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	<title>Jean-Simon Gagné-Nepton - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 01 Feb 2022 03:42:30 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Mon refuge n’est pas qu’un mur de briques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/mon-refuge-nest-pas-quun-mur-de-briques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>D’un vieux quartier une rue subsiste</p>



<p>Perdu sans repaires</p>



<p>Parmi les façades gelées</p>



<p>Un feu jaillit d’une lucarne</p>



<p>Et allume ma demeure</p>



<p>Tu m’accueilles au seuil de ton monde</p>



<p>Belle d’un hiver rougeoyant de vie &nbsp;</p>



<div class="wp-block-kadence-spacer aligncenter kt-block-spacer-_f852df-fc"><div class="kt-block-spacer kt-block-spacer-halign-left" style="height:60px"><hr class="kt-divider" style="border-top-color:#eee;border-top-width:1px;width:80%;border-top-style:solid"></div></div>



<p>Une sonate inaugurant</p>



<p>Une nuit hors du temps</p>



<p>Des tendresses égarées</p>



<p>Réunies par l’absence</p>



<div class="wp-block-kadence-spacer aligncenter kt-block-spacer-_3f7dbc-13"><div class="kt-block-spacer kt-block-spacer-halign-left" style="height:60px"><hr class="kt-divider" style="border-top-color:#eee;border-top-width:1px;width:80%;border-top-style:solid"></div></div>



<p>La cité s’est estompée</p>



<p>Seul l’éclat des feux</p>



<p>Maquille notre valse</p>



<p>En un bal des glaces</p>



<p>Nos aspirations s’y reflètent</p>



<div class="wp-block-kadence-spacer aligncenter kt-block-spacer-_9238b8-d7"><div class="kt-block-spacer kt-block-spacer-halign-left" style="height:60px"><hr class="kt-divider" style="border-top-color:#eee;border-top-width:1px;width:80%;border-top-style:solid"></div></div>



<p>L’aurore dissipe la brume</p>



<p>Fait renaitre la cité</p>



<p>Et altère notre mythe</p>



<p>La rue m’appelle de nouveau</p>



<p>Ce soir une autre inconnue avalisera</p>



<p>Le désir commun d’un roman</p>



<div class="wp-block-kadence-spacer aligncenter kt-block-spacer-_214a78-3a"><div class="kt-block-spacer kt-block-spacer-halign-left" style="height:60px"><hr class="kt-divider" style="border-top-color:#eee;border-top-width:1px;width:80%;border-top-style:solid"></div></div>



<p>J’ai joué tant de pièces</p>



<p>Repu d’amour une multitude</p>



<p>L’acte final consacre</p>



<p>Un voile cristallin masquant</p>



<p>Une réalité maintes fois trempée</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Liberté d’indépendance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/liberte-dindependance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Demi-civilisés]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Charles Harvey]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de pensée]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tranquille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Paru en 1934, Les Demi-civilisés appelle à la modernisation du Canada-français par la liberté de pensée et l’indépendance d’esprit.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Parmi les précurseurs de la Révolution tranquille – que l’historiographie récente a généralement tendance à négliger au profit de figures politiques –, on compte le journaliste et auteur Jean-Charles Harvey. Rédacteur en chef au journal <em>Le Soleil</em>, il fait paraître en 1934 le roman <em>Les Demi-civilisés</em>, œuvre qui sera interdite par le cardinal-archevêque de Québec, Mgr Villeneuve, moins d’un mois après sa sortie.</p>



<p>Ce roman est l’occasion pour Harvey de se mettre partiellement en scène à travers le personnage de Max Hubert qui, comme l’auteur, est issu de milieux ruraux modestes et place sa liberté et son indépendance au sommet de ses priorités. Malgré ses origines, Max Hubert se taille petit à petit une place dans les castes petites-bourgeoises de la vieille capitale, y découvrant ceux auxquels il attribue le qualificatif de «Demi-civilisés». Dans son roman, Harvey brosse un portrait peu élogieux de cette élite canadienne française, couche sociale dégénérée et domestiquée par la colonisation, cachant son absence de libre-pensée derrière son étalage de richesses. Pour Harvey, le peuple fut victime de son élite qui, au moment même de la Révolution américaine, abdiqua devant l’idéal de liberté nouvelle afin de conserver des «privilèges» ; en abdiquant, elle a maintenu les Canadiens français au rang de peuple de second ordre en Amérique du Nord.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le roman [<em>Les Demi-civilisés</em>] est l’occasion pour Harvey de se mettre partiellement en scène à travers le personnage de Max Hubert qui, comme l’auteur, est issu de milieux ruraux modestes et place sa liberté et son indépendance au sommet de ses priorités»</p></blockquote>



<p><em>Les Demi-civilisés</em> est une cinglante critique de l’idéologie cléricale qui domine au Québec et de ses effets néfastes sur le peuple. Contre cet état de fait, Max Hubert, archétype du libre penseur et de l’esprit indépendant, fonde avec quelques collaborateurs le journal <em>Le vingtième siècle</em>,<em> </em>lequel doit entamer la libération culturelle et intellectuelle des Canadiens français. À défaut d’un contexte intellectuel riche, l’objectif du journal est de transmettre les idées nouvelles directement au peuple. Lorsque l’un des rédacteurs du journal touche à la question religieuse dans un article mettant de l’avant la vision évangélique d’un Christ pauvre et populaire, le journal est victime d’une campagne de boycottage de la part des riches et influentes élites, tandis que la foi des plus cultivés et des plus pauvres envers<em> Le vingtième siècle </em>n’en est pas ébranlée. On ne change pas un peuple du jour au lendemain et il ne vaut rien de sacrifier son indépendance d’esprit, sachant que les idées arrivent souvent à bon port comme le prouve l’expérience du journal de Max Hubert.</p>



<p>L’indépendance d’esprit est garante de la liberté de pensée. Or, si la pensée est contrôlée par une autorité pour le bien de ses propres intérêts, on ne peut atteindre un quelconque stade de libération intellectuelle. Max Hubert admire les paysans canadiens français qui sont restés fiers, raisonnables et intelligents. Il aime cette terre qui l’a vu grandir et sur laquelle il a développé son désir de liberté et d’indépendance. La paysannerie est civilisée puisqu’elle a conservé son indépendance; elle ne s’est pas souciée des nouveaux maîtres et elle est restée elle-même. Les demi-civilisés forment cette caste superficielle qui se conforte et se légitime dans le mythe de sa position sociale octroyée par la conquête et dans l’exaltation de dogmes religieux du siècle passé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p></p><p>«<em>Les Demi-civilisés</em> est une cinglante critique de l’idéologie cléricale qui domine au Québec et de ses effets néfastes sur le peuple»</p></blockquote>



<p><strong>Un propos toujours plus d’actualité</strong></p>



<p>L’indépendance telle que vue par Jean-Charles Harvey n’est pas à confondre avec l’indépendance politique du Québec. Harvey se disait d’ailleurs antiséparatiste, ayant publié un essai en 1963 intitulé <em>Pourquoi je suis antiséparatiste</em>,<em> </em>en réponse à celui de Marcel Chaput titré <em>Pourquoi je suis séparatiste</em>. L’indépendance promue dans <em>Les demi-civilisés </em>est une indépendance des individus qui s’exerce dans le cadre de leur liberté de pensée. Le propos de Jean-Charles Harvey est à cet effet toujours autant d’actualité, dans un contexte où nous questionnons l’indépendance des savoirs à l’université et dans la sphère médiatique. Lorsque Max Hubert se questionne sur son avenir et qu’il envisage une carrière dans le milieu académique, un professeur prêt à l’encourager questionne son caractère «frondeur» et son souci d’autonomie qu’il perçoit comme un obstacle. Le propre de l’université serait, selon lui, d’être gardienne de la tradition et de la «vérité».</p>



<p>Le monde médiatique et politique est à l’heure actuelle empreint du débat sur la liberté d’expression dans le cadre universitaire. Le débat prend semble-t-il sa source dans des questions qui, loin d’être frivoles, ne sont du moins pas les plus cruciales en ce qui a trait à la pérennité de nos milieux éducationnels. L’hystérie autour du «mouvement des éveillés» invisibilise ces enjeux plus importants. Pendant que nos «Bock-Martineau» se penchent sur des questions qu’ils ne comprennent aucunement en confondant volontairement l’enjeu de la sensibilité de l’enseignement à de nouvelles réalités sociales et la «liberté d’expression», la véritable liberté de pensée et l’indépendance d’esprit dans nos universités écopent silencieusement. Pourquoi ne pas nous offusquer du financement par l’entreprise privée de chaires universitaires dont l’objectif (forcément inavoué) est d’orienter la recherche dans un sens précis? Pourquoi nos «défenseurs de la nation» ne crient pas au scandale lorsqu’une compagnie implantée dans les paradis fiscaux faisant la promotion d’un mégaprojet polluant comme GNL Québec caresse l’idée de <a href="https://www.lequotidien.com/2020/02/06/financement-offert-par-gnl-les-universites-doivent-refuser-aa3dd909fb1d2246bbea8def551aad2b" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">généreuses donations</a> à l’Université du Québec à Chicoutimi pour «s’acheter» de l’acceptabilité sociale? Pourquoi le déclin de la liberté académique ne serait-il pas analysé à l’aune du financement de la recherche vacillante ou de la recommandation d’un État comme le Japon de <a href="https://www.lemonde.fr/universites/article/2015/09/17/japon-vingt-six-universites-comptent-fermer-leurs-facultes-de-sciences-humaines-et-sociales_4760695_4468207.html#:~:text=pas%20assez%20%C2%AB%20utiles%20%C2%BB-,Le%20Japon%20va%20fermer%2026%20facs%20de%20sciences%20humaines%20et,les%20besoins%20de%20la%20soci%C3%A9t%C3%A9%20%C2%BB." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">fermer 26 facultés</a> de sciences humaines et sociales en 2015? La liberté d’expression telle que traitée actuellement – de manière superficielle et occultant les vrais enjeux – n’est en partie qu’un cache misère. Cette manière de traiter la liberté de pensée permet à plusieurs d’obtempérer à cet impératif de l’université comme gardienne des traditions.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pourquoi le déclin de la liberté académique ne serait-il pas analysé à l’aune du financement de la recherche vacillante ou de la recommandation d’un État comme le Japon de fermer 26 facultés de sciences humaines et sociales en 2015?»</p></blockquote>



