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	<title>Christophe Jasmin - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>La Cambodge, cette péripatéticienne</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/la-cambodge-cette-peripateticienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 13:38:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photos]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Cambodge n’a accompli qu’une seule chose de toute son histoire: la construction de la cité d’Angkor. C’est du moins l’impression que l’on a en arrivant dans le pays. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/29/la-cambodge-cette-peripateticienne/" data-wpel-link="internal">La Cambodge, cette péripatéticienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: 0.1px} span.s2 {letter-spacing: 0.1px color: #f01516} span.s3 {letter-spacing: 0.2px} -->Les ruines de l’ancien empire, datant d’il y a plusieurs centaines d’années, sont partout: sur le drapeau, la monnaie, la bière, les paquets de cigarettes… Côté bouffe, c’est un peu la même chose. À première vue, la cuisine du pays semble se limiter à un plat: le <em>amoc</em>. Un délicieux plat de poisson blanc cuit dans une feuille de banane avec de la noix de coco et de la citronnelle. Ça, et le <em>prahoc</em>, beaucoup moins ragoûtant: une pâte de poisson fermenté que les Cambodgiens mettent un peu partout.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-3.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-7631" title="Gastronomique (Société) 3" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-3-595x446.jpg" alt width="595" height="446"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christophe-jasmin/?media=1" data-wpel-link="internal">Christophe Jasmin</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Visiter le Cambodge se résume donc à voir Angkor Wat et à manger du <em>amoc</em>? Bien sûr que non, mais, malheureusement, ce qui semble s’offrir à vous se limite bien souvent à ça… et à tout ce que le touriste moyen veut bien manger ou faire. Or, le touriste moyen est rarement en quête d’authenticité culturelle. Essayez, pour voir, de marcher dans les rues de Phnom Penh ou de Siem Reap après 23h sans vous faire interpeller par un habitant du coin: «<em>Weed? Massage?</em>».</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 225px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-2.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-7633" title="Gastronomique (Société) 2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-2-225x300.jpg" alt width="225" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christophe-jasmin/?media=1" data-wpel-link="internal">Christophe Jasmin</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Ainsi, pour qu’un Allemand en fin de cinquantaine puisse se taper une petite Cambodgienne en la trouvant plus facilement qu’en Thaïlande, on va mettre des filles sur les trottoirs et ouvrir des salons de «<em>karaoke massage</em>». Pour que des Thaïs puissent parier leur chèque de paie –ils ne peuvent le faire chez eux, car c’est interdit–, on va ouvrir des casinos à la frontière, même si c’est contraire à l’éthique bouddhiste de la majorité des Cambodgiens. Et pour que de jeunes Américains puissent manger des pizzas au pot, on va ouvrir des restos de «<em>happy pizzas</em>» en appelant ça de la cuisine khmer traditionnelle (cela malgré l’interdiction officielle de consommer toute drogue).
<p>Bref, vous avez compris, les Cambodgiens sont forts en prostitution. Pas seulement celle qui implique les corps de leurs jeunes, mais aussi celle de leurs valeurs, et même de leur identité. Même les Thaïlandais, «pas pire» dans ce domaine-là, ont appris à faire ça avec plus de discrétion.</p>
<p>Voyez-vous, depuis la chute de l’empire d’Angkor, le peuple cambodgien a été gouverné successivement par trois types de dirigeants: des faibles, des Français et des fous. Les faibles, c’est une succession de rois qui, après ladite chute, ont dû chercher la protection de leurs voisins thaïlandais et vietnamiens, bien souvent payée au prix fort. Les Français, ce sont évidemment les colons qui ont régné en maîtres sur cette partie de l’Indochine de 1864 à 1953. Les fous, ce sont les Khmers rouges qui, de 1975 à 1979, ont vidé les villes de leurs populations, réduit tout un peuple à l’esclavage, abattu les intellectuels et exterminé tous ceux que l’on suspectait de traîtrise. À côté de ça, la Révolution culturelle du camarade Mao, c’était presque des vacances.</p>
<p>Après ça, allez blâmer tous ceux qui peuvent enfin gagner un peu d’argent en servant des pizzas au pot ou de la fausse bouffe thaïe (j’ai mangé un pad thaï dont la sauce était faite à base de ketchup), au lieu de la cuisine traditionnelle de leur famille, dont la moitié a d’ailleurs été décimée.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-1.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-7635" title="Gastronomique (Société) 1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-1-595x446.jpg" alt width="595" height="446"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christophe-jasmin/?media=1" data-wpel-link="internal">Christophe Jasmin</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Voilà un peu quel était mon état d’esprit après dix jours dans ce pays. Je commençais à croire que tout ce qui valait le détour, c’était Angkor. Pire encore, je commençais presque à admettre que le seul côté authentique que j’allais pouvoir expérimenter dans ce pays, mis à part les quelques vrais plats khmers que j’avais dénichés par-ci par-là, c’était sa putain de dure réalité. Et puis, je suis parti vers de plus petites villes, sur la côte sud du pays, là où mon <em>Lonely Planet</em> m’avertissait qu’il n’y avait rien à faire. Eh bien, pendant quatre jours, j’ai rien fait. Rien de plus que marcher, lire, boire et manger. Et ce fut le bonheur, à la cambodgienne.</p>
<p>À Kep d’abord, reconnue par les habitants du coin pour son marché aux crabes, où j’ai passé toute une journée à lire dans un hamac, à dormir et à manger de ces délicieux crustacés fraîchement péchés, le tout avec la mer en toile de fond. Puis à Kampot, petite ville traversée d’une rivière et entourée de plantations de poivre, où j’ai mangé pendant trois jours dans les mêmes bouis-bouis du même petit tronçon de rue. </p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 225px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-5.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-7637" title="Gastronomique (Société) 5" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/03/Gastronomique-Société-5-225x300.jpg" alt width="225" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/christophe-jasmin/?media=1" data-wpel-link="internal">Christophe Jasmin</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>
Trois jours à manger la même chose à chaque repas. Un plat de riz frit au bœuf recouvert d’un œuf miroir le matin. Un bol de nouilles au porc frit le midi. Enfin, une multitude de currys de poisson, de poulet ou de légumes, tous à base de noix de coco. Trois jours à être le seul occidental au milieu de Cambodgiens un peu intrigués. Mon dernier soir, justement, alors que je me levais de ma petite table en plastique pour payer et partir, un homme que j’avais deviné être le propriétaire du restaurant s’est approché de moi et m’a demandé discrètement: «<em>You want weed? Massage?</em>»
<p>Voilà pourquoi, malgré une réconciliation tardive avec le pays, le Cambodge reste pour moi une péripatéticienne. Pute, je n’oserais pas. Ils ont bâti Angkor Wat, quand même.</p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 18.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'; min-height: 11.0px} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 6.0px; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 6.0px; text-align: justify; font: 9.0px 'Guardi LT Std'} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 1.2px; font: 8.0px 'Guardi LT Std'} span.s1 {letter-spacing: 0.1px} span.s2 {letter-spacing: -0.2px} --> <em>Bonne fin de session et bonne chance pour vos examens. Pour ceux qui voudraient suivre la suite de mes aventures en Asie du Sud-Est: </em><a href="http://christophe-ase.blogspot.com" target="_blank" data-wpel-link="external" rel="external noopener noreferrer"><em>http://christophe-ase.blogspot.com</em></a></p>
<p><span style="font-size: 11px;">Péripatéticienne: </span>Du grec ancien <em>péripatétikos</em> («qui aime se promener en discutant»), le terme désigne communément les prostituées,&nbsp; qui «se promènent» beaucoup.</p>
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		<title>Viet Nam: Le Beau et le Laid</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/22/viet-nam-le-beau-et-le-laid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 13:57:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Bouffe]]></category>
		<category><![CDATA[chronique gastronomique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Viet Nam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Viet Nam est un pays magnifique. De la baie de Ha Long au delta du Mékong, en passant par la vieille ville de Hanoï et les plages de Phu Quoc, le pays a tout pour charmer.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’autant plus que cette beauté naturelle abrite un peuple certes souriant et accueillant, mais surtout travailleur et persévérant. Un peuple qui semble mû par un désir frénétique de modernité et de richesse. Force est de constater, toutefois, que derrière cet empressement, cette frénésie et cette beauté se cache un passé empli de douleurs, de plaies non pansées et, parfois, de laideur. En fait, ces deux faces sont visibles un peu partout, même dans la nourriture, pour peu que l’on prenne la peine de s’écarter des sentiers battus.</p>
<p><strong>Le Beau</strong></p>
<p>Côté bouffe, le Viet Nam est un peu l’Italie de l’Orient. En effet, ici comme au pays du spaghetti pomodoro, on a appris à tirer le meilleur de tous les aliments à disposition. Et ce, en temps d’abondance comme de privation. Ainsi, des ingrédients aussi simples que des nouilles de riz, du bœuf et des fèves germées deviennent un succulent bol de pho (soupe tonkinoise). Avec des feuilles de riz, des crevettes, des carottes et des concombres, on fait de craquants rouleaux de printemps. Encore mieux que les Italiens, les Vietnamiens ont su intégrer avec talent l’apport d’autrui dans leur cuisine, notamment les colons français. Ce qui fait qu’il est beaucoup plus facile de trouver un bon sandwich à Hô-Chi-Minh-Ville (Saigon) qu’à Paris, pour le dixième du prix. Même le café est excellent ici, surtout dans sa version glacée. Comme en Italie, le secret de cette beauté gastronomique réside dans la fertilité d’une bonne partie des terres du pays, mais aussi et avant tout dans l’attention portée à la fraîcheur des aliments. Vous aurez compris que c’est cette beauté, cette intelligence culinaire qu’on met de l’avant, qu’on exporte et qu’on exhibe telle une vitrine du Viet Nam moderne. Nul besoin de la chercher, cette face du pays vous saute à la figure dans les rues d’Hoi An, de Saigon, de Hue, de Hanoï et de bien d’autres villes.</p>
