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	<title>Miruna Tarcau - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 04 Apr 2012 14:47:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>En vert et contre tous</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/04/03/en-vert-et-contre-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 12:13:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
		<category><![CDATA[cahier création 2012]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 22 mars 2012, aux environs de 13h, madame Dupré quitta précipitamment son domicile avenue Montrose en bougonnant quelque chose à propos de sa liste d’épicerie. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2012/04/03/en-vert-et-contre-tous/" data-wpel-link="internal">En vert et contre tous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux livres de saumon rose de l’Atlantique, un sac de Doritos, du camembert, des petits-feuilletés aux mini-saucisses, et cinq ou six autres ingrédients pour le tartare: décidément pas grand-chose qui valût la peine de se déplacer jusqu’au Maxi, d’autant plus qu’elle n’avait pour ainsi dire rien préparé. Pourtant, un jeudi soir, elle ne pouvait tout de même pas recevoir des invités sans leur servir au moins un tartare de saumon avec un verre de rosé. Or, elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait pas d’autre solution que de se déplacer en personne –surtout après le démêlé qu’elle venait d’essuyer avec le livreur la semaine passée, qui l’avait obligée à changer de supermarché. Peut-on avoir confiance en une viande qu’on n’a pas tâtée soi-même? Évidemment, on peut toujours la tester quand elle arrive à la porte, mais après, on est bien embêté de devoir dire au p’tit jeune de revenir se présenter avec un morceau plus tendre.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin3.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin3-740x543.jpg" alt title="s - dessin3" width="740" height="543" class="size-large wp-image-12683"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/alice-des/?media=1" data-wpel-link="internal">Alice Des</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Parvenue sur Sherbrooke, madame Dupré eut la désagréable surprise de se retrouver nez à nez avec un bouchon de circulation tel qu’elle n’en avait pas vu depuis un 4 juillet aux États-Unis sur l’autoroute 95, quelque part entre la ville de New York et le New Jersey. Cessant de ronchonner à propos de sa liste d’épicerie, madame Dupré se proposa de contourner le trafic en quittant la rue Sherbrooke à la prochaine intersection. Parvenue au croisement le plus proche, elle eut encore une fois la désagréable surprise de se retrouver nez à nez avec ce même bouchon de circulation, tel que vraiment, elle n’en avait pas vu depuis ce fameux 4 juillet. madame Dupré tenta de se calmer en songeant au tartare de saumon qu’elle préparerait ce soir pour accompagner sa bouteille de rosé. Mais plus le temps passait, et moins elle parvenait à détacher les yeux du pare-chocs arrière de la petite Corolla grise, dont la boîte de vitesses devait avoir été fixée sur «P» depuis belle lurette. Qui plus est, un vacarme infernal s’élevait graduellement plus loin dans la rue, qui expliquait sans doute les causes du trafic. Comme tout le monde, madame Dupré détestait d’autant plus les bouchons de circulation qu’elle parvenait rarement à canaliser sa rage dans une direction constructrice. Aussi, klaxonnant comme les autres, elle s’était mise à jurer comme un camionneur, ce qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps, sans doute depuis ce fameux 4 juillet sur l’autoroute 95, quelque part entre la ville de New York et le New Jersey.</p>
<p>Soudain, l’origine de ce vacarme se fit connaître lorsqu’une marée rouge se mit à déferler dans la rue. madame Dupré s’y attendait si peu qu’elle faillit en avaler le petit sent-bon accroché à son rétroviseur dans une profonde inspiration destinée à la calmer, selon une technique millénaire que lui avait enseignée son professeur de yoga thaïlandais. Aussi vida-t-elle aussitôt le contenu de son sac à main sur le siège passager à la recherche de son téléphone.</p>
<p>–Chériii! Chériii! Allume vite la télé, y’a des communistes qui défilent sur Sherbrooke! Y’a une révolution communiste!</p>
<p>Monsieur Dupré décrocha la bouche pleine, mâchonnant mollement une tablette de chocolat suisse, confortablement installé chez lui. Il faut dire que, s’étant foulé la cheville après avoir raté une marche à la sortie de son travail vendredi dernier, son mari était en congé maladie depuis près d’une semaine.</p>
<p>–Qu’essé que tu racontes? C’est sûrement la manifestation étudiante.</p>
<p>–Quelle manifestation étudiante?</p>
<p>–Tu sais ben… C’était prévu depuis un bon bout de temps. La manifestation contre la hausse des frais de scolarité, expliqua monsieur Dupré en affectant un air important.</p>
<p>C’est qu’il en avait entendu parler au travail la semaine dernière.</p>
<p>–Voyons donc! Une manifestation astheure! s’écria sa femme en fixant un regard rouge sur la marée toute aussi rouge, dont elle commençait à présent à distinguer les têtes les unes des autres.</p>
<p>–Ben ouais, fit monsieur Dupré, mâchonnant mollement sa tablette de chocolat suisse.</p>
<p>–Pis quoi encore? Ils trouvent peut-être qu’on leur paie pas assez de taxes?</p>
<p>–Ben non, ça a de l’air, fit tranquillement monsieur Dupré, d’un ton chocolaté</p>
<p>Le ton ne sembla guère satisfaire sa femme, qui s’attendait sans doute à davantage d’empathie de la part de son mari envers sa souffrance d’automobiliste. Elle bougonna donc quelque chose à propos de sa liste d’épicerie en regardant passer la marée, avant de revenir à la charge après quelques minutes.</p>
<p>–C’est de combien la hausse, donc?</p>
<p>Pour toute réponse, monsieur Dupré se contenta de hausser les épaules au téléphone, ce qui se traduisit tout bonnement par un bruit de mâchement qui ne plut guère à madame Dupré. Son mari ajouta alors, pour la forme, qu’il s’agirait sans doute de quelques centaines de dollars par an.</p>
<p>–Bah! On paie ben plus que ça en taxes pour leurs études, nous autres!</p>
<p>–Ben ouais, fit monsieur Dupré en finissant posément sa tablette de chocolat.</p>
<p>–Pis les Ontariens? Leurs étudiants paient ben plus que nous autres, pis me semble que leur budget à eux est moins dans le rouge! Ils pensent-tu à ça eux autres, avec leur solidarité?</p>
<p>–Ben non, ça a de l’air, fit une nouvelle fois Monsieur Dupré qui, ayant fini sa tablette de chocolat suisse, se vit bien contraint de rajouter quelque chose: «Pas grand-chose à attendre de ce côté-là. Des futurs BS, anyway. Tu sais ce qu’on dit&nbsp;: BS un jour, BS toujours.»<br>
Et il se mit à rire fièrement de sa blague, la trouvant très appropriée à la situation. Puis, juste au moment où monsieur Dupré s’apprêtait à rajouter quelque chose sur les abus du bien-être social, sa femme l’interrompit en s’écriant qu’il y avait également des étudiants qui défilaient avec des pancartes de McGill. Son mari n’en revenait pas.</p>
<p>–Ben voyons donc, McGill peut pas être en grève! Ça a aucun bon sens!</p>
<p>–Mais puisque j’te le dis! Des parapluies rouges pis une bannière! «McGill littérature française en grève!»</p>
<p>–Ah?… Tiens, ils ont ça eux autres, un département de littérature française?</p>
<p>–Ç’a de l’air!</p>
<p>–Ben coudonc!</p>
<p>C’est alors que monsieur Dupré se mit à la recherche d’un sac de chips à se mettre sous la dent, en attendant son tartare de saumon.</p>
<p>–Ça va, c’est pas médecine, quand même, fit-il calmement pour rassurer sa femme.</p>
<p>Mais madame Dupré était tout de même indignée. Ce jour-là, elle ne prit pas moins de trois heures et demie à faire les courses. Le comble, c’est qu’une fois rentrée chez elle, elle s’aperçut qu’elle avait oublié les petits-feuilletés aux mini-saucisses, le thym pour le tartare, de même que les Doritos. Sa rage fut sans bornes. Maudissant à la fois les étudiants, les policiers et le gouvernement Charest, elle massacra son tartare, si bien qu’elle dut se résigner à servir des spaghettis bolognaise, à sa plus grande honte. Mais enfin, tout était prêt pour souper lorsque monsieur et madame Dupré reçurent un coup de fil de la part de la directrice de l’école primaire de leur fille, qui leur informa gravement que Lisa était menacée d’expulsion pour avoir volé un iPhone.</p>
<p>Affolés, les Dupré s’empressèrent d’annuler en catastrophe leur souper du jeudi soir, avant de s’engouffrer dans leur fourgonnette aussi vite que leur permettait la cheville foulée de monsieur Dupré. En chemin, madame Dupré ne cessa de répéter que c’était de la faute de son mari, qu’il n’aurait jamais dû lui refuser l’appareil, d’autant plus que ses bonnes notes les lui avaient mérité. Et monsieur Dupré de répéter obstinément qu’il était ridicule d’offrir des iPhones à des fillettes de onze ans.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 740px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin2.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/04/s-dessin2-740x675.jpg" alt title="s - dessin2" width="740" height="675" class="size-large wp-image-12685"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/alice-des/?media=1" data-wpel-link="internal">Alice Des</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>C’était la deuxième fois en un an que monsieur et madame Dupré étaient convoqués au bureau de la directrice de l’école primaire. La seule autre fois ce fut pour la demande d’admission de Lisa, qui s’était effectuée lors d’une rencontre individuelle de manière très formelle. La directrice leur avait alors assuré que leur fille n’aurait aucun mal à s’intégrer dans leur communauté, et qu’elle avait, bien entendu, beaucoup de potentiel qui leur permettait d’espérer de grandes choses de sa part.</p>
