Mardi dernier, le Syndicat des travailleur.euse.s de soutien à l’enseignement de McGill (STSEM ), anciennement AGSEM, célébrait la fête du Travail qui coïncide avec une récente vague de syndicalisation pour les travailleurs de l’université.
Le STSEM est le premier syndicat de l’université et représente les intérêts des assistants, des professeurs ainsi que des étudiants en doctorat, maîtrise et au baccalauréat qui travaillent comme auxiliaires d’enseignement.
Jusqu’à récemment, l’université ne comptait presque aucun syndicat représentant son personnel académique, une situation anormale par rapport au reste du Canada. Ces dernières années, une vague de syndicalisation s’est toutefois formée à McGill, avec la faculté de droit inaugurant cette vague en 2022 et la faculté de musique étant la dernière faculté à s’être syndicalisée en août 2026.
Malgré tout, les barrières persistent
C’est le cas de l’Association of McGill Nursing Academic Staff (AMNAS), le syndicat créé en février 2026 qui représente le personnel académique de l’Ingram School of Nursing. L’AMNAS a déposé une demande de syndicalisation officielle le 29 juin 2026. Cette demande d’accréditation a ensuite été contestée par l’université. Une audience a finalement eu lieu le 28 août, mais aucune décision n’a encore été rendue et le dossier reste ouvert.
William Archambault, président par intérim sortant, dit « ne pas comprendre les raisons » de la décision de l’université, qui juge que l’École des sciences infirmières devrait être syndiquée avec l’ensemble de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. L’Ingram School of Nursing regroupe cependant toutes les conditions nécessaires à la formation d’une unité de syndicalisation légitime.
Selon l’AMNAS, située dans des bâtiments distincts, le nombre de membres ayant rejoint le syndicat est de 75 %, et les conditions des employées sont en général trop distinctes des autres secteurs de la faculté de médecine pour être réunis sous un même syndicat.
Que permet concrètement une syndicalisation ?
Une syndicalisation, une fois le syndicat accrédité, facilite les négociations avec l’université concernant les conditions de travail. En effet, selon le Code du travail du Québec, une fois une association accréditée, l’université a l’obligation de négocier avec le syndicat lorsque celui-ci le demande et « les négociations doivent commencer et se poursuivre avec diligence et bonne foi. »
William Archambault indique que les prises de décision sans consultation du personnel, ce qui peut se faire plus facilement et sans contestation si le personnel n’est pas syndicalisé peuvent avoir un impact conséquent sur la vie étudiante, notamment sur la qualité du travail et de l’enseignement. Il cite notamment un exemple où, après des coupures de l’université, un cours de la faculté des sciences infirmières a été regroupé sous la responsabilité d’un seul professeur. De nombreux étudiants se sont plaints des conditions de travail et d’enseignement que cela a entraînées.
L’AMNAS demeure par ailleurs dans l’incompréhension face à la décision de ne pas leur accorder une accréditation syndicale, puisque d’autres associations qui ne représentent pas une faculté entière ont été accréditées. C’est notamment le cas de l’Association of McGill Academic Staq of the School of Continuing Studies (AMASCS), qui représente le personnel académique de l’École d’éducation permanente, bien que celle-ci ne fasse pas partie d’une faculté en particulier.
Le Code du travail du Québec pré- voit cependant que peut être reconnu comme syndicat « chaque groupe desdits salariés qui forme un groupe distinct ». Le Code ne semble donc pas limiter l’accréditation syndicale à l’ensemble d’une faculté ou de l’université, mais à « un groupe distinct » si peu défini soit-il. Le tribunal devra notamment déterminer si l’AMNAS constitue un groupe suffisamment distinct.
La syndicalisation continue de gagner du terrain à McGill alors que plusieurs groupes cherchent encore à faire reconnaître leurs intérêts et leurs conditions de travail. Reste à voir si cette vague va continuer à transformer la représentation du personnel au sein de l’établissement.



