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	<title>Louis Melançon - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Découvertes musicales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/04/07/nearer-my-god-to-thee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2009 23:45:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nearer my God to Thee</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai vu <em>Slumdog Millionaire</em> avec ma famille samedi dernier, et je crois que l’exclamation de mon père à la fin du film représente bien notre sentiment à tous après ces quelque cent vingt minutes d’action: «Wow, c’est donc bien essoufflant ce film-là!» Pas une seconde de répit dans ce long métrage haut en couleurs. En regardant la page Wikipédia du film – mais qui est donc cette beauté qui joue Latika? Doit-elle détrôner Penelope dans mon palmarès? – j’ai appris que le film avait non seulement remporté l’Oscar du meilleur film, mais également celui – vous me voyez venir avec mes gros sabots – de la meilleure musique et de la meilleure chanson, écrites par un certain Allah Rakha Rahman. À bien y penser, et surtout en réécoutant des extraits de la bande originale du film sur Internet, c’est bien vrai que la musique apporte beaucoup à cette oeuvre. Cette musique très crue, très urbaine, est apparemment créée dans le seul but d’être jouée très, très fort, pour enterrer le brouhaha incessant de Mumbai. D’où le sujet de cette ultime chronique: la musique au cinéma.</p>
<p>La musique a une emprise très puissante, comme magique, sur nos émotions. Je vous invite à réaliser une petite expérience, car que de fois vous avez été mes dociles cobayes cette année, chers lecteurs!&nbsp; Sur Youtube, cherchez les termes «Nearer my God to Thee». Cliquez sur le premier résultat de la recherche et fermez les yeux. Cette musique vous rappelle-t-elle des souvenirs? À moins que vous n’ayez vécu sous une roche ou dans un recoin de la bibliothèque McLennan au cours des dix dernières années, vous aurez reconnu la chanson que jouait le quatuor à corde alors que le Titanic coulait dans le très populaire film de James Cameron. Vous vous souvenez tous de cette séquence, qui semble avoir été scientifiquement conçue pour faire éclater en sanglots un public de jeunes adolescentes à leur sixième visionnement : le quatuor joue sur le quai, le capitaine attend la mort dans sa cabine, le concepteur du navire fait de même dans le grand salon, un couple de vieillards dans leur lit, pour finalement en arriver au coup de grâce, la mère qui raconte une histoire à ses deux enfants dans une cabine, tous condamnés à périr sous peu. Et voilà, vous pleurez! C’est ce qui est merveilleux avec la musique de film: même plusieurs années après l’avoir vu, le simple fait d’entendre la chanson nous fait revivre exactement les mêmes émotions que lorsque nous regardions le film.</p>
<p>Et des chansons comme «Nearer my God to Thee», il y en a plein! On a qu’à penser aux chansons du Kronos Quartet nous rappelant les images ma foi troublantes de <em>Requiem for a Dream</em>, ou encore aux chansons enjouées du <em>Fabuleux Destin d’Amélie Poulain</em> qui nous mettent instantanément le sourire aux lèvres. Que seraient la série <em>Star Wars</em>, <em>Jurassic Park</em>, Hollywood tout entier, tiens, sans la musique de John Williams? Pouvez-vous imaginer un film de Quentin Tarentino sans trame sonore? Moi non plus.</p>
<p>Il y a cependant une distinction importante à faire entre la musique destinée au grand écran et celle qui n’est destinée qu’à notre système de son. La première complète l’image, alors que l’autre est conçue pour briller d’elle-même. La distinction est particulièrement flagrante quand on écoute la trame sonore d’un film qu’on n’a jamais vu: c’est plate! D’où cette dernière recommandation musicale, une pièce qui brille de tous ses feux seulement dans nos oreilles, mais qui me touche comme peu de films l’ont fait: «Die schöne Mullerin» de Schubert, chanté par Dietrich Fischer-Dieskau. Si cette année vous n’aurez découvert que cette pièce-là grâce à moi, eh bien je serai comblé.</p>
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		<title>Découvertes musicales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/03/24/si-dieu-existe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 21:15:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si Dieu existe</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En tant qu’ancien Petit-Chanteur du Mont-Royal, ayant chanté la messe à l’Oratoire Saint-Joseph pendant près de dix ans, j’ai toujours eu une relation assez particulière avec Dieu. À fréquenter quelqu’un aussi souvent, on commence rapidement à se poser des questions, à se demander si la relation devrait être remise en question.</p>
<p>À mes débuts dans la chorale j’étais pourtant un fervent croyant, persuadé de l’existence de Dieu et de sa toute puissance. Je suis le premier à l’admettre, cette «ferveur» bien naïve était davantage issue d’une peur irrationnelle de représailles que d’une profonde spiritualité. Que peut-on imaginer d’autre à cet âge? À l’occasion du baptême d’un de mes camarades de classe, je fus même choisi comme «ami priant», tâche que je remplis avec beaucoup d’assiduité et de sérieux. Que s’est-il passé pour que cet enfant modèle que j’étais se transforme et devienne le monstre athée-relativiste-intégriste que je suis aujourd’hui (auquel il faut ajouter une dose de nihilisme directement proportionnelle à la proximité temporelle d’une période d’examens)?</p>
<p>Tout d’abord, il est important de souligner, pour tous ceux qui l’auraient oublié ou qui n’auraient pas eu la chance de s’adonner à cette activité, que pour un enfant de dix ans, une messe c’est plate et pas à peu près. Pendant plus d’une heure, des «monsieurs» en jaquette marmonnent des textes que notre jeune cerveau peine à métaboliser; les prêtres et le public dialoguent dans des tirades à n’en plus finir qu’on a pas encore eu le temps d’apprendre par coeur; celui qui semble être le chef des jaquettes donne un sermon sur des sujets trop souvent éloignés de nos préoccupations centrales, à savoir Zelda et le ballon chasseur.</p>
<p>Ensuite, ce qui frappe dans la musique lithurgique c’est le double discours de l’Église. Toutes les paroles célébrant un Dieu vengeur et sans pitié sont systématiquement barrées et remplacées par d’autres chantant les louanges d’un Dieu aimant et qui pardonne toujours nos péchés, aussi horribles soient-ils. On en vient à s’interroger sur les véritables motivations de l’Église: spiritualité ou marketing?</p>
