<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Virginie Daigle - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/virginie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/virginie/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 28 Jun 2018 12:50:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Brachalauréat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/11/15/brachalaureat/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/11/15/brachalaureat/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2015 23:39:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24049</guid>

					<description><![CDATA[<p>Philippe Brach remporte le trophée de Révélation de l’année à l’ADISQ.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/11/15/brachalaureat/" data-wpel-link="internal">Brachalauréat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Portrait de famine</em> est l’album auquel Philippe Brach doit sa nouvelle popularité et sa consécration dimanche passé au Gala de l’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, <em>ndlr</em>), où il a remporté le prix de révélation de l’année. Avant de remporter son prix il tirait la langue à la caméra et, une fois sur scène, il se prosternait aux pieds de Mesmer l’hypnotiseur, nouveau meilleur ami de sa collègue Klô Pelgag qui avait remporté la même distinction l’année précédente. Décidément, il y a de belles et d’étranges choses qui se révèlent ces temps-ci sur la scène musicale du Québec.</p>
<p>La question que l’on se pose avec Philippe Brach à l’écoute de son dernier album est de savoir si des thèmes aussi difficiles peuvent vraiment accrocher et retenir un grand public avide de plaisirs moins scabreux. Difficile à dire, mais on sait toutefois qu’après Louis-Jean Cormier, c’est toute l’industrie qui s’est rangée ce soir-là derrière la folie de Brach. Cela ne devrait pas l’empêcher de continuer de faire les choses à sa manière, comme il l’affirmait au<em> Délit</em> lors d’une entrevue téléphonique&nbsp;la semaine précédente: «Je suis quelqu’un qui a quand même un bon ego pis qui a une tête de cochon dans la vie. Quand mettons que quelque chose fonctionne pas à mon goût ben c’pas grave.» D’où entre autres la succession rapide de ses albums <em>La foire et l’ordre</em> suivit de près un an plus tard par le fameux <em>Portrait de famine</em>.</p>
<p>«Le premier album c’était quatre-cinq ans de compositions. Quand il est sorti y’avait déjà des chansons que j’étais un peu écœuré de jouer en spectacle pis y’a déjà des chansons dont tranquillement je me détachais. Je savais que je voulais pas traîner ces chansons-là pendant trois-quatre ans parce que je me tanne très vite dans la vie. C’est pas long que je perds ma motivation fait que c’était important de sortir le deuxième quand même assez rapidement pour pouvoir me faire un répertoire assez étoffé. Pour que je puisse choisir mes tounes en spectacle pis <em>dodger</em> les tounes de merde que je suis écœuré de jouer.»</p>
<blockquote><p>«Brach a bien prouvé à quel point il se trouvait confortable dans tout ce qu’il ne l’est pas»</p></blockquote>
<p>Déjà sombres, les textes de Brach sont allés plus loin tout en se nuançant dans le deuxième opus. Est-ce qu’aujourd’hui au Québec il y a encore une réticence à parler des aspects plus sinistres de la mort, du sexe et de l’amour? «C’est clair qu’au Québec je pense qu’on a une facilité pour ce qui est sombre et triste. C’est toujours plus facile de dire «&nbsp;Vas chier tu m’as quitté&nbsp;» que de dire genre, de manière non kitsch «&nbsp;Je t’aime&nbsp;». Moi ça reste ma zone de confort aussi. Je pense pas qu’il y ait de tabou, pas en 2015, pas avec la démocratisation d’internet pis des médias sociaux. C’est cliché ce que j’vais dire mais ça reste ça: tout se dit mais tout est dans la manière de le dire. Ma zone de confort c’est les zones qui sont crasses, qui sont sombres, qui sont glauques.»</p>
<p>Brach a bien prouvé à quel point il se trouvait confortable dans tout ce qu’il ne l’est pas. Son nouveau clip pour la chanson <em>Crystel</em> est un véritable rassemblement de tout ce qui peut rendre une vidéo «<em>Not Safe For Work»</em> comme on dit. En deux mots: bordel meurtrier. «On a pas pensé aux autres nécessairement. On a fait ça très égoïstement pour se faire plaisir. Comme tout ce que je fais dans la vie, clairement» dit-il quand on lui demande si une telle intensité de violence peut limiter son public. «Le monde qui aime ce que je fais ont commencé à aimer ce que je faisais parce que je me souciais pas de ce qu’ils pensaient avant de créer. J’ai tout le temps créé pour moi-même.» Cela reste un jeu dangereux de ne penser qu’à l’œuvre en soit, surtout aujourd’hui quand chaque vue compte en gage de pertinence. Mais Brach n’observe pas plus l’approche traditionnelle dans le médium du vidéoclip.</p>
<p>«Fréquemment dans le passé, un vidéoclip c’était un outil de marketing, de commercialisation. Aujourd’hui t’es plus souvent sur internet, donc t’as moins de barrières au niveau de la censure pis j’ai l’impression que c’est plus tourné vers l’œuvre en soi. Le clip va être une œuvre au même titre que la chanson. Moi l’art que j’ai le plus ‘consommé’, si tu me permets l’expression, ça reste le cinéma. J’écris souvent en m’imaginant que c’est un petit film ou un court-métrage, ou des pièces cinématographiques. Comme dans mon écriture, ce qui est trash, ce qui est sombre, c’est ma zone de confort. Dans le fond, le clip [de Crystel] c’est littéralement un ramassis de clins d’œil à pleins de réalisateurs (il cite Gaspard Noé, Fincher, Hitchcock, Lynch, Kubrick, Cronenberg). Tous les plans sont justifiables avec un réalisateur dans le fond. Ça peut paraître gratuit, c’est très trash. Mais à mon sens c’est pas gratuit.»</p>
<p>Dans cet univers glauque, la drogue fait souvent apparition, lui-même ayant avoué en entrevue en avoir consommé pour s’inspirer. «Je fais ça avec parcimonie, c’est important de le dire. Y’a quand même du monde dans ma <em>crowd</em> qui sont susceptibles de consommer de la drogue, t’sais je veux pas dire trop n’importe quoi non plus. En fait, la drogue va t’amener à des places où tu n’irais pas autrement. Au même titre que la sobriété va le faire aussi. La sobriété m’amène dans beaucoup de places où la drogue me permettrait jamais d’aller. Ce qui est pas une mauvaise chose. C’est important de faire la nuance aussi entre consommer pour créer pis consommer pour n’importe quelle autre raison quand t’es un créateur. Je pense que y’a plus de gens dans la deuxième catégorie. Même moi quand je consomme la plupart du temps c’est plus dans la deuxième catégorie que dans la première, mais parfois ça arrive dans la première. C’est une question de se connaître aussi. De métabolisme pis de dose. La limite est mince entre, mettons, manger assez de <em>mush</em> pour avoir un petit frisson dans l’échine, pis avoir les idées juste un petit peu plus frisées, que de trop en prendre pis être couché sur le tapis pis que là ça donne absolument rien. Pis rendu-là, c’est pas toutes les drogues non plus; moi si je fume un <em>bat</em> j’écris rien de bon.»</p>
<p>L’entrevue s’étant déroulée une semaine avant le gala de l’ADISQ, il répondait avec nonchalance mais gratitude à la mention de sa nomination: «Comment je me sens? Ben t’sais, j’vais être ben franc, hum pour moi ça vaut ce que ça vaut, je m’en suis toujours crissé un peu. Genre je m’en fous un peu mais, c’est flatteur; je suis très très très heureux, je suis très content. Mais moi dans ma tête, je suis pas plus riche, autant au sens propre qu’au sens figuré. Par contre, pour les gens de l’équipe Spectra, qui est ma maison de disque, je dis tout le temps merci à la maison. Y’a beaucoup de gens qui se fendent le cul en quatre pour mon projet. Pis c’est gens-là sont fiers pis vraiment heureux de me voir nommé. Juste pour ça, ça va me faire plaisir d’aller au Gala pis d’être dans salle pis je me ferai pas chier à le faire. Parce que ces gens-là pour eux c’est comme la fois dans l’année où ils récoltent le fruit de leurs efforts. Ça serait un peu ingrat de ma part de pas y aller.»</p>
<p>Et fidèle à sa promesse dans son discours de remerciement il a pris la peine de mentionner ses collaborateur.&nbsp;Brach est quant à lui bien resté lui-même jusqu’à la dernière seconde de son discours&nbsp;fébrile: «Bref euh désolé aux gens que j’ai oublié euh malheureusement j’ai pas de papier, je suis un peu stressé et j’ai un orchestre qui me pousse dans le cul. Sur ce, voyagez, pis attendez pas après ça pour faire de la musique.» On se dit qu’une bonne partie du public doit déjà attendre la suite pour cet artiste pas comme les autres.</p>
<p><u>Bonus! Le questionnaire de Proust</u></p>
<ol>
<li>Votre mot préféré: Ah wow… je te dirais «Nature».</li>
<li>Votre mot détesté: «Podium»! Ça sonne mal!</li>
<li>Votre drogue favorite: Hum… je te dirais là… euh ouais l’acide.</li>
<li>Le son ou le bruit que vous aimez: Un ventilateur.</li>
<li>Le son ou le bruit que vous détestez: T’sais des cillements de télé des fois, avec les télés cathodiques. Ça c’est un son que me donne envie de fesser.</li>
<li>Votre juron, gros mot ou blasphème favoris: Hum… j’en ai beaucoup de d’ça! Euh… ouais «tabarnak» c’t’un bon vieux classique.</li>
<li>Homme ou femme à mettre sur un billet de banque: Sur des billets de banque? Ah wow, yé ben l’fun Proust! Y’en a plein, c’est sûr que y’en a plein… vite de même j’te dirais Nelson Mandela.</li>
<li>Le métier que vous n’auriez pas aimé faire: Professeur.</li>
<li>La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous voudriez vous réincarner: Ooh… Un bonzaï.</li>
<li>Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous qu’il vous dise&nbsp;après votre mort: Que je vais être pardonné, que je vais être pardonné pour tout ce que j’ai fait! Si je dis pas ça je suis un peu <em>fucked</em>. Ouais j’aimerais qu’il me pardonne parce que sinon je vais passer un mauvais quart d’heure avec Dieu.</li>
</ol>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/11/15/brachalaureat/" data-wpel-link="internal">Brachalauréat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/11/15/brachalaureat/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Safia Nolin, révélation québécoise</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/10/27/safia-nolin-revelation-quebecoise/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/10/27/safia-nolin-revelation-quebecoise/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2015 18:36:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=23794</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois mois après la parution de Limoilou, la chanteuse prépare sa tournée européenne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/10/27/safia-nolin-revelation-quebecoise/" data-wpel-link="internal">Safia Nolin, révélation québécoise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">On a d’abord parlé d’Harry Potter pendant 40 minutes. Mon fond d’écran est une référence au <em>Hitchhicker’s Guide to the Galaxy</em> (Guide du voyageur galactique, <i>ndlr</i>) écrivant en grosses lettres oranges <i>DON’T PANIC</i>. Safia m’interroge en voyant la citation et je la lui explique en comparant le livre de Douglas Adams à <i>Doctor Who</i>. Safia me dit qu’elle est plus Harry Potter que science-fiction.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Je suis excitée<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>et je ne peux pas m’empêcher de lui dire qu’on vient d’annoncer les acteurs pour le film <i>Fantastic Beasts and Where to Find Them</i> (Les animaux fantastiques, <i>ndlr</i>) tiré de l’univers magique de J.K. Rowling. Tout d’un coup on a beaucoup de choses urgentes à discuter avant de commencer cette histoire d’entrevue. J’ai vingt-deux questions écrites dans les notes de mon <i>iPad</i> mais elle a un tatouage des reliques de la mort sur le coude et c’est plus important.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Lorsqu’on arrive finalement au but de notre rencontre, Safia Nolin parle de sa musique sans excès de formalité. C’est qu’elle y est arrivée presque par hasard, sans trop s’y attendre.</span></p>
<p class="p3"><b>Le Délit (LD):</b> <i>Peux-tu résumer ton parcours musical jusqu’à maintenant?</i></p>
<p class="p3"><b>Safia Nolin (SN): </b>Quand j’avais 15–16 ans j’ai lâché le secondaire parce que la vie ça allait pas <em>full</em> bien, parce que j’avais pas l’impression que la vie ça pouvait aller… en tout cas. Pour des raisons personnelles. Pis t’sais quand t’as comme 15–16 ans pis que tu te retrouves chez vous t’as du temps en criss, pis là j’fumais juste pleins de bats pis j’écoutais <i>Fresh Prince [of Bel-Air]</i>… pis à un moment donné j’étais comme «C’t’un petit peu long là».<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Fait que j’ai demandé à mon frère de me trouver une guit’ parce que c’était toujours quelque chose que j’avais vu de loin, que j’avais vraiment envie de faire. Pis là y’est arrivé avec une guit’ toute pétée, j’ai appris à jouer sur internet. J’ai comme «googlé» «<i>How to play guitar</i>», pis là j’ai commencé en apprenant des <i>covers</i>. Pis là pendant un ou deux ans j’ai fait des <i>covers</i>, pis là j’ai arrêté de jouer de la guit’ pendant un an et demi.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«C’est l’fun parce que tu travailles tout le temps avec tes amis.» </span></p>
</blockquote>
<p class="p3">Mais d’un coup j’ai eu envie d’écrire une toune parce que ça allait pas bien dans ma vie. Pis là j’ai écrit une toune, pis là j’étais comme «<i>Fuck</i>, c’est possible.» J’ai écrit ma première toune en février 2012 pis en avril 2012 ma mère a vu dans le journal une espèce de pub pour un concours à Granby pour la chanson, fait que elle m’a dit «Inscris-toi!». On n’avait pas beaucoup de cash pis c’était quand même 60 piasses tsais? T’envoyais trois tounes pis là si ils te prenaient t’allais en audition pis c’était un autre 60 piasses.</p>
<p class="p3">Finalement ils m’ont appelé pour dire que je faisais l’audition. Ils m’ont rappelé pour dire que je faisais le festival. Moi j’étais comme «<i>What the fuck</i>… j’ai jamais fait de <i>show</i> de ma vie, je comprends rien». Je suis arrivée là-bas, j’ai rencontré le <i>band</i>, eux-autres m’ont donné un démo en sortant de là, l’ont envoyé à quelques maisons de disques pis euh… je me suis trouvé un label. Pis là c’est ça.</p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Qu’est-ce qui t’as donné envie de composer ta première chanson «Igloo»?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>SN:</b> Ça allait vraiment pas bien. Lâcher l’école c’est plate à la limite fait que j’avais rien à faire. Je me souviens, je revenais de la bibliothèque, on avait pas internet fait que j’étais allée genre «downloader» un film. Pis là je marchais pis la journée était juste dégueulasse. En février il fait frais mais en même temps il fait un peu chaud. L’eau avait toute fondue pis mes pieds étaient tout trempés, ça m’a fait vraiment chier. J’étais juste comme «Tant qu’à rien crisser je vais essayer d’écrire une toune tsé.»</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«Ton premier album c’est comme un ramassis de toutes les tounes que t’as écrites dans ta vie»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1"><i>Cette chanson, «Igloo», a remporté<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>à Granby en 2012 le </i>Prix SOCAN de la chanson primée<i>. Les paroles expriment une solitude profonde et une dépression hivernale qui frôle l’angoisse. «Les nuages s’écroulent sur ma tête / La mer avale mes pieds<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>/ Le vent comme un sale traître.» S’amuse à me<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>faire plier» disent les paroles. Safia se situe un peu nulle part dans cet univers musical québécois où elle s’est nichée une belle place depuis cette victoire inattendue.</i></span></p>
<p class="p3"><b>LD:</b> <i>Est-ce que c’est spécial d’être autodidacte dans ce domaine?</i></p>
<p class="p3"><b>SN:</b> [Au début] y’a tellement d’affaires que je comprenais rien. Maintenant je comprends les termes. Au début je capotais, je faisais de l’angoisse. J’avais peur de faire mes <i>soundchecks</i> je m’en souviens. Pour vrai, avant, tout me traumatisait pis à l’école (de la chanson), j’ai «droppé». Pis eux ils étaient <em>full</em> pas d’accord avec moi que ça s’apprend sur le tas. J’ai «droppé» comme deux fois, j’ai même pas mon secondaire! <i>Double dropout</i> (Double décrochage, <i>ndlr</i>), c’était ça qu’y’était censé être le nom de mon album (rires). C’est quand même drôle.</p>