<p>Couverte de honte de la tête aux pieds, madame Dupré se confondit en excuses aussitôt que la bonne sœur lui ouvrit la porte. Monsieur Dupré quant à lui ne cessait de répéter que c’était la première fois que leur fille Lisa faisait une chose pareille, que c’était la dernière fois également, et qu’ils ne lui permettraient décidément pas de recommencer de sitôt. Madame Dupré était au bord des larmes. À leur grande surprise, la directrice leur annonça qu’elle reviendrait peut-être sur la décision d’expulsion, puisque leur fille Lisa s’était pour ainsi dire expliquée devant la mère supérieure. Celle-ci leur conseilla alors de discuter avec Lisa, et, d’une voix douce, elle les pria presque de ne pas la gronder. Ces pauvres Dupré ne savaient qu’en penser.</p>
<p>Le chemin du retour se fit dans un silence total. Parvenus chez eux, monsieur et madame Dupré convoquèrent solennellement leur fille à la table de la cuisine et lui demandèrent, appréhensifs, ce qu’elle avait dit à la directrice pour se justifier.</p>
<p>–La vérité, répondit la fille des Dupré, c’est que je ne l’ai pas volé. Manon me l’a donné pour que je l’aide à le revendre, pour qu’on commence à ramasser de l’argent.</p>
<p>–Quoi, tu ne vas pas nous faire accroire que la famille de Manon a besoin d’argent? Ils sont richws à craquer! s’emporta madame Dupré.&nbsp;</p>
<p>–Ils viennent juste d’emménager pas loin d’ici dans une maison bien plus grosse que la nôtre! renchérit monsieur Dupré. Six chambres, quatre salles de bain!</p>
<p>–On a juste une chambre de moins qu’eux, se permit de commenter Lisa.</p>
<p>–Pis rien que deux salles de bain! rétorqua aussitôt son père, qui oubliait le véritable sujet de la conversation.<br>
–Mais comment ça, vous commenciez à ramasser de l’argent? Combien d’argent vous vouliez ramasser au juste? insista madame Dupré, que l’initiative de sa fille avait véritablement inquiétée.</p>
<p>Pendant plusieurs bonnes minutes, Lisa refusa obstinément de répondre. Enfin, il fallut que monsieur Dupré menace de l’envoyer rejoindre sa cousine au New Jersey pour que celle-ci se résigne enfin à répondre que Manon et elle s’étaient proposées de ramasser très exactement 1&nbsp;625 dollars. C’est alors que monsieur Dupré se souvint brusquement, en se tapant le front, qu’il s’agissait là de la somme contestée par la manifestation contre la hausse des frais de scolarité.</p>
<p>–Voyons donc, ma chouette! s’écria sa mère. Tu ne penses pas sérieusement qu’on te laissera payer tes études, seule?</p>
<p>Monsieur Dupré répondit quant à lui que seuls ses droits de scolarité au primaire excédaient 2&nbsp;950 dollars.</p>
<p>–On n’a peut-être pas les moyens de t’envoyer à Harvard, mais les droits de scolarité au Québec! C’est rien, voyons donc! répétait sa mère, secouée d’un petit rire de soulagement.</p>
<p>Lisa elle, ne riait pas.</p>
<p>–Ah bon? Si c’est rien, vous auriez les moyens de payer les frais de scolarité de deux cent mille étudiants? Leur demanda-t-elle fermement, tout en essuyant des miettes de chips sur la table de la cuisine pour éviter leur regard.</p>
<p>Et les Dupré de s’étonner une fois encore. En désespoir de cause, Lisa se résigna alors à lâcher ce qu’elle avait sur le cœur.</p>
<p>–Vous comprenez vraiment rien! Ce n’est pas pour nous qu’on voulait le ramasser, l’argent… C’est comme les étudiants qui manifestent. Vous pensez que c’est juste dans leur intérêt? C’est les gens de mon âge qui vont arriver au cégep dans cinq ans, pas eux autres!</p>
<p>–Tu ne peux pas comprendre, ma chouette, l’interrompit madame Dupré d’une voix douce. C’est plus compliqué que ça.</p>
<p>–Ben expliquez-moi alors! Tu t’es-tu déjà demandé ça représente quoi, 1&nbsp;625 dollars par an pour des étudiants qui travaillent à dix piastres de l’heure? Ça fait 4&nbsp;875 dollars pour un bac universitaire! Et cela représente plus de quatre cent quatre-vingt huit heures à la job, ce qui revient à plus de soixante et un shifts de huit heures d’affilée!</p>
<p>Madame Dupré en resta coite. Monsieur Dupré quant à lui songea que leur fille avait décidément beaucoup de potentiel en mathématiques.</p>
<p>–Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse, ma chouette? Balbutia maladroitement sa mère. On n’y peut rien, il y a des riches et des pauvres, c’est comme ça, c’est tout.</p>
<p>Monsieur Dupré quant à lui rétorqua qu’on ne pouvait tout de même pas changer le monde à deux.</p>
<p>–À deux non. Mais à deux cent mille, oui, insista fermement la fille des Dupré. Vous êtes au courant qu’y a eu deux cent mille personnes à la manifestation aujourd’hui?</p>
<p>Pour toute réponse, madame Dupré échappa un petit «Pff!» d’indignation, tandis que monsieur Dupré se demandait d’où leur petite fille de onze ans tenait toutes ces informations. Décidément, Lisa s’entêtait. Il décida alors de mettre un terme à la discussion en déclarant qu’ils ne seraient jamais d’accord, puisqu’ils étaient séparés par des positions idéologiques différentes.</p>
<p>– Les carrés rouges et les carrés verts, ce n’est pas fait pour s’entendre. T’as le droit d’avoir des convictions politiques ma petite, mais garde les grandes actions pour plus tard, tu veux?</p>
<p>–Vous êtes des carrés verts? demanda alors Lisa, déçue.</p>
<p>C’est alors que madame Dupré perçut davantage que de la déception dans le regard de sa petite fille de onze ans. Il lui sembla brusquement avoir perdu son admiration de manière irréparable.</p>
<p>–Voilà que l’école privée transforme nos enfants en marxistes, astheure! s’indigna monsieur Dupré.</p>
<p>–Espèce de conservateur! s’emporta soudain sa fille avant de quitter brusquement la cuisine</p>
<p>Madame Dupré se précipita dans la chambre de sa fille pour exiger que celle-ci s’excuse à son père. Ce n’était pas tant parce qu’elle l’avait traité de conservateur, mais bien pour son audace d’avoir osé employer l’expression «espèce de» à l’égard de son père. Pendant que madame Dupré gravissait les escaliers, Lisa avait déjà commencé à jeter ses uniformes dans une boîte de carton destinée à l’Armée du Salut, avant de se tourner vers ses jouets préférés dans un geste plus symbolique. Paniquée, sa mère tenta de l’immobiliser, mais Lisa se déroba à son étreinte et s’attaqua désormais à ses jolies robes de concert en froufrous, en velours et en dentelle.</p>
<p>–Lisa! Voyons donc, ça n’a pas de bon sens! C’est parce que ton père t’a fait croire qu’on est des carrés verts? On n’est pas des carrés verts, voyons! Regarde moi! Regarde!</p>
<p>Lisa s’arrêta un moment dans son insurrection et vit que sa mère avait relevé un coin de son rideau rouge sur sa chemise, où elle l’avait appliqué avec un sourire nerveux. madame Dupré avait fait un effort. À présent, c’était au tour de sa fille de descendre s’excuser à son pauvre père, dont la cheville foulée l’empêchait de se précipiter dans la chambre de sa fille. Pendant ce temps, monsieur Dupré avait rejoint le canapé du salon où, dépité d’avoir été privé de tartare de saumon par des manifestants venant de tout le Québec et de spaghettis bolognaise par une petite manifestante de l’avenue Montrose, il devait se contenter d’une tablette de chocolat suisse pour souper.</p>
<p>À la télé, une étudiante interviewée déclarait qu’il s’agissait non seulement d’une manifestation historique, mais aussi d’un entêtement historique. Monsieur Dupré quant à lui, en vert et contre tous, mâchait historiquement sa tablette de chocolat suisse, le dos tourné à sa fille Lisa qui ne s’excusa pas. </p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Verdissage au Redpath Hall</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/verdissage-au-redpath-hall/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 14:40:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[opéra mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[redpath hall]]></category>
		<category><![CDATA[schulich]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<category><![CDATA[tracy cantin]]></category>
		<category><![CDATA[verdi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opéra McGill rendait hommage à Verdi dans sa présentation de Four Verdi Final Acts le 24 mars dernier.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui n’a pas déjà entendu dire que tous les opéras représentaient toujours la même histoire d’amour tragique qui finit toujours de la même façon, c’est-à-dire par la mort interminable des protagonistes qui prennent plusieurs bonnes minutes à rendre leur dernier soupir? L’avantage d’une représentation mettant bout à bout quatre actes finaux parmi les plus connus de l’histoire de l’opéra, c’est qu’elle permet de mettre en évidence, de façon presque ironique, les caractéristiques communes d’un genre musical que la culture populaire contemporaine ne se lasse pas de parodier. Le directeur des études d’opéra Patrick Hansen ne s’est d’ailleurs pas privé d’une remarque allant dans le sens de cette satire, lorsqu’il a fièrement déclaré que l’école de musique Schulich avait tué pas moins de dix personnages cette année. Une liste de morts certes impressionnante, mais dont certains, il faut dire, ne figuraient pas dans le livret original.</p>
