelles personne ne croit vraiment. Pour défendre la légitimité de la notion, on souligne souvent l’importance de l’oppression et de la marginalisation vécues&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/allez-y-parlez-personne-ne-vous-ecoute/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">«&#160;Allez‑y, parlez,  personne ne vous écoute&#160;»</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/allez-y-parlez-personne-ne-vous-ecoute/" data-wpel-link="internal">«&nbsp;Allez‑y, parlez,  personne ne vous écoute&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">P</span><span class="s1">lusieurs mois ont passé depuis les affaires <i>SLĀV</i> et <i>Kanata</i>. Que reste-t-il des poussières retombées? </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Souvent, le débat sur l’appropriation culturelle est vidé de son sens: on le pense constitué de positions auxquelles personne ne croit vraiment. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Pour défendre la légitimité de la notion, on souligne souvent l’importance de l’oppression et de la marginalisation vécues par les communautés dont les symboles sont issus et placés sur des scènes dont elles ont été et continuent d’être exclues. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cependant, une telle affirmation ne nie pas pour autant la beauté et l’inéluctabilité de l’entrelacement des cultures. Autant au sens de l’ensemble des productions artistiques (la Culture) qu’au sens de l’ensemble des histoires, des pratiques et des croyances (une culture), nulle culture n’est étanche («La Tragédie de la culture», p. 11). Chacune se nourrit des différentes influences qui la constituent et le sens de ses éléments varie selon les interprétations de ses récepteur·rice·s. Cet argument suffirait à défendre, au nom d’une «liberté artistique» jamais définie, le droit à qui veut de récupérer les symboles caractéristiques de toute culture. L’idée semble être que puisque les mouvements des échanges interculturels sont de toute façon inévitables, il serait justifié de les reproduire consciemment dans toutes les situations, et ce, peu importe les expériences des personnes concernées.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Nous pensons qu’il est de notre devoir, au contraire, de nous interroger sur la légitimité et la portée de cette récupération lorsqu’elle n’est pas le fait des forces inéluctables de l’Histoire mais plutôt celui de décisions individuelles que — semble-t-il — l’on aurait pu éviter. Il semble urgent de critiquer l’idée que nous souffrons et jouissons tous des échanges interculturels de la même manière. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le problème central est celui de la représentation: comment prétendre honorer une culture donnée en repeignant ses symboles tandis qu’on l’efface de la toile? Pourquoi porter les masques représentés sur la couverture si, par-là, on efface ceux et celles qui les ont créés?<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>L’annulation des représentations de la pièce <i>SLĀV</i> de Robert Lepage et Betty Bonifassi a été décrite comme de la censure, empêchant le débat d’émerger. («Appropriation culturelle et censure pour SLĀV», p. 9). Il semble y avoir là plusieurs traces d’hypocrisie. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Hypocrisie d’abord car cette critique est fondée sur la prémisse que le débat peut concrètement émerger, ce qui suppose que les personnes noires et les voix des autres minorités visibles sont déjà assez présentes dans le débat public pour être écoutées, sans que leurs mots ne soient transformés, sans que l’on calque nos préjugés sur leurs paroles. Ce qui suppose aussi qu’il y a aujourd’hui des endroits où le débat entre les communautés peut avoir lieu et être entendu. Nous pensons qu’au contraire, le scandale est un porte-voix des plus efficaces, pour colorer le blanc des voix habituelles. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Hypocrisie ensuite car tout ce Québec blanc et francophone qui s’est tant braqué face aux revendications liées à <i>SLĀV</i> et <i>Kanata</i> est parfois le même ensemble homogène, qui, à tort ou à raison, s’est jeté aux barricades en 2017 pour cause du portrait —<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>jugé méprisant — des colons français dans la série de CBC, <i>Canada: The Story of Us</i>. