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	<title>Margot Fortin - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Mar 2014 09:13:48 +0000</lastBuildDate>
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		<title>S’imposer en tant que femme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/25/simposer-en-tant-que-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 06:47:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hillary Clinton dévoile ses conseils.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a fait courir les foules, le mardi 18 mars dernier au soir, à l’occasion d’une rare visite à Montréal. Elle y a présenté une conférence sur le thème de la présence des femmes en politique et dans le milieu des affaires. L’événement s’est tenu dans le cadre d’une rencontre de réseautage des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" wp-image-20613 alignleft" alt="Hillary" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/Hillary-543x640.jpg" width="326" height="384" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/Hillary-543x640.jpg 543w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/03/Hillary.jpg 1792w" sizes="(max-width: 326px) 100vw, 326px"></p>
<p>Même si la conférence s’adressait clairement au milieu des affaires, la CCMM avait fourni gratuitement plus de 300 laissez-passer aux différentes universités québécoises dans le but de permettre à de nombreux jeunes d’assister gratuitement à l’événement. L’administration de l’Université McGill avait d’ailleurs procédé à un tirage plus tôt ce mois-ci afin d’écouler 75 billets auprès de la population étudiante.</p>
<p>Seule sur une immense scène, l’ancienne secrétaire d’État a livré un discours d’espoir aux quelques milliers de femmes réunies au Palais des congrès, évoquant l’exemple de sa propre ascension politique pour montrer qu’il est possible de faire éclater les «plafonds de verres» qui confinent les femmes à des rôles qui ne rendent pas justice à leurs compétences, tant dans le domaine de la politique qu’au sein d’entreprises. Au terme de sa présentation, Hillary Clinton a d’ailleurs été invitée par Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro, à donner des conseils aux femmes ambitieuses qui hésitent parfois à viser plus haut.</p>
<p>Citant Éléonore Roosevelt, l’ex-secrétaire d’État a donné à l’assistance un petit cours en trois points afin de répondre à une question qui lui est posée de façon récurrente: «Madame Clinton, que dois-je faire pour réussir comme vous?». «Dans la vie publique, chaque femme doit rendre sa peau aussi dure que celle d’un rhinocéros» commence-t-elle pour illustrer le fait que les femmes qui s’aventurent dans des métiers traditionnellement masculins doivent apprendre à vivre sous le feu des critiques. Pour Mme Clinton, les femmes se doivent de prendre les commentaires sérieusement, mais pas personnellement. De même, elles doivent croire en leurs capacités et être prêtes à prendre le risque. «Osez la compétion!», martelle-t-elle. Voilà son slogan, celui-là même qui l’a poussée à se lancer en politique.</p>
<p>Hillary Rodham Clinton a fait son entrée sur la scène politique américaine dans un rôle de second plan, celui de Première dame des États-Unis. Avant elle, aucune épouse d’un Président américain n’avait été élue à des postes de pouvoir au terme de leur «mandat» de Première dame, bien que l’une d’entre elles, Éléonore Roosevelt, ait été nommée déléguée aux Nations Unies.</p>
<p>Déjà très impliquée grâce à sa participation à l’élaboration de lois à caractère féministe, telle que la loi sur les congés de maternité adoptée par le gouvernement Clinton en 1993, Hillary soutient que le pas vers la politique ne fut cependant pas facile. Sa décision de se lancer en politique est venue d’un événement anodin. En 2000, alors que Bill Clinton était toujours président, la Première dame a entendu de la bouche d’une jeune étudiante la phrase qu’elle-même s’évertuait à marteler aux jeunes filles: «Osez la compétition, Madame Clinton». Ce fut suffisant pour la convaincre de se lancer dans la course au Sénat à New York, et le reste n’est qu’histoire. De Première dame à secrétaire d’État, en passant par le Congrès américain et un passage remarqué à la course à la chefferie du Parti démocrate en 2008, Hillary Clinton a cumulé les expériences dans une mesure hors du commun, même parmi les politiciens américains les plus chevronnés.</p>
<p>Invitée à se prononcer autant sur la question de la position économique des femmes que sur la politique extérieure des États-Unis, Hillary Clinton démontre qu’être une femme ne devrait absolument pas être un obstacle à une carrière publique. De fait, elle dénote avec autant de joie que de fierté la forte présence des femmes aux postes de Première ministre provinciale au Canada.</p>
<p>Nous pouvons affirmer que Madame Clinton a incontestablement connu une carrière aussi impressionnante que surprenante. La question à présent est la suivante: va-t-elle «oser la compétition» à nouveau lors des prochaines présidentielles?</p>
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		<title>#paniquePQ</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/25/paniquepq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 06:42:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De quoi pourrait-on bien parler? Des élections peut-être?&#160;Encore. Il faut dire que cette campagne qui s’annonçait «plate» est pleine de rebondissements. Le droit de vote-même a été au cœur des discussions cette semaine. Un mouvement né sur le campus de l’Université McGill au cours de la dernière semaine suscite une importante réflexion à propos des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2014/03/25/paniquepq/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">#paniquePQ</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De quoi pourrait-on bien parler?</p>
<p>Des élections peut-être?&nbsp;Encore.</p>
<p>Il faut dire que cette campagne qui s’annonçait «plate» est pleine de rebondissements.</p>
<p>Le droit de vote-même a été au cœur des discussions cette semaine.</p>
<p>Un mouvement né sur le campus de l’Université McGill au cours de la dernière semaine suscite une importante réflexion à propos des droits démocratiques dont disposent les étudiants canadiens originaires d’une autre province que le Québec.</p>
<p>Le 20 mars dernier, le réseau CBC relayait en manchette l’histoire d’un étudiant de McGill en troisième année en génie chimique originaire de la Colombie-Britannique, Dune Desormeaux, qui s’est vu refuser le droit de vote au bureau électoral de Westmount-Saint-Louis la semaine dernière. Or, Monsieur Desormeaux réside au Québec depuis plus de trois ans et compte bien rester au Québec après ses études.</p>
<p>La loi prévoit qu’un citoyen canadien de plus de dix-huit ans et domicilié au Québec depuis plus de six mois peut se prévaloir de son droit de vote. Même si cette disposition semble claire, il faut savoir que la notion de «domicile», par opposition à celle de «résidence», implique que la personne a démontré clairement qu’elle entend demeurer au Québec. Conformément à l’esprit de la loi électorale, le Dircteur général des élections du Québec (DGEQ) doit prouver hors de tout doute raisonnable que les étudiants provenant d’autres provinces canadiennes qui souhaitent s’inscrire sur la liste électorale n’ont pas l’intention de rentrer chez eux au terme de leurs études. Selon un communiqué publié par le DGEQ en fin de semaine, «le domicile est […] le lieu où sont associés des gestes ou des “états” importants de la vie civile d’une personne».</p>
<p>Ainsi, les étudiants qui se sont présentés au bureau électoral de leur circonscription avec leur bail en main comme seule preuve de domicile ont été déçus. En effet, le bail n’est pas considéré comme une preuve suffisamment précise pour attester de l’intention d’une personne de demeurer au Québec de façon permanente.</p>
<p>En chute libre dans les intentions de vote, le Parti Québécois (PQ) a sauté sur l’occasion pour échafauder une stratégie autour de cette nouvelle. Dimanche dernier, le candidat du Parti Québécois dans Chambly et ministre de la justice dans le gouvernement du PQ Bertrand Saint-Arnaud, accompagné du candidat du Parti Québécois dans Laval-des-Rapides Léo Bureau-Blouin, ont tenu une conférence de presse pour dénoncer le fait que des «étudiants de l’Ontario» cherchaient à «voler» l’élection. Ce discours laissait sous-entendre que des individus avaient essayé d’obtenir le droit de vote frauduleusement. Or, il n’a jamais été question d’autre chose que d’étudiants cherchant à clarifier les droits dont ils disposent en vertu d’une loi électorale dont l’interprétation est vraisemblablement ambiguë.</p>
<p>Ce «grand complot» imaginé par le PQ serait en marche dans les circonscriptions de Sainte-Marie-Saint-Jacques et Westmount-Saint-Louis notamment, où beaucoup d’étudiants anglophones habitent.</p>
<p>Pourtant, si on compare les nouvelles inscriptions sur les listes électorales dans ces comtés cette année et en 2012, on ne constante aucune augmentation flagrante. Il y avait même plus de de nouveaux inscrits en 2012. À l’époque personne ne s’en était vraiment plaint.</p>
<p>Le PQ est-il rendu si bas, si désespéré parce que son plan pour être élu majoritaire ne marche pas si bien qu’il l’attendait, qu’il doit s’abaisser à ce genre d’insinuations? Dans tous les cas, le simple fait qu’un parti politique vienne remettre en question le travail du Directeur général des élections est consternant. Au contraire, les partis devraient réaffirmer leur entière confiance dans cette institution neutre qui œuvre pour le bon déroulement de cette élection.</p>
<p>Enfin, on martèle sans cesse l’importance pour les jeunes d’aller voter, de se sentir concernés par les campagnes électorales. Mais quand, justement, ils commencent à montrer leur intérêt et leur volonté de s’impliquer, on voudrait les rappeler à l’ordre et leur demander de calmer leurs ardeurs?</p>
<p>Constatant probablement que la stratégie se retournait contre son parti, la Première ministre s’est tout de même dite «rassurée» par les explications publiées par le DGEQ sur son site Internet le 22 mars dernier. Mais le mal était fait.</p>
<p>Le problème du PQ, c’est que cette stratégie n’a justement rien de stratégique. En effet, la déconfiture du PQ dans les sondages des derniers jours n’est probablement pas étrangère à cette surenchère sur la question identitaire mise de l’avant par les troupes de Pauline Marois depuis le début de la campagne.</p>
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		<item>
		<title>L’école de la norme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/11/lecole-de-la-norme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2014 05:23:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
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		<category><![CDATA[normes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La déconstruction des stéréotypes en question.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>*Cahier Spécial «&nbsp;Hors Norme&nbsp;»</em></p>
<p>Les têtes dirigeantes des «manifs pour tous» contre le mariage entre conjoint(e)s de même sexe en France ont un nouveau cheval de bataille. En effet, une partie de la droite française se mobilise activement contre l’enseignement de la «théorie du genre» aux jeunes enfants français dans les écoles. C’est le gouvernement socialiste qui avait annoncé, en octobre 2013, avoir l’intention d’implanter un programme de sensibilisation à l’égalité homme-femme et aux stéréotypes de genre dans toutes les écoles françaises dès la rentrée 2014.</p>
<p>Au Québec, l’expression «théorie du genre» n’est pas connue. La raison est simple: selon une enquête publiée dans le quotidien français <i>Le Monde</i> le 28 janvier dernier, cette théorie qui met bien des Français en émoi est essentiellement une invention de ses détracteurs.</p>
<p>En effet, des groupuscules hostiles au gouvernement socialiste de François Hollande l’accusent de vouloir éliminer des cursus scolaires la notion de sexe biologique et l’ensemble des responsabilités et des attentes qui sont associées à l’homme et à la femme, ce qui, selon eux, nuirait au bon développement individuel des enfants.</p>
<p>En réalité, ce qu’une partie de la droite française qualifie de «théorie du genre» correspond plus ou moins à une tentative d’amoindrir les disparités entre la construction sociale du rôle de la femme et celle du rôle de l’homme. Cette théorie tend à éliminer les stéréotypes associés au genre et à permettre à chaque enfant une pleine réalisation de ses aspirations profondes. Or, l’idée de l’existence d’un genre construit socialement et distinct du sexe biologique circule déjà depuis les années soixante, et fait de plus en plus consensus dans les milieux académiques occidentaux. À titre d’exemple, l’Association américaine de psychiatrie (APA) a récemment retiré le «trouble de l’identité de genre» de son <i>Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux</i>.</p>
<p>Qui plus est, le concept de «genre» est reconnu et validé par l’Organisation mondiale de la santé. Selon la définition qui figure sur son site Internet, le «genre» sert à «évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu’une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes».</p>
<p>Selon le site Internet de l’Observatoire de la théorie du genre, un organisme associé à la droite française et qui prétend rejoindre plus de 500 000 personnes, «le fondement de [la théorie du genre] consiste à nier la réalité biologique pour imposer l’idée que le genre “masculin” ou “féminin” dépend de la culture, voire d’un rapport de force et non d’une quelconque réalité biologique ou anatomique». Le concept de «genre», pour ses détracteurs, est donc en soi un nouveau paradigme inventé de toute pièce et voué à remplacer le sexe biologique dans le dessein plus large de voir la culture triompher sur la nature.</p>
<p>La «théorie du genre» que décrie une frange de la droite française – avec en tête de file le président de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) Jean-François Copé– n’est donc ni une «théorie», ni une nouveauté. Comment, alors, peut-on expliquer ce déchirement soudain d’une bonne partie de la classe politique française à ce sujet?</p>