<p>À tout ça viennent s’ajouter les frasques d’un pape déconnecté de la réalité – le discours anti-condoms en Afrique ça ne date pas d’hier – et celles des intolérants qui passent leur temps à dénigrer les autres – femmes, homosexuels et j’en passe.</p>
<p>Quand, en plus de tout cela, on doit chanter lors de la messe organisée pour le passage à l’an 2000 – oui, la plaie est toujours vive même après toutes ces années – et passer ce moment historique dans un endroit qui sent l’encens vieilli, comme dirait monsieur Perron: «C’est la goutte qui fait déborder la coupe aux lèvres»! Cela dit, plus je chantais avec la chorale, plus je me suis mis à apprécier cette belle musique religieuse, et plus les messes sont devenues agréables. Même si le sermon s’éternisait un peu, je savais que j’allais bientôt pouvoir chanter! De fil en aiguille, je me suis mis à me poser des questions: comment était-il possible que tous ces compositeurs, des gens manifestement extrêmement doués et intelligents, dédient tant d’efforts pour un Dieu qui n’existe pas? Il fallait que je revoie ma position officielle sur le sujet.</p>
<p>Eh oui, Dieu existe, mais par les actions des hommes et des femmes qui croient en lui. La phrase ne vient pas de moi, elle vient du père Vincent que j’ai interviewé cette semaine. J’ai été surpris de voir à quel point nos idées se rejoignaient; tous les deux nous entendions Dieu dans la belle musique! Mon Dieu à moi, c’est cette perfection à atteindre en toute chose, ce moment divin dans l’interprétation d’une pièce durant laquelle le temps s’arrête et rien d’autre ne compte que la musique; les musiciens parmi vous comprendront.</p>
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		<title>Profession de foi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/03/24/profession-de-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 20:51:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré le père Jean-Guy Vincent, vice-recteur à la pastorale à l’Oratoire Saint-Joseph.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès la première question les cartes ont été mises sur table, remettant en question non seulement la foi de millions de fidèles, mais surtout la pertinence de notre thématique de la semaine: Dieu existe-t-il? «Bien sûr que oui, affirme le père Jean-Guy Vincent. Je ne peux pas le prouver, mais j’en ai fait l’expérience et j’en fais encore l’expérience. […] Dieu est invisible mais se manifeste par les hommes et les femmes qui croient en lui. Jésus, dont l’existence physique et matérielle a été prouvée, a dit que Dieu est Amour avec un grand A; tout ce qui existe vient de cet amour. Même au plan humain, si on existe, c’est parce que deux personnes se sont aimées, du moins c’est ce qui arrive dans la majorité des cas!»</p>
<h4>La rencontre avec Dieu</h4>
<p>Comment se manifeste cet appel à Dieu? Ce désir de lui consacrer sa vie que ressentent, à un moment ou à un autre, les membres du clergé? Le père Vincent explique que,&nbsp; dans son cas, cette «rencontre» avec Dieu n’a pas été une soudaine illumination, mais plutôt une découverte progressive. Élevé dans une famille pratiquante, il prie en famille dès son plus jeune âge et récite tous les soirs le chapelet en écoutant CKAC. C’est en servant la messe, vers l’âge de douze ans, que lui est apparue pour la première fois l’idée de devenir prêtre. Voyant le bonheur des gens malades qui recevaient l’hostie des mains du prêtre, il s’est dit que peu importe ce qu’il ferait dans la vie, lui aussi viendrait en aide aux autres pour les rendre plus heureux. Approché par le père Émile Bessette à la fin de sa septième année, il décide de venir étudier au Séminaire Sainte-Croix à Montréal, puis choisit à dix-neuf ans d’entrer en communauté. Même à l’époque, très peu d’étudiants se rendaient jusqu’au bout: des vingt-cinq élèves du Séminaire de son année, seulement quatre sont entrés en communauté. D’abord animateur de pastorale dans une école secondaire pendant dix-huit ans, il travaille depuis maintenant vingt-cinq ans à l’Oratoire Saint-Joseph.</p>
<h4>Athéisme et révolution tranquille </h4>
<p>La question fracassante par laquelle nous avons débuté notre entretien fait partie d’un débat qui existe bel et bien sur la place publique, à savoir celui de l’existence de Dieu. Sa plus récente manifestation est cette publicité, affichée sur les autobus, qui clame: «Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez de vous inquiéter et profitez de la vie.» Le père Vincent, bien qu’il concède que prouver l’existence de Dieu soit scientifiquement impossible, déplore le fait que la publicité présente la foi comme si elle rendait impossible le bonheur. «Dieu, ce n’est pas un empêcheur de vivre, c’est la vie! […] Bien entendu il y a une morale, des exigences; pour vivre en société, il faut respecter les autres, on ne peut pas faire n’importe quoi.» Mais la société québécoise ne s’est-elle pas par le passé sentie étouffée par la religion? Cette vision négative de la foi pourrait-elle venir de là? «Je suis d’accord avec ça, affirme le père Vincent. La religion a occupé trop de place, dans le sens que les gens qui proposaient le message chrétien n’en retenaient que les aspects négatifs, alors qu’auraient pu passer les aspects positifs comme l’appel au dépassement de soi, à aimer… Il faut garder à la société son autonomie, Dieu ne veut pas prendre toute la place.»</p>
<p>Même si le message de l’Église a changé depuis cette époque, même si l’Église a eu une «prise de conscience», le père Vincent admet qu’il y a encore place à l’amélioration. «L’Église est divine mais en même temps très humaine, […] on retombe un peu trop facilement dans l’abus du pouvoir. […] On n’a pas à ‘régimenter’ les consciences, on a à proposer un message. La Vérité avec un grand V, c’est Jésus, mais son message on a constamment à l’approfondir, à voir ce qu’il nous dit aujourd’hui, en 2009.»</p>
<h4>Dieu et ses religions</h4>
<p>Pour le père Vincent, le Dieu du christianisme, de l’islam et du judaïsme est le même; seuls le nom et le nombre diffèrent. Les chrétiens croient en «Dieu» et en sa «Sainte Trinité»; les musulmans et les juifs croient en un dieu unique, et le nomment respectivement «Allah» et «Yahvé». Dans les religions polythéistes comme l’hindouisme, «c’est toujours le même dieu mais il est encore plus riche en nombre; Dieu est tellement riche qu’il est dans tout». De nombreux hindous viennent d’ailleurs prier à l’Oratoire chaque année.</p>