<p class="p3">Là j’écoute Klô (Pelgag), j’écoute Philippe Brach… Mais c’est juste <i>weird </i>parce que c’est tellement un petit milieu que tous ces gens-là c’est mes amis, pis on dirait que je me sens pas comme complètement objective. Quand j’écoute les tounes de Klô ou Phil ou de tout ce monde-là, j’entends la voix de mes amis pis ça me touche. Avant y’avait Karkwa pis Malajube pis Marie-Pierre Arthur, je sais pas si j’aurais trippé de la même façon si je les avais connu. Comme là les Sœurs Boulay avant de les connaitre j’écoutais leur album pis y’avait des tounes que j’aimais <i>full</i> pis y’avait des tounes que j’aimais moins. Pis là leur nouvel album, les tounes que j’aimais moins du premier, elles me font brailler [dans le deuxième] parce que je comprends à quel point c’est vrai, c’est toutes des affaires qu’elles m’ont raconté. Je comprends à quel point c’est véritable, à quel point c’est pas faux. C’est de l’honnêteté et ça m’a <i>fuckin</i> touché. Je sais pas à quel point le monde il peut catcher ça, y’a pas beaucoup d’artistes ici qui sont pas honnêtes.</p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«<i>Limoilou</i> c’est comme l’album d’une adolescente tourmentée»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Est-ce que ça peut être un problème que le milieu soit à ce point petit au Québec?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>SN: </b>À la limite oui. Je commence à trouver ça plate un peu parce que c’est <i>full</i> incestueux, tout le monde travaille avec tout le monde. J’ai trois-quatre amis qui ont le même <i>soundman</i>, mon guitariste joue avec moi en ce moment, mais avant il jouait avec d’autre monde. Tout le monde a le même <i>band</i>. Mais en même temps c’est l<i>’fun</i> parce que tu travailles tout le temps avec tes amis. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Et c’est quoi pour toi ton premier album, </i>Limoilou<i>?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>SN: </b>C’est genre un ramassis de plein de choses. Ton premier album c’est comme un ramassis de toutes les tounes que t’as écrites dans ta vie. Je sais que quand tu lances un premier album ça instaure un ton pour le reste de ta carrière. Pis il faut que ton deuxième album prenne une <i>notch</i> (cran, <i>ndlr</i>) de plus. <i>Limoilou</i> c’est comme l’album d’une adolescente tourmentée. Je pense que c’est pas tant des problèmes d’adolescent mais le fait que je les vivais comme une adolescente. Juste comme l’angoisse généralisée de vivre là (<i>rires</i>). C’est comme l’album de quelqu’un qui a droppé le secondaire pis qui sait pas où il s’en va dans la vie. Je savais pas où j’allais pantoute. La musique, je suis chanceuse de l’avoir trouvée. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«La musique, je suis chanceuse de l’avoir trouvée.»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1"><i>Je lui demande pourquoi un épaulard orne sa pochette d’album. C’est son animal préféré et on parle de documentaires sur les </i>killer whales<i> sur </i>Netflix<i>, de </i>Mon ami Willy <i>et de </i>Titanic<i>, encore un peu de</i> Doctor Who<i>, Peut-être qu’il me reste des questions dans mon </i>iPad<i> mais je n’y pense plus, on analyse un peu à savoir si Sirius et Lupin entretenaient une relation amoureuse…</i></span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 3300px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-23795" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin.jpg" alt width="3300" height="2202" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin.jpg 3300w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/C-safia-nolin-850x567.jpg 850w" sizes="(max-width: 3300px) 100vw, 3300px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Bonsound</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/10/27/safia-nolin-revelation-quebecoise/" data-wpel-link="internal">Safia Nolin, révélation québécoise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/10/27/safia-nolin-revelation-quebecoise/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mémoires d’un homme dérangé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/09/22/memoires-dun-homme-derange/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/09/22/memoires-dun-homme-derange/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2015 16:18:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[musque]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Brach]]></category>
		<category><![CDATA[portrait de famine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=23090</guid>

					<description><![CDATA[<p>Portrait de famine, deuxième album de Philippe Brach, décrit les carences de l’âme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/09/22/memoires-dun-homme-derange/" data-wpel-link="internal">Mémoires d’un homme dérangé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">près une pièce instrumentale aux cordes stridentes <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; </span>et aux sinistres cuivres intitulée «Portrait de famine», le nouvel opus de Philippe Brach est véritablement mis en branle avec le titre «Né pour être sauvage». L’appellation est juste, car le moins qu’on puisse dire est que ce portrait n’est pas le lieu des civilités. Cancer, mort infantile, addiction, sexe et poils de cul, on est propulsé dès le début dans un univers cru, pour ne pas dire rance. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À regarder les textes et en considérant les arrangements, on comprend que l’œuvre est non seulement déjantée, mais minutieusement décentrée afin de défaire toutes les attentes. Pratiquement aucun des textes n’observe une métrique régulière ou un rythme établi, faisant en sorte que l’on ne puisse jamais se reposer sur le terrain familier d’une répétition tranquille. Pareillement du côté sonore, Louis-Jean Cormier s’avère un producteur idéal pour le style bien particulier de Philippe Brach. Comme dans l’album de Cormier <i>Les grandes artères</i> (paru au printemps dernier), on est complètement indifférent aux formatages qui faciliteraient la diffusion à la radio. Les textes de Brach se trouvent ici nichés au sein d’une formation plus orchestrale et plus riche que son album précédent qui lui permet une belle exploration musicale.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quand la qualité et la brutalité des textes finissent par pratiquement éclipser les arrangements de maître de Louis-Jean Cormier, force est d’admettre une chose: <i>Portrait de famine</i> est l’œuvre d’un poète. Par exemple «Divagation parlementaire» est un bref texte récité sans mélodie, un morceau au cynisme fulgurant: «et allons faire chier un autre nous à l’autre bout de la Terre juste parce qu’on a fait des avions pis des enfants pour le faire» s’y exclame le jeune homme plein d’ironie. On se croirait au cœur d’une soirée de poésie en compagnie de Gérald Godin. Brach se prouve également capable d’une belle réinvention de la langue «Alice j’avais jamais piné de la bullshit kitsch de même en étant sincérieux» dit-il dans «Alice». </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Belle journée» est également un morceau incroyable qui fait l’état de l’hypocrisie d’un monde rempli d’atrocités et de misère en entonnant d’un air jovial et bucolique: «Mais au réseau TVA/ Y’ont dit que c’t’une hostie de belle journée».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Au sujet de l’amour, Brach n’est pas moins incisif, honnête et percutant. «Si proche et si loin à la fois» en duo avec Klô Pelgag est déchirant lorsque l’on réalise son véritable message. De même, «Nos bleus désirs» est touchant dans son expression des contrastes entre les malaises de l’esprit et les épanchements du corps, toujours sans la moindre pudeur «Pris dans l’étau de tes fesses/ Encore sous mes ongles, ton zeste».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est un portrait empreint de cicatrices et au sourire grinçant qu’on nous présente; il ne serait pas surprenant que l’écoute n’en soit pas agréable à un grand nombre. Avec sa voix forte, parfois hurlante, parfois stridente, Brach valse entre nostalgie et carences sentimentales. Il se soucie quand même de garder une touche de son humour corrosif dans les moments plus difficiles, comme pour cautériser ces nombreuses plaies qu’il aère au grand jour de la musique.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/09/22/memoires-dun-homme-derange/" data-wpel-link="internal">Mémoires d’un homme dérangé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/09/22/memoires-dun-homme-derange/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En pair et en os</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/03/31/en-pair-et-en-os/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/03/31/en-pair-et-en-os/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2015 15:40:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22765</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré Laurence Lafond-Beaulne du groupe montréalais Milk &#038; Bone.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/31/en-pair-et-en-os/" data-wpel-link="internal">En pair et en os</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">M</span>ilk &amp; Bone est un groupe de musique alternative formé de Camille Poliquin et de Laurence Lafond-Beaulne. La formation montréalaise lançait son premier album <i>Little Mourning</i> le 17 mars dernier et les semaines qui ont suivi ont donc été un tourbillon de publicité et de critiques enthousiastes pour les harmonies et mélodies envoûtantes des deux jeunes artistes. <i>Le Délit</i> a eu l’occasion de discuter par téléphone avec la moitié du talentueux duo, Laurence Lafond-Beaulne, qui a répondu avec chaleur et un enthousiasme palpable aux questions posées au sujet du projet déjà très bien lancé qu’est Milk &amp; Bone.</p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)</b>: <i>Pouvez-vous raconter comment votre </i>band<i> est formé?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>Laurence Lafond-Beaulne (LLB)</b>: C’est formé de Camille Poliquin et moi, Laurence Lafond-Beaulne. En spectacle, c’est seulement nous deux avec nos claviers. Pour l’album, on a travaillé avec Gabriel Gagnon, notre réalisateur. Il a beaucoup aidé à trouver une direction au projet et aussi au son. On a vraiment travaillé les trois en studio pour ce qui est de l’album. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Comment est-ce que vous êtes arrivées à ce son, assez particulier?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LLB</b>: Au départ toutes nos chansons sont piano-voix, ou ukulélé-voix. Nos influences à Camille et moi sont sensiblement les mêmes, donc ça a pas été trop difficile de savoir où on voulait s’en aller avec ça. Deux choses qui étaient claires pour nous c’était qu’il fallait que les voix soient pas mal à l’avant parce que notre instrument principal aux deux, c’est la voix. C’est ce qu’on maîtrise le mieux et ce avec quoi on a le plus travaillé, donc on savait qu’on voulait utiliser énormément les vocales, comme mélodies et comme <i>lead</i>. On savait aussi qu’on aimait vraiment beaucoup les synthétiseurs, toutes les couleurs que donnent les sons des synthétiseurs, en ajoutant nos voix et quelques fois des éléments acoustiques. C’était assez évident où on s’en allait avec ça en fait. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Quelle formation musicale est-ce que vous avez eu respectivement avant de commencer le </i>band<i>?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LLB</b>: Les deux on a beaucoup étudié en musique. Camille a étudié le piano classique dès un très jeune âge, et elle a aussi étudié le violoncelle à l’école primaire. Ensuite elle a fait une audition pour le Cirque du Soleil pour faire le rôle principal de la petite fille dans Quidam et elle a été choisie. Elle a fait la tournée à 12 ans, donc des spectacles à chaque soir, elle a beaucoup voyagé avec ça, ça lui a donné pas mal d’expérience. Ensuite elle est allée au cégep St-Laurent où les deux on s’est rencontrées. Les deux, on était en chant, mais elle avait fait le profil composition, donc elle arrangeait pour des <i>bands</i> et des orchestres. Pour ce qui est de moi, j’ai plus commencé au secondaire, à Joseph-François-Perrault, je faisais du trombone classique, assez sérieusement, je travaillais comme une folle et j’étais très impliquée. J’étais surtout dans le classique et rendue au cégep j’ai décidé que j’étais un peu tannée; je suis allée en jazz pour voir ce que c’était, parce que ça m’intriguait et j’avais envie d’essayer autre chose. Pis après une session j’ai décidé que j’étais tannée du trombone (rire) et j’ai fini ma technique en interprétation chant-jazz à St-Laurent. C’est là que j’ai commencé à jouer de la basse électrique aussi. À partir du cégep j’ai commencé à jouer dans des <i>bands</i>, avec David Giguère où Camille était aussi, elle était choriste et moi je jouais de la basse; c’est là qu’on s’est vraiment rencontrées. J’ai aussi joué avec Fanny Bloom. Je suis rentrée à l’université un an en chant jazz et interprétation, pis j’ai lâché parce que je commençais à avoir trop de spectacles. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Quelle est la chose la plus intéressante que vous avez apprise en accompagnant d’autres artistes?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><b>LLB</b>: La première chose je pense, c’est que la job d’une bonne choriste c’est de réussir à se mouler à la voix du chanteur principal et je pense aussi que c’est une des raisons pourquoi on a de la facilité à chanter ensemble; c’est qu’on sait comment se coller à la voix d’une autre personne. Pis on est chanceuses parce que nos timbres vont naturellement bien ensemble. L’expérience de tournée aussi c’est quelque chose d’assez important, d’avoir voyagé beaucoup, on sait à quoi s’attendre. Ça nous fait pas peur de penser qu’on sera pas souvent à la maison, qu’on va vivre dans nos valises. C’est sûr que c’est un plus.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>LD</b>: <i>Votre vidéo pour </i>New York<i> est vraiment magnifique et c’est même un «</i>vimeo staff pick<i>». Comment s’est passée la réalisation de la vidéo? C’était quoi le concept? Qui était votre directeur?</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>LLB</b>: On a travaillé avec Mégane Voghell, c’est la réalisatrice, et en fait c’est ma meilleure amie du secondaire. C’était pas mal son premier vidéoclip. C’est tout son concept à elle, elle voyait notre esthétique, où on voulait s’en aller et c’est vraiment ses idées à elle. On lui a donné carte blanche, et quand elle est allée avec ses idées à elle on était tellement contentes. On a tourné ça en studio, avec une petite équipe, pas beaucoup de budget pis finalement ça a donné un clip assez merveilleux, on est vraiment, vraiment contentes du</span><span class="s1"> résultat.</span></p>
<p class="p4"><b>LD</b>: <i>Comment êtes-vous venues à chanter en anglais?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: Ça pas été tant un choix que davantage une évidence. Quand on a commencé à chanter ensemble, c’est venu naturellement en anglais. Nos influences, du plus loin qu’on se souvienne, toute la musique qu’on écoutait quand on était jeunes était en anglais. J’ai grandi dans un quartier anglophone donc j’entendais autant d’anglais que de français quand j’étais petite. Camille a habité deux ans en Australie, les deux on a un bon anglais. On a déjà écrit en français mais les chansons sonnent vraiment pas pareil. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce qu’on va vous entendre en français un jour?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: Pas pour ce projet-là, je pense pas. Mais on est ouvertes à plein de projets, on accompagne plein d’artistes francophones, et on écoute beaucoup de musique d’ici. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Votre lancement au centre Phi était vraiment bondé, est-ce que vous vous attendiez à tant de monde? Quelle a été votre réaction?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">LLB: On avait vu sur les réseaux sociaux qu’il y avait beaucoup de gens qui étaient <i>«attending»</i> mais en même temps des fois… tu sais jamais ce que ça veut dire. On s’attendait à, oui, que nos amis soient là, et quelques personnes qu’on connaissait pas, mais je pense pas qu’on s’attendait à une aussi grande réponse. Il y avait une file incroyable dehors, les gens étaient de bonne humeur. C’était magique en fait, on retombe doucement de cette soirée-là…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Vous avez récemment joué au festival à South by South West (SXSW)? Comment a été votre expérience? À quoi ressemble l’ambiance du festival?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: C’était malade! En fait SXSW, c’est un <i>show</i> de <i>showcases</i> comme on appelle, comme <i>Rideau</i> par exemple. C’est des mini-spectacles de trente minutes. Tu vas là-bas, pis y’a des gens de la business qui sont là qui viennent pour essayer de recruter des nouveaux talents. Mais y’a aussi des gens qui achètent leur passe, un peu comme à Osheaga, donc il y a des plus gros spectacles, et des gens qui viennent juste découvrir de la musique. Donc c’est un festival de mélomanes. Y’a aussi une partie cinéma, mais moi évidemment j’ai plus erré dans la scène musicale. C’est cool parce que tu te promènes dans les rues et tous les bars sont transformés en salles de spectacle pour le festival, tout le monde marche dans la rue, tout le monde a un instrument de musique avec lui. C’est vraiment spécial comme ambiance, mais c’est tripant. On a rencontré plein de gens. Moi je pense vraiment que c’est un festival que tu dois vivre au moins une fois dans ta vie quand tu trippes sur la musique. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Êtes-vous excitées à l’idée de jouer à Osheaga? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: On est vraiment, vraiment excitées pour Osheaga! On croisait fort les doigts pour être invitées cette année. On a hâte et on a envie de monter des nouveaux arrangements pis peut-être une nouvelle chanson pour le festival, quelque chose d’un peu plus exclusif. Juste de faire partie de cette programmation-là c’est vraiment un honneur, on est vraiment contentes!</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>À quoi va ressembler votre spectacle à cette occasion?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: Le spectacle c’est vraiment juste nous deux. Ce qu’on a fait en studio avec Gabriel c’est pas mal des trucs qu’on est capables de recréer nous-mêmes. Donc oui on veut garder le spectacle à deux, parce qu’il fonctionne bien comme ça à date, donc ça va être pas mal la même formation, mais peut-être qu’on va travailler ça un peu, pour rendre le son plus «festival».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce qu’il y a un artiste que, personnellement, vous avez plus hâte de voir chanter au festival?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: Oui! Moi j’ai vraiment, vraiment hâte de voir jouer Kendrick Lamar. Je suis vraiment, vraiment fan de Kendrick, je suis un peu énervée de pouvoir le voir! Je pense pour Camille qu’il y a Father John Misty qui vient. Je sais qu’elle trippe beaucoup pour lui. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Des deux filles, qui joue quel rôle dans le </i>band<i>? Êtes-vous très différentes ou est-ce que vous vous ressemblez? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: On est vraiment à l’opposé l’une de l’autre et je pense que c’est une bonne chose en fait. Dans la vie on est des meilleures amies déjà, et dans le <i>band</i> on a pris nos rôles assez naturellement. Camille est peut-être meilleure sur le côté business, le côté des réseaux sociaux, des images, pour calculer toutes ces choses-là. Alors que moi j’ai peut-être le côté un peu plus humain, pour aller parler aux gens, établir des contacts, c’est plus dans mes facilités à moi. Pour ce qui est de la création, on travaille vraiment à deux là-dessus, on a chacune nos forces mais y’a personne qu’est vraiment poche dans quelque chose et l’autre qui est vraiment bonne. Je pense qu’on s’équilibre vraiment bien en studio, et dans nos idées et quand on compose ensemble. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Quelle est la chose dont vous parlez le plus ensemble à part de la musique?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LLB</b>: Hum… Je suis obligée de dire les garçons (rire), comme tout le monde! On parle de tout, tout, tout Camille et moi, on s’appelle pour n’importe quoi. C’est sûr qu’on parle beaucoup du projet parce que là on baigne là-dedans, ça va bien et tout. Mais on prend beaucoup de temps aussi pour nous… On se dit souvent qu’on est comme un vieux couple, il faut qu’on se fasse des <i>dates</i> pour pas parler du projet et se parler de nos vies. </span><span class="s3">ξ</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/31/en-pair-et-en-os/" data-wpel-link="internal">En pair et en os</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/03/31/en-pair-et-en-os/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dancing Queen</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dancing-queen/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dancing-queen/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 17:54:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22506</guid>

