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	<title>Archives des 2020-10-27 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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	<item>
		<title>Une tribune pour les francophones</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/une-tribune-pour-les-francophones/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gali Bonin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:26:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Déclaration de principes du Délit commence ainsi: «Le Délit, seul journal francophone de l’Université McGill, donne une voix à plus de [7 500] francophones sur le campus.» Si une affirmation aussi idéaliste est agréable à lire et fait belle figure, sa concrétisation est toutefois beaucoup plus complexe. Nous avons le privilège d’être le seul&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/une-tribune-pour-les-francophones/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Une tribune pour les francophones</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La <a href="https://www.delitfrancais.com/apropos/principes/" data-wpel-link="internal">Déclaration de principes</a> du <em>Délit</em> commence ainsi: «<em>Le Délit</em>, seul journal francophone de l’Université McGill, donne une voix à plus de [7 500] francophones sur le campus.» Si une affirmation aussi idéaliste est agréable à lire et fait belle figure, sa concrétisation est toutefois beaucoup plus complexe.</p>



<p>Nous avons le privilège d’être le seul journal francophone de l’Université, mais ce privilège vient avec une énorme responsabilité. Ce journal doit, en vertu de sa déclaration de principes, donner une voix à la francophonie mcgilloise. Les francophones de McGill forment une communauté extrêmement diversifiée et ne pensent pas comme un bloc monolithique. Ce n’est pas «une voix» que <em>Le Délit</em> doit faire entendre, mais une multitudes de voix qui ne s’entendent pas toujours entre elles.&nbsp;</p>



<p>En ce sens, nous estimons que <em>Le Délit</em> ne peut pas se permettre d’être un journal dont l’essence serait de promouvoir une seule idéologie.<em> Le Délit</em> est, en quelque sorte, le «diffuseur public» des francophones mcgillois·es financé par l’ensemble de la communauté étudiante, et doit par conséquent être un espace d’expression ouvert à toutes et tous. L’équipe éditoriale du <em>Délit</em>, qui ne pourra jamais être parfaitement représentative de la communauté étudiante dans son ensemble, ne peut pas choisir d’en servir une certaine partie et d’en ignorer une autre parce qu’elle ne partage pas ses opinions. Elle ne peut pas refuser de publier des textes pour la seule et unique raison que ceux-ci ne coïncident pas avec les idéologies de son conseil éditorial.</p>



<p>Il va sans dire que, dans le respect de sa mission, <em>Le Délit </em>doit également travailler à ce que ses pages offrent un espace respectueux et sécuritaire pour toutes et tous. Tout propos haineux ou discriminatoire, à quelque égard que ce soit, ne saurait avoir sa place dans cet espace où la bonne foi est de mise. Le but est d’élever le débat, pas de le miner; de poser des questions, pas d’imposer ses dogmes.</p>



<p>Il doit aussi reconnaître qu’il ne peut pas prétendre représenter toute la communauté étudiante simplement en acceptant tous les textes, car certaines voix ont plus de difficulté à se faire entendre, dans un journal étudiant tout comme dans la société en général. Il doit faire des efforts concrets afin d’aller chercher des textes et des points de vue provenant d’une réelle diversité de contributeurs et de contributrices.</p>



<p>Si <em>Le Délit</em> n’était qu’un journal francophone parmi plusieurs, un tel problème n’aurait pas à s’imposer: dans une institution où une multitude de voix peut s’exprimer à travers une multitude de médias, les journaux de combat sont alors possibles, voire souhaitables. Les étudiant·e·s ne se trouveraient pas limité·e·s, par leur appartenance linguistique, à un seul média. Mais tel n’est pas le cas.</p>



<p>Nous nous devons de donner parole, non pas de prendre position.<em> </em>De ce fait, <em>Le Délit</em> se doit d’offrir une plateforme la moins fermée, la moins dirigée possible, cela afin de respecter sa mission: permettre à la francophonie mcgilloise de s’exprimer.</p>



<p><em>L’équipe du</em> Délit</p>
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		<title>Des felquistes à l’affiche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/des-felquistes-a-laffiche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gali Bonin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:25:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Club Illico]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Piccoli]]></category>
		<category><![CDATA[Félix Rose]]></category>
		<category><![CDATA[Flavie Payette-Renouf]]></category>
		<category><![CDATA[Le dernier felquiste]]></category>
		<category><![CDATA[octobre 2020]]></category>
		<category><![CDATA[Octobre 70]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré Flavie Payette-Renouf, co-réalisatrice de la nouvelle série documentaire Le dernier felquiste.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 1<em style="user-select: auto;">er</em> octobre dernier paraissait sur Club Illico une nouvelle série documentaire québécoise: <em style="user-select: auto;">Le dernier felquiste</em>. Dans cette série co-réalisée par Flavie Payette-Renouf, Félix Rose et Eric Piccoli, les journalistes Antoine Robitaille et Dave Noël enquêtent sur le mystérieux meurtre de Mario Bachand, l’un des membres fondateurs du Front de libération du Québec (FLQ). Assassiné par balle dans un appartement parisien le 29 mars 1971, Bachand avait plusieurs ennemis qui auraient pu vouloir sa mort. S’agirait-il d’un règlement de compte interne au sein du FLQ? Serait-ce une élimination stratégique de la Gendarmerie royale du Canada (GRC)? Ou alors une vendetta personnelle contre Bachand?<strong style="user-select: auto;"> </strong></p>



<p>De cette série où se chevauchent hypothèses, révélations surprenantes et rencontres avec des felquistes notoires, <em style="user-select: auto;">Le Délit </em>a rencontré l’une des réalisatrices: Flavie Payette-Renouf.</p>



<hr class="wp-block-separator">



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="666" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-1000x666.jpg" alt class="wp-image-38744" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-1000x666.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-1536x1023.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/10/FlaviePayetteRenouf.jpg 1732w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Babel Films</span></figcaption></figure>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD): </strong><em>Dans quel contexte est apparue l’idée d’une série documentaire sur Mario Bachand?</em></p>



<p><strong>Flavie Payette-Renouf (FPR): </strong>Ça remonte à vraiment loin! Au départ, je m’étais dit que, pour le 45<em>e </em>de la crise d’Octobre, je pourrais faire un documentaire sur l’histoire du FLQ. Je m’étais rendue compte qu’on parlait toujours d’Octobre 70, alors qu’Octobre 70, c’est l’aboutissement de sept ans d’actions violentes, de bombes et de revendications du mouvement terroriste qu’était le FLQ. Donc je me suis dit qu’il y avait vraiment une histoire qui est super importante à connaître et à comprendre.&nbsp;</p>



<p>J’ai rencontré en 2014 Antoine Robitaille qui, lui, était vraiment obsédé par [la question]: «qui a tué Mario Bachand?». […] [Lorsque j’ai rencontré Félix Rose], on a décidé de fusionner nos projets: lui qui avait déjà fait des pré-entrevues avec le FLQ, qui avait des contacts, qui avait la confiance de certains membres. C’est à ce moment là qu’on s’est dit qu’il fallait faire un genre de <em>true crime </em>à la <em>O.J.: Made in America </em>où on raconte un peu l’histoire du mouvement en cherchant qui a tué Mario Bachand.&nbsp;</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Pourquoi parler encore du FLQ 50 ans plus tard? Quelle est la pertinence d’aborder de nouveau ce mouvement qui a été déjà maintes fois revisité?</em></p>



<p><strong style="user-select: auto;">FPR: </strong>Le FLQ, on ne peut pas dire aujourd’hui qu’ils ont utilisé des moyens qui avaient du bon sens. Ça n’a pas de sens d’utiliser la violence, d’utiliser le terrorisme, c’est critiquable. Mais on ne peut pas juste se dire: «ils l’ont fait <em style="user-select: auto;">out of nowhere</em>». Non, c’est n’est pas <em style="user-select: auto;">out of nowhere</em>. Même si c’est super critiquable, il faut quand même comprendre les raisons, parce que dans toutes sociétés, si on ne comprend pas pourquoi une partie de la population se radicalise, peu importe le sujet pour lequel elle se radicalise, il y a toujours des chances qu’un jour, ça revienne. Que des groupes se sentent opprimés et qu<strong style="user-select: auto;">’</strong>ils se remettent à tenter d’utiliser la violence pour X raisons. Et donc c’est important de comprendre qu’est-ce qui peut mener des gens à la radicalisation pour éviter que ça se reproduise.</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Un documentaire de terrain renferme déjà plusieurs incertitudes, mais une enquête documentaire, ce n’est même plus des incertitudes, c’est carrément des risques! Pourquoi vous êtes-vous lancée dans une aventure aussi hasardeuse?</em></p>



<p><strong>FPR: </strong>Parce que c’est trippant! C’est trippant de parler à ces gens-là. Quand on est allés en France, il y avait quelque chose de très émouvant de se dire que ça fait trois ans que l’on parle de Pierre Barral, Françoise Laville, de ces gens qui ont connu Bachand et d’avoir la chance de les rencontrer. Ce sont des témoins historiques super importants!</p>



<p>Ce qu’on a fait, c’est qu’on s’est assurés au fil du temps de prendre contact avec ces gens-là et d’essayer d’avoir quelques pistes qui nous ont permis de convaincre TVA et Club Illico qu’il y allait avoir des gens qui allaient nous parler et qu’on allait avoir de la matière. C’est sûr qu’il y avait un risque, […] mais on parle quand même au témoin numéro un dans un appel téléphonique vraiment longtemps! Jamais on a pensé que ça arriverait. On était sûrs qu’il allait raccrocher. Mais comme c’était Félix, le fils de Paul Rose, il s’est confié. Il y avait plein de belles surprises comme ça qui sont arrivées en cours de route. […] Finalement, on a été chanceux, on a pas mal eu le <em style="user-select: auto;">best case scenario.</em></p>



<p><strong>LD: </strong><em>On peut remarquer que la série est surtout centrée autour de «personnages»&nbsp;masculins. Connaissant votre implication au sein de la lutte féministe, qu’avez-vous pensé de cet environnement presque exclusivement masculin?&nbsp;</em></p>



<p><strong>FPR:</strong> En fait, on n’a pas mis les femmes de côté: ce mouvement-là a mis les femmes de côté. Dans les membres du FLQ, il y a eu Michèle Duclos qui a voulu mettre des bombes à New-York, les fameuses dynamites avec les <em>Black Panthers</em>, elle a voulu faire sauter la statue de la Liberté. [rire, <em>ndlr</em>] Elle nous a dit qu’elle ne voulait pas nous parler parce qu’elle était rendue une haute fonctionnaire et qu’elle voulait oublier cette partie-là de sa vie.</p>



