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	<title>Béatrice Malleret - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:23 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>L’humanitaire en d’autres termes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/19/lhumanitaire-en-dautres-termes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2019 14:17:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré la professeure Rachel Kiddell-Monroe, membre de MSF et directrice générale de SeeChange. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/11/19/lhumanitaire-en-dautres-termes/" data-wpel-link="internal">L’humanitaire en d’autres termes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b><i>Le Délit</i> (LD)</b> :<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Peux-tu te présenter et parler des différents secteurs d’activités dans lesquels tu es engagée? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Rachel Kiddell-Monroe (RKM)</b>: Il y a deux secteurs dans lesquels j’évolue. Je suis professeure à McGill en développement international, où j’enseigne à tous les niveaux d’études. J’adore ça parce que je trouve que dans les universités, on a besoin de plus d’informations pratiques concernant ce qu’il se passe sur le terrain. Mon deuxième champ d’opération est dans l’assistance humanitaire. J’ai commencé à travailler avec Médecins Sans Frontières en 1991 comme travailleuse humanitaire sur le terrain dans divers pays comme la Somalie, Djibouti, le Rwanda, le Congo, et après ça en Amérique Latine. J’ai toujours pris le rôle de directrice de projet, et j’ai été présente dans des situations de crise, des guerres et d’autres situations de conflits. J’ai fait beaucoup de travail avec des réfugiés où l’on a eu à traiter des maladies infectieuses comme le VIH, le paludisme ou la tuberculose. C’était la partie principale de mon activité. Et maintenant, après toutes ces années à l’international, je me suis dit que j’avais envie de faire quelque chose chez moi. Ça fait 15 ans que je vis au Canada. Mais j’avais du mal à trouver un domaine qui n’était pas déjà pris en charge par un organisme existant. Mais il y a deux ans, un étudiant m’a envoyé un article qui parlait de la crise de tuberculose qui se répandait au Nunavut, où les populations Inuits sont touchées par cette épidémie 300 fois plus que les populations canadiennes non-autochtones. Je me suis demandée comment c’était possible que cela ait lieu dans un pays aussi riche et développé que le Canada, avec un système de santé aussi bon. </span>Alors j’ai commencé à faire des investigations et j’ai réalisé qu’il y avait un énorme manque de communication entre le système de santé et la population. Les personnes Inuits que j’ai rencontrées dans les communautés m’ont dit à plusieurs reprises qu’elles voulaient être davantage formées sur le sujet de la tuberculose pour qu’elles puissent prendre elles-mêmes des mesures pour remédier à la crise. Donc tout en continuant mes recherches, j’ai décidé de lancer un projet qui s’appelle<i> SeeChange Initiative</i>.</p>
<p class="p1">L’idée de <i>SeeChange</i> est d’aider les communautés à réaliser elles-mêmes leur santé et leur bien-être pour qu’elles puissent s’épanouir en tant que communautés. Mes 30 ans d’expériences m’ont appris que ce sont les communautés elles-mêmes qui tiennent les clés de leur bien-être, et pas les étrangers. Les étrangers peuvent apporter en connaissances et en expertise, mais au-delà de ça, c’est la solidarité qui est importante. Il faut communiquer, et poser la question de ce qu’il se passe dans certaines communautés. Il faut demander premièrement « est-ce qu’on peut vous aider ? » et si oui, « comment on peut vous aider ? ». Pour ça, il faut complètement transformer le paradigme de l’humanitaire dans le sens où il faut permettre aux communautés où l’humanitaire agit de reprendre leur autonomie et leur pouvoir. Ces personnes ont le pouvoir et la capacité de résoudre leurs propres problèmes. Je crois très fortement à ça et au besoin de créer un sentiment d’appartenance. À Nunavut, nous travaillons avec une communauté qui s’appelle Clyde River et qui est assez chanceuse parce qu’il y a 20 ans, ils ont commencé une organisation communautaire qui est là pour répondre aux besoins de la communauté en donnant notamment des formations en santé mentale. Et quand on a commencé à faire un partenariat avec eux, <span class="s3">ils ont dit « pourquoi est-ce qu’on ne proposerait pas une formation à la communauté pour leur permettre de comprendre tous les problèmes liés à la tuberculose, comment on est atteint de tuberculose, comment on peut la guérir et comment on peut l’empêcher de se répandre? ». C’était exactement ce que nous avions en tête. En janvier prochain, le premier <i>workshop</i> aura lieu. Donc en un an, on a beaucoup avancé, et ça va avancer de plus en plus rapidement car le projet appartient désormais à la communauté, nous on est juste là pour faciliter, aider, amener des fonds.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Il faut transformer le paradigme de l’humanitaire dans le sens où il faut permettre aux communautés où </span><span class="s1">l’humanitaire agit de reprendre leur </span><span class="s1">autonomie et leur pouvoir</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Pour revenir sur ce que tu disais à propos de l’expertise que les personnes en humanitaire doivent avoir, quelle est la formation que tu as suivie, et comment en es-tu venue à travailler pour MSF? Et quels sont les différents corps de métiers qui constituent le secteur humanitaire?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>RKM</b> : Je vais te raconter une petite anecdote. J’étais dans un<i> pub</i> à Londres quand un ami m’a présenté à quelqu’un à qui j’ai commencé à parler de mon expérience. Avant de découvrir MSF, j’ai étudié le droit à l’université et j’ai été juriste pendant deux ans, mais je n’étais pas heureuse. Je voulais travailler dans les droits de la personne et il y avait peu d’opportunités pour cela à Londres à la fin des années 80, alors je suis partie en Indonésie pour travailler avec une tribu du sud-est de Sumatra qui œuvrait pour la protection de la forêt. Donc j’ai d’abord commencé à travailler dans l’environnement. Mais j’ai rapidement réalisé qu’il n’y a pas d’environnement sans les personnes qui y vivent, qui sont les gardiennes de ces espaces. J’ai passé 3 ans là-bas, puis je suis rentrée à Londres et j’ai rencontré cette personne à qui j’ai raconté mon histoire et qui m’a dit « il faut que tu viennes travailler avec Médecins Sans Frontières&nbsp;». Je lui ai répondu que je n’étais pas médecin. En fait, 50% des personnes qui travaillent chez MSF ne sont pas médecins. Lui était juriste aussi, donc il a relancé sa proposition de venir les rejoindre. Au début je n’étais pas convaincue car les personnes avec qui j’ai travaillé en Indonésie étaient très méfiantes des organismes internationaux qui venaient parachuter dans leur pays en pensant avoir réponse à tout, alors j’étais méfiante aussi. Mais après quelques recherches et conversations, je suis tombée en amour avec MSF. Médecins Sans Frontières est une famille qui rassemble pleins de connaissances et de savoirs différents. On a des anthropologues, des techniciens de laboratoire, des médecins bien-sûr, des infirmières, des sages-femmes, des ingénieurs, des mécaniciens. Parce que pour un projet, le but c’est d’amener de l’assistance médicale à des personnes qui sont souvent dans des endroits très isolés, éloignés et dépourvus, et pour ça il faut des locaux. Et les médecins ne peuvent pas s’occuper de ça. Donc il y a tout un travail préalable pour permettre aux médecins d’ensuite faire le leur.</span></p>
<p class="p1"><b>LD</b> : <i>Tu as un peu touché à cet élément en répondant à la première question, mais comment MSF, qui est un organisme qui intervient surtout dans des situations de crise, fait en sorte de ne pas instaurer une dépendance à une aide humanitaire principalement étrangère dans les lieux où elle intervient? Est-ce qu’un système de longue durée est mis en place, ou est-ce qu’une fois que la crise a été adressée, MSF quitte les lieux, laissant surgir d’autres problèmes après la crise? </i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RKM</b> : C’est une très bonne question et une réalité avec laquelle on se bat tous les jours. Donnons l’exemple du Venezuela. C’est un pays qui avait un très bon système de santé et d’éducation, et un niveau de vie élevé. Tout d’un coup la situation a fait que la population s’est retrouvée sans rien, a tout perdu. Ils ont besoin d’être autonomes mais dans l’immédiat, ils sont dépendants sur nous pour certaines choses comme la nourriture, l’assistance médicale etc. Donc que faire pour établir une situation durable? C’est très difficile pour nous car MSF est primordialement une organisation spécialisée dans les soins d’urgence. Mais une fois que les soins d’urgence sont donnés et qu’un système de base est mis en place, on se rend compte qu’il n’y a souvent personne pour prendre le relai et le contexte est très compliqué. Par exemple, maintenant au Venezuela, c’est très difficile pour nous de travailler car le gouvernement n’est pas forcément favorable à ce que l’on intervienne. Et même si le gouvernement et la population font le maximum, ce n’est pas toujours facile de se retirer. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Mais notre politique est vraiment de se concentrer sur les premiers soins, donc on n’a pas développé de système dans la durée. Mais c’est une question qu’il est nécessaire de se poser, car en République démocratique du Congo par exemple, ça fait 30 ans qu’on est là. En Somalie, ça fait presque 40 ans. Au Soudan du Sud aussi. Et on se demande vraiment si c’est assez de juste faire le travail d’urgence. Mais c’est cela la nature de notre organisme et on ne veut pas forcément la changer. Notre nature nous permet d’être dynamiques, réactifs. Et si on devient plus durables, on devient comme d’autres organismes qui sont beaucoup mieux équipés que nous pour faire ça. Donc pour moi c’est plutôt une question de partenariat, de comment passer nos projets à d’autres organismes en qui on a confiance, et aussi comment donner les outils à la population pour qu’eux puissent être le plus indépendants possible.</span></p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1342px">
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			<span class="media-credit">Béatrice Malleret</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s3"><b>LD </b>: <i>Et c’est justement ce que vous faites avec</i> SeeChange<i> non? Le projet intervient pour former et travailler dans la durée, n’est-ce pas? </i></span></p>
<p class="p1"><b>RKM</b> : Oui absolument. Mais je dois dire que lorsqu’on a commencé, nous étions vraiment dans l’urgence parce que des enfants sont en train de mourir de tuberculose et c’est inacceptable. Alors je voulais aller rapidement, répondre rapidement. Le contexte est compliqué, le processus est lent, trop lent. Donc je maintiens une pression pour que l’on avance. Mais en travaillant en dehors de MSF, je me rends compte maintenant que trouver des financements et des personnes qui comprennent le projet n’est pas chose facile. Cela représente un vrai obstacle. Mais maintenant, on a reçu des fonds qui sont sur une durée de cinq ans ce qui est très bien car ça va nous permettre d’assurer le suivi du projet. Et à partir du moment où on va commencer à former la première cohorte des membres de la communauté, tout va aller plus rapidement. Sheila Enook, qui est la coordonnatrice Inuk du projet à Clyde River, explique que pour elle, cette initiative est comparable à un feu : au début il n’y a qu’une petite étincelle, mais au fur et à mesure que les gens rejoignent le projet et que celui-ci se développe, l’étincelle va grandir et devenir une vraie flamme. Ce dont je me rends compte de plus en plus, c’est qu’il faut écouter attentivement les populations. Quand je repense à ma carrière, je me dis que peut-être je n’ai pas suffisamment écouté, je suis arrivée avec le sentiment que je savais déjà ce qu’il y avait à faire. Et même si les gens avec qui et pour qui j’ai travaillé ont souvent exprimé de la gratitude, et que MSF sauve des vies, qu’est-ce que j’ai réellement laissé à la population? Je sais que je me pose cette question beaucoup plus maintenant, et que MSF aussi, a beaucoup évolué depuis ses débuts. Mais dans ce nouveau projet, je veux vraiment m’assurer d’avoir le meilleur impact possible, en me posant ces questions dès le début.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">Trouver des financements et des personnes qui comprennent le projet n’est pas chose facile. Cela représente un vrai obstacle. Maintenant, on a reçu des fonds qui sont sur une durée de cinq ans, ce qui va nous permettre d’assurer le suivi du projet</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><b>LD</b> : <i>À ce sujet, est-ce que selon toi les ONG comme MSF ou </i>SeeChange<i> ont un rôle politique à jouer? Beaucoup des situations où vous intervenez sont, directement ou non, causées par les actions de gouvernements occidentaux et sont liées à une chronologie de violences coloniales. Avez-vous donc un discours politique qui aborde cette dimension-là de votre activité? Est-ce que vous vous entretenez avec les politiques dans les lieux et les pays où vous intervenez ou essayez-vous de rester le plus neutre possible? </i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RKM </b>: On est neutre. Médecins Sans Frontières est un organisme impartial et la neutralité est un principe que l’on a toujours eu, depuis notre début en 1971. L’organisme peut être neutre et apolitique, mais nous, en tant qu’êtres humains, sommes<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span></span><span class="s3">politiques. Donc c’est une grande discussion au sein de MSF. Nous sommes neutres dans la mesure où on apporte des soins aux personnes qui en ont besoin. Peu importe si un gouvernement nous dit de soigner une population et pas une autre, nous on va soigner les deux. On va diriger tous nos efforts pour essayer de soigner le plus de monde possible. Après, la façon dont MSF vit sa vie politique, ou plutôt sa vie non-politique politique, est en faisant des témoignages. On parle de la situation et de son injustice. Mais on ne propose pas de solution, on ne dit pas aux gouvernements d’agir de telle ou telle manière. Par contre, on est politique dans le sens où on s’adresse aux pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU et on condamne le bombardement de nos hôpitaux en Afghanistan, au Yémen ou en Syrie et nous réclamons qu’ils cessent de tuer les civils et notre personnel. Donc qu’est-ce qui est politique, et qu’est-ce qui ne l’est pas? On n’est pas politique dans le sens où nous ne sommes pas partisans, on ne soutient pas de parti politique, mais après, c’est sûr que nous ne sommes pas de droite. Le fait que nous sommes avec MSF signifie que nous sommes plutôt de gauche. Pour <i>SeeChange</i>, c’est plus ou moins le même modèle en miniature. Je fais beaucoup de témoignages, je parle beaucoup des lacunes dans le gouvernement et le gouvernement n’aime pas trop ça, mais c’est comme ça que l’on change les choses. </span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD</b> : <i>Une dernière question. Ton parcours montre que tu évolues dans des cercles très différents, tu côtoies aussi bien des niveaux élevés de privilèges que de précarité — comment fais-tu pour ne pas tomber dans une attitude cynique et désabusée face aux situations que tu rencontres? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>RKM</b> : Je refuse d’être cynique, je refuse. Parce que ce qu’il s’est passé dans le passé n’est plus aujourd’hui. J’essaie de vivre dans le présent. Et je crois que chaque personne qui vit dans la difficulté a besoin d’assistance maintenant. Ce n’est pas à moi de juger si cette personne devrait être dans cette situation ou non. Le rôle de l’humanitaire est d’apporter du soutien, c’est tout. En ce qui concerne les gouvernements, c’est sûr que je ne suis pas contente de la manière dont ils répondent ou ne répondent pas à certaines situations. Mais au niveau individuel, il existe tellement de personnes qui œuvrent pour faire changer les choses. Et si on approche la question avec du cynisme, on ne va convaincre personne. C’est aussi par respect pour les personnes qui sont dans des situations difficiles et que je veux aider que je ne tombe pas dans le cynisme. Si je ne garde pas cet optimisme, cet espoir, je ne peux pas les servir de la manière dont je veux les servir.&nbsp;</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>McGill, désinvestis!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/11/12/mcgill-desinvestis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 17:15:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34988</guid>