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Hypocrisie enfin car Robert Lepage, aussi bien intentionné soit-il, n’est pas sans savoir que la réception d’une œuvre ne dépend que trop rarement de la seule intention initiale. La volonté de représenter l’esclavage vécu historiquement par plusieurs segments de l’humanité est noble: peut-être n’avait-il pas en tête uniquement les victimes des traites négrières, peut-être pensait-il, comme Bonifassi, aux Irlandais, ou encore aux esclaves des grandes puissances de l’Antiquité (Athènes, Sparte, Corinthe, Carthage, Rome, etc.) et finalement aux migrants en Libye qui sont les sujets d’un esclavage moderne. Tout ça importe peu, considération faite des réactions du public. Tenir toute cette humanité sur le seul plancher des chants des esclaves noirs avec une quasi-absence de représentation n’assure en rien que la réception sera douce. Affirmer vouloir montrer l’universalité de la souffrance des esclaves n’est pas une justification suffisante. Car c’est ignorer les différences qu’il y a eu et subsistent entre les diverses formes d’esclavage.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>SLĀV</i> et <i>Kanata</i> sont les chroniques d’une mort annoncée en cela qu’elles témoignent d’une incompréhension du besoin contemporain de représentativité. Pourquoi les esclaves noir·e·s ont-il récupéré les textes bibliques pour en faire des chants? Parions que c’est en raison de la transcendance qu’offraient ces textes. Si l’on <i>récupère</i> un morceau de culture, que ce soit un bout d’histoire ou une œuvre, il semble que l’on se doit de se demander si cette récupération apportera quoi que ce soit de nouveau, d’enrichissant, à son propre paysage culturel. L’importance d’une récupération (s’il est possible de nommer la chose de la sorte) tient finalement dans la hauteur qu’elle permet d’atteindre, dans la perspective des cimes où l’on peut se guérir du réel. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/allez-y-parlez-personne-ne-vous-ecoute/" data-wpel-link="internal">«&nbsp;Allez‑y, parlez,  personne ne vous écoute&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au menu en Société</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/au-menu-en-societe/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/au-menu-en-societe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Sep 2018 21:24:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31437</guid>

					<description><![CDATA[<p>En ce début d’année, voici une brève introduction à cette vaste section.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/au-menu-en-societe/" data-wpel-link="internal">Au menu en Société</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a section Société est plutôt difficile à définir. Si on la laissait aller librement, elle prendrait toutes sortes de formes, compte tenu de son nom qui englobe autant de thèmes et de sujets qui puissent exister. Cependant, cette année, nous tâcherons de lui redonner ses couleurs journalistiques, c’est-à-dire de donner une place toute spéciale aux articles d’opinion, et aux avis aussi diversifiés que possible. Tous les sujets peuvent et doivent être traités, toujours en gardant la question suivante en tête: «Pourquoi, dans la société d’aujourd’hui, ce sujet devrait-il attirer collectivement notre attention?».</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Implication de la section </b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Comme le nom de la section l’indique, les articles et tous les écrits doivent rester le plus près de nous, de notre quotidien et des enjeux auxquels nous faisons face, parfois sans nous poser trop de questions. Cette partie du journal aspire, elle, à ne rien laisser passer sous le radar, à tout questionner. C’est pourquoi les entrevues et les enquêtes trouvent leur place en ces pages: elles permettent de garder un contact direct </span><span class="s2">avec l’actualité et donnent sa raison d’être à la section en laissant au lectorat le plaisir de développer, à partir des faits, sa propre pensée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Cette partie du journal aspire, elle, à ne rien laisser passer sous le radar (…)</p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le rôle du lectorat</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En tant que lectrice et lecteur, il semble d’autant plus important de rester critique face à tout ce que l’on lit.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>C’est en développant sa propre opinion que des articles de qualité voient le jour. Ainsi, vos commentaires sont importants, tous comme vos idées de sujets ou de thèmes que vous aimeriez lire ou écrire vous-mêmes.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Des squelettes dans le placard</b></span></p>
<p class="p1"><strong>À McGill, on se souvient… du mieux qu’on peut.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s2">’est une année tumultueuse qui a pris fin en avril dernier dans les universités québécoises, et McGill n’a pas été épargnée; la montée des violences sexuelles en milieu universitaire (entre autres) a créé une vague d’empathie et de colère dans le corps étudiant. On lisait d’ailleurs, l’an dernier, dans l’édition de la rentrée du <i>Délit</i>, un texte dénonçant la culture du viol bien vivante au sein des universités. Certains enjeux traversent les années et semblent parfois insurmontables, mais connaître ces enjeux est sûrement la première étape vers une rémission. Voici donc, en bref, les problématiques que les étudiants et étudiantes devront considérer avec humilité et force pour commencer l’année du bon pied.</span></p>