<h4>Voeux et restrictions</h4>
<p>Pourquoi demande-t-on aux prêtres certains sacrifices, comme le célibat par exemple? Comment vit-on avec ces restrictions au quotidien? À ce sujet, le père Vincent tient à relativiser: tout le monde doit apprendre à vivre avec des restrictions. Si l’on choisit de sacrifier quelque chose, c’est dans l’espoir d’obtenir quelque chose de meilleur. «Moi, si j’ai décidé de ne pas me marier, de ne pas avoir d’enfants, c’est que c’était une façon de me rendre plus disponible aux autres. […] Même celui qui décide de se marier, s’il veut vraiment être fidèle, il faut qu’il renonce à regarder les autres, même s’il en rencontre une plus belle plus tard!»</p>
<p>Dans ce cas pourquoi plusieurs Églises chrétiennes, l’Église protestante par exemple, accordent à leurs prêtres le droit de se marier? Tout est dû à une loi adoptée au XIe siècle qui imposait le célibat aux prêtres catholiques, loi que l’on doit selon le père Vincent à un certain puritanisme, à une «fausse conception de la sexualité». L’amour n’est pas seulement spirituel, il est charnel aussi! «L’union entre deux corps c’est beau et ça fait partie du plan de Dieu».</p>
<h4>Communiquer avec Dieu</h4>
<p>Le meilleur moyen d’entrer en communication avec Dieu, selon le père Vincent, est la prière. Cependant, s’il est bon de parler à Dieu, il est tout aussi important de prendre soin de l’écouter; la prière n’est pas un monologue mais bien un dialogue. Il souligne que prier peut être tout simple: contempler un paysage, écouter de la belle musique et en remercier Dieu.</p>
<h4>L’avenir de Dieu au Québec</h4>
<p>La religion a eu ses hauts et ses bas au Québec. Si nous sommes présentement dans un creux spirituel, le père Vincent voit toutefois la religion en ligne vers une remontée au Québec, grâce à l’influence des communautés culturelles immigrantes telles que les communautés haïtiennes et sud-américaines. De plus en plus présentes dans les lieux de culte, dont l’Oratoire Saint-Joseph, et manifestant leur foi de façon plus visible et moins privée, ces communautés amènent les Québécois «de souche» à vouloir davantage s’affirmer, eux qui ont été depuis longtemps plus discrets au sujet de leur spiritualité. Sans chercher à comparer la ferveur de la croyance des deux groupes, il reste que cette influence est bien réelle; on en a vu plusieurs exemples durant la commission Bouchard-Taylor.</p>
<p>«L’évangile a de l’avenir, explique finalement le père Vincent, dans la mesure où on le vit pour ce qu’il devrait être, c’est-à-dire une Bonne Nouvelle, et non pas comme je le disais tantôt, comme un empêcheur de vivre.»</p>
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		<title>Découvertes musicales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/03/10/bach-et-bottines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 15:52:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté ça ne file pas très fort. On dirait que la déprime de novembre me poursuit depuis trois mois et s’accroche désespérément au pan de mon manteau. Quel temps de merde! J’adore le froid, mais cette température toujours changeante, qui nous fait piétiner dans l’eau et&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/03/10/bach-et-bottines/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Découvertes musicales</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté ça ne file pas très fort. On dirait que la déprime de novembre me poursuit depuis trois mois et s’accroche désespérément au pan de mon manteau. Quel temps de merde! J’adore le froid, mais cette température toujours changeante, qui nous fait piétiner dans l’eau et la gadoue, me déplaît au plus haut point. Je sors peu, je vois de moins en moins mes amis, je suis plus souvent qu’autrement de mauvaise humeur… Que se passe-t-il?</p>
<p>Je pensais à tout cela en marchant sur la rue McTavish quand, tout à coup, une vision presque irréelle attaqua mes rétines. Une meute de jeunes étudiantes avançait en ma direction sur le trottoir, menaçante. Moi qui jusqu’alors avais réussi à détourner le regard chaque fois qu’un tel spectacle s’était présenté à mes yeux sur le campus –et Dieu sait que l’occasion s’est souvent présentée!– j’ai pris la peine, pour la première fois, de regarder l’ennemi en face. J’ai affronté ces spécimens féminins appartenant à la race insupportable qu’il faut bien appeler par son nom: les &nbsp;«Oh My God!». Les plus assidus d’entre vous se rappelleront la charmante caricature de mon collègue Vincent Bezault, parue en début d’année, qui mettait en scène deux représentantes de cette espèce malheureusement beaucoup trop répandue sur le campus; dans l’équipe du journal nous les avions affectueusement appelées Muffin et Asperge, pour des raisons –comment dire– éminemment visibles. Premier trait caractéristique: aucun pantalon décent en vue; que des <em>sweatpants</em> ou, pire encore, des leggings!</p>
<p>J’avais commencé à signaler le numéro de mon <em>pusher</em> –la drogue dure étant maintenant la seule solution envisageable pour ma pauvre âme assiégée par ces visions d’apocalypse–, quand j’aperçus quelque chose d’encore pire. Les jeunes filles en question portaient ce qui semblait être, de prime abord des mitaines pour le four aux pieds! Voyons, ça ne pourrait être le cas, ce serait trop ridicule, me suis-je exclamée! Avait-on non seulement accepté et prolongé à tous les jours de la semaine la motion du «no-pants Fridays», mais également créé le «we-bake-pie-with-our-toes club» sans que j’en sois averti?</p>
<p>Figé sur place en cet épicentre de la non-classe,&nbsp; immobilisé par mon angoisse existentielle qui, à ce moment précis, n’ayons pas peur des mots, atteignait un climax dangereusement élevé, j’aperçus soudain un sourire. Ces jeunes et naïves podocuisinières souriaient! Qu’avaient ces filles que je n’avais pas? Comment pouvaient-elles être plus heureuses que moi, même dans cet accoutrement?</p>
