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	<title>Archives des 2023-04-05 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2023-04-05/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 Nov 2023 23:55:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Concours de poésie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/concours-de-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit présente les lauréats du concours d’écriture du Collectif de Poésie francophone sur le thème du « Refuge ».</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>1er Prix attribué à Juliette Lapointe-Roy </p>



<p><strong>Dormir en moi</strong></p>



<p>Terrée sous les draps je me protège du monde dans une barrière du son. C’est seulement dans ce lit que je sais redevenir enfant, ne pas grandir. L’oreiller me chuchote que la nuit absorbe ce qui m’est inconcevable. Je veux parler à la nuit l’enfant parle se dit-elle distraite et je serre contre moi ma vieille peluche du haut de la vingtaine rien n’a changé.</p>



<p>Je me demande pourquoi j’ai dérangé, trop fait savoir que j’étais là. J’ai fini par m’inculquer le renfermement, l’isolement, la sobriété, avant que tout cela ne soit à la mode. Je me demande comment faire pour recommencer à crier. Je cherche toujours par où m’y prendre pour exister.</p>



<p>Je m’invente formellement. Je me catégorise, me dresse en listes une identité fixée. Je décide que le rouge est ma couleur préférée. Je cherche une fin immobile dans laquelle m’encarcaner. Sinon je ne sais pas comment faire. Je peux être qui je veux. Sinon la nuance est mon fardeau, et plus rien n’est noir ni blanc. Sinon il faut penser à l’existence flexible au changement constant. À l’identité mutable. L’évolution donne le vertige, où va tout ce que je perds de moi à chaque instant? Je m’égare dans un labyrinthe de repères qui ne tiennent pas la route. Inventée dans le ciment, je n’ai réussi qu’à me faire mentir. J’ai oublié qui j’étais.</p>



<p>On oublie trop souvent qu’on a un jour été enfant. Car on se croit heureux de l’abandonner, cet enfant, exactement au moment où on le perd. On le délaisse quelque part sous la douillette, avec l’ourson rabougri qui a déjà eu un visage, qui a déjà parlé lui aussi. Et un jour à vingt ans on se demande pourquoi on est déjà en retailles et pourquoi ce deuil en nous d’une personne que l’on a été alors que l’on n’est encore personne. Et quelque chose ici, une pièce détachée, murmure ; ne m’oublie pas. Grandir c’est consentir au mutisme. Je retourne aux draps pour guérir.</p>



<p>Quand je me repose ici le drap est trop léger sur mon corps maintenant grand et je me rappelle l’enfant fragile la tête enfouie. Même quand la cachette est mon seul lieu et que mon petit cœur fait l’équilibriste entre les couvertures, je n’ai plus besoin d’être l’autre chose de moi. Le drap est assez lourd pour me protéger, assez lourd pour que je m’endorme.  </p>



<p class="has-blanc-color has-text-color">.</p>



<p></p>



<p>2ème Prix attribué à Alexandre Gontier</p>



<p><strong>bic.</strong></p>



<p>Les enfants n’ont pas de maison&nbsp;</p>



<p>ils doivent toujours marcher&nbsp;</p>



<p>comme des cerveaux qui se vident&nbsp;</p>



<p>en procession ils coulent dans des jouets mâchouillés<br>et tout le reste.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Pour ne pas se perdre</p>



<p>ils ont les mains attachées aux voisines</p>



<p>attachées deux par deux et ils marchent.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Régulièrement on les accusent&nbsp;</p>



<p>aléatoirement<br>toi tu as les mains sales<br>toi tu vas te laver les mains.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Ils sont<br>sales malgré eux&nbsp;</p>



<p>habillés malgrés eux&nbsp;</p>



<p>parlés<br>et ils sont décidés.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Il faut marcher<br>il faut dire ce qu’on fait<br>il faut retrouver le bouchon avant que ça ne sèche&nbsp;</p>



<p>et ne pas gaspiller ses larmes.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Avec quatre pattes&nbsp;</p>



<p>cherche un bouchon.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>En défilant ils brandissent des mains pleines de poux.&nbsp;</p>



<p>On les photographie et on leur ment.<br>Jamais ils ne verront les photographies.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Qui m’a raturé mes doigts? Personne c’est moi.<br>Je les mords jusqu’à me rappeler que ma bave<br>est la plus sale. Maintenant mes mains sont recouvertes&nbsp;</p>



<p>comme dans un projet qui sent la gouache.&nbsp;</p>



<p>J’encre à l’envers, à partir de mes bouts, je joue.&nbsp;</p>



<p>J’appuie avec ma main sur la surface d’une table parfaitement lisse.</p>



<p>Chacun de mes doigts a éclaté comme une fontaine à dix jets. </p>



<p>Je me lève et comme un enfant qui passe.<br>Je demande où mes stylos peuvent trouver refuge.&nbsp;</p>



<p>On me pointe le sol, et je recommence à chercher.&nbsp;</p>



<p></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>3ème Prix attribué à Chingy </p>



<p><strong>Vers une vulnérabilité choisie</strong></p>



<p>J’ai vu des personnes se refermer subitement lorsqu’on a exposé leur grotte à la vue de tous·tes. Leurs bras se sont croisés sur leur ventre et leur visage est devenu sévère. Une personne en qui elles avaient eu confiance avait guidé des inconnu·e·s jusqu’à leur lieu de recueillement ou de solitude. Un chemin avait été tracé jusqu’à leur grotte, et elles ne pouvaient désormais plus être tranquilles : les visiteurs pourraient y revenir sans invitation. Elles n’ont ensuite participé aux conversations que lorsqu’on les a interpellées, et un tranchant est apparu dans leur voix. Elles ont perdu leur ton familier et ont transformé des mots qui habituellement ouvrent en des mots qui ferment (des mots qu’on utilise pour créer une distance). Elles ont acquiescé en disant «effectivement», mais la sécheresse dans leur voix laissait bien savoir à leur auditoire que ce marqueur de relation ne serait suivi d’aucune explication.</p>



<p>Bien que certaines personnes laissent paraître leur paysage interne comme une vaste plaine sans refuge, je sais que tout le monde a une grotte et qu’on choisit judicieusement les personnes qu’on y accueille ainsi que la durée de leur séjour. Les invitations sont toujours à renouveler et rares sont les personnes qui y possèdent un accès privilégié.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Saucisse&#160;en&#160;bouche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/saucisse-en-bouche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[bouche]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[mots]]></category>
		<category><![CDATA[saucisse]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’art de cacher la honte sexuelle dans le vocabulaire gastronomique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Peut-être bien que nous serions encore tous dans un monde merveilleux si Ève et Adam n’avaient pas consommé le fameux fruit défendu du jardin d’Éden. Après avoir soulagé leurs chaleurs insoutenables, le couple fondateur se couvre les parties génitales avec des feuilles de vigne. Et voici que depuis la Genèse, nous bouffons, nous buvons et nous baisons. La langue française compte de nombreuses expressions idiomatiques gastronomiques qui servent de métaphores aux sujets tabous ou interdits. Ce besoin de codifier des termes sexuels ou des insultes vient d’abord de la régulation des institutions comme l’État, l’Académie ou l’Église, ce que Michel Foucault appelle une « mise en discours » quasi officielle. De là s’opère un phénomène d’épuration du vocabulaire qui mène non seulement à des restrictions, mais aussi à des codifications comme l’apparition de nombreux idiotismes ou d’autres métaphores.</p>



<p>Alors que certains idiotismes gastronomiques n’ont aucune connotation sexuelle, comme le remplacement du mot « putain » par « purée », beaucoup d’entre eux jouent sur la taille, la forme ou l’emploi de certains aliments pour euphémiser des situations sexuelles. Par exemple, l’expression « tremper son biscuit », qui fait référence à la pénétration, est une métaphore ou euphémisme assez évident. Le pénis se substitue au biscuit, venant de leur forme similaire dans certains cas, qui est trempé dans la tasse de lait matinale, représentant l’éjaculation dans le sexe de la femme.</p>



<p>Cette codification a lieu notamment entre des locuteurs où le rapport social n’autorise pas d’aborder certains sujets. Les idiotismes gastronomiques se créent soit par une similarité visuelle, soit par les liens entre les rapports sociaux du couple et l’équilibre de pouvoir des ustensiles, aliments ou animaux. Pour illustrer, les aubergines ou les asperges se rapprochent visiblement du sexe masculin, tout comme les bonbons qui, historiquement sphériques, s’apparentent à des testicules. L’utilisation de lexique de charcuterie peut désigner le pénis ou la pénétration (saucisse, lard, os à moelle,&nbsp;<em>Weenie&nbsp;</em>ou&nbsp;<em>meat&nbsp;</em>en anglais) contre celui du coquillage ou animal à coquille pour indiquer celui de la femme (con, schnecke, moule) est une claire projection du rapport de forces prédatrices-proies.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Le lien entre l’alimentaire et le sexuel se fait presque inconsciemment, (…) en construisant un rapport similaire entre le mangeur et le mangé&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>Ainsi, l’homme et son pénis sont souvent représentés par des animaux forts, grands, larges et dangereux, alors que le vagin féminin est plutôt associé à des petits animaux, impuissants et sans défense. Le lien entre l’alimentaire et le sexuel se fait presque inconsciemment, d’abord puisqu’il mime la relation hétéronormée entre l’homme et la femme en construisant un rapport similaire entre le mangeur et le mangé, mais aussi à travers une série de points communs. En plus d’être deux domaines qui touchent à l’intime, l’instinct de survie mêle également nourriture et copulation : l’un pour survivre dans l’immédiat et l’autre pour faire perdurer notre espèce.</p>



<p>Les idiotismes gastronomiques ne servent pas uniquement à « protéger » les jeunes des sujets sexuels. Ils contribuent également à faire de la sexualité un sujet tabou. L’emploi de ces euphémismes hétérénormés sont le symptôme d’une société pudique et sexiste, toujours prête à réprimer n’importe quelle expression de libération sexuelle.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comme&#160;une&#160;vraie&#160;histoire d’amour</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/comme-une-vraie-histoire-damour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Ponchon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[pièce]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51645</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur le plus beau spectacle de la saison théâtrale 2022-2023.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Jusqu’en février dernier se jouait au Théâtre du Nouveau Monde une adaptation théâtrale de la correspondance entretenue entre l’écrivain Albert Camus et l’actrice Maria Casarès tout au long de leur relation. Le titre de cette invraisemblable épopée émotionnelle,&nbsp;<em>Je t’écris au milieu d’un bel orage</em>, est tiré d’une lettre de Camus et englobe à lui seul les deux éléments fondamentaux de leur histoire : l’écriture et les contraintes.</p>



<p>Ce n’étaient pas des lettres à vocation publique. À la mort de Camus, dans un accident de voiture au tout début de l’année 1960, René Char prit possession de leur correspondance. Puis elle fut transmise à Catherine Camus – fille de l’écrivain et de son épouse légitime, Francine Faure – qui décida, en 2017, de la publier chez Gallimard. Le grand public découvrit alors le lien brûlant qui unissait deux grandes figures de la vie artistique et intellectuelle française des années 1940–1950. Avec Steve Gagnon en Albert Camus et Anne Dorval en Maria Casarès, la pièce mise en scène par Maxime Carbonneau a sans doute offert le meilleur spectacle de la saison théâtrale qui s’achève : c’est un bijou taillé dans l’émotion pure, éclatant de tendresse et d’érotisme, travaillé sous la chaleur ardente du désir et dans le feu de l’écriture.</p>



