Le cri sédiment

Le poème acéré.

Elissa Kayal | Le Délit

Je fais ce rêve je pourchasse ses empreintes vers le lac une chaine brisée autour de la taille je me demande s’il me reste assez de temps pour devenir forgeron pour trouver un rayon en temps d’éclipses le rendre solide y souder ma chaine les pas mort-nés dans l’horizon des lacs et ton visage photographié lorsqu’il me demande.

Je crie à l’ami

Pour moins hurler la vase


C’est dur c’est sérieux la piscine l’eau j’essayais toujours de nager l’entièreté sous l’eau en retenant mon souffle j’y suis arrivé une fois mais tu ne me regardais pas les pieds dans le bleu jusqu’aux cuisses dos à moi toujours de dos et le chalet je la vois au loin la détonation il coule je le regarde couler dans la lenteur de ses poumons dans les nuées rouges carabinées du lac où la pensée s’éteint où son jeu s’arrête les algues.

Qui serrent ma gorge m’appelle

Je crie pour elle pour lui

Pour désalguer la langue en deuil


Il n’y a pas assez de suicidés pour camoufler le lac tout le lac et j’y lance la lourdeur des poignées de change l’oreille et la lame à l’affut je ne joue plus.

Chambranlant armé d’éclipses

Je remue les veines aux algues


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