<p><b>Le combat pour le maintien des normes</b></p>
<p>Au cours de la mobilisation contre le mariage pour tous en France, en 2013, des têtes dirigeantes du mouvement avaient entrepris de lever le voile sur ce qu’ils considéraient être une entreprise structurée du gouvernement socialiste visant à déconstruire l’identité sexuelle des jeunes enfants en leur enseignant à ignorer la réalité de leur sexe biologique.</p>
<p>C’est dans un climat de suspicion que la ministre française des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a mis à l’essai l’«ABCD de l’égalité», un programme éducatif dont l’objectif est de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes à travers la déconstruction des stéréotypes de genre dans les écoles. Au sein des réseaux qui s’étaient mobilisés pour les «Manifs pour tous», des rumeurs concernant le contenu de ce programme se sont répandues comme une traînée de poudre. Les 24 et 27 janvier dernier, certains parents français ont donc choisi de garder leurs enfants à la maison afin de leur éviter d’être soumis à l’«ABCD de l’égalité», prétextant craindre que celui-ci ne favorise le développement de troubles de l’identité chez leurs enfants.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #808080;">Lire aussi:</span> <a href="https://www.delitfrancais.com/2012/11/26/mariage-pour-tous/" data-wpel-link="internal">Mariage pour tous</a></strong></p>
<p><b>École, norme et citoyenneté</b></p>
<p>En France comme au Québec, la réflexion autour de l’enseignement de la question du genre et de l’identité est intimement liée aux statistiques alarmantes concernant le taux de suicide et de détresse psychologique chez les jeunes, un phénomène de plus en plus documenté grâce aux travaux des chercheurs Michel Dorais et Line Chamberland de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’Université du Québec à Montréal.</p>
<p>Vu l’intensité de la mobilisation française en réponse à une initiative somme toute assez modeste du gouvernement français, il semble&nbsp; bien que ceux qui souhaitent assister à la mise en place d’une stratégie plus approfondie de sensibilisation dans les écoles françaises risquent d’attendre encore un moment.</p>
<p><b>Genre québécois</b></p>
<p>Le ton acrimonieux de la mobilisation contre le mariage pour tous et contre la sensibilisation aux stéréotypes de genre dans les écoles en a surpris plus d’un de ce côté-ci de l’Atlantique. Force est tout de même de constater que les écoles québécoises n’ont pas du tout de mandat clair pour aborder la question avec leurs élèves. En effet, les initiatives en la matière sont largement laissées à la discrétion des écoles par le gouvernement.</p>
<p>Bien que le <i>Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie 2011­-2016</i> du gouvernement du Québec comporte une foule de mesures visant à sensibiliser les directions d’établissements scolaires «aux réalités vécues par les jeunes de minorités sexuelles», aucun contenu éducatif concret pour les salles de classe n’est imposé aux écoles. Gabrielle Bouchard, coordonnatrice du soutien entre pairs et défenses des droits «Trans» au Centre de lutte contre l’oppression des genres confirme cette information en entrevue avec <i>Le Délit</i>: «en fait, il n’y a même plus de cours de sexualité […] Jusqu’à récemment, il y avait un cours. Au moins il y avait quelque chose.»</p>
<p>Dépendamment de l’intérêt des écoles pour la question, les bénévoles du Groupe de recherche en intervention sociale (GRIS) sont parfois invités dans le but de démystifier la bisexualité et l’homosexualité auprès des étudiants. Selon la directrice générale du GRIS-Montréal Marie Houzeau, les formations s’adressent à des jeunes entre 10 et 25 ans. Les formations abordent cependant l’expression du genre davantage que l’identité du genre proprement dite: «les écoles seraient sans doute moins réceptives, en effet. Cependant, on assiste de plus en plus a des transitions sociales en milieux scolaires et certains intervenants scolaires sont avides d’outils pour pouvoir aider ces jeunes dans leur cheminement», affirme Mme Houzeau au <i>Délit</i>.</p>
<p>Zacharry-David Dufour est conférencier dans les écoles du Québec. Sur invitation des établissements scolaires, il s’entretient avec les jeunes sur le thème des stéréotypes de genre et de l’identité sexuelle en abordant sa propre transition: «pour être honnête, la majorité des individus que je rencontre sont très positifs à mon égard. Disons que je brise l’image qu’ils s’étaient fait d’un transsexuel», mentionne-t-il au <i>Délit</i>. Si son objectif est de briser des tabous. Zacharry-David connaît aussi l’importance pour les jeunes qui se reconnaissent dans son histoire d’avoir accès à des ressources et à des modèles positifs. «Je crois que si je n’avais pas eu accès aux ressources et à l’aide que j’ai reçues, je serais soit mort ou encore je serais loin d’être la personne que je suis», confie-t-il.</p>
<p>Ce bref examen de l’état des lieux confirme que la sensibilisation en milieu scolaire au Québec dépend largement de la détermination des établissements scolaires en question. Incidemment, certains jeunes sortent de l’école avec une plus grande sensibilité aux enjeux, tandis que d’autres entrent dans la vie citoyenne sans jamais avoir abordé la question.</p>
<p>Si les approches gouvernementales québécoises et françaises de sensibilisation en milieu scolaire sont différentes à plusieurs égards, de nouvelles levées de boucliers sont à prévoir des deux côtés de l’Atlantique pour résister à une transition de l’égalité juridique des minorités sexuelles vers une égalité sociale. Entre temps, comme en fait foi le travail acharné de groupes comme les GRIS du Québec et le Centre de lutte contre l’oppression des genres, la société civile jure plus que jamais de mener la vie dure à la norme.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Livre blanc de la jeunesse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/18/livre-blanc-de-la-jeunesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2014 06:13:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les réactions des jeunes fusent à propos de la nouvelle politique jeunesse.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès 2015, les jeunes québécois pourraient avoir accès à un nouveau «service citoyen» leur étant destiné. En effet, le gouvernement péquiste a annoncé qu’il mettrait en place de nouvelles initiatives qui se veulent une réponse aux besoins actuels des jeunes. Ces initiatives sont rassemblées dans le <i>Livre blanc sur la Politique québécoise de la jeunesse</i>, intitulé «Une génération aux multiples aspirations».</p>
<p>Ce document, dévoilé au début du mois de février par la première ministre Pauline Marois et son adjoint parlementaire (volet jeunesse) et député de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, expose les quatre grandes orientations du gouvernement en matière de politiques jeunesse au Québec. D’abord, la promotion de saines habitudes de vie, ensuite l’amélioration des milieux scolaires pour décourager le décrochage scolaire, puis un service citoyen pour aider les jeunes dans leur cheminement professionnel et finalement la promotion d’un meilleur équilibre travail-école-famille.</p>
<p>C’est la création d’un «service citoyen» qui a retenu l’attention du public au cours des dernières semaines. Cette nouvelle initiative s’adresse aux jeunes qui ne sont pas aux études et qui n’ont pas d’emploi. «On veut permettre aux jeunes qui sont en âge collégial ou universitaire de vivre une expérience d’engagement, d’implication, qui peut aller de quelques mois à une année», explique Léo Bureau-Blouin en entrevue avec <i>Le Délit</i>.</p>
<p>Comme le dit le député, ce service répond au désir des jeunes de s’impliquer dans leur communauté, au Québec comme à l’étranger. Il vise également à permettre aux jeunes de découvrir leurs centres d’intérêts afin de les amener à faire des choix éclairés dans leur futur parcours scolaire ou professionnel.</p>
<p>Cette idée est inspirée de ce qui s’est fait notamment en France et aux États-Unis. «[En France] ça a eu un impact extrêmement positif sur le cheminement personnel des différents participants», explique Léo Bureau-Blouin.</p>
<p><b>Réaction des jeunes</b></p>
<p>Le 4 février dernier, jour du dévoilement du <i>Livre blanc</i>, les organismes jeunesses semblaient être généralement satisfaits de la démarche du gouvernement. Les communiqués de presse encensant le produit final de la consultation «Destination 2030» fusaient de toute part: la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), l’organisme Place aux jeunes en région et l’organisme Force Jeunesse, par exemple, ont tous exprimé leur enthousiasme dans la foulée du dévoilement.</p>
<p>Quelques jours plus tard, toutefois, des dissensions ont commencé à faire surface. Pour certains groupes jeunesse à vocation environnementale, par exemple, les auteurs du <i>Livre blanc</i> ont omis d’y inclure une préoccupation majeure des jeunes: le développement durable.</p>
<p>Jérôme Normand, directeur général de l’organisme ENvironnement JEUnesse (ENJEU), rappelle que la dernière politique jeunesse du gouvernement du Québec avait identifié le développement durable comme l’un des six «défis» à aborder dans sa stratégie jeunesse. Avec le dépôt de ce <i>Livre blanc</i>, Jérôme Normand s’attendait donc à des gestes concrets indiquant une volonté gouvernementale de «passer au niveau supérieur» en la matière.</p>
<blockquote><p><b>«</b><b>Jamais dans le <i>Livre blanc</i> la notion de transversalité de l’application du développement durable n’apparaît.»</b></p></blockquote>
<p>En entrevue avec <i>Le Délit</i>, le directeur général d’ENJEU exprime sa déception quant à l’absence de vision environnementale dans la nouvelle politique jeunesse: «jamais dans le <i>Livre blanc</i> la notion de transversalité de l’application du développement durable n’apparaît. À un seul endroit, en quelques lignes, on parle de l’importance de l’environnement pour certains jeunes.»</p>
<p>Dans le cadre de la consultation «Destination 2030», l’organisme ENJEU avait participé à l’organisation d’un café citoyen de manière à permettre à des jeunes d’«échanger et de lancer des idées pendant une journée entière sur l’importance du développement durable pour eux et dans leur milieu de vie». Il apparaît toutefois que cet effort n’aura pas suffit à convaincre le gouvernement du Québec de l’importance de considérer la notion de développement durable de façon transversale dans chacune de ses initiatives jeunesses.</p>
<p>Léo Bureau-Blouin soutient que plusieurs consultations ont eu lieu dans le cadre de la préparation du <i>Livre blanc</i> et que le volet développement durable «n’est pas beaucoup ressorti des consultations». Il dit toutefois que le projet n’est pas coulé dans le béton, et que les prochaines étapes viseront à tenir une commission parlementaire pour continuer de récolter les opinions des citoyens et des organisations. «Le but est de modifier le document d’origine, de voir ce qu’on peut y améliorer», commente Léo Bureau-Blouin.</p>
<p><b>Service citoyen</b></p>
<p>Tandis que des groupes comme ENvironnement JEUnesse et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ) ont fait savoir leur mécontentement par rapport à l’absence de leurs préoccupations dans le <i>Livre blanc</i>, d’autres groupes, comme Katimavik, y ont toutefois trouvé leur compte.</p>
<p>Si l’absence de la notion de développement durable dans la nouvelle politique jeunesse a peu retenu l’attention des médias québécois, l’instauration d’un «service civique» pour les jeunes a fait couler beaucoup d’encre. En réaction à cette annonce, des anciens participants du programme jeunesse de service volontaire Katimavik ont co-signé une lettre ouverte traduisant leur enthousiasme: «si elle n’est pas nouvelle, l’idée n’en est pas moins excellente, et plus actuelle que jamais pour notre génération. Nous, les anciens de Katimavik, sommes probablement les mieux placés pour vous le dire. Car le service volontaire –civique ou citoyen–, nous l’avons vécu, ici, chez nous. Et c’est une expérience qui a changé nos vies. Du tout au tout.» Léo Bureau-Blouin confirme d’ailleurs que le nouveau service citoyen a des objectifs similaires à Katimavik.</p>
<blockquote><p><b>«</b><b>[…] L’idée [d’un «service civique» est] excellente, et plus actuelle que jamais pour notre génération.»</b></p></blockquote>
<p>L’organisme Katimavik, qui a pour mission de «pourvoir les jeunes de moyens leur permettant de devenir des citoyens responsables qui apportent un changement positif dans leurs vies et dans leur communauté» (selon sa page Internet), a vu son financement aboli par le gouvernement fédéral il y a déjà quelques années. Pour Catherine Drouin, ancienne participante et co-signataire de la lettre ouverte, l’instauration de ce «service civique» pourrait permettre de remettre cette mission à l’ordre du jour: «le fait que le gouvernement québécois reconnaisse l’importance de l’engagement des jeunes pour une société meilleure rejoint les valeurs fondamentales et le message de Katimavik. Comme je suis une ancienne toujours impliquée avec le programme, cela me rejoint aussi», dit Catherine.</p>
<p><b>En route vers les élections?</b></p>
<p>Si le <i>Livre blanc sur la Politique québécoise de la jeunesse</i> vise à promouvoir l’engagement des jeunes, Pauline Marois a également énoncé son souhait que ce projet incite plus de jeunes à aller voter.</p>
<p>Sachant qu’il est fort problable que des élections soient déclenchées dans la province dans les prochaines semaines, ce nouveau projet jeunesse représente-t-il une stratégie électorale? À cela, Léo Bureau-Blouin répond que ce n’est pas le cas. Le projet est en développement depuis environ un an et «c’est une démarche de fond, une démarche authentique», dit-il. «C’est sûr que je souhaite que cette initiative démontre qu’on s’intéresse aux jeunes. […] C’est sûr que ça a comme effet d’amener davantage de gens à s’intéresser à la chose publique», conclut Léo Bureau-Blouin.</p>