<p>Ayant passé les premières années de tumulte amoureux, d’incertitude sur la nature, la durée de leur relation, et l’irascibilité que cette incertitude engendre inévitablement, les amants s’installent dans une dépendance saine, un lien qui va en se renforçant. Soudain, les échanges s’apaisent, les lettres s’allongent et les confidences gagnent en sincérité. On voit surgir sur scène ce que l’on avait cru un temps ne jamais pouvoir exister : une véritable histoire d’amour. Une histoire d’amour… le terme semble galvaudé, il cache un lien si fort que des mots peinent à l’expliquer et que pour le comprendre, il faut en avoir été témoin, comme ce soir de février au balcon du TNM. Camus et Casarès se rencontrent vers la fin de la guerre, en 1944, à Paris. Lui est un écrivain en devenir, déjà marié, et elle une comédienne reconnue. Ils s’éloignent puis se retrouvent par hasard en 1948, toujours dans la même ville, où commence alors une longue rela- tion amoureuse et épistolaire. Il reste 865 lettres dans toutes celles qu’ils se sont échangées ; elles constituent au deux-tiers les textes du spectacle, le reste provenant d’entrevues, d’œuvres publiées, d’articles de presse et même une partie du discours de Camus à la réception du Nobel en 1957.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je t’embrasse, mais avec ces larmes que je ne peux pas verser et qui m’étouffent »</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>La mise en scène met très justement l’accent sur l’équité entre les deux amants, qui écrivent aussi bien l’un que l’autre, traduisent aussi bien la fièvre de leurs sentiments : on suit les événements de leur vie et l’évolution de leur carrière sans que jamais l’un prenne le dessus sur l’autre. La pièce ne raconte pas leur intimité d’un point de vue historique, et n’essaie pas non plus de reconstruire une vie quotidienne fictive, dont personne ne peut témoigner, mais en prenant la voie des mots, en gardant cette distance qui était une constante de leur amour, et son meilleur écrin. « Lorsque j’essaie d’imaginer notre avenir, j’étouffe presque de bonheur et une immense crainte me serre le cœur, ne pouvant croire à tant de joie dans ce monde. » écrit Maria Casarès. Albert répond : « Moi, je n’ai jamais été aussi démuni, aussi désarmé. Je t’embrasse, mais avec ces larmes que je ne peux pas verser et qui m’étouffent. »</p>



<p>Dans la dernière heure du spectacle, le tempo de leur histoire s’accélère. On fonce à toute vitesse vers ce matin de janvier 1960 où Camus disparaît le long d’une route de campagne. Symboliquement, le lit où les corps des amants s’unissaient, et qui trônait au milieu de l’immense scène, s’abîme dans un puits sans fond. Maria Casarès reste seule, triste, furieuse, anéantie ; elle hurle de douleur en espagnol, sa langue maternelle, pour offrir une sublime déclaration d’amour posthume. Puis quelques années plus tard, bien après la mort de Camus, dans une confession de journaliste, elle lâche cette petite phrase qui clôt le spectacle et inonde de larmes les derniers yeux restés secs : «&nbsp;Quand on a aimé quelqu’un, on n’est plus jamais seule. »</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Commémorer les soulèvement étudiants de 2012</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/commemorer-les-soulevement-etudiants-de-2012/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Nolla]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[soulèvements étudiants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec le coréalisateur de 2012/Dans le coeur.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="has-drop-cap">À l’affiche depuis le 31 mars dernier, le documentaire&nbsp;<em>2012/Dans</em> <em>le cœur&nbsp;</em>retrace les événements majeurs des grèves étudiantes contre le Plan Nord, initiative minière dans des territoires autochtones, proposée par le gouvernement de Jean Charest. Les images offrent un tableau cru des violences policières et des propagandes médiatiques déployées pour minimiser et faire taire les revendications de milliers d’étudiants québécois.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>a rencontré l’un des coréalisateurs du film, Arnaud Valade, afin qu’il réponde à nos questions quant au processus de création de cette œuvre commémorative.</p>



<p><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD) :&nbsp;<em>En guise d’introduction, pouvez-vous me dire comment vous avez vécu les grèves étudiantes de 2012?</em></p>



<p>Arnaud Valade (AV) : En 2012, j’avais 16 ans, j’étais en secondaire 5. Mon frère, Maxence, et ma sœur étaient déjà très impliqués dans l’organisation des luttes étudiantes depuis 2011. Quand la grève s’est généralisée dans les milieux universitaires, il y a eu un appel dans les écoles secondaires pour également se mettre en grève. C’était illégal de le faire. On s’est réunis, puis on a organisé un petit mouvement de grève sauvage dans les écoles secondaires. À ma première manifestation, j’ai fait l’expérience de la répression, de la violence policière. Comme beaucoup de monde le disait à l’époque, on est tous devenus anarchistes en trois semaines.</p>



<p>LD :&nbsp;<em>Comment est né le projet du film?</em></p>



<p>AV : C’est un projet qui a un embryon depuis 2015. Rodrigue Jean, le coréalisateur, voulait filmer un essai cinématographique sur ce qu’il s’est passé à Victoriaville, en mai 2012. Mais il y a eu beaucoup de réticence dans le financement de cette idée, alors, pendant un moment, on l’a mise de côté, jusqu’en début de l’année 2021, où Rodrigue et moi, on avait envie de reprendre le projet, pour commémorer les 10 ans. Pour nous, l’impor- tant c’était de marquer la mémoire de ce mouvement du côté des gens qui s’organisaient à l’époque, du côté militant. Le but du film n’était pas nécessairement d’avoir un regard nostalgique vers le passé, mais plutôt d’actualiser le mouvement et de continuer l’écriture de l’histoire de luttes et mouvement sociaux du Québec. Notre but était de montrer comment – malgré la très grande diversité du groupe, nous étions majoritairement des étudiants blancs et privilégiés – faisions l’expérience de la violence policière pour la première fois et étions désignés comme ennemis du pouvoir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Le but du film n’était pas d’avoir un regard nostalgique vers le passé, mais de continuer l’écriture de l’histoire&nbsp;de&nbsp;luttes&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>LD :&nbsp;<em>Le film est composé d’une série de vidéos prises par les différents acteurs de la grève de 2012 : des vidéos télévisées par Radio-Canada, des vidéos prises par les hommes politiques québécois, et les</em> <em>nombreuses vidéos des étudiants grévistes. Quel a été votre processus pour faire de toutes ces images un collage cinématographique?</em></p>



<p>AV: On avait grappillé à droite et à gauche toutes les images des gens qui étaient présents pendant les rassemblements majeurs, au Palais des Congrès en mars, et à Victoriaville en mai, pour écrire un film qui allait démentir les communiqués qui avaient été faits par la police et relayés par les médias. Il y avait déjà un petit bassin de vidéos connues sur les réseaux, et à partir de celles-là, on a essayé de contacter les personnes qui avaient filmé, ou qui avaient été filmées, pour leur demander si elles n’avaient pas davantage d’images. On se demandait « C’est qui cette personne? Est-ce qu’elle existe encore? Est-ce qu’elle a encore ces images? » On a écrit à des dizaines et des dizaines de personnes pour avoir de l’info. Finalement, on a retrouvé les gens et leurs images.</p>



<p>LD :&nbsp;<em>Avec la voix narrative de Safia Nolin, la musique est un fil conducteur dans le déroulement du film. Pouvez-vous me parler davantage de la création de cette musique et de son rôle dans le film?</em></p>



<p>AV : C’est un bon ami à moi qui s’appelle Jacob Desjardins, qui a composé la musique. On avait une sensibi- lité commune, car lui aussi a été très investi dans la grève de 2012 : il était très touché par notre projet et les images. Il utilise des synthétiseurs modulaires pour modifier les ondes sonores. C’est un travail d’artisan de jouer avec la matière première des ondes acoustiques. Il a composé pendant toute la durée du montage, en parallèle avec la réalisation du film. Nous, ce qu’on voulait, c’était quelque chose d’ambivalent, qui viendrait appuyer et accompagner les images, sans trop les connoter.</p>



<p>LD :&nbsp;<em>Quel est l’effet espéré de votre film sur le public?</em></p>



<p>AV : Le film s’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui, qui n’a pas vécu cette grève : je veux lui montrer ce dont les étudiants étaient capables à l’époque en s’organisant en groupes révolutionnaires. Mais il s’adresse également aux gens qui l’ont vécue de près ou loin en 2012, pour remercier ceux qui y ont participé et ceux qui ont été blessés émotionnellement, économiquement et physiquement par cet engagement social. Il y a des personnes qui traînent encore ça sur le dos, des blessés dont on n’a jamais parlé, qui portent encore de graves blessures aujourd’hui. Pour nous, ce film est une garantie que la mémoire de ces gens-là n’est pas perdue, parce que ce sont eux qui ont porté à bout de bras le mouvement. Le film est à leur honneur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/commemorer-les-soulevement-etudiants-de-2012/" data-wpel-link="internal">Commémorer les soulèvement étudiants de 2012</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sex(M)ed au devant de la scène</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/sexmed-au-devant-de-la-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent Maraval]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Prix du principal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51588</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’organisation gagne le Prix du Principal de l’Université McGill 2023.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/sexmed-au-devant-de-la-scene/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;Sex(M)ed &lt;/em&gt;au devant de la scène</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 29 mars dernier, l’Université McGill a annoncé «le Prix du Principal pour le rayonnement du savoir dans les médias et auprès du public » de l’année 2023. Le groupe <em>Sex(M)ed</em>, qui avait été finaliste en 2022, a finalement été nommé vainqueur de la catégorie du prix pour les groupes de cette année, pour son action autour de la santé sexuelle et la lutte contre les inégalités auxquelles font face les femmes et les membres de la communauté 2SLGBTQIA+.</p>



<p><strong>Le prix du principal</strong></p>



<p>Décerné chaque année, ce prix a pour but de « souligner les réalisations exceptionnelles des membres de la communauté mcgilloise qui partagent leurs connaissances avec les médias et le public ». Cette distinction comprend quatre catégories : le <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/de-leducation-sexuelle-la-desinformation-en-ligne-347434" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Prix pour les groupes</a> ; le Prix pour les étudiants aux cycles supérieurs et boursiers postdoctoraux ; le Prix Chercheur en début de carrière ; enfin, le Prix Professeur chevronné.</p>



<p>Dans l’ensemble des catégories, les groupes de recherche et individus membres de la communauté mcgilloise peuvent présenter leur candidature pour la récompense, afin d’être gratifié·e·s pour leur travail. Pour postuler, les candidat·e·s doivent remplir deux conditions : faire partie de la communauté de l’Université McGill (corps étudiant ou professoral), et il est également nécessaire que leurs activités soient « liées aux domaines d’études, à l’expertise, aux intérêts, à la recherche et/ou à l’enseignement de l’Université McGill ». La personne ou le groupe vainqueur·e dans chaque catégorie est récompensé·e par la réception d’un chèque de 5000 dollars canadiens, délivré par l’Université.</p>



<p><strong>Le Groupe <em>Sex(M)ed</em></strong></p>



<p><em><a href="https://thesexmed.com/francais/what-we-do/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Sex(M)ed</a> </em>est une organisation à but non lucratif canadienne, qui se consacre à la lutte contre les inégalités en matière de santé sexuelle. Elle est composée de plusieurs étudiant·e·s provenant de nombreuses universités du pays comme l’Université McGill, l’Université Concordia, l’Université de Toronto, et plus encore. Elle a plus particulièrement été fondée par deux étudiantes de l’Université McGill, Jillian Schneidman et Camille Zeitouni. Dans une interview pour CTV Montréal, les deux fondatrices de <em>Sex(M)ed </em>expliquent que l’idée de fonder cette organisation est venue de leurs expériences personnelles, dans lesquelles elles déclarent n’avoir eu que des « <em>conversations limitées avec leurs fournisseurs de soins de santé à propos de leur santé sexuelle </em>(<em>tdlr</em>) ». Elles attestent aussi avoir fondé <em>Sex(M)ed </em>pour répondre à un sentiment de « <em>manque de diversité en termes de sujets abordés en matière de santé sexuelle dans les programmes d’école de médecine </em>».</p>



<p>L’organisation se présente comme une plateforme permettant de faire entendre les voix des communautés marginalisées (comme la communauté 2SLGBTQIA+), ces dernières n’étant souvent pas suffisamment représentées dans le système médical. Leur principal objectif est avant tout « <em>d’éduquer le personnel de la santé sur des sujets relatifs à la santé sexuelle qui sont souvent mal traités ou absents des programmes de soins et de santé </em>».</p>



