Le grand secret
20 janvier 2009

Quoi de mieux pour débuter cette nouvelle année en beauté que d’aborder un thème qui nous touche tous de près ou de loin: le secret. Il pèse constamment sur notre conscience; on le traîne avec nous tel un boulet des mois durant, voire des années. On voudrait s’en défaire, le révéler au monde entier pour en finir une fois pour toutes, mais alors que le chat s’apprête à sortir du sac, l’orgueil reprend rapidement le dessus et le secret reste caché. Chers lecteurs, il nous faut absolument cesser de le nier, nous sommes des pécheurs.

Il est évidemment question ici de péché musical, et je prendrai la responsabilité en tant qu’auteur de cette chronique d’être le premier à me confesser. Je…… Ouf! ce n’est vraiment pas si facile que ça. Bon, je me lance: j’aime vraiment… Au fait avez-vous été choqués par le Bye Bye cette année? Je crois que Véro est allée trop loin quand… Bon d’accord, les plus perspicaces d’entre vous auront noté que j’essaie subtilement de changer de sujet. Je me lance, et cette fois c’est pour de vrai: j’aime écouter Radio Rock Détente. J’éprouve une irrésistible envie de danser en écoutant «Waiting for Tonight» de J-Lo.  Je connais par cœur les paroles de plusieurs chansons du groupe Limp Bizkit et je trouve un certain charme aux arrangements musicaux des chansons des Backstreet Boys. Troublant? Certainement. Anormal? Je ne crois pas.

Nous apprécions la musique pour toutes sortes de raisons. S’il arrive parfois qu’on aime une pièce musicale pour la qualité de la partition elle-même ou encore pour l’interprétation des musiciens, le facteur principal dans l’appréciation de la musique – et de l’art en général – reste intangible: l’émotion. Je suis persuadé que la nostalgie joue un grand rôle dans cette attirance étrange que nous éprouvons pour ces chansons à la qualité douteuse. Elles nous rappellent le confort de la fourgonnette familiale tandis que, âgés de huit ans à peine, nous revenions d’une journée de ski alors qu’un succès de Marie Carmen jouait à la radio. Elles nous rappellent ces dures années du secondaire où, en pleine crise d’identité, nous nous rebellions contre la société en écoutant Papa Roach ou un autre groupe comparable. Ce n’est même pas une blague: le premier CD que j’ai acheté a été Americana du groupe The Offspring, mais je dois admettre que c’était surtout parce j’étais alors impressionné par la capacité du chanteur à dire autant de vilains mots. Puis il y a ces chansons qui, sans nécessairement nous rappeler quoi que ce soit, sont simplement très entraînantes, très catchy. Comment résister à l’intensité de la voix de Céline Dion dans la chanson «Pour que tu m’aimes encore», ou au rythme endiablé de la chanson «Like I Love You» de ce cher Justin?

Il faudra vous faire une raison, chers lecteurs. Ce n’est pas parce qu’une chanson est commerciale, ou encore qu’elle figure au palmarès de tante Denise, qu’elle est nécessairement mauvaise.  Osons défier les préjugés, écoutons sans gêne cette musique qui nous fait vibrer! La musique la plus parfaite au point de vue technique et théorique ne vaut rien si elle nous laisse indifférents. Qu’on se le tienne pour dit.

L’auteur tient à préciser qu’il continue malgré tout à haïr la musique de Pierre Lapointe.

 
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