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		<title>#Lockoutpetrocultures</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/lockoutpetrocultures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2014 06:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pétrocultures 2014</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>** Pétrocultures 2014:&nbsp;: le pétrole, l’énergie et l’avenir du Canada. Voici le titre de la conférence annuelle de l’Institut d’études canadiennes de McGill qui s’est déroulée les 6 et 7 février derniers sur le campus, au cercle universitaire de McGill. Événement souhaité par certains, critiqué par d’autres, Pétrocultures a attiré l’attention et soulevé les débats. Cette semaine, Le Délit offre une couverture en profondeur de cet enjeu et des diverses conférences qui ont eu lieu. **</em></p>
<p>La deuxième et dernière journée de la grande conférence «Pétrocultures» a été perturbée, tôt vendredi matin, par la présence de manifestants à l’intérieur du Cercle universitaire de McGill («<i>Faculty club</i>») sur la rue McTavish. Ayant investi les lieux quelques minutes avant le début des inscriptions, le groupe de militants est parvenu à empêcher l’accès aux participants durant plus d’une heure en bloquant les portes principales de l’édifice.</p>
<p>Dans la foulée de l’occupation, une bannière a été déroulée depuis le toit du bâtiment. Il était possible de lire la phrase «<i>Shut Down the Tar Sands:</i> Décolonisons», accompagnée du mot-clic «<i>#lockoutpetrocultures</i>». Dans un communiqué publié sur Internet, le groupe ne s’est revendiqué d’aucune appartenance particulière, indiquant simplement que leur action s’inscrivait «en solidarité avec les activités de perturbations des projets d’extractions et de pipelines à travers l’Île de la Tortue». Le terme «<i>Turtle Island</i>» est généralement utilisé par des activistes autochtones et par des environnementalistes pour référer au territoire de l’Amérique du Nord.</p>
<p>Bien que la police ait initialement été appelée sur les lieux, des agents de sécurité de l’université leur aurait signifié qu’ils préféraient gérer eux-mêmes la situation. Dans l’attente d’un dénouement à la situation, les participants et les invités à la conférence ont graduellement été relocalisés vers l’édifice Redpath.</p>
<p>Sous l’œil indifférent des passants et des curieux, le controversé activiste conservateur Ezra Levant, qui devait prononcer une allocution à la conférence, a profité de la confusion pour se lancer dans une tirade sur la liberté d’expression depuis le balcon du <i>Faculty Club</i>, affirmant qu’il était injustifié d’empêcher la tenue d’un événement d’envergure pour accéder aux revendications de «deux végétariens et d’un anarchiste». Le provocateur activiste albertain a par la suite confié au <i>Délit</i> avoir vécu son «moment Charles de Gaulle» en s’adressant ainsi à la population depuis un balcon montréalais.</p>
<p>Rien n’indique que les manifestants étaient des étudiants de McGill. Plusieurs militantes du groupe <i>Divest McGill </i>étaient d’ailleurs présentes pour la conférence. L’une d’entre elles, Amina Moustakim-Barrette, a affirmé au <i>Délit </i>que son association tenait à exprimer sa solidarité avec les protestataires, mais que ces membres jugeaient tout de même important de participer à la conférence afin de s’assurer que leur point de vue soit représenté. Les activistes de <i>Divest McGill</i> ont d’ailleurs été très actives lors des périodes de questions.</p>
<p>Questionné par <i>Le Délit </i>au sujet des perturbations, le cofondateur et porte-parole d’Equiterre Steven Guilbeault a mentionné qu’il était important d’ouvrir un espace de discussion aux opinions divergentes, tout en ajoutant d’un même souffle que les organisateurs de la conférence auraient peut-être mieux fait de ne pas inviter certaines personnes, notamment celles qui s’évertuent à semer le doute quant à l’existence des changements climatiques. En effet, le chroniqueur Ezra Levant, auteur du livre <i>Ethical Oil: The Case for Canada’s Oil Sands,</i> remet régulièrement en question les preuves scientifiques qui tendent à démontrer l’impact néfaste des émissions de gaz à effet de serre.</p>
<p>Pour sa part, la principale de l’Université McGill Suzanne Fortier a admis au <i>Délit</i> sa déception devant la tournure des événements, rappelant avec insistance que les organisateurs de la conférence ont fait des efforts considérables pour s’assurer que chaque point de vue soit bien représenté durant les deux journées.</p>
<p>Croyant vraisemblablement la conférence relocalisée pour de bon, les militants ont cessé leur occupation et ont quitté le <i>Faculty Club</i> un peu après neuf heures, permettant ainsi aux participants de réintégrer les lieux. Les activités ont donc pu reprendre, mais non sans retard et sans alimenter les débats pour le reste de la journée.</p>
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		<title>Les sables bitumineux, un pétrole sécuritaire?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/les-sables-bitumineux-un-petrole-securitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2014 06:20:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pétrocultures 2014</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>** Pétrocultures 2014:&nbsp;: le pétrole, l’énergie et l’avenir du Canada. Voici le titre de la conférence annuelle de l’Institut d’études canadiennes de McGill qui s’est déroulée les 6 et 7 février derniers sur le campus, au cercle universitaire de McGill. Événement souhaité par certains, critiqué par d’autres, Pétrocultures a attiré l’attention et soulevé les débats. Cette semaine, Le Délit offre une couverture en profondeur de cet enjeu et des diverses conférences qui ont eu lieu. **</em></p>
<p>Scène inusitée à l’issue des allocutions des trois personnes invitées à l’atelier intitulé: «Notre pétrole est-il sécuritaire?», alors que la modératrice de l’événement, Désirée McGraw, s’est permis un camouflet à l’endroit du controversé activiste conservateur albertain Ezra Levant et de la faible valeur scientifique de son propos.</p>
<p>«Oui, je suis biaisée en faveur de la science. Ainsi soit-il», a‑t-elle lancé. Quelques minutes plus tôt, Levant avait tenté de convaincre la foule du caractère éthique de l’exploitation des sables bitumineux, qui, selon lui, équivaut au «café équitable» de la production de pétrole mondiale.</p>
<p>Pour sa part, le directeur d’Équiterre Steven Guilbeault y est allé de plusieurs pointes à l’endroit du gouvernement conservateur, rappelant qu’en 2012, le ministre canadien de l’Environnement Peter Kent avait rencontré des lobbyistes de l’industrie du pétrole à 48 reprises tandis qu’il n’avait accepté de rencontrer les militants écologistes qu’à une seule occasion. La cofondatrice et directrice de <i>PowerUp Canada</i> Tzeporah Berman a abondé dans le même sens, y allant également d’un vibrant plaidoyer pour la liberté de la presse, des activistes et des scientifiques qui œuvrent sur la question environnementale au Canada.</p>
<p>Les invités se sont aussi attardés sur la question du fardeau de la responsabilité en matière environnementale. «Nous sommes tous responsables collectivement, donc nous devons sortir de cette situation collectivement. Cependant, il est clair que les pays industrialisés portent davantage le fardeau», a avancé Steven Guilbeault. Comme pour faire écho à ce constat, Ezra Levant a souligné l’ironie de demander aux citoyens de pays émergents d’abaisser leur niveau de vie en deçà du nôtre alors même que les pays industrialisés ont profité de l’absence de réglementation pour accélérer leurs propres développements.</p>
<p>Se prononçant sur divers projets de pipelines (Keystone XL, Enbridge Northern Gateway, etc.), Steven Guilbeault et Tzeporah Berman ont rappelé les risques de désastres écologiques encourus et l’inutilité de ces projets pour les Canadiens. «La chose que les compagnies pétrolières et le gouvernement conservateur ne veulent pas que vous sachiez, c’est que la consommation de pétrole est en diminution. Le seul but de ces projets est de faire du profit en exportant», a affirmé Steven Guilbeault.</p>
<p>Finalement, Tzeporah Berman a conclu son allocution en lançant un message clair à l’Université McGill: «le désinvestissement n’est plus une idée marginale. Il n’est question que de 5% de vos investissements. Vous pouvez et vous devez le faire.»</p>
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		<title>Transparence et  université intelligente?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/28/transparence-et-universite-intelligente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2014 07:41:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’affaire des demandes d’accès à l’information (AI) à McGill semble enfin être arrivée à une conclusion: McGill devra répondre aux requêtes. C’est une bataille entre administration et étudiants qui aura duré près d’un an. Pour reprendre rapidement l’histoire dans l’ordre, à nouveau: à la fin de l’année 2012,&#160; quatorze étudiants déposent une série de demandes&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/28/transparence-et-universite-intelligente/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Transparence et  université intelligente?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’affaire des demandes d’accès à l’information (AI) à McGill semble enfin être arrivée à une conclusion: McGill devra répondre aux requêtes. C’est une bataille entre administration et étudiants qui aura duré près d’un an.</p>
<p>Pour reprendre rapidement l’histoire dans l’ordre, à nouveau: à la fin de l’année 2012,&nbsp; quatorze étudiants déposent une série de demandes d’AI. Les demandes sont vivement rejetées par McGill, qui exige de plus que des futures AI puissent être systématiquement refusées par l’Université. Cette requête est subséquemment refusée par la Commission d’accès à l’information du Québec en octobre. McGill portera alors la cause en appel.</p>
<p>Au final, une entente a été conclue entre les parties en ce mois de janvier. McGill est priée de répondre aux demandes d’AI. En échange, certaines de ces demandes seront abandonnées. Et l’Université n’aura en aucun cas le droit de refuser de manière préemptive des futures demandes comme elle le voulait.</p>
<p>À partir de la fin février, McGill commencera donc à révéler des informations, notamment sur le lien entre l’Université et l’industrie de l’armement, les investissements dans les énergies fossiles et la recherche.</p>
<p>Pour la liberté d’expression et d’information à McGill, c’est évidemment une avancée dont on ne peut que se féliciter. C’est surtout la fin d’une longue histoire qui aura traîné, et qui n’aura servi qu’à renforcer les tensions entre administration et étudiants.</p>
<p>Le mot d’ordre de l’année 2014 sera-t-il «transparence»,&nbsp; même si c’est contre le gré de McGill?</p>
<p><b>Université intelligente</b></p>
<p>On parle de plus en plus du concept de «ville intelligente». Cette notion comprend le fait de faciliter l’accès des citoyens à l’information, grâce aux nouvelles technologies et formes de communication. Denis Coderre en avait fait l’un des principaux thèmes de sa campagne aux élections municipales; il a récemment annoncé qu’un bureau de projet de la ville intelligente serait créé à Montréal.</p>
<p>C’était également le sujet de l’un des projets de règlements présentés à la simulation du Conseil de ville de Montréal, cette fin de semaine. Une notion qui fait donc son chemin, et qui pourrait bien aussi s’appliquer à d’autres niveaux, y compris le niveau universitaire.</p>
<p>Pourrait-on faire de McGill une «université intelligente»? Les affaires comme celles des AI montrent que l’Université a un devoir d’informer et de répondre au désir d’information de la communauté mcgilloise. De plus, la principale Suzanne Fortier a répété à maintes reprises qu’elle allait, au cours de son mandat, miser sur la transparence. Ainsi, s’il y a devoir et peut-être de plus en plus une réelle volonté de la part de McGill de faire des efforts à ce niveau, pourquoi ne pas investir dans ce concept «d’institution intelligente»?</p>
<p>McGill aurait tout à gagner (du temps, de l’argent, de la crédibilité) en mettant en place des plateformes interactives qui faciliteraient l’accès de tous à l’information.</p>
<p>L’histoire des AI semble montrer qu’on est à McGill dans un cercle vicieux. En s’obstinant à maintenir la communauté universitaire dans l’ombre quant à certains de ses choix budgétaires par exemple, l’administration perpétue elle-même un sentiment de méfiance généralisée chez les étudiants qui, à son tour, engendre de nouvelles demandes d’accès.</p>
<p>Alors que l’administration dénonce l’ampleur des frais qu’elle doit engager pour répondre à des demandes d’accès à l’information, le fait d’intégrer plus de transparence à sa culture institutionnelle pourrait éviter bien des dépenses (et des maux de tête) à l’administration sur le long terme.</p>
<p>En tirant profit des nouvelles technologies et en se modernisant, l’Université pourrait établir une plateforme sur laquelle elle mettrait ses données à la portée de tous. Chacun pourrait alors y chercher l’information qu’il veut.</p>
<p>Montréal et le gouvernement du Québec commencent concrètement à en faire l’expérience, avec l’adoption récente de la formule du «Portail de données ouvertes», un outil interactif qui permet aux citoyens d’accéder directement à une foule de statistiques diverses présentées sous une forme qui favorise la recherche, le croisement de données et la création d’applications interactives.</p>
<p>Un portail de données ouvertes à McGill pourrait alors contribuer à augmenter la confiance des étudiants envers l’administration. Le mouvement des données ouvertes fait de plus en plus d’adeptes et il deviendra de plus en plus inévitable pour les grandes institutions de s’en prévaloir. Il y a déjà quelquelques efforts faits par l’université, mais on attend la suite.</p>