<p><em>Sex(M)ed </em>est donc avant tout une plateforme de sensibilisation. Leurs actions concernent surtout la publication d’articles informatifs sur leur <a href="https://thesexmed.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">site internet</a>, s’organisant à travers différentes sections : <em>Perceptions Professionnelles, Perspectives, Anecdotes Personnelles </em>et enfin <em>Appel à l’Action</em>. L’organisation traite en profondeur de divers sujets allant de la <a href="https://thesexmed.com/francais/want-to-decolonize-sexual-health-education-challenge-anti-blackness/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">décolonisation de l’éducation en santé sexuelle</a>, à des réflexions sur l’<a href="https://thesexmed.com/francais/ethical-word-choice-for-patients-in-pain/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">éthique du langage</a> employé entre un·e docteur·e et son·sa patient·e.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>Éduquer le personnel de la santé sur des sujets mal traités ou absents des programmes de soins et de santé </em>»</p>
<cite>Jillian Schneidman</cite></blockquote>



<p>Le 30 mars dernier, l’organisation fêtait ses deux ans. Cette reconnaissance de la part de l’Université est une preuve de l’évolution rapide de <em>Sex(M)ed </em>et de la pertinence de cette action. À travers cette réussite, l’organisation marque un peu plus le paysage scientifique et intellectuel mcgillois, montréalais et canadien. </p>



<p><em>Retrouvez plus d’informations sur les actions de </em>Sex(M)ed <em>sur leur<a href="https://thesexmed.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> site internet</a> et <a href="https://www.instagram.com/sexmed_/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">compte Instagram</a></em></p>
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		<title>La sexualité chez les jeunes : entre ouverture et abstinence</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-sexualite-chez-les-jeunes-entre-ouverture-et-abstinence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille Matuszyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51583</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette semaine au Délit, nous mettons la sexualité à l’honneur en lui dédiant une édition entière. Part importante de la vie humaine et animale, la sexualité ne se limite pas à la reproduction. En réalité, le terme est vaste et englobe une multitude d’aspects de notre vie comme notre identité, notre orientation sexuelle, nos fantasmes&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/la-sexualite-chez-les-jeunes-entre-ouverture-et-abstinence/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La sexualité chez les jeunes : entre ouverture et abstinence</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">Cette semaine au <em>Délit</em>, nous mettons la sexualité à l’honneur en lui dédiant une édition entière. Part importante de la vie humaine et animale, la sexualité ne se limite pas à la reproduction. En réalité, le terme est vaste et englobe une multitude d’aspects de notre vie comme notre identité, notre orientation sexuelle, nos fantasmes ou nos croyances. La dimension socioculturelle de la sexualité a autant d’importance, voire plus, que son aspect biologique, en particulier à notre époque. Il semble que les nouvelles générations se soient émancipées de l’impératif de la reproduction et des croyances concernant les rapports intimes : elles se sont ouvertes à d’autres fantasmes, désirs et orientations sexuelles, en bref, au plaisir intime tel que nous le connaissons aujourd’hui.</p>



<p>Il est important de souligner que nous parlons ici des nouvelles générations dont la sexualité serait moins influencée par des facteurs comme la religion ou la politique. Nous ne devons pas oublier que notre vision de la sexualité n’est pas forcément celle des autres, et dépend d’une foule de facteurs individuels et collectifs influencés par l’environnement dans lequel nous avons grandi. Établir une nette distinction entre la dimension socioculturelle de la sexualité et son aspect biologique, notamment lié à la reproduction, nous empêcherait de rendre compte du phénomène de l’influence réciproque qui unit les besoins sexuels innés de l’humain et ses fantasmes, qui sont en partie construits socialement.</p>



<p>Est-ce que les fantasmes se sont vraiment émancipé? Selon une étude, la génération Z, incluant toute personne née entre 1996 et 2012 environ, serait plus ouverte et inclusive que les générations précédentes en ce qui concerne l’identité individuelle. Elle serait davantage respectueuse et compréhensive des membres de la communauté LGBTQIA+, ce qui transparaît par exemple dans l’émergence de mouvements de lutte pour les droits de cette communauté, ayant notamment permis de réduire au nombre de 67 les pays dans lesquels les relations homosexuelles sont criminalisées. D’après une enquête de 2021 menée par l’entreprise française de sondages Ipsos, la génération Z serait un pourcentage plus important ayant une orientation sexuelle autre qu’hétérosexuelle comparativement aux générations précédentes. Mais si la génération Z est véritablement plus ouverte dans ses valeurs, ses pratiques et son plaisir intime, comment expliquer qu’elle soit plus abstinente que les générations précédentes? Pourquoi le pourcentage d’adolescents ne pratiquant pas d’activité sexuelle est passé de 28.8% à 44.2% pour les hommes et de 49.5% à 74% pour les femmes entre 2009 et 2018?</p>



<p>Parmi les causes principales de cette abstinence, le visionnage de pornographie pourrait être cité comme inhibiteur. Cette dernière s’est largement transformée et développée depuis l’avènement d’Internet dans les années 2000, au point d’occuper une part non négligeable du net. Les recherches de contenu pornographique constituent une recherche sur huit sur ordinateur et une recherche sur cinq sur mobile, et l’un des plus gros sites pour adultes, <em>Pornhub</em>, aurait d’ailleurs fait l’objet de 42 milliards de visites en 2019. Dans son sondage effectué sur les étudiant·e·s du campus en 2015, le journal étudiant en ligne <em>The Bull and Bear </em>avait estimé que 38% des étudiant·e·s regardaient du porno plusieurs fois par semaine à une fois par jour.</p>



<p>La pornographie joue un rôle majeur dans la découverte des fantasmes et désirs, et donc dans la construction de l’identité sexuelle. Son visionnement n’est pas sans conséquences, d’autant plus qu’il se fait maintenant de plus en plus jeune. En 2018, 62% des adultes affirmaient avoir vu des images pornographiques pour la première fois avant l’âge de 15 ans. L’accès à ces sites est extrêmement aisé car il n’existe pas de véritable vérification de l’âge des utilisateur·rice·s; les jeunes peuvent donc y accéder dès qu’ils ont accès à Internet, souvent très jeunes. On pourrait se demander si la banalisation des pratiques présentées dans ces vidéos peut avoir un impact sur les taux d’abstinence. Au lieu de laisser libre cours à la découverte de sa sexualité individuelle, ces vidéos ne nous inciteraient-elles pas à adhérer à des schèmes fantasmés collectivement? On peut notamment citer des performances éloignées de la réalité, l’image de la femme soumise, les acteurs·rices intégralement épilé·e·s ou encore les hommes aux sexes surdimensionnés, qui impactent grandement la sexualité des jeunes, potentiellement incapables de séparer les films X de la réalité.</p>



<p>La pornographie n’est évidemment pas la seule raison justifiant une abstinence plus importante dans la génération Z. La société contemporaine est marquée par la <em>hustle culture </em>(culture de surperformance, <em>tdlr</em>), donc des emplois du temps très chargés, ainsi que l’usage accru des réseaux sociaux et autres applications – comme les plateformes de films sur demande qui priment parfois sur les relations intimes. Ainsi, depuis quelques années, les jeunes font face à une intensification du discours entourant la sexualité, cette dernière étant impactée autant positivement – par une plus grande importance accordée au consentement, une diversification de l’orientation sexuelle et une déconstruction des tabous – que plus négativement – avec le visionnement des vidéos pornographiques.</p>
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		<title>EndoCARES: l’endométriose est enfin prise en main</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/endocares-lendometriose-est-enfin-prise-en-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Plem Kijamba]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[endométriose]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51593</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ouverture du premier centre pour l’endométriose à McGill.</p>
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<p class="has-drop-cap">Le <a href="https://cusm.ca/nouvelles-et-histoires/nouvelles/le-cusm-ouvre-le-premier-centre-de-reference-multidisciplinaire-au?fbclid=IwAR1exPdx-PT8jyF-0pp0nwepPc4GvuPJGcYccfwZkPqC6hZP75Hj4a2ZZHU#:~:text=pour%20l&#039;endom%C3%A9triose-,Le%20CUSM%20ouvre%20le%20premier%20centre%20de,au%20Qu%C3%A9bec%20pour%20l&#039;endom%C3%A9triose&amp;text=Montr%C3%A9al%2C%2028%20mars%202023%20%2D%20Le,l&#039;endom%C3%A9triose%20multisyst%C3%A9mique%20au%20Qu%C3%A9bec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Centre universitaire de santé McGill</a> (CUSM) a lancé, le 28 mars dernier, l’ouverture d’un centre pour l’endométriose, le premier de ce genre dans la province. Il est aussi affilié à la Faculté de médecine des sciences de l’Université McGill et continue de modeler, entre autres, le cours de la médecine pédiatrique en attirant des «sommités » cliniques et scientifiques du monde entier. Le centre <a href="https://cusm.ca/nouvelles-et-histoires/nouvelles/le-cusm-ouvre-le-premier-centre-de-reference-multidisciplinaire-au?fbclid=IwAR0YTv4EJN7fDnln82Gf_CRCfJbEDMpF9BF1VBOZkHJQoKhaa9aCRbEvpGw#:~:text=pour%20l&#039;endom%C3%A9triose-,Le%20CUSM%20ouvre%20le%20premier%20centre%20de,au%20Qu%C3%A9bec%20pour%20l&#039;endom%C3%A9triose&amp;text=Montr%C3%A9al%2C%2028%20mars%202023%20%2D%20Le,l&#039;endom%C3%A9triose%20multisyst%C3%A9mique%20au%20Qu%C3%A9bec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">EndoCARES</a> comprend une équipe de recherche et un service de soins chirurgicaux, dont le but est d’offrir aux patient·e·s atteint·e·s de douleurs et d’infertilité causées par l’endométriose un « accès accéléré à des services d’imagerie diagnostique opportuns et spécialisés ». À cela s’ajoutent aussi des soins multidisciplinaires « fondés sur les besoins individuels ».</p>



<p><strong>Parlons de l’<a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/expert-mois-de-sensibilisation-lendometriose-mars-2022-338487?fbclid=IwAR1KpKA6v88ksAB823mXfJwbAuXu5cU57OIJkoeoaE9Gr5DIsemuiRCKv4I" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">endométriose</a></strong></p>



<p><a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/endometriosis?fbclid=IwAR3F3vmmg4Wq3aVd6LaiO1y51ep2XD9AN_8fm5ygUfPFqBzaXtRBQKoZ3_M" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS)</a>, il s’agit d’une « maladie qui se caractérise par le développement de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant ainsi des douleurs et/ou une infertilité ». Elle touche les femmes en âge de procréer, provoquant souvent  la stérilité. Dr Togas Tulandi, professeur titulaire et directeur du Département d’obstétrique et de gynécologie de McGill, spécialiste de l’endométriose, a affirmé l’an dernier que la maladie est courante, et que beaucoup de femmes en souffrent à travers le monde. En effet, l’OMS affirme aussi que près de 10% des femmes en âge d’enfanter sont touchées par cette maladie, soit 190 millions de personnes à travers le monde. D’autres statistiques montrent que jusqu’à 50 % des femmes souffrant d’infertilité et 70 % de celles souffrant de douleurs pelviennes chroniques sont atteintes d’endométriose, selon le Dr Togas Tulandi.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« À ce jour, il n’y a toujours pas de traitement contre l’endométriose »</p>
</blockquote>



<p>La création du centre EndoCARES répond aussi à un manque de recherches sur le sujet. À cet égard, EndoCARES vise à optimiser la recherche « fondamentale, épidémiologique et clinique » sur la maladie en établissant une base de données à partir de patients, pouvant servir pour les prochains projets de recherche. En même temps, l’objectif du centre est également de créer un réseau international où des recherches peuvent être menées en collaboration avec d’autres centres grâce à « l’échange d’idées et d’expériences ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Jusqu’à 50 % des femmes souffrant d’infertilité et 70 % de celles souffrant de douleurs pelviennes chroniques sont atteintes d’endométriose »<br></p>
<cite><br>Dr Togas Tulandi</cite></blockquote>



