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	<title>Alexandra Appino-Tabone - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/alexandra-appino-tabone/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 19 Feb 2013 05:25:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>De l’esprit à l’encre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/19/de-lesprit-a-lencre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2013 05:25:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Eden in Stasis», nouvelle exposition de l’artiste et étudiante Amy Goh</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«Personne n’écoute les artistes», confie Amy Goh lors de son exposition multimédia à la galerie Coatcheck le 16 février, «c’est pourquoi je compte sur Jo (la directrice de la galerie) pour superviser le projet». Mais la réaction du public à son œuvre lui a pourtant prouvé le contraire: le travail d’Amy Goh remet en question tout ce qu’on entend, tout ce qu’on voit; en bref, tout notre rapport à la réalité. L’artiste ouvre l’espace clos de la galerie en projetant les images d’un jardin sur un triptyque de dessins à l’encre, sa marque de fabrique. Ces dessins représentent la lune, l’océan, un serpent. Grâce à une ambiance sonore à la fois tranquille et angoissante, on entre dans le labyrinthe de l’esprit de cette artiste surréaliste, sublime, et tout à fait stupéfiante.</p>
<p>L’exposition «Eden in Stasis» explore le thème de la naissance, qu’elle soit littérale ou figurative. On apprend de la complexité de son art que le moindre détail peut changer le sens d’un tout. Les images en mouvement projetées sur les murs contrastent avec les dessins et leurs existences figées. Amy s’intéresse aux «états transitoires», un motif très important dans son travail. Elle a décidé de présenter ses dessins avec des images en mouvement et une ambiance sonore parce qu’elle aime la façon dont ces éléments modifient le rapport du public aux dessins. Une esthétique presque apocalyptique se crée quand l’image de la lune passe lentement sur le dessin d’une figure attachée à un cordon ombilical. La naissance et la mort sont alors juxtaposées, comme un résumé de la totalité de son œuvre. </p>
<p>Amy a commencé à dessiner sérieusement il y a deux ou trois ans seulement. Aujourd’hui, elle diversifie son travail et s’attaque aussi bien au dessin qu’aux livrets de poésie et à la photographie; elle expose lors d’expositions internationales, et elle est officiellement représentée par la galerie Coatcheck à Montréal, où «Eden in Stasis» va rester toute la semaine. Des copies de ses dessins seront aussi vendues. Quand elle était petite, elle était fascinée par les dessins d’animaux et par la texture de la fourrure. Cette attention à la texture apparait toujours dans ses travaux récents et dans l’importance qu’elle donne à la tridimensionnalité. Son art est toujours référentiel, tout en présentant un catalogue de symboles religieux et philosophiques; elle construit une nouvelle mythologie qui juxtapose les traditions religieuses de l’Est et l’Ouest. Cette juxtaposition culturelle interroge l’idée même de l’origine: «Je suis fascinée par l’idée que la violence fait partie inhérente du phénomène de création», dit Amy.<br>
Son génie est manifeste dans le dédale d’«Eden in Stasis». L’exposition a lieu pendant la célébration de la nouvelle année chinoise, ce qui correspond parfaitement à son travail. En effet, le calendrier chinois est luni-solaire et s’accorde aux grands thèmes de l’exposition. De plus, l’année 2013 est l’année chinoise du serpent, un animal qui revient souvent dans l’imaginaire d’Amy. La salle est devenue son propre Éden, les spectateurs sont dans un univers isolé de la réalité et de l’hiver: une expérience elle-même transitoire, mais encore fixe. Les images suspendues au plafond et projetées sur les murs interrogent les grands mystères du monde, de la création et de l’art à travers le regard de cette jeune artiste brillante, qui ne demande qu’à être écoutée. </p>
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		<item>
