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	<title>Archives des 2022-11-23 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 25 Nov 2022 21:09:38 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Mars, planète Terre des autres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/mars-planete-terre-des-autres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léonard Smith]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur Viking de Stéphane Lafleur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/mars-planete-terre-des-autres/" data-wpel-link="internal">Mars, planète Terre des autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>Viking&nbsp;</em>(2022), dernier long-métrage de Stéphane Lafleur, cinq personnes sont sélectionnées pour une mission spéciale sur Terre visant à résoudre les problèmes relationnels de cinq astronautes américain·e·s parti·e·s s’établir sur Mars. Pour ce faire, chaque participant·e de la mission terrienne a accès au dossier détaillé de l’astronaute avec lequel il·elle entretient une affinité de caractère particulière, ce qui lui permet de se représenter mentalement le profil psychologique de son alter ego parti en mission. Ils·elles sont alors envoyé·e·s dans un bunker en plein désert afin de reproduire mimétiquement l’isolement des astronautes en cabine martienne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Sommes-nous condamné·e·s à interpréter l’existence des autres à travers le filtre de nos propres biais émotifs et cognitifs?»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Identification entre le soi et l’autre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En apprenant qu’il fera partie de l’équipe de soutien sur Terre, David tient à imiter les moindres faits et gestes de son homologue américain John. Comme chacun·e des autres participant·e·s, il reçoit, au réveil, une note lui signalant l’humeur de John – humeur qu’il doit revêtir tout au long de sa journée en adoptant des dispositions mentales similaires. Si cette manière de se glisser dans la peau d’un·e autre fait écho à toute interprétation de rôle au cinéma, faire correspondre ses propres attitudes avec celles d’autrui peut être compris plus largement comme une réflexion sur la solitude constitutive de l’expérience humaine. L’identification à l’autre n’est-elle pas le fruit d’une fantasmagorie fortuite plutôt que d’un véritable processus d’empathie? Sommes-nous condamné·e·s à interpréter l’existence des autres à travers le filtre de nos propres biais émotifs et cognitifs?<br>Ces questions sont posées dès les premières scènes du film de Lafleur, notamment lorsque David et sa collègue doivent résoudre un problème technique à l’extérieur du bunker tout en feignant d’être irrité·e·s l’un·e par l’autre, conformément au conflit entre les deux astronautes leur étant associé·e·s sur Mars. La réception et l’interprétation des informations provenant de Mars surviennent dans un décalage constant. Cela donne lieu à des scènes absurdes où chaque personnage ne peut se fier qu’à demi-mot à ce que l’autre dit, étant donné que David peut parler en son nom ou prendre la parole en tant que John, l’astronaute qu’il incarne. À l’échelle de l’équipe de soutien sur Terre, chaque petite querelle interfère avec le but véritable de la mission, censée être orientée vers l’apport de pistes de solutions en vivant par procuration pour les véritables astronautes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est l’imagination et le rêve qui cimentent la cohésion entre les membres Viking et ceux·elles sur Mars»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imaginer le réel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le public se trouve lui-même fourvoyé dans son incapacité à déterminer si ce qui lui est présenté est réel ou est l’objet d’une mise en scène. En effet, les deux instigateur·rice·s de la mission de simulation sur Terre, Jean-Marc et Christiane, fournissent des informations visant à façonner la manière dont les participant·e·s interagissent entre eux·lles et avec le monde extérieur. Aucun contact interpersonnel ni possibilité d’interaction directe ne relie les astronautes sur Mars à leur double de la mission Viking sur Terre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’idée que l’identité soit une performance constante est à son comble dans&nbsp;<em>Viking&nbsp;</em>»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Comme les membres de la mission Viking n’ont jamais rencontré leur alter ego astronaute, il·elle·s peuvent seulement se faire une idée de l’identité de ces astronautes à travers certaines représentations fragmentées de ceux·lles-ci, tels les cartons matinaux, l’idée qu’il·elle·s auraient des personnalités similaires à leur double Viking, les portraits des astronautes accrochés dans les chambres, et un cartable d’informations personnelles. C’est l’imagination et le rêve qui cimentent la cohésion entre les membres Viking et ceux·lles sur Mars, afin que les «inconnu·e·s » sur Mars puissent devenir leur «homologue», un processus qui souligne l’aspect performatif des relations interpersonnelles. L’idée que l’identité soit une performance constante est à son comble dans&nbsp;<em>Viking</em>. En plus de la mission qui a pour but de mettre en scène ce qui se passe sur Mars en sommant les cinq protagonistes de jouer le rôle de l’astronaute qui leur a été assigné·e, des situations factices jouant avec la vie «réelle» des membres de Viking sont créées. La limite entre ce que les personnages considèrent comme étant leur véritable identité et ce qui est performé est alors remise en question, et l’imagination finit par reprendre le dessus, ce qui soulève la possibilité que les identités soient en fait construites par un engagement constant avec l’imagination, découlant à la fois des représentations collectives et individuelles. Dans cette perspective, la distinction claire entre ce qui est « réel » et ce qui ne l’est pas est déconstruite ; l’identité devient elle-même une performance, basée sur une projection collective de ce que nous acceptons de considérer comme étant « réel ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les membres de l’équipage Viking n’ont accès à aucun moyen de communication directe avec le monde externe, que ce soit avec les astronautes sur Mars ou leurs proches dans leur vie avant la mission. Comme toute communication avec les autres passe par l’intermédiaire de Christiane et Jean-Marc, l’équipe Viking est alors condamnée à se plier à la vision du monde de ces dernier·ère·s, les metteur·euse·s en scène de la mission terrienne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les dialogues sont teintés d’une simplicité agréable »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le tour de force du long-métrage de Stéphane Lafleur demeure dans l’idée de créer avec brio un film sur l’espace sans que les protagonistes n’aient jamais véritablement accès à cet au-delà. Les dialogues sont teintés d’une simplicité agréable, et arrivent tout de même efficacement à aborder nombre d’enjeux concernant la séparation entre le soi et l’autre, l’imagination, l’identité et la médiatisation de la communication. Pour la majorité d’entre nous, l’espace demeure un endroit seulement accessible à travers la projection de notre imagination, c’est-à-dire l’image que nous nous créons de cet endroit.&nbsp;<em>Viking&nbsp;</em>nous rappelle cela, tout en soulignant qu’accéder à l’espace seulement à travers l’imagination et le rêve est peut-être bien suffisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Viking est présentement à l’affiche au <a href="https://cinemabeaubien.com/fr/film/viking_fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Cinéma Beaubien</a> et au <a href="https://www.cinemamoderne.com/films/details/viking/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Cinéma Moderne</a></em>. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Du ciseau au syndrome U‑Haul</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/__trashed-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille Matuszyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Se réapproprier les clichés lesbophobes grâce au théâtre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Assise au 5<em>e&nbsp;</em>rang de la salle de théâtre d’Espace libre, je secoue la tête au rythme d’<em>I kissed a girl&nbsp;</em>de Katy Perry puis de&nbsp;<em>1950&nbsp;</em>de King Princess qui résonnent dans la petite salle et nous mettent immédiatement dans l’ambiance. Je suis là sans trop savoir à quoi m’attendre mais curieuse de découvrir ce que me réserve&nbsp;<em>Ciseaux&nbsp;</em>par la compagnie Pleurer Dans’ Douche, dont la publicité annonçait une réflexion sur la sous-représentativité des personnes s’identifiant comme femme dans le milieu 2SLGBTQI+ et une réappropriation des clichés lesbophobes. Et c’est étonnée, puis ravie, que j’ai découvert cette compagnie et leur spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du syndrome U‑Haul à la tarte aux poils, tous les stéréotypes lesbiens y passent, remaniés avec humour par les deux comédiennes, Geneviève Labelle et Mélodie-Noël Rousseau. Elles sont toutes deux cofondatrices de la compagnie et notamment connues depuis 2016 pour leurs pièces féministes et leurs performances en&nbsp;<em>drag kings</em>. Sous les applaudissements et les cris du public autorisé à s’exprimer (après tout, pourquoi s’empêcher de faire du bruit lorsque c’est le but même de la pièce?), les deux femmes chantent, dansent et rejouent certains évènements majeurs de l’histoire lesbienne à Montréal. Habillées d’une combinaison pailletée semi-transparente, elles se couvrent parfois sous d’autres déguisements suivant leurs scènes. Ainsi, lorsqu’elles apparaissent travesties, l’une en policier et l’autre en homme, en dansant sur&nbsp;<em>YMCA&nbsp;</em>de Village People, je me surprends à vouloir me lever pour les rejoindre. Elles viennent en réalité d’aborder les violences policières et notamment de la descente très connue au Truxx, un bar gai des années 70, qui a entraîné l’arrestation d’une centaine d’hommes et a été le point de départ des premières manifestations pour la cause 2SLGBTQI+ à Montréal. Le sujet est lourd et contraste durement avec la danse et les rires qui lui succèdent, mais c’est la manière qu’elles ont choisie pour faire passer leur message (et ça fonctionne très bien!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, si le ton est humoristique et que l’entièreté du public (ou presque) sourit, la critique sous-jacente est claire. Celles qui se considèrent comme femmes dans la communauté et la lutte 2SLGBTQI+ sont sous-représentées. S’il existe des archives vidéos et photographiques de l’histoire gaie, dont Pleurer Dans’ Douche se sert pour une partie du spectacle, il n’existe en revanche aucune trace visuelle de la lutte lesbienne, ou du moins aucune accessible à tous. En effet, les deux comédiennes nous dévoilent en avant-première quelques images choisies parmi les centaines d’heures d’archives compilées par le collectif&nbsp;<em>Amazones d’hier, lesbiennes d’aujourd’hui</em>, jusque-là gardées secrètes pour préserver les identités de celles qui y apparaissent. Les archives sont inexistantes, et les comédiennes font avec. Elles expliquent qu’elles ont pris l’initiative d’aller discuter avec des femmes francophones concernées par le sujet et font usage des enregistrements de leurs entretiens. Se succèdent alors les voix de Safia Nolin, Monique Giroux et Manon Massé, parmi plusieurs autres, qui viennent donner leur avis sur le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, lorsqu’elles affichent sur un grand écran la carte interactive des rues de Montréal montrant l’évolution de l’existence des bars dédiés à la communauté 2SLGBTQI+ au cours des années, j’apprends avec stupeur qu’il n’en existe aucun qui soit exclusivement lesbien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque je sors de la salle, pendant qu’une majorité du public danse encore sur la scène aux côtés de la troupe, je suis pleine d’espoir. L’avenir porte les couleurs de cette pièce et de ce public joyeusement bruyant. Bien que la sous-représentativité soit toujours d’actualité, j’ai bon espoir que, grâce à des pièces comme&nbsp;<em>Ciseaux</em>, ce ne sera bientôt plus le cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Retrouvez&nbsp;</em><a href="https://espacelibre.tuxedobillet.com/main/ciseaux" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Ciseaux</a>&nbsp;<em>de Pleurer Dans’ Douche à l’Espace libre du 15 novembre au 3 décembre.</em></p>
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		<item>
		<title>Les courbes de Milton</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/les-courbes-de-milton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sasha Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de Fuite.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Deux poumons verts liés par la trachée, cœur en fond, cerveau au sommet, membres tordus désaxés, peau abîmée parfois gelée, cheveux-lu mains rigides pieds cubiques visage fleuri souvent livide</p>



<p class="wp-block-paragraph">cellules par milliers millions toutes identiques,</p>