<p>Il est vrai que, parmi le programme musical présenté au Redpath Hall samedi dernier, seul Falstaff faisait exception à la règle avec sa fin joyeuse, juste après Othello, Rigoletto et La Traviata. Inspirés de tragédiens romantiques ou préromantiques (c’est ainsi que Victor Hugo qualifie Shakespeare dans La Préface de Cromwell), ces opéras reflètent bien entendu des aspects de l’esthétique de l’époque, comme celui de l’alliance hugolienne du sublime et du grotesque dans laquelle la pureté franchement stéréotypée de certains personnages contraste comiquement avec les vices des autres.</p>
<p>Néanmoins, contrairement à une représentation traditionnelle dans laquelle une mise en scène, des décors, des costumes et des sous-titres permettent de suivre l’opéra exactement comme une pièce de théâtre, le Four Verdi Final Acts ne se prêtait pas du tout au même type d’interprétation qu’un drame romantique. Véritable hommage musical à Verdi, le spectacle de samedi dernier accordait au compositeur une place privilégiée, et tout particulièrement à ses partitions vocales, dont l’accompagnement au piano mettait en évidence l’extraordinaire originalité, à côté de laquelle les spectateurs d’une représentation complète passeront. Pourtant, Verdi accordait une grande importance au rôle de la voix dans ses compositions, au point de militer pour que l’orchestre ajuste l’accord de ses instruments selon un registre parfaitement adapté à la voix humaine établissant la note la à 432 Hertz, ce qui ne se fait malheureusement plus aujourd’hui dans certaines des salles les plus connues du monde.</p>
<p>Signalons tout de même que les quatre actes n’étaient pas entièrement dénués de travail dramaturgique. Si l’acte III de La Traviata était plutôt statique, chose impossible à éviter lorsque les chanteurs ont droit à leurs partitions, la scène finale de Falstaff frappait au contraire par sa vitalité. La salle était en effet plongée dans l’obscurité, tandis que les visages des dix personnages de cette comédie romantique n’étaient éclairés par des lampes torches que lorsque ces derniers commençaient à chanter. Pendant que Tracy Cantin échangeait les habits de soirée de la mondaine Violette contre la robe de chambre de l’innocente Desdémone, un quatuor exécutait avec humour Bella Figlia Dell’Amore, l’un des airs les plus connus de Rigoletto, dans lequel le duc de Mantoue courtisait insoucieusement la fille de son assassin sous les yeux ahuris de son amante Gilda et de son père le bouffon. Au final, seule la longue inquiétude de Desdémone dans Othello manquait véritablement de dynamisme.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sullivan au goût du jour</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/sullivan-au-gout-du-jour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 14:32:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[opérette]]></category>
		<category><![CDATA[société savoy]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<category><![CDATA[sullivan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certainly not Sullivan a fait un carton au Gerts vendredi le 23 mars.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce vendredi, la société Savoy de McGill présentait un spectacle qui voulait s’éloigner de son répertoire traditionnel, ce qui explique le titre du cabaret: le Certainly not Sullivan.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/IMG_2413.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-12261" title="IMG_2413" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/03/IMG_2413-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camille-chabrol/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Chabrol</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
La pièce faisait référence aux opérettes «Savoy» de Gilbert et Sullivan, deux partenaires victoriens dont les sociétés G&amp;S honorent chaque année le répertoire comique. Cela inclut des spectacles tels que The Gondoliers produit à McGill le mois dernier.
<p>Il faut dire que les organisateurs ne s’attendaient certainement pas à réunir un public aussi important. Pas moins de cent cinquante étudiants se sont présentés au bar Gerts dont seule la moitié avait effectué une réservation, ce qui a contraint quelques-uns à assister au spectacle debout.</p>
<p>Ce léger contretemps n’a cependant rien enlevé à l’enthousiasme des amateurs de comédies musicales qui encourageaient allégrement les chanteurs de leurs airs préférés, qu’il s’agisse de classiques comme When you’re good to Mama (Chicago), ou encore de chansons tirées de productions plus récentes comme The text song (Hot mess in Manhattan).</p>
<p>Une performance honorable, surtout si l’on tient compte du fait qu’aucun chanteur n’a reçu de formation professionnelle.<br>
Cette extravagance de la société Savoy fait étrangement penser au lien entre les opérettes «Savoy» et la nature burlesque et irrévérencieuse caractérisant la plupart des comédies musicales à succès contemporaines. Peut-on aller jusqu’à dire que Gilbert et Sullivan furent les premiers producteurs du Broadway londonien?</p>
<p>Ce qui est sûr, c’est que si la forme de ce type de spectacle a quelque peu changé, l’accueil des spectateurs demeure tout aussi enthousiaste aujourd’hui qu’au XIXe siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/sullivan-au-gout-du-jour/" data-wpel-link="internal">Sullivan au goût du jour</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Profondeur hasardeuse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2012/02/14/profondeur-hasardeuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 15:03:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[charles harries]]></category>
		<category><![CDATA[james campbell]]></category>
		<category><![CDATA[katie scharf]]></category>
		<category><![CDATA[player's theatre]]></category>
		<category><![CDATA[the decemberists]]></category>
		<category><![CDATA[the hazards of love]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Regard sur The Hazards of Love, au Player’s Theatre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au Players’ Theater cette semaine, James H.K. Campbell et Charles Harries nous présentent un «opéra folk» vaudevillesque aux airs de conte de fée. Mise en scène d’une comédie musicale n’ayant jamais vu le jour, <em>The Hazards of Love</em> reprend la musique d’un album du groupe de rock indépendant américain The Decemberists (créé en 2009) qui met en scène une idylle champêtre entre une jeune fille et un faune qui ne recouvre son apparence humaine qu’à la tombée de la nuit.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c-hazards-3.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11206" title="c - hazards 3" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c-hazards-3-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/nicolas-quiazua/?media=1" data-wpel-link="internal">Nicolas Quiazua</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Or, leur amour se voit menacé par l’intervention d’une belle-mère magicienne souffrant d’une sorte de complexe œdipien inversé pour son fils adoptif. Le jeune couple, qui souhaite vivre d’amour et d’eau fraîche au beau milieu de la forêt selon un idéal évocateur de l’époque hippie, traverse, on s’en doute, une série d’épreuves.</p>
<p>Tout d’abord, la reine de la forêt –le dos couronné de bois de cerf censé souligner son appartenance au monde «naturel»– réclame de son fils qu’il abandonne son amour pour passer l’éternité avec elle. Drame.</p>
<p>L’apparition d’un débauché infanticide complique ensuite un peu les choses en enlevant la fiancée. Pire encore, cette pauvre Marguerite manque de se faire violer dans une scène dont la violence inattendue (du moins, après les scènes idylliques) peut affecter les spectateurs. Re-drame.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c-hazards-2_1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-11208" title="c - hazards 2_1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/02/c-hazards-2_1-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/nicolas-quiazua/?media=1" data-wpel-link="internal">Nicolas Quiazua</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Néanmoins, pour qui se plaît à voir triompher l’idéal amoureux, une fin tragique n’est pas à craindre. Clichés mis à part, dans son ensemble, le spectacle reste assez réussi. Côté chant, la performance de Katie Scharf –la reine de la forêt– parvient à faire oublier le caractère plutôt stéréotypé de la cruelle belle-mère, en misant notamment sur une présence scénique évocatrice des méchants de Disney. Si les héros ne se distinguent guère du type des «amants maudits», les leitmotivs associés aux scènes d’amour, de désespoir et de danger parviennent à créer une atmosphère mélodramatique qui s’adapte bien au thème de la pièce. Toutefois, ceux qui s’attendent à retrouver des allusions à Marivaux risquent d’être déçus: contrairement au <em>Jeu de l’amour et du hasard</em>, l’esthétique de <em>The Hazards of Love </em>n’est ni celle d’une comédie de mœurs, ni celle d’une critique de la société. Pensez Broadway avec les moyens du bord.
