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	<title>Rosalie Dion-Picard - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 05 Apr 2011 17:39:39 +0000</lastBuildDate>
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		<title>L’orgueil blessé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/04/05/l%e2%80%99orgueil-blesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Apr 2011 17:39:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[dollaraclip]]></category>
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		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Tant qu'il y aura des livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En commençant cette ultime chronique, je combats désespérément la tentation du bilan larmoyant, nostalgique avant la fin. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/04/05/l%e2%80%99orgueil-blesse/" data-wpel-link="internal">L’orgueil blessé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.2px} -->Certainement, je suis fière –à tort– de passages illisibles, et vaguement honteuse de quelques drôleries probablement sympathiques. J’ai rabâché plus souvent qu’à mon tour le sort des incompris, et celui des poseurs qui ne sont pas toujours ceux qu’on pense, je n’ai pas pu m’empêcher de commenter la vie tumultueuse et généralement comique du bien petit monde de la jeune vingtaine universitaire. J’ai glissé en passant –souvent à la troisième personne, chacun a sa pudeur– le souci d’être compris, la crainte de n’être pas lu, le désir enfoui de n’avoir jamais à parler de ses écrits, mais sans passer inaperçu. Ai-je su dire, seulement une fois, quelque chose de vrai, ai-je pu toucher à l’essentiel? Peut-être pas, probablement pas, mais bon, je vous jure que j’ai essayé, à tout le moins, de vous fournir une lecture avec un peu de chair autour de l’os.</p>
<p>Quelques interprétations de style libre ont amené, j’espère, un éclairage tout personnel, à défaut d’être édifiant, sur des œuvres qui ont croisé mes préoccupations. (Après, si on n’aime pas la personnalité de l’éclairagiste, l’intérêt est limité, quoique j’adore lire Josée Legault, question de stocker des munitions.) Bref, je crois à l’importance de lire des opinions et de comprendre leur mécanique, aussi fautive qu’elle puisse paraître. Notre Roch Voisine exprimait un point de vue différent aux <em>Enfants de la télé</em> (le <em>Dollaraclip</em> radio-canadien, mais oui, vous connaissez) plus tôt cette saison. Sa vision, on-ne-peut-plus originale, sous-tendait d’abord ceci: que savent-ils de plus que les autres? De quel droit émettre des jugements? Suivant cette logique, il faudrait que toute intervention commence en rappelant à l’auditoire la subjectivité des locuteurs. Tant qu’à faire, moi je rajouterais les dépêches de presse, les articles de journaux, les essais, les monographies, en général tout ce qui s’imprime. Il faudrait aussi, j’aimerais beaucoup, qu’on établisse une liste des faits qui ne sont pas des opinions (l’alcoolisme de Dollard des Ormeaux, et autres faits historiques irréfutables) mais que tout le reste soit précédé de «Ce n’est que mon humble opinion, mais…». Ou on pourrait rendre obligatoire un cours «subjectivité et objectivité» en cinquième secondaire. Ou encore cesser de prendre les gens pour des imbéciles pour ménager la sensibilité d’artistes à la carrière internationale et prospère.</p>
<p>(Je ne vous aurais pas laissé sans un dernier coup de gueule un peu trop agressif.)</p>
<p>Voilà donc. Qui eût cru que Roch Voisine eût été mon dernier sujet? Encore une chronique qui n’a pas tourné comme prévu. Il y aurait eu tant à dire sur les mots, le combat constant que de les utiliser à bon escient, l’espoir naïf d’y parvenir. Mais l’aurais-je pu? Ça prendrait une vie, j’imagine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/04/05/l%e2%80%99orgueil-blesse/" data-wpel-link="internal">L’orgueil blessé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Portrait d’une artiste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/portrait-d%e2%80%99une-artiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 13:08:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[flavie]]></category>
		<category><![CDATA[quai des brumes]]></category>
		<category><![CDATA[sala rossa]]></category>
		<category><![CDATA[un an debout]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auteure-compositrice-interprète comme il s’en fait peu, Flavie transpose enfin son talent. et son énergie incomparable sur disque.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/portrait-d%e2%80%99une-artiste/" data-wpel-link="internal">Portrait d’une artiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Flavie et ses collaborateurs ont enflammé la scène de la Sala Rossa lors du lancement de Un an debout, le 21 mars. Quiconque ayant déjà pu constater sa grande maîtrise de la scène ne s’étonnera pas d’apprendre qu’elle est détentrice d’un DEC en théâtre et d’un baccalauréat en chant populaire. Pourtant, rien ici qui sente la formule ou la leçon apprise par cœur. C’est tout naturellement que le public se laisse emporter par sa musique, qui emprunte autant à la chanson française qu’au rock pour créer une pop de haut calibre.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-4.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-7583" title="Flavie (Culture) 4" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-4-595x297.jpg" alt width="595" height="297"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">www.flavie.info</span>		</figcaption>
	</figure>

<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 300px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-1.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-7587" title="Flavie (Culture) 1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-1-300x270.jpg" alt width="300" height="270"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">www.flavie.info</span>		</figcaption>
	</figure>
Ce premier album montre une artiste étonnamment mature, qui réussit la création d’un tout cohérent et varié à la fois. La voix, maîtrisée, peut moduler des improvisations de blues autant que la douce tristesse d’une ballade. Des influences reggae rappellent parfois Tryo, les arrangements et les voix peuvent évoquer Harmonium, et un rock au débit haché emprunte aux Ariane Moffat de ce monde. Au final, le style de Flavie, d’une rare authenticité, s’enrichit de ces multiples influences et se les approprie.
<p>Une musique travaillée, qui n’en devient pas pour autant une prouesse technique, et une voix d’une richesse bouleversante s’unissent harmonieusement dans tous les morceaux. La recherche de l’émotion adéquate –souvent un brin nostalgique– prime sur celle de la perfection d’une chanson léchée. On a la chance d’assister ici à un réel exercice de création et d’expression, à l’opposé de l’exercice de style qui caractérise parfois les premiers albums. Les textes sont à l’avenant: à la fois profonds et justes, ils sont habiles mais sans fioritures, au grand régal des amateurs de chansons à textes lassés de certaines pirouettes poétiques vides ou des sempiternels récits de ruptures. Chaque pièce, autant par la musique que par les paroles, sait créer une atmosphère unique.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-7585" title="Flavie (Culture) 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Flavie-Culture-2-595x398.jpg" alt width="595" height="398"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">www.flavie.info</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Entourés de collaborateurs de talent, debout à l’avant de la scène, avec ou sans sa guitare, Flavie sait captiver son public. Et pour cause: elle se donne à lui sans compter, et la voir évoluer sur scène est un plaisir. Si l’expérience du théâtre, de l’improvisation et une solide formation musicale expliquent en partie son talent pour l’expression scénique, il y a une part de magie dans l’énergie exceptionnelle de Flavie sur scène. Ses performances, comme sa musique, sont d’une intensité exceptionnelle et sans compromis. Le disque, disponible en mode «payez ce que vous voulez» sur le site Internet <a href="http://flavie.info" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer">Flavie.info</a>, s’écoute comme un roman… en attendant le prochain spectacle.</p>
<p><em>Découvrez Flavie en concert le 22 mai prochain à 21h au Quai des Brumes.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/portrait-d%e2%80%99une-artiste/" data-wpel-link="internal">Portrait d’une artiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Tant qu’il y aura des livres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/22/tant-qu%e2%80%99il-y-aura-des-livres-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 13:52:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Blank City]]></category>
		<category><![CDATA[Blondie]]></category>
		<category><![CDATA[Debbie Harry]]></category>
		<category><![CDATA[Jim Jarmusch]]></category>
		<category><![CDATA[Sonic Youth]]></category>
		<category><![CDATA[Thurston Moore]]></category>
		<category><![CDATA[Wild Style]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fascination peut-être démesurée qu’ont toujours suscitée chez moi les avant-gardes tient entre autres à leur mécanisme. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/22/tant-qu%e2%80%99il-y-aura-des-livres-2/" data-wpel-link="internal">Tant qu’il y aura des livres</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.2px} -->Grosso modo, de la mouvance obscure croît un mouvement plein de crises et de déchirements qui nous donne les grands artistes de demain. Tout commence toujours, nécessairement, avec un «groupe». Enfant de notre ère pas très communautaire, je cherche toujours et sans grand succès les terreaux fertiles à une nouvelle éclosion du phénomène. Bien sûr, je ne connais rien à rien dans bien des choses, mais je crois qu’affirmer que l’underground montréalais se caractérise par un joyeux bordel ne pourrait être taxé de jugement gratuit. Je suis donc immanquablement victime d’une nostalgie –assez singulière puisqu’issue d’une période inconnue– qui m’envahit dès qu’il est question d’une avant-garde, aussi éloignée de ma sensibilité personnelle soit-elle.</p>