					<description><![CDATA[<p>Christine and the Queens est accueillie royalement par le public montréalais.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dancing-queen/" data-wpel-link="internal">Dancing Queen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span>hristine and the Queens a fait une entrée remarquée dans l’univers de la pop francophone grâce à son clip <i>Saint Claude</i>, déjà visionné plus de six millions de fois sur Youtube. Seule sur un grand bloc rouge qui lui fait office de scène, la chanteuse danse. Mais quelle danse! — celle qui fera sa gloire, assurément. Car le talent de Christine and the Queens, de son vrai nom Héloïse Letisser, consiste d’abord en l’audace d’allier à la pop une danse purement contemporaine, dans une vraie recherche artistique et avant-gardiste du corps. À cela s’associe une attitude <i>queer</i> fièrement assumée, un look à la fois androgyne et glamour, et une musique sophistiquée, longtemps polie dans les lieux souterrains de Londres, pour émerger électronique et hybride, tant en anglais qu’en français, et toujours sans complexes.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Tout cela, on pouvait le déduire simplement de ses quelques performances vidéo sur le Web, assez saisissantes pour faire vendre tous les billets du Métropolis ce jeudi dernier, où la chanteuse jouait dans le cadre du festival Montréal en Lumière. Restait à prouver que son concept si vendeur se traduisait bien sur la scène pour la durée de tout un spectacle. La réponse, simplement, est oui. Car ce que les vidéos ne laissent pas deviner, c’est le charme incroyable de la personne, son plaisir évident à être sur scène, et son attitude enjouée et communicative avec son public adorateur. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans son veston doré, entourée de deux musiciens et de deux danseurs, la dénommée Christine séduit un public déjà conquis dès les premières notes. «Ah Montréal, qu’est-ce que je suis contente!» s’exclame-t-elle, «j’ai l’impression d’être une rock star grâce à toi. J’ai pas fait deux chansons que tu m’aimes déjà!» Pour sa chanson <i>iT</i> où elle proclame fièrement «<i>I’m a man now</i>», elle allie à son style chorégraphique particulier certaines références gestuelles à Michael Jackson. Elle avoue alors être une grande fan de musique <i>RnB</i>, qu’elle appelle de la «musique de <i>cheer up</i>» — à chanter sous la douche quoi — ce qu’elle prouve en entonnant à la blague <i>Say my Name</i>, chanson à laquelle le public se joint immédiatement dans le rire; douche d’amour immédiate dans le Métropolis. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Pour sa chanson <i>Paradis Perdus</i>, la chanteuse se place dans une rare immobilité, un seul rayon de lumière rose fendant l’obscurité bleutée de la scène. Puis elle se penche sur le rebord de la scène pour aller interpeller directement des membres du public. «Ah vous êtes proches mais loin», dit-elle en tentant de tendre son micro vers les gens, «ce paradoxe de la vie moderne!» ajoute-t-elle d’un ton rieur. «Et toi, comment tu t’appelles?», demande-t-elle alors en chantant aux gens placés à l’avant. «Et bien moi, réplique-t-elle, j’ai choisi mon nom. Et je m’appelle Christine!» C’est alors le temps d’entamer la chanson éponyme, <i>Christine</i>, à nouveau en compagnie de ses danseurs, ses valeureuses <i>Queens</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Tout au long du spectacle, la jeune femme prouve à répétition ses habilités vocales tant que physiques, tout en témoignant d’une énorme gratitude pour l’accueil on ne peut plus chaleureux du public montréalais. À la fin, elle revient carrément sur scène avec un bouquet de fleurs en expliquant de façon adorable: «Comme c’était une première <i>date</i>, j’ai amené des fleurs pour te donner envie de me revoir.» Elle les jette le dos tourné, comme une jeune mariée, et le public qui se l’arrache lui relance alors une de ses fleurs qu’elle attache naturellement à sa boutonnière. «C’est une «toune» un peu spéciale», dit-elle pour introduire <i>Saint Claude</i> en s’aventurant dans le vocabulaire québécois. Le public en veut toujours plus, refuse de la laisser partir: «Mais je ne suis qu’une jeune chanteuse avec un tout petit répertoire!» s’exclame-t-elle devant tant de ferveur. «Vous allez me faire pleurer!», et le public accepte la gageure en redoublant de cris et d’applaudissements. C’est donc les larmes aux yeux qu’elle offre comme ultime chanson la poignante <i>Nuit 17 à 52</i>. Fin d’une belle nuit d’amour dont on espère voir les suites.</span></p>
<p><span class="s1"><b>Alliance entre le pop et le contemporain</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Cet engouement pour Christine and the Queens vient souligner un intérêt renouvelé pour la danse contemporaine qui semble souffler ces derniers temps sur la musique populaire. Que l’on pense notamment à la chanteuse Sia et à son succès démesuré aux États-Unis et dans le monde: cette dernière efface sa propre présence au profit des interprétations de la jeune Maddie Ziegler, chorégraphiées par Ryan Heffington, dans les spectaculaires vidéos pour <i>Chandelier </i>et <i>Elastic Heart</i>. Récemment, c’était la chanson <i>Take Me To Church</i> de Hozier qui se trouvait illustrée des mouvements du danseur classique Sergei Polunin. La popularité de cette tendance se confirme également au Québec chez de nombreux chanteurs: le légendaire Serge Fiori s’était allié à Marie Chouinard, une des plus grandes chorégraphes québécoises, pour chorégraphier le vidéo de sa nouvelle chanson <i>Jamais </i>en octobre dernier. Tout récemment, le groupe montréalais Loud Lary Ajust collaborait avec Nico Archambault pour sa chanson <i>Automne</i>. Si l’on en croit le fil Instagram de la jeune chanteuse Cœur de pirate, cette dernière se serait également associée au célèbre danseur québécois pour travailler sur le vidéo dans son nouvel album à venir, probablement pour le titre <i>Crier tout bas</i>. Et ce n’est pas tout, Ariane Moffatt annonçait il y a quelques semaines être à la recherche de danseurs contemporains adolescents, certainement pour un nouveau vidéo. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2">«Je pense que c’est encourageant; cela montre qu’on ne travaille pas pour rien», affirme Mathilde Gessaume-Rioux, danseuse professionnelle diplômée de l’École de danse contemporaine de Montréal. «On dit souvent que l’art contemporain devient l’art actuel, mais trente ans plus tard, comme Beyoncé qui reprend les mouvements d’Anne Teresa De Keersmaeker des années après. Avec Christine and the Queens, il y a une conjoncture des deux. Elle a développé un vrai langage chorégraphique, avec un travail sur l’abstraction dans le mouvement. C’est en lien direct avec le travail des chorégraphes contemporains, mais le succès est maintenant.» Il sera intéressant de voir si cette présence marquée dans la musique populaire n’existe qu’en termes de tendance, ou au contraire, permettra un rayonnement durable de cet art si difficile à exercer et à faire respecter qu’est la danse contemporaine.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dancing-queen/" data-wpel-link="internal">Dancing Queen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/dancing-queen/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bonjour tristesse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/17/bonjour-tristesse/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/17/bonjour-tristesse/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2015 17:20:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22420</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le chanteur québécois Pierre Lapointe lance un album inspiré par la France.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/17/bonjour-tristesse/" data-wpel-link="internal">Bonjour tristesse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span>ela fait plusieurs années que dure cette histoire d’amour, unilatérale et exaltée, entre le chanteur Pierre Lapointe et moi. Lors des Francofolies de 2012, j’ai failli perdre la raison sous la pluie devant la grande scène extérieure Ford, alors que, nœud papillon scintillant au cou et carré rouge fièrement accroché au cœur, il se mit à chanter <i>Au suivant</i> de Brel de son plus bel air torturé. Ma raison a failli m’échapper à nouveau en 2013, au Centre Phi, lorsqu’il a entamé <i>C’est extra</i> de Léo Ferré en rappel, à l’occasion d’un spectacle intimiste pour l’évènement <i>Rad Hourani sous toutes ses coutures</i>. Et je me souviendrai toujours de ce spectacle au mois de juillet passé, où sous une averse de singes en plastique gonflables, j’ai hurlé parmi la foule en délire sur un <i>Columbarium</i> déjanté et électrisant, à nouveau à l’occasion des Francofolies.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais c’est dans l’intimité que, plus tard dans la saison, je le retrouvais quotidiennement sur les ondes de <i>France Inter</i> et sur mon sofa, pour une chronique radio intitulée «Les petites morts» où mon flamboyant favori interprétait chaque jour une nouvelle chanson, comme autant de perles au collier d’une diva, se faisant l’espace d’un instant l’hôte d’invités formidable tels que Robert Charlebois, Camelia Jordana et Mathieu Chedid, pour n’en nommer que quelques-uns. Et avec quelle justesse ce titre de «Petites morts» fut choisi, car, bien évidemment, j’ai joui des oreilles tout l’été. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2">De cette saison estivale passée en France a résulté l’album <i>Paris tristesse</i>. C’est au Studio CBE à Paris, institution qui a accueilli entre autres les voix légendaires de Joe Dassin et de Dalida, que le nouvel opus du chanteur est enregistré. Constitué de morceaux tirés à la fois du répertoire du chanteur et de la chanson française, l’album conserve la formule piano-voix qu’il avait déjà employée avec succès pour son autre disque de reprises, <i>Seul au piano</i>, en 2011. De cet album à celui-ci, il aura troqué les reprises de Richard Desjardins (<i>Moi, Elsie</i>) pour celles d’Aznavour (<i>Comme ils disent</i>) et de Barbara (<i>Le mal de vivre</i>). Ainsi, cet album n’offre essentiellement rien de trop inconnu au public québécois; il servira soit à introduire les novices à la poésie particulière du tragique troubadour, soit à ravir les fans dévoués de quelques nouveautés, comme sa nouvelle chanson<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>La plus belle des maisons</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Force est de constater que le chanteur semble s’attaquer désormais à l’entreprise alléchante de séduire la France. Cet album s’y applique merveilleusement bien par son exposition concise et maîtrisée de l’univers lapointesque: en trois mots, c’est triste, sexy et mélodieux. Même si personnellement je ne vois pas l’intérêt de quitter le doux Québec pour acquérir ces quelques arpents de mélancolie parisienne, j’ai bien peur que ce tombeur de mon cœur n’y parvienne trop facilement. Il y a quelques jours seulement, le triste sire de mon désir fût accueilli en triomphe au Trianon… Oh, qu’à cela ne tienne: ce n’est pas connaître suffisamment mon amour que de voir en la France une rivale à ma taille. Pars! pars, Pierre Lapointe, coloniser l’Hexagone de ta beauté et de ta poésie. Toutefois, et si je peux me permettre d’emprunter ici les mots de la somptueuse Barbara: «Dis, quand reviendras-tu?»</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Tous les dimanches soirs à <i>La Voix</i> bien sûr, c’était une question rhétorique.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/17/bonjour-tristesse/" data-wpel-link="internal">Bonjour tristesse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/17/bonjour-tristesse/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>«Le succès du rap est dans son ouverture.»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/le-succes-du-rap-est-dans-son-ouverture/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/le-succes-du-rap-est-dans-son-ouverture/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2015 16:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Radio Radio]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22272</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré en exclusivité les deux membres du groupe de rap acadien Radio Radio, Jacques Alphonse Doucet et Gabriel Louis Bernard Malenfant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/le-succes-du-rap-est-dans-son-ouverture/" data-wpel-link="internal">«Le succès du rap est dans son ouverture.»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><i>L</i></span><i>e Délit (LD): Pouvez-vous faire un bref historique de votre groupe pour les lecteurs du </i>Délit<i>?</i></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Jacques Alphonse Doucet (JD)</b>: On s’est rencontrés en 2002 à Moncton quand on avait différents groupes et projets particuliers, pis on est devenus amis. C’est pas avant 2006–2007 qu’on a commencé à écrire de la musique ensemble pour créer Radio Radio. On a fait un EP pour se faire connaître ici à Montréal pis en Acadie. Et là par après en 2008, après qu’on a rencontré notre label, avec le EP, on a sorti <i>Cliché hot</i>; c’est un premier album qui s’est fait connu. On a joué à l’ADISQ avec Ariane Moffatt. On s’est fait connaître un peu plus au Québec avec «Jacuzzi» qui s’est fait <i>pické up</i> par Telus. Après on a fait <i>Belmundo Regal</i>, avec Timo qui quitte le groupe. Après <i>Belmundo Regal</i> on décide d’aller changer les saveurs pis faire <i>Havre de grâce</i> en Louisiane pis en Nouvelle-Écosse; pour toute changer les idées, pis faire quelque chose qu’y’est plus artistique et <i>flyé</i>. Et là on retourne avec <i>Ej Feel Zoo</i>, un party album, qu’on voulait ajouter pour faire un show live plus énergétique. Depuis, Alexandre aussi a décidé de faire un projet solo.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que vous considérez la chanson, et dans votre cas le rap, comme partie de la littérature? </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>JD</b>: Dans la poésie, oui. Avant Radio Radio on était publiés dans <i>Exit</i>. Quand tu fais ton album t’es publié sur ton livret, d’une façon ou d’une autre,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>juste pas de la façon traditionnelle en littérature… On fait pas les salons du livre! Mais je dirais, oui, c’est de la littérature parce qu’on raconte des histoires. Y’a des thématiques, y’a de la poésie. Sauf qu’on le présente pas comme ça. Mais ça ferait drôle pareil: prendre toute les albums pis faire un petit livre de poésie en format régulier. Pour les dix ans de Radio Radio ou dans quelques années.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Gabriel Louis Bernard Malenfant (GM)</b>: Moi je pense que c’est totalement de la poésie. C’est rap: c’est <i>rhythm and poetry</i>. C’est pas packagé comme un livre de poésie à l’Édition Perce-Neige [mais] ça pourrait facilement l’être. J’pense que y’a du snobisme à tous les niveaux de la littérature. J’pense qu’avec du recul pis avec de l’ouverture d’esprit, on voit que les jeunes aujourd’hui consomment plus de rap qu’ils consomment de poésie traditionnelle. J’pense c’est important d’avoir les deux. L’idée du rap c’est un gars qu’y a mis son âme, qui communique avec ses mots, son histoire, j’pense par exemple à Tupac: y’a plein de cours universitaires qui l’étudient avec une perspective de littérature.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Qu’est-ce que le rap vous permet d’exprimer de plus que l’écriture seule ou la chanson traditionnelle?