		<title>Le parcours d’une jeune clown</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/01/22/le-parcours-dune-jeune-clown/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2013 05:04:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Tuesday Night Café présente In Denial, pièce aux allures circaciennes</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes tous dans le déni de certains aspects de notre propre personnalité, et c’est souvent ce pour quoi nous sommes le plus doué que nous refusons de montrer. Mais le déni fait-il de nous un clown? Pour Rachel Resnik, la réponse est oui, et c’est ce qu’elle montre dans la pièce qu’elle a écrite et dans laquelle elle joue seule: In Denial. Présentée par le Tuesday Night Café, une compagnie de théâtre dirigée par des étudiants de McGill, In Denial est une suite de sketchs très énergiques, et même excentriques, qui portent sur un seul thème: le déni. Fortement inspirée de sa propre vie, Rachel crée des situations comiques dans lesquelles elle est forcée de faire face à son destin de clown, et, de la comédie physique (elle porte un nez rouge tout au long du spectacle) naît l’ironie dramatique.<br>
Être un clown pose en effet des problèmes dans les situations de la vie quotidienne, comme lors d’un premier rendez-vous (qu’elle joue avec une image en carton de Clarke Gable d’Autant en emporte le vent), ou lors d’une audition pour un spectacle (elle chante Defying Gravity avec un peu trop de force, debout sur une échelle). Après l’audition, évidemment un échec, elle se couvre de plusieurs papiers de «Mac Do», déprimée. Mais tout à coup elle se dit qu’heureusement «c’est le bon moment pour chanter!» et elle chante une chanson sentimentale à un Big Mac. Sa personnalité est franche, exubérante, et un peu incontrôlable: elle se moque constamment d’elle-même, et le spectateur est convaincu qu’elle devient la personne la plus drôle possible.<br>
Le fait que sa pièce soit tirée de ses expériences personnelles donne substance à son absurdité; son personnage est une exagération d’elle-même, et les blagues les plus drôles sont celles qu’elle improvise: dans l’un des sketchs, elle présente une émission de radio pour laquelle les auditeurs l’appellent: cassant par hasard le téléphone, elle exprime sa surprise, puis dit nonchalamment: «Je continue de vous parler comme si je ne venais pas de casser le téléphone». C’est cette proximité avec son public et avec son personnage qui permetent à Rachel d’être un électron libre sur la scène. En fait, l’une de ses metteuses en scène, Julie, dit que l’aspect le plus difficile, mais aussi le plus amusant de la direction de cette pièce, c’est qu’elle ne peut jamais être sûre de ce qui se passera dans les répétitions. «Je continue d’écrire la pièce dans ma tête, même lorsque je suis entrain de la jouer», dit Rachel. Être une version de soi-même sur la scène lui permet de faire autant d’improvisation.<br>
À la fin de la tornade qu’est ce spectacle, Rachel rencontre encore une fois l’image en carton de Clark Gable, et montre sa tristesse lorsqu’il lui dit qu’il ne sort pas avec les clowns. C’est à ce moment-là qu’elle accepte vraiment ce qu’elle est, en disant aux spectateurs, avec surprise: «Je suis… clown!» (comme si le nez rouge n’était pas une indication suffisante).<br>
Dans la vie, Rachel est vraiment un clown qualifié; elle a appris le «clowning» dans une école de cirque à New York. Avoir deux parents dans le cirque a certainement une influence sur sa volonté de poursuivre cette carrière. Sa réponse à la question «qu’est-ce qu’un clown aujourd’hui?», c’est qu’il s’agit de beaucoup de comédie physique, de gestes très exagérés (comme on l’a bien vu dans son spectacle), d’un peu de danse, mais généralement d’avoir la capacité d’être une caricature de soi-même. Une de ses grandes influences, nous dit-elle, est Will Ferrell: «Typiquement, les gens ne pensent pas à lui comme un clown, mais de ma perspective, c’est plus son genre de comédie».<br>