<p><strong>Le Laid</strong></p>
<p>Même avec toute la volonté du monde, un peuple ne peut s’affranchir totalement de son passé. Même une jeunesse occidentalisée et dépolitisée ne peut ignorer les trop nombreux traumatismes endurés par les générations précédentes. Même la plus souriante des populations ne peut camoufler ses cicatrices profondes. Et même la plus fertile des terres ne peut se remettre aussi vite d’un bombardement intensif à l’arme chimique la plus toxique et la plus destructrice découverte par l’Homme. Trente-six ans, c’est tout ce qui sépare ce pays d’un des conflits les plus atroces de l’Histoire contemporaine. Pourtant, si ce n’était des victimes de l’agent orange (ces milliers d’infirmes et cette jungle parsemée de trous), on pourrait facilement croire que ces mauvais souvenirs n’appartiennent plus qu’aux livres et aux musées. Même la cuisine peut nous rappeler ces difficultés, la laideur qui en a parfois découlé, mais surtout l’ingéniosité de ces gens qui ne baissent jamais la tête.</p>
<p>Cette face de la gastronomie vietnamienne est bien sûr plus difficile à trouver, surtout qu’elle évoque un passé que certains semblent vouloir fuir. Reste qu’en cherchant, on finit par trouver. Que ce soit au détour d’une ruelle dans une petite gargote, dans un modeste resto de campagne, voire même dans une table de la ville populaire auprès des locaux où il faut néanmoins demander le «vrai» menu. C’est sans doute dans ces lieux que l’on peut, comme touriste, expérimenter de la façon la plus directe l’autre face du pays. En partageant un plat de chien et une bouteille de vin de riz avec des Viêts dans le delta du Mékong, en mangeant des moineaux entiers dans un étal de rue tout en suivant les instructions de celle qui les cuisine depuis toujours, en croquant à pleines dents dans un morceau de viande de rat en découvrant seulement de quoi il s’agissait une fois qu’on l’a avalé, et s’en foutre éperdument à ce moment-là, parce que vous avez appris que ce qui est laid, surtout pour nous, peut aussi être appréciable, voire bon.</p>
<p>Après avoir expérimenté cela, votre compréhension du pays restera encore limitée, vous ne pourrez toujours pas parler la langue, mais, au moins, vous aurez eu un aperçu quelque peu tangible des deux faces du Viet Nam.</p>
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		<title>L’espoir birman</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/03/01/lespoir-birman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 21:09:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Les pieds dans les plats]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mon séjour en Birmanie a mal commencé; très mal. Déjà, dans l’avion qui m’amenait de Bangkok à Rangoon, je commençais à me sentir un peu faible. À mes premiers pas hors de l’avion, j’ai eu l’impression que j’allais m’évanouir. Ma tête était prête à imploser à tout moment. De grosses gouttes de sueur coulaient de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/03/01/lespoir-birman/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L’espoir birman</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Mon séjour en Birmanie a mal commencé; très mal. Déjà, dans l’avion qui m’amenait de Bangkok à Rangoon, je commençais à me sentir un peu faible. À mes premiers pas hors de l’avion, j’ai eu l’impression que j’allais m’évanouir. Ma tête était prête à imploser à tout moment. De grosses gouttes de sueur coulaient de mon front, malgré l’air climatisé de l’aéroport. Et un appel assez pressant des toilettes…Bref, comme arrivée dans un pays comme le Myanmar (nom officiel donné au pays par la sympathique junte militaire au pouvoir), il y a mieux. Parce que, voyez-vous, en plus de ne pas être un exemple de démocratie et de liberté, le pays est pauvre, très pauvre. Mon intuition me disait donc que le système de santé n’allait pas être des plus fiables. Un peu à l’image du taxi qui m’amena de l’aéroport à l’auberge: une carrosserie à quatre roues sans air climatisé ni clignotants… J’étais un peu inquiet.</p>
<p>Mais bon, après moult visites aux toilettes et un nombre incalculable de Tylenols, je m’en suis sorti. De toute façon, en Asie, tout le monde passe par là tôt ou tard. Le truc embêtant, c’est que sur les douze jours que je m’étais réservé en Birmanie, trois d’entre eux venaient de passer sans que j’aie pu goûter un seul plat birman, mis à part l’indémodable bol de riz blanc, et les pâtisseries locales; j’en ai mangé des rondes, des carrées, des triangulaires, des jaunes, des rouges et des fourrées… Eh ben, elles goûtaient toutes la banane.</p>
<p>Le lendemain, à mon arrivée à Bagan, une ville plus au Nord du pays, j’étais prêt à recommencer à manger comme un être humain normal. J’ai donc pris place dans le premier restaurant venu et commandé le plat qui semblait le plus birman: «Fried mutton balls». «Il n’y en a plus», la serveuse me dit, tout en m’indiquant qu’ils peuvent me faire du «Fried mutton» tout court. De quelle partie du mouton s’agit-il, mademoiselle? Elle n’a pas pu (voulu?) me le dire. Après dix minutes d’attente, la fille revient avec un gros bol de soupe, deux salades, des arachides dans de l’huile avec des épinards, des feuilles de laitue, deux petits plats d’épices et un gros bol de riz. Pas de trace de mon mouton frit. Je me jette sur la soupe, qui est en fait un bouillon accompagné de quelques légumes et de coriandre dont le fond est noir comme de la terre. Très épicé, mais excellent. La serveuse revient avec un dernier plat, qui ressemble à tout sauf à l’idée que je me faisais du mouton frit. Sauf si l’on parle des poils de la bête. Je ne vois toujours pas de quoi d’autre il pouvait s’agir. «Filandreux» est un euphémisme pour décrire ces galettes aplaties de fils frits de couleur noirâtre.</p>
<p>Au moins, les deux salades étaient très bonnes. Faites à partir d’échalotes frites dans de l’huile d’arachide, d’ail, d’oignon, de pâte de poisson, de lime et de poudre de pois chiches et de tomates, ces thote (salade en birman) m’ont permis de faire honneur à mon premier repas au Myanmar. Je sortais quand même du resto en me disant que j’allais trouver le temps long, si tous les plats de viande ressemblaient à ce que je venais d’essayer de manger. Je pouvais toujours me consoler en pensant au prix payé: moins de deux dollars pour le tout.</p>
<p>Trois jours plus tard, je partais de Bagan, les papilles toujours insatisfaites, pour aller dans la région du Lac Inle. Le «potager du pays», d’après un guide birman auquel j’avais parlé la veille. J’avais de l’espoir. Et de l’espoir, il m’en a fallu, pour passer au travers des nombreuses heures de routes de montagnes passées dans un minibus, entassé que j’étais entre un touriste chinois et les nombreux Birmans qui s’installaient au milieu de l’allée sur des petits tabourets en plastique. Ainsi, pendant un assez long moment, j’avais mon nouvel ami, Wang, qui dormait confortablement sur mon épaule gauche, et une femme birmane qui allaitait son bébé à ma droite. Ce fut long. Onze heures et 330 kilomètres (sans blague) plus tard, nous étions arrivés aux abords du lac.</p>
<p>De là, mes deux compagnons de route et moi avons pris un petit bateau à moteur, direction n’importe quel restaurant sur le lac (les gens vivent littéralement à la surface de l’eau, dans des maisons sur pilotis). Une fois arrivé, je n’ai pas attendu longtemps avant d’avoir devant moi un plat d’anguille fraîchement pêchée, accompagné d’un délicieux curry aux tomates. Et c’est là, à ma première bouchée, alors que le soleil se couchait sur le majestueux lac, que j’ai compris pourquoi, malgré tout, les Birmans arrivent à garder le sourire et l’espoir.</p>
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		<title>Bangkok, à la mode Gadoua</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/02/08/bangkok-a-la-mode-gadoua/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 18:52:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Bangkok]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de partir pour l’Asie, je me disais que, bien malgré moi, j’allais perdre du poids. Ce qui, dans mon cas, est loin d’être une bonne chose, vu qu’en temps normal, je ne suis pas très loin d’avoir la peau sur les os. Après quatre mois ici, j’imaginais donc que j’allais revenir à Montréal avec&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/02/08/bangkok-a-la-mode-gadoua/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Bangkok, à la mode Gadoua</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de partir pour l’Asie, je me disais que, bien malgré moi, j’allais perdre du poids. Ce qui, dans mon cas, est loin d’être une bonne chose, vu qu’en temps normal, je ne suis pas très loin d’avoir la peau sur les os. Après quatre mois ici, j’imaginais donc que j’allais revenir à Montréal avec le physique de l’Éthiopien moyen. Ça risque toujours d’être le cas, remarquez. Sauf que pour ça, il va falloir que je reste loin de Bangkok et de son petit bordel à touristes (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots): Khao San Road et ses environs. Car, voyez-vous, dans ces quatre, cinq coins de rues (représentant au bas mot un millième de la ville), s’amassent jour et nuit la presque totalité des backpackers occidentaux, une bonne partie de la jeunesse thaïlandaise aisée et… toutes sortes de commerçants venus profiter de ces jeunes gens laissés à eux-mêmes. Des vendeurs de cossins qui brillent et qui volent dans les airs aux fabricants de fausses cartes d’identité, en passant par ceux qui vous proposent des costumes sur mesure, sans oublier les sempiternelles masseuses; tous sont là en nombres disproportionnés pour vous interpeler, vous accoster, ou vous arrêter pour vous offrir leurs services. Et, bien sûr, coté bouffe et boisson c’est pas mal la même chose. L’offre est aussi diversifiée et, la plupart du temps, d’aussi mauvaise qualité.</p>
<p>Évidemment, comme vous venez d’arriver en Asie et que l’activité qui occupe le plus clair de votre temps est boire, vous avez faim, très faim pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la nourriture asiatique. Vous foncez donc tête la première dans ce stand de brochettes sur charbon à votre gauche, celui de riz collant et mangue à votre droite et, bien sûr, vous rendez plus d’une visite aux vendeuses de pad thaï… Pour vous rendre compte, dès que vous sortez de là (ce que plusieurs ne font pas), que ce que vous mangiez n’était peut-être pas aussi authentique que vous l’aviez cru. Ce qui saute alors aux yeux, dans les vraies rues de Bangkok, c’est que les Thaïs d’ici ne mangent pas de pad thaï et que ce qu’ils mangent est plus épicé. Beaucoup plus épicé pour certains plats. Genre l’équivalent d’un shooter de Tabasco à chaque bouchée. Exemple: un poisson entier poêlé, presque frit, que j’ai mangé à un coin de rue entre deux Thaïs. Délicieux. Mais encore heureux que j’étais armé de trois bières et d’un bol de riz. Sans ça, mes larmes et les rires de mes voisins de table n’en auraient sûrement pas valu la peine.</p>