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		<title>Restructuration à la Faculté des Arts</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/28/restructuration-a-la-faculte-des-arts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2014 07:20:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’administration s’attarde sur les inquiétudes des étudiants et des employés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/28/restructuration-a-la-faculte-des-arts/" data-wpel-link="internal">Restructuration à la Faculté des Arts</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span class="mceMediaCredit mceIEcenter"><span class="media-credit-mce aligncenter" id style="width: 650px;"><span class="media-credit-dt"><br>
</span></span></span>Étudiants et employés de la Faculté des Arts étaient conviés le mercredi 22 janvier à une soirée d’information de type «<i>Town Hall</i>» dans le but de répondre aux inquiétudes de la communauté concernant le projet <i>People, Processes and Partnerships</i> (PPP), soit la restructuration administrative des départements de la Faculté. Le doyen, Christopher Manfredi, et les vices-doyennes, Gillian Lane-Mercier et Lucyna Lach, se sont présentés devant les membres de la communauté universitaire à l’invitation de l’Association étudiante de la Faculté des Arts (AÉFA) et ont engagé un dialogue avec la trentaine de personnes présentes pour l’occasion.</p>
<p>Bien que le projet de restructuration des départements de la Faculté des Arts soit dans l’air depuis novembre 2012, la distraction provoquée par le printemps étudiant ainsi qu’une sérieuse mobilisation des employés et des étudiants ont contribué à retarder le projet et à en altérer considérablement le contenu.</p>
<p>Rappelons qu’en vertu des coupures budgétaires qui ont affecté l’Université au cours des derniers mois, l’administration s’est vue contrainte de ne réengager qu’un employé pour deux départs à la retraite. En conséquence, l’administration de la Faculté des Arts doit composer avec un effectif réduit. Ces départs à la retraite ont aussi causé des pénuries de personnel dont l’ampleur varie d’un département à l’autre, ce qui a pour effet d’augmenter indûment la charge de travail des employés de certains départements.</p>
<p>Pour illustrer cette problématique, Christopher Manfredi a affirmé aux personnes présentes à la rencontre que depuis les derniers départs à la retraite, le ratio employé/étudiant est maintenant à un employé pour 250 étudiants au département d’économie, tandis que, à titre d’exemple, celui du département d’études juives est actuellement d’un employé pour 58 étudiants. Selon le doyen, c’est entre autres pour pallier à cette situation inéquitable que l’administration a entrepris cette restructuration départementale.</p>
<p><b>Perte d’expertise</b></p>
<p>Or, la mise en place de cette restructuration nécessite de certains employés qu’ils travaillent au sein de différents départements à la fois. Lors de la consultation, une employée du département de philosophie a tenu à exprimer ses inquiétudes face à cette situation, insistant sur le fait que les employés de chaque département de la Faculté des Arts ont acquis, au fil du temps, une expertise spécialisée par rapport à leur département, à sa culture institutionnelle et aux besoins particuliers de ses étudiants. Le doyen Manfredi a répondu à cette intervenante que les employés seront parfaitement en mesure de se transmettre cette expertise spécialisée entre eux.</p>
<p>En novembre 2013, le Conseil de l’AÉFA s’était prononcé contre une motion visant à dénoncer le projet de PPP. Par la suite, il avait été décidé que l’AÉFA allait s’en tenir à informer ses membres des développements de la restructuration administrative. Son Président Justin Fletcher a d’ailleurs confirmé au <i>Délit</i> que la consultation de la semaine dernière s’inscrivait dans le cadre de cet engagement.</p>
<p>Pour sa part, le secrétaire général de l’Association étudiante des cycles supérieurs de l’Université McGill (AECSUM), Jonathan Mooney, affirmait récemment au <i>McGill Daily </i>que les activités de consultations du public concernant le projet «PPP», telles que celle qui s’est tenue la semaine dernière, reflètent une attitude plus réactive que proactive de la part de l’administration, une accusation dont le doyen se défend bien. En entrevue avec<i> Le Délit</i>, Manfredi a réitéré son intention d’accorder une importance particulière à l’avis des membres de la communauté: «j’apprécie toujours l’opportunité d’échanger de manière constructive avec la communauté pour expliquer les actions que nous entreprenons pour répondre à des défis auxquels nous faisons face collectivement.»</p>
<p>Par ailleurs, le doyen a reconnu que c’est une activité de consultation du public du même type tenue en mars 2013 qui avait convaincu l’administration d’abandonner le projet initial de restructuration. Celui-ci prévoyait le déménagement de nombreux départements dans l’édifice Leacock.</p>
<p>Depuis les tous premiers balbutiements du projet de restructuration en novembre 2012, celui-ci a suscité un profond mécontentement chez de nombreux étudiants et employés de la Faculté. La création du groupe <i>Save Our Staff McGill </i>(SOS McGill) par des étudiants qui se disent «contre la centralisation du personnel de soutien académique» a aussi favorisé une mobilisation soutenue de la communauté universitaire contre le projet PPP.</p>
<p>En filigrane de cette opposition se cache d’abord la crainte de perdre le sentiment de proximité qu’ont les étudiants lorsqu’ils se présentent dans leur département. Lors de la rencontre de la semaine dernière, un intervenant mentionnait ainsi qu’une personne de son entourage lui avait confié avoir apprécié son expérience à McGill en raison de ce service personnalisé, alors que cette même personne avait souffert de l’absence de cette proximité durant son passage dans une autre université canadienne.</p>
<p>Au-delà de cette inquiétude, il convient de mentionner que la mobilisation s’articule également autour d’un inconfort général par rapport à la mesure néolibérale d’austérité qui sous-tend la reconfiguration administrative de la Faculté des Arts, comme en fait foi la lettre publiée dans le <i>McGill Daily</i> par <i>SOS McGill</i> intitulée <i>Get informed, take action</i>! (Informez-vous, agissez!, ndlr). Celle-ci rappelle que la première victime de l’austérité en milieu universitaire est l’éducation elle-même. Dans un commentaire publié dans le même journal en réponse à cette lettre, le doyen de la Faculté des Arts, Christopher Manfredi, s’est pour sa part montré étonné par cette mobilisation: «les employés de la Faculté des Arts ont le talent et la capacité de relever ce défi. Je suis surpris que qui que ce soit voit les choses différemment».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/28/restructuration-a-la-faculte-des-arts/" data-wpel-link="internal">Restructuration à la Faculté des Arts</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La CREPUQ n’est plus</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/21/la-crepuq-nest-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2014 05:10:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19548</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les dissensions entre les recteurs ont raison du front commun des universités québécoises.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle se tramait depuis plusieurs mois: la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) n’aura finalement pas survécu au schisme provoqué par le débat sur la hausse des frais de scolarité. L’organisation sera dorénavant connue sous le nom de Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) et perdra entre autres sa fonction de représentation auprès du gouvernement.</p>
<p>Le vice-principal aux communications et aux relations externes de l’Université McGill, Olivier Marcil, confirme au <i>Délit </i>que l’administration est à l’aise avec ce changement: «McGill a participé avec les autres universités à sa transformation. Essentiellement, la CREPUQ&nbsp; perd sa fonction de lobby envers le gouvernement. Aussi, plusieurs groupes de travail permanents sont abolis et sa gouvernance est restructurée. McGill ne voit pas cela de manière négative.»</p>
<p>Au delà de la transformation de la mission de l’organisme, ce changement de nom traduit certainement une volonté de fonder l’avenir de la coopération interuniversitaire québécoise sur de nouvelles bases. En fait, à en croire l’article de <i>La Presse </i>publié sur le sujet le 10 janvier dernier, il s’agit surtout d’effacer des mémoires les douloureux débats internes sur le sujet des frais de scolarité.</p>
<p>Il faut savoir, à ce titre, que le conflit étudiant n’a pas semé la discorde qu’entre les étudiants. Il semble que les recteurs eux-mêmes aient eu beaucoup de mal à atteindre le consensus sur la question et que les prises de positions de la CREPUQ irritaient certains recteurs au plus haut point. Bien que tous défendaient l’idée d’une certaine hausse des frais de scolarité, l’animosité de l’administration mcgilloise et d’autres universités à charte privée à l’égard des compressions du gouvernement péquiste n’était pas forcément bien reçue par le réseau des universités du Québec.</p>
<p>Dans les faits, il semble que plusieurs universités – dont McGill – menaçaient depuis plusieurs mois de claquer la porte, à l’instar de l’Université Laval. En effet, cette dernière faisait cavalier seul depuis son retrait retentissant de la CREPUQ en avril 2013. Son recteur Denis Brière déplorait alors la perte d’autonomie des universités et l’incapacité de la CREPUQ de défendre les intérêts de l’Université Laval. M. Brière traçait aussi une ligne de démarcation entre les établissements publics et les universités à charte privée, qui suivent un système un peu différents, comme l’Université Laval et l’Université McGill, dont les aspirations et la mission diffèrent.</p>
<p>Tandis que les établissements du réseau des Universités du Québec (UQ) opèrent largement en région et attirent plutôt des étudiants de première génération, les universités à charte privée telles que McGill et l’Université Laval orientent davantage leurs activités vers l’excellence académique tout en cherchant à se maintenir dans le peloton de tête mondial au niveau de la recherche. Cette dernière ambition, bien que louable, est autrement plus onéreuse et force les universités à accroître constamment leurs revenus.</p>
<p>Chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), Eric Martin suit la situation de près et interprète ce nouveau développement comme un signal de plus de l’avancée de la «mentalité commerciale» chez les gestionnaires d’universités, qui sont de plus en plus conditionnés à produire des retombées économiques immédiates plutôt qu’à accorder au savoir et à la réflexion une valeur intrinsèque.</p>
<p>Interrogé par le <i>Délit</i> sur un potentiel amoindrissement du rapport de force entre l’Université McGill et le gouvernement en vertu du changement de vocation de la CREPUQ, Eric Martin ne se fait pas d’illusion: «Il n’y a pas de solidarité entre les universités. Elles ont intériorisé le jeu de la concurrence. Les grandes universités jouent du coude à l’international. Les petites universités sont reléguées au second plan. […] Les universités devraient développer un «rapport de force» contre ce conformisme, contre ce modèle et l’idéologie capitaliste qui les sous-tend. Mais ne retenez pas votre souffle.»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/21/la-crepuq-nest-plus/" data-wpel-link="internal">La CREPUQ n’est plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le Printemps étudiant revient hanter la Sûreté du Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/14/le-printemps-etudiant-revient-hanter-la-surete-du-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2014 08:39:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19495</guid>

					<description><![CDATA[<p>Brève</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/14/le-printemps-etudiant-revient-hanter-la-surete-du-quebec/" data-wpel-link="internal">Le Printemps étudiant revient hanter la Sûreté du Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir subi des blessures graves au niveau du visage lors de le la manifestation de Victoriaville du 4 mai 2012 en marge du congrès du Parti libéral du Québec, une étudiante de l’Université Laval réclame maintenant un montant de&nbsp; 220 000 dollars en dédommagements à la Sûreté du Québec pour avoir fait un usage disproportionné de la force à son endroit. ll s’agit de la première poursuite à mettre en cause la Sûreté du Québec pour son intervention durant le printemps érable.</p>
<p>Au moment des faits, Dominique Laliberté-Martineau manifestait pacifiquement en retrait d’une foule agitée lorsqu’elle a été atteinte de plein fouet par un projectile. Prise en charge par les ambulanciers quelques dizaines de minutes plus tard, la jeune femme a dû subir de nombreuses opérations pour une double fracture à la mâchoire en plus de perdre six dents.</p>
<p>Selon les déclarations de nombreux témoins, la balle reçue provenait bel et bien des policiers. Malgré une tentative initiale de la Sûreté du Québec de réfuter cette hypothèse dans les médias, des images vidéos diffusées subséquemment sur Internet ont confirmé qu’une balle de plastique correspondant aux munitions utilisées par les policiers de l’escouade antiémeute de la Sûreté du Québec a été récupérée tout près de la jeune fille quelques secondes après l’impact.</p>
<p>Au cours des derniers mois, l’étudiante a activement dénoncé l’usage excessif de la violence par les policiers de la Sûreté du Québec durant le conflit étudiant, et plus spécifiquement le recours aux armes intermédiaires d’impact à projectile (AIIP), des armes dont les munitions, des balles de plastiques dures, ont une force de frappe d’une rare violence. Représentée par Me Jean-Pierre Ménard, la jeune femme de 20 ans a notamment témoigné devant la Commission d’examen des événements du printemps 2012 et participé à un reportage de l’émission <i>Enquête</i> pour dénoncer l’usage des balles de plastiques dans le cadre du contrôle de foule.</p>
<p><b>Une sentence pour l’occupation du Cégep du Vieux-Montréal</b></p>