<blockquote><p>J’espère seulement que cette liste ouvrira les yeux des freshmen, et rafraichira la mémoire des ancien.ne.s</p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le fantôme antisémite </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Qu’on ait été témoin d’un acte discriminatoire ou d’une grossière maladresse, le vote visant à retirer trois étudiants ayant potentiellement des opinions pro-israéliennes lors de l’assemblée générale de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’Association étudiante de l’université McGill<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>n’a réussi qu’à déterrer le douloureux passé de l’université. En effet, au milieu des années 20, alors que la communauté juive bénéficiait enfin d’un accès équitable à l’èducation supérieure, elle s’est cognée sur une porte fermée: on augmenta la moyenne d’entrée à 75% pour celle-ci, alors qu’elle était de 60% pour les anglo-saxons. Cette mesure fut prise dans le but de «protéger» l’accès à l’éducation des Anglo-Saxons. Le faux pas de l’AÉUM n’a réussi qu’à raviver une flamme qui semble avoir été étouffée des années plus tôt.</span></p>
<p class="p1"><b>Mutisme administratif</b></p>
<p class="p3"><span class="s3">Il y a à peine cinq mois se tenait une manifestation sur le&nbsp;</span><span class="s1">campus de McGill: des étudiantes et étudiants protestaient contre le mutisme de l’université face aux accusations de violence sexuelle, de l’atmosphère qui plane sur le campus et donc face à son incapacité chronique à<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>honorer la loi 151.</span></p>
<blockquote><p>Certains enjeux traversent les années et semblent parfois insurmontables, mais connaître ces enjeux est surement la première étape vers une rémission.</p></blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">C’est d’ailleurs ce que Connor Spencer, alors vice-présidente des affaires externes à l’AÉUM, mentionnait dans s</span><span class="s1">on discours ce jour-là. Les plaintes du corps étudiant ont finalement été entendues et prises en compte par </span><span class="s2">l’administration, mais seulement après que celle-ci eut été mise au pied du mur. Depuis le 17 avril, l’administration rencontre les</span><span class="s3">&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">étudiant·e·s en charge de l’AÉUM toutes les deux semaines.</span></p>
<p class="p1"><b>Malaise en médecine</b></p>
<p class="p3">Avec le début des cours vient la campagne électorale, avec la campagne électorale viennent les décisions prises à la volée. Le étudiant·e·s en médecine se voient pris au milieu des décisions de l’actuel ministre de la Santé, M. Gaétan Barrette. Ainsi, les primes nouvellement attribuées aux médecins spécialistes semblent contrevenir aux racines éthiques de la profession. De plus, bien que ces primes puissent s’apparenter à une véritable caverne d’Ali Baba pour les futur·e·s médecins, elles pourraient aussi être source d’anxiété chez les étudiant·e·s, mettant une charge de plus sur leurs épaules. Je parle ici d’une possible compétition entre collègues, d’une pression à la ponctualité alors que le problème ne réside peut-être pas en la performance de chacun·e, mais bien en la quantité de professionnel·le·s disponibles. Il est aussi difficile de ne pas mentionner le malaise d’être géré par un ministre qui voit la fin de son règne arriver, et qui se prépare un coussin de soie pour amortir sa chute. Le sujet sera creusé plus en profondeur au cours de la session.</p>
<blockquote><p>les primes nouvellement attriuées aux médecins spécialistes semblent contrevenir aux racines éthiques de la profession.</p></blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Je comprends bien que présenter une liste officieuse des problèmes auxquels le corps étudiant fait face risque de tourner le couteau dans la plaie, mais le passé nous apprend encore aujourd’hui que le silence ne guérit rien, au contraire. Je comprends bien que tous les enjeux cités ci-haut demandent bien plus d’un paragraphe pour commencer à en faire le tour et je n’ai pas l’arrogance de croire que mes résumés soient exhaustifs. J’espère seulement que cette liste ouvrira les yeux des </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><i>freshmen</i>, et rafraichira la mémoire des ancien·ne·s, puisque se souvenir constitue le seul moyen de ne pas répéter les erreurs du passé. Bien que cela puisse sembler évident, </span><span class="s2">on l’oublie souvent.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/au-menu-en-societe/" data-wpel-link="internal">Au menu en Société</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/au-menu-en-societe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Arendt et la langue en guise de baluchon</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/arendt-et-la-langue-en-guise-de-baluchon/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/arendt-et-la-langue-en-guise-de-baluchon/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Mar 2018 20:42:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[banalite du mal]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=30955</guid>