<p>D’autres plats, toutefois, manquent cruellement de goût. C’est le cas de deux des casse-croûtes thaïs les plus populaires. Le premier est constitué de «boules» de porc ou de poisson que l’on mange grillées ou dans une soupe. Et bien, en plus d’avoir une couleur (gris béton) et une texture (qui rappelle la couille de taureau espagnol trop cuite) peu invitantes, ces boulettes ne laissent en bouche qu’un simili goût de porc ou de poisson. L’autre snack, encore plus populaire, ressemble à s’y méprendre à de la bonne vieille saucisse à hot-dog. Sauf qu’ils vendent ça sur des petits grills dans la rue et les coupent parfois pour leur donner une forme plutôt exotique (vous avez déjà vu une fleur de saucisse, vous?). Donc, forcément, tu te dis qu’elles doivent bien cacher un petit goût  de sésame ou de coriandre, ces saucisses. Eh ben, pas vraiment… Et même pas de ketchup ou de moutarde jaune pour accompagner ça.</p>
<p>La découverte culinaire la plus surprenante concerne toutefois un autre plat. Saviez-vous que le dessert le plus hip parmi la jeunesse thaïe en ce moment est le toast, de qualité Gadoua moelleux, garni de beurre vanillé, de Nutella et autres. Il y a même des restos qui ne servent que ça et qui sont peins à craquer tous les soirs! Une petite rôtie au beurre de coco et un verre de lait avant de sortir? Pourquoi pas.</p>
<p>Ce que je préfère, ici, quand j’ai la dent sucrée, c’est le «coco pudding». Une sorte de pudding au riz et au lait de coco légèrement grillé et cuit dans un moule qui en fait des boules de la forme de macarons, et donc la texture est celle de pancakes à l’extérieur, mais avec un centre moelleux. Trente-cinq cents pour cinq…<br>
<em>Khawp khun very much!</em></p>
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		<title>Un incontournable et un classique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/25/un-incontournable-et-un-classique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jan 2011 19:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Barcelone]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Les pieds dans les plats]]></category>
		<category><![CDATA[Mercat de la Boqueria]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Barcelone, l’incontournable On vous l’a sûrement déjà dit, mais je me permets de le répéter: si vous n’avez qu’un endroit à visiter en Europe en ce moment, c’est Barcelone. Pour toutes les merveilles de Gaudí telles que la Sagrada Família, la Casa Batlló ou bien le Parc Güell, où vous pourrez rejouer la scène du&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2011/01/25/un-incontournable-et-un-classique/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Un incontournable et un classique</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Barcelone, l’incontournable</strong></p>
<p>On vous l’a sûrement déjà dit, mais je me permets de le répéter: si vous n’avez qu’un endroit à visiter en Europe en ce moment, c’est Barcelone. Pour toutes les merveilles de Gaudí telles que la Sagrada Família, la Casa Batlló ou bien le Parc Güell, où vous pourrez rejouer la scène du baiser torride de ce film français cucu… Pour les Ramblas, l’artère principale de la ville où on dirait que tous les anciens du Cirque du Soleil viennent finir leur carrière en faisant les statues humaines. Pour l’ambiance frénétique de la ville aussi, qui rappelle un peu Montréal au plus fort de l’été. Mais fois 100. Et à l’année longue.</p>
<p>Toutefois, selon moi, LA raison qui rend Barcelone (et toute la Catalogne) si incontournable, c’est sa cuisine. Non pas qu’elle soit nécessairement meilleure que ce qu’on trouve en France, par exemple, mais ce qu’elle a de meilleur est très accessible, au contraire de la France, justement. Un peu comme en Italie, en fait. Sauf qu’en vivant à Montréal, on est déjà en contact avec la cuisine italienne. Ce qui est loin d’être le cas pour la cuisine espagnole (oubliez les pâles imitations de paellas et de tapas qu’on peut trouver). De plus, la Catalogne est le berceau de la fine cuisine gastronomique contemporaine, dont Ferrán Adrià et sa cuisine moléculaire sont les figures de proue.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 550px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Societe-Mercat1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5633" title="Fruits séchés et noix au Mercat de la Boqueria" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Societe-Mercat1.jpg" alt width="550" height="339" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Societe-Mercat1.jpg 955w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Societe-Mercat1-640x394.jpg 640w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/01/Societe-Mercat1-325x200.jpg 325w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mutari</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le meilleur endroit pour goûter, et voir, la richesse culinaire de la région, c’est le marché de la ville: le Mercat de la Boqueria. Sans doute un des plus beaux marchés d’Europe (du monde?) où les stands de fruits sont plus magnifiques que les arcs-en-ciel, les poissons et fruits de mer tellement frais qu’ils vous sautent presque dessus et des bars à tapas où l’on vous cuisine littéralement ce qui est derrière vous. Sans oublier leur jambon fumé, le jamón ibérico, roi de tous les lieux ayant un lien avec la bouffe dans ce pays. Et qui, soit dit en passant, est meilleur que le prosciutto.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Paris, le classique</strong></p>
<p>J’ai une relation bizarre avec Paris. Autant je ne me lasserai jamais de visiter et revisiter la ville et de profiter des possibilités de divertissement inifinies qu’elle offre (toujours une expo que l’on n’a pas vue, un bon resto où l’on n’a pas mangé, un quartier que l’on n’a pas fini d’explorer…), autant, j’ai franchement détesté les trois années que j’y ai passées. À cause des Parisiens? Peut-être. Cependant, je pense que c’est plutôt la ville en soi, sa taille, sa promiscuité, sa grisaille quasi-permanente et son manque criant de verdure (même les arbres sont gris ici) qui en font un endroit souvent si peu accueillant. D’où la mauvaise humeur et l’air bête légendaire des Parisiens (qui ne sont certainement pas nés comme ça). Bref, le Parisien naît bon, et c’est la ville qui le pervertit, pour reprendre une formule connue.</p>
<p>Reste que c’est un endroit où l’on peut manger incroyablement bien, si tant est que l’on connaisse plus ou moins. Ce qui est bien, aussi, c’est que même si on se trouve dans une grande métropole cosmopolitaine, on peut encore trouver presque dans tous les restos des plats qui ne sonnent pas très cosmopolitains. Par exemple, lundi, dans deux restaurants assez courus de la ville, j’ai trouvé de la langue de veau et de la tête de veau (langue, cervelle…) au menu. Évidemment, j’en ai commandé les deux fois. La première fois, c’était excellent, quoiqu’un peu étrange comme petit déjeuner. Après la deuxième fois, qui était aussi bien, j’avais un peu l’impression qu’une deuxième langue allait me pousser au fond de la gorge.</p>
<p><strong>Réflexion de voyage</strong></p>
<p>Un peu comme les vaches qui ont quatre estomacs, je pense que les Européens ont développé, à la longue, un deuxième estomac servant uniquement à digérer l’alcool sans que le reste du corps en soit trop affecté. Sinon, je ne vois vraiment pas comment ils font pour boire autant pendant le repas du midi et recommencer à travailler après. Quoiqu’en Espagne, ils ont toujours la siesta…</p>
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		<item>
		<title>Cirrhose des fêtes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/01/11/cirrhose-des-fetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jan 2011 18:44:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chronique gastronomique: Les pieds dans les plats</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel dur retour de vacances vous devez avoir! La session d’hiver est sans contredit la plus pénible, ne serait-ce qu’à cause de la température qu’il fait à Montréal. En fait, c’est comme si le froid de janvier rendait impossible l’euphorie qui s’empare du campus lors de la rentrée d’automne, alors que les Montréalais vivent leurs derniers jours d’été. Bien sûr, il y a aussi le fait que l’université ne soit pas envahie par une horde de freshmen hyperactifs qui ne demandent qu’à boire de la bière jusqu’à ce qu’ils expulsent leurs tripes par les voies nasales. Toutefois, je pense que cette morosité est aussi due au fait que, pour la grande majorité d’entre nous, les vacances des Fêtes sont tout sauf reposantes.<br>
<span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p>Prenons, si vous le voulez bien, mon exemple: quatre soupers de Noël en famille, suivis d’un souper d’amis, sans oublier bien sûr un souper supplémentaire avec l’âme sœur. À ce moment-là, la grande quantité de mousseux, de vin rouge, de fromage et de foie gras ingurgitée a déjà atteint des sommets vertigineux, mais ce n’est pas fini. Ensuite, il y a, évidemment, le repas du réveillon, suivi de la traditionnelle débauche dionysiaque de la nuit du 1er janvier, elle aussi arrosée de mousseux de diverses qualités. Le lendemain matin –vers 14h-15h– c’est au tour du brunch, même si on a du mal à croire que nos œufs Bénédictines vont rester en place au fond de notre estomac. Le soir même, c’est re-vin, re-fromage et re-foie gras avec la famille. Le 2, on ne fait rien et même ça, ça demande encore trop d’effort. Finalement, le 3 on se dit qu’il faudrait quand même profiter de son congé, en allant voir un film, par exemple. Évidemment, qui dit cinéma, dit popcorn!</p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span><br>
Et là, le lendemain matin, on est censé se pointer sur le campus, repasser devant la bibliothèque dans laquelle on avait presque emménagé deux semaines auparavant, aller à un cours très souvent inutile, et tout ça avec entrain?! Oubliez la hausse des frais de scolarité. Pour le bien de votre corps, la prochaine cause des étudiants de McGill doit être le réalignement des dates des vacances sur celles des universités francophones.<br>
Sur une plus grande échelle, et aussi bien pour le bonheur de nos papilles gustatives que pour le respect de tout ce que nous mangeons ou buvons pendant les Fêtes, je propose qu’on mette en place de nouvelles règles très claires. Règles qui viseraient à éviter tout excès des bonnes choses durant une trop courte période de temps pendant l’année. L’excès, toutefois, pourrait être permis une journée par type de denrée dans une période donnée. Ainsi, le 24 décembre, ce serait la journée mangeons-du-foie-gras-jusqu’à‑ce-qu’un-troisième-foie-nous-pousse-dans‑l’estomac. La pertinence de commencer par cette journée se trouvant justement dans le fait que ce foie éphémère nous permettrait de mieux filtrer les surplus d’alcool ingurgités. Le 25 serait le jour du mangeons-du-fromage-jusqu’à‑ce-que-nos-poitrines-en-deviennent-des-pis. Et le 31 s’appellerait non plus la Saint-Sylvestre, mais la Saint‑j’ai-tellement-bu-de-vin-effervescent-que-je-ne-sais-plus-faire-la-différence-entre-du–Veuve-Clicquot-et-ce-mousseux-hongrois-à-12-dollars.</p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span><br>