<p>À ce jour, il n’y a toujours pas de traitement contre l’endométriose. Toutefois, les patientes soignées chez EndoCARES bénéficient de « pratiques chirurgicales novatrices et spécifiques à l’endométriose » qui n’ont jamais été offertes auparavant au Québec. Les efforts du CUSM vont en ce sens : comme il est indiqué sur son <a href="https://cusm.ca/nouvelles-et-histoires/nouvelles/le-cusm-ouvre-le-premier-centre-de-reference-multidisciplinaire-au?fbclid=IwAR0YTv4EJN7fDnln82Gf_CRCfJbEDMpF9BF1VBOZkHJQoKhaa9aCRbEvpGw#:~:text=pour%20l&#039;endom%C3%A9triose-,Le%20CUSM%20ouvre%20le%20premier%20centre%20de,au%20Qu%C3%A9bec%20pour%20l&#039;endom%C3%A9triose&amp;text=Montr%C3%A9al%2C%2028%20mars%202023%20%2D%20Le,l&#039;endom%C3%A9triose%20multisyst%C3%A9mique%20au%20Qu%C3%A9bec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">site</a>, les soins cliniques et les futures recherches d’EndoCARES sont financés en partie grâce aux donations généreuses faites à la fondation du CUSM, qui a reçu jusqu’à 700 000 dollars en soutien au personnel hospitalier afin d’acquérir le matériel nécessaire pour le programme EndoCARES.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/endocares-lendometriose-est-enfin-prise-en-main/" data-wpel-link="internal">EndoCARES: l’endométriose est enfin prise en main</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Au-delà de l’odorat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/au-dela-de-lodorat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jeanne Marengère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51605</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les phéromones ont-ils réellement des impacts sur la sexualité humaine?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/au-dela-de-lodorat/" data-wpel-link="internal">Au-delà de l’odorat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sur la scène scientifique internationale, les phéromones sont encore aujourd’hui un sujet qui soulève des débats. Bien que leur existence et leurs effets soient largement acceptés au sein du règne animal, leur rôle chez les êtres humains reste hautement contesté. <em>Le Délit </em>a choisi d’investiguer la perception des phéromones chez la communauté étudiante mcgilloise dans le cadre de son édition sur la sexualité : le journal a rencontré un étudiant de l’Université, Alexandre, qui a témoigné de son expérience avec « le mystère des phéromones », et un professeur de l’Université McGill, Dr David Morris, qui nous a partagé son expertise dans le domaine afin de nous aider à naviguer ce débat.</p>



<p>À la suite d’un bref sondage mené sur le campus mcgillois cette semaine, deux conclusions sautent aux yeux : bien que la plupart des étudiant·e·s de l’Université McGill ignorent ce que sont les phéromones, ils·elles semblent pourtant enclin·e·s à croire en leur existence. En effet, la grande majorité des étudiant·e·s interpellé·e·s se positionnent en faveur de l’existence des phéromones chez les humains – certain·e·s disant même en avoir vécu les effets. Toutefois, l’étude scientifique du phénomène est loin de confirmer l’intuition de la population étudiante.</p>



<p><strong>Les phéromones : sujet controversé</strong></p>



<p>Chez les animaux et les insectes, <a href="https://www.pourlascience.fr/sr/article/la-communication-chimique-4574.php#:~:text=Par%20d%C3%A9finition%2C%20les%20ph%C3%A9romones%20sont,dans%20les%20relations%20plantes%2Dinsectes." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les phéromones</a> sont des sécrétions chimiques qui permettent une communication entre les membres d’une même espèce. Les phéromones jouent ainsi un rôle non seulement dans la reproduction, mais aussi sur le plan des communications intraspécifiques pour la défense, la préservation, le pistage et de nombreuses autres fonctions. Selon le biologiste <a href="https://www-cambridge-org.proxy3.library.mcgill.ca/core/services/aop-cambridge-core/content/view/DF936E8EA07B0A9E8E7508B8CBA11F32/9781139030748c3_p65-104_CBO.pdf/pheromones_chemical_cues_and_sexual_selection.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Tristram D. Wyatt</a>, enseignant au sein du département de zoologie de l’Université Oxford, les phéromones sont des facteurs clés de la sélection sexuelle puisqu’ils jouent le rôle d’indicateurs de santé, de la génétique et du statut reproductif entre les membres d’une espèce. Ils participent donc activement au processus de reproduction, en initiant l’attraction entre deux possibles partenaires.</p>



<p>Bien que leur influence chez les animaux fasse consensus au sein du milieu scientifique, l’influence des phéromones chez les humains demeure un mystère. Les êtres humains, étant des mammifères, devraient être soumis au pouvoir des phéromones au même titre que les autres espèces. Selon le chimiste <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/la-nature-selon-boucar/segments/entrevue/119199/pheromones-corps-odeur-reproduction-survie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Normand Voyer</a>, chez les hommes, ce sont les glandes auxiliaires situées au niveau des aisselles qui seraient le centre de production et d’émanation des phéromones. Pour les femmes, ce serait au niveau de l’entrejambe que les phéromones seraient libérées. Toutefois, il rappelle que l’obsession de l’être humain moderne avec l’hygiène aurait pu nous « désensibiliser aux phéromones ». À la lumière des circonstances, peut-on donc affirmer avec certitude que les humains produisent des phéromones, ou même qu’ils sont réceptifs à leurs effets?</p>



<p><strong>Pseudoscience de l’attraction</strong></p>



<p><em>Le Délit </em>a demandé l’avis de Dr David Morris, professeur agrégé de la Faculté de Médecine spécialisé en endocrinologie, de mettre en évidence ce qui est actuellement connu des phéromones et de leur possible impact sur la sexualité humaine. Selon lui, « <em>les preuves concernant le rôle de l’odorat dans les relations entre humains sont pas convaincantes (tldr) </em>».</p>



<p>Selon Dr Morris, « chez les humains, la plupart des études ont été concentrées sur le contenu de la sueur axillaire – principalement ce qui produit l’odeur lorsqu’on sue des aisselles -, les stéroïdes nommées 16-androstènes, le plus commun étant l’androstadienone, qui est hautement concentrée dans la sueur des hommes. Certaines études controversées ont suggéré que cette substance pouvait rehausser l’humeur et augmenter le désir sexuel. D’autres études ont associé les phéromones avec la sélection de partenaires sexuels en fonction de facteurs génétiques prédéterminés <em>(tldr) </em>». Il est possible que les études auxquelles Dr Morris fait référence expliquent ces moments d’attraction inexplicables entre deux individus qui n’auraient jamais prédit ce genre d’attirance. Toutefois, Dr Morris met l’accent sur le manque d’études crédibles au sujet des phéromones chez les humains.</p>



<p><strong>Odeurs de faux-semblants</strong></p>



<p>Alexandre, un étudiant en physiologie à l’Université McGill, a accepté de témoigner sur son expérience avec les phéromones. Bien qu’il soit réticent à se prononcer définitivement sur la question de l’existence des phéromones chez les humains, Alexandre se dit être « plutôt neutre sur la question des phéromones » : « J’ai étudié dans le domaine des sciences et dans plusieurs de mes cours, notamment en endocrinologie, j’ai été amené à étudier les hormones et les phéromones des mammifères, de certains mollusques et des insectes. J’ai pu y voir à quel point les phéromones affectaient le comportement de ces derniers. Toutefois, comme je l’ai vu dans mes cours, les phéromones demeurent un mystère en ce qui a trait à leurs effets sur les êtres humains. On n’est pas définitif sur la production de phéromones chez les humains, ni sur notre réceptivité à leurs effets. C’est réellement un mystère. » </p>



<p>Alexandre, malgré ses réserves, a tout de même tenu à partager ses expériences avec les phéromones : « En effet, il y a eu des instances où j’ai pu croire que les phéromones avaient un effet sur moi. Malgré tout, je ne sais pas si c’était réellement leur effet ou si ce n’était pas simplement l’odeur de la transpiration ou celle de la personne, parce que les deux sont dissociables et que j’ai de la difficulté à identifier laquelle des deux me faisait effet. Dans le passé, j’ai été en couple avec un homme, et on s’était entendu mutuellement pour ne pas porter de déodorant parce que les secrétions corporelles de l’un et de l’autre nous excitaient beaucoup. […] Il y a beaucoup de fétichismes et de pratiques sexuelles qui sont basés justement sur les odeurs corporelles, et même les odeurs déplaisantes comme celles des pieds. Dans des contextes sexuels particuliers, ces odeurs vont avoir une incidence sur le niveau d’excitation du partenaire ». La question persiste : les humains sont-ils réceptifs aux phéromones, ou n’ont-ils en réalité aucun effet sur les humains?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Dans le passé, j’ai été en couple avec un homme, et on s’était entendu mutuellement pour ne pas porter de déodorant parce que les secrétions corporelles de l’un et de l’autre nous excitaient beaucoup »</p>
<cite><br>Alexandre, étudiant en physiologie à McGill</cite></blockquote>



<p><strong>Un attrape-nigaud?</strong></p>



<p>Récemment, les phéromones ont gagné en popularité sur des plateformes comme <a href="https://www.tiktok.com/@_alexciagresko/video/7208666620795899178" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">TikTok</a>, où on vantait leurs mérites en ce qui a trait à l’attraction du sexe opposé. Ces utilisateurs faisaient la promotion de produits contenant supposément des phéromones, et qui, conséquemment, devaient avoir l’effet d’augmenter le niveau d’attrait des individus les utilisant. Ceci étant dit, la vente d’huiles aphrodisiaques ou de parfums qui contiendraient des phéromones n’est pas régulée et n’a pas produit de résultats concluants quant à ses prétentions. Dr Morris mentionnait d’ailleurs au <em>Délit </em>le manque de preuves scientifiques appuyant la commercialisation des phéromones.</p>



<p>Selon Alexandre, « il est ridicule de capitaliser sur le mystère. La création de produits autour de ce genre de mystères scientifiques, en les vendant parce [que les phéromones, <em>ndlr</em>] auraient potentiellement un effet chez les humains qui en feraient usage, contribue à un schème dangereux et impertinent. » Il compare la commercialisation des phéromones à celle du CBD ou celle du safran, qui aurait potentiellement des bienfaits pour la digestion, ou encore à la distribution commerciale de remèdes homéopathiques, tous des produits qui sont vendus à la population sans réels fondements scientifiques. Il mentionne que bien que ces « remèdes miracles » réussissent parfois à provoquer des effets perceptibles pour le·la consommateur·rice, ils sont trop souvent le fruit de l’effet placebo. Il est donc tout naturel qu’on se questionne sur les implications de l’ignorance – ou de la crédulité – de certain·e·s quand il en vient aux pseudosciences et à leur mise en marché.</p>



<p><strong>Mythe ou réalité scientifique?</strong></p>



<p>En ce qui a trait à la question des phéromones et à leur ésotérisme, Alexandre a confié au <em>Délit </em>: « J’aimerais bien avoir une réponse définitive. En fait, je ne sais pas si je voudrais la connaître parce qu’il y a des mystères qu’on aime ne pas percer. Si on en venait à se positionner catégoriquement sur la question et qu’on jugeait que les phéromones n’existent pas, ça me décevrait un peu. » Comme Alexandre le souligne, il y a des questions qui gagnent à rester sans réponse, puisqu’elles peuvent ainsi garder leur magie. Sachant que l’étude des phéromones est encore récente, nous pouvons espérer qu’un jour, une réponse nous soit donnée concernant le fondement de leur existence chez les humains – ou un possible démenti des théories existantes proposant leur effet sur l’Humain. Pour l’instant, nous devrons nous contenter de la magie des phéromones.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/au-dela-de-lodorat/" data-wpel-link="internal">Au-delà de l’odorat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Viagra, 25 ans d’érections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/viagra-25-ans-derections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margaux Thomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[25 ans]]></category>
		<category><![CDATA[Viagra]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51600</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un regard sur l’importance de la performance sexuelle masculine.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 27 mars 2023, la pilule bleue, aussi appelée Viagra, a fêté ses 25 ans. Cette pilule en forme de losange est petite, mais elle a pourtant une drôle d’histoire. Tout commence en 1998, lorsque des chercheurs du laboratoire américain Pfizer développent une pilule pour traiter les maladies cardiaques comme l’hypertension, grâce à une molécule appelée citrate de sildénafil, qui au lieu d’augmenter la circulation sanguine vers le cœur, l’augmente vers le pénis. Cette erreur a finalement été bénéfique pour des milliers de personnes.</p>