<p>Moi, j’essaie toujours d’y penser, de me demander: «Bon, y a‑t-il une autre femme [à qui nous pourrions parler]?» J’ai rencontré des femmes, j’ai parlé à des femmes qui tournaient un peu autour du mouvement, mais tout ce qu’elles me disaient, c’était: «C’était un mouvement macho. C’était un mouvement qui ne faisait pas de place aux femmes. On s’est senties mises de côté.» […] Les quelques-unes qui auraient pu nous parler du FLQ en gardent de très mauvais souvenirs et ont vraiment l’impression qu’elles ont été tassées.</p>



<p><strong>LD: </strong><em>Notre dernière question pour vous est la suivante: Flavie Payette-Renouf, avez-vous résolu le mystère entourant le meurtre de Mario Bachand?</em></p>



<p><strong>FPR: </strong>Dans la vraie vie de société démocratique, il faudrait qu’il y ait une accusation formelle pour dire qu’il y a un meurtrier. Mais moi, en mon âme et conscience, je pense que je sais qui l’a fait. Est-ce que j’ai tous les motifs, toutes les raisons? Je crois avoir des pistes de réponses que l’on donne dans la série, mais après ça il restera toujours un petit peu de mystère. Parce que tant que personne ne fera d’aveu formel, il restera toujours une partie irrésolue. Mais je pense qu’on a quand même assez de clés pour avoir une bonne idée de ce qui s’est passé!&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p><em>Flavie Payette-Renouf travaille actuellement sur une série intitulée </em>Avant après <em>sur Savoir média</em> <em>dans laquelle l’équipe retrace des pans de l’histoire à partir de photographies. Elle nous a également mentionné qu’elle travaillait encore avec Dave Noël et Antoine Robitaille et qu’ils planifient une suite. «C’est pas la dernière fois que vous allez nous voir», nous a‑t-elle lancé en riant.&nbsp;</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Professeur·e·s – étudiant·e·s : soyons connecté·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-jeunesse-debrouillarde-et-brillante-que-nous-sommes-a-bien-reussi-a-passer-au-travers-de-la-premiere-vague-mais-la-nous-avons-besoin-de-vous-les-profs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lysa Bélaïcha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Coco plein, Google Docs vides et micro éteint.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>J’ai toujours trouvé le campus de l’Université fatiguant.</p>



<p>Devoir changer de bâtiment entre chaque cours. Courir parce que je n’ai que 10 minutes de pause. Avoir l’impression de faire une randonnée tant les rues du campus sont à‑pic. Marcher dans le froid. Glisser sur les trottoirs qui appartiennent à la Ville ou à l’Université… Je ne sais plus, tellement le campus est grand.&nbsp;</p>



<p>Tout ça pour vous dire qu’aller à l’école physiquement, je trouve ça fatiguant.&nbsp;</p>



<p>Lorsqu’en mars le confinement a commencé, McGill n’a pas donné de cours durant environ deux semaines. La reprise a donc été plutôt difficile, mais, bon, il fallait s’y faire. Il fallait bien la terminer, cette session.&nbsp;</p>



<p>En septembre, j’étais motivée. J’avais même décidé de suivre cinq cours à l’automne et à l’hiver. Habituellement, je n’en suis que quatre et c’est suffisamment exigeant. Je m’étais dit que le temps que je gagnerais à ne pas me déplacer, je l’investirais dans un autre cours, pour finir mes études plus vite, pour fuir l’Université plus vite.&nbsp;</p>



<p>La réalité m’a vite rattrapée. Quelques semaines après le début des cours, je réalise que la charge de travail est surprenante. Les professeur·e·s nous demandent de participer à de nombreux forums de discussion, parfois plusieurs fois par semaine, comme si c’est quelque chose d’éducatif ou de plaisant. Mais écrire seul·e à son ordinateur n’a rien de stimulant.&nbsp;</p>



<p>Chaque jour, je n’ai hâte qu’à une chose, dormir. J’ai hâte que le soir arrive pour que je puisse enfin fermer mes écrans. Me libérer.&nbsp;</p>



<p>Récemment, j’ai perdu la vue pendant quelques heures. Je ne voyais plus rien. Tout était devenu noir. J’ai cru que j’étais devenue aveugle. Entre nos lectures qui sont presque toutes en ligne, nos participations obligatoires à des forums de discussion, qui souvent ont une pondération beaucoup trop importante, et nos cours; les étudiants universitaires passent beaucoup trop d’heures devant leur écran sans pouvoir se divertir. Cela a un effet sur notre santé physique; maux de dos, de cou et de tête.&nbsp;</p>



<p>Je vois, bien sûr, beaucoup d’avantages à étudier à distance. Nous réduisons nos déplacements et les coûts liés à ceux-ci, nous réduisons nos dépenses et notre consommation, nous pouvons dormir plus longtemps et je dirais même que nos enseignant·e·s sont plus accessibles par Zoom puisque nous pouvons leur poser des questions directement dans la section «discussion».&nbsp;</p>



<p>Je crois que si nous pouvions sortir, voir des ami·e·s, étudier dans les bibliothèques et les cafés, cette expérience de télé-étude seraient bien moins pénible. C’est le fait de toujours être enfermé·e·s et seul·e·s qui nous exaspère, nous dégoûte, nous déprime et nous décourage.&nbsp;</p>



<p>Les temps sont durs pour tout le monde, autant pour les professeur·e·s que pour les étudiant·e·s. À mon avis, toutes les charges de cours devraient être allégées pour les étudiant·e·s. J’espère que le bien-être physique et mental des étudiant·e·s est une priorité pour les établissements d’enseignement supérieur. La jeunesse débrouillarde et brillante que nous sommes a bien réussi à passer au travers de la première vague, mais là, nous avons besoin de vous, les profs.</p>



<p>L’un de mes professeur·e·s nous a dit que l’Université avait demandé, mais pas obligé, les professeur·e·s à donner des cours en ligne pour un maximum de 90 minutes par semaine. Sur mes cinq professeur·e·s, un seul respecte cette demande et je remarque que mes notes de cours sont mieux prises et mon attention est ininterrompue. Je crois qu’enseigner 90 minutes est raisonnable. Dans mon programme de science politique – et je ne parle que pour mon programme – je crois que les professeur·e·s ont toutes les compétences pour être bref·ève·s, concis·es et efficaces dans leur enseignement.</p>



<p>Nous avons besoin de votre compassion, de votre compréhension et de votre participation. La meilleure des qualités qui soit en ce moment est celle de l’adaptation, et je remercie mes professeur·e·s qui ont adapté le plan de cours au fil des semaines afin d’alléger la charge de travail. J’aimerais dire que vous êtes et avez toujours été des piliers dans l’éducation de la société. Aujourd’hui, en ces temps de pandémie, vous vous devez d’être nos allié·e·s. Nous nous devons d’être connecté·e·s à nos réalités.&nbsp;</p>



<p>Je ne crois pas que cela affecterait la qualité de notre apprentissage. Au contraire, nous serions plus concentré·e·s, plus captivé·e·s et plus déterminé·e·s durant nos cours, car avouons-le, rares sont ceux ou celles qui écoutent le professeur après une heure de cours, surtout lorsque nous pouvons fermer notre micro et notre caméra.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La liberté au-delà des chaînes totalitaires</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-liberte-au-dela-des-chaines-totalitaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Caron-Bleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[fromm]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>
		<category><![CDATA[vioulac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38596</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vioulac, Fromm et le totalitarisme.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’Occident est en crise. C’est du moins la thèse de Jean Vioulac dans <em>La logique totalitaire</em>, qui examine cette crise historique sous plusieurs angles, notamment à travers le prisme de l’analyse du capitalisme devenu «totalitaire». Malgré l’apparence contradictoire d’une telle thèse, le penseur français remonte à l’essence même du concept de «totalisation» afin de l’étudier dans une perspective philosophique décentrée de son sens commun. L’ère moderne, frappée par la globalisation, se conçoit en tant que totalité planétaire comme «un processus au long cours qui intègre tous les hommes, tous les peuples et tous les territoires dans un même espace temps». Ainsi, malgré les frontières territoriales et la diversité des êtres et des États, tous·tes convergent vers un même principe: le Capital. Selon Vioulac, pour que le totalitarisme en soit réellement un, il doit y avoir une soumission de tous les individus à un pouvoir total, ce que le philosophe s’applique à démontrer par l’entremise des concepts de puissance et de liberté. Comment ne pas qualifier le Capital de puissance alors que celui-ci existe en tant que principe directeur qui guide toutes les actions individuelles et tous les aspects de l’existence? Certaines pensées s’avèrent tellement intériorisées que l’on peut en oublier la source, alors même qu’elles découlent d’une logique capitaliste. Nous n’avons qu’à songer à la fameuse phrase «le temps, c’est de l’argent» ou à ce sentiment de culpabilité résultant de la non-productivité. Calculer constamment comment réduire ses dépenses et opter pour des produits à moindre coût afin d’augmenter ses profits, n’est-ce pas inconsciemment des manières de traiter sa vie comme une entreprise capitaliste? L’argent est en ce sens une forme de coercition, tout comme l’est l’État. D’ailleurs, la nature paraît loin d’être épargnée par cette soumission totale au fétiche de l’argent lorsque l’on constate la gravité des changements climatiques et l’inaction politique commune. Ainsi, l’idée que l’État aliène les libertés lorsqu’il assujettit ses citoyen·ne·s à ses lois ne surprendra personne, mais le Capital en fait tout autant en promouvant au nom de la liberté «une doctrine de la soumission volontaire».</p>



<p><strong>La main invisible</strong></p>



<p>Ce faux-semblant de liberté propre au régime capitaliste semble néanmoins assumé par le père fondateur du libéralisme économique Adam Smith dans le développement de sa théorie de la «main invisible». La poursuite des intérêts individuels ou, dans une formulation plus concrète, la tendance de chacun et chacune à améliorer son sort, engendre l’organisation macroéconomique globale la plus efficace. Les individus à la recherche de leur propre gain sont ainsi conduits à leur insu par cette «main invisible» pour la grande satisfaction du système économique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ainsi, l’idée que l’État aliène les libertés lorsqu’il assujettit ses citoyen·ne·s à ses lois ne surprendra personne, mais le Capital en fait tout autant en promouvant au nom de la liberté «une doctrine de la soumission volontaire»</p></blockquote>