<p>Soit un documentaire sur un des mouvements, <em>Blank City</em>. New York, Lower East Side, fin des années 1970 et début des années 1980. Un coin délabré et dangereux de la ville, des musiciens qui font des films, des peintres qui jouent de la guitare, le tout raconté à partir de films plus qu’artisanaux. Il y a Jim Jarmusch, Debbie Harry (la chanteuse de Blondie), Thurston Moore (de Sonic Youth), Steve Buscemi, Jean-Michel Basquiat et Fab 5 Freddie (réalisateur du film Wild Style), tous des artistes dont on ne peut méconnaître l’influence. Dans une période sombre, un groupe, autour duquel gravite quelques centaines de spectateurs, fait du cinéma no wave, du «cinema of transgression», collé sur la musique punk la plus bruyante et déstructurée. Et ainsi naissent les carrières de figures gigantesques de la culture américaine. On ne s’en sort pas: d’abord, il faut un groupe. Six amis dans un salon ne constituent pas un terreau fertile au développement d’un mouvement –quel que soit sa nature– et de toutes les crises d’identité et querelles intestines que ça implique. Pourtant, six personnes rassemblées dans une pièce sont probablement parmi les plus grandes communautés intellectuelles qu’il m’ait été donné de voir à l’extérieur d’un contexte organisé. Disons-le, il faut aussi une part de vie commune dans toutes ces histoires d’avant-garde, sinon ça n’est pas aussi drôle.</p>
<p>Aujourd’hui, ça serait plutôt difficile, je ne vous apprends rien. On aime l’individu –et surtout l’artiste– exceptionnel; mais pas n’importe comment. L’individu libre, au-delà des «systèmes», loin des «représentations» et des «structures». En prenant pour icône des personnes exclues, seules contre tous, on cède à l’attrait du self-made man. Einstein était un décrocheur, bien des artistes aujourd’hui déclarés «génie» sont morts pauvres et inconnus. Soit. Un autodidacte n’en est pas un génie, pas plus qu’un artiste ou un penseur subventionné n’est un abruti. Mais être seul contre tous, quelle épopée! On ne peut plus se nourrir de grand-chose que de soi, hors du monde et de son temps. On est jaloux de son individualité, de sa singularité au point d’en être avare. Un groupe rassemble des individus qui partagent certaines ressemblances, qui doivent autant donner un peu d’eux-mêmes que recevoir des autres. Voilà qui nous éloigne des «vrais» artistes, qui, comme le veut notre mythologie moderne, sont des êtres impétueux, solitaires et rétifs à toute tentative de classification. Car, voyez-vous, quand on définit quelque chose, on le limite. Et si on veut avoir une chance de percer, de se faire voir, il faut absolument préserver tous ses atomes d’excentricité. Ça se brevète même, peut-être.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dialogues inutiles</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/08/dialogues-inutiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Mar 2011 13:11:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soit le dialogue&#160;suivant: Jeune adulte (peu enthousiaste): Être écrivain&#160; au Québec, ce n’est pas un métier, à moins d’écrire des livres de cuisine… Homme d’expérience (convaincu d’avoir découvert la vocation de son interlocuteur): C’est quoi ta recette préférée? Et ainsi meurt l’espoir d’une conversation pertinente. C’est un peu comme si, à quelqu’un qui dit vouloir&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/08/dialogues-inutiles/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Dialogues inutiles</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: 0.2px} -->Soit le dialogue&nbsp;suivant:</p>
<p>Jeune adulte <em>(peu enthousiaste)</em>: Être écrivain&nbsp; au Québec, ce n’est pas un métier, à moins d’écrire des livres de cuisine…</p>
<p>Homme d’expérience <em>(convaincu d’avoir découvert la vocation de son interlocuteur)</em>: C’est quoi ta recette préférée?</p>
<p>Et ainsi meurt l’espoir d’une conversation pertinente.</p>
<p>C’est un peu comme si, à quelqu’un qui dit vouloir devenir ébéniste, on vantait les perspectives d’avenir reluisantes de la poterie. Ça n’a rien à voir. L’ébénisterie et la poterie sont deux choses qui se font avec les mains, les romans et les livres de cuisine, avec des mots. Non pas qu’il soit question de hiérarchie, je suis heureuse que les gens se préoccupent de manger de bonnes choses, c’est très bien.</p>
<p>Et pourtant, là n’est pas la vocation de tous. Je mettrais même un p’tit vingt dollars sur le peu d’enthousiasme de ceux qui se croient destinés à écrire de la fiction.</p>
<p>Soyons sérieux, publier n’est pas une épreuve si épouvantable, puisqu’on a l’habitude de le faire annuellement pour un nombre de titres considérable –en 2010, on parle de 800 romans et recueils de poésie publiés au Québec. Ceci expliquant peut-être cela, l’écrivain en herbe aura vite compris qu’il lui faut sortir du lot… à condition qu’il écrive pour qu’on le lise; ce qui, bien qu’étonnant pour l’observateur, n’est pas toujours le cas. Certaines personnes écrivent, dit-on, pour crever un abcès, dans un but thérapeutique. Il m’a toujours semblé qu’il n’y avait pas d’autre écriture que celle qui prenait racine dans la vie et les malaises de son auteur; quelles qu’en soient les raisons, bien des gens publient sans pour autant espérer un succès national. Les autres se rendent bien compte que certaines maisons sont mieux outillées que d’autres pour donner au fruit de leur travail acharné un éclairage médiatique, si diaphane fût-il.</p>
<p>Ceux qui sont moins au fait de la cruauté de la vie auront vite fait d’envoyer leur tapuscrit (oui oui, c’est le mot) aux quatre coins du Québec, et peut-être même en France, d’où ils recevront une lettre circulaire dans laquelle il y aura assurément un espacement fautif (Mme La Rivière). Non, je n’exagère pas, j’amplifie; mais c’est sans malice, je vous assure. Continuons. Ces auteurs en devenir demanderont alors conseil à leurs proches.</p>
<p>Ils connaîtront là leur plus grand malheur, ce sera pour eux le début de l’enfer du poète incompris. On leur demandera en effet: «C’est quoi ta recette préférée?»</p>
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			</item>
		<item>
		<title>S’engager</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/sengager/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 20:12:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Mavrikakis]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[loi 101]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Chalifour]]></category>
		<category><![CDATA[Tant qu'il y aura des livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avoir des opinions en matière de politique ou de culture est assez mal vu dans notre charmant pays. Parce que chez nous, on a beau ne pas toujours être poli, on sait quand même se tenir tranquille. À quoi bon essayer d’avoir raison? En plus de contrarier les gens, ce n’est pas très gentil: nous,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/15/sengager/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">S’engager</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: -0.2px} span.s2 {letter-spacing: -0.1px} span.s3 {font: 9.0px Webdings; letter-spacing: -0.1px} -->Avoir des opinions en matière de politique ou de culture est assez mal vu dans notre charmant pays. Parce que chez nous, on a beau ne pas toujours être poli, on sait quand même se tenir tranquille. À quoi bon essayer d’avoir raison? En plus de contrarier les gens, ce n’est pas très gentil: nous, c’est connu, nous sommes sympathiques et accueillants. Alors si on commence à se taper dessus sur de bêtes questions de loi 101.</p>
<p>D’autant plus que si personne dans la salle n’a le droit de vote à l’Assemblée nationale, qu’est-ce que ça change, vraiment? Voter moins d’une fois par an pour s’impliquer dans trois paliers de gouvernement, voilà qui «fait la job», comme on dit. Il y a donc un petit manque de pratique, qui fait confondre à certains directeurs de programmation — autrement très respectables — la démagogie puérile d’un P. Lagacé avec un point de vue d’intérêt. La critique de la chose publique ou sociale nous paraît, du moins telle est ma modeste impression,&nbsp; assez compliquée.</p>
<p>Si on en croit Ça va aller de Catherine Mavrikakis (publié en 2003 chez Leméac), il y a dans le roman québécois deux factions, et la grande gagnante serait celle des héritiers de R. Ducharme et de leurs personnages infantiles. Un roman pamphlétaire qui a le mérite de mordre autant qu’il jappe. Et on peut se prendre au jeu de la démonstration. Exemple: La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy. Écrit au «je», le roman maintes fois primé raconte la déroute de la narratrice et de son frère depuis le matin où ils ont découvert la mort de leur père. Du mystérieux «Juste Châtiment» — une sœur jumelle, grande brûlée, enfermée dans un hangar — aux exercices du père — de la torture ayant trait au masochisme le plus pur — on ne comprend l’horreur qu’au fil du roman. Coupés du reste du monde, le domaine et les diktats du père sont les seules références que les deux enfants semblent avoir jamais eues. Sauf bien sûr pour les livres, que seule la narratrice s’attarde à consulter. Le langage est sauvage, la naïveté, feinte.</p>
<p>Vu d’ici tout est petit de Nicolas Chalifour (publié en 2009 chez Héliotrope) est aussi le fruit d’un narrateur ambigu, une petite bête à la longévité fantastique, qui observe — sans être vu — le Manoir, désormais converti en une auberge de campagne. Entre son désir pour la femme de chambre, son alcoolisme et ses lectures, le narrateur nous fait le récit des intrigues de l’hôtel dans un français bien personnel, et dont la naïveté permet parfois de formuler des conclusions inattendues.</p>
<p>Deux excellents romans, qui disent la douleur de l’isolement et le regard qu’il permet d’avoir sur le monde. Et peut-être aussi, un peu, le sentiment d’être loin du monde réel, trop loin pour vraiment y avoir prise.</p>
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		<title>L’insécurité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/01/linsecurite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 18:43:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’arrive donc au moment fatidique, après des heures vaines –honteusement nombreuses et vides– d’écriture de débuts de chronique. Trop scolaire, trop froid, trop intime, et d’ailleurs de quel droit, quelle autorité ai-je, que sais-je, que propose-je? Se noue alors dans mon esprit cette conversation entre une irrésolution absurde (et qu’on qualifie souvent d’hi-la-ran-te) et un&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/01/linsecurite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’insécurité</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>J’arrive donc au moment fatidique, après des heures vaines –honteusement nombreuses et vides– d’écriture de débuts de chronique. Trop scolaire, trop froid, trop intime, et d’ailleurs de quel droit, quelle autorité ai-je, que sais-je, que propose-je? Se noue alors dans mon esprit cette conversation entre une irrésolution absurde (et qu’on qualifie souvent d’hi-la-ran-te) et un pragmatisme à peine plus rassurant.</p>