<p><strong>Bénédiction scientifique…</strong></p>



<p>En ce qui concerne son mécanisme d’action sur les dysfonctionnements érectiles, la molécule de sildénafil relaxe le muscle lisse du pénis et augmente ainsi l’influx de sang dans le corps caverneux, permettant au sang d’arriver plus rapidement et d’ainsi obtenir une érection plus forte. Néanmoins, le Viagra ne traite pas le désir sexuel, les problèmes d’éjaculation ou les difficultés de couple. À 15 dollars l’unité à sa sortie sur le marché, le prix a gonflé à plus de 50 dollars jusqu’en 2017, où une version générique est arrivée, faisant chuter le prix à environ un dollar le cachet. Son concurrent, le Cialis, sorti en 2011, est <a href="https://www.zavamed.com/fr/tadalafil-cialis-generique.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un médicament à base de molécule de tadalafil</a>, qui a relativement les mêmes fonctions, favorisant la circulation sanguine dans le pénis.</p>



<p>Cette pilule est cependant associée à des risques, notamment sur ses effets secondaires et sa potentielle influence sur la maladie d’Alzheimer. La dose habituellement recommandée est de 50 mg, à prendre approximativement 30 minutes à une heure avant l’activité sexuelle. Le médicament peut toutefois être pris de quatre heures à 30 minutes avant l’activité sexuelle, étant donné qu’il y a un temps moyen de 27 minutes avant d’agir. Selon l’efficacité du médicament et ses effets secondaires, la dose peut être augmentée jusqu’à 100 mg, ou diminuée jusqu’à 25 mg. Néanmoins, ces pilules ont un désavantage; les <a href="https://www.uniprix.com/fr/lexique-medicaments/02239768/viagra" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">effets secondaires associés au sildénafil </a>et au tadalafil incluent des migraines, maux de tête, des rougeurs au visage, une irritation ou congestion du nez, des problèmes de digestion, des étourdissements ou encore une modification temporaire de la perception des couleurs, encore plus si la prise du médicament est combinée à une consommation d’alcool ou de drogue. Cependant, l’utilisation du Viagra est en hausse pour les personnes consommant des drogues dures, afin de contrer les effets néfastes des drogues sur la fonction érectile, <a href="https://www.charles.co/blog/erection/drogues-et-problemes-d-erection/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comme la cocaine, la MDMA ou le cannabis</a>. Les consommateur·rice·s voient le médicament comme une solution pharmaceutique simple au défi de maintenir une érection, tout en utilisant des drogues.</p>



<p><strong>…ou tabous de performance?</strong></p>



<p>Depuis la mise sur le marché du Viagra aux États-Unis – qui a connu un succès immédiat – 65 millions d’ordonnances ont été prescrites dans le monde. Les utilisateur·rice·s se sont jeté·e·s sur le produit dans l’espoir de démultiplier leurs performances, de faire durer leur plaisir et celui de leurs partenaires. Pour certains, l’utilisation du Viagra est synonyme de solution facile permettant de libérer la libido des individus ayant un appareil génital masculin. Toutefois, une aussi grande popularité pour la pilule bleue pourrait être symptôme d’une société qui s’accroche à la performance. La dysfonction érectile est également appelée « impuissance sexuelle » par certains – focalisant le plaisir sexuel autour d’une pénétration par un pénis. Cette pression liée aux prouesses sexuelles touche majoritairement les hommes.</p>



<p>Le <em>Délit </em>a rencontré Martin*, un jeune homme de 23 ans, pour discuter de la pression associée à l’érection masculine lors des relations sexuelles. En questionnant Martin sur cette pression, il répond avec certitude que l’anxiété et l’appréhension s’appliquent à la fois à l’érection et à la performance lors de l’expérience globale. De façon générale, la pénétration – et donc l’érection – est perçue comme la source principale de plaisir sexuel. Pour Martin, « avoir une érection n’est pas non plus la seule manière de se procurer du plaisir, mais c’est primordial ». Ce qui est projeté dans les médias et dans l’opinion sociale, c’est que le plaisir sexuel est basé sur la pénétration d’un pénis dans un vagin. De manière très crue, « il y a cette idée que – même si on sait que c’est pas la seule source de plaisir chez les femmes – ton pénis doit faire plaisir à tes partenaires sexuel·le·s· » explique Martin.</p>



<p>Il est déconseillé d’utiliser le Viagra chez les jeunes hommes qui ne présentent pas de problèmes d’érection, et pourtant, beaucoup de jeunes comme Martin pensent que le médicament permet d’avoir une érection plus dure et plus longue. Pfizer, l’entreprise qui produit le Viagra, a confirmé que l’âge moyen d’un utilisateur typique de ce médicament est de 53 ans, sachant que la société ne détient pas de registre pour les utilisateurs de moins de 33 ans, vu qu’ils n’expérimentent généralement pas de dysfonction érectile. Martin affirme ne pas avoir discuté de l’utilisation du Viagra avec ses  amis proches, parce que « chez les hommes en général, c’est un peu tabou. C’est vu comme une forme de faiblesse de devoir recourir à cette pilule plutôt que de naturellement bander ». Si l’effet placebo du médicament peut faire monter la tension sexuelle des utilisateur·rice·s, le fait de devoir prévoir à l’avance ses rapports sexuels enlève l’aspect authentique et fougueux de ces derniers.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Chez les hommes en général, c’est un peu tabou. C’est vu comme une forme de faiblesse de devoir recourir au Viagra plutôt que de naturellement bander »</p>
<cite>Martin*</cite></blockquote>



<p><strong>Et pourquoi pas une pilule rose?</strong></p>



<p>Le révolution sexuelle et médicale a <a href="https://www.planetesante.ch/Magazine/Gynecologie/Sante-sexuelle/Viagra-feminin-le-risque-d-etre-decue" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pendant longtemps négligé les femmes</a> souffrant de dysfonctionnements et de perte de libido, comme la sécheresse vaginale due à la ménopause, qui peut causer des douleurs pendant les rapports sexuels. Le Vyleesi, ce nouveau médicament améliorant la libido des femmes, est considéré comme le «Viagra féminin ». Ce produit, destiné aux femmes pré-ménopausées souffrant d’un faible désir sexuel, <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-50685785" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a été approuvé en 2019 </a>par l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Cependant, il est question de son efficacité réelle ainsi que des préoccupations de santé qui y sont associées. Cette innovation a été considérée comme une avancée majeure pour la santé sexuelle des femmes alors qu’un manque d’intérêt régulier et persistant pour l’activité sexuelle <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-50685785" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">touche entre 6% et 10% des femmes en âge de procréer aux États-Unis</a>. Cependant, la pilule rose a également ravivé le débat sur le rôle des médicaments dans des questions aussi complexes que le désir sexuel et la libido. Le médicament vise à réduire l’anxiété et à améliorer le désir sexuel en contrôlant les niveaux de deux neurotransmetteurs : la présence de dopamine et la libération de sérotonine, souvent appelée « l’hormone du bonheur ». Le nouveau médicament Vyleesi sera en concurrence directe avec l’Addyi, vendu par <em>Sprout Pharmaceuticals</em>, qui est pris sous forme de pilule quotidienne et a été approuvé par la FDA en 2015. Les utilisateur·rice·s d’Addyi affirment vouloir des effets secondaires plus doux et une action plus rapide, car la nausée <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-50685785" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a été signalée chez 40 % des sujets</a>, souvent dans l’heure suivant l’injection de la dose, impactant ainsi le rapport sexuel.</p>



<p>Si le Vyleesi et l’Addyi sont surnommés « Viagra féminin », leur mécanisme est bien différent étant donné qu’il agit directement sur le cerveau. Même si certain·e·s des utilisateur·rice·s retrouvent plus de désir grâce à l’activation de neurotransmetteurs, <a href="https://www.planetesante.ch/Magazine/Gynecologie/Sante-sexuelle/Viagra-feminin-le-risque-d-etre-decue" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les scientifiques avertissent </a>qu’il ne faut pas s’attendre à un miracle et que son efficacité n’égale en aucun cas celle du Viagra.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/viagra-25-ans-derections/" data-wpel-link="internal">Viagra, 25 ans d’érections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Pornographie : différentes positions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/porno-derriere-la-camera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51505</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Charly Willinsky, un réalisateur et producteur de cinéma pour adulte montréalais, et Sofia, une intervenante sexuelle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La plupart d’entre nous regardons du contenu pour adulte, mais peu ont connaissance de ce qui se passe dans les coulisses du cinéma pornographique. Cette semaine, <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec deux spécialistes de la pornographie. Dans un premier temps, nous avons rencontré le producteur de contenu gai et acteur montréalais Charly Wilinsky pour en savoir davantage sur ces vidéos créées pour des hommes attirés par des hommes. <em>Le Déli</em>t a ensuite discuté des limites de la pornographie avec Sofia Ferguene, une ancienne étudiante de McGill en science politique, qui travaille aujourd’hui comme intervenante et animatrice en vie relationnelle et affective auprès de la jeunesse parisienne.</p>



<p><em><strong>Le Délit (LD)</strong> : Je sais que tu es acteur et producteur, et j’imagine que tu endosses beaucoup de rôles. Que sont-ils?</em></p>



<p><strong>Charly ( C )</strong> : C’est ce qui est amusant, comparé aux industries plus grand public : l’industrie du porno nous permet de toucher à plein de choses. Mais mon quotidien ressemble beaucoup plus à un développeur web qu’à un acteur porno. Je vois continuellement du contenu X, mais il y a des journées où on filme du contenu, et d’autres, pas du tout. Ensuite, j’ai souvent la casquette de recruteur d’acteurs, avec des castings qui prennent énormément de temps étant donné que c’est une industrie qui consomme beaucoup de nouveaux visages. On voit justement une ouverture, il y a de plus en plus de gens qui viennent vers nous parce que « la société change » ou « fuck ça, j’ai envie de le faire, go ». Ça devient plus facile. Dernièrement, quasiment tous les jours, je reçois des candidatures, et ça prend 40 % de mon temps. Après ça, je réalise, mais vraiment peu. Je produis, je vois plus comment mettre tous les éléments ensemble pour qu’on ait un bon résultat, et pour rassembler les gens, les contacts et les ressources. Il faut mettre la casquette de réalisateur de temps en temps, mais c’est pour ça que je travaille avec des gars qui sont réalisateurs exclusivement.</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Montréal était la capitale du porno pendant assez longtemps.Je pense qu’elle l’est encore avec l’entreprise Pornhub, qui est établie à Montréal. Dans quelle mesure le scandale Pornhub (accusé d’avoir laissé du contenu illégal sur son site) a‑t-il impacté ce que vous faisiez?</em></p>



<p><strong>C</strong> : Il y a un documentaire qui est sorti il y a peu de temps sur Netflix qui parle justement de ça, il s’appelle: <em>Money Shot: The Pornhub Story</em>. C’était quand même des choses qui étaient sues à l’intérieur de l’industrie, on connaît bien <em>MindGeek </em>et leurs pratiques, mais en même temps, c’est un collaborateur, c’est une compagnie qui est quand même pas mal au devant de la scène. Finalement, ce qui est intéressant dans ce documentaire, c’est que les gens qui paient pour les frasques des multinationales comme ça, c’est souvent les gens les plus vulnérables, les travailleurs du sexe. En fait, c’est nous aussi qui avons du mal à trouver des façons de se faire payer. On se fait fermer nos comptes en banque dès qu’ils comprennent que la rémunération est en lien avec l’industrie du sexe. Donc, on finit par ne rien dire. À l’ouverture de mon compte, j’ai clairement insisté auprès de la banquière que mes revenus viendraient de l’industrie X, mais heureusement, elle ne l’a même pas écrit. Donc, pour ma banque, je suis « producteur de contenu original » et « opérateur de plateforme de divertissement sur demande ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Finalement, ce qui est intéressant dans ce documentaire, c’est que les gens qui paient pour les frasques des multinationales comme ça, c’est souvent les gens les plus vulnérables, les travailleurs du sexe »</p>
<cite><br>Charly Wilinsky</cite></blockquote>



<p><em><strong>LD </strong>: Que penses-tu du porno de demain dans l’émergence de la technologie et du digital?</em></p>