<p class="wp-block-paragraph">dans leur différence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux poumons parfois verts souvent blancs membres asphaltés cheveux arborés-cents discipline visage jamais identique brutalisme orthopédique&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">cellules fragmentées toutes anarchiques,&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">dans leur concert.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux poumons tantôt vivants souvent morts, visage pieds disciplinés cheveux respirants jamais identiques</p>



<p class="wp-block-paragraph">cellules composantes toutes originelles,</p>



<p class="wp-block-paragraph">toutes exceptionnelles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux poumons des cellules essentielles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>En grand et en beau&#160;!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/en-grand-et-en-beau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Ponchon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'art]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Art mural]]></category>
		<category><![CDATA[Art visuel]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment la murale a conquis Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">C’est l’un des rares points de vue de Montréal qui puisse rivaliser sur le plan de « l’image clichée » avec le panorama de la ville depuis le belvédère du Mont-Royal. Il s’agit de la murale intitulée&nbsp;<em>Tower of Songs</em>, un portrait géant du chanteur Leonard Cohen réalisé par les artistes El Mac et Gene Pendon (avec l’organisme MU) en 2017 sur l’ancien bâtiment Salada en surplomb de la rue Crescent. Coiffé d’un chapeau et la main portée au cœur comme s’il faisait une déclaration d’amour à la ville qui l’a vu naître, l’artiste a sans doute reçu là son plus bel hommage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La murale est fondamentalement démocratique car laissée à la vue, au jugement et à la réflexion de tous. Elle incite les passants à s’interroger, à interagir avec l’œuvre »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les murales sont partout à Montréal. Présentes à chaque coin de rue, elles tapissent chaque impasse, habillent chaque dent creuse et se multiplient dès que l’on prend un peu de hauteur. Elles font partie de l’âme de la ville, lui confèrent une identité particulière de jeunesse, de dynamisme culturel, et affichent avec fierté son esprit urbain. Au-delà d’embellir le paysage montréalais, les murales participent de la renommée internationale de Montréal en apposant le précieux tampon «&nbsp;<em>urban, artsy</em>,&nbsp;<em>cool&nbsp;</em>» sur sa carte à jouer dans le grand jeu du tourisme mondial car, sous le couvert de démocratiser l’art, la prolifération des murales sert un projet urbanistique et touristique précis.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-750x1000.jpg" alt class="wp-image-50096" width="247" height="330" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-750x1000.jpg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-330x440.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-1152x1536.jpg 1152w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-1536x2048.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-4795-1-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 247px) 100vw, 247px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/louis-ponchon/?media=1" data-wpel-link="internal">Louis Ponchon</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un peu d’histoire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La murale, comme production centrale de l’art urbain, s’est essentiellement développée au 21<em>e&nbsp;</em>siècle, bien qu’elle ait des origines nettement plus anciennes : certains y voient un retour de l’art de la fresque tel que pratiqué à la Renaissance, d’autres l’influence directe du muralisme mexicain des années 1920, lui-même inspiré de l’art pré-colombien, dont Diego Rivera fut l’un des plus éminents représentants. Dans tous les cas, il ne faut pas voir dans la murale une forme améliorée du graffiti (qui se situe aussi au cœur de ce qu’on nomme aujourd’hui l’« art urbain »), mais plutôt un dérivé artistique de la publicité comme on la pratiquait au 19<em>e&nbsp;</em>siècle avec des réclames peintes sur un pan de mur et souvent de grand format, voire monumentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Montréal, comme dans d’autres villes d’Amérique et d’Europe, la murale surgit à partir des années 1970. Elle est pratiquée par des artistes qui revendiquent leur volonté de peindre sur des surfaces plus libres et de sortir l’art des musées, des galeries et des collections privées ; ils vont à contre-temps d’un phénomène d’enfermement de l’art moderne (qui se transforme progressivement en ce qu’il est aujourd’hui : un art très largement exclusif, préempté par une élite). Les premières murales, réalisées par des artistes qui préfèrent garder l’anonymat, portent ainsi des thèmes populaires ou politiques et traduisent des revendications sociales – comme Diego Rivera critiquait les développements de l’industrie capitaliste dans ses fresques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-735x1000.jpg" alt class="wp-image-50094" width="249" height="339" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-735x1000.jpg 735w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-330x449.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-768x1045.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-1129x1536.jpg 1129w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-1506x2048.jpg 1506w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/IMG-6115-1-scaled.jpg 1882w" sizes="(max-width: 249px) 100vw, 249px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/louis-ponchon/?media=1" data-wpel-link="internal">Louis Ponchon</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers un tourisme culturel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure actuelle, Montréal compte plus de 1000 œuvres de rue, dont l’immense majorité sont des réalisations légales approuvées par la mairie. Il s’agit d’un moyen simple et peu coûteux d’augmenter la valeur culturelle et esthétique de la ville, qui ne brille pas nécessairement par l’harmonie ou le raffinement de son architecture. Cela entre dans la perspective non seulement d’une rénovation urbaine, qui profite aux résidents, mais surtout d’un développement du tourisme culturel à Montréal, qui cherche à s’affirmer depuis au moins une trentaine d’années comme la métropole des arts et de la culture d’Amérique du Nord. Et le pari semble réussi, puisque pas moins d’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/778157/culture-tourisme-montreal-etude" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un touriste sur quatre</a> dit aujourd’hui venir à Montréal par intérêt culturel. De nombreux «parcours de murales», qui donnent à admirer les plus belles productions de la ville, sont ainsi proposés aux touristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les auteurs les plus récurrents et les plus reconnus de murales, on peut citer les suivants. D’abord, l’organisme à but non lucratif <a href="https://mumtl.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">MU</a> dont les artistes ont la mission de faire de la ville un « MUsée à ciel ouvert » en parsemant ses rues d’œuvres picturales : ils ont notamment signé le portrait-hommage de Leonard Cohen ou l’intriguant&nbsp;<em>Le Regard&nbsp;</em>de Mono Gonzalez (2017). Il y a aussi l’agence LNDMRK, fondatrice de la galerie Station 16 Éditions, le « QG » de l’art urbain montréalais, sise boulevard Saint-Laurent (soit le Louvre de la murale, moins le toit), mais aussi à l’origine du festival international MURAL depuis 2012 et d’au moins 85 créations dans la ville dont celles de l’artiste Dalkhafine. Très prolifique, l’agence a fait de la réalisation de fresques urbaines son fonds de commerce. En 2020, la directrice de LNDMRK, <a href="https://www.grenier.qc.ca/nouvelles/21705/lndmrk-celebre-8-ans-dactivations-artistiques" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Saraid Wilson</a>, affirmait par ailleurs que le but de l’entreprise était d’offrir un « pont aux marques et aux entreprises qui tentent d’atteindre leur public cible par l’intermédiaire du parfait artiste, créant ainsi un écosystème durable qui soutient la croissance de l’espace artistique urbain en poursuivant notre quête de démocratisation de l’art contemporain ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement, parmi les œuvres les plus admirées de la ville, il faut citer la sublime&nbsp;<em>Norma and the blue herons&nbsp;</em>(2018, rue Drolet) de Tristan Eaton, la très expressive&nbsp;<em>Jackie Robinson&nbsp;</em>(2007, Boul. St-Laurent) du collectif AShop ou encore l’ingénieuse peinture&nbsp;<em>Comme un jeu d’enfants&nbsp;</em>(2015, Av. Papineau) de Julien Malland, dit SETH.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/MU-HabitationsJM-2010-1000x750.jpg" alt class="wp-image-50097" width="367" height="275" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/MU-HabitationsJM-2010-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/MU-HabitationsJM-2010-330x248.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/MU-HabitationsJM-2010-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/MU-HabitationsJM-2010.jpg 1024w" sizes="(max-width: 367px) 100vw, 367px"><figcaption><span class="media-credit">Ines Audouy</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une captivante poésie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Signe de la place particulière de la murale dans le cœur des Montréalais, la ville organise tous les ans plusieurs festivals spécifiquement dédiés à cette pratique artistique. Le plus important d’entre eux est le Festival MURAL qui a fêté ses dix ans d’existence au mois de juin 2022. Ses organisateurs défendent l’art urbain comme un art à part entière, aussi intéressant que les autres, voire davantage parce qu’il fait preuve d’une grande capacité d’adaptation (à l’environnement, aux surfaces disponibles), et parce qu’il est fondamentalement démocratique, laissé à la vue, au jugement et à la réflexion de tous. Il doit inciter les passants à s’interroger, à interagir avec l’œuvre, à la questionner et à questionner la société dans laquelle ils vivent, comme lorsqu’une murale dédiée au mouvement&nbsp;<em>Black Lives Matter&nbsp;</em>est apparue sur l’avenue Sainte-Catherine en juillet 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les murales restent bien sûr avant tout des œuvres artistiques dont, comme l’écrivait l’auteure Irène Frain, «la poésie quotidienne piège et captive durablement le regard du citadin».&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p-1000x667.jpg" alt class="wp-image-50098" width="432" height="288" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/0148774p.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 432px) 100vw, 432px"><figcaption><span class="media-credit">Lilou Guerrier</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez l’emplacement de toutes les murales de Montréal sur la carte intéractive du site <a href="http://artpublicmontreal.ca/collection/carte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>Art Public Montréal</em></a></p>
