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Nooran Rezayi : un an plus tard

Tué par un policier de Longueuil, dont l’identité reste secrète.

Catvy Tran | Le Délit

Le 21 septembre 2025, la mort de Nooran Rezayi, 15 ans, lors d’une intervention policière a ravivé au Québec les dénonciations de la violence policière et des préjugés qui persistent dans notre société à l’égard des minorités visibles.

Alors que l’adolescent, d’origine afghane, était dans la rue avec un groupe de jeunes, une personne a appelé la police en signalant la présence de jeunes armés et masqués. L’appel, qui a duré environ dix minutes, mentionnait à quatre reprises qu’ils avaient des armes à feu ainsi que du poivre de Cayenne et des bâtons de baseball en métal.

Cinquante-huit secondes après l’arrivée de la première voiture-patrouille, un policier a ouvert le feu. L’agglomération de Longueuil n’a pas commenté les circonstances du tir, l’enquête ayant été confiée au BEI (Bureau des enquêtes indépendantes). Selon des témoins, Nooran aurait mis sa main dans son sac pour montrer qu’il n’était pas armé.

Le fait qu’il ne possédait aucune arme à feu a été confirmé par la suite par le BEI : la seule arme à feu trouvée était celle du policier. En revanche, des bâtons de baseball et des cagoules ont été saisis. Son décès a été constaté à l’hôpital, trente minutes plus tard.

Un an plus tard, aucune accusation criminelle n’a été déposée contre le policier et son identité n’a pas été révélée, afin de protéger sa sécurité et celle de sa famille.

Des poursuites toujours en cours

La famille de Nooran continue de poursuivre en justice la Ville de Longueuil et les policiers impliqués. Le BEI a déposé son rapport auprès du DPCP (Directeur des poursuites criminelles et pénales) afin de déterminer si le policier sera accusé.

Ce rapport, remis en mars, était toutefois incomplet : les dernières expertises ne sont parvenues aux procureurs qu’à la fin du mois de juillet. À la différence du policier, 11 adolescents âgés de 13 à 17 ans ont été accusés à la suite d’une enquête de police de la Ville de Montréal portant sur les événements ayant précédé la mort de Nooran. Le DPCP a décidé de suspendre les procédures.

Le BEI a été institué en 2013, à la suite de la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par un policier à Montréal-Nord en 2008. Jusque-là, les enquêtes sur les interventions policières étaient confiées à d’autres corps de police, une pratique critiquée pour son manque d’impartialité. Sur les 467 enquêtes menées par le BEI depuis 2016, deux se sont conclues par des procédures judiciaires, soit 0,43 %, mais aucune condamnation n’a été prononcée pour le moment dans un cas de mort causée par un policier.

Une mémoire forte

Le 21 septembre 2026, des centaines de personnes ont marché à St-Hubert pour se réunir devant un poste de la police de Longueuil pour dénoncer le manque d’action autour des circonstances de la mort de Nooran.

Mme Virginie Dufresne-Lemire, l’une des avocates de la famille, a déclaré : « La famille de Nooran peine à obtenir la moindre réponse quant à ce qui s’est passé le 21 septembre 2025. Elle est maintenue dans le néant et ses demandes d’informations sont vigoureusement contestées dans le cadre des procédures judiciaires. »

Les membres de la famille de Nooran ont rappelé le cauchemar qu’ils traversent depuis un an. Sa mère a évoqué une douleur encore intacte et dénoncé la « lâcheté » du policier. La famille attend toujours et ne sait pas quand elle apprendra si le DPCP portera ou non des accusations contre le policier.

Deux dates, au moins, sont connues : les 8 et 9 octobre, la Cour supérieure doit entendre sa demande pour connaître l’identité des policiers impliqués. La Ville de Longueuil et le procureur général s’y opposent.


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