<p>La réponse s’imposa à moi presque immédiatement: parce qu’elles étaient en groupe! Il me fallait donc créer au plus vite mon propre club très sélect afin de régler mes problèmes existentiels et développer, du même coup, à la fois la superficialité et la «snoberie», véritables bourgeons –j’en suis persuadé– d’un sentiment d’appartenance à cette communauté étudiante mcgilloise au goût douteux.&nbsp; Allais-je, dans la lignée de ce groupe uni de par ses choix vestimentaires, créer le <em>crocs</em> club? Plutôt mourir! Non, je me suis plutôt lancé dans la création d’un club pour lequel j’ai un véritable intérêt: la musique! Avec un ami tout aussi désabusé de la vie que moi et surtout passionné de musique, j’ai fondé la Société du renouveau musical, un groupe privé exclusif dont le mandat est de mieux faire connaître la musique classique sous tous ses aspects. Chacun présente lors de rencontres hebdomadaires quelques pièces musicales de son choix, ainsi que les compositeurs qui en sont à l’origine et les anecdotes croustillantes qui y sont rattachées. Le tout autour d’un bon verre de scotch, évidemment. Quelle merveilleuse manière d’apprendre à connaître de la belle musique! Même si j’abhorre toujours autant ces viles «Oh My God!» qui peuplent mes cauchemars les plus atroces, les cinq membres officiels du groupe et moi-même nous portons bien mieux depuis que nous avons compris le secret de leur bonheur.</p>
<p><em><a href="http://www.renouveaumusical.wordpress.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">www.renouveaumusical.wordpress.com</a></em></p>
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		<title>Découvertes musicales</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/17/538/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2009 20:02:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'expérience de la beauté</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>J’en ai déjà parlé il y a quelques semaines, mais la dernière chronique de Pierre Foglia m’oblige à toucher le sujet une fois de plus: l’inaccessibilité de la beauté et de sa nouveauté, autant en musique que dans les arts en général. Tout cela a une conséquence malheureuse: nous sommes pris dans le confort de nos habitudes. Pourquoi cette peur d’être confronté à la nouveauté, cette incapacité à voir la beauté ailleurs que dans le cercle très restreint de la <em>playlist</em> de notre lecteur mp3?</p>
<p>Monsieur Foglia, dans une chronique intitulée «Le beau» parue le 14 février dernier, nous expose un exemple frappant de ce trait tout aussi mystérieux que navrant de la nature humaine. Il explique comment le <em>Washington Post</em> a, en janvier 2007, fait jouer Joshua Bell, l’un des plus grands violonistes de notre époque, à l’entrée d’une station de métro un matin à l’heure de pointe. Bell a joué pendant quarante-cinq minutes sur son Stradivarius de 1713, interprétant des pièces d’une grande virtuosité telles que la <em>Chaconne</em> de Bach, considérée par plusieurs comme étant la plus belle pièce jamais écrite pour violon solo. Gene Weingarten, l’auteur de cet article, s’est mérité depuis le prix Pulitzer 2008 pour le <em>best feature writing</em>. Il a expliqué que son journal était d’abord réticent à tenter une telle expérience. Comment allait-on maîtriser la foule qui allait inévitablement se former devant le musicien?</p>
<p>Que s’est-il passé? Je vous le donne en mille: seulement sept personnes sur les 1070 qui sont passées devant lui ce matin-là se sont arrêtées plus d’une minute pour écouter le jeune prodige. Seulement sept personnes ont osé apprécier cette belle musique, un chiffre qui «correspond bien à la moyenne des ours», fait remarquer monsieur Foglia avec sa pointe d’humour habituelle. On peut le voir en regardant les vidéos sur le site Internet du journal – car, oui, l’expérience a été immortalisée à l’aide d’une caméra cachée –,&nbsp; la grande majorité des passants ne prend même pas la peine de tourner la tête pour regarder Bell, comme si le violoniste était invisible. Était-ce la gêne de ne rien donner au musicien qui faisait agir les gens ainsi? Étaient-ce les tracas des passants qui accaparaient leur attention au point de louper la performance de l’un des meilleurs musiciens de notre époque, jouant la plus belle musique jamais écrite, sur l’un des instruments les plus raffinés jamais fabriqués?</p>
<p>Calvin Wyint, qui figurait parmi les passants interviewés par Weingarten, explique qu’il n’a rien remarqué parce qu’il avait ses écouteurs sur les oreilles. Encore ce maudit iPod! Weingarten écrit: «Pour plusieurs d’entre nous, l’explosion des technologies a limité de façon perverse notre exposition à de nouvelles expériences, plutôt que de les accroître. De plus en plus, nous recevons nos informations de sources qui pensent déjà comme nous. Et avec les iPods, nous entendons ce que nous connaissons déjà, nous programmons notre propre<em> playlist</em>.»&nbsp; N’est-ce pas là exactement ce que je répète depuis le début de l’année dans mes chroniques? Où est mon prix Pulitzer?</p>
<p>Plus sérieusement, je crois que si cet article est si bon – je tiens d’ailleurs à remercier monsieur Foglia de me l’avoir fait découvrir –, c’est parce qu’il donne une franche leçon d’humilité. Pourquoi refuser de profiter de la beauté d’une pièce comme la <em>Chaconne</em> de Bach si elle est jouée dans le métro? Pourquoi s’empêcher d’admirer une peinture, serait-elle au mur des Foufounes électriques? Il vous faut, chers lecteurs, rester aux aguets. Qui sait, ce type louche jouant de l’harmonica assis dans un coin à la station Peel pourrait bien être Bob Dylan! Savoir rester ouvert à la beauté, être prêt à la recevoir en toutes circonstances, voilà un défi intéressant qui mérite d’être relevé.<br>
<em><br>
L’article «Pearls Before Breakfast» de Gene Weingarten est paru le dimanche 8 avril 2007 et se trouve sur le site web du Washington Post. </em></p>