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		<title>La marche est genrée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/la-marche-est-genree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Attention : Danger]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[féministe]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[soirée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rue: un espace où les hommes prennent trop de place.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Ce soir, j’ai rendez-vous sur Sainte-Catherine, à huit heures. Je m’y rendrai pour huit heures et demie. Je ne voudrais pas être la première arrivée. Je ne connais aucun des hôtes. J’habite sur l’avenue du Mont- Royal Est. Ça me prend presque trente-cinq minutes pour m’y rendre, plus dix pour compter mon arrêt à la SAQ, et cinq autres en réserve. Je pars à 19h20. Je longe Saint-Laurent, puis Sherbrooke, puis Sainte-Catherine. Le soleil est déjà couché depuis deux heures, mais les rues sont bien éveillées. Scrupuleusement, je mate les piétons du regard et j’imagine leur soirée. Un groupe de jeunes étudiantes universitaires qui ressemblent à des Américaines d’une sororité. Elles gloussent, s’exclament, s’arrêtent pour prendre des selfies de groupe. Elles vont sûrement rejoindre une amie qui les héberge avant qu’il soit l’heure de se rendre en boîte. Sur Sherbrooke, un binoclard dans la trentaine qui racle le trottoir de ses yeux. Son menton enfoncé dans sa gorge, je me dis que malgré ses corrections, il peine à voir le monde qui l’entoure. Il rentre sûrement d’une longue journée de travail durant laquelle il a été malmené par son patron. Sur Sainte-Catherine, une bande d’hommes quinquagénaires qui fument à l’entrée d’un bar. Mon regard croise celui d’un des hommes. Il me sourit, en levant son sourcil gauche. Nos joues rougissent simultanément: les miennes sont peintes d’angoisse, et les siennes réagissent peut-être au froid. Peut-être sont-elles empreintes de fierté voire même de sadisme provoqué par l’idée d’avoir intimidé une jeune fille seule dans la rue. Suis-je une plaisanterie ou une proie? Il est 20 h10 et pour l’instant, je me sens protégée par les piétons spectateurs. Si je crie, ils sauront m’aider. Si je crie, je serai sauve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis la deuxième arrivée dans l’appartement. Je rencontre l’hôte et l’hôtesse, puis le premier invité, ma connaissance. Suite à de brèves présentations, je retire mon manteau et mes bottes d’hiver pendant que mon ami me sort une bière réfrigérée. Les six yeux se rivent sur mon accoutrement: un jean sale et large tenu par un lacet brun au lieu d’une ceinture et un pull à capuche vert kaki imprimé d’une enseigne de basket-ball qui m’est absolument inconnue. Pour briser le silence, l’hôtesse me demande si j’aime le basket. «Je l’ai eu à la friperie». Ma réponse est suivie d’un hochement de tête compréhensif qui semble vouloir dire «ah OK», comme si cette information expliquait la raison de mon style déplacé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambiance est quelque peu désagréable. Alors, je descends discrètement une bière. Puis, mon ami m’en ouvre une autre pour m’encourager à me détendre davantage, preuve de compassion et d’amitié. Je lui renvoie un sourire reconnaissant, mais la conversation démarre difficilement. Je me rends aux toilettes avec mon sac. Rapidement, je me change dans la tenue de soirée: une élégante robe bleu marine qui couvre l’entièreté de mes jambes au profit de mon dos et de ma poitrine. En pénétrant le salon, j’ai de nouveau droit à une observation minutieuse de mes habits. «Ça aussi, tu l’as acheté à la friperie,» me demande mon ami, critique de mon subterfuge. Avec cette robe et mon maquillage, je trouve le juste équilibre entre la sensualité et l’élégance. Je ne suis ni pute ni prude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La porte d’entrée s’ouvre et se referme pour laisser remplir la salle de ses invités. Les femmes hétérosexuelles complimentent ma robe et me demandent où elles peuvent s’en procurer une, alors que les hommes hétérosexuels me complimentent. Ils m’offrent des qualités banales. Je leur semble intéressante, drôle, aimable, bonne compagnie. Et tout cela suite à quelques échanges de répliques vides. Parfois je reçois des compliments au détriment des autres invitées présentes. D’après ces hommes, hypnotisés par mon corps, je suis plus intelligente et plus cultivée que les autres femmes de la soirée. Cela doit se savoir rien qu’en regardant mon décolleté. De nombreuses fois, les étudiants se proposent de m’offrir un verre. Je nourris leur fantaisie. Ils se croient protagonistes d’un film hollywoodien, cherchant à m’impressionner avec du flirt plagié. Évidemment, je ne refuse pas. Cela m’épargne le trajet aller et retour, entre le balcon et la cuisine, pour aller me chercher une Belle Gueule. Pendant la soirée, j’ai évidemment le droit à des cigarettes gratuites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fur et à mesure que l’alcool envahit l’atmosphère, les filtres sociaux des&nbsp;<em>gentlemen&nbsp;</em>de mon entourage s’effritent, laissant passer des gestes opportuns et des remarques hautaines. Des mains d’hommes s’agrippent à mes hanches, d’autres réchauffent mon dos dénudé. On me dit que je suis magnifique, splendide, hypnotisante, sexy, érotique, grossière, chaudasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les propos et les regards s’intensifient. Après la galanterie vient la dominance. Un invité passe son propos autour de mon cou de telle sorte à ce que sa main caresse innocemment mon sein. Je me tais. Puis, il la pose franchement sur ma poitrine, et je m’excuse pour aller aux toilettes. Je ne retourne pas sur le balcon, en tout cas pas à côté de lui. Je sais que rien de plus grave ne peut arriver. Il est encore 23h40. Mes alliés sont prêts à me défendre. Je sais qu’il y a dans la salle des hommes et des femmes bienveillants. Je ne devrais pas avoir peur. Après une bière, je retourne dans le harem d’homme pour fumer de nouveau. Je note que l’ambiance est moins aisée, car lorsque je demande une cigarette, seuls trois des cinq volontaires habituels me tendent leur paquet. J’allume ma cigarette et j’interromps leur conversation. «Vous habitez loin d’ici». C’est une ruse simple, les laissant croire qu’un d’entre eux me ramènera ce soir. Leurs réponses m’importent peu. Tout ce que je sais, c’est que je suis introduite dans le groupe en tant que juge suprême qui désignera librement celui qui sera le plus méritant de mon corps. De nouveau, je suis au centre de la conversation et je m’y plais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ils se croient protagonistes d’un film hollywoodien, cherchant à m’impressionner avec du flirt plagié»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il est 2h25. Un valeureux candidat est déjà rentré. Je m’apprête à jouer mon meilleur tour: l’évasion. Je prétexte un appel important et quitte le balcon. Avant de sortir de l’appartement, je dérobe une dernière bière en guise de compagnon de route, mes chaussures, mon manteau et mon sac. Dans l’ascenseur, j’ouvre précipitamment mon sac pour sortir mon déguisement. J’enfile mon vieux jean et mon pull, en plus de mon manteau d’hiver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis intégralement couverte. Il est tard à Montréal et pour rentrer chez moi, je me déguise en homme. Sur Sainte-Catherine, j’aperçois deux femmes abordées par un groupe de trois hommes. Je m’arrête et observe discrètement la scène. J’attends pour voir si mon aide est nécessaire. Les hommes finissent par continuer leur chemin. Je n’ai jamais eu à intervenir dans des situations similaires. Ou du moins, je ne suis jamais intervenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que j’ai déjà ignoré un acte d’agression ou de harcèlement par mégarde ou par peur. Si c’était le cas, la honte s’est chargée d’effacer toute trace de cet anti-héroïsme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à cette réplique dans la série&nbsp;<em>Fleabag</em>. La protagoniste annonce honteusement: «J<em>e pense que je ne serais pas si une grande féministe si j’avais de plus gros seins.</em>» Alors, je me dis la même chose, je pense que si j’étais moins belle ou moins sensuelle, j’aurais plus de raisons d’être une féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si je faisais partie des «moches, des vieilles, des camionneuses, des frigides, des mal baisées, des imbaisables, des hystériques, des tarées, de toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf» de Virginie Despentes, je riposterais sûrement plus souvent contre les remarques déplacées et sexistes des hommes qui me séduisent. Moi je profite de ma beauté et ma sensualité, et puis, pour ne pas subir le revers de la médaille, je me cache. Il est presque 3h. Je suis sur Saint-Laurent, à quelques centaines de mètres de mon appartement. Il m’est devenu difficile de repérer des femmes alliées en cas de danger. D’abord, je lève rarement mon regard pour observer. J’ai peur de croiser accidentellement le regard d’un autre homme, qu’il me sourie, et que nos joues rougissent. Mais là, si je crie, je ne suis plus sûre d’être sauvée. Et aussi, il n’y a plus de femmes. Les rues sont contrôlées par des hommes, des meutes d’hommes ivres. À présent, j’ai peur, et rien ne peut me rassurer. Alors, j’accélère la cadence, mais pas trop, afin de ne pas me faire repérer. Je deviens légèrement paranoïaque. Je me souviens d’un conseil d’une féministe, d’une des féministes moches qui subit sa condition de femme au lieu d’en jouer avec comme moi. Elle m’a dit qu’il fallait que les femmes apprennent à se battre, qu’elles aient des techniques de lutte, qu’elles fassent peur aux hommes, pour leur montrer que les femmes aussi pouvaient être violentes. Elle faisait des arts martiaux. Moi j’ai toujours refusé de me muscler les bras. J’avais peur de perdre mes formes féminines. Pour me défendre, je me souviens que j’ai une bouteille de verre dans ma poche, et puis que j’ai toujours mes jambes. Dans ma poche, je m’agrippe désespérément au manche de la bouteille. Et je marche, vite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’enfonce les clés dans la serrure. Je cours dans les escaliers. Je suis chez moi.</p>
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		<title>L’espace qu’on occupe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/lespace-quon-occupe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[Grossophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionné·e·s à avoir peur d’être gros·se. L’ubiquité de la grossophobie – cet ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses – semble indélogeable au sein de notre société obsédée par (et conçue pour) la minceur. L’expérience quotidienne des personnes grosses dans l’espace&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/lespace-quon-occupe/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’espace qu’on occupe</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionné·e·s à avoir peur d’être gros·se. L’ubiquité de la grossophobie – cet ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses – semble indélogeable au sein de notre société obsédée par (et conçue pour) la minceur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience quotidienne des personnes grosses dans l’espace public est profondément aliénante en raison d’un refus collectif de tenir compte de leur réalité. L’exemple par excellence de l’inadaptation sociétale aux corps gros est celui des sièges d’avion. Le voyage aérien est souvent une expérience agonisante pour les personnes grosses. Dans son livre&nbsp;<em>What We Don’t Talk About When We Talk About Fat</em>, l’activiste américaine anti-grossophobie Aubrey Gordon explique en détail l’irritation, le ressentiment, voire même la rage que peuvent exprimer les personnes minces lorsqu’elles sont confrontées à la présence d’un corps gros dans le siège d’avion voisin. Comme tant d’autres éléments de l’espace public (des cabines de toilettes publiques en passant par les bancs de classe extrêmement étroits de Strathcona 236), les places d’avion ne sont pas conçues pour les personnes grosses, qui se retrouvent souvent obligées de débourser des centaines de dollars pour un siège additionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dépenses supplémentaires sont une contrainte de plus pour la situation économique des personnes grosses, généralement plus précaire que celle des personnes minces, notamment en raison de la discrimination en matière d’emploi à laquelle elles sont confrontées. En effet, les personnes grosses – surtout les femmes – <a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2016.00647/full#B33" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont moins de chances</a> d’être engagées, sont moins bien payées, travaillent plus d’heures et sont considérées moins qualifiées que les personnes minces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La discrimination qu’endurent les personnes grosses doit être considérée de manière intersectionnelle, puisqu’elle se conjugue à d’autres systèmes d’oppression. Par exemple, les personnes grosses qui dénoncent les violences sexuelles genrées qu’elles subissent sont régulièrement confrontées à de l’incrédulité ou à des commentaires selon lesquels elles auraient apprécié les avances de leur agresseur. Aussi récemment qu’en 2017, un juge de la Cour du Québec se permettait de <a href="https://conseildelamagistrature.qc.ca/fileadmin/Documents/rapports_enquete/FR/2017-CMQC-070_et_autres_Rapport_d_Enquete_Braun_184.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">commenter</a> le poids d’une victime dans une affaire d’agression sexuelle et de conjecturer que l’agression était peut-être la première fois qu’un homme s’intéressait à elle. La validation de l’identité de genre des personnes trans est également assujettie aux aléas de la grossophobie. En effet, malgré le fait que l’indice de masse corporelle (IMC) est un outil largement incomplet, arbitraire et même complètement <a href="https://www.washingtonpost.com/lifestyle/wellness/healthy-bmi-obesity-race-/2021/05/04/655390f0-ad0d-11eb-acd3-24b44a57093a_story.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">inapplicable</a> à certains groupes racisés, les personnes trans qui souhaitent obtenir une chirurgie de réassignation sexuelle doivent maintenir leur IMC sous un certain seuil – un obstacle souvent insurmontable et injustifié qui empêche ces personnes d’avoir accès à des soins de santé adéquats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces réalités, la discrimination sur la base du poids n’est pas inconstitutionnelle au Canada ni au Québec. En effet, le poids ne compte pas parmi les motifs de discrimination prohibés au sens de l’article 15 de la Charte des droits et libertés ni de l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. Au Québec, si une personne grosse souhaite contester la discrimination qu’elle subit, elle doit rattacher son traitement injuste et arbitraire à un motif de discrimination énuméré, comme son genre ou un handicap. Or, ces pistes alternatives ne peuvent <a href="https://www.usherbrooke.ca/droit/fileadmin/sites/droit/documents/RDUS/volume_49/RiouxCollin.