<p>–Je n’ai rien à dire.</p>
<p>–Évidemment, que tu ne vas rien dire de radicalement nouveau, mais tu sais, «Tout a été dit mais pas par moi», finalement, c’est pas con.</p>
<p>–Tout dépend de qui on est… En plus j’ai rien lu, rien vu, rien compris, et c’est de pire en pire. Il y a dix-sept ans que je me pose une seule vraie question, «pourquoi existe-je, moi plutôt que n’importe qui, qui n’est pas né?». Je sais bien que tant qu’à être là faudrait peut-être essayer quelque chose, tout de même. Pourtant, rien à faire, ça me paralyse. Je n’ai jamais eu même un vague embryon de réponse à mes questions, et plus le temps passe, plus je suis convaincue qu’il n’y a pas de réponse, ce qui entraîne une terrible crise de légitimité (pour un peu qu’on puisse me considérer détentrice d’un quelconque statut).</p>
<p>Les opposants s’entendent au final pour un compromis honorable, variante du classique «si t’es pas jolie, sois polie»: pauvre fille, tu n’as probablement rien d’intelligent à dire, tu peux au moins essayer de divertir. Que diantre! tu ne vas pas non plus envoyer un dessin, hein?</p>
<p>D’où la chronique d’humeur. Pas que ce soit plus facile, surtout pas. Seulement, la qualité est un tantinet plus subjective: on peut discuter les arguments et la structure, mais l’essentiel –le ton, l’anecdote est assez personnel pour qu’on y reconnaisse davantage un auteur qu’un propos. On dira donc plus aisément: «elle, a m’énârve» plutôt que «tout le monde savait déjà que…, pourquoi en parler?». Du moins, tel est mon espoir.</p>
<p><strong>Le merveilleux monde de la communication<br>
</strong>Nous sommes, sachez-le, dans la semaine de la prévention du suicide, et comme souvent, ce genre de thème appelle à la métaphore creuse et aux pires banalités. «Le suicide n’est pas une option», nous apprend le slogan, très mal choisi par l’association québécoise de la prévention du suicide (AQPS) –qui offre des conseils autrement plus avisés sur son site Internet, heureusement. Un peu comme si le mois de l’histoire des Noirs nous disait que dans le fond, le racisme envers les Noirs n’existe pas: «honni soit qui mal y pense», en somme. C’est vrai que quand on n’a plus d’autre choix que de se tourner vers le suicide, se faire répéter que le seul qu’on peut encore voir n’en est pas un, doit être d’un grand réconfort… J’aurais tendance à croire, comme l’expliquent les textes de l’AQPS, qu’une personne souffrant de détresse psychologique a surtout besoin de savoir qu’elle n’est pas seule.</p>
<p>La quantité de choses qui me dépassent, constamment, autant que ce slogan débile, explique probablement cette légère insécurité que je ressens à discuter d’un monde qui ne m’inspire que des froncements de sourcils.</p>
<p>Heureusement, il y a encore les livres et ça, les livres, ce n’est pas tout à fait la réalité.</p>
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		<title>Résolution avortée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/resolution-avortee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jan 2011 17:45:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année, je n’ai pris aucune résolution. J’ai toujours eu l’impression qu’une résolution de nouvelle année était, par définition, vouée à une mort certaine quelque part en février. Tous les employés de centres sportifs ou de restaurants fast food vous le diront. Voilà pourquoi l’énoncé «en 2011, je veux améliorer ma culture générale» me semble&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/resolution-avortee/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Résolution avortée</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année, je n’ai pris aucune résolution. J’ai toujours eu l’impression qu’une résolution de nouvelle année était, par définition, vouée à une mort certaine quelque part en février. Tous les employés de centres sportifs ou de restaurants fast food vous le diront. Voilà pourquoi l’énoncé «en 2011, je veux améliorer ma culture générale» me semble empreint d’une naïveté à la fois touchante et un peu bête.</p>
<p>D’autant plus que, comme nous l’avons tous constaté à un moment ou à un autre au cours de nos études, plus on en apprend sur une question en particulier, plus on réalise l’étendue de son ignorance.</p>
<p>Voilà un paradoxe dans lequel quelques professeurs m’ont sans complexe affirmé nager, ce qui m’a beaucoup rassurée («Ainsi, je ne suis pas seule!» me suis-je écriée, en extase, dans un bureau lambrissé du pavillon des Arts). Raison pour laquelle j’ai été étonnée de surprendre cette conversation entre deux individus ayant étudié au moins autant que moi:</p>
<p>«Toi, t’as quand même une bonne culture générale.</p>
<p>- Non, je ne crois pas… Je veux dire, il y a beaucoup de choses à connaître, et j’en connais si peu… D’ailleurs c’est quoi, la culture générale?»</p>
<p>Question fondamentale s’il en est une. Qu’est-ce que la culture, en général?</p>
<p>Tous les arts, toutes les littératures, de toutes les époques –et encore, on ne parle pas de culture scientifique ou historique… Qui, vraiment, peut se vanter d’avoir une assez bonne base de connaissances sur, en général, toute?</p>
<p>S’il est une part de fausse modestie dans ce déni, j’ose affirmer que c’est surtout une question d’exactitude; ayant un minimum de culture, on est vite mis face à l’évidence que, pour avoir un peu de culture sur tout en général, il faudrait avoir plutôt deux vies qu’une. Puis, on arrive au problème de la mesure: comment quantifier la culture? (À part à l’aide d’un test sur Facebook, s’entend.)</p>
<p>On savait déjà que «la culture, c’est comme la confiture». C’est aussi un peu comme le sens esthétique: quelqu’un qui dit avoir beaucoup de goût n’en a généralement pas. Tout comme ceux qui prétendent aimer les longues marches en forêt, les couchers de soleil et le cinéma, mais qui confondent réellement fantasmes et passe-temps.</p>
<p>Tout ça pour dire que, quand j’entends un commentaire du style de «oui, mais toi, tu as étudié la littérature, tu dois être très cultivée», je m’étouffe un peu avec mon cocktail, ou avec ma salive (à défaut de). Déjà, je ne connais rien à la littérature caribéenne, nord-africaine ou belge.</p>
<p>Et si peu, si peu sur la nôtre. Tout ceci en plus de faire preuve d’une ignorance abyssale en matière de littérature française. Si on parle de littérature anglaise, américaine ou hispanophone, j’ose à peine me permettre, de temps à autre, un petit hochement de tête. En musique, en arts visuels, en théâtre, en danse, de partout, mes connaissances sont d’une importance proportionnelle à la Terre dans l’univers.</p>
<p>N’allez pas croire toutefois que c’est parce que j’ai trouvé mon diplôme dans une boîte de céréales. En fait, ce serait plutôt l’inverse: on ne m’a pas permis les généralisations ou les raccourcis, on m’a appris à vérifier mes intuitions avant de les affirmer, on a fait de moi –et de bien d’autres– une lectrice professionnelle.</p>
<p>Alors, vraiment, la culture en général, je ne pourrais pas dire que je suis douée. Je ne sais, à toutes fins pratiques, même pas ce que c’est.</p>
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		<title>L’irrésistible attrait du matériel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/l%e2%80%99irresistible-attrait-du-materiel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 20:28:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est tellement 2007, je le sais avant même de commencer. Non seulement le sujet est-il dépassé, mais mes prophéties le concernant s’avèreront à la fois vaines et ridicules. Dans trente ans, quelque individu mal intentionné trouvera, par le biais de Google 3000, cette chronique pompeuse remplie de prédictions erronées qu’il révélera à la face du&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/l%e2%80%99irresistible-attrait-du-materiel/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’irrésistible attrait du matériel</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est tellement 2007, je le sais avant même de commencer. Non seulement le sujet est-il dépassé, mais mes prophéties le concernant s’avèreront à la fois vaines et ridicules. Dans trente ans, quelque individu mal intentionné trouvera, par le biais de Google 3000, cette chronique pompeuse remplie de prédictions erronées qu’il révélera à la face du monde.<br>
Pourtant, au risque de gâcher ma future réputation (dont l’existence reste à prouver), je me lance&nbsp;telle une héroïne sans peur dans le monde de la controverse: écran ou papier? Pour ce qui est du livre je suis dans le camp, comme cela se devine aisément, des arriérés pour qui le livre physique s’apparente à un ami. Qu’on se comprenne bien: les tablettes ne méritent pas la mort, non plus qu’elles ne sont que des bébelles chères (quoique …).<br>
Je vous ferai grâce des arguments bibliophiles sur la communion spirituelle exceptionnelle entre le lecteur et l’incarnation papier du livre. La question du devenir des libraires, infographistes, manutentionnaires, éditeurs et que sais-je encore a été largement débattue par des polémistes autrement plus savants que moi.<br>
Je puis néanmoins affirmer, sans crainte de me tromper, que l’imprimé a une valeur intrinsèque. Matériel et concret, on peut le traîner partout, sans piles, sans bébelle chère.<br>
Oui, plusieurs déserteront les librairies, car les œuvres les plus demandées seront numérisées et prêtes à être téléchargées depuis le confort d’une chaise de bureau ergonomique. Pourtant, certains continueront de flâner entre les rayons, de profiter des conseils des libraires et de feuilleter les œuvres. Comme devant leur propre bibliothèque, ils choisiront parmi les étalages leur prochaine lecture. Moi qui suis, disons-le, peu structurée, j’ai besoin de posséder des objets physiques pour ne pas oublier leur existence.<br>
Et, non, ce n’est pas comme les CD remplacés par les lecteurs mp3. D’abord la musique, ça ne se voit pas. Du disque à la cassette au CD au Ipod, il faut un support pour écouter la musique, et ce support change. Des mots sur du papier, il y a longtemps que ça roule comme système. Peut-être, entre autres, parce qu’il est à la fois pratique, peu dispendieux et agréable à utiliser. Des choses que j’ai du mal à associer d’emblée aux Kindles et Ipad.<br>