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>GM</b>: J’pense que le rap et la culture hip-hop sont tellement universels, pis ont pris le globe par assaut: autant que sur la télévision on va voir du gansta rap, qui a un côté beaucoup plus matériel, y’a du rap pour tout le monde: y’a du conscious rap, y’a du christian rap, du spiritual rap, y’a du party rap, y’a du rap de n’importe quoi. Le succès est dans son ouverture, pis dans sa capacité de s’adapter à la réalité de n’importe qui, pis le <i>lifestyle</i> de n’importe qui. Ce qu’y’est cool avec le groupe, c’est qu’on a chacun notre perspective, notre thématique, ce qui fait que nos fans peuvent être de n’importe quelle humeur pis de n’importe quel <i>background</i> pis ça finit par toucher une certaine corde. On peut explorer différents côtés de nous autres.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>JD</b>: Moi j’ai tombé dans le rap par accident parce que j’aime beaucoup l’country. J’aimais écouter l’country pis j’aime les histoires du country, et là le rap y’a des histoires aussi. Les deux ont des histoires, mais avec le country je me limitais parce que souvent c’est des courts textes pis tu peux pas aller en détail, pis tu peux pas t’amuser, pis jouer avec la langue c’est plus difficile en country. Dans ma tête y’avait pas assez de texte: avec le hip-hop tu peux aller dans des tangentes pis t’amuser. Avec le country faut vraiment choisir ses mots.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>GM</b>: Les thématiques c’est comme: «J’tais drunk, my girlfriend, pis mon truck, pis mon chien»…</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>JD</b>: … non mais, c’est bien plus que «C’est mon chien qu’est mort». Mais j’trouvais que c’était plus difficile de faire du country que faire du rap, pas dire que le rap c’est facile aucunement, mais c’était trop difficile avec le country parce que j’avais trop de textes…</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>GM</b>: … pis pas de truck pis pas de chien!</span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Comment trouvez-vous l’état de la littérature acadienne aujourd’hui?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s2"><b>JD</b>: J’trouve c’est l’fun, j’veux dire avec les artistes qui sort pis qu’écrivent dans leur langue c’est l’fun. Chai pas j’ai hâte de voir comme la prochaine génération, qu’est-ce qu’y vont faire avec. Et non seulement y’a le parler, le côté acadien, mais y’a la littérature aussi. Dans mon opinion, porter l’Acadie c’est l’fun: le Québec découvre l’Acadie, mais j’pense qu’en littérature il faut aller au-dessus de ça, ça doit être compris par tout le monde. Pour pas que ce soit seulement une affaire de «Ah c’est acadien», mais une affaire de «Ah c’est de la bonne littérature». Mais ça s’en vient. Georgette Leblanc j’adore ce qu’elle fait, pis moi comme Acadien j’adore ça.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>GM</b>: J’pense que avec les Édit</span><span class="s3">ions Perce-Neige, l’éditeur à Moncton qui cherche à pousser la littérature des jeunes beaucoup, ça a commencé avec Gérald Leblanc, c’est rendu avec Patrice Serge Thibodeau, y’a eu beaucoup de livres. J’pense que Georgette Leblanc c’est un bon exemple, c’est le langage acadien <i>but</i> les textes sont quand même universels.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>JD</b>: Ça j’aime Serge Patrice pour ça, y’écrit bien mais c’est non seulement français, québécois, acadien… c’est tout. </span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>LD</b>: <i>Est-ce qu’il y a une influence de Gérald Leblanc ou d’autres artistes acadiens dans votre écriture?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>JD</b>: Moi personnellement… indirectement oui, directement non parce que j’ai jamais lu un livre de Gérald Leblanc. Mais la personne comme telle je la respecte énormément parce que je l’avais rencontré. Pour ce qu’y’est des artistes acadiens, moi ça vient de la Nouvelle-Écosse: c’est Grand Dérangement et Blou qui m’ont plus influencé.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>GM</b>: J’ai pas lu beaucoup de poésie, mais quand j’ai lu <i>Cri de terre</i> de Raymond Guy-Leblanc ça m’a vraiment marqué; il y a [dans le recueil] la révolte de quand t’es un <i>teenager</i> qui a résonnance [pour moi]. Aussi, <i>obviously</i>,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Acadie Rock</i> [de Guy Arseneault], y’avait comme toute une affaire de prise de conscience politique, identitaire, faite à travers du chiac. [C’est] les petits mots qui nous fait vibrer, comme <i>Kent Building Homes</i> [un constructeur de maisons dans les maritimes], c’est voir ton existence sur papier. Parce que chez nous y’a pas de Passe-Partout en chiac, y’avait pas de télévision acadienne, ça fait que le p’tit peu qu’on a pu voir dans la littérature ça a vraiment vibré chez nous. Moi Gérald c’tait <i>Moncton Mantra</i>, j’ai beaucoup aimé ça. Les textes de 1775, la musique c’est sûr que encore une fois ça passe plus dans les maisons. Gérald Leblanc ça a été un des premiers poètes [acadiens] à se faire traduire en espagnol, en anglais, à voyager à l’international. </span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>LD</b>: <i>Quelle est l’influence de Montréal dans votre production de musique?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>JD</b>: Toutes nos idées venons d’une ville, soit Moncton ou ici, n’importe où, mais la majorité se fait dans une place isolée loin de tout.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>GM</b>: Mais ce qu’y’était drôle c’est que quand on a écrit <i>Cliché Hot</i> on habitait à Moncton…</span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>JD</b>: Tous ensemble!</span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>GM</b>: Ouais, on était tous à Moncton ensemble pis on a fait un album vraiment urbain, c’était électro, pis la couverture c’était des TVs. Pis là quand ce qu’on a fait le deuxième disque, <i>Belmundo Regal</i>, on a déménagé à Montréal pis là on habitait à Outremont, qu’était comme la ville, <i>but</i> en même temps quelque chose d’enchanteur: c’est les arbres, le temps est lent par rapport au reste de Montréal. On a fait un album avec un voilier qui appelait la mer, ou une nostalgie pour chez nous. C’est peut-être une façon de l’interpréter. Pis là <i>Havre de Grâce</i> on a rencontré plein d’artistes. Alexandre y’avait plein de chums qu’y’avait envie d’intégrer dans le projet: y’avait des gars de Montréal, des gars japonais, américains… </span></p>
<p class="p3"><span class="s3"><b>JD</b>: Pis avec la Louisiane on voulait faire appel au côté francophone, acadien, cajun, mettre ça ensemble. On voulait pas faire un album cajun, mais on voulait jouer avec l’idée. Finalement on a réussi à faire un mix entre les deux.</span></p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que c’est important pour les artistes acadiens de venir à Montréal?</i></p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Je pense que c’est important d’avoir une présence à Montréal. De vivre ici ça c’est autre chose, y’a d’autres groupes qui veulent rester à Moncton. Par exemple j’ai parlé la semaine passée aux Hôtesses d’Hilaire: ils veulent rester à Moncton, mais ils veulent quand même aller à Montréal pis travailler avec un label québécois. C’est pas nécessaire de vivre ici, mais je pense que c’est plus facile: si y’a une entrevue demain tu peux être là. Sinon ça va couter pas mal cher en billets d’avion, de train ou d’autobus…</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Évidemment t’as plus de rayonnement, mais y’a personne qui dit que t’as besoin de déménager ici pour le faire. Dans notre cas, juste économiquement parlant, on a pas de <i>sugar</i> maman pour payer tous ces couts-là [de déplacement]. Juste pour faire des shows, tu peux tourner pis vivre au Québec, mais tu peux pas tourner pis vivre en Acadie.</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: L’argent rentre quand ça rentre pis t’es pas sûr quand…</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Mais comme Lisa LeBlanc elle a créé un gros buzz, elle a resté par ici pis là maintenant a peut rester oùsqu’à veut: à peut rester en Acadie, <i>wherever</i>… faire des grosses <i>runs</i> pis retourner…</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que vous sentez une plus grande présence des artistes acadiens au Québec avec Lisa LeBlanc que vous venez de mentionner, mais aussi Joseph Edgar, les Hay Babies?</i></p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Y’a certainement une présence en général: y’a Jean-François Breau qu’est à la télé, Wilfred [Le Bouthillier] est encore là, pour une raison ou une autre, j’adore le gars… On reste présents, mais ça donne une bonne chance aux autres pour rentrer. Jean-François Breau et Wilfred avions fait leur affaire, mais c’était plus côté québécois, nord du Nouveau-Brunswick. J’pense avec nous autres, on a rentré le côté vraiment acadien, «on abuse la langue parce qu’on est Acadiens». Pis là Lisa LeBlanc est rentrée par après, ce qu’y a fait [les choses] plus faciles pour les Hay Babies et les autres groupes je pense.</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Juste le fait que Lisa LeBlanc a été à <i>Tout le monde en parle</i> deux fois. Nous on a été une fois. Juste le fait que le monde entende l’accent. Le fait qu’y’ait des gens comme Guy A Lepage [ça aide]. C’est l’fun de se faire apprécier par les fans qui aiment la musique, mais quand la machine embarque pis dit «C’est ok», elle promouvoit et ça se rend à la masse, c’est <i>big</i>. Au début quand ce qu’on était à Montréal, je pense que l’accent [acadien] était beaucoup plus étranger, ça sonnait comme de l’anglais. On parlait en français pis ils répondaient en anglais. Là maintenant on sait: «Ah c’est acadien» et pas «Ah c’est un anglais qu’essaye parler français». Les mentalités changent, maintenant j’pense que l’accent est pas mal établi.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Comment vous vous sentez si parfois on dit de votre musique que c’est de la musique québécoise?</i></p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Sur <i>Youtube</i> y’avait une petite guerre des clans de «Ah c’est de la musique québécoise» ou «Non, c’est des Acadiens!». Alors ça c’est drôle. À la fin on est des Acadiens mais on est un groupe québécois parce qu’on fait tout ici; on est des Acadiens dans un groupe [québécois]. <i>So</i> on est les deux…</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: … ben on est Acadiens! Ce qu’y’est important c’est qu’on fasse de la musique pis que le monde aime ça. Mais je dirais pas qu’on est un groupe québécois…</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Moi j’ai mes raisons: je dirais qu’on est des Acadiens qui font de la musique <i>de</i> l’Acadie, mais j’pense que vu qu’on est ici on est un groupe québécois composé d’Acadiens.</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Groupe québécois? (<i>rires</i>) Je sais pas… tu dis pas: «C’est des oranges, <i>but</i> c’est dans un sac de pommes là donc…».</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Non, non, non… c’est comme, t’as une équipe de sport, ok? Mettons tu joues au soccer, t’es une équipe au Canada, mais composée portugais. Tu vois ce que je veux dire? C’est dans cette logique-là, notre compagnie, notre marché est ici.</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Une équipe de sport est avec une région, mais nous je nous vois plus comme un produit culturel… Mais au final ça change absolument rien.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que vous pouvez expliquer la différence entre le chiac et l’acadjun?</i></p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Jacques <i>now’s your chance</i>!</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: C’est vraiment une affaire de région parce que nous [Gabriel et moi] ça fait longtemps qu’on se connait fait que j’ai pris un peu de chiac, il a pris un peu d’acadjun, mais va à Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse pis dit: «Eille vous parlez chiac», pis on va être comme «C’est quoi le chiac?» On parle pas pareil. Quand j’ai été à Moncton la première fois, les gens me comprenaient pas parce que c’est un différent parler. Les expressions sont différentes. Leur utilisation de l’anglais est différente de la nôtre. Je pense que la raison pourquoi tout le monde dit qu’on parle le chiac c’est à cause de quand on a sorti en 2008 les gens ont vu le chiac surtout…</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Parce que le <i>brand</i> était comme déjà formé à cause d’<i>Acadie rock</i> et compagnie.</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Pis deux [membres du groupe] étaient du Nouveau-Brunswick et deux de la Nouvelle-Écosse, on était prêts à dire, ok «chiac», peu importe… Mais plus que ça avançait plus qu’on se disait «Ben, c’est pas chiac vraiment…». Ça revient à la même chose quand tu définis ça comme «un peu d’anglais, un peu de français», mais par chez nous on a des expressions complètement différentes que z’eux. Mais on finit par se comprendre.</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: C’est clair que dans l’acadjun y’a des expressions qu’on n’utilise pas [à Moncton]. Pour la façon de dire les choses y’a des racines qui viennent d’ailleurs en France ou <i>wherever</i>. Moncton c’est français-anglais-micmac, mais avec un gros poids d’anglais parce qu’on était moins isolés que la Baie Sainte-Marie. Moncton ça reste un lieu anglophone où les francophones sont venus, ont dû s’intégrer pour pouvoir travailler, changer LeBlanc et White pis apprendre à parler anglais automatiquement, dès la naissance. Ça fait une grosse différence aussi.</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Même quand ce que tu vas de Moncton, pour te rendre à Cap Pelé ou Shediac, l’accent est toujours un peu différent. Y’a beaucoup plus de termes nautiques aussi. Nous autres, on a une tendance d’aller un peu plus vers l’espagnol: à place de «jamais» c’est «h’amais», «j’avions» c’est «h’avions». Le «J» comme ça, on le crisse par la porte; parce que c’est pas utile pour nous autres peut-être, ch’ais pas pourquoi…</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que la mode et l’image sont des choses importantes dans le milieu musical?</i></p>
<p class="p1"><b>GM</b>: Oui, je pense que c’est relativement important d’avoir un site Web, peut-être pas au même niveau que d’être en santé pis l’amour là (<i>rires</i>)… Mais on est conscient que c’est important, on s’amuse avec ça pis c’est pour ça qu’on a pu changer de style. C’est ce qui est resté constant dès le début; on s’est toujours amusés avec ça.</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: Ben comme les idées des albums, des choix musicaux, les styles ont changé. De <i>Télé-Télé</i> et <i>Cliché Hot</i> à <i>Belmundo</i> et <i>Ej Feel Zoo</i>, c’est comme le jour et la nuit.</p>
<p class="p1"><b>GM</b>: On se disait toujours en <i>jokant</i>: plus que tu t’habilles de différente façon, plus tu peux avoir accès à des différents <i>parties</i>. Si t’es confortable à porter un <i>three-piece suit</i>, ben tu peux aller à des <i>parties</i>…</p>
<p class="p1"><b>JD</b>: …avec des <i>three-piece suits</i>.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>GM</b>: Si tu portes des <i>dekshoo</i>, tu peux aller à un autre <i>party</i>. [Le style], c’est une sorte de dextérité culturelle et sociale. On est des artistes; c’est une façon de s’exprimer, fait que on joue c’te <i>game</i> là.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/le-succes-du-rap-est-dans-son-ouverture/" data-wpel-link="internal">«Le succès du rap est dans son ouverture.»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/le-succes-du-rap-est-dans-son-ouverture/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une entrevue en parallèle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/une-entrevue-en-parallele/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/une-entrevue-en-parallele/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2015 17:14:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[les amours parallèles]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphanie Lapointe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22095</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Stéphanie Lapointe au sujet de son dernier album, Les Amours parallèles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/une-entrevue-en-parallele/" data-wpel-link="internal">Une entrevue en parallèle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span>téphanie Lapointe, c’est d’abord et avant tout une carrière qui s’est dessinée hors des sentiers battus et convenus par Star Académie. Avec sa voix enfantine et douce à l’excès, au-delà d’être une chanteuse interprète, elle est également devenue actrice à ses heures et a effectué un travail de documentariste lors de projets humanitaires en Haïti et au Darfour. Tout chez elle évoque une harmonieuse superposition, des mélodies et de nombreux projets, comme son dernier opus musical, le disque <i>Les amours parallèles</i>.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Son album précédent, intitulé <i>Donne-moi quelque chose qui ne finit pas</i>, est paru en 2009. Elle explique cette absence relativement longue au <i>Délit</i>: «Je ne voulais pas faire ce projet si les bons éléments n’étaient pas réunis, je faisais tellement d’autres choses, des documentaires, des projets de fiction… Le fait d’avoir tant de projets m’a permis de prendre ce temps entre les albums, sans être dans l’urgence de faire quelque chose.» Un des initiateurs les plus importants du projet fut pour elle Joseph Marchand, réalisateur de son disque précédent et deuxième moitié du duo expérimental Forêt avec Émilie Laforest. «C’est vraiment lui qui m’a donné le petit coup de pied qu’il fallait; à force de ne pas faire de musique […] je me demandais si j’avais encore ma place, si j’étais capable. J’avais un peu le vertige et il m’a beaucoup aidée à avoir confiance.