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">englober</a> l’ensemble des cas de discrimination fondée sur le poids, car cette dernière est vécue par des personnes de tous genres et de poids variés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’acceptabilité sociale de la grossophobie, nourrie par la désinformation et les préjugés, explique que la discrimination sur la base du poids ne soit généralement pas prohibée au sens de la loi. Selon une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0956797618813087" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude</a> de l’Université Harvard, les biais grossophobes explicites ont diminué plus lentement que les autres formes de biais explicites au cours des 10 dernières années, et, alors que toutes les autres formes de biais implicites ont régressé, les biais grossophobes implicites ont augmenté. Cette croissance des perceptions hostiles à l’égard des personnes grosses est largement tributaire de la croyance erronée que le poids est un élément<br>de notre corps que nous pouvons tous·tes modeler, si nous y mettons suffisamment d’efforts. L’argument abonde alors dans le sens suivant: si, contrairement à l’orientation sexuelle ou à l’origine ethnoculturelle, le poids est un choix, pourquoi les personnes grosses auraient-elles droit aux mêmes protections que les membres d’autres groupes marginalisés?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la recherche démontre que le poids ne peut être changé de façon durable au gré de nos envies; il est réducteur de plaider que de manger moins et de bouger plus permettrait aux personnes grosses de devenir minces. En plus du rôle que jouent la génétique et les facteurs socio-économiques dans notre poids, l’échec à long terme quasi-systématique des diètes et régimes alimentaires <a href="https://nutritionj.biomedcentral.com/articles/10.1186/1475-2891-10-9?fbclid=IwAR1NPJ0igXCIxakwm8eZyGa3X72JFQ6FaYBBHTn7kQ464Elk6Ajca2t5Uxc#Sec17" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">réfute</a> la théorie selon laquelle les personnes grosses maintiennent leur surpoids simplement parce qu’elles seraient paresseuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et même si elles choisissent leur surpoids, en quoi la décision des personnes grosses de disposer de leur corps comme elles l’entendent nous donne-t-elle le droit, en tant que société, de priver ces individus de leur droit à l’égalité? De leur droit à la dignité humaine?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La discrimination basée sur le poids est déjà prohibée à quelques endroits, dont en France et au Michigan. Au Québec, un changement législatif permettrait de rendre justice aux personnes victimes de traitements différentiels négatifs en raison de leur poids. Il nous revient toutefois collectivement de lutter contre le conditionnement grossophobe qui nous a été inculqué afin de cesser de conjuguer la déshumanisation et le mépris quotidiens aux structures d’oppression que nous tentons de déconstruire.</p>
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		<title>&#160;Un don pour la recherche en astrophysique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/un-don-pour-la-recherche-en-astrophysique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Vallières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[astrophysique]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50029</guid>

					<description><![CDATA[<p>McGill reçoit 16 millions de dollars de la Fondation familiale Trottier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/un-don-pour-la-recherche-en-astrophysique/" data-wpel-link="internal">&nbsp;Un don pour la recherche en astrophysique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 21 novembre dernier, l’Université McGill a annoncé un don de 16 millions de dollars à l’Institut spatial Trottier, auparavant appelé l’Institut spatial de McGill. La Fondation familiale Trottier a fait don d’un montant total de 26 millions de dollars, répartis entre l’Université McGill et l’Université de Montréal. Le changement de nom de l’Institut a été annoncé en même temps que le don, en reconnaissance du soutien de la famille Trottier à la recherche en astrophysique à McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créé en 2015, l’Institut spatial Trottier est un centre de recherche interdisciplinaire qui rassemble des chercheur·se·s et des étudiant·e·s dans divers domaines comme l’astrophysique, les sciences planétaires et atmosphériques et l’astrobiologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«Un grand honneur»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Victoria Kaspi, directrice de l’Institut Spatial Trottier et professeure de physique à l’Université McGill, nous affirme: «C’est un grand honneur. C’est une reconnaissance de tout notre travail. Ça témoigne d’une appréciation pour l’astronomie et l’astrophysique, mais aussi d’une compréhension qu’il faut des ressources pour mener ce type de recherche à un niveau global.» Selon la Pre Kaspi, le don permettra de financer la construction d’un nouvel édifice qui comprendra des bureaux pour les chercheur·se·s de l’Institut, prévue pour la fin de l’année 2024. Il permettra également de financer diverses ressources pour les étudiant·e·s et chercheur·se·s post-doctoraux·les de l’Institut et de les soutenir dans leurs projets de recherche.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est un grand jour pour nos deux universités»</p><cite>Christopher Manfredi</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un discours prononcé lors de cet événement, Christopher Manfredi, principal intérimaire de l’Université McGill, s’est montré tout aussi optimiste. «C’est un grand jour pour nos deux universités, mais aussi pour Montréal», a‑t-il affirmé. «<em>Grâce au support visionnaire de la Fondation familiale Trottier, l’Institut est en passe de devenir un chef de file mondial dans le domaine de la recherche sur l’espace</em>», a‑t-il ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une bonne nouvelle pour les étudiant·e·s</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vishwangi Shah est étudiante à l’Institut spatial Trottier, où elle réalise sa maîtrise en physique sous la supervision de la Pre Victoria Kaspi. Elle accueille l’annonce de ce don avec beaucoup d’enthousiasme: «<em>Je trouve que c’est incroyable! Cela</em> <em>pourra donner l’opportunité à des étudiant·e·s de partout dans le monde de venir contribuer à la recherche fantastique qui se passe à l’Institut. […] J’ai très hâte de voir les développements scientifiques que cela pourra apporter</em>.» Elle souligne également que ce don aura un impact positif sur beaucoup d’étudiant·e·s aux cycles supérieurs en leur donnant l’opportunité d’obtenir du financement supplémentaire pour leur recherche. Selon l’étudiante, il est important de financer la recherche dans le domaine spatial, puisque cette dernière «<em>apporte énormément de nouveaux développements technologiques […] qui peuvent être utiles dans d’autres domaines, comme les communications</em>». «<em>Mais surtout, nous sommes curieux de savoir ce qu’il y a dans l’espace. Qu’est-ce qui nous a créés? D’où venons-nous? Où irons-nous? Ce sont des questions que nous nous sommes toujours posées. Financer la recherche spatiale pourrait nous permettre d’assouvir cette curiosité</em>», conclut-elle.</p>
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		<title>COP27: atténuation et réparations</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/cop27-attenuation-et-reparations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[COP27]]></category>
		<category><![CDATA[crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50033</guid>

					<description><![CDATA[<p>Négociations concernant l’objectif climatique et les mécanismes de financement pour pertes et préjudices.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/cop27-attenuation-et-reparations/" data-wpel-link="internal">COP27: atténuation et réparations</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP27) s’est tenue du 6 au 18 novembre 2022 à Charm el-Cheikh en Égypte. Cette conférence rassemble les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui a été établie lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Elle est un lieu de discussions où les pays tentent de s’entendre sur les grands principes de la lutte contre les changements climatiques, ainsi que de créer des mécanismes et prendre des engagements concrets à cet effet, explique le Dr Sébastien Jodoin, professeur agrégé à la Faculté de droit de l’Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les droits humains, la santé et l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Principaux enjeux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Dr Jodoin, deux thèmes principaux sont ressortis de cette COP: «Le premier thème consiste à déterminer comment être plus ambitieux dans la lutte contre les changements climatiques, et le deuxième thème est le débat sur les dommages et pertes causés par les changements climatiques», résume-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier thème s’inscrit dans l’objectif d’atténuation des changements climatiques, c’est-à-dire dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cet objectif avait déjà été établi lors de l’Accord de Paris en 2015. Il avait été déterminé durant ce dernier que les pays devraient prendre des mesures plus ambitieuses pour atteindre leurs cibles de réduction de production de GES, afin de limiter le réchauffement climatique planétaire à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Cependant, il n’y pas eu de nouvelle cible établie depuis la dernière COP à Glasgow en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a toutefois été question d’abandonner certaines sources d’énergie comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel et même d’établir une date pour arrêter leur exploitation et leur production. À cet effet, Tuvalu, nation insulaire du Pacifique Sud, <a href="https://www.cnbc.com/2022/11/08/cop27-tuvalu-issues-call-for-global-treaty-to-phase-out-fossil-fuels.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a appelé</a> à adopter le<a href="https://fossilfueltreaty.org/fr/eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> Traité de non-prolifération des combustibles fossiles</a> qui est <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/09/a-la-cop27-la-bataille-est-lancee-pour-un-traite-de-non-proliferation-des-energies-fossiles_6149162_3244.html#:~:text=A%20la%20COP27%2C%20la%20bataille%20est%20lanc%C3%A9e%20pour,r%C3%A9duire%20progressivement%20la%20production%20existante%20de%20mani%C3%A8re%20%C3%A9quitable." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">soutenu</a> par plus de 70 villes, 100 lauréat·e·s du prix Nobel, 3 000 scientifiques et 1 800 organisations de la société civile, le Vatican, l’Organisation mondiale de la santé, la Nouvelle-Zélande et le Timor-Oriental. Le Parlement européen avait aussi voté une résolution appelant à la mise en place de ce traité en octobre dernier. Ce mécanisme international <a href="https://www.cbc.ca/news/science/what-on-earth-fossil-fuel-non-proliferation-1.6655049" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vise</a> à mettre fin à toute nouvelle exploration et production de combustibles fossiles et à éliminer progressivement la production existante pour atteindre la cible climatique mondiale de 1,5 °C. Cependant, la COP27 <a href="https://www.bbc.com/news/science-environment-63677466" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">s’est conclue</a> sans engagments pour éliminer progressivement les combustibles fossiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième thème est celui des réparations, qui consiste à déterminer la mise en place d’un mécanisme de financement des pays industrialisés pour les pays en voie de développement, afin de réparer les pertes et dommages causés par les changements climatiques. La question d’adopter ou non une telle mesure est un débat qui perdure depuis des décennies, explique Dr Jodoin. Par exemple, la proposition selon laquelle les mécanismes de financement pour compenser les pertes des changements climatiques devraient être liés à des mesures de réduction de GES plus strictes est controversée. La COP27 s’est conclue avec l’adoption d’une résolution sur la compensation des dégâts causés par les changements climatiques subis par les pays les plus pauvres. L’entente consiste entre autres à débloquer un fond «pertes et préjudices» pour les pays les plus touchés par les changements climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Canada</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les engagements du Canada par rapport à l’atténuation des changements climatiques, le gouvernement n’a pas révisé sa cible de réduction des émissions de GES en vue de la COP27. En effet, le cabinet du ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Steven Guilbeault, a fait savoir que la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, qui