<p>À Montréal, les personnes majeures arrêtées lors de l’occupation du Cégep du Vieux-Montréal dans la nuit du 16 février 2012 ont reçu leur sentence, le lundi 13 janvier, près de deux ans après les faits. Ces personnes ont été reconnues coupables d’attroupement illégal, de méfaits et d’entrave au travail des policiers.</p>
<p>Suite aux événements de cette nuit agitée du printemps érable, 37 personnes avaient été arrêtées, dont huit individus mineurs. Dans un communiqué, l’Association générale étudiante du Cégep du Vieux-Montréal a appelé à une «vigile de solidarité avec les arrêté-e‑s de l’occupation» devant le Palais de Justice de Montréal, lundi le 13 janvier au matin.</p>
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		<title>Un papa, une maman… vraiment?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/14/un-papa-une-maman-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2014 06:12:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs semaines, un article au titre énigmatique figure dans la rubrique «myNews» du portail étudiant myCourses. Intitulé «Les pères: quelle importance ont-ils?», ce communiqué de presse rapporte les résultats d’une étude publiée en décembre 2013 par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et qui conclut essentiellement que l’absence du père&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/14/un-papa-une-maman-vraiment/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Un papa, une maman… vraiment?</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/01/14/un-papa-une-maman-vraiment/" data-wpel-link="internal">Un papa, une maman… vraiment?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs semaines, un article au titre énigmatique figure dans la rubrique «<i>myNews</i>» du portail étudiant <i>myCourses.</i> Intitulé «Les pères: quelle importance ont-ils?», ce communiqué de presse rapporte les résultats d’une étude publiée en décembre 2013 par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et qui conclut essentiellement que l’absence du père a un impact désastreux dans le développement psychoaffectif de la souris californienne.</p>
<p>Si cette conclusion scientifique n’est pas problématique en soi, il est décevant de constater l’ardeur avec laquelle l’IR-CUSM cherche à extrapoler ces résultats à l’être humain. Aussi, une lecture détaillée du communiqué de presse publié sur le fil d’actualité de McGill permet de relever un certain manque de sensibilité à l’égard, entre autres, de la réalité des familles homoparentales et des mères monoparentales.</p>
<p><b>Des souris et des hommes</b></p>
<p>Dans le communiqué de presse, la Dre. Gabriella Gobbi, professeure agrégée à la Faculté de médecine de l’Université McGill, insiste en effet pour souligner que cette étude du comportement de souris monogames est d’une «extrême pertinence pour les humains» puisque, selon les chercheurs, les souris californiennes et les êtres humains partagent d’importantes caractéristiques comme par exemple une répartition relativement égalitaire des tâches lors de l’élevage de leur progéniture.</p>
<p>Du même souffle, la Dre. Gobbi invite à tirer des conclusions quant à l’absolue nécessité du père pour un développement optimal de l’enfant: «Ces résultats devraient inciter les chercheurs à se pencher plus en profondeur sur le rôle des pères pendant des étapes cruciales de la croissance et à chercher à faire comprendre que les deux parents sont importants pour le développement de la santé mentale de l’enfant».</p>
<p>Il s’avère malheureusement qu’en adoptant un langage qui exclut d’office les familles constituées de deux femmes et de mères seules, l’étude peut sembler suggérer la supériorité objective et scientifique d’un couple hétérosexuel par rapport à un couple homosexuel ou à une mère monoparentale pour le bien-être d’un enfant. S’il ne s’agissait vraisemblablement pas de l’intention des chercheurs, un plus grand égard à la question de leur part aurait pu éviter bien des haussements de sourcils.</p>
<p>Il est important de considérer le fait que l’espèce animale qui fait l’objet de cette étude, bien qu’effectivement monogame, a la particularité fort impropre à l’être humain de demeurer essentiellement passive par rapport à ses petits lors de la perte de son partenaire. Ainsi, elle ne cherche pas à compenser l’absence de celui-ci dans son interaction avec son enfant. L’être humain, pour sa part, dispose bien évidemment d’une capacité d’adaptation sociale infiniment supérieure à celle de la souris. Il peut donc être attendu d’une mère nouvellement monoparentale qu’elle réagisse instinctivement de manière à compenser l’impact de l’absence du père sur son enfant.</p>
<p>Dans le cas d’une famille homoparentale où les rôles parentaux sont occupés par deux femmes, la question ne se pose même pas puisque l’effort simultané des deux parents procure logiquement la même quantité d’attention et d’affection à l’enfant que dans une famille constituée d’un homme et d’une femme. Pourquoi, alors, insister sur cette notion du «père» et de la «mère», alors même qu’un nombre toujours croissant d’individus choisit de s’éloigner d’un modèle familial traditionnel articulé autour d’une dualité homme-femme qui ne leur convient pas?</p>
<p><b>Un problème de langage</b></p>
<p>Évidemment, il ne s’agit pas ici d’affirmer que la présence d’un père auprès d’un enfant est superflue. Il s’agit plutôt de souligner que le fait de fonder une étude scientifique sérieuse sur une conception genrée du rôle du père et de la mère contribue à alimenter le discours de ceux qui envisagent de nier aux familles non-traditionnelles le droit d’élever des enfants.</p>
<p>Si cette étude porte dans les faits sur l’importance de fournir à un enfant une quantité adéquate d’attention et d’affection, et non sur une quelconque complémentarité du rôle genré du père et de la mère dans le développement de l’enfant, le langage utilisé par l’IR-CUSM pour en faire la promotion semble au contraire établir un jugement normatif quant à l’absolue nécessité d’un «père» dans la vie d’un enfant.</p>
<p>Or, cette tentative d’isoler l’impact cognitif de l’absence d’un «père» ou d’une «mère» ne fait que perpétuer une vision différenciée du rôle de l’homme et de la femme dans l’éducation de l’enfant qui relève elle-même d’une construction sociale de la «féminité» et de la «masculinité».</p>
<p>Malheureusement, ce genre de fausses conclusions scientifiques recèle le triste potentiel de servir la cause de ceux qui souhaitent nier aux familles homoparentales le droit d’élever des enfants, comme il a été possible de le constater lors des manifestations contre l’adoption pour les couples homosexuels qui ont remué la France pendant une bonne partie de l’année dernière. Les partisans de la famille traditionnelle n’hésitaient pas, alors, à brandir ce type d’études pour confirmer l’idée selon laquelle les enfants qui ne sont pas élevés au sein d’une famille nucléaire hétéroparentale sont essentiellement «endommagés».</p>
<p>S’il est important de considérer toutes les conclusions scientifiques et de les évaluer selon la méthode et l’éthique des chercheurs qui les ont engendrées, il importe également que ceux-ci fassent preuve d’une plus grande sensibilité par rapport au langage qu’ils utilisent pour présenter leurs conclusions. Spécialement lorsque ces résultats risquent à l’évidence d’être utilisés pour nier à des individus des droits fondamentaux qui leur sont acquis.</p>
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		<title>Francophonie à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/11/25/francophonie-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2013 16:59:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19323</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle place pour le Français à l'AÉFA.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle commission francophone a récemment été créée par l’Association Étudiante de la Faculté des Arts (AÉFA). Son but est de promouvoir le bilinguisme auprès des membres de l’AÉFA et au sein des structures départementales de la Faculté des Arts. C’est ce que la vice-présidente aux communications de l’AÉFA, Lucy Ava Liu, annonçait lors du Conseil législatif du 30 octobre. Bien qu’embryonnaire, l’initiative permet d’espérer la création de nouveaux ponts entre anglophones et francophones, ces derniers représentant environ 20% des étudiants de McGill. La commission pourrait aussi, au passage, contribuer à procurer une nouvelle cohésion à la culture francophone sur le campus.</p>
<p>Bien qu’une Commission des affaires francophones (CAF), affiliée à l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), soit déjà active à McGill depuis 2007, son action se traduit principalement par l’organisation d’événements spéciaux visant à promouvoir la langue française dans le contexte académique. Selon Lucy Ava Liu, la Commission francophone de l’AÉFA veut pour sa part qu’un esprit de communauté francophone et québécois se reflète dans la vie sociale et institutionnelle de l’AÉFA.</p>
<p>Les deux commissaires bilingues choisis pour diriger le nouveau projet sont Gaëlle Perrin (U3, développement international) et Gilles Dry (U3, littérature française). Ils ont, entre autres, mis sur pied les Cercles de conversation de l’AÉFA, auxquels sont conviés les étudiants qui désirent pratiquer le français en discutant avec d’autres anglophones en processus d’apprentissage, le tout en présence de tuteurs francophones.</p>
<p><b>Manque d’opportunité</b></p>
<p>Les étudiants étrangers rencontrés lors des Cercles de conversation soulignent unanimement le peu d’opportunités pour parfaire leurs compétences en français lors de leur séjour à Montréal.</p>
<p>Bien souvent, ces étudiants ont choisi d’étudier à McGill en raison de la possibilité d’y apprendre une nouvelle langue. Toutefois, leurs aspirations demeurent frustrées par la difficulté de mettre en pratique leurs apprentissages sur une base régulière et de façon informelle sur le campus.</p>
<p>À l’inverse, beaucoup de francophones fréquentent McGill spécifiquement dans le but de parfaire leur anglais et de vivre l’expérience universitaire anglo-saxonne. Pour ceux-ci, l’implication active dans des groupes ou organismes faisant la promotion de la francophonie peut sembler contre-intuitive. Selon Gaëlle Perrin, il en découle que la sous-culture francophone de McGill s’articule autour d’un nombre limité d’individus: «Quand on regarde la communauté francophone qui s’implique, soit au sein du <i>Délit Français</i>, de l’Association générale des étudiants de langue et littérature françaises (AGELF) ou de la CAF, on a l’impression qu’il s’agit toujours des mêmes personnes, alors que les francophones sont nombreux à McGill!»</p>
<p>Si les cercles de conversation visent d’abord à fournir à des anglophones et allophones l’opportunité de pratiquer le français gratuitement sur le campus, ils permettent également aux étudiants francophones qui y participent à titre de tuteurs de se réunir autour d’un projet commun.</p>
<p>Voilà justement la mission que se sont donnés les responsables des nouveaux cercles de conversation. Gaëlle Perrin voit dans la création de la nouvelle commission une tentative de rapprochement entre les Québécois francophones, leurs compatriotes du reste de la francophonie et les personnes qui désirent apprendre le français ou s’immerger dans la culture québécoise. «Il y a en fait plusieurs petits groupes d’étudiants francophones, mais pas assez de liens entre les Québécois, les Français et les non-francophones qui apprennent le français», dit-elle en entrevue avec <i>Le Délit</i>.</p>
<p>En se réunissant autour d’un tel projet, des étudiants francophones de McGill de tous les horizons sont peut-être en voie de donner un regain de vie à une culture francophone fragmentée selon les nationalités et qui peine parfois à s’articuler autour d’ambitions communes.</p>
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		<item>
		<title>L’acharnement linguistique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/03/25/lacharnement-linguistique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 04:28:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=17854</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les droits francophones encore et toujours en question!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/03/25/lacharnement-linguistique/" data-wpel-link="internal">L’acharnement linguistique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès le début de son mandat, le gouvernement du Parti Québécois a entrepris la préparation d’une refonte majeure de la Charte de la langue française, autrement connue sous le nom de «loi 101». Le fruit de cette démarche, le projet de loi 14, a pour objectif de renforcer&nbsp;les dispositions de la Charte concernant l’usage du français dans l’espace publique. Tout en accueillant d’un bon œil la volonté du Parti Québécois de ramener la question linguistique au coeur du débat public, je suis d’avis que le projet de loi dans sa forme actuelle outrepasse inutilement sa propre finalité.</p>
<p>À l’origine, la création de la Charte de la langue française en 1977 visait à renverser une tendance lourde d’ordre historique qui prévalait à l’époque et qui inhibait la mobilité sociale des francophones. Cette tendance était celle de la domination économique, politique et sociale d’une minorité anglophone généralement associée à la bourgeoisie sur une majorité francophone appauvrie. Or, il est important de s’intéresser de plus près à l’évolution de la situation entre cette époque et aujourd’hui afin de mesurer l’impératif d’agir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Érosion des droits linguistiques</b></p>
<p>Si je m’oppose à certaines dispositions du projet de loi 14, c’est que je crois fermement que la population francophone du Québec a largement repris ses droits sur la société où elle est majoritaire depuis le débat des années 70. De plus, je crois que les anglophones québécois ont su démontrer leur capacité à faire preuve de bonne volonté en matière de politique linguistique. Après tout, n’ont-ils pas observé presque passivement l’érosion de bons nombres de leurs droits linguistiques?</p>
<p>Dans une chronique récente en faveur du projet de loi, l’éditorialiste du quotidien <i>Le Devoir</i> Bernard Descôteaux partageait la réflexion suivant&nbsp;:</p>