J’ai aussi lu un jour quelque chose sur les écrans, qui fatiguent plus les yeux que la lecture sur papier. En plus, tous ces machins proposent des distractions. Le syndrome du «si je n’ai pas commencé mes travaux, c’est de la faute de Facebook» risque de s’aggraver si toute lecture peut être interrompue d’un simple clic vers Tetris. En toute honnêteté, c’est ce qui m’arriverait.<br>
Même le guide de la maîtresse de maison que j’ai vu en librairie l’autre jour le dit: les livres possèdent un grand potentiel décoratif, même si vous ne les ouvrez jamais. </p>
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		<title>La chronique dont vous n’êtes pas la cause</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/la-chronique-dont-vous-n%e2%80%99etes-pas-la-cause/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 06:40:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec mon habituelle&#160; angoisse bimensuelle que je vous propose cette chronique. Comme bien d’autres artisans de la presse universitaire, je vis dans l’ignorance la plus totale: qui lira mes modestes écrits? Ce doute, qui a une petite teinte pathologique, donne lieu à de nombreuses tergiversations dont je vous épargne les détails, l’essentiel étant: pourquoi&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/la-chronique-dont-vous-n%e2%80%99etes-pas-la-cause/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">La chronique dont vous n’êtes pas la cause</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est avec mon habituelle&nbsp; angoisse bimensuelle que je vous propose cette chronique. Comme bien d’autres artisans de la presse universitaire, je vis dans l’ignorance la plus totale: qui lira mes modestes écrits? Ce doute, qui a une petite teinte pathologique, donne lieu à de nombreuses tergiversations dont je vous épargne les détails, l’essentiel étant: pourquoi écrire si personne ne lit? Heureusement, je peux tenir quelques personnes pour lecteurs assurés.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous vous doutiez bien que j’étais corrigée par aux moins trois personnes, qui vous épargnent mes premières versions –chanceux vous, comme on dit, mais qui d’autre?– car enfin, on ne sait jamais tout à fait (ni même à peu près) combien d’exemplaires des journaux gratuits sont lus, et encore moins ce qui en est lu. Mon courrier des lecteurs, qu’on ne pourrait qualifier d’abondant, n’est pas davantage une référence. Si ce n’était du rigoureux processus de correction, j’écrirais sans craintes les pires insanités, juste pour voir qui et s’il y a des répliques. Puéril, je ne dis pas le contraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Un lectorat qui ne se manifeste pas entraîne chez le chroniqueur étudiant deux réactions. Soit il s’octroie une certaine liberté, calculant que l’impact qu’aurait une publication d’une pertinence douteuse serait nécessairement limité par la taille du lectorat. D’où la tentation d’un laisser-aller… Soit il s’impose, au contraire, une rigueur parfaite: s’il y a peu de lecteurs, ce qui n’est en soi pas particulièrement flatteur, les pousser à la désertion tient du suicide éditorial.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour certains, disposer d’un espace d’expression commande un travail sérieux. Pour d’autres, écrire ne peut être pris à la légère. Tous les textes doivent tendre à être irréprochables. Pour ceux qui ne ressentent pas la culpabilité de produire une niaiserie parmi tant d’autres, écrire est un jeu. Peu importe la raison et l’effort investi, tous écrivent. La question demeure: pourquoi diable se donner tout ce mal, si ce n’est pour être lu?</p>
<p style="text-align: justify;">Que ce soit pour partager, pour présenter une opinion, une vision du monde ou, plus élégamment, une sensibilité particulière, c’est tout de même une tentative de communication, ne serait-ce qu’avec soi-même. Parce qu’enfin, sinon on ferait autre chose, ou plus probablement rien. Je soupçonne que la chose puisse aussi avoir valeur d’exercice, ce qui me paraît noble: vous aurez remarqué comme moi qu’il ne manque pas d’«auteurs» qui n’écrivent rien d’autre que des textos.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre réponse, aussi fréquente que grossière: on écrit (de la fiction s’entend) avant tout pour être compris en <em>passant un message.</em> Or, une conception bien établie veut que la littérature, ce soit de dire les choses sans vraiment les dire. Par la bande. Par l’ironie. Par une foule de jeux linguistiques. Commencer un roman en expliquant, par exemple, que les jeunes ont du mal à trouver leur place dans la société, que c’est pour cette raison qu’ils minent sciemment leur réussite sociale, personnelle et professionnelle rend caduque la suite, que l’on conçoit être une démonstration argumentative. La littérature est surtout, il me semble, un portrait le plus exact et nuancé possible. Si l’on croit déjà comprendre le monde, nul besoin de creuser le réel.</p>
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		<title>Cette honteuse vocation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/03/cette-honteuse-vocation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 05:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des gens qui, lorsqu’ils posent une question, ont une idée assez précise de la réponse: c’est le cas des enseignants (de la garderie à l’université); des dentistes: «Vous passez-vous la soie dentaire tous les jours?»; et des parents qui ont lu des livres sur l’éducation des adolescents: «Crois-tu que tes cheveux bleus&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/03/cette-honteuse-vocation/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Cette honteuse vocation</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a des gens qui, lorsqu’ils posent une question, ont une idée assez précise de la réponse: c’est le cas des enseignants (de la garderie à l’université); des dentistes: «Vous passez-vous la soie dentaire tous les jours?»; et des parents qui ont lu des livres sur l’éducation des adolescents: «Crois-tu que tes cheveux bleus vont t’aider à te trouver un emploi cet été?»</p>
<p style="text-align: justify;">Là où cette tactique rhétorique devient particulièrement fâcheuse, c’est lorsque qu’elle est utilisée pour sermonner l’individu questionné, mais sans vraiment assumer tout le côté «paternaliste», si j’ose dire, de la chose. La production d’une œuvre littéraire fait partie de ces projets qui, à l’instar d’un tatouage sur le nez ou d’un mariage à Las Vegas, déçoivent à tout coup celui avec qui on partage notre intention. Non seulement est-il déçu, ce qui pourrait heureusement terminer la conversation, mais il se sent généralement naître quelque chose comme une âme de missionnaire du bon sens. Ça n’est pas une question d’âge –la vie n’est pas si simple–, pas plus que ne le sont les autres déclinaisons de la connerie, bénigne comme généralisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Les réponses qu’on peut opposer à ce prosélytisme du 9 à 5 et des avantages sociaux sont multiples. La variante la plus fréquente est sans l’ombre d’un doute celle du silence ou du changement de sujet. Ou alors, si l’auteur est d’humeur combattive, il peut se défendre. Soit en invoquant l’importance de la littérature dans la Société ou les Arts –un échec assuré–, soit en se reprenant: «Bien sûr, je sais que c’est impossible, ça n’est évidemment pas un travail, je ferai autre chose, par exemple prof… Si la question est qu’est-ce que je veux faire: écrivain. Ce que je vais faire: prof.»</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre cas de figure: le vis-à-vis du créateur se montre d’abord étrangement compréhensif. «Ah, la littérature… C’est bien, la littérature… Moi-même, il y a longtemps… Mais c’est dur aussi, très dur d’écrire. Il ne suffit pas de vouloir écrire un roman pour en écrire un… Ça n’est pas si glamour qu’on le croit.»</p>
<p style="text-align: justify;">Si notre jeune auteur a un minimum de colonne vertébrale, il y a de fortes chances qu’il soit insulté de ce que son interlocuteur prenne pour acquis qu’il n’a jamais rien écrit et qu’il fonde sa connaissance du monde littéraire sur des films et des livres. Il suffoque d’indignation –intérieurement, les gens de lettres étant essentiellement introspectifs et un brin inadaptés à la vie en société– et il évite de nourrir la conversation. Somme toute, l’écrivain en herbe apprendra bien vite à fermer sa gueule.</p>
<p style="text-align: justify;">Car enfin, il faut vivre: vivre, dans le sens de se donner les moyens matériels de satisfaire ses besoins plus ou moins fondamentaux. Vivre, dans son acception d’accomplir et réaliser des ambitions et des désirs personnels, constitue un excellent passe-temps. J’ai toujours eu cette idée, ô combien subversive ai-je récemment appris, que les choix qui guideront ma vie d’adulte tourneront autour de quelque chose d’un peu plus fondamental que payer des factures et faire les courses. Idée qui, est-il besoin de le préciser, suscite fatalement l’apparition d’un sourire fin, d’un petit haussement du menton et d’un regard en coin (pas nécessairement dans cet ordre), accompagnés le plus souvent d’un commentaire du type «on verra bien», ou encore «oui oui, ça, c’est du déjà vu, dans un autre pays, une autre époque, une autre langue…»</p>
<p style="text-align: justify;">Et il y a des jours, je me demande bien pourquoi il y a encore des gens qui écrivent des livres.</p>
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		<title>Tant qu’il y aura des livres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/10/18/tant-qu%e2%80%99il-y-aura-des-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2010 23:48:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Tant qu’il y aura des livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelque part entre huit et onze ans se trouve l’âge ingrat de l’enfance. Plus personne ne s’extasie sur les petites joues rouges ou l’usage fautif de la langue. Cette période s’avère particulièrement pénible pour la famille de l’individu, qui se voit constamment bombardée de longs récits sans intérêt sur la cour d’école ou la dernière&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/10/18/tant-qu%e2%80%99il-y-aura-des-livres/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Tant qu’il y aura des livres</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelque part entre huit et onze ans se trouve l’âge ingrat de l’enfance. Plus personne ne s’extasie sur les petites joues rouges ou l’usage fautif de la langue. Cette période s’avère particulièrement pénible pour la famille de l’individu, qui se voit constamment bombardée de longs récits sans intérêt sur la cour d’école ou la dernière émission de télé. Tout à fait naturel, voire même essentiel au développement de l’expression orale, ce phénomène provoque chez l’interlocuteur au mieux un ennui complaisant, au pire un agacement manifeste. Une fois que l’enfant réussit à manier l’humour et le récit, son discours reflète des préoccupations qui ne sont plus uniquement centrées sur son expérience personnelle.</p>