En accord avec le thème de sa pièce, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle va faire dans le futur, avec une majeure en Histoire et deux mineures en Théâtre et Italien. «Je suis toujours dans le déni», dit-elle. Mais elle projette de montrer son spectacle à New York, Toronto, et peut-être dans d’autres villes encore. «Ça, c’est une version préliminaire: il me faut travailler beaucoup plus sur le script». Cette pièce, donc, va continuer d’évoluer, en accord bien sûr avec l’évolution de Rachel elle-même. Acceptera-t-elle un jour son destin de clown? Il faudra suivre son spectacle pour en être certain.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La musique culturelle du moderne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/11/06/la-musique-culturelle-du-moderne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Nov 2012 05:50:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maânouche Swing Trio investit le Dièse Onze. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque semaine au Dièse Onze, un resto-bar de jazz caché un peu en dessous du trottoir, on peut voir le groupe musical Maânouche Swing Trio. L’atmosphère au Dièse Onze à six heures du soir est calme, mais on voit tout de suite que presque toutes les tables sont réservées: indication qu’il se remplira bientôt de monde. Si vous n’êtes jamais allé au Dièse Onze, il faut s’y rendre pour souper ou pour un verre à la fin de semaine. La fusion d’une atmosphère détendue mais intime le rend parfait pour un rendez-vous romantique ou une rencontre avec des amis pour une soirée divertissante. </p>
<p>Le trio commence son premier set nonchalamment et sans s’annoncer, les deux guitaristes assis et le bassiste debout. Chaque musicien glisse les doigts rapidement et avec agilité en montant et descendant les gammes, et parfois surprend avec des accords puissants; ils font preuve d’un talent exceptionnel pour la guitare. Leur musique consiste pour la majeure partie des solos improvisés. Quand j’ai demandé au fondateur du groupe Lou Boustani comment ils s’exercent à l’improvisation pour les spectacles, il a dit qu’en fait les spectacles sont en eux-mêmes une façon de s’exercer. Pour lui, comme le peintre doit regarder sa peinture, le musicien doit écouter sa musique; et leur synchronisation impeccable dérive certainement de leur capacité à s’écouter les uns les autres. Ils jouent avec précision, sentiment, et énergie — ce que le bassiste montre avec ses expressions émotives et parfois des petits cris de joie — et il devient clair que les membres du groupe connaissent vraiment leur musique ainsi que les musiciens. Cependant, Lou insiste pour qu’on ne s’y trompe pas: le jazz manouche est spécial, car il faut le jouer avec le cœur.</p>
<p>La musique varie d’un rythme élevé à des ballades lentes et romantiques, avec un son qui évoque la guitare espagnole. Mais ce n’est pas espagnol; c’est la manouche, mélangée avec le jazz et d’autres influences, y compris la tradition classique. Ces influences diverses font de l’expérience un jeu, pour ceux qui ne connaissent pas bien le jazz, sans parler des sous-genres de jazz: celui de classer exactement ce qu’on entend. Ce mouvement musical fut fondé en France par le musicien sinti Django Reinhardt, dans les années 1930. Il avait commencé sa carrière musicale comme guitariste, violoniste et banjoïste de manouche classique, mais, après un voyage aux États-Unis où il avait découvert le mouvement de jazz et joué avec Duke Ellington, les deux traditions devinrent pour toujours fusionnées. Reinhardt a donné à la tradition jazz les solos de guitare improvisés et mélodiques, alors que l’instrument était auparavant plutôt chargé de solos d’accords. Le jazz manouche est le seul mouvement de jazz qui ne vient pas des États-Unis. Maânouche Swing Trio a été fondé à Montréal par Lou Boustani il y a dix ans. Le groupe est constitué de Lou et Damien Levasseur aux guitares acoustiques dont une rythmique et l’autre soliste, et Simon Pagé à la guitare basse, qui joue aussi les solos. Ils jouent chaque semaine au Dièse Onze depuis plus de cinq ans.</p>
<p>Leur évolution en tant que groupe important dans le monde du jazz au Québec illustre la philosophie de la tradition de Reinhardt. Dans ma conversation avec Lou, je lui ai demandé avec curiosité comment ils parviennent à créer des compositions si originales, tout en restant proche de la tradition manouche. Il m’a dit qu’ils suivent les thèmes et les standards du mouvement, mais que l’improvisation est également importante pour créer un jazz manouche authentique. Comme le mouvement est né de la rencontre d’un style traditionnel avec un style populaire, la vraie création du jazz manouche se passe au moment où le classique cède le passage au nouveau. </p>