					<description><![CDATA[<p>Brève récapitulation illustrée des efforts pour le désinvestissement à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">L’Université McGill énonce sur son site que sa mission principale est « la création et la transmission de savoir […] en offrant la meilleure formation possible et en étant au service de la société ». Au nom de sa contribution à l’amélioration de la société, l’Université citerait certainement son engagement dans la lutte contre les changements climatiques, avec notamment des projets de développement durable comme <i>Vision 2020</i>.</p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp aligncenter" style="width: 340px;"><img decoding="async" class="wp-image-34991 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest2-330x230.jpg" alt width="330" height="230" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest2-330x230.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest2-768x534.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest2-1000x696.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest2-850x591.jpg 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p1">Pourtant, ces efforts semblent au mieux mal orientés, au pire hypocrites compte tenu des investissements de l’Université dans 200 des plus importantes compagnies de combustibles fossiles mondiales. En refusant par ailleurs de reconnaître que ces dernières causent des dommages sociaux et environnementaux considérables, dont les premières victimes sont les populations autochtones, les personnes racisées et issues de communautés pauvres, McGill se rend complice de la perpétuation d’une violence néocoloniale et refuse de s’engager pour la justice climatique.</p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp aligncenter" style="width: 340px;"><img decoding="async" class="wp-image-34993 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest3-330x238.jpg" alt width="330" height="238" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest3-330x238.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest3-768x554.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest3-1000x721.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest3-850x613.jpg 850w" sizes="(max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p1">En réponse à ce refus d’agir, un groupe d’étudiant·e·s créé, en 2012, <i>Divest McGill</i>. Rejoignant un plus large mouvement de désinvestissement national et international, l’organisation multiplie les actions pour faire pression sur l’administration.</p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp aligncenter" style="width: 340px;"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34995 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest4-330x232.jpg" alt width="330" height="232" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest4-330x232.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest4-768x541.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest4-1000x704.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest4-850x598.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p1"><span class="s1">Deux fois par le passé, en 2013 et en 2016, le Comité consultatif chargé des questions de responsabilité sociale (<i>CAMSR</i>, en anglais) s’est prononcé contre le désinvestissement. Suivant les recommandations du <i>CAMSR</i>, le Conseil des gouverneurs maintient ses actifs dans les compagnies de combustibles fossiles. Il fait ainsi fi des recherches scientifiques prouvant qu’il est impossible pour McGill d’atteindre son objectif de neutralité carbone esquissé dans <i>Vision 2020 </i>d’ici à 2050 si l’Université maintient ses investissements.</span></p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp aligncenter" style="width: 340px;"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34997 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest5-330x232.jpg" alt width="330" height="232" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest5-330x232.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest5-768x541.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest5-1000x704.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest5-850x599.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p1">Alors que la crise climatique ne cesse de s’aggraver, l’administration reste imperméable aux demandes de prise de responsabilité qui lui sont faites. Et pourtant, les pressions se multiplient. En septembre 2018, le Sénat mcgillois se prononce en faveur du désinvestissement. Quelques mois plus tard, le 19 avril 2019, deux professeurs démissionnent du Conseil des gouverneurs, estimant que le manque d’action de celui-ci <span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>« met [l’] Université en danger sur le plan éthique en plus de miner l’intégrité de la gouvernance collégiale ».</p>
<div class="mceMediaCreditOuterTemp aligncenter" style="width: 340px;"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34999 size-medium" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest6-330x231.jpg" alt width="330" height="231" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest6-330x231.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest6-768x537.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest6-1000x700.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/11/S-Divest6-850x595.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"></div>
<p class="p1"><span class="s1">Le 10 octobre dernier, l’AÉUM a institué un moratoire sur les frais institutionnels obligatoires jusqu’à ce que McGill désinvestisse des énergies fossiles. Désormais, même l’argument économique ne peut plus être utilisé par le Conseil pour justifier un refus de désinvestir. Le 5 décembre prochain, CAMSR va déposer un troisième rapport au Conseil des gouverneurs en se prononçant sur le désinvestissement. C’est l’une des dernières chances qu’a l’administration de prouver qu’elle se range du bon côté de l’histoire. Concordia s’est engagé à cesser d’investir dans les énergies fossiles le 8 novembre dernier. McGill n’a plus d’excuses. </span></p>
<hr>
<p class="p1">En tant qu’étudiant·e·s qui payons des frais de scolarité et qui sommes supposément la raison d’être de cette institution, nous avons le devoir de nous informer et d’agir, autant que possible, pour signifier à l’administration qu’elle ne peut plus poursuivre une politique destructrice. Aujourd’hui, le 12 novembre, devant le bâtiment James Administration, de 11h45 à 13h, a lieu un Walkout organisé par Divest McGill et C‑JAM pour réclamer le désinvestissement. Allons‑y nombreux·ses, signifions notre engagement.</p>
<hr>
<p>&nbsp;</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cuisiner pour l’inclusion sociale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/29/cuisiner-pour-linclusion-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2019 16:32:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34850</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Jean-François Veilleux du centre communautaire Santropol Roulant.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">M</span><span class="s1">algré le fait qu’il soit encore tôt, la porte du Santropol Roulant est déjà ouverte lorsque je la pousse pour me rendre à l’entrevue prévue avec un membre de l’organisation, en ce pluvieux matin d’automne. Avant de répondre à mes questions, Jean-François Veilleux me fait faire un tour des locaux, me présentant chaque recoin du bâtiment où une multitude d’activités semblent avoir lieu en même temps. Il m’explique ensuite plus en détail le fonctionnement d’un centre dont les trois piliers sont la sécurité alimentaire, l’inclusion sociale et l’engagement communautaire. </span></p>
<p class="p2"><b><i>Le Délit </i>(LD) :</b> <i>Peux-tu présenter le Santropol Roulant et ses différents programmes à nos lecteur·rice·s?</i></p>
<p class="p2"><b>Jean-Francois Veilleux (JFV)</b> : Le Roulant est une organisation basée sur ses membres, c’est vraiment une communauté de membres dans laquelle nous sommes actifs depuis 1995. Notre principal programme est la popote roulante. On sert une centaine de repas cinq jours par semaine à des personnes aînées, à mobilité réduite ou en perte d’autonomie. Le tout est supporté par une grande base de bénévoles. On a des bénévoles en cuisine le matin pour préparer les repas et en après-midi pour les emballer, et l’après-midi, on a également des bénévoles pour faire les livraisons. On a aussi d’autres programmes comme celui d’agriculture urbaine où on fait pousser des légumes en ville sur le toit du Roulant et sur les terrasses Roy, et une ferme périurbaine où on fait pousser pas loin de 20 tonnes de légumes sur l’île de Montréal, en agriculture biologique. La majorité est vendue en paniers bio, donc c’est une source de revenus pour nous, mais c’est aussi un moyen d’assurer la sécurité alimentaire dans Montréal en permettant à des personnes à faible revenu d’avoir accès à des paniers bio. Enfin, on a des collectifs bénévoles, dont un atelier de vélos, un collectif de cueillette de fruits qui s’appelle le Fruit Défendu, un collectif d’apiculture, un collectif de mycologie et un collectif de lombricompostage. Notre rôle premier dans la communauté, c’est vraiment d’être un endroit fort qui assure la sécurité alimentaire et le rôle de tous ces collectifs-là et de venir soutenir cette mission principale.</p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD </b>:<i>Utilisez-vous beaucoup des produits que vous cultivez dans la préparation des repas pour la popote?</i></span></p>
<p class="p2"><b>JFV</b> : <span class="s2">Absolument. La proportion des fruits et légumes que l’on fait pousser et que l’on utilise dans nos repas est quand même assez importante. Dans le fond, parmi les 20 tonnes produits par la ferme, environ le quart va être utilisé en saison en cuisine pour la popote. Aussi, ce qui est important à noter, c’est que parfois on a énormément de légumes d’un coup, donc on a des quarts de bénévolat où les bénévoles vont venir préparer ces légumes-là pour la conservation. On va, par exemple, les congeler ou en faire des conserves pour pouvoir les utiliser tout au long de l’année.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>LD</b> : <i>Donc, cela vous permet d’être un organisme assez autonome, en fait? </i></span></p>
<p class="p2"><b>JFV</b> : Alors on n’est pas entièrement autonome, mais on essaie de démontrer au mieux que c’est possible d’avoir une certaine autonomie par rapport à l’accès à des aliments sains. Par exemple, le programme d’agriculture urbaine en 2018 a produit plus de 600 kilos de fruits et de légumes en agriculture non certifiée biologique, mais avec les principes d’agricultures biologiques parce que la procédure est longue et chère. Mais la ferme est certifiée Ecocert. Ces deux sources de production soutiennent la plupart de nos projets.</p>
<p class="p2"><b>LD</b> : <i>L’une des missions du Roulant, en plus d’assurer la sécurité alimentaire, est aussi de combattre l’isolement social des personnes à qui vous apportez les repas. Est-ce que vous notez des résultats positifs tangibles grâce aux visites des bénévoles qui livrent les repas?</i></p>
<p class="p2"><b>JFV</b> : <span class="s2">Oui, absolument. Pour mettre la question en contexte, les personnes qui reçoivent nos repas sont majoritairement des personnes aînées à faible mobilité, donc parfois les bénévoles qui vont les voir représentent leur seul contact avec l’extérieur dans la journée. C’est sûr que nous aimerions amener ça plus loin et faire en sorte que les personnes soient actives dans leurs communautés, mais pour beaucoup, c’est très compliqué. Avec les bénévoles, on voit qu’il y a des gens qui sont tellement contents de juste pouvoir parler avec quelqu’un. On a des histoires complètement éclatées que nos bénévoles nous rapportent de personnes qui ont vécu beaucoup, ont beaucoup d’expérience, qui ont une vision de la vie souvent très différente de celle qu’on peut avoir. Donc il y a des échanges intergénérationnels qui sont faits lors de la livraison de repas, qui contribuent à briser l’isolement social. </span></p>
<p class="p2"><span class="s4"><b>LD</b> : <i>Et si je ne me trompe pas, vous faites aussi un suivi des clients à qui vous livrez les repas?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s4"><b>JFV</b> : Oui, lorsque les bénévoles rentrent de leur parcours, on fait toujours un petit suivi pour savoir qui était à la maison, et si ça fait plusieurs fois qu’une personne n’était pas là, on va l’appeler elle, ou la famille ou les intervenants du CLSC (Centres locaux de services communautaires,<i> ndlr</i>). On n’est pas là pour remplacer les services de santé, mais on est là pour jeter un œil, savoir si les conditions de vie sont correctes, si la personne est correcte et puis s’il y a une détérioration, on est souvent les premiers à pouvoir sonner l’alarme. Notre but est de garder les gens le plus longtemps possible dans leur communauté sans avoir à les envoyer en CHSLD (Centre d’hébergement et de soin de longue durée, <i>ndlr</i>), mais s’il advient qu’une personne n’est plus autonome, on ne peut pas non plus garder quelqu’un chez elle à tout prix. Donc on fait attention à cette nuance-là.</span></p>
<blockquote><p><span class="s2">Il y a des échanges intergénérationnels qui sont faits lors de la livraison de repas, qui contribuent à briser l’isolement social</span></p></blockquote>
<p class="p2"><span class="s2"><b>LD</b> : <i>En parlant de communauté, c’est vous qui aménagez les </i></span><span class="s2"><i>terrasses Roy pendant l’été, en plus d’avoir de nombreux programmes et services que tu as déjà mentionnés. Est-ce que vous remarquez un engagement actif de la part de la communauté proche?</i></span></p>
<p class="p2"><b>JFV</b> : Oui vraiment. Juste une précision, l’aménagement des terrasses Roy est organisé par la ville de Montréal, ce n’est pas nous, mais on est quand même gestionnaire, on gère le programme d’agriculture urbaine sur les terrasses et on fait des animations. L’été, c’est plus de 4000 passages piétons ou cyclistes enregistrés quotidiennement, donc c’est beaucoup de monde qui passe. Parfois c’est juste en transit, mais ce sont aussi des personnes qui passent, qui voient un panneau et qui se demandent « quelle est cette plante? ». Quand on organise un événement, on remarque tout de suite que la communauté proche, les riverains viennent vraiment rapidement voir ce qu’il se passe, visiter… Des fois, justement, il y a des nouveaux arrivants à Montréal ou au pays et ils nous remarquent, et notre porte étant toujours ouverte, ils rentrent et on leur fait visiter les locaux, ils rencontrent les bénévoles. Les gens sont vraiment curieux et intéressés, et pour nous c’est un moyen de construire la communauté.</p>
<p class="p2"><b>LD</b> : <i>Cela nous amène vers ma dernière question : comment faire pour être bénévole? </i></p>
<p class="p2"><b>JFV</b> : C’est très simple, soit on visite le Roulant, soit on va sur le site et on s’inscrit sur la liste pour faire une mini formation d’une heure pour découvrir ce qu’est le Roulant et le rôle des bénévoles. Après ça, à la guise de son temps libre, on inscrit nos disponibilités sur le tableau de bénévolat et puis les gens se présentent à leur quart et voilà ! C’est très simple et très enrichissant, on a des gens de tous les horizons qui viennent faire du bénévolat. Il y a des professionnels comme des gens qui sont en arrêt de travail depuis des années, mais qui viennent faire du bénévolat parce que ça les aide à sortir. C’est un peu une gratification instantanée, on voit tout de suite l’impact que ça a sur les gens. Préparer ou livrer un repas chaud à une personne, c’est excessivement gratifiant et ça fait un gros changement dans la vie des personnes aînées comme dans celle des bénévoles.</p>
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		<title>La justice climatique n’attend pas</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/08/la-justice-climatique-nattend-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2019 13:04:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34569</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Khady Konaté et Chloe Rourke, membres du mouvement Notre Moment. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">epuis le début de l’année, le nombre de mouvements environnementaux menés par la jeunesse augmente de manière exponentielle au Canada.Notre Moment, (<i>Our Tim</i>e en anglais, <i>ndlr</i>) est de ceux-là. Avec la justice climatique comme raison d’être, le groupe œuvre pour l’implémentation d’un <i>Green New Deal</i> (une «&nbsp;Nouvelle Donne verte&nbsp;» en français, <i>ndlr</i>) à l’échelle nationale. Chloe et Khady nous ont parlé du fonctionnement du mouvement, de son rôle dans les élections fédérales, et de leurs projets futurs. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)</b> : <i>Pouvez-vous commencer par vous présenter rapidement, ainsi qu’expliquer ce qu’est l’organisation Notre Moment? </i></span></p>