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		<title>MC Gilles : «Oh que oui!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/02/10/mc-gilles-%c2%aboh-que-oui%c2%bb/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2009 00:33:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion de son spécial quétaine, Le Délit vous plonge dans le merveilleux univers de MC Gilles, un coloré personnage à la moustache bien fournie, surtout connu pour son émission de radio Va chercher le fusil, où il fait jouer semaine après semaine le meilleur de la bouette musicale planétaire. Portrait d’un ambassadeur du quétaine au Québec. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dave-Éric Ouellet, de son nom de scène MC Gilles, est un artiste québécois totalement hors normes (et pas seulement pour son nom «très laid et très assumé»). Originaire du village de Saint-Pierre-de-Lamy dans le comté de Témiscouata, il obtient un baccalauréat en sciences politiques à l’Université Laval et devient rapidement responsable du marché aux puces de la ville de Sainte-Foy, «le plus grand au Canada», nous assure-t-il. Cofondateur de la Coalition des radios universitaires, il devient de fil en aiguille directeur général de la station CHYZ à Québec, puis de CISM à Montréal quelques années plus tard. C’est à cette station, la radio étudiante de l’Université de Montréal, qu’il commencera à animer son émission <em>Va chercher le fusil</em> en mai 2004, poste qu’il occupe encore aujourd’hui. Devenu ambassadeur du quétaine malgré lui, MC Gilles contribue depuis plusieurs années à l’émission <em>Infoman</em>, animée par Jean-René Dufort, a écrit de nombreux articles pour le journal <em>La Presse</em> sur des sujets aussi édifiants que le camping Ste-Madeleine et le bingo, et participe depuis quelques temps à l’émission <em>Puisqu’il faut se lever</em>, animée par le très sérieux Paul Arcand. Clou de sa carrière – et coup dur pour l’équipe de <em>La Presse</em> qui l’avaient nommé à l’aube de l’an 2000 parmi les «leaders de demain»-, MC Gilles est l’invité d’honneur de <em>La Fureur</em> country en janvier 2007.<br>
<strong>Un concept gagnant</strong><br>
MC Gilles anime tous les vendredis matins l’émission <em>Va chercher le fusil</em>, où il fait jouer sans relâche le meilleur de la «musique de sous-sol» du Québec et d’ailleurs. Ce néologisme, qu’il a savamment inventé pour décrire cette musique autrement inclassable, peut signifier deux choses.&nbsp; Le terme sous-sol peut d’abord faire référence à toute cette musique des années soixante, soixante-dix et quatre-vingts que l’on n’écoute plus et qu’on entrepose dans son sous-sol en attendant la prochaine vente de garage: c’est la partie nostalgique de l’émission. Le terme sous-sol fait également référence à toute cette musique plus contemporaine, produite par des amateurs dans un sous-sol avec les moyens du bord. «C’est ce que j’appelle la démocratisation de la musique, nous apprend MC Gilles. Aujourd’hui, n’importe qui avec un ordinateur portable et un clavier peut faire de la musique.» De façon générale, on fait jouer à l’émission de la musique qui ne joue nulle part ailleurs, ni à la radio commerciale, ni à la radio indépendante.&nbsp; Même si c’est en grande partie le caractère risible de ces chansons souvent pathétiques qui attire plus de 10&nbsp;000 auditeurs chaque semaine, MC Gilles tient à dire qu’il ne considère pas faire jouer de la musique «poche», et qu’il n’a, malgré ses commentaires un brin ironiques durant l’émission, aucun mépris pour les chansons qu’il fait jouer, bien au contraire. «Certains diront que je fais jouer de la mauvaise musique. Non, non! On ne peut pas juger de ce qui est bon ou de ce qui est mauvais, tout est une question de contexte (…). Je connais des gens qui m’ont sorti des reliques des années soixante-dix, du rock psychédélique religieux qui sonne mille fois comme du Malajube! (…) C’est sûr qu’à l’époque l’intelligentsia de la musique a écouté ça et s’est dit que c’était de la grosse cochonnerie, alors qu’aujourd’hui les bien-pensants de la musique vont dire ”wow, ce sont des précurseurs, ça sonne comme Malajube”, par exemple. Tout est relatif.»<br>
Quelles sont les caractéristiques essentielles de toute chanson de sous-sol qui se respecte? Quelle est l’essence fondamentale de ce style musical encore trop peu exploré? Est-ce le choix de certains instruments en particulier – clavier Casio, gazou et autres merveilles? Est-ce la justesse&nbsp; de la voix de l’interprète, ou plutôt l’absence de celle-ci&nbsp;pour être plus exact? Serait-ce ces paroles aux rimes astucieuses, voire ambitieuses –par exemple&nbsp; «T’es un p’tit ange en sucre mais j’crains pas l’diabète, Élisabeth»? MC Gilles nous assure que c’est d’abord l’émotion brute véhiculée par les chansons de style sous-sol qui les caractérise et les unit en un tout cohérent. Une même chanson country western peut par exemple rappeler à la fois un douloureux passé à certaines personnes plus âgées et en faire rire d’autres aux éclats, mais elle va toucher tout le monde. «Je suis allé au spectacle de Cayouche, et à sa chanson ”Tu m’as <em>flushé</em> dans la toilette de mon cœur”, j’ai vu des gros monsieurs de six pieds trois pleurer. Moi, j’avoue que quand j’écoute une chanson dont le refrain dit ”Tu m’as <em>flushé</em> dans la toilette de mon cœur, tu as tiré la chaîne de notre vie”, je ris&nbsp;! En résumé, l’objectif est de créer une réaction. Plus le violon cille, plus les mots sont bizarres, plus la voix n’est pas toujours juste, plus le potentiel d’émotion est grand.»<br>
Comment réagissent les artistes dont les chansons passent à l’émission&nbsp;? «À 99,9%» de façon positive, nous assure MC Gilles. Tous les artistes le moindrement connus possèdent généralement un bon sens de l’autodérision et de la critique; si tel est le cas, ils sont capables d’accepter que quelques-unes de leurs chansons soient assez ridicules pour passer à <em>Va chercher le fusil</em>. «J’ai déjà fait jouer les Trois Accords, le groupe André, Mara Tremblay, des gens qui ne font fondamentalement pas de la musique kitsch. Mais la chanson ”Le spaghetti à Papa” de Mara Tremblay, veux veux pas, c’est une recette de spaghat!» Les artistes moins connus ou carrément inconnus du public sont quant à eux très contents qu’on les fasse jouer à la radio, peu importe le contexte. Même si c’est pour rire, les gens vont acheter leurs disques et peut-être venir à leur spectacle. MC Gilles nous raconte avoir été ému de voir Marguerite Bilodeau, une chanteuse de soixante-douze ans qu’il avait invitée à un de ses événements quétaines, chanter devant 250 personnes, étonnée de voir que le public connaissait les paroles de ses chansons par cœur!</p>
<p><strong>Des origines légendaires</strong><br>