se situe entre <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1786715/environnement-trudeau-cible-sommet-biden-changements-climatiques" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">40 % et 45 %</a>, rehaussée en avril 2021, restera la même. Pour le Dr Jodoin, ces cibles sont insuffisantes: «C’est décevant qu’il n’y ait pas plus ambition». En revanche, «ce qu’on voit aussi surtout au niveau du Canada, c’est que plusieurs fois, on s’est donné des cibles qui n’étaient pas réalistes et qu’on n’avait pas les plans pour les atteindre», ajoute-t-il. Donc, selon le Dr Jodoin, le Canada a opté pour des cibles plus modestes, mais qui sont soutenues par des plans plus réalisables que par le passé. «Évidemment, le mieux, ce serait des cibles ambitieuses et des plans pour les atteindre, et c’est possible», conclut-il. Greenpeace McGill partage également ce constat dans un commentaire transmis au&nbsp;<em>Délit</em>: «<em>Pour une action réellement bénéfique pour le monde, il est indispensable de débarasser le monde de sa dépendance aux combustibles fossiles</em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le premier thème consiste à déterminer comment être plus ambitieux dans la lutte contre les changements climatiques, et le deuxième thème est le débat sur les dommages et pertes causés par les changements climatiques»</p><cite>Dr Sébastien Jodoin</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de la COP27, le Canada, avec les États-Unis, s’est cependant <a href="https://globalnews.ca/news/9285487/cop27-natural-gas-future/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">engagé</a> à éliminer 75% des émissions nationales de méthane produites par les secteurs des combustibles fossiles comparé aux niveaux<br>de 2005 d’ici 2030. Toutefois, le Canada <a href="https://www.ctvnews.ca/climate-and-environment/canada-won-t-back-call-at-cop27-to-phase-down-oil-and-gas-production-1.6157657" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a refusé</a> de soutenir l’appel à la non-prolifération des combustibles fossiles. «Que le Canada ne veuille pas s’engager à ça, ça n’a aucun sens. Peut-être que ça reflète l’influence des lobbys du pétrole», affirme Dr Jodoin. Par ailleurs, la COP27 a vu une <a href="https://www.globalwitness.org/en/campaigns/fossil-gas/636-fossil-fuel-lobbyists-granted-access-cop27/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmentation</a> du nombre de lobbyistes pétroliers présents, selon des chiffres compilés par l’ONG Global Witness. Le pavillon du Canada, une première pour le pays dans le cadre de la COP, <a href="https://www.ledevoir.com/environnement/770143/le-canada-accueille-trois-evenements-impliquant-l-industrie-des-energies-fossiles-a-la-cop27?utm_source=recirculation&amp;utm_medium=hyperlien&amp;utm_campaign=corps_texte" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a organisé</a> à cet effet trois événements impliquant des représentants de l’industrie des énergies fossiles. Plusieurs intervenant·e·s et organisations, dont Environmental Defence, Climate Action Network Canada et Indigenous Climate Action, <a href="https://environmentaldefence.ca/2022/11/10/open-letter-to-canadas-environment-minister-steven-guilbeault-kick-polluters-out-of-the-canada-pavilion/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">ont demandé</a> que le Canada annule les événements et ceux subséquents. Greenpeace McGill se dit par ailleurs insatisfait des engagements du Canada: «<em>Le Canada s’est incliné devant les entreprises de combustibles fossiles malgré les tentatives de se présenter comme l’un des leaders de la transition verte.</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une pièce du casse-tête</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>Les COP rappellent chaque année que le changement climatique est un fardeau pour nous tous</em>·<em>tes et que les responsabilités doivent être assumées par tous les pays dans une dynamique de coopération</em>», rappelle Greenpeace McGill. Dr Jodoin rappelle également que la COP27 n’est qu’une partie des pistes de solutions. Étant donné que les décisions et les engagements pris par les pays lors de ces négociations ne sont pas contraignant, il faut relativiser son importance dans la lutte contre les changements climatiques. «La plus grande différence apportée par la COP, c’est que les pays comme la Chine et les États-Unis ont des plans climatiques beaucoup plus ambitieux qu’il y a 10 ans», explique Dr Jodoin. Il note que la plupart des décisions importantes se font au niveau des provinces, des capitales nationales, ainsi que des villes, qui peuvent mettre en place les transformations nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Capacitisme environnemental</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr Jodoin a d’ailleurs publié un <a href="https://static1.squarespace.com/static/5f10f916d115b114fe4e2b97/t/6377a02a5423e95495011366/1668784175494/ANALYSE_Droits-personnes-handicapees-politiques-climatiques-canadiennes.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> qui analyse les politiques climatiques canadiennes, (on en compte environ 85 aux niveaux fédéral, provincial et municipal). Son équipe de recherche a démontré que la très grande majorité de ces politiques n’incluent pas de mesures concrètes pour consulter les personnes en situation de handicap, ni ne proposent de solutions en terme de réduction de GES ou de mesures pour assurer la résilience climatique, c’est-à-dire la capacité des populations à s’adapter aux changements climatiques. Dr Jodoin explique qu’aujourd’hui, au Canada, les trois quart des personnes qui meurent d’événements climatiques extrêmes (comme les canicules), sont en situation de handicap. Cela démontre que ces personnes sont plus vulnérables aux changements climatiques. Ainsi, Dr Jodoin explique que le développement de solutions pour réduire les GES qui ne prennent pas en compte les besoins différenciés des personnes handicapées renforcent les barrières qu’elles vivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Dr Jodoin, c’est la seconde édition de la COP ou les organisations de personnes handicapées sont présentes en grand nombre, mais beaucoup de travail reste à faire pour que les négociations soient inclusives pour les personnes en situation de handicap et que les décisions intègrent réellement leurs besoins: «les mêmes défis qu’on retrouve au Canada, on les retrouvent aussi au niveau de la COP».</p>
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		<item>
		<title>McGill accueille un nouveau Principal et Vice-Chancelier</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/mcgill-accueille-un-nouveau-principal-et-vice-chancelier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugo Vitrac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[principal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50037</guid>

					<description><![CDATA[<p>H. Deep Saini prendra la relève de Suzanne Fortier.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 14 novembre dernier, le Conseil des gouverneurs a annoncé la nomination du Pr H. Deep Saini au titre de principal et vice-chancelier de McGill. Il succèdera à Christophe Manfredi, qui occupe le poste de principal par intérim depuis le départ de Suzanne Fortier en août dernier. Le Pr Saini entamera son mandat de cinq ans le 1<em>er&nbsp;</em>avril prochain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La candidature du Pr Saini</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pr <a href="https://reporter.mcgill.ca/mcgill-appoints-h-deep-saini-as-new-principal-and-vice-chancellor/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Saini</a> a grandi en Inde, où il a complété une maîtrise en sciences à l’Université d’agriculture de Punjab. Il dispose d’une longue expérience en matière de gestion universitaire. Il a auparavant occupé le poste de président et vice-chancelier de l’Université Canberra en Australie et est actuellement président et vice-chancelier de l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse. Ayant vécu près de 20 ans à Montréal, il maîtrise le français et l’anglais et dispose d’une connaissance approfondie de la société québécoise dans laquelle McGill évolue, a souligné l’administration de l’Université McGill dans un <a href="https://reporter.mcgill.ca/mcgill-appoints-h-deep-saini-as-new-principal-and-vice-chancellor/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué de presse</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La candidature du Pr Saini a été approuvée à l’unanimité par le Conseil des gouverneurs, sur recommandation du <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/advisory/principal-and-vice-chancellor" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comité consultatif</a> formé en janvier dernier après l’annonce du départ de Suzanne Fortier. Ce comité était composé de 14 membres issus de la communauté étudiante, du corps professoral, du Conseil des gouverneurs, et de <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/principal_appointment_-_final_fr_-_june_6_2022.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">consultants privés</a> de l’entreprise <a href="https://www.perrettlaver.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Perett Laver</a>. Les critères de sélection ont été <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/principal_appointment_-_final_fr_-_june_6_2022.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">publiés </a>en juillet dernier à la suite d’une consultation de la communauté étudiante. Ces derniers comprenaient notamment la volonté d’accroître le rayonnement de l’Université, l’engagement en matière d’équité, de la diversité et de l’inclusion (EDI), et de réconciliation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;<em>Il devra montrer que l’administration est réellement réceptive aux commentaires des professeurs et des étudiants&nbsp;</em>»</p><cite>Kerry Yang</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les problèmes auxquels le futur principal sera confronté</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit&nbsp;</em>a contacté le Pr Richard Gold, professeur à la Faculté de droit de McGill et membre du comité consultatif. Il nous a exprimé son optimisme vis-à-vis de la future gouvernance du Pr Saini et son espoir que ce dernier travaillera à restaurer la confiance au sein de l’Université. Dans un échange par courriel avec&nbsp;<em>Le Délit</em>, il a écrit : «<em>Je vois beaucoup de promesse dans ce choix [ …] Le Pr Saini est engagé en faveur de l’équité et de la diversité et considère que l’Université s’appuie sur son passé, tout en cherchant à apporter des changements pour répondre aux besoins et aux possibilités du 21 siècle.</em>» Il a aussi souligné que ce dernier «<em>attache beaucoup d’importance à la transparence […] et est engagé en faveur de la réconciliation</em>». Toutefois, Pr Gold a pointé du doigt le problème du «&nbsp;<em>manque de confiance régnant au sein de l’administration&nbsp;</em>», que le future principal devra confronter selon lui «&nbsp;<em>avec une plus grande ouverture et engagement auprès des étudiants, enseignants, personnel et diplômés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit&nbsp;</em>s’est aussi entretenu avec Kerry Yang, Vice-Président des Affaires universitaires de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) et membre du comité consultatif. Il nous a fait part de sa confiance vis-à-vis de la capacité du Pr Saini à relever les problèmes de l’Université : «<em>Il devra montrer que l’administration est réellement réceptive aux commentaires des professeurs et des étudiants, et qu’elle souhaite s’améliorer en s’appuyant sur</em> <em>la communauté étudiante et le</em> <em>corps professoral</em>». Le Pr Saini a selon lui les qualités pour répondre à ces problèmes : «<em>C’est […] quelqu’un qui a une vraie compréhension des enjeux d’EDI et des questions autochtones.</em> <em>Il semble également accessible et prêt à répondre aux préoccupations des étudiants.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/mcgill-accueille-un-nouveau-principal-et-vice-chancelier/" data-wpel-link="internal">McGill accueille un nouveau Principal et Vice-Chancelier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Des gazouillis qui sèment la zizanie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/des-gazouillis-qui-sement-la-zizanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Vallières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[crise environnementale]]></category>
		<category><![CDATA[Divest McGill]]></category>
		<category><![CDATA[énergies fossiles]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50041</guid>