<p><strong>C</strong> : La technologie avance vite, la qualité s’améliore beaucoup. Mais en même temps, l’adoption des utilisateurs n’est pas non plus au rendez-vous. C’est comme il y a 20 ans, avec les téléphones portables, on ne pensait pas qu’on l’aurait tout le temps dans les mains, et qu’ Internet serait comme il est aujourd’hui. Donc avoir des rapports sexuels virtuels permettrait d’éviter ces inconvénients. Peut-être qu’on va arriver à un point où il serait plus simple et moins risqué d’avoir seulement des relations virtuelles.</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Est-ce que ton site internet proposerait des relations sexuelles avec un avatar à l’aide d’un casque de réalité virtuelle?</em></p>



<p><strong>C</strong> : Ce qui est fait jusqu’à présent, c’est principalement dû au « POV » (point de vue),où le spectateur est incarné dans la scène. Je crois que ça nous limite quand même beaucoup dans le mouvement. Premièrement, les acteurs n’aiment pas filmer du contenu pour réalité virtuelle, parce que souvent, ils sont restreints dans leur mouvements avec une caméra qui est au niveau du front. Essaie de rester en érection si tu n’es pas vraiment capable de bouger, ce n’est pas évident. En revanche, moi, je crois fermement que tu n’es pas obligé d’être dans la scène. Tu peux être voyeur. La magie du cinéma, c’est d’amener les gens dans des situations qui ne seraient pas communes, pas courantes. On peut simuler n’importe quoi et faire ressentir au spectateur qu’il est présent, sans nécessairement être activement impliqué. Maintenant, le tabou qui persiste, c’est la demande de contenu <em>trash</em>, violent et extrême qui grandit. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Peut-être qu’on va arriver à un point où il serait plus simple et moins risqué d’avoir seulement des relations virtuelles »</p>
<cite>Charly Wilinsky</cite></blockquote>



<p><em><strong>LD </strong>: Est-ce que selon toi l’industrie du porno est un monde d’opportunités, avec peu de concurrence et où il est facile de se faire connaître?</em></p>



<p><strong>C</strong> : En fait, il y a énormément de concurrence, mais en même temps, c’est ça. C’est un monde qui a un esprit de famille, qui est tout de même très chaleureux. On a besoin des uns et des autres, on ne peut pas faire du contenu tout seul, sinon il n’y aurait pas de variété. Pour te permettre de rester populaire, il faut que tu réussisses à avoir des gens avec qui tu peux collaborer. Je te dirais que ce qui est difficile, c’est d’aller trouver ce premier contact qui va t’ouvrir la porte de ce monde-là, mais après ça, si tu es quelqu’un qui est facile d’approche, ça roule tout seul.</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Sinon, as-tu un compte OnlyFans? Quels sont les avantages d’OnlyFans à ton avis? Pourquoi cette plateforme est aussi populaire et glamorisée?</em></p>



<p><strong>C</strong> : C’est pertinent. En fait, je te dirais, <em>OnlyFans </em>est bien particulier. Le gars qui a lancé <em>OnlyFans</em>, c’est un gars qui avait un site de webcam avant et qui était dans l’industrie pour adultes, mais sa plateforme était censée être pour les influenceurs. C’est-à-dire qu’il s’agit d’une plateforme où tu peux vendre des cours de fitness, des cours de yoga, à peu près n’importe quel contenu, et le contenu pour adultes est toléré. Donc, ils ont réussi à faire exécuter leurs paiements par des fournisseurs de services qui d’habitude ne travaillent pas pour des sites pour adultes.</p>



<p><em><strong>LD </strong>: Quels sont les salaires de ceux qui travaillent dans l’industrie?</em></p>



<p><strong>C</strong> : J’ai des amis qui font 55 000 $ US par mois. Ensuite, si on va dans les extrêmes, j’en connais un qui, en un an, a fait 1 200 000 $ US sur <em>OnlyFans</em>. Celui-là, par exemple, c’est une des plus belles histoires d’<em>OnlyFans</em>. C’était un influenceur qui avait des millions d’abonnés sur YouTube, qui s’est ensuite lancé dans le contenu pour adultes et a fait le saut vers <em>OnlyFans </em>par curiosité. C’est sûr que quand tu as déjà des millions de fans, s’il y en a juste 10% qui te suivent sur <em>OnlyFans</em>, ça va vite. Toutefois, ce n’est pas la norme. Ce qui est intéressant avec ces plateformes, c’est que ça met le pouvoir dans les mains des acteurs, comparé à l’industrie du porno habituelle, où ils étaient à la merci des studios, et où ils pouvaient se faire engager deux ou trois fois par an, ce qui est peu. Ils avaient des gros contrats, mais à l’époque, les studios – qui pour la plupart n’étaient pas indépendants – payaient bien. Ce qui est beau, c’est que n’importe qui, tant que c’est quelqu’un qui est dédié, qui aime ce qu’il fait, qui est régulier et assidu, il va se faire de l’argent. Il faut trouver son truc, mais après ça va.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Moi [Isabelle Hamon, <em>ndlr</em>], dans une journée, je suis toute seule avec un assistant, je fais de l’éclairage, je filme, je fais un peu de montage »</p>
<cite>Charly Wilinsky</cite></blockquote>



<p><em><strong>LD</strong> : J’ai entendu dire que certains profitent d’une gaffe ou d’une connerie pour se lancer dans l’industrie X plutôt que de se faire </em>cancel<em>, qu’en dis-tu?</em></p>



<p><strong>C</strong> : Tu te souviens de la fille à l’UQAM qui avait montré sa poitrine pour sa photo de graduation? C’est une vedette maintenant et elle fait beaucoup d’argent sur <em>OnlyFans</em>. Il y a aussi le cas de la fille de Sunwing, l’avion avec des influenceurs qui ne respectaient pas les restrictions sanitaires. Elle s’est lancée sur <em>OnlyFans </em>et dès le premier mois, elle a dévoilé s’être fait 19 000 dollars. Donc Vanessa Cosi, après avoir vapoté dans le vol des influenceurs, s’est dit : « OK, qu’est ce que je fais? » Et la réponse a été de créer un compte <em>OnlyFans </em>pour publier du contenu pour adultes et bénéficier de sa notoriété.</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Est-ce qu’on voit souvent des gens qui étudient le cinéma et qui, finalement, choisissent le cinéma pour adulte?</em></p>



<p><strong>C</strong> : Alors, c’est plus fréquent qu’on le pense. Par exemple, Isabelle Hamon est la réalisatrice qui fait le plus de tournages de porno gai à Montréal. Elle est lesbienne et elle a étudié en cinéma. Au début, un de ses amis l’a recrutée pour un projet et elle voyait ces tournages comme un travail étudiant. Finalement, elle a fait ça pendant toutes ses études. Puis à la fin, elle s’est dit : « J’aime ce que je fais, je vais arrêter de me mentir, je fais du gros cash, et surtout je touche à tout. » Elle dit : « Moi, dans une journée, je suis toute seule avec un assistant, je fais de l’éclairage, je filme, je fais un peu de montage. » Donc, elle est restée dans ce domaine, et elle excelle. Quand elle a commencé à travailler pour les plus grands studios de porno gai, l’obstacle principal pour elle c’était la misogynie, mais elle a ouvert bien des portes. La preuve? On en parle aujourd’hui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je te dirais que le domaine est assez inclusif. On essaye quand même de l’être de plus en plus, parce qu’on voit que ça marche sur les plateformes indépendantes. Il y en a pour tous les goûts et pour tout le monde, sachant que les standards de beauté, communs pour un, ne sont pas nécessairement ceux d’un autre »</p>
<cite>Charly Wilinsky</cite></blockquote>



<p><em> <em><strong>LD</strong> :</em></em> <em>Est ce que tu peux me dire un mot sur l’inclusivité dans le milieu du porno?</em></p>



<p><strong>C</strong> : Je te dirais que le domaine est assez inclusif. On essaye quand même de l’être de plus en plus, parce qu’on voit que ça marche sur les plateformes indépendantes. Il y en a pour tous les goûts et pour tout le monde, sachant que les standards de beauté, communs pour un, ne sont pas nécessairement ceux d’un autre. Mais effectivement, c’est quand même une industrie de l’image. En revanche, pour l’âge, je dirais qu’il n’y a pas vraiment de limites, surtout que chez les gais, la figure du « daddy » fonctionne super bien. Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est simplement qu’il s’agit d’être le meilleur dans ce que tu fais.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="695" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n-1000x695.jpg" alt class="wp-image-51679" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n-1000x695.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n-330x229.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n-768x534.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n-1536x1067.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/336773281_765829595161129_8379097037573668223_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/r-chedid/?media=1" data-wpel-link="internal">Rose Chedid</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><em>Le Délit </em>a aussi rencontré une intervenante travaillant dans le milieu de l’éducation sexuelle à Paris pour offrir une autre perspective sur le domaine de la pornographie. Le milieu de la pornographie est réputé pour les multiples abus subis par les travailleurs et travailleuses du sexe. En tant qu’intervenante en vie relationnelle et affective, Sofia Ferguene nous son opinion sur l’industrie pornographique.</p>



<p><em><strong>Le Délit (LD</strong>) : D’après tes interventions dans des établissements scolaires, quel est le rapport des jeunes avec la pornographie?</em></p>



<p><strong>Sofia (S)</strong> : C’est indéniable que le porno a une place centrale dans l’éducation et la sexualité des jeunes, puisqu’il représente encore aujourd’hui un tabou. Aborder le thème de la sexualité avec sa famille et ses amis pendant la préadolescence et l’adolescence reste un sujet sensible. Dans les associations féministes ou de santé sexuelle, l’éducation relationnelle et affective passe par la déconstruction des idées reçues qui sont véhiculées par le porno «&nbsp;populaire » (dit <em>mainstream </em>en anglais, <em>ndlr</em>) qui met en scène des rapports stéréotypés.</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Peux-tu m’en dire davantage sur les stéréotypes qu’on retrouve dans le porno?</em></p>



<p><strong>S</strong> : Même si on trouve dans le porno « populaire » des représentations de personnes issues des minorités, handicapées, racisées, grosses ou minces, c’est sous la forme de fétiches et dans des catégories particulières que ces minorités sont représentées. C’est intéressant de voir comment le porno illustre profondément les tensions politiques qu’on a en France, notamment sur les questions de race, parce qu’il y a encore beaucoup d’islamophobie. Ironiquement, la catégorie pornographique la plus visitée en France, c’est « beurette » (verlan pour une femme arabe, c’est un mot péjoratif associé à la vulgarité, (<em>ndlr</em>)). La liste des catégories les plus populaires est souvent le reflet du spectre des désirs des hommes blancs hétéros et de ce qu’ils érotisent. C’est rarement représentatif de ce qui excite vraiment les personnes en général, dans leur diversité. Toutefois, c’est un discours que j’ai et qui est propre au porno dit « populaire ».</p>



<p><em><strong>LD</strong> : Peux-tu m’en dire davantage sur les femmes dans le milieu du X « populaire »?</em></p>



<p><strong>S</strong> : Oui. Il y a de tout. J’ai l’impression qu’en ce moment, on donne de plus en plus la parole à des femmes qui ont le pouvoir sur leur carrière dans le X. On leur donne un petit peu plus de place pour parler de leur expérience dans les médias, sur les réseaux sociaux. Je regarde des entrevues, je vois des femmes qui s’expriment sur leur carrière et ce qu’elles disent souvent, c’est que la profession a changé avec le capitalisme. Je pense qu’il y a cette compétition entre les actrices qui revient souvent, qui va plus loin qu’au début, quand c’était une plus petite industrie. Au début, elles avaient des contrats clairs, avec des pratiques définies, et maintenant, elles se retrouvent sur un tournage où au dernier moment on leur dit quoi faire. En tout cas, c’est vrai pour le porno « populaire ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La pornographie féministe se démarque de la pornographie traditionnelle et agit pour une pluralité normalisée et non plus fétichisée »</p>
</blockquote>



<p><em><strong>LD</strong> : Enfin, y a‑t-il des avenues pour produire un contenu hétérosexuel ou lesbien plus éthique?</em></p>