Tout a commencé pour MC Gilles par cette passion qu’il a toujours éprouvée pour les objets quétaines de toutes sortes. À l’époque où il était responsable d’un marché aux puces, il entreposait ses trouvailles dans sa grande maison campagnarde. Il se bâtit ainsi rapidement une solide collection d’objets de toutes sortes, dont quelques centaines de disques vinyles qu’il affectionnait tout particulièrement pour leurs couvertures ridicules. Comme il le dit lui-même, «quand ça coûte 25 cents et que ça fait plaisir, pourquoi s’en priver?» Alors qu’il est directeur de la station CISM, MC Gilles accepte de dépanner «de façon temporaire» en animant une émission le vendredi matin; il se dit qu’il devrait bien être capable de tenir quelques semaines avec tous ces vinyles achetés à l’origine pour leurs pochettes. Après quelques émissions, surprise! Les auditeurs en redemandent, et commencent même à envoyer leurs trouvailles personnelles.<br>
Le nom MC Gilles vient quant à lui non pas d’un jeu de mots avec le nom de notre université, comme le laisse présager sa page Wikipedia, mais bel et bien de l’association Sauvons les Gilles, qu’il a fondée avec quelques collègues, à l’époque où il travaillait pour CHYZ à Québec. Alors que des Gilles étaient présents dans toutes les sphères de la société et que ce nom disparaissait progressivement, Dave et ses comparses avaient eu l’idée géniale de fonder une association pour redorer le blason de ce nom oublié, afin que, privée de Gilles, la société ne s’effondre pas. Quand il a cherché un nom d’une autre époque pour faire contraste avec le préfixe MC pour sa nouvelle émission de radio, celui qui allait devenir MC Gilles n’a pas hésité une seconde. Le nom de l’émission, <em>Va chercher le fusil</em>, vient quant à lui d’une expression du très coloré Roger Brulotte, alors qu’il animait les matchs des Expos. Quand le gérant de l’équipe refusait de retirer du jeu un lanceur après un très mauvais match, il disait à son coanimateur: «Jacques, va chercher le fusil!», suggérant ainsi de l’abattre avant qu’il ne fasse plus de dommages.<br>
<strong>Les combats de MC Gilles</strong><br>
La vie de MC Gilles n’est pas de tout repos; il mène constamment des combats sur plusieurs fronts. Tout d’abord, il se bat pour la conservation de notre patrimoine musical québécois. À sa grande surprise, Radio-Canada s’est mise à l’appeler régulièrement pour lui demander s’il pouvait lui prêter quelques disques. Malheureusement, la société d’État semble s’être débarrassée d’une bonne partie de ses disques vinyles. «Je trouve ça un peu troublant, nous confie MC Gilles, que notre société d’État s’en soit débarrassé; ça devrait être leur <em>job</em> d’avoir des archives de tout ce qu’on a fait dans l’histoire du Québec. Ça a l’air que c’est rendu moi!»<br>
Il reste que la lutte principale qu’il mène chaque jour est celle de la promotion du quétaine. Avec sa moustache bien fournie, son chapeau de cowboy, sa Lada rouge et son parler du terroir, il part armé de ses microsillons pour convertir les masses de <em>hipsters</em> stressés qui pullulent aujourd’hui jusque dans les moindres recoins du Québec. «Le combat de l’être humain d’aujourd’hui, c’est l’ego. Tout le monde a un trop gros ego, tout le monde se prend trop au sérieux, c’est fatigant!&nbsp;(…) Si on veut être heureux dans la vie, être bien, il faut s’accepter tel que l’on est et avoir du plaisir, tout simplement. En ne se prenant pas au sérieux, tout devient drôle, tout devient fascinant, merveilleux. Pour avoir été à CHYZ et à CISM, j’ai bien vu qu’une mode, ça ne dure qu’un ou deux mois. (…) Si j’ai l’air stupide, y’a personne qui va mourir, et au contraire ça va peut-être faire rire quelques personnes et les rendre plus heureuses. C’est ça mon but.»<br>
<em>Pour plus de réflexions philosophiques et surtout, pour pouvoir écouter ses émissions en format mp3, le Délit vous invite à visiter le site web de MC Gilles au mcgilles.com .</em></p>
<p><strong>Palmarès gagnant MC Gilles</strong></p>
<p><em>Normand L’Amour </em></p>
<p>«Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Premièrement, parce qu’il fait une chanson par jour, ce qui est assez impressionnant. En fait, c’est seulement un Casio avec un <em>beat</em> aléatoire et lui qui chante par-dessus. Deuxièmement, parce qu’il est au Madrid, et qu’il vend ses disques qu’il enregistre lui-même. Troisièmement – et le plus important – parce que même en étant le fou du village, il est à l’avant-garde de toute l’industrie de la musique actuellement. Il était distribué par une compagnie de disque officielle, et il s’est rapidement rendu compte qu’il n’obtenait qu’entre 50 sous et un dollar pour des disques que cette compagnie vendait pour presque 20 dollars.&nbsp; Il a donc quitté cette compagnie, fait un <em>deal</em> avec le Madrid, et vend maintenant ses disques lui-même. Il fait même un DVD où il raconte sa vie en comédie musicale! Pour toutes ces raisons, c’est mon numéro un.»</p>
<p><em>Marguerite Bilodeau </em></p>
<p>«Pourquoi? C’est une infirmière chanteuse! Elle a toujours eu un rêve dans la vie: faire un disque.&nbsp; Elle n’a malheureusement pas eu la distribution escomptée parce que, bon, ça sonnait comme ça sonnait, mais il reste que c’est une infirmière qui chante, il n’y en a pas d’autres! À soixante-douze ans, elle chante des chansons comme «Être une infirmière» ou encore «Shalom shalom toutes les infirmières du monde» (en hébreu&nbsp;!). C’est la deuxième artiste que je trouve vraiment spectaculaire, parce qu’elle m’a fait vivre ce qu’était la vie d’infirmière en chanson, et j’avoue que ça c’est touchant. Je l’ai même produite en spectacle à plusieurs reprises déjà!»</p>
<p><em>Dany Gig </em></p>
<p>«Denis Giguère de son vrai nom, c’est un préposé aux bénéficiaires dans la vie. Pourquoi est-il un de mes préférés? Entre autres parce qu’il a fait un disque intitulé <em>Rempli de soleil</em>&nbsp;– en partant, c’est un titre qui n’a pas d’allure – où on peut entendre une de mes chansons préférées, qui s’appelle «Les framboises». Là où ça dépasse l’entendement, c’est qu’il m’a envoyé il y a deux semaines un disque <em>remix</em> de cet album, ajoutant une piste de tam-tams à toutes les chansons. C’est tout simplement génial!»</p>
<p><em>Mizar </em></p>
<p>«Pourquoi? Mizar, originaire du New Jersey, est un autre classique. Je suis le seul à le faire jouer! Il n’avait pas une <em>cenne</em> et seulement un câble RCA&nbsp; pour s’enregistrer, alors il a branché son clavier sur le bout rouge et sa voix sur le bout gris, ce qui fait que sur le disque sa voix est à droite et la musique à gauche. En ondes, je disais à la blague que c’était un bon test pour un système de son.&nbsp; Il a sorti une nouvelle version de son disque avec un mixage plus conventionnel, mais je préfère la première version. C’est presque de l’art contemporain!»</p>