<p>A priori, le genre de l’opéra folk ne paraît pas forcément propice à développer une réflexion critique sur notre monde. Par exemple, aujourd’hui, il peut être difficile de percevoir l’originalité et l’audace de textes d’opéra classiques du XVIII<sup>e</sup> ou du XIX<sup>e</sup> siècle tels que <em>Les Noces de Figaro </em>ou <em>Rigoletto</em>, l’un reprenant largement la critique des privilèges de la noblesse héritée de la philosophie des Lumières, l’autre réinvestissant à qui mieux mieux les thèmes phares du romantisme hugolien. Il faut pourtant avoir conscience de ce que représente la trame d’une époque pour faire davantage que s’y encastrer; et s’il n’est pas toujours nécessaire de faire du «contemporain», il est pourtant essentiel de conserver un recul vis-à-vis des types littéraires ou idéologiques réinvestis dans une œuvre, sans laquelle celle-ci reste forcément dénuée d’ironie.</p>
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		<title>Ce que l’administration veut, McGill veut</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/22/ce-que-l%e2%80%99administration-veut-mcgill-veut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 13:55:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[cornett]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Heather-Blum]]></category>
		<category><![CDATA[norman cornett]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le documentaire d’Alanis Obomsawin sur le renvoi du docteur Norman Cornett.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2007, après quinze ans de loyaux services à l’Université McGill, le professeur Norman Cornett a été renvoyé. Quelque temps avant son licenciement, il avait remis en question les méthodes d’enseignement traditionnelles. Suite à la crise nerveuse d’un de ses étudiants, il avait décidé d’élaborer sa propre approche. «Comment se fait-il que les étudiants soient soumis à un tel niveau de stress, depuis leur première jusqu’à leur dernière année dans l’enseignement supérieur?» s’était-il demandé. «Comment peuvent-ils s’épanouir en tant que citoyens, et en tant qu’êtres humains, s’ils en viennent à prendre la boulimie intellectuelle pour de l’enseignement véritable?»</p>
<p></p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-norman-cornett.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9959" title="jm07 0531 mcgill prof 04.jpg" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-norman-cornett-595x391.jpg" alt width="595" height="391"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Gracieuseté de National Geographic Live!</span>		</figcaption>
	</figure>
Ce sont ces questions qui l’ont poussé à développer une méthode d’apprentissage transgressant les limites non-écrites de l’académisme universitaire, en transformant la salle de cours en espace dialogique dans lequel chacun était invité à discuter d’égal à égal avec des politiciens, des artistes, ainsi que des experts dans divers domaines. Pour le professeur Cornett, ne pas agir face à la détresse mentale de la plupart de ses étudiants, c’est se soustraire à une responsabilité morale et civique. Norman Cornett exige plutôt que le système éducatif permette aux étudiants de développer une pensée autonome en stimulant sans cesse leur créativité. «Car la créativité, affirme-t-il, c’est au fond ce qui nous distingue de toutes les autres espèces animales.»
<p>Or, comment l’administration de l’époque avait-elle réagi face à cette méthode d’éducation novatrice? Pas une seule discussion, pas un seul préavis. Seule une lettre lui demandant de vider son bureau –une réaction qui a incité Alanis Obomsawin, la réalisatrice du documentaire Depuis quand ressent-on l’obligation de répondre correctement au lieu de répondre honnêtement?, à établir une comparaison entre les méthodes de l’administration de McGill et celles de l’univers anti-utopique de Ray Bradbury, Farenheit 451.</p>
<p>Par ailleurs, une lettre ouverte publiée dans Le Devoir du 15 juin 2007 avait questionné publiquement la décision de McGill en exigeant une explication de la part de l’administration, qui conservait toujours le silence quant aux raisons de ce licenciement. Le vice-principal de l’époque avait assuré les signataires de la lettre que le renvoi du professeur Cornett n’avait rien à voir avec les débats controversés qu’il avait l’habitude d’organiser dans ses cours sur les conflits au Moyen-Orient. D’après le vice-principal, cette décision administrative avait été effectuée «sans irrégularité»; McGill continuait à honorer la liberté d’expression.</p>
<p>Toutefois, monsieur Masi offrait-il une quelconque explication aux 747 signataires de la pétition en ligne exigeant davantage de transparence de la part de l’administration de McGill? Si les idées politiques du professeur Cornett ne constituaient pas la raison de son congédiement, alors qu’est-ce qui justifiait la décision de «le laisser partir»? Sur ce point, l’administration reste muette.</p>
<p>Quatre ans après ces événements, , l’enquête interne du professeur Jutras révèlera sans doute que McGill continue à honorer la liberté d’expression, que ce soit dans leurs négociations avec les employés de MUNACA, dans leur façon de gérer l’accroissement de l’activisme étudiant et de répondre aux manifestations.</p>
<p>Il faut se rendre à l’évidence: quel que soit le montant auquel les jeunes Québécois achèteront le droit d’avoir un avenir, on ne peut plus nier que les rapports d’autorité définissant les relations entre les citoyens et leur gouvernement, de même qu’entre les étudiants et leur université, sont en train de se redéfinir. Un refus d’accepter ces changements n’empêchera pas les étudiants de réclamer le droit de fréquenter un établissement qui honore véritablement la liberté d’expression, et qui n’établisse pas de distinction entre les réponses correctes et les réponses honnêtes.</p>
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		<title>Dénoncer l’usage de la force</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/denoncer-l%e2%80%99usage-de-la-force/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 14:02:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<category><![CDATA[brutalité policière]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[occupons mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[occupons montréal]]></category>
		<category><![CDATA[police anti-émeute]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En réaction aux événements du 10 novembre, plusieurs personnes ont jugé bon de commenter, sur les sites du McGill Daily et du Tribune, que l’intervention violente de la police de Montréal s’explique par l’initiative infortunée de quelques étudiants.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/denoncer-l%e2%80%99usage-de-la-force/" data-wpel-link="internal">Dénoncer l’usage de la force</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ces derniers se sont accordés le droit d’étendre le mouvement «occupez votre ville» sur le campus universitaire de McGill. «Tout allait bien, entend-t-on dire, jusqu’à ce que ces quatorze personnes décident d’infiltrer illégalement le bâtiment administratif de McGill, ainsi que le bureau de la principale, qui était absente». Certains sont allés jusqu’à prétendre que ces quatorze étudiants auraient usé de la force pour empêcher les employés de l’administration de quitter leur bureau, ou encore que leurs camarades auraient attaqué les policiers à vélo qui tentaient de briser la chaîne humaine qui s’était formée à l’extérieur du bâtiment James –accusation sur la base de laquelle quatre étudiants ont été arrêtés.</p>
<p>Ce lundi, l’assemblée We are all McGill visait en partie à réfuter les fausses rumeurs circulant sur cet événement depuis quelques jours, invitant les témoins de la manifestation à dénoncer avec indignation le bafouement de leurs droits, qui dévoila l’illusion du bon fonctionnement de la démocratie participative devant une foule qui partageait largement le ressentiment des manifestants.</p>
<p>Témoignages de première main, appels à la solidarité de la part de chefs syndicaux et de cadres d’unions étudiantes; il ne manquait certes pas de gens pour dénoncer la brutalité policière dont les manifestants furent les victimes, qu’ils aient pris une part active à la manifestation de jeudi, ou qu’ils se soient tout simplement trouvé au mauvais endroit et au mauvais moment, de passage devant le portail Milton. Certains des étudiants ayant pris part à l’occupation des bureaux de l’administration ont rappelé par ailleurs que leur geste n’était pas sans précédent, puisqu’en effet, en avril 1997, ce même cinquième étage du bâtiment James fut «occupé» pendant trois jours par des étudiants qui demandaient pacifiquement de négocier une baisse des frais de scolarité avec les autorités universitaires. À la différence près que l’administration de l’époque ne manquait pas d’assurance au point d’avoir recours à une escouade anti-émeute pour gérer ses problèmes internes. Depuis quand l’intervention d’un organisme «paramilitaire», comme l’a lui-même qualifié Marc Parent, chef du service de police de la Ville de Montréal, s’avère-t-elle nécessaire pour gérer les mauvais rapports du conseil d’administration avec la classe étudiante que ce dernier est censé représenter?</p>