<p>«Le français a fait des progrès depuis l’adoption de la loi 101, font valoir les opposants au projet de loi 14.</p>
<p>Il en a fait justement parce qu’il y a eu cette loi 101 et non parce qu’on a misé sur la bonne volonté.» Voilà un exemple typique du genre de discours qui nous encourage à nous cacher derrière la doctrine fataliste de la «survivance» pour mieux faire abstraction de l’existence d’autrui dans le processus de construction de notre affirmation nationale.</p>
<p>Si certaines dispositions du projet de loi 14 sont les bienvenues, d’autres recèlent ainsi une portée résolument discriminatoire à l’égard de la communauté anglophone historique du Québec et des nouveaux arrivants.</p>
<p>La grande erreur du projet de loi, à mon sens, est cette idée de rendre l’usage du français obligatoire dans la plupart des milieux de travail. En effet, bon nombre d’employeurs risquent de privilégier l’embauche de candidats francophones à la mise sur pieds d’un programme coûteux de francisation, occasionnant ainsi une discrimination systématique à&nbsp;l’égard des personnes qui ne maîtrisent pas parfaitement le français.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une francisation des employés</b></p>
<p>Comprenons-nous bien&nbsp;: je ne nie pas l’existence du problème de l’anglicisation des milieux de travail, et tout spécialement dans la grande région de Montréal.</p>
<p>Cependant, je suis d’avis qu’il est possible de trouver des solutions qui ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression des uns et des autres. Par exemple, je serais favorable à l’établissement de sérieux incitatifs à l’utilisation du français en milieu de travail sous la forme de crédits d’impôt pour les entreprises. Selon cette stratégie, ces entreprises qui sont en mesure de démontrer la mise sur pieds ou le maintien d’un programme efficace de francisation pour leurs employés pourraient profiter de certains avantages fiscaux.</p>
<p>Par ailleurs, il convient de s’attarder à l’évolution de la réalité socioéconomique des communautés linguistiques du Québec depuis l’époque de la loi 101 pour mieux mesurer la pertinence du projet de loi 14 ainsi que ses impacts potentiels. Depuis 1977, année de l’entrée en vigueur de la Charte de la langue française, la situation des francophones au Québec a grandement évolué. En effet, ceux-ci ont rapidement appris à occuper l’espace publique et à réclamer ce qui leur revenait de droit, soit une part du pouvoir économique, politique et social proportionnelle à son poids démographique.</p>
<p>Au Québec, en 2011, 78,1% de la population parlait le français comme langue maternelle, soit à peine 2% de moins que lors du recensement de 1931. Entre temps, le poids relatif des francophones a oscillé autour des 80%, et suit depuis peu une tendance à la baisse presque marginale. D’ailleurs, celle-ci s’explique par l’arrivée importante de nouveaux immigrants plutôt que par l’assimilation des francophones eux-mêmes d’une génération à l’autre. En réalité, la véritable saignée se produit du côté des anglophones du Québec. En 1986, ils étaient 10,3% à parler l’anglais comme langue maternelle. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 7,3%.</p>
<p>S’il demeure que le Parti Québécois n’a pas tort de légiférer dans le but d’éliminer la discrimination à l’embauche dans le cas des unilingues francophones qui postulent pour des emplois qui ne nécessitent aucune connaissance de l’anglais, il est plutôt honteux de défendre un projet de loi qui risque d’instaurer une pareille discrimination à l’embauche pour ceux qui ne maîtrisent pas encore le français, et ce, nonobstant les exigences de l’emploi convoité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il ne suffit pas de transférer à d’autres le poids de la discrimination dont nous ne voulons plus être victimes, d’autant plus que les «autres» dont il est question ici sont bien souvent encore plus vulnérables que les francophones sur le plan socioéconomique.En effet, la domination historique anglo-saxonne n’est plus tout à fait ce qu’elle était. Si les anglophones ont toujours un revenu moyen plus élevé que les francophones, ces derniers font meilleure figure au chapitre du revenu médian.</p>
<p>De plus, le taux de chômage chez les anglophones et les allophones est nettement supérieur à celui qui prévaut pour les francophones. En somme, le portrait socio-économique des anglophones et des allophones du Québec montre que ceux-ci ont besoin d’une plus grande protection sociale et d’un accès facilité à l’emploi, et non le contraire.Il me semble qu’il est grand temps de cesser de mesurer la grandeur d’âme du peuple québécois exclusivement par son acharnement à protéger sa langue, si importante soit cette mission. Pour ma part, je suis d’avis qu’il importe de commencer plus tôt que tard à l’évaluer aussi en fonction de la détermination de la nation québécoise à protéger et intégrer ses minorités les plus vulnérables. En ce sens, le projet de loi 14 constitue un triste aveu d’échec. ξ</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/03/25/lacharnement-linguistique/" data-wpel-link="internal">L’acharnement linguistique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Avancer vers l’arrière</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/03/11/avancer-vers-larriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2013 04:11:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=17611</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait d'un papabile québécois qui fait reculer l'Église</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le Vatican&nbsp;s’ajuste péniblement au rythme effréné du conclave, plusieurs Québécois attendent fébrilement de voir émaner de la cheminée de la Chapelle Sixtine une fumée blanche annonçant l’élection d’un pape bien de chez nous. Comme en font foi les nombreux reportages complaisants présentés au sujet du controversé cardinal Marc Ouellet dans les médias québécois, celui-ci est récemment passé du statut de figure de proue obscure d’une institution démodée à celui d’étoile montante de notre modeste star-système.</p>
<p>À l’exception des retombées d’une offensive médiatique plus ou moins improvisée de la part de divers regroupements de victimes de prêtres pédophiles, le traitement accordé au cardinal Marc Ouellet dans la presse québécoise a été étrangement conciliant. Des quotidiens les plus sérieux aux magazines normalement consacrés au commérage, aucun média n’a pu résister à la tentation de passer outre les prises de position controversées du primat de l’Église canadienne pour mieux mettre de l’avant le récit de l’histoire charmante d’un «petit gars de l’Abitibi» qui s’apprête peut-être à ne rien changer du tout du Monde tel que nous le connaissons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une jambe cassée</strong></p>
<p>Comme l’a très justement fait remarquer Patrick Lagacé, chroniqueur à <i>La Presse</i>, dans une chronique publiée la semaine dernière, l’unique entrevue télévisée accordée par notre <i>papabile</i> depuis l’intensification des spéculations le concernant a été consacrée à des questions à la fois légères et complaisantes. Plutôt que d’interroger le cardinal sur les controverses de fond qui ébranlent l’Église catholique, la chef d’antenne de <i>Radio-Canada</i> Céline Galipeau s’est contentée d’écouter docilement l’ancien évêque de Québec s’étendre en long et en large sur des banalités.</p>
<p>Peu intéressés par l’approche de la théologie préconisée par notre aspirant pape, les médias d’ici se sont plutôt attardés à la découverte de son patelin d’origine de La Motte. Les uns après les autres, les tabloïdes québécois ont présenté des images du jeune Marc avec ses boucles blondes, prenant généralement soin d’accompagner le tout d’une longue entrevue avec sa maman. Toutefois, rien n’a fait couler plus d’encre que la fameuse patinoire «sacrée» sur laquelle le futur <i>papabile</i> s’est jadis cassé une jambe, emportant par le fait même son rêve d’intégrer un jour l’alignement des Bruins de Boston. C’est d’ailleurs ce premier «miracle» qui lui a permis de découvrir sa nouvelle vocation sacerdotale.</p>
<p>Rares sont les médias qui prennent soin de souligner l’étrange chronologie des événements. Dans le Québec de la Révolution tranquille, au moment même où les jeunes de l’Amérique du Nord et de l’Europe luttaient contre la guerre au Vietnam, les dérives du capitalisme et la ségrégation, l’enfant prodige de La Motte, lui, entendait l’appel de Dieu pour la première fois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Théologie de la libération</strong></p>
<p>Tandis qu’un courant de fond emportait déjà la jeunesse québécoise loin des bancs d’église, le Vatican lui-même se trouvait en pleine ébullition. Le concile Vatican II, qui s’est déroulé entre 1962 et 1965, devait faire entrer l’Église catholique dans l’ère moderne en évoluant vers une pratique de la foi moins rigide et mieux ancrée dans les sociétés où elle s’implante. Paradoxalement, Marc Ouellet doit son ascension à son opposition farouche à cette infusion d’un certain idéal progressiste dans le catholicisme. En effet, celui que l’on félicite aujourd’hui pour son travail de missionnaire en Amérique du Sud a consacré sa carrière dans la région à la lutte contre la «théologie de la libération», un courant d’inspiration marxiste qui prônait une attention particulière de l’Église à l’égard des pauvres et un plus grand soutien pour les populations opprimées par le colonialisme et le pouvoir de l’argent.</p>
<p>Dans un monde catholique dont le cœur ne bat désormais nulle part aussi fort qu’en Amérique Latine et en Afrique, Marc Ouellet continue de se montrer résolument hostile à tout ce qui est susceptible de briser le mur qui sépare aujourd’hui le croyant des structures de l’Église. En d’autres mots, le cardinal québécois consacrerait probablement son pontificat à condamner les efforts de ceux qui cherchent à provoquer l’avènement d’une Église à hauteur d’homme.</p>
<p>À l’échelle du conclave, le jeune cardinal Marc Ouellet est un véritable vieux de la vieille pour qui toute forme de progrès peut être assimilée à une perversion de la volonté de Dieu. Ainsi, il ne faut pas se surprendre que celui-ci ait su tisser sa toile jusqu’à en arriver à devenir l’homme de main de Benoît XVI, un pape conservateur dont le pontificat écourté a notamment été marqué par des déclarations incendiaires et franchement dangereuses concernant l’utilisation de moyens de contraception en Afrique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>De désordre spirituel</strong></p>
<p>Marc Ouellet lui-même ne se cache qu’il s’inscrit dans un courant d’opposition aux avancées de Vatican II et aux idéaux progressistes émanant de l’Amérique Latine et de l’Afrique. Par ailleurs, celui-ci tient aussi mordicus à une interprétation des textes religieux qui rejette l’avortement pour les femmes qui ont été violées et qui qualifie l’homosexualité de «désordre objectif». Finalement, à l’apogée du scandale des prêtres pédophiles, le même Marc Ouellet qui refuse systématiquement d’entendre les victimes qui cognent à sa porte pour obtenir réparation s’est déplacé en Irlande pour demander pardon à Dieu au nom du pape Benoit XVI. Voilà qui complète le portrait d’un homme qui, obnubilé par son propre cheminement spirituel, a fait l’erreur d’en oublier les Hommes.</p>
<p>Tandis que bon nombre de Québécois espèrent secrètement assister à la nomination d’un pape de chez nous, beaucoup ignorent encore tout de cet homme et des projets qu’il entretient pour l’Église catholique. Au delà de l’innovation que représenterait l’accession à la papauté d’un cardinal de la région des Amériques, le pontificat de Marc Ouellet marquerait certainement un grave retour en arrière et un lamentable déni des valeurs auxquelles les Québécois sont attachés.</p>
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		<title>Ce que l’avenir doit au printemps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/26/ce-que-lavenir-doit-au-printemps-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 07:08:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=17518</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chronique accidentelle</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’aube de la clôture d’un Sommet sur l’éducation supérieure qui marquera peut-être le dernier jalon du fantastique parcours du mouvement étudiant tel que nous le connaissons, l’heure est à la réflexion pour les centaines de milliers de personnes qui ont incarnées, le temps d’une saison, l’âme d’une génération en mal de changement, d’aventure et d’équité. À peine un an après les premières véritables démonstrations de force du mouvement, sommes-nous déjà prêts à faire le deuil de l’effervescence du printemps?</p>
<p>La journée du 26 février marquera inévitablement la fin d’un chapitre. À moins d’un revirement spectaculaire, la clôture du Sommet sera suivie d’une perte brutale du rapport de force des fédérations étudiantes par rapport au gouvernement. En effet, la récente série de votes d’opposition à la grève ayant émané d’associations étudiantes qui n’ont pourtant jamais hésité à monter au front suggèrent que l’appétit pour un nouveau débrayage est au plus bas. Dans de telles circonstances, il ne faudra pas s’étonner que le gouvernement Marois profite de l’occasion pour renvoyer le débat sur l’éducation supérieure aux calendes grecques.</p>
<p>Parallèlement à ce changement au niveau des forces en présence, la transformation du visage même du mouvement sera bientôt complétée. Avec l’échéance imminente du mandat de Martine Desjardins à titre de présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), l’ensemble des grands acteurs du conflit étudiant auront quitté leur poste.</p>