<p class="p2"><b>Chloé Rourke (CR)</b> : Je suis l’une des organisatrices de Notre Moment, un mouvement qui est en partenariat avec <i>350.org</i>. Nous sommes le chapitre montréalais, mais il existe d’autres chapitres dans tout le Canada, et notre but premier et de mobiliser les jeunes en soutien d’un <i>Green New Deal</i>, qui est centré autour des enjeux de justice climatique, de droits pour les personnes autochtones et d’une transition juste vers une économie sans carbone, avec des salaires corrects et des emplois verts. Donc, c’est un programme ambitieux auquel nous essayons de rallier spécifiquement les jeunes entre 18 et 35 ans. Le mouvement prend actuellement beaucoup d’ampleur, car ce sont des enjeux que les gens prennent à cœur. Nous savons qu’adresser la question de notre émission carbone et trouver une réponse à la crise climatique représentent des défis énormes, et je pense que le <i>Green New Deal</i> est une réponse à la hauteur de la crise puisqu’il reconnaît le besoin de changements systémiques. Donc voilà, je suis très enthousiaste quant à la direction que prend le mouvement.</p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Khady Konaté (KK) :</b> Je suis aussi l’une des organisatrices. J’ai rejoint le mouvement lorsqu’il a été créé, c’est-à-dire en mai dernier, ou plutôt fin avril. Au début, je faisais partie de la plateforme d’Ottawa, mais j’ai récemment emménagé à Montréal, où j’ai rejoint Chloé ainsi que d’autres organisateur·rice·s incroyables. Je n’ai pas de position précise, vu que l’organisation a une structure très horizontale. Le processus de décision est très égalitaire, tout le monde a l’espace pour dire ce qu’il·elle pense. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>CR </b>: Oui, on n’a pas de structure organisationnelle définie. Je crois qu’aucun des chapitres n’a de poste exécutif d’ailleurs. Il n’y a pas de président·e ou quelque chose comme ça. L’organisation dépend surtout des capacités et des disponibilités de chacun·e·s. Ceux·celles qui ont plus de temps adopteront peut-être une position de <i>leadership</i>, mais aucun rôle n’est fixe. En fonction des aptitudes et du temps que chacun·e peut accorder, certain·e·s se concentreront sur la communication, d’autres sur l’organisation d’événements. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>KK</b> : C’est ça, les préférences de chacun·e·s vont déterminer comment on s’organise et qui fait quoi. Les chapitres s’organisent différemment en fonction du nombre d’organisateur·rice·s, de la communauté dans laquelle il·elle·s se trouvent, s’il y a déjà des mouvements populaires existants dans les communautés… Aussi, une partie importante de notre travail est justement de collaborer avec d’autres groupes, puisque la justice climatique est indissociable de la justice sociale, de la justice raciale et de la justice pour les migrant·e·s. Tout est interconnecté, donc c’est très important de travailler en collaboration. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD :</b> <i>Quelle est l’histoire du </i>Green New Deal<i> ? Pouvez-vous nous parler de ses origines ainsi que de la spécificité d’un </i>Green New Deal <i>canadien?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>CR :</b> Le <i>Green New Deal </i>a été popularisé par Alexandria Ocasio-Cortez et d’autres membres du Parti démocrate aux États-Unis, mais il a surtout émergé à travers le <i>Sunrise Movement</i>, qui est aussi un mouvement dirigé par des jeunes. Ce sont eux·elles qui ont introduit l’idée sur la scène politique et qui l’ont normalisée dans les discours politiques, même si Alexandria Ocasio-Cortez a aussi beaucoup contribué à ça. </span><span class="s1">Dans le contexte canadien, des discussions au sujet de quelle forme prendrait un<i> Green New Deal </i>national sont en train d’avoir lieu à travers tout le pays. Les syndicats en parlent, les communautés de travailleurs et de travailleuses en parlent également, pour essayer de penser des métiers verts et durables. Aussi, ceci se fait en dialogue avec les communautés autochtones. D’après ce que j’ai pu lire et voir, beaucoup de communautés autochtones sont aux premiers rangs de ces projets. Donc, c’est quelque chose qui est en évolution perpétuelle, qui n’a pas une vision fixe. Et je pense que c’est ça qui est primordial et qui assure le succès du <i>Green New Deal</i>, c’est le fait d’avoir des conversations avec les communautés concernées en premier lieu. Parce que l’idée de transition sera incarnée de manière très différente d’une communauté à une autre. Ça ne devrait pas être un projet descendant, du haut vers le bas. Il faut centrer le dialogue autour de personnes et de communautés qui sont marginalisées par le système politique et économique actuel. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>CR</b>: En ce moment, nous concentrons la majorité de nos efforts sur les élections et l’approbation des candidat·e·s. Vu que nous sommes un tierce parti enregistré, nous pouvons approuver des candidat·e·s et aider ceux·celles qui soutiennent le <i>Green New Deal</i> à se faire élire. Donc c’est là que nous concentrons nos efforts actuellement. De plus, nous continuons à faire grandir le mouvement, et de proposer un espace pour les jeunes qui ne sont pas scolarisé·e·s et qui ne sont donc pas inclu·e·s dans les mouvements étudiants environnementaux qui sont particulièrement actifs, ici à Montréal. Nous sommes là pour leur permettre de se joindre au mouvement environnemental plus large, au-delà des universités et des écoles.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s2">Il faut centrer le dialogue autour des communautés qui sont marginalisées par le système économique actuel</span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD :</b> <i>Vous n’êtes pas affilié·e·s à un parti politique en particulier. Comment fonctionne votre rapport aux différents partis, et quelle est la relation que vous entretenez avec eux en amont des élections?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>KK </b>: Alors, quand j’étais à Ottawa, nous avions un groupe de travail dont le rôle était de répertorier et de faire des recherches sur tous·tes les candidat·e·s pour que tous·tes les membres de Notre Moment Ottawa puissent savoir quel était le programme, le positionnement, les valeurs et les engagements passés de chaque candidat·e sur les enjeux liés à la justice climatique. De cette manière, nous pouvons décider qui approuver ou non. D’ailleurs, à Ottawa, personne n’avait été approuvé·e avant la semaine passée, parce que nous fonctionnons sur un système de consensus, donc si une personne ne veut pas approuver un·e candidat·e, tout le monde respecte cette décision, et l’approbation ne passe pas. </span></p>
<p class="p1"><b>CR :</b> Pour ce qui est de Montréal, nos critères d’approbation sont similaires, ainsi, ils sont articulés autour de la justice climatique. Nous cherchons à approuver les candidat·e·s qui promulguent et défendent un <i>Green New Deal </i>dans leurs projets de campagne. Le NPD (Nouveau Parti démocratique <i>ndlr</i>) a par exemple intégré le <i>Green New Deal</i> à sa plateforme, et le Parti vert est centré autour d’enjeux climatiques, donc de fait, ce sont les deux partis que nous allons le plus soutenir, bien que nous ne leur sommes pas affiliés.</p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KK :</b> Aussi, j’ajouterais au sujet de notre statut d’organisation pluripartite que ce n’est pas que nous ne voulons pas approuver des candidat·e·s du Parti conservateur ou du Parti libéral en soi. C’est simplement qu’aucun·e d’eux·elles n’a démontré qu’il·elle soutiendrait un <i>Green New Deal</i> s’il·elle était élu·e.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>CR :</b> C’est ça, nous ne voulons pas travailler avec un seul parti, car la crise climatique et environnementale n’est pas un enjeu partisan. Ce que nous voulons, c’est trouver une solution à cette crise. À quoi cette solution va ressembler précisément, comment elle sera mise en œuvre et par qui sont des questions qui restent encore à être définies.</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD :</b> <i>À ce sujet, avez-vous été affecté·e·s, en tant qu’organisation œuvrant pour la justice climatique, par la décision d’Élections Canada de donner aux groupes environnementaux le statut de partisans?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KK :</b> Il y a eu beaucoup de confusion au moment où cette décision a été prise par Élections Canada. Donc nous sommes déclaré·e·s en tant que tierce parti, mais cela n’affecte pas tellement comment nous nous mobilisons et les actions que nous faisons. </span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>CR </b>: Mais le fait de devoir s’enregistrer en tant que tierce parti est déjà un élément important en soi. Après, ce n’est pas nous qui avons eu à gérer ça directement, c’est <i>350.org </i>qui s’en est occupé, vu que ce sont eux·elles qui gèrent ces tâches administratives et légales-là. Donc pour nous, ça allait, mais je sais que pour d’autres organisations communautaires qui n’avaient pas le budget légal pour effectuer la démarche, cette décision d’Élections Canada a été un véritable obstacle à leur travail puisque si elles ne se déclaraient pas en tant que tierce parti, elles risquaient d’enfreindre la Loi électorale. Donc si nous n’avions pas eu ces ressources-là, cela aurait vraiment affecté nos capacités à approuver et à soutenir </span><span class="s3">les candidat·e·s.</span></p>
<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 1368px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34572 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2.jpg" alt width="1368" height="1824" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2.jpg 1368w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2-330x440.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2-768x1024.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2-750x1000.jpg 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2019/10/S-NotreMoment2-850x1133.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1368px) 100vw, 1368px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Courtoisie de Notre Moment</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><b>LD</b> : <i>D’après vos réponses, il apparaît que vous travaillez vraiment sur un double front. D’un côté, vous informez, mobilisez et recrutez les citoyen·ne·s ; de l’autre, vous vous adressez directement aux partis politiques et faites pression sur eux. Comment conciliez-vous, en termes concrets, ces deux aspects de votre mission?</i></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KK</b> : En fait, tout l’intérêt d’approuver et de soutenir certain·e·s candidat·e·s est qu’ensuite, s’ils·elles sont élu·e·s, ils·elles ont une responsabilité à notre égard, ils·elles se doivent de respecter les engagements qu’ils·elles ont pris durant la campagne. C’est pour ça que Notre Moment va continuer d’exister après les élections, pour pouvoir continuer à faire pression sur les élu·e·s. Nous serons là pour leur rappeler quels engagements ils·elles ont pris, et pour informer le public de ces engagements et de le tenir informé de si ces derniers sont respectés ou non. </span></p>
<p class="p1"><b>CR </b>: Aussi, même si les personnes que nous avons soutenues ne sont pas élues, nous voulons être présent·e·s pour rappeler au gouvernement sa responsabilité vis-à-vis de la population, peu importe le parti qui accède au pouvoir. Ainsi, les deux aspects de notre mission sont étroitement liés.<span class="s2"> En plus du travail avec les candidat·e·s, à ce stade, nous faisons beaucoup de démarchage pour essayer de faire grandir le mouvement dans son ensemble et ensuite trouver notre place dans le plus large mouvement environnemental québécois. Donc voilà, on fait ça, et puis on essaie de rendre les candidat·e·s que nous avons soutenu·e·s le plus visible possible, et nous encourageons les gens à prendre connaissance de ces candidat·e·s et ensuite de voter avec le climat comme enjeu majeur en tête. Après les élections, nous repenserons notre agenda et déterminerons quelle direction nous voulons prendre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s3"><b>LD </b>: <i>Lorsque vous allez à la rencontre des citoyen·ne·s ici à Montréal, quelles sont les réactions et les réponses que vous recevez à l’évocation d’un </i>Green New Deal <i>canadien?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>KK </b>: De ma propre expérience de démarchage, j’ai pu constater que les gens sont inquiets pour leur travail et leur revenu, ce qui est totalement compréhensible. Donc quand on parle du <i>Green New Deal</i>, il faut insister sur le fait qu’un pilier central de ce projet est de soutenir les travailleur·euse·s tout au long de la transition. Le mot «&nbsp;transition » en lui-même peut faire peur, mais lorsqu’on prend le temps d’expliquer ce que ce mot veut dire, ce qu’il implique à différentes échelles, les gens sont d’accord. Lorsque nous parlons de transition comme soutien des communautés marginalisées et d’une <i>vraie</i> réconciliation avec les populations autochtones, les gens sont d’accord. Ainsi, le <i>Green New Deal</i> est un projet évolutif et qui s’adapte à la réalité de différents individus et communautés. Les gens ont conscience que notre société a besoin d’un projet transformateur, et peut-être que le <i>Green New Deal </i>est justement le projet en question.</span></p>
<p class="p4"><strong><span class="s2">Informations utiles</span></strong></p>
<p class="p5"><span class="s2">Pour recevoir les courriels de </span><span class="s2">Notre Moment:</span></p>
<p class="p5" style="padding-left: 40px;"><span class="s2">Envoyer «&nbsp;VOTE » au 67076 </span></p>
<p class="p5" style="padding-left: 40px;"><span class="s2">ou visiter la page <a href="https://our-time.ca/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">https://our-time.ca/</a></span></p>