					<description><![CDATA[<p>La prospérité d’une culture et sa nostalgie résident dans la langue selon Hannah Arendt. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/arendt-et-la-langue-en-guise-de-baluchon/" data-wpel-link="internal">Arendt et la langue en guise de baluchon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">histoire du Québec est ponctuée de mille et une péripéties, allant des référendums à la grève étudiante de 2012. Ces décisions et ces batailles collectives semblent aujourd’hui bien loin de notre quotidien, et pourtant notre histoire prend vie dans chacune de nos paroles. Hannah Arendt, exilée de sa mère patrie pendant la Seconde Guerre mondiale, déclara que la seule chose qui lui restait de l’Allemagne pré hitlérienne, c’est la langue. Et, bien que le Québec post-référendaire n’ait pas changé du tout au tout comme le fit l’Allemagne, il demeure que la langue française est le seul réel héritage qui puisse faire encore naître une nostalgie, consciente ou non, chez ses locutrices et locuteurs.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ainsi Hannah Arendt, qui vécut l’exil plus d’une fois et dont la profession oblige<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>presque la connaissance de plusieurs langues (dont l’anglais au moins), vit sa nostalgie patriotique à travers l’allemand. Elle estime qu’un individu se doit de garder sa langue maternelle intacte et vivante. Aux yeux d’Arendt, répondre aux exigences culturelles du pays d’accueil, du «sauveur», est un outrage et rend ceux qui tentent de l’oublier «bègues», une idée développée initialement par son premier mari, Günther Anders. Ce dernier explique que certains exilés finissent par devenir bègues autant dans leur langue maternelle que dans la langue du pays d’accueil et que la solution pour ne pas l’être (bien qu’il ne la qualifie pas de solution à proprement parler, mais qu’il en parle comme étant une manière de protéger le seul bien qui persiste suite à l’exil) est de se vouer fanatiquement à la langue maternelle.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En accordant cette importance à la langue, il me semble que l’on puisse l’aborder dans l’optique de la situation québécoise et canadienne: du point de vue du Québec, l’adoption de la loi 101 témoigne du désir d’éloignement linguistique des Québécois face au reste du pays; du point de vue fédéral, la perspective des réfugiés souligne le choix déchirant qu’ils doivent faire entre devenir bègues dans les deux langues en se conformant aux désirs de la terre d’accueil, ou plutôt doivent-ils décider de se vouer à leur langue maternelle tout acceptant l’abandon des bénéfices socioéconomiques qu’apporte la connaissance de la langue hôte.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Exil symbolique</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les Québécois ont vécu leur propre exil au 20<i>e</i> siècle, l’exil tout d’abord volontaire du Canada, puis ensuite l’exil forcé par le gouvernement fédéral lors de la nuit des longs couteaux. Bien que la loi 101 existait avant ces évènements, reste que le Québec a vu l’importance de cette loi être confirmée par ces évènements. Il faut dire que certains instigateurs de la loi croyaient eux-mêmes se tirer une balle dans le pied en proposant ce projet de loi et savaient pertinemment qu’elle allait déclencher du grabuge chez les Québécois anglophones. Le Québec, poussé par un désir de perpétuer sa culture francophone fragile, a fait le choix du repli plutôt que de prendre le risque de devenir bègue.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Conflit de valeur</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En tant que francophone, que l’on soit d’accord ou non avec cette loi, il faut essayer de comprendre la difficulté que représente la pratique d’une langue étrangère dans une province comme la nôtre. Le nombre de réfugiés et de personnes immigrantes en province augmentant de jour en jour, il est dur de comprendre à quel point la résidence dans une province législativement repliée sur elle-même doit être difficile pour des personnes de l’extérieur dialoguant dans une langue différente. Les exilés se trouvent, au Québec tout particulièrement, mis face à un choix déchirant, pour eux et pour leur famille, et la pensée d’Arendt, si elle se révèle effectivement vraie, rend l’assimilation beaucoup plus déchirante que ce que la culture populaire ne le laisse croire.