<p>Et pourtant.</p>
<p>Qu’un peu de ce babillage monotone teinte nos conversations dans l’intimité peut se comprendre, on ne peut constamment être de grands esprits. Le problème, c’est lorsque ce genre de monologue sert de trame de fond à une proportion impressionnante de la production littéraire; à bien d’autres médias aussi, dont peut-être certaines chroniques.  dont celle-ci, c’est donc fort à‑propos que j’éviterai habilement la comparaison inter médiatique. Comparaison qui mettrait en valeur les autres chroniques de cette section – évidemment je ne parle pas de la mienne (c’est bien ça le problème). Parce que dans les pages culturelles, les billets réussissent à présenter des informations bien construites et élégamment rédigées. Ces chroniqueurs écrivent de leur plume si délicate des textes qui sont un ravissement stylistique et informatif. En contraste, cette chronique littéraire a souvent des airs de clown sur un monocycle dans un spectacle des Grands Ballets Canadiens, ou encore un éléphant dans un magasin de porcelaine, un chien dans un jeu de quilles, etc. Position fort inconfortable s’il en est une (heureusement qu’il y a des gens qui aiment la spontanéité pour elle-même). Vous lisez donc ma chronique, eh, on fait avec ce qu’on a, comme dirait l’autre.</p>
<p>Imaginez lire un roman sur ce même ton, où un narrateur raconterait ses déboires sentimentaux, scolaires, professionnels, avec moults états d’âme et transcription de dialogues.</p>
<p>Vous pensez, bien sûr, à l’autofiction la plus banale, mettant en scène un ou une jeune trentenaire à la recherche de l’amour, d’un sens à la vie et du meilleur 5 à 7.</p>
<p>Et vous n’avez pas tort, pourtant. À l’occasion, des fictions qui explorent la psyché d’un individu, qui en suivent les circonvolutions et détours, s’avèrent fortes sans être brutales, intelligentes sans être arides et révoltées sans faire de prosélytisme.</p>
<p>Du Mercure sous la langue, paru aux Allusifs en 2001 (non non ça n’est pas une faute de frappe, que voulez-vous je n’arrive pas à suivre le rythme effréné de l’actualité). Ce qui fait la force du roman, c’est la voix de Frédéric, personnage principal et narrateur qui, de son lit d’hôpital, déploie devant la perspective de sa mort prochaine tous ses griefs contre l’humanité et son incurable hypocrisie. Quelque part entre Cioran et Ducharme ‑si c’et possible- Trudel livre là une histoire qui ressemble étrangement à une de ces radiographies que subit Frédéric, à la fois terriblement exacte et humainement impitoyable.</p>
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		<title>L’argent, toujours l’argent</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/28/l%e2%80%99argent-toujours-l%e2%80%99argent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2010 05:01:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Tant qu'il y aura des livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’heure est grave dans le monde du livre. (Insérez ici un ta-daa très grave.) Le fameux prix unique du livre (en vigueur notamment en France), dont l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) vante les mérites depuis un an, pourrait devenir réalité. Si un livre est vendu au même prix partout, les&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/09/28/l%e2%80%99argent-toujours-l%e2%80%99argent/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’argent, toujours l’argent</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’heure est grave dans le monde du livre. (Insérez ici un ta-daa très grave.) Le fameux prix unique du livre (en vigueur notamment en France), dont l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) vante les mérites depuis un an, pourrait devenir réalité. Si un livre est vendu au même prix partout, les petites librairies (lire indépendantes) qui, contrairement aux grandes surfaces et aux chaînes de librairies, n’ont pas accès aux rabais de volume (plus on achète, moins c’est cher) seront favorisées, ou plutôt cesseront d’être défavorisées.</p>
<p>Or, s’insurgent certains, si les «petites librairies du coin» ne sont pas compétitives, qu’elles se laissent acheter par Renaud-Bray et arrêtent de chialer. </p>
<p>Il y a, dans notre petite province, terriblement peu d’acheteurs potentiels de livres. Qu’à cela ne tienne, une librairie n’a pas l’obligation de ne vendre que des livres, rien ne l’empêche d’attirer le badaud avec la déclinaison complète de ce qui se produit dans le monde de la bébelle. De l’Art de Vivre pour emporter, en somme. Ainsi naissent souvent dans les commerces spacieux et prospères, les départements papeterie-cadeaux. Du fouet en silicone au buste-tirelire de velours fuchsia représentant Mao, tout est bon pour en mettre plein la vue. La marge de profit de ces menus objets, je vous le certifie en tant qu’ex-employée d’une chaîne qu’on ne nommera pas, dépasse de façon indécente ce que toute personne douée de bon sens nomme «les … de limites». Pauvre fille, direz-vous, le capitalisme est ainsi fait, reviens-en. </p>
<p>Soit.</p>
<p>Tout de même, on pourrait supposer qu’une partie de l’argent ainsi gagné permettrait de diminuer les prix de vente des livres, des disques, bref du matériel culturel, produit peu rentable s’il en est un. Le client économe achèterait donc plus de livres (fait illogique mais avéré). Étant de nature candide, j’interprétai jadis qu’il se produirait ainsi une augmentation du revenu des auteurs et des divers artisans du livre. </p>
<p>Quelle ne fut pas ma déception lorsque je constatai que seuls les livres très populaires dont la cote baissait un peu ou les pavés invendus et encombrants voyaient leur prix réduit, tandis que les ouvrages les plus vendus se méritaient invariablement l’autocollant promotionnel attestant que «tout le monde aime ça». </p>
<p>Heurtée dans ma conception bucolique d’une librairie comme lieu de diffusion de littérature et d’idées, je me désolai des ventes exceptionnelles de mauvaises traductions de mauvais best-sellers.</p>
<p>Mon zèle s’est calmé encore davantage le jour où j’ai compris que le service enthousiaste et chaleureux constitue une entreprise désespérée le samedi après-midi, quand le magasin ressemble à un IGA le 22 décembre. Les libraires sont majoritairement très compétents, mais souvent sous le joug de maints interdits discutables (s’asseoir, lire) et doivent plus souvent qu’à leur tour répondre aux questions de clients qui ne sont pas venus pour les livres, et à vrai dire s’en foutent, mais ne veulent que remplir leur panier, et ultimement leur bibliothèque. Ils aiment les livres en rabais et représentent une proportion appréciable de la clientèle. La librairie devient alors un entrepôt de la culture, mais surtout de trucs et de machins divers. Ce qui, moi, me met assez mal à l’aise, et n’ira pas en s’améliorant. Alors que, dans votre librairie de quartier ou la mienne, un océan d’objets à l’utilité douteuse ne côtoie pas le dernier Dany Laferrière.  </p>
<p>Le prix unique mettrait sur le même pied plusieurs types de librairies et permettrait à celles qui veulent se consacrer uniquement (oserais-je honnêtement?) au livre de survivre.</p>
<p>Plus important peut-être, il n’y aurait plus d’intérêt à favoriser la vente d’un type de littérature (les best-sellers) plutôt qu’un autre. Ce qui, à mon très humble avis, participerait à une sphère littéraire vivante, et surtout mieux connue.</p>
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		<title>Des distinctions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/09/14/des-distinctions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2010 02:04:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Tant qu’il y aura des livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parler de littérature de langue française, voilà un objectif qui relève de mes maigres compétences. «Mais quel genre de littérature?», vous demandez-vous sur le bout de votre chaise. Voilà une question qui suppose qu’on puisse distinguer des littératures différentes au sein de la littérature. Est-ce ben raisonnable? Eh bien quel adon, voici justement mon objet.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah!, l’automne, ah!, la rentrée, que de plaisirs (mitigés) et de beaux moments (terminés). La rentrée, c’est comme les résolutions du Nouvel An, en pire. Parce que c’est plus lourd de conséquences d’arrêter d’étudier que d’arrêter de fumer ou de manger un légume orangé par jour, croyez-en ma vieille expérience. Mais tel n’est pas mon propos. Les lecteurs assidus de cette chronique (le pluriel étant purement hypothétique, je sais néanmoins qu’il y a ma maman) se surprendront peut-être de cette nouvelle résolution, et pourtant la voici: mes chroniques traiteront toujours de littérature. Des romans, des nouvelles, des récits et peut-être des pièces de théâtre, c’est tout. Finies, les divagations indues sur la culture en général, la québécitude et la trépidante vie universitaire. Parler de littérature de langue française, voilà un objectif qui relève de mes maigres compétences. «Mais quel genre de littérature?», vous demandez-vous sur le bout de votre chaise. Voilà une question qui suppose qu’on puisse distinguer des littératures différentes au sein de la littérature. Est-ce ben raisonnable? Eh bien quel adon, voici justement mon objet.</p>