					<description><![CDATA[<p>Désinvestissement McGill s’inspire de Twitter Blue pour une action militante.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/des-gazouillis-qui-sement-la-zizanie/" data-wpel-link="internal">Des gazouillis qui sèment la zizanie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans <a href="https://twitter.com/mcgilluni/status/1591970460761313280" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une série de gazouillis</a> publiés le 15 novembre dernier sur Twitter, un compte avec le nom d’utilisateur de l’université McGill a annoncé son «<em>plan ambitieux de désinvestissement</em>». «<em>McGill sera une institution sans énergie fossile à 75% d’ici 2075</em>», peut-on lire dans un des messages publiés. Le compte, appelé « @mcgilluni», est en réalité un coup de publicité du groupe activiste étudiant Désinvestissement McGill (<em>Divest McGill</em>), qui milite depuis 2012 pour que l’Université montréalaise retire ses investissements dans le secteur des énergies fossiles. Désinvestissement McGill emboîte ainsi le pas aux nombreux internautes qui se sont fait passer pour des célébrités ou des corporations dans la foulée du lancement de&nbsp;<em>Twitter Blue&nbsp;</em>par le nouveau propriétaire du réseau social, Elon Musk.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaos et désinformation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre dernier, le milliardaire sud-africain a acheté Twitter pour la somme faramineuse de <a href="https://www.nytimes.com/2022/10/27/technology/elon-musk-twitter-deal-complete.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">44 milliards</a> de dollars américains. «<em>L’oiseau est libre</em>», a‑t-il&nbsp;<em>tweeté&nbsp;</em>le 27 octobre, en référence à sa <a href="https://twitter.com/elonmusk/status/1585619322239561728?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1585619322239561728%7Ctwgr%5Ea2ac1009b5aa9986af28940978aff06f8d2c5e8f%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.reuters.com%2Ftechnology%2Fmusk-wants-twitter-be-most-respected-advertising-platform-2022-10-27%2F" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">promesse</a> de «redonner aux utilisateurs de la plateforme leur liberté d’expression». Cherchant à augmenter les revenus du réseau social, Elon Musk a annoncé le 9 novembre dernier le lancement de&nbsp;<em>Twitter Blue</em>, un abonnement mensuel payant permettant aux utilisateur·rice·s du réseau social d’obtenir le convoité crochet bleu moyennant des frais de huit dollars par mois. À l’origine, le «crochet bleu» avait pour objectif d’indiquer qu’un compte était «officiel», un statut qui ne pouvait être obtenu que suite à une vérification réalisée par l’équipe de Twitter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le lancement de&nbsp;<em>Twitter Blue</em>, certain·e·s internautes ont saisi cette opportunité pour usurper l’identité de personnalités célèbres ou de corporations, se faisant passer pour leurs comptes officiels grâce à leur crochet bleu acheté. Rapidement, des groupes activistes ont emboîté le pas. «<em>Ce n’est pas parce que nous tuons<br>la planète qu’elle ne va pas nous manquer</em>», a publié un faux compte vérifié se faisant passer pour la compagnie pétrolière anglaise <a href="https://twitter.com/ToadKingStudios/status/1591060954959478784" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">BP</a>. Dans la même veine, un faux compte vérifié semblant appartenir à la compagnie pharmaceutique américaine <a href="https://www.thestar.com/business/technology/2022/11/11/eli-lilly-loses-billions-in-market-cap-after-verified-twitter-impostor-promises-free-insulin.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Eli Lilly</a> publiait: «<em>L’insuline est maintenant gratuite</em>», précipitant la chute de près de 5% de ses actions et causant une perte estimée de 15 milliards de dollars américains à la compagnie. Après trois jours de chaos sur la plateforme, Twitter a suspendu son programme d’abonnement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Même si notre message se présente sous la forme d’une satire, nous le considérons comme une diffusion de la vérité plutôt que de la désinformation»</p><cite>Désinvestissement McGill</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario de la semaine dernière vient renforcer certaines inquiétudes liées au rachat de Twitter par le propriétaire de Tesla et de SpaceX en ce qui a trait à l’augmentation de la circulation de la désinformation sur la plateforme, qui compte plus de 200 000 millions d’utilisateur·rice·s. Elon Musk, qui se présente comme «<em>champion de la liberté d’expression</em>», a par ailleurs <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2022/nov/20/twitter-lifts-donald-trump-ban-after-elon-musks-poll" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">révoqué</a> la suspension permanente de l’ancien président américain Donald Trump de la plateforme, d’où il avait été <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2021/jan/08/donald-trump-twitter-ban-suspended" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">banni</a> pour avoir répandu de fausses informations et incité à la violence dans le contexte de l’insurrection de janvier 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Non, McGill ne désinvestit pas des énergies fossiles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Contacté par courriel par&nbsp;<em>Le Délit</em>, Désinvestissement McGill nous a confirmé avoir été inspiré à créer le compte Twitter @mcgilluni en voyant cette vague d’activisme satirique sur le réseau social. Le groupe activiste mcgillois décrit sa démarche comme l’utilisation de «l’humour pour exposer les motifs absurdes de raisonnement et de prise de décision de l’administration de McGill en ce qui concerne les investissements dans les combustibles fossiles, la suppression de l’activisme étudiant, la mesure des prix, la lutte contre les syndicats et plus encore». Questionné quant au risque de répandre de la désinformation, Désinvestissement McGill nous a répondu: «Bien que cela puisse être un risque, les communications officielles de McGill diffusent de la désinformation depuis des années. […] Même si notre message se présente sous la forme d’une satire, nous le considérons comme une diffusion de la vérité plutôt que de la désinformation.»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/des-gazouillis-qui-sement-la-zizanie/" data-wpel-link="internal">Des gazouillis qui sèment la zizanie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>À la recherche de la vie sur Mars</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/a-la-recherche-de-la-vie-sur-mars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thibaud Colin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[Mars]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[vie sur Mars]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Lyle Whyte, professeur et chercheur en microbiologie à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/a-la-recherche-de-la-vie-sur-mars/" data-wpel-link="internal">À la recherche de la vie sur Mars</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Professeur au département des ressources naturelles de l’Université McGill et chercheur à l’Institut spatial Trottier de McGill, Lyle Whyte est spécialisé dans le domaine de la microbiologie. Il mène notamment des recherches dans l’Arctique canadien. Cet été, son équipe a publié un article sur une découverte qui pourrait aider à la recherche de la vie sur Mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD):</strong>&nbsp;<em>Quelle définition pouvez-vous nous donner de l’astrobiologie ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lyle Whyte (LW):</strong>&nbsp;C’est une branche des sciences planétaires. Elle devient particulièrement utile lorsqu’on parle<br>des&nbsp;<em>rovers&nbsp;</em>qui atterrissent sur Mars pour y chercher de la vie, ou des orbiteurs qui se rendent sur Jupiter. Prenons l’exemple de Mars: nous savons qu’il y a environ quatre milliards d’années, cette planète était plus chaude et plus humide qu’elle ne l’est maintenant, ce qui signifie qu’il y avait probablement de l’eau à sa surface. Nous savons qu’il a dû se passer quelque chose pour causer un échappement atmosphérique. À la suite de cet événement, Mars aurait commencé à devenir de plus en plus froide et sèche; et depuis environ deux milliards d’années, elle l’est complètement. Nous ne connaissons pas de micro-organismes terrestres qui pourraient survivre sur la surface de la planète Mars, mais nous pouvons envisager des écosystèmes microbiens qui pourraient habiter sous sa surface, dans des endroits froids et salés où l’on pourrait trouver de l’eau liquide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:&nbsp;</strong><em>Quel est le but de vos recherches?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LW</strong>:&nbsp;La plupart de nos recherches sont effectuées à la Station de recherche arctique de McGill (MARS) qui se trouve sur l’île Axel Heiberg [au Nunavut,&nbsp;<em>ndlr</em>]. Nos recherches se concentrent sur des questions comme: «Quelles sont les limites de températures froides dans lesquelles peut survivre la vie microbienne sur cette planète?» ou «Quels sont les effets des micro-écosystèmes sur les émissions de gaz à effet de serre provenant du réchauffement rapide de certains environnements, notamment le pergélisol?». La planète Mars et les lunes Europe et Encelade [lunes de Jupiter et de Saturne respectivement,&nbsp;<em>ndlr</em>] sont les principales cibles de la recherche de la vie extraterrestre dans notre système solaire, et sont également connues pour leurs environnements glaciaux. Ainsi, les microbes que nous trouvons dans l’Arctique canadien nous guident dans la recherche de la vie dans ce type d’endroits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Grâce en partie à vos recherches, pensez-vous qu’il serait un jour possible de trouver de la vie sur Mars?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LW</strong>: En tant que scientifique, je suis formé pour être neutre et objectif. Il y a environ quatre mois, nous [le groupe de recherche du Pr Lyle Whyte,&nbsp;<em>ndlr</em>] avons publié un article révélant une découverte faite sur l’un de nos sites, une source saline très froide dans l’Arctique canadien, appelée&nbsp;<em>Lost Hammer Spring.&nbsp;</em>Elle contient de l’eau liquide extrêmement salée, et c’est un environnement anaérobique, c’est-à-dire qui ne contient aucun oxygène. Lorsque nous avons effectué ces recherches, nous avons découvert quatre ou cinq groupes de micro-organismes qui, selon nous, pourraient exister sur Mars, vivant sur Terre dans cette source saline très froide et sans oxygène. Une découverte de plus pour répondre à cette question, sans doute!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>De 2013 à 2018, vous avez participé à la mission ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne, une mission qui a pour but de chercher des traces de vie sur Mars. Quel a été votre rôle au sein de ce projet international?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LW</strong>: J’ai notamment fait partie du groupe de travail sur la sélection du site d’atterrissage du&nbsp;<em>rover</em>. Cette mission a réuni 25 scientifiques du monde entier. Nous devions évaluer les meilleures propositions pour l’atterrissage du&nbsp;<em>rover&nbsp;</em>sur Mars afin d’avoir la meilleure chance de trouver de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À votre avis, pourrait-on bientôt voir un humain poser un pied sur Mars?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LW</strong>: Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’avoir des êtres humains à la surface de Mars va grandement améliorer les recherches scientifiques. Ce sera probablement votre génération qui ira sur Mars, donc si vous envisagez d’y aller, il reste encore du temps pour candidater!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Petite question cinéma pour finir:&nbsp;</em>Seul sur Mars&nbsp;<em>avec Matt Damon, ça vous paraît réaliste?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LW</strong>:&nbsp;Oui, c’est un film de très bonne qualité! Si vous comparez avec tous les films qui ont été faits pour recréer une mission vers Mars, c’est probablement le meilleur en termes d’exactitude. À l’exception du dénouement, bien sûr. Mais la partie du film qui a lieu à la surface de la planète me semble assez réaliste.</p>
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		<title>Quand le sport tacle la politique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/quand-le-sport-tacle-la-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Renée Rochefort]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe du Monde de football]]></category>