<p>Vioulac dénonce le caractère sournois du capitalisme et y voit une certaine manipulation des individus, leurs intérêts étant dictés par le marché. Le philosophe conclut: «Donc, oui, il faut dire que le capitalisme est un totalitarisme, et même qu’il est le fondement, la condition de possibilité des totalitarismes politiques du vingtième siècle, car ces régimes ne furent que des expressions caricaturales et grossières du principe constitutif de la modernité occidentale, à savoir la massification de l’humanité par son assujettissement à la puissance totale de l’abstraction.» L’abstraction dont il est ici question est celle de l’argent, cette création universelle qui n’a de sens uniquement parce que tout le monde consent bien à lui en donner. Également, pour ce qui a trait à la massification de l’humanité, le capitalisme en a effectivement le pouvoir; en formatant les besoins individuels par ceux du marché économique, il uniformise la population, voire atomise les individus en des sociétés humaines.</p>



<p><strong>Massification et psychologie</strong></p>



<p>Un autre penseur du dernier siècle s’est interrogé sur cette massification commune aux régimes autant totalitaires que démocratiques. Erich Fromm, sociologue et psychanalyste d’origine allemande, développe donc pour sa part une forme d’analyse comparative de ces régimes dans son essai<strong> </strong><em>Peur de la liberté</em>. L’angle avec lequel il aborde ce sujet est beaucoup plus psychologique que Vioulac, mais les raisonnements des deux penseurs se rejoignent sur plusieurs points. Fromm débute sa thèse en insistant sur la profonde peur de l’isolement qui caractérise l’être humain depuis la fin du Moyen Âge. À cette époque, les individus étaient enchaînés à leur statut social. Ce rôle indiscutable et déterminé dès la naissance se concevait alors comme un ordre naturel duquel découlait un sentiment de sécurité et d’appartenance – contrairement aux sociétés modernes dans lesquelles le sort de chacun·e se trouve supposément entre ses mains. En fait, cette peur de la solitude hante l’être humain dès l’adolescence, à la rupture de ses liens primaires alors qu’il réalise devoir affronter le monde.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Il faut préciser que, selon Fromm, seules les idéologies répondant à des besoins psychologiques ont le potentiel de devenir une force sociale puissante. C’est pour cette raison que les régimes dictatoriaux et les démocraties trouvent autant d’adeptes; ils permettent à l’être humain moderne d’abandonner sa liberté et d’éviter l’anxiété qui y est reliée en se soumettant à une autorité manifeste. Même si ce processus se fait plus subtilement dans les régimes démocratiques, le résultat demeure le même: l’individu, en grandissant, apprend à se transformer en un pion conforme de l’incommensurable machine économique, bref, en un automate qui n’a plus besoin d’assumer sa liberté.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il n’est pas question ici d’abattre sans nuance la démocratie ou le capitalisme, mais de prendre conscience de la soumission cachée derrière cette façade de liberté proclamée, comparable à celle qui caractérise les régimes totalitaires du dernier siècle</p></blockquote>



<p>Fromm dénonce aussi cette croyance qu’en libérant l’individu de toute contrainte extérieure, les démocraties modernes aient atteint le paroxysme de l’individualisme. Et bien que dans ces sociétés si fièrement libres, tous et toutes possèdent le droit de s’exprimer impunément, ce privilège n’a en fait de sens que dans la mesure où les pensées de chacun·e proviennent réellement de soi-même. Ceci semble difficilement concevable puisque, dès l’enfance, des émotions ou des réactions plus sincères et spontanées sont remplacées par des versions toutes faites par le mécanisme de l’éducation. L’authenticité peine à subsister: «La crise culturelle et politique actuelle n’est pas le résultat de trop d’individualisme, mais plutôt que ce que nous croyons être de l’individualisme est devenue une coquille vide», indique Fromm. Ainsi, de l’inévitable désarmement de l’être humain moderne face aux forces économiques, il ne peut se concevoir autrement qu’en tant qu’esclave de cette toute-puissante machine. Cette conception de l’individu à l’ère capitaliste adhère certainement à la pensée de Vioulac, lui qui décrit également les êtres humains comme les serviteurs et les esclaves du fonctionnement automatique du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>Il n’est pas question ici d’abattre sans nuance la démocratie ou le capitalisme, mais de prendre conscience de la soumission cachée derrière cette façade de liberté proclamée, comparable à celle qui caractérise les régimes totalitaires du dernier siècle. Il paraît toutefois moins contraignant de vivre dans un système capitaliste – plutôt que dictatorial – sur le point suivant: en ayant la volonté d’échapper à la servitude à laquelle un individu se retrouve aveuglément soumis, ce dernier peut enfin déconstruire ce système consumériste auquel sa vie est subordonnée. Bien qu’il demeure plutôt impraticable de vivre totalement en marge de la société, il subsiste une philosophie de vie minimaliste qui, en se satisfaisant de peu, tente de se défaire de ces chaînes.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-liberte-au-dela-des-chaines-totalitaires/" data-wpel-link="internal">La liberté au-delà des chaînes totalitaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les Louis-Hippolyte La Fontaine du 20e siècle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/les-louis-hippolyte-la-fontaine-du-20e-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Orian Dorais]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:17:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38620</guid>

					<description><![CDATA[<p>Examen de l’héritage du modèle biculturaliste canadien et de ses principaux défenseurs au 	Québec. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans l’histoire du Québec, le 19<em>e</em> siècle est avant tout – à mon sens – celui des patriotes. En effet, leur épopée, loin de se limiter aux rébellions de 1837, débute dans les premières années des années 1800, avec la fondation du journal moderniste <em>Le Canadien</em> en 1806, puis du Parti canadien en 1815, qui devient le Parti patriote en 1826. Ce chapitre de l’histoire s’étend ensuite jusqu’à l’orée de 1870, époque à laquelle l’adoption du projet de Confédération de Macdonald met un frein aux velléités républicaines, décentralisatrices et binationales des derniers patriotes, les radicaux du Parti rouge de Louis-Joseph Papineau et d’Antoine-Aimé Dorion qui souhaitent que les provinces canadiennes forment des républiques autonomes un peu à la manière des États américains. Dorion et d’autres rouges quittent la vie politique peu après l’adoption de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique.</p>



<p>Les années précédant l’adoption de cet acte voient, par ailleurs, mourir plusieurs patriotes demeurés influents jusqu’à la fin de leur vie, comme Denis Benjamin Viger (1861), Wolfred Nelson (1863) ou Auguste Norbert Morin (1865). Le mouvement patriote est ainsi au cœur de la vie politique pendant une majeure partie du 19<em>e</em> siècle et inspire le biculturalisme canadien qui commence à se développer dans les années 1880–1890.&nbsp;</p>



<p><strong>Le Siècle des patriotes&nbsp;</strong></p>



<p>Durant plusieurs décennies, le principal objectif des patriotes est la mise en place d’un régime démocratique, voire républicain, dans la colonie du Bas-Canada. L’obtention du gouvernement responsable en 1848 constitue une demi-victoire pour les patriotes,&nbsp; devenus les «réformistes» après les rébellions, dans la mesure où cette nouvelle loi constitutionnelle diminue de beaucoup les pouvoirs du gouverneur britannique et atténue les effets néfastes de l’Acte d’Union qui visait à priver, par l’assimilation, les francophones du Bas-Canada de leur poids politique. Si l’on doit critiquer – comme le feront les réformistes plus radicaux, rassemblés au sein du Parti rouge à partir des années 1850 – la forme que prend le système politique du Canada dans la deuxième moitié du 19<em>e</em> siècle, il faut toutefois reconnaître que le gouvernement responsable est un grand accomplissement dans notre histoire, dans la mesure où il met fin au régime autocratique et colonial en place depuis la Conquête, système qui donnait tous les pouvoirs au gouverneur anglais. Tout cela grâce à une impulsion prodémocratique et réformiste issue en grande partie du Bas-Canada. En 1848, les francophones peuvent, pour la première fois de leur histoire, élire un parlement pourvu d’un réel pouvoir.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Lorsque l’on se remémore l’histoire du long combat patriote pour la démocratie, les Québécois ont tendance, avec raison, selon moi, à vénérer les révolutionnaires comme Louis-Joseph Papineau, Chevalier de Lorimier, Jean-Olivier Chénier ou Robert Nelson, qui prennent les armes pour contester la gouvernance britannique.<strong> </strong>Cependant, nous commémorons aussi la mémoire d’un certain Louis-Hippolyte La Fontaine, grand architecte du gouvernement responsable et patriote modéré notoire, qui obtient des gains importants pour son peuple en protestant pacifiquement contre le gouvernement monarchiste en place. La Fontaine parvient à négocier un changement de régime majeur, quitte à s’associer aux autorités britanniques, ce qui fait de lui, plus que John A. Macdonald, le véritable père fondateur de l’État canadien. Si mon admiration première va aux radicaux qui ont su rester fidèles à leurs idéaux même en exil ou sur l’échafaud, il est nécessaire de reconnaître l’importance de l’héritage démocratique du modéré La Fontaine, qui aide à l’avancement de son peuple en collaborant avec le système en place jusqu’à lui imposer sa vision politique.&nbsp;</p>



<p><strong>Le 20</strong><strong><em>e</em></strong><strong> siècle</strong></p>



<p>De la même manière, si nous honorons les grandes figures indépendantistes du 20<em>e</em> siècle comme René Lévesque, Jacques Parizeau ou Bernard Landry qui, comme les radicaux du 19<em>e</em> siècle, proposent un changement total de système politique et tiennent à leurs idéaux jusqu’à la fin de leur vie, il faut aussi reconnaître l’apport historique de politiciens québécois qui se dévouent sincèrement à l’avancement politique du Québec, mais en s’impliquant avec conviction en politique fédérale. Je parle ici des premiers ministres fédéraux québécois qu’ont été Wilfrid Laurier, Louis St-Laurent et même Brian Mulroney. Ces La Fontaine du 20<em>e</em> siècle, s’ils acceptent de collaborer avec le régime fédéral, aident néanmoins le Québec à saisir son importance comme nation, fût-ce au sein du Canada. Si le souverainisme est la seule idéologie pouvant garantir le plein épanouissement du Québec aujourd’hui, selon moi, le biculturalisme a son importance dans notre histoire politique et dans notre prise de conscience nationale, du moins jusqu’à l’échec de Meech,&nbsp;il y a trente ans.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>La modernisation du Canada sous Laurier, mais surtout sa vision d’un grand pays biculturel, suffisent à faire de lui un personnage essentiel de l’histoire nationale du Québec.</p></blockquote>