<p>Toutefois, la présidente de la FEUQ et ses anciens frères d’armes font maintenant face à un défi autrement plus complexe que ceux qu’ils ont relevés jusqu’ici, celui de transformer un mouvement essentiellement social en une machine politique tangible. Les grands débats vont et viennent, mais il me semble que l’esprit même du printemps érable, cette surprenante capacité de transformer le cynisme le plus profond en une énergie créatrice positive, doit absolument perdurer. À long terme, les Martine Desjardins de ce monde auront la lourde responsabilité d’insuffler aux générations futures le souvenir d’un optimisme qui sait se nourrir de l’adversité et d’un idéalisme sans complexe qui se donne les moyens de ses ambitions.</p>
<p>Plutôt que de porter des revendications précises et quantifiables, les anciens leaders étudiants devront remplir le mandat beaucoup plus abstrait de transformer un mouvement de contestation qui aura duré le temps d’un printemps en une force politique durable. Pour ceux qui croient encore que l’avenir de la gauche québécoise est indissociable d’une présence concrète dans le monde de la politique active, le futur du mouvement étudiant réside clairement dans un déplacement graduel de la rue vers les institutions formelles qui dictent le changement. En ce sens, la possibilité de voir les leaders étudiants d’hier investir un jour nos institutions démocratiques comme l’a déjà fait Léo Bureau-Blouin m’apparaît fort réjouissante: après tout, si mêmes les individus qui ont été marqués le plus intimement par le bouillonnement du printemps érable devaient échouer à leur tour à faire la politique autrement, il y a fort à parier que personne n’y arrivera jamais.</p>
<p>La politique fait indéniablement la vie dure aux idéaux. Pourtant, nous avons de bonnes raisons de croire que notre génération saura s’y prendre différemment. Contrairement à celles qui l’ont précédé, la nôtre a compris que le fait de se donner corps et âme au nom de certains idéaux n’est pas forcément un gage de déception et d’amertume. Par bonheur, notre entrée dans le monde n’aura pas été marquée par une défaite référendaire ou encore par une trahison constitutionnelle, mais plutôt par le spectacle grandiose d’une génération qui voit son reflet pour la première fois et qui se sait dès lors capable de tenir tête à l’immobilisme confortable du dogme. Avec un peu de chance, le printemps érable n’aura été qu’un aperçu de ce dont l’avenir sera fait, et les leaders d’hier reviendront un jour à la charge pour transformer le monde politique de l’intérieur.</p>
<p>Peu importe ce qu’il adviendra des frais de scolarité en tant que tels, nous ne pourrons jamais crier victoire si nous laissons l’esprit du mouvement s’effacer avec ceux et celles qui l’ont incarné. J’ose croire que toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin au printemps érable portent désormais la marque indélébile de cet imperceptible élan d’amour qui annonce le changement. Nous avons la responsabilité de porter cet optimisme sur toutes les tribunes et de continuer à faire avancer la marche du progrès dans l’histoire du Québec à notre modeste manière. Nous pouvons nous compter chanceux d’avoir vécu l’un de ces rares moment de grâce où les idéaux diffus de centaines de milliers de personnes semblent se confondre en un seul et même insaisissable mouvement. Peut-on imaginer meilleur point de départ vers la mise en œuvre d’un nouveau projet de société?</p>
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		<title>La procession des cœurs brisés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/18/la-procession-des-coeurs-brises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2013 04:21:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=17211</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chronique accidentelle</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, le jour&nbsp;de la Saint-Valentin, des hommes et des femmes se réunissent dans toutes les grandes villes du Canada pour dénoncer la violence qui continue d’être faite aux femmes autochtones dans une troublante impunité. À Montréal, le 14 février dernier, quelques centaines de personnes ont uni leurs forces dans une nouvelle tentative de marquer la fin de cette ère d’indifférence envers les autochtones au Canada.</p>
<p>La marche organisée par le groupe Missing Justice tombait à point. La veille, l’organisme Human Rights Watch (HRW) avait diffusé un rapport étoffé détaillant certains abus commis par des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) qui ont travaillé sur le dossier de l’«autoroute des larmes». Cette expression fait référence à l’Autoroute 16 qui relie Prince George et Prince Rupert en Colombie-Britannique et où un nombre sidérant de jeunes femmes autochtones ont été vues pour la dernière fois avant de disparaître sans laisser de traces.</p>
<p>Le rapport fait ainsi état d’allégations sérieuses concernant la négligence généralisée dont ferait preuve la GRC&nbsp; dans les dossiers de disparitions de femmes autochtones. Les faits présentés sont aussi appuyés par une foule de témoignages et de preuves circonstancielles qui suggèrent que ces femmes ont de bonnes raisons de croire qu’elles ne sont pas en sécurité auprès des autorités policières qui sont chargées de les protéger.</p>
<p>Le gouvernement Harper n’a surpris personne en opposant au rapport de HRW son habituelle fin de non-recevoir, allant jusqu’à ajouter l’insulte à l’injure en suggérant aux femmes concernées de remettre leurs preuves à la police. Belle ironie.</p>
<p>Que ces allégations contenues dans le rapport soient fondées ou non, le simple fait que les femmes autochtones en soient venues à craindre la police de la sorte ne justifie-t-il pas à lui seul que les autorités se penchent sur la question? Pour le gouvernement de Stephen Harper comme pour ceux qui l’ont précédé, la gestion de la question autochtone prend souvent des airs de grande opération de relation publique: il importe d’abord de sauver les apparences. Les gens qui souffrent, eux, peuvent attendre.</p>
<p>Cette tendance s’est également manifestée on ne peut plus clairement lors des soulèvements pacifiques qui ont accompagné la montée en puissance du mouvement <i>Idle No More</i>, et plus spécifiquement encore dans la réponse servie par les conservateurs à la grève de la faim symbolique de la chef de la réserve d’Attawapiskat, Theresa Spence, qui ne réclamait pourtant rien de plus qu’une rencontre avec le Premier ministre. Soucieux de ne pas cautionner cette forme d’action politique éminemment dangereuse pour le maintient de l’ordre public, le premier ministre Stephen Harper a immédiatement répondu à la demande de Mme Spence par la négative. Pourtant, le simple fait que cette femme ait pu croire que la seule option dont elle disposait pour parvenir à s’entretenir avec son Premier ministre était une grève de la faim aurait dû suffire largement à convaincre ce dernier d’accepter de la recevoir. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit.</p>
<p>Le maintien d’un solide lien de confiance entre la population et les individus qui ont le devoir de la protéger est une pré-condition majeure au bon fonctionnement d’une société démocratique. Le rapport de HRW et les manifestations du 14 février, qui se tiennent chaque année depuis 1991, témoignent de la rupture de ce lien au sein de bon nombre des quelques 600 communautés autochtones du Canada.</p>
<p>Au-delà de la confiance trahie, les autochtones du Canada doivent quotidiennement faire face à une indifférence qui verse parfois dans l’aveuglement collectif. Avec le système des réserves, rares sont les Canadiens qui interagissent quotidiennement avec des autochtones et qui sont à même de constater à quel point nous les avons laissé tomber. Le fléau du suicide chez les jeunes autochtones et les disparitions non-résolues ne sont-ils pas d’ailleurs symptomatiques de la volonté quasi-explicite des autorités canadiennes d’affubler les communautés autochtones d’une cape d’invisibilité? De la réserve d’Attawapiskat à l’«autoroute des larmes», trop de cœurs s’arrêtent encore d’avoir battu trop fort.</p>
<p>Le mouvement <i>Idle No More</i> aurait dû déclencher un dialogue national sur la question des droits des autochtones, mais force est de reconnaître que cette initiative inspirante s’est plutôt transformée en conversation unilatérale en raison du manque de réceptivité des autorités en place. Le gouvernement conservateur, qui traite le dossier comme n’importe quel enjeu ponctuant momentanément l’actualité politique canadienne, ne semble pas disposé à s’attaquer à l’état actuel des relations canado-autochtones: un insoutenable silence entrecoupé d’insaisissables élans de bonne volonté. Nous voilà ainsi condamnés à assister, le 14 février de chaque année, à une immense procession de cœurs brisés.</p>
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		<title>La mauvaise foi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/12/la-mauvaise-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 06:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La principale de McGill, Heather Monroe-Blum, a effectué mercredi dernier une tournée des médias québécois dans le but de semer le doute sur la pertinence du Sommet sur l’enseignement supérieur, allant jusqu’à qualifier l’exercice consultatif mis en place par le gouvernement péquiste de véritable «farce». Plutôt que de sagement s’en tenir à s’exprimer sur les&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2013/02/12/la-mauvaise-foi/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La mauvaise foi</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La principale de McGill, Heather Monroe-Blum, a effectué mercredi dernier une tournée des médias québécois dans le but de semer le doute sur la pertinence du Sommet sur l’enseignement supérieur, allant jusqu’à qualifier l’exercice consultatif mis en place par le gouvernement péquiste de véritable «farce».</p>
<p>Plutôt que de sagement s’en tenir à s’exprimer sur les questions qui la concernent directement, telles que la qualité de l’enseignement et la gouvernance des universités, Heather a choisi de souffler à plein poumon sur la braise toujours fumante du débat sur la «juste part». En effet, la vice-principale persiste et signe: les étudiants ne paient pas assez. Mieux encore, la hausse initialement proposée par le gouvernement libéral de Jean Charest n’était pas suffisante. Misère…</p>
<p>À l’occasion de cette sortie médiatique hautement constructive, la rectrice a aussi raconté sa frustration lors des rencontres préparatoires qui devaient préparer le terrain pour les discussions qui se dérouleront au Sommet. La principale s’attaquait notamment au nombre «insuffisant» de représentants du Conseil du patronat et à l’ingérence de divers partenaires de l’éducation dans le débat sur la gouvernance des universités: «Les débats des rencontres pré-Sommet ne sont pas ouverts. […] Les recteurs sont dans la salle et écoutent quelqu’un qui nous dit comment gérer nos universités. C’est une farce».</p>
<p>S’il peut effectivement sembler inapproprié que des étudiants s’improvisent ainsi gestionnaires afin de souligner les faiblesses de l’allocation des ressources dans le réseau universitaire, alors l’inverse doit nécessairement être vrai: qui sont donc ces gestionnaires et ces représentants du Conseil du patronat pour juger de ce qu’un jeune de la classe moyenne inférieure peut ou ne peut pas se permettre?</p>
<p>Le problème de relations publiques de la rectrice de McGill se trouve précisément là: elle est obstinément incapable de tracer la ligne entre les questions qui relèvent de sa sphère de compétence et celles à propos desquelles elle ne possède aucune expertise.</p>
<p>La rectrice d’un important établissement d’enseignement supérieur québécois dispose de la plus haute autorité lorsque vient le temps de débattre, par exemple, des sommes qui doivent être allouées aux universités pour la recherche ou encore pour rehausser la qualité de l’enseignement. Toutefois, lorsqu’il est question de déterminer si l’argent doit provenir d’une hausse d’impôt aux entreprises ou d’une augmentation des droits de scolarité, le discours d’Heather Monroe-Blum et des représentants du Conseil du patronat de ce monde ne devrait engager qu’eux-mêmes: il s’agit là d’une question éminemment politique, voire philosophique, qui n’est pas directement liée à la qualité de l’éducation.</p>
<p>Il est désolant de voir Heather Monroe-Blum confondre ainsi les débats et brouiller les cartes à la veille d’un Sommet qui s’annonce déjà suffisamment haut en couleur. En se bornant à contaminer son discours d’opinions subjectives et personnelles sur la «juste part» qui incombe selon elle aux étudiants dans le financement de leur éducation, la rectrice contribue elle-même à retirer une certaine part de crédibilité à ses prises de position pourtant importantes sur la question de la qualité de l’éducation et du sous-financement des universités.</p>
<p>Le moins que l’on puisse dire, c’est que la principale est demeurée fidèle à elle-même depuis le printemps dernier. Outre la constance remarquable de son discours, HMB n’a également rien perdu de son sens du <i>timing</i>: chercher à s’aliéner à nouveau les étudiants et le gouvernement en place au moment le moins opportun, voilà une stratégie tout à fait digne d’un acteur majeur du milieu de l’éducation. À l’écouter, on aurait presque tendance à croire qu’après un peu moins d’une année de débats particulièrement intenses sur la question des droits de scolarité, la rectrice de McGill n’a toujours pas compris que l’action des étudiants n’a jamais été autre chose qu’une tentative de se réapproprier l’éducation, non par mépris des institutions mais par amour de la connaissance.</p>
<p>Un peu de bonne volonté, Madame la Principale.</p>
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		<item>
		<title>Hollande à Tombouctou</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/05/hollande-a-tombouctou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 06:21:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un cri de victoire prématuré</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au terme d’une vingtaine de &nbsp;jours marqués par une offensive spectaculaire menée par l’armée française contre les groupes armés qui contrôlent une partie du Mali, le président François Hollande a été accueilli à Tombouctou avec tout le faste habituellement réservé aux grands héros de guerre.<br>
