Relâchement des mesures sanitaires

McGill emboîte le pas au gouvernement du Québec à l’approche d’une sixième vague de COVID-19.

Alexandre Gontier | Le Délit

Dans un courriel envoyé le 25 mars dernier, l’administration de McGill a annoncé la fin de l’utilisation du passeport vaccinal sur le campus. Depuis le jeudi 28 mars, il n’est donc plus nécessaire de montrer une preuve de vaccination pour participer à des activités parascolaires ni pour accéder aux espaces de travail des bibliothèques, aux salles de sport ainsi qu’aux aires de restauration de l’Université. L’utilisation du passeport vaccinal sur le campus était en vigueur depuis septembre 2021. Cette mesure faisait partie d’un effort de l’administration pour inciter les membres de la communauté mcgilloise à se faire vacciner. 

Aujourd’hui, selon les données du ministère de l’Éducation supérieure et de la Directrice régionale de la santé publique, 96,3% des étudiant·e·s de McGill et 92,3% de ses employé·e·s disposent d’un statut vaccinal adéquat contre la COVID-19.

« L’obligation du port du masque en tout temps par les étudiant·e·s demeure en vigueur à ce jour »

L’abandon du passeport vaccinal s’inscrit dans une série d’assouplissements apportés au protocole sanitaire sur le campus. Dans un courriel envoyé le 10 mars dernier, l’administration mcgilloise avait déjà annoncé le retour graduel du personnel administratif à 60% sur le campus pour le 28 mars. Elle y annonçait également le relâchement des règles entourant le port du masque. 

Depuis le 14 mars, les professeur·e·s de McGill ne sont donc plus obligé·e·s de le porter lorsqu’il·elle·s enseignent, tant qu’une distance de deux mètres avec les étudiant·e·s est respectée. Les membres du personnel, quant à eux·lles, peuvent retirer leur masque à condition d’être assis·es et de respecter les mesures de distanciation. L’obligation du port du masque en tout temps par les étudiant·e·s demeure en vigueur à ce jour. 

« À une semaine du début de la période d’examens finaux qui doit se tenir en personne, on peut s’attendre à une situation similaire »

Apprendre à vivre avec le virus

McGill emboîte ainsi le pas au Gouvernement du Québec qui, depuis la fin du mois de janvier, a entamé le processus d’assouplissement des mesures sanitaires en vigueur dans la province. Malgré la hausse du nombre de cas de COVID-19 et d’hospitalisations dans les dernières semaines, le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur national de la santé publique par intérim Dr Luc Boileau ont affirmé dans une conférence de presse le jeudi 31 mars que le gouvernement s’en tiendrait au plan initial en ce qui a trait au relâchement des mesures sanitaires. De plus, Christian Dubé a réitéré les intentions du gouvernement de ne pas mettre en place de nouvelles restrictions pour contrer la sixième vague de la pandémie. « Il n’y a aucune raison pour le moment de changer la stratégie qu’on a parce que les gens doivent apprendre à vivre avec le virus et continuer à se protéger », a‑t-il souligné. Le Dr Boileau a cependant indiqué que la fin de l’obligation du port du masque, initialement prévue pour la mi-avril, pourrait être repoussée à une date ultérieure. 

« On observe  sur le campus de McGill une augmentation marquée du nombre de cas de COVID-19 déclarés »

La sixième vague déferle sur le campus

En parallèle à la hausse du nombre de cas et d’hospitalisations dans la province, on observe  sur le campus de McGill une augmentation marquée du nombre de cas de COVID-19 déclarés. Selon les données, 68 personnes auraient reçu un résultat de test positif à la COVID-19 et auraient été sur le campus pendant leur période de contagion dans la semaine du 6 au 12 mars, et on en dénombrait 143 la semaine suivante. Dans la semaine du 20 au 26 mars, ce sont 473 cas qui ont été déclarés, un nouveau sommet pour la communauté mcgilloise. En comparaison à la session d’automne 2021, le nombre de cas déclarés n’avait jamais dépassé la barre des 50, soit environ 10 fois moins qu’à l’heure actuelle. Malgré cette forte augmentation, l’Université maintient les assouplissements prévus à son protocole sanitaire. La session dernière, une enquête du Délit avait révélé que plusieurs étudiant·e·s se retrouvaient dans l’obligation de choisir entre adhérer aux consignes sanitaires de l’Université et différer leurs examens ou se présenter sur le campus malgré leurs symptômes et risquer de mettre à risque les autres étudiant·e·s. À une semaine du début de la période d’examens finaux qui doit se tenir en personne, on peut s’attendre à une situation similaire. Toutefois, le report d’un examen final peut potentiellement repousser la date de graduation, ce qui peut avoir des conséquences sur les opportunités d’emploi ou sur l’admission aux cycles supérieurs de certain·e·s étudiant·e·s.

→ Voir aussi : Les mesures sanitaires défaillantes aux examens de fin de session d’automne 2021


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