<p>Le principal porteur de l’idéal des deux peuples fondateurs, pendant plusieurs décennies du 20<em>e</em> siècle, est le Parti libéral du Canada (PLC), avec sa traditionnelle alternance entre un chef anglophone et un chef francophone. Cela va de soi, puisque le PLC est le parti de Laurier, l’homme d’État qui développe et défend la vision des «deux peuples fondateurs» du Canada. Le bilan de Laurier est certes très critiquable, notamment sur son refus d’accorder le droit de vote aux femmes, sur sa participation à la guerre des Boers et sur la mollesse de son <a rel="noreferrer noopener external" href="http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/manitoba-Laurier-Greenway.htm" target="_blank" data-wpel-link="external">compromis</a> destiné à protéger les Franco-manitobains, qui voient leurs écoles interdites à la toute fin du 19<em>e</em> siècle. Il n’en demeure pas moins que son mandat&nbsp;est l’un des premiers gestes d’affirmation nationale du Québec, en réaction à la pendaison de Louis Riel et au mépris du Parti conservateur du Canada à l’égard des Canadiens français. La modernisation du Canada sous Laurier, mais surtout sa vision d’un grand pays biculturel,<strong> </strong>suffisent à faire de lui un personnage essentiel de l’histoire nationale du Québec. Grâce à son action, le PLC devient le représentant du Québec au parlement fédéral pendant longtemps. Laurier inspire le concept du <em>French Power</em>, selon lequel le Québec peut se développer en combinant une bonne gestion provinciale à une présence accrue au gouvernement fédéral.&nbsp;</p>



<p>Cette idée, bien qu’imparfaite, permet au Québec de comprendre que son poids électoral peut lui permettre d’influencer la politique canadienne et donc qu’il n’est pas totalement impuissant face<strong> </strong>à son sort. C’est l’idéal du <em>French Power</em> qui amène Louis St-Laurent à la tête du Canada en 1948, le premier Québécois à exercer le pouvoir au fédéral depuis 1911. Plus diplomate que Mackenzie King, Saint-Laurent évite une troisième Crise de la conscription lors de l’intervention canadienne en Corée<strong> </strong>en rendant l’enrôlement volontaire. Saint-Laurent est réceptif aux revendications du nationalisme canadien-français classique&nbsp;– celui d’Henri Bourassa, de Lionel Groulx, de Camilien Houde et de l’Union nationale – qui se caractérise, entre autres, par une opposition farouche à la conscription lors des deux guerres mondiales (<a href="https://www.erudit.org/en/journals/cd/1992-n29-cd1040042/8007ac/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">72%</a>) des habitants du Québec se prononcent contre la conscription, en 1942, lors du référendum sur la question). Saint-Laurent parvient à équilibrer les intérêts anglophones et les revendications francophones.&nbsp;</p>



<p>Malheureusement, dans les années 1960–1970,&nbsp; le PLC, sous Pearson et Trudeau, abandonne graduellement la défense du biculturalisme pour adopter le multiculturalisme. Cela culmine avec le rapatriement illégitime de la Constitution de 1982, lorsque le PLC tourne définitivement le dos à l’idée des deux peuples fondateurs. Le principe du <em>French Power</em> s’en trouve corrompu; on retrouve encore plusieurs Québécois au PLC, mais ils ne défendent plus un système qui protège les intérêts du Québec. Ainsi, les hauts gradés québécois du PLC, depuis Trudeau père, ne me semblent être guère plus que des appâts pour faire croire aux Québécois que les libéraux respectent toujours le principe des deux peuples fondateurs, tout en s’efforçant de neutraliser le nationalisme québécois, en un détournement grotesque des idéaux de Laurier.&nbsp;</p>



<p>Cela dit, les Québécois ne se laissent pas complètement duper. Si, avant 1982, le PLC remporte des scores soviétiques lors des élections fédérales au Québec, son emprise devient très contestée, après la Nuit des Longs Couteaux, par les conservateurs puis par le Bloc québécois. Encore aujourd’hui, il est rare pour les libéraux de remporter au Québec une trentaine de sièges, ou plus, sur une possibilité de soixante-quinze. Sur onze élections fédérales, cela ne s’est produit qu’à trois&nbsp;reprises depuis 1984, ce qui est assez dramatique pour un parti habitué auparavant à gagner quatre cinquièmes des circonscriptions québécoises. À vrai dire, la force électorale des libéraux fédéraux repose beaucoup plus sur l’Ontario et les provinces maritimes, qui croient encore à l’idéal d’un Canada uni et juste.&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Mulroney représente le dernier Québécois à s’être engagé en politique fédérale avec un projet pour l’avancement du Québec, dans un vrai esprit biculturaliste.</p></blockquote>



<p><strong>Mulroney et Meech&nbsp;</strong></p>



<p>Cela nous amène à Mulroney, qui, il y a trente-six ans cet automne, remportait la plus grande victoire électorale de l’histoire canadienne en utilisant la méthode simple de se montrer à la fois ouvert aux nationalistes québécois et aux électeurs anglophones insatisfaits de la corruption et des excès libéraux. Mulroney est celui qui réussit à faire sortir les conservateurs de leur régionalisme des Prairies, pour une trop courte période avant que l’influence des chefs comme Preston Manning, Stockwell Day ou Stephen Harper ne les y ramène. Je trouve le «p’tit gars de Baie-Comeau» important, car il représente le dernier Québécois à s’être engagé en politique fédérale avec un projet pour l’avancement du Québec, dans un vrai esprit biculturaliste. Le projet d’accord du Lac Meech – bien qu’à mon sens la souveraineté lui eût été préférable – était honnête et bien meilleur pour le Québec que ce que les libéraux avaient à lui offrir. La scélératesse de ces derniers fait capoter le projet de Mulroney. L’homme d’État, comme naguère Louis-Hippolyte La Fontaine, fait le pari de l’entente avec un régime adverse, dans le but de faire avancer son peuple. Il y parvient en partie, car ses victoires électorales prouvent que le Québec n’est pas la chasse gardée des libéraux, que les Québécois ne se laissent pas piétiner impunément et que la contestation du modèle fédéraliste illégitime de Trudeau peut générer un grand mouvement politique. Hélas, il m’apparaît que la triste vérité de la Confédération canadienne est que les deux peuples fondateurs ne sont tout simplement pas compatibles et ne peuvent s’accorder que pour un certain temps avant que des opportunistes comme John A. Macdonald, Robert Laird Borden, Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien et Paul Martin ne viennent profiter des tensions sous-jacentes pour faire avancer leur agenda politique. La question des Autochtones, qui se revendiquent légitimement comme un troisième peuple fondateur, vient encore compliquer la situation nationale au Canada, au point de rendre impossible le rêve d’un Canada uni et équitable envers tous ses fondateurs.</p>



<p>La Fontaine rêvait d’une société démocratique, mais, en vrai patriote, il souhaitait aussi que les francophones du Canada-Uni soient bien traités dans le cadre de cette démocratie. Les décennies suivant l’obtention du gouvernement responsable montrent que l’espoir de La Fontaine en une égalité entre francophones et anglophones ne s’est pas réalisé et que la solution binationale proposée par les républicains rouges aurait peut-être été préférable, sans que cela n’enlève aux accomplissements de La Fontaine. Pareillement, le biculturalisme de Laurier n’empêche pas le retour des conservateurs au pouvoir en 1911, qui imposent la conscription en 1917, sans tenir compte de l’opposition de l’un des deux peuples fondateurs. Tous les efforts de Mulroney n’empêchent pas l’échec de Meech causé par le parti qui l’a pourtant imaginée. Ces échecs n’affectent en rien la valeur historique de l’idéologie du biculturalisme et de ses défenseurs. Cependant, pour l’avenir, ils révèlent, à mon sens, que si le Québec peut prendre conscience de lui-même et de son pouvoir au sein de la confédération grâce à l’action de personnages remarquables, il ne peut s’accomplir que par lui-même. La voie républicaine me semble ainsi la seule envisageable.</p>
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		<title>Les oiseaux de la rivière Aras</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/les-oiseaux-de-la-riviere-aras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:15:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Œuvre fictive sur l’historique de violences envers le peuple arménien : première partie de trois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/les-oiseaux-de-la-riviere-aras/" data-wpel-link="internal">Les oiseaux de la rivière Aras</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong><em>Les oiseaux de la rivière Aras<br>(première partie)</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Zareh</em></strong></p>



<p>–&nbsp;Ce matin j’ai vu des oiseaux bleus dans le ciel et des passants agités sur la route. Je ne sais pas pourquoi, mais une rumeur, une énigme semblait indéchiffrable dans l’haleine de la montagne. Le ciel était prêt à se déchirer et les oiseaux… je n’ai jamais vu autant d’oiseaux dans une même nuée. Sois prudent avec les bêtes.</p>



<p>–&nbsp;Les bêtes sont plus intelligentes que moi, Karoun ; à quoi bon être prudent ? J’ai parfois l’impression que je n’ai aucun contrôle sur eux, sur rien. J’ai l’impression qu’ils sont à deux doigts de la révolte. Constamment. Je le vois dans leurs yeux. Je l’entends dans leur souffle. Ils fomentent.</p>



<p>Lorsque le vieux Zareh prononce ces paroles, le visage de sa femme change à travers le reflet de son thé noir. Le vieil homme est tout près, derrière l’épaule de sa femme. Il observe ses traits dans le fond de la tasse inclinée vers elle. Un sourire remplace son air inquiet. Il y a quelque chose de profondément attirant dans son regard. Malgré les effets du temps ; une douceur infantile dans un œil et une rigueur mystérieuse dans l’autre. Elle se lève, embrasse son mari sur le front, puis se retire dans leur chambre en toussotant quelque peu. Avant de fermer la porte de la chambre, elle dit&nbsp;:</p>



<p>–&nbsp;Coupe-toi les cheveux, mon amour…</p>



<p>–&nbsp;Je les couperai demain.</p>



<p>À la radio, le vieil éleveur entend quelques mots sur les conséquences du référendum du Haut-Karabagh.</p>



<p>Zareh replace sa casquette ridée, termine le thé, prend son vieux bâton de marche et sort de la cabane. Dehors, il repère les quelques têtes de son troupeau, puis positionne ses deux doigts croches et cornés à l’embouchure de son souffle pour siffler. Il appelle ses chiens avec le son strident qui en résulte. Quatre animaux vigoureux sortent d’une petite niche. Ils sautent par-dessus la barrière. Ils font de grands cercles autour des bêtes en mordillant ceux et celles qui s’écartent. Le vieil homme marche en direction du pâturage, à la tête de son bétail. Les mots de Karoun résonnent en tambour dans sa tête. Il ressent la gravité des paroles de sa femme.</p>



<p>C’est quelque chose dans le vent, dans la lenteur du jour. Il avait déjà éprouvé ce sentiment auparavant ; une impression liée à la mémoire. Il se rappelle toujours davantage la lenteur des jours. C’est un homme simple.</p>



<p>Mais ce jour est trop lent. Quelque chose ne va pas. Zareh, en tête des bêtes, grimpe le flanc d’une colline de ses jambes curieusement solides. Il aperçoit, au loin, avant même d’avoir franchi complètement la butte, trois colonnes de fumée grise, presque éteintes.</p>