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		<title>Mener une action collective directe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/10/mener-une-action-collective-directe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2019 14:39:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Noah Fisher, membre du collectif La planète s’invite à l’Université.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">réée en mars 2019, la branche mcgilloise du mouvement étudiant québécois La planète s’invite à l’Université<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>(LPSU) est une jeune organisation dotée de grandes ambitions. Mobiliser les étudiant·e·s lors des marches pour le climat, rencontrer les associations de McGill pour les inciter à faire grève, formuler les demandes adressées à l’institution pour faire progresser la cause de la justice climatique sont tout autant de projets que le groupe mène de front. Noah Fisher, membre de LPSU McGill, s’est entretenu avec <i>Le Délit</i> pour nous fournir plus de détails.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Le Délit (LD)</b> : <i>Peux-tu présenter l’organisation La planète s’invite à l’Université McGill ?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>Noah Fisher (NF) </b>: LPSU McGill est affiliée au mouvement québécois La planète s’invite à l’Université (qui regroupe plus d’une dizaine d’universités et de CEGEP au Québec, <i>ndlr</i>), mais nous fonctionnons de manière assez indépendante, du fait de besoins différents qui émergent entre une organisation francophone et une université anglophone. Essentiellement, nous sommes une organisation autonome non hiérarchique fondée sur un système de consensus dont le but principal est de promouvoir la justice climatique grâce à une action collective directe. Nous sommes donc un groupe politique, et non pas un groupe promouvant le développement durable. Ce que nous faisons en ce moment, c’est essayer de mobiliser les étudiants, avoir une action collective directe construite autour de grèves et promouvoir des assemblées générales.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>LD </b>: <i>L’objectif de LPSU McGill est d’organiser une grève de grande ampleur, dans le but d’amener </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><i>l’administration à répondre aux demandes concrètes du mouvement. Quelles sont ces demandes?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>NF </b>: La première est le désinvestissement des énergies fossiles. Il y a déjà le groupe <i>Divest McGill</i> qui œuvre pour ça, et nous ne voulons pas empiéter sur leurs actions, mais c’est quand même une de nos demandes. Par ailleurs, McGill a énormément de contrats de recherche en énergies fossiles, notamment avec Shell, aussi connu sous le nom de <i>Imperial Oil,</i> donc on conteste la recherche faite avec le pétrole et l’argent que l’Université déverse dans le pétrole. Nous demandons aussi des efforts de démilitarisation, à cause de la nature même de l’armée, le gâchis qu’elle cause, son injustice inhérente… Tous ces éléments ont un lien avec la justice climatique. Nous avons d’autres demandes qui ne seront pas formulées avant encore quelques semaines.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>«Nous voulons que l’intersectionnalité soit au </b></span><span class="s2"><b>cœur </b></span><span class="s1"><b> de nos demandes et de notre mode d’organisation»</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1">En ce qui concerne les demandes du mouvement à l’échelle nationale, il me semble qu’elles réclament un système éducatif environnemental pensé par et pour les étudiants, et des investissements transparents ainsi que le désinvestissement. Une demande temporaire qui a été formulée lors de la marche de mars dernier est que UNDRIP soit incorporée dans la loi canadienne (UNDRIP, ou DNUDPA en français, est la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, <i>ndlr</i>). Cette mesure témoigne du besoin d’un mouvement intersectionnel. On ne veut pas faire les choses à moitié. Beaucoup de mouvements environnementaux parlent d’intersectionnalité, mais ne l’appliquent pas réellement dans leur fonctionnement. Nous voulons non seulement que notre manière de nous organiser soit intersectionnelle, mais que l’intersectionnalité soit aussi au cœur de nos demandes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3"><b>LD</b> : <i>Quels sont vos principaux modes d’organisation et plans d’action pour mettre ces demandes en œuvre?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>NF</b> : En gros, l’organisation essaie d’utiliser les grèves étudiantes et les actions collectives pour forcer la main du gouvernement, en plus d’actions directes à la façon de XR (Exctinction Rebellion, <i>ndlr</i>) et de travailler avec d’autres groupes. Nous espérons prendre le pouvoir entre nos mains, et l’utiliser pour mettre en œuvre nos demandes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>U</i></span><span class="s3"><i>ne manifestation mondiale pour le Climat se tiendra le 27 septembre, à laquelle vous participez. Quels sont les éléments sur lesquels vous allez concentrer vos efforts et qu’espérez-vous obtenir de cette manifestation?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s2"><b>NF</b> : Cette grève représente en quelque sorte le début d’un plus grand mouvement. On espère que ce genre d’action, qui combine des grèves de courte durée et une manifestation, aboutisse à une grève illimitée beaucoup plus conséquente. Avec une grève d’un jour comme celle-ci, nous espérons qu’elle contribuera à nous aider à nous construire, et à solidifier le mouvement. Car malheureusement, ce n’est pas une seule journée de grève qui va retenir l’attention du gouvernement. Peut-être qu’avec les élections qui arrivent, ils commenceront à en parler, peut-être que Québec solidaire arborera un cercle vert (le badge en feutre vert est le symbole du mouvement LPSU, <i>ndlr</i>) et prétendra nous soutenir, mais concrètement, nous visons plutôt le long terme que le court terme. Pour ça, on aimerait beaucoup travailler avec les syndicats, mais malheureusement, les lois fédérales du travail l’interdisent.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> :<i> </i></span><span class="s2"><i>Vos demandes s’adressent directement à l’administration – avez-vous réussi à obtenir une réponse de leur part? Un dialogue a‑t-il été établi?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>NF</b> : Non. La réponse ici est facile : aucune réponse.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Depuis votre création en mars 2019, sentez-vous tout de même un changement de mentalité ou un plus fort engagement à l’égard des questions environnementales de la part du corps étudiant, de l’administration ou des associations étudiantes?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>NF</b> : C’est difficile à dire. Quand on a organisé la marche et la grève de mars dernier, tout s’est fait à la dernière minute. L’organisation de la marche a vraiment débuté deux semaines avant. Donc à ce moment-là, à McGill, on n’a pas eu le temps de faire appel à beaucoup de monde, mais on était pris dans l’euphorie qui accompagne la création d’un mouvement parti de rien, et une mobilisation d’une telle ampleur. Mais maintenant, on a commencé à entrer en contact avec les associations des différents départements de McGill pour leur présenter notre projet de grève générale, et beaucoup semblent un peu… sceptiques et un peu froides. Je pense qu’elles veulent aider, mais McGill a une autre compréhension de ce que signifie l’action collective. Pour elles, c’est seulement ceux qui sont déjà mobilisés qui vont faire des choses. J’espère qu’au fur et à mesure de l’année, elles se rendent </span>compte que l’action collective fait appel à tout le monde et qu’elles peuvent participer. Donc les associations rattachées aux différentes facultés et départements de McGill sont encore sceptiques vis-à-vis de ce modèle d’action, mais les organisations étudiantes et les groupes activistes, eux, nous soutiennent beaucoup.</p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD</b> : <i>Enfin, une question un peu plus personnelle pour clore l’entrevue : quelle est l’émotion dominante chez toi lorsque tu penses à la crise climatique et écologique? Est-ce que faire partie d’une organisation comme LPSU permet d’altérer ou d’atténuer cette émotion?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>NF</b> : Je pense que c’est l’exaspération et la frustration. J’ai commencé par m’impliquer avec <i>Divest</i>, et plus je travaillais avec l’administration et découvrais les complications de la bureaucratie, plus je me suis rendu compte que les personnes avec qui j’essayais de travailler n’étaient pas sincères. Notre rhétorique était la suivante : regardez toutes ces injustices, regardez les évidences pratiques ; nous avons toutes les preuves dont nous avons besoin, pourquoi est-ce que vous ne faites rien? Je ressentais de la colère, en me disant qu’ils n’en avaient rien à faire, qu’ils avaient leurs propres intérêts. Il n’est plus question de manque d’information ou d’éducation. Maintenant, il est question de capitalisme et d’intérêts égoïstes. Cette colère, cette désillusion, ce désenchantement se sont transformés en quelque chose du genre : « okay, faisons de l’action directe. » S’ils ne veulent pas nous écouter, il faut les forcer à le faire.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Propos recueillis et traduits de </i></span><span class="s1"><i>l’anglais par </i></span><span class="s1">Béatrice Malleret</span></p>
<p class="p5">
</p><p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/09/10/mener-une-action-collective-directe/" data-wpel-link="internal">Mener une action collective directe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Forçons-nous à contrer nos biais</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/03/forcons-nous-a-contrer-nos-biais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Sep 2019 14:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33998</guid>

					<description><![CDATA[<p>La section Société se présente et vous livre ses objectifs.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">Au mois de mai dernier, les quatre groupes de défense démocratique et environnementale <i>LeadNow.ca</i>, <i>Canada 350</i>, <i>North 99</i> et <i>Our Time, </i>dans le cadre des élections fédérales, ont lancé une pétition exigeant à Radio-Canada/CBC la tenue d’un débat des chef·fe·s qui porterait exclusivement sur la question de l’urgence climatique. Plus de 48 000 signatures ont été récoltées et une forte pression a été exercée sur Radio-Canada, incluant une manifestation devant ses studios en juillet 2019. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En plus de souligner que les dérèglements climatiques auxquels fait actuellement face le Canada ainsi que le reste du monde sont d’une gravité telle que ce sujet ne devrait pas être qu’un point de débat parmi tant d’autres, ces demandes font aussi réfléchir sur la responsabilité des médias quant à leur rôle au sein de nos sociétés. Ils se doivent non seulement d’informer de manière exacte, mais aussi de contribuer à amoindrir le biais de confirmation dont nous sommes tou·te·s victimes&nbsp;; nous accordons tou·te·s plus de poids aux informations qui nous confortent dans nos opinions existantes. Et ce, en ignorant ou en décrédibilisant les voix qui remettent en question ces dernières, ce qui rend la communication entre différents groupes au sein d’une même communauté d’autant plus difficile. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Bien que médias et journalistes soient évidemment aussi sujets à ce biais de confirmation, il·elle·s ont le pouvoir – et le <i>devoir</i> – de replacer au centre des discussions les sujets et les personnes que l’on choisit souvent d’ignorer par peur, par incompréhension ou par refus de se remettre en question à la fois collectivement et individuellement. À petite échelle, et en saisissant pleinement la complexité et l’envergure qu’une telle tâche représente, la section Société du <i>Délit</i> essayera, tout au long de l’année, d’assumer la responsabilité de prioriser les perspectives sous-représentées dans les grands médias, et ce, spécialement dans le cadre d’un campus majoritairement canadien et très privilégié. La section sera, comme durant le semestre d’hiver 2019, divisée en deux catégories distinctes mais complémentaires : Opinion et Enquête. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Des opinions et des faits </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Le titre « Opinion » est quelque peu réducteur, car cette sous-catégorie de la section englobe en réalité plusieurs formats possibles : témoignages, entrevues, tribunes, analyses… Le mot société est vaste, et les sujets qui peuvent être couverts le sont bien plus encore. Nous espérons qu’ils refléteront la diversité des expériences qui marquent les étudiant·e·s francophones de McGill.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La particularité de la section Société est qu’elle permet d’exprimer un point de vue et même d’initier au sein de ses pages un débat, d’une semaine à une autre, entre un·e auteur·rice et un·e autre. Le but étant de s’exposer à des idées et des vécus qui ne sont pas forcément les plus répandus, toujours de manière respectueuse, inclusive et informée. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Contrer le sensationnel </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Au printemps dernier, un sondage créé par la Fondation pour le journalisme canadien révélait que près de 52% des canadien·ne·s lisaient les nouvelles via leurs réseaux sociaux, et cette tendance est encore plus visible chez les milléniaux : pour eux, c’est 70%. Sur ces plateformes, et au fur et à mesure des réactualisations de nos <i>feeds</i>, les informations sous forme d’alertes semblent aussi vite apprises qu’oubliées, sans pour autant avoir obtenu toutes les réponses. La section Société, une fois par mois, publiera une enquête ou un reportage qui prendra toutes ses pages. Ceux-ci seront le produit de plusieurs semaines de recherches et de rencontres, pour contrebalancer ce phénomène en tentant de répondre au plus de questions possibles<i>.</i></span></p>
<p class="p8"><span class="s3">Dans le contexte de McGill même, et par le biais de ses journaux étudiants, des flots d’informations nous sont communiqués chaque semaine&nbsp;: nouveau mouvement étudiant, règlement ou loi qui viennent d’être passés, initiative tout juste créée… La section enquête tentera de dépasser la dimension spontanée de la nouvelle et d’exposer les éléments souvent omis lorsque l’on parle de ces évènements. Par exemple : comment le mouvement s’est-il formé&nbsp;? Quels peuvent être les obstacles rencontrés lorsqu’on tente de créer un mouvement étudiant qui exercerait une réelle influence?</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Qu’elle soit sous forme de reportage ou d’enquête, cette deuxième composante de la section Société tentera d’examiner à la loupe des sujets donnés, mais aussi de rendre plus transparents des enjeux qui nous semblent parfois trop grands et inaccessibles. </span></p>
<p class="p6">
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		<title>Voyage aux confins de la raison</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/voyage-aux-confins-de-la-raison/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 13:12:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Le Délit et des livres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Gabriel García Márquez]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retrouvez l’œuvre marquante de la semaine: Cent ans de solitude.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/voyage-aux-confins-de-la-raison/" data-wpel-link="internal">Voyage aux confins de la raison</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Sur la quatrième de couverture du livre de seconde main que je tiens entre les miennes, un peu moites, il est écrit&nbsp;: «&nbsp;<i>Peu de romans ont la capacité de changer la vie des gens. </i>Cent ans de solitude <i>(1967) est un de ceux-là.</i>&nbsp;» Plutôt que de me conforter dans la décision d’entamer ce monument de la littérature colombienne et mondiale, le commentaire de W.&nbsp;L. Webb, journaliste au <i>Guardian</i> m’ébranle. Il révèle l’immense notoriété de cette œuvre et l’entoure d’une obligation non seulement de la lire, mais aussi de l’aimer. Ainsi, si j’ai pioché cet ouvrage-là dans la bibliothèque poussiéreuse de mes parents, c’est surtout parce qu’il me semblait, à l’époque que toute personne prétendant à une culture littéraire quelconque se doit d’avoir lu et apprécié une fois dans sa vie –même si c’est dans un passé lointain et flou– Gabriel García Márquez.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Avec une conscience aiguë des motivations discutables qui m’animent, mais disposée néanmoins à voir ma vie changée, je m’installe confortablement dans un fauteuil et entame ma lecture. Les premières pages effacent immédiatement les discours entourant le livre et m’aspirent dans un univers à mille lieues des critiques savantes des bibliophiles. Cet univers, si éloigné de ceux que j’ai l’habitude de côtoyer – que ce soit dans les livres ou dans la vie – en est un où une sorcellerie épique se heurte à une réalité crue, impitoyable et totalement enivrante.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce serait un exercice infructueux et perdu d’avance que d’essayer de résumer <i>Cent ans de solitude </i>dans un article de 500 mots. Ce roman a l’allure d’une fresque géante dont les myriades de personnages, de lieux et d’histoires s’entrecroisent et se déclinent en une quantité infinie de couleurs et de textures. Peut-être une manière plus efficace de donner un aperçu de cette saga qui relate l’histoire de la famille Buendía sur dix générations serait donc de dresser le portrait de quelques-uns de ses personnages. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">José Arcadio Buendía, le patriarche de la famille, fonde au tournant du siècle la ville fictive de Macondo. Cette bourgade marécageuse cachée au cœur de la Colombie deviendra le théâtre des naissances et des exécutions, des miracles et des inventions qui rythment la temporalité étrangement cyclique du roman. Rendu fou par son obsession pour les enseignements ésotériques, José Arcadio Buendía met le récit en branle mais disparaîtra assez tôt, finissant ses jours dans les premiers chapitres, attaché à un arbre devant l’habitation des Buendía. Sa femme, Úrsula Iguarán, vivra quant à elle jusqu’à 140 ans et passera son temps à essayer d’empêcher les cinq générations suivantes de détruire tout ce qu’elle aura laborieusement construit – des murs de la maison aux liens invisibles qui unissent les membres hétéroclites de cette immense famille.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le Colonel Aureliano Buendía, José Arcadio, Amaranta, Remedios la belle, Rebecca, Aureliano Segundo, Fernanda del Carpio ne sont qu’un échantillon des fils, filles, neveux, belles-filles et cousines par alliance de José Arcadio et Úrsula Buendía. Leurs folles aventures d’amour, de guerre, de piété et d’inceste constituent une partie majeure de ce roman et s’imbriquent dans l’histoire réelle –mais tout aussi complexe et pleine de trous, de la Colombie du début du XX<i>e</i> siècle. C’est pour cette raison que <i>Cent ans de solitude</i> est considéré comme l’incarnation parfaite du réalisme magique, genre artistique et littéraire que Gabriel García Márquez explore dans plusieurs autres de ses romans.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Non sans peine et après de longs mois de lecture, j’arrive au bout de <i>Cent ans de solitude</i>.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Je ne saurais dire si celui-ci a changé ma vie. Mais une chose certaine est qu’il a repoussé les limites de mon imaginaire à des recoins dont j’ignorais </span><span class="s3">auparavant l’existence.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/04/02/voyage-aux-confins-de-la-raison/" data-wpel-link="internal">Voyage aux confins de la raison</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Revendiquons la justice climatique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/19/revendiquons-la-justice-climatique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2019 13:26:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[capitaliste]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[justice climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[powershift]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rassemblement PowerShift exige un changement radical. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/02/19/revendiquons-la-justice-climatique/" data-wpel-link="internal">Revendiquons la justice climatique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">es trois jours que je viens de passer à Ottawa pour la conférence PowerShift ont été un véritable ascenseur émotionnel et intellectuel. Au rythme soutenu des panels et ateliers, où les idées fusaient et les débats étaient animés, se succédaient des moments de flottement durant lesquels j’essayais, tant bien que mal, d’intégrer et de faire sens de toutes les nouvelles choses que je venais d’apprendre. Mon état d’esprit se calquait sur la multiplicité des discours entendus, et comme eux, oscillait en permanence entre un optimisme combatif et une lassitude résignée.</span></p>