<p><strong>S </strong>: Oui, l’une des solutions est la production de porno féministe. C’est donc dans la diversité de<br>ses acteurs, de ses actrices, de ses réalisateurs et de ses réalisatrices que la pornographie féministe se démarque de la pornographie traditionnelle et agit pour une pluralité normalisée et non plus fétichisée. La pornographie féministe jouit d’une diversité nécessaire à l’illustration réaliste de l’éventail des pratiques sexuelles. Pour cela, elle met en scène différentes orientations, morphologies, identités, communautés et scénarios. Mais si elle est difficile à définir par la multiplicité de ses formats, on peut préciser la définition de la pornographie éthique par ce qu’elle n’est pas. Contrairement à ce que l’industrie pornographique et les stéréotypes assignés à la féminité nous laissent parfois penser, la pornographie féministe ou éthique ne capture pas le sexe sous l’angle exclusif des sentiments, de l’affection, de la douceur ou encore du sexe dit « vanille ». Elle aborde la diversité non seulement des portraits qu’elle met en scène, mais aussi des désirs et des orientations sexuelles. Ce qui différencie la violence que l’on peut retrouver dans l’industrie traditionnelle de celle que l’on retrouve dans la pornographie éthique et féministe, c’est le consentement, la sécurité et le désir qui encadrent et motivent les acteurs et actrices dans la réalisation de ce type de scène.</p>
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		<title>Allô chéri, j’ai envie de toi (ou pas)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/allo-cheri-jai-envie-de-toi-ou-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[confessions]]></category>
		<category><![CDATA[relation à distance]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51614</guid>

					<description><![CDATA[<p>Témoignages d’étudiantes sur leur rapport au sexe à distance.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À une ère aussi technologique et numérique que la nôtre, les relations ne sont plus arrêtées par la séparation physique. De plus en plus de couples prennent la décision de maintenir leur lien, par le biais de la&nbsp; technologie. McGill est une université qui accueille de nombreux étudiant·e·s étranger·e·s, qui ont laissé leur dulciné·e dans leur pays d’origine, et utilisent téléphones, ordinateurs et écouteurs pour maintenir l’alchimie le temps de la séparation. Mais pour le sexe, cet élément du couple en son essence purement physique, quelle relation entretiennent-ils avec le désir ? <em>Le Délit</em> a recueilli les témoignages de quatre étudiantes sur leur rapport au sexe à distance dans leur relation.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>Tous les témoignages sont anonymes</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Sara: J’ai pratiqué le sexe à distance pendant le confinement et pendant les vacances avec mon ex petit-copain avec qui j’ai été en relation pendant plus d’un an. Pendant le confinement, on faisait des <em>facetime</em> où chacun se masturbait, tous les soirs pendant un mois et demi. Parfois, on se voyait la journée et on s’envoyait quand même des <em>nudes</em> le soir. Quand on a commencé les <em>facetime</em> sexuels, je n’avais jamais couché avec un garçon avant, et ça m’a permis de découvrir le plaisir masculin sans me mettre trop de pression, parce que je n’avais rien à faire. Cela m’a aussi permis de m’ouvrir plus facilement, de poser pleins de questions et d’aborder ma première fois beaucoup plus sereinement. J’étais plus à l’aise car le sexe à distance a décomplexé le sexe entre nous. Pendant les vacances, cela nous permettait aussi de préserver notre lien physique et sexuel.</p>



<p>Seulement, à un moment, cela a pris une place vraiment importante dans notre relation, et c’était un peu devenu une routine. Je me suis lassée, et j’avais plus de mal à dire non, car les choses s’étaient installées ainsi. Ça m’arrivait de le faire de façon expéditive, de simuler. Je trouve que le consentement est plus difficile à exprimer à distance car il est plus difficile de faire ressentir les choses à la personne lorsqu’on a du mal à les verbaliser. Au final, c’est le plus gros problème avec le sexe à distance : tu ne peux pas autant comprendre les émotions, les sentiments d’une personne en vidéo que dans la vraie vie.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Rita: Avec mon ex-copain, on faisait des <em>facetime</em> sexuels et on échangeait des vidéos et des photos. J’ai plutôt une bonne relation avec ça parce que je n’ai jamais eu de mauvaises expériences, alors que je sais que c’est arrivé à beaucoup de personnes. Je trouve que le sexe à distance c’est une grosse étape. Tu dois d’autant plus avoir confiance en l’autre et être à l’aise avec ton corps. Le sexe avec mon ex prenait une grande part de notre relation, et se voir ainsi à distance nous permettait de garder ce lien et ce désir entre nous, malgré la séparation physique. Quand tu es loin l’un de l’autre, je trouve que tu peux facilement tomber dans une routine, avec les appels et les messages ; pour moi, c’était un moyen de préserver la flamme. L’expérience du sexe à distance peut parfois être frustrante car il y a moins d’alchimie. C’est plus automatique, purement sexuel, et l’autre devient un peu « objectifié », lorsqu’il y a moins le côté affectif, avec les caresses et les câlins. À la longue, j’avais peur que cela devienne toxique, que l’autre devienne seulement un objet à travers l’écran, parce qu’il manquerait ce côté organique.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Paola : Je suis en relation à distance avec mon copain depuis plusieurs mois. Moi, je n’aime pas trop le sexe virtuel ; je trouve qu’il y a moins d’excitation et je trouve ça gênant quand cela se passe derrière un écran. On s’envoie des photos de temps en temps, mais rien de trop osé. Je lui ai dit dès le début que je n’avais pas envie de voir son pénis à l’écran, que ça ne me faisait rien du tout, et que ça me dégoûtait. Les vidéos ou les appels pour se chauffer, ce n’est pas du tout mon truc non plus. Parfois, on se chauffe par écrit, mais avec le décalage horaire, il va dormir, et moi je me retrouve là, en pleine journée ; je ne suis pas forcément à l’aise, je trouve ça « crade ». Le lendemain, je repense à ce que j’ai dit la veille, et je n’aime pas mes mots. Heureusement sur Snapchat, les messages se suppriment au bout de 24h…</p>



<p>Entre nous, le sexe à distance a été une source d’embrouilles. Lui, il veut vraiment qu’on trouve des moy- ens de le faire, alors que moi, pas du tout. Dans la vie réelle, on aime le sexe de façon plutôt égale. Mais nous sommes en relation à distance maintenant, et dans ce contexte, je peux vraiment m’en passer. Le virtuel ça ne m’excite pas. Les photos me rappellent qu’il est beau, mais cela ne va pas plus loin. Pour lui, les photos ont généralement l’effet inverse, alors il veut que l’on continue à se chauffer après. La plupart du temps, je ne veux pas, ça le frustre et il se braque. Il ne se rend parfois pas compte qu’il me met la pression. Si dans la vraie vie, je ne voulais pas coucher avec lui et qu’il me répondait « ah t’es relou », je le larguer- ais dans la minute, et ça, je lui ai expliqué. Quand on se retrouve, le sexe est vraiment bien, parce que la tension a eu le temps de monter. À distance, c’est plus compliqué.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Maëlle: Mon copain et moi sommes en relation à distance depuis deux ans maintenant. On se voit tous les quatre mois, en décembre et pendant l’été. Ce qui est particulier, c’est qu’on s’est mis ensemble juste avant que je parte au Canada. On n’a donc pas vraiment pu profiter de la période en début de relation où le sexe prend beaucoup de place. Cela a beaucoup influencé notre rapport au sexe, et la place que cela prenait dans notre relation. Le sexe, pour moi, c’est un mode de con- nexion. Alors, nous avons trouvé d’autres moyens d’avoir cette connexion, même à distance. On a commencé à s’envoyer des photos sexy, on s’écrit aussi. Ça peut partir de quelque chose d’anodin, et après on se chauffe. On a essayé une ou deux fois le sexe au téléphone, c’était marrant, mais je n’étais pas 100% à l’aise, donc je ne sais pas si je le ferai à nouveau. Il est vrai que j’ai l’impression d’avoir moins envie qu’au début parce qu’il n’est pas là, alors il y a moins de choses qui déclenchent mon envie.</p>



<p>Dans notre relation, ne pas avoir de relation sexuelle pen- dant de longues périodes de temps n’est pas un problème. Pour nous, le sexe c’est un bonus, et le fait d’être à distance nous a obligé à fonder notre relation sur une connexion intellectuelle et émotionnelle. J’ai pu voir s’il me faisait rire, s’il m’intéressait vraiment, si j’aimais nos discus- sions. À distance, tu n’as pas la possibilité de régler des conflits ou d’exprimer ton amour pour l’autre par le sexe. Nous n’avions pas ce moyen de nous connecter, alors nous avons appris à tout verbaliser. Nous avons développé des racines fortes parce qu’il y a aussi beaucoup d’amitié entre nous. Sur le long terme, cela a renforcé notre relation.</p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Pilule et libido : Pourquoi j’ai dit stop</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/pilule-et-libido-pourquoi-jai-dit-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[confession]]></category>
		<category><![CDATA[Libido]]></category>
		<category><![CDATA[pilule]]></category>
		<category><![CDATA[Stop]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51618</guid>

					<description><![CDATA[<p>Opinion sur la pilule contraceptive et comment elle a gâché ma vie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’ai pris la pilule contraceptive pendant quatre années consécutives, de mes 15 ans à mes 19 ans. J’ai commencé à la prendre parce que j’avais un copain et que ma maman m’avait dit qu’il fallait que j’aille chez ma médecin pour me renseigner sur les moyens de contraception. Elle m’avait prescrit, avec une facilité qui paraissait rassurante à l’époque, la pilule&nbsp;<em>Leeloo</em>, que j’ai continué à prendre jusqu’à mes 18 ans. Elle m’avait parlé de potentiels effets secondaires, mais rien qui pouvait me décourager à découvrir ma vie sexuelle, avec ce que je percevais comme une liberté, loin des préservatifs. Ma maman me le disait, la pilule était une chance et les femmes s’étaient battues pour cela. Il fallait que je l’apprécie.</p>



<p>Les choses se sont plutôt bien passées jusqu’à ce que je me sépare de mon premier copain, j’avais 17 ans. Pendant tout ce temps, je n’ai pas eu d’effets secondaires, mais j’ai vécu une petite dizaine de fois sur deux ans l’angoisse insoutenable de se croire enceinte. À 15 ans, je n’avais pas la maturité que nécessite la régularité avec laquelle il faut prendre la pilule. J’étais tête en l’air et emplie de choses à faire et à imaginer, ce qui menait à un nombre incalculable d’oublis de ma pilule. Je pensais pouvoir gérer cette anxiété, jusqu’à ce que les choses se gâtent… J’ai toujours aimé le sexe. Ma relation à mon corps était apaisée avant d’arriver à l’université, et j’aimais entretenir des relations avec des hommes, régulièrement, avec confiance et plaisir. Quand je suis arrivée à l’Université McGill, j’avais déjà quelques problèmes de libido qui se sont aggravés, mais que je prenais pour les conséquences de traumatismes ou d’une évolution naturelle. Je ne mouillais plus, et ma libido avait grandement diminué. J’avais souvent des sauts d’humeur, comme jamais auparavant.</p>