<p>Puis il les voit. Des dizaines de véhicules incendiés.</p>



<p>Il siffle trois fois, et ses chiens comprennent. Ils garderont le troupeau en attendant son retour. Il entreprend la descente de la montagne vers la route. La vitesse de ses pas et de sa pensée diminue. Tout est lent. Immobile presque. En contraste avec la vitesse des colonnes de fumée grises qui montent au ciel. Des tourelles brumeuses qui tentent de camoufler l’horrible par écran d’opacité rapide. Plusieurs corps se trouvent aux abords des véhicules. Certains à l’intérieur. Trop immobiles pour être en vie. Tous.</p>



<p>Il comprend que c’est la rumeur que porte le vent. Le dernier stade de lenteur auquel personne ne veut assister. Que tout le monde fuit.</p>



<p>Quelque chose vient abruptement troubler cette vision. Ce sont les pleurs étouffés d’un enfant. Zareh s’approche du jeune garçon ; il a peut-être six ans. L’enfant en tient un autre dans ses bras, plus jeune. Il jette un regard au vieil homme, mais ne peut plus le soutenir. Il s’affale au sol, évanoui.</p>



<p>Deux frères.</p>



<p>L’éleveur se souvient des histoires que lui racontaient ses grands-parents. Des histoires de corps sur les routes. Dans les villages. Des corps d’hommes. D’enfants. Les histoires sur son frère et ses parents. Zareh est paralysé. La fumée embrouille les souvenirs du vieil homme. Tous les visages. Interchangeables dans la mort. Dans le temps.</p>



<p>Il veut retourner à ses chiens, ses bêtes, sa cabane. Il veut rentrer voir sa femme.</p>



<p><em>Deux frères.</em></p>



<p>Comme les autres corps sur la route, la lenteur semble avoir gagné le plus jeune des deux enfants. Il porte un minuscule chandail brodé d’un oiseau bleu. Un peu en dessous de l’oiseau, trois trous rouges.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Le vieil éleveur et sa femme observent le jeune garçon assis à leur table. L’enfant mange à contrecœur, en silence. Depuis l’incident sur la route, le petit garçon semble incapable de prononcer la moindre parole. Deux semaines, Sans un mot.</p>



<p>–&nbsp;Voudrais-tu nous dire ton nom ? essaye Zareh, encore.</p>



<p>L’enfant regarde le couple, puis les œufs dans son assiette.</p>



<p>–&nbsp;Aliksan.</p>



<p>–&nbsp;C’était le nom de mon grand-père, répond Zareh. C’est lui qui m’a tout enseigné sur les bêtes.</p>



<p>Le couple se regarde en souriant. Plusieurs minutes passent.</p>



<p>–&nbsp;Viens, petit, je te montre quelque chose. Mon royaume. Marche avec moi.</p>



<p>Les deux vieillards s’échangent un clin d’œil. Zareh prend la main d’Aliksan et sort de la cabane. Il le mène à travers un sentier montagneux. Après une longue descente escarpée, ils atteignent un flanc de la rivière Aras. L’endroit semble inédit à toute présence humaine.</p>



<p>–&nbsp;Quand je ne contrôle plus rien, que je suis triste ou que la lenteur des jours et des bêtes m’est insupportable, je viens ici. Regarde. La rivière sacrée.</p>



<p>Zareh se dirige pieds nus vers la rivière. Aliksan le regarde avec de grands yeux surpris. Les fesses du vieil homme commencent à s’agiter sur la rivière. Il danse. Il se dandine. Pendant de longues minutes.</p>



<p>L’éleveur regarde Aliksan. L’enfant rit.</p>



<p>C’était un autre type de lenteur. Celle-là, Zareh ne la connaissait pas, ne l’avait jamais connue. Mais le vieil homme voulait la garder en souvenir.</p>



<p>S’il le pouvait.</p>
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		<title>Ministre et militante</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/ministre-et-militante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:14:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Justice sociale]]></category>
		<category><![CDATA[militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[namibie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La ministre de la Justice de la Namibie a expliqué les principes qui guident son travail. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre de son premier atelier <em>Annie MacDonald Langstaff </em>de l’année 2020–2021, le Centre pour les droits de la personne et le pluralisme juridique de McGill a invité, le 23 octobre dernier, la ministre de la Justice de la Namibie Yvonne Dausab. Sous la thématique du potentiel et de l’actuel pouvoir des femmes en droit, la ministre Dausab a répondu sur Zoom, en direct de la Namibie, aux questions de la candidate au doctorat en droit humanitaire international Vishakha Wijenayake, après une brève introduction par la professeure Shauna Van Praagh. </p>



<p>Les ateliers <em style="user-select: auto;">Annie MacDonald Langstaff</em>, nommés en l’honneur de la première femme diplômée en droit au Québec,<em style="user-select: auto;"> </em>servent de forum aux membres de la communauté légale pour présenter le fruit de leurs recherches ou donner un aperçu de leur pratique sur des sujets relatifs aux femmes et au droit. </p>



<p><strong>Militantisme et justice sociale</strong></p>



<p>La discussion s’est entamée sous le thème de la justice sociale. Selon la ministre Dausab, la façon dont est mené ce «combat pour les gens ordinaires» dépendrait en grande partie de l’histoire individuelle et de l’environnement dans lequel a grandi tout·e activiste. Il serait essentiel de procéder de façon empathique dans son militantisme, et une reconnaissance de même qu’un certain sacrifice du privilège de l’activiste seraient de mise. La ministre a affirmé que tout·e militant·e se devait d’avoir une bonne connaissance du contexte actuel et historique des combats qu’il ou elle menait tout en demeurant empathique plutôt que hautain·e: l’activiste ne devrait jamais prétendre à un meilleur savoir que les personnes vivant concrètement les difficultés contre lesquelles il ou elle lutterait.&nbsp;</p>



<p>La ministre Dausab a parlé de son propre militantisme, affirmant que l’environnement dans lequel elle avait grandi – un environnement d’apartheid où sa famille n’avait pas de richesse matérielle – lui avait permis et lui permettrait encore de comprendre et de compatir avec les personnes ordinaires impactées par les politiques de son gouvernement. Être issue de ce milieu lui serait d’une grande aide dans ses décisions, tout comme le fait que nombre de ses proches vivent encore dans des conditions défavorisées: ces personnes approcheraient la ministre Dausab pour lui décrire des problèmes sociétaux persistants et lui proposer ouvertement des solutions, un avantage que n’aurait pas une personne issue d’un milieu privilégié. La ministre a affirmé que sa nature profonde était celle d’une activiste et que sa nouvelle responsabilité politique, depuis qu’elle a été nommée à son poste en mars dernier, serait une occasion de mettre en place les politiques pour lesquelles elle lutte depuis des années. Toutefois, ses responsabilités ministérielles ne l’empêcheraient pas de prendre la rue pour les causes lui tenant à cœur: il y a deux semaines, elle participait à une manifestation contre la violence sur la base du sexe et du genre en Namibie. «Militante un jour, militante toujours», a‑t-elle affirmé.&nbsp;</p>



<p><strong>Impératifs et justice transformative</strong></p>



<p>Interrogée sur l’importance de l’accès à la justice, la ministre Dausab a fait état de trois impératifs pour cette préoccupation, qui serait au coeur de sa pensée depuis qu’elle a été nommée à son poste. Le premier impératif serait de s’assurer que les tribunaux soient de bonne qualité, disponibles et accessibles. Le second impératif serait de garantir des ressources humaines accessibles et compétentes au sein des tribunaux, tant parmi la magistrature que les avocat·e·s plaidant·e·s. Le troisième impératif serait relatif à la jurisprudence que produisent les cours: il serait essentiel de créer une culture de justice réparatrice plutôt que punitive. La ministre a souligné l’importance de cette jurisprudence, car ce seraient «des jugements extraordinaires [qui] transforment la société».</p>



<p>Pour garantir cette jurisprudence transformative qui rehausserait la justice sociale, il serait nécessaire que les avocat·e·s se rendent en cour et y présentent des arguments défiant le statu quo que le tribunal serait prêt à accepter. Or, selon la ministre, les avocat·e·s namibien·ne·s n’endosseraient pas suffisamment ce rôle et ne se dédieraient pas sufisamment à une responsabilité sociale durable. Il serait essentiel d’inculquer une culture de service et de militantisme pour les droits de la personne au sein de la profession légale dès les études en droit, plutôt que de laisser libre cours à une culture individualiste «insulaire» axée sur la richesse matérielle.</p>



<p><strong>Enjeux féminins</strong></p>



<p>La ministre Dausab a abordé certains enjeux affectant particulièrement les femmes de la société namibienne, comme la violence commise sur la base du sexe ou du genre. Pour illustrer la persistance du problème, elle a raconté que la principale raison pour laquelle elle s’était lancée en droit avait été le meurtre violent d’une de ses tantes aux mains d’un ami intime: elle avait voulu s’assurer que le système juridique offre une paix d’esprit à la famille des victimes de tels crimes en leur rendant adéquatement justice. Outre le phénomène de la violence sur la base du sexe ou du genre, la ministre Dausab a relevé la disparité des revenus entre les hommes et les femmes de même que l’impact disproportionné de la pandémie de la COVID-19 sur les femmes, tant en ce qui a trait aux pertes d’emploi qu’à l’assujettissement à la violence domestique.</p>



<p>Lorsqu’interrogée sur les raisons pouvant expliquer le haut niveau d’implication politique des femmes en Namibie (le Parlement, étant composé à 46% de femmes, est en zone paritaire), la ministre Dausab a affirmé que le contexte historique de l’apartheid aurait joué un rôle important. En effet, ce contexte historique d’exclusion et d’oppression aurait poussé la société namibienne à vouloir éliminer ses «ismes», tant le racisme que le sexisme. Le mouvement pour les droits des femmes serait aussi d’une grande ampleur en Namibie, selon la ministre Dausab, et travaillerait ardemment à changer les mentalités culturelles qui normaliseraient la violence contre les femmes de même que leur objectification.</p>