<p class="p2">L’événement, organisé entièrement par des jeunes, était construit autour du thème de la justice climatique. Comme le requiert un tel sujet, il relevait d’ailleurs autant d’un rassemblement activiste que d’une conférence classique. Le constat que nous nous précipitons collectivement vers un effondrement climatique provoqué quasi-unilatéralement par le système capitaliste –lui-même régi par des idéologies coloniales et néolibérales – constituait le principe sous-jacent de toutes les discussions. Ce constat étant partagé par tou.te.s, l’ordre du jour n’était donc pas de se pencher sur les tenants scientifiques du dérèglement climatique, mais adressait davantage<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>la question de comment s’organiser pour répondre à ce changement radical de nos écosystèmes, aussi bien à l’échelle locale que nationale et internationale.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un programme intersectionnel</b> </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La programmation du week-end était extrêmement dense. Les journées commençaient à 9h et se terminaient rarement avant minuit. À chaque session, il fallait choisir parmi onze ateliers, <i>keynotes</i> ou activités interactives touchant à des thématiques variées, mais souvent complémentaires. PowerShift ayant eu lieu sur les terres non-cédées de la nation algonquine Anishinabeg et la question des droits des populations autochtones étant inséparable de celle de justice climatique au Canada, l’un des six thèmes qui structuraient la conférence était celui de « perspectives autochtones ». Les cinq autres étaient : «&nbsp;L’art du récit, numérique et médias&nbsp;», «&nbsp;Organisation et mobilisation&nbsp;», « Bâtir des mouvements intersectionnels », «&nbsp;Actions directes non violentes&nbsp;» et «&nbsp;Art et résistance&nbsp;». Ainsi, en une seule journée j’ai pu entendre le point de vue de Manon Massé sur le rapport qu’entretient la jeunesse avec la politique, travailler en petit groupe pour devenir des allié·e·s respectueux·ses et efficaces dans la lutte des populations autochtones pour leurs droits et passer en revue les différentes actions de désobéissance civile en Europe de l’Ouest. Couvrir des problématiques propres au Canada ainsi que des enjeux plus globaux m’a permis de prendre conscience des liens étroits qui unissent tous les différents combats pour la justice climatique. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Mais malgré la place centrale de l’intersectionnalité au sein du mouvement et de la conférence, je n’ai pu m’empêcher de sentir dans certaines circonstances que l’envergure de la tâche nécessitait une focalisation sur une bataille spécifique. Ainsi, au même titre qu’il fallait choisir entre deux panels se déroulant simultanément, un engagement implique-t-il de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>choisir une cause aux dépens d’une autre ?</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ces doutes et questions se dissipaient dès lors que l’on passait de questionnements théoriques à des actions concrètes. Parmi ces dernières, la fabrication de marionnettes et de bannières pour la manifestation dans Ottawa ou le slam de poésie organisé par la poète, professeure et activiste El Jones donnaient lieu à des sentiments de solidarité intense. Peu importe que nous entonnions des chants contre la fracturation hydraulique, imprimions des<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>affichesanticapitalistes ou dansions au rythme de la musique du groupe Silla + Rise, nous étions dans ces momentslà tou·te·s rassemblé·e·s derrière une cause unique, qui semblait soudainement atteignable.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Optimiste et réaliste ? </b></span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette solidarité s’est particulièrement fait ressentir lorsque que nous avons pris d’assaut, dimanche après-midi, la patinoire du canal Rideau pour interagir avec la foule qui s’y baladait et leur proposer de se mobiliser pour la création d’un Green New Deal canadien. Le Green New Deal est une stratégie élaborée par des politicien·ne·s, journalistes et intellectuel·le·s américain·e·s qui vise à une transition radicale et complète vers les énergies vertes. Celle-ci s’effectuerait de pair avec la transformation et la création de suffisamment d’emplois pour que transition écologique et stabilité économique pour les personnes en situation de précarité puissent se réaliser de concert. Un Green New Deal canadien se traduirait par une emphase particulière sur les droits des travailleur·euse·s autochtones et immigré·e·s, qui comptent actuellement parmi les personnes les plus touchées par le dérèglement climatique et les plus exploitées par le système capitaliste en place. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Discuter de questions environnementales avec des personnes inconnues, de tout âge, dans l’un des lieux les plus touristiques de la capitale canadienne a eu l’effet d’un réveil brutal. En effet, nous venions de passer trois jours à discuter entre nous d’une catastrophe imminente et globale pour laquelle il semble évident que la seule réponse possible soit une mobilisation d’envergure planétaire. Et bien que nous nous informions et débattions des manières de procéder, nous étions tou·te·s d’accord sur le fait qu’il est impératif d’agir. Que ce soit à PowerShift ou dans les cercles que je fréquente à Montréal, la discussion autour de l’effondrement écologique est omniprésente. Ainsi, à cause d’un biais cognitif trop facile à avoir, j’ai cru que mon vécu et mes préoccupations s’appliquaient à l’ensemble de la population. Or la réalité est toute autre. Ce que j’ai découvert en parcourant le canal Rideau, tentant, souvent sans succès, d’interpeler des patineur·euse·s, est que la vaste majorité des Canadien·ne·s ne sont pas ou peu informé·e·s sur le sujet, ou pire, y sont complètement indifférent·e·s.</span></p>
<p class="p2">Cette tentative de mobilisation était la dernière activité que j’ai faite dans le cadre de PowerShift et encapsulait parfaitement le sentiment qui ne m’a pas quitté tout au long du week-end. Une profonde angoisse se mêlait à la fierté de prendre part à une telle mobilisation ; où une impression d’illégitimité est couplée avec la certitude d’avoir le soutien et les informations nécessaires pour agir.</p>
<p class="p2">De retour à Montréal, c’est la fatigue qui domine désormais. Mais aussi l’intime conviction que je préfère savoir, et donc accepter le poids et la responsabilité de cette connaissance, plutôt <span class="s5">que de m’enfouir la tête dans le sable et d’attendre que ça passe. Car ça ne passera pas. </span></p>
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		<item>
		<title>Qui est Kent Monkman ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/12/qui-est-kent-monkman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2019 14:54:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'art]]></category>
		<category><![CDATA[Kent Monkman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=33332</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une brève introduction à l’artiste, son œuvre et son alter-ego.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e critique d’art Hal Foster écrit à propos des artistes d’archives « qu’iels cherchent à rendre l’information historique égarée ou occultée présente physiquement. » Si Kent Monkman ne se définit pas lui-même comme tel, son travail réalisé ces deux dernières décennies illustre de manière probante la définition de Foster. Qu’il s’agisse de peintures monumentales, d’installations immersives ou de performances volontairement provocatrices, les œuvres de Monkman se réapproprient et détournent une imagerie coloniale encore institutionnalisée pour mettre en lumière de multiples narrations autochtones auparavant réduites au silence. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette exploitation des canons de l’histoire de l’art occidentale, où une parfaite imitation technique permet à l’artiste de soulever avec une ironie cinglante la question de l’authenticité des œuvres que lui-même « plagie&nbsp;», n’a pas toujours fait partie du processus créatif de Monkman. L’artiste de descendance crie et irlandaise a en effet débuté sa carrière en explorant le genre abstrait. Mais cette technique picturale s’est rapidement avérée inadéquate pour exprimer une idée qui l’animait depuis le début – celle de transmettre une partie du vécu et de la culture des populations autochtones tout en dénonçant le traitement que ces dernières subissent depuis plus de 400 ans. C’est ainsi qu’il se plonge dans les archives connues et moins connues du patrimoine canadien, américain et européen et qu’il commence à employer la peinture figurative pour émettre un commentaire politique sur des travaux jugés auparavant seulement pour leurs qualités artistiques. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Monkman e(s)t Miss Chief </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">L’époque durant laquelle Monkman se tourne vers le figuratif coïncide avec l’émergence dans son travail de la figure de Miss Chief Eagle Testickle. Née de sources d’inspirations diverses, Miss Chief est l’alter ego trans de l’artiste, présente dans la majorité de ses œuvres. Arborant généralement des talons d’une hauteur vertigineuse, elle porte une coiffe en plume typiquement « indienne », aussi longue que la liste des clichés nourris à propos des cultures autochtones. La célèbre chanson <i>Half-Breed</i> de Cher et les êtres de deux esprits – historiquement des personnes autochtones considérées comme appartenant au troisième genre – ont contribué à la construction de l’identité de Miss Chief. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">En usant à outrance des clichés sur le genre et la race pour pouvoir mieux les renverser, Miss Chief voyage à travers les époques et va à la rencontre de la figure du colon blanc. Avec beaucoup d’humour et autant de références culturelles que religieuses, Miss Chief inverse les rôles que nous n’avons que trop l’habitude de voir : elle devient la figure dominante qui fait de l’homme blanc ce dont elle a envie. Ainsi, dans le tableau <i>The Daddies</i>, on peut la voir posant nue devant les pères de la Confédération. Dans <i>Study for Artist and Model</i>, elle entreprend le portrait ethnographique d’un cow-boy dont le jean est baissé autour de ses bottes et dont le corps est transpercé de flèches, rappelant la figure chrétienne de Saint-Sébastien. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Ainsi, Kent Monkman et Miss Chief abordent – le plus souvent avec humour – des sujets qui ont des répercussions à la fois individuelles (pour l’artiste) et collectives (pour la communauté Crie et les populations autochtones plus largement). Si ce regard cynique est presque toujours présent, le travail de Monkman ne perd jamais de sa solennité et adopte parfois un ton plus grave lorsqu’il traite de plaies encore ouvertes. Ce ton est celui qui domine dans l’exposition <i>Honte et Préjugés, Une Histoire de Résilience</i>, l’exposition au musée McCord qui a ou</span><span class="s1">vert ses portes le 8 février.</span></p>
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		<title>Un passé colonial encore d’actualité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/01/29/un-passe-colonial-encore-dactualite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2019 14:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[décoloniser]]></category>
		<category><![CDATA[decolonize mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[institutions]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[passé colonial]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Decolonize McGill » révèle la persistance des structures coloniales.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">L’Université McGill n’a pas participé indirectement et malgré elle au processus de colonisation sur lequel s’est construit l’État canadien. En tant qu’institution occidentale vieille de presque deux siècles, elle en a été l’un des principaux tenants, formant les personnes et produisant les théories qui ont implanté un système d’oppression systématique et brutal encore à l’œuvre aujourd’hui. Ce constat formulé par le professeur adjoint de la Faculté d’Éducation, Philip Howard, laisse présager l’envergure de la tâche qui est celle de «&nbsp;décoloniser McGill&nbsp;».</p>
<p class="p2"><span class="s1">Cet impératif a servi d’intitulé à la conférence du lundi 21 janvier organisée par Benjamin Delaveau, étudiant en dernière année, et rassemblant trois professeur·e·s, un étudiant et un·e artiste multidisciplinaire qui se sont exprimé·e·s sur le sujet. Ces dernier·ère·s ont expliqué les façons dont McGill perpétue les structures colonialistes et ont partagé leur compréhension de ce qu’est une réelle décolonisation.</span></p>
<blockquote><p>Le projet colonial et la violence extrême qui<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’ont accompagné constituent donc les fondements de notre université, chose que l’institution actuelle a beaucoup de mal à reconnaître</p></blockquote>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Une institution coloniale </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">James McGill (1744–1813), fondateur de l’Université, était un colon écossais, commerçant dans la traite de fourrures et propriétaire de plusieurs esclaves. En léguant la parcelle de terre de 46 hectares sur laquelle est aujourd’hui situé le campus principal, il a fait don d’une chose qui ne lui appartenait pas. L’île Tiohtià:ke/ Montréal est un territoire autochtone non cédé et historiquement un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations. La nation Kanien’keha:ka demeure la gardienne des terres et des eaux de Tiohtià:ke.</span></p>