<p>Ma médecin m’a prescrit une nouvelle pilule, cette fois sans œstrogènes, la principale hormone féminine,&nbsp;<em>Optimizette</em>, et tous les symptômes que je viens de vous citer se sont exacerbés. J’étais malheureuse, je n’avais plus aucun désir, mes émotions me jouaient des tours que je ne comprenais pas, et je me croyais malade. Puis, un jour, j’en ai parlé à une de mes meilleures amies à McGill, qui s’est retrouvée dans chacun de mes symptômes. J’ai commencé à en parler autour de moi et j’étais loin d’être seule. Une copine me racontait avoir vu une psychologue pendant un an à cause de sauts d’humeur écrasants, tandis qu’elle a retrouvé son fonctionnement émotionnel normal à la seconde où elle a arrêté la pilule. Mes copines me parlaient de cette « flemme » de faire l’amour depuis qu’elles prenaient la pilule, sentiment que je comprenais si bien. Cette flemme, je la vivais dans ma chair. Ce n’était plus moi. J’aimais le sexe, j’avais envie de vivre avec fougue l’intensité de ma libido, parce que j’aimais ça, parce que j’étais jeune, parce que j’aimais. Après quatre ans de vie commune avec la pilule contraceptive, je lui ai dit que c’était fini, un jeudi après-midi, en plein milieu d’une plaquette. J’avais choisi<br>la date avec ma meilleure amie qui arrêtait en même temps que moi, pour nous donner du courage. J’ai gardé la plaquette dans mon portefeuille quelques jours, puis finalement, j’ai tout jeté.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«&nbsp;Après quatre ans de vie commune avec la pilule contraceptive, je lui ai dit que cétait fini, un jeudi après-midi, en plein milieu d’une plaquette&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>Cela fait maintenant plus d’un an que j’ai arrêté la pilule. Je crois que c’était une des décisions les plus courageuses de ma vie. L’une des décisions dont je suis le plus fière. Je me suis retrouvée, comme je m’étais laissée quand j’avais 15 ans. J’ai retrouvé mon corps, ses variations et ses changements au fil de mon cycle hormonal. J’ai retrouvé ma libido, le fonctionnement normal de mon vagin, mon cerveau et ma joie de vivre. J’ai dit à mon copain d’aujourd’hui que je ne mettrai plus jamais de ma vie quelque sorte d’hormones que ce soit dans mon corps. Elles étaient bannies de ma vie, pour toujours. C’était ma décision et personne ne pouvait me faire changer d’avis. Mon plaisir vaut autant que celui de mon partenaire, et à ce que je sache le préservatif n’arrête pas le désir. Il a compris, ne m’a jamais demandé quoi que ce soit, ni même fait ressentir que ça le dérangeait. Avec la pilule contraceptive, je me suis sentie contrôlée, anesthésiée, on a tenté de m’adoucir, de me faire rentrer dans une case, alors que j’étais une jeune fille amoureuse du sexe, libre et affamée. Je ne veux plus sentir ce contrôle sur mon corps, et je voudrais que l’on parle plus de l’impact de la pilule sur la libido. Non, ce n’est pas un effet sans importance, ce n’est pas parce que nous sommes des femmes que nous n’avons pas le droit de profiter de tout ce que le sexe apporte. Je sais que certains effets de la pilule se poursuivent même longtemps après. Méfiez-vous de sa taille, elle est petite certes, mais cela ne la rend pas moins dangereuse.</p>
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		<item>
		<title>Mon expérience positive de la pilule</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/mon-experience-positive-de-la-pilule/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Lachance]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[expérience]]></category>
		<category><![CDATA[pilule]]></category>
		<category><![CDATA[positive]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Opinion : Les risques en valent parfois la chandelle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/mon-experience-positive-de-la-pilule/" data-wpel-link="internal">Mon expérience positive de la pilule</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Toi, prends-tu la pilule? » LA pilule, un comprimé tellement connu qu’on n’a même plus besoin d’y accoler un adjectif. Quand on possède un utérus, la question des anovulants s’impose. Cette question, que plusieurs doivent se poser parfois dès la puberté, divise les scientifiques et les médecins, tout comme elle divise notre entourage, qui considère souvent avoir son avis à donner. Permettez-moi donc d’y ajouter mon petit grain de sel positif, que le débat sur la pilule contraceptive gagnerait à prendre en compte.</p>



<p>La première fois qu’on ouvre une boîte de pilules contraceptives, on s’aperçoit qu’elle est essentiellement remplie par une immense feuille plutôt que par les comprimés eux-mêmes. On comprend donc qu’il y a beaucoup de contre-indications à prendre en compte quand on ingère des hormones chaque jour. Parmi les effets secondaires potentiels du médicament, il y a notamment des maux de tête, de l’irritabilité, des nausées et des menstruations irrégulières.</p>



<p>Les risques encourus varient aussi selon les hormones contenues dans les anovulants. Par exemple, les risques les plus dangereux, comme les caillots sanguins, la crise cardiaque, l’hypertension et l’accident vasculaire cérébral, sont seulement causés par les anovulants contenant de l’œstrogène.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;J’ai finalement trouvé une troisième pilule (…) qui a eu des effets incroyables sur mon bien-être&nbsp;»&nbsp;</p>
</blockquote>



<p>Parmi les personnes prenant ce type de médication, ce n’est qu’un faible pourcentage d’entre elles qui va réellement avoir de tels effets sur sa santé. Il est tout de même important de garder en tête que cette petite fraction, lorsque mise à grande échelle, se traduit par un grand nombre de personnes. Bien que ces problèmes de santé ne soient pas fréquents, ils peuvent être particulièrement graves, ce qu’il faut prendre en compte avant de commencer la médication. Pour une personne à la recherche d’un moyen de contraception qui n’impacte pas sa santé, tous ces risques peuvent faire pencher la balance vers un contraceptif différent. D’un autre côté, de nombreuses personnes prennent la pilule pour d’autres de ses bienfaits, au-delà de la promesse d’une absence de grossesse. Par exemple, pour les personnes qui ont des crampes menstruelles sévères chaque mois, prendre la pilule peut offrir des menstruations plus régulières et moins douloureuses, en plus de rendre leur flux plus léger. Les anovulants ont aussi la capacité de diminuer l’anémie et l’acné, de traiter l’endométriose et de réduire les risques de certains cancers. Ils permettent aussi, chez certaines personnes, de réduire le syndrome prémenstruel (SPM), dont les impacts sont affectifs, cognitifs et physiques, et qui touchent près de 70% des personnes possédant un utérus.</p>



<p>J’ai moi-même vécu avec un SPM très sévère qui a compliqué ma vie de mes 14 à 21 ans. Pour le traiter, j’ai essayé deux sortes d’anovulants, l’anneau contraceptif et des antidépresseurs, sans succès. J’ai finalement trouvé une troisième pilule, mieux adaptée à mon corps que les précédentes, qui a eu des effets incroyables sur mon bien-être. Étonnamment, ce médicament a été drastiquement plus efficace que les antidépresseurs pour améliorer ma santé mentale, puisqu’il agissait directement sur mon problème, dont la source était hormonale. Ce comprimé quotidien m’a été particulièrement bénéfique, et je pense que cela nécessite de nuancer le bilan bien terne que plusieurs dressent à l’égard de ce médicament.</p>



<p>Après tout, on est menstrué·e presque le quart de notre vie adulte et cette proportion est la même pour le syndrome prémenstruel. Mon SPM nuisait suffisamment à ma qualité de vie pour que je décide de prendre la pilule : les risques qu’elle avait pour ma santé valaient la peine d’être encourus si elle me permettait de mieux profiter de ce quart de ma vie où j’avais mon SPM, qui était autrefois assez pénible. Prendre ce médicament chaque soir me permet aujourd’hui de m’épanouir, etjenesuispaslaseuleàvoirla pilule sous ce jour positif. Si les anovulants améliorent la qualité de vie de plusieurs, que ce soit sur le plan physique, émotif ou cognitif, ils méritent que leurs bienfaits ne soient pas passés sous silence.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/mon-experience-positive-de-la-pilule/" data-wpel-link="internal">Mon expérience positive de la pilule</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Paroles libres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/paroles-libres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Confessions]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[anonymes]]></category>
		<category><![CDATA[confessions]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques contributions anonymes. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’été dernier, j’avais décidé de rester quatre mois à Montréal et de ne pas rentrer chez mes parents. Mon bail s’était terminé fin avril. J’ai alors cherché un appartement à sous-louer sur des groupes facebook. J’ai trouvé une chambre sympathique, lumineuse et peu chère dans le Nord du Plateau. Quelques semaines après mon installation temporaire, j’ai fouillé dans un des tiroirs de la table de nuit. J’y est trouvé près de six godes et des outils de bondage. Je me suis fait un plaisir de les utiliser durant l’intégralité de mes quatre mois. Évidemment, je les ai bien nettoyés avant et après mon usage. J’ai laissé un petit mot de remerciement dans le tiroir en partant, avant de bloquer le locataire de mes contacts. J’ai toujours peur de le recroiser dans Montréal.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1000x750.png" alt class="wp-image-51630" width="373" height="279" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1000x750.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-330x247.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-768x576.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1536x1151.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-2048x1535.png 2048w" sizes="(max-width: 373px) 100vw, 373px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>



<p>Historiquement, ma libido est assez faible. Le stress, mes hormones et mon passé sexuel contribuent ensemble à me donner relativement peu envie de sexe. Cependant, il arrive un peu trop souvent qu’une envie soudaine me vienne à des moments que certains jugeraient franchement inappropriés – et je l’accorde, ils le sont. Le plus récent exemple d’« envie inopportune de cul » s’est révélé être des funérailles. Le lieu saint, l’église, devant le cercueil de mon défunt grand-père (pas avec lui, je vous rassure). Si la messe des obsèques fut longue et très inintéressante. Le goûter qui la suivit a été plus mouvementé. Merci donc à Mathias, que je n’avais pas vu depuis mes 9 ans et que je ne reverrai jamais je l’espère, ainsi qu’aux spacieuses toilettes du salon funéraire.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/Untitled_Artwork-10.tiff" alt class="wp-image-51629" width="552" height="282"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Quand j’avais 18 ans, ma classe avait organisé une soirée en plein air sur l’esplanade des Invalides. Après plusieurs verres de rosé, je me suis mise à discuter d’un groupe de rappeurs dont j’étais fan avec un ami, Bastien. Vers minuit, Bastien décide de m’embrasser puis de m’accompagner chez lui. Je suis un peu ivre, mais j’étais heureuse d’être dans ses bras. Quand nous sommes arrivées, je me suis déshabillée puis il m’a embrassé tout le corps. Après avoir achevé ce minutieux exercice, il m’a demandé si je voulais faire l’amour, ce à quoi j’ai répondu franchement que j’avais mes règles. Il m’a dit qu’on pouvait s’attarder sur des préliminaires. Mon ivresse et mon honnêteté brutale se sont alliées pour créer une réplique assassine : « je suis un peu bourrée, donc si je la mets dans ma bouche, je la mords. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-750x1000.png" alt class="wp-image-51632" width="330" height="440" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-750x1000.png 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-330x440.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-768x1025.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-1151x1536.png 1151w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-1535x2048.png 1535w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>



<p>L’année dernière, en discutant de pornographie avec des amis, je me suis rendu compte que je n’avais pas les mêmes habitudes que mes compères. Alors qu’on s’échangeait des conseils de sites pornographiques, j’ai réalisé que mes amis utilisaient presque uniquement des sites pornographiques qui proposaient des vidéos. Moi, je me masturbe avec&nbsp;<em>literotica.com</em>, un site qui propose des histoires sexuelles. Pas d’images, pas de son : une simple lecture.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>Tes lèvres sur les miennes</em></p>



<p>Doux baisers sous ma poitrine<br>Tes mains agrippent fermement mes hanches </p>



<p>Je tremble à ton toucher<br>Mes ongles s’enfoncent dans ton dos<br>Nous sommes une sculpture de chair<br>Avec mes jambes<br>J’ouvre mon âme<br>Te laisse pénétrer mes espoirs, mes<br>peurs, mes rêves, mon esprit,<br>Tu gémis dans mon oreille et j’adore ça J’aime nos corps qui se complètent<br>Nos lèvres qui s’assemblent<br>Je fonds sur toi comme une bou-<br>gie qu’on a oublié d’éteindre<br>C’est toi<br>C’est moi<br>En cet instant le monde pourrait s’effondrer Je remercierais les dieux de finir avec toi Pour toujours, tes caresses<br>Dans ta chaleur<br>Impuissante sous ton emprise<br>Et pourtant plus puissante que jamais<br>On se réveille confus d’être deux<br>car on ne faisait qu’un.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>cœur qui bat mains qui suent je me mets dans la tête que dès qu’on sort du char </p>



<p>C’est là que ça se passe</p>



<p>Ta main caresse ma cuisse<br>Le rouge monte trop vite<br>cacher mes mains tremblantes<br>Tu ne sais pas que je n’y connais rien et que j’hésite encore</p>



<p>22 ans c’est pas vieux pourtant ça aurait pu se passer avant maintenant ça en vaut la peine je me le répète, saine et sauve</p>



<p>On peut baiser sans amour se lâcher après, ça se fait</p>



<p>Notre baiser s’éternise Les boutons de ma chemise volent</p>



<p>Tu demandes si ça va si je veux toujours</p>



<p>Dire oui, enfin.</p>
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