<p>Or, même lorsqu’elles détiendraient du pouvoir politique, la ministre Dausab a souligné que les femmes feraient encore face à des obstacles. En effet, les femmes auraient des devoirs que la société leur impose – cuisiner et s’occuper des enfants – que n’auraient pas leurs homologues masculins, indépendamment de leur position dans le gouvernement. La ministre Dausab a par ailleurs affirmé que, dans les milieux de pouvoir, on attendrait encore d’elle et de toutes les femmes, d’aller chercher du thé lors de réunions importantes et que les conversations décisives continueraient malgré leur absence. Il serait donc crucial de s’affirmer et de ne plus accepter ce genre d’attentes sexistes. «Il faut tracer la ligne quant à ce qu’on permet et ce qu’on ne permet pas», a‑t-elle affirmé.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/ministre-et-militante/" data-wpel-link="internal">Ministre et militante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Granger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:12:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[analyse politique]]></category>
		<category><![CDATA[donald trump]]></category>
		<category><![CDATA[élections américaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38631</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans cette série d’articles sur les élections américaines, Philippe Granger et Emmanuel Prince-Thauvette apportent des réponses à vos questions. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après avoir répondu à vos questions sur les rouages du processus électoral et sur les enjeux amenés dans le tourbillon électoral par la pandémie, nous terminons cette série spéciale sur les élections américaines de 2020 en abordant le cas du candidat démocrate Joe Biden. À ce moment de la campagne, Donald Trump tire assez solidement de l’arrière dans les sondages. En dehors de leurs différends sur les politiques publiques à mettre en place, qu’est-ce qui pourrait désavantager Joe Biden le 3 novembre prochain?</p>



<hr class="wp-block-separator">



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui joue en la défaveur de Joe Biden?</strong></h2>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse très (très) courte</strong></h4>



<p>Beaucoup de choses que l’on reproche aussi à Donald Trump.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse courte</strong></h4>



<p>Pour ses rivaux, Biden est considéré comme trop vieux et trop désarçonné pour devenir président. De surcroît, des scandales de racisme, d’agression sexuelle et de népotisme ont refait surface durant la campagne.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réponse longue</strong></h4>



<p>Les élections américaines, et plus particulièrement celles de cette année, reposent énormément sur les apparences. Ainsi, cette réponse ne cherchera pas à approfondir les failles des promesses du <em>politicien</em> Biden, mais se concentrera plutôt sur les défauts les plus partagés et ostentatoires du <em>candidat</em> Biden. Il faut aussi noter que l’issue d’une élection aux États-Unis est le résultat de nombreuses stratégies géographiques, comme le découpage électoral partisan (<em>gerrymandering</em>), qui permet aux législatures des États américains de redécouper les circonscriptions électorales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Il est vieux, bègue et maladroit.&nbsp;</strong></h2>



<p>Surnommé «<em>Sleepy Joe</em>» par son rival, Joe Biden deviendrait le plus vieux président de l’histoire des États-Unis s’il était élu le 3 novembre, atteignant les 78 ans lors de son investiture.</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="und" dir="ltr"><a href="https://t.co/wJN4zv0y8O" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pic.twitter.com/wJN4zv0y8O</a></p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1316194625405751296?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 14, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Président Trump datant du 13 octobre. <br>On peut y lire «BIDEN COMME <s>P</s>RÉSIDENT».</figcaption></figure>



<p>De plus, Joe Biden a souffert toute sa vie de bégaiement, ayant même été surnommé «tête de bègue» («<em>Stutterhead</em>») durant son enfance. Le président Trump, par son attitude intimidatrice lors des débats présidentiels et sur les réseaux sociaux, semble montrer peu d’indulgence face à cette situation. En 2019, l’ancienne porte-parole de la Maison-Blanche <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2019/12/20/us/politics/sarah-sanders-biden-stuttering.html" target="_blank" data-wpel-link="external">Sarah Huckabee Sanders s’était moquée</a> du bégaiement de Biden sur Twitter, mais s’est ensuite excusée et a retiré la publication. Aujourd’hui, le bégaiement commence graduellement à être souligné <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/09/25/opinion/joe-biden-stutter.html" target="_blank" data-wpel-link="external">comme une force</a> et une preuve de la persévérance du candidat.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Brayden — you have heart, courage, and maturity beyond your years. You have unlimited potential — and I can’t wait to see what your future holds. <a href="https://t.co/7t2mHOXNMa" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">pic.twitter.com/7t2mHOXNMa</a></p>— Joe Biden (@JoeBiden) <a href="https://twitter.com/JoeBiden/status/1315437021570248704?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 11, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>de Joe Biden datant du 11 octobre. <br>On peut y lire « Brayden – tu as du coeur, du courage et de la maturité qui dépasse ton âge. Tu as un potentiel illimité – et j’attend avec impatience de voir ce que ton futur te réserve. »</figcaption></figure>



<p>De surcroît, l’aspect maladroit de Joe Biden, remarqué depuis de <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2019/apr/25/joe-biden-2020-public-gaffes-mistakes-history" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nombreuses années</a>, n’aide pas la situation. Entre autres gaffes, Joe Biden a déjà invité en 2008 un sénateur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=C2mzbuRgnI4&amp;feature=emb_logo" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">à se lever</a> afin que la foule puisse le voir. Seul problème: le sénateur est paraplégique. En 2010, en racontant <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DOaQeGFYysA&amp;feature=emb_title" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une anecdote</a> en présence du premier ministre irlandais, Biden a confondu lequel des parents du premier ministre est mort, adressant un «Dieu bénisse son âme» par rapport à sa mère, alors que le défunt était le père.&nbsp;</p>



<p>Joe Biden se considère lui-même comme une «machine à gaffes», mais <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.theguardian.com/us-news/2019/apr/25/joe-biden-2020-public-gaffes-mistakes-history" target="_blank" data-wpel-link="external">affirme</a> que c’est une «une chose incroyable comparativement à un gars qui ne peut pas dire la vérité». Or, il va sans dire que l’addition de l’âge, de la situation de bègue et de la maladresse de Joe Biden multiplie les attaques qu’effectuent les rivaux du candidat à son égard.</p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Sleepy Joe Biden had a particularly bad day today. He couldn’t remember the name of Mitt Romney, said again he was running for the U.S. Senate, and forgot what State he was in. If I did any of this, it would be disqualifying. With him, he’s just Sleepy Joe!</p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1315761783177576450?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 12, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Prédisent Trump datant du 12 octobre. <br>On peut y lire : «Le maladroit Joe Biden a eu une journée particulièrement mauvais aujourd’hui. Il ne pouvait plus se rappeler du nom de Mitt Romney, a annoncé qu’il se présentait de nouveau au Sénat américain et a oublié dans quel État il était. Si j’avais fait cela, ce serait disqualifiant. Avec lui, c’est juste Joe le maladroit!»</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Biden, un «idiot raciste»?</strong></h2>



<p>Le long passé politique de Joe Biden, et plus particulièrement sa vice-présidence de 2008 à 2016 sous Obama, peut à certains égards être considéré comme un grand avantage pour sa candidature. Or, ce long passé se voit miné par des déclarations et prises de position pouvant affecter sa candidature aujourd’hui, notamment en ce qui a trait à <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.bbc.com/news/world-us-canada-51803885" target="_blank" data-wpel-link="external">l’avortement et à la guerre d’Irak</a>. De toutes ses déclarations controversées, ce sont celles sur la question du racisme anti-noir qui hantent le plus Joe Biden.</p>



<p>Il y a une cinquantaine d’années, Biden s’est exprimé <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2019/07/15/us/joe-biden-busing-timeline.html" target="_blank" data-wpel-link="external">en faveur, puis en défaveur</a> du «<em>busing</em>», une méthode de «déségrégation raciale» qui consiste à intégrer des élèves noirs dans les écoles publiques urbaines afin de trouver une «balance raciale» dans les classes. Cette mesure s’est avérée inefficace et sa logique largement critiquée, les parents blancs décidant d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées ou déménageant dans les banlieues, qui à cette époque étaient en grand développement.</p>



<p>En s’opposant finalement au <em>busing</em>, Biden s’est joint à deux sénateurs connus pour leurs positions ségrégationnistes. Lors des débats à la chefferie démocrate, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.youtube.com/watch?v=J1OvDB_wavI" target="_blank" data-wpel-link="external">ce revirement a été critiqué</a> par la candidate démocrate Kamala Harris, qui a vécu le processus de <em>busing</em> lors<strong> </strong>de son enfance. Il faut croire que cette attaque a porté fruit pour Harris, qui est désormais candidate à la vice-présidence.&nbsp;</p>



<p>La déclaration à laquelle se colle le camp Trump est plutôt celle en lien avec la soumission d’une loi anti-criminalité en 1994. Trump prétend que Biden aurait qualifié les Américains noirs de «superprédateurs». </p>



<figure class="wp-block-embed-twitter wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">Biden made another big mistake. He totally mixed up two Crime Bills. Didn’t have a clue (as usual!). Also, he freely used the term SUPER PREDATOR!!!</p>— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1317140754733543424?ref_src=twsrc%5Etfw" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">October 16, 2020</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div><figcaption><em>Tweet </em>du Président Trump datant du 16 octobre. <br>On peut y lire : «Biden a commis une autre grosse erreur. Il a totalement mélangé deux projets de loi sur la criminalité. Il n’avait aucune idée (comme d’habitude!). En outre, il a librement utilisé le terme SUPER PRÉDATEUR!!!»</figcaption></figure>



<p>Selon de <a href="https://www.nbcnews.com/politics/2020-election/live-blog/first-presidential-debate-trump-biden-n1241282/ncrd1241486#blogHeader" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">nombreux médias</a>, le terme «superprédateurs» est attribuable à Hillary Clinton, candidate aux présidentielles de 2016, et ne désignait pas explicitement les Américains noirs. Biden aurait plutôt utilisé le terme «<a href="https://www.cnn.com/2019/03/07/politics/biden-1993-speech-predators/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">prédateurs</a>», encore une fois sans viser spécifiquement un groupe sociodémographique.</p>



<p>Cette loi est une fierté pour Biden, qui souligne qu’elle a permis de remettre de l’ordre dans les zones urbaines. Or, elle se voit <a href="https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/6/20/18677998/joe-biden-1994-crime-bill-law-mass-incarceration" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">largement critiquée aujourd’hui</a>, puisqu’elle aurait permis l’incarcération de masse aux États-Unis, et plus particulièrement à l’égard des Américains noirs.</p>



<p>Biden s’est longtemps vu assez confiant d’obtenir les faveurs de l’électorat noir, ayant même déjà déclaré cette année que les Noirs votant pour Trump «ne sont pas noirs», une déclaration pour laquelle il s’est plus tard excusé. Ironiquement, cette situation a joué en sa défaveur et a mené à une dépréciation de sa candidature.</p>



<p>La revue <em>The Economist</em> <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.economist.com/democracy-in-america/2007/01/31/joe-biden-moron-racist-or-poorly-transcribed" target="_blank" data-wpel-link="external">se questionne ainsi</a> en 2007: «Joe Biden: idiot raciste, ou médiocrement retranscrit?»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des relations entre l’Ukraine et son fils?</strong></h2>