Depuis le début de l’intervention au Mali, le Président a plutôt bonne presse à la maison. À Bamako, dimanche, François Hollande affirmait aussi à qui voulait bien l’entendre que sa visite au Mali marquait le plus grand jour de sa carrière présidentielle. Derrière l’enthousiasme exacerbé du Président se cache toutefois une réalité beaucoup plus sombre. Au-delà des célébrations entourant la libération de Tombouctou, la visite de François Hollande visait surtout à faire oublier aux militaires français déployés au Mali que le pire reste encore à venir. Alors même que François Hollande paradait, les forces françaises préparaient une offensive aérienne d’envergure visant à fragiliser les positions des combattants «islamistes» lourdement armés qui ont fui vers le nord pour mieux se regrouper.<br>
À moins de pulvériser complètement les combattants du nord du Mali, la France devra éventuellement se résigner à laisser aux mains des forces militaires maliennes un pays nettement plus gangrené par la violence et par l’intégrisme qu’il ne l’était auparavant. En effet, les forces françaises et maliennes qui en avait déjà plein les bras avec les combattants d’Ançar Dine s’apprêtent maintenant à trouver au Nord de Tombouctou un interlocuteur autrement plus sympathique, Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI).<br>
Par ailleurs, ce que François Hollande aime qualifier de «terrorisme» est avant tout né d’une guerre civile exacerbée par un gouvernement illégitime qui a promis de réprimer le mouvement de libération nationale touareg dans le sang. L’«islamisation» du conflit est aussi le produit direct de la répression violente d’un mouvement de nature identitaire. L’intervention française au Mali, comme toutes les manches de la «Guerre contre le terrorisme», s’attaque à des victimes de l’histoire transformées en bourreaux. En définitive, elle contribue par le fait même à créer de nouveaux martyrs.<br>
Il est ainsi possible de déduire avec une certaine aisance qu’il ne saurait y avoir de retour tranquille au statu quo ante bellum au terme de l’intervention française au Mali. En effet, les enjeux du conflit gagnent constamment en complexité en raison de leurs ramifications identitaires et religieuses, mais également en raison de la misère profonde qui frappe depuis trop longtemps la région du Sahel.<br>
Tandis que François Hollande s’envolait vers Paris, les bombardements français commençaient à pleuvoir sur la région de Kidal, dans le Nord-Est du Mali. Si les frappes ont été prévues de manière à mettre à mal l’effectif militaire des rebelles d’Ançar Dine avant d’entamer une remontée terrestre, il convient de garder à l’esprit que c’est dans cette même région de Kidal que seraient détenus les 7 otages français du Sahel enlevés par l’AQMI en 2011 et 2012. Voilà aussi un douloureux rappel des risques liés à une intervention armée dans une région qui fourmille de militants intégristes, au «Maghreb Islamique» comme ailleurs: ceux qui s’y engagent se lancent presque inévitablement dans une longue et pénible bataille contre un ennemi invisible qui n’a rien à perdre et qui sait surtout tirer profit de ses méthodes de combats chaotiques, aléatoires et imprévisibles.<br>
Ce que François Hollande n’a pas osé dire à Tombouctou, c’est que l’armée française court à présent tous les risques de s’enliser dans le massif des Ifoghas tandis qu’AQMI, forte de nouveaux arguments pour recruter encore plus de désespérés en ses rangs, en sera déjà à préparer sa prochaine offensive.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Robert Fisk: Le Moyen-Orient pour les nuls</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/01/29/robert-fisk-le-moyen-orient-pour-les-nuls/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jan 2013 03:25:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=16651</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chronique accidentelle</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/01/29/robert-fisk-le-moyen-orient-pour-les-nuls/" data-wpel-link="internal">Robert Fisk: Le Moyen-Orient pour les nuls</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Université McGill a&nbsp;été l’hôte, mercredi soir dernier, d’une conférence fort achalandée du correspondant de guerre britannique de renommée internationale Robert Fisk. L’événement, intitulé «Printemps arabe: nous dit-on toute la vérité?», se tenait dans le cadre d’une tournée pancanadienne chapeautée par l’organisation Canadiens pour la paix et la justice au Moyen-Orient (CJPMO) et a attiré plusieurs centaines d’étudiants, de professeurs et de curieux, mais surtout bon nombre de Montréalais originaires des diverses régions du Moyen-Orient qui sont actuellement en proie à de grands bouleversements.</p>
<p>Les raisons d’assister à cette conférence ne manquaient pas. Le journaliste vedette du quotidien britannique <i>The Independent</i> compte entre autres à son actif la couverture de la révolution iranienne de 1979, le massacre de Sabra et Chatila ainsi que celui d’Hama en 1982, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Iraq et finalement l’actuelle guerre en Syrie.</p>
<p>Or, ceux qui attendaient un récit grandiloquent des épopées qui ont marqué la carrière de Robert Fisk ont été déçus, puisque l’assistance a plutôt eu droit à un cours de sémantique doublée d’une critique virulente de l’appareil médiatique occidental.</p>
<p>Si le propos de Robert Fisk verse parfois dans la théorie du complot, force est de reconnaître que son expérience lui confère un statut de «témoin important» d’une histoire dont nous n’accédons bien souvent qu’à la version officielle. Comme le conférencier l’a démontré, l’histoire du Moyen-Orient à laquelle l’Occident est habitué est peuplée de lieux communs, de raccourcis et de déficiences sémantiques en plus d’être enveloppée d’une imagerie qui est bien loin de correspondre à la réalité sur le terrain.</p>
<p>Cette situation déplorable, Robert Fisk l’attribue à l’obsession de neutralité qui réduit les journalistes occidentaux à se nourrir équitablement de sources gouvernementales, d’une part, et de représentants des victimes, de l’autre.</p>
<p>Dans les faits, cette «neutralité» se transforme souvent en unilatéralisme pour une raison bien simple: tandis que les canaux gouvernementaux traditionnels constituent une source intarissable d’information, le récit des victimes est généralement infiniment plus difficile à obtenir.</p>
<p>Au chapitre des déficiences de la couverture des événements au Moyen-Orient par la presse occidentale, le conférencier a également insisté sur la fausse imagerie que les journalistes contribuent à entretenir en employant des expressions infantilisantes pour s’ajuster au niveau de leur audience. Les individus qui se nourrissent du travail de ces journalistes sont donc, pour ainsi dire, plongés dans un univers sémantique parallèle qui fausse dramatiquement leur image de la situation.</p>
<p>Le conférencier a ainsi évoqué, à titre d’exemple, l’utilisation à outrance de l’expression «processus de paix» pour désigner l’interaction conflictuelle entre Israël, l’Autorité palestinienne et l’Occident de manière générale. Entre autres exemples fournis par le journaliste, soulignons l’emploi de l’expression «clôture de sécurité» pour désigner le mur qui isole physiquement la Cisjordanie. Autrement dit, les journalistes tendent trop souvent à intégrer eux-mêmes des expressions qui émanent des centres du pouvoir et qui sont spécifiquement conçues pour manipuler l’opinion publique.</p>
<p>Pour compléter sa critique de la sphère médiatique occidentale, M. Fisk a évoqué – sans toutefois la nommer&nbsp;– l’islamophobie latente qui habite l’occidental moyen et que les médias ne cherchent pas véritablement à enrayer.</p>
<p>Un exemple de cette tendance est la stupéfaction générale qui a suivi l’arrivée au pouvoir, en Égypte, du candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi. Pour beaucoup d’occidentaux, l’expression «Frères musulmans» est immédiatement devenue synonyme d’intégrisme religieux. Le discours médiatique était on-ne-peut plus clair: «Nous ne savons presque rien de cet homme, mais nous savons qu’il fait partie des Frères musulmans, ce qui, en soit, devrait suffire à vous donner froid dans le dos».</p>
<p>Évidemment, tout ce qui allait se produire par la suite devait confirmer cette affirmation. Ainsi, le fait que le Président se soit arrogé de nouveaux pouvoirs exécutifs en novembre dernier était pour lui nécessairement un pas de plus vers l’islamisation de l’État égyptien. Rares sont les journalistes qui ont fait l’effort de mentionner le fait que le Président devait alors composer avec un appareil juridique et militaire fidèle à Moubarak et viscéralement hostile à son régime.</p>
<p>L’alternative que propose M. Fisk aux failles de l’appareil médiatique occidental est une «neutralité du côté des gens qui souffrent»; un exercice constant de pensée critique et de méthodologie de la part des journalistes. Mais pour lui, rien ne vaut une bonne immersion dans la région pour mettre à mal sa propre ignorance.</p>
<p>Passer 30 ans à observer directement les déchirements de la région au rythme des interventions étrangères, le ballottement de pays entiers d’une puissance à une autre, le maintien au pouvoir de grands dictateurs grâce au soutien stratégique de l’Occident et la détérioration continuelle des conditions de vie de milliers de réfugiés, voilà peut-être ce qui rapproche le plus un «occidental moyen» d’une vision globale de la situation au Moyen-Orient.</p>
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		<title>Le protocole aux oubliettes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/01/21/le-protocole-aux-oubliettes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margot Fortin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2013 04:45:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chronique Accidentelle</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’administration de&nbsp;l’Université s’attendait certainement à susciter une importante levée de bouclier lors de la présentation, en novembre dernier, de son «avant-projet de protocole sur les réunions pacifiques sur le campus».</p>
<p>Or, devant la pression exercée à la fois par des membres de la communauté étudiante et par des organismes voués à la défense des droits et libertés, les membres de l’administration ont choisi de prolonger leur exercice de consultation concernant les mesures à prendre pour prévenir les perturbations sur le campus jusqu’au 8 mars 2013, plutôt que de s’en tenir à l’échéance du 7 janvier dernier.</p>
<p>Dans une volte-face pour le moins inattendue, le vice-principal administration et finances Michael Di Grappa et le vice-principal exécutif Anthony C. Masi ont aussi laissé savoir que l’administration considère maintenant qu’un protocole constitue un outil trop rigide pour faire face à des événements particuliers comme des manifestations et qu’elle préfère conséquemment s’en tenir à un «énoncé de valeurs et de principes sur la liberté d’expression et la tenue d’assemblées pacifiques». Le protocole sur les réunions pacifiques qui avait été placé à l’ordre du jour du Sénat dans la foulée de l’occupation du bâtiment James en février dernier laissait place à une bonne dose d’arbitraire dans la détermination de ce qui constitue une manifestation non-pacifique. Dans les faits, la nouvelle définition établie par le protocole était nettement plus large que celle qui existait déjà dans le Code de conduite des étudiants. Celle-ci avait tendance à faciliter le recours aux forces de l’ordre pour mettre fin à une manifestation trop longue ou trop bruyante.</p>
<p>Il est plutôt curieux qu’il ait fallu plusieurs mois de tractations pour en arriver à une conclusion qui s’imposait pourtant d’elle-même, soit l’inutilité d’un protocole de procédures dans de telles circonstances. Comme l’Université McGill disposait déjà de tous les outils nécessaires pour faire face à une manifestation, le protocole ne servait finalement plus qu’à restreindre la définition de ce qui constitue une «réunion pacifique», offrant ainsi beaucoup plus de latitude aux personnes mandatées pour mettre fin à des événements dits «perturbateurs».</p>
<p>En effet, la définition de ce qui n’est pas acceptable dans le cadre d’une manifestation, qui faisait partie du défunt projet de protocole, dépendait de critères tellement vagues et inédits qu’à peu près n’importe quelle action pacifique aurait été susceptible d’y contrevenir.</p>
<p>Ainsi, un groupe d’étudiants souhaitant faire connaître son mécontentement n’aurait pu y arriver sans vivre dans la crainte d’être réprimandé, puni ou même expulsé du campus par des policiers appelés en catastrophe par un employé zélé.</p>
<p>Essentiellement, McGill ne proposait aucune solution susceptible de rétablir les ponts entre son administration et ses étudiants, choisissant plutôt de mettre en avant une stratégie qui réduisait le sentiment de sécurité de ceux qui ont quelque chose à revendiquer plutôt que le contraire. Ayant toujours les événements traumatisants du 10 novembre 2011 fraîchement à l’esprit, les étudiants réclamaient pourtant spécifiquement le droit de manifester sans risquer d’être accueillis sur le campus de leur institution scolaire sous une pluie de coups de matraque et de poivre de Cayenne.</p>
<p>Plutôt que d’amender son propre protocole en fonction des critiques les plus fréquemment exprimées par les membres de la communauté universitaire qui ont pris part aux consultations, l’Université préfère carrément changer de formule. Sans s’en réjouir trop rapidement, ce nouveau développement constitue au moins une victoire provisoire pour les groupes de défense des droits et libertés qui se sont prononcés contre le protocole tel que l’Association canadienne des libertés civiles, mais encore davantage pour les étudiants de l’Université McGill qui ont pris le temps de se pencher sur la question et de participer au processus de consultation.</p>
<p>Bref, il s’agit d’un grand jour pour tous ceux qui sont déterminés à faire en sorte que l’Université ne devienne jamais un lieu où la liberté d’expression se négocie.</p>
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