<p class="p2">Le projet colonial et la violence extrême qui<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’ont accompagné constituent donc les fondements de notre université, chose que l’institution actuelle a beaucoup de mal à reconnaître. À titre d’exemple, la biographie de James McGill sur le site de l’institution omet les éléments problématiques de sa vie et manque cruellement de nuance, le décrivant comme un homme doté d’un «&nbsp;esprit de générosité universelle&nbsp;» <span class="s2">ainsi que d’un «&nbsp;amour durable pour les idées nouvelles et le respect des croyances et opinions d’autrui.&nbsp;» Aucune mention de son oppression des populations autochtones ni de son implication dans l’esclavage transatlantique. De plus, la reconnaissance territoriale de l’Université ne nomme pas explicitement le fait que celle-ci se trouve sur des terres non cédées, préférant des termes plus vagues qui sont de fait moins contraignants. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Ce refus de la part de l’institution de se repencher sur son passé de manière critique perpétue une idéologie colonialiste et entache les efforts de réconciliation que McGill prétend entreprendre. Comme l’a expliqué la professeure Cindy Blackstock lors de la conférence lundi,&nbsp;McGill a une vision très restreinte et occidentale de ce qui constitue le savoir. De ce fait, les cours portant sur les questions autochtones et raciales sont ghettoïsés, ne formant pas à eux seuls des programmes pouvant être pris en majeure. Ceci est seulement une manifestation d’un phénomène bien plus important et insidieux, dont les répercussions sont à la fois idéologiques, matérielles et structurelles. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Des efforts superficiels</b></span></p>
<p class="p5">Dans leur essai intitulé <i>Decolonization Is Not A Metaphor</i> (La décolonisation n’est pas une métaphore, <i>ndlr</i>), Eve Tuck et K. Wayne Yang pointent du doigt le fait que le mot «&nbsp;décolonisation&nbsp;» est trop souvent utilisé de manière générique, plus ou moins équivalent à ou inclus dans celui de justice sociale. Cette abstraction du terme permet aux oppresseur·e·s de se déculpabiliser et de proposer des mesures anecdotiques, afin de ne pas avoir à affronter la réalité de ce qu’une véritable décolonisation signifie dans le contexte canadien: une restitution des terres et des pratiques autochtones.</p>
<p class="p2">McGill est coupable d’une telle abstraction. Ses mesures prises dans le cadre du programme de Vérité et Réconciliation – qui incluent l’ambition de doubler le nombre d’étudiant·e·s autochtones d’ici à 2022 – sont superficielles et problématiques si elles ne s’accompagnent pas de changements structurels. Ces changements devraient se traduire, selon Alanna Thain, la directrice de l’Institut pour le Genre, la Sexualité et les Études Féministes à McGill et l’une des panellistes à la conférence, en un plus grand engagement avec diverses communautés de la ville et une réelle diversification du corps professoral plutôt qu’en des embauches ponctuelles et symboliques. Et pour permettre cela, l’Université doit allouer des fonds conséquents à ces projets et simplifier la bureaucratie qui ralentit actuellement tous projets qui nécessitent des financements. Comme l’a fait remarquer Cindy Blackstock, si McGill prenait des mesures de la sorte, elle n’aurait plus besoin de faire de la publicité pour attirer des étudiant·e·s et professeur·e·s autochtones, car ces dernier·ère·s viendraient par eux·elles-mêmes.</p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Décolonisation ou résurgence? </b></span></p>
<p class="p5">Ainsi, la décolonisation doit être une suite d’actions concrètes. Mais pour beaucoup de personnes autochtones, le mot en lui-même est problématique. Tout comme celui de réconciliation, qui, comme l’a expliqué Tomas Jirousek (le commissaire aux Affaires autochtones de l’AÉUM ayant lancé la campagne #changethename) lors de la conférence, présuppose un retour vers une entente paisible qui aurait existé dans le passé. Or, celle-ci est une illusion. Toute la terminologie employée par l’État canadien et les institutions comme McGill pour se référer au processus de décolonisation s’inscrit en fait dans un mode de pensée occidental. Preuve qu’il est ici question d’une décolonisation de façade qui permet aux oppresseur·e·s de bloquer l’émergence de structures et de modes de vie qui ne sont pas celles·ceux du capitalisme actuel, sous couvert d’une mobilisation pour la réconciliation.</p>
<p class="p2"><span class="s2">Ainsi, selon Philip Howard, une vraie décolonisation demande un effort d’imagination considérable, car c’en est une qui envisagerait les relations entre les peuples autochtones, personnes racisées et colons sur des termes entièrement nouveaux et différents. D’autres mots décrivent d’ailleurs de manière plus juste et personnelle ce processus. Pour Tomas Jirousek, c’est celui de résurgence autochtone. Pour une participante à la conférence, le terme de réimagination a une signification très particulière.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pour Kama La Mackerel, artiste et médiateur·rice culturel·le et dernier·ère panelliste de la conférence, ce processus de transformation se fait en marge des grandes institutions politiques et culturelles, car les déséquilibres de pouvoir sont simplement trop énormes pour faire autrement. Iel croit en la transformation au niveau individuel et le pouvoir de rayonnement que chacun·e d’entre nous peut avoir sur la communauté qui nous entoure. Iel a terminé en nous encourageant à se demander&nbsp;: qu’est-ce que la décolonisation signifie pour moi? </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Comment nous, étudiant·e·s, pouvons agir pour y contribuer véritablement? Car il est bien trop facile de reléguer la tâche aux institutions et de maintenir une distance confortable avec ces problématiques. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Nous devons tou·te·s accepter notre part de responsabilité individuelle, nous informer et nous remettre en cause. Il s’agit également d’accepter, pour celles et ceux d’entre nous que cela concerne, la vérité inconfortable qui est que nous perpétuons par nos actions, nos situations et nos paroles une idéologie colonialiste tout en souhaitant et en pensant la déconstruire.</span></p>
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		<title>La couverture québécoise des mouvements sociaux français doit être remise en question</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jan 2019 13:36:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[gilets jaunes]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face notamment aux violences symboliques quotidiennes, à la pauvreté monétaire et la précarité en général, au présidentialisme ultra-centralisé et exacerbé d’Emmanuel Macron et la crise de l’offre politique, au creusement des inégalités sociales, économiques et territoriales, de nombreux·ses Français·e·s manifestent en continu depuis plusieurs semaines. Les réformes proposées par le gouvernement en réponse à leurs&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2019/01/15/la-couverture-quebecoise-des-mouvements-sociaux-francais-doit-etre-remise-en-question/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La couverture québécoise des mouvements sociaux français doit être remise en question</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Face notamment aux violences symboliques quotidiennes, à la pauvreté monétaire et la précarité en général, au présidentialisme ultra-centralisé et exacerbé d’Emmanuel Macron et la crise de l’offre politique, au creusement des inégalités sociales, économiques et territoriales, de nombreux·ses Français·e·s manifestent en continu depuis plusieurs semaines. Les réformes proposées par le gouvernement en réponse à leurs demandes n’ont pas apaisé la colère de ceux et celles que l’on appelle maintenant les «&nbsp;Gilets Jaunes ».</p>
<p>Dans la couverture médiatique des manifestations et du mouvement en général, nous avons remarqué un écart entre Gilets Jaunes et «grands » médias traditionnels qui relatent de manière assez unilatérale le mouvement. Par exemple, en couvrant les cas de violence lors du mouvement, les médias mettent de l’avant les violences perpétrées par les Gilets Jaunes et accordent beaucoup moins d’espace et de couverture aux violences commises par les forces de l’ordre sur les manifestant·e·s, renforçant l’idée que seul l’État détient le droit d’user de la violence.<br>
Certains médias deviennent donc la cible de critiques de la part des Gilets Jaunes et sont considérés comme se rangeant du côté du gouvernement plutôt que comme un moyen efficace et fidèle de partager les revendications des militant·e·s.<br>
Seule une petite minorité de médias indépendants relatent les violences et dérapages de l’État au même titre que les violences dont certains «&nbsp;Gilets Jaunes&nbsp;» sont à l’origine. Il suffit de regarder les titres des journaux majeurs sur le sujet pour prendre conscience de ce déséquilibre dans le traitement de l’information.</p>
<p>Dans la couverture québécoise des contestations des «&nbsp;Gilets Jaunes », nous avons observé de grands écarts entre l’information partagée dans la presse québécoise et celle diffusée par les médias indépendants en France.<br>
Nous regrettons que la force du mouvement et les nuances nécessaires à son appréhension ne soient pas fidèlement transmises.</p>
<p>Puisque les organes de presse nationaux se reposent sur les agences de presse pour obtenir des informations sur les situations politiques internationales, il arrive souvent l’information ne soit pas contre vérifiée, sans doute faute de temps et de moyens. Cela serait un problème de moindre importance si les conversations politiques (souvent d’ampleur) prenant corps autour des informations bâclées n’entraînaient pas une telle incompréhension du problème.</p>
<p>Nous pouvons citer la représentation du Printemps érable du point de vue de la France et celle des Gilets jaunes à partir du Québec comme exemples frappants des limites propres à la couverture des enjeux militants internationaux. Les journaux québécois prennent sur eux les informations partagées par les grands journaux français. Les critiques — légitimes — adressées aux journaux français sont pourtant économisées dans cette transaction de l’information. En revanche, les journaux québécois ne citent pas les journaux français indépendants comme Mediapart ou encore Thinkerview. Pourtant, beaucoup des articles diffusés par ces médias nuancent le propos des journaux traditionnels.<br>
Par exemple, quand Le Monde s’évertuait à traquer, tracer et classer les profils sociologiques des «&nbsp;Gilets Jaunes », Laurent Mucchielli nous exhortait dans The Conversation à éviter de « se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues&nbsp;» et «&nbsp;fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer&nbsp;». Le sociologue nous recommandait de « mettre à distance la fascination-sidération-répulsion pour la violence », défendant l’idée selon laquelle la «&nbsp;violence&nbsp;» est une catégorie morale dont l’utilisation produit des analyses triviales. En parallèle, il prônait une distanciation par rapport aux récupérations politiques et aux analyses des profils des manifestant·e·s en terme d’appartenance aux partis politiques, menant selon lui à une délégitimation quasi-systématique du mouvement. L’homogénéité des profils des «&nbsp;commentateurs du débat public – élus, journalistes de plateaux, chroniqueurs, « experts » invités&nbsp;» est aussi soulignée par le chercheur.</p>
<p>En somme, Mucchielli met en lumière la nécessité de voir d’un œil critique notre tendance à définir, commenter, contredire, catégoriser tout phénomène politique d’ampleur bien trop rapidement. De cette couverture, il semble possible de conclure que la façon dont les grands médias couvrent l’actualité militante internationale empêche l’entente entre des groupes dominés dont les situations se font écho, ou encore la compréhension d’une lutte générale contre des intérêts économiques et politiques assez similaires. Traçant des traits trop grossiers, la presse nationale traditionnelle tue dans l’œuf les possibles reprises et convergences des luttes.</p>
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		<title>Quel[s] féminisme[s] après #MeToo?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/30/quels-feminismes-apres-metoo/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 14:01:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[#metoo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un panel du Monde Festival sonde la direction que prend le féminisme actuel.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">V</span><span class="s1">endredi 26 octobre a eu lieu au Musée des Beaux-Arts de Montréal une série de conférences organisées par le journal français <i>Le Monde</i>, en collaboration avec <i>Le Devoir</i>. De nombreux sujets politiques et sociétaux, communs à la France et au Québec, ont été abordés, révélant tantôt une pensée commune, tantôt des conceptions divergentes d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le panel sur l’héritage et les conséquences du mouvement #MeToo s’inscrivait dans cette méthode d’étude comparée. En effet, les thèmes du féminisme, du harcèlement, de la séduction et de l’égalité femmes-hommes qui ont été abordés<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>— parmi bien d’autres — par les quatre panélistes ont laissé paraître des influences nationales ou provinciales ainsi que, bien sûr, des prises de position individuelles. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>#MeToo, prise de conscience ? </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Créé il y a un an aux États-Unis à la suite d’une vague de témoignages de femmes ayant subi des agressions sexuelles de la part du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, le mouvement #MeToo s’est propagé comme une trainée de poudre, dépassant largement la sphère élitiste du cinéma américain, permettant ainsi à des milliers de survivantes à travers le monde de se faire entendre. Si les quatre panélistes ont reconnu l’impact et la portée de #MeToo, elles ont cependant débattu des résultats tangibles du mouvement.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Pour Eva Illouz, sociologue française, le fait que beaucoup d’hommes craignent désormais d’être la cible d’une accusation, teintant chacune de leur interaction avec une femme de peur et de paralysie, prouve que la prise de conscience nécessaire au changement est pour beaucoup loin d’être acquise. #MeToo a néanmoins considérablement aidé, comme le souligne Mélanie Lemay, cofondatrice de Mouvement Québec contre les violences sexuelles, à déplacer le sentiment de honte des survivantes vers les agresseurs. Un double mouvement semble alors devoir s’opérer : les femmes victimes devraient pouvoir obtenir l’espace et les ressources pour parler et être entendues, tandis que les hommes doivent prendre conscience de l’ampleur des agressions sexuelles perpetrées envers les femmes et se positionner comme alliés plutôt que comme potentiels accusés.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Des réactions divergentes</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s5">Diane Guibault, vice-présidente de l’association Pour les droits des femmes du Québec, a souligné, lors d’une intervention, l’écart des réactions entre la France et le Québec face à #MeToo. Ici, le mouvement a servi de catalyseur, donnant naissance à #EtMaintenant qui exige des changements concrets aussi bien de la part des institutions que des individus. En France, #MeToo a été suivi de #BalanceTonPorc, une plateforme permettant de révéler publiquement les actes de harcèlement et d’agressions sexuelles, ainsi que leurs auteurs. Cependant, une voix s’est élevée contre #MeToo dans une tribune publiée dans <i>Le Monde</i>, signée par une centaine de personnalités françaises revendiquant « la liberté d’importuner, nécessaire à la liberté sexuelle ». Cette réaction dénote un rapport à la sexualité et à la séduction qui est encore enlisé dans des carcans paternalistes et sexistes, preuve, selon l’écrivaine française Belinda Cannone, que l’égalité dans la vie sexuelle n’est pas encore acquise. Diane Guibault a estimé que sur ce point, le Québec est bien plus avancé, car il n’existe pas ce rapport de «&nbsp;similiséduction&nbsp;» qui régit tant de relations femmes-hommes en France, aussi bien dans la sphère professionnelle que privée.</span></p>
<p class="p4"><span class="s6"><b>Un changement systémique</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Au fil du débat, la discussion s’est élargie et éloignée quelque peu de #MeToo pour pointer du doigt le système économique et politique fondé sur des principes masculinistes, et donc source d’une domination sexuelle encore trop présente aujourd’hui. Si la plupart des panélistes semblaient optimistes quant aux progrès en cours de réalisation pour la cause des femmes, elles ont toutefois souligné que le populisme croissant de manière exponentielle partout dans le monde, qui est par essence misogyne et patriarcal, est un combat de taille auquel le féminisme actuel va devoir se confronter.</span></p>