<p>Les musiciens du Maâouche Swing Trio sont tous professeurs à l’École Jazz Manouche de Montréal, ou EJMM, également fondée par Lou Boustani; c’est la première institution d’enseignement de jazz manouche en Amérique du Nord. Située dans le Plateau, l’école à but non lucratif forme une soixantaine d’élèves, qui apprennent une approche musicale communicative. C’est de cette façon que les membres du trio perpétuent une tradition musicale qui, comme toutes les traditions culturelles, évolue avec chaque génération. C’est ce processus qui rend le jazz manouche important dans le monde de la musique aujourd’hui, et ce processus-même compose l’essence de la modernité. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Artiste, féministe, humaniste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/10/30/artiste-feministe-humaniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2012 16:32:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un documentaire sur les hommes vis-à-vis de la condition féminine</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous visitez le site Internet du cinéaste belge Patrick Jean, vous verrez l’image d’une jeune femme au Viêt Nam, qui vend des ballons dans la rue. Elle a l’air ennuyée, même un peu triste et vulnérable.</p>
<p>Il semble que le documentariste ait tendance à trouver et filmer la tristesse dans le monde, où qu’elle soit. On pourrait dire que c’est sa mission.</p>
<p>Il représente les grands thèmes de notre société, comme la pauvreté dans les films <em>Les enfants du Borinage </em>et <em>La raison du plus fort</em> et le grand <em>backlash</em> du mouvement féministe au Québec dans le film <em>La Domination masculine</em>.</p>
<p>Qu’il le fasse avec un œil critique sans perdre son mérite artistique fait de Patric Jean un artiste autant qu’un intellectuel. En fait, c’est son regard créatif qui donne la clairvoyance à un problème aussi difficile à définir que l’oppression des femmes.</p>
<p>Il voulait faire <em>La Domination masculine </em>au Québec, comme il le dit dans le film, parce que le Québec est plus avancé dans la cause féministe que les pays européens.</p>
<p>Cependant, la montée du mouvement contre le féminisme a commencé paradoxalement à partir du massacre de Polytechnique de 1989, parmi certains hommes qui se sentaient menacés par le pouvoir que les femmes gagnaient alors.</p>
<p>Aujourd’hui, le féminisme semble avoir régressé, pas seulement au Québec, mais partout dans le monde. Jean nous montre que le recul du féminisme dans un pays plus progressif suggère des implications pour les pays qui sont moins avancés. La hiérarchie des sexes imprègne la société, dans toutes ses expressions. Dès l’enfance, les rôles des sexes sont naturalisés dans le subconscient: dans les livres pour enfants qui représentent la mère dans la cuisine et le père dans sa chaise avec le journal, même les jouets emprisonnent les jeunes filles dans la maison.</p>
<p>Le film commence avec Jean faisant un collage d’images de bâtiments dessinant un phallus. Ce n’est pas une blague; c’est un symbole du pouvoir masculin qui prévaut dans l’inconscient collectif depuis longtemps. Perspective intéressante quant au féminisme que de commencer le film avec l’image du pouvoir masculin. De même, le titre suggère que le féminisme n’est pas tant un problème de femme qu’un problème d’homme.</p>
<p>La séquence de la jeune femme vietnamienne se termine quand elle voit un homme qui l’approche, et tout de suite elle baisse les yeux. La portée de l’image n’est pas évidente, car elle représente non seulement toutes les femmes, mais l’effet d’une société patriarcale sur le subconscient de tous.<br>
C’est l’espoir du cinéaste, en vue de <em>La Domination masculine</em>, qu’un jour cette femme ne baisse pas les yeux; peut-être un jour ne vendra-t-elle pas de ballons dans la rue.</p>
<p>Patrick Jean gagne mon coup de cœur pour reconnaître et faire savoir que ce n’est pas sa faute: que le pouvoir masculin n’est pas un problème de femme, mais un problème social d’une grande étendue que les hommes doivent également essayer de résoudre. Mais on y est à peine.</p>
<div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Bonsái</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/10/02/bonsai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2012 13:53:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Français facile]]></category>