<p>Dans l’horizon politique depuis de nombreuses décennies, Joe Biden est fustigé par de nombreux rivaux pour de supposées actions népotiques, et plus particulièrement envers <a href="https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/10/1/20891510/hunter-biden-burisma-ukraine-shokin" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">son fils Hunter Biden</a>. Une histoire révélée il y a quelques semaines est au cœur des attaques des Républicains.</p>



<p>À la mi-octobre, le tabloïd <em>The New York Post</em> dévoile avoir mis la main sur des courriels et documents appartenant à Hunter Biden. Dans son article sur le sujet, le <em>New York Post</em> avance notamment qu’un cadre de Burisma, une compagnie pétrolière et gazière basée en Ukraine, aurait remercié Hunter Biden de l’avoir invité à une rencontre à Washington en présence de son père. Le <em>Post</em> aurait mis la main sur ces documents par le truchement de l’avocat de Trump, Rudolph W. Giuliani, qui aurait reçu une copie du disque dur de Hunter Biden par un réparateur d’ordinateur<strong> </strong>s’étant occupé de l’ordinateur de Hunter.&nbsp;</p>



<p>Cet article se voit critiqué pour de nombreuses raisons. Il n’est pas du tout clair selon le reportage du <em>Post</em> si la rencontre a bel et bien eu lieu et, si oui, quand. De surcroît, des employés du <em>Post</em> remettent eux-mêmes en question l’authenticité des documents, <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.nytimes.com/2020/10/18/business/media/new-york-post-hunter-biden.html" target="_blank" data-wpel-link="external">selon le <em>New York Times</em></a>. Le camp Biden rejette le fait qu’une rencontre ait eu lieu tel que mentionné par le journal et rappelle par ailleurs que deux comités sénatoriaux (dirigés majoritairement par des Républicains) ont évalué qu’il n’y avait pas eu de manipulations de Joe Biden à l’égard de l’Ukraine. Finalement, Giuliani est peu reconnu pour son honnêteté et sa rigueur intellectuelle et a été accusé à de nombreuses reprises par le passé d’avoir menti aux médias.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Allégation d’agression sexuelle et attouchements inappropriés&nbsp;</strong></h2>



<p>Plus d’une fois, Joe Biden a effectué <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DAUOurZIVfI" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">de manière publique</a> des attouchements inappropriés envers des femmes de tous âges de manière publique, parfois accompagnés de «blagues de mononc’» souvent reçues avec un rire jaune.</p>



<p>Or, il est allégué qu’il soit allé encore plus loin en 1993: une ancienne employée du bureau sénatorial de Biden accuse le candidat de l’avoir agressée sexuellement.</p>



<p>Biden, qui a pourtant longtemps témoigné de son soutien aux dénonciations d’inconduite sexuelle, nie ces allégations. Souvent perçu comme possible colistière de Biden, la représentante Stacey Abrams a, à l’instar de plusieurs démocrates, défendu Joe Biden. Une étude plus approfondie de la situation a été effectuée par le <em>New York Times</em>. Puisque le sujet est épineux, nous vous suggérons la lecture de <a href="https://www.nytimes.com/2020/04/12/us/politics/joe-biden-tara-reade-sexual-assault-complaint.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cet article</a>, afin que vous puissiez vous faire votre propre idée.</p>



<p>Accusé lui aussi de nombreuses agressions sexuelles, Donald Trump s’est avéré <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.theguardian.com/us-news/2020/may/25/joe-biden-sexual-assault-allegation-why-trump-quiet-tara-reade" target="_blank" data-wpel-link="external">assez silencieux</a> sur le sujet. Or, l’histoire a largement fait écho sur les réseaux sociaux et à l’international.</p>



<p></p>



<p><em>Pour en savoir encore plus sur les élections américaines du 3 novembre, nous vous invitons vivement à consulter ce <a rel="noreferrer noopener external" href="https://dandurand.uqam.ca/wp-content/uploads/2020/10/Guide-elections-americaines-2020_FINAL.pdf" target="_blank" data-wpel-link="external">document récapitulatif</a> effectué par l’équipe de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.</em> <em>Nous vous invitons également à, si ce n’est pas déjà fait, aller consulter nos deux premiers articles sur les élections américaines parus les <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/29/elections-americaines-des-reponses-a-vos-questions/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">29 septembre</a> et <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/06/elections-americaines-encore-plus-de-reponses-a-vos-questions/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">6 octobre</a> derniers. Vous y trouverez, on l’espère, de plus amples réponses à vos questions! </em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/elections-americaines-des-reponses-a-vos-dernieres-questions/" data-wpel-link="internal">Élections américaines : Des réponses à vos dernières questions</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Procès truqué de sept révoltés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/proces-truque-de-sept-revoltes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Turcotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:10:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Aaron Sorkin]]></category>
		<category><![CDATA[Netflix]]></category>
		<category><![CDATA[octobre 2020]]></category>
		<category><![CDATA[oscars]]></category>
		<category><![CDATA[The Trial of the Chicago 7]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38600</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le film Les sept de Chicago d'Aaron Sorkin raconte un procès historique aux enjeux inconfortablement familiers.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/proces-truque-de-sept-revoltes/" data-wpel-link="internal">Procès truqué de sept révoltés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans un milieu où les réalisateur·rice·s et les acteur·rice·s recoivent la majorité de la gloire, peu de scénaristes sont aussi célèbres et acclamé·e·s qu’Aaron Sorkin. Ayant esquissé les films&nbsp;<em>Des hommes d’honneur</em>&nbsp;(<em>A Few Good Men</em>),&nbsp;<em>Le réseau social</em>&nbsp;(<em>The Social Network</em>) et <em>Steve Jobs</em>, ainsi que la série culte&nbsp;<em>À la Maison-Blanche</em>&nbsp;(<em>The West Wing</em>), ce scénariste au style reconnaissable par<strong> </strong>ses dialogues rapides et intelligents avait, en 2017, assumé pour la première fois le rôle de réalisateur avec le film&nbsp;<em>Le grand jeu&nbsp;</em>(<em>Molly’s Game</em>).&nbsp;<em>Les sept de Chicago</em>&nbsp;(<em>The Trial of the Chicago 7</em>), récit du procès historique d’activistes contre la guerre du Vietnam accusés d’avoir provoqué une émeute violente, est le deuxième film que Sorkin a écrit et réalisé.</p>



<p><strong>Un sujet toujours d’actualité</strong></p>



<p>Le long-métrage commence avec une séquence d’introduction présentant les protagonistes alors qu’ils planifient une manifestation dans la ville de Chicago en août 1968. Le film fait ensuite une ellipse d’un an au commencement du procès de ces hommes, qui s’étendra sur 151 jours (et qui occupe<strong> </strong>presque l’entièreté du long-métrage). Venus à<strong> </strong>la cour avec l’intention de profiter de l’attention médiatique que leur fournit le procès pour protester contre<strong> </strong>la guerre du Vietnam, les activistes Tom Hayden (Eddie Redmayne), Abbie Hoffman (Sacha Baron Cohen), Jerry Rubin (Jeremy Strong), David Dellinger (John Caroll Lynch) et Rennie Davis (Alex Sharp), ainsi que leur avocat William Kunstler (Mark Rylance) réalisent rapidement que leur procès est truqué: leur juge (Frank Langella) est partial contre eux et le jury est manipulé. S’ajoute à cela le militant Bobby Seale (Yahya Abdul-Mateen II), chef du parti des&nbsp;<em>Black Panther</em>,&nbsp;faussement accusé d’avoir collaboré avec eux pour « les rendre plus effrayants aux yeux du jury » et joint au procès. En effet, le procureur général Richard Schultz (Joseph Gordon-Levitt), derrière lequel se cache le gouvernement Nixon récemment élu, semble motivé par des fins politiques et chercherait à tout prix à mettre ces activistes « dangereux pour la nation » derrière les barreaux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le visionnement de&nbsp;<em>Les sept de Chicago</em>&nbsp;s’avère plutôt troublant puisqu’on y reconnait des enjeux très actuels et familiers »</p></blockquote>



<p>Malgré le fait que ce procès se soit déroulé il y a plus de 50 ans et que les héros du film se proclament porteurs de changement, le visionnement de&nbsp;<em>Les sept de Chicago</em>&nbsp;s’avère plutôt troublant puisqu’on y reconnait des enjeux très actuels et familiers. La présence de racisme systémique, de violence policière, d’intérêts politiques malhonnêtes et la corruption du progrès par le système fait de l’œuvre de Sorkin une réflexion pertinente sur l’état présent du système.</p>



<p><strong>Un dispositif cinématographique bien construit</strong></p>



<p>Alors que&nbsp;<em>Le grand jeu</em>&nbsp;atteignait difficilement la qualité habituelle des scénarios de Sorkin, <em>Les sept de Chicago</em>&nbsp;prouve enfin que le scénariste a sa place dans la chaise du réalisateur. Le rythme du film qui se déroule presque entièrement en cour, parvient par l’usage efficace d’entre-coupures à insérer dans les séquences des retours à la manifestation et à ses causes<strong> </strong>ainsi qu’à créer une double narration (Sacha Baron Cohen s’ajoute comme narrateur plus humoristique) sans déstabiliser le public. C’est là une manifestation fréquente du génie de Sorkin: communiquer de l’information complexe dans des scènes conçues méticuleusement pour être comprises et appréciées par le public sans qu’il réalise nécessairement à quel point il absorbe beaucoup d’éléments narratifs à la fois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le dialogue intelligent et droit au but de Sorkin est élevé par la qualité du jeu de l’ensemble des acteurs et actrices du film »</p></blockquote>



<p>Le dialogue intelligent et droit au but<strong> </strong>de Sorkin est élevé par la qualité du jeu de l’ensemble des acteurs et actrices du film. Les performances dignes de mention sont celles d’Eddie Redmayne, qui offre exactement la complexité nécessaire pour amener à l’écran les enjeux auxquels Hayden avait été confronté; celle de Sacha Baron Cohen, qui propose un regard humoristique et une présence provocatrice au récit;<strong> </strong>celle de Mark Rylance, né pour jouer l’avocat vertueux et découragé; et celle de Michael Keaton, qui fait une courte apparition dans le rôle de l’ex-ministre de la Justice Ramsey Clark.</p>