Maintenir le statu quo en place condamnerait les générations futures à nous imiter: manger et boire de bonnes choses à l’excès, sans plaisir. Pour éviter ceci, il faut donc appliquer ces nouvelles règles, ou bien déplacer la nouvelle année au 1er juillet. Mais non! C’est vrai, c’est déjà la fête du déménagement…</p>
<p>*****************************</p>
<p>Comme preuve que j’ai fait autre chose que manger durant les Fêtes, je partage ici avec vous quelques lignes d’un texte paru le 28 décembre dans le prestigieux quotidien Le Monde,&nbsp;portant sur la place qu’occupe la gastronomie dans l’identité nationale et la société en général. L’auteur traite évidemment du cas de la France, mais le tout pourrait s’appliquer un peu partout en Occident, voire ici, au Québec.</p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span><br>
Livré aux médias, l’homme gastrofabriqué ne découvre rien, n’a pas droit à la nourriture sacralisée. Sur le petit écran, le défi héroïque de concurrents, consiste, sous l’œil de censeurs, à respecter des codes culinaires. Au risque d’être excommuniés. Passe pour le côté ludique; mais il s’apparente à un dressage, les émissions à un foyer de rééducation.</p>
<p><span style="color: #ffffff;">.</span><br>
Josée Di Stasio et Ricardo ne seraient ainsi pas sœur ni curé, comme je l’avais dit dans ma dernière chronique, mais plutôt de grands rééducateurs de notre société.</p>
<p>À dans deux semaines, depuis Barcelone. D’ici là, bonne rentrée!</p>
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		<title>Grasse foi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/grasse-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 20:57:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« La gastronomie est une profession de foie. » Paul Carvel Aucun rapport, direz-vous, entre nourriture et foi. L’un est on ne peut plus physique, l’autre absolument métaphysique. En effet, mis à part les interdictions alimentaires des religions, le lien entre foi et alimentation est a priori minime, voire inexistant. Et pourtant… Un peu d’histoire&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/29/grasse-foi/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Grasse foi</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« La gastronomie est une profession de foie. » Paul Carvel</em><br>
Aucun rapport, direz-vous, entre nourriture et foi. L’un est on ne peut plus physique, l’autre absolument  métaphysique. En effet, mis à part les interdictions alimentaires des religions, le lien entre foi et alimentation est a priori minime, voire inexistant. Et pourtant…<br>
Un peu d’histoire<br>
Les grandes religions ont beaucoup plus à voir avec ce que nous mangeons et buvons que ce que l’on pourrait croire. En fait, sans la contribution des nombreux abbayes et diocèses européens, la bière et le vin seraient sûrement encore ces boissons quasi imbuvables qu’on mélangeait jusqu’au Xe siècle avec de l’eau et du miel afin de pouvoir se saouler sans avoir l’impression de caler (parce que c’est bien ce qu’on faisait à cette époque) un verre de levures ou de raisins fermentés à l’état brut. Même chose pour le fromage: sans les moines Trappistes, les Bénédictins et les Cisterciens, pas de Roquefort, de Saint-Paulin, de Munster et… d’Oka. Vous saurez qui remercier la prochaine fois que vous dégusterez un verre de Bourgogne ou une pinte de Leffe en mangeant un bout de Tête de Moine.<br>
Don’t Eat, Pray &amp; Love<br>
Toutefois, le lien entre foi et nourriture n’est pas qu’une chose du passé, mais bien quelque chose d’encore très manifeste qui va bien au-delà de l’influence des grandes religions. Et je ne parle pas ici d’une spiritualité à deux cents à la Eat, Pray &amp; Love. Il s’agit plutôt ici des choix que nous faisons quand vient le temps de choisir quoi manger. De fait, ces choix sont tous plus ou moins guidés par une certaine croyance, une foi en ce qui est bon (au sens du goût, mais aussi de la morale) et ce qui ne l’est pas.<br>
Comme dans toute foi, on trouve des extrémistes, tels certains adeptes zélés du végétarisme, voire du végétalisme qui sont plus ascétiques que le pape lui-même et qui voudraient que tous partagent cette diète qui se résume en un mot: privation. Il y a aussi des athées, ceux «qui mangent pour manger» et qui trouvent ridicule l’idée même qu’on puisse manger pour des raisons autres que pour ne plus avoir faim.<br>
La majorité, évidemment, est formée de simples croyants qui mangent ce dont ils ont envie sans trop se poser de questions. Ceux qui se foutent des sermons des extrémistes et ne comprennent pas trop les athées. Qui mangent ce qu’offre leur IGA du coin, mais aussi à l’occasion ce que propose leur preacher gastronomique préféré (tels le curé Ricardo ou la sœur Di Stasio). Qui tentent parfois même l’exotisme au restaurant ou en voyage en mangeant du boudin noir, voire des insectes. Mais qui au grand jamais n’oseraient même goûter à l’hérétique, dont la seule pensée est beaucoup trop immonde: la cervelle d’agneau, les foies de volaille, les tripes de porc, la langue de bœuf… Ceux-là qui se scandalisent, en chœur avec les extrémistes, parce que les Chinois osent manger nos animaux sacrés, les chats et les chiens, mais qui participent aveuglement au gaspillage massif de milliers de pièces de viande par dédain pour tout ce qui n’est pas prescrit par leur «foi». Faisant ainsi monter inutilement le prix du bétail; ce qui pousse les Chinois à manger d’autres chats et d’autres chiens pour ne pas crever de faim. Mais, tant qu’il a son filet mignon, le croyant préfère ne pas se poser trop de questions.<br>
Et puis il y a les agnostiques, qui vont au-delà de la foi collective et s’interrogent sur ce qu’ils mangent, mais surtout ce qu’ils ne mangent pas. Certains sont pratiquement végétariens, sans toutefois s’identifier au mouvement. D’autres sont plutôt satanistes et se plaisent à manger le plus souvent possible ce qui est contraire à cette foi. Cependant, tous ont un point en commun: ils ne refuseraient sous aucun prétexte un plat préparé amicalement par un autre. Que ce soit du cheval, du dauphin, du chat ou de l’ornithorynque.<br>
À vous de voir à quel groupe vous appartenez. </p>
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		<item>
		<title>Montréal gastronomique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/montreal-gastronomique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 06:17:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche; d’autres, moins chanceux, avec une cuillère de plastique. Moi, c’est plutôt avec une cuillère pleine de foie gras. Moitié français, moitié québécois, j’ai grandi dans une famille où le fromage, le vin et la poutine ont remplacé depuis longtemps la sainte trinité du Père, du&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2010/11/18/montreal-gastronomique/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Montréal gastronomique</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Certains sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche; d’autres, moins chanceux, avec une cuillère de plastique. Moi, c’est plutôt avec une cuillère pleine de foie gras. Moitié français, moitié québécois, j’ai grandi dans une famille où le fromage, le vin et la poutine ont remplacé depuis longtemps la sainte trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je travaille aussi dans le monde de la restauration montréalaise depuis plus de trois ans. Sinon, petit détail de moindre importance, j’en suis à ma dernière session ici. Ce qui veut dire que, dès janvier, je quitterai non seulement McGill mais aussi Montréal. L’intérêt pour vous là-dedans étant que cette chronique vous emmènera dès la session prochaine à Bangkok, Hanoi, Phnom Penh, Kuala Lumpur, Jakarta… en passant par Paris et Prague, tout en restant ancré dans un esprit montréalais. Puisqu’il faut commencer par le commencement, cette première chronique aura pour thème notre métropole et son paysage gastronomique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Restaurant</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue gastronomique, le chemin parcouru à Montréal ces vingt dernières années est sûrement sans précédent. La métropole est maintenant une destination pour les <em>foodies</em> de ce monde. Et les Montréalais n’ont jamais eu autant d’appétit pour la bonne cuisine et les bons restos. En effet, chaque soir, des dizaines et des dizaines de bonnes tables montréalaises célèbrent cette frénésie pour la bonne bouffe. C’est pourquoi le gourmet montréalais de 2010 n’a que l’embarras du choix quand il s’agit d’élire un lieu pour satisfaire sa fringale. De là à dire si ce choix grandissant se traduit par une diversité grandissante, il y a un (grand) pas à franchir.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons notre gourmet montréalais: un soir, il décide de se rendre dans un des bons restos de la ville. Il peut ainsi choisir entre Le Quartier Général, La Salle à Manger, Le Local, Le Comptoir, La Montée de Lait, Le Garde-Manger, La Cantine, Le Saint-Urbain… où Le Serveur qui arbore avec désinvolture La Chemise Carottée et/ou La Barbe de trois jours lui explique que, bien sûr, dans tous les plats affichés sur L’Ardoise de l’endroit on met de l’avant Le Produit local et on privilégie Le Plaisir avant Le Régime (définitivement plus à La Mode) et tout ça dans une ambiance bruyante qui évoque les concepts drôlement branchés que sont La Décontraction, La Convivialité et La Familiarité. Original, non?</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4574" title="poutine" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/11/poutine.png" alt width="580" height="435"></p>
<p style="text-align: justify;">La <em>Business</em></p>
<p style="text-align: justify;">Même si peu d’entre eux le diront, les restaurateurs sont avant tout des gens d’affaires. Si la seule passion qui les animait vraiment, leur seule raison d’être était la nourriture, la moitié serait peut-être sur une ferme en train de produire ces fameux produits locaux et l’autre moitié ne serait pas sur le plancher du resto à s’assurer du coin de l’oeil que tout se passe bien, mais plutôt dans les cuisines de ce même resto en train de suer autant que Mick Jagger durant un show de trois heures pour un salaire de misère. Bref, les restos et la gastronomie en général, c’est un <em>business</em> et comme dans tout bon <em>business</em>, l’important est de savoir tirer profit d’un bon filon. Et la tendance actuelle de la bouffe conviviale et réconfortante, cette fameuse <em>comfort food</em>, en est assurément une. Résultat: à tous exploiter le même concept, les restaurants montréalais finissent par perdre leur identité distincte.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut probablement remonter au tout début des années 2000 et&nbsp;à l’ouverture du fameux Pied de Cochon de Martin Picard pour trouver le «responsable» de l’actuelle complaisance du paysage gastronomique montréalais. La petite révolution causée par le concept novateur du lieu et sa panoplie tout aussi novatrice de plats traditionnels québécois «réinventés» a mené, maintenant presque dix ans plus tard, à tout (y compris la très discutable poutine aux gnocchis) sauf… à une autre révolution, ou même une remise en question.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Souhait</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons la chance (la malchance diront certains?) au Québec de ne pas avoir un lourd bagage gastronomique à l’image de pays comme la France, l’Italie ou le Japon. Il ne faudrait pas la gâcher en se complaisant dans un certain type de cuisine après si peu d’années de pratique et un départ dans le monde de la gastronomie si réussi. L’innovation, pas le <em>comfort food</em>, devrait être le mot d’ordre généralisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Recommandations</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir, quelques recommandations parce que tout n’est pas si gris dans le ciel de la restauration montréalaise (au contraire):</p>
