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L’impact potentiel des élections québécoises sur McGill

Les quotas d’étudiants internationaux, une problématique politique.

Félix Fournier | Le Délit

Dans un régime démocratique, les élections agissent comme un levier de renouvellement politique, économique et institutionnel. Avec les élections générales québécoises de 2026 à l’horizon, beaucoup de questions se posent quant au futur de la province : souveraineté, relations avec les États-Unis, itinérance… chaque parti a sa propre manière d’envisager le futur.

Les quotas de la CAQ

En tant qu’établissement d’enseignement postsecondaire anglophone, c’est la question de l’éducation et de la francophonie qui concerne le plus l’Université McGill. Déjà sous la Coalition Avenir Québec (CAQ), des quotas limitant le nombre d’étudiants étrangers avaient été mis en place. L’objectif de l’administration Legault : réduire de 20 % le plafond de demandes pouvant être faites par des étudiants étrangers voulant fréquenter un établissement d’enseignement québécois.

Alors ministre de l’éducation supérieure, Pascale Dery s’était exprimée sur cette décision, expliquant que le nouveau décret visait à « encourager et même pousser [les établissements universitaires, ndlr] à mieux recru ter des étudiants » afin de garantir qu’ils veuillent rester au Québec. Les deux décrets consécutifs diminuent progressivement le nombre de permis d’études accordés aux nouveaux étudiants mcgillois. Le premier, publié en février 2025, posait la limite à 5 131. Le second, déclaré en décembre 2025 – et en vigueur jusque fin 2027 – baisse encore le pallier, cette fois à 4 361.

Qu’en disent les partis ?

Si c’est la CAQ qui a entamé ce processus anti-immigration visant les universités de la province, elle n’est pas la seule à vouloir restreindre le nombre d’étudiants étrangers. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), affirme : « L’école déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui proviennent de l’immigration. » Si l’accusation vise d’abord les écoles du primaire et du secondaire, il serait surprenant qu’il épargne les universités dans sa croisade contre l’immigration. Sylvie Tanguay, candidate du PQ à Saint-François, aborde la question avec davantage de nuances. Son discours reprend néanmoins les mêmes arguments déjà avancés par la CAQ à propos des étudiants étrangers, notamment lorsqu’elle affirme son objectif de « les garder chez nous et qu’ils restent intégrés au Québec ».

Entre autres, le PQ promet « d’étendre la loi 101 aux cégeps », une réforme qui restreindrait l’accès aux collèges anglophones aux détenteurs du certificat d’admissibilité à l’enseignement en anglais – par exemple, si un parent a reçu une éducation anglophone au Canada. Des autres partis, seul le Parti libéral s’est à ce jour exprimé sur la question, déclarant une volonté de « maintenir la proportion actuelle des inscriptions entre les réseaux collégiaux francophone et anglophone ».

Les quotas introduits par la CAQ ont déjà eu des répercussions importantes sur le réseau universitaire québécois. D’après CBC, sept établissements d’enseignement postsecondaires anticipaient un déficit pour l’exercice 2025–26.

L’Université Concordia, notamment, a enregistré un déficit de plus de 30 millions de $ en juin 2026. Des cégeps comme LaSalle ont manqué de passer la clef sous la porte.

De nouveaux plafonds sur le nombre d’étudiants étrangers pourraient accentuer les difficultés financières auxquelles plusieurs universités québécoises sont déjà confrontées. Cela continuerait de les fragiliser.

Le cas de McGill

Contrairement à d’autres établissements, l’Université McGill n’a pas été aussi sérieusement affectée par les limites imposées. La proportion d’étudiants internationaux admis à McGill reste relativement stable comparée aux années précédentes : 28,4 % d’étudiants étrangers en 2020, 28,04 % en 2024 et 28,84 % en 2025. De plus, le nombre de nouveaux arrivants en automne 2025, soit 2 108, demeure bien en deçà du quota autorisé.

Si l’impact des quotas se sont révélés jusqu’ici moins marqués à l’Université McGill, son budget prévoit une baisse de 8 % du nombre total d’étudiants internationaux non exemptés d’ici 2028. Les restrictions imposées aux étudiants étrangers n’expliquent toutefois qu’une partie des difficultés financières auxquelles l’établissement est confronté. L’Université cite une myriade de raisons pour les grosses coupes budgétaires de 2025–26, notamment une croissance des dépenses qui dépasse celle des re venus. L’Université McGill a donc implémenté une série de mesures jugées « nécessaires ». Parmi les plus ressenties, la coupe des auxiliaires d’enseignement – ou teaching assistants (TA) – dont le budget pour la faculté des Arts a chuté de 17 %. Combinée à une hausse de 1,5 % du nombre total d’étudiants admis, cette décision contribue à détériorer le ratio entre étudiants et personnel de soutien pédagogique, soulignant l’écart grandissant entre les besoins de la communauté étudiante et les ressources que l’Université est en mesure de consacrer.


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