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quelle est l’idée principale, le moteur, qui a dirigé le disque de sa conception à son lancement en novembre dernier? Tout simplement, et ç’en est presque audacieux de conventionalité, l’amour: «L’amour, c’est un thème qui peut être abordé sous tellement de facettes, je trouvais ça super intéressant comme défi d’aborder des questions comme le pardon par exemple.» Mais comment réinventer la question de l’amour le temps d’un album sans tomber rapidement dans le piège impardonnable du cliché? En s’entourant de collaborateurs à la fine fleur de la créativité dans le milieu musical québécois, et surtout, de partenaires motivés à faire quelque chose de véritablement unique au profit de leur interprète. C’est ainsi que l’on retrouve au générique des <i>Amours parallèles</i> non seulement les talents de Forêt, déjà mentionnés, mais également une pléthore d’artistes émérites tels que Philippe B, récemment couronné à l’ADISQ dans la catégorie «Auteur ou compositeur de l’année», Philémon Cimon, qui a ravi la critique l’année passée avec son album poétique et mesuré <i>L’été</i>, Stéphane Lafleur chanteur du groupe indépendant Avec pas d’casque, la poète Kim Doré, ainsi que, le temps d’une parenthèse anglophone dans l’album, l’auteur-compositeur aux sonorités blues Leif Vollebekk.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Comment un tel regroupement de talents est-il advenu? «Avec chaque auteur, c’est des histoires complètement différentes. Pour Philippe B, ça a été le premier auteur avec qui j’ai travaillé. Philippe, je l’ai connu avec Pierre Lapointe, il m’avait composé deux chansons du disque précédent. Je ne le connaissais pas tant que ça parce que c’était vraiment Pierre le lien. Entre temps, il a sorti les albums fabuleux qu’on lui connaît puis j’ai été vraiment touchée par le gars, par sa plume, par sa démarche. Finalement, on s’est super bien entendus, on était touchés par les mêmes thèmes, il aimait ma proposition esthétique pour l’album, ça s’est construit un peu comme ça.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Philémon, c’est Joseph qui me l’a présenté; quand je l’ai rencontré, ça a vraiment été comme un gros coup de cœur, parce que c’est quelqu’un d’un peu complexe, de réfléchi. Moi, ça m’attire les artistes comme celui-là, dont tu sens que derrière leur démarche, il y a vraiment une réflexion. [Chez Philémon Cimon] c’est aussi fort au niveau des textes que musicalement.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pourtant, cette polyphonie d’auteurs éclectiques garde une élégante unité au sein de l’album, et ce grâce à la voix et à la présence unificatrice de Stéphanie Lapointe. «Ce qui est un peu le point en commun de tous les artistes avec lesquels j’ai travaillé à l’écriture de l’album, c’est que tous ces gens-là avaient le goût d’écrire pour le projet. Souvent, ce qui peut arriver quand tu es interprète, c’est que t’appelles des gens et [ils t’offrent] des chansons qui n’ont pas été prises pour leur projet ou qu’ils avaient écrites pour d’autres, ou des chansons qu’ils ont tout court dans leurs affaires, et ils te proposent ça. Mais moi de la façon dont ça s’est fait, avec Stéphane Lafleur, avec Philémon, on s’est assis à la maison et chaque fois qu’on abordait un thème on se demandait ce qui n’avait pas été encore abordé sur l’album pour ne pas se répéter.» Et c’est ainsi que chaque chanson offre un nouveau regard sur l’éternelle et inépuisable thématique de l’amour. Par exemple le titre <i>Les amours parallèles</i> (Philipe B) aborde la naissance continuelle des amours au creux du foisonnement mondain de la ville, <i>De mon enfance</i> (Philémon Cimon) explore la difficulté du désenchantement amoureux quand vient le temps de grandir, et <i>N’entre pas sans désir</i> (Kim Doré / Forêt) est une exploration poétique de l’attente languissante, charnelle et désespérée pour l’être aimé. «Le thème c’est vraiment l’amour, mais chaque auteur est venu laisser son petit bout d’histoire au projet. J’abordais ce projet-là comme un espèce de gros puzzle en me disant que chaque auteur allait venir avec la pièce manquante du puzzle et on allait finir par faire un tableau.» </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Parmi tous ces collaborateurs s’en trouvent également des légendaires, par le biais de la reprise: soit <i>Un jour comme un autre</i>, chanson qui avait été écrite par Gainsbourg pour nulle autre que Brigitte Bardot, ainsi que <i>Pourquoi</i>, de Jane Birkin. Des deux amantes célébrissimes de Serge, y en a‑t-il une qui attire davantage les faveurs de Stéphanie? «J’aime beaucoup Brigitte Bardot, je trouve que c’est un symbole fort de l’époque. Mais à un niveau artistique, je connecte vraiment plus avec ce que Jane Birkin dégageait, cette femme-là, son énergie… J’ai eu la chance de la rencontrer il y a un peu plus de deux ans à Montréal, parce que je faisais sa première partie. J’ai trouvé qu’elle était tellement belle, avec tout ce qu’elle a vécu, c’est comme rencontrer une grande page d’histoire, c’est vraiment impressionnant.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dix ans après son ascension fulgurante à la célébrité grâce à Star Académie, que perçoit-elle de différent dans l’univers musical où elle a su dénicher sa place bien à elle? «Je trouve [qu’en musique] on a été tellement secoués par rapport à plein de choses ces dernières années et j’ai l’impression qu’on se relève de petites guerres et qu’il y en a toujours d’autres qui arrivent. Par exemple, avant, notre support principal c’était vraiment le disque et le disque allait vraiment somme toute bien il y a dix ans. Puis, il y a eu l’avènement d’<i>iTunes</i> et les gens se sont mis à télécharger les chansons, et juste au moment où les compagnies de disques commençaient vraiment à comprendre un peu les nouvelles stratégies et comment utiliser <i>Facebook</i> et les autres plateformes, là le <i>streaming</i> a commencé et ça, c’est un peu comme la nouvelle affaire contre laquelle les musiciens doivent se battre. Je ne suis pas nécessairement contre le <i>streaming</i> mais j’ai l’impression qu’il y a vraiment une question à se poser sur ce que les compagnies d’Internet devraient payer comme redevance aux artistes. Ce qui arrive en ce moment c’est que les gens achètent des ordinateurs, paient pour des réseaux Internet pour se procurer du contenu, mais les gens qui fabriquent ce contenu-là, les artisans des films et de la musique, c’est les moins payés au bout du compte. C’est un peu pour ça qu’en ce moment je me dis qu’il faut vraiment aimer ça pour faire ça parce qu’on travaille comme des fous sur des projets de disque et puis au bout du compte, c’est difficile. C’est vraiment difficile pour tout le monde en ce moment.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">On sent en effet qu’énormément d’efforts, et bien sûr, d’amour, ont été mis dans la création et la réalisation des <i>Amours parallèles</i> qu’on pourra voir sur scène lorsque la chanteuse amorcera sa tournée au printemps prochain. Au final, <i>Les amours parallèles</i>, c’est un ouvrage délicat et travaillé où l’on retrouve des paroles et des mélodies qui traversent les gens, les sexes et les générations pour terminer finement entrelacées entre les mains et dans la voix d’une artiste qui n’en finit plus </span><span class="s1">de charmer.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/une-entrevue-en-parallele/" data-wpel-link="internal">Une entrevue en parallèle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/01/20/une-entrevue-en-parallele/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les amours de Stéphanie Lapointe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2014 06:24:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21801</guid>

					<description><![CDATA[<p>La chanteuse lance un nouvel album exécuté avec finesse et avec de nombreux collaborateurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/" data-wpel-link="internal">Les amours de Stéphanie Lapointe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">M</span>ercredi 5 novembre, six heures du soir. Dans l’ambiance feutrée et agréablement rétro du Cabaret La Tulipe, la foule commence tranquillement à s’amasser jusqu’à finalement remplir la salle. Au-dessus de la scène encadrée d’épais rideaux rouges on voit, suspendus aux bouts de fils, de délicats luminaires de jardin qui dégagent une lumière dorée, alors que d’autres du même genre traînent un peu partout sur le sol ou sur des tabourets. L’effet qui s’en dégage sied bien à la chanteuse Stéphanie qui se présente alors sur scène, classique et délicate, pour lancer son album qui se pose à mi-chemin entre hier et aujourd’hui. Accompagnée de cinq musiciens et avec la chanteuse Émilie Laforest en guise de choriste, elle se lance à l’eau avec la chanson «La fuite», premier extrait lancé de son nouvel album <i>Les amours parallèles</i>. Dans la douceur enfantine de la voix de l’interprète perce une force et une stabilité qui affirment sa maturité accomplie depuis des années déjà. On note son style vestimentaire qui semble inspiré avec justesse des muses de Gainsbourg dans la France des années 60: frange éméchée qui encadre un joli visage de gamine, une petite robe de soie qui ferait office de chemise bien modeste chez d’autres, élégante veste noire, ainsi que des collants et de petits bottillons également noirs.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Sa première chanson achevée, elle accueille le public avec bonheur et reconnaissance, charmée de voir la salle du cabaret pleine. Elle explique alors que cet album qui vient cinq ans après son dernier, <i>Donne-moi quelque chose qui ne finit pas</i>, elle a eu la chance de le faire «entourée d’auteurs fabuleux». En effet, ses nombreux collaborateurs sont parmi ce qu’il se fait de mieux en termes d’écriture sur la scène musicale montréalaise en ce moment: Jimmy Hunt, le groupe Forêt, Philémon Cimon, ainsi que la poète Kim Doré. Ce sont donc les mots de Philippe B qu’elle incarne dans la chanson éponyme de l’album «Les amours parallèles», alors que les lampes au-dessus d’elle virent doucement au rose.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Stéphanie Lapointe s’apprête alors à interpréter une autre de ses chansons dont elle dit avoir été vraiment touchée à la première écoute, mais invite d’abord son auteur Philémon Cimon à la rejoindre pour ce qui s’avère être un duo charmant. Nonchalamment et le verre de vin à la main, le chanteur vient la rejoindre et, installés côte à côte sur des tabourets, accompagnés seulement d’une guitare, ils chantent dans une harmonie complète du début à la fin la chanson «De mon enfance», empreinte de la nostalgie et de la fragilité de grandir.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Elle poursuit alors seule avec «Nous revenons de loin» dont le texte et la musique ont été composés par Stéphane Lafleur, sa voix rehaussée de réverbérations profondes. Maintenant rendue à l’heure des remerciements, la chanteuse précise que cet album est «un projet qui s’est construit dans une totale intimité» et remercie chaleureusement sa maison de production Simone Records pour la confiance qui a permis une telle réalisation. Puis elle offre au public une reprise de «Un jour comme un autre», chanson qui faisait partie du répertoire de Brigitte Bardot, avec suffisamment d’arrangements nouveaux pour que la Québécoise parvienne à la faire sienne. Pour adorner la mélancolie des paroles, les lumières suspendues deviennent alors bleues. L’interprète n’hésite pas à osciller entre la note et le murmure pour bien transmettre l’émotion des mots que Gainsbourg a offert à son égérie d’autrefois.</span></p>
<p class="p3">Il apparait évident que la chanteuse prend un réel plaisir à ainsi renouer avec la scène, après une absence causée par d’autres projets, dont des apparitions au cinéma et l’écriture de romans jeunesse. Elle nous offre donc une autre performance, «même si un lancement, ça doit être court!» avoue-t-elle en souriant. Et elle clôt la soirée avec, quoi d’autre, une chanson de Jane Birkin, puisque les amantes de Serge sont à l’honneur en cette romantique soirée de novembre. Accompagnée de son réalisateur Joseph Marchand à la guitare, elle berce son public conquis des paroles de «Pourquoi» en lui disant sereinement et en douceur: « Je vais tenir ta tête/ Et dire comme une prière/ Pardonne les silences/ D’hier».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/" data-wpel-link="internal">Les amours de Stéphanie Lapointe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/les-amours-de-stephanie-lapointe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Kilomètre après kilomètre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/10/28/kilometre-apres-kilometre/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/10/28/kilometre-apres-kilometre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2014 05:11:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21609</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec l’auteur-compositeur-interprète Yves Marchand.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/28/kilometre-apres-kilometre/" data-wpel-link="internal">Kilomètre après kilomètre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Y</span>ves est né au Témiscamingue à une époque où les professeurs de musique y étaient rares, et les bonnes sœurs étaient chargées de cette portion de l’éducation. De huit à douze ans, Yves suit des leçons de piano puis soudainement lâche «pour faire du sport avec les autres garçons». La formation reçue est suffisante pour lui permettre de devenir musicien autodidacte et «accompagner Mononc chanter à Noël». Au moment de choisir une carrière, Yves explique que musicien, «ça n’existait pas à l’époque comme choix de réponse», de même qu’il n’y avait pas d’université au Témiscamingue. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à l’Université de Sherbrooke avec la vague idée de devenir professeur d’histoire. À plus de huit heures de route de sa famille, atteint par la solitude asphyxiante qui est le lot de la vie en résidence étudiante, Yves a redécouvert le piano dans un petit local disponible pour les étudiants, redécouvrant et poussant plus loin les leçons des religieuses. C’est là qu’avec d’autres amis il a formé le «SS12 Blues Band» (SS12 étant le nom du local), qui a décidé de tenter sa chance dans la métropole.</p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est dans le contexte post-référendaire en 1980 qu’il débarque à Montréal, dans cette atmosphère particulière de désenchantement collectif. «Après le référendum, il n’y avait plus de gens intéressés à entendre de la musique québécoise… les séparatistes avaient eu leur chance et on n’avait plus envie d’entendre parler du Québec. C’est à ce moment-là que beaucoup de groupes se sont mis à chanter en anglais, c’était moins courant avant». Néanmoins, il continue à jouer avec d’autres partenaires de route, plus souvent dans les bars, pendant presque une décennie. «Pis après dans les années 90, il y a eu un renouveau, c’est là que Zébulon a commencé, à la même époque y’avait les BB, les Colocs et Jean Leloup. C’est à ce moment-là que notre groupe a pu avoir du succès. Les gens pensaient qu’on était jeunes, mais nous ça faisait dix ans déjà qu’on jouait dans les bars».&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Zébulon est un groupe aux admirateurs fervents et au genre iconoclaste et ludique. Pensez à du pur rock’n’roll mélangé avec des histoires de village, mélangé à des harmonies viriles, mélangé à des chansons salaces et des ballades déchirantes, et une bonne dose de gazou pour faire bonne mesure. Difficile à décrire. C’est que, comme l’explique Yves: «dans Zébulon, les quatre gars écrivent en même temps. Ça ressemble à rien.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Suite à la dissolution de Zébulon, Yves Marchand a sorti un premier album solo en 2004 intitulé <i>Belvédère</i>. Il sort à présent son deuxième, <i>Si l’homme est fait de kilomètres</i>, après une décennie exactement. «Y’a fait un grand détour cet album-là. Il y a des chansons vieilles de dix ans, de quinze ans, de dix mois…» Pour expliquer le concept de son album, il se souvient des longues heures de route qui ont occupé sa vie, de son va-et-vient du Témiscamingue à la ville: «ma vie était un exil obligé, je me suis souvent dit que j’arriverais jamais à être complètement heureux, que je pourrais pas avoir ma famille et mon métier.» Plus tard, la longue route s’est poursuivie dans la vie de tournée partout à travers le Québec et au Nouveau-Brunswick. Ces moments se sont souvent déroulés en compagnie d’un album qui jouait dans la radio de la voiture. «Aujourd’hui c’est un peu moins vrai, mais à l’époque c’était vraiment un voyage, un album. Un mini-film, une bulle de 45 minutes, avec des joies, des peines et des rebondissements. Un bon disque il te nourrit, il t’a pas vidé de toi. Et tu l’écoutes au complet, pas juste les chansons. C’est comme un film; c’est rare d’écouter juste des bouts de films.» C’est cet esprit qui a nourri la conception de l’album, une œuvre imprégnée de contemplation, dans une musique qui prend le temps de se définir et de se trouver jusqu’à ses mélodies sinueuses, parfois joyeuses, parfois calmes et enveloppantes.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La composition musicale est véritablement un point central pour cet artiste coiffé du fameux triple titre d’«auteur-compositeur-interprète»: «dans les bars de 82 à 92 j’ai chanté des centaines de chansons différentes, je sais comment une chanson est faite. Je sais comment sont les chansons à la façon des autres. J’aimerais qu’on puisse dire ‘‘Une chanson à la façon de Yves Marchand’’.» «Je fais la musique en premier» dit-il pour expliquer sa méthode de travail. «Le plus beau compliment que j’ai reçu était de la part d’un anglophone qui m’a dit qu’il avait adoré mon spectacle même s’il n’avait rien compris. Ça veut dire que ma musique peut séduire… selon moi, la musique est plus universelle que le poème de cette façon-là.