<p style="text-align: justify;">Deux restos pas comme les autres avec des chefs qui se soucient sûrement peu des dernières tendances gastronomiques: Juni (156 Laurier Ouest) et Toroli (421 Marie-Anne Est).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux classiques qui ne changeront jamais (on l’espère): Leméac (24$ la table d’hôte après 22h; 1045 Laurier Ouest) et L’Express (3927 Saint-Denis).</p>
<p style="text-align: justify;">Des restos ethniques, pour voyager pas cher cet hiver: Cuisine Szechuan (où on sert des tripes de boeuf au szechuan que vous avez toujours rêvé de manger; 2350 Guy), Qing Hua (meilleurs dumplings en ville; 1676 Lincoln) et Eche Pa Echarle (sûrement le meilleur Péruvien à Montréal; 7216 St-Hubert).</p>
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		<title>Faire des enfants ou non?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/16/faire-des-enfants-ou-non/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 13:00:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les enfants, c’est l’avenir.<br />
Alors que la planète étouffe, les politiques natalistes se contredisent. Certains ont des enfants très jeunes, d’autres beaucoup plus tard. Pourquoi faisons-nous encore des enfants? Égoïsme, altruisme? <em>Le Délit</em> expose les discours de ceux qui préfèrent ne PAS avoir d’enfant et de ceux qui pensent d’abord aux ressources planétaires. Notre époque, plus <em>No Baby No Cry</em>?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Ils vécurent heureux… et n’eurent pas d’enfants</h2>
<p><strong>Christophe Jasmin</strong></p>
<p>«Le mini baby-boom se poursuit», «Pour la cinquième année consécutive, le nombre de naissances est en hausse au Québec», «Le Québec, paradis des familles». Voilà le genre de titres qu’on peut apercevoir dans les médias québécois depuis quelques mois. «Enfin une bonne nouvelle pour le Québec!» s’exclament les uns. «Un succès pour la politique nataliste de la province&nbsp;!» exultent les autres. Bref, de quoi se réjouir vous direz-vous.</p>
<p>Et si cette politique nataliste, ces généreux et louangés programmes de congés parentaux, ces crédits d’impôt et toutes ces garderies à sept dollars par jour n’étaient que des moyens de propagande, voire d’oppression? Si, en récompensant de manière si généreuse la maternité et en la promouvant de tous bords, de tous côtés comme il le fait, l’État québécois entravait le succès des femmes qui ont des enfants, tout en stigmatisant celles qui n’en ont pas.</p>
<p>Évidemment, l’idée peut sembler quelque peu extrémiste, à la limite de la théorie féministe du complot. De plus, on peut avoir une vague impression de déjà vu: une élite à la tête de la société québécoise qui fait pression sur les familles pour qu’elles enfantent et qui dénonce fortement celles qui «empêchent la famille». Ça fait un peu <em>Back to the Future</em> qui rencontre la Grande Noirceur tout ça, non? Et ben, pas tant que ça. Pour preuve, une étude de Statistique Canada, intitulée «Choisir de ne pas avoir d’enfants», concluait en 2003 que «notre société “enfantcentrique” [a] tendance à faire en sorte que les couples sans enfants se sentent inadéquats, tenus à l’écart, jugés ou mal compris». Alors, ne pas vouloir d’enfants, nouveau tabou? La nullipare (femme non-mère), nouvelle paria?</p>
<p>Dans <em>No Kid: 40 raisons de ne pas avoir</em> d’enfant<em>, la Française Corinne Maier dénonce</em> la «bébé-mania» et tout le discours très optimiste qui entoure la paternité et la maternité. C’est elle qui accuse l’État (français, en l’occurrence) d’entraver le succès des femmes en les maintenant en marge du marché du travail et en les enfermant dans une «prison de domesticité». Mais elle ne s’arrête pas là: son livre se veut carrément un argumentaire visant à décourager les gens de faire des enfants. En quarante chapitres, qui invoquent autant de raisons, l’auteure explique au lecteur pourquoi il ou elle regrettera inévitablement d’avoir des enfants. «Évitez de devenir un biberon ambulant », «gardez vos amis», «un enfant c’est trop cher» écrit notamment la polémiste, elle-même mère de deux enfants. Comme beaucoup d’autres parents, elle avoue avoir fait des enfants avec l’espoir qu’ils mettent fin à ses moments de solitude. Seulement pour réaliser, plus tard, que la maternité en créait de nouvelles formes.</p>
<p>Dans <em>L’envers du landau</em>, paru récemment aux éditions <em>Tryptique</em>, la professeure de littérature à l’Université d’Ottawa Lucie Joubert aborde elle aussi cette question épineuse, mais sur un ton tout de même moins polémique. L’auteure, qui ne cherche pas à dénigrer la maternité, veut avant tout attirer l’attention sur la pression que subissent les femmes qui, comme elle, ne veulent pas avoir d’enfants. Cette pression provient le plus souvent non pas de la famille ou de l’entourage immédiat, affirme Joubert, mais plutôt d’un discours ambiant dont le message est clair: la réalisation de soi, pour une femme, passe par les enfants. Celles qui résistent et refusent de rentrer dans le rang deviennent en quelque sorte des rebelles d’une société obsédée par le discours nataliste. «Mais ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas la famille ou les enfants: on n’est pas des “<em>childhaters</em>” ou des “misopédistes”» d’expliquer l’auteure.</p>
<p>Féministe, elle se dit inquiète de voir que ce qui était considéré comme acquis, c’est-à-dire le choix d’avoir des enfants ou non, est remis en question par toutes ces pressions sociales. C’est en partie pour tenter de sécuriser ce choix pour les générations à venir qu’elle a écrit ce livre. Mais c’est aussi, indirectement, pour toutes ces femmes qui, n’ayant pu donner la vie, souffrent de ne jamais pouvoir atteindre ce qui est projeté comme étant l’aboutissement de la féminité.</p>
<p>Reste que pour la plupart des gens, avoir un enfant sera toujours vu non seulement comme le plus beau cadeau mais aussi le plus véritable don de soi qu’un être humain puisse faire. Ce qui relègue ces femmes, et dans une moindre mesure ces hommes, à un statut public d’individualiste, voire d’égocentrique. C’est pourquoi, à la sortie de son livre, on a souvent accusé Corinne Maier de «faire l’éloge de l’égoïsme». Ce à quoi elle rétorque que son livre est plutôt «l’éloge de la réalisation de son désir individuel, au risque de déplaire à la société».</p>
<p>Mais on peut pousser la réflexion un peu plus loin et se demander si, au contraire, ce ne sont pas les gens qui décident d’avoir des enfants qui sont le plus égocentriques. Idée grotesque? Ça reste à voir. «Quand on fait des enfants, on ne les fait pas pour la société, ni à la rigueur pour l’enfant lui-même. On les fait pour soi», affirme Irène Krymko-Bleton, psychanalyste et professeur à l’UQAM.</p>
<p><a href="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/Feature-1.png" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-2667" title="Feature-1" src="https://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/Feature-1.png" alt width="425"></a></p>
<h2>Pour le bien de <span style="text-decoration: line-through;">mon enfant</span> la planète</h2>
<p><strong>Marie-Odile Samson</strong></p>
<p>«Si, à 30 ans, avoir deux enfants peut sembler beaucoup, à 60 ans, tout compte fait, c’est peu. écrit Marlène Hyppia, journaliste chez <em>ELLE Québec</em>. Il faudrait plutôt viser cinq ou six héritiers si on veut s’assurer à long terme son lot de bâtons de vieillesse, de visites et, qui sait, de petits-enfants à chouchouter».</p>
<p>Dans l’article «20 bonnes raisons d’avoir des enfants», celle-ci détient la troisième place. Cependant, si l’on élargit à l’échelle mondiale l’idée d’avoir des enfants, on se doit de considérer le taux de remplacement de l’espèce humaine. Celuici, soit le nombre d’enfants qu’une femme doit avoir pour remplacer soi-même et son conjoint, se situe à 2,1 enfants. Mais avant d’envisager engendrer six héritiers, y a‑til des contraintes sociales et écologiques qu’un couple devrait considérer?</p>
<p>Faire des enfants demeure un choix personnel. C’est le premier sentiment qu’a exprimé Madhav Badami, professeur à l’École d’environnement de McGill, lorsque <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec lui. «Je ne suis pas en position de dire à quelqu’un le nombre d’enfants qu’il devrait avoir. C’est un choix personnel.» Personne ne peut juger la nature de cette décision. La quantité d’enfants désirée, quoique personnelle, devrait cependant être un choix posé rationnellement qui prenne en compte, non seulement ses désirs personnels, mais surtout l’effet sur les ressources planétaires. Avoir une famille de cinq ou six enfants, cela peut sembler satisfaisant en soi, mais si chaque couple se disait la même chose, il faudrait rapidement trouver des solutions aux problèmes de nutrition, de pauvreté et de manque de territoires habitables qui surviendraient. Sans diminuer le bonheur que peut rapporter chaque enfant, il faut tout de même s’assurer de leur léguer une planète potable et durable.</p>
<p>Il y a une grande distinction entre pays industrialisé et pays en voie de développement lorsqu’il s’agit de choisir de faire un enfant ou non. En effet, il y a des coûts économiques et sociaux associés à la procréation, mais ces dépenses existent aussi lorsqu’on choisit de ne pas faire d’enfants. M. Badami nous explique: «les conséquences sociales qui découleraient d’une population en décroissance pourraient être aussi importantes que le coût environnemental associé à la surpopulation mondiale». Les deux revers de la médaille sont importants à considérer, selon si le pays dans lequel nous vivons fait face à un problème de surpopulation ou à une population vieillissante.</p>
<p>Dans certains pays en voie de développement, un nombre élevé d’enfants permet aux familles, non seulement d’assurer le taux de remplacement, puisque le taux de mortalité infantile y est plus élevé, mais aussi de fournir plus de bras au travail de la terre, qui est fondamental à la survie et au mode de vie. L’importance d’avoir des enfants ne relève donc pas seulement d’un désir personnel, mais bien d’une nécessité sociale causée par un problème profondément ancré dans ces sociétés. Ceci a, par conséquent, une grande influence sur le problème de surpopulation, mais aussi sur la qualité de vie économique de ces individus. Le territoire du Kenya fait partie des sols les plus travaillés dans le monde, et sa population parmi les plus denses de la planète. Les deux sont intrinsèquement liés, car le besoin de travailler la terre marginale est nécessaire à la survie de la communauté du Kenya.</p>