<p>Certains intervenants ont remarqué que le décalage considérable entre le sommet de la hiérarchie universitaire et le bas de la pyramide alimentaire académique ne fait que refléter l’abîme qui sépare présentement la plupart des gouvernements des citoyens qui les ont mis au pouvoir. Les manifestations des «indignés», d’une ampleur sans précédent, témoignent largement de cet écart à travers le monde, de Wall Street jusqu’en Espagne, en passant par le monde arabe et la Grèce, dont le premier ministre s’est vu récemment remplacer par un ancien vice-président de la Banque centrale Européenne dans le mépris de la démocratie le plus total. C’est pourquoi des étudiants ont pris la peine de préciser que ce rassemblement sur la place communautaire de McGill ne visait pas uniquement à revendiquer le droit à la parole de la classe étudiante, ni même à combattre tout bonnement le projet de hausse des frais de scolarité.</p>
<p>Car si l’«occupation» d’une ville ou d’une université par ses citoyens et par ses étudiants –qu’une intervenante a préféré qualifier de «réappropriation du territoire»– ne constitue pas une forme de résistance acceptable face aux mesures d’austérité imposées aux populations, de quels moyens les citoyens disposent-ils encore pour faire prévaloir leurs droits démocratiques?</p>
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		<title>Un lion pour Halloween</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/08/un-lion-pour-halloween/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 12:51:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[birks]]></category>
		<category><![CDATA[henri ii]]></category>
		<category><![CDATA[james goldman]]></category>
		<category><![CDATA[michael loewen]]></category>
		<category><![CDATA[plantagenets]]></category>
		<category><![CDATA[savoy society]]></category>
		<category><![CDATA[tara richter smith]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La raison du plus fort est toujours la meilleure.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Certaines familles sont restées célèbres par leurs intrigues, leurs complots, et leur habileté extraordinaire à mettre en application la loi du plus fort, le mode de pensée qui domine les marchés actuellement. Songeons aux Borgia de Rome, aux Médicis en France ou à Florence, et… à la dynastie des Plantagenêts en Angleterre, celle que la Savoy Society de McGill nous a présenté dans la ravissante chapelle de Birks les 4 et 5 novembre. Cette pièce de James Goldman, intitulée <em>The Lion in Winter</em>, est l’adaptation d’un spectacle de Broadway de 1966, rendu célèbre par le long-métrage mettant en scène Peter O’Toole et Katharine Hepburn dans les rôles de Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-lion_in_winter_1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9565" title="c-lion_in_winter_1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/11/c-lion_in_winter_1-595x437.jpg" alt width="595" height="437"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/miruna-tarcau/?media=1" data-wpel-link="internal">Miruna Tarcau</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Ce week-end, Michael Loewen et Tara Richter Smith ont repris le flambeau avec brio, dans un décor qui démontre que l’on peut obtenir d’excellents résultats avec peu de moyens. Il suffit d’avoir sous la main un pavillon aux arches gothiques rappelant les châteaux anglais du XII<sup>e</sup> siècle, quatre instrumentistes qui font résonner des musiques de Noël à chaque changement de décor, et vous voilà transportés pendant deux heures au palais d’Henri II à Chinon, la nuit du 24 au 25 décembre 1183.</p>
<p>Il va de soi que James Goldman a du déformer certains faits historiques afin de resserrer son intrigue, en réduisant par exemple la progéniture d’Henri II à trois fils et le nombre de maîtresses à une seule, alors que le roi en entretenait une dizaine. Ce faisant, la pièce présente le problème de la succession du trône d’Angleterre sous l’aspect d’une querelle de famille, dans laquelle les Plantagenêts n’échappent pas aux stéréotypes des dynamiques familiales modernes. Des trois fils qui veulent s’emparer de la couronne, il y a d’abord le jeune Richard «Cœur de Lion», insolent, agressif, et préféré de sa mère, Geoffroy le mal-aimé, éternel cinquième roue du carrosse en dépit de sa perspicacité, et enfin, John, le fils à papa un peu niais. Outre leurs liens de sang, ces derniers ne partagent rien d’autre qu’une soif indéfectible de pouvoir. Au sein du couple royal, Aliénor d’Aquitaine –qui peut reprocher à son mari d’avoir choisi leur fille adoptive Alais pour maîtresse, en plus de l’avoir enfermée dans une tour pendant une décennie–, s’ajoute enfin à cette lutte de pouvoir pour compléter le tableau de cette famille unie dans la conspiration.</p>
<p>Néanmoins, comme le souligne <em>Le Prince </em>de Machiavel, la force seule ne suffit pas à gouverner un empire. Aussi, lorsque la voie du bien ou de la loi ne suffit plus, le prince doit savoir user de la «raison d’État» et associer les qualités du lion avec celles du renard. Or, pour reprendre l’expression d’Abraham Lincoln, nul ne peut tromper «tout le monde tout le temps». Les dirigeants d’aujourd’hui ont-ils appris des erreurs de leurs prédécesseurs? Hélas, il faut croire que les techniques des Borgia, des Médicis et des Plantagenêts n’ont guère évolué depuis un millénaire. C’est pourquoi le sujet de cette pièce demeure encore d’actualité.</p>
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		<title>Un spectre hante le Square Victoria</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/10/25/un-spectre-hante-le-square-victoria/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 11:43:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<category><![CDATA[occupons montréal]]></category>
		<category><![CDATA[occupy wall street]]></category>
		<category><![CDATA[Square Victoria]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=9158</guid>

					<description><![CDATA[<p>Occupons Montréal prend l’allure d’une grève de masse. Jusqu’où le mouvement ira-t-il? </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/25/un-spectre-hante-le-square-victoria/" data-wpel-link="internal">Un spectre hante le Square Victoria</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Beaucoup relèveront deux caractéristiques frappantes du mouvement de protestation «occupez votre ville». Avant tout, l’absence d’unité des revendications demeure un point que l’on reproche à la masse de manifestants, de laquelle certains souhaiteraient voir se développer un mouvement plus concret, avec des revendications précises et réalistes. Ensuite, il faut également noter que la vague d’occupation internationale est le résultat spontané d’individus de différents milieux, groupes d’âge et classes sociales que rien ne semble réunir si ce n’est une profonde indignation contre les dérives du système financier transatlantique, tout particulièrement depuis la crise des subprimes de 2007.</p>
<p>Tout d’abord, remarquons ici que la première caractéristique de ce phénomène s’explique par la seconde: dans un contexte où les manifestants répondent davantage à une certaine impulsion dégagée par un moment historique qu’à une idéologie commune, il est tout naturel que leurs slogans véhiculent une large gamme d’idées empruntées aux médias, à divers organismes de luttes contre l’injustice sociale, ou tout simplement aux nouvelles idéologies en vogue au XXIe siècle, comme l’environnementalisme.</p>
<p>On ne peut donc pas s’attendre à ce qu’un groupe aussi hétérogène produise spontanément des revendications précises. Mais il reste malgré tout à savoir ce qui peut expliquer la mobilisation à l’échelle du globe de tous ces protestataires. Le 14 octobre, Stephen Harper a tenu à signaler quant à lui que «la situation économique canadienne est différente de celle des États-Unis», voulant impliquer par là que le mouvement Occupy Wall Street aurait une spécificité purement américaine n’ayant pas grand-chose à reprocher au système financier canadien qui, selon lui, «s’en est bien tiré durant la récession économique mondiale».</p>
<p>On ne peut cependant pas rendre compte de ces rassemblements selon une logique strictement individualiste, qui reviendrait à chercher des motivations personnelles à tous les manifestants, lesquels n’auraient pas réussi à gagner au jeu du système «capitaliste» qu’ils dénoncent. Que peuvent bien gagner un professeur du système public ou une étudiante au secondaire à camper illégalement au milieu d’un square public en automne, si ce n’est, au mieux, un rhume, et au pire, une foule de risques allant de l’emprisonnement à des blessures graves, dans le cas où cette manifestation perdrait son aspect pacifique? Doit-on regarder la taille du portefeuille et la marque de jeans des manifestants pour déterminer s’ils ont ou non le droit de «s’indigner», à l’image des Indignados espagnols? Ne devrait-on pas plutôt y voir le signe d’un principe général qui se manifeste ponctuellement dans l’Histoire, à des moments où les conditions sociales et économiques ne sont plus tolérables –soit celui de la fin d’une époque? Quoiqu’il en soit, le nouveau look de la Reine Victoria reflète au moins une chose: les gens en ont assez de l’impérialisme financier de la City de Londres et de Wall Street, et pas seulement à Montréal.</p>
<p>À ce titre, ce qu’écrivait Rosa Luxembourg il y a plus d’un siècle à propos de la première révolution russe de 1905 résonne curieusement avec le phénomène actuel d’occupation d’espaces publics: «la grève de masse n’est ni «fabriquée» artificiellement ni «décidée», ou «propagée», dans un éther immatériel et abstrait, mais elle est un phénomène historique résultant à un certain moment d’une situation sociale à partir d’une nécessité historique».</p>