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cela ne veut pas dire pour autant que sa virtuosité musicale lui fait négliger l’écrit: «Je tiens à faire mes textes; j’aime le défi.» Il s’agit pour lui, avec l’écriture, d’un travail plus ardu et plus délicat: «je pense qu’un beau texte peut être beau sur n’importe quelle musique, mais qu’un mauvais texte peut briser un belle musique. Les textes ont déjà leur musique dans eux, il faut la respecter. Ça me fait penser à une anecdote de Victor Hugo: un jeune musicien était venu le voir pour lui demander s’il pouvait mettre de la musique sur ses textes et il avait répondu ‘‘Quoi? Il n’y en a pas déjà?’’.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ces dernières années, la notoriété acquise avec son premier album lui a permis de devenir mentor au Festival de la chanson de Granby, ce qu’il continue à faire aujourd’hui: «y’a pas grand monde que j’ai pas vu ben avant qu’ils soient prêts à faire des disques, Alex Nevsky, Lisa Leblanc, les sœurs Boulay.» Il a également fait du travail de claviériste et de choriste pour de nombreuses célébrités du milieu: Sylvain Cossette, France d’Amour, Caroline Néron. Il se trouve donc à un niveau privilégié pour constater l’état de la musique aujourd’hui. Et bien qu’il juge que le Québec ne se trouve pas «dans une période de diffusion», il est certain qu’il se passe «quelque chose de vraiment intéressant au niveau artistique». «On est en manque d’éducation au niveau de l’art au Québec et ça fait qu’on n’apprécie pas ce qu’on devrait apprécier. C’est la blague de la jeune québécoise qui invite son chum à la maison. Ses parents demandent au gars: «Toi tu fais quoi dans la vie?», il répond: «Je suis musicien» et les parents trouvent pas ça sérieux. La même chose arrive en France «Ah vraiment tu es musicien? Wow!» C’est la même phrase, mais une autre culture. Pourtant je sais qu’on n’a rien à envier à personne sur la créativité».&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De la créativité et de l’originalité, Yves Marchand n’en a certainement pas à envier à qui que ce soit, comme le prouve les horizons musicaux qu’il ouvre au public avec <i>Si l’homme est fait de kilomètres</i> et qu’on attend de voir en format spectacle au printemps prochain.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/28/kilometre-apres-kilometre/" data-wpel-link="internal">Kilomètre après kilomètre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/10/28/kilometre-apres-kilometre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trente fois Audiogram</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/10/20/trente-fois-audiogram/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/10/20/trente-fois-audiogram/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2014 04:40:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21475</guid>

					<description><![CDATA[<p>La maison de disque québécoise souffle ses trente bougies avec une œuvre d’anthologie réussie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/20/trente-fois-audiogram/" data-wpel-link="internal">Trente fois Audiogram</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>e 4 septembre 1984, la maison de disque Audiogram naissait par la réalisation de l’album <i>Nouvelles d’Europe</i> de Paul Piché. Cet automne, la maison de disque a décidé de célébrer en grand avec un album de reprises: 30 artistes qui réexplorent en mode minimaliste une chanson marquante de leur carrière. Cet exercice permet de constater avec énormément de plaisir à quel point la maison de disques indépendante a su, au cours des dernières décennies,&nbsp; garnir le paysage musical québécois d’œuvres phares et d’artistes essentiels. Le tout dans un nombre impressionnant de styles et d’envergures différents.</p>
<p class="p3"><span class="s2">La couverture noire de l’album affiche une sobriété élégante: un simple micro d’enregistrement, un seul point de départ vers tant de chemins différents. Chaque artiste a également été filmé lors de sa performance en studio, dans une mise en scène simple en noir et blanc. Tout ce dépouillement esthétique vient mettre une chose en évidence: une multitude de sons et d’images a fourmillé au sein d’Audiogram, et ce par ces chansons qui sont un bonheur à découvrir ou à redécouvrir. Les vidéos, toutes disponibles sur le site Internet de la maison de disques, valent chacune le détour, que ce soit pour regarder Jean Leloup dialoguer avec un chien en porcelaine, Marc Déry pêcher de la truite avec sa guitare, Salomé Leclerc en femme-orchestre,&nbsp; ou tout simplement pour admirer la virtuosité dont fait preuve chacun des interprètes de l’album.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Au final, le concept est particulièrement bien réussi. Audiogram offre ici un superbe document d’anthologie dans lequel les artistes se sont prêtés au jeu avec nostalgie, émotion ou ludisme, afin de repeindre brièvement une partie du panorama musical québécois.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Quelques coups de cœur bien personnels:</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">«Fin octobre, début novembre» d’Isabelle Boulay: Parce que l’on est désormais bien ancré dans cette période de l’année où le gris et la noirceur peuvent devenir étouffants. Et si une chose peut parvenir à nous sauver de l’inévitable dépression saisonnière, je me dis que c’est bien la voix assurée et mélancolique de la magnifique Isabelle Boulay qui décrit la solitude de Montréal qui sévit durant cette période de l’année.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Johnny Go» de Jean Leloup: Sur une note relativement (peu) pertinente, je tiens à dire que je suis très contente de voir Jean Leloup participer à cet album, parce que ça faisait longtemps qu’on ne l’avait vu nulle part et que des fois j’ai peur que Jean Leloup soit juste parti à jamais pour élever des scorpions au Mexique sans nous le dire. Il me semble que ça serait son genre, et je ne suis pas prête à vivre dans un Québec où&nbsp; Jean Leloup n’est pas. Mais il y est, il joue encore de la guitare, et me voilà rassurée.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Les coloriés» d’Alex Nevsky: C’est une formule désormais assurée gagnante que de reprendre un succès pop acoustiquement et de façon sentie, et Alex Nevsky s’en tire extrêmement bien, seul au piano, pour livrer son texte d’une belle poésie et à la mélodie si accrocheuse. C’est une reprise qui tombe à point si l’on commençait à se lasser de sa version radio qui a connu un succès délirant ces derniers temps.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Le feu sauvage de l’amour» de Rock et Belles Oreilles: Bien franchement, je vous mets au défi de ne pas vous sentir un tant soit peu plus heureux en écoutant les harmonies de ce succès légendaire du groupe RBO. De plus, on y constate que les solos de gazou sont présentement en train de faire un retour en force sur la scène musicale, vous m’en voyez ravie. &nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Libérez-nous des libéraux» de Loco Locass: Les téléchargements de cette chanson avaient grimpé en flèche lors du retour en majorité des libéraux au printemps passé, et en l’honneur de cette reprise, le groupe de rap québécois en a retravaillé une portion des paroles afin de répondre au goût (ou dégoût) politique actuel. Un petit bonjour passé à Françoise David et voilà une mise à jour très appréciée, sur un rythme et un message toujours aussi efficaces.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«De cara a la pared» par Yves Desrosiers et Mara Tremblay: Respectivement à la guitare et au violon, les deux artistes rendent un hommage touchant à la prodigieuse chanteuse Lhasa De Sela, morte il y a quatre ans. Pièce instrumentale parmi l’océan des voix dans l’album, cette reprise sans paroles vient décrier la terrible perte pour le monde musicale que fut la disparition de Lhasa. Une belle façon de souligner par la musique le silence de la mort.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/20/trente-fois-audiogram/" data-wpel-link="internal">Trente fois Audiogram</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/10/20/trente-fois-audiogram/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lisa Leblanc fait rugir le Lion d’Or</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/lisa-leblanc-fait-rugir-le-lion-dor/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/lisa-leblanc-fait-rugir-le-lion-dor/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2014 05:56:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21418</guid>

					<description><![CDATA[<p>Du Kraft Dinner, des tounes d’amour, pis d’la marde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/lisa-leblanc-fait-rugir-le-lion-dor/" data-wpel-link="internal">Lisa Leblanc fait rugir le Lion d’Or</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>a porte d’entrée du Lion d’Or affiche laconiquement l’évidence: «Lisa Leblanc: Complet». La petite foule entassée fébrilement devant le rideau rouge observe avidement l’armada de guitares de toutes sortes qui reposent sur la scène et qui promettent ostensiblement une chose: ça va rocker ce soir. Après un moment, c’est Lisa Leblanc en personne qui débarque sur scène pour annoncer sa première partie et les avertissements d’usage. Ou bien, presque d’usage: «C’est dégueulasse le flash. C’est vrai man, on a tout le temps des double chins pis c’est laitte en osti. Je vous demanderais aussi de farmer vos téléphones. Vivez votre vie man.»&nbsp; Le message est clair. Ce soir, on va vivre.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour sa première partie, la chanteuse nous fait part de sa révélation de l’année: Louis-Philippe Gingras, un Abitibien aux allures «<i>hillbilly</i>», cravate bolo et moustache <i>yolo</i>, sans gêne&nbsp; et sans complexe par rapport à son country sale, à la fois comique et criant de réalisme. Il est accompagné à la basse par Dany Placard, autre musicien de talent qui a récemment lancé son propre album, <i>Santa Maria</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Puis la chanteuse réapparait, en jolie robe <i>sixties</i> et sempiternelles bottes de cowboy, et retraverse les chansons de son album éponyme,&nbsp; qu’elle présente en tournée depuis maintenant deux ans. «C’est le <i>never ending</i> tour» blague-t-elle. La salle du Lion d’Or a été spécialement choisie pour cet évènement final, puisqu’il s’agit du lieu où ledit album a été lancé, sans savoir les proportions phénoménales qu’il allait prendre. Soit «208 <i>shows</i> pis ben du kilométrage», comme le résume Lisa Leblanc. La soirée est ponctuée d’«une chiée d’invités», dont Ariane Moffatt à la batterie et Marie-Pierre Arthur pour un projet alternatif, dont Louis-Jean Cormier (malheureusement absent ce soir-là) fait également parti.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Lisa Leblanc est une chanteuse véritablement admirable pour sa générosité sur scène, son émotion palpable pour chacune de ses chansons, inlassablement chantées et rechantées depuis 2012. La symbiose avec les musiciens est tout simplement magnifique et la jeune femme, virtuose du banjo et de la guitare comme peu d’autres, se donne entièrement, balançant&nbsp; son corps avec énergie en fusion avec la musique. Le temps de quelques chansons la voilà complètement échevelée, en sueur avec le maquillage qui coule, l’air éberluée par tout l’amour que lui déclare son public montréalais. C’est à un point tel qu’à peine rendu à la moitié du spectacle c’est l’ovation, et l’artiste, enterrée par les cris, ne cesse&nbsp; de s’épancher en remerciements incrédules. &nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Au moment de l’incontournable «toune de marde» comme dit la chanteuse, accompagnée de sa «chorale du bonheur», le public jubile d’hurler sans façon, sans manquer une parole, les petites et grandes difficultés d’existences auxquelles on n’échappe pas. Lisa Leblanc fait également cadeau&nbsp; aux spectateurs d’une nouvelle chanson intitulée «<i>Downtown</i>» qui raconte l’histoire d’un choc culturel: le sien, en passage du Nouveau-Brunswick à la métropole,&nbsp; sorte de blues éclaté avec fond de petites filles en mini-jupes sur St-Laurent au mois de janvier. Elle interprète aussi un morceau de son EP en anglais à venir au mois de novembre, sa ballade poignante&nbsp; «<i>You Look Like Trouble, But I Guess I Do Too</i>».&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’en est trop, le public en extase ne veut plus la laisser partir lorsqu’elle dit amorcer sa dernière chanson.&nbsp; Oui mais c’est la «dernière» chanson, précise-t-elle, les yeux aux ciels, on connait ladite «dernière» chanson.&nbsp; Elle égrène les rappels, en solo puis entourée de ses musiciens. Émue, elle peine à articuler ses remerciements. Pour la toute dernière chanson, la vraie , elle choisit «<i>Kraft Dinner</i>» avec ses deux musiciens, amis et compères&nbsp; avec elle depuis le début de l’aventure: Jean-Philippe Hébert, guitariste et Maxime Gosselin, batteur. «C’est <i>safe</i> de dire [après quatre ans] que c’est notre relation la plus longue aux trois» avoue-t-elle, des sanglots dans la voix et dangereusement proche de sa phase «<i>ugly cry</i>» comme elle le dit.&nbsp; Et c’est si beau de voir la chanteuse épuisée, ainsi flanquée de deux grands gars en chemise de cowboy eux aussi détruits par l’émotion, alors qu’ils entonnent en chœur leur chanson finale. Puis, après deux couplets, un étrange bruit de percussion se fait entendre des coulisses, et l’on voit surgir Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur, Louis Philippe Gingras et toute la joyeuse bande de déjantés qui défile avec des boîtes de <i>Kraft Dinner</i> en guise de maracas, à la surprise la plus totale de Leblanc qui éclate de rire, mais sans jamais perdre le contrôle de sa guitare.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Au pire on rira ensemble, on mangera du <i>Kraft Dinner</i>, c’est tout ce qu’on a de besoin» sont les paroles sur lesquelles Lisa Leblanc quitte cette portion de sa carrière. Chose certaine, du Lisa Leblanc, le public en mange et en redemandera.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/lisa-leblanc-fait-rugir-le-lion-dor/" data-wpel-link="internal">Lisa Leblanc fait rugir le Lion d’Or</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/lisa-leblanc-fait-rugir-le-lion-dor/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chroniques musicales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2014 05:27:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21390</guid>

					<description><![CDATA[<p>27 fois l’aurore de Salomé Leclerc: un bocal de clichés flous. Toutes les critiques du Québec semblent emballées par Salomé Leclerc. Malheureusement il est force d’admettre qu’ici votre humble apprentie-critique se sent tel un vieux chroniqueur journalistique, blasé, grisonnant et désapprobateur de ne pas parvenir à se joindre à la cohue des acclamations. Qu’on sache&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Chroniques musicales</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/" data-wpel-link="internal">Chroniques musicales</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong><em>27 fois l’aurore</em> de Salomé Leclerc: un bocal de clichés flous.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">To</span>utes les critiques du Québec semblent emballées par Salomé Leclerc. Malheureusement il est force d’admettre qu’ici votre humble apprentie-critique se sent tel un vieux chroniqueur journalistique, blasé, grisonnant et désapprobateur de ne pas parvenir à se joindre à la cohue des acclamations. Qu’on sache qu’il s’agit bien d’une opinion personnelle et sujette à l’erreur: <i>27 fois l’aurore</i> de Salomé Leclerc ne me semble ni totalement bon, ni franchement mauvais.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Il y a pourtant énormément pour plaire ici: une jeune interprète, amazone virtuose de la guitare, une jolie voix profonde au timbre assuré et juste assez légèrement rauque. Salomé Leclerc avait prouvé ses capacités d’auteure-compositrice-interprète avec le rock-folk de son premier album <i>Sous les arbres</i>. Pour son deuxième, elle s’est offert des arrangements de maître de la part de Philippe Brault: le synthétiseur et les guitares s’y s’éclatent, les orchestrations sont solides et suffisamment intéressantes. Si le titre de l’album nous parle de l’aurore, il ne fait aucun doute que l’on se trouve avec la chanteuse dans de la pop sombre et mélancolique, du sérieux.&nbsp; À titre d’exemple, le vidéoclip de la chanson «Arlon» montre la chanteuse vêtue de cuir, fixant l’objectif d’un air téméraire en arpentant une route brumeuse, alors, de jeunes gens vêtus dernier cri et tenant des lampes de poches apparaissent de la forêt derrière elle. Puis, elle se fait poursuivre par un camion qui l’assaille de ses pleins phares. Fin du clip. Tout cela est très esthétique, très «musical», mais qu’est-ce que ça signifie? «Comme si des loups pointaient nos vies» dit-elle, qu’est-ce que ça signifie? «Effacer le néant/ Que tourne le vent» dit-elle encore dans sa chanson «Le bon moment», tout cela sonne beau mais encore? Les paroles de l’album sont de toute évidence très travaillées, entre la fleur de peau et l’armure, entre la fragilité féminine et l’émancipation, et on sent la fuite vers la noirceur, la difficulté d’aimer et d’être aimé. Mais au final la forme ne donne pas sur un fond intéressant, il y a bien de la tristesse et de bons mots, de belles formules, mais on n’évoque jamais au-delà de l’image qui est décrite, ce qui donne l’impression de regarder au fond d’un joli bocal creux. Dans cette atmosphère brumeuse qui s’étend dans la musique, il est vrai, orchestrée d’une main de virtuose, on finit par y voir flou: les chansons se confondent, les mélodies lentes se ressemblent et on se lasse. <i>27 fois l’aurore</i>, secret à percer ou bulle vide? Votre humble journaliste ne s’avance pas davantage.</span></p>