<p>Par contre, dans certains pays développés tels le Japon ou l’Allemagne, la population vieillit rapidement. Dans ces pays, on peut remarquer l’ampleur du problème que cause la dénatalité. Comme l’explique Milton Ezrati, dans l’article «Japan’s Aging Economics» du journal <em>Foreign Affairs</em>, les grandes entreprises vont y penser à deux fois avant de s’installer dans un pays qui ne peut fournir et renouveler une main d’oeuvre jeune et dynamique. L’immigration pourrait évidemment être une solution à ce problème, mais elle pourrait tout de même entraîner de sérieuses conséquences. M. Badami confirme: «si l’on prend l’exemple du Japon, il faudrait importer des travailleurs. Mais il faudra ensuite travailler avec les conséquences du mélange des cultures». L’immigration, combinée à une augmentation du taux de natalité, permettrait à ces pays dont la population est en déclin de retrouver leur élan.</p>
<p>Le Québec fait face à une situation semblable. Ayant une population en vieillissement rapide, le Portail du Gouvernement du Québec prévoit qu’en 2031, notre population se classera parmi les plus vieilles des sociétés industrialisées. Mais, comment donc bâtir une famille aujourd’hui en prenant en compte toutes ces circonstances?</p>
<p>L’adoption pourrait être une solution logique. Un pays sous-peuplé, adoptant des enfants d’un pays surpeuplé qui n’attendent que l’amour d’une famille, cela pourrait être un remède incroyable aux problèmes sociaux qui s’étendent d’un pays à l’autre. M. Badami nous propose une vision qui offre encore plus de solutions: «si des gens d’un pays surpeuplé adoptaient les enfants de leur propre pays en leur donnant une bonne maison, cela pourrait résoudre deux des problèmes principaux dans le monde, soit la pauvreté et la croissance rapide de la population». Quelques hics: l’adoption demeure non seulement un procédé long, coûteux et incertain, mais elle est rarement le premier choix de futurs parents.</p>
<p>D’un autre côté, M. Badami nous amène à considérer le point de vue de l’enfant. En grandissant, il est toujours (ou presque toujours!) plaisant d’avoir un frère ou une soeur avec qui partager ses jeux, ses histoires et sa vie. Cela pourrait être une autre motivation qui pousserait une famille à atteindre le taux de remplacement. Toutes les raisons sont bonnes pour vouloir et avoir des enfants, et il est nécessaire de continuer à se reproduire pour assurer la survie de la population. Au-delà de l’aspect romantique d’une vie familiale, assurer la descendance de la race humaine, voilà tout de même le but ultime de «faire des bébés». Finalement, doit-on se sentir responsable de respecter les limites de notre planète? Si un adulte prend la décision de devenir responsable d’un enfant, il devrait donc également se sentir responsable de lui assurer un avenir vivable. Pour un futur parent, ce qui est donc important de garder en tête, c’est qu’il y a des limites sociales et physiques à respecter pour que la Terre conserve son équilibre et puisse assurer la survie de chaque individu naissant.</p>
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		<title>On n’est jamais mieux servi que par soi-même</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 02:17:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[DeliXXX]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pornographie <em>Do-it-yourself</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h4>L’industrie</h4>
<p>La nouvelle est passée totalement inaperçue ici: le plus vieux sex-shop du monde, la boutique <em>Blue Movie</em>, qui a pignon sur rue à Copenhague depuis 1964, s’apprête à fermer ses portes le 31 mars prochain. Signe qu’avec Internet, les temps changent dans le monde de la pornographie? Oui et non. L’essor de l’Internet n’a pas été instantanément catastrophique au niveau financier pour les commerçants et les artisans traditionnels de la pornographie. Du moins pour ceux qui ont su s’adapter, c’est-à-dire qui ont su offrir à l’amateur de pornographie ce qu’il désire, quand il le désire. C’est d’abord et avant tout ces exigences que l’Internet a transformées. De la même manière que notre façon de regarder la télévision est actuellement en pleine métamorphose, Internet a révolutionné la relation que les gens ont avec la pornographie en leur donnant plus de pouvoir.</p>
<p>Mais n’allez pas croire que cela veut dire que le milieu de la pornographie commerciale soit foncièrement plus innovateur que celui de la télévision. Comme le dit Simon Louis Lajeunesse, professeur associé en travail social à l’Université de Montréal, «la porno est une industrie très conservatrice, elle ne montre que ce que les gens veulent voir. Elle n’innove pas.» Comment expliquer ce côté avant-gardiste alors? C’est simple: puisque certaines personnes n’arrivaient pas à trouver ce qu’ils cherchaient parmi ce que proposait l’industrie, ils ont commencé à produire leur propre porno et à la partager <em>via</em> Internet. «Les gens <em>surfent</em> l’Internet pour voir les fantasmes qu’ils ont déjà dans la tête. Le phénomène va donc des gens vers la porno et non de la porno vers les gens» explique Monsieur Lajeunesse.</p>
<p>Au-delà du simple partage de contenus érotiques entre internautes, cet état des choses a surtout permis à plusieurs non-initiés d’ouvrir leurs propres sites afin de répondre aux désirs spécifiques de certains et, bien évidemment, pour en tirer un profit financier dans la plupart des cas. Globalement, la multiplication de ce genre de sites a rendu le monde de la porno commerciale très fractionné. Concrètement, cela s’est initialement traduit par l’émergence de sites amateurs mais payants comme <em>Realcouples.co.uk</em>, <em>Bangbros.com</em> (où l’action se passe toujours sur la banquette arrière d’une voiture) et <em>Brunob.com</em> (le premier vrai site québécois de porno amateur). Le succès de cette première vague de porno amateur fut tel qu’une école virtuelle a ouvert ses portes en 2001 avec le but de «diplômer» de futurs webmestres de sites pornos. Basée en Australie, la <em>Adult Webmaster School</em> dit «enseigner à ses étudiants à profiter de la très lucrative industrie adulte en ligne». Alors, même si le contenu et l’esprit de ces sites amateurs différent de ceux de l’industrie, le but, lui, reste le même.</p>
<p>En fait, ce n’est qu’avec l’apparition récente de sites d’hébergement de vidéos que la porno amateur s’est véritablement démocratisée et que la pornographie <em>Do It Yourself</em> tel qu’on la connaît maintenant a vu le jour. Fonctionnant sur le même modèle que <em>YouTube</em>, des sites comme <em>Qrtube.com</em> (spécialisé en porno queer), <em>Mybeasttube.com</em> (spécialisé en porno… animale) et les géants <em>Xtube.com</em>, <em>Youporn.com</em> et <em>Redtube.com</em> assurent à tout internaute la possibilité de visionner et de partager des vidéos DIY sans payer.</p>
<h4>Quand ça vient vite, ça part vite…</h4>
<p>En 2004, une vidéo diffusée sur Internet a transformé la vision que les gens avaient de ce médium en démontrant toute la portée qu’il pouvait avoir. Il s’agit du fameux <em>sextape</em> de Paris Hilton, le quatrième clip le plus vu de toute l’histoire du web. Depuis, et avec la parution de <em>1 Night in Paris</em>, une foule de célébrités (Fred Durst, Kid Rock, Lindsay Lohan, Colin Farrell), de semi-célébrités (l’acteur de <em>Grey’s Anatomy</em> Eric Dane, l’ex-participante de <em>Survivor</em> Jenna Lewis) et même de politiciens (John Edwards, ancien candidat à l’investiture démocrate pour la dernière élection présidentielle) ont emboîté le pas et sont apparus, ou ont fait l’objet de rumeurs selon lesquelles ils étaient apparus dans des <em>sextapes</em> diffusés sur le web. Même si la plupart de ces personnalités ont vu leur vie intime être rendues publiques à leur insu; certaines l’ont fait de manière intentionnelle, sachant que la vidéo ferait parler d’eux. C’est le cas de Jessica Sierra, une ancienne participante de <em>American Idol</em> qui, en manque de visibilité, a sorti son propre <em>sextape</em> en janvier 2008.</p>
<p>Pour certains, toute la récente ferveur autour de la porno DIY est directement liée à la popularité de ces sextapes. C’est le cas de l’écrivain et chroniqueur canadien Stephen Marche. Dans une chronique intitulée <em>What’s with All the Ugly People Having Sex?</em> parue dans Esquire, Marche explique que la porno DIY n’est rien d’autre qu’un moyen contemporain de ressembler aux vedettes que l’on voit dans les <em>sextapes</em>. «La porno amateur, c’est de la célébrité <em>Do-It-Yourself</em>[…], c’est ce qui permet le plus aux citoyens de se sentir comme étant de vraies vedettes». «Pour le prix de votre corps et de votre dignité, vous avez la joie de devenir l’image de laquelle les autres ne peuvent détourner leur regard» résume-t-il.</p>
<p>Dans <em>The Porning of America</em>, les auteurs Carmine Sarracino et Kevin Scott expriment une opinion similaire: «un rapide survol de telles tendances, comme le circuit universitaire de porno amateur ou le déferlement de sites pornos amateurs […] suggèrent que le résultat naturel d’une nation sevrée de pornographie est une nation d’aspirants <em>pornstars</em>». Même s’ils reconnaissent que la porno peut occasionnellement servir comme expression d’une libération sexuelle, voire politique pour certaines minorités sexuelles, Sarracino et Scott insistent sur le fait que la généralisation de la porno a pour conséquence d’amener à la surface les comportements qu’elle véhicule. Et les auteurs de tracer des parallèles entre le succès de la torture porn et la violence faite aux femmes, mais aussi les très médiatisés abus infligés aux prisonniers d’Abu Ghraib par les GIs en Irak.</p>
<p>Ce qui peut surprendre dans ces discours très négatifs, ce n’est pas tant le message que le messager. Il n’est pas étonnant que ce genre de propos trouve un écho négatif chez une grande partie de la population qui voit encore la pornographie comme quelque chose de fondamentalement dégradant, que ce soit lorsqu’elle est regardée ou jouée, il n’y a rien de surprenant. Là où le bât blesse, c’est quand ce sont des universitaires (Sarracino et Scott) ou des penseurs (Marche) qui corroborent de tels jugements, en tenant si peu compte non seulement des vertus potentiellement libératrices de la pornographie sur Internet, mais aussi et surtout des études faites sur le comportement des gens qui regardent de la porno.</p>
<p>Une étude menée par Simon Louis Lajeunesse à ce sujet auprès d’universitaires démontre que les gens «ont besoin de voir des gens qui leur ressemblent et qui vont plus loin qu’ils ne pourraient le faire». «Cela confirme la fonction carnavalesque de la pornographie. Un monde temporaire, à l’envers du monde réel jouant un rôle libérateur des contraintes et des rituels sociaux imposés par la vie en communauté», ajoute Lajeunesse. Pratiquement tous les hommes regardent de la porno. Dire que ça affecte leurs relations avec leur partenaire, c’est aussi logique que de dire que les publicités pour la vodka Smirnoff mènent à l’alcoolisme, conclut le chercheur.</p>