		<category><![CDATA[crise environnementale]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Qatar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui se passe avec Qatar 2022?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/quand-le-sport-tacle-la-politique/" data-wpel-link="internal">Quand le sport tacle la politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">  </p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Avec le début de la Coupe du monde, le Qatar accueille les délégations internationales pour un mois de football captivant. Après une cérémonie d’ouverture avec Morgan Freeman et Jungkook du groupe de K‑Pop BTS, l’atmosphère au stade semble avoir manqué le but. La 22<em>e&nbsp;</em>édition de la Coupe du monde de football est sans doute le spectacle sportif le plus attendu de l’année 2022. Cette édition aura lieu entre le 20 novembre et le 18 décembre. Cependant, l’attention mondiale ne se porte pas uniquement sur les matchs. En effet, les débats éthiques remplissent les journaux. Plus d’une dizaine de pays manifestent leur opposition contre ce choix d’hôte controversé. Je vous invite donc à retracer, avec moi, le chemin qui a mené à « Qatar 2022 ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un choix d’hôte controversé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Qatar n’est certainement pas une nation avec une grande histoire sportive. Au football, le pays est davantage reconnu pour ses <a href="https://www.pulse.ng/sports/football/fifa-world-cup-how-qatar-built-its-national-football-team/9f63bpw" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">tentatives </a>de naturaliser des joueurs étrangers que pour la qualité de son programme. Sa sélection comme hôte peut donc paraître surprenante. Pourtant, dans les dernières décennies, le pays s’est vu attribuer les droits d’hôte pour <a href="https://www.infobae.com/aroundtherings/articles/2021/07/12/qatars-hosting-of-international-sports-events-continues-to-rise/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de nombreux événements sportifs</a> tels que les Jeux asiatiques de 2006, le Championnat du monde masculin de handball de 2015 et les Championnats du monde de natation de 2024. Le Qatar avait notamment déposé sa candidature pour les Jeux olympiques de 2020 (qui ont finalement eu lieu au Japon), pour le Championnat du monde d’athlétisme de 2019 et la Coupe du monde de football de 2022, deux grandes victoires pour le pays. En tentant de gagner les droits d’accueillir ces événements, la nation cherche à acquérir ce qui s’appelle la «<a href="http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/soft-power" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">puisssance douce</a> (<em>soft power</em>) », une stratégie politique où un pays cherche à accroître son prestige mondial avec la promotion de sa culture à travers des médiums comme le sport (en opposition à la puissance forte,&nbsp;<em>hard power</em>, qui repose sur une dominance par la force économique ou politique) afin de pouvoir exercer une influence sur d’autres nations. Les problèmes de cette Coupe du monde remontent aux circonstances dans lesquelles le choix du Qatar comme hôte a eu lieu. En effet, lorsqu’on accueille le plus grand spectacle sportif au monde, il faut passer par des enquêtes d’éthique. Des investigations ont rapporté que des <a href="https://www.rds.ca/soccer/soccer-des-pots-de-vin-ont-ete-verses-pour-attribuer-la-coupe-du-monde-au-qatar-et-a-la-russie-1.7388522" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pots-de-vin</a> ont été versés en échange de votes avant le scrutin en 2010. La semaine dernière, Sepp Blatter, l’ex-président de la FIFA (Fédération internationale de football association), a même <a href="https://www.rds.ca/soccer/coupe-du-monde/soccer-l-octroi-de-la-coupe-du-monde-de-la-fifa-2022-au-qatar-une-erreur-selon-blatter-1.16384552" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dénoncé le choix du Qatar</a> comme hôte. Dans sa critique, Blatter mentionne que le pays est trop petit et que l’ancien président français Nicolas Sarkozy lui a indiqué sa forte préférence pour la candidature du Qatar. Il questionne s’il existe un conflit éthique puisque le nouveau président de la fédération, Gianni Infantino, réside au Qatar. La corruption remplit l’historique de la FIFA. L’affaire Fifagate en 2015 avait secoué le monde sportif. Le choix du Qatar contribue à la suite d’une série de choix douteux de la FIFA. On observe l’influence indéniable de son caractère avare sur sa décision. C’est avec une grande tristesse que je constate la dégradation du processus du choix d’hôte pour les événements sportifs. Les droits d’hôte deviennent une marchandise vendue aux enchères au lieu d’une évaluation holistique de chaque candidature soumise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les droits d’hôte deviennent une marchandise vendue aux enchères au lieu d’une évaluation holistique de chaque candidature soumise »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les nombreuses violations du Qatar</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce Mondial est aussi critiqué pour les violations des droits humains des ouvriers qui construisent les infrastructures. Les chantiers qataris auraient pris la vie d’environ <a href="https://www.theguardian.com/global-development/2021/feb/23/revealed-migrant-worker-deaths-qatar-fifa-world-cup-2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">6 500 ouvriers</a> entre 2011 et 2021 selon une enquête menée par&nbsp;<em>The Guardian</em>. De plus, Amnestie Internationale recense d<a href="https://www.amnesty.fr/responsabilite-des-entreprises/actualites/qatar-2022-coupe-du-monde" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">e nombreuses violations des droits des travailleurs</a> au Qatar. Toute cette mauvaise publicité décrédibilise le sport et va à l’encontre de ses valeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le Qatar reste i<a href="https://www.ctvnews.ca/sports/qatar-s-emir-lashes-out-at-criticism-ahead-of-fifa-world-cup-1.6123747" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nflexible face aux critiques</a> et refuse de s’adapter. Il affirme qu’il ne changera pas ses coutumes pour la Coupe du monde. L’homosexualité dans la nation est criminelle et punie par des amendes, la prison ou la mort. La nation invite les participants et leurs fans à tolérer leur intolérance et attire donc des plaintes de nombreuses fédérations nationales de football. La FIFA vient de publier <a href="https://www.skysports.com/football/news/11095/12737790/qatar-world-cup-fifa-writes-to-teams-and-says-focus-on-the-football-not-ideological-or-political-battle-that-exists" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une lettre</a> demandant aux équipes d’éviter les messages politiques pendant le tournoi. Le message est simple : taisez-vous et dribblez. Cependant, il faut se demander si nous devons accepter les positions d’un autre pays même si celles-ci enfreignent nos valeurs personnelles. L’histoire du sport et de la politique remonte au début des Jeux olympiques à l’époque de la Grèce antique. Il me semble donc étrange que la FIFA veuille encourager la séparation du sport et de la politique. Si la FIFA maintient sa position sur la politique dans le sport, la fédération ne devrait pas être surprise par les critiques qui viennent avec ses choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fédérations nationales sentent la transgression de leurs valeurs et dénoncent le Qatar pour ses violations des droits humains. Le choix du Qatar divise les amateurs de football. Les fans LGBTQ+ se retrouvent <a href="https://edition.cnn.com/2022/11/19/football/qatar-world-cup-2022-lgbtq-rights-spt-intl/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en position difficile</a> puisque la posture du Qatar vis-à-vis de leur sexualité crée une atmosphère inhospitalière. Le sport joue souvent un rôle unificateur, et pourtant les tourments éthiques nuisent terriblement à l’accomplissement de ce rôle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le message est simple : taisez-vous et dribblez »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des questions portant sur le football lui-même</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, alors que le Mondial se déroule normalement en été, cette édition a lieu en novembre sur une durée raccourcie de 29 jours à cause de la chaleur. Les températures au Qatar dépassent les quarante degrés en été, mais seront encore dans la haute vingtaine en novembre. Les saisons des ligues professionnelles – la Série A, la&nbsp;<em>Premier League</em>, la&nbsp;<em>Liga MX&nbsp;</em>- se déroulent aussi au mois de novembre, et s’alignent avec la Coupe du monde. Nous avons donc une pause forcée de ces ligues. Ces dernières n’étaient pas satisfaites de ce changement d’horaire. Cette édition représente aussi la dernière opportunité de gloire pour de nombreux talents générationnels – Messi, Ronaldo, Lewandowski, Suárez, Modrić – qui approchent de la quarantaine. Est-ce l’heure pour l’un d’entre eux de lever le trophée? Pour Messi ou Ronaldo, une victoire pourrait régler le débat entre les deux joueurs pour le titre du meilleur joueur de tous les temps. La victoire d’une de ces figures légendaires pourrait servir de fin théâtrale pour clôturer une carrière exceptionnelle. Les intrigues pour ce Mondial sont nombreuses, en particulier pour le Canada qui joue sa première Coupe du monde depuis 1986. La blessure récente d’Alphonso Davies inquiète beaucoup <a href="https://www.cbc.ca/sports/soccer/worldcup/alphonso-davies-injury-update-canada-world-cup-1.6658272" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">malgré sa disponibilité pour le premier match </a>du Canada contre la Belgique le 23 novembre dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dernières réflexions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, nous voyons comment les préparatifs pour le tournoi au Qatar sont inondés de vio- lations des droits humains et d’un scandale de corruption. Sur le plan sportif, cette Coupe du monde représente le crépuscule d’une génération glorieuse de footballeurs. Ce sera peut-être l’occasion de voir la révélation du futur du sport. Pourtant, il est difficile de s’immerger dans l’allure magique du football quand un nuage de controverse flotte au-dessus du stade. La critique du Qatar n’est pas orientaliste, elle s’attaque aux violations des droits humains et au manque de passion des Qataris pour le football. Avec tant de discussions sur des sujets qui ne sont pas en lien avec le football, l’héritage de cette Coupe du monde 2022 sera-t-il autre chose que le football? Nous aurons la réponse dans quelques années, mais je soupçonne qu’elle sera davantage en lien avec la situation au Qatar qu’avec le football lui-même (à moins que le Mondial soit sensationnel). De mon côté, j’espère que la FIFA apprendra de cette édition et approchera ses prochaines décisions d’hôte avec plus de transparence. Les droits d’hôte devraient aller à une nation passionnée par le sport. J’espère que le tournoi sera tout de même plein de moments mémorables.</p>
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		<title>Les espaces résonnants</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/les-espaces-resonnants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Malo Salmon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[communauté LGBTQI+]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50054</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’importance et la différence des espaces sûrs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">En septembre dernier, le centre d’aide Interligne a annoncé qu’il ne serait plus en mesure de procurer ses services d’écoute et d’intervention nocturnes en raison de manque de financement. <a href="https://interligne.co/pendant-que-le-gouvernement-dort-interligne-sauve-des-vies/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">L’organisme</a>, qui se dit «chef de file en matière d’aide et de renseignements à l’intention des personnes de la diversité sexuelle et la pluralité des genres», était une ressource indispensable pour plus d’une dizaine de milliers de Québécois·es. La ligne téléphonique offrait une écoute qui pouvait sinon comprendre, du moins entendre, les confidences d’un groupe social dont les difficultés ne sont pas toujours accueillies à bras ouverts. Pour la communauté 2SLGBTQIA+, la coupure des lignes nocturnes d’Interligne représente la fin d’un lieu qu’iels pouvaient rejoindre à tout moment, la fin d’un endroit où iels avaient la liberté de se sentir à l’aise avec leur identité et de partager leur expérience, la fin d’un instant à l’abri des jugements et des regards dédaigneux; c’est la fin d’un espace sûr.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 35 000 appelants d’Interligne témoignent de l’importance des espaces sûrs. Cette importance est appuyée par la présence d’un grand nombre d’autres services d’écoute comme&nbsp;<em><a href="https://psc.ssmu.ca/resources/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">The McGill Nightline&nbsp;</a></em>et&nbsp;<em><a href="https://telaidemontreal.org/en/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Tel-Aide</a>&nbsp;</em>qui s’offrent à n’importe qui. Les espaces sûrs permettent à toute personne, indépendamment de son identité, de trouver un endroit où elle se sent à l’aise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’évolution d’un terme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme «espace sûr» (<em>safe space</em>) est né et a grandi avec la lutte pour l’acceptation et l’émancipation de la communauté 2SLGBTQIA+ au cours des années 1970. D’abord utilisé pour désigner des endroits où les couples homosexuels pouvaient se rassembler pour prendre un verre, se tenir la main, danser et s’embrasser, les espaces sûrs étaient des lieux de refuge qui leur permettaient d’exprimer et de vivre leur identité sans crainte de représailles des préjugés sociaux et politiques de l’époque. De nos jours, le terme a évolué et est repris par différents groupes, idéologies et institutions. Par exemple, l’Université McGill, aux côtés d’autres universités canadiennes comme l’Université de Toronto et l’Université Queen’s, a pris l’initiative d’accommoder des espaces physiques désignés «sûrs» à divers endroits sur son campus. Le terme a également pris de l’ampleur pour décrire: «<em>des rassemblements inoffensifs de personnes partageant les mêmes idées qui acceptent de s’abstenir de toute moquerie ou critique afin que chacun puisse se détendre suffisamment pour explorer les nuances&nbsp;</em>[d’un sujet,&nbsp;<em>ndlr</em>]», selon la journaliste Judith Shulevitz du&nbsp;<em>New York Times</em>. Ainsi, une rencontre de personnes souhaitant parler de leurs problèmes avec l’alcool, à l’abri de préjugés péjoratifs associés à l’alcoolisme, constituerait un autre type d’espace sûr.