<p>Harvey s’opposait à la tradition représentée sur le plan politique par l’abbé Lionel Groulx, qui souhaitait un État catholique et francophone. Harvey croyait en la modernité et en l’avancement des Canadiens français, ce qui passait selon lui par un système d’éducation indépendant du clergé. Il croyait tout autant en la libération économique et linguistique des Canadiens français. Aujourd’hui, cette indépendance devrait se manifester dans la promotion d’un sens critique. L’histoire qui serait enseignée seulement dans une perspective d’exaltation nationale ne ferait que mener progressivement la nation à sa perte. Cette nation qui, attachée à ses mythes et ses dogmes, cesserait de progresser. Nous ne devons pas nous enfermer dans certaines conceptions passéistes, mais plutôt cultiver un constant renouvellement par la remise en cause de ce qui doit l’être et par la conservation de ce qu’on juge juste et bon.</p>



<p><strong>La caractère avant-gardiste de l’auteur</strong></p>



<p>Harvey n’était pas un nationaliste comme on l’entendait dans les années 1930 et 1940. Son parcours intellectuel et le contexte de la Seconde Guerre mondiale l’amenait à se distancier du nationalisme de cette époque encore ancrée dans l’idéologie catholique et à y préférer le libéralisme et l’individualité. Cela n’est par ailleurs pas étranger au fait que Harvey fut l’un des seuls intellectuels canadiens français à soutenir ouvertement le général de Gaulle aux premiers temps de la guerre, tandis que bien des notables et religieux avaient un penchant pour Vichy, le maréchal Pétain et les autres régimes autoritaires ou totalitaires d’Europe. Harvey n’aimait pas moins le peuple canadien français dont il souhaitait voir s’accomplir la modernisation, pour laquelle autant les individus que l’État auraient un rôle à jouer. La publication des <em>Demi-civilisés </em>marqua Harvey du sceau de l’infréquentabilité. Il a dû remettre sa démission comme rédacteur en chef du <em>Soleil</em> à la suite de l’interdiction du roman par l’ecclésia religieuse de Québec. À l’image du héros de son roman, il est devenu rédacteur de son propre journal de combat, <em>Le Jour</em>, publié avec quelques collaborateurs de 1937 à 1946. Ce journal a contribué à l’émancipation de la presse à cette époque, où les principaux journaux à grand tirage sont soit entre les mains de l’Église ou de partis politiques. Toutefois, l’indépendance absolue n’était pas possible, comme en témoigne l’expérience du journal de Harvey, financé par de grands capitaux anglophones. La ligne éditoriale de la publication a dû donc tendre vers l’opinion de ces financiers à certaines occasions.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Harvey fut l’un des seuls intellectuels canadiens français à soutenir ouvertement le général de Gaulle aux premiers temps de la guerre, tandis que bien des notables et religieux avaient un penchant pour Vichy, le maréchal Pétain et les autres régimes autoritaires ou totalitaires d’Europe»</p></blockquote>



<p>L’histoire de Jean-Charles Harvey nous démontre qu’on peut à tout le moins aspirer à une plus grande indépendance, autant à l’université que dans le monde journalistique. Les individus ont un grand rôle à jouer, en ce qu’ils disposent d’un libre-arbitre qui ne les oblige pas à accepter bêtement un état de fait non satisfaisant. Le libre-arbitre permet alors de choisir si nous souhaitons préserver nos convictions intactes ou nous retirer pour éviter un délit de conscience. Militer ou abdiquer?</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Duplessis : précurseur de la fin d’une époque</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/10/05/duplessis-precurseur-de-la-fin-dune-epoque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Oct 2021 14:16:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[la Grande Noirceur]]></category>
		<category><![CDATA[la Révolution tranquille]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Duplessis]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un rappel que l’histoire ne s’écrit pas seulement à travers l’action de quelques hommes. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>62 ans après son décès, Maurice Duplessis redevient la coqueluche des un·e·s et l’épouvantail des autres, à l’image de nombres de figures historiques instrumentalisées et dénaturées à des fins politiques modernes. Il devient essentiel dans ce contexte de ramener les choses en perspective en cassant le mythe de la Grande Noirceur, érigé comme antithèse de la Révolution tranquille et qui définit la période du second mandat de Duplessis de 1944 à 1959. En effet, cette appellation ne suffit pas à rendre compte de la réalité politique de cette époque. Le Québec de ce temps était dirigé par un gouvernement de notables qui tentait de maintenir la gestion libérale orthodoxe de l’économie, laquelle présuppose que le grand capital se charge du développement économique et que le rôle du gouvernement soit cantonné au déploiement d’infrastructures. Le concept de la Grande Noirceur, dans lequel les Québécois·es se représentent eux·lles-mêmes comme des arriéré·e·s, des ruraux·les ou bien des fanatiques de la religion catholique, est par rapport à un bon nombre de points une perspective anhistorique, comme le souligne le sociologue Gérard Bouchard. Il rappelle entre autres que dès la décennie 1911–1921, la majorité de la population québécoise vivait déjà en milieu urbain et que plusieurs changements sociaux attribués à la Révolution tranquille se déroulèrent plusieurs décennies avant celle-ci.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«62 ans après son décès, Maurice Duplessis redevient la coqueluche des un·e·s et l’épouvantail des autres»</p></blockquote>



<p>Au moment de la période duplessiste (1944–1959), le Québec était depuis longtemps sur la route de la modernité. Dans ce contexte, le gouvernement de l’Union nationale représentait différents intérêts, notamment ceux résistant au keynésianisme, lequel prône l’interventionnisme économique de l’État. Si on peut être nuancé·e sur la nature d’une « Grande Noirceur&nbsp;», il demeure cependant curieux de constater que bon nombre de personnes sont tentées de réhabiliter la mémoire de Duplessis à un point tel qu’on voudrait le faire passer comme étant un précurseur de la Révolution tranquille.</p>



<p><strong>L’esprit de la Révolution tranquille</strong></p>



<p>Dans le contexte de l’après-guerre, la Révolution tranquille fut la manifestation du tournant providentialiste que prit l’État québécois. Cette période fut tout autant caractérisée par un fort sentiment nationaliste qui devint un outil du développement collectif des Québécois·es.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il est erroné d’affirmer que Duplessis était un précurseur de la Révolution tranquille sur la seule base qu’il défendait l’autonomie provinciale»</p></blockquote>



<p>Il est hautement erroné d’affirmer que Duplessis était un précurseur de la Révolution tranquille sur la seule base qu’il défendait l’autonomie provinciale. Duplessis n’incarnait ni de près ni de loin l’esprit de la Révolution tranquille. Cette période ne se limite en aucun cas à la défense de l’autonomie du Québec au sein du fédéralisme canadien ; si c’était le cas, à peu près tous les premiers ministres nationalistes depuis Honoré Mercier – considéré comme l’un des premiers à parler activement de l’autonomie provinciale – seraient des précurseurs de la Révolution tranquille. Duplessis défendait les principes constitutionnels de 1867, c’est-à-dire la stricte séparation des pouvoirs entre les ordres de gouvernement. S’il a fait des gains pour le gouvernement québécois, c’était pour rétablir l’équilibre des compétences. Le nationalisme de Duplessis était bigarré : tantôt servant à des fins politiques, tantôt servant à la défense de la « race canadienne-française et catholique », soit la vision dépassée des Québécois·es entretenue à l’époque par les notables et promue par l’Union nationale.</p>



<p>Le nationalisme servi par la classe politique qui succéda à la période duplessiste était autrement plus revendicateur et cherchait à outrepasser les limites imposées par la Constitution à un moment où le Québec se définissait de plus en plus comme nation. Au contraire, Duplessis était ancré dans le libéralisme économique orthodoxe et refusa de moderniser l’appareil gouvernemental québécois et de le tourner vers une politique providentialiste, ce virage ayant constitué l’une des grandes réalisations de la décennie 1960. La seule Grande Noirceur qui ait existé fut la vision que l’Union nationale projetait de la société québécoise.&nbsp;</p>



<p>Pendant ce temps, la société civile était déjà tournée vers l’avenir. Depuis les années 1930, des intellectuels comme le journaliste Jean-Charles Harvey, que l’on peut véritablement qualifier de précurseur de la Révolution tranquille, s’attelaient à critiquer l’état des choses et à dénoncer le régime politique dans lequel des idées nouvelles peinaient à émerger, entre autres en raison de la censure ecclésiastique. Le début des années 1960 marque donc le moment où le gouvernement redevient en quelque sorte cohérent avec l’état du reste de la société.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le nationalisme qui succéda à la période duplessiste était autrement plus revendicateur et cherchait à outrepasser les limites imposées par la Constitution»</p></blockquote>



<p><strong>Au-delà du mythe</strong></p>



<p>Si la Révolution tranquille n’est pas aussi mythique que la Grande Noirceur, elle ne possède pas moins d’éléments relevant de la construction mythologique. On ne la doit pas miraculeusement à une équipe gouvernementale du tonnerre ni seulement à un groupe restreint de technocrates. Comme souvent, le discours dominant néglige l’action de la société civile dans la modernisation du Québec. Je ne parle pas seulement de quelques artistes et intellectuels en marge à cette époque tels les signataires du Refus global en 1948. C’est à travers les grandes grèves et la lutte syndicale, notamment au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC, devenue la CSN en 1960) – qui était déjà largement dépourvue de son caractère catholique à l’exception de la présence dans ses rangs d’un aumônier durant les années 1950 –, que la Révolution tranquille s’est véritablement déployée.&nbsp;</p>



<p>Durant la période duplessiste, c’est l’Union nationale qui tendait à présenter le Québec comme un endroit « préservé d’influences occultes » où le monde traditionnel pouvait triompher, alors que le monde avait déjà bien changé dans la réalité. On peut défaire les mythes et concevoir cette période en termes moins idéologiques. Cela dit, tenir un discours plus nuancé ne devrait pas concourir à la réinvention de l’histoire. En agissant ainsi, on finit par enchaîner les contradictions historiques. Le discours nationaliste du premier ministre François Legault en témoigne, lui qui souhaiterait à la fois se réclamer de René Lévesque, de Robert Bourassa et de Maurice Duplessis.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La ville des solitudes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/09/14/la-ville-des-solitudes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Sep 2021 15:13:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=44501</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par certains pays on te malmène</p>