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/arendt-et-la-langue-en-guise-de-baluchon/" data-wpel-link="internal">Arendt et la langue en guise de baluchon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/03/21/arendt-et-la-langue-en-guise-de-baluchon/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La bataille à l’antiféminisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/02/28/la-bataille-a-lantifeminisme/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/02/28/la-bataille-a-lantifeminisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2018 17:15:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[antifeminisme]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=30717</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il faut combattre toutes les tentatives sournoises d’entraver les progrès gagnés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/28/la-bataille-a-lantifeminisme/" data-wpel-link="internal">La bataille à l’antiféminisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span><span class="s1">uite à la montée de la droite politique et du mouvement féministe, il fallait bien s’attendre aux contrecoups des antiféministes. Les adeptes de l’antiféminisme n’auraient pu défendre leurs opinions avec crédibilité s’ils s’étaient eux-mêmes décrits antiféministes; c’est donc pourquoi la plupart d’entre eux se glissent malhonnêtement chez les masculinistes. Or, que pourrait-on qualifier de masculinisme? Le mandat initial de ce mouvement est de démystifier et de sensibiliser la société aux problèmes sociaux touchant une majorité d’hommes comme le décrochage scolaire ou le suicide (pour ne nommer que ceux-ci), et son nom à lui seul suffit à créer la controverse. Il semble alors difficile de conserver cette supposée direction lorsque des individus qui se proclament de ce même mouvement sapent en même temps ses valeurs fondatrices.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les antiféministes: tour d’horizon</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le mouvement antiféministe me semblait auparavant plutôt inoffensif, comme s’il s’agissait du simple résultat d’un manque de connaissances sur le féminisme, mais peu de recherches sont nécessaires pour réaliser que ce mouvement et ses revendications sont beaucoup plus dangereuses que ce que l’on pourrait croire. Le mouvement <i>A Voice for men</i> en est la preuve concrète. Une petite visite sur le site web de ce même mouvement fondé par Paul Elam illustre bien la manière dont on peut s’imprégner de cette désolante réalité.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">C’est au premier regard sur la page d’accueil que je suis tombée sur un texte rédigé par le docteur Maxwell Light —docteur qui semble être introuvable ailleurs que sur ce site web— portant sur l’histoire du féminisme: <i>A brief history of the feminist revolution (part 3)</i>. On y dépeint une réalité fictionnelle où le mouvement féministe, qui en est à sa quatrième vague, tirerait toutes les ficelles de la société, où l’homme n’aurait plus de réelle liberté, où le président des États-Unis, M. Donald Trump, serait censuré par ce mouvement contraignant, où les hommes, même s’ils dominent dans la plupart des métiers sous-entendant une position d’autorité, n’auraient plus de réel pouvoir puisque le féminisme les aurait forcés à se taire. Bien que tout ceci puisse apparaître grotesque, il faut probablement soi-même se plonger dans la lecture d’un texte de ce genre pour saisir toute l’ampleur que peut prendre cette fabulation masculiniste. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Comme le mentionne Cécile Richetta dans son article <i>L’abysse du masculinisme</i>, il est désolant de voir le mot «masculinisme» associé avec celui de l’antiféminisme, mais c’est la couverture sous laquelle les partisans de ce dernier se cachent et se complaisent. C’est indéniable, les antiféministes, protégés par un mouvement initialement noble, viennent aujourd’hui teinter tous les combats pour leur donner une toute nouvelle couleur. Deux enjeux relatifs à cela gravitent autour du même thème: le corps.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Le rapport au corps</b></span></p>