		<category><![CDATA[alejandro zambra]]></category>
		<category><![CDATA[bonsai]]></category>
		<category><![CDATA[christian jimenez]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un film qui prouve qu’on essaie encore de retrouver le temps.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une histoire d’amants: celle de Julio et Emilia, deux étudiants à l’université qui se rencontrent à une fête et tombent amoureux. À leur première rencontre, ils disent qu’ils ont lu À la recherche du temps perdu de Proust, en entier. Mais ils se mentent. Ni l’un ni l’autre n’en ont lu un mot. Ils commencent à le lire ensemble, à voix haute, avant de se coucher, «pour la deuxième fois», mais ils s’arrêtent après l’incipit. Les soirs suivants, ils lisent d’autres livres, sans jamais retourner à Proust. Julio et Emilia s’aiment passionnément, mais ils ne se rendent pas compte de l’importance de leur amour, et laissent le temps passer. </p>
<p>Voilà la trame de Bonsái, un film du réalisateur Cristián Jiménez, inspiré du court roman de l’écrivain Chilien Alejandro Zambra, dont la sortie a été longtemps attendue par les amateurs de cinéma comme de littérature. Le roman a fait du bruit dans la littérature mondiale dès sa publication en 2006; le film aura certainement un impact similaire dans le monde du cinéma. </p>
<p>Jiménez reste proche du style de Zambra, dans des scènes ayant un fort intérêt visuel et émotionnel,  mais ses dialogues sont rares et souvent abstraits. Jiménez multiplie les références à Proust, en mettant en valeur le parallèle entre la relation de Julio et Emilia, et celle de Charles Swann et Odette.  Ceux qui ont vu le film Un amour de Swann peuvent reconnaître certaines de ses scènes d’amour dans Bonsái. Jiménez utilise des gros plans, s’approche de la peau et des visages, et met en valeur l’étreinte de chaleur qui imite la passion de Swann et Odette. Ce parallèle fait de l’amour de Julio et Emilia un abandon total de l’identité individuelle dans  l’autre. </p>
<p>La chronologie alterne entre deux moments espacés de huit ans. Entre les deux, on ne sait pas ce qui s’est passé&nbsp;et on ne sait donc pas pourquoi Emilia et Julio se sont quittés. Après ces huit années, Julio travaille pour un écrivain célèbre, Gazmuri: il  tape son manuscrit à la machine. Mais il perd son travail lorsque Gazmuri lui annonce qu’une secrétaire de la maison d’édition va le lui faire pour&nbsp;moins cher. Julio, qui n’accepte pas le fait qu’on puisse se passer de lui aussi facilement, ne veut pas le dire à sa nouvelle amante, qui l’aidait avec le projet. Il commence alors à écrire son propre manuscrit: un roman, Bonsái qui devient le récit de l’histoire de sa vie. </p>
<p>Le symbole du bonsaï est mystérieux. Il n’est pas expliqué, mais il apparaît dans une autre histoire, celle d’un couple qui essaie d’entretenir une plante mais qui finit par se quitter. Dans cette histoire-là, la plante est le symbole de leur amour, qui a besoin d’attention pour survivre. Julio prend ainsi soin du bonsaï pour compenser son inattention face au temps qui passe. Au même moment, Emilia se suicide. Julio ne l’apprend que quatre mois plus tard. Bouleversé par la mort d’Emilia, Julio ne sait pas quoi faire. Il va à la bibliothèque, s’assied, et commence à  lire Proust, une seule larme coulant sur sa joue. </p>
<p>«Emilia meurt. Julio ne meurt pas. Le reste est fiction.» Cet incipit du film fonctionne comme une sorte d’anti-accroche. Mais il ne fait pas que révéler ce qui se passe à la fin, il contribue aussi au développement de l’intrigue. Un autre incipit lui ressemble: celui de La Recherche  de Proust. «Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: «Je m’endors.» Le reste est littérature. </p>
<p>VOCABULAIRE:</p>
<p>Amant: lover<br>
Inspiré de: based on<br>
Proche: close<br>
Gros plan: close up<br>
Étreinte: embrace<br>
Chaleur: heat<br>
Maison d’édition: publisher<br>
Roman: novel<br>
Entretenir: look after<br>
Bouleversé: deeply moved<br>
Bibliothèque: library<br>
Larme: tear<br>
Couler: drip<br>
Joue: cheek<br>
Accroche: catchphrase<br>
Intrigue: plot<br>
Bougie: candle<br>
Éteindre: blow out<br>