<p>On se moque, on te voit petite</p>



<p>Je te vois en majesté</p>



<p>Tu es la reine de ta vallée</p>



<p>Où je te maudis en hiver</p>



<p>Et par soirs de doux temps</p>



<p>Me blottis sur tes flancs</p>



<p>______________________</p>



<p>Agrippé à tes côtes</p>



<p>En cette position tu jubiles&nbsp;</p>



<p>Ma hantise est ton rêve</p>



<p>Esprit léthargique, corps exalté</p>



<p>L’arbre et le fruit</p>



<p>Une fois mûr se séparent</p>



<p>Tu m’adores, moi non plus</p>
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		<title>Le béluga poursuit son lent déclin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/29/le-beluga-poursuit-son-lent-declin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 00:20:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[baleine]]></category>
		<category><![CDATA[bâteau]]></category>
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		<category><![CDATA[GNL]]></category>
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		<category><![CDATA[pêche]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[Saguenay]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le point sur l’état de l’emblématique baleine blanche.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Connu pour sa coloration blanche, le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent est une espèce emblématique du Québec maritime. Vivant normalement dans l’Arctique, sa présence dans le Saint-Laurent est le résultat du retrait des glaciers à la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans. La région de Montréal et les basses-terres du Saint-Laurent étaient alors submergées sous une mer d’eau salée occupée par une faune nordique dont faisait partie le béluga. Alors que cette ancienne mer s’est retirée et que le Saint-Laurent a pris son aspect actuel, l’espèce s’est retrouvée dans un territoire allant de Saint-Jean-Port-Joli jusqu’à Rimouski, en passant par le Saguenay. </p>



<p>Bien avant que le béluga ne se fasse connaître comme le sujet central de documentaires ethnographiques de l’Office national du film (ONF), notamment&nbsp;<em>Pour la suite du monde</em>&nbsp;(1963), ce cétacé était apprécié comme une proie de chasse de grande valeur. D’abord prisé comme source de subsistance par les autochtones et pour l’utilisation de toutes ses composantes (peau, gras, etc.) par les Basques puis par les Français, le béluga a fait l’objet d’une quasi-extermination<strong> </strong>au début du 20<em>e</em>&nbsp;siècle – il était alors accusé à tort de faire diminuer la quantité de poissons dans le fleuve.&nbsp;</p>



<p><strong>Une espèce en voie de disparition</strong></p>



<p>D’une population estimée à 10 000 individus à la fin du 19<em>e</em>&nbsp;siècle, les estimations ne dénombrent plus qu’environ&nbsp;<a href="https://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/profiles-profils/belugaStLa-fra.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">900 bélugas</a>&nbsp;dans l’estuaire du Saint-Laurent. Depuis l’interdiction de le pêcher, émise en 1979, des efforts ont été mis en place pour protéger l’espèce, notamment avec la création du parc marin Saguenay-Saint-Laurent par les gouvernements québécois et canadien en 1998. Malgré tout, le béluga est depuis 2014 considéré comme une espèce en voie de disparition selon de la Loi canadienne sur les espèces en péril. On estime que le nombre de bélugas du Saint-Laurent diminue de&nbsp;<a href="https://baleinesendirect.org/combien-y-a-t-il-de-belugas-dans-le-saint-laurent/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1% à 1,5% par année</a>. Des dix dernières années, 2017 est celle où les chercheurs ont dénombré le plus de pertes; Robert Michaud, directeur scientifique au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) faisait état de&nbsp;<a href="https://baleinesendirect.org/belugas-une-premiere-carcasse-pour-2018-et-le-bilan-de-2017/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">22 bélugas</a>&nbsp;retrouvés échoués le long du fleuve cette année-là. Ce qui inquiète le plus les&nbsp;<a href="https://www.ledevoir.com/societe/environnement/579453/mortalites-inquietantes-de-belugas-du-saint-laurent" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">spécialistes</a>&nbsp;est le fait que ce sont les femelles qui meurent de façon prédominante, affectant donc la capacité de reproduction de l’espèce.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On estime que le nombre de bélugas du Saint-Laurent diminue de&nbsp;1% à 1,5% par année»</p></blockquote>



<p><strong>La circulation des bateaux, une source de perturbation</strong></p>



<p>Le béluga est particulièrement sensible au trafic maritime dans l’estuaire, car&nbsp;<a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/102247/bruits-oceans-baleines-belugas" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le bruit des grands navires</a> perturbe les canaux de communication qui permettent au cétacé de se nourrir ou bien aux veaux de communiquer avec leur mère. Le projet Énergie Saguenay (aussi connu sous le nom de GNL Québec) a d’ailleurs récemment attiré l’attention sur la question, puisque l’intensification du transport maritime que causerait le passage de super-méthaniers (300 à 400 par année) aurait un impact sur l’habitat du béluga. Dans son&nbsp;<a href="https://www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/projet-construction-complexe-liquefaction-gaz-naturel-saguenay/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport d’enquête</a>&nbsp;sur GNL Québec rendu public le 24 mars dernier, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) constate que le fjord du Saguenay est une zone cruciale pour la préservation du béluga: 67% des femelles adultes – souvent accompagnées de nouveau-nés – fréquentent<span class="has-inline-color has-societe-color"><strong> </strong></span>la région. Le BAPE recommande également que soient pris en compte les effets cumulatifs qu’auraient non seulement GNL Québec, mais aussi les autres projets susceptibles de se développer dans la zone industrialo-portuaire du Saguenay. Outre les grands projets industriels, l’embouchure du Saguenay est déjà une zone maritime très sollicitée. Des traversiers relient les deux rives à toute heure de la journée et de très populaires excursions d’observation des cétacés ont lieu en période estivale à Tadoussac. Ces activités perturbent l’habitat du béluga en plein cœur de la zone de conservation du parc marin Saguenay-Saint-Laurent.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-mobilisation-contre-gnl-quebec-se-poursuit/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal"> La mobilisation contre GNL Québec se poursuit</a></em></p>



<p>L’avenir du béluga du Saint-Laurent demeure toutefois difficile à prédire considérant l’augmentation du transport maritime sur le Saint-Laurent <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">qui se produirait</span> si certains projets, comme GNL Québec ou&nbsp;<a href="https://www.ledevoir.com/societe/environnement/534410/mine-arianne-trafic-maritime-en-hausse-dans-le-parc-marin" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Arianne Phosphate</a>, vont de l’avant.&nbsp;<a href="https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/102247/bruits-oceans-baleines-belugas" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Les efforts des chercheurs</a>&nbsp;s’orientent désormais vers l’étude de la pollution sonore dans l’habitat des bélugas qui semble être la principale menace pour la sauvegarde de l’espèce, sans compte<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">r</span> toutes les autres formes de pollution déjà existantes.</p>



<p></p>
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		<title>Penser le militantisme étudiant après la pandémie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/penser-le-militantisme-etudiant-apres-la-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Mar 2021 01:02:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[association étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[associations étudiantes]]></category>
		<category><![CDATA[FECQ]]></category>
		<category><![CDATA[militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[UEQ]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<category><![CDATA[universités québécoises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ouvrir une nouvelle voie dans l’histoire du syndicalisme étudiant au Québec.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"> Depuis 2012, la grève étudiante ayant marqué toute une génération, le mouvement étudiant québécois est entré dans une période dont nous ne sommes pas encore ressorti·e·s. Les grandes associations de type «syndicalisme&nbsp;de combat» sont toutes tombées les unes après les autres, ne laissant en vie que celles pratiquant un bureaucratisme exacerbé. L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) s’est lentement désintégrée après 2012 pour finalement s’échouer jusqu’à sa dissolution en 2019 tandis que la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a disparu dans le cadre d’une crise de confiance en 2015. Cette dernière a aussitôt été remplacée par l’Union étudiante du Québec (UEQ), émule universitaire de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui, elle, poursuit ses activités sans heurts apparents. Dans un communiqué publié avant la disparition de l’ASSÉ en 2019, il était question d’une structure pouvant à terme remplacer celle-ci, mais rien n’a pointé le bout de son nez jusqu’à ce jour. C’est sans compter sur l’apparition puis la disparition de l’Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ) dont l’existence pleine de promesses pour les régions fut catastrophique du début à la fin.</p>



<p><strong>Un soupçon de déjà-vu</strong></p>



<p>Bien que ces dernières années soient tout sauf réjouissantes pour la santé du syndicalisme étudiant au Québec, cette asphyxie n’est en soi guère une nouveauté, comme le rappelle le sociologue Jean-Philippe Warren dans <a href="https://www.cairn.info/revue-materiaux-pour-l-histoire-de-notre-temps-2018-1-page-24.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un article</a> paru en 2018. Déjà dans les années 1960, alors que le Québec était plongé dans la Révolution tranquille, le militantisme étudiant montrait des signes de faiblesses. Les signes d’une déconnexion entre les élites syndicales étudiantes et la base qu’elles sont censées représenter se font sentir, même si les grandes associations de l’époque, comme l’Union générale des étudiants du Québec (UGEQ), faisaient des pieds et des mains pour accroître la participation des étudiant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le mouvement étudiant n’a de plus grand ennemi que la bureaucratie»</p></blockquote>



<p>Avec la pandémie, nous pourrions prendre du recul et, une fois de retour sur les campus, permettre au syndicalisme étudiant de repartir sur de meilleures bases. Au-delà de l’opposition classique entre le syndicalisme de combat et celui de dialogue, le clivage régions/grands centres joue un rôle crucial dans l’efficacité ou le surplace de ces grandes associations nationales. La représentativité globale du militantisme est également à mettre en cause à toutes les échelles. Le mouvement étudiant n’a de plus grand ennemi que la bureaucratie qui transforme tranquillement des espaces de représentativité pour les membres en clubs privés comparables, en termes d’impact concret,<span class="has-inline-color has-culture-color"><strong> </strong></span>aux ailes jeunesses des partis politiques.</p>