<p>Classer a si mauvaise presse que toute tentative de qualifier peut être considérée comme insignifiante, comme un vulgaire cochage de case ou une bureaucratique gestion de dossiers –personnellement j’imagine un immense sous-sol sombre rempli de classeurs beiges. On n’aime pas être décrit, mis dans une boîte ou réduit à une caractéristique (âge, ethnie, langue maternelle, etc.). Lorsqu’on veut qualifier intelligemment quoi que ce soit, surtout en culture il me semble, utiliser moins de quatre qualificatifs contradictoires passe vite pour terriblement réducteur. Moderne et ancré dans les traditions, harmonieux et chaotique (ou encore rock alternatif noise folk) sont des couples d’adjectifs qui relèvent désormais du lieu commun de l’éloge. Bref, être inclassable est une réussite en soi.</p>
<p>Et, étonnant paradoxe de cette époque où l’accès à une variété infinie de produits culturels est généralisé, il est rare qu’on tente de débroussailler l’ensemble en distinguant ces produits les uns des autres –par exemple, en les classant dans des catégories. Les étiquettes, c’est, comme chacun le sait, pas fin.</p>
<p>C’est donc au risque de passer pour une bourgeoise élitiste finie que j’ose partager avec vous qu’il me semble que, quand même, il y a différentes catégories de livres. Pas seulement entre Marc Lévy (ou Danielle Steel, ou Mary Higgins Clark) et Proust, ce qui n’est généralement pas matière à débat, mais –et c’est là où le bât blesse– entre Anna Gavalda ou Amélie Nothomb, entre Kundera ou Marie-Claire Blais. Même en tant que critique, je n’ose pas qualifier ces deux catégories. Ce n’est pas une distinction de qualité, mais de type: avouez que certains livres se lisent avec plaisir et suscitent des émotions fortes sans pour autant laisser un souvenir impérissable. Une question de style d’écriture probablement, et de bien d’autres choses sans doute.</p>
<p>On fait plus facilement la distinction au cinéma, où certaines comédies ou films d’action peuvent facilement être reconnus comme des bons p’tits films. Il n’y a pas de contradiction entre être une intello et avoir vu Le Journal de Bridget Jones, pourtant l’avoir lu est un plaisir un tantinet plus coupable. Ce qui est dommage, parce que ce n’est pas parce qu’un film –ou un livre– tient du pur divertissement qu’il présente moins d’intérêt. Mais il suscitera probablement chez moi moins de réflexions publiables au sein d’une chronique. Ce sera la catégorie la moins divertissante qui sera conséquemment à l’honneur ici. Vous aurez été prévenus.</p>
<p>Reconnaître les distinctions entre les œuvres (et peut être aussi les gens, mais c’est une autre histoire) enrichit l’interprétation qu’on peut en faire, elle ne la limite pas. C’est donc ce que je tenterai de faire, combattant fièrement la peur généralisée de la catégorisation. Il faut dire qu’en classant de la sorte, on évite aussi de comparer des pommes et des oranges, ce qui comme on le sait ne donne rien de bon, même en smoothie.</p>
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		<title>Il faut, comme toujours, attendre quelque temps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/23/il-faut-comme-toujours-attendre-quelque-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 05:27:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
		<category><![CDATA[Cahier Création]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure id="attachment_3110" aria-describedby="caption-attachment-3110" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/photolea4.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/photolea4.jpg" alt title="photolea4" width="440" class="size-full wp-image-3110"></a><figcaption id="caption-attachment-3110" class="wp-caption-text">Photo:&nbsp;Léa&nbsp;Grantham-Charbonneau</figcaption></figure>
<p>Il faut, comme toujours, attendre quelque temps. La porte s’est refermée presque d’elle- même. Des pas feutrés s’éloignent, elle reste plantée sous le porche. Ses yeux fixent la poignée, une de ces poignées d’un matériau composite dont la rondeur dorée ne se donne pas la peine de ressembler à un métal connu. Il l’aurait trouvé vulgaire, cette poignée. Sans charme, sans cachet, ruinant à elle seule l’entièreté de la façade en pierre de taille, comment, quel imbécile, en quel honneur et de quelle ignorance crasse ou décadence de l’esthétisme occidental découlait cette aberration architecturale qu’était la poignée?</p>
<p>Ils ne voulaient même plus me voir, quand je leur ai dit ce qui m’avait retenu. Je peux décider, quand même. Tout le monde perd son père un jour, on n’arrête pas de vivre pour autant. Le faux prêtre, l’officiant ont-ils dit, enfin l’homme en complet bon marché qui remplaçait le prêtre qu’il aurait ressuscité pour engueuler cet homme donc inondait le silence de phrases de circonstance. J’ai eu l’image des petites fontaines électriques de restaurant chinois, qui avalent et glougloutent gentiment la même eau sale pendant des années.</p>
<p>Il n’y a plus rien à faire ici. Je suis comme dans un aquarium. Même mes cils sont mouillés. Des pleurs. Il y avait longtemps. Le goût de pleurer, un peu métallique, enrobe l’intérieur de la bouche. Quelque part sous le plexus, assez profondément, un serrement. Des sanglots rapides qui font trembler toute la cage thoracique, puis refluent dans la gorge. Aller quelque part. Voir quelqu’un, visiter une expo, manger quelque chose, boire quelques bières, appeler maman, acheter un chat, voler un vélo, répondre au mendiant qui parle en rimes de cocaïne. La pluie, c’est vrai, il pleut. Le bus, celui de tous les jours, arrive sur ces entrefaites, j’y monte, normalement tranquillement comme si de rien n’était. Pourquoi pas. Le mascara me pique les yeux. Ça m’apprendra, aussi, à essayer d’en rajouter. Résonne dans mes pensées le son de sa voix, son ton didactique.</p>
<p>Je ne sais pas ce qu’il aurait dit.</p>
<p>Soudain, mon nom émerge de l’arrière du bus. Une grosse fille à la voix atone, engoncée dans un imperméable avec des boutons gros comme ma tête, qui m’a vue au CÉGEP il y a six ans. Un nom qui m’échappe, Jessica ou Daphné, un nom de poupée laide. Ses yeux creusés bavent sur mon chandail pendant que j’opine. Nos regards se croisent sur cette pelle mécanique, dehors, qui charrie assez de gros cailloux pour ensevelir le bus. Je m’entends lui dire que mon père est mort, je sors.</p>
<p>Toi seule qui te fais… Pas ce que tu fais. Ses phrases, sans sa voix, sans tout ce qu’il avait voulu dire, s’affaissaient, un tas de vêtements vides. Ça ne voulait rien dire. Tout ce temps, ça n’avait jamais rien voulu dire. Toutes ces paroles entre le slogan et le sermon. Tentative prétentieuse et désespérée de me simplifier la vie. Être heureux pour les nuls, merci papa. Bernée par un vieux truc, un énoncé qui se répète avec une modification de sens, il y a un nom barbare pour cette construction. Il aurait su.</p>
<p>Ils ne rappelleront plus. Les douze mètres carrés immobiles de l’appartement le crient. Elle prend une fourchette d’allure propre sur le comptoir, la renifle en marchant sur quelques miettes de consistances diverses (tiens, quand est-ce que j’ai mangé du riz) et se décide pour du maïs en conserve, sur la première étagère du frigo. La pluie tambourine sur le puits de lumière. La poignée du tiroir l’oblige à pencher la tête. Son cou tire un peu. Exactement à égale distance de ses deux genoux, elle rassemble un tas de grenailles. En éternuant, tout s’éparpille. Elle n’aura pas le rôle. La patte de la table est tout près de son pied gauche, ses jambes sont en V et chaque pied effleure un mur. Cette patte a quelques griffures vers le bas, qui la rendent comme pelucheuse. Il avait eu des chats.</p>
<p>Elle suit le parcours d’un vieux mouchoir entre les rails. La ventilation le fait voler, elle remarque qu’il est taché de sang par endroits. Le sang de quelqu’un qui s’est coupé avec une feuille, ou peut-être qui saigne du nez. Ça pourrait être ce stagiaire, fonçant droit sur la radio nationale en relisant un tas de feuilles froissées, qu’il s’échine à replacer, en même temps il cherche quelque chose dans sa poche, oui un mouchoir voilà. Il redresse le torse et d’une main, tire sur le bas de sa chemise. Merde, merde, merde. Rester calme. Enfin une entrevue. Ils me la donnent, donc ils aiment mon travail. Ou ils veulent voir si je peux. Peut-être qu’ils pensent que je ne peux pas, ensuite ils me diront vous savez on a bien essayé, mais vraiment, cette entrevue… Je maitrise le sujet, je maitrise le sujet. Merde, c’est le Femina ou le Goncourt qu’elle a gagné? 89 ou 98? C’est du direct. Ça sera dans ma rétrospective de carrière dans trente ans, la première entrevue de notre fidèle collègue, on rira bien quand on sera vieux. Si on s’y rend, à la vieillesse. Toutes ces choses seront sans importance, il n’y aura plus toute cette pression, je vais craquer, je pourrais craquer, cesser de parler avoir un blanc oublier son nom inverser des syllabes dire qu’elle est grosse tomber dans les pommes vomir sur le micro, sur mes notes, faire comme si de rien n’était et continuer sans mes feuilles, que j’aurai balancé au fond du studio d’un geste négligeant, lui faire un sourire, la voir rosir et continuer. Ou elle me regarde avec mépris, je viens d’accorder un verbe au conditionnel plutôt qu’à l’imparfait, deux fois dans la même phrase incohérente, et pour cause mes feuilles sont dans le désordre, putain j’ai tout échappé. Expirer.</p>
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		<item>
		<title>La tragédie de l’exil</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/03/16/la-tragedie-de-l%e2%80%99exil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 00:40:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son adaptation toute personnelle de <em>L’Énéide</em>, Olivier Kemeid remet la recherche d’un monde meilleur au goût du jour.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Espace libre présente jusqu’au 20 mars <em>L’Énéide</em>, pièce primée de nombreuses fois en Europe et montée aux États-Unis, en Allemagne et bientôt en République Démocratique du Congo. S’inspirant librement du texte de Virgile et de son histoire familiale, l’écrivain et metteur en scène Olivier Kemeid rend hommage à tous les réfugiés et émigrés de ce monde, à ceux qui quittent leur patrie pour des cieux plus cléments et, surtout, pour l’avenir de leurs enfants. Car c’est en pensant à son fils Ascagne que le personnage d’Énée s’acharne à trouver une terre, un nouveau pays.</p>
<p>Énée quitte sa ville en flammes, avec son père, son enfant, sa femme et une poignée de compatriotes. Le chemin sera long, les embûches nombreuses, et la tentation d’abandonner la quête parfois irrépressible.</p>
<p>Très épuré, le décor change principalement en fonction des éclairages. Des effets d’ombres chinoises se glissent ça et là, seule excentricité notable. Le pari est risqué, une telle mise en scène ne distrayant guère le spectateur du jeu.</p>