<p>Même si la grande majorité de la pornographie qu’on retrouve sur Internet ne peut prétendre avoir des bienfaits libérateurs ou à participer à une réappropriation de la sexualité, ce phénomène existe bel et bien. Quoiqu’encore marginaux, il se crée un nombre croissant de sites de pornographie DIY qui ne gravitent pas uniquement autour de vidéos ou de photos, mais qui font aussi place à la discussion et à la création de réseaux. Ainsi, les gens qui ont une sexualité atypique et/ou qui vivent dans un milieu conservateur peuvent non seulement regarder du contenu qui ressemble à leurs fantasmes, mais sont de plus amenés à partager leurs pensées et leurs préoccupations de manière collective. Ainsi, ces sites remplissent un double rôle de satisfaction sexuelle et sociale. Une grande partie de ces réseaux fait partie de la mouvance <em>queer</em>, qui rassemble gays, lesbiennes, transsexuels, bisexuels, travestis et transgenres, mais aussi adeptes du BDSM et fétichistes. Par exemple, le site Internet DigiRomp.com, sur lequel on trouve surtout des photos, est «un réseau social lesbien pour partager des expériences érotiques».</p>
<p>Peu de choses ont été écrites sur ce phénomène mais de plus en plus d’activistes <em>queer</em> s’organisent et forment des collectifs, ou mettent sur pied des festivals qui mettent de l’avant le côté libérateur que peut avoir la porno. <em>Sharing is Sexy</em>, basé à San Diego, se veut ainsi être un laboratoire porno <em>open source</em> et un collectif «sexe positif » qui promeut la «positivité sexuelle» et la fluidité des genres. Le petit groupe de <em>guérillas sexys</em>, comme ils se décrivent eux-mêmes, a notamment donné une conférence ici, à McGill au mois de mars 2008. Dans un ordre d’idées similaire, le journal de Seattle <em>The Stranger</em> parraine le festival de pornographie amateur HUMP! qui en est à sa cinquième édition.</p>
<p>Alors, la porno DIY: un quinze minutes de célébrité ou un nouveau moyen de libération sexuelle?</p>
<h4>Sexy sweet home</h4>
<p>Après les cadeaux, le resto et les longs regards langoureux, vous rentrez enfin chez votre valentin(e). Tout y est: la traînée de pétales de roses, le corridor de bougies, les chocolats, la bouteille de champagne et… la caméra! Certains trouveront sûrement l’idée déplacée, mais, si l’on y réfléchit bien, voilà une façon peu coûteuse et amusante de rendre votre Saint-Valentin <em>véritablement</em> unique et inoubliable. Pensez à la prochaine fois où, loin l’un de l’autre, votre valentin(e) vous manquera terriblement. Qu’allez vous préférez regarder: sa vieille photo de finissant(e) qui est dans votre portefeuille depuis des mois ou votre torride vidéo de la Saint-Valentin?</p>
<p>Avant que vous ne couriez acheter un kit d’infirmière ou de pompier pour l’âme soeur en prévision du grand soir, quelques conseils s’imposent. Inspirés de ceux donnés par les experts du très sexy blogue <em>Tryst</em>, voilà les quatre bases d’un bon porno <em>Do It Yourself</em>:</p>
<p>Utilisez vos talents de cinéaste: si vous comptez utiliser une webcam ou une caméra fixe, assurez-vous que le cadrage et la luminosité soient adéquats. Un lieu sombre, un cadrage brouillon et des cris épars, ça fait plus <em>Blair Witch Project</em> que <em>Deep Throat</em>. Mettez‑y du son et exprimez-vous: ça ajoute au plaisir, mais aussi à la qualité de la vidéo. Sinon, le résultat risque de ressembler à une game de hockey sans commentaire. Distrayant, mais pas captivant.</p>
<p>Expérimentez: depuis le temps que vous attendez une occasion pour ressortir votre Kâma-Sûtra et vos accessoires érotiques, ça ne rendra la chose que plus plaisante. Restez vous-même et amusez-vous: le but n’est pas de concurrencer Jenna Jameson et Rocco Siffredi mais de vivre cette expérience pleinement en profitant du moment présent sans trop penser au résultat final.</p>
<p>Bien sûr, si vous voulez amener l’expérience un peu plus loin, vous pouvez toujours rendre la vidéo publique. Ici, les blogueurs de <em>Tryst</em> suggèrent d’éditer votre vidéo si votre but est que votre soirée de Saint-Valentin connaisse le plus grand succès possible une fois sur la toile. De la même façon que vous mettez vos films de famille sur <em>YouTube</em>, vous pourrez mettre le résultat final sur <em>YouPorn</em> ou <em>Redtube</em>, deux sites d’hébergement de vidéos érotiques.</p>
<p>Rien ne vous y oblige bien sûr. D’ailleurs les spécialistes tendent à dire que vous avez de grandes chances de le regretter tôt ou tard. «Quand on met une image sur Internet, on en perd totalement le contrôle. Réfléchissez pour savoir si vous pensez que dans quelques années la circulation de votre image dans des situations intimes vous conviendra toujours» avertit Simon Louis Lajeunesse.</p>
<p>Mais si vous faites fi de ce conseil et décidez de passer à l’acte, deux choses demeurent certaines: vous ne serez pas les premiers à le faire, loin de là. Et même si vous poussez l’expérience très loin, votre vidéo risque de paraître peu original à côté de ce qu’on trouve sur le Net. Mais ça, de toute façon, vous le saviez déjà. Bienvenue dans le merveilleux monde de la porno <em>Do It Yourself</em> (DIY). Un petit porno pour la Saint-Valentin?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/02/09/on-n%e2%80%99est-jamais-mieux-servi-que-par-soi-meme/" data-wpel-link="internal">On n’est jamais mieux servi que par soi-même</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le drapeau québécois est-il trop vieux?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/19/le-drapeau-quebecois-est-il-trop-vieux/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 13:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Provincial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des célébrations commémorent le 62e anniversaire du drapeau québécois.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jeudi 21 janvier, le drapeau québécois fête ses 62 ans. Pour l’occasion, une cérémonie de levée du fleurdelisé ainsi qu’un défilé avaient lieu ce samedi à Montréal. Organisés par la Société Saint-Jean-Baptiste, ces évènements avaient pour but de célébrer et de promouvoir notre drapeau national.</p>
<p>Officiellement adopté par l’Assemblée Législative sous Duplessis, le fleurdelisé remplaça le très britannique Union Jack en janvier 1948 comme emblème officiel de la province. En plus de représenter une victoire pour le mouvement nationaliste québécois, ce changement exprimait un désir de rupture avec la monarchie britannique. Les Québécois voulaient que cet emblème reflète l’histoire et le caractère distinctif de la province. Sans surprise, on se tourna vers des symboles rappelant la religion catholique et la France.</p>
<p>En effet, la croix blanche qui divise le drapeau en quatre carrés renvoie au catholicisme, élément distinctif de la société québécoise en 1948, alors que le fond bleu royal rappelle la couleur du blason des souverains de France. De la même manière, les fleurs de lys, symbole historique de la monarchie française, évoquent l’origine du peuple québécois, et la couleur blanche, le catholicisme.</p>
<p>Force est donc de constater que le fleurdelisé présente un très fort symbolisme religieux. C’est précisément cet aspect qui en a amené plusieurs à remettre sa pertinence en question. Dans une société québécoise post-Révolution tranquille, multiculturelle et très largement laïcisée, est-ce légitime d’avoir un emblème national qui peut sembler dépassé? La connotation catholique n’estelle pas exclusive? Bref, le drapeau québécois reflète-t-il encore adéquatement la population qu’il représente?</p>
<p>Il y a un peu plus d’un an, le coloré Richard Martineau révélait dans sa chronique du Journal de Montréal que la professeure du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse de sa fille avait demandé à ses élèves de redessiner le drapeau québécois. «Le prof dit qu’il n’est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu’il y a une croix dessus» lui avait expliqué sa fille. Le chroniqueur, en profond désaccord, mit la démarche sur le compte d’un «multiculturalisme gnangnan». Certains, pourtant, se sont sérieusement et ingénieusement penchés sur la question.</p>
<p>En janvier 2008, le collectif Identité québécoise (IQ), comptant une dizaine de jeunes adultes parmi ses rangs, entreprit de créer un nouveau drapeau québécois à l’occasion de ses 60 ans en se basant sur des principes de communication moderne voulant que la simplification des symboles optimise l’échange d’information tout en restant collé sur l’histoire du Québec et sur ses nouvelles réalités sociales. Résultat: un seul rectangle bleu avec un seul lys blanc au centre. D’après IQ, la suppression de la croix rend non seulement le fleurdelisé plus laïc, mais enlève aussi l’image d’un Québec «divisé» au profit d’un seul lys plus grand et fort.</p>
<p>Bien sûr, il est très peu probable qu’une telle refonte se produise dans un futur proche. Il faut donc chercher ailleurs dans le symbolisme québécois afin de trouver un emblème indubitablement rassembleur de tous. Le fameux «Je me souviens» est-il un plausible candidat? La devise semble effectivement plus inclusive puisque le «je » désigne tout le monde, indépendamment de sa religion ou sa langue.</p>
<p>Dans son documentaire <em>Un certain souvenir</em>, le cinéaste belge Thierry Lebrun va à la rencontre d’une multitude de personnes qui forment le Québec d’aujourd’hui afin de leur demander ce que signifie pour eux la devise d’Eugène- Étienne Taché, architecte qui fit inscrire les 3 mots sur le parlement à Québec. Mis à part la grande diversité des réponses qu’obtient Lebrun, on remarque le rejet total de la devise par certains, particulièrement des Mohawks et des Anglo-Québécois qui ne s’y identifient pas. Le dramaturge québécois René-Daniel Dubois abonde dans le même sens. Pour lui le «Je» exclut la multiplicité et la complexité alors qu’un «Nous» impliquerait plusieurs façons de se souvenir.</p>
<p>Le Québec est-il voué à n’avoir que des emblèmes qui, même s’ils font l’objet d’un large consensus, peuvent tout de même paraître exclusifs? L’inclusion universelle devrait- elle transparaître à tout prix? La sainte flanelle du Canadien de Montréal, quant à elle, semble toujours convenableou du moins, jusqu’au retour des Nordiques. </p>
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		<title>Se mettre le nez dans les plats</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2009/09/29/se-mettre-le-nez-dans-les-plats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Jasmin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 17:39:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/archives/722</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette année, le Délit et ses journalistes se proposent de partir à la recherche de hauts lieux inusités à Montréal. La cible de cette semaine : les restaurants.Premier dossier d’une série de trois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/09/29/se-mettre-le-nez-dans-les-plats/" data-wpel-link="internal">Se mettre le nez dans les plats</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h4>Œuvre de Chefs</h4>