<p><strong>Un militantisme exclusif</strong></p>



<p>Des fédérations étudiantes où règne la bureaucratie, l’inefficacité et le manque d’audace et de transparence: bienvenue sur la scène des associations étudiantes nationales au Québec. Rendez-vous dans n’importe quel cégep du Québec où l’association étudiante locale est membre de la FECQ et demandez aux étudiant·e·s&nbsp;:&nbsp;«connaissez-vous la FECQ»? La réponse risque d’en décevoir quelques-uns.&nbsp;</p>



<p>Que ce soit la FECQ ou l’UEQ, toutes deux sont les chantres d’une vision ultra-hiérarchisée du militantisme étudiant qui exclut à la fois une majorité d’étudiant·e·s ainsi que certaines associations régionales avec lesquelles elles peinent à régler leurs litiges. Par exemple, les conflits des associations du Cégep de Saint-Félicien et du Collège d’Alma concernant leurs désaffiliation de la FECQ, que cette dernière ne <a href="https://www.letoiledulac.com/actualite/la-fecq-conteste-la-desaffiliation-des-cegeps-de-saint-felicien-et-alma/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reconnaît</a> toujours pas, se poursuivent depuis 2013. Bien que ces associations n’aient plus aucun lien avec la fédération et qu’ils aient cessé de payer des cotisations, la FECQ les considère toujours comme membres et rien n’a été fait pour recréer des ponts sur de solides fondations. Forcément, les cotisations de ces deux associations de petites villes du Lac-Saint-Jean ne sont rien en comparaison à celles des grands cégeps montréalais; la logique économique explique derechef le phénomène..,</p>



<p>Le militantisme exclusif de la FECQ essaie tant bien que mal de faire croire à un mouvement populaire, alors que ce n’est pas le cas. Bien qu’elle se présente comme étant la voix unie des étudiants membres, le déficit de légitimité de la FECQ est immense.&nbsp;</p>



<p>Des frais d’environ 5$ <em>per capita</em> sont directement prélevés aux étudiant·e·s membres à chaque session dans l’objectif d’assurer la «représentation». On peut donc s’attendre à un droit de regard sur les décisions et sur la gestion des dirigeant·e·s. Lorsque la gestion de nos associations étudiantes locales ne nous plaît pas, nous possédons tous·tes les recours nécessaires à la sanction des dirigeant·e·s associatif·ve·s. Il n’en est pas de même pour les associations nationales, même si les étudiant·e·s paient cher leur affiliation.&nbsp;</p>



<p>De plus, les comités exécutifs des associations locales ne sont pas les meilleurs surveillants, puisque les associations nationales recrutent leurs futur·e·s exécutant·e·s à même ceux-ci. L’ultime recours est la désaffiliation, mais celle-ci engendre des processus complexes qui demandent, comme à la FECQ, un référendum surveillé par l’association nationale.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le militantisme exclusif de la FECQ essaie tant bien que mal de faire croire à un mouvement populaire, alors que ce n’est pas le cas»</p></blockquote>



<p>Vous ne verrez pratiquement jamais l’exécutif·ve d’une association nationale prendre la parole dans l’assemblée d’une association étudiante locale membre. Ironiquement, les associations nationales tirent leur légitimité des étudiant·e·s, mais font en même temps tout pour les éviter et protéger un système indécemment hiérarchisé. De mon expérience, les associations nationales ne pointent le bout de leur nez que pour la logistique des fêtes<em> </em>étudiantes. La cotisation est chère payée!</p>



<p>Puisque l’on parle de finance, il suffit de regarder le budget de l’UEQ – dont plus de la moitié est consacrée à faire fonctionner la structure – pour se rendre compte qu’on ne sert pas véritablement la communauté étudiante, mais bien les exigences d’une machine bureaucratique. La taille du budget n’est pas en soi la question, c’est l’utilisation qui en est faite qui importe. Si l’UEQ a au moins la décence d’être transparente en publiant son budget, la FECQ tant qu’à elle ne le rend pas public et permet aux administrateur·rice·s de le consulter en huis-clos seulement.</p>



<p><strong>Passif, pas agressif</strong></p>



<p>La passivité du syndicalisme bureaucratique étudiant pratiqué par la FECQ et l’UEQ constitue une défaite pour la condition étudiante. Sur le plan des revendications politiques, ces associations pratiquent l’aplaventrisme généralisé menant à l’absence de rapport de forces avec les autorités gouvernementales. Les demandes et les exigences de ces associations, inscrites en formules creuses, masquent cette absence de rapport de force. Même si elles représentent plusieurs dizaines de milliers de membres et exigent des changements, les gouvernements n’ont aucune raison d’obtempérer, notamment parce que ce type de syndicat étudiant ne possède aucun levier de mobilisation, puisqu’il pratique le militantisme exclusif à outrance. À défaut d’avoir du succès sur le plan politique, on se retrouve à organiser <a href="https://www.facebook.com/fecq.org/posts/3393135894041371" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des concours</a> aux allures de mauvaise blague pour faire gagner un iPad pro d’une valeur de 1100$. Au moins, cette association se donne bonne conscience auprès de la base, argumentant avoir fait l’effort d’offrir un gadget inutile et hors de prix à UN·E SEUL·E étudiant·e.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils pensent à ce que cette implication supplémentaire sur leur <em>curriculum vitae</em> peut leur apporter personnellement»</p></blockquote>



<p>Il va sans dire que le syndicalisme étudiant mou plaît à une certaine classe de <em>bureaucrates gentilshommes</em>. Tout comme les étudiant·e·s conçoivent leur condition, ces bureaucrates gentilshommes voient leurs postes dans ces associations comme étant temporaires. Ils pensent à ce qui vient après et à ce que cette implication supplémentaire sur leur <em>curriculum vitae</em> peut leur apporter personnellement. Pour donner une image simple, les gains futurs que peut engendrer une discussion cordiale avec un·e ministre sont potentiellement plus grands que ceux d’une manifestation dans la rue. Ceci n’est toutefois pas un reproche, mais plutôt la constatation d’un système raté ne servant pas la majorité. Il y a des gens valeureux qui se sont engagés dans ces associations et qui le font toujours à l’heure actuelle. Or, si l’on souhaite développer un réel rapport de force et un véritable militantisme pérenne dans le temps, l’approche bureaucratique n’est visiblement pas la bonne.</p>



<p><strong>Qu’en est-il des associations locales?</strong></p>



<p>Pour plusieurs associations membres, on semble justifier l’adhésion à la FECQ et à l’UEQ pour des raisons d’efficacité. Particulièrement chez les associations régionales, on semble croire que la FECQ et l’UEQ agissent comme des courroies de transmission pour leurs revendications à l’échelle nationale. En est-il vraiment ainsi? La courroie de transmission ne semble aller que dans un sens. Les associations locales font la promotion des campagnes nationales des fédérations tandis que ces dernières ne semblent pas prendre en compte les intérêts spécifiques de chaque association qu’elles représentent. Les associations locales ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour représenter efficacement leurs membres.</p>



<p>Je ne possède pas de solutions miracles aux problèmes qui frappent actuellement le milieu du syndicalisme étudiant au Québec. Toutefois, si les structures nationales sont nécessaires, elles devraient prendre la forme notamment de tables de concertation ou de structures les plus minimales possibles sans compromis sur l’efficacité de la représentation, ce que ne peuvent offrir les associations bureaucratiques. Cette représentation devrait avant tout être régionale puisque les associations nationales actuelles sont inaptes à rendre compte de la diversité de réalités vécues partout au Québec. Ce sont les associations étudiantes locales qui donnent de la substance aux revendications et elles doivent redevenir l’unité de base de la mobilisation des étudiants. Une fois que nous serons tous de retour sur les campus, on peut spéculer sur le fait que les étudiant·e·s voudront rompre avec la monotonie de la pandémie et souhaiteront s’engager un peu plus dans leur milieu. Le moment est donc rêvé pour amorcer une vraie réflexion sur le syndicalisme étudiant au Québec et permettre aux associations étudiantes <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">d’emprunter </span>une nouvelle voie.</p>
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		<title>Conversation entre adultes : incursion dans les coulisses de l’Union européenne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/conversation-entre-adultes-incursion-dans-les-coulisses-de-lunion-europeenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Mar 2021 00:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Costa-Gavras]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=43152</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un retour sur la carrière du cinéaste politique Costa-Gavras et sur son dernier film, paru en 2020.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">On ne présente désormais plus Costa-Gavras. Considéré comme un grand maître du septième art, il est l’un des principaux instigateurs du courant du cinéma politique, vers la fin de la décennie 1960, s’exprimant à travers plusieurs films désormais cultes. On compte notamment <em style="user-select: auto;">Z</em> (1969), racontant les événements ayant précipité le coup d’État et l’instauration de la dictature militaire des colonels en Grèce, ou bien <em style="user-select: auto;">L’Aveu</em>, sorti l’année suivante, qui se veut une critique de l’arbitraire politique des régimes «&nbsp;communistes&nbsp;» liés à Moscou. Aujourd’hui âgé de 88 ans, Costa-Gavras n’a <strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;"></span></strong>cessé de réaliser des longs-métrages politiquement engagés. Avec <em style="user-select: auto;">Adults in the room</em> (titre original traduit par Conversation entre adultes), le réalisateur renoue cinématographiquement avec son pays d’origine un peu plus de 50 ans après le tournage de <em style="user-select: auto;">Z</em>.</p>



<p><strong>Un contexte contemporain</strong></p>



<p>Le cinéma politique de Costa-Gavras possède cette particularité de traiter de sujets actuels, ce qui nous éloigne forcément d’une lecture historique des événements. À peu près tous les films du réalisateur sont sortis alors que les sujets dont ils traitaient<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>étaient encore d’actualité. <em style="user-select: auto;">Conversation entre adultes </em>nous amène en Grèce en 2015. Le pays s’est engouffré depuis quelques années dans une crise financière causée par une dette publique monstre et entraînant dans son sillage des politiques d’austérité imposées par les institutions européennes, produisant une crise sociale. Le parti de gauche Syriza est porté au pouvoir avec co­mme mandat de renégocier l’aménagement de la dette grecque avec le reste de l’Europe. Le nouveau premier ministre Alexis Tsípras nomme l’économiste Yanis Varoufakis comme ministre des Finances. Le film est d’ailleurs basé sur le livre du même nom écrit par Varoufakis dans lequel il décrit son mandat comme ministre, ce qui ajoute au film un réalisme percutant en ce qui a trait aux dialogues. Si Costa-Gavras qualifie le film de «tragédie grecque des temps modernes», le récit ne pourrait être plus réel. Chaque film de Costa-Gavras se veut une critique assumée d’un fait politique. Dans <em style="user-select: auto;">Z</em> et <em style="user-select: auto;">État de Siège</em>, la critique était adressée aux juntes militaires et à leurs liens avec les puissances occidentales. Dans <em style="user-select: auto;">L’Aveu</em>, histoire vraie adaptée du livre du Tchécoslovaque Arthur London, Costa-Gavras s’attaque directement aux régimes et aux partis «communistes» satellites de l’URSS. <em style="user-select: auto;">Conversation entre adultes, </em>quant à elle, est une critique non camouflée de l’Union européenne et de ses institutions néolibérales davantage soumises aux considérations des financiers qu’aux intérêts des populations en cause.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Chaque film de Costa-Gavras se veut une critique assumée d’un fait politique»</p></blockquote>