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		<title>50 bougies au Théâtre d’Aujourd’hui</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/50-bougies-au-theatre-daujourdhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 19:24:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[50eme saison]]></category>
		<category><![CDATA[art québécois]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Neuf [titre provisoire] : des acteur·rice·s qui parlent d’eux·elles, et de nous. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/50-bougies-au-theatre-daujourdhui/" data-wpel-link="internal">50 bougies au Théâtre d’Aujourd’hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">B</span><span class="s1">askets usées aux pieds et skate à la main, mon apparence dissone avec les tenues élégantes des spectateur·rice·s venu·e·s assister à la première médiatique de <i>Neuf [titre provisoire] </i>au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (CTD’A) jeudi soir dernier. La plus récente pièce de Mani Soleymanlou, fondateur de la compagnie Orange Noyée, marque l’ouverture de la 50<i>ème</i> saison du CTD’A. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Personnages-comédien·ne·s </b></span></p>
<p class="p6">Sur scène, éclairé·e·s par le halo d’une croix en néon dont la couleur change au rythme des dialogues et des interjections, cinq acteur·rice·s connu·e·s du monde dramaturgique québécois. À l’occasion de l’enterrement d’un de leur confrère fictif, ces dernier·ère·s se retrouvent et retracent, confusément et non sans cynisme, les faits marquants, les échecs, les anecdotes qui jalonnent leur parcours de comédien·ne·s et d’humains. Dès les premières minutes, l’enjeu est posé et les codes théâtraux démantelés : les personnages que ces acteur·rice·s incarnent ne sont autres qu’eux·elles-mêmes.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un récit performateur</b> </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Narré par le mort qui prête sa voix à ses collègues et dont la présence physique se manifeste par un cercueil en chêne massif trônant sur le côté de la scène, ce récit, mi-(auto)biographie(s) mi-fiction, est à vocation performatrice : les faits se déploient au fur et à mesure qu’ils sont évoqués. Mais le réel coup de maître de Soleymanlou et des acteur·rice·s vient de ce que ce n’est pas uniquement la vie de ceux·celles-ci qui est mise à nu, ni seulement leur futur qui est annoncé inexorablement. C’est aussi, par extension, la vie et le futur du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, de son public et du Québec plus généralement, avec ses particularités politiques et ses figures culturelles majeures. Ainsi, <i>Neuf [titre provisoire]</i> s’écrit à mesure qu’elle se joue et inversement, pour nous, le public, mais aussi à nos dépends.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Danse intergénérationnelle </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Dans une entrevue avec <i>La Fabrique Culturelle</i>,<i> </i>Mani Soleymanlou explique que « l’idée de réunir des acteurs d’une autre génération qu[‘il] ne connait pas et qu[il] avait très peu côtoyés » était la pierre angulaire de son processus de création. Ainsi, avant d’être un dialogue sur scène, <i>Neuf [titre provisoire]</i> est une série d’échanges entre auteur et comédien·ne·s issu·e·s de deux époques, deux Québec différents, qui ont l’habitude de se côtoyer sans pour autant se rencontrer. Le texte devient alors un projet collaboratif, où la mort, la vieillesse et le passage du temps sont au centre des réflexions. Les paroles des cinq <i>baby-boomers </i>se joignent aux pensées du metteur en scène pour créer une magistrale mise en abyme où tout est confondu : le vrai et le faux, le particulier et l’universel, la vie et la mort, les râles fatigués et la musique effrénée. </span></p>
<p class="p2"><span class="s3">J’ai quitté le CTD’A en emportant, en plus de mon skate et de la brochure du 50<i>ème</i> anniversaire, un sentiment de complicité avec les autres spectateur·rice·s né des nombreuses minutes de rire partagées. Pour avoir beaucoup ri, j’ai aussi beaucoup appris de cette œuvre qui parle de la politique et de la mort, et qui soutient de manière subtile et brillante celles et ceux qui osent encore dire que le théâtre, d’une certaine manière, c’est la </span><span class="s1">vie. </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Civic Tech, garante de la démocratie?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/la-civic-tech-garante-de-la-democratie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Feb 2018 17:23:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Civic Tech]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[societe civile]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[technologie civique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La technologie civique devient une solution aux problèmes de notre système politique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/la-civic-tech-garante-de-la-democratie/" data-wpel-link="internal">La Civic Tech, garante de la démocratie?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">es technologies «utilisées dans l’intérêt général et qui améliorent les conditions de vie du plus grand nombre, et pas seulement de quelques-uns» sont les seules dignes d’être qualifiées de technologie civique, selon Micah Sifry, créateur de la conférence annuelle <i>Personal Democracy Forum</i>. Depuis 2012, cette tendance prend de l’ampleur et de nombreuses <i>start-ups</i> revendiquent l’étiquette de technologie civique. Toutefois, en termes concrets, comment se manifeste cet engagement civique —voire politique— du monde entrepreneurial? </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Dérive démocratique </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La technologie civique est née suite à un constat alarmant: celui d’une baisse drastique de confiance des citoyen·ne·s occidentaux·ale·s envers leur système politique. Plusieurs signes sont révélateurs de cette forte désillusion. Tout d’abord, les doutes de beaucoup quant aux bienfaits de la mondialisation et du système capitaliste, tel qu’il fonctionne actuellement, semblerait nourrir un fort nationalisme et un certain isolationnisme. Ces préoccupations sont exploitées par un nombre grandissant d’extrêmes politiques. En Pologne par exemple, le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS, <i>ndlr</i>), au pouvoir depuis 2015 et dirigé par Jarosław Kaczyński, est en train de peu à peu restreindre les libertés des médias et l’indépendance de la justice. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La santé de la démocratie est par ailleurs mise en péril à cause d’un engagement politique très bas de la part des jeunes. Parmi les nombreuses raisons qui expliquent cette absence de volonté de participer, une étude réalisée par l’Institut du Nouveau Monde auprès des jeunes Québécois identifie le désintérêt, le cynisme et le négativisme comme raisons principales. Bien que le sondage date d’il y a quelques années, il n’y a pas de doute sur le fait qu’il soit encore pertinent aujourd’hui, et qu’il s’applique aux jeunes occidentaux au-delà du Québec. Ainsi, comment maintenir en place un système politique dans lequel une grande proportion de ses adhérents ne croît plus? Une solution serait de prendre du recul et d’admettre que notre modèle de démocratie occidentale contient des défauts de taille. En effet, proposée —même imposée parfois— depuis plusieurs siècles comme le meilleur système politique possible, la démocratie en est venue à se reposer sur ses lauriers et à oublier qu’elle aussi a besoin de réajustements permanents. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’intervention de la technologie</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Depuis quelques années, le monde entrepreneurial se charge de trouver des solutions à ce problème démocratique. De prime abord, le couple technologie/politique peut paraître inédit. En effet, l’affirmation du domaine technologique comme quoi il est en train de façonner le monde de demain fait plutôt référence aux progrès de mobilité, de santé et de communication que la réforme morale des politicien·ne·s. Et pourtant, de nombreuses <i>start-ups</i> prennent cet objectif comme idée de base pour leurs projets, qui se concrétisent ensuite de manières diverses et fort ingénieuses. L’un des problèmes majeurs est celui du manque d’intérêt et la conviction que nos voix individuelles n’ont pas d’impact car elles ne sont pas écoutées par ceux·lles au pouvoir. Une solution est donc d’exploiter le pouvoir immense qu’a Internet comme moyen de communication et de le transformer en lieu de discussions d’idées et de ralliement à des causes politiques et sociétales. C’est ce que fait actuellement <i>change.org</i>, «la plateforme mondiale pour le changement». Ce site Internet permet à n’importe quel citoyen de créer une pétition et de faire campagne pour avancer une cause. Créé aux États-Unis en 2007, <i>change.org</i> est désormais disponible dans plus d’une dizaine de pays. Grâce à une communication travaillée, une pétition peut rapidement prendre de l’ampleur et servir de moyen de pression pour changer certaines lois ou amener les politiciens·nes à assumer la responsabilité de leurs actes.&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Une autre <i>start-up</i>, française cette fois-ci, a créé une plateforme qui permet à n’importe qui de proposer un projet de loi sur des sujets aussi variés que la nutrition ou comment promouvoir l’inclusion dans les écoles. <i>make.org</i> facilite donc les débats de société, et en parallèle organise de «grandes causes», dont la plus récente combat les violences faites aux femmes. Ce que font ces <i>start-ups</i>, dans l’absolu, c’est de donner une voix aux citoyen·ne·s qui se sentaient jusqu’alors ignoré·e·s. En créant un espace (virtuel) pour de nouveaux débats, orchestrés par les électeur·rice·s eux·lles-mêmes, la technologie aide à réengager la société avec la politique. Ces <i>start-ups</i>, ainsi que les réseaux sociaux, créent une proximité sans précédent entre les élécteur·rice·s et les élu·e·s, promouvant ainsi une plus grande responsabilisation des personnes au pouvoir, ainsi que meilleure représentativité.&nbsp;</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">La démocratie en</span> <span class="s1">est venue à se </span><span class="s1">reposer sur ses </span><span class="s1">lauriers et à oublier qu’elle a besoin de</span> <span class="s1">réajustements&nbsp;</span><span class="s1">permanents</span></p>
</blockquote>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 430px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-30631" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/02/I-civictech.jpg" alt width="430" height="394" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/02/I-civictech.jpg 821w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/02/I-civictech-330x302.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2018/02/I-civictech-768x703.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 430px) 100vw, 430px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/capucinelorber/?media=1" data-wpel-link="internal">Capucine Lorber</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s3"><b>La question des médias </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Un autre écueil que connaît notre système politique occidental est la perte totale de confiance envers les médias et les sources d’informations en général. Ce qui était encore considéré il y a quelques années comme le quatrième pilier de la démocratie est aujourd’hui perçu comme une arme des politicien·ne·s et lobbies pour propager leurs mensonges, leurs exagérations et pour dissimuler. Et pourtant, la survie de la démocratie dépend de notre accès à des informations variées, vérifiées et factuelles. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Pour combattre cette tendance et rétablir un juste rapport à la vérité, plusieurs initiatives ont été menées. La <i>2017 Democracy Award</i> par exemple, récompense les entreprises et organisations qui trouvent des moyens de combattre les fausses nouvelles. D’autres <i>start-ups</i> se sont penchées sur la question de l’accès à l’information. Aujourd’hui, nous sommes assailli·e·s en permanence par des montagnes d’information dont il est très difficile de déterminer la véracité du fait de leur quantité et de leur provenance. Dans cette logique, <i>voxe.org</i> a eu l’idée de créer un <i>chat bot</i> qui sélectionne et regroupe les nouvelles majeures de la semaine (provenant de sources d’information vérifiées) pour les envoyer sous forme de messages concis chaque samedi matin. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Et Montréal ? </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Les initiatives que nous avons évoquées jusqu’à présent sont d’envergure nationale, voire mondiale. Cependant, beaucoup de projets fleurissent également à plus petite échelle. Dans les municipalités, les entrepreneur·se·s audacieux·ses sont encouragé·e·s à contribuer à l’amélioration de la démocratie. Mobilisons Montréal, un organisme sans but lucratif visant à promouvoir l’entrepreneuriat local, consacre une partie de sa mission au développement de la technologie civile. Comme est indiqué sur le site de l’organisation, peu importe l’échelle à laquelle elles sont réalisées, «la finalité de ces initiatives [est d’]aller d’une société de la représentation vers celle de la participation».&nbsp;</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Travaux du bâtiment Shatner: ce qu’il faut savoir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/travaux-du-batiment-shatner-ce-quil-faut-savoir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Feb 2018 16:16:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>
		<category><![CDATA[Bâtiment Shatner]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Shatner]]></category>
		<category><![CDATA[Shatner Building]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MARS 2018 Fermeture du bâtiment en prévision des travaux. AOÛT – SEPT. 2018 Fin des travaux et remise en service des étages SS1 et SS2. 3 – 4 mois Temps de fabrication et de mise en place des nouveaux équipements électriques. Automne 2018 Fin des travaux et remise en service du 1er étage. Hiver 2019&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/20/travaux-du-batiment-shatner-ce-quil-faut-savoir/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Travaux du bâtiment Shatner: ce qu’il faut savoir</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>MARS 2018</strong></p>
<p class="p2">Fermeture du bâtiment en prévision des travaux.</p>
<p class="p1"><strong>AOÛT – SEPT. 2018</strong></p>
<p class="p2">Fin des travaux et remise en service des étages SS1 et SS2.</p>
<p class="p1"><strong>3 – 4 mois</strong></p>
<p class="p2">Temps de fabrication et de mise en place des nouveaux équipements électriques.</p>
<p class="p1"><strong>Automne 2018</strong></p>
<p class="p2">Fin des travaux et remise en service du 1<i>er </i>étage.</p>
<p class="p1"><strong>Hiver 2019</strong></p>
<p class="p2">Fin des travaux.</p>
<p class="p1"><strong>Club Funds – Campus Life Funds</strong></p>
<p class="p2">Certains clubs universitaires fonctionnent en louant des salles. La fermeture du bâtiment Shatner réduisant le nombre d’espace disponibles, une motion a été passée pour amender la régulation des deux fonds pour ces organismes. De cette manière, ils pourront louer des salles sans dépasser leur budget.</p>
<p class="p1"><strong>2075 Robert Bourrassa</strong></p>
<p class="p2">Clinique d’informations légales, la télévision étudiante de McGill, l’association des Étudiants Musulmans, <i>Le Délit</i>, <i>McGill Daily</i>, <i>Tribune</i>, SAMCOSS, SMUK office.</p>
<p class="p1"><strong>3471 Peel</strong></p>
<p class="p2">Le lieu reste à confirmer, mais tous les autres services du bâtiment Shatner se retrouveront là.</p>
<p class="p1"><strong>Nouvelle Résidence</strong></p>
<p class="p2">Salle de prière de l’association des étudiants musulmans.</p>
<p class="p1"><strong>Lieu non déterminé</strong></p>
<p class="p2"><i>Flatbike,</i> <i>Midnignt Kitchen</i>, AUC, MC sont les seuls services encore dans l’incertitude face à leur sort.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Monde francophone</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/monde-francophone-7/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2018 22:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Changements climatiques]]></category>