<p>Quelques longueurs marquent la pièce de 2h15 (sans entracte), surtout à cause du jeu qui, à la manière tragique, est truffé de longs monologues qui manquent parfois de souffle. Le fait qu’il y ait sept acteurs sur scène pour près de quatre fois plus de rôles constitue sans contredit un immense défi pour les comédiens, qui jouent jusqu’à trois ou quatre personnages chacun. On regrettera parfois qu’Eugénie Gaillard et Johanne Haberlin soient cantonnées à des rôles stéréotypés (bien que nombreux): une blonde menue et conciliante pour la première, une brune excessive jusqu’à la folie pour la seconde. Si ces personnages peuvent déranger par leur manque d’épaisseur, le jeu demeure néanmoins crédible.</p>
<p>On retiendra davantage les interprétations profondément émouvantes d’Étienne Pilon (Énée) et de ses acolytes masculins, qui occupent des rôles plus importants que leurs collègues féminines. Notons tout de même la polyvalence emballante de Marie-Josée Bastien, qui passe sans accroc de la prostituée de bas étage à la mère réfugiée pleurant son destin tragique. Simon Boudreault fait comme toujours preuve d’un art consommé de la gestuelle et de l’émotion, tandis que les regards désespérés de Jacques Laroche ne laissent personne indifférent. Goeffrey Gaguère offre une performance impeccable qui mêle le tragique et le comique, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Les éclairages, la mise en scène, les costumes et les effets sonores et musicaux sont à l’avenant, irréprochables.</p>
<p>Le texte, qu’on a comparé à ceux de Wajdi Mouawad, en a certainement la force. Par ailleurs, les passages comiques s’avèrent trop rares, et détonnent considérablement. Du texte de Virgile reste un ton et de grandes envolées tragiques, qui ne sauront pas conquérir tous les publics. Le soir de la première, quelques erreurs de diction s’en sont mêlées, ce qui n’est rien pour faciliter la réception. Pourtant, on ne saurait déconseiller un spectacle qui, pour n’être pas exempt de défauts, présente une brochette de talents et un texte terriblement puissant.</p>
<p class="boiteg"><em>L’Énéide</em><br>
<strong>Où:</strong> Espace Libre, 1945, rue Fullum<br>
<strong>Quand:</strong> jusqu’au 20 mars<br>
<strong>Combien:</strong> 21$ (étudiant)</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/03/16/la-tragedie-de-l%e2%80%99exil/" data-wpel-link="internal">La tragédie de l’exil</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/16/flagrant-delit-de-tendresse-17/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 13:00:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[Flagrant délit de tendresse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>ÉPISODE 17<br />
Résumé des épisodes précédents:<br />
Francis, un jeune québécois étudiant à McGill, a rencontré Delilah, une T.A. rousse et farouche. Après maints rebondissements, Delilah et Francis sont en froid. Les amoureux sont-ils définitivement séparés? Leur désir brûlant les réunira-t-il?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Delilah et Emma, assises dans les fauteuils Louis XV en velours rouge de leur appartement, discutent à la douce lueur d’une lampe Tiffany en buvant du orange pekoe – avec un nuage de lait.</p>
<p>DELILAH: <em>Welll, you know, it’s not</em> that great.</p>
<p>EMMA (<em>s’emportant, avec des étincelles</em> dans les yeux<em>):</em> But how gorgeous<em>, je</em> veux dire il est tellement beau! Je veux dire, c’est cliché mais… C’est un vrai homme, fort et décidé et…</p>
<p>DELILAH: Tu sais quoi? Si tu le veux je te le laisse!</p>
<p>EMMA: Non, mais je disais pas ça dans le sens de … Franchement!</p>
<p>Long silence. Emma ne sait plus où se mettre et jette de brefs coups d’oeil à Delilah. Celle-ci, blasée, sirote son thé en regardant dans le vide.</p>
<p>DELILAH: Mais je ne te le recommande pas… Ça fait deux mois qu’on date et… bien… Il a beau avoir un corps magnifique, il a… (<em>elle hésite</em> <em>et finalement, avec un sourire coquin</em>) beaucoup à apprendre sur le fonctionnement du corps féminin.</p>
<p>Emma se lève et chuchote à l’oreille de Delilah, qui pouffe avec elle et lui assène un coup de coussin. La sonnette de la porte se fait entendre.</p>
<p>EMMA: Tu attends quelqu’un?</p>
<p>DELILAH: Non…</p>
<p>Toutes les deux se regardent, et Emma fait signe à Delilah d’y aller. Elle ouvre la porte et voit son bel étudiant, des flocons recouvrant ses cheveux châtains et ses épaules.</p>
<p>FRANCIS (<em>titubant et l’oeil enflammé</em>): Je sais que… que tu vois le numéro 9 de l’équipe, que…</p>
<p>DELILAH (<em>estomaquée</em>): <em>How the hell do you know my address?</em></p>
<p>FRANCIS&nbsp;: Ben… J’ai cherché dans le bottin, tu m’avais donné ton numéro de téléphone à l’Halloween, mais je pensais bien que tu t’en souviendrais pas… Mais c’est pas pour ça que je suis venu… Je voulais te dire que je pense à toi tout le temps. J’ai laissé ma blonde hier, j’ai pas dormi de la nuit, j’ai un peu bu, O.K., mais je…</p>
<p>Francis plante son regard dans les yeux de Delilah.</p>
<p>FRANCIS: Je voudrais vraiment qu’on se revoie.</p>
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		<title>La tête en friche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/09/la-tete-en-friche-8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 01:04:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[La tête en friche]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2557</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pot-pourri... surtout pourri</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette semaine, je vous offre le meilleur de mes réflexions sur les parties plates de la vie. Il y a des semaines comme ça où je suis particulièrement en verve.</p>
<p>Tant pis pour vous.</p>
<p>C’est un peu rébarbatif, mais au moins j’ai fait des catégories pour vous rendre la lecture plus facile ‑ou moins pénible, c’est selon.</p>
<h4>Parmi les choses qui m’irritent dans la vie</h4>
<p>Les gars de construction qui sifflent les filles. Je pense qu’ils comptent : celui qui aborde le plus de filles est officiellement le mâle dominant, en outre il possède le plus voluminueux engin reproductif.</p>
<p>Les publireportages déguisés en critiques de film. Quand un critique de film louange sur toute une page la dernière production hollywoodienne, et qu’on se rend compte qu’il a passé une semaine à L.A., toutes dépenses payées par la boîte de production. Les conversations de salon sur des productions artistiques qu’aucun des intervenants ne connaît. À chaque fois qu’il y a un film violent (la série <em>Kill Bill</em>), ou avec des scènes de viol (<em>Baise-moi</em>) ou encore mieux de mutilation génitale (<em>Antéchrist</em>), tout le monde il veut avoir son opinion. Tous les points de vue doivent être dits, même s’ils sont infondés, même si ce sont des préjugés, même quand on ne sait pas de quoi on parle. Parce que c’est important, d’avoir une opinion sur les Grands Débats de Société. Même ‑et peut-être même surtout- si on ne sait pas de quoi on parle.</p>
<p>Bien sûr, je plaide coupable aussi. C’est pas une raison. J’ai jamais dit que j’étais un exemple, ou alors je ne m’en rappelle plus, donc ça ne compte pas.</p>
<h4>Petite leçon pour les soirs de fête</h4>
<p>J’ouvre ici une parenthèse qui pourra vous éviter de nombreux élans de culpabilité. Si on a oublié un évènement, surtout s’il implique un bain tourbillon, il n’existe pas. L’arbre qui tombe dans la forêt ne fait pas de bruit si personne ne l’entend. C’est une règle de conduite de base pour fonctionner en société. Attention toutefois aux photos, qui démentent cruellement le mensonge classique: «Ah oui c’était bien samedi, mais je suis partie juste après toi, j’avais des choses à faire dimanche». Surtout si la dite photo nous montre mouillée de la tête aux pieds, avec un bain tourbillon au second plan et deux verres dans la main.</p>
<h4>Citations douces-amères</h4>
<p>C’est pompeux de se citer soi-même, mais bon, Cioran l’a fait. Je ne sais pas si vous connaissez Cioran. C’est un homme terriblement lucide et talentueux. Par contre, je vous recommande de ne pas le mentionner à quiconque est déprimé. Même juste un petit peu. Il est dans l’amer, moi je suis dans le doux. Mais cette comparaison est stupide, c’est comme dire qu’un ver de terre c’est comme un anaconda mais sous-terrain. <em>Anyway</em>. Des citations, on a dit.</p>
<p>«On se calme avec l’enthousiame, on en gardera pour plus tard.»</p>
<p>«La santé mentale, c’est pas comme la virginité, ça revient. »</p>
<p>Merci, public.</p>
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		<title>Jouer contre la mort</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/02/jouer-contre-la-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 13:00:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’au 13 février, <em>L’Amour incurable</em> rempli l’Espace libre de son univers merveilleux.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a le père (Robert Lalonde), dont le caractère autoritaire de vieux grincheux se fissure par moment, et laisse entrevoir une affection immense pour ses trois fils et leur mère décédée. Le père vieillissant ordonne à ses fils de jouer, mais de jouer sérieusement: son héritage ira à celui qui réussira une quête… Ou trois. On entre dans un univers invraisemblable et délicieux, où des mains agissent sans corps et où les chattes parlent.</p>
<p>D’une scène à l’autre, on suit les voyages et les retours de Jean (Étienne Pilon), Jacques (Sébastien Gauthier) et Pierre (Jean Turcotte). Deux princesses à la voix d‘or, Sarah Dagenais-Hakim et Olyvia Labbé, habitent l’espace avec leurs chants et leurs danses. L’autre personnage féminin, la chatte (Annie Berthiaume) qui habite un château, est le personnage qui donne le ton merveilleux du récit.</p>
<p>Au centre de l’intrigue, la rencontre entre Jean et la mystérieuse chatte. C’est le seul frère dont on verra les aventures: alors que les autres racontent, avec l’aide des princesses, leurs aventures rocambolesques. Le jeune acteur sait jouer la naïveté avec subtilité, et forme un duo excellent avec Annie Berthiaume, dont la gestuelle féline mérite d’être remarquée.</p>
<p>Robert Lalonde livre une excellente performance, en faisant du personnage grincheux du père un vieil amoureux nostalgique et terriblement attachant.</p>
<p>Le décor, résolument moderne, est minimal et efficace. De longs poteaux font office de forêt, et trois tables sont tantôt autant de chemins, tantôt un lit.</p>