<p><strong>Captivant et révoltant</strong></p>



<p>On est, dès les premiers instants, tenu en haleine par ce vent nouveau qui semble souffler sur la Grèce avec l’élection d’un nouveau gouvernement. Le premier ministre et le ministre des Finances se présentent dans un style décontracté, prêts à mener bataille pour le peuple grec contre l’austérité qui l’asphyxie. Cependant, tout espoir est rapidement écarté à mesure que le film plonge dans les coulisses sombres du pouvoir européen. Tôt dans le film, le spectateur apprend avec stupeur que les banques allemandes et françaises, croulant sous les dettes, ont profité de la crise financière pour transférer une partie de leur dette vers celle de l’État grec. Au fil des réunions de l’Eurogroupe réunissant les ministres des finances européens, on comprend assez rapidement qu’il s’agit d’une façade. La décision de ne pas renégocier la dette a été prise en amont. Les discussions de l’Eurogroupe ne servent qu’à faire plier et chanter le gouvernement grec pour l’obliger à respecter les engagements de leurs prédécesseurs. À l’aide de menaces d’exclusion de la zone euro et de chantage médiatique, l’Europe néolibérale est bien déterminée à imposer l’austérité à la population grecque. Malgré l’aspect impressionnant des grands bâtiments transparents de l’Union européenne, symbole d’unité, où se déroulent les rencontres constituant la trame principale du film, la teneur des discussions entre ministres dans des salles sombres tient plus de l’opacité. Aucun procès-verbal n’est tenu, et l’Eurogroupe, chargé de prendre d’importantes décisions, n’a aucune existence légale. Costa-Gavras a brillamment mis en scène la dichotomie et les contradictions de l’Union européenne à travers les lieux où se déroulent les rencontres.</p>



<p><strong>Un peuple réduit au silence</strong></p>



<p>Malgré un référendum où le peuple grec réclame que ne soit pas signé le protocole d’entente poursuivant la politique d’austérité, le premier ministre Alexis Tsípras décide finalement d’adhérer à l’entente menant à la démission de Yanis Varoufakis. Costa-Gavras signe la fin de son film par une habile mise en scène dans laquelle tous les leaders européens font littéralement valser le premier ministre grec. Varoufakis se faisait&nbsp;le représentant de la population, et sa défaite est avant tout celle du peuple grec. Le film se termine ainsi comme une tragédie. Le héros est vaincu. Ici, le peuple de Grèce est vaincu. S’il est réduit au silence, il survit malgré tout.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/22/conversation-entre-adultes-incursion-dans-les-coulisses-de-lunion-europeenne/" data-wpel-link="internal">Conversation entre adultes : incursion dans les coulisses de l’Union européenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>La mobilisation contre GNL Québec se poursuit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-mobilisation-contre-gnl-quebec-se-poursuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 14:16:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[BAPE]]></category>
		<category><![CDATA[ceves]]></category>
		<category><![CDATA[consultation publique]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie Est]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<category><![CDATA[gazoduc]]></category>
		<category><![CDATA[GNL]]></category>
		<category><![CDATA[greenpeace]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[participation citoyenne]]></category>
		<category><![CDATA[participation politique]]></category>
		<category><![CDATA[Saguenay]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Même pendant la pandémie, l’opposition au projet GNL a continué de susciter l’attention partout au Québec. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-mobilisation-contre-gnl-quebec-se-poursuit/" data-wpel-link="internal">La mobilisation contre GNL Québec se poursuit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La pandémie de COVID-19 n’a pas réduit l’intensité de la mobilisation contre <a href="https://coalitionfjord.com/2020/01/10/gnl-gazoduq/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">GNL Québec</a>. Ce projet entraînerait la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay qui serait alimentée par un gazoduc en provenance de l’Ouest canadien. </p>



<p><strong>La mobilisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean</strong></p>



<p>Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la mobilisation contre GNL Québec, également connu sous le nom d’Énergie Saguenay, s’est intensifiée au mois de février 2020. Entre autres, une soirée organisée par Québec solidaire au Café Cambio de Chicoutimi où étaient présentes des députées de ce parti, Ruba Ghazal et Catherine Dorion, a fait salle comble. Au-delà de l’action de partis politiques, la Coalition Fjord, organisme créé en novembre 2018, est le point de ralliement de l’opposition à GNL Québec grâce à un réseau d’alliances régional et national. La Coalition Fjord est d’ailleurs derrière la circulation massive d’une <a href="https://www.non-gnl-quebec.com/eau-secours/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pétition</a> contre le projet de gaz liquéfié qui, en date du 4 mars 2021, avait recueilli près de 120 000 signatures.&nbsp;</p>



<p>Lors de son assemblée de mobilisation virtuelle le 18 février dernier, la Coalition Fjord a fait le bilan de son année 2020. Elle s’est réjouie de la prise de position conjointe de membres de la société civile contre Énergie Saguenay en 2020. On compte notamment 126 membres du corps professoral de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), 250 médecins québécois·es et 54 associations étudiantes représentant 300 000 étudiant·e·s.</p>



<p><strong>La mobilisation ailleurs au Québec</strong></p>



<p>La mobilisation contre Énergie Saguenay se fait également ressentir à Montréal. Au cours de la dernière année, la Coalition<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) a organisé plusieurs actions de visibilité en déployant des bannières contre GNL Québec ainsi que des opérations de collage dans divers lieux de la métropole. Greenpeace a de son côté déployé une immense bannière affichant «Non-GNL» sur un bâtiment en construction de l’Université de Montréal en octobre dernier.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/virage-vert-en-zone-rouge/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Des organismes environnementaux prennent les rues de Montréal (novembre 2020)</a></em></p>



<p><strong>Retour sur les audiences publiques</strong></p>



<p>La Coalition Fjord s’est mobilisée durant toute l’année 2020 dans la région du Saguenay en prévision des audiences du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) qui se sont déroulées à l’automne 2020. Elle s’est notamment rendue à la rencontre de la population à travers sept assemblées citoyennes afin d’écouter les préoccupations locales et d’affiner son argumentaire. Alors que le rapport du BAPE doit être remis au gouvernement d’ici le 10 mars, les coordonnateur·rice·s de la Coalition Fjord se sont réjoui·e·s du taux de participation record à l’exercice: 2 315 mémoires ont été déposés au BAPE dont 91% manifestant leur opposition au projet. L’organisme a pu compter sur le soutien de ses partenaires nationaux notamment l’initiative «Arrêtons GNL» regroupant des associations étudiantes montréalaises dont la FAECUM et l’AéESG-UQAM qui visent à encourager les étudiant·e·s de partout au Québec à rédiger leur propre mémoire pour faire entendre leur opposition au projet.&nbsp;</p>



<p>La Coalition Fjord se prépare à des actions de visibilité et de pression auprès des élu·e·s de différents paliers lorsque le rapport du BAPE sera rendu public d’ici la fin du mois de mars.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/09/la-mobilisation-contre-gnl-quebec-se-poursuit/" data-wpel-link="internal">La mobilisation contre GNL Québec se poursuit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:59:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[association étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[associations étudiantes]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[cégeps]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[éducation supérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les associations étudiantes du reste du Québec doivent s’adapter à la nouvelle réalité, alors que les campus sont vides depuis plusieurs mois et qu’une réouverture graduelle s’entame.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La fermeture des campus depuis le mois de mars 2020 a grandement percuté les étudiant·e·s du Québec ainsi que les associations qui les représentent politiquement et leur offrent de nombreux services. Bien que la virulence de la pandémie ait varié d’une région à l’autre, aucune institution d’enseignement supérieur n’a été épargnée: l’ensemble des associations étudiantes ont dû s’adapter aux nouvelles mesures en vigueur sur leurs campus respectifs. <em>Le Délit</em> s’est virtuellement rendu à la rencontre d’associations étudiantes à travers le Québec afin d’établir un portrait de la situation à l’aube de la réouverture progressive des universités et des cégeps.</p>



<p>→ Voir aussi : <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/09/retour-progressif-sur-le-campus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">Réouverture progressive du campus à l’Université McGill.</a></em></p>



<p><strong>Une pléthore de services affectés</strong></p>



<p>La fermeture des campus et les mesures sanitaires en vigueur ont inévitablement obligé les associations étudiantes à reconsidérer et à moduler leur offre de services aux étudiant·e·s. Sandrine Desforges, secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), a confirmé au <em>Délit</em> que la pandémie a grandement influencé les services de l’association. Par exemple, le service de garderie de la FAECUM offert aux parent<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s</span>-étudiant·e·s a fermé ses portes au printemps dernier. La demande actuelle pour le service – qui a repris à l’automne selon un horaire réduit – demeure faible, car la majorité des usager·ère·s habituel·le·s suivent leurs cours en prestation virtuelle.&nbsp;L’Association générale des étudiant·e·s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE-UQTR), qui opère une halte-garderie similaire, a affirmé que le service devrait reprendre prochainement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que les associations étudiantes d’établissements en zone orange puissent rouvrir graduellement leurs services, celles en zone rouge sont encore limitées dans ce qu’elles peuvent entreprendre»</p></blockquote>



<p>L’offre alimentaire des associations étudiantes a également écopé des mesures sanitaires. En mars 2020, le mouvement des associations générales étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC) n’a eu d’autre choix que de fermer sa cafétéria, son service de traiteur, son dépanneur l’Escale ainsi que le BarUQAC. Avec le récent passage en zone orange du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Escale a toutefois pu reprendre ses activités le 8 février dernier.</p>