<p><strong>La course aux Oscars de Netflix</strong></p>



<p>En cette période où la majorité des sorties en salles prévues sont repoussées indéfiniment, Netflix semble produire la majorité des films qui sortiront à temps pour être éligibles à la cérémonie des Oscars 2021 (qui se déroulera en avril). Cette situation diminuant fortement la compétition pour la cérémonie donne à Netflix l’avantage d’être derrière deux des films qui auraient forte chance de se faire acclamer aux Oscars,&nbsp;<em>Les sept de Chicago</em>&nbsp;et&nbsp;<em><a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.thewhitewinecameupwiththefish.com/1" target="_blank" data-wpel-link="external">Mank</a></em> de David Fincher (prévu pour <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.netflix.com/title/81117189" target="_blank" data-wpel-link="external">le 4 décembre</a>). Ce dernier n’étant pas encore sorti, il est difficile d’entrevoir laquelle de ces deux figures de proue sera la plus célébrée, mais il est certain que le dernier projet de Sorkin risque d’être reconnu pour sa pertinence dans l’actualité ainsi que pour son excellent scénario (pour lequel Sorkin a une place assurée, comme<strong> </strong>à son habitude, dans les nominations de meilleure scénarisation).</p>



<p>Le film&nbsp;<em><a href="https://www.netflix.com/title/81043755" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Les sept de Chicago</a></em>&nbsp;est disponible sur la plateforme Netflix dans plusieurs langues depuis le vendredi 16 octobre 2020.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/proces-truque-de-sept-revoltes/" data-wpel-link="internal">Procès truqué de sept révoltés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le cri sédiment</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/le-cri-sediment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:09:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38642</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Je fais ce rêve je pourchasse ses empreintes vers le lac une chaine brisée autour de la taille je me demande s’il me reste assez de temps pour devenir forgeron pour trouver un rayon en temps d’éclipses le rendre solide y souder ma chaine les pas mort-nés dans l’horizon des lacs et ton visage photographié lorsqu’il me demande.<br><br>Je crie à l’ami<br><br>Pour moins hurler la vase</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>C’est dur c’est sérieux la piscine l’eau j’essayais toujours de nager l’entièreté sous l’eau en retenant mon souffle j’y suis arrivé une fois mais tu ne me regardais pas les pieds dans le bleu jusqu’aux cuisses dos à moi toujours de dos et le chalet je la vois au loin la détonation il coule je le regarde couler dans la lenteur de ses poumons dans les nuées rouges carabinées du lac où la pensée s’éteint où son jeu s’arrête les algues.<br><br>Qui serrent ma gorge m’appelle<br><br>Je crie pour elle pour lui<br><br>Pour désalguer la langue en deuil</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>Il n’y a pas assez de suicidés pour camoufler le lac tout le lac et j’y lance la lourdeur des poignées de change l’oreille et la lame à l’affut je ne joue plus.<br><br>Chambranlant armé d’éclipses<br><br>Je remue les veines aux algues</p>
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		<title>Autogouvernance autochtone: un travail continu</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/26/autogouvernance-autochtone-un-travail-continu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2020 09:35:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[autogouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[autonomie gouvernementale]]></category>
		<category><![CDATA[Déclaration des droits des peuples autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38607</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le chef Ghislain Picard et Me Ken Rock se prononcent sur l’autonomie gouvernementale autochtone au Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/26/autogouvernance-autochtone-un-travail-continu/" data-wpel-link="internal">Autogouvernance autochtone: un travail continu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Dans le cadre d’un <a href="https://ciaj-icaj.ca/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">webinaire</a> organisé par l’Institut canadien d’administration de la justice (ICAJ) le 21 octobre dernier, le chef Ghislain Picard et l’avocat Ken Rock ont discuté des réussites et des obstacles à surmonter en matière d’autonomie et d’autogouvernance des peuples autochtones du Québec. Ghislain Picard, Innu de la communauté de Pessamit, est le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) depuis 1992. Ken Rock, Innu de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, est quant à lui avocat et directeur général de la Société de développement économique de sa communauté depuis 2016. La discussion était modérée par Me Michèle Moreau, directrice de la protection et de la défense des droits à la Commission des droits de la personne du Québec. </p>



<p><strong>Miser sur l’engagement municipal et sociétal</strong></p>



<p>Ghislain Picard a d’abord résumé sa première responsabilité en tant que chef de l’APNQL: trouver les conditions gagnantes pour engager la classe politique, à tous les niveaux gouvernementaux, avec et envers les peuples autochtones. Alors qu’il n’y aurait pas de «progrès appréciable» du gouvernement québécois quant à ses relations avec les Premières nations depuis octobre 2019 et que le gouvernement fédéral n’a pas encore adopté la <a href="https://www.un.org/development/desa/indigenouspeoples/wp-content/uploads/sites/19/2018/11/UNDRIP_F_web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Déclaration</a> des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, le chef Picard a beaucoup insisté sur la nécessité d’engager le monde politique municipal quant aux enjeux des peuples autochtones.&nbsp;</p>



<p>L’écoute serait selon lui très positive et encourageante de la part des municipalités, et le chef Picard a abordé en l’espèce l’engagement de la Ville de Montréal. Alors qu’en 2017 coïncidaient le 375<em>e</em> anniversaire de Montréal et le 10<em>e</em> anniversaire de la Déclaration onusienne sur les droits des peuples autochtones, la Ville est devenue la deuxième municipalité au Québec à adopter les principes de cette déclaration, après Val‑d’Or. La métropole a cette même année revu ses armoiries afin qu’elles incluent le pin blanc, symbole des peuples autochtones vivant à Montréal et au Québec. Montréal a également créé en 2018 le poste de commissaire aux relations avec les peuples autochtones. Selon le chef Picard, ces démarches se conformeraient à l’esprit de l’un des premiers traités du continent nord-américain, la <a rel="noreferrer noopener external" href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/grande-paix-de-montreal-1701" target="_blank" data-wpel-link="external">Grande Paix de Montréal </a>de 1701. Le chef Picard a d’ailleurs relevé l’importance de trouver dans notre histoire des ressources qui permettraient de relever les défis du racisme et de la discrimination envers les peuples autochtones, des enjeux hautement médiatisés au cours des dernières semaines.</p>



<p>N’ayant pas, selon le chef Picard, été suffisamment consultée par le gouvernement québécois dans la mise sur pied de son <a href="https://www.quebec.ca/gouv/politiques-orientations/groupe-action-contre-racisme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Groupe d’action</a><a href="https://www.quebec.ca/gouv/politiques-orientations/groupe-action-contre-racisme/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> </a>contre le racisme, l’APNQL a choisi de créer son propre <a href="https://apnql.com/fr/wp-content/uploads/2020/09/PLAN-ACTION-RACISME-ET-DISCRIMINATION_VF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan d</a><a href="https://apnql.com/fr/wp-content/uploads/2020/09/PLAN-ACTION-RACISME-ET-DISCRIMINATION_VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">’action </a>sur le racisme et la discrimination, dévoilé le 30 septembre dernier. Le chef Picard affirme que le plan se veut un appel à la société civile, un appel à toutes et à tous à se mobiliser pour mettre en lumière et lutter contre les fossés qui séparent les autochtones et les allochtones. En ce qui a trait aux 141 recommandations du plan, le chef Picard a affirmé que l’APNQL avait sélectionné les recommandations qu’elle jugeait les plus réalistes et réalisables des rapports qui avaient précédé le sien, nommément ceux de la <a href="https://www.cerp.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_clients/Rapport/Rapport_final.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Commission Viens</a>, de <a href="https://www.mmiwg-ffada.ca/wp-content/uploads/2019/06/Le-sommaire.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’Enquête nationale </a>sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et de la <a href="http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Exec_Summary_web_revised.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Commission de vérité et réconciliation</a>. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Nos communautés sont fermement engagées dans [la] direction [de l’autonomie], c’est notre destination</p><cite>Ghislain Picard</cite></blockquote>



<p>Bien qu’il ait reconnu avoir peu discuté explicitement d’autonomie et de gouvernance autochtones, le chef Picard a souligné qu’interpeller plusieurs secteurs de la société civile – l’économie, la santé, la justice, l’enseignement, le municipal – , comme le fait le plan d’action de l’APNQL, pourrait contribuer à faire tomber certains murs qui divisent autochtones et allochtones, encourageant ainsi les classes politiques provinciale et fédérale à reconnaître les principes de la Déclaration onusienne sur les droits des peuples autochtones et l’autonomie de ces peuples. «Nos communautés sont fermement engagées dans [la] direction [de l’autonomie], c’est notre destination», a affirmé le chef Picard.</p>



<p><strong>De l’importance du financement</strong></p>



<p>Me Ken Rock a pour sa part discuté de l’autonomie et de l’autogouvernance des communautés autochtones sous l’angle du développement économique et du financement. Les communautés autochtones, n’ayant pas de fiscalité, dépendent entièrement des transferts gouvernementaux pour se financer. Or, ces transferts seraient insuffisants pour offrir des services adéquats au sein des communautés, a affirmé Me Rock, qui a mis en évidence les difficiles conditions de vie dans les réserves afin d’illustrer son argument.&nbsp;</p>



<p>Face à l’insuffisance des transferts gouvernementaux et aux résultats insatisfaisants des négociations de territoire et de compensation avec la classe politique, Me Rock a expliqué que sa communauté s’est tournée vers les compagnies minières pour obtenir un revenu autonome, en négociant avec ou en entamant des procédures contre ces compagnies afin qu’elles «paient leur loyer» pour l’exploitation de ressources naturelles sur son territoire. La négociation d’ententes sur les répercussions et les avantages (ERA) a créé des bénéfices économiques importants pour Uashat mak Mani-utenam, permettant d’offrir davantage de services aux membres de la communauté. En outre, les ERA garantissent des emplois tout en créant des opportunités d’affaires pour Uashat mak Mani-utenam.&nbsp;</p>



<p>Me Rock a tenu à conclure en soulignant que, bien que les compagnies minières jouent un rôle important dans la création de revenus autonomes pour sa communauté, la diversification économique serait cruciale afin d’assurer des revenus autonomes continus s’il advenait une crise économique au sein de l’industrie minière.</p>



<p><strong>La finalité de l’autonomie</strong></p>



<p>Les deux conférenciers ont été interrogés sur leur vision de l’autonomie gouvernementale autochtone. Ils se sont entendus pour dire qu’il n’y avait pas de plafond en termes d’autonomie souhaitée, mettant en évidence l’importance de l’autodétermination et de la souveraineté sur le territoire pour les communautés autochtones. Or, à court terme, Me Rock a affirmé que ces attentes n’étaient pas réalistes, tandis que le chef Picard a souligné qu’aucun gouvernement n’avait démontré la volonté d’aller aussi loin. Le chef Picard a conclu, appuyé par Me Rock, qu’il faudrait aller au-delà d’un contexte où  le gouvernement fédéral délègue aux peuples autochtones la capacité de gouvernance, soulignant l’importance de développer et de maintenir leurs propres institutions.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/26/autogouvernance-autochtone-un-travail-continu/" data-wpel-link="internal">Autogouvernance autochtone: un travail continu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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