AÉUM : trois propositions pour le français

Dans une entrevue accordée au Délit, le président de l’AÉUM a mis de l’avant plusieurs projets pour rendre l’AÉUM bilingue.

Paul Lowry

Déjà en août, Jemark Earle avait annoncé au Délit plusieurs idées pour améliorer la place de la langue française à l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), dans le cadre d’un entretien à propos de la nouvelle constitution de l’AÉUM. Cette fois, il revient à la charge avec trois propositions distinctes, qu’il compte mettre en place avant la fin de l’année scolaire en cours.

Le nouveau président de l’association étudiante souhaiterait avant toute chose s’attaquer au fonctionnement pratiquement unilingue du conseil législatif. Lors de la première séance du conseil de la session d’automne 2020, le 8 septembre dernier, le Délit a pu constater que toutes les motions ou propositions de loi avaient été proposées en anglais. Quelques courtes formules parlementaires, par exemple pour prolonger le temps de parole des intervenant·e·s, ont été les seules paroles prononcées en français pour toute la durée du conseil.

Earle souhaite que les propositions et les motions soient dorénavant traduites en amont du processus législatif. Lors d’un entretien le 21 août dernier, il avait déclaré vouloir mettre en place un règlement invalidant toute proposition présentée uniquement en anglais. Il avait même évoqué la possibilité d’inclure cette nouvelle règle dans la constitution de l’association puisqu’un jugement du conseil judiciaire de l’AÉUM risquait de le forcer à la faire adopter à nouveau.

Dans une entrevue accordée au Délit vendredi dernier, le président de l’AÉUM a affirmé qu’il comptait à l’origine mettre en place ce règlement dès le début de l’année, mais que d’autres affaires courantes urgentes, en particulier l’organisation d’un nouveau référendum pour la constitution, ne lui avaient pas laissé le temps de faire avancer ce dossier. En attendant que cette règle soit écrite et adoptée par le conseil législatif, il envisage utiliser une partie du budget alloué à la présidence pour rémunérer les services d’une firme externe de traduction qui, avec l’accord du conseil, serait chargée de traduire chaque texte législatif.

Du français au menu dans le plan quinquennal 

Earle voudrait par ailleurs que l’AÉUM puisse traduire ses propres documents sans avoir à recourir aux firmes externes avec lesquelles elle fait affaire actuellement. Lors de la campagne électorale de mars dernier, il avait à de nombreuses reprises promis d’établir et de faire adopter un plan quinquennal au cours de son mandat. Le but de cette initiative serait de donner des objectifs clairs pour l’amélioration de l’AÉUM à long terme, entre autres afin de pallier le fait que tous·tes ses exécutant·e·s sont rempacé·e·s chaque année.

Pour permettre le fonctionnement bilingue de l’association, le président compte inclure dans ce plan l’embauche de traducteurs et de traductrices provenant de la communauté étudiante qui seraient payé·e·s pour traduire les documents et les communications de l’association étudiante. Dans les cas qui nécessiteraient une traduction particulièrement précise, par exemple dans le cas de la traduction de documents légaux, l’AÉUM continuerait à recourir aux firmes externes.

Retour du plan de francisation

Jemark Earle a une autre idée en tête pour garantir que l’AÉUM ne souffrira plus de problèmes de traduction : ressusciter le plan de francisation, qui avait été élaboré par l’administration précédente. Lors d’un référendum le 27 mars dernier, les électeurs et électrices de McGill avaient enterré ce projet en s’opposant à l’établissement des frais de 2,59 $ par session qui y étaient associés. 

Le président de l’AÉUM n’a pour l’instant pas l’intention de changer le texte du plan de francisation pour réduire les frais qui y sont associés. Il estime que le plan a été refusé en grande partie parce qu’il avait été proposé en même temps que beaucoup d’autres frais, ce qui a donné aux étudiant·e·s le sentiment de payer trop cher pour le fonctionnement de l’association. Il compte organiser une consultation pour comprendre les raisons qui avaient poussé le corps électoral étudiant à refuser le plan de francisation, après quoi il le soumettra à nouveau, peut-être sous une nouvelle mouture, au vote des étudiants et des étudiantes.