<p class="p5">L’une des fins du féminisme serait, il me semble, l’appropriation du corps qui nous a été attribué. Dans un désir de désobéissance aux codes culturels, les féministes se réapproprient ce corps que les antiféministes ne sauraient voir. Les cartes ainsi brouillées, les codes désignant respectivement les hommes et les femmes ne faisant maintenant qu’un, certains individus, ne sachant plus sur quel pied danser, se mettent en colère et rétorquent à ces désirs avant-gardistes qu’ils ne comprennent pas. Le désir d’affirmation de la virilité chez certains hommes s’en voit donc renforcé, et c’est dans cette posture que s’enracine l’argumentaire antiféministe. Ainsi, Yvon Dallaire, psychologue, qualifie une masculinité de «saine» lorsqu’un homme présente des caractéristiques physiques et psychologiques telles qu’une forte libido ou du charisme, et de «malsaine» lorsqu’il se montre timide et émotif. Au-delà du contenu des articles antiféministes, ces derniers sont souvent ornés d’une image révélatrice, tantôt d’une femme tenant un fouet, tantôt d’un bras de fer entre un homme musclé et un autre sans musculature très apparente. Conséquemment, il est juste de dire que cette appropriation du corps dérange les antiféministes qui tentent un «retour aux sources», un retour au pouvoir symbolique de l’homme dans la société et sur la femme.</p>
<p class="p5"><span class="s1">L’enjeu du rapport au corps concerne donc non seulement les femmes, mais aussi les hommes qui voient d’anciennes contraintes sociales et culturelles renaître de leurs cendres. Ainsi, cette réaffirmation d’une «virilité ultime» nous concerne tous.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Une liberté qui dérange</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Outre le recentrement masculin et les rectifications concernant la virilité chez l’homme d’aujourd’hui, ce désir de retour «au bon vieux temps» se ressent dans les interactions entre homme et femme et dans les désagréments qu’entraînent les libertés sexuelles et sociales des femmes. On peut ici parler de <i>slut shaming</i> lorsqu’il s’agit de juger une femme sur la base de son activité sexuelle. Malheureusement, ce phénomène connaît de la popularité, et ce chez les individus de tous genres. Les femmes se jugent entre elles par rapport au nombre de partenaires sexuels, à la nature de leur relation avec leur·s partenaire·s, bref toutes les raisons semblent bonnes pour critiquer ouvertement une femme libre sexuellement. Il va sans dire que certains hommes adhèrent à ces mêmes critiques. On voit bien, dans ce genre de situation, la généralisation du désir de retour à des traditions sexuelles rassurantes et auparavant bien ancrées dans les relations interpersonnelles. Les antiféministes nourrissent avec plaisir ce double standard sur la liberté sexuelle et minent ainsi la crédibilité féministe si laborieusement acquise au fil des années. C’est aussi dans cette optique que les revendications féministes deviennent des armes pour l’antiféministe du dimanche.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Dans un désir de désobéissance aux codes culturels, les féministes se réapproprient ce corps que les antiféministes ne sauraient voir </span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Masculinisme et féminisme</b></span></p>
<p class="p5">Il semble révoltant de se battre pour quelque chose d’aussi naturel que la liberté et la sécurité de nos corps, ou plus simplement pour nos droits sur celui-ci. Il est extrêmement difficile de croire qu’après tout le chemin parcouru, nous en sommes toujours, en quelque sorte, au point de départ. Pourtant, il faut y croire et y penser toujours, puisqu’un seul moment de stupeur semble suffisant pour laisser les idées reçues et les doubles standards prendre le dessus sur nos victoires. Je mets ici en lumière les exemples les plus frappants, et bien que mon but ne soit évidemment pas de provoquer une haine envers le mouvement masculiniste ou de la misandrie, il faut parfois être rudement secoué pour mieux avancer.</p>
<p class="p5"><span class="s1">La quatrième vague de féminisme en est une sans répit, les réseaux sociaux ne dorment jamais, et les avancées du féminisme se retournent contre les femmes lorsqu’elles se retrouvent entre les mains d’antiféministes. Le monde sert de scène a bien d’autres combats incluant les hommes, et les hommes souffrent aussi de plusieurs maux, mais dire que les femmes et le féminisme font partie des éléments déclencheurs de ces maux est non seulement faux, mais enlève de la crédibilité à une noble bataille. De même que pour le masculinisme qui perd lui aussi, nécessairement, des lettres de noblesse lorsque les antiféministes greffent à lui les trop nombreuses idées qui sont les leurs, il nous faut prendre garde. La force et les techniques utilisées par ces antiféministes semblent résider dans l’apposition excessive d’étiquettes et l’accusation. Il s’agit d’une technique efficace dans la mesure où elle attire un large public indifférencié cherchant à décomplexer une vision du monde réprimé par les féministes. Malheureusement, pointer du doigt n’a jamais réglé quoi que ce soit, et c’est le piège dans lequel les féministes et les masculinistes doivent bien se garder de tomber. </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/28/la-bataille-a-lantifeminisme/" data-wpel-link="internal">La bataille à l’antiféminisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/02/28/la-bataille-a-lantifeminisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le péril mortel de l’écriture sexiste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/le-peril-mortel-de-lecriture-sexiste/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/le-peril-mortel-de-lecriture-sexiste/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Katherine Marin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2018 17:10:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[académie française]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écriture inclusive]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=30359</guid>