<p class="p3"><strong><em>Rêve américain</em> d’Hôtel Morphée: fantasme musical.</strong></p>
<p class="p1">ll s’agit ici du deuxième album pour le groupe montréalais après le succès critique de <i>Des histoires de fantômes</i>, sorti il y a moins de deux ans chez Audiogram. Le groupe, alternatif à souhait, a quand même fait partie de la programmation <i>South by Southwest</i> et gagné le Félix 2013 accordé à cette catégorie. Le quatuor est formé de Laurence Nerbonne, chanteuse et violoniste aguerrie, Blaise Borboën-Léonard, également violoniste, André Pelletier à la guitare et Stéphane Lemieux à la batterie. Pour leur deuxième opus, ils se sont lancés à fond dans l’ivresse du pop comme le signale leur titre <i>Rêve américain</i>. Hôtel Morphée part ainsi à l’assaut des icônes, les Marilyn Monroe de ce monde (comme dans leur chanson «Monroe est morte»), et sur la route des récits violents, à la Bonnie and Clyde, comme dans «Psycholove»: «Les mains couvertes de sang / Je t’aime en attendant».&nbsp; On peut voir dans les paroles les topoï exaltant du film américain: on y parle de mascara qui coule, de planification de meurtre passionnel, et de départ soudain sur la route pour l’étranger.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Le violon déchirant qui a fait la particularité du groupe reste bien présent dans des arrangements acidulés et accrocheurs comme dans le single «Dernier jour», qui a obtenu un certain succès cet été auprès des radios québécoises cet été. La chanteuse, égérie blonde du groupe, n’est pas sans rappeler celle de Metric, dans son look de nymphe blonde aux habits scintillants sur fond noir. Hôtel Morphée va à la musique comme à la guerre: c’est violent mais précis, calculé mais charnel. Une réussite en ce qu’il s’agit d’offrir des chansons au rythme entraînant et aux paroles envoûtantes, une musique qui donne dans la symbiose parfaite entre l’électronique et l’instrumental et qui promet de se faire soulever les foules et bouger les corps.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><strong><em>Santa Maria</em> de Dany Placard: chansons sans façons.&nbsp;</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ne</span>&nbsp;cherchez pas trop loin le second degré d’interprétation ici, c’est cru et direct, <i>rock and roll</i> et fièrement québécois. <i>Santa Maria</i> est le quatrième album solo du chanteur originaire de Laterrière au Saguenay—Lac-St-Jean, distribué par les éditions Simone.&nbsp; Il s’y livre à une véritable excursion philosophique, doublée d’une quête existentielle, avec des expressions et des images de tous les jours, des morceaux de ce quotidien banal qui peut devenir nauséeux si l’on ne parvient pas à en rire. L’album s’ouvre donc avec la chanson «Confucius», qui consiste en une série d’aphorismes bien terre à terre. Par exemple: «C’est pas parce que tu fais l’innocent/ Que t’es cave pour autant», ou le sympathique: «Ce n’est pas parce que tu marches dans les bois / Que tu peux pas fumer une clope». Le tout est très dru, mais charme par son authenticité, son indifférence pour l’image bien léchée et bien vue. On s’exprime en joual pur, dur et senti parce que c’est ainsi que l’on vit.</p>
<p class="p3">Côté musique on est dans le rock «lâché lousse», musique de «<i>jam</i>», musique des bois, musique pour défouler son corps et son âme à taper et à gratter bien fort de ses doigt. Mais le son reste contemporain avec ses arrangements audacieux et ludiques. On demeure ainsi dans le moderne grâce à l’ajout occasionnel d’orgue et guitare «<i>pedal steel</i>». Le chant de Placard se rend parfois à la limite du cri, on sent son âme sur la corde raide, mais le rythme effréné se calme par moment, par exemple pour le nostalgique morceau «Julie Gagné», réminiscence sur la jeune fille inatteignable à jamais laissée au passé. La chanson <i>Santa Maria</i>, oasis de calme parmi la fougue des autres pièces est une prière tout simple adressée mélancoliquement à la vierge Marie. Une prière faite à genoux, mais sans façon: «J’pogne pas plus que ça / Marie veux-tu m’aider».&nbsp; Puis le chanteur emprunte un timbre plus country pour la chanson «Hot-dog Michigan», un retour sur soi poignant d’honnêteté. Le chanteur se questionne de façon émouvante sur son succès, sur sa carrière et ses rêves. On apprécie la fraicheur du tout, simple et agréable comme un soleil d’automne qui perce au milieu de la ville.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/" data-wpel-link="internal">Chroniques musicales</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/chroniques-musicales/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bohème synthétique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/boheme-synthetique/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/boheme-synthetique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2014 13:57:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=21049</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le MRCY Block Party réunit les vedettes de la musique pop alternative à Laval.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/boheme-synthetique/" data-wpel-link="internal">Bohème synthétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>aval, un frais après-midi d’automne dans un stationnement du second campus de l’Université de Montréal. Les adeptes de musique alternative (lire: ce qui n’est pas Katy Perry) se regroupent tranquillement devant une scène qui exhibe fièrement son identité toute techno-contemporaine: #MRCY2014. Au sein de la foule on arbore soit la tuque, soit la barbe, ou mieux encore, les deux. Parmi la pléthore de <i>foodtrucks </i>présents sur le lieu, on est libre de choisir le produit alimentaire qui nourrit le mieux son corps, sa conscience ou son fil instagram: à savoir, un <i>sloppy joe</i>, une poutine végétalienne ou un gâteau au fromage frit.</p>
<p class="p3"><span class="s1">On ne consomme pas énormément d’alcool, vu son prix prohibitif des plus efficaces, bien que l’on puisse voir circuler de temps à autre une bouteille furtive qui ne contient pas du jus de pomme. Le prix d’excellence du consommateur revient toutefois à la jeune femme fumant nonchalamment une cigarette électronique dont les émanations sont clairement celles de la marijuana. La cigarette électronique: un achat versatile. Une autre option consiste aussi à se diriger vers l’épicerie la plus proche pour s’y procurer de l’alcool à un prix raisonnable (lire: Pabst Blue Ribbon) qu’on consommera en vitesse avant de retourner sur les lieux du spectacle.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Une fois les besoins du corps assouvis, les oreilles peuvent se régaler d’une programmation bien fournie: les groupes locaux Thus Owls et Caravane ouvrent le bal vers 15h avec leur musique respective, l’une aux accents mélancoliques, l’autre d’un rock modernisé et assumé francophone. S’en suit ensuite l’artiste Foxtrot, appelée à la dernière minute afin de remplacer Sky Ferrera. Accompagnée d’un synthétiseur, de quelques percussions et d’une seule musicienne — une joueuse flegmatique et énigmatique de cor —, la chanteuse profite de cette occasion de dernière minute pour présenter à un autre public son univers musical aux <i>beats</i> puissants. Le groupe montréalais les Barr Brothers s’est ensuite produit sur scène, diffusant une mélancolie folk et maitrisée, idéale pour des adieux à l’été dans la fraicheur d’un coucher de soleil. À la tombée de la nuit, vient le tour de Death From Above 1979, duo punk-rock torontois à la composition intéressante. En effet, le groupe est formé d’un batteur-chanteur et d’un bassiste, musiciens trop souvent relégués à l’arrière-plan. Les deux parviennent à enflammer la foule avec des jaillissements déchainés de métal, des solos électrisants et des interpellations en français à la foule dont un mémorable: «La dernière fois que j’étais à Laval, c’est quand mon grand-père est mort pis on est allé faire du bowling et manger de la poutine… Vous êtes vraiment fins d’applaudir que mon grand-père est mort.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Puis un des joueurs les plus attendus de la soirée fait son entrée: le mythique et obscur (oui, c’est possible) groupe américain Neutral Milk Hotel. Retentit alors la musique festive d’une vraie bande de déjantés aux allures de personnages sortis des bois, entre le conte de fée et la bande de motards: trompettes, chandails de laine «hipstériques», guitare sertie de flocon de neige. Plusieurs de leurs chansons se sont prolongées dans des vibrations entrainantes aux limites du transcendantal pour la foule déjà électrisée.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">Puis vient le moment majeur de la soirée, l’arrivée du groupe Metric sur scène. Toute l’attention se concentre sur le personnage évanescent de la chanteuse Emily Haines, sorte de nymphe blonde du rock, qui exsude une fragilité émotionnelle contrastant avec l’aplomb des hymnes de rock électronique dans lesquels elle s’exprime. Le groupe reprend plusieurs de ses succès populaires dont «<i>Help I’m Alive</i>», «<i>Dead Disco</i>» et «<i>Stadium Love</i>» alors que les éclairages inondent la scène de roses et jaunes incandescents qui alternent avec des effets surréalistes de noir et blanc et l’inévitable stroboscope.</p>
<p class="p3"><span class="s1">La soirée se termine dans l’émotion lorsqu’avant d’entamer sa chanson «<i>Breathing Underwater</i>», la chanteuse fait une de ses rares interpellations à la foule pour lui dire&nbsp;: «<i>It’s important to be okay.</i>» «<i>I just need to remember to be okay</i>», s’est-elle répété à elle-même à mi-voix après un instant. Puis, comme il est conventionnel de le faire en fin de spectacle, la foule se joint au groupe pour entamer le refrain à l’unisson qui a faibli progressivement pour finir accompagné seulement d’une guitare et d’un torrent de voix implorant «<i>Is this my life?</i>». Puis le groupe s’éclipse sans faire de rappel, indifférent à la clameur de la foule pour encore un peu davantage. «<i>They were right when they said we should never meet our heroes</i>» avait-on chanté seulement quelques secondes plus tôt.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Autre note discordante en fin de soirée, les participants à l’évènement étaient nombreux à s’être rendus à Laval en métro sous l’impression que «La STL offrira[it] le transport gratuit à toutes les personnes qui auront leur billet en main», comme le précisaient les nombreuses annonces de l’événement. Faux: les fameux détenteurs de billets se sont retrouvés coincés par centaines dans la station Montmorency pendant un bon moment. Façon désagréable de terminer une soirée autrement magique.</span></p>
<p class="p4">
</p><p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/boheme-synthetique/" data-wpel-link="internal">Bohème synthétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/09/16/boheme-synthetique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Opening Night</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/08/opening-night/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2014/09/08/opening-night/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 02:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=20944</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre des Quat'sous fait son cinéma. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/09/08/opening-night/" data-wpel-link="internal">Opening Night</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span>l fait partie de la tradition du cinéma de créer de grands films à partir de pièces de théâtre, que l’on pense à Twelve Angry Men, les nombreux Roméo et Juliette existants, ou plus récemment encore&nbsp; August : Osage County. Avec Opening Night, le Théâtre de Quat’sous entreprend le pari difficile d’exécuter l’inverse: on adapte ici le film du même nom de John Cassavetes pour la scène.</p>
<p class="p3"><span class="s2">Transposée au théâtre, la pièce fonctionne selon le mécanisme de mise en abyme par excellence: le théâtre dans le théâtre. On y raconte l’histoire de la mise en scène d’une pièce qui vient d’être bouleversée alors qu’une adolescente de 17 ans, admiratrice éperdue de l’actrice principale, se fait mortellement frapper par une voiture devant le théâtre. À partir de ce moment, l’actrice Myrtle Gordon, interprétée par Sylvie Drapeau, se trouvera hantée par cette mort, symbole morbide de la jeunesse et de ses promesses infinies. Cette jeune fille pétrifiée dans l’âge par sa mort rappellera cruellement à Myrtle son propre vieillissement, sujet qu’elle se trouve forcée d’aborder dans la pièce dans laquelle elle joue.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Toute la pièce repose sur la performance de Drapeau, sur sa capacité à exécuter de façon convaincante la folie grandissante et l’hystérie paranoïaque, le tout&nbsp; avec un pathétisme qui ne tombe pas dans le ridicule.&nbsp; Le jeu est somme toute époustouflant et spectaculaire, alternant entre des poses de femme maîtresse de son art et sûre de son influence sur les autres, à des tortillements de gamine capricieuse et irascible, puis de véritables hurlements de damnés.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Autour de Myrtle évolue tout un petit écosystème théâtral, cruellement dépendant de la performance de l’actrice sur scène. La distribution est sobre et efficace: Muriel Dutil interprète le rôle de l’auteure de la pièce dont il est question, d’une façon qui bien que solide, semble effacée et sans vrai poids devant les enjeux plus violents de la pièce. Stéphane Jacques joue le rôle du metteur en scène prêt à tout pour obtenir les résultats lucratifs escomptés de son actrice. Agathe Lanctôt joue sa femme, également actrice, qui dans une scène émouvante habille Myrtle pour sa performance, en se reléguant docilement au deuxième plan devant le malheur dévorant et sublime de son ainée. Les autres acteurs dans le rôle d’acteurs sont Sacha Samar et Mani Soleymanlou, les deux n’étant d’aucune aide à la situation de Myrtle, l’un par son cynisme qui vire à l’exaspération, et l’autre par son admiration déplacée pour l’actrice qui ajoute une touche d’humour au tableau d’ensemble. Jade-Măriuka Robitaille interprète quant à elle l’adolescente morte, dont le visage angélique et mutin contraste avec effets par les images de violence et de sexualité que Myrtle projette sur ce cadavre ambulant.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">La sobriété des décors, de simples panneaux pivotants et quelques fauteuils, fait en sorte que l’on est incessamment rappelé au lieu qu’est la scène. L’univers du théâtre devient ici un univers cauchemardesque, son sol sombre inéluctable devenant peu à peu le réceptacle de toutes les hantises de l’actrice principale, mais aussi de celles de ses coéquipiers acteurs et régisseurs qui dépendent l’un de l’autre afin d’affronter tant bien que mal le monstre grondant qu’est le public.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Malheureusement une finale trop rapide et une conclusion nébuleuse empêchent de se laisser totalement emporter par cet effet vertigineux de miroir que souhaite produire la mise en abyme.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Quoi qu’il en soit, la production fait montre d’un talent assez exceptionnel pour entraîner le public d’un niveau à l’autre de son histoire. On en ressort fasciné par le travail d’acteur et certainement inquiété par ses démons.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/09/08/opening-night/" data-wpel-link="internal">Opening Night</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2014/09/08/opening-night/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trois courts poèmes (et un bonus) ‑Virginie Daigle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/04/01/trois-courts-poemes-et-un-bonus-virginie-daigle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2014 21:52:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=20841</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cahier Création 2014</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/04/01/trois-courts-poemes-et-un-bonus-virginie-daigle/" data-wpel-link="internal">Trois courts poèmes (et un bonus) ‑Virginie Daigle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Trois courts poèmes (et un bonus)</strong></p>
<p><b>1</b><b>. fond d’écran<br>
</b>Et la mer, parallèle à mon cœur<br>
Et mon cœur pareil à tant d’autres<br>
Tant de rêves, si peu d’ardeur<br>
Peu de mérite et tant de fautes<br>
Et la mer, image dans le fond<br>
D’écran d’ordinateur,<br>
Ne changera le cours trop long<br>
Du fleuve relassé des heures</p>
<p><b>2</b><b>. ongles<br>
</b>Mes ongles rongés simplement par ce souci de vivre<br>
Rongés jusqu’à la moiteur de l’angoisse<br>
De manger le plus dur jusqu’au sensible<br>
Rose sang</p>
<p><b>3</b><b>. ritournelle<br>
</b>À nouveau j’ai les morsures de ma rage sur les mains<br>
Je sais que c’est mal mais ça me fait du bien<br>
D’ainsi planter mes dents dans mon chagrin<br>
Je sais que c’est mal mais ça me fait du bien</p>
<p>bonus inopiné:</p>
<p><b>S</b><b>ecret<br>
</b>Ça s’appelait<br>
«Fuite en quatre temps»<br>
Mon poème qui parlait<br>
De l’hôpital<br>
Mon ordinateur a crashé avec mon poème dedans<br>
Je n’ai jamais été dans l’hôpital<br>
Désormais</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/04/01/trois-courts-poemes-et-un-bonus-virginie-daigle/" data-wpel-link="internal">Trois courts poèmes (et un bonus) ‑Virginie Daigle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Effondrements minimes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/03/24/effondrements-minimes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2014 04:05:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=20590</guid>