<p>Cette nécessité, aujourd’hui, est celle de recommencer à planifier notre avenir économique à long terme, au lieu de miser sur la régulation d’une main invisible qui, à défaut de gouverner les marchés, pousse peut-être les gens à manifester pour une économie plus saine. C’est pourquoi, malgré le nombre relativement limité de participants à la manifestation au square Victoria depuis le 15 octobre, il n’est pas incongru d’associer ce mouvement à une «grève de masse» internationale dont les premiers signes remontent au printemps arabe, pour se propager ensuite à travers l’Europe, les États-Unis, et aujourd’hui, le Canada. Peut-on espérer que cette série de désobéissances civiles aboutisse réellement à une révolution sur les plans politique et socio-économique? Seul le temps nous le dira. De toutes façons, il semblerait que la pancarte qui a été accrochée sur la statue de la reine Victoria reflète bien l’essence de ces mouvements d’occupation, dans la mesure où ils constituent autant de manifestations du «Zeitgeist» actuel –autrement dit, de l’«esprit de notre époque».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/25/un-spectre-hante-le-square-victoria/" data-wpel-link="internal">Un spectre hante le Square Victoria</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Sous les jupons de l’École des femmes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/10/18/sous-les-jupons-de-l%e2%80%99ecole-des-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 15:26:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[école des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Nadon]]></category>
		<category><![CDATA[Lorraine Pintal]]></category>
		<category><![CDATA[molière]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>
		<category><![CDATA[TNM]]></category>
		<category><![CDATA[yves gagné]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les masques du Théâtre du Nouveau Monde: sous une contestation apparente, un conformisme décevant.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le&nbsp; 6 octobre, journalistes, politiciens et commanditaires se réunissaient pour saluer les soixante ans du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) et de sa directrice artistique et générale, Lorraine Pintal. L’événement était fêté en grande pompe à l’occasion de la première médiatique de <em>L’École des femmes</em>, une pièce malheureusement un peu traditionnelle pour un théâtre qui se dit au cœur des mutations de la société québécoise depuis plusieurs décennies. L’histoire du TNM compte en effet son lot de pièces subversives, lesquelles viennent soutenir les propos de Lorraine Pintal qui affirme que le TNM «n’est pas une entreprise culturelle, mais une institution et un service public». On songe par exemple à des pièces telles <em>La nef des sorcières </em>(1976) et <em>Les fées ont soif</em> (1978) qui donnèrent de l’impulsion aux manifestations féministes des années soixante-dix, ou encore à la représentation d’une pièce aussi contestataire que <em>Jeux de massacre </em>d’Eugène Ionesco en pleine crise d’Octobre 70. Mais le sain républicanisme du théâtre qui donnait une voix à la cité se perpétue-t-il encore au moment où Lorraine Pintal fête ses vingt ans de mandat? Rien n’est moins sûr; mais c’est pourtant ce dont ne semblaient douter ni les journalistes ni les politiciens présents lors de la première. Les commanditaires, eux, ont eu à pâtir de cette tradition contestatrice à l’automne 1999, lorsque Wajdi Mouawad publia une violente invective contre la présence de leurs pancartes sur scène dans le programme de son <em>Don Quichotte</em>.</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 214px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/Ecole_Femmes.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-9064" title="Ecole_Femmes" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/10/Ecole_Femmes-214x300.jpg" alt width="214" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Crédit photo: Jean-François Gratton</span>		</figcaption>
	</figure>
En vérité, si la programmation du TNM provoque encore des remous en 2011, ce n’est plus tant parce que ses pièces interviennent directement dans les crises actuelles, mais plutôt parce que la contestation intervient au niveau de la société québécoise elle-même. Celle-ci a mal accepté par exemple le choix de Wajdi Mouawad d’inclure Bertrand Cantat dans la distribution du cycle <em>Des Femmes</em>, une adaptation de Sophocle qui, ironiquement, illustre la violence faite aux femmes, alors que Bertrant Cantat a été condamné pour le meurtre de sa femme Marie Trintignant. Peut-être est-ce pour cela qu’Yves Desgagnés a tenu à présenter <em>L’École des femmes</em> comme étant «féministe» avant l’heure. Sa mise en scène met en effet l’accent sur le caractère révolutionnaire de Molière, qui donne le «mauvais rôle» aux hommes à travers le personnage d’Arnolphe. Prôner l’éducation des femmes en France au XVII<sup>e</sup> siècle dénotait, il est vrai, un caractère tout à fait révolutionnaire, tout comme il le serait dans les pays du Golfe aujourd’hui. Or, c’est souvent dans les sociétés les moins sensibles au féminisme que le combat est le moins présent dans les arts, et inversement.
<p>Voilà pourquoi on peut s’interroger sur la pertinence de présenter cette pièce au Québec dans la continuité d’une tradition qui fait du TNM une institution publique, au service de la cité. Pourtant, ce ne sont pas les problèmes qui manquent, ni les groupes sociaux marginalisés qui auraient grand besoin de faire entendre leur voix sur la scène publique! Tandis que les étudiants ne cessent d’encaisser la hausse des frais de scolarité, les employés de MUNACA protestent contre la réduction de leurs acquis sociaux, et la vague de contestation se propage auprès des jeunes qui manifestaient au square Victoria lors de la journée internationale du mouvement «Occupy Wall Street» le 15 octobre, dans le cadre de manifestations organisées dans plus de 1500 villes dans le monde. Avec tout ça, n’y avait-il pas une quatrième mise en abyme de l’espace scénique dans la mise en scène d’Yves Desgagnés –les trois premières étant représentées sur scène par un rétrécissement progressif de la scène qui aboutit à une ouverture des rideaux sur le visage de Guy Nadon; la quatrième représentant le public des journalistes, politiciens, et commanditaires applaudissant l’esprit révolutionnaire du TNM.</p>
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		<title>La science et la politique discutent à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/la-science-et-la-politique-discutent-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 15:53:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Exclusif Web]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[mulcair]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<category><![CDATA[politique nationale]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[transport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment sortir du pétrole? Vers l’indépendance énergétique du Québec.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le sujet de l’indépendance énergétique au Québec est d’autant plus débattu que, dans le contexte actuel d’une crise financière internationale, notre province seule dépense annuellement plus de onze milliards de dollars dans l’importation de pétrole. Sachant que cette somme est doublée lorsqu’on y additionne l’importation de gaz naturel et d’automobiles, cela revient à estimer que la moitié de notre budget provincial annuel est consacré au maintien de l’industrie automobile! Ce qui est d’autant plus révoltant quand on connaît l’état de nos infrastructures, datant pour la plupart des années 60 et 70. Par exemple, en juillet 2007, le Département des transports du Québec a déclaré pas moins de 135 viaducs potentiellement instables.</p>
<p>Ce vendredi, lors du Dialogue science et politique, quatre conférenciers ont proposé leurs projets visant à électrifier notre système de transports publics, en vue de mettre à profit notre énergie renouvelable. L’ancienne ministre de l’énergie du Québec, Rita Dionne-Marsolais, a tout d’abord souligné l’urgence de remplacer le système de camionnage individuel par le transport ferroviaire. Le hic, c’est que ce dernier appartient malheureusement au gouvernement fédéral, qui a eu la bonne idée de vendre notre chemin de fer à des compagnies privées, auxquelles il prévoit à présent le racheter (plus cher, évidemment) pour le transformer partiellement… en pistes cyclables. Autrement dit, on prévoit de transformer un système de transport public efficace du XIXe siècle en un système de transport individuel à peine plus efficace que le cheval, datant lui aussi du XIXe siècle. Comme avancée scientifique, franchement, il y a mieux!<br>
Yves Lavoie, président du réseau des ingénieurs du Québec, et Dominique Sorel, membre du centre d’écologie urbaine de Montréal, nous estiment quant à eux chanceux que nos transports soient en train de s’écrouler, puisqu’il s’agit d’une opportunité en or de rebâtir notre infrastructure de manière plus intelligente. Monorails interurbains, tramways, autobus électriques; les projets ne manquent pas en vue d’assurer une transition «agressive» vers le tout électrique.</p>