					<description><![CDATA[<p>La résistance à l’écriture inclusive confirme sa nécessité urgente. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/le-peril-mortel-de-lecriture-sexiste/" data-wpel-link="internal">Le péril mortel de l’écriture sexiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">es auteurs de l’ancien régime connaissaient le pouvoir du langage sur la société, bien que celle-ci soit sous son emprise de façon subconsciente. Qu’on l’applique plus subtilement par la mise en pratique de la règle de la prédominance du masculin, ou en proclamant explicitement une opinion sexiste à l’égard des femmes —comme le fait Jean de Meung dans <i>Le Roman de la Rose</i>— cette grammaire française orale et écrite ne reflète plus du tout la réalité du 21<i>e</i> siècle et l’explosion de la diversité des genres. L’écriture inclusive est encore à ce jour farouchement critiquée par les puristes qui s’accrochent à une tradition désuète.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La langue anglaise mène le bal</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La langue anglaise, en comparaison au français, a fait de plus grands progrès de ce côté: les pronoms <i>they </i>et <i>their</i> sont aujourd’hui largement utilisés pour désigner une personne sans faire appel à son genre, alors que, dans les territoires francophones, il est encore difficile de se débarrasser de la règle de la prédominance du masculin. En anglais, les noms à terminaison masculine auparavant utilisés comme termes neutres ont, pour la plupart, été modifiés. Par exemple, le nom f<i>ireman</i> a été transformé au profit de <i>firefighter</i>, et plusieurs autres mots comportant une telle terminaison sont passés du suffixe <i>man</i> à <i>person</i>. Il faut dire que la langue anglaise a tout de même plus de ressources, de par sa nature linguistique, pour atteindre une écriture et un langage non sexiste. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Et, sans vouloir attribuer l’ensemble des retombées féministes sur la modification du langage, plusieurs psychologues et linguistes croient que ces changements représentent un générateur important dans le grand moteur idéologique. On peut observer un acquis culturel internalisé par le langage chez les enfants: cet apport, à travers sa grammaire et ses expressions machistes, permet à une culture patriarcale de se perpétuer. Chez les individus pour qui la langue est acquise, ces réflexes de rédaction qu’on leur a enseigné influencent et nourrissent un imaginaire sexiste où l’homme prédomine.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Chez les individus pour qui la langue est acquise, ces </span><span class="s1">réflexes de rédaction qu’on leur a enseigné influencent et </span><span class="s1">nourrissent un </span><span class="s1">imaginaire sexiste où l’homme </span><span class="s1">prédomine</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Notre mal vient de plus loin</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">D’où cet acquis culturel tire-t-il ses origines? La culture est une question de mémoire collective, et nous participons tous à cette «culture» de la sexualisation de la langue, qui, à la base, n’a rien de mauvais en soi. En prenant le point de vue linguistique, le genre de plusieurs mots a été attribué arbitrairement dans l’objectif d’assimiler certaines caractéristiques masculines et féminines à des objets inanimés:<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>«la» terre, lieu fertile où tout prend vie, et «le» ciel, qui féconde la terre par la pluie, pour ne nommer que ceux-ci. Cet imaginaire mentionné plus haut est dans ce contexte facilement observable et n’est pas illogique, mais suit un fil de pensée bien précis et, aujourd’hui, subconscient.