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		<title>Le grand secret</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/01/20/le-grand-secret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2009 00:16:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quoi de mieux pour débuter cette nouvelle année en beauté que d’aborder un thème qui nous touche tous de près ou de loin: le secret. Il pèse constamment sur notre conscience; on le traîne avec nous tel un boulet des mois durant, voire des années. On voudrait s’en défaire, le révéler au monde entier pour&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2009/01/20/le-grand-secret/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le grand secret</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quoi de mieux pour débuter cette nouvelle année en beauté que d’aborder un thème qui nous touche tous de près ou de loin: le secret. Il pèse constamment sur notre conscience; on le traîne avec nous tel un boulet des mois durant, voire des années. On voudrait s’en défaire, le révéler au monde entier pour en finir une fois pour toutes, mais alors que le chat s’apprête à sortir du sac, l’orgueil reprend rapidement le dessus et le secret reste caché. Chers lecteurs, il nous faut absolument cesser de le nier, nous sommes des pécheurs.</p>
<p>Il est évidemment question ici de péché musical, et je prendrai la responsabilité en tant qu’auteur de cette chronique d’être le premier à me confesser. Je… Ouf! ce n’est vraiment pas si facile que ça. Bon, je me lance: j’aime vraiment… Au fait avez-vous été choqués par le Bye Bye cette année? Je crois que Véro est allée trop loin quand… Bon d’accord, les plus perspicaces d’entre vous auront noté que j’essaie subtilement de changer de sujet. Je me lance, et cette fois c’est pour de vrai: j’aime écouter Radio Rock Détente. J’éprouve une irrésistible envie de danser en écoutant «Waiting for Tonight» de J‑Lo.&nbsp; Je connais par cœur les paroles de plusieurs chansons du groupe Limp Bizkit et je trouve un certain charme aux arrangements musicaux des chansons des Backstreet Boys. Troublant? Certainement. Anormal? Je ne crois pas.</p>
<p>Nous apprécions la musique pour toutes sortes de raisons. S’il arrive parfois qu’on aime une pièce musicale pour la qualité de la partition elle-même ou encore pour l’interprétation des musiciens, le facteur principal dans l’appréciation de la musique – et de l’art en général – reste intangible: l’émotion. Je suis persuadé que la nostalgie joue un grand rôle dans cette attirance étrange que nous éprouvons pour ces chansons à la qualité douteuse. Elles nous rappellent le confort de la fourgonnette familiale tandis que, âgés de huit ans à peine, nous revenions d’une journée de ski alors qu’un succès de Marie Carmen jouait à la radio. Elles nous rappellent ces dures années du secondaire où, en pleine crise d’identité, nous nous rebellions contre la société en écoutant Papa Roach ou un autre groupe comparable. Ce n’est même pas une blague: le premier CD que j’ai acheté a été <em>Americana</em> du groupe The Offspring, mais je dois admettre que c’était surtout parce j’étais alors impressionné par la capacité du chanteur à dire autant de vilains mots. Puis il y a ces chansons qui, sans nécessairement nous rappeler quoi que ce soit, sont simplement très entraînantes, très <em>catchy</em>. Comment résister à l’intensité de la voix de Céline Dion dans la chanson «Pour que tu m’aimes encore», ou au rythme endiablé de la chanson «Like I Love You»&nbsp;de ce cher Justin?</p>
<p>Il faudra vous faire une raison, chers lecteurs. Ce n’est pas parce qu’une chanson est commerciale, ou encore qu’elle figure au palmarès de tante Denise, qu’elle est nécessairement mauvaise.&nbsp; Osons défier les préjugés, écoutons sans gêne cette musique qui nous fait vibrer! La musique la plus parfaite au point de vue technique et théorique ne vaut rien si elle nous laisse indifférents. Qu’on se le tienne pour dit.</p>
<p><em>L’auteur tient à préciser qu’il continue malgré tout à haïr la musique de Pierre Lapointe. </em></p>
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		<title>Le Noël du choriste</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2008/12/02/le-noel-du-choriste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2008 20:10:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est déjà le mois de décembre, et au cas où les examens, la neige et les travaux de session ne vous auraient pas déjà mis la puce à l’oreille, les vacances de Noël arrivent bientôt! Encore une fois cette année, le mois de décembre ne fait que commencer et j’en ai déjà assez d’entendre parler&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2008/12/02/le-noel-du-choriste/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le Noël du choriste</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est déjà le mois de décembre, et au cas où les examens, la neige et les travaux de session ne vous auraient pas déjà mis la puce à l’oreille, les vacances de Noël arrivent bientôt! Encore une fois cette année, le mois de décembre ne fait que commencer et j’en ai déjà assez d’entendre parler de Noël. Serait-ce la faute de Paul Pots, ce sympathique vendeur de cellulaires devenu chanteur <em>pop opera</em> grâce à la téléréalité, et qu’on entend chanter «Sainte nuit» dans les librairies depuis la première semaine de novembre? Seraient-ce les décorations abusives qui affublent systématiquement les maisons tout le long de ma rue – après les faux glaçons lumineux et les décorations gonflables, que nous réserve cette année? Serait-ce <em>Piège de cristal</em> qui joue déjà à TQS? Bien sûr que oui, mais cela n’explique pas tout. Laissez-moi vous emmener, le temps d’une chronique, dans le monde merveilleux des choristes, un monde où Noël commence en octobre et où la période des fêtes n’est pas de tout repos.</p>
<p>Quand je dis que Noël commence tôt pour les choristes, ce n’est pas une blague. Je me rappelle encore ce fameux enregistrement avec plusieurs artistes québécois, qui visait à produire un album de Noël, et qui a eu lieu en plein mois de juillet! Ce cher Éric Lapointe, avec qui nous chantions «Happy Xmas (War is Over)» de John Lennon, fumait comme une cheminée, même pendant les prises. S’il était déjà hilarant de voir l’expression de dégoût mal dissimulée sur le visage de notre chef de chœur alors qu’il lui serrait la main après la séance d’enregistrement, vous auriez dû le voir juste après, quand il a appris que c’était au tour de Dan Bigras de chanter avec nous!</p>