<p>Concept, ce Kitchen Galerie l’est définitivement. Toutefois, n’allez pas chercher trop loin: pas de flafla ni de chichi dans ce petit resto. Et avis aux férus d’art qui pourraient se laisser tromper par le nom de l’endroit, on n’y expose aucune œuvre qui vaille le détour. De toute façon, les clients ont un spectacle bien plus singulier à se mettre sous la dent: trois chefs qui, des fourneaux au service en passant par la réception, s’occupent de tout et d’une bien belle façon. Le voilà, le concept.</p>
<p>Jean-Philippe Saint-Denis, Matthieu Cloutier et Axel Meulin, les trois jeunes chefs et copropriétaires du lieu, réussissent jour après jour le tour de force qui consiste à servir des plats de grande qualité à une petite foule toujours au rendez-vous, et ce, sans intermédiaire. Vous l’aurez déjà compris, donc: le soir, nos trois acolytes se passent de tout ce qui est serveur, hôtesse ou garçon de table. Ce qui rend le concept encore plus emballant, c’est que le jour, les chefs se rendent au marché Jean-Talon (à 200 mètres du resto) où, selon leur inspiration et ce qu’ils trouvent sur place, ils confectionnent le menu du soir. Comme si le travail des chefs ne relevait pas déjà de l’exploit, la carte change donc tous les jours –exception faite de l’énorme côte de bœuf servie dans une assiette tout aussi démesurée, à partager à deux, entre amateurs de viande.</p>
<p>Les plats dont nous nous sommes délectés, de l’entrée au dessert, ne figureront donc probablement pas sur la carte lors de votre prochaine visite. Un portrait du menu du jour peut tout de même vous donner une idée de ce qu’on y mange. En entrée, en plus des classiques foie gras et huîtres de saison, une croquette de saumon et un pâté de bison figuraient entre autres au menu. Mon complice et moi avons opté pour ces deux derniers. La croquette, accompagnée d’une sauce crémeuse à base de Riopelle, le fameux fromage de l’Île-aux-Grues, était croustillante à l’extérieur et tendre à l’intérieur. Bref, une exquise réinvention de ce plat traditionnel québécois qu’est le pâté de saumon. Dans un tout autre registre, le pâté de bison, servi avec un chutney de betteraves, était également délicieux. Pour ce qui est des plats principaux, nous avons tous deux choisi d’opter pour de la viande (par souci d’accord avec le vin), excluant ainsi malheureusement de notre festin l’appétissante aile de raie au beurre. Nos choix se sont arrêtés sur le magret de canard aux légumes de saison et les ris de veau sauce au porto. Les ris, servis en beaux et gros morceaux sur un étonnant lit de maïs en grains à peine poêlé et accompagné de lardons, étaient tout simplement les meilleurs que j’aie mangés de ma vie. Le canard, par contre, était un peu décevant. En effet, vu la façon dont il était servi, le magret aurait sûrement gagné à être en «croûte de sel&nbsp;», comme on dit. La sauce, quant à elle, manquait d’un élément sucré.</p>
<p>Œnophiles, sachez que le Kitchen Galerie a une très belle carte des vins où figurent plusieurs produits issus d’importations privées, donc introuvables à la SAQ. Finalement, il importe de préciser que la table d’hôte est prescrite, ce qui veut dire qu’on ne peut manger en ce lieu sans prendre entrée et dessert. Mais les prix sont tout de même très raisonnables. Comptez environ 40$ par personne avant boissons, taxes et service.</p>
<p>Quant au «pourquoi» du concept, Axel Meulin explique que, outre l’attrait de la proximité avec les clients, la principale raison était d’ordre monétaire: en récoltant les pourboires, les trois chefs gagnent un salaire digne du travail qu’ils accomplissent –ce qui est loin d’être le cas de tous les cuisiniers et chefs de cette ville.</p>
<p>Enfin, si vous vous asseyez au petit bar, vous aurez le plaisir de vivre un de ces moments uniques où un des chefs vous demande ce que vous désirez boire au même moment où il passe une crème brûlée au chalumeau. Je vous recommande chaleureusement ce restaurant.</p>
<p class="boiteg">Kitchen Galerie<br>
Où: Arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie<br>
60, rue Jean-Talon Est<br>
514–315-8994</p>
<h4>Sans risques, ni périls!</h4>
<p>Pour plusieurs personnes souffrant d’allergies alimentaires, prendre un repas dans un restaurant peut relever du cauchemar: on ne peut jamais leur garantir l’absence de tel ou tel produit, et souvent, elles finissent par se contenter d’un verre d’eau. Cette époque est révolue puisque depuis février 2009, Zéro8 offre un menu varié dépourvu des huit allergènes les plus communs,&nbsp; soient les poissons et fruits de mer, les arachides, les noix, les graines de sésame, le lait, les œufs et le blé (et tout autre grain comprenant du gluten).</p>
<p>«Ce concept spécial est unique en Amérique du Nord», m’explique Dominique Dion, président-cofondateur du resto-bar. Il y a quelques années, M. Dion a commencé à souffrir d’intolérance au lactose et au gluten. Cela n’a toutefois pas refoulé sa passion pour la restauration et la bonne bouffe. Il y a plutôt vu une merveilleuse occasion de joindre l’utile à l’agréable et de créer ce concept innovateur, rendant ainsi service à des milliers de personnes qui ont maintenant l’opportunité de savourer un bon repas l’esprit tranquille. Si les affaires du restaurant vont bon train, il reste que le plus grand défi de M. Dion est de se faire connaître auprès de la population souffrant d’allergies. Les allergies alimentaires pouvant être mortelles, la création d’un tel restaurant représente une grosse responsabilité. Le Zéro8 s’est donné pour mission de garantir l’absence totale de ces huit allergènes, ce qui oblige les responsables à visiter régulièrement les manufactures des fournisseurs pour leur rappeler les risques encourus s’ils n’étaient pas suffisamment rigoureux quant à l’exclusion de ces substances proscrites.</p>
<p>Il ne faut cependant pas penser que la clientèle se limite qu’aux «intolérants»! Situé sur Saint-Denis, en plein cœur du Quartier Latin, le resto accueille plusieurs clients qui s’y arrêtent sans connaître la particularité du lieu –même si la majeure partie de la clientèle est composée de personnes allergiques. De plus, la variété du menu en étonnerait plusieurs. Même si certains ingrédients comme le lait et les œufs semblent essentiels à la préparation de nombreux mets, les chefs cuisiniers du Zéro8 ont prouvé leur savoir-faire et leur créativité quant à la conception de recettes sans allergènes, donnant dans la gastronomie européenne avec une touche de cuisine du monde.</p>
<p>Je m’attendais à ce que ces contraintes et ces responsabilités fassent dangereusement grimper le montant de la facture, mais c’est tout le contraire: Zéro8 a choisi de prioriser l’accessibilité pour sa clientèle. Les prix oscillent entre 12,50$ pour des pâtes aux tomates et basilic et 22,50$ pour un steak de canard. Sandwiches, salades, grillades, chacun y trouvera son compte, y compris les enfants puisque le Zéro8 leur propose aussi un menu.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p class="boiteg"><em>Plus d’un quart de million de Québécois souffrent d’allergies alimentaires.<br>
On estime qu’environ 300 000 personnes au Québec ont des allergies alimentaires (4 % de la population).<br>
Dans les écoles primaires, 40 000 enfants québécois sont atteints d’allergies alimentaires.<br>
Près d’un million de personnes au Canada souffrent d’allergies alimentaires.<br>
Source&nbsp;: AQAA (Association Québécoise des Allergies Alimentaires)</em></p>
<p></p>
<p class="boiteg">Zéro8<br>
Où: Arrondissement Ville-Marie<br>
1735, rue St-Denis<br>
514–658-5552</p>
<h4>Les Îles sur l’île</h4>
<p>Si vous avez déjà pris des vacances au Québec –ou si vous vivez ici depuis longtemps– et que vous n’avez jamais visité cet endroit magique, vous manquez quelque chose. Mais de toute façon, on vous l’a sûrement déjà dit. Et si vous y êtes déjà allé, vous n’avez qu’une seule envie, c’est d’y retourner. Ces dunes à perte de vue, ces maisons aux couleurs vives, cette belle mer agitée et surtout, ces habitants chaleureux qui n’ont leur pareil dans aucune autre région. Vous l’aurez sûrement deviné, il s’agit des Îles-de-la-Madeleine. J’y suis moi-même allé il y a de cela quelques années, à un âge où l’on ne retient justement que la couleur des maisons, l’agitation de la mer, le vent omniprésent et la bonne humeur contagieuse des Madelinots. Une composante incontournable des Îles m’avait donc échappé: ce qu’on y mange.</p>
<p>Heureusement, depuis un peu moins d’un an, un établissement tenu par des Madelinots d’origine ou d’adoption permet aux Montréalais de goûter à la culture des Îles sans avoir à traverser les quelque 1000 kilomètres qui séparent notre île de la leur. En plus, si vous sortez rarement du «Ghetto McGill» et des quartiers centraux, une visite aux Îles en ville vous permettra aussi d’explorer un coin de Montréal en pleine transformation, mais qui reste encore trop souvent négligé: l’arrondissement de Verdun.</p>
<p>Il suffit de franchir le pas de la porte pour se retrouver un peu aux Îles. L’endroit sent la mer. Le bois et les couleurs vives dominent… et l’ambiance est véritablement à s’y méprendre. La foule, composée en bonne partie de Madelinots expatriés, est bruyante. Le service aussi l’est par moment. N’allez donc pas là si vous cherchez raffinement, élégance et service impeccable. Un repas aux Îles en ville, c’est un peu comme si vous mangiez dans la salle à manger chez Ginette, Jeannot, Martin ou Andrée; tous Madelinots d’origine sauf Andrée, restauratrice, qui est tombée en amour avec ce coin de pays. Le samedi, en prime, vous aurez droit à des chansonniers pour ajouter à l’ambiance.</p>
<p>Dans l’assiette, c’est un peu comme l’ambiance, c’est-à-dire à la bonne franquette. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne mange pas bien aux Îles en ville. Loin de là! En plus des traditionnelles joues de morue, de la soupe aux fruits de mer, du homard (si c’est de saison) et des beignets de morue, on peut y déguster un aliment rare, le loup marin. Pour ceux qui l’ignoreraient, l’expression loup-marin, communément utilisée dans les Îles, désigne un phoque. À éviter donc pour les disciples de Brigitte Bardot et de Paul McCartney. Pour les autres, n’hésitez pas à jeter votre dévolu sur ce plat typique et très bien apprêté ici (ce qui est, paraît-il, assez difficile).</p>
<p>En plus d’être un restaurant plus qu’accueillant, les Îles en ville représente un bon plan pour les petits budgets. Comptez une vingtaine de dollars par personne pour&nbsp; la table d’hôte du soir (avant boissons, taxes et service).</p>
<p class="boiteg">Les Îles en ville<br>
Où: Arrondissement de Verdun<br>
5335, rue Wellington<br>
514–544-0854</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2009/09/29/se-mettre-le-nez-dans-les-plats/" data-wpel-link="internal">Se mettre le nez dans les plats</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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