S’endormir: fall asleep</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lucky Dragons</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/09/25/lucky-dragons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Appino-Tabone]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Sep 2012 12:22:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux côtés de l’expérience, en marge du festival</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rue Saint-Pierre: étroite et cachée, car elle dévie un peu du bruit de Notre-Dame Ouest, comme les centaines de petites rues du Vieux-Montréal, qu’on suit sans en trouver la fin, et qui semblent nous transporter un temps en arrière. Je pouvais entendre les sabots d’un cheval dans la distance. Je me suis bientôt trouvée au numéro 407, mais je l’ai presque dépassé. Je suis entrée dans le foyer; chic et minimaliste, fait de matériaux modernes comme l’inox, le verre et le béton. Plus une salle qu’un théâtre, les lumières étaient baissées, et les tables rondes et hautes donnaient l’air d’un café où on écoute de la poésie. J’ai commandé une bière et attendu le spectacle. </p>
<p>La salle s’est remplie très vite. Les gens plus âgés ont occupé les tables, et les hipsters ont occupé le sol, mais on était tous là pour voir Lucky Dragons à Art POP de POP Montréal, un groupe de musique expérimentale basé à Los Angeles, connu pour combiner la musique et l’art visuel, et pour donner des concerts interactifs. Après une présentation très courte, les membres de Lucky Dragons sont montés à l’étage, et l’expérience a commencé. </p>
<p>Penchés face-à-face sur un système fait d’une boite de bois, deux ordinateurs, et un projecteur, étaient mari et femme. Ils étaient tous les deux grands et minces, aux cheveux très courts et portant des jeans et t‑shirts. Ils se ressemblaient, comme l’image et le reflet. Sur l’écran derrière la mezzanine sont apparues des lignes noires et blanches; les lignes faisaient des mouvements pendant qu’un son grave et sourd faisait lentement un crescendo, et Luke Fischbeck a levé le micro et commencé à chanter. Les mots étaient difficiles à comprendre, car ils battaient avec la basse. La musique a fait encore un crescendo, jusqu’à être presque insupportable, et la voix de Sarah Rara a fait son entrée. </p>
<p>Elle s’est tournée face à l’audience, mais est restée assise. Il était évident qu’à ce concert, on ne devait pas se concentrer sur les gens à l’étage. Ils avaient placé des CD devant le projecteur, formant un arc-en-ciel sur les murs. Ils ont invité le public à participer, et distribué les CD à tout le monde. Les formes sur l’écran changeaient rapidement tandis que le rythme s’accélérait; le dessin de lignes s’est transformé en diamants, et puis en carrés. J’étais transportée de la réalité à une expérience psychédélique. Le chevauchement des sons, le mouvement constant des images, les arcs-en-ciel, et la réverbération du son, tous ensemble étaient accablants aux sens. À la fin, la musique s’est arrêtée, les images sur l’écran se sont évanouies, et les lumières se sont allumées. J’avais oublié où j’étais.</p>
<p>J’ai approché Sarah pour lui demander quel aspect de son art elle aime le plus. Elle m’a dit qu’elle aimait l’interactivité des concerts, parce qu’il n’y a plus de tension entre les artistes et les spectateurs. J’ai demandé pourquoi Lucky Dragons voulait créer cette expérience pour leur public, et quelle philosophie soutient leur art. Elle m’a dit que les images noires et blanches sont créées par deux transparents rayés qui se chevauchent, et qui créent les ondes acoustiques, alors ce qu’on voit sur l’écran est une image de ce qu’on entend. Quand les transparents font un dessin de diamants, ils reflètent des ondes acoustiques triangulaires. Elle a ajouté que le visuel rend l’expérience auditive plus simple parce que les sons sont complexes, et le visuel donne quelque chose sur quoi on peut se concentrer. Regarder et écouter, elle a dit, sont des façons de participer à l’expérience. </p>
<p>Si je participais à l’expérience, je ne m’en souviens pas. J’étais trop captivée par ce qui se passait autour de moi. Mais l’art est comme ça. C’est quelque chose qui semble fixe, mais qui vit, et les gens ont besoin de la stimulation pour avoir un effet. Comme Sarah me l’a dit, «on fait l’art ensemble».</p>
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