<p>Après les enregistrements de disques, ce sont les enregistrements pour la télévision qui attendent le jeune choriste. En sixième année du primaire, mes collègues et moi avions été invités à participer au spécial des fêtes de l’émission <em>Parcelles de soleil</em> avec Claude Lafortune. Le scénario était mémorable. Nous devions jouer au soccer puis, après un but contesté, commencer à nous battre de façon sauvage, jusqu’à ce que deux joueurs, las de toute cette violence, commencent à chanter «Sainte nuit», pour ensuite être imités par le reste du groupe, que la magie de Noël gagnait soudainement. De la pure fiction, quoi! Ce qui ne fut pas fictif, par contre, c’est le Joe Louis et le t‑shirt que nous a offerts ce cher Claude à la fin de la journée. Miam.</p>
<p>Chers lecteurs, vous devez me trouver bien ingrat de me plaindre ainsi du nombre d’activités qui occupaient jusqu’à tout récemment mes hivers. Enregistrer des disques, passer à la télé, manger des Joe Louis offerts par Claude Lafortune, de quoi se plaint-il? Laissez-moi alors vous poser une question: où étiez-vous le 31 décembre 1999 pour le passage historique à l’an 2000? En famille? Entre amis, verre de champagne à la main? Ou encore, comme moi, à l’Oratoire Saint-Joseph, écoutant le sermon d’un vieux prêtre grisonnant?</p>
<p>Au fond, j’aime bien Noël, si ce n’est que pour revoir les anciens de la chorale à la messe de minuit. Je vous invite donc à venir à l’Oratoire le 24 décembre prochain, et à tenter votre chance au traditionnel concours de prédictions visant à déterminer combien de petits nouveaux s’évanouiront pendant la messe de minuit. Je parie pour deux!</p>
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		<title>True Love Will Find You in the End</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2008/11/18/true-love-will-find-you-in-the-end/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Melançon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 18:43:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes musicales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous aborderons cette semaine, fidèles lecteurs, un sujet un peu plus sérieux, un sujet qui touche de près les plus grands artistes passés et présents. Certains diront même qu’il les touche tous jusqu’à un certain point. Je parle bien sûr de la souffrance, celle qui peut mener jusqu’à la démence. Elle afflige les esprits créateurs,&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2008/11/18/true-love-will-find-you-in-the-end/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">True Love Will Find You in the End</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2008/11/18/true-love-will-find-you-in-the-end/" data-wpel-link="internal">True Love Will Find You in the End</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous aborderons cette semaine, fidèles lecteurs, un sujet un peu plus sérieux, un sujet qui touche de près les plus grands artistes passés et présents. Certains diront même qu’il les touche tous jusqu’à un certain point. Je parle bien sûr de la souffrance, celle qui peut mener jusqu’à la démence. Elle afflige les esprits créateurs, tout en étant une source inépuisable d’inspiration. Certains en ont été plus touchés que d’autres, certains n’ont pas réussi à passer au travers. Que ce soit en musique, au cinéma, en littérature, en peinture ou dans toute autre forme d’art, la souffrance et l’isolement flottent autour de l’artiste tel un nuage de fumée opaque, à la fois grisant et toxique.</p>
<p>Vous connaissez certainement le film <em>Harold and Maude</em>, où un jeune garçon obsédé par la mort rencontre une vieille dame pétillante de vie, qui lui fait connaître l’amour et la joie. Harold, refusant de se soumettre à la vie que cherche à lui imposer sa mère, découvre sa propre voie vers le bonheur. On peut le voir, à la fin du film, gambadant avec son banjo: «Well if you want to sing out, sing out, and if you want to be free, be free.»</p>
<p>Vous connaissez peut-être aussi le film <em>Last Days</em> du réalisateur Gus Van Sant, qui relate les derniers jours du chanteur Kurt Cobain avant son suicide. Un film très long, très pénible, presque surréaliste, où l’on voit un Cobain déchiré errer seul dans la forêt, brisé. C’est ironiquement au son de «Victoire! Victoire!» que se termine le film, dans une chanson chorale a cappella intitulée «La Guerre», composée au seizième siècle par le prêtre français Clément Janequin.</p>
<p>Imaginez maintenant un jeune garçon qui, comme Harold, est obsédé par la mort. Tout comme Harold, des parents très stricts tentent de lui imposer une vie rangée, qu’il rejette avec force. Tout ce qu’il désire dans la vie, c’est dessiner, jouer de la musique, or sa famille entière tente de l’en dissuader. Ce jeune garçon se nomme Daniel.</p>
<p>Daniel ne rencontrera jamais Maude. La seule fille dont il soit tombé amoureux se marie et il ne la revoit plus jamais. Daniel, que ses parents très pieux forcent à aller à l’église tous les dimanches, devient maniaco-dépressif et en vient à être de plus en plus obsédé par Satan. Malgré tout, Daniel continue à écrire de la musique et à dessiner. Sans trop savoir jouer de la guitare ou du piano, sans autre équipement qu’une simple enregistreuse, il produit une à une ses propres cassettes et les distribue autour de lui. Il se fait remarquer par Kurt Cobain, qui trouve en lui une grande source d’inspiration. Après une performance survoltée dans un stade plein à craquer, son père le ramène chez lui dans son petit avion biplace. Daniel pète les plombs. Il prend les commandes de force, éteint le moteur et lance la clé par la fenêtre. Son père parvient à faire atterrir l’avion, de peine et de misère. En chemin vers l’hôpital, ils aperçoivent une église, devant laquelle est posé l’écriteau suivant: «God promises a safe landing but not a calm voyage.»</p>
<p>Daniel Johnston est une légende. Je viens de visionner le documentaire <em>The Devil and Daniel Johnston</em> pour la deuxième fois, et j’en suis encore bouleversé. Contre vents et marées, seul et brisé, Daniel a su vivre son rêve et, plus important encore, garder espoir.</p>
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