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Si l’origine du genre des mots n’est, en tant que telle, ni bonne ni mauvaise, il faut tout de même tracer la ligne entre le genre des mots et le genre des titres. Plusieurs femmes ayant un titre prestigieux hésitent ou refusent catégoriquement que l’on féminise leur titre de président ou de directeur, par exemple. Sur ce point, je partage l’avis de Damourette et Pichon, qui affirment que les femmes s’obstinant à laisser leur titre à la forme masculine tout en insistant pour qu’on laisse l’appellation féminine <i>madame</i> ou <i>mademoiselle</i> avant celui-ci, s’autoproclament comme des monstruosités. Le mot «monstrueux» fait réagir, j’en conviens, mais il faut l’aborder dans le sens d’une situation anormale, improbable, de quelque chose qui n’a pas sa place. Adopter cette appellation c’est affirmer qu’une femme occupant un poste d’autorité est une difformité trop peu fréquente pour mériter d’être officialisée dans la langue. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le mal de l’aveuglement volontaire</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">L’Académie française, en octobre 2017, a publié une déclaration concernant l’écriture inclusive: elle consiste en une prédiction du «péril mortel» que cette nouvelle grammaire représente pour rien de moins que la planète. On y mentionne la complexité initiale de la langue de Molière et de la difficulté que représenterait un changement dans sa grammaire ayant déjà son lot d’éléments complexes. Rappelons que les règles d’accord purement machistes n’ont pas toujours été: elles sont une transformation de la règle de proximité appliquée avant l’intervention des écrivains tels que l’abbé Bouhours, Furetière et Vaugelas au 17<i>e</i> et 18<i>e</i> siècle, ceux-ci jugeant que le genre masculin était le plus noble et que ce dernier devait donc l’emporter jusque dans l’accord en présence du féminin. La dominance du masculin est aujourd’hui plus qu’antique; elle est anachronique. Ce rejet du rétablissement de règles qui n’auraient jamais dû être oubliées ainsi que de l’ajout de néologismes pour rendre compte de la réalité sociologique constituent les seuls réels périls mortels. Contrairement à l’opinion de l’Académie, la règle de proximité est plus facile à appliquer par sa logique inhérente.</span></p>
<blockquote><p>La dominance du masculin est aujourd’hui plus qu’antique, elle est anachronique</p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un avertissement conservateur</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cet avertissement destiné aux francophones fait perdurer, par son poids idéologique, les mythes concernant le féminisme et<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>la «prise de contrôle» des femmes sur les hommes. Il semblerait que l’on pourrait tirer une fraction des origines du mouvement masculiniste, visiblement réactionnaire. Cette nouvelle grammaire que l’Académie qualifie sans nuance d’«illisible» ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu à un débat déjà très polarisé, car chargé de l’histoire d’une série d’évènements sexistes scandaleux. Ajoutons aux scandales centenaires les objections douteuses récentes du monde des lettres par rapport à la féminisation des titres, qui reflètent parfaitement une culture sexiste jugeant le genre féminin comme indigne. La question de l’écriture inclusive est bien plus qu’un simple enjeu d’accord de verbe et d’apprentissage académique, c’est une décision qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère ou<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>même déplacer hors de son contexte. Une grammaire non sexiste représente, en langue française, la simple représentation de la réalité du 21<i>e</i> siècle.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Une grammaire non sexiste </span><span class="s1">représente, en </span><span class="s1">langue française, la simple </span><span class="s1">représentation de la réalité du 21<i>e</i> siècle</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Penser «non-sexiste» </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le but de l’écriture inclusive n’est pas de réformer tous les articles et tous les mots genrés de la langue française, à mon avis, mais plutôt de ne pas avoir recours aux pronoms spécifiquement masculins ou féminins lorsque l’on s’adresse à des individus de tout sexe et de tous genres confondus. D’où l’idée des néologismes et des pronoms possessifs tels que ielle, ielleux, celleux, etc. Si ces pronoms ne vous font pas particulièrement envie, essayez l’écriture épicène, la solution simple par excellence pour une écriture non sexiste, ou tout autre niveau d’écriture non sexiste, dépendamment de votre implication politique. L’important, peu importe la technique d’écriture adoptée, est d’avoir conscience des enjeux socioculturels, plus importants que jamais. En parler ne suffit plus, il faut maintenant appliquer, cette grammaire non sexiste.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/le-peril-mortel-de-lecriture-sexiste/" data-wpel-link="internal">Le péril mortel de l’écriture sexiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/le-peril-mortel-de-lecriture-sexiste/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