		<category><![CDATA[drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MAROC – Mardi 30 janvier Mardi dernier,&#160; le Maroc a été touché par une vague de froid qualifiée d’«inhabituelle» provenant du nord de l’Europe. Les villes de Ouarzazate, Taroudant et de Zagora se sont retrouvées ensevelies sous un épais manteau blanc. La dernière fois que les habitants de Zagora ont vu de la neige, c’était&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/02/07/monde-francophone-7/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Monde francophone</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><b><i>MAROC – Mardi 30 janvier</i></b></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mardi dernier,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>le Maroc a été touché par une vague de froid qualifiée d’«inhabituelle» provenant du nord de l’Europe. Les villes de Ouarzazate, Taroudant et de Zagora se sont retrouvées ensevelies sous un épais manteau blanc. La dernière fois que les habitants de Zagora ont vu de la neige, c’était dans les années 1960.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>C’est la deuxième fois que ce phénomène météorologique s’est abattu sur le pays en quelques semaines.</span></p>
<p class="p1"><b><i>GABON – Jeudi 1 f</i></b><span class="s1"><b><i>é</i></b></span><b><i>vrier</i></b></p>
<p class="p1"><span class="s1">Une drogue appelée <i>kobolo</i> inquiète le pays de par sa consommation croissante chez les jeunes. Cette drogue, proche de la morphine, provoque une sensation de bien-être, mais a aussi de nombreux effets négatifs tels qu’une perte de l’appétit, de sommeil et des démangeaisons. Les enseignants s’inquiètent de ce phénomène de mode dangereux touchant leurs élèves dès l’âge de 12 ans.</span></p>
<p class="p1"><b><i>SÉNÉGAL – Vendredi 2 f</i></b><span class="s1"><b><i>é</i></b></span><b><i>vrier</i></b></p>
<p class="p1"><span class="s1">Macky Sall, le président de la République du Sénégal a reçu la visite d’Emmanuel Macron vendredi pour coprésider la troisième conférence internationale du «Partenariat mondial pour l’éducation». L’objectif était de récolter 3,1 milliards de dollars pour augmenter le taux de scolarisation sur la période 2018–2020. Plus de 264 millions d’enfants et de jeunes à travers le monde sont privés d’éducation formelle. </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La nuit des idées, l’aube de l’espoir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/30/la-nuit-des-idees-laube-de-lespoir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2018 20:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[débat]]></category>
		<category><![CDATA[imagination]]></category>
		<category><![CDATA[La nuit des idées]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[uqàm]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La 3e édition de La nuit des idées fut une soirée de débats où l’imagination était au pouvoir. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/01/30/la-nuit-des-idees-laube-de-lespoir/" data-wpel-link="internal">La nuit des idées, l’aube de l’espoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">’est dans l’agora du Pavillon Judith-Jasmin, à l’UQAM, que se déroula la première édition québécoise de La nuit des idées, conférence mise en place par l’Institut français il y de ça trois ans. Ce lieu si à propos est devenu, le temps d’un soir, le théâtre de discussions animées autour du thème «l’imagination au pouvoir». À la constatation du caractère propice de la nuit comme temps de débat ont succédé des interrogations concernant l’héritage de Mai 68, dont l’imagination au pouvoir était l’un des slogans phares. Si les interventions des personnalités politiques, littéraires, artistiques ou encore scientifiques présentes ont varié dans leur ton et leur propos, elles ont toutes fait honneur, à leur manière, à la vocation démocratique du lieu. Retour sur une soirée aux idées stellaires. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Dialogues d’idées et d’intuitions </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Marie-Andrée Lamontagne, écrivaine, éditrice, journaliste et traductrice, utilisa la métaphore propre au fil d’Ariane pour décrire son rôle de modératrice durant la soirée. Et en effet, suivre le fil et relier les idées, là était le réel défi de la conférence dont la structure était maintenue délibérément ouverte afin d’inciter au débat et à l’interprétation. Organisées en tandem, créant ainsi une ambiance intime et conversationnelle, les discussions ont porté sur des sujets multiples, révélant continuellement le pouvoir de l’imagination. Du potentiel artistique des mathématiques à l’inégalité entre femmes et hommes dans l’espace public, une vaste étendue de sujets a été abordée, de manière interactive et vivante.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">L’écoute, dans ce type d’exercice, est fondamentale, car il ne suffisait pas à chaque intervenant·e d’énoncer sa pensée puis de laisser place à l’autre. Afin que les échanges aient du sens et que le débat puisse évoluer, il dépendait de tout un chacun de rebondir sur une idée esquissée par l’autre. Cet exercice, d’une difficulté surprenante, fut réalisé avec naturel et entrain par la plupart des invité·e·s. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Malgré l’affirmation de Martine Delvaux selon laquelle «<i>il n’y a rien de pire que d’enlever à l’écrivaine l’écriture</i>», elle-même et Nicole Brossard, toutes deux romancières féministes, se sont prêtées à cette gymnastique orale avec brio. Elles ont exploré, en partant du constat qu’elles appartenaient à deux époques différentes, la question de l’imagination féministe au pouvoir, explorant les liens entre le public, l’intime et l’importance de la sémantique dans le combat féministe. C’est justement ce sujet —celui de la place de toutes les personnes qui s’identifient en tant que femmes dans une société qui persiste à ignorer, opprimer et priver de leurs droits une grande partie de groupes minoritaires— qui a été le fil d’Ariane de la soirée.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le(s) féminisme(s)</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">«L’imagination est indispensable au pouvoir et elle est mieux garantie lorsque les femmes accèdent au pouvoir.» Par ces mots, Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux et ministre de la Justice française, a ouvert sa réflexion sur la nécessité de la prise d’initiative —et de risque— dans la sphère politique. Il est en effet bien plus facile de suivre dans les traces de ses prédécesseur·e·s, d’adhérer à un conformisme qui met à l’abri de toute critique ou jugement. Toutefois, à ce conformisme se joint généralement un refus de prendre réellement en compte ce à quoi aspirent les citoyen·ne·s, c’est-à-dire un système qui rejette «la violence, la discrimination, l’exclusion, l’oppression et la mise en cause» des femmes. Il n’est pas question ici, et Taubira le précise, des femmes dans le sens génétique et physiologique, mais de «l’expérience collective et historique des femmes», qui transcende les sociétés et les époques. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Les manières très concrètes par lesquelles ces discriminations persistent dans le monde politique, Cathy Wong, présidente du Conseil de la ville de Montréal, les souligne avec justesse. Elle reconnaît le privilège d’évoluer dans un cadre où d’autres femmes ont déjà ouvert la voie, mais malgré tout où les espaces sont encore conçus pour accueillir des corps masculins et non féminins. Tout le combat de notre société actuelle réside dans la capacité à créer un système politique qui ne sert pas celles et ceux qui y participent activement, mais justement celles et ceux qui en sont exclu·e·s, de quelque manière que ce soit. Et pour ce faire, il s’agit, selon les mots de Martine Delvaux, de «mettre le doigt sur les zones qui n’ont pas encore été mises dans le langage. Autopsier, décortiquer la réalité pour essayer de comprendre ce qui se passe.» Ce projet féministe, donc, se doit d’être un projet intersectionnel et inclusif. Le féminisme actuel transcende les différentes vagues féministes mentionnées dans l’une des&nbsp;</span><span class="s1">conversations, qui ont divisé, davantage que rassemblé, les militant·e·s pour l’égalité entre femmes et hommes. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Les mots, initiateurs d’action </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cette nuit des idées, les propos des intervenant·e·s, l’entrain de la foule, ont laissé planer dans l’air glacé montréalais un sentiment d’optimisme, d’espoir et de possibilité. La discussion est indéniablement le premier pas nécessaire vers le changement. Dialoguer permet de rallier les esprits, de créer une forme d’appartenance à une même cause. Énoncer de vive voix les pensées que nous partageons, les préoccupations communes—particulièrement durant ces dernières semaines avec la marche des femmes et les nouvelles dénonciations de harcèlement sexuel— eut une portée d’une puissance inouïe. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">La lecture poignante de Fabienne Pilon, «théâtreuse autoproclamée» de seize ans, d’un texte qu’elle avait écrit, traduisit magistralement les diverses émotions que cette nuit eût suscitées. Fabienne énonça sa peur d’un monde aux épreuves en apparence insurmontables, des défis que notre génération aura à surmonter dans les domaines écologiques, sanitaires et sociaux. Elle surenchérit cependant avec l’affirmation de son espoir inébranlable: «Nous sauverons la beauté du monde», affirma-t-elle; «Nous sauverons le monde, mais pour vouloir sauver quelque chose, il faut l’aimer». Ainsi, dialoguons, aimons et agissons. Car les conférences de cette nature n’ont de sens que si elles conduisent vers des prises d’initiatives et des actions concrètes. </span></p>
<p class="p5">La nuit des idées s’est ouverte sur le thème de l’imagination au pouvoir, ainsi il fait sens de clôturer cet article par un autre slogan de Mai 68, énoncé durant la soirée par Magda Fusaro: «Donnons-nous le droit de rêver. De rêver éveillé·e·s. Soyons réalistes, demandons l’impossible».</p>
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		<title>Ligne de fuite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/16/ligne-de-fuite-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jan 2018 22:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[essai photo]]></category>
		<category><![CDATA[illustration]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le meilleur du semestre d'automne. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 707px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-29531" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-Le-temps-dune-danse-707x1000.jpg" alt width="707" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-Le-temps-dune-danse-707x1000.jpg 707w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-Le-temps-dune-danse-330x467.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-Le-temps-dune-danse-768x1087.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-Le-temps-dune-danse-850x1203.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 707px) 100vw, 707px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/adel-mohamedi/?media=1" data-wpel-link="internal">Adel Mohamedi</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<hr>
<p class="p1">Qu’importe que le temps file, il est si bon de flotter</p>
<p class="p1">Dans la rivière des jours et des nuits ôtées,</p>
<p class="p1">On voudrait s’arrêter pour se noyer, que dans la lagune du temps on se sente choyé,</p>
<p class="p1">Mais rien ne le peut</p>
<p class="p1">— Non, rien —</p>
<p class="p1">Tu coules comme de l’eau, sur des galets polis et glacés, qu’ils roulent sur ta peau impalpable comme tant de froides douceurs, de ces dures rondeurs,</p>
<p class="p1">Ils te pénètrent de leurs dents de pierre, mais tu ne peux rien faire</p>
<p class="p1">— Que de tourner —</p>
<p class="p1">Et regarder au-dessus de toi, la surface élastique du monde,</p>
<p class="p1">Qui bouge, bouge, bouge dans un kaléidoscope de couleurs, qui n’a jamais de forme</p>
<p class="p1">Qu’un écran plat que tu contemples en voulant le crever</p>
<p class="p1">De la pointe acérée de ton ongle blanc,</p>
<p class="p1">Mais tu ne fais que passer en sentant rouler les galets sur ton dos,</p>
<p class="p1">Et il tourne, tourne le monde à en vomir,</p>
<p class="p1">Que toi tu le regardes, l’œil écarquillé, en ayant l’impression de tourner en rond.</p>
<p class="p1"><strong>Le temps – Esther Laforge</strong></p>
<hr>
<figure id="attachment_29414" aria-describedby="caption-attachment-29414" style="width: 1000px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-29414" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-1000x1000.jpg" alt width="1000" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-1000x1000.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-768x768.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-850x850.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-32x32.jpg 32w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-50x50.jpg 50w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-64x64.jpg 64w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-96x96.jpg 96w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/peinturefernanda-128x128.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption id="caption-attachment-29414" class="wp-caption-text">Son Seres (they are beings) <span class="media-credit">Fernanda Mucino</span></figcaption></figure>
<hr>
<p class="p1">Noeud simple.</p>
<p class="p1">Il se noue facilement en deux boucles et protège de façon éphémère deux côtés de la rupture. Il se faufile entre leurs failles, et les force doucement à se rejoindre à l’unisson. Mais les noeuds ne restent jamais simples, et la vie non plus d’ailleurs. Souvent pour durer, il faut doubler. Les joies, les peines, les noeuds. Tout vivre mais deux fois plus.</p>
<p class="p1">Noeud double.</p>
<p class="p1">Les deux bords s’enlacent mais ne s’en lassent pas.</p>
<p class="p1">Le noeud ne se défait pas et le lacet semble consolider une union improbable, résistant à chaque intempérie.</p>
<p class="p1">Le lacet n’est qu’un lien faible, une minuscule ficelle qui arrive à joindre deux bouts. Un point commun, en quelque sorte, qui les relie l’un à l’autre.</p>
<p class="p1">Et tout ne tient qu’à un fil.</p>
<p class="p1">Une fois, le lacet a orné une guitare, et semblait de nouveau unir deux entités en une douce onde:</p>
<p class="p1">l’Homme et la musique, pour n’en faire plus qu’une.</p>
<p><strong>Le Lacet – Louisane Raisonnier</strong></p>
<hr>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 747px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-29683" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI-747x1000.jpg" alt width="747" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI-747x1000.jpg 747w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI-330x442.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI-768x1028.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI-850x1138.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/C-ldf-gloriafrancoisLA-DAME-AU-VISAGE-FLEURI.jpg 1236w" sizes="auto, (max-width: 747px) 100vw, 747px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gloria Francois</span>		</figcaption>
	</figure>

<hr>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-29625" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-1000x545.jpg" alt width="1000" height="545" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-1000x545.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-330x180.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-768x418.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-850x463.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project-230x125.jpg 230w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2017/10/Moon-project.jpg 1149w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/beatrice-malleret/?media=1" data-wpel-link="internal">Béatrice Malleret</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

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		<title>Monde francophone</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/01/16/monde-francophone-6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jan 2018 19:05:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[belgique]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que s’est il passé chez les francophones la semaine dernière?</p>
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		<item>
		<title>Santé mentale : Les adresses sur le campus et aux alentours</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/28/sante-mentale-les-adresses-sur-le-campus-et-aux-alentours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Malleret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Nov 2017 17:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[infographie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[Vie étudiante]]></category>
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