<p>Les véhicules individuels ne sont pas en reste, comme l’a rappelé le consultant d’Amarok Michael Uhlarik. Le marché des voitures hybrides et les motos électriques est en pleine expansion, et la technologie du tout électrique n’en est qu’à ses débuts –ce qui signifie qu’avec l’investissement nécessaire, nous devons nous attendre à des percées majeures dans les prochaines années. Encore faut-il mettre de côté l’idée que l’Occident occupe la première place dans la course aux nouvelles technologies. Mais nous ne devrions pas nous étonner d’apprendre que des pays comme la Chine et l’Inde devraient nous servir d’exemple, car si nous voulons un jour atteindre l’indépendance énergétique, il faut tout d’abord investir dans notre production locale, au lieu de délocaliser constamment nos manufactures et d’exporter une part importante de notre énergie électrique –pour en importer par la suite, et plus cher qu’on ne la vend!</p>
<p>Précisons ici que tous ces problèmes relèvent tout autant du domaine de la science que de la politique, car la science elle-même n’avancera pas si la volonté politique de réaliser des grands projets fait défaut. Dans son discours de clôture donné au Thomson House (pour ne pas devoir traverser les lignes de piquetage), Thomas Mulcair a déclaré qu’il y a autant d’idéologies dans la science que dans la politique, et que par conséquent, le devoir des citoyens est d’intervenir dans les débats et de manifester la volonté d’investir dans l’innovation. Madame Dionne-Marsolais, pour sa part, estime que dans un contexte où les jeunes ne votent pas et placent leur opinion du côté des médias, il ne faut pas attendre d’avoir la permission du public pour initier le changement. «Il n’y a pas un métro qui s’autofinance» rappelle-t-elle. «Sommes-nous prêts? Non! Mais on doit le faire pareil!» Quitte à inciter à la désobéissance civile!</p>
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		<title>Mulcair à sciences et politiques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/mulcair-a-sciences-et-politiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 12:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[npd]]></category>
		<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[poltiique nationale]]></category>
		<category><![CDATA[sciences et politiques]]></category>
		<category><![CDATA[taxe]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Mulcair]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>NPD: quelles sont les stratégies scientifiques pour l’avenir? Entrevue avec Thomas Mulcair</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre du dialogue Sciences et politiques à McGill, le député d’Outremont Thomas Mulcair s’est prononcé sur les stratégies scientifiques du parti néodémocrate dans une entrevue exclusive accordée au <em>Délit.</em> Les sujets abordés durant la conférence posaient des défis considérables. Que ce soit en ce qui concerne le problème de la transition d’un système de transport fondé sur le pétrole à un système tout-électrique, ou le défi de déterminer les sources de production de l’énergie électrique elle-même, les réponses ne vont pas de soi. Le NPD est à présent célèbre pour ses politiques «plus vertes» que celles du parti vert lui-même, et Monsieur Mulcair a déclaré publiquement lors de son discours de clôture qu’il n’existe aucun moyen de se débarrasser des déchets nucléaires pour le moment, et donc qu’il n’existerait pas de nucléaire «durable».</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/mulcair.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-8755" title="SONY DSC" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/mulcair-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Lindsay Cameron | The McGill Daily</span>		</figcaption>
	</figure>
Cependant, juste avant cette déclaration, il s’était fait un devoir de rappeler que les idéologies n’appartiennent pas qu’au domaine politique, et qu’il y a tout autant de croyances et d’opinions qui divisent les scientifiques sur l’interprétation, voire sur le choix des faits à interpréter, qu’il y a de politiques différentes entre la droite et la gauche. Le danger, dit-il, c’est que les politiciens doivent alors faire un tri des rapports scientifiques sur lesquels ils choisiront de construire leurs stratégies de recherche et de développement. «Il est important de fonder nos décisions sur la science, et pas sur les idéologies», répond-il lorsqu’on lui demande pourquoi le NPD assoit à ce point ses politiques sur la théorie du réchauffement climatique anthropogénique. Les récents travaux du physicien Henrik Svensmark portant sur le rôle des nuages dans la régulation du climat, corroborés par les résultats du projet CLOUD (Cosmics Leaving Outdoor Droplets) publiés cet été, ont démontré que les modèles de prévision climatique actuels ont une mauvaise compréhension de la formation d’aérosol dans la basse atmosphère, de même qu’une mauvaise compréhension de la formation des nuages. Ce projet tend à démontrer que les rayons cosmiques auraient une influence majeure sur le climat, laissant ainsi aux gaz à effet de serre un rôle plus que secondaire dans le réchauffement climatique. Mais Tomas Mulcair a vivement réagi contre les résultats de ce projet en soutenant qu’il ne s’agissait là que d’un prétexte permettant aux Conservateurs de refuser de s’engager à diminuer les gaz à effets de serre.
<p>Pour ce qui est des engagements de son parti, Monsieur Mulcair affirme que le NPD «reconnaît l’importance de la science et projette d’investir davantage dans le secteur de la recherche et du développement». Quant aux plans du NPD pour le Grand Nord et le programme spatial canadien, en donnant en exemple l’initiative de la Russie qui a entamé la construction d’un nouveau cosmodrome à Vostochny –ce qui démontre l’engagement du gouvernement russe à contribuer à l’avancement de la haute technologie– le député déclare que «le NPD est engagé à affirmer la souveraineté du Canada dans le grand Nord, c’est pourquoi il est important d’investir dans les communautés qui sont déjà là».</p>
<p>Pour ce qui est de l’espace, le député d’Outremont dit espérer «que l’agence spatiale canadienne continue son bon travail», bien que «pour l’instant, on n’a[it] pas de programme spatial». Ce qui laisse entendre que le NPD ne projette pas d’investir dans la création de nouveaux centres de recherche sur la haute technologie et l’aérospatial dans le grand Nord.</p>
<p>Enfin, avec la décision des Conservateurs de parvenir à «l’équilibre budgétaire» d’ici 2015, le fonds de recherche et de développement ne permet pas de lancer de grands projets à l’échelle du cosmodrome de Vostochny ou encore du tunnel sous le détroit de Béring –un projet pour lequel le Premier Ministre Vladimir Poutine s’est vu refuser la coopération des gouvernements Bush et Harper. Comment le NPD projette-t-il d’investir dans des grands projets scientifiques dans un contexte de crise financière croissante? Bien que Mulcair admette que «les banques canadiennes sont un peu gourmandes en ce qui concerne leurs profits», le NPD ne planifie pas de séparer les banques d’investissement des banques commerciales, ce qui permettrait d’éliminer les pertes nationales dues aux spéculations boursières en déresponsabilisant le gouvernement vis-à-vis des pertes du secteur commercial. Il s’agit d’un projet de loi sous le nom de Glass-Steagall, ou HR 1489, qui est présentement discuté au Congrès américain. Cependant, sur le plan économique, le NPD envisage d’appliquer la taxe Tobin pour générer des revenus sur les revenus des transactions bancaires.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/mulcair-a-sciences-et-politiques/" data-wpel-link="internal">Mulcair à sciences et politiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>La grève de MUNACA dans le contexte de la faillite du système financier. À qui la faute?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/la-greve-de-munaca-dans-le-contexte-de-la-faillite-du-systeme-financier-a-qui-la-faute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2011 02:27:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Exclusif Web]]></category>
		<category><![CDATA[Billet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’ici, la grève de MUNACA nous a été présentée comme un problème local issu d’une série de litiges de nature financière entre McGill et ses employés.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/la-greve-de-munaca-dans-le-contexte-de-la-faillite-du-systeme-financier-a-qui-la-faute/" data-wpel-link="internal">La grève de MUNACA dans le contexte de la faillite du système financier. À qui la faute?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mais aux dires du vice-principal Michael di Grappa dans un courriel envoyé cette semaine, «l’offre de McGill consistant en une hausse salariale de 1,2% sur les trois prochaines années reflète la politique salariale du gouvernement québécois». Ce qui révèle bien qu’il ne s’agit pas là d’un problème local, dans la mesure où les coupures dans les pensions et les bénéfices sociaux des employés de McGill ne font que refléter ce qui se produit à l’échelle provinciale –et j’ajouterais là: au niveau fédéral et international. Car il suffit de prendre un pas de recul et d’examiner un moment les politiques d’austérité qui émergent à droite à gauche, en Europe comme aux États-Unis, pour s’apercevoir que McGill n’est aucunement la seule institution à se serrer la ceinture, tout comme la grève de MUNACA est loin d’être la seule réaction d’indignation face aux mesures prises pour «éviter» la crise, ou plutôt pour lui faire face.</p>