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’adaptation du terme “espace sûr” et son appropriation par d’autres groupes entraîne des défis et des questionnements»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres parlent de créer des universités qui seraient entièrement des espaces sûrs. En effet, Frederick M. Hess et Brendan Bell, deux chercheurs spécialisés en éducation, proposent la création d’une université ayant un penchant pour la droite conservatrice, un espace sûr au sein duquel des conservateurs pourraient «<em>approfondir des questions et des sujets qui ne correspondent pas à l’orthodoxie progressiste</em>». «<em>Nous avons besoin d’un incubateur où les jeunes intellectuels prometteurs pourraient poursuivre leurs recherches sans être contraints de se conformer</em> <em>à l’idéologie dominante</em>», expliquent-ils au <a href="https://nymag.com/intelligencer/2019/01/conservatives-demand-safe-space-free-from-liberal-academia.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">New York Magazine</a>. La notion, née dans le contexte de l’émancipation des droits de la communauté homosexuelle, est donc appropriée par ceux qui historiquement se sont opposés à cette émancipation. Cette appropriation illustre bien le besoin de tels endroits pour toute personne peu importe son identité ou ses opinions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un nouvel espace</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution Internet n’aura pas été sans impact sur les espaces sûrs. La cyberintimidation était déjà ubique alors même que les plateformes digitales n’avaient pas encore tous les outils pour modérer le contenu partagé. Les&nbsp;<em>trolls&nbsp;</em>lacéraient leurs dissidents, ne ménageant pas leurs propos et se cachant derrière un avatar anonyme pour infliger du tort depuis leurs claviers. Alors se sont créés des espaces à l’abri de ces&nbsp;<em>trolls</em>; des blogues et des forums modérés où des utilisateurs se retrouvaient pour parler de leurs intérêts. Des communautés pour tous types de passionnés se sont ainsi formées: des amateurs de musique coréenne jusqu’aux compétitions de gifles, en passant par les obsédés du dessin animé pour enfant&nbsp;<em>Ma Petite Pouliche&nbsp;</em>(<em>My Little Pony</em>). Les forums et les réseaux sociaux ont permis à des individus de rejoindre d’autres utilisateurs pour discuter de sujets pour lesquels ils ne se sentaient pas confortables de parler avec leur environnement immédiat. Pour certains, ces communautés servaient même de refuge, un espace sûr au sein duquel ils pouvaient être à l’aise, comme en témoigne un rapport publié par&nbsp;<em><a href="https://virtual-communities.thegovlab.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">TheGovLab</a></em>: «<em>Les groupes en ligne sont des organisations contemporaines importantes qui peuvent générer un impact et procurer à leurs membres un fort sentiment de communauté et d’appartenance.</em>»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La technologie est devenue à la fois un remède aux crimes les plus insidieux contre l’humanité et un moyen de les perpétrer»</p><cite>Ronald Niezen, professeur d’anthropologie à McGill.</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À priori, les espaces sûrs d’Internet ne semblent pas soulever d’importants enjeux éthiques. Tandis que certains les critiquent par peur qu’ils enfreignent leur liberté d’expression, il est important de se rappeler que ces espaces sont des refuges, des endroits écartés où des individus peuvent s’isoler d’un discours et d’idées qui pourraient être énoncés dans un autre environnement. Pourtant, l’adaptation du terme «espace sûr» et son appropriation par d’autres groupes entraîne des défis et des questionnements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La chambre d’écho</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons l’exemple d’une personne convaincue que la terre est plate. Intimidée et dénigrée par ses contemporains, elle cherche refuge dans les recoins de la Toile et se trouve hébergée dans une communauté d’autres sceptiques et amateurs de théories du complot. Sur ces plateformes, cette personne a l’opportunité de converser avec d’autres qui comprennent ses rationalisations et qui sympathisent avec ce qu’elle ressent lorsqu’elle est moquée pour ses croyances. Pourrait-on dire que cette communauté est un «espace<br>sûr»? Si on se permet de considérer que cette croyance est fondamentale pour la personne, au point d’être inséparable de son identité, cet environnement n’a‑t-il pas tous les traits que nous accordons lorsque nous voulons définir un espace sûr? Dans un hypothétique pas trop éloigné de la réalité comme celui-ci, il devient apparent que les espaces sûrs peuvent avoir des conséquences nuisibles sur le développement d’une personne, et, par extension, sur la société. Pourtant, une communauté comme celle des platistes est plus souvent caractérisée comme étant une «chambre d’écho» qu’un espace sûr. Quelle différence faire entre ces deux termes?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pourtant, une communauté comme celle des platistes est plus souvent caractérisée comme étant une “chambre d’écho” qu’un espace sûr»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Je propose que la chambre d’écho n’est qu’une extension d’un espace sûr. Si l’espace sûr est un endroit dans lequel on se réfugie pour s’exprimer sans peur de jugements et de réprimandes, cet espace devient une chambre d’écho dans deux circonstances. La première est le résultat d’une volonté individuelle: l’isolement volontaire permet de ne s’exposer qu’à des environnements qui sont considérés comme sûrs selon la personne recluse. L’image d’une personne vivant dans le sous-sol de ses parents pour arpenter les recoins les plus sombres de la Toile vient facilement à l’esprit. La deuxième circonstance est la conséquence de la progression des valeurs sociales. L’espace sûr grandit, il prend de l’envergure pour se confondre avec l’espace public. Nous pouvons prendre comme exemple les premiers espaces sûrs. Alors que dans les années 1960 les couples homosexuels devaient se rassembler dans des lieux souterrains afin d’éviter le harcèlement, ces couples peuvent maintenant vivre leur sexualité dans un espace public avec très peu de crainte au Canada (selon <a href="https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">PEW</a>, 85% des Canadiens pensaient que l’homosexualité devrait être acceptée par la société en 2019).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette deuxième circonstance implique que l’espace public peut être une chambre d’écho, et quoiqu’il ne l’est pas pour un bon nombre de sujets, il l’est pour certains. Par exemple, la société québécoise du 21<em>e&nbsp;</em>siècle est une chambre d’écho en ce qui a trait au règlement de comptes par un duel au pistolet. Le terme «chambre d’écho» mérite sa connotation négative parce qu’il est souvent associé aux complotistes et à leurs propos extrêmes, mais une société qui fait écho au respect de la loi ne saurait se valoir la même connotation.</p>
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		<title>Que faire ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/que-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Xavier Lévesque]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50058</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexions d’un souverainiste.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Que faire? Telle était la question qu’un révolutionnaire russe posait il y a déjà 120 ans. Transposons-la, aujourd’hui, à l’espace québécois afin de voir si une seconde révolution se dessine ici tranquillement. Un Oui plus grand que celui qui s’est passé à McGill dernièrement se dessine-t-il au Québec?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est loin d’être évidente, mais tentons une brève — très brève — analyse du temps long en politique québécoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retournons rapidement en 2014 pour parler de la chute du Parti québécois. Le poing en l’air de Péladeau à la figure de Marois. En un mot comme en dix, le PQ de Marois a erré ; il a laissé Philippe Couillard du Parti libéral du Québec définir sa cause première à sa place : celle de l’indépendance du Québec. Une dernière fois, François Legault a décidé de s’obstiner. Et le temps lui a donné raison. Il s’est fait élire majoritaire en 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le premier ministre François Legault est franchement bien installé à l’Assemblée nationale du Québec depuis la dernière élection générale de la province. Si bien installé qu’on lui reproche l’arrogance et le manque d’humilité. Soit. Mais ces critiques me perdent lorsqu’on s’amuse à comparer François Legault à Maurice Duplessis pour son invocation de la clause nonobstant, entièrement constitutionnelle d’ailleurs, et qu’on lui reproche d’avoir un agenda caché pour la souveraineté. Ce serait manquer de sérieux à mon avis. Nommons un chat un chat : la Coalition avenir Québec n’est pas le parti qui réalisera l’indépendance du Québec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La CAQ est une coalition d’anciens péquistes et libéraux qui se sont rendus compte que leurs chimères identitaires post-1995 ne servaient plus le Québec. Il aura fallu trois élections à l’ancien ministre péquiste pour gagner son pari. Peut-être François Legault était-il fâché en 2014, mais il est resté, et force est de constater que le temps lui a donné raison. Son ancien parti est tombé à son avantage en 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si bien que l’institution libérale a perdu des plumes, d’importantes même. La valse impossible à laquelle s’est livrée Dominique Anglade a fini par la faire trébucher. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, l’élection générale de 2022 était impertinente, elle nous confirme ce que nous savions déjà : sans l’appui manifeste des anglophones, les libéraux provinciaux ne feront rien de pertinent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant plus lorsqu’une force politique portée par le mouvement nationaliste de gauche de Québec solidaire souffle sur le Québec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rajoutons que Collin Standish et son Parti canadien du Québec ont aboyé, en campagne électorale, un arrogant «<em>Take Back Quebec</em>» qui n’est pas sans rappeler l’<em>Equality Party&nbsp;</em>de Robert Libman. En vain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au moins, ce dernier était un homme digne qui a tenu tête au PLQ de Bourassa et qui a remporté son pari en faisant élire quatre sièges en 1989. On peut toujours dire qu’il aura été opportuniste, mais il aura néanmoins eu raison de Bourassa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prochainement, les mauvaises langues s’amuseront à nous faire la grimace des trois sièges péquistes. Nous le savons. Jouons le jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quatre prochaines années seront névralgiques pour la cause du pays du Québec. Sachons, à notre tour, être à la hauteur des opportunités qui se présenteront. Surtout, ne sous-estimons pas l’élection de Paul Saint-Pierre Plamondon, un ancien de McGill soit dit en passant, dans Camille-Laurin. Montréal a besoin du Parti québécois. L’Assemblée nationale du Québec et le français ont besoin du Parti québécois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’étudie à McGill depuis moins d’un trimestre, et depuis, mes convictions souverainistes se sont renforcées. Il est parfois lourd de ne pas se faire répondre un simple « bonjour », « merci » ou « s’il vous plaît » à Montréal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne se répète jamais, mais il arrive parfois qu’elle bégaye. La prochaine fois (et peut-être la dernière) semble se profiler dans un horizon encore brumeux, mais certain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière volonté des souverainistes est désormais à conserver ; il ne faudra ni la presser, ni l’abandonner. On connaît le dicton : avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure ce n’est plus l’heure. Il ne nous reste plus qu’à être d’une obstinée patience. Cette démarche est, à mon sens, celle que nous devons suivre. Ne lâchons rien.</p>
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