<p>Bien que les associations étudiantes d’établissements en zone orange puissent rouvrir graduellement leurs services, celles en zone rouge sont encore limitées dans ce qu’elles peuvent entreprendre. Le café-bistro La Chasse-Galerie de l’AGE-UQTR demeure fermé pour l’instant. À la FAECUM, sur une vingtaine de cafés étudiants opérés par les associations départementales, seuls trois se sont prévalus de la possibilité d’ouvrir leurs portes et ce, seulement pour les commandes à emporter, les salles à manger des restaurants demeurant fermées en zone rouge. Les associations départementales souhaitant rouvrir leurs cafés peuvent compter sur l’aide de la FAECUM, notamment en ce qui a trait à la commande de matériel de protection.</p>



<p><strong>L’accès aux locaux variable</strong></p>



<p>Les modalités d’accès aux campus diffèrent d’un établissement à l’autre. À l’Université de Montréal, l’accès aux pavillons est très limité. Les locaux associatifs demeurent accessibles mais seulement pour permettre aux associations de récupérer leur matériel. Il était toutefois très important pour la FAECUM d’accueillir ses étudiant·e·s sur le campus à la session d’automne. La fédération a donc insisté pour que des activités d’accueil en présentiel puissent se dérouler tout en respectant les mesures sanitaires en vigueur.&nbsp;</p>



<p>En mars 2020, le MAGE-UQAC s’est retrouvé pris au dépourvu lorsque l’Université a complètement fermé ses portes, empêchant ainsi l’association d’accéder à des documents demeurés dans ses locaux du campus. Afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise à la session d’automne, le MAGE-UQAC a déménagé ses bureaux dans un édifice du centre-ville de Chicoutimi afin de poursuivre ses activités sans encombre.&nbsp;</p>



<p>À l’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC), on nous indique que l’administration s’est montrée très collaborative en permettant aux étudiant·e·s d’emprunter des classes transformées en espace d’études. L’AGEECC jouit également de la possibilité de garder ses locaux ouverts, notamment pour la prestation de services comme l’imprimerie. Puisque les exécutant·e·s tout comme leurs collègues étudiant·e·s poursuivent leur formation majoritairement virtuellement, les services de pédagogie, notamment,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>sont surtout accessibles en ligne. Alors qu’on pouvait s’attendre à des difficultés dans le recrutement de candidat·e·s aux élections et dans l’organisation des assemblées générales à la dernière session d’automne, le président de l’AGEECC, Émile Simard, affirme au contraire que l’intérêt était présent – l’association ayant tenu de vraies élections comptant plusieurs candidat·e·s ainsi que des assemblées atteignant toujours leur quorum.</p>



<p><strong>Maintenir le contact avec la population étudiante</strong></p>



<p>Au-delà de la prestation de services, l’absence d’étudiant·e·s sur les campus amène de nombreux défis à relever aux associations étudiantes. «Ce fut un coup d’être coupé du campus», dit Antoine Bélisle-Cyr, président de l’AGE-UQTR. La présence des étudiant·e·s à l’université leur permet de découvrir l’association. À défaut de pouvoir se faire connaître pour ses services, M. Bélisle-Cyr explique que l’AGE-UQTR a été très active sur le plan politique. L’arrivée de la prestation virtuelle a contribué à créer des cas pédagogiques inédits nécessitant une plus grande présence virtuelle de l’association dans ce domaine – l’objectif étant d’assurer une défense efficace des membres. Les défis sont nombreux au MAGE-UQAC. Le secrétaire général Alexis Diard rappelle que le MAGE-UQAC est habituellement très présent sur le campus. Les étudiant·e·s ont l’habitude de venir directement aux bureaux du centre social pour poser directement leurs questions aux exécutant·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les associations travaillent à offrir une vie étudiante malgré tout, notamment à travers des activités virtuelles et des spectacles»</p></blockquote>



<p>Les associations restent toutefois en contact avec leurs membres. Les courriels permettent de conserver un certain lien avec les étudiant·e·s, explique M. Diard. Les associations travaillent à offrir une vie étudiante malgré tout, notamment à travers des activités virtuelles et des spectacles. La soirée de lancement du carnaval de la FAECUM s’étant déroulée le 18 janvier dernier a réuni 700 étudiant·e·s simultanément sur Zoom, tandis que deux des associations du MAGE-UQAC ont organisé, pour la rentrée d’hiver 2021, un spectacle virtuel animé par l’humoriste Rosalie Vaillancourt.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/02/16/les-associations-etudiantes-quebecoises-face-a-la-pandemie/" data-wpel-link="internal">Les associations étudiantes québécoises face à la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Racisme systémique ou complexe d’infériorité systématique?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/racisme-systemique-ou-complexe-dinferiorite-systematique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 13:48:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[anti-racisme]]></category>
		<category><![CDATA[antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[racisme systémique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=39742</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’émotivité qui empreint le débat sur le racisme systémique trompe le vrai cœur de la question, qui est d’améliorer la vie en société des personnes vulnérables.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/racisme-systemique-ou-complexe-dinferiorite-systematique/" data-wpel-link="internal">Racisme systémique ou complexe d’infériorité systématique?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-noir-color has-text-color">En cette période de pandémie, nous sommes bien heureux de profiter des bienfaits des réseaux sociaux qui nous permettent d’entretenir des liens avec nos ami·e·s malgré la distance. Toutefois, ces avantages se retrouvent vite exclus du portrait par la déferlante de mauvaise foi inhérente aux discussions sur ces sites. Les opinions prémâchées des chroniqueurs de type «Bock-Martineau» profitent à coup sûr de cette dictature de l’instantanéité. Leur dernière victime: le racisme systémique qui, au final, n’est une fois de plus qu’un prétexte pour perpétuer un dialogue de sourds.&nbsp;</p>



<p>Il faut se réjouir que nos débats publics ne soient pas une transposition de ceux du monde virtuel de Twitter ou Facebook, car ils auraient autrement la même saveur démagogique que ceux de nos voisins du sud. À en croire Twitter, les Québécois seraient obsédés par la «race», et le racisme systémique serait une théorie aussi infondée que le créationnisme. Les nuances sont véritablement les vraies perdantes dans ces guerres de 280 caractères. L’émotivité de ces débats font gagner des individus comme Jean-François Lisée, qui en profitent pour perpétuer l’incompréhension envers le racisme systémique au Québec en énonçant toutes les idées préconçues et fausses qui existent sur le sujet. Lorsque Maitée Labrecque-Saganash déconstruit les idées reçues sur cette théorie dans le documentaire <a style="user-select: auto;" href="https://briserlecode.telequebec.tv/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em style="user-select: auto;">Briser Le Code</em></a>, ce nouveau «Bock-Martineau» qu’est Lisée ne tarde pas à réagir de mauvaise foi en prétendant qu’il ne s’agit que de propagande pour endoctriner les jeunes.</p>



<p class="has-noir-color has-text-color"><strong>Mythes et réalités sur la société québécoise</strong></p>



<p>Il est tout à fait compréhensible, à mon sens, que le racisme systémique soit un concept qui puisse provoquer une certaine peur, un certain recul de la part de plusieurs personnes au Québec. Le racisme systémique peut sembler comme une idée culpabilisante au premier abord, alors qu’en fait, c’est simplement une analyse approfondie des relations entre différents corps d’individus dans notre société. Certains comportements assimilables au <em>Québec Bashing </em>qui se produisent lorsqu’il y a une discussion sur ces enjeux sensibles peuvent expliquer pourquoi l’on tend à afficher certaines réticences.</p>



<p class="has-noir-color has-text-color">Systémique ne veut pas dire systématique. Reconnaître qu’il y a du racisme systémique, c’est tout simplement reconnaître qu’il existe dans nos sociétés des préjugés et attitudes inhérents et persistants qui défavorisent certaines personnes: ni plus, ni moins. Plusieurs Québécois·es craignent que la reconnaissance de ce concept ne soit qu’un prétexte pour les traiter sans aucun fondement de racistes, ce qui peut expliquer la méfiance envers ce terme.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-noir-color has-text-color">En revanche, ce qui est pour le moins incompréhensible, c’est l’obstination de certain·e·s chroniqueur·se·s populaires qui persistent à nier le concept malgré des chiffres, des statistiques et des rapports qui en font état, comme le <a style="user-select: auto;" href="https://www.delitfrancais.com/2019/10/08/depot-du-rapport-viens/" data-wpel-link="internal">rapport Viens</a> qui semble d’ailleurs en passe d’être tabletté. Ces chroniqueur·se·s surreprésenté·e·s dans nos médias semblent prendre un malin plaisir à instrumentaliser la méfiance envers le concept pour aller à contre-courant. Bien expliqué et sans ambiguïté, le racisme systémique peut être compris par chacun·e. Ces «journalistes» instrumentalisent la méfiance envers cette nouvelle réalité et rivalisent de mauvaise foi en mélangeant la discussion sur le sujet avec d’autres enjeux d’actualité comme la censure dans les universités<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-actu-color" style="user-select: auto;">.</span></strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Je ne prétends pas être victime de discrimination au Québec. Or, j’ai conscience que les préjugés n’ont peut-être pas encore assez la vie dure</p></blockquote>



<p>Dans l’esprit des «Bock-Martineau» de ce monde, il ne peut y avoir de racisme systémique au Québec puisque c’est un concept américain. Dans ce cas, peut-être devraient-ils reconsidérer de nombreux concepts de sociopolitique moderne puisqu’ils ont été, eux aussi, théorisés par des spécialistes américains. Plus sérieusement, s’il y a une erreur que font plusieurs, c’est celle d’exclure le Québec du cadre nord-américain. Évidemment, le Québec n’est pas les États-Unis, nous ne partageons pas la même histoire ni les mêmes réalités sociopolitiques. Toutefois, nous vivons tous sur le continent nord-américain et nous ne pouvons pas nous extraire d’un cadre dans lequel existent des enjeux partagés entre nos différents pays, notamment la discrimination envers&nbsp;les peuples autochtones et les préjugés hérités du colonialisme.</p>