					<description><![CDATA[<p>Marc-Antoine Larche signe un album qui dépeint les peines anodines et difficiles de l’amour.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/03/24/effondrements-minimes/" data-wpel-link="internal">Effondrements minimes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>L</i><i>es petits effondrements</i> est le premier album complet de l’auteur-compositeur-interprète Marc-Antoine Larche, originaire d’Abitibi. Cet album réalisé par Navet Confit, fait suite à l’EP <i>Mes cliques, mon cœur et mes claques</i> sorti en 2010. L’album affiche une pop sobre, aux sonorités indies mais sans grande innovation technique, et où l’empreinte plus avant-gardiste du musicien se fait surtout entendre dans les légères improvisations en ouverture de certaines chansons dont «Les courants d’air» et «Ça n’arrivera pas».</p>
<p>L’écoute est agréable dans la mesure où la musique sait suffisamment se démarquer des platitudes redites de la musique commerciale sans toutefois perturber l’horizon d’attente de l’auditeur. Sa simplicité mélodique s’inscrit bien dans le projet esthétique de l’album, soit une approche en «mineur» de la musique, mais celle-ci peut néanmoins devenir lassante et sembler répétitive lorsque l’album est pris dans sa totalité. La voix du chanteur, légèrement rauque, traînante et nasillarde fonctionne de la même façon: il faut l’apprécier dans la mesure où elle cadre parfaitement avec l’émotion que l’album cherche à communiquer, une certaine nostalgie cherchant à se réfugier dans l’indifférence.</p>
<p>Choix particulier, le chanteur a aussi choisi d’offrir une réinterprétation du classique québécois «Ce soir l’amour est dans tes yeux». Cette dernière est surtout intéressante pour sa rupture esthétique avec l’originale, presque humoristique, et qui réside du côté des arrangements, mais laisse à désirer au niveau de l’interprétation vocale.</p>
<p>Il faut savoir que la sensibilité et la peine d’amour sont les deux grands moteurs de cet album. Le chanteur est tel une fleur délicate, comme il l’affirme dans «Les pétales sur le plancher», et il faut peut-être applaudir le courage d’une telle posture, généralement plus féminine.</p>
<p>Du côté de l’écriture, celle-ci est réussie dans sa construction d’un univers fragile, dont la particularité réside justement dans cet effondrement qui le guette. La pièce «Changement majeur», est spécialement bien composée et dépeint le quotidien comme un espace intérimaire entre l’attente d’une résolution au présent et une réflexion sur la volatilité du passé, alors que le chanteur fait un retour périodique sur ses amours passées. L’auteur ne se préoccupe pas particulièrement de l’emploi de la rime, sauf dans le morceau «J’te cherche des mots», un joli poème tendre et amoureux écrit à quatre mains avec Catherine Lalonde.</p>
<p>Il s’agit d’un album mesuré et discret dont les sonorités évoquent une certaine mélancolie urbaine, et, donc, si vous voulez contempler le plafond de votre chambre justement pour éviter d’aborder les pensées qui vous préoccupent; déambuler avec lenteur lorsque vous marchez vers un changement de direction dans le métro; marcher sous la pluie, mais une pluie juste assez fine pour ne pas nécessiter l’usage d’un parapluie; vous remémorer au ralenti l’image d’un être aimé qui danse; cherchez une trame sonore pour le film triste que vous vous faites dans votre tête, cet album est peut-être pour vous.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/03/24/effondrements-minimes/" data-wpel-link="internal">Effondrements minimes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une seconde d’extase</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/une-seconde-dextase/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2014 06:03:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19948</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ma rencontre avec James Franco.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/une-seconde-dextase/" data-wpel-link="internal">Une seconde d’extase</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Montréal, rue Sainte-Catherine, 5 heures du matin. Avec une amie, je m’engage très consciemment dans une aventure absurde: attendre quatre heures durant, par une glaciale nuit de février, l’ouverture du magasin Indigo afin d’obtenir des laissez-passer pour une séance de dédicace, pendant laquelle le célèbre acteur américain James Franco signera 500 exemplaires de son nouveau roman <i>Actors Anonymous</i>.</p>
<p>Je n’ai pas lu ce roman. Mais qui, parmi ces jeunes femmes, et quelques rares jeunes hommes, fiévreusement rassemblés au cœur de cette nuit sombre, a lu le roman de James Franco? Soyons honnêtes, ce n’est pas la littérature qui nous écarte du sommeil en ce moment et nous fait braver le froid hivernal. Ce n’est pas l’exercice d’une prose particulièrement réussie, l’usage prodigieux d’une syntaxe évocatrice, ou la maîtrise des symboles poétiques qui sont à l’origine de ce pèlerinage pénible vers la procuration d’un ouvrage. C’est pour lui, pour le seul, l’unique. James. Franco.</p>
<p>Nous entrons chez Indigo vers 7 heures du soir. En achetant nos livres ce matin, c’est un «bracelet d’or» que nous avons obtenus, il faut le répéter: ce bout de papier qui entoure nos poignets est fait de l’or des idoles, un insigne éminemment précieux, la voix d’accès au sublime. Les règles sont claires: on ne peut demander qu’à faire signer des livres, il est interdit de demander une signature personnalisée à l’illustre main de l’artiste, et si photos il doit y avoir, il doit s’agir de photos prises «sur le vif», sans demander le temps d’une pose. «Est-ce que je peux entendre toutes celles qui ont réussi à avoir un bracelet d’or pour rencontrer James?» demande l’organisateur de l’événement. Le cri de jubilation qui jaillit alors est aigu, strident et sauvage. À cet instant on est en train de lancer des bonbons à la foule pour la distraire du fait que l’écrivain a beau être très sexy, il n’est guère ponctuel. 40 minutes de retard. Pour occuper la foule impatiente et dangereusement à l’orée du délire, l’organisateur s’écrie «on va chanter son nom, peut-être que si y’est dans le building y va vous entendre».&nbsp; Néanmoins, je ne crie pas: «Franco! Franco!», non merci. Mon enthousiasme s’arrête là où commence la clameur de noms de dictateurs.</p>
<p>Puis, l’Artiste fait finalement son entrée; les hauts-parleurs de la librairie entament une musique triomphale. D’un geste unanime la foule tend les bras vers le ciel ‑une armée d’iPhones- comme dans un étrange salut destiné à capturer le célèbre visage. La nuée de brebis trépigne et crie de la joie d’apercevoir, un bras, un morceau de visage, une portion du dos de son valeureux berger. L’oraison de ce dernier sera brève et concise: «<i>Good evening guys. Let’s sign some books</i>», puis il s’installe à sa table, ajourné du halo des projecteurs adroitement installés autour de lui.</p>
<p>Ce n’est même pas nous qui tendons les livres à l’auteur, un employé arrache les livres au gens dans la file, le tourne à la page adéquate puis le tend à un autre employé qui les glisse un à la suite de l’autre sur la table où est installé l’acteur. Un troisième s’affaire à pousser les gens jusqu’à devant la table, et un quatrième à les écarter une fois l’acte de la signature accompli.</p>
<p>Mon tour arrive enfin. James Franco prend le livre, me regarde et me dit: «<i>How’s it going</i>?» Magie. Mon Dieu, moi aussi je t’aime James. Parce que c’est évidemment ce qu’il a voulu dire par sa question. Je reste muette, figée; tout au long de ce périple qui m’a conduite vers ce moment précis, il ne m’est jamais venu en tête de préparer une réponse à une telle question. «<i>How’s it going?</i>», c’est trop difficile, que dire? Quelle réplique serait plus propice à lui révéler ma fabuleuse personnalité, mon charme et mon sens de l’humour et qui résultera ultimement en une demande en mariage? Oh Franco, voilà que devant toi, mon magnifique Graal, je suis muette telle Perceval au château du Roi pêcheur. Je dois me contenter de sourire; James Franco me sourit aussi. Mon Dieu, nous aurons donc beaucoup d’enfants. Il se souviendra de mon sourire pour le restant de ses jours, ce sourire timide et éclatant dans lequel j’aurai mis toute ma fabuleuse personnalité, mon charme et mon sens de l’humour. Nous voilà éternels et si spéciaux, James et moi, c’est un beau roman, c’est une belle histoire… Et on me pousse pour laisser passer la chanceuse suivante.</p>
<p>Expulsée du paradis, je descends les escaliers du Indigo, un peu sonnée du peu qu’il me reste de mes efforts: un étrange gribouillis sur les pages d’un livre qui m’a couté 33 dollars&nbsp; et que je n’ai aucune envie de lire. D’autres filles descendent à ma suite, en poussant des cris de joie, l’ouvrage pressé contre leur cœur. Je me demande qui jouait le rôle de l’animal dans cet étrange zoo médiatique, encadré des barreaux immuables séparant la foule de la célébrité. On nous a vendu du rêve, un rêve sexy, retardataire et peu loquace, traçant des signes sur du papier et des fantasmes exaltés dans l’esprit de ses admirateurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/02/11/une-seconde-dextase/" data-wpel-link="internal">Une seconde d’extase</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Que justice soit faite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/04/que-justice-soit-faite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2014 06:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19811</guid>

					<description><![CDATA[<p>«L’urgence de la jeunesse» met le feu aux planches du Cabaret du Mile-End.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/02/04/que-justice-soit-faite/" data-wpel-link="internal">Que justice soit faite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«La jeunesse est une maladie bourgeoise» affirmait Jean-Paul Sartre dans sa pièce <i>Les mains sales</i>. La pièce de théâtre <i>Les Justes</i> d’Albert Camus, présentée au Cabaret du Mile-End mardi dernier, est une sorte de réponse à cette œuvre du grand existentialiste. Ces deux pièces questionnent les difficultés de conserver les idéaux de l’honneur et de l’intégrité au travers d’une entreprise révolutionnaire qui ressent le besoin de violence pour parvenir à faire changer les choses. Dans la pièce de Camus, située dans la Russie du début du 20<i>e</i> siècle, les personnages entreprennent d’assassiner un Grand-Duc, afin d’entamer une révolution destinée à mettre fin aux misères du peuple asservi. L’œuvre s’interroge sur la valeur de la vie humaine et du prix à payer pour obtenir une justice trop souvent équivoque.</p>
<p>La mise en scène est sobre et efficace; le décor se contente de chaises et d’une table, au fond de la scène, sur un rideau noir, sont accroché des cadres vides. Les costumes évoquent assez bien l’époque, sans engoncer les acteurs ou détourner l’attention de leur jeu. Ce dernier est convaincant, malgré l’absence d’expérience professionnelle des acteurs; les débats politiques sont enflammés, les plaidoyers larmoyants et les comédiens savent conserver leur énergie tout au long d’une pièce qui comporte très peu de moments légers. Au piano, une musicienne accompagne le début ainsi que la fin des actes avec des sélections classiques au caractère grave et solennel, allant de pair avec les sentiments de la pièce.</p>
<p>Le 21 janvier dernier, la fébrilité et l’enthousiasme de la jeunesse transpirent avant même le début du spectacle dans l’atmosphère d’un Cabret du Mile-End plein à craquer. «On ne s’attendait pas à autant de monde», a révélé Romy Léger-Daigle, la pianiste du spectacle, au <i>Délit</i>, à la fin de la performance, encore toute étonnée du succès retentissant de l’entreprise. «Avant le début du spectacle on courrait dans les coulisses pour trouver plus de chaises pour asseoir les gens.» Un simple coup d’œil sur le programme suffit pour saisir le caractère tout à fait inédit et spontané de l’entreprise. Dans son mot adressé au spectateur, le metteur en scène Alexandre Petitclerc fait part de sa profonde admiration pour Camus et la «vertigineuse magnificence» de sa prose. La passion révolutionnaire qui anime les personnages de la pièce semble s’être déplacée des pages du livre pour venir habiter la troupe encore toute fraîche de sa création.</p>
<p>Rien d’autre n’est venu motiver cette mise en scène, hormis le profond désir de faire du théâtre. Désir partagé par ce groupe d’amis à qui cette activité manquait depuis l’entrée au cégep de certains. Les répétitions initiales avaient lieu dans les parcs et les salons. Les rencontres se déroulaient dans ce lieu typique et propice à l’art: le café, où les notes étaient griffonnées, bien évidemment, à l’encre sur les serviettes en papier disponibles. C’est donc une production de peu de moyens qui, à force de travail et de persuasion, a réussi, sans aucune expérience préalable, à se hisser sur les planches d’une scène importante de Montréal.</p>
<p>En ouverture du spectacle, le metteur en scène rappelle aux spectateurs les événements qui se déroulent présentement en Ukraine afin de rappeler l’actualité encore poignante des enjeux que Camus présente dans sa pièce.&nbsp; Son allure, jeunesse ardente, cheveux longs et chemise rouge, s’allie déjà aux propos exalté de la pièce. Puis la troupe commence, hésitante au départ, puis de plus en plus assurée, pour finir par donner une performance criante&nbsp; d’honnêteté et de ferveur trop souvent absentes dans bien des théâtres professionnels.</p>
<p>Au final, cette mise en scène, étonnamment bien réussie pour son peu de moyens, prouve que le théâtre est un art vivant, et plus encore, un art éternellement jeune.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/02/04/que-justice-soit-faite/" data-wpel-link="internal">Que justice soit faite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Party de famille chez les Boulay</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/11/12/party-de-famille-chez-les-boulay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Virginie Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 17:26:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19283</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le groupe folk annonce le début du festival Coup de coeur francophone.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/11/12/party-de-famille-chez-les-boulay/" data-wpel-link="internal">Party de famille chez les Boulay</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«Ça va bien, Club Soda?» «Tu viens pas juste de les appeler Club Soda? Ils ont tous leurs p’tit noms voyons donc Milou!» C’est un petit échange entre les deux sœurs qui vient bien résumer l’atmosphère de la soirée du 7 novembre, où Les sœurs Boulay présentaient le spectacle tiré de leur premier album <i>Le poids des confettis</i> afin d’ouvrir le festival Coup de cœur francophone. La tâche pouvait sembler de taille, mais les deux sœurs ont prouvé ce soir-là qu’elles ont su garder leur simplicité et rester pied à terre devant un public qui n’a cessé de se multiplier depuis le lancement de leur album il y sept mois.</p>
<p><i>Le poids des confettis</i>, ce titre aux évocations poétiques, résume admirablement bien l’univers que les chanteuses folks ont construit par leurs paroles, à la fois pesant et évanescent. Elles parviennent à allier une poésie délicate et imagée à des aveux poignants et criants de vérité avec des titres tels que «Mappemonde» ou «Ôte-moi mon linge».&nbsp; Les sœurs Boulay chantent soit en même temps, soit à tour de rôle, leurs périples amoureux, leurs accidents de parcours et les chansons de route qui agrémentent leurs nombreux voyages à la campagne et à la ville. Le tout agrémenté d’outils musicaux uniques et variés: des harmonies de virtuoses, des sifflements époustouflants de maîtrise, ou encore de solos endiablés de gazou et de mélodica.</p>
<p>Certes, les deux jeunes femmes charment par leur fragilité, leur univers décoré, mignon et ultra-sensible. Elles savent néanmoins assumer cette image de petites filles en robes et en collants qui est la leur, et l’allier avec brio avec une âme «<i>wild</i>» de musiciennes en réalité terriblement aguerries et expérimentées, que ce soit à la guitare, au ukulélé ou aux percussions.</p>
<p>Le fait de voir deux sœurs partager la scène plonge immédiatement le public dans une ambiance familiale et amicale, parsemée de taquineries bon-enfant. Cet esprit de famille, les deux chanteuses le partagent aussi avec leurs musiciens, avec qui la symbiose est évidente. Plusieurs blagues portent sur le fait que les sœurs viennent de province et que leur attitude&nbsp; est décidément plus «bûcheronne» que citadine. C’est le thème justement d’une de leur chanson «T’es pas game», où elles se lamentent du cruel manque de garçons sachant conduire un ski-doo sur le Plateau Mont-Royal.</p>
<p>Un moment touchant du spectacle fut lorsque les deux sœurs et leurs deux musiciens se sont tout simplement installés autour du piano, le temps d’une reprise de la chanson «Our House» de Stills, Nash and Young. On a eu l’impression à cet instant d’avoir véritablement été invité dans une maison familiale chaleureuse pour partager tous ensemble le plaisir de la musique. Puis le joyeux groupe est monté sur le balcon pour surprendre le public avec un rappel acoustique. La soirée s’est terminée avec les retentissements d’une des chansons plus populaires du groupe «Des shooters de forts sur ton bras», après que ses membres aient eux-mêmes trinqués les rituels <i>shooters</i> précédant cette chanson. Au départ un murmure, la voix du public s’est finalement jointe avec force et joie à celle des sœurs Boulay pour chanter avec elles une chanson de route qui les mènera, on l’espère, encore très loin.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/11/12/party-de-famille-chez-les-boulay/" data-wpel-link="internal">Party de famille chez les Boulay</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
