S’imposer en tant que femme
25 mars 2014 - Image par Keelan Mac Leod
Hillary Clinton dévoile ses conseils.

L’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a fait courir les foules, le mardi 18 mars dernier au soir, à l’occasion d’une rare visite à Montréal. Elle y a présenté une conférence sur le thème de la présence des femmes en politique et dans le milieu des affaires. L’événement s’est tenu dans le cadre d’une rencontre de réseautage des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Hillary

Même si la conférence s’adressait clairement au milieu des affaires, la CCMM avait fourni gratuitement plus de 300 laissez-passer aux différentes universités québécoises dans le but de permettre à de nombreux jeunes d’assister gratuitement à l’événement. L’administration de l’Université McGill avait d’ailleurs procédé à un tirage plus tôt ce mois-ci afin d’écouler 75 billets auprès de la population étudiante.

Seule sur une immense scène, l’ancienne secrétaire d’État a livré un discours d’espoir aux quelques milliers de femmes réunies au Palais des congrès, évoquant l’exemple de sa propre ascension politique pour montrer qu’il est possible de faire éclater les «plafonds de verres» qui confinent les femmes à des rôles qui ne rendent pas justice à leurs compétences, tant dans le domaine de la politique qu’au sein d’entreprises. Au terme de sa présentation, Hillary Clinton a d’ailleurs été invitée par Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro, à donner des conseils aux femmes ambitieuses qui hésitent parfois à viser plus haut.

Citant Éléonore Roosevelt, l’ex-secrétaire d’État a donné à l’assistance un petit cours en trois points afin de répondre à une question qui lui est posée de façon récurrente: «Madame Clinton, que dois-je faire pour réussir comme vous?». «Dans la vie publique, chaque femme doit rendre sa peau aussi dure que celle d’un rhinocéros» commence-t-elle pour illustrer le fait que les femmes qui s’aventurent dans des métiers traditionnellement masculins doivent apprendre à vivre sous le feu des critiques. Pour Mme Clinton, les femmes se doivent de prendre les commentaires sérieusement, mais pas personnellement. De même, elles doivent croire en leurs capacités et être prêtes à prendre le risque. «Osez la compétion!», martelle-t-elle. Voilà son slogan, celui-là même qui l’a poussée à se lancer en politique.

Hillary Rodham Clinton a fait son entrée sur la scène politique américaine dans un rôle de second plan, celui de Première dame des États-Unis. Avant elle, aucune épouse d’un Président américain n’avait été élue à des postes de pouvoir au terme de leur «mandat» de Première dame, bien que l’une d’entre elles, Éléonore Roosevelt, ait été nommée déléguée aux Nations Unies.

Déjà très impliquée grâce à sa participation à l’élaboration de lois à caractère féministe, telle que la loi sur les congés de maternité adoptée par le gouvernement Clinton en 1993, Hillary soutient que le pas vers la politique ne fut cependant pas facile. Sa décision de se lancer en politique est venue d’un événement anodin. En 2000, alors que Bill Clinton était toujours président, la Première dame a entendu de la bouche d’une jeune étudiante la phrase qu’elle-même s’évertuait à marteler aux jeunes filles: «Osez la compétition, Madame Clinton». Ce fut suffisant pour la convaincre de se lancer dans la course au Sénat à New York, et le reste n’est qu’histoire. De Première dame à secrétaire d’État, en passant par le Congrès américain et un passage remarqué à la course à la chefferie du Parti démocrate en 2008, Hillary Clinton a cumulé les expériences dans une mesure hors du commun, même parmi les politiciens américains les plus chevronnés.

Invitée à se prononcer autant sur la question de la position économique des femmes que sur la politique extérieure des États-Unis, Hillary Clinton démontre qu’être une femme ne devrait absolument pas être un obstacle à une carrière publique. De fait, elle dénote avec autant de joie que de fierté la forte présence des femmes aux postes de Première ministre provinciale au Canada.

Nous pouvons affirmer que Madame Clinton a incontestablement connu une carrière aussi impressionnante que surprenante. La question à présent est la suivante: va-t-elle «oser la compétition» à nouveau lors des prochaines présidentielles?

 
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