<p>Aux États-Unis le mois dernier, peu après l’adoption controversée du nouveau plafond de la dette par le Congrès, le Trésor de l’État fédéral américain dévoilait que la dette publique a officiellement dépassé de 100% la valeur du PIB, rejoignant ainsi les pays dits du «bailout» comme la Grèce (152%), l’Italie (120%) et l’Irlande (114%). Le site finance-banque applaudit quant à lui la «sagesse» du Canada qui adopta dès 1990, en guise de précaution, des réformes budgétaires caractérisées par une diminution drastique des dépenses publiques. Une tendance qui ne peut que s’accentuer sous le gouvernement Harper, lequel ne nourrit pas d’espoir plus grand que celui de parvenir à rétablir «l’équilibre budgétaire» d’ici 2015. Autrement dit, à investir le moins de fonds possibles dans les services publics pour garder une bonne image auprès de la communauté internationale qui se pavane joliment dans les journaux sous le titre de Fonds Monétaire International. Belle initiative!</p>
<p>Dans un article du 20 mai 2011 dans le Guardian, Greg Palast dénonçait cet asservissement à l’oligarchie financière en rappelant que le FMI travaille pour les banquiers, et non pour les nations qui conserveraient encore une quelconque illusion de souveraineté dans le «choix» de leurs politiques. «Les avocats de [l’ex-président du FMI] Dominique Strauss-Kahn, écrit-il, disent que la relation avec la femme de ménage était «consensuelle». Mais DSK dit la même chose de tous les accords que le FMI passe avec les nations sur lesquelles il a droit de vie et de mort.» Et cette expression de Palast n’était malheureusement pas qu’une stratégie rhétorique visant à susciter l’indignation de ses lecteurs… puisque, en imposant une coupure drastique dans les fonds de retraite et une hausse délibérée du chômage à 14% en Grèce, tout comme il impose actuellement des coupures de plusieurs trillions de dollars dans le budget fédéral américain via les efforts soumissionnistes du Président Obama et de son «super-congrès» (superbement illégal), le FMI a véritablement droit de vie et de mort sur les pays qui ont le malheur de croire qu’ils se doivent d’«équilibrer leur budget» pour sortir de la crise économique. Car l’«équilibre du budget» ne signifie rien d’autre que des coupures dans les pensions, les bénéfices sociaux, doublée d’une augmentation du chômage, ce qui ne manquera pas de déclencher d’autres grèves, quel que soit le résultat des négociations entre McGill et MUNACA.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/la-greve-de-munaca-dans-le-contexte-de-la-faillite-du-systeme-financier-a-qui-la-faute/" data-wpel-link="internal">La grève de MUNACA dans le contexte de la faillite du système financier. À qui la faute?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dans les coulisses des attaques</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/13/dans-les-coulisses-des-attaques-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Miruna Tarcau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 13:50:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[11 septembre]]></category>
		<category><![CDATA[afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[irak]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8321</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’après 11 septembre: dix ans de guerre, attaques terroristes ou mensonge éhonté? Polémique et version «officielle» en conférence au cinéma du Parc.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/13/dans-les-coulisses-des-attaques-2/" data-wpel-link="internal">Dans les coulisses des attaques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce dixième anniversaire des événements du 11 septembre, le Centre de Recherche sur la Mondialisation (CRM) a cru bon d’avertir les Canadiens que leurs voisins américains ont été victimes lors des attaques du 11 septembre, non pas d’une attaque imprévue organisée par un ennemi islamiste international, mais bien d’un «coup d’état».</p>
<p>À défaut d’entrer dans les détails du pourquoi et du comment, n’ayant pu être détaillés dans une période aussi courte, les conférenciers ont invité leur auditoire à considérer le tournant de la politique étrangère américaine durant cette dernière décennie: «s’agit-il encore bel et bien d’une nation démocratique gouvernée par, et pour, un peuple souverain?» demandaient-ils. Michel Chossudovsky, professeur d’économie à l’Université d’Ottawa et président du CRM, a d’abord dénoncé la GWOT, ou Global War on Terrorism, comme un outil de manipulation médiatique visant à justifier le caractère impérialiste des interventions militaires, politiques et économiques des États-Unis au Moyen-Orient. Les journalistes Wayne Madsen et Mahdi Darius Nazemroaya (lequel revenait tout juste de Tripoli où il couvrait l’assaut de l’OTAN la semaine dernière) ont quant à eux présenté les résultats de leurs recherches, qui corroboraient l’interprétation du professeur Chossudovsky en mettant en évidence l’absence totale d’investigation sur le terrain des médias de masse ; puisque, selon eux, ceux-ci se bornent à répéter la propagande, la version «officielle» des politiciens, de crainte de perdre leur emploi, voire pire. Enfin, l’ex-membre du Congrès Cynthia McKinney a de nouveau accusé l’administration Bush de crime contre les États-Unis pour avoir co-organisé les attaques du 11 septembre en collaboration avec les réseaux terroristes, puis pour avoir classifié les documents permettant de prouver leur culpabilité, un engagement de confidentialité que semble respecter le président Obama, lequel (malgré la promesse faite aux familles des victimes durant sa campagne électorale) n’a toujours pas divulgué le dernier chapitre du Joint Congressional Inquiry, le rapport officiel de la commission d’enquête sur les attaques du 11 septembre.</p>
<p>Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une interprétation qui est loin d’être celle de tous les professeurs d’université, journalistes ou politiciens. À McGill, le professeur de sciences politiques Stephen Saideman a réagi vivement contre les conclusions du CRM: «Quiconque affirmerait encore qu’Oussama ben Laden et Al-Qaida ont travaillé en collaboration avec des membres du gouvernement américain et de la CIA avant et depuis 2001 est en décalage total par rapport à la réalité». On ne peut pas, selon lui, qualifier la politique étrangère américaine d’«impérialiste» sans donner à ce terme une définition très vague qui finirait par englober la politique étrangère de tous les pays qui cherchent à agrandir leur zone d’influence. D’après sa définition, l’impérialisme consiste à annexer des régions étrangères à son territoire sous forme de colonies directement gouvernées par la mère-patrie, ce que les États-Unis ne font pas strictu sensu, bien qu’ils y aient effectivement établi des «gouvernements de transition».<br>
Depuis l’avènement du politiquement correct, lequel remonte au tournant des années 80, une règle non-écrite oblige en effet le monde académique à soumettre de plus en plus son discours à des exigences de neutralité, ce qui crée parfois des écarts énormes entre la recherche universitaire et le monde extérieur. Comme l’a résumé le chroniqueur du Village Voice, Richard Goldstein, en 1991 en se livrant à un autoportrait politically correct: «Un homme un peu gras, court sur pattes et presque chauve comme moi peut désormais parler de lui, sans vraiment plaisanter, comme une personne de poids, dotée d’une stature différente, et dont la capillarité est en péril.» En va-t-il de même pour l’interprétation des faits historiques récents qui rejoignent l’actualité? Jusqu’à quel point un professeur peut-il s’éloigner de la version officielle sans risquer de compromettre sa carrière et sa réputation?</p>
<p>Or, puisqu’il s’agit de commémorer le dixième anniversaire des événements du 11 septembre, autant soulever ouvertement la question de l’interprétation historique. Une chose est sure: l’effondrement des tours jumelles a bel et bien fourni le prétexte à de nombreuses violations des droits de l’Homme et des droits à la vie privée, comme en témoignent Guantanamo et le USA PATRIOT Act qui permet au gouvernement américain de détenir sans limite et sans preuve toute personne suspectée de terrorisme depuis 2006. Ce qui est sûr également, c’est que ces événements ont mené à une série de guerres dans lesquelles le Canada est lui-aussi impliqué, et dont nous ne sommes pas près de voir la fin. Pour toutes ces raisons, ne devrions-nous pas adopter une distance critique vis-à-vis de la version officielle de l’administration à laquelle nous devons la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak, Guantanamo et le USA PATRIOT Act? Si tout ce qui est à découvrir a déjà été découvert, pourquoi refuser d’ouvrir une nouvelle enquête indépendante sur des événements qui ont pourtant marqué une nette rupture entre le monde «avant» et «après» 9/11? Étant donné qu’une telle commission est loin d’être instaurée, le dévoilement des vingt-huit pages classifiées du rapport existant aurait certainement constitué un meilleur moyen de commémorer les 2977 victimes des attentats que la minute de silence observée à New York ce dimanche à 8h46 du matin.</p>
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