<p><strong>Reconnaître la discrimination&nbsp;</strong></p>



<p>Je ne prétends pas être victime de discrimination au Québec. Or, j’ai conscience que les préjugés n’ont peut-être pas encore assez la vie dure. Sur une base personnelle, je suis conscient de l’importance de ne pas perpétuer ces préjugés, parce que j’en ai moi même reçu une grosse tasse à travers les années.</p>



<p>À cause de notre système colonial canadien, une simple carte marquée du mot «indien» émise par le gouvernement d’Ottawa est la seule chose tangible qui me rattache à une identité innue du Piekuakami. Lorsque j’en parle à des gens, peu importe leur tranche d’âge et leur sexe, les commentaires qui surgissent sont invariablement à propos de «ne pas payer de taxes» et, dans mon cas précis, du fait que «je n’ai pas l’air d’en être un». Ainsi, je n’ai jamais eu à vivre avec le regard méfiant des autres. Jamais on ne m’a crié l’insulte raciste qu’est «Kawish» ou bien de «maudit Indien» lors d’une partie de hockey. On ne m’a jamais refusé un logement en ville sous des faux prétextes. On n’a jamais insinué quoi que ce soit sur ma consommation d’alcool lors de ma dernière rencontre avec un médecin ou un psychologue. On ne m’a jamais infligé de mauvais traitements lorsque je me suis rendu à l’hôpital. Je ne suis pas mort en allant à l’hôpital. Etcetera, Etcetera.<span class="has-inline-color has-noir-color"> </span></p>



<p>Bien que le niveau de violence et de répression subies ne soit en rien comparable avec celui des Premières Nations,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>les francophones de plusieurs provinces candiennes comme l’Ontario et le Manitoba savent ce qu’est la discrimination, la négation de sa culture et la minorisation. En tant que Québécois·es, nous pouvons bien&nbsp;comprendre la souffrance de gens qui sont victimes algré eux de discrimination, surtout les gens issus de la diversité et les Premières Nations qui vivent cette discrimination de façon tangible dans leur quotidien. Si nous souhaitons bâtir une société nouvelle et purgée des inégalités, reconnaître les préjugés et les comportements au cœur de la notion de racisme systémique devrait apparaître comme une nécessité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pendant ce temps, aucun plan d’action concret n’existe et l’incompréhension envers le racisme systémique continue à se manifester au Québec, sans qu’aucune forme de leadership gouvernemental tente de renverser cet état des choses</p></blockquote>



<p>Malgré tout, nous semblons avoir un rapport difficile à ce que certains auteurs et autrices qualifient de double identité de colon et colonisé. Certain·e·s souhaiteraient n’être que l’un ou l’autre. Cette double attache, héritée de notre histoire, caractérise la société québécoise. Elle ne doit pas être un tremplin pour se cacher de tout examen critique de notre société. Comme partout ailleurs, nous devons procéder à une introspection, écouter les néo-Québécois·es victimes de discrimination et aller dans le bon sens afin que notre société continue d’évoluer. Tous·tes les Québécois·es devraient pouvoir se sentir chez eux et chez elles ici.</p>



<p>Ce n’est pas lorsque les «Bock-Martineau-Lisée» instrumentalisent cet enjeu pour faire du capital politique que nous avançons. Ce n’est pas en détournant le regard de la fameuse loi fédérale sur les Indiens que la mort de Joyce Echaquan sera excusée. Lorsque François Legault refuse de reconnaître qu’il y a un enjeu sur lequel travailler au-delà de comportements individuels problématiques, il nous montre toute l’arrogance de son gouvernement, fort de ses 74 députés et de sa popularité auprès de l’électorat. Pendant ce temps, aucun plan d’action concret n’existe et l’incompréhension envers le racisme systémique continue à se manifester au Québec, sans qu’aucune forme de leadership gouvernemental tente de renverser cet état des choses.</p>



<p>Nous pouvons tous et toutes comprendre ce qu’est&nbsp;le racisme systémique et ce qu’il n’est pas. Peu importe notre société et l’enjeu dont il est question, il faut adopter un regard critique<strong>,</strong> sans quoi nous ne ferons que stagner.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/24/racisme-systemique-ou-complexe-dinferiorite-systematique/" data-wpel-link="internal">Racisme systémique ou complexe d’infériorité systématique?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>25 ans d’immobilisme indépendantiste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/25-ans-dimmobilisme-independantiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2020 14:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38901</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le mouvement indépandantiste québécois, 25 ans après le dernier référendum, n'a pas bougé d'un poil.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/11/03/25-ans-dimmobilisme-independantiste/" data-wpel-link="internal">25 ans d’immobilisme indépendantiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="has-drop-cap">Nous célébrons ces jours-ci le 25<em>e</em>&nbsp;anniversaire du second référendum sur la souveraineté du Québec, qui a eu lieu le 30&nbsp;octobre 1995. Peu d’événements importants ont suscité de l’engouement au sein de la population québécoise depuis 25&nbsp;ans. Les grandes grèves sociales et étudiantes de 2005 et de 2012 font partie de ces rares exemples. Autrement, on peut affirmer que c’est le calme plat depuis cette date charnière d’octobre 1995. Partout ailleurs, le monde tourne et le cours des événements se poursuit. Ici, nous semblons nous figer volontairement dans le temps comme cela a trop souvent été le cas. Même le regain de mouvements indépendantistes, comme en Écosse ou en Catalogne, ne semble pas émouvoir bon nombre de Québécois·es.</p>



<p>Depuis le 30&nbsp;octobre 1995, c’est comme si le monde avait arrêté de tourner. La population est politiquement et socialement démobilisée. En écrivant cette chronique aujourd’hui, je suis bien conscient de faire partie d’une minorité de jeunes Québécois·es montrant un intérêt pour ces questions.</p>



<p>Les sondages d’opinion montrent bien l’ampleur du propos. Les jeunes du Québec se réclamant de l’une ou l’autre des options constitutionnelles — indépendantisme ou fédéralisme<strong> </strong>— constituent une infime minorité. L’autre masse se noie dans un corps difforme d’indécis·es ou bien de personnes n’ayant que très peu entendu parler de ces questions mis à part quelques fois à l’école ou par leurs parents et grands-parents. D’ailleurs, on leur a fort probablement entretenu la question selon des termes dépassés ainsi que dans une mentalité revancharde. Il suffit de lire quelques commentaires relatifs au référendum ou bien d’écouter les gens un peu plus âgés pour se rendre compte de cette attitude.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Certaines têtes pensantes qui grandiloquent à tout va, crachant partout leur science — en vase clos bien entendu — ne se rendent pas compte combien leurs discours ne parlent à personne.</p>



<p><strong>Des erreurs stratégiques chez le mouvement indépendantiste</strong></p>



<p>On connaît la suite&nbsp;: le Parti Québécois (PQ) s’est mis en mode «attentiste». Il a tellement attendu qu’il n’a fait que sécher sur place telle une vieille goélette échouée. Il est devenu si amorphe qu’il n’a pas sauté sur les occasions lorsqu’elles se sont présentées. Cette prise de position attentiste du Parti Québécois n’a pas simplement atrophié le mouvement, il a également empêché tout renouvellement idéologique qui aurait pu contribuer plus largement à l’inclusion des nouvelles générations dans le projet indépendantiste.&nbsp;</p>



<p>Lors des élections générales du 1<em>er</em>&nbsp;octobre 2018, alors que j’étais président des jeunes du Parti Québécois dans ma région ,<strong> </strong>une personne responsable de l’équipe de campagne m’a dit que ça ne valait pas la peine de s’intéresser à la jeunesse comme électorat potentiel alors que, de mon côté, je faisais tout en mon possible pour faire connaître le candidat, le parti et pour faire voter la jeunesse en sa faveur. Le résultat&nbsp;de leur erreur de jugement ? À force de gratter les vieux fonds de tiroir, le tiroir a tout simplement percé et c’est une défaite qui attendait le parti de l’autre côté.</p>



<p>Les réactions au dernier sondage sur la question de la souveraineté se révèlent être un indicateur significatif pour comprendre combien ce mouvement aurait besoin d’un électrochoc. On se complait dans la médiocrité en ramassant de vieilles miettes. Le niveau d’appui à l’indépendance est à 36&nbsp;% chez la population québécoise ? Bien, ça veut dire que notre mouvement n’est pas en si mauvaise posture, qu’on est toujours « d’attaque », puisque plusieurs se disent encore souverainistes. Aussitôt les politicien·ne·s ont-ils balancé leurs statistiques, ils écartent brusquement celles montrant le décalage entre les générations plus jeunes et leurs parents concernant l’appui au projet. Ils ne parlent forcément pas plus du fait que le mouvement n’a clairement pas progressé en 25&nbsp;ans. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Personne n’a d’oreilles qui demeurent fermées au doux son de la liberté»</p></blockquote>



<p>Est-ce que cela signifie que l’indépendance n’est plus qu’un projet moribond, celui d’une seule génération ? Jamais. Entre jeunes politisé·e·s, nous sommes conscient·e·s d’à quel point l’indépendance peut répondre aux préoccupations d’une grande majorité de personnes de 18 à 30 ans, je pense ici principalement à l’environnement. Or, qu’arrive-t-il lorsque l’on demeure dans une pièce étanche et recluse ? Le message ne peut être porter de la manière qu’on le souhaite. De nombreux sondages auprès de la jeunesse québécoise montrent que celle-ci croit que l’un des principaux défis que le Québec rencontre est la lutte contre les changements climatiques. En ce sens, l’indépendance ne serait pas pertinente en ce moment puisqu’elle ne répondrait pas à ce défi actuel.&nbsp;</p>



<p>Entre militant·e·s, nous savons bien que l’indépendance du Québec peut s’avérer être une réponse cohérente à la crise climatique puisqu’en sortant de l’État pétrolier canadien, nous n’aurions plus à financer le pétrole de l’Alberta et nous pourrions miser nos efforts sur le développement d’une économie plus verte. La question nationale n’est pas moins légitime à cause de la crise climatique et l’on peut au contraire lier ces deux luttes en une seule et ainsi réunir nos forces. Or, puisque nous sommes reclus·es dans des cercles militants, nos discours politiques n’ont que peu d’impact, d’où la nécessité de sortir de notre isolement.</p>