<p>Le tout s’assemble pour créer une fable délicieuse, drôle et touchante, sur la mort, la famille, et l’amour. Avec cette production hors du commun, l’Espace Libre réaffirme sa misson d’exploration, et surtout sa polyvalence. Un spectacle qui plaira à coup sûr.</p>
<p class="boiteg"><em>L’Amour incurable</em><br>
<strong>Où:</strong> Espace Libre,1945 Fullum<br>
<strong>Quand:</strong> jusqu’au 13 février<br>
<strong>Combien:</strong> 21$ (étudiants)</p>
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		<title>La tête en friche</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/la-tete-en-friche-7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 13:00:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[La tête en friche]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2397</guid>

					<description><![CDATA[<p>Écrivez-moi</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors depuis quelque temps, je vous écris en espérant vainement du courrier de vous. Et je dis vous, puis-je vous tutoyer? Franchement, je voulais surtout dire à quel point j’apprécie ton soutien, lecteur. Il y a beaucoup de gens qui m’écoutent, ou enfin qui m’entendent, dans la vie de tous les jours, mais les oreilles n’ont pas de paupières, comme disait l’autre. Me lire, c’est différent. T’avais le choix de tourner la page, de regarder le dessin avec énervement ‑elle, elle m’éneeeeeeerve!- de mettre le journal au recyclage, ou, Dieu te pardonne, à la poubelle, tout ça pour dire que t’étais pas obligé. Peut-être aussi que tu t’ennuyais, tu t’es dit c’est bien parce que j’ai terriblement pas envie de commencer à étudier, je lui laisse une dernière chance ‑peu importe. Merci.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>J’ai toujours cru que regarder des films tristes quand on est triste, ça remet les choses en perspective, ou à tout le moins ça change le mal de place. Les films qui finissent bien, parfois, me donnent l’impression qu’on se fout de ma gueule. <em>L’Auberge espagnole</em>, le film qui donne envie de faire un échange étudiant à Barcelone, finit sur le personnage principal qui se sauve du bureau ‑et surtout des collègues qui, lorsqu’ils apprennent son âge, s’exclament «Vous serez une jeune retraité alors!» – rentre chez lui, décide d’accomplir son rêve: devenir écrivain. Un petit raccourci. C’est une jolie fin, mais pas nécessairement une excellente fin. Un film gentil, mais pas magnifique. J’aime pas les fins trop finales, j’ai l’impression qu’on me dit: «Tu vois, pour le reste du film on voulait quelque chose de plus complexe, mélanger le tragique et le comique, des intrigues entrecroisées, postmoderne et tout ça, et à la fin on s’est dit que les spectateurs devaient plus suivre, alors on a simplifié, de toute façon tout le monde aime le bonheur.»</p>
<p>Eh bien non, je suis une terrible grognonne exigeante, les fins heureuses me déçoivent toujours un peu. Ce n’est pas tout à fait du snobisme, c’est surtout que je n’aime pas qu’on me dise que tout est bien qui finit bien.</p>
<p>Parce que c’est pas si simple, la vie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/la-tete-en-friche-7/" data-wpel-link="internal">La tête en friche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le CCA s’ouvre à vous</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/le-cca-s%e2%80%99ouvre-a-vous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosalie Dion-Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 13:00:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 20 ans, le Centre Canadien d’Architecture stimule autant les chercheurs que les mordus d’architecture et de design.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/le-cca-s%e2%80%99ouvre-a-vous/" data-wpel-link="internal">Le CCA s’ouvre à vous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Inauguré en 1989, le Centre Canadien d’Architecture propose aux Montréalais de découvrir les différentes facettes de l’architecture. Musée grand public aussi bien que centre de recherche, le CCA s’est donné la mission de «sensibiliser le public au rôle de l’architecture dans la société, de promouvoir la recherche de haut niveau dans ce domaine et de favoriser l’innovation dans la pratique du design».</p>
<p>Phyllis Lambert, directrice fondatrice et présidente du CCA, a d’abord fondé l’institution pour rendre publique sa collection personnelle de plusieurs milliers de documents, allant du dessin au périodique en passant par l’estampe et la photographie. Les pièces proviennent autant de la Renaissance que de l’époque contemporaine, et sont surtout destinées aux chercheurs et étudiants qui veulent adopter une approche multidisciplinaire. Interroger la nature du bâti, son influence, ses raisons d’être, voilà qui constitue l’objectif partagé par les chercheurs et la direction du CCA. Et, à en croire la diversité de la collection, des activités et des expositions qu’il propose, il n’est plus permis de douter du sérieux de l’entreprise.</p>
<h4>La collection</h4>
<p>Un demi-million de pièces sont disponibles pour consultation sur place, et quelques-unes en ligne. Il faut prendre rendez-vous 24 heures à l’avance pour demander à consulter les archives qui vous intéressent. Et puisque que la collection s’étend sur les six derniers siècles, difficile pour le curieux de ne pas y trouver son compte.</p>
<h4>Une librairie où vous ne trouverez que des livres</h4>
<p>… sur l’architecture, l’histoire de l’art, le graphisme, le design, la photo et les disciplines connexes. Un inventaire impressionnant de titres en français et en anglais, plusieurs fauteuils qui invitent à la lecture… On est à mille lieues des superlibrairies-disquaire- déco, et en plein dans la «quiet and still light of delightful studies», comme on peut le lire sur le mur de la McLennan. Le site Internet offre une fonction de recherche, et il est possible de contacter les libraires pour des commandes spéciales.</p>
<p><a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/bibliotheque-CCA.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/bibliotheque-CCA.jpg" alt title="bibliotheque-CCA" width="425" class="alignleft size-full wp-image-2228" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/bibliotheque-CCA.jpg 500w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/bibliotheque-CCA-400x315.jpg 400w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px"></a></p>
<h4>Les Soirées du jeudi</h4>
<p>Toutes les semaines, le CCA accueille une activité en lien avec les événements en cours. Le 28 janvier, Causerie avec le commissaire: Les films de John Lennon et Yoko Ono de 1970 à 1972 présente trois heures d’images autour du couple mythique.</p>
<h4>Événements et programmes éducatifs</h4>
<p>La CCA accueille maints événements, qui vont des <em>after-partys</em> aux conférences. À noter : le 11 février à 19h, le CCA sera l’hôte de la soirée Savon, créé en collaboration avec Pecha Kucha. Explorant l’évolution de l’hygiène publique en milieu urbain, Savon se penche particulièrement sur le cas de Montréal.</p>
<h4>Un bâtiment multidimensionnel</h4>
<p>Le Centre Canadien d’Architecture occupe deux édifices distincts et intégrés : la maison Shaughnessy, construite en 1874, et l’aile la plus récente, datant de 1979. Conçue par Peter Rose et Phyllis Lambert, le nouveau bâtiment totalise plus de 12 000 mètres carrés et accueille la majeure partie des espaces accessibles au public, tandis que la maison Shaughnessy abrite bureaux, espaces de rencontre, et salles de conférence. L’harmonisation exceptionnelle des deux constructions a été saluée à de nombreuses reprises, tant en Amérique du Nord qu’en Europe.</p>
<p>Le jardin du Centre, trop souvent négligé par les visiteurs, est lui aussi porteur d’une vision empreinte d’un souci du design. Situé en hauteur, il offre un panorama sur le quartier environnant. Des sculptures aux allures de ready-made architectural proposent une réflexion sur le paysage urbain, sa transformation et son rapport à la nature. Divisé en cinq espaces distincts ‑le Verger, le Pré, l’Arcade (miroir de la maison Shaughnessy), l’Esplanade, le Belvédère et les Colonnes allégoriques- qui invitent le promeneur dans une aventure alliant nature et urbanisme.</p>
<p>Le Centre Canadien d’Architecture ne se contente donc pas de théoriser l’architecture, mais participe activement à la diversité du paysage architectural montréalais.</p>
<h4>Vitesse et espace à l’écran</h4>
<p>L’exposition Entracte: Films d’un futur héroïque présente une quantité phénoménale de films. La galerie, transformée en salles de projection, présente des films expérimentaux, des documentaires, des films d’archives de la NASA, du Musée national de l’air et de l’espace de la Smithsonian Institution, de l’ONF et d’UbuWeb. «Avec Entracte, le CCA explore les mythes fondateurs de la vie contemporaine. Ces films mettent en question la vision du futur et suscitent des interrogations dans une perspective expérimentale et innovante. Ces dernières années, le CCA a mené divers projets évoluant autour de la thématique des limites […]. Ces expositions mettent toutes en lumière des idées qui façonnent l’expérience et les attentes au quotidien» explique Mirko Zardini, directeur du CCA. Les films de la NASA, dont plusieurs n’ont jamais été projetés, totalisent vingt-deux heures de pellicule et ont été filmés depuis l’espace et la Lune. Dans un autre registre, les productions de l’ONF mêlent le documentaire et le film expérimental. Des films de cinéastes connus, notamment Norman McLaren et Claude Jutra, se retrouvent dans la première salle de l’exposition. Les animations de McLaren, conçues dans les années 50 et 60, explorent le mouvement au moyen de la sérigraphie sur pellicule, une technique mise au point par McLaren lui-même. L’exposition transporte le visiteur d’une salle à l’autre, proposant un parcours explorant les thèmes de l’exposition, comme le rythme, la vitesse, le vol, les cosmonautes et l’espace. Laissez-vous guider!</p>
<p class="boiteg"><em>Entracte : Films d’un futur héroïque</em><br>
<strong>Où:</strong> Centre Canadien d’Architecture 1920 rue Baile<br>
<strong>Quand:</strong> Jusqu’au 28 février<br>
<strong>Combien:</strong> Gratuit (étudiants) </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/le-cca-s%e2%80%99ouvre-a-vous/" data-wpel-link="internal">Le CCA s’ouvre à vous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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