<p><strong>Un avenir prometteur</strong></p>



<p>Puisque les anniversaires comme les 25&nbsp;ans n’arrivent qu’une fois, il serait bien de regarder pour une fois le référendum de 1995 comme étant plus qu’une histoire d’argent et de «votes ethniques» et, en ce sens, produire une critique constructive de cet événement pour en tirer de véritables leçons. Évidemment, l’intérêt pour les affaires publiques chez les jeunes n’est pas un problème à une seule variable. Toutefois, en ce qui a trait à la souveraineté, on ne peut qu’être gagnant·e en dépoussiérant ce qui doit l’être depuis 25&nbsp;ans. De nouveaux mouvements apparaissent, de nouvelles personnes commencent à se mobiliser en faveur du projet. Rendre intelligible le lien entre l’indépendance du Québec et la cause environnementale constituerait le plus gros coup de peinture fraîche qui soit pour le discours souverainiste.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Lorsque notre mouvement sera de nouveau mûr, nous pourrons parler d’unité»</p></blockquote>



<p>Les cartes changent depuis de nombreuses années. Le PQ n’est plus le seul mouvement ou parti indépendantiste œuvrant au Québec. En ce sens, il doit cesser d’imaginer à tort et à travers que son discours est universel et que les indépendantistes n’y croyant plus sont au mieux des traîtres ou au pire des « faux souverainistes ». Nous n’avons pas à nous immobiliser pour un parti politique qui est demeuré dans une telle posture pendant 25&nbsp;ans et qui soudainement tente de faire son « grand retour » en s’imaginant que les choses sont demeurées les mêmes depuis un quart de siècle.</p>



<p>L’indépendance du Québec ne se réalisera pas demain, soyons franc·he·s. C’est un combat de tous les jours qu’il faut mener sur plusieurs fronts. Il y a un brassage d’idées qui doit impérativement s’effectuer et qui ne peut plus se produire au sein du Parti québécois. Alors, amenez-en des groupes de réflexion, participons à des discussions constructives. Rien que ce mois-ci,&nbsp;le 19&nbsp;novembre prochain, sera lancé le Projet Ambition Québec de Catherine Fournier, qui a déjà publié un livre du même nom en 2019 pour présenter sa vision du mouvement. Je suis certain que l’avenir nous réserve encore de belles surprises.</p>



<p>Lorsque notre mouvement sera de nouveau mûr, nous pourrons parler d’unité. Il n’est pas question de jouer aux victimes pour un parti revendiquant farouchement un monopole qu’il a perdu depuis au moins 20&nbsp;ans.</p>



<p>L’avenir porte tout de même les signes de l’espoir. En prenant le simple exemple de mon entourage, connaissances et amis, je compte les indépendantistes en bien plus grand nombre qu’il y a 2 ou 3&nbsp;ans seulement. On y retrouve des gens de différents milieux et pas nécessairement tous très politisés.</p>



<p>Il est crucial qu’au moment venu, tous les indépendantistes se réunissent sur un seul front commun, peu importe les tendances particulières de chacun·e. Or, ce moment n’est pas encore venu. Nous ne sommes pas en 1980 ou en 1995, et l’on ne peut pas prétendre être dans la même situation en 2020. Ce n’est pas en plongeant dans l’obscurité d’une vieille cale de bateau qu’on a une vision globale de la situation. Il faut rejeter l’immobilisme tout comme les solutions magiques. On ne peut arriver qu’à l’indépendance en prêchant par l’audace.&nbsp;</p>



<p>C’est le temps de brasser la cage. Même si ce qu’il en reste s’effondre, les Québécois·e·s<strong> </strong>continueront à être solides. Ils auront le courage nécessaire afin de reconstruire un tout nouvel édifice moderne à l’image de tous ceux et toutes celles qui vivent sur notre belle terre de Québec.</p>
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		<title>GNL Québec, vu par un Saguenéen</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/20/gnl-quebec-vu-par-un-sagueneen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 13:17:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[GNL]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Saguenay]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait face à des incertitudes économiques et à la transition environnementale.</p>
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<p class="has-drop-cap">Chicoutimi, la ville d’où je viens, ressemble à certains égards à Montréal… en bien plus petite évidemment. Tout comme Montréal, c’est une ville universitaire. Marcher dans certaines rues de la ville donne l’impression de déambuler dans Villeray ou bien sur Le Plateau. On a de beaux autobus hybrides qui sillonnent nos rues et de nouvelles infrastructures pour les usagers et usagères du transport collectif. Nous avons un Vieux-Port, un nombre démesuré de clochers, des destinations culturelles incontournables, etc. Chicoutimi a même son propre studio d’Ubisoft, c’est pour dire! Toutefois, les comparaisons doivent s’arrêter ici. Montréal, c’est la métropole du Québec et Chicoutimi, c’est le cœur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, une région à l’image de tant d’autres, c’est-à-dire ces territoires immenses où l’on regarde la transition économique comme un obstacle difficilement surmontable pour bien des raisons, notamment à cause du manque de volonté gouvernementale.</p>



<p>En février dernier, un peu avant le début de la pandémie, quelques moralisateurs et moralisatrices estampillé·e·s Québec Solidaire (QS) se sont transporté·e·s directement à Chicoutimi pour apprendre en grande primeur à la population la plus concernée par GNL Québec qu’elle s’opposait au projet. Ce n’est pas une surprise, me direz-vous. Pour des yeux extérieurs, <a href="https://energiesaguenay.com/fr/le-projet/description-du-projet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Énergie Saguenay</a> n’est qu’un projet comme un autre dans la grande lignée des initiatives pétrogazières auxquelles s’opposaient majoritairement les Québécois·es, comme les gaz de schiste dans les années 2000 et le gazoduc Énergie Est plus récemment. Comme toujours, la réalité est un peu plus nuancée.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un projet controversé</h3>



<p>Pour ceux et celles qui ne savent pas ce qu’est GNL Québec, il s’agit d’un projet d’usine de liquéfaction au Saguenay alimentée par un gazoduc en provenance de l’Ouest pour l’exportation du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux via la voie maritime du Saguenay-Saint-Laurent. Si le projet bénéficie d’un préjugé positif chez la population et certaines élites locales, ce n’est pas uniquement parce que le holding américain derrière Énergie Saguenay achète à gros prix de l’acceptabilité sociale en payant de la publicité massive à la radio, à la télé, dans les journaux, etc., ou bien parce que l’entreprise présente son projet comme étant&nbsp;écoresponsable, vert et instigateur de transition&nbsp;(ce qu’il n’est évidemment pas), ce qui préoccupe les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean comme partout ailleurs au Québec.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Si une partie de la population a un préjugé favorable à GNL Québec, c’est tout simplement parce qu’il y a des promesses d’emplois au bout du compte</p></blockquote>



<p>Au niveau économique, notre région est à la croisée des chemins. De nouveaux créneaux apparaissent, comme Ubisoft, que je mentionnais plus haut. Le secteur tertiaire occupe la place prépondérante comme dans une majorité de régions, mais le Saguenay Lac-Saint-Jean demeure fortement dépendant de quelques gros monopoles industriels, comme Rio Tinto, qui sont encore parmi les plus gros employeurs de la région, autant pour les emplois directs que pour la sous-traitance dans des entreprises aux vocations connexes. C’est louable de souhaiter des emplois verts dans des secteurs où nous aurions le contrôle ainsi que dans une économie québécoise intégrée entre chaque région, mais si une partie de la population a un préjugé favorable à GNL Québec, c’est tout simplement parce qu’il y a des promesses d’emplois au bout du compte. Le besoin urgent de diversification de l’économie, de nouveaux emplois et de transition fait croire à beaucoup de personnes que GNL Québec est une solution alors qu’elle ne l’est pas.</p>



<p>Ce que les parachuté·e·s de QS n’ont probablement pas encore saisi&nbsp;de manière nuancée, c’est que bien que ce soit joli, l’observation du béluga sur un bateau et la détente sur les plages sablonneuses du Lac-Saint-Jean, ça ne fait pas vivre son monde. GNL Québec est un projet exécrable dont le seul débouché serait une altération considérable des milieux de vie humains et naturels.</p>



<p>C’est une nécessité de s’opposer aux projets polluants comme GNL. Faut-il pour autant faire fi de la réalité socio-économique vécue par les travailleurs et travailleuses? Non. La gauche se coupe les ailes en agissant ainsi. Les propos marketing tels que «des emplois verts» ne donnent rien s’ils ne sont qu’une arrière-pensée visant à se donner bonne conscience auprès des «gens de région». La volonté de transition doit se traduire par une posture d’écoute et non pas par une négation de la réalité. Mais bon, c’est vrai qu’une image d’un mignon béluga fera lever les foules forcément plus que celle d’un travailleur exploité et soumis à l’entreprise internationale dans son propre pays du Québec.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles alternatives?</h3>



<p>Alors, que faire? Existe-t-il des alternatives réelles à GNL Québec qui pourraient générer de l’emploi? Déjà, il faut démystifier une chose: le développement de l’économie ne se réalise pas sous la forme d’un tout inclus comme on mange une table d’hôte au restaurant. En ce sens, il ne faut pas attendre de gros projets qui joueraient le rôle d’un messie.&nbsp;</p>



<p>Nombreux sont les créneaux qui permettraient de faire prospérer l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le bon sens: les microbrasseries qui sont déjà bien présentes dans la région, le secteur vidéoludique qui ne cesse de croître un peu partout au Québec tout comme l’économie collaborative. Nous sommes toutefois encore face à des problèmes structurels persistants dans l’économie québécoise. Nous devons nous défaire graduellement de notre immense dépendance aux capitaux étrangers, représentés par des projets d’investissements de la trempe de GNL. Il doit exister une réelle intégration de l’économie entre les régions, qui ne seraient plus simplement des pôles isolés spécialisés dans un secteur particulier et avec comme seul possibilité d’échange des marchés pour les bienfaits du secteur secondaire américain. Lorsque le gouvernement ne sera plus dirigé par les amis de l’institut économique de Montréal et qu’il redeviendra friand de l’investissement payant pour la société québécoise, nous pourrons briser les barrières qui nous empêchent de moderniser notre économie pour que les projets polluants comme GNL Québec n’apparaissent plus comme la seule solution pour plusieurs personnes.&nbsp; </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/20/gnl-quebec-vu-par-un-sagueneen/" data-wpel-link="internal">GNL Québec, vu par un Saguenéen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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